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Les titres impériaux de Jésus-Christ

révèlent son autorité politique

Dans le présent document, plusieurs titres impériaux romains à forte signification juridique
attribués à Jésus-Christ par le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament sont examinés afin d’avoir
un aperçu des prérogatives politiques du Roi des rois, César des césars, Empereur des empereurs,
Président des présidents et Gouverneur des gouverneurs.

Les références des versets bibliques sont indiquées en vert, les titres impériaux romains sont
indiqués en rouge, et les sources primaires ou supports matériels portant ces titres impériaux –
connus grâce à l’archéologie, l’épigraphie ou la numismatique – sont indiqués en bleu. Les
traductions françaises depuis les sources secondaires anglaises furent effectuées par le
compilateur du présent document.

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Marc 1:1 (S21) : « Voici le commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. »

Actes 8:37 (S21) : « [Le diacre-évangéliste] Philippe dit : “Si tu crois de tout ton cœur, cela est
possible”. L’eunuque répondit : “Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu”. »

2 Corinthiens 1:19 (S21) : « En effet, le Fils de Dieu, Jésus-Christ, que nous avons prêché au
milieu de vous, Silvain, Timothée et moi, n’a pas été “oui” et “non”. Au contraire, en lui il n’y a
que le “oui”. »

Jésus-Christ, Fils de Dieu = Ἰησοῦ Χριστοῦ υἱοῦ θεοῦ. « Cette locution était la formule grecque
communément utilisée pour exprimer la divinité de l’Empereur dans la Rome antique. Lorsque
Marc écrivit ceci, il est vraisemblable que l’Empereur aurait été Néron [qui régna de 54 à 68] et
ses mots auraient été compris comme une répudiation de Καῖσαρ Νέρωνας υἱοῦ θεοῦ = “César
Néron, Fils de Dieu”. [...] Marc note aussi que son compte-rendu est le commencement de
l’Évangile — Ἀρχὴ τοῦ εὐαγγελίου. [...] L’auditoire romain auquel cela fut écrit aurait compris
εὐαγγελίου [= l’Évangile] comme étant le rapport d’un Empereur conquérant ayant assujetti
[l’ennemi, en l’occurrence] le monde, à lui-même [Jean 16:33, 1 Pierre 3:22, Colossiens 2:15,
Hébreux 2:14 et 10:12-13]. Non seulement Christ avait-il usurpé le titre de déification de César,
mais il commandait maintenant, à travers ses ambassadeurs, que César s’agenouille et professe
que Jésus-Christ est Seigneur [Ἰησοῦς Χριστός κύριος = Iesous Christos Kurios, cf. Philippiens
2:11]1 ! »

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Jean 20:27-29 (S21) : « [Jésus dit à l’apôtre Thomas :] “Ne sois pas incrédule, mais crois !”
Thomas lui répondit : “Mon Seigneur et mon Dieu !” Jésus lui dit : “Parce que tu m’as vu, tu as
cru.” »

Un titre légal et religieux officiel de l’Empereur romain Domitien (51-96) était “notre Seigneur,
notre Dieu” : « Les deux [titres] reconnaissent la déité suprême : “Seigneur et Dieu” ; les deux
étant dans le cas génitif, [ils] décrivent la même personne2. »

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Actes 4:12 (S21) : « Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom
qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » L’ensemble de ce
verset est, selon Joseph Boot, Jay Rogers et plusieurs autres exégètes, la reprise mot pour mot
d’un décret de l’Empereur romain Octave Auguste (−63-14)...


1
Scott Trimble, Jesus Christ the Son of God and its Insult to the Idolatrous State, essai non-publié partagé via
messagerie courriel, 2018, 3 p., s’appuyant sur :
ᐅ Jay Rogers, In the Days of these Kings : The Book of Daniel in Preterist Perspective, Media House
International, Clermont (Floride), 2018, p. 514-517 sur 740 ;
ᐅ Ethelbert Stauffer, Christ and the Ceasars, Westminster Press, Philadelphie (Pennsylvanie), 1955, 293 p.
2
Brent Allan Winters, Excellence of the Common Law [sic] in Light of History, Nature and Scripture, Mountain
Press, Missoula (Montana), 2008, p. 94 sur 957.
« Au Ier siècle de l’Ère chrétienne, quand l’Empereur romain Octave Auguste se déclara lui-
même être le Sauveur du monde, son gouvernement promulgua un décret stipulant que “le
salut ne peut être trouvé en aucun autre qu’Auguste, et il n’y a aucun autre nom donné aux
hommes par lequel ils puissent être sauvés”. Il est digne de mention que la dissidence radicale
du christianisme face à cela était vue par l’État romain, non pas comme une [infraction
simplement] religieuse, mais comme une infraction politique. La réplique de Saint Pierre ne
pourrait pas être plus explicite : [...] (Actes 4:12). Ceci n’était pas seulement une déclaration de
la seigneurie de Christ, mais aussi un acte de résistance distinctif devant la pensée qui considère
l’État comme le Seigneur et le Souverain ultime. Ce conflit spécifique auquel l’Église des
premiers siècles fut confrontée concernant les revendications de l’État et les limites [du pouvoir
de l’État] n’est pas moins réel à l’époque moderne3. »

