service d'Études

techniques
des routes
et autoroutes
Sétra

Ouvrages d'art
n° 54 - mars 2007
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FlorentImberty
☛P.2
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SébastienBrisard
☛P.10
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JacquesBerthellemy,GuenterSeidl
☛P.22
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JacquesBerthellemy
☛P.28
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MichelFragnet ☛P.32
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!êMMÆ|K| Bulletin du Centre
des Techniques d'Ouvrages d'Art
Directeur de la publication : Jean-Claude Pauc. Comité de rédaction : Thierry Kretz, Emmanuel Bouchon, Angel-Luis Millan, Gilles Lacoste (Sétra),
Pierre Paillusseau (Cete du Sud-Ouest), Véronique Le Mestre (Cgcp/Migt05), Jean-Christophe Carles (Cete Méditerranée), Michel Boileau (Dde 31),
Bruno Godart (Lcpc). Rédacteur en chef : Nicole Cohen (Sétra) - tél : 01 46 11 31 97. Coordination : Jacqueline Tirion (Sétra) - tél : 01 46 11 34 82.
Réalisation : Eric Rillardon (Sétra) - tél : 01 46 11 33 42. Impression : Caractère. 2, rue Monge - BP 224-15002 Aurillac Cedex - ISSN : 1266-166X - © Sétra - 2007
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FlorentImberty
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Les complexes étanchéité-roulement (Cer) mis en
place sur les ponts à dalles orthotropes sont posés
à des températures élevées, qui diffusent dans la
structure métallique. Les contraintes d’exploitation
peuvent conduire à prévoir un remplacement du
Cer sous circulation, avec phasage transversal de
posedel’enrobé.Cettedissymétriecréeungradient
thermiquetransversaldansl’ouvrage,quipeutavoir
des conséquences importantes sur la structure, et
notamment sur les appareils d’appui et les joints
dechausséesiceux-cin’ontpasétéconçusdefaçon
adéquate.
Le remplacement du Cer sur le pont de Cheviré à
Nantespendantl’été2005(photo1)aétél’occasion
d’approfondirlaconnaissancedecesefetsthermiques.
Nous présentons dans cet article l’instrumentation
miseenplaceainsiquelesenseignementsquienont
été tirés, à la fois pour le cas spécifque du pont de
Cheviré et pour les ouvrages à dalle orthotrope de
façonplusgénérale.
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Photo 1 : pont de Cheviré - travée métallique – Source : Gérard Forquet, Sétra
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Effets thermiques lors de la pose de revêtements sur dalles orthotropes
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Le pont de Cheviré est un ouvrage de 1 562 m de
long, constitué de deux viaducs d’accès en béton
précontraint et d’un ouvrage de franchissement de
la Loire (fgure 1). Il s’agit d’une travée métallique
de162mdeportée,supportéepardeuxconsolesen
bétonde40mdelongueurchacune
L’ouvragepermetàlaRN844defranchirlaLoireetles
zonesportuairesenvironnantes.Ilsupporteuntrafc
de75000véhiculesparjour,dontunfortpourcentage
depoidslourds.Leproflentraversinitialcomportait
deuxchausséesde11,50mséparéesparundispositif
de type Dba de 0,60 m de large. L’ouvrage routier
portaitdeuxfoistroisvoiesdecirculation,sansbande
d’arrêtd’urgence.En1997,lacirculationsurl’ouvrage
aétéréduitephysiquementàtroisvoiesdanslesens
montantetdeuxvoiesdanslesensdescendantsurles
viaducsd’accès,etmaintenueàdeuxfoistroisvoies
surletabliermétallique.
La travée métallique repose sur quatre appareils
d’appui à pot. La ligne d’appuis nord est fxe et la
ligne d’appuis sud est glissante longitudinalement.
Transversalement,lesdeuxappuisamontsontbloqués
etlesdeuxappuisavalsontlibres.L’ouvrageestdonc
isostatiquevis-à-visdesdéformationsverticales,mais
hyperstatiquevis-à-visdesdéformationstransversales
(ventougradientthermiquetransversal).
Le complexe étanchéité-roulement en place sur
l’ouvragemétalliqueavaitétéréaliséen1991àl’aide
duprocédéAccopontdelasociétéCocheryBourdin
Chaussé, constituéd’unecouched’accrochage,d’une
couched’étanchéitéde3mmd’épaisseurenviron,et
d’unecouchederoulementàbased’enrobésGrifflex
d’épaisseurnominale7cm;ilavaitétéappliquépar
demi-tablier avec un joint sous la Dba. La photo 2
montre les engravures qui avaient été faites tout le
long de l’ouvrage pour bien bloquer la Dba dans
la chaussée, compte-tenu de la pente longitudinale
importante (jusqu’à 6 % dans les viaducs d’accès).
Ces engravures n’ont pas été refaites sur le nouveau
complexedelatravéemétallique,puisquelespentes
ysontfaibles.
Figure 1 : élévation de l’ouvrage
Figure 2 : schéma des appareils d’appui de la travée métallique
Photo 2 : réalisation du Cer en 1991 - vue du rabotage partiel
pour encastrer la Dba – Source : Cindoc, Sétra
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Les premières fssures ont été détectées dans le Cer
auboutde10ansd’exploitation,majoritairementau
droitdelajonctionentreleplatelageetlesâmes(voir
fgure3,photo3).Ils’agitenefetd’unpointdur,où
seconcentrentlesefortsdefexiondusaupassagedes
camionssurlavoielente.
Le Cer a été remplacé pendant l’été 2005, après
14 ans d’exploitation. Le nouveau Cer mis en
place est un complexe Orthoplast (Eurovia) de
7cmd’épaisseur,constituéd’unvernissiplast,d’une
membraned’étanchéitépolybitumeetd’unecouche
deroulementbétonplast.Latempératureduproduit
lorsdesonapplicationestde180°Cenviron.
Les travaux ont été fai ts sous ci rcul ati on, en
maintenant en permanence 2x2 voies de circulation
surl’ouvrage.LeremplacementduCers’estdoncfait
en3phases:2phases«dissymétriques»vis-à-visdes
efetsdegradientthermiquetransversal,etunephase
«symétrique»pendantlaquellelacirculationsefaisait
de part et d’autre du chantier. Les schémas suivants
montrentlesphases1et2duchantier-laphase3se
déduisantdelaphase1parsymétrie.
Figure 3 : localisation de la fssuration du complexe étanchéité
roulement
Photo 3 : fssures du Cer pénétrant jusqu’à la membrane
d’étanchéité – Source : Lrpc d’Angers
Figure 4 : phase 1 des travaux de changement du Cer Figure 5 : phase 2 des travaux de changement du Cer
Chaquephaseaduréunesemaine.L’opérationdepose
duCerproprementditeaduréenvirondeuxheures
parphase,ets’estdérouléesystématiquementlematin
de bonne heure. Les photos 5 à 9 en fn d’article,
illustrentdiférentesphasesduchantier.
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 ¡
Effets thermiques lors de la pose de revêtements sur dalles orthotropes
Il est intéressant de signaler qu’après décapage de
l’étanchéité la tôle supérieure est apparue en bon
état, y compris au droit des fssures longitudinales
du revêtement à l’aplomb des âmes. Le complexe
s’est donc globalement bien comporté pendant les
14 années de sa vie. Seules des traces de corrosion
localiséesontétéobservéesenpériphériedesplotsde
laDba(photo4).
|sstrsmtst+tits
LeSétraetleCetedel’Ouestontproposéaumaître
d’ouvragedeprofterdecestravauxpourinstrumenter
la travée métallique, afn de mesurer précisément le
champthermiquecréédansletablierparlaposedu
revêtement et de mieux apprécier les conséquences
éventuelles sur la structure. Cette demande a été
relayéeparleComitéTechniqueduPontdeCheviré,
en charge du suivi de l’ouvrage, et a été acceptée
parlaDde44quiasuobtenirdelaDgrlescrédits
adaptés.
L’instrumentationmiseenplacecomprenaitplusieurs
volets:
unsuivigéométriquedesdéplacementsdelatravée
métalliqueaucoursdestravaux,danslesensvertical
etdanslesenstransversal,
unsuividesdéformationsdelaligned’appuiNord
(appareilsd’appuietentretoised’about),surlaquelle
seconcentrentlesefortsdeblocagethermique,
uneinstrumentationthermiqueduplatelageetdes
âmesenplusieurssections.
Lesdeuxderniersvoletsontétémisenplaceetexploités
par les Lrpc de Bordeaux et d’Angers. L’objectif de
cette instrumentation était de mesurer directement
le champ thermique provoqué par la pose du Cer,
longitudinalement et surtout transversalement.



Photo 4 : corrosion de la tôle de platelage en périphérie de la Dba
– Source : Cete de l’Ouest
Figure 6 : emplacement des sondes
Dans le sens longitudinal, quatre sections ont
été instrumentées. Chacune d’elle comportait un
ensembledesondesplacéesensous-faceduplatelage,
en sous-face des augets, et dans les âmes (voir
fgure6).Quelquessondesontégalementétéplacéesà
mi-épaisseurdelatôledeplatelage,afndemesurerles
éventuellesvariationsdetempératuredansl’épaisseur
delatôle.
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L’exploitation des mesures a été faite au Ctoa avec
l’objectif d’établir un modèle simple de champ
thermiquedanslecaissonorthotrope,exploitablepour
testerlasensibilitéd’unouvrageàuneopérationde
renouvellementduCer.
|||tts ¢t l+ ttmstr+tsrt ttttritsrt
La première étape a consisté à corriger les mesures
thermiquespoursupprimerlesefetsdusauxvariations
naturelles de température extérieure (gradient
thermiqueetrayonnementsolaire).Cetravailaétéfait
enexploitantlesmesuresfaiteslesjoursprécédentset
suivants,quiontpermisd’établirdescorrélationsentre
latempératureambiante(àl’intérieuretàl’extérieur
du caisson) et les courbes de températures fournies
parlessondes.
La figure 7 montre un ensemble de mesures de
température « brutes » dans le platelage lors de
la pose du Cer sur le tiers amont du tablier. Sur
cette première fgure on distingue nettement deux
phases: une première phase où les trois capteurs
situés directement sous la zone de mise en place du
Cer (capteurs E3, E6 et E8, repérés en bleu sur la
fgure 6) montent en température rapidement, puis
décroissent plus lentement; une seconde phase
atteignant son maximum vers 18 h (16 h en heure
solaire), où l’ensemble des capteurs sont chaufés
par le rayonnement solaire. Ces deux phases se
superposent.
Lafgure8montrelesmêmesmesuresaprèscorrection
desefetsdelatempératureextérieure.Onconstateque
l’efetdurayonnementsolaireabienétéefacé.
Æmslits¢t ¢t ttmstr+tsrt
Commelemontrelafgure7,latempératureatteint
100°C dans le platelage juste après application du
Cer. Cette valeur est pratiquement indépendante
de l’épaisseur de la tôle de platelage (les zones
instrumentées concernaient des tôles d’épaisseur
vari ant entre 14 mm et 25mm), et apparaî t
sensiblementconstantedansl’épaisseurdelatôle.
Les travaux de Cheviré ont été efectués pendant le
mois d’août 2005, au petit matin. La température
extérieure au moment des travaux était de 20°C.
L’élévationdetempératureestdoncde80°C.
|ttlstits ttmstrtllt tt ¢i||ssits ltstits¢is+lt
Àl’avantdufnisseur,l’élévationdetempératureest
négligeable.Lamontéeentempératureseproduitau
passage du fnisseur, sur une échelle de temps très
courte, tandis que le refroidissement est beaucoup
pluslent(àl’échelledelajournée).Lasituationlaplus
défavorable vis-à-vis des efets thermiques est donc
obtenueaumomentoùlefnisseurquittel’ouvrage,
l’ensemble du tablier étant à ce moment-là à une
températurerelativementélevée.
Dansunesectiondonnée,l’évolutiondetempérature
peutêtremodéliséedelafaçonsuivante(fgure9):
unemontéeentempératurerapide:onatteint50°C
auboutde10min,et70°Cauboutde20min,
un palier à 80°C pendant environ 1 h 15 après
passagedufnisseur,
unedécroissanceexponentielleavecbaissede30°C
auboutdedeuxheuresaprèslafndupalier.
Laphasededécroissanceprésentéeiciaétécaléesur
lescapteurssituésàl’intérieurducaisson(capteurs6
et8surlafgure6).Lerefroidissementestplusrapide
à l’extérieur de l’encorbellement à cause d’une plus



