You are on page 1of 9

Une approche psycho-bio-sociale de l’homme

:
La Théorie du Détour de Michel Cariou

→ Etude basée sur le livre: Personnalité et vieillissement : Introduction à la psycho-
gérontologie de Michel Cariou (Edition Delachaux et Niestlé, 1995)

La théorie du détour de M. Cariou rentre dans le cadre d’une approche basée sur le cycle de
vie qui permet de rendre compte du fonctionnement psychologique humain dans son
ensemble et ce à tous les stades de son existence. Il s’agit d’une approche globale de
l’individu et de son psychisme qui prend ses sources dans la théorie développementale de
Henri Wallon.

Il faut partir du postulat selon lequel notre psychisme, est une interface entre le biologique
et le social avec l’activité comme outil adaptatif par rapport à notre milieu, Elle s’inscrit dans
la continuité de l’évolution des espèces. Ainsi que l’écrit M. Cariou :
«… l’activité nerveuse supérieure ne peut être autre chose qu’un moyen par lequel se
réalise le processus adaptatif, un moyen de maintenir la vie de l’organisme qui l’exerce, et, à
travers lui d’assurer la survie de l’espèce. » i
En effet tout comme le fonctionnement sensori-moteur d’un organisme a pour but de
maintenir celui-ci en vie, le fonctionnement psychique développé par l’être humain tend vers
ce même but, cette même fonction.
Or si l’organisme a pour objectif sa propre survie, celle-ci est en lien étroit avec le milieu
dans lequel il évolue et qui pour l’homme correspond au milieu social qu’il a créé et dont il
est issu à la fois.

La théorie du détour rend compte de l’aspect dynamique du psychisme humain qui se
développe en interaction avec son environnement, son milieu social. En effet l’homme est en
évolution constante en fonction du cadre dans lequel il vit, évolution nécessaire pour suivre
les changements aussi bien externes qu’internes qui interviennent tout au long de sa vie.

Si cette adaptation est évidente sur le plan physique elle intervient aussi au niveau
psychologique. L’homme se trouve dans une dynamique adaptative, c’est-à-dire qu’il ajuste
son fonctionnement, son comportement en fonction des caractéristiques de son environnement
et ce dans le but de maintenir le meilleur équilibre vital possible avec celui-ci.

C’est à travers son activité que l’organisme est en lien avec le milieu dans lequel celle-ci se
déploie. L’activité est « le trait d’union indispensable entre les deux »ii (l’organisme et le
milieu). L’activité humaine est donc par nature adaptative et elle se doit, pour être efficace

© Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue.com
Tous droits réservés - 2008

malgré son état de prématuration. téter. qui nous obligent à chaque fois à une réélaboration. En effet. Elle est « tournée principalement vers l’adaptation biologique au milieu »iv . L’enfant. Il existe 5 étapes principales caractérisées chacune par des capacités physiques et psychiques particulières : . Comme l’explique Henri Wallon : « L’activité mentale ne se développe pas sur un seul et même plan par une sorte d’accroissement continu. d’ajuster ces activités en fonctions des effets qu’elles produisent en terme surtout de sensations. il s’agit pour le nouveau-né d’exercer dans le milieu physique les compétences de bases qu’il a.2008 . Etape 1 : Elle commence avec la vie intra-utérine et inclut les premiers mois suivant la naissance. afin de réussir son adaptation et de passer à une phase centrifuge où il va redéployer dans le milieu l’activité découlant de ses nouvelles acquisitions afin de les exercer et de les affiner. c’est-à-dire de s’éloigner un temps de l’objectif final (la survie. C’est ainsi que l’accord vital avec le milieu est préservé voire amélioré. communes à tous. La théorie du détour fait ressortir un certain nombre d’étapes de développement.Cariou. et ainsi d’affiner. par une phase centripète pendant laquelle la personne intériorise les changements intervenus dans le milieu. qui se confond encore avec le milieu physique en général. Les circonstances qui amènent à utiliser cette stratégie adaptative sont nombreuses et se succèdent tout au long de notre existence. que ce soit les transformations physiques. au cours des premiers mois de vie n’est pas particulièrement tourné vers le milieu humain. accident. au contraire. les acquisitions éducatives et sociales liées aux feed- backs familiaux puis sociaux en général ou encore les épisodes de la vie heureux ou malheureux qui amènent des changements notables (mariage. ce qui passe. selon M. promotion…). se réorganisant en fonctions d’eux. Pendant cette étape il s’agira pour lui de bien se différencier de ce milieu avec lequel il est encore confondu. par un équilibre organisme/milieu) en passant par une phase de rupture avec l’équilibre antérieur pour atteindre un niveau d’adaptation supérieur. une restructuration psychique interne sur un niveau différent. A chaque fois. il s’agit de faire un détour. Elle évolue de système en système »iii En effet chaque nouvelle étape de développement consiste en une réorganisation. Etape 2 : Autour de 6 mois l’enfant entre dans ce qui correspond à la phase émotionnelle de Wallon. → Premier détour (accès à la communication émotionnelle) .com Tous droits réservés . Et notre construction psychique n’échappe pas à cette règle. comme respirer. phase ou l’enfant va alors pouvoir affiner sa rencontre avec le milieu humain et ce en passant par la communication émotionnelle.d’être « souple et variée ». maladie. Lorsque cet équilibre est rompu l’organisme se doit donc de réélaborer une nouvelle position. © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. biologiques que nous subissons tous. une intériorisation de l’étape précédente à un niveau supérieur.

