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FINANCES PUBLIQUES INTRODUCTION Finances publiques : phénomène politique au sens d’organisation de la société, mélange de droit (cadre juridique qui

normalise les situations financières publiques), de gestion et d’économie. L’Etat est impliqué dans la crise, il la subit (moins de travail donc moins d’impôts et plus de dépenses), il est obligé d’emprunter, essaie de la juguler en intervenant. Au moment de la crise de 1929, l’état a du intervenir pour rétablir la situation : new deal de Roosevelt : l’état est la solution à la crise. Idée qui a duré jusqu’à fin 1970 : nouvelle crise, 1.5 millions de chômeurs (à l’époque chiffre catastrophique), augmentation du prix du pétrole (2 chocs pétroliers), crise économique, impôts qui baissent et dépenses qui augmentent. Les méthodes de 29 ne fonctionnent pas, plus on injectait de l’argent plus ça allait mal : l’état est le problème, la solution est le marché (en 1981, discours d’investiture de Reggan « l’état n’est pas la solution il est le problème »). Puis nouvelle crise, il faut revenir à l’état et à ses plans de relance qu’il développe pour régler la crise (commission présidée par Rocard et Jupé). 1E PARTIE. LES FINANCES PUBLIQUES ET L ’ETAT : LA SOLUTION Les finances publiques ont été à la source, à l’origine de l’état. Par la suite elles ont été également à l’origine des transformations de l’état. Par ailleurs, les ressources publiques (=finances publiques) et plus précisément les impôts et les dépenses publiques (=l’utilisation des ressources publiques pour satisfaire les besoins des citoyens) ont toujours été utilisées comme des régulateurs du système économique et social, notamment pour juguler les crises. 1e SOUS PARTIE. LES FINANCES PUBLIQUES AUX ORIGINES DE L ’ETAT Sans un pouvoir financier (=capacité de lever des impôts et de les utiliser librement) aucun pouvoir politique ne peut exister. Aujourd’hui le pouvoir financier tire une grande partie de sa légitimité de la création et de l’existence d’un droit particulier qui organise le fonctionnement de ce pouvoir. Ce droit s’appelle le droit public financier. Ce droit est composé de 3 branches : le droit fiscal (règles régissant le système fiscal, les impôts) ; le droit budgétaire (prise de décision, fonctionnement, et présentation de tous les budgets publics) ; le droit de la comptabilité publique (règles de l’organisation du système comptable de l’état et des collectivités publiques). C’est très largement par la création du droit public financier, par sa construction, que s’est bâti un système politique, celui de la démocratie parlementaire libérale. Sa construction doit être associée à la création de l’état parlementaire démocratique. CHAPITRE 1. LA NAISSANCE DU POUVOIR POLITIQUE ET DE L ’IMPOT A l’origine, c’est l’impôt qui a servi de fondement à la construction de l’état. Par la suite, c’est de l’impôt que dépend l’existence de l’état (« affamer la bête » : réduire les impôts c’est baisser le pouvoir de l’état). C’est par la conquête du pouvoir fiscal que passe la conquête du pouvoir politique. SECTION 1. LE PILLAGE Forme très désordonnée de prélèvements. Il s’agit d’un prélèvement obligatoire, comme les impôts, mais intervenant de façon irrégulière dans le temps, pas à date fixe.

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Prélèvements de la totalité ou quasi-totalité des biens possédés par les victimes du pillage. Prélèvement qui ne laisse pas le temps aux victimes de reconstituer leur patrimoine, de reconstituer ce qui leur permet de produire des richesses économiques. En leur prenant la totalité de leurs biens, il les condamne à se délocaliser pour disparaître : les pillards n’ont aucune vision stratégique, ni dans l’avenir, ni dans l’espace, ils n’ont aucune idée de la manière dont ils pourraient maîtriser leurs ressources. SECTION 2. LE TRIBUT Ancêtre de l’impôt, avec lui se créent les premières formes de pouvoir politique. Il apparaît quand les conquérants comprennent qu’il est important de : -laisser à la disposition des populations une partie de leur production ainsi que leurs outils de production afin qu’ils puissent continuer à cultiver et à produire de nouvelles richesses dont une partie pourra être plus tard prélevée. -effectuer des prélèvements à date fixe, réguliers dans le temps et en général après les récoltes. Dans ce cadre, les conquérants laissent les populations libres de travailler et avec de quoi entretenir leur force de travail (se nourrir, se vêtir, se loger). A partir de là ils développent ce que l’on peut qualifier de conception gestionnaire et stratégique. Cette conception se traduit par la capacité de se projeter dans l’avenir, mais d’organiser l’espace. Tribut : -prélèvement obligatoire qui peut être effectué par la force. -intervient à date fixe. -laisse aux individus de quoi produire plus qu’il ne leur est nécessaire pour vivre, c’est-à-dire des surplus qui pourront être prélevés. CHAPITRE 2. LA NAISSANCE DE L ’ETAT ET DE L ’IMPOT Pour que l’état parvienne à se construire il a fallu d’abord structurer le système d’imposition (=mettre en place une administration fiscale) et d’autre part créer, instituer des impôts suffisamment rentables et acceptés par les populations. SECTION 1. L ’ORGANISATION DU POUVOIR FISCAL ET DE L ’ADMINISTRATION DE L ’IMPOT L’état n’a vraiment pu se constituer de manière solide qu’à partir du moment où on a bâti un système fiscal suffisamment stable et rentable pour financer une armée et une administration. L’organisation du pouvoir financier est le préalable à l’organisation du pouvoir politique. Le passage du tribut à l’impôt s’est effectué par la mise en place d’institutions de plus en plus performantes pour effectuer les prélèvements fiscaux. Il a fallu non seulement être en mesure de prélever, lorsque cela était nécessaire par la force, mais il était également indispensable de connaître précisément ce que l’on allait imposer, c’est-à-dire la matière imposable. Il faut savoir ce que l’on va taxer, imposer. Il faut déterminer la base d’imposition. Il a fallu connaître le montant maximum pouvant être prélevé sans risquer de provoquer un appauvrissement des contribuables, sans provoquer leur fuite (délocalisation) ou encore sans provoquer des révoltes. Il a fallu déterminer : -- des procédures d’assiette de l’impôt : permettent de calculer les bases imposables (« asseoir l’impôt »). --des procédures de liquidation d’impôt : permettent de calculer l’impôt. --des procédures de recouvrement d’impôt : déterminent la manière la plus efficace pour faire payer les contribuables.

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Sous l’antiquité, des procédures très performantes et sophistiquées ont été créées afin de déterminer très précisément le montant de la matière imposable mais aussi la capacité des contribuables à payer l’impôt (=capacité contributive). Par exemple, en Egypte, système de recensement des familles qui leur a permis de connaître les contribuables ; un cadastre, plan de tous les terrains avec leurs propriétaires, celui qui l’utilise, sa superficie, le type de culture et le rendement ; création d’un corps spécialisé de fonctionnaires qui va asseoir l’impôt, le liquider et le recouvrer.

SECTION 2. LA CREATION DES PREMIERS ETATS 1. LES ETATS AUTORITAIRES A l’origine l’état se présente comme une forme politique supérieure, qui unifie, organise les différentes communautés qui le composent, qu’il a soumises. Il se présente comme la communauté supérieure à toutes les autres communautés. Il assoit sa légitimité sur le fait qu’il va prétendre réaliser l’intérêt général. Cet intérêt général, il va le réaliser à travers plusieurs fonctions : --protéger les populations avec son armée, assure la sécurité. --être le moteur du développement économique, notament en organisant de grands travaux d’irrigation permettant de cultiver de nouvelles terres. --organiser les fêtes religieuses. 2. LES PREMIERS PAS VERS L’ETAT PARLEMENTAIRE Pendant l’antiquité, systèmes fiscaux très élaborés. Avec le moyen-âge, ces systèmes ont disparu (plus que quelques impôts utilisés par les seigneurs féodaux) : confusion entre le patrimoine public (domaine public) et le patrimoine privé (du souverain) donc confusion entre finances publiques et privées, le patrimoine du souverain est totalement confondu avec celui du royaume. Les conflits se multiplient et les moyens utilisés pour la guerre coûtent de plus en plus chers : les rois vont être contraints de demander de l’aide à leurs vassaux. Ces derniers négocient cette aide (=aide féodale), le roi est obligé d’offrir une contrepartie. Cette négociation va progressivement s’institutionnaliser sous la forme d’assemblées au cours desquelles se décident des aides extraordinaires. Face à la démultiplication des guerres, ces assemblées vont-elles-mêmes se démultipliées et deviennent régulières. C’est alors que sont apparus en France les états généraux, au Royaume-Uni les parlements et en Espagne les cortès : il s’agit là de la première forme organisée du consentement de l’impôt. Ce dispositif signifie également que le souverain n’est plus le seul et unique détenteur du pouvoir. L’impôt devient un enjeu essentiel et son consentement la base de la construction du régime parlementaire. 2EME SOUS PARTIE. LES FINANCES PUBLIQUES ET L ’ETAT : REGULATEURS DU SYSTEME ECONOMIQUE ET SOCIAL CHAPITRE 1. L ’ETAT GENDARME, UN ETAT DISCRET ET DES FINANCES PUBLIQUES PILIER DE L ’ORDRE ECONOMIQUE ET SOCIAL

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La légitimité de l’impôt devient une légitimité démocratique. 4 . Ils ne se sont pas immédiatement intéressés à l’utilisation de l’impôt. Il constitue un principe fiscal à portée constitutionnelle. Le but est de limiter le pouvoir du roi en limitant son pouvoir financier. des recettes fiscales. ils ont laissé le pouvoir de le dépenser au monarque et à ses ministres. LA REVOLUTION FISCALE ET LA NAISSANCE DU DROIT FISCAL Le droit public financier se compose de 3 branches : doit fiscal.  La légitimité sociale Article 13 DDHC : principe d’égalité devant l’impôt qui interdit toute différence de traitement. Les principes fiscaux fondateurs d’un pouvoir fiscal légitime Principe essentiel : consentement de l’impôt (aujourd’hui principe de légalité fiscale).  La légitimité politique = principe du consentement de l’impôt. Les révolutions en matière de finances publiques ont essentiellement porté leur attention sur le droit de décider de l’impôt. une contribution commune est indispensable » (article 13) . l’assiette.SECTION 1. Il décide aussi qu’aucun impôt ne peut être levé si l »assemblée n’y a pas préalablement consenti (décret du 13.06. L’impôt est nécessaire pour couvrir les charges publiques. A. Création de toute pièce d’un système fiscal nouveau. Après s’être déclaré assemblée nationale. de la consentir librement. tout privilège en matière fiscale. Cette décision fit ensuite l’objet d’une inscription dans la DDHC : article 14 « tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique. La contribution doit être également répartie entre tous les citoyens. Sur leur base va pouvoir se construire à partir du 18e un droit fiscal qui va apporter aux contribuables une certaine sécurité juridique. le tiers état a décidé que tous les impôts existant étaient illégaux. La légitimité de l’impôt a été formalisée juridiquement par 3 principes qui figurent aux articles 13 et 14 de la DDHC. La fiscalité inquisitoriale de l’ancien régime est une des causes de la révolution : dans les cahiers de doléance ce qui a été le plus réclamé en matière financière est de fixer l’impôt (peu importait son utilisation). Ce principe est aujourd’hui qualifié de principe de légalité fiscale.  La légitimité financière Articles 13 et 14 : principe de nécessité de l’impôt. droit budgétaire et droit de la comptabilité publique. « pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration. d’en suivre l’emploi et dans déterminer la quotité. Les contribuables vont se voir accorder un certain nombre de garanties et donc une certaine sécurité fiscale. « la nécessité de la contribution publique » (article 14). Principe du droit fiscal qui demeure fondamental.1789). Ils mettent en place un certain nombre de principes sur lesquels reposent encore aujourd’hui le droit fiscal. LA REVOLUTION DE 1789 ET LA NAISSANCE DU DROIT PUBLIC FINANCIER 1. le recouvrement et la durée ».

la liberté du marché économique est primordiale. Ce choix s’explique pour plusieurs raisons : -les membres de l’assemblée constituante sont persuadés de la justesse des théories physiocrates. d’elle dépend la création des richesses. Création d’impôts dont la base imposable est visible de l’extérieur. (Sous la monarchie. Les constituants étant majoritairement acquis aux idées physiocrates ont proposé un système fiscal reposant sur une base unique : la propriété foncière. Système d’imposition composé par des impôts fonciers. Ils proposent un système fiscal reposant sur un impôt unique assis sur la propriété foncière (mais en déclin. Ont fait partie des hommes politiques importants : Le Chapellier. après la nuit du 4 août (abolition des privilèges) a posé le principe d’une fiscalité égalitaire. On appelle ces impôts des impôts indiciaires (qualité. Selon eux.l’influence des physiocrates (« pouvoir de la nature ») Ce sont des économistes qui développent leurs idées dans la seconde moitié du 18e. Turgot. Archaïque : selon eux. Principe contemporain à portée constitutionnelle. 5 .Les charges publiques dont il s’agit sont limitées aux dépenses régaliennes (sécurité. L’invention d’une fiscalité nouvelle -. Quesnay : on peut « assurer l’avènement de la prospérité universelle par le renoncement à toute règlementation ». des impôts fondés sur des indices suffisamment visibles par les agents du fisc pour qu’ils puissent l’évaluer sans avoir à demander quoique ce soit aux contribuables. volonté de supprimer tout rapport entre l’administration fiscale et le contribuable. voierie. d’Alardes. pensant qu’ils étaient la matière imposable la plus rentable. Elle abolit la fiscalité d’ancien régime qui était fondée principalement sur des impôts indirects (sur les ventes) et les remplace par des impôts directs assis sur des bases foncières. si l’état n’intervient pas dans la vie économique et qu’on laisse les échanges et la libre concurrence se réaliser librement alors apparaîtra un ordre économique parfait permettant à chacun de s’enrichir et de vivre de manière décente. Moderne : selon eux. aux frontières des villes existaient des octrois : le fisc faisait payer aux commerçants qui transportaient des marchandises des droits. la source de la richesse était la propriété financière or commencement de l’économie individuelle pour laquelle l’essentiel est le travail. maisons… La constituante. Ecole d’une part moderne et d’une part archaïque. justice). salaires et prix fixés par les corporations de métier. Ils fondent une école avec pour chef de file un médecin qui s’appelle François Quesnay. -on ne voulait plus de procédures inquisitoriales qui consistaient à pénétrer dans les maisons pour vérifier la matière imposable. il aurait fallu imposer sur le revenu).  La création d’impôts directs sur la propriété foncière Propriété foncière : terrains. superficie des propriétés…). Conception moderne dans le sens où elle posait les premières bases théoriques d’un système économique libéral. ce qui ralentissait le commerce). B. Il faut donc supprimer les péages à l’entrée des villes et les corporations de métier.

Par ailleurs se constitue un droit budgétaire 6 .11 et 01. Ce loyer est estimé par l’administration fiscale et est appelé valeur locative (terme toujours utilisé). sous le directoire. censée rapporter la totalité des sommes nécessaires pour couvrir les charges publiques. d’établir les contributions publiques ». Il créé à son profit des impôts qualifiés de modernes tels que l’impôt sur le revenu des personnes physiques puis celui sur les sociétés puis enfin. Devant les difficultés rencontrées pour collecter cet impôt une deuxième contribution est créée : la contribution mobilière.01 et 18. Selon la constitution de 1791. Les assemblées révolutionnaires ont posé le principe d’un budget mais ne sont pas parvenus à le concrétiser. LA NAISSANCE DE L ’ETAT GENDARME ET DU DROIT BUDGETAIRE AU 19E On voit apparaître la théorie libérale classique (qui succède à celle des physiocrates).02. SECTION 2. Ce texte est une esquisse de l’obligation de présenter un document budgétaire (=acte adopté par le parlement sous la forme d’une loi qui prévoit le montant des dépenses de l’état pour l’année à venir et le montant des recettes équivalentes pour couvrir ces dépenses). le corps législatif détient la fonction « de fixer les dépenses publiques. Il était légitime pour adopter un budget (=recettes face à dépenses). vers 1990 la TVA (=aujourd’hui la moitié des produits des impôts de l’état). la contribution des patentes. Ces 4 impôts on été appelés les « 4 vieilles contributions ». la contribution foncière a été scindée en 2 : sur les propriétés bâties et sur les non bâties (terrains).1790. instituée par les lois du 13. 2. un quatrième : la contribution sur les portes et fenêtres (dure jusqu’en 1925) dont l’indice est la surface des ouvertures d’une maison.Un premier impôt est créé : la contribution foncière.12.1791 qui avait pour objectif de taxer sur la base d’indices fonciers de revenu du contribuable : le loyer qu’il paye pour l’appartement qu’il occupe ou celui qui pouvait lui être demandé s’il était propriétaire. Ils sont conscients que la réunion de ces deux pouvoirs constitue le pouvoir financier mais il faudra attendre 1791 pour que soit admis que le pouvoir législatif était tout autant légitime pour voter les ressources (les impôts) que pour voter les dépenses. Puis. qui taxe les activités industrielles et commerciales (artisanales) sur la base des locaux (donc encore sur une base foncière). DU CHOIX DES DEPENSES PUBLIQUES Les assemblées révolutionnaires comprennent que le corollaire du pouvoir d’imposer est celui de dépenser. plus il y en a et plus elles sont larges. plus on paye. instituée par les lois du 23. LES PREMIERS PAS VERS LE DROIT POUR LES ELUS DE DECIDER DE L’UTILISATION DE L’IMPOT. Ces impôts étaient prélevés au profit de l’état mais début 20e ils furent transférés aux collectivités locales car pas assez intéressants pour l’état. En 1890. Impôt d’état qui a été donné aux collectivités territoriales (taxe d’habitation depuis 1973). Ces impôts entrant toujours mal on en créa un troisième. à s’approprier la totalité du pouvoir financier.

état tel qu’il est conçu par les libéraux classiques et néo-classiques. sur sa base. Ils estiment qu’il ne reste plus qu’à le commenter et que. -la source de la richesse est le travail. Malthus robert (qui lui n’était pas optimiste : le système économique rencontrerait nécessairement des crises. Etant précepteur il visite l’Europe et rencontre les physiocrates. Etat qui se borne à maintenir l’ordre à l’intérieur du pays. Smith considérait que si l’on suivait ces principes l’économie fonctionnerait de manière harmonieuse. La vie économique se joue entre les consommateurs et les producteurs. -l’impôt doit être payé par toutes les classes de la société. Le père fondateur : Adam Smith (1723-1790) Universitaire de Glasgow qui enseigne la philosophie. -l’activité économique de chaque individu doit être déterminée par intérêt personnel et la confrontation de ces intérêts personnels est la source du progrès économique. Les fonctions de l’état gendarme L’état n’intervient pas dans la vie économique. -assurer la sécurité des biens et des personnes et pour cela financer une police et une armée. Il permet aux entreprises et aux citoyens de travailler en paix. Il publie sa théorie en 1776 dans recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations. d’échanger et de produire librement. Fréderic Bastiat. 7 . 2. LES BASES THEORIQUES : LES DOCTRINES LIBERALES CLASSIQUES ET LES FINANCES PUBLIQUES A. LES FORMES MATERIELLES DE L’ETAT GENDARME Première forme de l’état libéral classique. Les héritiers d’Adam Smith Economistes de la première moitié du 19e : les économistes libéraux classiques. il faut contrôler les naissances et se marier le plus tard possible). les richesses progressent moins vite que les populations donc famines. -toutes les frontières doivent être supprimées afin que les échanges se fassent librement. Il retient de leurs théories le principe de la liberté du marché et y ajoute l’idée que la source de la richesse est le travail (et non plus la propriété foncière). le droit et les sciences politiques. Puis suivis fin 19e début 20e par les libéraux néo-classiques. il assure la sécurité intérieure et extérieure. Parmi ces économistes : David Ricardo. Fonctions qualifiées de fonctions régaliennes. qu’il n’y aurait plus de pauvreté. -il ne doit pas y avoir de règlementation ni des salaires ni des prix. l’économie. B.1. Il y développe 6 idées essentielles : -la liberté est le principe de base de tout système économique et l’interventionnisme de l’état est à condamner. les institutions ne sont pas des acteurs économiques à part entière. A. guerres…. une science permettant de découvrir les lois de l’économie et donc d’en maîtriser les systèmes. Jean-Baptiste Say. en terme de progression richesse arithmétique et population exponentielle .  Les néo-classiques Ils insistent sur la fonction essentielle que joue la production d’une part et les individus de l’autre.  Les libéraux classiques Très optimistes car persuadés que le progrès économique sera inéluctable si l’on continue la pensée de Smith. « tout se passerait comme si une main invisible régulait la vie économique » : base du libéralisme. doit être assis sur les revenus du travail et doit être proportionnel (différent du progressif). il est possible de construire une science économique à l’image des sciences exactes.

un droit budgétaire. Rien ne pouvait laisser penser que se développerait un droit budgétaire sous la restauration car la charte constitutionnelle du 4. Il ne sera réformé qu’à partir des années 1950 lorsque l’état gendarme sera lui-même réformé et que les conceptions de l’état seront totalement opposées à celles du 19e. tels que Villèle ou Roy.1838 et d’autre part le décret du 31. Dès lors il existe bien un droit budgétaire et un droit de la comptabilité publique qui viennent s’ajouter au droit fiscal. Le cadre juridique de l’état gendarme  Le droit budgétaire : une garantie de neutralité des finances publiques L’état ne doit en aucun cas influencer les échanges qui se développent sur le marché économique. Ces textes organisent les procédures budgétaires et la comptabilité publique. Pour que ce principe soit respecté il a fallu définir et instituer des règles relatives à l’exercice du pouvoir financier de l’état : au 19e vont être créées des normes et des principes budgétaires. il doit uniquement servir à couvrir les dépenses liées aux fonctions régaliennes. il faut donc encadrer l’action financière de l’état. les procédures vont être précisées et rationalisées grâce à deux textes importants : d’une part l’ordonnance du 31. à l’article 48 « aucun impôt ne peut être établi ni perçu s’il n’a été consenti par les 2 chambres et sanctionné par le roi »).05.06. Le budget est un document où figurent d’un côté les dépenses et de l’autre les recettes devant financer ces dépenses. -assurer la circulation des marchandises d’un lieu à un autre en développant les voieries. A partir de 1862 le cadre juridique des finances publiques est en place.-assurer le respect de la loi et pour cela financer une justice. son budget ne doit pas peser sur l’économie.1862. C. D’autres poursuivirent le même chemin. il doit être strictement équilibré : les dépenses ne peuvent pas être supérieures aux recettes (pas de déficit) mais les recettes non plus ne doivent pas être supérieurs aux dépenses (pas d’excédent). plus récemment. C’est alors que furent posées les règles essentielles du droit budgétaire sous l’impulsion des ministres des finances qui se sont succédés sous louis XVIII et sous Charles X. selon ce principe de neutralité de l’état. un acte politique et. Le budget est un acte de prévision et d’autorisation : 8 . L’impôt doit être strictement également neutre.  La notion de budget Le budget est tout à la fois un acte juridique (voté par le parlement). un acte comptable et gestionnaire. Par ailleurs. On ne veut pas que les finances publiques pèsent sur les acteurs économiques. Le plus célèbre de ces ministres : le baron louis (sous louis XVIII).1898 octroyée par louis XVIII ne contenait aucun article concernant le budget (seulement principe du consentement de l’impôt. Par la suite. Il faut attendre la période de la restauration de la monarchie pour que commence à naître ce droit budgétaire.05.