Figure 7 : mesures dans la tôle de platelage - données brutes Figure 8 : mesures dans la tôle de platelage - données corrigées des
efets de la température extérieure
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 |
Effets thermiques lors de la pose de revêtements sur dalles orthotropes
grande dissipation thermique (voir capteur 3 sur la
fgure6).
Parsimplicitéetsécurité,ilestpossibledenégligerle
tempsdemontéeentempérature(voircourberouge
surlafgure9).
Connaissant la vitesse d’avancement du fnisseur,
il est alors possible de déterminer la température à
une extrémité du tablier lorsque le fnisseur quitte
l’ouvrage à l’autre extrémité. Si on considère des
vitesses d’avancement de l’ordre de 2 m/min, un
ouvragedemoinsde150mdelongueuresttraversé
en moins d’1h15 ; peu de temps après le départ du
fnisseur,labandedetablierestdoncchauféedefaçon
quasimentuniforme.Pourdeslongueurssupérieures,
ilestpossibledeprendreencompteuneréductionde
température.
Pour l e pont de Chevi ré, l a vi tesse moyenne
d’avancement était de 1,8 m/min, soit un écart de
10°Cenvironentrelesdeuxextrémitésdutablierjuste
aprèslepassagedufnisseur.
|i||ssits tr+ssttrs+lt
Les mesures ont montré l’absence quasi-totale de
difusiontransversaleduchampdetempérature.On
peutdoncconsidérerqueseulelabandedeplatelage
situéesouslazonederéfectionduCerestchaufée,
à une température quasiment constante. Ce point a
deuxconséquencesimportantes:
il est possible de faire circuler des véhicules à
proximité immédiate des travaux, sans risquer que
l’échaufementdelatôlenedégradelescaractéristiques
mécaniques de l’enrobé sur les voies circulées. Des
mesuresdirectesdelatempératuredel’enrobéadjacent
à la zone chaufée ont d’ailleurs confrmé que les
augmentationsdetempératuresétaienttrèsfaibles;
l’absencededifusiontransversaleestdéfavorablevis-
à-visdesphénomènesthermiquesdanslesphasesde


chantierdissymétriques.Enefet,lefaitquel’élévation
detempératureresteconcentréesouslabandechaufée
accentuelegradientthermiquetransversaletleseforts
danslesappareilsd’appui.
|i||ssits ttrtit+lt
Dans les âmes, l’ élévation de température est
négligeable.
Dans l es augets, on observe une él évation de
températuredel’ordrede40°C,maisquiseproduit
beaucouppluslentementquedanslatôledeplatelage.
Lafgure10comparelesmontéesentempératuredans
la tôle et en sous-face des augets. Le maximum de
températureestobtenudeuxheuresaprèslepassage
du fnisseur. Le refroidissement est ensuite un peu
pluslent.
Mt¢èlt tltrmi¢st srtstst
Enpremièreapproche,lesefetsdelatempératuredans
la structure juste après passage du fnisseur peuvent
êtreévaluésàl’aidedumodèlesimplesuivant:
la tôle supérieure subit une élévation uniforme de
80°Csouslaseulezonechaufée,
lerestedelastructure(ycomprislesaugets)nesubit
pasd’élévationdetempérature.
Dans une seconde approche, il est possible de
prendreencomptelesphénomènessupplémentaires
mis en évidence ci-dessous en utilisant des courbes
d’évolutiontemporelleplusréalistes:
longitudinalement, on peut tenir compte d’un
refroidissement pour les ouvrages longs, sur la base
du modèle présenté dans la fgure 9, et en fonction
delavitessed’avancementdufnisseur(del’ordrede
2à3m/min),
ver t i cal ement , on peut t eni r compt e d’ un
échaufementdiférédesaugets.




Figure 9 : évolution de la température dans le platelage ;
en bleu : mesures, en rouge : modèle
Figure 10 : comparaison des élévations de température dans la tôle
et dans l’auget
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CemodèleaétéappliquéaucasdupontdeCheviré;
ilapermisderetrouverparlecalculavecunebonne
précision les déplacements verticaux et transversaux
quiontétémesuréspendantlechantier(voirplusloin).
IlaégalementétéappliquéauviaducdeRichemont,
un bipoutre à dalle orthotrope qui avait connu des
problèmes lors d’une réfection dissymétrique du
Cer:lenouveaujointdechausséeavaitétéendommagé,
etlestaquetsdeguidagelatéraldesappareilsd’appuis
s’étaientcassés.Làencore,lemodèleapuexpliquera
posteriorilesphénomènesobservés.
Nous ne disposons pas de mesure de température
lors d’opérations de pose de Cer par temps froid.
Qualitativement,onpeutafrmerquel’élévationde
température serait un peu plus importante, mais le
refroidissementseraitplusrapide.Lemodèleproposé
donnecertainementunordredegrandeurcorrectdes
phénomènes.
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Æsslit+tits +s stst ¢t |lttirt
DanslecasdupontdeCheviré,lemodèlethermique
proposé conduit à un gradient linéaire transversal
de40°Centrebordslatérauxdelatôledeplatelage.
Cet efet est supérieur au cas du vent extrême. On
comprend donc qu’un tel cas de charge puisse être
dimensionnantpourlesappareilsd’appuis.Lescalculs
efectuéssurlepontdeCheviréontmontréquel’efort
horizontal nominal de l’appareil d’appui nord aval
(voirfgure2)étaitthéoriquementdépassé.
Fortheureusementils’agitdedéformationsimposées
etnonpasd’efortsimposés.Unjeudanslesappareils
d’appui ou une distorsion de la section d’about
peuventsufreàdissiperunepartiedel’efort.C’est
cequis’estproduitsurlepontdeCheviré:lesmesures
efectuéessurlaligned’appuinordontmisenévidence
un gauchissement de la section d’about pendant les
travaux, ainsi qu’un léger écrasement de l’appareil
d’appuiàpotdansladirectionbloquée.Lessoudures
reliant les augets à l’entretoise d’about nord étaient
fssurées (la fssuration remontait probablement à la
constructiondel’ouvrage,lorsdelaposeinitialedu
Cer), et ces fssures se sont ouvertes puis refermées
pendantlestravaux.L’ensembledecesmouvementsa
doncpermisd’absorberunepartdesefetsthermiques,
leresteétanttransmisauxappareilsd’appui.
La figure 11 montre la comparaison entre les
déplacementstransversauxmesurésaprèspassagedu
fnisseur sur l’ouvrage (67 mm à mi-travée), et les
déplacementscalculésàl’aidedumodèlethermique
exposéprécédemment.Deuxcalculssontenvisagés:
unpremieroùlaligned’appuinordestentièrement
bloquée vis-à-vis des rotations d’axe vertical (cas
correspondant à une absence totale de jeu dans les
appareilsd’appui,etpasdedistorsiondel’about),et
un second où la ligne d’appui nord est au contraire
supposéeparfaitementlibreenrotation.Danslesdeux
caslaligned’appuisudestlibreenrotation,etilaété
tenucomptedelasouplesseenrotationd’axevertical
delaconsolebétonsupportantlaligned’appuinord
delatravéemétallique.
Onconstatesurlafgure11quelecomportementréel
estbiensituéentrecesdeuxcasextrêmes:unepartie
des efets thermiques est dissipée par l’encastrement
partiel de la ligne d’appui nord (jeux, distorsion),
et le reste est repris par les appareils d’appuis. Les
inspections menées après travaux n’ont pas mis en
évidencededéformationsrésiduellessignifcatives.
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Troissolutionssontpossiblespourlaconceptiondes
ouvrages neufs supportant ce type de revêtement,
lorsqu’il n’est pas possible de garantir une mise en
œuvretoujourssymétriqueduCer,àlaposeinitiale
etlorsdesremplacementsultérieurs:
fairelechoixd’unestructureisostatiquevis-à-visdes
efortstransversaux;
garderunestructurehyperstatiquetransversalement,
etdimensionnerlastructureetlesappareilsd’appui
pourqu’ilspuissentrésisterauxefortscréésparune
réfectiondissymétriqueduCersurlabaseduprésent
modèle;
concevoirlesappareilsd’appuipourpouvoirlibérer
certains blocages lors des opérations de pose et de
réfectionduCer.



