NOTE D’OPPORTUNITES POUR L’UTILISATION DE L’ENERGIE THERMIQUE DES MERS ET LA VALORISATION DE L’EAU FROIDE PROFONDE A SAINTE ROSE

Filière : Energies de la Mer : Rédacteurs : ARER, Matthieu HOARAU, Chargé de mission Energies de la Mer, mhoarau@arer.org et Mélanie SALOMEZ, Stagiaire microalgues ARER, msalomez@arer.org Référent : Laurent GAUTRET, laurent.gautret@arer.org , Directeur technique Relecture : Matthias VINARD, Chef de projet hydrogène, mvinard@arer.org Secrétariat : Line RIVIERE, line.riviere@arer.org Date : Décembre 2008 – Juin 2009 Diffusion : Site web ARER Version n°1
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«Promouvoir la maîtrise de l’énergies et l’utilisation rationnelle des énergies renouvelables, et préserver les ressources l’énergies naturelles locale dans une perspective de développement durable et d’adaptation aux changements climatiques » Prenez contact avec notre équipe – Tél. 02 62 257 257

ARER - Agence Régionale Energie Réunion - Association loi 1901 à but non lucratif –Organisme de formation agréé Siège social : 40 avenue de Soweto * BP 226 * 97456 St-Pierre Cedex Tel : 0262 38 39 38 * Fax : 0262 96 86 91 * n° siret : 43928091800020

Membres de Droits 2009 de l’ARER

2009 Membre associé 2009 Les communes de Cilaos, Mamoudzou, Sainte-Marie, Petite-Ile, Saint-Denis, des Avirons, le SIDELEC, la SAPHIR, la Chambre Des Métiers et de l’Artisanat, SIDR, le Conservatoire Botanique des Mascarins, Sciences Réunion, EPSMR Partenaire associé ADEME

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier de nombreuses personnes et organismes pour le soutien technique qu’ils ont su apporter à l’ARER lors de la rédaction de cette note d’opportunités pour l’utilisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose. Ces remerciements s’adressent : Tout d’abord aux financeurs du projet, la Mairie de Sainte Rose, pour le soutien financier à cette étude pilotée par l’ARER. A la Région Réunion, pour son soutien à l’ARER pour le développement et la veille technologique sur la filière « énergies de la mer ». A l’équipe de l’ARVAM, partenaire de ce projet, avec M. Jean Pascal QUOD, M. Jean TURQUET, M. Harold CAMBERT et M. Jean Benoit NICET, qui ont conduit les prélèvements et les analyses de l’eau profonde au large de Sainte Rose. Ils ont apporté leurs expertises en rédigeant le rapport sur la caractérisation des masses d’eaux au large de Sainte Rose. A M. Bertrand AVICE, responsable du service aménagement de la Mairie de Sainte Rose, qui a permis l’étroite collaboration entre l’ARER et la Mairie de Sainte Rose. Au SHOM et à l’IFREMER, qui nous ont fournis les données bathymétriques de La Réunion dans le cadre de nos projets de R&D sur les énergies de la mer à La Réunion. A Frederick DAMBREVILLE, de la société FORMATIC, qui a participé à la réalisation des cartes bathymétriques électroniques et au soutien technique. A l’ensemble des personnes que nous oublions, internes ou externes à l’ARER, qui directement ou indirectement ont apporté des connaissances techniques pour la réalisation de ce projet. Par ailleurs, nous souhaitons remercier et féliciter, Monsieur le Maire de Sainte Rose, Monsieur Bruno MAMINDY PAJANY pour tous les efforts de la commune de Sainte Rose dans le domaine des énergies renouvelables, récompensés récemment par l’obtention d’une Marianne d’Or sur ce thème.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

INTRODUCTION
Située sur la côte Est de La Réunion, la commune de Sainte Rose s’étend sur 17 830 hectares et possède 25 km de littoral. Son territoire se partage avec environ 14 500 hectares d’espaces naturels, environ 3000 hectares d’espaces à vocation agricole et 216 hectares d’espace urbanisé.

Figure 1 : Carte de La Réunion avec situation de Sainte Rose
Sainte Rose possède de réels atouts touristiques de par son environnement naturel exceptionnel, fondé sur le volcanisme actif, des topographies de forte pentes, une pluviométrie abondante et un patrimoine faunistique et floristique marqué par un fort taux d’endémisme. Habitée par 6680 personnes réparties sur 5 grands quartiers, Sainte Rose compte environ 150 entreprises et un taux de chômage en 2007 d’environ 43%. Depuis les années 80, Sainte Rose est un des piliers en termes de production d’énergie pour La Réunion. En 1984, La Réunion était autosuffisante en énergie électrique grâce à l’hydroélectricité, et ce en partie grâce à la centrale de 67 MW de la Rivière de l’Est. En 2005, la première ferme éolienne réunionnaise y a aussi été mise en route. Aujourd’hui, la plus grande ferme photovoltaïque d’Europe d’une puissance de 10 MWc est en construction pour un raccordement au réseau électrique en 2010. Fort de ses atouts naturels, Sainte Rose a su s’inscrire dans une réelle politique de développement durable à travers le développement des énergies renouvelables, pas encore toutes exploitées. La géothermie, l’Energie Thermique des Mers (ETM) et la valorisation énergétique des microalgues pourraient à l’avenir être des piliers pour un retour de La Réunion en 2025 vers son autonomie énergétique.
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Au début de l’année 2009, Sainte Rose a été récompensée de ses efforts par l’obtention de la « Marianne d’or du développement durable et des énergies renouvelables ». Aujourd’hui, ses actions continuent avec la sensibilisation de la population au développement durable et des études sur des énergies innovantes, telles que les microalgues, la biomasse terrestre, l’Energie Thermique des Mers et l’énergie osmotique. Dans le cadre d’une convention de partenariat avec l’ARER, la ville de Sainte Rose a soutenu financièrement un travail piloté par l’ARER sur l’opportunité de développer l’Energie Thermique des Mers et l’énergie Osmotique à Sainte Rose. Ce document se concentre uniquement sur le développement de l’ETM à Sainte Rose. Les raisons de restreindre le champ d’une telle étude sont les suivantes : L’ARER a mené depuis 2002 auprès de La Région Réunion un travail de veille sur les filières technologiques des Energies Renouvelables Marines (ERM). Parmi celles-ci une sous filière « Energie Thermique des mers » (ETM) est apparue pertinente à La Réunion, et à priori valorisable le long des côtes de Sainte-Rose. L’ETM est décrite à moyen et long terme comme potentiellement le « nucléaire des zones intertropicales » (production de base, c'est-à-dire produire de l’énergie 24h/24h). La Réunion est dans une phase d’expérimentation (projet national GERRI) des énergies du futur. L’ETM on-shore (sur terre) nécessite des déclivités sous-marines prononcées. Sainte Rose possède les meilleurs tombants de La Réunion (cf. Figure 2). L’ETM nécessite la présence à terre si possible d’une zone de développement économique, permettant de valoriser les produits dérivés de l’utilisation de l’eau froide sous marine. Hawaï est une île à la morphologie similaire à La Réunion et exploite ces ressources en générant 3 milliards de dollars de CA/an. La montée du prix du Baril de pétrole fait que les projets ETM peuvent apparaître désormais comme viables économiquement, même en production pure d’énergie.

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Figure 2 : Sites potentiels pour l’implantation de l’ETM on shore à La Réunion (Source ARER, Mapinfo, données SHOM)
Le contenu de cette étude a été organisé comme suit : Une mission de prélèvement en mer d’eau froide profonde et d’analyse des paramètres physico-chimiques de cette eau en lien avec les utilisations économiques possibles. Une note d’opportunité sur le développement à Sainte Rose de l’Energie E Thermique des Mers (ETM et des technologies marines associées à la ETM) ETM valorisation de l’Eau Froide Profonde (EFP ou en anglais DOW : Deep Ocean E EFP Water).

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Cette eau froide profonde pourrait être utilisée dans des Activités liées à l’Eau E AEFP, Froide Profonde (AEFP en anglais DOWA : Deep Ocean Water Applications) telles AEFP que : - La production d’eau potable, - La production d’électricité, - L’irrigation d’espaces verts ou pour l’agriculture, - L’aquaculture, - La culture d’algues, - … Après une description de l’ETM, de chacune des activités et de la situation de la ville de Sainte Rose, ce document traitera des réelles opportunités de développement pour l’ETM et la valorisation de l’EFP avec en annexe une caractérisation des masses d’eau au large de Sainte Rose.
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TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS 2 INTRODUCTION 3 TABLE DES MATIERES 6 TABLE DES ILLUSTRATIONS 7 I - Qu’est ce que l’Energie Thermique des Mers ? 10 I - 1 L'alimentation en eau 11 I - 2 L'infrastructure 12 I - 3 Coût de l’ETM 13 I - 4 Impact environnemental de l’ETM 15 II - Analyse de la ressource en eau froide profonde au large de la commune de Sainte Rose 17 II - 1 Mission de prélèvement d’eau froide profonde 17 II-1.1 Description du matériel utilisé 18 II-1.2 Principe de fonctionnement du matériel 18 II - 2 Rapport d’analyses de l’ARVAM 19 III - Accès à la ressource en eau froide profonde 20 III - 1 Bathymétrie des côtes de la ville de Sainte Rose 20 III - 2 Géologie du fond marin 24 La figure précédente est une représentation en 3 dimensions de l’ensemble des structures géologiques de l’Est de La Réunion et en face de Sainte Rose. Il y apparaît clairement la zone de sédimentation Est, issue en partie de l’influence de la Rivière de l’Est. 27 III - 3 Nombre de tuyaux nécessaires 28 III - 4 Choix de l’atterrage 29 III - 5 Développement de l’ETM offshore 31 IV - Production d’électricité grâce à l’Energie Thermique des Mers 33 IV - 1 ETM simple 33 IV-1.1 Etats des lieux de la technologie pour la production d’électricité 33 IV-1.2 Principe de fonctionnement pour la production d’électricité d’une centrale ETM 36 IV-1.3 Choix du principe de fonctionnement 38 IV - 2 Température de l’eau 38 IV-2.1 Profil de température (thermocline) au large de Sainte Rose 38 IV-2.2 Température de l’eau de surface 39 IV - 3 Dimensionnement de la centrale ETM 44 V - Climatisation par de l’eau froide sous- marine (Sea Water Air Conditioning) 47 V - 1 Etats des lieux de la technologie 47 V - 2 Besoins en froid à Sainte Rose 48 V - 3 Agriculture 49 V-3.1 Etats des lieux de la technologie 49 V-3.2 Irrigation par condensation de l’eau sur les tuyaux d’eau froide à Sainte Rose 50 VI - Activités liées à l’utilisation de l’Eau Froide Profonde (AEFP) 51 VI - 1 Aquaculture, culture d’algues et mariculture 51 VI-1.1 Etats des lieux de la technologie 51 VI-1.2 L’aquaculture, la mariculture et la culture d’algues à Sainte Rose 55 VI - 2 Thalassothérapie 65 VI-2.1 Etats des lieux de la thalassothérapie 65 VI-2.2 La thalassothérapie à Sainte Rose 66
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VI - 3 Production d’eau douce 67 VI-3.1 Etats des lieux de la technologie 67 VI-3.2 Eau potable à Sainte Rose 68 VI - 4 Production d’eau minérale à forte valeur ajoutée 69 VI-4.1 Etats des lieux de la technologie 69 VII - Etude technique et financière globale d’un projet d’utilisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose 71 VII - 1 Coût d’installation du pipe 71 VII - 2 Coût de la centrale ETM on-shore de 3MW 72 VII - 3 Solaire photovoltaïque équivalent à l’ETM 73 VII - 4 Production d’eau minérale 73 VII - 5 Défiscalisation et les plans PRERURE/GERRI 74 VII - 6 Retour sur investissement 74 VIII - Conclusions 77 IX - Orientation de la valorisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose 79 X - Bibliographie référence 80 1. Renewable Energy from the Ocean - A Guide to OTEC 80 2. Ocean Thermal Energy Conversion 80 3. OTEC Océanothermie 80 4. Energie Thermique des Mers. Le Programme français jusqu’au milieu des années 80, (Le projet ETM 5MW Tahiti) 80 5. Les déstabilisations de flanc des volcans de l’Île de La Réunion (Océan Indien): Mise en évidence, implications et origines 80 6. OTEC TEMP 80 7. Sea water district cooling feasibility analysis for the state of Hawaii 80 8. Données Bathymétriques de l’île de La Réunion pour les profondeurs allant de 0 à 300 m 80 9. Données Bathymétriques de l’île de La Réunion pour les profondeurs allant de 300m à 1000m ou plus. 80 10. Données SIG de la DIREN table Morphocote du dossier Morphologielittoral 80 11. A Ten-year Period of Daily Sea Surface Temperature at a Coastal Station in Reunion Island, Indian Ocean (July 1993 – April 2004): Patterns of Variability and Biological Responses, François Conand, Francis Marsac, Emmanuel Tessier & Chantal Conand. University of La Reunion, Marine Ecology Laboratory. 80 12. The state of world fisheries and aquaculture (2008) -FAO 81 13. Descriptif des espèces pouvant présenter un intérêt pour la filière aquacole des États et Territoires insulaires océaniens , Worldfish center 81 14. Aquaculture insulaire et tropicale, Denis Lacroix et Jacques Fuchs - Ifremer 81 15. Aquaculture en milieu tropical, aquacop - Ifremer 81 MENTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE 82 GLOSSAIRE 83

TABLE DES ILLUSTRATIONS
Figure 1 : Carte de La Réunion avec situation de Sainte Rose .................................................. 3 Figure 2 : Sites potentiels pour l’implantation de l’ETM à La Réunion.................................... 5 Figure 3: Thermocline typique en milieu intertropical ............................................................ 10 Figure 4: Photo d’une station de pompage à Hawaï................................................................. 11 Figure 5 : Photo d’un tuyau de 1,5m de diamètre ancré sur le fond marin .............................. 12
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Figure 6 : Photo sous marine de la conduite (40cm de diamètre, de l’hôtel de luxe à BoraBora, lestée sur le fond à 45 m de profondeur, pompant de l’eau à 5,5°C à 900m de fond.... 13 Figure 7 : Sagar Shakti, centrale ETM d’1MW née de la coopération Indo-Japonaise ........... 14 Figure 8: Plan d’échantillonnage des eaux profondes au large du port de la commune de Sainte Rose (Carte maritime du Shom).................................................................................... 17 Figure 9 : Photos du bateau et de la sonde utilisés pour les prélèvements............................... 17 Figure 10: Photos de la sonde Andeera et de la bouteille Niskin............................................. 18 Figure 11 : Bathymétrie des côtes de la ville de Sainte Rose (source : ARER, 2008)............. 21 Figure 12 : Comparaison des profils bathymétriques de Sainte Rose à différents sites d’intérêt pour l’ETM (Sources : références 11, 12 & 30)....................................................................... 22 Figure 13 : Tableau comparatif de la longueur des tuyaux en fonction du point d’atterrage .. 23 Figure 14 : Carte géologique de La Réunion (Thèse de doctorat de Mr. OEHLER de l’université de Clermont-Ferrand) cf. X, Référence 6............................................................. 24 Figure 15 : Photographie légendée des atterrages de Bonne Espérance et de la Marina/port de Sainte Rose............................................................................................................................... 25 Figure 16 : Photographie du type d’atterrage........................................................................... 26 Figure 17 : Photographie satellite de la ville de Sainte Rose et représentation des différents points d’atterrage pour l’ETM on-shore (Source : Carte IGN, Géoportail IGN)..................... 26 Figure 18 : Représentation en 3 dimensions des structures géologiques de l’Est de La Réunion et en face de Sainte Rose (source : thèse OEHLER, référence X - 5 )..................................... 27 Figure 19 : Nombre de tuyaux nécessaires selon la puissance de la centrale ETM ................. 28 Figure 20 : Carte IGN de la ville de Sainte Rose (source : Géoportail de l’IGN) ................... 30 Figure 21 : Vue du démonstrateur ETM développé par DCNS et la Région Réunion (Source DCNS, Juin 2009) .................................................................................................................... 31 Figure 22 : Représentation de la zone d’ETM offshore en face de Sainte Rose (Source : ARER, 2009)............................................................................................................................ 32 Figure 23 : Usine ETM flottante " La Tunisie, réalisation de G. Claude pour la vente de glace, Brésil 1935 ..................................................................................................................... 34 Figure 24 : Schéma de fonctionnement d’une centrale ETM en cycle fermé .......................... 36 Figure 25 : Schéma de fonctionnement d’une centrale OTEC à cycle ouvert ......................... 37 Figure 26 : Comparaison de la thermocline de Sainte Rose à d’autres sites mondiaux........... 39 Figure 27 : Graphe des températures au large de Sainte Rose (Rivière de l’Est) et de la température moyenne au Port aux mois correspondants (Source : Université et DIREN, RNO) .................................................................................................................................................. 40 Figure 28 : Graphe des températures moyennes mensuelles de 1993 à 2004 de l’eau de surface (Source des données : article François CONAND de l’Université de La Réunion, cf. X - 11)41 Figure 29 : Variation de température de l’eau de surface au Port durant une journée hivernale à La Réunion (graphe A) .......................................................................................................... 42 Figure 30 : Variation de la température de l’eau de surface lors du passage du cyclone Dina (graphe B)................................................................................................................................. 42 Figure 31 : Variation de la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide profonde à Sainte Rose .................................................................................................. 43 Figure 32 : Variation de la différence de température disponible à Sainte Rose durant une année......................................................................................................................................... 43 Figure 33 : Variation de la puissance et de la production d’une centrale ETM (de 3 MW nette) optimisée et d’une autre non optimisée en fonction de la variation de la différence de température entre l’eau de surface et l’eau profonde (Source : ARER)................................... 45 Figure 34 : Variation de la puissance de la centrale ETM selon l’optimisation de celle-ci ou pas............................................................................................................................................. 46 Figure 35 : Principe de fonctionnement de la climatisation sous-marine (SWAC) (référence 13)............................................................................................................................................. 47 Figure 36 : Photos extérieure et intérieure de la station d’échange de l’Université de Cornell (référence 13) ........................................................................................................................... 48
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Figure 37 : Expérience sur les plants de papaye irrigués de façons différentes....................... 50 Figure 38 : Photo des sites d’aquaculture et de culture d’algues du NELHA (source : NELHA Hawaï) ...................................................................................................................................... 52 Figure 39 : Tableau comparatif de la composition de l’eau froide profonde (-1000 m et -1600 m) avec celle de l’eau de surface à Sainte Rose....................................................................... 52 Figure 40 : Photos de quelques espèces élevées en aquaculture au Nelha à Hawaï (référence 28)............................................................................................................................................. 53 Figure 41 : Cultures d’algues dans des sacs plastiques et schéma de principe de l’alimentation des algues avec du CO2 provenant d’une centrale thermique.................................................. 54 Figure 42 : Espèces présentant un potentiel de développement en aquaculture avec l’utilisation de l’eau froide profonde........................................................................................ 55 Figure 43 : Elevage de crevettes marines (pénéides) et de crevettes d’eau douce (macrobrachium) à Tahiti......................................................................................................... 59 Figure 44 : Culture des microalgues en bassin (open-pounds) ou en photobioréacteurs (PBR) .................................................................................................................................................. 60 Figure 45 : Graphes des moyennes mensuelles d’ensoleillement, de température, et de pluviométrie à Sainte Rose (Source ARER, données météo de Sainte Rose).......................... 61 Figure 46 : Représentation des zones potentielles pour le développement de l’aquaculture et la culture d’algues (Source ARER).............................................................................................. 63 Figure 47 : Plan Local d’Urbanisation de Sainte Rose concernant les atterrages 1, 2 et 3 (Bonne Espérance, Marina et ville) (Source : Ville de Sainte Rose) ....................................... 64 Figure 48 : Plan Local d’Urbanisation de Sainte Rose concernant l’atterrage 4 de la Pointe Corail (Source : Ville de Sainte Rose) ..................................................................................... 64 Figure 49 : Photo de l’hôtel réalisant de la thalassothérapie avec de l’eau froide profonde à Bora-Bora ................................................................................................................................. 65 Figure 50 : Photographies d’un hôtel de luxe « vert » et d’un centre de thalassothérapie....... 66 Figure 51 : Principe du dessalement grâce au gradient thermique des Mers (cycle ouvert ETM) ........................................................................................................................................ 67 Figure 52 : Bouteilles d’eau exportées ..................................................................................... 69 Figure 53 : Tableau comparatif de l’eau froide profonde de Sainte Rose à celle d’Hawaï...... 70 Figure 54 : Tableau prévisionnel du chiffre d’affaire généré par la revente d’eau profonde minérale .................................................................................................................................... 70 Figure 55 : Conduite d’Eau Froide Assemblée ........................................................................ 71 Figure 56 : Tableau de synthèse des hypothèses...................................................................... 72 Figure 57 : Flux monétaire cumulé de l’ETM et de la centrale PV équivalente...................... 75

