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Pourquoi le rapport Goldstone est important

Pourquoi donc le gouvernement israélien a-t-il boycotté la commission ? La vraie réponse est tout à fait simple : il
savait très bien que la commission, n’importe quelle commission, devrait aboutir aux conclusions auxquelles elle a
abouti. »

Uri Avnery (militant israélien de la paix, et ancien membre de la Knesset), « UM-Shmum, UM-Boom (Israël et le
Rapport Goldstone) »

Richard Goldstone, ancien juge à la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud, premier procureur du Tribunal pénal
international pour l’ex-Yougoslavie à la Haye, et militant contre l’apartheid , rapporte qu’il était extrêmement réticent à
accepter de diriger la mission de l’ONU chargée d’enquêter sur les allégations de crimes de guerre commis par Israël
et le Hamas pendant la guerre de trois semaines contre Gaza l’hiver dernier. Goldstone explique que son hésitation
était due au fait que la question « était très électrique et politiquement chargée, » mais qu’il a surmonté sa réticence
parce que lui-même et les autres membres de la commission étaient des « professionnels déterminés à faire une
enquête objective à partir des faits » ; il ajoute : « j’ai accepté surtout parce que je crois profondément dans la
primauté du droit et des lois de la guerre, » ainsi que dans le devoir de protéger les civils dans les zones de combat
autant que faire se peut. La mission d’enquête de quatre personnes était composée d’individus largement respectés
et très qualifiés, notamment Christine Chinkin, éminente spécialiste en droit international et professeure à la London
School of Economics. La décision de Goldstone s’est compliquée du fait qu’il est juif et qu’il entretient des liens
émotionnels et familiaux profonds avec Israël et le sionisme, liens renforcés par sa longue association avec plusieurs
organisations travaillant en Israël.

En dépit des qualifications impeccables des membres de la Commission et de la réputation mondiale d’intégrité et
d’impartialité politique de Richard Goldstone, Israël a d’emblée refusé de coopérer. Il n’a pas même autorisé la
mission de l’ONU à pénétrer en Israël ou dans les territoires palestiniens, la forçant ainsi à s’adresser au
gouvernement égyptien pour lui faciliter l’entrée à Gaza depuis Rafah. Comme Uri Avnery le fait remarquer, malgré
toutes les attaques contre le rapport de la commission qu’Israël qualifie d’ unilatéral et injuste, la seule explication
plausible de son refus de coopérer avec l’enquête et de saisir cette occasion pour raconter sa version de l’histoire, est
qu’Israël n’avait rien à dire qui pût contrer les preuves écrasantes indiquant qu’il n’avait pas mené son attaque contre
Gaza l’hiver dernier conformément au droit international de la guerre. Aucune commission internationale crédible ne
pouvait arriver à des conclusions autres que celles du rapport Goldstone sur les allégations principales.

Le rapport Goldstone n’ajoute rien de nouveau sur le fond. Sa contribution principale est de confirmer les pratiques
militaires israéliennes amplement diffusées et analysées pendant la guerre de Gaza. Amnesty International, Human
Rights Watch, et une série de groupes israéliens respectés de défense des droits humains avaient déjà publié
plusieurs rapports fiables condamnant Israël pour ses tactiques qui avaient violé les lois de la guerre et le droit
humanitaire international. Les journalistes et les hauts fonctionnaires des Nations unies étaient arrivés à des
conclusions semblables. De tout le matériel dont on disposait avant le rapport Goldstone, le plus incriminant a sans
doute été le document intitulé « Briser le silence » contenant les commentaires de trente membres des Forces
israéliennes de défense qui avaient participé à l’opération Plomb durci (nom israélien officiel de la guerre de Gaza).
Ces soldats ont parlé avec émotion des règles d’engagement vagues émises par leurs supérieurs, ce qui explique
pourquoi on se soit si peu soucié d’éviter des victimes parmi les civils. Ce qui se dégage des témoignages de ces
soldats - qui n’étaient aucunement critiques à l’égard d’Israël ni même de la guerre de Gaza en soi - c’est que la
politique israélienne cherchait à la fois à « donner aux habitants de Gaza une leçon pour leur appui au Hamas » tout
en réduisant au maximum les pertes des FID, même si ce devait être au prix de la mort et de la destruction massives
pour des Palestiniens innocents.

Étant donné qu’il existait préalablement un consensus international quant à l’illégalité de l’opération Plomb durci, nous
devons nous demander pourquoi ce gros rapport de 575 pages a été salué avec autant d’inquiétude par Israël et
pourquoi les médias mondiaux lui ont accordé tant d’attention. Le rapport n’ajoutait pas grand-chose à ce qui était
déjà connu. Il est indubitable qu’il faisait plus de place que les rapports précédents aux allégations israéliennes selon
lesquelles le Hamas était coupable de crimes de guerre pour avoir tiré des roquettes sur son territoire. Et à beaucoup
d’égards, le rapport Goldstone appuie le principal argument fallacieux du récit israélien en présumant qu’Israël a agi
en état de légitime défense contre un adversaire terroriste. Le rapport concentre sa critique sur l’usage excessif et
aveugle de la force par Israël. Il fait ceci en examinant les preuves relatives à une série d’incidents comportant des
attaques contre des civils et des cibles non militaires. Le rapport appelle également l’attention sur le blocus illégal qui
a réduit au niveau de subsistance l’arrivée de nourriture, de carburant, et de fournitures médicales à Gaza, avant,

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pendant, et depuis l’opération Plomb durci. Un tel blocus est un exemple flagrant de punition collective, explicitement
interdite par l’article 33 de la quatrième Convention de Genève établissant les devoirs légaux d’une force
d’occupation.

Israël a constamment rejeté les critiques internationales concernant sa conduite des opérations militaires pendant la
guerre de Gaza, prétendant que les FID étaient l’armée la plus morale du monde. Les FID ont mené quelques
enquêtes symboliques sur les accusations relatives aux illégalités commises qui ont uniformément défendu la tactique
militaire utilisée ; les autorités ont constamment promis de protéger tout militaire israélien ou chef politique accusé sur
le plan international de crimes de guerre. Le rapport Goldstone ayant confirmé les allégations connues et Israël
courroucé l’ayant rejeté, pourquoi a-t-il eu à Tel-Aviv l’effet d’une bombe menaçant sérieusement le statut d’Israël en
tant qu’État souverain ? Le Président d’Israël, Shimon Peres, appelle le rapport « une mascarade historique » qui «
ne fait pas de distinction entre l’agresseur et un État exerçant son droit de légitime défense, » insistant sur le fait que
le rapport « légitime l’activité terroriste, la poursuite du meurtre et de la mort. » De façon plus générale, ceux qui
défendent ardemment Israël ont condamné le rapport comme étant unilatéral, tendancieux, arrivant à des conclusions
courues d’avance, et émanant de ce bastion des attitudes anti-israéliennes qu’est censé être le Conseil des droits de
l’homme de l’ONU. Ce type de réponse à n’importe quelle critique du comportement d’Israël en Palestine occupée,
particulièrement si elle provient de l’ONU ou des ONG de défense des droits humains consiste à crier à l’injustice et à
éviter d’examiner réellement le fond des accusations. C’est un exemple de ce que j’appelle « la politique du
détournement, » qui consiste à essayer de distraire l’attention du message en la faisant porter sur le messager. Plus
la critique est accablante, plus la réponse est féroce. Vu sous cet angle, le rapport Goldstone a évidemment mis dans
le mille !