Figure 11 : déplacement transversal du tablier sous champ
thermique – comparaison mesures et calculs
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 +
Effets thermiques lors de la pose de revêtements sur dalles orthotropes
La première solution n’est pas adaptée dans les cas
courants. La présence de deux appareils d’appui
bloquéslongitudinalementparligned’appuifxeest
enefetutilepourlareprisedesefortslongitudinaux
defreinage.
La deuxième solution peut nécessiter des renforts
importants des zones d’about où se concentrent les
efetsthermiques.
La troisième solution est certainement la plus
économique. Il faut alors concevoir les appareils
d’appuidefaçonadéquate,enprévoyantparexemple
lapossibilitédesupprimertemporairementleguidage
latérald’unappareilunidirectionnel.Ilfauttoutefois
vériferquelesdéplacementsthermiquestransversaux
sontcompatiblesaveclejointdechaussée.
|trs ¢ts tstr+titss ¢t rtmsl+ttmtst ssr tstr+tts
ttist+sts
Laquestiondesefetsdugradientthermiquetransversal
doitêtreabordéelorsduremplacementdesCersur
ouvragesexistants,dèslors que le phasage prévu est
dissymétrique. Il convient en premier lieu de savoir
commentleCeravaitétéappliquéàl’origine,etavec
quellesconditionsd’appui.
Dans le cas d’ ouvrages avec appareils d’ appui
comportantdesblocages,lemodèleproposépermet
de déterminer les eforts, et calculer le déplacement
qui serait nécessaire pour annuler ces efforts.
Si ces déplacements sont compatibles avec les
jeux des appareils d’appui et/ou la souplesse des
entretoisesd’about,laréfectionpeutsefairedefaçon
dissymétrique. Il est dans tous les cas conseillé de
surveillerleszonescritiquesavantetaprèstravaux.
Le cas des ouvrages ayant des appareils d’appui en
caoutchoucfretténedevraitgénéralementpasposer
de difculté majeure. Il convient de vérifer que la
souplesse des appuis est sufsante pour dissiper les
efetsthermiques.
Il faut enfn se préoccuper du déplacement induit
auniveaudujointdechaussée.Lafgure12montre
laruptureobservéesurlepontdeRichemont:sous
l’efetdugradientthermiquetransversalletabliers’est
déplacélatéralementde5cmsurculée,endommageant
lejointdechausséequivenaitd’êtreposé■
Figure 12 : déplacement du joint de chaussée sur l’ouvrage de
Richemont
Photo 5 : décapage du complexe existant – Source : Cete de l’Ouest
Photo 6 : application du vernis de protection – Source : Cete de l’Ouest
Photo 7 : mise en œuvre du Cer – Source : Cete de l’Ouest
Photo 8 : traitement du joint de chaussée – Source : Cete de l’Ouest
Photo 9 : fnition – Source : Cete de l’Ouest
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¢t l+ ¢+llt ¢’ss |iststrt ¡
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SébastienBrisard
L’étudedelafexionlocaledeshourdisdepontsétait
jusqu’àprésentgrandementfacilitéeparl’utilisation
des abaques du Bulletin Technique n°1 du Sétra
(BT1)[1].
Ceux-ci sont toutefois établis sous des hypothèses
cinématiques (conditions d’appui) assez restrictives,
qui obligent généralement le projeteur à corriger
les résultats obtenus, afin par exemple de tenir
compte d’éventuels encastrements. Par ailleurs, le
remplacementdeschargesréglementairesdufascicule
61titreIIparcellesdel’EurocodeEN1991-2[2]rend
caduccedocument.
Enl’absenced’outilplusopérationnel,onenestainsi
souvent réduit à procéder à l’intégration manuelle
d’abaques (comme ceux de Homberg, [3]). Or, les
moyens de calculs actuels permettent une approche
beaucoup plus systématique, consistant à calculer
une surface d’infuence par éléments fnis (voir par
exemplelafgure3);l’efetdesconvoisréglementaires
est ensuite établi par simple intégration numérique
de cette surface d’influence, et un programme
d’optimisation permet de déterminer la position la
plusdéfavorableduconvoi.
Un tel calcul s’applique à tous types de structures,
mais sa mise en œuvre peut sembler fastidieuse
pour un ouvrage de section transversale standard.
C’est pourquoi il est apparu opportun de procéder
(parallèlement au développement d’outils plus
généraux), à une mise à jour des abaques du BT1,
tenantcomptedesnouvelleschargesréglementaires.
Les abaques présentés ici concernent uniquement
les dalles des bipoutres mixtes à entretoises, qui
constituent une part importante des ouvrages non
courantsconstruitsdenosjoursenFrance.
Lapremièrepartiedecetarticleprésenteleshypothèses
sous lesquelles sont établis ces abaques, ainsi que
quelques remarques d’ordre pratique. Des éléments
relatifs au calcul des abaques sont donnés dans la
deuxièmepartieetdanslesannexes.
|rtstst+tits ¢ts +|+¢sts
Ktsttlèsts
Géométrie
En plan, la dalle est infinie dans la direction
longitudinale, et repose sur deux lignes d’appuis
simples,parallèles(laraideurentorsionapportéepar
lespoutresestfaibleetn’estpaspriseencompteici).
Outreunepartiecentrale,elleestconstituéededeux
encorbellementségaux,dontlalongueurvaut0,4fois
l’entraxedespoutres.
Encoupe(fgure1),sonépaisseurvarielinéairement
dans les encorbellements, et paraboliquement entre
les deux lignes d’appui. Cette géométrie approche
assezbiencelledesouvragesréels;elleestparailleurs
cohérente avec les hypothèses sous lesquelles sont
établislesabaquesdeHomberg[3],cequipermetla
validation du présent calcul par comparaison à des
référencesexistantes.
Danstoutcequisuit,ladalleestrapportéeàunrepère
cartésiend’axelongitudinalxxettransversalyy.
K
|
ê
|
|
M
|
K
!
Æ
!
|
ê
K
,

|
Æ
|
|
|
|
!
Figure 1 : profl de la dalle de bipoutre étudiée
Abaques pour la flexion locale de la dalle d’un bipoutre à entretoises
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 ll
Comportement mécanique
OnadmetqueladallesuitunecinématiquedeLove-
Kirchof (plaque mince), dans laquelle les sections
droites restent normales au feuillet moyen au cours
du chargement. Dans la présente application, les
momentsféchissantsnedépendentalorsqueduprofl
deladalle[4]:multipliertouteslesépaisseursparun
mêmecoefcientnechangepaslerésultat.
Cetteconstatationpermetderendreadimensionnelle
problème:lecalculauxélémentsfnisporteradonc
sur une dalle pour laquelle l’entraxe des poutres et
l’épaisseur à la clé valent 1, ses dimensions réelles
n’étantprisesencomptequelorsdel’intégrationdes
surfaces d’infuence. Ainsi, bien qu’une soixantaine
devaleursdel’entraxeaientétéétudiéespourétablir
lesabaquesprésentésdanscetarticle,un seulmodèle
aux éléments fnis a été créé (voir le paragraphe sur
lesélémentsdemodélisation).
Lecalculnedépendpasnonplusdumoduled’Young
du matériau ; en revanche, le coefcient de Poisson
intervient explicitement. L’Eurocode EN 1992-1-1,
3.1.3(4)distinguelesstructuresfssurées(ν=0)des
structures non-fssurées (ν = 0,2). La valeurν = 0,2
-quiplaceensécurité-aétéretenueici.
Chargement
Lastructureestchargéeconformémentauxexigences
de l’Eurocode EN 1991-2 [2]. Les valeurs des
coefcients α
Q
et α
q
retenues ici sont conformes à
l’annexenationaledecetexte,encoursderédaction
[5].Ellessontrassembléesdansletableau1.
Les abaques sont établis en faisant deux hypothèses
supplémentaires relatives au profl en travers. On
admetd’unepartsurl’ouvragel’absencedetrottoiret
deséparateurcentral(cettedernièrehypothèseplace
en sécurité, et est compatible avec une éventuelle
réaffectation future des voies). Les longrines des
dispositifs de retenue sont d’autre part supposées
de largeur connue, égale à 64 cm (la largeur d’une
longrine de BN4-16 est généralement supérieure à
cette valeur [6]). En d’autres termes, les charges ne
sontdisposéesquesurunebandedontlalargeurest
égale à la largeur totale de l’ouvrage (soit 1,8 fois
l’entraxedespoutres),diminuéede2×0,64=1,28m
(voirfgure1).
Conformémentàlaclause4.3.6(2)del'EurocodeEN
1991-2, les charges concentrées sont difusées selon
une pente 1/1 jusqu'au feuillet moyen de la dalle.
Commedanslebulletintechniquen
o
1,onconviendra
d’appeler E la hauteur de répartition des charges
concentrées (voir fgure 2). Notant e l’épaisseur du
revêtement,ethcelledeladalle,onaalors:
E=e+
h

2
Lesabaquesprésentésicisontétablisenconsidérantles
valeurssuivantesdelahauteurderépartitionE:
E=20,25et30cm
L‘influence de la hauteur de répartition E sur le
momentd‘encastrementesttrèsfaible.Afndenepas
nuireàlalisibilitédesabaques7et8,seuleslesvaleurs
correspondantàE=20cmontétéreprésentées.
Ktm+r¢sts sr+ti¢sts
Dans cet article, seuls les abaques correspondant au
momentd’encastrementetauxmomentslongitudinal
ettransversalaucentredeladallesontprésentés.Ils
sont calculés pour les combinaisons caractéristique
(TS+UDL)etfréquente(0,75TS+0,4UDL),pour
lesdeuxclassesdetrafcprévuesdansl’annexenationale
del’EN1991-2,etpourlestroisvaleursdeE(20,25
et30cm).Lestrente-sixcourbescorrespondantessont
regroupéesensixabaques(unabaqueparmomentet
parclassedetrafc,voirfgures7à12).
Il est précisé que les valeurs présentées dans les
abaquessontdesvaleursponctuelles,paropposition
aux valeurs moyennées sur un segment de longueur
égale au double de l’épaisseur de la dalle, que le
BPELautorisaitàconsidérer.Lesécartsentrevaleur
ponctuelle et valeur moyenne sont généralement
faibles, et une telle règle disparaît des Eurocodes.
Nous avons donc choisi de ne présenter ici que des
valeursponctuelles(cequi,entoutétatdecause,place
ensécurité).
Le calcul des abaques présentés ici a conduit à un
certain nombre de remarques d’ordre pratique,
rassembléesci-après.Onnotetoutd’abordquepour
l’applicationenvisagéeici,leconvoiLM2n’ajamais
étédimensionnant.
Classe
de trafic
α
Q1
α
Q2
α
Q3
α
q1
α
q2
α
q3
α
qr
1 1,0 1,0 1,0 1,0 1,2 1,2 1,2
2 0,9 0,8 0,8 0,7 1,0 1,0 1,0
Tableau 1 : valeurs des coefcients α
Q
et α
q
utilisés pour le calcul
des abaques
Figure 2 : difusion des charges concentrées
ll êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
K
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ê
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M
|
K
!
Æ
!
|
ê
K
,