Les collectivités publiques doivent établir des programmes financiers sous la forme de prévisions chiffrées de leurs recettes et de leurs dépenses. La notion de budget a évolué depuis le 19e : On distingue maintenant 2 notions : celle de budget et celle de lois de finances (depuis une ordonnance du 02. Le budget est un document comptable où figurent de manière chiffrée les mesures prises dans le cadre de la loi de finances. Le nouveau droit budgétaire de l’état est défini par une loi organique : la loi organique relative aux lois de finances du 01. La sanction de cette règle est simple : si aucun budget n’est voté l’exécutif ne peut assurer ni paiement des dépenses ni recouvrement des recettes. Cette loi reprend la distinction : -selon l’article 1 de LOLF « les lois de finances déterminent pour un exemple la nature. On distingue.59). -Acte de bonne gestion : le budget est une prévision chiffrée d’activités futures. il exprime des choix de société. c’est le gouvernement qui propose au parlement un projet de budget. le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’état ». Cette programmation peut ne concerner qu’une année mais on s’efforce aujourd’hui un peu partout dans le monde de les programmer sur plusieurs années (le plus souvent sur le moyen terme : 3 ans). Par exemple. ensuite il en débat puis passe au vote (voir actualité sur le budget).-Acte de prévision : des dépenses et des recettes pour l’année à venir. -Acte d’autorisation : l’assemblée délibérante. le projet de loi de finances. elle doit précéder les opérations d’exécution. L’autorisation budgétaire doit être préalable. D’autre part. Si le budget n’est pas voté. l’exécutif ne peut pas agir. le conseil des collectivités territoriales pour les collectivités territoriales. le conseil municipal pour la commune. 9 .08. Le budget décrit pour une année l’ensemble des recettes et des dépenses de l’état ». autorise la réalisation des dépenses et le recouvrement des recettes. le budget exprime un partage de compétences entre l’exécutif et le législatif (ou encore entre un organe délibérant et un organe exécutif). la loi de finance (acte législatif) et le budget (acte comptable).01. Les lois de finances contiennent des dispositions financières qui sont présentées sous la forme d’articles comme pour toutes les lois. La loi de finances est une expression juridique. On dit que l’assemblée autorise l’exécution du budget. Elles comprennent par exemple des dispositions fiscales (par exemple le barème de l’impôt sur le revenu) ou encore des dispositions relatives aux finances des collectivités locales (par exemple. PLF. pour l’Etat seulement. le budget est la traduction financière d’une politique qui souhaite mener un gouvernement. Le budget est adopté par une assemblée délibérante représentative des citoyens et démocratiquement élue : le parlement pour le budget. pour l’Etat. législative du budget. Il s’agit là d’une nécessité juridique (acte condition). le conseil général pour le département et le conseil régional pour la région. Le budget est un acte de bonne politique et de bonne gestion : -Acte de bonne politique : acte démocratique car il est d’une part conçu puis discuté puis voté par des décideurs et par des élus politiques. en adoptant le budget. -selon l’article 6 « les ressources et les charges budgétaires de l’état sont retracées dans le budget. De la sorte. pour 2010 contient une réforme d’impôt local qui est la taxe professionnelle).09 (la LOLF).

Par exemple le projet de loi de finances initiale pour 2010 est actuellement discuté au parlement pour devenir ensuite la loi de finances initiale pour 2010. En 1814 aura lieu pour la première fois l’adoption d’un véritable budget. Il peut ne pas y en avoir comme en avoir plusieurs. Pour procéder suivant l’ordre de vos délibérations nous allons vous présenter d’abord l’évaluation la plus exacte des besoins. Doit être adoptée par le parlement d’ici le 31 décembre. Le pouvoir financier : la prise de décision financière par le parlement La démocratie suppose que les représentants élus des citoyens aient le droit de décider des recettes et des dépenses publiques.  Les bases démocratiques du droit budgétaire La démocratie budgétaire suppose 2 conditions : les décisions budgétaires doivent être prises par des représentants élus des citoyens . notamment grâce à l’article 14 qui confère le consentement de l’impôt aux représentants des citoyens.Il existe 3 catégories de lois de finances : -la loi de finances initiale : 1ere loi de finances de l’année. Nota : la notion de loi de finances n’existe pas pour les collectivités territoriales. et le compte administratif (les opérations réellement effectuées.07. certains choix prévus dans le cadre de la loi de finances initiale (par exemple. Il s’agit d’un texte législatif voté par le parlement et qui constate et décrit les résultats de l’année écoulée. le budget supplémentaire et les décisions modificatives (en cours d’année).1814 : « en vous occupant du budget de l’état votre fonction première sera de reconnaître la nature et l’étendue de ses besoins et d’ne fixer la somme. Elles produisent 3 catégories de budget : le budget primitif (=loi de finances initiale). De même. mais 10 . Cette loi décrit les dépenses et les recettes qui ont été réellement effectuées. Ce doit a été en partie acquis par la DDHC. qui va donner le coup d’envoi par une déclaration à la chambre des députés le 22. Votre attention se portera ensuite sur la détermination des moyens qui devront être employés pour y faire face. lorsque cela est nécessaire. dans leur cas on parle seulement de budget. exactes. Ce doit qui concerne les ressources a été complété au 19e par celui de décider des dépenses publiques. Nous aurons ensuite l’honneur de vous offrir l’aperçu des voies et moyens propres pour les balancer ». 2 lois rectificatives ont été prises pour modifier les choix faits dans le cadre de la loi financière initiale). certaines dispositions. Une seule. Elle constate les différences entre les prévisions figurant aux lois de finances initiales et rectificatives des réalisations effectives. le budget n’étant qu’un acte de prévision dont les dépenses et recettes ne sont pas forcément réalisées. à cause de la crise économique et financière. c’est-à-dire des sommes qu’il est nécessaire d’affecter à chacun des départements ministériels. C’est le ministre des finances de Louis XVIII. le baron Louis. pas de loi de finances pour la sécurité sociale mais il existe des lois qui s’en rapprochent : les lois de financement de la sécurité sociale. la loi de règlement). -la loi de règlement : loi de finances mais pas une loi qui prévoit des recettes et des dépenses. les documents budgétaires doivent être parfaitement transparents. Le pouvoir financier du parlement et la transparence des documents budgétaires Pour détenir un réel pouvoir financier il est nécessaire que les parlementaires aient à leur disposition non seulement des informations fiables. -la loi de finances rectificative (=les collectifs budgétaire) : modifie en cours d’année.

également des informations compréhensibles. la transparence est également recherchée à un autre stade du processus budgétaire : à celui de l’exécution. la règle de non affectation consiste à imputer l’ensemble des recettes sur l’ensemble des dépenses : on ne peut affecter une recette particulière à une dépense particulière (principe pas strictement respecté car certains crédits sont affectés à certaines dépenses). La recherche de la transparence est une constante de la vie financière publique depuis son entrée dans une logique démocratique. A partir du moment où ce principe s’est imposé. les opérations effectuées entre eux doivent rester bien distinguées). de la réalisation du budget. Après avoir obtenu le droit de voter le budget. L’application de cette règle engendre 2 catégories de problèmes : le premier. -le principe de l’universalité budgétaire comprend 2 règles : La première. En effet. Nota : les 3 grandes catégories de budget de l’état : 11 . Chacune de ces catégories comporte des dépenses et recettes traitées à part du budget général. Le 2e problème est la question d’une présentation unifiée de l’ensemble des dépenses et recettes publiques. Il s’agit là de permettre aux élus d’avoir une vue globale (encore une fois recherche de la transparence). Par ailleurs. Le principe de spécialité consiste à spécialiser de manière la plus fine possible les crédits par catégories de dépenses. puis par sous-parties et les crédits (=argent servant à financer les dépenses) seront finalement votés de manière très détaillée sur la base de chapitres. l’un s’appelant les budgets annexes et l’autre les comptes spéciaux. A l’heure actuelle. soit celles de l’état. des collectivités locales et des organismes de sécurité sociale. En effet. -le principe d’unité budgétaire : toutes les dépenses et toutes les recettes doivent figurer dans un seul document. les parlementaires vont s’efforcer de voter le budget de l’état de la manière la plus détaillée possible. pas de document regroupant la totalité des opérations financières publiques (question discutée depuis quelques années). le parlement a disposé d’un très grand pouvoir de contrôle sur les finances publiques. plusieurs règles on été posées au 19e : -le principe de spécialité budgétaire : pendant tout le 19e. Cette recherche s’appuie principalement sue des principes qui mettent en avant la clarté des documents budgétaires. l’unité du document budgétaire qui est présenté au parlement n’est pas absolument parfaite. La seconde. A cet égard. la règle de non compensation (également qualifiée de règle du produit brut) consiste à interdire la compensation d’une dépense par une recette. il existe ce que l’on appelle un budget général (=essentiel des dépenses et recettes de l’état) auquel sont associées 2 autres catégories de compte. ils vont obtenir celui de voter par parties (au sein de chaque ministère). lisibles : les comptes publics doivent être transparents. Situation favorable qui s’est poursuivie sous la 3e et 4e république mais qui s’est considérablement limitée à partir de la 5e république. sinon on ne pourrait pas lire la réalité des opérations. les recettes d’un côté et les dépense de l’autre doivent figurer pour l’intégralité de leur montant au budget (par exemple si un contribuable est aussi fournisseur de l’état. si l’on veut suivre l’exécution du budget (=vérifier si ce que l’on avait prévu a vraiment été réalisé) il est nécessaire que cette exécution soit effectuée selon des procédés les plus clairs possible. Il peut décider en détails de l’utilisation des crédits qui sont mis à disposition des différents ministères. En effet.

-les comptes spéciaux : enregistrent des opérations que l’on a décidé d’individualiser soit parce qu’elles sont temporaires (par exemple les prêts). -les budgets annexes : constituent des opérations financières des services de l’état que la loi n’a pas doté de la personnalité morale et dont l’activité consiste essentiellement à produire des biens ou à rendre des services donnant lieu au paiement d’un dû. Ont été créés pour traiter à part des opérations commerciales et étaient très nombreux pendant la période interventionniste de l’état. s’autoréguler : il fallait que l’état intervienne. Les travaux d’un économiste polonais allaient dans le même sens. il s’agit de services publics isolés dans un budget propre figurant en annexe du budget général. Keynes. l’état a subi des transformations très importantes. elles sont nées au 19 siècle en réaction aux excès du développement industriel. La plus importante a été le fait qu’à la conception neutraliste de l’état gendarme s’est substituée une conception interventionniste de l’état : l’état providence qui a commencé à prendre forme en réponse à la grande crise de 29. L’état est assimilé à un acteur économique plus qu’à un acteur politique. un précurseur de l’interventionnisme Adolphe Wagner vivait à Berlin à la fin du 19e siècle. Mickaël Kalecki. CHAPITRE 2. L ’ETAT PROVIDENCE : UN ETAT OMNIPRESENT ET DES FINANCES PUBLIQUES QUI CONDITIONNENT L ’EQUILIBRE ECONOMIQUE ET SOCIAL Depuis l’après seconde guerre mondiale. Ils sont votés par le parlement en même temps que le budget général. LA NAISSANCE DES PREMIERS THEORIES INTERVENTIONNISTES AVANT LA 2NDE GUERRE MONDIALE Les théories interventionnistes ne sont pas nées au cours des années 1950. Aujourd’hui il n’en existe plus que 2 : l’un concerne les publications officielles et l’autre les contrôles de l’exploitation du secteur aérien. Aucune recette affectée à une dépense. SECTION 1. soit parce qu’elles ont un mode de financement particulier. La crise de 29 est apparue comme la démonstration irréfutable que le marché ne pouvait pas fonctionner de lui-même. La fin des années 50 a été marquée par une conception de l’état tout à fait nouvelle mais les rapports entre état et économie n’ont pas été véritablement réglés. e A.-le budget général : 95% des dépenses et recettes de l’état. Par conséquent. C'est alors que sont apparues des doctrines exprimant la nécessité de l'intervention de l'Etat dans la vie économique et sociale. Ces théories ne seront vraiment acceptées et concrétisées qu'à partir de l'après 2nd guerre mondiale. Les premières mesures ont été prises aux Etats-Unis dans le cadre du New Deal mais il faut souligner qu’une construction théorique cohérente a été proposée par un économiste britannique. Adolphe Wagner. Il est favorable à une redistribution des richesses et à une égalisation des situations sociales en utilisant la 12 . LA CREATION DE L’ETAT PROVIDENCE ET LES MODIFICATIONS DU DROIT BUDGETAIRE A LA FIN DES ANNEES 1950 1. C’était professeur d'économie et un socialiste réformiste.

une politique de redistribution de l'impôt et enfin une politique d'investissement public. En effet. L'Etat et les corps autonomes se chargent de plus en plus d'activités nouvelles. le secteur public doit aider le développement de l'économie et doit également corriger les effets négatifs de ce développement. Keynes estimait que ses collègues économistes. L'un des points clé de sa pensée consiste dans le fait qu'il a mis en évidence la fonction essentielle que doit jouer le budget de l'Etat dans la réalisation de l'équilibre économique (équilibre entre la production et la consommation ou encore entre l'offre et la demande). c'est-à-dire la consommation. libéraux classiques. chez les peuples en voie de progrès. d'autre part. Mais ce qui a rendu sa pensée originale. Il a exposé cette loi dans un ouvrage appelé Fondement de l'économie politique. les dépenses publiques augmenteront inéluctablement car le secteur public sera obligé d'intervenir pour rééquilibrer le système économique et social.fiscalité. il faut que l'Etat intervienne afin de soutenir ou de relancer la demande. Selon Wagner. On dit qu'il s'agit d'une politique économique de la demande tandis qu’on qualifie le point de vue libéral classique de politique économique de l'offre. Pour atteindre cet objectif. Adolphe Wagner a établi ce qu'on a qualifié de « loi de l'extension croissante de l'activité publique ou de l'Etat » ou loi de Wagner. l'Etat doit développer d'une part une politique de soutien aux salaires et. lorsque cela est nécessaire. Wagner écrivait « des comparaisons dans l'histoire et dans l'espace montrent. n'avaient pas raison en prétendant que le marché économique pouvait fonctionner parfaitement sans intervention de l'Etat. Pour lui. un développement régulier de l'activité de l'Etat et de l'activité publique exercée à côté de l'Etat par les diverses administrations autonomes (collectivités territoriales). Nous en avons la preuve manifeste et mathématique dans l'accroissement des besoins financiers de l'Etat et des communes ». Il a montré le rôle que devait jouer le budget pour compenser les déséquilibres économiques et sociaux et pour relancer l'économie lorsque celle-ci connaissait la récession. Un autre axe consiste dans le soutien à l'éducation et à l'aide en matière de santé. Keynes développe également l'idée qu'il faut une politique sociale et que cette politique doit avoir pour objectif la recherche du plein emploi. B. ainsi un nombre toujours croissant de besoins collectifs sont satisfaits par l'Etat. c'est l'intérêt qu'il a porté à l'étude des dépenses publiques. Cette loi signifie que. la quasi-totalité des auteurs de l'époque ne s'intéressaient qu'à la fiscalité. 13 . John Maynard Keynes et la formalisation des doctrines interventionnistes Keynes (1883-1946) était britannique et a eu l'intelligence de présenter une théorie cohérente de l'interventionnisme public dans la vie économique et sociale. du fait du développement industriel.

2. Cet auteur a permis de refondre le droit budgétaire et de repenser l'Etat. C’est alors que l’état s’est imposé comme la crise à la solution économique. Aux Etats-Unis. en France. Pour Keynes. ce qui compte ce n'est pas l'équilibre du budget en soi c'est l'utilisation du budget pour réaliser l'équilibre de l'économie. Le droit public financier est en décalage par rapport à la réalité du moment. Surtout la crise de 29 qui fut l’élément déclencheur. SECTION 2. Toutefois. à admettre l’idée que l’état devait intervenir pour sortir l’économie des situations de crise. comme certains chefs d’entreprise. Il estimait que c'était là le seul moyen de sauver l'économie libérale. il sera bien accepté que l’état doit jouer un rôle de stabilisateur de l’économie. En effet. Or. Il devait constituer un garant de la neutralité de l’état. L’ADAPTATION DU DROIT PUBLIC FINANCIER A L’ETAT PROVIDENCE Après la 2nde guerre mondiale. LA CREATION DE L’ETAT PROVIDENCE ET LA CRISE DE L’ETAT GENDARME c’est sous le poids des faits économiques et sociaux que les conceptions interventionnistes se sont imposées et se sont concrétisées.Pour développer ces politiques. la fonction de l’état en matière économique va non seulement être admise mais va être concrétisée et se développer. Cette idée d’interventionnisme a mis en évidence l’inadaptation du droit public financier. avec le succès de l’état providence c’est un point de vue totalement opposé qui se développe. Le contexte est différent. Ce déficit budgétaire permet d'injecter dans le système économique un supplément de pouvoir d'achat du fait des dépenses publiques. le développement industriel du 19e siècle a créé beaucoup de richesses mais aussi beaucoup de problèmes et la multiplication de ces problèmes a conduit les gouvernants. John Maynard Keynes a marqué la pensée économique des générations de l'après 2nd guerre mondiale. Keynes écrivait « l'élargissement des fonctions de l'Etat apparaît comme le seul moyen d'éviter une complète destruction des institutions économiques actuelles et comme la condition d'un heureux exercice de l'initiative individuelle ». s'il le fallait. politique du New Deal développée par Roosevelt. Autrement dit. L’offre et la demande ne pouvaient pas automatiquement coïncider : il fallait que l’état intervienne. La neutralité de l’état n’est plus considéré comme une 14 . Elle a montré que le marché ne pouvait pas s’autoréguler de lui-même. politique du front populaire de Léon Blum. L ’EPANOUISSEMENT DE L ’ETAT PROVIDENCE 1. Dans la période qui a précédé la 2nde guerre mondiale. C’est dans un contexte très marqué par une conception libérale classique de l’état que le droit public financier a été construit. Keynes estimait également que. l'économie de marché. Cette fonction lui sera reconnue de façon quasiunanime jusqu’à la crise économique de la seconde moitié des années 1970. Il n’est plus adapté ni aux théories nouvelles ni aux pratiques nouvelles. il permet de relancer la demande et par conséquent de relancer l'économie. l'Etat ne doit pas hésiter à présenter des budgets en déficits. un budget pouvait être voté en équilibre ou en excédant afin de réduire la demande et de rétablir l'équilibre avec la production.