sensorielles. Petit à petit il apprend à les dissocier. Avec l’exercice de son activité dans ce milieu. qu’il exprime à travers cette activité. Les changements biologiques ainsi que souvent le changement au niveau de l’activité entraînent la nécessité d’une nouvelle réorganisation psychique. qui lui aura par ailleurs permis auparavant de s’intégrer au milieu humain. c’est-à-dire de conférer à la représentation symbolisée une équivalence fonctionnelle avec la représentation directe de l’objet externe »v © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. voire cognitives remettent la personne en situation de déséquilibre par rapport à l’élaboration identitaire issue de l’adolescence. Car c’est par la communication émotionnelle que l’enfant rentre. → Troisième détour (accès à la pensée formelle) . Avec l’accès à la pensée formelle. à commencer par les pleurs qui font venir sa mère. donc principalement sa mère. C’est avec l’accès à la pensée symbolique. l’enfant réalise au fil du temps qu’il y a d’une part ses émotions. Etape 5 : Elle correspond à la vieillesse. Lorsqu’un autre se fait mal par exemple. de son milieu. ni de celle de son entourage. on parle d’ailleurs de différenciation Moi/ Milieu. la personne change de registre adaptatif pour passer à un niveau plus abstrait. Il s’agit de différencier le Moi et l’Autre mais sur un plan supérieur. prend place dans le milieu social. à travers les concepts d’Identité et d’Altérité. En effet. se dissocient deux pôles : le Moi et l'Autre. il ne commence plus à pleurer comme il le faisait avant car il se rend compte qu’il ne partage pas la douleur de l’autre. → Deuxième détour (accès à la pensée symbolique) . il échappe ainsi peu à peu à ce qu’on appelle la contagion émotionnelle. et donc au langage. qu’il va petit à petit se différencier de l’extérieur. et celles de l’autre. va tenter de lui donner du contenu et ce en l’opposant à ce qu’il n’est pas : l’Autre. → Quatrième détour (effets biologiques du vieillissement) . Etape 3 : C’est l’étape où l’enfant. dans cette sphère participative qu’est l’émotion. de sa capacité à provoquer des réactions par son comportement. la dégradation des capacités physiques.2008 . prenant conscience de l’existence de son moi. 1) La mise en place de la structure psychique a) La différenciation Moi/Autre A la naissance l’enfant n’a aucune conscience. C’est comme ça que petit à petit. C’est à travers la communication émotionnelle avec son milieu social. Il lui faut élaborer un nouveau rapport adaptatif organisme/milieu. Etape 4 : L’adolescence avec tous ses bouleversements signe l’entrée dans une nouvelle étape.com Tous droits réservés . On peut la situer entre 2 et 11-12 ans environ. C’est-à-dire que l’enfant « accède à la capacité de différencier un signifiant d’un signifié. que cette polarisation est rendue possible. ni de son existence.

