la République française

Le mot république vient du latin res publica, qui signifie « la chose commune », « la chose publique ». Dans cette forme d’organisation politique, le pouvoir est exercé par le peuple par l’intermédiaire des représentants qu’il élit.

UNE FORME DE GOUVERNEMENT OÙ LE PEUPLE EST SOUVERAIN
En ce sens, la république s’oppose à la monarchie, dans laquelle le pouvoir appartient à un roi ou un empereur. Mais, de même qu’une monarchie peut être démocratique, une république n’est pas forcément démocratique. La république instaurée par Oliver Cromwell en Angleterre au XVIIe siècle, par exemple, était une dictature. La France a connu cinq républiques. Toutes ont été des régimes démocratiques. C’est pourquoi la tradition française a fortement tendance à mêler les deux notions.

UN SYSTÈME QUI S’IMPOSE TRÈS LENTEMENT EN FRANCE
La république apparaît en France trois ans après le début de la Révolution de 1789. En effet, les révolutionnaires français sont d’abord favorables au roi. Ils respectent le souverain et veulent instaurer une monarchie tempérée (par opposition à la monarchie absolue). Le mot « république » n’est prononcé qu’en 1791, après la fuite de Louis XVI et de sa famille, perçue par le peuple comme une trahison. La monarchie est abolie le 10 août 1792. La Ire République est proclamée au mois de septembre. Dès lors, et jusqu’en 1875, la lutte est impitoyable entre les partisans de la monarchie et les défenseurs de la république. La Ire République ne dure que sept ans, et la seconde est plus courte encore (1848-1852). Le Consulat et l’Empire (1799-1815), la Restauration des frères du roi (1815-1830) ou le second Empire

(1852-1870), sont de longs retours au système monarchique. Ce n’est donc que tardivement, en 1875, que la république s’impose en France comme forme de gouvernement.

Un idéal auquel adhèrent les citoyens et leurs élus
Dans une république, tous les membres de la nation (la collectivité) acceptent librement de s’associer au sein d’un espace public commun. Cet espace est régi par des lois. Ces lois s’appliquent à tous de manière égale. Les citoyens adhèrent à l’idéal républicain en se soumettant à ces lois. De même, les personnes qu’ils élisent doivent gouverner dans le souci du bien de tous : l’intérêt général doit passer avant les intérêts particuliers.

repères chronologiques
Début Fin Principaux apports La Constitution de 1791 consacre les principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Ire 1792 : chute de Louis 1799 : coup d'État de République XVI Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon Ier)

IIe 1848 : chute de République Louis-Philippe

1852 : coup d'État de L'esclavage est aboli (1848). Louis-Napoléon Bonaparte La devise « Liberté, (le futur Napoléon III) Égalité, Fraternité » est définie comme un principe de la République. 1940 : instauration de l'État français par le maréchal Pétain (gouvernement de collaboration avec l'Allemagne nazie) Les lois Ferry de 1879-1882 instaurent l'école gratuite, laïque et obligatoire. La loi de séparation de l'Église et de l'État (1905) instaure le principe de laïcité.

IIIe 1870 : chute de République Napoléon III

IVe 1946 : libération de la 1958 : instabilité et chute Le droit de vote est République France et du régime liée à la guerre étendu aux femmes renversement du d'Algérie (1944). gouvernement de Vichy Ve 1958 : le général de République Gaulle fait adopter une nouvelle Constitution La majorité est acquise à 18 ans (1974). La peine de mort est abolie (1981).

repères chronologiques
Début Fin Principaux apports

« LA FRANCE EST UNE RÉPUBLIQUE INDIVISIBLE, LAÏQUE, DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE »
La Constitution de 1958, qui régit la Ve République, affirme que « la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Ce sont les principes de la République française.

La République est indivisible
Ce principe insiste sur l’unité politique de la France et l’intégrité du territoire. Une région ne peut pas décider de se séparer du reste de la France. L’État a uniformisé le découpage administratif du pays dès la Révolution française, avec la création des départements, afin d’harmoniser l’application des lois. La loi est donc la même sur l’ensemble du territoire, pour tous et partout.