59 portant le nom de loi organique relative aux lois de finances. la reconnaissance juridique de la fonction économique de l’état au cours des années 50. A. Il s’agit la d’une reconnaissance formalisée (dans un texte) du rôle très actif que l’on veut faire jouer de l’état dans l’économie.06. Les mécanismes financiers publics sont devenus de plus en plus complexes au fur et à mesure que l’état a développé ses interventions dans la vie économique (il ne faut plus seulement des juristes mais aussi des économistes. -il est nécessaire de centrer les débats parlementaires sur la loi de finance qui constitue la traduction d’un point de vue budgétaire. Cette ordonnance expose le nouveau droit budgétaire de l’état. des politiques et objectifs économiques et financiers du gouvernement (en plein dans l’interventionniste). des experts). L’harmonisation de la législation financière Une harmonie et une synthèse du droit budgétaire de l’état a été formalisée par la voie d’une ordonnance du 02. Ce décret définit 2 objectifs majeurs : -il est indispensable de resituer le budget dans un contexte économique et financier. Les administrations financières développeront une connaissance en matière budgétaire ainsi qu’en matière économique. C. Cette réforme s’est faite à l’initiative du pouvoir exécutif. Il faut donc que les textes prennent en compte ce changement : réalisé au cours des années 1950. Cette complexité des finances publiques va faire que se développe au sein du ministère des finances une capacité d’expertise que ne possèdent pas les parlementaires (dans leur majorité) et les administrations financières particulièrement 2 d’entre elles. on commence à repenser et à vouloir réformer le droit budgétaire. B.nécessité. Le pouvoir du parlement s’est également trouvé limité par l’accroissement de la technicité des finances publics. son devenir social ». Les objectifs économiques et financiers chiffrés apparaissent désormais dans le budget de l’état.. « le temps n’est plus …. C’est au contraire au développement d’un état interventionniste que l’on assiste. On qualifie ce texte « de constitution financière de la France ». et une technicité de plus en plus importante. encadré par la constitution de 58 : Notamment de manière très importante le droit d’amendement des parlementaires en matière financière (article 40 de la constitution) Par ailleurs le pouvoir de l’exécutif en matière financière a été considérablement renforcé. la direction du trésor et la direction du budget vont développer en leur sein cette capacité d’expertise. le parlement avait d’immense pouvoir en matière budgétaire. La limitation des pouvoirs du parlement Jusqu’à la 4ème république. Le démarrage de ce processus fut lancé par un décret du 19. L ’interventionnisme de l’état est donc légitimé juridiquement.56 déterminant le mode de présentation du budget de l’état (cf document).01. Son pouvoir financier a été considérablement limité. Selon le décret. 15 .

Figurent également les intérêts des emprunts.01 qui abroge l’ordonnance de 59). Le droit public financier est nouveau. l’administration est techniquement beaucoup plus experte qu’autrefois (en matière financière) 3. Les dépenses publiques ne se limitent pas à celles de l’état. dépense courante. bâtiment administratif…). Il a complété l’ordonnance de 59 en ce qui concerne le droit de la comptabilité publique. pont. notion de dépenses de transfert L’état ou les collectivités locales redistribuent à d’autres collectivités des ressources pour que ces collectivités réalisent certaines opérations (par exemple sommes redistribuées aux département pour des dépenses sociales). s’équipe. à partir de la fin des années 50. On appelle ces dépenses les dépenses inertes. Il s’agit des dépenses qui servent à faire fonctionner les équipements. Ce décret fait actuellement l’objet de réflexion ayant pour but de le réformer pour l’adapter à la nouvelle conception des finances publiques telle qu’elle a été posée par une réforme de 2001 (LOLF du 01. les pouvoirs du parlement. Mais aussi.12. notion de dépenses d’investissement et de dépense de fonctionnement -dépenses d’investissement =dépense d’équipement. cela entraîne une dépense de fonctionnement qui devra être reconduite chaque année jusqu’à ce que l’équipement soit devenu obsolète.08. les frais d’entretien d’un bâtiment. En conclusion. L’autre texte important est le décret du 29. -dépenses de fonctionnement =dépense ordinaire.Ce texte qui contient l’essentiel du droit budgétaire fait une distinction devenue aujourd’hui majeure : d’une part les lois de finances et d’autre part le budget (=expression comptable et chiffrée de la loi de finance).Les définitions économiques et financières des dépenses publiques notion de dépenses publique Par dépense publique on désigne les charges de l’état. Le processus entraîne une certaine inertie du budget. par exemple la rémunération des personnels. des collectivités locales et des organismes de sécurité social. Elles concernent la réalisation d’équipements publics telles que les routes.62 portant règlement général de la comptabilité publique. Il faut souligner que tout investissement entraîne nécessairement des dépense de fonctionnement : chaque fois que l’état ou collectivité locale investit. et sous la pression des réformes budgétaires on est en présence d’un nouveau cadre institutionnel. et ceux de gouvernement également répartis d’une autre façon. 16 . On désigne toutes les dépenses du secteur public par ce terme. dépense en capital. On estime que ces dépenses de fonctionnement représentent en moyenne chaque année 10 ou 12% du coût de l’équipement. les universités ou tout autre équipement important (par exemple.LES NOTIONS ESSENTIELLES A.

Ces sommes qui sont transférées du budget de l’état à un autre budget apparaissent en dépense dans le budget de l’état mais en recettes dans le budget des collectivités qui les reçoivent : dépenses de transfert dont l’essentiel concerne le secteur économique ou le secteur social. notion de dépenses définitives et de dépenses temporaires -dépenses définitives quasi-totalité des dépenses. Les dépenses temporaires sont les prêts ou avances consentis par des collectivités publiques qui doivent normalement faire l’objet d’un remboursement. Toutes les autres dépenses sont dites définitives. notion de dépenses fonctionnelles et de dépenses par nature -dépenses fonctionnelles on rassemble les dépenses de l’état ou celles des collectivités locales par les fonctions réalisées par celles-ci : par catégories d’opération. Par exemple, les dépenses d’éducation seront réunies dans les fonctions éducation ou encore logement, culture… La notion de fonction est une notion qu’on trouve aujourd'hui plutôt sous terme de programme. -dépenses par nature les charges publiques peuvent être classée par nature de dépenses. Par exemple on va réunir toutes les dépenses concernant les salaires, qu’elle que soit la fonction de ces salariés. Autre exemple, on va classer par nature tous les frais de déplacement. On peut combiner les 2 classements. On définit d’abord la fonction puis à l’intérieur de celle-ci on classe les dépenses par nature. notion de dépenses à venir Elles constituent une nouvelle qualification des dépenses, qualification économique qui a été initialement proposée début 90 par une école, celle de la croissance endogène (=qui se développe de l’intérieur). Ces dépenses concernent essentiellement celles de la recherche, d’éducation, de l’environnement et de la santé. C.les notions d’équilibre budgétaire les notions théoriques -notion d’équilibre keynésien l’équilibre qu’il convient de réaliser est celui général de l’économie. Le budget peut alors être en déséquilibre ou alors équilibré.. le solde budgétaire est utilisé comme un moyen susceptible de relancer l’économie et de sortir d’une crise. -les libéraux classiques la réalisation de l’équilibre budgétaire est essentielle, les dépenses et les recettes doivent être strictement égales, ni déficit, ni excédent. Le déficit est prohibé car pour le financer il faut soit emprunter soit recourrir à l’impôt : on retire alors du circuit économique une partie de la capacité d’investissement des épargnants. Les excédents sont proscrits car cela signifie que des ressources privées ont été inutilement prélevées et qu’encore une fois de l’argent est exclut du circuit économiqe. De même, présenter un budget excédentaire c’est prendre le risque de s’en servir pour faire l’acquisition de nouveaux équipements et donc être

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obligé pour les années à venir de prévoir les dépenses de fonctionnement liées à cet équipement. les conceptions techniques de l’équilibre -notion de solde budgétaire le solde budgétaire de la loi de finances (=la différence entre les dépenses et les recettes) est qualifié de solde prévisionnel. Si déficit alors déficit prévisionnel (par exemple celui pour 2010 est de 116 milliards d’euros). Par ailleurs, pour celui obtenu une fois le budget exécuté est qualifié de solde d’exécution (=le vrai solde). -notion de besoin de financement notion plus large que celle de déficit, elle comprend le déficit et le remboursement des emprunts des années précédentes. Pour 2010 celui prévu est de 212 milliards d’euros. les notions juridiques en principe, pas de règle qui impose à l’état de présenter son budget en équilibre. Par contre, les collectivités territoriales sont tenues à cette obligation. La notion qui concerne l’état est celle d’équilibre économique et financier de la loi de finances qui apparaît à l’article 1 de la LOLF. L’équilibre dont il s’agit n’est pas un équilibre comptable mais un au sens de Keynes : prendre en compte l’équilibre économique général. La définition de l’équilibre est donnée par le parlement qui adopte la loi de finances. la question de la réduction du déficit pour réduire le déficit il y a différents moyens : soit réduire les dépenses publiques soit augmenter les recettes publiques (augmenter l’impôt). On peut faire le choix de rééquilibrer un budget en augmentant les impôts et parallèlement en réduisant les dépenses, ce qui est une conception comptable de l’équilibre budgétaire. On peut aussi estimer qu’il faut réduire la fiscalité pour encourager l’investissement, la consommation et relancer la croissance, ce qui entraînerait à terme, une augmentation du produit fiscal et donc un rééquilibrage du budget. Le déficit budgétaire dépend considérablement du montant de la dette. En effet, chaque fois qu’un état contracte un emprunt, il doit non seulement le rembourser mais aussi régler les intérêts sur emprunt. Or ces intérêts s’ajoutent aux charges publiques et augmentent le déficit public, ce qui entraîne une nécessité d’emprunter à nouveau pour combler ce déficit et le paiement de nouveaux intérêts sur emprunt qui viennent s’ajouter aux dépenses etc etc : l’effet boule de neige. Par ailleurs, les taux d’intérêt plus ou moins élevés augmentent plus ou moins les charges ; le risque qui pèse sur l’état est donc une augmentation des taux d’intérêts.

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2E PARTIE. LES FINANCES PUBLIQUES ET L ’ETAT : LE PROBLEME Au milieu des années 70, commencent à apparaître un certain nombre de difficultés économiques et les observateurs se rendent compte qu’elles laissent présager une crise profonde de l’économie. Le taux de croissance baisse, l’état intervient sans succès, il voit ses ressources se réduire, ses dépenses augmenter et il comble l’écart en commençant à s’endetter considérablement. A partir de là, un certain nombre d’économistes ont remis en question les théories keynésiennes interventionnistes. Ils ont critiqué les postulats budgétaires et les théories financières suivies jusqu’alors. L’état, considéré comme la solution à tous les problèmes, est alors très fortement critiqué. 1E SOUS PARTIE. LA CRITIQUE DE L ’ETAT PROVIDENCE FACE A LA CRISE DE LA FIN DES ANNEES 70 ces économistes qui critiquaient étaient appelés les « nouveaux économistes ». l’état providence, en crise à partir de la fin des années 70, est critiqué et ces nouveaux économistes estiment qu’il faut revenir aux théories économiques libérales classiques et donc instaurer une nouvelle forme d’état gendarme. L’état providence est dénoncé comme un facteur de rigidification de la société. La critique porte d’abord sur la croissance de cet état mais également sur l’importance des impôts. A la faveur de cette critique va se développer un retour de la tradition libérale classique. CHAPITRE 1. LA CRISE FINANCI7RE DE L ’ETAT SECTION 1. LES ORIGINES DE LA CRISE C’est au milieu des années 70, sous l’effet des 2 chocs pétroliers, que l’on a constaté que l’état ne parvenait plus à rééquilibrer le système économique. Il a été très considérablement critiqué, c’est alors amorcé un véritable changement de société. Cette transformation ne deviendra perceptible qu’à partir des années 80 On a compris que la réponse à la crise concernait non seulement le marché économique mais également et surtout le rapport entre l’état et le marché économique, la place de l’état et son importance dans la vie économique et sociale. D’un point de vue économique, il lui est reproché d’exercer une pression fiscale beaucoup trop importante et d’aspirer , sous la forme des impôts, l’épargne des ménages et celle des entreprises (cette épargne ne pouvant plus s’investir dans le secteur économique). A cette critique s’ajoute celle d’une nouvelle utilisation de l’impôt par l’état qui l’utiliserait pour réaliser des dépenses jugées totalement improductives. D’un point de vue plus général, il lui est reproché d’envahir le système économique et social et ainsi de le rigidifier et d’empêcher toute créativité, toute initiative individuelle. Dans la logique de ces critiques, il est proposé d’en réduire la puissance en diminuant son pouvoir financier et pour ce faire en réduisant les impôts. Ces reproches ont conduit par ailleurs à l’idée qu’il serait préférable de remplacer les politiques fondées sur un soutien à la demande par des politiques ayant quant à elles pour objectif de soutenir la production. On revient à l’idée libérale classique : aider les producteurs et non les consommateurs.

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l’écart entre dépenses et recettes ne fait qu’augmenter. Cet écart qui est un déficit conduit à emprunter ce qui augmente les intérêts sur emprunt. 20 . LES EFFETS DE LA CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE -les effets matériels de la crise sur les finances publiques ont consisté en un effet de ciseaux : les dépenses publiques. augmentent considérablement. canada…). ne peut pas décréter la croissance. LA CRITIQUE DE L ’IMPOT ET DE LA DEPENSE PUBLIQUE ET LA QUESTION DE LA REDUCTION DU DEFICIT : LA REGLE D’OR DE L ’EQUILIBRE  la critique de l’impôt a été particulièrement mise en évidence par un économiste américain. ce qui provoque un 2e effet. D’une part il convient de privatiser les services publics et d’autre part que le service public adopte des méthodes de gestion empruntées à la gestion des entreprises (idées émises par les économistes néolibéraux classiques et relayées par les décideurs politiques principalement Thatcher et Reagan). Cette réaction est générale dans les pays touchés par la crise. L’expression tirée de la courbe de Laferre : « trop d’impôts tue l’impôt » . Ce point de vue avait déjà été exprimé par un économiste libéral classique : Jules-Emile Dupuis (fin 19e). quelle que soit la puissance des instruments financiers dont il dispose. sous l’effet de la crise.Une idée s’est imposée : l’état. jusqu’à se rencontrer à un moment donné puis à s’écarter. En effet. La baisse des rentrées fiscales passé un certain stade des taux d’imposition s’expliquerait par le fait que les contribuables tenteraient d’échapper à l’impôt par différents moyens : l’évasion fiscale (notamment la fraude fiscale) soit en se délocalisant. Il doit laisser la place au marché économique et financier. arrivé à un stade s’il continue à augmenter il va entraîner une baisse du produit de l’impôt. Il a développé l’idée que plus le taux d’imposition augmentait plus le produit de l’impôt augmentait. Face à cette situation l’état va chercher à se retirer et pour ce faire il va d’une part privatiser et d’autre part se décentraliser (=se désengager sur les collectivités territoriales). SECTION 2. « les gros taux tuent les gros totaux ». Thèse ensuite reprise dans les années suivantes. On n’est pas parvenu à déterminer le seuil maximum d’imposition. CHAPITRE 2. Arthur Lafferre. soit en réduisant leur activité. -les effets intellectuels la conséquence sur le plan des théories économiques a été une contestation des thèses keynésiennes et un renouveau des thèses libérales classiques. l’effet boule de neige. -l’effet sociologique on a vu se développer l’individualisme d’un côté et dans certains pays le communautarisme (États-Unis. LES REPONSES THEORIQUES A LA CRISE DE LA FIN DES ANNEES 70 SECTION 1. Ensuite. selon lui. Mais seulement jusqu’à un certain stade.

par conséquent pas sur la base de la volonté des décideurs politiques. 1. groupe de réflexion qui réunit les économistes autrichiens les plus connus. Il a également créé avec d’autres libéraux classiques de différentes nationalités une association. les sociétés ne s’organisent pas par le biais de l’état. Cet ordre social et économique se construit sans que les individus ne lui donnent une direction précise. spécialisé en droit et en sciences politiques puis ensuite en économie. Particulièrement visées celles de fonctionnement (notamment les salaires des fonctionnaires). Dans un premier temps il a fait des études de droit. Pour lui. SECTION 2. Les ancienne écoles connaissent un renouveau d’intérêt. 1929 : nommé professeur à l’université de Viennes. de manière spontanée et que l’on est en présence de l’évolution de l’ordre social qui est lente. Hayek s’est installé aux Royaume-Unis en 50 et est revenu en Europe en 62. « la société du Mont pèlerin » qui a pour but de défendre les thèses favorables à l’économie du marché et combattre les thèses interventionnistes. LE RETOUR AUX THEORIES LIBERALES CLASSIQUES A partir de la 2nde moitié des années 70 il s’est produit un véritable engouement pour ces théories. 21 . Il s’en créé de nouvelles en très grand nombre.HAYEK : UN MAITRE A PENSER DE TOUS LES NEO LIBERAUX CLASSIQUES Né en 1899 à Viennes et mort en 1992. de l’intérieur. On a tenté de mener des politiques de réduction de la masse salariale dans le secteur public : on a développé à partir de là la règle d’or : l’équilibre entre les recettes de fonctionnement et les dépenses de fonctionnement. Absolument opposé à toute forme d’interventionnisme (pour lui = totalitarisme). Il prend systématiquement le contre-pied de Keynes. Parmi les économistes libéraux classiques. 1924 : il fonde le cercle de Viennes. on a considéré qu’elles sclérosaient. la critique de la dépense publique très sévère fin des années 70. empêchaient la croissance économique. d’abord aux Etats-Unis puis en Europe. On dit qu’il ne peut exister de politique volontariste. un considéré comme très important : Frédéric Von Hayek (prix Nobel d’économie en 1974). Il estime qu’elles sont tellement complexes qu’il est impossible d’en maîtriser toutes les données : les hommes ignorent le réel fonctionnement de ces sociétés. Il estime qu’en fait les sociétés s’auto-organisent d’elles-mêmes. C’est alors qu’il commence à militer pour cette pensée. 1927 : il dirige l’institut autrichien de recherche économique. Vouloir agir de manière volontariste pour diriger ces sociétés est d’une part impossible et d’autre part une erreur.

très individualistes et par ailleurs attachés au maintien de la petite entreprise car ils estiment qu’elle constitue une protection de l’individu contre l’état. certains libertariens se montrent actuellement favorables à la mise en place d’un impôt sur la consommation tel qu’une TVA. -il convient de déréglementer de manière radicale la société. comme un agent économique qui agit au sein d’un marché. elle s’intéresse de très près à l’utilité et à la maîtrise des dépenses publiques. Les libertaires sont anti-étatistes et. Le droit ne doit pas être produit par l’état mais doit naître des conventions. Par ailleurs. B. L’ECOLE LIBERTARIENNE  les libertariens : une association de libéraux et de libertaires L’école libertarienne a pris naissance aux États-Unis en 1969 avec pour chef de file Murray Rothbard. c’est un nouveau parti politique créé : le parti libertarien (appelé aussi libéraux-libertaires ou encore anarcho-capitalistes)./ 2. Ils sont favorables à : -une organisation décentralisée de la société. Ils sont également très décentralisateurs. comme les libéraux classiques. très attachés aux théories d’Adam Smith et un autre groupe d’étudiants libertaires très attachés à la pensée de Pierre Joseph Proukdon. -l’impôt doit être supprimé. ses administrations. LES ECOLES NEO-LIBERALES CLASSIQUES A. -toutes les frontières doivent être supprimées pour que les échanges s’effectuent librement. dans droit. Toutefois. ils reprennent les thèses d’Hayek. créée par 2 économistes américains : James Buchanan (prix Nobel d’économie en 86) et Gordon Tullock.« l’inéluctable ignorance de la plupart des données qui entrent dans l’ordre de la grande société est la racine du problème de tout ordre social. Créé par 2 associations étudiantes : un groupe de libéraux classiques anti-keynésiens. D’un point de vue économique. celle du marché politique : rejette l’interventionnisme et développe une critique radicale de la bureaucratie. L’objectif : étudier l’état. -les Services publics doivent être tous et totalement privatisés et confiés soit à des entreprises soit à des associations. -la petite entreprise doit être soutenue car elle est d’une part le moteur de l’économie et d’autre part une protection de l’individu contre l’état.  les principales hypothèses Ecole qui est née aux États-Unis dans les années 50. ils estiment que les collectivités locales et les associations doivent remplacer l’état. L’ECOLE DES CHOIX COLLECTIFS = école du public choice ou école de Virginie. à un taux réduit.  la théorie Les points forts sont d’une part l’anti-étatisme et d’autre part l’hyperindividualisme. 22 . des millions d’hommes réagissent les uns sur les autres ». A l’origine. de contrats librement consentis entre les individus. son système politique. législation et liberté. Cette école propose une théorie.

