Cameroon journal of ethnobotany Vol. 1(2) pp.

29 - 34 Décembre 2007 ISSN 1813-3819

LES LORANTHACEAE DANS LE PATRIMOINE THERAPEUTIQUE TRADITIONNELLE DU GROUPEMENT BAFOU
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jiofack, T.1 kemeuze, v. 1 & pinta, y. j.2

Auteur principal chargé de la correspondance : renbernadin1@yahoo.fr

1. Département de Biologie et Physiologie végétales, Faculté des Sciences, Université de Yaoundé I B.P. 812 Laboratoire de Botanique et d’Ethnobotanique. Musée Ecologique du Millénaire BP 8038 Yaoundé-Cameroun 2. Département de Biologie et physiologie végétale, Faculté des Science, Université de Dschang

Accepté le 12 novembre 2007 RESUME Dans le but d’apporter notre contribution à la valorisation de la pharmacopée africaine, une étude ethnobotanique a été réalisée dans 9 localités du groupement Bafou dans les hautes terres de l’Ouest Cameroun. Elle a consisté en une enquête auprès des tradithérapeutes et a permis de recenser 5 espèces de Loranthaceae utilisées dans plusieurs recettes soit isolement, soit associées à d’autres plantes ou d’autres drogues pour soigner plus de 20 maladies. Selon les données de la littérature, ces espèces recensées présentent des propriétés thérapeutiques indéniables ; ce sont : Tapinanthus globiferus (A. Richards) van Tieghem, Tapinanthus bangwensis (Engler et K. Krause) Danser, Globimetula braunii (Engl.) van Tieghem, Phragmantera capitata (Sprengel) S. Balle et Agelanthus brunneus (Engler) Balle et Hallé. Mots clés : Loranthaceae, pharmacopea traditionnel, Tradithérapeutes, groupement Bafou.

ABSTRACT In order to bring our contribution in valorization of traditional African pharmacopoeia, an ethnobotanical survey was carried out in 9 localities of Bafou region in the high land of West-Cameroon. It consisted of the collection of traditional medicine recipes as described by traditional healers and has revealed the presence of 5 Loranthaceae plants used alone or associated in combination with other plants or drugs to cure more of 20 diseases. According to literature data, these species of Loranthaceae presented undeniable therapeutic properties. they are : Tapinanthus globiferus (A. Richards) van Tieghem, Tapinanthus bangwensis (Engler et K. Krause) Danser, Globimetula braunii (Engl.) van Tieghem, Phragmantera capitata (Sprengel) S. Balle and Agelanthus brunneus (Engler) Balle et Hallé.

INTRODUCTION De manière générale, les phanérogammes parasites sont responsables d’un détournement à leur profit d’éléments nutritifs initialement destinés à l’ensemble de la plante hôte pour les cultures vivrières et maraîchères, ou à la partie distale des branches parasitées dans le cas des parasites épiphytes (Sallé et al., 1994). Etant donné leur vitesse de prolifération, ces parasites épiphytes que représentent les Loranthaceae ont une capacité élevée de se fixer en de nombreux endroits sur l’hôte qui peut être envahi totalement, ce qui provoque rapidement un affaiblissement généralisé, caractérisé par une défoliation permanente, un dessèchement massif des rameaux concernés, une floraison et une fructification peu abondantes voire nulle (Boussim et al., 1993). Malgré leur caractère pernicieux, on leur trouve cependant de nombreuses vertus et d’une région à l’autre, leur utilisation se fait soit isolement, soit en fonction d’un hôte approprié ou spécifique, soit enfin en association à d’autres drogues ou véhicules. Dès le 17è siècle, les herboristes prescrivent le gui contre l’épilepsie et les désordres nerveux. Ils le recommandent aussi pour régulariser les activités glandulaires, le rythme cardiaque et la digestion. Ainsi d’après les travaux publiés par Rodzko en 2000, la viscine (substance