« Après une série de guerres civiles romaines, Octave Auguste assuma le rôle d’Empereur et était
considéré le “Fils de Dieu” et le “Saveur du monde” selon les inscriptions romaines [sur les
monuments publics & bâtiments civiques et les pièces de monnaie]. En Actes 4:12, Pierre
réfère à la folie de cette affirmation : “Car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été
donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés”4. »

« À commencer par Octave, ils [= les Empereurs romains] affirmèrent leur propre divinité,
affichant leurs titres de divinité dans les temples et sur les pièces de monnaie [...]. Octave
changea son nom pour Auguste, un titre de majesté, de dignité et de révérence suprêmes. Il était
appelé le Fils de Dieu, et en tant que médiateur divino-humain entre le ciel et la terre, il offrait
des sacrifices aux dieux. Il fut largement proclamé comme le Sauveur du monde, et les
inscriptions sur ses pièces de monnaie étaient très franchement messianiques — leur message
déclarant [...] que “le salut ne peut être trouvé en nul autre qu’Auguste, et il n’y a pas d’autre
nom donné aux hommes par lequel ils puissent être sauvés”. [...] Le témoignage des apôtres et
de l’Église des premiers siècles n’était rien de moins qu’une déclaration de guerre contre les


3
Joseph Boot, The Mission of God : A Manifesto of Hope for Society, Ezra Press, Toronto (Ontario), 2015, p. 142-
143 sur 683.
4
Jay Rogers, In the Days of these Kings, op. cit., p. 77 et 515-516.
prétentions de l’État romain. Saint Jean affirme que Jésus est l’unique Fils de Dieu (Jean 3:16)
[...]5. »

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Actes 17:6-7 (S21) : « Ces gens [= Paul, Silas, Jason et d’autres chrétiens] qui ont bouleversé le
monde sont aussi venus ici [à Thessalonique en Grèce], et Jason les a accueillis. 7 Ils agissent
tous contre les édits de l’Empereur en prétendant qu’il y a un autre Roi, Jésus. »

Dans ce verset, le verbe grec anastatoo (ἀναστατόω)6 dans la clause « bouleversé le monde » des
versions Louis Segond est également traduite par « remué tout le monde » (David Martin),
« soulevé le monde entier » (TOB), « révolutionné le monde entier » (Jérusalem), ou « mis le
monde entier sens dessus dessous » (Semeur), tandis que des traductions anglaises ont « turned
the world upside down » (NKJV, HCSB et ESV)… littéralement : « renversé le monde » ou
« mis le monde à l’envers ».

« Au verset 6 [d’Actes 17], nous trouvons le même mot grec (oikoumene) que nous rencontrons
en Apocalypse 12:9 comme étant le domaine de puissance de Satan (Ap. 16:13-14). Le mot
oikoumene [...] est usuellement un terme très général, mais en Luc 2:1 c’est clairement une
description du “monde habité” d’alors, nommément : l’Empire romain, le domaine de puissance
de l’Empereur romain. Sur le mont de la tentation, Satan montra à Jésus tous les royaumes de
l’oikoumene, pour que Jésus les accepte de ses mains en l’idolâtrant. Donc, en fait, Satan offrit à
Jésus la couronne impériale de l’Empire romain (Luc 4:5-6). Jésus ne souhaitait pas obtenir le
pouvoir sur l’Empire romain de cette manière [...] en s’agenouillant devant Satan et en l’adorant.
Plutôt, il [= Christ] souhaitait faire cela à travers sa mort, sa résurrection et son ascension à la
droite de Dieu. Là, dans cette position, il est investi de toute autorité dans le ciel et sur la terre
(Matthieu 28:18), incluant l’Empire romain. En Actes 11:28 & 24:5 et en Apocalypse 3:10,
l’oikoumene est aussi l’Empire romain, et c’est clairement ce qui est en vue en Actes 17:6-7, qui