Il s’agit de faire cette séparation sur le plan psychique car les deux pôles ont été intégrés à la structure psychique lors de la phase d’indifférenciation. Il intériorise les conduites de bases approuvées par son entourage comme le caractérisant. l’Autre c’est d’abord tout ce que je ne suis pas. Si le Moi c’est ce que je suis. Il n’est pas encore capable de se détacher du modèle externe concret et donc de s’adapter à une situation inconnue par la mise en place d’une nouvelle modalité d’être. A travers ces conduites il pourra non seulement se reconnaître mais également être reconnu. de médiateur dans la rencontre de l’Autre réel. l’enfant se différencie de l’Autre. La construction du Moi est indissociable de celle de l’Autre. Il développe ainsi un certain nombre de conduites en fonction de situations concrètes.2008 . D’autre part et parallèlement à cela. C’est-à-dire que le Moi de l’enfant tient essentiellement dans la mise en relation entre une situation donnée et le « bon » comportement correspondant. En effet il s’agit pour l’enfant de rentrer dans le monde des représentations. de la conscience d'être soi et d'être différent de l'Autre. .com Tous droits réservés . L’adolescence se caractérise par une période de crise . l’enfant rapporte tout à lui donc le Moi (ce que je suis) se confond avec les conduites (ce que je fais). b) La différenciation Identité/Altérité Cette différenciation Moi/Autre se poursuit et s’affine au cours de l’adolescence. L’enfant construit donc son Moi dans la différenciation d’avec l'Autre. C’est là que l’enfant commence à appréhender l’Autre en tant que personne globale: . Ainsi l’enfant rentre dans un nouveau mode de participation au milieu basé essentiellement sur ces conduites sociales et sur les retours positifs ou négatifs que lui renvoie l’entourage : c’est l’activité de relation. et de ce fait la manière dont se déroulera déjà cette étape aura une influence sur la capacité de la personne à développer des rapports intersubjectifs. Cet Autre intériorisé sert en quelque sorte d’intermédiaire. C’est avec la pensée symbolique que l’enfant entame une nouvelle étape marquée par l'émergence de la conscience réflexive. Mais à ce stade l’être et l’avoir sont confondus . qui s’intercale entre lui et le monde des pures sensations dont il sort. elle vient faire en quelque sorte rupture par © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. la crise qui marque la sortie de l’enfance et prépare l’entrée dans la vie adulte. Le rapport à l’Autre commence donc à s’instaurer ici. Ici l’Autre c’est ce qu'il faut expulser de la sphère psychologique (consciente du moins) pour que le Moi se retrouve.D’un côté il donne du contenu à son Moi émergeant à travers des choses qu'il va pouvoir identifier comme étant lui.

La pensée formelle va lui ouvrir la voie à cela en lui permettant l'accès à la temporalité. son éducation . donc une période de richesse potentielle accrue. La crise n’est pas ici à comprendre comme un épisode forcément dramatique. était resté jusque là dépendant de modèles externes . Et donc : . c’est l’arrivée de la pensée formelle qui va effectivement permettre un changement de registre adaptatif. en dehors de son seul cercle familial afin de mettre en travail sa capacité à survivre. La crise d'adolescence doit permettre au sujet de passer à l'échelle au-dessus. l’adolescent en est donc imprégné ne serait- ce que de manière inconsciente mais il va devoir. L’enjeu devient pour lui d’aller chercher son identité propre. à un moment ou il deviendra capable de s'autocontrôler et de s'auto sécuriser. donner à cet ensemble de valeurs une cohérence interne/externe. avec la pensée symbolique concrète. A l'élaboration d’un projet © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. à vivre indépendamment de ce cercle. de se protéger seul. En fait. mais plutôt comme un passage nécessaire et potentiellement constructif pour intégrer les transformations qu’implique la maturation physique ainsi que le changement de statut qui l’accompagne. il ne faut pas l’occulter.rapport à une modalité adaptative que l'enfant avait réussi à mettre en place sur la base de la différenciation du Moi et de l'Autre. autonomisation que ces modalités infantiles ne permettent pas. mais en même temps. comme une période de difficultés insurmontables. Il s’agit donc pour l’adolescent de dépasser ses identifications infantiles qui sont mises à distance en même temps qu’il remet en cause le modèle familiale dans lequel il s’est construit jusqu’alors et qu’il n’a pas été réellement amené à interroger en tant qu’enfant. Si la puberté et la maturité sexuelle amènent chez l’adolescent des bouleversements non négligeables et une forte perturbation de la stabilité émotionnelle qui participent à la remise en cause de ses identifications infantiles. il continuait donc à être tributaire du contrôle et de la protection externe apportés par son environnement familial. pour se forger son identité propre. de fragilité pour le sujet qui la traverse. et la nécessité de diriger sa trajectoire d’individuation vers l’autonomisation indispensable à la vie adulte . une période de vulnérabilité. il s’agit d’une remise en chantier. L’adolescent va tenter de se faire une représentation générale du monde et cela passe entre autres par les idéologies. catastrophique. elles sont aussi présentes à un niveau social plus large. Les moments difficiles que traverse tout adolescent (le contraire serait inquiétant) sont dus au fait que se déroule sur le plan psychique un conflit entre des modalités d’êtres acquises et perfectionnées dans l’enfance et avec lesquelles la personne sait fonctionner. Elles sont présentes autour de lui depuis sa naissance puisque c’est à travers des idéologies que les parents ont dirigé leur manière de l’élever.2008 . Comme nous l’avons vu l’enfant. mettre cela en forme. une réélaboration.com Tous droits réservés .

