II

LA VRAIE

RELIGION CHRÉTIENNE
OOIllTEft'll'lT

TOUTE LA THÉOLOGIE
DE LA. NOUVELLE tGLISE
PrMite par le Seigneur dans Daniel, VII, t3, U i et dans l'Apocalyple, m, t, 2.
N.B

ElIIlUA!'tlITEL

8WEDE~BOBG
"~• ..(lIuo,,

Serviteur du Seigneur

PA. 01. F. E. LE BOY8 DES GUAY8.
Sur l~itiOD prlncepa (A.llllltnfl", .77t).

SECONDB ÉDITION

TOME SECOND

A. la Librairie, t9, rue du Sommerard.
1.0......... SWIIIBIIIORG SOCIII'I'Y, 36, Bioomsbol'J' Street, V. C.

......
4878

Wew·I_k
NBw CutllCB BOOK-RooK, 20, Cooper Union.

LA VRAIE

RELIGION CHRÉTIENNE


SAINT-AlIWtiD (Cnu). - IMPnU1ERIE DE DESTENAl
Ruo Lara)'elte, '10.

',11..........-----------------------------------------

LA VRAIE

RELIGION CHRÉTIENNE
COIftBIUIfI'

T·OUTE LA THÉOLOGIE
DE LA NOUVELLE ÉGLISE

PrMite par le Seigneur dana Do.niel, VII, IS, li; et dans l'Apocal;rple, XXI, i, 2.
PAB

E~IIU.l.LW~EL 8WEDB~BOBG
Serviteur du SclgDOIU'
"~....autM

1

PA.'. F. E. LE BOYS DES GUA.YS.
Sur l·é.1l11oo prInc.p. (Aaultrdlm. t'l'lt).

SECONDE inlTION

TOME SECOND

A la Librairie, i9, rue du Sommerard.
SWl!DIllIOa& SOCIIITf,

......
4878

1.0..-38, Bioomsbary Street, V. C.

"New·"York
NEW r.111C11 BOOII:;ROOB,

20, Cooper Union.

LA. VRAIE

RELIGION CHRÉTIENNE
COllTBK.u!'r

TOUTE LA THEOLOGIE
DU NOUVEAU CIEL ET DE LA. NOUVELLE toLiSE

CHAPITRE HUITIÈME


DU LIBRE A.RBITRE

463. Avant que je vienne tout préparé pour exposer le Doctrinal de la Nouvelle Église sur le LIBRE ARBITRE, il est nécessaire que je présente d'abord ce que l'Eilise d'aujourd'hui enseisne l'ur ce ' sujet dans ses Livres dOiIDaliques, parce que sans cette précauLion, l'homme qui a une raison saine et de la reliBion pourrait croire qu'il n'est pas important d'écrire quelque chose de nouvelll sur ce point, car il dirait en lui-même: «Qui ne sait que l'homme a le Libre Arbitre dans les choses spirituelles r Autrement, pourquoi les Prêtres prêcheraient-ils de croire en Dieu, de se convertir, de vivre selon les préceptes de la Parole, de combattre contre les convoitises de la chair, ~t de se disposer à devenir une DOUnlle créature!» oulre plusieurs autres choses semblables. Cet homme donc ne pourrait s'emp6cher de penser en lui·même que ces prédications ne seraient que de vaines paroles, s'il D'y avait
u
f.

Id Z ,

!

aucun T.ibre Arbitre dans les choses dll salut. eL qu'il y aurait cie la folie à nier le Libre Arbitre parce que ce seraiL parler contre le sens commun. Mais que cependant l'Église d'aujourd'hui marche dans une route oontraire. et qu'elle jeLte le Libre Arbitre hors de ses Temples, on peut le voir d'après le Livre appelé FORJIULB DB CONCORDB sur lequel jurent les Evanséliques. surtout d'après les passages qui sui\'ent. Qu'il y ait une semblable Doctrine et par suite une semblable Foi sur le Libre Arbitre chez les Réformés, ainsi dàns tout le 'Monde Chrétien. par conséquent en Allemagne. en Suède. en Danemark, en AnBleterre et en Hollande, on le voit d'aprèa leurs Livres dogmatiques. Voici donc les passaies extrai18 de la FOR)IlILE DE CONCORDE, Edition de Leipsik••nnée 1736. • .(6\ .• 1. Les Docteurs de la Confession d'AuBsbouri affirment " que l'homme par la chute de nos premiers parents a été entiè• rement corrompu, au point que dans les choses spirituelles. qui • concerDent notre conversion et notre salllt. il esl avel1&le par » nalKro, qu'il ne comprend et ne peut comprendre la Parole de If Dit:~1 lJuand elle est prêcllée, mais qu'il la reiarde comme une • chose extravagante. et qu'il ne s'approche jamais de lui-même » ,'ers Dieu, mais que plutôt il est et demeure ennemi de Dieu, » jn~qu'à ce que par la vertu de l'Esprit Saint, au moyen de la Il Parole prêcl1ée et entendue, il soit ,converti, Bratifié de la foi, » ré.;énéré et renouvelé, par pure grâce, sans aucune coopération » de sa part, pai. 656. Il. Nous croyons que l'entendement, le Il cœur et la volonté de l'homme qui n'est pas rené ne peuvent » absolument rien comprendre, croire, embrasser. penser, vou» loir, commencer, perfectionner. faire. opérer et COOIJérer. dans • les cboses spirituelles et Divines par les propres forces oatu» relies, mais que l'homme est entièrement corrompu el mort » pour le bien, au point que dans la nature de l'homme après la clmte, avant la ré~én6ralion, il o'est pal même demeuré u'ne » étincelle de forces spirituelles, par lesquelles il puisse se prépa• rer" la grâce de Dieu. ou la saisir quand elle lui est offerte. ou » se rendre propre et habile Il la recevoir par lui-même, ou par Il ses propres forces, contribuer, aiir, opérer ou coopérer de soiIl même ou comme de soi-'même ~ sa conversion, soiL en tout, soit » par moitié, SOil en la plus petite partie; mais que l'homme est
1)

• 1
,1

li

RELlGION· CBR~TIENNE. 3 • l'esclave du péché et le sujet de Salan, par qui il est mis en ac.. tio»". d'où il résulte que IiOU Lib,'e arbitre naturel, en raison dos • forces,corrompues et de sa nature dépravée, est soulement actir • et efficace pour les choses qui déplaisent et sont contraires l • Dieu, pag, «US6. III. L'homme dans Jes choses civiles -et natu• relIes est industrieux et ingénieux; mais dans les choses spi ri• tuelles et divines, qui concernent le salut de l'âme, il est sem• blable l une souche, à une pierre, • la statue de sel de la femme 11 de Loth, qui n'onll'usage ni des yeux, ni de la bouche, ni d'au• çun autre sens, pag. 66t. ry. L'homme néanmoins a la puis• sance de se mouvoir ou de diriger ses membres externes, il peul ,. écouter l'Évangile et en quelque sorte le méditer, mais dans ses • pens~es secrètes il Il mépris" cependant comme cl10se extrava» gante, et ne peut y croire, et en cela il est pire qu'une souche, • l moins que l'E!lprit Saint ne soit efficace on lui, el qu'il n'enD ~amme et n'opère la foi, et les autres vertus approuvées de D Dieu, et l'obéissance, pag. 862. V. On peut dire, avec quelque .. raison, que l'homme n'est pas une pierre ou une souche '; la » pierre ou la souche ne résiste pas, et ello ne ~o!llJlrend pas ou • ne sent pas ce qui se fait on elle, comme l'boli1we par sa vo» lonté résisto à Dieu, jusqu',. ce qu'il ail été tourné vers Dieu; • et c'ost une vérité que l'hoBIme avant 1.. conversion est une • creature rationnelle, qui a l'entendement, mais non dans les • cboses Di\'Ïncs, et la volonté, mais non pour vouloir quelque » bien salutaire i mais néanmoins Il ne pent contribuer en ri on l » sa conversion, et en cela il est Ilire qu'une souche ou qu'une • pierro, pag, 671, 673. VI. Toute la conversion est l'opération, Il le don ct l'œurre du seul Esprit Saint, qui l'effectue et l'opère » par sa vertu et sa puissance, au moyen de la Parole, dans l'en• tendement, le cœur el la volonté de l'homme comme dans un • sujet patient, où l'homme n'agit en rien, mais seulement laisse » agir i toutefois, cela ne Se fait pas comme lorsqu'une statue est 1) formée avec une pierre, ou lorsqu'un sceau est imprimé dans la 1) cire, parce" que la cire n'a ni connaissance, ni volonté, pag. 68t. " VII, Selon les assertions de quelques Pères et de quelques Doc» teurs modernes, gut Dieu attirt ct/IIi gui veut ~"'e attiré, la • volonté de l'homme serait pour quelque chose dans la converl

t ,.

'J

1

1. , ,

, ,
~

~.

,,

,"

'

1
1
1

1
1

l

LA VRAIE JI &ion; mais ces assertions ne sont point conformes aux paroles. JI sacrées, car elles confirmen t une fausse opinion snr les forces III de)' Arbitre humain dans la conversion. paie 58!t. VIII. Dans Il les cho~ el ternes du lJondQ, qui ont été soumises. la raison. JI il a encore été laissé li l'homme un peu d'entendement, de • forces et de facultés, mais ces misérables restes sont extrême• ment faibles, et même quelque petits qu'ils soient ils ont ét~ • infectés de venin par la maladie héréditaire, et ils onL été cor• rompus, au point qu'ils ne sont d'aucune importance devant III Dieu, pa~. 6U. IX. L'homme da,ns la conversion, d'après la,,:, » quelle de fils de colère il devient fils de srlice, ne coopère point » avec l'Ellprit Saint, car la conversioo de l'homme est l'ouvrage » de l'unique eL seul Esprit Saint, page !t9, 5\ 9 et suiv., 663 et » suive App. pag, US. Cependant l'homme rené par la vertu de JI l'Esprit Saint peut coopérer, quoique sa faiblesse li concourir » soit encore irande ; et il opère biën selon et aussi lonstemps. • qu'il est conduit, régi et souverné par l'Esprit Saint; mais néao» moins Il ne coopère pas avec l'Esprit Saint de même que deut Il chevaux tratnent ensemble 110 char, page 6n. X. Le Péché d'o» rigine n'est point une sorte de délit qui se commet par acfe, Il mais il est in timement tenu attaché li la nature,. la substance JI et li l'essence de l'homme; il est la source de tous les péchés Il actuels, comme sont les mauvaises pensées, les mauvaises paJI role.o;, les mauvaises actions, page 1$77. CetLe maladie hérédi• taire, par laquelle toute la nature a été corrompue, est un borD rible péché, et même le principe et la tête de tous les péchés.. JI d'où proviennent toutes les transgressions comme d'une racine Il et d'une source, pas. 640. Par ce Péché, comme par une lèpre JI spirituelle totalement répandue dans les viscères intimes et dans JI les replis les plus profonds du cœur, la nature est tout entière » infecte et corrompue devant Dieu ; et • cause de cette corrupD lion la personne de l'homme est accusée et condamnée par la • loi de Dieu, LeUemenL que par nature nous sommes des fils de Il colère, des esclaves de la mort eL de la damnation, à moins que JI par le bénéfice du mérite du Christ nous ne soyons délivrés de • ces maux et sauvés, pas. 639, De 1. il Ya un manque total ou une » privation totale de la justice orilinelle concréée dans le Paradis

,

RELIGION CB:IŒTIENNE.
a ou de l'imase de Dieu, et par suite UDe impui~nce, une inep• tie et une stupidité, qui rendent l'homme absolument inepte » pour toutes les choses Divines ou spirituelles. Au lieu de l'imaB8 • de Dieu perdue dans l'homme, il y a une corruption intime, très-mauvaise, très-profonde, impénétrable, indicible, de toute • sn nature, et de loutes ses forces, surtout des facultés supé• rieurss et principale~ de l'âme, daDs le men la!, l'enlendemeDt, • le cœur et la voJonlé, pas .. 640 •. 465. Tels sont les préceptes, [es dOBQles et les points consacrés de l'Église d'aujourd'hui sur le Libre Arbitre de l'homme dans les choses spirituelles et dans les naturelles, et aussi sur le Péché oriBinel i ils ont élé rapportés ici, afin que les prépeptes, les d9Bmes et les points consacrés de la Nouvelle Église sur ces deux sujels 58 présentent avec plus d'évidence, car par ces deux. formes mises aInsi en regard, la vérité se montre dans la lumière, comme il arrive pour les Tableaux dans lesquels une Figure difforme est mise l cOlé d'une FiGure belle; en les voyant ensemble. la beauté de l'une et la ditrormité de l'au Ire se présentent clairement devant l'œil. Les poinls consacrés de la Nouvelle Église sonl ceux qui suivent.
1)

.
Les deux Arhres placés dans k Jardin d'Éden, (fin de vie, l'autre de la science du lJien et du mal, signifient qw le LilJre Arhitre dans les choses spirituelles a été donné li lhomme.

466. Que par Adam çt Ève, dans le Livre de Moise, il ne soit pas entendu des .lJommes créés les premiers de tous, c'est ce qua beaucoup d'hommes ont cru, et pour le confirmer ils ont présenté des arguments concernant les Préadamites d'après les computs al les Chronologies cllez quelques Nations; puis aussi d'après ces paroles de Cain le Premier-né d'Adam à Jéhovab: Errant et fugitif je ser.ai sur la terre, et il an'ivera que quicOllqU8 me troUtJera me tuerai c'est pourquoi léhovah mit sur Cain un

-GeD. IV.

signe, pour que quico"gue le trouverait ne le tutit point . • {~. u. - • Et après qu'il fut sorti de devant les laces

LA: VIWE .de JéhovaA, il habita dans la terre de Nod, el il (.deit une ville. » - Vers. t 6, t.7 : - ils ont conclu de Il 'Clue la terro avait été lilbitée lVant Adam. Que par, Adam et son Épouse il soit entendu. une Très-Ancienne Ëglise-sur celte Terre, cela a été démontré en plusieurs enJroits dans les ARCANES CIl:LESTBS publiés par moi l Londres; il a aussi été démontré, dans cet puvrage, que par le Jardin d'Éden il estenlendu la sagesse des hommes de ceUe Église; par l'Arbre de vie, le Seigneur dans l:homme et l'homme daus le Seigneur j par )' Arbre de la science du bien et du mal, l'homme Don dans le Seigneur mai& dans son propre, lei qu'est l'homme qui croit faire par lui-même toutes choses, même le bien; et que par manger de cet Arbre, il est entendu Il'approprier le mal. -167. Dans la P:Ïrole il est entendu par le Jardin d'Éden non pas quelque Jardin mais l'Intelligence, eL par l'Arbre Don pas quelque Arbre, mais l'homme: que le Jardin d'Éden signifie l'Intelligence eL la Sagesse, on peut le voir par ces passnges: • DANII TON 11'1TELLIGEXCE ET DANS TA SAGESSB tu t'étais fait des richesses ; en ÉDBN LB JARDIN DE DIEU tu as élé; toute pierre précieuse (était) ta couverture. » - Ézéch. XXVIU. -l, HI, t3. - Ceci est dit du Prince etdu Boi de Tyr, à qui la sagesse est attribuée, parce que Tyr dans la Parole signifie l'Église quant aUI connais.~ances du vrai eL du bien v"ar leS(IUelles il y a la sagesse; les pierres précieuses qui étaient sa couverture signifient aussi les connaissances du vrai et du bien i en effet, le Prince et le Roi de Tyr n'ont point été dans le Jardin d'Eden. Et ailleurs dans Ézéchiel: a Aschu,. était un cèdre dang le Liban: les cèdres ne l'ont point caché dans le JARDIN de Dieu; aucun  rb,'e dans le JARDIN DE nlBU ne lui fuI pat"eil en 6eaulé; Ile lui éto,i.ent envieux tous les AURES D'EDEN DANS LB JARDIN DE DIEO. D - XXXI. 3, 8, 9 ; et plus loin; • A qui as-tu élé fait semblable ainsi en gloire el en grandeu,. parmi la ARBRES D'EDBN rD - Vers. S8; - cela • étédit d'Aschur, parce que dans la Parole il sisnifie la Rationali té el par suite l'llItelligence. Dans Ésaïe: a J éI,ovah consolera Sion, et il rendra son désert comme EDEN, et sa solitude comme le JARDI" DB JBHOVAB" JI - LI. 3 ; - là, Sion est l'Église; Éden eL. le Jardin de Jéhovah sonL la sagesse et l'intelligence. Dans l'ApoeaJypse: • A celui gui "mncra, je lui donnerai d manger di-

6

~

·

RELIGION CHRÉTIENNE. . '7 l'ARBRE DB vlIc,.qui est dans le milieu du PARADIS DB DIBU •• D. 7. - • Dans le milieu de la place et du fleuve defa el delà sera (ARBR'I DI VIB. Il - XXII. 2. - D'après ces passages il est bien évident que par le Jardin en Éden, dans lequel Adam est dit avoir été placé, il est enlendu l'Intelligence el la Sagesse, puisqu'il est dit la même chose de Tyr, d'Aschur 8i de Sion. Le Jarcl D signifie l'Intelligence encore 'ailleurs dans la Parole, par exemple dans Ësaie, - LVlU. 12. LXI. 41. Jérêm. XXXI. t!. Amos, IX. U. Nomb. XXIV. 6. - Ce sens spirituel du Jardin tire son oriSiDII des représentations dans le Monde spirituel i il Y apparatl des Paradis, là où les Anies sont dans l'Intcllisence et dans la 'Salesse i l'Intelligence même et Ja Sagesse même qui SOllt en eux par le SeiBneur, présentent de tels objets devant eux i et cela se fait d'après la correspondance, car toutes les choses qui existent dans le Monde spirituel sont des Corresllondallces. 468. QUIII' Arbre signifie l'homme, on le voit par ces passages dans la Parole: Il Tous les Arhres du cl,amp connatlront que Moi. léhovah, j'humilie r Arhre élevé, j'élève r Arhre humhle, je fais sécher rArhre vert, et je fais pousser 1',Arhre sec . • Ézéch. XVII. il. - cc Heu,-euz celui 9ui. dans la Loi met son pla~ sir, il sera comme un Arhre planté p"ès de ruisseaux d'ear.u;. gui donnera sonp'uit en son temps . • - Ps. 1. i, 3. Jerém. X\·U. 8. - Il Loueslél,ovah, Arhresfruitiers • • - Ps. CXLVIII. 9. • Ils sont rassasiés, les Arhres deléhouah. Ps_ CIV. ,16.Il La cognée à la raCÏTte des Arhres est placée, tout ,Arh,-e ne produisant pas de fruit hon sera coupé. Il - Mauh. DI. iO. VU. il 21. - Il Ou/aites l'Arhre hon el son frllit hon, ou faites' •Arbre mauvais et son fruit mauvais. car par le fruit 1Arh,-e est conTlU . • - Matth. XU. 33. Luc, VI. 43, U. - cc J'allumerai un feu qui dévorera tout Arhre vert et tout Arhre sec• • - Ézéch. XXI. 3. - ComlDe l'Arbre sisnifie l'homme, voilà pourquoi il a êL6 statué, • que le fruit del'Arhre servant d la nourriture dallS la., Tm-e de Canaan serait circoncis. D - Lévil. XIX. !3, U. Comme l'Olivier sisoifie l'hoOlme de l'Ëslise céleste, il est dir des deor. témoins quI prophétisaient. qu'ils itaient les deuz oliviers gui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre. Il - Apoc. XI. '. - pareillemenL dans Zach. IV. 3. H, t!; - et dans DaJI -

l6

LA. VRAIE .8 vid: Il Moi,je suis UII olivier verdoyant dans ,a maison de Dieu. » - Pli. LII. t 0 ; - et dans Jérémie: « Olivier verdoyant 6eau par le fruit Jéhovah avait appeld ton nom. • - XI. f 6. f 7. - et plusieurs alltres passages, qui sonL en trop grand nombre pour être rapportés ici. "69. Quiconque aujourd'hui est intérieurement sage peut percevoir ou conjecturer, que les choses qui onL été écrites sur Adam et sur son Épouse enveloppent des Spirituels, que personne jusqu'à présent n'a connus, parce que le Sens spirituel de la Parole n'a point été découvert avant ce moment-ci: qui est-ce qui ne peut entrevoir que Jéhovah n'aurait pas pla"é dans un jardin deux Arbrcs, et l'un d'eul comme piége, sinon pour une certaine représentation spirituelle rQue pour avoir mangé du fruit d'un certain Arbre, Adam et tve aient été maudits, el que cetle malédiction ait éLé auacbée à chaque homme aprè.~ eUI, de sorte que tout le genre Immain ait été damné pour la faule d'un seul homme, dans laquelle il n'y avaiL aucun mal de convoitise de chair et d'iniquité de cœur, cela ne cadre nullement avec la Justice Divine; surtout, pourquoi Jéhovah n'a-t·i1 pas détourné Adam d'en manser, puisqu'il élait présent et le voyait, et pourquoi n'a-t-il pas jet~ 1., serpent dans l'Ablme avant qu'il séduisi~ l'homme r .Mais, mon ami, Dieu ne l'a pas fait, parce qu'il aurait ainsi enlevé 1. l'llo!DiIle le Libre Arbitre, d'après lequel cependant l'homme est un homme el non IIne bêle; quand on sait cela, on voit avec clart6 que le Libre Arbitre de l'homme dans les choses spirituelles a été représenté par ces deul Arbres, l'un conduisant à la vie, l'autre l la mOI't. En outre, le mal héréditaire \le découle pas de là, mais il vient de!! Pal'ents, qui tran!;metlent aUI enfams l'inclination au 'mal ddllS lequel ils ont été eux-mêmes; qu'il en soit ainsi, c'est ce que peut voir quiconque examine les mœurs. les caractères et les faces tl'enfanls, et m~me de familIas qui proviennent d'un Blême Père i luais toujours est·i1 que dans la famille il dépend de cbaque membre. s'il le veut, de s'adonner 1 ce mal ou de s'en retirer, puisque chacun est laissé à son propre arbitre. Quant fi ce qui est spécialemen t signifié par l'Arbre de vie et par l'Arbre de Ja science du bien et du mal, cela a été pleinement exposé. daos le Muou.BLE oi-dessus, N° 48, auquel on peut se reporter.


RELIGION CHRJ1:1'IENNE.

9

L'homme n'est point la vie, mais il est un Réceptacle de la vie qui procède de Dieu.
470. On croit oommunément que la Vie est daus l'homme une chose qui lui appartient, qu'ainsi l'homme est non-seulement le réceptacle de la vie, mais aussi la Vie j si l'on croit communément ainsi, c'est d'après l'apparence, parce que l'homme vit, c'est-lI·dire, sent, pense, parle et agit, absolument comme par lui-même; c'est pourquoi ceUe proposition que l'homme est un réceptacle de la .ie et Don la Vie, ne pêut être considérée que Domme quelque chose dont on n'a pas encore entendu parl.r, ou comme un paradole opposé lIa pensée sensuelle, parce que cela est opposé à l'opparenee, La callse de celle foi illusoire que l'homme aussi est la vie, que par conséquent la vie a été créée en l'homme. et a ensuite été en~ gendrée par transmission (per traducem), je l'ai déduite de l'apj,arance, mais la cause de l'illusion d'après l'apparence vient de ce que la plupart des bommes aujourd'hui sonL naturels, et que trèdpeu sonL spirituels, et dl! ce que l'homme naturel juge d'après les appareil ces et par suile d'après les illusions, et que colles-ci sonl i1iamétralement opposées Il ceUe vérité, que l'homme est seulement un réceptacle de la vie et non la vie. Que l'homme ne soiL pas la vie, mais qu'il soiL un réceptacle de la vie qui procède de Dieu, on le voit par ces témoignages évidents, que Loutes les choses qui ont été créées sont en elles-mêmes finies, et que l'homme, parce qu'il est fini, n'a pu être créé que de cboses finies; c'est pourquoi, dans Je Livre de la Création, il est dit qu'Adam a ëté fait de terre et de poussière de la terre, d'où lui vient même son nom, car Adam siiuifie l'humus de la terre; et tout homme en actuali lé D'est composé que de cboses qui sont dans la terre, et d'après la terre dans les atmosplièrell; celles qui sont dans les atmosphères d'après la terre, l'homme les absorbe par les poumons et par las )lores de tout le corps, et les plus grossières il les prend par les aliments qui pro\"iennellt de la terre. Quant l ce qui concerne l'Esprit de l'homme, il a aussi été créé de cholies finies; qu'est-ce que l'esprit de l'bomme, sinon le réceptaole de la vie du mental r Les

LA VRAIE choses finies, dont il est oomposé, sont des substances spirituelles, qui sont dans le IIonde spirituel, et qui ont auui été transportées dans notre terre, et y ont été renfermées i si elles n'étaient pas en même temps aveo les subslanoe.'1 matérielles, aucune selDence ne pourrait être imprésnée par les intimes, ni par suite croitre d'une manière merveilleuse sans aucLlne déviation depuis le premier jet jusqu'aux frllits l et jusqu'l de nouvelles semences; et aucun ver De serait procréé des effluves provenant de la terre, ni de l'exhalaison des vapeurs des véSéLaUI, dont les atmosphèrt',s ont été imprégnés. Qui est-ce qui peut, d'après la raison, penser que l'Infini PUi5S8 créer autre ehose que le fini, et que l'homme, élant fini, soit autre chose qu'une forOl; que l'Infini peut vi\'ifier d'après la vie qu'il a ell lui-même; c'esL là ce qui est entendu par ces parole.'1: flléllOval, Dieu lo,.",a l'homme, poussière de la terre, et "soufila dans ses1Zarmu une dme de vies. D - Gen, 11. 7. - Dieu J parce qu'il est Infini, est la Vie en Soi-Même, il ne peut la créer ni par conséqutlnt la transcrire dans l'homme, car cc serait le faire Dieu i penser que cela a été fa il, ce fut la Colie du serpent 011 du diable, et d'après lui celle d'Ève et d'Adam, car le se~pent dit: fi Au, jou,. où vous mangerez du fruit de cet ArlJre, ouverts seront vos yeux, et vous serez comme Dieu. D - Gen. Ill. 5. - Que cette abominable persuasion, que Dieu s'est Iransfu!lé ct transcrit dans les hommes, ail existé cbez les hommes de la Très-Ancienne ÉSlise lia fin de celle Église quand elle eut été consommée, c'est ce que j'ai appris"de leur prollf6 bouche; et ceux-ci, à cause de cetle abominable foi, qu'ils étaient ainsi des dieux, sont tenus cachés dans une profonde Caverne, près de laquelle personne ne peut approcher. salis être aussitôl saisi d'un vertise intérieur et sans succomber. Que la Très-AnciLnne tglise soit entendue eL décrite par Adam et par son Êpouse. c'Il3L ce qui a été montré dans l'Article précédent. -'7t. Quel est l'homme qui, s'il peut penser d'après la raisonélevé au-delisus des sensuels du corps, ne voie pas que la vie n'est pas créable TEn effet, qu'est-ce que la vie. siuon l'intime aClivité de l'Amoür et de la SaR6Sse qui sODt eD Dieu et qui sont Dieu, ,iequi peut aussi être appelée la tor~e vive même'T Celui qui voit cela peut aussi voir que cette vive ne peut être transcrite en aUCUD

tO

homme, si ce n'est en même temps avec Qui esi-ce qui nie, ou peut lIier, que tout bien de l'amour eUout vrai de la saiesse viennent uniquement de Dieu, et qu'autant l'homme les reçoit de Dieu, aulant il vit par Dieu, et est dit né de Dieu, c'est-li-dire, régénéré; et que "ice "e1'sd. autant l'homme De reçoit pas l'amour et la saBesse" ou ce qui revient au même, IL charité et la foi. autant il ne reçoit pas de Dieu la vie qui en soi est la vie, mais reçoit de l'enfer une vie qui n'est antre que la ,ie renversée. laquelle est appelée mort spirituelle r ~7!_ De ce qui vient d'être dil on peuillercevoir et conclure qUi les choses qui suivent ne soot point créables. à savoir: t 0 L'infini ~ 1° l'amour et la sagesse; 3° et par suite la vie; 40 la lumière et la chaleur; S-' el de plus. l'activité elle-même. considérée en soi ; mais. que les Organes qui les reçoivent sont créables el ont été cr6és. Ceci peut être illustré par ces comparaisons: La lumière n'esl pas créable, mais son orBane qui est l'œil est créable; le SOli qui est l'activité de l'atllJosph~ll'e n'est pas créable. mais son oriane qui est l'oreille est créable; de même la chaleur. qui est le principal actif. pour la récel,tion de laquelle ont été créées toutes les choses qui sont dans les trois Règues de la nature, lesquelles n'a~issent pas,,_ mais sont mises en action selon la réception. C'est une loi de I~ Création, que là où il y a des actifs. il y ait aussi des passifs, et que ces deux se conjoignent comme en un; si les actifs étaient créahl cs, comme les paliSifs. il n'y aurait pas besoin de Soleil, ni par eonséquent de chaleur et de lumière, mais touLes les choses créées subsisteraient sans eux, lorsque cependant s'ils étaient supprimés l'Univers créé tomberait dans un Chaos. Le Soleil du monde conliste lui-même en substances créées dont l'activité produit le feu. Ceci a été rapporté pour ser,-ir d'illustration. Il en serait de même de l'homme" si la Lumière spirituelle. qui dans son essence est la sagesse, et la Chaleur spirituelle, qui dans son essence est l'amonr. D'influaient pas dans l'homme, et n'étaient pas reçues par l'homme: l'homme tout entier n'est autre qu'une forme orsanisée pour la réception de la -chaleur et de la lumière, tant dll Monde naturel que du Monde spirituel. car elles se correspondent l'une à l'autre. Si l'on niait qu~ l'homme soit une Formé récipiente de l'amour et de la salesse procédant de Dieu, on nierait aussi l'influx, et par con-

RF.JJGION érumTIENNE. -

. u l'amour et la sagesse.