à accroître le nombre de clients. Par ailleurs. Ils expliquent que le coût des dépenses serait réduit car les collectivités locales sont plus proches des besoins des citoyens (actuellement on estime que les dépenses des collectivités locales sont trop fortes car les élus sont trop proches des citoyens : pression). . Ce prix est considéré comme un impôt appelé la Clark Tax (considérer l’impôt comme le prix d’un service rendu).L’état doit se débureaucratiser et pour cela s’intégrer aux mécanismes économiques : il doit se gérer comme une entreprise.  une politique sélective en matière de dépenses publiques 23 . Les élus vont chercher à augmenter leur nombre de voix. Elle propose une politique sélective en matière de dépenses publiques et développe des thèses très classiques pour ce qui est de la fiscalité. Pas aussi radicale que les autres écoles libérales classiques au sujet des dépenses publiques. Cet électeur va voter rationnellement. en votant pour des représentants politiques qui ont un objectif : se faire élire ou réélire. L’ECOLE DE LA CROISSANCE ENDOGENE Née aux États-Unis au début des années 90. Pour cela. il doit jouer le jeu de la concurrence : il doit d’une part utiliser les méthodes de gestion tirées de celles de l’entreprise et les adapter. Son point de départ est que les citoyens sont aussi des consommateurs qui désignent leur choix. tous les monopoles de service public doivent être supprimés. en fonction des avantages économiques qu’il compte retirer des programmes qui lui sont proposés par les partis politiques. école néo-classique. en ce qui concerne les biens publics. Elle est composée d’économistes dont le principal est Robert Barro. les compétences qu’il n’est plus en mesure d’assumer. .Elle va notamment analyser la manière dont se prennent les décisions qui concernent les dépenses publiques. et d’autre part. L’électeur est considéré comme un consommateur qui agit d’une manière rationnelle sur un marché.L’état doit se décentraliser : il doit se désengager sur les collectivités locales.Le secteur privé est considéré comme plus légitime que le secteur public pour proposer des services du fait que l’argent utilisé appartient à des dirigeants qui sont responsables de leur choix et des résultats de leur entreprise (or les fonctionnaires et les décideurs politiques utilisent l’argent du contribuable et n’ont donc pas un intérêt personnel aussi fort que le chef d’entreprise). C.  les principales propositions .Le système électoral doit être réformé car il est fondé sur le suffrage majoritaire or un tel système ne peut satisfaire qu’environ la moitié des électeurs alors que tous les électeurs supportent toutes les dépenses décidées. Elle propose donc un vote spécial qui consisterait à faire voter les électeurs non pas pour une personne mais pour un bien public et d’y associer le prix qu’il serait prêt à payer dans le cas où ce bien serait choisi. leur transférer les fonctions. elle va non seulement étudier les administrations mais également les partis politiques et le système électoral. . c’est-à-dire en fonction de ses intérêts. à conquérir de nouveaux électeurs comme une entreprise cherche à acquérir de nouveaux marchés.

24 . Le constat a été fait que certaines dépenses d’infrastructures étaient nécessaires au développement économique. Ce contrat est établit entre le décideur de l’entreprise et les gestionnaires. Dans ce cadre.La théorie de la croissance endogène recherche qu’elles pourraient être les conditions d’une croissance économique auto-entretenue : croissance qui ne nécessite pas l’action de facteurs extérieurs. Aujourd’hui on y ajoute celles d’environnement et de santé. Il s’agit de se demander si certaines dépenses ne peuvent pas aider les entreprises à se développer. Nota : les dépenses d’avenir ne sont pas seulement constituées par des dépenses d’investissement mais aussi par celles de fonctionnement. L’agent et le décideur s’engagent mutuellement et dans ce cadre le décideur mandate l’agent pour réaliser un ou plusieurs objectifs. L ’ADAPTATION DU MODELE DU GOUVERNEMENT DE L ’ENTREPRISE A LA GOUVERNANCE FINANCIERE PUBLIQUE Depuis une trentaine d’années une évolution de la gestion publique a commencé à se dessiner dans les pays anglo-saxons. sur une période de 25 ans par laquelle il a montré qu’il existait une relation positive entre la progression des dépenses d’éducation et le taux de croissance du PIB. Cet agent va bénéficier de la part du décideur d’une délégation de pouvoir. L’école a initialement dégagé 2 grandes catégories de dépenses : celles d’éducation et celles de recherche. ils doivent être forfaitaires et proportionnels et ne doivent pas prendre en compte la capacité contributive du contribuable. C’est la conception anglo-saxonne du gouvernement d’entreprise qui est prise comme modèle. SECTION3. Il pourra être gratifié s’il a atteint son objectif et inversement pénalisé s’il ne l’a pas atteint.  la neutralité des impositions Respecter un niveau optimal d’imposition. Ensuite. Les dépenses d’avenir ont un effet stimulant pour la croissance : dépenses d’investissement pour l’avenir. On appelle ces derniers des agents. la compétitivité de l’entreprise. Elle estime qu’il est nécessaire de trier les dépenses publiques pour évaluer les dépenses susceptibles de stimuler la croissance : concept de dépenses d’avenir. on responsabilise les agents. Elle s’est notamment appuyée sur l’étude de Barro qui portait sur 98 états. l’agent mandaté va être jugé sur ses résultats. Cette évolution s’est ensuite développée sur l’ensemble de la planète et concerne maintenant la France. Cependant. Les impôts ne doivent pas influencer le marché économique. Les recherches de cette école ont conservé initialement des études sur le rapport entre le niveau de dépenses publiques et la croissance. Principe de base : la condamnation de toute dépense publique constitue peutêtre une erreur. l’école ne revient pas vers les conceptions interventionnistes classiques. Il va être relativement autonome pour réaliser l’objectif qui lui est fixé. Le contrat est la base du fonctionnement de l’entreprise. Or dans cette conception l’entreprise est considérée comme un lieu où s’établissent des rapports contractuels.

Pour les publicistes. UN ETAT STRATEGE/GESTIONNAIRE/MODESTE. il va mettre en place d’une part un dispositif de surveillance. La gestion publique se caractérise progressivement par le fait qu’elle adopte la culture de performance qui est celle de l’entreprise. c’est-à-dire qu’il s’efforce d’atteindre les objectifs qui lui sont fixés. cette évolution qui correspond à une 25 . On s’est alors tourné d’une part vers un désengagement de l’état vers. D’un autre côté.Cet agent fait également l’objet d’un contrôle de ses performances. de contrôle du travail de l’agent et d’autre part un dispositif d’incitation. Pour prévenir ce risque. ce qui a conduit à la privatisation d’entreprises publiques ou de services publics en général. une culture gestionnaire a également commencé à se développer aux cours des années 80. vers le secteur public local. c’est que l’état n’est plus considéré comme la solution idéale aux crises économiques. il doit produire un rapport de performance. C’est ce modèle qui est adapté aujourd’hui au secteur public. le secteur privé. il développe une politique de décentralisation. si bien que les différences entre gestion publique et gestion privée s’estompent progressivement. d’une part. Par ailleurs. 2E SOUS PARTIE. EN REPONSE A LA CRISE Ce qui caractérise les évolutions actuelles et cela depuis la fin des années 70. elle a continué à s’amplifier depuis cette période si bien que l’état a complètement changé d’allure dans la période actuelle. Dans ce cas. Cela amène la gestion publique d’une part à considérer les fonctionnaires comme des agents mandatés et d’autre part à établir des rapports fournisseur/client entre l’état et les administrés. le décideur a le souci de s’assurer qu’une fois que le contrat a été signé le mandaté respecte ses engagements. et d’autre part. et notamment les français. Une transformation radicale a commencé à se produire à la fin des années 70 et au début des années 80. Ce rapport décrit les résultats obtenus par l’agent. On parle d’un risque de hasard pour le décideur ou encore d’un aléa moral. Par ailleurs.

C’est alors qu’il fait jouer le principe de subsidiarité (=faire faire plutôt que faire) Par ailleurs.08. LA DECONSTRUCTION DE L’ETAT PROVIDENCE Dans la période actuelle. Cette évolution va dans le sens d’une libéralisation du secteur public. C’est tout le système administratif financier. C’est alors. La responsabilisation financière est au centre de toutes les réformes concernant les finances publiques qui ont été ou qui sont mises en œuvre dans les différents états dans le monde. Cette responsabilisation des collectivités locales a déclenché un processus de responsabilisation générale du secteur public et. par ailleurs. La décentralisation. 26 .01 (mise complètement en place depuis le 01. la décentralisation. ce qui signifie que l’on confère aux collectivités locales une liberté de gestion et que l’état vérifiera ensuite la régularité ou l’efficacité de la gestion locale. s’est développée partout dans le monde et à l’époque elle a été considérée comme le moyen privilégié pour lutter contre la crise économique et pour sortir l’état de la crise financière dans laquelle il se trouvait. Jusqu’alors ces collectivités étaient considérées par l’état comme des mineurs. 1. les structures publiques sont en pleine transformation. A cette époque la société française est passée d’une situation hyper-centralisée à une société où pouvaient ce développer les initiatives provenant des communautés de base que sont les collectivités territoriales. cette responsabilisation n’a pas cessé de se développer. Il s’agit d’une véritable révolution. En France. Il s’agit de responsabiliser financièrement les collectivités territoriales. Des réformes sont mises en place et toutes vont dans le sens d’une rationalisation de la gestion publique et d’un meilleur contrôle de l’argent public.06). depuis. SECTION 1. marchande du secteur public. LES FACTEURS DECLENCHEURS DE LA DECENTRALISATION DE L ’ETAT L’essentiel a été la crise financière de l’état de la seconde moitié des années 70. constitue un véritable défi. on a supprimé le contrôle a priori exercé par l’état sur les collectivités locales et on le remplace par un contrôle a posteriori. Toutes ces réformes ont profondément et fondamentalement progressivement transformé l’état. une réforme d’ampleur a concerné l’état : une réforme budgétaire qui a radicalement modifié les procédures utilisées jusqu’alors et institué par une loi organique. LE DESENGAGEMENT DE L ’ETAT PROVIDENCE AU PROFIT DES COLLECTVITES TERRITORIALES Un processus de décentralisation s’est engagé au début des années 80 un peu partout dans les pays développés. On l’a remplacé par un contrôle beaucoup plus responsabilisant : un contrôle a posteriori.conception gestionnaire. constitue une réforme en profondeur de l’état. La France s’y est engagée en 1982. dans ce cadre. politique qui s’est transformé. Avec la crise de la fin des années 70. l’état a connu ce processus en 1982-83 avec l’adoption des premières lois de décentralisation (acte 1 de la décentralisation). Les mesures les plus fortes qui ont été prises depuis environ 30 ans en France furent la mise en place de la décentralisation à partir de 1982. Puis. que l’on a supprimé le contrôle a priori des actes des collectivités locales. l’état n’a plus les moyens de diriger les politiques menées par les collectivités territoriales. la loi organique relative aux lois de finances du 01. Pendant le même période s’est développé un phénomène de privatisation.01. CHAPITRE 1. Le désengagement de l’état vers les collectivités locales.

en vertu de leur compétence générale.  les premiers pas vers l’autonomie financière Dans un premier temps.Les collectivités locales. Cette autonomie signifie que la collectivité locale a le droit de gérer tout à fait librement les fonds qui sont mis à sa disposition. Dans ce cas. Cette autonomie de gestion ne leur a pas toujours été reconnue. L’autonomie de gestion consiste à leur accorder des subventions que l’on appelle subventions ou dotations globales dont elles ont la possibilité d’utiliser librement. ont développé leurs actions dans tous les secteurs de la société. elle leur a permis de voter les taux des 4 impôts locaux. Une loi du 10. Cela signifie que non seulement les collectivités locales bénéficient de subventions ou ont également la possibilité d’emprunter auprès des banques.on a également globalisé les subventions en 1979 en instituant la dotation globale de fonctionnement. Depuis les lois de 1973. A partir de 1976. les prêts accordés aux collectivités locales étaient des prêts spécifiques : elles devaient réaliser avec l’argent une opération spécifique précise. la caisse des dépôts et les caisses d’épargne) ont fait l’expérience d’accorder des prêts globaux à des communes de plus de 10. la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties ainsi que la taxe professionnelle. les collectivités locales ont obtenu une autonomie de gestion puis dans un second temps elles ont obtenu une autonomie fiscale importante. on a mené une expérience de globalisation des prêts : 3 institutions financières contrôlées par l’état (la caisse d’aide à l’équipement des collectivités locales.80 a considérablement accru l’autonomie fiscale des collectivités locales. jusqu’à la seconde moitié des années 70. l’autonomie financière s’entend comme une autonomie de gestion et une autonomie fiscale.79 a institué une dotation globale importante (la DGF). .000 habitants.01. . Une loi du 03. par exemple. 2.01. En effet.la responsabilisation financière a commencé par l’autonomie de gestion et plus particulièrement par une responsabilisation en matière d’emprunt puis en matière de subventions. A cette autonomie de gestion peut être associée ce que l’on appelle une autonomie fiscale. Cette expérience s’est révélée positive et a été généralisée à partir de 1979 (toujours pour celles de plus de 10. 1974 et 1975 les collectivités locales se sont vues attribuer des impôts propres : la taxe d’habitation. Elle peut se résumer à l’autonomie de gestion. 27 . qui a ensuite été renforcée par une certaine autonomie fiscale. mais également qu’elles possèdent un certain nombre d’impôts dont elles ont la possibilité. Autrefois et jusqu’à la fin des années 70. d’en fixer les taux : elles ont une fiscalité propre. En ce qui concerne les prêts. C’est par conséquent une autonomie financière plus importante. au cours des années 70. LA RESPONSABILISATION FINANCIERE A.000 habitants). L’ACTE I DE LA REFORME DES FINANCES LOCALES La réforme des finances locales s’est mise en place avec le développement de l’autonomie financière. les collectivités locales bénéficiaient de subventions qu’elles étaient obligées d’utiliser pour réaliser des opérations qui leur étaient désignées par l’état. On appelait ces subventions des subventions spécifiques. Avec les prêts et subventions globales a commencé à se développer l’autonomie de gestion financière des collectivités locales. par exemple de gérer librement les subventions qui leur sont versées par l’état.

. destinées à financer leurs équipements sont elles-mêmes globalisées. La taxe foncière sur les propriétés bâties est à la charge des propriétaires d’immeubles. leurs finances représentent environ 220 milliards d’euros c’est-à-dire un peu plus de la moitié du budget de l’état. de maisons ou d’appartement. La taxe professionnelle devrait être supprimée par la loi de finances pour 2010. B. Elles réalisent également près de 3/4 des équipements publics civils (en 1980 : 10%).03 Il existe en droit français un principe de libre administration des collectivités territoriales. la dotation générale de décentralisation).Des impôts de l’état sont transférés aux collectivités locales et deviennent des impôts qui leur sont propres (par exemple. payé par l’acheteur). . . Les collectivités locales sont par conséquent devenues une véritable puissance financière.les grandes caractéristiques de la réforme : . L’ACTE II DE LA REFORME DES FINANCES LOCALES A eu tout d’abord lieu avec une révision de la constitution qui a ensuite donné lieu à une loi organique. Aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle l’article 72 a fait l’objet d’une révision en 2003. . l’état a transféré aux départements un impôt qui s’appelle un droit de mutation sur les ventes d’immeubles.  les lois de 1982/83 : le renforcement de l’autonomie financière locale Ces lois sont appelées les lois Deferre (ministre de l’intérieur à ce moment).Des dotations sont également créées pour compenser le coût que représente le transfert de compétences vers les collectivités locales (par exemple elles se sont vues attribuer une subvention.On a là un début d’autonomie de décision en matière fiscale. La taxe foncière sur les propriétés non bâties est à la charge des propriétaires de terrains. on a continué le processus de globalisation des subventions déjà amorcé en 1979 avec la DGF. 28 . Des fonctions jusqu’alors exercées par l’état sont transférées aux collectivités locales.un nouveau partage des compétences entre l’état et les collectivités locales. Par conséquent. Par ailleurs.03. Selon l’article non révisé « les collectivités territoriales s’administrent librement ».Les subventions d’investissement jusqu’alors spécifiques.la montée en puissance du pouvoir financier local : Les nouvelles responsabilités qui ont été accordées aux collectivités locales ont engendré une augmentation des dépenses et des recettes des collectivités. elles emploient environ 1. . On va accroître le pouvoir financier des collectivités locales d’une part par une augmentation de leur autonomie fiscale et d’autre part en globalisant d’autres subventions ainsi qu’en leur attribuant des compétences nouvelles. La taxe d’habitation est à la charge des locataires ou propriétaires qui occupent un appartement.7 millions de fonctionnaires. Nota : la taxe professionnelle est un impôt local qui est mis à la charge des entreprises (des professions libérales). Ce principe figure à l’article 72 de la constitution mais pendant longtemps il n’a eu aucun fondement financier.  la révision constitutionnelle du 28. Leur dette représente environ 10% de la dette publique. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui elles réalisent 73% des investissements publics civils.

Il ne faut pas oublier que le pouvoir fiscal (=créer un impôt. si la commune est propriétaire d’un immeuble elle peut le louer. Cette part des ressources propres dans l’ensemble des ressources hors emprunt ne peut être inférieure au niveau constaté en 2003. 29 . 90% des communes ont moins de 2000 habitants. les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales doivent représenter pour chaque catégorie une part déterminante de l’ensemble de leurs ressources. Elles peuvent recevoir tout ou partie des impositions de toute nature. ou encore les places de marché).5 millions.Les dispositions essentielles de la loi de révision constitutionnelle sont les suivantes : « la libre administration des collectivités territoriales est garantie par des ressources dont celles-ci peuvent disposer librement. les dons ou encore les legs. LA REFORME BUDGETAIRE DE L ’ETAT La réforme de la gestion budgétaire des collectivités territoriales s »est développée principalement à partir des années 80. Autrement dit. Il est constitué par les recettes et les dépenses de près de 36 700 communes. Ce calcul de l’autonomie financière est effectué par catégorie de collectivité territoriale. région. Selon l’article 72-2 de la constitution. Le système financier local est un système très inégalitaire et hétérogène. SECTION 2.les catégories de collectivités territoriales concernées : La constitution garantit une autonomie financière non pas à chaque collectivité locale mais à la catégorie commune.la définition des ressources propres : = le produit des impôts. le supprimer ou modifier les règles d’imposition) n’appartient qu’au législateur en vertu de l’article 34 de la constitution. celui du domaine de la collectivité (par exemple. Pour qu’il y ait autonomie financière on calcule le rapport entre le montant des ressources propres et le total des ressources hors emprunt puis on divise. 100 départements et 26 régions. La loi peut les autoriser à en fixer le taux et l’assiette dans les limites qu’elle détermine ». La révision constitutionnelle a ancré le principe de libre administration des collectivités territoriales dans l’autonomie financière de ces collectivités. 3. la Lozairre compte 75 000 habitants et le département du nord. département. Il y a aussi une grande disparité entre départements.04 Cette loi organique a pour objectif de mettre en œuvre concrètement la révision constitutionnelle en matière financière. Seulement 36 en ont plus de 100 000. Par ailleurs.5 millions d’habitants pour l’île de France et 700 000 pour le Limousin par exemple. le pouvoir fiscal local est un pouvoir dérivé de celui du parlement. LE DEVELOPPEMENT D’UN POUVOIR FINANCIER LOCAL QUI N’EST PAS HOMOGENE Le pouvoir financier local est un pouvoir très éparpillé. 2500 communes ont moins de 700 habitants et 1000 communes ont moins de 50 habitants. plus de 20 000 groupements de communes. 2. Il en va de même pour les régions : 11. Ne font pas partie de ces ressources les subventions et les emprunts. .  la loi organique du 29. . Par conséquent. celui des redevances (pour services rendus). Ces collectivités territoriales sont dirigées par plus de 500 000 élus locaux. le parlement peut autoriser les collectivités locales par exemple à fixer des règles d’assiette.07. par exemple.