A y regarder de plus près, Israël a quelques bonnes raisons de paniquer devant ce rapport accablant. D’abord, celui-
ci est appuyé par une éminente personnalité internationale qui ne peut pas être valablement accusée d’avoir un
préjugé contre les Israéliens ; il est donc plus difficile de distraire l’attention des conclusions du rapport malgré tous
les cris à l’injustice. N’importe quelle lecture juste du rapport devrait montrer qu’il est équilibré et extrêmement
soucieux des arguments d’Israël concernant sa sécurité ; il a en fait accordé à Israël le bénéfice du doute pour
quelques questions clés. Deuxièmement, les résultats, qui étaient prévisibles, sont associés à des recommandations
fermes qui vont bien au-delà des rapports précédents. Il en est deux qui inquiètent sans doute beaucoup la direction
israélienne : le rapport recommande fermement que si Israël et le Hamas n’entreprennent pas eux-mêmes, dans les
six mois à venir, une enquête et un suivi répondant aux normes internationales d’objectivité en ce qui concerne ces
violations de la loi de la guerre, alors il faudrait faire appel au Conseil de sécurité et l’encourager à renvoyer toute
l’affaire de la responsabilité d’Israël et du Hamas au procureur du Tribunal pénal international à la Haye. Même si
Israël se voyait épargner cette indignité grâce à l’intervention diplomatique musclée des USA, et probablement de
quelques gouvernements européens, les retombées sur ses relations publiques seraient extrêmement négatives s’il
n’était pas donné suite aux recommandations de ce rapport.

Troisièmement, peu importe ce qui se passera dans le système des Nations unies et au Conseil des droits de
l’homme à Genève, le poids du rapport sera ressenti par l’opinion publique mondiale. Depuis la guerre de Gaza, la
solidité du soutien juif à Israël a commencé à s’émietter, et cela risque maintenant de s’aggraver. Plus globalement,
un mouvement de boycott et de désinvestissement très robuste prend de l’ampleur depuis la guerre de Gaza, et le
rapport Goldstone ne fera que renforcer de telles initiatives. Le monde se rend de mieux en mieux compte que la
seule chance pour les Palestiniens d’accéder à une forme quelconque de paix juste dépend de l’issue des symboles
de légitimité, de ce que j’ai appelé la guerre pour la légitimité. Les Palestiniens gagnent de plus en plus cette
deuxième guerre non militaire. C’est une telle guerre, menée sur un champ de bataille politique mondial, qui a
finalement et inopinément miné le régime d’apartheid en Afrique du Sud, et elle menace bien davantage le sentiment
de sécurité israélien que la résistance armée palestinienne.

Un quatrième motif d’inquiétude pour les Israéliens découlant du rapport est qu’il donne le feu vert aux tribunaux
nationaux dans le monde entier pour l’application du droit criminel international à l’encontre de suspects israéliens se
rendant à l’étranger ; ceux-ci pourraient être appréhendés pour être inculpés ou extradés vers un pays tiers. De tels
individus pourraient être inculpés de crimes de guerre commis lors de leur participation à la guerre de Gaza. Le
rapport encourage de cette façon le recours quelque peu controversé à ce que les juristes appellent la « compétence
universelle, » c’est-à-dire, le pouvoir des tribunaux dans n’importe quel pays de détenir - en vue de leur extradition ou
de leur inculpation- des individus ayant violé le droit pénal international indépendamment du lieu où les crimes
allégués ont été commis. La réaction des médias israéliens montre que les citoyens israéliens sont déjà inquiets de
se faire appréhender lors de voyages à l’étranger. Comme un commentateur juridique l’a dit dans la presse
israélienne, « dorénavant, non seulement les soldats devraient être prudents quand ils voyagent à l’étranger, mais

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également les ministres et les conseillers juridiques. » Il est bon de rappeler que l’article premier des Conventions de
Genève enjoint les États du monde entier « à respecter et à faire respecter » le droit humanitaire international « en
toutes circonstances ». Si on se rappelle les efforts déployés en 1998 par plusieurs tribunaux Européens pour
inculper Augusto Pinochet des crimes qu’il avait commis quand il était chef d’Etat au Chili, on sait que des tribunaux
nationaux peuvent être employés afin d’ intenter des poursuites contre des dirigeants politiques et militaires pour des
crimes commis ailleurs que sur le territoire de l’État qui engage les poursuites.

Bien sûr qu’Israël ripostera. Il a déjà lancé une attaque éclair médiatique et diplomatique pour dépeindre le rapport
comme unilatéral et indigne de retenir sérieusement l’attention. Le gouvernement des USA a déjà déplorablement
approuvé cette position, et rejette la recommandation centrale du rapport Goldstone, à savoir la mise en application
de ses conclusions par le Conseil de sécurité. L’ambassadrice US auprès de l’ONU, Susan Rice, a de toute évidence
dit en session à huis clos du Conseil de sécurité, le 16 septembre, un jour après la parution du rapport : « [Nous]
avons de graves préoccupations concernant de nombreuses recommandations du rapport. » Développant ce sujet,
l’ambassadrice Rice a indiqué que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui n’a aucun pouvoir de mise en
application, est la seule instance appropriée pour toute action à prendre sur la base du rapport. Le premier combat
consistera probablement à décider s’il convient de suivre la recommandation du rapport concernant le renvoi par le
Conseil de sécurité des questions de responsabilité au Tribunal pénal international, décision qui pourrait être bloquée
par un veto des USA ou d’autres membres permanents.

Il y a lieu de louer la franchise et le caractère complet du rapport, le soin avec lequel il a été rédigé, et les scrupules
qui ont amené ses auteurs à tenir tant Israël que le Hamas responsables de comportements qui semblent constituer
des crimes de guerre, sinon des crimes contre l’humanité. Bien qu’Israël ait réussi à caractériser la manière dont il a
été traité, d’unilatérale , il faut aussi insister sur le fait que le rapport déçoit les espoirs palestiniens. Par exemple, le
rapport accepte la thèse douteuse selon laquelle Israël avait le droit d’intervenir contre Gaza en légitime défense,
empêchant ainsi l’enquête d’examiner si des crimes contre la paix avaient été perpétrés sous la forme d’une
agression prenant la forme du lancement de l’attaque. À cet égard, le rapport ne mentionne absolument pas le
cessez-le-feu provisoire qui avait pratiquement réduit à zéro les tirs de roquettes contre Israël pendant les mois ayant
précédé l’attaque, ni les efforts répétés du Hamas pour reconduire indéfiniment le cessez-le-feu à condition qu’Israël
lève le blocus illégal de Gaz . En outre, c’est Israël qui semble avoir provoqué la rupture du cessez-le-feu en lançant
une attaque mortelle contre des militants du Hamas à Gaza, le 4 novembre 2008. Israël n’a pas tenu compte de cette
alternative diplomatique, apparemment utilisable, à la guerre pour réaliser la sécurité à ses frontières. Le recours à la
guerre, même si les faits justifient la défense légitime, est selon le droit international, un dernier recours. En ignorant
le fait que c’est Israël qui a lancé une guerre unilatérale, le rapport Goldstone accepte la prémisse centrale douteuse
de l’opération Plomb durci et évite de conclure à l’agression.

Le rapport a également déçu en ce que il n’a pas commenté le refus par Israël d’offrir à la population civile la
possibilité de se réfugier hors de Gaza alors qu’elle était prise au piège dans la zone de combat surpeuplée et
minuscule que constitue la Bande de Gaza. Israël a fermé tous les passages pendant la guerre de Gaza, autorisant
uniquement les habitants ayant un passeport étranger à partir. Il est rare dans une guerre moderne que les civils
n’aient pas l’option de devenir réfugiés. Bien qu’il n’y ait aucune disposition spécifique dans les lois de la guerre
exigeant qu’un État en guerre permette à des civils de quitter la zone des combats, il semble que ce soit une
condition humanitaire élémentaire, et qu’elle aurait dû être au moins mentionnée comme élément du droit
international conventionnel ou comme une lacune dans la loi qui devrait être comblée. L’importance de cette question
est renforcée par les nombreux rapports concernant le stress post-traumatique subi par les civils de Gaza,
particulièrement les enfants qui constituent 53% de la population. On pourrait également noter que le rapport accorde
une attention considérable à Gilad Shalit, le seul prisonnier des FID détenu par le Hamas à Gaza dont il recommande
la libération pour des raisons humanitaires, tout en ne faisant aucune suggestion comparable à Israël bien que celui-
ci détienne des milliers de Palestiniens en prison dans des conditions très dures.

