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C 105/30 EN Official Journal of the European Union 1.5.

2003

STATE AID — FRANCE

Aid C 23/03 (ex NN 113/02) — Shipbuilding — Misuse of development aid for ships R3 and R4
Invitation to submit comments pursuant to Article 88(2) of the EC Treaty

(2003/C 105/03)
(Text with EEA relevance)

By means of the letter dated 2 April 2003 reproduced in the authentic language on the pages following
this summary, the Commission notified France of its decision to open the procedure laid down in Article
88(2) of the EC Treaty in respect of doubts on misuse of state aid provided in the form of development aid
for shipbuilding.

Interested parties may submit their comments on the measures in respect of which the Commission is
opening the procedure within one month of the date of publication of this summary and the following
letter, to:

European Commission
Directorate-General for Competition
State Aid Greffe
B-1049 Brussels
Fax (32-2) 296 12 42.

These comments will be communicated to France. Confidential treatment of the identity of the interested
party submitting the comments may be requested in writing, stating the reasons for the request.

SUMMARY agreement between Renaissance Financial and the ships was


ended at the end of 2001.
The Commission in 1999 approved (1) development aid to
construct two passenger ships, R3 and R4, delivered in May
and September 1999, and built by Chantiers de l'Atlantique, a
shipyard situated in France. The Commission authorised the aid The owners of the ships selected P&O Princess Cruises (here-
under the condition that the ships would be deployed solely in inafter called P&O) as the new operators, which implies that
French Polynesia (hereinafter called FPO) for at least five years. P&O will rent the ships for three years and then buy them.

The ship R3 has been renamed to Pacific Princess. During the


The owners of the ships R3 and R4 are private investors in
winter season it will be based in Sydney and in the summer it
France. They have received a considerable tax deduction based
will be based in San Francisco. The ship R4 has been renamed
on their investment in the ships, in accordance with a fiscal aid
Tahitian Princess, and will be based in Tahiti, FPO. It will to
scheme (2) for investments in French departments and terri-
some extent visit islands that are not part of FPO.
tories, the so called ‘Loi Pons’. In the Commission decision
initially approving the aid, the aid element was estimated to
be 41,6 % of the value of the ships.
Even though these new arrangements, contrary to the
condition imposed by the initial Commission decision,
provided for the use of the ships outside FPO, the French tax
As part of the system of ‘Loi Pons’ the owners of R3 and R4 authorities authorised this solution.
undertook to lease the ships at an attractive rate for five years
to Renaissance Financial, and to sell the ships for a below-
market price to Renaissance Financial after five years.
According to Article 4(7) of Directive 90/684/EEC on state aid
to shipbuilding (3), aid granted as development assistance to a
developing country could be approved if, among other things,
Renaissance Financial went bankrupt in September 2001. In the development content of the proposed aid was ensured. To
agreement with the owners (the French private investors) the ensure the development content the Commission therefore
stated that the vessels should be used exclusively in FPO for
at least five years.
(1) OJ L 292, 13.11.1999, p. 23.
(2) The amended Law of 11 July 1986 production investment in the
overseas department and territories. (3) OJ L 380, 31.12.1990, p. 27.
1.5.2003 EN Official Journal of the European Union C 105/31

The Commission notes that one of the ships now operates II. Description détaillée de la mesure
permanently outside of FPO while the other also will visit
areas not belonging to FPO. Therefore, it appears that the 6. Les deux paquebots quasi identiques R3 et R4, livrés
condition for the authorisation of the development is no respectivement en mai et en septembre 1999, ont été
longer met. The French authorities have not formally notified construits par les Chantiers de l'Atlantique, situés en France.
to the Commission their plans to authorise the changed Ils étaient éligibles à une aide au développement française, étant
geographical use of the ships. donné qu'ils devaient soutenir le tourisme en Polynésie fran-
çaise, territoire pouvant bénéficier d'aides au développement.

According to Article 16 of Council Regulation (EC) No 7. Les propriétaires des paquebots R3 et R4 sont des inves-
659/1999 laying down detailed rules for the application of tisseurs privés français. Ils ont bénéficié d'une réduction
Article 87 of the EC Treaty (4), the Commission may in case d'impôt considérable sur la base de leur investissement dans
of presumed misuse of aid open the formal investigation les paquebots, conformément à un régime d'aides fiscales (6) en
procedure. faveur des investissements dans les départements et territoires
français, la «loi Pons». Dans la décision de la Commission
Given the fact that it appears that both ships are at least autorisant initialement l'aide, l'élément d'aide était estimé à
partially used outside FPO the Commission doubts that the 41,6 % de la valeur des paquebots. L'investissement total dans
condition of its 1999 decision is met, and therefore has les deux paquebots s'élevait à [. . .] (*) millions d'euros, ce qui
doubts that there has been a misuse of state aid. implique que l'élément d'aide était approximativement de
[. . .] (*) millions d'euros.

