Chapitre : investissement, technique ,innovations

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Fiche 2 – Synthèse : Deux logiques opposées de l’investissement L’analyse néo-classique / L’analyse keynésienne

analyse néo-classique analyse keynesienne L’individu est naturellement un L’individu est rationnel, mais sa homo oeconomicus : rationalité est limitée : Conception • rationnel • l’individu imite les autres dans un de la nature • égoïste environnement incertain humaine (comportements moutonniers) Conception : • anhistorique • prise en compte de la dimension • asociale historique et sociale Le marché existe, c’est un marché • Keynes : « Il se peut que la de CPP qui vérifie les hypothèses : théorie classique décrive la manière dont nous aimerions que • transparence notre économie se comportât. • atomicité Mais supposer qu’elle se • homogénéité Conception comporte ainsi c’est supposer • mobilité des facteurs du toutes les difficultés résolues » • libre-circulation marché Les différents marchés (travail , bien , monnaie , capital ) sont interdépendants et assurent un retour à l’équilibre de plein emploi qui est stable dans le long terme , grâce à des capacités d’autorégulation ( les mouvements de prix ) Cadre du Microéconomique : l’équilibre raisonnemen résulte de l’agrégation des t comportements individuels ( cf A.Smith : la main invisible ) Conception l’avenir est connu avec certitude de l’avenir car les individus rationnels (HO) disposent de toutes les informations possibles leur permettant d’agir sur le marché • L’économie n’est pas constituée d’un ensemble de marchés interdépendants disposant de capacités d’autorégulation (rigidité des prix à court terme)

Macroéconomique : les grandes fonctions ou agrégats économiques s’imposent aux agents économiques le monde est dominé par l’incertitude face à l’avenir

les individus vont alors essayer de recourir à diverses techniques de réduction de l’incertain qui doivent conséquence les individus qui sont des homo leur permettre de réduire les risques s sur l’action oeconomicus rationnels et égoïstes d’erreurs quant aux décisions telles

des individus n’ont alors qu’à optimiser leurs l’investissement qui engage actions en fonction du cadre dans l’avenir .Mais la rationalité des lequel il se situe individus est limitée ; ils vont alors adopter des comportements moutonniers qui les conduisent à se conformer à l’opinion dominante ou à supposer que l’avenir est une simple répétition du présent . Il n’en demeure pas moins que le risque d’erreur est important. Dès lors, la monnaie ne se présente la détention de la monnaie va être que comme une technique qui déterminée par cette incertitude vispermet de faciliter les échanges par à-vis de la monnaie. En effet, la Raisons de la rapport au troc (motif d’encaisses- monnaie présentant l’intérêt, par détention de transactions) .La monnaie n’est définition, d’être totalement liquide, monnaie donc qu’un voile . l’individu va la détenir pour des raisons psychologiques : elle lui permet de se rassurer . Plus le risque d’erreur dans les calculs de l’individu sera fort, plus la détention de monnaie sera importante le taux d’intérêt dépend de la contrairement aux néo-classiques, la sphère réelle ; il a pour rôle d’inciter monnaie n’est pas seulement un à la renonciation à la voile, du fait de la préférence pour la consommation en rémunérant liquidité les individus vont détenir de l’épargne. Dans la logique néo- la monnaie pour elle-même, le rôle Définition et classique, il n’y a pas de du taux d’intérêt est alors de rôle du taux thésaurisation car les individus n’y compenser le coût psychologique d’intérêt auraient aucun intérêt, étant donné que l’individu subit quand il renonce que la monnaie n’est qu’un à la liquidité en opérant un intermédiaire des échanges et n’est placement. Keynes considère donc pas recherchée pour elle-même que, contrairement aux classiques, le taux d’intérêt n’agit pas dans la sphère réelle ( il n’opère pas la répartition du revenu entre consommation et épargne ) mais dans la sphère monétaire ( il répartit ce qui est détenu sous forme liquide et sous forme de placement )

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Fiche 3 -La loi de Say et sa remise en cause

L’opposition entre les néo-classiques et les keynésiens repose sur la possibilité ou non d’un équilibre entre offre et demande qui est basée sur une conception de la monnaie particulière

I-

Pour les néo-classiques, il n’ y a pas de problèmes de débouchés
1. Présentation de la loi de Say ou loi des débouchés ( rappel de première)

