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Université des Sciences et Technologies de Lille U.F.R. de Mathématiques Pures et Appliquées

M207 : Compléments en calcul différentiel

Notes de cours par Clément Boulonne

L2 Mathématiques

2007 - 2008

Table des matières

1 Calcul différentiel sur R n

 

3

1.1 Rappels

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3

1.2 Application de changement de variations à la résolution d’EDP

 

7

1.3 Fonctions de classe C p

 

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11

1.4 Formule de Taylor

 

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12

2 Surfaces

 

15

2.1 Surfaces paramétrées

 

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15

 

2.1.1 De dimension 1

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15

2.1.2 Passage à la dimension 2

 

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17

2.1.3 Changement de paramétrage

 

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19

2.2 Surfaces paramétrées

 

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20

 

2.2.1 Sphère de rayon R

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20

2.2.2 Généralisation : surfaces de révolution

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20

2.2.3 Hyperboloide de révolution à une nappe

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21

2.2.4 Hyperboloide de révolution à deux nappes

 

21

2.2.5 Tore

 

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22

2.2.6 Graphe d’une fonction

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23

2.3 Surface de niveau

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2.4 Extremas

 

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25

 

2.4.1 Extremas locaux

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25

2.4.2 Extrema liés

 

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26

3 Intégrales multiples

 

28

3.1 Généralités sur l’intégrale de Riemann

 

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28

3.2 Calcul d’intégrales multiples

 

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30

 

3.2.1 Par le théorème de Fubini

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30

3.2.2 Changement de variables

 

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31

3.2.3 Symétries

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31

4 Champs de vecteurs et formes différentielles

 

33

4.1 Champ de vecteurs

 

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33

4.2 Analyse vectorielle

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34

4.3 Formes différentielles

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35

4.4 L’opérateur cobord

 

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37

5 Intégrales curvilignes et de surface

 

38

5.1

Intégrales curvilignes

 

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38

5.1.1

Intégrales de première espèce

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38

 

2

3

 

5.1.2

Intégrales de deuxième espèce

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39

5.2 Intégrales de surfaces

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42

 

5.2.1 Intégrales de première espèce

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42

5.2.2 Intégrales de deuxième espèce

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42

5.3 Exemples

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45

 

5.3.1 Aire d’une surface de révolution

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45

5.3.2 Aire du graphe d’une fonction

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5.3.3 Aire de la surface latérale d’un cône

 

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47

6

Théorèmes de Stokes

 

48

6.1 Formule de Green-Riemann

 

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48

6.2 Exemples d’applications de la formule de Green-Riemann

 

51

6.3 Formule de Gauss-Ostrogradsky

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52

6.4 Exemples d’applications de la formule de Gauss-Ostrogradsky

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53

 

6.4.1 Corollaires

 

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53

6.4.2 Applications aux fonxtions harmoniques

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55

6.5 Théorème de Stokes

 

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57

6.6 Exemples de calculs

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59

6.7 Formes fermées et formes exactes

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61

Chapitre 1 Calcul différentiel sur R n

1.1 Rappels

Soit f : R R

Définition 1.1.1. f : R R est dérivable en a R si et seulement si :

(a) lim

(b)

La limite dans (a) est égale à A, elle est appelée la dérivée de f en a, notée f (a).

Définition 1.1.2. Soit U R n ouvert. f : U R n une application. f est différentiable en

a U si A ∈ L(R n , R n ) :

f(a + h) f(a)

h

existe.

h0

A R : f (a + h) f (a) = Ah + |h|ε(h) (ε(h) 0 lorsque h 0.

f (a + h) f (a) =

Ah + h ε(h)

et :

 

lim

h0 ε(h) = 0

(h = (h 1 ,

,

h n ) vecteurs de R n ). A : R n R n est un opérateur linéaire : la différentielle de f

en a, notée df (a). La différentielle, si elle existe, est unique.

Définition 1.1.3 (Dérivée partielle).

a = (a 1 ,

,

∂f

∂x i

= lim

t=0

f(a 1 ,

,

a i1 , a i + h, a i+1 ,

, a n ) f(a)

t

a n ) U R n (U ouvert). Si f = (f 1 ,

, f n ) alors :

∂f i = ∂f 1

∂x i

∂x

,

∂f n

,

∂x i

On dit que f est dérivable en a pour la variable x i si

n

a

Theorème 1.1.1. Soit f : U R n , U R n un ouvert, a U . Alors :

∂f

i existe. On dit que f est dérivable en

∂x

∂f

i existe, i = 1,

∂x

,

(1) f admet des derivées partielles dans un voisinage de a, continues en a.

(2) f est différentiable en a.

(3) f est continue en a.

(4) f est dérivable en a.

4

Chapitre 1. Calcul différentiel sur R n

5

On a : (1) (2) (3) et (2) (4).

Remarque.

(1) (1). Par exemple :

(3) (2). Par exemple :

f(x) =

  x 2 sin

1

x six = 0

0 si x = 0

f(x) = |x|

(4) (3), (4) (2). Par exemple :

f (x, y) =

  xy

x

2

+y 2 si (x, y) = (0, 0)

si (x, y) = (0, 0)

0

Si n = 1 alors (2) (4).

Définition 1.1.4 (Matrice jacobienne). Soit f = (f 1 ,

J f (a) = J(f, a) =

∂f 1

∂x

1 (a)

.

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.