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extraite), à forte dose, ralentit dangereusement le rythme cardiaque et cause des convulsions, élève la pression artérielle et provoque l’avortement ; alors qu’à faible dose, les effets bénéfiques se noteraient sur des personnes souffrant d’hypertension et de maladies cardiaques. Polhill et Wiens (1998) leurs attribuent des effets magiques du fait de leurs usages répandus, car elles sont utilisées dans le cas de sorcellerie, pour des problèmes urogénitaux, les courbatures, le rachitisme, la toux et les problèmes pulmonaires. Ils ajoutent également les vertus curatives sur le cœur et la purification du sang. Rodzko (2000) signale enfin que les feuilles contiennent des polyphénols ayant des propriétés hypotensives très intéressantes. Ces substances mises en évidence sont des lectines et des viscotoxines qui ont une action immunostimulante. Diurétique, il est utile contre l’albuminurie, la néphrite, la congestion des voies urinaires, l’arteriosclérose et pour accompagner la période de ménopause chez la femme. Plusieurs propriétés médicinales ont été attribuées aux Loranthaceae des genres Tapinanthus, Agelanthus, Globimetula et Viscum, mais leurs organes pocèderaient une toxicité dont les teneurs restent à déterminer. Cette étude est une contribution à la sauvegarde du savoir faire ancestral, en mettant à la lumière les multiples usages thérapeutiques des Loranthaceae considérées jusqu’ici par la majorité de personnes seulement comme plantes parasites et nuisibles. Le but visé est donc de sensibiliser malgré leur caractère pernicieux, la population cible, les Ethnopharmacologistes, phytochimistes, tradithérapeutes sur la biodiversité et les multiples usages médicinaux de ces hémiparasites.

METHODOLOGIE Zone d’étude Nos investigations se sont déroulées dans le groupement Bafou situé entre 5o23’ et 5o8’ de latitude nord. Il s’étire sur 28 km de long et couvre près de 170 km2 de superficie. Sa population constituée de 88 % d’autochtones et de 12٪ d’immigrés est estimée à plus de 70 000 habitants. La forte toponymie de ce groupement lui offre une variation de facteurs pédoclimatiques et altitudinaux ainsi qu’une richesse floristique. Son relief varie de 1400 m au sud à 2700 m sur les monts bamboutos. Les précipitations varient entre 1800 et 1900 mm au niveau du plateau basaltique et sont inférieures à 1000 mm au niveau de la zone granitique. Il en est de même des températures qui varient respectivement entre 18 à 25oC et 5 à 15oC. Sa végétation est caractérisée par les reliques de galeries forestières à dégradation très avancée (Dongmo et al., 1990). Nous avons choisi et délimité 9 localités d’étude en fonction de 3 zones écologiques basées essentiellement sur l’altitude. Ainsi dans la partie nord située entre 2000 et 2200 m, les localités de Femmock, Sankia et Nzi’i ndo ont été prospectées. Au niveau du plateau basaltique situé entre 1450 et 1900 m, celles de Sessa, Lefé et Zemla. Plus loin au sud dans les enclaves granitiques, celles de Fokamezou, Batsinla et Ghonto. Les prospections faites auprès des tradithérapeutes avaient pour but de recueillir des informations sur les multiples usages des Loranthaceae ; de plus des informations supplémentaires ont été ajoutées au gré des discussions avec quelques villageois. Enquête ethnobotanique Une enquête ethnobotanique s’est déroulée en septembre 2005 dans 9 localités du groupement Bafou. Cette enquête a été réalisée auprès des tradithérapeutes reconnus comme très compétents dans leur localité respective et de quelques villageois suivant la méthode d’interviews directes. Notre appartenance à ce groupement nous a permis de communiquer et de réaliser sans difficulté cette enquête. Chaque entretien s’est achevé dans la plupart des cas par des descentes sur le terrain dans le but de repérer les Loranthaceae utilisées afin de déterminer leurs noms scientifiques ; les connaissances villageoises se limitant uniquement au nom vernaculaire. La fiche d’enquête établie à cet effet portait des questionnaires relatifs aux noms vernaculaires des plantes utilisées, à l’espèce hôte, aux modes de préparation des recettes, leurs posologies, les indications thérapeutiques et les plantes ou drogues associées. Dans chaque zone, le choix du nombre de personnes enquêtées a été fonction du nombre de localités (soit un tradithérapeute par localité). Par la suite la liste des espèces de Loranthaceae a été établie ainsi que les maladies traitées. Les photos des spécimens ont été prises et les dessins matérialisés.