La loi de Say indique que l’offre crée sa propre demande et l’amène à son niveau.En effet, le niveau de production des entreprises est fixé sur le marché du travail en fonction du taux de salaire réel d’équilibre . Les entreprises vont donc réaliser une production qu’elles n’auront aucune difficulté à écouler puisque les revenus qu’elles auront distribués serviront à acquérir les biens qu’elles auront produits : • la partie du revenu qui sera consommée fournit directement des débouchés aux entreprises • la partie du revenu qui est épargnée fournit quant à elle des débouchés indirects Conséquences de la loi de Say : l’épargne est automatiquement investie : • On ne voit pas en effet pourquoi un ménage épargnerait s’il ne reçoit pas une rémunération sous forme d’intérêt, • on ne comprend pas pourquoi quelqu’un distribuerait une rémunération à l’épargnant s’il ne faisait pas une utilisation productive de l’épargne sous forme d’investissement Conclusion : La monnaie n’est donc qu’un voile, qui n’influence pas l’activité économique . Cela s’explique par la théorie quantitative de la monnaie Pour l’explication de J.B.Say , cliquez : ici

2. L a théorie quantitative de la monnaie ( rappel de première )
Postulat de base : La théorie quantitative de la monnaie considère que la monnaie est un voile qui n’a aucune influence sur le volume de la production , ni sur les taux d’intérêt réels qui sont déterminés par les facteurs réels de l’économie . En effet, si l’on pose : MV=PT sachant que : • M représente la masse monétaire en circulation • V la vitesse de circulation de la monnaie, c’est-à-dire le nombre de fois où M est utilisé dans les échanges ( V supposé constante à court terme ) , • P le niveau général des prix • T le niveau des transactions (qui dépend du niveau de production ) .

Que se passe-t-il si l’on augmente la masse monétaire en circulation ? - D’après les auteurs néo-classiques, ceci n ’aura aucun effet sur le niveau des transactions , cela se répercutera complètement dans une augmentation proportionnelle des prix . - Dès lors une politique d’expansion de la masse monétaire visant à augmenter la demande des ménages par distribution de revenus n’aura aucun effet sur la production - Elle engendrera certes une augmentation du salaire nominal, mais celle-ci étant compensée par l’augmentation des prix, le salaire réel demeure constant. - Cela n’aura pas non plus d’effet dans la répartition entre épargne et consommation .En effet, l’augmentation de la masse monétaire va engendrer une augmentation de l’inflation que les prêteurs de capitaux ont anticipé, s’ils ne sont pas victimes d’illusion monétaire. Ils vont réagir par une augmentation du taux d’intérêt nominal compensant l’augmentation des prix, le taux d’intérêt réel demeurant alors constant, ainsi que le niveau d’épargne souhaité par les agents.

3. Conclusion : la politique monétaire

Dans une perspective néo-classique, la seule chose que les autorités publiques ont à faire afin de favoriser l’accumulation du capital est d’intervenir le moins possible. En effet, le système s’autorégule : les entreprises n’ont aucune difficulté à trouver des débouchés (loi de Say ) . Si elles veulent accroître le niveau de leur investissement, il leur suffit d’accepter une augmentation du taux d’intérêt réel qui engendrera une augmentation du niveau d’épargne qui assurera l’équilibre du marché du capital.

II-

La critique keynésienne ( rappel première )
1. La remise en cause de la loi de Say

Selon Keynes, l’offre ne crée pas obligatoirement sa propre demande. En effet, le revenu se partage en 2 parties : - la consommation qui va être un débouché pour la production - l’épargne : selon Keynes toute l’épargne n’est pas investie car celle-ci est décomposée en 2 parties : • une partie est bien investie • une autre est thésaurisée, c’est-à-dire qu’elle est conservée sous forme monétaire Pour en savoir plus : ici Ainsi, le montant de la production est supérieur aux débouchés . Cela tient à la conception de la monnaie de Keynes qui s’oppose à celle des néo-classiques

2. La remise en cause de la théorie quantitative de la monnaie
- Selon les néo-classiques, les individus sont rationnels et ne sont pas victimes d’illusion monétaire : la demande de monnaie ne résulte que d’un seul motif :le motif de transaction : le besoin de monnaie pour la réalisation des échanges personnels et professionnels .L’individu est obligé de conserver une partie de son revenu sous forme monétaire entre le moment où il l’encaisse et celui où il le décaisse ( en réalisant un achat ) - Keynes en ajoute 2 autres : • le motif de précaution qui résulte d’un besoin de sécurité : l’individu va conserver une partie de ses ressources sous forme liquide, par exemple pour parer aux éventualités qui exigeraient une dépense imprévue. Selon Keynes, ces deux premiers motifs sont peu sensibles au taux d’intérêt. Par contre, leur montant varie en fonction du revenu des ménages • le motif de spéculation qui résulte directement de l’incertitude quant à l’avenir : selon Keynes, l’évolution future de la gamme des taux d’intérêt n’est pas connue aujourd’hui, elle n’est pas probabilisable. Chaque individu va alors essayer de profiter de ce qu’il considère être comme une meilleure connaissance du marché que celle dont fait preuve l’opinion générale .L’individu spécule .Le motif de spéculation, contrairement aux deux précédents va, lui être directement déterminé par le taux d’intérêt