cette ordonnance était le texte de base du droit budgétaire de l’état et il avait été conçu en fonction de la conception interventionniste de l’état et de son budget (=sa conception keynésienne) qui était celle de l’après 2nde guerre mondiale. LES RAISONS DE LA REFORME A. une réforme qui progressivement modifie les modes de fonctionnement et les structures des administrations de l’état. leur attitude s’est modifié à cet égard. Cette réforme se caractérise par le rapprochement de la gestion de l’état vers la gestion des entreprises : cette réforme consisté à adapter les dispositifs. C’est aussi une réforme qui modifie les modes de fonctionnement politiques. Or. Il a donc fallu réformer le droit budgétaire car il n’était plus en phase avec la conception que l’on se faisait de sa fonction. Cette réforme budgétaire de l’état ne concerne pas spécifiquement la France. la réforme de son budget n’a commencé à être mise en place qu’à partir de l’année 2006 et cela sur la base d’une loi organique. C’est alors que l’on a développé l’idée qu’il fallait contrôler la gestion de l’état comme on contrôle la gestion des entreprises. Cette réforme budgétaire n’est pas une simple réforme technique.01. l’opinion publique s’est modifiée. Cette réforme se caractérise aussi par le fait qu’elle s’appuie sur la recherche de la performance. On se trouve de ce fait devant la nécessité de maîtriser les dépenses publiques et cela sans pour autant augmenter les impôts. c’est une réforme qui modifié l’organisation de la société. c’est un phénomène international qui concerne la quasi-totalité des états dans le monde et qui a commencé à se développer dans certains états comme la NewZélande et l’Australie dès les années 80. c’est une conception totalement contraire qui s’est imposée : celle des théories libérales classiques (qui développaient l’idée d’un état non interventionniste). tel qu’il était défini par l’ordonnance du 02. 1. UN ENVIRONNEMENT THEORIQUE NOUVEAU Dès les années 80 le droit budgétaire de l’état. s’est trouvé en contradiction avec l’environnement théorique nouveau qui s’est développé depuis la fin des années 70. alors que les citoyens n’attachaient pas une grande importance au budget de l’état. En effet. Ils ont ressenti le besoin d’une part de savoir comment était utilisé l’argent public (produit de leurs impôts) et ils se sont intéressés aux moyens pour mieux le gérer. les mentalités ont changé du fait du développement de la crise économique et. à partir des années 80. la loi organique relative aux lois de finances du 01. 30 . les instruments de gestion de l’entreprise à l’état.En ce qui concerne l’état.08.01.59. Par conséquent s’est vite imposée l’idée de mieux gérer le secteur public et l’état. LES FACTEURS POLITIQUES A partir de la fin des années 70 et cours années 80 surtout. B. C. UNE CRISE FINANCIERE DE L’ETAT A partir de la fin des années 70 la crise économique a engendré une crise financière de l’état (effet de ciseaux).

acquis une autonomie de gestion et avaient été responsabilisées en matière financière. En effet. la mondialisation a engendré la production de normes financières publiques par certaines institutions internationales tel que le FMI ou encore la banque mondiale. La seconde logique a pour objectif de développer la capacité professionnelle des agents de l’état en mettant en avant la nécessité de la performance. E. c’est-à-dire l’association d’une gestion efficace et de la démocratie. cette réforme institue au profit du parlement la possibilité de contrôler et d’évaluer l’exécution du budget. On a commencé. UN PROCESSUS DE MODERNISATION DE LA GESTION PUBLIQUE EN PARTIE MIS EN PLACE Il faut rappeler que les collectivités territoriales avaient déjà. LE POIDS DE L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL D’une part le droit de l’UE a obligé les états membres a géré leurs finances publiques de manière plus rationnelle et d’autre part. une bonne démocratie et une bonne gestion se retrouvent avec la transparence budgétaire. C’est bien cela que l’on peut qualifier de nouvelle gouvernance financière publique. Par conséquent. Ces 2 cultures ont pour point commun la recherche de la transparence des finances publiques. . depuis les années 80.Ensuite. ce sont associées 2 cultures : une culture démocratique et une culture de gestion. proche de celle de l’entreprise. à voir apparaître le souci de la part des parlementaires d’accroître d’une part leur pouvoir d’initiative en matière budgétaire et d’autre part de pouvoir contrôler l’utilisation des crédits budgétaires : de contrôler l’exécution du budget. La première logique se donne pour objectif de renforcer les pouvoirs du parlement en matière budgétaire. . les élus ont pris le relai de l’opinion publique et ont commencé à s’interroger sur la possibilité d’accroître leur pouvoir en matière budgétaire. Enfin. la rationalisation des choix budgétaires (RCB). 2. Cette expérimentation n’a pas eu de succès. elles avaient commencé des les années 80 à adapter les méthodes de la gestion d’entreprise à leur propre gestion. expérimenté une méthode de gestion nouvelle.la logique politique : Les réformes budgétaires se fondent sur le principe qui consiste à imposer plus de transparence dans les dispositifs financiers publics : une plus grande lisibilité des budgets et des comptes de l’état. dès les années 80. à la fin des années 60 début 70. Par ailleurs. Soucieuses de mieux se gérer. l’association d’une logique politique et d’une logique économique.la logique de gestion : Il faut souligner que la transparence est non seulement une garantie de bonne démocratie mais aussi une garantie de bonne gestion car on ne peut gérer convenablement dans l’opacité. 31 . le pouvoir d’initiative des parlementaires est également considérablement accru. l’état avait déjà. Par ailleurs. LA PHILOSOPHIE DE LA REFORME Ce qui la caractérise c’est l’intégration. D.

la réforme budgétaire de 2001 a été le produit d’une initiative parlementaire. Cette attitude du sénat sera fondamentale pour le succès de la réforme. A la différence de ce qui s’était passé autrefois pour la création des règles budgétaires. CHAPITRE 2. la mise en place de la réforme dans sa phase de préparation a conduit à créer une administration spécifique au sein du ministère des finances appelée la direction de la réforme budgétaire. Ils divisent : les objectifs principaux. De son côté. LA CONSTRUCTION DE L’ETAT STRATEGE ET GESTIONNAIRE Il est important de souligner que la conceptualisation de la nouvelle gouvernance financière publique et sa concrétisation apparaît d’une certaine manière inéluctable pour 2 raisons. Le 16. ont été également concernés les fonctionnaires et. Elle avait pour objectif de mettre en place la réforme et était placée sous la responsabilité du ministre délégué au budget. alors présidée par Alain Lambert. La 1e est qu’il s’agit d’une manière de considérer la gestion publique qui est très ancienne et qui s’est développée depuis le début 20e pour s’épanouir aujourd’hui. ceux des administrations financières.10. à l’initiative du président de l’assemblée nationale (Fabius). LA NOUVELLE PRESENTATION DU BUDGET L’une des caractéristiques de la réforme a été la transformation radicale de la présentation du budget de l’état. développa l’idée qu’il fallait réformer l’ordonnance du 01. a immédiatement adopté une position constructive : elle n’a pas déposé de projet concurrent et a choisi de procéder par vois d’amendement. les actions. La 2e est que cette nouvelle gestion publique se développe un peu partout dans le monde. Par ailleurs. en dehors des acteurs politiques. Ces programmes se subdivisent eux-mêmes en sous-objectifs. d’un groupe de travail chargé de réfléchir sur l’efficacité de la dépense publique et sur le pouvoir des parlementaires en matière de finances publiques. à l’origine. il a été présenté sous la forme d’objectifs à réaliser. autrement dit de don architecture. les programmes.01. la commission des finances du sénat. Le démarrage du processus de réforme s’est fait avec la création en octobre 98. A partir de 2006. lorsque la réforme budgétaire a été mise en place.06. LES ACTEURS A L ’ORIGINE DE LA REFORME La réforme budgétaire de l’état en France a été engagée par les parlementaires alors que le droit budgétaire avait été jusqu’alors défini par le pouvoir exécutif. Elle a été dissoute le 01. 4. Ces missions se subdivisent ensuite en objectifs seconds. Par ailleurs. le rapporteur général de la commission des finances de l’assemblée nationale Migaud déposa une proposition de loi qui allait dans le sens de la réforme.07. Nota : 2 programmes doivent exister au sein d’une même mission.00. Ensuite.00. 32 . Puis une commission spéciale est installée par le président de l’assemblée nationale le 19. Le rapporteur de ce groupe était le député Migaud Didier (actuel président de la commission des finances de l’assemblée nationale).59. les missions (il en est prévu 48 pour le budget de 2010). Jospin. le 11.03.00. cette commission a pour fonction d’étudier la proposition Migaud. lors d’une intervention à la télévision.3. le premier ministre. Ces objectifs correspondent tous à une politique publique qu’entend mener l’état.

on est allé plus loin dans la réflexion concernant la gestion publique. Il consiste à poursuivre l’idée qu’il était indispensable d’adapter à la gestion de l’état les méthodes utilisées dans les grandes entreprises américaines. ce rapport propose de mettre en place au sein de l’état ce qui est appelé budget de programme.SECTION 1. Il s’agit d’une présentation du budget sous la forme d’objectifs à réaliser. La commission a produit un rapport en 1912. Cette proposition tranchait considérablement avec la manière dont était conçu les budgets à l’époque. LA RECHERCHE DE LA PERFORMANCE AUX ETATS-UNIS Les Etats-Unis ont été pionniers en matière de conceptualisation de la nouvelle gestion publique. président des Etats-Unis). Plus tard. mise en place en 1947 par le président Truman. On appelle ces indicateurs des indicateurs de résultats ou encore de performance. Il s’agit d’une commission composée de 3 membres et présidée par un universitaire. édifier un concept de gouvernance publique largement inspiré de celui de l’entreprise. Une commission importante fut notamment créée en 1936 par le président Roosevelt. présenté sous la forme de programmes à réaliser. La commission à proposer que ces programmes soient annuels ou pluriannuels. Par ailleurs. appelée commission Hoover. Il estimait qu’il fallait dégager la gestion publique d’une part des querelles politiques et d’autre part des risques de corruption : il fallait confier la gestion publique à des experts. Wilson Weedrow en 1887 a écrit un article qui développait l’idée qu’il fallait créer. et plus particulièrement la recherche d’une gestion efficace. les budgets. En effet. Brownlow : la commission Brownlow qui a produit un rapport développant l’idée du budget de programmes ainsi que l’idée de nécessité de mettre en place des indicateurs permettant d’évaluer si les objectifs avaient été atteints. Etaient seulement présentés les moyens financiers attribués à chaque ministère sans obligation de résultat. Taft était désireux de gérer plus rationnellement le secteur public. d’autres commissions se sont réunies et étaient toutes préoccupées par l’idée qu’il convenait de gérer plus rationnellement le secteur public. La réflexion concernant la gestion publique. qui a produit un rapport en 1949 et propose ce qu’elle appelle un budget de performance. Par la suite. En effet. appelés programmes. on a commencé à s’interroger très sérieusement sur les moyens à mettre en place pour gérer efficacement l’état et une commission parlementaire fut créée en 1910 : la commission pour l’économie et l’efficacité appelée commission Taft (car instituée par William Taft. dès fin 19e. n’étaient pas présentés sous le forme d’objectifs à réaliser. présidée par Hoover. 33 . Par ailleurs. Cette proposition ne fut pas mise en pratique. On appelle ces budgets des budgets de moyens. a commencé à prendre naissance fin 19e mais elle s’est surtout développée début 20e. LES ORIGINES HISTORIQUES DE LA NOUVELLE GESTION PUBLIQUE 1. Egalement une autre commission. début 20e. autrement dit que soit faite une évaluation du résultat obtenu. en 1960. le rapport propose aussi qu’une fois les programmes réalisés. va naître ce que l’on appelle le planning programming budgeting system (PPBS). il en soit fait une évaluation. La crise de 29 a provoqué une relance des recherches dans le domaine de la gestion publique et au cours des années 30 ainsi que pendant la 2nde guerre mondiale. Toutes étaient d’accord pour faire adapter les méthodes du management privé au secteur public.

LA RECHERCHE DE LA PERFORMANCE EN France En France. Cette culture de la performance introduite par le PPBS fut suivie par d’autres améliorations mais la mise en place de ce modèle ne bénéficiait pas des moyens informatiques que l’on connaît aujourd’hui. L’autre principe de base est que le budget doit être un instrument d’une stratégie de l’état. on définit des indicateurs de résultat associés à ces objectifs. Il était le directeur général de l’usine Ford et a été nommé secrétaire d’état à la défense par le président Kennedy. le gouvernement envoie une mission aux Etats-Unis chargée d’étudier le PPBS. La rationalisation des choix budgétaires a été en fait un échec. On met également en place des programmes pluriannuels. -technicité des RCB beaucoup trop compliquée. en 1966. Le principe du PPBS est basé sur le fait que l’administration produit des biens qu’on appelle biens publics. On permet également la fongibilité des crédits : on permet aux gestionnaires d’utiliser par exemple des crédits de fonctionnement pour financer des dépenses d’investissement et inversement. la mise en place de la RCB a été faite au sein des ministère. Cette mission revient convaincue de la pertinence de ce modèle et on commence à l’appliquer dès 68 au ministère de la défense et à celui de l’équipement : rationalisation des choix budgétaires.01. Le budget regroupe des dépenses nécessaires à la réalisation d’un programme. mais comme il n’y a pas de marché pour eux il est indispensable de fixer des objectifs et de mesurer les résultats obtenus. Mac Namara expérimente ce modèle dans son ministère puis l’expérience a été étendue aux autre ministères par le président Jonhson. L’essentiel recherché est que le gestionnaire parvienne à atteindre l’objectif qui lui est fixé. Le programming est la tactique pour réaliser ces objectifs. leur coût. Le budgeting est la formalisation chiffrée dans un budget sous la forme de programmes. Le planning est la prévision. Elle fut stoppée fin 70 car : -les parlementaires n’avaient pas été impliqués dans cette opération. a constitué un véritable prototype pour le modèle de gestion publique mis en place au sein de l’état depuis le 01. on ne disposait pas des moyens informatiques suffisants pour traiter cette complexité. l’identification des moyens à utiliser. 34 . néanmoins. On présente alors le budget des ministres sous la forme de programmes qui sont des objectifs : on détermine des priorités. La RCB. 2.L’homme qui a développé cette conception s’appelait Robert Mac Namara. Son objectif a été d’adapter les méthodes de gestion qu’il utilisait chez Ford à son ministère.06. Il a réunit une équipe de chercheurs et leur a demandé de lui proposer un modèle de gestion adapté à l’entreprise (le PPBS). les grands objectifs stratégiques à atteindre.

Elles sont les suivantes : . en 2008. d’anciens chefs d’état. banque mondiale…). Ce consensus de Washington exprime parfaitement les conceptions libérales classiques qui étaient développées à l’époque. Le rapport remet en cause le consensus sur au moins 2 aspects : les particularités des états n’ont pas été 35 .Il faut rigoureusement protéger la propriété privée. . Composée de 21 membres : des économistes.Il faut abolir les barrières à l’entrée des marchés et permettre une libéralisation des investissements internationaux. Elles ont été réfutées d’une part par les altermondialistes et d’autre part par le courant postkeynésien. ce consensus a été remis en question par une commission qui s’appelle la commission croissance et développement.Il faut libéraliser le commerce. .08. des représentants de l’ONU ainsi que des gouverneurs de banques centrales. Il s’agit de mettre en place des priorités en matière de dépenses publiques et tout particulièrement d’orienter ces dépenses vers le financement de l’éducation. Cet économiste a voulu qualifier par là les différentes propositions qui.SECTION 2. LE CONSENSUS DE WASHINGTON  les grandes caractéristiques du consensus de Washington Le qualificatif de consensus de Washington a été créé par un économiste américain. .Il faut créer un taux de change stable. en 1989. Il propose une liste de 10 recommandations pour les pays dont l’économie était en crise.mettre en place une discipline budgétaire pour réduire les déficits publics.05. LES ORIGINES INTERNATIONALES DE LA CULTURE DE LA PERFORMANCE DANS LE SECTEUR PUBLIC 1.Il faut privatiser. Ce rapport conclu que « la principale de nos confusions est que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un état fort ». faisaient selon lui l’unanimité d’une part parmi les économistes et d’autre part parmi les organisations internationales (FMI. Elle résume la position de la plupart des experts financiers internationaux ainsi que celle du département du trésor américain.Il faut réformer la fiscalité et pour cela il faut élargir l’assiette des impôts (par exemple. Elle a été créée par la Suède. . regroupées sous le terme de consensus de Washington. . La commission a travaillé sur cette question dès 2006.Il faut libéraliser les marchés financiers et notamment les taux d’intérêt.Une orientation des dépenses publiques aussi bien vers la croissance économique que vers une répartition équitable des revenus. . . un rapport de la commission croissance et développement a été produit le 22.  la remise en cause du consensus de Washington Les recommandations du consensus de Washington étaient toute d’inspiration libérales classiques. .Il faut déréglementer les marchés. La remise ne cause du consensus de Washington est la conséquence des résultats qui n’ont pas été réellement convainquant. . l’Australie. les Pays-Bas. des représentants de la commission européenne. et beaucoup plus récemment. d’anciens ministres. d’infrastructure ou encore de santé. John Willamson. le Royaume-Uni et elle était soutenue par la banque mondiale. supprimer les « niches fiscales ») et réduire les taux d’imposition pour les revenus les plus élevés et les plus bas (= réduire les taux aux marges). Par ailleurs. Ce rapport est très critique en ce qui concerne le consensus. Par la suite.

Par ailleurs. 2. qu’ils utilisent des modes de gestion. Le FMI se donne alors pour projet de faire en sorte que les états réorganisent les dispositifs de gestion et il va leur proposer ce qu’il appelle un code de transparence budgétaire. On a également pris conscience que la suprématie du marché avait trop souvent conduit à écarter l’intervention de l’état alors que celle-ci était indispensable. c’est-à-dire dans les infrastructures de santé. On a ainsi pris conscience que la qualité des institutions publiques était nécessaire au développement économique. On estimait que l’une des raisons de la 2nde guerre mondiale avait été le désordre monétaire international : le FMI a été créé pour surveiller les évolutions monétaires et prévenir les différents problèmes qui pouvaient se poser.le contenu du code La définition de la transparence des finances publiques constitue la base du code de FM. il est indispensable que soit mise sur pied une administration compétente. . Le FM est rattaché à l’ONU et regroupe la quasi-totalité des états de la planète. à être plus responsables en matière budgétaire et cela sur la base d’une plus grande transparence des finances publiques. il présente ce que l’on appelle « les meilleurs pratiques » qui sont utilisées en matière budgétaire dans différents pays. Sa fonction initialement monétaires s’est étendue relativement récemment à la surveillance des procédures. Cette nouvelle compétence s’inscrit dans ce que l’on qualifie de nouvelle gouvernance financière (=nouvelle forme que prend la surveillance multilatérale internationale). Ce code regroupe un certain nombre de standards de bonne gestion budgétaire. 36 . Elle est définie de la manière suivante : « c’est l’information sans réserve du citoyen sur la structure et les fonctions des administrations publiques. Il a été publié en 1998 et a été révisé en 2007. En effet.prises en compte. Il faut considérer chaque pays en particulier et ne jamais appliquer des solutions uniformes. d’éducation et de recherche. Autrement dit. les aspects institutionnels ont été négligés par rapport aux aspects économiques qui ont été privilégiés. des dispositifs budgétaires des états. Par ailleurs. Cette nouvelle fonction consiste à inciter les états à mettre en place des dispositifs destinés à les conduire à mieux gérer les finances publiques. des principes budgétaires ou comptables sensiblement identiques et le FMI. LA MONDIALISATION ET LA DEFINITION DE STANDART BUDGETAIRE PAR LE FMI DANS LE CADRE DE LA SURVEILLANCE MULTILATERALE DES FINANCES PUBLIQUES Le FMI est une institution créée à la fin de la 2nde guerre mondiale dans le cadre des accords de Bretton-Woods. Cette institution a été créée avec pour objectif de réguler le système monétaire international. Un post consensus se décide et a pour axe une réhabilitation du rôle de l’état. propose aux états de s’engager sur ce que l’on appelle une charte de bonne conduite et ainsi de transcrire dans leur législation les préconisations qu’il développe dans son code. qui ne peut imposer ses normes. On qualifie cette fonction de fonds monétaire de surveillance multilatérale internationale. l’état doit investir dans les dépenses d’avenir. Cette transparence permet que le débat public ait lieu sur la base d’informations fiables ». Egalement sur les objectifs de la politique de la finance publique et sur les comptes du secteur public. Son objectif est de faire en sorte que partout dans le monde les états appliquent une discipline budgétaire commune.

