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LA VRAIE
RELIGION CHRÉTIENNE
TOUTE LA TlIÉOLOGIE
DE L& NOUVELI.E tGLISK
PrMI&e par le SelflllIV dane Daniel. VII, Il, li i et daDll'ApooalYPlI, Dl, l, 1.
EIIII.&.1WIJEI.. 8WBDI!llWBOBG
ftADUI'I' DU L&'I'III
PA. 6. F. B. LB BOYS DES GUAY"
s..'Il.nu .. ,.....,. (A"-. l'I1t).
SICO.DI tDITIO.
TOME PREMIER
......
A la Librairie. Il, rue du Sommerard •
..... 1Ift.
&wmJIIIOIII Bocum, 16, DIoomebury Sireel, V. C.
N_1I: .....
Na CRrm:H lIoCIK·nooa. iG, Cooper UDion.
4878
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LA. VlWE

RELIGION CHRÉTIENNE

LA. VlWE

RELIGION CHRÉTIENNE

SAINT-AMAND (CHBB). - IMPRUlERIB DE DESTENAY
. Rua LaCaJelle, 'JO.

LA VRAIE
III
RELIGION CHRÉTIENNE
COI!ITBNA'n
TOUTE LA THÉOLOGIE
DE LA NOUVELLE tGLISE
Prédite parle Seigneur dana Daniel, VII.l3, U; et dana l'Apocalypse, XXI, t,l.
PAB
SWEDENBORG
Serviteur du 8ellDe1U' ilé8a8..Quo1a&
ftADUI'I' DU .... '1'1.
PAR 1. F. E. LB BO'l'1 DEI GUA'I'I.
Sur l'BdlUon prlDœpI (AmmnllDI, t'77f).
SBCONDB ADJTlOl!I
TOME PREMIER
... 1.
A la Librairie, iD, rue da Sommerard •
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Soeuln, 16, Bloomsbary Street, V. C.
Itew-I_k
NEW CRUBCU BooK-Rooll, 20, Cooper Union.
4878
DANIEL, VII, ta, il.
1 Voyant je fus en visiona de nnit, et yoici avec lea nuée. de. Cieux. comme
un FILS DI L'Boxo qui YBnalt; et il Lui fut donné DominaUon, et Gloire et
Royaume; et tous les peuples, nationlet langues Le aenil'Ont: sa Domination
(""a) une Domination du siècle, laquelle ne passera point, et wn ROyllume
(rm Royaume) qui ne périra poinL •
APOCALYPSE, XXI, t, 2, 5, 9, iD •
• Moi, Jean, je yi. un Ciel Nouyeau et une Terre Nouvelle; et je l'la la Ville i
la Sainte Jérusalem nouvelle, descendant de Dieu par le Ciel, parée, comme
une Fiancée ornée par IOn Mari. Et un Ange me parla, disant: Vienl, je te
montrerai la FIAIlcU, DI! L'AGlfIAU L':bouu:; et il m'enleva en esprit lur one
montague grande et él8'fée, et il me monlra la Ville grande, la Sainte Jérusa-
lem, desc:endant du Ciel d'aupres de Dieu ...
« Celui cpü était 88sis sur le Nue, dit : Voici, NOIlYlLLII TODTa CHDI. Il
rAIl; et il me dit : Ecrie, car cee paroles IOnt véritables et certaines ••
cs
LA VRAIE
RELIGION CHRÉTIENNE
TOUTE LA
DU NOUVEAU CIEL ET LA NOUVELLE ÉGLISE
LA FOI DU NOtlVEAU CIEL ET DE LA l'OUVELLE ËGLISE.
i. La Foi dans la forme unhrerselle et clans la forme singulière
est d'abord présentée. afin qu'clic soit comme la Face devant l'Ou-
vrage, qui suit; afin aussi qu'elle soil comme la Porle par laquelle
il ya enlrée dans le Temple, et qu'elle soiL le Sommaire dans lequel
chacune des cboses qui suivent est conlenue à sa manière. Il t'st dit:
La Foi du Nouveau Ciel et de la Eglise, parce que le Ciel
sont les et l'Eglise dans laquelle sont Jes Hommes. font
.. comme l'inlerne et chez J'homme; c'est de l:i que
l'homme de qui est dans le bien de l'amour d'après les vrais
dè la foi et dans los vrais de la {oi d'après le bien de l'amour, est lin
Ange clu ciel quant aux inlérieurs de son mental; c'est même pour
cela qu'après la mort il vient dans le Ciel, et y jouit de la félicité
selon l'élal de éon jonction de ce bien et de ces vrais. 1\ faut qu'on
sache que dans le Nouveau Ciel, qui est aujourd'hui ioslauré par le
Seiioeur, celle Foi en est la face, la porte et le sommaire.
!e. LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET DE U NOUVELLE EGLISE DANS LA
1. :l
2
LA VRAIE
FORME UNIVERSELLB est celle-ci: Que le Seigneur de toute éternit6
(ab IBterno), Qui est JtRovAR, est venu dans le Monde pour subju-
suer les Eufers et gl!>rifier son Humain; que sans cela aucun mortel
n'aurait "pu être sauvé i et que ceux qui croient en Lui sont sauvés.
Il est dit: Daus la Corme Universelle, car c'est là l'Universel de la
foi, el l'Universel de la foi est ce qui doit être dans toutes et cha-
cune deS choses de la foi. C'est un UnÏ\'ersel de la Coi, que Dieu est
Un en Essence et en Personne, dans Lequel est la Divine Trinité, et
que le Seisneur Dieu Sauveur Jésus-Christ est ce Dieu. C'est un Uni·
nrsel de la foi, que nul mortel n'aurait pu titre sauvé, si le Seigneur
ne fIlt venu dans le Monde. C'est un Uni..-ersel de la foi, qu'il es'
,'enu dan:! le Monde pour éloigner de l'homme l'Enfer, el qu'il)'a
éloigné par des combats contre lui el par des victoires remportées
sur lui i ainsi il l'a subjugué ~ t l'a remis dans l'ordre et sous son
obéissance. C'est'un Universel de la foi, qu'il est ,"enu dans le Monde
pour glorifier son Humain, qu'il a pris dans le Monde, c'est-à-dire,
pour l'liÏlir au Divin a Quo (dont il procédait) ; ainsi il tient pour
l'éternité l'Enfer dans .l'ordre et sous son obéissance. Corn me cela
ne pouvaiL se faire que par les TentaLions admises dans son Humain
jusqu'à la der.nière de toute.c;, et que celte dernière fUI la Passion de
la Croix, c'est Jlour cela qu'il l'a subie. Ce sont là les Unirersaul de
a foi en" ce qui concerne le Seigneur.
De la pJrt de l'homme, l'Universel de la foi est qu'il croie au Sei-
gnenr, mir par croire en Lui, il se fait avec Lui une conjonction par
laquelle il y a Salvation : croire en Lui, c'est avoir la confiance q"u'n
sanve; ct comme il n'y a que celui qui viL bien qui puisse avoir
celle confiance, il cn résulte que par croire en Lui il est entendll
aussi vi'Te dans le bien. Lo Seigneur le dit aus5i dans Jean: • C'est
/a volonté du Pè7'e, que quzconque croit au Fils ait /a vie éter-
ne/le . • "- "l, 40. - Et ailleurs: « Celui qui croit au Fils d la
vie éternelle j mais celui qui ne croit pas au Fils ne vetTa pas
la vie, mais la colère de Dieu demeure SU7' lui . • -III, 36.
3. LA rOI DU NOUVEAU CIEL ET DE LA NOUVELLE EGLISB DANS LA FORME
SINGULIÈRB est celle-ci: Que Jéhovah Dieu est l'Amour 116me et la.
Sagesse ~ I ë m e , 00 qu'il est le Bien Même et le Vrai Même; et que
Lui-Même quant au Divin Vrai, qui est la Parole, et qui a élé Dieu
chez Diell, est descendu et a pris l'Humain, dans le bllt de relDettr

=
RELIGION CHRETIENNE. 3
l'ordre loutes les choses qui étaienl dans le Ciel, loutes
-cqlles qui étaient dans et Ioules celles qui étaient .dans
l'Église, parce qu'alors la puissance de l'Enfer l'emportait
sur la puissance du Ciel, et que dans les Terres, la puissance
du mal l'el1)pOrlait sur la puissance du bien, el qu'en consé-
quence une damnalion Rénérale était à la porle el imlDinente. Jého-
vah Dieu, par son Humain qui élail le Divin Vrai, a enlevé 'cette
Damnation qui allaiL arriver, et il a ainsi racheté les Anges et les
Bommes; ensuite dans son Humain il a uni le Divin Vrai au Divin
Bien, ou la Divine Sagesse au Divin Amour, el ainsi il esl retourné
dans son Divin, dans Lequel il a é:é. de toule éternité, en même
temps avcc et dans l'Humain glorifié. C'est ce qui est entendu par
passage dans Jean: La Pm'ole était chez Dieu, et Dieu était
la Parole; et la Parole Chair a été faite. " - J. t, u.. - Et
dans le AMme: .. Je suis issu du Père et je suis venll dans le
Nonde; de nouveall je laisse le Monde, et je m'en vais au
Père. »- XVI, 28.'- El en outre par ce passage: .. Nous sa-
.c.'ons que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donné
./igence pour que nous connaissions le Vrai, et nous sommes
dons le Vrai, dans son Fils Jésus-Christ: Celui-ci est le vrai
Dieu et la Vie éternelle. " - Jean, 1 EptL. V. 20. ff. - D'après'
eela. il est é,'idenL que sans l'avènement du Seigneur dans le Monde,
nul n'auraiL pu être sauvé. Il en est de même aujourd'hui; si donc
le Seigneur ne vient de nouveau dans le Divin Vrai qui est la Parole.
rersonne non plus ne peut être sauvé.
De la part de l'homme les Singuliers de la foi sont: tO Qu'il ya
lln seul Dieu en qui est la Divine Trimté, et que ce Dieu eslle Sci-
Ineur Dieu Sauveur Jésus-Christ. 2° Que la Foi salvifique est de
en Lui. S· Que les maux ne doivent pas être raits, parce qu'ils
BOnt du diable et viennent du diable. 4° Que les biens doivent êlre
·fails, parce qu'ils sont de Dieu. el viennent de Dieu. S- El que les
biens doivent être faits par l'homme comme par lui-même. mais
qu'il doit croire que c'est d'après le Seigneur qu'ils SOllt chez lui et
faits par lui. Les deux premiers appartiennent à la foi, les deux sui-
"nLs à la charité. et le cinquième appartient à la con jonc lion de la
eharité el de la foi, ainsi à la conjonction du Seigneur et de l'homme.
,
LA VRAIE
CHAPITRE PREMIER.
DE DIEU CRKAl'EUR •
.4. L'Eglise Chrétienne, depuis le temps du Seigneur, avait par-
couru ses Ages, de l'Enfance ll'extréme Vieillesse; son enfance fUI
l l'époque où les Apôtres vivaient et prêchaient dans lout le Monde..
la Repentance et la Foi au Seigneur Dieu Sauveur; qu'ils aient pré-·
ché ces deux points, on le voit d'après ces paroles dans les Actes.
des Apôtres: a Paul attestait et aux Juifs et auX Grecs la Re-
pentance envers Dieu et la Foi en ))0
- XX, !U. - Il est un fait mémorable, c'est que le li:
convoqué, il y a quelques mois, ses douze Disc.iples, qui sont main-
tenant des Anges, et les a envoyés dans tout le Monde Spiriluel,.
avec ordre d'y prêcher de nouveau l'Evangilè. parce que
Seigneur avait inslaurée par eux, est aujo!lr(l'hui tellement con-
qu'à peine en subsiste-t-j( quelques restes; et que cela est
arrivé, parce qu'on a divisé la Divine Trinité en trois Personnes
p
dont chacune est Dieu et Seigneur; el que de là, il est découlé
comme une frénésie d:ms toute la Théologie, et ainsi dans
qui du nom du Seigneur est appelée Chrétienne; il est dit frénésie,
parce que les mentais bumains ont été par n poussés à ).In tel délire,
qu'on ne sait pas s'il y a un seul Dieu, ou s'il yen a trois; il n'Y' en
a qu'un dans le langage de la bouche, mais il yen a trois dans la
pensée du mental; le mental est donc en opposition avec la bouche,
ou la pensée avec le langage; de celle opposition il résulte qu'on ne-
reconnaiL aucun Dieu; le Naturalisme qui règne aujoltrd'hui n'a pas
d'autre origine. Fais-en, si tu veux, l"examen: Quand la boucbe dit
un, et que le mCDtal pense trois, est-ce qu'en dedans au milieu du
chemin l'un ne chasse pas l'autrei. et cela réciproquement? de là, Il
peine l'homme pense-t-i1 autremen"t sur Dieu, s'il y pense, que·d'a-
près le mot tout nu de Dieu, sans aucuu sens qui enveloppe-une-
connaissance de Dieü:- Puisque l'idée sur Dieu, avec toute notion
qu'on en peut avoir, a été ainsi dissipée, je vais dans leur ordre trai-
ter de Dieu Créateur, du Seigneur Rédempteur, et de l'Esprit-Saint.

D
RELIGION 1
son Opération, et enfin de la Divine Trinité; et cela, afin que
ce qui a été dissipé soit rétabli, ce qui arrive lorsque la Raison hu-
maine, d'après la Parole et la lumière qui en provient, est convaira-
eue qu'il y a une Divine Trinité, et que cetle Trinité est dans le Sei-
{
,neur Dieu Sauveur Jésus-Christ, comme l'Ame, le Corps eL le Pro-
cédant sont dans l'homme; et qu'ainsi reste en vigueur ce passage
dans le Symbole d'A Lhanase, 9!,e dans ,e Cm·is'. Dieu et l'Homme,
ou le Divin et r Humain. ne sont pas deux, mais sont ·dans t,ne
,eule Personne; et que, comme rAme rationnelle et la Chair
.so""t un seul homme, de même Dieu et r Homme sont un .seul
Christ.
DE L'UNITi DE DIEU
. 5. Puisque la reconnaissance de Dieu d'après la connaissance
-qu'on a de Lui est l'essence même et l'ime de toutes choses dans
toute la Tbéologie, il est nécessaire de prendre pour exorde l' U"iti d6
.Oieu; elle sera démontrée «s.n ordre par les Articles suirnnts:
1. Toute rEcriture-Sainte, et par suite les Doctrines des Eglises
.dans le Monde Chrétien, enseÏfp1ent que Dieu est un.
U. L'influx universel dans les dmes des hommes est gu'il1l a
.un Dieu, et gu'il est un.
III. De là vient que dans le Monde entier il n'y a pas une
Nation, ayant une religiml et une raison saine, qui ne recml-
"aisse Dieu et que Dieu est un.
IV. Quel est ce Dieu tin: les nations et les peuples ont ed
ft ont, d'après plusieurs causes des opinions dillérentes sur ce
point.
V. La raison humaine. d'après un grand nomlJre de choses
dam le J(onde, peut percevoir ou conclure, si elle le veut, '1u'i1
11 a un Dieu. et qu'il est un.
VI. S'il n'y avait pas un seul Dieu, l'Univers n'aurait pu ni
'tre créé, ni conservé.
VII. L' homme qui ne reconnaît pas Dier, est excommtcnié tU
(Eglise, et damné.
6 LA VRAIE·
VIII. Rien de r Eglise n'est en coMrence chez l'homme qui.
reconnaU, non un seul Dieu, mais plusieurs dieux.
Chacun de ces Articles va être développé séparément.
6. 1. TOUTE L'ECRITURE SAINTE, ET SUlU TOUTES LES Doc-
TRINES DES EGLISES DANS LE MONDE CIIRÉTIEN. ENSEIGNENT QU'IL Y·
A. UN DIEU, ET QU'II. EST VN.
Si loute l'Ecriture Sainte enseisne qu'il y a un Dieu, ·c'est quit'
dans les intimes de cette Ecriture il D'ya absolument que Dieu.
c'est-l-dire, le Divin qui procède de Dieu. car elle a été dictée pal"
Dieu. et de Dieu il ne peut procéder que ce qui est Lui-Même, et
est appelé Dh·iD; ce Divin est dans les intimes de l'Ecriture SaiDte.
liais daDs les dérivés. qui sonL au-dessous des intimes et qui en pro--
viennent,. celle Sainte Ecriture a été accolDodée lIa perception des.
Anges et des Bommes; dans ces il y a pareillement le Divin.
mais dans une autre forme. et dans cette forme il est appelé Divin
Céleste, Divin Spirituel et Divin Naturel, Divins qui ne sont que des.
enveloppes de Dieu, puisque Dieu Lui-Même, tel qu'il est dans les
inti.mes de la Parole, ne peut être vu par aucull êLre créé; car il a.
dit 1 Moise, qui demandait avec instance de voir la gloire de Jého-
vab, que personne ne peut voir Dieu et.vivre, il en est de même des .
intimes de la Parole, oô Dieu est dans son Ëtre et dans son Essence:
maid néanmoins le Divin, qui y est intimement, et est enveloppé par
des Divins ajustés aux: perceptions des Anges et des Bommes, brille
comme la Lumière à travers des formes cristallines, mais avec va-
riété. selon l'élat dll men tal, état que l'homme s'est formé ou d'après
Dieu ou d'après lui-même; devant quiconque a -formé d'après niell
l'état de son mental, l'Ecriture Sainte est comme un Miroir, dans
lequel il voit Dieu, mais chacun le voit à sa m:mière; les VériLés
qu'on apprend par la Parole, et donL on s'est imbu en y conformant
sa vie, composent ce Miroir: d'après cela, il est d'abord évident,
que l'Ecriture Sainle est la plénitude de Dieu. Que ceLte Ecriture
enseigne non-seulemept" qu'il y a un Dieu, mais aussi que Dieu est
un, on peut le voir par les Vél'ités, qui. ainsi qu'il a été dit, forment
ce IIiroir, en ce qu'elles sont cohérentes en lin seul enchaînement.
et font que l'homme ne peut penser de Dieu que comme étant un; de
là vient que tout homme, dont Ja raison a été imbue de quelque-
sainteté d'après la Parole, sait comme de lui-même que Dieu est un'.
-
-
RELIGION 7
et perçoit qu'il y a une sorte de Colie dire qu'il y a plusieurs dieux;
les anses ne peuvent pas ouvrir la boucbe pour prononcer le mot
dieux, car l'aure céleste dans laquelle ils vivent s'oppose avec effort
l celte prononciation. Que Dieu soit un, l'Ecriture Sainte l'ensei8ne
Don-seulement universellement, comme il vient d'être dit, mais aussi
en particulier dans un grand nombre de passages, par exemple, dnns
ceux-ci: a Ecoute Israël: léllovahnotre Dieu, Jéhovah est un.»
- Deutér. VI, i. - Pareillement dans Marc, XII, !9. - a Seu-
lement en Toi est Dieu, et ezcepté Moi, il n'y a point de Dieu. »
Esaie, XLV, U, HL - a Ne suis·je pas Jéhovah? El 11 a-t-u
d'autre Ditm quP. Moi? D - Esaïe XLV, !O, !t. - a Je suis
Jéhovah ton Dieu, et de Dieu outre Moi tlmereCOnllath'aspoinl.»
- Osée. xm, 4. - «Aü'lSi a dit Jéhovah, le Roi rI'lsraël: Je
(suis) le Premier et le Demier, et excepté Moi poillt de Dieu. »
- Esaie, XLIV. 6. - a En ce jour-là, Jéhovah sera pour Roi
SW' toute la terre; en ce jour-là, Jéhoval, ser.a lm, et son Nom
un. D -.Zach. XIV, 9.
7. Uue les doctrines des Eglises dans le Monde Chrétien ensei-
snent que Dieu est un, cela est notoire; elles I"enseignent parce que
• de la ·Parole sont tirées toutes les doctrines de ces Eglises; ces doc-
trines ont de la consistance en tanl qu'on y reconnatt un seul Dieu
Don-seulement de bouche, mais aussi de cœur: quant à ceux qui de
bouche seulement confellsenl un seul Dieu, et de cœur trois, comme
cela arrive aujourd'hui chez un grand nombre dans le Cbrilltianisme,
Dieu n'est pour eux qu',m simple mot prononcé par la boucbe. et
tout dogme Théologique n'est que comme une Idole d'or renfermée
dans une casselle. dont les Prélats onl seuls la cleC. el quand ceux-
ci lisent la Parole, ils n'y aperçoivent nulle part aucune lumière. ni
même que Dieu est un; la Parole pour eux est comme couverte de
ntures. et entièrement yoilée qllant à l'unité de Dieu; ce sont
eUI qlle le Seigneur a dépeints dans MaUbieu: Il D'ouïe VOlU
""tendrez, et vous ne comprendrez point; et en voyant VOltS
"e,.,'e.z, et vous ne discernerez poü,t. Ils ont fermé leurs yeux,
de peur qu'il n'arrive qu'ils voient des yeux, et que des oreilles
ils entendent, et que du cœur ils compre,ment, et qu'ils se COR-
"ertissent, et que je les guérisse. » - XIII, U, t 3. - Tous ceux-
n SOllt comme ceui qui CuienL la lumière. et qui entrent dans des
8 LA. VRA.IE
chambres sans fenêtres, tAtonnent autour des murailles et cherchenl
où sont les vivres et où sont les écus, et qui se font une vue comme
celles des hiboux, et voienl dans les ténèbres; ils lIont semblables ..
une femme qui, ayant plusieurs maris, est une lascive courtisane
non IIne épouse; ils sont semblables encore" une jeune fille.qui re-
çoit des anneaUI de plusieurs amants, 6t qui, aprè.i le mariage, loue
ses nuits" l'un et aussi aml autres.
8. II. UNIVERSEL, PBOCJl:DANT DE DIEU DANS LES AUES
DES nOYKES, EST QU'IL y A. U'N DIEU, ET QU'IL EST UN.
Qu'il y ait un influl procédant de Dieu l'bomme, cela est
vrai d'après cet aveu général, que tout bien qui en soi bien,
et qui est dans l'homme et est fait par lui, vient de Dieu, et pa-
reillement tout ce qui appartient .. la charité et tout ce qui appar·
tient à la foi; car on lit: • Un homme ne pellt prenrbe rien, d
moi,zs qu'ü ne lui ait éti donné du Ciel. » - Jean, III, Il: Et
Jésus a dit: a Sans Moi VOttS ne pouvez faire rien. D - Jean,
XV, lS; - c'est-Il-dire, rien de ce qui appartient è la charité et de
ce qui appartient à la foi. Si cet influl est dans les Ames des hommes,
c'est parce qllcl'Ame estlïntimeeUesuprêmede l'homme, etque l'in-
:OUI procédant d., Dieu se fait là, et descend de là dans les choses qui
sont au·dessous et les vivifie selon la réception: les Vrais qui appar-
tiendront l la foi influent, l la vérité, par rouie, et de celle ma-
uière sont implantés dans le menlal, ainsi ail dessous de l'Ame, mais
l'bomme par ces Vrais est seulement disposé" reoovoir l'influJ pro-
cédant de Dieu par l'âme, et telle est la disposition, telle est la ré-
ception, et telle aussi la transformation dc la foi naturelle en foi spi-
rituelle. Si l'influx, procédant de Dieu dans les Smes des hommes.
est que.Dieu est un, c'est parce que tout dh;n, pris lant universelle-
ment que .singulièrement, est Dieu; et comme tout Divin est cohé-
J'ent comme ulle unité, il ne IJ6Ut pas ne pas inspirer à l'hom me l'idée
d'un seul Dieu; et celte idée est corroborée de jour en jour, selon
que l'homme est élevé par Dieu dans la lumière du Ciel; les Anges.
en -effet, ne peuvent dans leur lumière se contraindre A prononcer
le mot dieux; c'est pourquoi aussi leur langage la fin de chaque
sens est, quant" l'accent, terminé en unité, ce qui ne vient d'autre
part que de J'influx dans leurs Ames, que Dieu est un. Si, quoiqu'il
inDue dans.les .âmes de tous les hommes que Dieu est un, il y en a
-
,
b
RELIGION 9
méanmoins un Rrand nombre qui pensent que sa Divinité a été divisée
.. n Plusieurs de même Essence, c'est parce que cet Influl, quand il
descend, tombe dans des formes non correspondantes, et que la
forme elle-même le diversifie, comme cela arrive dans tous les sujets
.des trois règnes de la natUl'e; le Dieu qui vÏ\'ifie toute bête est le
mêmc Diell qui \'Ï\'ifie tout homme. mais la forme récipiente rait que
ta Mte est bête et que l'homme est homme; de même il arrh"e l
l'homme, quand celui-ci introduit dans son mental la forme d'une
bête: l'influx qui procède du soleil dans tOIlS les arbres est semblable,
mais il est dh ersifié selon la forme de chaque arbre; il est sembla-
ble pour le cep comme pour l'épine, mais si l'épine est greffée sur
le cep, cet influx est retourné et procède selon la forme de l'épine.
D en est de même dans les sujets du Règne minéral; la lumière qui
influe dans IIne pierre calcaire et dans un diamant est la même,
mais elle brille dans celui-ci, et eUe devient opaque dans celle-III.
Quant à ce qui concerne les m"ntals Humains ili sont diversifiés
-suivant leurs formes, qui au dedans lIont spirituelles selon la Coi en
Dieu et en mème temps selon que l'on vit d'après Dieu, et ces formes
deviénnent brillantes et Angéliques par la foi en un seul Dieu, tandis
, qu'au contraire elles deviennent opaques et bestiales par la foi en
plusieuri Dieux, dift"ère peu de la foi en aucun Dieu.
9. m. DE LA VIEn Ql'E DANI LE MONDE ENTIER Il. N'Y A. PAS UNI:
NATION, AYANT UNE RELIGION ET UNE S.t.INE, QUI NE RECON-
NAISSE DIEU, ET QUR DIEU EST UN.
De l'influl Divin dans les Ames des hommes, duquel il vient d'être
parlé, il résulte qg'il existe chez chaque homme un dicta men interne
(Iu'i1 y a un Dieu, et qu'il est un: si cependant il en est qui nient
Dieu et qui reconnaissent la Nature pOlir Dieu, et d'autres qui
connaissent plusieurs DieuI, et d'autres aussi qui adorent des
lacres comme dieux, c'est parce qu'ils ont bouché les iIitérieurs de
leur raison ou de leur entendement par les choses mondaines et co ....
porelles, et que par là ils ont effacé la primitive idée de Dieu ou l'i-
dée de l'enfance, et rejeté alors en même temps de la poitrine sur le
-dos la Religion. Que les Chrétiens reconnaissent un ·senl Dieu, mais
de quelle manière, c'est ce qu'on voit clairement d'après leur Con-
fession Symbolique. qui est celle-ci : Il La Foi catholique consiste
en ce que nOlis adorions un seul Dieu dans la Trinité et la
1
, '
Il
l,
'0
LA. VRAIE
Trinité dans fUnité. Il y a trois Personnes Divines, le Pdre.,
le Fils et r Esprit Saint, et cependant ils 1Ie sont pas trois
dieuz, malS il y" un seul Dieu: mItre est la Personne
du Phoe, autre, celle du Fils, et autre celle de fEsprit
Saint, et leur Divinité est u"e, la Gloi"e égale et la Majesté
Co-éternelle; ainsi le Père fst Dieu, le Fils est Dieu, et r Esprit
Saint est Dieu i mai! parce que nous sommes {o"cés d'après la
"érité Chrétienne de reconnaître que chaque personne en par-
ticulier est Dieu et Seigneur, il nous est cependant interdit pa,.
lq Religion Catholique de dire qu'il y a b'Ois Dieuz et b'ois Sei-
gneurs. » Telle est la Coi ChréLienne sur l'Vnité de Dieu; mais on
l'erra, dans le Chapitre sur LA D.VI/CR que dans celte Con-
fession la Trinité de Dieu el l'Unité de Dieu sont incompatibles.
Dans le Monde, loutl'S les autres Nations, qui ont une Religion ot
une raison saine, s'accordent il rtlconnailre que Dieu est UII; lous les.
Mahométans dans leurs Empires; les Africains. dans plusieurs
Roynumes de leur Région; les Asiatiques aussi. dans la plupart des'
leurs; el en ouLre les Juifs d'aujourd'hui. Les Très-Anciens, dans
le siècle d'or, ceux chez qui existait la Religion, ont adoré un seul
Dieu, qu'ils nommaient JÉHOVAU; il en a été de méme des Anciens-
dans le Siècle suivant, a\'antla fonllaLion des Empires monarchiques.
a\'(!c lesquels les' amours mondains et ensuile les amours corporels
commencèrent fi fermer les supérieurs de l'entendement, qui aupa-
ravant anient été ouverts. cl ser\'aienl alors de Temples et de
Sanctuaires pour le culle d'un seul Dieu; toutefois, le Seigneur Dieu,
afin de les ouvrir et de restaurer ainsi le culle d'un seul Dieu, insti-
tua une EGlise cbez les descendants de Jacob. et à la tête de tous les
préceptes de leur religion, il plaça celui-ci: u JI n'y alll'a pOi1Jt
d'autre Dieu devant ma {ace. D - Exod, XX, 3. - Jéhovah,
qui est aüssi le nom qu'il.se donna de nom'eau devant eux, sisniHe
suprême et unique. de qui procède tout ce qui est et existe
dans l'univers. Les anciens Gentils onl reconnu pour suprème Jupi-
ter (Jovem), ainsi nommé peut-êLre de Jéhovah. et onL aussi alLri-
bu6 la Divinité k plusieurs autres qui composaient sa cour; mais
dans l'Age suivant, des Sages, tels que Platon et Aristote, onl dé-
claré que ceux-là étaient, non -des Dieux, mais autant de pro-
priétés, de qualités et :l'atributs d'un seul Dieu, lesquels furent.
-
b
RELIGION CIIRtTIENNE. il
'lppelés dieus, parce que dans chacun d'eux il y avait la dh·inité.
10. Toute Raison saine, quoique non religieuse, voit que toute
chose divisée, A moins qu'elle ne soit sous la dépendance d'une unité,
se dissipe d'elle-même; ainsi se dissiperait l'Homme, composé de
tant de membres, de viscères, d'orianes de la sensibilité eL du mou-
'Vement s'il n'était sous la dépendèlnce d'une seule Ame; et le Corps
lui-même, s'il n'était sous la dépendance d'un seul cœur. Il en serait
de même d'un Royaume s'il n'était iOllverné par un seul Roi; d'une
liaison, si elle n'avait un seul maUre, et de toutes les fonctions, qui
sont en grand nomhre.dans chaque Royaume. si elles n'étaient pas
, sous la direction "d'un seul fonctionnaire. Quelle force aurait une
Armée contre les ennemis sans un Général investi d'un pouvoir su-
prême et ayant SOIIS ses ordres des officiers, dont chacun exerce son
droit sur les soldais f Il en serait de même de l'Eglise, si elle ne re-
connaissait un lIeul Dieu; et aussi du Ciel Aniélique, qui est comme
la tête de l'Eglise dans les terres, le Seigneur étant l'Ame de
l'une et de l'autre, aussi le Ciel et l'Eglise sont-ils appeléa son Corps;
s'ils ne reconnaissaient un seul Dieu, ils seraient l'un et l'autfe
comme un corps inanimé, qui, n'étant utile 1 rien, serait rejeté et
enseveli.
II. IV. LES NATIONS ET LES PEUPLES ONT EU ET ONT, )j'APRÈS
PLUSŒURS CAGSES, DES OPINIONS sun LA QUALlTt DB
cs DIEU UN.
Une première cause, qu'il ne peut y avoir connaissance de
Dieu, ni par conséquent reeonnaissance de Dieu sans Ré,"élation, et
qu'il n'y a connaissance du Seiineur, et par suite reconnais.c;ance"
que dans le Seigneur habite corporellement toute la plénitude de la
Divinité, que d'après la Parole, qui est la Couronne des Révélations;
car l'homme, quand une Révélation a été donnée, peut aller au-de-
vant de Dieu et rece\""oir l'influx, et par conséquent de naturel deve-
Dir spirituel: or, une primitive Révélation a été répandue sur tout
le slobe, et l'homme naturel l'a pervertie de plusieurs manières; de
là les écarts, les dissentiments, les hérésies et les schismes des reli-
cions. Une seconde cause, c'est que l'homme Naturel ne peut rien
percevoir ni rien s'appliquer de ce qui concerne Dieu, mais peut
seulement et s'appliquer ce qui concerne le Monde; aussi
est-il dit dans les canons de l'Eslise Cllrétienne que l'homme Natu-
LA. VRAIE
rel est opposé 11'bomme SpiI·ituel, et qu'ils combauent l'un contre
l'autre; de là vient que ceux qui, d'après une Parole résultant d'une
autre Révélation, ont connu qu'il y a un Dieu, ont eu et ont des opi-
nions différentes sur la Qualité de Dieu et sur l'Unité de Dien. Ceul:
donc de qui la vue du mental 6tait sous la dépendance des sel;s du
corps, et q1li cependant voulaient voir Dieu, se sont Cormé desSimu-
lacres d'or, d'argent, de pierre et de bois, a6n que sous ces simula-
cres, comme objets de la vue, ils adorassent Dieu i et d'autres qui
par religion avaient rejeté les simulacres, se sont représenté Dieu
par les Images du Soleil et de la Lune, des Astres et de divers ob-
jets sur la terre; mais ceux qui s'étaient crus plus sases que le Vul-
gaire, et qui cependant étaient restés hommes naturels, ont, d'après
l'immensité de Dieu et sa toute présence en créant le Monde, re-
connu pour Dieu la Naturei les uns dans ses intimes, et les autres
dans ses derniers, et quelques-uns, afiu de séparer Dieu de la na-
ture, ont imaginé quelque chose de très-universel qu'ils ont nomm6
l'ttre de l'univers; et comme ils ne savenL rien de plus sur Dieu,
cet Èlre devient chez eux un être de raison, c'est-l-dire, une chose
de néant, Qui ne peut comprendre que les connaissances sur Dietl
sont des miroirs de Dieu, et que ceux qui ne savent rien de Dieu
voient Dieu non dans un miroir tourné vers les yeul, mais dans un
miroir retourné, ou par le dos qui est couvert de vif arsent ou d'un
noir gluten, el ne réfléchit pas l'image, mais l'élouffe T La Foi de
Dieu enlre dans l'homme par le Chemin antérieur qui va de l'âme
dans les supérieurs de l'entendement; mais les connaissances sur
Dieu entrent par le Chemin pOlitérieur, IJarce que l'Entendement
les puise par les sens du corps dans la Parole révélée i eL la rencon-
tre desinflul se rail au milieu de l'Entendement, et là la foi naturelle.
qui n'est qu'une persuasipn, devient la foi spirituelle, qui est la re-
connaissance elle-même i l'Entendement humain est donc comme uo
bureau de change dans lequel se fait la permutation.
12. V. LA R,\.ISON HUMAINE, D'APRb UN GRAND NOMBIlE DE CHOSES
DANS LE IIONDB, PBUT PERCEVOIR OU CONCLURI, SI ELLE LB VEUT,
OC'IL y A. UN DIEU, RT Qt:'IL EST UN.
Cette vérité peut être confirmée par d'innombrables cbcses dans
le Hoode visible. En effet, l't'nivers est comme un Théâtro sur l e ~
quel se présentenl continuellement des Témoignages qu'il y a un Dieu,
-
D
RELIGION CHRÉTIENNE.
el qu'il est un. Mais pour illustrer ce sujet, je rapporterai ce &100-
llAots du Monde spirituel. Un jour, pendant que je m'entretenais
Ivec des Anges, il vint quelques Novices du Monde naturel; dès que
je les vis, je leur souhaitai une heureuse arrivée, et leur racontai
sur le Monde Spirituel plnsieul'S choses qu'ils ignoraient; et, après
la conversation, je leur demand3i quel savoir ils apportaient avec
eux du Monde sur Dieu ct sur la Nature. Ils me dirent: Voici notre
savoir. c'ëst que la Nature opère Loutes les choses qui se font dans
l'Univers Créé, et que Dieu après la Création lui a donné et imprimé
cetLe faculté et celte puissance, Dieu les soutenant seulement et les
conservant, afin qu'elles ne périssent point; c'est pourquoi toutes
les qui existent, naissent et renaissent sur la Terre SOllt aUri·
huées aujourd'hui à la Nature. Mais je répondis que la Nature par
elle·même n'opère rien, que c'est Dieu qui opère par la nature; et
comme ils demandaient un" démonstration, je leur dis: Ceux qui
croient à la Divine opération dans chaque chose dela nature,
venl, par un très-grand nombre de faits qu'ils voient dans le alonde,
se confirm.ar pour Dieu beaucoup plus que pour la Nature: ceux, en
effet, qui se confirment pour la Divine Opération dans chaque chose
de la nature, font attention aux Merveilles qu'ils aperçoivent tant
dans les PI'oductions des Vésétaux que dans celles des Animaux:
Dans les PRODCCTIO:fS DES VSGll:TAUX, en ce que d'une lrès·petiLe se-
mence jetée en terre il sort une racine, par la racine une tige, et
successivement des rameaux, des branches, des feuilles, des Oeurs,
des fruits de nouvelles semences, absolument comml si la
Semence savait "ordre de succession ou le procédé par lequel elle •
doit se renou\"eler. Un homme rationnel peut-il penser que le Soleil,
qui est pur feu, sache cela, ou qu'il puisse insinuer à sa chaleur et
à sa lumière de faire cela. et IJUisse avoir en vue les usages! lorsque
l'homme. dont le rationnel a été élevé, voit ces merveilles elles eXIl-
mine 311enlivemenl, il ne peul faire autrement que de penser qu'elles
, viennent de Celui dont la Sagesse est infinie, par conséquent de Dieu;
ceux qui reconnaissent la Divine Opération dans chacune des choses
de la nature se confirment aussi en cela, quand ils les voient; ceui
au contraire. qui ne la reconnaissent pas, les voienl non pas avec les
l'eux de la raison dans le front, mais avec les yeux dans l'occiput;
ce sont ceux qui tIrent des sens du corps toules les idées de leur
\
u,
LA. VRAIE
Pensée, et confirment les illusions des sens, en disant: Ne voit-on
pas le Soleil opérer toutes ces choses par sa chaleur et par sa lu-
mière T Ce qu'on ne voit pas, qu'est-ce que c'est? Est-ce quelque
chose T Ceux: qui se confirment pour le Divin font attention aux MER-
VEILLES qu'ils voient daus les PRODDCTIONS DES ANIMAUX; et pour par-
ler d'abord ici de celles qui sont dans les OEufs, ils y voient le petit
caché dans son germe, avec tout ce qui est nécessaire pour la for-
malion, et aussi avec tout ce qui concerne l'accroissemellt après l'é-
closion, jusqu'à ce qu'il devienne oiseau dans la forme de la mère_
De plus, si l'on fait attention aux Volatiles en général, il se présente
devant un mental, qui pense profondémenL, des choses qui pr.()dui-
sent l'admiration, par exemple, en ce que dans les plus petits
comme dans les plus grands, dans ceux qui sont invisibles comme
dans ceux qui sont visibles. c'est-à-dire, dans les plus petits insectes
comme dans les oiseaux et les animaux les plus grllnds, il y a les 0 ....
ganes des sens, qui sont la vue, l'ouie, l'odorat, le goùt et le tou-
cher, et les organes des mouvements, qui sont les muscles, car ils
volent et ils marchent; comme aussi les viscères adhérents au cœur
et au poumon, qui sont mis en activité par les cer\'eaux. Ceux qui
attribuent tout à la nature voient, il est vrai, de telles choses, mais
ils pensent seulemcnt qu'elles sont, et disent que la Nature les pro-
duit; et ils disent cela, parce qu'ils ont détourné leur mental de
toute pensée sur le Divin; et ceux qui se sont détournés du Divin,
quand ils voient des merveilles dans la nature, ne peuvent y penser
rationnellement, ni à plus forte, raison spirituellement, mais ils y
pensent sensuellement et matériellement, et alors ils pensent dans la
nature d'après la nature el non au-dessus de la nature, différant seu-
des bêLes en ce qu'ils jouissent de le rationnalité, c'est-à-dire
qu'ils peuvent comprendre, s'ils veulent. Ceux qui se détournés
de toute pensée sur leDivin, et son t par là devenus
ne pensent pas que la vue de l'œil est si grossière et si Dlatérielle,
qu'elle considèl'e plusieurs petits insectes comme une seule chose
obscure; et cependant chaque petit insecte a été organisé pour sentir
et pour se mouvoir; ainsi ils ne réfléchissent pas qu'il a été doué de
fibres et de vaisseaux, de petits cœurs, de canaux pulmonaires. de
petits viscères el de ceneaux, et que ces orgaDes ont été tissus des
plus pures substances qui soient daDs la nature, et que ces tissus
-
RELIGION
correspondent à la vie dans le dernier degré, laquelle met distincte-
ment en action leurs parties les plus déliées. Puisque la vue de l'œil
est si grossière, qu'un grand nombre d'insectes", avec les parties
innombrables que chacun renferme, apparais.o;ent comme un pe.tit
point obscur, et que cependant ceux qui sont sensuels pensent et ju ..
lent d'après celle vue, on voit clairement combien leur Menlal est
devenu él)ais," et par suile dans quelle obscurité ils sont sur les
choses spirituelles.
Chacun par les choses ,'isibles dans la Nature peut se confirmer
pour le Divin, s'il veut; et aussi sc confirme celui qui ponse à Dieu
et à sa Toute-Puissanoe en créant l'Univers, et à sa Toute-Présence
en le coliservant ; par exemple, lorsqu'il voit les Volatiles du Ciel;
ehaque espèce connalt ses aliments et sait où ils sont, connaît ses
pareils au SOli et fi. la vue; et parmi les oiseaux, deux-ci connaissent
leurs amis et leurs ennemis; ils savent sous les plumes le lien de
l'accouplement) ils forment des mariages, construisent avec arr des
llids, y déposent leurs œllfs, les couvent, savent le temps de l'incu-
bation; est-il écoulé, ils fllot éclore leurs petits, qu'ils aiment avec
tendresse; ils les réchauffent sous leurs ailes, leur préparent des
aliments, et leur donnent la becquée, ct cela, jusqu'à ce qu'ils soient
en élat d'agir par eux-mOrnes et de faire comme eux. Quiconque
veut penser fi l'influx Divin venant par le Monde spirituel dans le
Monde naturel, peut \'oir cel infiuI dans ces sciences; il aussi"
s'il le veut, dil'e en son cœur: Le Soleil ne peut donner de telles
oIiciences à ces volatiles par sa chaleur et sa lumière, car le Soleil.
d'où la Nature lire son origine et son essenco, est un pur Feu, et par
suite les efflux de sa chaleur et de sa lumièl'e sont absolument morts!
et ainsi l'on peut conclure quc de telles choses viennent de l'infiul"
Divin par le lIon de spirituel dans les derniers de la nalure.
Cllacun par les èhoses visibles dans la Nature peut se confirmer
pour le Divin, quand il voil les Vers, qui, d'après le plaisir d'un
certain amour, sont portés et aspirent l chanser leur étal terrestre
en un' état qui est l'analogue de l'état célestc, et pour cela se traî-
nent dans des lieux convenables, s'enveloppent d'une couverture •
. et ainsi se mettent dans un utérus afin de renaître, et là deviennent
chrysalides, aurélies, nymphes, et enfin papillons; et quand ils ont
'subi la Métamorphose et ont été, selon leur espèce, décorés d'ailes
16 LA V!\AIE
magnifiques, ils \,{)lenl dans l'air comme dans leur ciel, ils y folA-
lrent joyeusement. et forment des mariages, déposenL da.o; œufs. et
pourvoient lIeur postérité; et alors ils se nourrissent d'un aliment
agréable eL doux qu'ils tirent des fleurs. Parmi ceux qui se confir-
menL pour le Divin par les choses visibles dans la nature, est-il
quelqu'un qui nlS voie dans ces êtres comme une sorte Il'image de
l'état terrestre de l'homme, et dans ces mêmes êtres comme pa-
pillons une sorte d'image de l'état céleste r Ceux qui se conlirment
pour la Nature voient" il est vrai, ces merveilles; mais, comme ils
ont rejef.é loin d'eux l'état céleste de l'homme. ils les nomment de
purcs opérations (Je la nature.
Chacun par les choses visibles dans la Nature peut se confirmer
pour le Divin, quand il fait attention à tout ce que l'on connaU des
Abeilles. Elles savent des roses et des fleurs recueillir la cire, eu
sucer le miel, construire des cellules comme de petites maisons, et
les disposer en forme de ville, avec des plaees par lesquelles elles
entrent et par lesquelles élles sortent; elles odorent de loin les
lleurs et les berbes. dont recueillent la cire pour la maison et
le miel pour la nourriture; tlt, quand tilles en sonL chargées, revo-
Ient selon la plage vers leur ruche, et pourvoient ainsi à leur 1I0ur-
riture pour l'bh'or suifant. commo si elles le prévoyaient: elles met-
tent aussi il leur tête comme Reine une souveraine, par qui la pos-
térité doiL être propagée, et pour qui construisent une sorte
de palais au-dessus de lenrs cellules, en lllaçant des sentinelles tout
auLour: quand le temps de la ponte arrive, la Reine. accompasnée
des satellites, qui SOllt nommés Faux-bourdons, va de cellule eu
cellule et pond des œufs, que la troupe qui la suit entoure d'ul1 en-
duit, pour qll'i1s ne soient point par l'air i de là. pour elles
une race noOl'elle : p!us tard, quand cette génération cst parvenue
à l'âge nécessaire pour pouvoir faire les mêmes travaux, esL
chassée de la ruche; et d'abord l'essaim Se réunit 61\ troupe, afin
que la consociation n6 soit pas rompue. et ensuite il s'envole pour
se chercher un domicile: vers l'Automne, ces faux.-bourdons,
D'ayant contribué en rien li. la récolte de la cire et du miel, sont mis
dehors et privés de leurs ailes, pour qu'ils ne pas et ne,
consomment pas des' aliments. à l'approvisionnement desquels ils
D'ont coopéré en rien j sans parler de plusieurs aoLres faits remar-
s
RELIGION CHRIl:TIENNE. n
quables: d'après cela on peut voir qUI c'est en raison de l'Usage
rendu par elles au Genre Humain, qu'elles reçoh'ent de l'inOux
Divin par le Monde SpiriLuel une forme de gouvernement, lelle
qu'elle existe chez les hommes dans les terres, et même chez les
Anges dans les Cieux. Quel est l'homme, pourvu d'une raison saine,
qui ne voie que de telles choses chez ces insectes ne viennent pas
du monde Naturel Y Qu'est-ce que le Soleil, d'où provient la Nature,
a de commun a,-ec un Gouvernement pareil et analogue au Gouver-
Demen t céleste Y D'après ces observations eL autres semblables chez
les bêtes brutes, celui qui reconnall el adore la Nature se confirme
pour la Nature, tandis que celui qui reconnatl et adore Dieu se con-
firme pour Dieu, car l'homme Spiriluel yvoit des choses spirituelles,
el l'homme Nalurel y voit des choses nalurelles, ainsi cbacuD selon
ce qu'il est lui-même. Quant à ce qui me concerne, de lelles obser-
vations ont été pour moi des lémoignages de l'Influx procédanL de
Dieu par 16 l\-Ionde SpiriLuel dans le Monde Naturel. Qu'on examine
si. au sujet de quoh[ue Forme de gouvernement, 011 de (1llelqlle L o ~
civile, ou de quelque Vel'lu morale, ou de que!que Yorilé spiriluelle,
il est possible de penser analytiquement, iL moins que le Oh'in, d'a-
près sa Sagesse, n'inOue par le Monde Spirituel i quant il moi. cela
m'a été e.t m'est impossilJle; j'ai, en clTet, remarqué cel inOux
d'une manière perceptible et sensible depuis vingt-six. années
continuellement: j'en parle donc d'aprè:; un témoignage cer-
tain,
La Nature peut-elle avoir pou'r fin l'Usage. el disposer les usages
dans des ordres el dans des formes? fi n'y a (lue le Sage qui le puisse;
et il n'y a que Dieu, cm Qui la Sagesse est infinie. qui puisse ainsi
ordonner et former l'UDh'ers; (lU el autre peul prévoir llour les
hommes ce qui esl nécessaire iL la nourriture el au ,"èleme:ll, et y
pour\'oir ; à la nourriture, par les moissons des champs el les fruits
de la lerre, el par les animaux, au:\. ,-êlemenls. par ces produclions
de la terre et parces mêmes animaux! N'esL-iI pas au nombre des
merveilles. que c ~ s vils insectes, que l'on nomme Vel's il soie, four-
nissent de vêtements et décorent avec magnificence et les femmes
.et les hommes, depuis les Reines et les Rois jusqu'aux rem mes de
ehambre et aux valets i et que ces vils Insectes que l'on nomme
abeilles fournissent la cire pour la lumière qui remplit de splendeur
J. i

7'. CC" th tb""
ts LA VRAIE
les Tomples elles Palais T Ces choses et plusieurs autres sont des
preuves existantes que Dieu de Soi-même par le Monde Spirituel
opère lout ce qui se fail dans la Nature.
A cela je dois ajouter que dans le Monde Spirituel. j'ai vu ceux
qui. par les choS(',s visibles dans le Monde, s'étaient confirmés pour
la NaLure j!Jsqu'à devenir athées. et que leur Entendement dans la
Lumière spirituelle m'a apparu ouvert par le bas, mais fermé par
le haul; el parce que par la Pensée ils ont en bas
vcrs la terre, et non en haut vers le Ciel: au-dessus du sensuel, qui
estl'inûme del'enlendement, il apparaissait comme un voile bril-
lan1l'ar le feu infernal. chei quelques-uns noir colOme la suie, et
ebez d'an Ires Ih'ide comme un cadavre. Que chacun se garde
donc ries confirmations pour la Nalure, mais qll'i1 se confirme pour
Dieu; les moyens ne manquent pas.
i 3. VI. S'IL N'r AVA.IT PAS UN SEUL DIEU, L'UNIVERS N'AliRAIT
PU lU :hRB cntE, NI hRB CONSERvE.
t Si de la création de l'Univers on \leut conolure l'unilé de Dieo,
c'est parce que l'Univers est un Ouvrage cohérent comme un depuis
les premiers jnsqu'aux derniers, cL qu'il dépend d'un seul Dieu,
comme le corps dépend de son Ame; l'Univers a élé créé ainsi,
afin que Dieu puisse êlre touL-présent, tenir sous son auspice tOllles
et chacune des choses qui le composent, et le contenir perpétuelle-
ment comme un, ce qui est conserver. C'8.it aussi de là que Jéhovah
Dieu dit qu'Il est -le Premier et le Dernier. le Commencement
el la Fin, (Alpha et (Oméga. D - Esaie XUV, 6. Apoo. l, 8,
t 7 ; - ct ailleurs - Qu'ü fait toutes choses; qu'il déploie /es
Cieuz et étend la TCn'e par Lui-m8me. • - Esaie, XLIV, 14.
- Ce Système, qn'on appelle l'Univers, est un ouvrage c0-
hérent comme un depuis les premiers jusqu'aul derniers, parce quo
Dieu Bn le créant a eu ell vile une seule Fin, qui a été le Ciel an-
sélique formé du Genre humain, et les Moyens pour celle fin sont
• toutes les choses dont le Monde est composé; car (lui veut la fin
veut aussi les moyens; celui donc qui contemple le Monde comme
un Ouvrage qui contient les moyens pour cette fin, peut contempler
l'Univers créé comme un Ouvrage cohérent comme un, et peut voir
que le !Ionde est un Enchalnement d'usages en ordre successif pour
le Genre Humain, dont se forme le Ciel Angélique; le Divin Amour
RELIülON CBRJ!:TIENNE.
fi'
'De pelll avoir en vue une autre fin que ]a Béatitude éternelle des
hommes d'après son Divin, et sa Divine Sagesse ne peut produira
aurre cbose que des usages qui soient des moyens pour cette fin;
en examinant le Monde dans cette idée universelle, tout homme
sage peut comprendre que le Créateur de l'Univers est un, et que
son Essence est l' Amour et la Sagesse; c'est pOlir cela qu'il n'existe
pas dans le m o n ~ e un singulier dans lequel il n'y ait de caché de
près ou de loin un usage pour l'homme, soit pour sa nourriture
par les fruits de la terre et aussi par les animaux, soit pour IIOD
vêtement par ces mêmes choses. (Et. comme il a été dit, ) il est au
nombre des merveilles que ces vils inseetes, que l'on nomme Vers
à soie, fournissent de \'êtements et décorent avec magnificence et
les femmes et les hommes, depuis les Reines et les Rois jusqu'aus.
femmes de chambre et aux valets; et que ces vil. insectes, qlJe l'on
nomme Abeilles, fournissent la cire pour la lumière qui remplit de
splendeur les Temples et les Pillais. Ceui qui examinent dans le
Monde quelques objets singulièrement, et non le lout universelle-
ment dans la série dans laquelle sont les fins, les causes moyennes
et les effets, et qui ne déduisent pas que la Création provi ent dll
Divin Amour par la Divine Sagesse. ne peuvent pas voir que J'Uni-
vers est l'Ouvrage d'un seul Dieu, ni que ce Dieu habite dans cba-
CIlD des usages, parce qu'il est dans la fin. En effet, quiconque est
~ a n s la fin est aussi dans les moyens; car dans tous les moyens il
1'3 intimemenlla fin, qui met en action et dirige les moyens. Ceux
. fllJi conlemplent J'Univers non comme l'Ouvrase de Dieu ni comme
l'Habitacle de son Amour et de sa Sagesse, mais comme l'Ouvrage
de la nature et comme l'Habitacle de la chaleur el de la lumière du
soleil, ferment les supérieurs de leur mental pour Dieu et ou-
vrentles inférieurs de leur mental pour le diable,. et par suite dé-
l'ouillent l'Humain et revêtent le bestial, et non-seulement ils 58
croient semblables aux bêtes, mais ils le deviennent même; en etret,
ils devieonellt des renards quant. l'astuce, des loups quant • la
férocité, des léopards quant à la fourberie, des Lisres quant à la.
cruauté, des crocodiles, des serpents, des hiboux et des cbouettes
quant. la nature de ces bêtes: ceux qui sont tels apparaissent aussi
de 10iD, dans le Monde Spirituel, semblables A ces animaux; l'a-
mour de leur mal prend aiDSi cel te forme.
20
LA. VRAIE
. t .... VII. L'HOMME QUI NE RECONNAlT PAS Dum EST EXCOJIMUNIt
DE L'iGLlSE, ET DAIIl'Œ.
Si l'homme qui ne reconnalL pas Dieu est excommunié de l'Eglise"
e'est parce que Dieu est le tout de l'E Slise , et que les Divins, qui-
sont appelés font J'Eglise, c'est pourquoi. la négation-
de Dieu est la nésation de toutes les choses de l'Eglise; et cetle néga-
tion elle-même ]'excommunie,ainsi l'homme lui-même s'excommunie,.
et Dieu ne l'excommunie point. Si cet homme est damné, c'est parce
qu'étant excommunié de l'EgIise,il est aussi excommunié du Ciel; car
l'Eglise dans terres et le Ciel 'angélique font un. commtll'Interne-
et l'Externe, et comme le Spirituel et le Naturel chez l'homme; et
l'homme a été créé par Dieu: afin qu'il soit quant à son Interne dans
le Monde spirituel et quant li. SOIl Externe dans le Monde naturel,.
par conséquent il a été créé indigène de l'un et de l'autre Monde.
afin que le spiriLucl qui apilartient au Ciel soit implanté dans le natu-
rel qui appartient au Monde, comme il arrive pour une semence qui
est mise en terre, et qu'ainsi l'homme existe et dure éternellement.
L'homme qui, par la négation de Dieu, s'est excommunié de l'E-
glise, et par conséquent du Ciel, a Cermé l'hQmme Interne chez lui
quant ù'la volonté, ainsi quant Il son amour nalif, car la volonté
de l'homme est le réceptacle de son amour ct en devient la demeure,
toutefois, il ne peut fermer son homme Interne quant à l'Entcnde-
ment, car s'il le pou\'ait et le faisait, l'homme ne serait plus homme;
mais l'amour de sa volonté infatue par des faux ltls supérieurs de
l'Entendement; de là "l'Entendement devient comme fermé quant
aux vrais qui 'appartienneut à l,a foi et quant aux biens qui appar-
tiennent ft la charité; ainsi il est de plus el) plus contre Dieu et eo
même temps contre les Sllirltuels de l'Eglise; et par conséqucnt il
est exclu de la communion avec les Anges du Ciel; dès qu'il en a
été exclu, il se met en communion avec les Satans de l'Enfer, et
sa pensée Cait un avec la leur, or tOIlS les Satans pient Dieu et pen-
sent follement de Dieu et des spirituels de l'Eglise; il en est de
même de l'bomme conjoint avec eux; lorsque ceilli-ci est dans son
Esprit, ce qui arri\'c quand dans sa maison, livré li lui-même, il
laisse diriger ses pensées par les plaisirs du mal et du faux qu'il a
eonçus et enfantés chez lui, il pense alors de Dieu qu'il n'existe pas,
mais que ce n'est qu'un mot qui'retenLlt dans les chaires pour lier
RELIGION CHRETIENNE. 21
le peuple à aUI lois de la justice. qui concernent la
: et en ouLre il pense que la Parole, d'après laquelle les mi-
nistres parlent de Dieu, est un amas de rêveriès qu'on a, d'aprl!ls
rAutorité, de Sainteté; que le Décalogue ou Catéchisme est
un petit livre 'qui, après avoir été usé par les mains des enfants.
-doit être mis de côté, car il prescrit d'bonorer les parents, de ne
point tuer, de ne point commettre adultère, de ne point voler, de
ne point faire de faux témoignage, et il n'est personne qui ne siclle
-œla d'après la loi civile: au sujet de l'Eglise, il pense que c'est
seulement une réunion de sens simples, faciles à croire, et pusilla-
nimes, qui voient ce qu'ils ne voient point: au sujet de l'homme et
·de lui-même comme homme. il pense de la même manière qu'au
sujet de la bête·; et sur la vie après la mort, de la même manière
que sur la vie de la bête lorsqu'elle est morte. Ainsi pense son
homine Interne, quelque différent que soit le langage de son homme
Externe; car, ainsi qu'il a été dit, cbaque homme a un Interne et
UD Externe, et son Interne constitue l'homme qui est appelé Esprit
el qui vit après la mort, et son Externe, d'après lequel par mora-
lité il a agi en bypocrite, est enseveli; et alors à cause de la néga-
tion de Dieu il devient un damné. Tout homme quant son Esprit
-est consocié li ses semblables dans le Monde Spirituel .. et il est pour
ainsi dire un a\'cc eux; et il m'a été très-souvent donné d'y 'voir
dans lett Sociétés les Esprits d'hommes encore vivants, quelques-uns
. dans des Sociétés angéliques, et quelques autres dans des Sociétés
infernales, et il m'a aussi été donné de parler pendant des jours
.entiers avec eux, et j'étais étonné que l'homme lui-même vivant eo-
.core dans son corps n'en sl1t absolument rien: par je vis claire-
lient que celui qui nie Dieu est déjà parmi les damnés, et qu'après
la mort il est recueilli vers les siens.
US. vm. RIEN DE L'ÉGLISE N'EST, EN COHiuNCE Clin J,'BOI[U
NON UN 8EUL DIEU, 1lAI8 PLUSIEURS DUWX.
Celui qui reconnatt de foi et adore de cœur un seul Dieu, est dans
la communion des Saints dans les terres et dans la communion des
Anses dans les cieux; ces assemblées sont dites communions, et
-elles le sont, parce que ceux qui les composent sont en uo seul
Dieu, et qu'un seul Dieu est en eux; ils sont même en conjonction
.avec le Ciel Angéliq1le tout entier, et j'oserai dire, avec tous el cha-
22 LA VRAIE
cun là. car ils sont tous comme les fils et les descendants d'un seul
Père; leurs mentais, (animi), leurs mœurs et leurs' faces sonl si-
milaires, ce qui fait qu'ils se connaissent mutuellement. Le Ciel An-
lélique a été coordonné en Sociétés selon toutes ies variétés de 1"a-
mour dn bien. variétés qui tendent Il un seul Amour
l'amour pour Dieu; par cet Amour ont été propagés tous ceux. qui
reconnaissent de foi et adorent de cœur un seul Dieu, Créateur de-
l'univel'S, et en même remps Rédempteur et Résénérateur. liais il
en est autremeot de' ceux qui cberchent et adorent Don un seul
Dieu mais plusieurs Dieux, soit que cela arrive en ce qu'ils en ado-
rent un de el trois par la pensée. comme fout dans l'Eglis&
d'aujourd'hui ceux qui distinguenl Dieu en trois Personnes, et dé-
• clarent chaque Dieu par elle-même, et attribuenl Il cha-
cune des qualités séparées. ou des propriétés qui n'appartiennent
point à uneautre ; ce qui fait que non-seulement l'unité de Dieu
esl en actuaiité divisée, mais pareillement aussi la Théologie elle.--
même elle }Iental humain dans lequel elle doit être. Que rejaillit-
il de là dans les choses de l'Eglise. sinon la perplexité et l'illcohé-
? Dans l'Appendice qui suivra cet Ouvrage, il sera démontré
que tel est l'état de l'ÉSlise d'aujourd'hui. C'est ulle vérité que la
division de Dieu ou de t'Essence Divine en trois Personnes, doot,
chaculle par elle-même ou I!éparéœent est Dieu, conduit à la néia-
ûon de Dieu; c'est comme quelqu'un qui entre dans un Temple pour
adorer, et qui voit sur l'Autel un Tabl!!au représentant On Dieu
comme l'Ancien des jours, un Second Dieu comme Souverain Pon-
tife. et un Troisième comme un Eole volant, et au-dessous ceUf
inscription: Ces trois sonl un Seul Dieu: ou peut-être comme si
l'on y voyait l'Unité' et la Trinité représentées comlle UII homme-
avec trois Têtes sur un seul corps, ou avec trois corps sous une
seule Tête, ce qui eslune forlDe monstrueuse; si quelqu'un entrait
avec celte idée dans le Ciel, il en serail certainemellt précipité, lors
même qu'il dirait que la Tête ou les Têtes signifient l'Essence. cl
le Corps ou les Corps les Propriétés distinctes •
• •



It 6: A cequi vient d'6tre dit j'ajouterai un M'ËlIORABLB: Je vis quel-
quès Esprits. nouvellem,nl arrivés du Monde naturel dans le Monde
-
RELIGION CBR)j:TIENNE.
23
Spirituel, qui parlaient entre eux des Trois Personnes Divines de
lOute éternité; ils avaienl été Chanoines, et l'un d'eux Evêque; ils
m'ab ordèrent, el après les avoir entretenus un instant du Monde
Spirituel, dont auparavant ils n'avaient eu aucune connaissance, je
leur dis: Je vous ai enlendu& parler des trois Personnes Divines de
toute éternité: je VOliS prie de développer ce srand llystère selon
les idées que vous en avez prises dans le Monde naturel d'où vous
êtes nouvellement venus: et alors le Primat, me regardant, me dit:
Je vois que tu es laie; j'ouvrirai donc les idées de ma pensée sur ce
Brand Mystère, et je Mes idées ont été et sont encore
que Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l'Esprit Saint son\"'assis dans
le Milieu du Cie! sur trois Siéges ou Trônes masnifiques et
Dieu le Père, sur un Trône d'or lin avec un Sceptre dans la main;
Dieu le Fils, à la droite du Père sur un Trône d'argent très-pur
avec une Couronue sur la tête; et Dieu l'Esprit Saint près d'eux snr
un TrOne de cristal resplendiasant, tenant une Colombe dans la
main; que tout autour d'eux, en triple rang, brillent par l'éclat des
pierres précieuses des lampes suspendues.; et que loin de ce Cercle
se tient une quantité innombrable d'Anges qui tous adorent el
riftent; qu'en outre Dieu le Père et son Fils s'entretiennent conti-
nuellement de ceux qui doh"ent être justifiés, et qu'entre eux ils
déterminent et décident quels sorrl. dans les terres ceux qui seraient
dilnes d'être reçus parmi les Anges et d'être couronnés de la vie
éternelle; que Dieu l'Esprit Saint, aussitôt qu'il a entendu pronon-
eer leurs noms, se dirige promptement sur le globe de la lerre vers
tlUX, portant avec lui les dons de la justice, tout autant d'assurances
de salut pour ceux qu i doivent être justifiés, et dès qu'il arrive et
qu'il souffle, il dissipe les péchés. comme un rentilateur chasse la
fumée d'une fournaise et la blanchit; il enlè\'e aussi de leurs cœurs
les duretés de la pierre et y porte les mollesses de la chair, et en
même temps il renouvelle leurs Esprits ou leurs mentaIs, il les cn-
,endre de nou\'eau et leur donne des p bysionomie:; enfantines; en-
fin, il marque leurs fronts du signe de la croix, et les nomme élus
et fils de Dieu. Ce discours terminé, ce Primat me dit i C'est ainsi
que j'ai développé ce ,rand mystère dans le Monde; et comme la
plupart des membres de notre Ordre y ont applaudi mes paroles,
je Silis persuadé que loi aussi, qui es laie, tu y aloutes foi. Allfès
2'
LA VRAIE
que le'Primat euL prononcé ces mols, je le regardai alLentivemenL
et en même temps les chanoines qui étaient avec lui, et je temar-
quai qu'ils lui donnaient tous un plein assenLiment, je commençai
donc. répondre, eLje dis: J'ai bien examiné l'énoncé de La foi, et
j'en ai conclu qlJe Lu L'es formé et que tu retiens avec plaisir sur
Dieu Trium une idée absolumenl naturelle eL sensuelle, et même
matérielle, de laquelle découle inévitablement l'idée de trois Dieux;
n'est-ce pas penser sensuellement de Dieu le Père que de l'asseoir
sur un TrOne avec un Sceptre dans la main; et du Fils. que de l'as-
seoir sur son TrOne avec une Couronne sur la ,tête; et de l'Esprit
Saint, que lie le placer sur le sien Ivec une Colombe dans la main,
et de lui faire parcourir le globe de la terre selon ce qu'il a enLendu r
puisqu'une lelle idée résulte de je ne puis ajouter foi à Les
paroles: en effet, dans mon enfance, je n'ai pu admettre dans mon
melltal d'autre idée que celle D'ON SEUL DIBU, et comme je l'ai seule
admisè et que je la retiens, touL ce que tu as diL chez
moi; el alors j'ai vu que par le TrOne sur lequel, selon l'Écriture,
Jéhovah est dit s'asseoir; est entendu le RoyaOOle ; par le Sceptre
el la eouronne, le Gouvernement et la Domination; par s'asseoir
il. la droite, la Tou Le-Puissance de Dieu par son Humain; eL par
toules les choses qui sont dites de l'Esprit Saint, les Opérations da
la Dirine Toule-Présence: prends, s'il te plait, l'idée D'ON SEUL
DIEU, roule-la bien dans ton Raisonnement, et tu saisiras enfin avec
clarlé que cela est ainsi. Vous, il est vrai, YOUS dites ainsi que Dieu
est un, et cela, parce que vous faites une et aussi indivisible l'Es-
f
sence de ces Trois Personnes; mais ..!Q!IS_ De pas que
quelqu'un dise que ce Dieu unique est une seule Per.sonne, vous vou-
lez au contraire ql!'il J en ait tro!s; et vous faites -cêla afin qüe
l'idée de trois Dieux, telle. la ,'Otre, ne, périsse point; et vous
altribUflz aussi à chacun UDe propriété séparée de la p"ropriété de
l'autre; n'est-ce pas de celle manière diviser votre Essence Divine!
Puisqu'il en esL ainsi, comment pouvez-vous dire et en même temps
1 penser que Dieu est un! Je vous le pardonnerais, si vous disiez qua
le Divin est un. Comment quelqu'un, quand il entend dire: Le
Dieu, le Fil! est Dieu, l'Esprit Sai"t est Diez" -et cïià-
)
que Pe"sonne en parliclllier est Dieu, piml-i1 peosëi-qu'il o)a
qu'un seul Dieu! N'est-ee pas une contradiclion à laquelle il n'est
RELIGroN CIIMTIENNE. 25
jamais possible d'ajouter foi! Qu'on puisse dire, non pas un seul
Dieu, mais un sembll1.ble Divin, cela peut illustré ainsi: Da
plusieurs hommes qui formeut ensemble un Sénat, un Consistoire
.ou un Concile. on ne peut pas dire qu'ils sont un seul homme; mais
.quand sur toutes choses en «énéral et en particulier il y a une seula
opinion, on peut dire qu'ils ont un seul sentiment: on ne peut pas
dire non plus de tro!s diam:mts d'une même substance qu'ils sont
un seul Diamant, mais on peut dire qu'ils sont un quant à la subs-
tance, et aussi que chaque Diamant diflère de l'autre par le prix so-
l lou le poids propre; touterois, il n'en est [las de même, s'il y en a
( un seul et non je perçois pourquoi vous dites que les
trois Pe!'sonnes Divines, dont chacune par elle-même on en parti-
culier est Dieu, sont UII seul Dieu, et pourquoi
(.chaque de l'Eglise de ; c'est parce qu'uoe Rai-
) son éclairée ct saioe reconnalt dans tout l'Univers qu'il n'y a qu'on
l seul Dieu, et qu'en conséquence vous seriez couverts de bonte. si
'Voua ne teniez pas aussi le même langage;\ mais néanmoins quand
{
VOUS prononcez un seul Dieu, quoique cette bonta
œpeodant ne retient pas ces deux mots dans 1:1. bouche, mais vous
les après avoir enl.endu ce que je venais de dire.
r $8 retira avec ses Chanoines, et en se retirant il se retourna, et vou-
J lut s'écrier: Il n'y a qu'un seul Dieu; mais il ne put, parce
)
langl!.e, QIQrs il prononça !J!.ollchl! .ou\·erte : n
Pie.!!x. En !Qyant.cet effet les a!Sistanls écla-
de rire et s'en allèrent.
l!J) Ensuite je demandai où je trouverais, parmi les Erudits, ceux
rqui ont le plus de pénétration, et qui tiennent llour la Divine Tri-
nité en trois Personnes: eL il s'en présenta trois auxquels
je dis: Comment pouvez-vons diviser la ]}jville Trinité en Trois
Personnes, et soutenir que chaque Personne par elle-même ou en
particulier est Dieu et Seigneur T Est-ce qu'ainsi la confession de
.boucbe, que Dieu U_n, n'est pas aussi éloignée de la pensée, que.
le Midi est loin du Septentrion! A cela ils répondirent: Elle n'en
·est nullement éloignée, parce que le.o; trois Personnes onr'Une Seule
, ... --- -
et què I! Essence est nous avons été dans le
.Monde les Tuteurs de la Trinité des Personnes, et le Pupille dont
nous avons séré la tutelle était notre foi, dans laquelle chaque Per-
26 LA. VRAIE
so nne Divine a oblenu sa part; Dieu le Père a eu en partage d'im ...
pUler et de donner·; Dieu le Fils, d'inlercéder et d'être médiateur,
et Dieu l'Esprit Saint, d'effectuer les uSIIges de l'Imputation et de
la médiation, Mafs, ai-je demandé, qu'enlendez-vous par Divine
Essence? Ils répondirent: Nous entendons la Toule-Pnissance, la
TaUre-Science, la TOllle-Présence, l'Immensité, .l'Eleruité, l'Eia-
lilé de Majesté. Alors je leur dis: Si ceUe rail de
Dieux Un Seul, vous pouvez encore en ajouter plusieurs, par exem-
ple, un qualrième donl il est parlé dans Moïse, dans Ezechiel et
dans Job, el (lui est appelé Dieu Schaddai; c'esL ainsi que, dans la
Grèce et l'Italie, onl agi les Anciens, qui ont dép8l'li de pareils
attributs el par conséquelJt ulle semblahlç essence leurs dieux,
comme Saturne, à Jupiter,l Neptune, Il Pluton, à Apollon, à Ju-
non, à Diane, à lliner\"e, et même aussi à ftfercure et à Vénus, mais
loujours est-il qu'ils n'ont pu dire que tous ces dieux étaient ini
seul Dieu vous aussi, qui Illes ll'ois, ct, comme je lë perçois.
d'une semblable et ainsi d'une semblable essencc
l
i .l'érudition, vous ne pouvez cependant vous combiner en uil seul
homme érudil. Mais à ces mOLs, ils se mirent à rire, en disant:
C'est une plaisanterie: il en est tout autrement ,
celle-ci est nne et DOD Iripartie. et elle est indivisible et ainsi non
le parIage et la di\'ision ne tombent point en elle. Lorsque-
j'eus entendu ces paroles, je répliquai: Descendonsdans cette arène,
et cODlbatlOlls; et je leur demandai: Qu'elltendez-vous par le mot
Personpe, et que signilie celle expression r Er ils dirent: I.e nom
de Ptrsonne ngn;fie, non pa, une partie ou liRe qualité dans
un auh'e, ce qui subsiste proprement; ainsi est défini
mot Personne par tous les Chefs de l'Église, et par nous avec eus.
Et je dioi : Est-ce là la délinilion du mOl Personne r EL ils répondi-
renL: Oui. Ainsi, leur dis-je, il n'y a aucune partie du Pere dans.
le Fils, ni altcune parlie de l'ull et de l'autre dans l'Esprit Saint;
.d'oil il résulte que chacun est maill'e. de son arbitre, de son droit
et de son pouvoir, et ainsi il n'y a rien qui conjoisne, sinon la vo-
10Dté qui est propre li chacun, eL par conséquent communicable
selon le bon plaisir: les Irois Personnes sOllt-elles pas ain.si
Irois Dieux dislincLs? Ecolltez encore: Vous avez aussi' donné pOUl'".
définition de la Personne, qUit c'est 'ce qui subsisl!, propreme!lt;'