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I - Qu’est ce que l’Energie Thermique des Mers ?
L'océan tropical est un vaste capteur d'énergie solaire et ses eaux de surface constituent un immense réservoir de chaleur. La circulation océanique qui contribue, avec la circulation atmosphérique, à l'apport de chaleur, depuis les régions tropicales vers les pôles, et à l'établissement des climats, crée une stratification relativement stable entre l'eau de surface, chauffée par le soleil, et l'eau profonde, froide en provenance des régions polaires. Dans toute la région intertropicale la température de l'eau descend régulièrement jusqu'à 4 - 5° C à 1000 mètres de profondeur, alors qu'à la surface elle est souvent supérieure à 20° C, (voir figure d’une thermocline typique ci-contre).

Figure 3: Thermocline typique en milieu intertropical
L'idée d'exploiter ce phénomène naturel pour produire de l'énergie est née en France, au 19e siècle. Plusieurs procédés ont été expérimentés. Ils sont fondés sur le principe thermodynamique selon lequel il est possible d'obtenir du travail mécanique à partir d'un transfert de chaleur entre deux sources à températures différentes. Cette ressource en énergie thermique et les procédés pour sa conversion en énergie mécanique utilisable par l'homme sont connus sous le nom d'" Energie Thermique des Mers " (ETM) ou " Ocean Thermal Energy Conversion " (OTEC en anglais). La ressource est abondante, stable, disponible 24 heures sur 24, tous les jours de l'année, et largement distribuée et facile d'accès pour de nombreux pays situés dans la ceinture intertropicale. Dans un futur plus ou moins proche, l’ETM servirait avant toute chose à la production d’énergie. Les avantages de cette technologie sont les « résidus » de cette technologie, de l’eau douce et de l’eau de mer profonde avec de fortes teneurs en nutriments. Avant de pouvoir penser uniquement à la production d’électricité via des grosses centrales, il faut rentabiliser les premières installations d’ETM on-shore avec un consortium d’activités annexes. Dans cette optique, le NELHA (Natural
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Energy Laboratory of Hawaii Authority), situé à Hawaï, s’est spécialisé dans l’utilisation de cette eau de mer profonde en formant un incubateur d’entreprises, et aujourd’hui elles deviennent très rentables. Cette ressource en eau profonde peut être utilisée pour développer des activités telles que la climatisation industrielle, l’aquaculture, l’agriculture, la végétalisation d’espace urbain, la production d’eau douce (à forte valeur ajoutée) pour l’export, la fabrication de produits cosmétiques…

I - 1 L'alimentation en eau Le faible différentiel de température disponible (à peine supérieur à 20° C) limite le rendement de la conversion à des valeurs très faibles. Pour assurer une puissance ETM de 1 MW net, il faut alimenter l'usine avec des débits de l'ordre de 2 à 3 m3 s-1, et ce, tant en eau chaude qu'en eau froide. La viabilité de cette technologie était controversée puisqu’il était pensé que la puissance de pompage de l’eau froide aurait été plus importante que l’énergie produite par l’usine ETM.

Figure 4: Photo d’une station de pompage à Hawaï
Les premiers travaux expérimentaux ont démontré que le pompage de l'eau froide n’utilisait pas à lui seul plus d'énergie que l'usine ne pourrait en produire. La réalité, démontrée expérimentalement, est que la puissance dite « parasite » de l'ensemble des « auxiliaires » nécessaires au fonctionnement peut être limitée à moins de 30% de la puissance brute produite, avec une part de l'ordre de 20% pour le seul pompage de l'eau froide (cf. X, référence 1, 2 &3). Ces performances sont le résultat d'une optimisation complexe entre de nombreux paramètres, dont le plus influent est le diamètre de la conduite. Il s'avère, en effet, que la réduction des pertes de charge s’accompagne de l'obligation d'opter pour des conduites de grands diamètres. La plus importante réalisation reste encore celle faite dans les années 1930 pour l'usine ETM « La Tunisie » à cycle ouvert flottante de 2,2 MW net. La tuyauterie pour l'alimentation, à raison de 5 m3.s-1, en eau froide à 5°, avait un diamètre de 2,5 m et était longue de 700 m. Elle était faite de tronçons en tôle d'acier roulée de 3 mm d'épaisseur. Les réalisations récentes, toutes de petites tailles (Nelha, Bora-Bora), utilisent des tuyaux en PEHD (Polyéthylène Haute Densité), qui sont disponibles sur le marché jusqu'à 1,5 m de diamètre. Pour la réalisation d'usines ETM de 100 MW et plus, les
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promoteurs étudient l'utilisation de plastiques armés ou de bétons allégés pour la construction de conduites de 15 à plus de 30 m de diamètre. Sans penser uniquement à la production d’électricité et en diversifiant les activités, il serait possible de pomper l’eau à des profondeurs moindres, pour développer les coproduits (aquaculture, production d’eau à forte valeur ajoutée, air conditionné). D’autant plus que le couplage à des centrales thermiques pourrait être autrement plus bénéfique sur le gradient thermique et ainsi limiterait aussi la profondeur de pompage.

Figure 5 : Photo d’un tuyau de 1,5m de diamètre ancré sur le fond marin

I - 2 L'infrastructure L’infrastructure dépend essentiellement du site choisi pour implanter l'usine. La théorie autoriserait d'implanter l'usine à n'importe quelle profondeur entre la source chaude et la source froide mais toutes les réalisations ont jusqu'à ce jour opté pour des infrastructures en surface construites sur la côte (on-shore), ou sur des supports flottants en mer (off-shore), plus ou moins profonde. L'avantage de l'installation en mer profonde (offshore), à l'aplomb de la ressource en eau froide, est de minimiser la longueur de la tuyauterie alors verticale et donc le coût et les pertes de charges. Son inconvénient est de compliquer le transfert de la production énergétique vers les lieux de consommation. A contrario, l'implantation à terre facilite ce transfert, mais oblige à allonger la conduite - alors forcément plus ou moins inclinée - pour accéder à la ressource froide, et à résoudre des problèmes toujours difficiles d' « atterrage ». L’un des défis technologiques réside dans l’implantation de ce tuyau, qui descend à plusieurs centaines de mètres pour pomper de l’eau froide. La pose de ce tuyau représente une grande partie de l’investissement.

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Figure 6 : Photo sous marine de la conduite (40cm de diamètre, de l’hôtel de luxe à Bora-Bora, lestée sur le fond à 45 m de profondeur, pompant de l’eau à 5,5°C à 900m de fond

I - 3 Coût de l’ETM L'ETM est une forme d'énergie de faible densité, comme le sont en général les énergies renouvelables, son exploitation requiert la construction d'installations lourdes en investissements. Des études (pour la plupart américaines, cf. X, références 1&2) donnent des estimations de coûts d'investissement et de production pour des usines ETM flottantes jusqu'à 100 MW. Ils varient dans des fourchettes très larges, de 3€ à 16€/W pour la construction et de 5,4 à 17 c€/kWh pour le fonctionnement, selon les distances à la côte, de 10 km à 400 km. Ces estimations reposent sur l'extrapolation de données expérimentales à des échelles de temps et de puissance, de l'ordre de quelques mois et quelques centaines de kW seulement. De 1990 à 2006, elles n’étaient pas jugées comme suffisamment crédibles ni suffisamment attrayantes au prix du marché de l'énergie traditionnelle, pour attirer des investisseurs privés. Mais l’augmentation du prix du baril à 130$, en 2008, a mis de nouveau cette technologie sur le devant de la scène. Elle représente pour les territoires de la zone intertropicale, l’avenir en termes d’autonomie énergétique et d’indépendance énergétique vis-à-vis de l’énergie fossile. Bien que le prix du baril de Brent ait connu une baisse significative au début de l’année 2009, les efforts continuent pour développer l’ETM afin de limiter l’impact de la future flambée du prix du pétrole. Il y a quelques années, on pensait qu’un programme de construction d'usines pilotes de 1 à 10 MW électriques apporterait une réponse à ce besoin d'expériences ETM à échelles intermédiaires tout en contribuant au développement de petites communautés insulaires particulièrement isolées, où le prix de l'énergie produite souvent par des petites centrales diesels-électriques est très élevé. Ce qui est le cas de nombreuses îles polynésiennes et de l’Île de la Réunion. C'est dans cette perspective que la France avait entrepris au début de la décennie 1980, l'étude d'une centrale électrique ETM à Tahiti de 5 MW. Le projet a été abandonné en 1986.
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A l’état d’étude « papiers », des projets industriels « peu développés » existent pour des centrales à ammoniac en cycle fermé (jusqu'à des puissances de 100 MW), ceux des centrales à cycle ouvert (définition cycle ouvert et fermé, cf. IV.1.2) restent à ce jour limités à des puissances de quelques MW. Quelques autres exemples : Les États-Unis ont plusieurs projets de centrales ETM pour leurs bases militaires d'outre-mer, une de 8 MW pour Diégo Garcia dans l'Océan Indien et l'autre pour celle de Guam. L'Inde et le Japon se sont, eux, associés pour réaliser une centrale ETM de 1 MW. Montée sur une barge flottante l'usine « Sagar Shakthy " a été présentée en 2001 avant d'être remorquée pour essais sur la côte, près de Tuticorin au sud-est du continent.

Figure 7 : Sagar Shakti, centrale ETM d’1MW née de la coopération Indo-Japonaise
La pose de la Conduite d'Eau Froide et l’installation d’une centrale ETM on-shore de petite taille engendreraient au minimum un coût de plusieurs dizaine de millions d’Euros, selon les sources des projets hawaïens et mauriciens (cf. X, référence 4). Il faudrait à la fois développer les activités marines associées, qui rentabiliseront plus rapidement le projet. Aujourd’hui (2009), il est plutôt envisagé de développer l’ETM offshore pour produire massivement de l’électricité de façon continue. A la fin de l’année 2008, Lockheed Martin (constructeur naval américain) et le département américain de l’énergie (DOE) ont lancé une étude de faisabilité sur la mise en place d’une centrale ETM offshore à Hawaï. En Avril 2009, une convention de partenariat de Recherche et Développement entre La Région Réunion et DCNS (premier constructeur naval européen et ancienne DCN, Direction des Constructions Navales) a été signée pour l’étude de faisabilité sur la mise en place d’un démonstrateur Energie Thermique des Mers offshore à La Réunion. Les premiers résultats de cette étude seront connus au second semestre 2009. Ils devraient permettre de définir la faisabilité de l’ETM offshore à La Réunion et de commencer les recherches de financement sur un tel projet innovant. Aujourd’hui, le développement de l’ETM passera certainement par le développement des centrales Offshore. Les retours d’expérience sur le système
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énergie pourraient ensuite être utilisés pour la mise en place de centrales ETM onshore (littorales), produisant de l’électricité pour de petites populations insulaires et permettant de développer des activités avec la valorisation de l’eau froide profonde, comme à Sainte Rose. I - 4 Impact environnemental de l’ETM L'ETM ne génère, par principe, ni chaleur ni polluant mais peut perturber des flux naturels d'énergie et de matière. Il convient donc de définir la nature et l'ampleur de ces perturbations sur le milieu naturel avant de pouvoir évaluer leurs effets aux niveaux local, régional et global. Pour assurer une production ETM d'1 MW, l’usine doit être alimentée par des débits de l'ordre de 2 à 3 m3 s-1 en eau froide et des débits généralement deux fois plus importants en eau chaude (cf. X, références 3, 4). Ce sont donc des volumes d'eau considérables qui seront pompés, puis rejetés dans le milieu naturel. Les organismes vivants entraînés au travers des crépines d'aspiration seront affectés. Ces derniers sont cependant supposés peu nombreux à ces profondeurs de prélèvement de 1000 m/1100m. Quant aux effluents liquides, leur redistribution dans le temps et dans l'espace, dépendra des caractéristiques hydrographiques du site, de la puissance de l'usine et de sa conception. Ces derniers seront réintroduits dans le milieu naturel à des températures de quelques degrés différents (3 à 5° C) de ceux des eaux à leur entrée dans l'usine et selon les choix: les eaux du condenseur et de l'évaporateur séparées ou mélangées, profondeurs et formes des évacuations. Les effets sur l'environnement pourront être différents et plus ou moins sensibles. Les rejets en mer pourront être faits à des profondeurs permettant de limiter fortement ces impacts. Concernant les petites centrales littorales, les résultats d'études et d'essais, (cf. X, références 1&2) indiquent que les risques associés à leur exploitation devraient faiblement altérer la faune et la flore marine vivant à proximité et que les effets des rejets dans l'océan resteraient minimes. Les résultats des travaux de simulation, réalisés aux USA, (cf. X, références 1&2) pour de grosses centrales de 100 MW et plus, donnent des informations sur les limites et les procédures à respecter pour leur exploitation. Elle serait « durable » à condition de rester en deçà de 0,07% de la chaleur solaire absorbée par l'océan. Dans les régions propices, où l’écart de températures, entre les eaux en surface et à 1 000 m de profondeur, est supérieur à 22 °C, il existe en permanence de la puissance ETM, qui, exploitée devrait rester inférieure à 0,5 MW net par km2 d'océan. La superficie totale de ces zones, étant évaluée à 60 millions de km2, le potentiel de la ressource permettrait l'installation d'usines, soigneusement espacées les unes des autres, d'une puissance globale de 10 000 GW. C'est un ordre de grandeur équivalent aux besoins mondiaux actuels. L’eau profonde froide revêt un aspect particulier, celui d’être non seulement froide mais aussi d’être riche en éléments nutritifs. Les rejets d'usines ETM de grandes puissances (typiquement offshore) pourraient donc agir à la manière des
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«upwellings» naturels qui refroidissent et « fertilisent » les eaux de surfaces. À très long terme, l'exploitation contrôlée de l'ETM pourrait stimuler la production biologique primaire des eaux dans des régions de l'océan où elles sont naturellement pauvres et de ce fait générer des zones de pêcheries nouvelles. A savoir que 40% des pêches mondiales se réalisent sur 0,4% de la surface des océans correspondant à des zones d’upwellings naturels. Elle pourrait aussi diminuer le risque de formations cycloniques en abaissant la température de surface des « loupes » d'eau chaudes tropicales, où elles puisent leur énergie. Dans le cas de l’implantation d’une centrale ETM on-shore à Sainte Rose, les impacts directs sur l’environnement local seront à prendre en compte. Il s’agirait certes de petites centrales, mais les tuyaux de pompage utilisés auraient déjà des tailles conséquentes, à savoir entre 1 m et 2 m de diamètre, à raison de 3 tuyaux. Le passage de ces tuyaux devra être étudié pour minimiser l’impact sur la faune et la flore locale. Cependant, il ne faudra pas perdre de vue que l’ETM est une énergie renouvelable n’émettant pas de GES luttant contre le réchauffement climatique et la disparition au niveau mondial de nombreux écosystèmes.

