Très sommairement: La première question que l’on a posée à l’auteur, a été étrangement celle de savoir si ce livre soit chrétien

ou antichrétien. Si ce livre est chrétien, alors en ce sens qu’il prouve l’existence historique de Jésus … mais comme Divus Julius, le Jules César déifié. Par ailleurs il confirme à sa façon ce que la tradition a toujours dit, à savoir que l’évangile de Marc a été écrit en latin à Rome, douze ans après le départ du Seigneur … mais en identifiant le Protomarc avec les Historiae d’Asinius Pollion, le légat de César, qui écrivit en premier l’histoire des guerres civiles. Ce livre, qui vient de sortir en novembre 1999 en Allemagne aux éditions Goldmann du groupe Bertelsmann porte le titre War Jesus Caesar? (Jésus était-il César?) et en sous-titre 2000 Jahre Anbetung einer Kopie (2000 ans d’adoration d’une copie). En fait c’est le compte rendu d’une recherche, issue de la constatation qu’il y a des parallèles frappants dans l’iconographie de César et de Jésus, à commencer par le motif de la pietà (p. 18 et 23). Puisque ces parallèles se retrouvent aussi dans la liturgie (Ethelbert Stauffer dans Jerusalem und Rom im Zeitalter Jesu Christi, Bern 1957 p. 21, avait constaté que la liturgie de Pâques ne suivait pas le récit évangélique mais le rituel des funerailles de Jules César) l’hypothèse de travail qui s’imposa fut donc que les évangélistes aient éventuellement puisé dans la vie de César, plus âgé que Jésus de 100 ans exacts. Cela a été facile à vérifier, puisque si nous n’avons plus la source première, Asinius Pollion, nous avons tout de même ceux qui l’ont utilisée, Appien, Plutarque, Suéton, Cassius Dion, Velleius Paterculus, etc. outre à César lui-même, Cicéron etc. Il a été aisé de voir que la biographie de César du Rubicon à sa mort et apothéose recouvre exactement le récit de Marc du Jourdain à la mort et résurrection de Jésus, que les deux récits mis en parallèle se correspondent à cette différence près, que les noms ont été adaptés et relocalisés (ainsi à la Gaule correspond la Galilée, à Corfinium Capharnaum, Julia, la veuve de Marius, est devenue Marie, Junius (Brutus) Judas, le senat satan, etc.), tandis que les ennemis vaincus se sont métamorphosés en malades guéris (ainsi les obsessi, les assiégés, ont été prix pour des possédés du démon, les Caecilii littéralement pour des aveugles, les Claudii pour des boîteux, les Metelli (comme si mutili) pour des manchots, etc.). Un long travail de reconstruction du puzzle, mais pas si difficile en fait, puisqu’objectif et vérifiable. La synoptique César/Marc le prouve. La question qui se posa en conclusion, à savoir comment ces transpositions se soient-elles faites, fut alors simple à répondre: La biographie du Divus Julius, le texte sacré utilisé dans la liturgie du nouveau dieu dans tous les temples de l’empire romain, et même au delà de ses frontières chez les rois associés et amis du peuple romain, par exemple chez Herodes, à l’usage en premier lieu des vétérans déduits dans les innombrables colonies, était à l’origine en latin. Avec le temps, au cours des générations, les colons établis en orient, qui étaient d’ailleurs en majorité gaulois, perdirent progressivement le latin, qui ne survit que comme langue de commandement. Ainsi surgit la nécessité d’écrire en marge ou au verso des feuilles de papyrus sur lesquelles les codes étaient écrits, un deuxième texte, traduit progressivement en grec et enrichi par des commentaires à l’usage de l’homilie. Ce texte maintes fois recopié a donné lieu à des bevues d’autant plus importantes qu’on finit par traduire en grec même les noms propres (c’est ainsi que les Claudii ont été pris pour des boîteux, les Caecilii pour des aveugles, etc.) ou à les lire comme si s’était du grec (Iunius > Iunas > Iudas) ou même de l’aramaique (Antonius lu à l’envers comme Simona), etc. Avec le retournement qui se produit un siècle plus tard, avec les Flaviens, à commencer par Vespasien, la statue du Divus Iulius à Rome «se retourna toute seule vers l’orient» (ad orientem sponte conversam): Ce fut le début de la «conversion» du Divus Julius dans le messie attendu par les juifs vaincus et soumis par Véspasien. Josephe, l’insurgé juif qui se rendit à Vespasien et qui prit le nom de celui qui fut dès lors son protecteur, Flavius, fut le maître de cette conversion: Il est le véritable apôtre Paul de l’histoire (Flauius > Saulus > Paulus). Probablement sous son égide, certainement dans sa foulée, on enrichissa finalement

le texte évangélique des citations de la bible judaïque, qui en particulier chez Matthieu vinrent à substituer les citations classiques et à donner l’apparance d’une histoire juive. Ainsi fut judaïsée et biblifiée une histoire toute romaine. La publication a été appuyée par Madame le Professeur Erika Simon de Würzburg, archéologue de réputation internationale, qui a écrit la postfation, ainsi que par d’autres universitaires très connus de Tübingen et de Freiburg, qui à titres divers tenaient à ce que la thèse soit publiée. L’éditeur choisi est celui qui garantissait un prix populaire (20 mark = ca. 10 Euro) et une ample divulgation (paper back distribué dans le canal livre de poche). Entre temps ont paru les premiers articles sur la presse écrite et des transmissions de radio et de télévision. On trouvera des informations actualisées sur ce même site internet (voir plus loin ou sous «Auftritte»). Le premier article paru dans la presse, sur la Märkische Allgemeine du 12 octobre 1999 est intéressant puisque parallèlement il maltraite la nouvelle édition du livre de l’éditeur du magazine Der Spiegel, Rudolf Augstein (il lui reproche, en suivant en cela notre analyse, «daß er lediglich eine olle Kamelle der kritischen Exegese hervorgewürgt hat», c’est à dire «d’avoir régurgité les vieilleries resucées de l’exégèse critique», tandis qu’il titule ce livre de «steile These», de «thèse verticale» et de «anregendste Jesus-Veröffentlichung der Saison», de «publication sur Jésus la plus suggestive de la saison»).

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