RELIGION CBIŒTIENNE. 27
par conséquent il y a dans lesquelles VOU5 partalez
t. l'Essence Divine, et "Cependant cette Essence, comme VOUI le dites.
aussi, est parcé est une et indivisi5le; et de
plus à cbaque subslance, c'est-à-dire, à cbaque Personne, vous.
attribuez des propriétés qui ne sont point dans une autre, et qui ne
peuvent point non plus être communiquées à une autre, savoir,
11mputation, la Médiation et l'Opération; alors que résuUe_-t-il de
là, sinon que les trois Personnes sont Jrois Dieul' A ces mols, ils
se retirèrent, en disant: Nous agiterons ëesquesLions; et après
l'examen nous répondrons. Un saie, qui était préllenl, ayant en-
tendu ceLLe discussion, leur dit: Je ne veux pas considérer ce sujet"
{
sublime à travers des treillis si subtils, mais en dehors de ces sub-
-1 tililés je vois dans une claire que dans les idées de VOL!8
pensée il y ; mais comme il y a pudeur à exposer ces
{ idées devant le Monde enLier, car si vous les publiiez, vous seriez
l ) appelés insensés et fous, il importe donc, pour éviler
1 que vous come.",siez de bonche un seul Dieu. Néanmoins ces lrois
érudits qui tenaient avec opiJliâtrelé à lcur opinion, ne firent au-
cune attention aux paroles du sage, et en s'en allant ils pronon-
çaient en murmurant quelques termes empruntés Ala métapbysique;
ce qui me fit remarquer que cette science était le trépied d'où ils
donner des réponses.
DU DIVIN lTRB, QUI EST JÉHOVAH.
iB. Il s'agit d'abord du Divin ELre, et ensuile il sera tl'ailé de la
Divine Essence: il semble qu'il y ail entre les deux une idenlité
parfaite, mais toujours est-il quel'tlre est plus Universel que l'Es-
Bence, car l'Essence supposel'Èlre, et c'est d'après l'ËLre qu'il J a
l'Essence: l'Èlrede Dieu ou l'Ètre Divin ne peut êLre décrit, parce
qu'il est au-dessus de toute idée de la pensée humaine; il n'y a que
le créé et le"lini qui dans celle pensée, mais l'Incréé et
l'Infini n'y tombent point, ni par conséquent l'Ètre Divin: l'Ëtre
Divin estl'Ëtre même d'après lequel touLes cboses sonL, el qui doit
être dans loutescboses pour qu'elles soient. Une union plus com-
pléte sur l'Ëtre Divin pellt découler des Articles suivants:
LA. VRAlE
I. Ce Die" Un est appelé léhovah d'après r Eire. par consi-
quent parce que Seul il Est, il a Été el il Sera, et parce qu'il
est le Premier el le Dernier, le Commencement el la Fin, r Al-
pha et fOméga .
. n. Ce Die", Un eslla Su6slance m8me et la Forme m8me,
elles Anges elles Hommes sont des su6stances et des fOrrnt!8
d'après Luij et autant ils sont en Lui et Lui ell euz. autant il$
SOtlt ses unages et ses ressem61allces.
m. Le Divin Eh'e est f EIre en soi, et en mAme temps f E:eis-
ter en soi.
IV. Le Divin Etre et Exister en soi ne peut produire un autr e
Divin qui soit f Eb'e et f E:eister en soi, par conséquent un
autre Dieu de m8m8 Essence n'est pas admissi6le.
V. La Pluralité des dieu:e dans les Siècles anciens et ams.
de nos jours n'a e:eisté que pœ'ce qu'on tl'a pas compris le Di ..
vin Eire.
Chacun ds ces Articles va être expliqué séparémenL.
19. l. CE Dllm UN EST APPELt J:tmovAII D'APRÈS L'ETRE, PAR CON-
sEQUENT. l'ABCB QUB SEUL IL EST, IL j. ETt ET IL SERA, BT PUCE
QU'IL EST LE PREMIER ET LE DERNIER, LB COiUlENCIDIBNT ET LA.
Fm, L'ALPHA KT L'OIlWA..
Que Jéhovah signifie Je suis et r Eire, cela est connu; et qua
Dieu dès les Lemps très-anciens ait été ainsi appelé, cela eSl cons-
tant d'après le Livr6 de la Création, ou d'après la Genèse, où dans
le Premier Chapitre il est nommé Dieu. et dans le Second Chapitre
et dans les suivants, Jéhovah Dieu: et pluS tard. quand les descen-
dants d'Abraham issus de lacob eurent oublié le nom de Dieu pen-
danL leur résidence en Egypte. il leur fut rappelé à la mémoire; il
en est ainsi parlé: « Moise dit à Dieu: Quel (est) ton Nom?
Dieu dit: JE Sms QUI (est) JE SUIS. Ainsi tu diras au:cFils d'Is-
raël: lx SUIS m'a envoyé vers VOUSj et tu diras: LE
DIEU de vos Pères. m'a envoyé vers vous: ceci est mon nom
pour !éternité, et ceci mon Mémorial de génération en géné-
ration, " - Exod. III, H. US. - Puisque Dieu Seul est le Suis
et l'Etre, ou Jéhovah, il n'y a donc rien dans l'Univers créé 'i'li na
lire son être de Lui i mais comment? c'est ce qu'on verra ci-deF';ous :
la même chose est aussi entendue par ces paroles: a le suis le Pre-
RELIGION CHRÉTIENNE. 29 '
mier et le Dernier, le Commencement et la Fin, l'Alpha et ro-
méqa. » - Esaïe. XLIV, i 6, A poo, 1. 8, i t, XXII, i 3 ; - ce qui
signifie Celui qui depuis les premiers jusqu'aux derniers est le
Mème et rUnique, de Qui toules choses procèdent, Si Dieu est ap-
pelé l'Alpha et l'Om6ga, le et la Fin, c'est parce
que l'Alpha est la Première et l'Oméga la Dernière Lettre dans
l'Alphabet Grec, et par suite signifient tolites choses dans le com-
plexe; cela vient de ce que chaque Lettre Alphabétique, dans le
Monde Spirituel, signifie quelque chose, et que les Voyelles, parce
qu'elles senent. au son, signifient quelque chose de l'affection' ou de
l'amour; de cette origine procède le langage Spirituel ou Angéli-
que. et aussi l'Ecrilllre dans le Monde Spirituel. Mais cela est un
Arcane jusqu'à pr6senf inconnu; il Y l, en effet, une Langue Uni-
verselle, dont sc servent tous les Anges et 10US les Esprits, et qui
D'a rien de commun a,·ec aucune Langue des hommes dans le
Monde; tout homme après la mort po&sède celle Langue, car elle
est innée dans chaque homme d'apl'ès la création; c'est pourquoI
dans tout le Monde Spirituel chacun peut comprendre ce que dit un
autre: il ut'a lrès--sou\'ent été donné d'enlendre parler celle Langue,
et j'ai reconnu qu'elle n'a pas même de conformité daus la plus pe-
tite chose nec aucune Langue naturelle de la terre; elle en diflère
d'après son premier principe. qui consiste en ce que chaque leUre
de mot signifie quelque chose. C'est donc de là que Dieu est
appelé l'Alpha et l'Oméga, ce qui signifie que depuis les premiers
jusqu'au·x derniers il est le Soi-même ot l'Cnique, de Qui toutes
choses ; mais sur celle et sur son Ecriture qui
découlent de la pensée Spirituelle des Anges, vo;,' dans le Traité
de l'AMOUR CONJUGAL N°l 326 à 329. et aussi dans ce qui· suit.
20. II. CE DIEU UN EST LA SCBSTANCE IlÊME ET LA. FORliE lIÈ1IJ::.
ET LES ANGES ET LES HOlllMES SONT DES SUBSTANCES ET DES FORlIES
D'APRÈS Lrl; ET AUTANT ILS SON'r EN LUI ET LUI EN EUX, A1:1'ANT
ILS SONT SES IMAGES ET SES BRSSEIlBJ..A.NCES.
Puisque Dieu est l'Ëtre, il est aussi la Substance; en e1l'et, l'EIre.
l moins qu'il n'y ait substance, est un ëtre de raison, car la sub-
stance est l'êu'e subsistant (ens subsistens) ; et celui qui est la sub-
stance est la forme, car la substance, à moins qu'il n'y aiL
forme, est UD être de raison i l'une et l'amre peuvent donc se dire
30 LA VRA.IE
de Dieu, mais en ce sens qu'il est la Substance unique, la Sus tance
même, la Substanr.e première, et la Forme unique, la Forme mOme,
la Forme première. Que ceLte Forme soit la Forme humaine même,
c'est-à-dire que Dieu soil l'Homme Même, dont tout est infini, c'est
ce qui li. été démontré dans LA SAGESSE ANGELIQUE SUR LE DIVIN Alloua
BT LA DIVINE SAGESSE, publiée à Amsterdam en i 763; il Y est de
même démontré que les Anges et les Hommes sont des substances
et des formes créées et organisées pour rr.cevoir les Divins qui in-
fluent en eUI par le Ciel; c'est pourquoi, dans le Livre de la créa-
tion, "ils SOllt appelés Images et Ressemèlances de nieu, - Gen. 1.
26, !j; - et ailleurs il est dit qu'ils sont fils de Dieu et nés de
Dieu; n.sis, dans le cours de cet Ouvrage. il sera démontré en plu-
sieurs qu'aULant l'homme vit SOIIS l'auspice Divin. c'est-à-
dire, se laisse conduire par Dieu, autant il devient de plus en plus
intérieurement l'image de Dieu. Si 1'011 ne se forme pas de Dieu l'i-
dée qu'il est la première Subslance et la première Forme, el (lue sa
Forme est la Forme Humaine même, les Mentais humains peU\ent
facilement introduire en eux des fantaisies comme des spectres sur
Dieu Lui-Même, SUI' l'origine des hommes, et sur la Créalion du
Monde; sur Dieu, n'avoir d'autre nolion que comme de la Nature
de l'univers dans ses premiers, ainsi comme de l'Etendue de la na-
ture, ou comme du vide ou du néant; sur des hommes,
n'en avoir que comme du concours forfuit des éléments dans la
forme humaine; sllr la Création du Monde, s'imaginer que l'origine
de ses substances et de ses formes vient de points et ensuite de lignes
géométriques, qui, n'ayanl aucune attribution, ne sont par
quent rien en eux-mêmes; chez de tels hommes tout ce qui appar-
tient à l'Eglise est comme "le Styx., ou comme l'obscurité dans le
Tartare.
24.. m. LE DIVIN ETBX EST L'J!:TnE EN SOI, ET EN TEMPS
L'EXISTER EN SOI.
Si Jéhovah Dieu estl'tLre en soi, c'est parce qu'il esl Je Suis, le
Soi-même, l'Unique, eL le Premier, de toute éternité a tOlite éternité,
par qui est Lout ce qui esl.-pour être quelque chose; c'est ainsi, et
non autrement, qu'il est le Commencement et la Fio, le Premier et
le Dernier. l'Alpha et l'Oméga : 00 oe peut dire qu'il est son Etre
de soi, parce que ce DE SOI suppose uo antérieur et ainsi le temps, ce
RELIGION CHMTIENNE. 31
qui n'cst pilS admissible dans l'Infini qu'on nomme DI TOUTE ÉTERfflTt
(a6 .terno), et suppose aussi un autre Dieu, qui Est Dieu en soi,
ainsi suppose Dieu de Dieu {Deus a Deo), ou que Dieu s'est rorm6
Lui-même, et ainsi ne serait ni Incréé, ni Infini, parce qu'ainsi il
s'est fini de lui-même ou d'après un autre. De ce que Dieu est l'ttre
en soi, il s'cnsuit qL\.'iI est )' Amour en soi, la Sagesse en soi, et la
Vie en soi, et qu'il est le Soi-même de quoi toutes choses sont, et à
quoi toutes choses se réfèrent, pour être quelque chose ; que Dieu
soit 10. vie en soi, et ainsi Dieu, on le voit par les paroles du Sei-
gneur dans Jean, ch. V, '6;· et dans Esare:« Moi Jlhot'ah, je
fais toutes choses, déployant seul les Ciet.tz, et étendant la
Terrepar - XLI\", - Et il eilt dit qu'il est Seul
Dieu et fju'excepté Lui il n'y a point de Diell.- Esaie, XLV,
U, t 5, !t, !i; Bosée, XIII, 4. - Si Dieu est non-seulement l'Etre
en soi, mais aussi l'Exister en soi, c'e. .. l parce que l moins
qu'il n'Exisle, n'est pas quelque chose; ct de même l'Exister, l
moins qu'il ne soit d'après l'Ëtr.e i c'est pourquoi, l'un étant donné,
l'autre doiL (lIre donné i pareillement, si la subslance aussi n'a pas
'lIne forme; de la Subslance, s'il n'y a pas forme, rien ne peut être
dit, et cela n'ayant Iloinl de qualité, n'est rien en soi. S'il est
dit ici l'EIre et l'Exister, et 110n l'Es. .. ence et I"Exislence, c'est
parce qu'il faut distinguer entre l'Être cl l'Essence, et par suite en-
tre et l'Existcnce, comme entre l'antérieur ct le posté-
rieur; au Divin Être s'appliquent l'Inlinilé et l'Élernité, tandis qu'A.
la Divine Essence et à la Divine Elislenco s'appliquent le Divin
Amour et la Divine Sagesse, et par ces deux-ci la Toute-Puissance et
la Toule-Présence,dont par conséquent il sera trailé dans leur ordre.
2'. Que Dien soit le Soi-Même, l'Unique et le Premier, qui est
nommé l'Elre en soi et l'Exister en soi, de qui procèdent Ioules les.
choses qui sont et existent, c'est ce que l'homme Nalurel ne peut
nullement découvrir d'après sa raison, car l'homme Nalurel d'après
sa raison ne peut z;aisir que ce qui appartient à la nature; en etTetr
.ce qui appartient à la nature cadre avec son essence, parce qu'il n'y
est entré rien autre chose depuis son enfance et sa jeunesse; mais
comme l'homme a été.créé pour être Spirituel aussi, parce qu'il doit
vivre après la mort et être alors parmi les Spirituels dans leur Monde.
c'est pour cela que Dieu dans sa Providence a donné une Parole.
t
32 LA. VRAIE
dans laquelle non-seulement il s'est révélé Lui-Même, mais dans
quelle il a aussi révélé qu'il y a un Ciel et un Enfer, et que tout
homme doit vivre éternellement dans l'un ou dans l'autFe, cbacuR
selon sa vie et en même temps selon sa foi, Dieu a aussi révélé dans
la Parole qu'il est Je Suis ou ['Etre. et le Soi-même et l'Unique qui
en soi est, el ainsi le Premier ou le Principe. d'où procèdent IOUles.
choses, C'est par celle Révélation que l'homme Naturel peut s'éle-
ver de la nature, ainsi au-dessus de lui-mème, et voir
les choses qui sont de Dieu; mais toujours cependant comme de
loin, quoique Dieu soil chez chaque bomme, car il est en lui
avec sou Essence; et cela étant ainsi, .il est proche chez ceux qui
L'aiment, el L'aiment, qui vh'ent selon ses préceptes et qui
croient eu Lui; eux Le voient pour ainsi dire Lui-Même; qu'est-ce
que la foi, sinon la vue spirituelle que Dieu est! Et qu'est-ce que la
vie selon les préceptes de Dieu, sinon la reconnaissanoe actuelle que
le salul et la vie éterQelle viennent de Dieu! Ceux, au contrait'e, qui
sont non dans la foi spirituelle, mais dans la foi naturelle, laquelle
est seulement uue science, el par suite dans une vie senlblable. voient:
Dieu, il est vrai, mais de loin, eL cela seulement quand ils parlent
de Lui; entre les premiers et ceux-ci il ya une différence, comme
entre ceux qui sont (lans la clarté de la lumière et qui voient les
hommes près d'eux eL les touchent, et ceux qui sont dan!! un brouillard
épais, et qui par suite ne peuvent· voir si ce sont des hommes, ou si
ce sont des arbl'es ou des rochers; ou bien encore comme entre
ceux qui sont sur une baute IIontagD6 où est située une Ville et qui
vont çà .et là et s'entretiennent a,'ec leurs concitoyens, et ceux qui
de ceUe Montagne rel-ardent en bas et ne distinguent pas si les ob-
jets qu'ils voient sont des bommes, ou si ce sont des bêtes ou des
statues; ou bien encore comme entre ceux qui sont sur un globe
planétaire et y voient leurs semblables, et ceux qui sont sur un au-
tre planéLaire un télescope à la main, et regardent une planète,
.et qui disent y voir des hommes, lorsque cependant ils ne ,'oient en
Kénéral que des terres telles qu'eu présente le bl'illant de la lune,
et des eaul telles qu'en présentent les taches de ce satellile, Il y a
une pareille dill'érence entre loir.Dieu et les Divins qui procèdent
.de Dieu dans leur mental, chez ceux qui sont dans la foi et en même
temps dans la vie de la charité, el cbez ceux qui sont seulement à
--
--
RELIGION CHRÉTIENNE. 33
cet égard dans la science, par conséquenL entre les hommes Naturels
et les bommes Spirituels. Quant à cellx qui nient la Divine Sainteté
de la Parole, et qui cependanl portent comme dans un sac sur le
dos les choses qui appartiennent à III Religion, ils ne ,'oient point
Dieu, mais ils fonL seule:nent reter.tir le nom de Dieu, différant peu
en cela des perroquets.
!3. IV. LE DIVIN J!:TRE ET EXISTER EN 1jl0i NE p.En PRODUIRE eN
AUTRE DIVIN QUI SOIT L'J!:'rRE E1' L'ExISTER EN SOI; PA.B CONstQUENT
tTN AUTRE DIEU DE MixE ESSItNCE N'EST PAS A.DMISSIBLE.
Que le mali un, qui est le Créateur de l'Univers, soitl'J!:tre et
l'Exister en soi, ainsi Dien en soi, c'est ce qui a été montré jus-
qu'ici; il suit de là qu'un Dieu de Dieu (Deus a Deo) n'est pas ad-
Dlissible, parce qu'en iui il n'y aurait pas l'Essentiel Divin même,
qui est l'Être et l'Exister en soi; peu imporle que rOD dise être en-
gendré de Dieu, ou I,rocéller de Dieu, c'est toujours néanmoins être
produit par Dieu, et cela dift"ere peu d'être créé; en conséquence,
introduire dans l'Eglise la foi qu'il y a trois Personnes Divilles, dont
chacune en particulier est Dieu, et de mème Essence, et que l'un est
né de toute éternilé, et queletroisièmeestprocéllantdetouteéternité,
c'est absolumen tabolirl'idée de l'UnitédeDieu et avec elle toute notion
de la Divinité, et ainsi faire que toutleSpirilueldelaraisonsoitexilé;
par suile, t'homme n'est plus UII homme, mais il est tout entier Na-
turel ; il ne diftère plus de la bête qu'en ce qu'il peut parler, et il
est opposé lA tous les Spirituels de car l'11omme naturelles
Domme des rêveries; c'est de là et non d'autre part que sont sorties
tant d'énormes hérésies sur Dieu: la Divine Trinité divisée en Per-
sonnes a donc porté dans l'Eglise non-seulement la nuit, mais aussi
]a mort. Qlle l'identité des trois Essences Dil'ines soit le scandale de
la raison, c'est ce qui m'a été prouvé par les Anges; ils m'ont dit
qu'ils ne peuvent pas même prononcer qu'il y a 'trois Di\'inilés
et que si quelqu'un venait à eux, et voulait le prononcer, il
ne le pourrait pas sans se détourner, et qu'après l'avoir prononcé,
il deviendrait comme un tronc humain, et serait précipité en bas,
pour aller ensuite dans l'Enfer vers ceux qui ne reconnaissent au-
cun Dieu. C'est une vérité, que graver daps l'enfant et dans le jeune
homme l'idée de trois Personlles Dil·ines, à laquelle s'attache inévi-
tablement l'idée de trois dieux, c'est leur enlever tout laitage spiri-
J. 3
3'
LA. VRAIE
tuel, et ensuite tOtlt illim-ent spirituel, et enfin tout raisonnement
spirituel. et chez ceux qui s'y sont confirmés, introduire la mort spi-
rituelle. Il en est tout autrement chez ceux qui de Coi et de cœur
adorent un seul Dieu Créateur de l'Univers, el en même temps Ré-
dempteur et Régénérateur; leur situation ressemble à celle de la
Ville de Sion du temps de David, et à colle de la Ville de Jérusalem
du temps de Salomon après que le Temple eut été b:iti, tandis que
qui croit en trois Personnes, et en chacune comme en UR
Dieu particulier, ressemble aUI villes de Sion et de Jérusalem dé-
truites par Vespasien, et au Temple qui y fut incendié. De plu!!,
l'homme qui adore un seul Dieu dans Lequel est la Divine Trinité.
el (lui est par c'Onséquent une seille Personne. l1evient de plus en
l,lu!! vivant et homme ange, tandis qlle ceilli qui se confirme dans la
pluralité des Dieux d'aprè!!la pluralité des Personnes, devient suc-
cessivement comme une Statue composée Ile membres mobiles, ao
rnilieu de laquelle est Satan, qui parle par la bouche articulée de la
statue,
Y. LA. PLURALITt DES DTEUX DANS LES SII1:CLES ET
DE NOS JOURS, N'A EXlSTt QUE PARCE QU'OS N'A PAS
LB DIVIN Ë'l'BE_
Que l'Unité de Dieu ait été intimement gravée dans le menlal de
chaque homme"parce qu'elle est dans le milieu de toutes les choses
qui influent de Dieu dans l'Ame de l'ilomme, c'est ce qui a été mon- .
tré ci-dessus N° 8 : mais si néanmoins elle n'est pas descendue de
Iii dans l'Entendement humllin, cela vient de ce que les connais-
sances, par lesquelles il faut que rbomme monte au-devant de Dieu.
ont manqué; cbacun, en effet, doit préparer à Dieu le chemin, c'est-
à-dir.e, doit se prél)arer à la réception, et cela doit sc Caire par les
connaissances. Les connaissances qui ont manqué, de sorte que l'en ...
tendement n'a· pli pénétrer jusqu'à ,'oir que Dieu un, qu'il n'y 1
pas de Dil'in Ëtre possible s'il n'est Unique, et que tout ce qui ap-
partient li la::Nature vient de ce Divin Ëtre Unique, sont les sui-
vanles : \
0
Jusqu'à pré!'ent personne n'unit rien su du }londe Spi-
rituel, où: les Esprits et les Anges, et dans lequel tout bOJ!lme
vient après mort. On avait pareillement ignoré que dans C8
Monde il y a un Soleil, lequel est le pur Amour I)rocédant de Jébo-
vab Dieu, qui est au milieu de ce Soleil; 3° Qu'il procède de ce 80 ..
.......
RELIGION CHRËTIENNE
3S
leil une Cllaleur qui dats son essence est l'Amoul', et une Lumière
qui dans son essence est la Sagesse; 4° Que par suite loule5 les
eh oses qui sont dans ce lIonde sont Spirituelles, affectent l'homme
Interne, et constituen t sa Volonté et Entendemeut; 5° Que Jé-
hovah Dieu pal' son a non-seulement produit le lIonde
rituel, et touLes les choses spirituelles de ce monde, qui sont innom-
hrables et substantielles, mais aussi le naturel et toules les
.choses naturelles de ce monde, qui sont de même innombrables.
mais matérielles. 6· Personne jusqu'à présent n'a su la différence
.qu'il y a entl'e le Spirituel eL le Natul'el, ni même ce que c'est que
Je Spirituel dan:! son essence: 7° Ni qu'il y a trois Degrès de l'A-
mour el de la Sagesse, selon lesqucls les·Cieux. angéliques ont été
Jois en ol'dl'e; 8
0
Ni 'lue le humain a élé distingué en autant
.de degrés, Cl cela, pour qu'ill'uisse après la mort être élevé dans
l'un des Cieux, ce qui se fait selon sa vie el en môme temps
.selon sa foi; go Ni enfin, que loutes ces choses o'ont pu, quant fi UD
,soul point, exisler que par le Divio ELI'e, qui est le Soi-1Uôme en soi •
.et ai:lsi Id Pl'emiCl' (lI le Principe d'où procèdent loutes choses. Ces
connaiss:mccs llilr le!lquelles cependant l'homme doit monter et coo-
lJaÎlI'e le Divin Elre, ont manqué jusqu'iJ. présent. 11 est dit que
l'homme monte, mais il eSl ellielldu qu'il est élevé par Dieu; car
J'holDme a le Ullre arbitre de s'acquérir des Connaissances, etselon
qU'Il s'en acquierL d'après la P8I'0le, au mOyt!n de l'Euiendemelll, il
81)lanit le chcmi .. par leclLl,,1 Dieu descend et l'élève. Les connais-
,sllllecs par lesquelles se fail l'ascension pour l'Entendement bumain,
Dieu lenant l'homme par la main et le conduisant, peuvent être
comparées aux. dcgrès de l'écllelle que Jacob vil appuyée sur la
terre. et dont le sommet alleignait le Ciel. par laquelle des Anges
montaient,· el au dessus de laquelle se tenait Jéhovah. - Gen.
XXVIII, t2, !3. - Il en est toUl aUlrementquand ces Connaissances
anauquenL, ou quand l'homme les méprise; alors l'Elévation de
l'entendement peut éll'e comparée l une échelle dressée de terre
l'ers une fenêlra du premier éLage d'un Palais magnifique, où de-
meurenl des hommes, et non vers les fenêtres du second étage où
demeurent des Esprils, et moins encore vers les fenêtres du troisième
étage où demeurent des Anges; il a.rrive de là que l'homme n'ha-
bile que dans les atmosphères et dans les choses matérielles de la
36 LA. VRAIE
nature, dans lesquelles il tient ses yeux. ses OJ'eilles et ses.narines.,
et de&qllelles il ne puille sur le Ciel et sur l'Etre et l'Essence de Dieu.
d'autres idées que des idées atmosphériques ct matérielles; et
l'homme qui pentie d'allrès ces idées ne peut en rien juger de Dieu,
s'il existe ou .s·il n'existe paF, s'il est un ou. s'ils Iiont plusieurs. ni. à
plus forte raison, quel il est quant à son Etre et quant à son Es-
sence. C'est de là qu'esL provenue la Pluralité des dieux dans les siè-
cles anciens, et aussi de nos jours.
• • • • •
ilS. A ce qui vient d'être dil, j'ajouterai ce MEMOllULE. Un
l mon réveil. je tombai dans une profonde méditation sur Dieu; et
comme je reB:\rdais en haut. je vis au-dessus de moi dans le Ciel
une Lumière d'un blanc très-éclatant de forme ovale; et comme je-
fisais la vue Iiur celle Lumière. la Lumière se retirait \"ers les cOtés
et eDh'ait dans les périphéries ; et alors. voici, le Ciel me fut
et je vis des choses magnifiques. el des Anges qui se tenaient en.
forme de Cirque du côté méridional de l'ouverture. el qui conver-
saient entre eux; et comme je b .. ùlais du désir d entendre ce qu'ils
"disaient, il me ful d'abord donné d'entendre le Son de IIDIr yoix.
qui éta.i!.Jllein de l'amour céleste, et ensuite leur Langage, qui était
plein de la sagesse procédant de cet amour; ils parlaient enlre eux.
de DIEU UN, de la CmUONCTION A\"EC LUI. et de la SALVATION qui ré-
sulLe do ceLLe conjonction: ils disaient des cill'Ases ineffables. dont la
plupart np. peuvenL tombel' dans les mOIs d'aucune Laniue naturelle;
mais comme j'avais été quelquefuis en société avec les Anges dans.
le Ciel même. et alors parlant le même langage qu'eux. parce que-
j'étais dans un même élat, je pus en conséquence les comprendre ..
et tirer de leurs discours quelques notions qui peuvent être expri-
mées rationnellement par les mots d'une langue nalurelle:ns disaient
que le DIVIN ETnE EST U1\, LEMl1:lIE, LE SOi-lIbIE. ET INDIVISIBI.E.lIs illus-
traient cela par des idées spirilllelles. en disant que le Divin Etre ne
peuL tomber dans plnsieurs, dont chacun aurait le I)ivin Etre. et con-
linuer à être Un. le Même, le Soi-Même. el Indivisible; en eJl'et.cha-
cun d'eUI d'après son Etre penserait d'après soi et en partieulierpar
Boi; si même alors c'était avec unanimJté d'après les autres et par les
"autres, il y aurait Dieul unanimes. et non un St\1I1 Dieu;
ear l'unanimité. étant le consentement de plusieurs et en même
..
RELIGION CHRETIENNE
temps de chacun d'après soi et par soi, concorde non pas avec l'u-
oité de Dieu, mais avec une pluralité, ils ne dirent pas de Dieux,
parce qu'ils ne le purent point, car la Lumière du Ciel de la(luel1e
provenait leur pensée, et l'atmosphère dans laquelle se
leur' discours, s'y opposaient; ils disaieut même que quand illi
lent prononcer des Dieux, et l'un de ces Dieux comme Perlionne par
.soi (per se), l'eJl'ort pour prononcer tombe aussitôt sur Un Seul,
même sur Un Dieu Unique, A ces explications ils ajoulaient, le
Divin Etre est le DIVIN ETI\E EN SOl. et non de Soi (a Se), parce que
de Soi suopose l'Etl'e cn soi procédant d'un autre. antérieur, ainsi
su l'pose Dieu de Dieu (Deus a Deo), ce qui n'est pas admissible i
(ce qui est de Dien n'est pas appelé Dieu, mais est appelé Divin; car
) qu'est-ce que Dieu de Dieu! ainsi, qu'est-ce que Dieu né de toute
éternité de Dieu; et qu'est-ce que Dieu procédant de Dieu par Dieu
'\ Dé de toute éternité, sinon des mols dans lesquels il n'y:a rien .de
t.la lumière qui procède du Ciel De plus, ils disaient que le Divin
( Elre, qui en Soi est Dieu, est LB MtJIE (IDEM). non le Même sim-
ple, mais infini, c'est-à-dire, le Même de toute éternité à toute é'ter-
) !lité; il est le !Iême partout, et le )Iême chez chacun et dans cha-
""un, mais tout est "arié et variable dans le récipieuL; c'est l'état
·du récipient qui fait cela. Voici comment ils illustraient que le Di-
vin Etre, qui est Dieu en soi, est LE SOI-MÈME (IPSUM) : Dieu est
Je Soi'-llême, parce qu'il est l'Amour même et la Sasesse même, ou
'Parce qu'il est Bien et le Vrai même, et par conséquent liÀ Via
même; si ces choses n'étaient point le Soi-lUôme en Dieu. elles ne
seraient rien dans le Ciel ni dans le Monde, parce qu'elles n'auraient
aucune relation a\'ec le Soi-Même; toute qualité tire sa 'l!!!!it6 de
".e. ql(i1 y a,l!n d'après lequel elle est, et auquel eTlëS"e
rérere pour qu'.elle soit tclld, Ce Soi-Même. qui est l'Eire Divin,
1)'est pas dans un lieu, mais il est selon la réCepli!)n chez ceux et en
ceux qui sont dans un lieu, puisque le lieu el la pl'ogres.c;ion d'uo
lieu dans un lien ne peuvent pas se dire de l'Amour eL de la Sagesse.
01\ du Bien et du Vrai, ni par conséquent de la Vie, qui sonll6 Soi-
l\Jême en Dieu, ou plutôL Dieu Lui-)Iême, de là la TOlite-Présence;
-c'est pour cela que le Seigneur dit. qu'il est au milieu d'ew:,· .
,liu'il est Lui-m8me e1l eux, et ljU'ew: sont en Lui.' Mais comme
il ne peut être reçu par aucune créature tel qu'II esl en Soi, il ap-
-
38
LA.'VRAIE
para!t lel qu'il est dans son Essence comme Soleil au-dessus des.
Cieux. Anséliques, ce qui procède de CI Soleil comme Lumière est
Lui-Même quant A la Sasesse,. et ce qui en procède comme Chaleulr.
est Lui-Même quant à l'Amour; Lui-Même n'est pas ce Soleil, mais.
le Divin Amour et la Divine Saiesse sortant de Lui. le plus près,
tout autour de Lui, apparaissent aux yeux des Anges comme un So-
leil ; Lui dans le Soleil est Homme, c'est NOTilS SEIGNEUR
CHRIST, QUANT AU DIVIN A Quo (de qui LOllt
lIAIS AUSSI QUANT Au·DIVIN HUMAIY, le Soi-Alême, qui est l'A-
mour même et la Sagesse méme, a été l'Ame qu'Il tenait du Père ..
ainsi .la Divine Vie, qui est la Vie en soi; il eri est 'autrement dans
chaque hOlDllle, en lui l'âme n'est point la. "ie, mais elle e.st un réci-
pieltt de la vie: le Seiinellr· enseiine aussi cela, en : • Je-
suis le Chemin, la Vérité et la VIE: " et ailleurs: • Comme le-
Père a LA VIE EN LUi-MIl;ME, ainsi il a aussi donné au Fils D'AVOIR
LA VIE EN LUI-MIl;)IE •• - Jean, V, 26. - b Vie en Soi-Même est
A ce qui précède ils ajoutèrent. que ceux qui sont dans quel-
que Lumière spirituelle peuvent percevoir par ces notions, que le-
Divin ELre étant Un, le Même, le Soi-Même, et par suite
De peut elister dans plusieurs; et que si l'on disait qu'il·le peut, il
y aurait des contradictions manifestes dans les adjoints (in adjectis}.
26. Après que j'eus entendu. ces explications, les Anies perçurent
dans ma pensée le;:; idées commune. .. de l'Eglise Chrétiennè sur la
Trinité des Personnes dans l'Unité, et sur l'Unité de;:; Personnes..
dans la Trinité coucernant Dieu; et aussi sur la Naiss:mce d'un Fils..
1 de Dieu de toute étllrnité: et alors ils dirent: Qu'est-ce que tu
penses-là 1 ne penses-tu (las ces choses la Lumi.ère
avec laquelle notre Lumière spirituelle ne concorde point! Si donc-
-tu n'éloiines pas les idées de cette pensée, nous te fermons le Ciel ..
l
et nous nous ell allons. Mais alors je leur dis: Entrez, je VOliS prie.
plus avant dans ma pensée, et peut-èlre y ,'errez-vous unf; concor-
·dance! Et ils firent ainsi, et ils virent que par les trois Personnes.
j'entendais les Trois Attributs Divins procédanls, qui sont la Cw-
TION, la, et la RÉGÉNÉRATION, et que ces Attributs appar-
tiennent à un Seul Dieu;. et que par la Naissance d'un Fils de Dieu
de toute éternité, j'entendais sa Naissance prévue de toute éternité,.
et pourvue dans le temps; et qu'il est, non pas au-dessus du natureL
RELIGION CHRÉTIENNE 39
et du ratioDuel, mais contre le naturel et le rationnel, de penser que
quelque Fils soit né de Dieu de toute éteruité ; qu'au contraire le
Fils né de Dieu la dans le temps est le Fils UniqtÏê
et Unigértit d" Dieu; et que croire autrement, c'est uïië Ïnonstrueuse
erreur. Et alors je leur racontai que ma pensée naturelle sur la Tri-
nité et l'Unité des Personnes, et sur la Naissance du Fils de Dieu
de toute éternité, m'était venue de la Doctrine·de foi de l'Eslise,
qui porte le nom d'Athanase: alors les Anses dirent: Bien; et ils
r
me prièrent de dire, comme venant de leur pouche, que si l'homme
)
ne s'adresse Dieu l\Iême du Ciel et Terre, il ne peut venir
dans le Ciel, parce que le Ciel est Ciel d'après ce Dieu Uni-
Î
que, et que CE DIEU EST JESUS-CHRIST, QUI EST JÉHOVAH LE SEI-
GICEDII, DE TOUTE ETEIINITE CREATEUR, DANS LE TEMPS REDEJlPTEUR,
ET POOR L'ÉTERlCrTIi: qui 6.'\t ainsi en même temps le
Père, le Fils et l'Esprit Saint et que c'est là l'Evangile qui doit être
prêché. Après ceUe instruction, la I .. um·ièl'e céleste què j'avais-Cfa-
bord vue revint sur l'ouverture, et peu à peu s'abaissa tle là, et elle
remplit les intérieurs de mon mental, et illustra mes idées sur la
Trinité et l'Unité de Dieu; et alors les idées prises dans le commen-
J cement sur ce sujet, lesquelles avaient été purement naturelles, je
, 1es vis sép:trée.o;, comme la paille est séparée du froment par le van-
neur, et emportées comme· par. le vent dans le Septentrion du Ciel,
et disper'sées.
DE L'INFINITÉ, 00 DE L'IIIMENSITIl: ET DE L':ltTBl\NIT:It DE DIEU.
!7. Ii Y a deux Propres du l\Jonde naturel, qui font que
choses y sont finies: l'uu est l'ESPACE, et l'autre est le TEMPS; et
comme ce Monde a été créé par Dieu, et qu'en même temps avec le
Monde ont été créés lès Espaces et les Temps, et que ces espaces et
ces temps le finissent, c'est pour cela qu'il faut traiter des deux ori-
sines des Espacello et des Teinps, qui sont l'IMMENSITÉ et l'ETERNITÉ.
En effet, l'Immensité de Dieu se réfère aux Espaces, et l'Eternité
aux Temps; l'INFINITR comprend et l'Imr. ensité et l'Eternité. Mais
comme l'Infinité est transcendante par rapport au fini, et que la
connaissance de l'infinité est transcendante par rapport à un Mental
40
LA VRA.JK
fini, c'est pourquoi, afin que l'Infinité sqil en quelque sorle perçue,
il va en trailé dans celte série:
1. Puisque Dieu Est el Existe en soi, et que toutes choses
dans l'Univers sout ct existent d'après Lui, il est Infilli.
II. Puisque Dieu a été avant le Monde, ainsi avant l'origine
des Espaces et des Temps, ü est Infini.
m. Depuis le MOllae a été fait, Die" est dans fEspace
sam Espace, et dalU le Temps. sam Temps.
IV. Relativement aux Espaces l'Infinité est appelée Immen-
sité, et relativement 'aux Temps elle est appelée Eternité; et
hielHlu'il y ait ces rappm'ts, cependant il n'y a rien de f Es-
pace dans l'Immensité de Dieu, ni rien du Temps dans fEter-
nité de Dieu.
V. La Raison, illush'ée par am grand nombre de faits dans
le Monde, pezet voir Unfinité de Dieu C,'éateur.
VI. Tout ce (plÏ a été créé est fini, et l' 11lfini est dans les finis
comme da,lS des réceptacles, et dans les hommes comme dans
ses images.
Ces propositions vont être expliquées IIne à une,
t8.1. .pUISQUE DIEU EST ET EXISTE EN SOI, ET QUE TOUTES CHO-
SES DANS L'UNIVERS SONT ET EXISTENT D'APRES LUI. IL EST INFINI,
Jusqu'à présent il a élé montré que Dieu est un, qu'il est le 80i-
mOrne, qu'il etlt le premier Elre de 101ls, et que loules les choses
qui sonl, existent et subsistl3nt dans l'Univers, sont d'après Lui;
de là résulte qu'il est Infini. Que la Raison humaine puisse voir
cela d'après un grand nombre de faits dans l'Univel'S créé, c'e.'4t ce
qui sera dans la suite. liais quoique le men lai humain
d'après ces faits puisse reconnallre que le premier En.s qu le p!.e-
miei' ELra es.t infini, néanmoins il ne I>eut connailre quel il est, ni
pal' conséquent le définir a11lrement qu'en disanl qu'il est
Infini, et qu'il subsiste en soi, et par suite llu'i1 est ta
el unique; et comme rien ne se I>eut dire de la substanée
• moins qu'il n'y ait une forme, qu'il eslla Forme même et unique:
mais qu'est-ce encore que touL cpla ? On ne voit pas clairement par
là quel est l'Infini; en e[elQe Mental humain, même le 1)lu5 ana-
lyLique et le esL fini; el le fini dans ce mental ne peut
être écarté; il donc toul. fait incapable de voir l'Infinité da
RELIGION CBlŒTIENNE
Dieu, telle qu'elle est en elle-même, ni Dieu par conséquent i mais
il peut voir Dieu dans l'ombre par derrière, ainsi qu'il a éLé dit.
Iloise, lorsqu'lI demanda avec instance à voir Dieu, car il fut placé
dans la fente d'un rocher, et il vit les postérieurs de Dieu, - Exod.
20 la 23: - par les postérieurs de Dieu sont entendues les
·cboses \'isibles dans le llonde, et spécialement les choses Ilercellii-
bles d:J/Is la Purole: d'après cela, 011 voit clairement qu'il est inu-
tile de vouloir connaiLre qllel est Dieu dans SOIl EIre ou dans sa
Subslance, mais qu'il suffitl\e Le reconnatlre d'après les Hnis, c'est
à-dire, d'après les choses créées, dans lesqtJelfes il est d'une mn-
Dière infinie: L'homme qui s'efforce de pénétrer au-delà peut être
comparé la un poisson altiré dans l'air, ou à lin oiseau placé dans
une machine pneumatique, el qui, il mesure que l'air est raréfié, se
pâme eL enfin expire 1 il peut aussi .être comllaré à un vaisseau qui,
lorsqu'il est le jouet de la et n'obéit point au SOllvernail,
est jeté contre des rochers et sur des bancs de sable; c'est ainsi
qu'il arrive à ceux qui, non conLents de pou\'oir, d'après des indices
manifesles, reconnatlre par le dehors l'Infinité . .de Dieu, veulcnL la
-connatlre par le dedans, On lit tl'un cerlain Philosophe chez les AD-
.ciens qu'il se précipiLa dans la mer, parce qu'il ne pouvait pas dans
la lueur de son mental voir ou comprendre l'Ef.ernilé du Ilonde i
.qu'eût-il fait, s'il eût vou'lu voir. ou comprendre l'lnfinil6 de Dieu f
19. Il. PCISQU! DlEU A iTB AVANT L! IIONDE, AINSI AVA.NT L'O-
RIGIN! DES ESI'ACES ET DES TEMPS, IL !:;T INFINI.
Dans le Monde naturel il y a des Temps et des Espaces, mais dans
le Ilonde spirilucl il n'yen a point en actualité, et cependant ily en
a en apparence: si les Temps etJes Espaces ont été introduits dans
les I{ondes, ce ful afin qu'il y eût distinction entl'e une chose et une
autre, entre Je grand et le petit, enlre le bealicoup et le peu, par
conséquent entre quantité el quantité, el ainsi entre qualilé et qua-
lité; et aHn que par là les sens du corps IJuSSenldisLÏnguer leurs ob-
jets, et les sens du mental les leurs, et par consfSquent être affectés,
penser et choisir. Les Temps onL été introduits dans Je l\lonJe na-
turel, par cela que la Terre tourne sur son axe, et que ces rotations
'S'avancent d'une station à un autre selon le zodiaque, el que
retolll'S périodiques semblent être faits par' le Soleil, de qui tout le
Globe terraqué tire sa chaleur ut sa lumière; de là les temps du
LA VRAIE
.Jour, qui sont le matin, le midi. le soir, la nuit; et les temps dtt
l'Année. qui sont le printemps. l'été. l'automne et l'hiver; les temps
des Jours pour la lumière et les ténèbl'es. et les temps des Années
pour la:chaleur et le froid. Les Espaces ont été inlroduils dans le
Monde nalurel, par cela que la Terre a été réunie en un Globe el
remplie de matières, dont les parties ont été distinguées entre elles
et en même temps étendues. Dans le Monde spirituel, au contraire,
il n'y a point d'Espaces matériels, ni dd Temps qui y correspon-
dent; mais néanmoins il y a des apparences d'Espaces et de
et ces apparences son' s910n les d.ifférences des élals dans lesquels
y ilont les Mentais des Esprils et des Anges. aussi les Temps et les
Espaces y sont-ils conCorm"es aux. aft'ections de leur volonté et par
suite aux pensées de leur entendement; toutefois. ces apparences.
sont réelles. parce qu'elles sont" conslanles selon les étals de" Es-
prits et des Anges. La commune opinion SUI' l'étal des Arnes après
la mort. e' par suite alls-o;i sur celui des Anges et des Esprits, c'est
.qu'illi ne SOllt dallS auculle Étendue, par conséquent ni dans l'Es-
pace ni dans le Temps; d'après celle idée on dit des Ames après
"la mort qu'elles sont dans un Quelque part 011 un On ne sait où et
que les EsprilS eL les Anses sont des Soumes. dont on ne pense
aulre chose que ce qu'on pense de l'éther. de J'air. d'une vapeur ou
du ,"ent. lon;que cependant ils sont des hommes substantiels et vi-
vent entre eUI. comme les hommes du Monde ':Iaturel. sur des Es-
paces et dans des Temps, qui ont élé délerminés, comme il a été-
dit. selon les étaIS de leul's s'it en élait aulrement. c'est-
l-dire, s'il n'y avait ni Espaces ni Temps. Univers dans lequel
arrivent les Ames, et où demeurent les Anges et les Esprits. pour-
rait Jlasser par le trou d'une ai;uille. ou être concentré sur l'exlré-
mité d'un cheveu. ce qui serai t possible, s'il n'y existait pas une-
étendue substantielle i maij; puisqu'il y a une étendue subslantielle,
c'est pour cela que les Anges habilent entre eux aussi séparément
el distinclement, et même plus distinctement que les hommes llour
lesquels il ya une Etendue malérielle. TOllleloi:l, les Temps n'y
ont point élé distingués en Jours. Semaines, Mois et Années, parce-
que là le Soleil n'appal'Dll ni se lever, ni se coucher, ni dérrire une
circonférence; mais il resle fixe l'Orient dans le Degré moyen
entre le Zénith et l'bonzon : et il ya d"s Espaces pour eux. parce
...
r
RELIGION 4.3
que loutes les qui sont ma lérielles dans le Monde naturel
'SOnt sllbstantielles dans !Iondc spirituel: mais il sera donné de
plus Brands développements sur ce sujet dans le Lemme de ce Cha-
pitre lur la Crbtion. D'après ce qui vient d'être dit. OD peut COID-
prendre que les Espaces et les Temps finissent toutes et chacune
des choses qui sont dans l'un et dans l'autre Monde. et que par
su ile les hommes sont finis, non-seulement quant aUI corps, mais
aussi quant aux âme.'I, et pareillement les Angl!s et les Esprits. De
lout ce qui précède on peut conclure que Dieu est IlIfini. c'est-A-
dire, non fini. parce que Lui-}Iême, comme Cré:lIeur, Formateur
et Facleur de l'Unh'ers, a fini toutes les choses, el il les a finies
par son Soleil, dans le milieu duquel il est, lequel consiste dans la
Divine Essence qui sort de Dieu eomme IIDe Sphère; là est et de là
vient le commencement de ce qui est fint ; mais sa prOGression va
jusqu'aux dernièrl's choses dans la nature du Monde; il suit de là
que Dieu en soi esl Infini, paree· qu'i1 est Incréé. Mais il semble à
l'hoDime que l'infini rien; et cela, paree que l'homme est fini
et pense d'après des cil oses finies; si donc le fini qui est adhérent
A sa pensée était enlevé, il percevrait comme si le reste n'était rien,
cependant la vérité est que Dieu est infiniment lout, et que l'homme.
par lui-même Il'est resvectivement rien.
30. In. DEPUIS Qce: I.E MONDE A tmt FAIT, DIEU EST DA.NS L'Es-
PACE 8A.NS ESPA.CE, ET DANS LE TEMPS SANS TEIIPS.
(lue Dieu, et le Divin qui procède immédialement de Lui, ne SOiL
point dans l'Espace, quoiqu'il soit Tout-Présent, et cbez chaque
homme dans le Monde, chez chaque Ange dans le Ciol, et chez
chaque Esprit sous le Ciel, cela ne peut· être compris par uue idée
purement naturelle, mais peut l'êlre par une idée spirituelle; si
cela ne peut être compris par une idée parement naturelle, c'e."t
paree que dans celle idée il y a l'Espace, car elle a élé formée de
choses qui sont dans le Monde, et dans toules et chacune des choses.
qui sont vues par les yeux il y a l'Espace; là, tout ce qui est grand
et tout ce qui petit appartient à l'Espace; tout ce qui est lona,
large et profond appartient il l'Espace; en un mot, loute mesure,
fisure el forme appartienl A l'Espace. Cependant toujours est-il
que l'homme peut jusqu'à un certain point comprendre cela plr
la pensée naturelle, pourvu qu'Hy admelle quelque chose de la lu-
LA VRAIE
mière spirituelle: mais il sera dit d'abord quelques mots de
de la pensée spirituelle; cette idée ne tire rien de l'Espace, mais
louL ce qui lui apparlienrelle le tire de l'Etat; l'Elat se dil de l'a-
mour, de la vie, de la sagesse, des affections, des joies. et en géœ-
raI du bien et du vrai; l'idée vérilablement Spirituelle sur ces cho-
ses n'a rien de commun avec J'Espace, eIlI} est et
regarde les idées d'Espace SOIIS elle, comme le ciel regarde la terre.
Qlle Dieu soit présent dans J'Espace sans Espace, el dans le Temps
'Sans Temps, cela vieut de ce que Dieu est toujours le même. de
touLe éternité ltoute éternité, ainsi tel il était avant le Iionde créé.
tel il esl depuis, et de ce que dans Dieu et en présence de Dieu avant
la créatioll il n'y a\'ait ni espaces ni temps, mais qu'ils existérent
après la création; c'est pourquoi comme il est le Même, il est
dans J'Es(l8ce sans espace, et dans le Temps sans temps: il suit
de là que la nature a été séparée de Lui, et que cependant il esl
tout-présent en elle, li peu de cho.se près comme la vie est dans
tout le substantiel et dans tout le matériel de l'homme, quoiqu'elle
ne se mélange point avec eux; et, par comparaison, comme la lu-
mière esr dans les yeux, le son dans les oreilles, le godt sur les
langues, ou comme dans les terres et dans les eaux est l'éther par
laquelle Globe terraqué est contenu et mis. en mouvement, et ainsi
du resle; si ces Agents étaient enlevés, ces choses qui ont été failes
substances et matières s'affaisseraient ou se dissiperaient à l'instant;
bien plus, si Dieu n'élait pas présenL dans le lIental humain en
tout endroit et en tour temps, ce mental seraiL dissipé comme une
bulle de savon dans l'air, et les deux Cerveaux dans lesquels il
agit d'après les.principes St'en iraient en écume, et ainsi Lout ce qui
est humain deviendrait poussière de la terre eL odeur ,olant dans
l'almosl,hère. Comme Dieu est dans touLle ·lemps sans temps, c'est
pour cela que dans sa Parole il parle du passé et du futur ail pré-
sent, comme dans Esaie: • rln Enfant nous est né, unFils nous
lE été donné, son nom est Héros, Prince de pai:J:. » -IX, 5.
-Etdans David: q.rannoncetai sur le Statut: Jéhova/,m'a
dit: Mon Fils, Toi; Moi aujourtlhui je T'ai engendré, » -
Ps. Il, 7 ; - ces pnroles concernent le Seigneur qui de\'ail venir;
-c'est pourquoi il est dit aussi dans le Même: q Mille (mi à tell
!/ellz (son 1) comme le jour d'hie,.. D - PS, XC, 4. - ,,·u'il s*
b
RELIGION CBBËTIENNE
partout présent dans le l\londe entier. et que cependant il n'y ail
en LUI aueun propre du Monde. c'est-il-dire. auculle chose qui
appartienne la l'espace et au temps, c'est ce que ceux-là qui voient
et attentifs dans la Parole peuvenL apercevoir un grand
nombre de I,assages, par exemple, d'après celui-ci dans Jérémie:
.. Ne suis-jo qu'un Dieu de près, Moi? et ne sllis-je .pas Dieu
de loin? Est-ce que se cachera fhomme dam des retraites, que-
je ne /e 'Voie }IOinl? Tout le Ciel et toute la Terre, Moi, je-
remplis. Il - XXIU, 23, ".
3i. lV. AUX ESPACES L'INFINITÉ EST APPELtE
blMENSl'rË, ET BELATIVEllENT AUX TEMPS EU.B EST AI'PEJ..ÉB ETER-
KlTt; ET BIEN QU'IL y AlT CES RAPPORTS, CEPENDANT IL N'Y A RIEN
DE L'ESPACE DANS L'IMMENSITt DE DIEU, NI RIEN DU TEMPS DANS.
L·ETERNld DB DIEU.
Si l'Infinité de Dieu relativement aUI espaces est appelée Immen-
sité. c'est parce que l'Immense se dit de ce qui est Grand et Ample.
et aussi de ce qui est Etendu. et en cela de ce qui est Spacieux: et
si l'In6nité de Dieu relatÏ\'ement aux temps est appelée Éternité,
c·e.n paroe que éternellement se dit des choses qui progressent sans
fin. lesquelles sont mesurées par les teml)s; par exemple: Les choses
qui appartiennent à l'espace se disent du Globe terraqué considéré
en lui-même, et les choses qui appartiennent au temps se disent de
la rotation et de la marche de ce globe; celles-ci aussi font Ics
temps, et cel!es-Ià font les espaces, et elles se fixent ainsi d'après les
sens dans la perception des mentais qui réfléchissent; mais en Dieu
il D'y a rien de l'espace ni du temps, comme il a été montré ci-
dessus, et cependant c'est de Dieu que viennent leurs commence-
menls i de là résulte que l'Infinité de Dieu relativement aux espaces.
est entendue par J'immensité, et que soo infinilé relativement aux
temps est entelldue par l'Ëternité. Mais dans le Ciel, par l'lmmensil6
deDieu, Jes Anges perçoivent la Divinité quanU et par l'Eter-
Dité la Divinité quant li. l'Exister; et aussi par l'Immensité la Divi-
Dité quant à l'Amour, et par l'Éternité la Divinité quant à la Sa-
ie.c;se; cela vient de cc que les Anses, en pensant à la Divinité, font
abstracUon des espaces et des temps, et alors ces nolions en résul-
tent. Mais puisque l'homme ne peut pas penser autrement que d'a-
près des· idées prises des choses qui appartiennent l l'espace eL ail
4.6 LA VRAIE
temps, il ne peut rien percevoir de l'Immensité de Dieu avant les
ni l'[ternité de Dieu avant les temps; et même quand
il en veut percevoir quelque chose, il est comme si son melltal tom-
bait en d6faillance. fi p.eu près comme celui qui étant tombé dans
l'eau est dan!\ un élat de naufrage, ou comme celui qui Il'affaissanl
dans un tremblement de terre est dans un état d'absorption; bieq
plus, s'il l)tlrsisLe toujours à pénétrer dans un tel sujet, il peut fa-
cilcment lomber darls le délire, et être porlé par là à nie" Dieu.
Une fois aussi, moi, je fus dans un semblable état, en pensant à ce
qne c'est que Dieu de toute étel'niLé, ce qu'il faisait avant la fonda-
tion du l\londe, s'il a délibéré sur 13 Cré.llion, et réOéchi sur l'ordre
scIon lequel il la ferait, si dans ce qui est purement le vide une pen-
sée dëlibél'ative él!it Vossible, "et à lliusieurs autres choses vailles ;
mais a6n que par de telles pensées je ne tombasse pail danll des dé-
lires, je fus élévé (lai' le Seigneur dans la sphère et la lumière où
sont les Anges intérieurs, eL 1:1, aprè.i que l'idée de !"espace et du
temps, dans laquelle avait été ma pensée, eut été un
peu éloignée, il me fut donné de comprendre que l'Eternité de
Dieu n'esL pas l'étel'nité du temps, et que le temps n'ayant pas existé
avant le l\londe, il était absolument inutile d'a"oir de telles pensées
sur Dieu; puis, de ce que le Divin de touLe éternité, I,ar conséquent
abstl'ait de tout temps. ne renferme ni jours, ni anuées, ni siècles.
mais que touL cela est pour Dieu uu Instant, je c.o(lclus que le Monde
a été créé par Dieu, non dans le lempS,"mais que les temps ont été
introduiis par Dieu avec la Créalion. A cela j'ajouterai ce Mémo-
rable : Il apparaiL à une extrémité du Honde Spirituel deus Statues
en forme bumaine monstrueuse, la bouche ouverte oL le gosier di.
lalé, par lesquels se croient engloutis ceux qui pensent des choses
inutilea el extravagantes sur Dieu de touLe éternité; mais ce sont
des fantaisies dans lesquelles se jettent ceUI qui ont de Dieu avant le
Monde créé des pensées discoD\'enantesetqu'i1s nedoivent point avoir.
32. V. LA. R.A.ISON, ILLUSTRÉ! D'A.PRÈs E"N GRAND NOMBRE DB
FAITS DANS LE MONO!, PEUT VOIR DE DIEU.
Il va être énuméré quelques-uns des fails par lcsqueb la Raison
humaine peut voir l'Infinité Qieu: ce sont les suivants: iD Dans
l'Univers créé, il n'y a pas deux choses qui soient Identiqués: qu'il
n'y ait pas celle Identité dans les simultané3, c'est ce que l'Erudi-
r
RELIGION i'l
tion humaine a vu et confirmé d'après la raison, et cependant les
choses substantielles el matérielles de l'univers. considérées indivi-
duellement, sout en nombre infini; qu'il n'y ait pas non plus dans.
le 1I0nde Identité de deux erets dans les successifs, c'est ce qu'olt
peut conchJre de la gyration de la Terre, en ce que son excentri-
que dans les pôles fail que jamais rien ne revient de même; qu'il
en soil ainsi Il l'égard de on le voit avec évidence par les
faces humaines, en ce que dans le l\londe entier il n'y a Il as une
seule face absolument semblable la une Autre ou la même qu'une
autre, et ql:l'il ne peut pas non plus y en avoir durant l'éternité;
celte vllriélé infinie ne peut absolument veni'r que de l'Ilifinité de
Dieu Créateur. 2
11
Il n'y a pas un seul homme qui ait un C:lraetèra
(Animtls) absolument semblable à celui d'un aulre; aussi dil-on:
Autant de lêtes, autant de sentiments; pareillement il n'y a . pas un
seul homme qui ait un 1\lental, c'est-à-dire, une volonté et un en-
tendement, absolument semblable :m menlal d'un auLre ou le même
que celui d'un autre; par conséquent pas un seul homme dont la
l:mgage lIu:m1 au son el quant à la pensée d'où résulte le son. et
dont l'action quant au geste et quant à l'affection, soient exacte-
ment les mémes que le langage et l'action d'u.D autre; par cette va-
riété inOnie on peut voir aussi comme dans un miroir l'Infinité de
Dieu Créateur. 3
D
Dans loute semence, tant des animaux que des
végétaux, il y a implantée (insitl') une sorte d'immensité et d'éter-
nité ; d'immen3ilé. en ce que la semence lleut étre multipliée à l'in-
fini; d'éternité, en ce que celle multiplication a duré depuis la
création du Monde sans interruption jusqu'à présent, et qu'elle
dure à perpétuité: dans le Règne animal, prends les poissons de
la mer; s'ils étaient multipliés selon l'abondance des semences, em
vingt ou cinquante Ans ils remilliraient l'Océan, au point qu'il ne
eonsislerait qu'en poissons, et que lion Eau inonderait toute la
terre et ainsi la ravagerait; mais pour que cela n'arrivât pas, il a
.été pourvu par Dieu à ce que le poisson servit de ail
poisson, Il en serait de même des semences des vésétauJ:; si elles
étaient plantées en aussi sraud nombre que chaque véSétal en pro-
duit chaque année, en vin st ou trente ans elles rempliraient la sur-
face non-seulement d'une seule terre, mais encore de plusieurs
,lobes; en effet, il y a des arbris. .. eaul dont cbaque semence pl'O--!
48 LA. VRAIE
duit des centaines et des lllilliers d'autres semences; Cais-en l'expé-
rience par le calcul, en SUI'pulanL la production d'une seule en
con Linuant ou lrente fois, ct tu ,'errlls; pal' ce!! exemples on
peut voir la Divine Immensité et la Divine Eternité, dont il est im-
possible que l'image (instar) ne soit pas produite dans une sorte de
face commune, 4° L'Infinité de Dieu peut encore se manifesLer de-
vant une Raison illustrée, quand on considère l'infinité dans laquelle
peut croître chaque science, et par chaque science l'intelligence et
la sagesse, l'une et l'autre pouvant croltre par les comme
l'arbre par des semences, et cOIllme les forêts et les jardins par des
arbres, car il D'y a pas de fin pour l'in tellitlence ni pour la sagesse;
la mémoire de l'homme est leur bumus, l'entendement le lieu où
eIlés serment, et la volonté le lieu où elles fructifient; et ces deux
facultés, l'emendemcnt et la volonté, sont telles, qu'elles peuvent
étl'e cultivées et perfectionnées dans le Alonde jusqu'à 1:1 fin de la
yie et ensuite éternellement, :SO L'Infi9ité de Uieu Créateur peut
encore être vue d'après le nombre infini des Etoiles, qui sonL au"
tant de Soleils et par suite autant de lIondes; que dans le Ciel
Asll'al il y ait aussi des Terres, sur lesquelles il y a des hommes,
des bêtes, des oise:aux et des végétaux, c'est ce que j'ai montré dans
un Opuscule écrit d'après ce que j'ai vu, 6° L'lnfiniLé de Dieu est
devenue encore plus évidente pOlir moi d'après le Ciel Angélique,
et aussi d'après l'Enfer, en ce (IU'ils ont été l'un et l'autre distri-
bués et coordonnés en d'innombrables Sociétés ou Consrésations
selon toutès les variétés de l'amour du bien et du mal, et en ce
que chacun y occupe une place selon son amour; c·ar là tous pro-
viennent du Genre Humain; ils y ont éte rassemblés depuis la
tion du Monde, et pendant les Siècles des siècles on y sera rassem-
blé; et en ce que, quoique chacun y ait son lieu et sa demeure,
tous cependant y ont été tellement conjoints, que le Ciel Ansélique
tout enLier représente un seul Domme Divin, et l'EnCer tout enlier
un Diable monstrueux i d'après le Ciel el l'Enfer et d'après les·
merveilles infinies qu'ils renferment, l'Immensité de Dieu unie à sa
Toute-Puis..o;ance se présente i la vue d'une manière manifeste.
7° Qui mêlDe ne peuL comprendre, pour peu qu'il élève le raisonne-
ment de son menlai, que la vie durant l'éternité, dont jouit cbaque
homme après' la morl, ne peut être donnée que par un Dieu Eter-
-
RELIGION CHRÉTIENNE
'9
Del? 8° Outre cela, il y a une sorle d'Infinité dans beaucoup de
-choses qui tombent dans la lueur naturelle, ct dans la lueur spiri-
tuelle chez l'homme: Dans la lueur natw'elle; ainsi il y a dans
]a Géométrie différentes Séries qui yont jusqu'à l'infini; entre les
trois degrés de bauteur il y a une progression à l'infini, c'esL à sa-
voir, que le premier Degré, qui est appelé naturel, ne peut êLre Iii
perfectionné. ni élevé à la perfection du'second degré qui est appelé
spirituel, ni celui-ci li la perfection du Il'oisième qui est
appelé céleste: il en est do même entre la fin, la cause et l'effet;
ainsi l'effet ne peut pus être perfectionné, de manière à deyenir
comme sa cause, ni la cause de manière à de\'enir comme sa fin:
cela peut être illustré par les atmosphères, dont il exisle trois de-
srés, car il y a l'aure suprême, sous elle l"étller, et au-dessous
de l'élher l'air; et aucune des qualités de l'air ne peut être élevée
A l'une des qualités de l'éther, ni aucune des (IUtllités de l'éther à
l'une des de l'aure j et cependant il y a dans chacune des
trois une élévation de perfections à l'infini: Dans la lueur spzi'i-
tuelle; ainsi l'amour nalurel, qui apparLien t à la bète, ne peut
être élevé dans l'amour spirituel qui [,al' la création li été mis dans
l'homme; il en est Ile même de l'ilitelliA;ence nalurelle de la Lête
respecth'ement à spil'ituclle de l'homme; mais comme
ces choses ont été jusqu'à présent ignorées, elles seront expliquées
ailleurs, D'après ce qui yient d'être dil, Oil l'eut voir que uni-
versaux du Monde sont dos Iypes perpétuel:\ de l'[ntinité de Dieu
Créateur j milis comment los singuliers imitent les universaux, et
représentent l'Infinité de Dieu, c'est un Abime, el c'est un Océan.
dalls lequel le Mental humain peut pour ainsi di.'e naviguer; m'ais
qu'il se meUe en garde contre la tempête que soulève l'holDme na-
lurel, laquelle submergera le vaisseau .wec mals et \'oilo$ par la
poupe, où se tient l'homme naturel plein de confiance en lui-
même"
33, VI. TOUT C:E QUI A :td CRiÉ EST J'INI, El' EST DANS
LES FINIS CONliE UANS DES BÉCRPTACLES, .l!:l' DANS LES IIOliliES
CUlIME DA:fS SES IMAGES,
Si tout ce qui a élé créé e.l;t fini. c'est parce que toutes choses
prQcèdent de Jéhovah Dieu par le Soleil du Monde spil'ituel, (lui
,L'entoure le plus près, el que ce Soleil provient de la Substance
1. 4
ISO LA VRAIE
qui tic Jéhovah·, tlont l'es·sencc est l'amour; de ce Soleil
par sa chalour et lum:ère a élé créé l'Univers tlepuis !IeII pre-
miers jusqu'à ses mais ce n'est rail ici le lieu d'èxposer
eu ordre la progres ... ion de la création; danr. la Imite il en liera
donné une &orte de plan. Ici, il importe seulement de sa"oir qu'ulle
a élj1 formée d'une aUlre, et qu'ainsi ont été constitués des
Irois dan ... le Monde IIllirilllel, el trois l
ceu,·oi dans le Monde naturel, el 10.Ut anlant dans 16.11 subslances
en repos (quiescentz6us) dans lesquelle.1I consiste le Glohe terraqué;
mals d'!)il vienMllt (',es degrés el quelll ils sonl, c'ej:L ce qui a éi6
Jl'eilll'lUell' exposé dans LA. sun J.8 Divil AMOUR
ET sun I.A IlIlblic.le il Amsterdam en t i6a, el clans
1'0,1l1-:6ule Jill CU:IUJF.IICK III:: 1:"lIF. t:T nu COIIPS, imprimé il.
en t i fi9 : (lar ces tlegl'és, il est arri,'é IllIe LOIiII lell "o!llériellrs sonr
rPI'cptaeleil des an ceux-ci chosf's encore :10-
tériellres, et ainsi en ordre réceptacles des prilllitirs, daus lesquels
cOllsillte le Soleil d .. Ciel Angélique, t'l qu'aimli lell finis sonL 16.11
rércptacles ,le l'infini; ce qui coinciclc allssi :l\'ec la Sngl'sse des
Anciens, suivunt laquelle toul, en général et en particulier. esl di·
\'isihle à l'infini. L'i.Jée \"lilifaire est que, le fini lit) pOIl\'3nl conle-
nir l'infini, les finis ne JlClI\'enl être les réceptacles de l'illlini ; mais.
d'après ce qui. cl:lOl1 !liES OU\1IAGES, a rilJlI,orlé Sllr la Création,
on "oit que Dicu a d'abord fini son Infinilé par 11.'8 SuhSL:lIICell émi-
se:; de Lili, d'al,rès lell'luelJes a e"islA son envelol'pe la plus proche,
qui 'cOllsLitll8 le Soleil du Monde Sl,irituel i et qu'ensuile par ce So-
il A 118I'fectionné les 81Jtres envelorpes jusqu'à la qui
en subslances de repos (quiescentilJus) , et qu'ainsi par
degrés il a fini de plu!l en plus le l'Ionde: ceci a été raflporté dans
le bllt de RaliFofaire la raison humaine, qui n'a pas de repos 11 moins
qu'elle ne ,'oie la cau):e.
34., Que l'Infini Divin soit dans le." hommes comme dans ses ima-
ges, on le voit d'après la Purole dans laquelle on lit: • Enfin Diers
dit: Faisons fhomme à ,wlre image, se/on nQb', ressemIJ/anee;
Dieu créa donc fhomme à son image. à fimage de Dieu il le
créa . • - Gen. 1. !6. !7. - JI suit de là que l'homme est on Or-
gane récipient de Dieu. et qu'il est Oriane selon la la
ftception, Le Ilentaillumain, Il'après It'quel et selon lequel l'homme
.
1
RELlnJON CHRÉTŒNNF.
homme, a élc\ formé cn trois l\égions selon le!'! d('gré!! : ce
men laI est !tan_!i! del!!'é, dan!! lequel !'On 1 Ru!!si les
Anp:e!l du Ciel suprême: il est !llliriluel d:ms le second degré, dans
Jequel font 3111i!li les Anges du Ciel-m()yën-;Cl1r naiu,'el dans
le dan!! lelluel sont aussi les Angt!! Ihïdernier
Ciel: le humain, organisé selon ce!l trois e§tle ré-
ceptacle de l'influx Dh'in ; mais jamais le Divin n'inDue plu!I avant
_ 'lue l'homme aplanit Il! chemin ou selon qn'II oi,;':; fa \
porte. Si le chemin esl aplani, on si la I,orte est ouverle jusqu'ail
!luprême 011 céle!lle, :llor!l l'homme devient \'éritahlemenlJ:i-
mage do Dieu, et al,rè!l la 1II0ri il devient A nge du Ciel suprême;
si l'hollll11e n'aplanit le on n'ourre la porte que jusqu'au de-
gré moyen 011 !lpÏl'i!J,el, il de\'ient, il t'st vrai, l'imllse de Dieu,
mais non dans celle perfection, et aprè!! la mort il de\'i("nl Ange
-du Ciel moyell ; !Ii )'holllme n'al,lanit le chemin 011 n'ouvre la porte
'Iue pOlir le cJernier ou degré nall/rel, el qu'alors il recon-
naisse Diell ell.'adore par IIne piété acluelle, il devienll'image de
Dieu dans le de,'nier dl'gré, et aprè':l la morl il dcvient Ange du
derllie,'(:it.": ail conu'aire, si l'homme ne rcconnatL pas Dieu et ne
L'adora par IIl1e piété IIcluelle, il d6pouille l'image de Dieu. et
dc\'ient !lemblable à une sorte d'animal, li l'exceplion qu'il jouit de
la Cacu/lti de comprendre, el par suile, de parler; si alors il ferme
Je deRré nalurel, qui correspond au Iluprême céleste, il
4le\'illllt quan 1 à l'amour semhlable à la bête de la lerre; !l'il ferme
!e d('gré moyen naturel, qlli correspond ail moyen spirituel, il de-
vient qua:lt li l'amour comme un renard, et quant à la vue de l'en-
tendemenl comme un oiseau fle nuil; s'il ferme aussi le .Iernier
degré nalurel quaTlt au spirituel de ce naturel, il devient quant
l'amour comme une bêle féroce. ct quant à l'entendement du l'rai
un pois!lon. I.a Vie Divino qui, par l'influx procédant du
Soleil du Ciel Angélique. met l'homme en aClion, peul élre com-
parée à la I.umière procédant du Soleil du Monde el à son influx.
dans un objel diaphane; la réceplion de la vie dans le suprême de-
gré, A l'influx de la lumière dans un diamant, la réceplion de la
,'ie dans le second degré, à l'influx de la lumière dans un cristal;
el la réception de la vie dans Je dernier degré. à l'influx de la lu-
mière dans un verre ou dans une membrane transparente; mais
S2 LA VRAIE
si ce dernier degré quant à son spirituel éLait entièrement fermé,.
ce qui arrive quand Dieu est nié et Satan adoré, la réception de la
vie procédant de Dieu peul être comparée l l'inDul de la lumière
dans les corps opaques de la Lerre, cOlOme dans du bois pourri, ou
dans un gazon de marais, ou dans du fumier, et -ainsi du r,esle;
car l'homme alors clevient un cadavre spirituel.
• • • • •
35. A ce qui précède j'ajouterai ce MEMORABLE. Un jour j'étais très-
étonné de l'immense multitude d'hommes qui attribuent à la Nature
la Création, par suite tout ce qui est au dessous du Soleil et toul
ce qui est au-dessus du 'Soleil, disant, eIl le reconnaissant du fond du
cœur, quand ils voient que!que cbose: Cela n'esl-i1 pas de la na-
ture! Et qn:J.nd on loul:. demande pourquoi ils attribuent cela à la
Datu." et non à Dieu, lorsque cependant ils disent parrois a,,'ec la
communion de l'Égliso, que Dieu a créé la Nature. et que par suil8"
ils pOUl'raient aussi hien tlire que les choses qu'ils voient sont de·
Dieu, que de dire qu'elles sont de la nature; alors ils répondent
d'un ton inlerue presque lacite: Qu'est-c" que Dieu, sinon la
Nature! Tous ceux-là se montrent glorieux de la quo.
l'Univers a été créé par la Nature, et de celte folie comme d'une sa-
gesse, au point qu'ils regardent 10us ceux qui reconnaissent la Créa ...
tion de l'Univers par Dieu, comme des fourmis qui se t'l'ainent sur la
terre et suivent le chemin battu, et quelques-uns, comme des pa-
pillons q!li volent dans l'air, appelant leurs dogmes des songes,.
parce qu'ils voient ce qu'eul ne voient pas, disant: Qui a vu Dieu,
et qui est-ce qui ne voit pas la Nature r Pendant que je Dl'étonnais.
de la multitude de ces hommes, un Ange parut devant moi SUI' le
côté et me dit: Sur quoi médites-tu r et je répondis: Sur la multi-
tude de ceux qui croienL que la Nature est par elle-même, et qu'ainsi
elle a cl'éé l'linivers; el l'Ange me dit: Tout l'Enfer est composé-
de tels hommes, el ils y sont 3j'peMs Salans eL Diables ;
ceux qui se sont conl1rmés pour la Nalure, et onL par suite nié Dieu;
Diablt's, ceux qui ont vécu tIans les crimes, et onl ainsi retejé de
leurs cœurs toute reconnaissance de Ilieu : mais je vais Le conduir&
a des Gymnases situés dans la Plage méridionnald-occidentale, où
résident ceUI qui sont tels et qui ne sont pas encore dans l'Enfer:
et il me prit par la main, et me conduisit; el je vis des maisonnettes
r
L
RELIG ION CURtTIENNE
.clanll lesquelles il y avait des et au milieu à'elles une qui
-était comme le Prétoire de too tes les autres; ce prétoire était cons-
truit en pierres de poix qui étaient recouvertes de lamines' comm&
de verre brillantes comme d'or et dOargent, telles que sont celles
-qu'on nomme sélénites ou talc; et ça et elles étaient parsemées
.de brillants coquill:Jges. Nous nous approchâmes de cette maison, el
nous frappâmes' l la porte; et bientôt quelqu'un l'ouvrit, et nous
-dit: Soyez les bien-venus; et il courut l uile table, ·eHI apporta
.quatre livres, et il dit: r.e!l Livres sonL la 'Sagesse, à laquelle uhe
multitude de Royaumes applaudit aujourd'hui; li. ce Livre ou A cette
.Sagesse applaudissent nombre d'hommes en France, il celui-ci nolD'-
bre d"hommes, en Allemagne, 'l celui-ci quelques-uns en
-et à celui-ci quelques-uns en Angleterre; puis il dit: Si ,·ous voulez
voir, je ferai que ces quatre Livres vont briller l vos yeUI ; et alors
il exhala et répandit toutll'entnur la gloire ile sa réputation, et les
Livres aussitOt resplendirent comme de lumière; mais celte lumière
.devant nos yeux se dissipa sur-le-champ: et alors nous lui deilian-
dAmes ce qu'il éorivait maintenant; et il répondit qu'en ce mottient
il tirait ·de ses trésors et exposait les choses qui appartiennent lia
sagesse intime, et qui err résumé sont celles-ci: 1 La Nature appar-
timt-elle à la Vie, ou la Vie appartient-elle à la Nature. U. Le
Centre appartient-il à rEtendue, ou rEtendue appartient-elle au
Centre. III. Sur Le centre de rEtendue et de la Vie. Après avoir
ainsi parlé il se remit sur un vers la table; mais nous, nous
parcourdllies son Gymnase qui était spacieux; il avait sur la table une
Chandelle, parce que là, il Y avait non pas une Lumière de soleil, mais
une Lumière nocturne de lune; et, ce qui m'çLonna, la chandelle pa-
.raissaitêtre portée Il de tout cOté el éclairer; mais comme elle n'était
pas moucMe, elle éclairait peu; et pendant qu'il écrivait, nous· voyions
voltiger de la table sur les murs des images de forme dift'érenie, qui.
dans cette lumière nocturne de lune, apparaissaient comme de beau
oiseaux des Indes, mais quand nous ouvrions la porte, voici, ces
images, dans la Lumière diurne du Soleil, apparaissaient comme
des oiseaux de nuit dont les ailes sont en forme de filet; en effet,
c'étaient les vraisemblclnces, qui par des confirmations étaient deve-
nues des illusions, qu'il a,'ait ingénieusement liées en série. Après
avois vu cela, nOlis nous approcbAmes de la table. et nous lui de-
5'
LA VIU.lB
mand4mes ce qu'il écrivait dans ce i il dil : Sur re Pail tEll
POINT: LA NATURB LA VIE, OU LA VIS APPARTIENJ-
ILLE A LA NATD!,E i el, tlur ce point, il dil qu'il pouvait con6rmer.
l'uB et l'autre, et faire que l'u n et l'antre soit vrai ; mais comme il y
Iyait au dedans quelque cbose de caché qU'j) redoutait, il n'osait
confirmer que ceUe proposition, que la Nature appartiel'lt à la Vie ..
c'esl-à-dire, vient de la Vie: et non l'autre, que la 'Vie aPI,artien1
i la Nature, c'est-l-dire, vieot df! la Nam.". NOliS lui demandâmes,
avec honnêteté ce qu'il y a\'ait au dedans de caché qu'il redoutait ;.
il répondit que c'élait d'être appelé Naturalisle, et par conlléqueol
Alhée l'ilr les Prêtres, et HOI,Jme d'une raisen peu saine par J.ai-
ques, parce que les uns et les autres ou croient d'après une foi aveUr-
,le, 011 \"oient d'après la vue de ceux qui confirment celle foi. Alors
poussés par une sorte d'indignation de zèle pour la vérilé, nous l'io-
terpell4mes, eo disant: Ami, lu te trompes beaucoup; ta
qui consiste à écrire avec talenl, L'a séduit, et la gloire de la réputa-
tion t'a induit à confirmer ce que lu ne crois pas: ne sais-tu pas.
"que le Mental humain peut s'éteyer ail-dessus des senlWels, lesquels.'
sont ce qui, dans les pensées, provient des sens du corns ; et
lorsqu'il est élevé, il voit en haut les choses qui apparliennent à la
Vie, et en bas celles qui appartiennent l la Nature! Qu'est-ce que.·
Ja Vie, sinon l'Amollr et la Sagesse, et qu'est-ce que la Nature, sinon
le réceptacle par lequel l'Amour et la Saiesse opèrent leurs effets
ou les usages r Est-ce que la Vie et la Nature peuvent être un autre-
ment que comme le prinoipal et l'instrumental f esl-ce que la lu-
mière peuL être IID avec l'œil, ou le son a\"eo J'oreille; d'où vien-
Dent les liens de l'œil et de l'oreille sinon de la vie: et leurs formes.
sinon de la nature! Qu'est-ce que le Corps humain, sinon lin Organe.
de la Vie f tOllt ce qui le compose,en général et en particulier, n'a-t-
il pas été organiquement rormé pour produire ce que l'Amour veut.
et ce que l'Entendement pense! les du corps ne vienllen.t-ils
pas de la nature; et l'Amour et la Pensée ne procèden l-i1s pas de la
yie! res choses De sanl-elles pas absolumen, distincles entre elles t
Élève encore un peu plus flaut la pelllpicaciLé de ton Bénie, e1tH
.. erras que c'es1 le propre de la vie d'être affecté et de penser, et
qu'être affecté appartient à l'amour, que plmser appartient i la Sa.-
1e&.$8, el que l'un el l'autre appartient. la vie; car, ainsi qu'il a
RELIGION
lUI
été dit, l'amour el la Sage9.'18 sont la vie: si lu élèves encore un pell
pllls ,bauL la facilité de comprendre, lU verras que 'l'amour eL la Sa-
BlIIISe De peuvent exisler, A moins que leur origine ne SOiL quelquo
pari, eL que leur origine est l'Amour M6me et la Sagesse Même, et
par conséquent la Vic Même; et ces choses sonL Dieu de qui pro-
vient la Nalnre, Ensuite IIOUS parl:hnes avec lui du SECOND POINT:
LE CEnnE APPAnTIEliT-IL A L'ETENDUE, OU L'ETENDUE APPAIlTIENT-ELLE
AU CENTRE; et nous lui demalulAmes pourquoi il agirait ceUe ques-
tion i il nous répond il : Dans le bUl de conclure sur le Centre eL rE-
tendue de la Nalllre et de la Vie, ainsi sur l'ori,ine de l'une eL de
l'aulre; et quand nous lui eûmes demandé quelle élait !\on opinion
Sl!r ce I,oint i il nous répondit, comme l'ur le premier point, qu'il
pOllvllit confirmer l'une et l'aime proposition, mais que, clans la
cl1linle de perdre sa réputation, il conli,'mait que l'EteuJue appar-
tient au Centre, c'est-à-dire, vienL du Centre; quoique je sache,
ajouta-t-il, qu'avanL le Soleil il y a eu quelque chose, que co
quelque cbose élèlit partout dans l'Etendue, et a conflué de soi-
même eo o,'dre, ainsi dans le Celllre_ Alors nous l'inlerpelIinles de
Douveau avec ulle indignation excitée par le zèle, et nous lui dimes:
Ami, tu es fOD; et dès qu'il eut enlendu ces moLs, il recula SOD
siége de la table, et nous reBarda a\'ec timidité, eL alors il prêta l'o-
reille, mais en riant: cependant nous continuâll1es en ces termes:;
Quoi de plus insensé que de dire que le Centre vient de l'Elendue,
- par ton Centre nous entendons le Soleil, eL par ton Elendue nous
entendons l'Univers, - et qu'ainsi l'Univers aurait ellsté sans le
Soleil 1 Est-ce que le Soleil ne fait pas la Nature et Lautes selI pro-
priétés. qui dépendent uniquemenL dela Lumière et de la Chaleur
procédant du Soleil par les Atmosl,hères? où la Nature a été aupa-
ravanL et d'où elle vient, c'est ce que nous le dirons lorsque le Il'oi-
si ème poinL sera agité; les Atolosphères et toutes 166 choses qui
sonl sur la Terre ne sont,elles point colDlDe des S!lperficies, eL le
Soleil n'est-il point leur Cenlre! qu'esL-ce que toutes ces choses
sans le Soleil, peuvent-elles subsisLer un &eul instant t par consé-
quent, qu'est-ce que toutes ces choses avalltle Soleil, ont-elles pu'
exister! la subsistance n'est-elle UDe perpétuelle existence! puis
donc que la subllistance de Lautes les choses de la Nature vienL du
Soleil, il s'en suit que l'existence de toutes cboses en vient aussi;
....
LA VRAIE
chacun le voit reconn:lrt par inluition ; de même que le poslé-
rieur eliste d'après l'antérieur, ne subsiste-t-i1 pas aussi d'après lui!
Si la superficie était l'antérieur. ct le Centre le postérieur. l'anté-
rieur ne subsisterai t-il pas d'après le postérieur r ce qui esL cepen-
dant contre les lois de l'ordre! Comment les postérieurs peuvent-ils
pr.oduire les antérieurs, ou les eXLérieurs intérieurs. ou les III us
grossiers les plus purs! en conséquence comment les superficies qui
coDstitnent l'Etendue peuvent-elles produire le Centre! Qui ne voit
piS que cela est contre les lois de la nature! Nous t'avons donné
ces argmnenls tiréli de l'Analyse de la raison pour confirmer que
l'Etendue existe d'après le Centre, et non vice vi!f'sd, quoique qui-
conque pense juste le voit sans ces arguments. Tu as dit que l'ELen-
due li\'ait d'elle-même conflué dans le Centre, ainsi ce serait fortui-
tement' dans un ordre tellement admirable et surprenant, que cha-
que cbose esL pour IIne autre, et que lout en s-énéral et en parliculier
est pour l'homme et pOlir sa vie éternelle; est-ce que la Nature peut
de quelque amour par quelque sagesse tendre au! fins,envisager les
causes, et pOllr\"oir aux effets. de manière que de telles cboses exis-
tent dans leur ordre! et peul-elle avec des hommes faire de .. Anges,
et de ceul-ci conslituer le Ciel, et faire qlle ceux qui y sont ,ivent
éternellement' Pose toi ces propositions. et réfléchis, et alor$ lom-
bera 10A idée de )'cxisrence de la nature par )a nature. Après cela,
nOlis lui demanddrnes ce qu'il avait pellsé, et ce qu'il pensait à pré-
sent du TRolsl!l:)I! POll'lT : SUR LE CE.'1TRE ET L'ÉTENDUE OK LA NATURE'
ET nE LA VIE; s'il croyait que le Centre et l'Etendue la Vie fus-
sent la même chose que le Cel/tre et l'Etendue de la Nature. Il ré-
pondit qu'il était en suspens; qlle d'abord il avait pensé qlJe l'activité
intérieure de la Nature élait la Vie, et que l'Amour et la Sagesse
qui fonl la "ie de l'homme e'n provenaient; et que
le feu du Soleil par la chaleur et la lumière. les atmosphères slr-
vant de moyens, la produisait '; mais que maintenant. d'après ce .
qu'il venait d'entendre sur la vie des hommes après la mort. il était
dans l'incertitude, et que celle incertitude portait son meutal tanL6t
en baut. tan rOt en lJas; quand -c'est en haut, il reconnalt un Centre
doot il n'avait ell aup:trayant ancune notion; nt quand c'est en bas,
il voit Je. Centre qu'il avait cru Unique; que la Vie vient du Centre
dont il n'avait eu· auparavant ·.aucune notion; que la Nature yient .
l
1
RELIGION
157 •
du Centre qu'il avait cru auparavant être unique; el que ru n ell'au-
tre Cenlre a une Etenduc autour de lui. A ces mots, nous dlmes :
C'est bien, ponrvu qu'aussi, du Centre et de l'Etendlle de la Vie tu
veuilles cOllllidérer Je Centre el l'Etendue de la Nature, et non vite
fJtrad: et nous lui apprlmes qu'au-dcssus du eiel Angélique il ya un
Seleil, qui est pur Amour, et en apparence igné comme le SoieU du
monde; que c'est d'après la Chaleur qui procède de ce Soleil que les
et les hommes ont la Volonté et l'Amour, el que c'est d'après
.sa Lumière qu'ils ont l'Entendement et 1:1 Sagesse; que les choses
qu; procèdent de là sont dites Spirituelles, et que celles qui proœ.
dent du Soleil du Ilonde, sonr.les contenants ou les réceptacle:; de
la vie, et sont dites Naturelles; que l'Etendue du Centre de la Vie
est le HOXOE SPIRITUEL qui subsiste par son Soleil, cl que l'Etendue
du Centre de la. Nature astle NATUREL, qui subsiste par son
Soleil. Puis donc que les Espaces et les Temps ne peuvent se dire de
l'Amour et de la Sagesse, el sont remplacés par les États, il s'en
suit qne ce qui est en expansion autour du Soleil du Ciel Angélique
pas une Étendue, mais est néanll!0ins dans l'Étendue du Soleil
naturel, 4't selon les réceptions chez les sujets vivants, et les ré-
ceptions selon les formes et les éta!s. Alors il demanda d'où venait le
feu du Soleil du monde ou de la nature; nous répondlmes qu'il
vient du Soleil du Ciel Anséliqne, qui est non pas IlD feu, mais le
Divin Amour procédant immédiatement de Diell, qui est au milieu de
ce Soleil: comme il en était étonné, nou s le lui démontrâmes ainsi:
L'Amour dans son eSllence est le feu spirituel; c'cst pour cela que
le feu, dans le sens spirituel de la Parle, signifie l'amour; de Il
les Prêtres, dans les Temples, prient que les cœurs soient remplis
du Feu céleste, par lequel ils entendent l'amour; le feu de l'Autel
et le fell dll Cballdelier dans le Tabernacle, chez les Israélites, ne
représentait pas autre chose que le Divin Amour; la Chaleur du
sang, ou la Chaleur vitale des hommes et en général des animaul,
n'a pas d'aulre origine que l'amour qui fait leur "vip.; de vient
que l'homme s'embrase et s'enflamme, lorsque son amour est eulté
en zèle, ou excité en colère et emporlement: c'est pourquoi de ce
que la Chaleur spirituelle, qui est l'Amour, produit chez hommes
une chaleur natnrelle, au point d'écbauft'er eL d'enflammer leurs
faces et leurs membres. il devient éVIdent que le Feu du Soleil Da-
B8 LA VRAIE
tltrel n'existe que d'après le Feu du Soleil spiriLllel, qui est le Di-
yin Amour, Maintenant. puisque l'Étend Ile vient du Centre, et nOD
"ice tJel'sd, comme nous l'avons dit plus haut, et que le Centre de
la vie, lequel est le Soleil du Ciel Angélique, est le Divin Amollr-
procédant immédiatement de Diell, qui est au milien de ce Soleil
et puisque c'est de a que vient l'Étendue de ce Centre, laquellE!·
qui aPI,elée Monde spirituel, et que c'est I,ar ce Soleil qU'IL
le Soleil du Monde, et par celui-ci son Étendue qui est ap-
pelée alonde naturel, il est évident que 1 Univers a été créé par-
Dieu. cela, nOlis noull ell allâmes, eL lui nous accompagna
au delà du portique de son Gymnasta, eL s'entretint avec 1I0US sur
le Ciel el l'Enfer, el sur Divin auspice, nec une nouvelle sagacité

DE L'ESSENCE DE DIEU, ESlIENCE QUI 1.81' l.K DIVIN AMOUR
E'r LA DIVINE SAGESSE,
36, Nous avons dislinguo entre- l'Etre de Dieu l\t de
Dieu, Ilarce qu'il J a une distinction entre 1'I11finité de Dieu et l'A-
mour de Dieu, el que l'Infinité se dit par application A l'Etre de
Dieu, et l'Amour par application il de Diuu ; en effet, ainsi
qu'il a déjà élé dil, de Dieu est plus universel que l'Essence
de Dieu, pareillemenal'Inlinité de Dieu plus unh'erselle que l'A-
mOllr lie Dieu, c'est pourquoi l'Inlini devient-il un adjectif des Es-
sentiels et des Attributs de ))jeu, qui tous sont dits Infinis; ainsi
l'on dit du Dh'in Amour qu'il est Inlini, de la Divine Sages!\8 qu'elle·
est Infinie, de la Divine Puissance pareillemunt; lion pas que l'Etre
de Dieu préexiste, mais parce qu'il entre dans I"EsSence comme un
adjonctif cohérent, déterminant, forlnant, eL en même tl:.mps élevant.
liais celle section du ChaJli tre, de même que les pr écédentes, sera di-
visée en Articles, savoir:
1. Dieu es' r Amour et la Sagesse mlTlUJ, et ces deuz
font son Euence. .
Il. Dieu est le Bien même et le Vrai que le Bien
appartient à l'Amoln', et le Vrai fi la .c,'a:gesse,
RELIGION CHRËTIENNE
lS9
III. L'A",our meme et la Sagesse sont la Vie
qui la Vie en soi,
IV. L'Amour ft la Sagesse en Dieu fonl un,
V. L'Essellce de l'amour est d'aimer les autres hor, de soi,
de vouloir Itre un avec eux, et de les rmm'e heureux par soi,
VI. Ces essentiels de l'amour ont été la cause de la
création de l'Unwtn's, et sont la cause de sa conservation.
. Chacun de ces Articles va êLre eXllliqué séparément, L
37. 1. Dœu EST L'AliOUR Il!MB ET LA. SAGESSE ET CES
DEUX: FOIto'T SOft ESSENCE.
Que l'Amour eL la Sagesse JloienL deux Essentiels auxquels se ré-
fèrent LOlls Infinis qui sont en Dieu, et qlJi procèdent de Dieu,.
c'est ce que vit la première Antiquité; mais comme les Ages qui
suivireot ont slIc.çessivement détourné du Ciel les mentaIs, el les.
ont plongés dans les mondains eL dans les corporels, ils ne purent
le voir; en eft'el, les commencèrent à ne pas savoir ce que-
c'est que l'Amour dans son essence, ni par suite ce que c'est que la
Sagesse dans SOli essenpe, ignorant que l'amour abstrait de forme
D'est pas possible, et qu'il opère dans la forme et par la forme, Or,
puisque Dieu esL la ,Substance niême et la Forme !uême, la Subs-
11008 unique et la Forme unique, eL ainsi la Substance première et
la Forme première, desquelles l'Essence est l'Amour et la Sagesse.
eL puisque par Lui onL été failes tOlites les cboses qui ont été faites,
il s'ensuiL que, d'après l'Amour par la Sages!le, il a créé l'Univers.
avec touLes et chacune des choses qu'il contient, et que de là le Di-
viQ Amour est conjointemenL avec la Divine Sagesse dans tous el
dans chacun des sujets créés: l'Amour est encore non-seulement
l'Essence formant touLes choses, mais aussi les et les con-
joignant, et ainsi les contenant fOl'rnées dans un encbalnement.
Cela peut être iIlusLré par des cboses dans le Monde;
par exemple par la CHA.LEUR et la LmlltRK pro\'en3lJt du Soleil, qui
sont les deux 'Essentiels et les deul Universaux par lesquels Loules
eL cbacune des cboses existent et subsistent sur la Terre; la cha-
leur et la IUlllièl'e sont là, parce qu'elles correspondenL au Divin
Amour et à la Divine Sasesse, car la Chaleur qui procède du Soleil
do Monde spiritueleSL dans son essence l'Amour, eL la Lumière qui
en provient est dan Il son eS&eDce la Salesse. Cela peul aussi être
60 LA. VRAIE
illustré par It}S deux et les deux universaux, par lesquels
les M'entais bumains existent et subsistent, et qui sont la
et l'ENTENDEIIElIT ; en effet, c'est en eox deux que consiste le Men-
tal de chacun, et tous deux sont et opèrent dans toutes et .
dans chacune des choses de ce ; et cela parce que la Vo.:..
lonL6 est le réceptacle et l'habitacle de l'amour, et qu'il en
est de même de l'EntendemenL à l'égard de la Sagesse; c'est
pourquoi' ces deux corl'espondent ail Divin Amour et à la
Divine Sagesse, dont ils tirenl leur origine, Cela poul encore être
illustré par les deux es.c;enliels et les deux universaux, par les-
quels le.c; Corps humains existent et subsistent, et qui sonL le CœUR
et le POUlION, ou la syslole et la diastole du cœur et la respiration
du pOllmon ; il est bien connu qu'eux deux opèrent dans toutes et
dans chcune des choses du corps; et cela, parce que le Cœur cor-
respond à l'amour, et le Poumon à la Sagesse; ceuecorrespondance '
a été pleinement démBntrœ dans la SAGBSSB ANGIl:LIQDB SOR LB DIVIN'
A.OUR.RT I.A DIVINE SAGESSE( publiée à Amsterdam. Que l'Amour
comme fiancé et mari produise ou engendre toules les formos, mais
par la sagesse comme fiancée et épouse, c'est ce dont on pèllt se
convaincre par dOf choses innombrables dans l'un .et l'autre Monde.
le Spirituol et le Naturel; il suffiL de rappeler que tout le Ciel An-
séltque est disposé dans sa rorme et contenu en elle d'après le Divin
Amour par la Divine Sagesse: ceux qui déduisent'la création du monde
d'autre part que du divin amour par la divine et ne savent pas
que cesdeuxfont la Divine Es.c;ence, descendent de la de la raison à
la vue de l'œil, et embrassent la Nature comme cr6atrice de l'Univers.
et par suite conçoÏ\'ent des chimères et enfantent des fantômes; ils
pensent des illusions d'après lesquelles ils raisonnent, et ils tirent
pour conclusions des œurs dans lesquels sont des oiseaux de nuit;
delels hommes peuvent être appelés Don pas des MentaIs, mais des
Yeux el des Oreilles sans entendement, ou des Pensées sans
ils parlent des couleurs comme si elles pou\'aient exister sans la
lumière; de l'existence des arbres comme si elle pOllvait avoir lieu
sans semen('e, eL de toutes les choses du Monde comme si elles pou-
vaient exister sans le Soleil, puisqu'ils font principes les princ:ipiés
(principiata). et causes les résultats des causes (causata); ainsi
ils renversent Lout, ils assoupissent los veilles de la raison, et ,'oient
par conséquent des sonses. •
l
--
J
RELIGION GBRËTIENNE
61
38. Il. DlJm EST LE BlIN IltHE IT LE VUI Ilt!lll, PAllCE QUE LE
BIEN Al'l'AllTllNT A L'A)lOUR, ET LE VRAI A LA SAGESSI.
Il est universellement connu que toutes choses se réfèrent au bien
et au vrai. indice que toutes choses ont existé d'après l'AlDour et
la Sagesse; en effet, tout ce qui procède de l'amour est appelé bien,
car cela est senLi, et le plaisir par lequel l'amour se manifeste est
pour chacun le bien; d'un autre côté, tout ce qui procède de la
Sa«esse est appelé vrai, car la sagesse ne consiste que dans les vrais,
et' affecte ses objets par le charme de la lumière, ët ce charlDe, lors-
qu'il est perçu, est le vrai procédant du bien; aussi l'Amour est· il
le complexe de toutes les bontés, et la Sa({esse le cOIDlllexe de
IOules les vérites; mais les 'une.'1 et les aulres viennenL de Dieu, qui
est l'Amour même et par suite le même, et aussi la Sagesse
même et par suite"le Vrai mêlDe. De là vient que. daus l'EBlise, il
y a deux essentiels, qui sont appelés Charité et Foi, dans lesquels
consistent toutes et chacune des choses de l'Eglise, et qui doivent
être dans toutes et dans chacune des choses de l'Eglise; et cela,
parce que tous les biens de appartiennent à la charité et
sont appelés Charité, et que tous les vrais de J'Eglise appartiennent
à la foi et sont appelés Foi : les plaisirs de l'amour, qui sont aussi"
les plaisirs de la cbarité, font que les plaisirs sont dits biens, et les
charmes de la sa-sesse, qui sont aussi les charmes de la foi, font
que les charmes fonL la vie des biens et des vrais; sans la vie qui
en provient les biens et les vrais sont comme inanimés, et aussi
sont stériles. Mais, les Plaisirs de l'amour sont de deux senres,
pareillelDent les Charmes qui sembleot appartenir à la sagesse;
savoir, les plaisirs de l'Amour du bien et les plaisirs de l'amour du
mal, et par suite les charlDes de la foi du vrai et les cllarmes de la
foi du faux; ces deux plaisirs de l'Amour, dans les sujets en qui ils
sont, d'après leur sensation, sont nommés biens, et ces deux char-
mes de la foi, d'après Jeur perception, sont aussi biens,
mais parce qu'ils sont dans l'entendement, ils ne sont autre cbose
que des vrais; quoique les deux genres soient opposés entre
et que le bien de l'un des amours soit le bien, et le bien de l'autre
amour le mal, et que le vrai de l'une des fois soiL ]e vrai, et le vrai
de l'autre foi le faux: mais l'Amour don' le plaisir est essentielle-
ment le bien est comme la chaleur du Soleil, fruclifiant, "vivifiant
62 LA VRA.IE
et opérant dans Ijn hnlOus fertile, dans des arbres de bonne qu'nlil6
el de.o;- mOIssons, et faisant du terrai.n, où elle opère, une sorle
de paradis, dn jardin de Jéhovah, et une espèoe de terre de Cnanaan;
et le charme du· vrai de reL amour 85t eomme la lumière du 51>Ieil
an printeml's, et comme la lumière qui influe danll un vase de cris-
tal, où. sonL l'enfermée!! de belles lIeurs el d'où s'exhale une odeur
suave qmmd il esL ouvert; au contraire, le plaisir de l'amour du
mal comme la chaleur du dessér.hant, suffoquant et Ollé-
rant clans lin humus tUérile, et dalls des arbres ingrats, tels que des
et des buissons. el fais:lDl du terrain, où. elle opère, une sorle
de d'Arabie hahité par des hydre5 et des dip-
sades: et le ch:mne du l'aux de cet amoul' est comme la lumière
du soleil en hiver, el cOlllme la lumière qlli Influe dans une bou-
teille, où sont des \'ers nageanL dans du vinaigre, et dos reptiles
d'une odeur infecle. 11 fllUt qu'on sache que lout bien se forme par
des vrais, s'en revêt llIIssi, el clistingn6 ainsi d'un autl'e bien;
il faut encore qu'on Mche que les hiens d'une même souche se lient
en faisceaux el ln couvrent ensemble d'un vêtement, et se clisLin-
guenuin5i des autres; quc les formations &e fassent de celle ma-
nière, c'est ce qu'on voit cliliremeut d'après tout ce qui sc passe eo
«énéral et en particulier le Corps humain; que la même cl.!ose
se dans le Mental humaIn, cela est évident en ce qu'il y a \lne
corre!!pondance de toutes les choses du mental aveo
toule!! celles du corps: de Iii il résulte que Alental humain a été or-
ianiBé intérieurement de substances spirituelles, et extérieurement
de substances naturelles, eL enfin de substances matérielles; le
Mental <lontles .plaisirs de l'amour sont des biens consiste inlérieu-
rement en substances spirituelles telles qn'elles I\ont dans le Ciel,
tandis que le Mental dont les sont des mallx consiste inté-
rieurement en substances spirituelles telles qu'elles sonL dans l'en-
fer, et les. mallx de ce mental sont liés en faisceaux par des faux,
comme les biens de l'autre mental sont. liés en faisceaux par des
vrais; puisque les biens et les maux sont ainsi liés en faisceaux,
voilà pourquoi le SeiGneur dit, que f Ivraie doit 8tre rassem-
1J[ée en faisceaw: pour 8tre ImUée, et qu'ü en sera de
m.4me des scandales. - llatth. XIII, 80, 40, 41. JeaD.
XV, 6,
1
CHRÉTIENNE
39. Ill. Dum, tn'AN'!' ,:AarouR lI:a:lI'S ·ET LA SAGESSE IIblE, EST
I.A VIS Il:a:lII!:, QUI EST J.A. VIE El'f SOI.
n est dit dans Jean: Il La Parole étail chez Dieu, et Dieu était
. la Parole,.. en Elle étail la Vie, et la Vie était la Lumière des
hummes. • -l, t, "; - dans ce paNge, par Dieu est entendu
te Divin Amour, el par la Parole la Divine Sages..ll8; el la Divine
Sagesse esl proprement la Vie, et· la Vie est proproment la LU81ière
qui procède du Soleil du Monde spirituel, dans le milieu duquel est
.Jéhovah Dieu: le Divin Amour rorme la Vie comme le feu fOI'11u,
la lumière: dans le Feu il ya deux choses, Causlil\ité et la
Splendeur; de la C:llIslicité du feu procède la chaleur, et de la
,-Splendeur du feu procède la lumière: d:ms l'Amour il ya pareille-
ment deux l'une il laquelle corresponrl la camrticHé du feo.
-el c'c.st quelque chose qui affecte intimement la volonté de l'homme;
l'autre il laquelle correspond la splendeur du feu, cL c'est quelque
chose qui affecle intimement l'entendement de l'homme; c'est de là.
que l'homme j,ossède l'amour et l'inLelligence car, ainsi qu'il 1
élé dit quelquefois, clu Soleil du Monde spirituel procèdent
une Chaleur qui dans son eSll'amour, et une Lumière qui
son essence est la ; celle chaleur eL celle lumière in-
flnent dans IOUles et dans chaCUDll des de l'Umvers, et les
affeclent intimement, eL influent chez les hommes dans leur volonté
et dans leur entendement, qui Lous deux ont été créés réceptacres
de l'influI, la volonté récertacle de l'amour, el l'entendement ré-
eeptacle de la sagesse: de là, il est évident que la vie de l'homm&
habite dans l'Entendement, eL qu'elle est telle qu'est la sagesse de·
l'enlendement, el que l'amour de la volonté Ja modme.
40, Dans Jean, on lil aussi: Il Comme le PèrtJ a la vie en Lui-
..Mdme, ainsi il a donné aussi au Fils d'avoir la vie en Lui-
Mbne, • - V, 26:·- par il est entendu que, comme le Divjn
même, qui a été de toute élel'nité, vit en Soi, ainsi l'Humain qu'il
a pris dans le temps viL aussi en Soi; la Vie en soi est la Vie même
et uniqlJe, de laquelle vivent tous les anges et tous les hommes.
La raison humaine peul voir cela d'après la lumière qui procède
du Soleil du llonde naturel, en ce que celle lumière n'est pas créa-
]>le, mais qu'il a été créé des formes qui la reçoivent, car les yeuz
sont ses formes récipientes, et la lumière qui influe du soleil fail.
6'
LA VRAIE
que les yeux voient: il en est de même de la Vie, qui, comme il a
été dit, est la Lumière procédant du Soleil du Monde spirituel, eu
ce qu'elle n'est pas créable, mais qu'elle influe continuellement. et
que de même qq'elle éclaire. de même elle vivifie l'Entendement de
l'homme; que par conséquent. comme la Lumière. la Vie et ]a Sa-
gesse sont eux, la Sagesse n'est pas créable, ni pareillement la Coi,
ni le vrai. ni l'amour, ni la charité, ni le bien, mais qu'il a été créé
des formes qui les reçoivent i les men laIs humains eL angéliques sont
ces formes. Que chacun se garde donc de se persuader que par soi
il vit, et que par soi il sait. croit. aime. perçoit le vrai. veut le bien
et le fait i en effeC, autant quelqu'un se persuade cela, autant il pré-
cipite son mental du Ciel en terre, et de spirituel devient naturel,.
sensuel et corporel, car il Cerme les régions supérieures de so'n
Ilental; de là il devient aveugle quant à toul co qui concerne Dieu,
le Ciel et l'Eglise. et alors tout ce qu'il pense. raisonne et dit sur
ces sujets devient de la folie. parce qu'il est dans les ténèbres. et
alors en même temps il est dans l'assurance que c'esl de la sagesse
en effet, les supél'ieures du mental. oh habite la vraie lu-
mière de la vie. étant ferlnées, alors s'ouvre la région inférieure du
mental. dans la1lualle est seulement àdmise Ja lueur du et
celte lueur séparée de la lumière des régions supérieures est une'
lueur fantastique, dans laquelle let. faux se montrenl comme vrais.
'et les vrais comme fanI, Je raisonnement fondé sur des faux comme'
sagesse, et le raisonnement fondé sur des vrais comme folie; et
alors l'homme croit a\'oir la vue de l'aigle. quoiqu'il ne dislingue
pas plus ce qui concerne la, sagesse, qu'une clI3uve-souris ne voit
dans la lumière du jour .
.IL VI. L'AliOUR E"r LÀ SAGESSE EN DIEU }'ONT UN.
TouL bomme Sage dans ('Eglise sait que LQlIt bien de l'amour et
de la charité vient de Dieu, et pareillement tout 'frai de la sagesse
et de la foi; qu'il en soit ainsi, la Raison bumaine peut même le
voir, pourvu qu'elle sache que l'origine de l'amour et de la sagesse
procède du Soleil du }Ionde spirituel. dans Je milieu duquel est
Jéhovah Dieu. ou, en d'autres lermes, que celle ol'Ïgine procéde
de Jéhovah Dieu par le Soleil 'lui est autour de Lui; en effet. la.
Chaleur procédant de ce Soleil est dans son essence l'amour. el la
lumière qui en procède est dans son essence !a sagesse; d'od l'on
..
RF..LIGION CHRÉTIENNE
65
",oiL. comme dans 11 clarté du jour. que dans celte origine l'amour
el la saSesse sont un. par conséqueot en Dieu. de Qui procède l'o-
rigine de ce Soleil. Cela peuL aussi êlre illustré d'après le Soleil
du Monde Daturel qui esl pur Feu, en ce que de son igné
la ,chaleur, et de la splencleur de son ipé procède
]a lumière. et qu'aiosi ]a chaleur et. la lumière dans leur ori-
line sont un. Mais qu'en proct\ilanL elles soient divisé,es, on le
'Voit d'après 1e.'lSujets. don t qnelques-unsreçoivenl plus de cbahlUr.
eL d'autres plus de lumière i cela arrive principalement chez les
1I0mmes.; en eUl la Lumière ,de la vie, qui est l'intelligence. et la
chaleur de la vie, qui est l'amour, sont divisé&;; il en est ainsi,
parce que l'homme doit être réformé et régénéré, et cela ne peut
être fait, Il moins que la Lumière de la vie, ,qui est l'In lelligence,
D'enseigoe ce qu'il doit vouloir et aimer: cependant, il faut qu'on
sache que Dieu opère continuellement la conjonction de l'amour et
de la sagesse chez l'homme, mais que l'homme, sïl ne ,lOIJrne pa!
ses regards vers Dieu et ne oroit pas en Dieu opère continuellement
la division; autant donc oes deux chose.o;, le bien de l'amour ou de
la charité et le vrai de la sagesse ou de la foi, sont conjointes chez
J'bonllll8, lutant l'homme devient l'ilCage de Dieu, et est élevé vers
]e et dans le Ciel où flont les anges; et viCti versd, autant êes
deux sont divisées par l'homme. autant rbomrne devient
l'image de Ll.lciCer et du Dragon, el est précipité du Ciel en terre,
et ensuite sous la terre en Enfer: par la conjonction de l'amour
el de la sRges..c;e. l'état de l'homme devient comme l'él'at d'uD arure
dans la saison du prmtemps. quand la chaleur' se conjoint en éga-
lité avec la lumière, d'où résultent la germination, la florai:\on et
la fructification de l'arbre; et vice versd par la division de l'amour
eL de la sagessse.,l'élal de l'homme devient comme celui de l'arure
dans la saison de l'hiver. quand la chaleur se retire de la lumière,
d'où résul,le pOlir l'arbre la prÏ\'alion et le dépouillement de toute
fleUl' et de toute rouille. Qllnnrl la chaJenr flilirilllelle, qui est l'a-
mour, se sépare rie la lumière spiriLuelle. qui est la sagesse, ou.
ce 'qui est la même chose, quand la charité 118 sépare de la Coi,
J'homme devient comme 110 humus qui fl'aigrit ou se pourrit. dans
lequel naissent des vers. et s'il produit des arbrisseaux, leurs
feuilles sont couvertes d'instlotes et dévorées; en effet. les aUraits
L 5
..
66 LA VRAIE
de l'amour du mal, qui en eux. mêmes sont des concupiscences.
Lent Lant à coup, et l'Intelligence ne les dompte ni ne les réprime,
mais elle les chérit, leg entretient eL les nourril; en un mol, diviser
l'amour el la sagesse, ou la charité el la roi, que Dieu s'eff'oree
continuellement de conjoindre, o'esl, par compnaisqn, priver de
rouge la face, de là une pâleur comme ceJle d'on mort, ou enlever
au r.ollge le blanc, oe qui rend la face comme une Larche enflammée;
c'est encore, par comparaison, rompre le lien conjugal entre deux
époux, et faire que l'épouse devienne prostituée elle mari adultère i
car .1'amour ou la charité est comme le mari, et la ou la foi
est comme l'él)Ouse, eL comme oes deul choses sont sIoparées, il se
fail Dne prosutution spirituelle el une scortation spirituelle, qui
sont la falsification du Yrai et l'adlllLér:llioll du bien.
U. Il fauL en outre qu'on sache qu'il y 1 trois degrés d'amour
et de sagesse, et par suite trois degrés de ,ie, et que le Men lai
IlUmain a .élé formé comme en régions selon ces degrés, et que la
vie dans la· région suprême esl dans le degré suprême, dans la se-
con,le région dans le degré moyen, et dans la dernière région dans
le del{ré infime; ces régions sont successivement chez les
hommes; la dernière région, où la vie est dans le degré infime,
s'ouvre depuis première enfance jusqu'à la seconde (punitia),
et cela se fait par les sciences; la seconde région, où la ,ie est dans.
un degré plus grand, s'ouvre depuis la seconde enfance jusqu'il l'a-
dolescence, eL.cela se fait par les pensées provenant des sciences;
et la région sqprême, où la vie est daDlI le degré suprême, ,'ouvre
depuis l'adolescence Jusqu'il Il jeunesse et au-delà, et cela se fait
par les perceptions des vérités el morales et spirituelles. Enfin, il
faut qu'on sache que la perfection de la vie consiste non pas dans
la pensée, mais dans la perception du vrai d'après là IUll'lière du
vrai; c'est de là qu'on peut, juger des différences de la ,ie chez les
homme3; en effet, il en est qui, aussitôt qu'ils entendent le ,rai.
perçoivent que c'est le vrai, ceux-ci dans le Monde spirituel sont
représentés par des aigles; il en est qui ne perçoivent pas le vraf,
mais qui le concluent d'après les confirmations par les apparences.
ceux-ci sont représentés par des oiseaux qui ont une VOil agréable;
il en est qui croieut qu'une chose le vrai, parce qu'elle a ét6
dite par une homme d'autorité, ceux-ci sont représentés par des
r
RELIGION CHRÉTIENNE
67
pies; et en outre il en est qui ne veulent pas et qui ne peuvent pal
percevoir le vrai, mais qui perçoivenL seulement le fillll, el cela.
parce qu'ils sont dans une lumière fantasLique, dans laquelle le
fallx se montre comme le vrai, et le vrai se montre 011 comme quel-
·que chose de caché au-dessus de la lêle dans un nuage épais, ou
-comn:e un météore, ou comme le faux. Les pensées de ceul-ci sont
représenLées par.des hiboux, et leurs paroles par des chats-huanls;
-parmi ces derniers, ceux qui ont confirmé leurs fallx ne suppor-
tent pas d'entendre les vrais, et dès que quelque vrai frappe l'ou-
verture de leur oreille, ils le rejeuent par aversion, il peu près
.comme un estomac chargé de bile vomit la nourriture.
43. V. L'ESSENCE DE L'AMOUR" EST D',A.IXEB LES AUTEES HOBS DB
801, DE VOlTU>IB trRE UN AVEC EUX, ET DE LES RENDRE HEUREUX
)'AR SOI.
Il Y a deux choses, l'Amour et la Sagesse, qui font l'essence de
Dieu, mais il y en a trois qui font l'essence de son amour: Aimer
les aulr!'s hors de soi, vouloir être un avec eux, et les rendre heu-
reUI par soi ; ces trois mêmes choses font l'essence de sa sa-
gesse, parce que l'Amour et la Sagesse en Dieu font un, ainsi qu'il
.a été montré mais l'Amour veut ces choses, et la Sa-
gesse les produit. PREMIER ESSE.UIEL, qui est d'aimer les aZI-
tres hors de soi, est reconnu d'après l'amour de Dieu envers tout
le Genre humain, et l cause du Genre humain Dieu aime toules les
choses qu'il a créées, parce qu'elles sont des moyens i car, qui aime
la fin, aime aussi les moyens: lous et taules choses dans 1'{Jniven
sont hors de Dieu, parce qu'ils sont finis, et que Dieu est Infini:
J'amour de Dieu va et s'étend non-seulement sur les bons et sur les
ehose& bonnes, mais aussi sur les méchants et sur les choses mau-
vaises, par conséquent non-seulement sur ceUI qui sont dans le Ciel
et sur les cboses que le Ciel renferme, mais aussi sur ceux qui sont
dans l'Enfer et sur les choses que l'Enfer renferme, ainsi non-seu-
lement sur Michel et Gabriel, mais aussi sur le diable et Satan; car
partout et de toute éternité à toute éternité Dieu est le Hême; aussi
dit-il que, • son Soleil il lait lever sur méchants et hons, et
qu'il envoie la pluie SUl' justes et injustes. D - Mauh. V, 45;
- mais néllnmoins si les méchanls sont méchants, et si les chose.
mauvaises sont mauvaises, cela tient aux sujets mêmes et aux objets
.'
68 LA VRAIE
mêmes en ce qu'ils reçoivent l'amour de Dieu, non tel qu'il est et
se Lrouve intimement, mai. tel qu'ils sont eux-mêmes, comme font
pareillement l'épine ell'orLie l'égard d'e Ja chaleur du soleil et de·
la pluie du Ciel. LE SEGOrm ESSENTIEL DE L'AllO OR DE DIEU gui est
de tJoulolr 'tre un atJec euz, esL reconnu aussi d'après la con-
jonction de Dieu avec le Ciel Angélique, a\'ec l'Eglise dans les
terres, avec chaque homme de l'Eglise, eL avec tonL bien· et loua.
"Vrai, qui enLrenl dans l'homme et dans l'Eglise et qui les consti-
tuenl i l'amour aussi, considéré en lui-même, n'est autre chose.
qu'un effort vers la conjonction: c'est pourquoi, afin que cetle pro-
priélé de l'èssence de l'amour fût obtenue, Di eu a créé l'homme à;
-8on el à sa ressemblance, avec lesquelles la conjonction pellt
faile :,que l'Amour Divin tende continut:llemenL à la conjonc-
tion, cela est évident d'après ces paroles du Seigneur, • qu'il tJeut
qu'ils soient un, Lui en eux et eux en Lui, el que r amour de
Dieu soit en eux . • - Jean, XVII. il, !i, 23, i6. -LE T801-
Bltll! DE L'A)JOUR ilE DIEU, qrti est de les rendre heu-
,.eux par soi, est reconnu d'après la vie éternelle, qui est la béati-
tude, le bonheur eL la féliciLé sans fin, que Dieu donne il ceux qui
reçoivenl en eUI son amour; en effel, cornille Dieu est l'Amour-
même, car lout amour exhale de soi un plaisir, el le Divin amour
exbale la béatitude même, le bonheur même et la félicilé même>
duranL l'éternilé, ainsi Dieu l'en,I heureux par soi les Anges, et les.
hommes après la IDor L, se qui se fail par la conjonctioR avec eux .
.4,.1. Que tel soille Divin Amoul', cela eSL connu d'après sa Sphère ..
qui se rélland dans l'Univers, el affecle clJacun seloll l'étal de cha-
cun i elle aft'ccLe surtout les Parents; c'eSL d'après elle qU'Ils ai-
ment tendrement leurs enrants, qui sont bors d'eux; qu'ils veuleu
être un avec eux et qu'ils veulent les rendl'6 beureul: celle Spbère dl
Divin Amour affecte non-seulemenlles bons, Inais aussi les méchanlS,.
et non-seulement les hommes, mais aussi les bêles eL les oiseaux de
toul ienre; la mère, quand elle a infanlé, pense-t-elle à autre chose
qu'à s'unir pour ain!;i dire à son ellfant, et à pourvoir il son bien! L'oi-
seau, forsqu'i1 a fait sortir des œuf:; ses plltits, fait-il autre chose que de
les récbauffer sous ses ailes. et d'insérer par leur petit bec de la nourri- .
ture dans leur Bosier,! N'esl-il pas connu que les serpents'el les vipè-
res aiment leurprogénhure! Ceue spbèreuniverselle affecte spéciale-
RELIGION CHRÉTIENNE
meRL œl1l qui reçoivent en eux cet. Amour de Dieu; ce sonl ceUlE;
·qui croient en Dieu et aiment le prochain; la charité chez eux est.
l'image de cet amour. L'amitié entre ceux qui ne sont pas bons.
imite même cet amour; en effet, l'ami à sa table donne les meilleurs
morceaux il son ami, il l'embrasse, il lui saisit la main et la lui
:Serre, et il lui promet ses se"ices. Les sympatbies et les efforts des
homogènes et des semblables pour la conjonction, ne tirent pas.
<d'autre part leur frigine. Cette même Spbère Divine opè re aussi
·dans les choses inanimées, comme les arbres et les herbes, mais.
par le Soleil du Monde, et par sa chaleur et sa lumière, car la cba ...
4eur entre en e.lles par le dehors, se conjoint avec elles, et
·qu'ell8d germent, 8.eurissent et fructifient, ce qui tient la place da
Ja béatitude dans 1&1 choses animées i voilà ce que fait celle clla-
leur, parce qu'elle correspond à la chaleur spirituelle, qui est l'a-
mour. Il y a aussi dans les divers sujets du RèGne minéral des re-
présentations de l'opération de cet amour i ses typiques se mani-
festent dans les exaltations des minéraux pour les usages et par
suite pour des valeurs de Irand prix.
-'(S, Par la description de l'Essence du Divin amour, on peut
"Voir quel est l'essence de l'amour diabolique, on peuL le voir d'a-
près l'opposé; l'amour diabolique est l'amour de soi, il est appelé
amour, maiR con!lidéré en lili-même, c'est la haine, car il
personne hors de lui, et il veuL être conjoint aux. AULres non pas
pour leur faire du bien, malS seulement pour s'en faire A lui-même;
par son intime il aspire continuellement à dominer sur tous, et
.auSRi à posséder les biens de tOllS, et enfin à être adoré comme Dieu:
par cette raison même que ceux qui sont dans l'Enfer, ne·
'reconnaillsent point Dieu, mais ils reëonnaissent pour dieux ceuX'
:qui surpassent les autres en pouvoir, ainsi des dieux inférieurs et
.des dieux. supérieurs, ou des dieux plus et des dieu plus lrands ..
-selon l'étendue du pouvoir; et comme là chacun porte dans son
ClŒmr cette même ambition, chacun est aussi dévoré de haine contre
'Son dieu, et celui-ci coutre ceux qui sont sous son empire, et il
les considère comme de vils esclaves, avec qui il parle, il est
avec douceur tant qu'ils l'adorent, mais il est, comme par le feu ..
transporté de fureur contre tous les autres, et aussi intérieurement.
.ou4ansle cœur, contre ses clients; en effet, l'amour de soi est la
"10 LA VRAIE
même que l'amour des voleurs, qui s'embrassent mulueUement,.
fluand ils exercent leurs brigandages, mais qui ensuite brillenl dOl
désir de se massacrer. pour se dérober leurs pori ions du butin ..
C'est cet amour qui est callse que ses cupidités dans l'Enfer, où iL
rèsne, apparaissent de 10iD comme diverses espèces de bêtes rérow;
les unes, comme des renards et ·des léopards; les autres, comme:
des loups et des tigres; e' d'autres, comme des crocodiles et des.
serpents venimeux: e' que les déserts, où ils vivent, ne consistent
qu'en monceaux de pierres, ou en gravier nu, parmi lesquels sonr
des marais où croassent des grenouilles ; et que sur leurs huttes.
voltigent des oiseaux lugubres qui poussent des cris lamentables:
les ocbim. les Lziim et les jiim. qui sont nommés dans les livre."
prophétiques de la Parole. où il est question de l'amour de comman-
der d'après l'amour de soi. ne sont pas autre cbose, - Esaïe, X 111.
!Ji. Jérém. L, 39. Ps. LXXIV, 1-4.
,(,6. VI. CES ESSENTUtLS DE DIVIN ONT ETË LA. CAtSE DE.
LA. CRÉATION DE L'UNIVEBS, ET SONT LA. CAUSE DE SA CONIJERVATION.
Oue ces trois Essentiels de l'amour Divin aient été la cause de
la Création, c'est ce.qU'OD peut voir en les scrut-ant et en les exa-
minant i que le PRBHIER ESSE NTIEL. qui est d'aimer le. autres
Jwrs de soi, en ait été la cause, on le voit par qui esl
bors de Dieu comme le monde esl hors du Soleil, et sur lequel Diel.
peut étendre son amour, et dans lequel il peut l'exercer, et ainsi
se reposer; auslli lit·on, qu'après que Dieu eut créé le Ciel et la.
Terre, il se reposa, et que de là fut fait le jour du Sabbatb. -
Gen. n, !, 3. - Que le SECOND ESSENTIEL, qui e.t de vouloi,..
Aere un avec eux, en ail été la cause, on le voit par la créalion de
l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu, par lesquelles il
est entendu que l'homme a été fait forme récipiente de l'amour el
de la sagesse qui procèdent de Dieu, ainsi Dieu peul s'unir avec-
lui, et pour lui avec toutes et chacune des choses de l'univers, qui
ne sont que des moyens; car la con jonc lion avec la cau!18 finale
aussi la conjonction avec les causes moyennes; que Ioules choses..
aient été créées pour l'Homme. c'est aussi ce que prouve le Livre-
de la Création ou la Genè:ie, Cbap. 1 • .!8, t9, 80. - Que le TaoJ-
i[tltE ESSENTIEL qui est de les re1'lf.hoe heureu:z par .oi, en ail
la cause, on le voit par .le Ciel ADgélique, lequel a. éLé destiné-
RELIGION GHIŒTIENNE
71
par la Providence. tout homme qui reçoit l'amour de Dieu, et dans
lequel tous IOnt he,:,reux par Dieu seul. Que ces trois essentiels de
l'lmo,:,r de Dieu soient aussi la cause de la conservation de l'Univers,
o'est parce que la Conservation est une perpétuelle Création, comme
la subsistance est une perpétuelle uislence ; et que le Divin Amour
ut le même de toute éteruit6 l toule éternité; ainsi, tel il a été en
créant le Monde, tel il est et demeure da.ns le monde créé. .
47. Par ces explications bien comprises on peut v.oir que l'Uni-
vers esl un Ouvrage cohérent depuis les premiers jusqu'aux derniers,
parce que c'p.st un ouvrage qui contient . les Fins, les Causes et les
Effets dans un enchainement indissoluble: et comme dans tout
amour il y a la fin, et que dans toute sagesse il y a promotion de la
fin par les causes moyennes el par ces causes aux effets, qui sont les
usaSes, il en résulte aussi que l'Univers est un qui contient
le Divin Amour, la Divine Sagesse et les Usages, et ainsi un Onvrage
tout l fail cohérent depuis les premiers jusqu'aux derniers. Que
l'Univers ".onsiste en de perpétuels Usages produits par la Sagesse
et commencés par l'Amour, c'est ce que tout homme sage peut
conlempler comme dans UD miroir, quand il s'acquierL une idée
commune de la Création de l'Univers. el qu'en elle il considère les
clloses particulières, car les parLiculiers s'adaptent à leur commun,
el le commun les dispose en forme afin qu'ils concordent; que cela
soit ainsi. c'est ce qui sera illustré dans la suite par de plus grands
détails.
.,. . . . .
'8. A ce qui précède j'ajouterai ce MÉIlOIU.IILB. Ull jour je m'en-
tretins avec deux Anges, l'un était du Ciel oriental et l'autre du
Ciel m6ridional ; lorsqu'ils perçurent que je méditais sur les Ar-
canes de la sagesse concernant l'Amour, ils me dirent: As-tu quel-
que connaissance des Jeux de la salesse dans no tre monde! Je ré-
pondis: Pas encore; el ils dirent: II y en a plusieurs, et ceux qui
aiment les vrais d'après l'aft'ection spirituelle, ou parce que ce sont
des vrais et que la sagesse existe par les "Vrais, se réunissent Il un
signal donné, eL ils agitent et décident des questions qui appartien-
Dent à un entendement très-profond. Alors ils me prirent par la
main, en disant: Suis-nous, et tu verras ertu entendras: le
de la réunion a été donné aujourd'hui. Je fus conduiL l travers .une

k
72
LA. VRAIE
plaine vers une colline, et voici, au pied de la colline, un portique
de palmiers, continué jnsqu'l son sommet; nous y entrAmes et noul
mon Lames ; et sur la têle ou le sommet de la colline je \'is un Bo-
case, enlre les arbres duquel un terrain élevé formait unellorte
de ThéAll'8, où il y avail une Plale-forlDe, pavée de petiles pierres
de diverses couleurs: aulour de celte Plaie-forme en avaient
élé placés des Siéies sur élaienL assis les amateurs dela
sagesse; el dans le milieu du Théâtre était Ine Table, sur laquelle
Ivait été placé un Papier cacheté. CeUI qui élaient assis sur les
nons invitèrent. prendre des Siéges encore vacants, et je
répondis: J'ai élé conduit ici par deul Anges pour voir el écouter,
el non pour m'asseoir: et alors ces deul Anies allèrent au miliell
de la Plate-forme vers la table, el ils rompirent le cacbet du pap.ier
et ils lurent de'·ant ceux qui étaient as."is les arcanes de la sagesse
.écrits sur le papier, lesquels allaient être agités et développés; ils
avaient été écrilS par les Anses du troisième ciel, el envoyés sur
la table; il y avait trois Arcanes, le PREMIER: Qu'est-ee que fI-
mage de Dieu, el qu'est-ce que la Ressemblance de Dieu, selon
lesquelles r homme a été créé? Le SECOND: Pourquoi f h.omme
ne nalt-il dans la science d'aucun amour, IorsfJUe cepnl.dant
les et les Oisealtz tm,' no6les qu'ignobles, naissent dans
les Sciences de tous leurs amours. Le T8018101: Qlle signifie
J'Ar6re de vie; que signifie r Ar6re de la science du bien et
du mal, el que signifie r Action de manger de ces arbres? Au
bas élait écrit: Réunissez le." trois décisions dails une seule sen-
tence, et écrivez-la sur un nouveau Papier, et replacez-Ie sur celte
table, et nous '·errons ; si ·la sentence, dans la balance, parait de
poids et jusle, le prix de la sagesse sera donné à cbacun de vous.
Après celle lecture les deux Anges se retirèrent, et ils furent en-
levés dans leurs Cieux. Et alors ceux qui étaient sur les Sié-
lell commencèrent l agiter et l développer les Arcanes qui leur
étaient proposés, et ils pulèrent en ordre; d'abord, ceux qui
étaient assis au Septentrion, ensuite .ceux qui étaient l'Occident,
puis ceUI qui étaient ll'Orient ; et ils prirent le Prëmier sujet de
discussion, qui était: QU'EST·CE QUE L"IIAGE DE DIEU, ET QU'EST-CS
QUI LA. RISSE. BLANCS DE DIEU, SELON LBSQUELLES L'HOIIIIE À tTÉCRtt!
Et alo1'$ on lut d'abord devanltous les assistants ces passases du Livre
r
RELIGION CHRÉTIENNE
73
de la création: • Dieu dil: Faisons l'homme à NOTRE lnG!. à LA.
RESSEMBLANCE DE Dllu il le fil. » -1. i6, 17. - • A u jour gue
Dieu créa l'homme, à LA RESSUBLA.NCE DE DIEU illefil • • Gen. v, 1.
Ceul qui étaient assis au SEPTENTRION parlèrent d'abord, disant
.qne l'Image de Dieu et la Ressemblance de Dieu sont les deux Vies
en l'bomme par Dieu. c'est-à-dire. la Vie de la volonl6
.et k Vie de l'enten(lement, car il est dit: u JéhOf)ah Dieu ins-
pira dans lu narines riA dam une dme de VIES, et r homme
fuI {ail en Ame vivante.. - Gen. H. 7; - Par quoi il parai'
-être entendu qu'il lui a été inspiré la volonté du bien et la Percep-
tion du vrai, et ainsi une AIDe de vies: et comme la vie lui a été
inspirée par Dieu, l'Image et la Ressemblance signifientl'inlégrité .
.en !ui d'après l'amour et la sagesse. et d'après la justice· et le ju-
gement. Ceux qui siégeaient l l'OCCIDENT étaient fël90rables à cette
.opinion. en ajoutant cependant que J'ttat d'intégrité, qui lui a été
jnspiré par Dieu, est continuellement inspiré à cbaque bomme après
lui. mais qu'il est dans l'homme comme dans un réceptacle. et que
l'homme étant un réceptacle est l'image et la ressemblance de Dieu,
Ensuite les Troisième en ordre, savoir. ceux qui siégeaient au
MIDI. dirent: L'Image de Dieu et la Ressemblance de Dieu sont
deux choses distiDctes, mais unies dans l'homme par la création. e'
nons voyons comlDe par une sorte de lumière intérieure que l'homme
pEut détruire l'image de Dieu. mais Don la ressemblance de Dieu;
cela se presente comme à travers un voile, en ce qu'Adam aretenu
la ressemblance de·Dieu, après.qu'il eut perdu l'imase de Dieu, car
après la malédiction, on lit ces p·aroles: • Voici, l'homme est
·comme l'un de noliS, sachant l, 6ien el le mal . • - Gen. Ill,
",i. - Et ensuite il est appelé ressemblance de Dieu, - Gen, V. t,
- mais laissons dire. DOS co-associés qui siégent. l'ORIENT, et
50nt par conséquent dans une lumière supérieure. ce que c'esl.
proprement que l'image de Dieu, et ce que c'est propre-
ment que la ressemblance de Dieu. Et alors, après que le si-
lence fut établi. ceux qui étaient assis l l'ORIENT se levèrent de
leurs el ils portèrent leurs regards vers le Seigneur,
et ensuite ils se replacèrent sur leurs et ils dirent: L'ImaB8
de Dieu est le réceptacle de Dieu. et Dieu étant l'Amour même el
la. salasse même. l'imaie de Dieu est la réception de l'amour et de
"
:LA VRAIE
la sagesse qui procèdent de Dieu dans l'homme; mais la Ressem":
hlance de Dieu est une parfaite ressemblance et unt pleine appa-
rence comme si l'amour et la sagesse étaient daos l'homme. et par
luiLe absolument comme s'ils lui appartenaient; car l'homme n8
peut faire aulrem"nt que de sentir qu'il aime par lui-même et qn'il
est sase par lui-même. ou qu'il veut le bien et comprend le vrai
par lui-même. lorsque cependant ce n'est pas en la
chose par lui-même. ruais c'est par Dieu; Dieu seul aime par
lui-même el est sage par lui-même, parce que Dieu est l 'A.m oirr
même et la Sas8S1i8 même; la ressemblance ou l'apparence que l'a-
mour et la sasesse. ou le bien et le vrai. sont daos l'homme comme
lui appartenant, fait que l'IIomme est homule, et qu'il peut être
conjoint à Di6u, et ainsi vivre dans l'élernité; il suit de là que
J'homme esl homme, en ce qu'il peut vouloir le bien et comprendre
)e vrai ahsolument comme par lui-même. et néanmoins savoir et
oroire que c'esl par Dieu, car à mesure qu'HIe sait et le croit, Dieu
place son imasc dans l'homme, 11 ell Benit aulrement s'il croyait
que c'est par lui-même et non par Dieu_ Après· qu'ils eurent ainsi
parlé, le zèle que produit l'amour de la vérité les saisit, et ils pro-
noncèrent ces paroles: Commcnt l'homme peut-i! recevoir quelque
chose de l'aolour et de la ·sa;esse, et le retenir et le
l'il ne le sent pas comme lui appartenant 1 Comolent peut-il exister
une cOlljonclion avec Dieu par l'amour el par la sagesse. s'il n'a pas
été donné à l'homllle quelque réciproque de car saos
uu réciproque aucune coujonclion ne peuL elister ; el le réciproque.
de la conjonction est que l'homme aime Dieu et fasse les choses qui
iont de Dieu CODUTle par lui-même. el croie cependant que c'est
par Dieu 1 Comment l'homme peUL-il vivre dans l'éternité, s'il n'.
pas été conjoint A Dieu éternel! Et par conséquent comment l'homme·
peut-i1 être homme sans celle ressemblance en lui! A ces mols lous
applaudir"nL, et ils diran t: Qu'il soiL tiré une conclusion de ce qui
vient d'êlre dit, et l'on en Lira celle-ci: L'Homme esL le réceplacle
de Dieu, el le de Dieu esL l'image de Dieu; et comme:
Dieu est l'Amour même el la Sage.1\S8 l'homme eslle Récep-
tacte de l'amour el de la sagesse. et le Réceptacle devient l'image
de Dieu belon qu'il reçoit: et l'homme est la ressemblance de
en ce qu·il sent en lui que les choses qui yienbent de Dieu sont eOl
RELIGION CBR'ËTIENNE.
lui comme si elles lui appartenaient i mais néanmoins par celle res-
semblance il B'egt l'imase de Dieu, qu'sutant qu'il reconoaU que
l'amour et la sagesse, ou le bien et le vrai, ne sont poiut en lui der.
choses lui appartenant, et qu'ainsi ellés ne viennent pas non plus
de lui, mais qu'elles sont seulement de Dieu et viennent par consé-
quent de Dieu.
Après cela, ils prirelltle second degré de la discussion: • POUR-
QUOI L'OOMIIB KI NAIT-IL DANS LA SCIENCE D'AUCUN AJlOOB, LORSQUE CE-
PENDANT LIS Bl'tTES ET LES OISEAUX, TANT NOBLES QO'IGNOfiLES, NAISSENT
DANS LES IICIENCES DE TOUS LEURS AIIOORS. D'abord, ils confirmèrent
la vérité de la proposition par divers moyens, p.ar exemple. au su-
jet de l'homme, qu'il ne naît dans aucune science, pas même danr.
la science de l'amour conjugal; et ils s'inforDièrent, et des observa-
teurs leur apprirent que l'enfant ne connaU pas même par une
science innée la mamelle de la mère, mais que c'est la mère ou la
nourrice qui la lui Cail connajtre en l'en approcbanL i que seulement
il sait têter, et quïl a appris cela par une· coillinuelle succion dans
l'utérus de la mère; que plus tard il ne sait ni marcber, ni articuler
le son en aucune parole humaine, ni même exprimer par des SOIIS.
comme les bêtes, ·les affections de l'amonr ; qu'en outre, il ne con-
DaU aucun des aliments qui lui conviennent, comme les connaissent
Jes bêtes, mais qu'il prend ce qu'il rencontre, que ce soit propre
011 sale, et le porte A sa houche : ces observateurs dirent que l'homme,
sans l'instruction, isnore absolument les mauières d'aimer le sexe,
eL que ruême les jeulJes filles et les jeunes garcons les ignorent. s'ils.
D'en ont pas été -instruits par d'autres: en un mot, l'homme nalL
corporel comme le ver; et il demeure corporel, à moins qu'il n'ap-
prenne par d'autres à savoir, 6 comprendre et à être .sage. Après.
cela, ils confirmèrent que les Bêtes, tant nobles qu'ignobles, comme
Jes animaux dela terre, les oiseaux du ciel, l ~ reptiles, les poissons,
ces vers qu'on appelle insectes, I!aissent dans toutes les sciellces des
amours de leur vie, par exemple, dalfs tout ce qui concerne la nu-
trition, dans tout ce qlJi concerne l'habitation, dans Lout ce qui
concerne l'amour du sexe el de la prolificaticn, eL dalls lout ce
qui concerne l'éducation de leurs petits: ils confirmaient cela par-
des meneilles, qu'ils rappelaient dans leur mémoire, dlaprès ce
qu'ils avaient vu, entendu et lu dans le Monde naturel, où ils avaient.
76
LA VRAIE
vécu auparavant, et dans lequel il y a des bêtes non pas représen-
tatives mais réelles. Après que la vérité de la proposftion eut é16
ainsi prouvée, ils appliquèrent leurs menlals à rechercher et 11.
trouver les causes par lesquelles ils développeraient et découvri-
raient cet Arcane; et ils dirent tous: Cela ne peut exisler ainsi
que d'après la Divine Sagesse, afin que l'homme soit homme et que
la bête soit béte, et qu'ainsi l'imperfection de naissance de l'horna,
en devienne la perfection, et que la perfection de naissance de la
bête en soit l'imperfection,
Alors, eeux du SEPTENTRION commencèrent d'abord 1 don'ner
leur opinion, et ils dirent que l'homme nalt sans les sciences, afin
l'Ju'il puisse les recevoir toule!!, tandis que s'jl naissait dans les
'SCiences, il De pourrait en recevoir d'autres que celles dans ]es-
quelles il serait né, et qu'alors il ne pourrait non plus s'en appro-
prier aucune i ils illustraient cela par coml,araison: L'homme l sa
,naissance est comme un humus dans lequel aucune semence n'a été
répandue, mais qui néanmoins peut recevoir Loutes semences, et les
faire crollre, et fructifier; la bête, au contraire, est comme UD
humus déjà ensemencé. et rempli de gramen et d'herbes, lequel
ne reçoit d'autres semences que celles qlli y sont semées; si
d'autres' lui étaient confiées, il les étoufferait; de là rient que
l'homme, pour acquérir 'taute sa croissance, emploie plusieurs
.années, pendant lesquelles Il peut, comme un humus, être
-cultivé et produire comme des moissons, des fleurs et des
arbres de toute espèce, tandis que la bête acquiert sa croissance en
très-peu d'années, pendantleFquellefl elle ne peut être cultivée que
,dans les sciences qu'elle a reçues en naissant, Ensuite ceux de roc-
CIDENT parlèrent, et ils dirent que l'homme ne nalt pas science,.
comme la bête, mais qu'il nait Faculté et Inclination, Faculté pour
savoir, et Inclination pOlir aimer, et qu'il nalt FaCilité non-seule-
ment pour aimer les choses qui sont de lui et du mOiide. mais aussi
celles qui sont de Diell eL du Ciel; Ilu'en conséquence l'homme nalt
Organe, vivant à peine par les sens externes, si ce n'est obscuré-
ment, mais nullement par les sens Ïllternes, afin que successivement
il vive, et detienne homPle, oaturel, ensuite rationnel et
enfin spirituel; ce qui n'arriverait pas, s'il naissait dans les :o;ciences
et dans les amours comme'les bêtes; en efFet. les et les
RELIGION CHIŒTIENNE.
77
all'ections de l'amour innées (connatar) limitent cette prosression j
mais les seules facultés et inclinations innées né rien; c'eSt
pour cela que l'homme peut être perfectionné par la science. l'in-
tellisence et la pendant l'éteruité. Ceux du MIDI parlèrent
ensuite. ct ils émirent leur opinion en disant: II eftL impossible
-l'homme d'-acquérir de lui-même aucune scielJce, mais 'c'est d'après
les autres qu'il doit acquérir la science. puisqu'aueune science o'est
innée (co,mala) 'en lui; et comme il ne peut acquérir de lui-même
aucune science. il ne peut non plus acquérir aucun amour, puisque"
où n'est pas la science, là n'est pas l'amour; la science et l'amour"
sont des indivisibles, eL ne peuvent pas plus être sé-
parés que la volollté eL l'entendement, 011 l'affection eL la pensée,
en6n pas plus que l'essence eL la forme; à mesure donc que l'homme
acquiert des autrei! la science, l'amour s'y adjoint comme compa-
Inon de la science; l'amour univarsel qui s'y adjoint est l'amour"
de savoir. et ensuite "l'amour de comprendre et l'amour d'être sa se ;
ces amours sont à l'homme,seul. et ne sont' i aucune bête, et ils
influent de Dieu. Nous convenons, avec 1I0S compagnons de l'Occi-
dent. que l'homme ne naU dans aucun amour, ni par conséquent
dans aucune science, mais qu'il nait seulement dans l'inclination.
aimer, et par suite dans la faculLé de recevoir les sciences, non de
lui-même. mais d'après d'autres, c'est-à-dire, par l'intermédiaire
d86 autres; il esL dit par l'intermédiaire des autres parce que-
ceux-ci n'ont rien reçu non plus d'eux-mêmes. mais ils ont reçu
orisiflairement de Dieu, Nous convenons aussi avec nos compagnons
du Septentrion, que l'homme à sa naissance est comme un humus.
dans lequel aucune semence n'a été répandue, mais où peuvent être
semées toutes choses tant nobles qu'ignobles; de là vient qu'il a été
Dommé HOIIlIE du mot Humus, et ADAIi du mot Adama qui es' l'Hu-
milS. A cela nous ajoutons que les Bêtes naissent daos les amours
Daturels, et par suite dans les sciences qui y correspondent, et que
DéanlDoins de ces sciences elles ne savent rien, ne pensent rien,
De comprennent rien et ne discernent rien, mais qu'elles y sont
conduites par leurs amours. A peu près comme les aveugles dans les
rues par des chiens, car elles sont aveugles quant à l'elltendement ;
ou plutôt elle!. sont comme des somnambules qui font ce qu'ils.
font d'après une sciener. aveugle, l'entendement étant assoupi. Ceux:
"78
LA. VRAIE
rle l'Orient parlèrent en dernier lieu, et ils dirent": Nous consen-
lons ailS: opinions que nos frères oot émises, que l'homme ne sait
rien de lui-même, mais qu'il saiL d'après les autres et par l'inter-
médiaire des autres, afin qu'il connaisse et reoonnaisse que tout ce
qu'il sait, comprend et discerne, vient de Dieu; et qu'autrement
('bomme ne peut natLre t'lt être engendré "de Dieu, ni .devenir SOIl
image et sa l'e.'l.lllerr.blance ; car il devient rimase de Dieu, en ce
qu'il reconnait et croit qu'il a l'8Çn et reçoit de Dieu, et nop de lui-
même, lout bien de l'amour et de la charité, et lout vrai de la sa-
gesse et de la foi; et il est la ressemblance de Dieu, en ce qu'il sent
-en l\li ce bien et ce vrai comme venant de lui·même; il sent cela.
parce qu'il ne nait l,oint dans les sciences, mais les reçoit, el qu'il
lui semble que ce qu'il reçoit vient de lui i Dieu donne même l
J'homme de seoLir ainsi, afin qu'il soit homme el non bête, puisque
par cela qu'il veut, pense, aime, sait, comprend et est sage comme
de lui-même, il reçoit les sciences, et les elaltb en intelligence, et
par leurs usage.c;, en sagesse; ainsi Dieu conjoint l'homme l Lui, eL
l'homme se conjoint 1\ Dieu: ces choses n'auraient pu se faire, si
" Dieu n'avait pas pourvu la ce que l'homme naquit dans \lne igno-
rance totale. Après ces paroles, tous voulurent qu'on formAt une
Conclusion de ce qui venait d'être dit, et l'on forma celle-ci : • Que
l'homme ne naU dans aucune science, afin qu'il puisse venir dans
toute science, et faire des progrès dans l'intelligence, et par l'in-
telligence dans la sagesse i et qu'il ne naU dans aucun amour, afin
qu'il puisse venir dans tout Ilmour, par les applicalions des sciences
d'après l'intelligence, et dans l'amour envers Dieu par l'amour A
l'égard du prochain, et ainsi être conjoint à Dieu, et par là deve-
nir homme, et vivre dans l'éternité. »
Ensuite, ils prirent le papier et lurent le troisième Objet de dis-
cussion, à savoir: QUB SIGN"IE L'ARBRE DE VlB; QUB L'AR.-
BRE DE SCIBNCE DU BIBN ET DU MAL i ET QUE SIGNIFIB L'ACTION DI!:
DB CBS ARBRES! ils demandèrent tous que ceux qui étaient
assis à développassent cet Arcane, comme élant d'un en-
tendement plus profond, et parce que ceux qui sont de l'Orient sont
dans la lumière enflalDmée, c'est-à-dire, dans la sasesse de l'amour.
et que cette sagesse est entendue par le Jardin d'Eden dans léquel
ces deul Arbres avaient été placés i ceu'Ij.-ci répondirent: NODS
,
r
RELltilON CIIRÉTIENNE. '19
allons parltlr, .mais comme l'homme Re prend rien delai-même, et
tire lout de Dieu, DOUS parlerons d'après Dieu, mais néanmoins
.d'après nous comme'si c'était d'après nous-mêmes; et alors ils di-
rent : L'Arbre signifie l'homme, et le ,fruit de l'arbre le bieD de. la
vie; de Ill' Arbre de vie signifie l'homme vivant par Dieu; et
comme l'amour et la sagesse, la charité et la foi, ou le bien et le
vrai, font la vie de Dieu dans l'homme, l'Arbre de vie signifiD
l'homme en qui ces choses sont par Diell, et par suite la éler.-
Delle pour l'homme : l'Arbre de vie dont il sera donné de manger,
- Apoc. n, 7; xxn, !, u., - a la même sisnification. L'Arbre
-de la science du bien et du mal signifie l'homme ·qui croit ,ivre p.ar
lui-même et fion par Dieu, ainsi, qui croit que l'amour et la
la charité et la foi, c'est-à-dire, le bien et le vrai, appartiennen.t
-dans l'homme l'homme, et nOD à Diell, croyant cela parce qu'il
pense et veut, parle et agit en toule ressemblance et en loute appa-
rence comme par lui-même: et comme l'homme par suite per-
suade qu'il aussi un Dieu, c'est pOlir cela que le Serpent a dit:
• Dieu sait qu'au jour gue "ous mangerez du fruit de cet
Q'!'/we, "OS yeux seront ouverts, et '''OUf seres comme Dieu sa-
.chant le bien et le mal . • - Gen. m, 3. - L'Action de manger
de ces arbres signifie la réception et l'appropriation; l'action de
manger de l'arbre de vie la réception de la vie éternelle; et
raction de manger de l'arbre de la Science du bien et du mal.
la réception de la damnation; par le Serpent est entendu le
diable quant li l'amour de soi et au faste de la propre in-
telligence; et cet amour est le possesseur de cet arbre,et les
hommes quifsont dans Je fasle d'après cet an.our sont ces arbres.
Ds sont donc dans une ,rande erreur ceux qui croient qu'Adam 1
sage et a fait le bien par ,lui-même, et que (le fut là son état
d'intégrité, lorsque cependant cet Adam a été maudit Il cause de-
.cetle roi; car cela est signifié par Manger de l',arbre de la science
do bien et du mal; c'est pour cela qu'alors il tomba de l'éLat d'jnté-
«rilé, dans lequel il avait été quand il croyait être ,sage et faire le
bien d'après Dieu et nullement par lui-même, car cela est entendll
par Manger de l'Arbre de vie. Le Seigneur Seul, étant dans Monde •
.a été sage par Lui-alême, parce que par naissance le Divin Même
-était en Lui el Lui appartenait, aussi est-ce pour cela quo par k
80
LA VRAIE
propre puissance il est devenu Rédempteur et Sauveur. De tout ce
qu'ils venaient de dire ils firent celle Conclusion .• Que par l'Arbre
de Vie, et par l'Arbre de la science du bien et du mal, et par l'Ac-
tion de manger de ces arbres"il est entendu que la Vie pour l'holulDe'
est Dieu en lui, et qu'alors il a le Ciel et la Vie éternelle; et que la.
lIort pour l'homme est la persuasion et la Coi que la vie pour l'homme-
est non pas Dieu, mais lui-même, d'où il a l'Enfer et la Mort éter-
Delle, qui est la damnation .•
Après cela, ils eXlJminèrent le Papier ,laissé par les Auges sur la.
table. et ils virent écrit au bas: MUNISSEZ LES TROIS DËCISIONS
UNE SEULE SENTENCB; et alors ils les rassemblèrent, et ils virent
qu'elles se réunissaient toutes trois en une seule série, et que celle
série ou cetle sentence était celle-ci: • Que l'HolDme a été créé'
pout recevoir de Dieu l'amour et la sasesse, et cependant en tout9-
ressemblance comme de lui-même, el cela à cause de la réception
ft de la conjonction; et qu'en conséquence l'homme ne nalt dans.
aucun amour, ni dans aucune science, ni même dans aucune puis-
sance d'aimer et d'être sage par lui-même; c'est pourquoi s'il attri-
bue tout bien de l'amour et tout vrai de la sagesse à Dieu, il devient
Homme vivant; mais s'il se les attribue à lui-même, il devient.
homme mort. D Ils écriviren t ces paroles sur uu nouveau Papier, el
le placèrent sur la Table; et voici, aussilôlles Anges fureot présents.
dans une nuée d'une blancheur éclatante, et ils portèrent le Papi el"
dans le Ciel, et après qu'il y cul été lu, ceux qui étaient assis SUI"
les siéges entendirent du Ciel des voix: Bien, bien, bien. Et aussitOt
il apparut un qui semblait voler, ayant comme deux ailes aux
pieds et deux aux tempes; il parlait des prix, qui consistaient 6fl
Robes, en Bonnets et en Çouronoes de laurier; et il descendit, et il
donna à ceux qui étaient assis au Septentrion des Robes de couleur
opale; à ceux qui étaient à l'Occident, des Robes de couleur écar-
late ; à ceux qui étaient alJ alidi, Bonnets dont le tour était orné
,de bandes en or et en perle!!, et dont l'élévation du côté gauche
était enrichie de diamants taillés en forme de fleurs; et à ceux qui
étaient à l'Orient des Couronnes de laurier dans lesquelles étaient
des rubis et des saphirs: et tous, décorés de ces prix, s'en allèrent
du Jeu de la chez eux avec joie.
1"
L.
RELIGION 'CUMTIENNE.
DB LA TOUTE-PUISSANCE, DE LA TOUTE-SCIENCE XT DE 1.A
DE DIEU_
81
49. Il a été traité du DIVIN AMOUR et de la DIVINE SAGESSB, et
mon tre qu'ils son t tous deux la DIVINE ESSENCB i il sera main tenan t
parlé de' la TOUTE-PUISSANCE, de la TOUTE-SCIENCE et de la TOUtE-
PRÉSENCE de Dieu, parce qu'elles procèdent toutes Trois du divin
Amour et de la Divine Sagesse, l peu près comme la puissance et
la présence du Soleil dans ce Monde, et dans toules et chacune des
choses du monde par la chaleur et la lumière i la Chaleur qui pro-
cède du Soleil du tlonde spirituel, dans le milieu duquel est Jéhovah
Dieu, est aussi dans son essence le Divin Amour, et la Lumière qui
en en provient est aussi dans son essence la Divine Sagesse: de là
ilesL évident que, comme l'In6nité, l'Immensité et l'tlernité appar-
tiennent au DIVIN tUB, de même la Toute-Puissance, la Toute-
Science et la Toute-Présence appartiennent il la DIVIXB ESSENCE.
Mais comme ces trois AUribuLs universels de lil Dh'ine
n'ont pas élé jusqu'à présent compris, parce que leur pror,ressioA
selon leurs voiell, qui sonlles lois de l'O"dre, point été connue,
il est nécessaire de les meUre en lumière par des Articles distincts,
qui seronl .
. 1. La Totlte-Puissance, la Toule-Science et la TtJZlte-Présence
appartiennent à la Divine Sagesse d'après le Diuin Amour.
Il. La Toz,'e-Puissance, la Toute-Science et la Toute-P,'é-
,e'lee de Dieu ne peuvent AIre connues, si ron ignore ce que
c'est que l'Ordre, et si ron ne sait pas relaeivement à l'ordJ·d.
lJue Dieu est r Ordre , et qu'à rir:.stant de la Création il a in-
troduit l'Ordre, tant dans l'Univers que dans toules et dans cha-
cune des choses de l'Univers.
III. La Toute-Puissance de Dteu lant dans l'Univers, que dans
Ioules et dans chacune des choses de l'Univers, procède et opère
"lun les lois·de S01& Ordre.
IV. Dieu esl omni-scienl
l
c'est-à-dire qu'il perçoit, voil et
sait toutes choses tant en général qu'en particulier, jusfju'auz
f}lus mirttllÏeuses
l
qui sont faites selon l'Ordre; et aussi,
d'après celles-ci, tOtltes celles qui sont faites contre fOrdre.
L 6
7
82
LA VRAIE
V. Dieu est Tout-Présent depuis la p,-emü+s jusqu'auz der-
nie,', de son Ordre.
VI. L'Homme a été créé forme de l'Ordre Divin.
VU. Alitant r Homme "it selon l'Ordre Divin, autant il est
dans la puissance contre le mal et le faux d'après la Divine Toule-
"Puissance, et autant dans la sagesse sur le 6ien et le vrai d'a-
près la Divine Toute-&ience, et autant en Dieu d'après la Di-
t,ine Toute-Prése1ice.
Ces propositions vont être développées l'une après" l'autre.
riO. I. LA TOUTE-PUlSlSANCE, LA TOUTS-SCIENCE ET LA. TOL'TE-PRic-
APPARTIENNENT A. LA DIVINE S.\GESSB D'APats LE DIVIN AMoua
Que la Tome-Puissance, la Toule-Science el la Toute-présence
apparLiennent à la Divine Sagesse d'après le Divin Amour, et non
au Divin Amour par la Divine Sagesse, c'est un Arcane 10 Ciel, qui
n':! encore brillé dans l'entendement de personne, parce que per-
sonne, n'a encore su ce que c'est que l'Amour dans son essence, ni
ce que c'est que la Sagesse dans son essence, ni à plus forte raison
rien dl!' l'inRux de l'un dans l'autre, il savoir, que l'Amour, avec
toules ot cbacune des choses qui lui appartiennent, inDue dans la
Sagesse, et y réside comme un Roi dans son Royaume, ou comme
un maiLre dans sa maison, et qu'il abandonne A son jugement tout
le gouvernement de la justice; et comme la justice appartient a l'a-
mour et le jugement à la sagesse, il abandonne à sa sagesse toulle
de l'amour: mais cet Arcane sera mis en lumière
dans la suile; que cela en attendant serve de règle. Que Dieu soit
Tout-Puissant, Tout-Sachant et Toul Présentl,ar la Sagesse de son
amour c'est aussi ce qui est entendu par ces paroles dans Jean:
• Dans le commenceme1zt était la Parole, et la Paro18 était ches
D-iell, et Dieu était la Parole, toutes choses par EUe ont été
failes, et sans Elle n'a élé fait 1'ien de ce qui a élé fait. En
elle était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes: el le
Monde par Elle a été fait; et la Parole Chair a MJ faite. )) -
l, i, 3, 4, tO, ft.; - là, par la Parole esi çotendu le Divin Vrai ..
ou, ce qui revient au même, la Divine Sagesse; o'est pourquoi elle
est aussi appelée Vie et Lumière, et la vie et la l.umière ne sont
auire chose que la Sasesse.
st. Puisque dans la Parole la Justice se dit de l'Amour et que le
RELIGION CHRÉTIENNE .
83
. Jugement se dit de la Sagesse, il va en conséquenoe être rapportê
quelques pas."ages qui montrent que le Gouvernement de Dieu se
fait dans le Monde par ces deux choses i voici ces passages: a
'VAn, LA JUSTICE et LE JUGEMENT (sont) le soutien de ton Trdne. D
- Ps. LXXXIX, Us. -. Que celui qui se glorifie, se glorifie
-de ce que Moi JEHOVAR je fais JUr.ElIENT et JUSTICE el& la tert'e. »
- Jérém. IX, 23. ':"""" Exalté soit JÉHOVAII, parce qlli/ a rempli
Sion de JIIGEIiEIfT et de JUSTICE. » - Esaïe, XXXIII, li. - «Et
coulera comme l'eau le JUGE3IE:4T, el la JUSTICE comme un torre,.,t
fort. 1) - Amos, V, 24.. - a JÉHOVAH! ta JUSTICE (esl) comme
Jes montagnes de Dieu, tes JUGElIfENTS (sont) un a61me !J"and .•
- Ps. XXXVI, 7. - • JEHonR fera sortir comme la lumière ta
JUSTICE, et Inn JUGEMENT comme le midi. Il - Ps. XXXVU, 6.
- • JËllOVAIl jugera son peuple dans la JUSTICE, et ses malheu-
,'eux dans le Il - Ps. LXXII, 2. - «
-appris les de fa JUSTICE; sept foïs dans le jour je Te
.loue sw' les JUGEHF.NTS de ta JUSTICE. " - Ps, 7, t6t.. -
• Je me fiancerai à toi· dans la JCSTICE et le JUGE)lENT •• - Hos.
II, {9. - dans la JI!STICE sera rachetée, et ses ,'amenés
-dans le JUGElIENT. • - Esaie l, 27. - • JI sera assis sllr le TrdnB
.de David et sur son Royaume, pour l'al!ermÏ1' en JUGE!tIENT et
.en JUSTICE. • - Esaie, IX, 6. - « Je susciterai à David lin
gél'me jllste, qui règnel'a Roi, et fera JUGEIIENT et JUSTICE en·fa
.terre. Il - Jérém. XXIII, 3. XXXIII, US; - el ailleurs, il est dit
.qu'on doit faire la Justice et le Jllgement, comme dans Esaïe, l, !U.
V, t6. LVIII, !I. Jérém.IV, t XXII, 3, t3, ilS. Ezéch. XVIII, 5.
XXXIII, U, t6, t9. Amos, VI, li. Mich. VU, 9. Deutér. XXXIII.
il. Jean, XVI, 8, tO, i {.
51. II. LA TOUTB-PlilSSANCE, LA TOUTE,SCIENCE ET LA. TOUTE-
DE DIEU NE PEUVENT t'l'RB CONNUES, SI L'ON IGNORE CB
QUE C'EST QVE L'ORDRE, ET SI L'ON NE SAlT PAS RELATIVEMENT A
L'OllDRE, QUE Dllm EST L'ORDRE, ET QU'A L'INSTANT DE LA CaÉA.-
TION IL Â INTRODUIT L'ORDRE TANT DANS L'UNIVERS QUE DANS TOUTES
ET D.lNS CHACUNE DES CHOSES DE L'UNIVERS
Combien d'extravagances et quelles extravagances se sont répan-
dues dans les mentaIs humains, et de là dans l'Ë,lise par les Têtes
des instauraleurs, par cela qu'ils n'ont pas compris. l'Ordre. dans
8'
LA. VRAIE
lequel Dieu a créé l'Univers, el toutes et chacune des choses dë
Punivers! on pourra le vOIr dans ce qui suit d'aprèll le seul recen-
sement qui en sera fait. Mais ioi nous allons d'abord faire connaUre-
l'Ordre par une sorte de définiLion générale, c'est celle-ci: L'Or-
dre est la lJualilé de la disposililm, de la détermination el de-
lactivilé des pal'ties, des sr.t6stances 0" lJui constituent IfS
forme, d'où provielzt rétat, dont la sagesse. d'après son amour
p7'oduitla perfection, ou dont la folie de raison d'après la cu·
pité forge rirnperfection. Dans cette définition sont nomm.és la
Substance, la Forme' etl'Élat, et par ·la Subslance nous entendons.
en même temps la forme, p:1rce que IOule subslance est forme; el
la qualité de la forme est son état, lIolH la perfection ou l'imperfec-
tion résulte de l'ordre. Mais comme ces cboses sont Afétapbysiques ..
elles ne peuvent être que dans l'obscurité, toutefois cette obscurité-
sen dans la suile dissipée var des upphC:1lions à des qul
illustreront ce sujet..
33. Que Dieft soit l'Ordre, c'est parce qll'il est la Substance:
même et la Forme méme ; la Substance, pareo que toutes les choses
qui subsistent out existé et existent d'après Lui; la Forme, parce
que toule la qualité des Subst:1nce est sortie et sort de Lui, la qua-
lité ne vient pas d':1i1leurs quo de la forme. Jllaintenant, puisque.
Dieu est la Substance même, unique et première et la Forme même ..
unique et première, et ,qu'en même temps il est l'Amour même eL
unique et la Saies:ie même et unique; et ImiSllue la Sagesse d'après.
l'amour fait la forme, et que l'élat et la qualité lie la forme sont se-
10D l'ordre qui est là, il s'ensuit que Dieu est ItOrdre même; consé ..
quemment, que Dieu d':1près Lui-AMme a introduit l'Ordre tant
dans l'Univers que dans tOlites et dans cb:1cuDe des choses de l'Uni-
vers; et qu'il a introduiL l'Ordre le plus parfait, parce que toutes
les choses qu'il a créées ont été bonnes, comme on le lit dans le Li-
\'rll de la Création: que [cs choses mauvaises aient existé en même
temps que l'Enfer, ainsi 3lJrès la créaLion, c'est ce qui sera démon-
tré en I\on lieu. Ala:s passons Il des choses qui entrent de plus près.
dans l'EnLendelDent, qui l'illustrent avec plus de clarté, et qui l'af-
fectent avec plus de (louceur.
34. Or, quel esL l'Ol'dre dans Icquell'Univers a été créé! C'est ce-
t qui De peut être exposé que [Jar un grand nombre de volumes; il
RELIGION CHRtTIENNE.
8$
en 'S8ra donné uno sorte d'esquisse dans le Lemme suivant sur la
Création. On doit ténir pour certain, que, dans l'Univers, toutes et
<chacune des cboses ont été créées dans leur ordre, pour qu'elleè
.subsistent par elles-mêmes, et qu'il en a été ainsi dès le commence-
ment, pour qu'elles se conjoignent avec l'ordre de l'univers, aftD
.que les ordres singuliers subsistent dans l'Ordre universel, et ainsi
fassent un: mais recourons i quelques exemples: L'Homme a été
créé dans son ordre et chaque partie de l'homme danl' le sien;
la Tête, dans le sien; le Corps, dans le le Cœur.
le Poumon, le Foie, le Pancréas, l'Estomac, dans le leur; tout
Oriane du mouvemeut, qu'on nomme 'uscle, dans le sien, et
tout organe des sens, comme l'œil, l'oreille, la langue, dans le sien;
il n'y a pas même d'artériole ni de fibrille, qui n'y soit dans son or-
·dre; el cependanl ces parties innombrables se conjoisnent avec le
eommun de l'homme et s'y unissent tellement, qu'ensemble eUes
font un: il en est de méllle des autre.ot choses, dont un simple re--
-censement sumt pour l'illustration; Toute Béte de la terre, tout Ol-
seau du ciel, tout Poisson de la mer, tout reptile, et même tout ver
jusqu'à la mite, a été créé dans son. ordre; pareillement tout arbre,
tout arbuste, arbrisseau et légume, dans le sien; et, bien plus,
pierre et tout minéral, jusqu'l chaque grain de poussière de
terre, a été créé dans le sien.
fUS. Qui ne voit qu'il n'y a pas d'Empire, de Royaume, de Duché.
-de République, de Cité, de Maison, qui ne soient établis sur des lois
-qui constÎlutlnt l'ordre, et ainsi la forme de leur gouvernement!
Dans chacun de ces ÉtaIS les Lois de la justice sont au Premier
l'ang, les Lois politiques au second, et les Lois économiques au troi-
sième; si on .les compare avec l'homme, les Lois de la JUlltice font
sa Tête, les Lois politiques son Corps, et les Lois économiques ses
vêlements, c'est même pour cela que celles-ci peuvent être changées
-eomme des vêlements. Mais quant à ce qui concerne l'Ordre dans le-
.quel l'Église a été instaurée par Dieu, il consiste en ce que Dieu est
·dans toutes et dans chacune des choses de l'Eglise, et que c'est en-
vers le prochain que l'Ordre doit être exercé; les Lois de cet Ordre
sont eu aussi grand nombre qu'il y a de Vérités dans la Parole. les
Lois :qui concernent Dieu font sa Tête, les Lois qui COJlcernenL le
.prodaaia font son Corps, et les Cérémonies font le$ vêtements, car
86
LA VRA.IE
si ces dernières ne contenaient pas les autres dan s leur Ordre, C'&
seraiL comme si Ils Corps était mis à nu el exposé à la chaleur dans
rét'. eL au froid dans l'hiver; ou comme si on enlevait d'un Temple
les murs et le toit, et qu'on laiss1t ainsi le Sanctuaire, l'Autel et la
Chaire exposés aux diverses intempéries des saisons.
56. Ill. LA. TOUTE-PUISSANC!!: DE Dum, TANT DANS L'UNIVERS Qua
DANS TOUTES ET DANS CHA.CUNE DES CHOSES DE L'UNIVERS PROCÈDE.
ET OP1!:RE SELON LES LOIS DB SON·ORDRB.
Dieu est Toul-Puissant, parce qu'il peul toutes choses d'après
Soi, et que tous les autres ne l'eu\'ent que d'après Lui; son Pouvoir
et son Vouloir sont un, Jlt comme il ne Veut que le Bien, il ne peUl
par conséquent faire que le Bien; dans le AJollde spirituel nul ne-
-peut faire quelque cbose contre sa volonté, tous y tiennent cela de
'Dieu, de ce que Son pouvoir et Son vouloir sont un : Dieu 65t aussi
Je Bien même, lors donc qu'il fait le Bien, il est en Soi, et il n&
'Peut sortir de Soi; de là on "oit clairement que sa Toute-Puissanee-
s'avance et opère en dedans de la Sphère d'extension du Bien, la-
quelle est infinie; en effet celle Sphère par l'intime remplit l'Unj-
.vers, et toutes et chacune des choses qui y sont, et par l'intimlS elle-
gouverne celles qui sont en dehors, en tant que celles-ci se conjoi-
gnent selon Jeurs ordres, et si elles ne se conjoignent pas, elle les.
soutient toujours, et par toute sorte d'efforts elle tral'aille à les rI-
mener dans un ordre concordant avec l'ordre unÏ\'ersel, dans lequel.
Dieu Lui-Même est dans sa Toute-Puissance, et selon lequel il agit;.
·et si cela n'a pas lieu, elles SOllt rejetées hors de lui, où néanmoins.
il les soutient par l'intime. D'après cela il devient évident que la
Toute-Puissance Divine ne peut nullement sortir hors de Soi pour
se mettre en contact avec le mal, ni le repousser de Soi, car le mal
s'éloigne lui-même, d'où il arrive que le mal est absolumenL séparé'
de Dieu, et précipité dans l'Enfer, entre lequel et le Ciel. où es.t
Dieu, il existe un gouffre immense. Par ce peu de détail OD peut voir-
dans quelle extravagance sont ceux qui pensent, et davantage ceux
qui croient, et p l l l ~ encore ceux qui enselgneJlt que Dieu peut damner-
quelqu'un, maudire quelqu'un, jeter quelqu'un dans l'enfer, pré-
. destiner l'Ame de quelqu'un à la mort éternelle, se venger des in-
jures, se meUre en colère, punir; bien plus, il De peut pas même se·
-délourner de l'homme, ni le regarder avec un fronl sévère: ces·
1
RELIGION· cnRiTlENNE.
87
croyances et autres semblables sont contre l'Essence de Dieu, et ce
qui est contre son Esssnce est contre Lui-Même,
17. L'opinion dominante aujourd'hui, c'est que la Toute-Puis-
sance de Dieu est semblable il la puissance, dans le monde, d'un
Roi absolu, qui peut il son gré Caire tout ce qu'il veul, absoudre el
condamner qui il veut, faire le coupable innocent, déclarer. fidèle
celui qui est infidèle, placer l'homme incapable et sans mérite au-
de l'homme C3pable et de mérite, et qui peut mêlDe, sous un
prétexte quelconque, enlever à ses sujels leurs biens. et les livrer il
la morl, outre plusieurs autres abus semlJlahles. Par celte orinion,
ceLle Coi, et cette doctrine insensée sur la Toule-Puissallce Divine,
• il s'est répandu dans l'Église aulant de Caussetés, d'ilIllsions et
cbimères.qu'il y a là de moments, d'articulations et do générations
de la Coi, et il peut encore s'en répandre autant qu'on peut remplir
de vases avec les eaux. d'un grand lac. ou autant qu'il y a de ser-
pents qui sorlent de leurs caverllP,5 et vont jouir' de l'exposition au
soleil dans un désert de l'Arabie. On n'a besoin que de deux mots,
et FOI, el alors on répand devanl le vulgaire au-
tanL de conjectures, de fables et de véLilles, qu'il en tombe .sous les
sens corporels. car la raison est exclue par l'un et l'autre de ces
mOls; et une Cois la raison exclue, en quoi la pensée de l'homme
supérieure à 1 .. raison de l'oiseau qui vole au-dessus de sa'
tête! ou. il qui ressemble alors le Spirituel. que l'homme a de plus
que les bêtes, sinon li l'odeur qu'exhalent les odeur qui
convient aux bêtes qui y sonl renfermées, mais non il l'homme. j
moins qu'il ne seit semblable il elles Y Si la Toute-Puissance Divine
avait de l'extension pour faire le .mal comme pour Caire le bien,
quelle différence y aurait-il entr.e Dieu et le Diable! il n'yen aurait
pas d'autre que celle qlii exisle enLre deux Monarques. dont l'un est
un Roi el en même temps un tyran et l'autre un Tyran dont la
puissance a été liée. ce qui fait qu'il oe peut êlre appelé Roi; ou
eDtre un Pasleur il qui il a été permis d'agfr en brebis et aus.si en
léopa,rd, et uo Pasleur il qui cela n'a pas élé permill, Qui ne peut sa-
voi r que le bien et le mal sonL opposés. et que si Dieu d'après sa
Toute-Puissauce pouvait vouloir l'un el l'auLre, el faire l'un el l'au-
tre d'après ce vouloir. il ne pourrait absolument rien. et o'aurait
par conséquent aucune puissance, ni il plus forte raison la Toule-
-
88 LA VRAIE
Puissance! Ce serait comme deux roues qui agiraient mutuellement.
en sens contraire, par celte réaction chaque roue resterait en place.
et elles seraient complètement en repos i ou comme un Navire qlli.
dans un torrent opposé. sa toute, serait entralné et périrait, s'il
n'était pas en repos sur son ancre; 011 comme un homme qui a deult
volontés opposées entre elles, l'une est nécessairement en re-
pos quand l'autre agit; mais si elles agissaient l'une et l'autre eD
même temps, elles jetteraienl &On mental dans le délire ou le vèr-
lige,
68, Si selon la Coi d'aujourd'hui, la Toute-Puissance de Dieu
était absolue lant pourCaire le bien que pour faire le mal. ne serait-il
pas possible, el même ne serait-il pas facile à Dieu d'élever" tout •
l'Enfer dans le Ciel, de les diables et 1811 satans en Anges.
el de purifier el1 un instanL de ses péchés tout impie sur la terre, de
le renouveler, de le sanctifier de le régénérer. d'en faire d'un fils
de la colère un fils de la grâce, c'est-à-dire, dIS le justifier, ce qui
se ferait seulement par l'addication et l'imputation de la justice de
son Fils! mais Dieu d'après sa Toute-Puissance ne peut pas eela,
'Parce que cela est contre les lois de son Ordre dans l'Univers. et eD
même temps contre les lois de l'Ordre mises dans chaque homme.
lesquelles consislent en ce que de part el d'autre il ail mutuelle-
ment conjonction; que cela soit ainlli, on le verra dans la suite de
ce Traité. De cette opinion el de eetLe foi insensées sur la Toute-
Puissance de Dieu, il résulterait que Dieu pourrait chanser chaque
homme-bouc en homme-brebis, et par bon plaisir le faire passer de
sa gauche. sa droile; qu'il pourrait aussi par bon plaisir changer
les Esprits du dragon en Anges de Micbel, el qu'il pourait donner
la vue d'un aigle à un homme dont l'entendement esl comme la vue
d'une taupe, en lin mot d'un homme-hibou un homme-colombe;
Dieu ne peut pas ces choses, parce que cela est contre les lois de
son Ordre, quoique continuellement il Je veuille et fasse des efforts.
S'il J'avait pu, il n'aurait pas permis. Adam d'écouter Je serpent.
de prendre le fruit de J'Arbre de la science du bien et du mal, et
de "approcher de sa bouche i s'il l'avait pu, il n'aurait pas permis l
. Cain de tuer son frère; à David de faire le dénolobrement du peu-
pJe; à Salomon des temples à des idoles; et aUI Rois de
Juda et d'Israël, de profaner le Temple, ce qu'ils ont fait.lanl de
r
RELIGIo..-, caRlttIENNE. 89
fois: et même s'il l'avait pu. Il aurait par la Rédemption de SOD
Fils sau,·é lout le genre ·humain sans en excepter un seul homme,
et extirpé tout l'Enfer. Les anciens Gentils avaient attribué une pa-
Toule-Puissance ll leurs dieux et lieurs déess8& ; de III sonl
sorties leurs rables i par exemple, celle de Deucalion et de Pyrrba,
.qui, en jetant des pierres derrière eUll; firent des hommes; celle
d'Apollon qui changea Daphné en laurfer; celle de Diane qui m6-
ûmorphosa un cbasseur en cerf; et celle d'un aulre de leurs dieux
qui changea en pies des \'ierses du Parnasse. La roi d'aujourd'bui
sur la Toule-Puissance Divine est semblable; de là ont été portées
-dans le Monde lant d'idées fanatiques et par suite hérétiques dans
toute Région où exisle la Religion.
S9. IV. Dum EST Ol\INI-SCIENT, C'EST-A-DIRE QU'IL PERÇOIT .. VOIT KT
"SAIT TOUTES CHOSES, TANT EN GltNIkRAI. QU'EN PAIITlCULIEB., JUSQU'ADX
PLUS JlINUTIEUSES QUI SONT FAITES SELON L'ORDRD: ; ET AUSSI
CELLES-Cl TOUTES CELLES QUI SONT F,uTES CONTRE L'ORDRE.
Si Dieu est Omni-Scienl, c'est-Il-dire, s'il perçoit, voit et sait
toules choses, c'est parce qu'il est la Sasesse même et la Lumière
même, or la Sagesse même perçoit toules cboses, et la Lumière
même voit toutes choses; que Dieu soit la Sait"SS8 même, c'est ce.
-qui a été montré ci-dessus; qu'il soit la Lumière même, c'est parce
qu'il est le Soleil du Ciel Angélique, qui illustre l'entendement de
tous, tant celui des Anges que celui des llommes; car de mémeque
l'œil est éclairé par la Lumière du Soleil naturel, de même l'enten-
dement est éclairé par la Lumière lIu Soleil Spirituel; et non-seule-
ment il est éclairé, mais il est même rempli d'intelligence selon l'a-
mour de recevoir l'intelligence, p.uisque celle Lumière dans son
essence est la ; c'est pour cela qu'il est dit dans David,
QUE DIEU UABITE DANS UNI LUMIÈRB INACCESSIBLB; el dans l'Apocalypse,
que dans la Nouvelle-Jérusalem on n'apas fJesoin de Lampe,
parce que le Seigneua Dieu féclaire; et dans Jean, que la Pa-
role qui était chez et qui était Dieu, est la Lumibt qrli
-éclaire tout homme venant dans le Monde; par la Parole il est
entendu la Divine Sagesse. De Il vient que les Anges sont autanl
dans l'éclaL de la lumière, qu'ils sout dans la sagesse: el de Il vienl
aussi que, dans la Parole, lorsque la Lumière esl nommée, il est eD-
tendu la sagesse.
-
90 LA. VRAIE
60. Si Dieu perçoit, voit et saiL toutes choses, jusqu)aux plus mi- •
DUlieuses, qui sont failes selon l'ordre, c'est ,parce que l'Ordre est
Universel d'après les lrès-sinsuliers. car les pris ensem-
ble' s'appellent l'Uuiyersel, comme les particuliers pris ensemble
s'appelleDt le (''.ommun: l'Uniyentel avec ses eRt Ul)
Ouvrase cohérent comme un, tellement que cet un ne l,eut êlre' ni
touché ni atTecté, san, que quelque sensation en rejailliSlie sur lout
le reste. D'après celle qualité de l'ordre dans l'Univers existe une-
qualité semblable dans loutes les choses créées dans le Monde; mais
cela sera illustré par des cQrnparaisons prises dans les choses visi-
'bles: Dans l'homme tout entier il y a des communs et des particu-
liers. et les communs y enveloppent les particuliers, et ils s'arran-
lent dans un tel eDtrelacell\eDl, que l'un appartient à l'au(.'e; cela
arrive parce qu'il y a' ,une enveloppe COlDlOune autour de chaque
membre. et que cette enveloppe s'y insinue dans chacune des par-
ties qui, le composent. pour qu'elles fassent un dans chaque fonctioD
et dans chaque par exemple, l'enyelo,ppe de chaque muscle
,en tre dans chacune des 6bres mOI rines et les revêt d' elle-même;
il en est de même de l'enveloppe du foie. du pancréas et de la ral8"
pour chacune des choses qui sont au dedans de ces yi sc ères ; il en
est de même de l'enveloppe du poumon. qu'on nomme plèyre, pour
les intérieurs dl. poumon; de même aussi du péricarde pour toutes
et pour chacune des choses du cœur; et communément du péritoine
par les anastomoses avec les enveloppes de tous les viscères; de-
même des Méninges du Cerveau, celles-ci ,par des fils extraits d'elles-
mêmes, entrent dans tOIJtes les glandules substra'tées, et par celles-
ci dans toutes les fibres, et par les 6bres dans loutcsïes parties du
corps; c'est de là que la Tête d'après les Cerveaux gouverne toutes
et chacune des 'clloses placées SOIIS elle, Ces oiemples n'ont été pré-
sentés qu'afin qu'on se forme, d'après des cboses visibles, quelque-
idée de la manière dont'Dieu perçoit, voit et sait Loules les choses ..
jusqu'amt plus minutieuses, qui sont faites selon l'ordre. '
61. Si Dieu, d'après les choses qui appartiellnent a l'Ord.'e, per-
coit. sait et voit loutes celles, tant en général qu'en particulier, jus-
. qu'aul plus minutieuses, qui semt faites conLre l'Ordre, c'est paree-
Dieu ne tienl point l'homme dans le mal. mais le détourne du
ainsi ne le conduit point. mais luue Iyec lui; d'après celte luue-
RELIGION CHIŒTIENNE.
91
perpétuelle, d'après l"eft'ort, la résistance, la répugnance et la réac--
tion du. mal et du faui contre son Bien et son Vrai, par conséquent
eontre Lui .. Même, il perçoit" et la quantité et la qualité de ce mal et
de ce faul ; cela est une conséquence de 'la Toute-Présence de Dieu
dans toutes et dans chacune des choses de son Ordre, et en même-
temps de sa Toute-Science de ces cboses; ainsi, pour comparaison.
l'homme dont l'oreille est dans l'harmonieet la consonnance, découvre
e18ctement la désharmonie et la dissonnance, de combien el comment
elles diftèrenl quand elles pénètrent; pareJllemenll'bomme donlle
sens est dans le plaisir, quand le déplaisir intervient; pareiIlemen.
"l'homme dont la vue est dans le beau voit exactement le beau.
quand il y a • cOté quelque chose de difforme, aussi Itls peintres ont,
ils l'habitude de placer une figure laide·. cOté d'une belle; il en est
de mème du bien et du vrai, quand le mal et le faul luUent contre
eux, en ce que le mal et le faux SOlft distinctement perçus d'après
le bien et le vrai; en effet, quiconque. est dans le bien peut percevoir
le mal, et quiconque est dans le vrai peut voir le faux; et cela,
parce que le bien est dans la chaleur du oiel, et que le vrai esl dans
la lumière du ciel, tandis que le mal est dans le froid de l'enfer, et
le faux dans l'obscurité de l'enfer; c'est ce qui peut être illustré par
cela que les Anges du ciel peuvent voir tout ce qui se passe dans.
l'enfer, et quels sont les monstres qui l'habitent, tandis qu'au con-
(raire les esprits de l'Enfer ne peuvent voir la moindre chose de ce-
qui se passe dans le Ciel ni même les Anges, pas plus qu'un aveugle.
ou pas plus qu'un œil qui regarde dans rair ,jde ou dans l'éther
vide. Ceul dont l'Entendement est dans la lumière d'après la sa-
gesse, sOQt semblables à ceUl qui se tiennent l midi sur une 1I0n-
tagne et voient clairement tous les objets Ilui sont plus bas; et ceui
qui sont dans Ime lumière encore supériellre ressemblent à ceux qui,
A l'aide de lunettes d'approche, voient comme près d'eux les objets
-qui sont autour et en bas; mais .ceux qui sont dans la lumière illu-
soire de l'enrer d'après la des faussetés, ressemblent l
ceux qlli se tiennent sur la même Montagne pendant la nuit avec
des Oambeaux dans leurs mains, et qui ne voient que les objets les.
plus près, et n'en aperçoivent qu'indistinctement les formes et COI}-
fusément les couleurs. Quand un homme qui est dans quelque lu-
mière du vrai, el cependant dans:le mal de la vie, est dilns le plaisir
LA VRA,lE
de l'amour de SOD mal, il DI voit les Vl,'ais d,jIIIs le
ilue cornille une chauve-souris voit dans .\In jardin des lin les sus-
pendus, vers lesquels elle ,·ole l'ers son asile; et, plus tard,
il devient comm,e une cJrouette, et enfin comme un hibou i et, alors
Ü est comme un ramoneur qui s'arrêle dans la partie la plus obscure
,ae la cheminée. et qui, lorsqu'il lève le:s yeul en baut. voit le ciell
travers la fumée, et lorsqu'il regarde en bas, voit le foyer d'où pro-
vient celte fumée.
6!. Il faut tenir pour certain que la pe,rception des opposés est
autre que la perception des relatifs; en effet, les opposés sont ,les
cboses qui sont en dehors et contre celles qui sont en dedans; ca ..
il se produit lin opposé, quand l'u,n cesse entièrement d'être quel.
-que chose, et qu'un aulre alors s'élève en s'efforçant d'agir contr,
anlérieur. comme une roue qui agit contre ulle roue. et un
fleuve contre un Deu,'e: les. Relatifs, au contraire, sont plusieurs
choses diverses disposées dans un certain ordre, de façon il. ce qu'il
J ait entre elles une convenance et un accord, comme des pierl'8$
.précieuses "de diverses couleurs dans un collier sur la poitrine d'une
,Reine, ou comme des fleurs de nuances variées dans une guirlande
pour procurer le charme de la vue; il Y a donc des relatifs dans l'UD
-et l'autre opposé, tant dans le bien que dans le mal. et tant dans la
vrai que dans le taux, ainsi tant dans le ciel que dans l'enfer, mais les
relatifs dans l'enfer 1I0nt tous des opposés aUI relatifs dans le ciel:
maintenan t, puisque Dieu perçoit et voit, et par suite connalt tous
les relatifs dans le Ciel,d'a,près l'Ordre dans lequel il est Lui-Même,
et que )lar-là il perçoit,'voit et connait tous les opposés relatifs dans
l'enfer, ain&i qu'il résulte de ce qui vient d'être dit, il est évident
que Dieu est dans l'Enfer comme dans le Ciel, et pa-
reillement cbez les hommes dans le Monde; qu'ainsi il perçoit, ,oit
-et connalt leurs maul et leurs faul d'après le bien et le vrai. 'dans
lesquels il est et qui dans leur essence sont Lui-Même:
-en effet, il est dit: • Si je m01ite auz Cieuz, là Tu (es) j si je
descends tJn EnftJr, Ty voilà. » - CXlXIX, 8. - Et ailleurs:
.. Quand ils pénètrtJraient dans rEnftJr, de là ma main les re-
.tirtJrait. 1) - Amos, IX, t, 8.
63. V. DIEU EST TOUT·PRtsENT DEPUIS LES POlliEU
IlIRNIERS DE SON ORDaE.
RELIGION CHRÉTIENNE. 93"
Si Dieu est tout-présent depuis les premiers jusqu'aux dernietl
de son Ordre, c'est par la Chaleur et ta Lumière du Soleil"du Mondé
Spirituel. au milieu duquel il est; par co Soleil a été faiL l'Ordre,
et d'après l'Ordre il répand la chaleur et la lumière qui pénètrent
l'Univel'i depuis ses premiers jusqu'à se.o; derniers, et produisent la
vie qui est dans l'homme et dans chaque animal, et aussi l'Ame v é g ~ _
tative qui est dans cllaque germe sur la Terte, et elles influent toutes.
deus dans chacune des choses, et font que chaque sujet vit et croU
selon l'Ordre introduit en lui par la création: et comme Dieu n'est
pas étendu, et que cependant il remplit loutes les étendues de l'Uni
vers, il est touL-présent; que Dieu SOil dans lout espace sans espace.
et dans tout temps sans temps, el que par suite l'Univers, quant à
l'essence et à l'ordre, soit la plénitude de Dieu, c'est ce qui a été
montré ailleurs; et cela élant ainsi, par la Toute-présence il perçoit
tout, par la Toute-scienca il pourvoit à lout, et par la Toute-puis-
sance il opère tout; d'où il est évident que la Toute-présence, la
Toute-science et la Toute-puissance font un, ou que l'une suppose.
l'autre, et qu'ainsi elles ne peuvent être séparées.
64. La Toule-présence Divine peut être illustrée par l'admirable.
présenÏle des Anses et des Esprits dans le Monde Spirituel: Comme
il n'y a point d'espace dans ce Monde, mais qu'il ya seulement l'ap-
parence de l'espace, l'ange ou l'esprit peut être en un instant en
présence d'un autre, pourvu qu'il vienne dans une eemblable affec-
tion de l)mour et par suite dans une semblable pensée, car ces deux
choses font l'apparence de l'espace; qu'il y ait Il une telle présenc&
de tous, c'est ce qui est devenu pour moi évident, en ce que j'ai pu
j voir des Africains et des IRdiens à proximité les uns des autres,
quoiqu'ils soient" séparés par tant de kilomètres sur la terre, et
qu'en outre j'ai pu me trouver en présence de ceux: qui sont dans les
Planètes de ce Monde, et aussi en présence de ceux qui sont dans les
Planètes des "autres Monde!! hors de notre système solaire: c'est par .
le moyen d'une telle présence, non de lieu, mais d'apparence de
lieu, que j'ai conversé avec les Apôtres, avec des Papes, des Empe-
. reurs et des Rois défunts, avec les instaurateurs de l'Eglise d'au-
jourd'hui, Luther, Calvin et Mélanchton, et avec d'autres de pays
éloignés; quand il existe une telle présence pour les Anges et pour
les Esprits, que ne doit pas être -dans l'Unifers la présence Divine