|
Æ
|
|
|
|
!
Ladispositiondeschargesdanslaconfgurationlaplus
défavorableestparailleursgénéralementpeuintuitive.
Ainsi,leschargesrépartiesnedoiventêtreappliquées
quesurleszonesdutablierpourlesquellesellesagissent
défavorablement. Pour le moment d’encastrement,
la disposition correspondante est représentée sur
la figure 4. Contrairement à ce que l’on admet
couramment lorsque les charges sont disposées
manuel l ement, l es troi s tandems ne sont pas
nécessairement alignés sur le même axe transversal
(voirfgure5,droite).
Lespointsanguleuxobservéssurcertainesdescourbes
s’expliquent par la « mise en concurrence » de deux
confgurationsdistinctes.Auniveaudupointanguleux,
les deux confgurations donnent la même valeur du
moment féchissant, mais à gauche et à droite de ce
point, l’une ou l’autre des confgurations l’emporte ;
la courbe est donc continue, mais la tangente peut
présenterunediscontinuité.C’estlecasdumoment
d’encastrement,pourdesvaleursdel’encorbellement
voisinesde4,30m(voirfgure5).Onvoitquepour
un encorbellement de 4,28 m, les deux tandems les
plus légers sont placés entre les poutres, tandis que
pourunencorbellementde4,32m,touslestandems
sont excentrés au maximum vers l’extrémité de la
console.
Enfin, la recherche de la configuration la plus
défavorableduconvoiLM1doitnormalementsefaire
sous la forme d’une optimisation globale, portant
surlapositiontransversaledestandemsetdesvoies.
Sans prétendre à la généralité, on constate toutefois
que pour la présente application, les résultats sont
peudiférentsdeceuxobtenusdelafaçonsimplifée
suivante:placertoutd’abordletandemn
o
1danssa
Figure 3 : vue tridimensionnelle de la surface d’infuence du
moment d’encastrement
Figure 4 : vue en plan du tablier montrant la disposition des
charges réparties (UDL) maximisant le moment d’encastrement
(pour un entraxe des poutres B = 10,70 m). La zone en gris foncé
correspond à la voie no1 (q
1k
= 9 kN.m
-2
), les zones en gris clair
correspondent aux voies 2 et 3, ainsi qu’à l’aire résiduelle
(q
2k
= q
3k
= q
rk
= 2,5 kN.m
-2
).
positionlaplusdéfavorable,puisletandemn
o
2,puis
letandemn
o
3.Compléterensuiteenpositionnantla
voielapluschargée(voien
o
1).
|ltmtsts ¢t mt¢tlis+tits
Lesabaquesprésentésdanscetarticleontétéobtenus
en deux étapes. Un calcul aux éléments finis sur
une structure rendue adimensionnelle (entraxe des
poutresunité)permettoutd’aborddecalculerlestrois
surfacesd’infuenceconcernées.Unsimpleprogramme
d’intégrationnumériquepermetalorsdecalculerl’efet
duconvoiLM1pouruneconfgurationdonnée;ce
programmed’intégrationestcoupléàunprogramme
d’optimisation sous contraintes permettant de
déterminerautomatiquementlaconfgurationlaplus
défavorable.
Dans le calcul aux éléments finis, les surfaces
d’infuencecherchéesapparaissentcommeladéformée
de la structure sous l’efet d’un chargement fctif
généralementdéterminéaumoyend’unevariantedu
théorèmedeMaxwell-Betti(voirannexeA).Pourle
calculdesmomentsaucentredeladalle,l’approche
proposée par F. Hartmann [7] et D. Le Faucheur
[8] a été adoptée. En revanche, pour le moment
d’encastrement (effort au bord d’un élément, et
nonau centre),ilaéténécessairedemettreaupoint
une nouvelle méthode. Les chargements fnalement
appliqués aux nœuds du modèle sont rappelés en
annexeB.
Abaques pour la flexion locale de la dalle d’un bipoutre à entretoises
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l1
Le modèle créé est plan (l’effet de voûte dû à la
courburedelafbremoyennen’estpasprisencompte),
etconstituéd’élémentsàhuitnœuds;chaqueélément
étant à feuillets parallèles, l’épaisseur de la dalle
modélisée est donc constante par morceaux (au lieu
devariercontinûment).
Le choix d’éléments à huit nœuds tient au fait
que l’on s’intéresse au moment d’encastrement de
l’encorbellement:danslemodèleauxélémentsfnis,
on cherche donc le moment au bord d’un élément.
Cette valeur est inaccessible à un calcul à l’aide
d’élémentsàquatrenœuds(voiràcesujet[8]).
Dans tout calcul par éléments fnis, la précision du
résultat est gouvernée par la finesse du maillage,
et le calcul de surfaces d’infuence n’échappe bien
entendupasàcetterègle.Uneétudesystématiquede
laconvergencedesrésultatsenfonctiondelafnesse
dumaillageapermispourlaprésenteapplicationde
déterminerlataillemaximaledesélémentspermettant
degarantiruneerreurrelativemaximaledel’ordrede
1%danslesabaquesprésentésici.Lemaillageobtenu
estschématisésurlafgure6;onconstatequedans
le cas le plus défavorable (B=12,0m, E=20cm),
les éléments sont environ 2,3 fois plus petits que la
chargeconcentrée.
|tstlssits
Danscetarticleontétéprésentésdenouveauxabaques
defexionlocale,applicablesauxdallesdebipoutresà
entretoisescalculéesaveclesnouveauxrèglementsde
charge(EN1991-2).
Figure 5 : disposition des tandems (TS) maximisant le moment
d’encastrement, pour deux valeurs de l’encorbellement : 4,28 m
(gauche) et 4,32 m (droite). Dans chaque cas, la trace des voies a
été représentée.
Figure 6 : vue en plan du modèle de la dalle. Le nombre d’éléments
à huit nœuds du modèle est indiqué pour chaque zone. Le maillage
est plus dense dans la zone grisée (éléments sensiblement carrés)
qu’ailleurs (éléments rectangulaires, rapport d’aspect voisin de 4).
D’unemploiaussiaiséqueceuxdubulletintechnique
n
o
1,cesabaquesdevraientfaciliterledimensionnement
destabliersdecesouvrages.Ilestrappeléqu’ilssont
établissousleshypothèsessuivantes:
bal ancement des t r avées : l e r appor t de
l’encorbellementàl’entraxevaut0,4;
profldel’intrados:linéairedansl’encorbellement
(épaisseurvariantde0,75hà1,5h),paraboliqueentre
poutres(épaisseurvariantde1,5hàh);
largeurdelachaussée(ausensdel’EN1991-2):longrine
delargeur0,64m,pasdeséparateurcentral.
Ces abaques restent applicables -tout au moins au
stade du prédimensionnement- lorsque l’ouvrage
calculénes’écartepastropdeceshypothèses.Ainsi:
pour les moments au centre de la dalle, on lira
directement dans les abaques 9 à 12 la valeur du
moment pour l’entraxe des poutres efectivement
prévudansleprojet;
pour le moment d’encastrement, on lira dans les
abaques7et8lesvaleurscorrespondantàunelongueur
fctivedel’encorbellementpréservantl’excentrement
du tandem le plus lourd. Cette longueur fctive est
défniepar:
encorbellementfctif=
encorbellementréel-longrineréelle+0,64m
Leprésentarticleconstitueuneapplicationparticulière
d’une méthode plus générale d’étude de la fexion
locale des ouvrages d’art, faisant appel aux moyens
de calcul modernes (éléments finis, programmes
d’optimisation, …). Une telle approche permet
une plus grande souplesse que les méthodes plus
«artisanales»utiliséesprécédemment.





l! êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
K
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ê
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M
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K
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Æ
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ê
K
,

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Figure 7 : abaque du moment d’encastrement, trafc de première classe (E = 20 cm)
Abaques pour la flexion locale de la dalle d’un bipoutre à entretoises
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l¡
Figure 8 : abaque du moment d’encastrement, trafc de deuxième classe (E = 20 cm)
lå êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
K
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M
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K
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Figure 9 : abaque du moment longitudinal au centre, trafc de première classe
Abaques pour la flexion locale de la dalle d’un bipoutre à entretoises
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l|
Figure 10 : abaque du moment longitudinal au centre, trafc de deuxième classe
l! êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
K
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K
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K
,

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Figure 11 : abaque du moment transversal au centre, trafc de première classe
Abaques pour la flexion locale de la dalle d’un bipoutre à entretoises
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l+
Figure 12 : abaque du moment transversal au centre, trafc de deuxième classe
lê êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
K
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!
Æssttt Æ - |+ltsl ¢t ssr|+tts ¢’is|lststt
s+r tltmtsts |isis
En mécanique des structures, il est commode
d’introduire la notion de déplacement généralisé, qui
peutêtreunetranslationouunerotation.Uneforce
généralisée désigne alors une force ou un couple,
suivantqu’elletravailledansunetranslationoudans
unerotation.
Dans toutes les théories de structures ayant un
comportement élastique et linéaire, les contraintes
général isées (contraintes, efforts ou moments
féchissants) apparaissent comme des combinaisons
linéaires des dérivées du champ des déplacements
généralisés. Or, dans le formalisme des éléments
fnis, toute dérivée du déplacement s’exprime elle-
même comme une combinaison linéaire des seuls
déplacements aux nœuds. Calculer les contraintes
généraliséesdanslastructurerevientdoncàcalculer
une certaine combinaison linéaire des déplacements
généralisésauxnœuds.
La structure étant discrétisée par éléments fnis, on
noteqlevecteurdesdegrésdeliberté(déplacements
généralisésauxnœuds),etQlevecteurduchargement
extérieur (forces généralisées travaillant dans le
déplacementq):siq
i
estunetranslation(respective-
mentunerotation),Q
i
estuneforce(respectivement
uncouple)demêmedirection.Compte-tenudecequi
précède,onchercheàcalculerunefetXs’exprimant
comme une combinaison linéaire de coefcients λ
i
desdéplacementsq
i
:
où les coefcients de combinaison λ
i
sont supposés
connus. Plutôt que de calculer la valeur de X pour
uneconfgurationdonnéedecharges,ons’intéresseà
la surface d’infuencedeX.Parlinéarité,cettesurface
d’infuence apparaît comme la combinaison linéaire
dessurfacesd’infuencedechacundesdéplacements
généralisésq
1
,q
2

La not i on même de sur f ace d’ i nf l uence f ai t
implicitement l’hypothèse que toutes les charges
appl iquées à l a structure ont même direction
(engénéral,laverticalepourlesproblèmesdegénie
civil) ; on supposera qu’il s’agit ici de la direction
zz.
Il est aisé de montrer (par le théorème de Maxwell-
Betti, résultant dans le cas discret de la symétrie
de la matrice de raideur) que la surface d’infuence
du déplacement nodal q
i
sous l’efet d’une force de
direction zz est la déformée de la structure dans la
directionzz,sousl’efetd’uneforcegénéraliséeunitaire
Q
i
=1 (Q
j
=0, j≠i).
Ilrésulteclairementdecettepropriétéquelasurface
d'infuencedelacontraintegénéraliséeXestobtenue
enappliquantsimplementàlastructurelechargement
Q
i

i
.C’estcequiaétéfaitici.
Touteladifcultérésidealorsdansladétermination
descoefcientsdecombinaisonλ
i
.Danslemeilleur
des cas, ceux-ci sont documentés dans la notice du
codeauxélémentsfnisutilisé.Sinon,ilspeuventêtre
recalculésensuivantladémarcheclassique[9]:
calculauxpointsdeGaussdel’élément(lesfonctions
deformedel’élémentdoiventêtreconnues);
extrapolation aux nœuds de l’élément (le schéma
d’extrapolationutiliséparlecodedoitêtreconnu;on
peutégalementutiliserunautreschémad’extrapolation
jugéadéquat);
éventuellement,extractiondelamoyenneentretous
lesélémentsadjacentsaumêmenœud.
La mise en œuvre de cette méthode a fnalement
conduitauxchargementsfctifsprésentésenannexeB.