Cet organisme est soutenu par le FMI et par la banque mondiale. Il est composé de représentants de différents pays tels que la France. LES NORMES DE L ’UNION EUROPPENNE A. Au sein du secteur public.92. fondées sur la proposition d’un système comptable pour l’état prenant modèle sur celui des entreprises.02. LE PACTE DE STABILITE ET DE CROISSANCE Il est indispensable dans le cadre de la zone euro que les politiques économiques et financières soient coordonnées et les politiques budgétaires qui sont menées dans les différents pays doivent participer à la consolidation de la situation des finances publiques de chaque état : pour que la banque centrale européenne soit en mesure de maintenir des conditions monétaires favorables au développement économique. . LES NORMES COMPTABLES PROPOSEES PAR LA FEDERATION INTERNATIONALE DES COMPTES Des normes comptables sont proposées par un organisme international : le FIC. « la commission surveille l’évolution de la situation budgétaire et du bon temps de la dette publique dans les états membres.La limitation de la dette publique. Ce principe concerne la qualité des informations budgétaires qui doivent être sincères. On veut par exemple éviter que l’augmentation des déficits publics d’une état entraîne des problèmes dans les autres états. Le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut ne doit pas dépasser 60%.4 grands principes de base : .Le public doit avoir accès à l’information : les informations doivent être publiées. 4. les Etats-Unis. 3. Ces 2 critères sont : . 37 .Les procédures budgétaires doivent être parfaitement transparentes. le Royaume-Uni. ont été initialement définis par le traité sur l’UE signé à Maastricht le 07. Ces critères. Elle examine si la discipline budgétaire a été respectée et ce sur la base de 2 critères ». l’Australie. .une définition claire des fonctions et des responsabilités. l’Argentine. . LES CRITERES DE CONVERGENCE L’autonomie des états qui ont mis en place la monnaie unique est limitée par un certain nombre de critères de convergence. l’Afrique du Sud. la répartition des fonctions d’une part de décision et d’autre part de gestion doit être clairement définie. Le rapport entre le déficit public et la produit intérieur brut ne doit pas dépasser 3% (critère de référence fixé par l’article 1 du protocole fixant les déficits excessifs annexé au traité). c’est-à-dire des normes financières devant être respectées par les états. Ces normes ont été reprises en France dans le cadre de la réforme budgétaire et l’état produit une comptabilité très proche de celle d’une entreprise. B. le Mexique… Depuis 96 cette institution propose des normes comptables standards.la limitation des déficits publics.Principe de garantie d’intégrité. Cela signifie que doit exister une différence très nette entre le secteur public et le secteur privé. l’Allemagne. selon l’article 104 « les tétas membres évitent les déficits excessifs ». . Par ailleurs. Les informations doivent être présentées de manière à faciliter l’analyse et les documents budgétaires doivent préciser les objectifs de la politique budgétaire.

38 . Il a notamment été décidé que les états devaient produire chaque année un programme. les années.01 dispose que « sous l’autorité du 1e ministre. Par ailleurs. Jusqu’au budget 2005. 1. le budget de l’état est présenté sous la forme d’objectifs à réaliser. elles peuvent par conséquent être interministérielles. la mission sécurité ainsi qu’une nouvelle qui vient d’être créée. Il est prévu pour le budget 2010 48 missions dont 10 interministérielles. la mission plan de relance de l’économie. 3E SOUS PARTIE.06. Il faut souligner que l’élaboration et l’adoption du budget sont le produit de l’association d’une part d’acteurs politiques (gouvernement et parlement) et d’autre part d’acteurs administratifs (notamment d’administrations financières). LES MISSIONS Les crédits sont regroupés par grands objectifs qu’on appelle des missions.97 ont précisé les éléments de ce pacte. L ’ELABORATION DU BUDGET DE L ’ETAT Processus qui évolue selon les circonstances. LE FONCTIONNEMENT BUDGETAIRE DE L ’ETAT STRATEGE ET GESTIONNAIRE CHAPITRE 1. la mission est ce qu’on appelle l’unité de vote. L’ELABORATION ET L’ADOPTION DU BUDGET DE L’ETAT : LA PRISE DE DECISION BUDGETAIRE Le processus de prise de décision budgétaire en est une politique mais également technique. la mission culture. la présentation était très compliquée. Il s’agit d’un dispositif qui a pour objectif de conduire les états à se rapprocher le plus possible d’un équilibre budgétaire strict.08. les règlements du 07.Cette coordination s’inscrit dans le cadre de ce qu’on appelle le pacte de stabilité et de croissance. C’est par conséquent l’exécutif qui élabore le budget et présente un projet de loi de finance. A. un plan à moyen terme de leurs objectifs relatifs à leur solde budgétaire. Ces programmes concourent de la réalisation de la mission. des programmes et des actions. Les crédits étaient dispersés au sein des ministères dans 850 chapitres (=catégories). Elles sont composées de sous objectifs appelés programmes. Ces objectifs sont organisés en catégories qu’on appelle des missions. la résolution d’Amsterdam du 17. L’article 38 de la loi organique relative aux lois de finances du 01. le ministre chargé des finances prépare les projets de lois de finances qui sont délibérés en conseil des ministres ».97. Ensuite.07. UN BUDGET LISIBLE Depuis 2006 et en vertu de la LOLF. Ce pacte a été introduit par une résolution du conseil européen. Ces missions relèvent d’un ou plusieurs ministères. sachant que ces soldes budgétaires devraient progressivement se rapprocher de l’équilibre voire même être excédentaire. Parmi ces missions on peut citer la mission justice. SECTION 1.

Le programme constitue la clef de la réforme budgétaire car il est au cœur de la mise en place de ce qu’on appelle un budget de résultats.06 le pilotage de la réforme budgétaire. En effet. B. Il devrait en avoir 171 pour le budget 2010. un résultat. Par ailleurs. Elle bénéficie de l’appui d’autres institutions financières. c’est-à-dire une administration financière. les programmes sont strictement ministériels. elle est une administration qui se situe au cœur du processus de préparation des lois de finances. Parmi ces missions on peut citer l’élaboration d’une stratégie globale des finances publiques pour le long terme. Egalement elle veille à ce que la budgétisation annuelle soit cohérente avec la programmation des dépenses publiques qu’elle propose par ailleurs. qui assume la responsabilité essentielle de la préparation du budget. les crédits sont budgétisés par objectifs.01. La règle est que les crédits du programme sont mis à la disposition des ministres et placés sous leur responsabilité. ce qui conduit les décideurs politiques mais également les gestionnaires des administrations à ne plus concevoir les finances publiques seulement en termes de moyens attribués à des administrations. 1. LES INSTITUTIONS ET LES PROCEDURES D’AIDE A LA DECISION La préparation du budget fait intervenir de très nombreux acteurs et elle fait l’objet de mises au point successives également très nombreuses.Parmi les missions internationales on peut citer la mission recherche et enseignement supérieur ou encore la mission travail et emploi et la mission ville et logement. LES ADMINISTRATIONS FINANCIERES  la direction du budget Elle est une administration qui appartient au ministère du budget. Enfin. puis elle poursuit plusieurs missions. La nouvelle pratique budgétaire ne se borne plus à allouer des moyens financiers aux administrations mais à attribuer des moyens pour que puisse être réalisée une politique publique. les programmes sont eux-mêmes divisés en sous programmes qu’on appelle des actions (il en est prévu 683 pour 2010). chaque programme est piloté par un responsable de programme. la direction du budget assure depuis le 01. 39 . La logique de résultats est une logique d’entreprise. Une fois qu’ont été déterminées les priorités gouvernementales elle en effectue la synthèse et les traduit en termes budgétaires. Elle est aidée dans son travail par d’autres administrations financières telles que la direction générale du trésor et de la politique économique ainsi que de l’INSEE. A l’ancien budget de moyens a succédé un budget de résultats. Par ailleurs. c’est-à-dire un objectif. Sa fonction est primordiale. Elle est chargée de proposer aux ministres les grands choix en matière d’évolution des recettes et des dépenses de l’état.  les programmes sont circonscrits par ministère A la différence des missions qui peuvent être interministérielles. des comptes publics et de la fonction publique. LES PROGRAMMES  le passage d’une culture de moyens à une culture de résultats Les programmes sont des sous objectifs de la mission. A. Elle participe à l’élaboration du budget communautaire. C’est la direction du budget.

des comptes publics et de la fonction publique et a pour fonction de mettre en œuvre les grandes orientations concernant la modernisation de l’état. cette administration qui appartient également au ministère du budget. LES COMITES  le comité des normes comptables de la comptabilité publique Ce comité réunit des experts et est composé de représentants des administrations de différents ministères mais aussi de représentants de la profession comptable.08. La fonction de ce comité est de se prononcer sur la nouvelle organisation comptable de l’état et de proposer si nécessaire des adaptations. Ensuite. Il fait part de ses observations dans un rapport qui est transmis au ministère ainsi qu’aux commissions des finances de l’assemblée nationale et du sénat. LE DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE Ce débat est une procédure qui consiste pour le gouvernement à consulter le parlement sur les orientations budgétaires qu’il compte introduire dans le projet de la loi de finances. B. Il vérifie pour le compte du gouvernement si les informations qui sont jointes au projet de loi de finances sont pertinentes et exactes. des solutions aux problèmes. la direction générale de la modernisation de l’état (DGME) Créée en 01.  le comité international d’audit des programmes (CIAP) Ce comité a pour mission d’évaluer la qualité des projets de programmes et des indicateurs de résultats qui y sont liés. Elle doit notamment rendre compréhensible aux usagers l’action de l’état. Elle doit permettre de réduire la complexité des procédures et également développer l’administration électronique et la dématérialisation des démarches administratives. Ces 2 administrations ont été supprimées et leurs fonctions sont maintenant prises en charge par la DGFIP.06. Cette procédure n’en est pas une nouvelle : elle a été expérimentée de manière informelle en 1990 par le gouvernement Rocard. elle est le produit de la fusion de 2 administrations financières qui existaient jusqu’alors. 40 . Le CIAP est composé de 15 membres. Ces 2 administrations étaient d’une part la direction générale des impôts dont la fonction était fiscale et d’autre part la direction générale de la comptabilité publique dont la fonction était de tenir la comptabilité de l’état mais aussi des collectivités locales. créée par décret du 03. l’expérimentation a été reprise en 1996 par le gouvernement Juppé. Le parlement est consulté pour avis.  la direction générale des finances publiques (DGFIP) Administration récente qui appartient au même ministère. Tous appartiennent à un corps d’inspection ou de contrôle. C’est une grosse administration qui comprend environ 130 000 agents. Ce rapport est aussi transmis à la cour des comptes. Ce dispositif a été ensuite mondialisé par la LOLF et rendu obligatoire dès 2003. C.04. Il est présidé par un inspecteur général des finances. de recouvrer l’impôt et de payer les dépenses publiques.

Il s’agit d’une part de l’article 42 de la constitution selon lequel la discussion en séance des projets de loi de finances porte en 1e lecture sur le texte présenté par le gouvernement et d’autre part. La cession d’automne est consacrée quasiment en totalité à la discussion du projet de la loi de finances. Une fois adopté. Elle indique les normes à respecter en matière de dépenses. Nota : cette procédure ne doit pas être confondue avec celle qui concerne l’adoption de la loi de finances et qui se déroule du mois d’octobre jusqu’à la fin de l’année. 3. LES ETAPES DE LA PREPARATION DU BUDGET DE L ’ETAT A. Mais le coup d’envoi de la procédure est donnée par le pouvoir politique. Ensuite. le projet de loi de finances est finalisé par la direction des budgets jusqu’à la fin septembre. la fonction des commissions des finances a été restreinte et 2 dispositions limitent le rôle de ces commissions. 41 . le 1e ministre adresse à chaque ministre en début d’année un document appelé lettre de cadrage. Cette phase commence dès le mois de décembre de l’année N –1 (c’est-à-dire fin décembre 2008 pour projet de loi de finances pour 2010). Ensuite. franchir 2 étapes : être examiné par les commissions parlementaires compétentes et ensuite discuté et voté par chacune des 2 assemblées. LES ARBITRAGES POLITIQUES Le ministre du budget organise des réunions avec chacun des ministères. le 1e ministre adresse à chaque ministre une lettre qui définit d’une part les plafonds de crédit du ministère et d’autre part les réformes structurelles qui doivent être mises en œuvre. la préparation du budget se poursuit jusqu’au mois de mai et l’objectif est de déterminer ce qu’on appelle les perspectives budgétaires à moyen terme. l’article 40 de la constitution qui limite considérablement le droit d’amendement des parlementaires.L’objectif est d’organiser une consultation pour informer le gouvernement et lui permettre d’indiquer ses préférences. il est transmis à l’assemblée nationale. L ’EXAMEN DU PROJET PAR LES COMMISSIONS DES FINANCES Du point de vue de la technique législative. début juillet. des arbitrages peuvent être rendus par le 1e ministre. Il s’agit par conséquent d’instructions qui sont données aux différents ministères. puis le projet est soumis au conseil des ministres. des échanges ont lieu entre la direction du budget et les différents ministères. En effet. Elles ont pour objectif d’examiner les propositions de ces ministres et si des problèmes se posent. Cette lettre fixe le cadre de la mise en œuvre du budget. B. c’est-à-dire les économies et les réformes à réaliser. Depuis 1958. fin mois du juin. Ensuite. le projet de budget se présente sous la forme d’un projet de loi et comme tout autre projet de loi il doit. SECTION 2. c’est-à-dire les limites en matière de dépenses. L ’ADOPTION DU BUDGET DE L ’ETAT Le débat budgétaire est un moment très important de la vie parlementaire. avant d’être adopté. 1. Ces lettres sont appelées lettres de plafond. Les débats qui ont lieu au parlement s’appuient sur une série de documents transmis aux parlementaires et ont lieu en milieu d’année. LA PHASE DE DETERMINATION D’UNE STRATEGIE BUDGETAIRE DANS UN CADRE PLURIEL Il s’agit d’une phase qui consiste à décider quel doit être le cadre général du projet de loi de finances. Pendant toute cette période.

Ils peuvent transférer des crédits d’un programme à un autre . Par ailleurs. elles sont assistées d’un corps d’administrateurs hautement qualifiés. les commissions des finances bénéficient depuis la LOLF d’une assistance importante de la cour des comptes. 2. CHAPITRE 2. soit la création ou l’aggravation d’une dépense publique : marge de manœuvre extrêmement étroite. 42 . LES DELAIS  la procédure de droit commun Les règles concernant les délais sont fixées par l’article 47 de la constitution et par les articles 40 et 45 de la LOLF. Il consiste à responsabiliser les gestionnaires des administrations et à juger s’ils ont correctement atteint les objectifs fixés. Cette importance tient d’une part à leur organisation mais surtout au rôle qu’elle joue dans l’information des parlementaires. L’EXECUTION DU BUDGET SUR LE MODELE DE MANAGEMENT DES ENTREPRISES. la LOLF a considérablement élargi le droit d’amendement des parlementaires. Le rapporteur général a un rôle très important. Il leur est interdit de transférer les crédits de programme d’une mission pour les crédits d’un programme d’une autre mission . supprimer un programme et répartir les crédits de ce programme vers une autre .Néanmoins. chaque commission des finances élit en son sein un rapporteur général du budget et des rapporteurs spéciaux. les commissions des finances ont une place essentielle par rapport aux autres commissions. L’application de l’article 40 est limité aux missions : le plafond de dépense de la mission ne peut être dépassé mais les parlementaires ont la possibilité de modifier les programmes à leur gré. utiliser les crédits d’autres programmes pour en créer un nouveau. Enfin. Toutefois.  l’exercice du droit d’amendement Selon l’article 40 de la constitution. En effet. L’exécution du budget procède de 2 dispositifs : un ancien que l’on qualifie de séparation des ordonnateurs et des comptables sur lequel s’est greffé un nouveau dispositif qui a pris modèle sur la gestion des entreprises. soit une baisse des ressources publiques. LA DISCUSSION ET L ’ADOPTION DU BUDGET A. Lee projet de loi de finances doit être déposé sur le bureau de l’assemblée nationales au plus tard le 1e mardi d’octobre et le parlement dispose d’un délai de 70 jours pour adopter le budget. les missions sont étanches. En ce qui concerne leur organisation. elle a pour obligation de répondre aux demandes d’assistance formulées par le président de la commission des finances et par le rapporteur général. les amendements formulés par les membres du parlement ne sont pas recevables quand leur adoption aurait des conséquences. La LOLF a considérablement renforcé la fonction des commissions des finances notamment en associant ces commissions au contrôle de l’exécution des lois de finances. sa compétence s’étend à tous les textes des lois de finances et son rapport (rapport général) constitue un document de synthèse essentiel pour comprendre le projet de loi de finances.

recouvrer la totalité des recettes qui sont prévues au budget . ils ont une compétence absolue de décider et ne dépendent d’aucune autorité supérieure. les exécutants. il est obligé de faire collecter. LES ORDONNATEURS Ils ne sont pas un corps particulier de fonctionnaires. en revanche. Par exemple. il prime. décide en toute liberté de l’utilisation des crédits figurant dans son budget. Le budget de l’éducation nationale a son propre ordonnateur second : le recteur de l’académie. Toutefois. Cette séparation empêche que se soit les mêmes personnes qui décident de la dépense et qui la peint 1. LES DIFFERENTS TYPES D’ORDONNATEURS  les ordonnateurs principaux Ils ont le droit de réaliser les dépenses et les recettes figurant sur le budget sans aucun intermédiaire. Concernant les recettes. Le 1e ministre n’est ordonnateur que pour ses propres services. sont appelés les comptables publiques. le préfet est ordonnateur second pour le budget de l’état pour la plupart des ministères. LES COMPTES DES ORDONNATEURS PRINCIPAUX Ils ont un pouvoir de décision très large mais qui n’est pas identique selon qu’il s’agisse des dépenses ou des recettes. pour le budget de l’état. Par exemple. SECTION 1. Concernant les dépenses. désignées par un arrêté conjoint du ministre concerné et du ministre des finances.  les ordonnateurs secondaires Les ordonnateurs principaux ne sont pas toujours en mesure d’exécuter toutes les opérations figurant à leur budget et dans ce cas ils délèguent. Ils peuvent être fonctionnaires (par exemple un préfet) mais dans la plupart des cas ils sont des décideurs politiques. il peut dépenser moins. et l’objectif du nouveau dispositif est d’assurer l’efficacité de l’action publique.  les ordonnateurs délégués Fonctionnaires auxquels les ordonnateurs principaux et secondaires ont accordé une délégation de signature. chaque ministre est ordonnateur principal pour les crédits figurant au budget de son ministère. le 1e dispositif a pour objectif d’assurer la régularité des opérations financières effectuées par le secteur public. il ne peut collecter ni plus ni moins qui ce qui y figure. B. il n’a pas l’obligation d’utiliser la totalité des crédits dont il dispose. il ne peut dépenser plus que ce qui y figure . Ces derniers sont des autorités déconcentrées. 43 . le président du conseil régional est l’ordonnateur principal pour le budget de la région . A. Les décideurs sont appelés les ordonnateurs et les seconds. Cette séparation est un principe de base de la comptabilité publique qui a pour fonction d’assurer un contrôle de régularité sur l’utilisation des fonds publics. LE PRINCIPE DE SEPARATION ORDONNATEUR/COMPTABLE En droit public financier on sépare celui qui décide de celui qui exécute les décisions. sont aidés par les ordonnateurs secondaires. En ce qui concerne le budget des collectivités territoriales.le président du conseil général l’est pour le département et le maire pour la commune.Autrement dit.