LA VRAIE
q:ui est infinie! Si telle est la présence pour les Anses et pour les
Esprits, c'est parce que loute affection de l'amour, et par suile
toute pensée de l'entendement, sont dans l'espace sans espace et
l1ans le temps sans temps, car quelqu'un peut penser un Crère, l
.gn parent, ou à un ami, qui est dans les Indes, et alors l'avoir
comme devant soi i il peut pareillement être affecté d'amour
pour eUI d'après un Par ces choses qui sont connues
de l'homme, la Toute-Présence Divine peut en quelque sorte être
illustrée; elle peut aussi l'être par les pensées humaines, en ce que,
-quand quelqu'un rappelle dans sa mémoire les chosts qu'il a vues
en voyage dans différents lieux, il les a comme présentes. Bien plus,
la vue du corps imite celle même présence i elle ne remarque les
objets distants que l'ar les intermédiares qui servent pour ainsi dire
de mesure; le Soleil lai-même serait près de l'œil el même comme
dans l'œil, si les intermédiaires ne dévoilaie'nt pas qu'il est à une si
,rande distance; que cela soit ainsi, c'est ce qu'ont fait observer
dans leurs Livres ceUI qui ont écrit snr l'Optique. Une telle pré-
existe tant pour la vue intellectuelle que pour la vue corporelle
de l'4omme, parce que son esprit v(Jil par ses yeux, mais il n'en
eliste pas de semblable pour aucune bête, parce que les bêles n'ont
pas de vue spirituelle. D'après ces explications, on peut voir que
Dieu est Tout-Présent depuis les Premiers jusqu'aul Derniers de son
Ordre; qu'il soit aussi Tout-Présent dans l'Enfer, cela a été mon-
tré dans l'Article précédent.
65. VI. L'HOMME' j, Jl;Tt cRÉÉ FORnE L'OI\DRE DIVIN.
Si l'homme a été créé forme de l'Ordre Divin, c'est parce qu'il a
été créé image et ressemblance de Dieu, et llUisque Dieu est Lui-
Même l'Ordre, l'homme a été créé imase et resselQblance de l'Ordre.
Il y a deux choses d'après lesquelles l'Ordre a existé et par lesquelles
il subsiste, le Divin Amour et la Divine Sagesse ;et l'homme a été
créé réceptacle des deux; c'est pourquoi il-a aussi été créé dans l'or-
dre selon lequel ces deux. aiÏssent dans l'Univers, et. principalement
selon lequel ils aGissent dans le Ciel angélique, d'où résulte que tout
ce Ciel dans sa plus grande effisie est la Corme de l'Ordre Divin, et
que sous l'aspect de Die\ ce Ciel es' comme un seul Homme; et il J
a aussi entre ce Ciel et l'homme une correspondance complète; en
effet, il n'y a dans le Ciel aucune société qui ne corres,ponde à quel
RELIGION CHRÉTIENNE.
95
que membre. l quelque viscère, à quelque organe dans j'homme ;
c'est pourquoi. dans le Ciel. on dit que Lelle société est dans la pro-
vince 'du Foie. ou du Pancréas. ou de la Rale. ou de l'Estomac. oa
de l'OEil. ou de l'Oreille. ou de la Langue. ou de telle autre partie;
les 'Anges eUI-mêmes savent aussi dans le domaine de quelle Partie
do l'homme ils habitent: que cela soit ainsi, c'est ce qu'il m'a été don-
né de savoir par vive expérience (ad vivum) j j'ai vu une société de
quelques milliers d'AnBes dont l'cnsemble formait comme un seul
homme; par là il a été évident pour moi que le Ciel dans le complexe
est l'image de Dieu; et l'image de Dieu est la forme de l'Ordre Divin.
66. faut qu'on sache que toules les choses qui procèdent dl!
Soleil du Spirituel. au milieu duquel est Jéhovah Dieu, se
rapportent à l'homme, et que par suIte tout ce qui existe dans ce
Monde tend à la fonDe humaine et la présenLe dans ses intimes; de
là tous les objets qui s'y offrent aux yeul sont de:; représentatifs de
l'homme: là apparaissent des Animaux'de toute espèce. et ces ani-
maul sont les Ressemblances des affections de l'amour des Anges.
et par suite de leurs pensées; là apparaissent aussi des vergers. des
parterres -et des lieux couverts de verdure; eL il m'a 'été donné de
savoir quelle affection représente chacun de ces objets: et. ce qui
est admirable, quand la vue intime est ouverte, on connaU son image
,dans ces objets; et cela, parce que tout h()mme est son amour et
par suite sa pensée; et comme les affections et les pensées chez
chaque homme sont variées et multiples, et que quelques-unes so
npportent à l'affection de tel animal, et d'autres à l'affection de tel
autre, voilà pourquoi les imaGes dé leurs affections se présentent
-ainsi; mais on "erra plus de détails sur ce sujet dans l'Article sui-
, vant od il est traité de la Gréation. Par là se manifeste aussi cette
"é.'ité, que la fin de ,la création a été le Ciel Angélique d'après le
Genre Humain. par conséqnent l'Homme. en qui Dieu pdt habiter
comme dans son" réceptllcle: c'est donc pour ceUe raison que
{'homme a été créé forme de "l'Ordre Divin.
67. Dieu avant la Création a été l'Amour lDême et la Sagesse
même, et ces deux étaient en efl'o!'t de faire des usages, car l'A-
mour et la Sagesse sans l'usage sont seulement des êtres de raison,
et s'évanouissent aussi. à moins qu'ils ne se conjoignent dans 1'0-
les deux premiers du troisiè'me sont aussi comme de
«
LA: VRllE
oiseaux qui volent sur le Brand Océan, et enfin las de voler tombent
et sont submersés: de là on voit que l'Univers a été créé par Dieu,
... fiD que les usages existent, aussi l'Univers peut-il être appelé le,
TbéAtre des usases ; et comme l'homme est la principale fin de la
création, il en résulte que toutes choses en général et en particulier-
oilt été créées pour l'homme, et que par suite touLeS et chacune>
des c h o s ~ de l'ordre ont été conjointes et concentrées en lui, afin
que par lui Dieu fasse les usages principaux. L'Amour et la Sagesse.
sans leur troisième, qlli ~ s t l'Usage, peuvent êlre comparés à la
chaleur et à la lumière du soleil, qui seraient des choses vaines, si-
elles D'opéraient dans les hommes, dans les animaux et dans les vé-
,étaux, mais qui deviennent réelles par l'inDux et par leur opéra-
tion en tux. JI y a aussi trois' choses qui se suivent en ordre, la Fin,.
la Cause et l'Effet, et l'on sait dans le 1I0nde Savant que la fin n'est
rien si elle n'a en vue la causo efficiente, et que la fin et cetle cause
ne sont rieD s'il n'en résulle 'un effet i la fiD et la cause peu-vent, il
est vrai, être agitées ab"tractivement dans le Mental, mais toujo urs
pour quelque eft'et que la fin a en vue et que la cause procure; il
eD est de même de l'amour, de la sagesse et de l'usage, et c'est l'u-
sage que l'amour a en vue et produit par la sagesse, e.t quand l'u-
sage est produit, l'amour et la sasesse existent réellement, et ils se-
font dans l'usage une habitation et une résidence, et s'y reposenL
comme dans leur maison; il en est de même de l'homme dans le-
quel sonll'amour et la sagesse dç Diea, quand il fait des usages ~
et pour. qu'il fasse des usages de Dieu, il a été créé image el ressem-
blance, c'est-à-dire, forme de l'Ordre Divin.
68. vn. AUTA;lfT L'H01lME VIT SFir.oN L'OnDRK DIVIN, AUTANT IL.
BST DANS ,LA. P1:ISSANCE CONTRE LB IIAL ET LE FAUX D'APJ\ÈS LA DI-
VINE TOUTE-PUISSANCE, ET AUTANT DANS LA. SAGESSE St:R LB BIEN"
ET I.E VRAI D'APRÈS LA DIVINE TOt'TE-SClENCE" ET AU'rANT DA.NS,
DIEU D'APnÈS LA DIVINE TOUTE-PRÉSENCB.
Si aulant l'homme vit selon l'Ordre DiviD, autant il est dans la
puissance contre les maux et les maux: d'après la Divine Toule-Puis-
sance, c'est parce qu'il n'y a que Dieu seul qui puisse résister aux
. maux et par suite aux faux; en effet, lous les· maux el tous les faux:
• viennent de l'Enfer, et sont cohérents comme un dans l'Enfer, abso-
lument de la même manière que tous les biens et lous les vrais dans
..
-
RELIGION 97
le Ciel; car. ainsi qu'il a déjà élé dit. tout le Ciel devant Dieu est
comme un seal Homme. et vice f)ersd lout l'Enfer est comme un
seul Géant qui est un Monstre; c'est pourquoi agir contre un seul
mal et contre le raul qui en provient. c'e5t aBir contre ce Géant
monstrueUI ou contre l'Enfer, et personne ne le peut, IIi ce n'est
Dieu. parce qu'il est Tout-Puissant i d'après cela. il est évident que
si J'homme ne s'adresse à Dieu Tout-Puissant, il n'a pas par lui-
même plus de force contre le m:.l et le faul de ce mal, qu'un pois-
son contre l'Océan. qu'un insecte conlre une baleine, et qu'un grain
de sable contre une ,montagne qui .s'écroule, et Leaucoup moins
qu'one sauterelle contre 110 éléphant. 011 qu'une mouche conlre un
chameau: et en outre l'homme a encore moins dO" force contre le
mal et le raul de ce mal. parce qu'il est né dans le mal, et que le
mal ne peut agir contre lui-même. Il suit de là que si l'homme ne
vit pas selon l'Ordre. c'est-à-dire, s'il ne reconnalt pas Dieu, sa
Toule-Puissance et le secours qu'il en doit tirer contre l'enfer, et
que si l'homme de son côté ne combat pas aussi conlre le mal qui
est en lui, car ce point appartientà l'ordre comme le précédent. il
ne peut qu'être plongé et submergé dans l'enfer, et y I?lre poussé
par les maUI, les uns après les aulres, comme une barque dans la
mer par les tempêtes.
69. Si autant l'bornOIe vit selon l'Ordre Oh'in, aulant il est dans
]a sagesse sur le bien et le vrai d'après la' Divine Toute-Sciellce,
c'est parce que tout amour du bien et toute du vrai, ou tout
bien de l'amour et tout vrai de la sag85Se, viennent de Dieu; c'est
même ce qui est conforme à la confession de toutes les Eglises dans
le Iionde Cbrétien ; de lit il suit que l'bomme ne peut être intérieu-
rement dans aucun vrai de la sagesse que par Dieu, parce qu'à Dieu
appartient la Toute-Science, c'est-à -dire, la sagesse infinie. Le
lIental humain a été distingué en trois degrés, comme le Ciel Angé-
lique, et par suite il.peul être élevé dans un degré supérieur et su·
périeur, et il pe.,t aussi être abaissé dans un degré inférieur et in-
férieur; et aulant il élevé dans les degrés supérieurs, autant il
l'est dans la sagesse, car autant il l'est dans la lumière· du Ciel, et
ce1a ne peutêtre fait que par Dieu. et autant il y est élevé. autant
il est homme; mais autant il est abaissé dans les degrés inférieurs,
aulant il l'est dans la lumière fautastique de l'enfer. et autant il
J. 7
98 LA. VRAIE
cesse d'être homme et devient bête; c'est mêmd cause de cela que
l'homme se tient droit sur les pieds. et qu'il tourne sa face vers le
ciel et peut l'élever vers le zénith. tandis que la bête se tient sur les
pieds dans IIne position parallèle l la terre, et qu'eUe lourne vera
elle Lous ses regards et ne peut qu'avec peine les porter vers le ciel.
L'homme qui élève son Mental vers Dieu. et reconnalt que tout vrai
de la sagesse vient de lui, et qui vit en même temps selon l'ordre,
est comme celui qui se Lient sur une Lour élevée. et VOiL au-dessous
de lui une cité populeuse. et en même temps tout ce qui s'y fait dans
les rues; mais l'homme qui chez lui confirme ,que tout vrai de la
lui vient de la lumière naturelle, et vient ainsi de lui-même,
est comme celui qui habite dans un caveau sous celte tour. et regarda
vers celle même vi lie par quelques trous, celui-ci ne voiL dans la
ville que la muraille d'une seule maison, et comment les briques y
sont cimentées. Enfin l'homme qui tire de Dieu la sagesse est comme
un oiseau qui, planant daos les aÏl'S. voit Lout ce qui est dans les
jardins, dans le:; forêts et dans les métairies, et vole vers ce qui
l son usage; mais l'homme qui tire de lui-même les
choses qui concernent la sagesse, sans ]a foi que ces choses néan-
,moins viennent de Dieu. est comme un taoo qui, volànt près de la
terre, se dirige ,où il voit du fumier, et trouve son plaisir dans ro-
deur infecte qu'il répand. Tout homme, tant qu'il vit dans le monde,
marche entre ie Ciel et rEnfer, et est par suite dans l'équilibre. et
ainsi dans le libre arbitre de regarder en haut vers Dieu ou en bas
vers l'enfer; s'il regarde 'en haut vers Dieu il reconnalt que toute sa-
gesse vient de Dieu, eL il est en actualité quant l son esprit avec les
Allies dans le Ciel; mais s'il regarde en bas, ce que fait quiconque est
dans les faux d'après le mal. il est en actualité quant l son esprit
avec les diables dans'l'enfer.
70. Si autant l'bomme vit selon l'Ordre Divin, autant il est dans
Dieu d'après la Divine Tout-Présence, c'est paree que .Dieu est
Tout-Présent, et parce que où il est dans son Ordre Divin, Il il est
comme dans Soi. car Lui-Même est l'Ordre, ainsi qu'il a été mon-
tré ci-dessus: puis dODC que l'homme a été eIié fonne de l'Ordre
,Divin, Dieu est dans lui, mais en tant que l'homme vil pleinement
selon l'Ordre Divin; s'il ne vit pas selon l'Ordre Divin, Dieu 'est
toujours dans lui, mais dans ses suprêmes, et il lui dODne de POII-
RELIGION CHRÉTIENNE.
99
",'oir comprendre lE' vrai et vouloir le bien, c'elit-l-dire qu'il lui
-donne la faculté de comprendre et l'inclinalion à aimer: mais au-
tanll'homme vit contre l'ordre, aulant il ferme les inférieurs de
son menlal ou de son esprit, et 'insi empêche ql.\e Dieu ne descende
et ne remplisse ses inférieurs par sa présence; d'après cela Dieu
.est dans lui, mais lui n'est pas dans Dieu: c'est une règle générale
Jans le Ciel, que Dieu est dans tout homme, tant mêchaQt que bon,
mais que l'homme n'est pas dans Dieu, s'il ne vit pas selon l'ordre;
.car le Seigneur dit, qu'il veut que "homme soit dans Lui, et
Lui dans l'homme. - Jean, XV, ". - Si l'bornme par la vie
-selon l'ordre. est dans Dieu, c'est parce que Dieu est Tout-Présent
dans l'Univers, et dans toutes el chacune des choses de l'unh'ers,
-dans leurs intimes, car ces intimes sont dans l'ordre ;" mais dans les
qui sont conlre l'ordre, sont seulement celles qui
sont hors des intimes, Dieu esl Toul-Présent par une luUe conti-
nuelle conlre elles, et par un effort continuol pour les ramener dans
l'ordre; c'est pourquoi autant l'homme se ramener dans
l'ordre, autant Dieu est touL-present dans tout ce qui le constilue.
par conséquent autant Dieu est dans lui, et lui dans Dieu. Dieu ne
Feut pas plus êlre absent de l'homme, que le Soleil ne peut l'être de
la terre par la chaleur ël la lumière; mais les objets, de la terre ne
'SOnL dans la vertu du Soleil, qu'autant qu'ils reçoh'ent ces deux
choses qui Ilrocèdent de ce Soleil, ce qui arrive dans les saisons du
pl'iutemps et de l'été: cela peut ainsi être appliqué à la Toute-Pré-
sence de Dieu en ce que, auiant l'homme est dans l'ordl'e, autanL il
est dans la chaleur spirituelle et en même temps dans la lumière
spirituelle, c'est-à-dire, dans le bien de l'amour et dans les vrais
de la sagesse; mais la chaleur et la lumière spirituelles ne sont pas
.comme la chaleur et la lumière naturelles, car la chal,!ur naturelle
se relire de la Terre et de ses objets dans le temps de l'hiver, el la
lumière se relire dans le temps de la nuit, et cela arrive parce que
la Terre produit ces temps par sa rotation sur elle-même el par son
mouvemenl autour du Soleil; mais il D'en est pas de même de la
chaleur spirituelle et de la lumière spirituelle, car Dieu par SOD
Soleil est présent avec l'une et l'autre, et n'a point d'alternatives
de présence et d'absence, comme en apparence le Soleil du monde,
l'homme lui-même se détourne comme la Terre se détourne de SOD.
tOO
LA VRAIE
Soleil; et quand il !le détourne des vrais de la sagesse, il 6St comme
la Terre qui se détourne de son Soleil dans le temps de la nuit; et
quand l'homme se détourne des biens de l'am9ur, il est comme la
Terre qui se détourne de son Soleil Aans le temps de l'hiver; telle
est la correspondance entre les effets et l e ~ usages procédant du
Soleil du Monde spirituel et les effets et 16s usages provenant do.
Soleil du Monde naturtsl.
... ... ... ... .
71. Aux explications précédentesseront ajoutés trois MÉMORABLES.
Voici le PnEJlIER : Un jour j'entendis SOU5 moi comme un bruisse-
ment de la mer, et je demandai ce que c'était; et quelqu'un me dit
que c'était un tumulte parlni des Esprits assemblés dans la Terre
inférieure, qui est le plus près au-dessus de l'Enfer; et incontinent
le sol qui fa.isait toit au-des.o;us d'eux s'entr'ouvrit, et voici, à travers
l'ouverture s'envolèrent des nuées d'oiseaux de nuit. qui se répan-
dirent à sauche ; et aussitôt après s'élevèrent des sauterelles qui
sautaient sur. le gazon du sol, et en firent de tout côté un désert;.
et peu après j'entendis tOllr à tour co·mme des cris lamentables de
ces oiseaux de nuit, et t'ur le côté un cri confus comme de spectres.
dans les forêts. Ensuite je vis de beaux oiseaul du ciel, qui se ré-
pandirent à d ~ o j t e ; ces oiseiJul se faisaient remarquer par des a.i1es.
comme dorées, parsemées de raies et de taches comme argentées,.
et sur les tètes de quelques-uns il y avait des crêtes en fonne de
couronnes. Tandis que je voyais et admirais ces objets, tout-à-coup
de la Terre inférieure, où se faisait ce tumulte, il s'éleva un .Es-
prit qui pouvait se donner la forme d'un Anse de lumière, et
criait: Où est-il celui qui parle ct écrit sur l'Ordre, auquel Dieu
Tout-Puissant s'e:5t astreint Lui-Même quant à ce qui concerne
l'homme! Nous entendions à travers le loit ces paroles prononcées
au-dessous ;' cet Esprit, tandis qu'il était sur cetle Terre, parcou-
rait un ch.min battu, et enfin il vint vers moi, et aussitôL il prit
l'apparence d'un Ange du Ciel, et, parlant d'un ton qui ne lui était
pas propre. il dit: Est-ce toi qui pel}ses eL parles sur l'Ordre' Dis-
moi sommairement ce que c'est que l'ordre et quelques-unes des
choses concernant l'ordre. Et je répondis: le t'en donnerai les pro-
priétés sommaires. mais n.on les particulières. parce que tu ne les
comprendrais pas, et je dis: 1. Dieu est Lui-Mê.me l'ordre. n. Il a
b
RELIGION CHRETIENNE •
101
.crié l'homme d'après l'Ordre, dans l'Ordre et pour l'Ordre. III. Il
.a créé son Mental rationnel selon l'Ordre de tout le Monde spirituel,
iltson Corps selon l'Ordre de toul le Monde naturel; c'est pour
,cela que l'homme a été appelé par les Anciens Micro-Urane (petit
Ciel), et Microcosme (petit monde). IV_De là, c'est une Loi de
l'Ordre, que l'homme par son Micro-Urane ou petit monde spirituel
,doit gouverner son Microcosme ou petit monde naturel, comme
Dieu par son ilacro-Urane ou Monde spirituel gouverne le M;lcro-
-cosme 011 Monde naturel dans l'ensemble et, dans chaque partie. V.
Par suite, c'est une Loi de l'ordre, que l'homme doit s'introduire
.clans la foi par les vérités d'après la Parole, et dans la charité par
les bonnes œuvres, et par conséquent se réformer et se régénérer.
'VI. C'est une Loi de l'ordre, que l'homme par son travail et sa puis-
.sance se IlUrifie des pécllés, et qu'il ne se tienne point dans la foi de
l'impuissance et n'attende point que Dieu ,la\'e immédiatement' ses
péchés. VII. C'est allssi une Loi de l'ordre, que l'homme,aime Dieu
-de Ioule son Ame et de tout son cœur, et le prochain commè lui-
même, et qu'il ne diffère pointel n'attende pointquecesdeul amours
.soient introduits par ,Dieu immédialeme!lt dans son mental et dans
.son cœur, comme du pain serait mis dans la boucbe par un boulan-
ger ; outre plusieurs lois semblables. Après avoir entendu ces pa-
roles, ce sat:m répliqua d'une voix douce dans laquelle il y avail
intérieurement de l'astuce: Que dis-lu là? Quoi 1 l'homme doit,
,d'après sa puissance, s'introduire dans l'ordre en accomplissant
ses lois 1 Ne sais-tu pas que l'homme est, non pas sous la loi, mais
SOllS la grAce; que toutes choses lui sont d o n l l ~ e s sratuitemenl;
qu'il ne peut prendre que ce qui lui a été donné du Ciel, et que dans
les ch osés spirituelles il ne peut pas pllis agir par lui-même que la
femme de Loth de\'enue statue, ou que Dagon l'idole des Philistins
dans Ekron, et qu'en conséquence, il est impossible à l'homme de
'Se justifier, cela devant être fait par la Foi et par la Charité! .ais
je lui fis cette seule réponse: C'est aussi une Loi de l'ordre, que
l'homme par son travail et sa puissanee doit s'acquérir la foi par les
'Vérités d'aprèd la Parole, et que cependant il croit que par lui-
même il n'a pas un seul çain de foi, mais que toute sa foi vient de
Dieu; et aUllsi, que l'homme par son travail. et sa puissance doit
:Se justifier, et que cependant il croit qu'il n'y a pas même un seul
102
LA VRAIE
point de justification qui vienne de lui, mais que loute la justifica-
'&ion vient de Dieu: N'a-t-il pas été commandé que l'homme doit
croire en Dieu. et aimer Dieu de toutes ses forces et son prochaill
comme lui-même? réfléchis, et dis-lDoi comment ce commandement.
aurait pû être donné par Dieu, si l'homme n'avait aucune puissance
d'obéir et de faire. A ces mots, ce Satan éprouva un
dans sa face, qui de blanche devint d'abord livide, puis noire; et ..
parlant du ton qui lui étaiL naturel, il dit: Tu as prononcé des pa-
radoxes contre des paradoxes; et aussitôt il s'enfonça ,'ers les siens
et disparut; et les oiseaux de la gauche de compagnie a\'8O les
spectres poussèrent des cris extraordinaires, et se précipitèrent
dans la mer, qui là est appelé mer de Supb, et les sauterelles les
suivaient en saltillam, et l'air fut purifié, CL la terre fut
de ces bêtes immondes, et ie tumulte d'en bas cessa, et il y eut
tranquillité et sérénï"té.
71. SECOND Un jour j'entendis un bruit eltraordinaire
nnant de loin, et moi en esprit je suivis la direetioR du SC?n, et je"
m'approchai; étant arrid au lieu d'oil il venait, voici, "c'était une-
Cohorte d'Esprits qui raisonnaient sur l'IMPUTATION et la PR}I;oESTf-
lUTION; elle éLait composée de Hollandais et d'Anglais, et d'UB
mélange de quelques Esprits des autres Royaumes, et ceux-ci, a la
fin de chaque raisonnement s'écriaient: Admiro,'lS 1 admirons 1 La
discussion roulait sllr ces llOints: Pourquoi Dieu n'impute-l-il pas
le mérite et la justice de son Fils il tous et i chacun de ceux qui.
ont été créés par Lui, et ont ensuite été comme rachetés, n'est-il
P!ls Tout-Puissant rNe peut-il pas, s'il le veut, de Lucifer, du Dra-
son et de tous les Boues faire des Archanges, n'est-il pas Tout-
Puissant 1 Pourquoi permet-il que l'injustice et l'impiété du diabla
triomphent de la justice de son Fils et de la piété des adorateurs
de Dieu Y quoi de plus facile à Dieu, que de donner à tous la foi et
le salut li pour cela que lui faut-il de plus qu'un petit mot Y et
s'il ne le fail pas, Il'est-i1 pas en contradiction uec ses paroles.
lesquelles sont, qu'il veulle salut de tous et ne veut la mort de per-
sonne? Dites donc d'oil vient et en quoi réside la cause de la dam-
Dation de ceul qui périssent 1 Et alors, un Prédestinatien-Supralap-
saire d'entre les Hollandais dit: Cela n'est-il pas dans le bon plaisir
du Tout-Puiss3nt 1 l'arsile doit-elle réprimander le potier de ce
1
=
RELIGION CHIŒTŒNNE.
103
qu'il fait d'eUe un pot à urine? Et ull autre dit: Le salut de cbacun
est, dans la main de Dieu, comme une balance dans la main de celui
qui pèse. Sur les côtés se tenaient quelques Esprits simples de foi
et droits de cœur, les uns l'œil enflammé, d'autres commestupéraits,
d'autres comme enivrés, et d'autres comme suffoqués, disant entre
eUI à voillJas.o;e: Qu'avons-nous besoin d'écouter C6j extravagan-
ces! Ils se sont infatués de ceLLe foi, que Dieu le Père impute la
justice deson Fils à qui il veut et quand il veut, et qu'il envoie l'Es-
prit Saint pour opérer les décisions de cette jnstice; et que l'homme.
pour qu'il ne s'attribue pas la moindre chose dans l'opé,ration de
son salut, doit être absolument comme une pierre dans l'affaire de
la justification, et comme une souche dans les choses spirituelles:
et alors l'un d'emt s'introduisit dans la Cohorte, et parlant à haule
nir, il dit: 0 insensés! votre est de laine de chèvre;
YOUS ignorez absolument que Dieu Tout-Puissant est Lui-même
l'Ordre, et qu'il y a des myriades de Lois de l'Ordre, en aussi grand
lIombre qu'il elÏste de vérités dans la Parole. et qu'il ne peut agir
o')ntre ces lois. parce que agir contre elles, ce serail agir contre
Lui-Hême, et ainsi non-seulement contre. sa Justice. mais encore
contre sa Toute-Puissance; et il vit de loin sur la droite comme
DDa brebis et un agneau, et UDe colombe qui volait, et sur la pu-
cbe comme UD bouc, un loup et un vaulour, et il dit: croyez
que Dieu par sa Toute-Puissance peut changer ce bouc en brebis,
ou ce loup en apeau, ou ce vautour en colombe. ou réciproque-
ment Y Point du tont. car ce cbangement est contre les lois de
son Ordre, dont pas même un seul point De peut tomber en terre,
selon ses propres paroles: comment alors peut-il transporter la
justice de la Rédemption de son Fils sur quelqu'un qui est réfrac-
taire aux lois de sa justice Y Comment la Justice elle-même peut-
elle commettre l'injustice, et prédestiner quelqu'uD à l'enfer, et le
jeter dans UD Ceu vers lequel le diable se tient avec de.o; torches à la
main et qu'il attise? 0 insensés, vides d'esprit, votre Coi vous a sé-
duits; n'est-elle pas dans vos mains comme un lacet pour prendre
des colombes? A. ces mols un certain Malicien fit de cette foi comme
Dn lacet. et la suspendit à un arbre, en disant: Vous vet:rez que je
vais prendre cette colombe; et aussitôt le vautour prit son vol, passa
SOD cau dans le lacet, et y resta suspendu, et la colombe ayant vu Je
LA. VRAIE
vauLour stenvola au-dcli. Les spectateursfurenl dans l'admiration el
s'écrièrent: Ce jeu cependant est un gage de justice.
;3. Lelendemain il ,'int vers moi quelques Esprits de celte co-
horte, qui étaient dans la foi de la prédestination et de l'imputation,
el ils me dirent: Nous sommes comllie ivres non de vin, mais du
discours que cet homme tint hier; il a parlé de la Toute-Puissance
et en même telDps de l'Ordre, et il a conclu que comme la Toute-
Puissance est Divine, de même aussi l'Ordre est Divin, et de plus,
que Dieu Lui-)fêlDe est l'Ordre; et il a dit qu'i1 eliste- autant de
lois de l'Qrdro que de vérités dans la Parole, qu'il y en a Don-seu-
lement des mais des myriades de myriades, et que Dieu
est astreint:\ ses lois, et l'homme aux siennes; qu'est-ce alors que
la Divine, si elle est astreinte à des lois, car ainsi
tout absolu se retire de la Toute-Puissance! Dieu a-t-il donc moins
de pouvoir qu'un Roi du Monde, qui gouverne seul! Celui-ci peut
tourner les lois de la justice comme les paumes de ses mains, et
agir despotiquement comme Oclave-Auguste, et même despotique-
ment comme Néron; nous, après avoir pensé à la Toute-Puissance
Divine astreinte à des lois, nous sommes de,'enus comme ivres, et
nous sommes prêts à tomber en défaillance, si l'on ne nous apporte
promptement un remède i en effet, d'après notre foi, nous avons
prié, aOn que Dieu le Père ait pitié de nous à ealJ&e de son Fils, et
nous a\'ons cru qu'il peu t avoh' pitié de qui il lui platt, et remettre
]es péchés:\ qui il juge i propos, et sauver qui il veut, et nous n'a-
vons pas osé soustraire de sa Toute-Puissance]a plus petite chose,
aussi regardons-nous comme un crime de lier Dieu avec les charnes
de quelques-unes de ses loi!!. parce que cela nous semble contradic-
toire avec sa Toute-Puissance. Ayant ainsi parlé. iIsme regardèrent;
et moi je les regardai, et je les vis éperdus, et je dis: J'adresserai
des supplic.tlions au Seigneur, et j'en apporterai un remède, en
illustrant cë sujet i mais pour le moment ce sera seulement par des
exemples. et je dis: Dieu Tout-Puissant a créé le Monde d'après
l'Ordre en soi, ainsi l'our l'Ordre dans lequel il est, et selon lequel
il gouverne, et il a imposé à l'univers, et à toutes et à chacune des
choses de l'univers, son ordre; à l'homme le sien, à l'oiseau et ail
po.isson le leur, au ver le sien, à chaque arbre, eL même à chaque
brin d'herbe le sien; mais pour que des exemples illustrent ce
RELIGION
lOS
sujet, je vais en peu de mols donner les suivants: Les lois de J'Ordre
imposées A l'homme sont, qu'il s'acquière des vérités d'après la
Parole, et qu'il y pense nalureHement, el, autant qu'il le peul, 1'1-
tionneHement, et qu'ainsi il se procure la foi naturelle; alors les
lois de l'Ordre de la part de Dieu son l, qu'il approche, qu'il rem-
plisse de sa Divine lumière les ,'érités, de sa Divine la
foi natureHe qui est seulement une science et une persuasion; ainsi
et non autrement la foi devient salvifique ; il en est de même pour
'la charité: mais nous aHons brièvement rapp orter quelques-unes
de ces lois: Dieu ne peut selon ses lois remettre les péchés d'un
homme, qu'autant que cet homme s'en désiste selon les siennes;
Dieu ne peut réiénérer spirituellement l'homme, qu'autanl que
l'homme scIon ses lois se.régénère naturellement; Dieu est en pero.
péluel effort pour rélJénérer et ainsi sauver l'homme, mais il, ne
peul le fa1ro, à moins que l'homme ne se prépare pour être récep-
tacle, et qu'il n'aplanisse ainsi le chemin A Dieu, et n'ouvre la porte;
un fiancé ne peut entrer dans la chambre à coucher d'une vierge
qui n'a pas encore été fiancée, celle-ci ferme la porte et garde chez
eHe la clé en dedans; mais aprè.t; que la vierge est devenue la
cée, elle donne ]a clé au fiancé. Dieu n'a pu par sa Toute-Puissance
racheter les hommes, san.s qu'il se fit Homme; et il ·n'8 pu rendre
Divin son Humain, sans que son Humain fOt d'abord comme l'Hu-
main d'un enfant, puis comme l'Humain d'un adolescenl, et sans
que l'Humain se format ensuite en réceptacle et en habilacle dans
lequël entrerait son Père,.ce qui a cu lieu en ce qu'il a accompli
toules les choses de la Parole, c'esl-à-dire, loutes les lois de l'ordre
qu'elle contient i et autan'l il a fait cela, autant il S'est uni au Père,
et le Père S'est uni à Lui. Mais ce ne sont là que très-peu d'exem-
ples, donnés pour illustration, .afin que vous voyiez que la Toute-
Puissance Divine est dans l'Ordre, et que son gouverntment, qui
est appelé PI'ovidence, est selon l'Ordre, et qu'elle agit continuelle-
ment et éternellement selon les lois de son Ordre, et ne peut agir
conlre ces lois, ni les changer en un seul point, parce que l'Ordre
avec loutes ses lois esl Dieu Lui-Même, Après ces paroles, une
-splendeur de lumière d'une couleur d'or influa A travers le toit, el
forma dans l'air des qhérubins volanls, et par suite le brillant de
l'or illustra les lempes de quelques-uns d'eux du côté de l'occiput,
106 LA. VRAIE
maill nOIl encore du côté du front; car ils disaient lout bas: NouS'.
ignorons encore ce que c'est que la Toute-Puissance; et je dis: Elle.
vous sera révélée. maintenant que les explications qui .viennent de
vous être données vous ont communiqué quelque lumière.
74. TROISIER! MEMORABLB. Je viII de loin plusieurs Esprits
semblés. ayant sur la tête des bonnets; les uns. des bonnets entou-
rés d'une gance de soie. ils étaient de l'Ordre Ecclésiastique; les
autres, des bonnets dont les bords étaient ornés d'une sance d'or.
ils étaien t de J'Ordre Civil; Lous étaient savants et érudits; et en
outre j'en vis quelques-uns avec des tiares. ceux-ci étaient des
ignorants; je lIJ'approcbai. et je les entendis parler entre eUI sur-
la Puissance Divine ilIimilée, et dire que si elle s'exerçait selon
certaines lois qui sont devennes lois de l'ordre, elle serait non pas-
illimitée. mais limitée, et ainsi une puissance et non Ja
sance; mais qui ne voit qu'aucune nécessité de la Joi ne peut con-
traindre la Toute-Puissance A faire de telle manière et non d'une
autre! certainement quand nous portons nos pensées snr la Toute-
Puissance et en même temps sur les Jois de l'Ordre. selon lesquelles
elle est obligée de marcher. les idées que nous avions conçues de
la Toute-Puissance tombent comme la main lorsque le bâlou se
brise. Lorsqu'ils me virent près d'cull.. quelques-uns accoururent
et me dirent d'un ton assez véhément: Est-ce toi qui a circons-
crit Dieu dans des lois. comme dans des chaînes! n'est-ce pas là
une impudence exlrême! par là n'as-tu pas aUfoSi mis en pièces
nbtre foi sur laquelle est Condé nOire salut, au mmeu de laquelle
nous plaçons la justioe «lu Rédempteur. et au-deSsus la Toute-Puis-
sance de Dieu le Père, en y ajouldnt l'opération de l'Esprit Saint,
et son efficacité dans l'impuissance absolue où est pour les choses
spirituelles l'bomme, pour qui il suffit de parler de la plénitude
de la justification qui est dans celle foi par la Toule-Puissance de
Dieu! mais nous avons appris que toi tu vois de l'inanité dans cette
roi, parce qu'il n'y a en elle rien de l'ordre Divin du c6téde
Après les avoir entendus, j'ouvris la bouche, et parlant à baute voix,
je dis: Apprenez les lois de l'Ordre Divin, et ensuite découvrez
ceUe foi, et vous verrez une vaste solitude. et en elle le Léviathan
tortueux et oblong, et tout il l'entour des filets roulés comme en un
Dœud inextricable; mais failes comme on lit que fit Alexandre, qui,
..
RELIGION CHRÉTIENNE
107
lorsqu'il eut vu le Nœud Gordien. lira son épée, le coupa en deui.
en rompit ainsi les eptortillem ents, le jeta par terre, et en broya
les fils sOus sa chaussure. A ces paroles, ces Espritsmordaientleurs
langues, voulant les aiglliser en mots piquants. mais ils n'osèrent
pas, parce qu'ils voyaient au-dessus de moi le Ciel ouvert, et en-
tendaient une voix qui de là leur disait: Écoutez d'abord avec mo-
dération ce que o'est que l'Ordl'e, selon les lois duquel Dieu Tout-
Puissant agit: Dieu a, de Lui-Même, comme étant 'l'Ordre, créé
l'Univers dans l'ordre. selon l'ordre; il a créé pareillement l'homme
en qui il a établi les lois de son ordre, d'après lesquelles l'homme a
été fait image et ressemblance de Dieu; le sommaire de ces lois est
que l'homme croie en Dieu et aime le procbain. et autant il fait ces
deux choses d'après la puissance naturelle, autant il se fait récep-
lacIs de la Divine Toute-Puissance et aulant Dieu Se conjoint à lui
et le conjoint à Soi; par là sa foi devient vive et salvifique, et ce
qu'il fait devient la cbarité. de même vive et salvifique: mais il
faut qu'on sacbe que Dieu est perpétuellement présent, el que con-
tinuellement il fait effort et agit dans l'bomme, et toucbe aussi son
libre arbitre sans néanmoins le violenter, car s'il violentait le libre
arbitre de l'homme, la demeure de l'homme clans Dieu périrait; il
n'y aurait que la demeure de Dieu dans l'homme, et celle demeure
est dans tous, tant dans ceux qui sont sur terre que dans ceux qui
sont dans les cieux, et aussi \lans ceux qui sont dans les enfers, car
c'est par là qu'ils peuvent. veulent et comprennent; mais la de-
meure réciproque de l'homme dans Dieu n'est que chez ceux qui
vivent selon les lois de l'ordre données dans la Parole, et ceux-ci
deviennent les images et les ressemblances de Dieu, et le paradis
leur est donné ~ n possession, et le fruit de l'arbre de vie pour nour-
riture; tous les autre:;, au contraire, s'assemblent autour del'àrbre
de la science du bien et du mal, et là ils s'entretiennent avec le Ser-
pent et mangent le fruit de cet arbre, mais ensuite ils sont cbassés
du Pal'adis; cependant Dieu ne les abandonne pas, mais eux aban-
donnent Dieu, Ceux qui avaient des bonnets comprirent cela, et ils
approuvèrent; mais ceux 'lui avaient des liares le nièrent, et ils
dirent,: La Toute-Puissance n'est-elle pas ainsi limitée Yor. une
Toute-Puissance limitée est une contradiction, Mais je répondis:
n n'y a point contJ'adiction à agir tout puissamment selon les lois
{08 -LA VRAIE
de la justice avec jugement, 011 selon les lois inscrites dans l'Amour
d'après la SaB"esse; mais o'esl une qu"e Dieu pllisse
agir oontre les lois de sa Justice et de son Amour, et ce &t'rait aS'ir
sans jUB"ement ni llagesse; une telle contradiction est renfermée
dans votre foi qui prétend que Dieu par pure grAce peut justifier
l'injuste, et l'enriobir de tous les dons du salut et des récompenses
de la \"ie. Toutefois, je dirai en peu de mots ce que c'est que la
Toute-Puissance de Dieu: Dieu d'après sa Toute-Puissance a oréé
l'Univers, el il a en même temps introduit son ordre dans toutes
et dans chacune des choses de l'univers i Dieu aussi sa
Toute-Puissance conservol'Univers, et il y maintient l'Ordre avec
ses lois à perpétuité, et quand quelque chose s'échappe de l'ordre,
il l'y ramène et l'y réintègre. De plus, Dieu d'après sa Toute-Pllis-
sance a instauré l'Eglise, et il a révélé les lois de son ordre dans
Ja Parole; et quand l'Eglise fut tombée hors de l'ordre, il l'a res-
taurée, et quand elle fut totalement tombée, il est descendu Lui-
Même dans le Monde, et en prenant l'Humain il s'est revêtu de 1.
Toute-Puissance et il a rétabli l'-EB"lise. Dieu d'après Ja Toute-Puis-
sance et aussi d'après la Toute-Science examine chacun après la
mort, et prépare les jnstes ou les brebis pour leurs demeures dans
le Ciel et en construit le Ciel, et il prépare les injustes ou les boucs
pour leurs demeures dans l'enfer et en construit l'enfer: et il dis-
pose le Ciel et l'Enfer en Sociétés et en Congrégations selon toutes
les variétés de leur amour, qui dans le Ciel sont en anssi S'rand
nombre que les étoiles dans le firmament du Monde, et il conjoint
en un les Sociétés dans le Ciel, afin qu'clles soient devant Lui comme
un seul Homme; il agit de même pour les congrégations dans l'En-
fer, afin qu'elles soient comme un seul Diable, et.il sépare ceux "ci
des antres par un gouffre, afin que-l'Enfer ne fasse pas violence au
Ciel, et afin que le Ciel ne cause pas de tourment dans l'Enfer; car
autant le Ciel inDue, autant ceux qui sont dans l'Enfer sont tour-
mentés. Si Dieu d'après sa Toute-Puissance ne faisait pas toutes ces
choses à chaque instant, la entrerait dans les hommes, au
point qu'ils ne pourraient plus être contenus par les d'auClln
Ordre, et ilinsi le Genre bumain ; ces choses ot aUIr'es sem-
arriveraient, si Dieu n'était pas l'Ordre, et Tout-Puissant
dans l'Ordre. Après .avoir entendu ces paroles, ceux qui aVilient des
,
L
RELIGION CHRÉTIENNE
109
bonnets se relirérent le bonnet sous le bras, louant Dieu, car daDs
ce Monde-là les intelligents portent des bonnets; mais ceux qui
sont couverts de Liares .ne sont pas intelligents, parce qu'ils sont
chau\'es, et que la Calvitie signifie la stupidité; et ceux-ci s'en allè-
rent à gaucbe, mais les autres allèreut à droite.
DE LA CUATION DE L'CNIVEB.S.
75. Puisque dans ce Premier Chapitre il s'agit de Dieu Créateur,
il faut aussi parler de la Création de l'Univers par Lui, de même
que dans le Chapitre suivant où il sera question du Seiineur Ré-
dempteur. il sera aussi parlé de la Rédemption; mais personne ne
. peut se former une idée jUllte de la Création de l'Univers, SI quel-
{
ques connaissances générales données d'avance ne meltent pas l'en-
un de ; ces connaissances seroiitles
suivantes: 1. Il Y a deux Mondes,leMondeSpirituel oüsontiesAnges
et les Esprits, et le Monde naturel où sont les hommes. IL Dans
l'un et l'auLre Monde, il y a un Soleil; le Soleil du Monde spirituel
est le pur AJIlour procédant de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de
lui; de ca SOleil procédent une chaleur et une lumidre; la chaleur
qui en procède est dans son essence et la lumière qui en
procède est dans son la et toutes deux affectent la
" volonté et l'entendement de l'homme, la cbaleur sa volonté, et la
i lumière son entendement: mais le Soleil du Monde natü"I:e1 est un
pUr feu, et en conséquence la "chaleur qui en procède est morte,
pareillemeut la lumière, et elles servent d'enveloppe et de support 11
]a Chaleur et l ]a Lumière spirituelles afin qu'elles pénètrent jus-
qu'à l'homme. m. La Chaleur et la Lumière qui procèdent du So-
leil du Monde ·spirituel. et par suite toutes les choses qui là existent
1 par elles,sont substantielles et sont nommées spiritu.ç.1les; et la Chaleur
et la Lumière qui procèdent du Soleil du Monde naturel, et par suite
toutes les choses qui là existent par elles, sont matérielles et sont
natureUes. IV. Dans l'un èt Monde il y a nè- J
qui sont nommés degrés de hauteur, et par suite trois Résion\l:,
A selon lesquelles ont été mis en ordre les trois et
f aussi les mentals humains qui ainsi correspondenL à ces trois Cieus:
--
HO LA. VRAIE
angéliques; et pareillement toutes les autres cboses ici et là, V, n
A. y a une Correspondance entre les choses qui sont dans
:!. et ceUes qui sont dans le Monde natl,l!eI. VI. Il Y a un Or-
dre. dans lequel toutes et cbacune des cboses de l'un et l'autre
( Monde ont été créées. vu. Il faut d'abord ab:Jolument se fonn.er UDe
\ idée de ces notions i sinon. le Mental bumain étant dans une cmll-
pIète ignoranOesur ces points tombe facilement dans l'idée que l'U-
nivers a été créé par la Nature. et c'est seulement d'après l'Auto-
rité Ecclésiastique qu'il dit que la Nature aété créée. par Dieu,mais
comme il n6 sait pas comment. s'il scrute intérieurement la cbose,
il lie précipite tête baissée dans le Naturalisme qui nie Dieu. Toute-
(fois, comme il faudrait un gros Volumê ppur exposeiefdémontrer
) comme il convient chacune de ces vérités, et qu'en outre cela n'en-
)
tre pas pl'opremenl, comme Lemme ou Argument. dans le Système
Théologique qui est l'objet de ce Livre. je veui seulement rapporter
quelques MÉlIOR .... BU:S. par lesquels on pourra concevoir une idée
de la Création de l'Univers par Dieu. et obtenir par cette conception
une sorte de fœtus qui la représente.
• • • • •
PRElilER I[ÉlIOR.\DLE. Un jour j'étais en méditation sur la Créa-
tion de l'Unh·ers; et comme cette méditaLiou fut perçue par des
Anges au-dessus de moi au coté droit. où étaient ceux qui avaienl
quelquefois médité et raisonné sur ce même sujet. l'un d'eul des-
cendit. el m'invita. et je devins en esprit. et je l'accompagnai. et
après que je fus entré, je fus conduit au Prince, dans la Cour duquel
• je vis environ des cenLaines d'Anges réunis. et le Prince au milieu.
r d'eul: et alors un de ces Anges me dit: a,'ops
tu étais dans une méditation sur la Création de l'Univers; et
) quelquefois. nous avons été dans une semblable ·méditatlon. mais
nous ne pouvions pas conclure. parce qu'à nos pensées s'était atta-
. chée celte idée du Chaos, que c'était comme un grand OEuf; d'où.
l avaient été tirées toules et cbacune des cboses de l'Univers dans
1 ) Jeur Ordre, lorsque cependant nous percevons qu'un li
vaste Univers n'a pas pu éclore .de celte manière; une autre idée
) s'était aussi attacbée l nos mentais, c'était. que toutes choses avaient
2. été créées de rien par Dieu. lorsque cependant DOUS p.e.J.'C.Ilvons JOai.n-
l tenant, que rien ne se fait de lien; et DOS MentaIs D'onl pas encore
x
(-"l.
1
RELIGION CHRÉTIENNE
lU
pu 88 dégager de ces deux idées, ni voir dans quelque lumière COIB-
3 ç ment la Création a été faile; c'est pourquoi nous
1 ou tu étais, afin que Lu exposes JI!.. méditatil!.'!.. ce sujet. A.
ces mols, je répondis: Je l'exposerai; et je dis: J'ai longtemps mé-
dité sur la Création, mais en vain; mais, plus tard, quand feos été
(introduit par le dans votre aronde, je pE!.rçuJ qu'il
) il!.utile de conclure quelque chose sur la Création de l'Unh-ers, si
1
l'on ne sait pas qu'i'l y a deux Mondes. l'Un dans le-
quel sont les Anses, et l'autre dans lequel sont les bommeH, et que
oollx-ci après la mort passent de leur Monde dans l'autre; el alors
4 je ",is aussi qu'il y avait deux Soleils, l'un d'ou p!Q.fuJe tout ce qui
t .est Spirituel, et l'autre d'où protlue tout ce !.fui est Naturel; que le
Soleil d'où protluent tous les spirituels le pur Amour procédant
de Jéhovah Dieu, qui est au milieu de ce Soleil, et que le Soleil d'où
protluent tous les naturels est le pur Feu. Ces connaissances élant
acquises, un jour que j'élais dans l'illustration, il me fut donné de
percevoir que Jéhovah Dieu al-ait cl'êé l'Univers par le Soleil au mi-
lieu duquel il est; et que, l'Amour n'ayant d'exislence qu'autant
qu'il est uni à la Sagesse, Jéhovah Dieu avait, de son Amour pa!.!a
'créé l'Uni,'ers; que cela soit ainsi, c'est ce dont j'ai ac·
A quis la conviclion par Loules et par chacune des choses que jaie vues
2. -dans le lIon_de. o.ù VOU$ êtes et dans le Monde où je suis de corps.
Il serait trop Ions d'exposer CQmment s'est opérée la progression
de la Création depuis son commencement j toutefois, quand j'élais
.dans l'illustration, je perçus qu'au moyen de la Lumière et de la
{
Chaleur du Soleil de votre Monde il a été créé des atmosphères spi-
. qui en elles-mêmes sont substantielles, rune ayant ,..
de l'autre j et comme elles sont l.!:9is, et qu'ainsi il y a tl'ois degrés
d'atmosphères, il a été formé trols Cieux, l'un pour les Anges qui
A sont dans suprême l'amour et de l'autre pour
'1 les AnBes qui sont dans le second deiré, et le troisième pour les
3 Anges qui sont dans degré:IIais comme cet Univers spi-
{
rituel ne peut exister sans un Univers dans lequel il
4- ses effets et ses je perçus qu'alors en même temp! a étê créé
le Soleil, d'où procèdent tous les Naturels, et pareillement par ce
'! Soleil, au moyen de la lumière et de Taêhaleur, tmsatmosphm. [" .rOJ
1 j .qui enveloppent les trois premières, comme les coquilles enveloppent
s
U2
LA VRAIE
1 Jes Doyaux, ou les écorces le bois, et enfin par ces
Globe terraqué, où sont les hommes, les bêtes, les poissons, el aussi
lés arbres;lei arbrisseaui eL les berbes, de t.êrres
alistent en humus. ell pierres et en minéraux. Toutefois, c'esL là une-
esquisse tres-commune de la Création et de sa proiression ; quant
aux particuliers et au! singuliers. ils ne peuve!1t pas être exposés,.
sans qU'OD écrive des V Illumes ; mais tout conduit à celle conclusion ..
que Dieu n'a pas créé l'Univers de rien, car, ainsi que vous l'avez, •
". 110 dit, ri!,n ne se fait rien, mais qu'il l'a créé le Soleil du Ciel
j procède d!!..§!J.n Ittre, el qui est par conséquent le pur·
l Amour uni à la que l'Univers, paa:..lequel.cst l'Un}
et l'autre Honde, le Spirituel et le Naturel, ait été créé d'A.près le-
Divin Amour ct la Divine Sagesse, c'esL ce que prouvent et attestent
toules el cllacune des choses qu'il contient; et \lOUS, si vous les exa-
minez en ordre eL enchainemont, d'aprèl? la lumière où sontles per-
ceptions de votre entcnde-n.ent, vous pouvez clairement le voir:
{
lIIaiS il fauL tenir pour certain que l'Amour et la Sages.'I,l! qui
fonL un, ne sont pas l'Amour cL la Sagesse dans un sens abstrait,
mais sonL en Lui S.ubslance, car Dieu est la Substance et Es-
sence même, la Substance et Essence unique, et par conséquent la
Substance et Essence première, qui en soi Est et Subsiste. Que·
touLes et chacune des choses aient été créées d'après le Divin Amour-
et la Divine Sagesse, c'est ce qui est entendu par ces expre.'Isions
dans Jean : «La Parole élau chez Dieu, el Pieu élailla Parole;
toules choses par Elle ont été faites, et le Monde par Elle a élé
J fail. D -1. i, a, to. - U, Dieu siSlIifie le Di\;!' ·Am.our, et la
'1 Parole signifie le Divin Vrai ou la Di\'ine c'est pourquoi la
y est appell!e Lumière, et par la Lumière quand il s'agit
de Dieu, il est enlendu la Divine Sages_se. Ayant achevé de parler,
) comme je leur disais adieu, des l13rcelles de lumière Lombèrent du·
Soleil spiriluel par les Cieu!, dans leurs yeux, et pal"
1
Jeurs yeux. tlalls les habilacles da. leur menlal, et ayanL éLé ainsi il-
.lustrés, ils applaudirent à mes paroles, et ensuite ils me suivirenL
jusqu'au vestibule, et celui qui m'avait d'abord accompagné vinljus-
qu'à la maison où j'étais, eL de là il remonta \lers sa Société.
(77;,SSCOND Un maLin, à mon l'éveil, méditan' dans
une lumière matinale et sereine avant la pleine veille, je vis à tra ..
RELIGION CHRÉTIENNE
H3
vers Ja fenêtre comme un brillant "é(llair. aussitOt après j'enlendis
comme un éclatant coup de tonnerre; comme je m'étonnais d'où
cela pouvait venir, j'eotendis du Ciel, que c'étaient quelques Esprits
qui, non loiD de moi, raisonnaient avec emportement sur DIEC et
( sur la NATURE, et que la vibration de la lurniel'e semblable A un
) éclair, et la secousse de J'air semblable l un coup de Lonnerre,
, étaient les corresponda.!!ees et p'ar suil6lcs _combat
l
et de la collision des argummts, d'un côté pour Dieu, t:t de
pour la Nature. Voici l'origine de ce combat s(liriluel: Il y avait
)
dans l'Enfer'lIue1ques qui avaient dit entre eUI : Que ne nous
est-il permis de converser avec les Anges du Ciel! nous leur dé-
montrerions d'une manière complète et absolue que la Nature est
ce qu'ils appellent Dieu de qui toUI procèdent, et qu'ainsi Dieu est
seulement UD A moins que par Dieu on entende la Nature; eL
1
parce que (ces Salans) avaient cru A cela cie 10llt leur cœur et de
toute leur âme, et avaient désiré de s'entretenir avec An!;eS'du
Ciel, il leur avait été donné de mon 1er du'lJourbier et des ténèbres
de l'Enfer, et de converser ave«dellx Anges descendant du Ciel;
la scène se passait dans le Monde des esprits, qüi tienL le milieu en-
Ire le Ciel et l'Enfer: là ,lés SalanS ayan t vu les Anges aCCOU4'U relit
avec vitesse, et crièrent d'une voix furieuse: Anges
du Ciel avec lesquels il nous est permis de nous aboucher pour rai-
sonner sur Dieu et sur la Nature! vous êtes appelés sages, parce
que vous reconnaissez Dieu; mais, oh que vous êtes simples! Qui a
vu Dieu T qui comprend ce que c'est que Dieu 1 qui conçoit que Dieu
gouverne et puisse louvercer l'Univers, et Lou tes et chacune des
choses qu'il renforme? qui reconnalt, A l'exception de la populace
et du vulgaire, ce qu'il ne voit pas et ne comprend pas 1 qu'y a-t-il
de plus évident, sinon que la Nature est tout dans tout1 qui a vu
IVec l'œil autre chose que la nature! qui a entendu avec l'oreille ...
autre chose que la nature! qui a odoré avec les narines autre chose
que la nature 1 qui a savouré avec la langue autre chose que la na-
turc! qui a senti par le toucher de la main et du corps autre chose
que la nature 1 Les sens de notre corps ne sont-ils pas les témoins
des yérités! qui ne peut d'après eux jurer que telle chose est de
tell e manière' la respiration d'après laquelle vit aussi notre corps
D'est-elle pas un témoin' respirons-nous autre chose que la nature P
L 8
c
lU LA VRAIE
d'où vient l'inftul dans les pensées des Têles, sinon de la nature!
si la nature était enlevée, pourriez-vous penser quelque chose r ou-
tre plusieurs autres arguments de meme après
avoir écoutés, répoBdirent: Vous parlez ainsi. parce que VOUI
êtes entièrement sensuels i tous, dans l'Enfer, les idées des pen-
sées plongées dans les sens du corps, et ne peuvent élever les men-
r tais au-dessus d'eux, nous vous pardonnons dODC i et
l par suile la foi d,!fux ont boucbé les intérieurs de vos mentalll. au
point quo chez vous l'élévation au-dessus des sensuels n'est pas pos-
sible, sinon dans un état éloigné dc:s maul de la vie et des faux de
la foi; car un Satan peut, aussi bien qu'un AnRe, comprendre le 1
vrai quand il l'entend prononcer. mais il ne le retien-t pH.parce
que le mal efface I.e et introduit le fau-'I:; mais nous perce\'ons
que vous êtes dans cet état éloisné, et qu'ainsi vous pouvez coI!I-
prendre ce que nOl!!'prononçons, failes donc attenlion aux paroles
( que nous dirons; et' ils' dirent: Vous avez été dans le Alonde naturel.ll
) et vous y êtes morls, et maintenant v.ous êtes .dans le Ji
1 ayez-rous Sil auparavant quelque chose sur la vie après la mort! ne
l'avez-vous pas niée, et ne vous êtes-vous pas fails pareilsaux bêtesf
avez-voijS su auparavant quelque. chose sur le Ciel etl'Enferr quel-
que chose sur la lumière el la chaleur de ce Monde r sur ce que vous
plus de la Nature, mais .!lu-des.:;uII de la Naturer car
(
\"ce Monde et tout ce-qu'il renferme. est •.
sont au-dessus na!urels, à un leI point plus petite chose de
l
Ia nature, dans laquelle.vous.avez été, nepeutpasmême !!!Ouer dans
ce Monde: mais vous, parce que vous avez cru la Nature Dieu ou
Déesse, vous croyez aussi qbe la Lumière et la Cbaleur Mond;
sont la Lumière eL la Chaleur du Monde naturel, lorsque cependant
il n'en est rien, car la Lumière naturelle ici est l'Obscurité, el la
Chaleur naturelle ici est le Froid; avez-vous su quelque chose sur
le Soleil de ce 1I0nde-ci, d'où procèdent notre Lumière et notre
Cbaleur! avez-vous su quI' ce est le .pur Al!!..our, et que le So-
leil du alonde naturel est le (lur Feu? avez-vous su que ·Ie Soleil du
Monde, qui est le pur feu. es.t ce d'après la. Nature existe et 1
subsiste, eL que le ,Soleil du, Ciel, qui est te pur Amour. est ce (a-
existe et subsiste la Yie même,qui estl'iïiiiiiïr,uni A la Sa-
gesse ; el qu'ainsi la Nature. que vous faites Dieu 011 Déesse, est en ..
rd
RELIGION CHRÉTIENNE
us
tièrement morle! Vôus pouvez, s'il vous est donné unl' garde, mon-
ter avec nous dans-Ie Ciel, et 'nous pouvons, s'il nous est donné une
,arde, descendre avec vous' dans l'Enfer, et vous verrez c!!!!!Je
des objels magnifiques et resplendissants, et .. s l'f!n.fer des ob-'
,jets difformes dt immondes; ces diff'érences viennent de ce que dans
J le Ciel lous a40rent Dieu, et que dans l'Enfer tous adorent la Na-
) ture; ces objets magnifiques et resplendissants dans les Cieux sont
les correspondances des aff'ections de l'amour db bien et durai, et
>ces objers dlR'ormes et hnmoades dans, les Enfers sont les corres--
pondanees des affeCtions de l'amour du mal dl! faul, De tout cela.
,ooncluez maintenant si c'est Dieu, ou la Nature, qui est lout dans
'&out. A cela @s répondirent: Dans l'état'où nous sommes

nous pouvons de ce que nous venons d'entendre con-
-clure que c'est Dieu, mais plal$ir_dJA mal
nous ne voyons que la Nature. Ces §a-
tans' se tenaient non loin de moi, c'est pourquoi je les vis elles en-
iéiidis; et ,,'oici, je ,'is autour d'eul,beallcoup cf Esprits. qui, dans le l
Monde naturel, avaient pa.r leur érudili,ot;l; et j'élais
S étonné de -ce que ces _Erudits se lenalent tantcn pres des Anges,
) tantôt pl'ès des Satans, et applaudissaient ceux près desqueiS"i1s se
'en'aient; et' il me fut dit que leurs changements de position étaient
les chansements d'étal de leur mental qui favorisait lanlôt un parti
tantôt l'autre, car ils étaient quant à ,la foi comme des Vertumnes :
dirent le avons jeté nos regards sur
la Terre vers les hommes cèlèbres par leur 'érudilioD, eC sur..!!!!!!e
nous en avons trouvé sil cents pour la Nature et les autres pour
{
Dieu, et ceux-Ct étaient pour Dieu, parce qu'ils en avaient parlé
fréquemment, no.!!._d:après mais seulement d'après
çe qu'ils avaient entendu dire que la Nature lient de Dieu, et parC8'
qu'un langage habituel d'après la mémoire et la réminiscence, quoi-
que non en_même temps d'après la pensée et l'intelligence, produit __
une espèce de roi. Après cela, une garde -tut donnéeaux et
-- ils monlèrent dans le Ciel avec les deux Anges, et ils virent des'ob-
1 jets magnifiques el resplendissanls, et étant alors dans l'illustration
par la lumière du ciel ils y reconnurent qu'il y a un Dieu, et que la
Nature a été créée pour servir d'instrument à la vie qui procède 'de
Dieu,. et-que la Nature en elle-même est morte, et qu'ainsi par olle-
H6 LA. VRAIE
même elle n'a aucune activité, mais qu'elle est mise eUJ!!ion par
___ la vie.\Après avoir vu et perçu ces choses, ils descelldirent; el
z comme ils descendaient, l'amour du mal revint, et boucha leur en-
tendement en dessus et l'ouvrit en dessous
l
et alors au-dc:ssus appa ..
rut comme une ombre lançant des éclairs d'un Ceu infernal; et aussi-
tôt que de leurs pieds ils eurent touché la terre
l
le sol s'entr'ou-
nit sous eux, et il retombèrent 'ers leurs
'18. Tl\OISIËHB Mt.ORABLE. Le lendem.llin il vint vers Anie
( d'une autre Société du Ciel, et il dit: Nous avons al'pris qu'en rai-
, son d'une méditation sur la Création de l'Univers tu as été appelé-
dans une Société voisine de la nôtre, et que là tu as CréatioD
1 raconté des choses 8Ulquelles ont alors applaudi les Anses de cette
Société, et depuill ils sont dans la joie j\moi maintenant je te ferai
voir comment les Animaux et les Végétaux de tout Benre ont été-
produits par Dieu; el il me conduisit dans ulle CampaBne cou-
verte de verdure, et il dit: Regarde de tous côt.és i et je regardais
) tous. cOtés, et je vis des Oiseaux dont le plumage offrait les plus
'\ belles couleurs; quelques-uns volaient, d'autres étaient sur des ar-
)
bres, et d'autres sur le gazon béquetant des ft'uilles de roseSj parmi
ces oiseaux il y avait aussi des Colombes et des que
ces objets eurent disparu de devant DIes yeux. je vis non loin da
moi des Troupeaux de Brebis et d'Agneaux, de Chevreaux. et de
... Chèvres i et, autour de ces troupeaux, des Troupes de Bœufs et de
VelUl, de Chameaul et de MuleLs. el dans une sorte de bocage des
Cerfs A longues cornes, et aussi des j'eus COD si-
, déré ces animault, il dit: Tourne la face ve.rs l'Orient i et je vis un
• Jardin, où il y avait des Arbres fruitiers, des Oraniers, des Cilron-
, niers, des Oliviers, des Ceps de des FiBuiers, des
et aussi des Arbustes qui portaient des baies. Ensuite il dit: Re-
l garde maintenant leJ!!idi ; et je vis des Moissons de grains de
) toutes espèces, de froment, d'orge el de fèves, et tout autour des
1 parterres de roses qui présentaiellt des couleurs heureUNement va-
l
riées: mais alHeptenlrlon il y avaiL des Forêts de chAtaigniers, de
r palmiers, de tilleuls. de platanes, et autres arbres 1 Après
que j'eus considéré ces objets, il dit: Toutes ces choses que tu as
vues, les des affections de l'amour des Anses
qui sont dans vo!sinaBe i et il expliquait à quellei&fl'ectioD corres..
RELIGION CHRÉTIENNE
H7
\ pondait chaque objet; et il ajouta: Non-seulement ces C!bje!s, mais
-tencore tOUI\ les lunres qui no_tre vue, sont des C_or-
par exemple, les Ha iSOIlS, les Meubles, les Tables 'et
les lIels, les Vêtements, et aussi les -Monnaies d'or et d'argent. les
-diamants et les autres pierres précieuses dont leS Épouses et les
j 'Vieri8S se parenl dans les Cieus: ; nous, p!r ces
} pe.rcevons q1,lel est chaque Ange quant à l'amour et lia sagesse;
les objets qui dans nos maisons. et qui servenll nos usages, y
Testent constamment; mais devant ceux qui vont de sociétés en 50-
{
-CiéléS. ces objets sont changés selon les compagnies. Ces choses t'ont
été montrées, afin que tu dans la Créati.!»D
,Universelle; en effet, Dieu est l' même et la

-et les sont infinies, et les de
Sagesse sont infinies, et les CorresP,Ondances de ces affeclions et de
-
)
.ces -perceptions sonl les choses, lant en général qu'en p"arti-
cu lier, qni se s1!!:la Terre; de Il les oiseaux elles bêtes,
.oe Il les arbres el les arbrisseaux. de là les récoltes et le." moissons,
.et de là les planles et l'herbe: car Dieu n'esl point élenodü, mais
J néanmoins il est partout dans l'étendue, ainsi partout dans l'Univers
depuis 'Ses premiers jusqu'l ses derniers. et comme il est Tout-
Présent, de telles correspondances des affections de son Amour et
.oe sa Sagesse sont da.!!s le Bonde naturel; dans notre )[onde,
i
-CJ:Ui est' appelé Ilonde Spirituel, il y a de semblables correspondances
chez ceux qui reçoivent de Dieu les affections et les perceptions; la
-dift"érence est, que dans notre Monde ces choses sont créées en UB-
'instant par Dieu selon les affections des Anges}. et dus votre Monde
ont été créées de la même manière dans le commencement,
) mais qu'il a été pourvu à ce qu'elles soient renouvelées perpétuelle-
)
,ment par les générattons de pa!I!!.y.tre, et à ce que la Créa-
tion soit ainsi continuée dans notre Monde il y a une Création
momeutanée. et dans le VOtre une Création qui dure' par les géné-
l'alions, c'est parce que les Atmospbères et -(
( sont spirituelles, el que les Atmosphères et tes de z..
1 sont' naturelles, el que les naturels ont été créés pour enveloppe! les
î
-spirituels, comme les peaus: enveloppent Jes corps des hommes et
des animaus:; l'écarce et le liber, le tronc elles branches des ar-
bres; les mères el les méninges, les cerveaux; les luniques. les
U8
LA VRAIE
.nerfs; et les pbilyres, leurs et ainsi du reste: delà vielle.
que toutes les choses qui sont dans votre Monde sont constanLes, et
reviennent constamment chaque année. Puis il ajouta: Ce que tu as
1 YU et entendu, rapporte-le aux habitan.1s de lon_Monde, parce que-
jusqu'. ce jour ils ont été dans une complète ignorance sur
- spirituel, et que sanA la connaissance de ce Monde on ne peut savoir,
ni même soupçonner que la est continuelle
et que votre Monde, elle a été semblable. celle du nôtre, lors-
que l'Univers a été créé par Dieu.
Ensuite nous parlAmes de divers sujets, et enfin de l'Enfer i d&
ce que là. on ne voit absolument rien de ce que renferme le Ciel.
mais que tout, est opposé, parce que les affeclions de leur
qui sont les cupidités du mal, sont opposées aUI affections de l'a-
.mour dans lesquelles sont les Anges du Ciel; c'est pour cela que-
'! - chez eux et en général dans leurs Déserta, il apparatl
des Oiseaux de nuit, lels que des chauve-souris, des hiboux .. et des
chouettes, et aussi des loups, des léopards et d6$ liKre&, des rats
gros et petits, et des serpents venimeux de tout genre, des dragons.
et des crocodiles; et dans les endroits où il y a quelque végétation.
il y croit des ronces, des orties, des épines et des chardons, et quet
ques herbes vénéneuses, qui par fois disparaissent, et alors on .,
voit seulement des amas de pierres, et des dans lesquels
croassent des srenouilles; toutes ces choses sont aussi des Corres-
mais, ainsi qu'il a été dit, de$ af-
_ fections .de leur amour, qui sont les mal. Cependant de.
Lelles choses n'y sonl point créécs par Dieu. et elles n'ont point noD.
? - plus été créées par Dieu dans le Monde naturel, où il en existe de
semblables; car les choses, que Dieu a créées et qu'il
été bonnes el sont bonnes; mais celles-Il ont eu leur origine
eur la Terre, en même temps que l'Enfer qJJi a été Cormé par les.
hommes qui, en se détournant de Dieu, sont devenus après leul'"
mort des diables et des satans. Comme ces détails affreux commen-
çaient blesser nos oreilles, nous en détournâmes nos pensées, eD
Jes reportant sur les objéts que nous avions vus dans les Cieux.
79. 'QV.\.TJutME MÉalOR4BLE. Un jour que j'étais en méditation SUl'"
ia. de il vin quelques ESl1rils du Monde Chrétien.
'guI,· dans leur temps, été au nombre plus
RELIGION CHRÉTIENNE.
H9
et réputés plus saies que les autres, et ils dirent: Nous
percevons que ·Lu médites sur la Création, quel ton
,.., liment sur ce sujet; mais je répondis: Dites d'abord quel est le !ô-
7.. tre; et .d'eux dit: Mon sentiment est que la Création vient de
la Nature, et qu'ainsi la Nature s'est créée elle-même, et qu'elle a
1 été de toute éternité; car le vide n'existe point, et ne peut point
-' ,"
aister; d'ailleurs que voyons-nous par les yeux, que saisissons-nous .. ,
par les oreilles, qu'adorons-nolis· par les narines, et que respirons- l' "1
DOUS pu la poitrine, qui ne soit de la Natpre! el comme elle est
hors de nous, elle est aussi au dedans de nous. Un autre entendant
2./ cela lui dit: Tu parles de la Nature, et tu la Cais de l'Uni-
yers, mais tu ne sais pas comment la Nature a Cermé l'Univers, je
vais donc le dire: Elle s'est roulée en tourbillons qui s'entrechoquè-
rent, comme des nuages entre eux, ou comme d.es maisons dans un
tremblement de terre elles s'écroulent, et par ce cboc les par-
ties les plus Brossières se réunirent en un, de 1. la Terre; les par-
ties pluF fluides s'en séparèrent et se réunirent aU5Si en un, de là les
Mers; des parties plus légères s'en aussi, de là l'Ether
et l'Air; et par les plus légères de ces parties fut formé le Soleil ;
n'avez-vous pas vu que lorsque de l'Huile, de l'Eau et de la Pous-
sière de la terre sont mélées ensemble, elles se séparent d'elles-
/' mêmes, el se placent en ordre l'une sur l'autre? Alors u_n at.!!re 8n-
J.' tendant Cd système, dit: Vous parlez l'un et J'autre d'aprèSla pban-
laiàie ; qui ne sait que la première origine de toutes choses a été le
cbaos, qui en grandeur avait rempli la q:uatrième partie de l'Uni-
vers, et qu'au milieu du cbaos était le Feu, autour de ce Ceu l'étber,
et autour de l'éther la matière, que ce Cbaos s'est crevassé, et que
par ces ouvertures le Feu s'est écbappé, comme il s'échappe de
l'Etna et du Vésuve, de là le Soleil; qu'après le Ceu, l'Ether s'est
déBagé et répandu tout autour, de là les Atmosphères; et qu'enfin
la m:llière qui était restée s'est rassemhlée en globe. de là la '!erre!
Quant aux ÉLoiles, elles Ronl seulement des luminaires dans l'Eten-
due de l'Univers et doivent leur origine au Soleil, et au feu eL lia
lumière de cet astre; car le Soleil a d'abord été comme un Océan de
feu. et pour ne pas incendier la Terre, il a tiré de soi des petites
fiammes brillantes. qui. s'étant placées à la circonCérence ont per-
,/ 1ecLionné l'Univers, de là le Firmament. Mais parmi ces Espritsll
L,.
uo
LA VRAIE
,s'en._présenta un Vous errez, il vous semble-qu8 vous etês
des sages, et moi je vous para1s simple, mais toutefois dans ma
simplicité cru et je crois que l'Univers a été or4é par Dieu; e&
qu'alors toule la nature a été créée en même lemps, puisque la nl- ,. 1
ture appartient à l'univers; si la Nature se fut créée elle-même.
J}'aurait-elle pas été d9 toute élernité Y Mais c'est le comble du 46- -
. lire 1 Et alors un de ces prélendus saies s'approcha de plus près eD
, plus près vers celui qui parlait, et il mit l'oreille gauche vers sa "
bOllche, son oreille était bouché comme avec du coton, et il
demanda ce qu'il avail dil, et celui-ci répéla les mêiues paroles; el.
alors ceJui qui s'était approché, resarda de Lo1,!s s'il avai,
pas quelque Prêtre, et il en vil un ailprès de celui qui parlait, et
(
alors il répliqua en disant: l'avolle aussi, moi, que toute la nilture
vienl de Dieu, mais .. ,; et alors il s'en alll, chuchoter avec ses .com-
pagnons, et il leur disait: J'ai parlé ainsi, parce qu'il y avait UD
Prêtre auprès de lui; vous et rn.oi nous savons que la nalure vienL
. de la nature, et parce ·qu'ainsi la nalure est Djeu, j'ai dit que
... toute la galure vient de Dieu, mais .... Cependant le Prêtre; enten-
dantleurs chuchotemenls, leur dit: Votre sages.'Ie, qui est purement
f philosophique, vous a séduits, el elle a bonché les vos ,
au point qu'aucune Lumière procédant de Dieu et de son
) Ciel n'a pu influer, ni vous illustrer, ,'ous l'avez éteinte; el il dit:
Agitez-donc et décidez entre vous d'où viennent vos Ames, qui sont
immortelles! viennent-elles de la Nature! ou bien ont-elles été en-
semble t.lans ce grand Chaos! En enlendant celle question, celui qui
/,avait parlé le s'approcha de ses deman-
1 dant de l'aider à dénouer ce nœud de la question; et
f rent que l' Ame n'est que de l'éther, que n'est
) quiune modification de l'éther par la lumière du soleil. et que 1'6-
l ther aupartient à la nature i el ils dirent: Qui ne sait que Dons
parlons par le moyen de l'nir Y et qu'est-ce que la sinon un
1 dans un air plus pur, qui est appelé éther! de)à vient
, \!! (Ollt lin; qui ne peut remarquer cela d'a-
près l'homme tandis qu'il est enfant Y d'abord il apprend l
et successi'ement à parler avec lui-même, el cela. c'est
dès lors, q1l'est·ce que la sinon une modification de l'éther;
eHe son du lanBage, qu'est-ce sinon sa modulation t d'où nous cJ.ê..
RELIGION CHrutTIENNE 121
eidons que 1'!!!Je apparLient lIa d'entre eUI:
ne Curent pas d'un -avis dift'érent, il est vrai, mais jls illustrèrent
de ).a question, en disaut que les Anges ont eu leur origine,
l'éther s'est dégagé de ce grand Chaos, et qu'alors il s'est
4ivisédansla région suprême en (ormes individuelles,
-"> • qui s'intrQduisent dans les hommes, quand ils à p8Bser
d"après _Hn air p'lus p"ur, lesquelles formes sont alors nommées Ames.
A ces mots, un aulre dit: J'accorde qu'il ait été Cormé dans la ré-
,-,ion supérieure par l'éther d81 Cormes individuelles, en nomhre
immense, mais néanmoins les hommes nés depuis la création du
Monde en ont excédé le nombre, comment alors ces Cormes éthérées
f ont-elles pu suffire? j'ai dopc pensé en moi-même que les Ames
, qui sortent de la houche des hommes, quand ils l1Ieurent,
)
Dent après quelques milliera d'années chez les mêmes, et-qu'elles
Fëëommencent el mènent une vie semblable à la précédente; il est
Dotoire que plusieurs d'entre les sages croient à des retours seDl-
blables el à la Métempsycose. Oulre ceux dont les opinions vieft-
r nent d'être rapportées, les autres aussi présentèrent leurs conjec-
} tures, que je passe sous silence._ pare.e qu'eUes folias.
, ,Après une petite heure et alors celul@i;précé-
, -demment avait parlé de la Création de par Dieu, lui rap-
.,. / porla ce qu'ils avaient décidé sur l'Ame; après ce rapport, le Pré-
f
tre leur dit: Vous avez par:é absolument comme vous avez pens6
dans -le Monde, savoir que vous non pas dans ce Monde,
1 mais dans un autre,qui est appelé Monde -; toui éeux qui

sont devenus sensuels-corporels par des confirmations pour la Na-
ture, ne savent autre chose. sinon qu'ils sont dans le même Monde.
oil ils sont nés et ont été élevés; cela vient de ce que Il" ils ont é16
{
dans un et qu'ici ils sont dans un_ corps
et que thomme substantiel se voit et voiL ceux qui l'environnent,
comme l'homme naturel se voit et voit ceux qui sont
, .aulour de lui; en eft'et, est le-primitiC4u matérjel. et
parce que vous pensez, voyez, odorez, loo'tez et parlez de la même

manière que dans le Monde naturel, vous croye'& que la Nature est
ici la même, lorsque la nature de ce diff'ere de la
du Monde autant que le substantiel diffère du maté-
rieI, ou le spirituel du naturel, ou l'antérieur du postérieur; et
122 LA VRAIE
comme la nature du Monde, dans laquelle vous avez d'abord véCu,
est respectivement morte. c'est pour oela que vous, d'après des COD-
f firmations pour elle. vous êtes devenus comme morts. surtout dans
1 concernent Di!u, le Ciel et l'ESlise. etaussi dans celle'qui
regarde vos Ames: maill néanmoins tout bOqlme. lant le méchant
( que Je bon. peu.t_être élevé quant il l'entendement jusque dans
) la lumière où sont les Anses du Ciel, et alors voir qu'il ya un Dieu.
\ qu'il Y a unG ,ie après la mort. et que l'Ame de l'homme n'est pas
(
'une vapeur éthérée. et qu'ainsi elle ne vient pas de le nature de ce
mais qu'elles est spirituelle. et qu'en conséquence elle-
doit vivre, éternellement; l'entendement peut être dans celle lumière
angélique, pourvu que les amours naturels qui proviennent du
Monde et sonl pour le Monde et pour sa nature. et qui pro\'iennent
du corps et sont pour le corps et pour son propre, soient
Et alors ces amours furenttoutl coup éloiRnés par le Seisneur. et
il leur fui donné de converser aveo les Anie.-;, et d'après celle cOn-
versation ils perçurent dans cet état qu'il y a un Dieu, et qu'ils vi-
I nient après la mort dans un autre Monde, furent-ils 1
l de _bllnte. e01s s'écrièrent: 1 nous étions fOllR! ,/r"t
mais comme cot état n'étai,tllas leur état propre, et que par suite. /'
f
au bout de quelques minutes, il leur devenait ennuyeux et désaRréa-
hie, ils. se détouynèl'ent tlu et ne ,oulurent plus entendre ROn
) et ainsi ils revinrent 1 leurs précédentesamours, qui étaient
purement naJ!!r8l1es. et ilss'en allèrent versla
Bauche, de société en l'ociété, et ils entrèrent dans un chemin
où les plaisirs de leurs amours les IUÏJ'aient, et ils dirent: Suivons
ce chemin j et ils le suivirent, et ils descendirent, et enfin ils vin-
( rent vers ceux qui élaien't dans des plaisirs de semblables amours,
J et ils allèrent au delà; eL comme leur plaisir élaiL un plaisir dll
le mal, et que danaletu:.cbemin ils avaient aussi fait du mal à plu-
sieurs, ils furent incartérés, et devinrent des démons i eL alors leur
plaisir fut chlnRé en déplaisir, car par 18& peines et par les craintes, .
des peines, ils furent contraints et réprimés dans leur précédenl
(plaisir, qui constituait leur nature; et ils demandèrenL à ceUI qui
J etaient dans la même prison, s'ils devaient vivre ainsi éternelle-
, ment; et qllelques-uns répondirent; Nous sommes ici depuis quel-
t qùes Siècles, et nous devons y rester pendant les siècles des siècles;
1

RELIGION CHRETIENNE
123
car la con le M.onde ne peut être
chansée, Di chassée par les peines, et quand elle est chassée par
elles, toujours après un court espace de temps elle revient.
80. Cll'CQUltllB MtIlQRABLB. Un jour 4tn par permission,
monla de l'Enfer avec ul.ldeg)me, et s'approcba de la maison où
j'étais; les .ayal!t.!ps, je néanmoins je leur parlai
l travers la croisée, et je demandai au Satan d'où il venait; il me
dit: De la compagnie de mes semblables; eL.je d.'où venait
( la_feplme i il me dit: Elle en vient pareillement: celle-ci était de
) la troupe des Sirènes, qui par des phantaisies savent prendre tous
}
les dehors el toutn les formes de la beauté et de la grâce i tantôt
elles se donnent la beauté de Vénus, tantôt le visage décent d'une
vierge du Parnasse. tantôt elles se parent de couronnes et de man-
teaux comme des Reines, eL marcbent avec majesté appuyées sur un
bâton d'arsent; telles sont dans le Monde des Esprits les courtisanes.
l
et elles s'étudient li opérer des phantaisies; la pb.llD.lai.sie
la pensée sensuelle. en fermant les idées qui
quelque pensée intérieure. Je demandai au Satan si elle était son
Épouse; il répondit: Qu'elll-ce qu'une je l'ignore, et ma so-
l ciété l'ignore aussi i elle est ma courtisane; et alors celle-ci inspira
) ,de la lasciveté li l'homme, oe en quoi !xcellent aussi les Sirènes, et
') dès qu'il eut reçu inspiration, il lui donna un baiser en disant:
1 Ah 1 mon Adonis 1 Mais arrivons au sérieux: Je demandai,,,"û "Sa taO)
f
quelle était sa et il dit: Ma .fonotion es!l'E!u_dition ;
vois-tu pas un laurier sur ma tête! Adonis, par son arl. a composé
, cette couronne et me l'a composée par derrière. Et je dis: Puisque
1 l tu viens d'une société où il y a des académies,
tu, et que croient tes compl!jnons sur Dieu Y JI répliqua: Dieu pour
b
[
nous est l'Univers: qu'e nous ROmmons aussi Nature, et que les
simples -d'entre nous nomment Atmosphère. qui pour eux est l'air.
mais que les sages nomment qui est l'Ether';
. Dieu, le Ciel, les AUFjes, et autres choses semblables. sur qui plu-
sieurs dans ce Monde ont composé une foole de COIlr.e.o;, sont d! vains
l
ml!1s et des fictions tirées de Météo.res qui jouent ici sous los yeux
de plusieurs; toutes les choses qui se manifeslent sur la Terre n'ont-
elles pas créées par l!. r à son arrivée au printempil ne nail-
jl pas des Vermisseaul avec des ailes et sans ailes r el par sa chaleur
"
i