Abaques pour la flexion locale de la dalle d’un bipoutre à entretoises
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 ll
Figure 13 : numérotation des nœuds de l’élément Q
8
Tableau 2 : couples appliqués aux nœuds des éléments chargés pour
l’obtention des surfaces d’infuence cherchées.
Kt|trtstts |i|littr+sli¢sts
[1]M.Ténoz,Calculsdehourdisdeponts,Bulletin
TechniqueduSétran
o
1,1972.
[2] Comité Européen de Normalisation (CEN),
NF EN 1991-2, Eurocode 1 - Actions sur les
structures, Partie 2 : actions sur les ponts, dues au
trafc,AFNOR,2004.
[3]H.HombergetW.Ropers,Fahrbahnplattenmit
verändlicher Dicke, Erster Band, Springer Verlag,
1965.
[4]S.P.TimoshenkoetS.Woinowsky-Krieger,Teory
ofplatesandshells,McGraw-Hill,1959.
[5] BNTEC P06A, NF EN 1991-2/NA, Annexe
nationaleàlaNFEN1991-2,AFNOR,àparaître.
[6]M.Fragnet,Y.Meuricetal.,Barrièresdesécurité
pourlaretenuedespoidslourds,Collectionduguide
techniqueGC,Sétra,1999.
[7]F.HartmannetC.Katz,Structuralanalysiswith
fniteelements,SpringerVerlag,2004.
[8]D.LeFaucheur,Flexionlocaledansleshourdisde
pont,BulletinOuvragesd’artn
o
49,juillet2005.
[9] O.C. Zienkiewicz, R.L.Taylor et J.Z. Zhu, Te
fnite element method - Its basis and fundamentals,
6thedition,Elsevier,2005.
Æssttt | - |l+rttmtsts |itti|s stsr
l’t|ttstits ¢ts ssr|+tts ¢’is|lststt ¢t l+
¢+llt ¢t |iststrt
Chaquesurfaced’infuenceestobtenueenchargeant
seulement un élément du modèle. Ainsi, la surface
d’infuence du moment d’encastrement est obtenue
enchargeantl’élémentadjacentàlapoutre(ducôté
de l’encorbellement) et situé sur l’axe transversal
de symétrie, tandis que les surfaces d’infuence des
moments au centre de la dalle sont obtenues en
chargeant l’élément situé à l’intersection des axes
longitudinauxettransversauxdesymétrie(onrappelle
quelemodèlecomporteunnombreimpaird’éléments,
aussibiendanslesenslongitudinalquedanslesens
transversal).
LesvaleursdescouplesC
x
,C
y
appliquésàchaquenœud
de l’élément chargé sont présentées dans le tableau
2, où h (respectivement k) désigne la dimension de
l’élémentchargédansladirectionxx(respectivement
yy), et les huit nœuds de l’élément sont numérotés
N
1
àN
8
conformémentàlafgure13.Ddésigneenfn
laraideurenfexiondeladalle:
(E : module d’Young ; ν : coefcient de Poisson ;
t:épaisseurdeladalle)■
N
1
y
x
N
5
N
2
N
8
N
6
N
4
N
3
N
7
ll êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
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K
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Æ
K
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K
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!
À l’heure actuelle, les structures mixtes acier-béton
acqui èrent une i mportance croi ssante dans l a
constructiondesponts,grâceàleurrobustesseetleurs
coûtsd’entretienréduitsetprévisibles.Lafacilitéde
contrôleduproduit,etsonprixcompétitifjouentun
rôledeplusenplusgrandpouremporterladécision
desmaîtresd’ouvrages.
En application du Traité de Nice, la Commission
Européenne a pris directement en main, la gestion
des programmes de recherche appliquée du fonds
Charbon-Acier.En2006,laCommissionEuropéenne
aretenuleprojetderecherchePrECo-Beamparmiceux
qu’ellesoutient.Cen’estpaslepremierprogrammede
cetypeauquelparticipeleSétra,quiestdéjàengagé
danslesprojetsCombrisurlastabilitédesâmes.
Les autres partenaires du programme Precobeam
sont:
le bureau d’études Schmitt, S.F. et partenaires, en
Allemagne,
lebureaud’étudesRambollSverigeABenSuède,
laPolitechnikadeWroclaw,enPologne,
l’UniversitédelaBundeswehr,enAllemagne,
l’UniversitédeLiège,enBelgique,
Profilarbed S.A., du groupe Arcelor-Mittal, au
Luxembourg.
L’objectif du projet est de mettre dans le domaine
publicunsystèmedeconstruction,avecsesrèglesde
justifcations,établiesselonlescritèresdesEurocodes,
et pouvant être introduites dans les versions futures
decerèglement.






Leterme«préco»étéretenupourdésignerdespoutres
mixtes préfabriquées, servant de cofrages perdus.
La largeur de la prédalle, membrure supérieure, est
de deux mètres environ. Enfn le système «préco»
a l’ambition d’être une technique de connexion
économique.
La préfabrication est menée dans un atelier forain
ouuneusineprocheduchantier.LespoutresPréco
nécessitentlaréalisationenplaced’unesecondedalle
debéton.
Dans le cas du pont de Przemysl en Pologne, la
charpentemétalliqueestréduiteauxdemi-Hdisposés
danslestalonsdespoutresenarmatures:onpourra
parlerdanscecasaussid’armaturesPréco.
|ts ststrts |réco
Une solution économique pour les petites portées, objet d’un
programme de recherche européen
JacquesBerthellemy,GuenterSeidl
Figure 1 : coupe transversale du pont pour une piste de ski à
Przemysl en Pologne - première utilisation mettant en œuvre quatre
poutres Préco
Les poutres Préco
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l1
êritis+litt ¢ts ststrts |réco
Parl’utilisationdeprédallesenbéton,lamixitéacier-
béton est efective plus tôt avec les poutres Préco
qu’aveclesprocédésdeconstructionconventionnels
des ponts mixtes acier-béton. En général, le poids
propre du cofrage et du béton mou repose en efet
uniquement sur les poutres en acier dans un pont
mixtetraditionnel.
Les poutres Préco peuvent aussi être considérées
commeunevariantedesTabliersàPoutrellesEnrobées
(Tpe). Comme le système Psi-Pap, les poutres
Préco permettent d’alléger les Tpe, sans toutefois
recourir à aucune technique particulière coûteuse.
LespoutresPrécosontcomparablesauprocédéVft
introduit par le bureau d’études Schmitt, Stumpf,
Frühaufetpartenaires,quiestcourammentutiliséen
Allemagne depuis une dizaine d’années. Le procédé
Vftadéjàdémontrésurdenombreuxpontsl’intérêt
économique de prédalles en béton disposées dans le
senslongitudinalpourlespetitesetmoyennesportées
(voirfgures2aet2b).
LespoutresPrécovontplusloin,carellessepassentde
lamembruresupérieuremétalliquerendueinutile.
Figure 3a : connecteur Perfobond
Figure 3b : connecteur du Cete de l’Est
Figure 2a : poutre Vft Figure 2b : poutre Préco
Outre l’économie de la membrure supérieure, tous
les connecteurs goujons sont remplacés dans la
poutre Préco par des armatures passives beaucoup
moins coûteuses. L’âme de la poutre métallique est
directementconnectéeàlaprédalle.
Detelssystèmesdeconnexionsuruneâmefontdepuis
longtempsl’objetderecherches.
OnpeutciterleconnecteurPerfobondoùdesarmatures
traversent des perçages, et le connecteur testé par le
LaboratoiredesPontsetChausséesdeNancy.Ilaété
développédanslesannées80parl’équipedeRobert
Marcellier : Pierre Trouillet et Jean-Michel Hottier
(voirfgures3aet3b).
Dans l e cas de l a poutre Préco du proj et de
rechercheeuropéenPrecobeam,l’âmeneprésentepas
d’ouvertures circulaires. Elle n’est pas percée, pour
éviter cette opération coûteuse. Elle est simplement
découpée,commepourleconnecteurduLaboratoire
deNancy.LadécoupePrécosuitunelignecontinue
quiréduitlepluspossibleleschutes.
Desréalisationsplusanciennesencored’uneconnexion
selonceprincipesontcellesdespontsdefranchissement
del’OisedeConfansetdeCergyauxétudesdesquels
leSétra(appeléalorsScet)aparticipéentre1965et
1966(photo1).
l! êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
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Pour les ponts de franchissement de l’Oise les tôles
découpéesutiliséesenconnexionsontassociéesàune
précontraintetransversaleainsiqu’àdesdénivellations
d’appui et à une précontrainte longitudinale pour
éviter de faire fonctionner la connexion utilisant
fortementl’efetdefrottemententrel’acieretlebéton
dansdubétontendurisquantdefssurer.Dansl’avenir,
un efet de préfexion par dénivellations d’appui, la
miseentensionpréalabledel’ossatureetlapriseen
comptedel’efetdefrottementnesontpasàexclure
aveclespoutresPréco.L’efetdefrottementpeutaussi
êtrerenforcéparuneprécontrainteparflsadhérents
danslesprédalles.Maiscesdéveloppementsnefont
pasaujourd’huipartieduprojetPrecobeam.
Aujourd’hui la découpe Préco doit être optimisée
pourofrirlameilleuretransmissionpossibled’eforts
de glissement sans recours à une précontrainte
(fgure4).
Dans le cas où la poutre Préco est soumise à des
chargements répétés, la découpe ne comporte pas
d’angle rentrant mais un arrondi permettant aussi
unemeilleuretenuevis-à-visdelafatigue.Desessais
defatiguedelaconnexiondanslebétonfssurésont
indispensables pour ne pas limiter l’utilisation des
poutresPrécoauxzonesdemomentpositif.
Danslafgure5,lesfèchesfgurentletracépossible
del’outildecoupage.L’outilvadeAenBsuivantle
tracérouge,revientenAselonletracénoirpuisenB
suivantletracébleu,etainsidesuite.
Danstouslescas,ladécoupePrécoofreunefetanti-
soulèvementetlesarmaturespeuventêtrefacilement
disposéesdansladécoupe.
En ce qui concerne les seules poutres, une grande
variétédemorphologiesestpossible,cequiofriraaux
architectesungrandespacedeliberté.
Photo 1 : maquette des essais défnis par le Scet en 1965 pour tests
en fexion sur appui intermédiaire – Source : archives Sétra
Figure 4 : découpe possible d’une connexion Préco avec un rayon
minimal de 35 mm en angle rentrant
Figure 5 : découpe d’une connexion Préco en clothoïde avec un
rayon maximal de 80 mm en angle rentrant, pour améliorer la
tenue en fatigue et présentant un efet anti-soulèvement.
On notera l’analogie avec la découpe de l’âme d’une pièce
transversale de dalle orthotrope.
Les poutres Préco
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l¡
Dans le cas n°1 fgure 6, l’aspect extérieur est celui
d’unpontenbétonarmé,avecseulementlamembrure
inférieureapparentecommedanslecasdespoutrelles
enrobées.Le«pointtriple»Acier-Béton-Atmosphère
peutposerdesproblèmesdecorrosioneninterstices
en fonction de l’environnement. Dans le cas de
la maquette en photo, la membrure inférieure est
dégagéepourfaciliterl’entretiendecettezoned’accès
difcile.
LaformeenUducasn°2estaussipossiblecarpendant
le bétonnage, cette forme peut être maintenue par
les étaiements de l’atelier forain de préfabrication,
sans qu’il soit besoin de prévoir des raidisseurs
soudés métalliques des âmes. La prédalle peut aussi
avantageusementêtrecouléequandlapoutrePréco
estposéeàl’envers.
Cette forme en U nous afranchit des problèmes de
corrosion évoqués pour la forme n°1. Elle permet
d’assurerlaqualitédeparementextérieurd’unpont
métallique dont on choisit la couleur, et elle assure
aussi une meilleure résistance vis-à-vis des chocs de
véhiculeshorsgabarit.
Dans l e cas n°2, où l’ âme découpée remonte
jusqu’à l’intérieur de la prédalle, le poids propre
des encorbellements de la prédalle crée un moment
féchissant favorable pour la reprise des eforts de
glissement,carlapartiebassedubétonestcomprimée
etvientserrerlaoulesâmesmétalliques.Ceserrage
ajouteunfrottementàlaconnexionquineserapas
pris en compte dans un premier temps, des essais
spécifquesétantnécessairespourmesurerl’importance
del’efetfavorableainsiproduit.
Silamorphologien°2estutiliséeenzonedemoment
négatif, à l’encastrement d’un cadre par exemple,
unemembruresupérieurepourraêtrenécessaire.Les
résultatsd’essaisetlescalculsendécideront.
Figures 6 : deux déclinaisons possibles des poutres Préco
Cas2:PrsenUethauteurvariable.
Dispositiond’ouvraged’art
Cas1:demi-profléethauteurconstante.
DécoupePrécopourlebâtiment
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|sttrèt ¢t l+ ststrt |réco stsr lt m+|trt
¢’tstr+tt
Le procédé Préco vise par la préfabrication à
augmenter la qualité des réalisations, et à diminuer
pourlemaîtred’ouvragelesfraisd’entretiengrâceà
larobustessedesstructuresobtenues.Lespoutresen
acier demeurent en efetbien accessibles. Lescadres
réalisésenélémentsPrécopermettentd’éviteràlafois
jointsdechausséeetappareilsd’appuis,souventsujets
à des dégradations dans le temps. Enfn, le tablier
monolithique du béton armé de seconde phase est
couléenplacesansjoints,nidanslesenslongitudinal
ni dans le sens transversal, ce qui constitue un gage
dequalité.
Lapréfabricationpresquetotaledespoutresréduit
lestravauxsurchantier,etaboutitàdesmissionsde
montage sur site très économiques, avec des temps
de pose réduits. C’est un avantage incomparable
pour répondre à la problématique de limiter le plus
possiblelesnuisancesetlesrisquessurleschantierss;
demêmequelescoupuresdecirculationsurlesvoies
franchies,notammentquandondoittenircomptedes
coûtsindirectsqu’unedéviationimposeparexemple
auxusagers.
La préfabrication permet l'utilisation de béton
fbréà«ultra-hautes»performances(Bfup)pourles
prédalles. Des essais avec du Bfup sont prévus dans
leprojetPrecobeam.
Les poutres Préco sont généralement destinées à
êtremontéesàlagrue.Lesprédallesenbétonfaisant
office de membrures supérieures dispensent de
dispositifsspéciauxpourassurerlasécuritéencours
deconstructionvis-à-visdesinstabilitésélastiquesdes
poutres en acier dues à la faible rigidité horizontale
vis-à-visdesmomentsd’axevertical.
Les«ballonages»constituentunhaubanagedansle
planhorizontalquigêneparexemplelorsdumontage
àlagrue:(fgure7)voirleguidemontagedesponts
métalliquesBT8duSétra(page115).
Grâce aux prédalles en béton, la sécurité sur le
chantiervis-à-visdesphénomènesdedéversementest
notablementaugmentée.
Les poutres Préco peuvent être conçues pour
fonctionnerau-delàdeslimitesd’emploidespoutres
enbétonprécontraint,parexemplepourdesviaducs
àtravéesisostatiquesoucontinues.Ellespermettent
aussideréaliserdescadresdegrandeportée.L’étude
montrera si les poutres Préco peuvent se substituer
auxpoutresVipp.