Remarque : La détention de monnaie en raison du motif de spéculation sera d’autant plus forte que le taux d’intérêt sera faible Conclusion : Dès lors , le taux d’intérêt n’est plus une récompense de l’abstention de consommation opérant le partage du revenu entre consommation et épargne ; il sert à récompenser la nonthésaurisation , c’est-à-dire qu’à partir d’un niveau d’épargne déterminé par le niveau de revenu , le taux d’intérêt assure la répartition de l’épargne entre les placements en titres ( faible liquidité compensée par une rémunération : le taux d’intérêt ) et la conservation d’encaisses monétaires oisives ( forte liquidité , pas de rémunération ) Sur le site de C.Rodrigues, un diaporama (à partir de la diapo 55) sur la relation consommation/épargne chez les néoclassiques et Keynes et la loi de Say: ici Un article de D.Clerc sur la controverse de l’épargne chez les néo-classiques et Keynes : ici

3. Les conséquences sur la politique monétaire

- Ceci va avoir des répercussions sur la possibilité pour l’Etat politique monétaire

d’agir sur le taux d’intérêt par une

- En effet, puisque le taux d’intérêt assure la répartition entre épargne détenue sous forme monétaire et épargne détenue sous forme non monétaire, c’est une variable monétaire. - Une politique monétaire expansive par l’augmentation d’offre de monnaie par les autorités monétaires déterminera une chute du taux d’intérêt qui rendra les placements financiers moins attractifs et augmentera la détention de monnaie pour le motif de spéculation - La politique monétaire est alors une arme dont disposent les autorités pour sortir une économie de la crise dans laquelle elle peut se trouver, car même si elle n’influence pas le montant de l’épargne , elle va déterminer , en partie , la décision d’investissement des entreprises. Sur le site de l’Université de Paris 7, un article sur la loi de Say et sa remise en cause : ici

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Notions du référentiel : taux de rentabilité, taux d’intérêt, épargne , autofinancement , financement externe

Fiche 4 – La logique de l’offre : la prise en compte du rôle du profit et du taux d’intérêt

La logique libérale considère que les variables de l’offre financement de l’investissement

sont primordiales : elle regarde uniquement les modalités de

Introduction : les différents modes de financement (rappel première)
1. financement externe – financement interne
- le financement interne correspond à la situation où un agent économique, en particulier une

entreprise, finance l’achat de son capital par des ressources propres, c’est-à-dire par le recours à l’autofinancement .

-Mais généralement, celui-ci se révèle insuffisant pour assure le développement d’une société dans un contexte très concurrentiel. Dès lors, celle-ci est obligée de recourir à un financement externe qui peut prendre 2 formes: direct ou indirect

2. financement direct – financement indirect
- le financement direct (5 p 75) : consiste en une mise en rapport direct de l’emprunteur ayant une capacité de financement et du prêteur ayant un besoin de financement. Leur relation s’opère sur un marché régulé par le taux d’intérêt : l’agent économique ayant un besoin de financement émet un titre (action, obligation , bons du Trésor ) qui est acquis par un agent disposant d’une capacité de financement . C’est un financement direct, car la créance détenue par l’agent qui épargne est la contrepartie de la dette de celui qui emprunte - au contraire, le financement indirect (6 p 75) : correspond à l’intermédiation qui est la situation dans laquelle une institution financière collecte des ressources auprès de ceux qui ont des excédents au profit de ceux qui ont des déficits On dit qu’il y a intermédiation dans la mesure où la créance détenue par les agents (comptes bancaires, livrets ) est différente de la dette des agents à déficit , et ce d’autant plus , qu’une partie de l’intermédiation correspond à la capacité des banques à c réer de la monnaie , en accordant des crédits aux agents économiques sans collecte d’épargne préalable .

Sur le site de J.P.Simonnet, les différentes formes de financement : ici

I.

L’analyse néo-classique de l’investissement : la relation investissement – taux d’intérêt (8 p 62 )

Pour cette partie, on s’appuiera sur les connaissances issues des cours de première sur la monnaie et sur la régulation par le marché (loi de l’offre et de la demande), ainsi que sur la fiche du chapitre marché du travail.