'LA VRAIE
, les Oiseaux ne se livrent-ils pas mutuellement'à ]'amouret' à la pro-
'.lificalion' et la Terre hlbauft'ée par son ardeur ne fait-elle pas sortir
les semences en bourgeons et enfin en fruits comme lignée! ainsi,
J,l'Univers n'est-il pas Dieu et la Nalure Déesse! et, comme épouse de
\ 'l'Unh"er.s, ne conçoit-elle pas, n'élève-t-elle pas, o'enfante-t-elle pas.
,l·.et ne nourrit-elle I,as? Ensuite, je lui demandai quelle était sa
:.. - croyance et celle 'de S& Sociélé sur la Relisi..Qn; ,il répondit: Pour nous
.qui sommes plus iAstl'1lits que le vulsaire,-Ia Religion 'n'est qu'un
, charme pour fasciner la populace; ce charme est, aulour des choses
sensitives et de leur meJ.llal, comme une hre. (atm.Qs-
1 dans laquelle les idées de piété volent comme des papillons
dans l'air; et leur foi, qui entrelace ces en une sorte de chaIne,
5 -est comme un ver. soie dans sa -coque, d'où il s'envole comme le roi
, des papillOlls. car une Communauté d'hommes sans aiJ!l8
(
des images au dessus des sensuels et par suite au-dessus 4es
sensuels dela pen!!,ée,dans le désir de voler; ainsi ils se font aussi des
, ailes, afin de s'élever comme ,des aigles, et de se présenter avec jao-
1 tanceaul habitants de ]a:terre, pour leur dire: Voici, c'est mof'i,nous,!
au contraire, nous croyons ce que nous voyons; et nous aimons ce que
nous touchons; et alon il loucha sa cou rtisane, et il dit :' Je crois
cela, parce' que je vois et lOuche: mais nous, nou_s jetQJ)s de tels
joue.ls par nos fenêtres, et par un soume nous repoussons les rires.
Je demandai ensuite quelle était sa crovance, et celle de ses compa-
7 - et, l'J!;nfer ; il répondit avec un éclat de rire:
,Qu'est-ce que le dei, sinon le firmament éthéré dans son allilude;
et les Anges, Sinon les tacbes errantes autour du Soleil; et les Ar-
changes. sinon les comètes. longues queues sur laquelle habite leur
'troupe! et que sinon dos marais, où les grenouilleS
et. les crocodiles, dans leur-phantaisie, sont les diables! excepté ÇO!I
idées sur le ciel et sur l'enfer, toutes les autres sont des sornettes
)
par quelque Prélat pour s'attirer de la de la l,art
4'un peuple ignorantXMais Ioules ces choses, illesprononça absolu-
comme il avait pensé sur elles dans le Monde. ne sachant
,vjvait mort. et ayanLoublié tout ce qu'il avait en-
'Ltendu quand il était entré dans 18'Monde des'Esprils ;·c·est pour-
e,.. - • quo.i. quand je l'interrogeai aussi sur la vie- aprèsJa, lJIort, il répo.!l-
dit 'que c'était une imaginaire (en, ; et que
RELIGION CHIŒTIENNE
125'
( '@.elquJl-.JImu.ve s'élevant d'un cadavre au lombeau dans
) UDe forme comme un homme. ou quelque chose qu'on
\ t!.8' dont quelques personnes font des con les. avait introduit une
1 telle idée dans les phantaisies des hommes) A ces mots. il ne me fUI
l'lus possible de me retenir. de rire. et je dis: Satan. Il!
( dér.lisODnes .!In. qu'es-tu maintenant, toi l o'es-tu
pas homme dans la forme r ne parles-tu pas, o,! voi!"(u .. n'en-
tends-tu pas. ne marches-tu pas! Rappell&toi que tu as vécu dans
un autre Monde, dont tu ne te souviens pas, et que
. Il vis après la mort. et que tu as absolument comme tu parlais
J auparavant; et_le fut dODlié. el il se 1-- ". 17"
l alors il ep.t et il Je j'ai vu le ciel au- ) f' I:Z
dessus, et j'ai entendu les anges y dire des choses ineffables, et· cela
quand je venais d'arriver 'ici; mais maintenant je retiendrai cela
P9ur le raconter à mes compagnons. que je viens de quitter, et
J peut-être alors auront-ils honté pareillement; et il persista_à .dire
)
qu'il les appellerait insepsés, mais à mesure qu'il descendait. l'O\!-
hli ëhasSait le J et quand. il fut arrivé. il déraisonna
comme eu.x. et lI:ppëla folies les choses qu'il m'avait dire.
t
, Tel est l'état de la pensée et du lansage des Salans après la mort;
sont appelés Satans ceui qui chez eux ont faul jusqu'A
la foi; el Diables, ceux qui chez· eux ont confirmé les par la
vie. .
--
126
LA VRAIE
CHAPITRE SECOND
DU SlIGIfRDR atoR.PT,EUR.
St. Dans le Chapitre précédent, ih été traité de Dieu Créateur
et alors en lDême temps de la Créalion ; dans oe Chapitre-oi,ïl sera
trailé du Seigneur Rédempteur et aussi en même temps de la Ré-
demption ; et, dans le Chapitre suivant, de l'Esprit Saint et en
même Lemps de la Divine Opération: par le Seigneur
nous entendons Jéhovah dans l'Humain; en effet, que Jéhovah Lui-
M4me soil descendu et ait pris l'Humain afin d'opérer la Rédemp-
tion, oela sera démontré dans les Artioles qui suivent. S'il eht dit
le Seisneur et non Jéhovah, c'est parce que Jéhovah de l'Anoien
T.estament esl nommé le Seisneur dans le ,Nouveau, oomme on peut
le voir par ces passases : n est dit dans Moise: Cl Écoute
JtHOVAH notre DIEU, JEHovAR est un: Tu aimeras JÉIIOVAR TOM
DIEU de tout ton cœur et de tot,te ton dme . .. ."- VI, .l,
3, ; - et dans Maro : • Le SBIGNE1IR notre DIEU, le SEIG!(EUR
est un: Tu aimeras le SEIGNEUR TON nllU de tout ton cœu,. et dtl
l
toute ton dme ... - XU. !9, 30. - Puis dans Esaie: • Préparez
le chemin de JÉHOVAH, aplanis,sez dans la solitude un $entier à
notre DIeu. Il - XL, 3; - mais dans Luo: Tu iras devant la
face du SEIGNEUR, pour préparer son che,nin . .. l, 76, - et en
outre ailleurs: et le Seigneur a aussi commandé à ses Disoiples da
L'appeler Seigneur, et o'est pour oela qu'il a été appelé ainsi par les
Apôtres dans leurs EpUres, et ensuite par l'Eglise Apostolique,
comme on le voit par le Symbole de cette Eglise, qu'on appelle
Symbole des Apôtres: la raison de cela, o'est que les Juifs n'osaient
pas nommer Jéhovah à cause de la sainteté, et en outre, par Jého-
vah est entendu le Divin ttre, qui a été de toute éternité, et l'Hu-
main qu'il a pris dans le temps n'était pas cet ttre: oe que c'est
que Divin J!:tre ou Jéhovah, cela a été expliqu6 dans le Chapitre
précédent, Nal 48 l !6, et N°l 27 à SIS; c'est pour cette raison.
T
RELIGION CmŒTIENNE
i27
qu'ioi_ et dans ce qui suit. par.le Seipeur nOU8 entendons Jéhovah
dans son Humain. IlainlenanL. oomme la connaissance sur le Sei-
sneur surpasse en excellenoe toutes les connaissanoes qui existent
dans l'Eglise. et même toutes celles qui 80nt dans le Ciel. le sujet
vI! être disposé en ordre, afin 'que oette connaissance ,Soit mise en
lumière; cet ordre sera donc. celui-oi :
J. lélfovah Créateur de r Univers est descendu et a pris r Hu-
main pour racheter et sauver les hommes.
II. Il est descendu comme Divin Vrai. qui est la Parole
l
et
cependant il. n'a point séparé le Divin Bien.
DI. Il a pris f Humain selon son ordre Divin.
IV. L'Omain par lequel il s'est envoyé dam le Monde est ce
qui est appelé le Fils de Dieu.
V. Le Seigneur par les actes de la rédemption s'est lait la
jllSllc".
VI. Par les mAmes actes. il s'est uni au Père, et le Père S'est
uni à Lui; aussi selon f ordre Divin.
vu. Aillsi Dieu a été fait Homme. et f Homme Dieu en !lM
Seule Personne.
VIII. vers funion a été fétat de son e:&Ïnmai-
Jion
l
et a été rétat de sa glo,ification.
IX. Désormais nul ri entre les Chrétiens ne vient dans le Ciel.
sinon celui qui croit au Seigneur Dieu Sauveur, et qui s' adresse
à Lui Seul.
Cbacune de oes propositions sera expliquée en partioulier.
82. l, JÉHOVAH Dllm EST DISCENDU ET A. PR[S L'HUMA.IN. POUR
RA.CHETERET SAUVER LBS HOJ[KES. •
nans les Eglises 'l'on croit que Dieu Créa-
teur de l'Univers a engendré un Fils de toute éternité, et que ce'
FiJ. est deSQendu et a pris l'Humain pour racbeter 61 sauver les
-\ hommes ;. D1ais cela est erroné et tombe de soi-D1ême. peurvu qU'OD ,,' &,
)
pense que un, et que devant la raison il est plus que fabu-
leux que Dieu un ait eniendr6 de toute éternité UD Fils. et aussi.
que Dieu le, Père avec le Fils et l'Esprit Saint, dont obacun est
rément 1>,Ïea, soit un, seul Dieu i' ce est dissip6. 1
, COUllIIe une ÉtoHe filante dans l'air, lorsque d'après la Parole il est
.démontré·que Jéhovah Die,u descendll'et s'est faiL '
us LA. VRAIE
et aussi Rédempteur. Quant au premier point,
Dieu. 6.ltl Lui-Ilême descendu el Homme, O-D le VGit d'après
ces passages: 'l Voici, la Vitn'ge concevra, et elle enfantera lin
Fils, qui sera appelé DIEU AVEC nOUS •. D - Esaie, VII, U, Mattb.
l, !2, 23, - • Un enfant nous est né, un Fils nous a élé donné;
lUI' son épaule (sera) liz principauté, el ser" appelé son Nom,
Admira6le, DIEU, Béros, PERE D'ETERNITE, Prince de pai:c. D -
Es. IX, :S, 6. - • Il sera dit en ce jour-là : Voici, notre Dietl
Celui-ci, que nous avons attendu po,.. qu'ü nous délivre; Ce-
lui-ci (esL) Jéhovah, que nous avons attendu; 6ondissons et
réjQuwons-nous dans son salut . • - Es, XXV, 9. -« Une
"oU: qui crie dans le désert: Préparez le chemin de JtHovAH,
aplanissez dans la solilude un sentier à l'CDTRE DIEU; et ils ver-
ront, loute chair ensemble . • - Es. XL, 3, Il. - • Voici, le
JEHOV·IH en forl vient, et son 6ras dominera pour Lui;
voici sa récompense avec Lu.;· comme PASTEOR il patb'a son
trotpeau . • - Es. XL, 10, H. - • JtllOVAH dit: Sois dallS la
julnlation et dcUls l'allégresse, /lile de Sion; voici, Moi je
viens pour habiter au milieu de toi: alors serollt atlachées des
Nations nombreuses à JËIIOVAU en ce jour-là. 1) - ZlIch. Il, 14,
us. -. MOI JÉHovAH,je Tai appelé dans la jr'ltice, et je Te
df,mnerai pow' r alliance du peuple: MOI JIi:ROVAH C'EST LA NON
KDK, ET JlA GLOIRE A UN AUTRE JE NB DDNNEBAI PGINT. • - Es. XLII,
l, 6, 7,8. - • Voici les jours qfti viennent, où je suscuera.
d David un germe juste, qui rdgnera Roi, 'ot fera jugement et
justice en la terre; el c'est là SOli nom " J4HDVAH NOTRE JUSTICE. »
- Jérém. XXIII. 3, 6. XXXIII, 13, t6. - Et de plus dans les
passages où l'avènelDent du Seigneur est appelé le Jeun DE JÉHOVAH:
comme Es. XIII, 6, 9, t3, 22, Ezéch. XXXI, US. Joël, l, US. Il,
t, l, 1 Lili, !, 4. IV, t, U. t8. AIDOS, V, 13, t8, iO. Séph. l,
1,7 è. t8. Zach. XIV, i, 4 l !t, et en ouLre ailleurs. Que iéhGvab
Lui-Même soit.descendu eL ah prisJ'HumaiD, Gn le voii clairement
daDs Luc, où sont ces paroles: • Marie dit à rAnge: Comment
ma cela, puisque homme "je ne connais point? L'Ange lui ré-
pondit: DIe ESPRIT SAINT .Ig.";DRA su. tDI, Et UXE VERTU DU
"OUIUGERA, pm.wquoi ce qui nallra de toi SAINT
t
,era àp'peU Fiu DI DIlO. • - 84,· 85. - Et dans Matthieu:
f
RELIGION caR1i:TlENNE
t29
• Un Ange dit ln& songe à Joseph le fiancé de MaI'ie, ce qui en
esl né est d'Esprit Saint, et Joseph ne la connutpoult jus-
qu'à ce qu'elle eut enfanté son Fils, et il appela ,on flom
Jésus • .. -l, !O, ilS: - Que par Esprit Saint soit enlendu le
Divin qui procède de Jéhovah Dieu, on le verra dans le Troisième
CbapiLre de ceL Ouvrage. Qui ne sait que c'edt d'après le Père que
l'enfant a l'Ame el la Vie, eL que c'est d'après l'Ame que le Corps
elisLe? Est-il donc quelque chose qui soit plus clair, que de dire
que le Seigneur a eu d'après Jéhovah Dieu l'Aine et !!Jie, et que. "
puisque le Divin De peut être divisé, le DiviD même du Pèr!..!JJé
l'Ame et la Vie du Seigneur r C'lIst pour cela que le Seigneur a ap-
pel' laDt de rois Jéhovah Dieu SOD l)ère, et que Jéhovah Dieu I)a
appelé SOD Fils: Que peut-il donc y avoir de plus ridicule que d'en-
tendre dire que l'Ame de noLI"e Seigneurest venue de Marie sa mère,
ainsi que le rêvent aujourd'hui et les Catholiques Romains et les
Réformés, sans que la Parole les ait ellcore Lirés de ce songe 1
• 1 f 83. QU:UD Fils né de touLe soit descendu eL aiL pris l'HI1-
" r main, c'esL une cOmplète "eu.eur qui tombe et est par
\ les passages de la Parole, dans lesquels Jéhovah Lui-Alêgle dit q11'i!
l
est, Lui, le Sauveur et le ; voici ces passages: • N'esl-
ee pas moi. JtaovAH, et 11 a-l-il d"autre Dieu gue Moi? Ya-t-
d'al,tre Dieu juste et ODE 1\101 •• - Esaïe, XLV, !i. 2!.
- • 1101 (Je suis) Jil:UOVAB, ET II. N'EST POINT D'AUTRB SAUVEUR
QUE AlOI ... - Esaie XLIII, U. - JB SUIS JIl:ROVAB TuN DIBU, et
de Dieu outre Moi tu ne reco7anaU"as point, ET DI SAUVEUR Il.
N'f A POINT SINON MOI •• - Hosée, XIII, 4. - • Afin que ,ache
toute chair que MOI (Je suis) JÉHOVAH TON S.1UVltB IT TON IU:-
DKXPTIUR. J) Esaie, XLIX, t6. LX, i 6. -. Quant à NOTRI Rt-
DEUPTEUR, JEBOVAB SU.10TH (esL) 6Q.N NOM •• - Esaïe XLVII, .t.,
-. LBUR REDEIIPTBUIl, FORT, JEHOVAH SiUOTH (est) 601'1 No •••
- Jérém. L, U. - • d JEHonD ! mo" Rocher et mon REDIMP-
TIUR. Il - Ps. XIX, US, - Ainsi a dit JmonH TON RÉDElIIP-
TEnR, le Saint ri Je ,,,is JtHOVAH" TON Dnm. D - Esaie,
XLVlU. n. XLIII, U. XLIX, 7. - CI Ainsi a dit JÉHOVAB TON
lUDIIIPTIUR : Moi JEHOVAH je fais toutes choses, et seul pM'
Moi-M8me. Il - Esaie, XLIV, 24. - • Ainsi a dit JiHOVAH,
le Roi d' Israll, et SON RbUPTlUR JÉBOV.1II SWOTU: Je suis le
1. 9
t30 LA 'VRAIE
Premier et leDernier, et e:uepté Moi point de Dieu. It - Esaie,
XLIV, 6. - JÉHOVAII, Toi, notre Père, NOTB.I:RiDEIlPTEUB. dès le
siècle(c'est)tonNQm,. -Esaie, Lxm, 16. - «Avec
corde d'éternité l aurai compassion de toi, ainsi a dit TON RI10BK1'_
•• Esaie, LlV, 8. -Tu m'AvAlS B.ACBBTi, 0 JiBOVAIt
(Oieu)DE VÉBm:." -Ps. XXXI, 6.- cc Qz,'lsrallespèreenliHovAII,
parce qu' avec SIl:HOVAH (est) la Misél'icorde, en ahondance avec Lui
R tDKMI'TION ; Lui-Mdme RAcB:f!:TERAlsraAl de toutes ses iniquité •. It
- Ps. CXXX, 7, 8. - u lÉDOv AJ.I DIEU, etToN RRDEIIlPl'BUB. le Saint
cl' DIEU DB TOUTE- LA TERnE SERA APPELE. » - Esaie, LlV, 3.
( - D'apres ces passages et beaucoup d'autres, tout homme qui a
1
des yeux, et dont le mental a été ouvert par les yeux, peut
voir que Dieu, qui est Un, est descendu et a fait Homme,
dans le buL d'opér&lr la Rédemption; est-il un bomme qui
( ne puisse voir cela, comme dans la lumière du matin,
attenLion il toules ces sentences Divines qui viennent d'être rappor-
t tées ? mais quant il ceux qui soot dans l'ombre de la nuit d'après
( leur confirma Lion pour la naissance d'un autre Dieu de toute éter-
. ) nilé, et pour sa descente eL sa Rédemption, ils ferment
,.. ) de\'3ut ces Divines sentences, et sous les paupières ils pensent à la.
{ manière d'appliquerces senLences li leurs faul et de les pervertir.
84. Que Dieu n'ait pu R3cbeLer les hommes, c'est-à-dire, les
retirer de la dainnalion et de l'Enfer, sans prendre l'ijumain, il
y a pour cela plusieurs causes, qui seront dévoilées en sériè dans
_ { ee qui suit; en effet, la Rédemption a élé la subju,gation
Cieux, et après cela l'insLauration
Dieu d'après sa Toute-Puissance n'a pu exécuter ces opérations que
l'ar l'Humain, de même que personne ne peut rien à moins
'
qu'il n'ait un bras, aussi de Dieu esl:il appelé dans la Pa-
role le Bras de léhovah, - Esaie, XL, tO; LIlI, t ; - de même
qÜ'aussi personne ne peut atLaquer une viiIe fortifiée et y détruire
les temples des idoles, que par des Forees qui servent de moyens;
r que Dieu dans CÇLLe <Euvre Divine ait eu la
)
s0!!..!lulI!ain. c'est encore ee qui est évident d'après la Parole; eD
effet, Dieu qui est dans les intimes "et ainsi dans les choses les plus
pures:në pouvait pas passe,r autrement jusqu'aul derniers, dans
) sont les el dans lesquels étaient les hommes de
.
RELIGION CHRÉTIENNE.
lat
de même que l'âme ne peut rien faire sans le corps, ou de
J même que personne peut vaillcre des ennemis q!li ne viennent
) poinU.n sa pré.'I8nce, 0]1 vers lesquels il ne peut ni alter ni s'appr ...
cher avec des armes, telles que lances, boucliers ou Cusils: il était

aussi impossible à Dieu d'opérer la Rédemption sans l'Humain.
«u'il serail impossible à un homme de suhjuguer les Indiens sans
transporter dans leur pays des soldats sur des navires, ou qu'il
serail impossible de Caire des arbres seulement par la cha-
leur et la lumibre, si l'air par lequel passent la chaleur et la lu-
mière, et si la terre de laquelle ils llous!;ent, n'avaienl pas été
(lréés; et même aussi impossible que de jeter des filets dans l'air et
uon dans les eaux, et d'y prendre des poir;sons: en effet, Jéhovah.
( tel qu'il est en Lui-Même, d'après foa
) au_cun ni allcun--.!iable snr la ni
)
le modérer, ni apaiser sa fureur, ni dompter lia violence,
pas dans les derniers comme il est dans les premiers; iUS dans les
dans son aussi est-Il appelé dans la Parole le Pre-
mier et le Dernier, l'Alpha et l'Oméga, le Commencement et la Fin.
8lS. Il. JÉllOVA,U Oum EST COMME DIVIN VRAI, QUI EST
LA PARULE" ET CEPENDANT IL N'A POINT SEPARA LE DIVIN BIEN.
Il Y a deux choses qui consLituent l'Essence de Dreu, savoir, 18
Divin Amour et la Divine Sagesse, ou, ce qui revient au même, le
Divin Bien et le Divin Vrai; que l'Essence de Dieu soit composée
.de ces deux choses, c'est ce qui a été démontré ci-dessus, N°' 36 t
48. Ces den", choses (lans la llarole sont entendues aussi par Jébo-
vah Dieu; par le Divin !mol!LQu_!!1!!.vin Bien, et par
pieu, la Divine Sagesse ou le Divin Vrai; de là vient que dans la
Parole les denl sont distiniués de diverses manières, et que tantôt
seulement est nommé, et tantôt Dieu seulement, car où.
il s'agit du Dh'in Bien, il y est dit JébQvab, où il s'agit
du Divin Vrai, il y est dit Dle,u, et où il s'agit de l'un et l'au-
tre, il y est dit Jéhovah_ Dteu. Que Jéhovah Dieu soit descendu
comme Divin Vrai, qui est la Parole. on le voit dans Jean par ce
CI Au commencement était la Parole, et la Parole
était chez Dieu, et Dieu éttAit la Parole; toutes doses par Elle.
-ont été faites" et sans Elle n'a été fait rien de ce qui a été fait.
Et la Parole Chair a été faite, eJ Elle a ha6ité parmi nous ••
\
i32
LA. VRA.IE
- r. i, 3, U. - Si par la Parole dans ce passase il est entendu
le Divin Vrai, c'est parce que la Parole, qui est dans l'Eslise. est le·
Divin Vrai même, car elle a été dictée par Jéhovah lui-même, et ce
qui est dicté par Jéhovah est purement le Divin Vrai, et ne peuL être
autre chose: mais comme la Paroi" a traversé les Cieux pour venir
dans le Mon!Ie, elle a été adapÏée à la
dans le Ciel. eL aussi à celle des hommes dans le Monde; de là
vient qu'il y a dans la Parole un sens spirituel, dans·lequel le Di-
vin Vrai est dans la lumière. el un sens nalUrel dans lequel le DiviD
Vrai est dans l'ombre; c'est pour cela que6e Divin Vrai dans celle
Parole est ce qui est entendu dans Jean): cela est encore évidenl
en ce qlle le SeiBneur est venu dans le Monde pour accomplir IouLes
res choses de la Parole, aussi lil-on si souvent que telle' ou Lelle
chose Lui esL arrivé afin que l'Ecriture rùt accomplie. 1\ n'est pas
non plus entendu autre cbose que le Divin Vrai par le Messie
ou le Ch!isl, ni autre chose par le Fils de l'hqmme. ni autre chose
pal' le Paraclet, l'Esprit S!inl, que le Seisneur a envoyé après sa
( sortie de ce monde. Que dans la Transfigurati"pn devant les trois
, Disciples sur la montagne, - Matth. XVU. Harc, IX. et Luc, IX •.
, - ct aussi derant Jean dans l' ApocalYllse, - l, t! à f 6, - il.
soit représenté comme étant c'est ce qu'on verra dans
le Chapitre sur l'EeRll'Ui\& SAINTE. Que le Seiineur dans le Monde.
ail élé le Divin ,"rai. cela évident par ses propres paroles: • Je
...... suis le Chemin, la et la Vie. - Jean, XIV. 6; - et par
Il celles-ci: • Nous ,avons que le Fils de Dieu esl venu et nOU4 a
dorul4 r Enltmdemenl, afin que nous eon1iaissio7lS fi! VJl:RI!,*;
et nous sommes dans la VtSITt, DANS SON FILS JtsUS:,ÇURIST:
Lui est le vrai Dieu et la vie éternelle. - Jean. r. Eptt. V. tO.
!I. - Et aussi en ce qu'il esl appelé la Lumière. comme dans ces
u Il était la YUIE LU)lIEBE, gui éclaire tout homme
venant dans le Monde . • - Jcan, l, 4,9. - • Jésus dit: Pour
meore un peu de temps LA LUMll!;RE EST AVEC VOUS; m07'ches
pendant gue LA LUlllÈRE vous avez, de peut' gue les ténè6res ne
vous surprennent: pendant gue LA LOlltRE vous avez, croyez
en LA LU!lflDE, ofin gue Fll.S DE LUlIIIlI!:l\K von SOYEZ •• - Jeao,
xn, 33, 36. 46. - cc JE SUlS LA LUMltRIt DU IIONDE .• - JeaD.
IX, IS, - • Siméon dit: Mel ont vu tan. Salut, LUMŒl\B
RELIGION CHRÉTIENNE.
133'
pour la révi/alion des nations.» - Luc, II, 30, 3t, 3t. -
C',st là le jugement, que LA LUMIÈRE EST VENL'E DANS LlS MONDB.
eUeI QUI F.l.IT LA.. VËRITt, VIENT A LA. LUlIII!RE .• - Jean. III, t9.
!t ; et en outre ailleurs; par la Lumière· est entendu le Divin Vrai.
86, Si Jéhovah Dieu est descendu dans le Monde comme Divin
(Vrai. c'était pOlir opérer'la Rédemption; or la a été la
des Enfers et .rordjnalion après cela
de l'Egl,!!ll: ce n'ellL pas le Divin Bien qui peut faire (
ces opération$, mais c'est le Divin Vrai d'après le Divin Bien;
le Di,in Bieu, considéré en lui-même e.t;t comme la poignée
d'une éppe, comme un bois obtus ou comme un arc (
·sans. flèches; mais le. Divin yrai le ellt comme J
une épt6 aiguë, comme un ja\'elot acéré, et comme un arc avec des
flèche.t;, armes qui sont fortes contre les ennemill; par les épées, les
javelols et les arcs, sont aussi entendus, dans le sens spirituel de
ta Patole, les vrais qui combanent, voit- l'ApoCAL'tPSE IUvtLÉE,
NOl 62, 299, 436, où cela a été démontré; et ce n'est pas autre-
ment que par le Dh"in Vrai d'après la Parole, que les
"" maux, dans lesquels a été et est continuellement touL l'Enfer, ont
( pu être combattus, vaincus et ni par autre chose qu'a
,pu être fondé, formé et en ordre. le nouvea'!. Cjel, qui a
, alors été fait; ni par autre chose qu'a pu être instaurée une
l velle Eglise : en ontre, toule vigueur, toute force
et toule puissance de Dieu appartien L au Divin Vrai d'après le. Di,!io
Bien: Voilà la raison pour laquelle Jéhovab Dieu est descendu
,ëomme Divin Vrai, qui est la Parole; aussi est-il dit dans (Q!vifj
cc Ceins ton épée sur (ta) cuisse, () PUISSANT; et dm" ton hon-
neur monte; CHEVAUCHE SUR LA PUOLlS DE VEBlTll:; ta droite
T'enseignera des merveilles; tes traits sont acérés, tes ennemil
tomberont sous toi . • - Ps. XLV, 4. es,.6; - ces paroles ont
été dites du Seigneur, et de ses COnlre les Enfers, el des
victoires qu'il a remportées sur eux.
87. Quel est le Bien sans le Vrai, et quel est le Vrai d'après le
bien, on le voit clairement par l'homme; tout son'Bien réside dans
( la et tout son Vrai, dans l'!ntendement, et la Vologtê ne
l peut de son bien rien faire si ce n'est par l'En.lend..!,ment; elle
1 ne peUL pas op.érer, elle ne peut pas parler, elle De peut pu.

LA VRAIE
sentir, toute sa force el toute sa puissance existent par l'en-
1
&endement, en conséquence pal' le vrai, car l'entendement est
I
le récepL.'lcle et l'habitacle du vrai. Il en est de cela oomme de l'o-
pération du Cœur et du Poumon dans le Corps; lc (:œur sans la
1 re.c;piration du Poumon ne produit aUCUR mou\'ement, ni aucun
J seutiment, mais la respiration d.u produit l'un B.t l'a!1tre
l d'après le cœpr, ce qui est évident pài les défaillances de ceux qui
J sont sUffoqué·s·ou plongés dans l'eau, chez lesquels cesse la respira-
) tion. l'activité syslolique du cœur persistant encore; que ceux-ci
n'aient ni mouvoment ni sentiment. cela est noloire ; la même chose-
f arrive aux embryons dan!' le sein de leur mère; cela vient de ce
'1 que le Cœur correspond Il la Volonté el aux biens de la volonté. et
\ Je Poumon, à l'Entendement et IIUX vrais de l'entendement. Dans.
t,.;"""'-:S \ le Monde spiriluella puissance d.I.I."y!ai est sorlout remarquable;.
l... ....... quoique qui est par le Seigneur dans les Divins soit
1
.. Il • ...,. faible quant ao corps comme un enfanl. il peut néanmoins m.!!!.re
c' :4 1 l en fuile une troupe d'esprits qui apparaissent comlIIe des-
- ... ·7 Inakim et des Néphilim. c'est·A-dire. comme des Géants, les pour-
.. t.. ,.... suivre jusqu'à l'Enfer, elles y précipiter dans des Cavernes; quand
: + ils en sortent, ils n'osent pas s'approcher d'un ange. Ceux qui sont
t .,.. ...... r par le Seigneur comme.
«!cs lio!1s. quant aux corps ils n'aienl d.!'JQrce
11 en est de même des hommes qui sont dans les
1
Divins vrais par le lDallX
fIIJcnt contredes diallics qui. considérés en leUl' essence.
ne sont autre chose que des maux et des faux. S'il y a dans le J!i-
J
l'in Vrai une telle force, c'est parce q!e Dieu le même eC
le_yrai même. et qu'il a créé l'Univers par le Divin Vrai; et que··

par il l'univers,
des véntés ; c'est pour cela qu 11 est dit dans Jean, .. que par la·
Cr Parole toutes choses onl été faites, el que sans Elle n'a été fait
nen de ce lJui a été fail. Il -1.3, 10, - et dans David: il Par
la Parole de Jéhovah les Cieu:c ont été failS, et par fEsprit
de sa bouche toute leur armée." - PS, XXXIII. 6.
Il 88. Que Dieu. quoiqu'il soit descendu comme Divin Vrai. n'ait
J1 pas cepeudant séparé le Divin Bien. on le. vo!!_.d'après la· Concep-
tion, au sujet de laquelle il est dit
.... 1::.. JA.. 'rf_r- - V' ...
RELIGION CHRËTŒNNE. 135·
- Luc, 1,35; - or, parla venu il
- :> est entendu Bjen; on le voit encore par les·passages où le
Sei,neur dit Lui-Même que le Père est en Lui et qae Lui est dans
Je Père, que tout ce qui est au Père est à Lui, qu Père et Lui
sont un, et dans plusieurs autres passages; pa_ le Père
lendu le Divin Bien.
89. Ill. PRIS LllulWN SELON SON ORDU DI"YlN.
Dans le Parasraphe sur la Divine Toute-Puissance et la Divine
Toute-Science, il a été montré que Dieu avec la Création !.
duit l'Ordre lanl dans l'Uni\'ers que dans loutes êîilalls chacune
des choses qui Je composent; et que c'est pour cela que la Toule-
Puissance de Dieu dans l'Univers, et dans toules et....c.bWne des
_." ._- - .. , "- -._-- .. ' --_.
choses de l'Univers, eL opère les de son _Ordre,
_ dont il a été traité ci-dessus en série, du N° 49 au N° 74. - ...
(
et est Lui-Même l'ON!.re,
ainsi qu'il y a aussi été démontré, pu. p0.!1r. devenir._I!!§Si
homme en faire autremenl que d'être c.oJ!ÇU, porté
.' dans un utérus, de naltre, élevé, (apprendre successive-
\. menl les sciences, et d'être par elles introduil dans l'inlelliS8nce
/
' et dans la sasesse ; c'est pour cela que. quant 1. l.'Bul!!,ain, il a
été petit enfant comme un petit enfant, enfant comme un
enfant, el ainsi de suite, avec la seule différence qu'il achevait
celle prosressioll plus vile, plus pleinement et plus parfaitement

que les autres: qu'il ait ainsi progressé, selon l'Ordre, on le voit
par ces paroles dans Luc: • Jésus enfant croissait et se fortifiait
en esprit, et il avançait en sagesse, en dge et en grâce cheJ&
Dieu et les hommes. • - n, "'0, lit; - que ce fût plus vile,
plus pleinement et plus parfaitement que les autres, on le voit d'a-
près ce qui est dit de Lui dans Je même Evansélisle, par exemple,
que. lorsqu'il élait dgé de douze ans, il s'assit da7u; le Temple
J GU milieu des Docteurs et enseignait, et qt,e tous ceuz qui ré--
coutaient étaient étollnés deso7& Intelligence et de ses Répon.es.»
- Il, '6, 47; - et ensuite, IV, 16 à. !!, 3t. - Cela a élé fait
( ainsi, parce que Divin est 'prépare lui-même
lIa réception de Dieu, et que, selon ·qu'il Dieu
eD lui comme dans son habilacl., et dans sa. maison, et cetLe
ration se fait. par les eoonaissaooes sur D!eu et sur les spirituels qui
136
LA VRAIE
et ainsi par l'intellisence et par la salesse;
( car la Loi de l'Ordre est que, autant l'homme vit vers Jlieu et s'eD
1 approche, ce qu'il doit faire absolument comme de 'lili-même, ail'"
)
tant Dieu vers l'homme eL s'en approche, et se coujQ.in1Uuiàu
milieu de lui: que le Seisneur ait proiressé selon cet Ordre jus-
qu'll'Union avec son Père, c'esl ce qui sera démontré plus ample-
ment dans la suite.
90. Ceul qui ne savent pas que la Divine Toule-Puissance pro-
cède et opère selon peuvent faire nattre de leur phantaisie
plusieurs questions opposées et contraires l la saine raison; par
exemple, pourqlloi Dieu n'a-t-i1 pas pris immédiatement l'Humain
sans une tellp. proiression ? pourquoi ne s'est-il pas créé ou com-
posé un corps avec des Éléments tirés des quatre plages du &Ionde,
et ne s'est-il pas ainsi montré comme Dieu-Homme devant le peuple
Juif, et même devant le Iionde entier r ou: S'il a voulu naHre, pour-
quoi n'a-t-i1 pas infusé tout son Divin en Lui quand il était embryon,
ou quand il était pelit eofanl? ou: Pourquoi après qu'il eut élé en-
fanté, n'a-t-i1 pas pris aussitôt la slalure d'un adulte, et n'a-t-il
f pas parlé sur le champ d'après la Divine Sa Besse ! C'est ainsi que
ceux qui pensent l la Divine Toute-Pllissance sans l'ordre, peuvent
1 concevoir et enfanter de lelles questions et autres semblables, et
remplir de cette manière l'Eglise de folies eL de niaiseries; c'est
f même ce qui a été fait; ainsi, 1'00 prétend que Dieu a pu enBendrer
)
un Fils de toule éternité, et faire qu'un TroisièlDe Dieu procédât
aussi alors de Lui et du Fils; que! a pu se mettre en colère
('on Ire le Genre bumain, le dévouer ["l'exécration, eL vouloir être
ramené par le Fils à la miséricorde, et cela par l'intercession et le
,souvenir de sa croix:; que de piuS' il) a vouln mettre dans l'homme la .
justice de son Fils, et l'introduire dans son cœur comme une !lub ..
c,? tance simple de Wolf, dans laquelle, ainsi que cet Auteur lui-même
•• ) Je dit, sont toutes les choses du mêrile du Fils, mais qu'elle ne
peuL être dh"isée parce que si elle est divisée, elle est réduite l
néant: eL qu'en outre, il peut, comme par une Bulle du Pape. re-
meUre les pêchés l qui il veul, ou purifier entièrement l'impie de
ses maul affreux, eL ainsi de noir comme un diabls le rendre res-
plendissant comme un A.nge de lumière, sans que l'homme se meuve
plus qu'une pierre, ou pendant qu'il se tient comme une statue ou
l
RELIGION CHRÉTIENNE.
131
eomme une idole; outre folies, que ce,!, qui éta-
{
hlisseD1. une Divine Puissance absolue sans la connaissânce et sans
la ordre, peuvent !,épandre comme un van-
1leur répand la balle dans l'air: cem.-ci, dans les choses spirituelles
.qui appartiennent au Ciel et à l'EGlise;--el'p'ar suite à la vie éter-
nelle, peuvent s'éloigner des vrais Divins Cl se fouf\'oyer, comme
.dans une forêt un aveugle, qui tantOt tombe sur des pierres, tan-
'cU se frappe le front contre un arbre, et tantôL se prend les che-
veul dans les brancb.es.
f 91. Les Miracles Divins onJ aussi été rails selou l'ordre Divin,
\ .mais selon MONDE SPIRITDEL DANS LB MONDB
(IIATDREL. Ordre dont personne jusqu'à présent n'a rien su, parce que
personne ne sail rien du Alonde spirituel: mais quel est cetQrqre,
c'est ce qui sera manifesté en son temps, lorsqu'il sera tpJeslion des
MIRACLES DIVINS et des MIRACLES MAGIQUES.
9t. IV. L'HUMA.IN PA.R LEQUEL DIEU S'EST ENvod DA.NS J.B MONDB
EST LE FILS DK DIEU.
Le Seigneur a dit souvent que le Père l'a envoyé, eL qu'il a été
envoyé par le Père, par exeDlple: Mauh. X. 40, XV, !4. Jean, m ..
t7, 34., V, !3, 24, 36, 37, 38. VI, !9, 39, 4.0, oU, 87. VII, t6,
t8, 23, t9. vm, t6, t 8,29, 4.2. IX, "; eL très-souveot ailleurs,
e.t il dit cela, parce que par dans le Monde, il est en-
tendu d.escen.dre el parmi les hommes, et celaa été faitparl'I!u-
main, qu.'il a pris par la Vierge Marie; el aussi cel Humain est en
actualilé le Fils de Dieu, parce a élé conçu de Jéhovah Dieu,
oomme Père, selon Luc, -1. st, 33. -Il estappelé FiJs deDien, Fils
i de l'homme, et Fils de Marie, et par Fils de Dieu, il est-entendu Jého-
.. ah Dieu dans son Humain, par Fils de l'homme le Seigneur quant
l 1 la Parole, et par Fils de Marie I,ropremenl l'Humain qu'il a pris;
que le Fils de Dieu et le Fils de l'homme aient ces deux significa-
... ions, c'esl ce qui sera démontré dans la suite: que le Fils de
Marie sÏlni6e proprement l'Humain, on le voit nec évidence" d'a-
près la génération des hommes, en ce que du père vient l'Ame, et
.de la mère le corps; en effet, l'Ame est dans la semence du père,
et elle est revêtue d'un corps chez la mère. ou, ce qui est la même.
chose, spirituel qui est à l'homme vient:iu et lout ce qui
2. .est matériel vient de la mère i quant au Seiineur, le Divin qui
- - -
!38 LA VRAIE
'a. cHail en Lui venail de lèbovah Pè!'8, et l'Humain venait de la mère;
--........ sanlle Fil!! de..Dieu ; que cel:Soit ainsi, on le voit
elairemenl d'après la nativité du Seigneur, de laquelle il est ainsi
parlé dans Luc: • L'Ange Ga6riel di: à Marie: Un Esprit Saint
f)iendra Sllr toi, el une vertu du Très-Haut "ombragera, c'est
pourquoi ce qui naîtrlJ de loi Saint, sera appelé Fils de Dieu.»
- l, 35. - Le Seigneur s'esl nommé l'Envoyé du Père, aussi pour
la raison que. par l'Envoyé il esl la même que par-
l' \nge, car l'Ange dans la Langue originale est l'Envoyé; en effet,
il esl dil dans Esaie: • L'ANGE DES FACES DR lmoVA..H les a déli-
fJrés; à cause de son amour et de sa clémenee il les a rac/letis .•
- LXIII. 9 i - et dans Malachie i • Atlssit(jt viendra vers so,..
Temple LE SEIGNEUR 9ue vous cherchez, et L'ANGE DB L'ALLlAl'(CE
que vous désirez . • - III, f ; - el en outre ailleurs. Que la Di-
vine Trin..!lé, Dieu Père, Fils el Espril Saint, soit le Seigne!1r,.
et qu'en Lui soit le Divin a quo (de qui lout procède), le
'3 Fils le Divin Humain, et l'Espril Saint le Divin procédant, on le-
verra dans le Chapitre ru de cet Ouvrage, où il sera traité de la
Divine Trinité.
93. L'Ange Gabriel ayant dit 11 Marie que le SAINT qui naitrait
d'elle serait appelé Fils de Dieu, les passages suivanls lirés de 1.
Parole vonL montrer que !.!LSeign!!!.r q!ill!!.t esL appelé-
)0 SAINT L'IsRAEL: cc Voyanl j'étais en visions, et vo,ci, le Vi-
gilant et le SAIN'r qui du Ciel descf!1zdait. D - Dan. IV, tO, jO.
- cc Dieu de TMman viend"a; et le SA.INT, de la montagne de-
Paran. D - Habak. 111, 3. - a: le suis Jéhovah LE SAINT, le
Créateur VOTRE SAINT. D - Esaie XLIII, H, t5.-
a: Ainsi a dit Jéhovah, le Rédempteur d'Israel, SON SAINT.-
Esaie, XLIX, 7. - • Je suis Jéhovoh tOl1 Dieu, LB SAINT D'ISRAEL".
TON SAUVln;R. - E!laie, XI.III, t, 3. - Quant d notre RÉDEMP-
TEUR, Jé/lovah Sébaoth (est) son Nom, LE SAINT D'IsRAEL. » -
Esaie, XLVII, 4. - • .A insi a dit JéllOVah votre le
SAINT ]j'ISRAEL. '! - Esaie. XLIII, U. XLVIII, t7. - Jéhovalt
Sibaolh (est) SM' nom, et TON I.B SAIN'r D'ISBAEL. ".
-Esaïe. L1V, 5. - « Ils ont tetlté Dieu, et LB: SAINT D'ISRAEL."·
- Ps. LXXVIII, 4t. - Ils on. abandonné Jéhovah. et ils ont
provoqué LB SAIl'fT D'ISRAEL •• - Esaie, l, 4. - a: Ils ont dit:
...
-
RELIGION CHIŒTIENNE.
139
Faites cesser de devant nos faces le SAINT D'IsRAEL: c'est pour-
quoi, ainsi a dit LE SAINT D1SBJ.BL. »- Esaïe, XXX, U, It.
- « III disent: Qu'il hdte son œuvre pour gue nous voyions.
et gue s'avanee et vienne le co,zseil du SAINT D'ISRABL. D -
Esaie, V, t 9. - « En ce jour. là, ils s' appuieront sur J éhovoh,
le SAINT D'ISRAEL, en vérité. » - Esaie, X, iO. - • Ecrie-toÎ
et sois dans la jubilation, fille deSion, parce que gt'and (est) au
milieu de toi le SAINT D'lsRABL."» - Esaïe, XII, 6. - « Parole
dll Dieu d'Israel: En ce jour-là, leurs yeux vers le SAINT D'ls-
BAEL regarderont. » - Esaie, XVII, 7. - • Les indigents ri en-
tre les hommes dans le SAINT D'ISRAEL s'égaieront. D - Esaie,
XXlX, t9. XLI, i6. - or LA TERRE eST PLEINE DE IJtl.IT CONTRE
LE SAINT D'[SRAEL .• Jérém. LI, 6. - Et en outre, Esaie, LV, &.
LX, 9, et ailleurs. - Par le Saint d'Israël est entendu le Seigneur
quant ail Divin Humain, car l'Ange a dit à Marie: .. LB SAINT quI
natt"a de toi sera appelé FILS DE DIEU .• -luc, l, SS. Que
bovab et l,e_ S.!llnL d'Israël soient un, bien qu'ils soient nommés
distinctement, on peutIe voir aussi par les passages qui viennent
d'être rapportés, en ce que Jéhovah est ce Saint d'Israël. Que le
Seisneur soiL appelé le Dnm D'[SRAEL, on le VOiL aus.-;i par un très-
Irand nombre de passages, par exemple, Esaie, XVII, 6. XXI, tO ..
i7. XXIV, iS. XXIX, 13. Jérém. VII, 3. IX, 14.. XI, 3. XIII, tt.
XVI, 9. XIX, 3. U. XXIII,!. XXIV. 5. XXV, '13,17. XXIX, ",
8, !II, 15. XXX, t. XXXI, 23. XXXII. U" US, S6. XXXIII, ".
XXXIV, i, i3. XXXV, t3, t7, i8, t9. XXXVII, 7. XXXVIU, 17.
XXXIX, t6. XLII, 9, IS, 18. XLIII, 10. XLIV, t, 7, H, ilS.
XLVIII, t. L. 18. LI, S3. Ezèch. VIII,.,' IX. 3. X, 19,10. XI, ".
XLIII, 2. XLIV, !. Sépb,' Il, 9. Ps. XLI, i.4. PS, LIX, 6. Ps.
LXVIII,9.
9". Dans les 'Eglises Cbrétiennes d'aujourd'hui on 'appelle com-
munément notre Sau\'eur Fils de Marie, et rarement Fils de DiIlU, à
moins qu'alors on D'entende le Fils de Dieu né de toute éternité;
cela vient ce que Les Romains ont sanctifié au-dessof.
de tous lesautresMarie Mère, et l'ont placée comme Déesse ou comme
Reine à la tête de lous les saints, lorsque cependanL le Seigneur,.
quand il a Blorifié son Humain, a dépouillé tout ce qu'il tenait de
la Hère et revêtu Lout ce qui appartenait au Père, ce qui sera plei-

-
' ....
no ... LA. VRAIE
'-
nement démontré dans la Ouvrage. De ce nom commun
de Fils de Marie, qui est dalls la ouche de 10us, ont influé dans
l'ESiTse
lIeur réflexion ce que le Seigneur a dit dans la Parole, par exemple,
r
que le Pèreet Lui sont un ; que Lui est dans le Père, et que le
Père est en Lui; que lout ce qui est 8U Père est 1 Lui; qu'il a Lui-
.... Même appelé Jéhovab son Père, el que Jéhovah l'a appelé son Fils.
Les Énormités qui ont influé dans l'Eglise par cela qu'on y nomme
le Seiineur . sujet du
l
l'idée de Divinité périr, et avec elle tout ce qui, dans la
Parole, a tté dit de Lui comme Fils de Dieu; et que par là entrent
le Judaisme, l'Arianisme, 'Ie Socinianisme, le Calvinisme tel qu'il
futOaiis le commencement, et enfin le Naturalisme,etavec le na-
turalisme l'idée fanatique que le Filsde Alarie venait de J.!>!e'pb, que
son Ame venait de sa Mère, et qu'ainsi il est dit Fils de Dieu et ne
l'eSI pas; que chacun se consulte, soit ecclésiastique, soillaique, et
qu'il examine s'il a conçu el s'il entretient une idée du Seigneur
comme Fils de llarie autre que celle d'un simple homme. Comme
une telle idée avait déjà, dans le troisième Siècle, commencé t
prévaloir parmi les Chrétiens, quand les Ariens se levèrent, c'est
pour cela que le Concile de Nicée, afin de revendiquer' pour le
Seigneur la Divinité,süpposa un Fils de Dieu né de toule éternité,
et par ceUe ftc..tion l'Bumain du Seigneur était alors, il est vrai,
élevé vers le DiviD, et il l'est aussi aujourd'hui chez plusieurs,
mais non chez ceux qui pal' . l'Union hyposlaLiquc- entendent une
union cOlllme entre deul, dont l'un est au-dessus et l'autre est l'
au-dessous. lIais què résulte-toit de là, sinon que toule l'Eglise
Chrétienne périt, elle qui a été fondée uniquement sllr le culte de .
Jéhovah dans l'Humain, par conséquent sur Dieu-Homme; que per-
sonne ne puisse voir le Père, ni Le connalfre, ni tenir à Lui, ni
croire en Lui, si ce n'est· par son Humain, c'est ce que le Seigneur
dans un Brand nombre de passaaes; si cela n'a pas lieu,
\Jouie s!!mence noble de l'Eglise est en la
semence d'olivier en semence de pin; la semence de ci-
tronnier. de pommier, de poirier, en semence de saule, d'orme,
de tilleul. d'yeuse; le cep en jonc de marais, le froment el l'orge
en paille; et même toule nourriture spirituelle devient comme la
- --
11"
."
.
RELIGlON CHRETIENNE. Ul
pous$ière d'lnt le! serpen.ts se no'!rrissent; car dans l'homme la
lumière spirituelle de,ienlune lumière naturelle. et enfin sensuelle.
qui. considérée en elle-même. est une Inmière phanlas-
tique; bien plus l'homme alors devient comme un oiseau qui,
peudant qu'il vole dans les airs. étant lout coup privé de ses ailes,
tombe sur ]i terré. où en marchant il ne voit plus autour de lui que
ce qui est devant ses pieds; et alors sur les de l'ES lise.
qLli être pour la vie éternelle. celbomme ne pense autre-
ment qu'un devin; voilà ce qui arrive. quand l'homme considère le
Seillneur Dieu Rédempteur et Sauveur comme simple Fils de Marie, \
par comme nn simple homme. 1
95. V. LB SSIGNRUn PAR I.RS ACl'ESIIDE LA RÉDEMPTION S'EST nIT
lUST1CJ:.
On dit etl'on croit aujourd'hui dans les Églises Chrétiennes que
le mérite el la juslice appartiennent au Seigneur Seul par l'obéis-
sance qu'iJ a 1D6nLrée à Dieu le Père dans le lIon de. et surlout par
la Passion de la croix; mais on a pensé que la Passion de la croix
a été l;acte même de la rédemption, lorsque cependant celte passion
a été non l'acte de la rédemption. mais l'acte de la glorification dit
l'Bumarn du comme on le ,erra dans le Lemme suivant
sur LA RÉDEIIPT10N i les actes de la Rédemption. par lesquels]e Sei-
Ineur s'cst fait la justice. ont consisté en ce qu'il a accompli le Ju-
lemenl Dernier qui a été fait dans le 1I0nde Spiriluel. et qu'alors
il a séparé les méchants d'avec les bons et les boucs d'avec les brebis,
cbassé du Ciel ceux qui faisaient un avec les bêtes du dragon. fondé
r un Nouveau Ciel de ceux qui étaient dignes et un EnCer de ceux
• qui n'étaient pas dignes. et toutes choses dans
) de part et d'autre. et en oUIre Eglise;
ces actes onl été les actes de la Rédemption, par lesquels le Sei-
f
sueur s'est fait la Justice; en effet. laju!t!ce à_
Di.!in. etl remettre dans l'ordre celles qui se
sont échappées de l'ordre. car ]'OrdreDivin lui-même est ]a Justice.
C"est ]à ce qui est entendu par ces paroles du SeÏsneur: -;. Il me
convient d'accomplir TOUTB JUSTICE DE DIEU .• -l\laLth, ni, US j
- et par cenes-ci dans l'Ancien Testament: a Voici les jours gui
el jtJ susciterai à David un. GermtJ JUSTE, gui règnera
Boi el fera JUSTICE BN LA TBlU\E, el voici son nom, JEBOVAII KOTlUl
112
tA. VRAIE
JUSTICE. » - Jérèm. XXIII, 3, 6. XXXIII, n, t6. - u Je parle
-en JUSTICE, grand pour sauver. 1) Esaie, LXm, L - « Il sera.
assis sur le trdne de David, pou,' le ralfermir en JUGEMENT ET
JUSTICE •• - Esaie, IX, 6. - • Sion sera rachetée en JTTSTICE ••
- Esaie, l, !7.
96. De nos jours ceux qui tiennent le premier rang dans l'Éslise
décrivent tout autrement la Justicn du Seigneur, et en outre par son
inscription chez l'homme ils font sa foi salvi6que, lorsque cepen-'
dant la vérité est que la Justice du Seigneur, étant telle et venant
·de là, et étant en elle-même purement Divine, ne peut être conjointe
·à aucun homme, ni par conséquent produire aucune salvation, pas'
plus que la Vie Divine, qui est le Divin Amour et la Divine Sagesse;
le Seigneur entre chez chaqlie homme avec cet amour et cette sa-
gesse, toutefois si l'homme ne vit pas selon l'.ordre, Vie,y est,
à la vérité, mais elle ne sert absolument à ,'ien pour le salut, eUe·
donne seulemellt la faculté de comprendre le vrai et de faire le bien.
Vivre selon l'Ordre, c'est vivre selon les préceptes de Dieu, et
)
. quand l'homme vit et agit ainsi, il s'acquiert la non la jus-
tice de la rédemption du Seigneur, mais le Seigneur même comme
Justice; ce sont ceux-là qui sont entendus par ces paroles: • Si vo-
TRE JDSTICE ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, VOZlS:
n'entrerez PQint dans le Royaume des Cieux . • - Mauh. V.
10.- « Heureux ceux qui sont persécutés pour LA JUSTICE. car
à eux est le Royaume des Cieux . • - Matth. V, to. - ft Dans
la consommation du sidcle sortiront les Anges, et ils sépareront
les méchants du milieu des JDSTES If -l:Iatth. XIII, 49. - el en
outre ailleurs i par les justes dans la Parole sont entendus ceux qui
ont vécu selon l'ordre Divin, puisque divin est 1.1! . .!ustice. La.
Justice même, qui est devenue le Seigneur par les actes de la Ré-
demption, ne· peUL pas être attribuée, inscrite, adaptée ni conjointe
à l'homme, autrement que comme la lumière à l'œil, le son à 1'0-
reille, la volonté aux muscles de'celui qui agit, la pensée aux
de celui qui parle, l'air au poumon qui respire, la chaleur au sang,
et ainsi du reste; que ces choses influent et s'adjoignent plutôt qu'.elles
ne se conjoignent, cbacun le perçoit par soi-même. Mais la justice
est acquise en tant que l'homme exerce la justice, et il elerce la jus-
tice en tant qu'il agit avec le prochain d'après l'amour du juste et
r
RELIGION
113
du vrai; dans le bien même, ou dans l'usaie même qu'il fait, ha-
bite la jURtice; en effet, le Seigneur dit que tout arbre est conDU
.d'après son fruit; quel est l'homme qui ne connalt pas un autre
homme d'après ses œuvres, s'il examine attentivement dans quel fin
.et dans quelle dessein de volonté, par quelle intention et pour quelles
.causes elles sont fuites! tous les Anges, et aussi tous les sases dans
.notre Monde se livrent à cet examen; en général, toute berbe el
tout germe sortant de terre est connll d'après sa fleur et sa semence,
.et d'iprès l'usage de la semence; tout métal, d'après sa bonté;
·loute pierre, d'après sa qualité; tout champ, d'après la sienne;
tout aliment, d'après la sienne; tout animal de la terre et tout oi-
seau du Cial, d'après la leur; Pour1luoi,l'bomme ne le serait-il pas
d'après la sienne! Mais quaut à la qualité des œuvres de l'homme ..
. d'où elle vient, cela sera dévoilé dans le Chapitre sur la Foi.
97. VI. LE PAil LBS lIbIES ACTES S'BRT UNI AU PiRE E'l'
LE PiRE S'EST UNI A LUI.
Si l'union a été fait.e par les actes de la rédemptioll, c'est parce·
.que le Seigneur les a opérés d'après son Humain, et qu·'à mesure
qu'il les opérait, le Divin qui est entendu par le Père s'est approcbê ,
de plus près, l'a aidé et a coopéré, et qu'enfin ils se sont conjoints,
au poiut qu'ils étaient non pas deux mais un ; et celte Union est la
Glorification, dont il sera traité dans la suite.
98. Que le Père et le Fils, c'est-à.-dire, le Divin et l'Humain, aient
été unis dans le Seigneur comme l'Ame et le Corps, cela fail partie,
il est vrai, de la foi de l'Eglise d'aujourd'hui, et résulte de la Pa-
role, mais néanmoins à peine en est-il cinq sur cent, ou cinquante
sur mille, qui le sachent; la cause de cette isnorance vient de la
doctrine de la justification par la foi seule, à. laquelle la plupart des.
ecclésiastiques, qui recherchent une renommée d'érudition pour ar-
river aux honneurs et aux richesses, s'attachent avec tant d'ardeur,
que cette doctrine aujourd'hui tient et occupe tout leur mental; et
·comme, à l'instar de l'esprit de vin appelé Alcool, elle a enivré leurs
pensées, c'est pour cela que, semblables à des hommes ivres, ils
n'ont point vu ce point, le plus essentiel de l'Église, que Jéhovah:
Dieu est descendu et a pris l'Humain, lorsque cependant, c'est uni ..
par cette Union qu'il y a conjonction de l'homme avec
.Dieu, et par la conjoDction salvatioll : que le salut dépende de la con-
tU
LA VRllE
naissance et de la reconnaissance de Dieu, c'est ce que peut voir
quiconque considère que Dieu est tout toules les chosesdll ciel,
et par suite lout dans toutes les choses de J'Eglise, par conséquent
tout dans toutes les choses de la Théologie. Mais d'abord ici il sera
démontré que l'Union du Père et du Fils, 011 dll Divin et de l'Humain
dans le Seigneur, est comme l'union de l'Ame et du corps, et en-
suite que celle Union est réciproque; l'Union comme celle de l'âme
et du corps a été établie dans le symbole d'Athanase, qui a été reçu
dans tout le Monde Chrétien comme Doclrine sur Diou; on y lit ces.
paroles: • Notre Seignellr lûus-Christ est Dieu et Hommei et
quoiqu'il soit Dieu et Homme, néanT1Wins ils ne sont pas deuz,
mais il est Un Seul Chrüt; il est Un, parce que le Divi,. a pris
'211' soi /' •• umain; il est m'nie entibement Un, et il est une
Selile Personne, car de mAme que rAme et le Corps salit un
,eulhomme, de T'Mme Dieu etl'Homme sont 'tfR serti Christi 'II mais'
dans ce passage 01) entend qu'une telle union est celle du Fils de Dieu
de toute éternité avec le Fils né dans le temps; toutefois, comme il
n'y a qu'un seul Dieu et non trois, celte Doctrine concorde arec Ja
Parole, pourvu que cette Union soit entendue avec Dieu un de toute
éterllité; dans hi Parole on lit. qu'il a élé conçu de lihovah
Père, • - Luc, l, 84, 3rs; - c'est de Il qu'il a eu l'Ame et la vie,
aussi dit-il. • 'Ir" Lui et le Père sont un . • - Jean, X. 30 : -
• QlIe celui qui Le voitel Le cannait. voil el connatt le Père, •
- Jean. XIV. 9. - « Si vous Me connaissiez. vous conna'tries
aussi mon Père. 'II - Jean, vm. t9. - • Celui qui Me
Celui qui M'a envoyé . • - Jean. XIII. iO. - • Qu'Il est
dans le sein du Pbe . • - Jean. 1. t8. - • Que tout ce que le
Père a est à Lui . • - Jean. XVI. Hi. - • JI est appelé Père
d'éternité . • - Esaie. IX. 5. - or Que par suite Il a pouvoir
sur totlte chair. - Jean, XVU. i. - oc Et tout pouvoir dans le'
Ciel et SUI' la Terre, • -llaUh. XXVIII, 4,8. D'après ces passa-
ses et plusieurs autres dans la Parole •. on peut voil' clairement que.
l'Union du Père et de Lui est comme celle.de l'Ame et du Corps;
c'est aussi pour cela que dans l'Ancien Testament il est Lui-Mêmlt
très-souvent nommé Jéhovah, Jéhovah Sébaolh, et Jéhovah Rédemp-
leur. voir ci-dessus. N° 83. •
99, Cette union est réciproque: on le voit clairement par ces
)
L!.
RELIGION CHRÉTIENNE.
passases dans la Parole: CI PMlippe 1 ne crois-tu pas gue Moi
(je suis) dans le Pbe, et gue If) Père (esl) en J/oi? Croye;;-Moi,
gue Moi (jo sui!l) dans le Pbe; et gue le Père (est) ell Moi. D -
Jean, XIV, 9, tO, il. - cc Afin que vous_connaissiez et gue
"ous croyiez gue le Ph'e (est) en Moi, et Moi dans le Père. D
- Jean, X, 36, 38. - Afin gue tous ,oient un, comme Toi,
Père, (tu es) en et Moi en Toi. 1) - Jean, X VII, 21. -
« Père, toutes les choses mielilles so", tiermes, et toutes les lie,l-
nes sont miennes . • - Jean, XVII, i O. - Si l'Union est récipro-
que, c'est parce qu'il n'existe aucune Union ou aucune conjonction
enlre deux, à moins -que réciproquement l'uo ne !l'approche de l'au-
ire; toute Conj.onction dans Lout le Ciel et dans lout la Monde, et
dans iOut l'homme, De vient d'autre part que de l'approche réci-
proque de l'un vers l'autre, el alors que l'uo veut la même chose
que l'auLre; par là dlns toutes les parties de run et de l'autre il y
a homogénéité et sympatl.'ie, unanimité et concorde; tt'Ile est la con-
jonction réciproque de l'âme et du corps chez cbaque homme; telle
thtla conjonction de l'esprit de l'homme avec les organes de la
sensibilité et du mouveDJent de son corps; telle est la conjonction
du cœur et du poumon; telle e!lL la conjonction de Ja volouté el de
l'entendement; telleest la conjonction de Lons lesIDembreseldeLous
les viscères en eux, et entre eux, dans l'holDme ; telle est la conjonc-
tion des mentaIs entre tous ceux qui s'aimenL intérieurement, car
elle est Bravée dans tout amour eL dans toute amitié, puisque l'a-
mour veut aimer eL veut être aimé. 111 a dans le Monde une con-
jonction réciproque de toutes les choses qui onL été étroiLemenL con-
jointes entre elles; semblable eslla conjonction de la chaleur du so-
leil avec la. chaleur du bois de la pierre, de la cbaleur ,ilale avec
la chaleur de touLes les fibres dans les êtres animés; semblable list
celle de l'arbre avec la racine, par la racine avec l'arbre, et par l'ar.
br" avec le Cruit ; telle est .celle de avec le fer, et ainsi du
resLe. Si la conjonction n'esL pas faite par une approche réciproque-
ment eL vice versd de l'un vers l'autre, il y a seulement une con-
jonction externe et non interne, et ceLLe conjonction externe, avec
le temps, est détruite d'elle-méme de part et d'autre, et quelquefois
au point que les deux ne se connaissent plus.
iOO. Maintenant puisqu'il D'y a pas de conjoDction qui soit COD-
fO
us LA VRAIE
jOQction, moins qu'elle ne soit faite réciproquement et "ice vf!rsd,
c'est pour cela que la conjonction du Seigneur tH de l'homme n'est
pas aUlre. comme on le voit clairement par passages: • Celui
qui mange ma chair. el /Joil mon sang, EN MOI DEMEURE ET )fOI
EN LUI .• - Jean. YI, SO. - • DE)IEURBZ EN MOI ET MOI EN VOUS;
CELUI QUI DEllEURE lIol ET MOI EN LUI. celuî-là porte du fruit
beaucoup . • - Jean. XV. ". 15. - • Celui qui om,Te la porte.
j'enlrerai chez lui, el JE SOUPERAI AVEC LUI. ET LUI AVEC alOI •• -
AJloc. lU, 20, - et en outre'ailleurs; celle conjonction est faile.
par cela que l'homme s'approche vers le Seianeur. et que le Sei-
i;neur s'approche vers lui; car c'est une Loi certaine el immuable
qu'autant l'homme s'approche vers le Seigneur. autant le Sei«neur
s'approche "ers l'homme; mais on en verra davantage sur ce sujet
dans le Cbapitre sur LA CHARITE ET LA FOI,
101. YU. ÀINSI DIEII A tTt FAIT HOMME. ET L'l1tmHK Dmu D
nm SKt'LE PERSONNE,
Que léhovah Dieu ait été fail Domme, eL l'Homme Diell en une
seule Personue, c'est ce qui résulte comme conclusion de tOllS les
précédents Article>; de ce Chapitre. et surLout de ces deux, • que
Jéhovah Créateur -de l'Univers est descendu et a pris l'Humain 'pour
racheter et sauver les hommes, • NOl 82, 83, 84 ; et • que le Sei-
gneur par les acles de la Rédemption s'esl UDi au Père et que le
Pére S'tlst unLl Lui •• ainsi réciproquement et vice versd. NOl 97 il
t.OIl; d'après celte Union réciproque ilsst bien évideot que Dieu a
été fait Homme, el l'Homme Dieu en uoe seule Personne: il résulte
pareillement ds l'Union de l'un et de l'autre. qu'elle est comme
celle de \' Ame et du Corr's; que celasoiL conforme à la foi de l'Ê-
glise d'aujourd'hui d'après le symbole d' r\tbanase. on le voit ci-des-
SilS. 89 ; cela est encore conforme à la foi des Évangéliques
dans un Chapitre des livres de leur Ortllodoxie. qu'on nomme la
FORliULE DE où il est solidement élabli. tant d'après l'É-
crituro Sainte que d'après les Pères. et aussi par des raisons. que
la Nature HUDlaine du ChrisL a été élevée ?lIa Divins Majesté ?lIa
TouLe-Puissance et il la et que dans le Christ
l'Homme est Dieu et Dieu Homme. pai, 607, 765. Il a en outre été
montré dans ce Chapitre que Jéhovah Dieu quant à son Humain est
nommé. dans la Parole. Jébovah. Jéhovah Dieu, Jéhovah Sébaolh, et
rr1
r
...
RELIGION CHRÉTIENNE. U'l
Dieu d'Israël; c'est pourquoi Paul dit ... Que dans JésZis-Ch,'ist
toute la, pléuuude de la Divinilé hahite cm'p07'el/ement . • -
.coloss. rr. 9 '; - eL Jean dit, • Que 1 ésus-Christ Fils de Dieu
est vrai Dieu et la Vie élemelle, • - 1 Eptl, V. 20. ; - que'
par le Fils de Dieu soit entendu proprement l'Humain du SeigneuE.
-on le voit ci-dessus. N°l 02 et suiv. ; et en ourre. Jéhovah Dieu ap-
pelle Seigneur eL Soi-li ême et Jésus-Christ, car on lit: .. Le SEI--
GNEUR a dit mnn SEIGNEUR Assieds-toi d ma droite.,1) - Ps_ CX.
i : - et dans Esaïe: (C Un Enfa,nl nous est né, un Fils nnus a
ilé ,donné, et l'on appellera son Nom DIEu. PERE o'tTERNITQ D
- IX, 3, 6: - par le Fils est entendu le Seigneur quantï
J'Humain dans Da\'id: .. l'annoncerai le statut: Jéhovah m'a dit:
liON FILS, TOI, MOI AUJOURO'UUI je rai engendré; lJaisez LE FILS.
de peur 'lu 'il ne s'irrite et que vous ne périssiez eu chemin. -
Ps.lI, 7, t2; - ici esL entendu non le Fils de toule élernité, mais
le Fils né dans MOMe, car c'est une prophétie sur le Seigneur de-
-vant venir, aussi est-elle appelée le Statut que Jéhovah a annoncé à
David, et dans ce Psaume on lil précédemment: CI l'ai oint mon
Roi sur Sion. D Yers. 6, et ensuite: .• le lui donnet'ai les na-
tinns en héritage. D Vers. 8; c'est pourquoi AUJOURO'Hljl, dans ce
passage, ce n'est pas de teule mais c'est dans le temps, car
chez Jéhovah le futur est présent.
102. On croit que le Seigneur quant A l'Humain non-seulement a
ëlé, mais encore Fils de Marie; mais en cela lel\Jonde ChrétieD
est dans une grande erreur: il est vrai qu'il a été Fils dt! Marie,
mais il n'est point vrai qu'il le soit encore, car par les actes de la
'Rédemption il a dépouillé l'Humain pro\'enant d'une mère, et il a
-revêtu l'Humain procédant du Père, c'est de là que l'Humain dll
Sëfgïleur est 'Divin, eL qu'en I.ui Dieu est Homme et j'Homme Diell.
Qu'il ait dépouillé l'Humain provenant d'une mère eL revêtu l'Hu-
main qui procédait du Père. et qui est le Divin on peut ie
voir en ce qu'il n'a jamais Lui-Même appelé Marie sa mère. ainsi
que ces passages pellvent le conslater: a La Mère de lésus lui dit:
Ils n'onl point de vin. Jésus lui dit: Qu'y a-t-il entre Moi et
toi, FEUE,. mon heure n'est pas encore ventee, » - Jean, Il. 4.
- Et ailleurs: (C De la Jésus voyant sa Mè"f!,et près d'elle
le Disciple qu'il aimait, dit d sa Mè,'e: FEDME, voilà ton fils •
148 LA VRAIE
Puis il dit au Disciple: VlJila ta Mère. D - Jean. XIX, 26, 27 :'
- El une autre fois il ne l'a pas reconnue: u On vint dire a lé-·
SIlS: Ta Mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir ..
Jésus répondant, leur dit: Ma Mère et mes {réres, ce sont ceu:c
qui écoutent la Parole de Dieu, el, qui la {ont. » - Luc, VIII,
to, !l. l\lauh. XII, 46 il 49, Marc. III, 3t 33; - Ainsi le Sei-
'gneur ne l'a point appelée 11ère, mais et il 'pour
Mère à Jean dans d'autres pasaages elle est appelée sa )Ière, mais
ce fI'est pas de la boucbe du Seigneur. Ce qui confirme encore ce
point, c'est que le Seigneur ne s'est pas reconnu pour Fils de
David, car on lit dan'J les Évangélistes: cc Jésus intet'rogea les
Pharisiens, eli disant: Que vous sem61e-t-il du Christ? De qui
est-il Fils? Ils lui dirent: De David. Il leur dit: Comment
donc David en esprit L'appelle-t-il son Sezgneur, en disant: Le'
SEIGNEUR a dit A IIOl SEIGNEUR: Assieds-toi a ma droite, jusqu'a
ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds? .si
donc David L'appelle Seigneu,', comment est-il son fils? Et per-
sonne ne pouvait Lui répondre une parole. D MaUh. XXII, 4t à
46. Marc, XII, 33, 36, 37, Luc, XX, ... 1 à 44. Ps. CX, t. - A ce
qui précède rajouterai ce fait nouveau: • nne fois il m'!) été donné-
e de parler lliarie ; elle passait un jour, et fut vue dans le êiel BU-
c dessus de ma tête en vêtement b1anc qui ressembiait Il de la soie.
e et s'étant alors un peu arrêtée, elle dit qu'elle avait été la 'Mère
e du Seigneur, parce qn'il était né d'elle, mais qu'ayan t été fait
a Dieu, il s'était dépouillé de tout l'Humain qu'il tenait d'elle, et
e que par cette raison elle L'adorait comme son Dieu, eL ne voulait
a que personne Le reconnût pour son Fils, parce que tout le Divin
e est en Lui •• Tout ce ({ui précède présente donc une preuve écla-
tanle de ceUe vérité, que Jéhovah est Homme aussi bien dans les
derniers que dans les premierli, selon ces paroles: a Moi je suis
r Alpha et l'Oméga, le Commencement et la Fin,' celui qui
Est, et qui Était
l
et qui doit Venir
l
le Tout-Puissant. D -
Apoc.I.8, H. - u Lorsque lean vit II Fils de l'homme au mi-
lieu des sept chandeliers, il tomha a' ses pieds comme mort;
mais Il mit sa droite SU" lui, disant: Moi, je suis le Premier
et le Demiel' ... - Apoc, l, 13, n. XXI, 6. - cc 'Voici, je viens
hientdt, pour donner a chacun selon son œuvre; Moi, je suis.
rd
r
hm
RELIGION CHRÉTIENNE
149
1 Alpha el fOméga, le Commencement el la Fin, le Premier et
le Dernier. 1) - Apoc. XXII, n, t3. - Et dans Esaie: • AinSi
.(1 dit Jéhovah le Roi d'Israel, et son Rédempteur Jéhovah Sé-
/Jaot": Moi, je suis le ·Premier et le Dertlier. • - XLIV, 6.
XLVIII, U .
. 103. A ce qui précède je joindrai cet Arcane: L'Ame qui vient
·du père est l'homme lui-même, et le Corps qui vienl de.la mère
:n'65t pas l'homme en soi, mais il est d'après l'homme, c'est seule-
·ment son vêlement, tissu de choses qui sont du Monde naturel.
tandis que l'Ame est composée de choses qui sont dans le Monde
spirituel; tout homme après la mort dépose le naLurel qu'il a· reçu
de la mère, et relient le spirituel qui lui ,oient du père, et en même
·temps autour de ce spirituel une sorte de limbe tiré dcs parties les
plus pures de la nature; mais ce limbe, chez ceUI qui viennent dans
·Ie Ciel, est en bas et le spirituel en haut. tandis que chez ceux qui
'Viennent dans l'Enfer ce limbe est en haut et le spirituel en bas; de
Il résulte que l'homme-unge parle d'après le Ciel, ainsi prononce le
bien et le vrai, mais que l'homme-diable parle d'après l'enfer lors-
que c'est du fond du cœur, et comme d'après le Ciel lorsque c'est
bouche; il fait cilci dehors, el cela chez lui. Puisque l'Ame de
l'homme est l'homme lui-même, et qu'elle est spirituelle par son
origine, on voit clairement qne c'est de là que le mental,l'animus,
le caractère, l'inclination etl'aft'ection de l'aqlour du Père de meu-
dans les enfants issus des enfants, et qu'ils reviennent et se
présentent visibles de génération en génération; c'est de là que
plusieurs familles eL même des nations sont connues d'après leur
premier Père; dans toutes les faces d'une race il y a une commune
image qui se manifeste i et cette n'est changée que pal' les
spirituels de l'ÉGlise: si la comm'une image de Jacob et de Juda
demeure encore dans leurs descendants, et si par elle on les dis-
tingue des autres, c'est parce qu'ils ont élé jusqu'ici fermement at-
tachés à leur réligiosité; en etret, dans la semence donL chacun est
-conçu, il y a· une bouture ou un provin de l'Ame du père en SOD
plein dans une sorte d'enveloppe tirés des él.émen ts de la nature;
par là dans l'utérus de la mère est formé son corps, qui peut êlre
fait ou à la ressemblance ou père, ou lia ressemblance de la mère,
l'image du père restant néanmoins en dedans, toujours en eft'or&
tao
LA VRAIE
pOlir se manifester, c'est pourquoi si elle ne le peut la première:
sénération, elle le fait dans les suivantes. Si l'image du père es.L!n.
plein dans la semence, c'est parce que l'Ame, qu'il a été dit,"
est spirituelle par son origine, et que le sllirituel n'a rien de com-
mun" avec l'espace, aussi est-il semblable à lui-mclrne dans un petit
volume dans un grancl. Quant. ce qui concerne le Seiilleur ..
iI 3, pendant qu'il était dans le Monde, dépouillé par les actes de
la rédemption tout Humain provenant de la Mère, et re\'êtu l'Hu·
main qui procédait du Père eL qui est le Divin Humain; c'est de là
qu'en Lui l'Homme est Dieu, et Dieu Homule.
i04. VIII. LA. PROGIlESSION VERS ÙjNION A. ÉTE L'ÉTAT DE SOl'( EXl-
liANITION, ET L'UNION Ef.LE-lIItXE EST L'tTA"r DE SA GLORIFICA.TION ..
Que le Seigneur, pendant qu'il était dans le Monde, ail eu deux.
Elals, qui sont nommés élat d'Elinanition et.état dR Glorification ..
cela est connu dans l'Eglise; le premier Etat, qui élait celui d'Exi-
nanition, est décrit dans plusieurs passases de la Parole, surtout
daos les Psaumes de David, et aussi dans les Prophètes, et particu-
lièrement dans Esaie, Chap. où il est dit que. Jusqu'à la"
mort il a épuisé (elinanivit) son dme • • - Vers. t i; - ce
mëme Etat élait l'état de lion humiliation devant le Père, car dans-
cet état il pria le Père; il dit qu'il fait la volonté du Père, et il attri-
lIue au Père tout ce qu'il a fait et dit; qu'il ait prié le Père, on le
VOil par ces passages: Yauh. XVII, 43. Hare, l, 33. VI, 46. XIV a
3i à 39. Luc, V. US. 'l, t!. XXII, 41 à 4i. Jean, X'lI, 9, U.
iO; qu'il ait fait la volonté "du Père, on le voit dans Jean, IV, 34,
V, 30; qu'il aiL attribué au Père lout ce qu'il a fait et prononcé,
on le "oit dans Jean, VIII, 26,27, i8. XlI,49, 50. XIV, tO; de
plu!l, la croix il s'est écrié: • Mon Dieu, mon Dieu, pour-
guoi M'a6andonnes-tu? D - Ilatth. XXVII, 47. Marc, XV, 34 ;_
- et en oulre, sans cet état, il n'eût pu être crucifié. L'Etat de
Glorificalion est aussi l'Etat d'Union; il était dans cet élat, quand
il fut transfiguré devant ses trois Disciples, et quand il fit-des
lfiracle.CI, et tOllles fois qu'il dit que le Père el Lui sont un, que
le Père est en Lui et qu'il est dans le Père, que tout ce qui est au
Père est à Lili; et, - après l'union plénièl'6, - qu'il 8\"ait pou-
voir sur toute chair, Jean, XVII, 2, eL tout pouvoir dans le Ciel et
sur Terre, IIallh, f 8, outre autres choses.
1


RELIGION CHRÉTIENNE.
t5t
t OS. Si le Seigneur a été dans ces deux états, celui d'Exinani- "
tioll et celui de Glorification, c'est parce qu'il ne peut pas y avoir
d'autre progression vers l'Union, puisqu'elle est selon l'Ordre Di-
vin, qui est immuable; l'Ordre Divin est, que l'llomme se dispose
1 la réception de Dieu et se prépare pour êlre un réceptacle et
habitacle où Dieu puissc entrer et habiter comme dans son
Temple; l'homme doit Caire cela par lui-même, et néanmoins re-
connaltre q u ~ c'est par Dieu; il doUle reconnaltre, parce que, quoi-
qu'il ne sente ni la présencc ni l'opération de Dieu, cependant
Dieu opère tout bien de l'amour et touL vrai de la foi chez l'homme:
c'est selon cet Ol"dre que progresse et doit progresser lout homme,
pour que de naturel il devienne spirituel: il en a élé de même d.
Seigneur, pour qu'il fit Divin son lIumain Nalurel; de là viellt
qu'il a prié le Père, qu'il a Cait la volonté du Père, qu'il Lui a altri-
bué tout ce qu'il a fait et prononcé, et que sur la croix il a dit:
Mon Dieu, mou Dieu, llourquoi }l'abandonnes-tu? car dans cet
étal Dieu semble ablient : mais après cel état vient l'autre, qui est
l'élat de Conjonction avec Dieu; dans celui-ci l'homme asit pa-
reillement, mais alors d'après Dieu, et alors il n'a pas besoin,
comme auparav;mt, d'aLtribuer à Dieu toul bien qu'il veut et fait
et tout vrai qu'il pense et prononce, parce que cela est gravé dans
son cœur, et est par suite intérieurement dans toutes ses actions et
dans toutes· ses paroles" Pareillement le Seigneur s'est uni à son
Pêre, et le Pèr.e s'esl uni !I Lui: en un mot, le Seigneur a glorifié
son Humain, c'est-!l-dire, l'a CaiL Divin, de la mômé manière (lue
le Seigneur régénère l'homme, c'est-il-dire, le fait spirituel.
Que chaque bomme, qui de naturel devient spirituel, subisse
ces deux états, et que par le premier il entre dans le second, et
s'avance ainsi du Monde vers le Ciel, o'est ce qui sera pleinement
démontré dans les Chapitres sur LE LIBRB ARBITRE, sur LA CHAllITÉ
BT LA. FOI, et sur LA REFORMATION ET LA REGENËRATION ; ici il sera dit
seulement que dans le Prem ier état, qui est appelé l'état de Réfor-
mation, l'homme est dans la pleine liberté d'agir selon le Rationnel
de son entendement, et que dans le Second qui est l'étaL de Régéné-
ration, il est aussi dans une semblable liberté, mais qu'alors il veut
et agit, pense et parle d'après un nouvel amour et une nouvelle in-
telligence qui viennent du Seigneur; en effet, dans le premier état
i
1152
LA. VRAIE
l'entendement Lient le premier rang el ]a le second, nn,.
dans le second êtatta volonté tient le premier rang et l'entendement
le second, mais néanmoins l'entendemenl d'après la volonté, et nOD
la volonté par l'entendement: la conjonction du bien et du vni.
de la charité el de la foi, de l'homme interlJe et de l'homme externe,
ne se fait pas autrement,
{06. Ces deux Etats sont représentés par diverses choses dans
l'Univers, et cela, parce qu'ils sont selon l'Ordre Divin, et que
l'Ordre Divin remplit toules el chacune des choses jusqu'aux
singuliers dans l'Univers: le Premier état est représenté chez tout
homme par l'étal du premier et du second de son enfance jus-
qu'A sa puberlé, son adolescence et sa jeunesse, état qui est d'hu-
milialion devant les parents et alors d'obéissance, et aussi d'instruc-
tion par les matlres et par les minislres i le Second état eSlrepré-
senté par l'état de ce même homme lorsqu'il jouit pleinement de
son droit el. de son libre arbitre, ou de sa volonté et de son enten-
dement, état dans lequel il a le poutoir dans sa maison, Le Pre-
mier Etat ainsi est représenté par l'état d'un Prince ou Fils de
Roi, ou d'un fils de Duc, a"ant qu'il soit Roi ou Duc; pareillement
par l'élat du citoyen, avant qu'il devienne magistrat i du sujet. avant
-qu'il remplisse une charie; de l'élève qui est initié au ministère,
avant qu'il devienne'prêtre ; du prêtre, avant qu'il devienne pasteur;
du pasteur, avant qu'il devienne primat; de la jeune fille In'ut
qu'elle devienne épouse; de la servante, avant qu'elle soit milUresse;
et en ,t'nérai de loul com:nis afant qu'il devienne marchand; de
tout soldat, avant qu'il devienne officier, et .de tout domestique,
avanl qu'il matlre i le premier de ces états ellt un élat de ser-
vitude, et le second esl l'élat de la volonlé propre et par conséquent
de l'entendement propre. Ces deux 'étals sont représenlés aussi par
différentes choses dans le Règne Animal; le Ilremier, par les bêles
el par les oiseaux, lant qu'ils sont avec les mères et les pères qu'ils
suivent alors conlinuellement, el par lesquels ils sont nourris et
élevés; elle second êtat, quand ils It's quittent, et qu'ils pour\'oienl
eUI-mêmes à leurs besoins: pareillement par les vers i le. premier,
quand ils rampent el se nourrissenl de feuilles; le second, quand
ils qui Llent leur enveloppe et deviennent papillons. Ces deux états
sont aussi représentés dans les sujels du Rèsne végétal i le pre-
-
r
..
RELIGION GBRÉTIENNE
lS3
mi.r. quand le véiétal sort de la semenoe et s'orne de bnnr,bes,
.de feuilles et de ftèurs; et le second. quand il porte des fruits et
produit de nou"elles semences; celi peut «lIre comparé à la con-
jonction du vrai et du bien. puisque toutes les choses qui appar-
tiennent à l'arbre correspondent aux vrais. et les fruits aux: biens.
"Toutefois l'homme qui resle dans Je Premier élat et n'entre pas
dans le second. est semblable à l'arbre qui porte seuleo.ent des
feuilles et ne donne pas de fruits. duquel il est dit, dans la Parole,
.qu'il doit arraché et jeté dans le feu, - Uauh. XXI, t9. Luc.
1. 9. XOI. 6 l 10. Jean, XV, 5, 6 ; - il est encore comme l'es-
.clave qui ne veul point être libre, et au sujet duquel il avait été
statué, a qu'il serait conduit vers la porte 0" vers le poteau.
que son oreille serait percée, avec une a/ène. JI - Elod.
XXI, 6 ;"-Ies esclaves sont ceux qui ne sont pas conjoinls au Sei-
peur, et les libres ceux qui sont conjoints l Lui. car le Seigneur
-dit: • Si le Fils vous fait lihres, véritahlement libres vous se-
rez . • - Jean, VID, 36.
i 07. IX. DtSOBIlAIS NUL D'ENI:RE LES CBatTlENS NE VIENT DANS
LE CmL, SINON CELUI QUI CROIT AU SEIGNEUR DIEU SAUVEUR. ET QUI
il' ADIlESSE A. Lm SEUL.
On Ut dans Esaïe: a Voici, Moi, je crée tln Ciel nouveau et
une Terre nolCt.'elle, et fon ne se souviendra point des précé-
dents, et ils ne monteront point sur le cœur; et voici, je vais
créer Jbusalem joie, et son peuple allégresse. JI - LXV, n,
t.8. - Et dans l'A.pocalypse: Il Je vis un Ciel nouveau et une
Terre nouvelle; et je vis la Sainte Jérusalem descendant de
Dieu par le Ciel parée comme une Fiancée pottr son Mari: et
Celui qui était assis sur le tp'dne, dit: Voici, nOtivelles toule'
-t:/wses je fais. • - XXI. t. i, 8. - Et il est dit plusieurs rois
qu'il n'entrera dans le Ciel que ceul qui ont été écrits dans le Livre
de vie de l'agneau, - Apoc. XIII, 8. XVU. 8. XX, li, tl5. XXI.
!7 ; - dans ces passa«es. par le Ciel est entendu non le Ciel visible
.1 nos yeux, mais le Ciel par Jérusalem, non un. Villa"
qui descendra du Ciel, mais une Eglise qui descendra du Seigneur
par le Ciel: et par le Livre de vie de r Agneau est entendu non
quelque livre écrit dans le Ciel et qui sera ou\"ert, mais la Parola
41ui vient du Sei,Ineur et qui traite du Seiit1eur. Que Jéhovah Dieu,!
ua, LA VRAIE
qui est appelé Créateur et Père, soil descendu el aiL (Iris l'Humain,.
dans le bUl même que l'homme puisse s'adresser à Lui el êlre con-
joint à LUÎ, c'est ce qui a été confirmé, mis en· évidence el élabli
dans les Arlicles précédenls de ce Chapitre; esL-il en effet, quel-
qu'un qui, pour approcher d'un homme, s'adresse à son Ame, et
qui eSl-ce qui le peut! mais il s'adresse à l'bomme lui-même, qu'il
l'Oit face li. face, et avec lequel il parle houche à bouche; il en est
de même ll'ét;ard de Dieu Père el Fils, car Dieu le Père est dans
le Fils, comme l'Ame esl dans son Corpl!. Que l'OD doive croire au
Seisneur Dieu Sau\'cur, on le "oiL par ces p a s s a ~ e s dans la Parole:
« Dieu a tellement aimé le Monde, que son Fils unique engen.-
dré il a donné, afill que quiconque croit en Lui nepérisse point,
mais qu'il ait la vie éternelle. » - Jean, lU, i5, t6. - • Celui
gui CROIT AU FILS n'est point jugé, mtzÜ celui qui ne croit
poinl a déjà été jugé p(J'l'ce qu'il n'a pas C1'U au nom
de rUnique-engendré Fils de Dieu . • -. Jean, ITI, 18. -
• Celui qui CROIT AU FILS, a la vie éternelle; mais celui qui IfB
CROIT POINT AU FILS ne vetTa point la vie, mais la colère de
Dieu demeurera sur lui . • - Jean, III, 36. - .. Le Pain de
Dieu est celui qui est descendu du Ciel, et donne la vie au
Monde; qui vient à AlOI n'aura point faim, et qui CROIT EN MOI
7I'aurajamais soif . • - Jean, VI, 33, 35. - .. C'est la volonté
de Celui qui Il'a envoyé, que quiconque voit le Fils, el CROIT
EN LUI, ait la vie éternelle, et que je le ressuscite au demier
jour . • - Jean, VI, 40. - • Ils dirent à Jésus: Que ferons-
nous pour opérer les œuvres de Dieu? Jésus répondit: Ceci
est r œuvre de Dieu, que vous CROYIEZ EN CELUI que le Père a
envoyé. D Jean, VI, !eS, 29. - .. E1I vérité je vous dis: Celui.
qlli CROIT EN AlOI a la vie étc!r71elle. » - Jean, VI, 47. - • lé-
lUS s'écria, disant: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne' d Moi et
gv'ü 60ive; QUICONQliE CROIT EN HOI, des fleuves de son ventre
eouleront d'eau vive. Il - Jean, \11, 37. 38. - .. Si vous RB.
CROYEZ PAS qlle Moi,je suis, vous mourres dans vos péchés. D
- Jean, VIII, i4. - a Jésus dit: Moi, je suis la résurrection et
la vie; celui qui CRQIT EN MOI, quoiqu'i, meure, vivra; qui-
e01ZqtllJ vit et CROlT Elf HOI, 'le mourra point pour téternité .•
- Jean, XI, ilS, t6. -Iésus dit: Moi, la Lumière, dans le
-
RELIGION ClIRItTIENNE
uus
'Monde je suis venu, afin que quiconque CROIT EN MOI, dans
les tén66res ne demeure point . • - Jean. xn. 46. VIII. 1 t, -
• Pendant que la Lumière vous ave-'. CROYEZ EN LA. LUXIËB.B.
afin que fils de Lumière vous soyez. D - Jean, XII. 36. - • 1/$
Jemeureront dans le Seigneur. et le Seiglleu.r en eux . • -
Jean. XIV. !O. XV. 1 à IS. XVII, t3, ce qui se CaiL par la roi.
Paul p.r·hha et aux Juifs et aux {heu la repentance envers
Pieu et LA FOI EN NOTRE SEIGNEUR JÉSCS-CRBIST. 10 - Act. XX.
!1. ..:..... • Je suis le Chemin, "la VéI·;té et la l'ie. personne ne
vient au Père que pal' Moi. 10 Jean, XIV, 6. - (lue celui qui
croit au Fils croie au Père, puisque. ainsi qu'il vient d'être dit, le
Père est dans le Fils comme l'Ame dans le Corps, on le voit par
ces passages: • Si vous Me connaissietZ, vous connaitriez aussi
mon Père. 10 - Jean. VIlT, t 9. XIV. 7. - ft Qui me voit. voit
Celui qui M'a envoyé. D - Jean, XII. i5. - • Qui me reçoiÇ,
reçoit Celui qui m'a envoyé. • - Jean, XIII, 10. - Cela vient
de ce que personne ne peut voir le Père et vivre. - Exod. XXXllI.
!l0: c'est pourquoi le Seigneur dit : Dieu, personne ne le vit ia.
mais, rUnique engendré Fils qui est dans le Sein du Père, Lui
L'a exposé. -Jean, l, 18. - a Non que personne ait vu le
Père, si ce n'est celui qni est chez le Père; Celui-là Il vu le
Père. 10 - Jean, VI, 46. - .. Ni la vou du Père vous
elltetuiujamais, "i son aspect VfJllS n'avez vu. • - Jean, V, 37.
- Mais quant ceul qui n'ont aucune connaissance du SeisneUl".
comme sonlla plupart des hommes dans les deux parties du Globe,
l'Asie et l'Afrique, et autlsi dans les Indes, s'ils croient en un Dieu
et s'ils vivent selon les préceptes de leur Religion, ils sont sauvés.
d'après leur foi et leur vie. car l'imputation concerne ceux qui ont
connu. et non ceux qni ignorent, de même qu'on n'impute pas aUl
aveuiles d'avoir rait 110 Caul pas, car le dit: «Si aveu.·
gles vous étiez, vous n'auriez point de péché, mais mainte-
nant vous dites 'Ille vous voyez, c'est pou"quoi votre péché
reste. 10 - Jean, IX, 41.
t08. Afin de confirmer encore ce point, je rapporterai ce que je
sais, car j'ai vu, et par conséquent je puis affirmer ceci: C'est
qu'aujourd'hui le Seigneur fonde Ull Nouveau Ciel Ansélique, et
qu'il le compose de ceux qui croient au Seiineur Dieu Sauveur et
US6
LA. VRAIE
-s'adressent immédiatement à Lui, et que les autres sont rejetés; si
donc 4ésormais quelqu'un vient du Monde Chrétien dans le Monde
Spirituel, ce qui arrive à touL homme après la mort, et qu'il ne
croie pas au SeiiPIeur et Ile s'adresse pas A Lui seul, et si alors il
ne peut recevoir cela, parce qll'i1 a mal vécu, ou s'est confirmé dans
les faux, au premier pas vers le Ciel il e!lt repoussé, et sa face s'eD
-détourne et se tourne l'ers la Terre Inférieure" où il se rend
et il se conjoint avec ceux qui, sont, lesquels sont entendus daos
l'Apocalypse par le Dragon et le Faux Prophète. Tout homme' aussi
dans les Terres Chrétiennes, qui ne croit pas au Seigneur n'est pas
non pIns dans la suite exaucé, ses prières dans le Ciel sont comme
des odeurs fétides, et comme les érl,lctations d'un poumon malade;
et bien qu'on s'imagine que sa prière est comme un parfum d'en-
cens" elle ne monte cependant ,'ers le Ciel ani'élique que comme
une fumée d'incendie, que le vent rabat dal'ls ses yeul, ou comme
un pArfum qui sort d'uo encensoir sous le froc d'un moine; depuis
.ce temps, c'est Ua ce qui arrh'c A toute piété qui se fixe sur une Tri-
nité divisée et noo sur une Trinité conjointe; que la Divine Trinit6
al( été conjointe dans le St'igneur, c'est l'objet principal de cet
Ouvrage. Ici j'ajouterai ce fait :Nouveau, c'est qu'il y a quelques
mois les douze Apôtres ont été convoqués par le Seigneur, et envoyés
dans tout le Monde Spirituel. comme ils l'avaient été auparavant
.(Ians le Monde naturel, a\'ec ordre de cet Evansile, et alors
une Région a été à chaque Apôtre; et ils exécutent cet
'Ordre avec tout le zèle et le soin possible. Mais ce sujet sera spé-
·cialement traité dans Je Dernier Chapitre de cet Ouvrage" où il sera
question de la CONSOMlIIATION DU SIÈCI,E, de L'AvÈNEIlENT DU SEIGNEUR
et de la NOUVELLE EGUSE.
COBOLLAIRE.
109. Toutes les Eslises qui ont existé avant l'Avènement du Sei-
ineur, ont été des Eglises Représentatives, qui n'ont pu voir 'Ies
Divins Vrais que dans l'Ombre; mais après l'Avènement du Sei-
Ineur dans le Monde, il a été illstitué par I.ui une Eglise qui a vu.
-
RELIGION CarutTIENNE. US7
ou plutOt, qui a pu voir les Divins Vrais dans la Lumière i il Y 1 la
même différence qu'entre le Soir et le Malin: l'Etat de rEslise
IvanL l'Avènement du Seigneur est même appelé dans la Parole le
Soir, et l'Etat de l'Eslise après son Avènement y est appelé le Ma-
tin. Le Seigneur, avant son avènement dans le Monde, était présent,
il est vrai. chez les hommes de l'Eglise. mais médiatement par des
Anges qui Le représentaient. mais depuis son avènement il est pré-
sent chez les hommes de l'Eglise immédiatement. car dans le Monde
° il a revêtu aussi le DIVIN NATUREL. dans lequel il e.it présent chez
les bommes: la glorification du Sei,neur est la glorification de son
Dumain qu'il prit dans le Monde; et l'Du main glorifié du Seigneur
est le Divill Naturel. Qu'il en soit ainsi, cela est évident en ce que
le Seigneur est ressuscité du sépulcre avec tout soI! corps qu'il I,'ait
dans le Monde, et qu'il n'a rien dans le sépulcre, qu'QII con-
sêquence il en a emporté aver. Lui IOHumain Naturel même depuis
les premiers de cet Humain dernier!!: c'est pourquoi
après la résurrection il a dit aux Disciples qui croyaient voir un
Esprit: Il 'Voyez mes Mains el mes Pieds, que Moi-M8me le
mis; touche:;-Moi et voyez, car un Espritchair et os n'apoinl
comme vous Me voyez (en) avoir. » - Luc. XXIV. 37. 89. D'a-
près cela, il est bien évident que son Corps Naturel a été fait Divin
par la Glorification; c'est pourquoi Paul dit. que dans le Christ
habite corporellement toute la plénitude de la Divinité.-
Coloss. II, 9, - et Jean dit gue le /ils de Dieu, Jésus-Christ, est
le Vrai Dieu. - 1 Eptt, V, tO, 21. - De là les Anges savent que
le SeigDeur seul dans tout le lIonde Spirituel est pleinement
Domme.
Il est connu dans l'Eglise que chez la Nation Israélite et Juive tout
le Culte était etqu'il couvrait d'une ombre leculte
Interne que le Seigneur a ouvert; et qu'ainsi le Culte avant l'avène-
ment du Seigneur a consisté en types et en figures, qui représen-
taient le Oulte vrai dans sa juste Le Seigneur, il est vrai, fut
vu Lui-Même cbez les Anciens. car fi a dit aux Juifs : • A'6raham
"ob'e Père tressaillait d'allégresse de voi,. mon jou,., et il ra
et il s'est réjoui; je vous dis: Avant gu'Abraham
·Noi je suis • • - VIII, 56,38; - mais comme alors le Seigneur"
représenté, oe qui était opéré par des Anles, o'est
158 LA VRAIE
pour cela que chez eux toutes Ics choses de l'Église étaient devenues
rellrésentatives; .mais après que le Seigneur fut venu dans le Monde.
ces représentations se sont évanouies; la- cause intérieure de cela.
-c'est que le Seigneur dans le )[onde a aussi revêtu le Divin Naturel,
et que d'après ce Divin il illustre non-seulement l'homme Interne
spirituel, mais aussi l'homme Externe naturel; si les deux ne sont
pas illustrés en même temps l'homme est comme dans l'ombre, mais
lorsqu'ils le sont l'un et l'autre en même temps il est comme dans
le jour; en effet, lorsque l'bomme Interne est seul illustré et non Bn
même temps l'homme Esterne, ou lorsque l'homme Exlerne est
seulement illustré et non en même temps l'homme.lnteroe, l'homme
est comme quelqu'un qui dort et fait un songe, et qui, lorsqu'Il se
réveille, recueille son son8e, et en lire diverses conclusions qui ce-
llendant sont des c b o ~ imaginaires; il est aussi comme on som-
nambule qui croit que les objets qu'il voit sont l'US dans la lumière
du jour. La différence entre l'état de l'Eglise avant l'avènemelrt du
Seigneur et celui de l'Eglise après cet avènement, est aussi comme
. la différence entre celui qui lit un écrit pendant la nuit lia lumière
de la lune et des étoiles, ct celui qui le lit à la lumière. du soleil;
il est évident que dans la première lumière, qui est seulement blan-
-che, l'œil se trompe, el que dans la seconde, qui est en outre en-
flammée, il ne se trompe point: C'"6st pourquoi il est ditdu Seigneur:
Il Il a dit le Dieu d'Israëlj à moi i.l a parlé, le Rocher d'Iraël;
Lui, comme la L'tfmière d'un matin, quaTid se lève le soleil
l
d'un matill sans nuages . • -II Sam. XXIII, 3, -4 ; -le Diell
d'Israël et le Rocher d'Israël, c'est le Seigneur; et ailleurs:
• Sera la IZlmière de la Lune comme la lumière dz, Soleil, et
la lumière du soleil sera septuple comme la lumièt'e de sept
jours, au jour que Jéhovah bandera la fl'acture de son peuple ••
- Esaie, XXX, !5, !6; - Ces paroles sont dites de l'Etat de
l'Eglise aprèsl'a\'ènement du Seigneur. En un mOL, l'Elal de l'E-
sUse avant l'avènement du Seigneur peut être comparé à une vieille
dont le visage a été fardé et qui d'après le pourpre du fard se
croit belle; et l'Elat dé l'Eglise apl'ès l'avènement du Seigneur
peut être comparé à une vierge, belle par un pourpre naturel:
l'Etat de l'Eglise avont l'avènement du Seigneur peut aussi être.
comparé l l'enveloppe de quelques fruilr.. tels que oranges.
-
r