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II - Analyse de la ressource en eau froide profonde au large de la commune de Sainte Rose
II - 1 Mission de prélèvement d’eau froide profonde Une mission de prélèvements et d’analyses de l’eau froide profonde a été pilotée par l’ARER. Le 07 Janvier 2009, les prélèvements ont été réalisés en mer par l’ARVAM selon le plan d’échantillonnage suivant.

Figure 8: Plan d’échantillonnage des eaux profondes au large du port de la commune de Sainte Rose (Carte maritime du Shom)
Cet échantillonnage a été effectué grâce au bateau de pêche, Charles V, avec la participation de son propriétaire, Charles.

Figure 9 : Photos du bateau et de la sonde utilisés pour les prélèvements
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IIII-1.1 Description du matériel utilisé
Du matériel résistant aux pressions des grandes profondeurs a été utilisé pour mesurer une température de 2,9°C à 1600 m de fond. Il s’agissait d’une sonde Andeera et de bouteilles Niskin (visibles sur les photos suivantes).

Figure 10: Photos de la sonde Andeera et de la bouteille Niskin

IIII-1.2 Principe de fonctionnement du matériel
La bouteille de prélèvement permet de piéger un volume d’eau. Elle est constituée d’un tube obturé par deux bouchons maintenus en position fermée par un élastique qui les relie entre eux (position fermée). En position ouverte, les bouchons sont maintenus ouverts par deux câbles reliés à une goupille. Pour actionner la fermeture de la bouteille, l’opérateur (en surface) lâche une masselotte qui descend le long du fil qui relie la bouteille à la surface. La masselotte vient frapper les goupilles qui libèrent les câbles. Les bouchons viennent alors obturer les extrémités de la bouteille, qui était descendue jusqu’à la profondeur voulue en position ouverte. Plus de précisions sur le matériel sont apportées dans le rapport rédigé par l’ARVAM sur les analyses d’eaux et la caractérisation des masses d’eaux au large de la ville de Sainte Rose.

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II - 2 Rapport d’analyses de l’ARVAM Le rapport de l’ARVAM sur la caractérisation physico-chimique de la ressource en eau froide profonde au large de la ville de Sainte Rose est présenté en annexe. Il traite de l’analyse des prélèvements d’eau froide profonde, réalisés avec succès le 07 Janvier 2009 en face de Sainte Rose.

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III - Accès à la ressource en eau froide profonde
Dans le cadre de cette note d’opportunités sur la valorisation de l’Eau Froide Profonde (EFP), l’accès à la ressource en EFP a été étudié. Il faut rappeler que l’eau froide profonde est ramenée sur terre grâce à l’implantation d’un pipeline placé sur le fond marin. L’implantation de cette conduite (appelé CEF, Conduite d’Eau Froide) E est le principal défi technologique. D’un diamètre allant de 1 m à 2 m et mesurant au minimum 3,3 km, cette conduite doit être entièrement assemblée avant immersion. L’enjeu est donc d’avoir un accès le moins long aux 1100 m de profondeur (voire plus) afin de limiter l’investissement, les difficultés pour la pose de la CEF, et les pertes de charge dans celle-ci. D’autant plus que sur terre, les activités utilisant l’eau froide profonde devront se développer dans un périmètre proche de l’atterrage de la CEF. Ce paragraphe présentera aussi la pose des tuyauteries de pompage de l’eau chaude de surface et de rejet des eaux mixées à une centaine de mètres de profondeurs. III - 1 Bathymétrie des côtes de la ville de Sainte Rose Dans un premier temps, une analyse des données de bathymétrie du SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine) et de l’IFREMER a été faite à l’aide du logiciel MAPINFO. La Figure 11 est une représentation des fonds marins de la ville de Sainte Rose. Sur cette image sont positionnés les 4 points d’atterrage possibles pour la pose de la Conduite d’Eau Froide (CEF) : Att 1 : Atterrage au niveau du quartier de la Bonne Espérance, Att 2 : Atterrage au niveau de la marina (port) de Sainte Rose, Att 3 : Atterrage au niveau de la ville de Sainte Rose (Pointe de Sainte Rose), Att 4 : Atterrage au niveau de la Pointe Corail.

L’ensemble des lieux-dits de la ville de Sainte Rose sont présentés sur la Figure 20. Sur la figure suivante, les traits bleus symbolisent les profils bathymétriques, que suivrait la CEF selon les 4 points d’atterrage envisagés à Sainte Rose. Le constat évident est que l’accès le plus rapide vers les abysses se ferait au niveau de l’atterrage n°3 de la ville même de Sainte Rose.

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Figure 11 : Bathymétrie des côtes de la ville de Sainte Rose (source : ARER, 2008)
Le graphique suivant permet de comparer les différents profils bathymétriques, qu’emprunterait la Conduite d’Eau Froide à Sainte Rose avec ceux des sites : - du NELHA à Hawaï (source Makaï, site web), - de la commune du Port (Pointe des Galets), - de Bois Rouge, Saint André, Réunion (source : Données bathymétriques du SHOM et de l’IFREMER). En terme d’accès le plus rapide aux 1100 mètres de profondeur (et au-delà), le meilleur profil à Sainte-Rose et de La Réunion est celui situé au niveau de la pointe de Sainte Rose (Att3), suivi de près par celui de la Bonne Espérance (Att1). Les profils de la Marina (Att2) et de la Pointe Corail (Att4) sont un peu plus longs mais restent tout de même intéressants comparé aux profils bathymétriques de Bois Rouge. Les profils bathymétriques de Sainte Rose font partie des meilleurs profils profils Sainte mondiaux, bathymétriques mondiaux, représentés ici par celui du site du NELHA à Hawaï (en bleu). Sur la figure suivante, le profil « Sainte Rose ville Att 3 » représente le profil bathymétrique de l’atterrage « Sainte Rose ville », soit l’atterrage 3.

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Comparaison des profils bathymétriques de Sainte Rose à différents sites d'intêret pour l'ETM à La Réunion 0 0 -250 1000 2000 3000 4000 5000 6000

-500

-750
Profondeur (en m)

-1000

Ste ROSE ville Att 3 St_Denis_Pole océan

-1250

Bois rouge profil1 Bois rouge_profil2

-1500

Port Ouest_att1 Pointe des galets_att2

-1750

Centrale Port Est_Att4 Saint Denis_Aéroport Hawa,Big Island, NELHA

-2000
Distance à la côte (en m)

Figure 12 : Comparaison des profils bathymétriques de Sainte Rose à différents sites d’intérêt pour l’ETM (Sources : références 11, 12 & 30)

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A La Réunion, il faut pomper de l’eau à une profondeur de 1100m à une température d’environ 4,6°C pour avoir un différentiel de température d’au moins 20°C durant 9 mois de l’année. Comme le synthétise le tableau suivant, les 1100 mètres de profondeur, pour l’Atterrage 3, seraient atteints avec une CEF d’une longueur minimale d’environ 3330 m (4320 m, meilleur accès au Port). Les deux autres options d’atterrage (Att1 & Att2) ont un accès plus long vers les 1100 m de fond avec une taille de la CEF d’au minimum 3430 m pour l’Atterrage 1 et 3690 m pour l’Atterrage 3. L’atterrage au niveau de la Pointe Corail (Att4), où des projets de ferme aquacole sont en cours d’étude, utiliserait une conduite de 4600 m de long. Ce tableau présente aussi la pente moyenne en degré, la distance à la côte et la longueur théorique de la CEF. La longueur approximative de la CEF représente la longueur théorique de la CEF allongée de 2% pour compenser les différences liées aux accidents du fond sous-marin.
Bonne Espérance (Att1) 1100 3180 19 3365 Marina Sainte Rose (Att2) 1100 3450 18 3621 Ville/lotissement Sainte Rose (Att3) 1100 3070 20 3261 Pointe Corail (Att4) 1100 4370 14 4506

Atterrage Profondeur (en m) Distance à la cote Inclinaison moyenne (en degrés) Longueur théorique de la CEF (en m) Longueur approximative de la CEF (en m)

3432

3694

3326

4596

Figure 13 : Tableau comparatif de la longueur des tuyaux en fonction du point d’atterrage
L’avantage des côtes de Sainte Rose est d’avoir une bathymétrie propice à un accès rapide aux grandes profondeurs. Mais cela soulève aussi des difficultés avec l’ancrage des canalisations sur des fonds abrupts (tombants), notamment sur la zone des 0 à 100m de profondeur. Les plongeurs ont rapporté l’information que pas moins de 2 tombants sont présents entre 0 et 100 mètres. Il pourrait y en avoir plus selon le chemin choisi pour l’implantation de la CEF. Dans ce cas, il faudrait penser à utiliser des conduites plus souples et pouvant accepter d’importants angles de courbures afin de pallier au franchissement de tombants entre 0 et 100 mètres. Une réflexion devrait être menée sur le matériau de fabrication de ces tuyaux plus souples. A partir de 100 mètres de profondeur (ou un peu moins), l’utilisation des tuyaux en PEHD, flottants à quelques mètres au dessus du fond marin (grâce à des flotteurs et des ancrages) permettrait de s’affranchir des problématiques du profil accidenté du fond marin. La centrale ETM de 5MWe nette (MWe : Mégawatt électrique), prévue à Tahiti en 1986, (cf. X, référence 4) prévoyait un tuyau d’une longueur de 2800m et d’un
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diamètre de 3m pour pomper de l’eau à une température de 4,4°C à 900m de profondeur. III - 2 Géologie du fond marin La géologie des fonds marins en face de la ville de Sainte Rose est différente selon les différents points d’atterrage envisagés (cf. III - 1). Tout d’abord, la Pointe de la Bonne Espérance établit la limite entre deux structures géologiques. L’étude des données SIG de la DIREN et de la thèse universitaire de Mr OEHLER (cf. Figure 14) met bien en évidence deux structures géologiques différentes, conséquence d’une diminution de l’influence de la sédimentation de la Rivière de l’Est.

Figure 14 : Carte géologique de La Réunion (Thèse de doctorat de Mr. OEHLER de l’université de Clermont-Ferrand) cf. X, Référence 6
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L’atterrage n°1 (Att 1, en bleu sur la figure ci-dessous) de Bonne Espérance, se situe en bordure de l’embouchure actuelle de la Rivière de l’Est. Le fond marin rencontré sera très certainement de type sédimentaire, composé de sable et de galets charriés récemment par les crues de la Rivière de l’Est et remaniés par la mer. Du fait de son instabilité, ce type de sol peut être considéré comme désavantageux pour la pose de pipeline (CEF). Cependant, il pourrait faciliter l’ensouillage des tuyaux. A la vue de la structure géologique solide proche (roche volcanique de la Pointe de la Bonne Espérance, représentée en rouge), cette couche de sédiments pourrait être mince, ce qui permettrait un ancrage du pipeline sur une structure solide après ensouillage sous la couche mince de sédiments.

Figure 15 : Photographie légendée des atterrages de Bonne Espérance et de la Marina/port de Sainte Rose
Sur la figure précédente, il est possible de voir la zone d’atterrage n°2 (Att 2) de la marina/port de Sainte Rose. La structure du fond marin sera très certainement de la roche volcanique. L’espace disponible est restreint avec en plus une falaise d’une quinzaine de mètre en bord de mer, ce qui n’est pas négligeable pour le pompage d’eau. Cependant, le raccordement au réseau électrique pourrait se faire au niveau de la centrale hydroélectrique, qui se trouve à une cinquantaine de mètre du port (centrale ici non visible, mais se trouvant 50 m à gauche du premier plan de cette photo).

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La zone d’atterrage n °3 (Pointe de Sainte Rose, cf. Figure 20 et Figure 16) présente une falaise de galets en bordure du littoral. La mise en œuvre d’un tel atterrage sera très difficile du fait de la forte exposition aux houles des côtes de SainteRose et d’un besoin certainement nécessaire d’ensouiller les canalisations au niveau de l’atterrage pour résister aux contraintes environnementales (houles). L’espace disponible sur terre en delà de l’atterrage est réduit à cause de la présence proche de lotissements d’habitations et du sentier du littoral. Cette zone est aussi classée espace remarquable du littoral, avec la mise en place prochaine dans le futur SAR d’une zone de cantonnement de pêche. Il a tout de même était soumis au SAR, plus précisément dans le (SREMER) Schéma Régional des Energies de la Mer, que cette zone serait une zone potentielle pour l’accueil d’une centrale Energie Thermique des Mers.

Figure 16 : Photographie du type d’atterrage rencontré au niveau de la Pointe Sainte Rose (Att 3)
La Pointe Corail, zone d’atterrage n°4, est un grand platier volcanique. Comme son nom l’indique, un récif corallien s’y est développé. L’atterrage et l’ensouillage des tuyaux pourraient aussi être difficiles du fait de la structure volcanique du sol. Cette zone fera aussi partie de la zone de cantonnement de pêche. L’espace foncier disponible est en revanche intéressant avec de nombreux terrains agricoles. D’ailleurs, un projet d’aquaculture espère se développer sur ce site.

Figure 17 : Photographie satellite de la ville de Sainte Rose et représentation des différents points d’atterrage pour l’ETM on-shore (Source : Carte IGN, Géoportail IGN)
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La photographie satellite ci-dessus représente l’ensemble des atterrages possibles à Sainte Rose. Il est à noter que pour l’ensemble de ces atterrages, les canalisations passeront sur un espace remarquable du littoral et éventuellement dans une zone de cantonnement de pêche (Att 2, 3, 4). L’éventuelle mise en place d’une centrale ETM a été prévue sur l’ensemble de ces 4 sites dans le cadre du SAR (Schéma d’Aménagement Régional).

Figure 18 : Représentation en 3 dimensions des structures géologiques de l’Est de La Réunion et en face de Sainte Rose (source : thèse OEHLER, référence X - 5 )
La figure précédente est une représentation en 3 dimensions de l’ensemble des structures géologiques de l’Est de La Réunion et en face de Sainte Rose. Il y apparaît clairement la zone de sédimentation Est, issue en partie de l’influence de la Rivière de l’Est.

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III - 3 Nombre de tuyaux nécessaires La puissance de la centrale ETM aura une influence majeure sur le nombre de tuyaux à mettre en place. Selon les différentes puissances de la centrale ETM, un tableau a été réalisé sur le nombre de tuyaux utilisés avec les hypothèses suivantes : - Utilisation de canalisations en PEHD (produit standard) avec un diamètre maximum de 2 m. - Vitesse de l’eau dans les conduites de1.2 m/s (vitesse généralement préconisée) - Débit d’eau froide profonde de 3m3/s/MW - Débit d’eau chaude égal au double de celui de l’eau froide. - Distance de 0,8 m entre deux tuyaux installés sur le fond marin.