En fin de compte, le rapport Goldstone est peu susceptible de casser le refus par les gouvernements de contester le
blocus israélien de Gaza ou d’inciter les Nations Unies à contester l’impunité israélienne de manière significative. En
fonction des manœuvres en coulisse, les USA peuvent ou ne peuvent pas éviter de protéger publiquement Israël de
la responsabilité qui lui revient pour son comportement pendant la guerre de Gaza ou pour son refus continu de se
conformer au droit humanitaire international en levant le blocus qui continue à affecter quotidiennement la santé de la
population entière de Gaza.

En dépit de ces limites, le rapport est une contribution historique à la lutte palestinienne pour la justice, une
documentation impeccable sur un chapitre crucial de la victimisation des Palestiniens sous occupation. Il aura un

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impact très impressionnant sur la progression du mouvement de la société civile qui dans le monde entier cherche à
instaurer un boycott culturel, sportif et universitaire et à décourager les investissements, le commerce et le tourisme
avec Israël.

Tout comme dans la lutte contre l’apartheid, il se peut que le basculement des forces en faveur des Palestiniens se
produise non pas par le biais de la diplomatie ou comme suite à la résistance armée, mais sur le champ de bataille
symbolique pour la légitimité qui a pris une envergure mondiale, ce qui pourrait être considéré comme la nouvelle
pertinence politique de la mondialisation de la morale et du droit.

Richard Falk

* Richard Falk est rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme.

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7349

François Cluzet accusé d'incitation à la haine: l'affaire qui pourrait faire exploser le CSA?

Depuis qu'il ne nomme plus les présidents de l'audiovisuel public, le CSA se cherche visiblement des trucs à faire.
Cette semaine, nous avons ainsi appris que le "groupe de travail" en charge de la déontologie du CSA menait une
"enquête" sur des propos tenus par le comédien Francois Cluzet dans le cadre d'une émission de télévision.

Cluzet voulait évoquer le cas d'un détenu de nationalité française prisonnier en Israël. Précisons ici qu'il ne s'agit pas
de trancher du bien-fondé de sa démarche. Cluzet a le droit d'estimer selon sa conscience que tel ou tel est
injustement prisonnier ou pas et quiconque a le droit de penser le contraire. Le problème n'est pas là.

Voici les faits tels que présentés sur de nombreux sites d'informations:

François Cluzet, est l'invité de France 2, le 8 novembre à l'émission 13H15. Il en profite pour s'émouvoir du sort de
Salah Hamouri, un Franco-palestinien emprisonné en Israël depuis 2005 pour "délit d'opinion", selon lui.

"Salah Hamouri, c'est un français qui est en prison en Israël pour délit d'opinion", dit Cluzet sous les yeux de
Delahousse et Copé, autre invité de l'émission.

"Nicolas Sarkozy avait dit 'j'irai chercher n'importe quel français quoi qu'il ait fait où qu'il soit'. Or Salah Hamouri est en
prison depuis quatre ans (...) il est en prison pour délit d'opinion, simplement parce qu'il a dit qu'il était contre les
colonisations et la poursuite de la colonisation", ajoute encore Cluzet.

"Personne n'en parle! C'est un français, on parle d'identité nationale, cela fait quatre ans qu'il est en taule, personne
n'en parle!". Précisons que Cluzet fait partie d'un comité de soutien à Salah Hamouri. "

Et voilà que le BNVCA, bureau national de vigilance contre l'antisémitisme saisit le CSA. Le BNVCA n'est pas
content. "Considérant qu’il s’agit d’une désinformation caractérisée et d’incitation à la haine, le BNVCA qui saisit le
Conseil Supérieur de l’Audiovisuel demande à la Rédaction de France 2 et à Monsieur DELAHOUSSE de rétablir
sans délai la vérité sur cette antenne et présenter les faits concernant le terroriste en question auquel le President de
la République Française s’est intéressé."

Bien. J'ai beau lire et relire les propos de Cluzet, j'y cherche en vain la moindre trace "d'incitation à la haine". Que
Cluzet juge que la situation d'Hamouri est injuste compte tenu de ce qu'il en sait, c'est son droit. Que le BNVCA juge,
de son coté, que cette situation est justifiée compte tenu de ce qu'il en sait, c'est son droit. Mais que le BNVCA
saisisse le CSA en accusant Cluzet "d'incitation à la haine" n'a visiblement pas grand chose à voir avec le schmilblick.

On ne peut que s'étonner voir le CSA traiter en grande pompe, via son "groupe de travail" chargé de la déontologie,
une demande qui semble relever du classement immédiat sans suite. Les juristes du CSA, (si brillants) devraient
savoir que les propos de Cluzet ne sont en rien contraires à la loi pénale française en matière d'incitation à la haine
raciale.

Qui plus est, le CSA va au devant de graves problèmes.

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On notera (si le site du CSA est à jour) que le "groupe de travail" sur la déontologie dans les médias, en charge de
l'enquête, est présidé par Rachid Arhab. Voilà qui est intéressant. La déontologie est confiée à une personne qui
siège au CSA au mépris de toutes les règles d'indépendance et de déontologie (justement) qui sont de rigueur en la
matière. Rappelons en effet que Rachid Arhab est lié par un contrat de travail (simplement suspendu) à France 2 et
qu'il refuse de démissionner pour des raisons de confort personnel. Or, dans cette affaire, c'est France 2 qui est mise
en cause. Si la décision du CSA est contraire à ce que souhaite le BNVCA, celui-ci pourra toujours hurler à la
partialité du président du groupe de travail chargé de la déontologie. Et ça n'est pas tout. Si la décision finale est prise
en assemblée plénière du CSA, cela impliquera Françoise Laborde, (de fait et de droit placée dans la même situation
que Rachid Arhab) qui prendra évidemment part aux délibérations et sera suspecte de la même partialité. Débouté, le
BNCVA pourrait alors en appeler à la justice administrative du Conseil d'Etat vu que deux membres de l'instance sont
juges et parties dans cette affaire.

Si cette affaire tourne mal, le CSA pourrait ainsi exploser, juridiquement, moralement et politiquement. Voilà ce qui
arrive quand on ne respecte ni le droit, ni la morale publique.

http://www.lepost.fr/article/2009/11/20/1800925_francois-cluzet-accuse-d-incitation-a-la-haine-l-affaire-qui-pourrait-
faire-exploser-le-csa.html

Spécial suppliciés de Gaza, à l'agonie derrière leur mur diabolique

"" Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est qu'on la trouve."


Rémy de Gourmont

"Nul ne colonise innocemment. (…) Une nation qui colonise, une civilisation qui justifie la colonisation - donc
la force - est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de
conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment."
Aimé Césaire

Les grands écrivains sont des prophètes. Ils voient l'avenir dans les signes du présent, car l'art est réalité et symbole
confondus, mais il faut savoir lire les symboles.

J'ai donc mis mes pas dans les pas de Franz Kafka (voir La métamorphose d'un être humain en vermine), puis d'
Octave Mirbeau et j'ai lu à livre ouvert l'histoire de la Palestine telle qu'ils l'avaient vue et racontée depuis des
dizaines d'années.

Tout avait été dit : la politique d'Israël a été décrite par le menu depuis des lustres. Des voix nombreuses nous
avaient prévenus. Meurtres, génocide, crimes de guerre, tout peut recommencer . "C'est arrivé et tout cela peut
arriver à nouveau "avait averti Primo Levi dans Les naufragés et les rescapés .

Il avait raison, c'est arrivé de nouveau.

