YHUEH

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PRÉSENTATION
verbe, mot dont la première caractéristique est de se conjuguer et qui varie donc selon le mode et le temps ainsi que, généralement, selon la personne et le nombre. Il peut varier aussi selon la voix et parfois le genre, même si ces variations ne sont traditionnellement pas notées dans les tableaux de conjugaison. Le verbe peut ainsi servir à l'expression de l'événement, que celui-ci soit considéré comme une simple virtualité ou qu'il soit précisément inscrit dans la temporalité.

2

MORPHOLOGIE DU VERBE

Une forme verbale est composée du radical du verbe et d'une désinence dans les temps simples de la voix active (tu parl-as), d'un auxiliaire conjugué suivi du participe passé du verbe dans les temps composés (tu as parlé) et dans tous les temps à la voix passive (il sera mangé). Les désinences sont des suffixes grammaticaux, qui permettent d'identifier le mode et le temps de la forme verbale, parfois sa personne (pour les modes personnels), voire son genre (pour les participes passées accordés). Le radical du verbe est porteur de sa signification lexicale. Il participe aussi de la conjugaison par les modifications qu'il peut subir : ajout d'un affixe (fin-iss-ons), radical à variation (venons, vienne), radicaux multiples. Toutes les formes verbales ne sont pas décomposables, notam ment celles des verbes très irréguliers (il a dix ans). Certains verbes, comme chanter, ont un radical unique, alors que d'autres ont plusieurs bases de radical (un verbe comme aller possède trois bases : all[ nous allons ], ir- [ j'irai ], v- [ tu vas ]). Les conjugaisons des verbes comportent un certain nombre d'irrégularités (voir tableaux). Quelques modèles sont défectifs, c'est-àdire qu'ils ne possèdent pas la totalité des formes possibles (falloir, faillir, clore, éclore, choir, seoir).

2.1

Groupes de verbes

On répartit traditionnellement les verbes en trois groupes, caractérisés par une désinence spécifique à l'infinitif. Le premier groupe (4 000 verbes environ dont la liste n'est pas close) est constitué par des verbes ayant un infinitif en -er (parler, marcher). Les verbes en -ir ayant un participe présent en -issant (environ 300) forment un deuxième groupe (finir [ finissant ]). Les verbes en -oir et en -re ainsi que les verbes en -ir à participe présent en -ant forment le troisième groupe (devoir, vendre, croire, naître, courir [ courant ]).

Les verbes du premier groupe suivent pour la plupart le modèle régulier du verbe chanter (voir tableaux). On notera l'apparition d'un -e- dans les verbes en -ger et d'une cédille dans les verbes en -cer lorsque le g ou le c est suivi d'un o ou d'un a (il mangea ; il lança). Un verbe peut connaître deux radicaux : il pèse, nous pesons ; il jette, nous jetons ; il achète, nous achetons. Les verbes du deuxième groupe se conjuguent régulièrement sur le modèle du verbe finir (voir tableaux). Le troisième groupe rassemble les conjugaisons les plus irrégulières, caractérisées notamment par les variations des radicaux : tenir, tenons, tiendrai ; savoir, savais, saurai, su (voir tableaux).

2.2

Modes et temps dans la conjugaison

Le système verbal du français comporte plusieurs modes : indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif, infinitif, participes passé et présent. Le gérondif est une tournure particulière du participe présent. Le conditionnel est parfois décrit comme un temps de l'indicatif. Voir mode et temps (grammaire). Les modes comportent plusieurs temps, répartis en formes simples et en formes composées. Les formes des temps composés sont beaucoup plus régulières que les formes simples. Elles sont toutes faites sur le modèle auxiliaire (être ou avoir) conjugué à un temps simple + participe passé du verbe conjugué. L'indicatif, le conditionnel, le subjonctif et l'impératif sont des modes personnels.