Figure 19 : Nombre de tuyaux nécessaires selon la puissance de la centrale ETM
Grâce à ce tableau, on constate que le nombre de tuyaux à installer ne serait pas négligeable et qu’une large bande du littoral serait mobilisée. En jouant sur la vitesse de l’eau dans la conduite et la taille de la conduite jusqu’à sa taille maximale, selon les différentes puissances de la centrale il serait potentiellement envisageable de se passer d’un tuyau d’eau chaude, d’eau froide ou de rejet. Il est aussi envisageable de disposer ces tuyaux en quinconce pour limiter cette emprise sur le littoral. Il apparaît difficile d’implanter des centrales de 4 et 5 MW vu l’espace sur le littoral que les tuyauteries occuperaient. Avec un certain recul, il faut prendre en considération que cet impact local sur la faune et la flore marine sera compensé par la lutte contre les émissions de Gaz à Effet de Serre et une lutte contre la disparition d’écosystèmes, ailleurs dans le monde. Pour les atterrages 2 (Marina) et 3 (Pointe Sainte Rose/ville), les centrales ne pourraient pas excéder 2 MW de puissance, à cause du foncier et de la bande littorale disponibles et de la nature géologique du fond marin.
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Pour les atterrages 1 (Bonne Espérance) et 4 (Pointe Corail), les centrales ne pourraient excéder respectivement 4 MW et 3 MW, avec une occupation d’une bande du littoral d’une largeur respective de 50 m et 39 m. L’atterrage sera plus limité à la Pointe Corail (Att 4) à cause de la nature du fond marin (sol volcanique) et de la présence de récifs coralliens. Cette analyse sur l’atterrage et son emprise sur le littoral se positionne dans les pires conditions. Aucune optimisation sur les tuyaux et la disposition de la tuyauterie n’a été faite. III - 4 Choix de l’atterrage Choix La Conduite d’Eau Froide ainsi que celles d’amenée d’eau chaude et de rejet doivent toutes être solidement ancrées sur le fond marin sur la zone d’influence de la houle (0 à -50 m). Pour limiter l’influence des houles dans cette zone, il serait préférable d’ensouiller la conduite. De ce fait, la structure géologique du fond marin joue un rôle majeur dans la faisabilité technique et financière d’un tel projet. La solution la plus favorable serait d’ensouiller les tuyaux sous une couche de sédiments (plus ou moins mince) et de pouvoir fixer ces conduites sur une structure solide peu profonde. De ce fait, il semblerait que l’atterrage le plus adéquat à la mise en place de la tuyauterie serait celui de la Bonne Espérance (Att1), préféré à celui de la Pointe Corail (Att 4), où la structure volcanique du sol risque de rendre difficile les opérations d’ensouillage. Du fait de son statut de zone sédimentaire, la stabilité du profil n°1 (Bonne Espérance) sera à évaluer avec une étude géotechnique. La longueur du pipeline est aussi moindre à l’Atterrage 1 avec 3430 m au lieu de 4600m pour l’atterrage 4. L’atterrage n°1 serait aussi préféré car les contraintes environnementales pourraient être moins importantes au niveau de la Bonne Espérance qu’à la Pointe Corail. En effet, pas moins de 3 canalisations de diamètre important devront être mises en place. Bien que ces tuyaux n’aient pas d’effets nuisibles lors du fonctionnement de la centrale, leur implantation pourrait tout de même impacter le littoral. Bien que les CEF des profils 2 et 3 auraient une longueur respective de 3600 et 3330 m et seraient plus courtes que la CEF de l’atterrage 4 mesurant 4600 m, les atterrages 2 et 3 sembleraient plus problématiques. La présence de falaise en bord de mer, impliquerait des problèmes d’atterrages et de dépenses énergétiques plus importantes pour le pompage d’eau. Qui plus est, le faible espace foncier disponible au niveau de ces points d’atterrage 2 et 3 limiterait vraisemblablement le développement de l’ETM et de ses activités annexes de valorisation de l’eau froide profonde. Pour d’autres contraintes de types réglementaires et de disponibilité du foncier, traitées dans les paragraphes suivants (cf. IV-1.3), les profils 1 et 4 seraient vraisemblablement préférés aux profils 2 et 3.
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Figure 20 : Carte IGN de la ville de Sainte Rose (source : Géoportail de l’IGN)
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III - 5 Développement de l’ETM offshore Depuis la mi-2008, des industriels du naval militaire s’intéressent à l’ETM offshore, car il pourrait s’agir d’un axe de développement majeur, mettant en jeu leurs compétences dans le domaine maritime et de constructions d’installations complexes. Les industriels ayant annoncé leurs intérêts, sont Lockheed Martin à Hawaï et DCNS à La Réunion pour la réalisation d’une étude de faisabilité pour la mise en place d’un démonstrateur ETM offshore. L’ETM offshore consiste à implanter la centrale ETM en pleine mer à l’aplomb de la ressource en eau froide. Cela permet de limiter les pertes de charge dans la CEF avec une canalisation verticale. Cette plateforme flottante doit résister aux contraintes météorologiques difficiles de haute mer (houle, vents, cyclones…), en étant ancrée sur des fonds allant de 1200 m à 1500 m de profondeur. Les technologies d’ancrage utilisées seraient directement dérivées de celles des plateformes pétrolières. A La Réunion et au large de Sainte Rose, cette canalisation de pompage de l’eau froide mesurerait 1100m. Sainte Rose serait le site réunionnais où ce type de centrale serait le plus proche de la côte, limitant ainsi les couts de raccordement au réseau électrique avec un câble électrique sous marin moins long. Cependant, les fortes pentes des côtes de Sainte Rose pourraient complexifier fortement les ancrages et leurs mises en place. La figure ci-dessous représente une vue du démonstrateur ETM implanté au large de La Réunion. Le démonstrateur ne serait sans doute pas installé à Sainte Rose du fait de son éloignement des installations portuaires. En revanche, Sainte Rose pourrait être un très bon site pour l’implantation des premières centrales ETM de série. Le port de Sainte Rose pourrait servir de base pour les équipes de maintenance de la centrale ETM offshore.

Figure 21 : Vue du démonstrateur ETM développé par DCNS et la Région Réunion (Source DCNS, Juin 2009)
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La remontée à la surface de l’EFP, très riche en nutriments, pourrait fertiliser les eaux de surface et redynamiser le secteur de la pêche locale en créant une zone d’upwelling artificiel au large de Sainte Rose. (Upwelling : La remontée d'eau

(upwelling en anglais) est un phénomène upwelling océanographique qui se produit lorsque de forts vents marins (généralement des vents saisonniers) poussent l'eau de surface des océans laissant ainsi un vide où peuvent remonter les eaux de fond et avec elles une quantité importante de nutriments. Les phénomènes de remontée d'eau sont localisés et leurs résultats sont une mer froide et riche en phytoplancton. Concrètement pour les pêcheurs, la remontée d'eau se traduit par une augmentation importante du nombre de poissons).

Figure 22 : Représentation de la zone d’ETM offshore en face de Sainte Rose (Source : ARER, 2009)
La figure ci-dessus représente en blanc la zone d’ETM offshore en face de Sainte Rose. Celle-ci a été cartographiée dans le cadre du SREMER (Schéma Régional des Energies de la Mer à la Réunion), pour des bathymétries de 1200m à 1400m de profondeur proche de la côte pour limiter le cout de pose du câble électrique sousmarin. Sainte Rose est certainement le meilleur site réunionnais pour l’ETM on-shore et fait partie des meilleurs sites pour l’implantation des centrales ETM de série offshore.

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IV - Production d’électricité grâce à l’Energie Thermique des Mers
IV - 1 ETM simple

IVIV-1.1 Etats des lieux de la technologie pour la production d’électricité
Il y a déjà plus d'un siècle que l'on a découvert, à quelques encablures sous la surface de tous les grands océans, une ressource quasi inépuisable d'eau presque glacée. Dans la zone intertropicale, il existe de fait une différence de température pouvant atteindre 25°C entre des eaux chaudes de surface et des eaux froides du fond. Dès qu'elle fut reconnue scientifiquement, l'existence de ce gradient thermique frappa l'imagination d'hommes ingénieux : romanciers et savants. En 1869, Jules VERNE fait dire au Capitaine NEMO "j'aurais pu... en établissant un circuit entre des fils plongés à différentes profondeurs, obtenir l'électricité par la diversité des températures qu'ils éprouvaient " ("Vingt mille lieues sous les mers" Jules Verne. 1869 - Chapitre XII "Tout par l'électricité"). En 1881 d'ARSONVAL évoque la possibilité d'utiliser le Gradient Thermique des Mers (GTM) pour produire de l'énergie mécanique. Il suggère de faire circuler un fluide intermédiaire entre un évaporateur porté à la température des eaux de surface et un condenseur refroidi par les eaux profondes. Le concept de l'ETM en cycle fermé est né. En 1913, l'Américain CAMPBELL propose d'utiliser l'ammoniac comme fluide intermédiaire. En 1926, CLAUDE et BOUCHEROT proposent d'utiliser la vapeur d'eau produite par l'évaporation sous vide de l'eau de mer pour entraîner une turbine. CLAUDE voyait dans ce concept d'ETM en cycle direct (ou "ouvert", par opposition au cycle "fermé" proposé par d'ARSONVAL) la possibilité de produire à la fois de l'énergie et de l'eau douce par récupération de la vapeur dans les étages de condensation après son passage dans la turbine.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Figure 23 : Usine ETM flottante " La Tunisie, réalisation de G. Claude pour la vente de glace, Brésil 1935
Néanmoins, CLAUDE est convaincu que l'ETM n'est pas économiquement compétitive avec les autres sources d'énergie de son époque, l'hydraulique en particulier. Pour lui, déjà, l'avenir industriel de l'exploitation du gradient thermique des mers passait par la production intégrée "multi produits" : énergie, eau douce et froid. C'est à partir de cette vision qu'il entreprend entre 1933 et 1935 la construction d'une usine à glace pour le Brésil "LA TUNISIE", dont l'installation en mer se soldera par un échec. En 1942, à l'initiative du Ministère des Colonies et du CNRS, un comité technique réévalue la filière ETM et en 1948, la société d'économie mixte "Energie des mers" est créée dans le but d'étudier une usine électrogène de 2 x 3,5 MWe pour la Côte d'Ivoire. Malgré les conclusions favorables de cette étude, le projet est abandonné en 1956 au profit d'une usine hydraulique. Jusqu’en 1973, l’intérêt pour le concept OTEC fut très limité. Les spécialistes de l’énergie jugeaient alors que l’utilisation des énergies fossiles puis du nucléaire fournirait largement le marché à un coût minime. Le premier choc pétrolier et les considérations environnementales croissantes ont débloqué les premiers investissements américains. Ces derniers ont permis en 1979 la production nette d’électricité d’une centrale baptisée « Mini OTEC » basée à Hawaï. C'est une centrale flottante sur barge qui produira pendant plusieurs semaines 15 kWe net. Celle de NAURU (1982) et celle de TOKU NOSHIMA (fin 1978), construites à terre, sont aussi en cycle fermé respectivement à l'ammoniac et au fréon. Citons aussi à partir de 1978 la construction d'un ensemble de moyens d'essai d'équipements, échangeurs notamment, à terre, au "Natural Energy Laboratory", et en mer, sur le navire OTEC 1 ancré au large d'Hawaï. Les Français, avec un consortium comprenant l’IFREMER, ont approuvé la faisabilité économique d’une centrale de 20 MW à Tahiti. Leur programme prévoyait la construction d’une centrale pilote de 5 MW avant 1989. Mais la chute du cours du pétrole en 1986 a mis un terme à l’ensemble des grands projets. Les gouvernements
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respectifs ont alors stoppé (France) ou fortement réduit (Japon, Etats-Unis) leurs subventions. De la fin des années 80 à aujourd’hui, se dégageaient quatre acteurs principaux (tous centrés sur la recherche sur l’ETM) : NEHLA (laboratoire américain actuellement centré sur l’étude de l’eau de grande profondeur), SSP (firme américaine privée), NIOT (institut indien des technologies de l’océan) et surtout IOES (institut japonais de l’énergie de l’océan). En l’absence d’une veille technique ou d’accord de coopération avec les pays qui sont restés actifs, il est difficile d’apprécier les progrès réalisés à l’étranger sur ces technologies ETM durant ces années. Les États-Unis ont plusieurs projets pour Hawaï et pour leurs bases militaires d'outre-mer, dont une de 8 MW pour Diégo Garcia dans l'Océan Indien. La dernière réalisation de centrale ETM connue est la centrale ETM « Sagar Shakti » de 1 MW construite en coopération indo japonaise (cf. Figure 7). Elle a été adaptée aux besoins de petites communautés littorales en électricité et en eau douce. Présentée en 2001 avant d'être remorquée pour essais sur la côte près de Tuticorin, la Canalisation d’Eau Froide a été abimée après plusieurs mois d’essais. Plusieurs expériences ont bel et bien confirmé la possibilité de produire de l’énergie à partir de la différence de température entre l’eau froide profonde et l’eau chaude de surface. En 2008, l’envolée du prix du baril de pétrole a de nouveau positionné ce procédé comme une solution (d’autonomie énergétique) avec la production d’énergie (de base) pour les territoires de la zone intertropicale. C’est pour cela, qu’en 2009, les territoires d’Hawaï et de La Réunion ont chacun lancé une étude de faisabilité pour l’implantation d’un démonstrateur ETM sur leurs territoires. Le démonstrateur préfigurerait les centrales ETM de série plus puissante et approuverait la faisabilité technique de l’ETM notamment de la tenue à la mer de la centrale et de la conduite d’eau froide.

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IV-1.2 Principe de fonctionnement pour la production IVd’électricité d’une centrale ETM
Une centrale ETM est constituée: D'un sous-système de production d'énergie, avec comme composants principaux: o L'évaporateur, dans lequel un fluide dit « de travail » passe de la forme liquide à la forme vapeur, grâce à l'apport de chaleur transmis par la circulation de l'eau chaude de surface. o Le condenseur, refroidi par la circulation d'eau froide profonde, condense la vapeur après qu’elle soit passée dans une turbine. o La turbine qui transmet son énergie mécanique à un turboalternateur. D'un sous-système d'alimentation en eau, chaude et froide, respectivement pompées en surface et en profondeur dans l'océan. De l'infrastructure, qui supporte et abrite tous les composants nécessaires au fonctionnement de l'usine.

-

-

La technologie des composants pour la production d'énergie dépend du choix du fluide de travail. Au stade actuel du développement de l'ETM, il se dégage deux grandes options. Dans le domaine des températures disponibles, entre 4°C et 28°C, l'ammoniac et l'eau peuvent être utilisés.

Figure 24 : Schéma de fonctionnement d’une centrale ETM en cycle fermé (Source : Etude David LEVRAT, référence 3)
Avec l’utilisation de l’ammoniac, on parle d’ETM à cycle fermé car l’ammoniac est utilisé comme fluide de travail. L’utilisation d’ammoniac entraine le respect de certaines contraintes réglementaires, notamment avec un possible classement de la
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centrale en site ICPE (Installation Classés pour la Protection de l’Environnement) ou site SEVESO selon la quantité d’ammoniac utilisé. Les centrales à cycle fermé posent le problème de l’utilisation de l’ammoniac et des contraintes réglementaires et des distances de sécurité. En utilisant de l’eau chaude de surface comme fluide de travail, on parle d’ETM à cycle ouvert car l’eau chaude n’est pas « réutilisée ». Cette dernière option est plus facile à mettre en œuvre car les échangeurs sont plus simples et moins complexes pour de petites installations. Cependant, les centrales à cycle ouvert ne peuvent généralement pas atteindre des puissances supérieures à quelques MW (4/5) à cause des problèmes de dimensionnement des turbines. En cycle ouvert, l’eau de mer chaude (salée) se vaporise pendant son passage dans l’évaporateur maintenu sous très faible pression (voisine de 3 kPa). Cette vaporisation permet le dessalement de l’eau de mer chaude, créant ainsi de l’eau douce.

Figure 25 : Schéma de fonctionnement d’une centrale OTEC à cycle ouvert (Source : Etude David LEVRAT, référence 3)
D’autres procédés plus complexes pour la production d’électricité existent. Développés et brevetés par des laboratoires de recherche spécialisés, ils ne seront pas étudiés dans cette note d’opportunités.

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IV-1.3 Choix du principe de fonctionnement IVUne centrale ETM on-shore à Sainte Rose entrerait dans la phase d’expérimentation des petites centrales ETM littorales, avec le concept multi produits pour qu’une certaine rentabilité soit atteinte. La production d’électricité serait nécessairement l’activité principale avec la mise en place d’activités associées à la valorisation de l’EFP mais le choix du cycle dépendrait du site d’implantation. Si la centrale ETM on-shore était vouée à se développer au niveau de l’atterrage 2 et 3, il s’agirait d’un cycle ouvert avec une puissance envisagé maximale de 2MW. Au niveau de l’atterrage 1 et 4, il serait envisageable de développer une centrale ETM basée sur un cycle fermé. Il existe peu d’habitations à proximité de ces atterrages et l’espace foncier disponible est suffisant pour l’implantation d’une centrale de plus grande puissance, tout de même limitée à 4MW pour des problèmes d’atterrage et d’impact sur le littoral (cf. III - 4). Dans un souci de répondre à l’ensemble des contraintes d’atterrages et réglementaires des différents profils à Sainte Rose, ce paragraphe traitera de la production électrique d’une centrale ETM d’une puissance de 3 MW Le choix du MW. cycle de travail reste à définir selon les atterrages sur lesquels elle s’implanterait. Cela serait un cycle ouvert pour les atterrages 2 et 3 (Marina et Pointe Sainte Rose) et un cycle fermé pour les atterrages 1 et 4 (Bonne Espérance et Pointe Corail). Ainsi, il sera supposé que quelque soit le profil bathymétrique choisi, la centrale utilisera 30 % de son énergie pour le fonctionnement des auxiliaires et le pompage de l’eau, (c'est-à-dire P Nette/ P Brute= 70%). IV - 2 Température de l’eau

IV-2.1 Profil de température (thermocline) au large de Sainte Rose IVtempérature
Les prélèvements d’Eau Froide Profonde réalisés par l’ARVAM le 07 Janvier 2009, ont permis de caractériser la thermocline en face de Sainte Rose. Selon le rapport de l’ARVAM (cf. annexe), la thermocline mesurée est typique de celles de l’Océan Indien et le graphe suivant la compare à celles d’autres sites, répartis aux 4 coins du globe. La courbe de température de l’île Maurice possède une forme identique avec une diminution linéaire de la température jusqu’à 1000m de profondeur. Il a été mesuré une température de 5,1°C à 1000 m de profondeur (comme en Avril 2008 au large du Port). Selon l’ARVAM et les résultats de ses prélèvements, les masses d’eaux autour de La Réunion seraient relativement stables. Entre 1000 m et 1600 m de profondeur, la température continue de diminuer

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progressivement. A une distance de 6,6 km1 des côtes de Sainte Rose, la température de l’eau était de 2,9°C à 1600 m de profondeur. La thermocline est donc intéressante du fait que la température de l’eau diminue progressivement alors que le profil bathymétrique « chute » de 0 à 2000 m de profondeur. Le profil de température de Tahiti reste lui plus intéressant mais ces données datant de la fin des années 80 (cf. X - 4) se doivent d’être actualisées. D’autant plus qu’une récente observation d’experts en météorologie montre que dans l’Océan Indien les eaux profondes ont tendance à se refroidir et l’eau de surface à se réchauffer. Ce phénomène aussi puissant qu’El Ligno (ou El Nino) est appelé « Dipôle de l’océan Indien » et aurait un impact positif pour le gradient thermique pour la mise en place d’une centrale ETM. D’autres publications tendent à admettre que le rôle de l’Océan Indien sur les flux océaniques mondiaux devient tout aussi important que celui de l’Océan Pacifique.
0 2 -200 7 12 17 22 27 Température (en ° C)

-400

-600

-800

maldives maurice Port

-1000

Jamaique Fidji Tahiti

-1200

Sainte Rose

-1400

-1600

-1800 Profondeur (en m)

Figure 26 : Comparaison de la thermocline de Sainte Rose à d’autres sites mondiaux (Sources : références 4 & 25)

IV-2.2 Température de l’eau de surface IVLa production d’électricité est réalisée grâce à la différence de température entre l’eau de surface et l’eau profonde. Il est essentiel de connaître les variations annuelles de la température de l’eau de surface pour vérifier la stabilité du gradient thermique disponible au long de l’année.