1. les déterminants de l’offre de capital
Postulat de base : • L’offre de capital correspond à l’épargne : à revenu constant, une augmentation de l’effort d’épargne de la part des ménages nécessaire pour assurer l’accroissement des capacités de production requiert une réduction des dépenses de consommation. • Or selon les néo-classiques, les ménages sont caractérisés par la préférence pour le présent (time preference ) qui les conduit à déprécier le futur : un ménage préférera toujours consommer aujourd’hui plutôt que de reporter sa consommation dans le futur . • Pour que le ménage épargne, il faut qu’en contrepartie du coût psychologique que génère la renonciation à consommer aujourd’hui, ils reçoivent une rémunération qui leur permettra de consommer davantage demain • Cette rémunération est le taux d’intérêt réel ( les ménages n’étant pas victimes d’illusion monétaire ) . Conclusion : Ainsi, l’épargne est une fonction croissante du taux d’intérêt réel car pour que le ménage accepte de sacrifier une partie croissante de sa consommation d’aujourd’hui, il faut qu’il reçoive en dédommagement une rémunération croissante qui compense le coût psychologique de l’effort d’abstinence qu’il réalise

2. les déterminants de la demande de capital
Postulat de base : Les entreprises fixent la demande de capital en fonction d’une analyse coûtbénéfice (elles sont rationnelles) Elles comparent donc:

• ce que leur coûte une unité supplémentaire de capital, c’est-à-dire le taux d’intérêt réel , qu’elles doivent rembourser si elles empruntent , qu’elles perdent ( coût d’opportunité ) si elles ne placent pas leur capital sur le marché financier . • à ce que leur rapporte une unité supplémentaire de capital , c’est-à-dire la productivité marginale du capital . Sachant que les néo-classiques postulent l’existence de la loi des rendements décroissants, les entreprises ont une productivité marginale du capital décroissante quand le capital augmente . Conclusion : P.Delfaud peut en conclure : les entrepreneurs ne vont accroître leur investissement que si la rémunération du capital s’abaisse, la demande de biens capitaux est donc une fonction décroissante du taux d’intérêt réel

3. l’équilibre.
Détermination de l’équilibre : L’offre et la demande de capital sont déterminées par le taux d’intérêt réel - Offreurs et demandeurs de capitaux vont donc se rencontrer sur le marché des capitaux ; il en résultera un équilibre du marché du capital qui égalise l’offre et la demande de capital pour un taux d’intérêt réel d’équilibre. - Ce taux d’intérêt réel d’équilibre présente la caractéristique d’égaliser le taux de préférence pour le présent des ménages et la productivité marginale du capital des entreprises. Remarque : - Une fois que les ménages ont déterminé en fonction du taux d’intérêt réel leur niveau d’épargne, ils fixeront le niveau de consommation qui est un reliquat : la consommation = Revenu - Epargne. - les entreprises prennent leurs décisions d’investissement en fonction du seul taux d’intérêt réel car les néo-classiques postulent qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à écouler leur production. Ceci résulte de la loi de Say.. Conclusion : Dans une perspective néo-classique, la seule chose que les autorités publiques ont à faire afin de favoriser l’accumulation du capital est d’intervenir le moins possible. En effet, le système s’autorégule : les entreprises n’ont aucune difficulté à trouver des débouchés (loi de Say) . Si elles veulent accroître le niveau de leur investissement, il leur suffit d’accepter une augmentation du taux d’intérêt réel qui engendrera une augmentation du niveau d’épargne qui assurera l’équilibre du marché du capital. Sur éco dico, une vidéo sur la relation entre investissement et taux d’intérêt : ici Un rapport du Sénat de 2002 : l’analyse néo-classique : ici

II. La nécessaire prise en compte des déterminants financiers de l’investissement ( 9 p 60)
1. Le théorème de Schmidt
Dans les années 80, H.Schmidt, chancelier allemand met en évidence le rôle central du profit dans la décision d’investir : « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain » . Le profit joue sur l’investissement de 2 manières complémentaires : - il finance l’investissement : l’autofinancement est la forme de financement la moins coûteuse - il motive l’investissement : puisque investir assure du profit, investir davantage génère davantage de profit