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RESULTATS 1- Enquête ethnobotanique Au cours de cette enquête, nous avons rencontré 9 tradithérapeutes dans les 9 localités ; leurs âges variant entre 38 et 70 ans, parmi eux 6 hommes et 3 femmes appartenant tous au groupement Bafou. Les organes végétaux utilisés pour la préparation des médicaments de ces tradithérapeutes se présentent sous forme de poudre, de pâte, d’huile, d’écorce de tiges et de feuilles séchées, de solutions embouteillées et de canaris contenant des organes végétaux infusés. 2- Etude descriptive des Loranthaceae utilisées 2.1- Tapinanthus globiferus (A. Richards) van Tieghem (Loranthaceae) Nom vernaculaire: Tsap la (Yemba) a) Description de la plante Plante entièrement glabre, noircissant parfois lors de la dessiccation. Rameau atteignant parfois 1,5 m de long, feuilles penninerves parfois d’un violet brunâtre. Inflorescence en ombelles axillaires de 3(4) à 8(10) fleurs, isolées puis fasciculées, souvent abondantes sur les vieux nœuds à axes courts. Corolle rouge à rouge violacée à sommet plus foncé, faux fruit rose ou rouge violacée de 7 à 9 mm, oblongue-éllipsoїde devenant vert-bleu à maturité. b) Plantes hôtes Persea americana (avocatier), Psydium guajava (goyavier), Dacryodes edulis (safoutier). c) Indications thérapeutiques infection urinaire, congestion des voies urinaires, hypertension et diabète d) Préparation - Infusion de 500g de feuilles et de tiges, ajouter 50g de styles de maїs de manière à obtenir 5l de solution. Bouillir pendant 30 mn puis filtrer le mélange. Boire un verre 3 fois par jour pendant 6 mois. 2.2- Tapinanthus bangwensis (Engl. & K. Krause) Denser Loranthaceae) Nom vernaculaire: Tsap la (Yemba) a) Description de la plante Plante glabre, feuilles vert sombre, lisse, jeunes feuilles rougeâtres à nervures rouges à la face inférieure. Bouton floral en tube dressé fortement étranglé à la base. Le sommet du bouton est couronné par 5 appendices charnus, dressés en doigt ; tube d’abord vert puis blanc, sommet vert. Fleur épanouie : le tube devient plus ou moins rosé, le sommet devient noir, ce tube s’ouvre sur un coté par une fente, le sommet s’ouvre en 5 lobes courts. Les fruits sont des baies ovoïdes mesurant 10 à 12 x 7 à 8 mm, vert puis rouge à maturité. b) Plantes hôtes Persea americana (avocatier), Ficus sp., Spathodea campanulata (tulipier), Eucalyptus sp (eucalyptus). c) Indications thérapeutiques Coups du sorts, aphtes, gouttes, rhumatisme, troubles cardiaques. d) Préparation - Ecraser 200g de feuilles et tiges séchées avec 10 petits piments rouges de manière à obtenir une pâte homogène, y ajouter de l’huile de palmiste et utiliser en friction ou en gargarisme 2 fois par jour pendant 14j sur des articulations douloureuses. -Une infusion de 250g d’écorce et de feuilles grillées et écrasées dans un verre de citron et de miel prise 3 fois par jour pendant 1 mois est très efficace dans la lutte contre les blessures gastro-intestinales.