Figure 7 : haubanage dans le plan horizontal
Photos 2 : exemple de poutre Préco constituée de demi proflés découpés, … selon une découpe convenant bien aux ponts piétons – Source : Ssf
Onpeutmêmeimaginerd’avoirquelquesossatures
de poutres Préco toutes prêtes d’avance pour être
découpéesàlademandeetutiliséescommepontsde
secours,
LefaiblepoidsdespoutresPrécoalliéàleurgrande
résistanceàlafexionouvredenouvellesdimensions
aux portées des ponts préfabriqués, et permet de
réaliserdesouvragesélancésetesthétiques.Larichesse
des possibilités architecturales permises a déjà été
évoquée.C’estévidemmentaussiunpointimportant
pourlaplupartdesmaîtresd’ouvrages.
Enfin les poutres Préco utilisent au mieux les
ressources naturelles : les matériaux béton et acier
ne sont employés que là où il faut, et le revêtement
anticorrosion n’est appliqué si nécessaire que sur de
faibles surfaces. Les matériaux de construction sont
donc recyclables et ne produisent que très peu de
déchetschimiquesenfndeviedel’ouvrage.



Maquette de poutre
Les poutres Préco
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 l|
|ttmslts ¢’+sslit+titss
Lesphotos2illustrentlapremièreapplicationpour
unpontpiétonenPologneàPrzemysl.
La connexion Préco aurait par exemple permis de
simplifier les pièces de pont d’about du pont de
la Croix Verte en Avignon pour les rendre moins
coûteuses(photo3).
Perçages coûteux et soudures de cornières auraient
étéévités.
Cespiècesdepontd’aboutenbétonqu’ilfautconnecter
àlacharpentemétalliquelestentlesextrémitésdupont
caisson, en empêchant tout soulèvement des appuis
souschargesultimes.
Lesappuissontàl’extrémitédespiècesdepont.
D’autres exemples d’application sont possibles
notamment pour les franchissements très biais dits
desautsdemouton.
Grâceàsarigiditédefexion,lepontcadre,estbien
adapté à ce cas de fgure et permet alors un grand
élancementetunesilhouetteesthétique.
Lacharpenteafnéeàlaclefd’unpontmixted’une
seule travée, souvent esquissée par les architectes en
dépitdesoncaractèrepeumécaniquequandlatravée
estisostatique,pourradevenirréalisabledefaçonplus
compétitivepuisquecetteformeestappropriéeàun
schémastatiquebi-encastré.
Photos 2 : exemple de poutre Préco constituée de demi proflés découpés, … selon une découpe convenant bien aux ponts piétons – Source : Ssf Photo 3 : pièces de pont d’about de caisson mixte avant mise en
place de tous les aciers et bétonnage
fgure 8 : schéma de principe d’un type de pont envisageable
Mais les dispositions à prendre pour l’encastrement
àl’aboutdupontdépendentdesrésultatsd’essaiset
des calculs correspondant aux contraintes propres à
chaqueprojet.Ellesferontl’objetdemisesaupoint
lorsdesétudesàvenir.
Onpeutviser,tantpourdespontsroutesquedesponts
rails,desportéesallantdanslecasdescadresjusqu’à
40 m environ. Ce type de pont devrait permettre
par exemple de franchir élégamment et dans des
conditions très économiques des voies autoroutières
sansappuiintermédiairesurleterrepleincentral.La
duréedeposeàlagruedespoutresPrécoestréduite,
etl’interventiond’unoutilcofrantau-dessusdesvoies
franchiesn’estplusnécessaire.
Unetellesolutionaméliorelasécurité,tantenphase
de chantier qu’en phase d’exploitation et mérite
donc d’être envisagée pour de nombreux passages
supérieurs■
Découpe thermique en usine
Détail d’about
28 Ouvrages d'artN°54mars2007
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la gestion des ponts
en allemagne
JacquesBerthellemy
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L’article qui suit est tiré d’un article paru le 30 mai
2006 dans le Faz (Frankfurter Allgemeine Zeitung)
un grand quotidien d’Allemagne. Georg Küfner,
journalisteduFaz,enquêtesurleterrainets’entretient
d’abordavecunancienhautresponsabledesponts.
Cetteinterviewesttroplonguepourêtrereproduite.
C’estlaméthodedegestiondespontsenAllemagne
qui est abordée dans la première partie de cette
interview.
En 1999, l’Administration allemande a élaboré une
méthode d’évaluation des ponts très proche de la
méthodefrançaiseIqoa.
Toutefoisl’attributiond’unenotechifréeaétéretenue
en Allemagne, plutôt qu’une répartition directe en
classesd’état.
Cette note doit traduire l’urgence d’une réparation
surunpont.
Après l’inspection d’un pont, chaque dégradation
reçoit donc une note de pondération. Pour ce faire,
lesinspecteursdisposentd’unetablederéférence:un
cataloguenormatifdesdégradationstypiquesdontles
gravitéssontquantifées.Unpointfaiblemetencause
soitlastabilitédel’ouvrage,soitlasécuritédutrafc
soitencoreladurabilitédupont.Unouvragereçoit
doncfnalementunenoterelativeàchacundecestrois
enjeuxdontlahiérarchieestsignifcative.
Lanotegénéralequienestdéduiterésumel’évaluation
etpermetlarépartitionenclasses.
Lespontspeuventêtrerépartisenclassescommedans
laméthodeIqoa,maisàpartirdelanotechifrée,et
Distributiondesponts-MéthodeIqoa
MiseenœuvreparleSétrapourlaDgrfrançaise
ÉtatdespontsdesRNfrançaisesen1994
Figure 1 : comparatif des états initiaux
avecl’objectif,selonunrapportBrime,d’obtenirune
répartitionenclassescomparableàcelledelaméthode
Iqoatellequ’elleétaitappliquéeen1994.
La grande analogie entre les premières évaluations
despatrimoinesfrançaisetallemandsdepontsn’est
enfaitqu’apparente.Dès1996,laclasse2Sdisparaît
de la méthode Iqoa pour faire place à une mention
Sdestinéeàsoulignerl’urgenced’uneréparationdes
équipements d’un ouvrage. La répartition en classes
estdecefaitplusdirectementliéeenFranceàl’état
desstructures.
EnAllemagne,lemauvaisétatd’ungarde-corpspeut
dansuncaslimiteajouterdesmauvaispointsàlanote
chifréedupont.Ellepourraainsipasserde3,4à3,5.
Dans les diagrammes qui présentent l’analogie des
La gestion des ponts en Allemagne
Ouvrages d'artN°54mars2007 29
méthodes françaises et allemandes, le pont passerait
alorsdelaclasse3àlaclasse3Ud’Iqoa.
Enrevanchelaméthoded’évaluationaétéélevéeen
Allemagne au rang de norme, si bien que l’état des
ouvragesdetouslesmaîtresd’ouvragesestévaluéde
lamêmemanièredanscepays,etqu’unsecteurprivé
efcacedel’inspectionapus’ydévelopper.
Àpartirdecesrésultats,desétudescomparablesàcelle
menée en France en 2002 pour les ponts en béton
arméontététentées(voirrevueOuvragesd’artn°33
dedécembre1999).Ainsil’évolutiondesnotesentre
2001et2004(fgure2tiréedel’articleduFaz)met
enévidenceunbesoincroissantd’investissementdans
l’entretien des ponts du patrimoine routier national
allemand.
Pour conclure, la première personne interviewée
souligne notamment la difculté de construire les
ponts d’excellente qualité, qui sont pourtant le
meilleurmarchéqu’onpuissefairesil’onconsidèrele
cycleentierdescoûtsdeconstructionetd’entretien.La
rechercheimposéeparleCodedesmarchésallemand
du moindre coût de construction n’est pas toujours
facileàconcilieraveclarecherchedelaplusgrande
durabilité.
Son mot de la fn est le rapprochement suivant:
«aucunpatientneconferaitl’opérationdesoncœur
auchirurgienlemoinsdisant».
Distributiondesponts-Méthodeallemande
ÉtatdespontsdesRFallemandesen1999
très bon satisfaisant encore critique insuffisant