L

, --j
LA VRAIE Béquent que tout bien vient de Dieu; on nierait encore la conjonction lvec Dieu; et par suile ceUe parole, que l'homme peul être l'habitacle et le temple ~e Dieu. serait une parole vaine. 473, Si l'homme ne sait pas cela d'après quelque lumière de la nison, o'esl parce que -les illusions provenant de ce que l'OD croit aux apparences des sens externes du corps, couvrent d'ombre cet le lumière. Si l'homme ne sent autrement que comme s'il vivail de sa propre vie, c'est paree que l'instrumental sent le principal comme sien, el qu'ainsi il ne peut distinguer l'un de l'autre, car 1a cause principale et la cause instrumenta1e font ensemble UDe seu1e cause, se10n le tbéorême conuu dans 1e Monde savant; la cause principa1e eslla rie, et la cause inslrumentale est le mental de l'homme. Il semble aussi que les bêtes possèdenL une vie créée en el1es, ma\~ c'esL une illusion semblable; en effet, elles 'sonl des Organes créés pour rece"oir la lumière et la chaleur du Monde naturel eL cn même lemps du }Jonde spirituel, car chaque espèce est . nne forme de quelque amour nalurel, el reçoit la lumière et la chaleur du Monde spirituel médialement par le niel. et l'enfer, les hêles douces par le cie1. et 1es bêtes féroces par l'enfer. L'hQmme seul reçoit la lumière et la chaleur, c'est-à-dire, la sagesse eL l'amour, immédiatement du Seigneur: c'est là la différence. , "74. Qlle le SeiiDeur soit la Vie en Lui-Même, ainsi la Vie même, c'est ce qu'il enseigne dans Jean: CI La Parole était ches Dieu; el Dieu elle élait, la Parole; en Elle la Vie était, et la. Vie étailla Lumière des hommes. D - 1. t, 4. - Dans le Même: CI C:omme le Pè,'e a la vie en Lui-MArne, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en Lui-MArne. » - V. 26. - Dans le Même: cc Moi. je su.is le Chemin, la Vérité et la Vie . • - XIV. 6. - Dans le Même:» Celui qui Me suit aura la Ltlmiè,'e de la Vie. JI VIII. ti.
L'homme, tant qu'il vit dans le Monde, est tenu dans le milieu entre le Ciel et r Enfer, et lù. dans l'Équililn'e spiritu el. qui flst le Lib,'e Arbil,·e.
4-'7iS. Pour qu'on sache ce que c'est que le Libre Arbitre, et quel

Il

t3 il est, il faut nécessairement sa,"oir d'où il vient i son origine étant connue, on connaU aussitôt non-seulement qu'il exisle, mais encore quel il est. Son origine vient du Monde spirituel où le Mental de l'homme est tenu par le Seisneur; le lIental de l'homme est son Esprit qui vit après la mort, et l'esprit de l'homme est continuelhiment en société avec ceUI qui sont semblables à lui dans le Monde spirituel, et cet Esprit par le corps matériel, doot il est enveloppé de toute part, est avec les hommes dans le Monde naturél. Si l'homme ne sait pas qu'il est au milieu des Esprits quant l son Mental, c'est parce que ces Esprits. avec lesquels il est en société dans le Monde spiriluel, pensent et parlent spirituellement, ail lieu que l'esprit de l'homme, tant qu'il est dans le corps matériel. pense et parle naturellement; or, la pensée et le langage spirituels ne peuvent être ni compris ni perçus par l'homme naturel, et vice "ersd la pensée el le lansage naturels ne peuvent l'être par les esprits; de là vient qu'ils ne peuvent pas non plus être vus; mais quand l'esprit de l'homme est en société aV'ec les esprits dans leur Monde, il est alors aussi dans la peRsée et le langage spirituels avec eUI, parce que son mental est intérieurement spirituel, mais eltérieurement naturel; c'est pourquoi il communique par ses int6rieurs aVdO eux. et par ses extérieurs avec les hommes; par celle communication l'homme perçoit les choses. et il les pense analytiquement; si cela n'était pas en l'homme, il ne penserait ni plus ni autrement que les bêtes; comme encore.. s~ tout commel'ce avec les esprits lui était Oté, il mourrait l l'instant, liais pour qu'on puisse comprendre comment l'homme peut être lenu dans le milieu entre le Ciel et l'~nfer, et par là dans l'Équilibre spirituel, dont résulte pour lui le Libre Arbitre, il va être donné quelques" Elplications. Le Monde spirituel est composé du Ciel et de l'Enfer; le Ciel est au-dessus de la Tête, et l'Enfer est là au-dessous des pieds, non pas cependant dans le miliell d'une Terre habitée par des hommes. mais au-dessous des terres de ce monde JA, qui aussi sont" d'origine spirituelle, et est ainsi non pas dans l'étendue, mais dans l'apparence de l'étendue. Entre le Ciel et l'Enfer il y a un grand Intervalle, qui apparaIt l ceux qui y s.ont comme un monde enLier i dans cet Intervalle s'exhale de l'Enfer le mal en toute abondance, eL influe du Ciel le bien aussi en toute abondance; c'est aa

RELIGION CHR~TIENNE.

=

-LA VRAIE suj~t de cet intervalle qu'Ahràbam dilau ricbe dans l'Enfer: a Entre nous et vous un Gouffre immense a été établi, de sorte gue Ceu:I: 'lui veulent traverser d'ici vers V()U8 ne le peuvent, non plus que ceu.z tù là vers nous rne peuvent) passer. » - Luc, XVI. 916. Au milieu de cet intervalle est tout homlDe quant • son esprit, et cela uniquement afin qu'il soit dans le libre arbitre. Cet Intervalle, parce qu'il est immense eL apparatt • oeI)l qui y sont comme UD srand monde, est appelé le MONDB DES ESPRITS; il est plein d'esprits aussi, parce que tont hllmme après la mort vient d'abord là, et y esL préparé ou pour le Ciel ou pour l'Enfer i il est là en société parmi les esprits comme auparavant llarmi les hommes dans le Monde precédent ; il n'y a poiut là de Pursatoire; le puraatoire est une Cable inventée par les Catboliques-Romains. liais ce Monde de$ Ésprils a été spécialement décrit dans le Traité sur le CI"BL B'l' L'ENFBR, publié à Londre.~, en i 758, NOl Ui à S3S. 4-76. Tout homme, depuis l'enCance jusqu'à la vieillesse, chaose de lieux ou dc silualio05 dans le Monde des Esprits: PETIT ENFAKT, il est tenu dans la plage orientale vers le sel)tenlrion i E~ANT, à mesure qu'il apprend des éléments de la religion, peu à peu du septentrion il recule vers le midi; ADOLESCENT" à mesure qu'il commence. penser d'après son mental, il est porté du côté du midi, eL ensuite quand il devient maUre de tifS opinions et de ses actions, à mesure qu'il fait des pro~rès intérieurement dans les choses qui concernent Dieu et l'amour à l'é~ard du prochain, il est porté dans le midi vers l'orient: mais s'i) est fa\'oralile au mal et qu'il s'y abandonne, il s'avance du cOté de J'occident: tous, en effet, dans le Monde spirituel habitent selon les plages i dans 1'0R\EtiT, ceux qui sont dans le bien par le Seigneur, car Id esL le Soleil, au milieu duquel est le Seigneur; dans le SEPTENTRION, ceux qui sont dans l'isnorance; daos le 1I1D1, ceux qui sont dans l'inl'intellisence; et dans l'OCCIDENT, ceux qui sont dans le mal. L',homme lui-même quant ail corps n'est pas tenu. dans cel Intervalle ou ce Milieu entre le Ciel et l'Enfer, mais il y est tenu quanL l SOli esprit, et selon que son esprit chanse d'état, on s'approchant ou du bien ou du mal, il est transporté vers des lieux ou des situations -dans telle ou telle plage, et Il il se met en société avec les habitanis. liais il faut qu'on sache que le Seigneur ne transporte pas

,".111.&.14 U 1 V. •

....u."...

411lo~ U H!,.

us

l'homme ici ou là. mais que l'homme s'y transporte lui-même de • dift'érentes manières i s'il choisit le bien, alors l'homme IVOC le Seigneur, ou plu'tOt le S~igneur avec l'homme transporte son' esprit veni l'orient i mais ~ l'homme choisit le mal, alors l'bomme avec. le diable, ou plutOt lé diable avec l'homme transporte BQn esprit ven l'occident. Il faut observer qu'ici lorsqu'il est dit le Ciel, il est entendu aussi lé Seigneur, parce que le Seigneur est le tout dans tous ceux du ciel, el lorsq'lil est dit le diable, il est aussi entendu l'Eiiler, parce que tous ceux de l'enfer sont des diables. 477. Si l'homme est tenu dans ce grand Intervalle, eL Il continuellement dans son mirteu, c'est uniquemeot afin qu'il soit dans le libre arbitre dans les choses spirituelles, car cet équilibre est l'éqùilibre spirituel, parce que c'est l'équilibre entre le Ciel et l'EDfer, ainsi entre le bien et le mal. Te"us ceux qui son't dans ce Brand Intervalle, quant A leur~ intérieurs, ont été conjoints ou avec les Anses du ciel ou avec les diables de l'enfer, mais aujourd'hui ou avec les Anges de lIichel ou avec les Anges du dragon. Tout hom'me après la mort se rend da os cet Intervalle vers les siens, et s'associe à ceux qui sont dans un amour semblable ail ~ien, car Il l'Amour conjoint chacun° avec ses semblables, et fait CIlie chacun respire librement, et est dans l'état de sa vie passée i mais alors le. externes qui ne font pas un avec les internes sont successivemenl dépouillés·; ce dépouillement étant fait, le bon est élevé dans le Ciel, otle méchant se rend dans l'Enfer, chacun vers ceux avec lesquels il fait un quant l l'amour régnant. 478. liais cet Équilibre spirituel, qui est le Libre Arbitre, peul être iIlustré pal' des équilibres naturels. JI est comme l'équilibre d'un homme lié autour du milieu du corps ou par les bras entre deux hommes de même force, dont J'un 'le tire A droile et l'autre asauche, alors cet homme peuL librement ,se tourner d'un côt6 ou de J'autre comme s'il D'était poussé par auculle Corce, et s'il se porte 1 droite, il entraine J'homme ~e sauche l sol avec violence, jusqu'à ce que cest homme tombe l terre. Il en serait de même si quelqu'un, même faible, était lié entre trois hommes l droite 81 autant d'hommes de même force A gauche; et de même, si c'étai~ entre des chameaux ou d~ chevaux. L'Équilibre spirituel, qui est le Libre Arbitre, peut être ~omparé à une balanQC' don' cbacR
o

LA VRAIE des plateaux contient des poids égaux, si alors on ajoute]e moindre poids dans ]'un des plateaux, J'axe de ]a balance se met aussitôt en DlOU\'ement ; il en est aussi de même d'une barre de fer ou d'une poutre posée par le milieu sur son appui. Toutes et chacune des chose5 qui sont au dedans de l'homme, comme le cœur, le poumon, l'estomac, le foie.. le pancréas, la rate, les intestins, etc., sont dans un pareil équilibre, de Jà vient que chacune peut remplir ses fonctions dans le plus grand repos; il en est de même de tous les muscles, sans cet équilibre toute action et toute réaction s'arrêteraient, et l'homme cesserait d'être homme. Puis donc que toules les choses qui sont dans le Corps sont dans un tel équilibre, toutes celles qui sont dans ]e Cerveau sont aussi dans un semblable équilibre, et par conséquent toutes celles qui, l~, sont dans le Menta], lesquelles se réfèrent l la volonté et à l'entendement. D y a aussi une liberté chez les bêtes. les oiseaux, les poissons et les insectes; mais ils sont portés par les sens de leur oorps • l'instigation de l'appétit et de la volupté; l'homme serait assez semblable l eux, s'il avait la liberté de faire comme il a la liberté de penser, il serait aussi porté seulement par les sens de son corps à l'instigation de la convoitise et de la volupté; il en est tout autrement de celui qui se pénètre des choses spirituelles de l'Eglise, et réprime par elles son libre arbitre, oelui-]à est.. par le Seil;neur, détourné des convoitises et des voluptés du mal, et de leurs avidités innées (connatis), et il a de l'aft'eoLion pour le bien, et de l'aversion lJour le mal; celui-là est alors transporté par le SeiKneur plus près vers l'orient et en même temps vers ]e midi dans le Monde spirituel, et il est mis dans la Liberté céleste, qui est véritablement la Liberté.

16

De la Permission du mal, dans laquelle est l'homme Interne de chacun, il résulte évidemment que rhomme a le Libre ÂrlJitre dans les choses sp;'·ittlelles. •
479. Que l'homme ait le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, c'esL ce qui va être confirmé d'abord par des Notions com .. munes, puis par des Notions particulières, qu'il suffira d'énoncer

1 1

t

RELIGION CHR~T1ENNE. n pour que chacun les admette. Les NO'flONS COIIIIUNSS sont Ctlllesci : IOLe plus sage des homlnes, Adam et son Épouse, se sont laissé séduire par le Serpent. 91 0 Le premier de leurs fils, Cain, a tué son frère Abel, el Jéhovah Dieu ne l'en a pas détourné en parlant avec lui, mais seulement après l'action il l'a maudiL. 30 La Nation israélite dans le désert a adoré le veau d'or, et cependant Jéhovah voyait cela du haut de la montasne de Sinaï, et il ne l'a pas empêché. 40 David a fait le dénombrement du peuple, et pour cela il fut envoyé une peste qui fit périr plusieurs milliers d'hommes, et ce fut non pas avanl mais après le dénoinbrement que Dieu envoya le prophète Gad l David, pour lui annoncer ie châtiment. 5° Il a été permis à Salomon d'établir des cultes ido14lres, 60 EL l plusieurs rois après lui de profaner le Temple et les choses saintes de l'É~lise. 7· Et enfin il a été permis l celte Nation de crucifier le Seigneur. Il a été permis à Mahomet d'instaurer une Religion non conforme en plusieurs points à l'Écriture Sainte. 80 La Religion Chrétienne a été divisée en plusieurs sectes, et chaque secte remplie d'hérésies. g. Tant d'impies dans le Christianisme, et aussi tant de parades d'impiété, tant de machinations et tant de fourberies, même con Ire les hommes pieux, justes et sincères! 100 L'injustice triomphe souvent sur la justice dans les jugements et dans les a1faires. H D Les impies sont élevés aux bODneurs, el deviennent des Grands et des Primats. f ~ Les Buerrt's sont permises, et alors le massacre de tant d'hommes, et le pillage de tant, de villes, de nations, de familles, etc. Quelqu'un peutil déduire de telles choses a'aulres part que du Libre Arbitre chez chaque homme? La Permission du mal, qui est connue dans tout l'univers, n'a pas d'autre oriGine. Que les Lois de permission soient aus~i des lois de la Divine Providence, on le voit dans le Traité sur LA. DIVINS PROVlDt:.,CE, imprimé à Amsterdam, en t 76S, N" 234 l !74, où les notions rapportées ci-dessus ont aussi été expliquées. 480. Les NOTIONS PARTICULltRES qui montrent que le Libre Arbitre existe pour les choses spritllelles comme pour les choses naturelles, sont innombrables. Qlle chacun se consulte s'Hie veut; ne peu~i1 pas soixante et dix. foix en un jour, ou trois cents fois en one semaine, penser ADieu, au ~ei,neurJ Al'Esprit Saint et aUl n J

r

LA VRAIE t8 Divins qui sont appelés les spirituels de l'Église! Sent-il alon qllelque chose de conLraint, s'il ~st l,orlé à ces pensées d'après quelque volupté, et mênle d'après quelque convoitise, et cela, soit qu'il ait la foi, soit qu'il n'aiL pas la foi! Elamine même, dans quelque état que tu sois, si tu peus: penser quelque chose saDS le libre arbitre, soit dans tes discours, soit dans tes prières. Dieu. loit quand tu prêches, soit quand tu écoules! Est-ce que le Libre Arbitre n'est pas en tout cela le point essentiel! Bien plus, sans le Liltre Arbitre dans chaque chose et même dans les plus peLiLe& chos8.l!, hl ne respirerais pas plus qu'une statue, car la respiration suit à chaque pas la pensée et par conséquent la parole; je dis. pas plus qu'nne statue, • et non pas plus qu'une bête, • parce que la hOle l'fspire d'après le libre arbitre naturel, au lieu que l'homme respire d'après le Libre Arbitre dans les choses naturelles et eD m~me temps dans les choses spirituelles, car 'homme ne naU pas CClmme la bête, la bêle nail avec loutes Jes idées, qui Mont les servllnl~s de son amour naturel, pour les choses qui concerneut la nourriture et la llrolification; mais l'homme n'a pas d'idées inn~es, il naU seulement avec la faculté de savoir, de comprendre et d'être saie, et nec une illclination à s'aitner el Il aimer le monde, et aussi le prochain et Dieu; c'est pour cela qu'il est dit, si le Libre Arbitre lui était Oté dans chacune des choses qu'il veut et pense, il ne respirerait pas plus qu'une statue, • et qu'il" n'est pas dit, .. il ne respirerait pas plus qu'une bêle, • 481. Que l'bomme ait le Libre Arbitre dans les choses nllturelle.'1, on De le nie pas; mais l'homme n'a ce Libre Arbitre que d'après son Libre Arbitre dans les choses spirituelles; car le Sei. p:neur influe par le supérieur ou l'intérieur cbez tout bomme avec le Divin Bilm et le Divin Vrai, ainsi qu'il a été montré précédemment; et par là il inspire à l'homme une vie disLincte ile"la vie des bêtes! et, pour qu'il reçoive ce bien et ce vrai et qu"il agisse d"après eu~, il lui donne de pouvoir et de vouloir, et cela n'est jamais Oté à qui que ce soit; d'où il suit que la volonté perpétuelle du Seil\neur est que l'homme reçoive le vrai, et rasse le bien, et ainsi devienne spirituel i c'est pour cela qu'il est né; or, devenir spirituel, sans le libre arbitre dans les choses spirituelles. est aussi impossible que de faire passer un chameau par le trou d'une
& ft

RELIGION CHIŒTJENNE. t9 aiguille, ou de tOllcher a\'ec la main une étoile du ciel. Qu'il ait ~té donné l cbaque bomme, el aussi aUI dia~les, de pouvoir comprendre le vrai et de vouloir le comprendre, et que ce pouvoir eC .ce vouloir ne soient jamais ôtés, o'est ce qui m'a été montré par une vive elpérience: Un de ceul qui étaient dans l'Enfer fut transporté uu jour dans le Monde des esprits, et là, il lui fui demandé -du ciel par des Anges, s'il pouvait comprendre les choses donl ils s'entretenaient avec lui, c'étaient d611 Divins spirituels; il répon-dit qu'il les comprenait; interrogé pourquoi ii ne recevait pas des Divins semblables, il dit qu'il ne les aimait pas, et que par consé.quent il ne les voulait pas: il lui fut dit de nouveau qu'il pOllvait les vouloir; cela l'étonna, el il dit qu'il ne le pouvait; les Anges donc inspirèrent dans son entendement la gloire de la réputation avec son charme, el dès qu'il l'eul reçue, Hies voulait aussi, et même il les aimait; mais peu après il fut remis dans son état antérieur, dans 1elluel il avait été pillard, adultèl'8 et blasphémateur du prochain, et alors comme il ne les voulail pas, il ne les comprit plus. D'après Lout ce qui précède, il est bien évident que l'homme est homme par le libre arùitre dans les cboses spirituelles, et que sans ce libre arbitre l'homme serait une souche, une pierre, ou la slatue femme d,e Loth. "S!. Que l'homme n'aurait aUCUD libre arbitre dans les choses civiles, morales et naturelles, s'il n'avait pas un libre arbitre dans les choses spiriluelll.'-s, on le voit en ce que les choses spirituelles, qui sont appelées Théologiques, résident dans la supréme région du ruental de l'homme, comme l'Ame dans le corps; si elles résident là, c'est parce que là ~st la porte ·par laquelle le Seigneur entre d:ms l'homme i .sous elles sont les choses civiles, morales et naturelles, qui dans l'homme reçoivent Ioule Jeur vie des spirituelles qui sont au'dessus ; el comme la vie inDue du Seisneur par les suprêmes, et que la \"ie de l'homme est de pouvoir librement penser, voulOir, et par suite parler et faire. il s'ensuit que c'est de lA et non d'au Ire part qu.'il y a libre arbitre dans les choses politiques el naturelles; d'aprè.o; celle Liberlr spirituelle l'homme a la perception du bien et du vrai, du juste et du droit daus les choses ejviles, perception qui est J'entendement même dans SOD esseDce. Le.libre arbitre de l'homme dans les choses spirituelles est, pour

--

LA. VRAIE employer une comparaison, comme dans le poumon l'air qui,. seloD tous les changements de la pensée, est attiré, retenu et renvoyé .. sans quoi l'homme seraIt dans un état pire que celui qui souffred'ùn cauchemar, d'une angine ou d'un asthme. Il est aussi comme le sang dans le cœur; si le san~ commençait à manquer, le cœur d'abord palpiterait, et après des convulsions de tout&! sortes il cesserait de baLLre. Ce ser~it aussi comme un corps mis en mouvement, qui continue à se mouvoir tant que dure eb lui l'effort, mais qui s'arrête en même temps que l'effort cesse; il en est aussi de même du libre arbitre dans lequel est la volonté de l'homme; l'un et l'autre, en même temps le libre arbitre et la volonté, peuvent dans l'homme être appelés l'effort vif, car la volonté cessant l'action cesse, et le libre arbitre cessant la volonté cesse. Si la libert6 spirituelle était litée à l'homme, ce serait encore par comparaison comme si l'on litait les roues à une machine, les ailes à un moulin à vent, et les voiles. un navire; et même il en serait de cet homme comme d'un homme qui rend le souffla quand il meurt i car la vie de l'esprit de l'homme consisLe en son libre arbitre dans les choses spirituelles. Les Anges gémissent, quand seulemenL il est dit que ce Libre Arbitre est nié aujourd'hui par beaucoup de Ministres de l'Église, ~t ils nominent cela délire sur délire.
20

Sans le Li6re Ar6itre dans les choses spirituelles, la Parole ne serait 0: aucun usage, par conséquent rÉglise ne serait rien non plus. • 483. On sait dans tout le Monde Chrétien que la Parole dans le sens large est la Loi, ou le Livre des lois selon lesquelles l'homme doit vivre pour obtenir la vie éternelle; or, ce qui est dit le plus fréquemment dans ce Livre, c'est que l'homme doit faire le bien et non le mal, et croire en Dieu et non aUl idoles i et il est plein de commandements et d'exhortations sur ces devoirs, de bénédictions et de promesses de récompenses pour ceUI qui les remplissent, de malédictions et de menaces pour ceux qui ne les rem.plissent point. A quoi bon tout cela, si l'homme n'avait pas un Libre Arbitre dans les choses spirituelles, c'est-à-dire, dans les


RELIGION CHRETIENNE. 21 choses qui concernent le salut et la vie éternelle? Tout cela ne S~ rait-il pas vain el sans aucnne utilité? Et si l'homme s'attachait 1 l'idée qu'il n'a aucune puissance ni aucune liberté dans les choses spirituelles, que par conséquent il est privé de toute puissance de volonté dans ces choses~ est-ce que l'Écriture Sainte ne lui paralLrait pas alors comme U8 papier blanc sans caractères d'impression, ou comme un papier entièr~ment couvert" d'encre, OD oomme uo papier avec des accenLs" et des points sans lettres, ainsi ~omme uo livre inu lile? Il ne serait pas besoio, il est vrai, de oomfirmer cela d'après la Parole, mais comme les ÉBlises aujourd'hui 18 soot prononcées pour l"impuissance du mental dans les choses tpi ri tuelles , et oot mis en avant pour la confirmer quelques passages de la Parole, qu'elles ont faus.llement interprétés, il est important de rapporter ici quelques-uos de ceux qui commandent l l'homme de faire et de croire; les void: fi U Royaume de Dieu
txJru sera dté, et il sera donné à Wle nation qui en fera lu fruits. " - Matth. XXI. 43. - a Faites des fruits dignes de la pénitence; déjà la cognél à la racine des ar6res est placée; tout ar6re qui ne fait pas de fruil. 60n est coupé, et au feu est jeté. » - Luc, III. 8, 9. - a Jésus dit: Pourquoi M'appeleJ&flOUS, Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous point ce que je" dis? Quiconque vient à Moi, et écoute mes paroles el les fait, est semhlable à un homme qui bdtit une maison sur le roc; mais celui qui écoute etn(1 faitpas est sem6la6le à un homme qu& 6dti' une maison ""rl'h'lmus sans fondement. Lue, VI461 49. - a Jésus dit: Ma Mdre et mes frbes, ce sont ceuz qui écoulent la Parole de Die" et qui la font. » - Lue, VIII. tt. a Nous savons qu, Dieu n'écoute point les pdcheurs, mais si guelqu'un adore Dieu et fait sa volonté, il l'écoute. » - Jean, IX. 31. - a Si ces choses VOrtS savez1 heureuz vous dtes, pOUMnl que vous. les fassiez. Il - Jeao XllI. i 7. - « Celui qui a"mes 1 préceptes et les fait, c'est celui-là qui M'aime, et Moi je l'aimerai, » - Jean, XIV. !1. - u En ceci a été glorifié mon Père~ 9"" du fruit 6eaucoup vous portiez. Jean, XV, 8. - « VOU" mes amis vous dtes, si voru faites tout ce que ;e vous commande. Moi, je vous ai choisis, afin que vous porliez du fruit~ et gue votre frl"' reste. »- Jean, XVI U, t6. - fi Faites Ar6re
1) 1) -

r

....

LA VRAIE J.on,par le fruit est connu r Arlwe.» - Matth.XII. 33. - II.Faite$ des fruits dignes de la pénitence. » .- M'aith. m. 8. - II. Celui qui dans la terre bonne a été semé, est celui qui e"tend la Parole, " porte du fruit. Il - Mallb. xui. ta. - Cetui qui moissonne, récompinlse reçoit, et Ü amasse du fruit pour ta vie éternelle. » - Jean, IV, 36. - II. Lave&-VOllS, purifiez·vo:"s, éloignes la malice de '.lOS aiu,..res, apprenes à faire le bien. l' - Ësaie, 1. t 6, t 7. - II. Le FUs de thomme doit venir dans la gloire de S.01l Père, et alors ilrendra à chacu" setoll ses œuvres. Malth. XVI. !i. CI Cell:& qui auront fait de !JOnJIeS œuvres sortiront en résure.ction de vie.» - Jean, V. i9. - II. Ils furent jugés seton leurs œuv,.es. CI - Apoc. XX. ti, t3. - Il Voici,je vie1zs6ientàlelma récompense avec Moi, afin que je dOlllUJ à chacun selon ses œur;res. » - XXII. t~. - fil Jéhovah do"t les yeux sont ouverts pour donner à cIlacun selon ses voies,' selon nos œuvres Ü fait avec '1Of1S.» - Zach. 1. 6. - I.e Seigneur enseigne aussi la même choses dans des paraboles; dont un sranll nombre enveloppent ce Sens, que ceux qui font les biens sont acceptês, et que ceux qui font les maux sont rejetés; par exemple, dans les Paraboles des Ouvri~rs dans la Vigne, - Matth. XXI. 33 à .u; - des Talents el des Mioesqu'on doiLfairevaloir, - Mauh. XXV. {·ust. Luc, XIX. t3 l !3. - JI en est de même pour la FOI: II. JésllS dil: Celui qui croit en Moi ne mourra pOillt pour l'éternité, mais Ü vivra. » Jean. XI. !iD, !l6. - fil C'est la volonté du Père; que quico,zque croit au Fils ait ta vie éternelle. Il - Jean, VI. 40, 47.- uCeluiqtticroit au /'ïls a la vie éternelle; mais celui qui ne croil pas au Fils ne "erra point ta vie, mais ta colère de Dieu demeure sur lui. Il Jean, 111. 36. - II. Dieu a tellement aimé le Motlde. que son Fils Unique-Engendré ü a donné, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, maù qu'U ait la vie éternelle. » - Jean, III. US, t6. - Et, en outre: fil Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton dme, et de tout Ion mental; et III aimeras ton prochaUl comme ioi-mlme; de ces dew: commandements la Loi et les PropMtes dépendent. » - Mauh. XXII. 3lS 138 -Mais ce D'esrlà qu'un très-petit nombre de passages extrait. de la Patole, et comme qU6lques verres d'eau tirés de la mer. 484. Qui est-ce qui ne voit l'inanité, je D8 veux pas dire la folie"
1) -

1

1

li

RELIGION CHRÉTIENNE. !3 clans les Articles rapportés ci-dessus, ND "6", du Livre Ecclésiastique appelé FORK1JJ.E DI CONCORDE' Après avoir lu ces articles, et quelques passaees çl et 1. dans la Parole, l'homme ne penseniL-il pas en lui-même: • Si la chose était comme l'enseipe ce Livi'e, • savoir, que l'homme n'a aucun Libre Arbitre dans les tholles spirituelles, que serait la religion, qui consiste. faire 1e hieu, sinon un vain moll Et sans la relision que serail l'Éslise, sinon comme autour du bois l'écorce qui n'est .bonne qu'à être hrO:ée' • Kt ne penserait-il pas encore; • S'il n'y a point d'Église. parce qu'il n'y a point de religion, qu'est-ce alors que le Ciel el l'Eufer, sinon des fables in\'entées par les ministres et les cbefs de l'É~li&e pour s'emparer du peuple et s'élever aUI honneurs émi .. nenls? De là vient celle sentence abominable qui est dans la bouche de plusieurs: • Qui peut par soi-même faire le bien, et qui peuL par soi-méme saisir la foi! • EL d'après celle sentence on omet l'un et l'autre, et l'on vit en paient ruais toi, mon ami, fUIS le mal et fais le bien, et crois au Seipeur de tout ton cœur et de toute ton ame ; et le Seigneur t'aimen, et il te donnera l'amour pour faire et la foi pour croire; et alors d'après l'amour tu feras le bien, et d'après la foi, qui est la cooBance, tu croiras; et si tu persévères ainsi, il se fera une conjonotion réciproque, et celle-ci est la conjonction perpétuelle, qui est le saluL même et la vie éternelle même. Si d'après les forces qui lui ont élé données, l'homme ne faisait pas le bien, et si d'après IOn menLaI il ne croyait pas au Seis-neur, que serait l'homme 1 Ne aerait-il pas une solitude et un désert, at absolument comme UDe terre sèche qui ne reçoit pas la pluie, mais la rejeHs; ou comme un terrain sablonneux dans lequel les brebis ne trouvent point de plture; ou comme une fontaine tarie; ou COlOme l'eau stagnallLe d'une fontaine dont la veine a été bouchée; 011 comme une habitation dans un lieu où il ne croU pas de blé et où il n'y a pas d'eau, dans lequel l'homme mourrait de faim et de soif, s'il ne le quittait aussilôt, et ne cberchait ailleurs un endroit babitable!

LA VRAIE

Sans Je Libre ÂrlJitre dans le, choses 6pÏritue/les, il n'y aurait rien de f hommtJ par quoi il" pourrait se conjoindre rlciproqrlement au Seigneur, et par suite point d'Imputation; il 11 aurait s"eulement la Prédestination, qui est a6ominalJle.
485. Que sans le Libre Arbitre il n'y aurait ni charité ni foi cliez aucun homme, ni 1 plus forte raison, conjonction de l'une et de l'autre, c'est ce qui a été pleinement montré dans le Chapitre sur la Foi; il suit de Ill. que sans le Libre Arbilre. dans les choses spiriluelles, il n'y aurait rien de l'homme, par quoi le Seiinenr &8 oonjoindrait llui; et cependant, sans conjonction réciproque, il n'y a aucune rérormation l ni aucune régénération," ni par conséquent aucune sah'ation. Que sans conjonction réciproque de l'homme avec le Seigneur et du Seigneur avec l'homme, il n'y aurait aucune Imputation, c'est Il une conséquence incontestable. Les suites qui résultent de la confirmation qu'il n'y a aucune Imputation du bien et du mal, sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelI~ sont en grand nombre, et ces suites énormes seront dévoilées" dans la dernière Partie de cet Ouvrage, où il sera traité des hérésies, des paradoxel' et des contradictions, qui découlent de la Foi d'aujoHrd'hui impulative du mérite et de la justice du Seigneur Dieu Sauveur. 486. La Prédestination est un fœtus de la foi de l'Église d'aujourd'hui parce qu'elle naU de la foi en une impuissance absolue et en lin manque total de "Jiberté dans les ~hoses spirituelles; de là et aussi d'une conversion comme inanimée de l'homme, il résulte qu'il est co~~~ll:e IIne ~u~e, et qu'ensuite il ne sait par aucune co1!t;cience si la souche elle-même a été vivifiée par la irace, ou non; car il est dit que l'élection est faite d'après la pure ir.Ace de "Dieu, li. l'exclusion de l'action de l'homme, soit que celle-ci provienne des forces de la nature, ou de celles de la raison; et que l'élection se fait ou et quand Dieu veut, ainsi selon son bon plaisir: les OEuvres qui suivent la Coi comme témoignages, sont, 1 les bien considérer, semblables aux Œuvres de la ohair, el l'Esprit.