Pendant que les Laval et les Pétain palestiniens se vautrent sur de moelleux divans en compagnie des assassins de
leur peuple et incitent ces derniers à une manière de "solution finale" censée dégoûter les Gazaouis de soutenir les
dirigeants qu'ils ont démocratiquement élus, les bourreaux israéliens ont de nouveau gratifié l'univers du spectacle
d'une de ces tueries dont ils ont le secret. S'étant spécialisés dans les massacres de populations civiles et les
dévastations d'infrastructures, d'hôpitaux et d'écoles et ayant démontré leur savoir-faire en 2002 à Jénine, puis en
2006 au Liban, le monde entier a pu constater au cours de la dernière bacchanale sanglante à laquelle ils se sont
livrés durant l'hiver 2008-2009 à Gaza, à quel point ils viennent d'améliorer leurs performances .

Mais la brutalité n'est pas leur seul registre. S'il existait un festival de Cannes destiné à récompenser le tourmenteur
le plus vicieux et le plus imaginatif, il est assuré que l'Etat d'Israël remporterait haut la main la palme d'or du scénario,
ainsi que celle de la mise en scène. Ces deux trophées salueraient les inventions les plus cruelles et les plus
agressives, certes, mais aussi les plus imprévues, les plus dérisoires, les plus hypocrites et les plus perverses de cet
Etat, qui toutes convergent vers un seul but: désécuriser, déstabiliser et créer une atmosphère d'angoisse et de
précarité destinées à affoler en permanence les victimes et donc à les fragiliser psychiquement, avant de tenter de les
éliminer physiquement. Pour le bourreau, ce préliminaire correspond à la phase dite d'"attendrissement de la viande"
.

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La capacité de résilience, l'énergie et l'intelligence du peuple palestinien sont si étonnantes qu'en même temps
qu'elles soulèvent l'admiration de tous les hommes normaux et dotés de la capacité innée d'empathie envers son
semblable souffrant, elles font enrager l'occupant qui, visiblement, ne sait plus à quelle exaction se livrer et auprès de
quel démon renouveler son inspiration. La corruption à grande échelle des dirigeants, en vertu de l'adage populaire
bien connu , "Le poisson pourrit toujours par la tête" , est l'une de ses dernières trouvailles.

Dahlan, l'évincé de Gaza, en compagne de l'ancien chef d'état-major de tsahal, Mofaz (doc.assez ancien, mais
révélateur de l'intimité des relations entre ces deux individus)

Sur les pas d'Octave Mirbeau dans le Jardin des supplices de Gaza...

Le sol était jonché de corps déchiquetés, de têtes arrachées, de bras et de jambes orphelins de leur tronc. Des
blessés gémissaient, des fantômes de femmes, des ombres d'hommes, hurlaient leur douleur. Je compris en un
éclair que je venais de pénétrer dans le jardin des supplices de Gaza.

Tête de toute petite fille au milieu des gravas

Partout ruines, destructions , sang et meurtres … meurtres… meurtres.

Je me souvins de la dédicace de mon guide à son ouvrage sur les tortures et les tortionnaires de l'histoire : " Aux
Prêtres, aux Soldats, aux Juges, aux Hommes, qui éduquent, dirigent, gouvernent les Hommes, je dédie ces pages
de Meurtre et de Sang " . Octave Mirbeau avait prévu l'enfer de Gaza .

Larguant sciemment bombes incendiaires ou à fragmentation, obus au phosphore blanc et à l'uranium appauvri,
missiles meurtriers et bombes à fléchettes sur des milliers de maisons, le parlement, le ministère de la Justice, le
ministère de l'Intérieur, les tribunaux, la prison, l'unique moulin à farine, le principal élevage de volailles, l'équipement
de traitement des eaux usées, les citernes, les puits, les écoles, les réserves de nourriture, la centrale électrique, les
assassins ont amplement prouvé que "le meurtre est bien la plus grande préoccupation humaine".

C'est pourquoi, "l'universelle barbarie" dans laquelle nous sommes plongés permet de massacrer le plus de monde
possible en le moins de temps possible. Tels sont les fondements sur lesquels les cités et les nations concentrent leur
politique.

Ainsi, les deux Etats les plus belliqueux de la terre - les Etats-Unis et Israël - possèdent à eux seuls un arsenal
suffisant pour faire exploser plusieurs fois la planète tout entière: "Avec notre état d'universelle barbarie [...] nous

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vivons sous la loi de la guerre ... Or en quoi consiste la guerre ? ... Elle consiste à massacrer le plus d'hommes que
l'on peut, en le moins de temps possible ... Pour la rendre de plus en plus meurtrière et expéditive il s'agit de trouver
des engins de destruction de plus en plus formidables ... et c'est aussi le progrès moderne ...", écrivait Octave
Mirbeau, l'un des plus virulents écrivains anti-colonialistes de la fin du XIXe siècle, dans un ouvrage d'un humour
grinçant et dérangeant, "plus noir que le noir", pour paraphraser Jonathan Littell, et intitulé Le jardin des supplices . Il
y décrivait minutieusement les tortures inventées par un bourreau particulièrement inspiré dans le bagne de Canton. Il
s'agissait de symboliser et de stigmatiser d'une manière "swiftienne" les méfaits et les horreurs des Etats
colonialistes. Méfaits et horreurs que le dernier Etat ouvertement colonialiste de la planète continue de pratiquer avec
une impudence qu'il n'est pas exagéré de qualifier de "chuzpah politique et morale".

Il est 11h30, les enfants sortent de l'école. A cet instant, l'artillerie se déchaîne. Cinquante avions de combat lâchent
leurs bombes alors que plus de cinq cents enfants terrorisés et en pleurs grouillent encore dans les rues et que des
parents désespérés arrivent en courant. Une promotion entière de plus de deux cents jeunes policiers en train de
prêter leur serment d'entrée en fonction est exterminée en un éclair. Les morgues débordent. Trois jeunes enfants
d'une même famille gisent entassés l'un sur l'autre. Des bombes partout, de la fumée, de la poussière, du sang, des
cris, des pleurs. La peur, la rage, nul refuge, nul secours. Gaza tout entière transformée en un gigantesque jardin des
supplices.

Alignement de cadavres d'adultes et d'enfants

Les stocks de l'aide humanitaire brûlés au phosphore blanc. Même les morts sont bombardés et les cimetières
ravagés par l'artillerie. Puanteur des cadavres en décomposition exhumés de leurs tombes. Exhalaisons de sang et
de mort. Lambeaux de chairs, fragments de membres éparpillés. Les victimes tuées une deuxième fois. Odeur de
mort du jardin des supplices de Gaza.

Les bâtiments abritant les médias, pulvérisés. Terroriser les journalistes et les prendre sciemment pour cibles afin de
priver les victimes de nouvelles et de conseils et surtout, priver le monde de témoins. La censure perverse dans le
jardin des supplices de Gaza.

Massacres de civils fuyant les zones de combat et agitant des drapeaux blancs, civils carbonisés au hasard par le
phosphore blanc déversé sur des zones peuplées, fours crématoires portatifs et intentions génocidaires, nul besoin
de zyklon, on n'arrête pas le progrès, bombes à l'uranium appauvri larguées sur des écoles, la mort inhalée durant
des jours et des jours, utilisation de civils et même d'enfants comme boucliers humains. D'autres enfants foudroyés
d'une balle en plein front par d'habiles snipers et visés comme des lapins mécaniques dans une fête foraine. "C'est
cool de tuer"! Bonheur de devenir une bête. Soldats visant délibérément des civils désarmés à partir des tanks; des
enfants, des nourrissons le front troué d'une balle, tous rebaptisés "terroristes". Ravager les maisons désertées par
leurs occupants, voler ce qui peut l'être, détruire les meubles, souiller, déféquer et uriner partout, tel fut l'incroyable
cruauté ainsi que l'invraisemblable manque de dignité de l'armée des assassins, tueuse méticuleuse dans le jardin
des supplices de Gaza.