RELIGION CHRIl:TIENNE
169
pommes, poires, raisins, et li. la saveur de celle enveloppe; et
l'Etat de l'Eglise après l'avènement du Seigneur p e u ~ être compar6
.aux intérieurs de ces fruiL" et lieur saveur; on peut en outre éta-
blir plusieurs coqlparaisons semblables: et cette différence entre les
.deus: états vient de ce que le Seigneur, depuis qu'il a revêtu aussi
Je Divin Naturel, illustre l'homme Interne spirituel et en même
temps l'homme Externe naLurel, car lorsque l'homme interne est
seulemenL illustré et non en même temps l"homme Elterne il J a
ombre, de môme que quand l'homme Exlel'ne l'est seulement et non
en même temps l'homme Interne.
.. .. .. .. ..
i t 0, Ici seront ajoutés ces MEMORABLES. PllEKlKR MEMORABLE.
Une fois, da liS le Monde Spirituel, je vis dans l'air un Feu follet
.qui Lomba sur terre, eL produisit l l'en"tour une clarté; c'était Je
météore que le vulgaire appelle Dragon; je remarquai le lieu où il
~ t a i t 'tombé, mais au point du jour quand le soleil se leva touL avait
disparu, comme il arrh'e à toût Feu follet. Après la malinée je
m'approcbai du lieu où je l'avais vu tomber pendant la nuit; et
VOiCI, là, un hUIDUS d'un mélange de soufre, de limaille de fer et de
boue argileuse: et tout à coup alors apparurent deux Ten les; l'une di-
rectement sur le lieu, et l'au Ire li. côté vers le midi et je regardai
en haut, et je ,ois un Esprit qui tomba du ciel comme la foudre, et
fut jeté dans la Tente qui était directement sur le lieu où le météore
était tombé, et moi je me trouvai dans l'autre tente qui était à côté
vers le midi; je me tins à l'entrée de cette tente, et jd vis l'Esprit.
dans l'autre se tenant aussi à l'entrée; et alors je lui deman'dai pour-
quoi il étai' ainsi tombé du Ciel: il répondit qu'il en avait été préci-
pité comme ange du DragoB par les anges de Michel, parce que, me
dit-il, j'ai avancé quelques propositions concernant ma Foi, dans
laquelle je me suis confirmé dans le Monde; et eAtre autres celle-ci.
que Dieu le Père et Dieu Je Fils sont deux et non un ; car dans Jes
Cieux aujourd'hui tous croient que le Père eLle Fils son' un comme
l'âme eLle corps, eL tout discours opposée Il cette croyance est
eomme un aiguillon dans leurs Darines, et" comme une alène qui
perce leurs oreilles, de là pour eux émotion et douleur; et pour
-ceLle raison celui qui -diL le contraire reçoit l'ordre de sortir, et
'S'il diftère, il est précipité. Après avoir entendu ce récit, je lui
160
LA 'VRA.IE
dis: Pourquoi n'as-tu pas cru comme eux T Il répliqua: Après êlre-
sorli dll Monde, personne ne peut croire que ce qu'il a imprimé·
en lui-même par confirmation. cela reste gravé et Ile peul être
effacé, surtout ce que chaoun a confirmé chez soi sur Dieu, puis-
que dans les cieux chacun est placé selon ridés qu'il a de Dieu. Je·
lui demandai ensuiLe par quoi il avait confirmé que le Père et le
Fils éLaient doux. lime dit: Par Cleci, que dans la Parole le Fils a
prié le Père non-seulement avant la Passion de la croix:, mais aussi
pendanl ceUe passion, et qu'il s'est humilié devant son Père;
cC/mment alors peuvent-ils être un, comme l'Ame et le corps sont
un dans l'homme! qui est-ce qui prie comme K'il priait un autre et
s'humilie comme devant un dUire, quand il est lui-même cet autre!
Nul n'agit ainsi, à plus forte- raison le Fils de Dieu: et, en outre,
l'Eglise Chrétienne lout entière, de mon temps, divisait la Divinité·
en· Personnes, et chaque Personne est un par soi-même. et r on
en donne pour définition que c'est ce qui subsiste proprement ..
Quand j'eus entendu ces raisonnements, je répondis: J'ai perçu
par ce que tu viens de dire que tu isnores absolument comment
Dieu le Père et Dieu le Fils sont un, et parce que tu ignores com-
ment, tu t'es confirmé dans les faux dans lesquels l'Eglise esl en-
core sur Dieu i ne sais-Lu pas que le Seigneur, quand il éLait dalls le-
iIonde, avait nne Ame coillme tout autre homme! d'où lui venaiL-
elle, si ce n'est de Diellie Père t o'est ce que prouve abondamment
la Parole des Evaogélisles; qu'esl-ce donc alors qu'on appelle le
FIls ,sinon l'Humain qui a élé conçu du Divin du Père, et est né de
la Vierge lIarie! La Mère ne peut concevoir l'âme, cela est en-
tièrement opposé A l'Ordre selon lequel tout homme nalt; et Dieu
le Père ne peut insérer l'Ame procédée de lui et ensuite se retirer ..
comme lout père le fait dans le Monde, puisque Dieu en est la Divine
Essence, el qu'elle est une et indivisible, et qu'étant indivisible
ene est Dieu Lui-:&Iême i de là vient que le Seigneur dit que le Père
et Lui sont un, que le Père est en Lui et LuÎ dans le Père, et au-
tres expressions semblables: c'esl même ce que virent de loin ceux.
qui ont conçu le symQole d'Athanase; aussi, après avoir divisé-
Dieu en .. disent-ils néanmoins. que dans le Christ
Dieu et l'Homme, c'est-à-dire, le Divin et l'Humain, n. sont pas deUl
t
mais sont WI eOlumo l'Ame eL le corps dans l'homme. Si le Seisneur,
r
RELIGION CHUTIENNE
161
dans le Monde, a prié le Père comme un autre que Lui-Ifême, et
s'est humilié devant le Père comme devant un autre que Lui-
Même, ce fut conformément a l'Ordre établi par la Création,
Ordre immuable, selon lequel tout homme doit progresser
yers la conjonction avec Dieu i cet ordre est qu'à mesu·re que
l'homme par une vie conforme alIX lois de l'ordre, qui sont les
préceptes de Dieu, se conjoint a Dieu, Dieu se conjoint à l'homme,
et de naturel le .fait spirituel i c'est de cette même manière que le
Seigneur s'est uni a son Père, et que Dieu le Père s'est uni à Lui;
le Seisneur, lorsqu'il était Enfant, n'était-il pas comme un enfant!
lorsqu'il était Adolesll'ent, n'était-il pas comme un adolescent! ne
lit-on pas qu'il croissait en sa,esse et en srace, et qu'ensuite il pria
le Père de glorifier SOB Nom, c'est-à-dire son Humain' Glorifier
c'est faire Divin par l'Union avec soi; il est donc évident que le
Seipeur a prié le Père dans l'état de son exinanition, êta t qui était
celui de sa prOGression vers l'Union. Ce méme Ordre a, par Cr6a-
tion, été gravé dans chaqutl homme, savoir, de même Que l'homme,
par les vérités d'après la Parole prépare son entendement. de
il le rend apte a recevoir la foi qui vient de Dieu, et de mêmo
que par les œuvres de la charité il prépare aa volonté de même il la
rend propre l recevoir l'amour qui vient de Dieu; car de même
qu'un lapidaire taille un diamant, de même il le rend prDpre a re-
eevoir et a renvoyer l'éclat de la lumière; et ainsi du reste: se
préparer il la réception de Dieu et à la conjonction, c'est vivre se-
lon l'Ordre Divin, et les lois de l'ordre sont tous les préceptes de
Dieu; le Seigneur a rempli ces préceptes jusqu'au moindre point,
el ainsi il s'est fait le rooeptacle de.la Divinité en toute plénitude i
aussi Paul dit-il que dans toute la plénitude de la Divi-
nité habite corporellement; el le Seigneur dit Lui-lIême que tout
ee qui appartient à son Père est a Lui. Enfin il faut tenir pour cer-
tain que le Seisneur chez l'homme est seul actif, et que l'homme
par soi-même purement passif, mais que par l'inOux de la vie
qui procède du Seigneur lui aussi est actif; d:après ce perpétuel in-
flux qui procède du Seisneur il semble à l'homme qu'il est actif par
lui-même; et parce qu"il en est ainsi, il a le libre arbitre, et ce li-
bre arbitre lui a été donné, afin qu'il se prépare à recevoir le Sei-
Ineur, et par conséquent lIa. conjonction, qui n'est pas po.ssible, l
L ii
162
LA VRAŒ
moins qu'elle ne soit réciproque, et elle devient réciproque lorsque
rhomme d'après sa liberté, et que cependant d'après la Coi il
attribue au Seigneur tout l'actif.
Après cela, je lui demandai li'il confessait, comme ses autres com-
pagnons, qu'il n'y a qu'un seul Dieu i il répondit qu'il le confessait;
et alors je dis: Je crains cependant la confession de ton cœur
ne soil qu'il n'y a point de Dieu; Lout langage de la bouche ne
procède-t-il pas de la pensée du mental t il arrive dono infaillible-
ment que la confession de la bouche qu'il n'y a qu'un Dieu chasse
du mental la pensée qu'il yen a trois, et vice verstl que la pensée
du men laI chasse de la boucbe la confession qu'il n'yen a qu'un;
qlle résulle-t-i1 de là, sinon qu'il n'y a point de Dieu t tout l'inter-
valle depuis la pellsée jusqu'à la boucbe, et depuis la boucbe en re-
"enant jusqu'à la pensée. n'est-il pas ainsi éncué!.ct alors qu'est-ce
que le mental conclut sur Dieu, sinon que la nature est Dieu i et sur
le Seigneur. sinon que M)n Ame Lui est venue ou de sa Mère ou de
Joseph, deux conclusiolls que tous les A.nges du ciel ont en horreur
comme a[reuses et abominables. Après que j'eus dit ces paroles.
cel Esprit fut relégué dans l'Abime, dont il est parlé dans l'Apo-
calypse, -IX, ! et suiv., - où les Ang6li du Dragon agitent des
questions mystiques sur leur Foi. Le lendemain quand je portai mes
regards vers le même lieu, je vis à la place des Tentes deux Sta-
tues en forme d'hommes, faites de poussière de terre qui était mê-
Jangée de soufre, de fer el d'argile, et l'une des paraissait
avoir lin sceptre dans la main gaucbe, une couronne sur la tête et
un livre dans la main droite, puis un pectoral obliquement entoure
d'une baudelelte de pierres précieusell, eL une robe flollant par der-
rière jusqu'à l'autre Statue, mais ces ornements avaient été mis SUl"
rette statue par une pbantaisie i et alors un des esprits du Dragon
fit entendre ces mots: Cette Statue représente notre Foi comme
Reine, et l'autre derrière elle, la Charité comme sa servante: celle
seconde stalue était faile d'uoe poussière pareillement mélansée.
elle était placée à l'extrémité de la robe qui flottait par derrière la
Reine, el elle te.nait à 1:1 main un papier sur lequel était écrit:
Garde-toi d'a,pprocher de plus près et de toucher ]a robe .• tais alors
une pluie tomba tout l coup du Ciel, et elle pénétra l'une etl'aut."
Slatue, et comme elles étaienL composées d'un mélange de soufre.
n
hn
RELIGION' CHRÉTIENNE
f63
,de fer et d'argile, elles ainsi qu'il arrh'e ordinaire-
ment à un mélange de cette espèce, quand l'eau tombe dessus; et
étant ainsi embrasées d'un feu intérieur elles s'écroulèrent et dit-
vinrent des monceaux, qui ensuite sur celle terre comme
des éminences sépulcrales.
t of t: IU.ORABLE. Dans le Monde naturel l'homme a un
double langage, parce qu'il a une double pensée, la pensée 'Externe
et la pensée Interne;' car l'homme peut parler d'après la pensée in-
terne et en même temps d'après l'extel'ne, et il peut parler d'après
la pensée externe et non d'après l'interne, et même conlre l'interne,
de là les dissimulations, les flatteries et les hypocrisies: mais dans
le Monde Spirituel l'homme n'a point un double langage, son lan.;..
pge est simple i il parle là cpmme il pen St, autremem le son est
strident et blesse les oreilles, mais cependant il peul se taire, et
ainsi ne pas dh'ulguer ce que son mental pense;. lors donc qu'un
hypocrile ,'ient parmi des sages, ou il se retire, ou il se place dans
un anBle de l'apparIement, ne se fait pas remarquer et s'assied sans
dire un mot. Un jour, dans le Monde des E!lprits, plusieurs étaient
assemblés el parlaient entre eux sur ce sujet, disant, que de ne
pouvoir parler que comme on pense, cela est dur, dans la compa-
inie des bons, pour ceux qui n'onL pas llensé jusle sur Dieu et SUl"
le Seigneur. Au milieu des esprits rassemblés se trouvaient des Ré-
formés et plusieurs d'enlre le Clersé, et près d'eux des Catholiques-
Romains avec des moines; et les uns et les autres dirent d'abord
que èela lI'était pas dur: besoin de parler autrement qu'on
ne pense? et si par avepture on De pense pas juste, De peut-on pas
serrer les lèvres et sarder le silence? Et un Ecclésiastique dit: Qui
est-ce qui ne pense pas juste sur Dieu et sur le Seigneur? Mais quel-
ques-uns de ceux qui formaient l'assemblée dil'ent: Faisons sur eux:
un essai; et ils dirent à ceux qui s'étaient confirmés sur Dieu dans
la Trinité des Personnes. de prononcer d'après la pensée Un Seul
Dieu; mais ils ne purent pas, ils im primèrent à leurs lèvres plusieurs
mouvemenls violents et les plièrent de plusieurs manières, sans pou-
voir articuler un son en d'autres 1lI0ts qui De fussent pas conformes
aux idées de leur pensée, lesquelles étaienl pour trois Personnes et.
par suite pour trois Dieux. Ensuite il ful dit à ceux qui avaient con- .
firmé la Foi séparée d'avec la Charité, de prononcer JÉsus, mais ils
LA VRAIE
lie purent pas, cependant tous purent dirent Christ. et aussi Dieu le
Père; ils s'en étonnèrent, et ils en cherchèrent la cause, et ils trou-
l'èrent que c'était parce qu'en priantils s'étaient adressés·i Dieu le-
Père pour qu'il ellt éiard l eux 1 cause du Fils, et ne s'étaient pas.
adressés au Sauveur Lui-Même, et JÉSus signifie Sauveur. il
leur fut dit de prononcerDIVlN HUIIAIN, d'après la pensée avaient
de l'Humain du Seigneur; mais personne d'entre les Ecclésiastiques
qui étaient présents ne le put; toutefois quelques-uns. des Laïques.
le purent; c'est pourquoi ce sujet fut soumis à un sérieux examen;
et alors 1. on lut devant eux ces passages dans les Evangélistes:
• Le Père a don,,' toutes choses dans la main du Fils . • -
Jean, m, 85, - • Le Père a donné au Fils pouvoir (sur) touœ
chair . • -lean, XVII, t. - • Toutes choses M'ont été livrées-
po.r le Père . • - Matth. XI, 917. - • Tout pouvoi,. m'a été
donné dans le Ciel et sur Terre . • - Manh. XXVIII, t8. -el
.on leur dit: D'après ces passages retenez dans votre pensée, que le
Christ, non··seulement quantà son Divin mais encore quant à SOD"
Humain, est le Dieu du Ciel et de la Terre, et ainsi prononcez: DI-
l'IN HUMAIN; mais jamais ils ne le purent, et ils dirent qu'à la vérité
. Bur cela ils retenaient quelque chose de la pensée d'après l'entende-
ment, mais néanmoins rien de la reconnaissance, et que par consé-
quent ils ne pouvaient pas. Il. Ensuite on lut devant eux, suivant
Luc, -l, St, 3.1, SS, - que le Seigneur quant à l'Humain était
Fils de léhovah Dieu, et que là il est appelé du Très-Ha'!t, el
partout ailleurs Fils de Dieu et aussi Unique-engendré, et on leur
demanda de tenir cela dans la pensée, el aussi que le Fils
engendré de Dieu né dans le Honde ne peut pas ne pas être Dieu
comme le Père est Dieu, et de prononcer DIVIN HUllAlN; mais ils di-
rent: Nous ne pouvons pas, parce que notre pensée spirituelle, qui
est intérieure, n'admet pas dans la pensée la plus proche du lan-
lage d'autres idées que celles qui sont semblables aUI siennes; et
ils ajoutèrent que par là ils percevaienL que maintenant il ne leur
tlaÏl pas permis de diviser leurs pensées, comme dans le IIonde na-
turel. III. Pois on lut devant eux les paroles du Seiineur à Philippe:
• Philippe dit: Seigneur, montre-nous le Père. Et le Seigneur
dit.' Qua Me 'Voit, 'Voit le Père; ne crois-tu pœ que Moi Ge suis)
danS le Père. et que le Père (est) en Moi • • -leao. XIV, 81
....
r
RELIGION CHRÉTIENNE
16S
• t ; - et aussi ces" autres passages, que le Père et Lui sont lm,
par exem.ple, dans Jean, X, 30 ; et on leur dit de retenir cela dans la"
,ensée, et ainsi de prononcer DIVIN HUIlAIN ; mais comme cette pen-
:sée n'était point enracinée dans la reconnaissance que le SeiBneul"
~ t a i t Dieu aussi quant à l'Humain, ils tordirent avec éffort les lèvres
.jusql1'à s'en indisner, et voulurent contraindre leur bouche à pro-
"1I0nCer, mais leurs efforts furent inutiles; et cela, parce que les
idées de la pensée, qui découlent de la reconnaissance, ront IID avec
1es paroles de la langue cbez ceux qui sont dlIls le Monde Spirituel,
-el que là où ces idées ne sont pas, les paroles manquent, car les
'idées deviennent des paroles dans le langage. IV. En outre, on lut
-4evant eux ces expressions tirées de la Doctrine reçue dans tout Je
1I0nde Cbrétien, • tJtle le Divin et r Humàin dans le Seigneur ne
lont point deux, mais sont un, et mIme en une seule personne,
4/nis comme l'dme et le corps dans r homme, • ceci est extrait
438 la Foi symbolique d'Albanase, et rtconnu par les conciles; et OD
leur dit: Par là vous pouvez lout à fait Ivoir d'après la reconnais-
"sance l'idée que l'Bumai. do Seigneur est Divin, parce que son Ame
elt Divine, car cela est tiré de la doctrine de votre Eglise, doctrine
-que voos aviez reconnue dans le l\londe; de plus, l'Ame est l'essence.
même de l'bomme, et le corps en est la forme, et l'essence et la
forme ront un comme l'être et l'exister, et comme la cause efficiente
4e l'effet et l'effet lui-même; ils "retinrent cette idée, et voulurent
d'après elle prononcer DIVIN BUMAIN, mais ils ne purent point, CIl"
l'idée intérieure sur l'Humain du Seigneur chassa et effaça cette
"Douvelle idée empruntée, ainsi qu'ils la nommaient. V. On lut en-
core devant eUI, dans Jean, ce passage: • La Parole était cha
.Dieu et Dieu était la Parole, et la Parole Chair a été faite ••
- l, l, li i - et aussi celui-ci: • Jésus· Christ est le "rai Dier.c
~ t la V.ie tternelle, • -1 Ep. V, il ~ - et dans Paul: • ER
~ ésus-Christ hahite corporellemetll toute la plénilude de la Dt-
",inité . • - Coloss. Il, 9 ; - et on leur disait de penser pareille-
ment, savoir, que Dieu qui élait la"Parole a été fait Domme; qu'Il
~ t a i t le vrai Dieu i et que toute la plénitude de la D i v i n i t ~ habitait
eorporellement en Lui; et ils firent ainsi, mais seulement dans la
pensée externe, c'est pourquoi ils ne purent P9int, • cause «le la re-
istance .de la pensée iDl.8rne, prononcer DIVIN HUIAIN. disant ou-
LA VRAlH
'Vertement qu'ils ne pouvaient avoir l'idée du Divin Humain. parce
que Dieu est Dieu et que l'homme est homme, et ils ajoutaient:
Dieu est Esprit. et DOUS ne pouvons penser à un esprit que comme
1 un Vent ou • un Ether. VI. ~ n f i n on leur dit: Vous savez que le
Seigneur a dit! • Demeurez en Moi, et Moi en vous; celui gui
demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là porte du fruil6eaucoup,
parce gue sans Moi vous ne pouvez faire rien . • -- Jean, XV.
", IS ; ~ et comme il y avait Il quelques Ecclésiastiques Anglais,.
on lut devant eux cet extrait d'une de leurs prières pour la Sainte
Communion: For, when we spirittlally eat the flesh of Christ
and drinc/t. the IJluod. th,,,,, we dwell in Christ. œul Christ
in us 1; • Si maintenant vous pensez que cela n'esL pas possible. A
moins que l'Dumain du' Seisneur no soit Divin. prononcez donc
DIVIN HUIlAIN d'après la reconnaissance dans la pensée; mais ils ne
Je pUl'ent jamais. car chez eux était profondément empreinte l'idée
que le Dil-in ne pouvaiL pas être Humain. ni l'Bup)ain être Divin.
et que le Dh'in du Seisneur venait du Divin du Fils de toute éternité.
et que son Dumain était semblable à l'humain d'un autre homme ~
mais on leur dit: Comment pouvez-vous penser ainsi Y est-ce qu'uo
IJental rationnel peuL jamais penser qu'il y ait un Fils de Dieu. né
de toute éternité Y VII. Après cela, ceux qui adressaient les ques-
tions se lournèrent vers les Evangéliques. en disanL. que la Con-
fession d'Augsbourg eL Luther ont enseigné qu e 10 Fils de Dieu eL
le (t'ils·de l'homme sonL dans le Christ une Seule Personne; que
Lui-Même est aussi, quant à la Nature Humaine, TouL-Puissant eL
. • TouL-Present; qu'il est assis, quant à celte -oature •• la droite de-
Dieu le Père, et gouverne tout dans les Cieux eL sur Terre, remplil
10ut, est avec nous, habite et opère en nous; qu'il n'y a
pas de différence d'adoration. parco que par la Nature qui est
vue, la Diviuit.é qui n'est pas vue est adorée; et que dans le
Christ Dieu est Homme et l'Homm., est. Dieu. Ayant en-
tendu ces citations ils répondirent: .Est-ce que cela est ainsi!
et ils regardèrent.au.tour d'eux. eL ensuite ils dirent: lamais aupa-'
ravant n.ous n'avons eu connaissance de ..cela, voilà pourquoi'
1 •• Car, 101'llque noui mBDg80nl Iplritue11emen\ la Chair de Chrilt. et que
:DOWI bUYODI Ion ang, DOua habitoDi en ChriIt, et Chrilt ID DOUI ••
---
RELIGION CHrutTIENNE.
t67
DOUS ne pouvons pas prononcer DIVIN HUIIAlN: cependant un ou
"deul. dirent: Nous l'avons lu et nous l'avons écrit. mais néanmoins
quand nous y pensions en nous-mêmes, cela o'était que des mots.
dont nous n'aviolls pas d'idée intérieure. VUI. Enfin s'étant tournés
vers les Catholiques-Romains, ils leur dirent: VOliS, sans
vous pouvez prononcer DIVIN HunlN, parce que vous croyez qua
dans votre Eucharistie le Christ est tout entier dans lePain et Je Vin,
et dans chaque partie du Pain et du Vin, et qu'aussi vous L'adorez
comme Dieu Très-Saint, quand vous montrez les hosties et que vous
les porlez en procession; et en outre, comme vous appelez Marie
)[ère de Dieu (Deipara, Dei genitriz) , vous reconnaisse..: par con:"
Béquent qu'elle a engendré Dieu, c'est-à-dire, le Divin Humain; et
alors ceux.-ei "oulurent le prononcer, mais parce qu'en ce momeot
" survint l'idée matérielle du Corps et du Sang du Christ, et aussi la
(oi que son Humain doit être séparé de son Divin, et qu'en' actualité
il a été sépare chez le Pape, en qui a élé transféré seulement son
pouvoir Humain et non son pouvoir Divin, ils ne purent pas le pro-
Donoer : et alors un !Ioine se leva, et dit qu'il pouvait penser le
Divin Humain à l'égard de la Très-Sainte Vierge lIarie, et aussi l
l'ésard du Saint de son Monastère; et uo autre Moine s'approcha
en disant: Moi, d'après l'idée de ma pensée, que j'embrasse main-
tenant, je puis prononcer Divin Humain à du Très-SaiDt
Pontife plutôt qu'à l'égard du Christ; mais alors quelques-uns des
Catholiques-romains l, reLirèrent en arrière et lui dirent: N'as-tu
pas de honte f - Après cela on vit le Ciel ouvert, et des Langues
comme de petites bmmes qui descendaient et inOuaient chez quel-
ques-uns des assistants, et ceux-ci célébraient alors le "DI\'1N Hu-
• .lIN DU SEIGNEUR, disant: Rejetez ridée de trois Dieux, et croyez"
que dans le Seigneur habite corporellement toute la plénitude de la
Divinité; que le Père eL Lui sont un, comme l'Ame et le corps sont
un; et que Dieu n'est pas un venL ni un éther, mais qu'ilestHomme,
et alors vous serez conjoints au Ciel. et par le Seigneur vous pour-
rez dire JEsus. et prononcer DIVIK HUJIAIK.
l t t. TROISlblE MÉMORABLE. Un jour, m'étant éveillé dès l'aurore,
je sortis dans le jardin devant la maison, et je vis le soleil se lever
dans éclat, et tout autour de lui une ceinture d'abord lésère,
et ensuite plus épaisse, oomme resplendissante d'or, et sous SOD
168 LA. VRAIE
limbe monter une nuée qui, semblable à IIne escarboucle. brillait
de la flamme du soleil; el alors je tombai en méditation sur ce que.
d'après les fables de l'autiquité la plus reculée, on avait imagin6
l'Aurore avec des ailes d'argent portant de l'or dans sa boucbe.
Pendant que mon Mental se plaisait dans ces méditations, je devina
eB esprit, et j'entendis quelques Esprits qui parlaient entre eUI et
disaient: Pltlt l Dieu qu'il nous fO.t permis de parler avec ce Nova-
teur qui a jeté parmi les Cbefs de l'Eglise une pomme de Discorde,
vers laquelle beaucoup de Laïques ont COlH'U, et, après l'avoir ra-
massée, l'ont offerte l nos yeux; par celte pomme ils entendaient
un Opuscule intitulé: EXPOSITION SOJlIlAIRE DE LA DOCTRINE DE LA.
NOUVELLE ÉGLISB ; et ils dirent: C'est assurément quelque chose de
Schismatique à quoi jusqu'à présent personne n'ava1t pensé; et
j'entendis alors l'un d'eui crier: Quoi 1 Schismatique! c'est Héréti-
que i mais quelques-uns à cOt6 de lui dirent en le repoussant: Tai ...
toi, garde le silelce; ce n'est pas Hérétique, il allègue une foule de
passages de la Parole, aUlquels nos étrangers, par lesquels nous en-
tendons les 'aiques. font attention et donnent leur assentiment.
Comme j'entendais ceLLe discussion, parce que j'étais en esprit. je
m'approchai et je dis: Ile voici. qu'y a-t-il? Et aussitôt l'un d'eul.
qui. ainsi que je l'ai appris plus tard, était Alemand, natif de Saxe ..
et avait parlé d'un ton d'autorité, me dit: D'où t'est venu l'audace
de renverser le Cult.e affermi par tant de siècles dans le Monde Chré-
tien, culte qui a consisté l invoquer Dieu le Père comme Créateur
de l'Univers, son Fils comme Médiateur. et l'Esprit Saint comme
opérant? et toi, tu de notre personnalité le Premier et le
Dernier J)ieu. lorsque cependant le Seigneur dit Lui-Même:
• Quand vous priez, priez ainsi: NOTRE PÈRB, QUI DANS LES CIEux.
° SOIT &.\NCTlFlt TON NOlll ! VIENNE TON ROUUME 1 » Ainsi. n"a-t-i1 pas.
été d'invoquer Dieu le Père? - Après qu'il eut pronoDc6
ces mots, il se fit un silence, et tous ceUI qu i étaient de son avis se
tinrent fermes. tels quoe des soldats courageui sur des vaisseaux de
perre à la vile d'une Bolte ennemie. prêls l crier: Combattons.
maintenant. la victoire est certaine; et alors je commençai à parler.
et je dis: Qui de vous De sait pas que Dieu est descendu do Ciel. et
qu'il a failohomme, car on lit: cr La Parale élait ches Dieu,
et Dieu était la Parole, et la Parole Chair a lIé faite? • Qui da
r
RELIGION CHRETIESNE
169
'Vous ne sait pas - et je tournai mes resards vers les Évaniéliques
parmi lesquel& ce Dictateur qui m'avait interpellé - que daos
le Christ né de la Vierge Marie, Dieu est Homme et l'Homme es&
Dieu 7 Mais l ces mots l'Assemblée fit entendre un murmure; c'est
pourquoi je dis: Est-ce quIS vous ne savez pas ce}a Y N'est-ce pas
conforme lia doctrine de votre confession, qu'on nomme FORMULS
. PE CONCORDE; où cela est dit, et est corroboré par plusieurs argu-
ments! Et alors ce Dictateur se tourna "ers l'Assemblée, et demanda
si elll! avait connaissance de cela, et ils répondirent: Nous avons
peu étudié ce Livre ce qui concerne la PERSONNE DU CHRIST,.
Ulais nous y avons sué sur ('Article de la JUSTIFICATION par la foi.
$eule,. cependant si on y lit cela, nous y acquiesçons; et alors l'un
4'eux, s'étant rappelé le texte, dit: Cela s'y lit, et de plus il est. dit
que la Nature Humaine du Christ a été élevée à la Majesté Divine et
i tous ses attributs, et aussi que le Christ dans cette Maje:;té est as-
sis l la droite de Ion Père. Lorsqu'ils eurent entendu cet aveu, ils
se turent; après cet assentiment tacite, je pris de nouveau la parole.
en disant: Puisqu'il en .est ainsi, qu'est-ce alors que le Père sinon·
le Fils, et qu'est-ce aussi le Fils sinon le Père! Mais comme ceci
était encore désagréable • leurs oreilles, jlS continuai en disant:
Écoutez les paroles mêmes du Seisneur; si vous n'y avez pas fait
attention auparavant, faites-y attention maintenant; en eI'et, il a
dit: • Le Père et Moi nous sommes!m,. le Père est en Moi et
Moi dans le Père,. Père, toutes choses Miennes sont Tiennes,
et .toutes choses Tiennes sont Miennes; qui Me voit, voit le
Père;» que dit-il autre chose par Il, sinon que le Père est dans le
Fils et le Fils dans le Père, et qu'ils sont un comme l'Aine et le
Corps dans l'homme, et qu'ainsi ild sont une seule Personne; cela
aussi doit être conforme l votre foi, si vous croyez ail symbole
d'Athanase, où de semblables choses .sont dites; mais des passages
.cités, prenez seulement ces paroles du Seigneur: • Père,
doses Miennes sont Tiennes, et toutes choses Tiennes sont
Miennes; • qu'est-ce autre chose, sinon que le Divin du Père ap-
partient l l'Humain du Fils, et l'Humain du Fils au Divin du Père •
.qu'en conséquence dans le Christ Dieu est l'Homme et l'Homme est
Dieu, et qu'ainsi ils sont un comme l'Ame et le corps sont un : tout
homme peut dire la même chose de SOD Ame et de SOD corps.
LA. VRAIE
savoir, touLes choses tiennes sont miennes, et toutes choses miennes
BOnt tiennes; loi, tu es en moi, et moi je suis en toi; qui me voit te
nous sommes un quant lia personne et quant lia vie; et cela.
parce que l'Ame est dans l'homme tout enlier et dans chaque partie
de l'homme, car la vie de l'lme est la vie du corps, et il ya le mutuel
entre eUI : de la il est évidelJt que le Divin du Père est l'âme du Fils,
et que l'Humain du Fils est le corps du Père; d'oh vient l'âme d'un
fils sinon du père, et d'où vient son corps sinon de la mère Y Il est
dit le Divin du Père, et il est entendu le Père Lqi-Même, puisque
Lui et son Divin sont une même chose, le Divin aussi est un et indi-
que cela SOIt ainsi, on le voit encore par ces paroles de
l'AnBe Gabriel à. Marie: • Une Vertu du Très-Hautfom6ragera,
et un Esprit Saint-viendra sur toi, ce qui nattra de toi
Saint, sera appelé Fils de Dieu, • et un peu auparavant il est.
appelé Fils du T.,.ès-Dallt, .et ailleurs, ,Fils Unique-engendré;
vous, au contraire, qui Le nommez seulement Fils de Marie, vous
détruisez l'idée de sa Divinité, mais celle idée n'est perdue que par
les Savants d'entre les Ecclésiastiqu8.o; et par les Erudits d'entre les
Laïques, lesquels, lorsqu'ils élèvent leurs pensées au-dessus des
sensuels de leur corps, regardent la gloire de,leur rél'ulalion, qui
Don-seulement obscurcit, mais encore éteint la lumière par laquelle
entre la gloire de Dieu. Mais revenons l l'Oraison Dominicale, où il
est dit: «Nolre Père qui es dans les Cieux, soit sanctifié ton
Nom! vienne ton Royaume! D Vous, qui êLes ici, vous
par ces paroles, le Père dans son Divin Seul; mais moi j'entends le
Père. Lui-Même dans son Humain, et cet Humain aussi est le Nom
du Pbre, car le Seigneur a dit: Père, glorifie ton Nom, c'est-1-
dire, ton Humain, et quand cela est fait, c'est alors que vienlle
Royaume de Dieu, et cette Oraison a été commandée Ilour ce lemps,.
C'e.sl-1-dire, aOn qu'on s'adresse l Dieu le Père par son Humain;
le Seigneur a dit aussi: .. Personne ne vient au l'ère que par
Moi; • et dans le Prophète: «Un enfant nous est né, un Fi#
nous a été donné; son Nom (est) DIED, Héros, PËRE D',ETERNITi; D
et ailleurs: III Toi Jéhovah notre Pêre, notre Rédempteur, dès
le 'Siècle ton nom, D el en Ihille autres endroits, où le Seigneur no-
tre Sauveur est appelé Jéhovah. Voill la véritable explication des
'paroles de cette Prière. Après que j'eus ainsi parlé, je les regardai
r
-
RELIGION CHRÉTIENNE
l'H
attentivement. et je remarquai des changemen ts de physionomies
aelon les chanGements d'état de leur mental; quelques-uns m'élant
favorables et me regardant avec attention. d'autres ne m'étant pas
favorables et se détournant de moi: et alors la droite je vis une Nuée
GOuleur d'opale. et la gauche une Nuée noire. et sous ces deux nuées
GOmme une pluie. sous la seconde comme une forte pluie des der-
Diers temps de l'automne. et sous la première comme une pluie de
rosée aD commencement du prinptemps; et toutl coup d'esprit
que j'éLais alors je fus remis dans le corps. et ainsi du Monde spiri.&
wei je rentrai dans le Monde naturel.
t t3. QUATRllulB MtIlORABLB. Je reiardais dans le Monde des Es-
prits, 'et je vis une Armée sur des Chevaux roux et noirs; ceux qui les
montaient apparaissaient comme des Singes, tournés quant la la face
ét à la poitrine vers les croupes et les queues des Chevaux, et quant.
i l'occiput et au dos vers les épaules et les têtes; et les brides pen-
daient autour du cou des Cavaliers; et ils criaient contre des Cava-
liers 'montés sur des Cbevaux blancs, et ils secouaient les brides
avec les deux mains, mais ainsi ils retiraÏt!Dt les chevaux du combat.;
et cela continuellement. Alors deux Anses descendirent ~ u Ciel, et.
ils vinrent la moi, et ils me disaient: Que vois-tu 1 et Je racontais que
je voyais une cavalerie bien ridicule, et je fis ces questions: Qu'est-
ce que cela, et qui sont-ils! et les Anges répondirent: Ils viennent
du lieu. qui est appelé dans l'Apocalypse Armagedd:on. - XVI, t6.
- dans lequel ils ont été rassemblés au nombre de quelques milliers
pour combattre contre ceux qui sont de la Nouvelle Église du Sei-
IDeur, appelée Nouvelle Jérusalem ; dans ce lieu ils parlaieDt de
l'Église et de la Religion. et cependant chez eox il n'y avait r i ~ D de
l'Église parce qu'ils n'ont aucun vrai spirituel ni rien de la
Religion. parcequ'ils n'ollt aucun bien spiri.tuel ; ils y parlaient de
bouche et de lèvres sur l'une et sur l'autre, mais c'était afin d'avoir
par elles la domination; ils ont appris dans leur jeunesse la confir-
mer la Foi seule, et quelques propositions sur Dieu, et ils les ont
retenues quelque temps, lorsqu'ils ont été élevés la de plus éminentes,
fonctions dans l'Église; cependant comme ils ont ,alors commencé à
penser. DOD plus à Dieu ni au Ciel, mais la eux-mêmes et au Monde.
ainsi nOD la la béatituae et à la félicité éternelles, ma.is la l'éminence
et à l'0llulence temporelles, ils ont rejeté hors des intérieurs du
i72
LA VRAIE
Blental rationnel, qui communiquent avec le Ciel et sont par suite
dans la lumière du Ciel, les doctrinaux qu'ils avaient puisés dans
leur jeunesse, et ils les ont placés dans les ell.térieurs du M'entaI ra-
tionnel, qui communiquent avec le Monde et sont par suite dans la
lumière du Monde, et enfin ils les ont précipités dans le naturel seo-
suel; de là les doctrinaux de l'Église chez eux ont appartenu seule-
ment A la bouche, et non plus à la pensée provenant de la raison,
et encore moins à l'affection provenant de l'amour; et comme ilue
sont faits tels, ils n'admettent aucun Divin uai appartenant à l'É-
rlise, ni aucun bien réel appartenant à la ReliBion ; les intérieurs
de leur Mental sont devenus comme des Outres remplies d'un mé-
Jange de limaille de fer et de poudre de soufre, dans lequel, si l'on
y jette de l'eau, il se manifeste d'abord de la chaleur et ensuite de la
llamme, ce qui fait rompre ces outres ;.pareillement ceux-là, quand
ils entendent quelque chose concernant l'eau qui est le vrai
réel de la Parole, et que cela entre par leurs oreilles, ils s'embra-
sent et s'enflamment avec véhémence, et ils rejettent cela comme
une chose qui leur romprait la tête. Ce sont eux qui ,'ont apparu
comme des Sinses montés à rebours sur des Chevaux roux et noirs,
avec lIE- brides autour du cou, parce que ceux qui n'aiment ni 1.
vrai ni le bien de l'Église tirés de la Parole, ne veulent pas regarder
la partie antérieure du cbeval, mais ils en regardent la partie pos-
térieure, car le Cheval signifie l'entendement de la Parole, le Che-
val rouI l'entendement de la Parole détruit quant au bien, et le Che-
val noir l'entendement de la Parole détruit quant au vrai: s'ils ont
crié lU combat contre ceul qui étaient mOJllés sur des Chevaux
blancs, c'est parce que le Cheval blanc signifie l'entendement de la
Parole quant au vrai et au bien; s'ils t'ont apparu tirer avec le COD
leurs chevaux en arrière, c'est parce qu'ils craignaient le combat.
de peur que le vrai de la Parole ne pantnt à plusieurs, et ne se ma-
nifest:!t ainsi dans la lumière: c'est là l'interprétation.
Ensuite les Anges me dirent: Nous sommes de la Société du Ciel.
qui est nommée Michel, et nous avons reçu du Seigneur l'ordre de
descendre dans le lieu appelé Armageddon, d'où s'est échappée la.
Cavalerie que tu as vue: chez nous, dans le Ciel, Armageddon signi-
fie l'étal et l'intention de d'après des vrais falsifiés, état.
et intention qui ont leur source dans l'amour de dominer ct d'excel-
r
RELIGION CHRÉTIENNE
n3
1er sur tous les autres; el comme nous avons perçu chez toi le dé-
sir d'avoir des détails sur ce combat, nous allons t'ell donoer quel-
ques-lins. Après notre descente du Ciel, nous oous approchâmes de
ee lieu appelé Armageddon, et nous les y TImes réunis au nombre
de quelques milliel's; toutefois nous n'entrâmes point dans cette As-
semblée, mais il y avait sur le côté méridional de ce lieu quelques
liaisons oh étaient des Enfaots avec leurs Maltres; nous entrâmes
là, et ils oous reçurtnt avec bienveillance; nous nous plaisions daos
leur compagnie; tous, quant la face, étaient charmants d'après la
• Vie dans Jes yeuI, eL d'alJrès le zèle dans le langage; la vie dans
les yeul leur de la perception du vrai, et le zèle dans le lan-
lage, de l'affection du bien; c'est pourquoi nous leur donoAmes des
Toques dont les bords étaient ornés de tresses d'or parsemées de
perles, et nous leur donnâmes aussi des vêtements bigarrés de blanc
et d'hyacinthe: nous leur demandâmes s'ils avaient jeté leurs ra-
lards sur le lieu voisin qui est appelé Armaseddon ; ils répondirent
qu'ils l'avaient regardé par une fenêtre qui était sous le toit de la
maison, et qu'ils y avaient vu une assemblée, mais sous diverses .6-
lures, tantôt comme des hommes d'un baut rang, et tantOt non plus
comme d::; homr.:f.s, mais comme des Statues el des Idoles sculptées,
et autour de ces Idoles la Foule fléchissant les genoux; ils nous'
étaient aussi apparus à nous sous diverses formes. quelques-uns
comme des hommes, d'autres comme des féopards, d'autres comme
des boucs, et ceux-ci avec des cornes recourbées en bas avec les-
quelles ils terre; nous donnâmes à ces enfants l'inter-
prétation de ces métamorphoses, en leur disant qui elles représen-
taient et ce qu'elles signifiaient. Mais revenons à notre sujet: Lors-
que ceul qui anient été assemblés eurent appris que nous étions en.
trés dans ces liaisons, ils dirent entre eUI: Que font-ils cbez
enfants r Envoyons quelques-uns de notre Assemblée pour les cbas-
ser; et ils en envoyèrent, et lorsqu'ils furent venus, ils nous dirent:
Pourquoi êLes-vOUS entr.es dans ces Maisons? D'oil êtes-vous r Nous,
d'après notre autorité nous vous ordonnons de vous retirer. Mais
DOUS répondlmes: Vous ne pouvez pas donner cet ordre d'après une
autorité; vous êtes, il est vrai, à vos propres yeUl comme des
Enakim, et ceUI qui sont ici vous paraissent comme des nains, mais
n6anmoins vous. n'avez ici aucun pouvoir ni aucun droit. si ce n'est
s
LA VRAIE
par des astuces, qui cependant n'auront aucune force; allez donc
rapporter ault vôtres que nous avons été envoyéa du Ciel ici, pour
examiner par notre visite, si cbez vous il ya de la Religion, ou non;
s'il n'yen a point, vous serez chassés de ce lieu; en conséquence
proposez-leur ce point, qui renferme l'Essentiel même de l'Église
et de la Religion: Comment entendent-ils ces paroles da.ns.l'OraisoD
Dominicale: • NOTRB PiRE QDJ ES LES CIEUX 1 SOIT SANCTIFlS
TON NOlil VIENNE TON ROYAUME! .. - Dès qu'ils eUl'ent entendu ces
mots, ils dirent d'abord: Qu'est-ce que cela! Et Qu'ils
ce point ;" el ils s'cn allèrent, et ils firenlleur rapport
aux leurs, qui répondirent: Que signifie cela, quelle est celte
proposilion ! Mais nous comprenons l'arcane, ils veulent savoir si
ces paroles confirment la voie de notre foi ,'ers Dieu le Père; ils
dirent donc: Ces paroles sont claires, il faut selon elles prier Dieu.
le Père, et comme le Christ est l\Iédiateur, il faut prier Dieu.
le Père d'être propice à cause du Fils; et aussitôt dans leur indi-
pation ils résolurent de venir nous trouver et de nous donner de
vive voix cette elplication, disant même qu'ils nous tireraient les
oreilles; effectivement ils sortirent du lieu où ils étaient. et ils en-
trèrent dans un bocase situé près de ces Maisons où se trouvaient
les enfants avec leurs maltres; et au milieu duquel il y avait un Ter-
rain élevé comme un Théâtre pour des exercices; et ils se tenaient
par les m:ins, et ils entrèrent dans ce théâtre, où nous étions, et où
nous les aUendions; il Y avait là des tertres de ,azon formant 1
cotnme de petites collines, sur lesquels ils se plaçaient, car ils se di-
rent les uns aux autres: Nous ne Dousliendrons pas debout devant
eUI, mais nous nous assiérons. Et alors l'un d'eux, qui pouvait
prendre l'apparence d'un Ange de lumière, et auquel les autres
avaient enjoint de nous adres!ler la parole, nous dit: Vous nous
propesé que nous ounions nos mentais sur les premières pa-
roles de l'Oraison Dominicale, et de vous expliquer comment nOlis
les entendons; je vous dis donc que nOllS les entendons ainsi:.
n faut prier Dieu le Père, et comme le Christ esL notre Mé-
diateur et que DQUI sommes sauvés par sQn Mérite, il faut prier
Dieu le Père d'après la foi dans le mérite du Christ. liais
alors nous leur dîmes: Nous lommes de la Société du Ciel. qui est
appelée }Jiqhel. et nous avons été envoyés pour et examiner
zr1
r

RELIGION CHRÉTIENNE
175
si vous, qui avez été assemblés dans ce lieu, vous avez quelque Re-
ligion ou non, car l'idée de Dieu entre dans tout ce qui est de la
religion; el par cette idée se fait la conjonction, et par la conjonc-
tion la salvation ; nous, dans le Ciel, nous lisons tous les jours cette
Oraison, comm,e les hommes sur la Terre, et alors nous pensons,
Don à Dieu le Père, parce qu'il est invisible, mais à Lui dans SOD
Divin Humain, parce que dans le DiviD Humain il est visible. et Lui
dans le Divin Humain est appelé par vous le Christ, mais pal: nous.
le Seigneur, et ainsi pour nous le Seigneur est le Père dans les
Cieux; le Seigneur a aussi enseigné que Lui et le Père sont un; que
le Père est en Lui et Lui dans le Père; que celui qui Le voit, voit le
Père; que perso.nne ne vient au Père que par Lui; et aussi que la
volonté du Père est qu'on croie au Fils, et que celui qui ·ne croit.
point au Fils ne voit la Vie, bien plus que la colère Ile Dieu
reste sur lui; d'après ces passages il est é,'ident qu'on s'adresse au
Père par Lui et en Lui; et comme il en est ainsi, il a encore ensei-
gné que tout pouvoir Lui a été donné dans le Ciel et sur la Terre:
il est dit dans cette Oraison: ct SOIT SANCTIFIÉ TON NoM. ! VIENNE TON
ROYAUME! D et nous avons démontré d'après la Parole que le Divin
Humain du Seig·neur est le Nom du Père, el que le Royaume du
Père vient quand on s'adresse immédiatement au Seigneur, et nulle-
ment quand on s'adresse immédiatement à Dieu le Père; aussi est-
ce encore pour cela que le Seigneur a ordonné à ses Disciples de
prêcher le Royaume de Dieu, et c'est là le Royaume de Dieu. A ces
mots nOi Antagonistes répondirent: Vous citez beaucoup de pas-
sages de la Parole, peul-être les y nons-nous lus, mais nous ne
nous en souvenons pas, ouvrez donc devant nous la Parole, et.lisez-
les, principalement ceux qui montrent que le Royaume du Père
vient quand. arrive le Royaume du Seisneur; et alors ils dirent aUJ:
Enfants: Apportez la Parole; et ils l'apportèrent, et nous y lumeS'
ce qui SUit: • Jean pr'chatlt fÉva"gile du Royaume, dit: Ac-
compli est le temps, et s'est approché le ROYAllllE DE DIEU .• -
Marc, l, U, UL Malth. m, !. - • Jésus prAcha l'É-
vangile du Royaume, et gue s'approchait le ROYAUIIB DE DIEU ••
- Matth. lV, i 7, 23, IX, 33 .• Jésus ordonna à ses disciples le
prAche1' et d'évangéliser le ROYAUME DE DIEU. IJ - Marc, XVI, t5.
Luc, VlII, t. IX., 60; - p(J1'eilJement au:c soizante-:di:& gf.C'il
u
1'16
LA. VRAIE
envoya - Luc, X.,9, H, - outre ce qui est dit ailleurs, comme·
dans Mauh. XI, S. XVI, !7, 28. Ilarc, VIII, 3S. IX, il, !7. X, t9.
30. XI, 10. Luc,l, t9. Il, tO, tt. IV, .6.3. VII, 22. XXI, 30, 3t ..
XXII, i8. Le Royaume (le Dieu, qui était évangélisé. c'était le.
Royaume du Seigneur, et ainsi le Royaume du Père; que cela soit
ainsi, on le voit clairement par ces passases: • Le Père a donne
toutes choses dfJ11$ la main du Fils . • - Jean, m, 315. - • Le
Pèl'e a donné au Fils pouvoir sur toute chair. D - Jean, xvn.
!. - a Toutes choses M'ont été livrées par mon PèJ'e » -MaUh ..
XI, !7. - • Il M'a été donné tout pouvoir dans le Ciel et su,.
Terre. » - MaUh. xxvm, t8. - Et en outre par ceul-ci: • Jé-
hovah Sé6aoth (est) son Nom, et ton'Rédempteuf', le Saint d'/s-
Dieu de toute la Terre sera appelé. " ......! Esaie, UV, S. -
• Je et voici comme vn FILS DE L'HonE, et il lui fut
donné Domination et gloire et royaume; et tous les peuples et
les nations Le Se7'fJiro"t, sa Domination (ser:a) une Dominati,on
du siècle laqvelle ne passera point, et sonRoyaume (un Royaume)
gui ne périra point. » - Daniel, VII, t3, U. - te Quand le
septième Ange eut sonné de la tromPette, il se fit des voiz
grandes dans les Czcux, disant: Sont devetm:: du
mo"de (ceux) de notre Seigneur et de son ChrÜJt, et il régnera
dans les siècles des siècles. » - Apoc. XI, us. XII, iO. - De
plus, DOUS les instruisimes d'après la Parole, que Seigneur est
venu dans le Monde non-seulement pour racheter les et les
.Bommes, mais aussi pour les unir l Dieu le Père par Lui et en Lui,
car il a enseigné qu'il est en ceux qui croient en Lui, el qu'eul sont
en Lui, - Jean, VI, 66. XIV, 20. XV, 4, D, - Après qu'ils eu-
rent entendu cela, ils nous demandèrent: Comment donc votre Sei-
peur peut-il être appelé le Père' Nous leur dimes: D'après les
passases qui viennent d'être lus, et encore d'après cenx-ci : « Un
Enfant nous est né, un Fils nous a été donné, son Nom sera
appelé DIEU, HÉROS, PÈRE D'ÉTERNITÉ. » - Esaie, IX, 5. - a Toi,.
notre Père, A6raham m noZ" connate pas, et Ist'aill ne nous
reco;malt pas; TOI, JÉIIOVAB (lu es) NOTRE PÈRE, NOTRE RÉDElIPTEDR,
Dts LB slieLE (c'est) TON NOK •• - Esaïe"LXIII, iG. - N'a-t-il
pàs dit l Philippe qui voulait voir le Père: fi Philippe 1 ne m'as-
lu pœ connu? gui voit, voit le Père. D -lean, XIV, 9. XII,
-


RELIGION CItRÉTIENNE.
,t'l.,
4:B ; - dès lors quel autre est le Père, sinon celui que Philippe vit
de ses propres yeux Y A cela nous ajoutâmes: 11 est dit dans tout le
'Monlle Chrétien, que ceux qui sont de l'Ég).ise font le Corp's du
Christ et sont dans son Corps, comment alors l'homme de l'Église
peut-il s'adresser à Dieu le Père, si ce n'est par Celui dans le corps
duquel il est! Autrement il sortira entièrement du corps et s'en ira.
Enfin nous les informâmes qu'aujourd'hui le Seisneur instaure la
NOUVELLE ÉGLISE, qui est entendue dans l'Apocalypse par la Nou-
"ELI.! ItRUSALBM, 'lians laquelle il y aura le culte du Seiineur seul.
comme dans le Ciel, et qu'ainsi sera accompli tout ce qui est
dans r Qraiso,n Dominicale depuis le commencement
jusqu'à la fin. Nous confirmâmes toutes ces choses d'après la Pa-
role dans Évangélistes et .dans les Prophètes, et d'après l'Apoca-
lypse dans laquelle, depuis le commene·ement jusqu'à la fin. il s'agit
celle Église, et cela, en citant un si grand nombre de
qu'ils fatigués de nous entendre.
Les Armageddoniens, qui DOUS avaient entendus avec indignation,
'avaient l'oulu de temps en temps nous interrompre; ils y parvinrent
enfin, et ils s'écrièrent: Vous avez parlé contre la Doctrine de noLra
Église,. qui enseigne qu'il faut s'adresser immédiatement à Dieu la
'Père et croire en Lui; ainsi, YOUS vous êtes rendus coupables de.
violation de notre foi, sorLez donc d'ici, sinon, vous serez chassés:
et, enftammés de fureur, des menaces ils en vinrent à des efforts;
mais alors d'après la puissance qui nous avait éLé donnée nous les
frappâmes de cécité, et par suite ne nous '·oyant pas, ils sortirent
précipitamment, et dans leur égarement ils couraient çà et Il, et
.quelques-uns tombèrent dans l'abfme, dont il est parlé dans l'Apo-
-calypse, - IX, !, - lequel maintenant est dans la Plage méridio-
nale vers l'Orient, où sont ceux. qui confirment la justification par
la foi seule; et là ceux qui confirment cette foi la Parole
sont envoyés dans un désert, où ils sont portés jusqu'à l'eitrémité
·du Monde Chrétien, et conrondus avec les paiens.
DE LA. UDEIIPTION.
. tU. Que dans le Seilnêur il '! lit deux Fonctions, la Fonction
SACERDOTA.LB, et la Fonction ROYALE, est connu dans l'ËSlise.
L fi

n8
LA. VRAIE
mais il en est peu qui sachent en quoi consiste l'une et en quoi con-
siste l'autre, il faut donc le dire: Le Seigneur, d'après la Fonction
Sacerdotale, a été appelé JSSUg, et d'après la Fonction Royale,
CHRIST; et aussi d'après la Fonction Sacerdotale, il est nommé dans
la Parole Jéhovah et Seigneur, et d'après la fonction Royale, Dieu et
Saint d'Israël, et aussi Roi: ces deux fonctions sont distinctes en-
tre elles comme l'Amour et la Sasesse, ou, ce qui est la même
cbose, comme le Bien et le Vrai enlre eux; c'est pourquoi tout ce
que le Seigneur a fait et opéré d'après le Divin Amour ou le Divin
Bien, Ul'a fait et opéré d'après sa Fonction Sacerdotale; et tout ce
qu'il a fail et opéré d'après la Divine Sagesse ou le Divin Vrai, il l'a
fait et opéré d'après sa Fonction Royale; dans la Parole aussi Prêtre
et Sacerdoce signifient Divin Rien, ' tandis que Roi et Royauté signi-
fient Divin Vrai i les Pl'ôtres et les ,Rois dans l'Église Israélite re·
présentaient ce Bien et ce Vrai, Quant 11 ce qui concerne la Rédemp-
lion, elle aflpartient à ces deux Fonctions; la suite montrera ce qui
appartient à l'une et ce qui appartient fi l'antre, Uais pour que cha-
que chose SOiL perçue distinctement, l'exposition en sera divisée par
Sections ou Articles, dans l'ordre suivant:
I, La Redemption m6me a été la suhjugation des Enfers et
I01'dination des Cieux, et pal' l'une et l'aub'e la préparation ci
une nouvelle Église spirituelle,
n. Sans cette Rédemptiml aucun homme n'aurait pu
.auvé, et les Anges n'auraient pu suhsister dans Ntat d'in'té-
grilé.
m . .Ainsi le Seigneur a racheté non·seulement les hommes#,
mais aussi les Anges.
IV. La Rédemption a été une œuvre purement Divine.
V. Cetle Rédemptioli elle·mhne n'a pu faite gue par
Die.ü incarné. . ' '
VI. La Passion de la croix a été la dernière Tentation gue le
Seigneur a ""hie comme Très- Grand Prophète; el elle a été le
moyen de la Glorification de son Humain, c'est·à-dire, de fu-
nion avec le Divin de son Père, mais elle n'a pas, été la Rédemp-
lion.
VD. La croyance gue la Passion de la croi:r: a été la Rédemp.
lion est l'erreur fondamentale de l'Église i et cette e,'·

-
r
l

RELIGION CHRÉTIENNE
1.9
,.eur, jointe à ferreu,. suries trois Pel'so1lnes Divines de toute
éternité, a tellemf!1ll perverti tout, r Église, qu'il ne ,'este rien
de spirituel en elle. .
Maintenant chacune de ces propositions va être développée en
.particulier.
U3. 1. LA RÉDIWPTION lItaIE A ÉTt LA SUBJI:GATION DES ENl'"EI'S
KT L'ORDINATION DES CIEUX, ET PAR L'(jNE ET L'AUTI'E LA. PREPARATION
.A UNI NOUVELLE tGLlSE SI'IRITUELLE.
Que ces trois opérations constituent la Rédemption, je peux le
dire en toute certitude, puisque le Seigneur opère encore aujour-
d'hui la Rédemption, qui a commencé dans l'Année t75i, en OIême
lemps que le
o
JUGEMENT DERNIER qui a été alors fait; depuis ceLle
époque celle Rédemption a continué jusqu'à présent; et cela, parce
qu'aujourd'hui, (asile SECOND AVÈNEMENT DU SEIGNEUR, et qu'il doit
être institué une Nou,oelle Eglise, qui ne peut être instituée, à moins
d'être précédée de la subjugation des EnCers et de l'ordination des
Cieux; et comme il m'a été donné de voir toules ces choses, je peux
décrire comment les Enfers ont été subjugués, et comment un Nou-
veau Ciel a été Condé et ordonné, mais ce serait le sujet d'un ou-
vrage entier; toutefois, dans un Opuscule imprimé à Londres, en
i 7fS8, j'ai dévoilé comment le Jugement Dernier a été accompli. Si
la subjugation des Enfers, l'ordination des Cieux, et l'instauration
d'une NouTelle Eglise ont constitué la Rédemption, c'est parce que
sans ces trois opérations aucun homme n'eut pu être sauvé; elles se
suivent même en ordre, car il faut d'abord que les Enfers soient
subjugués, nant qu'un Nouveau Ciel Angélique puisse être formé,
et il Caut que ce Ciel soit Cormé avant qu'une Nouvelle Eglise puisse
être instilUée dans les terres; car les hommes dans le Monde ont
été tellement conjoints allx Anges du Ciel et aux Esprils de l'Enfer,
qu'ils font un de part et d'aulre dans les intérieurs deij mentais:
il sera traité spécialement de ce sujet dans le dernier Chapilre
de cet Ouvrage, où il sera parlé de la CONSOMMATION DU SU\:C.LE, de
l'AVÈNEJENT DU SEIGNEUR, et de la NOUVELLI ÉGLISE.
U6. Que le Seigneur, quand il était dans le .Monde, ail combattu
contre les Enfers, et les ail vaincus et et qu'ainsi il les ait
soumis l son obéissance, on le voit par un Irand nombre de pas-
sales dans la Parole, je vais en présenter quelques-uns; il est dit
180
LA, VRAIE
dans Esaie: • Qui (est) celui-ci qui vient d'Edon,'les Aa{,its
teints, de B9zra, celui-ci Aonorable dans son ma ....
cAant dans la multitude de sa force? (C'est) Moi, qui parle
da,u la justice, grand pour sauver. Pourquoi rouge en ton vI-
lement, et ton habit comme, (celui) rlun fouleur au pressoir ?
Au pressoir j'ai foulé seul, et d'entre le peuple nul homme
avec Moi; c'est pourlJUOije les ai foulés dmlS ma colère et je
es ai écrasés danB mon emportement. de là a été répandue
leur victoire SUI' mes car le jour de la vengeance
(esl) dans mon cœur, et tannée de mes Rachetés est venue,
mon bras M'a procuré le salut; j'ai fait descendre en terre
leur victoi,·e. II a dit: Voici, mon peuple, ew:, des fils; c'est
pourquoi il est devenu pour ew: un Sauveur; à cause de· son
amour et à cause de sa clémence Lui les a rachetés • • - LXIII.
t l 9. - Ceci a été dit du combat du Sei,neur contre les Enfers i
par le vêlement dans lequel il était honorable et qui éLait rouge
l
il est entendu la Parole laquelle le peuple Juif avait fait violence;
le combat même contre les Enfers, et la victoire sur eux, sont dé-
miLs par ces mots: • Il les a foulés dans sa colère et les a écrasés
dans son emportement; " par les expressions: .,D'entre le peuple.
Dul homme avec Moi; mon· bras ara procuré le salut; j'ai fait des-
cendre en terre leur victoire, • il est décrit qu'il a combattu seul
et d'après la propre puis.r;ance; par celles-ci: • C'est pourquoi il
est devenu pour eux un Sauveur; A cause de son amour et à cause
de sa clémence, Lui les a rachetés. » il èSt décrit que c'est par lA
qu'il les a sauvés et rachetés; par celles-ci: • Le jour de la ven-
geance est dans mon cœur, et l'année de mes Rachetés est venu", »
1 est entendu que ce fut là la ClUse de son avènement. De nouveau
dans Esaie: • II vit qu'il n'y avait personne, et il fut étonne
qu'il n'y eat point d'intercesseur; c'est pourquoi son hras Lui
procura le Salut, et sa Justice le soutint; de là il la Jus-
tice comme cuirasse, et le caspe du Salut sur sa tête; et il1'e-
des habits de vengeance et se coumt de zèle comme d'un
manteau. Alors vi"t à Sion le Rédempteur • • - LIX, t6, t.7.
!o. - Dans Jérémie: • Ils ont étl c01utern.és"; leurs (hommes)
forts ont été meu1"tris; ils ont pris la fuite, et ne se sont point
retournés. Ce jour-là (est) pour le Seigneur Jéhovik Sébao'"
r
h
RELIGION CBRltTIENNE.
18l.
lm jour de vengeance, pour tirer vengeance de ses 61tnemÏB.
pour gue répée dévore et soit rassasiée. » - XLVI, S, j 0'; -
ces- deux passages traitent du combat du Seigneur contre les EnCers,
el de-la victoire remportée sur eux. Dans David: .. Ceins ton épée
lU,.. (fa) cuisse, " Puissant; tes traits (sont) acérés, les peuples
lOUl Toi tom6eront, (ceuI qui SOllt) de cœur ennemis du Roi.
J'on Tl'Ûne (est) pour le siècle et pour félemité; tu -as aimé la
Justice, c'est pourquoi Dieu T'a oint. • - Ps. XLV, , l-S; -
et en outre dans beaucoup d'autres_ passages. Parce que le SeigneuJ"
1 vaincu Seul les EnCers sans le secours d'aucun Ange, c'est pour
cela qu'il est appelé: HÉROS et 80Jl)(l DE GUERRES, - Esaie, XLII,
13. IX, B; - ROI DE GLOIRE, ItmovAH LB FORT, LE HÉROS DB GUERRE,
- Ps. mv, 8, 10; - LE FORT DE JA.COB, Ps. CXXXII, 2; - et,
dus plusieurs passages, Jéhovah Sébaoth, c'est-à-dire, Jéhovah
des Armées: l'Avènement du Seigneur est aussi nOlJ)mé le JOUR. DB
liHOVAR, jour terrible, cruel, d'indignation, d'emportement, de
coldre, de vengeance, de destruction, de guerre, de clairon, de
/wuit éclatant, de tumulte, etc. Dans les Ëvangélistes ont lit ces
paroles: cr C'est maintenant le Jù'gement de ce monde, le Prince
de ce Monde va 'tre jeté dehors. D - Jean, XII, 31. - • Le
Prince de ce Monde est jugé. D - Jean, XVI, t t. - cr Ayez
confiance, j'ai vaincu le Monde. » - Jean, XVI, 33. - u J'al
"u Satan comme un éclair tombant du ciel. " - Luc, X, i 8 ;
- par le Monde, le Prince du monde, Satan el le Diable, il est en-
tendu l'Enfer. Oulre ces passages, il est décrit dans l'Apocalypse, de-
puis le commencement jusqu'à la 6n, quelle est l'Église chrétienneag..
jourd'hui, et aUSlli, que le Seigneur doit venir de nouveau, qu'il subju-
pera les EnCers et fera un Nouveau Ciel Angélique, et qu'ensuite
il instaurera une Nouvelle Eglise dans les terres. Toutes ces choses
'J ont été prédites, mais elles n'ont été dévoilées qu'aujourd'hui; et
eela. parce que l'Apocalypse, ain$i que tous-les prophétiques de la
Parole, a été écrite par de pures Correspondances; si ce., prophéti-
ques n'avaient pas été dévoilés par le Seipeur, l peine quelqu'un
aurait-i1 pu en saisir convenablement un seul peLit verset; mais
maintenant ils onl tOI.\S é.té dévoilés, en faveur de la Nouvelle t,lise,
dans r ApOCALYPSE RtvtLtE, ouvrage imprimé l Amsterdam en t 766,
et seront vus par ceUI qui croient lIa Parole que le Seigneur a pro-

182
LA VRAIE
Doncée dans Matthieu, Chap. XXIV tout enlier, sur l'élat de l'Église
d'aujourd'hui, et sur SOD Avènement; mais celle foi vacille seule-
ment encore ohez ceux dans le cœur desquels la foi de l'Eglise
d'aujourd'bui sur la Trinité des Personnes Divines de tOlJle éternité.
et sur la Passion du Christ comme étant la RédempLion même, a
été.lmprimée si profondément, qu'elle ne peut être déracinée; mais
ceux-ci, ainsi qu'il a été dit ci-dessus dana le Mél1)orable N° H3.
sont comme des outres remplies d'un mélange de limaille de fer el
de poudre de soufre, dans lequel, si on y jeue de l'eau, il se mallifeste
d'abord de la chaleur, et ensuite de la flamme, ce qui fait rompre les ou-
tres ide même eUl, quand ils entendent quelque cboseconcernanll'eau
vivp, qui etlt le vrai réel de la Parole, et qU'e cela entre par les yeux
ou .par les oreilles, ils s'embrasent et s'enflamment, et ils le rejet-
tent comme IIne chose qui leur romprait la tête.
i t 7. La subjugation des Enrers,l'ordination des Cieur, et ensuite
l'instauration de l'Eglise, peuvent être illustrées par diverses com-
paraisons; elles peuvent être illustrées par une comparaison avec
une Armée de brigands ou de rebelles qui s'emparent d'un Royaume
ou 'd'une Ville, et y incendient les dépouillent les habitants.
de leurs biens. se partagent entre eUlle butin et ensuite se réjouis-
sent et se glorifient, et la Rédemption elle-même peut être illustrée
par comparaison avec un Roi juste qui attaque ces brigands avec
son Armée, en passe une partie au fil de l'épée, jeUe l'autre dans
des prisons, leur enlève le butin, et le restitue aur habitants, puis
rétablit l'or:tre dans le l\oyaume et le met à J'abri d'une pareille ID-
vasion. Ce sujet peut aus.c;l être ilIuslré par une comparaison avec
une troupe de bêles féroces qui sortent des fOrets et se jettent sur
les troupeaux de menu et de Iros bétail, et sur les hommes,
ce qui fait que l'homme n'ose sortir des murailles de sa ville, ni
cultiver la terre, d'où il résulte que les campalnes seronl dé.c;ertes,
et' que les citadins périront de famine; et la Rédemption peut être
illustrée par la destruction et l'expulsion de ces bêtes féroces, et
par la protection des champs conlre une nouvelle invasion. Ce su-
jet peut encore être illustré par des sauterelles qui dévorent Laute
la. verdure de la terre. et par les moyens employés pour qu'elles ne
fassent pas d'autres ravages: pareillement par les iuseCles qui, lU
commencement de l'été, privent les arbres de feuilles, et par cou-
r
RELIGION CHRETIENNE
183
séquen& aussi de fruits, de sorle qu'ils sont nus comme au milieu de
l'biver, et par la deslruction de ces insectes, et ainsi par le réta-
iblissement du jardin dans son état de fleuraison et de frucLification.
U en serail de même de l'Eglise, si le Seigneur n'eût pas par la Ré-
demption séparé les bons d'avec les méchants, et n'elll pas jeté ceux-
ci l'Enfer, et étevé .ceux-là dans le Ciel; que deviendrait Ull
Empire 011 un Royaume, où il n'y aurait ni justice ni jugement pour
enlever les méchants du milieu des bons, el proléger les bons con-
les violences, afin que chacun vive en sécurité dans sa maison.
-et soil, ainsi qu'il esl dit dans la Parole, assis tranquille sous son
figuier el sous son cep r
H8. II. SANS CETTE RËDEMPTION AUCUN HOHMB N'AUMIT PU
.tUB SAUVÉ, ET LES ANGES N'AURAIENT PU SUBSISTER L'ÉTAT
D'INTÉGRlTi,
Il sera d'abord dit ce que c'est que la Rédemption: Racheter si-
snifie délivrer de la damnation, ·exempter de la morl éternelle, ar-
racher de l'Enfer, et arracber de la main du diable les captifs elles
; c'est ce qui a été fait par le Seigneur, en ce qu'il a sub-
jUBué les Enfers et fondé un nOIl\'eau Ciel: que· l'homme n'aurait
pas pu êlre sauvé autrement, c'est pal'ce que le Monde Spirituel et
le Bonde naturel, sont tellement liés, qu'ils ne peuvent être séparés,
surtout en ce qui concerne les intérieurs qui sont appelés Ames et
mentaIs, ceux des bons sont liés aux Ames et aux mentaIs des anges,
-et ceux des méchants aux Ames et aux mentaIs des esprits infernaux;
il y a une telle union, que si les anges et les esprits se retiraient de
.l'homme, l'homme tomberait mort comme une souche; et de même
les. anges et les esprits ne pourraient subsister si les bommes leur
4§14ienl souslraits. D'après cela, on voit pourquoi la Rédemption a
"t6 faite dans le Monde spirituel, et pourquoi le Ciel et l'Enfer ont
..Ill être mis en ordre .... vant que l'Eglise puisse êlre instaUl'ée dans
les terres: que cela soit ainsi, onlle voil clairement dans l'Apoca-
lypse, en ce que la Nouvelle Jérusalem, qui est la Nouvelle Église.
·est descendue du Ciel, après que le Nouveau Ciel eut été formé, -
XXI, l, !,
.H9. Que les Anges n'auraient pas pu subsis.ter dans l'état d'inti-
1;rité, si la n'avait pas été faite par le Seigneur, c'est
parce que le Ciel Angélique tout entier avec l'Eglise dans les terres.
"
LA VRAIE'
est devant le Seipeur comme lin seuiliomllle'; don'lle Ciel Angéli-
que" constitue l'Inteme, et l'ÉKlisé l'Externe, ou plus spécialement,
, dont le Ciel suprême constitue la Téte, le second et le dernier Cfet
la Poitrine el la !Ioyenne Région du et l'Eglise dans les ter-
res les Lombes et les Pieds, et le Seigneur Lui-Même est l'Ame et
Ja Vie de tout cet Domine; si donci le Seigneur n'eût pas fait la R.é-
demption, r.et Domme ilOt été détl'!lit; il eSt détruit quant aux Piels
et aux Lombes lorsque l'Eilise dans les terres se retire, quant A la
Région iastrique lorsque le Demier Ciel se retire, quant à la Poi-
trine lorque le Second Ciel se relire, et alors la Tête, n'ayant poin',
de correspondance avec le Corps, tombe en Mais cela'
va êlre illustré par des comparaisons: Quand la gangrène s'empare
des pieds, elle monte progressivement, et' elle corrompt d'abord les
Jombes, ensuile les viscères de l'abdomen, et enfin les parties voi- \
sines du Cœur, alors l'homme, ainsi qu'il est nOloire, succombe et
meurt. Cela peut aussi être illustré par une comparaison al'ec les
maladies des viscères qui' sont au-dessous dll Diaphragme: Quand
ces ,'iseères dépériNient,le'Cœur commence à palpiter et le Poumon
l haleter fortement, et enfin tout mouvement cesse. Cela peut aussi-
êlrë illustré par une comparaison avec l'homme Interne et l'homme-
Externe: L'homme Interne se porle bien, tant que l'homme Externe
remplit ses fonctions avec obéissance; si au contraire l'homme Ex-
lern'e n'obéit point mais résiste, et si de plus il atlaque l'homme In-
terne, alors l'homme Interne est ébranlé et enfin privé des plaisirs
de l'homme jusqu'A ce qu'il devienne favorable à l'bomme
Externe et soit de son avis. Cela peut encore être illustré par com-
paraison avec un homme qui, se tenant sur une Montagne, voit au-
dessous de lui les terres inondées et les eaux monter successive-
ment; quand elles arrivent l la buteur où il se tient, il est aussi
Jui-mêmè inondé, s'il ne peut pouvoir à son sMul par une barque
qui vienne à lui sur les éaux: pareillement, si ,quelqu'un du haut
d'une Monlagne voit un bro'uillard épais s'élever de plus en plus de
Ja terre et couvrir les campagnes, les villages et les villes: quand
ensuite ce brouillard parvient jusqu'à lui, il ne voit rien, il ne se'
yoit pas nOD plus·lui-mêm" où il Semblable cbose arrive aux.
Anies, lorsque l'EgliSe dans lés terres aussi les Cieux
iDCérieurs s'en vont; el cela, parce qile 108 Cieux sont composés:
",
'\
r
.L
RELIGION CHRÉTIENNE
• ISrI
d'hommes venus de la terre, et que, lorqu'il ne reste plus aUCUD-
bie"D du cœur ni aucun vrai de la Parole, les Cieux sont inondés par
lei maUl qui s'élèvent, et ils en sont sulf'oqués comme par les eaux
du Styx; mais toutefois ceux qui les habitent sont cachés en quel-
que endroit par le Seigneur, et résenés pour le jour du Jugement
dernier, et alors ils sont élevés dan&.un Ciel Nouveau; ce sont aux
qui sont entendus dalls ces passases de l'Apocalypse: a Je vis sous
1 Autel les dmes de ceuz qui avaient été tués pour la Parole de
Dieu, et POri,. le Témoignage qu'ils aVaient i et ils criaient
r1une "oU: grande, disant: lusquel à fjUand, Seigneur, qui
,es) Saint et Vérita6le, ne juges-tu point, et ne venges-tu point
notre. sang sur ceuz qui ha6itent sur la Terre? et il leur fut
donné à chacun des r06es. 6lanches, et il leur fut dit qu'ils se re-
posassent encore un peu de temps, jusqu'à ce que tussent au
complet, et leurs compagnons de service et leurs frères, qui de-
vaient Il'I'e tués comme eu:t. ,. - VI, 9, 10. H.
I!O. Sans la Rédemption par le Seigneur, l'iniquité et la méchan-
eeté se répandraient dans toutll" la Chrétienté dans l'un et l'autre
Monde, le Naturel .et le Spirituel; il Y a de cela plusieurs raisons.
parmi lesquelles se trouve celle-ci: Tout homme après la mort vient
dans le Monde des esprits, et alors il est absolument semblable li ce
qu'il était auparavant, et en y entrant nul ne peut être empêché de
eonverser nec ses parents, ses frères. ses alliés et ses amis, morts.
avant lui; alors chaque mari cherche d'abord son épouse. et cha-
que épouse son mari. et on est introduit par les uns et les autres.
dans diverses réunions d'Esprits, qui au dehors apparaissent comme·
des brebis, et sont au dedans comme des loups, et par eux sont per-
vertis ceux même qui s'étaient adonnés l la piété; par suite, et
d'après des artifices abominables inconnus dans le Monde naturel.
es Monde-Ià a été rempli d'esprits malins, comme un étans verd:1.tre
est rempli d'œufs de grenouilles; que la fréquentation des méchants
y produise cet eft"et, c'est ce· qui peut être rendu évident pir les
exemples suivants: Si quelqu'on . reste avec dés voleurs ou avec des
pirates, il devient enfin semblable à eux; si quelqu'un habite avec
des adultères et des prostituées. il finit par reBarder l'adultère
eoilIIDe rien; si q u e l q u ~ u n se mêle avec ceux qui sont révoltés contre
les Jois, il finit pir considérer comme rien d'asir avec violence C08-
186 LA VRAI!
tre le prem ier venu; en effet, tous les maux. sonl contagieux, et peu-
vent être comparés lia pe. .. te qui se communique par la seule aspi ..
ration et par la seule exhalaison; et aussi A un cancer ou ~ une ian--
grène. qui se glisse et met en putréfaction les parties voisines et
successivement celles 'qui sont plus éloisnées. jusqu'. ce que tout
le c ~ r p s périsse; les plaisirs du, mal. dans lesquels chacun nait, 'en
sont la cause. D'après ce qui vient d'ètre dit. il est mainten.ant évi-
dent que, sans la Rédemption par le Seigneur. aucun homme ne .
peut être sauvé, et que les Anges ne peuvent subsister dans l'état
d'intégrité: l'unique re(uge pour ne pas périr. c'est de s'adresser
'ail Seigneur, car il dit: • Demeurez en Moi, et MOI en vous;
comme le sarment ne peut porter du fruit par lui-mbne, s'il M
demeure dans le cep. de m ~ m e vous non plus, si en Moi voU. ne '.
demetArez: Moi, je suis le Cep, vous, les sarments; celui qui
demeure m Moi, et Moi en lui, celui-là porte du fruit beaucoup,
parce que sans Moi r;ous ne pouvez faire rien: si quelqu'un 1UI
demeure pas en Moi, il est jeté deh.ors, et il devient sec. et dtml
le leu on le jeate, et il est lJrd/é. » -Jean, XV. -', 6. 6.
t2t. III. AINSI LE SEIGNEUR A l\ACHETS NON-SEULEIIBl'fT us
BOIIIIES, liAIS AUSSI LES ANGES.
Cela est une conséquence de ce qui a été dil dans l'Article précé-
dent. Clue salls la nédemption par le Seigneur les Anges non plus
D'auraient pas pu subsister i alll. causes ci-dessus présentées S8
joignent celles-ci: t D Au temps du Premier AvèDement du Seigneur
les Enfers s'étaient accrus par le haut, au point qu'ils remplissaient
tont le Monde des Esprits. qui tient le milieu entre le Ciel et l'Enfer,
el qu'ainsi non-seulement ils portaient la confusion dans le Ciel qui
est appelé le dernier Ciel, mais qu'ils attaquaieDt aussi le Ciel mo-
yen en l'infestant de mille manières; si le SeiSDeur ne l'eût sou-
tenu, il allait à sa destruction. Une telle attaque des Enfers est en-
tendue par la Tour élevée dans la terre de Scbinéar, sa tête devait
aller jusqu'au Ciel, mais les efforts de ceux qui la construisaient fu-
rent arrêtés par la confusion des lè\'res, et eUI-mêmes furent dis-
persés. et la ville fut nommé Babel, - Gen, XI, t il 9; - ce qut
est enlendu dans ce passase llir la Tour, et par la confusion des lè-
'Vres, a été expliqué dans les ABCANES CÉLESTES illlprimés i Londres.
Si les Enfers se sont acqrus jusqu'. une telle hauteur, 'ce flJt parce
,
RELIGION CHBËTIENNE. f87
que, au temps où le Seigneur vint dans le Monde, tout le Globe s'é-
tait entièrement éloigné de Dieu par les idolatries et par les magies.
et que l'Eglise, qui avait été chez le fi]s d'Israël et enfin chez les
Juifs, a'-ait été complètement détruite par la falsification et par l'a-
dullération de la Parole, et parce que tous, tant les uns que les au-
tres, se rendaient après la mort dans le monde des Esprits, où enfin
leur nombre fut tellement augmenté et multiplié, qu'ils ne pou-
vaient en être chassés que pu la descente de Dieu Lui-Même, et
.alors par la force de son Divin bras; la manière dont l'expulsion fut
aite a été décrite dans "Opuscule imprimé l Londres, en 1738.
sur le JUGEliENT DERNIER; cela a été accompli par le Seigneur, lors-
qu'il était dans le Monde; la même chose es( encore faite aujour-
d'hui par le Seigneur, puisque c'est aujourd'hui, ainsi qu'il.a déjil
étédit, son Second Avènement qui a été }lrédit partout dans l'Apo-
calypse, et dans Matthieu, XXIV. 3, 30; dans lIarc, XIII, !6; dans
Luc, XXI, !i ; et dans les Actes des ApOtres, l, 1 l, et ailleurs; la
différence consiste en ce que dans son Premier Avènement, ce grand
accroissement eles Enfers était provenu des idolâtres, des magiciens
et des falsificateurs de la Parole, tandis ql\e dans ce Second A vène'"
ment il provient de soi-disant Chrétiens, tant de ceul qui se &ont
imbus du Naturalisme, que de ceux qui ont falsifié III Parole par les
confirmations de leur foi fabuleuse sur trois Personnes Divines de
toute éternité, et sur la Passion du Seigneur qu'ils prétendent avoir
été la Rédemption elle-même; ce sont, en effet, ceux-ci qui sont en-
tendus pu le Dragon et ses deux Bêtes da liS l'Apocalypse, Chap_ XU
et XUI. !O Une seconde cause qui a fait que le Seigneur aussi a ra-
eheté les Anges, c'est que non-seulement chaque homme, mais
même chaque Ange, est par le S e i ~ n e u r détourné du mal et tenu
odans le bien; car nul, soit Ange: soit homme, n'est dans le bien
par soi-même, mais tout bien vient du Seigneur; lors donc que le
marchepied des pieds des Anges, qui pour eUI est dans le Monde
.des esprits, eut été soustrait, il leur est :Irrivé comme A celui qui
iI'assied sur un trOne, lorsque les stylobates en sont enlevés. Que les
Allges ne soient pas purs devant Dieu, on le voit d'aprè." les livres
'Prophétiques de la Parole, et aussi dans Job; puis, en ce qu'il n'y
.a pas un seul Anie qui n'ait précédemment été hemme. Par là se
'trouve confirmé ce qui a été dit dans les préliminaires de cet Ou-
188
LA VRAIE"·
vraie sur LA FOI DU NOUVEAU CIEL ET LA NOUVELLI EGLISE DANS LA..
FORIIE UNIVERStLLE ET DANS LA FORIIE SINGULIOS, savoir, « que le Sei ..
c est venu dans le Monde pour éloisner de l'homme l'Enfer, et qu'il
Il l'a . par des combats contre lui, et par des victoires rem-
e po·riées sur lui; ainsi il l'a subjlJgué et l'a remis sous son obéis-
cc sance •• Par se Irouve aussi confirmé, «que Jéhovah Dieu est
• descendu et a pris l'Humain, dans le but de remettre dans l'ordre
Il toutes les choses qui élaient dans le Ciel, eL toules celles qui étaient·
• dans l'Eglise. parce qu'alors la puissance du Diable. c'est-l-dire.
a de l'Enfer. l'emporLait sut la puissance du Ciel, et que dans· les
« terrell la puissance du mal l'emportait sur la puissunce du- bien, et.
• qu'en conséquence une damnation iénérale la porteetimmi-
« nante. Jéhovah Dieu. par son Humain a enlevé celle damnation
a qui allait arriver, el il a ainsi racheté les hommes et les Anges :.
.: cela il est évident que sans l'avènement du Seigneur nul
• n'aurait pu être sauvé. fi en est de même aujourd'hui; si donc le·
• Seigneur ne vien t de nouveau dans le Monde, personne non plus
• .ne peut êLre sauvé. D Voir ci-dessus. N°l !, 3.
U!. Que le Seigneur ail délivré le Monde Spirituel el que par ce-
Monde il doive délivré l'Eglise d'une damnation universelle, c'es'
ce qui peut être illustré par une comparaison nec un Roi, dont les.
princes ses fils ont été pris par l'ennemi, jetés dans des prisons et
chargés de fers, eL qui par d.,s vietoires remportées sur cet ennemi
les délivre el les ramène dans sa Cour. Puis. par- une comparaison
avec u·n Berser qui, cOlllme Samson et David. arrache ses brebi&
de la gueule d'un lion ou d'un 01.1 qui eba!lse ces bêtes féroces·
lorsqu'elles s'élancent des forêts dans les prairies. les poursuit jus-
qu'aux dernières Iimiles. et enfin les pousse dans des élanGS ou dans:
des déserts. el ensuile revient t ses brebis, les fait parire en sécu-
et les abreuve à des sources d'eau limpide. Cela peUL être aussi·
illustré par une comparaison avec un homme qui. voyant dans UD·
chemin un serpent roulé en spirale et disposé à blesser le talon dit
voyaleur, le saisit par la tête, et le porle jusqu'à sa maison, quoi-
qu·'iI se roule autour de sa main, et là. lui coupe la tête. et jette le-
resle au feu. Cela peul encore être illustré par une comparaison
avec un fianu ou un mari. qui, ,'oyant un adultère chercher l faire
violence l sa fiancée ou à· son épouse, ,'élance sur lui et le blesse.
r
RELIGION CHRÉTIENNE.
la main avec son épée, ou le Crappe les jambes et .les reins,: ou
le' rai t jeter danal la rue par S6ai sen-heurs qui le poursuivent avec
des bAtons jusqu'à sa maison, et ayant ainsi délivré sa 6ancée ou soo
épouse, la ramène dans son appartement: dans la Parole, par la
, Fiancée eL par l'Épouse est entend!Je l'Eslise du Seigneur, par
lej adultères sont entendus ceux qui Cont violence à l'ESlise, c'esL-à-
. dire, ceul qui ad .. Itèrent la Parole du Seisneur ; eL parce que les
Juirs ont agi ainsi, ils ont été appelés par le QaLion adul-
tère.
U3. IV. LA RiDEHPTION A tTi un OEUVB.E PURBIIBNT DIVINE.
Celui qui sait quel est l'Enfer, eL quelles ont été la hauteur eL l'i-
nondation de l'Enfer sur Lout le Monde des Esprits au temps de l'a- •
"vènement du· Seigneur, et par quelle puissance le Sei,neur a abaissé
et dispersé l'EnCer, eL l'a ensuite remis dans l'ordre en même temps
que le Ciel, ne peut s'empêcher d'êLre dans le plus grand étonne-
ment, et de s'éorier que .toutes ces ohoses ont été une OEuvre pure-
ment Divine. i ° Quel est l'EllIer: l'EnCer consiste en des myriades
de myriades d'Esprits, puisqu'il est composé de tous ceux qui, de-
puis la création du Monde, se sonL détournés de Dieu par les m.aux
de la vie et par les Caux de hl Coi. !O Quelles ont été la hauteur et
l'inondation de l'Enfersur tout le Mondedes Esprits au temps
de l'avènement du Seigneur: ceci a été brièvemer.IL exposé dans
les Articles précédenLs; quelles elles ont éLé au temps du premier
Avènement, personne n'en a eu connaissance, paree que cela n'a
point été révélé dans le sen3 de la lettre de la Parole; mais quelles
elles ont été au temps du second Avènement, il m'a été donné de le
'foir de mes yeul, d'où l'on peut conclure à l'.ésard du premier Av&-
Bernent; et cela a été décrit dans l'Opuscule DU JUGBMBNT DERl'IlBR,
imprimé à Londres en t 768; de même, 30 Par quelle Puissance
le Seigneur a abaissé et dispersé cet enfer: mais transcrire ici ce
.. qui a éLé décrit d'après l'autopsie dans cet Opuscule, ce serait inu-
t.i1e, car cet opuscule subsiste, et il y en a encore une quantité
d'Elemplaires mis en réserve A Londres chez le Typolraphe; ·qui-
conque le lit, peut voir clairement que l'abaissement et la dispersiolt
de cet Enrer ont été l'Œuvre de.Dieu Tout-Puissant. ". Comment
le Seigneur: a ensuite remis toutes choses dons for.dre tant dans
le Oiel,que dans·fEnfer: ceci D'a pas encore été décrit par moi.
l'
190 LA. VRAIE
parce que l'ordination des Cieux et des Enfers a duré depuis le jour
du lugement Dernier jusqu'au temps présent, et dure encore; mais.
après la publication de ce Lh"re, si 00 le désire, elle sera donnée au
public; l'our ce qui me concerne, quan t fi ce sujet, chaque jour j'ai
YU et je vois la Todte-Puissance Divine du Seigueur comme en face i
toutefois l'ordination apparUen' proprement fi la Rédemptioo, tan-
dis que l'abaissement et la dispersion de l'Enfer appartieollent pro-
prement au Jugement Dernier; ceul qui considèrent distinclement
. ces deux points, peuvent ,'oir beaucoup de choses qui, dans les pro-
phétiques de la Parole, onL été cachées sous des figures, eL cependant
ont été décrites, pour,'u que par l'explication des correspondances
elles soient mises dans la lumière de l'entendement. L'une et l'aulre
OEuvre Divine ne peut êlre illustrée que par des comparaisons,.
mais néanmoins très-peu ; par exemple: Par IIne comparai-
son avec un combat contre les armées de toutes les nalions du
Monde, pourvues de lances, de boucliers, d'épées, de fnsils
et de canons, el commandées par des cbers et des généraux
adroits et astucieux, je dis adroits el ausLucieux, parce que
dans l'Enfer la plupart excellent dans des artifices inconnus
notre Monde, et s'y exel'C'.ent entre eux sur la Il': ,. 1.:el',
de surprendre, d'assiéger et d'assaillir ceux qui sont du Ciel. Le
combat du Seigneur contre l'Enfer )leut aussi être comparé, quoi-
que la comparaison soit faible, avec un combat contre les Mtes fé-
roces de loute la terre, et avec la destruction el la de
ces bêtes, au point qu'il n'yen ait pas une qui ose sortir et attaquer
aucun des hommes qui sonl dans le Seigneur, d'où il résulte que si
l'un d'eul montre un visage menaçant, la bêle féroce se aussi-
tôt, comme si elle sen lait au milieu de sa poitrine Ull vautour chér-
chan' à la percer jusqu'au cœur; les Esprits infernaul sont même
décrits dans la Parole rar les bêtes féroces; ce sont aussi eul. qui
so:lt entendus par les bêles avec lesquelles le Seigneur a été pen-
dant quarante jours, - Marc, l, i3, - Ce combat du Seignenr
peut encore être comparé Il une résistance contre tout l'Océan fai-
sant irruption avec ses Oots dans les plaines et les villes, apl'ès avoir
rompu ses i la subjusation de l'enfer par le SeiGneur est aussi
entendue par la Mer qui se calma, quand il eut dit: • Tais-toi,- de-
tJient muette, • - Marc, IV, 38,39. Matthieu, VIII, !6,. Luc, VIII,
--
r
RELIGION CHRÉTIENNE 19t
!3, !4 ; - car là, comme dans beaucoup d'autres passages, par la
Mer est signifié l'Enfer. Le Seigneur, par une semblable puissance
Diyine. combat aujourn'hui conLre l'Enfer chez tout homme qui est
régénéré, car l'Enfer les attaque tous avec une fureur diabolique, et
si le Seigneur ne lui résiste el ne le dompte, il est impossible que
l"homllJe ne succombe pas: l'Enfer, en effet est comme un seul
homme monstrueux, et comme un Lion féroce, auquel même il est
comparé dans la Parole; si donc le Seigneur ne tenait ce Lion ou
. ce Monstre encharné par les mains et par les pieds, il serait de toute
impossibilité que l'bomme, quand il est arraché l un mal, ne tom-
Mt pas de lui-même dans un autre mal, et ensuite dans plusieurs
. maux,
U4, V. CBTTE ru:DEIIPTION ELLE-lltIlE N'A PU baE FAiTE QUE
PAB. DIEU lNCARN:t.
Dans J'Article précédent il a été montre que la RédempLion a été
une Œuvre purement Divine, que par conséquènt eUe n'a pu être
'aite que par Dieu Tout-Puissant: qu'elle n'ait pu être faite que par
Lui incarné, c'est-A-dire, fait Homme, ;'est parce que Jéhovab Dieu,
tel qu'il est dans son essence infinie, ne peuL approcher de l'Enfer,
ni à }!:...: ;'.;.!;,,,;: '-:IJLI'I,r, car il est dans ce qu'il y a de plus
pur et dans les premiers; c'est pourquoi si Jéhovah Dieu, qui est Let
en soi, soufflait seulement sur ceux qui sont dans l'Enfer, à l'instant
il les tuerait, car il a dit à Moise qui voulait Le voir: a Tu ne
pourras pas voir Mes laces, car ne peut Me voÏl' l'homme et
"ivre. Il - Exod. XXXIII, tO i - puis donc que Moise ne l'a pas
pu, à bien plus forte raison ne le peuvent ceus: qui sont dans l'En-
fer, où tous sont dans les derniers, et dans ce qu'il y a de plus gros-
sier, et ainsi dans ce qu'il y a de plus éloigné, car ils sont naturels-
infimes; si donc Jéhovah Dieu n'eût pas pris l'Humain, et ne se fut
pas ainsi revêtu du corps, qui est dans les derniers, c'est en vain
qu'il aurait entrepris Rédemption i en e1l'et, qui peut atta-
quer un ennemi sans en appr:ocher et sans être muni d'armes pour
le combat? ou, qui peut chasser et détruire des dragons, des hydres
et des basilics dons un désert, sans avoir une cuirasse sur le corps,
un casque sur la tête et une lance lia main! ou, qui peut prendre
des haleines dans la mer sans un navire, et sans lout ce qui "est né-
cessaire pour une telle capture r Ces exemples el aulres semblables
1
1
Il
1
1
1
1
192 LA. VRAIE
De donnent pas une comparaison exacte, mais ils peuyent
en lumière que Dieu Tout-Puissant D'aurait pu entreprendre le com-
bar contre les Enfers, s'il n'eQt ,pas auparavant revêtu l'Humain.
Toulefois, il fauL qu'on sacbe que le combat du Seigneur contre les
Eqfers n'a point été un ,combat oral, comme entre ceux qui raison-
Dent et discutent, un tel combat n'y aurait produit absolument au-
clin effet, mais ce fut un combat spirituel, c'est-à-dire, le combat
du Divin Vrai d'après le Divin Bien, qui le Vital même dn Sei-
gneur; à l'in8ux de ce Divin par l'intermédiaire de la "ue, personne
les Enfers ne peut résister; il y a en lui une telle puissance,
qu'à sa seule perception, les génies inrernaux s'enfuient, se préci-
pitent dans l'abfme, et s'enfoncent dans des cafernes pour se oa-
cher: c'est cela même qui est décrit dans Esaie: Ils elltreront
dans des cavernes de rochers, et da,iS des fisstP'es de poussit!re.
à cawe de la frayeur de Jéhovah. fjUœld il se lèvera pour épou-
vanter la terre, D - n, 19. - Et dans l'Apocalypse: • Ils se
cacheront tous dans les cavernes et dans les roc/lers" des mon-
tagnes. et ils diront auz montagnes et aux roc/,ers. Tombez sur
nous, et cachez-nous de la face de Celui qui est assis sur le
Trdne, et de la colère de r Agneau. JI - '\TI, US, 16, 17. - D'a-
près ce qui a été décrit dans sur le JUiement Dernier,
on peut voir a été la puissance que le Seigneur tenait du Di-
vin Bien 1 quand il fit ce Jugement en t 737 ; par elemple, qu'il
arrachait de leur place des collines et des montagnes dont les infer-
naux. s'étaient emparés dans.le Monde des esprits, et les transpor-
tait au loio ; qu'.il en faisait affaisser quelques-unes; qu'il inondait
d'un déluge leurs villes. leurs \ill3ies et leurs plaines; qu'il renyer-
sait de fond en comble leurs terres, et les jetait avec les habitolnts
dans des gouffres, des étanp et des marais, elc.: et le Seigneur
Seul tout cela par la du Divin Vrai d'après le Di-
vin Bien.
i!S., Que Jéhovah n'ait pu mettre en acte ni effectuer de
"l,elles choses son. Humain, c'est ce qui peut être par
"div8fS8S i par exemple: Celui qui est invisible ne peut
. en. yenir au ,mains. ni entrer en conversation, sinQD par ql,lelque
1 chOse. i pas un ange ou un esprit avec l'bomme.
lors mêmlt qu'il se près de son corps et sa face.
rd
l
RF..LIGION CHIŒTIENNE
i93
L'Ame de quelqu'un ne peut non plus ni parler ni alJir arec une autre,
sinon par son corps. Le Soleil avec sa lumière et sa chaleur ne peut
entrer dans un homme, ou dans une bête, ou dans un arbre, à moins
·qu'auparavant il n'entre dans l'air et n'agisse par J'air; ni pareille·
ment dans Jes pbissons à moins qu'il n'y pénètre à travers Jes eaux;
car il doit agir par J'élément dans lequel esL le sujet. Perllonne non
plus ne peut écailler un poisson sans couteau, ni plumer nn corbeau
sans se servir de ses doigts, ni descendre au fond d'un lac sans UDe
cloche de plongeur: en un mot, chaque chose doit être accommodée
ayec une autre, avant qu'il y aiL communication, et avant qu'elle
agisse contre elle ou avec elle.
U6. VI. LA PASSION DE LA CROIX A :tri LA DERNIÈRE TBl'ITA.TION
OUE LE SEIGNEUR A. SUBIE COMME Tais-GRAND PaOPH"ÈTE, ET ELLE A
iTt LE lIOYEN DE I..A. GLORIFICATION DE SON C'EST-A-DIRE,
DE L'UNION AVBC I.E DIVIN DE SON PtRB, liAIS ELLE N'A PAS id LA
RiDE!I(PTION.
n ya deux choses pour lesquelles le Seigneur est venu dans le
Monde, et par Jesquelles il a sauvé les hommes et les Anges, savoir:
la Rédemption et la Glorification de son· Humain: ces deux: choses
sont distincteK entre elles, mais néanmoins elles font un pour la sal-
vation. Dans les Articles précédents, il a été montré ce que c'est
que LA. RÉDEKPTION, c'est savoir, qu'elle a été le Combat contre
Enfers, Jeur subjugation, et ensuite l'ordination des Cieux: qua nt
l LA. GLORIFICATION, c'est l'Union de J'Humain du Seigneur avec le
Divin de son Père; celle-ci a été successivement faite, et l'a été
pleinement par la Passion de la croix; en effet, tout homme doit.
de son ë6té, s'approcher de Dieu, et l'homme s'approche,
autant de son cOLé Dieu ·entre en lui; il en est de cela comme d'un
Temple; il doit d'abord être bâti, ce qui a lieu llar les mains des
bommes, ensuite il doil être inauguré, et enfin il faut prier que
Dieu y soit présent et qu'il s'y unisse avec l'Église. Que l'Union eUe-
même ait été pleinement raite par la Passion de la croil, c'est parce
que cette Passion a été la dernière Tentation que le Seiineur a su-
hie dans le Monde, et que la conjonction se fait par les tentations;
en effet, dans les tentations l'homme est en apparence abandonné à
lui seul, quoiqu'il n'ait point .été abandonné, car alors Dieu est très-
'présent dans les iDtimes de l'homme, et il le soutient;· lors donc
L U
19'
LA VMm
que quelqu'un est vainqueur dans la tentation, il est intimement
conjoint l Dieu i et IQ Seicneur est alol'lJ intimement uni li. Diea
son Père. Que le Seigneur dans la Passion de la croix ail été
abandonné l lui-même, on le voit par son exclamation sur la
Croil: • Dieu 1 pourquoi m'as-tu a6andonné? " et aussi par ces
paroles du Seigneur: • Personne ne Me ravit fdme, mais Moi
je la dépose de pouvoir Moi j'ai de la déposer.
et pouvoir j'ai de la reprendre, ce commandement j'ai reçu de
Mon Père . • - Jean, X, t8. - D'après ces explications, on peut
v.air que le SeiBneur a sou1fert, non quant au Divin, mais quant l
l'Humain, el qu'alors l'union est devenue intime et ainsi plénière_
Cela peut être illustré par cela que, lorsque l'homme souffre quant
au corps, son AIDe ne souffre pas, mais elle est seulement dans la
douleur i toutefois Dieu après la victoire enlève celle douleur, et il
l'essuie comme si quelqu'un essuyait les larmes des yeul.
i!7. Ces deul choses, la Rédemption et la Passion de la Croil,
doivent être perçues distinctement, aulrement le mental humaiu
tombe, comme lorsqu'un navire se jette sur un banc de sable 011
contre des rochers, et périt avec le capitaine, le pilote et les mate-
lots, c'est-A-dire que le mental tombe dans l'erreur sur tout ce qui
concerne la salvation par le SeiBneur ; car l'homme, sans une id •.
distincte de ces deul actions, est comme dans un son Be et voil des
choses vaines, et dent il tire des conjectures qu'il prend pour des
réalités, lorsque cependant ce sont deS" futilités; ou, il est comme
quelqu'un qui marche pendant la nuit, et qui, saisissantle.feuillage
d'un arbre, croit que ce sont les cheveux d'un homme, s'en appro-
che de phlS prèa, et y entrelace ses propres ch.,,·eul. Mais quoique
la Rédemption et la Passion de la croix soient deux distinc-
tes, toujours est-il qu'elles fonl un pour la salvaLion, puisque le
SeiBneur par l'Union avec son Père, qui a été achevée par la Pas-
sion de la croix, est devenu Rédempteur }lour l'éternité.
128. Quant lia Glorification, par laquelle est entendue l'unioD.
du Divin Humain du Seisneur avec le Divin du Père, union
qui a ét6 pleinement accomplie par la Passion de la croix, le Sei-
gneur Lui-M.ême en parle ainsi dans les Évangélistes: .. .Apff8
que ludas fut sorti, 1 ésus dit: Maintenant le Fils de r homme
a été Glorifié, et Di,,,, a élé Glo";fié m Lui; si Dieu a été G/o-
-
r
RELIGION CHIŒTIENNE.
195
rifié a Lui, Dieu aussi le Glorifiera en Soi, et à finstant il
Le Glorifiera. » - Jean, xm 31, 3!; - ici la Glorification se
.dit et de Dieu le Père et du Fils, car il est dit: Dieu a été Glorifi6
-en Lui, et il Le Glorifiera en Soi; que ce soit Il être !Ini, cela es'
.• Pbe, theure est venue, Glorifie ton Fils, afinqu'ausri
Jon Fils Te Glorifie. Il - Jeall, XVU,. l, lS; - il est dit ainsi.
parce que l'union a été reciproque; comme lorsqu'il est dit: Le Père
dans Lui et Lui dans le Père. «Maiutenant mon dme a été
Irouhlée i et il dit: Pbe, glorifie ton Nom i et il sortit une voiz
. du Ciel: Et je (l') ai Glorifié, et de nouveau je (le) GloI;'fierai.»
- Jean, XII, !7, 23; - cela a été dit, parce que l'union s'est opé-
16e successivement .• Ne lallait-ü pas que le Christ souffrit
qu'il enerdt dans sa gloire? • -Luc, XXIV, !6; -la gloire
la Parole, quand il s'agil du Seigneur, signifie le Divin Vni
uni au Divin Bien. D'après ces passages, il est bien évident que
l'Humain du Seigneur est Divin. .
U9. Si le Seignur a voulu être tenté jusqu'à la Passion de la
.oroix, ce rut parce qu'il était Lui-Même Prophète, et que les Pro-
phètes autrefois signiOaient la doctrine de l'Église d'après la Pa-
1"01e, et par suite représentaient l'Église, telle qu'elle était, par
diverses choses, et aussi par des actes iniques, durs et même atrOGes
qui leur étaient enjoints par Dieu. Mais comme le Seigneur était la
Parole elle-mtme, il a par la passion de la croix. représenté, comme
Prophète, l'Église Juive, et la" manière dont cette Eglise avait pro-
. fané la Parole même: à celle raison se joint celle-ci, qu'il devait
être reconnu dans les Cieux pour le Sauveur de l'un et l'autre
Blonde, car toutes les circonstances de sa Passion signifiaient des
cboses qui concernent la profanation de la Parole; et les anges les
comprennent spirituellement, tandis que les hommes de l'tglise les
comprennent naturellement. Que le Seigneur ait été Lui-Même Pro-
pbète, on le voit par ces passages: • Le Seigneur dit: Un Pao-
Plltu n'est sans honneur que dans sa patrieet dans sa maison. u!
- Batth. XIII, lS7, Hare, VI, 4. Luc, IV, !-I. - • Jésus dit: It
n'est point convenahle qu'un Paopst:TB meure hors de lérusa,-
lem. » - Luc, XUI, 33. - • La crainte les saisit tous; ila
louaient Dieu, disant qu'un GRAND PaoPRtTB avait élé suscite
parmi euz . • - Luo, VII, 16. - 1) Ils disaient de lésUl: C'a(
..
'.
J96 LA VRAIE
le PROPB!TE de Nazareth. D - Ilatth. XXI, t t. Jean, VII. 40, "1 ~
- • Un PROPHÈTE sera mscité du milieu de tes frères, à ses
paroles vous obéires •• - Deutér. XVUI. US 119.
130. Que les Prophètes aient représenté l'état de leur Eslise
~ u a n t à la do.ctrine tirée de la Parole. et quant à la vie selon cette
doctrine, on le voit par ces passages: n a été ordonné au Prophète
Esaie, • de délier le sac tÙ dessus Se! rei7lS, d'dter son soulier de-
son pied, et d'aller nu e' déchaussé pendant trois ans, en si-
9ne et en prodige • • - Esaie. XX, 2, 3. - Il :l élé ordonné au
prophèle Ezéchicl, pour qu'il représentât l'état de l'Eglise, • de
préparer son bagage pour déloger, et de s'el. aller dans un
autre lieu aux yeu:zdes fils d'/sroAl ide metb'e dehors son 6a-
gage pendant le jour, de sortir le soir par un trou fait à la
muraille, dese couvrU" le visage pour ne pas voir la terre, et
d' 8tre ainsi en prodige à la maison d' IsroAI; puis de di,'e:
Voici, je suis votre prodige, comme j'ai fait, de m8me il voU$'
sera fait. Il - Ezéch. XII, 3 l 7, t t. n a été ordonné au Prophète
Bosée, pour qu'il représentât l'état de l'Éslise, • de prendre une
prostituée pour époufte i et il en prit une, el elle lui enfanta
trois enfants, dont il nomma fun Jisréel, fautre SanS-Misé-
ricorde, elle trOISième NOIl-mon-peuple. Et il lui lut de nou-
veau ordonné de s'en aller et tf aimer une femme aimée d'un
compagnon et adllltère; el il racheta m8me pour quinze pièces
d'argent, • - Hos. l, ! à 9, Ill, l, 3. - li a aussi été ordonné à
un Prophète, • de metb'e de la cendre sur ses yeux, et de se
laisser frapper el 6lesser. D - 1 Rois. XX, 35 1 38.,- n a été
ordonné au PropbèteEzéchiel, pour qu'il représentât l'état de l'E-
slise, a de prendre une brique, de graver dessus Jérusalem ..
d'en faire le siége, de construire contre elle un retranchement
et un rempart, de placer une plaque de fer entre lui el la ville,
et de coucher sur le c ~ t é gauche el ensuite sur le c&té droit.
Puis, de prendre du froment, de forge, des lentilles, dl' millet
et de f épeaut"e el de s'en faire du pain; et aussi de se faire
lm gâleau d'orge avec de la fiente d'homme i mais à sa prière,
il lui a été permis de /e faire aveç, de la fiente de bœuf. # lUI
/)lt dit: Toi, couche-toi sur ton cdté gauche, et place sur lUI
... ·INIQUITÉ DB LA MAISON D'IsRAEL; le nombre des jours que tu cou-
RELIGION CUMTlENNE.
UT
d&erfJ1l sur CI! (c6lé) TU PORTBRAS LEUR INTQUITi i car je te donnerai'
Jes années dl! leur iniquité, selon le nom6re des jours, (savoir'
390 jOllrs, AFIN QUE TU PORTBS L'lNIQUITi DE LA MA.ISON D'IsRAEL.
Mais quatul tu aurfJ1l achevé ces (jours), tu t'étendras en secona
lieu sur ton cdté droit, POUR PORTBR L'lNIQUITt DE LA MAISON DE JODAS_
- Ezéch. IV. 1 l US. - Que le Prophète, pour avoir ainsi porLé
les iniquités de la maison d'Israël et de la maison de Juda. ne
ait pas ôtées. ni par conséquent expiées, mais qu'il n'ait fair que les
représenter et les montrer, c'est ce qu'on voit par ce qui est dit
ensuite dans le même Chapitre: • De mhne, dit Jéhovah, lu
fils d' mangeront leur pain souillé, parmi les nations ven
lesquelles je vais /es chasser. Voici. je vais rompre le Mton du
pain dans JéI'Usalem, afin qu'ils manquent de pain 'et d'eau,
que t homme et son frère soient désolés et qu'ils tom6ent en
langueurd cause de leuriniqnité . • -IV, 13, 16, 17. -':""11 est
.donc entendu la même chose au sujet du Seigneur, quand il est dit:
41 Il a pris nos maladies et TL A. PORTÉ 7&OS douleurs; léhoVah a
lait tom6er sur Lui l'iniquité de nous tous; par sa science il en
justifiera plusieurs, parce que LEURS INIQUlrts LUI-MtIlE IL A.URA.
PORTi •• - Esaie, Lm, i, 6, Iii - Il. dans touL le Chapitre, il
s'agit de la Passion du Que le Seigneur, comme étant
Lui-Même Prophète, ait représenté l'état de l'Église Juive quant"
la Parole, c'est ce qui est évident par chaque particularité de sa.
Passion i par exemple: Il a été trahi par Judas. Il a élé saiA
et condamné par les Princes des et"par les Anciens. lm
lui a donné des soufflets. On lui a frappé la avec unro-
.eau. On lui a mis une couronne d'épines. On a partagé ses
et on a jeté le sort sur sa rohe. On la crucifié. On.
lui a donné d 60ire du vinaigre. On lui a percé le cdté./(a éti
enseveli, et il est ressuscité le troisième jour. Sa trahison par'
Judas siinifiait qu'il était trahi par la nation ;uive, éh'ez laquelle
était alors la Parole; car Judas représentait cette nation: Son arres-
tation et sa condamnation par les Princes des prêtres et par les
Ancieus signifiaient que toute l'Église Juive ainsi. Lui don-
11er des soumets, lui cracher au visage, le fouetter, et lui frapper la 1
tête d'un roseau, signifiait qu'on en avait agi ainsi envers la Pa-
role, quant l ses Divins vrais. La couronne d'épines qu'on lui mit
198
LA VRAIE
lur la tête signifiait qu'on avaiL falsifié et adultéré ces vrats. Le par-
tage de sesvêtements elle sort jelé sur sa robe si.BnifiaienL qU'OD
Ivait dispersé tous les vrais de la Parole, mais non son sens spiri-
tuel, qui était par la robe du Seia;neur. Sa crucifixion signi-
fiait qu'on avait et profané toute la Parole. Le vinaigre qU'OD
lui présenta à boire signifiait que toul était falsifié; aussi ne but-
il point. La blessure qu'on lui fit au côté signifiait qu'on avaittota- •
lement éleinttout vrai et tout bien de la Parole. Sa sépulture
signifiait l'action de rejeter le resle de l'humain qu'il tenait ,l'une
mère. Sa résurrection le jour signifiait la Glorification,
ou l'Union de son Humain avec le Divin du Père. D'après ces expli-
cations, il est maintenant évident que par porter les iniquités il est
entendu, non les Oter, mais représenter la profanation des véril.és.
de la Parole.
:131. Ce sujet peut aUlisi être par des comparaisons, et
cela, en faveur des personuessimples qui voient mieux par des com-
paraisons que par des déductions formées analytiquemeut d'après la
Parole el en même temps d'après la raison: Tout citoyen ou sujet
est uni au Roi, par cela qu'il exécute ses ordres et Se.1I commande-
ments, et davantage si pour lui il supporte des dan ,ers, et plus
encore si pour lui il subit la mort, ce qui arrive dans les combats et
dans les batailles; pareillemeat un ami est uni à son ami, un fils la
Ion père, et un serviteur A son maitre, par cela qu'ils exécutent ce
qui concerne leur volonté, et davantage s'ils les défendent contre
oes ennemis, et plus encore s'ils combattent pour leur bonneur.
Celui qui désire épbuser UDe jeuBe fille, ne s'unit-il pas à elle en
eombattant contre ceux qui la diffament, et en s'exposant la être-
hlessé par uo rival r S'il y a union au moyen de tels actes, c'est con-
formément à UDe loi gravée dans la nalure. Le Seigneur dit: •
je suis· le han Pasteur; le han Pasteur dépose son dme pour les
lIre6is; à cause de ceci ma" Père M'aime • • - Jean, X, t.7.
132. VII. CROYANCE QUE lA PASSION DE LA CROIX A iTi lA.
RtnElfPTION ELLE-IUbIB, EST L'ERREUR FONDül:ENT.lLE DB L'ÉGLlSB;'
ET CETTE BRREUR, JOINTE A. L'ERREUR SUR LBS TROIS PERSONNES DI-
VINES DI TOl.'TB itEBNI'l't, A. TBLLDIENT PERVERn TOUTE L'ÉGLISE,
1ll1'IL NB BESTE RIBN DE SPIRITUEL EN ELLE. .
Qu'est-ce qui remplit et farcit le plus aujourd'hui les liv.res des
RELIGION CHRltTIENNE.
199·
Orthodoxes, qu'est-ce qui est enseisné et inspiré avec le plus d'ar-
deur dans les lieux d'instruction, et qu'est-ce qui est prêché et
clamé le plus fréquemment dans les cbaires, sinon que Dieu le Père,
irrité contre le senre humaIn, non-seulement l'a de lui,
mais encore l'a compris dans une damnation universelle, par consé-
quant l'a excommunié; mais que par une grâce spéciale il a engasé ou
incité son Fils à descendre, et à prendre sur lui la damnation qui
avnil été décidée, et ainsi A apaiser la colère de son Père. et que ce
D'était que par ce moyen q:u'il pourrait reliarder l'bomme avec quel-
que faveur; que le Fils a ex.écuté cette amne, de sorte qu'en pre-
nant sur lui la damnation du Genre humain, il s'esllaissé. flageller
par les Juifs, cracher au visage et ensuite crucifier comme malédic-
tion de Dieu, - Deutér. XXI, !3; - que le Père, après l'accom-
plissement de cette œuvre, est de'·enu propice, et a par amour pour
son Fils retiré la damnation, mais seulement de dessus ceux poor
lesquels intercéderait le Fils, qui s'est fail ainsi Ilédiateur l perpé-
lllité devant son Père? Ces raisonnements et d'autres semblables
retentissent aujourd'hui dans les Temples, et réperculés par les
murs, comme l'écho par les forêts, ils remplissent lell oreilles de
lous les assistants. Mais quel est l'homme qui, s'étant fait d
4
après
la Parole une Raison éclairée et saine, ne puisse voir que- Dieu.
étant la Misériéorde même et la Clémence même, parce qu'il est
r Amour même et le Bien même, et que les deux appartieunent l
son Essence, il y a ëontradiction 11 dire que la Miséricorde même 00
}(I Bien même puisse regarder l'bomme avec colère, et conclure sa
damnation, et néanmoins rester l'Essence de Dieu? De tels
ments frapp(1nl A peine l'homme probe, mais ils sont accueillis par
rhomme vicieux; ils ne frappent point l'Ange du Ciel, mais illl sont
accueillis par l'Esprit de fEnfer ; il est donc abominable de les appli-
quer·A Dieu. Toutefois, si 00 recherche la cause, on trouve que c'est
parce qu'on a pris la Passion de la croix pour la Rédemption même;
de là sont découlées ces erreurs, Domme d'un seul Faux découlent
des faux en série continue, ou comme d'un Baril de ne
sort que du vinaigre, ou d'un Mental insensé que des folies; car
d'une Conclusion résultent des théorêmes de même souche.
ils sont intérieurement contenus dans la Conclusion et en sortent
successivement; et de ce Conclusum que la Passion de la croix est
200 LA VRAIE
la Rédemption peuvent encore sortir et être eltraites plusieurs pro-
positions scandaleuses et ignominieuses pour Dieu, jusqu'à ce qu'ft
arrive ce que dit Esaie: • et Prophète s'/garent par la
ctJrVOÏBe, ils chancellent par le jugement; toutes les eablessont
,pleines d' ,In vomissement d'évacuation. » XXVUI, 7, 8.
t33. Par cette idée sur Dieu et sur:la Rédemption, toute la Théo-
de spirituelle est devenue bassement naturelle; et cela, parce
que des propriétés purement naturelles sont à Dieu i et
cependant le tout de l'Église dépend de l'idée de Dieu, et de l'idée
de la Rédemption qui fait ·un avec la Saivation ; car cette idée est
comme la Tête, d'où procèdent toutes les autres parties du corps;
lors donc! qu'elle est spirituefle, toutes les choses de l'Eglise devien-
nent spirituelles, et lorsqu'elle est naturelle toutes les choses de
l'Église deviennent naturelles ; c'est pourquoi, comme l'idée de
Dieu et de la Rédemption est devenue purement naturelle,
dire, sensuelle et corporelle, c'est pour cela que sont purement
nalurelles taules les choses que Chefs et Membres de l'Eglise ont
enseignées et enseiiPIent dans leurs dOBmatiques: si de là il ne peut
être Liré que des faux, c'est parce que l'llomme naturel agit conti-
nuellement contre l'homme spirituel, et que par suite il regarde les
spirituels comme des chimères et des fantômes dans l'air; on peut
dono dire qu'en raison de celte idée sensuelle sur la Rédemption et
par suite sur Dieu, les chemins pour aller au Ciel, qui sont les ch ..
mins condu isant au Seigneur Dieu Sauveur, ont été investis par des
\'oleurs et des larrons, - Jean, X, t, 8,9 i - et que dans les
Temples les battants des ont été renversés, et qu'ainsi les
dragons, les hiboux, les tziim et les jihn y sont entrés, et y font des
concerts discordants. Que celle idée sur la Rédemption et sur Dieu
ait été introduite dans la foi d'aujeurd'hui, cela est notoire i cette
foi consiste li s'adresser li Dieu le Père poür qu'il remette les péchés.
en considération de la croix et du sang de son fils, et li Dieu le Fils
pour qu'il prie et intercède, et l Dieu l'Esprit Saint pour qu'il jus-
tifie et sanctifie; qu'est-ce autre chose sinon supplier trois Dieux
chaclln dans son ordre! et alors qu'est-ce que la pensée sur le
Gouvernement Divin! Est-elle autre que sur on gouvernement
Aristocratique ou Hiérarchique, ou sur le Triumvirat tel qu'il
fut une fois l Rome? }[ais au lieu de Triumvirat il peut êtra
r
RELIGION CHImTIENNE •
201
. -
appelé Triumpersonat j et alors quoi de plus facile pour le Dia-
ble. que d'appliquer la maxime: Divise et commande, o'est-l-
dire, de parlager les esprits, et d'eloiter des mouvements de ré-
bellion, tantOt contre un Dieu, tantOt contre un autre, comme il est
arrivé depuis l'époque d'Arius jusqu'A et ainsi de renver-
ser du TrOne le Seigneur Dieu Sauveur, à Qui tout pouvoir appar-
tient dans le Ciel et sur ]a terre - Ilatth. XXVIII, 18, - rt d'y
placer un de ces Clients, et de lui décerner le culle, ou, parce qu'on
a décerné le culte à ce client, de l'enlever aussi au Seigneur Lui-
• )fême!
• •
...
• •
134. A ce qui vient d'être dit, j'ajouterai ces IIÈMoRABLBs. -
l>JlEIIIEn MtXORABLE: Un jour j'entrai dans un Temple du Monde
des esprits, où plusieurs Esprits étaienL. assemblés, et avant la Pré-
dication raisonnaient entre eux sur la RtDEMPTloN. Le Temple était
quarré, et sans aucune feflêtre aUI murailles, mais dans ]e haut au
milieu du toit il y avait une grande ouverture, par laquelle la lu-
mière du Ciel entrait et donnait plus de clarté que s'il y avait eu des
fenêtres sur les côtés: et voici que tOut l coup, comme ils étaient il
discourir sur la Rédemption, une Nuée noire venant du septentrion
couvrit J'ouverture, ce qui produisit des ténèbres au point que cha-
cun ne voyait pas son voisin, et apercevait à peine sa propre main;
comme celle obscurité les tenait dans l'éton\1emunt, voici, cette nuée
noire se fendit par le milieu, et par la fente on vit des anges en-
voyés du Cie], et ceux-ci écartèrent la Nuée des deux côtés, de ma-
nière qu'il y eut de nouveau de la clarté dans le Temple i et les
Anges envoyèrent dans le Temple l'un d'entre eUI, afin de deman-
der de leur part à ceux qui étaient assemblés sur quel sujet ils
discutaient, pour qu'une Nuée si obscure fût venue leur enlever la
lumière et les couuir de ténèbres j ils répondirent: Sur la Rédemp-
tion, et nous disiols que le Fils de Dieu l'a opéré par la Passion
de la croix, et que par· celle passion il a fait expiation et a délivré
le Genre humain de la damnation et de la mort éternelle i mais A ces
mots l'Ange qui avait .été envoyé leur dit: Qu'entendez-vous par la
Passi.on de la croix T Exposez pourquoi la Rédemption a été faite par
elle! Et alors un s'avança et diL: Je vais exposer en série ce
que nous savons et croyons; le voici: Dieu le Père, irrité contre le
1
1
1
1
1
202 .LA VRA.IE
Genre humain, l'avait damné et exclu de sa clémence, il avait dé-
claré tous les hommes voués l l'exécration, maudits, et les avait
destinés l l'Enfer; cependant il· a "oulu que son Fils prit sur lui
ëelte damnation, et le Fils y a consenti, et pour cela il est descendu, a
pris l'Humain. et il a souB'ert le suppliee de la crois, et a transféré
ainsi en lui la du Genre humain, car on lit: Maudit est
quiconque est suspendu au bois d'une croix: • ainsi le Fils a rendu
propice le Père en se faisant intercesseur et médiateur; et alors Je
Pbre par amour pour le Fils, et louché des souffrances qu'il lui vit
endurer sur le bois de la croix, 1. décidé qu'il pardonnerait, mais
seulement, lui a-t-il dit, li ceux aUlquels j'imputerai ta Justice, je
les ferai de fils de colère et de malédiction fils de grâce et de béné- •
diction, et je les justifierai et sauverai; quant à tous les autres, qu'ils
restent, comme il a été précédemment décidé, fils de colère. Voil.
notre foi, et c'est Il la justice que Dieu le Père introduit dans notre-
.Coi, qui seule justifie et sauve. L'anse, ayant entendu ces paroles ..
Cut longtemps sans parler, car l'étonnement le rendait muet, enfin
il rompit le silence et s'exprima en ces termes: Le Monde Cbrétien
peut-il être fou li ce point, et s'écarter de la saine pour de
semblables rêveries, et tirer de ces Paradoles le dogme fondamental
du salut" Qui ne peut que ces Paradoxes sont diamétralement
opposées à l'Essence de Dieu, c'est·A-dire, à son Amour et à sa
Sagessse, et en même temps li sa Toute-Puissance ét à sa
sence? Aucun martre probe n'aiirait ainsi eOlers ses serviteurs et
ses servan les ; ni même une bête féroce envers ses petits i cela est
abominable: N'est-il pas contre la Divine Essence de rendre nulle la
Vocation qui a été faite A tous les hommes en sénéral et l chaeun
en particulier? N'est-il pas contre la Divine Essnce de changer l'Or-
dre établi de toule éternité, li savoir, que chacun soit jugé selon sa
vie? N'est·iI pas contre la Dh'ine Essence de retirer l'amour et la
mir,éricorde li un seul bomme, et li plus forte raisbn à tout le Benre
humain? N'est-il pas contre l'Essence de Dieu d'être, à la vue des
souffrances endurées par le Fils, ramené li la miséricorde, et la mi-
séricorde même de Dieu, d'être ramené dans son
Essence et n'est-ce pas abominable oie penser qu'il en soit jamais-
1I0rti, car celte Essence est Lui-Même de toute éternité à toute éter-
Dlté? N'est-il pas impossible aussi de transporler dans UDe sorte.
r
..
RELIGION CIlRli:TIENNE.
203
cl'être (ms), tel qu'est votre foi, la Justice de la rédemption, qui en
soi appartient ilIa Divine Toute-Puissance, et de l'imputer et l'ap-
pliquer Il l'homme, et, sans aucun autre moyen, le déclarer
pur et saint? N'est-il pas impossible de remettre Il qui qu. ce soit
$eS péchés, et d'innover, régénérer et sauver qui que ce soit
par l'imputation seule, et ainsi de changer l'injustice en justice,.et
la malMiction en bénédiction? Dieu pourrait ainsi chanser l'Enfer
cm Ciel et le Cie] en Enfer, ou le D ..... gon en Michel et Michel en
Dragon, et ainsi renouveler en sens inverse le combat entre eux; il
De serait besoin que d'enlever Il l'un l'imputation de votre foi, et
de la donner Il l'autre; par conséquen t, nous qui sommes dans le
. Ciel, nous devons Lrembler éternellement. De plus, est-il conforme
, lIa justice et au jugement que l'un prenne sur lui Je crime de ]'au.-
Ile i que le criminel deviennlS non coupable, et que le crime soit
ainsi effacé? Cela n'est-il pas et contre la Justice Divine et contre
la justice humaine? Le Monde Chrétien ignore encore qu'il y a
Ordre, et de plus il ignore ce que c'est que l'Ordre, que Dieu a in-
roduit dans le Monde en même temps qu'il1'a créé, et que Dieu ne
peut agir contre cet Ordre, puisqu'alors il agirait contre Soi, car
Dieu est Lui-Mème l'Ordre. Le Prêtre comprit ce que l'Ange avait
dit, parce que les AnBes qui étaient au-dessus avaient répandu une
lumière du Ciel; et alors il gémit et dit: Que faut-il faire? Tous
aujourd'hui prêchent, prient eL croient ainsi; tout le monde a dans
la bouche ces paroles: Père bon 1 aie pitié de nous, et remets-nous
DOS péchés, Il cause du aanB de ton Fils, qu'il a répandu pour nous
sur ]a croix i et l'on dil au Christ'": Seigneur intercède pour nous;
et nous Prêtres, nous ajoutons: Envoie-nous l'Esprit Saint; et alors
l'Anse dit: J'ai remarqué que de la Parole, non comprise intérieu-
rement, les prêtres tirent des collyres qu'ils s'appliquent sur ]es
yeux aveuslés par leur foi, ou dont ils se font cn emplA1re qu'ils
meltent sur les blessures produites par leurs dogmes, mais néan-
moins ils ne les Buérlssent pas, parce qu'elles sont invétérées; VI
clonc vers celui qui se tient là, - et il me montra du doiSt, - Il
t'enseignera, d'après le Seigneur, que la Pa.4ISion de la croix a été,
DOJl la Rédemption, Blais l'union de l'Humain du Seigneur avec 1&
Divin du Père: que la Rédemption a été la subjugation des Enfers
et l'ordination. des e.t que sans ces deux actes que le Seiineur
1
1