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- Une décoction de 500g de feuilles avec les graines d’Aframomum est efficace en lavage contre les coups du sort. 2.3- Globimetula braunii (Engl.) van Tieghem (Loranthaceae) Nom vernaculaire : Tsap la (Yemba)

a) Description de la plante Plante buissonnante ou lianescente à suçoir formé par des rameaux au contact des branches d’un hôte ou parfois du parasite lui même. Les jeunes feuilles sont parfois rouges à pétiole canaliculé de 3 à 15(30) x 1 à 2 mm plus ou moins épais et coriace. Corolle rouge pourpre ou rose de (28) x 30 à 40 mm. Anthère pourpre sur les fleurs de 1,5 à 2,5 x 1 mm au sommet et 0,5 à la base. Faux fruit orangé, ellipsoïde ou obovoїde d’environ 3 x 6 mm ; embryon vert. b) Plantes hôtes Agrumes, Persea americana (avocatier), Ficus sp. c) Indications thérapeutiques Diabète, blessures de sorcellerie, hypertension artérielle, troubles cardiaques, anxiété et insomnie d) Préparation - Macérer pendant toute la nuit 4 cuillerées à café de poudre de feuilles dans 1l d’eau, boire 3 verres par jour en trois prises pour lutter contre les troubles cardiaques, anxiété et insomnie - laisser macérer pendant 8 jours dans un bocal, 60g d’ail et de vin de palme, 15 à 20 fruits de Loranthaceae, 200g de feuilles hachées, 5 verres de lait, des racines de citronnelle, laisser conditionner le mélange et prendre chaque matin une cuillerée à café et à jeun contre l’hypertension - laisser macérer 250g d’ail dans un litre de vin de palme, y ajouter des fruits et une pâte d’environ 100g obtenue des feuilles et tiges de Loranthaceae écrasées, laisser le produit à 29oC pendant 2 semaines en secouant plusieurs fois par jour. Filtrer après 2 semaines puis prendre une cuillère à soupe en cas de besoin pour soigner les crises de diabète. NB : cette liqueur peut durer 1 an 2.4- Pragmantera capitata (Sprengel) S. Balle Nom vernadulaire : Tsap la (Yemba) a) Description de la plante Plante couverte à l’état jeune de poils verticillés de 1 à 3 étages. Les rameaux et face inférieure des feuilles couverts d’écailles rousses. Le bouton floral est un tube dressé, cylindrique, non resserré à la base, jaune portant quelques écailles rousses. La fleur épanouie présente un tube fendu d’un coté, le sommet s’ouvre en 5 lobes long, grêles, raides, dressés, jaune (comme le reste de la corolle), mais rougeâtre au sommet sur la face interne ; la longueur des lobes est égale à la moitié de celle du tube. Le faux fruit rouge mât devient ovoïde ou oblongue de 7 à 10 x 4 à 6 mm. Endocarpe rouge, albumen blanc, cotylédons verts. b) Plantes hôtes Persea americana (avocatier), Psydium guajava (goyavier), Spathodea campanulata (tulipier) c) Indications thérapeutiques Abcès, furoncles, aphtes, courbatures, ménopause, goutte. d) Préparation - Griller les tiges et feuilles, cuire l’oignon et ail dans la cendre, écraser le tout et mélanger à l’huile de palmiste puis appliquer en gargarisme pour mûrir l’abcès sans délai. - 100g de poudre obtenue des feuilles et tiges écrasées ajoutées à 10 petits piments rouges écrasés, ajouter un demi verre de jus de gingembre, filtrer puis mélanger le tout à l’huile de palmiste. Chauffer ce mélange jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène, employer en friction ou en gargarisme sur des endroits douloureux.