bon acceptable
Figure 2 : l’état des ponts allemands se dégrade constamment
Notes d’état recueillies sur les routes fédérales entre 2001 et 2004.
Photo 1 : nacelle de visite pour inspection, et gêne du trafc qu’il
faut accepter – Source : Georg Küfner
Photo 2 : les outils les plus importants de l’inspecteur de ponts
allemand sont le marteau… et l’oreille.
Pour trouver les points faibles de la structure, il lui suft de taper
régulièrement, comme il le fait ici sous un fond de caisson.
Toute résonance inhabituelle ou toute évolution est notée soigneusement
– Source : Georg Küfner
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Dans une seconde partie de l’article du Faz, Georg
Küfner s’entretient avec le Secrétaire d’état fédéral
auMinistèredesTransportdelaConstructionetde
l’Urbanisme chargé des relations avec le Parlement
allemand.
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lt rtst+s rtstitr ¢t l’|t+t |t¢tr+l t+ ¡ l+
rts+r+tits ¢ts ststs
|st isttrtitw mtstt s+r êttrt Ks||str
Les ponts routes d’Allemagne font régulièrement les gros
titres des journaux, car leur état est mauvais et leur
stabilité se trouve du coup mise en cause. Quelle est la
qualité des ponts du point de vue du Ministère ?
L’État de République fédérale d’Allemagne a en sa
possession sur le réseau des grandes routes environ
37100ponts.Laplusgrandepartiedecesouvrages
-etdetrèsloin-estdansunétatqu’onpeutqualifer
detrèsbonàacceptable.C’estseulementunepetite
partie des ponts qui a reçu une note plus mauvaise
que trois dans un système d’évaluation visant lors
des inspections de routine que subissent les ponts
à leur attribuer des notes comprises entre 1 et 4. Et
ce résultat ne veut pas dire qu’il s’agit de ponts sur
lesquelsilnefaudraitpluspasser.Cesmauvaisesnotes
nesignifentpasquelastabilitédespontsestencause,
maissignifentquedestravauxd’entretiendoiventêtre
entreprisrapidement,enraisondesdégradationsqui
ontétérepéréessurcesouvrages,defaçonàcequeles
capacitésfonctionnellespuissentêtreassuréesàplus
longterme.Iln’existepasdelimitationd’emploiliée
àunesimplenoted’état.
Les ponts prennent de l’âge et du coup le nombre de
dégradations dont ils sont l’objet augmente fatalement.
Avec quelle philosophie de la sécurité fait-on face à ce
processus rampant de vieillissement ?
Ensefondantsurlabased’uneinspectionrégulière,
comme principal élément de notre stratégie, on
arriveàmettreenœuvrelesmesuresd’entretienqui
garantissent la sécurité et la durabilité des ouvrages
d’art des routes fédérales. Grâce à la mise au point
etàl’applicationdanstoutlepaysd’uneméthodede
gestion de l’entretien des ponts, les conditions sont
maintenantrempliespourmettreenplacelesmoyens
d’unemaintenanceorientéeenfonctiondesbesoins.
Dansleplandecirculationfédéral2003quicouvrela
périodeallantde2001à2015,lesvolumesfnanciers
nécessairesàunemaintenanceadaptéedespontsont
* Cette somme importante (34,4 milliards d’euros) est calculée sur 12 ans et inclut vraisemblablement des budgets d’investissement. Le budget annuel à venir consacré au seul
entretien des ponts fédéraux serait en Allemagne de l’ordre de 200 à 300 M€ par an pour 37 100 ponts. Le budget annuel français qui correspondrait est alors actuellement
de l’ordre de 50 M€ pour les 9 200 ponts des RN après la décentralisation de 2006.
ainsiétémisenplace.Lamaîtrised’œuvreetlesuivi
des réparations sont le travail des Administrations
régionales qui agissent au nom de l’État fédéral par
délégationensuivantlesprogrammesdemaintenance
approuvésauniveaufédéral.
Pour que les dégradations et les défauts des ouvrages d’art
soient détectés à temps, il faut qu’ils soient régulièrement
inspectés par des spécialistes. Avec les réductions d’efectifs
qu’on rencontre dans tous les services, pourra-t-on disposer
d’un nombre sufsant de gens qualifés ?
Pourgarantirconstammentlacapacitéfonctionnelle
et la sécurité des ouvrages d’ art, ceux-ci sont
obligatoirement soumis à une surveillance régulière
etspécialisée.Letextederéférencepourl’inspection
desouvragesdeGénieCivilestlanormeDIN1076:
« Ouvrages d’Ingénierie routière, Surveillance et
Inspection».
Selon cette norme tout pont doit faire l’objet d’une
inspection principale tous les six ans, qui doit être
menéepardesingénieursduGénieCivilayantreçu
une formation spéciale. À cette occasion, toutes les
parties d’ouvrage doivent être inspectées à portée
de main par le personnel, qui doit donc pouvoir
disposer des moyens d’accès appropriés. Trois ans
après, on doit pratiquer de plus une inspection
simple intermédiaire. Enfn les services routiers ou
autoroutiers compétents doivent visiter les ouvrages
chaque année, et deux fois par an, ils les observent
pourrepérerdesdégradationsvisiblesàl’œilnu.Les
résultatsdetoutescesobservationssontconsignéspour
chaque pont selon une procédure bien défnie. Les
Directions Régionales des Routes sont responsables
des inspections conformes à la norme DIN 1076.
Les Régions ont encore jusqu’à présent recours
principalement à leur propre personnel pour ces
inspections, qui reçoit une formation particulière
pourcela.Desinspectionssontcependantdeplusen
plussouventaussiconféesàl’extérieur.Danscecas,
c’est la responsabilité de l’Administration Régionale
des’assurerquelepersonnelquiestemployédispose
biendesqualifcationsparticulièresquisontrequises
parlanormeDIN1076pourmenerdesinspections
deponts.
Comment s’assure-t-on que l’on a consacré sufsamment
de ressources financières à l’entretien des ouvrages
d’art ?
Dans l e pl an de ci rcul ati on fédéral 2003 du
gouvernement central, les moyens financiers de
l’entretiendesroutesontétémisenplacesurlabase
d’uncalculdesimulationdesbesoinsenréparation.
Jusqu’en2015,ilyaentout34,4milliards*d’euros
qui ont été réservés à l’entretien du réseau routier
La gestion des ponts en Allemagne
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 1l
fédéral.Lapartdespontsetdesouvragesd’ingénierie
s’élève à environ 25 à 30 pour-cent de ce total. Les
moyensàprévoirpourmettreenœuvrelesinspections
sontenrevanchel’afairedesRégions■
Kt|trtstts |i|littr+sli¢sts
Projet européen BRIME, Godart B. « La gestion des
ponts en Europe.»Lcpc,Ouvragesd’art,mars2005,
(réf.OA49).
Odent N. ; Berthellemy J. « Bridges asset ageing
model and theoretical simulation of the effect of a
maintenance budget policy on bridge condition in French
national heritage.»IABMAS’2002,frstinternational
Conference on bridge Maintenance, Safety and
Management,Barcelone,juillet2002.
Dr. Ing. Haardt P. « Devel opment of a Bridge
Management Sys t em f or t he German Hi ghway
Network. » IABMAS’ 2002, fi rst i nternati onal
Conference on bridge Maintenance, Safety and
Management,Barcelone,juillet2002.
OdentN.;BerthellemyJ.;DelfosseG.«Impact d’une
politique de gestion sur l’état d’un patrimoine d’ouvrages
en béton armé.»,BulletinOuvragesd’artduCtoadu
Sétran°33,décembre1999.
1l êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
!t+tts
|trm+tits |npc ¢+ss lt ¢tm+ist ¢ts tstr+tts ¢’+rt
Lesappareilsd’appuistructurauxpourouvragesd’art:choix,dimensionnement
etmiseenœuvre
27 mars 2007
Cycle«Formulerlesbétons»module2:lagamedesbétonsmodernes 28 et 29 mars 2007
Cycle«InspectiondesOuvragesd’Art»module2:grandsouvragesenbétonprécontraint 10 mai 2007
Exigencestechniquespourl’exécutiondesconstructionsmétalliques(bâtimentetgénie
civil):lanouvellenormeEN1090
5 et 6 juin 2007
Cycle«InspectiondesOuvragesd’Art»module4:ouvragesmétalliques
associéaustagedu12au14juin2007
12, 13 juin
1/2 journée 2007
Cycle«InspectiondesOuvragesd’Art»module4:ouvragesmétalliquesetpontsàcâbles 12 au 14 juin 2007
Lesbétonsdestructureetleursinteractionsaveclesnouveauxréférentiels
(NFEN206-1,fascicule65,EN13670,Eurocodes):unenouvellefaçondeviser
ladurabilitédesouvrages
26 et 27 juin 2007
RenseignementsetprogrammesdétaillésdesstagesEnpc: tél:0144582728ousite:http://pfe.enpc.fr
Renseignementsconcernantlescyclesinternationaux: tél:0144582828ou2827.
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Nous signalons aux lecteurs intéressés le mémoire
présenté par M. David Chardonieras en vue de
l’obtentiond’undiplômed’ingénieurCnamquiporte
sur « la pathologie, maintenance et réparations des
appareilsd’appuidespontsetviaducs».
Ce travai l a été préparé sous l a di recti on de
M.D.Esbrat(anciennementLrpcd’Aix).
Ce mémoire vient compléter la bibliothèque de la
documentationdetoutspécialistechargédelagestion
desouvragesd’art.
Lapartiehistoriqueesttrèsutilepourl’identifcation
d’ apparei l s d’ appui sur des ouvrages anci ens,
principalementdelapériode1940-1965.
Lapartiepathologierépertorielesdésordresidentifés,
énonce les causes possibles et propose la ou les
décisionsàprendre,avecundegréd’urgence.
Levérinagedestabliersestabordésouslaformed’une
descriptiondestroisprincipauxmodesdevérinageles
plusfréquemmentutilisés.
Enfn,unerichedocumentationphotographiquevient
illustrerl’ensembledespathologiesrencontrées.Elle
constitueunexempledelanécessitéd’unepolitique
desurveillanceetd’entretiendesouvragesd’art.
Cedocumentestdisponiblesurlesite«http://cnam-
limousin.fr»surlapaged’accueil,oncliquesurlelogo
delaFirpuisonentresurlapagedetéléchargement
dumémoirequidonnelesinfossuivantes:
Ouvragesurlapathologie
SciencesetTechnologiesdel’Industrie
Télécharger le contenu du mémoire au format Pdf
ouvrage - Pathologie, maintenance et réparation
des appareils d’appui des ponts et viaducs de David
Chardonnieras-21juin2004(taille24Mo).Lefchier
estgros(attentede1à2minutessur512ko/s).
MichelFragnet
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|s|lit+titss
• |i||ssits ¢ts t||trts ttsttstrts - |||trts ¢t srtttstr+istt
tt ¢ts +ss+rtils ¢’+sssi
Guide méthodologique et Exemples d’application
Référence : 0634 – novembre 2006 – 38 et 112 pages
– Prix de vente de l’ensemble : 20 euros
Ceguideméthodologiqueproposeuneméthodologie
de traitement des zones de diffusion des efforts
concentrés. La majorité des difcultés de ces zones
délicates provient principalement des efforts de
précontrainte dont l’augmentation continue de la
puissance unitaire des câbles a rendu encore plus
aigu le problème du dimensionnement des zones
d’ancrage,donnantlieuàdesfssurationsdecaractère
pathologique.
Ce guide méthodol ogique compl ète l es textes
européens, tout en restant homogène avec eux,
l’Eurocode2étanttrèsdiscretsurlaprésentequestion.
Il est accompagné d’un document « Exemples
d’application».
Le guide méthodologique et le document Exemples
d’application sont indissociables et ne peuvent être vendus
séparément.
|tsts ts |tis - |tmmtst +sssrtr ltsr ¢sr+|ilitt
Guide technique
Référence : 0647 – novembre 2006 – 124 pages –
Prix de vente : 21 euros
Avec les préoccupations environnementales, les
maîtresd’ouvrageredécouvrentleboisetsonaspect
chaleureux.Parailleurs,lespontsenboissontlégerset
facilesàmonter:ilspossèdentainsiunfortpotentielde
développement,enparticulierlespontspourpiétons.
Cependant,lapérennitédecesstructuresreposesurle
choixdebonnesdispositionsconstructivesprotégeant
lebois,ainsiquesurlaqualitédeleurentretien.En
outre, en cas de démolition d’un pont dont les bois
ontététraités,lesmaîtresd’ouvragesontresponsables
desdéchetstoxiquesproduits.
Ceguide,aprèsunhistoriquedespontsenbois:
rappellelesnotionsessentiellessurl'anatomieetles
propriétésmécaniquesetphysiquesdecematériau,
présentelesagresseursetlesméthodesdepréservation
dubois,ensoulignantlesinconvénientsdecertaines
méthodeschimiquesdepréservation,
expose les principales dispositions constructives à
adopterpourassurerlaconservationdubois,
fournit des conseils aux maîtres d'œuvre pour
formaliser une bonne prescription d' essences,
de trai tements de préservati on et d' exi gences
constructives.