∂f n

∂x 1

(a)

,

···

···

f n )

f n (a)

.

f n n (a)

1

∂x

∂x

Si f est différentiable en a, alors J f (a) est la matrice de df (a).

Définition 1.1.5. La dérivée directionnelle D −→ (f, a) de f en a dans la direction des vecteurs

v : (v 1 ,

v

, v n ) est définie comme la limite :

lim

t0

f(a + t v ) f(a)

t

lorsque cette limite existe.

Remarque.

∂f

i (a) = D −→ (f, a), où

∂x

e

i

e 1 ,

,

→− e

n

est une base stantard de R n .

Si f est différentiable en a alors la Défintion 1.1.2. entraine que D −→ (f, a) existe v R n

et :

v

(f, a) = df (a)( v ) = J(f, a)

D

−→

v

R n

v

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v

1

n

Theorème 1.1.2. Soient U R n , U R p des ouverts, et f : U R p , g : U R 2 des

applications tel que f (U ) U . Soit a U , b = f (a). Supposons que f est differentiable en a,

g differentiable en b. Alors g f : U R 2 est différentiable en a et : d(g f )(a) = dg(b).df (a). En fonction des matrices jacobiennes :

J(g f, a) = J(g, b) J(f, a)

(g f) j

∂x i

=

p

k=1

∂g j (f (a))

∂y k

×

∂f k (a)

∂x i

()

(∗∗)

Remarque. Les formules D −→ (f, a) = J(f, a) v , (), (∗∗) sont en général fausse si on omet l’hypothèse de différentiabilité.

(f, a) = F (0), où F = f ϕ, ϕ : t a + t v la paramétrisation de la droite passant par

v

D −→

v

6

Chapitre 1. Calcul différentiel sur R n

6 Chapitre 1. Calcul différentiel sur R n Fig. 1.1 – Représentation pour d ( g

Fig. 1.1 – Représentation pour d(g f )(a)

Définition 1.1.6. Une application f : U R n (U R n ouvert) est C 1 si les derivées partielles

∂f

i (i = 1,

∂x

, n) existent et sont continues dans U .

Corollaire. Une application de classe C 1 est différentiable en tout points de U .

Définition 1.1.7. Soient U, V R n des ouverts et f : U R n une applcation. On dit que f est un difféomorphisme de U sur V (ou que f est un changement de variables) si f (U ) = V , f est une bijection de U et V , et les applications f : U V , f 1 : V U sont différentiables. Si en plus f et f 1 sont C 1 , on dit que f est un C 1 -difféomorphisme (ou un changement de classe de classe C 1 .

Proposition 1.1.3. Si f : U V est un difféomorphisme, a U , alors df (a) : R n R n est inversible et d(f 1 )(f (a)) = d(f (a)) 1 . En termes de matrices jacobiennes :

|J(f, a)| = 0, J(f 1 , f (a)) = J(f, a) 1

On appelle |J(f, a)| jacobien de f en a et on le note :

D f (a) ou Df

Dx ou

D(f 1 ,

,

f n )

D(x 1 ,

,

x n )

Theorème 1.1.4 (Théorème d’inversion locale). Soit f : U R n une application C 1 (U R n un ouvert), a U . Supposons que D f (a) = 0. Alors il existe des ouverts V et W de R n tel que a V , f : V W est un C 1 -difféomorphisme.

Exemple 1.1.1.

f(x) =

  x + x 2 sin x si x = 0 0 si x = 0

1

f (0) existe et f (0) = 1. Or dans n’importe quel voisinage de 0, f (x) oscille et prend les valeurs des deux signes. Donc il n’y a pas de voisinage de 0 où f est monotone. Donc il n’y a pas de voisinage de 0 dans lequel f soit inversible.

Remarque. La réciproque du théorème d’inversion locale est fausse. Si f : U R n , a U, f est différentiable en a. D f (a) = 0 des ouverts V, W R n tel que a V et f : V W est une bijection.

Theorème 1.1.5 (Théorème d’inversion globale). Soit f : U R n une application injective

de classe C 1 (U R n un ouvert). Si D f (x)

un C 1 -difféomorphisme de U sur f (U ).

= 0, ∀ ∈ U alors f (U ) est un ouvert de R n et f est

Chapitre 1. Calcul différentiel sur R n

7

Theorème 1.1.6 (Théorème des fonctions implicites). Soit U R n ×R p = R n+p et f : U R p ,

(x, y) f (x, y) de

, existe deux ouverts V R n et W R p , (a × b) V × W U et pour tout x V , il existe un unique y W satisfaisant l’équation f (x, y) = 0. Si on note cette solution f (x), on obtient l’éapplication g : V W, x g(x) de classe C 1 . On appelle g fonction implicite définie par l’équation f (x, y) = 0 au voisinage de (a, b). Pour déterminer les dérivées partielles de la fonction implicite, on dérive l’identité : f (x, g(x)) =

0.

classe C 1 . Soit (a, b) U et f (a, b) = 0. Si D(f D(y 1 1 , ,

,

f p ) (a, b) = 0 alors il

y

p

F (x) = f (x, g(x), F (x) = 0, x V

∂F i

∂x j

= 0

∂F i

∂x j

= ∂f i

∂x j

p


+

k=1

∂f i ∂g k

∂y k ∂x j

= 0

∂f i

∂y

.

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∂f p

1

∂y

1

∂g

1

∂x j

.

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∂g p

∂x j

···

···