2. La rentabilité de l’investissement (3 p 69-70)
Malinvaud écrit : « Toutes les études économétriques sur l’investissement ont montré que le facteur le plus manifeste était celui connu sous le nom d’accélérateur : quand la production a eu tendance à augmenter rapidement, les investissements se sont élevés . Cette influence est si bien établie aujourd’hui que l’identifier dans chaque étude économétrique nouvelle apparaît comme une indispensable première étape nécessaire à déblayer le terrain en vue de dégager le rôle des autres facteurs qui sont moins aisément apparents (...) Cependant les non-économistes , qu’ils s’agissent

d’hommes d’affaires ou de spécialistes de la gestion financière ont tendance , au contraire , à attribuer spontanément un grand rôle à la profitabilité. »

a. la rentabilité économique ( RE)(3 p 69)
L’ entreprise, dont la motivation essentielle est l’appât du gain et qui est rationnelle , va prendre en compte la rentabilité de l’investissement avant de le réaliser . - Elle va pour cela étudier la RE qui s’obtient de la façon suivante : VAB = EBE + MS +T où :
 EBE = Excédent Brut d’Exploitation MS : Masse Salariale (salaire et cotisations) T : Taxes indirectes prélevées par l’Etat sur les entreprises Donc : EBE = VAB - MS - T - La rentabilité économique brute va rapporter l’ EBE au stock de capital fixe détenu par l’entreprise ( K ) : EBE x 100 K - La REB sera donc d’autant plus importante que : • la productivité du capital (VAB / K) sera forte • que la répartition de la VA sera favorable à l’entreprise, c’est-à-dire que le taux de marge sera élevé : Taux de marge = EBE x 100 VAB - On peut aussi calculer une Rentabilité Economique Nette : REN = ENE/K où ENE = EBE - amortissement


La décomposition de la rentabilité économique : ici Celle-ci est l’indicateur le plus approprié, puisqu’elle calcule ce qu’on peut appeler le taux de profit net, c’est-à-dire la part de la VA qui reste à l’entreprise une fois qu’elle a payé les salaires, les taxes et l’amortissement du capital . Néanmoins la RE brute ou nette se révèle un indicateur insuffisant pour expliciter la prise de décision de l’entreprise. En effet, l’entreprise rapporte toujours le rendement de l’investissement ( RE ) à son coût ( le taux d’intérêt ) .La RE intéresse l’entrepreneur , par contre ce qui motive l’actionnaire est la rentabilité de son apport mesuré par la Rentabilité Financière . Sur le site de J.P.Simonnet,la relation entre taux de marge, taux de profit, Rentabilité économique : ici

b. La rentabilité financière ( RF ) ( 3 p 69 )
L’entreprise calcule alors une rentabilité financière qui prend en compte les facteurs financiers
RFB = EBE -iD K-D RFN = ENE - iD K-D

Où : • i : taux d’intérêt réel • D : dettes accumulées par l’entreprise, • K-D : fonds propres (FP) , c’est-à-dire le capital détenu en propriété par l’entreprise , résultant des apports successifs des actionnaires . On peut transformer la RF pour faire apparaître la RE : RFN = RE + D FP ( RE - i )

La RF sera fonction du signe de l’effet de levier : RE- i 2 cas peuvent alors être distingués :

si RE > i, alors on dit que l’effet de levier est positif, plus le levier ( D/FP) est élevé ( c’est-à-dire plus le degré d’endettement est fort ) , plus la RF sera importante . Dans ce cas-là, l’entreprise a intérêt à investir, à s’endetter si elle ne peut autofinancer la totalité de ses investissements. si RE< i, alors l’effet de levier est négatif, plus le levier est fort , plus la RF sera faible , l’entreprise n’a donc pas intérêt à investir en capital fixe , ni à s’endetter ; elle doit au contraire chercher à réduire son investissement en remboursant une partie de ses dettes par anticipation . L’entreprise préfère alors placer ses réserves sur le marché financier.

Remarque : Une période d’effet de levier élevé résultant de taux d’intérêt faible conduit les entreprises à accroître leur degré d’endettement. Ceci peut s’avérer, à terme, fort dangereux et se transformer en effet boomerang si les taux d’intérêt réels augmentent fortement, entraînant un effet de levier négatif Sur le site de J.P.Simonnet, l’effet de levier : ici

c. La profitabilité ( 3 p 70 )
Les entreprises s’intéressent, de plus en plus, à un indicateur qui leur permet de prendre en compte la dimension financière de leur investissement. C’est la profitabilité : RF – i La profitabilité correspond à l’écart existant entre le rendement du capital dans l’entreprise et le rendement moyen d’un placement financier. - si la profitabilité est négative, il est plus intéressant d’opérer des placements sur le marché financier que d’investir en capital fixe dans l’entreprise. - si elle est positive, il est plus intéressant d’effectuer un investissement Sur le site de J.P.Simonnet - le rôle des variables financières (profit, taux d’intérêt) sur l’investissement : ici la contrainte de rentabilité et la profitabilité : ici