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1! êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
Ces documents sont disponibles en téléchargement sur
les sites internet et intranet du Sétra :
• internet : http://www.setra.equipement.gouv.fr
• i2 (réseau intranet du ministère de l’Équipement) :
http://intra.setra.i2
Kttt tttlsi¢st ssr l’+sslit+tits s+tits+lt ¢t l+ strmt K|
|K l11| (+ss+rtils ¢’+sssi strsttsr+st)
Note d’information série Ouvrages d’art n°27
Lapublicationdepratiquementtouteslespartiesde
lanormeNFEN1337surlesappareilsd’appui(ilne
resteplusquelapartie8surlesdispositifsdeblocageet
deguidage)modifecomplètementlepaysagenormatif
surlesappareilsd’appuidesponts.
Ce nouvel environnement doit être appréhendé,
comprisetcorrectementappliqué.Cesnormesdoivent
permettre, pour les parties harmonisées, la mise en
place du marquage CE sur ce type de produit. Par
contre, si tous les produits doivent être marqués
CE,lemaîtred’ouvragealedevoirdevériferquele
produitqu’ilsouhaiteutiliserestadaptéàsonouvrage.
Or les normes, et le marquage CE, comportent des
possibilitésdechoixquidoiventêtrecomplétésdans
lesclausesdesmarchésparticuliers.
L’objet de la présente note d’information technique
est de lister les possibilités de choix qui restent à
l’initiative du maître d’ouvrage et lui donner les
conseilspourfairecechoixetcompléter,entantque
debesoin,lanormeNFEN1337.
Outre cette note d’information technique, il est
signalé l’existence de deux guides techniques (en
coursderefonteetprochainementréédités)préparés
parleSétrasurles«appareilsd’appuiencaoutchouc
fretté»etles«appareilsd’appuiàpot»pouraiderles
projeteursdanslecalculdesappareilsd’appui,voire
luiproposerdesoutils,sousformedelogicielsdepré
dimensionnement.
Ce document a été préparé par un groupe d’experts
issus,notamment,delaCommissiondenormalisation
T47A(Appareilsd’appuistructuraux).
êstr+tts ¢t ststèstmtst ts rtm|l+i rts|trtt s+r +rm+tsrts
mtt+lli¢sts ttsstitstts ¢t trtillis sts¢ts
Note d’information série Ouvrages d’art n° 26
Divers procédés de construction d’ouvrages de
soutènement en remblai renforcé par des armatures
constituées de treillis métalliques soudés se sont
développés en France ces dernières années. Ils ont
faitl’objetdenombreusesapplicationsetconnaissent
aujourd’hui un certain essor. L’objet de la présente
noted’informationestderappelerlesrèglesgénérales
de conception et de calcul existantes dont ils
relèvent,maisaussideprésenterlesprincipalesrègles
complémentairesquileursontspécifquesetqu’ilest
essentielderespecterpourlesouvragesroutiers.
êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007 1¡
• êstr+tts t¢itts s+r lt |cpc
VSC
Méthode d’aide à la gestion de patrimoines
Guide technique
Ref. VSC – août 2006 – Prix de vente : 48 euros
LaméthodeVSCestuneméthoded’aideàlagestion
de patrimoines faisant la synthèse de trois analyses
indépendantes:
• une expertise technique adaptée au patrimoine
étudié,
•unexamenavisédefonctionsd'usage,
• une approche stratégique de la place des ouvrages
danslepatrimoine.
Apartird'unestructurationpertinentedupatrimoine,
elle permet d'acquérir une vision synthétique et
d'ensembledescaractéristiquesetdel'étatdesouvrages,
de faire remonter immédiatement les problèmes de
sécurité publique, et aboutit à une programmation
optimiséedelamaintenancedupatrimoine.
Leprésentfascicules'adresseauxmaîtresd'ouvrage,
auxgestionnaires,auxspécialisteschargésdelamettre
enœuvre.
Il comprend une présentation de la méthode, de
son application aux ouvrages d'art ainsi que des
exemples d'application à d'autres domaines (voies
navigables,infrastructuresportuaires,établissements
designalisationmaritime,etc.).
• Ætis tttlsi¢sts tstr+tts ¢’+rt
Lesavistechniquesfournissentunavisofcielsurle
comportement prévisible des produits, procédés et
matériels pour éclairer les maîtres d’ouvrages et les
maîtresd’œuvredansleursdécisions.
Cesavistechniquessontrédigéssouslaresponsabilité
d’unecommissionmiseenplaceparleSétra,associant
l’Administration et la profession représentée par les
syndicats.
Lesecrétariatetlaprésidencedecettecommissionsont
respectivementassurésparleSétraetlaprofession.
L’élaboration d’un avis technique est soumise aux
étapessuivantes:
dépôtdelademande;
enquêtepréalable(s’ils’agitd’unepremièredemande
jugéerecevable);
examen du dossier technique et établissement du
programmed’essais;
établissementd’unavistechnique.




Avis techniques récents publiés
Joints de chaussée des ponts-routes
Produit Entreprise Date Validité Ref.
WR50-CIPEC
FREYSSINET
(France)
R12/06 12/2011 FATJO06.13
Wd110-CIPEC
FREYSSINET
(France)
R12/06 12/2011 FATJO06.14
M100
FREYSSINET
(France)
R12/06 12/2011 FATJO06.12
POLYJOINT RCA R12/06 12/2011 FATJO06.10
GTAB2000/30-50 RCA R12/06 12/2011 FATJO06.11
RAN50 PCB R12/06 12/2011 FATJO06.06
GPE80 PCB ATIR12/06 12/2008 FATJO06.07
GPE120 PCB R01/03 12/2008 FATJO06.08
BETAB30/B50 BTPS 09/2006 09/2011 FATJO06.04
EUROJOINT50 EUROJOINT ATI12/06 12/2008 FATJO06.09
Étanchéité des ponts-routes
Conibridge
BASFCC
FranceSAS
09/2006 09/2011 FATET06.04
Ces avis techniques sont consultables sur les sites
internet et intranet du Sétra :
• internet : http://www.setra.equipement.gouv.fr
• i2 (réseau intranet du ministère de l’Équipement) :
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1å êstr+tts ¢'+rtN°54mars2007
JacquesBerthellemy
SétraCtoa
Tel:0146113269
SébastienBrisard
SétraCtoa
Tel:0146113628
MichelFragnet
SétraCtoa
Tél:0146113213
FlorentImberty
SétraCtoa
Tel:0146113240
|ttr¢tsstts ¢ts rt¢+tttsrs
LecataloguedespublicationsetlogicielsduSétraestconsultablesurinternetetleréseaui2duministèredes
Transports,del’Equipement,duTourismeetdelaMer.
Vousytrouverez:
•lesdernièresparutions,
•lesouvragesdisponibles,avecrésumé,référence,prixdevente…,
•lesmodalitésdecommande.
Retrouverégalemententéléchargement(auformatPDF)lesnumérosprécédentsduBulletinOuvragesd’art.
surinternet:ltts.//t+t+lttst.sttr+.t¢sistmtst.ttst.|r
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46 avenue
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i nternet : www.setra.
equi pement.gouv.fr
Sétra
service d'Études
techniques
des routes
et autoroutes
Le Sétra apparti ent
au Réseau Sci enti fi que
et Techni que
de l 'Équi pement
Ce bulletin est un périodique d’information à l’intention des
spécialistes d’ouvrages d’art. Il est destiné à décrire la construction
d’ouvrages marquants et à faire connaître des techniques particulières
ou innovantes.
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Document disponible au bureau de vente du Sétra
46 avenue Aristide Briand - BP 100 - 92225 Bagneux Cedex - France
téléphone : 33 (0)1 46 11 31 53 - télécopie : 33 (0)1 46 11 33 55
Référence : 0705
Couverture - crédit photos : Sébastien Brisard, Gérard Forquet (Sétra) ; Cete de l’Ouest ; Ssf
Conception graphique - mise en page : Eric Rillardon (Sétra)
Impression : Caractère - 2, rue Monge - BP 224 - 15002 Aurillac Cedex
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© 2007 Sétra - Dépôt légal : 1
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trimestre 2007 - ISSN : 1266-166X
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PEFC/10-31-945

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