TEXT OF THE LETTER


8. Dans le cadre du système de la loi Pons les propriétaires
de R3 et R4 se sont engagés à louer les paquebots à un prix
‘La Commission souhaite informer la France que, après avoir intéressant pour cinq ans à Renaissance Financial, et à les lui
examiné les informations fournies par vos autorités au sujet de vendre à un prix inférieur au prix du marché à l'expiration de
l'aide mentionnée ci-dessus, elle a décidé d'ouvrir la procédure ces cinq ans.
prévue à l'article 88, paragraphe 2, du traité CE, en raison de
soupçons d'utilisation abusive d'une aide d'État accordée sous la 9. L'aide à l'opérateur devait donc être octroyée par l'inter-
forme d'une aide au développement à la construction navale. médiaire des propriétaires, à la fois sur une base annuelle et
sous la forme d'un gain unique à la fin de la période de cinq
ans. La condition fixée dans la décision de la Commission était
I. Procédure que les paquebots soient utilisés uniquement en Polynésie fran-
çaise pendant au moins cinq ans. Cette condition relative à
1. La Commission a autorisé en 1999 (5) une aide au déve- l'utilisation des paquebots expire respectivement en mai et en
loppement pour la construction de deux paquebots, R3 et R4. septembre 2004.
Cette aide était autorisée à la condition que les paquebots
soient exploités uniquement en Polynésie française pendant
cinq années au moins. 10. Renaissance Financial a fait faillite en septembre 2001.
En accord avec les propriétaires (les investisseurs privés fran-
çais), il a été mis fin à l'accord entre Renaissance Financial et
2. La France, par télécopie du 4 juillet 2002, a demandé à la les propriétaires des paquebots à la fin de 2001.
Commission s'il n'était pas possible de modifier cette condition
d'utilisation uniquement en Polynésie française. Elle a ensuite
fourni des éclaircissements sur un certain nombre de points 11. Les propriétaires des paquebots devaient donc trouver
techniques au cours d'une réunion du 9 juillet 2002 et par un nouvel opérateur pour ceux-ci. La France déclare que fina-
télécopie du 17 juillet 2002. lement, seule P&O Princess Cruises (dénommée ci-après «P&O»)
a présenté une offre sérieuse pour les deux paquebots. Par
3. Dans une lettre à la France du 26 juillet 2002, les services conséquent, en août 2002, les propriétaires ont signé un
de la Commission ont indiqué qu'ils doutaient que, en cas de accord avec P&O, par lequel celle-ci s'engage à louer les paque-
notification formelle, la requête française puisse être considérée bots pendant trois ans et ensuite à les racheter.
comme compatible.
12. Le paquebot R3 a été rebaptisé Pacific Princess; il sera
4. Par lettre du 3 octobre 2002, la France a informé la utilisé dans tout l'océan Pacifique. Pendant la saison d'hiver, il
Commission que les autorités françaises avaient accepté la solu- sera basé à Sidney (les premières croisières ont commencé le
tion prévoyant que les deux paquebots seraient autorisés à 18 novembre 2002), et il effectuera des croisières vers la
opérer, dans une certaine mesure, en dehors de la Polynésie Nouvelle-Calédonie et Vanuatu (qui ne font pas partie ni
française. l'une ni l'autre de la Polynésie française). Le port d'embarque-
ment sera le port de Sydney. Entre mai et septembre, le
5. Par lettre du 18 octobre 2002, la Commission a informé paquebot sera basé à San Francisco pour des croisières vers
la France qu'un cas d'aide non notifiée avait été enregistré dans l'Alaska.
ce dossier, et que, en cas d'application abusive d'une aide d'État,
la Commission pourrait devoir ouvrir une procédure formelle (6) La loi du 11 juillet 1986 modifiée, relative aux investissements
d'examen. productifs dans les départements et territoires d'outre-mer.
(*) Des parties de ce texte ont été omises afin de garantir qu'aucune
information confidentielle ne soit communiquée. Ces parties sont
(4) OJ L 83, 27.3.1999, p. 1. indiquées par des points de suspension entre crochets, suivis d'un
(5) JO L 292 du 13.11.1999, p. 23. astérisque.
C 105/32 EN Official Journal of the European Union 1.5.2003