5
David Chilton, The Days of Vengeance : An Exposition of the Book of Revelation, Dominion Press, Tyler (Texas),
1987, p. 7-9 sur 721.
6
Lexique biblique grec : https://www.levangile.com/Lexique-Grec-387-anastatoo.htm.
vient juste d’être cité. Paul a renversé l’oikoumene, c’est-à-dire l’Empire romain, en prêchant
qu’il y avait “un autre [en grec : heteros, pas allos] Roi”, c’est-à-dire un Roi d’un genre
différent de celui auquel les gens avaient été habitués : Jésus. Paul a prêché la royauté suprême de
Jésus, et de cette façon, il a défié l’Empereur romain, le basileus du monde grec7. »

« La gouvernance et la loi sont inséparables. Le gouvernant dirige avec sa loi. La loi est
l’expression de la volonté du gouvernant. […] Lorsque la loi de l’Empereur entrait en conflit
avec la loi de Christ, Christ devait être obéi… “ils agissent tous contre les édits de l’Empereur”
[Actes 17:7]. Autrement dit, dans les faits, les premiers chrétiens obéissaient à Christ et
désobéissaient à l’Empereur [romain]… “il y a un autre Roi, Jésus”. Les premiers chrétiens
niaient la seigneurie de l’Empereur et proclamaient la seigneurie de Jésus-Christ8. »

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Philippiens 2:9-11 (LSG) : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné
le nom qui est au-dessus de tout nom, 10 afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les
cieux, sur la terre et sous la terre, 11 et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur,
à la gloire de Dieu le Père. »

« Dans les premiers siècles de l’Église le culte impérial romain voyait la revendication des
chrétiens concernant la seigneurie de Christ [...] pas simplement comme étant “religieuse” au
sens moderne (c’est-à-dire séparée du monde séculier & réel dans un domaine sacré & limité)
mais plutôt comme ayant une portée socioculturelle et politique. L’Empereur et le Sénat romains
ne prétendaient pas – comme beaucoup de chrétiens aujourd’hui – que la religion et la politique
étaient des matières sans rapport, mais savaient qu’elles étaient inextricablement liées ensemble.
César était “seigneur” et ainsi, l’État “sauveur” avait une fonction sacerdotale tel un dieu envers
un peuple. Toutefois, en Philippiens 2:9-11, Paul conteste l’État sacerdotal. [...] Le monde païen

7
Willem Ouwneel, The World Is Christ’s : A Critique of Two Kingdoms Theology, Ezra Press, Toronto (Ontario),
2017, p. 130 sur 399.
8
John Weaver, The Sovereignty of God and Civil Government, Biblical Examiner, Linden (Indiana), 2000, p. 84-86
sur 185.
voyait cette affirmation apparemment audacieuse [...] comme une menace à la survie de
l’establishment païen, et il avait raison, tel que l’histoire le démontre. Notez la remarque de
passage – aux implications stupéfiantes – que Saint Paul fait dans sa salutation finale à l’Église
de Philippe (dans une épître où il vient de déclarer que le nom et l’autorité de Christ sont au
dessus de tout autre nom) : “Tous les saints vous saluent, et principalement ceux de la maison de
César” (Philippiens 4:22). Déjà à ce stade précoce dans la vie de l’Église, la propre maisonnée de
César avait été envahie par un nouveau Seigneur, un nouveau Prêtre et un nouveau Roi [Hébreux
1:1-3]9. »

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Il est donc approprié de conclure que « la déclaration de l’Église des premiers siècles selon
laquelle Jésus est Sauveur [et Jésus est Seigneur] avait des ramifications immédiates dans la
sphère politique. Cela ne veut pas dire que le message de l’Évangile soit principalement
politique. Le message de l’Évangile et du Royaume de Christ est universel, et c’est pourquoi il
comprend les nations aussi bien que les individus. Le conflit entre le christianisme et Rome
provenait du fait qu’il y avait “deux empires, deux organisations sociales, conçues pour
embrasser le monde entier”, qui s’affrontaient10. » Vingt siècles plus tard, nous savons lequel
d’entre ces deux belligérants a remporté l’affrontement, et lequel y a succombé.

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9
Joseph Boot, The Mission of God, op. cit., p. 370-371.
10
David Chilton, « Cromwell and his Critics », Journal of Christian Reconstruction, Vol. 6, N° 2 : Symposium on
Puritanism and Society, hiver 1980, p. 59-60 sur 46-93, https://chalcedon.edu/resources/books/jcr-vol-06-no-2-
symposium-on-puritanism-and-society (édition électronique du 15 juillet 2006).