Les mesures ont été faites sur un point GPS, où la profondeur était de 1800 m afin que la sonde de température n’heurte pas le fond marin.
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1

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En 2007, le laboratoire d’écologie marine (ECOMAR) de l’Université de La Réunion et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) ont conjointement publié un article sur la température quotidienne de l’eau de surface au Port (de Juillet 1993 à Avril 2004). Le point de relevé des températures de l’eau de surface se trouvait au Port. A La Réunion, la DIREN est en charge de faire le suivi de la qualité des eaux à travers le projet du Réseau National de l’Observation (RNO) du milieu marin. Dans ce cadre, elle procède régulièrement à des relevés de températures de l’eau de mer en différents points autour de l’ile, en surface, à 35 m et 70 m de profondeur et notamment en face de Sainte Rose à la Rivière de l’Est. Le graphe suivant présente les relevés de températures de la DIREN et les températures moyennes enregistrées durant les mêmes mois au Port.
Température eau de surface à Sainte Rose (Rivière de l'Est) et température moyenne au Port
30 29 28
Température (en ° C)

27 26 25 24 23 22
13/02/2002 24/05/2002 01/09/2002 10/12/2002 20/03/2003 28/06/2003

Date

06/10/2003

14/01/2004

23/04/2004

01/08/2004

09/11/2004

Température moyenne de surface Rivière de l'est Température - 35m Température - 70m Température surface Mesurée au Port (Univ)

Figure 27 : Graphe des températures au large de Sainte Rose (Rivière de l’Est) et de la température moyenne au Port aux mois correspondants (Source : Université et DIREN, RNO)
Comme le montre la figure ci-dessus, la courbe des températures moyennes de 1993 à 2004 au Port correspond bien aux relevés ponctuels de température à Sainte Rose. En effet, il est possible d’observer les mêmes fluctuations à l’année alors que les températures sont quasiment équivalentes à plus ou moins 0,5 degré Celsius. On peut donc émettre l’hypothèse que la température de l’eau de surface à Sainte Rose est identique à celle du Port. Le graphe ci-dessous indique la température moyenne mensuelle, calculée grâce aux dix années de mesure quotidienne au Port. La température minimale atteinte durant cette décennie était de 22,3°C le 23 Juillet 1993 et la température maximale était de 29,1°C, le 18 Février 1998, ainsi que les 3 et 4 Mars 2004.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Moyenne mensuelle de la température des eaux de surface (de 1993 à 2004) au Port

30 29 28 28 27,5 27 Temperature (° C) 26,4 26 25 24 23 22 21 20
ie r em br e ie r ai Ja nv Fé vr Se pt em em br e D ec ct ob re Av ril Ju in ar s Ju ille M Ao ut M br e t

28 27,4 26,3 25,1 24 24 23,5 23,4

24,8

O

Mois

Figure 28 : Graphe des températures moyennes mensuelles de 1993 à 2004 de l’eau de surface (Source des données : article François CONAND de l’Université de La Réunion, cf. X - 11)
Cette étude a permis de caractériser les variations de température durant 24 h. Elle varie de ±0.5°C pour une journée typique d’hiver. Les températures les plus basses sont observées le matin entre 6h et 8h et les plus hautes dans l’après midi entre 15h et 18h, (cf. figure suivante). En été, les cyclones peuvent affecter fortement la température de l’eau. Un exemple (cf. figure suivante) lors du passage du cyclone « Dina », lorsque l’œil du cyclone était au plus proche de la station de mesure, une chute de 2,4°C de la température a été constatée, elle était associée à un phénomène de refroidissement d’une durée de 2 jours. La température de l’eau est revenue à sa normale saisonnière une semaine plus tard.

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N ov

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Figure 29 : Variation de température de l’eau de surface au Port durant une journée hivernale à La Réunion (graphe A) Figure 30 : Variation de la température de l’eau de surface lors du passage du cyclone Dina (graphe B) (Source : référence X - 11)
Le graphe, disposé à la Figure 27, nous permet d’observer la différence de température entre l’eau de la surface et celles à 35 m et 70 m de profondeur. Durant l’été austral (Mai à Octobre), on observe une différence de 2°C à 3°C entre l’eau de surface et celle à 70 m de profondeur, et de moins de 2°C en hiver. La différence de température entre l’eau de surface et l’eau à 35 mètres de profondeur est généralement inférieure à 1°C. Pour la conception de la centrale ETM, des hypothèses seront émises pour le calcul de la différence de température disponible. Le pompage de l’eau chaude se faisant aux alentours des 40 mètres de profondeur (et non pas directement à la surface), la première hypothèse sera que la température de l’eau mesurée à la surface de 1993 à 2003, soit affectée de 1 degré. Ensuite à cause des phénomènes de réchauffement de l’eau froide profonde lors de sa remontée, la seconde supposition est que cette dernière arrive à terre à une température de 5°C et non pas de 4,6°C si elle était pompée à 1100 m de profondeur. Le graphe suivant et le tableau ci-contre
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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

représentent la variation de la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide profonde disponible à Sainte Rose.

Figure 31 : Variation de la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide profonde à Sainte Rose

Différence de température entre l'eau de surface et l'eau profonde (1100m) à Sainte Rose

23 Différence de température en °C 22 21,5 21 20,4 20 19 18 17 16 19,1 18,8 18 17,5 17,4 18 20,3 22 22 21,4

e br pt em

Figure 32 : Variation de la différence de température disponible à Sainte Rose durant une année
La variation du gradient de température est directement dépendante de la variation de la température de l’eau de surface.

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Se

Mois

br e N ov em br e D ec em br e

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

IV - 3 Dimensionnement de la centrale ETM Le choix le plus judicieux pour la ville de Sainte Rose serait d’installer une centrale d’une puissance nette de 3 MW (cf. IV-1.3) pour un écart de température de 20°C. En termes de dimensionnement, les deux CEF auraient un diamètre intérieur d’environ 1,78 m. La vitesse de l’eau à l’intérieur de celles-ci a été posée à 1,2m/s, ce qui correspond à un débit d’eau froide d’environ 6 m3/s (cf. X, référence 4). Le débit d’eau chaude serait quant à lui le double de celui de l’eau froide, soit environ 12 m3/s. L’emprise au sol de la centrale ETM ne peut être clairement définie, mais elle peut être estimée à une surface nécessaire d’au moins 3000 m², pour le terrain, la centrale ETM, la production et la distribution d’électricité et les stations de pompage d’eau froide et d’eau chaude. Selon la bibliographie (cf. X, 1-2-3-6), un écart de température de 1°C supplémentaire permettrait de produire 15% d’énergie supplémentaire. Cela vaut également dans le sens inverse puisqu’une diminution de 15% de la puissance serait observée si la différence de température diminuait de 1°C. La courbe de production énergétique serait directement proportionnelle à la variation de la Différence de Température (DT). A Sainte Rose (cf. Figure 32) cette solution n’optimise aucun paramètre de la DT et est appelée ‘ETM non optimisée’ sur la figure suivante. Par ailleurs, il est possible d’optimiser la production d’électricité en diminuant l’impact de la différence de température. Il faudra pour cela agir sur la DT de travail de la turbine, les débits d’eaux, les échangeurs, etc.… Le bénéfice de l'optimisation est donc de récupérer plus de puissance quand DT>DTdesign et d'en perdre moins quand DT<DTdesign (avec ici DT design =20°C). Des abaques (cf. Référence 6) donnent ces facteurs d’optimisation et permettent de produire le tableau suivant.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Figure 33 : Variation de la puissance et de la production d’une centrale ETM (de 3 MW nette) optimisée et d’une autre non optimisée en fonction de la variation de la différence de température entre l’eau de surface et l’eau profonde (Source : ARER)
Le graphe suivant montre bien la différence entre la puissance d’une centrale ETM optimisée et non optimisée. La puissance nominale de conception de la centrale est de 3 MW nette, schématisée par la courbe orange. La production mensuelle d’énergie de ces deux centrales ETM est présentée dans le tableau ci-contre avec un taux d’utilisation de 90% (soit 7880h/an) des centrales. Une centrale ETM optimisée de 3 MW produirait environ 22 768 MWh/an, soit 2,2% d’énergie supplémentaire par rapport à une centrale ETM non optimisée produisant 22 278 MWh. Pour une augmentation de la moyenne annuelle du DT de 1°C, la production énergétique de la centrale ETM de 3 MW nette optimisée serait de 26 296 MWh, correspondent à une augmentation de 15,4% de la production énergétique. La différence de production énergétique serait de 3450 MWh, soit la production annuelle d’une centrale photovoltaïque d’environ 2,75MWc pour un ensoleillement de 1250h/an.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Variation de la puissance de la centrale ETM
4,5

4,0

Puissance Nette (en MW)

3,5

3,0

2,5

2,0

1,5

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ETM Optimisée

ETM non Optimisée

Puissance nominale

Figure 34 : Variation de la puissance de la centrale ETM selon l’optimisation de celle-ci ou pas
L’exploitation d’une centrale ETM peut être contrôlée en faisant varier plusieurs paramètres pour optimiser la production en fonction des variations de la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’EFP.

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V - Climatisation par de l’eau froide sous- marine (Sea Water Air Conditioning)
V - 1 Etats des lieux de la technologie L’eau froide sous-marine pourrait assurer la climatisation de bâtiments aussi efficacement que les méthodes classiques et à des coûts inférieurs (d’après une étude américaine du Département de l’Energie, le DOE, un grand hôtel pourrait ainsi économiser jusqu’à 400 000 $ annuellement, (cf. X - 7)). En Polynésie française, le Sea Water Air Conditionning (SWAC) est déjà installé à Bora-Bora dans un grand hôtel de luxe, avec une puissance installée de 1,5MWf. Après deux ans de fonctionnement, les économies réalisées par rapport à un système de climatisation conventionnel sont de l’ordre de 90% (cf. X, référence 22). Le futur hôpital de Papeete (Tahiti) et un autre hôtel sur l’île de Tetiaroa reprendront certainement et très prochainement ce principe pour leurs climatisations. A Curaçao, cette technologie a été installée et de nombreux autres projets verront le jour autour du globe. Aujourd’hui, cette technologie liée à l’utilisation de l’eau froide profonde est rentable et semble la plus propice à installer à la Réunion.

Figure 35 : Principe de fonctionnement de la climatisation sous-marine (SWAC) (référence 13)
La figure précédente décrit le principe de fonctionnement de la climatisation par eau froide sous marine. L’eau froide est pompée à de grandes profondeurs puis passe dans une station d’échange (sur la figure ‘cooling station’), pour refroidir le circuit d’eau froide en boucle fermé (dénommé ‘chilled water distribution’) qui parcourt les installations à climatiser. La surface au sol (minimale) estimée pour cette station d’échange serait de 2500m².

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Figure 36 : Photos extérieure et intérieure de la station d’échange de l’Université de Cornell (référence 13)
V - 2 Besoins en froid à Sainte Rose Actuellement les besoins en Froid à Sainte Rose sont inexistants du fait qu’il s’agisse d’une commune rurale, où subsistent peu d’activités du domaine tertiaire. Cependant, il serait probable qu’un projet hôtelier se développe à Sainte Rose. Il serait envisageable de climatiser celui-ci avec de l’eau froide profonde si une activité de thalassothérapie était amenée à se développer dans cet hôtel. Sinon comme Sainte Rose se situe sur la côte au vent, la construction de cet hôtel avec une ventilation naturelle constituerait aussi un atout majeur de développement durable. Dans le cadre de cette étude à Sainte Rose, la climatisation de locaux ne s’avère donc pas intéressante.

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V - 3 Agriculture

V-3.1 Etats des lieux de la technologie
Depuis plusieurs années, la société CHC (Common Heritage Corporation, membre du NELHA à Hawaï) a testé la production de nombreux végétaux avec ce système d’irrigation. Le procédé consiste à faire passer de l’eau froide dans un tuyau enterré à la profondeur des racines de la plante cultivée. L’humidité atmosphérique se condense alors sur ces tuyaux, ce qui irrigue les végétaux. Avec un minimum de suivi, des bons résultats ont été obtenus par l’agriculture biologique d’une large gamme de plantes. A la grande surprise, de nombreuses cultures produisaient très rapidement des fruits ou des légumes d’excellente qualité. De nombreuses « cultures miracles » sur cette terre désertique hawaïenne peuvent être citées comme : La floraison d’ananas au bout de 8 mois au lieu des 14 mois habituels, La culture d’orchidées en plein soleil, La floraison de pêche et de poires.

Une expérience a d’ailleurs été faite sur trois plants de papaye. Le premier plant était arrosé quotidiennement d’environ 20 litres d’eau (produite par la condensation de l’eau sur les tuyaux d’eau froide). Cette eau était à température ambiante. Le second plant était lui planté en bordure du périmètre ou passait les tuyaux enterrés d’eau froide. Tandis que le troisième se trouvait lui au centre du passage des tuyaux d’eau froide. Les résultats obtenus (cf. figure suivante) furent surprenants : Le premier plan mesurait 45 cm avec un feuillage normal (photo de droite), Le second mesurait 90 cm avec l’apparition de premiers bourgeons (photo de gauche), Le dernier mesurait lui 1.83m avec un tronc robuste et une douzaine de papayes vertes (photo du haut).

Les scientifiques ont associé (et approuvé) l’origine de cette pousse rapide à un phénomène de thermodynamique basé sur la différence de température entre les racines et les feuilles, qui accélère le transport des nutriments dans la plante. Pour le premier plan, la différence de température entre les racines et les feuilles devait être de 2 à 3°C, pour le second arbuste de 5 à 10°C et pour le troisième plant, la différence devait être supérieure à 20°C voire 25°C. Les 3 plants ont été photographiés sur la figure ci-dessous.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Figure 37 : Expérience sur les plants de papaye irrigués de façons différentes (Source CHC : Common Heritage Corporation, cf. X, référence 23)
Les résultats de cette agriculture ont été obtenus par des chercheurs, aucune application industrielle ou commerciale de ce procédé n’a encore été faite.

V-3.2 Irrigation par condensation de l’eau sur les tuyaux d’eau froide à Sainte Rose
Sainte Rose se situe sur la côte au vent de La Réunion. Balayée par les alizés, les besoins en eau d’irrigation à Sainte Rose sont faibles voire inexistants à la vue de la pluviométrie forte et constante toute l’année (cf. Figure 45 ). L’utilisation de la condensation de l’humidité ambiante n’apparaît donc pas comme une activité à développer à Sainte Rose.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

VI - Activités liées à l’utilisation de l’Eau Froide Profonde (AEFP)
En sortie de la centrale ETM, l’eau de mer froide est à une température d’environ 8°C. L’intérêt serait de valoriser cette eau à travers de nouvelles activités, ce qui permettrait de réduire les coûts des installations. En effet, l’EFP présente trois atouts principaux : une température basse, une bonne qualité microbiologique, une richesse en éléments minéraux.

VI - 1 Aquaculture, culture d’algues et mariculture Aquaculture, L’aquaculture est une piste envisagée. La pureté biologique de l’eau permettrait de développer une aquaculture de qualité en limitant les maladies au sein des élevages. Dans de nombreux procédés d’aquaculture, l’eau doit être au préalable stérilisée. Faire de l’aquaculture avec cette eau millénaire pourrait être un véritable gage de qualité, car cette eau n’est pas polluée. Elle permettrait également d’élever des poissons destinés à l’aquariophilie, qui sont généralement des espèces sensibles. Le faible taux de matière en suspension et la faible turbidité de l’EFP sont aussi des atouts en aquaculture. L’EFP est également riche en nutriments, azote et phosphore, ce qui permettrait de développer la culture de microalgues et de la coupler à l’aquaculture d’espèces herbivores.

VIVI-1.1 Etats des lieux de la technologie
L’eau de mer profonde est riche en nutriments, très stable du point de vue de ses caractéristiques physico-chimiques et dénuée d’agents pathogènes, donc bien adaptée à l’aquaculture. Les revenus supplémentaires pour les centres d’élevage de poissons et de crustacés ou de production d’algues (pour des industries pharmaceutiques comme CYANOTECH au NELHA d’Hawaï, commercialisant la spiruline) utilisant cette eau, pourraient être supérieurs à ceux générés par la vente de l’électricité. La culture d’espèces rares et difficiles à élever en aquarium comme par exemple les hippocampes peut être réalisée avec cette eau dénuée d’agents pathogènes. La culture de bivalves, huîtres perlières et bénitiers, pourrait être facilitée pour le marché de l’aquariophilie.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Figure 38 : Photo des sites d’aquaculture et de culture d’algues du NELHA (source : NELHA Hawaï)
Le tableau ci-dessous permet de comparer la composition de l’eau en surface et l’eau profonde à -1000 m et -1600 m. Les teneurs en silice (Si), phosphate (PO4) et nitrates (NO3) sont beaucoup plus élevées pour l’eau froide profonde que l’eau de surface. Ces sels nutritifs sont essentiels et nécessaires au développement des algues et à la biomasse marine. Par ailleurs, les Matière en Suspension, (MES), n’ont pas atteint le seuil de détection de 0,1 mg/l. De ce fait, cette eau pourrait être qualifiée de pure et pourrait être très propice à l’aquaculture (terrestre), avec l’absence de germes pathogènes.