La République est laïque
Ce principe veut dire que l’État ne privilégie et n’aide financièrement aucune religion. Mais il garantit la liberté de religion : il garantit à chacun le droit de pratiquer sa religion, assure la liberté de conscience et prône la tolérance. Le principe de laïcité s’est imposé en 1905 avec la loi de séparation de l’Église et de l’État.

La République est démocratique
Le principe de la République française est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », ce qui veut dire que la souveraineté appartient au peuple. En pratique, celui-ci la délègue aux représentants qu’il élit. De ce grand principe hérité de la Révolution de 1789 et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen découle un certain nombre de règles :

– chaque citoyen peut voter librement (c’est le suffrage universel, égal et secret) ; – les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) sont séparés (c’est la séparation des pouvoirs) ; – les dirigeants politiques obéissent à la loi (c’est l’État de droit) ; – le gouvernement est détenu par des représentants élus à la majorité (c’est la règle de la majorité) ; – plusieurs partis politiques peuvent exposer librement leurs opinions (c’est le pluralisme politique) ; – les libertés fondamentales (liberté de conscience, d’expression, d’association, de la presse, etc.) sont garanties.

La République est sociale
Ce principe signifie que la République s’intéresse au bien-être de tous. Elle protège donc les plus démunis et tente de réduire les inégalités sociales. Cette volonté s’est d’abord traduite dans les faits par le droit à l’instruction : la IIIe République (1870-1940) instaure l’école publique obligatoire et gratuite, qui garantit l’égalité des chances. Mais c’est avec la Constitution de 1946 que la fraternité et la solidarité sont érigées en principes fondateurs de la République française. Progressivement sont mis en place des systèmes de protection sociale (sécurité sociale, hôpitaux publics, assurance chômage, allocations versées aux plus fragiles, etc.).

LA DEVISE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE EST « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ »
Les principes énoncés précédemment complètent les valeurs fondamentales exprimées par la devise de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité » (la devise est également inscrite dans la Constitution).

La liberté et l’égalité sont des droits de l’homme
Les deux premiers termes apparaissent sur les façades des édifices publics dès 1793, au début de la Ire République, ainsi que sur les

pièces de monnaie. Ce sont des droits de l’homme, reconnus dès la Déclaration de 1789. La liberté consiste à « pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». La notion d’égalité fait référence à l’égalité civique et politique de tous les citoyens : il s’agit de l’égalité devant la loi, de l’égalité des droits (et non de l’égalité économique ou sociale).

La fraternité est un devoir de l’État et des citoyens
Le terme fraternité est ajouté en 1848 par la IIe République. Cette notion est fondée sur l’idée de la dignité humaine. C’est sur ce devoir de fraternité que reposent les politiques de solidarité mises en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : la République se montre solidaire au niveau national (elle garantit l’accès aux soins pour tous, elle aide les chômeurs, les personnes âgées, etc.), mais aussi au niveau international (la France participe aux organisations internationales et coopère avec les pays pauvres).

LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE EST REPRÉSENTÉE PAR DES SYMBOLES
La devise est l’un des principaux symboles de la République, mais il en existe d’autres. Tous constituent un héritage de la Révolution de 1789. Dès 1789, en effet, les révolutionnaires sont pleinement conscients qu’ils sont en train d’édifier un monde nouveau. Pour diffuser leurs principes dans la population française, ainsi qu’à l’étranger, ils créent des symboles. Ces éléments concrets matérialisent l’attachement du peuple français à son régime politique. Ils servent aussi à renforcer le sentiment d’unité nationale. C’est pourquoi ils sont largement présents, non seulement sur tous les bâtiments publics, mais aussi lors des grands événements sportifs par exemple. Ces symboles sont le drapeau tricolore (l’emblème de la France), la Marseillaise (l’hymne national), le 14 juillet (la fête nationale) et l’effigie de Marianne (la personnification de la République française).

POUR ALLER PLUS LOIN

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