Un rapport du Sénat de 2002 : le rentabilité et la profitabilité dans la détermination de l’investissement : ici

3. La détermination de l’investissement dépend de la comparaison profit-taux d’intérêt
L’entreprise, afin de déterminer son niveau d’investissement, va prendre en compte le taux d’intérêt et son taux de profit . On peut distinguer plusieurs cas : - si l’entreprise ne fait pas de profit ou a accumulé des profits insuffisants pour autofinancer ses investissements, elle va être obligée d’emprunter auprès des banques ou sur le marché obligataire ( sachant qu’une entreprise dont la rentabilité est faible aura du mal à augmenter son capital social par émission d’actions sur le marché financier afin d’obtenir des fonds supplémentaires ) . Le taux d’intérêt réel (taux d’intérêt nominal - taux d’inflation ) représente le coût de cet investissement que l’entreprise va comparer à ce que lui rapporte cet investissement ( la RE ) - si l’entreprise réalise des profits suffisants pour autofinancer ses investissements, encore faut-il que ce projet dégage le rendement le plus élevé, puisque l’entreprise peut soit investir en capital fixe, soit placer ses réserves sur le marché financier. Dès lors, l’entreprise va prendre en compte le taux d’intérêt réel qui représente le coût d’opportunité de l’investissement en capital fixe, c’est-à-dire ce que l’entreprise aurait gagné si elle avait placé ses capitaux sur le marché financier . Un dossier du Conseil d’Analyse économique : une étude sur la relation entre profit et investissement dans les entreprises cotées : ici

Chapitre : investissement, technique ,innovations

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Notions du référentiel :Demande anticipée

Fiche 5 – Le rôle de la demande dans l’investissement L’analyse keynésienne
Dans l’analyse keynésienne, demande et investissement sont reliés par le biais de 2 canaux : • la demande détermine l’investissement : c’est le modèle de l’accélérateur • l’investissement détermine la demande : c’est le modèle du multiplicateur

I. Les déterminants de l’investissement
1. La décision d’investissement des entreprises
L’apport de Keynes dans ce domaine est plus réduit Postulat de base : - selon Keynes la décision d’investissement des entreprises dépend de la comparaison entre l’efficacité marginale du capital (en terme moderne , on parlerait de productivité marginale du capital ) et du taux d’intérêt du marché qui dépend lui-même de la préférence pour la liquidité des ménages et du niveau de l’offre de monnaie fixée par l’Etat . L’entreprise investira si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt du marché. Répercussion des politiques monétaires : - On voit bien ici l’influence des autorités monétaires sur la décision des entreprises. Si l’efficacité marginale du capital est réduite, les entreprises n’investiront que si le taux d’intérêt est faible, les autorités monétaires doivent donc intervenir pour diminuer le taux d’intérêt en appliquant une politique monétaire expansive Conclusion : L’apport fondamental de Keynes ici est de montrer que : • l’investissement ne résulte pas d’une offre de capital préexistante, accumulée sous forme d’épargne, • mais qu’au contraire c’est l’investissement qui engendre en tant que composante de la demande, l’épargne.

2. La demande effective , cause de l’investissement : le modèle de l’accélérateur ( 2 p 67 ) a. Présentation du modèle
- Keynes, dans la théorie générale fait dépendre la décision d’investissement du rendement futur du capital investi, c’est-à-dire de son efficacité marginale. - Harrod , qui est un de ses proches collaborateurs va s’efforcer de montrer dans une perspective keynésienne que la demande solvable anticipée par les entreprises ( la demande effective ) va , à court terme , déterminer la mise en oeuvre d’un volume de production et d’emploi , à capital constant . -Dans le long terme la demande effective va influencer l’efficacité marginale du capital (elle sera d’autant plus importante que la demande anticipée sera forte car les machines ne demeureront pas inutilisées ) . Dès lors, la décision d’investissement de l’entreprise résulte à la fois : • de la comparaison entre l’efficacité marginale et le taux d’intérêt • des prévisions des entreprises sur l’évolution de la demande effective Pour voir la présentation mathématique de l’accélérateur : ici Un rapport du Sénat de 2002 présentant litérairement l’accélérateur : ici Sur le site de J.P.Simonnet, le mécanisme de l’accélérateur : ici Conclusion : - le modèle de l’accélérateur démontre donc que le niveau d’investissement des entreprises dépend, non pas du montant anticipé de la demande mais du montant des variations de la demande anticipée. - L’investissement s’élèvera donc tant que la demande augmentera : c’est à dire que la variation de la demande anticipée sera positive. . - A partir du moment où l’accroissement de la demande diminue (c’est-à-dire que la demande augmente moins vite , non pas qu’elle baisse ) alors l’investissement chutera . - Ce modèle montre aussi que le coefficient de capital étant supérieur à 1, les fluctuations de l’investissement sont supérieures aux fluctuations de la demande Sur le site de J.P.Simonnet, le rôle de la demande sur l’investissement : ici