\
201 J,.A. VRAIE
a accomplis, quand il était dans le Monde, il n'y BuraU eu de salut
pour personDe sur Terre, ni pour personne dans les Cieux; et· en
ouLre il t'enseignera l'ordre introduit par la création, ordre selon..
lequel on doit vivre pour être sauvé, et que ceUI 'lui vivent selon
cet ordre sont comptés au nombre des Rachetés et sont nonlmés
Elus. Après qu'il eut prononcé Qes paroles, il se forma sur côtés,
dans le Temple, des fenêtres par lesqllelles une lumière brillante
influa des quatre plaies du Monde, eL il apparut des Chérubins
qui volaient dans la splendeur de la lumière; et l' 4.nse fut enlevé
vers les siens au-dessus de l'ouverture; et nous nous relirAmes
joyeux.
taIS. SECOND MÉJlOBABLE. Un jour, m'étant le matin éveillé de
mon sommeil, le Soleil du Monde spirituel m'apparut dans son éclat.
et au-dCSlious je vis les Cieux, qui en étaient aussi éloilnés, que Ja
Terre l'est de son Soleil; et alors il se fiL entendre des Cienx des
paroles ineffables, qui" réunies ensemble, formaient par articulation
cette phrase saisissable: D n'y a qu'un seul Dieu, qui est Homme,
dont l'habitacle est dans ce Soleil; cette phrase articulée tomba par
les Moyens vers le Ciel Infime, et de là dans le Monde des
Esprits, où j'éLais; et je remarquai que l'idée d'un seul Dieu, que
les Anles avaient exprimée, était, selon les degrés de descente,
chanlée en une idée de trois Dieux; pendant" que je faisais cette
remarque j'entrai en conversalion avec ceUI qui pensaient trois
DieuI, leur disant: Oh 1 quelle énormité 1 d'où vous vient-elle! El
ils répondirent: Nous pensons Lrois d'après n{)tre idée 'perceptible
de Dieu Tri-un, mais celte idée ne· tombe jamais dans notre bouche;
quand nous parlons, nous disons l bouche pleine qlle Dieu
est un ; peu importe qu'il y a.it dans nos mentaIs une autre idée.
pourvu qu'elle n'en découle pas, et ne scinde pas l'unité de Dieu
dans la bouche j mais néanmoins elle en découle de temps en temps,
puisqu'dIe y est, el alors si nous parlions, nous dirions trois Dieul.
mais nous nous en sardons bien" de peur de nous elposer l la ri-
sée de nos alJditeurs: et alors ils parlèrent ouvertement d'après
leur pensée, disant: Est-ce qu'il n'1 a pas trois Dieux, puisqu'il y
a trois Personnes Divines, dont .,hacune est Dieu; EL pouvons-nous
penser autrement, quand le Chef de notre Eglise, dans le précieul'
recueil de ses saints dosmes, assigne. l'un la Création. à l'autre Il.
l
-
RELIGION CBl\ËTIENNE.
205
R6demption, et au troisième la Sanctification; et quand. de plus, il
attribue l chacun d'eul des propriélés qu'il affirme incommunica-
bles aUI deul autres, propriétés.qlli sont non-seulement la Création,
la Rédemption et la Sanctification. mais encore l'Imputation. la Ifb-
diat.ion et l'Opération? Dès lors est-ce qu'il n'yen a pas un qui nous
a créés. el lui aussi impute; un autre qui nous a rachetés, et lui
aussi fai' médiation; et un troisième qui opère l'imputation obtenue
par la médiation, et lui aussi sanctifie! Qui ne sait que le Fils de Dieu
a été envoyé dans le Monde par Dieu le Père, pour racbeter le Genre
humain. et ainsi devenir Expiateur, Médiateur, PropitiateuretInter-
cesseur! et comme clllui-ci est un avec le Fils de Dieu de toute éter-
bité, ne sont-ce pas là deux Personnes distinctes par elles-mêmes !
.et puisque ces deul personnes sont dans le ciel, l'une assise l la
droite del'autre. noe doit-il pas y avoir une troisième pour
exécuter dans le Monde ce qui a été décrété dans le Ciel! Quand
j'eus entendu ces paroles, je lardai le silence, mais je pensais en
moi-même: Ob ! quelle folie! ils ne savent rien de ce qui est en-
tendu, dans la Parole, par Médiation: et alors d'après l'ordre du
Seilneur trois Anses descendirent du Ciel, et me furent associés,
aOn que. d'après une perception intérieure, je parlasse avec ceux
qui étaient dans l'idée de trois Dieux, çt spécialement sur la Média-
tion. l'Intercession. la Propitiation et l'Expiation. qui sont attri-
bué8s par eux à la Seconde Personne. ou au Fils. mais seulement
après qu'il eut été fail Homme, et il a été .fait Homme plusieurs
siècles après la Création. alors que ces quatre moyens de salut n'a-
't'aient pas encore existé. et qu'ainsi Dieu le Père n'avait pas été
rendu propice, le lenre humain n'avait pas été expié, et personne
D'avait été envoyé du Ciel pour intercéder et opérer la médiation.
D'après l'inspiration qui me fut donnéje parlai alors avec eUl, en
disant: Approchez en aussi Irand nombre qu'il est possible. et écou-
• ce qui est entendu dans la Parole par Médiation, Intercession,
Elpiation et Propiliation ; ce sont Il quatre Attributions de la srAce
du Dieu unique dans son Humain; Dieu le Père ne peut jamais êlrs
approché, ni ne peut Lui-Même s'approcher d'aucun homme, parce
qu'il est Infini et dans son :ttre qui. est Jéhovab" et que si par son
il approchait de thomme il le dissoudrait, comme le feu dis-
le bois.et le réduit en cendres; cela est 6vidont d'après ces pa-
206
LA. VllAlE
l'OIes qu'il adressa • MoIse qui voulait Le voir: a Penonne ne peut
Me voir et vivre, » - Exod. XXXIII, '0; - et le Seigneur die,
que • Dieu, personne ne (le) vit jamais, sinon le Fils qui est dans
le sein du Père, D - Jean, l, tS. M a t t ~ . XI, !7; - et que a per-
sonne n'a entendu la voix du Père, ni vu son aspect,» - Jean,
V, 37; - on lit, il est vrai, que Moïse a vu Jéhovah race A face, el
a parlé avec Lui bouche l boucbe; mais cela est arrivé par l'inter-
médiaire d'lin Ange, comme pour Abraham et Gédéon. Puis donc
que tel esl Dieu le Père en Lui-Même, il Lui a l,lu de prendre l'Hu-
main, et dans cet Humain d'admeUre les hommes, et ain&i de les
écouter el de parler avec eux; et cet Humain e . ~ t ce qu'on nomma
le Fils de Dieu, et c'est Il ce qui opère médiation, intercession,
p ropitiatioD et expiation. Je vais dire par conséquent ce que sipi-
fient ces qualre Attributs de l'Humain de Dieu le Père: La MUIA.-
TION signifie q1le cet Humain est l'intermédiaire par lequel l'homme
petit s'approcher de Dieu le Père, et Dieu le Père s'approcher de
J'homme, et ainsi l'enseigner et le conduire pour qu'il soit sauvé;
c'est pourquoi le Fils de Dieu, par qui est entendu l'Humain de Dieu
le Père, est appelé Sauveur. et dans le Monde, Jésus, j)'est-A-dire,
Salut. L'INTERCESSION signifie une perpétuelle Médiation, car l'Amour
même, auquel appartiennent ,la Miséricorde, la clémence et la grâce,
intercède perpétuellement, c'est-A·dire, est perpétuellement en mé-
diation, pour ceux qui font ses préceptes, et qui sont ceux qu'il
aime. L'EXPIATION si&nifie l'éloignement des péchés, dans lesquels
l'bomme se précipiterait. s'il s'approchait de Jéhovah nu (non re-
vêtu de l'Humain) La PROPITIATIOl'f signifie l'opération de la clé- .
mence et de la ,rdce, afin que l'homme par les péchés ne se préci-
pite pas dans la damnaLion; elle signifie aussi la surveillance afin
qu'il ne profane pas la sainteté, c'est ce que signifiait le Propitia--
toire sur r Arche dans le Tabernacle. n est notoire que Dieu dans
la Parole a parlé selon les' apparences, par exemple, quand il dit
qu'il se met en colère, qu'il se venge, qu'il tente, punit, jette en
enfer, damne, et même qu'il fait le mal, lorsque cependant il ne se
met en colère contre personne, ne se venge de penonne.l ne tente,
De punit. De, jette en enfer. De dimne personne, ces actions BOnt
aussi éloignées de Dieu. que l'Enfer l'est du Ciel, et infiniment plui;
ce sont donc des locutions selon les apparences; ily a aussi. dans
l
RELIGiON CHRETIENNE
201
UD autre sens, locutions selon les apparences dans les expressioDs
d'Expiation, Propitiation, Intercession et Médiation, par lesquelles
sont entendues des attributions de l'accès auprès de Dieu, et de la
erAce provenant de Dieu, par son Humain; comme ces attributions.
n'ont point été comprises, on a divisé Dieu en Trois, et sur ces
Trois on a fondé toute la doctrine de l'E&,Ji8e, et ainsi l'on a falsifié
la Parole; de là l'ABOJI1NAT ION DE LA DEsoLATION, prédite par le Sei-
eneur dans Daniel, et en outre dans lfatthieu, Chap. XXIV. - A.
ees DIois, ]a Cohorte des Esprits se relira d'autour de moi, et je re-
marquai que ceux qui en actualité pensaient trois Dieux re,ardaient
vers l'Enfor, et que ceUI qui pensaient un seul Dieu dans lequel est--
la Divine Trinité, et que cette Trinité est dans le Seisneur Dieu
Sauveur, regardaient vers le Ciel i et à ceux-ci apparut le Soleil
du Ciel, dans lequel est Jéhovah dans son Humain.
136. Tn,olslÈIlE MÉMORABLE, Je vis de loin cinq Gymnases, dont
ehacun était environné d'une lumière provenant du Cie] ; le Premier
Gymnase était environné d'une lumière pourpre, telle qu'elle esl.
dans les nuées avant le lever du Sllleil le matin dans les lerres; le
Second était cllvironn·é d'une lumière jaune telle qu'est celle de
l'aurore après le lover du soleil; le d'ulle lumière blan-
(lhe telle qu;elle est dans le IIonde à midi; le Quatrième, d'une lu-
mière moycnne, telle qu'elle est qual!.d elle commence à se mêler
il'ombre du soir; et le Cinquième ,était dans l'ombre même du soir.
Dans le Monde des Esprits les Gymnases sont des Édifices ou les
Erudits s'assemblent et a&,Hent divers arcanes qui servent à leur
.science, l leur intelligence et lIeur sagesse. A la vue de ces Gym-
Dases j'eus le désir d'aller '-ers l'un d'eux, et j'allai en esprit vers
celui qui était environné d'une lumière moyenne, et j'entrai. et je
vis UDe Assemblèe coml,osée qui agitaient entre eUI celte
question: Qu'est-ce qu'enveloppe ce qui est dit du SeiiDeur, qu'ayant
été élevé au Ciel, il s'assit l la droite de Dieu! - Marc, XVI, tB ..
- La plupart des membres de l'AsseIIiblée dirent que selon les
roles il fallait absolument entendre 'lue le Fils est ainsi assis auprès .
du Père: il leur fut demandê pourquoi cela est ainsi: quelques-uns
iirent que le Fils a été placé par le Père l sa droite à Cluse deI ..
RédemptioD qu'il a accomplie; d'autres, qu'il es' ainsi assis par
amour; d'autres, que c'eSt afin qu'il soit ie CODseiller du Père. et
208
LA VRAIE
que comme tel les Anies Lui rendent honneur; et d'au Ires, que
o'est parce que le Père lui a accordé de régner à sa place, car on
lit qu'il Lui a ét6 dOD.né tout pouvoir dans le Ciel et sur Terre i tou-
tefois, le plus grand nombre diL qu'il est à la droite, afin que le
Père exauce ceux pour qui il intercède; car dans l'Église aujour-
d'hui tous s'adressent à Dieu le Père et le prient qu'il ait pitié par
égard pour le Fils, et cela fait que le Père se tourne vers le Fils
pour recevoir sa médiation; niais quelques-uns dirent que c'est seu-
lement le Fils de Dieu de toute éternité qui s'est assis à la droite dll
Père, afin de communiquer sa Divinité au Fils de l'homme né dans
le Monde. Quand j'eus entendu ces diverses opinions, je fus très-
étonné que des Erudits, quoiqu'ils eussent quelque temps
dans le Monde spirituel, fussent néanmoins dans une si grande igno-
rance des cboses célestes; mais je perçus que c'était parce que, se
confiant sur la propre intelIisence, ils ne pas laissé ins-
truire par les Saies. Toutefois, pour qu'ils ne restassent pas plus
longtemps dans l'ignorance sur le Fils assis à la droite du Père, je
levai la main, en les priant de prêter l'oreille aux quelques paroles
que je désirais leur adresser sur ce sujet; er. comme ils y consenti-
rent, je dis: Ne savez-vous pas d'après la Parole, que le Père et le
Fils sont un, et que le Père est dans le Fils et le Fils dans le Père!
le Seigneur le dit clairemeul, - Jean, X, 30. XIV, 10, H; - SI
vous ne le croyez pas, vous divisez Dieu en. deux, et cela fail, vous
ne pouvez penser sur Dieu que naturellement, sensuellement et qui
plus est matériellenlent, ce qui se fait même dans le Monde depuis
te CONCILE DE NICÉE, qui introduisit les Trois Personnes Divines de
toule éternité, et par là cbaugea l'EfjIise en lin Tbéâtre; où il sus-
pendit des Toiles peintes, entre lesquelles des personnages repré-
sentaient de nouvelles scènes. Qui ne sait et ne reconnait que Diell
est Un r Si vous reconnaissez cela de cœur et d'esprit, tout ce que
-.ous avez dit se dissipe de soi-même, et rebondit dans l'air comme
les bagatelles que rejette l'oreille du sage. A ces paroles, plusieurs,
transportés de colllre, désiraient vivement me tirer les oreilles et
m'imposer silence? le Président de l'assemMée, avec indignation
me diL : Le sujet de la discussion D'est ni l'unité, ni la pluralité de
Dieu,·puisque nous croyons l'une et l'autre, mais c'est de savoir ce
qu'enveloppent ces paroles: Le Fils est assis à la droite de son père;
r
RELIGION CHR1l:TIENNE
209
si tu eD sais quelque cbose, parle; et je répondis: Je parlerai;
mais ordoDne, je te prie. que le tumulte cesse; et je dis: Par s'aS-
seoir lia droite, il D'est pas entendu s'asseoir A la droite, mais il
esl entendu la Toute-Puissance de Dieu par l'Humain qu'il a pris
dans le Monde; par cet Humain il est dans les derniers comme daDs
'les premiers. par lui il est en tré daDS les Enferll, les a ren\'erllés et
subjugués, et par lui il a mis en ordre les Cieux, ainsi par lui il a
racheté et les hommes et les anges, et il les a rachetés pour l'éter-
nité: si VOliS consultez la Parole, et que vous soyez tels, que YOUS
puissiez être iIIustré.'1, vous apercevrez que par la Droite il y est eD-
tendu la Teute-Puissance i par exemple, dans Esaïe: Ml MAIN !
la Terre, et liA DI\OITE de sa paume a formé les Cieux. »'
- XL VlII, t 3. - « Dieu a juré par SA DROITE, et par le Bras de
la force. » - LXH, 8. - Dans David: .. TA DROITE me soutient, »
- Ps. XVlII, 36.'- .. Regard8 vers le FilslJ14e tll (étais fortifié;
gue soit TA IL\IN pour L'HonE DE TA DROITE, pour le Fils de l' homme
gue nI (es fortifié • • - Ps, LXXX, i 6. :18. - Par lè. on voit
CDmment doit être entendu ce pas.'Iage: Parole d8 Jéhovah à mon
Seigneur: Assieds-toi à)IA DROITÉ, jusqu'à ce que j'aie mis tes
ennemis pour marche-pied de tes pieds; Jéhovah de Sion en-
verra le sceptre de ta force; domine au miliell de tes ennemis, J)
- Ps. CX, t, t i - dans tout ce Psaume, il s'agit du. combat du
Seigneur contre les Enfers ct de la subjlJgation des Enfers; comme
la DroiLe de Dieu signifie la Toute-Puissance, voilà pourquoi le
SeigDeur dit qu'il sera assis! DROITE DE LA PUISSANCE, - ilattb.
'XXVI, 63, 64 i - et It. DROITB DE LA. VERTU DE Omo, - Luc,
XXU, 69, - A ces mots, l'Assemblée fit entendre des ID urmures ;'
mais je dis: Prenez gàrde qu'il ne vous apparaisse du Ciel une I\laio,
qui, lorsqu'elle apparalt, comme elle m'est apparue, imprime une
incroyable Lerreur de la puissance, ce qui a été pour moi une con-
firmation que la Droite de Dieu signifie 19. Toute-Puissance i è. peine
avais-je prononcé ces paroles, que l'on vit une lIain étendue au-des-
sous du Ciel, et l cette vue une si grande terreur s'empara d'eux,
qu'ils se précipitèrent en masse vers les portes. et quelques-uns
vers les fenêtres pour sejeœr dehors, et d'autres manquant de res-
piration tombaient évanouis; lDais moi je restai sans être
et- je m'on allai lenlelJlent après eux, et quand je fus l UDe certaiDe
U
210 LA. VRAIE
distance, je me retournai. eL je vis ce Gymnase enveloppé d'une
nuée obscure; et il me fut dit du Ciel, que cela était arrivé ainsi.
parce qu'ils Ivaient parlé d'après la foi de trois DieuI, et que la
prêoêdente Lumière qui l'enlourait reviendrait, quand des Esprits
plus sensés y seraient assëmblés.
t37. (lUATRltJlB MtIlORABLB. d'appris qu'il avait été convoqué
« un Consistoire composé de personnages renommés par leurs écrits
« et leur érudition sur la Foi d'aujourd'hui et sur la justificatioD
« des élus par celte foi; c'était dans le Monde des Esprits, et il me
a fut donné d'y être présent en esprit; et je vis ceUI qui avaient
(C été convoqués d'entre le C l e r ~ é se grouper selon qu'ils étaient du
« même sentiment, 011 d'un sentiment opposé; du côté droit se le-
a naient ceux qui dans le i\londe ont été appelés Pères Apostoliques.
• et ont "écu dans les siècles antérieurs au CoD.OÏl8 cIë'Nië1e; du
«c6lé gauche étaient des hommes qui, après ces· sfèclès, -se sont
« reudus célèbres par des ouvrages imprimés ou transcriLS par des
« copistes, plusieurs d'entre eUI avaient le menton chauve et la tête
« couverte de perruques frisées faites avec des cheveux de femmes,
a et quelques-uns de ceul-ci étaient en collerettes l rouleaul, at
.. d'autres en collerettes l ailes: mais ceUI du côté droit avaienl de
« la barbe et des cheveux naturels; devant les uns et les aulres se .
.. tenait un Personnage qui avait été luge et Arbitre des écrivains
a de ce siècle; il avait l la main un Mton dont il frappa le sol. et
~ il fit faire silence; alors il monta jusqu'au plus hant degré de la
• Chaire et poussa un gémissement, et ensuite il voulut s'écrier l
.. haute voix, mais la respiration de son gémissement retint Je cri
.. dans son gosier; mais enfin, pouvant parler, il dit: Frères! oh 1
• quel siècle! il S'8..lit élevé de la foule des Laïques un homme,_.iui
.. n'a ni le manteau, ni la mitre, ni le laurier, et qui a arraché du
le Ciel notre Coi, et l'a jetée dans le StYI ; ob 1 scélératesse 1 et cep en-
.. dant eUe seule est notre Étoile. qui luit comme Orion dans les
.. nuit.Ii. et comme Lucifer le matin; cet homme. quoique d'un grand
e Age, est entièrement aveugle dans les mystères de notre Foi, parce
.. qu'il ne l'a pas ouverte, et n'a point vu en elle la justice du Sai-
e Bneur notre Sauyeur, ni sa médiation, ni sa propitiation, et comme
... il n'a pas vu ces actes, il n'a pas vu non plus les merveilles de sa
• justification, qui sont la rémission des péchéS, la réSénératioD.la
r
RELIGION CHMTIENNE.
211
e sanctification et la salvation ; cet homme, au lieu de notre Foi SOD-
e verainement salvifique, parce qu'elle est en trois Personnes Di-
e vines, ainsi en Dieu tout eotier, a transféré sa foi dans la Seconde
« Personne, non pas même dans ceUe Personne, mais dans l'Humain
c de cette Personne, que nous disons Divin, il est vrai, d'après l·i ....
Ir
• carnation du Fils de toule éternité, mais qui qui pense sur
c cet Humain autre chose que le simple HumaIn r et alors qu'en ré-
e sulte-t-il autre cbose qu'une foi, de laquelle déc.()ule comme d'uo8 )
e source le naturalisme Y et comme une telle foi n'est point spiri- 1
c tuelle, elle diOère peu de la foi en un Vicaire ou en ùn Saint; •
c vous savez ce que Calvin, dans son terpps, a dIt du Culte qui
c vient d'une telle foi: et, je vous prie, que l'un de VOIlS dise d'où.
411 vient la Foi! n'est-ce pas immédiatement de Dieu, en qui par COD-
• séquent sont touLes les choses du salut r A. ces mots, les membres
-cr du COté 6;auche, qui avaient le menton chauve, une perruque fri- 1
c sée, et une collerette autour du cou, applaudirent des mains et
« s'écrièrent : Tu as parlé très-sa6;ement nous savons que nous D8
pouvons rien prendre qui ne soit donné du Ciel; que ce prophète
.. nous dise d'où vient la foi, et qu'est-ce que c'est que la foi, si ce
« n'est celle-là; il est impossible qu'il y en ait une allLre et qu'elle
c vieone d'autre part; exposer une autre foi que celle-ci, qui soit
.. la foi, cela est aussi impossible que d'aller à cheval ,ers une des
G constellations du Ciel, d'y saisir une de la serrer dans la
« poche de son habit, et de l'emporter. - Il s'exprima ainsi pour 1
« que ses confrères se moquassent de toute foi nouvelle. - Alors
« les Hommes du côté droit, qui avaient de la barbe et des cheveux.
" naturels, furent saisis .d'indignation, el l'un d'eux: se levadlD
e Vieillard, mais qui néanmoins fut vu comlDe jeune homme,
• car c'était un Ange du Ciel, où tout Age revient 1 la jeunesse; il
« prit la parole et dit: J'ai entendu quelle est votre foi, que l'Homme
« qui occupe la Chaire a tant exaltée; mais qu'est-ce que cette foi,
csinon le sépulcre de Seigneur après la rœurrection, fermé
c de nouveau par les soldats de Pilate r j'ai ouvert cette foi. et je
«n'ai vu que les baguettes des prestigiateurs, par lesquelles les
« Mages ell Egypte firent des Miracles; bien plus, votrl!. est ellé-
" rieurement dans vos yeuloomme un écrin en or massif et iarm
"(il dë-pïerres préoieuses, et qui. IOrsqU'OD l'ouvre, est vide. l moi.
R
212
LA. VRAlE
• que peuL-être dans les coins il n'y aH de la poussière des relique&
• deS Pontificaul, car ceux-ci onL la même foi, à ('exception
cc jourd'bui ils l'ODt couvert,_ Jle ex!ernes; vOire foi aussi,
« pour me servir de comparaisons, a enfouie en terre
« chez les anciens la Vestale qui laissait éteindre le feu sacré; et je
• puis affirmer que devant mes est comme Je veau d'or ..
• autour duquel dansèrent les fils d'Israël, après que Moïse les eut.
e quittés et fut monté sur la montagne du Sinaï vers Jébovah : ne
....
cc soyez pas étonnés que j'aie parlé de votre Foi pl!!......d.!Jelles com-
e parais8ns, car nous eu parlons ainsi, nous, dans le Ciel. Quant à
Il notre Foi, elle est, elle a été, et elle sera éternellemeut
cc ,neur Dieu Sauveur, dont l 'HulDain est mvin et le Divin est Hu-
u main, ainsi rendue convenable à la. réception, et d'après elle le
, «Divin spirituel est uni au nalurel de l'homme, et devient la
cc spirituelle dans le nalurel, de là le nahlrel devient comme dia-
«phane d'après la lumière spirituelle dans laquelle est notre fo·i;
cc les vérités dont elle se cOlDpose sont e\l aussi grand nombre qu'Ü
cc y a M petits Versets dans le Code s.,cré; ces vérités sont loutes.
Il comme des étoiles, qui par leul's lumières la manifestent et fui
r
cc donnent une forme; 1'11oIDDle Iii tire de la Parole au moyen de sa
« lueur naturelle. dans laquélle elle est science, pensée et persua-
e sion; mais le Seisneur, chez ceul. qui croient en I,ui, fait qu'elle,
cc assurance ainsi .el.le devient
cc r1iüëlle-oatureJle, et par la charité elle devient ,he; celte Foi
l
a chez nous est éomme une Reine ornée d'autant de pierres pré-
« cieuses que la muraille de la sainte Jérusalem, - Apoc. XXI,
a t 7 l 20, - Mais ne croyez pas que les paroles que j'ai dites
cc soient seulement des paroles d'exaltation; eL, pour que vous ne
CI les considéria7. pas comme des puérilités, jE! vais lire quelques pas-
e sages de la Sainte Parole, par lesquels vous verrez clairement que
r cc notre Foi est non vas en l'Homme, comme vous le croyez, mai's
cc au vrai Dieu, dans qui est tout Divin; Jean dit: Jésus-Christ est
• ie vrai Dieu. et la Vie éternelle, » - 1 Eplt. V, il. - Paul:
• Dans le Christ habite toute la plénitude de la Divinité corpo-
• rellement. • - Coloss. II, 9 ; - et dans les Actes des Apôtre$:
cc: Il a et au:z: Juifs et au:.c Grecs la pénitence envers
Dieu. et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ;» - XX, !t ;
r
L
RELIGION
213
c - et le dit Lui-Mêinè, Cl lJU'ü lui a été dormi tout
Cc pouvoir dans le Ciel et sur Terre. » - M:auh. - xtvrn, f8;
il.::..... mais ce D'est Il qu'un très-petit nombre des passa;es con6r-
"matifs. Après cela, l'Ange me regarda, et dit: Tu sais ce que les
« soi-disant Eyan;éIiques croient ou doivent croire sur le Seiineur
• Sauveur; récile-nous-en quelque chose, afin que nous sachions
Cl s'ils sont dans celle folie, de croire qne l'Humain du Seigneur
• est simplement Humain, et s'ils 8'y attachent point quelque chose
« de Divin, ou comment ils l'y attachent; et alors, devant toute l'as-
cr semblte, je lus 16.11\ articles sui van ts tirés de leur Livre d'Ortllo-
oCt doxie, intitulée FORMULE DE CONCORDE, et imprimée l Leipsici
« en t 756: Dans le Christ la Nature Divine et la Nature Hu-
C( maant ont été tellement fmies, quO elles lont une seule Personne,
-cc - pag. 606. 762, - Le Christ est vérita61ement Dieu et
• Homme en une Personne indivisifJle, et y demeure pour fé-
ce ternité, - page 609, 673 .. 76t. - Dans le Christ Dieu est
c J.Jommt, et fHomme estDteu, -pai. 607, 765. - La Na-
.. ture Humaine du Christ a été élevée à toute la Majesté Di-
e VIne; cela est mAme tiré de plusieurs Pères, - page 8U 1
« 852,860 à 865, 869 à 878. - Le Christ quant à la Nature
CI Humaine Tout-Présent et remplit t"outes choses, - pai_
e 768, 783, 781, 785. - Le Christ quant à la Nature Hu-
• maine a tout pouvoir dans le Ciel et sur la Terre, - page 77l1,
CI 776, 780. - Le Christ quant d la Nature humaine est assis
« à la droite du Père, - page 608, 764.- Le Christ quant à
c la Nature Humaine doit 8tre invoqué; ce qui a été confirmé
.là par des passagts de l'Ecriture, - page !26. - La Con-
e fession fi' Augsbourg approuve principalement ce Culte, -'
« pas. t9. - Après avoir Ju ces passages devant rassemblée, je mé
c tournai vers l'Homme qui était dans la chaire, et je dis: Je sais
e qlle tous ceux qui sont ici onl été consociés à des hommes sem-
e bJableso à eux dans le Monde Dalurel i dis, j'e te prie, sais-lu, loi,
« avec qui tu es? 11 répondit d'un tou Irave: je le sais; j'ai été
• consocié à un Homme célèbre, Chef des Illustres pbalanges iirêes
c de la Milice de l'Église i et comme il avait dlUD lOD ii.
,rave, je lui dis: Pardonne-moi .. si je t'Interroge: Sais-tl! où b,,-
• bite ce Chef célèbre! ÈL Il diL: la le sail; il habile Don loin duto&-
LA VRAIE
« heau de Luth_er. A ces mo.ts, je lui dis en souriant: Pourquoi dis-
e tu le 10mb eau ,. Ne sais-tu pas que Lutber est ressuscité, et
(
• qu'aujourd'hui il a rejeté ses erreurs sur la justifioation par la foi
• en trois Personnes Divines de toute éternité. et qu'en conséquence
« il a été transporté parmi les heureux du Nouveau Ciel, etll,!'il
·11 ",oit les insensés qui l'ont suivi et rit de leur folie! Il : Je
1 • le sais, mais que m'importe! Et alors du même ton qu'il m'avait
Il parlé, je lui répondis, en disant: Inspire à ton çélèpre,
a tu as été consocié, que je crains que, contrilirement à l'Or-
e thodoxie de son Eglise, il n'ait en cet instant enlevé au Seipeur
cr son Divin, ou qu'il n'ait laissé sa plume tracer un dans lequel
« il a inconsidérément semé le Naturalisme, quand il a écrit contre
.le culte du Seigneur notre Sauyeur. Il me répondit: Je ne le peUl
Il pas, parce que moi et lui, quant à celte chose, nous ne faisons pre8-,
e qu'un seul mental, mais ce que je dis il ne le comprend pas, tandiS!
« que tout ce qu'il dit je le comprends clairement; - en ell"et, le
cr Monde spirituel pénètre dans le Monde naturel, et y perçoit les
cr pensées des hommes, mais non réciproquement; c'est là l'état de
a consociation des esprits el des hommes. - Puis donc que j'avais
cc commencé à parler au Personnage de la chaire, je dis: je t'inter-
cr romprai encore, si tu le permets, par UDe interrog!ltion: Sais-tu
« que l'orthodoxie des dans le Livre manuel de leur
cc Eglise, appelé FORIULE DE CONCORDE, enseigne que dans le Christ
« Dieu est Homme ell'Bomme est Dieu, et que son Divin et son Hu-
a main sont et demeurent pour l'éternité dans une Personne indi-
« visible! Comment alors 10D associé a-t-il pu, et comment toi
a peux-lU souiller de naturalisme le culte du Seigneur Y A celle in-
cc terpellation il répondit: Je .sais cela, et cependant je ne le sais
8 pas. Jeconlinuai donc en disant: Je lui demande, quoiqu'il soit
;8 absent, ou je le demande à toi-même à sa p]ace: D'où est
8 l'Ame du notre Sauveur! Si vouS répondez, qu'elle est
« venue de sa 11ère, "Vous êtes des insensés; si vous dites: De Jo-
".: seph. vous profanez la Parole; mais si vous dites: De l'Esprit
• Saint. vous diles bien, pourvu que par l'Esprit Saint vous enlen-
... diez le Divin procédant et opérant. qu'ainsi il est ]e Fils de Jéhovah
:11 Dieu. De plus je demande: Qu'est·ce que l'Union hypostatique r
:_ Si vous que c'est une union comme entre deux, "l'une
RELIGION CllRltTIENNE •
2US
.. au-dessus e' l'autre au-dessous, vous êtes des insensés, car vous
« pourriez ainsi de Dieu Sauveur faire deux Dieul, comme de Dieu
« vous en faites trois i mais si vous dites que c'est une union person-
• nelle, comDle es' celle de l'A.me et du Corps. vous dites bien i
c cela est conforme aussi l votre doctrine, puis aussi 1 celle des
• Pèr es i consulte la FORMULE DE CONCORDE, paie 763 l 768. Et con-
• sulle le SYIIBOLB D'ATHANASE, où sont ces paroles: Il est de loi
« saine, que nous crflyions et confessions, que notre Seigneu"
.Jésus-Ch,ist esl Dieu et Homme; lequel, quoiqu'ü soÏl Dieu
ft et Homme, esl cependant, non deu:E, mais un Settl Christ,
« absolument un, non par confusion de S!,bstance, mais par
«unité de Personne; car de meme que 1 dme rationnelle et la
« cJ.aÏf' sonl un seul homme, de mAme Dieu et r Homme sont un
• settl Chrisl. Je ferai encore une question: Quelle a été la dam-
« nable hérésie d'ARIUS, pour laquelle le Concile de Nicée a été con-
• voqué par l'Empereur Constantin le Grand! Ne consistait-elle
• pas en ce qu'il niait la Divinité de l'Humain du Seiineur? Or,
• diteE, Qui entendez-vous par ces paroles dans Jérémie = u Voici
f
• les jours viendront que je su.citerai à David un Germe juste,
CI qui régnera Roi; et son Nom: I:tHOVAB NOTJ\E JUSTICE 7 »
cc - XXIII, 3, 6. XXXIU, t5, t6 i - si vous diles que c'est le Fils
• de Ioule éternité, VOliS êtes des insensés. celui-Il n'a point été
.« Rédempteur i mais si \"ous dites que c'est le Fils né dans le temps,
ft qui a été l'Unique eniendré Fils de Dieu, - Jean, l, t 8. IIJ, t 6.
• - vous dites bien; Celui-ci par la Rédemption est devenu la jus-
« tic e, dont vous failes voire Foi. Lisez aussi Esaic, - lX, 3, -
«et en outre les autres passages dans Jesquels il est prédit que lé-
«hova b deVAit ,-enir dansle Monde. A toutes ces preuves
.• le Personnase de la chaire se tut et se détourna.
ft A.près celle discussion, le Président voulut terminer le Consis-
• Loire par un discours i mais alors un Personnase rVir) qui avait
• sur la tête une mitre et un bonnet par-dessus, A'élança toutl
Il coup du cOté iauche de l'Assemblée, toucha du doigt son bonnet.
Il et prenant la parole, il dit: Moi aussi j'ai été consocié l un Homme
a qui, dans ton Monde, a élé éminemment constitué en honneur;
• je le sais, parce que je parle d'après lui comme d'après moi-même;
a alors)e demudai: Où demeure cet Homme éminent; il répondit:
,U6 LA VRAIB
• A Gothembourl ; et d'après lui j'ai quelquefois pensé que ta IIOD-
« velle Doctnne sent le Mahométisme. Aussitôt que ce mot eut été
&II entendu, je vis tous ceul de la droite, où se tenaient les Pères
«Apostoliques, frappés d'étonnement, et le visage changé j et j'en-
&II tendis sortir de leurs mentals par leurs boucbes c.es elclamafions:
« Oh 1 infAme invective 1 Ô quel siècle 1 Mais afin d'apaiser leur
a juste emportement, j'étendis la main, et je demandai l être en-
u tendu j la parolem'ayantété accordée, je dis: Je sais qu'un homme
• de cette éminence a inséré une telle infamie dans une Lettre.
« qui a été ensuite imprimée; mais si al'Ors il eût su quel blas-
e phème est renfenné dans cette assertion, il aurait sans doute d6-
e cbiré celte lettre, et l'aurait jetée au feu: c'est un tel outrase qui
• est en tendu par les paroles du Seigneur aUI Juifs, lorsqu'ils di-
usaient que le Christ faisait des miracles d'après un pouvoir autre
cr que le pouvoir Divin, - Mattb. XII, !! à 3t j - outre ces pa-
« roles le Seigneur y dit encore: CI Celui qui n'est pas at'ec Mor.
« est contre Moi, et celui qui n'assemble pas avec Moi disperse. D
« - Vers. 30. - A ces mots, le consocié de cet homme baissa la
cr tête, mais peu après il la releva et dit: Je n'ai jamais entendu des
« paroles plus dures que celles que tu viens de lD'adresser. Mais je
u continuai: Il y a ici en cause deul accusations, celle de Natura-
« lisme et celle de Mahométisme i ce sont deux infAmes Mensong.
« inventés avec astuce, et deul-flétrissures mortelles pour effrayer
« les volontés eL les détourner du Saint Culte du Seigneur: et je me
cc tournai vers le dernier consocié, et je dis: Dis., si tu le peUl, •
« celui qui e!it i Gothembourr, de lire ce qui a été dit par le Sei-
«sneurdans l'Apocalypse,.Chap. lU, i8; et aussi ce qui a été dit
« Chap. n, t 6. - A ces mots, il se fit un tumulte i mais il fut
CI apaisé par une Lumière envoyée du Ciel, laquelle plu-
u sieurs de ceux qui étaient à ,auche passèrent vers ceul qui étaient
.. A droite; à gauche restèrent ceul qui ne pensent que des choses
ce vaines, et qui par dépendent de l'éloquence d'un mat-
(t tre, quel qu'il soil., et aussi ceUI qui l l'égard du Seigneur ne
1 « croient qu'à l'Humain; la Lumière envoyée du Ciel semblait être
« répercutée par ceul-ci et par ceul·là, el influer dans ceux qui
fi étaient passés du côté sauche au côté droit ••
r
RELIGION CHaltTIENNE.
CHAPITRE TROISIÈME
DE L'ESPRIT SAINT ET DB LA DIVINB OPÉI\A.TION
~ 38. Tous ceux de l'Ordre Sacré, qui ont embrassé quelqu'idée
juste du Seigneur notre Sauveur, dès qu'ils entrent dans le Monde
spirituel, ce qui arrh'e ordinairement le troisième jour après Ja
mor.t, sont d'abord instruits sur Ja Divine Trinité; et spécialement
sur l'Esprit-Saint, en cela qu'il D'est pas Dieu par soi, mais que
4lans la Parole par lui il est entendu la Divine Opération procédant
de Dieu Un et Tout-Présent; s'ils sont spécialement instruits sur
.J'Esprit-Saint, c'est parce que Ja plupart des Enthousiastes après
Ja mort tombent dans la folle pbantaisie qu'ils sont eux-mêmes l'Es-
prit-Saint, et parce que plusieurs de l'Eglise qui ont cru, dans le
monde, que l'Esprit-Saint a parlé par eux, effraient les ;lUtres pai"
les paroles du Seigneur dans Mattbieu, en disant que c'est un péchA
irrémissible de parler contre les cboses que l'Esprit-Saint leur li.
inspirées. - III, ·3i, 3!. - Ceux qui, après cette instruction, se
retirent de la foi que l'Eprit-Saint est Dieu par soi, sont ensuite
instruits, l l'ésard de l'Unité de Dieu, qu'elle n'est point divisée en
trois Personnes, dont cbacune est en particulier Dieu et Seigneur,
selon le symbole d'Atbanase, mais que la Divine Trinité èst dans
ie Seigneur Sauveur, comme l'Ame, le Corps et Ja Vertu qui en
ilrocède sont cbez chaque homme; ceux-ci ensuite sont préparés pour'
recevoir la foi du Nouveau Ciel; et, après qu'ils ont été préparés, il
Jeur est ouvert un chemin vers une Société dans le Ciel, où il ya
une foi semblable, et il leur est donné une demeure avec des con-
frères avec qui ils vivront éternellement dans la béatitude. Mainte-
nant, puisqu'il a été question de Dieu Créateur, et du Seigneut Ré-
dempteur, il est nécessaire qu'il soit aussi traité de l'Esprit-Saint;
Ge sujet va être divisé, comme les autres, par Articles, ainsi qu'il
'SUit:
218 LA. VRAIE
1. L'Esprit-Saint est la Divine Vérité, et aussi la Divine
Yertu et la Divine Opération procédant de Dieu Un, en gui est
la Divine Trinité; ainsi, procédant du Seigneur Dieu Sauveur.
u. La Divine Vertu et la Divine Opération, qui sont enten-
dues par r Esprit-Saint, sont en général la Réformation et la
Bégénération; et, selon celles-ci, finnovation, la Vivification,
la Sanctification et la Justification; et, 1610'1 ces dernières, la
Purification des mauz et la Rémission des péchés, et enfin la
&lvation.
III. Cette Divine Vertu et cette Divine Opération, qui sont
entenduel par renvoi de r Esprit-Saint, les Ecclésiastiques
8pécialement, sont r et r Instruction.
IV. Le Seifl'leur opère ces Vertus dans ceux qui croient en
Lui.
V. Le Seigneur opère de Lui·Meme d'après le Père, et no,.
vice versA.
VI. L'esp,it de l'Homme est son Mental et tout ce gr'; en pro-
cède.
t 39. L'EsPRIT-SAI14T EST LA. DIVI14E VtBITÈ, ET AUSSI LA DI-
VI14E VERn! ET LA DIVI14E OptRllnOl'f, PROCÉDAl4T DE DIEU UN, D
QUI EST· LA DIVIlliE T RINITt ; .&INSl, PROCEDANT DU SEIGNEUR DIEU·
SAUVEUR.
Par l'Esprit-Saint il est proprement signifié le Divin Vrai, par
eonséquent aussi la Parole; el, dans ce sens, le Seigneur Lui-Même
est aussi l'Esprit-Saint; mais comme dans l'Eglise aujourd'bui pal"
l'Esprit-Saint il est désiGné la Divine Opération, qui est la lustifi-
cation aOlUelle, c'est pour cela que celte Opération est prise ici pour
l'Esprit-Sainl, et qu'il en est principalement question, et aussi par
celte raison, que la Divine Opération se fail par le Divin Vrai qui
procède du et que ce qui procède est d'une seule et
même essence aYeo ce dont il procède, comme oes Trois, l'ÂIIIe, le
Corps et le Procédant, qui font ensemble une Seule Essence, cbez:
l'homme essence purement bumaine, mais cbez le SeiBneur Essence
Divine et en même temps Essence Humaine, unies l'une avec l'autre
après la Glorification, oomme l'Ântérieur avec son Postérieur, el
eomme l'Essence avec sa Forme; ainsi, les trois Essentiels, qui
sont appelés Père, Fils et Esprit-SaiDt, sont un dans le SeiSDeilr-.
l
sC
r
l
RELIGION CBrutTIENNE
219
Que le Seisneur soit le Divin Vrai Même. ou la Divine Vérité, cela
a êU montrê ci-dessus; que l'Espril-8ainL le soit aussi, on le voit
par ces passages: • JI sortira un rameau du tronc de lishai, sur
lui reposera f Esprit de 1 éhovah. Esprit de sagesse et cl intelli-
gence. Esprit de conseil et de force; il frappera la terre de la.
'Verge de sa 6ouche, etpar fesprit de ses lèt:resil tuera fimpie; la
justice sera la ceinture de ses reins, et la Y éMté la cei,zture de ses
euÏ8ses • • - Esaie, XI. i, i, i, rs. - • JI viendra comme le
fleuve resserré, l'Esprit de Jéhovah mettra son signe en lui;
alors vi61zdra à Sion le Rédempteur • • - Es. L1X. t9, !O.-
• L'Esprit du Seigneur 1 éhOvih (est) sur Moi, Jéhovah JI'a oi,,,.
pour évangéliser les pauvres il M'a e'IWoyé. 1) - Esa. LXI, t.
Luc. IV, 18. - « Voici mon alliance: Mon Esprit qui (est) sur
Toi, et mes paroles ne se retireront point de ta bouche dès mmn-
tenant et dans l'éternité . • - Esa. LIX, it. - Puisque le Sei-
peur est la Vérilé elle-même, tout ce qui procède de Lui est par
conséquent la "érité, et ce Procédant est entendu par le Paraclet.
qui est aussi nommé Esprit de vérilé et Esprit-Saint; cela est évi-
dent d'après ces passages: • Moi je vous dis la VÉRITt, il vous
est avantageuz que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le
Paraclet ne viendra point à vous, mais si je m'en vais, je vous
l'enverrai. Il - Jean, XVI, 7. - « Quand il sera venu, lui,
fEsPIUT DE LA VERITE, il vous conduira dans TOUTE LA.. VÉRIn;
il oze parl61'a pas tl après mais tout ce qu'il aura en
tendu il prononcera, li - Jean XVI, t3, - • Lui me glorifiera.
parce que du MIEN il recevra, et il vous fmuzoncera: toutes
les choses que le Père a so1Zt MIENNES; c'est pourquoi j'ai dit
gue du IhEN il recevra et vous l'anno,zeera. Il - Jean XVI, U,
HL - • Moi je demanderai au Père qu'il vous donne un autre
Paraclet, l'ESPRIT DE L.l ViRITÈ. gue le Monde ne peut recevoir.
parce qu'il ne le voit point, et ne le connatt poillt ; mais vous.
vous le parce que che. vous il demeure, et 'lu' en vous
il sera; je ne vous laisserai pomt orphelins, je viens à VOliS; el
vous, vous Me verre •. D Jean, XIV, t6, 17. t8, - • Quandsera
'Venu le Paraclet, que Moije vous enverrai du Père, l'ESPRIT U
U VDITt, Celui-là rendra témoignage de Moi. li .- Jean. XV.
16: -le Paraclet est appelél'Esprit-Saint, dans JeaD, - XIV, 26.
LA. vitAlE
- Que le SeiBnenr se soit désfBDé Lui-Même par le Paraciet oii
l'Esprit·Saint, cela est par ces paroles du Seisneur, qüe le
Monde ne le connaissait point encore; mais vous, t10usle connais-
ses; je ne vous laisserai point orpbelins, je viens à vous; et vDil,;
• vous Me verrez: et ailleurs: • Voici, Moi, avec vous je suis tou.
les jours jusqtlà la consommation du side/e • • -Ilalth. x:x,m.
'0 ; - puis par ces paroles: Il ne parlera pas d'après Lui-Même.
mais du &Iien il recevra.
U.o. Maintenant, puisqùe par l'Esprit-Saint est entendue la Di-
vine Vérité, et que celle-ci a été le Seigneur et le Seigneur
Lui-Même, - l'ean, XIV, 6, - et qu'ainsi elle n'a pas ou procéder
d'autre parl, c'est pour cela qu'II est dit: • Il ,,'y avait pas en-
core un Esprit-Saint, parce que Jésus n'était pas encore glori-
fié. • - Jean, VU, 39 ; - et après la Glorification: • Il souffla
sur Se8 Disciples, et il dit: Recevez un Esprit-Saint • • - Jean.
XX, - Si le Seignenr a soumé sür les disciples, el leur a diL
ces paroles, c'est parce que le souffie était le sisne représentatif el-
terne de la Divine inspiration: or l'Inspiration est l'insertion dans
les sociétés aniéliques. D'après cela, l'entendement peut saisir ce
qui a été dit par l'Ange Gabriel sur la Conception du Seigneur:
• Un Esprit-Saint viendra stl1' toi, et une Jl'ertu du Très-Haut
fomlJragera, c'est pourquoi ce qui nattra de toi Saint sera ap'"
pelé Fils de Dieu . • - Luc. l, 35. - Puis: • L'Ange du Sei.:.
gneur dit en songe à Joseph: Ne crains point de recevoir Marie
ta Fiancée, car ce qui·en elle est né est d'Esprit-Saint, etlosep/&
ne la connut point, jusqtl'à ce qu'elle ellt enfanté son Fils lil
premier-né • • - IJatth. l, !O, '5. - LA, l'Esprit-Saint est le Di-
vin Vrai procédant de l'éhovah, le Père; et ce procédant est la Vërtu
du Très-Haut, qui alors ombragea la 11ère: cela coïncide dODc
avec ce passage dans Jean: • La parole était chez Dieu, et Dieu
était la Parole, et la Parole Chair a été foite . • - 1, i, toi.
- que Il par la Parole soit entendu le Divin Vrai, on le voit dans
LA. FOI DB U NOUVELLE EGLISB. ci-dessus, N· 8.
lU. Que la Divine Trinité soit dans le Seigneur, cela a éL6 dé-
montré ci-dessus, et le seta plus amplement dans la suite lorsqu'il.
.n sera traité n professo; Ici, il sera seulement rapporté certaines
discordances qui résultent de celte Trinit6 divisée en ,..ms
..
cd
RELIGION CBRÊTIESNE
221
.,Jle&: C'est comme si quelque lIinistre de l'Eilise enseignait du haut
d'une chaire ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire, et qu'auprès
de lui il y eQt un autre &Iinistre lui disant à l'oreille: Tu as biea
parlé, ajoute encore qllelq1:'s ; et qu'ils disent à un tl'oisième,
qui serait sur les marches de la chaire: Descends dans le Temple,
ouvre leurs oreilles, et répands ces paroles dans leurs cœurs, et en
même temps fais qu'ils soient dp.s puretés. des saintetés et des gages
de justice. La Divine Trinité divisée en Personnes, dont chacune en
particulier est Dieu et Seigneur, est semblable aussi à trois Soleils
dans un seul Monde, deux en haut l'un près de l'autre, et au-dessous
le troisième, qui répand autour des anies et des hommes, et porte
la chaleur et la lumière des deux premiers avec toute puissance
dans leurs mentais, dans leurs cœurs et dans leurs corps, et agit sur
eux de même que le feu pénètre, clarifie et sublime les matières
dans des cornues; qui ne voit que, s'il en étaiL ainsi, l'homme se-
rait brQlé jusqu'à être réduit en cendrë! Le gouvernement de Trois
Personnes DiVines dans le ciel, serait semblable aussi au gouverne-
ment de Trois Rois dans un même Royaume; ou au gouvernement
de trois Généraux ayant pouvoir sur une seule Armée; OlJ
plutOt au Gouvernement Romain avant le temps des Césars, quand
il y avait un Consul, un Sénat et un Tribun du peuple, entre lea-
quels. il est vrai, le pouvoir était divisé. mais cependa.nt souverain
chez tous en même temps; qui ne voit combien il serait discordant,
ridicule et extravagant, d'introduire un tel gouvernement dans le
Çiel r et on l'y introduit, quand on attribue à Dieu le Père un pou-
voir comme celui d'un Consul Suprêllle. au Fils un pouvoir comme
celui d'UD Sénat. el à l'Esprit-Saint un pouvoir comllle celui d'uQ.
Tribun du peuple. ce qui arrive, quand on aUribue à chacun d'euJ.
UDe fonction et plus encore, quand OD ajoute que ces pro-
ptiétés ne sont point communicables.
Ut. U. LA DIVINE VERTU ET LA DIVINS OptBATION, QUI SONT BN-
T.BIQ)UES PAIl L'ESPRIT-SAINT, SONT BN GÉ!ŒBAL LA RiFoRXA.TION B'I
LA. RiGtNËUTION; BT, SELON CELLES-CI. L'INNOVATION, LA. VIVIJI'I-
CATION. LA SANCTIPICATION :s-i- LA. JUSTIFICA.TION; ET, SELON CES
LA PUWl'lCATION DBS IIAUX BT L.l Bt:u.rSSlON DBS PÉCHÉS,
:ET ENFIN LA SALVATION.
Ce sont Il dans le11r ordre les Verlus le Seipeur opère
.
222
LA. VRAIE
œux qui croient en Lui. et qui se préparent el se disposent l J1lf.
servir de récipient et dé demeure, et cela est fait par le DiviB Vrai,
et chez les Chrétiens par la Parole, oar c'est l'unique medium par
lequel l'homme s'approche du Seigneur, et dans lequel le Seigneur
entre; en effet, comme il a été dit ci-dessus, le Seigneur est le Di ..
vin' Vrai même, et tout ce qui procède de Lui est ce vrai; mais il Caut
-entendre le Divin Vrai d'après le Divin Bien, ce qui est Ja même
ohose la Foi d'après la Chari Lé, car la foi n'est autre chose que
la vérité, et la charité n'est autre chose que la bonté. Par Je DiviD
Vrai d'après le Divin Bien, c'est-l-dire, par la Foi d'après la Cha-
rité, l'homme est réformé et régénéré, et aussi renouvellé, vivifié,
sanctifié, justifié, et selon ces progressions et ces accroissements il
est purifié des manx, et la purification des maux est la rémission
des p6chés. Mais toutes ces Opérations du Seigneur ne peuvent être
exposées ici en particulier, car chacune demande une Analyse spé-
ciale, confirmée d'après la Parole, et illustrée par )a raison, et ce
D'est pas ici le lieu; le Lecteur est donc renvoyé aux explications
qui seront données en ordre dans la suite de cet Ouvrase, lesquelles
cencernent la Charité, la Foi, le Libre Arbitre, la Pénitence, la R.é-
formation et la Régénération. n faut qu'on sacbe que le Seigneur
opère continuellement chez chaque homme ces saluts: ce sont, eB
effet, des de&rés pour le Ciel, car le Seigneur veut le salut de lOUS;
c'est pourquoi le salut de tous est pour Lui ia fin, et qui veut la
fin, veut les moyens: c'est pour le salut des hommes qu'il ya eu
Avènement du Seigneur, Rédemption et Passion de la croix, -
Matth: xvm, H. Luc, m, tO; - et comme le salut des hommes
a été et est pour l'éternité la fin que Je Seigneur s'est proposée, il
s'ensuit que les opérations sus-mentionnées sont les fins moyennes.
et que la salvation est la fin dernière.
US. L'opération de ces vertus est l'Esprit-Saint, que le Seigneur
envoie l ceux qui croient en Lui et se disposent l Le recevoir. et
eUe est entendue par l'Esprit dans ces passages: cc Je donnerai un
nouveau Cœur et un ESPl.IT NOUVEAU; liON ESPRIT je donnerac
au milieu de "OUI. et je ferai que dam le chemin du salut
"OUI marchiez • • - Ezêch, XXXVI. t6. !7. XI, t9. -« Un.
Cœur pur crie en noUl. d Dieu 1 et UN ESPlUT l'BRIIS innove au
tnilieu de moi; ramh&e-moi la joie de ton salut, et fU'Ul'f EsPlllT
1
d
r
RELIGION CHRÉTIENNE.
223
IPOICTAld; me loutienne . • - Ps. LI, tt, U. -. lihovahlormIJ
L'ESPB.Œ DB L'SOIIIIE au milieu tù lui. » - Zach. XD, t.. -
~ D ~ mon dme je Tai attendu la nuit, et de HOR ESPRIT au mi-
lieu de moi je Tai attendu le matin • • - Esaie, XXVI, 9.-
• Faitel-fJOW lm Cœur nouveau, et un ESPB.IT ROUVBAU, pour-
lJUoi mourne:&-fJOW d Maison tl/srall? » - Ezéch. xvm, 3t :
- et en oulre ailleurs. Dans ces passages, par le Cœur nouveau est
entendue la volonté du bien, et par l'Esprit nouveau l'entendellJent
du vrai; que le Seipe.ur opère ces choses ch('.z ceux qui font le bien
et croient le vrai, ainsi chez celll qui sont dans la foi de la charilé.
cela est bien évident par ces paroles: • Dieu donne l'lme à ceUlt
qui y marChent; » et en ce qu'il est dit: • Un esprit spontané ••
Que l'homme doive opérer de son cOté, cela est encore bien évident
par ces expressions: • Faites-vous un cœur nouveau et un esprit
Ilouveau, pourquoi inourriez-vous, ô maison d'Israël? •
. Ur". On lit que, pendant que Jésus était baptisé, les Cieux s'ou-
vrirent, et que Jean vit l'Esprit-Saint descendre comme une Co-
lombe, - Matth. ID, t6. lIarc, l, 10. Luc, m, ii. Jean, 1,3t,
33 ; - cela arriva, parce que le Baptême signi6e la Régénération
-et la purification, et qu'il en est de même de la Colombe; qui est-ce
qui ne peut pereevoir que la Colombe n'était (las l'Ksprit-Saint, et
que l'Esprit-Saint n'était pas dans la Colombe r dans le Ciel il ap-
parait très-souvent des Colombes, et toutes les fois qu'elles appa-
raissent, les Anges savent qu'elles sont des correspondances d'affec-
tions et de pensées sur la régénération et la puri6cation chez ceUE
qui sont dans le voisinage; c'est pourquoi dès qu'ils s'approchent
d'eux, et qu'ils leur parlent de choses autres que celles qui étaient
le sujet de leurs pensées quand cette apparition avait lieu, aussilôt
les colombes s'évanouissent: il en est de cela comme de plusieurs
autres choses qui ont été vues par les Prophètes, par exemp.le.
comme de l'Agneau que Jean vit sur la montagne de Sion, - Apoc..
XIV, t; et ailleurs; - qui ne sait que le Seisneur n'était
pas cet Agneau, ni dans cet Asneau, mais que l'Apeall
était la représentation de l'innocence du Seigneur r par 1 ..
apparatt l'erreur de ceul qui déduisent les trois PersoDnes
de la Trinité de ce qu'une Colombe a été vue sur le Sei-
peur pendant qu'il était baptis6. et ~ e ce qu'alors OD entendit dll;
7
224
. ' LA. VRAIE
Ciel une VOil, qui dit: • Celui-ci est mon Fils 6ien-aimé . • Que
le Seisneur réiénère l'homme par la foi el par la charité, c'esl ce
qui eSt entendu par ces paroles de Jean-Baptiste: • Moi je VOUB
baptise d'eau pOUf' la repentance, mais Celui qui doil vellÏr
après moi, Celui-là vous hap'isera n'EsPRIT-SAINT et de feu. •
...-Mattb.lIl, t I.Marc, l, 8. Luc. lU, t6; - baptiser d'Esprit-Saint et
de feu, c'est régénérer par le Divin Vrai qui appartient. la foi, et
par le Divin Bien qui appartient l la charité. La même chose est
signifiée par ces paroles du Seigneur: • Si,quelqu'w n'a pas éte
engendré d'eau et D'ESPRIT, il nepeul entrer dans le Royaume
de Dieu • • - Jean, m, l5 i - ici, comme ailleurs dans la Parole,
l'eau signifie le vrai dans l'bomme naturel ou externe, eL l'esprit si-
gnifie le vrai d'après Je bien dans l'homme spirituel ou interne.
145. Mainrenant, puiflqIJe le Seigneur est le Divin Vrai même d'a-
près le Divin Bien, et que c'est Il son Essence même, et puisque
o'est d'après son Essence que chacun fait ce qu'il fait, il est évident
qde continuellement le Seigneur veut et ne peut vouloir autre chose
qu'implanter le vrai et le bien, ou la foi et la charité, dans chaque
homme. Cela peut être illustré d'après plusieurs choses dans le-
"Monde; ainsi, d'après celles-ci, que tout homme veut et pense, et
autant qu'il lui est permis, parle et agit d'après 'lion essence, par
exemple, l'homme loyal pense et a pour intention des choses loyales,
J'homme honnête, le probe, le pieul eL le religieux., des choses hon-
nêtes, probes, pieuses eL relisieuses; et, vice vend, le fastueux,
l'astucieux, le fourbe, l'avare, des choses qui font un avec son es-
sence; le devin ne veut que prédire, elle sot ne veut que dire des
choses opposées l celles qui appartiennent à la sasesse; en' un mot,
l'Ange n'agile et ne médite que des clJoses célestes, et Je diable que
des choses infernales. n en est de même de tout sujet d'une classe
inférieure dans le Règne animal, par exemple, d'un oiseau. d'une
bête. d'un poisson, d'un vermisseau ailé ou non ailé, cllacun est
conDU d'après son essence ou na.Lure, l'iostinct de cbacun vient de
ceUe essence et y 'est conforme. Pareille.ment dans le Rèine végétal,
tout arbrisseau, et toute plante, connu d'après son fruit et sa se-
dans lesquels son essence est inn.ée. et il ne peut être pro-
dQit par lui aucune cbose qu; ne soit semblable llui et sieD ne ;
plus, c'est d'après l'essllnce qu'oD jUie de tout humus, de
d
RELIGION CRRItTIENNE.
225
loute arsile, de toute pierre tant précieuse que vile, de tout minéral
et de tout métal.
U6. lU. CETTB DlVINB VERTU ET CETTE DIVINE OP!RATION, QUI
SONT BNTBNDUES PAR L'gNVOI DE L'ESPRIr SAINT, CHEZ LBS EcCLt-
SIUTIQUES sPÉcUrJUIENT" SoNT L'ILI.CS'rIlA:nON ET L'INSTRUC-
TION.
Les Opérations do Seigneur, énumérées dans l'Article (lrécédenl,
c'est-à-dire, la réformation, la réGénération, la r6novation; la vi-
vification, la sanctificatilln, la justification, "la (lurification, la rémis-
sion des péchés,et enfin la salvation, influent du Stigneur tant chez
les Ecclésiastiques que cbez les Laïques, et sont reçues par ceux qui
sont dans le Seilneur et dans lesquels est le Seigneur, - Jean, VI,
56. XIV; !O. XV, 4., 5. - Quant à et l'Instruction,
si elles sont spécialement chez les Ecclésiastiques, en voici les rai-
sons; c'est qu'elles appartiennent Il leur et que l'inaugu-
ration dans le" minislère les porte avec ene, et même ils croient qlle,
lorsqu'ils prêchent avec zèle, ils sont comme Dis'}ipïes
du Seigneur, sur lesquels le Seigneur sou ma ell disant: • Recevez
un Esprit-Saint .• - IX, 12, - voir en outre Marc, - xm,
4 t ; - q'Jelques-uns même attestent qu'ils ont senli l'influx. Mais
qu'ils se gardent bien de se persuader que le zèle, dont plusieurs
sont saisis quand il!!" prêchent, soit la Divine opér'ltion dans leurs
cœurs, car il y a un zèle semblable, el enCOl'e plus ardent chez les
Enthousiastes. et aussi chez' ceux. qui sont dans les faux
de la doctrine, même chez ceux qui méprisent la Parole, qui ado-
rent la nalure pour Dieu, qui rejettenL derrière leur dos comme
dans un sac la foi et la charité, et qui, quand ils prêchent eL in5-
suspendent devant leur face une sorl8 d'estomac r\llllina-
loire d'où ils tirent et dégorgent de telles choses qu'ils savent faire
avaler Il leurs auditeurs. Le zèle, en effel. considéré en lui-même,
est un emportemenL de l'homme naturel; si l'amour du vrai y est
illtérieurement, cet emportement est alors comme le feu sacré qui
influa dans les Apôtres, et d01l1 il est parlé ainsi dans leurs ACles:
• lis virent des Langues séparées, comme de fel', qui se po-
" sèl'ent sur chacun fleuz, el ils furent lous remplis d'Esprit
Saint . • - Il, 3, "'; - mais si dans ce zèle ou cet emportement
18 cache intérieurement l'amour du faul, alors c'est comme un feu
I. Ils

226 LA VRAIE
renfermé dans une poutre, qui s'en échappe eL embrase la maisoD :
Toi. qui nies la Sainteté de la Parole el la Divinité du Sei;neur.
lire, je te prie, Ion sac de dessus ton dos, et ouvre-le, ainsi que la
fais librement chez toi, et tu verras. Je sais que ceux qui sonL dési-
gné." dans Esaie par Lucifer, lesquels sont ceux de Babel, quand il.
entrent dans un Temple, et plus encore quand ils montent en chaire.
surtout ceux qui se disent de la de Jésus, sont saisis d'un
zèle qui, chez plusieurs, vient d'un amour infernai, et que par suite
ils s'expriment avec plus de- véhémence et lirent de leul' poitrine des
soupirs plus que ceux qui sont dans le zèle d'après ra-
mour céleste. Que chez les Ecclésiastiques il 'Y ait encore deux opé-
rations spirituelles, on le voit ci-dessous, ND 55.
i 47. L'Eglise ignore pour ainsi dire enCOI·e que dans loute vo-
lonté et dans loute pensée, et par suite dans Ioule aclion el dans
tout langage de l'homme, il y a un Inlerne et un ExLerne, el II!!
l'homme dès l'enfance a été instruit il parler d'après quel
que soit le dislilentimenL de l'Interne, d'où résultent 10.0; déguise-
ments, les Oatteries et les hypocrisies; que conséquemment il est
double, et quccelui-H seulemenL est simple, dont l'Externe pense et
parle, veul et agit d·après nnterne; ceux-ci aussi sonL entendus par
les simples dans la Parole, - Luc, VIII, HS. xr, 34, et ailleurs, -
quoiqu'ils soient plu!l sages· ql!.e les doubles. Qu'il y
triplicité dans toute chose créée, on le voit par celles qui sonl dans
le corps bumain : Tout Nerf y est composé de fibres, et la fibre de
fibl'i1I('ho;: tout 'Iusele, de faisceaux de fibres, et ceul-ci de fibres
molrices; touLe Artère, de tuniques en triple série; il Cil est de
même dans le i\lental humain, dont l'organisme spirituel est sem-
blable i el cela, parce que le IIental humain, comme il a élé dil ci-
a été clistingué ell trois régions, dont la suprême, qui est
'lUssi l'intime, est nommée i la moyenne, ; ell'in-
fiOle, naturelle. Les Men lais de tous les hommes, qui nient la Sain-
teté de la Parole et la Divinité du Seisneur, pensent dans la rélfioD
infime i mais comme dès l'enfance ils onl aussi appris les spirituelll
qui appartiennent.1 l'ESlise, ils les reçoivent, mais ils les placent .'
au-dessous des naturels qui sont diverses choses scientifiques, poli-
tiques, civiles et morales, et cornille ces spiritue]s sont situés dans le
mental au lieu le 1)lus bas et très-près du langase, ils en parlent

RELIGION CHRÉTIENNE. 22'7
dans les temples et dans les assemblées; et, ce qui est étonnant,
ils sont alors persuadés qu'ils parlent et enseignent d'après leur foi.
lorsque cependant, quand ils sont dans leur liberté, ce qui arrive
lorsqu'ils rentrent dans leur maison, la porte qui fermait l'interne
-de leur mental s'ouvre, et alors parfois ils se moquent des choses
qu'ils ont prêchées devant l'assemblée. disant dans leur cœur que la
ThéoloiÏ6 est un excellent fileL pour prendre les colombes.
i 48. L'Interne et l'Externe de tels hommes peuvent être comparés
à des Poisons couverts d'une croüte de sucre, puis à ces coloquintes
'l'amassées et mises dans un potage par les enfants des prophètes,
,qui s'écrièrent en mangeant: • La mort dans la marmite! » - U
Rois, IV, 38 à 43. - Ils peuvent aussi être comparés à la Bête
montant de la mer, qui avait deux cornes comme l'Agneau, et qui
parla comme le dragon: - Apoc. XIII, H ; - dans ,la suite do
texte, celle bête est appelée faux-prophète. Ils sont encore comme
des voleurs qui, lorsqu'ils résident comme citoyens dans une Ville,
J agissent avec moralité et parlent avec rationa lité, mais qui, reve-
nus dans les forêts, ! sont des bêtes féroces: ou encoll8 comme des
pirates qui, sur la lerre, sonL des hommes, mais sur lDer des cro-
.eotliles: pendant que les uns eL les aulres sont sur terre ou dans la
,'ilIe, ils marchent comme des panthères couvertes de peaux de
brebis, ou comme des singes en vêtements d'homme, ayant sur le
visage un ma!;qlle de face humaine. Ils peuvent encore être assimilés
à lIne prostituée qui se parfume, se met du rouge sur le visage, et
revêt une robe de soie blanche garnies de guirlandes de fleurs, et
.qui, rentrée dans sa maison, se met nue devant les débauchés, et
les infecte de sa lèpre. Que tels soient ceux qui de cœur enlèvent à
la P'aro[e le Saint el au Seigneur le Divin, c'est ce qu'il m'a été
de connaître dans le Monde par des expériences da.
plusieurs années, car là Lous sont d'abord tenus dans leurs externes,
mais ensuite les externes leur élant enlevés ils sonL mis dans les in-
.ternes, et alors leur comédie devient une tragédie,

i49. IV. LE SEIGNEUR OP.tRE CES VER'WS D-,:NS CEUX QUI CROIENT
EN LUI.
Quo 'le Seigneur opère ces vertus, qui son1 entendues par l'envoi
de l'Esprit-Saint, dans ceux qui croient en Lui, qu'il
les réforme, renouvelle, vivifie, sanctifie, jusUijç,
228 LA VRAŒ
maux. et enfin les sauve. on.le voit dans la Parole d'après tous ces
paSsages qui confirment que le salut et la vie éternelle sont. CeDI.
qui croient au Seii'jneur, passages l''dpportés ci-dessus. N° 108; et
en outre d'allrès celui-ci: • Jésus dit: Quiconque CltOIT EN 1101,
comme dit rÉcriture, des fleuves de son ventre COllle'l'onl, fi eau·
"ive; il disait cela de L'r:SPI\lT que devaient recevoir CEt:X QUI
CROIRAIENT EN Lta. Il - Jean. Vil, 38, 39. - Puis d'après celui-
ci: • LE TÉ3I:OlGNAGE DE USUS EST L'ESPRIT DB LA. PROPUt'rIB ••
- Apoc. XiX, iO ; - par l'esprit de la prophétie est entendu le:
Vrai de la doctrine d'après la Parole, la prophétie ne signifie pas
autre chose 'lue la doctrine. et prophétiser. c'est enseigner la doc-
trine i et par le témoignage de Jésus est entendue la con-
fession d'ap.rds la foi e.o Lui; la même chose est entendult·.
par son témoignage dans ce passage: • Lei Anges de Michel
ont vaincu le dragon par le sang de r Agneau. el par la Parole
de SON TtMOIGNAGE: et le dragon s'en alla pour faire la guerre
GU:& l'es lES de Sa semence, qui observaient les commandements
de Dieu, et ont le TÉXUIGNAGE DE JÉSUS-CHRIST. D - Apoc. XII ..
H, n,
{50. Si ceux qni croient au Seisneur Jésus-Christ doivent rece-
voir ces spirituelles, c'est parce qu'il Lui-MêlDe le Salut
et la Vie étel'nelle; le Salut, car il est le Sau\'eur, et son nom Jé-
sus signifie aussi le SaluL; la Vie éternelle, car la vie éternelle est
i ceux en qui il est Lui-àiêllle et qui sont en Lui, aussi est-il Lui-
Même appelé la Vie éternelle, dans Jean, - Eptt V. 21; - mainte-
nant. puisqu'il est le Salut et la Vie éternelle, il s'en suit qu'il est
aussi tout ce par quoi le salut et la vie éternelle sont obtenus, que
par il est le touL de la réformation, de la régénération,.
de la rénovation, de la vivification, de la sanctification, de la justi-
fication. de la purification des maUI, et qu'enfin il est la Salvation ;.
le Seigneur. c1l&z chaque opère ces vertus, c'est-à-dire, s'ef-
force de les y mettre, et les y met quand l'homme se prépare et se
dispose à la réception i l'actif llIême de la préparation et de la dis-
position vient aussi du Seigneur; mais si l'homme ne les reçoit pas.
cl'un espril spontané, alors Seigneûr, malgré l'eJfort qui persiste·
ne peUL les y mettre!
un. Croire au Sei,neur, c'est non-seuleqlent Le reconnalLre ...

J
RELIGION ClU\ltTIENNE.
'229
mais aussi Caire ses préceptes, car le reconnaltre seulement D'ap-
partient qu'l la pensée d'après quelqu'entendement, mais raire ses
préceptes appartient aussi l la reconnaissance d'après la volonté;
le mental de l'homme se compose de l'Entendement et de la Vo-
lonté; penser appartient l l'Entendement, et faire appartient ft la
Volonté; lors donc que l'homme reconnalt seulement d'après la
pensée de l'entendement, il ne vient au Seigneur que par la mOItié
du menlal i mais quand il fait, il Y vient par le mental entier, et
cela est croire: d'ailleurs l'homme peut dh'iser son cœur et en con-
traindre la superficie l s'élever en hallt, tandis que sa chair se
tourne en bas, et de celle manière il '·010 comme un aigle entre le
Ciel et l'Enfer, et cependant l'homme ne suit pas son aspect, mais
• il suit le plaisir de sa chair, et cela parce qu'il est dans l'EnCer ; il
. J vole donc, et lorsqu'il y a sacrifié ft ses voluptés, et Cait des liba-
tions aUI démons, il prend un visage riant et un regard d'où jaillis-
aent dp,s étincelles de feu, et il contrefait ainsi l'ange de lumière:
ceux qui reconnaissenlle Seigneur et ne font point ses préceptes de-
viennent de semblables Satans après la mort. .
U!. Dans un Article précédent, il a été montré que le salut et la
vio des hommes sont la fin première et dernière da Sei-
gneur; et comme la fin première ella fin contiennent en elles
les fins moyennes, il s'en que les vertus spirituelles sus-énon-
CMI! sont ensemble dans le Seigneur, et aussi par le Seigneur dans
l'homme, mais néanmoins se manifestellt successivement; ,en effet,
le Mental de l'homme croU comme son corps, mais celui.:.ci en sta-
1ure, et celui-Il en sagesse; ainsi le mental est élevé de région en
région, savoir, de la, région naturelle lia région spirituelle, et de
celle-ci lIa région céleste; dans la région célesfe est l'homme sage,
dans la région spirituelle l'homme intelligent, clans la région natu-
tu rel l'homme savant; mais cette élévation du mental ne se fait que
de temps en temps, et elle se fait suivant que l'homme s'acquiert des
vrais et les conjoint au bien: c'est absolument comme lorsqU'lin
homme bâtit une maisoD ; il se ·pourvoit d'abord de matériaUI né-
cessaires, comme briques, tuiles, poutres, chevtons, et ainsi il pose
le fondement, il élève les mus, il la divise en chambres, y place
des portes, construit des fenêtres, et pose d'es escaliers d'un étage l
l'autre; toutes ceS choses ensemble sont dans la fin, qui es' une lia-
230 LA 'VRAIE
hitatioll commode et honorable, que l'homme VOiL d'avance et la-
quelle il pourvoiL. Il en est de même pour un Temple, quand on le.
construit; tout ce qui en concerne la construction est dans la fin, qui
est le culte de Dieu. U en est de même de toutes les autres choses.
par exemple, des jardins ct des champs, et aussi des emplois et des.
afaires, pour lesquels la fin elle-1Dême se prépare ce qui est néces-
saire.
US3. v, LE SEIGNEUR OPJ:RE DE LUI-MtUE D'APRJ:S LE PiRE, ET·
liON l,'Ït:e r:ersâ.
Par Opérer, il est signifié ici la même cho!.e que par em'oyer l'Es-
prit-8aint, puisque les Opérations sus-énoncées qui sont en général
la Réformation, la Régénération, la Rénovation, la Vivification, la;.
Sanctification, la JusLification, la PU\'ification des maux, la Rémis-.
siou des péchés, lesquelles sont attribuées aujourd'hui à l'EsJ>rit-
Saint comme Dieu par soi, sont les Opérations du Seiineur: Que
ces opérations viennent du Seigneur d'après le Père, et non vice
versâ, c'est ce qui sera d'abord confirmé d'après la.Parole, et eo-
'soite illustré par plusieurs cboses qui sont du rp.ssort de la raison:
D'après la Parole, par ces passages:.- Quand sera venu le Pa-
J'ac/et, QUE MOI lE vous ENVERRAI DU PtBE, r Esprit de la vi-
rùé qui sort du Père, celui-là rendra témoignage de Moi • • -
Jean, XV, 26. - " Si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne vien-
dra pas à vous; mais si je m'en vais, II' vous L'ENVERR .... I. D -
Jean, XVI, 7. - CI Le Paraclet, r Esprit de la vérité, il ne
parlera pas d'après mais DU HIEN IL RECEVIU., et il
tlOUS t annoncera; toutes les choses que le Père a, SONT MIENNES ;
c'est pourquoi j'ai dit, que du il recevra, et vour fan-
noncera. » - Jean, XVI, 13, U, US. - "Il n'y avait pas
encore un E.,prit-Saint, parce que Jésus n'était pas encore glo-
rifié. JI - Jean, VII, 39. --:- cc Jésus souffla sur les Disciples, et
ü dit: un Esprit-Saint. D - Jean, XX, 22. - u Tout
ce que vous demanderez, en mon Nom, lE J.B FERAI, afin que le·
Père soit glorifié dans le Fils; si vous quelque chose
en mon Nom, MOI JE LE FEIlU. JI - Jean, XIV, t3, U. - D'a-
près ces passages, il est bien évident que le Seigneur envoie un
Esprit-Saint, c'est-a-dire, opère les cbolies qui sont aujourd'bui
..attribuées à l'Esprit·Saint comme Dieu par soi; en effet, il a dit,.
-
r
RELIGION CHRÉTIENNE.
231
qu'il l'enverra du Père; qu'il l'enverra vers eUl; qu'il o'y avait pas
encore un Esprit-Saint. parce que Jésus n'était pas encore glorifié;
qu'après la glc.rification il souma sur les Disciples et dit: Recevez
un Esprit-Saint; puis. en ce qu'il dit: Tout ce que vous demande-
rez en mon Nom. Moi je le ferai; et aussi: Le Paraclet recevra de
ce qui est l moi. et il vous l'annoncera; que le Paraclet soit la
même chose que l'Esprit-Saint, on le voit dans Jean. XIV. -
Que Dieu le Père n'opère point ces vertus de Lui-)Iême par le Fils.
mais que le Fils les opère de Lui-Même d'après le Père. on le voit
par ces plssages: «Pe,'son'le ne vit jamais Dieu; l'Unique en-
gendré Fils qui est dans le sein du Père, lui fa exposé. » -
Jean, 1, t 8; - et ailleurs: «Ni la voU: du Père VOltS n'avez en-
trmdu jamais, ni son aspectvollfl n'avez; vu. D - Jean, V. 37. -
II résulte tloDcdeces passages, que Dieu lePère opère dans le FiIsetsur
le Fils, et non par le Fils, mais ql:le le Seigneur opère de
d'après son Père, car· il dit:.« Toutes les choses lJue le Père a,
lont Miennes. J) - Jean. XVI. US. - «Le PèrB a donné toutes
choses dans la main du Fils. D - Jean, m, 35. - «Comme le'
Père a la vie en Lui-M8me. ainsi il n donné au· Fils rJ:avoir la
Vie en D - Jean, V, !6. - Et aussi: u Les pa-
roles que Moi je proJZonee sont esprit et sont vie. J) - Jean. VI.
63. - Si le Seigneur dit que l'Esprit de la vérité sort du Père, -
Jean. X V. \26, --:- c'est parce que de Dieu le Père il sort dans le Fils.
et qu'il sort du Fils d'après· le Père, c'est pourquoi il dit aussi:
Cc En ce jour-Id VOtlS c(mnaUrez gue le Père (est) en Moi.· et Moi
dans le Père, et vous en Moi. et Moi en VOlts. J) -Jean. XIV. U.
tO. - D'après ces paroles explicites du Seigneur. on voit bien clai-
remeut celte erreur. dans le Monde Chrétien. laquelle est, que Dieu
le Père envoie l'Esprit-Saint l l'homme; et l'erreur de l'Eglise
Grecque. que Dieu le Père L'envoie immédiatement: ce (doctrioal).
que c'est le Seigneur qui l'em'oie de Lui-llême d'après Dieu le Père.
eL non vice ve7'sd, .. ient du CIel, et les Anges l'appellent Arcane,
parce qu'il n'a point encore été dévoilé daos le Monde.
i34. C.e sujet peuL être illustré par plusieurs choses qui sont du
ressort de la raison; par eumple, par celles-ci: TI est notoire que
les Apôtres, après que le Seigneur les eut gratifiés de l'Esprit-
Saint, prêchèrent l'Évansile dans une sraode partie du Slobc, et
232
LA. VRAI&
qu'ils le répandirent de bouche et par des écrits, et firent cela d'eux-
mêmes d'après le Seigneur i en effet, Pierre a enil8igné et écrit
d'une manière, Jacques d'une autre, Jean d'une autre, ét Paul d'une
a u t ~ e , chacun selon son intelligence, le Seigneur les a lous remplis
de son esprit, mais chacun en a pris une mesure selon la qualité
de sa perception, et ils ont agi chacun selon la qualité de sa Iluis-
sance. Tous les A.nges dans les cieux ont é t ~ remplis du Seigneur,
car ils sont dans le Seigneur et le Seigneur est dans eUI, mais
néanmoins chacun parle et aiit selon l'état de son mental, les uns
avec simplicié, les autres avec sagesse, ainsi avec une variété infinie,
et cependant chacun parle de soi-même d'après le Seijrueur. Il en
est de même de tout Ministre de l'Eglise, tant de celui qui est dans
les vrais que de celni qui est dans les faux, chacun a sa bouche et
son intelligence, el chacun parle d'après son mental, c'est-l-dire,
. d'après l'esprit qu'il possède. Tous les rrotestants, .soit qu'ils se
nomment Evangéliques ou Réformés,après qu'ils ont été instruits
des dogmatiqùps établis par Lutller, Mélanchton ou Calvin, ne par-
lent point, eux ou leurs dogmatiques, 'd'eux-mêmes par ces chefs,
mais ils parlent d'eux-mêmes d'après ces chefs j chaque dogme peut
même être exposé de mille manièr"s, car chaque dogme est comme
une corne d'abondance, d'où chacun tire ce qui est favorable et
adéquat il son génie, el il l'exp'ose selon sa faculté. Cela peut être
illustré par l'aclion du cœur dans le poumon et sur le poumon, et
Ilar la réaction du poumon de soi-même d'après le cœur; ces deux
chose. .. sont distinctes, mais néanmoins réciproquement unies; le
pouDlon respire de soi-même d'après le cœur. mais non le cœur
par le poumon, si cela se faisait, l'un et l'autre s'arrêterait; il en
est aussi de même de l'action dl.! cœur dans les viscères et sur les
viscères de tout le corps; le cœur envoie le sang de tou t côté, maÎs
les 'liscères y puisenl chacun leur mesure selon la qualité de l'usage
qu'ils remplissent, et chacun aussi agit selon cette qualité, ainsi
d'une manière différente. La même chose )leut encore être illustrée
ainsi: Le mal qui provient des parents, et qu'on n0ll!me mal héré-
ditaire, agit dans l'homme et sur l'homme; il én est de même du
bien qui procède du Seigneur i le bien en dessus ou en dedans. le
mal en dessous ou en dehors; si le mal agissail par l'homme,
l'homme 08 .serail pas réformable eL ne serait pas coupable; pa-
-
l
RELIGION CHRl1:TIENNE.
233
reillemen\ le bien qui proçMe du Se!gneur agissait par l'holllme,
l'bomme ne serait pas non plus réformable; mais comme l'un et
l'autre dépend du libre cbois de l'homme, l'homme devient coupa-
ble, lorsqu'il agit de lui-même d'après le mal, eL innocent lorsqu'il
.aiit de lui-même d'après le bien; or, puisque le mal est le diable,
et que le bien 6.'1t le Seigneur. il devient coupable s'il agit
.d'après le diable, et innocent s'il agit d'après le Seigneur;
c'est d'après ce libre choix, qui est chez chaque homme, que
l'homme peut être réformé. Il en est de même de tout Interne
et de tout Externe chez l'bomme, les deux sont distincls, mais néan-
.moins réciproquement unis; l'Inlerne agit dans l'Externe et sur
l'Externe, mais il n'agit pas par l'Externe, car l'Interne agite des
milliers de choses, dont l'Externe J'rend seulement celles qui SODt
convenables pour l'usage; en elfet, dans l'Interne de l'homme, par
lequel e:it entendu son Mental volontaire et perceptif, il y a en cir-
culation une masse d'idées, qui, elles s'écoulaient par la bouche
de l'hommo, produiraient comme l'effet du vent qui sort d'un souf·
flet; l'Interne, parce qu'il agite les idées universelles, peut être
eomparé à un Océan, ou à un Parterre, ou à un Jardin, d'oh l'Ex-
terne tire ce qui lui suffit pour l'usage: la Parole du Seigneur est
comme un Océan, un Parterre et un Jardin; quand la Parole est en
·quelque plénitude dans l'Interne de l'homme, l'homme parle et agit
de lui-même d'après la Parole et non la Parole par lui: il en est de
même du Seigneur, comme il est Lui-lfême la·Parole, c'est-à-dire,
le Divin Vrai et le Divin Bien dans la Parole, le Seigneur de
ou d'après la Parole, agit dans l'homme et sur mais·non par
l'homme, parce que l'homme agit el parle libremont d'après le Sei-
gneur, quand il agit et parle librement d'après la Parole. Mais cela
peut être illustré de plus près par le commerce mutuel de l'âme et
-d!l corps; 1'4me et le corps sont distincls mais réciproquement unis;
l'4me agit dans le corps et sur le corps, mais non par le corps, et
te corps agit de soi· même d'après l'âme; que 1'4me n'agisse point
par le corps, c'est parce qu'ils ne consultent pas et ne délibèrent
pas entre eux, et qlle l'âme ne commande pas ou ne demande pas
.que le corps agisse de telle ou telle manière, ou prononce telle 011
telle cbose, et que le corps n'exige pas ou ne demande pas que rAille
et fournisse quelque chose, car tout ce qui estll'Ame est 'au
LA VRAIE
corps .réciproquement et vice versd: il en est de même du Divin et
de l'Humain du Seisneur, car le Divin du Père est l'Ame de l'Hu-
main du Seigneur, et l'Hu main est son Corps, et l'Humain ne de-
mande pas à son Divin de 1ui dire ce qu'il doit prononcer et opérer;
c'est pour cela que le Seigneur dit: «En ce iour-là,· en mon
Nom vous demmwere=, et je ne vous dis point que Moi je de-
manderai au Père pour vous, car lè Père Lui-Mbne vous aime,
parce que vous M'ave:; aimé. » -.Jean, XVI, !l6, !l7: - en ce
jour-là, c'est après la glorification, c'est-à·dire, après l'union par-
faite et absolue avec le Père. Cet Arcane vient du Seigneur Même
pour ceux qui seront de sa nouvelle Eglise.
UUS. Il a été montré ci-dessus, dans l'Article m, que cette Divine
Vertu, qui est entendue par l'opération de l'Esprit':Sainl, chez les
Ecclésia.'1tiques spécialement, est l'Illustration, et l'Instruction, mais
1 ces deux-ci il s'en joint deus. aulres placées enlre elles, savoir, la
Perception et la Disposition; ainsi il y a quatre choses qui se suivent
en ordre chez les Ecclésiastiques, 1'[JIustration, la Perception, la
Disposition et l'Instruction: L'ILLUSTRATION vient du Seigneur. La
PERCEPTION est cbez l'homme selon l'état de son mental, état formé
par les doctrinaux; si les doctrinaux sont vrais, la perception de-
vient claire par la lumière qui illustre i mais s'ils sont faux, la per-
ception devient obscure, et cependant elle peuL apparaltre comme
claire d'après les confirmations, mais c'est d'après une lumière fan-
tastique qui devant la vue purement naturelle est semblable 1 la
clarté. La DISPOSITJON vient de l'affection de l'alliour de la
volonté i le plaisir de cet amour dispose i si c'est lIe plaisir
de l'amour du mal et du faux de ce mal, il excite un zèle qui
au dehors est âpre, rude, ardent et vomit du feu, et au dedans.
o'est la colère, la rage et l'immiséricorde; mais si c'est le plaisir
de l'amour du bien et du vrai de ce bien, le zèle au dehors est dQur.
poli, retentissant et embrasant. et au dedans. c'est la charité, la
Irdce et la miséricorde. L'INSTRUCTION vient ensuite comme effet
résultant de celles-là comme causes. Ainsi l'Illuslration, qui vient
du Seigneur, se change en différentes lumières et en différentes cha-
leurs chez chacun, selon l'état de son menlal.
U6. VI. L'ESPRIT DE L'UOMIlI: EST. SON MENTAL ET TOUT CE QCl
EK
d
hm
RELIGION CHIŒTIENNE.
235
Par l'Esprit de l'homme, dans le concret, il n'est pas entendu aUL
1re chose que lion lIental, car c'est le mental qui vit après la mort,.
et qui alors est appelé esprit; s'il est bon. Esprit angélique, et e n ~
suite Ange; s'il est mauvais, Esprit satanique, et ensuite Satan. Le
)(ental de chaque homme est son homme Interne, qui en actualité-
est homme et au dedans de l'homme Eltprne qui fait son corps;
lors donc que le corps est rejeté ce qui arrive après la mort, il est
en pleine forme humaine. ns se trompent donc, ceux: qui croient
que le lIental de l'homme est seulement dans la Tête; là seulement
il est dans les principes, d'où sort d'abord tout ce que l'hoOlme-
penSe d'après l'entendement et fait d'après la ·volon'té ; mais dans le
oorps il est dans les principiés formés pour sentir et agir, et
comme au dedans il est adhérent aux corporels, il y porte le sens et
le mouvement, et aussi il inspire la perception, comme si le corps
pensait et agissait de lui-même; mais que cela soit une illusion,
tout homme sage le sait, Maintenant, puisque l'esprit de l'homme-
pense d'après l'entendement et asit d'après la volonté, et que le
corps pense et agit non de soi-même mais d'après liesprit, il s'en
suit que par l'esprit de l'homme il est entendu l'intelligence et l'af-
fection de l'amour de l'homme, et tout ce qui en procède et est
opéré d'après elles. (lue l'esprit de l'homme signifie de telles choses
qui appartiennent à son mental, cela est évidenrd'après un Brand
nombre de p a s s a ~ e s de la Parole, qu'il suffit de rappol'ter pour que
chacun puisse voir qu'il ne signifie pas autre chose: de ce grand
nombre de passages, en voici quelques-uns: «Béialéelfut remplI
de fesprit de sagesse, d'i'itelligence et de science .• - Exod.
xxxr, 3. - Nébucbadnézar dit de Daniel, cc qu'il '!I avait en lrii
1111 esprit excellent de science, d'intelligence et de sagesse .• -
Dan. V, t'J, 14. - cc losué lut rempli d'un esprit de sagesse. D
- Deutér. XXXIV, 9. - «Faites-vous un cœur nouveau et un
esp,.it nouveau . • - Ezéch. xvm, 3i, - cc Heureux les pauvres
par fesprit, car à eux est le Royaume des Cieux, • -l\latth .. V,
3. - «J'habite dans le c011trit et l'humble d'esprit, pour vivi-
fier l'esprit des humhles. D - ·Esaïe, LVII, US. - cc Les sacrifices
de Dieu (sont) l'esprilfroissé. JI - Ps. LI, i9. - cc le donnerai
un manteau de louange au lieu tlun esprit accahlé • • - Esaie,.
LXI, 3 ; - et en outre ailleurs. (lue l'esprit signifie des choses qui
..
236
LA VRAIE'
appartiennent au Mental rerver'li et inique, on le voit d'après ces-
passages: Il Malhe",. au:.r: prophètes insensés, qui s'en vont aprèB
leur esprit 1 » - XIII, 3. - cr de la balle,
enfantez du chaume; quant à votre esprit, un feu vous dévo-
rera. D - Esaie. xxxm, t i. - cr Un homme vagabond d'es-
prit, et qui débite le mensonge. » - Mich. Il. t l. - Il Une gi-
nération, dont r esprit n'est point constant avec Dieu. Il - Ps.
LXXVIII, 8. - Il Un esprit de scortations. IJ - Hos. V, ,. IV,
of.!. - Il Afin que tout cœur se fonde, et que soit resseré tout es-
prit. » - Ezéch. XXI, n. - « Ce qui s'élève dans votre esprit
n'arrivera jamais. D - Ezœh. XX, 3'J. - Il Pourvu que' dans
son espritün'y aitpointdefraude.» - Ps. XXXII, 2. - «L'es-
l'rit de Pharaon lut trou6ld. D - Gen. XLI, 8; - pareillement,
Il l'esprit de Nébucl,adnézaf', Il - Dan. 'II, 3. - D'après ces pas-
• sages, et beaucoup d'autres il est bien évidenL que l'esprit signifie le
Menlal de l'homme. et les choses qui apparLiennent au mental.
t'57. Puisque par l'Esprit de l'homme est entendu son Menlal,
c'est pour cela que par l'expression :tTRB EN ESPRIT, quelquefois
employée dans la Parole, il est entendu l'élat du mental séparé d'a-
vec le corps, et comme dans cet état les Prophètes ont vu des choses
qui existent dans le Spirituel, voill pourquoi il esL nommé
Vision de Dieu; cet élal était alors pour eUI tel qu'il est pour les
Esprits mêmes el pour les Anges mêmes dans le Monde Spirituel i
dans cet état l'esprit de l'homme, comme 'SOD mental, quant l Ja
vue, peut être transporté d'un lieu dans un autre, le corps reslan t dans
sa place. C'est dans cet étal que j'ai été moi-même depuis mainlenant
16 ans, avec cette différence, que j'y étais en esprit et en même
temps dans le corps, et seulemeBt quelque fois hors du corps. Qu'E-
zécbiel. Zacbarie, Daniel, et Jean quand il écrivit l'Apocalypse,
aient élé dans cet état, on le voit par les passages suivants: Ezé-
chiel dit: • L'Esprit m'enleva, et il me ramena en Cha/die
"ers la Captivité, da,zs la VISION DB DutU, en ESPRIT DB Dum;
ainsi monta Sllr moi la VISION, que;e vis • • - XI, t. 2' -
• Que l'Esprit renleva, et qu'iI entendit derrière lui un trem-
blement de terre. J) - lU, n. u. - Que fEsprit l'enleva en-
tre la Terre et le Ciel, et ramena ci Jbusalem, et qu'il vit des
a6ominations. » - VIII, '3. et suiv. - cr Qu'il vit quah''e A.ni-
J
RELIGION CHRÉTIENNE.
237
","U:I:, qui étaient des Chérubins, et plusieurs autres choses
fi'; les concernaient . • - 1 et X. - Puis « une nouvelle Terre
et un nouveau Temple, et un Ange qui les mesurait. • - XL
• XL VllI. -. Qu'ü était alors en Vision el ell Esprit, • - XL,
1. XU([. 6. - Il en arriva de même à Zacharie. en qui était alors
un Ange. lorsqu'tl vit. un Homme à cheval qui se tenait entre
des myrtes . • l, i, et suiv. - Lorsq'l"J1 vit. quatre cornes, et
un homme tenant à la main un cordeau à mesurer. II) -II, t.
B, et suiv. - Lorsqu'il vit « le grand loshua. » - III, i,
et suiv. - Lorsqu'il vit .. qual"e Cha,'s qui sortaient d'entre
deu:c montagnes, et des Chevaux. II) - VI. t, et !luiv. - Daniel
était dans lin semblable état, vit CI quatre Bdtes montant
de la mer, et plusieurs choses qui les concernaient .• - VII.
1. et slIiv. - Lorsqu'il vit .. les comhats entre le bélier et le
6ouc. » - VIII. i, et suiv. - Qu'il ait vu ces choses. en Vision, Ji)
c'est ce qu'on litc'bap. VII. f, 2, 7. n. VIII. X. t. '. 8.-
n dit que • rAnge Gabriel lui apparut en Vision et conversa
avec lui . • - IX, 2f, - Il en arriva de même à JEAN, lorsqu'il
écrivit ('Apocalypse; il dit qu'il se trouva en Esprit un jour de
Dimanche, - 1, i 0; - qu'il Cut transporté lm Esprit dans un
désert. - XVII, 3 j - qu'il Cut transporté en Esprit sur une
haute montagne; - XXI, tO : - qu'il vit des chevaux dans la Vi-
mm, - IX, i j : - et ailleurs. qu'il. Vit les choses qu'il a dé-
crites: par exemple, le Fils de l'homme au milieu des sept chan de-
deliers; le Tabernacle, le Temple, ('Arche et l'Autel dans le Ciel j
le Livre scellé de sept sceaux, et les chevaux qui en sortaient; les
quatre animaux autour du Trône i les douzl'-mille Élus, de chaque
Tribu; l'Agneau alors sur la Montagne de Sion; les Sau terelles qui
montaient de l'ablme; le Dragon et son combat contre llichel; la
Femme qui enfante un Fils mAle, et qui s'enCuit dans le désert i
cause du Dragon; les deux Bêtes, l'une monLant de la mer, et l'au-
tre de la terre; la Femme assise sur la Bâte de couleur d'éCar}.ate ;
le Dragon jeté dans l'éLani de feu el. de souffre i le Cheval blanc et
le crand Souper; la Sainte Ville, Jérusalem, descendant du Ciel.
décrUe quan t à ses. portes, à sa, muraille et à ses Condemen ts; le
Fleuve d'eau vive, et 1", arbres J'ie, faisant du Cruit chaque lJlois ;
et, aUJr.es .choS8!i. Dans ,un semblable état étaient Piefre,
238
LA. VRAIE
Jacques et Jean, lorsqu'ils virent Jésus trans.6Buri; et Paul, lors-
qu'il entendit du Ciel des choses ineffables.
COROLLAIRB.
US8. Puisque, dans ce Chapitr.e, il a éLé traité de L'ESPRIT SAINT,
il est absolument important de Caire remarquer que l'Esprit Saint
n'est nommé nulle part dans la Parole de l'Ancien Testament, mais
qu'il est dit seulement l'Esprit de Sainteté dans trois endroits, une
fois dans David, - Ps. LI, 13; - et deux Cois dans Esale.-
LXIII. iO, li. - !Ia,is
l
dans la Parole du Nouveau Testament. tant
dans les Evaogélistes. que dans les Acles des Apôtres et dans leurs
ÉpUres, il esL fréquemment nommé, et cela, parce qu'il y eut pour
la première fois un Esprit Saint, alors que le Seignenr vint dans le
monde; en effet, l'Esprit Saint procède du Seigneur d'après le Père,
-car le SBIC:'EUR EST SEUL SAINT, - Apoc. XV, .. , - C'est même
pour cela qu'il est dit par l'Ange Gabriel à Marie Mère: Le SAin
(SAl'CCTUlI) qt,i naîtra de toi.. - Luc, l, 33. - S'il a été dit:
• Il n'y avait pas encore lm Esprit Saint parce que Jésus ,,'1- .
tait pas encore glorifié, D - Jean, VII, 39, - tandis qu'aupa-
ravant il est dit qu'uD Esprit Saint a rempli Elisabetb. - Luc. 1,
4t. puis - Luc. 1. 67, - et aussi Siméon, - Luc, Il,
!3, - c'était parce que l'Esprit de Jébovah le Père les avaiL rem-
plis, lequel Esprit Cut nommé Esprit Saint à cause du Seigneur,
qui était déjà dans le M'Onde. C'e$t pour celte raison que dans la
Parole de I:Ancien Testament il n'est dit, en aucun endroit, que
les Prophètes aient parlé d'après l'Esprit Saint, mais il est dit que
c'est d'après Jéhovah en effet, il est dit partout: fi JEHOVAII X'A.
URLE ; LA. PAROLE lI'A id J..DBESsiB PAR JJlHOVAB; J.Il:uOVAB..&. Drr;
UROLE DE IÉHO:VAB; afin que personne ne doute qu'il en soit
je vais seulement citer les passages de Jérémie. ob ces expressions
sont employées: Cbap. 1 • .l, 7; 1 t, ", t3, t.i, t9. - Il, l, i, 3,
4, S,9, :t9, i2, 29, 3t. - DI, t, 6, tO, tt, U, t6. -IV, t, 3,
9
,
.17, t7. - V. H, i4, t8, ", t9. - VI, 6, 9, tt, US, U, it.
.....
r
.
RELIGION CBIUtTIENNE.
239
'!I. - VII, t, 3, H, t3, t9, !O, !i. - VIII, t,3, tl, t3. -
'IX, 1,6, 8, tt, loi, t6, tt, tt, !3, U. - X, t, 2, tS. - XI,
t, 6, 9, H, t7, IS, it,!!. - XII, U, 17. - xml l, 3, 6,8.
9, H, tt, t3, 14, US, t5. - XIV, l, 10. U, US. - XV, 1, !.
3,6, H, t9, !O. - XVI, i, 3, S, 9, U, 16. - XVII, 6,9, US,
·19, !O, !l, toi. - xvm, l, S, 6, H, 13. - XIX, l, 3, 6, HI.
·16. - XX, 4. - XXI, 1,4.7, 8, H, i!. - XXII, t. !, 3, 6.
·6, li. 16. IS, toi. !9. 30. - XXID. t. i, -', 5, 7, ft, t t, US •
. , .... !S. 29. 30, 3t, 3t, 33, 38. - XXIV, 3, "" S, 8. - XXV, l,
7, S. g, t!. US, !7, 28, t9, 32. - XXVI, t, t, ts. - xxvn.
1,2,4, S, H, t6, t9, tt, tt, - XXVIU, 2, lt, U. 16. -
XXIX, 4, S, 9, 10, H, 101, t6, t9, tOI tt, i5, 30, SI, 3t. -'
XXX, t, !, 3.4,6,8, tOI H, lt, n, tS, tt. - XXXI. t, i.
'l, tO, t5, t6, l'1, t3, 1'1, !8, 3i, 3t, 33, 34, 35, 37,38.
- xxxn, 1,6, loi, US, 25, !6, !S, 30,36, 4!, ·U. - xxxm,
l, !, 4. tO, li, t3, 101, t 7, t9, to, t3, !!5. - XXXIV 1 l, t, "',
3,8, il, 13, t7, !!. - XXXV, t, ·iS, t7, 18, 19. - XXXVI.
t, 6, !7, t9, 30. - :XXXVII, 6, 7, 9. - XXXVUI, l, 3, 1'1. -
XXXIX, iS, 16, n, t8. - XL, t. - XLII, 7, 9, US, lS, t9. -
XLnI, 8, 10. - XLIV, t. 2, 7, H, !!4, !o, t6, 38. - XLV, t.
!, 4,5. - XLVI, t, !3, !5, 26, !8. - XLVII, t, t. - XLVIII,
i,8, n, 30, 35, 38, 40, 43, M, 47. - XLIX, 2, 5, 6, 7, tt,
U, t6, t8, !6, !8, 30,32,34,35,37,38,39. - L, i, -', tO,
t8, tO, 21, 30,3:1., 33. 35, 40. - LI, 1,23, 33,36,39, 52, 33,
68. - Voilà seulement pour JÉRE)!lE; des expresMonfi semblables
se trou\'ent dans tous les autres Prophètes, et il n'y est pas dit que
Saint ai' parlé, ni que Jébovah leur ait parlé par l'Esprit
.Saint.
* • • • •
US9. A ce qui précède j'ajouterai ces MÉJlORABLES. - PREIiISR.
IIÉlORABLE: Un jour que j'étais en société avec des Anges dans le-
Ciel, je vis à une certaine dislance en bas une grande Fumée, et
du feu qui parfois s'en échappait, eL alors je dis aul. qoi cao-
saient avec moi: n y en a peu ici qui sachent que la fumée vue dans
dans les Enfers sort des faUI confirmés 'par les raisonnements, et
.que le feu est la colère s'emportant contre ceux. qui contredisent i
eela, ajoutai-je, est aussi inconnu dans ce Monde, qu'il est inconntl
24,0 LA. VRAIE
le mitm, oh je vis par le corps, que la flamme chose-
que de la fumée enflammée; j'ai souvent fait l'expérience qu'il en
est ainsi, car j'ai vu dans. un des Cumées s'élever au-dessus du
bois, et quand j'y portais le feu a\'ec un tison, je voyais ces fumées.
se changer en des. flammes, et ces flammes noir la. mGme forme
que les fumées, car toules les particules de fumée. de\'iennent de pe-
lites étincelles qui s'enflamment conjointement, comme il arriva
aussi pour la poudre l canon embrasée: il en est de mêm. do ceLLe
Fumée, qbe nous voyons en bas, elle consisle en tout autant de fauI,
et le feu qui s'en échappe comme une ftamlDe y est l'emportement
du zèle 110ur ces faux. Alors les Angss me dirent: Prions le Sei-
cneur qu'il noull soil permis de descendre et d'approcher, afin que
DOUS percevions quels sont les faul qui fument et s'enflamment
cbez eux; et cela fut accordé; el voici, il apparut aulour de nous
une colonne de lumière sc continuant jusqu'l ce lieu; et alors nous
vlmes quatre Troupes d'Esprits, qui confirmaient que
Dieu le Père, parce qu'il e1l1 invisible, doit être imploré et adoré,
et·Ron son Fils né dans le Monde, parce qu'il esl homme el visible:
quand je portai 'mes regards sur les côtés, l,auche je vis des Sa-
"ants d'entre les Ecclésiastiques, et derrière eux des ignorants; et
1 droite, des Erudits d'enlre les Laïques, et eUI des illet-
trés; mais entre nous et eUI il y avait un inten'alle béant, qui ne
pouvait êlre franchi: Or, nous lournâmes les jeux et Jes oreilles l
caucbe, oh étaient les Savants d'entre les Ecclésiastiques et der-
rière eUI les isnorants, et nous les enlendimes raisonner ainsi sur
Dieu: Nous savolls par la Doctrine de notre Eglise, qui e,o;t une sur
Dieu dans Loule l'Europe, que c'est la Dieu le Père, parce qu'il est.
invisible, qu'il faut s'adresser, et en même temps alors l Dieu Je
Fils, et l Dieu l'Esprit Saint, qui sont aussi invisibles, parce qu'ils
sont co-éternels avec le Père, et comme Dieu le Père est Créateur
de l'univers et par conséquent dans l'Univers, quelque part que nous
tournioua les yeux, il est présent; et quand nous Le prions, il nous.
écoute favorablement, et après Ja Médi,3tion par Je Fil$ acceptée, il
envoie l'Esprit Saint qui répand dans nos.cœurs Ja gloire de la jus-
tice de SOIl Fils" et nous béatifie i nous,.créés Docteurs de l'ESI.ise.
quand DOUS prêchions" nous seuUons dans nos poitrines la sainte.
"pération .de cet envoi, et nous exhalions la dévotion d'après sa pré-
RELIGION CHRÉTIENNE.
24.1
sellce dans nos men lais i nous soolmes ainsi affeclés, parce que DOUS
dirigeons 10US DOS sens vers le Dieu invisible, qui opère par l'eD-
oyoi de son esprit Don pas singulièrement dans la vue de notre
dement, mais universellement dans 10UI le système de nolre meulai
et de notre corps i le culte d'un Dieu vIsible ou apercevable comme
homme devantlesmeolals, De présenterail poinl de semblables effets.
Lorsqu'ils eurent ainsi parlé, les d'entre Jes Ecclésiasli-
ques, qui tenus derrière eux, applaudirent i et ils ajoutè-
rent: D'oil vient le Saint, sinon d'un Divin non-visible et non-per-
ceptible? dès que celte expression louche l'eutrée de notre ouie,
Dolre visage s'épanouit, et nous sommes réjouis comme par la dOI-
caur d'une aure odorirérante, et aussi rrappons-nous nos poitl'ines i
li, au contraire, il s'agit d'un Divin visible et perceptible, dès que
cetle expression entre dans l'oreille, cela d,,"ient pUl'ement nalu-
rel el non-Divin: c'est pour ullesemblable raison que les Catholiques-
Romains chanlent leurs Mt;Sses en latin, et qu'il:; tirent du sanc-
iuaire des aulels les hosties qu'ils disent conlenir des mystères di\'ins,
et les montrent au peuple, qui devant elles, colnme devant ce qu'il
'Jade plus mystérieul, tombe sur les genoul et respire la sainteté.
Après cela, nous nous tournâmes v"rs la droite, où s'étaiellt placés
les Erudits, et derrière eUI les iIlellrés d'cntre les Lai1lues, et j'en-
tendis les Erudits J1l1rler cn ces tcrmes: savonll que les plus
sages d'entre les Anciens ODt adoré lin Dieu inviliiblt', quïJs onl
Dommé Jéhovah, mais qu'après eUl, daus Jes sièc:ltIS qui suivirent,
les hommes se firent de leurs Monarques défunts des dieux, parmi
lesquels élaient Saturne, Jupiler, Neptune, Pluton, Apollon, puis
Minerve, Diane, Vénus, Thémis i qu'ils leur élevèrent des lelllJlles
et leur rendirent un culLe Divin; et que de ce culte, par l'action
du temps, naqllitl'idolâlrie, qui jeta cofin tout le Blobe dans l'el-
travagance; nous, en conséquence, nous accédons d'un consenle-
ment unanime. celle décision du Sacerdoce el dt! nOIli prêtres, qu'il
y a eu et gu'il y a trois Personnes Divines de toule éternité. doul
chacune est Dieu i il nous suffit qu'ils soient invisibles: les ilIeLll'és
ajoutèrent. après eux: Nous som IDes du même avis; est-ce que Dieu
D'est pas Dieu i et l'homme, bomme? mais nous savons que si quel-
qu'un propose un Dieu-homme, la Masse du peuple, qui a de Dieu
one idée sensuelle, -y accédera. Après ces discours, leurs -yeUI ru-
L
212
LA VRAIE
rent ouverts, et ils nous virent près d'eull ; et alors, de dépit de ce
que nous les avions entendus. ils gardèrent le silénce; mais les
Anges, par la puissance qui leur avaiL été donnée. bouchèrent alors
les extérieurs ou inférieurs de leurs pensées d'après lesquels il.
avaient parlé. et ouvrirent leurs intérieurs ou supérieurs, et ils les
forcèrent à parler de Dieu d'après ces intérieurs; et alors ayant
pris la parole ils dirent:. Qu'est-ce que Dieu! Nous n'avons pas vu
sa forme, et nous n'avons pas entendu sa VOil; qu'est-ce, dODC que
Dieu, sinon la Nature dans ses premiers et dans ses derniers! nous
l'avons vue, elle. parce qu'elle brille la nos yeux, eL nous l'avons
entendue. parce qu'elle retentit à DOS oreilles. A ces mots, nous
leur dimes: N'a\'ez-vous jamais \"u Socin qui a reconnu seulement
Dieu le Père, ou Arius qui a nié le Di\"in du Seigneur Sauveur, ou
quelques-uns de leurs Ils nous répondirent: NOliS ne
les avons point \"us. Ils sont, leur dîmes-nous, dans un gouffre au-
de!lsous de vous; et incontinent quelques-uns en furent et
ayant été interrogés sur Dieu, ils parlèrent de la même manière
que les précédents; et en outre ils dirent: Qu'est-ce que Dieu r
nous pouvons faire dieul autant que nous vonlons ; et alors nous
leur 'dîmes: Il est inutile de vous parler du Fils de Dieu né dans le
Monde, mais néanmoins voici ce que nous VOliS dirons: A.fin qu'à
l'égard de Dieu la foi en Lui et par Lui, par ceta même que ller-
sonne n'a vu Dieu, ne devint; comme ulle bulle de savon dans l'air,
parée de helles dans le prcmier et le Aecond Age, et ré-
duito à den dans le troisième et le suivant, il a plu li. Jéhovah Diell
de descendre eL de prendre l'Humain, et ainsi de Se rendre visible,
et de cOII,'aincre les hommes que Dien n'est point un être de raisoD
(t'm). mais qu'ii est Celui qui A été. Est et sera de toute éternité t
toute étenlité, et que Dieu n'est point un mot de trois syllabes.
mais qu'il est le tout de la chose depuis l'Alpha jusqu'à l'Oméga.
qu'il est par conséquent la Vie et le Salut de tous ceux qui croient
en Lui visible. et non de ceux qui disent croire en un Dieu invisible.
car croire. voir et connaUre font un ; aussi le Seigneur a·t-il dit l
Philippe: • Celui qui Ile voit et Me connait. voil elc.onnatlle Père; •
et ailleurs: • La volonté du Père est qu'on croie au Fils, et celui
qui croit au Fils a la vie éternelle. mais celui qui ne croit pas ail
Fils ne verra pas la ,'ie, mais la colère de Dieu demeure sur lui;
.....
......
r
lm
RELIGION CHRltTIENNE.
213
''Voilà ce que le Seigneur dit dans Jean. - m, us, 16,36. XIV, 6
A US. - Lorsqu'ils eurent entendu cela. plusieurs de ceUI qui com-
posaient les quatre Troupes au point qu'il sorlait de
leurs lIarilles de la fumèe et du feu; alors nous nous en allâmes, et
les.Anges, après m'avoir accompasné l la maison montèrent dans
leur Ciel.
t60. SECOND IU:IIORABLI = Un jour je marchais, accompagné d'An-
«es, dans le Monde des esprits. qui tient le milieu enlre le Ciel et
t'Enfer, et dans lequel tous les bommes après la mort viennent d'a-
bord, el sont préparGs, les bons pour le Ciel, et les méchants pour
l'Enfer, et je conversais avec ces Anges sur divers sujets; entre
autres choses je leur dis: Daus le Moude. où je suis de corps. il
-llpparalt pendant la nuit d'innombrables Etoiles, grandes et petites,
..et ce sont autant de soleils qui seulement. dans le monde de notre
:soleil. transmettent de la lumière; et quand j'ai vu que dans votre
Monde on aperçoit aus.'1i des Etoiles, j'ai présumé qu'elles étaient
·en aussi nombre que dans le Monde où je suis: les Anges,
.charmés de celle disaient qu'il y en avail sans doute
.autant, puisque chaque Société du Ciel brille parfois comme une
Étoile devant ceux qui sont au-dessous du Ciel, el que les Sociétés
4lu Ciel sonL innombrables, el toules disposé!.'s en ordre selon les
variétés des affections de l'amour du bien, qui en Dieu sont infinies,
-et qui par suite d'après Dieu sont innombrables. Et comme ces so-
.ciétés onl été prévues avant la je pense que selon leur
·Jlombre il a été pourvu, c'est-à· dire, créé tout autant d'Etoiles
.dans le Monde où devaient habiler les hommes dans' un corps natu-
rel-matériel. Pendant que nous conversions ainsi, je vis au septen-
4rion un cbemin battu, tellement couvert d'Esprits qu'à peine si
-entre deux il y nait l'espace d'un pas; et je dis aux Anges que j'a-
vais vu aussi ce chemin précéllemment, et des Esprits y marcber
crerrés comme des bataillons, et que j'anis appris que c'est par ce
ehemin que passent tous ceul qui sortent du Monde naturel: si ce
Chemin était couvert d'un si grand nombre d'Eilprits, c'est parce
qu'il meure chaque semaine des 'myriades d'hommes, et que lous
ceux-là après la mort transllligrent dans ce Monde. A cela, les An-
les ajoutèrent: Ce chemin dans ce )[onde à son milieu. où.
nous nous trOUVODS dans ce moment; s'il abouti' au milieu, o'est
2U
LA. VRAIE
parce que slIr le cOlé vers l'Orient sont les Sociélés composées de
C80l qui sont dans l'Amour envers Dieu et dans l'Amour .l'éBard
du procbain, à gaucbe vers l'Occident les Sociétés composées de
ceui qui sont contre ces amours, et en a\"ant au Midi les Sociétés
composées de 'Ceux qui sont plus intellisenls que les autres; de là
résult.e que les nouveaux vell us du Monde Dallirel atOuenl d'abord
ici": quand ils y arrh"ent, ils sont alors dans les elternes, dans les-
quels ils étaient en dernier lieu dans le Monde précédent, et ensuil&
ils sont successivement mis dans leurs inlenles. et e18minés quant
à leur qualité, et après l'examen les bons SODt portés l leul' place
dans le Ciel, et les lDécbants à leur place dans l'Enfer.
Nous nous arrétAmes au milieu, où se terlDinaient le chemin dans.
lequel amuaient les Esprits; et nous dilnes: Restons ici quelque
temps, et parlons avec quelques-un. des nouveaux venus; et nous
eu cboistmes douze; et comme ils étaient tous récemment
du'Monde Daturel, ils ne &avaient autre cbose, sinon qu'ils y étaient
encore j et nous les interroseâmes sur ce qu'ils pensaient du CIEL et
de l'ENFEI\, et de LA. VIE 6o"I\ES LA MORr, L'UN d'eul répondit: Notre
Ordre Sacré a imprimé en moi la foi que nous vivrons après la mort.
el qu'il y a un Ciel et un Enfcr, et par suite j'ai cru que tous ceux
qui vivenL moralement viennent dans le Ciel, et que, comme
vivent moralement, personne ne va dans l'Enfer, et qu'aiusi l'En-
fer est une fable inventée par le Clergé pour détourner de mal vi-
vre ; qu'importe que j'aie de Dieu telle ou telle pensée' la
n'est qU'lIne pellicule ou une bulle sur l'eau, qui se dissipe et dis-
parait. tn AUTRE, qui étaiL près de lui, parla ainsi: Ma foi est qu'il
ya un Ciel et un Enfer, et que Dieu iouverne le Ciel, et le Diable
l'Enfer j et comme ils sont ennemis et par conséquent opposés l'un
ll'autre, l'un appelle Dlal ce que l'aulre appelle bien j et l'homme
moral bypocrlte, qui Ileut faire que le mal apparaisse comme bien ..
et le bien comme mal, 'Se tient dans l'un eL l'aulre parti j alors qua
m'importe que je sois avec l'un ou avec l'autre pourvll
qu'il me soit favorable! le mal et le bien plaisent également aux
hommes, Le TnolslËJIB, qui était'l côté de celui-ci, dit: De quelle
importance est-il pour moi de croire qu'il y a un Ciel et un Enferr
qui en est revenu' qui en a donné des o"ouvelles' :si tout homme-
'Yb'ait après la mort, pourquoi" parmi UDe si ctande multitude pas
RELIGION CHRETIENNE.
un seul D'en est-il' revenu et n'en a-t-il donné des Douvelles' Le
Q"A.TRIÈIIB qui était tout proche, lui dit: Je "approndrai pourquoi
'PsrlOnne n'en est revenu el n'en a donné des nouvelles, c'est que •
.quand l'homme, a rendu l'Ame et est mort, ceUe Ame alorl
. 'oU devient un spectre et se dissipe, ou elle est comme le
souffle de la bouche, qui n'est qu'un vent; collmenl peul-elle
Nvanir el parler avec quelqu'un' Le CINQUIÈME prit la parole
et dit: Amis, atteudez jnsqu'au jour du Jugement Dernier, car lOUI
alors reviendron t dans leur corps, et vous les verrez, et vous parlerez
~ " e c eux, et chacun alors racontera. l'autre sa destinée. Le SIXI:!MB,
qui Ile tenait. l'opposé, dit en riant: Comment l'esprit qui est uo
5Oume, peut-il revenir dans un corps rongé par les vers, et en même
temps dans son IIquelette brillé par le soleil et réduit en poussière r-
Et comment un Égyptien devenu Ilomie, et mêlé par un pharma-
den avec des extraits ou des émulsioDs, avec des cboS8l! qui ont élé
bues 00 mangées, peut-il revenir et raconter quelque ohose; aUen-
-dez donc, si c'est votre foi, ce dernier jour, mais ce sera une attente
perpétuelle, et perpétuelle en 'vain. Après celui-ci le SEPTIDI dit:
• Si je cr.oyais à un Ciel et l un Enfer, et par suite à une vie après la
morl, je croirais aussi que les oiseau et les bêtes doivent également
.. ivre; D'yen a-r·il pas quelques espèces aussi morales et aussi ra-
1ionnelles que les hommes! on nie que les bêtes vivent, moi donc je
Die que les hommes vivent; il J a parité de raison, l'un résulte de
l'autre; qu'est-ce que l'homme, sinln un animal' Le HUlTŒIB, qui
18 tenait derrière celui-là, s'avança el dit: Croyez, si vous voulez,
.aü Ciel, mais moi je ne crois point à l'Enfer; Dieu n'est-il pas Tout-
Puissant, et ne peut-il pas sauver chaque bomme' Alors le NEU-
'VIDE lui frappa dans la main, et dit: Non-seulement Dieu est Tout-
PuillSan t, mais il esl aussi rempli de grAces; il ne peul envoyer qui
que ce soit dans un feu éternel, el si quelqu'un y était, il serait
impossible qu'il ne l'en délivr.lt pas el ne l'eD retirât pas. Le DI-
XlillB s'élança de son rani danl le milieu, et dit: Iloi non plus je
De crois point à l'Enfer; Diell n'a-t-i1 pas envoyé son Fils, et le
Fils n'a-t-i1 pas expié et enlevé les péchés de tout le monde T qu'8SI-
ce que peut alors le Diable contre cela' et puisqu'il ne peut rien,
qu'est-ce alors que l'Enfer' Le ONZltNB, qui avait été Prêtre, s'em-
'perla, en entendant ces paroles; et il dit: Ne sais-lu pas que ceux
l
246
LA. VRAIE
qui ont obtenu la foi, à laquelle a ét6 attaché le mérite du Clirist,..
sont sauvés, et que ceux que Dieu a élus obtiennent c e t ~ e foi Y Est-
ee que l'Élection n'appartient pas à l'Arbitre du Tout-Puissant e ~
1 son Jugement r Qui sont ceux qui en sont diBnesY qui est-ce qui
p,eut s'opposer à cet A.rbitre et à ce JUBement! Le DOllzll:JlE, qui
était un Politique, gardaiL le silence i mais, ayant été prié de cou-
rOllner les réponses par la sienne, il dil : Je ne manifesterai rien de
ce que je pense du Ciel, de l'Enfer et de la vie après la morl, puis-
que personne ne sait.sur ces sujets la moindre chose i mais néan-
moins permettez aUI Prêtres, sans les en blâmer, de les prêcher ..
car les mentais du Vulgaire liont ainsi par un lien invisible tenus
attachés aux lois et aux chefs; le Salul public ne dépend-il pas da
lU
NoulI, après avoir entendu ces divers sentiments, nous étions in-
terdits de surprise, et nous dlmes entre nous: Ce sont pourtant là
des gens qui sont appelés Chrétiens i ce ne sont ni deshommes, ni
des bêtes, ce sont des hommes-bêtes i néanmoins pour les retirel"
du sommeil. nous leur dimes : Il y a un Ciel et un Enfer, et il ya
une Vie après la mort; vous en serez convaincus, quand nous aurons
dissipé l'iBn oran ce sur l'état de vie dans lequel vous êtes maiDLe-
Dant ; chacun. en effet, dans les premiers jours après la mort, n&
saiL autre chose, sinon qu'il vit encore dans le même Monde, 011 il
était précédemment, car Je temps écoulé est comme un sommeil.
It lorsqu'on sort de ce sommeil, 011 n6 peut faire autrement que de'
croire qu'on est oh l'on élait auparavant i il en est de même de>
VOlis aujourd'hui i aussi avez-vous parlé comme vous pensiez dan-50
le Monde précédent. Et les Anges dissipèrent l'ignorance; et alors
ces gens se virent dans un autre Monde, et parmi des personnes
qu'ils ne connaissaient point i et alors ils s'écrièrent: Oh 1 où
sommes-nous! Et nous leur dimes : Vous n'êtes plus dans le Mond&
Daturel, vous êtes dans le Monde spirituel; et nous, nous sommes
des Anses. Alors, élant bien éveillés, ils dirent: Si vous êles des.
Anses, montrez-nous le Ciel. El nous répondlmes ~ restez un peu
ici, et nous reviendrons: el une demi-heure après, étant reV'e-
DUS, nous les trouvâmes qui nous attendaient, el nous leur dimes:
-Suivez-nous dans Je Ciel i et ils nous suivirent, et nous
montâmes avec eux, et parce que nous étions avec eux, les sardes.
RELIGION CHRÉTIENNE.
2'1
ouvraien L la porte et les admettaient.; et nous dtmes l ceux: qui
recevaient ll'enLrée ces nouveaux venus: Soumettez-les à l'examen;
et ils leur firent tourner le dos, et ils virent que leurs ocëiputs
étaient rort excavés i et alors ils leur dirent: Relirez-,ous d'ici,
ear il y a en vous le plaisir de l'amour de mal faire, et par consé-
quent vous point été conjoints au Ciel, car dans 'os cœurs
vous avez nié Dieu et. méprisé la relision; et nous alors nous leur
dimes : Ne restez pas, parce "u'autrement vous seriez chassrs, et
ils se hâlèrent de descendre el s'en allèrent ..
Dans le chemin pour revenir chez moi nous recherchâmes pour
quelle raison 1eR Occiputs de ceux qui sont dans le plaisir de mal
faire ont été excavés dans ce Mond'8; et je présentai celle-ci: C'est
que chez l'homme il y a deux Cerveaull, l'un dans l'Occiput, qu'on
nomme Cervelet, etl':mtre dans le Sinciput, qu'on nomme Cerveau;
que dans le Cervelet habile l'alDouJ: de la volon lé, et dans le Cer-
veau la pensée de l'entendement; eL que, quand la pensée de l'en-
tendement ne conduit pail l'amour de la volonté de l'homme, les
in times du Cervelet, qui en eux-mêmes son t célestes, s'atraissenl';
de là l'Excavation.
161. Un jour, dans le Monde spirituel,
rentendis un bruit com.me celui que Cait une lIeule; c'était dans la .
Plaie Septentrionale de ce monde: d'abord je m'étonnai de ce que
cela pouvait être; muis je me rappelai que la Meule eL Moudre si-
Iniflent rechercher d'après la Parole ce qui serL ù. la doctrine; je
m'auançai donc vers le lieu d'où ce bruitse faisait entendre, etlors-
que j'en fus près, le bruit cessa; el alors je vis sur la terre une
sorte de cavité llaquelle on parvenait par un antre; ayaflt aperçu
l'autre, je descendis et j'entrai; et voici, c'était une Chambre dans
laquelle je vis un Homme vieux, assis au milieu de livres, tenallt de-
vant lui la Parole, et y cherchant ce qui pouvait servir à sa doc-
t.rine ; autour de lui sisaient l terre des Ceuilles de papier, liur les-
quelles il écrivait les passages qui devaient lui servir; dans une
Chambre adjacente il y avait des secrétaires qui recueillaient ces
feuilles de papier, et transcrivaient dans un volume ce qui avait
été écrit dessus. Je·le questionnai d'abord au sujet des Livres flUi
étaient auteur de lui; il me dit qu'ils traitaient tous de LA FOI JUS-
TIFIANTE, ceUI de Suède eL de Danemarck profondément, ceux
,1
2'8
1.1 VBAIE
d'Allemagne plus profondément, ceul d'Angleterre encore plus pro-
fondément, et ceux de la Hollande le plus profondément i et il
ajouta qu'ils différaient en divers points, mais qu'ils s'accordaient
tous sur l'Article de la Justification et de la Salvalion par la foi
8eule. Ensuite il me dit que maintenant il recueillait de la Parole
ce point principal de la Foi justitiante, que Dieu le Père s'était
détourné de la grAce enven. le Genre bumain à cause de ses ini-
quités, et que par conséquent pour slluver les hommes il y avail eu
nécessité Divine qu'une satisraction, une réconcilialion, une propi-
tiation, une médiation 'fussent failes par quelqu'un, qui prit sur soi
)a damnation de III justice, eL que cela n'avait pu être fait que par
son Fils unique; et que cela eut été fafl, il y eul l cause
de lui accès auprès de Dieu le Père: car nous disons: Père, aie
pitié de nous cause du Fils; et il ajouta: Je vois el j'ai vu que cela
est conforme l toute raison et conforme A l'Ecriture i comment.
Dieu le Père aurait-il pu être approché autrement que par la foi
dans le mérite du Fils! Je l'écoutais, et j'étais eltrêmemenl surpris
de lui entendre dire que cela étaiL conforme à la raison et conforme
, l'Ecriture, lorsque cependant cela est contre la raison et contre
l'Ecriture, el même je le lui dis ouvertement. Alors il répondit dans
l"emportement de son zèle: Comment peux-tu parler ainsi? Jalui
. ouvris donc complétement mon menLal, en disant: N'est-il pas con-
tre la raison, de penser que Dieu le Père s'est détourné de la grAce
envers le Genre humain, et qu'il l'a réprouvé et excommunié! La
GrAce Divine n'est-elle pas un attribut de l'Essence Divine? Se dé-
tourner de la grAce, ce serail donc se détourner de l'Essence Di-
vine, et se détourner de son Essence Divine, ce serait ne plus être
Dieu; est-ce que Dieu peut se sépll'er de Soi-Même f Crois-moi, du
,
cOté de Dieu, de même que la GrAce est infinie, de même aussi elle
est éternelle; du cOté de l'homme, la «rice de Dieu peut être per-
due. si l'homme ne la reçoit pas; si la irAce se retirait de Dieu, cteu
serait fait du Ciel tout entier et du Genre bumain tOit enLier; du
cOté de Dieu, Il grâce demeure donc éternellemenl, non-seulenlenl
envers les Anges et les Hommes, mais même envers les diables dans
l'Enfer; puisque cela est l la raison, dis-tu flU'il
0:, a d'autre accès auprès du Père que par la foi dan le mérite du
Fils, lorsque eependant il y a I.ccès perpétuel par Ja crAcet Mai.
RELIGION CHMTIENNE. 2'9
p'ourquoi dis-lu accès auprlls ,de Dieu le Père l la considération dll
Fils, et ne dis-tu pas par le Fils' Est-ce que le Fils n'est pas Mé.-
,dialeur et Sauveur' pourquoi ne t'adresses-tu pas au Médiateur et
.au Sauveur Lui-même' n'est-il pas Lui-Même Dieu et Homme? sur
'terre esl-il quelqu'un qui s'adresse immédiatement. un Empereur •
.. un Roi ou l un Prince' N'esL-ce pas l un Intendant et l un In-
troducteur qu'on doit s'adres. .. er' Ne sais-tn pas que le Seisneur
.est venn dlns le Monde- pOUl" être Lui-Même l'introducteur auprès
.du Père i qu'il n'y a d'accès que par Lui; et ,que' cet accès est per-
pétuel, lorsqu'on s'adresse immédiatement au Seigneur Lui-Même.
puisqu'il est dans le Père et que le Père est en Lui! Cherche main-
tenant dans l'Écriture, et tu verras que cela y est conforme, et que
ton chemin pour aller vers le Père yest opposé, de même qu'il est
-opposé à la raison; je te dis même qu'il y Il impudence de s'élaDcer
vers Dieu le Père, et de ne pas y parvenir par Celui qui est dans le
Sein, du Père el Seul chez le Père; est-ce que tu n'as pas lu dans
Jean le Vers. 6 du XIV' Chapitre? A ces mots, ce vieillard entra
dans une telle fllreur, qu'il s'élança de dessus son siége, et cria i
ses secrétaires de me jeter dellors; et comme à l'Instant même je
sortis de mon plein gré, i11anca après moi hors de la porte un Li-
vre que 'sa main saisit au basard, et ce Livre était la Parole.
t6!. QUATRIItHB MS)lOIABLE. Il s'éleva une discussion entre les
Esprils sllr celle question: Peut-on voir quelque vrai doctrinal
'Théologique dans la Parole, sinon d'après le Seigneur? Tous s'ao-
~ r d è r e n t en cela, que persopne ne le peut sinon d'après Dieu, parce
.que • un homme rie peut prendre rien, à moins qu'il ne lui ai,
été dOnn8 du Ciel, ." - Jean, W, t7 ; :.... il restait donc à dillc)u-
ter si quelqu'un le peuL sans s'adresser immédiatement au Seigneur;
.on disait d'un côté, qu'il fallait s'adresser immédiatement ail Sei-
Bneur, parce qu'il est la Parole; de l'autre côté, que le vrai doo-
trinal élait aussi vu, quand on s'adressait immédiatement. Dieu l,
père i c'est pourquoi la discussion se portait d'abord sur ce poinl :
Est-il permis à un Chrétien de s'adresser immédiatement 111 Dieu le
Père, et ainsi, de sauter par-dessus le Seisneur; el n'est-ce pas 1.
UDe insolence et une audace indécente e! téméraire, puisque le Sei-
Ineur dit, que personne ne vient au Père que par Lui? - "JUD.
XIV, 6. - TOUlofois, ils laissèrent ce poinL, eL ils dirent que,
250 LA VRAIE
l'homme peut voir le vrai doctrinal d'après Ja parole par sa propre
Jueur naturel; mais celle opinion fut rejetée; c'est pourquoi ils
insistèrent, en disant que ce Yrai peut être vu par oeux qui prient
Dieu le Père i et on lut devant eux un passage de la Parole, et alors.
ils prièrent ~ genoul Dieu le Père de les illustrer, et ils dirent il l'é-
sard du passage de la Parole. qui avail été lu devant eux, que telle
et telle cbose était un vrai, tandis que c'était un faux i cela fut ré-
pété plusieurs fois jusqu'à produire l'ennui; enfin ils avouèrent
qu'ils ne pouvaien t point: mais de l'autre cOté ceux qui s'adressèrent
immédiatement au Seigneur voyaient les vrais, et les expliquaient
aUI autres. Après cette discussion ainsi terminée, il monta de l'A-
btme quelques Esprits qui apparurent d'abord comme deI! Saute-
relles, et en3uite comme de petits bommes ; c'étaient ceUI qui, dans
le Moode, avaient prié Dieu le Père et confirmé la Justification par
la foi seule; c'étaient ceux-mêmes dont il est parlé dans l'A.poca-
Iypse, Chap. IX,. t il tt ; ils disaient qu'ils voyaient dans une lu-
mière claire, et aussi d'après la Parole, que l'homme est justifié par
la foi seule sans les œuvres de la loi i il leur fut demandé par quelle
foi; ils répolldirenL: l'ar la foi en Dieu le Père; mais après qu'ils
eurent été examinés, il leur fut dit du Ciel qu'ils ne savaient pas
même un seul vrai doctrinal d'après la Parole; toutefois, ils répli-
quèrent qu'ils voyaient cependant leurs vrais dans la lumiere ; alors
il leur fut dit qu'ils les voyaient dans une lumière fantastique; ils
demandèrent ce que c'est qu'une lumière fantastique; on leur apprit
que la IUlllière fantastique est la lumière de la confirmation du faux,
et que celle lumière correspond à la lumière daos laquelle sont les
Hiboux et les Chauve-Souris, pour lesquels les ténèbres sont lumière
et la lumière est ténèbres: cula fut confirmé en ce que, lorsqu'ils
reiardaient en baut vers le Ciel, où est la r ~ u m i è r e même, ils voyaient
des ténèbres, et que 19rsqu'ils re.-;ardaient en bas vers l'Ablme, d'où
ils étaient, ils voyaient de la lumière, Indignés de cette épreuve
confirmative, ils dirent que de la sorle la Lumière et les Ténèbrei-
De sont pas quelque chose, mais sont seulement un état de l'œil,
d'après lequel on dit que la lumière est lumière, et que les ténèbres-
sont ténèbres; mais il leur fut moqtré que la Lumière fantastique ..
qui est la lumière de la confirmation du faux. était chez eUl, et que
leur lumière était seulement une activité de leur mental, qui tirait
r
RELIGION CHRÉTIENNE,
251
son ori,iue du feu des concupiscences, et qu'elle rp.ssemblaiL assez"
i la lumière des cbals, dont les yeux, par le désir ardent de trou-
ver des raLs dans les caves, "paraissent pendant la nuit comme des
cbandelles. A ces mots ils dirent avec emportement, qu'ils n'éLaient
point des cbaLs; ni comme des chat!;, parce qu'ils pouvaient quand
ils voulaient; mais comme 'ils craiBnaient qu'il ne Jeur fut dit :
Pourquoi ne voulez..vous pas! ils se retirèrent; et ils se précipitè-
renL dans leur Abtme; ceux qui sont dans cet Abtme, et ceux qui
leur ressemblent, sont même appelés par les Anges Hiboux et
Cbauve-Souris, et aussi Sauterelles,
Quand ils furen t arrivés près des leurs dans l'abime, et qu'ils eu-
rent raconté que des Anges leur avaient dit qu'ils ne savaient aucun
vrai doctrinal, pas même un seul, et qu'ils les avaient appelés Hi-
boux, Chauve-Souris et Sauterelles, il y eut du tumulte, et ils di-
rent: Prions Dieu de nous permettre de monter, eL nous démontre-
rons clairement que nous avons un· grand nombl."e de vrais doctri-
Daux, que les Archanges eux-mêmes reconnattront; et p:arce qu'ils
prièrent Dieu, la permission fut donnée .. et ils montèrenL jusqu'au
Dombre de trois cents, et lorsqu'ils apparurent sur la terre, ils.
dirent: Nous avons été célèbres et renommés dans le Monde, parce
que nous avons connu et enseigné les arcanes de la Justification par
]a foi seule, et d'apl'ès les confirmations non-seulement nous avons
vu la lumière, mais nous l'avolls même vue comme un éclat brillant ..
et nous la voyons encore de même dans nos cellules; et cependant
DOUS venons d'apprendre de nos compaBnons, qui ont été cbez vous,
que cette lumière était non pas la lumière, mais des ténèbres, par
cette raison que nous D'avons, comme vous dites, aucun Vrai doc-
trinal d'après la Pal'ole; nous sa"vons que tout vrai de la Parole
brille, et oous avons cru que c'était de là que venait la splendeur
dont nous étiolls environnés quand nous méditions profondément
sur nos arcanes; c'est pourquoi nous vous démontrerons que nous
avons .. d'après la Parole, d", vrais en grande quantité; et ils di-
rent : N'avons-nous pas ce Vrai, qu'il ya une Trinité, Dieu le Père.
le Fils et l'Esprit Saint, eL qu'il faut croire eD la Trinité? n'avoDs-
DOUS pas ce Vrai, que le Christ est DOire Rédempteur eL notre Sau-
Yeur! o'avonSo-nous pas ce Vrai, que le Christ seul est la JusLice, et
qu'l Lui Seul est le Mérite, et que celui qui veut s'attribuer quel-
232 LA 'VRAIE
que chose du mérite et de la jusliœ du Seigneur est injusle et im-
pief n'avons-nous pas ce Vrai, que nul mortel ne peut faire par.
lui-même aucun bien spirituel, milis que tout bien, ·qui en. soi est
Je bien, est de Dieu Y n'avons-nous pas ce Vrai, qu'il y. a un bien
mériloire et un bien hypocrite, et que ces biens sont des. maux"r
(n'avonlrnous pas ce Vrai .. que l'homme" par ses propres forces ne
peut contribuer en rien l son salut 1) n'aYons-nous pas ce Vrai, que
né:mmoiBs il faut faire des œuvr.es! n'avons-nous JIu ce:
Vrai, qu'il y a une foi, et qu'il faut croire en Dieu, et que chacun
a la vie selon qu'il croit foutre plusieurs autres vrais d'après Ja Pa ...
role. Qui de peut nier un de ces nais! et cependant vous
avez dit que dans nos écoles nous n'avions aucun Vrai, pas même
un seul i n'est-ce pas Il ce que vous nous atez injustement reprocb6.
Mais ils reçurent alors celle réponse: Toutes les propollitions que
vous avez énoncées en elles-mêmes des vrais, mais (vous, vous
les avez falsifiées, en les aprliquant l con6rmer un faUI
et de Il ce sont) cbez vous et en VOU8 des vrais falsifiés, qui tirent du
principe faUl leur caractère de faux. Qne cela soit ainsi; c'est même
ilS que nous démontrerons l vos yeu·x : Dy. non loin d'ici un -en-
droit sur laquella lumière inOue directement du Ciel; au Milieu est
une Table, et quand il y est posé un papier sur lequel est écrit un
Vrai tiré de la Parole. ce papier, d'après le Vrai qui y est écril.
brille comme une Étoile; écrivez donc vos Vrais sur UD papier, et
meltez-Ie Rur la Table, et vous verrez. Ils les écrivirent sur un pa-
pier, et le donnèrent au garde, qui le mit sur la Table, el qui alol'l
leur dit: et regardez vers la table i et ils s'éloiinè-
Fent eL regardèrent; P.t voici, ce Papier brillait comme UDe
-el alorlS le garde leurdil: Vous voyez que ce sont des Vrais que vous
avez écrils sur le- papier;. mais approchez plus près, et fixez voire
yue Rur le papier; el ils le firent, et tout l coup la IlImière dispa-
nit, el le papier deyint noir comme s'il cllt été couvert de suie: et
ensuile le garde leur dit: Touchez le papier avec vos mains, mai.
iardez-vous de toucber ; el dès qu'ils y eurent touché, OD8
tlamme en sortit et le consuma. Après qu'ils eurent YIl l'embrase-
ment du papier, il leur rut dit: Si YOUS eussiez touohé l'écriture,
vous auriez entendu un bruit éclatant, et vous vous seriez hrQlé Jes
-doigts: et alors ceux qui se tenaient derrière eux Jeur direDt:.
.....
RELIGION CHRÉTIENNE.
233
Vous voyez maintenant que fes dont vous avez abusé pour
.confirmer les Arcanes de votre Justification, sont en elles-mêmes
des Vérités, mais qu'elles sont en vous des falsifiées. Ceux-là
regardèrent alors en haut, et le Ciel leur appllrut comme du san,.
et ensuite comme une obscurité; et eUI-mêmes apparurent aux
yeux des Esprits les uns comme des Chauve-Souris, les
autres comme des Hiboux, et quelques-uns comme des Chats-Huanls,
et ils s'enfuirent dans leurs ténèbres, qui brillaient fantasliquemenL
lieurs yeux.
Les Esprits angéliques, qui étaient présents, furent très-étonnés,
parce quejllsqn'alors ils o'avaient rien su concernant ce lieu et la
table qui s'y trouvait; et alol'& il vint de la Plaie méridionale une
VOil qui leur dit: Approchez ici, et vous verrez quelque chose de
plus merveilleui encore; et ils s'approchèrent, et ils entrèrent dans
une Chambre dont les murs brillaient comme d'or. et ils y virent
aussi une Table" sur laquelle était placée la Parole. entourée de
pierres précieuses en forme céleste: et l'Ange charié de lA garde
leur dit : Quand la Parole est ouverte" il en jaillit une lumière d'uo
éclat ineffable, et alors il apparatt en même temps au-dessus et au-
Iour de la Parole u (le sorte d'Arc-en-Ciel produit par les pierres
précieuses; lorsqu'il vient ici un AnBe du troisième Ciel, il appa-
rait au-dessus et autour de la Parole un Arc-eo-Ciel dans lin plan
rouie; lorsqu'il y vient un AnBe du second Ciel, et qu'il regarde la
Parole. il apparaît lin Arc-en-Ciel dans un plan bleu de oiel ; lors-
qu'il y vient un Anie du dernier Ciel et qu'il regarde, il apparall uo
dans UII plan blanc; lorsqu'il y vient un bon esprit et
qu'il reiarde, il apparatt une lumière dont les variétés sont comme
celles du marbre; il leur fut lDême montré à l'œil que cela arrÏ\-e
ainsi. Ensuite l'Anse charBé de la sarde leur dit: S'il vient quel-
qu'un qui a falsifié la Parole, la splendeur disparaît d'abord; et
l'il approche et fixe les yeul snr la Parole, il se forme comme du
sang tout autour, et alors il est averti de se retirer, parce qu'il y a
péril. Cependant un Esprit qui, 'dans le Monde, avait écrit comme
Chef d'uoe doctrine sur la Foi Seule justifiaD'te, s'avança avec au-
dace" el dit: Moi, lorsque j'étais dans le Monde, je o'ai point fal-
lifré la'Parole; j'ai même exalté la Charité' en même temps que la
foi, el j'il 8oseisné.que l'homme daos l'état de la foi, daos lequel
LA. VRAIE .
il exerce la charité et les œuvres de la charité, est renouvelé, rê-
généré et sanctifié par l'Esprit Saint; j'ai enseigné allssi qu'alors la
Foi n'eliste point seule, c'est-l-dire, sans honnes œuvres, de même
qu'il n'y a point d'arbre bon sans fruit, de soleil sanl lumière, ni
de feu sans chaleur; et de plus rai blamé ceux qui disaient que les
bonnes œuvres n'étaient pas nécessaires; et en outre j'ai préconisé
les préceptes du Décalogue, et aussi la pénitence, eL ainsi j'ai appli-
-({ué d'une manière admirable Lous les vrais de lA Parole. J'Article
sur la Foi, que néanmoins j'ai découverte et démontrée être seule
salvi6que. Cet Espril, dans la confiance de son assertion qu'il n'a-
vait pasfalsific\ la Parole, s'approcba dl! la Table, et malGré l'avertisse-
mentde l'Ange, il toucha la Parole : mais l'instant mêmeilsortitde la
Parole du feu avec de la fumée, et il se fit avec fracas une e,:plo-
sion qui le lança dans un coin de la Chambre, et il y resta étendu
comme mort pendant près d'une heure. Les Esprits Angéliques en
furent très-étonnés, mais il leur fut dit que Ce Chef ecclésiastique
avait plus que lous les autres exalté les biens de la charité cODJme
procédant de la Foi, mais que néanmoins il n'avait pas entendu
d'autrell œunes que les œuvres politiques, qui SODt aussi appelées
œunes morales et civiles, qu'il faut faire pour le Monde et pour
sa propre prospérité dans le Monde, mais nullement pour le salut;
et qu'en outre il avait supposé de la part de l'Esprit Saint de!\ œu-
vres invisibles, dont l'homme ne sait rien, qui sont eniendréC's
dans la Foi, quand on est dans l'étal de la roi.
Alors les Esprits Angéliques parlèrent entre eUI de la falsification
de la Parole, et convinrent unanimement que falsifier la Parole.
c'est eo prendre des Vrais, et les employer confirmer des faul,
ce qui est les tirer de la Parole bors de la Parole ct les tuer, par
exemple. appliquer à la Foi d'aujourd'hui, et expliquer d'après l'eUe
foi, tous ces vrais rapportés ci-dessus par ceux qui étaient sortis.
de l'Ablme; que celte foi ait élé de faul. cela sera dé-
montré dans la suite. C'est aussi tirer ·de la Parole ce Vrai, que la
Charité doit être exercée, et q'l'il faut faire du bien au prochain;
si alors quelqu'un confirme qu'il fallt lui en faire, mais non pour le
Salut, puisque tout bien do la part de l'homme n'est pas un bien
parce qu'il est méritoire, celui-li tire le·Vrai de la Parole hors de la
Parole, et le tue, puisque le Seigneur dans sa Parole enjoint à tOut
RELIGION CHRÉTIENNE.
2S5
homme qui veut être sauvé d'aimer le prochain, et de lui faire du
bien d'après cet amour. Il en est de même des autres Vrais.
DB LA. DIVINS TRINITt.
163. 11 a été traité de Dieu Créateur eL en même temps de la
Création, ensuite du Seigneur Rédemplellr et en même temps de la
Rédemption, et enfin de l'Esprit Saint et en même temps de la Di-
vine Opération, eL puisqu'ainsi il a été traité de Dieu Tri-un, il est
nécessaire qu'il soit aussi traité de la Divine Trinité, qui dans le
Chrétien est connue, et cependant inconnue; en effet, ll8.r
elle Seule on acquiert une juste idée de Dieu, el une juste idée de
Dien est dans l'Eglise comme le Sanctuaire et l'aulel dans un Temple.
-et comme une couronne sur la tête et un sceptre dans la main d'un
1:toi assis sur un Trône, car Loutle corps de la Théologie en dépend
.comme une chaine dépend de son premier aoneau ; et, si vous vou-
Iez le croire, cbacun obtient sa place dans les Cieux selon son idée
de Dieu, car cette idée esL comme la Pierre de touche avec laquelle
on éprom'e l'or et l'argellt, o'est à-dire le bien et le vrai, tels qu'ils
sont chez l'homme. puisqu'il n'existe chez lui aucun bien salvifique
qui ne vienne de Dieu, ni aucun vrai qui ne tire du sein du bien sa
·qualité. l\Iais pour qu'on voie des deux yeux ce que c'est que la Di-
vine Trinilé,son Exposition va être divisée en Articles dans l'ordre sui-
vant:
1. Il Y li une Divine Trinité, qui est le Père, If! Fils et l'Esprit
Saint.
n. Ces Trois, le Ph'e, le Fils, r Esprit Saint, smzt les trois
Essentiels d'un seul Dieu, qui font zm, comme l'Ame, le Corps
et l'Opération l'homme.
m. Avant le Monde créé il n'y avait pas cette Trinité-là,
mais après le Monde créé, quand Dieu a été incarné, elle 4
été pourvue et faite, et alors dans le SeignezC1' Dieu Rédempteur
et Sauveur Jésus-Christ.
IV. La Trinité des Pivines Pet'sonnes de toute éternité, ou:
avant le Monde créé. est dans les idées de la pmsée une Tri-
LA VRAI·E
Riti de Dieux, et r idie de trois Dieux ne peut dire e/lacée par la
confession orale d'un sfllUl Dieu.
V. La Triniti des Personnes a ilé inconnue dans fEglise
Apostoliq:Je, mais elle a été tirée tlu Concile de Nicée, et par
• suite eae a été introduite dans r Eglise Catholique-Romaine, et
elt passée de là dans les Eylises qui s'en sont séparées.
VI. De la Trinité Nicéenne et en temps Atl,anasienne'
est sortie la Foi qui aperverti toute l'Eglise Chritienne.
VU. De là résulte que cette foi est f abomination de la désola-
tion, et falfliction telle qu'il n'yen apas eu et qu'il "'li en aura
pas, que le Seigneur avait prédites dans Daniel, dans les Evan-
gélistes et dans f Apocalypse.
vm. Puis ceci, que si un NOllveau Ciel et une N ouvell.e Eglise
n'étaient pas fondis pa'!' le Seig7,eut', aucune chair ,te serait
.auvée.
IX. De la Trinité des Personnes, dont chacune en particulier est
Dieu
l
selon le Symbole d'Athanase, se sont sur Dieu UII
grand nombre d'idées discordantes et qui sont des
phantaisies et des avortements.
Chacune de ces propositions va être expliquée en particulier.
i6i. 1. IL t .. UNE DIVINE TBINIrt, QUI EST LB PtaH, LB (t'ILS
ET L'ESPRIT SAINT.
Qu'il y ait une Divine Trinité, le Père, le Fils et ('Esprit Saint.
on le voit clairement d'apl'ès la Parole, et d'après ces passages
de la Parole: « L'Ange Gabriel dit à Marie, c,·n ESPRIT SAINT
viendra sur toi, el une VEnTU DU TR!S-HA.UT t'omhragera
l
c'est
pourquoi ce qui naUra de toi Saint sera appelé FILS DE DIEU, •
- Luc, l, Sri; - ici trois sont nommés, le Très-Haut qui t'st
Dieu le Père, l'Esprit Saint et le Fils de Dieu, « Quand Jésus eut
élé baptisé, voici, les Cieux furent ouverts, et Jean vit L "ESPRIT
Süll'T descendant comme tme Colombe et venant sur Lui; et
"oiei, une voi:c des Cieux, disant: Celui-ci est lION FILS bitm-
aimé en quije me sflis complu, • - Matth. 111, 16,17. - Marc,
l, tO, U, Sean, l, 3i. - Encore plus d'après ces pa·
roles du Seigneur aUI Disciples: "Alks, faites des disciples de
toutes les nfllions, les fJaptisanl au nom DU P:tRB,. ET DU FILS ET
DU &Ilfr-ESPBIT. • - MaUh. XXVIII, t 9 i - et, en outre d'après
.....
-
RELIGION CHRÉTIENNE.
257
celles-ci, dans Jean: «Il '!I en a trois qui t"endeut tbnoignage
dans le Ciel, LB PiRl, LA. PA.ROLI ET L'ESPRIT SA.INT. D - 1. Epii.
V, 7. - Et, outre cela, le a prié son Père. il a parlé de
Lui, et avec Lui, et il a dit qu'il enverrait l'Esprit Saint, et aussi il
l'a envoyé_ De plus. les Apôtres. dans leurs Epttres, onL fréquem-
ment nommé et ]e Père, et le Fils et l'Esprit Saini. D'après Lout
leela, il est évident qu'il y a une Divine Trinité, qui est le Père,
le Fils et l'EspriL-Saiot.
i6iS. Mais comment doit-elle êlre comprise r Sont-ce trois
Dieux, qui d'essence et ainsi de nom sont un seul Dieu? ou frois ob-
jels d'un seul sujet, par conséquent sonl-ce seulement les qualilés
ou les attributs d'un seul Dieu. qui sont ainsi nommés! qu en est-il
autrement! La raison A elle-IMme n'y peut absolument
rien voir j mais quel parli prendre! il n'en est pas d'autre pour
l'homme, que de s'adresser au Seigneur Dieu et de lire la
Parole sous son auspice, car il est le Dieu de la Parole; et l'bomme
sera iIlustl'é, et il verra des Vérilé5 que la RailOn aussi reconnaitra.
Au contraire, si tu ne t'adresses pas ail Seigneur, lors mêmo que lu
lirais mille fois la Parole, et que tu y verrais la Divine Trinilé el
aussi l'Unilé, lu ne comprendrai!! jamais aulre cbose, sinon qu'il J
a trois Personnes Divines, dont chacune en particulier est Dieu. et
ainsi trois Dieux j mais comme cela répugne A la commune percep-
lion de lous les bommes dans le Monde enlier, pourqlloi l'on
a. pour éviter le blâme, inventé que, quoiqu'ils soient trois en vé-
rité, néanmoins la foi exige qu'il soit dit un seul Dieu et non trois
Dieux; et que, de plu.o;, pour éviter d'être accablé de critiques, l'en.:
tendement quant A ce point principalement serait empr.isonné et
tenu encbalné sous l'obéissance de la foi; et que cela d'après l'Or-
dre Cbrétien serait dorénavant une chose sainte dans l'Eglise Cbré-
tienne, Un tel fœlus paralytique est né de ce que l'on n'a point lu la
Parole sous l'au5pice du Seigneur, et quiconque ne lit point la Pa-
role sous cet auspico, la lit sous l'auspice de la propre intelligence,
et celle-ci est comme un oiseau de nuit dans les cboses qui son t
dans la lumière spirituelle, tels que sont tous les essentiels de l'E-
Blise; et quand un tel homme lit dans la Parole des choses qui con-
cernent la Trinité, et que d'après elles il pense que quoiqu'ils soient
trois .. cependant ils sont un, cela lui parait semblable lIa réponse
L 47
2lJ8
LA. VRAIE
d'une sur trépied; el comme il ne le comprend pas,
li le roule entre ses dents, car s'il le plaçait devant ses yeul ce se-
rait une énjgme ; plus il s'efforce de le dérouler, plus il s'envelqpp'e
4e ténèbres jusqu'. ce qu'il se melta y penser sans l'entendement,
ce 'qui est,la même chose qua voir sans l'œil; en somme, lire la Pa-
role sous l'auspice de la propre intelligence, ce que font tous cellE
qui ne reconnaissent pas le Seigneur pour Dieu du Ciel et de la
Terre, et qui par suite De s'adressent pas uniquement l Lui et ne
L'adorent pas uniquement, c'est ressembler A des enfants qui pour
jouer se metteDt un bandeau sur les yeux, et veulent marcher en
ligne droite, ils croient aussi suivre une ligne droite, et cependant
ihl s'écartent pas III pas sur le côté, et e.nfin ils vont l l'opposé, heur-
tent contre une pierre et tombent. C'est aussi ressembler l des pi-
lotes qui naviguent sans houssole, dirigent le vaisseau contre des
éclleils et périssent: c'est ressembler lII uo homme qui marche dans
une vaste campagne au milieu d'un brouillard épais, et qui voyant
un scorpion qu'il croit être un oiseau, veut le saisir avec la main, et
le soulever, et reçoit alors une bles.o;ure mortelle: c'est encore res-
sembler III un plongeon ou III un milan, qui voit sur les eaUl une pe-
tite partie du dos d'un gros poisson, s'élance dessus et y enfonce SOD
bec, et qui est entraiDé par le poisson, et suffoqué dans les flots:
enfin, c'est ressembler III celui qui entre dans un labyrinthe sans
guide et sans fil, et qui plus il y pénètre intérieurement, plult il
perd les voies d'issue. L'homme qui ne lit pas la Parole sous l'auspice
du Seigneur, mais qui la lit sous l'auspice de la propre intelligence.
se croit un lynx, et plus clairvoyant qu'Argus, lorsque cependant il
ne voit pas intérieurement la moindre chose du vrai, et ne voit que
le faul, qui, lorsqu'il s'en est persuadé, lui apparatt comme l'éloile
polaire, vers laquelle il dirige toutes les voiles de sa pensée; et
alors il ne voit pas plus les vrais qu'une taupe, et s'il les voit, il les
fait plier en faveur de sa fantaisie. et ainsi il pervertit et falsifie les
saints de la Parole.
166. Il. CES TROIS, LE PiRE, LE FILS ET L'ESPRIT SAINT, SONT
LES .TROIS ESSENTIELS D'UN SEUL DIEU, QUI FONT UN, COll1l1 L'A.Jm,
LI CORPS ET L'OdRA.TION CHEZ L'BOIIME.
Il y a pour une chose des Essentiels COll!munlS, et a!lssi des
Essentiels particuliers, et ceux-ci avec ceux·là font une seule Es ..
RELIGION CHRtTIENNE.
:sen ce ; les Essenl,iels communs d'un homme sont son âme, son corps
-et son opération; que ceul-ci flissent UDe seule Essence. on petl\ le
voir en cela, que l'un est d'apre!ll'autre, et pour l'autre; en série'
continue; en effet. l'homme a soil 'commencement par 1'4me. qu'
est l'essence même de la semence; l'âme non-88ulement commence.
mais encore produit dans leur ordre toutes les choses qui appartien.:.·
Jlenl au corps. et ensuite celles qui procèdent en mému temps de ces
l'Ame et le corps. lesquelles sont nommées opératIons; c'est
pourquoi d'après la production· de l'un par l'autre, et par l'uite'
la greffe et. la conjonction. il '85t évident que ces trois ap-
partiennent • une même essence; c'est pour cela qu'ils sODt nom-
més les trois essentiels.
i 67. Que dans le Seigneur Dieu Sauveur il y ait eu et qu'il y ait
œs trois Essentiels. savoir. l'Ame. le Corps et'l'Opération. chacun
le rooonnaU; qu'il ait eu son Ame de Jéhovah le Père, cela ne peut
être uié que par l'Antechrist, car dans la l'arole de l'un el l'autre
Testament le Seigneur est appelé Fils de Jéhovah. Fils du Dieu Très-
Haut, Unique engendré; le Divin du' Père est donc. comme l'ame
l'homme, le premier Essentiel du Seigneur; que le Fils. que
lIal"i-e a enCanlé. soit le Corps de cette Divine Ame. c'en est la con-
séquence. car dans l'ultérus de la mère il n'y a de produit que le
corps conçu el dérivé de l'âme. ce Corps est donc le second Essen-
tiel; que les Opérations Cassent le troisième ES5entiel. c'est parce
qu'elles procèdent en même temps de l'âme el du corps. et que les
.choses qui procèdent sont de même essence que ce1l8ll' qui produi-
sent. Que les trois Essentiels. qui ,sont le Père, le Fils et l'Esprit
Saint, soient un dans le Seigneur. comme l'âme, le corps et l'opéra-
tion dans l'homme. on le ,"oit clairement par les paroles du Seigneur.
1Iue le Père el Lui sont un. et que le Père est en Lui et Lui dans
le Pè're; il en est de même de Lui et' de l'Esprit Saint. puisque
l'Esprit Saint est le Divin procédant du Seigneur d'après le Père.
tomme cela a été pleinement démontré d'après la Parole. ci-dessus
N°' usa. us", i le démontrjlr de nouveau serait donc un travail su-
pepOu. et, pour ainsi dire charger une tlble de mets, lorsqu'on est
rassasié.
16S. Quand il est dit que le le Fils et Saint &DIlUes
trois Essentiels d'un seul Dieu,; ClOmme l'âme, le corps et l'O{>énUol1