Figure 39 : Tableau comparatif de la composition de l’eau froide profonde (-1000 m et -1600 m) avec celle de l’eau de surface à Sainte Rose
Production d’algues pour l’industrie pharmaceutique et alimentaire :

Après avoir utilisé les capacités thermiques de l’eau froide profonde, son excellente composition permettrait de faire de la production d’algues, telles que la spiruline (Cf. Figure 38 ). L’absence d’organismes pathogènes permet la production d’une algue très pure et très riche en nutriments. La production d’algues nécessite généralement un bon ensoleillement et une température de l’eau généralement supérieure à 20°C.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

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L’aquaculture pour des espèces difficiles à élever :

D’autres expériences (références 31 à 36) ont permis de produire des microalgues, servant à nourrir les oursins et les ormeaux. Avec un contrôle de l’environnement de développement, la croissance quotidienne de la biomasse marine est très rapide, ce qui permet le développement de nombreuses autres espèces consommant ces algues. Par ailleurs, les élevages de poissons tels que la truite ont de plus fortes productivités avec cette eau d’excellente qualité, qui limite les risques de maladie. D’autres espèces délicates à élever, comme la langouste, la sole ou les hippocampes, ont aussi obtenus des bons résultats de productivité. Les photos cidessous présentent une partie des différentes espèces, qui peuvent être élevées. Les ormeaux (photo ci-contre) sont des bivalves de plus en plus rares, qu’il est possible d’élever grâce à l’excellente composition et à la pureté de cette eau. Cet organisme filtreur utilise l’importante teneur en sels nutritifs de l’eau froide profonde pour s’alimenter.

Figure 40 : Photos de quelques espèces élevées en aquaculture au Nelha à Hawaï (référence 28)
Production d’algues pour la production de bio diesel :

Un autre axe de développement est la production de biomasse marine (algues) (cf. référence 31). D’importants travaux de recherche sont menés sur ce sujet afin de choisir la meilleure microalgue pour la meilleure production de biocarburants à l’hectare. Dans quelques années, les microalgues représenteront une excellente source de production de biocarburants. L’EFP agirait comme un excellent engrais avec sa forte teneur en matière azotée. Le projet français, ‘SHAMASH’ (cf. X, référence 29) donnera ses premiers résultats vers 2010 pour la production de biodiesel à partir de micro algues. Pour remédier partiellement au problème du foncier, une technique de culture d’algues dans des sacs en plastiques avec une alimentation en dioxyde de carbone est à l’expérimentation. Le fait est que les algues captent le dioxyde de carbone (CO2) pour en restituer l’oxygène (O2) mais aussi des déchets organiques tels que l’azote, le phosphate et les nitrates. Elles peuvent donc produire à la fois un carburant vert
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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

en recyclant les eaux usées ou du gaz carbonique d’une usine thermique (voir figure ci-dessous). Dans notre cas, il s’agirait d’une eau pure avec une excellente teneur minérale, avec laquelle on pourrait coupler une alimentation en CO2 d’une centrale thermique, ce qui favoriserait un développement très rapide de ces algues (cf. figure suivante).

Figure 41 : Cultures d’algues dans des sacs plastiques et schéma de principe de l’alimentation des algues avec du CO2 provenant d’une centrale thermique.
A la mi-2008, la start-up BIOALGOSTRAL (BAO), s’est créée à La Réunion pour la production de biodiesel algal. Leur valeur ajoutée est de récupérer le phosphate (sous forme liquide) des eaux usées d’une station d’épuration (STEP) pour l’alimentation des microalgues. La STEP de Sainte Rose, qui sera bientôt en construction, serait très certainement le site expérimental de leur technologie. Il serait envisageable pour BAO d’utiliser de l’eau froide profonde pour la culture des microalgues.

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VI-1.2 L’aquaculture, la mariculture et la culture d’algues à VIL’aquaculture, Sainte Rose

L’aquaculture
Il serait intéressant de développer l’aquaculture à Sainte Rose. Toutefois il est préférable de développer des espèces à forte valeur ajoutée marchande (espèces nobles) et à croissance rapide car les coûts de production en aquaculture sont encore assez élevés et la concurrence venant de la pêche est importante. C’est pourquoi les crustacés (crevettes d’eau douce et de mer, écrevisses, homard, crabe) sont de bons candidats. La production serait plutôt de petit volume et se cantonnerait à une commercialisation à l’échelle locale. Elle s’inscrirait plutôt sur des marchés à haute valeur ajoutée comme la restauration ou l’aquariophilie. Concernant la restauration, le marché reste faible. Peu de restaurants sont spécialisés dans les produits de la mer. La consommation à La Réunion en produits de la mer est en moyenne plus faible qu’en métropole et il n’existe pas de tradition de la mer bien ancrée. Mais les mentalités sont vouées à évoluer. D’après l’ARDA (Association Réunionnaise de Développement de l’Aquaculture), il serait préférable de diversifier l’offre à La Réunion pour éviter des conflits sur le marché entre les différents producteurs. Les espèces intéressantes à développer concerneraient le secteur des poissons marchands (truites…), de l’aquariophilie (bénitier…) et des algues. Dans ce contexte, il pourrait être judicieux de développer l’élevage de truites, de crevettes, de langoustes, de bénitiers, de bivalves comme l’huitre, de zooplanctons comme les rotifères, de larves de poissons, d’ormeaux ou d’éponges. Ce sont toutes des espèces en lien avec les microalgues, l’eau froide profonde et présentant si possible une forte valeur ajoutée.

Rotifères

Benitier - Tridacna

Ormeaux - haliotis

Eponge - spongius

Figure 42 : Espèces présentant un potentiel de développement en aquaculture avec l’utilisation de l’eau froide profonde
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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Ci-dessous, un tableau récapitule les avantages et inconvénients de l’élevage de différentes espèces citées dans le paragraphe précédent. Une notation a été attribuée pour chaque espèce selon son degré d’intérêt à être élevé à La Réunion. Avantages Cout de production faible Aquariophilie, forte valeur ajoutée Cycle de 2 ans Pas de maladies Faible impact environnemental Bénitier Se nourrit de microalgues Petite échelle Entre 20 et 300 dollars pièces aux Etats unis Valorisation de la chair Apport alimentaire faible Rentabilité élevée Eau saumâtre : peut la créer avec ETM, avantage concurrentielle Crevette de Cycle de 4 mois Besoin d’un mer P. renouvellement monodon d’eau douce Rendement de 1.2 à 5 T / ha Prix Penaeus japonicus 220 dollars US/kg Température de l’eau 25°C Technique moins complexe que pour Crevette de P.monodon Taux de survie élevée mer L. en écloserie stylirostris Eau de mer non diluée Moins de pathologies Inconvénients Besoin d’une écloserie à terre 6 à 8 mois en écloserie Grossissement en eau peu profonde recommandé Produit périssable, doit être transporté vivant Transport en avion couteux car lourd Conclusion Difficulté de transport et concurrence, voir si présence d’une demande locale ou non. Eau peu profonde disponible Eau profonde riche en nutriments

6/10

Technique d’élevage et d’écloserie pas simple Pénurie de reproducteur Risques environnementaux Taux de survie faible en écloserie Aquaculture intensive Nombreuses maladies Contrainte d’approvisionnement Bassins de 0,5 à 2 ha

Besoin d’une eau saumâtre et problèmes sanitaires, bien pour justifié utilisation de l’EFP 3/10

Nombreuses maladies mais moindres car l’élevage se fait en eau de mer et pas en eau saumâtre Bassins de 0,5 à 2 ha

Forte concurrence mais peut jouer sur une production écologique, propre, jouissant d’un label “vert” et d’une forte valeur ajoutée.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Eponge

Huitre perlière

virales Apport alimentaire faible Rentabilité élevée Candidate label « vert » facile Rendement de 1,2 à 5 T / ha Température de l’eau 25°C Forte valeur ajoutée Nombreuses valorisations (pharmacie, éponge de toilette…) Technique simple et peu couteuse Impact écologique limité Forte demande (produit naturel) Consomme débris Organiques, bactéries et microalgues Entre 2 et 40 dollars australiens / unité Température de l’eau 25 °C Technique connue et relativement simple Pas d’apport alimentaire Nombreuses valorisations (perle, coquille…) Forte valeur ajoutée Peut se faire à petite échelle Pas d’impacts environnementaux Alimentation microalgues Production toute l’année 13 USD / g

5/10

Peu d’espace Peut se faire en eau un peu profonde avec des lignes verticales Pratiqué dans la mer

Forte valeur ajoutée, s’inscrit dans une logique de produit naturel mais ne se fait pas en aquaculture sur terre

2/10

Ecloserie ou récolte de naissain Ecloserie : couteux et très technique donc grande échelle. Durée pour obtenir des perles entre 2 et 5 ans

L’approvisionnement en juvénile semble difficile

0/10

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Langouste

Forte valeur ajoutée Forte demande Cycle de 18 mois Alimentation : microalgues, crustacée, poissons 100 individus / cage de 16 m2 21 à 28 USD / kg Température de l’eau entre 5 et 17 °C

Approvisionnement en juvénile difficile production de semences non maitrisées Mer peu profonde : 5m en cage ou dans des bassins sur terre. La ressource est encore suffisante pour un développement artificiel.

Bon choix pour un développement local à petite échelle pour la restauration ou aquariophilie. Valorisation de la température et de la richesse minérale de l’eau froide profonde (EFP) Mais pas de demande

Pour l’aquariophilie Alimentation : phytoplancton, rotifères Absence de lumière Aquarium de 150 L avec 500 à 1000 larves Grossissement 350 L Larves de Extrême qualité de poissons l’eau Commercialisable en 3 à 6 mois Prix élevé (ex : poisson clown 30 dollars australiens la paire) Permet la protection des récifs coralliens Alimentation : aliments préparés ou algues Reproduction maitrisée Grossissement en Ormeaux terre ou en mer Cycle 15 mois Faible impact environnemental Meilleur qualité des espèces tempérées. Eau fraiche 16 à 18 °C et aiment les

Espèces sensibles au milieu d’élevage Capture de juvéniles dans le milieu naturel Possibilités d’en relâcher ensuite pour reconstituer les stocks. Température de l’eau : 28 °C Richesse de l’eau froide profonde nécessite un contrôle accru du 7/10 développement d’éléments nuisibles

5/10 Accès au Marché international avec utilisation du label « vert » pour une pèche sans cyanure et protection des récifs. Valorisation de la pureté biologique de l’EFP

Intéressant si installations de transformations des produits de la mer Installations à terre demande plus d’investissement, possible en mer également. Grande échelle pour être compétitif Grandit de 2 cm par an Commercialisé au bout de 3 ans
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Très forte concurrence, voir si marché local Valorisation de la température et de la richesse minérale de l’EFP 6/10

Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Truite

courants 25 à 28 euros / kg en France à 100 euros / kg au Japon Forte demande car raréfaction de la ressource Eau douce ou de mer froide 18 °C Croissance rapide : en un an, 25 cm et plusieurs kg.

Forte concurrence Introduction d’espèces

Nourritures : déchets de Valorisation de la crustacés et de température de poissons l’EFP 7/10

Figure 43 : Elevage de crevettes marines (pénéides) et de crevettes d’eau douce (macrobrachium) à Tahiti.
Pour conclure sur l’analyse des avantages et des inconvénients de l’élevage des différentes espèces via l’utilisation de l’eau froide profonde, il ressort que l’aquaculture de larves de poissons pour l’aquariophilie ou de truites pourrait être une bonne voie de développement à Sainte Rose. Pour l’aquaculture de crustacés, le marché local est encore trop faible et la concurrence trop importante. La production de crevettes par exemple demande des surfaces importantes pour être concurrentielle avec les pays asiatiques. L’espace foncier requis serait vraisemblablement limité à Sainte Rose. Il serait peut être envisageable d’accéder à un marché de niche en créant un label de qualité via l’utilisation de l’EFP pour de faibles quantités produites. L’élevage d’ormeaux pourrait aussi être une activité à développer. L’inconvénient majeur sera l’insertion d’une nouvelle espèce dans l’environnement local.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Par ailleurs, il faut aussi prendre note qu’un projet d’aquaculture doit voir le jour au niveau de la Pointe Corail (atterrage 4) pour de la culture de bénitiers et de corail. Il serait judicieux de coupler cette aquaculture à de l’ETM. Bien qu’il ne soit pas certain que l’ETM puisse se développer à la Pointe Corail, il serait tout à fait envisageable d’avoir un site d’aquaculture à la Pointe Corail et un autre là où sera développée l’ETM on-shore à Sainte Rose.

L’algoculture à Sainte Rose
La culture d’algues demande une surface foncière importante (un minimum de 2 ha pour une culture à forte valeur ajoutée) et un besoin en main d’œuvre. Les algues peuvent être mises en culture dans des bassins (avec une hauteur de 10 – 20 cm d’eau), ou en photobioréacteurs (PBR, tube en verre) (cf. figure ci-dessous).

Figure 44 : Culture des microalgues en bassin (open-pounds) ou en photobioréacteurs (PBR)
La culture en photobioréacteur se déroule en milieu fermé. Ainsi, tous les paramètres sont contrôlés : salinité, pH, concentration de µalgues, nutriments, qualité de l’eau et de l’air. Alors qu’en bassin, ces paramètres peuvent fluctuer à cause des conditions climatiques : - La pluie peut entrainer une augmentation de l’eau dans les bassins, d'où une dilution de la concentration. - Un fort ensoleillement entraine une évaporation d’où une variation du pH et de la concentration. - La qualité de l’air jouant sur la mise en contact possible d’organismes proliférateurs nuisibles à la culture. L’espace foncier nécessaire à la mise en place des photobioréacteurs est moindre car il s’agit là d’une production intensive plutôt qu’extensive en bassin. A La Réunion, ils devront être protégés des conditions extrêmes rencontrés lors des passages de cyclones, il faudra donc qu’ils soient implantés sous serres.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

A Sainte Rose, une analyse de la pluviométrie, de l’ensoleillement et de la température a permis de réaliser les graphes suivants. Apparaissent aussi sur ces graphes les facteurs climatiques de la ville de Montpellier, où des cultures d’algues existent déjà.
Nombre d'heure d'ensolleillement annuel
450 400 Nombre d'heure
Pluviométrie (mm) 800 700 600 500 400 300 200 100 0
ai Ao ut Se pt em br e O ct ob re N ov em br D e ec em br e
Sainte Rose Montpellier

Pluviométrie mensuelle

350 300 250 200 150 100 50 0
Ju ille t Ao S ût ep te m br e O ct ob re N ov em br D e éc em br e Ja nv ie r Fé vr ie r M ar s Av ril Ju in M ai

Ja nv ie r Fé vr ie r

Mois

Sainte Rose Montpellier

Température moyenne mensuelle
30 25 Température (°C) 20 15 10 5 0
ai Ju ille t e vi er Av ril ju in ar s ri e r e br e ut br m br M M ao ve m ce m dé fé v ja n ct o br e

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no

Sainte Rose Montpellier

Mois

Figure 45 : Graphes des moyennes mensuelles d’ensoleillement, de température, et de pluviométrie à Sainte Rose (Source ARER, données météo de Sainte Rose)
Ces trois graphiques permettent d’évaluer l’influence de chaque paramètre important à la culture de microalgues. Le nombre d’heures d’ensoleillement est constant toute l’année à La Réunion, ce qui permettrait à ces organismes photosynthétiques d’avoir accès à la lumière toute l’année. Il en est de même pour la température constante toute l’année avec une variation annuelle d’environ 5°C. Cependant, il faudra veiller à ce que les microalgues ne soient pas soumises à un ensoleillement ou à une température trop fort(e)s pouvant entrainer leur mort. Pour ce qui est de la pluviométrie, elle est constante aussi toute l’année mais est très importante (environ 500 mm/mois). Il sera donc difficile de faire de la culture d’algues en bassin ouvert à moins qu’ils ne soient protégés par des serres.

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Mois

Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Sainte Rose s’avèrerait être un lieu idéal pour la culture d’algues avec un très bon ensoleillement et une température stable mais il faudra se baser sur une culture en photobioréacteur sous serre pour pallier aux conditions cycloniques ou en bassin sous serre pour pallier à la forte pluviométrie. La culture en photobioréacteurs sous serre sera préférée car l’emprise sur le foncier et la taille des serres seront moindres. Le tableau ci-dessous compare les apports en nutriments pour la culture de microalgues avec l’utilisation de l’eau de surface, l’eau froide profonde et l’eau douce. L’utilisation de l’eau froide profonde permet un apport de 1,5% en phosphate et de 3% pour les nitrates, les éléments généralement limitant pour la culture d’algues. L’eau minérale de bouteille apporterait environ la même quantité d’éléments nutritifs aux microalgues alors que l’eau de surface n’apporterait quasiment rien. Quelque soit l’eau utilisé, il sera nécessaire d’apporter des engrais pour la culture des microalgues. L’eau froide profonde serait cependant très bénéfique à la culture d’algues en limitant la prolifération d’éléments nuisibles de part sa pureté et son excellente qualité.