b. Les politiques à mener
Dans ce contexte, les variations de la demande exercent un rôle essentiel : - une augmentation suffisante des salaires est essentielle pour que la demande solvable des ménages s’accroisse suffisamment pour maintenir l’incitation à investir des ménages : le partage de la valeur ajoutée ne doit pas être trop défavorable au travail : (2 p 63) - Mais, la demande est aussi influencée par la répartition du revenu des ménages entre consommation et épargne des ménages pour Keynes, l’épargne est « le vilain de la pièce » : une augmentation de l’épargne est néfaste - Or, ce sont les plus pauvres qui ont la propension à consommer la plus forte : il faut donc privilégier les plus pauvres. Quand le revenu des plus pauvres augmente, comme leur propension à consommer est forte, leur consommation augmente rapidement. La croissance de la demande effective génère alors une augmentation de l’investissement, d’après le modèle de l’accélérateur. Pour voir la démonstration de Keynes, cliquez ici : ici Conséquences :.Dans la logique keynésienne , ceci est inquiétant ; car plus le pays est aisé , plus le taux d’épargne des ménages va augmenter , ce qui va peser sur les perspectives de demande des entreprises et risque de réduire leur incitation à investir . Il apparaît alors souhaitable que les autorités publiques interviennent afin de soutenir la demande rendue défaillante par l’évolution de la consommation .Cette intervention est d’autant plus souhaitable qu’une augmentation de l’investissement va générer, pas le biais du multiplicateur une augmentation de la demande finale.

c. Les critiques à l’encontre du modèle de l’accélérateur

Le modèle de l’accélérateur repose sur des hypothèses très contraignantes et qui ne sont absolument pas réalistes : - Face à une augmentation de la demande, les entreprise peuvent préférer augmenter les prix pour avoir plus de profit plutôt qu’investir pour produire davantage Car ,contrairement aux hypothèses du modèle de l’accélérateur (et paradoxalement conformément aux affirmations de Keynes) , les incertitudes sont nombreuses , d’autant plus que l’on se situe dans une période de crise . Or , tout investissement comporte une grande part d’irrerversibilté : une fois que l’investissement est effectué , il sera très difficile de revenir en arrière. Dès lors , dans le contexte économique actuel , une augmentation de la demande anticipée ne se traduira par une augmentation de l’investissement que si elle est considérée par les entreprises comme étant réellement durable . En cas d’augmentation de la demande provisoire les entreprises préfèrent accroitre leurs prix plutôt que d’investir. dans le long terme le progrès technique génère une forte croissance de la productivité du capital (les nouvelles machines sont plus performantes), l’hypothèse de la constance de la productivité du capital valables dans le court terme n’est donc pas réaliste (Keynes ne s’intéresse qu’au court terme)

-

II. Les conséquences de l’investissement : le multiplicateur
1. La relation keynésienne entre épargne et investissement a. Rappel : la conception néo-classique de la relation épargne-investissement
Dans l’analyse néo-classique, l’épargne est un préalable qui détermine l’investissement. Ceci permet, en particulier, de justifier une répartition inégale des revenus. Les ménages aisés, pour pouvoir épargner, doivent disposer d’un revenu suffisant. Une redistribution en faveur des plus pauvres aurait pour effet de réduire l’incitation et la capacité d’épargne des ménages et donc les capacités de financement des investissements.

b. La conception keynésienne
Dans l’analyse keynésienne, la relation existant entre l’épargne et l’investissement est inversée par rapport à celle des néo-classiques :c’est l’investissement qui engendre l’épargne en accroissant le revenu par le phénomène du multiplicateur. En effet , comme l’écrit D.Clerc : « si ,d’une période à l’autre , le montant de l’investissement augmente , les revenus supplémentaires sont distribués , lesquels engendrent une demande nouvelle , laquelle ,à son tour , engendre des revenus aux bénéfices du producteur qui satisfont cette demande nouvelle , etc. . En d’autres termes , la circulation du revenu supplémentaire fait que la somme initialement mise dans le circuit au titre de l’investissement provoque une augmentation totale de la demande nettement plus élevée : c’est le mécanisme du multiplicateur d’investissement »