C’est donc logiquement à ce stade que se forme la notion même d’altérité. D’autre part. Tout au long de sa vie. c’est-à-dire que l’adolescent se pose lui même en tant que sujet. que ceux-ci soit érigés en projets de vie ou en simples possibilités pour l’avenir proche. Il permet à l’individu de s’inscrire dans une continuité.2008 . aussi bien sur le plan de toutes ses activités. émerge ici. les activités de l’organisme sont restructurées en unités fonctionnelles. De même l’Autre va être intégré dans l’ensemble abstrait des autres groupes sociaux qui représentent l’Altérité. Elle va désormais se poser en termes plus abstraits et plus généraux . le conjoint. des amis ou l'instituteur. En effet cela suppose non seulement la mise en place d’une subjectivité interne. © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. les moduler en fonctions des conditions qu’il rencontre. mais également la reconnaissance d’une subjectivité chez l’autre. La problématique du Moi et de l'Autre va devoir changer elle aussi d'échelle. permettant à la personne d’instaurer un réel rapport d’intersubjectivité. l’accès à l’abstraction permet à l’adolescent d’intégrer les représentations de ces modèles de conduites externes et donc de les généraliser à des situations nouvelles. qui va fonder et fixer la personnalité adulte du sujet. d’une identité stable. A partir de là. on parlera d’Identité et d’Altérité. qui lui permettent de participer à l’activité du groupe et d’être reconnu socialement. Cela lui permet en somme de mettre en place une modalité interne de gestion de son unité. à savoir: le Genre. la famille. en tant qu’individu à part entière. A la visée d'objectifs sociaux en fonction de modèles identificatoires de type idéologiques et non pas seulement concrets comme les parents.com Tous droits réservés . des buts personnels. connotées par le Genre. une cohérence. il peut désormais les ajuster. En effet le Genre est le support idéologique de la différenciation Identité/Altérité. L’adolescent va élargir la définition de son Moi en fonction de son groupe d’appartenance social et l’intégrer en une identité. En effet. l'intégration de toutes les facettes qu'il a développées dans le sentiment d'être un. . ou identificateurs. la beauté. en tant que sujet. l’action de la personne est ensuite liée à des objectifs symboliques intériorisés pendant l’adolescence dans les identificateurs. et bien d’autres choses encore. L’autre. se fait en fonction d’un identificateur central. son unité en tant que sujet. C’est autour de cet identificateur que vont graviter les identificateurs partiels. l’enfant était cadré par des feed-backs externes (parentaux) alors qu’à l’adolescence les feed-backs sont petit à petit intériorisés pour se baser plutôt sur des objectifs. La pensée formelle rend donc l’adolescent capable d'assurer son unité fonctionnelle. Mais cette réorganisation psychique. que sur le plan de son identité interne. d'être une personne et de le faire de manière interne. c’est-à-dire les supports secondaires de l’identité que peuvent être par exemple le travail.

cela permet de résister aux changements. etc. »vi © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. nous les exerçons en tant qu’homme ou que femme. bien qu’il ne faut pas oublier que celle-ci découle aussi du vécu infantile. Il peut rendre compte aussi bien de ses valeurs. c) L’identificateur de Genre A l’adolescence le concept d’Autre s’affinant. Le Genre est le lien qui permet donc d’unifier l’individu et autour duquel il peut se construire à tous les niveaux. On se définit en tant que femme par rapport. puisque le Genre ne change pas tout au long de notre vie et permet de nous définir de l’enfance jusqu’à la fin de la vie. Sur le plan vertical. et par opposition à l’homme et vice versa. Cette longue période de bouleversements et de restructurations qui marque le passage à l’âge adulte permet au sujet d’unifier sa conception de lui-même par rapport au monde et ce sur le plan abstrait et. Sur le plan horizontal. et donc. L’identité de Genre englobe les identificateurs partiels de la personne. autour du Genre. C’est cette organisation centrée sur le Genre qui permet à la personne de trouver une cohérence entre son vécu interne et ses conduites. de manière idéale.com Tous droits réservés . l’Autre devient de façon privilégié l’autre sexe. mais. la possibilité de s’approprier les objectifs atteints. il n’est plus « tout ce qui n’est pas moi ». aux bouleversements qui peuvent intervenir au cours de l’existence. Cette bipolarité de la construction identitaire à l’adolescence est la façon la plus commode d’intégrer cette identité d’une manière contrôlée par la personne et en même temps reconnue sur le plan social. puisque le Genre sert à connoter toutes nos activités. son activité. Une bonne intégration de l’identificateur/différenciateur de Genre à l’adolescence est une condition essentielle pour la mise en place d’une identité adulte stable. en rapport avec l’émergence de la sexualité. de ses activités. De la qualité de cette interaction dépend forcément la capacité des activités développées socialement à symboliser plus ou moins la personne totale. En effet le Genre est l’identificateur le plus propre à permettre l’intégration globale de l’identité : . Cariou : « Il est clair que l’organisation intégrée de la personne dans les termes d’une identité de genre est un enjeu majeur de l’adolescence et du jeune adulte. On peut donc conclure que l’adolescence est une période clé en ce qui concerne la mise en place de la personnalité adulte. comme l’explique M.2008 . Lorsque des identificateurs partiels sont mis à mal. . de ses relations sociales. comme par exemple si la personne perd son travail. pour celle-ci. son identité globale n’en est pas fondamentalement remise en cause si elle est basée sur le Genre qui lui ne bouge pas et reste comme un repère fixe.

