PALIMA

LIBEREZ MARNY
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Hebdo

N° 4 – Semaine du lundi 8 novembre au dimanche 14 novembre 2010

uelque soit l’angle sous lequel on analyse le traitement qui est réservé aujourd’hui à Pierre-Just MARNY par l’administration judiciaire, on ne peut conclure qu’à l’absurdité de la situation : un procureur qui s’abrite derrière des textes, des incohérences et des manques graves dans l’application des mêmes textes, un acharnement judiciaire que l’on ne connaît pas en France pour des cas de même nature… Pierre-Juste MARNY a, en effet, déjà passé 47 ans de sa vie en prison. C’est plus qu’aucun prisonnier français n’a jamais fait. Mais est-ce vraiment un hasard ? C’est en tout cas aujourd’hui, un homme diminué, à demi aveugle, brisé par ces longues années d’incarcération, dont 32 en unité psychiatrique spécialisée. Ses avocats n’ont cessé de le répéter : « Sa place n’est ni à Colson, ni à Ducos ». L’urgence de la libération de Marny n’aurait fait aucun doute, s’il ne s’était agi que d’appliquer le droit. Pierre-Just MARNY fait manifestement l’objet d’une discrimination à propos de laquelle les Martiniquais s’interrogent de plus en plus ! Pourquoi cet acharnement ? Que cache-t-il ? L’argument de son passage obligé par le Centre National d’Observation, (C.N.O.), avant toute éventuelle libération est

contesté par les avocats. Ceux-ci font en effet valoir que Marny avait effectué une demande de mise en liberté dès 2007, donc bien avant l’entrée en application de la loi du 25 février 2008 qui rend obligatoire l’examen par le CNO des prisonniers condamnés à perpétuité, avant toute libération. Pierre-Just MARNY n’est pas un héros et il n’est demandé à personne d’oublier ou d’absoudre ses agissements. Il s’agit encore moins de passer sous silence la douleur des familles qui ont souffert de ses actes. Mais si l’objectif de certains, qui n’avaient pas apprécié son retour en Martinique en 2008, consiste à l’accabler jusqu’au bout, alors on risque fort de le transformer en victime et en martyre, dans un contexte où l’intelligence devrait prévaloir sur la revanche et les calculs à courte vue. Libérer Marny est une exigence de toute personne raisonnable en Martinique, tant son maintien en détention est absurde, injuste et injustifiable. Le Francis CAROLE Palima Clément 25, rue Gabriel Péri CHARPENTIER-TITY Les TerresSainville 97200 FORT DE FRANCE  0696.45.43.13  lepalima@orange.fr

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PALIMA HEBDO N° 4

L’ELYSEE ET LA RELECTURE DES RAPPORTS DE FORCES POLITIQUES EN MARTINIQUE
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e Président de la République française a donc reçu les parlementaires martiniquais afin de faire le point sur la préparation de la collectivité unique issue de la consultation du 24 janvier 2010. Ce rendez-vous faisait suite aux travaux de la commission mixte Conseil Général / Conseil Régional qui, bien qu’ayant acté un nombre appréciable d’accords entre les différents groupes du département et de la région, n’avait pas pu trouver de convergences sur le mode de scrutin, la question des compétences et la date de mise en place de l’assemblée unique. Ceux qui « regrettent » hypocritement que ce soit le président français qui tranche ces divergences devraient avoir la décence de s’en prendre d’abord à eux-mêmes puisque durant les trois mois de travaux de la commission mixte, ils ont obstinément bloqué toute possibilité de convergences sur ces

questions. D’autre part, il y a quelque chose de profondément pathétique à vouloir rester dans le cadre de l’article 73, c’est-à-dire de l’identité législative, et de se poser ensuite en aspirant « père de la nation » chargé de faire « l’union sacrée » des forces politiques martiniquaises face au président de la république française. La Martinique se rappelle que le président du ppm, avait tenté, par le coup de force d’un congrès convoqué unilatéralement, d’imposer brutalement ses vues qui s’articulaient autour de l’idée d’un collectivité « sui generis », le découpage de la Martinique en neuf circonscriptions et la mise en place de la nouvelle collectivité en 2014. Si cette manœuvre avait abouti, elle aurait placé le président du Conseil PALIMA seul Régional dans la position de HEBDO N° 4 interlocuteur légitime du gouvernement français et aurait ainsi marginalisé les autres forces politiques. Mais la manœuvre a bel et bien échoué et contribué à affaiblir considérablement la crédibilité du braconnier qui se retrouve ainsi pris à son propre piège.

Certes, les positions définitives du président français ne seront connues que dans une dizaine de jours et il convient de rester prudent d’ici là, surtout dans une période où vents et revirements ne cessent de souffler sur les fragiles queues de poules qui servent de conscience à bien de nos politiciens. Mais, si les orientations annoncées par l’Elysée se confirmaient (en particulier la constitution de 4 circonscriptions au lieu des 9 exigées par le ppm, l’élection de la nouvelle assemblée unique en 2012 ou en 2013, des compétences conformes au cumul de celles de la Région et du Département,), cela signifierait que la direction actuelle du ppm aurait subi un sérieux revers politique. En effet, contrairement à ce que prétendent des journalistes complaisants -qui avaient d’ailleurs annoncé, un peu imprudemment, que toutes les positions du président de la région auraient été acceptées par le gouvernement- l’opération congrès et sa mort honteuse ont eu, dans la population et à l’extérieur, un impact bien plus négatif que nos faiseurs d’opinions n’osent l’avouer pour ne pas embarrasser leur poulain. L’Elysée s’est rendu compte que les sabots du poulain en question étaient encore bien mous. Cette nouvelle donne et l’incertitude même de la position actuelle de Sarkozy dans la perspective des présidentielles l’ont converti à la prudence et à une prise en compte plus rationnelle, plus nuancée et plus équilibrée des rapports de force en Martinique.

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