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Obus au phosphore blanc sur une école de l'UNWRA

Les habitants de Gaza traités comme des animaux et leurs maisons transformées en bauges, pillées et vandalisées
lorsqu'elles n'étaient pas rasées, ainsi s'est comportée "l'armée la plus morale du monde" dans le jardin des supplices
de Gaza.

Les pauvres animaux du zoo ne sont pas épargnés par les bombes et la folie meurtrière qui s'est abattue sur le camp
de concentration hermétiquement clos et livré à une rage destructrice. Les écoles , les hôpitaux, les ambulances sont
attaqués et incendiés, les blessés agonisent en se vidant de leur sang. Les oliveraies déracinées dressent vers le ciel
leurs racines désespérées, les serres réduites en miettes afin de survienne la famine. Le terrain labouré en
profondeur au bulldozer pour que rien ne repousse. Le désert et la désolation. L'horreur et la dévastation dans le
jardin des supplices de Gaza.

Pluie d'obus de phosphore blanc arrosant la ville de Gaza

Et les assassins l'avouent : "Tu ne vois pas les Palestiniens comme des être humains, tu les vois comme des
animaux. Tu entres dans leur maison, la nuit, tu les réveilles, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre, et tu
casses tout. C'est le genre de choses que tu ne ferais pas ici, en Israël, mais tu le fais chez eux. Et, pour ce faire, tu
refuses la réalité. C'est la seule manière. Tu crées entre toi et la réalité un mur de silence". Tel est le témoignage
révélateur de l'un des participants de la si glorieuse équipée de Tsahal dans la souricière de Gaza.

Des supplices d'un raffinement cruel décrits par Octave Mirbeau, que le bourreau fait subir aux détenus du bagne de
Canton, aux supplices collectifs et au déchaînement de barbarie mécanisée d'une brutalité inouïe infligés à toute une
population piégée comme des rats et harcelée par terre, par mer et par les airs, on retrouve encore et toujours le
même instinct de meurtre. S'y ajoute le sentiment jouissif de puissance et la jubilation de pouvoir infliger impunément
une souffrance illimitée et gratuite : "Tu les fais avancer, reculer. Tu les rends fous. Tu as dix-huit ans et tu te sens
puissant", ainsi s'exprime l'un des jeunes bourreaux repentants.

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Et depuis lors, le camp de concentration de Gaza demeure toujours aussi hermétiquement bouclé, l'occupant
interdisant l'entrée des outils et de tout matériau qui permettraient de reconstruire ou de réparer les infrastructures
détruites. Mais la liste des interdictions ne se limite pas aux matériaux de construction. Et c'est là où l'imagination
sadique du bourreau donne toute sa mesure et rappelle celle du bourreau chinois d'Octave Mirbeau.

Ne pouvant décemment, comme dans le bagne de Canton, se livrer aux supplices, horribles, certes, mais, somme
toutes, artisanaux, de la cloche, de la caresse, ou le fameux supplice du rat qui obsédait un des patients de Freud, ou
se spécialiser dans le maniement de la scie, de la tenaille ou du scalpel, le bourreau israélien s'est spécialisé dans
des harcèlements physiques et moraux permanents et massifs. Il compte sur les ravages engendrés par la durée de
la souffrance. Il espère assister au spectacle jubilatoire de voir les victimes s'entre-dévorer, se retourner contre leurs
dirigeants et ramper devant lui, enfin domptées.

En effet, une véritable liste à la Prévert des privations cerne et harcèle les suppliciés dans tous les aspects de leur vie
quotidienne.

Ainsi, aujourd'hui encore, sont interdits d'entrée dans le bagne de Gaza : les crayons pour les écoliers, les cahiers et
les livres, tous les instruments de musique et les partitions, les bougies et les allumettes, tout matériel électrique -
câbles, fils, prises, boîtes de dérivation, ampoules, le verre plat, pour fermer avant l'arrivée de l'hiver les milliers de
fenêtres dont les vitres ont volé en éclats.

Sont également interdits d'entrée dans la prison de Gaza les vêtements, les tissus, le fil à coudre, les aiguilles, les
chaussures, les matelas, les draps, les couvertures, les couettes, toute la vaisselle - assiettes, tasses, casseroles,
couteaux, fourchettes, cuillères- tout produit d'entretien et de lavage - une dérogation partielle vient d'être accordée
sur certains produits d'hygiène corporelle, mais le papier hygiénique sous tous ses conditionnements continue d' être
considéré comme un produit dangereux. Des Gazaouis ingénieux sont sûrement susceptibles d'accrocher des
missiles à des avions en papier hygiénique et de pilonner Sderot!

Sont interdits d'entrée tous les jouets, ainsi que les poupées.

Est évidemment interdite toute importation de réfrigérateurs, de machines à laver et de tout autre appareil
électroménager, matériel de toutes manières inutilisable, puisque l'occupant coupe, selon son bon plaisir, le peu
d'électricité qu'il laisse fonctionner après avoir détruit la seule centrale électrique du ghetto et empêché sa réparation.
De plus, il vole la majeure partie de l'eau des nappes phréatiques et ne laisse aux bagnards de Gaza qu'un mince filet
à peine suffisant pour remplir des jerricans .

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Est interdite l'importation de véhicules de toute nature - voitures particulières, camions, ambulances et même
fauteuils roulants pour les innombrables blessés et infirmes que "l'armée la plus morale du monde" a laissés sur le
carreau.

Sont interdits d'entrée tous les animaux - vaches, ânes, chèvres, volailles, etc. , et le remplacement des quelques
pauvres animaux du zoo de Gaza - impitoyablement abattus, eux-aussi, pendant le carnage ou morts de faim - est
impossible. On n'insistera jamais assez sur les capacités militaires des vaches ou des poules.

Aux dernières nouvelles, l'Organisation Mondiale de la Santé informe le monde que les bourreaux moraux de la
"seule démocratie du Moyen-Orient" viennent d'interdire, pour la quatrième fois, l'entrée des appareils et des
accessoires médicaux indispensables au fonctionnement des hôpitaux et, pour faire bonne mesure, les gentils
"démocrates" préposés au contrôle des marchandises ont pris soin de ravager les appareils et de les rendre
inutilisables par ces sous-hommes de Palestiniens - ces "animaux à visage humain", comme les désigne le Talmud -
avant de les retourner à l'envoyeur. Et c'est ainsi que Jahvé est grand. Alleluia!

La seule interdiction que la fameuse "communauté internationale" a réussi à lever est celle des coquillettes et des
nouilles... dont le danger qu'elles représentaient pour la sécurité de l'occupant n'est plus à démontrer; mais sont
toujours interdits d'entrée dans le ghetto de Gaza le thé, le café, toutes les semoules, le lait en grands
conditionnements, toutes les patisseries et gâteaux secs, le chocolat, les graines de sésame et les semences, toutes
matières qui risquent d'être utilisées par les inventifs démons gazaouis dans la fabrication des roquettes meurtrières
qui "terroriseraient" les pauvres habitants de Sdérot. Les Gazaouis réussissent à construire des maisons avec de la
boue, alors, pourquoi ne mettraient-ils pas au point des bombes à la semoule!

La "loi du meurtre" et "l'école de l'assassinat" illustrées à Gaza par l'Etat qui se proclame une "lumière pour les
nations", ne constituent pas une explosion irrationnelle, comme pourraient le laisser croire les interdits sadiques
énumérés ci-dessus. De même que celui du bagne de Canton, le bourreau bureaucratique israélien est un véritable
artiste qui traite la souffrance comme un des beaux-arts. Un an après la fin du déchaînement génocidaire contre la
population civile, les privations continuent d'être mises en œuvre au nez et à la barbe des démocraties "morales",
avec la rigueur et la méticulosité propres à toutes les administrations dictatoriales. Elles témoignent de la mise en
oeuvre d'un plan particulièrement raffiné, mûrement conçu dans le but de faire souffrir les victimes au maximum tout
en essayant de préserver - grâce à une machine de propagande bien huilée et fonctionnant sur toute la planète - un
statut de victime éternelle. En réalité il s'agit de rien de moins que d'une application quasi littérale des
recommandations biblico-talmudistes acceptées et approuvées par plus de 85% de la population de la nouvelle
colonie de peuplement, fondée sur des critères raciaux et implantée sur la terre palestinienne.