2.2.1

Le mode indicatif

L'indicatif, qui est le seul mode à comporter des temps du présent, du passé et du futur, présente l'action verbale comme actuelle. Le présent de l'indicatif a pour désinences -e, -es, -e pour le premier groupe, -s, -s, -t pour les verbes du deuxième et du troisième groupe, à l'exception des verbes e -ds, -ds, n -d, (verbes à l'infinitif en -dre à l'exception de ceux en -indre et -soudre) ou de ceux en -x, -x, -t (pouvoir) ou -s, -s, -c (vaincre). Les trois personnes du pluriel ont pour désinences ons, -ez, -ent. Le présent exprime la coïncidence entre ce que l'on dit et le moment où on le dit (En ce moment, il pleut). Mais il peut exprimer une action qui se répète ou se continue (Il pleut toujours ici ; Il pleut depuis deux jours), une action prochaine (Demain je pars) ou des vérités générales (Les hommes sont mortels). Le futur est formé d'une base de radical du verbe qui coïncide parfois avec l'infinitif (chanterai, mais sau-rai) suivi éventuellement d'une voyelle caractéristique du groupe (chant-e-

rai, fin-i-rai), d'un -r- caractéristique du futur et du conditionnel, et des désinences -ai, as, -a, -ons, -ez, -ont. Le futur situe l'action dans l'avenir (Je passerai demain). Ses autres valeurs sont notamment celles du futur dit historique (En 1905, sa vie prendra un tour nouveau). L'imparfait de l'indicatif a pour désinences -ai-s, -ai-s, -ai-t, -i-ons, -i-ez, -ai-ent. Il permet de décrire une action considérée dans sa durée ou dans son caractère répétitif et non comme un fait ponctuel (Nous passions les vacances d'été à la montagne). Pour le passé simple, les désinences sont -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent pour le premier groupe. Pour les autres on trouve -s, -s, -t, ^-mes, ^-tes, -rent précédés d'une voyelle caractéristique : -i- pour les verbes du deuxième groupe, -i- (partir), -i- (faire), -u(devoir) ou -in- (verbes comme venir) pour ceux du troisième. Le passé simple, qui n'est plus utilisé dans la langue orale contemporaine, exprime une action révolue au moment où l'on parle (Il mourut en 1778). Les temps composés de l'indicatif, le passé composé, le plus-que-parfait, le passé antérieur et le futur antérieur, sont constitués d'un auxiliaire conjugué au temps simple correspondant, respectivement le présent, l'imparfait, le passé simple et le futur, suivi du participe passé du verbe conjugué (voir tableaux).

2.2.2

Le mode conditionnel

Le conditionnel présente des faits soumis à une condition ou sert de futur dans un contexte passé. Ses désinences se rapprochent à la fois de celles du futur et de celles de l'imparfait. Son présent est formé d'une base de radical qui coïncide parfois avec l'infinitif, suivie éventuellement d'une voyelle, d'un -r- caractéristique du futur et du conditionnel et des désinences -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Le conditionnel figure dans la proposition principale des subordonnées de condition (J'irais les voir si j'avais le temps). Le conditionnel passé, dont la formation est régulière comme celle de tous les temps composés, sert à l'expression d'une éventualité qui n'a pas été réalisée (Il serait allé les voir s'il avait eu le temps).

2.2.3

Le mode subjonctif

Le subjonctif est un mode qui présente l'action verbale comme virtuelle. Il figure notamment dans des propositions subordonnées complétives introduites par des verbes exprimant la crainte, le doute, le souhait ou servant à donner un ordre, à exprimer un désir, une volonté ou une éventualité (On craint qu'il ne pleuve ; J'exige que l'on m'obéisse ; Il se pourrait qu'il vienne). Le présent du subjonctif est formé d'une base de radical (pour les verbes du deuxième groupe du type finir, ce radical est le radical en -ss- du participe présent finissant) et des désinences -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent, à l'exception de aller, être et avoir (voir tableaux).