Ces responsables de programmes s’engagent sur des objectifs et pour cela ils ont le droit d’utiliser librement les crédits qui sont à leur disposition. Ce responsable peut l’être de plusieurs programmes au sein d’un ministère. Ils vérifient la qualité de l’ordonnateur mais également si les crédits sont disponibles. S’il ne refusait pas. mais ils doivent ensuite rendre des comptes. SECTION 2. Autrement dit. Si le comptable public observe des irrégularités. si la dépense ou la recette figure bien au budget de l’ordonnateur. 1. 44 . Celle-ci est engagée en cas de manquement aux obligations professionnelles. Il dispose par ailleurs d’une hypothèque légale sur tous les immeubles qui appartiennent aux comptables. La responsabilité des comptables publics : Ils peuvent être responsable pénalement en cas de détournement de fonds publics. même s’ils sont séparés de biens. la gestion des crédits par les administrations prend modèle sur la management des entreprises. Une fois les contrôles effectués. LA RESPONSABILITE DES GESTIONNAIRES A. Ils encourent également une responsabilité disciplinaire. ils leur sont indépendants. les administrations de l’état s’inscrivent dans une culture de la performance. Ils encourent également une responsabilité pécuniaire en cas d’irrégularité de leur gestion. LE PILOTAGE DE L ’EVALUATION DE LA GESTION Depuis la réforme budgétaire. il refuse d’exécuter l’ordre qui lui est donné. depuis la mise en place de la réforme. Ils recouvrent les recettes de l’état ou des collectivités locales et ils paient les dépenses engagées par eux. ils ont pour fonction de contrôler la régularité des décisions des ordonnateurs. Le trésor public dispose d’un privilège général sur tous les biens appartenant au comptable ou sa femme. La majorité de ces comptables encaissent ou décaissent des fonds publics. Ils sont des exécutants des décisions prises par les ordonnateurs et leur fonction est double. LES RESPONSABLES DE PROGRAMMES Un responsable est désigné pour chaque programme. le comptable paie la dépense ou recouvre la recette et enregistre ces opérations dans sa comptabilité. contrôle minutieux qui porte sur la validité de l’ordre qui leur est adressé par l’ordonnateur. En effet. Ils sont des hauts fonctionnaires. Ils doivent présenter chaque année ce qu’on appelle un projet annuel de performance (PAP). Ils seront ensuite jugés sur les résultats qu’ils auront obtenu. en dehors de celle qui concerne le paiement des dépenses et l’encaissement des recettes. LES COMPTABLES PUBLICS Ils sont des fonctionnaires qui appartiennent à la direction générale des finances publiques. elle peut être mise en œuvre par la cour des comptes et dans ce cas ils peuvent être déclarés responsables sur leurs biens personnels des sommes qui manquent dans sa comptabilité. Ce document figure en annexe du projet de loi de finances qui est transmis au parlement. Ce responsable sera ensuite jugé sur ses résultats. A été mis en place ce qu’on appelle un chaîne de responsables ou de responsabilités. Par exemple. Ces comptables n’ont aucun rapport hiérarchique avec les ordonnateurs. Cela signifie que chaque gestionnaire à son niveau est responsable des crédits figurant au budget qui lui est confié.2. Il y a environ 80 responsables de programmes pour environ 170 programmes. il engagerait sa responsabilité pécuniaire.

2. les responsables de programmes. . L ’EVALUATION DE LA PERFORMANCE PAR LES INDICATEURS Un des enjeux essentiels de la réforme budgétaire consiste à passer d’une culture de moyens à une culture de résultats. LA MISE EN COHERENCE DU DISPOSITIF DE GESTION A. Il sera également jugé sur ses résultats.Un contrôle a posteriori est effectué sur la base d’un autre document qu’ils produisent. LE DIALOGUE DE GESTION Ce dispositif qui est fondé sur une chaîne de responsabilité remet en question le système hiérarchique classique car il introduit la concertation. Il s’engage auprès du responsable de programme à atteindre un certain nombre d’objectifs. de BOP et d’UOP. Le responsable de programmes va diviser son programme en sous-programmes que l’on appelle des budgets opérationnels de programmes (BOP). appelé rapport annuel de performance (RAP). Le responsable d’un BOP.il donne un avis préalable sur les BOP. les moyens à mettre en œuvre et sur les indicateurs de résultats : le dialogue de gestion consiste dans une négociation entre le responsable du programme et celui du BOP puis entre ce dernier et celui de l’UOP. la performance et son évaluation sont au centre du nouveau cadre de la gestion budgétaire. un budget. avec des crédits et des personnels. le responsable d’un BOP gère librement une enveloppe globale. Ce RAP est annexé au projet de la loi de règlement. De la même manière que le responsable de programme. se mettent d’accord sur les objectifs à atteindre. A chaque programmes sont associés des objectifs et des indicateurs de performance et la stratégie d’un programme est définie par le responsable de programme et son ministre.Il veille au respect de la démarche de performance au sein du territoire. LA SURVEILLANCE DE LA COHERENCE PAR LES PREFETS L’exécution du budget de l’état nécessite une mise en cohérence des différentes actions ministérielles au niveau des territoires. C’est le préfet qui est chargé de cette mission et cela selon 3 dispositifs : . LES RESPONSABLES DES BOP Les responsables de programmes confient la mise en œuvre de leur programme à différents services qui sont sous leur responsabilité et pour cela ils ventilent leur programme en BOP et désignent un responsable pour chaque BOP (environ 2000). le dialogue entre les responsables de programmes et les responsables de BOP puis entre les responsables de BOP et ceux d’UOP. peut à son tour divisé son budget en ce qu’on appelle des unités opérationnelles de programmes (UOP) et il désigne alors un responsable à la tête de cet UOP. B. s’il le juge nécessaire.Il s’assure de la cohérence du BOP avec les autres actions qui sont menées au niveau de son territoire (par les administrations déconcentrées ou les collectivités territoriales). Cela conduit à sélectionner les objectifs mesurables par des indicateurs et à chaque indicateur est associé une cible à atteindre dans un délai déterminé. Selon cette logique. B. 45 . . SECTION 3. Sur la base du dialogue de gestion.

Participent également à ce comité le ministre du budget ainsi que les ministres concernés par l’audit. UNE COMPTABILITE DE L ’ETAT A L ’IMAGE DE LA COMPTABILITE DES ENTREPRISES La comptabilité de l’état depuis 2006 a été bâtie sur le modèle de celle des entreprises. C’est ce conseil qui décide des réformes à accomplir. Les équipes d’audit présentent leurs résultats à un comité de suivi de la RGPP. un comité interministériel d’audit des programmes (CIAP) est chargé de contrôler la fiabilité ou encore la pertinence des indicateurs. ce qui signifie que l’état produit chaque année un bilan où figure son actif et passif ainsi qu’un compte de résultats où figurent d’une part les recettes de l’état et d’autre part ses charges. les rapporteurs généraux de la commission des finances de l’assemblée nationale et de celle du sénat. LA REVISION GENERALE DES POLITIQUES PUBLIQUES Elle est un dispositif qui consiste à auditer les administrations de l’état c’est-àdire à évaluer si ces administrations sont bien pertinentes et efficaces pour réaliser les politiques publiques dont elles ont la charge. Cela signifie que les recettes peuvent être recouvrées et que les dépenses peuvent être engagées. le budget est exécuté. Cette procédure a été présentée en conseil des ministres par le 1e ministre le 20. plus de 200 personnes sont chargées de ces audits. Il peut être également décidé que certaines administrations soient fusionnées. SECTION 5. CHAPITRE 3. En effet. Ce conseil est présidé par le président de la république et il est composé de l’ensemble des ministres. 46 . S’il est jugé que certaines administrations devraient être supprimées les conséquences en seront tirées. L’exécution est effectuée par 2 catégories d’acteurs : les ordonnateurs et les comptables. Par ailleurs.06. on dit qu’il est exécutoire. il est coprésidé par le secrétaire général de l’Elysée et par le directeur du cabinet du 1e ministre. Au total. le travail d’audit est effectué par 2 catégories d’acteurs : d’une part par des experts du secteur public qui sont des hauts fonctionnaires appartenant aux grands corps d’inspection (par exemple l’inspection générale des finances) et d’autre part par des experts privés qui appartiennent à des cabinets de consultants.07. Elle se fait sur la base d’un principe nouveau en droit public financier français qui est celui de sincérité budgétaire et comptable. SECTION 4. LE CONTROLE ET L’EVALUATION DE L’EXECUTION DU BUDGET Après avoir été voté. La présence des décideurs politiques est très forte au sein de ce comité.07 et a été lancée le 10. Cela consiste tout d’abord à effectuer un diagnostic concernant les administrations puis en suite à en tirer les conséquences afin d’améliorer l’efficacité des politiques publiques et cela au moindre coût. Il s’agit par conséquent d’une mise à plat du fonctionnement de l’ensemble du secteur public.07. Ce dispositif est piloté au niveau politique par un conseil de modernisation des politiques publiques.Enfin.

Il s’agit de comptables publics qui au lieu de travailler au ministère des finances exercent leur fonction au sein du ministère dans lequel ils ont été nommés. Autrement dit. LES CONTROLES ADMINISTRATIFS L’exécution des lois de finances a toujours fait l’objet d’un encadrement et d’une surveillance de la part de différents services administratifs et de corps administratifs de contrôle. le comptable public exerce ses fonctions traditionnelles. Leur fonction est d’analyser la situation financière des ministères et de détecter et maîtriser les risques financiers. Ces services ou ces corps administratifs appartiennent au ministère des finances. Selon elle. Cette exigence de sincérité concerne le budget de l’état (=les prévisions) mais aussi les comptes de l’état (=l’exécution).SECTION 1. Par ailleurs. Ils tiennent la comptabilité du ministère. A cet effet ont été créés. Les contrôles juridictionnels sont effectués par des magistrats spécialisés appartenant soit à la cour des comptes soit aux chambres régionales et territoriales des comptes. B. Ces comptables ont à la fois la qualité de comptables public et sont aussi chargés d’effectuer des contrôles financiers. LE SERVICE DE CONTROLE BUDGETAIRE ET COMPTABLE MINISTERIEL Un des points importants de la réforme budgétaire a été de rapprocher les comptables publics et les gestionnaires. 47 . LES CONTROLES ADMINISTRATIFS ET JURIDICTIONNELS DE L ’EXECUTION DES BUDGETS PUBLICS Les contrôles administratifs sont les contrôles effectués par des fonctionnaires appartenant aux corps d’inspection ou encore par des comptables publics. Ils doivent également évaluer la sincérité des précisions de dépenses. LE PRINCIPE DE SINCERITE BUDGETAIRE ET COMPTABLE Ce principe financier a été institué par la LOLF à l’article 32. au sein des ministères. le budget et les comptes de l’état doivent donner une image fidèle de son patrimoine et de sa situation financière. A. L’INSPECTION GENERALE DES FINANCES Elle est un corps de hauts fonctionnaires créé sous la restauration et composé d’environ 300 inspecteurs. Ces contrôles ont subi de profondes transformations depuis ces dernières années. SECTION 2. des services appelés département comptable ministériel. 1. La cour des comptes a par ailleurs pour mission de certifier la régularité et la sincérité des comptes de l’état de la même manière qu’une commission aux comptes vérifie la sincérité des comptes des sociétés privées. Ils ont été conçus pour contrôler la régularité des opérations effectuées par le secteur public. les lois de finances doivent présenter de façon sincère l’ensemble des ressources et des charges de l’état.

Chaque chambre est présidée par un président de chambre qui est un conseiller maître. Ils effectuent des contrôles qu’on appelle inopinés et sur place. pas de jugement à la suite du contrôle. Les contrôles : L’IGF est chargée de contrôler les comptables publics mais elle peut également vérifier les comptes d’institutions privées qui bénéficient de fonds publics (par exemple les subventionnées). elle contribue à l’information des citoyens ».  fonctions La 1 est de contrôler les comptes des comptabilités publiques : elle en vérifie la régularité. puis conseillers maîtres. La 4e est le fait qu’elle assiste le parlement et le gouvernement. Les 1e sont des auditeurs. et d’évaluations des politiques publiques. LES CONTROLES JURIDICTIONNELS A. Par ses rapports publics. d’enquêtes. 2. puis conseillers référendaires. Elle assiste le parlement et le gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances et de l’application des lois de financement de la sécurité sociale ainsi que dans l’évaluation des politiques publiques. en vertu de l’article 47 de la constitution « la cour des comptes assiste le parlement dans le contrôle de l’action du gouvernement. Les conclusions de ce contrôle peuvent faire l’objet d’une publication dans le cadre de rapports publics présentés par la cour. produit un rapport puis prononce un arrêt. La 2e est le contrôle de gestion : pas un contrôle juridictionnel. ceci représentant l’essentiel de leur travail (2/3). L’évaluation : L’IGF est également chargée de missions. La 3e est la certification de la sincérité des comptes de l’état. e 48 .  organisation Elle est présidée par un 1e président qui est choisit par le gouvernement en conseil des ministres (actuellement Phillipe Séguin). Les inspecteurs des finances qui restent rattachés à l’IGF effectuent des missions d’une part de contrôle et d’autre part d’évaluation des politiques publiques. C’est un contrôle qui concerne le bon emploi des fonds publics par les ordonnateurs.Plus de 2/3 des membres de ce corps sont détachés dans des administrations. Ces magistrats font partie de chambres spécialisées. dans des entreprises publiques ou encore mis à disposition des cabinets ministériels. Elle est composée de magistrats du siège et du parquet. LA COUR DES COMPTES Elle fait partie des 3 grands corps de l’état au côté du CE et de l’inspection générale des finances.

L ’INTEGRATION DU SYSTEME FINANCIER PUBLIC Le système financier public est éclaté en 3 composantes : les finances de l’état qui représentent plus de 350 milliards d’euros .48 dont la fonction est de sanctionner les irrégularités et d’infliger des amendes aux ordonnateurs autres que les ministres et les élus du suffrage universel. les finances de la sécurité sociale qui représentent environ 500 milliards d’euros et les finances des collectivités locales qui représentent plus de 200 milliards d’euros. des banques peu regardantes. L’état américain s’est alors montré particulièrement interventionniste puisqu’un plan d’aide de 300 milliards de dollars a immédiatement été adopté pour soutenir le secteur immobilier qui était en pleine déroute. 49 . Cette crise financière a entraîné une crise économique qui a des répercussions sur les finances publiques. Ce dispositif a mis en difficultés 2 millions de personnes aux États-Unis en 2008. nouveaux intérêts… c’est ce qu’on appelle l’effet boule de neige. Il s’est produit ce qu’on appelle un effet de ciseaux. Celui-ci a pour conséquence une augmentation du déficit public qui oblige à emprunter et les intérêts des emprunts viennent s’ajouter aux dépenses publiques et accroissent encore le déficit public. ce qui peut amener de nouveau à emprunter. à des personnes qui étaient manifestement incapables de rembourser leur dette. D’une part la crise a engendré une augmentation des dépenses publiques et d’autre part elle a provoqué une diminution des recettes publiques. Ces créances sont ensuite transférées en titre par les banques puis elles sont revendues. C. des financiers.09. 3E PARTIE. LES CHAMBRES REGIONNALES ET TERRITORIALES DES COMPTES Ces chambres exercent les mêmes fonctions que la cour des comptes mais au niveau des collectivités locales.B. ou sous solvables. LA COUR DE DISCIPLINE BUDGETAIRE ET FINANCIERE (CDBF) Il s’agit d’une juridiction créée par une loi du 25. Les sub primes. sont des prêts hypothécaires accordés par des courtiers. 1E SOUS PARTIE. les élus locaux peuvent être traduits devant la CDBF notamment s’ils refusent d’exécuter une décision de justice. LES FINANCES PUBLIQUES ET L ’ETAT DU 21E SIECLE : UNE NOUVELLE POLITIQUE ? La crise financière qui a engendré une crise économique ainsi qu’une crise des finances publiques s’est déclenchée en février 2007 avec la crise des sub primes. Cependant.

section 1. pour maîtriser l’évolution des finances publiques et les gérer plus rationnellement. de très nombreux allègements. départements et régions. L’essentiel de ces impôts est représenté par 4 grands impôts directs locaux : la taxe professionnelle (qui pèse sur les entreprises). CHAPITRE 1. la taxe d’habitation (qui pèse sur les ménages).Or il n’existe pas de document qui permette de visionner l’ensemble de ces composantes. en effet. Ce nouvel impôt pèsera moins lourd sur les entreprises et le manque à gagner pour les collectivités locales devrait faire l’objet d’une compensation par l’état. au canada ou encore en suède. Par conséquent. Par ailleurs. la taxe professionnelle va être supprimée à partir de 2010. chapitre 1. la loi de finances pour 2010 devrait la remplacer par 2 contributions : une contribution foncière au profit des communes et une contribution sur la valeur ajoutée des entreprises au profit des communes. depuis les années 80. On a en effet réduit la charge fiscale qui pèse sur le contribuable local et l’état a compensé le manque à gagner aux collectivités locales. LA MAITRISE DES FINANCES DES COLLECTIVITES LOCALES Cf 2e partie. Par ailleurs. SECTION 1. la taxe foncière sur les propriétés bâties et la taxe foncière sur les propriétés non bâties (qui pèsent sur tous les propriétaires de terrains ou d’immeubles). 50 . d’intégrer ces 3 éléments dans un seul ensemble. Cette dispersion de l’argent public a des conséquences négatives d’une part sur le contrôle de la gestion publique mais également sur la démocratie financière car elle traduit un manque de transparence des finances publiques. 2e sous partie. Cette évolution d’allègements fiscaux compensés par l’état n’a fait que se développer depuis ces dernières années et cela a pour conséquence une disparition progressive de la fiscalité locale qui remet en question l’autonomie fiscale des collectivités locales. les comptes de ces composantes ne sont pas rassemblés. On dit qu’ils ne sont pas consolidés. LA MAITRISE DES IMPOTS LOCAUX Les impôts locaux représentent environ 100 milliards d’euros. Certaines pratiques comptables et budgétaires vont dans ce sens aux Etats-Unis. Au fur et à mesure des compensations l’état s’est substitué aux contribuables locaux à tel point qu’aujourd’hui il compense les allègements fiscaux concernant les impôts locaux à hauteur de 28%. intégrés. Ces 4 impôts ont fait l’objet. il conviendrait.

LA MAITRISE DES OPERATEURS DE L ’ETAT Les opérateurs de l’état sont des organismes. allouée aux communes dont la population est inférieure à 20.000 emplois et sont environ 700.les dotations de fonctionnement Ce sont les subventions qui servent à financer les dépenses courantes des collectivités locales comme par exemple les rémunérations des personnels. 51 . CHAPITRE 2. d’autre part. l’état essaie de les intégrer dans sa gestion. Il s’agit pour lui de définir pour les opérateurs un certain nombre de règles garantissant que ces derniers s’engagent dans un effort de maîtrise de leurs dépenses comparable à celui engagé par les administrations de l’état. Il s’agit là d’une dotation qui sert à rembourser la TVA que les collectivités locales payent lorsqu’elles font l’acquisition d’un équipement. La plus importante est la dotation globale de fonctionnement instituée en 1979.SECTION 2. LA MAITRISE DES FINANCES SOCIALES Les finances sociales ont longtemps été considérées comme secteur à part des finances publiques or elles n’ont fait qu’augmenter depuis la fin des années 70. Tout en reconnaissant leur nécessaire autonomie de gestion liée à leur activité et leur statut. Ces opérateurs bénéficient de près de 30 milliards d’euros de crédits. les locaux… Il en existe principalement 2. les bâtiments. le fond de compensation de la TVA.000 habitants et aux départements . c’est-à-dire des établissements ou entreprises publics. qui exercent des missions de service public et qui sont financés majoritairement par l’état. . SECTION 3. Nota : les opérateurs ne sont pas des collectivités locales mais la question qui se pose à leur égard est très proche car dans la période actuelle marquée par la crise. Ils occupent près de 300. d’organismes comme météo France.Les dotations d’investissement Ce sont les subventions qui servent à financer les équipements des collectivités locales par exemple les routes. l’état s’efforce de maîtriser et de piloter les finances des organismes qui lui sont extérieurs. d’une part la dotation globale d’équipement. LA MAITRISE DES SUBVENTIONS DE L ’ETAT Les concours de l’état aux collectivités locales représentent environ 110 milliards d’euros (à peu près la moitié du budget des collectivités locales). Il s’agit par exemple des universités. Ce ne sont pas des collectivités locales. Il existe 2 catégories de subventions : .

pour les lois de finances il se prononce sur un montant de crédit. SECTION 2. LA REVISION CONSTITUTIONNELLE DU 22. 52 .07. LES CONTRAINTES FINANCIERES CONSIDERABLES ENGENDREES PAR LES DEPENSES SOCIALES Les dépenses sociales augmentent considérablement sous l’effet de 2 facteurs principaux : d’une part l’évolution démographique et d’autre part la crise de l’emploi. La discussion du projet a également lieu à l’automne. En effet. De très nombreuses tentatives avaient été faites dans le passé mais inefficace. SECTION 1. Toutefois. cette loi introduit un débat d’orientation budgétaire et également une présentation pluriannuelle des prévisions des recettes et des objectifs de dépenses. Le principe de la réforme a été fixé par un alinéa ajouté à l’article 34 : « les lois de financement de la sécurité sociale déterminent les conditions générales de son équilibre financier et compte tenu de leur prévision de recettes fixe des objectifs de dépenses dans les conditions prévues par une loi organique ». Ces lois ne sont pas des lois de finances. Par ailleurs. le parlement ne fixe pas le taux des cotisations sociales. Il s’agit détendre aux organismes de sécurité sociale une culture de résultats. LES LOIS DE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE 1. 2.96. La révision a modifié les articles 34. On a pour cela transposer un certain nombre de dispositifs figurant dans la LOLF.08. la procédure en est très proche. Elle a par ailleurs été complétée par une loi organique du 22. En 1e lecture l’assemblée nationale dispose d’un délai de 20 jours (40 pour les lois de finances).Elles ont aujourd’hui pris une ampleur considérable et représentent plus que le budget de l’état (environ 500 milliards d’euros) et depuis 1996 elles ont progressivement été intégrées dans le champ des finances publiques. pour les lois de financement de la sécurité sociale le parlement ne se prononce que sur des objectifs de dépenses . il existe une grande différence entre les 2 : en effet. Cependant. L’assemblée nationale est saisie en priorité des projets de lois de financement de la sécurité sociale. 39 et 47 de la constitution. LA LOI ORGANIQUE DU 02.05 RELATIVE AU FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE Elle a eu pour objectif d’améliorer les dispositifs mis en place par la révision constitutionnelle de 96. Par elles. Par exemple. le délai global d’examen par le parlement est de 50 jours (70 pour les lois de finances). Elle introduit également un principe de sincérité des comptes dont la cour des comptes est chargée de vérifier la bonne application.02.96 Cette révision a créé une nouvelle catégorie de lois appelée lois de financement de la sécurité sociale. on a voulu mettre fin à l’absence de contrôle du parlement sur les comptes de la sécurité sociale.