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- Une décoction de 4 feuilles d’artichaut dans 1l d’eau, y ajouter 500g de feuilles, fruits et écorce de tige de Loranthaceae, bouillir le tout pendant 30 mn puis filtrer la solution. Prendre cette tisane 3 fois par jour avant chaque repas pendant 10 jours NB : Arrêter le traitement en cas de fatigue de l’estomac 2.5- Agelanthus brunneus (Engler) Balle et Hallé (Loranthaceae) Nom vernaculaire : Tsap la (Yemba) a) Description de la plante Plante entièrement glabre, noircissant souvent en séchant. Feuilles généralement opposées, subopposées plus ou moins épaisses et coriaces, plus ou moins rigides avec 3 à 5 (7) principales nervures basales généralement très nette et régulière jusqu’au sommet ; fleurs 3 à 7 papilleuses, généralement subsessiles souvent très nombreuses sur les vieux nœuds. Faux fruit ellipsoïde ou obovoїde d’environ 7 à 8 x 5 mm, d’abord vert puis blanchâtre et rouge à maturité. b) Plantes hôtes Coffea arabica (caféier), Ficus sp, Psydium guajava (goyavier), Persea americana (avocatier), Eucalyptus sp c) Indications thérapeutiques Ménopause, fétichisme, coup du sort, goutte, rhumatisme, courbatures, toux et infection pulmonaire d) Préparation - Infusion de 500 g de feuilles récoltées sur l’eucalyptus dans un demi verre d’eau, y ajouter 1 verre de citron et de miel. Boire la tisane 3 fois par jour pendant 1 semaine contre la toux et les problèmes pulmonaires. - Associer les branches de Loranthaceae aux pieds de Pennisetum, de branches de Vernonia et de la fleur de bananier pour féticher un fruitier - La décoction a base de feuilles, fruits et de pétales de fleurs de Loranthaceae, ajoutée aux graines d’Aframomum est utilisée en lavage contre les coups du sort DISCUSSION ET CONCLUSION L’enquête ethnobotanique menée dans le groupement Bafou nous a permis de recenser 5 principales Loranthaceae utilisées par les tradithérapeutes dans le traitement de plusieurs maladies. Ces plantes se regroupent dans 4 genres à savoir, Tapinanthus, Globimetula, Phragmantera et Agelanthus. Ces différentes plantes sont tour à tour sollicitées et participent soit isolement, soit en association dans la préparation d’une ou de plusieurs recettes. Les organes végétaux utilisés sont : les feuilles, les écorces de tiges, les fleurs et fruits. Les traitements se font par breuvage, friction, gargarisme et lavement. Comparativement aux travaux effectués dans la littérature, plusieurs résultats similaires ont été recensés, notamment les travaux de Raponda-walker et Sillans (1993) ; Adjanohoun & al. (1996) ; Ongoka & al. (2004); Rosita et Balick (1993); Polhill et Wiens (1998) et Rodzko (2000). Par ailleurs, les travaux de Ongoka & al. (2004) sur la composition chimique des Loranthaceae font état d’une fréquence élevée d’alcaloїdes, de composés polyphénoliques, d’anthocyanes et de saponines. De même de l’entretien avec certains paysans, des effets magico-religieux sont notés ; ces derniers signalent les risques d’avortement d’une femme enceinte et de la perte d’aptitude à la marche de nouveaux nés dans des maisons où les tiges des Loranthaceae sont utilisées comme bois de chauffe. Ces résultats sont similaires à ceux évoqués par Adjanohoun (2001) sur les plantes magiques où il signale que Tapinanthus s’emploie dans des cas d’exorcismes et de mauvais sorts ; il ajoute que celui qui utilise Tapinanthus qui pousse sur Colotropis sera protégé de tout, même des maladies virales. Cette étude confirme l’utilisation des Loranthaceae dans le groupement Bafou comme palliatif dans plusieurs recettes. Des études complémentaires restent nécessaires pour isoler les principes actifs responsables des activités thérapeutiques ; bien que nuisibles, nous prônons pour une sylviculture propre de ces hémiparasites sur hôtes spécifiques afin d’étendre leurs utilisations dans les domaines de la pharmacopea traditionnelle et de la médecine moderne.

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