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les textes du Moyen Âge

Au Moyen Âge, même si le livre imprimé n’existe pas encore, les textes littéraires se développent dans une grande variété de formes : récit, poésie et théâtre. La langue romane, jusqu’alors utilisée seulement à l’oral, s’impose peu à peu à l’écrit et remplace le latin.

LES RÉCITS
Les récits du Moyen Âge, contrairement aux romans que nous connaissons aujourd’hui, sont des textes écrits en vers. Ils sont destinés à être chantés.

Les chansons de geste
Les guerres et croisades qui ont marqué le Moyen Âge sont la source des premiers récits. La description des événements se fait autour d’un héros dont l’auteur vante les « gestes » (c'est-à-dire les exploits). Le récit s’appuie sur des faits historiques et réels, mais qui remontent à plus de deux siècles auparavant ! Les auteurs embellissent la réalité pour donner plus de mérite à leur héros qui devient ainsi le symbole de la valeur guerrière du Moyen Âge chrétien. L’âge d’or de la chanson de geste se situe aux XIe et XIIe siècles. La plus célèbre est la Chanson de Roland. En plus de 4 000 vers, elle raconte le retour de Charlemagne de la guerre d’Espagne et la bataille de Roncevaux au cours de laquelle son neveu Roland meurt.

Le roman courtois
Dès la seconde moitié du XIIe siècle, les auteurs délaissent les récits historiques pour conter les aventures d’un chevalier fidèle à son seigneur et à sa Dame : c’est la naissance du roman courtois. Les mêmes thèmes (les chevaliers de la Table Ronde, la quête du Graal, les amours de Tristan et Iseut, etc.) sont repris par de nombreux auteurs tels que Chrétien de Troyes (Perceval, Lancelot). Le roman courtois accorde une grande place aux aventures, au merveilleux mais aussi à l’éducation et aux sentiments tels que l’amour,

l’honneur et la fidélité. Il se fait ainsi le représentant des valeurs défendues par la noblesse de l’époque.

Les récits satiriques
En réaction à cette littérature de la noblesse se développe une littérature plus populaire. Elle critique avec humour les valeurs courtoises. Le Roman de Renart, recueil de plusieurs textes écrits entre le XIIe et le XIIIe siècles, dépeint ainsi les hommes sous les traits d’animaux. On s’y moque des défauts des hommes et de la société dans laquelle ils vivent. De même les fabliaux, des contes courts écrits en vers, cherchent à faire rire en tournant en ridicule les faiblesses humaines. Ces genres connaissent un très vif succès en France, de la seconde moitié du XIIe siècle jusqu'au début du XIVe siècle.

LA POÉSIE
Troubadours dans le sud de la France puis trouvères dans le Nord chantent dans leurs poèmes les mêmes thèmes que ceux du roman courtois : exploits, amour et morale. De forme plutôt libre dans les premiers temps, la poésie répond peu à peu à des règles fixées par des poètes tels que Marie de France (XIIe siècle, Lais), Thibaud de Champagne (XIIIe siècle, Poésies du roi de Navarre) ou Guillaume de Machaut (XIVe siècle). Ainsi, on voit apparaître les lais, virelais, ballades, rondeaux, etc.

LE THÉÂTRE
D’abord représenté à l’intérieur des églises, le théâtre illustre des scènes de la Bible. Mais, à partir de 1210, les représentations sont interdites dans les églises. Le théâtre s’installe alors sur les parvis, devant les églises. On y représente des œuvres racontant la vie des saints et leurs miracles, d’où leur nom : miracle (le Miracle de Théophile, de Rutebeuf, en 1263) ou mystère. Peu à peu, l’aspect religieux laisse place à des scènes de la vie quotidienne. Du miracle, on passe à la farce qui met en scène des personnages naïfs, pas très intelligents, qui se font tromper par les uns et par les autres. La plus célèbre, la Farce de Maître Pathelin (anonyme), date du e XV siècle.