Figure 46 : Tableau comparatif des apports nutritifs des différentes eaux utilisées
La figure suivante représente les surfaces foncières sur lesquelles la culture de microalgues et l’aquaculture pourraient s’implanter. Cette figure ne représente que les surfaces sur les atterrages de Bonne Espérance (Att1) et de la Pointe Corail (Att4) car les surfaces disponibles au niveau des atterrages de la Marina et de la Pointe Sainte Rose sont négligeables car inférieures à 2 ha. La zone de la Bonne Espérance a été scindée en deux parties : - « Bonne Espérance 1 » est proche de la côte avec un dénivelé faible (moins de 40 mètres d’altitude) et une surface de 45 ha, - « Bonne Espérance 2 » avec une altitude comprise entre 40 et 60 mètres et une surface de 40 ha. Il en est de même pour la zone de la Pointe Corail : - « Pointe Corail 1 » avec une altitude inférieure à 20 mètres et une surface de 8 ha, - « Pointe Corail 2 » avec une altitude comprise entre 20 et 40 mètres et une surface de 39 ha.
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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

En utilisant environ 5 ha de terre sur l’une de ces zones (pour la plupart actuellement occupées par la culture de la canne), il serait certainement possible d’avoir une culture d’algues ou une culture d’algues rentables s’il s’agissait d’une espèce à forte valeur ajoutée. Pour des espèces à moindre valeur ajoutée, il faudrait penser à utiliser au moins 10 à 20 ha. Quoiqu’il en soit une étude plus approfondie technico-économique spécifique à l’aquaculture et la culture d’algues à La Réunion doit être menée pour confirmer ces hypothèses si ces activités étaient amenées à se développer seules ou même avec l’ETM, où la mutualisation des installations de pompage seraient bénéfiques à la rentabilité du projet de l’ETM et celui de mariculture.

Figure 47 : Représentation des zones potentielles pour le développement de l’aquaculture et la culture d’algues (Source ARER)
Les figures suivantes représentent le Plan Local d’Urbanisme sur la zone de Bonne Espérance et de la Pointe. Aucune activité ne semblerait s’opposer à l’implantation d’une centrale ETM et d’activité de mariculture à Bonne Espérance et de la Pointe Corail. Il n’en est pas de même au niveau de l’atterrage de la Marina et de la ville de Sainte Rose, où des projets d’urbanisation et de développement d’activités touristiques sont prévus.

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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

Figure 48 : Plan Local d’Urbanisation de Sainte Rose concernant les atterrages 1, 2 et 3 (Bonne Espérance, Marina et ville) (Source : Ville de Sainte Rose)
Il est à noter que ce PLU est en cours de révision et sera intégré au futur Schéma d’Aménagement Régional (SAR). Il devra donc cartographier tant que possible les zones propices à l’implantation de l’ETM et de l’aquaculture et de la culture d’algues afin de ne pas limiter le développement de ces activités dans le futur.

Figure 49 : Plan Local d’Urbanisation de Sainte Rose concernant l’atterrage 4 de la Pointe Corail (Source : Ville de Sainte Rose)
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VI - 2 Thalassothérapie

VIVI-2.1 Etats des lieux de la thalassothérapie
Les bienfaits de la thalasso sont connus depuis l’Antiquité. Comme son nom l’indique, l'élément essentiel pour de la thalassothérapie est l'eau. L’eau de mer profonde prend plus d’un millénaire pour faire le tour du monde. L’eau pompée à Sainte Rose n’aurait sans doute pas connue la civilisation. Outre son taux de 35 grammes de chlorure de sodium (sel) par litre, elle contient de nombreux sels minéraux et oligo-éléments. L’eau de mer profonde contient 20 fois plus de sels minéraux que l’eau de surface. Pompée dans les abysses, elle peut être chauffée entre 31 et 35°C afin de provoquer la dilatation des pores de la peau, de stimuler la circulation sanguine et la relance cardio-vasculaire. A sa température de 6°C ou 7°C (voire 12°C), elle peut être pulvérisée en fines gouttelettes pour raffermir le corps. Des bains dans cette eau provenant directement de l’« Antarctique » auraient les mêmes effets. La mer est électrolyte car elle contient de nombreux électrons en dissolution. A son contact, un organisme fatigué se recharge naturellement en absorbant des ions négatifs et fait sa provision de sels minéraux, d'où l'importance des bains marins. Après douze minutes d'immersion dans l'eau de mer, la cuticule de la peau en a capté les ions négatifs. Ceux-ci vont ensuite atteindre le derme et se diffuser dans tout le corps : les ions potassium vont migrer vers la fibre musculaire, alors que les ions calcium vont consolider les os. C'est ainsi qu'il y a régénérescence de l'organisme. A Bora-Bora, l’hôtel Intercontinental climatise ses chambres, grâce à de l’eau profonde, qu’il utilise par la suite pour de la thalassothérapie et des activités de spa.

Figure 50 : Photo de l’hôtel réalisant de la thalassothérapie avec de l’eau froide profonde à Bora-Bora
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Note d’opportunités sur l’Energie Thermique des Mers et la valorisation de l’Eau Froide Profonde à Sainte Rose

VI-2.2 La thalassothérapie à Sainte Rose VIA Sainte Rose pourrait se développer un complexe hôtelier de luxe, basé sur le tourisme écologique et durable. Sainte Rose dispose d’un cadre naturel hors du commun avec 14 500 ha d’espaces naturels et un paysage endémique évoluant fréquemment avec les éruptions volcaniques. L’hôtel de luxe pourrait inclure dans ses prestations une activité de thalassothérapie avec de l’eau froide profonde s’il était situé non loin des sites de la Bonne Espérance ou de la Pointe Corail.

Figure 51 : Photographies d’un hôtel de luxe « vert » et d’un centre de thalassothérapie

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VI - 3 Production d’eau douce

VIVI-3.1 Etats des lieux de la technologie
Une centrale ETM à cycle ouvert produit de l’eau douce (dessalée) lors de l’évaporation de l’eau de mer. Avec une centrale ETM à cycle fermé, l’ajout d’un module de production d’eau douce est aussi envisageable. Le principe consiste à vaporiser l’eau chaude de surface dans une chambre où la pression est inférieure à la pression atmosphérique. Grâce à l’eau froide profonde, cette vapeur d’eau est condensée. Seule une différence de température comprise entre 5°C et 12°C est nécessaire, et il est possible de faire de l’eau dessalée après la production d’électricité. Environ 0,5% de l’eau chaude de surface pompée est dessalée. Suite à l’arrêt du projet ETM Tahiti en 1986, une étude avait été menée pour le dessalement de l’eau de mer à Bora-Bora grâce à ce procédé. Aujourd’hui, l’eau potable à Bora-Bora provient à 45% du dessalement par osmose inverse très consommateur en énergie et de ce fait très coûteux. Les installations ETM (expérimentales : Nelha, Sagar Shakti, Mini-Otec) (cf. X, références 3&4) ont prouvé la faisabilité de ce procédé de dessalement de l’eau de mer pour la consommation humaine.

Figure 52 : Principe du dessalement grâce au gradient thermique des Mers (cycle ouvert ETM)

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VI-3.2 Eau potable à Sainte Rose VIL’exploitation du réseau d’eau potable est gérée par une régie communale desservant 2089 abonnées pour une population d’environ 6500 habitants. L’alimentation en eau potable provient aujourd’hui exclusivement d’une prise d’eau effectuée sur l’un des trois réservoirs EDF (813 mètres d’altitude) remplis par la galerie souterraine du captage des Orgues. Ces réservoirs participent au fonctionnement de l’usine hydro-électrique basée en amont du port de Sainte Rose. La commune disposait autrefois de deux autres ressources : - Forage de l’Anse des Cascades, - Pompage de la nappe dans la Rivière de l’Est. Ces ressources ne sont plus exploitées depuis 2000. Le forage de l’Anse des Cascades peut être mis en service lorsque l’alimentation en eau depuis le captage des Orgues est insuffisante. En conclusion, les ressources disponibles en eau à Sainte Rose étant suffisantes pour les besoins en eau potable et en eau d’irrigation (cf. graphe de la pluviométrie, Figure 45), les conditions ne sont pas favorables à la production d’eau douce via l’ETM.

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VI - 4 Production d’eau minérale à forte valeur ajoutée

VIVI-4.1 Etats des lieux de la technologie
Plusieurs entreprises du NELHA se sont spécialisées dans la revente d’eau minérale à forte valeur ajoutée. Avec une bonne opération marketing, des bénéfices importants peuvent être générés. Ces entreprises exportent principalement cette eau vers les Etats-Unis et le Japon. L’exportation de cette eau pure et millénaire engrange d’importants bénéfices. Le principe consiste à reminéraliser de l’eau dessalée (de ce fait déminéralisée) grâce à de l’eau profonde très riche en nutriments. La valeur ajoutée de cette eau minérale provient du fait de diluer de l’eau dessalée avec de l’eau profonde naturellement pure et extrêmement riche en nutriments. Cela en fait une eau minérale d’excellente qualité, riches en nutriments et oligo-éléments, que l’on peut revendre sur les marchés asiatiques à 3$ la bouteille d’un litre et demi.

Figure 53 : Bouteilles d’eau exportées par les sociétés hawaïennes au Japon et aux Etats-Unis
Les hawaïens génèrent un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars par an. Avec ce marché en pleine explosion, les hawaïens ont dû augmenter les capacités de pompage d’eau profonde et ont construit une usine de dessalement par osmose inverse afin de répondre à la demande. Le dessalement par les procédés d’osmose inverse ou de distillation est une activité (très) énergivore (5kWh/m3 d’eau dessalée) et ces procédés ne peuvent être définies comme des activités de développement durable. Vraisemblablement et cela reste à confirmer, cette usine de dessalement produirait l’eau dénuée de nutriments (eau osmosée), qui constituerait environ 80 à 90% de l’eau de la bouteille vendue, les autres 10 à 20% sont de l’eau profonde pure rapportant tous les minéraux. En effet, il n’est pas possible de boire directement de l’eau profonde pure car il s’agit bien d’eau de mer avec au moins 35 g de sel par litre. Il faut donc dessaler une partie de l’eau (par osmose pour les hawaïens) pour la reminéraliser avec de l’eau profonde pure, ce qui la rend potable et permet sa revente sur le marché de l’eau minérale. Ce principe est un dérivé des pratiques anciennes des marins (colonisateurs) qui faisait évaporer de l’eau de mer et la reminéralisait avec une faible quantité d’eau de mer pour la boire et absorber les sels minéraux nécessaires à leurs organismes. La revente d’eau minérale favoriserait la rentabilité et le développement d’un véritable projet ETM, représentant l’avenir des territoires et des îles de la zone
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intertropicale en termes d’autonomie énergétique et de développement durable. Comme nous le démontre le tableau suivant, l’eau froide profonde de Sainte Rose à 1000 m de profondeur n’a rien à envier à l’eau profonde hawaïenne. Le pH, la salinité et les teneurs en nitrates (NO3), phosphate (PO4), ammoniac (NH4) sont équivalentes à l’eau d’Hawaï. La teneur en silicium de 57,7 µmol/l est inférieure à celle d’Hawaï de 74,56 µmol/l. Néanmoins, les matières en suspension (MES) sont beaucoup moins importantes que l’eau d’Hawaï.

Figure 54 : Tableau comparatif de l’eau froide profonde de Sainte Rose à celle d’Hawaï
A titre comparatif, le tableau suivant décrit succinctement l’opportunité que représenterait l’activité de revente d’eau minérale. L’hypothèse est de partir du principe d’utiliser l’eau de mer de surface dessalée (en cycle ouvert) pour une centrale ETM de 3 MW de puissance. Le volume d’eau chaude pompée par jour est de 1 400 000 m3/j. La vaporisation de 0,5% de cette eau crée environ 7000 m3/j d’eau douce, correspondant à de l’eau distillée, dénuée de tous minéraux. En rajoutant à cette eau déminéralisée 10% d’eau froide profonde, le volume quotidien d’eau minérale obtenue serait de 7700 m3. Il serait donc possible de commercialiser cette eau à 2$/l (soit environ 1,7€/l). Le tableau suivant décrit ces calculs et donne un Chiffre d’Affaires annuel de plus de 4 Milliards d’Euros. Il faut cependant garder en tête que la revente de cette eau est positionnée sur un marché de niche. L’arrivée d’un nouveau producteur d’eau minérale profonde pourrait provoquer l’effondrement des prix et compromettre l’activité. Quoiqu’il en soit, la rentabilité de l’ETM ne devra pas se baser sur cette activité, mais il faudrait tout de même réaliser une étude de marché complète, pour évaluer le soutien financier (et les risques) que pourrait apporter ce marché à l’ETM.

Figure 55 : Tableau prévisionnel du chiffre d’affaire généré par la revente d’eau profonde minérale

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VII - Etude technique et financière globale d’un projet d’utilisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose
Compte tenu de l’avancée significative des discussions techniques, financières et économiques sur la filière ETM à La Réunion et notamment sur l’ETM offshore, cette partie de l’étude semble être caduque du fait qu’elle se baserait sur des estimations financières des années 1980. Il semblerait bien plus judicieux de réaliser une veille au niveau local, dans un futur proche, afin d’avoir une idée réelle des investissements nécessaires pour la mise en place d’une centrale ETM on-shore de 3 MW. Cette étude financière prend en compte l’ensemble des paramètres d’exploitation, liés à l’activité de production d’électricité, pour en arriver à un graphe sur les flux monétaires cumulés reflétant le taux de rentabilité de l’investissement. Le manque d’informations technico-économiques et financières sur des activités telles que l’aquaculture, la culture d’algues ou la thalassothérapie, globales car très spécifiques au lieu d’implantation ne permettent pas de réaliser l’étude financière de l’ETM on-shore couplé à ces activités. VII - 1 Coût d’installation du pipe L’installation de la conduite d’eau froide (CEF) représente la plus grosse partie de l’investissement dans une centrale ETM. Il faut aussi rappeler que 2 autres tuyaux doivent être installés pour la production d’électricité : La conduite d’eau chaude, La conduite de refoulement commune à l’eau chaude et l’eau froide.

Bien qu’ils soient moins stratégiques, ces deux tuyaux doivent être aussi fixés solidement au fond marin pour résister aux aléas climatiques. La conduite d’eau chaude récupère de l’eau à une profondeur d’environ 20 à 40 mètres et la conduite de refoulement rejettera de l’eau à environ une centaine de mètre de profondeur voire plus (ou moins) selon les contraintes réglementaires fixées. Le coût de l’installation de tous ces éléments est porté par l’investissement dans l’usine ETM. Il apparaîtrait logique de répartir les coûts d’installation de la CEF avec les autres activités utilisant cette eau froide profonde. Dans notre étude, la vision du projet sera globale et les coûts d’installation de la CEF seront portés uniquement par la centrale ETM ou de l’activité de SWAC.

Figure 56 : Conduite d’Eau Froide Assemblée avant immersion (source : site web Makaï)
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VII - 2 Coût de la centrale ETM on-shore de 3MW onNotre étude se porte sur l’installation d’une centrale ETM on shore à Sainte Rose. Selon les retours d’expérience des différentes installations internationales datant des années 80 (cf. X - 1,2), le coût du kW installé serait approximativement de 14 000 €/kW pour une centrale ETM d’une puissance nette de 3 MW. La puissance brute de la centrale serait de 4,3MW, correspondant à un investissement d’environ 72 Millions d’Euros, lorsqu’un facteur multiplicateur de 1,2 est appliqué du fait de l’éloignement de l’île de La Réunion. Avec la différence de température disponible à La Réunion, (cf. Figure 31) la production d’énergie de cette centrale ETM optimisée serait de 22768 MWh/an, soit la production électrique annuelle de 18 970 habitants. Quoiqu’il en soit la rentabilité du projet ETM augmente avec l’augmentation de la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide profonde. Il serait plus rentable de récupérer de l’eau profonde plus froide. A Sainte Rose, la température de l’eau pompée est de 4,6°C à 1100 mètres de fond (arrivant à terre à 5°C). Selon les études menées par l’ARVAM (cf. Annexe 2), nous sommes à la frontière entre la masse d’eau Indian Central Water (ICW) et la masse d’eau Antartic Intermediate Water (AAIW). Le prix de rachat de l’électricité produite par une centrale ETM doit aussi être fixé par l’Etat français afin de promouvoir l’emploi de cette technologie. Ces tarifs de rachat doivent être étudiés selon les différentes tailles d’usine ETM. Dans notre cas, pour une petite usine onshore, le prix de rachat devrait correspondre à ceux du photovoltaïque de 0,40€/kWh pour que ce projet innovant précurseur soit rentable.