ër J 1

RELIGION CHRÉTIENNE. 23 4ui les opère ne manifeste pas de quelle origine elles sont, mais il fait qu'elles apparLiennent .. la grâce. ou lU bon plaisir, comme la foi elle-même. D'après tout ce qui vient d'être dit, il est évident que le dOlDle de l'Église sur la Prédestination est sorti de là comme un rejeton sort d'une semence; et je puis dire qu'il est découlé de cetle foi comme une conséquence à peine évitable; ce qui a d'abord eu lieu chez les PRtDESTINATIENS j de Il,, la prédesti~a­ tion a été fortement établie par GODESCHALK, ensuite par CALVIN ses partisans. et enfin par le SYNODE DE DORDRECHT. el par suite elle a été transportée par les l'uPR~LAPS&!RES et par les INFRA.~~SAIRES dans leur Église. comme le Palladium de la religion. au plutôt comme la tête de la Gorsone ou de Méduse gravée lIur le bouclier de Pallas. Mais qu'a-t-on pu tirer de plus .pernicieux" et qu'a-t-on pu croire de pluil barbare à l'égard de Dieu, que la supposition qu'il y a dans le Genre Humain des êtres prédestinés à la damnation! Ne serait-ce pas, en effet, une foi barbare, que de croire que le Seigneur, qui est l'Amour Même et la Miséricorde Même, veut qu'une multitude d'hommes naisse pour l'Enfer, ou que des myriades de myriades naissent maudits, c'est-à-dire, naissent Diables et Salans; et que par sa Divine· Sagesse. qui est infinie, il n'a pas pourvu et ne poun'oit pas à ce que ceUl qui vinnt bien et reconnaissent Dieu, ne soient pas jetés dans un feu et. un tourment ~ternel ! Le Seigneur cependant est ]e Cr~atcur el le Sauveur de tous, et lui seul conduit tous les hOlnmes, et ne veut la mort d'aucun j que peuL-il donc y avoir de plus barbare que de croire et de penser que des Réunions de nations eL de peuples, sous les auspices et les regards du Seigneur, soient par prédestiDation livrées au Diable, pour lui servir de proie el pour rassasier sa voracité! Or, ce dogme est un fœtus de ]a foi de l'Ê~lise d'aujourd'hui j mais la Foi de la Nou\'elle Êglise l'a en horreur comme un monstre. 487. Comme je pensais qu'un dogme si extravagant ne pouvait jamais être adopté par aucun chrétien. ni à plus forte raison êLra répandu de bouche, et mis publiquement au jour, - cependant cela a été rait par l'élite du Clergé dans le Synode de Dordrecht OD Hollande, et a ensuite été écrit Ivec clarté et lancé dans le public, - afin donc que je n'en doutasse point, quelques-uns de ceUI qui

r.(44

LA VRAIE avaient participé aux décrets de ce synode me furent amenés. Quand je lE's vis près de moi, je dis: • Qui est-ce qui peut, d'après une raison aine, conclure 1 la Prédestination! Peut-il découler de lA autre chose que des idées atroces sur Dieu, et déshonorantes SDr la Reli~ion ! Celui qui a sravé la Prédestination dans son cœur par des confirmations, peut-il, sur toutes les choses qui appartiennent Al'Ëslise, ne pas penser qu'elles sont vaines, et qu'il en est de même de la Parole, et que Dieu n'est que comme un tyran, puisqu'il 1 prédestiné à l'Enfer taot de myriades d'hommes!. A ces mots, ils me reiardèrent d'un regard sataniqlJe, en disant: • Nous avons ét! du nombre des Ecclésiastiques choisis pour le Synode de Dordrecht i et alors, et eu core plus depuis, nous 1I0US sommes confirmés sur Dieu, sur le Parole et sur la Religion dans un srand nombre de points, que nous n'a"ons pas oser divulguer; mais quand nous avons parlé et enseigué au sujet de la prédestination, nous avons ourdi eL tres5é la toile de fils de di\'el'ses couleurs, et nous avons étendu sur elle des plumes empruntées aUI ailes des paons .• Mais comme ils voulaient alors faire de même, les Anses, d'après la puissance donnée par le Seigneur, fermèrent les Externes de leur men lai, et en ouvrirent les Internes chez eux, eL ils furent forcés de parler d'a}lrès ces Internes i et alors ils dirent: • Notre foi, que nous avons formée par des conclusions dérivées l'une de l'autre... été el est encore celle-ci: t· n n'ya aucune Parole de Jéhovah Dieu, mais il y a une sorte de boursoumage prononcé par la bouche des prophètes; nous avons pensé ainsi, parce que la Parole prédesline tous les hommes pour le Ciel, et 'lue seule. ment ,'hommo est en faule s'il ne marche pas dans les chemins qui y conduisent. t Il y a une religion, parce qu'il faut qu'il y en ait une; mais elle est COllllae un grand vent qui apporte une odeur agréable pour le vulgaire; elle doit par conséquent êlre enseignée par les Ministres, tanL petils que grands, et d'après la Parole, parce que cela est sénéralement reçu; nous. avons pensé ainsi, parce que là où l:l prédestination exisle, la Relision D'est rien. 3- Les Lois civiles de la justice constituent la Relision, mais la Prédestination a lieu, non pas selon la ,'ie d'après ces lois, mais purement selon le bon plaisir de Dieu, de même que chez un Roi d'un pouvoir absolu la faveur est accordée selon SOD caprice.
D

26

»

RELIGION CHRÉTIENNE. ,. Toutes les choses que l'Éilise enseiine, excepté qU'IL y A ml DrIll, doivent être repoussées avec mépris comme des futilités, et rejetées comme des guenilles. 6 Les choses spirituelles, qui sout prOn6es, ne sont pas plus que des substances éthérées SOllS le Soleil; si elles pénètrent profondément dans l'homme, elles introduisent en lui le vertise et la stupeur, et le rendent un monstre détestable. devant Dieu •• 6D Interrogés sur la Foi, de laquelleils ont d6duit la Prédestination. s'ils la croyaient spirituelle. ils répondirent qu'elle devient selon la prédestination, mais qlle, lors· qu'elle est donnée ils sonL comme des souches d'apl'èS lesquelles, l la vérité, ils sont vivifiés, mais non spirituellement. Après M propos abominables ils voulurent se retirer; mais je leur dis ~ • Restez encore un peu, et je lirai devant vous un passaie d'Ésaie •• Et je lus celui·ci: «Ne te réjouis pas, Philiatée tout entière: de ce qu'a été brisée la verge qui te frappait, car de la ,.acine du serpent, est sorti un 6asilic, dont le fruit (est( UII serpenh'olant . • - XIV. '9; - etje l'expliquai par le sens spirituel, • savoir, que par la PhiIi&tée il est entendll l'Église séparée de la charité; que par le basilic, qui est sorti de la racine du serpent il est entelldu sa doctrine sur trois Dieux, et aur la Coi imputative appliquée en particulier il chacun; et que par son frllit. qui est un serpent volant, il est entendu nulle imputation du bien et du mal, mais l'immédiate Miséricorde soii que l'homme ait bien ,écu, soit qu'il aiL mal vécu. Après avoir entendu eette explicatï'on, ils dirent: • Soit; mais de ce Livre que,tu appelles la Sainte Parole, tire·nous quelque chose sur la Prédestination .• Et je l'oDnis, et je rencontrai dans le même Prophéte ce passage, qui concordait: • Des œufs d'aspic ils déposent, et des toiles tl araignées ils tissent; celui qui mange de leurs œufs meurt, et quantZ on les presse, il en Bort une vipère. » - LlX. lS; - Ayant entendu ce passage, ils n'en souLinreDt point l'explication, mais quelquesDDS de ceux qui avalent été amenés. - ils étaient cinq, - s'élancèrent dans un Antre, aulour duquel apparut un feu sombre, signe qu'ils D'avaient IIi foi ni charité. D'après cela, il est evident que ce décret synodique sur la Prédestination est non·seulement UlleHérésie insensée, mais encore une Hérésie atroce; elle doit dODC être déracinée du cerveau, au pointqu'j) o'en reslepasmême unseulpoinL.
D

n
LA VRAIE 488. La foi affreuse que Dieu prédestine des hommes l l'Enfer. peut être comparée A la férocité des pères qui, chez quelques nItions barbares, jettent, dans les· rues leurs enfants A la mamelle et leurs ·petits enfants; et A l'inhumanité de certains ennemis qui jellenl1es cadavres des vaincus dans les forêta pour qu'ils soient dévorés par les bêtes sauvages. Elle peut aussi être comparée à la cruauté d'un tyran qui divise en troupes le peuple qu'il s'est soumis, et en livre quelques-uns aux bourreaux, en précipite d'autres au fond de la mer, et d'autres dans le feu. Elle peut encore être comparée A la férocité de certaines bêtes qui dévorent leurs pc..iLs ; et aussi A la manie des chiens qui s'élancent sur leurs images qu'ils voient dans uo miroir.
!8

Sa,u le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, Dieu serait cause du mal, et ainsi Il n'y aurait aucune impntation.
489. Que Dieu soit la cause du mal, c'est la conséquence de la foi d'aujourd'hui, qui doit sa première origine à ceux qui siégèrent au Coucile tenu dans la ville de Nicée; dans ce Concile a été imaginée eL forGée l'hérésie encore persistante, qu'il y a eu de toute étérnité trois Pel'sonnes Divines, et que chacune l'ar elle-même est Dieu; une fois l'œuf éclos, les sectllLours de celle hérésie ne lJUrent faire aULrement que de s'adresser en particulier A chaque personne comme étant un Dieu. Ils ont compilé la foi imput.ative du mérite et de la justice du Seigneur Dieu Sauveur, et afin qu'aucun homme n'entrAt dans le m~rite avec le Seigneur, ils onl Oté A l'homme tout Libre Arbitre dans les choses spirituelles, eL ils en ont induit une extrême impuissance quant A cette foi; et comme ils avaient tiré de celle foi seule tout le spirituel de l'Église, ils ont déclaré qu'il y avait semblable impuissance quant l tout ce que l'Église enseigne sur le salut; de lA sont nées d'affreuses hérésies, l'une après l'autre, fondées sur celle foi, et sur l'impuissance de l'homme dans les choses spirituelles, et aussi celle très-pernicieuse hérésie sur la Prédestination. dont il a été traité dans l'Article précédent, hérésies qui toules enveloppent que Dieu est la cause du mal, 011 que Dieu a créé et le bien eL le mal. mais, mon ami, ne la

r
RELIGION CnIillTIENNE. t9 fie l aucun. Concile, mais fie-toi à la Parole du Seigneur. qui est au-dessus des Conciles; que n'est-il pas sorti des Conciles Calholiques-RomainsT et que n'est-ri pas sorti du Concile de Dordrecht, qui a produit la Prédestination, celte vipère horrible! On peut penser que le. Libre Arbitre, donné à l'homme dans les choses spirituelles, a été la cause moyenne du mal, que par conséquent si ce Libre Arbitre no lui eût pas été donné, l'homme n'aurait pas pu prévariquer; mais, mon ami, arrête-toi ici, et examine si un homme, pour être homme, a pu être créé sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles; si ce Libre Arbitre lui était ôté, ce ne serait ]llus un homme, ce serait seulement une statue: qu'est-ce que le Libre Arbitre, sinon de pouvoir vouloir et faiJll8, penser et parler en toute apparence comme par soi-même; comme cela a été donné à l'homme, afin qu'il vécût homme, voilà pourquoi deux arbres ont été placés dans le Jardin d'Éden, l'Arbre de vie et l'Arbre de la science du bien et du mal, ce qui signifie que d'après la Liberté qui lui avait été donnée il pouvait manger du fruit de l'Arbre de vie, el du fruit de l'Arbre de la science du bien el du mal. 490. Que tout ce que Dieu a créé ait été bon, on le voit clairement par le premier Chapitre de la Genèse, où il eftt dit. Vers. iO, U, f8. if, t5: • Dieu vit que cela étaithon,» el enfin, Vers, 3i: fIC Dieu vit tout ce qu'il avait lait, et voici, cela était trdl-hon; • el aussi par l'état primitif de l'homme dans le Paradis: que le mal, au contraire, doive son origine l l'homme, on le voit par l'élat d'Adam selon ou après la chute, en ce qu'il fut chassé du Paradis. D'après cela, il est évident que si le Libre Arbitre dans les choses spirituelles n'ellL pas é.té donné l l'homme, Dieu elH été Lui-Même la eause du mal, et non pas l'homme, et qu'ainsi Dieu aurait créé et le bien et le mal; penser que Dieu a créé aussi le mal es, 1).ne chose abominable. Que Dieu, puisqu'il avai t donné l l'homme le Libre Arbitre dans les choses spiriluell6S, n'ait pas créé le mal, et qu'il n'inspire jamais ll'homme· aucun mal, c'ut parce qu'il est 'le Bieu même, et que dans le bien Dieu est tout-prisent, et contiDuellement frappe et presse afin d'être reçu, et que s'il n'est pas reçu, il ne se retire pas cependant, car s'il se retirait, l'homme lIIourrait • l'instant, bien plus il. tomberait dans le non-être, car

\
\

LA VRAIE la vie de l'homme et la subsistance rie toutes les choses don' il se .compose, viennent de Dieu. Qne Dieu n'ait piS créé le mal, mais -que ce Boit l'homme qui l'a introduit, cela vient de ce quel'bomme change en mal le bien qui in8ue continuellement de Dieu, par cela qu'il se détourne de Dieu el se tourne vers lui-même; quand il en est ainst, le plaisir du bien reste, et ce plaisir alon devient le plaisir du mal, car s'il ne restail pas un plaisir qui fût comme semblable, l'homme ne vÏ\'rait pas, car le plai!!ir fait la vie de son amour: mais néanmoins ces plaisirs sont diamétralement opposés ; toulefois l'homme ignore cela tanl qu'il vit dans le Monde, mais après la mort il le sanra, el même il le pel'cevra olairement, car alors le plaisir de l'amour du bien est changé en béatitude céleste, el le plaisir de l'amour du mal en lourmebt infernal. D'après ce qui vient d'être rapllorlé. on voit que tout homme a été prédestiné pour le Ciel, et que personne ne l'a été pour l'Enfer, mais que l'homme se livre lui-même à l'Enfer par l'abus de son l.ibre Arbitre dans le~ choses spirituelles, d'après lequel il embrasse co . qui s'exhale de l'Ënfer; car, ainsi qu'il a été dit ci·des!lus, tout homme est tenu dans le milieu entre le Ciel et l'Enfer, afin qu'il soit dans l'équilibre entre le bien el le mal, et par suite dans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles. 491. Que Dieu ail mis la Liberté non-seulemenl dans l'homme. ruais aussi dans chaque bêle, el même un analogue de la IiberLé dans les êtres inanimés, dans chacun pour qu'il la reçoil'e selon sa nalure, et qu'aussi il pourvoie le bien pour eux tous, mais que les objets chanient ce bien en mal. c'est ce qui peut êlre illustré par des comparaisons: Valmosphère donne à chaque homme la faculté de respirer, pareillement i chaq.ue bêle douce et à chaque bête sauvaie, et aussi à chaque oiseau, tant au hibou qu'à la colombe, én J joignant la faculté de voler. et cependilDt l'atmosphère n'est pas cause que cela soit reçu par de.-; êtres qui sont d'un Bénie et d'un caractère opposés. L'Océan procure en lui une demeure et fournit aussi des aliments l tous 1811 poissons, mais il o'est pas cause que l'un J dévo", l'autrc, et que Ie,.crocodile chanse son aliment en un poison qui tue l'homme. Le soleil poonoit aOI besoins de toOl par la lumière e.t par la chaleur. mais les objets, qui sonlles di,ers végétaul de la terre, reçoivent de

30

Li

»
RELIGION CHR~TIE:mE. 31 diverses manières celle lumière et celle chaleur, l'arbre bon êt l'arbuste bon autremenl que l'épine el le Luisson, et l'herbe salubre autrement que l'herbe empoisonole. La pluie desoend de la régiOIJ supérieure de l'atmosphère sur toules les parties de la terre. et fournit • la terre des eaux pour ohaque arbuste, cbaque plante et cbaque berbe, et cbaoun d'eux se les appliqud selon le besoin i ç'est là ce qui est appelé l'analogue du Libre Arbitre, parce que ces "é,étaul s'en imbibent librement par de peUtes bouches. des pores et des conduits, qui au temps de la chaleur se tiennent ouverts; la terre fournit seulement et les humides et les éléments. et les plantes les auirent selon quelque chose de semblable à la soif et à la faim. Il en est de même des hommes, en ce que le Seigneur in8ue cbez chaque homme aVilo la Chaleur spirituelle, qui dans /lOn essence l'.st le bien de l'amour, et avec la Lumière spirituelle, qui dans son essence astle vrai de la sagesse, mais l'homme les reçoit selon qu'il se tourne ou vers Dieu ou vers lui-mêmp.; c'est pourquoi lorsque le Seigneur ~onne des instructions sur l'amour à l'éirard du prochain. il dit: • Afin flUe vous soyez fils de votre Pèl'e, qui lait lever .!Ion soleil sur méchants et hons, et envoie la pluie sur justes et injustes, » - Matth. V • -IlS i - el ailleurs il dit, qu'il veu' le salut de tous . .&9!. A ce qlli préc.ède j'ajouterai ce Mémorable: l'ai souvent. au sujet du bien de.la charilé, entendu des paroles envoyées du ciel en bas, qui Lraversaient le Monde des esprits, et pénétraient dans l'enfer jusqu'au fond, et dans· leur marcbe ces paroles se ohanieaient en d'autres qui étaient entièrement opposées au bieD de la chariLé, eL enfin en des paroles de haine contre le prochain. indice que tout ce qui procède dn Seigneur est bon, et est changé en mauvais par les esprits dans l'Enfer. Il en arriva de même de quelques vrais qui dans leur marche se cbangèrent en faul opposés. aux vrais; oar la forme qui reçoit obange elle-même ce qui tombe en elle en choses ooncordantes avec elle.

31

LA VRAIE

Tout spirituel de l'Église gui entre dans la libel,té, et est reçu d'après la lIberté, ,.este ; mais non, quand il en est aut,.ement.
493. Si ce qui est reçu par l'homme d'après la liberté, reste chez lui, c'est parce que la Liberté appartient à sa volont6, el qu'appartenant à sa Volonté elle appartient aussi l son amour, car la Volonté est le réceptacle de l'amour. comme il a été montré ailleun. Que tout ce qui appartient à l'amour soit libre, et .que cela aussi appartienne à la Volonté, chacun le comprend, car OD dit: ~ le veul. cela parce que je l'aime,. et "ice "erstJ: • Parce que j'aime cela je le veux aussi i • mais la volonté de l'homme est double, il J a l'intërieure et l'extérieure, ou celle de l'homme Interne et celle de l'homme Ex.terne i c'est pourquoi l'homme fourbe peut agir et parler d'une manière devant le Monde, et d'une autre manière avec ses aUlis in times; devant le Monde il aiit et parle d'après la Volonté de son homme Externe, et avec ses amis intimes d'après la Volonté de l'homme Interne i mais ici il est entendu la Volonté de l'homme Inlerne, où réside son amour dominanL. D'après ce peu d'explication on voit que la Volonté intérieure est l'homme lui-même, car il y a là l'être et l'essence de sa vie; l'Entendement est la form., par laquelle la Volonté rend son amour visible. Tout ce que l'homme aime, et veut d'après l"amour, est libre i car tout ce qui procMe de l'amour de la Volouté Interne est le plaisir de sa vie; et. comme la même chose est l'être de sa vie, c'est aussi son propre; c'est pour cette raison que ce qui est reçu d'après la liberté de cetle volonté, reste, car il s'ajoute au propre. Le contraire a lieu si quelque chose -entre dans la non-liberté, cela n'est pas reçu de la même manière: mais il en sera parlé dans la suite. 494. Mais il faut qu'on sache bien, que les choses Spirituelles de la Parole et de l'Église qlle l'homme puise d'après l'amour, et que l'Entendement confirme, restent chez l'homme, mais non de même les cboses civiles el politiques, parce que les choses spirituelles montent dans la région suprême du mental, et s·y fonnent; cela vient de ce que là est l'entrée du Seisneur avec les Divins

RELIGION CBrutTIENNE. 33 vrais et les Divins biens chez l'homme, et l'our ainsi dire le temple dans lequel il réside; \liais leb clJOlIell ch·Hes et politiques, pilrce qu'elles appartiennenL au Monde, occupent les inrérieurs du mental, et quelques-unes y sont colDlDe de petits bAtimenLs au dehors du temple, et d'autres comme les parvis par lesquels il faut entrer. Si les choses spirituelles de l'Église babitent dans Ja région suprême du mental, c'est aussi parce qu'elles sont les. propres de 1'4me, et reirardent sa vie éternelle, et que l'âme est dans les suprêmes, el n'a pas pour sa nourriture d'autres aliments que des choses sllirituelles; c'est pourquoi le SeilOleur se nomme Je Pain, car il dit: u Moi je suu le Pain viDant, lJuidu Ciel est descend,,; si guelqu'un mmzge de ce Pain il "ivI'Q éternellement.» - Jean, VI, St ; - Dans celle région réside aussi l'amour de l'btlmme.. amour qui fail sa béatitude après sa lIIort, et là aussi principalement réside son Libre Arbitre dans .les choses· spirituelles, et de celui-ci descend loute Liberté que l'homme possède dans les choses naturelles; el comme son origine est là, elle communique cela. tous les Libres Arbitres dans les choses naturelles, et par eux l'amour régnanL dans les suprêmes prend tout ce qui lui convient; c'est une communication comme celle de la veine d'une source avec les eaUI qui en proviennent, et comme le prolifique même de la semence avec toutes el cbacune des parties de l'arbre, surlout avec les fruits dans lesquels il se renouvelle. Mais si quelqu'un nie le Lib~ Arbitre dans les cboses spirituelles et par suil. le rejeUe, celui-là se fait une autre source, et il y ouvre une veine. et cbange la Liberté spirituellle en une Liberté purement naturelle, et enfin en une Liberté infernale; cette Liberté devient aussi comme le prolifique de la semence, lequel aussi passe librement par le tronc et les brancbes dans les fruits qui, d'apr~ leur source, 80nt pourris en dedans. 49S. Toute Libert~ qui vient du Se:inellr esl la Liberté même, mais celle qu1 vienl de l'Enfer, et de Il chez l'homme, est l'esclavale i toutefois il est impossible que la Liberté spirituelle n'appanisse pas comme un esclavale l celui qui est dans la Liberté infernale, parce que les deul Libertés SODt opposées i cependant fous ceUI qui sont daDs la Liberté spirituelle non-S8ulement: savent, mais aussi perçoivent que la Liberté inrernale est un esclavale, ~ 3

1

1

3'

LA. VBAl&

c'est pourquoi les Anges )'ont en aversion comme uno odeur 01daréreuse, IIU lieu que les Infernaux Il lirent A eUI comme une odeur llromatique. On sait d'après la Parole du Seigneur que le Culte qui proeède de la Liberté esl véritablement le Cul Le, eL que ce qui eSl volontaire plalL au Seigneur; c'esl pourquoi il est dit dans David: Un sacrifice volontaü'e j'offrirai à Dieu. • - Ps. LlV. 8; - eL ailleurs: «Les volontaires flmtre les peuples o"t été assemblés, le peuple du Dieu fi Abraham, • - Ps. XLVIf. t 0; , - delà, chez les fils d'Israël, il y avail des Sacrifices Volontaires ; leur culte sacré consistait principalemeDt· dans les saorifices; pour celle raison que les actes volontaires plaisent. Dicu, il fllL commandé, • que tout homme que 1Jowserait SfA cœur, et glle tnut homme dont r esprit spontané le ,.emuerait, apport(Jf'ait r obi. tion'à Jéhovah pour l'œuv"e de la tente, • - Exod. X.XXV.I. it, 29 ; - et le Seigneur d.it: ft Si vous detUlIre~ dans ma Parule, véritahlement mes disciples vous seres; et vous connattrez la vé7'ité, et la vérité vous fera libres; li donc le Fils vo"" lait libres, vérita61ement libre.~ vous seres; mais quiconqu" fait le péché est esclave du péché. D - Jtan, VIII. St A36. 496. Si ce qui est reçu d'al)rès la liberté rette, c'est parce que la volonté de l'homme se l'attache eL se l'alll1'oprie, el parce que cela entre dans son amour, el que l'amour le reoonnalt comme sien, el se fOl'me. par lui i mais ceci va être Iluslré Jlar des comparaisons; cependant comme elles seronL liries des choses naturelles, la Chaleur tiendra la place de l'A mour: On sait que dans tout "~~êtal les pores sonl ouverts par la cbahur el selon le degré de la chaleur, el qu'à mesure qu'ils ont été oUI'erts le végétal pardedans revient dans la forme de sa nature, reçoit spontanément sa nourriture, relient ce qui lui convienf, e. augmenlC cn croissance. Il en esl de même de la bête, 10UI ce qu'elle choisit et man~e d'aprè.~ l'amour de la nourriture, quon appelle allvétit. s'ajoute. son corps et y reste i si Lont ce lUi couvienl s'ajoule continuellement au corps, c'est parce que nutes les choses qui le composent sont perpétuellement renou1elées; qu'il en soit ainsi, cela est connu, mais de pelr de personl8s. La chaleur aussi cllez les bêles ouvre toutes les parties de lelr corpa, e.l fa iL que leur IDlonr naturel asillibremeol; de 1. vien que dans les saisons

l

RELIGlON ClIRltTIENNE.
-du printemps et lie l'été elles vienlleot et retournent dans l'ins'Iinot de 1a prolificalion et au·ssi de l'éduclI'lion de lell.,. pelils, .ce qui est fait d'après la plus grande liberté, parce que cela appar.;tient ~ l'amour rélnant introduit en elles par· la création, pour la oeonservation de l'univers dans l'élat créé. Si la liberlé de l'amour .esi illustrée par la liberté qu~ la chaleur introduit, c'est parce qlle 1'amour produii la chaleur, ce qui est évident par ses effets, par exemple, en ce qOlle J'homme s'échauffe, s'embrase et s'enOamme, .seloll que son amour est exalté en zèle, ou en emportement de 001ère i la chaleur du sani ou la chaleur vitale des hommes, et en cénéral des auimaux, ne viellt l'as d'autre part; c'est d'après celle correspondance que les corporels sont adaptés par la chaleur l recevoir librement les cboses auxquelles l'amollr aspire. Daus UD tel équilibre, et par suile dans une telle liberté sont Ioules les choses qui sont intérieurement dans l'homme; dans IIne telle liberté le c~lIr diri~e son sang ésalement en haut et en bas, le mé. sentère son cbyle, le foie élabore le sang, les reins sécrèlenl, les slandures fillrent, et ainsi du resle; IIi l'équilibre souffrait, le 'nembre lierait malade et aueint de Ilaralysie 011 d'alaxie; l'équilibre el la Iiberlé ici son1 un. Dans l'univers créé: il n'y a pas une substance qui ne tende ll'équilibre pOlir être dans la Iiberlé. La Volonté et l'Entendement de l'homme sOlll dans ce Li6rfJ ArlJitre; mais {airfJ le mal, cela a éti ,.éprim~ pat· les lois dnns l'uu et t'autl'e Monde, le Spirituel el le Natw'el, parcfJ qu'a1tlrement la Société da11S flm et l'aul1'e périrait. 497. L'homme, en observant seulement sa pensée, peut savoir tlue chacun est dans le Libre Arbitre dans les choses sl'iriluelle~. Qui est·ce qui ne pellt, d'après la Liberté, penser à Dicu, à la Trinité, l la éharité et au Prochain, à la Foi et l son opéralion, l 1. Parole et à lout ce qui en provient, et après qu'il s'est instruit des dogmes théoloSiques, à chaClun des sujets qu'ils renrero~enl r Et qui est-ce qui ne peul penser, et même conclure, enseigner et -';re en faveur de ces sujets ou conlre eUI! Si celte Liberté était 61g 00 scul mooment.à l'homme, esl-ce que sa pensée subsiste-:

,

L

36 '