13. Le paquebot R4 a été rebaptisé Tahitian Princess, et il France s'est engagée à ce qu'ils soient exploités exclusive-
sera basé à Tahiti, en Polynésie française. Il effectuera la majo- ment dans ce territoire pendant au moins cinq ans. La
rité de ses croisières vers les îles de Polynésie française, mais il Commission a décidé de subordonner l'approbation de
fera également escale dans les îles Cook et Samoa (qui ne font l'aide à cette condition, afin que le contenu “développe-
partie ni l'une ni l'autre de la Polynésie française). ment” du projet ne soit pas remis en question.».
14. Ces nouveaux arrangements prévoyaient donc que les 18. La Commission note que la condition énoncée dans la
paquebots seraient utilisés en dehors de la Polynésie française, décision de 1999 était donc très claire et sans équivoque en ce
ce qui est contraire à la condition imposée dans la décision qui concerne l'exploitation exclusive des paquebots en Poly-
initiale de la Commission, mais les autorités fiscales françaises nésie française pendant au moins cinq ans après leur livraison.
ont néanmoins autorisé cette solution, en décidant que ces
nouvelles dispositions permettaient de maintenir l'agrément 19. De plus, la Commission relève que les investisseurs
initialement donné par le ministère des finances au titre de privés qui ont bénéficié des avantages fiscaux sont toujours
l'application de la loi Pons. Selon la France, ensemble, les les propriétaires des navires, alors que l'exploitation des paque-
deux paquebots effectueront un minimum de 75 % de leurs bots est passée de Renaissance Financial à P&O. Elle note, en
escales dans des zones pouvant bénéficier d'une aide au déve- outre, que l'un des paquebots, le Pacific Princess, ex R3, est
loppement, dont 59 % en Polynésie française. maintenant exploité en permanence en dehors de la Polynésie
française. L'autre paquebot, le Tahitian Princess, ex R4, est basé à
III. Appréciation Tahiti, Polynésie française, et effectuera en principe des croi-
sières dans la région de la Polynésie française, mais il fera
15. En vertu de l'article 87, paragraphe 1, du traité CE, les également escale dans d'autres zones n'en faisant pas partie.
aides accordées au moyen de ressources d'État à certaines entre- 20. Par conséquent, il apparaît que la condition à laquelle
prises déterminées sont incompatibles avec le marché commun était subordonnée l'autorisation de l'aide n'est plus remplie. Les
si elles faussent ou menacent de fausser la concurrence dans la autorités françaises n'ont pas notifié formellement à la
mesure où elles affectent les échanges entre États membres. Les Commission leur intention d'autoriser le changement de
mesures relevant du champ d'application de l'article 87, para- zones géographiques d'exploitation des paquebots, c'est-à-dire
graphe 1, du traité CE qui ne constituent pas une aide existante de modifier l'aide initialement autorisée par la décision de la
sont généralement incompatibles avec le marché commun, sauf Commission de 1999. En fait, elles ont mis en œuvre ces
si elles entrent dans le champ d'application de la dérogation modifications sans aucun accord de la Commission (et en
prévue à l'article 87, paragraphe 2, ou à l'article 87, paragraphe dépit des doutes émis par ses services).
3, du traité CE.
16. Concernant l'article 87, paragraphe 3, du traité CE, le 21. En vertu de l'article 16 du règlement (CE) no 659/1999
Conseil a adopté le 21 décembre 1990 la directive 90/684/CEE du Conseil portant modalités d'application de l'article 88 du
concernant les aides à la construction navale (7), conformément traité CE (8), la Commission peut, en cas d'application abusive
à laquelle la présente aide a été initialement notifiée et auto- d'une aide, ouvrir la procédure formelle d'examen. La Commis-
risée. En vertu de l'article 4, paragraphe 7, de cette directive, les sion a informé la France de cette possibilité dans sa lettre du 18
aides octroyées comme aides au développement à un pays en octobre 2002, mais la France n'a pas réagi.
voie de développement ne sont pas soumises au plafond appli- 22. Compte tenu des conditions claires imposées par la
cable aux aides au fonctionnement. Pour apprécier la compa- Commission dans sa décision autorisant initialement l'aide, et
tibilité de l'aide au développement avec le marché commun, la du fait qu'il apparaît que les deux paquebots sont au moins
Commission: partiellement utilisés en dehors de la Polynésie française, la
— vérifiera que l'aide proposée entre dans le champ d'appli- Commission considère que la condition énoncée dans sa déci-
cation de l'accord du groupe de travail no 6 de l'Organisa- sion de 1999 n'est plus respectée et soupçonne donc qu'il y a
tion de coopération et de développement économiques application abusive d'une aide d'État.
(OCDE) concernant l'interprétation des articles 6, 7 et 8
de l'arrangement sur les crédits à l'exportation de navires, IV. Conclusion
— vérifiera la composante particulière «développement» de
l'aide envisagée, et 23. À la lumière de ce qui précède, la Commission, agissant
dans le cadre de la procédure prévue à l'article 88, paragraphe
— s'assurera que l'offre d'aide au développement est ouverte 2, du traité CE, invite la France à lui présenter ses observations
aux offres de différents chantiers. et à lui fournir toutes les informations susceptibles de l'aider à
17. La Commission a donc vérifié la composante particu- évaluer la mesure dans le délai d'un mois à compter de la
lière «développement» de l'aide. Dans sa décision de 1999 auto- réception de la présente. Elle invite vos autorités à transmettre
risant l'aide, elle a estimé ce qui suit: immédiatement une copie de la présente aux bénéficiaires
potentiels de l'aide.
«Il est évident que si les paquebots ne sont pas exploités 24. La Commission rappelle à la France l'effet suspensif de
en Polynésie française, ils ne produiront aucun dévelop- l'article 88, paragraphe 3, du traité CE et se réfère à l'article 14
pement économique dans ce territoire. Par conséquent, il du règlement (CE) no 659/1999 qui prévoit que toute aide
est essentiel que l'aide soit liée à la condition que ces illégale pourra faire l'objet d'une récupération auprès de son
navires soient mis en service en Polynésie française. La bénéficiaire.’

(7) JO L 380 du 31.12.1990, p. 27. (8) JO L 83 du 27.3.1999, p. 1.