LA. VRA.JK
chez l'homme, il semble devant le Mental humain que trois Per-
BOnnes soient ces trois Essentiels, ce qui n'est pas admisible ;'mais
lorsqu'il est entendu que le Di\"in du Père, qui fait l'Ame, et le Di-
.,in ,du Fils, qui fait le Corps, et le Divin de l'Esprit Saint ou 1&
Divin qui fait l'Opération, sont les trois Essentiels d'un
seul Dieu, alors cela tombe dans l'eBtendement; en e1I'et Dieu 1&
Père est son Divin, le Fils d'après le Père le sieo, et l'Esprit Saint·
d'après l'un et l'autre le sion, lesquels Divins étant d'une seule es-
sence et uoanime.-; foot uo selll Dieu. Si, au contraire, ces trois Di-
'Vins sont appelés Personnes, et qu'l chaque Personne soit attribuée
sa propriété, comme au Père l'imputation, au 'Fils la mMiation, et
l l'Esprit-Saint l'opération, alors l'Essence Divine devient divisée.
elle qui cependant est une et indivisible, ainsi aucun des trois n'est
Dieu en plénitude, mais chacun l'est dans un tiers de puissance, ce
qu'un entendement sain ne peut s'empêcher de rejeter.
169. Qui dQnc ne peut percevoir la Trinité dans le Seigneur ..
d'après la Trinité dans chaque homme! Dans chaque homme il y a
l'Ame, le corps et l'opération, pareillement dans le Seisneur, • car
dam le Seigneur ha6ate toute la plé,.itude de la Divinité corpo-
rellement, • selon Paul, - Coloss, Il, 9 i - c'est pourquoi la
Trinité dans le Seisneur est Divine, mais dans l'homme elle "est hu-
maine. Qui ne voit que dans cette expression mystique. Il Y a trois,
Personnes Divines, etcepeudant un seul Dieu. et ce Dieu. bien qu'il
soit un, n'est pas néanmoins une seule Personne, • la Raison n'a
aucune part, mais qu'étant assoupie elle force néanmoins la bouche
l parler comme un perroquet r quand la Raison est assoupie, que
peut être le lansage de la bouche, sinon inanimé T lorsque la bouche
parle, et que la Raison erre çl et là et est en di$sentiment avec elle.
que peut être le lansase, sinon insensé T Aujourd'hui la Raison hu-
main,e, quant à la Divine Trinité, est liée comme un prisonnier les
fers aUI mains et aUI pieds dans un cachot, et peut être comparée
• à une Vestale enterrée vive, pour avoir laissé éteindre le feu sacré;
'.
et cependant la Divine Trinité doit luire comme un Oambeau dans
.les mentais des hommes de- l'E8lise, puisque Dien dans sa Trinité
et dans l'unité de la Trinité est tout dans toutes les saintetés du Ciel
et de l'Eglise. En effet, de l'Ame faire un Dieu, du corps un second
.Dieu. et de l'Opération un qu'est-ce autre chose que de
RELIGION CHR1tTIENNE.
'261
faire de ces trois Essentiels d'un même homme trois parties distinctes
entre elles T Ne serait-ce pas le mutiler et le tuer T
no. 111. AVANT LB MONDE cil:i IL N'r -\.VAIT PA8 CETTE TRll'oT:l-
LA, liAIS APRis LB MONDB cRii, QU.&.ND DIEu.&. iTi INC.&.D.Ni, ELLB.&.
:ATi POURVUE ET ET .&.LOR8 D.&.NS LE SEIGNBUR DIEU RiDBIlE'-
nUR BT S.&.UVEUR Jt8U8-CtmlST.
Dans l'ESlise Chrétienne aujourd'hui on reconnalt une Divine
Trinité avant le Monde créé, laquelle, ellt que Jéhovah Dieu de toute
-éternité a engendré le Fils, et que de l'un et de l'autre est alors sorti
l'Esprit Saint, et que chacun de ces Trois est par soi ou en particu-
lier Dieu, parce que chacun est une Personne subsistant d'après soi;
mais comme cela ne tombe dans aucune raison, on l'appelle UB
mystère, dans lequel on peut seulement entrer, en cela qu'il ya pour
ces Trois une seule Divine Essence, par laquelle'on entend l'Éter-
nité, l'Immensité, la Toute-Puissance, et par suite une Divinit6-
ésale, une Gloire égale. et une Majesté éiale; mais dans la suite il
sera démontré que cette Trinité est de trois Dieux, et qu'ainsi ce n'esc
pas une Trinité Divine; qu'au contraire la Trinité qui est aussi du
Père, du Fils et de l'Esprit Saint, laquelle a été pourvue et faite
.après que Dieu eut été incarné, ainsi après le Monde créé, soit la
Divine Trinité, parce qu'elle est d'un seul Dieu, cela est évident
d'après tout ce qui précède. Que cette Divine Trinité soit dans le
, Seigneur Dieu Rédempte
1
Jr et Sauveur Jésus-Christ, c'est parce que
les trois Essentiels d'un seul Dieu, qui font une seule Essence sont
-en Lui: Qu'en Lui il y ait toute la plénitude de la Divinité, seloD
Paul, on le 'voit aussi d'après les paroles du Seigneur Lui-Même.
tout ce qui est au Père est l Lui, et que l'Esprit Saint parle
Don pas de soi-même mais d'après Lui; et, en outre, que du sépul-
cre, quand il est il ait retiré tout son Corps Humain, non
seulement quant à la Chair, mais aussi quant aUI Os, on le voit dans
Matthieu, - XXVIU, { à 8 Marc, XVI, lS, 6. Luc, XXIV, l, i, 3_
Jean. XX, 4. t à Ils ; - il en est autrement de tout autre 1J0mme;
.c'est même ce qu'il a prouvé ad vivum aUI DIsciples, en disant!
c Voyez me. maIns et me. pieds, tpUMoi-MdmejemÏJ, touches-
Moi et voyez, car un E.prit chair et o. n'a point, comme.OU$
Me voyez (en) avoir. » - Luc, XXIV, 39 : - d'après cela, tout
homme, s'il le veut. peut être convaincu que l'Humain du Seipeur
.262
est ,Divin. qu'ainsi en Lui 1 est et l'Homme l'St·:giflu.
t'1 t. La Trinité que l'Église d:aujourd'hui a embr.a&-
.. et qu'elle a il1trCKluite dans foi,. est que DiElu le Père a enlen-
dré le Fils de toute 6Lernitê, et que. l'Esprit Saint. est alors sorti de
l'un et de l'ant.re. et que Spi: c:ette Tri-
Dité ne peut être conçue par les .. menta.Is humains autremont que
une Triarchie. el comme Je iouvernement deTro·is·Rois
dans un seul Royaume, ou de. trois sur une seule armée.
ou de trois MaUres dans une seule maison. dont chacun aurait une-
. ésale puissance, que résulterait-il de là, sinon la destnlctioD r et si
l
quelqu'un veut fiiurer ou esquisser devant la vue du montaI oette
,Triarcbie et en même teml.s leur unité, il ne peut la à sa
,contemplation aUlrement que comDiè un·homme avec fioÏl; têtes SIU"
. un seul corps, ou avec trois cq.rps-wus une seule tête; une .sembla-
ble monstrueuse de la Trinité doiL se présenter deva.nt ceUl
qui croient trois Personnes Divines. et cbacune Dieu par elIe-même,
1
el qui les conjoiinent en pn I;eul Dieu, et nient que Dieu,. parce
qu'il est un, soit une seule Personne. Ou!lJn Fils de Dieu
tQute éternité soit et ait pris l'Bumain, cela peut êtro
(
comparé aux rables des Ancien.s, que les Ame.1l humaines ont été-
1 .créées dès le commencement du Monde •. et entreDt dans les
corps. et deviennent bommes; puis. aussi à ces rêvet:ies, que l'âme-
l'un passe dans un autre, cO!Dme plusieurs dans l'Eglise Juive
l'ont .cru, par exemple, que l'âme d'Élie était passée dans le corps
de Jean-Paptiste, et gue David dans son corps .ou dans le
corps d'un autre, et rèsnerait sur Israël et sur Juda, parce qu'il est
dans Ezécbiel : • Je IUlcitqrai sur tJUf& un seul Pasteur, gu;
Jes paiera. mon smJ;tet,r ,David; lui sera leur Pasteur, et Moi
léhovah jeserai lt!ur Dieu, et David, prince au milieu d'eux. If
- XXXIV, 13, 14.. 23; - et e,n outre ailleurs; ne sacbaDt p.
que dans ces passages Da vid est el! tendu le $eiJDeur.
LA TRINITB DES DE TOUTE iTBRNm:,
AVANT LE CRÉB. ·KST DANS Ll!is.mtEs DB LA PBNR UNB
1llU1'lTB DB DIEUX" BT DB ;rROI5 DUUJ:.l'IB PEur Bru BFFA.cis
LA. ORALE I)'UN. UUL QI,IU. '
Que Trinité des Divines ,eJ:SODD8S dt! Joute éternité soit JJue
de Dieux. on le ,voiL p..ar ces paroles dans le
RELIGION ëIiRiTIENNE.
bote .'Alhana'S8: Âutt'e ed/a Personne Ju Phoe. mitre ce/le àff
Fila, et auf7:e l'Esprit· Saini: Dieu et Se;ineur est l,
l Dfeu e!§efgneur est le Fils, et Die"
\ pnt Smnt; mms ce ne sont n •. troIS Dieuz na troIS
Sei9fU!U!s maiS un seul Dieu et un seul Seigneur i parce que, d,
pe no-us sommes forcés par la vérité Chrétienne de con-
fesser que chaque Personne est en particulier Dieu et Seigneur.
de mbne ü nous est défendu par la Religion Catholique de dire
Iroù Dieuzou troùSeignettrs : ce Symboleaété reçu partoule l'Éilise
ChrétiennecommeŒcuméniqueou uriiversel,et (
on et reconnall sur Dieu est li ré de ce symbole, Que ceul qui
éraient dans le Concile de Nicée, d'où est sorti comme un Cœtus
ce Symbole nomlnë symbole d'Atbanase, n'aient pas en-
tendu d'autre Trinité qu'une Trinité de Dieux, quiconque le lit seu-
lement œil ouvert peut le voir: qu'une Trinité de Dieul ait non
seulement été entendue par eUI. mais encore qu·il ne soit pas en-
tendu d'autre Trinité dans le Monde Chrétien, cela résulte de ce qûe
--") toute connaissance sur Diell est tirée de ce symbole, et que chacun
reste dans la Coi des paroles qui y sont. Qu'aujourd'hui dans le Monde
Chrélien i.J ne soit pas entendu d'autre Trinité qu'une Trinité de
Dieux, j'en appelle tout homme, tant Laie qu'Ecclésiastique, tant
aux ProCesseurs et Docteurs lauréats qu'aux Evêques et Archevêques
consacrés, et aussi aUI Cardinalls pourprés. et qui plus est au Pon-
\
tife Romain lui-même; que chacun s& consulte, et qu'il s'exprime
alors d'après les idées de son men lai j d'après les paroles de celte
Doctrine reçue universellemenl sur Dieu,cela est aussi visible et aussi
diaphane que de l'eau l tra"ers un vase de crislal; par 81emple.
qu'il y a Personnes, el que chacllne d'elles est Dieu et Sei-
Ineur; ellsuite. que d'après la Vérité Chrétienne on doit conCss'Ser
et reconnaltl'e que chaque Personne est en particulier Dieu et Sei-
sneur, mais que la Rdiiion ou la Foi Catholique ou Chrétienne dé-
fend de dire ou de nommer trois Dieul et Irois Seigneurs; et
qu'ainsi la Vérité et la Relision. ou la vérité et la foi ne sont pas 1..4
DM seule chose, mais sont deux qui se contrarient. S'il a
êté ajouté que ce ne son"t ni trois DiéuI ni trois SeiKneurs, mais un
Dieu et un seul SeiKneur, ce fut pour ne pas s'exposer lIa risée
devaut le Monde entier, car qui n'éclaterait de rire à l'idée de troiS
\
LA VRAIE
Dieux r mais qui Ile voit Ja contradiction dans ce qui a été ajouté r
Si, au contraire, ils eussent di' que la Divine Essence est au Père,
la Divine Essence au Fils. et la Divine Essence l l'Esprit Saint.
mais que ce ne spnt pas trois Essences Divines, mais que "Essence
est une et indivisible, alors ce mystère serilit explicable. par exem-
ple. quand par le Père est entendu le Divin duquel (a guo). lout
provient. par le Fils le Divin Humain qui en proVient. et par l'Es-
prit Saint le Divin procédant. lesquels apparlienïiënt teus trois l UD
Seul Dieu; ou. si par le Divin du Père il est entendu la même chose
que cbez l'bomme par l'Ame, par le Divin Humain la même chose
que par le Corps de cette Ame, et par l'Esprit Saint la même chose
l
que par l'Opération qui procède de l'Ame et du corps, alors sont en ....
tendues trois essences qui appartiennent A uné stule et même Per-
sonne. et ainsi font ensemble une Essence seule et indivisible.
{73. Que l'idée de trois Dieux ne puisse être effacée par la COD-
fession orale d'un seul Dieu. c'est parce que cette idée a été semée
dans la mémoire dès l'enfance, et que tout b'omme pense d'après las
choses qui y sont j la Mémoire cbez les hommes est comme l'EstomaC)
ruminalOire cbez les oiseaux et les bétes, qui mettent dans cet esto-
mac les aliments dont ils sont successivement nourris. et de temps
en temps les en retirent et les font passer dans liEstomac même. où.
ces aliments sont digérés. et dispensés pour tous les usages du corps;
rElltendement humain e.llt cet Estomac-ci comme la Mémoire est
ruminatoire. Que l'idée de trois Personnes -Divin"ëSde
toute éternité. qui est la même que l'idée de trois Dieux. ne puisse
être effacée par la confession orale d'un seul Dieu, chacun peutIe
voir llar cela' seulement qu'elle n'a pas encore été elf'acée. et que
parmi les bommes Célèbres il y en a qui ne veulenl pas qu'ene soit
elf'acée. car ils persistent à soutenir que les trois Personnes Divines
sont un seul Dieu, et ils nient avec opiniâtreté que Dieu, parce, qu'il
est un. soit aussi une seule Personne i mais quel est l'bomme sap
qui ne pense en lui-même que par le mot Personne il est entendu
une attribution de quelque qualité, et nullement une personne r tou-
téfois on ne sait pas quelle est cette qualiLé ; et parce qu'on ne le
sait pas, ce qui a été semé dans la mémoire dès l'enfance reste,
comme reste dans la terre une racine d'arbre, d'où naft quelque re-
jeton, lors même que l'arbre est coupé: mais, mon amf. non-
..
RELIGION CHRltTIENNE.
265
seulement cou,pe cet arbre. mais extirpe aussi sa racine, et alors
plante dans ton jardin des arbres de bon fruit i garde-toi donc que
l'idée de trois Dieux ne de ton el que la bouche, qui
Il'a aucune idee, ne 'seule un Dieu i qu'est-ce alors qu'un
Entendement au-dessus de la mémoire, qui pense trois Dieux, et un
Entendement au-dessous de la mémoire, d'après lequel la bouche
prononce un ,seul Dieu, et cela en même temps! N'est-ce l,as comme
sur un théâtre un comédien qui peut remplir le role de deux per-
tennes, en passant nec vitesse d'un côté du théAtre à l'autre" et
d'un côté une chose, et de l'autre le contraire, et ainsi en
s'appeler, ici sage. et là fou! qu'en résulle-t-il autre
dioS'e, sinon que, lorsqu'il se tient au milieu du théâlre et regarde
chaque côté, il J)ense que ni l'un ni l'autre n'est vrai T OD arrive
]a à penser qu'il n'y a.ni un seul Dieu, ni_ trois Dieux.
qu'ainsi il n'yen a point; le naturalisme qui règne aujourd'hui n'a
pas d'autre origine. Dans le Ciel personne ne peut prononcer la
Trinité des Personnes, dont chacune en particulier est Dieu, car
l'atmosphère céleste même, dans laquelle les pensées da'! anges vo-
lent et comme les sons dans notre air, s'y oppose; là, le
seul le peut, mais le son de ses retentit dans l'at-
mosphère céleste comme un grincement de dents, ou comme le cri
d'un corbeau pour les augures. J'ai appris aussi du Ciel, qu'effacer
par la confession orale d'un seul Dieu la foi pour la Trinité des k
Dieux dans le m..!!ltal par des confirmations, est imposSi- '\
ble qne faire passer un arbre par sa semence, ou le menton d'un
1I0mme par un poil de sa barbe.
t 74-. V. LÂ TRINITÉ DES PERSONNES Â iTi INCONNUE DU-S L'E-
GLISE ApOSTOLIQUE, liAIS ELLE Â iTÉ TIRiE DU CONCILI'!: DE NICÉB.
ET UR SUITE ELLE Â ÉTÉ INTRODUITE DÂNS L'EGLISE CÂTHOLIQUB-
ROILUNE, ET EST PüstE DB LÂ DÂNS LES EGLISES QUI s'p SONT
SiPÂUES.
Par l'Eglise Apostolique est entendue non-seulement l'Eglise qui
était dans divers lieul au temps des Apôtres, mais aussi deux OD
trois siècles après ce temps: mais enfin on commença à arracher dei
ses londs la porte du Temple
r
,et A s'élancer comme. des voleurs
d'ans le Sanctu:dre i ,par le Temple il est entendu l'Église, par J,
Po..!!! le Seigneur Dieu Rédempteur, et par le Sanctuaire sa Divi-
-
J66
LA VRAIE
Dilé; car lésus dit: • En vérité, je fJOUl dis, celui gui n'entre
pas par _la Por.te dam la Bergn, mais QUI HONTE PA.R UN .lUTO
UDBOIT;èst un voleur et un larron; Moije suis la Pf!!Je, par
1
Moi si guelqu'un entre, Ü sera sauvé. • Cet attentat a été commis
1 par ,Arius et par ses sectateurs; C'$t pourquoi un concile fuïëonvo-
par Constantin le Grand l Nicée, ville de Bithynie; et Il, afiD
'41e rejeter l'hérésie pemlëiëiïse d'Arius, il fut imaiinê, conclu et
sanctionné par ceux qlli avaient convoqués, qu'il y avait de toute
Trois Personnes Divines, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.
dans chacune desquelles il y avait par soi et en soi la personnl!Iité,
l'existence et la que la second'e Personne, ou le Fils,
est descendu, a pris l'Humain et a fait Ja Rédemption; que far
1
suite la Divinité e3t unie à son Humain par Union hIPostatique, eL
Clue par celle union il avait une étroite affinité avec Dieu le Père.
Depuis ce temps une foule d'hérésies abominables sur Dieu et sur la
Personne du Christ commenÇa\ sortir de terre, et des Antechrists
se mirent l lever la tête, et l diviser Dieu en trois, et le Seigneur
(
Sauveur en et ainsi 1 détruirB le Te@!le que le 8eiS!leur
avait élevé par les Apôtres. et cela jusqu'à ce qu'il n'y restât
1 ,ierre sur pierre qui ne fllt renversée, selon ses propres pa-
roles, - lIallh. XXIV, 1. - où par le Temple il est entendu non-
seulement le Temple de Jérusalem, mais aussi l'Eslise. de la con-
sommation ou de la fin de laquelle il s'aiit dans tout ce Chapitre.
Mais quelle autre chose pouvait-nn attendre de ce Concile et deS sui-
van_ts, qui ont pareillement divisé 1.1 Divinité en trois parties, et ont
placé Diell_ inca!:!lé au-flessou!, d'eux sur le marchepied de leul'S
pieds r car ils ont séparé la nIe de l'Éilise de son Corps. par cela
gu'iU ont montés par un autre endroit c'est-l-dire. parce qu'nI
ont passéjlar-dessus Dieu incarué, el sont montés vers Dieu le Père
comme verl! un autre Dieu, selliement avec le petit mot de Mérite-
du Christ l la bouche, pour qu'il eOl.Jll!i.é à cause de ce Mérite, el
\
qu;ainsi la Justification influât immédiâtêlnent avec tout son cortéiet
1 savoir, '8\-ec la rémission des l'échés, la rénovation. la sanctificatioD,
la Ri-én-éra1ion, et la salvation, et cela flans rien de médiat de la
part de l'homme. -
t 75. Que l'Église, Apostolique n'ait pas su la 1D0indre chOSè de
la Trinité des Personnes, ou des trois Personnes de toute
.............
RELIGION :cnI\1tTIENNE.
1&"1
'GD le l'oiL clairement par le StJIBOLE 'de cette t,lise, appelé·St ...
BQt.L..DES APOTRES, où sont ces paroles: «Je C7'oÏl en le
Pbe -.ToUl-Puissant, Créateur tiu -Ciel et de la Terre: et en.
Jésul-Christ, son Fi" unique, notre Seigneur, ·qui a été
de l!Esprit Saint, est né de la Vierge Marie: et en l'Esprit
Saint: 1) i1 n'est fait aucune mention d'un Fils de toute
(
mais il est parlé d'un Fils conçu de l'Esprit Saint et né de la Vierge
lIarie; on savait c!'al'rès les Apôtres que Jésus-Christ était le vrai
Dieu, - l, Jean; V. li; -- qu'en Lui habitait corporellement
la plénitude de la Divinité, -·Coloss. Il, 9 ; - que les ApO-
·tres avaient prêché la foi en Lui, - Aot. XX, il ; - et qu'l Lui
appartenait tout pouvoir dans le Ciel et sur la Terre. - Matth.
,xxVIII, t8.
t 76. Quelle confiance peUL-on avoir dans les Conoiles. qyagdjls
ne s'adressent pas immédiatement au Dieu de 1',Éslise f L'Église
-D'est-elle pas le Corps du Seigneur, et Lui-Même n'en est-il pas la
l'ête f Qu'est-oe que le oorps sans Y. Tête. et quel est un Corps l
qui l'on a mis Irois Têtes, sous l'auspioe desquelles OD prend des di- )
-eisio ns et l'on rend des décrets r Est-ce qu'alors 1'1Ilustration, la-
quelle eJ,Lspirituelle par le Seigneur seul. qui esL le Dieu du 'Giel
et de la Terre •. et en même temps le Dieu de la Parole, ne devient
pas de plus en plus naturelle, et enfin sensuelle r El alors on n'el.-
plore pas quelque vrai réel théologique dans sa forme interne, SAns
qu'il soit aussitôt rejeté par la pensée de l'entendement rationnel. et
dissipé dans l'air, comme la paille par le van! Alors. dans cet état,
au lieu des vérités. surviennent les illusiQns, et au lieu des rayons de
la lu-mière et alorson est comme dans une caverne
avec des lunettes sur le nez.et une chandelle à la main. el l'on ferme
les paupières pour 'les Vrais spirituels qui sont dans la lumière (lu
.ciel. mais on les ouvre pour les sen)uelsqui sont dans la lumière iIlu-
lOire .des sens du cor.1Js ; la même chose arrive ensuite quand on lit
la Parole. alors le Hep lai s'endort sur les vrais, et s'éveille sur les
.raID •. et il devient ëOiÏÏme est décrite la Bête montant de la mer,
quant l la. bouche comme un lion. quant au corps comme un lé!>-
(:
Ird. et quant aux pieds comme un ours. - Apoc. XIII. t. -
,
Dans·le ciel. on dit qlle. quand Concile de Nioée fut terminé. il '1
-aot coincideoQe avec ces choses que 'le Seisneur a préditell aux Dis-
268
LA: VRAIE
,oiples: a L,e Soleil sera olJSt:urci, et la Lune ne donnera point Ba
lueur, et les. Étoi/es ,tom6eront du Ciel, et les Puissances du
Cieuz seront ébranlées. JI - M'atth. XXIV, !9; - et en actualité
l"E,lise Apostolique était comme mm Etoile nouvelle aWaraissani
da.ns le Ciel Astral et l'Eglise après les deux Conciles de Nicée de-
vint comme la même Étoile rendue eD!\Uite 0.P!!lue et n'apparaissant
plus, ainsi que cela est même arrivé quelque fois dans le Monde na-
turel selon les observations des Astronomes. Dans la Parole, on lit
que Dieu babile dans une luinière inaccessible; qui donc
pourrait approcher de Lui, s'il n'habitait pas dans une lumière IC-
I
ces.41ible, c'est-à-dire, s'il n'était pas descendu, et n'avait pas pris
l'Humain, et si dans cet Humain, il n'était pas devenu la Lumière
dn Monde! - Jean, 1,9. XI[, -46; - qui ne peut voir qu'appro-
cher de iéhovah Père dans sa lumière, est aussi impossible que de
prendre les ailes de l'Aurore, et de voler avec elles vers le SOleil,)
ou de se nourrir des rayons solaires au lieu d'une nourriture élé-
mentaire, ou aussi imposible qu'à un Oiseau de voler dans l'éther,
et à un Cerf de courir dans l'air.
t 77. VI. DE LA TRINlTJI; ET EN du TEMPS ATIlANA.-
8I'BNNB EST SORTIE LA FOI, (,lUI A PERVERTI TOlITE L'EGLISE CHRi-
TIENNE.
Que la Trinité Nicéenne ei en même temps Athanasienne soit
une Trinité de Dieux, on le voit expliqué d'après leurs
symboles, NV f 7! ; de Iii. est sortie la Foi de l'ESlise d'aujollrd'hui,
({ui ellt en Dieu le Père, en Dieu le Fils el en Dieu l'EspriL Saint;
en Dieu le Père, pour qu'il impute la justice dlJ Sauveur son Fils,
et l'attribue l i en bi8Ü le Fils, pour qu'il intercède et sti-
pule; en l'Esprit Saint, pour qu'en actualité il inscrive -IÎlustice du
Fils imputée, et qu'après l'avoir ·établie il la scelle, en justifiant,
sanctifiaut et régénérant l'homme i voilA la Foi d'aujourd'hui, la-
·quelle seule peut téoloi,ner que c'est une Trinité dë-Dieux qui est •
.reconnue et adorée. De la Foi de chaque Église découle
ment -tout son culte, mais aussi toute sa partie dogmatique, aussi
peut-on dire que telle est la Coi de l't,lise, tene est sa .d.o.c.trin8;
r
que celte Foi, parce qu'elle est la trois.!ieur, ail
toute les choses de l't,lise, c'est ce qui résulte Ge III ; «:;lr 1. Foi
est le principe, et les doctrinaux sont les et les prioci-
--
RELIGION CHRETIENNE.
269-
piés tirent leur essence du principe. Si quelqu'un soumeU l'examen
chacun des docLrinBux, par exemple, ceul qui concernent Dieu, la
Personne du Christ, la Charité, la Pénitence, la Résénération, le
Libre Arbitre. l'Election, l'usage des Sacrements du Baptême et de
Ja Sainte-Cène, U verra clairement que la Trinité des Dieux est dans \
doctrinal, et que si elle ne parait pas y être en actualité,. J
Déanmoins le doctrinal en rejaillit comme de sa source. Mais comme
DI! J.el....!'xa_mell ne peut être fai.t ici, et que cependant il est néces- )
sàire qu'il soit fait pour ouvrir les yeux, il sera ajouLé l cet ouvrage
un Appendice, dans lequel cela sera démontré. La Foi de l'Église
sur Dieu est comme l'A.me du corps, et les doctrinaux en sont
comme les membres; et, en outre, la Foi en Dieu est comme une
Reine, et les. dosmatiques sont comme les officiers de sa cour, et
de même que ceux-ci des donnés par la Reine, de
même les dogmatiques dépendent de l'énoncé de la foi; d'après
cette foi seulement ou peut voir comment est entendue la Parole
dans l'Église, car la foi s'applique et tire à soi comme nec des cor-
des Jout ce qu'elle peut i si la foi est fausse, elle se prostitue avec
lout vrai de l'Église, elle le tourne l gauche et le falsifie, et elle
rend l'homme insensé dans les spirituels i mais si la Foi est vraie,
elle est alors fa\'orable l toute la Parole, et le Dieu de la Parole,
qui est le Seigneur Dien Sauveur, répand la lumière, inspire de
son nÏ\'in assentiment, et faiL que l'homme devient sage. Que la foi
1
d'aujourdJlui, qui dans la forme interne est la foi de trois Dieux, et,
dans la forme externe la foi d'un seul Dieu, ait éteint la lumière 1
dans la Parole, et éloigné de l'.Ëglise le Seigneur, 6t ait ainsi p.réci-
pité son matin dans la nuit, on le verra aussi dans l'Appendice;
• cela a été fait par]es hérésies avant le Concile d" Nicée. el ensuite .
par les hérésies provenues de ce Concile et après ce Concile: mais
quelle confiance peut-on a\'oir en des Conciles qui D'entrent point
la Porte dans la Belierie, mais MONTBNT PAll UN AUTRE ENDROIT,
selon les paroles du Seigneur dans· Jean. - X, i. 9 r -leur déJi-
bération est assez semblable à la marche d'un aveugle dans le jour,
ou d'un homme ayant des yeux dans ]a Duit, qui l'un et l'autre ne
voient pas la fosse avant d'y être· tombés. Par exemple, quelle con-
fia_nce peut-on ·avoir en des Conciles qui ont établi le Vicariat du-
PAlpe, l'Apothéose des morts, et leur invocation comine s'i1a êlaient
T
LA VRAIE
des Déités :"Numina), la vénération de leurs images, l'auto';té des'
ind!!lgef!èes, la division de l'Eucbaristie, eto. r Quelle coofiance
peut-on avoir.en un Concile qui ft aft'ermi l'exécrable Prédestination r
, ef.. ils l'ont suspendue comme le Palladium d ..
la religion devant les temples de leur tilise. Mais, 0 motl ami!
·adresse-toi au Dieu de la Parole, et ainsi lia Parole; entre ainsi"
la dans la Bergerie, c'est-à-dire, dans l'tglise, et
illustré, èt tu verras comme du baut non ...
seulement les pas et les erreurs du plus Brand nombre, mais aussi
tes pas et tes précédentes erreurs dans la sombre forêl '
au pied de la montagne.
t 78. La.Foi de cbaque Eglise est comme une semence, d'où sor-
tent tous ses dOimes, et peu t être corn parée il la semence d'un arbre,
d'où naissent toutes les parties de )'al'bre jusqu'aul fruits, et aussi
l la semence de l'homme, d'où sont engendrées en série successive!
des Jisnées et des familles; lors donc que l'on connalt la Foi prin-
Clipale, qui d'après la prédomination est nommée salvifique, on c.oo-
nalt quelle est l'Église; cela peut être illustré par cet exemple.:
Soit la Foi que la Nature est Créatrice de l'Univers; les consé-
qunces de cette foi,sont, que l'Univers est ce qu'on appelle Dieu;
que la Nature en est )'Essence; que l'Ether est le Dieu suprême,
que les anciens appelaient Jupiter; q1l8 l'Air est la Déesse que les
anciens appeJaienl Junon et donnaient pour épouse" Jupiter; que
l'Océan est un Dieu au-dessous d'eul, qu'on peut avec les ancienl
appeler Neptune; et que, comme la Divinité de la Nature
même au centre de la Terre,' Il aussi il y a uD Dieu, qU'OD peut avce
les anciens appeler Pluton.; que le Soleil e!lt la Cour de,
tous les Dieux, où ils se rassemblent quand Jupiter convoque l'as-
semblée i que, de plus ,le Feu est la vie provenant de Dieu; et
qu'ainsi les Oiseaull.vo]snt en Dieu, les Bêtes marcbent en Dieu, et 1
Poissons nagent en Dieu; qu'outre eela les pensées ·sont seule-
lQent des modi8cations de.-r6tber, comme les paroles qui en pro-
viennent ,ont des ·modulltions de l'air; et que les affections. de
l'amour sont des cbanrements d'étal occasionnels. d'aprèi l'infiuE
des rayoos.du soleil·eu elles ; milieu lIe tout cela la "fie après
la. mort, et· en même 1emps le Ciel et fEDrer, sont des fables inveD-
tées par les Prêtres pOUl" obtenir d. honneurs et des richesses,
RELIGION
mais que ces croyances. quoiqu'elles soit des fables, sont néanmoins'
utiles, e1-qu'i1 ne faut pas ,'eo moquer ouverlement, parce qu'eU.
ser.vent au bien public, en contenaut les des simples dans.
un lien d'obéissance envers les magistrats; mais que néanmoins ceux
.qui sont tombés dant les filets de la religion sont des hommes entrai"
.DéS, leurs pensées des chimères,et leurs actions des minllties,et qu'ils,
pour les prêtres de bas valets. et qui croient ce qu'HQ ne· voien.t:
pas,et voient ce qui excède la sphère de leur montaI. Ces cOn&
et plusieurs autres semblables, sont contenues dans celle
Foi, que la Nature est créatrice de l'univers, et en découlent quand·
eat ouverte. Ceci a été rapporlé, afin. qu'un &acbe que dans. la
l'EsIise qui dans forme est en trois
Dieul er dalis la fo'me Externe en un seul, il y a des faussetés en
foule, et être· tiré autant qu'il y i de petites araignées
dans lin cocon provenant d'une araignée-mère; quel est l'bomme
dont le Menlal est devellq vraiment rationnel par la lumière prove-
I!ant du Seignenr, qui ne voit . pas cela r mais comment un aulre
le verrait-il, lorsque.la porle qui conduit à cette (oi et à ces. ,
productio.ns. a été fermée au verrou par ce stalut qu'il
n:.est pas permis à la raison de pénétrer dans les mystères d'e
eaUe foi.
179. VII. DB L.l RtSUl.!B QUB CEtTE FOI EST l.'ABOMINATION nB
u. 1 ET L'AFFLICTION TEI.LE QU'IL N'Y A PAS EU ET QU'IL
B'Y BN AURA PA!J, QUB LB SEIGNEUR AVAIT DANS D.\NIBL,
DANS LIS EVAl\IGRISTES ET DANS L'ApOCALYPSE.
Dans Daniel 00 lit ces paroles: Cf Enfin sur l'oiseau des alJomi-
nations sera la désolation, et jusqu'à la . consommation et à la
.décision elle fondra SJ!,r la tlévastation. • - IX, !7. -:- Dans
l'Evangéliste Mattbieu le Seigneur dit: « Alors plusieurs fauz
prophètes ,'élèveront et séduiront 6eaucoup (de ;
.gu.!l'Jd vous !Jerres f AlJomÏ71atio1l de la prI-
dite par Daniel le Prophète, étalJlÜJ dans le lieu saint, gue
celui qui lit fass, attention. • - XXIV, t, tes; - et· ensuife
-dans Je même Cbapitre: u fig aura alor, -une affliction grande,
telle gue point il n'y en a eu depuis le commencement du molllls
jusqu'à prés.ent, et point il n'y.en aura. D .......: Vers. n· a
été traité.de cette amiction et de cette abomination dans sep' Cbapi"":,
,
272
LA VRA.Œ
tres de l'Apocalypse; ce sont elles qui sont entendues par le Che-
val noir et par le Cheval pâle, qui sortir du Livre dont r Agneau
ouvrait les sceau:.c. - - Apoc. VI, Il à 8. - Puis, par IG B8te
montant de fa6tme, qui fit la guerre au:.c deuz témoins et les
tua - XI. 7, et suiv. - Par le Dragon qui se tenait devant la
Femme sur le point d'accouchet', pour dévorer son fruit, et qui
la poursuivit dans le désert, et '!I jeta de sa gueule de l'eau
comme un fleuve, pour fengloutir. - XII. - Par les B4te. du
dragon, rune montant de la mer, et r autre de la terre. - XIII.
- Par les trois Esprits sembla6les à des grenouilles. q'.Ji sorti-
rent de la gueule da dragon, de la gueule de la et de la
/Jouche du fauz prophète. - XVI, t3. - Et en outre par ces
passages-ci : • Après que les sept anges eurent versé les coupe.
de la colère de Dieu, dans lesquelles étaient les sept denzière$
plaies, s!trla terre, sur la mer,.sur les fontaines et les
surie soleil, Stll' le trône de la 68te, sur r Euphrate, et enfin
dans rair, il se fit un grand tremblement de terre, tel que point
il n'yen avait eu que les hommes avait été falls. Il -
XVJ. - Le tremblement de terre signifie le de l'E-,
ilise,qui est fait par les faux et par les falsifications du vrai, la même
cbose que signifie l'affiiction grande telle que poin"' il n'yen a eu de-
puis le commenoomenL du Ilonde. - Malth. XXIV, il. - Sembla-
bles choses sont entendues par ces paroles : cc L'Ange ;ela sa
lau:c, et il ver&dangea la tligne de la tmTe. et il jeta dans le
grand pressoir de la colère de Dieu, et fut foulé le pressoir,
et il sortit du sang jusqu'au:.c freins des chevauz dans mille
si:E Cellts stades. Il XIV, t9, !O i - le sang signifie le vrai
falsifié : oulre plusieurs autres 8hoses dans ces sept Chapi-
tres.
t80. nans les évangélistes, MaUhieu, XXIV; Marc, XIII i et Luc,.
XXI, ont été décrits les déclins successifs et les corrupLions
sives de l'Eglise Chrétienne, et Il par l'amiction telle que
point il n'yen a eu depuis le commencement du monde et point
il n'yen aura, est entendue, comme cl et là ailleurs dans la
Parole, l'infestation du vrai par les fauI, jusqu'à ce qu'il ne reste
plus aucun vrai qui n'ait été falsifié et consommé i cela aussi
est entendu par l'abomination de la désolation dans les Evan-
RELIGION CHRÉTIENNE.
273
gélistes, et cela est encore entp.ndu par la d1s,!lalion sur l'oiseau
dC3 abominations, et par la consommation la décision, dans Da-
- .
Dit!.! ; et la même chose est décrite dans l'Apocalypse par les extraits
qui viennent d'être donnés. C'est ce qui en ce que
dans l'Eglise on a reconnu l'Unité de Dieu daus la Trinité et la
Trinité dans l'Unité, non pas une seulo Per-sonne, mais
dans Trois, et que par suite on a fondé l'Eglise dans le }Ien-
tal sj!r l'{dée de trois Dieux. et dans la Bouche sur la -éon-
fes.-;ion d'un seul Dieu; car ainsi séparé du Seigneur. au
point qu'enfin on n'a "plus eu aucune idée de la divinité dans sa Na-
Lure Humaine, lorsque rependant il est Lui-même Dieu le Père
dansÏ'Humain ; e'est même pour cela qu'il est appelé 1\ Père d'éter-
nité, ;-=-Esaie, IX, S; - et qu'il dit il Philippe: cc Qui Me voir,
voit » - Jean, XIV. 7.9. -
{St. .liais on demande: D'où vient la source même de laquelle
est sortie cette abomination de la désolation. telle qu'eHe est "c1écri:e
dans Daniel, IX, !7 ; et oette affliction. telle que point il n'yen a eu,
'et point il n'yen aura, Matth. XXIV. 21? La réponse est. qu'elle
vient de cette Foi universelle dans le Yonrle Chrétien, ""ëilJo SOriTn-
flux de son opération et de son imputation. selon les traditiolls. Il
que la doctrine de la justification par celle foi seule.
quoique ce soit .non point la foi, mais une chimère. obtienne lous les
les suffl'ages dans les Eglises C"hréLiennes,-c'est-il-dire, y
comme .l'unique point théologique dans c'est -,
ce que tous les Novices du clergé apprennent} hument et dévorent
avec avidité dans les Maisons d'inslruction ; et ensuite,' comme ins-
pirés d'une sagesse céleste. ils l'enseignent dans les Temples, la
font connaUre dans les Livres, et par elle ils recherchent et exploi-
tent le nom, la et la gloire d'une érurlilion sUllérié"üro,
comme aussi ils reçoivent A cause d'elfe des diplômBs des J!!ii
récompenses i et ces choSes se ron t.quoique par cette foi seule aujour-
d'hui le Soleil ait été obscurci. la Lune ail été prh'ée de sa lueur,
les Etoiles des cieux soiont tombées, et que les Puissances des cieux
aient été ébranlées, selon les paroles de la prédiction faite par le
, Seigneur dans Matthieu. LXIV, 29 ; que la doctrine de celte foi ait
aujourd'hui aveuglé les mentaIs au poinL qu'ils ne veull}Dt voir, et
par suite sont comme s·jJs ne ne pouvaient voir aucQn Vrai Divin à
-
L t8
LA. VRAIE
l'intérieur dans la lumière du soleil, ni dans 1. IlImià'e de la 100
8

lJ1ais seulement. l'extérieur Clans une sorte de surface rmoteulf 1
la lumière du foyer la nuit, c'est ce_gui est 4evenu iDdulft-
[
lable pour moi; c'est pourquoi je puis prédire que li les
Divins Vrais iur la conjonction mile de et ,!le Ia,Joit sur
le Ciel et l'Enfer, sur le sur la vieaprès la 1I!0rt, et sur la
Félicité éLernelle, descendaient du Ciel iravés en lettres
les Justificateurs et les SancLificateurs par la foi seule De les jup-
raient pa!AÏJnet d'êtreJLls i mais il en serait ti»ut UD 1
Papier sur la Justification par la foi sllule montait des enfers, ils le
preudraient, le baiseraient, et le porteraient chez eUI dans leur
sein.
Ui. VIU. PUIS CECI, QUE SI UN NOUVEAU CIEL ET UNE NOUVELLE
EGJ.ISE N'ÉTAIE:.'fT PAS FONDe PAR LE SEIGNEUR, AUCUNB CHAIR lIJB
SEBAlT SAUVÉB.
On "lit dans Mattbieu; • II Y aura alors une affliction grande,
telle flle point il n'yen a eu depuis le commencement du Monde
jwqtl'à présent, et point il n'yen aura; et si n'étaient abrégés
ces jour, ne ,erait ,auvée aucune chair, Il - XXIV. U,!2;
- dans ce Chapitre, il de la Consommation du siècle, par
laquelle est entendue la fin de l'Eglise d'aujourd'bui i c'est pour-
quoi par abréger ces jours, il est entendu y mettre fin, et en ins-
taurer une nouvelle. Qui ne sait que si le Seigneur ne fût veuu dans
le Monde et n'eût fait la Rédemption, allcune chair n'aurait pu être
sauvée r par faire la Rédemption il est entend"u fonder un nouveau
Ciel et une Eslise.Que le Seigneur ait dû venir de nou-
veau dans le Monde, il l'a prédit dans les Évangélistes, - HaLLh.
XXIV, 30, 3t ; - )Iarc, XW, 26; Luc, XII, '0, XXI, !7 ; et daDs
l'Apocalypse, principalement dans le dernier - Que
meme aujourd'hui il fasse la "Rédemption, en fondant un nouveau
Ciel et en instaurant une nouvelle Eglise, .dans le but que l'bomme
puisse être sauvé, cela a été montré ci-dessus dans le Lemme sur
la Rédemption. Le irand Arcane, que- sans l'instauration d'une
Nouvelle Ëslise par le Sei.ineur aucune chair De peut être sauvée,
est celui-ci: Tant que le Drago.n demeure avec sa troupe dans 18
Monde des Esprits. dans lequel il a été jeté, aucun Divin Vrai uni au
Divin bien ne peut panenir jusqu'aux hommes de la terre, sans qu'il
p
RELIGION CHRtTIENNE.
J'l5
:soit perverti et falsifié, ou sans qu'il soit détruit; c'est ce qui tilt
.nlendu dans l'Apocalypse par ce passale: • Le Dragon ful pl-
.dpité en la terrt, tt .t, ange. avec lui furent précipité.; mal-
Aeur à ceux qui hahitent la Terrt et la Mer, parct qu'e.t des-
.cendu le Diahle ver. eu:ll, ayant une colère grande. • - XII, 9,
it, t3 ; - mais après que Jo 'pralon eut été précipité dans l'EnfQr,
_ XX, {O, - alors Jean vit un Ciel nOllveau et une Terre Douvelle.
__ il yil Ja nouvelle desceQdant de Dieu par le Ciel,-
lXI, {, t. - Par le Dragon son l entendus ceux qui sonL dans la
foi de l'Eglise d'aujol!rd'bui.
QIJelquefois, dans le Honde spirituel, j'Id conversé avec les Jus-
tificateurs des bomme par la foi seule, et je leur ai dit que leur Doo- J
trine est erronée, et même absnrde, et qu'elle introduit la sécurité,
l'aveuglement, le sommeil eL la nuit dans les choses spirituelles, et
par suite la mort de l'All)e, les exbortant l s'en désister; Qlais je
recevais pour réponse: Quoi, s'en désister 1 la prééminence de l'é-
des Ecclésiastiques sur les Laies ne dépend-elle pas de
-eeUe foif Mais je répliquais, qu'ainsi ils avaient pour fin, non pas
salut de.o; Ames, mais la préémin.ence de leur et que
puisqu'ils avaient appliqué l leurs faux principes les vrais de la Pa-
role, et les avaient ainsi adultérés, ils étaient des Anges de l'ablme,
.appelés ABBADo:olS et Apl'OLLVONs, - Apoc. IX, -ft, - par lesquels
1) sont signifiés qui perdent l'Église par une totale falsification
d.e la Parole. Mais ils répondaient: Qu'est-ce que cela f Nous sommes
des Oracleli .par la science des mystères de cette foi, et nous rendons
des réponses d'après elle comme d'après un sanctuaire, noussomlDes
donc des APOLLONS, et non des APOLLYONS. Indigné dc cette
je leur ai dit: Si "ous êtes des APOLLONS, vdus êtes aussi .les LÉVIA-
'l;HANS; Jes principaux d'entre vous, des Léviathans tortueux, et
ceux du second rang, des Léviathans oblongs. que Dieu visitera
avec son épée dure et grande, - Esare, XXVII,!; - mais l ces
mots ils se mettaient l rire.
{83. DES PERSONNES, DONT CHACUNE BN PAB.-
TJCUUER EST DIEU, SCLOl'f LB SnmoLB SE SONT :ALE-
vtu SUR DIEU UN NOIlBRB D'IDÉES DISCORDANTES BT HiTtRo-
QUI SONT DES PHANTA.ISIBS BT DBS AV01TEIIBNTS.
De la Doctrine des Trois Personnes DiviDes de toute éternité. qui
.276
LA. VRAIE'
en soi est la Tête de tous les doctrinaux dans les Eglises Chrétien-
nes, se sont élevées un grand nombre d'idées indéceJlles sur Dieu.
indisnes du Monde qui cependant et doit être et peut
être un Flambeau pour tousles..,peuples et pour toûleSles nations
les quatre parties de la terre. en ce qui concerne Dieu et l'U-
nité de Dieu; tOIlS ceux qui babitent hors de l'Eglise Chrétienne,
tant les Mahométans que les Juifs, et outre ceux-ci les Gentils de
I( quelque culle que oe ce soit, oiit en uersion le uni-
quement à cause de la foi en trois Diellx; les propagateurs. de cette
foi le savent; c'est pourquoi ils se gardent bien d'exposer publique-
ment la Trinité des Personnes, telle qu'elle est dans les Symboles
1 de Nicée et d'Athanase, parce qu'alors leurs auditeurs s'enfuierruënt
et se moqueraient d'eux, Les idées discordantes, ridicules et frivoles
qui se sont élevées de la Doctrine des trois Personnes Divines de
toute éternité, et s'élèvenl'chez quiconque reste dans la foi des pa-
roles de ceUe Doctrine, et passent des oreilles et des yeux dans la
yue de la pensée, sont celles-ci : Dieu le Père est assis au-dessus de
la tête dans le haut; et le Fils à sa droite, et l'Esprit Saint devant
eux, prêtant l'oreille, et aussitôt parcourant tout le Globe; et, se-
lon ce qui a été décidé. il dispense les dons de la justification, et les
inscrit, et des fils de colère il fait des fils de grâce, et des damnés
il fait des élus; j'en appelle aux d'entre le ,Clergé_ et_
Erudits d'entre les Laïques; entretiennent ils dans leurs men lais.
une autre vue que cette ,"ue idéale! car elle découle spontanément
de la Doctrine même. voir le )!ÉlIORA.RLB ci-dessus, N° t6. Il en dé-
coule aussi la curiosité c!e conjecturer ee que ces Trois Dieux se di-
saient entre eux avant que le Monde fût créé; parlaient-ils du Monde
à créer r parlaient-ils de ceux qui devaient être prédestinés et jus-
tifiés selon les supralapsaires! parlaient-ils ausl!li de la Rédemption!
pareillement, que disent-iis entre eux depuis que le Monde a été
créé Y le Père parle de l'autorité et de la puissanoe et le
Fils du pouvoir de la médiation; que l'imputation, qui est l'élection,
':vient de la miséricorde du Fils intercède pour tous. et en par-
ticulier pour quelques-uns; et que la pour eux vient du Père
émJl par son pOlir le Fils, et par la misère qu'il a vue en lui
sur le bois de la oroix. Mais qui ne peut voir que de telles cboses
.sont fQ.Iies du sur Dieu 7 et cependant ces sont dans
.....
r
RELIGION CHRETIENNE.
2.77
les Eglises Chrétiennes les Saintetés mêmes, qu'on doit baiser de la
houche, mais i11!!-faut les examiner par auoune vue du mental
ll
parce qu'elles sont et si de la mémoire elles
élevées dans l'entendement, l'homme deviendrait fou; ce-
pendant toujours est-il que cela n'enlève pas ridée de trois Dieux,
mais introduit une foi stupide, d'après laquelle l'homme pense sur
Dieu comme celui qui dort dans un songe, comme celui qui marche
.lans l'obscurité de la nuit, ou oomme un aveu!!:le de naissance qui
marcbe dans la du jour.
tS4. Que la Trinité des Dieux. se soit emparée des Mentais des
Chrétiens, par pudeur on dise le contraire, on le voit clai-l
rement d'après la subtHité que plusieurs emploient pour démontrer
sont un, et qu'un est trois, par divers arguments de Géo-'
métrie, de Stéréométrie, d'Arithmétique et de Physique, et aussi
par des plis d'étoffe et de papier; ainsi ils jouent avec la Trinité
Divine comme des devins entre eux. Leur divination sor ce sujet
peut être comparée à la vue de œ qui voient un senl
objet, soit homme, table, ou chandelle, comme tr!)is, ou trois objets
comme ,un seul, Elle peut aussi être comparée à la plaisantet;ie de
ceux. qui roulent entre leurs doigts de la cire molle, et lui donnent
plusieurs formes, tantôt la forme triangulaire pour montrer la Tri-
nité, tanl.ôt la forme sphérique pour montrer l'UniLé, en disant:
N'est-ce pas néanmoins une seule et même substance! CepeTldant la
Trinité Divine est oomme une Perle d'un très-grand prix i mais cetLe
Trinité divisée eu Personnes est oomme une perle qui, divisée en
1rois parties, perd absolument toute sa valeur.
, ....
tsr;, A ce qui précède seront joints ces MÉMORABLES. - PREIiIER
IIÉ)10RABLE : Dans le Monde Spirituel il y II. des Climats et des Zones,
comme dans le llonde Naturel; rien n'existe dans oelni-oi qui ne;
soit aussi dans celui ... lll. ; mais les choses diffèrent d'orisine ; dans le
Monde naturel les variétés des Climats sont selon les distanoes du.
Soleil à partir de l'Écluateur, dans le Monde spirituel elles son t se-
lon les distances des affections de la volonté et des pensées de l'en-
tendement à partir du véritable amour 8t:de la vraie foi; là, toutes
les choses sont des oorrespondances de cet amour et de cette foi.
Dans les Zones glaciales du Monde spirituel, il apparatt des choses.
1
LA. VRAII '
lèmblabJes il celles qui sODt dans les Zones i1aciales du Monde nI-
turel ; il Y apparait des Terres resserrées par 'la gelée, des eau ..
,laoées, el aussi des masses de neise sur .1Ies. C'est Il que vieDDent
el habitent ceDl qui, dans le Monde, ont assoupi leur entendement
faule de penser aUl cboses spirilnlles, et qui en même temps 0'"
né&lisé de faire des usages; ils sont appelés Esprits boréaul. Um
jour. j'eus un grand désit de voir quelilue l\ésioD dans la Zone
slaciale, oil étaient ces Esprits boréaux; et par je
conduit én esprit dans le septentrion, jusque dans uoe contrée Oh.
toute la telTe apparut oouverte de beige, eL toule l'eau gelée; c'é-
llit un jour de Sabbath; et je vis des hommes, c'est-à-dire, des
Esprits de stature semblable il celle des hommes du Monde; mais.A
cause du froid ils avaienlla Tête couvette d'une peau de lion, dont
Il lueule était appliquée il leur bouohe; leur oorps par devant.&
par derrière jusqu'aux .lombes était couverl de peaux de
et leurs Pieds élaient em"eloppés d"une peau d'ours; j'-en vis aussi
plusieurs dans des cbars, et quelques-uns dans des cbats SCulptés en
forme de draGon, dOilt les cornes étaient tendues en avant; ces
chars étaient tra\nés par de petits chevaux, ,dont les quelles avaient
été coupées; ils cburaient comme des bêtes furieuses, et le "ooduc"
teur, les suides en main, les pressait sans relAche et forçait leur
course: je vis en6n qu'ils amuaient par troupes ,'ers un Temple,.
que le n'avais pas d'abord vu, paree qu'il était couvert de neise;
mais les lardes du temple déplaçaiebt Il neige. l't par unet
fouille ils préparaient une entrée il oeul qui arrivaient pour le
oulte ; ceux-oi descendirent et enltèrent. Il me fut aussi
donné de voir le ,Temple en dedans; il était éclairé de lampes et de
flambeau18I1.;rande quantité; l'Autel était composé d'une pierre
taillée, derrière l'autel était suspendu un Tlibleau sur lequel il y
avait cette inscription: TRINit! DIVINB, PI:RB, FILS; ESPRIT SAINT, QuI
, ISSINTIBLLEMENT SONT tRI stUL DIBU, liAIS PIRSoJIINlLLElIEJilT TROIS.
Enfin le Prêtre qui se tenait debout nrs l'Autel, après avoir fléChi
trois fois les genoul devant le Tableau 6e ,l'Autel, monta dans la
chaire aveo un Livre. la main; eth commetll;a son sermon plr la
Divine Trinité, et il s'écria: Oh r quel ,rand Myslère, que Dieu daos
le ait eDBendrê Ilil FUs de IOllle ététrlité. et ait pat 1.81
ptOduill'Eliprit Saint, lesl),dels ie SODt CGnjairUs lous Trois par l'Es-
\
RELIGION oiniË'i'ŒNNE. 2;9
senc6', m'ais Se sont séparés paT les propriétés, qUt 'sont l'lmputa-
ion, la Rédemption et l'Opération! si nolis
cela par la 1"aison, II vue se trouble, et devant elle se forme une
obscurité, comme devant l'œil de celui qui rega1"cle filement le so-
len ilu ; c'est pOlfl'qUoi, mes Auditeurs, quallt A ce mystère, mettons
l'entendement sous l'obéissance de la foi. A'Près cela, il s'écria de
Douveau, 'en disant: Ob 1 quel grand .ystère èst 'notre Sainte Foi.
qUi consiste à croire que Dieu le Père impute la justice diJ Fils, et
envoIe l'Esprit Saint, lequel d'après 'cette justice i-mpuLêe opère les
bénéfices de la Justification, qui sont en somme la rémission des
péchés, la rénovation, la régénération et la salntion' Sur l'influl
DU l'action de ceUe foi l'homme n'en sait pas plus que la statue de
181, dans laquelle fut changée la fe(D'QIe de Loth, et sur sa' demeure
cu son état il n'en sait pas plus qu'un poisson dans la mer; cepen ..
dant, mœ amis, en elle est caché un trésor, tellement renfern'ré et
serré, que la moindre paroelle ne s'en découvre pas; c'est pourquoi,
quot à elle â.ussi, mettons l'entendement sous l'obéissan'ce de 11
foi. Après'quelques soupirs, il s'écria de nouveau, en disant: Ob l,
qU'31 grand Mystère est l'Élection 1 Devient Élû celui à qui Dieu im ..
pule cette foi, qu'il infuse par libre plaisir et pure srAce en qui il
veut, et qnand il veut; et l'homme est comme une souche quand,
elle est infusée, mais il devient comme un arbre, après qu'elle a été
: les fruits, qui SOllt les bonnes œuvres, sont suspendus, il
est "rai, il cet arbre qui dans le sens représentatif est notre foi, mais
néanmoins ils n'y sont point attachés, c'est pourquoi le pril de cet
• arbre ne vient pas' 'du fruit; mais comme cela parait hétérodoxe, et
est cependant une véri'té mystique, mettons, mes Frères, l'entende-
ment sous l'obéissance de celte foi. Et ensuite, quelques instants
après, se tenant comme s'il lirait encore quelque chose de sa m'-
moire, il continua en disant: De ce monceau de Mystères je tirerai
encore ce point important, c'est que dans les choses spi'rituelles
l"homme n'a pas un seul grain de Libre Arbitre ; eu effet dans leurs
Clnons Théologiques nos Primats et nos Prélats Réguliers disent
que l'homme, dans les choses qui appartiennent l la foi et au salut,
choses qui sont spécialement nommées spirituelles, ne peut rielt
vouloit, ni rien penser, ni rien comprendre, et qu'il ne peut même'
Di se disposer ni se préparer à les puiser; moÏ' donc de moi-mêmit
280 LA
vous dis, que l'homme par lui-même ne peut sur ces choses ni
penser d'après la raison, ni parler d'après la pensée, autrement
que comme un perroquet" une pie ou un corbeau, qu'ainsi l'homme
dans 18.'1 choses spirituelles est véritablemen't un Ane, el qu"il n"est
homme que dans les choses naturelles i mais, ô chers Consociés, sur
ce point" comme sur les autres, pour qu'il n'infeste pas votre rai-
son, meLtons l'emendement sous l'obéissance de la foi; car notre
Théologie est un abtme sans fond, dans lequel, si vous plon Rez la
, vue de l'entendement, vous serez submellés et périrez' en faisant
naufrage; toutefois écoutez, nous sommes néanmoins dans la lu-
mière même de l'Évangile, qui brille haut au-dessus de nos têtes;
mais, 0 douleur! nos c!Jevelures et les os de notre crAne l'arrêtent
et l'empêcbent de p.!nétrer dans la chambre de notre entendement.
Ayant aiDsi parlé, il descendil; et après qu'il eut prononcé des
prières voth'es près de l'Autel, et que le CulLe fut fini, je m"appro-
chai de quelques assistants qui parlaient entre eux; là aussi était le
Prêtre, auquel. ceUI qui se tenaient autour disaient: No'Us te ren-
dons d'immortelles actions de grâces pour un sermon si
et si rempli de sagesse; mais alors je leur dis: Avez-vous compris
quoique chose r Et ils répondirent: Nous avons tout saisi à. pleines
oreilles; mais pourquoi demandes-lU si nous a\'ons compris! L"en-
tendement n'est-il pas stupéfié dans de telles matières! Et le Prêlre
ajouta à cela: Parce que vous avez entendu et n'avez pas compris.
,'ous êtes heureuI, puisque de là \'OUS vient le salut. Ensuite je par-
lai a\'sc le Prêtre, et je lui demandai. s'il avait reçu la couronne de
laurier; il répondit: Je suis un Maitre lauréat: et :llors je dis: lIai-
tre, je t'ai entendu prêcher des si tu les sais sans savoir
al,lcune des choses qu'ils contiennent, tu ne sais rien; car ils sont
seulement comme des casseLles fermées par trois serrures, si tu ne
les ouvres et ne regardes dedans, ce qui doit être fait par l'emen-
d,emen t, tu ne sais pas s'ils renferment des choses précieuses, ou des
choses viles, 011 des choses nuisibles; il peut J avoir des œufs d'as-
pic et des toiles d'araisnées, seJon la description dans EsaTe,
IS. A ces mots le prêtre me reiarda d'un air menaçant; et les Assis-
tanls se retirèrent, et montèrent dans leurs chars, enivrés de para-
dOles, infatués de et enveloppés d'obscurité dans toutes
les cboses de la foi et dans les moyens du salut.
-
pa
RELIGION CHR1i:TIENNE.
281
186. SECOND MtMORABLI. Un jour, j'agitais dans ma pensée ,en
(Juelle Région du Menlal résident chez l'homme les' choses Théolo-
Siques; eL, comme elles sont spiriluelles et célestes, je croyais d'a-
bord que c'était dans la région suprême; car le Mental humain est
dislinillé en Irois Régions, eomme une maison ?I. Irois étages, et pa.
reillement comme les habitations des Anges en trois Cieux: et alors
se présenta un Ange, eL il dit: Chez ceux qui aiment le Trai parce
(Jue c'est le vrai, les cholle.. Théologiques s'élè"ent jusque dans la,
Région suprême, parce que lA est leur Ciel, et qu'elles sont dans
la lumière dans laquelle.son tIcs Anges; les choses Moralc.o;, théori-
quement examinées eL perçues, se placent sous elles dans la seconde
Région, parce qu'elles communiquent avec les spirituelles; et les
choses Politiques sous celles-ci dans la première; mais les choses
Scientifiques, qui sont en très-grand nombre, et peuvent se classer
en genres eL en espèces, r..onstituentla porte fArs ces choses ,supé-
rieures. Ceux chez qui.,les ohoses spirituelles, morales, politiques et
-scientifiques, ont été ainsi subordonnées, pensent ce qu'ils
et fonL ce qu'ils font, d'après la justice et le jugement; et cela,
parce que la Lumière du vrai, qui est aussi la Lumière du Ciel,
éclaire de la suprême les choses qui sont dans les Régions
suivantes, comme la Lumière du Soleil, en traversant les étllers eL
progressivement l'air, éclaire la vue des hommes, des bêtes et des
poissons. Mais il en est tout auLrement des 'cboses Théologiques
chez ceux qui aiment le vrai, non pas parce que c'est le vrai, mais
seulement Jlour la gloire de leur réputation; chez ceux-ci les choses
Théologiques résident dans la dernière Région où sont les choses
Scientifiques, avec lesquelles I1hez quelques-uns elles se mêlent, et
cbez d'autres elles ne peuvent se mêler; sous elles dans la même
Région sont les cho:llls Politiques, et sous celles-ci les choses Mo-
rales, puisque cbez eUI les deux Régions supérieures n'ont pas été
-ouvertes du cOté droit; c'est pourquoi il n'y a en eux aucune rai-
son intérieure dujugc.ment, ni aucune affection de justice,
mais il y seulement une adresse ingénieuse, par laquelle ils peuvent
parler de tout comme d'après l'intelligence, et conOrmer Lout ce qui
se présente comme d'après la raison; mais les objets de la raison,.
qu'ils aiment principalement sont des faux, parce que les faux sonL
cohérents avec les illusions des senll. De là vien l que, dans le Monde.
LA. VRAli
n j • tant d'hommes qui ne voient pal pius les vrais de la Doclrine
a'après 1. Parole que des aveuBIes-nés, et qui, lorsqu'iIlles entep-
dfiiJt prononcer. se pressent les narilles, de peor que leur odeur D8
les fatigue et n'excite la nausée; mais pour les fauI" ils ouvrent
tous leurs sens, et ils les comme les baleines hument leS
aux.
t 87. !Balsli., Mt1l0RABLB, Un jour que je méditais sur le Dra-
Ban. la Bêle et le FaUI Prophète, dont il est parlé dans l'Apocalypse.
un Esprit ADGélique m'apparut, et me fit celle question: Sur quoi
mMites-tu! et je dis: Sur le Faux Prophète i alors il me dit: Je te
conduirai dans le lieu où demeurent ceUI qui sont entendus par t8
Faul-Prophète i et il ajoula que ce sont les mêmes qui sont enten-
dus, Chap. XIII de l'Apocalypse, par la Bête montant de la Terre,
qui avait deui cornes semblables" celles de l'AGneau, et qui par-
lait comme le Dragon. Je le suivis, et voici, je vis une Lroupe ail
milieu de laquelle étaient des Chefs qui avaient ensei-
pé que rien autre chose ne sauve l'homme que la Foi dans le mé-
rite du Christ; que les Œuvres sont bonnes, mais non pour Id
.salut; et que néanmoins elles doivent être enseignées d'après 1.
Parole, afin que les Laïques, surtout les simples, soient tenus plus.
dans les liens de l'obéissance envers les Magi,strats, et
comme poussé!! par la Religion, ainsi' intérieurement, .. exercer la
Charité morale. Et alors l'un d'eux me voyant, me dit: Veul-tll
voir notre Temple, dans lequel est l'lmaFie de notre
Foi! Je m'approchai et je vis, et voici, il était map;nifique_ et lU mi-
lieu il y avait l'image d'une Femme, vêlue d'une robe
tenant dans la main droite une Monnaie d'or, et dans- la Fiauche une
Chaine de perles: mais et l'Image et le Temple étaient le ploduit
d'une phantaisie; car les EsPrits iDfernauI peuvent par des phan tai-
sies représenter des choses magnifiques, en fermant les intérieurs
du mental, ilt en ouvrant seulement les eltérieurs. liais comme je
que ces objets étaient des prestises, j'adressai une prière
au Seigneur, et allssiUlt lei intérieurs de mon mental furent ouverts ;.
et alors, au lieu d'un Temple ma«nlfiquè, je vis D'ne Maison cr&-
vissée depuis le loit jusqu'en biS, dortt 1118 parties D'avaient aucun8i
CI .hérencè eulre elleS; et, au lieu de la Femme, jé vis dans cietre
Maison tin Simalacre suspendu, donL la Têle était semblable t cellè:
-
RELIGION CHBÉTIENNE.
283
a'un le Corps A celui d'un Léopard, eldont les Pieds étll.ietll
comme ceUI d'un Ours, et la Gueble comme celle d'un Lion j alnsh
parfaitement semblable à la deseription de la Bêle qui monli de II
mer. Apoc.Cbap. XIII, 1; el, iD lieu d'un Terrain solide, il
marais rempli de srenouilles ; èt il me rut dit que SQusle marais il "1
avait une rrandi Pierre taillée, lOuslaquelle la Parole était profondé-
meut cachée. Après avoir vu cela, je dis au Prestigiateur: Est-ce
Il votre Temple! et il dit : Oui; milis aussitôt sa vue intérieure fui
aussi ouverte, et il viL les mêmes choses que moi; à celle vue il
cria à haute VOil: QU'8SL-ce que cela! et d'où cela vienl-i1! Et je
dis: C'est l'effet de la lumière du Ciel, qui découvre la qualité de
chaque forme, et ainsi la qualité de votre Foi séparée de la Charité
spirituelle. EL à l'Instant même le Vent oriental souma et emporti
Je Temple avec l'Image, et en Gutrs il dessécha ·le Marais, et mit
ainsi à DU la Pierre sous laquelle était la Parole: el après cela, il se
.6t sentir du Ciel une Chaleur telle que celle du printemps, et voici,
OD vit alorll dans ce même lieu un T!lbernacle, simple quant à la
forme externe; et les Anges qui étaient auprès de moi, dirent:
Voici le Tabernacle d'Abraham, tel qu'il était, quand les trois Anles
vinrent à lui, eL Ini annOncèrebt la nsiasance prochaine d'Isaao ; il
apparaU simple devant les yeul, mais néanmoins il devient de plus
en plus masniftque selon l'intlux de la lumière du Ciel. Et il leur
fut donné d'ouvrir le Ciel, oil étaient les Anges spiriluels qui sollt
dans la salasse; et alors par la Lumière qui en influait ce Taberna-
ole apparaissait comme un Temple, semblablé à celui de Jérusalem;
comme je l'examinais dans l'intérieur, je vis la Pierre du fond, SOU8
laquelle avait été déposée la Pirole
l
parsemée de Pierres précieuses,
d'où une sorte d'éclair jaillissait sur les murailles, sur lesquelllfs
il y l'aiL des formes de Chérubiils, et les diversifiait avec beauté
par des couleurs. Pendant que j'admirais ses oboses, les Anièlt di-
reut : Tu ed verras encore de plus admirables 1 et il leur fut donné
d'ou.rir le Troisième Ciel. où. élaien' les Anps célésles qui sont
daDs l'alDOur ; et alors par la Lurniltre enOllmlbé. qui eb inOuait, touft
ce T6mple s'évanouit, et l SI plaoe fUi ,ule Seigneur Seul, debout
sur la Pierre du fond, qui était la Paroi .. , el lei qu'il ipparut l Jean.
Chap. 1 de l'Apocalypse. Mais cedlme alors les inlériéurs du metnal
dea Abges (urent remplia d'une slinteté qililes por&ail à tombei' !KIl"

28'
LA. VRAlE
leurs faces, le Seitpleur ferma aussitôt ]a voie de ]a lumière qui
venait du Troisième Ciel, et ouvrit celle de la lumière venant du
Second Ciel. ce qui fit que l'aspect précédent du Temple revint, et
aussi celui du Tabernaole. mais celui-ci au milieu du Temple. Par
-ces changements fut illustré ce qui est entendu dans le Chapitre
XXI de l'Apoealypse par ces paroles: • Voici le Ta6ernacle de
Dieu avec les hommes. et il IIa6itera avec eu:&,. Vers. 3; et par
celles·oi: u I . ~ ne vis point de Temple dm" la Nouvelle Jérula-
lem, pm'ce que le Seigneur Dieu Tout-Puissant et r Agne,.", en
sont le Temple. D Vers. !2.
tss. QUATRltlB HËlIOBABLI. Comme il m'a été donné par le Sei-
gneur de \"oir les choses merveilleuses. qui sont dans les Cieul et
sous les Cieux. il faut. d'après ce qui m'a été commandé, que je rap-
porle ce que j'ai vu. Je via un Palais maBnifique, eL dans son inté-
rieur un Temple; il Y avail au milieu du Temple une Table d'or
sur laquelle était la Parole; deux a n ~ e s se tenaient debout
près de la Parole: autour de la Table il y avait trois rangs de
Siéges; les siéges du p.remier rang étaient couverts d'une étoffe de
soie couleur de pourpre, ceux du second rang d'une étoffe de soie
couleur d'azur, et ceux du troisième rang d'une étoffe blanche. Sous
le toit, à une srande élévation au-dessus de la Table, apparut tlD
rideau étendu tout resplendissant de pierres précieuses. dont l'éclat
brillait comme l'Iris, quand après la pluie le ciel reprend sa séré-
nité. Au même instant on vit les Siéges occupés par autant de mem-
bres du Clergé. tous re"étus de leurs habits sacerdotaux. A l'un des
côtés était la salle du Trésor, sous la garde d'un AnBe qui se tenait
debout; et là étaient rangés dans le plus bel qrdre des Vêlements
magnifiques. C'était liN CONCILE CONVOQUË PAR LI SEIGNEUR i et j'en-
tendis une voix du Ciel, qui dit: DËLIBÉREZ; (Dais ilE dirent: Sur
quoi? il fut répondu: Sur le SEIGNEUR SAUVEIIR, etsur l'ESPRIT SAlin'.
liais lorsqu'ils réfléchirent sur ces sujets, ils n'étaient pas dans l'il-
lustration, ils firent donc une supplication; et alors il émana du
Ciel une Lumière qui éclaira d'abord leur Oeciput, puis leurs Tem-
pes, et enfin leurs Faces; et alors ils eommencèrent; et d'abord sur
le SEIGItOECB S.lUVEUR, ainsi qu'il leur avait été ordDnné ; et hl Pre-
mière Proposition mise en discussion fut celle-ci: QUI EST CI;LQI QUI
A PRI8. L'HullAIN DA.NS LA VIERGE MARIB ? Et un Ange qui Sil tenait.
-
...........
RELIGION CmTIENNE.
285
dobout auprès de la Table, s ~ r laquelle était la Parole, lut devant
eux ces paroles dans Luc: a L'A,zge dit à Marie: Voici, tft con-
CIIV,.as dans l'Utérus, et tl' enfanteras un Fils, el tu appelleras
,on Nom Usus: Celui· ci sera Grand, et FILS DU TRES-IUUT it
sera appelé, Eell/àl'ie dit à l'Ange: Comment sera cela, puis-
que un homme je ne connais point? Et "éponda"t rAnge lua
dit: UN ESPRIT SAINT VIEN'DIU. SUR TOI, ET UNE VERTU DU TRÈS-H,\UT
T'OXBBAGERA.; c'est pou1'tJuoi ce qui naltra de loi S.uNT sera ap-
pelé Fu.! DE DIEU .• - l, 31, 32, 34, 3S: - Hlut aussi celles-c
dans Matthieu: II: Un ange die à Joseph en songe: Joseph, fils
de David, ne crains point de recevoir Mat'Ïe ta fiancée, cn·CE
QUI EN ELLE EST Nt!: EST D'ESPRIT SAINT. Et JOSEPH NB LA CONNUT
POINT, jusqu'à ce qu'elle etkt enfanté sa'; Fils le P"emier né; et
il appela son nom JÈsus. Il -- l, iO, !3 ; - il lut encore plusieurs
passages, tirés des Évangélistes, par exemple, Ilallh. lU, t 7. XVII,
6. Jean, l, i 8, III, 6, XX, 3t, et plusieurs aulres ailleurs, où le
SoiGJleur quant à son Humain est appelé FILS DE DIEU; et Où Lui-
Même d'après son Humain appelle Jéhovah SON PÈRE; il lut aussi
plusieurs passages tirés des Prophètes, où il est prédit que Jéhovah
Lui-Même viendra dans le Monde. entre autres les deux suÏ\'ants
daos Esaie: • Il sera dit en ce ;0"1': Voici, NOl'RE Dum CELUI-CI,
qz,e nous avons attendu pour qu'ü nous délivre: CELUI-CI (esL)
JËROVAH que nous avons attendu; bondissons et réjouissons-nous
dons sa''' Salut. " - XXV, 9. - cc Un,e voU: de qui crie dans
le désert: P"épal'ez lechemin de JÉHOVAII, aplanissez dans la so-
litude lin sentier A NOTBK DIEU i alors sera révélée la gloire de
J:Il:BOVAH, et ils (la) verront, toute chair ensemlJle : VOICI, LE SBI-
GNEUR JËUOVIR BN FORT VIENT i comme Pasteur il pfllt1'a son
troupeau. D - Esaie, XL, 3, Il, iO, H. - Et l'Anse dit: Comme
Jéhovah Lui-Même est venu dans le Monde, a pris l'HLlmain (et a
par là racheté et sauvé les hommes), c'est pour cela que dans les
ProphèLes il est Lui-Même appelé SAUVEUR et RÈOEMPTJ!UR; et alors
il lut devant eUl les pasSilges suivants: • Seulement en toi (est)
DIEU et IL N'Y A POINT D'AUTRB DIEU; certes Toi (tu es) un DIEU
caché, LE DIEU n'ISRAEL SAUVEUR. » - Esaie. XLV, U, t.5.-
• Ne suis-je pas JtBOUB, ET y A.-T-lL D'AUTRE DIEU QUE MOI r y
Ort-il d'aut7'e Diez, juste et SAUVEUR QUE 1101 ? • - Es, XLV, ii t
! •. .- a MOI Oe ET IL N'BST POINT Q'.lUTllE S.lUVIUB
QVE MOI.- - E!I. H ...... Il If! suis Jéhovah ton Dieu, ee
Dieu outre Moi lu ne recQnna'btas point, et IL N'Y .l PI.8 P'AV-
TU 8,AUVBUR QUE MOI •• ...,... !Jos. XIII. 01. - Il.Afin que ·sache
toute chair l}fJ.ë MOI (je sois) JtHOV.lH TON S.lUVBUR ElTON RiDBII.P-
THUll. »- Es. 16. LX. 16. - • Quant li NOTRIS RiuBII.\'-
TJj:UR. JÉHOVAH StUO"flJ BON NOK •• - Es. XLVm, of. -
• LEVI. FORT, JmoV.lH SÉB.lOTH (est) SON No •.• -
Jérém. L. 3.&. - 0 nHOVAH 1 liON ROCHBR KT KON Rt:DDPTBUB.»
- Ps. XIX. US. -.- • Ainsi a dit JÉIJOV.lH TON RiDEKPTBUR, le
Saint d'Israel: le (suis) JiHOV.lH TON DIEU. » - Es. XLVIII,
t7. xLln. U. XLIX. 7. LIV, 8. - • J'is;HOV.lIJ, TOl, NarRa PiRB;
NoTIlB RtDEMPTEUR, dis le siècle (c'est) ton Nom . • - Es. LXW,
t6. - Il Ainsi a dit JiB:o,'AH, TON RiDF,IIl'TBUR: MOI, JtROV.lS,
je lais toutes et Seul par Moi-M6me. - Es. XLIV, loi •
..... Il Ainsi a dit Jéhovah, le roi d' Israll, et SON RtDltllPTEUB
JAROV.lR StUOTH: Moi (Je suis) le Premu,r et le Dernier. et
ccepté Mai point de Dieu. 1) ....:.... Esaie, XLIV, 6. - • JIl:ROV.lH.
SÉBAOTH (est) so,a Nom, et TON RiDuPTIUll, le Saint. d'Israel,
Dmu liB TOUTB LA. TBRRB 8BlU..lPPELi •• - Es. LlV,lI, - • Voici,
les jours gui viennent, où je li David un germe juste,
gui règnel'a Roi, et voici son Nom: J'tROVAH NOTRE JUSTICB ••
- Jérém. XXIlI, 6, 6. xxxm, US. t 6. - • En ce jour-là 11-
/,ovah sera pour Roi sur toute la terre; EN CE POUR-LA JÉaOVAJ[
SEnA. UN, ET SON NOK UN. Il Zach. XIV, 9. - Ceux qui étaient assis
sur les siéies, ayant été confirmés par tOus ces passages, dirent una-
nimelD.ent, que Jéhovah Lui-Même a pris l'Humain pour racheter et
sauver les hommes. Mais alors d'un s-roupe de Catholiques-Romains,
qui s'étaient tenns cachés derrière l'Autel, il se fit entendre une
voil qui dit: Comment Jéhovah le Père peut-il être fait Homme r
N'est-il pas le Créateur de l'univers? - Et l'un de ceux qui étaient
assis sur les siégea du second rang, se tourna et dit: Qui donc alors
a été fait Homme? - Celui qui était l'Autel, se plaçant
alors près de l'Autel, répondit: LB FILS DE TOUTB *tERNITi • ..-- Mais
il reçut pour répOQse: Le Fils de lOute éternité n'est-Il pas aussi.
118100 votre ConfessioD, le Créateur de l'Univers? Et qu' est-ce qU'UB
Fils ou un Dieu né de toote éternité! E1 comment l'Essence Di:
-
CHl\ÉTIENNE.
"iDI .. ui Dne ,'Indivisible peul-elle être séparée t Comm,nt p.!le
ses parties peut-elle et nOIJ le Tou, en même tçrppl !
:-- W. SEj::ONDB PROPOSITIOIf MI5B U DISCUSSION CONCERNAN"r L' &11-
rOT CELLE-CI : le Seigneur ne sont-ils pas 11ft
r Ame sonl un t - Ds dirent que
.,st la conséquenJle do ce que l'AJIl8 ,fent du Père. Alors un de o.eUJ.
étaient assis sur les siéies du lroisiènle" rani, lut ce passags de
la Foi Symbolique, qui est appelé Athanasienne: CI Quoigue raDIN
Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu. sOÏl Dieu et # ,st
.eependant non pas "deuz, mais un seul Christ; il aIJ-
.solument Un, il est UNE SEULI PERSONNE; ,msQulÇ, DE dHE QyB
L' 4.111 ET LI CORPS FONT UN SEUL HOIIHB, DI 1f.IIE DlBU ET
BST Uff SEUL CHRIST. Il Celui qui lisait ajouta que ce pù
sont ces paroles, a éLé reçu dans 10uL le Monde Chrétien, même
les CatholiqueJ-Romains. Alors ils dirent: (lu'est-il besoin plus
d'examen? Dieu le Père et le Seigneur sont un, comme l'Ame çt Je
Corps IOnt un j eL ils ajoulèrent: PuilllJue cela est ainsi, DOUS
Toyons que l'Humain du Seigneur est Divin, car c'est l'HumaiD de
Jéhovah; qu'il faut s'adresser au Seigneur quant au Divin Humain;
.et que c'est ainsi, et non autrement, qu'on peut s'adresser au DjvjD
"qui est appelé le Père. L'Ange confirma leur Conclusion par plu-
sieurs de la Parole, au nombre desquels étaient ceul-ci;
dans Esaie: • Un enlant nous est né, un Fils nous a étd donné;
on appellm'a son Nom, Admira6le, conseiller, DIBU, Hbo"
PiRE D'ÉTnRNlTX, Prince depaiz.» -IX, IS. -Dans le lIêmu
«.Abraham ne nous connalt pas, et Isra61 m nous reconnaît
pas"; JiEHOVAlI, TOI, Nonl PiRE; NOTRE RiEDEKPTEUR, Db
LE BI1CLB (c'est) TON NOK. D - LXIII. t6. - Et dans JeaD:
Ct JÉSus DIT: celui gui croit en Moi, croit en Celui gui M'a
snvOllé; et qui lIB VOIT, VOIT CBLUI QUI )['.1. ENVOYt. » ..-
XII, U, 45. - • Philippe dit il Jésus: Montre-nous le Père.
Jésus lui dit: CBLUI QUI M'A. VU, A. vu LB PiRB, comment dont:
dis-tu: Montre-nous le ? Ne crois-tu pas gue 1101 Ge suis)
DANS LB P:tRE, ET QUB LI Ptu (est) EN MOI: crollel&-moi, fJUe (je
suis) dans le Plu, et que le (est EdIOI. » .,...... Jean, XIV, 8 è.
U. - CI Jésus dit: MOI ET LB Piu NOUS SOMMES UN. • ,....
,Jeau, X,30. - Puis: 1 TOUT"CH gus LB PbB A BST A MOI,
288
LA. VRAIE
ET TOUT CE QUI EST A MOI EST AU PiRE.» - Jean,
U. XVII, "t O. - Enfin: ft Jésus dit: JI SUIS LE CHElUN, LA. Vi-
BITE ET LA VlE, PERSONNB NE VIENT AU P,fi:RB QUE P.\R MOI. »
- Jean, XlV, 6. - Celui qui lisait ajouta, que des choses-
semblables l celles que le Seigneur a dites ici de Lui et deson Père,
peuvent aussi par l'bomme être dites de lui-même et de son Ame.
- Après avoir entendû ces tous dirent d'une bouche et
d'un cœur unanimes, que l'Humain du Seigneur est Divin. et que
c'est à cet Humain qu'il faut sladresser pour s'adresser au Père,
puisque Jéhovah Dieu s'est envoyé par cet Humain daos le Monde, et
s'est rendu visible aux yeux des hommes eL par conséquent accessi-
ble: il s'élait pareillement reodu visible et ainsi accessible sous
Forme Humaine aux Anciens, mais alors par le ministère d'un Ange;
or comme cette Forme était représentative du Seigneur qui devait
venir, c'est pour cela que toutes les choses de l'1:gHse chez les An-
ciens onl été représentati\'es.
Après cela on passa Il la Délibération sur L'ESPRIT ; eL d'a-
bord fut exposée l'idée de sur DIEO I.E PÈRE, LE Fl,LS ET
L'ESPRIT SAINT, laquelle supposait que Dieu le Père était assis dans
un lieu élevé. ayant le Fils à sa droite, et qu'ils: em'oyai.enL d'eux-
mêmes l'Esprit Saint pour illustrer, justifier et sanc-
tifier les hommes. Mais alors une voix du Ciel se fit entendre, di-
sant: Nous ne pouvons supporter cette de la pensée; qui ne
sait que Jéllo\'ab Dieu est Tout-Présent? Or celui qui le eL le
. reconnaît, reconnaltra aussi que c'est Jéhovah Dieu qui illustre. en-
seigne, justifie et sanctifie. et que ce n'est pas un Dieu intermédiaire
distinct de Lui, comme une Personne est distincte d'une autle
Personne, ni. à plus forte raison, un Dieu distinct de deux autres ;
qu'on écarte donc la première idée, qui est vaine. et qu'on reçoive
celle-ci qui est juste. et VOliS verrez cela clairement. liais il l'instant •
. du Groupe de Catholiques-Romains qni se tenaien t auprès (!e l'Au tel
du Temple. il se fit entendre une voix, qui dit: Qu'est-ce alors que
L'EpRIT SAINT, qui dans la Parole est nommé dans los É\'angélistes ..
et dans Paul, et par Lequel tant de Savants Ecclésiastiques. sur-
tout dans notre Clergé, se disent conduits? Qui, auJourd'hui, dans
le Monde Chrétien, ,nie l'Esprit Saint et ses opérations? - A ces
mOls, un de ceux qui étaient assis sur les siéges du second rans SO'
r
RELIGION CHRÉTIENNE.
289
Iourna, et dit: VODS dites que l'Esprit Saint est une Personne par
soi, et un Dieu par soi; mais qo'esl-ce qu'une personne sorlant et
procédanl d'une personne, si non une Opération qui sorl et pro-
cède f Une personne ne peut sortir ni procéder d'une personne d'a-
prbs une autre personne, mais une opération peUl sortir el procéder
d'une penon ne. Ou, qU'6SI-ce qu'un Dieu sorlanl et procédant d'un
Dieu, sinon le Divin qui sort et procède f un Dieu ne peut
sortir ni procéder d'un Dieu d'après uÏl autre Dieu, mais le Divin
peut sorlir et d'un Seul Dieu. Après avoir enlendu ces
1 paroles, ceux qui étaient assis sur les siéges conclurent unanime-
ment, que l'Esprit Saint n'esl pas une Persanne:par soi, ni par con-
séquent Dieu par mais qu'il est le Saint Divin sortant el procé-
dant du Dieu Unique TouL-Présent, qui est le Seigneur. A celle con-
clusion, les Anges qui étaient debout près de la Table d'or, sur la-
.qU,elle élait la Parole, dirent: BIEN 1 On De lit nulle pari dans l'An-
cienne Alliance, qUit les Prophètes aient prononcé la Parole d'après
Saint, mais c'était d'après Jéhovah; el quand, dans la Nou-
velle Alliance, il est parlé de l'Esprit Saint,:là est entendu le Dirin
procédant, qui est le Divin illustrant, enseignant, vivifiant, réfor-
mant el résénérant.
Ensuite on agita une aulre question sur l'ESPRIT SAINT, silvoir:
De qui procède le Di,;in qz'i esl appelé Espril Saiul? Esl-ce du
. Père, ou esl-ce du Seign.eur? El tandis qu'ils agitaient celle ques·
une Lumière vellant du Ciel brilla, el d'après e\le ils virent
que le Saint Divin, qui est entendu par l'Esprit Saint, procède DOD
pas du Père par le Seigneur, mais du Seigneur d'après]e Père, de
]a même manière que chez l'homme son Actif procède non pas de
'l'Ame par le corps, mais du corps d'aprbs l'Ame. qui se te-
nait debout de la Table confirma cela par ces passages: • Ce-
lui que le Père a envoyé pm'le les paroles de pa1'ce que
Dieu ne llli a pas donné l'Espril pal' mesure j le Père aime le
Fils, el il Lui a donné loutes choses en sa main . • - Jean, III,
34, 33. - a Il sortira un rameau du tronc de Jishaji j sur Lz,i
reposera l'Espril de Jéhovah, Esprit de Sagesse e' d'Intelli-
gence, Esprit de conseil el de force. » - Esaie XI, t, 2. -
oC L'espril de Jéhovah Lui a élé donnd et il était en Lui. » -
Esale, xr.U, i. 'LIX, 20. LXI, i. Luc, IV, i8. - cc Ql.cand
1. t9
290 LA. V1WE
sera venu f Esprit Saint QUB MOI lE VOUS BNVEB.l\.lI DU pau, » -
Jean, XV, !6. - • Il Me glorifiera, parC8 QUE DU IL RBCB-
vu. et il vous fannoncera; TOUTES LES.CHOSBS QUE LB Pau A.
SONT A MOI; C'SST POURQUOI "AI DIT QUE DU MIEN IL BECEVlU. ft
VOUS L'ANNONCEIlA.. • - Jean, XVIi U, US, - Il Si je m'tm "ail,
i. vous ENVEB.B.AI LB PARACLET •• Jean XVI, 7. - Que le Para-
clet soit L'EpRIT SAINT, OD le \'oit, Jean, XIV, !6. - • IL N'Y
AVAIT PAS BNCOIlK UN EsPRIT SAUCT, PARCE QUB Jisus N'KTAIT PAS
ENCOllE GLOlUPlÉ •• - Jean, VU, 39. - Hais. après Glorifica-
tion, • JÉSUS SOUFFLA sur les disciples, ET IL LEUR DIT: RECEVEZ
UN ESPRIT SAUlT •• - Jean, XX, U i - Et dans l'Apocalypse:
• Qui ne glorifiera ton Nom. Seigneur, ear lu es SEUL SAINT. •
- XV, 4. - Comme la Divine Opération du Sei,neur, d'après sa
Divine Toute Présenoe, est entendu par l'Esprit Saint, c'est pour
cela que, quand le Seigneur parla à ses disciples de l'Esprit Saint
qu'il ellve!"rait du Père, il dit aussi: • Je ne ,,·ous laisserai point
orphelins; JB 1I'EN VAlS ET SE VIENS .. VOUS; et en ce jour-Ià,
vous connaltrez 'lue lE SUIS DANS HON PiRE El' VODS EN MOI, ET
MOI BN vous. Il - Jean, XlV, tS, !O, !Si - eL peu de temps
avant qu'il quinât le Monde, il leur dit : • Voici, Moi, avec vous·
je suis tous les jours jusqu'à la consommalio" du siècle . • -
Ilatth'. X.XVIII, 20. - Ces passages ayant eté lus devlnL eUI, l'Anie
diL: Par ces passaGes et par plusieurs autres, tirés de la Parole, il·
est é\'ident que le Divin, qui est appelé Esprit Saint, procède du
Seisneur d'après le Père. A ces mots, ceux. qui étaient assis sur les
dirent: CELA EST en DIVINE V:taITIl:.
Enfin on décréta ce qui suit: D'après les délibérations faites dans
ce Concile, nous avons vu clairement. eL par conséquent nous recon-
naissons pour unë Sainte Vérité, que dans le Dieu Sau-
veuI' y a la Divine Trinité, laquelle est le Dh'in à quo
(de qui Lout qui est appelé Père, le Divin-Humain qui est
appelé Fils, et le Divin procédant qui est appelé Esprit Saint; dé-
clarant tous avec aoolamatioD, QUE D.6.NS i.e: CHRIST Toun LA PI..iNI-
TUDE DB LA DIVlNITi BABITE CORPOB.BLLKIlENT, - Coloss. Il, 9.-
1 Ainsi il y a un seul Dieu dans l'ÉGlise.
Après que celle conclusion eut été proclamé dans ce Magnifique
Concile, ils se levèrent; et qui gardait le Tl'ésor ,int.et ap-
l
RELIGION CHBÉTIENNE.
291
porta. cbacun de ceUI qui avaient été assis sur les siéges, des Vê-
tements splendides dont le tissu était parsemé de fils d' or, et il dit:
Recevez les V:lUlIENTS NUPTIAUX. Et ils Curent. conduits avec gloire
41ans le Nouveau Ciel Chrétien, avec lequel sera conjointe l'Église
"·Seigneur s u r ! ~ l e s Terres, qui est la Nouvelle Jérusalem •
• >
292
LA. VRA.IE
, CHAPITRE QUATRIEME
DE L'tCRlTURE SAINTE OU DE LA PAROLE DU SEIGNEUR
1
L'ÉCBlTURE SAINTI!: OU LA PAROLE EST LE DIVIN VaAl IItME'
189. On dit généralement que la Parole est de Dieu, qu'elle a élé
Divinement inspirée, el que par suite elle est Sainte; mais on a tou-
jours jusqu'à présen,t où réside en elle le Divin; car la Pa-
role, dans la lettre, apparalt comme un Écrit vulgaire, d'un style
élrange. n'étant ni sublime ni lJrillant, comme le sont en. apparence-
les Ecrits du siècle, De là vient que l'bomllle, qui adore la Nalure
au lieu de Dieu ou de préférence à Dieu. et qui par suite pense d'a-
près lui-même et d'après son propre, et non d'après le Ciel procé-
dant du Seigrieur, peut facilement tomber dans l'erreur au sujet de
la Parole, avoir du mépris pour elle, et dire en lui-mêlDe quand il
la lit: Qu'esl-ce que ceci 7 Qu'est-ce que cela! Est-ce que ceci est
Divin T Est-ce que Dieu, dont la Sagesse est infinie, peut parler
ainsi! Où est la Sainteté de ce Livre et d'où ,'ient-elle, r.inon d'une
Religiosilé, et de la persualion (lui en résulte.
• 190. lIais celui qui pense ainsi ne considère pas que Jéhovah Je
Seigneur, qui est le Dieu du Ciel et de la Terre, a prononcé la Pa-
role par Moise et par les Prophètes, et que par suite elle ne peut
être que le Divin Vrai, car ce que léhovah le Seigneur prononce
Lui-Même est ce vrai; il ne considère pas Don plus que le Seigneur
Sauveur, qui est le même que Jéhovah, a prononcé Iii. dans
les Évansélisles, la plus Brande partie de sa propre bouche" et le
reste d'après l'Esprit de sa boucbe, qui est l'Esprit Saint, par ses
douze Apôtres: de là vient ql'il dit Lui-Même que dans ses Paroles
il y a Esprit et Vie, qu'il est Lui-Même la Lumière qui illustre, et
RELIGION CmTIENNE. .
293
qu'il est la Vérité; ce qui est 6vident par ces passases qui suivent:
• J/sus dit: Les paroles que Moi je vous prQlIonce sonl Esprit
el .lont Vie • • - Jean .. VI, 63. - cr Jésus dit Ci la femme qui
était près de la fontaine de 1 ac06: Si tu connaissais'le don
.de Dieu. et qui est celui qui te dit : Donne-moi t.l boire, tu lui
(en) aurais dëma7&dé. et il t'aurait donné ulie eau vive. Celui
qui 60ira de r Eau que Moi je lui donnerai n'aura point soil
11
durant r éternité; mais l'eau que je donnerai. deviendra en lui
·une fontaine d'Eau jaillissante pour la vie éternelle. " - Jean,
IV, 6, tO, U. - La Fontaine de Jacob signifie 13 Parole, comme
.aussi au Deutéronome. xxxm, t8; c'est même pour cela que le
Seipeur, parce qu'il est la Parole, S'USilil el parla aYec la femme;
-e& l'Eau vive signifie le Vrai de la, Parole. • Jésus dit: Si queh
qu'un a soif, qu'il f1ienne t.l Moi et qu'al60ive. Quiconque croit.
.en Moi, comme dit rÉcriture, des fleuves de son vel&tre couleront.
-d'Eau vive." - Jean, va, 37, 38, - cr Pierre dit t.l JJsus: tu
.(18 les paroles de la Vie éternelle . • - Jean, VI, 68. - • lésus.
·dit: Le Ciel et la Terre passeront, mes paroles ne passeront
point. '. - Marc, Xlll. 3t. - ln paroles du Seigneur soient,
. la Vérité et la Vie. c'est parce qu'il est Lui-Même la Vérité et la.
Vie, comme il l'enseigne dalls Jean: • Moi, je suis le Chemin .. la
Vérité et la Vie.» - XIV, 6. - El dans le Même: • Au
mencement était la Parole, et la Parole étail chez Dieu, et Dieu.
était la Parole; 67& Elle 'tait la Vie, et la Vie 'tailla Lumière
,dei hommes . • - Jean, l, t, !, <1. - Par la Parole est entendll
4e Seisneur quant au Divin Vrai, dans lequel Seul est la Vie et est la.
Lumière. C'est de Il que la Parole,.qui vient du Seigneur, el qui esL
le Seigneur, est appelée cr FONTAlNB D'BAUX VIVES, • - Jérém. Il,
XVII, t3. XXXI, 9; - • FONTAI.B DU SALUT, » - Esaie, XII, t,
3 ; - • FO:frAINB, • - Zach. xm, t ; - • et FLBUVE D'BAU YlYB, ».
- Apoc. XXU, t ; - et qu'il est dil «que l'Agneau, qui (est) au
,milieu du Trone, les pa'tra et les conduira aux Sources vives
des eaux. Il - Apoc. VII, 17. - Et en outre dans d'autres pas-
oh la Parole est aussi apI)elée SANCTUAIRB et TABERNACLE, ok
.Je Seigneur habite avec l'homme.
t9t. Mais l'homme naturel ne peut pas néanmoins d'après ces
passages être persuadé que la Parole est le Divin Vrai m,éme, reo-