LA VRAIE

(

,r
~
1

-

r:ait' Sa langue deviendrait muelte, sa main serait sans mouvement. C'est pourquoi, mon ami, lu peux si tu le veux, d'après la. seule observation de ta pensée, rejeter et exécrer celle Ilbsurde et pernicieuse hérésie, qui aujourd'hui dans le Christianisme 'frappé de léthargie la Doctrine céleste sur la Charité,el sur la Foi, et: par conséquent sur le salul et sur la vie éternelle. Voici fes causes. pour lesquelles ce Libre Al"bitre réside. dans la Volonté et dans i' Entendement de l'homme: i 0 Parce que ces deux facultés doivent d'abord être réSlées et réformées, eL. par elles les deux facullés de l'homme ex terne d'après lesquelles il lIa rIe et agit. !O Parc&que ces deux facultés de l'homme Interne constituent son esprit, qui vit après la mort. et qui n'est pas sous une autre loi que la Loi Divine, donl le point principal est que l'homme penSd l la loi. la fasse el lui obéisse d'après lui-même, quoique c"e 1I0it d'après le Seigneur. 8° Parce que )"homme. quant • son esprit, est dans le milieu entre le Ciel et l'Enfer, ainsi entre le bien el le mal, et par suiLe dans l'équilibre, d'où lui vienL le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, voir' ..ur ceL équilibre, ci-dessus, N'· UIS eL suiv. ; mais lanL qu'il vit dans le Monde, il est quanL l sop Esprit dans l'équilibre éDlre le Ciel -eL le Monde, el l'homme alors pour ainsi dire ignore que, autant il s'éloigne du Ciel et s'approche dl} Monde, autant il s'approche de l'Enrer; il l'ignore, el cependant il ne "ignore pas. et cela, afin que sur ce point aussi il soit dans la liberté, et qu'il soit réformé. ". Parce que ces deux facultés. la volonté .et l'entendemenL sont les deus. réceptacles du Seigneur, la volonté le réceptacle de l'Amour el de la Charité. l'entendement le réceptacle de la Sagesse et de la Foi, et que le Seigneur opère toul cela dans la pleine liberté de l'homme, afin qu'existe la conjoncli_on mutuelle et réciproque par laquelle se fail la salvation. s· Parce qn e tout jugement auquel l'holr.me esL soumis après la mort est conforme. l'usaie qu'il a fait du Libre Arbitre dans les choses spirituelles. 498. De ce qui vienL d'être dit il résulte ce poiut.. que le Libre Arb\tre Même dans les choses spirituelles réside en loule perfection dans l'lme de l'homme, eL que par suite. comme une veine dans une source, il inDue dans SOD mental dans ses deux parties, .qui lont la volonté et l'entendement, et par elles dans les seDI du

pi

RELIGION CHBËTIENNE. 37 corps et dans les paroles et les acLions. Il '1 a, en effet, trois de,rés de la vie chez l'homme, l'Ame, le Menlal et le Corps sensuel; tout ce qui est dans un degré supérieur est en perfection au-dessus 4Je ce qui est dans le degré inférieur. CeUe Liberté de l'homme est ce par quoi, en quoi et avec quoi le Seisneur est présent dans l'bomme, et presse saDS cesse sa réception, saDS jamais cep en.cIant" ébranler ou ôter la liberté. puisque, comme il a été dit cidessus, tout ce qui est fait dans les clloses spirituelles par l'bomme 4J'-après la Don-liberté, ne reste point; c'est pourquoi l'on peul dire que celte Liberté de l'homme est ce dans quoi le Seigneu r habite chez lui dans son Amo. QuantA ce qu'il a été pourvu :, la répression du mal par les lois dans l'un et l'anlre Monde, le Spirituel et le Naturel, parce qu'autrement il ne subsisterait de Société nulle part, cela est évident sans explicati'on; mais cependant cela sera illustré en ce que sans ces liens elternes, non-seulement il ne subsisterait pas de Société, mais que même tout le senra humain périrait: En effet, l'homrue est alléché par deul amours. qui sont l'amour de dominer sur tous et l'amour de posséder les richesses de tous i ces amours, si 1&1 freins leur sont lâchés, s'élancenl à l'infini: les maux héréditaires, dans lesquels l'homme nall, SODt principalement sortis de ces deux amours: le mal dans Adam n'a été autre que d'avoir voulu devenir comme Dieu, mal qui avait été inru~ en lui par le serpent, comme on le lit; aussi est-il dit, dans la malédiction prononcée contre lui, que la terre lui produirait épine. et chardon, - Gen. III. 5, t8, - par quoi il est entendu tout mal et par suite tout faux; tous ceux qui se sont Ii'Yr~s à ces amours se regardent eomme l'unique objet, dans lectuel et pour lequel tous les autres existent; il n'y a en eux ni commillêration, ni crainte de Dieu, ni amour du prochain, et par suite il ., a inhumanité, férocité et cruauté, cupidité et avidité infernales de piller et de ravager, astuce et fourberie l)our y parvenir i da semblables penchants au mal ne lIont point innés chez les bêtes de Il terre ; si elles tuent et dévorent les autres, ce n'est pas d'après uo lutre amour que celui de satisfaire ·Ieur faim et de se mettre hors de danser; l'homme méchant, considéré quant à C8.11 amours. est donc plus inhumain. plus féroce el pire que toute bête. Oue l'homme soit intérieuremel)l tel, cela se manifeste dans les trou -

(

1

(

38 LA. VRAIE bles séditieux, dans lesquels les lienS' de la loi onL élé rompus; el aussi dans les carnases el les pillaGes, quand il est donné libertéd'a,ir avec fureur contre les vaincus et les assiégés; il eD est A peine, UD qui s'en abstienne, avant que Je tambour ail fait entendre qu'il faut cesser; d'après cela, il est évhlenl que si aucune crainte des peiDes infligées par les lois ne retenait les hommes, non-seulement la société serail détruite, mais aussi lout le Genre humain. Mais tOIlS ces maux ne sont éloignés que par le véritable usage du Libre Arbilre dans les choses spirituelles, lequel consiste As'appliquer :\ porter sa pensée sur l'état de la vie après la mort. 499. Cc sujet ~era encere illustré par les comparaisoDs suivantes: S'il n'y nail pas une sorte de Libre Arbitre dans toutes les choses créées, tant animées qu'inanimées, aucune Création ne pOllrrait se faire, car sans le libre arbitre dans les choses naturelles quaDt aux bêtes, ,il n'y aurait aUCUD choix de l'aliment qui convienl Aleur nourriture, ni aucllne prolification, ni conservation de leurs petits, par conséquent aucune bête. S'il D'y avait pas une semblable liberté daDs les poissons de la mer, et dans les coquillages de son fond, il n'y aurait ni poisson ni coquilJage. De même, s'il n'yen avait pas dans chaque petit insecte, il n'y aurait ni ver dont on tire la soie, ni abeille dont on Lire le miel et la cire, ni aucun papillon, qui folalre dans l'air avec son semblable, 50 • nourrit de sucs tirés des Oeurs, et représentel:état heureul de rhomme dans l'aure céle.'1le, après qu'il a comme le ver dp.posé ses. dépouilles. S'il ,', avait pas UD analogue du libre arbitre dans l'bumus de la terre, dans la semeDce qu'on y a jetée, dans loutes les parties de J'arbre qu'elle a produites, dans les fruits de cel arbre, et dans les 'nouvelles semeDces qu'ils contiennent, il n'y aurait aucun végétal. S'il n'y avait pas un analogue du libre arbitre dans cbaque métal, el dans chaque pierre, soit précieuse, loit vile, il n'y aurait ni mélal, ni pierre, ni même un grain de sable j car ces objets hument librement l'éther, exhalent leurs. nalifs, rejetlent les choses qui ne leur sont. plus utiles, et se rétablissent par de nouvelles; de lA vient qu'il y a une sphèl"e masnétique autollr de l'aimant, ferrugineuse aulour du fer, de cuivra. autour du cuivre, d'argentautour de l'argent, d'or autour de l'or,. pierreuse autour de la pierre, nilr.eust! aulo.ur du nitre, sulfureuse

RELIGION CHR~TIENNE. 39 autour du soufre, et variée autour de Loute poussibre de la terre; de c~tte sllhère s'imprègne l'intime de chaque semence, et le prolifique végète, car sans une telle exhalaison procédant de chaque particule de poussière de la terre, il n'y aurait aUCUD commencement de germiuation, ni par conséquent autune perpéluil.é de I"rminalion i d'ailleurs commenl la terre pourrilit-elle pénétrer Ivec la poussière et l'eau dans l"intillle central du irain semé. ai ce u'~t par ces e~halaisoDs qui proviennent d'eUe. comme clans • le grain de sénevé qui est plus petit que toutes les semences; mais quand il a crd, iI.:st plus grand que les légumes. eti/deuient ar6re.» - Minh. XIII. St, Si. lIarc. iV. 30. 3t,

8i. - Puis donc que la Liberté a été mise dans Lous les sujets créés. dans chacun selon sa lIature, pourquoi l'homme n'aurait-il pas reçu un Libre Arbitre selon sa nature, qui consiste en cela qu'il soit spirituel! C'est de Il qu'il a été donné • l'homme un Libre Arbitre da liS les choses spirituelles dtlpuis sa naiSSAnce jusqu'à son dernier Age dans le Monde. ei ensuite pour l'éternité.

Si les hommes n'avaient pas le Libre Ar6itre dans les choses
apirituelles, ils pourraient 1074S sur le gl06e enlier en un seul jour ~tre amenés à croire au Seigneur; mais cela ne peut pas ~lre fait, parce que ce qui ,,'est pas "eçu par homme tl aprdi le Li6re Ar6itre ne reste point.

r

BOO. De la Toute-Puissance Divine non-comprise il lIuit comme ,rai, que, sans le Libre Arbitre dans les cboses spirituelles donné aUI hommes, Dieu pourrait les amener 10US sur le slobe entier en un ieul jour à croire en Lui i ceux: qui ne comprennent pas la ToutePuissance Divine peuvent croire, ou qu'il n'ya pas d'ordre, ou que Dieu peut asir éGaiement contre l'ordre eL selon l'ordre, et cependant sans l'ordre aucune Créalion n'a été possible; le principal de l'ordre est que l'holDme soit l'image de Dieu. qu'en conséquence il soit perfectionné par l'amour et la sagesse, et devieune aillsi de plus en plus celle image; Dieu opère cela continuellement chez l'homme, mais ce serait en vain sans le J.ibre Arbitre dans les choses spirituelles par lequel l'homme peut se tourner vers Dieu

b

LA VRAIE et se conjoi,ndre réciproquement ~ Lui, parce qu'il '1 aurai' impossibilité; car il y a un ordre, d'aprèa lequel el selon lequel a été oréé le Monde entier avec toutes el chacune des ob oses qui le composent; et comme tonte la créalion a été faite d'après et seloo cet ordre, Dieu pour celte raison est appelé l'Ordre même; c'est pourquoi soit qu'on dise a,ir contre I~Ordre Divin, soit qu'on dIse agir contre Dieu, c'est la même chose; bien plus, Dieu Lui-Même De peut agir contre son Ordre Divin, puisque ce serait agi~ contre Lui-Même; c'est pourquoi il conduil cbaque hommc selon l'ordre, qui. est Lni-Même, et dans ceL ordre ceUI qui s'égarent et qui S'8D échappent, et vers cet ordre ceux qui résistent. Si 1'1Iomme pouvait êlre créé sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, qu'y aurait·i1 alors de plus facile au Dieu TOUL-Puissant, que d'amener tous les hommes sur le Globe entier ~ croire au SeiBneur r Ne pourrait-il pas meUre cetle foi chez cllaque homme, lant immédiatement que médiatemen" immédiatement, par sa puissance absolue et par son irrésistible opéràtlon, qui est continuelle, pour que l'homme soit sauvé; ou médiatemelll, par les tourments jetés dans sa conscience, par les boulevel'l!ements léthifères du corp., et par les forles menaces de la morl, s'il ne reçoit, pas ceLle foi; el en outre par l'ouverture de l'enfer, et pal' la presence de diables tenant dans leurs mains des torches effrayantes, 011 par l'évocation de morlS qu'il a connus, se pré!lentant l lui SQUS l'image de spectres lerribl&s' Mais l cela il sera répondn par 1e.41 paroles d'Abraham au riche dans l'enfer: • Si Moise et les Prophètes ils n·~·
coutent'point, lors mArne que quelqu'un des morts ressusciterait, ils ne seront pas nonp/us persuqdés. » - Luc, XVI, 3t.

60

1

BOi, On demande aujourd'bui pourqu!)i il ne se fait l'as de Miracles comme autrefois, car on croit que, s'il s'en faisait, chacuD reconnallrait du fond de son cœur. liais s'il ne s'en fait pas aujourd'hui comme précédemment, c'est parce ql1e 18$ Miracles contraignent, et Oient le libre arbitre dans les choses spirituelles, et font de l'homuie spirituel nn homme naturel; depuis l'Avénement du Seigneur tout bomme dans le Monde Chrétien peut deveuir spirituel, et devient spirituel uniquement d'aln'ès le Seigneur par la Parole, et la facult,é de le devenir serail perdue, si l'homme par des Miracles était amené A croire, parce que les miracles. comme

-

.......

1
RELIGION CHlŒTIENNE. il vienl d'être dit, conlrailnenl el lui Ôtent le libre arbitre dans les cboses spirituelles; et tout ce qui a été contraint dans ces choses ae transporte dans l'homme naturel, et ferme comme avec une porte l'homme spirituel qui est véritablement l'homme Interne, et le prive de toute puillsanee de voir quelque vrai dans la lumière; c'est pourquoi dans la suite il raisonnerait Sltl' let' choses spirituelles d'après 1. lIeul homme naLurel, qui voit à contre-sens tout ce qui est véritablement 8vi ..ituAI. Si, avant J'Avenement du Seigneur, il a été fait des IIi racles, c'esi parce qu'.lors les hommes de l'Église étaient des hommes naturels, auxquels les cho$es spirituelles, qui appartiennent A l'Église interne, ne pouvaient pas être ouvertes, car si elles l'eussenL été, ils les auraient profanés; c'est même pour cela que: lOlltleur culte consistait cn des Rites qui représentaient et sisn~aientles internes de l'Église, et ces homm8a ne pouvaient être ameups ~ les observer selon les rèsles que par des Miracles; qne même les miracles aient été insuffisants, parce qu'il y avait dans ces represenlatifs un interne spirituel, cela est évident d'après les fils d1sr.lêl dans le désert, qui, bien qu'ils eussent vu de si ,rands Miraoles en Égypte, el le plus grand de tous sur la Mo'ntagne de ~illai, néaDliloins, après un mois d'absence de 110 ise , dansèrent aUlour du Veau d'or, et ~"écrièrent que c'était ce veau qui les avait Liré. d'Égypte; ils en agirent de même Clans la terre de Canaan, quoiqu'ils eus~nt vu, de Brands miracles opérés par Élie el l,ar ÉliSée, . el enRn 10l'llqu'ils virent les Divins Miracles mêmes opérés par l, Seii~eur. Il ne se rait pas de Miracles aujourd'hui, principalement par celle raison, que l'Église a ôté à l'homme tout le Libre Arbitre, et elle l'a ôté, en ce qu'elle a décrét~ que l'homme Ile peut absolument rien faire pOlir recevoir la roi, ni rien faire pour sa COli ver1Iion" ni en général pour le salut, voir ci-dessus" Ne 464; l'homme qui ~roit celi! devienL de plus en plus naturel, et l'homme naLurel, eomme il vient d'être dit, regarde 11 contre-sens tout spirituel, et par suile pense contre le spirituel; alors la Région supérieure du menlal de l'homme, où rJside à la prem ière place le Libre Arbitre ,dans les choses spirituelles, serait rermée, et les choses spirituelles qui ont élë quasi coufirmées par des miracles occuperaient la Région inférieure du mental, qui est purement nalureJle, les faul' sur a foi. la' conversion et le salut reslant ainsi au-dessus de ceLta

m

...
LA. VRA.IE région, d'eù il arriverait que les Satans habiteraient au-dessus et les Anges au-dessous. comme de. vautours au-dessus de la volaille; de là, après quelque temps, les Salans rompraient la barri~re. et s'élanceraient avec fUl'lur contre les choses spirituelles qui onL été placées au.:dessous, et non-seulement ils les nieraient~ mais encore ils les blasph~meraient et les profaneraient; ainsi Je dernier sort de l'homme deviendrait bien pire que le premier. 601. L'homme qui, par des faui sur les obo"'''llrrltuelles de l'ÉSlise, esl devenu naturel, ne )leut, au sujet de la Divine ToutePuissance, quo penser qu'elle est au-dessus de l'ordre, qu'ainsi elle est indépendante de l'Ordre; il viendrait donc l tenir ces propos insenséll: • Pourquoi l'Avènement du Sei~nellr dans le Monde, et pourquoi uno Rédemption faite de celle maflière, puisque d'.près sa Toute-Puissance Dieu pouvait Caire du haut du Ciel celle rédemption aussi bien que sur lftrre! Pourquoi par la" Rédemption n'a-t-il pas liauvé tout 10 Genre humain sans excepter un seul homme, et pourquoi depuis la Rédemption le diable peut-il avoir cbez l'homme plus de force que le Rédempteur? Pourquoi un EIIfer r Dieu, par sa Toute-Puissance, n'a-t-i1 pas pu et ne peut-il pas le détruire, ou en tirer tous ceux qui y sont, et en faire des anges du ciel r Pourquoi un Jugement Del'nier? Ne peut-il pas transporter à droite tous les boncs qui sont à gauche, et cn faire des brebis r Pourquoi a-t-il précipité du Ciel des Anges du dragon elle Dragon lui-même, "et ne les a-t-il pas changés en Anses de Micbel? Pourquoi ne donne-t-i1 pas la foi à cenx-Ià cO"lllme à cellXci, ne leur impute·l-il pas la justice du Fils, ne leur remet-il pas ainsi les péchés, ne les juslifie-l-il pas, et ne les sanctifie-loi! pas t Pourquoi ne fait-il pas parlt','les bêtes do la terre, les oiseaux du ciel 6t le~ poissons de la Iller, ne leur donne-t-il pas de l'intelligence, et ne les introduit-il pas dans le Cial avp.c les hommes! Pourquoi n'a-t-i1 pas fait, ou ne fait-il pas encore, de tout le globe un Paradis," dans lequel il n'y aurait ni arbl'e de la science du bien et du mal, ni serpent, et où toutes les collines découleraient de vins ,énéreux, et produiraienll'or et l'argenl, l'un eL l'autre natif, afin que 10US y vécussent, comme des images de Dieu, dans dei acclamations et des cbanls, el ainsi dans dE'.s f~Les et des réjouisliancea perpétuelles r Toutes ces choses ne seraient-elles pas dignes'd'uD

'2'

1

!\

"RELIGION" CHRETIENNE.
Dieu TOUL-Puissant!. Sans parler de Illusieurs autres propos semblables. Mais, mon ami, ce sont Il de- ,'aines paroles; la Divine Toute-Puissance n'est point"sans l'Ordre; Dieu Lui-même estl'Or· dre, et comme touta été créé d'après Dieu, tout a étécréé d·après l'OrdTe, dans l'Ordreet pour l'Ordrei il 1 a un ordre pour lequel l'homme a été félit, cet ordre est que sa bénédictiou ou sa malédiction dépende du Libre Arbitre dans le." choses spirituelles; car, ainsi qu'il a déjà été dit," l'homme n'a pu être créé sans le Libre Arbitre, ni même la bête, ni l'oiseau, ni le poisson; mais les Bêtes sont seulement dans le Libre Arbitre naturel au lieu que l'homme est dans le Libre Arbitre naturel et en même temps dans 10 Libre Arbitre spirituel.


B03,

...

A ce qui précède seron 1 -i"uLeS ces MiliORAULES: "PRE1'_,cUOIS annoncer une Réunion," dans laquelle OD dev:.rt tlelibérer sur le Libre Arbitre de l'homme dans les choses spirituelles; c'était dans le Monde spirituel; de toutes les plages il s'y rendait des savants qui, dans le Monde où ils vivaient précédemmeut, avaient médité sur ce sujet, et plusieurs de ceux qui s'étaient trouvés dans des Conciles et des Synodes tant IVant qu'après le Concile de Nicée; ils s'assemblèrent dans UII Temple rond, aemblable A ce Temple de Rome, qU'OD appelle Panthéon, qui Ivait d~abord été consacré au Gulte de tous les dieux, et qlli en- " suite fut inauguré pour le Culte de tous les Saints Martyrs par l'Autorité Papale i dans ce Temple, contre les murailles il y avait , comme des Autels, mai!! ver!! cbaque autel, des siéges sur lesquels les membres de l'assemblée se placè~ent, et ils appuyaient les coudes sur les autels comme sur autant de tables i il n'avait pas été désigné de Président pour diriger la délibération [.armi eux; mais chacun, quand l'envie lui en prenait, s'élançait au milieu, parlait avec effusion et déclarait son sentiment; et, ce qui m'élonna, tous ceux.qui' composaient cette Réunion ~taient pleins de con6rmatiolls en favellr de l'impuissance complète de l'homme jans les choses spirituelles, et par conséquent tournaient en dérision le Libre Arbitre spirituel. Quand ils Curent assemblés, l'uB d'eux s'élança aUSditi)t au milieu. eL s'exprima ainsi". baute voix :.

.'ER lJi)lORABLE.

D

·,

LA VRAIE • Cbez l'homme il n'y a pas plus de Libre Arbitre dans les cboses spirituelles, qu'il n'yen eut chez la femme de Lotb après qu'elle eut été changée en statue de sel, car s'il y avait davantase de libre arbitre chez l'homme, il s'allribuerait certainement de lui-même la foi de notre Éilise, qui est, que Dieu le Père la donne gratuitement, en toute Liberté et Bon Plai~ir, à qui il v~ut et quand il veut; ce bon plaisir et cette sratuité D'appartiendraient en aucune manière à Dieu, si d'après quelque liberté ou bon plaisir l'homme pouvait aussi se l'attribuer. car ainsi notre Foi, qui est un astre brillant devant nous jour et nuit, sel'ait dissipée comme une étoile qui file dans l'air.• Après celui-ci. un autre s'élança de son siége, et dit: «Chez l'homme il n'y a pas plus de Libre Arbitre dans les CIl oses spiri/uelles, qu'il D'yen a chez la bêle, et même pas plus que tuo.. 1...hiAn : car si l'homme en al-ait, Il ferait le bien par luimême, lorsque cependaln , ....t hien vient de Dieu, et l'homme De peut rien prendre qui ne lui ait été donutl ,h.. r.is!. • Après lui, un autre sauta de dessus son siége, et arrivé dans le milleu,"it éleva la voil cn disant i cr Chez l'homme il D'y a pas 11lus de Libre Arbitre dans les choses spirituelles, même pour les examiner, qu'il n'yen a chez le hibou pour voir pendant le jour, pas plus même que chez un poulet encore renfermé dans l'œur; dans ces choses il est aveugle comme une taupe, car s'il avait des yeus de lynl pour examiner ce qui concerne la foi, le salut et la vie éternelle. il croirait qu'il peut lui-même se résénérer et se sauver, el il ferait aus.o;i des efforts pour cela, et ainsi il profanerait, par mérites sur mliriles. ce qu'il penserait et ce qu'il ferait ..• Un autre courut encore dans le milieu, et exprima ainsi son sentiment: cr Celui qui s'imagine qu'il peut vouloir et comprendre quelque chose dans les sujels spirituels depuis la chute d'Adam, est dans le délire et devient maniaque, parce qu'alors il se croit un delDi-dieu ou une déité, possédant de son propre droit ulle partie de la puissance Divine. • Après celui-ci, un autre vint tout essouffié dans le milieu, portant sous le bras le Livre inlitulé FORJIULE DE CONCORDE~ sur l'Orlhodoxie duquel (c'est le terme dont il se servit) les Protestanls· Évangéliques jurent aujourd'hui; et il l'ouvrit, el en lui les passa~es suivants·: D L' homme quant au hien est entièrement corrompu et mort, au point que, dans la nature de rhomrM dt!"

p
RELIGION CHRJi:TIENNE. puis la clmte, il ne demeure ou reste avant la régéné"ation pas mArne une éti,zcelle de forces spirituelles, par lest]Uelies il pu;sse par lui-m~me etre préparé d la grâce de Dieu, ott la saisir quand elle lui est ollerte, ou e"'e de lui-mbne ou par lui· ~me suscepliMe de celle grdce. ou, en fait de choses spirituelles, comprendre, croire, embrasser, penser, vouloir, commellcer, achever. agir, opérer, coopérer, ou s'appliquer ou s'adaptf!l' à la grdce, ou faire guelque chose pour sa cOllversion soit pour le tout, pour la moitié ou pour la plus petite partie. L'homme dmu les choses spirituelles, gui regardent le salut de l'âme, est comme la statue de sel de la femme de Loth et semblable dune sottche et à une pierre privées de vie, t]Ui PI'ont tusage ni des lIet1Z, ni de la bouche, ni d'aucun sens. Néœlmoiru ü a la puissance de locomotion, ou il peut gouverner ses membres e:rternes, aile,. dans les Assemblées pflhliques, et entendre la Parole et rÉvangile, • (Ces paroles, dans l'Édition que je possède, se trouvent pa,. 686, 638, 66t, 66!, 663, 61t, 671, 673.) - Après celte lecture, tous furent d'an même avis s'écrièrent ensemble: Il Cela est véritablement orthodoxe, » 1I0i, j'étais debout eL j'avais prêté une grande auëntion ~ tout ce qui s'était dit, el comme je bouillonnais en mon esprit, je leur dis d'une voix forte: • Si dans les choses spirituelles vous faites de l'homme une stalue de sel, une bête" un aveugle, et un insensé, il quoi bon alors vos dOGmes Théologiques r Tous en s~néral. et chacun en particulier, ne sont-ils pas spirituels r • Après un moment de silence, ils répondirent: • Daos toute notre Théologie rien de ce que la raison saisit n'est spirituel; notre Foi y est seule spirituelle; mais nous l'avons soigneusement fermée, afin que personne ne re,arde en dedans, et nous avons pris de ,randes 'précautions pour qu'aucun rayon spirituel n'en effiue, el ne se montre devant l'entendement; et de plus, l'homme ne porte pas su .... elle la moindre partie d'une déterminalion venant de lui: nous avons éloigné de lout spirituel la Charité, et noull l'a\'ons faite purement morale; de même le Décaloiue : lIur la justification, la rémission des péclJés, la régénération et la salvalion, nous ne présentons rien de spirituel, nous disons que la Foi les opère; mais comment, nous ne le savons nullement; au lieu de la pénilence, nous avons pris la contrition. et

\

,1

'LA. VRAIE pour qu'on ne la croie pas spirituelle, nOlis l'avons éloignée de Ja fOi quant à lout conlac': sur la Rédemption nous n'avons adopté que des idées purement naturelles, qui sont, que Dieu Je Père .avait enveloppé tOUL le Genre humain sous la damnation. et que son Fils a pris sur Lui OIlle damnation. et s'est laissé suspendre t la croix. et qu'ailsi il a contraint son Père lia commisératioD. outre plusieurs autres choses semblables, dans lesquelles tu ne saisiras rien de spirituel; lU con·traire, tout y est purement naturel. D Alors dans l'ardeur du zèle. dont j'avais d'abord été saisi. je continuai en disant: • Si l'homme n'avait pas le libre arbitre dans les choses spiriluelles, que serait-il alors, sinon !me brute! N'est-ce pas par oe libre arbitre que l'homme s'élève au-dessus des bêtes bruIes! Sans lui, que serait l'Église, sinon la face noire d'un escarbot, dans les yeux duqlJel il y a une marque blanche! Sans lui, que serait la Parole, sinon un livre inulile' Ou'y trouvet-on plus fr~quemment dit et commandé, sinon que l'homme doit aimer Dieu, et qu'il doit aimer le prochaio, el aussi qu'il doit oroire. et que le salut et la vie sont à lui selon qu'il aime et qu'il croit' Qui esL-ce qui o'a pas la faculté de comjll'endre eL de faire les choses qui onl été ordonnées dans la Parole, et les préceples qui sont dans le Décalosue' Comment Dieu aurail-il pu les prescrire et les commander, si cette faculLé n'avail pas été donnétt à l'homme! Dis à qu'el que paysan, dont le mental D'a pas étéfermé par des illusions théolosiques, qu'il ne peut. pas plus qu'une souche el uoe pierre, rien comprendre ni rien vouloir dans les choses de la foi et de la oharité, el par conséquent dans les choses du salut, et qu'il ne peut pas m~me s'y altacher ni se les adapter; est-oe qu'alors il n'éclatera pas de rire et ne dira pas: «Quoi de plus insensé ! que serait alors pour moi un Prl'ltre eL sa prédioation' Que serait alors un Temple plus qu'une étable T et que S81'8it alors un culte plus qu'un labourage TOh 1 quelle démence de pal'ler ainsi, o'est folie sur folie. JI - Qui est-ce qui nie que tOllt bien vienne de Dieu' N'a-L-i1 pas été donné à l'homme de faire d'après soi-même le bien d'après Dieu! Il en est de même de oroire. Il En enlendant ces mots. ils crièrent tous ~ • Nous, nous avons parlé en orthodoxes d'après les orthodoxes; toi, au oontraire, lU as parlé en paysan d'après les paysans, • alais tout-à-coup la foudre tomba du ciel ; et. pour

t

1

RELIGION CB.RËTIENNB.