L'imparfait du subjonctif, qui n'est pas employé hors du registre littéraire, a des désinences en -sse, -sses, ^-t, -ssions, -ssiez, -ssent précédées d'une voyelle caractéristique du verbe : -a- pour le premier groupe, -i- pour le deuxième, -i-, -u- ou -inpour le troisième (les mêmes que pour le passé simple). L'accent circonflexe est une caractéristique de la troisième personne du singulier. La formation des temps composés, passé et plus-que-parfait, est régulière (voir tableaux).

2.2.4

Le mode impératif

L'impératif est un mode qui sert à l'expression de l'ordre. Ses formes de présent sont identiques à celles du présent de l'indicatif de la deuxième personne du singulier et du pluriel, et de la première personne du pluriel (prends, prenons, prenez) sauf pour les verbes du premier groupe où la deuxième personne du singulier n'a pas de s en général (regarde, regardons, regardez ; va mais vas-y). Font exception être et savoir dont les formes sont proches du subjonctif (sois, soyons, soyez ; sache, sachons, sachez).

2.2.5

Les modes non personnels

L'infinitif et les participes présent et passé sont des modes non personnels. Ce sont des formes nominales du verbe, qui fonctionnent comme un nom (infinitif) ou comme un adjectif (participes). Pour ces trois modes il existe une forme simple (appelée présent pour l'infinitif) et une forme composée (appelée passé pour l'infinitif). Le participe présent, caractérisé par la désinence -ant, est invariable en genre et en nombre, sauf s'il est utilisé comme adjectif verbal. L'orthographe de l'adjectif verbal peut être différente de celle du participe passé (négligeant, négligent). Le participe passé a des formes en -é, -i ou -u (une consonne peut s'ajouter dans certains verbes du troisième groupe : mort, mis). Il sert à la formation de tous les temps composés, quel que soit le mode, et a également des emplois en tant qu'adjectif.

2.3

Accord du verbe

Le verbe à un mode personnel s'accorde en nombre et en personne avec le sujet. À la tournure impersonnelle, il est à la troisième personne du singulier comme le sujet grammatical, quel que soit le sujet « réel » : il pleut des cordes. En cas d'inversion, on trouve parfois une absence d'accord : reste(nt) les femmes. Quand le sujet est le pronom relatif qui, c'est l'antécédent qu'il faut prendre en compte et on peut avoir un accord à la deuxième personne si cet antécédent est en apostrophe (« Insensé, qui crois que je ne suis pas toi », V. Hugo). Des problèmes peuvent se poser pour identifier l'antécédent : un de ceux qui regardaient.

Quand le sujet est complexe, en particulier lorsqu'il contient un mot exprimant le nombre ou la quantité, l'accord peut se faire « par le sens » : peu de gens le connaissent, la plupart sont partis, un vingtaine d'entre eux le croient. L'accord se fait en général avec l'attribut si celui-ci tient la place du sujet : sa seule joie était ses enfants. Avec le pronom neutre ce, l'accord en nombre se fait seulement à la troisième personne : ce sont eux (registre familier : c'est eux) mais c'est toi, c'est nous.

2.3.1

Les sujets multiples

Quand plusieurs sujets sont coordonnés, le verbe est au pluriel (sauf dans les cas du type lui ou son frère viendra), au masculin si un au moins des sujets est masculin (elle et lui sont partis) ; la première personne l'emporte sur la seconde qui l'emporte sur la troisième (Vous et moi savons ).

2.3.2

L'accord du participe passé

L'accord du participe passé se fait selon une règle complexe. Sans auxiliaire ou composé avec l'auxiliaire être, il s'accorde comme un adjectif. Dans certaines locutions, il reste cependant invariable quand il est antéposé : la lettre ci-jointe, ci-joint une lettre. Par ailleurs, les verbes pronominaux toujours conjugués avec être suivent cependant les règles concernant les verbes conjugués avec avoir. Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé ne peut s'accorder qu'avec un complément d'objet direct placé avant lui : ils ont lu, ils ont lu la lettre, voilà la lettre qu'ils ont lue. Certaines difficultés sont à signaler. Le complément d'objet est un pronom neutre : elle est meilleure que je ne l'aurais cru. Le complément n'est pas un objet direct mais un circonstanciel : les cent francs que cela m'a coûté. Le verbe est impersonnel : la pluie qu'il y a eu. Le participe a pour complément un infinitif lui-même complété : tu as fait tous les efforts que tu as pu ; les airs que j'ai entendu jouer (en revanche : les musiciens que j'ai entendus jouer, car que représentant les musiciens est bien un complément d'objet direct de entendre). Enfin, pour les verbes pronominaux, l'identification du complément d'objet direct est parfois difficile : ils se sont entraidés (se objet direct), ils se sont lavés (se objet direct), ils se sont lavé les mains, les mains qu'ils se sont lavées (les mains objet direct antéposé ou postposé), ils se sont plu (pas d'objet direct, se objet indirect).