J 1
29'
LA VRAIE
fermant la Sagesse Divine et Ja Vie Divine; carli1la considère d'a-
près le Style, dans. lequel il ne voit ni cette sagesse ni celle vie.
pendant le style de Ja Parole est le Style Divin même, avec lequel
tQut autre.style, quelque sublime et quelque elooUent qu'il paraisse,
ne.peut ètre mis en comparaison. Le,Style de.la ParoJe est tel, que-
l" Saint est dans chaque sens, et dans chaque mot, et même en cer-
tains endroits dans les lettres elles-mêmes; c'est de là que la Pa-
role conjoint l'homme avec le Seigneur et ouvre le Ciel. Il y a deux
choses qui procèdent du Seigneur, le Divin Amour et la Divine Sa-
sesse, ou, ce qui revient au même, le Divin Bien et le Divin Vrai, la
Parole dans son essence est l'un et l'autre; et comme elle conjoint
l 'homme avec le Seigneur et ouvre le ciel, ainsi qu'il a été dit, c'est
pour cela que la Parole remplit l'homme des Biens de )" Amour et
de,; Vrais de la Sagesse; sa Volonté, des biens de l'amour, el SOD
Entendement, des vrais de la sagesse; de là est à vie'par-
la Parole. Mais il faut qu'on sache bien, que la vie provenant de la
Parole est la ceul-IA seuls qui lisent la Parole dans le but d'y pui-
.ser les Divins Vrais comme dans leur source, et en mème temps.
dans le but d'appliquer à la vie les Divins Vrais ainsi puisés; et que
le contraire arrive à ceux qui lisent seulement la Parole dans le but •
d'acquérir des honneurs et de gagner le Monde.
Tout homme qui ne sail pas qu'il ya dans la Parole un cer-
tain Sens Spirituel ,comme dans le corps il y a l'Ame, ne peut
de la Parole que d'après le Sens de sa leUre, lorsque cependant ce
SEns est comme une Cassette qui conlient des des choses précieuses,
lesquelles en sont le Sens spirituel; lors donc que ce Sens Interne
n'est pas connu, on ne peut juge ... de la Divine Saintetédela Parole,.
que comme d'une pierre précieuse d'après la matrice qui l'eD\"6loppe
et parfois ressemble à une pierre ordinaire, ou comme d'une CaS-
sette faite' de jaspe, de lapis lazuli, d'amiante ob de talc, ou d'aga-
,he, dans laquelle sont placés en ordre des diamants, des rubis,
des sardoines, des topazes d'6rient, elc. ; tant qu'on iGnore ce que-
contient la cassette, Il n'est pas qu'elle ne sDit estimée que
selon le prix de la matière qui se l'œil: il'en est de
même de la Parole quant au sens de "88. lettre. Afin donc que l'homme
ne puisse douhlr que la Parole 11e soit Di'Vine et Très-Sainte, le Sei-
Ibeur ID'a ·révélé SOD Sens qui dus son essence est
rl
RELIGION CBMTIENNE.
291
toel, lequel est dans le Sens externe qui estllaturel, comme l'Ame
est dans le corps; ce sens est l'esprit qui vivifie la lettre i aussi ce
Sens peut-il être un témoignage de la Divinité et de la Sainteté' de
la Parole, et convaincre même l'homme naturel, s'il veut être oon-
vaincu.
II.
DANS T.A PAROLE IL l' A UN SENS SPIR1TUEL, IGNORi JUSQU'A PII.EsF.NT.
193. Quand OD dit que la Parole, parce qu'elle est Divine. est
Spirituelle dans SOD sein, est-il quelqu'un qui ne le reconnaisse et
ne l'accorde? mais qui est-ce qui a su jusqu'l présent ce que c'est
que le Spirituel, et où ce spirituel a été caché dans la Parole? Ce
que c'est que le Spirituel, cela sera manifesté dans on MtJlORABLB
après ce Cbapitre i et où ce spirituel est cacbé dans la Parole, on
va le voir dans ce qui suit. Que la Parole soit spirituelle dans son
sein, c'est parce qu'elle est descendue de Jéhovab le Seigneur, et a
traversé les Cieux Angéliques, el que le Divin même, qui en soi est
ineJl'able et non perceptible, est devenu dans la descente adéquatl
la perception des Anges, et enfin .la perception des hommes.; de là.
vient le Sens spirUuel qui est intérieurement dans le Sens naturel,
comme l'âme dans l'homme, la pensée de l'entendement dans le lan-
cage, et l'affection de la volonté dans l'action; et s'il est permis de
faire uqe coml'araison avec les choses qui se présentent devant les
yeux dans le Monde naturel, le Sens spirituel est dans le Sens natu-
rel, comme tout le Cerveau en dedans de ses lIéninges ou de ses
Mères, ou comme les brancbes d'un arbre en dedans de leurs écor-
ces, et même comme tout ce qui concerne la génération du poulet
en dedans de la coque de l'œuf, elc. liais que dans le Sens naturel
de la Parole il y ait un tel Sens spirituel, personne jusqu'l présent
ue l'a conjecturé, il est donc nécessaire que cet Arcane, qui en soi
6urpasse Lous les Arcanes découverts jusqu'ici, soit manifeslé de-
296 LA. VRAIE
vant l'enLendement, ce qui va être fait en l'exposant dalls cel or ...
dre:
1. Ce que c'esl que le Sens spirituel.
Il. Ce Sens esl dans loutes el dans chacune des choses de ltz
Parole.
Ill. C'est tt après ce SerIS que la Parole a élé Divinement iT&S-
pirée, el est sainte dans chaque mot.
IV. Ce Sens a élé ignoré jusqu'à présent.
V. Il ne sera donné désormais qu'à celui qui est par leSei-
"zeur dans les vrais réels.
VI. MenJeilles concernant la Parole tfaprds son Sens spiri-
luel.
Chaque proposition va être développée.
t9". 1. CE QUE C'EST QUE LE SENS SPIRITUEL.
Le Sens spirituel n'est pas celui qui brille d'après le sens de la
lettre de la Parole, quand quelqu'un scrute et explique la Parole
pour confirmer quelque dOime de l'tilise, ce I!ens-ci peut être ap-
pelé sens littéral et Ecclésiastique de la Parole; mais le Sens
tuel ne Sil montte pas dans le sens de la lettre. il est au dedans de
lui, comme l'âme dans le corps, comme la pensée de l'entendement
dans les yeux, et comme l'affection de l'amour dans la face. Ce Sens
fait principalement que la Parole est spirituelle. non-seulement pour
les hommes, mais encore pour les Anges; c'est pourquoi la Parole
par ce Sens ..ommunique avec les Cieux. Comme la Parole intérieu-
rement. est spirituelle, c'est pour cela qu'elle a été écrite par de
pures Correspondances, et ce qui a été écrit par des Correspondan-
ces a été écrit" dans le dernier sens. d'un style tel que celui des
Prophètes, des Évansélistes et de l'Apocalypse. lequel, quoiqu'il
sembh'l vulgaire, renferlDe néanmoins en soi la Sagesse Divine et
toute Saie$Se Aniélique. Ce que c'est que la Correspondanee, OD
peut le voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, publié l Lôndres
en t 758. où il a été question de la Correspondance de toutes"les
choses du Ciel avec loutes celles de fhomme, No. 871 tOI; et de
la Correspondance de toutes les du Ciel avec toultJs cella
de la Terre NOl t 03 l ; et plus on le verra par les exemples
tirés de la Parole qui seront rapportés ci-après.
19ft Du Seigneur procèdent, l'un après l'autre. le DIVIN CtLESTB.
RELIGION CmmTIENNE.
297
te DIYIN SPIRITUEL et le DIVIN NATUREL. Est appelé DmN CtLISTS
tout· ce qui procède de son Divin Amour, et tout cela est le Bien: est.
.appelé DIVI! SPIRITUEL tout ce qui prooède de sa Divine Sagesse, et
tout cela est le Vrai. Le DIVIN NATUREL vient de l'un et de l'autre, il
.en est le complexe dans le dernier. Les Anges du Royaume Céleste.
dont est composé le Troisième Ciel ou Ciel suprême, sont dans le
Divin qui procède du SeiGneur et qui est appelé Cèleste, car ils sont
-dans le Bien de l'amour par le Seigneur. Les Anges du Royaume
.spirituel du SeiGneur, dont est composé le Second ou Moyen Ciel,
sont dans le Divin qui procède du Seigneur et qui est appelé Spiri-
rituel, car ils sont dans la Divine sagesse par le Seigneur. Les Anses
.du Royaume Naturel du Seigneur, dont est composé le Premier Ciel
ou Ciel infime, sont dans le Divin qui procède du Seigneur et qui
est appelé Divin Naturel
l
et ils sont dans la foi de la cbarité par le
Seigneur. Mais les bommesdel'ÉGlise sont, selon leuramour,leursa-
,esse et leur foi, dans l'un de ces Royaumes, et après ra mort, ils
vienDent aussi dans celui où ils sont. La Parole du Seigneur est
.aussi telle qu'est le Ciel, Naturelle dans son dernier sens, Spirituelle
-dans son sens intérieur, Céleste dans son intime, et Divine dans
-chaque sens; c'est pourquoi elle .. été accomodée pour les Anses
-des Trois Cieux, et aussi pOlir les Hommes.
~ 96. Il. LE S E ~ 8 SPIRITUEL Es'r DANS TOUTES ET DANS CIUCUNB
:DES CIIOSES DE LA PAROLE •
. Cela ne peut être mieul "U que par des Exemples i ! oient le& sui-
vants: Jean dit dans l'Apocalypse: • Je vis le 'Cielouvert, etvDÏd
p
I.ln Cheval Blanc; et celui qui était monté dessus était appelé Fi-
dèle et V érita6le
l
et en justice il juge et il com6at ; et ses Yeuz
.co.mme une flamme de'{eu; et sur sa TAte, plusieurs diadèmes ;
iJyant un Nom écrit que personne ne connaU que Lui-MArne: et
il était revAlu d'une ro6e teinte de sang; et est appelé son Nom:
LA PAROLB DE DIEU. Et les Armées qui (sont) dans le Ciel Le
.lUwaient sur des chevauz 6Im&C8, vAlUes de ti'i lin hlallc et
pur. 11 a su,' son vAtement et sur sa cuisse ce Nom écrit: ROI
DES ROIS ET SEIGNEUR DES SEIGNEURS. Et je vis un Ange se tehant
.dans le Soleil, et il cria t/une voix grande: Venez: et assem6le.
vous pour le gram! Souper, afin que vous mangiez; chairs de
rois, et chairs de kiliarques, et chairs de puissaTits, et chaU's de
298 LA VRAIE
MevatiZ et de ceuz qui les montent, et cllaü's de tous, libres et
aclaves, et petils et grm&ds • • - XIX. U à 18. - Ce que"ces
paroles signifient, personne ne le peut voir sinon d'après le Sens
spirituel de la Parole. et personne ne aonnatt le Sens spirituel si-
llon d'après la science des Correspondanoes; car tous les mots sonl
des correspondances. et aucun mot n'est inutile. La science des
correspondances enseisne ce qui est signifié par le Cheval blanc,
par Celui qui est monlé dessus. par $8S YeUl qui sont comme une
:Damme de fell, par les Diadèmes qui sont sur sa tête; par la Robo
tainte de sang, par le Fin Lin blanc. dont étaient vêtus ceux qui
sont de son armée dans le Ciel, par l'Ange qui se tient dans le So':
leil, par le grand Souper pour lequel on doit venir et s'assembler,
et par les chairs de rois, de kiliarques, etc .• que l'on doit manger.
Quant ce que signifie chacune de Cès" choses daus le Sens spirituel,
on le voit expliqué dans l' ApOCALYPSE RtdLJ!:E, N°l 820 à 838, eL aussi
dans l'Opuscule sur r.1 CHEVAL BLAXC, il serail donc inutile d'en
dire davantage sur ce sujel : il ya été montré que le Seigneur quant
lIa Parole est décrit dans oe passage; que par ses Yeux, qui étaient
comme une Oamme de feu. est entendue la Divine Sasesse de son
Divin Amour; que par les Diaaèmcs, qui étaient sur sa Tête. sont
entendus les Divins Vrais de la Parole qui procèdent de Lui i que
par le Nom. que personne ne connalt que lui-même il est entendu
que personne ne "oit quelle est la Parole dans le senss pi-
rUuel, que Je Seigneur, et celui à qui le Seigneur le révèle; et
que par la Robe toinie de sang "est enlendu le sens nallll'el de la Pa-
role, qui esl le sens de la lettre, auquel il a' été fait violence. Que
ce soit la Pal'ole qui est ainsi décri le, cela est car n
est dit: EST APPELÉ SON NOll LA PAROLE DE DIEu; que ce soit le Sei-
gneur qui est entendu, cela est encore très "é\"ident, car il est die
que le Nom de Cel\li qui est monté sur le Cbe\"al Blanc était: ROI
DES ROIS ET SEIG"EliR DES SEIGNEUlIS, de même que dans l'Apocalypse.
X VU, 14, où il est dil. Et r Agneau les vaincra, pOJ'ce qu'il est
SSlGNEUII. DES SEIGNEURS ET ROI DBS ROIS. Que le Sens spirituel de
la Parole dll.l être ouvert à la fin.de l'Église, cela est signifié non-
seulement par ce qui vient d'être dil du Cheval bJ.ano -et de Celui qui
monté dessu!!, mais encore par le grand Souper auquel tous
ont été invités par l'Ange, qui se tient da"Ds le Soleil, à venir et ..
RELIGION
299
manier des ebairs de rois et de Iüliarques. etc •• par lesquelles est
sisnifiée l'appropriation de tous les biens provenant du Seisneur.
Toutes ces expressions seraienl des paroles inutiles et privées de
'Vie et d'esprit. si le sens spirituel n'était pas intérieurement en elles,
comme l'Ame est dans le corps.
t97. Dans l'Apocalypse, Chapitre XXI. Ja Nouvelle Jérusalem est
ainsi décrite: If Son Luminaire était sem61a61e à une pierre
telle qu'une Pierre de laspe. resplendissant
comme le cristal. Elle avait une Muraille grande et élevée.
ayant douze Portes. el suries portes douze Anges, et des Noms
écritS qui sont (ceux) des douze Trj6w des fils ri Israël, La Mu-
raille était de cen' quarante-quatre coudées, mesul'e d'homme.
c'est-à-dire. d'Ange,. et la structure de la Muraille était de
Jaspe, et ses fondements de toute Pierre précieuse étaient ornés,
de jaspe, de saphir. de calcédoine, d'émeraude. de sal'doni:r:,
de sardoine, de ch7ysolitlle. de 6é'1l1, de topazd, de chryso-
prase, d'hyacinthe et d'améthyste. Les Portes étaient d()uze
Perles, La Ville élait un or pur sem61a61e à Wi verre
pU1'; elle était lJuadrangulaire. la Longueur. la Largeur et la
Hauteur étaient égales, de douze mille stades, etc .• Que toutes
ces choses doivent être entendues spirituellement, on peut le voir
en ce que par la Nou\'elle Jérusalem est entendue une Nouvelle
'Éslise, qui doit être instaurée par le comme il a été mon-
tré dans L'ApOCALYPSE RË\"ËLËE. N° 880 i et puisque Jérusalem si-
Inifie ici J'Eglise. il s'ell suit que tout ce qui esL diL d'elle comme
ViJle, de ses Portes. de sa Muraille. des Fondements de la muraille,
et de leurs mesures, contient un sens spirituel. car ce qui appar-
tient l l'Église est spirituel; quant Il ce que signifient ces choses,
cela a élé démontré dans L'ApOCALYPSE RËV2LÉE, Nol 1496 à 925, il
serail denc superflu de le démontrer davantase. Il suffit qu'oll sa-
che que le seos spirituel est au dedans de cholque parlie de la des-
cription. comme l'Ame est au dedans du corps. el que sans un pareil
sens OD ne pourrail appliquer Il 1'Éslise aucune des choses qui y
sont par exemple, que celle Ville élait d'or pur, ses portes
de perJes. sa muraille de jaspe. les fondements de la muraille de
piet'r8S précieuses. que Ja muraitle était de cent quarante-quatre
meilure d'hoinme, c'est-à-dire. d'Ange, el que la Villa
300 LA. VRA:IE
-était d'une loniueur, d'une largeur et d'une hauteur de douze mille
stades, etc. ; mais celui qui, d'après la Science des Correspondances.
·connaU le Sens spirituel. comprend ces choses, par exemple. il
prend que la IluraiIle et ses Fondements sisni6ent les doctrinau:l.
.(Je celle ÉSlise d'après le sens de la lettre de la Parole. et
-que les Nombres t!. 144. UOOO. signifient toutes les choses
de l'Église. ou les "rais et les biens de l'Église dans un seul
cDmplexe.
t98. Le Seiineur. parlant devant ses disciples de la consomma-
tion du siècle. qui est le dernier temps de l'Église, dit il la fin des
prédictions sur ses changements d'état successifs: • . wsitdt aprb
.l'a/lliction de ces jours, le sera o6scurci, et la Lune ne
donnera point sa lueur, et les Étoiles tom6eront du Ciel, et le •
.Puissances des Cieux seront Et alors apporaftl'a le
Signe du Fils de r homme dan8 le Ciel, et alors gémiront toutes
les Tri6us de la terre; et elles verront le Fils de r homme venir
le! mlées du Ciel avec puissance et 6eaucoup de gloire.
El il enverra ses Anges avec trompette et voix grande, et ils as-
-sem6leront ses élus des quatre vents. d'une extrémité des Cieuz
à t(autre) extrémité • • - Matlh. XXIV, '9. 30. 31. - Pa.r ces
paroles, dans le sens spirituel. il n'est pas entendu que le Soleil et
la Lune s'obscurciraient. ni que les Étoiles tomberaient du Ciel, ni
-que le signe du Seigneur apparallrait dans les Cieux. ni qu'on Le .
-verrait Lui-Ilême dans les nues, et en même temps les Anses avec
des trompettes; mais par chacune des paroles de ce passaie il esl
-entendu des spirituels qui concernent l'Éilise. dont l'état final esl
ici décrit; en effet, dan li le sens spirituel. par le Soleil qui sera obs-
1 -curci est entendu l'amour envers le Seiineur, par la Lune qui ne
l, donnera point sa lueur est entendue la foi en Lui, par les Étoiles
.qui tomberont du Ciel sont entendues les connaissances du vrai el.
du bien; par le si,ne du Fils de l'homme dans le Ciel esL entendu
l'ap'parition du Divin Vrai dans la Parole d'après le Seigneur; par
les Tribus de la terre qui gémiront est entendu le manque de tout
vrai qui appartient. la foi, et de tout bien qui appartient l l'amour ;
par la Venue du Fils de l'horume dans les nuées du Ciel avl'O puis-
sauce et sloil"e, est entendue la présence du Sei,neur dans la Parole.
la révélation ; lell nuées du Ciel signifient le sens de la leure de la
RELIGION CHRÉTIENNE.
301
Parole, et la gloire signifie le sens spirituel de la Parole; par les
Anges avec la grande voix de, la trompette est entendu le Ciel d'où
"fient le Divin Vrai; par assembler les Élus des quatre vents d'une.
extrémité des Cieux l l'autre extrémité, sont entendus Je nouveau'
Ciel et la nouvelle Église composés de ceux qui ont la foi envers le-
Seigneur et vivent selon Ses préceptes. Qu'il ne soit entendu ni obs-
curcissement du soleil et de la lune, ni chute des étoiles snr la terre,
OD le voit clairement d'après les prophètes cbez lesquels de sembla-
bles cboses sont diles de l'éLat de l'Église, quand le Seigneur vien-
drait dans le Monde, par exemple dans Esaie : • Voici, le jour de
Jéhovah fJienl, cruel, et fi emportement de colère; les Étoiles
des Cieux et leu?,s Astres ne brilleront point de leu1' lumière, obs-
curci sera le Soleil à son iever, et la LIme ne fera point resplen-
dir sa lueur; jê visiterai 81lr le Gl06e la malice 1) - xm, 9, tO,
i t . - Dans Joël:. Il vient le jour de Jéhovah, jour de ténèbres
et d'obscurité; le Soleil et la Lune seront noircis, et les Étoiles
retireront leur splendeur. D - HI, 4. IV, ,US. - Dans Ezéchiel:
• Je couvrirai les Ciezu: et je ,wircirai les Étoiles; le Soleil,
tlune nuée je couvrit'ai, et la Lune ne fera point luire sa lueur;
tOtlS les Luminaires de lumière je couvrirai, et je mettrai des
ténèbres sur la terre. -XXXII, 7, 8: - par le Jour de Jébo\"ah
est entendu l'avénement du Seigneur; cet avénement eut lieu,
quand il n'y eut plus dans l'Église aucun reste du bien de l'amour
et du vrai de la foi, ni aucune connaissance du Seigneur ; pour
cela que ce temps est appelé Jour de ténèbre et d'obscurité.
t99. Que le Seigneur, quand il était dans le monde, ait parlé
par Correspondances, ainsi spiriLuellement aussi lorsqu'il parlait
naturellement, on peut le voir d'après ses Paraboles, dans chaque
parole desquelles il y il le sens spirituel; soit pour exemple la Para-
bole des dix Vierges: n dit: a Sembla61e est le Royaume des
CiellZ à diz Vierges, qui, prenant leurs Lampes, sortirent à la
rencontre du cinq d'entre elles étaient Prudentes. et
cinq Imensées; celles qui étaient Imensées, en prellant leur,
Lampes n'avaient pomt pris d'huile, mais les Prudelues avaient
pris de r huile dam leurs Lampes. Or comme le Fiancé tardait.
elles s'assoupirent toutes, et elles s'endormirent: mais au milieu
de la nuit un cri se fit: Voici, le FiancJ vient, sortez à sa ren ..
, 1
!
302
J,;k VRAIE
·contre i alO,.s furent réveillées toutes ces Vierges, et elles p'f'i-
parère"t leurs Lampes; or les 171sensées aux Prudentes di-
saient: Donnez,nous de votre Huile, parce qz,e nos Lampes sont
éteintes; mais répondaient les Prudentes, en disant:
qu'elle ne suffirait pas pour nous et pour vous; alles plut"t vers
ceu:c qui (en) vendent, et achete.s-(en) pour vous-mimes, 0,.,
pmdallt qu'elles allaient (en) aGheter, arriva le Fiancé, et
celles qui étaient preles entrèrent avec Lui au:c noces, et la
porte lui fermée. Et enfin vinrent aussi ks autres Vierges,
disant: Seigneur, Seigneur, ouvres-nous ,. mais Lui, répon-
dant, dit: En vérilé, Je vous dis : je ne vous connais point. »
- MnUb., XXV, t à U. - Que dans chacune de ces paroles il J
ait le Sens spirituel êt par suite le Saint Divin, personne ne le voit
que celui qui connait qu'il existe un Sens spirituel el quel est ce
sens. Dans le Sens spirituel, par le Royaume des cieux Il est en-
telldu le Ciel et l'Eilise ; par le Fiancé, le Seigneur; par les Noces.
le mariage du Seigneur avec le Ciel et l'Église parle bien de rameur
et llar le "rai de la (oi ; par les Vierges, ceux qui sont de l'Église i
par Dix, tous; par Cinq, una partie; par les Lampes, les choses
qui appartiennent la foi j par l'Huile, celles qui appartiennent au
bien de l'amour; par Do'rmir et se Réveiller, la vie de l'homme
dans le Monde, laquelle est naturelle, et sa vie après la mort, la-
quelle est spirituelle; par Acheter, acquérir ponr soi-lDême; par
aller vers ceUI qui Vendent et Acheter de l'Huile, acquérir delS- au-
tres pour soi-même le bien de l'amour après la mort; et comme
alors il n'est plus possible de l'acquérir, voilà pourquoi, bien qu'a-
vec leurs lampes et l'baile qu'elles avaient achetés elles fussent ve-
nues il la Porte du lieu ou se faisaient les noces, le Fiancé cependant
leur dit: Je ne vous connais point; et cela, parce que l'homme,
après la ,'ie dans le Monde, reste tel qu'il. vécu dans le Honde.
D'après cela il est bien évident que le Seigneur a parlé par de pures
. correspondances, et cela, parce qu'il parlait d'après le Divin qui
était en Lui et à Lui. Comme les Vierges signifient ceUI qui sont
de l'Église, c'est pour cela que dans la Parole Prophétique il est si
souvent dit: 'La Vierge et la Fille de Sion, de Jérusalem, de Jehu-
dab., d'Israël; et comme l'Huile signifie le bien de l'amour, c'est
pour cela que toutes les choses saintes de l'ÉBIise étaient ointes
RKLIGION CHRETIKNNE.
303
·d'buile. Il en es' de méloe pour toutes les autl'8S Paraboles. el poùt"
toutes les paroles que le Seigneur prononça i de li vient que le Sei-
-Ineur dit que ses paroles BOnt esprit et \·Ie. - Jean, VI. 63.
!lOO. m. C'EST D'APai:s LB SB:NS SPIBITt:EL OUE J.A PAllOLE.A. ÉTJl
DIVlNE3IENT INSPIRiB. ET IST SlINTB DANS CIl&.QUI ilOT.
On dit, dans l'Église. que la Parole est Sainte; et cela. parce que
JéhOvah le Seigneur l'a prononcée; mais comme le Saint dela Pa-
role ne se manifeste pas dans le Sens seul de la lettre, celui qui. l
eause de cela, doute une Cois de sa Sainteté. se confirme ensuite
dans ce doute par plusieurs passaGes de la Parole. quand Hia lif,
car il dit en lui-même: Est-ce que ceci est Saint! Est·ce que ceci
est Divin f Afin donc qu'une telle Pensée n'influe chez beaucoup.
et ne s'y affermisse ensuite de plus en plus, et que par suite la Pa-
l'ole ne soit rejetée comme un Écrit méprisable, et qu'ainsi la CQIl-
jonction du Seigneur avec l'holDme ne périsse, il a plu ail Seigneur
• de révéler maintenant le sens spirituel de la Parole, pour qu'on sa-
che où est cacbé en Elle le SainL Divin. Mais des Exemples vont il-
lustrer cela: Dans la Parole, il est question tantôt de l'Égypte. tan-
tôt d'Aschur, tantôt d'Edom, de Moab, des fils d'Ammon, des Phi-
listins. de Tyr et de Sidon" de Gog; celui qui ne sait pas que pu
ces Noms sont signifiées dElli choses du Ciel et de l'Église, peut être
entrainé dans ceUe erreur, que la Parole s'occupe beauco\1p des
Peuples et de Nations. et Cort peu du Ciel eL de l'Église. ainsi beau-
coup des choses Mondaines, et fort peu des choses Célestes; mais
lorsque celui-là sait ce qui est signifié par ces peuples et par ces
nations QU par leurs Noms, il peut être ramené de l'erreur lia vé-
·ri,té. Il en est de même lorsque. dans la Parole il voit qu'il est si
souvent parlé de Jardins, de Bocages, de et de leurs Arbres ..
tels que l'Oli\'ier, le Cep, le Cèdre, le Peuplier. le Chêne; et si sou-
vent question d'Agneaux, de de Boucs, de Veaux, de Bœufsi
et aus."i de IUontagnes, de Collines. de Vallées, et des Fontaines,
Fleuves et Eaux qui s'y Lrouvent, et de beaucoup d'autres objets na-
turels i celui qui ne sait rien du Sens spirituel de la Parole, na
peuL faire autrement que de croire, que ce sont seulement ces ob-
jets qui sont entendus; car il.ne sait pas que par le lardiD. le Bo-
cage. la Forêt, sont entendues la Sagesse, l'lntellisenC8 et li.
Science; que par l'Olivier, le Cep. le CMre,le Peuplier eUe Chên'
1
.\
30'
LA VRAIE
sont entendus le bien et le vrai de l'Église, sous leurs dift'érents ca-
raotères de céleste, spirituel, rationnel, naturel et sensuel i que
par l'Agneau, la Brebis. le Bouc, le Veau, le Bœuf. sont entendues.
l'innocence, la charité et l'a1l'ection naturelle; et par les Montagnes,
les Collines et les Vallées sont entendus les supérieurs, les inférieurs.
et les infimes de l'Église; que par l'Egypte il est signifié le scienti-
fique, par Aschur le rationnel, par Edom le naturel. par Moab l'a·
dultération du bien, par les Fils d'Ammon l'adultération du vrai
p
par les Philistins la foi sans la charité, par 1)r et Sidon les coDnais-
sances du bien et du nai, par Gog le culte elterne sans l'interne:
en général, par JACOB dans la Parole est entendue l'Église naturelle,.
par IsRAEL l'Église spirituelle, et par lEHUDAH l'Église céleste. Quand
l'hoDlme connaU ces significations, il peuillors penser que la Pa-
role ne traite que de choses célestes, el que ces objets Ilondains ne-
sont que les sujets dans lesquels elles sont renfermées. Mais un
exemple pris dans la Parole va encore illustrer cela; on lit dans
Esaie: • En ce jour-là il '1 aura un sentier de r Egypte en AS'-
chur, ofi" que vienne Aschur en E!lYpte, et f Egypte en A.9-
chur, et serviront les E!J'Jpliens avec A&chur. En ce jour-là .sera
en troisième à l'Egypte et à A.schur, 6énédiction au mi-
lieu de la terre, que Mnira Jéhovah Sé6aolh, en disant: Béni
soit mon peuple, f EfI!Ipte i et fœuvre de mes mains, Aschu,.;
et mon héritage, Israel. " - XIX, 23, '4, il). - Par ces pa-
roles, dans le sells spirituel, il est entendu qu'au temps de l'Avéne-
ment du Seigneur, le Scientifique, le R:Hionnel et le Spirituel, fe-
ront un, et qu'alors le Scientifique sera au service du Rationnel, et
l'un et l'autre au service du Spirituel; car, ainsi qu'il a été dit, par
l'Egypte 'est signifié le scientifique, par Aschur le rationnel, et par
Israélle spirituel; par le jour nommé deux fois il est entendu le Pre-
mier et le Second avénement du Seigneur.
tOto IV. LB SENS SPIRITUEL DB LA PUOI& A ËTÉ IGNOU JUSQU'A
PRiSENT.
Que toutes et chacune des choses qui sont la Nature cor-
respondent à des choses spirituelles, eL qu'il en soit de même
toutes et de chacune des choses lIui sont dans le Corps humain, c'est
ee qui a été montré dans le traité DU CIEL IT DE L'ENFER, NU 8'7 l
US. Uais qu'est-ce que la CORRESPOlCDAKCE r lusqu'A présent on l'a
..,
r RELIGION CHRÉTIENNE.
305
ignoré; cependant, dans les temps Très-Anciens, elle était bied con-
Dliei car, pour ceui qui vivaient alors, la science des Correspon-
dances étailla science des sciences, et si universelle, que LOUS lllurs,
traités eL tous leurs Livres onL été écrits par Correspondances: le
livre de- Job, qui est un Livre de l'Ancienne Église, est plein de
Correspondances. Les Hiéroglyphes des Ecptiens, et aussi les
hies de l'Antiquité, ne furent pa'S autre chose; toutes les Eglises
Anciennes furent des Églisés représentaLivtlS des spiriLuels; leurs
Rites et leurs Statuts, selon lesquels leur culLe avaiL été instiLué,
consistaient en pures Correspondances; de même ies choses de l'Ê-
,lise chez les fils d'Israël; les Holocaustes, les Sacrifices, les Min-
cbahs et les Libations, avec touL ce qui y a\'ait rapport, étaienL des
Correspondances; pareillement le Tabernacle avec lout ce qu'il ren-
fermait; puis aussi leurs Fêtes, telles que la Fête des azymes, la Fête
des tabernacles et la Fêle des prémices; de même le Sacerdoce
d'Aharon et des Lévites, et aussi leurs vêlements de sainteté; mais
quels éLaient les spirituels auquels toutes ces choses corre:;pondaieoL,
oela a été monLré les ARCANES CÉLESTES publiées li Londres; de
plus, tous les Statuts et lous les Jugemen ts, qui concernaient leurculte
eL leur yie, étaient aussi des Correspondances, Or, comme dans le
Mo.nde les Divins se présentent dalls des voilà.
pourquoi la Parole a été écrite par de pures c'est
pour cela que le Seigneur, parce qu'il parlait d'après le Divill,
parla par des Correspondances, car ce qui vienL du Divin tombe
dans la NaLure dans des choses qui correspondent aux Divills, et
, qui alors renfermenL dans leur sein les Divins qui sont appelés Cé-
lestes eL Spirituels.
iOi. J'ai su que les hommes de la Très-Ancienne Église, qui
exista avant le Déluge, étaient d'un génie si céleste, qu'ils par-
lai en t avec les Anges du Ciel, et qu'ils pouvaient parler a\'ec eux par
les Correspondances; de Il de leur sagesse devint Lei, que
tout ce qu'ils voyaient sur la Terre, non-seulement ils y pllosuieot
naturellemellt, mais encore en même temps spirituellement, aussi
par conséquent conjointement avec les Anges du Ciel. De plus, j'ai
su 'lue Chanoch (Hénoc), dont il est parlé dans la Gen,èse, - V,
!l l 24, - et ceux de sa société, recueillirent de leur bouche les
Correspondances" et en transmirenlla. Science à la postérité; d'oh
1. 5H)
306
UVRAIE
il que la Science des Correspondances fut non-seulement con-
Due. mais encore cultivée dans u"n grand nombre de Royaumes de
l'Asie, surtout dans la Terre de Canaan, dans l'Egypte. l'Assyrie. la
Chaldée, la Syrie, l'Arabie, à Tyr. à Sidon. à Ninive, et que de Il
elle fui transportée en Grèce; mais là elle fut cbangée en Récits fa-
buleux, comme OD peut le voir par les écriLs des plus anciens Au-
teurs de celte contrée.
i03. Afin qu'on puisse voir que la Science des Correspondances a
été longtemps conservée cbez les Nations en Asie. toutefois cher
ceux qui étaient appelés Devins et Sages, et par quelques-uns. Mages.
je veux rapporter un seul Exemple liré de Samuel. - l, Chap. V
et VI. - Là, il est dit que l'Arcbe, où éraient It>s deux Tables sur
lesquelle.c; le Décalogue avait été fut prise par les Philistins.
et placée d:ms le temple de fi Ascbdod ; que Dagon tomba
par terre ds'ant elle, el qu'ensuite sa Téte el ses deux mains sépa-
rées du corps gisaient sur le seuil du Temple; que les Aschdodiens
et les Ekronites, au nombre de plusieurs mille, frallpés d'hémor-
roïdes li caulle de l'Arcbe, el que leur lerre fut dé\'3slée par des
raIs; qu'en conséquence les Pbilistins convoquèr':nt les Satrapes et
Jes Devins i eL que, pour prévenir leur ruine, ils décidèrçnt qn'on
ferait cinq Hémorroides el cinq RalS en or, ct un Chariot neuf i
qu'on placerait l'Arcbe dessus, et près d'elle les hémorroïdes el les
rats en or, et que le chariot serait conduit par deux Vaches; et les
vaches beuglant dans le chemin conduisirent l'Arche vers fils
d'Jsrai'l. qui sacrifièrent les Vaches et le ChariOl, el ainsi le Dieu
d'lsraiQ fut rendu propice. (lue toutes les choses imaginées par les
Devins des Philistins aient été des Correspondances, on le \'oit par
leur signification, que voici: Les Philistins eux-mêmes signifiaienL
ceux qui sont dans la foi séparée d'avec la charilé Dagon repré-
sentait cette Religiosité; les Hémorroides donL ils furent frappés si-
les amours naturels qui. étant séparés de l'amour spirituel,
sont impurs. et les Rats signifiaient la dévastation de l'Ëglise par
les falsifications du vrai; le Chariot neLlf signifiait la Doctrine natu-
relle de l'Église. car le Char dans la Parole sisnifie la doctrine d'a-
près les vrais spirituels; les Vaches signifiaient les affections natu-
relles bonnes; les Hémorroïdes d'or signifiaient les amours naturelles
purifiées et devenues bonDes. les RaLs d'or signifiaient la suppression
RELIGION CH"RETIENNE •
307
.de la vastation del'ÉgIise par le bien, car l'Or dans la Parole sianifi8
'le biel!; le beuglement des Vaches dans le chemin signi6aitla difti.-
..,l1e conversion dl!s concupise.ences du mal de l'homme naturel en
odes affections bonnes; le lIaerifice en holocauste des Vaclles avec le
'Chariol sisni6ait qu'ainsi le Dieu d'Israël était devenu llropice.
'Toules ces CbOS83 que firent les Philistins par le conseil de leurs
.Devins des Correspondances, d'où il résulte ch'idemment que
-celle Science avait été conservée loni1eml;1I chez les nations.
!04. Quand les Riles Représentatifs de' l'Église, qui étaient des
.correspondances, eurent commencé par le laps du temps, à être
-ehangés en Idolâtrie et aussi en cette Scie.nce, d'après la Di-
",ine Providence du Seigneur, tomba successivement dans l'oubli,
-et chez la Nation Israëlite et Juive elle futenlièrement perdue. A la
,'érité, le Culle de celle Nation consistait en Imres
-et par suite était représentatif des choses Célestes, mais néanmoins
16s Israélites et les Juifs ne savaient pas ce-que ce culte signifiait;
ear c'étaient des hommes tout à fait naturels, et par suite ils ne
,oulaient et ne pouvaient rien savoir des SpirilUels et des Célestes.
ni par conséqu61i-t rien des Correspondances, car les Cor,'espondances,
sont les Représentations des Spirituels et des Célestes dans les Natu-
l'els.
205. Si, (lans les temps Anciens, les Idolâtries des Nations ont
tiré leur origine de la Science des Correspondancelt, cela vient de
ce que toutes les choses .que l'on voit sur la Terre corl'espondent,
ainsi non-seulement les mais encore les Bêtes et les Oiseaux
de tout genre, et aussi les Poissons, etc. Les Anciens, qui étaient
dans la science des Correspondances, s'étaient fait des Images qui
-correspondaient aUI choses Célestes, 'et trouvaient du plaisir à voir
ces images, parce qu'elles signif!aient des choses qui appartenaient
au Ciel et à l'Eglise, et en conséquence ils les plaçaient non-seule-
ment dans leurs Temples, mais dans leurs lIaisons, non pour en
faire des objets d'adoration, mais pour rappeler li. leur souvenir les
choses célesLes qu'elles signifiaient: de n en Egypte et ailleurs il y
eut, en image, dGS Veaux, des Bœufs, des Serpents, puis des En-
fants, des Vieillards, des Vierges, pa.rce que les Veaux et les Bœufs
signifiaient les affections et les forces de l'hQmme Naturel; les Ser-
pents, la prudence et aussi l'astuce de l'homme sensuel; les En-
308 LA VRAIE
l'innocence et la charité; les Vieillards, la sagesse.; elles.
Vierses, les affections du vrai; et ainsi du resle. Quand la science
des Correspondances eut été obhtérée. les descendants commencè-
rent l adorer comme Saints les Imases et Simulacres placés par les
Anciens, parce qu'ils les trouvaient dans les Temples el près des.
Temples, el enfin à les adorer comme des Déilés. C'est à cause de
cela que les Ancieus a"aient aussi un Culte dans des Jardins et dans
des Bocages. selon les espèces d'Arbres·; puis aussi sur des lIon ..
lagnes et sur des Collines; car les Jardins et les Bocage& signifiaient
la sagesse et l'intelligence, et cbaque Arbre quelque chose de la
sagesse et de l·intellisence, par exemple, l'Olivier le bien de l'a-
mOllr, le Cep le' vrai d'après ce bien, le Cèdre le bien et le vrai ra-
tionnel; la Monlagne le Ciel suprême, et la Colline le Ciel qui est
au-dessous. Que la science des Correspondances soit reslée chez
plusieurs Orientaus: jusqu'll'Avènement du Seigneur, on peut aussi
le voir d'après les Sages de l'Orient, qui vinrent vers le Seigneur,.
lorsqu'il fut né, c'e.-;t pourquoi une Êloile allait devant eux, et
portaient avec eux des présents, de l'Or. de l'Encens et de la Myr-
rhe, - Matth. II, i, i. 9, 10, H ; - en eft'el.1'Étoile qui allait
. devant eus: signifiait la connaissance venant du Ciel, l'Or signifiait le
Lien céleste, l'Encens le bien spirituel, et la Myrrhe le bien naturel,
tout Culte dépendant de ces lrois biens. Néanmoins la science des.
Correspondances était entièrement nulle cllez la iXation Israélite et
Juive, quoique toutes Jes choses de leur Culte, tous les Statuts eL
tous les Jugements qui leu r avaient été donnés par Moise, et toutes
les choses de la Parole, fussent de pures Correspondances; cela
venait de ce qu'ils étaient Idolâtres de cœur, et par suite tels, qu'ils
ne voulaient pas même savoir que quelque chose de l,eur Culte sisni-
fiait le Céleste et le Spirituel, car ils croyaient que toutes les choses
de leur Culte étaient Saintes par elles-mêmes; c'est pourquoi si les
Célestes et les Spirituels leur eussent été découverts, non-seulement
ils les auraient rejetés, mais ils les auraient même profan&i ; c'est
pour cela que le Ciel fut !ri bien ferm6 pour eux, qu'ils savaient l
peine qu'il y avait une Vie éternelle j que cela soit ainsi, on le voit
clairement en ce qu'ils ne reconnurent point le Seigneur, quoique
toute l'Écriture Sainte eU prop'hétisé sur Lui, et ellt prédit SOD
Avènement; ils Le rejetèren l pour celle seule raison qU'il,leur par-
..
L
RELIGION CHRltTIENNE.
309
.
lait il'un Royaume céleste, et n'On d'un Royaume terrestre, car ils
un !Iessie qui les é1ev't au-dilSSUs de tiHJtes les Nations dd
Honde, et non un Ilessie qui 'Pourvlll • leur salot éternel.
to6. Si la Science des Correspondances, par laquelle est donné
le: Sens spirituel de la Parole, n'a pas été dè"Voilée dans les temps
c'est parce que les Chrétiens dans la Primitive Église
étaient d'une trop grande simplicité, pour qu'elle pdt être décou-
verte devant eux, car si elle leur avait été découverte, elle ne leur
aurait été d'aucun usage, ·et n'aurait pas été comprise. Depuis cette
première époqtie du Christianisme, de.1I ténèbres s'élevèrent sur
toUte la Chrétienté, d'aberd par les Hérésies que plusieurs répandi-
. rent de teut cOté, et bientôt après par les délibérations et les décrets
du CODcile de Nicée sur les trois Personnes divines de toute éter-
lIité, et sur la Personne du Christ comme Fils de A[arie, et non
• eomme Fils de léhovah Dieu; de Il sortit la Foi sur
. la justification, foi dans laquelle on s'adresse aus: trois Dieux dans
leur ordre, et de laquelle dépendent toules et chacune des choses de
l'Église d'aujourd" ui, comme de la Tête dépeDdilnt les membres du
eorps : et coolme on a appliqué tou tes les choses de la' Parole pour
eonfirmer celle Foi erronée, le Sens spirituel D'a pas pu être décou-
vert, car si cc Sens eQt êt-é dé\'Oilé, -on l'aurait aussi appliqué pour
eonfirmer ceUe foi, et par là on aurait profané le Saint mieux de la
Parole, et ainsi on se serait fermé entièrement le Ciel, et l'on aurait
de l'Église le Seigneur.
!07. Si la Science des correspondances, par laquelle est donné le
Sens spirHuel, a été révélée auj'Ourd'hui, c'est parce que mainte-
nant tes Divins Vrais de l'Ëglise sont mis en lumière, et que c'est
-en Ilflo.s vrais que' consiste le Sens spi·rit'Uel de ]a Parole; et quand
ees l'fais -sont l'homme, le sens de la lettre de la Parole ne peut
pAls &r'e pel'Yerti: en effet, le sens de la· lettre' de la Parole peut
érrb tourné !l ou ; mais s'ii est taurné vets le Fam!., alors périt sa
Sainteté interne et avec elle la Sainteté eltlerile, lalldis que s'il est
tourné vers le Vrai, la sainteté interne reste; dans la suite il. en sera.
-dit dlfanlage sur ce sujet. Que le Sens spiriluel1lsrait ouvert aD-
joUid'bui, œla e.o;t entendu en ee que leln vit le Ciel ouvert, et'l]o",
un Cheval blanc; puis, en ce qu'il vit et entendit que l'Anse, qui
:se- terle.i\ dans le Soleil, 'falslit une générale pour la.
310
LA 'VRAIE
,ran'd Souper, - Apoc. XIX, t \ à t8. -lIais q\le pendant 101lg-
temps ce sens ne serait l,as reconnu, cela est entendu par la Bête et.
par IdS Rois de la terre, qui devaient fah'e la Suerre c·ontre Celui
qui était monté sur le Cheval blanc, - Apoc. XIX, t9, - et aussi
par le Dragon, en ce qu'il poursuivit la Femme, qui avait enfanté-
un Fils, jusque dans le désert, et que là il jeta de sa boucbe des
eaux comm,e un fleuve afin de la submerBer, - Apoc. XII,.
i3àf7. '
!08. V, I.E SPIRITUKL DB U PAROLB NE SEnA. Dtsoa-
, 1
lIAIS QTl'A CELUI Qt"1 EST PAR L"E SBIGNEUR DANS LES vaAIS RÉELS.
En voici la cause; c'est que personne ne peut voir le Sens spiri-
luel, si ce n'est par le Seigneur :l8ul. et l moins d'être par le Seigneul'"
dans les Divins vrais; car le sens spirituel de la, Parole traite dit
Seigneur Seul et de son Royaume, et ce sens est celui clans lequel
sont ses Anges dans le Ciel, car son Divin Vrai est là i l'homme peut
le vipler, s'il est dans la Seience des Correspondances, eL que pal'"
elle il veuille explorer le Sens spiriluel de la Parole d'après la pro,,;
pre in tellisence ; car, d'après quelques Correspot' 1ances qu'il con-
naltrait, il peut pervertir ce Sens, et l'en trainer à confirmer même-
le Faux, et cela serait faire violence au Divin Vrai, et aussi par con-
séquent au Ciel, dans lequel ce Vrai habite; si donc quelqu'un veut.
ouvrir' re Sens par soi-même et non par le Seigneur, le Ciel se
ferme, eL dès qli'il est fermé, l'bomme on ne "oit rien du vrai, on
extravague spirituellement. Il y 11 aussi une autre cause, c'est que·
le Seigneur enseigne châcun. rar la Parole, et il enseigne d'après
les connaissances qui sont chez l'holl1me, et n'en infuse pas immé-
diatement de si donc l'homme n'est pas dans les Divins
Vrais, ou s'il est seulement dans un petit nombre de vrais el eD
même temps dans de." faux, il peut d'après ceux-ci falsifier les vrais;
comme aussi cela est fait par touL hérétique quant au Sens méme de
la lettre de la Parole. C'est pourquoi, afin que personne n'entre
dans le Sens spirituel, et ne pcrverlisse le Vrai réel qui appartienl
.-.A ce Sens, le Seigneur Il placé des Gardes, qui sont entendues dans
Ja. Parole par les Çbérubins.
VI. MBRVBILLES CONCBRNANT LA. PAROLE D'APRtS SON SENS
SPIRITUEL.
Dans le Monde naturel, il n'.existe aucune Merveille d'après la Pa-
--
RELIGION CHRÉTIENNE.
311
role, parce que le sens spirituel ne se montre pas, et n'est pas reçu
par l'homme intérieurement. tel qu'il est en soi; mais dans le lion de
spirituel il se manifeste des Merveilles d'après la Parole, parce •
que là. tous sont spirituels, et que les choses spirituelles affectent
l'homme spirituel coDlme les naturelles l'homme natul'el. Les
Merveilles qui existent d'après la Parole dans le Alonde spiri-
tuel sont en grand nombre, j'en rapporterai ici quelques-unes.
La Parole elle-même, dans les sauctuaires des Temples, y brille de-
vant les yeux des AnBes comme une grande Etoile, parfois comme
le Soleil. et d'après l'éclat qui l'entoure il y apparall aussi comme
de très-beaux Arcs-en-Ciel; celaarri\'e dès que le sanctuaire est ou-
verL. Que lous et chacun des Vrais de la Ilarole brillent, j'ai pu le
voir, en ce que, quand quelque ,-erset de la Parole est écrit sur un •
Papier, et que le est jeté dans l'lir, le Pallier brille lui-
_ même dans la forme selon laquelle il a été coupé; c'est pourquoi les
Esprits peuvent par la Parole produire diverses formes brillantes,
et aussi des rormes d'oiseaux et de poissons. Enfin, ce qui est enc.ore
plus merveilleux, quand quelqu'un rroLle sa face, ou ses mains, ou
les vêtements dont il est cou\'ert, avec la Parole ouverte, en yappli-
qnant l'écriture, la face, les mains et les vêtements brillent eux-
mêmes, comme s'il se tellait dans une Etoile dont la lumière se ré-
pandrait autour de lui; j'ai très-souvent vu et admiré cela; par là
j'ai su pourquoi la face de Moise brillait, quand il apportait de la
AI du Sinai les Tables de l'alliance.
En oulre, il y a là. plusieurs autres Merveilles qui provitmllent de
la Parole, par exemple: Si quelqu'un est dans les faux, et qu'il porte
sa vue sur la Parole placée dans un lieu saiot, uoe Obscurité s'empare
de leS yeux, et l'ar suite la Parole lui semble Doire, el quelquefois
comme-couverte de suie; mail! s'il touche la Parole, il se rail une
. explosion avec fracas, et il est lancé vers un Ansle de la chambre,
et y reste étendu comme mort pendan t uoe beure. Si un passage de
la Parole est transcrit sur un papier par quelqu'un qui est dans les
faux, et que le papier soit lancé vers le Ciel, alors il se rait une sem-
blable explosion dans l'air entre- son œil et le Ciel, et le papier est
mis eo morceaux et disparalt: il en est de même si ce papier est
jeté vers un angle qui est proche; j'ai très-souvent vu cela. Par lA,
il est devenu évident pour moi, que-ceul qui-sont dans les faul de
3f2
LA VRA,IE
la doctrine n'ont anCUDe communication lvec le Ciel par la Parole.
mais que la lecture qu'ils eD font se répand de côté et d'autre en
• route, et est dissipée comme de la poudre renfermée dans du papier.
quand la fusée est enflammée et jetée en l'air. Le contraire arrive
chez ceux qui sont d'après le Seigneur dans les vrais de la doctrine
par la Parole i la lecture de la Parole par eUI pénètre jusque dans
]e Ciel, et y fait la conjonction avec les Anges. Les Anges
quand ils descendent du Ciel pour quelque fonction l remplir plul
bas, environnés de petites surtout autour de la
tête, ce qui est un signe que les Divins Vrais la Parole sont
en eUI.
De plus, dans le Monde spirituel, il y a des choses semblables 1
celles qni sont sur les terres, mais toutes el chacune sont d'origine
spirituelle i ainsi il y a aussi de l'or el de l'argent, il y a des Pierres
précieuses de tout genre, et leur origine spirituclle est le Sens de
)a leUre de la Parole; de Ià..vient que, dans l' Apocalypse, fonde-
Dlents de la muraille de la Nouvelle Jérusalem sont décrits par
douze Pierres précieuses, et cela, que les Fondements de sa
muraille signitient les doctrinaux de la Nouvelle Eglise d'après le
sens de la lettre de la Parole; pareillement, de là. vient que dans
l'Ephod d'AharoD il y. avait aussi douze Pierres précieuses, nom-
mées Urim et Tbumin, et que par elles il était donné du Ciel des
réponses. Outre csla, il y a encore d'apl'ès la Parole un grapd
nombre de Herveiiles, qui concernent la puisSflnce du Vrai dans le
Honde spiritIJel, l'uissance tellement immense, que si on la décri-
vait, elle surpasserait toute croyance; car cette puissance est telle,
qu'elle y renverse les montasoes et les collines, les lU
loin, et les jette dans la mer, etc.; en somme, la Puissance du Sei-
gneur d'après la Parole est inOnie.
RELIGION CmiTIENNE.
313
m.
LB SINS DB LA LETrR! DB Loi PUOt.B EST LA BASE, LB CONTBNANt'
ET L· AFFERMISSEMENT DB SON SENS SPIRITUEL BT. DB SON SBNS
ctœsTE.
liO. Dans· tout Divin il y a un Premier, un Moyen et un Dernier,
et.le premier va par le Moyen jusqu'au Dernier, et par cela même
existe et subsiste; de Ille Dernier est la BASB. Le Premier aussi est
dans·le Moyen, et par le Moyen dans le Dernier, ainsi le Dernier
est le COliTENANT ; et comme le Dernier est le COntenant et la Base,
n est aussi l'AFFBRKISSB!lENT. L'homme érudit comprend que ces
Trois peu'"ent être nommés Fin, Cause et Effet, puis aussi Etre,
Devenir et Exister, et que la Fin est l'Etre, la Cause le Devenir, et
l'Effel l'Exister ; que Ilar L dans toute cbose complète il
ya un Trine, qui est nommé Premier, Iloyen et Dernier, et aussi
Fin, Cause et Effel. Quand cela est compris, on comprend ainsi que
toute OEuvre Divine dans le Dernier est Complète et Parfaite; et
aussi que dans le Dernier est le Tout, puisque le Premier et le
Moyen sont ensemble dans le Dernier.
ii t. De vient que, dans la Parole, par le nombre TROIS est en-
tendu dans le Sens spirituelle complet et le parfail, puis le tout
ensemble; el comme ce nombre a celte signification, voill pour-
il est employé dans la Parole toutes les fois qu'il s'agit de dési-
Iner une chose complète et Ilarfaite, comme dans ces passages:
cc Esaie marcha nu et déchaussé TROIS Als. » - Esaie, XX, 3.
- a léhovah appela TROIS FOIS Samuel, et Samuel courut Taols
FOIS vers Eli, et ce fut à Ici TROISltMB FOIS qu'Eli comprit . • -
1 iam. m, t l 8. - a lonathan dit à David de se cache,. TROIS
JOURS dans lin champ; puis lonathan lança TROIS FLtcBES IUt' le
cdté de la pierre: et après cela David se prosterna TROl8 rOIs
-devant Jonathan. » -1 Sam. XX, S, ii l 4!. - cc Elie s'éten-
-diITROIS FOIS ,ur le fils de la Veuve.» -1 Rois, XVH, il. -
« Elie ordonna de répandre Taols· FOIS de reau sur l'Holo-
. • -1 Rois, XVIII, 34. - «léslls dit que le Boyar.mœ
"
,
3U. LA VRAIE
des Creux l'st semblable à du levain qu'u'le femme, r a-
"oir pris, cacha dans Tools MESURES DE FARINES jusqu'à ce que le
tout eût fermenté . • -Manh. XIII, 33, - • Jésus dit a Pierre
qu'ü le rmzierait TROIS FOIS. D - MaUb. XXVI, 34. - CI lésul
dit bOIS FOIS à Pierre: Y' aimes-tu?» - Jean XXI, i 3, t 6.
t 7. - CI IOllllS fut dans le ventre de la Baleine TROIS JOURS ET
TROIS NUITS. » - Jonas, U, t. - • lésus dit que si 011 détrui-
sait le Temple, ü le 'reiuttirait Lui-Mbne en TROIS JOURS. » -
Mattb, XXVI, 6t. " lésus pria TROIS FOIS dans Gethsémani.»
- !latth. XXVI, 39 à U. «Iés'us ressuscita le TROISIÈME JOUR. »
- Ilauh. XX.'lll, t. - Il Y a en outre beaucoup d'autres passa-
Ses oh le nombre Trois ost nOlDmé . et il est nommé quand il s'a-
git d'une OEuvre tinie et parfaite, parce qlle c'est là ce qui est si-
gnifié par ce Nombre.
!12. Il Y a Trois Cieux, ie Suprême, le Moyen el l'Infime; le
Ciel Suprême fait le Royaume Céleste du SeiGneur, le Ciel )Ioyen fait
SOli Royaume Spirituel, et le Ciel In6me fait son Royaume Naturel,
de même qu'il ya Trois Cieux, de même aussi il y a Trois Sens de
la Parole, le Célesle, le Spirituel et le Naturel, avec lesquels coïn-
cide aussi ce qui a été dit ci-dessus ND !to, sa\'oir, que le Premier
est dans 10 1Ioyen, et par le Moyen dans le Dernier, absolument
comme la fin est dans la cause, et par la cause dans l'elfet. Par là ..
011 voit clairement quelle est la Parole, à que dans le Sens
de sa leure, qui est le Sens Naturel, il y a un Sens fntérieur, qui est
le Sens Spirituel, et dans cehli-ci un Sens intime. qui est le Sen&
Céleste; et qu'ainsi le Dernier Sens, qui est Naturel el est appelé
Sens de la lettre, est le contenant des deux Sens intérieurs, ainsi la
Base'et l'Affermissement de ces deux sens.
!13. Il suit de là que la Parole, sans le Sens de sa leUre, serait
comme un Palais sans fondement, ainsi Comme un Palais dans l'ail"
et non sur terre, ce qui ne serait que l'ombre d'un palais et s'éva-
nouirait. Sans le Sens de sa lettre, la Parole serait aussi comme-
un Temple, dans lequel il y a plusieurs choses Saintes, et dans le
milieu le Sanctuaire, sans un Toil et sans une Muraille qlli en sont
les Conlenanls; si ces conLcuants n'existaient pas ou étaient enlevés,.
les choses du Temple seraient pillées par des \"oleurs, et
,dévastées par les bêtes de la terre eL par les oiseaux du ciel, et ainsi
RELIGION CURiTIENNE.
313
seraient disaipées. Pareillement, elle serail comme le Tabernacle-
des fils d'Israël dans le désert, dans l'intime duquel il y avait r Ar-
che d'alliance, etdans son milieu le Chandelier d'or, l'Autel d'or
des parfums, et la Table des pains des faces. sans ses derniers, qui
'taient les rideaux, les voiles et les colonnes. De plus, sans le Sens
de sa lettre, la Parole serail comme le Corps humain sans ses lé-
guments qui sont appelés Peaul, et sans ses supports qui sont app&-
lés Os; sans les peaux et sans les os, tous ses intérieurs se répan-
draient cOlé et d'autre. Elle serait aussi comme le Cœur et le
Poumon dans la Poitrine, sans leur légumentqui est appelé Plèvre,
et sans leurs supports qui sont appelés COtes. Ou" cornme le Cer-
veau sans ses téguments qui sont appelés dure-àlère el Pie-11ère, et
sans son Tégument commun, son Contenant el son Affermissement,
qui est appelé CrAne, Il en serait de même de la Parole sans le Sens
de sa leUre; c'est pourquoi il est dit dans Esaie, que Jéhovah
crée sur toute gloire une couverture, -IV, lS.
IV
LE DIVIN VRAI DANS LE SENS DE LA. LE1TRE DE LA PAROLE Es'r DANS
SON PLEIN, DU'S SON SAINT, ET DANS S.A.
tu.. Que la Parole, dans le sens de la leUre, soit dans son Plein,
dans son Saint, el dans sa Puissance, c'est parce que les deux Sens
antérieurs ou intérieurs, qui sont appelés Sens Spirituel et Sens
Céleste, sont ensemble dans le Sens nalurel, qui est Je Sens de la
lettre, comme il a été dit ci-dessus N" et !iI; mais
y sonl-ils ensemble, c'est ce qui va être dit maintenant. 11 y a dans
le Ciel eldans le Monde un Ordre successif et un Ordre simullané;
dans l'Ordre successir il y a succession et luite de l'un après l'au-
tre. depuis les suprêmes jusqu'à l'infime; dans l'Ordre simultané,
au contraire, Irun est près de l'auLre, depuis les intimes jusqu'aulL
8xtimes. L'Ordre successif est comme une Colonne a\'ec des degrés .
depuis le sommet jUliqu'au bas; l'Ordre simultané, au contraire;
est comme un ouvrage cohérent avec les périphéries depuis le Cen-
tre jusqU'à la dernière surface, Maintenant il sera dit comment l'Or-
1'1
316 liA VBAIE
dre successif devieDt daDs 'le Dernier l'Ordre simultané. œla arrive
aiHi : Les suprêmes de l'Ordre de\'ienbent les intimes de
l'Ordre simultané, et les infimes dé l'Ol'dre succep;!lif devieDDent les
euimes de l'Ordre simultané 8'est, 'par com'pataisoD, comme a8.
Colonne de degrés qui, en s'atfaissant, deVrent un cor'ps cobérèDt.'
dans un plan. Ainsi, le Simultané est foriné du Successif; et 'Cela.
dans toutes et dans chacune des choses du' Monde naturel,' et dans
toutes et daDs chacune des choses du Monde spirittlel; ear partout
il y a Premier, Moyen et Dernier; et le Premier, pat, le Moyen,
ten,l el va à son Demier : mais il faul bien comprendre que ce sont
deR degrés de pureté, seloillesquels 5e fait l'un et l'autre Ordre.
Maintenant, quant. la Parole, 1(1 Cél6l!te, le Spirituel et 1'8 Naturel
procèdent du Seigneur '8n 'Ordre successif, et dans le Dernier ils
sgnt en Ordre simultané i ainsi les Sêns céleste et spirituel de l-a
Parole sont ensemble dans sgn Sens naturel. Quand cela est' com-
pris, on peut voir comment l, Sens naturel d.., la Parole est le COD-
tenant, la base et l'affermissement de son Sens spirituel et de son
Sens céleste; et comment, dans le Sens litiél'al de la Parole, le
Divin Bien eL le Divin Vrai sont dans leur Pleill, dans leur Saint et
dans leur Puissance. D'après ces explications, on peut voir que la
Parole dans son Sens de la leure est la Parole méDie, 'Car dans ce
sens, il y a intérieurement esprit et viè ; c'est It ce que le.8'eigneur
dit: • Les Paroles que Moi je vous prononce son; Esprit et Vie .•
7 Jean, VI, 63; -- ear te Seigneur a prononcé ses paroles dans
le Senl .naturel. céleste et le Sens spiriluel De pas la
Parole sans le Sens naturel, car ils sont comme l'esprit et la Viè
sans le -corps; ils sont aussi comme un Palais qui D'a point de 'foo-
ainsi qu'il a été dit précédemment, N° It3.
tUS. Les ,-rais du Sens de la lettre de la Parole, en .partie, De
soIK pas des vrais 'nus, mais ils sont des ap(,arenCAS du vrai, 'et
comme des similitudes et dès com,partisns prises .cholleS qui
sont dans la nature, amsi qm ont été lèeommod6es el rendues adé-
quates i la conceptior des limples; st. aussi à cell'edes eDflMlfs; mais
. comme en même temps ollil ohIJS8s sbnt dei .lIes
sODdes réceptaoles 8t da "'l'Ii réel ; t.tis,a*M
qui le con tienneut.'colDtne uDCfOoape dnrlstal contient lUI 171/1 CéDé"
reul, un Plat d'arlen.t ,des et 'oom-tne des ',r(![eménts
--
-
RELIGION CHRIl:TIENNE.
317
qui couvrent, par exemple, de." langes un enfant, et une robe dé-
cente une viera8 ; elles sont aussi comme les scientifiquellde l'homme
naturel, qui comprennel!t en eux les perceptions et les affections'du
vrai spirituel. Les vrais nus eux-mêmes, qui sont renfermés, conte-
nus, vêtus et comprIs, sont dans le Sens spirituel de la Parole, el
les biens nus sont dans son Sens céleste. liais cela va être illustré
d'après la Parole: cc Jésus dit: 'Yallteur d vous, sC1'i6es et pha-
risiens, parce que vous nettoyez l'extérieur de la coupe et du
plat, tandis que les intérieurs sont pleins de rapine et d'intem-
pérance 1 P.1.arisiell aveugle, nettoie p,'emièrement (intérieur
de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'extérieul' devienne net, »
- Matth. XXIII, ilS, i6: - i"i, le Seigneur a p'arlé par des simi·
litudes et des comparaisons, qui sont en même temps deR Corres·
pondances, et il R dit la coupe et le plat, .et par la Coupe non-seule-
ment est entendu mais encore est signifié le Vrai de la Parole, car
par la coupe est entendu le vin, et par le vin est signilié le vrai;
par le plat est entendue la nourriture, et par la nourriture est si-
gnifié le bien; c'est pourquoi par nettoyer l'intérieur de la coupe
et du plat, il est signifié purifier par la Parole les intérieurs du
mental, qui appartiennent à la volonté et à la pensée; par Il afin
qu'ainsi l'extérieur soit net, Il il est signifié qu'ainsi seraient puri-
fiés les extérieurs, qui sont les œuvres et le langate, car ces exté-
rieurs tirent des intérieurs leur essence, En outre: .. Jésus dit:
1111 avait UfI homme riche, qui se v ~ t a i t 4e pourp,'e et de fill
lin, et qui se réjouissait chaque jour splendidem61Jt; il 11 avait
aussi Ull pauvre, du nom de Lazare, qZli était étendu vers son
fJesti6ule, couvert d'ulcères • • - Lue, XVI, '19, i6; - ici aussi
le Seigneur a parlé par des similitudes el des comparaisons, qui
étaient des Correspondances et contenaient les spirituels; par
l'homme riche est entendue la Nation Juive, qui est appelée Fiche,
parce qu'elle avait. la Parole, dans laquelle sont les richesses spiri-
tuelles; par la pourllre et le fin ,lin dont il se vêtait, il est signifié
le bien et le vrai de la Parole, par la pourpre le bieo, et par le fio
lin le vrai j par se réjouir chaque jour splendidement est signifié
l'agrément d'avoir la Parole, et d'en entendre lire des passages
dans les Temples et dans les Synagogues; par Lazare le pauvre sont
entendues les Nations, parce qu'elles n'avaient pas la Parole j par
318
LA. VRAIE
Lazare étendu vers le vestibule du riche, il est entendu qu'elles
élaient méprisées el rejetées par les Juifs j par Laure couvert d'ul-
œres, il est signifié que les nations d'après l'ignorance du vrai
étaient dam, un Irand nombre de faUI. Si les Nations sont entendues
par Lazare, c'est parce que le aimait les Nations, comme
il aimait Lazare, qu'il a ressusciLé des morts, - Jean, XI, 3, K, 36,
- qu'il appelle son ami, - Jean, "XI, li, - et avec"lequel il se
mil à table, - Jean, xn, t. - D'après ces deux passa8es, il est
évident que les vrais et les biens du Sens de la leure de la Parole
sont comme les vases, et comme les vêlements du vrai et du bien
nus, qui 10US deux sont cachés dans le Sens spirituel el dans le Sens
céleste de la Parole. Comme telle est la Parole dans le Sens
de la lettre, il en résulLe que ceux qui sont dans les Divins vrais,
et dans la foi que la Parole est interieurement dans son sein le Saint
Divin, et encore plus ceux qui sont dans la Coi que la Parole est
telle d'après son Sens Spirituel eL son Sens Céleste, voient, quand
dans l'illustration procédant du ils lisent la Parole, les
Divins Vrais dans la Lumière nalUrelle j car la Lumière du Ciel,
dans laquelle est le Sens spirituel de la Parole, influe dans la Lu-
mière natllrelle, dans laquelle est le S811S de la letlre de la Parole,
et éclaire l'Intellectuel de l'homme, qui est nommé le Ralionnel, et
fait qu'il voi 1 et J18connallles Dh'ins Vrais où ils se montrent et où
ils sont cachés: ces vrais avec la Lumière du Ciel influent chez
quelques-uns, parfois même à leur inSll.
La Parole dans &On sein intime, d'après son Sens céleste,
éLant comme uue flamme douce qui embrase. et dans son sens moyen,
d'après son Sens spirituel, comme une lumière qui éclaire, il en
résulte que dans son dernier, d'après son Sens naturel, elle est
comme un Objet diaphane qui reçoit l'un et l'autre, et qui d'après
la flamme est rouge comme pourpre, et d'après la est blanc
comme la neige; ainsi elle est respectivement comme un Rubis et
comme un" Diamant. d'après la flamme céreste comme un Rubis, et
d'après la lumière spirituelle comme un Diamant. Comme telle est
la Parole dans le Sens de la lettre, voilà pourquoi la Parole dans ce
Sens est entendue:
I. Par les Pierres précieuses, dont étaient composés les fon-
dements de la Nouvelle lérusalem.
<
RELIGION CHIŒTIENNE r
319
Il. Par r Urim et le Tlmmin sur 1 Ephod tl A haron.
III. Par les Pierres précieuses dans le Jardin fi Eden, oU il
"lst dit que le roi de Tyr avait été.
IV. Par les Rideazu:, les Voiles et les Colonne. du Ta6ema-
MCle.
V. Pareillement par les Externes du Temple de J érusalern.
VI. La Parole dans sa gloire il été représentée dans le Sei-
gneur, lorsqu'il a été transfiguré.
VII. La Puissance de la Parole dans derniers a été re-
présentée par les Naziréen.!.
VIIl. De l'inelfa61e Puissance de la Parole.
Mais chaque va 6tre séparément.
2t7. 1. LES VRAIS DU SENS DE fA LKTTRE DE LA PAil OLE SONT
ZNTB.'fD'ClI \'AR LES PIERRES PRJl:C1EUSES, DONT Jl:uIEN"r cOll'Posls
LES FONDElIENTS DE LA NOUVELLE JtnUSALElI', DANS L'ApOCALYPSE,
Ch.ap. XXI, fi à il,
Il a été dit ci-dessus, Na 209, que dans le Spirituel il ya
des Pierres comme dans leMonde naturel, el que leur
origine Spirituelle vient des Vrais dans le sens de la leure de la
Parole; cela parait incroyable, mais néanmoins cela est la vérité:
de là vient que dans la partout où sonL nommées les Pierres
précieuses, par elles dans le Sens spirituel sont entendus les vrais.
Que par les Pierres précieuses, dont les fondements de la muraille
autour de la Ville la Nouvelle Jérusalem sont dits avoir été cons-
truits, soien t signifiés les Vrais de la Doctrine de]a Nouvelle
Egtise, cela résulte de ce que par la Nouvelle Jérusalem est enten-
due la Nouvelle Eglise quant à la Doctrine d'après la Parole; c'est
pourquoi par sa Muraille et par les Fondements de la muraille, il
ne peut pas être en tendu autre chose que l'Externe de la Parole,
qui est le Sens de sa lettre, car c'est d'après ce sens qu'Il y a la
Doctrine, par ]a Doctrine ]'Eglise, et ce Sens est comme une Mu-
raille, avec ses fondements, qui entoure une yille et la met en sd-
reté. Voici ce qu'on lit dans ]'Apocalypse au sujet de la Nouvelle
l"érusalem et de ses fondements: \1 L'Ange mesura la Muraille de
la Ville de Jérusalem, cenl quarante-quatre c(ltldées, mesu,.e
d'Iunnme, c'est-à-dire, d'Ange. Et la Muraille avait douze
Fondements; de toute Pie,Te précieuie il, étaient ornés: le
1
1 -
11
320
LA VRAIE
premier Fondement (était) un jaspe; le second, un saphir; le
b'oisième, une chalcédoü,e; le gtuztrième, une émeraude; le
cinquième, un sardoni:l:; le si:l:ième, une sardoine; le septième.
tin ehryso/ithe; le huitième, un 6éryl; le neuvième, une topau;
le di.cième, une chrysoprase; le onzième, une hyacinthe; le
douzième, une améthyste. » - C h . ~ . XXI, {7 l 20: - s'il
"y avait douze fondements de Ja muraille, composés d'autant de
Pierres préciellses, c'est parce que le nombre douze signifie toutes les
-choses du vrai d'après le bien, i,ci par conséquent toutes les choses
de la doctrine. Mais ces paroles, comme aussi celles qui précèdent.
et celles qui suivent dans ce Chapitre, ont été particulièrement
expliqoées, et confirmées par des passages parallèles tirés de Ja
Parole Prophétique, voir dans NOTRE ApOCALYPSE ruvtLËE.
9U 8. II. LEs BIENS ET LES VRAIS DE U PAROLE DANS LE SENS DE.
lA LETTRE SONT ENTENDUS PAB L'rBIil ET LE TH'GlIIN S'GB L"EpHOD
D'ABARON.
L'Urim et le Thumin étaient sur l'Ephod d'Aharon, dont Je Sa-
cerdoce représeotait Je Seigneur quant au Dil'in Bien et quanl à
'J'Œuvre de la salvalion ; par les Vêlements du Sacerdoce ou de sa
sainteté étaienl représentés les Dhills Vrais procédant du Seigneur;.
par l'Ephod était représenté le Divin Vrai dans son Dernier, ainsi
la Parole dans le Sens de la lettre. car c'est là le Divin Vrai dans
son dernjer ; de là les douze Pierres précieuses, m'ec les noms des
douze Tribus d'Israël, qui formaient l'Urim et le Thumin, ont re-
présenté les Divins Vrais d'après le Divin Bien dans tout le com-
plexe. VOici ce qu'on lit sur ce flujet dans Moise: "Ils ferolZt l'E-
phod d'Hyacinthe et de Pourp"e, d'Ecarlate double teint et de
Fin Lin tissu; ensuite ils feront un Pectoral de Jugement comme
fOllUt'age à Ephod, et tu le rempliras de remplage de pierre;
quab'e rangs de pierre; Ru6is, Topaze. Escarboucle, premier
,.ang: ChrysDp"ase, Saphir, et Diama1lt. second rang: Cyanée.
Agathe. et Améthyste, troisième ,.ang: Thalassius, Sardoi7le
,t Jaspe, fuatrième rang. Ces pierres serout selon les Noms du.
fils d'Israël. à gravures de sceau à chacun seloH son Nom ellet;
seront, pour les dou.le Tribus. Et Aharon portera sur le Pecto-
1''0.1 de jugement r Urim et le Thumin; qu'ils soient sur le cœur
d'Aharon, gua'id Ü entrera devant Jéhovah. » - Exod. XXVllI,
.1.-."
RELlûlON CnRJtTIENNE.
3;U
_ 6, 4lS à !l, 30. - Ce qui a été représenté par les Vêlements
baroo, par soo Ephod, soo Manleau, sa Tunique, soni Turban, SOB
Baudrier, a été elpliqué dans les AacANÉs CÉLESTES, publiés l Lon-
dres, sur ce Chapitre, où il a été montré que par l'Ephod:était .
représeoté le Divin Vrai dan. son dernier i que par les Pierres
précieuses élaient représentés les Vrais qui brillent d'après le bien;
par douze eo quatre rangs, tous ces vrais depuis les premtersjus-
qu'aul derniers; par les douze Tribus, toutes les choses de l'EGlise;
par le Pectoral, le Divin Vrai d'après le Divin Bien dans le sens
universel; par l'Urim et le Thumim. l'éclat du Divin Vrai d'après le
Divin Bien les derniers; car Urim, c'est le reu qni brille; et
Thumim, c'est l'éclat dans la Langue Angélique, et l'intégrité.dans
la Langue Hébraïque; il Y a aussi été montré que les Réponses
étaient données par bigarrures de la Lumière, et en même temps
par une perceplion tacHe, ou de vive VOil i elc. D'après cela, 00
peut voir que par ces Pierres ont aussi été signifiés les vrais d'après
le bien dans le dernier Sens de la Parole; les réponses du Ciel ne
soot données que par ces vrais, parce que dans ce Sens le Divin
procédant est dans son Plein.
tt g, lU. LES KS:IlES BIENS ET LES Id:lIlES VRAIS SONT ENTKNDUS
PAR LES PlEURS PBECIEUSES DANS LJ: .JABpIN D'EDEN, OU IL EST DIT
QUB LB ROI DB Tu AVAIT td.
On lit dans Ezéchiel: ft Roi de Tyr, toi qui la mp-sure,
plein de sagesse et parfait en beauté; en Eden, le Jardan de
Dieu, tu as été; toute Pierre précieuse (a élé) ta couverture:
Rullis, Topaze et Diamant, Th61'lchish, SardOlU:& et Jaspe.
Saphir, Chrysop,'ase et Emeraude, et Or. JI - xxvnr, t i, t3.
- Par Tyr dans la Parole est signifié l'Eglise quant aUI connais-
sances du bien et du vrai; par le Roi le Vrai de l'Eglise; par le
Jardin d'Eden sont sisnifiées la sagesse et l'infellii;ence d'après la
Parole; par les Pierres précieuses, les vrais devenus lransparents
d'après le bien, tels qu'ils sOlll dans le Sens de la leure de la Pa-
role et comme ces vrais sont signifiés par ces Pierres, o'est pour
cela qu'elles sont nommées sa Couverlure; que le Sens de la leUre
couvre les intérieurs de la Parole, on le voil oi-dessus N- li3.
1!i!0. IV. LEs VRAIS BT LES BID'S DANS LBS DBRNIDS, TELS QU'ILS
SONT DANS LB SENS DI LA LBTTU DB LA PAl\OLB, ONT tri RBPIlt-
1. 21
1.
322
LA. VRAIE
. suTts PAil LES RIDEAUX, LES VOILES ET LES COLONnS DU TUEBnets.
Le Tabernacle construit par Moise dans le désert représentait le
Ciel et l'Eglise, aussi sa forme avait-elle été montrée par Jéhovah
sur la montagne du Sinaï; de les choses qui étaient daus
ce Tabernacle, savoir, lè Chandelier, l'Autel d'or pour-les parfums.
et la Table sur laquelle étaienlles Pains des faces, représentaient
et signifiaient les Saints du Ciel et de l'Eglise; le Saint des saints.
oh était l'Arche de l'alliance, représentait el par suite signifiait
l'intime du Ciel et l'Eglise; la Loi elle·même gravée sur les deul
tabies signifiait la Parole, et les Chérubins qui étaient lSur elle si-
gnifiaient les sardes afin que les saints lIe la Parole ne fussent pas
violés. Or, commeles Externes tirent leur essence des Internes, et
que les uns et les aULres tirent la leur de l'Intime. qui là était la
Loi, c'esl pour cela que les saints de la Parole étaient représentés
et I!ignifiés par loutes les choses du Tabernacle; il suit de là que les
derniers du Tabernacle qui étaient les Rideaux, les Voiles et les
Colonnes, c'est-l-dire, les couvertures, les contenants et les affer-
missements sisnifiaient les derniers de la Parole, qui sont les Vrais
et les Biens du sens de sa lettre: c'est. cause de cette signification
que Il tous la Rideallz et tous les Voiles furent laits de fin
lin tissu, et d'hyacinthe et de pourpre, et d'écarlate dOfl61e-teint.
à ehérubins. Il - Exod. XXVI, i, 3t, 36. - Ce qui a été repré-
senté et signifié en général et en particulier par le Tabernacle, et
par toutes les choses qu'il contenait, a été expliqué dans les ARCANES
Ct!.ESTES sur ce Chapitre de l'Exode, et il y a été montré que les
Rideaux et les Voiles représentaient les Externes du Ciél et de
l'Eglise, par conséquent aussi les externes de la Parole; que
le fin Hn signifiait le Vrai d'origine spirituelle i rhyacinthe. le Vrai
d'origine céleste; la pourpre, le Bien céleste i l'écarlate double-
teint, le bien spirituel; et les Chérubins, les sardes des int.érieurs
de 13 Parole.
!lU. V. LBS xtus VUlS KT LES IIbBS BIENS SQNT PABEILLK
lIENT ENTEJI(DUS P AB LES EXTEBl'Œ8 DU TEIlPLB DE JtRUSALEII.
Cela vient de ce que le Temple, de même que le Tabernacle, r&-
présentai rIe Ciel etl'Eslise, mais le Temple le Ciel où
1I0nt les Anses spirituels, et lit Tabernacle le Ciel oh 5O'nt les Anges
célestes; les Anies spirituels iont ceux qui sont dans la Sasesse
RELIGION tUÙTIENNE.
4'apres la Parole. et les Anles célestes ceUI qui sont dans l'Amour
d'après la Parole. Que le Temple de Jérusalem duale Sens suprême
ait signifié le Divin Humain du Seigneur, c'est ce que le Seigneur
Lui-Ilême ensei;ne dans lean : • Détruises ce Temple. el en trou
jours je le relèverai ;.il parlall, Lui. du TEIIPLB DB SON CORPS. D
-II. t9, 21; - et là où il est entendu le Seigneur, il est aussi
entendu la Parole. caril est Lui-Même la Parole. Maintenant. comme
les Intérieurs du Temple représentaient les Intérieurs du Ciel et de
par conséquent aussi ceUl de la Parole. il en résulte que
ses Extérieurs aussi représentaient el sipifiaient les extérieurs dll
Ciel et de l'Eglise. par conséquent aussi ceUI de la Parole, qui sont
488 choses appartenant au Sens de sa lettre. Au sujet des Extérieurs
du Temple. on lit a qu'ils furent construits de pierre entière
Bon taillée, et de Cèdre en dedans, et gue toutes les Murailla
en dedans avaient été sculplées de Chérubins, de Palmes et
d'ouvertures de Fleurs. et le sol couvert d'or.» -1 Rois, VI,
7, !!9, 30; - par toutes ces choses sont aussi signifiés les Externes
4e la Parole, qui sont les Saints du Sens de sa lettre.
!22. VI. LA. PAROLB DANS SA GLOIRE A:tTi REPRJ!:SENTtE DA.NS LB
SEIGNEUR, l.ORSQU'IL .l ÉTi TRANSFIGURÉ.
On lit an sujet de la Transfiguration du·Seigneur devant Pierre,
Jacque .. , eUelin. a gue sa Face resplendit comme le Soleil i que
,es Vllements devinrent comme la lumière; que Moise et Elie
Jurent 1J1JS s'entretenant avec Lui; qu'une Nuée brillante cou-
"rit /es Disciples; et que de la Nuée lut entendue une voiz,
disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-Le. » -Ilatth.
XVII, t à 6. -l'ai été instruit que le Seigneur alors représentait
la Parole; sa Face qui resplendit comme le Soleil, représentait le
Divin Bien de son Divin Amour; ses VêtelDents, qui devinrent
comme la Lumière. représelltaient le Divin Vrai de sa Divine Sa-
iesse; 1I0iae et Elie, la Parole Historique et Prophétique i Moise,
laParole qui fut écrite par lui et en général la Parole Historique;
el Elie, toute la Parole Prophétique; la Nuée brillante qui couvrit
les Disciples. la Parole dans le Sens de la lettre; aussi est-ce de
cette nuée qu'il fut en&enda une VOil, disant: Celui-ci est mon Fils
bien-aimé, écoutez-Le. En effet, tous les EnoDcés et toutes les Ri-
pOns. du Ciel ne se fon' jamais que par les Derniers, loIs qu'ils
32'
LA VRA.IE
SODt dans le Sens de la lettre de la Parole, car ces énoncés et ces
l'éponsesse Cont dans le l'Iein par le Seigneur.
113. VU. LA. PUISSANCE DB LA. PUOLB DA.NS LES DERNIERS A. !Ti
RBPRisENTÉE PAR LES N.u:lRtENS.
DanA le Livre des Juges, on lit au sujet de Samson, qu'il était
Naziréen dès l'utérus de sa mère, et que sa Puissance consistait dans
ses cheveux; Naziréen et Naziréat signifient aussi cheveux j que sa
Puissance ait consisté dans ses Cheveux, il re déclara lui-même, en
disant: Cl Le rasoir n'a pas monté sur ma parce que Na-
ziréen, moi Gesuis), dès rutérus de ma mère; si je suis rasé,
alors se retirera de moi ma force, et je serai rendu (ai6le, et
.erai comme tout autre homme • • - JUi. X.VI, i 7. - Personne
ne peut savoir pourquoi a été institué le Naziréat qui signifie Che-
veu, ni d'où vient que la Corce de Samson consistait dans ses Che-
Yeux, si l'on igDore ce qui est signifié dans la Parole par la Tête ;
la signifie l'intelligence que le Seigneur accorde aux Anges
et aux Hommes par le Divin· Vrai; de là les Cheveux signi-
fient l'intelligence dans les derniers ou dans les e"trémes d'après
le Divin Vrai. Comme c'est là ce qui était signifié par les Cheveux,
voilà pourquoi le statut pour les Naziréens était Cl de ne point raser
la chevelure de leur parce qu'elle étm't le Naz;iréat de
Dieu sur leur nte . • ..:..... Nomb. VI, t à il ; - et c'est aussi pour
œla qu'il fut statué, Cl que le et. ses Fils ne rase-
raient point leur l'die, de peur qu'ils ne mourussent, et que
contre toute la maison rI' Irall ne s'irritdt Jéhovah. • -:- Lév.
X, 6. - Comme les Cheveux, en raison de cette signification qui
provenait de la correspondance, avaient une si grande sainteté, le
Fils de l'homme, qui est le Seigneur quant à la Parole, est dépeint
auSsi quant à ses cheveux j il est dit a qu'ils étaient comme "ne
Laine Manche, comme de la neige,. - Apoc. I, U i -l'AllI·
CIEN DES lOU1\.IS est dépeint de la même manière, - Dan. VU, 9. -
Parce que les Cheveux signifient le Vrai dans les derniers, ainsi le
Sens de la lettre de la Parole, ceux qui méprisent la Parole devien-
Dent Chauves dans le Monde spirituel, el vice versd ceux qui onl
prisé beaucoup la Parole, et l'ont considérée cOlnme Sainte, appa-
raissent avec une Cbevelure convenable: à cause de celte corres-
pondance, il arriva que quarante-deux Infants Curent mis en pièces
.....
L
RELIGION CHBÉTIENNE.
325
p a ~ deux Ours, parce qu'ils avaient appelé Elisée Chauve, - n Rois.
D t3, ',f, ; - car Elisée:représentait l'Eglise quant l la Doctrine
d'après la Parole, et les Ours signifient la puissance du vrai dans les '
derniers. Si la Puissance du Divin Vrai ou de la Parole est dans le
Sen's de la leUre, c'est parce que dans ce Sens la Parole est dans
1Ion Plein, el parce qu'en lui sont ensemble et les Anges des deux
Royaumes du Seigneur et les. Hommes.
!I!4-. VIII. DE L'INEFFABLE PUISSANCE DE LA. PAROLE.
A peine quelqu'un aujourd'hui sait-il qu'il y a quelque Puissance
dans les vrais, car on s'imagine que le vrai n'est qu'une parole dite
par quelqu'un qui a la Puissance de la faire exéculer, que par con- \
séquent le vrai est seulelnenL comme un soume de la boucbe, et un
son dans l'oreille, lorsque cependant le 'Vrai eL le Bien sont les
principes de loutes choses dans l'un et l'autre Iionde, dans le Monde
Spirituel et dans le Monde Naturel, et lorsque c'est par eux que
l'Univers a été créé, et par eux que l'Univers esL conservé, et aussi
par eux que l'Homme a 6té fait; c'est pourquoi ces deux, le Vrai et
le Bien, sont tout dans toutes clloses. Que l'Univers ait été créé
par le Divin Vrai, cela est ouverlement dit dans Jean: «Au com-
mencement était la Parole, et Dieu étaÏl la Parole; toutes
choses par Elle ont été faite." et sans Elle n'a été. fait rien de
ce qui a été fait; et le Monde par Elle a été fait . • -l, f, 3,
iO; - et dans David: • Par la Parole de Jehovah les Cima ont
été faits. - Ps. XXXIII, 6; - dans l'un et l'autre passage par
la Parole esL enlendu le Divin Vrai, Puisque l'Univers a été crM par
ce Vrai, c'esL aussi par Lui qu'il est conservé, car de mc?me quela
Subsistance esL une perpétuelle Existence, de même la Conserva-
tion est une perpétuelle Création. Que l'Domme aiL élé fait par le
Dnrin Vrai, c'est parce que,toutes les choses de l'homme se réfèrent
1 l'Entendement et à la Volonté, et que l'EntendemenL est le Récep-
tacle du Divin Vrai, et la volonté le Réceptacle du Divin Bien;
par conséquent le !Iental humain, qui consiste en ces deux princi-
pes, n'est autre chose que la Forme du Divin Vrai eL du Divin BieD
'Spirituellement eL naturellement organisée, le Cerveau humain est
-cette Forme; et cqmme l'homme tout entier dépend de son Mental,
Ioutes les choses qui sont dans son corps sont des appendices, qui
:sont mis en action eL vivent par ces deux principes. D'après Mill.
326
LA VRAIE
espUc.tions, on peut maintenant voir pourquoi Dieu est venu comme
d,ans le, M'onde, et s'es, 1I0mmo ; ce fut à cause de la
Béde,mplion ; alors Dieu par l'Humain. qui étaiL le Divin Vrai,
s'ost revêtu de toute la Puissance. et il a repoussé, subjugué, ea
remis sous son obéissance les Enfers, qUI accrus jusque-
'Jers les Cieux où étaient les AnBes, et il a fait cela nou pas par une
Parole orale, mais par la Parole m"ine, qui est le Divin Vrai; et
ensuite il a ouvert entre les Enfers et lés Cieux un ,rand Abime,
qu'aucun de ceUI qui sont de ne peut francllir; si l'Ult
d'eui fait quelque tentative, il est torturé, dès Je premier pas ..
comme un serpent placé sur une. plaque de fer rouBe, ou sur un
monct'.&u de fourmis; car dès que les diables et les satans sentent
le Div.in Vrai, ils se précipitent aussitôt dans, le profond, et ils
s'enfoncent dans des cavernes, et les bouchen' 1\'00 tant de SOiD
qu'il n'y a pas une fente qui reste ouverle ; il en est ainsi, parce que
leur Voll;lnlé est dans les ln aux et leur Entendemenl dans les faux,
ainsi dans les opposés du Divin Bien et du Divin Vrai; et comme:
l'bom,me tout enlier consist6, comme il a été dit, en ces déuI prin-
cipes de la vie, voilà pourquoi ils sont frappés si forlement tout
depuis la tête jusqu'aux pieds, dès qu'ils sentent l'opposé.
D'après cela, on peut voir que la Puissance du Divin Vrai est ineffa-
ble; et comme'la Parole, qui est dans l'Éslise Chrétienne, est le
Contenant du Divin Vrai dans les trois degré:;, il est évident que
c'est elle qui est entendue dans Jean, - t, 3, to. - Que sa Puis-
soit ineffable, je puis le confirmer par un grand nombre de-
documents de l'expérience dans le Monde spirituel, mais comme ils
surpassent la foi ou paraissent incroyables, je me dispenserai de les
présenter, cependant on peut en voir quelques-uns rapportés ci-
dessus N° 209. De là résultera celle VERITE MÉlIIonABLB. que l'Eglise,.
qui est par le Seignenr dans les Divins Vrai's, prévaULsHr les Enfers,
et que c'est d'elle que le Seisneur a dit à Pierre: • Sur ce Roch.er
je 6âtirai mon Eglise, et les portes de l'En 1er ne prévaudront
paVlt contre elle. D - Matth. IVI, t 8 ; - le Seigneur a prononcé
ces paroles, après que Pierre eut confessé. gu/Il Itait le
le Fils du Dieu vivant, » - Vers. t6; - cette Vérité est enJeD-
due là par la Pierre; car par la Pierre partout dans la Parole il est
entendu le Seisneur aJl Divin, Vrai.
RELIGION' CBÜTI'ENNE.
3ft
v
LA. DOCTRINI DB L'EGLISB DOiT ft)1 P U I S ~ DANS LE SENS DB LA.
LEn'1E DB LA PnOLI_ ET ftU CONFIRKËB .A. C. Sns.
li3'. Dans l'Article précédent, il a éLé mon&ré que la Parole d,ns
le Sens de la leUre es' dans sem Plein, dans son Saillt, et dans sa
Puissance; et comme le SeiBneur est la Parole, et qu'il est le Pre-
mier el; le Dernier, ainsi qu'il le dit tui-Même dans l'Apocalypse,
-1. Ii, - il en résulte que le Sei,oeur est surtout présent dans
ce Bens, et.que d'après' ce sens il jnst'ruiL et illustre l'homme; mais.
cela va être démontré dans cet ordre:
1. La Parole sans la DoctrW n'est point comprise.
Il. La Boctri,."e doit Itre puisée dœlS le Sens de la lettre de la
PfJ7'ole.
m. Mais le Divù. Vrai, qui appartient à la Doctrine, ne se
montre qu'à cew; qui sont dans fillustration par III Seigneur.
226. LA. PAROLE SANS LA DOCTlWΠN'BST POINT COMPRISB.
Cela vient de ce que la Parole dans le Sens de la leure consiste eB
de putes Correspondances, afin que les Spirituels et les Célestes '1
soient en même temps, et que cbaque mot en soi"le contenant eL le
support; c'est pour cela que les Divios Vrais dans le sens de la
lettre sont rarement nus, mais ce sont des vrais vêtus, qui sont appe-
lés Apparences du vrai, et sont accommodés pour la plupart lIa
conception des simples qui n'élèvent pas leurs pensées au-dessus
des cboses qu'ils voient; il Y en a quelques-uns qui apparaissent
comme des contradictions, lorsque cependant dans la Parole, con-
sidérée dans sa lumière spirituelle, il o'y a aucune contradiction;
et·il ya aussi dans certains Passages, chez les Propbl!tes, des collec-
tions de Noms de lieux et de personnes, dont on ne peut tirer au-
cun Sens. Puis donc que la Parole est telle dans le Sens de la lettre,
on'pent voir qu'elle ne peut pas être comprise sans la Doctrine. Mais
des Exemples vont illustrer ce point: n est dit que. Jéhovah se
repent, D - Exod. XXXII, t'l, U: lonas, m, 9, IV, ! ; - et il
est dit aussi qIJe .• Jéliovah ne se repent point • • - Nomb. XXIH,
328 LA VRAIE
t9. 1 Sam. XV, t9 j - sans la Doctrine ces passages ne peuvent se
concilier. n est dit que. léhovah visite riniquité des pboes sur
les fils jusqu'à la troisième et à la quatrièml génératwn, • -
Nomb. XIV, 18 ; - et il est dit aussi que. ne mourra· point III
pboe pour le fils, ni le fils pour le père, mais chacun dans son
péché. » - Deutér. XXIV, 16; - ces passases lIont non pas en
discordance mais en concordance par la Doctrine. Jésus dit: ct De-
mandez, et il vous sera donné; cI.erchez, et vous trouverez;
heurtez, el il vous sera ouvert, » - Mauh, VII, 'i, 8. XXI, ~ t ,
tt ; - Sans la Doctrine, on croirait que chacun doit recevoir ce
qu'il demande, mais d'après la Doctrine on sait que tout ce que
l'homme demande d'après le Seignenr est donné; c'est même ce
qu'enseigue le Seigneur: ct Si vous demeurez ell Moi, el que mes
paroles en vous demeurent, tout ce que vous voudrez deman:
dez, et li vous sera lait.» - Jean, XV, 7. - Le Seigneur dit:
ct Heurera lespauvres,parce qtt' à euz est le Royaume de Dieu ••
- Luc, VI, iO ; - Sans la Doctrine, on peut penser que le Ciel est
aut Pauvres et non aux Riches, mais la Doctrine enseigne qu'il est
entendu les Pauvres d'esprit. car le Seigneur dit: ct Beureuz les
pauvres tlesprit, parce qu'à euz est le Royaume des Cieuz. D
- MaLLh. V, 3. - De plus le Seigneur dit: • Ne jugez point afin
que vous ne soyu point jugés, du jugement que vous jugerez
vous serez jugés, • - M'attb. VII, ~ , t. Luc, VI,·3'i ; sans la Doo-
trine, on peut être conduit l confirmer qu'i1 ne fal!t pas juger du
méchant qn'il est méchant; toutefois d'après la doctrine il est per-
mis de juger mais justement, car le Seigneur dit: cc D'tin Juge-
ment juste jugez. » - Je:ID, VII, 24. - Jésus dil: • Ne voua
laissez point appeler Docteur, car un seul est votre Doctet,r le
Christ j et n'appelez personne votre père sur la terre, car lm
seul e ~ t votre Père, Celui (qui esL) dans les CieUZj et ne soya
point appelés Maltres, car un seul est votre Maitre, le Christ ••
-IIauh. XXIII, 8, 9, t 0 j - Sans la Doctrine, il en résulterait
qu'il n'est·pas permis d'appeler quelqu'un Docteur. Père ou. Maitre,
mais d'apl'ès la Doctrine on sait que cela est permis dans le sens na-
turel, mais Don dans le sens spirituel. Jésus dit aUI Disciples:
II: Quand sera assis le Fils de r homme sur le Trdne de sa gloire,
tlOUS serez assis aussi, voua, sur dow:e Trdnes, jugeant le.
RELIGION CIlRÉTIENNE.
329
dOtUe TrilJus O,'ISf'all. '. - Matth, XIX. !8; - d'après' ces pa-
roles, on peut conclure que les Disciples du Seigneur doivent aussi
juger, tandis que cependant ils ne peuvent juger personne; la Doc-
trine donc cet arcane llar cela, que le Seigneur qui est
tout-sachant, et qui connaU les cœurs de lous, doit seul juger et peut
seul)uger ; et que par ses douze Disciples est entendue l'Église quant
l tous les vrais et à toua les biens qui lui ,'iennellt du Seigneur par
la Parole; d'où la Doctrine conclut que ces vrais et ces biens doi-
vent juger chacun, selon les paroles du Seigneur dans Jean, - III,
n, 18. xn, .17, 48. - Il Y a dans la Parole un grand nombre de
semblables à ceux-ci, d'après lesquels il est bien 'évident
que la Parole lians la Doctrine n'est point compristl .
. !!7. La Parole par la Doctrine esL non-seulement comprise, mais
même elle brille dans l'entendement. car elle est comme· un Chan-
delier avec ses lampes allumées j l'homme alors voit plus de choses
qu'il n'en avaiL vu auparuant, et il comprend aussi des cholles qu'il
n'avait pas comprises auparavant ; les choses obscures et discordantes
ou il ne les voit pas et les laisse de cOté. ou il les voit et les explique.
de sorte qu'elles sont d'accord avec la doctrine. Que la Parole soit
vue d'après la Doctrine. et soit aussi expliquée selon la Doctrine,
c'est ce qu'aLleste l'Expérience dans le Monde Chrétien. TOlls les Ré-
fOl'lllés voient)a Parole d'après leur doctrine, et expliquent la Parole
selon cetlle Docrine; de même les Catholiques-Romains d'après la
leur et suivant la leur; les Juifs aussi d'après la leuret suivant la leur;
conséquemment on y voit des faux d'après une Doctrine fausse, et des
vrais d'après une Doctrine vraie. D'après cela il est évident que la
vraie doctrine est comme un flambeau dans les ténèbres, et comme
un poteau indicateur dans les chemins.
i!8. D'après cela, on peut vofr que ceux qui lisent la Parole sana
la Doctrine, sont dans l'obscur au sujet de toute vérité, et que leur
Mental est vague et incertain, enclin à l'erreur, et facilement dia-
posé aux hérésies, qu'ils embrassent même, s'ils aspirent à.la faveur
ou à l'autorité, et que leur réputation ne coure aucun risque. La
Parole, en e1l'et, est pour eux comme un Chandelier salis lumière.
et ils voient dans l'ombre comme beaucoup de choses, et cependant
1 peine voient-ils quelque chose, car la Doctrine seule est un flam-
beau. J'ai vu de telles personnes examinées par les Anges, et il fut
,

3M 1A 'VRAIE
trouvé qu'elles poovaien.t coDfirmer d'apres la Parole ce qui leur
plaisait. et qu'elles confirment principalemeat ce. qui a rapport 1
l'amour d'elles-mêmes, et ll'amour de ceux auxquels elles s'iDté-·
ressent; mais je les ai vues dépouillées de vêtements, signe qu'elle,
étaieDt sans vrais; lA, les vêtemeDts soDtles vrais.
t!9. B. LADoCTllll'f1 DOIT:iTRB ,man DAIf&LlSBI'fSDlLAu:m&
DI LAPAllOLI, ET t'ru CONFlBIlÉE'All CI SINS.
La raison de cela, c'est que le Seiglleur est preseDt daDs oe SeDS,
etqu'il enseigne et illustre, oar le Sei;Deur D'opère jamais que daDs
le Plein, et la Parole dans le Sens de la leUre est daDs son plein,.
comme il a été montré o i ~ d e s s u s ; de là résulte que la DootriDe doit
être puisée dans le sens de la lettre. La Doctrine du Vrai réel peut
même être puisée pleiDemeDt daDs le sens IiUéral de la Parole;
car, daDs ce Sens, la Parole est comme UD bomme vêtu" dont la
face est nue, et dont les maiDs aussi sent Dues; toutes les choses
• qui appartiennent l la foi et à la vie de l'homme, ainsi oelles qui
appartienneDt A son salut, y SODt nues; mais toutes les autres sont
vêtues; et daDs plusieurs endroits, où elles ont été vêtues, elles sont
vues à travers leur ,·êtement, comme on veit une femme l traver ..
une gaze léa-ère placée devant sa face: et même les Vrais de la Pa-
, role brillent et se montrent ainsi de plus en p!us clairement, seloD
qu'ils sont multipliés d'après l'amour qu'on a pour eux, et seloD
qu'ils sont mis en ordre par cet amour.
130. On pourrait croire que la Doctrine du vrai réel peut êt1'8'
acquise par le Sens Spirituel de la Parole, qui est donné par 111
science des correspondances; mais par ce Sens la Doctrine n'est pas
acquise, elle est lIeulemenl illustrée el corroborée; car, ainsi qu'il
a été dit précédemlDent, ND !08, l'homme peut falsifier la Parole
par quelques Correspondances qu'il connalt, eD les liant ensemble·
et eD 16.11 appliquant pour confirmer ce qui est attaché à SOD Mental
d'après uo principe arrêté. D'ailleurs le Sens spi.rituel n'est donné
l qui que ce soiL que par le Seigneur Seul, et le Seigneur veille sur
le Sens spirituel comme il veille sur le Ciel angélique, car ce Ciel
est dans ce Sens.
13t, III. LB VUI RËEL, QUI DOIT APPARTENlll A Ll DOCTRINE. NE
BE 1I0NTllE, DANS LI SENS DI LA LETTRE DB LA PAROLE, QO'A ClUX
QUI SQNT D.L"(S L'ILLUSTRATION PAll LE SElGNEUR,
L
RELIGION CHRETIENNE.
331
L'illustration ylent du Seipeur seul. el elle est cbez ceUI qui
.aiw.ont les vrais parce qu'ils SO.lt deI vrais. et qui les font usales da
la vie; cbez les autres, il D'y a pas ilIustraLioD dans la Parole .. Si .
l'iHustratioD vient du Seigneur Seul, c'est parce qne la Parole vient
de Lui. et que par suite il est Lui-Même dans la Parole; si l'illus.-
tratiop est cbez ceUI qui aiment les nais parce qu'ils sont des
et qui les font usages de la vie. c'est parce que ceux· là sont dans le-
Seigneur. et que le SeiGneur est en eux. car le Seigneur est la
rUé elle-même, comme il a été mootré dans le Cbapitre sur le Sei-
peur i ét alors le Seigneur est aimé. quand on vii selOD ses Di-
vins vrais, ainsi quand des uSliIes SODt faits d'après ces vrais. se-
Ion ces paroles dans Jean: • En ce jour-là vous connatereJ que
Vo.us (êtes) en Moi, et Moi en vous; celui qui a mes précepte,
et les/ait, celrli-là M'aime. et Moijelaimerai, et je Me man ..
lesterai à lui; et je viendrai à lui, et demeure elles
lui je ferai. li -XlV, !O. If. !3.-Voilà ceux qui sODtdans
l'Ulustration quand ils lisent la Parole, et cbez lesquels la Parole est
dans son éclat et dans sa tranllparence. Si cbez eux la Parole est
dan.s SOD éclat et dans sa transparence. c'est parce. qu'il '1 a daDs
cbaque chose de la Parole un Sens spirituel et un SeDS céleste. et
qqe ces Sens sont dans la Lumière du Ciel: c'est pourquoi par ces
Sens. et par leur lumière. le Seigneur intlue dans le Sens naturel de
]a Parole et dans sa lumière chez l'bomme; de là l'homme d'après
la perception intérieure reconnalt le Vrai. et ensuite dans sa pensée
il le voit, el cela toutes les fois qu'il ut dans l'aft'ection du vrai
pour le Vrai; car de l'aft'ection vient la perceptiOfl, de la perception
la pensée, et ainsi arrive la reconnaissance. qui est appelée
roi.
t3!. Le contraire arrive à ceux qui lisent la Parole d'après la
Doctrine .d'une ReliiPon fausse, et pJus particulièrement à ceux qui
confirment celte Doctrine par la Parole, et qui ont alors en vue
leur propre gloire et les ricbesses du Monde; cbez eux les Vrais de
la Parole sont comme dans l'Ombre de la nuit, et les faul comme
dans la lumière du jour; ils lisent les Vrais, mais ils ne les voienc
pas. et s'ils en voient J'ombre. il