.qu'elle ne les consumM pas, ils s'élancèrent en foule, et s'enfuirent de là, chacun dans sa maison. 40.1·. SECOND MtM'ClRABLB. J'étais dans la vue intérieure spirituelle où son Lles Anl'es du Ciel supérieur, mais en même teml)S dans le Monde des esprits; el je vis deux Esprits non loio de moi, éloignés cependant l'un de l'aulI'e, et j'aperçus que l'un d'eux aimait le bien et le vrai, et étaill'ar Il oonjoint au Ciel, et que l'autre aimaft le mal et le faux, et était par li conjoint ll'Enfer i je m'approohai et les appelai i et, d'après le son de leurs voix el leurs réponses, je conclus qne l'un comme l'autre pouvait percevoir les vérités, ....connallre celles qui avaient ét6 perçues, ainsi penser d'après l'entendement, et aussi déterminer les intellectuels comme il lui plaisait, et les volontaires selon son l'ré, que par conséquent ils étaienL l'un etl'auu'e dans un semblable Libre Arbitre quant :lUX rationnels; et, de plus, j'observai que d'après celle Liberté dans leurs mentais. il apparaissait une clarté depuis la première vue qui appartenait l la percelltion jusqu'A la dernière vue qui apparlenait il l'œil; mais qualld celui qui aimait Je mal et le faux pensait livré à lul-même. je remarquais qu'il s'éle\'ait de l'enfer coinme une fumée, et qu'elle éteignait la clarté qui était au-dessus de la mémoire, d'où pour lui, Il. une obscurité comme oelle du milieu de la nuit: puis aussi. que celle fumée s'embrasant bnllait comme une flamme, et que ceUe flamme éclairait la région dll ~ental qui était au-desso.us de la mémoire; c'est d'après celle fumée embrasée qu'il pensait des faux énormes provenant des maul: cfe l'amour de soi. lIais ebez l'Autre qui aimait Je ~ien eL le vrai, jl voyais, quand il était livrU lui -même. comme une Oamme douce qui d8scendait du ciel, et qui éclairait la région. de son mental au-d8Slius de la mémoire. eL aussi la réSioD au-dessous de celte mémoire jusqu'à l'œil. et que la lueur de celle flamme resplendissait de plus en plus, selon que d'après l'amour du bien il percevait eL pensait le vrai. D'après ces remarques il fuL évident pour moi que chaque homme, tant le méchant que le bon, a un Libre Arbitre spiriluel ; mais que l'Enfer l'éteint parfois chez les méchants. eL que le Ciel l'exalte et l'enOamme chez les bons. Après cela. je . conYersai avec l'un et avec l'autre. et d'abord avec celui qui limait 1& mal et le faux; et, après quelques questions sur 1I0D sort, lorsque

47

'8

LA. VRAIE.

je prononçai le mot de Libre Arbitre, il s'emporta, et dit: « Ab! quelle folie de croire que l'homme ait le Libre Arbitre dans les choses spirituelles 1Quel homme peut s'attribuer la foi et raire le bien par lui-même? Le Sacerdoce aujourd'hui n'enseigne-t-il pas d'après la Parole, que personne ne peut prendre que ce qui lui a été donné du Ciel, et le Seigneur Christ n'a-t-i1 pas dit l ses disciples: S:ms lloi, ,ous ne pouvez rien faire Y Et l cel~ j'ajout", que personne ne peut remuer ni le pied ni la main pour faire quelque bien, ni remuer la langue pour prononcer quelque vrai d'après le bien i c'est pourquoi l'Église par ses s,ages a conclu que l'homme ne peul ni vouloir, ni comprendre, ni penser aucun spirituel, ni même se disposer l le ,'ouloir, l le comprendre etlle penser, pas plus qu'une statue, une soucbe et une pierre i el que c"est pour cela que Dieu, qui a Seul une Puissance très-libre et illimitée, inspire selon son bon plaisir la foi, qui, sans notre travail et sans notre puissance, par l'opérai ion de l'Esprit Saint, produit toutes les choses que les ignoranls attribuenl l l'homme .• Ensuite je convenai avec l'Autre, qui aimait le bien el le vrai, et après quelques questions sur son sort, lonque je prononçai le Plot du Libre Arbitre, il dit: • Quelle Colie de nier le Libre Arbitre dans les choses spirituelles 1 Qui est-ce qui ne peut pas vouloir et faire le Lien, penser et prononcer le vrai de soi-même d'après la Parole, ainsi d'après le SeiBneur, qui est la Parole YCar l~ Seigneur a dit: "Faites des fruits (}(ms, et croyez·en la Lumibe; et aussi: Aime.z-vous les uns les autres, et aime.z Dieu; puis: Cel1.1i qui entend et fait mes préceptes, celui-là M'aime, et Moi je laime,.ai; outre mille passages semblables dans toute la Parole: A quoi servirait donc la Parole, si l'homme ne pouvait rien vouloir ni rien penser, et par suite rien Caire ni rien prononcer de ce qui Y'a été commandé' Sans cette puissance chez l'homme, que seraient la Religion et l'Église, sinon comme un vaisseau naufragé, qui est au fond de la mer, et dont le pilote se tient au haut du mât, et crie: Je ne peux rien i tandis qu'il voiL les autres marins s'échapper dans des barques après avoir hissé les voiles' N'a-t-il pas été donné l Adam liberté de manger de l'Arbre de vie, el liberté de manger de l'Arbre de la science du bien et du mal? et comme d'aprês sa liberté il a mangé de l'Arbre de la science, une fumée sortie

RELIGION CHRETIENNE. '9 du serpellt, c'est-à-dire, tic l'Rnfur, ellim dans son menl:.I, c'est pour rel a qu'il full:ha:;li~ du lJ,u'adi:s et maudit; et cependanl il ne perdit pas le Libre Arbilre, car on lit que le cbemin qui conduit à l'Arl>re de vie fut sa'rdé par un Chérubin, ce qui n'a t'lé faH que parce qu'il pouvait encore vouloir en manger.. Après qu'il eut parlé ainsi, celui qui aimait le mal' et le faux répondit: • Je laisse ce que j'ai entendu, el je garde en moi ce qlle j'ai avancé; qui ne sait que Dieu seul est vivant et par suite actif, et que l'homme par lui-même est mort, et par suite purement passin Commcnt celui qui en soi est Dlort et purement passif. peut-il s'attribuer qllelque choso de vivant et d'actif' A cela je r~pondis: • L~homme e~l un Organe de la vie, at Dieu seul est la Vie, el Dieu répand 8:1 vie d:ms l'O"v;ane ct dans Loules les parties de l'organe, comme le Soleil réparid sa chalem' dans l'AJ'bre et dans Lou tes les parties de l'arbre; et Dieu donne à l'homme de sentir cotie fie en lui comme sie' ne, et Dieu veut qu'il la senle ainsi, aBn que, selon les lois de l'ordre, qui sonl en aussi grand nomb"ë qu'il y li. rle Pl'écerles ,fans ln Parole, l'ho.illl c vh'c comme par Ini-même, el se dispose fi recP,voir l'Anlour do Dieu; mais uéanmoins Dieu lient contÏllUellemclI1 du doi«1 le ni,'eJ\ sur la balance, el mOllère, mai!; ne vioie jaf!lais le Libre AI hare par conlr.linte: l'Arbre ne pent rien recevoir de ce que la Chaleur du soleil introduit par la. racine, à moins qu'il ne devienne tiède el cbaud quant A chacun de ses filulIent!1; et les éléruellis ne peuvent mon 1er par la racine, à moins que cbaeun de ses fil2ments d'après la cbaleur reçue n'exhale aussi la chaleur, et ne contribue ainsi au passage; 'de même l'homme d'après la cbaleur de la vie qu'il a reçue de Dieu; mais l'Homme diffère de l'Arbre en ce qu'il sent celle cbaleur comme sienne, quoiqu'elle ne lui appartienne paE i tOlilerois, aulalll il croit qu'elle lui apllartient eL non à Dieu, autant il reçoit la lumière de la vie, mais non la cbaleur de l'amour prooédant Je Dieu; il reçoit au cODlrair(\ la cbaleur de l'amour provenant de l'Enfer; el comme celle chaleur est grossière, elle obstrue et bouche les plus purs rameaux de l'Oriane, comme un sani in.pur les vaisseaux capillaires du corps i ainSI de spirituel l'homme se rend purement nalurel. Le Libre re chez l'bomme vient de ce qu'il senL la vie en sQi comme Hie leen,nsdcce que Dieu 'laisse l'homme sentir ainsi, afin que se u. 4

h

1

1

LA VRAIE fasse la conjonction, qui n'est possible qu'aulant qu'elle est réciproque; et elle devient réciproque, lorsque l'bomme d'après la Liberté a~il absolument comme par lui-même: si Dieu n'811t pas laissé lI-l'homme celle liberté, l'bornOIe ne serait point homme, et il n'aurait point la vie éternelle, car la conjonction réciproque avec Dieu fait que l'homme est homme et non une bête, el fait aussi qu'après la morl il vit pour l'éternité; le Libre Arbitre dans les cboses spirituelles produit cet effet •• Après avoir entendu cela. cet esprit mauvais se relira i une certaine distance, et alors je vis sur un arbre 110 serpent volant, qu'on nomme dipsade, qui présentait l quelqu'lin du fruit de cet arbre; et alors je m'approchai en esprit vers l'endroit; et là, au lieu du serpent, Je vis un homme monstrueux, dont la barbe couvrait tellement la face, qu'il ne paraissait que le nez; el au lieu de l'arbre, c'était nn tison embrasé près duquel se tenait celui dans le mental de qlli la fumée était précédemmtnt entrée, et qui ensuite avait rejeté le Libre Arbitre dans les choses spirituelles; et tout-l:coup une semblable fumée sorlit, du tison, et les enveloppa l'lin et l'alltre; et comme ils furent ainsi soustraits à ma vue, je m'en allai; quant l,celui qui aimait le bien et le vrai, et qui avail souteDlI que l'homme a le I.ibl'e Arbitre dans les choses spirituelles, il Ill'accompagna à la maison. 303. TaolslÈMB MÉMORABLE. Un jour j'entendis un bruit comme le frollement de deux meules de moulin l'une contre l"autre; je m'approchai vers ce bruit, et il cessa, et je vis une porle étroite. conduisant obliquement en bas vers une maillon vo"Otée, où ilf avait plusieurs Chambres II.vec des cellules, dans chacune desquelles étaient assiM denI Esprits qui recueillaient dans la Parole des passages confirmatifs de la justi6ccltion par la foi seule, l'lin recueillait et l'autre écrivait, et cela alternativement. Je m'approchai d'une Cellule, qui était anprès de la porte, et je demandai ce qu'ils recueillaient el écrivaient. Ils dirent: • Des passages sur. l'ACTE DB LA JUSTI"CATIO~ 011 sur la FOI EN ACTE, qui est la Foi même justifiant, vivifiant et sauvant, et la Tête des doctrines de l'Église dans notre Christianisme. D Et alors je dis l l'un d'eux: • Racont&moi quelq,ue signe de cet Acte, quand celle Foi est introduite dans le cœur del'holnme. » Il répondit: • Le sÏ'Sne de cet .Acte existe

so

Di

RELIGION CHRltTIENNE. BI .au moment où l'homme, pénétré de la douleur d'être damné, el placé dans celte contrition, pense que le Cllrist a Oté la damnation .de la Loi, et saisit ce mérite du Christ avec confiance et s'adresse, .avec cela dans la pensée, l Dieu le Père et le prie." Alors je dis: .. C'est donc ainsi que se fait l'acte, et c'est donc là le moment! • Et j'ajoutai: «Comment comprendl'ai-je, ce qui esl dit de cet ACle, qùe rien de l'homme n'y concourt, pas plus que rien n'y -eonco,urrait, s'il étail une souche ou une pierre; et que l'homme • .quant l cet Acte, ne peut rien commencer, ni vouloir, ni comprenodre, ni penser, ni opérer, ni coopérer, ni s'appliquer" ni s'adapter ! Dis-moi comment cel,) s'accorde avec les paroles, que l'Acte .a lieu lorsque l'bomme pense au droit de la loi, à sa damnation ~tée par le Christ, lia confiance Ivec laquelle il- saisit ce mérite .au Christ, et qu'il s'adresse, en pensantl cela, l Dieu le Père et le prie? Toutes ces choses ne se fonl-elles pas par l'homme! .. Mais il dit: u Elles sont faites par l'bomme, non activement, mais passivement. " Et je répoldis: «Comment quelqu'un peut-il (lenser, avoir confiance et prier passivement! Ote 1 l'homme l'aclif. et alors le coopératif, ne lui OteS-lu pas aussI le réceptif, ain~ tout, et avec lout l'Acte lui" même? Qlle devient alors ton ACle, sinon .quelque chose de purement idéal, qu'on appelle être de raison! J'espère que tu ne" crois pas, avec quelqu8tl-uns. qu'un leI Acte D'a lieu que chez les Prëdestiués, "qui ne savent rien de J'infusion de la foi chez eux; ceux-ci peuvent jeter les dés, et chereher par Il si la foi a été infusée en eUI, ou si elle ne J'a pa, élé: Crois donc. mOIl ami, que l'homme, quant à la foi et à la charité, opère par lui-même d'après le Seigneur, et que sans cette opération Ion a:lle de roi, que tu as appelé la Têle des Doctrines de l'Église dans le Christianisme. n'est que la stalue, femme de Loth, ne r.endan t d'aulre SOli que celui du sel, emeurée par la plume de J'écrivam, GU par l'ongle de son doigl, - Luc. XVI. 32 i -j'ai dit cela, paree que vous vous failes vous-mêmes, quant à cel Acte, semblable à des slatues. • Quand j'eus dis ces mots" il saisit brus-quemBnt le chandelier pour me le jeter à la face, el alors la chan.dello s'étant tout-à-coup éteinte, il le lança au front de son compalnon i el je m'en allai en riant. !S06. QUATRl&MB HiNORABLB. Je vis dans le Monde Spirituel.

n2

LA VRA.IE

deux lroupea1:1x, l'un lie liuu(:s et l'aulre de BRBBIS: je me demandai av~c étonnemenl qui ils étaient; car je s:l\'ais que les Auimaux vus dans le Monde ~I)irituel ne sont pas des .\niruau:c, mais les Correspondancos de!; affections et des pensées de ceux qui sont là; c'est pourqlJoi j'al'prochai plus près, et l mesure que j'approchai, les ressemblances d;animaux dilZparaissaient, et à leur place je voyais des Hommes; et il me rut m::mifesté quo ceux qlli composaient le Troupeau des Boucs, étaient ceux qui s'étaient conlirmés dans la Doctrine da la Justification par la Foi seille; et que ceux qui composaient h, Troupeau dl's Brebis, éUlient ceux qui avaient CI'U 'lue la Charité et la Foi SOlit un, COlIIlDe le Bien et le Vrâi sont UII, Ct alors je conveM;ai avec ceux qui avaient été vus comme Pour.'!, et jo di~: Pourquoi avez VOliS ét~ ain~1 l'ast:emblés!. r:l phll'ar.t étaient des membl'es du Clergé, qui s'étaient ilorifié.i de leur renolllmée '(('érudiLion. parce qu'ils concaissaient les Arcanes rie la jll~tilicat ion par la foi seille, Ils dirent qu'ils étaienL Il!\''olllblés pOlir lenir un Concilo, p:lrce qu'ils avalent entendu dil'c que ce Passage de Paul, - Rom, 111. 28, - L'/tomme est j ,,:tifié par la Foi salls (;'f:lIvres de loi, n'avait pas été bien co 1\'iC;·, ea qui était affirmé de la manière suivanle: TIant: ce passage par 1 Foi P11U1 a enlenrlu, non ra,~ la .,'oi do J'Église d'au.. JOllrd'hni. qui est en Trois Persqnnes Divines ue toute éleruité, mais la l,'oi an Sei~ncur Dieu Sau\'eur Jésus-Christ; et par OEuvres de Loi il a entendu, non pu~ le.'I OEuvres de la Loi du Décalogue, mais l'eS OEnvres de la L~i de Iloise, qui élaient pour les Juifs; el ainsi, de ce peu de IllOts, on a conclu par une mauvaise interprétation deux éilormes f:lUssetés, qui sonL, d'avoir entendu la Foi de l'Église d'aujourd'hui, et les OEuvre.s de la Loi du Décalogue; que Paul ait entendu, non pas ces OEuvres, mais les OEuvres de la Loi de Moïse, qui étaient pour les Juifs, on le voit clairement d'a!lrès-ses paroles à Pierre, auquel il reprochait de judaïser, quoiqu'il sùt que personne 7I'ftst justifié par des OEuvres de Loi, mais par la foi de Jésus-Christ, - Gal, II, U, i5, t6; - par la foi de Jésus-Christ, c'est par la foi en Lui el par Lui, voir cidessus, N° 338 ; e~ comme par des OEuvres de la loi il ·entendait les Œuvres de la (.oi de Moïse, c'est pour cela 'qu'il fiL une disinclion entre ]a Loi de la foi el la toi des œuvres, el entre les
Il

r

RELIGION CHR€TIENNE.

S3

Juifs ei les Gentils, ou enLre la Ciroonoision eL le Prépuce, et par la Circoncision est signifié le judaïsme, comme partout ailleurs; et même il conclut par ces mols: Abrogeo7iS-nous donc la Loi
par la Foi? Tant s'en faut, mais nous al!ermis'J01lS la Loi; il diLloutos ces choses en UDe m~me série, - ROID. Ill. !7, 28, 29, . 80, 3t ; - el il dit aussi dans le Chapitre qui précède: N(m pas les auditeurs de la Loi seront justifiés par Diell, mais ceuz qui fmztla Loi seront justifiés. - Rom. Il. t3; - el aussi: Dieu rendra à chacu" selon ses œUrJres. - ROID. n. 6 ; - ct encore : Il faut Sile tous 'wus SOYOIIS manifestés devmlt le Td.hullal de Christ, afin que cltaczln ,'apporte ce qu'il a fait par le corp." soit bien, soit mal. - Il. Cor. V. tO i - outre Illusiours autres passap:e:.; qu'on trouve chez lui; d'où il esl évidcnl que Paul a

rejûlé la roi sans les bonnes Oeuvres, 'comme la rejeue Jacques, EpU. H. t7 à 26. - Que Paul ail entendu les OEuvres de la Loi de i\ oise, qui étaient Ilour les Juifs, c'est ce èlont nous 3\'ons en oull'" la confirmation, en ce que dans Moise tO!IS les Statuts pour les Juifs sont al'pclés loi, ainsi œuvres de la Loi, ce que 1I0US voyons d'après ceux·oi: Voilà la Loi de la .llillcltah,Lé\'it. YI. 7, tI el suiv. - Voilà la Loi pow' r llolucazLste, pour la Jf'lzcllalt, pou,' les sacrifices du pécM et du délit, pour les ImplOtions. - LéviL. YII. 3i. - Voilà la Loi de la 1 t:.e et de l'Ciç(]" 1. -I.th-il. XI. 46 et s:liv. - l'oilà la Loi de cel/C' 'juienfan/o, }JOUI' le /lIs ou pow' la fille. - Lévit. XII. 7. - roil i la Loi de /0 lèp,'e. - I.évit. XII. 5J. XVI. 2, 32, 1$4, ~7. Voilà la Loi de qui est al/ecté de flux . ......:. Lé\"it. xv. 32. - foildla Loi de la Jalou,çie. - N'omh. V. 29.30. - Voilà la Loi clu !ùl.:;;réim. - Nomb, VI. ta, 21. - Voilci la Loi de lapllrification. - Nomb. XIX. (4. - Voilà la Loi sur la Vacllf~ ,'ousse. - Nomb. "'.IX. 2. La Loi patti· le Roi. - Deutér. xrn. us li. i9 ; - bien Illus, tout te Livl'e de ~lloise est appelé la Loi et le Livre de la Loi, - Deu-, tér. XXXT. 9, H, Hl. 26; et aussi dans I.no, Il. 2~. >.XIV. U. Jean, 1. 46. VII, 22, t3. VIII. 6 ....... A cela on a ajouté aussi qu'oll a vu dans Paul qu'il rant vivre selon la Loi du Décalogue, et qu'elle est accomplie par la Charité, - ROIl1. xm. 8. 9, 10, i t ; - III qu'il dit qu'il '!I a trois choses, la Foi, l'Espérance et la Cllarilé, et t}~ la plus grande des trois eslla Charité, - l,' Cor. XW. tS,
-

n

LA. VRAIE -" ainsi, ce n'est point la Foi" - Ils dirent que c'était pour ce su~ jet qu'ils avaient été convoqués. Mais pour ne pas les troubler, jlt me retirai i eL alors ils furent vus encore de loin comme des Boucs-,. et tantôL comme coucbés, eL tantôt comme debout, mais ils se détournaient du troupeau de brebis; ils apparaissaient comme couchés quand ils délibéraien t, et comme debout quand ils concluaient;. je tins mes reBards fixés sur leurs Cornes, et fétais étonné de ,oi~ que les Cornes sur leurs fronts apparaissaienttaDLôt tournées en avant et en baut tantôt courbées en arrière vers le dos, et enfin tout à fait recourbées en arrière i eL alors ils se tournaieni subitement vers le Troupeau de Brebis, mais ils apparaissaient toujours. comme des Boucs; c'est pourquoi je m'approchai de nouveau, et je leur demandai où ils en étaient. Ils répondirent qu'ils avaient conclu, que l~ Foi SeuIl produit les Biens de la Charité, comme l'Arbre produit les Fruits: mais alors un tonnerre se fit entendre~ et la roudre fnt vue en haut i et peu après un Ange apparut, se teDant entre ces deul Troupeaul, et il cria au Troupeau de brebis: • Ne les écoutez point; ils n'ont point renoncé lIeur ancienne Foi, qui est que la Foi seule jUliLifie et sauve, et que la charité actuelle De fait absolument rien i la Foi non plus n'est point l'Arbre, c'est l'homme qui est l'Arbre i mais faites pénitence et tournez vos regards vors le Seigneur, et vous !lurez la foi; la Foi avant cela n'est pas une Foi dalls laquelle il y ait quelque chose de vivanl. » Alors les Boucs ayant les cornes recourbées en arrière voulurent s'approcher des Brebis; mais l'Ange qui se tenait entre eUI divisa les .drebis en deux Troupeaux. el il dit aux brebis de la sauche: • Joignez-vous aux. Boucs; mais je vous dis qu'il vien"dr!l un Loup, qui les ravira, et VOUI' avec eUll:. D Mais !ll'rès que les deux Troupeaul de brebis eurent été séparés, et que ceux de la gaucbe curent entendu les paroles menaçantes de l'An~e, ils se regardèrenL mutuellement el dirent: • Conférons avec nos anciens compagnons .• Et alors le Troupeau de la gauche s'adressa au Troupt'au de la droite, en disant: • Pourquoi vons êtes-vous séparés de nos Pasteurs' La Foi et la CbariL6 De sont-elles pas un, comme l'Arbre et le Fruit sont un r En elet, l'Arbre par les branches est conLinué dans les fruits i arrachez d& la branche quelque partie par laquelle l'arbre influe par contiDuité-

l

D

RELIGION CHRETIENNE.

IHS

dans le fruit, est-ce que le fruit ne périra point et avec le fruit ohaque semence qui pourrait donner naissance 1 un autre Arbre r Demandez l nos Prêtres s'il n'en est pas ainsi. Et alors ils le de· mandèrent, et les Prêtres regardèrent de tout cOté vers les autres, qui leur firent sipe des yeux de dire que ceul-ll avaient bien parlé, et après cela ils répondirent: • Vous avez bien parlé; mais quant à ce qui concerne la conLÏnuation de la foi dans les bonnes œuvres, comme de l'arbre dans les fruits, nous connaissons plusieurs arcanes qu'il n'est pas à propos d'exposer ici; dans le lien ou le fil de la Foi et de la Charité il ya plusieurs petits nœuds que nous seuls prêtres pouvons délier. • Et alors l'un des Prêtres, qui élait parmi les brebis de la droite, se leva et dit: • Ils vous ont répondu que la chose est ainsi, mail! aUI leurs ils disent qu'elle n'est pas ainsi, car ils pensent autrement .• En conséquence ils demandèrent: • Comment pensent-ils alors r est-ce qu'ils ne pensent pas comme ils enseiinent. • Ce prétre leur dit: • Non, ils pensent que lout bien de la charité, qu'on appelJe bonne œuvre, qui est fait par l'homme pour le salut et la vie éternelle, n'est pas le bien en la moindre partie, par la raison que l'homme par l'œuvre venant de lui veut se sauver lui-même, s'attribuant la justice et le mérite ql1i n'appartiennent qu'au Sauveur, et qu'il en est ainsi "de toute bonne œuvre, dans laql1elle l'homme sent sa volonté; c'est pourquoi ils affirment qu'il n'y a absolumènt aucune conjonction de la foi et de la charité, et que même la Foi n'est ni retenue ni conservée par les bonnes œuvres •• Mais ceUI du Troupeau de la sauche dirent:. a Tu profères des mensonges contre eux; est-ce qu'ils ne prêchent pas ouvertement devant nous"la charité et ses OEuvres, qu'ils appellent œuvres de la foi r • Et le prêtre rêpondit: • Vous ne comprenez pas leurs Prédications, l'homme du clergé qui J assiste entend seul et comprend; ils pensent seulement une Charité morale et 'ses Biens civils et politiques, qu'ils appelent biens de la foi, et qui ne le sont nullement, car l'athée peut les faire pareille· ment et sous la nême forme; aussi disent-ila unanimement que personne n'est sauvé par des œuvres, et ne l'esl que par la foi seulé: or, ils illustrent ceci l,ar des comparaisons; ils disent que l'Arbre fruiLier produit des fruits; mais si l'homme fait des biens pour le salut, oomme cet arbre produit des fruits par continuité,

G6

LAVRAl.E

1

1

alors ces fruits sont intérieurement pourris el pleins de vers; ils disent aussi que le Cep produit des raisins, mais que si l'homme faisaiL des biens spiriLuels, comme le cep fait des raisins, il ferait des raisins ~auvases. • Alors ils demandèrent: • (luels sont dGnc pour, eux les biens de la Charité ou les œuvres qui sont des fruits de la foi? • Il répondit: • Pent-être sont-ce des choses imperceptlbles quelque 11art près de la roi, avec laquelle cependant elles ne sont lias cohérentes i elles sont comme l'ombre qui suit l'homme par derrière, quand il re~'8rde vers le soleil, ombre qu'il ne remarque pas il moinR qU'il ne se retourne; je peux même dire qu'clles l'ionl cOlllme les queues des chevaux. que l'on coulle aujourd'hui en heaucoup de payR, en disanL: A qnoi bon! Ellos ne servent Q rien, si 011 les laisse au chcval, elles se salissent facilemeut. »EII enielldllllt ces mols, J'un de CCliX qui élclilluL du [roupeau ~auche de hrehis, dit avec indignation: • Il Y a cerlCs quelque con jonc lion , autrement comment ces bicns peuvent-ils élre appelés œuvres de la foi' Pelll-être que les biens de la charité sont inslIlué:, par Dieu dans Jes œuvres ,'olonlaires de l'boll me par quelque innul, ainsi par quelque affection, aspiration, inspiration, incilation eL excitalion de la "OIOllté, rar quelque tacite perception d'Il'l la pensée, et titi là JIu l'exho,talion, I~ co Ilrilinn et ainsi pal' la conscience, et par suHo lar obligation (ad( (. in), par 01 ï Il'O au Déor.10 6ue et à la 1al·ole. comme 1 n pcr:l ~ r lL ou , eOlOllle un sage, ou par quelcJup. antre OIoyon S( 1 !Jlallie il CLIIX-ci; autrement cGmmenl peuvent-ils êLre aIl clés fI'II;'s da 1:1 foi 1 • Le PI"être répondit: u Non, et s'ils dillent que cela se rait par quelque chose de .el, ils le mêle lt toujours lInns leu~ discours a\'oo dos mots, dont il rtSsulte que ce n'est pas d'3pl'ès 1, roi, 'l1'e1'lIICs-uns néanmoins donnent de semblables raisor.s, mais COUR simms DE LA. FOI, ET NON' GOlUIE LIENS PE J.A FOI A\'EC LA CRARITt; cepondant il en ost quelques-uns qui ont imaiiné ulle conjonction par la Parole. » "EL alors ils dirent: a La conjonction n'6~islerail-eIl8 pas ainsi? • Mais il répondit: • Ils ne le pensent pas; Ir/ais ils pensent que c'est seulement par l'audition de la Parole, car ils soutiennent que touL rationnel et tout volontaire de l'homme dans les choses de Ja foi sont Impurs et méritoires, parce que dàns les choses spirituelles l'homme ne peut comprendre, vouloir, opérer,

RELIGION CHIŒTIENNE. B7 coopérer pas plus qu'une souche. » Irais l'un des membres, ayant entendu que l'homme est cru lei dans toutes les choses qui apparliennentàla foi et au salut, dit: .. J'ai entendu quelqu'un qui disait: J'ai plan lé ulle visne, maintenant je boirai du vin jusqu'à l'ivresse; mais un autre lui dit : Ne boiras-tu pas ce vin dans Lon verr~ à J'aide de la main? Et il dit: Non, mais daus un verre invisible l l'aide d'une main invisible! et l'aUlre répondit: Certes, alors 10 ne t'enivreras pas. Il Ensuite, ce même homme dit: • Mais écoutez-moi, je \'ous prie, moi je VOliS dis: Buvez du vin d'après la Parole OOOlllrise; ne savez-vous pas que le Seigneur est la Parole! La Parole uc vienl-elle pas du Seigneur' N'est-il pas Lui-IJème dans la Parole r Si donc vous failes le bien d'après la Parole, ne le faites-vous pas d'après le Seigneur: d'après sa bouche et d'a .. t1rè,; sa ,·olooté r Et si aiors vous l,orlez vos regal'ds \'ers le Sei1gDeUl', Lui-l'Mme aussi vous conduira et vous enseignera; et vous. l'OUR forez le Ilien par vous-mêmes d'après le Seigneur; celui qui f::.it quelqlle chose d'après un Roi, d'après Ja bouche ou l'ordre de ce Hoi, peuL-il dire: Je fais cela d'après ma bouche ou mon ordre et d'après ma volonlé ? D Puis il se 100Irna vers le Clergé, et ~it: . ,,1 inistres de D.eu, ne séduisez )la~ Je Troupeau.» A ces mots, la plus grande parLie du Troupeau de la Gauche se retira, et alla se.joiudre au Troupeau de la droite. Quolques-uns du clorgé di'8aient m~llIe: • NOlIS venons d'enrendre ce que nClis n'al ions pas 1 encore enlendu; nOlis sommes Pasteurs, nOlis n'abandonnerons pas les Brebis: » Et ils se retirèrent avec elles; ct ils disaienL: u Cet 1 Homme a parlé selon la vérilable Parole; qui est-ce qui peut dire, 10l'llqu'il fait d'après la Parole, ainsi d'après le Seigneur, d'3prè.~ ]a bouche et la volonté du Seigneur: Je fais d'après moi r Qni est-ce qui dit, lorsqu'il fait d'après ]e Roi, d'après la bouche el la volon lé de ce Roi: Je fais "d'aprè:; moi Y Nous, mainteQant, nous voyons la Divine Providence, pourquoi on n'a llas pu trou ver la conjonction de la Foi et des bonnes Œuvres, qui a été recon!lue lIaI' la Sociélé Ecclésiastique i elle n'a pas pli êlre trouvée, parce qu'elle n'a pas pu exister, oar ce n'éLail pas la Foi au Seigneur 'lui est la Parole, eL par suife ce n'était pas non plusla Foi d'après lal)arole.» lIais lesautreli Pr6·'res, qui étaient du Troupeau de.~boucs, s'en allèrerit; et ils·aGitaient leurs bonnets et criaient: La Foi Seule, la Foi Seule vivra toujours.