Voici quelques citations, parmi des dizaines d'autres, issues, non pas même du Talmud - dont certains passages
traduisent un autisme pathologique et un racisme si ingénu et si arrogant que son excès même en devient comique et
ne mériterait qu'un haussement d'épaules méprisant ... s'il n'était mis en pratique, ouvertement par les fameux IDF
(Israël Defense Forces) et insidieusement par tous les règlements administratifs de l'Etat colonial. Les
recommandations de haine, de destruction, de vol et de meurtres figurent dans les textes bibliques majeurs et sont
prônés par de nombreux rabbins dans l'armée. C'est pourquoi ce sont les recommandations bibliques qui sont
appliquées au pied de la lettre et le coeur léger par la soldatesque - en dépit de l'existence d'un code officiel flatteur,
uniquement destiné à leurrer l'étranger candide sur la nature d'un Etat qui se proclame une "démocratie occidentale".
Mais il se comporte en réalité avec la brutalité et l'arbitraire propres à toutes les dictatures militaires envers ceux qui
ne peuvent exciper de leur "pureté religieuse et raciale", les deux éléments étant indissolulement liés dans cette
religion. En effet les recommandations officielles de "l'armée la plus morale du monde"... sur le papier ... sont
superbement ignorées non seulement par la base, mais par toute la haute hiérarchie militaire.

"Lorsque Jahvé, ton dieu, t'aura amené dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession et qu'il aura délogé
devant toi de nombreuses nations (…) alors, Jahvé ton dieu les aura livrées à ta merci et que tu les livreras à
l'anathème (à la destruction) . Tu ne concluras pas d'alliance avec elles, tu n'en auras point pitié ! " (Deutéronome
7:1-2)

"Des villes de ces peuples que Jahvé, ton Dieu, te donne en héritage, tu ne laisseras rien vivre de ce qui a souffle de
vie. Détruisez-les jusqu'au dernier… comme Jahvé, ton Dieu, vous l'a ordonné… " (Deutéronome 20.16)

"Vous poursuivrez vos ennemis, et ils tomberont devant vous sous votre glaive. Cinq des vôtres en poursuivront cent
des leurs, cent d'entre vous en poursuivront dix mille, et vos ennemis tomberont devant vous par le glaive. "
(Lévitique, 26, 7-9)

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"Ce jour est au Seigneur Jahvé des armées, jour de vengeance, où il se venge de ses adversaires. Le glaive dévore
et se rassasie. Il s'abreuve de leur sang." (Jérémie 46.10) (trad. Osty)

Deir Yassine Haïfa, Jaffa, Acre, Oum Al Fahem et AL-Ramla, Al-Daouayma, Abou Shousha, Qazaza, Jaffa à
plusieurs reprises, Tannoura, Tireh, Kfar Husseinia, Haïfa encore et encore, Sarafand, Kolonia, Saris, Biddu, Lod,
Bayt Surik, Sasa, Balad al-Cheikh, hier Jenine , Gaza hier et aujourd'hui ont expérimenté dans leur chair la mise en
pratique des directives vétéro-testamentaires en usage dans l'armée.

Déjà, une première fois, il y deux millénaires environ, une tribu de nomades en voie de sédentarisation rationalisait
ses meurtres et ses rapines en les attribuant à la volonté et aux directives de son dieu personnel - un dieu qui aurait
eu la chuzpah de priver le peuple autochtone de sa terre et de propulser ses chouchous, se qualifiant d'"élus", sur un
territoire qu'ils trouvaient à leur goût. Pour la deuxième fois dans l'histoire, un groupe humain qui se réclame de la
même divinité s'installe sans complexes dans des " grandes et belles villes qu'il n'avait pas bâties", habite avec bonne
conscience , dans des "maisons pleines de toutes sortes de biens qu'il n'avait pas remplies" et utilise tranquillement
des "citernes creusées qu'il n'avait pas creusées". Sans le moindre regard pour la population expropriée et volée, il
jouit des récoltes de "vignes et d'oliviers qu'il n'avait pas plantés". (Deutéronome, 6,10, trad. Osty) "Cette terre est à
nous, c'est notre Dieu qui nous l'a donnée", hurlent à tue-tête des colons déchaînés, la kalachnikov à portée de main.

Les scribes du VI e siècle ont eu non seulement la candeur d'avouer les spoliations de la population autochtone
auxquelles a procédé cette tribu lors de la première invasion, mais de s'en faire un titre de gloire. Or, pas plus à cette
époque qu'aujourd'hui, ce territoire n'était "vide" et en attente d'envahisseurs. Un minimum de connaissances
historiques permet de balayer les prétentions des hagiographes de cette religion qui rêvent de transformer leurs
propres écrits mythologico-théologiques en registres cadastraux ou en actes notariaux.

Les légendes et les récits mythiques datant d'un millénaire pour certains, transmis oralement puis collationnés et mis
en forme par des scribes à partir du VIe siècle avant notre ère dans une perspective d'auto-justification politique, puis
triturés, ruminés et délayés par des rabbins autoritaires dans les plaines de Russie ou d'Ukraine à partir du Xème
siècle - date de la conversion au judaïsme de groupes de populations d'Europe orientale ou de territoires asiatiques -
ces récits légendaires, dis-je, ainsi que la glose talmudique qui en découle, nourrissent le terreau sur lequel a
prospéré l'arrière-monde psycho-religieux des nombreux immigrants originaires d'Europe de l'Est et de Russie. Ce
sont eux qui composent la strate dominante du mille feuilles de la colonie de peuplement en passe de conquérir la
Palestine tout entière. Ainsi, sur les quinze premiers ministres de l'actuel Etat Israël, treize sont issus d'Ukraine, de
Pologne, de Russie, de Lithuanie, de Bielorussie, de Moldavie et seuls deux sont nés en dans la Palestine sous
mandat anglais, sans précision sur la provenance des parents, mais ceux-ci étaient probablement natifs des mêmes
régions d'Europe orientale.

Il en résulte des cerveaux bunkerisés par un mélange d'arrogance - liée à une auto-proclamée "élection" divine - et de
victimisation professionnelle brandie comme un bouclier à chaque critique de leurs exactions. L'idéologie biblico-
victimaire des dirigeants de cet Etat et d'une grande majorité de la population les rend incapables de communiquer
avec leurs voisins autrement que par la violence, le mépris et la domination. C'est pourquoi seule une anthropologie
critique permet d'ouvrir l'interprétation de la politique des nations à la psychophysiologie des peuples qui les
composent. (Voir les nombreuses analyses de théopolitique de Manuel de Diéguez sur ce thème )

Le général Gaby Ashkenazi, chef d'état major de la glorieuse "guerre" contre les civils de la bande de Gaza.

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Primo Lévi semble avoir perdu confiance dans un possible sursaut moral de l'Etat d'Israël. Et pourtant "j'étais un
homme", écrivait pudiquement, mais avec un chagrin si insurmontable qu'il l'a conduit au suicide, un rescapé de
l'avant-dernier jardin des supplices.