Pourtant. C’est-à-dire que celui-ci est basé non pas sur le Genre comme identificateur central mais sur un autre support moins global. Lorsque l’identité repose sur ces identificateurs partiels elle n’est plus définie par un élément stable qui ne change pas. Donc. alors il ne peut tenir son rôle d’intégrateur de l’identité.com Tous droits réservés .2008 . Pourtant la construction identitaire peut ne pas se dérouler correctement et dans ce cas on parlera de carences élaboratives. Une carence au niveau du développement de l’identité découle en général d’un mauvais étayage identitaire. on a des trajectoires adaptatives qui vont découler de la façon dont s'est faite cette étape et qui vont donner lieu à une diversité de manières d'être au monde. Il n'y a pas de modèle initial. de fonctionnements dépendants de la manière dont s’est déroulée l’intégration psychique. Dès la construction de la différenciation Moi/Autre il peut y avoir un manque. il n'est pas certain que tout le monde réussisse à élaborer l'Autre. le développement de l’enfant ne s’arrête pas pour autant. il continue à grandir mais il ne grandit pas de la même façon suivant le degré d'élaboration de l'Autre et donc du Moi qu'il aura réussi à mettre en place. à une identité stable à l’âge adulte. Les identificateurs partiels sont non seulement instables mais de plus ils risquent de disparaître au cours de la vie remettant ainsi en cause l’équilibre identitaire du sujet. De ce fait l’identité de la personne se construit sur des modalités partielles qui sont normalement intégrées au Genre comme le métier ou l’apparence physique. Si au cours de l’adolescence l’identificateur de Genre a été mal intégré. Il y a une marche en avant qui. En effet tant que ces identificateurs sont présents le sujet arrive à s’adapter au milieu en fonction d’eux mais lorsqu’ils viennent à disparaître il y a rupture adaptative. Mais par conséquent. la continuité psychique du sujet est mise à mal ce qui le fragilise au plan © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. si on n'a pas réussi à élaborer l'Autre c'est qu'on n'a pas réussi à élaborer le Moi de manière correcte non plus. va prendre un chemin ou un autre. suivant les opportunités ou les obstacles qu'elle rencontre. Les restructurations qui se font à partir de ces déviations ne sont pas inscrites de manière systématique comme une carence par rapport à ce qui aurait dû être. une insuffisance . Simplement certains chemins risquent de conduire la personne dans des impasses adaptatives. d’unificateur. nous avons tenté de décrire ce que pourrait être le parcours normal d’un sujet pour arriver à une personnalité. d) Les carences élaboratives A travers les différentes étapes de développement que nous avons détaillées. Tout au long du développement la trajectoire adaptative d’une personne peut dévier.

121) iii Wallon Henri.psychologique et peut conduire à la chronicisation d’un dysfonctionnement organisme/milieu si le lien n’est pas rétabli ou modifié.2008 . Personnalité et vieillissement. Editions Armand Colin.147) v Idem (p. Paris.com Tous droits réservés . L’évolution psychologique de l’enfant. Personnalité et vieillissement.120) ii Idem (p. Introduction à la psycho-gérontologie Éditions Delachaux et Niestlé. Coll. i Cariou Michel. Cursus.160) © Anne Worms & Sonia Souiou pour MonPsychologue. 1995 (p. 1968 (p. 1995 (p. Introduction à la psycho-gérontologie Éditions Delachaux et Niestlé.19) iv Cariou Michel.139) vi Idem (p.