LA. VRA.IE B07. CINQUlÈIII IIUORABLB. J'étais en conversation avec des Anges; et, pour dernier sujet, nous parllmes sur la convoitise du mal dans laquelle chaque homme est par naissance; l'un d'eux dit: • Dans le Monde où nous sommes, ceux qui sont dans la conIl voitise nous apparaissent, à nous anges, c~mJII.!,-fous, mais eux .:'- • se voient comme souverainement sages; c'est pourqùoi, afin qu'iÎs loient tirés de leur folie. ils sont mis tantôl dans cette foUe, et tantÔt dans le rationnel qui chez eux est dans les externes; et dans ce dernier état ils voient, reconnaissent et avouent leur folie, mais néanmoins ils désirent ardemment passer de leur élat ralioDel dans leur état de folle, et ils s'y élancent aussi comme s'lili passaient de la co~trainte et du déplaisir dans la lib1rté et dans. le . plaisi.r; ainSI c'est la convoitise, et non l'inteJligenC8, qui les ré( jouit intérieurement. n y a trois Amours universels, dont tout homme par Création a été composé: L'Amour du prochain, qui est aussi l'Amour de Caire des usages, cet amour est spirituèt"; l'Amour du IJomte, qui est aussi l'Amour de posséderles richesses, cet amour.est matériel; et l'Amour de soi" qui est aussi l'amour de dominer sur les aûtres, et oet amour ~ coreo~: J'homme est véritablemen..!JlplDme, lor5que l'Amonr du prochain ou l'amour de faire des usages fait la Têle, que l'Amour du Hon de ou l'amour de posséder des richesses rait la Poitrine et le Venu'e, et que l'Amour de soi ou l'Amour de d,ominer fait les Pieds et les Plantes des pieds; mais si l'Amour du monde fait la Tête, l'homme D'est homme que comme UII bos.-;u ; et si l'AmQ!'!'!, de soi fait la ---' Tête, il est comme un homme q'ui se tieut, non sllr les 'pieds, mais 3 ( sur les paumes des mains, la tête en bas et les jambes en baut. Quand l'Amour de faire Ilus usages fait-la Tête, et que les deux autres amours font en ordre le corps et les pieds, cet homme, vu du Ciel apparait d'une fac" angélique avec un bel arc-en-ciel au,tour de la tête; mais si l'Amour du monde on des richesses fait la 2. tête, l'homme vu du Ciel, apparaft d'une face pâle comme celle d'un mort, avec un cercle jaune autour de la tête; et si l'Amour de soi ou dominer sur les autres fait la tête, l'homme, vu du Ciel: apparait d'une race noire em~rasée aveo un oercle blanc autour de la tête. Alors je demandai ce que représentaient les Cercles autour des têtes; ils répondirent: «Ds représentent l'intelliB8
li)

r

RELIGION CHR~TIENNE. 89 pnce; le cercle blanc autour de la tête de la face noire embrasée repr~sente que l'intelligence de l'homme est dans les extemes, ou autour de lui, et que la folie est dans les internes ou en lui; et A même l'homme, qui est tel, est sag~J..Qrsqu~i1 e~t dans le corps, 'et ~ (C!gJQ.llqu~ihst dans l'esj!rit ; et nul homme n'est sage dans l'es.. ft prit, si ce n'est par le Seigneur, ce qui arrive quand il est de nouJJveau engendré et créé par le Seigneur." Aprés qu'ils eurent ainsi - - par~lés'ouvrit A ma gauche, et par l'ouverture je vis monla terre ter n DiabÎê 'une race noire embrasée avec un cercle blanc autour de a Tête, et je lui demandai: Cl Qui es-tu! " n dit: Cl Je suis Lucifer, fils de l'aurore; el, comme je me suis fait semblable au Très-Baut, j'ai été précipité, comme l'a décrit Ésaie, chap. XIV. » Toutefois, ce n'était pas Lucifer, mais il croyait l'être; eL je lui dis: tIC Puisque tu as été précipité, comment peux,.lu t'élever de l'Enfer! » EL il répondit: or U, je suis Diable, mais ici je suis lin Ange de lumière; ne vois-iu pas ma tête entourée d'un cercle ~Ianc ; et même, si lu veUl, tu verras que je suis moral parmi ceul qui sont moraux, et rationnel parmi ceul qui sont .llI.ÛQn.nels, et même spirituel parD1i ceul qui sont spirituels i Œ]'u aussi precher.• Je lui dis: «Comment as-tu prêché! Il répondit: Il Contre les fo'urbes, contre les adultères, et contre tous les J amours infernaul; et même alors, moi Lucifer,"'j'ai !p-pelé Lucifer ~ Diable, et me ~is maudit en le ma~ssant ; et, comblé de louanges pour cela, j'ai été élevé au Ciel; de là vient que j'ai été appelé ,fils de l'aurore: et, ce qui m'a étonné moi-même, c'est que, l~~e j'étais dans la cha~re, je pensais absolument que tout ce que je disais était juste eL bien; mais la cause m'en a été découverte, c'est que j'étais dans le ex.teJ:pes, et qu'alors 18..41 .externes avaient été [ séparés de mes interneS i et, quoique cela m'eùt été déeouvert, je D'ai pu néanmoins me changer, parce que je m'étais élevé audessus du Très-Haut, eL soulevé contre Lui.» Je lui fis ensuite cette question: • Comment as-tu pu parler ainsi, quand toi-même Il'~ tu es fou,rl!.é et adultère! Il répondit: • Autre je suis qlland je JI 1 më trouve dans les .e~es ou dans Je ~orps et autre, quand je 2. luis dans les interpes ou dans l'esprit; dans le corps, je suis AnBe; mais dans l'esprit, je suis Diable; car dans le corps, je suis dans l'entendement; mais dans l'esprit, je suis dana Ja.-!o~é; or,

Jl

ft

..
60
LA VRAIE

1

1

"entendement me porle en baut, mais la volonté me porte en bas; et lorsque je suis dans l'entendement, un Cercle blanc entoure ma Tête, mais lorsque l'enLendement se soumet entièrement à la volonté et qu'il esttOl~t à elle, ce qui est notre del'nier sort, le cercle noircit et se dissipe; une fois dans cet état, je ne puis plus monLer dans celle lumière. • Mais lout-ll-coup, ayant vu les Anges qui étaient cllez moi, sa t'ace et sa voix s'enflammèrent, et il devint noir, même quant ail cercle qui élait autour de sa tête, et il tcmh, dans l'Enfer par'l'ouverture par laquelle il élail monté. Ceux 'iui étaient présents tirèrent de ce qu'ils venaient de \'Oir et d'tlnh~I .. re cetle conclu!loion, que l'homme est lei qu'esl sa Volonté, ,et non tel qu'est SOD Entendement, puisque la "olonté entraiDe facilemcn lit! son côté l'I~ntendement, ei le soumet. Alors je dema Jai a \ .\nl',es d'où ,'cnaiL 3l'X diables la rnliol'a1ilé; et' ils dirent lJu'elle venait de la sloire de l'amour de soi, car "amour , de soi est entouré de gloire, varee quo la gloire c!O.t la splendeur du feu .le cel amour; et celle Rloire élè"e l'entendement presque 1 d:ws la lumière du Ciel, car l'J~I~.LencJelJient cbez ohaque llomme est susce"tible d'êlre élevé selon les connaissances, mais -:--. llbID:6 lon~é 1 e 1euL êlre élevée que paf la vie selon les vrais de l'Église ëï<ie la n1ison . de là viem que les A'tlté~ cux-mêmes, qui sont ./ dans Il glOire de la renommée d'après l'alllOur de soi, et par suite d'1 lt. r. lI. de l~ propre inLBlIigenoe, jouissenL d'Ille. raLioDalité pl]!s s,lhlilllO que beaucollr1 d'autres; mais c'est. )O/b4u'ils sonl dans la pensée de 1'F;n.' Il.!Jmnenl, el Don lorsqu'ils ~Oi1t daus l'amour le Iii. TOlo'llé j et ·l'amour de la Volonté possède l'homme Intel'lIO, mai~ 13 l'easée dc J' b:ntc!lrlument possèùtl l'homme Exr' tel'[Je. :rfiLl ..yA~.no\ls donna le motif pour lequel l'homme a été cOUJ:lO~é de ces trois Amour!l, sa~oi\', de l'amo.lr ~e l'U~age. de l'dllOllr du i\lpnde et de "lIl11our_ (le Soi j c'cst aOn que--fIiOmme pense d'apI è; Dieu, qlloi,[uC absolu~ent comme d'après lui-même; ÎlUOIlS IliL que dans le Menlal de l'homme les suprêmes ont été; " lournés e!l lllli.lL vers Dieu, les ~o~ns en dehors vers le Monde. _. et les infillles ell bas vers le corps; et, comme les infimes ont éLt . tournés eil bas. l'homme pense absolumenL cpmme d'après luiméDle. quoique cependant ce !loiL d'après Dieu. 1I08. SlxIEalB IIÉJlonuLE. CI Un jour il m'apparut un Temple

l

[,

RELIGION, CHRÉTIENNE, 6i » mainifique de forme cllrrée, dont I~ Toit était, à l'instar d'nue Il couronne, voOté en dessus el élevé tout autour; ses murailles Il étaient de continuelles Fenêtres de Cristal; sa Porte, d'une subl! stance de perle; à l'intérieur, du côté méridional vers l'occiIl dent, était une chaire, sur laquelle à droite reposait la Parole Il ouverte entourée d'une sphèrc de lumière, dont la splendeur se » répandait autou,' de Ioule la chaire et l'éclairait; dans le milieu _ du Temple était le sanctuaire1 devant lequel il y avait un Voile, _ mais alors soulevé, où se tenait un Chérubin d'or ayaut à la main' • une épée qui se tournait de côlé et d'autre. Tandis que jo "oyais ces objels, il influllil dans ma mMitation ce que chacun d'eul .. sisoifiait, à savoir, que ce Tomple signifiait la Nou\'olle Église; la _ Porte de substance de perle, l'enlrée dans ceUe Église; lc<:~­ - tres de Cristal, les Vérités qui l'éclairent; la Chail'o, Je Sauer!) do ce et les prédications; la l'al'ole ouverte sur la cl.:l!r6 6l éclai_ rant la partie supérieure'de celte chaire, la révélJlio,l de son » sells interne, qui eslle sens spi1'itufll ; le S.. nctuah'e li le Idi- lieu du lCllll'lu, I,!L çOBjonclio de cet t"lise av"c l\l l:icl :1.0• géIique, le Chéruhin d'or, la P,Jro!e dans le sens do 1:1 leUre; • l'Épée qui Re ,Lournait dans sa main, signifiait que C:3 s"r~ peut D êll'tl tou IIc!B de différentes manières, pourvu quo cilla • .)iL t'aiL en - l'al'pliqu:l.llt à quelque Vérité i le Voile soulevé de\'antlc rI t 1 UbID, ' - siBnifiait (flle maintenant la Parole a été ouverLe. Ensuita, IOl'sque - je m"pproè-hai plu~ pl'ès, je vis sur la Porte celte Inscril'lioD: _ MAINTENA~T IL EST PElmIS, ce qui signifiait que maintenant il , - est permis d'entrer intellectuellement dans les Arcanes de la • foi. "En voyant celle Inscription, il tomba dans ma pensée, qu'il - est très-dangereux d'entrer par l'entendement dans les dogmos - de la foi, qui ont été forgés d'après la propre intelligence. et par • suite d'après les rallx, et qu'il O!;t encore plus dangereux de les Il confirmer d'après la Parole; par là l'entendement est ferlpé par - le bau t, el peu il peu par le bas; et cela, au pOlOt que les choses D théolosiques sonl non..,seulement dédaignées, mais même oblili térées, comme l'écriture d'un papier par les teiines, et la laine !) d'un drap par les mites, et l'entendement reste seulement dans ., les choses politiques qui concernent la vie de l'homme dans le, ~ sou\'ernemen t sous lequel il est, dans les choses civiles qui
)0

.,

..

82 LA. VRAIE • apl'artiennent 6 sa fonction, et dans les, choses doml!SLiques • qui appartiennent à sa maison; dans les unes et les autrell il • s'attache continuellement à la nature, et d'après les aUrails de 1) ses voluptés il l'aime comme un Idolâtre l'imase d'or qu'il porle 1) danll l'on sein. Comme les dosmes maintenant dans les ÉSliS8S • Chrétiennes d'alljourd"bui opt été composés Don pas d'après la • Parole, mais d'après la propre intellisence, et par conséquent Il d'après des faux, e' ont alssi été confirm6s par quelques pas• sages de la Parole, c'est pour ceUe raison que la Parole, d'après • la Divine Providence du Seisnelir. a été enlevée aux Lai'l!!.8S • chez les Catholiques-Romains, et que chez les Profestants elle a » été ouverte, mais néanmoins fermée par cette sentence &énérale Il toujours dans leur bouche, ·que l'entendement doit etre mis SOll8 • l'obéissance de leur foi, Hais dans la Nouvelle Éslise, c'est l'in• verse; il Ya 6Lé permis d'entrer et de pénétrer par l'entendement • dans tous les secrets de la Parole, et aussi de les coufirmer par Il la Parole; et cela, parce que ses Doctrinaux sont une chatn~ .cie • V~rités que le Seisneur a dévoil~es par la Parole, et que les • confirmations de ces Vérités llar les rationnels font que l'Enlendement tst ouvert par le baut de plus en plus, et est ainsi élevé dans la lumière dans laquelle sont 16S Ang&l du Ciel; et » celte Lumière dans son essence est la Véri.~é, et dans celte Lu• !Di ère la reconnaissance du Seisneur comme Dieu du Ciel et ~e Il la Terre resplendit dans sa Piloire.1 Cela est entendu par l'InsIl crivtiolJ sur la Porte du TelDple: MAINTENANT IL EST PERMIS, » eL aussi en ce que le Voile du Sanctuaire devant le Chérubin • était soulevé; en e'et, la Maxime de la Nouvelle Eglise eSI, que Il les raus,'letés bouchent l'entendement, et que les vérités l'OllIl vrent, Ensuite je vis comme un enfant au-dessus de ma tête, • tenant un Papier 6 la main; à mesure qu'il approchait de moi Il sa SlallJre devenaiL celle d'un homme de moyenne taille; c'était » un Ange du troiSIème Ciel, où LOUS allparaiS66nt de loin comme » des Enfants; lorsqu'il fut près de moi; il me tendit le Papier, Il mais comme il était écrit en leures de formes arrondies, telles D qu'elles sont dans ce Ciel, je le rendis, et demandai que ., les Anses exprimassent eux-mêmes le sens de son con.. »tenu en mols adéquates aUI idées de ma pensée; et l'ADI'
I)

1)

»
RELIGION CHUTJENNE. • me dit : Voici le conlenu de l'écrit :
»IIAIS
tt

63
ENTRBZ DtSOR-

DANS LIS OSTiRBS DB

LA PAROLB IIJIIQU'A PRiSENT FBIlSONT AUTANT DB MIROIRS DU 8BI-

"lIiB, CAR TOIJTES SES ViRITU • Gl'IIEUR.

«

LA. VRAIE

CHAPITRB NEUVIÊME
DE LA PÉ~:TENCE.

lS09. Après les Traités sur la Foi, sur la Charité et sur le Libre Arbitre, se présente selon l'enchalnement des choses le Traité sur la Pénitence, puisque la vraie Foi et la Charité réelle ne sont point posblbles sans la pénitence, el que persoune ne peul faire pénilence sans le Libre Arbitre: s'il est question· ici de la Pénitence, c'est aussi parce qu'ensuite il sera traité Ife la Régénération, et que personne oe peut être régénéré, avanl d'I\·oir éloilJné les maux énormes qui renclent l'homme détestable devant Dieu, et ces maux sont éloignés par la Penitence; et qtJ'y a-t-il de moins régénéré qu'un impénilellt! et l'impénitent n'est-il pas comme celui qui est en lélhargie TIl ne sait rien du péché. et par COD.;/! j leuL il le récbaulfe dans lion sein. et il lui donne ohaque jour des baisers. comme l'adultère A la prostituée qui c:;t dans son lit. Mais pour qu'on sache ce que c'est que la Péuiteqlle et ce qll'elle produit. ce Traité va êlre divisé en Articles,

La Pénitence est la Pt:emiè,'e chose de r Église chez l' homme.
MO. La communion, qui est appelée Eglise, est composée d'autant d'hommes dans lesquels est l'Église, et l'Eglise entre chez l'homme quand il est réiénéré. et l'homme est ré~énéré par cela qu'il s'abstient des maux du pécM, et qu'il les fuit, comme quelqu'uo fuirait des troupes infernales armées de torches qu'il verrait s'efforcer de le surprendre et de le jeter sllr un bûcher. Il y a plusieurs choses qui, dans les premiers temps de la vie, préparenl l'homme pour l'ÉBlise, et l'y introduisent i mais celles qui constituent l'ÉSIise chez l'homme sont les acles de la pénitence;


RELIGION CHRiTIENNE. 65 les actes de la pénitence sont lODS ceux qui font que l'homme ne Yeut plus les Maux, qui sont des péchés contre Dieu, et par suite ne les fait plus, car avant qu'il en agisse ainsi, l'homme se tient en debors de la résénération; et alors s'il survient quelque pensée Bur le salut éternel, il se tourne vers elle, mais peu après il s'en détourne, car elle n'entre pas dans l'homme plus avant que dans les idées de sa ~ensée, et de là elle sort dans les mots du langage, et peut-être aussi dans quelques gestes conformes au langage; mais. lorsqu'elle entre dans la volonté, elle est dans l'homme, car Il' volonté est l'homme même, parce que là habite son amour i mais la pensée est hors de l'homme. Il moins qu·elle ne procède de sa Volonté; qua,nd cela arrive, alors la volonté, et la pensée font un, et en même temps elles constituent l'homme. n suit du Il, que la Pénitence, pour être la Pénitence et produire des effets dans l'homme, doit appartenir' ~ la volonté eL par suite l la pensée et non à la pensée seule, par conséquent doit être ictuelle et lion de lèvres seulement. Que la Pénitence soit la Première chose de l'Éilise, on le voit clairement d'après la Parole: Jean-Baptiste, qui ful envoyé en avant afin de préparer les hommes pour l'ÉIlise que le Seigneur devait instaurer, prêcha la pénitence en même Lemps qu'il baptisaiL; c'est pourquoi son baplême était appelé baptême de pénitence i et cela" parce que le baptême siInitiaiL la lavalion spirituelle, qui es' l'ablution des péchés; il le fit dans le Jourdain, parce que le Jourdain signifiait l'introduotion d~ps l'Église, car c'était la premi~re limite ,le la terre de Canaan où était l'Église: le Seigneur, a aussi Lui-Même prêché la Pénitence pour la rémission des péchés; par là il a enseigné que . la Pénitence est la Première chose de l'Église, et que autant l'homme fait Pénitence, autant chez lui les péchés sont éloiInés, et autant ils sont éloignés, autant ils sont remis: el, en oulre, le Seigneur, en envoyant les douze Apôtres, et aussi les soixante-dix" leur ordonna de prêcher la Pénitence i d'après cela n est évidenl que la Pénitence eslla Première chose de l'ÉSlise. Ill. Que chez l'homme il n'y ait pas l'Église IVIDt que chez lui les péchés aient été éloignés, chacun d'après la raison peul le conclure, et cela peul être illustré par ces comparaisons: Quelqu'un peUL-il meUre des brebis, des chevreaul el des agneaul n a

66

,LA. VRAIE

j
1

dans des campaBnes ou dans des forêts, où il y a des bêleR féroces de toute esphce, avant d'avoir chassé ces bêtes! El quelqu'un ·peul_ i! disposer en Jardin une terre remplis d'épines, de ronces el d'or lies; avant d'avoir arraché ces plantes nuisibles? Ouelqu'un peu t il établir une forme d'administration de la justice d'après le jugement, et fonder une cité dans une Ville possédée par des ennemis, avant d'avoir cllassé ces ennemis! Tl en est cie même des mau x chez l'homme. ils sont comme des bêtes féroces, .comme des roncei el ries ~pines. et comme des ennemis avec lesquels l'Eglise ne pout pas plus cohabiter, qu'un hOIDme ne pourrait babi/er dans une ménagerie où sonl des.tigres et des léopards; ni pas plus qu'il ne peut coucher dans lin lit parsemé d'herbes empoisonnées et dont les oreillers en seraient remplis; ni pas l'lus qll'il ne "I,ent dormir la nuit rIans un Temple sous le pavé duquel sont des tombes remplies de cadavres, les spe(}tres ne l'y infesleraient-ils pas comme dei furies Y
LA CO:-fTRrrION, QU'ON JlIT APJOl:8D'flUi
PENITENCE, l'RtCÉUER

LA

For,

ET

itTRE III.!IVIE DB LA. CO:-fSor.A.TION DE J:ÉVA~GlI"P., N'EST PAS I.A

Dt 2. Dans le Iionde Chrétien Réformé on parle d'une certaine espèce d'anxiété, de douleuJ: et de terreur, qu'on appelle CONTRETIOll, qui, chez ceux qui doivent être régénérés. précède leur foi. et. est suivie de la consolation de l'Évangile; on dit que cette contrition chez eux vient de la crainte de la JUSote colère de Dieu, el par conséquent de la damnation éternelle inhérente l chacun • cause dll péehé d'Adam et du penchant aux maux par suite de ce p6ché; que, sans celte contrition, la foi qui est. imputative du mérite et de la justice du Seigneur Sauveur n'est point (lonnée, .el que ceux qui ont obtenu (}elle foi reçoivent la consolation de l'ÉvaD~ gile, il savoir, qu'ils sont justifiés, c'est-à-dire, innovés, régénérés eL sanctifiés, sans auculle coopération de leur part, et qu'ils sont aillsi ~ransférés de la damnation dans une éternelle bénédiction. qui est la vie ~ternelle" Quant l celle Contrition, il va être 011miné, t· Si elle est la Pénitence, 2° Si elle est de quelque valeu,..

1

3° Si elle existe réellement.

1

h'

...

RELIGION CIIRlf:TIENNE.
Bt3.
SLLE POINT

67

CITTB CONTRITION BST-ELLE LA. PtlfITBNCB, OU NI L'EST-

r On peut le conclure de la description de la Pénitence ce qui &uit, en ce que la Pénitence n'est pa~ possible, a moins que l'homme ·ne sache, non-seulement d'une manière universelle, mais enCOte dans les J'lus petits détails, qu'il est pêcheur, ce que personne ne peut savoir, s'il ne s'examine, ne voit les maux chez lui, et ne se condilmne pour ces maUI. Alais la Contrition qu'on dit nécessaire pour la foi o'a rien de commub avec cela, car elle eSt .seulement la peosée et par suite la confession qu'on est né dans le péché d'Adam et dans le penchant aux maux qui en proviennent comme d'une source; qu'on est pour cela sous la colère de Dieu; .et que pat' suite on mérite la damnation. l'exécration et la mort éternelle: il es\ donc évident que cette contrition n'est point la pénitence. l'SU. Le second point. à examiner est celui-ci i puisque celle con-' trition n'est pas la pénitence. EST-ELLE OK QUELQl:K VALEUR r On dit qu'elle conduit à la foi. conlln~ ce qui précède conduit à ce qui suil i mais que néanmoins elle n'entre pas dans la foi, et ne se conjoint pas avec elle, en se lIIêlant; mais celle foi qui suit •. qu'.,stelle autre cbose, sinon que meu le Père impute la justice de son Fils, et alors déclare juste, nou\'8aU et saint, un bOlUme qui n'a coonailisance d'aucun .de ses péches, et ainsi le revêt d'ulle robe lavée et devenue blanche par le sang de l'Agneau r Qua·ud JI marche vêtu de cetLç robe, que sont alorl! les DIaUI de sa vie, sinon comme .des pierres de soufre jetées au fond de la mer r et que devient alors Je l,éché d'Adam, sinon !.In péché qui est ou couvert, ou éloigné, (lU détourné par la juslice imputée du Christ r Quand l'hoinme d'après celle foi marche dans la justice et en même temps dans l'innocence du Dieu Sauveur, à quoi sert alors cette contritIon, sinon à la confaance qu'il est dalls le sein d'Abrallam. et que de là Il regarde les non-contrits a"ant la foi comme des misérables en enfor, ou comme des morls, car il est· dit que la foi vive n'est pas en ceux qui manquenL de contrition' C'est pourquoi 00 peut dire que ceux-Iii. s'ils se sont plon~és ou s'ils se ploOlent dans des maux damnables, n'y font pas plus d'attention eL DO les sentent pas plus que dd jeunes pourceaul, étendus lU milieu de 11 fanle dans les fossés d'une place, no font attenlion lIa puanteur oL DO
~ns

sa

'1"l1lI

68

LA VRAIE

1
'1
1

1
..'

la senlent. Il est donc évident que celle contritioD, puisqu'ell~ n'est pas la Pénitence, 1I'est d'aucune valeur. SUS~ I.e troisième point A examiner est celui-ci: CBTTE CONTRITION SANS LA pt!UTENCg BXISTE-ELLE RtBLLEMEi'lT! Dans le· Monde spirituel. j'ai demandé à plusieurs qui avaient confirmé· chez eux la foi impulative du mérite du Christ s'ils a'·aient elt quelque Contrition; ils m'ont répondu: • A quoi bon la Contrition. puisque dès l'enfance nous avons cru comme certain que par sa passion le Christ avait enlevé tous nos péchés r la Contrition ne. cadre point avec ceUe foi; car la Conlrilion consiste A se jeter dans l'enfer et A tourmenter sa conscience. et cependan.t l'on sait qu'on a élé rachet4, et ainsi exempté de l'enfer, et par suite sans dommage .• A. celol. ils ajoutaient: • Le statut de la (:ontrition n'est qu'une fiction, qui a été acceptée al,l lieu de la Pénitence, dont il' est si sQuvent parlé dans la Parole, et dont l'éIécution est enjointe; c'est peut-être quelque émotion du mental chr.t; les simples qui ne savent que peu de choses de l'Évangile, qual!d Ils entendenl parler des tourments de l'enfer ou qu'ils y"pensent. • Ils me disaient encore, que la consolation de l'Évangile. imprimée eo eux dè.!! la première a(lolescence, enle\'ait tellement la ContrilioB, qu'ils eoriaient de touL cœur, quand ils en entendent parler. et que l'Enfer ne pouvait pas plus leur caUKer de terreur,· que le feu du Vésuv~ et de l'Etna n'en cause aux habitants de Varsovie et de Vienne; 011 que les basilics et les !lerpènts des déserts de l'Arabie. ·ou les tigres et les lions des forêts de la Tartarie, n'en cau$8nt à ceux qui sont en sûreté. en tranquillité et en repos dans une ville d'Europe; et que la colère de Dieu ne les effrayait et ne les épouvantait pas plus que la colère du Roi de Perse ne peut effrayer et épouvanter ceux qui sont dans ]a Pensylnnie. D'après cela.. et aussi d'après les rai. sons tirées de leurs traditions, j'ai été confirmé que la Contrition. l moins qu'elle ne soit la Pénitence, telle qu'elle est décrite dans ce qui suit. D'est aulre chose qu'un jeu de la phanLaisld. Si les RéCormés ont pris la ContritioD A la place de la Pénitence. ce fut aussi afin de rompre entièrement avec les Catholiques-Romains. qui insistent pour la Pénitence et en même temps pour la ChaI nté; el après qu'ils eurent confirmé la justification 'par la (oi seule. ils ont donné pour raison, que par la Pénitence comme par la Cha-

RELIGION CHRËTIENNE. 6.9 rité il entrerait dans la foi de l'homme quelque ohose qui sent le mérite, et qui la noircirait.
La seule Confession de Mures qu'on est Pécheur. n'est pas la Pénitence.

Bi 6. Sur ,celle Confession de lèvres. voici ce que disent les Réformés attachés à la Confession d'Aubours: • Personne ne peut ,. jamais connaUre ses péchés, c'est pourquoi ils ne peuvent être D énumérés i du reste. il y en a d'intérieurs et de cachés; la cone fession serait donc fausse, non certaine. incomplète et IDUtilée; • or. celui qui confesse n'être tout entier que péché comprend ," tous les péchés, D'en exclut aucun. et n'en oublie aucun. CeD pendant l'énumération des péchés, 'quoiqu'elle ne ·soit pas Dé• cessaire, ne doit pas être apolie, l cause d'es conciences tendres • et timides. mais c'est seulement une forme puérile et commune • de confession pour les simples et les ignorants, • - FORMOLS .oE CONCORDE, pas. 3!7, 331, 380. - Cette confession a été acceptée par les Réformés à la place de la Pénitence actuelle, après qu'ils se furent séparés des Catholiques-Romains, parce qu'ellé est fondée sur leur Foi imputative, qui seul" sans la Charité. et par conséquent aussi sans la Pénitence. opère la rémission des péchés, et résénère l'homme; et aussi sur ce motif qu'elle est un appendice inséparable de cette foi, qu'il n'y a aucune coopération de l'homme avec l'Esprit saint dans l'acte de la justification; et sur -celui-ci, que personDe n'a le Libre Arbitre dans les choses spirituelles; puis encore sur celui-ci, que toutes choses appartiennent l la Miséricorde immédiate, eL que rien n'appartient à la tJisérieorde médi:ate opéranl d'après et par l'homme. Bt7. Parmi plusieurs raisons. que la seule Confession de lèvres -qu'on est pécheur D'esL pas la Pénitence, se trouve celle-ci, que chaque homme peut s'écrier qu'il est pécheur. qu~il est impie, et ~ême Diable, et cela avec une dévotion elterne. quand il pense .aUI tortures de l'enfer qui le menacent "t se présentent à lui. • mais qui ne voit que cela ne vient d'auoune dévotion interne, qu'ainsi cela est imasinatif et par conséquent pulmonaire. mai a

70
UB

LA VRAIE

Don volontaire par l'intérieur ni par conséquent cardiaque? ca... impie et un diable sont toujours intérieurement embras~s pal" les eonvoitises de l'amour de faire le m:ll, pa.r lesquelles ils sont porlés çà et Il comme des ailes de moulin agitées par une tempête; une telle exclamation n'est donc qu'un artifice pour tromper Dieu afin d'être délivr6, ou pOlir en imposer aux simples; car,. qu'y a-t-il de plus facile que d'ouvrir les lèvres pour crier, que depréparer pour cela la respiration de la bouche, et que ·d'élever les yeul et 185 mains en haut r C'est cela même que ~e SeiGneur dit, clans Marc: ft Ésaïe a 6ie" prophétisé de tlOUS, hypocrites! Ce peuple des lèvres M'honore, mais leur cœu,. est bien loin de Moi. » - vn. 6 i - et dans Matthieu·: « Afa/heur à vous, Scri6e, el PhorisienJ, pa,.ce que tlOliS nettoyez le:xtérieur de la coupe et du plat, t.andis que les intérieurs sont pleins de ,.apine et d'intempérance / Pharisien aveugle, nettoie premièrement t'intérieu,. de la coupe et du plat, afin qu'allS,i reztérieur devienne net. D - nUI. iS, t6, - et plusieurS autres passages dans ce même Chapitre. ISt8. Dans lin pareil culte hypocrite sont ceux qui ont confirmé chez eux la Foi d'aujourd'hui, que le Seigneur par la Passion d~ la croix a enlevé tous les péchés du Monde i et par là ils entendent tous les péché~ de quiconque emploie dans sos prières les formules sur la Propitiation et la Médiation; quelques-uns d'eux peuvent, du haut de leur chaire, prononcer d'une voix élevée et comme avec lin zèle ardenL plusieurs choses sur la Pénitence et sur la Charité, tandis qu'ils les regardent l'une et l'autre comme inutiles pour le salut, car ils Il'entendent pas d'autre Pénitenceque la Confession de lèvresy ni d'autre Charité que la Char.ilé ci·vile, mais ils fon~ cela pour le peuple. Ce sont eux qui sont entendus par ces paroles du Seigneur: «Plusieur, Me diront en ce jour-là: Seigne"r/ Seigne"r / par ton Nom n'avons-nous pas prophétisé? et en ton Nom des miracle, nom6reuz n'avonsnous pas fait '1 Mais a/or, ;e leur dirai: le ne vous connais point, retireJNJOUS de Moi, ouvriers de l'iniquité. D - Matth. VU. U, !3. - Un jour, dans le Aronde Spirituel, j'entendis quelqu'un prier ainsi: • le suis plein d'infection, lépreux, en cor~l>tion dès le ventre de ma mère; il n'y a chez moi rien desaiD

7t depuis la tête jusqu'à la plante des pieds; je ne suis pas diine de lever les yeux en haut vers Dieu, je mérite la mort et la damnation éternelle; aie compassion de moi à cause de Lon Fils, .purifiemoi pal' son saui; dans ton bon plaisir esL le salut de tous, j'implore ta miséricorde.• Ceux qui .étaient présents, après avoir entendu ceLLe prière, lui dirent: • D'où sais-tu que tu es tel Y• Il répondit: • Je le sais parce que je rai entendu dire. Il Alors il Cut en. "oyé vers les Anses ex.aminateurs, devant lesquels il prononça de· semblables paroles: et ceux.-ci, après examen fait, ·rapportèrent que ce qu'il avait dit de lui élait vrai; mais que néanmoins il ne connaissait aucun mal chez lui, parte qu'il ne s'était jamais examiné, et qu'il avait cru que les Dlaux après la conCession de lèvres D'étaient pas plus delS maux devant Dieu, tant parce que Dieu en détourne les yeul, que parce qu'il est devellu propice; et qu'en conséquence il ne s'était repenti d'aueun péché, quoiqu'il rùt adultère de propos délibéré, voleur, Courbe, calomniateur, et extrêmement vindicatiC; qu'il était tel de volonté eL de cœur; et que par conséquent il serait tel en paroles et en aCLions, si la crainte des olois et de la perte de la réputation ne l'arrêlaiL pas. Après qu'il eût été découvert que tel il était, il Cut jugé, et jeté dans l'enCer vers les hypocrites. ISt9. Des comparaisons vonl montrer clairement quels sont ces hypocrites: II~ sout comme des Temples où il n'y a de rassemblés que des esprils du dragon, el ceux qui sont enLendus dans l'Apocalyp'IJe p.ar le.s sauterelles i et ils sont comme des chaires dans ces temples où il n'y a pas la Parole, parce qu'elle a été mise BOUS les pieds. Il sont comme d8!l murailles récl"épies dont l'enduit est d'une belle couleur, entre lesquelles, les Cenêtres étant ouverles, voltisent des hiboux et d'affreux. oiseaux. de nuit. Ils sont comme des sépulcres blanchis qui renCerment des os de morls. Ils sont comme des monnaies Caites de marc d'huile ou de fumier desséché et couvertes d'or. Ils sont comme les écorces et l'aubier autour d'lin tronc pourri i et comme les habits des fils d'Aharon autour d'un corps lépreux; et même comme des ulcères qp'on croit suéris, et en dedans dllsqllels esL la sanie que recouvre • une peau mince. Qui est-ce qui ne sait quel. saint ex.tel·ne elle profane interne De peuvent concol'der ensemble YDe tels llommes

RJ!~LlGION caIû:TIENNE.