Que dirait aujourd'hui Primo Levi aux suppliciés de Tsahal à Gaza traités comme on n'ose plus traiter les animaux?
Peut-être leur lirait-il le Discours sur le colonialisme de notre grand poète martiniquais, Aimé Césaire :

"Nul ne colonise innocemment. (…) Une nation qui colonise, une civilisation qui justifie la colonisation - donc la force -
est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en
conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment."

http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/mariali/palestine/supplices/supplice.htm

http://www.soueich.info/article--le-jardin-des-supplices-de-gaza-39162219.html

La vidéo de François Cluzet est présente sur de nombreux site, sur de nombreuse pages de Facebook, sur des
blogs, etc. Beaucoup aussi utilisent leurs carnets d'adresses pour envoyer à un ou plusieurs amis les liens ci-dessous
qui à eux seuls comptent à cette heure (23h30) pas moins 15.000 personnes qui ont visionné la vidéo. Environ 1.000
à l'heure. On est pas loin du buzz, autrement dit de la vidéo "événement" car regardée par de nombreux internautes
et donc qui doit être prise en compte. Il reste toutefois beaucoup d'espaces pour multiplier les contacts de toute
nature afin de faire partager ces liens et inciter à cliquer dessus.

http://www.dailymotion.com/video/xb31pm_francois-cluzet-parle-de-salah-hamo_news

http://www.dailymotion.com/video/xb30qi_francois-cluzet-parle-de-salah-ham_news

http://r-sistons.over-blog.com/article-special-supplicies-de-gaza-a-l-agonie-derriere-leur-mur-diabolique-
39188128.html

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Comment peut-on être palestinien ?

Une histoire de Palestiniens, tristement banale parmi des milliers d'autres.

Au sud de Bethléem, sur une colline haute de 900 mètres sur laquelle il arrive qu'il neige ( rarement ), balayée par le
vent et brûlée par le soleil, plantée d'oliviers et de vignes, où galopent un petit troupeau de chèvres blanches et
noires, un âne et deux chevaux, le passant, le promeneur, le flâneur, s'il existait, pourrait en toute quiétude s'arrêter et
s'imaginer aux temps bibliques. Et si quelques constructions en moellons et tôles, deux voitures et un tracteur
témoignent de la modernité, la colline et ses vallons respirent la simplicité et le bonheur. Le bonheur d'être palestinien
?

Point ! Ce bonheur-là n'existe pas, n'existe plus, plus du tout. Le flâneur, sauf à être aveugle, et à condition que ses
pas l'aient volontairement, délibérément et obstinément malgré les entraves, porté en ces lieux, le flâneur ne peut
ignorer où qu'il se tourne sur cet espace à la vue à 360°, ce qui heurte ses yeux et son bon sens.

Une famille de Palestiniens chrétiens, les NASSAR, (mais ils pourraient être musulmans, leur sort serait identique), la
mère de 80 ans, 3 enfants de 36 à 53 ans et leurs propres enfants, en tout une vingtaine de personnes vivent sur
cette terre que le grand-père a achetée en 1912. Il a toujours payé ses taxes et enregistré sa terre auprès des
Ottomans, puis des Jordaniens, des Anglais et enfin des Israéliens…contrairement à beaucoup de Palestiniens qui
s'étaient contentés de l'oralité qui faisait force de loi.

Et autour, sur cette terre de Cisjordanie, terre desPalestiniens, normalement à l'abri de la " green line " de 1967, terre
gérée officiellement selon l'ONU par l'Autorité Palestinienne , se sont installées cinq colonies israéliennes de fous
furieux fanatiques dont la plus grosse comprend 30 000 habitants.

Ces Palestiniens sont devenus " illégaux " sur leurs propres terres. Mais ils ont décidé de livrer bataille.

Les colons ont capté leur source, les Nassar creusent des citernes à la pioche.

Les colons leur ont coupé l'accès au réseau électrique, ils ont installé des panneaux solaires et un générateur avec
l'aide d'internationaux allemands.

Les Israéliens leur ont coupé 250 oliviers, ils vont en replanter 500 et cultiver le plus de terres possible avec l'aide du
tracteur payé par l'AFPS de Rouen, le Conseil Régional de Haute-Normandie et le Département de Seine-Maritime.

Avec la totale bénédiction de l'armée, les colons tentent de les intimider, les Nassar leur opposent la loi, le droit et
perdent malgré tout.

Les colons leur barrent la route de Bethléem avec un tas de terre et de cailloux. Ils font le trajet à pied, en stop ou font
un énorme détour de 30 kms au lieu de 8 pour emmener les enfants à l'école ou pour Amal qui est infirmière à
l'hôpital.

Les colons viennent sur leur terre et les menacent avec des fusils. Ils leur opposent non-violence et présence
d'internationaux.

Depuis deux ans, leurs conditions de vie sont de plus en plus pénibles. Le mur se construit et il est presque achevé.
L'étau se resserre et les enferme chez eux. Mais leur volonté de vivre est de plus en plus grande.

Deux questions :

Pourquoi les colons s'acharnent-ils ainsi ?

Où les Nassar, comme tant d'autres, puisent-ils le courage de résister ?

A la deuxième question, on peut répondre qu'ils ne demandent pas la paix mais la justice ; qu'ils ne veulent pas la
guerre mais la loi ; qu'ils ne réclament pas la disparition des autres comme on voudrait nous le faire croire, mais la
liberté chez eux ; qu'ils ne veulent pas l'indifférence mais la reconnaissance mutuelle. Enfin, qu'ils n'exigent pas des
privilèges mais leur droit de terre, de retour à la terre dont ils ont été spoliés parce que l'Europe d'après guerre était
bien trop contente de se débarrasser à bon compte du problème juif aux dépends de quelques paysans pouilleux de
Palestine!

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Qu'enfin, s'ils ne résistent pas, ils n'ont plus qu'à mourir. En tout cas, ils n'ont plus rien à perdre !

A la première question, les colons opposent le droit de " Dieu ", disent-ils.

Parce que l'état d'Israël pratique sans le dire :

- la purification ethnique,

- la fabrication de lois iniques exclusivement à leur avantage,

- la négation des Palestiniens selon la loi du " présent/absent " qui stipule que tout palestinien absent de sa terre ou
ne pouvant la cultiver se la verra retirée,

- la colonisation des terres qui ne lui appartiennent pas,

- l'apartheid enfin sous toutes ses formes, habillée des oripeaux de la démocratie.

Il y aurait tant à dire sur la politique de l'état d'Israël !

COMPTE-RENDU DE LA RENCONTRE AVEC MICHEL WARCHAVSKI,

Militant anticolonialiste juif israélien. Membre du centre d'information alternative (AIC), une organisation mixte
palestiniens et israéliens.

Sa raison d'être : être un anti-mur et mener une action militante et de réflexion.

L'optique n'est plus une optique de dialogue visant à penser que les deux parties ont des torts. C'est une idée fausse.

Militer pour le droit et la justice, oui ; mais le mot " paix " est galvaudé car on fait la guerre en son nom.

Dans les médias, il s'agit de séparer le virtuel de la réalité .

Le virtuel, c'est le processus de paix, une " chose " qui n'a pratiquement jamais existé et en tout cas plus depuis
longtemps. Il y en a eu un entre Rabin et Arafat, mais sans horizon, sans calendrier. Des rencontres sans mesures
concrètes, sans comptes-rendus. On peut objecter qu'il y a eu le retrait de Gaza, mais il était prévu dans le plan
israélien.

Le réel, depuis 1967, c'est le processus de colonisation, continu, permanent, planifié, pensé par Sharon, un
idéologue, un stratège, un conducteur. Et même le seul stratège depuis Ben Gourion et dans une même continuité de
rêve de vision, de langage, de vocabulaire.

( interview de Sharon dans Le Monde en 2002)

3 idées :

- Laguerre d'indépendance ou de constitution d'Israël n'est pas finie. Israël n'existe pas plus en 2009 qu'en 1944.

- La paix n'est pas à l'ordre du jour pour les 50 ans à venir. Faire la paix c'est définir des frontières, or ce n'est pas le
moment. Cependant, il n'était pas contre des accords provisoires à long terme. D'ailleurs, aucun dirigeant palestinien
ne pourrait signer ce que proposent les israéliens actuellement.