Figure 57 : Tableau de synthèse des hypothèses utilisées pour l’étude sur l’ETM

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VII - 3 Solaire photovoltaïque équivalent à l’ETM A production d’énergie équivalente (22 768 MWh/an), une ferme photovoltaïque s’étalerait sur 145 000 m² soit 14,5 ha, pour une puissance de 18 MWc et un ensoleillement annuel de 1250h équivalent plein soleil. L’investissement pour la mise en place de cette ferme photovoltaïque serait d’environ 87 M€ avec le m² de panneaux à 600 € posé au sol ou sur des toitures. Cet investissement devrait se renouveler tous les 20 ans car les panneaux photovoltaïques arriveraient en fin de vie, alors que la centrale ETM on-shore serait conçue pour une durée de vie au minimum équivalente ou supérieur. La surface requise est considérable alors que le foncier manque dans l’île. La solution actuelle à La Réunion pour développer le photovoltaïque à grande échelle est de se tourner vers les terres agricoles réunionnaises en couplant agriculture et production d’énergie grâce aux serres agri solaires. Les panneaux solaires seraient montés sur des structures tridimensionnelles (résistantes aux cyclones), ce qui générera un coût supérieur du m² de panneaux photovoltaïque installé. Autant dire qu’à production électrique équivalente, implanter une centrale ETM pourrait coûter moins chère qu’une centrale photovoltaïque. Bien que les coûts de maintenance soient supérieurs pour une centrale ETM, la valorisation de l’eau froide profonde générerait beaucoup plus d’activités et d’emploi que la simple production d’électricité d’une centrale PV. Les premiers projets de production d’électricité via l’ETM ne seront d’ailleurs rentables que si d’autres activités de valorisation de l’EFP y sont associées. Par ailleurs, l’énergie photovoltaïque est intermittente et est qualifiée de fatale avec ces variations de production à haute fréquence. Alors que l’ETM est une énergie de base disponible 24h/24 et tous les jours de l’année. VII - 4 Production d’eau minérale Production Le marché de niche, dans lequel sont installés les Hawaïens avec la revente d’eau minérale à base d’eau profonde est de loin le plus rentable avec le chiffre d’affaire qu’elle pourrait générer (cf. Figure 55Erreur ! Source du renvoi introuvable. introuvable.) Erreur Cette activité ne participe cependant pas au développement durable par le fait d’exporter des bouteilles d’eau par bateau (ou avion).

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VII - 5 Défiscalisation et les plans PRERURE/GERRI La Réunion est actuellement dans une excellente dynamique pour atteindre l’objectif ambitieux de l’autonomie énergétique électrique de l’île en 2025. Cet objectif est fixé par les plans PRERURE (Plan Régional des Energies Renouvelables et de l’Utilisation Rationnelle de l’Energie) de la Région Réunion et GERRI (Grenelle de l’Environnement à la Réunion : Réussir l’Innovation) de l’état français. Ces plans d’action seront très certainement favorables à la mise en place d’une centrale à l’Energie Thermique des Mers à La Réunion, car il s’agit là avec la géothermie de la seule énergie renouvelable de base, c'est-à-dire disponible toute l’année. La défiscalisation réunionnaise est aussi un atout pour l’implantation des énergies renouvelables. Les aides et les subventions européennes pourraient représenter environ 30% de l’investissement initial. VII - 6 Retour sur investissement Dans l’étude économique, il nous est simplement possible de comparer les activités de production d’électricité de l’ETM et d’une centrale photovoltaïque « solaire eq ETM ». Les difficultés de chiffrage et d’analyse économique des activités de mariculture comme la culture d’algues ou de l’aquaculture ne nous permettent pas d’approfondir cette étude. Le graphe suivant représente les flux monétaires cumulés de la centrale ETM on-shore de 3 MW et celle de la centrale photovoltaïque.

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Flux monétaire cumulé (en Millions d'€)

Flux monétaire net cumulé

70

50

30
Solaire eq ETM

10

-10

0

2

4

6

8

10

12

14

16

18

20
ETM SIMPLE

-30

-50

-70 Année

Figure 58 : Flux monétaire cumulé de l’ETM et de la centrale PV équivalente

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A production d’énergie égale, l’installation d’une centrale ETM et d’une ferme photovoltaïque requiert quasiment le même investissement (soit respectivement 72 M€ et 87 M€, subventionné à hauteur de 30%). Cependant, les coûts de maintenance d’une centrale ETM (estimé à 0,12€/kWh, cf. X, référence 1), sont plus importants que ceux d’une centrale photovoltaïque. C’est pour cela que l’ETM (cf. figure précédente ; courbe : « ETM simple »), est aujourd’hui moins rentable que le photovoltaïque (courbe jaune : « solaire eq ETM »). Néanmoins, la dégradation de la production des panneaux photovoltaïque n’a pas été prise en compte ainsi que le renouvellement de ces panneaux au bout de 20 ans. La centrale ETM serait, quant à elle conçue, pour une durée de vie supérieure à 30 ans. Passé les 20 ans d’exploitation, la meilleure rentabilité du photovoltaïque face à l’ETM est donc controversée. La production d’eau minérale, constituée en partie d’eau froide profonde, serait l’activité la plus rentable. Cette niche économique, dans laquelle se sont installés les hawaïens génère 3 Milliards de dollars de chiffres d’affaires grâce à l’exportation vers le marché asiatique. Cette activité pourrait subvenir au coût d’implantation de la CEF, tout en permettant le développement de l’ETM. Il ne faudrait se baser sur cette activité que quelques années (3 ou 4 ans) afin de pouvoir rentabiliser au plus vite l’ETM et ainsi permettre le lancement d’autres activités de valorisation de l’Eau Froide Profonde.

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VIII - Conclusions
Cette étude avait pour objectif de définir les opportunités de valorisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose. La première partie de cette étude était de caractériser la ressource en eau froide profonde au large des côtes de Sainte Rose. Le 07 Janvier 2009, l’ARVAM préleva des échantillons d’eau, de la surface à 1600m de profondeur. L’analyse de ces échantillons prélevés a mis en avant une eau d’une qualité et d’une composition excellente. D’ailleurs, les différentes masses d’eaux au large de Sainte Rose sont caractéristiques de celles présentes dans l’Océan Indien et la masse d’eau la plus profonde (-1600m) provient bien de l’Antarctique. Durant cette campagne de prélèvement, la thermocline (courbe de température de l’eau en fonction de la profondeur) au large de Sainte Rose a été définie de 0 à 1600m de profondeur. La température mesurée à 1600m de profondeur était de 2,9°C (et de 5,11°C à -1030m), qui est une température plus basse que celle de nombreux autres sites mondiaux. Cette température à 1000 m de profondeur (identique à celle de 5,1°C mesurée au large du Port en Avril 2008) confirme bien que les masses d’eaux autour de La Réunion sont stables. La seconde phase de cette étude était de définir l’accès à la ressource et les opportunités de valorisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose. L’accès à la ressource en eau froide consistait à définir la meilleure zone d’atterrage pour un accès le plus rapide et le plus sûr de la Conduite d’Eau Froide (CEF) aux 1100m de profondeur. La géologie des fonds marins à Sainte Rose aura une importance particulière dans l’implantation d’un projet ETM on shore. Les fonds marins sont caractérisés au Nord par une zone sédimentaire, dû à l’influence des matériaux charriés par la Rivière de l’Est et au Sud de la Pointe de la Bonne Espérance par de la roche volcanique. De ce fait, l’atterrage des conduites semblerait plus judicieux au niveau de la Bonne Espérance car il sera très certainement nécessaire d’ensouiller les conduites et la structure volcanique du fond marin au Sud de Bonne Espérance ne s’y prêterait pas. La stabilité du fond marin au niveau de la Pointe de la Bonne Espérance sera à étudier pour la pose de plusieurs pipelines. Du point de vue économique, l’activité à développer à Sainte Rose sera clairement basée sur la production d’électricité. Etant donné l’espace foncier disponible conséquent au niveau de la Bonne Espérance, l’aquaculture et la culture d’algues se grefferont à l’ETM on-shore avec éventuellement un développement des activités de thalassothérapie et de production d’eau minérale. L’aquaculture, qui se développerait, concernerait l’élevage de truites, bénitiers, larves de poissons et sous réserve d’ormeaux. La Pointe Corail est aussi un très bon site pour l’implantation de l’ETM on-shore. Cependant, il faudra garder en tête que l’implantation des tuyaux aura sans doute un impact sur le littoral, de par cela le site de Bonne Espérance se détache de celui de la Pointe Corail.

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Sainte Rose est sans nul doute le meilleur site de l’ile pour la mise en place d’une centrale ETM on-shore, néanmoins sa situation de commune rurale sur la côte Est « humide » en fait une commune avec de faibles besoins en climatisation et en alimentation en eau potable et d’irrigation, alors que ces activités sont éprouvées économiquement et assureraient des revenus fixes et fiables. Toutefois, Sainte Rose est le meilleur site réunionnais pour le développement de l’ETM on-shore mais figure aussi parmi les meilleurs pour l’implantation de l’ETM offshore. En effet, les grandes profondeurs sont proches de la côte, comme la connexion au réseau électrique EDF de grande puissance et les conflits avec les usagers de la mer sont moindres que dans l’Ouest de l’ile. Il faudra cependant prendre en compte une mer plus agitée et plus rude avec un ancrage plus difficile pour une centrale ETM offshore flottante au large de Sainte Rose. Depuis 1999, la Région Réunion a anticipé le problème de l’approvisionnement en énergie avec la création du PRERURE (Plan Régional des Energies Renouvelables et de l’Utilisation Rationnelle de l’Energie). L’Etat Français lance d’ailleurs en 2008 le projet GERRI (Grenelle de l’Environnement à la Réunion : Réussir l’Innovation). Ces deux plans visent l’autonomie énergétique électrique de l’île de La Réunion à l’horizon 2025-2030, sans utilisation d’énergies fossiles et nucléaires. Associé à la défiscalisation réunionnaise, les projets PRERURE et GERRI se doivent d’être un terreau fertile pour le développement de l’ETM à La Réunion et à Sainte Rose. Ces projets ne seraient pas cohérents, s’ils n’incluaient pas l’utilisation de l’ETM. En effet, il s’agit là d’une des énergies renouvelables de base comme la géothermie et la biomasse. Mais ces deux dernières filières énergétiques présentent un développement restreint. La biomasse est une énergie de faible densité avec un rendement à l’hectare égal à un dixième de celui du photovoltaïque. Quant à la géothermie, son potentiel serait jugé limité entre 20 et 100MW (forages exploratoires à réaliser). En clair, pour atteindre l’autosuffisance énergétique électrique en 2030, il faudra se baser sur l’océanothermie (ETM) et installer une centaine de MW d’ETM à La Réunion. Une première action de l’Etat Français serait de définir le tarif de rachat de l’énergie produite par une centrale ETM et qu’une distinction soit faite entre centrale on-shore et offshore, afin d’intéresser les entreprises privées à investir dans de tels projets. Dans le cas de notre petite centrale ETM littorale, construite comme une première mondiale, ce tarif de rachat devrait être fixé au minimum aux alentours de celui du photovoltaïque de 0,40€/kWh. En dessous de ce tarif de rachat, ce premier projet pilote ne serait clairement pas rentable. Le mot final est qu’il semble, aujourd’hui, difficile de développer l’ETM on-shore onà Sainte Rose. Il faudrait attendre le développement de l’ETM offshore pour de onactivités nouveau lancer l’ETM on-shore avec des activités de valorisation de l’eau froide profonde. La ville de Sainte Rose peut, tout de même, dès aujourd’hui, s’affirmer comme site idéal pour l’implantation des premières centrales ETM offshore de série.
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IX - Orientation de la valorisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose
Plusieurs visions du projet ETM et de valorisation de l’eau froide profonde à Sainte Rose sont possibles. La première vision de l’ETM on-shore à Sainte Rose serait de garder cette dynamique avec la réalisation d’une étude de marché sur la filière de l’aquaculture, de la culture d’algues et de la vente d’eau minérale avec ou sans l’atout de l’utilisation de l’eau froide profonde. Cette étude compléterait finement la présente étude et permettrait de savoir si le lancement d’une véritable étude de faisabilité pour une centrale ETM on-shore à Sainte Rose est opportun. Il serait aussi possible de contacter, aujourd’hui, les industriels actuellement intéressés par l’ETM (particulièrement offshore) pour évaluer l’intérêt de l’ETM on-shore à Sainte Rose. La seconde vision pour l’ETM on shore est d’attendre la mise au point du système de production d’énergie sur les centrales ETM offshore, notamment grâce à l’éventuel démonstrateur ETM réunionnais et au prototype à terre. Les premières centrales ETM offshore de série fonctionneraient (si tout se passe bien) vers 2015. Le système de production d’énergie électrique sera donc éprouvé vers 2012. Il faudrait, à partir de là, se rapprocher de l’industriel ayant développé cette technologie pour qu’il la décline à plus petite échelle sur des petites centrales littorales. Une veille technologique devra aussi être faite sur les conduites d’eau froide ancrées sur le fond marin et un regard devra être porté sur la culture de microalgues avec une évaluation précise sur le gain de productivité lié à l’utilisation de l’eau froide profonde. La troisième vision consiste à préparer le territoire de la ville de Sainte Rose à accueillir au large de ses côtes une installation ETM offshore de série. Les pistes seraient de : - Prévoir la connexion au réseau électrique, évaluer les renforcements de réseau à établir, - Connaître la structure des fonds marins de 0 à 2000 m de profondeur grâce à une collaboration avec l’université, - Faire un suivi environnemental de la faune et la flore afin de préparer au mieux les études d’impact (pour le passage du câble électrique) ou connaître les évolutions du littoral, - Prévoir l’évolution des infrastructures du port de Sainte Rose.

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X - Bibliographie référence

Energy Renewable Energy from the Ocean - A Guide to OTEC William H. Avery and Chih Wu, 1994 Ocean Thermal Energy Conversion L.A. Vega, décembre 1999 OTEC Océanothermie David Levrat, Octobre 2004 4. Energie Thermique des Mers. Le Programme français jusqu’au milieu des (Le années 80, (Le projet ETM 5MW Tahiti) Michel GAUTHIER, Octobre 2005 5. Les déstabilisations de flanc des volcans de l’Île de La Réunion (Océan Indien): Mise en évidence, implications et origines Thèse Université Blaise Pascal de Jean François OEHLER, 2005 OTEC TEMP Gerard NIHOUS Sea water district cooling feasibility analysis for the state of Hawaii October 2002, State of Hawaii Department of Business, Economic Development & Tourism 8. Données Bathymétriques de l’île de La Réunion pour les profondeurs allant de 0 à 300 m © SHOM, 2008. Voir mention des droits de propriété intellectuelle 9. Données Bathymétriques de l’île de La Réunion pour les profondeurs allant de 300m à 1000m ou plus. © IFREMER, 2008. Voir mention des droits de propriété intellectuelle 10. DIREN 10. Données SIG de la DIREN table Morphocote du dossier Morphologielittoral 11. A Ten-year Period of Daily Sea Surface Temperature at a Coastal Station in TenReunion Island, Indian Ocean (July 1993 – April 2004): Patterns of Variability and Responses, Biological Responses, François Conand, Francis Marsac, Emmanuel Tessier & Chantal Conand. University of La Reunion, Marine Ecology Laboratory. Aquaculture:

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12. 12. The state of world fisheries and aquaculture (2008) -FAO 13. 13. Descriptif des espèces pouvant présenter un intérêt pour la filière aquacole des et États et Territoires insulaires océaniens , Worldfish center 14. tropicale, 14. Aquaculture insulaire et tropicale, Denis Lacroix et Jacques Fuchs - Ifremer tropical, 15. 15. Aquaculture en milieu tropical aquacop - Ifremer

Sites Sites Web: 21. http://www.clubdesargonautes.org/ 22. http://www.clubdesargonautes.org/energie/borabora.htm 23. www.commonheritagecorp.com/tech/index.html. 24. http://www.hnei.hawaii.edu/ 25. http://www.seao2.com/otec/ 26. http://www.xenesys.com/ 27. http://www.hawaiideepseawater.com/mineral-rich-water.html 28. Utilisations diverses de l’eau froide profonde : www.nelha.org/ 29. Projet SHAMASH : http //www-sop.inria.fr/comore/shamash/index.html 30. www.makai.com 31. Production d’algues : www.hrbp.com 32. www.konabaymarine.com 33. www.ipsf.com 34. www.oceanrider.com 35. www.hihealthshrimp.com ANNEXE : Annexe 1 : Rapport sur la caractérisation des masses d’eaux au large de Sainte Rose

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MENTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE

Cette étude a été menée dans un but de Recherche et Développement, grâce aux données bathymétriques de l’IFREMER et du SHOM.

© SHOM 2008 – Travaux effectués à partir de données communiqués par le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (contrat n°28/2008) – www. shom.fr. Ce service ne peut être tenu pour responsable des résultats et de l’utilisation qui en est faite. Tous droits réservés sauf pour l’enseignement et la recherche.

© IFREMER 2008 – Travaux effectués à partir de données communiqués par l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER (convention ARER_IFREMER) – www. ifremer.fr. Ce service ne peut être tenu pour responsable des résultats et de l’utilisation qui en est faite. Tous droits réservés sauf pour l’enseignement et la recherche.

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GLOSSAIRE

ADIR : Agence de Développement des Industries de la Réunion AEFP : Activités liées à l’utilisation de l’Eau Froide Profonde Att : atterrage (points d’atterrage) CEF : Conduite d’Eau Froide ou pipeline CHA : Condensation de l’Humidité Ambiante (irrigation) DETM : Dessalement par Energie Thermique des Mers DIREN : Direction Régionale de l’Environnement DOW: Deep Ocean Water DOWA: Deep Ocean Water Applications ECOMAR: Laboratoire ECOlogie MARine de l’Université de La Réunion EFP : Eau Froide Profonde ETM : Energie Thermique des Mers GTM : Gradient Thermique des Mers ICPE : Installation Classés pour la Protection de l’Environnement IRD : Institut de la Recherche et du Développement NELHA: Natural Energy Laboratory of Hawaii OTEC : Ocean Thermal Energy Conversion PBR : Photobioréacteur TRI : Taux de Rentabilité sur Investissement ZAC : Zone d’Activités Commerciales ZI : Zone Industrielle

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