LA VRAIE craipent même, plus que les lutres, de s'examiner i c'est pourquoi ils ne lentent pas plus en eux les ohoses vioieusei, qu'ils De sentent les matières nidoreuses et puantes dans leur estomao et dans leun intestins, avant qu'elles soient jetées dans les latrines. liais il faut se garder de oonfondre oe11X dont il vient d'être parl6 jusqu'A présent aveo ceux qui agissent bien et oroient bien; IIi avea oeul qui font pénitenoe de quelques péohés, et qui en eux-mêmes parlent 011 prient d'après une pareille confession de lèvres lorsqu'ils sont dans le oulte, et plus encore lorsqu'ils sont dans une tentation spirituelle; car cette commune confession non-seulement pr6oède, mais enoore suit la réformation et la régénération.
L'hommu,aÎl enclin auz rnaw: de tout genre; et, s'ü ne 1" éloigne en part.e par la pdnitence, il demeltre en tnU, et celui qui demeure en ellZ ne peut lire sauvé.
lS20. Que tout homme naisse enolin aux maux, tellement que dès le ventre de sa mère il n'est que mal, oela est notoire dans l'Église i et oela est devenu notoire, parce que les eflnoiles et les chefs des Eglises ont affirmé que le péché d'Adam a été transmis .. toute sa postérité, et que c'est uniquement pour ce péché que tout homme après Adam a été condamné en même temps que lui. et que o'est Il ce qui est inhérent l ohacun dès la naissanoe : eu outre !lur ceUe assertion onL été fondés plusieurs dogmes que les ÉSlises enseignent, par exemple, que le Bain de 1 régénératioo. .. qui esL appelé baptême, a été institué par le Seigneur pour éloigner ce péohé ; que ce fut Il la cause de l'avènement du Seigneur; et que la foi en Son Mérite est le moyen par lequel il est éloigné, outre plusieurs autres doCmes que les Églises ont fondés sur oeLle asserLion. liais qu'il n'y ait aucun mal héréditaire pro,enant de cette origine, on peut le voir d'après oe qui a été montré oi-dessus, N°l 466 et suivanls i on '! voit qu'Adam n'a pas été le Pre-. mier des hommes, mais que par Adam et son épouse a été déorite d'une manière représentative la première Éllise sur ce Globe; par le Jardin d'Éden, la sagesse de ceLte Église i par l'Arbre de vie, son regard porté 'ers le Seigneur qui devait venir i et par l'Arbre

'73 RELIGION CBIŒTJENNE. cle la ICience du bien et du mal, son regard porM vers elle-même el non vers le Seigneur: que cel~e tglise ait été décrite d'une manière représentative par les premiers Chapitres de la Genèse, Gela a été pronvé (lar plusieurs passl"ses parallèles tirés de la Parole, danllies ARCANES CÉLESTES," publi~s i I.ondres. Devant ces preuves comprises et saisies tombe l'opinion jusqu'ici adoptée, que 'le mal inné dans l'homme d'~près ses parents vient d'Adam, lonque cependant ce n'est pas de Il mais d!antre part qu'il tire Ion origine. Que l'Arbre de vie et l'Arbre de la science du bien el du mal soient chez cbaque homme, et qu'ils soient dits placés dans un jardin, pour signifier le Libre Arbitre de se tourner vers le Seigneur et de se Mtourner de Lui, c'est ce qui a été pleinement démontré dans le Chapitre sur le LI8RE ARBITRE. 6!t. Mais, mon ami, le mal héréditaire ne vient pas d'autre part que des parents, nOD pas le mal même que l'homme commet en actualité, mais l'inclination l ce mal i que cela soit ainsi, cba-CUD le reconnaUra, pourvu qu'il joigne la raison Al'expérience i qui ne sait que les fils naissent dans une commune ressemblance avec leurs parents quant aux faces. aUI mœurs et aUI caractères, et aussi les petils·fils et les arrière-petits-fils dans celle des aïeuls et de! aieul, et que (lar suite beaucoup de personnes distinguent les familles, et aussi les nations, par elemple, les nations Africaines d'avec les Européennes, les Napolitains d'avec les Allemands, les Anglais d'avec les Français, et ainsi du "reste? Et qui ne reconnatt un Juif d'après la face. les yeUlt, le langage et les lestes! Et "si tu pouvais sentir la sphère de vie qui émane du penchant natif de chacun. lU pourrais pareillement être convaincu de la similitude des caractères (animorum) et des men laIs. 11 suit de Il que l'homme naU, non pas dans les maUI eux-mêmes, mais leulement dans l'inclination aUI maux, mais portée plus ou moins 'ers des maUI particuliers; c'est pourquoi apr~ la mort, nul n'est jugé d'iprès quelque mal héréditaire, mais chacun est jugé d'après les maux actuels qu'il a lui-même commis; c'est même -ce qui est évident par ce statut du Seigneur: u Le pb~ ne mourrtJ "point pottrle fils, ~lle fils ne mourra point pour le pdre, cMeun pour 80n plcké mourra . • - Deutér. XXIV. t 6. - Ceci est devenu certain pour moi. dans le Konde spirituel. d'après les en-

LA VRAIE 'li fants qui meurent, en 00 que seulement' ils on tune inclinatioD pour les maUI, ainsi en ce q~e seulement ils les veulent, mais • néanmoins ne les font pas i car ils sont élevés sous l'auspice du Seigneur et sont sauvés, Cetle inclinatioD et ce penchaut pour les maux transmis par les parents aUI enfants et aUI descendants, sont brisés ulliquement par la nouvelle naissance que donne le Seigneur, et qui est appelée Régénération: sans elle, celle inolination Don-seulement demeure ininterrompue, mais s'accroit même par les parents successifs, et devient plus portée v~rs leli maUI, et enfin vers toute espèce de maul: de là ,ient que les Juifs sont encore les iDiages de Judah leur père t qui, par son mariage'avec une Canaanite, et par son adultère avec Thilluar 113 bru; engendra ieurs Lrois souches; c'est pourquoi cet héréditaire par le laps du temps a tellement été augmenté cbez eUl, qu'ils ne peuvënt Ras ~m­ brasser la religion Chrétienne par la foi du cœur: il est dit qu'ils ne peuvent pas, parce que la volonté intérieure..!e~ me~al )\ est opposée, et cette volonté les empêcbe de pouvoir. 3l2i. Que lout mal, s'il n'est éloigné, demeure chez l'bomme, et que l'homme, s'il demeure dans ses maUl, ne puiNe être sauvé, ce sont là des conséquences qui découlent d'elles-mêmes; qu'aucun mal ne puisse être éloi.gné que par le Seigneur chez ceux qui croient en Lui el aiment le procbain, on peut le voir clairement d'après ce qui a ~té précédemment dit, surtout d'après ces Articles dans le Chapitre sur LA FOI: Le Seigneur, la Charité et la Foi lonl un, comme la vit, lb volonté et fenlendemenl, et s'ils

l

sont divisés, cllacun es4 perdu, comme une Perle réduite en pOl,dre; le Seigneur es, oU Charité et la Foi dans fhomme, et l'humme est la C'harilé, la Foi dans le Seigneur, Mais on demande comment l'homme i)0ut entrer daus celte union; je réponds que l'homme ne le peul, s'il n'éloigne pas ses maul ell partie par la pénitence: il est dit que l'homme éloisne, parce que le Seigneul' ne le Cait pas immédiatement" sans la coopération de l'homme; c'est aussi ce qui a été pleinement montré dalls le même Chapitre, et dans le Chapitre suivant sur LE LIBRE ARBITRB. Si3. On dit que personne ne peut accomplir la Loi, et qu'on P Jt d'autant moi nt; l'acc.omplir que quiconque prévarique contre un précepte du Décalosuc, prévarique contre tous: mais celte

RELIGION CHRÉTIENNE. '15 larmule de lanBaBe n'est pas ce qu'eUe paratt, oar cela doit être entendu de cetLe manière: Celui qui, de propos délibéré ou conBrmé, aiit contre un précepte, asit contre tous les autres, parce que at'jir de propos délibéré et confirmer c'est nier absolument que el soit un péché i et si l'on dit que c'en est un, c'est le rejeter comme dc nulle importance; et calui qui ainsi nie et .rejette un péché, considère comme rien tout ce qui est appelé péché. Dans ce propos délibéré viennent ceUI qui ne veulent pas entendre parler de la Pénitence. Au contraire, dans le propos délibéré de croire au Seigneur et d'aimer le prochain viennent ceux qui par la péDitence ont éloigné quelques Dlaux qui "Sont des péChés; ceul-ci lont tenus par le Seigneur dans le propos délibéré de s'abstenir de plusieurs; c'est pourquoi, si par ignorance ou par la prépondérance de quelque convoitise ils péchent, cela ne leur est point imputé, parce qu'ils ne se le sont pas proposé, et ne le confirment pas chez eux. Il m'est permis de confirmer ceci par ces expériences: Dans le Monde S piriluel, j'ai rencontré plusieurs esprils qui. dans le Monde Naturel, anieut vécu de même que d'autres, en s'habillant avec luxe, se nourrissant avec recherche, tra6quant avec profit, fréquentant les spectacles, plaisantant sur des sujets amOUl'8Ul avec une sorte de volupté, et flisant plusieurs autres actions semblables, et cependantCles Angcs considéraient chez les uns ces actions comme des manl, et cbez les autres ils ne les coilsidéraient pas comme des maUI, et déclaraient ceux-ci innocents et ceux-lA coupables; interrogés pourquoI ils décidaient ainsi, puisque les actions étaient pareilles, ils répondaient qu'ils examinent tous les hommes d'après le propos délibéré, l'intention et la 6n, et les distinguent ainsi; et que c'est pour cela qu'eux-même, excusent ou condamnent ceux que la fin ou excuse ou condamne parce que la fin du bien est chez tous dans le Ciel, et la 6n du mal chez tous dans l'Enfe~. ISU. Mais ceci va être illustré par des comparaisons: Les péchés' retenus chez l'homme impénitent peuvent être comparés avec diverses maladies qui causent la mort de l'homme, lorsque ·dei médicaments n'oill pas ·été employés, et que par eux la malignité D'a pas été enlevée; principalement avec la maladie appelée ianIrène, qui, si elle n'est pas iuérie l temps, se répand alentour,

76 LA VRAIE et donne inévitablement la mort; de même avec les aposthèmes et les abcès s'ils ne sont pas dissous et ouverts, Qar les empyèmes ou les amas de pus SI répandraient dans les parties voisines, et de I~ dans les viscères annexés • oes parties, et enfin da.ns leoœur, et donneraient la mort. On peut aussi les oomparer avec des tigres, des léopards. des lions. des loups et des renards. qui, s'ils rr'étaient pas tenus dans des lo(es, ou liés de chalnes OD de oordes, se jetteraient sur le menu et le gros bétail, el le renard sur les poules. et les massacreraient: et aussi. des serpents venimeux, qui, s'ils n'étaient tenus pressés par des pienl, ou si on ne leur arracbait le. dents. porleraient des coups mortels. l'homme. Un troupeau qui serait lancé dans un cbamp ob sont des herbes vén6neuses périraIt tout entier. si le berger ne le conduisaiL dans des pâturages non nuisibles; le ver l soie périrait de même. et aveo lui toute la récolte de soie. si les autres vers n'6laient pas cbassés des feuilles de son arbre. On peut encore faire une comparaison avec du blé renfermé dans des greniers ou dans des maisons, il deviendrait moisi et obanci, et par conséqueDt inutile, si l'on ne donnait. l'air la faoilité de passer au milieu, et d'enlever ce qui est nuisible. Le feu, s'il n'était pas éteint • la première explosion, ravagerait toute une ville ou toule une forêt. Un jardin serait entièrdment envahi par les ronces. les chardons et les épines, si on ne les arrachait. Les jardinier, savent que l'arbre mauvais de semence et de racine porte ses mauvais sucs dans le trono de l'arbre bon Brefé ou entt\, et que les mauvais sucs qni entrent sont changés en SUOR bons, et produisent des fruits utiles i la même ohose se fait tbez l'homme par l'éloigne,ment du mal aa moyen de la pénitenoe, car par elle l'homme est IUaché Seigneur comme le sarment l'est au cep, et il porle de bons fruits, - Jean, xv . .f., S, 6.

.U

La connaissance du péché. et l'e:.camen d'un péché ches loimIme, commencent la,pénitence.

5!3. La oonnaissance d'un péché ne peut manquer à aucun hOMme dans le Monde Chrétien, oar chacun y est instruit, des

RELIGION CHMTIENNE. 77 l'enfance, ~e ce que c'est que Je mal; et dès la jeunesse, de ce que o'est que le mal du péché; lous les jeuDes sens savent cela par les parenls et par les' maitres, et aussi par le décaloBue, qUi est le premier Livre pour tous au-dedans du Christianisme; et plus tard, quand ils avancent en 4se. ils le savent par les prédications dans les temples et par les instructions dans les Maisons; et en plénitude d'après la Parole; et en outre par les lois civiles de la justice qui enseisnent des choses semblables à celles qui sont dans le DécalOGue, et l celles qui sont ailleurs dan~ la Parole: car le mal du péché n'est autre que le mal contre le prochain, et le mal contre le prochain est anssi le mal contre Dieu, mal qui est le péché. Toutefois, la connaissance du péché ne fait rien, si l'homme n'examine pas les actes de sa vie, et ne voit pas s'il n'a pas fait queillue péché en secr.t ou en public; tout ce qui est avant cela est seulement de Ja science, et alors ce que le prédicateur • dit est seulement un son qui, entre dans l'oreille saucbe, passe dans l'oreille droite el s~enfui1; et enfin cela devient seulement objet de la pensée et dévotion pulmonaire; el, chez plusieurs, imaBinaire et ehimérique. Mais il en est tout autrement si l'homme s'examine selon ses connaissances du péché, et qu'il découvre en lui quelque mal particulier. et se dise: Ce mal est un péché i et que d'après la crainte de la peine éternelle il s'en abstienne: alors seulement la' Prédication instructive et oratoire dans les Temples est reçue par l'une et l'aotre oreille, et est porLée dans le cœur i et de païen l'homme devient Chrétien. lS!II6. Peut-il '1 avoir quelque chose de plus connu dans tout le , Monde Chrétien, que l'oblisation pour l'homme de s'examiner lui-même r car parlout, dan's les Empires et dans les Royaumes soumis tant l Ja Relisioll Catholiqlle-Romaine qu 'l la Religion évansélique, on enseigne et on avertit, avant d'approcher vers la Sainte-Cène, que l'homme aitl s'examiner, l connaltre el à reconDaltre ses p6chés, et l ,ivre désormais autrement i et cela avec de terribles menaces dans Jes Do~inations Anslaises, où, d'après la Prière qui précède la communion, .le ministre près de l'Autel lit et prononce l haute voir ces paroles: ~ voici la ,Die et le moyen li de participer disnement l la Sainte-Cène: D'abord, que oha• oun ellmine les actions et les habitudes de sa ,ie selon la rèSle

1
'8
LA. VRA.IK » des comlnandements de Dieu; et quelles que soien' celles dans • lesquelles il découvre qu'il a failli par volonté, pa'" parole ou ».par Iction, qu'il déplore sa nature vicieuse, et qu'il s'en confesse D devant Dieu TO\lt-PuiRSan~, aVlc la ferme résolution d'amender » sa vie; et s'il découvre que ses offenses soient non-seulement » contre Dieu, mais aussi contre le procbain, alors qu'il se récon» cilie Ivec lui, et qu'il soit prompt l lui faire restitution et salis• faction. selon tout son pouvoir, pour les injusLices et les maul: D qu'il lui an ra faits; qu'il soit également prompt l remettre aux Il autres les offenses, comme il veut que ses offenses soient remises • par Dieu; autrement. la réception de la Sainte Communion ne Il ferait qu'a~sraver sa condamnation. En con!léquence, si quel• qu'un de VOliS est un blaspllémateur de Dieu, médisant et se D moquant de sa ParoI., ou s'il est adultère Oll coupable de ma· D lice, d'envie, ou de quelque autre énorme crime, qu'il fasse pé• nitence de son péché; sinon, qu'il n'approcbe point de la Sainte • Communion; autremeut, al'rès l'avoIr reçue, le diable eotrera 11 en lui. comme il est entré dans Judas. et il le remplira de toute • iniquité, et détruin et soo corps et son âme. Il S!,. Mais cependant il en est quelques-uns qui ne peu\'enl pas s'examiner, par exemple. les enfants, les jeunes ~arçons et les jeunes fillos avaut d'avoir alteint l'Ase où l'on jouit de l'illluition: pareillement les simples. qui sont sans aucune réflexion ; puis aussi tous ceux qui D'ont point la crainte de Dieu; et oulre celllci quelqu,e.o; malades d'esprit et de corps; et, de plus, ceul qui, confirmés dans la doctrine de la justification par la seule foi imputative du mérite du Christ, se sont persuadé que par l'examen et la pénitence, il entrerait quelque chose de l'homme qui détruirait entièrement la foi, et sinsi chasserait et jetterait le salut bors de son unique foyer. Les uns et les autl'eil se servent seulement de la confession de lèvres, qui n'est point la pénitence, ainsi qu'il a été montré ci-dessus dans ce Chapitre. l'ais ceux qui savent ce que c'est que le péché, el plus encore ceux qui d'après la Parole savent plusieurs choses et les enseiBnent, et qui ne s'examinent pas, et par suite ne voient aucun péché en eux, peuvent être comparés l ceux qui amassent des richesses et les renferment dans des oassettes et dans des ooffres, sans en tirer d'autre usase que

..

/
1

RELIGION CURltTIENNE. 19 ·de les oontempler et de les comptcr; et. ceux qui réunissent eD trésors des rarelés d'or et d'argent, et les cachent dans leurs caves, ayant pour seule fin l'opulence; ils sont semblables au marchand .qui cacba son laient dans la terre, et Il celui qui e·nveloppa. sa mine dans un lingc. - Mattb. XXV, !lIS. Luc, XIX. to. -Ils SO!!t aussi • .comme les cllemins baltus et les endroits pierreux, dans lesquels tombe la semènce, - Manh. XIII. <l, B. - Et" aussi comme des figuiers qui sont chargés de feuilles et ne portent pas de fruits,Marc, XI. t3. - Ce sont des cœurs de diamant, qui ne devIennent point des CŒl1Jrs de cbair, - Xac~. VII. ft. -lis sont CI commtl des perd,'iz qui couvent et n'ont poillt pondu; ils font des richesses mais non avec jugement, au milieu de leurs jOU1'S ilB les afJandomzent, et à leur fin ils deviennent ir,sensés. » .,- Jérém. XVII. t t. -Ils sont comme les cinq vierges qui avaient des lampes, et point d'buile, - MIlUh. XXV. t l ft. - Ceux qui tirent de la Parole beaucoup de cboses sur la cbariLé et sur la pénitence, qui connaissent une foule de préceptes, et qui n'y conforment pas leur vie, peuvent être comparés à des gloutons qui mellent par morceaux les aliments dans leur bouche, el les font pasller saus les mâcher dans l'estomac, où ils restent indi.gestes, el ainsi. mal exprimés, corrompent le cbyle el produisent des maladies lentes, par lesquelles enfin ils meurent misérablement. Comme de tels hommes sont Rans chaleur spirnuelle, quoique dans la lumière, ils penvent être appelés hivers, terres froides, climats arctiques, et même neiges et glaces. La pénilence actuelle est de s'e:caminer, de conna·tlre et "econnaUre ses péchés, desupplier le Seig1leur, et de commencerune nouvelle vie. 528. Qu'il faille absolument faire pénitence, et que de Il dépende le salut de l'homme, on le voit dans la Parole par de nombreux passages et d'évidentes déclarations du Sei~eur; en voici pour le moment quelques-uns: Cf leml pr~cha un 6apl~me de plniJence, et il dit: Faites des fr'uits dignes de la pénitence. D - Luc, III. 3, 8. Marc, 1. -1. - li Jésus commença à prAcher et il dire: Repente~·vous • • -Manb. IV. n, - • Etit dit: Parce que s'est approcM le Royaume de Dieu, faites pénitent:e• • Marc, 1. U, Us. - Puis: li Si vous ne faite, pénitence, tous vous

l,

LA. VRAIE pdrires. D - Luc. xm. 8. - • Jésus dit aw: disciples qu'ilfallait pr~cher en son Nom la Pénitence et la Rémission des péchés parmi tout. les nations. D - Luc, XXIV. ,17. Marc, VI. tl. :.... C'est'pourquoi, • Pierre pr~cha la pénitence et le 6aptbne. au nom de Jésus-Christ pour la rémission des péchél. » Act. n. 88 ; - et il dit aussi: • Faites pénitence, et convertisses"ous, pour que vos pdchés soient e/lacés. D - Acl. Dl. t9. Paul «.pr~cha partout d tous, de faire pénitence. » - Act, XVII, 80 - Paul aussi • dans Damas, à Jérusalem, par tout le pays. de la {udée, et aw: Gentils, a annoncé qu'on fit pénitence.. qu'on se convertit d Dieu, et qu'on fit des œuvres digne. de la plnitence. D - Act. XXVI. 10. - Et a ilpr~cha aussi tant aw: Juifs 'qu'aw: Grecs la pénitence envers Dieu, et la foi au Seigneur Jésus-Christ. » - Act. XX. 2t, - Le Seigneur a dit .l'ËsUse d'Éphèse: a J'ai contre toi que ta charité première tu tU abandonnée; lais pénitence; Sïnoll, je viens d toi; j' dterai ton chandelier de sa place, si tu ne laIS point pénitence. Il - Apoc. n. 4,5. -A l'Éslisedans Pergame: aJe COTUlaistes œuvres,fais pénitence. Il - Apoc.D. 13, t6. - A l'Église dans ThyaLire : D Je la jetterai dam ralflictiofl, si elle ne lait point pénitence de ses an,v"es, • - Apoc. Il. 19, If, 23. - Al'Eglise des Laorlioéens: «Je connais tes œuvres, agis avec zèle, et lais pénitence. » Apoo. m. US, t9. - u 1111 a de la joie dans le cielpourunsezc, pécheur qui fait pénitence.» -Luo, XV. 7 ; - et en ol1tre ailleurs. D~après ces passages il est évident qu'il faut absolument faire pénitence ;' mais quelle pénitence, et commellt la faire, c'est ce qu'oo verra clairement.dans ce qui suit. 1S19. Qui ne peul, d'après la raison qui lui a été donnée, comp.'tmdre que la pénitence ne consisle pas seulement A confesser de bouche qu'on est pécheur, el1 dire sur ce sujet b~aucoup de cboses, comme l'hypocrite dQllt il a été p,arlé. ND ISIS; car est·il rien de plus facile l l'homme, quand il est dans l'angoisse et • l'agonie, que d'élancer de ses poumons et de pousser par ses lèvres des soupirs et des gémissements, et aussi de frapper sa poiLr.ine, et de se dire coupable de tous les péchés, lorsque cependant il D'a la connaissance d'ancun péché ohez lui! Est-ce qu'alors la lourbe diabolique, qui réside dans ses amours, sort en même temps que

80

RELIGION CHRÉTIENN~,

81

Je soupir? Est· ce qu'elle ne se moque pas plutôt de ses gémissemenls, ut ne resle pas en lui camille dans sa propre maison de même qu'auparavanl TIl est dOliC évidenL que ce n'est pas une semblable pénitence qui a élé entendue dans la Parole, mais que c'est, commo il a éié dit, une pénitence des œuvres mauvaises. 1S30. On demande donc comlllent la Pénitence doit être faiLe, je réponds qu'elle doit l'êll'e en actualité, et cela consiste à s'examiner, à conna1ll'o eL reconnaître ses pécllés, Il supplier le SeiIneur. et à commencel' une nouvelle .yie: que .Ia Pénitence ne soit pas possible sans examen, cela a été montré dans l'Article qui précède; or, à quoi bon l'examen, si re n'e~t pail afin que l'homme connaisse sos (léchés Tet à quoi bon celte reconnaissance, si ce n'est afin qu'il reconnaisse qu'ils sont eo lui T Et Il quoi bon ces tl'ois choses, si ce n'esl afin qu'il confesse ces p~chés devant le Seigneur. qu'il le supplie de donner des secours. el que par là il commence une nonvelle vie, qui est la fin pl'opter quem (qu'il doit S8 proposer) TC'est là la pénitence actuelle. Que ce SOil dinsi qu'il fanl s'avancer el faire. cbaque homme l)eUl le !lavoir aus~ilôt après le premier ~ge, et de plus en plus Il mesure qu'il devient maltre de ses actions el qu'il jouit do sa raison; il peut le savoir d'après le Baplême, par lequel est onlendue la Régénération. car dans le baptême le parrain cL- la marraine ont promis pour lui qu'il rejelteraitle diable eL toules fies œuvres: pal'eillement dOaprès la Sainle-Cène ; car avant de s'en approcher. tous sont avertis de faire pénitence de leurs. pécbés, de se convertir Il Dieu et d'entrer dans une nouvelle vie; et en outre. d'après le Décalosue ou le CaLéchisme. qui est entre les mains de tous les Cill'étiens; dans sil préceptes du Décalogue Il n'est commandé autre chose que de ne pas faire les maux; si l'homme ne les éloigne par la pénitence. il ne peut aimllr le prochain. ni à plus forte raison Dieu, et cependant de ces deul commandements dépendent la Loi et les Prophètes, c'est-à-dire, la Parole, par conséquent le salut. Si la pénitence actuelle esL faite de temps Il autr.e, savoir. chaque fois que l'homme se prépare Il la communion de la Sainte-Cène, et qu'ensuite il s'abstienne de tel ou lei péché, qu'il • alors saisi cbez lui. cela est suffisant pour quO il s'iniLie dans l'actualité. et quand il y est, il est dans le chemin qui conduit au Ciel. car alors D 6

82 LA. VRA.IE l'homme commence l devenir de naturel spirituel, et l naUre nouveau par le Seigneur. 331. Cela peut êtrp. illustré par les Comparaisons suivantes: L'Homme avant la pénitence est comme un desert, dans lequel sont de terribles bêtes féroces, des drasons, des hiboux, des chouettes, des vipères el des serpents venimeux i et dans les broussailles des ochim et des lziim, avec des s:uyres qui dansent et 1. ; mais après que par l'industrie et le travail de l'homme ces êtres ont été chassés, ce désert peut être défriché et labouré, on peut d'abord '1 semer dë l'avoine, des fèves et du lin. et ensuite de l'orge et du froment. Cela peut aussi être comparé l la malice qui règne en abondance chez les hommes; si les méebants n'étaient pas. selon les lois, cba.tiés et punis par des peines rigoureuses ou I,ar la morl, aucune ville ne subsisterait.. ni aUCUD royaume: l'homme e.~t comme une société dans la plus petite forme i s'ilu'agissait pas avec lui-même d'une manière spiriluelle. comlDe on asit avec les. méchants d'une manière naturelle dans la grande Société, il serait chAtié et puni après la mort, et cela, jusqu'à ce que par la crainte de la peille il ne fasse pas le mal; quoiqu'alors il ne puisse jamais être amené' faire le bien d'après l'amour du hien.

i
1

ç.

La vJ'aie Pénitence est d'ezommer non-seulement les actes de 8a vie, mais aussi les intentions de sa volonté.
532. Si la vraie Pénitence est d'examiner non-seulement les actes de sa vie, mais aussi les intentions de sa volonté, c'est parce que l'Entendement et la Volonté font les actes; en effet, l'homme parle d'après la pensée, et aBit d'après la volouté, c'est pourquoi la parole est la pens~e parlante, et l'action est la volonté agissante; et cODlme c'est de là que viennent les paroles et les actions. il ,'ensuit indubitablement que c'est la pensée et la volonté qui péchent. quand le corps péche ; et même l'homme peUL faire pénitence des maux qu'il a faits par le corps, et néanmoins penser et vouloir le mal; mais c'est comme si l'on coupait ]e tronc d'UD arbre mauvais, et qu'on laissAt en terre ]a racine, d'où ce même

J

RELIGION CHRItTIESNE.