- La frontière, c'est là où nous traçons le dernier sillon. Ce qui est important, ce ne sont pas les papiers mais ce qui
est fait sur le terrain. On ne peut imposer la souveraineté que si on la réalise sur le terrain.

A terme, les israéliens souhaitent une continuité territoriale de la mer au Jourdain. La question est la suivante : "
Comment israéliser cette partie ? "

Le dénominateur commun à tous les israéliens, c'est de vouloir un état juif le plus grand possible avec un seuil de
non-juifs de 20 à 30 % maximum.

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Tout le débat qui traverse le mouvement sioniste est celui-ci : plus petit état et moins d'arabes ou l'inverse.

Sharon disait qu'il fallait du temps, que le plus important était la démographie, qu'il fallait maintenir la population arabe
en-dessous d'un certain seuil. Il n'a jamais inclus l'expulsion des Palestiniens dans son projet, pas d'option de
transfert, d'épuration ethnique, contrairement à d'autres soi-disant plus " à gauche ". Non par choix mais parce que ce
serait une option à double tranchant qui risquerait de déclencher une intervention internationale avec remise sur la
table de la question des réfugiés jusqu'à ceux de 48. Ce risque-là est trop important. Son coup de génie a été de faire
des Palestiniens des présents/absents. Ils sont là mais on va faire comme s'ils n'y étaient pas. Notamment à propos
de la question de la propriété foncière.

C'est l'image du bloc d'emmenthal : le fromage ce sont les israéliens, les trous les palestiniens. Ce seraient 10 zones
environs où les israéliens n'auraient rien à faire : Jenine, Naplouse, etc… On entoure chaque zone d'un mur et on
crée des " non-espaces " pour les Palestiniens.

Sharon n'a en effet jamais dit non à un ou plusieurs états palestiniens ; il est plus " à gauche " que Netanyaou. Ce
projet présenté à Condoleeza Rice n'a pas reçu son aval, elle y voit un problème : les zones ne peuvent être
totalement isolées, il doit y avoir continuité. Mais pour Israël, il ne peut y avoir une continuité palestinienne nord/sud
s'ils veulent une continuité israélienne est/ouest. La solution de génie, c'est la géométrie en 3 dimensions par un
système de ponts et de tunnels. Au-dessus ou au-dessous, pas d'importance. C'est une exigence absolue des
israéliens. Le pire serait pour eux de vivre dans un état mélangé, comme à Jérusalem.

Cette idée d'un état nait de la montée des nationalismes à la fin du XIXème siècle, l'idée étant que le futur serait fait
d'états. Ce qui permet aux juifs d'Europe d'en construire l'idée eux-aussi… Au début, en Ukraine, puis très vite en
Palestine. Ce serait un état ethnique, le sionisme n'invente rien, c'est dans l'air du temps

Alors, tout ça, est-ce que ça marche ? Ca avance et même plus vite que prévu par des axes de pénétration vers l'est
comme le train au far-west. Tous les kms, on crée une présence. Les routes sont un moyen de faire avancer les
frontières, on crée des implantations : un poste d'essence, un kiosque de jeux, une fausse zone industrielle, une
colonie.

Le projet avance tant que les états arabes laissent faire et parce que la résistance palestinienne n'est pas à son
mieux, sonnée en 2002,2003, 2004

Espoirs avec le discours du Caire d'Obama puis reculade. Israël se permet même d'envoyer promener Obama. Le
gouvernement israélien est dans une attitude ouvertement provocatrice.

Ce qui les rend si forts ? C'est l'impunité.

Alors pourquoi cette impunité ? Israël reste une place stratégique pour les USA et l'occident.

C'est un exemple du choc des civilisations : les bons et les mauvais. Les Israéliens disent : " On est la tête de pont
contre la barbarie arabe. " Tsipi livni dit : " Ce qu'on a fait à Gaza c'est pour vous. On vous protège des barbares
jusque dans vos banlieues "

Avant, on avait le rideau de fer : bons/mauvais ; monde libre/ monde communiste. On opère un glissement :
civilisation judéo-chrétienne/terrorisme international

Le terrorisme , mot inventé politiquement par Netanyaouy, référence quasi incontournable maintenant., devenu
terrorisme islamique, puis islam conçu comme terrorisme, puis choc des civilisations relayé par notre bon docteur
Kouchner ! plus américain que les américains.

Busch père en 1990-1991, pendant la guerre en Irak avait demandé le gel des colonies et comme ça ne s'était pas
fait, il avait bloqué 13 milliards de dollars de garantie bancaire.Les moyens de pression sur Israël sont énormes, mais
on ne les utilise pas.

Pour le gouvernement israélien, le plus important est de gagner du temps.

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OBAMA DONNE 2,7 MILLIARDS DE DOLLARS A ISRAEL


C'est curieux, pourtant Israel n'est pas sur la liste des pays qui risquent d'être en défault comme l'Ukraine ou la
Grèce. Malgré ça, Obama a dégagé une aide d'urgence pour Tel Aviv de 2,775 milliards de dollars pour aider le
budget sécurité d'Israel. Il y a un problème ? Pas assez d'avions et de chars ??? Soucis d'argent ? Pour ne pas être
en reste, il donne 500 millions aux Palestiniens... "The annual American security aid to Israel increased to $2.4 Billion
after Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu took office and gradually relinquished the civilian aid". Lire Black
listed news.

DES CHEVAUX DE TROIE AMERICAINS POUR L'IRAN


Surréaliste, regardez: au moment même où les US s'apprêtent à faire la guerre à l'Iran (auquel ils interdisent toute
transaction financière), il est question de lever l'interdiction de vendre des logiciels à l'Iran !!! Aucun Iranien ne peut
télécharger des programmes de Microsoft, Google etc. "The Department of State is recommending that the
Department of Treasury's Office of Foreign Assets Control (OFAC) issue a general license that would authorize
downloads of free mass market software by companies such as Microsoft and Google to Iran necessary for the
exchange of personal communications and/or sharing of information over the internet such as instant messaging, chat
and email, and social networking," the State Department's assistant secretary for legislative affairs Richard Verma
wrote in letters to the chairs and ranking members of the Senate and House Armed Services and Foreign Affairs
committees". Eh oui, comme ça, on pourra quand même les espionner in vivo... Etonnant non ?? Lire Politico.

LE PACTE MONETAIRE DU GOLFE


Emirs de tous les pays arabes, unissez vous. Je l'ai déjà donnée voici un mois ou deux, mais l'information est
intéressante car Ambrose Evans Pritchard en a fait un grand papier avec une phrase de conclusion pour le moins
inattendue et totalement hors sujet: les émirs saoudiens, du Koweit, du Quatar et du Bahrein "ont répété mardi que
toute action militaire contre l'Iran par les puissances occidentales serait inacceptable". Hors sujet car tout le papier
traite de la nouvelle pétro-monnaie du Golfe. Cela veut-il dire que cette Union Monétaire du Golfe se ferait encore
plus rapidement si une attaque avait lieu sur l'Iran, sous entendu supportée par les US? Car il reste à savoir combien
d'années cela va vraiment prendre aux émirs pour l'implémenter de manière pratique, même si la première phase est
prévue pour 2010. Imaginer que les Américains les laisseront faire témoigne d'une candeur quasi infantile... En
revanche, AEP note que sur le papier, leur monnaie économique pèse 40% des réserves mondiales du pétrole...

Lire Ambrose Evans Pritchard dans le Telegraph.

MORT D'UN COMMIS-TRADER CHINOIS


La Chine a passé par les armes Yang Yanming, un trader de China Great Wall Trust and Investment Corp qui a
"égaré" 10 millions de dollars, ainsi que quelques fonctionnaires corrompus. Passer les banquiers par les armes ainsi
que les pathétiques clowns de Moody, Goldman sachs, Citi, BoA, SP et Fitch, etc., voilà une bonne idée.... Lire le
Globe and Mail.

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