2. Présentation du modèle de multiplicateur
- Sous l’hypothèse d’économie fermée , quand la demande augmente , la production augmente de manière plus forte : Prenons pour exemple : une propension à consommer de 0, 8 et une augmentation initiale de la demande de 100 : Demande ↑ de 100 → production ↑ de 100→ Revenu ↑ de 100→ consommation ↑ de 80 → Demande ↑ de 80 → production ↑ de 80 → Revenu↑ de 80 → consommation ↑ de 64 ( 80 x 0,8 )→ Demande ↑ de 64 → production ↑ de 64 → Revenu ↑ de 64 → consommation ↑ de 51,2 → Peu à peu l’effet diminue puisque l’augmentation initiale s’est transformée en épargne - L’effet multiplicateur est d’autant plus fort que la propension à consommer est forte et donc que les fuites vers l’épargne sont faibles

Pour une présentation plus détaillée : ici

3. Les conséquences sur les politiques économiques

Toute la question est alors de savoir si dans une économie de marché, dans laquelle les décisions d’investissement relèvent des entreprises, il se trouvera toujours suffisamment d’entreprises pour renouveler l’apport initial d’investissement de période en période. On peut en douter, même dans le cas où l’es autorités monétaires mèneraient une politique monétaire expansive visant à diminuer le taux d’intérêt réel. Ceci conduit « Keynes, ce libéral éclairé, à aboutir à l’idée que, à l’avenir une assez large socialisation de l’investissement s’avérera le seul moyen d’assurer approximativement le plein emploi ». Keynes justifie ainsi le développement de l’intervention étatique, en démontrant que les capacités d’autorégulation du marché sont illusoires , et donc que seul l’Etat est capable d’assurer un équilibre de plein-emploi .

4. Les critiques à l’encontre du modèle du multiplicateur
Le modèle du multiplicateur n’est pas, comme Keynes le reconnaissait lui-même , adopté à toutes les situations - le modèle du multiplicateur ne semble pas adapté à la situation des PVD Mais même dans les PDEM le modèle du multiplicateur semble provoquer des effets pervers et ne semble plus adapté au contexte actuel . En effet, à l’époque à laquelle Keynes écrit son célèbre ouvrage : la théorie générale, • le taux d’ouverture des économies est réduit, généralement inférieur à 10 % . Les pays ne subissent donc pas de contraintes extérieures.
Rappel : taux d’ouverture d’une économie = (exportation + importations) x 100 2 PIB

Au contraire depuis le début des années 50 mais surtout depuis le début des années 80, avec la libéralisation des échanges internationaux les taux d’ouverture progressent rapidement et la contrainte extérieure « finit par jouer pleinement à partir des années 70 au moment précis où les pouvoirs publics auraient souhaité disposer de marges de manœuvre étendues pour faire face à l’augmentation simultanée de l’inflation et du chômage . (..)

Pour voir un exemple : la relance en France en 81-82 et son échec : un article du Monde du 18/02/2009 : ici
• Keynes ne niait pas ce fait puisqu’il écrivait dés l’entre deux guerres : « dans un système ouvert en relations commerciales avec l’étranger, le multiplicateur de l’investissement supplémentaire contribuera en partie à relever l’emploi dans les pays étrangers, puisqu’une partie de la consommation additionnelle réduira l’excédent de notre balance extérieure; aussi bien lorsqu’on considère l’effet d’un accroissement de l’investissement sur le seul emploi intérieur, en tant que distinct de l’emploi mondial, il faut réduire la pleine valeur du multiplicateur ». Il n’en reste pas moins que nombre d’économistes et de gouvernements considèrent aujourd’hui que le multiplicateur n’est plus d’actualité. Ceci traduit le retour d’une logique de l’offre qui se substituerait à la logique de la demande qui avait été dominante durant les trente Glorieuses. Le succès des modèles de la rentabilité économique, financière et de l’effet de levier en sont le meilleur signe.

Un article du Figaro du 29/08/2008 sur les difficultés de reprise de l’investissement : ici Sur le site de J.P.Simonnet, une présentation détaillée de l’analyse de Keynes : ici Sur le site de la prépa ECE1 du lycée Henry IV , un cours sur l’investissement (à partir de la page 7) : ici Un cours d’université de préparation au Capet sur Keynes: ici