.. Il s’agit par conséquent de trouver le moyen de piloter l’ensemble que forme ces 3 éléments. Toutefois. l’accroissement du chômage engendre mécaniquement un accroissement des dépenses sociales dans la mesure où la situation des demandeurs d’emploi entraîne souvent des conséquences sur leur santé. SECTION 1. depuis 2003. Actuellement la question se pose d’une façon très forte en ce qui concerne la mise en place d’une norme de dépenses pour les collectivités locales.l’évolution démographique Les finances sociales sont concernées par l’allongement très important de la durée de la vie qui augmente la charge représentée par les retraites.000 communes. Le problème qui se pose est celui de la cohérence des décisions qui sont prises pour chacune de ces catégories des finances publiques. Elle est particulièrement élevée en ce qui concerne les dépenses de personnels. 53 . ces dépenses viennent s’ajouter aux indemnités versées aux chômeurs. leur logement auxquelles le secteur public dans son ensemble doit faire face. L’INTEGRATION DU PROCESSUS DE LA DECISION FINANCIERE PUBLIQUE Une question est aujourd’hui très discutée. 100 départements et 26 régions sachant que s’applique le principe de la libre administration des collectivités territoriales. Cependant il faudrait que cette norme de dépenses puisse s’appliquer également aux finances des collectivités locales et de la sécurité sociale. Cette norme de dépense a été plus ou moins respectée jusqu’en 2003. Cette augmentation est plus rapide ces dernières années que celle de l’état. des collectivités locales et des organismes de sécurité sociale. On essaie en effet de maîtriser l’augmentation des dépenses de ces collectivités. LES COLLECTIVITES LOCALES ET LA SECURITE SOCIALE La qualification de norme de dépense signifie que l’état ou les collectivités locales ou les organismes de sécurité sociale se donnent chaque année une limite de la progression de leurs dépenses. Il est très difficile d’imposer une norme de dépenses à 36. Autrement dit. celle de l’intégration des finances de l’état. depuis 1983 l’état s’efforce de s’en tenir à une règle selon laquelle d’une année sur l’autre l’augmentation des masses budgétaires ne soient pas supérieures à l’augmentation du PIB. En effet. l’état s’applique une norme qui consiste à faire évoluer ses dépenses au même rythme que l’inflation.la crise de l’emploi La situation de l’emploi a des conséquences sur le niveau des dépenses sociales pour les organismes de sécurité sociale mais aussi pour l’état et les collectivités locales. Les solutions proposées consistent soit à faire cotiser les personnes à ce qu’on appelle des fonds de pension (organismes privés qui placent les fonds du cotisant et qui leur servent au moment de la retraite) soit à augmenter les cotisations mais le problème est que le montant des prélèvements obligatoires pèse déjà très lourd sur les entreprises comme sur les personnes privées. A titre d’exemple. CHAPITRE 3. une autre solution consiste à augmenter l’âge de la retraite (= faire cotiser plus longtemps les personnes qui travaillent). L’autre solution consiste à constituer des réserves sous la forme d’un fonds national de retraite (cas de la Suède). Enfin. UNE NORME DE DEPENSE PUBLIQUE COMMUNE POUR L ’ETAT.

La fonction de ce conseil est de décrire et d’analyser la situation des finances publiques ainsi que de formuler des propositions concernant la bonne gestion des finances publiques. Elle n’a aucun pouvoir de décision. le ministre du budget. Viennent s’ajouter des représentants des élus nationaux et locaux ainsi que des représentants des organismes de sécurité sociale. Il s’agit d’une institution qui rassemble les représentants des 3 grandes composantes des finances publiques. Conclusion : en fait si l’on y regarde de près. 2. Enfin. 54 . 1. le ministre chargé des relations avec les collectivités territoriales. un rapport qui est rendu public. il prépare les travaux de la conférence nationale des finances publiques.05. Il est présidé par le 1e ministre et est composé des ministres chargés de l’économie et des finances. les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale pour réfléchir sur l’évolution et la maîtrise des dépenses publiques. Ce conseil remet chaque année au 1e ministre. LE CONSEIL D’ORIENTATION DES FINANCES PUBLIQUES Il a été créé auprès du 1e ministre un conseil d’orientation des finances publiques. le ministre chargé de la sécurité sociale.SECTION 2. LA MISE EN PLACE DE STRUCTURES COMMUNES D’AIDE A LA DECISION Dans la période récente ont été mises en place des structures de concertation entre l’état. LA CONFERENCE NATIONALE DES FINANCES PUBLIQUES Un organisme qualifié de conférence nationale des finances publiques a été institué par un décret du 05. Cette conférence se réunit chaque année pour effectuer un examen des dépenses publiques et pour proposer des moyens pour maîtriser ces dépenses et notamment pour maîtriser la dette publique. les directions qui sont prises actuellement ne concernent que les dépenses publiques or il conviendrait également que ces institutions concernent aussi les ressources publiques et tout particulièrement la fiscalité et les autres prélèvements obligatoires (essentiellement les cotisations sociales). après l’adoption de la loi de finances et de la loi de financement de la sécurité sociale et avant la conférence nationale des finances publiques.06.

UNE REGLE DIFFICILE A APPLIQUER 1. 55 . Par conséquent. si elle avait été plus longue. Mais ne figureront au budget de l’année que les dépenses qui concernent la tranche de travail devant être réalisés sur cette année là. et par conséquent son pouvoir. Si elle avait été plus courte. en l’encadrant dans le temps. LES PROBLEMES POSES PAR LA REGLE Cette règle a été instituée à la révolution française. la réalisation d’équipements sur plusieurs années était soumise aux aléas de la vie politique. Il s’agit par conséquent d’un engagement juridique. LES OUTILS CLASSIQUES DE LA PROGRAMMATION PLURIANNUELLE 1.12 pour l’année civile à venir. économique et financière. Il est essentiel de parvenir à programmer les dépenses publiques au-delà de l’année civile. On ne pouvait pas voter les crédits concernant l’ensemble de l’opération. LA PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DES FINANCES PUBLIQUES L’une des questions les plus importantes qui se pose en ce qui concerne la gestion financière publique est celle de la gestion des dépenses dans le temps. L’exécution du budget se fait sur la même période. On appelle les crédits correspondant à cette tranche annuelle des crédits de paiement. LA REGLE CLASSIQUE DE L’ANNUALITE BUDGETAIRE SECTION 1. le contrôle du parlement. En ce qui concerne les collectivités territoriales elles sont normalement soumises à la même règle mais elles sont autorisées à adopter leur budget jusqu’au 31. C’est donc un souci politique qui a motivé cette règle. La procédure consiste pour le parlement à voter des autorisations d’engagement qui engagent l’état à financer une opération sur plusieurs années. aurait été amoindri car beaucoup trop espacé dans le temps.03 car elles ne disposent pas toujours en fin d’année de toutes les informations qui leur sont fournies par l’état. On a choisit l’année car on a considéré que cette période n’était ni trop longue ni trop courte. Les révolutionnaires ont voulu contrôler. cette courte période d’un an a commencé à poser des problèmes lorsque l’état s’est mis à réaliser des équipements lourds nécessitant plus d’une année pour être effectivement terminés.2E SOUS PARTIE. Mais il faut également pouvoir réagir en cours d’année face aux imprévus. Les difficultés à programmer proviennent d’une part de la rigidité des règles des finances publiques mais surtout de l’incertitude croissante de l’environnement économique et financier. 2. SECTION 2. Le droit budgétaire n’autorise à dépenser que sur une seule année ce qui signifie que pour réaliser des travaux sur plusieurs années il fallait voter chaque année les crédits nécessaires pour réaliser les travaux de l’année suivante. le pouvoir budgétaire du roi. les débats budgétaires auraient été trop nombreux . Toutefois. Par conséquent. EXPOSE DE LA REGLE Elle signifie que pour l’état la loi de finances est établie chaque année avant le 31. On voulait qu’il y ait une régularité dans la prise de décision (qui n’existait pas sous l’ancien régime). LES AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT Elles autorisent une programmation sur plusieurs années des dépenses d’investissement et de fonctionnement (sauf les dépenses de personnel). CHAPITRE 1.

Cette programmation est établie par la direction du budget. SECTION 1. Si cette révision constitutionnelle a consacré un principe de programmation pluriannuelle il faut cependant souligner que ces lois ne sont que des lois ordinaires. des collectivités locales et de la sécurité sociale mais également non seulement les dépenses publiques mais également les recettes publiques. Le plus souvent elles concernent l’éducation nationale ou la défense. Elles s’inscrivent dans l’objectif d’équilibre des comptes des administrations publiques ».07. Ce ne sont pas des lois de finances. 2. Ce dispositif ne remet pas en question le principe d’annualité budgétaire car les lois de finances annuelles demeurent les seules à posséder une valeur contraignante. Il s’agit seulement d’indications ou encore de déclarations d’intention qui n’engagent pas l’état. Les orientations pluriannuelles des finances publiques sont définies par des lois de programmation. Cette programmation sur 3 ans ne concerne par ailleurs que les dépenses de l’état. Il s’agit de lois qualifiées de lois de programmation pluriannuelle. elle concerne les missions autrement dit les politiques publiques. Il s’agit d’une révolution dans notre fonctionnement administratif ». Ce n’est pas le cas des prévisions qui sont faites pour les 2 années suivantes. LA PROGRAMMATION BUDGETAIRE PLURIANNUELLE : UNE REFORME GESTIONNAIRE La programmation budgétaire pluriannuelle a été officiellement lancée par le président de la république le 12. SECTION 2.12. C’est là un dispositif permettant de respecter le principe d’annualité tout en réalisant des opérations pluriannuelles. Cependant. CHAPITRE 2. LA LOI DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DES FINANCES PUBLIQUES Une nouvelle catégorie de lois a été créée lors de la révision constitutionnelle du 23. Il s’agit de lois ordinaires par conséquent elles n’ont pas de caractère financier obligatoire. LA NOUVELLE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE C’est à la faveur du développement de la nouvelle gestion publique que la question de la pluriannualité a été réexaminée ces dernières années. 56 . Elles sont pluriannuelles et ils sont annuels. C’est aussi sous la pression de l’UE que l’on a du s’intéresser à la programmation pluriannuelle. Il a déclaré « Nous mettrons en place pour 2009-2011 un budget pluriannuel cohérent avec notre trajectoire des finances publiques. Elles sont des lois qui définissent certains objectifs économiques ou sociaux de l’état.08. Une programmation sur 2009-2010 et 2011 a alors été établie. Selon l’article 34 de la constitution révisé. LES LOIS DE PROGRAMMES Aussi appelées lois de programmation ou lois d’orientation. Ce dispositif constitue essentiellement une activité de bonne gestion mais il n’institue pas le principe d’un budget de l’état triannuel.07. « Les lois de programmation déterminent les objectifs de l’action de l’état. il est essentiel qu’elles fassent référence à la maîtrise de l’ensemble des finances publiques c'est-à-dire qu’elles prennent en considération les finances de l’état. Elle a été mise en place pour la 1e fois lors de l’élaboration du budget pour 2009.aux autorisations d’engagement sont associées systématiquement des crédits de paiement.

LA THEORIE DE L ’IMPOT SOLIDARITE = L’impôt est un devoir social. L’impôt constitue l’essentiel des ressources de l’état avec environ 300 milliards d’euros. Cette théorie est développée par le courant libéral. Ce sont des prélèvements obligatoires qui donnent lieu à une contrepartie (par exemple le remboursement des frais de maladie) alors que l’impôt ne peut pas donner lieu à une contrepartie précise. 3E SOUS PARTIE. Il s’agit d’un impôt sur le revenu. Les cotisations sociales ne sont pas considérées comme des impôts. L’impôt le plus important est la CSG (contribution sociale généralisée). les organismes de sécurité sociale sont financés à la fois par des impôts et par des cotisations sociales. Elle est née à la fin du 19e sous l’influence du courant socialiste. 2. Les principaux impôts de l’état sont la TVA (environ 45%) puis l’impôt sur le revenu des personnes physiques.Nota : une loi de programmation pluriannuelle a été votée en 02. LA THEORIE DE L ’IMPOT ECHANGE Les origines de cette théorie (aussi appelée théorie impôt prix ou impôt contrepartie) remonte au 17e siècle mais elle a surtout été développée au 18e et au 19e. 2 grandes : la 1e considère l’impôt comme le prix d’un service rendu et la 2nde comme le moyen d’organiser la solidarité entre les citoyens. SECTION 2. comme une communauté au sein de 57 . LES IDEOLOGIES FISCALES La fiscalité est influencée par les grandes idéologies (libérales et socialistes). Le principe de base est simple : l’impôt représente le prix payé par le contribuable pour les services (par exemple la sécurité) que lui fournit l’état ou le secteur public plus généralement. puis celui sur les sociétés et enfin la taxe intérieure sur les produits pétroliers. LES PRINCIPAUX PRELEVEMENTS OBLIGATOIRES Les prélèvements obligatoires représentent environ 43% du PIB. Enfin. LA MOBILISATION DES RESSOURCES PUBLIQUES CHAPITRE 1. Il en découle des conceptions de l’impôt. LA MOBILISATION DES RESSOURCES FISCALES SECTION 1. 1.09 et concerne les années 2009 à 2012. La société est alors conçue comme une grande famille. L’impôt représente par ailleurs la moitié des ressources des collectivités territoriales. Elle est toujours présente aujourd’hui.

LE RECOURS A L’EMPRUNT ET LA MAITRISE DE LA DETTE PUBLIQUE L’emprunt est une ressource temporaire. l’emprunteur doit payer le service qui lui est rendu par le prêteur. Il représente 1/3 des déficits supplémentaires. l’Irlande ou encore la Grèce ont des déficits supérieurs à 10% du PIB. CHAPITRE 2. il faudra rembourser le capital emprunter.5% en 2010. En France. ce déficit est passé de 8.4% du PIB et 6. LE RECOURS A L ’EMPRUNT Il est possible pour l’état. ce qui provoque une augmentation du déficit public. les intérêts concernant la dette de l’état devraient représenter environ 15% du budget de l’état (42 milliards). Enfin. En effet. l’impact des plans de relance sur les déficits est relativement faible. Par ailleurs on appelle encours de la dette le capital emprunté qui reste à rembourser (aussi appelé stock de la dette). En effet. Cette augmentation est essentiellement liée à l’augmentation du déficit public. Actuellement. Ce déficit ne peut être comblé que par l’emprunt mais le problème est que lorsque la dette augmente les intérêts sur emprunt augmentent également. Par ailleurs cette augmentation du déficit est également une conséquence de la crise. une augmentation très importante des charges publiques. On appelle cela des intérêts sur emprunt. Un problème risque de se poser : il s’agit du fait que les taux d’intérêts pourraient augmenter dans les années qui viennent ce qui aurait pour conséquence. le total des intérêts payés sur l’année et du capital remboursé sur l’année s’appelle l’annualité de la dette. compte tenu du volume de l’emprunt. Le total de la dette des institutions s’appelle la dette publique. Par exemple. 1. Les raisons de ces augmentations sont liées en partie seulement au plan de relance. le produit de l’impôt sur les sociétés devrait baisser d’environ 40% alors que d’un autre côté les allocations chômage devraient augmenter de 18%. On constate une augmentation des dépenses publiques et une diminution des ressources publiques : effet de ciseaux. En ce qui concerne la dette publique. il génère un coût. les collectivités locales et la sécurité sociale.9% en 2010. 58 . La conséquence est une difficulté à rembourser l’emprunt compte tenu des effets de la crise actuelle.20% en 2009 et devrait être de l’ordre de 8. Les 2/3 restant sont liés à l’effet de ciseaux. Pour 2010.laquelle chacun contribue à la réalisation de l’intérêt général en fonction de ses capacités. l’Espagne. LA REDUCTION DE LA DETTE PUBLIQUE  les déficits en zone euro On constate dans la zone euro un accroissement des déficits et de la dette publique. Le déficit public serait pour 2009 de 6. elle représentait 66% du PIB en 2007 et elle devrait représenter en 2010 84% du PIB. Ces intérêts sur emprunt s’ajoutent aux dépenses. en 2009. ce qui peut engendré un emprunt supplémentaire pour combler le déficit etc : effet boule de neige. Par ailleurs. Les résultats montrent que les niveaux de déficits et de dettes publiques atteints en 2009 et 2010 sont sans précédent depuis 50 ans. L ’AUGMENTATION DE LA DETTE PUBLIQUE Elle est un problème crucial aujourd’hui. SECTION 1. 2.

de 35 milliards d’euros. En fait il convient de nuancer cette critique et de se demander quelle est l’utilisation de l’argent emprunté et notamment s’il s’agit de dépenses permettant un développement futur de l’économie. En ce qui concerne la France. Ce dispositif fera l’objet d’une loi de finances rectificative pour 2010 qui devrait être présentée en conseil des ministres dans la 2nde moitié du mois de janvier. L ’EFFET D’EVICTION BUDGETAIRE 59 . .L’aliénation (= la vente) d’une partie du patrimoine publique. 2. le développement des PME (6. les moyens de réduction du déficit l’augmentation de la croissance économique : l’augmentation des ressources. Barro) : l’enseignement (11 milliards). les placements se dirigeraient plus volontiers vers les emprunts publics que vers les entreprises.5 milliards). Sera également créé un comité de surveillance des investissements financés par l’emprunt. 3. Les 22 milliards restant seraient dégagés par un appel aux marchés financiers (= prêteurs institutionnels). .5 milliards).Inscrire dans une loi constitutionnelle une limite du déficit. LES EFFETS NEGATIFS DE L ’EMPRUNT 1. LE REPORT DE LA DETTE SUR LES GENERATIONS FUTURES Cette critique date du 19e siècle. et destiné à financer ce qu’on appelle les dépenses d’avenir (cf école croissance endogène. SECTION 2. la recherche (8 milliards). . Il aura pour charge de suivre et d’évaluer le financement des projets d’investissements. l’engagement a été pris par le gouvernement (sous la pression de la communauté européenne) de réduire notre déficit de 1% du PIB chaque année à partir de 2011 (environ 20 milliards d’euros chaque année). Financé par remboursement de 13 milliards qui représente une somme prêtée par l’état aux banques pour réagir à la crise financière. L’exécution de l’emprunt sera faite par un commissaire général qui devra piloter cette exécution sous l’autorité du 1e ministre. 3.L’inflation qui permet de réduire le poids de la dette mais seulement si le taux d’intérêt n’augmente pas dans les mêmes proportions que le taux d’inflation. L ’EFFET D’EVICTION FINANCIERE On estime que l’attraction que produit les emprunts émis par l’état sur les épargnants est un obstacle à l’investissement dans les entreprises : les placements proposés par le secteur public sont particulièrement surs et cela provoquerait chez les épargnants un désintérêt pour l’achet de part dans les entreprises. LE GRAND EMPRUNT Il est national. les actions concernant le développement durable (5 milliards) et enfin le développement du numérique (4. Elle consiste à reprocher à l’emprunt de reporter à plus tard une augmentation de la fiscalité ou encore une diminution des dépenses publiques (pour rembourser l’emprunt). Ce comité sera composé par des parlementaires et des personnalités qualifiées (= experts). Autrement dit.

Autrement dit.On estime que l’emprunt fait par l’état ou les collectivités locales empêche. prend la place de certaines dépenses ou encore oblige à supprimer des dépenses car l’emprunt engendre le paiement d’intérêts et le remboursement du capital. L ’EFFET BOULE DE NEIGE Conclusion : la capacité d’emprunt risque d’être atteinte et la solution qui se profile pour les prochaines années risquent d’être une augmentation des ressources définitives. 4. c'est-à-dire des impôts. la dette se substitue à la réalisation d’autres dépenses. Pour session de janvier faire l’impasse sur : Dans la 1e partie : 1e sous partie Dans la 2e partie : chapitre 3 de la 3e sous partie Dans la 3e partie : chapitres 1 et 2 de la 1e sous partie Chapitre 1 de la 3e sous partie 60 . liée à une diminution des dépenses publiques et notamment des dépenses sociales.