3

CONSTRUCTION DU VERBE Transitivité

3.1

Les verbes peuvent admettre un complément d'objet ou non. Ainsi, tomber, qui n'est pas suivi d'un complément d'objet, appartient à la catégorie des verbes intransitifs. Manger,

 

même s'il peut être employé de façon absolue, c'est-à-dire sans complément d'objet, admet un sujet et un complément d'objet, c'est-à-dire que sa construction est transitive. Dans la construction dite transitive indirecte, le complément d'objet du verbe lui est relié par une préposition (accéder à quelque chose, parler de quelque chose). Des verbes comme donner, prendre, emprunter peuvent avoir un sujet, un complément d'objet direct et un complément d'objet second (Il a donné des cadeaux aux enfants). Voir transitivité. Les verbes traditionnellement appelés verbes d'état (être, demeurer, devenir, paraître, rester, sembler) se construisent avec un attribut, qui peut lui-même appartenir à la classe de l'adjectif ou à celle du nom (Leur maison est grande, Pierre est avocat).

3.2

Construction impersonnelle

Certains verbes peuvent être construits de façon impersonnelle. Le pronom il (Il neige) fonctionne comme une marque morphologique de la construction impersonnelle et non comme un véritable pronom. On distingue ordinairement les verbes toujours impersonnels de ceux qui admettent des constructions impersonnelles. La classe des verbes toujours impersonnels comprend les verbes météorologiques (pleuvoir, neiger, geler, bruiner, etc.), le verbe falloir (Il faut essayer), les locutions verbales il y a, il s'agit de, il est question de, etc., ainsi que les verbes être et faire dans des emplois du type Il est tard, Il se fait tard, Il fait beau. Par ailleurs, un certain nombre de verbes peuvent être construits impersonnellement (Il s'est vendu un grand nombre d'exemplaires de ce livre).

3.3

Voix active et voix passive

Dans l'étude de la morphologie verbale, on distingue traditionnellement la voix active de la voix passive. La voix passive se construit au moyen de l'auxiliaire être conjugué à tous les temps et à tous les modes, et suivi d'un participe passé (Cette émission a déjà été rediffusée). Ce qu'on appelle « transformation passive » (Le comité a pris la décision ± La décision a été prise par le comité) n'est possible que si le verbe de la phrase à l'actif est construit transitivement, c'est-à-dire avec un complément d'objet direct.

3.4

Construction pronominale

La construction dite pronominale est caractérisée par la présence de deux pronoms (Il se regarde), un pronom personnel sujet (je, tu, il, etc.) et un pronom complément (me, te, se, nous, vous, se), avec la fonction de complément d'objet direct ou indirect. Les temps composés des formes pronominales sont construits avec l'auxiliaire être (Ils se sont regardés). S'il existe des verbes essentiellement pronominaux (s'évanouir, se repentir, s'arroger, s'enfuir, s'absenter, etc.), d'autres verbes peuvent être construits pronominalement (Il la rassure ± Il se rassure). On distingue entre pronominaux réfléchis (Il se regarde dans le miroir, il se coiffe), dans lesquels le pronom réfléchi a le même référent que le pronom sujet, pronominaux réciproques (Ils se regardent avec haine, ils se

détestent), et constructions pronominales dont le sens équivaut à celui d'un construction e passive (Les fraises se vendent bien). Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.