83

mauvais arbre croltrait de nouveau, et s'étendrait j l'entour: mais il en est autrement quand la racine est arrachée aussi, et cela se fail dans l'homme, quand en même temps il examine les intentions de sa volonté el éloigne les maux par la pénitence. L'homme e.umine les intentions de sa volonté, quand il examine ses pensées, car c'est en elles que les intentions se manifestent; ainsi, quand ses pensées sont portées sur des vengeances, des adultères, des vols, de.'I faul témoisnages el des cupidités pour ces maux, el aussi sur des blasphèmes. contre Dieu, la sainte ·Parole et l'Église. . etc., il veut ces maus: et il les a en intention; si cependant il porte son attention sur ces maux, et e~amine s'il les ferait en supposant ~u'i1 n'eût à craindre ni la loi ni la perte de sa réputation, el si après l'examen il pense qu'il ne les veut pas, parce que ce sont . des péchés, il fait une pénitence véritable eL intérieure; et surtout -s'il résiste et s'abstient, lorsqu'il est dans le plaisir de ces maux .el en même temps dans la liberté de les faire; célui qui fait cela plusieurs fois perçoit comme désagréables les plaisirs des maux quand ils reviennent, et enfin il les condamne à l'enfer; c'est li ce qui est entendu par ces paroles du Seignour: CIl Celui qui veut trouver S01l dme la perdra, et celui qui aura perdu son dme à .cause de Moi la trouvera. » - l\latth. X. 3D. - Celui-là qui éloiIne les maux de sa volonté par cette pénitence. est semblable l celui qui arrache de son champ en temps convenable l'ivraie semée IJar le Diable, d'oh il résulte que les sentences qui ont été mises par le Seisneur Dieu Sauveur .trouvent un humus libre, et 410nnent une abondante moisson, - M'auh. XIII. 25 A st. 333. Il J a deUl amours qui depuis un temps fort reculé on t été enracinés dans le senre humain; l'amour de dominer sur tous; eL l'amour de posséder les biens de lous; le premier amour, ~i les. freins lui sont lâchés, s'élance jusqll'à vouloir être le Dieu 4u ciel; et le second amour, si les freins lui sonL lichés, s'élance jusqu'à vouloir être le Dieu du monde; à ces deul amours ont élé subordonnés tous les autres amours du mal.' qui en sont les .armées: mais scruter ces deux amours est très-diffioile, parce qu'ils résident eL se cachent dans l'intime, car ils sont comme des vipères qui, cachées dans les trous d'un rocher, retiennent leur venin jusqu'à ce que quelqu'uo se couche sur ce rocher, et qui

LA. VRAIE alors lancent des coups morlels et se relirent Ils sont aussi comme les syrènes des anciens, qui allÏl'aienL les hommes pal'" leur chant, el ensuite les luaient. Ces deur. amours se parent arec de belles robes et de belles tuniques, dt! même que le diable par nne phan[aisie magique s'embellit parmi les siens et parmi ceux. qu'il veut tromper. lIais il faut qu'on saobe bien que ces deux. amours peuvenL régner davantage chez les petits que ohez les ~rands, ohez les pauvres que chez les riohes, chez les sujets que chez les Roi~, car ceux-oi sont nés pour la domination el l'opulence, qu'ils ne régardenl que cOlllme un autre regarde les gens l son sel'Vice et ce qu'il possède, qu'il soil mat,risLrat, administrateur, ou capitaine de navire, et même que comlDe un pauvre fermier regarde ce qui lui appartient: :mais il en est autrement 3es Rois qui veulimt dominer sur les Royaumes des autres, Si les. intentions de la volonté doivent être examinées, o'est parce que dans la Volonté réside l'amour, car la Volollté en est le réceptacle, OODllDe il a été montré oi-dess!!s; tout alDour exhale de là ses lliaisirs dans les perceptions et les pensées de l'entendement. car celles-ci ne font rien par elles-mêmes, mais elles agissent d'après la Volonté; en eff~t, elles la favorisent, et elles agréent et confirment toutes les choses qui appartiennent l son alDour; c'est pourquoi la Volonté est la maison m~me, dans laquelle l'homme habile, et l'Eutendement eSL le vestibule par lequel il sort eL il entre. Voilà pourquoi il a été dit que les intenlions de la Volonté doivent être examinées; lorsqu'elles ont été examinées et éloignées, l'homme est élevé de la VoJonté naturelle. ou sona embusqués Tes maux héréditaires et aotuels, à la Volonté spirituelle par laquelle le Seigneur l'éforme et régénère la ,'olonté naturelle, et au moyen de celle-ci les sensuels et les volontaires da corps, ainsi l'homme tout entier 534, Ceux qui ne s'examinent pas ressemblent à des malades chez qui le saog esL corl'ompu, paroe que les vaisseaux les plus petits S6 sonL ~oüohés; de lil, l'atrophie, l'engourdissement des menlbres, les maladies aiguës chroniques qui ont leur origine dans l'epaississemellt, la ténacité, l'acrimonie (et l'aoidité d(!s 110meurs et du sang; mais ceux qui s'examinent même quant aUI intentious de la Volonté ressemblent A ceux!Cqui ont été guéris de

8'

85 RELIGION CHRÉTIENNE. ces maladies, et qui reviennent dans la vie qu'ils avaient quand ils étaienL ·jeunés. Ceul qui s'examinent scrupuleusement sont comme des navires d'Ophil', chargés d'or, d'ar~enl et de choses précieuses; mais avant qu'ils se soient examinés, ils sont comme des navires charsés de sales tonneaux dans lesquels on exporte les boues et les ol'dures des rlles. Ceux qui s'ex.aminent intérieurement deviennent comme des mines, dont to Il les. les parois resplendissent de minerai d'un noble métal; tandis qu'auparavant ils étaient comme des marais pUatlts, dans lesquels sont des couleuvres et des serpents venimeux dont les écailles: brillent, eL des insectes nuisibles dont les ailes reluisent. Ceul qui ne s'examinent pas sont comme des Os secs dans une vallée; mais après qu'ils se sont examinés, ils sont comme ces mêmes os, sur lesquels le Seigneur Jéhovih mit des nerfs, fiL monter de la cbair qu'il couvrit de peau, et ·dans lesquels il mit l'esprit, et qui revécurent. - Ézéch. XXXVII. i à t-l.
CeZfZ qui ne s' e:caminent point, mais qui néanmoins relUmcent auz mau:.r: parce qu'ils sont des péchés {Otlt aussi Pénitence; et cette pénitence a lieu chez ceu:.r: qui {ont par religion les œuvres de la Chm'ité.
835. Comme la Pénitenoe actuelle, qui consiste à s'examiner, i connaltre et· à reconnattre ses péchés, à supplier le Seigneur et l commencer une nouvelle vie, est très-difficile dans le aronde Chrétien Réformé, pour plusieurs causes dont il sera parlé dans 'le dernier Article de ce Chapitre, il va en conséquence être traité ici d'une espèce de Pénitence plus facile, qui consiste à se dire, 41uand on médite un mal et qu'on y tend: (C Je pense cela, et je tends .1 cela; mais comme c'est lin péché, je ne le ferai point •• Par là, la tentation lancée par l'Enfer est brisée, et sa marche pour pénétrer plus avant est arrêtée. Il est étonnant que chacun puisse réprimander un autre qUI tend au mal, et lui dire: • Ne fais pas cela, parée que c'est un péché; • et cependant ne puisse que très-difficilement se le dire à lui-même; la raison de cela, c'est que le second .acte meut la volonté, tandis que le premier acte meut seulement

1

LA VRAIE 86 la pensée la plus proche de l'ouie. On 'a recherché, dans le Monde spirituel, qui sont ceux qui peuyent se réprimander euxmêmes. et il s·en est trouvé IIi peu. qu'iI:J étaient comme des co!ombes dans un vaste désert; et quelques-uns dirent qu'à la vérit~ Ils pouvaient se réprimander eux-mêmes. mais non s'examiner. nt confesser leurs péchés devant Dieu; néanmoins tous ceux qui font le bien par relision évitent les maux actuels, mais ils réftéchissent très-rarement sur les intérieurs qui appartiennent ~ la Volonté. croyanL qu'ils ne sont pas dans les D!aux parce qu'ils 1I0n( dans les biens, et croyant même que les bieus couvrent les mauI; mais.. mon ami 1la première chose de la Charité est de fuir les maux. c'est là ce qu'enllei;nenL la Parole, le Décalogue. le Baptême, la Sainte-Cène, et même la Raison; car comment. quelqu'un peut-il' fuir les maux et les éloi;ner sans une inluilion de lui-même? et comment le bien peUL-il devenir bien. s'il n'a pas été intérieurement ,purifié' Je sais que tous les hommes pieul, et aussi tous ceui qui ont UDe raison saine. en lisant ceci, y donneront leur acquiescement. et le regarderont comme un vrai réel, mais que Déanmoins il y en a peu qui le mettront en pratique. 836. Toulefois cependant tous ceux qui font le bien par relision, non-seulement les Chrétiens, mais aussi les Paiens. ont été acceptés par le Seigneu~, et sont adoptés après la mort i car le Seigneur a dit: • J'ai eu faim, et VOlU M'avez dqn"é d manger;
j'ai eu soil. et VOlU M"atJez donnd a !Joire; j'étais dtranger. et vousM'atJez recueilli; nu. et VOlU M',avez v'tu; malade. et vous Jl'avez visitd; l dtais en prison, et VOlU ~tes venw vers Moi. Et il dit: En tant que vous l'avez fait d l'un de ces plw pe"ts de mes frères, d Moi vous l'avez fait. Venez. les bénis de mon Père, possédez comme héritage le Royaume préparé pour vou. d~s la londatioti du blonde • • - Matth. XXV. 34 el suiv. - A

ceci, j'ajouterai celte Nouvelle: • Tous ceui qui font le bien par religion rejeuent. après la mort, la doctrine de l'É;lise d'aujourd'hui sur les Trois Personnes Divines de toule éternité. et aussi sa Foi appliquée à ces trois personnes en ordre, et ils se tournent vers le SeiiDeur Dieu Sauveur.' st puisent avec volupté toutes les choses. qui appartiennent • la Nouvelle Église. Quant ~ tous ceux qui D'ont point eurcé la Charité par reliiion. oe sont des cœu.rs de-

f

1


,

RELIGION CRRItTIENNE. 87 diamant, par oonséquent durs; ceux-ci s'adressent d'abord à trois. Dieul, eosuite au Père seul, et enfin ils ne s'adressent à auc.un ; ils regardent le Seigneur Dieu Sauveur seulement comme 6/s ,:e lIarie, né de son mariage avec Joseph, et non comme 61s de Dieu; .et alors il~ repoussent tous les biells et tous les vrais de la Nounlle Église, et peu après ils s'adjoignent aux espriLs du dragon, el sont relégués avec eUI dans les déserts, ou dans les cavernes~ qüi sonl dans les dernières limites du monde nommé Chrétien; el quelque temps après, comme ils ont été séparés du Nouveau Ciel, ils se jettent dans les crimes, et sont pal' conséquent précipités dans l'Enfer. Un tel sort est pour ceux qui ne font pas les œuvres de la Cbarité par religion, en raison de la, foi que personne ne peut faire le bien par soi-même ta moins qu'il ne soit méritoire, et qui . par suite les omettent; ils se réunissent aux boucs qui ont été damnés et jetés dans le feu éternel préparé pour le diable el pour &es anges, parce qu'ils n'avaient pas fail les œuvres que les brebis avaient faite!;, - Matth. XXV. 41 el suiv, ; - lA, il n'esL flas dit qu'ils avaient fait de ~auvaises œuvre5, Dlais il est dit qu'}ls o'anient pas fait de bonnes œuvres, et ceux. qui ne font pas. de bonnes œuvres par religioo foot de mauvaises œuvres, a puisque personne ne peut servir deux Maîtres, à moins qu'il ne naisse fun et n'aime rautre, et qu'il ne s'attache à fun et ne néglige 'fautre. Il - Mattb. VI. !4r. - Jéhovab dit par Esaie: ft Lavez.,ous, purifio!z-vous, éloignez la malice de vos œuvres de devant mes yeu%, cessez de fair~ le mal, apprenez d faire le bien; et alors quand seraient vos péchés comme fécarlate, comme la neige ils dfNiendront blancs; quand routes ils seraient comme lapourpre, comme la laineils seront,» -1. t 6, t 7, 18 i et il.dit AJérémie: • Tie1lS-toi debout d la porte de la maison de Jéhovah; et là, proclame cette parole: Ainsi a dit Jéhovah Sébaoth, le Dieu d'lsrall : Rendez bonnes vos voies et vos œu.".es; ne VO'lS confie= point sur des paroles de mensonge, en disant: Le Temple de Jéhovah, le Temple de J éhavah, le Temple de Jéhovah ici; (c'est-A-dirç, l'ÉGlise) ; est-ce en volant, en tuant, en commettant adultère, en jurant faussement, que vow viendrez ensuite, et que vous vous tiendrez devant Moi, dans cetle Maiscm sur laquelle est nommé mon Nom, et que vous

;
1

1
1

LA. VRA.IE dire~ : Nous avons été délivrés, tandis que vous faites toutes ces a6ominaliolll? Est-ce que ceite Maison est devenue une caveme de 6rigauds? Oui, Moi, voici, j'ai vu, parole de J éhotlah . • - VII. i, 3, 4, 9, {O, H, lJëi1, • n faut qu'on sacbe que ceUI qui font le bien par bonté naturelle seulement, et non en m~me temps par reli~ion, ne son&', pas acceptés après la mort, parce qu'il y a dans leur Charité le bien seulement naturel et non en même temps Sl)irituel, et que c'est le spirituel qui conjoint le Seigneur à l'homme, et non le naturel sans le spirituel. La Bonté naturelle appartient à la chair seule, ayant été reçue des parents, mais la Bonté spirituelle appartient à l'esprit, étant née de nouveau par le Seigneur. CeUI qui font les biens de la Charité par religion, et qui par suiLe ne font pas les maux, ceul-I~. avant d'avoir accepté la Doctrine de la Nouvelle Église sur le Seigneur, peuvent être comparés à des arbres qui portent de bons fruits, quoiqu'en petit nombre, et aussi à des arbres q~i portent des fruits excellents quoique petits, et' qui néanmoins sont maintenus dans les jardins: ils peuvent encore être comparés à des oliviers et à des figlliers dans des forêts; puis. des plantes odoriférantes et à de." arbustes 'balsamiques sur des collines: ils sont comme de petites chapelles ou maisons de Diell dans lesquelles un culle pieux est rendu; car ils sont les brebis à droite, et les béliers que les boucs attaquent, selon Daniel,Chap. VUI, ! à toi. - Dans le Ciel, ils ont été revêtus d'habils de couleur rouge, et depuis qu'ils ont été initiés dans les biens de la Nouvelle ÉGlise, ils sont revêtus d'habits de couleur pourpre, qui, selon qu'ils reçoivent aUoSSi les vrais, brillent d'un bel éclat,

88

1

Il faut que la Confession soit faite devant le Seigneur Dieu Sauveur, el qu'il y ait alors supplication pour le secours et pour la puissance de résister azu: maux.
338. Qu'il faille s'adresSer au Seigneur Dieu Sauveur, c'est parce qu'il est le Dieu du Ciel et de. la Terre, le Rédempteur et le Sauveur, à qui appartiennent la Toule-Puissance, la Toule-Science, la: Toute-PréseDce, la Miséricorde Même et eD même temps la

»
RELIGION CHRÉTIENNE. 89 , • Justice,!lt parce que l'homme est sa Créature, et l'tslise sa Bercerie, el qu'il a commandé plusieurs fois dans Ja Nouvelle Alliance de s'adresser. Lui, de lui rendre un culle, et de L'adorer; il a enjoint de s'adresser • lui Seul dans Jean par ces paroles: «En vérité, ell vérité, je vous dis: Celui qui n'entre pas par la porte dmlS la Bergerie, mais monte par un autre end1-oil, celui-là est un voleur et un larron; mais cel"i qrli elltre pur la porte esf 6e1'9er des 6re6is. Moi, je suis la porte: par Moi si quelqu'un entre, il sera saUvé, et pâtw'e il t,'OUVe1·a. Le voleur ne vient que pour voler, tuer et détruire, Moi, je S!lis venu pour qu'elles aient vie eta607l.dance. Moi,jesuis le 60n Berger. »-x. t, t,9, 10. t t. - Que l'homme ne doive pas monler par un autre endroil, c'est qu'il ne doit pas s'adresser A Dieu le Père, parce qu'Il est invisible, et par suite inaccessible et inconjonsihle; et c'est pour cela que Lui-Même est venu dans le Monde, et s'est fait visible, accessible et conjongibld, ce qui fut uniquement pour celle fin, que l'homme pût être sauvé; car si dans la pensée on ne s'adresse pas A Dieu comme Homme, toule idée de Dieu périt; elle tombe de même que la vue dirisée dans le vaste univers, ainsi dans une sorte de vide, 011 dans la nature, ou dans des objets au dedans de la nature. Que Dieu· Lui-.Même, qui de toule éternité est Un, soit venu dans le Monde, on le voit clairement par la naissance du Seigneur Sauveur, en ce qu'il a été, conçu de la vertu 'du Très-Haut par l'Esprit Saint, el que de lA son Humain est né de la Vierse Marie, d'où il suit que son Ame était le Divin Même, qui esL appelé le Père, car Dieu est indivisible, et que l'Humaio né de lA est l'Humain de Dieu le P~re. qui est appelé Fils de Dieu, - Lnc, l. 32, 34-, 35: - il suit encore de Ill, que lorsqu'ou s'adresse au Sei~neur Dieu Sauveur, on s'adresse aussi l Dieu le Père;' aussi répondit-il l Philippe qui demandait qu'il montrAt le Pèl'e: u Qui Me voit, voit le Pbe, comment donc, toi, dis-tu: Montre-nousle Père 1 Ne crois-tu pas que Moi Qe suis) dans le Pdre, et que le Père (estJ en'-Moi 1 Croyez-Moi, que Moi Ge suis) da)lS le Père, et que le Père (est, en Moi.» - Jean, XlV. 8 .. H. - Mais sur ce sujet, on voit de plus ,rands détails daos les Chapitres sur Dieu, sur le Seisneur, sur l'Esprit Saint, et sur la Trinité.

90

LA VRAIE

Il

i..

1.139: Il Y a deul Devoirs dont l'homme doit s'acquitter après l'examon. c'est la Supplication et la Confession. La StlPPLléATION sera que le Seiineur" ait pitié, donne la puissance de résister aUI blaul dont on s'est repenti, et accorde l'inclination et l'aft'ection pour faire le bien, puisque smlS Lui l'homme ne peut rien faire, - Jean, xv. IS. - La CONFESSION sera de voir, connaltre et reconnaltre ses maul.. et de se tenir pour un misérable pécheur. Devant le Seigneur !I n'est pas besoin de l'énuméral!on d!!~ ~é­ chés, ni de supplier pour leur Rémission; qu'il ne soit pas beloin de.l'Énumération des péchés, c'est parce que l'homme les. a examinés et vus chez lui, et que par suite ils sont présents cfiez le Seiineur parce qu'ils sont présents chez l'homme i le Seigneur l'a même diri~é dans l'Examen, il les lui a rail découYrir; efif lui a inspiré une profonde douleur, et avec celte douleur le dessein de l'en désistel" et de commencer une nouvelle vie. Si dev~nt le S~i­ Ineur il ne doit pas être rait de supplication pour la_Rémission - d~'péc~~, en voici les raisons ~remiè~c'est que les péchés (De sont pas annulés, mais sont éloijnés, et qu'ils sont'éleignés ) selon que l'h~m~e ensujte y renonce et entre dans IIne nou.!e!le vie; car il y a d'innombrables cODvoitises qui sont aHacbées comme en pelolon A chaque mal, el qui ne peuvent être écartées en un moment, mais qui le sont successivement.. à mesure que" l'homme - se laisse réformer et réséoérer.~seconde rai~ c'est que le Sei~ coeur, parce qu'il est la Miséricorde Même, rel~!t ~us leurs péchés, el n'en impnte pas uo seul à qui que ce soit, car il dit: «Ils ) ne savent ce qu'ils fOlll ; • .:...- néanmoins ils n'ont pas poureela éïéenlevés; - quand Pierre lui demanda combien de ~ois il devait remeltre à son frère SClI fautes, si ce serait jusqu'l sept fois, il lui répondit: III Je ne 'te di~ I)as jusqu'à sept rois, mais jusqu'hoixantedix fois sept fois, D - AJattll. XVIII. ti, !t; - si l'homme doit raIllettre ainsi, l cQ.mbien plus fo~t~ raison le Seiineur ! Touteroi~. fi D'est pas nuisible que celui donlla;onscience est chargée énumêra, afin d'être soula8é. ses (léchés devant un Ministre de l'Éf Clise, en vue d'absolution; parce qu'ainsi il est introduit dans l J~habitude de s'exami,ner, et de réfléchir sur ses maul journaITérs : Smais celle Confessi~.!!.!st naturelle, tandis que celle qui a été dé1crile ci-dessus est spirituelle.

~

' l

l

4

l'

RELIGION CBMTlENNE. 91 &60, t Adorer quelqu'un comme Vicaire de Dieu sur terre.. GU invoquer quelque Saint, comme on invoque Dieu, n'a pas plus d'effet dans le Ciel. que de supplier le Soleil. la Lune et les AsIres, ou de demander une réponse l un Devin, et de croire l sa parole, qui est vaine; ce serait encore comme si l'on adorait le· Temple et lion Dieu dans le Temple; et comme si l'on demandait. des distinctions de ,Ioire au se"iteur qui porte à la main le sceptre et la couronne du Roi, el non au Roi lui-mênie: et cela &8rail aussi vain que si, abstraction faite des sujets, on vénérait la splencleur de la pourpre, la sloire, la lumière, les rayons dorés du Soleil, et le nom seul: c'est pour ceux qui a,issent ainsi que sont. ces paroles dans Jean: cc Nous demeurons dans la vérité en JéIUS-CIn'Ïst; Lui est le vrai Dieu et la Vie éternelle; mes petitsenfants, garderrvous des idoles. JI -1 Eplt_ V. 10, ii.

La Pénitence actuelle est facile chez ceu:c qui r on faite quelquefois, mais très-f'éfractaire pour ceux qui ne l'ont pliSfaite,

B6t, La Pénitence actuelle consiste l s'examiner, l connaUre ses péchés, l se confesser devant le Seisneur, et ainsi l commencer une nouvelle vie i elle eSt" Sëlon la description qui en a été faite dans les articles précédents. Dans le Monde Chrétien RéCormé. par lequel sont entendus tous ceul qui sont séparés del'ÉSIi&8 Catholique-Romaine, et aussi dans cette Éslise pour ceux qui n'ont fait aucune pénitence actuelle, cette Pénitence est trèsréfractaire i la raison de cela, c'est que quelques-uns ne veulent pas,. et que d'autres craisnent, et que l'habitude de ne pas faire s'invétère chez l'homme, et amène un non-vouloir, confirmé par un entendement raisonneur, el cbez quelques-uns du déplaisir, de l'effroi et de la terreur pour ceUe pénitence. Ce q'Ji fait principalement que la Pénitence actuelle est très-réfractaire pour les Chrétiens Réformés, c'esL leur Foi que la p~nitence et la cbari~é
t La la.cune danl la. lérie du Numérol, deputl lIiO jUlIIlu'è, 11119. el& uue- . Bimpla erreur de chUfrel; la texte u~ comple~, (Not, d", Trod",ctllU',)

l
Il

1

92 LA. VRA.I.E ne contribuent en rien au salut, mais que de l'imputation de la Foi seule résultent la rémission des péchés, la justification, l'innovation, la résénération. la sanctification, et 10 salut éternel, sans que l'homme coopère par soi-même ou comme par soi-même. celte coopération élant appelée par leurs dogJ!.la~q!!!ls inutile. contraire au mérito du Christ, offenSanle el iDJurieuse; et quoique le Vul«aire ignore les choses mystiques de cette foi, cela a été semé en lui par ce peu de moLs: " La foi seule sauve i et qui estce qui pëut faire le bien par soi-même r • De là vient que la Pé,nitenes, chez les Rérormés, est commo un nid abandonné aveo (.les potits par les oiseaux qu'un oiseleur a pris et tués. A cette raison se joint celle-ci, que l'homme qu'on appelle réformé n'est. quant A son esprit, dans le ~Ionde spirituel, qu'avec des esprits semblables à lui, qui portent cetLe doctrine dans les idées de ,'ses pensées, ct le détournent de chercher à regarder en lui-même'e' à s'examiner. . 56i. J'ai demandé, dans le Monde IIpiritllel, à beaucoup de ,...., ( Réform~ pourquoi 'ils n'avaient pas fait la pénitence actuelle, lorsque cependant cela élait enjoint, tanl dans la Parole que dans le Baptême, et aussi avant la Sainte Communion dans toutes leurs t,lises; et ils m'on t fait diverses réponses; LES UNS: Qu'il suffit de la Contrition. accompagnée de la Confession de lèvres qu'on 6s1 pécheur. D'AUTRES: Qu'une telle pénitence, parce qu'elle est faite par l'homme agissant d'après sa volonté, ne coïncide pas avec la foi universellement reçue. D'ACT RES : " Qui est-ce qui peut s'examiner quand il sait qu'il n'est que péché? Ce serait comme li l'on jetait un filet dans un étang,plein de bourbe depuis le fond jusqu'à la surface, et rempli d'insectes malfaisants .• D'ACTRES: " Qu i est·ce qui peul regarder en soi si profondément. qu'il y voie le péché d'Adam, d'oil. lous ses maux actuels ont jailli r Ces mau:r n'ont-ils pas été lavés en même lemps que ce péché par les eaux du b.aplême? N'ont-ils pas été eft'acés el couverts par le mérite du Ch rist ! Que devient alors la pénitenoe. sinon un&. imposition qui trouble grièvement. les consciences timorées r Ne sOlUmes-nous pas d'après l'Évangile sous la grâce. el non sous la dure loi de la pénilence r etc •• QUELQCES-UNS m'ont dit que, lorsqu'ils cherchent à s'examiner, l'eff'roi et la terreur s'emparent d'eux, cOlDme s'ils

f

RELIGION CHRÉTIENNE. 93 voyaient un monstre pr~ de leur lit au point du jour. Par ces réponses, j'ai \'u clairement pourquoi la Pénitence actuelle, dans le Monde Chrétien Rérormé, est comme en oubli et rejetée. le demandai aussi, en présence de ceux-là, :i quelques Esprits attachés à la t (Reli~ion Cat~l~liq~~~!l0lDain~ au sujet de leur Confession actuelle 'de\'ant leurs ministres, si celle confcs:.ion était l'éfractaire pour eux i ils répondirent qu'après y avoir été initiés, ils ne craignaient pas de faire l'énumération de leurs fautes devant un confesseur non sévère, et qu'ils les recueillaie.nt avec une sorte de volupté, et énonçaient gaiement les- plus légèl'es, mais un peu timidement les plus lourdes i que chaque année il l'époque élablie par la coutume ils revenaient librement, et se réjouissaient après l'absolution i et qu'enfin tous regardent co:mne impurs ceux qui ne veulent pas dévoiler les souillures de leur cœur, A ces mots, les Réformés, qui étaient pr~sents, s'enfuirent, les uns riaient et se Dloqnaient, les autres étaient étonnés et cependant approuvaient. Ensuite, s'approchèrent de moi quelques autres qui avaient élé \. attachés l la.. même Êglise, mais qui, ayant demeuré dans des pays où il y avait des Réformés, avaicnt fait d'après un usase solennel parmi eux non pas une Confession spéciale, comme leurs Crères ailleurs, mais seulement une Confession commune devant leur cuide spirituel i ceol-ci dirent qu'ils n'avaient jamais pu st! sonder, découvrir et divulguer leurs maUI aCluels, ni les secrets de leur pensée, et qu'ils sentaient cola au~si répugnant et aussi eCfl'ayant, que de vouloir franchir le fossé d'un rempart, oit se tient en armes un soldat qui crie: • N'approche point. • D'après ce qui précède, il est maiotenaant 'vident que la Pénitence actuelle est facile chez ceux qui l'oilt faite quelquefois, mais très-réfractaire pour ceUI qui ne l'ont pas faite. 563. On sait que l'Habitude fait une seconde natm'e, et que par suite ce qui est difficile l l'un est facile l l'autre; de mêQle aussi s'examiner, et confesser le résultat de l'enmen; qUùi de plus facile pour un journalier, un porte-fail et un métayer, que de travailler des bras du matin au soir, tandis qu'au contraire un homme élevé aux honneurs et délicat ne pourrait pas se livrer au meme travail pendant une demi-heure sans lassitude et sans sueur J n est facile à un coureur de' faire avec un bAlon eL des souliers lé-

Il 1

Il

1

LA. Vl\A.IE 9' iers une course de plusieurs milles, tandis qu'un homme habitu6 à aller en voiture peut l peine courir lentement d'une rue dans l1ne autre. Tout artisan qui se platt l son ouvrage l'accomplit facilement et de bon cœur, et quand il le quitte il désire le reprendre, tandis qu'un autre du même métier, mais indolent, peut difficilemenUtre contraint à se mettre • l'œuvre: pareillelDent tout fono,. tionnaire, et tout homme d'étude. Quoi de plus facile. celui qui s'applique • la piété, que de prier Dieu et quoi de plus diffiCIle pour celui qui s'est livré ll'impiété r Quel est le prêtre qui, prêchant pour la première fois devant un Roi, n'est pas intimidé! mais après qu'il s'est remis, il continJl8 avec assurance. Quoi de plus facile. l'homme-ange que d'élever les yeul au Ciel, et i l'homme-diable que de porter ses regards vers l'enfer r Cependanl si celui-ci est hypocrite il peut pareillement lever les yeu:r. vers le Ciel, mais son cœur est à l'opposé: la fin propter guem (pour laquelle il asit), el par suite l'habitude, font la trempe de l'homme,
Celui qr'i n'a jamais fait pénitence, ou qui ne s'est jamais r!:" gardé intérieu7'eTfjent ni scruté, ne sait pas enfin ce que c'est que le mal qui damne, ni ce que c'Istque le bien qui sauue.
564. Comme dans le Monde Chrétien Réformé il en est peu qui fasssent pénitence, c'est pour cela qu'il Il été ajouté ici, que celui qui ne s'est ni regardé intérieurem.ent, Il.i scruté, ne sait pas enfin ce que c'est que le mal qui damne, ni ce que c'est que le bien qui sauve; car il D'a pas une religion qui le conduise. celte connaissance; en effet. le mal que l'homme ne voit pas, ne connaU pu et ne reconnatt pas, demeure, el ce qui demeure s'enracine de plus en plus, jusqu'. obstruer les intérieurs du mental, ce qui fait que l'homme devient d'abord naturel, ensuite sensuel, el enfin corporel. et dans l'lin ou l'autre de ces états il ne conn aU aucun mal qui damne, ni aucun bien qui sauve i il devient comme un arbre qui. planté sur un dur rocher, étend ses racines parmi ses fentes, et en611 se flétrit parce qu'il manque d'humeur. Tout homme bien élevé est rationnel et moral, mais Ur a deux che-

1

~,

1

RELIGION CBRS:TIENNE. 95 mins qui conduisent lia rationalité, l'un d'après le Ilonde, J'autre d'après le Ciel; celui qui est devenu rationnel et moral d'après le Monde, et non aussi d'après le Ciel, n'8.'!t rationnel et moral que ~e bouche et de geste, et en dedans c'est une bête brute, et même une bête féroce, parce qu'il fait un avec ceux qui sont dans l'enfer où tous sont tels; mais celui qui est rationnel et moral aussi d'après le Ciel est vraiment rationnel et moral, parce qu'il l'est en même temps d'esprit, de boucbe et de corps; au dedans du rationnel et du moral il y a, comme Ame, un spirituel qui met en action Je naturel, le senlluel et le corporel, celui-Il fait un aussi avec ceux qui 'Sont dans le Ciel: c'est pourquoi il y a l'homme rationnel et moral spirituel, et aussi l'homme ralionnel et moral purement naturel, et l'un n'est pas distingué de l'autre dans le Honde, surtout ai l'hypocrisie est passée en habitude i mais les Anges dl!-ns le Ciel les dIstinguent aussi facilement qu'on distingue les colombes d'av8& les hiboux, et les agneault d'avec les tigres, L'homme purement naturel peut voir les maux et les biens chez les autres, et même reprendre ceux chez qui ils sont; mais comme il I!~ s'~t ni regardé intérieurement, ni scrl,lté, il ne voit aucun mal chez lui, et si un autre en découvre un, il le ,·oile au moyen de son rationnel, comme Je serpent cache sa tête dans la poussière; et il s'enfonce dans ce mal, comme le frelon dans le rumier. VoilA ce qut.faJ& le plaisir d!!,,-,!!al, qui enveloppe cet homme, comme le brouillard couvre un marais, et absorbe et étouffe les rayons de la lumière i le plaisir infernal n'est pas autre chose; ~plaisir .!I~u!!al est exhalé de l'enfer, et influe chez tout homme, mais dans les plantes des pieds, le dos et l'occiput i mais s'il est reçu par la tête dans le sinciput, et par le corps dans la poitrine, l'homme est asservi l l'enfer; el cela, parce que. le cerveau humain a été destiné 1_ l'e~­ , te~nt et lia Slses.'1e de l'entendement, pt le Cervelet 1 la voz. l.nté et 1 l'amour de la volonté; de Il vient qu'il y a deul Cer,NuX. Mais ce plaisir infernal t'st corrigé, réformé et retourné uniquement par le Spirituel rationnel et mo~al. 561S. Il va être donné, comme suite, une sorte de description de l'homme rationnel et moral purement naturel, qui considéré -en lui-même est sensuel, et qui, s'il continue, devient corporel 011 charnel i mais cette description sera faite en une esquisse com...

~

96

LA VRAŒ

posée de di\'erses parties. - Le sensuel est le dornier. do la "ie dn men laI de l'homme, il est adhérent ct cohérent aux cinq sens de sou corps. - Est dit homme sensuel celui qui porte des jllgements au sujet de tontes cboses d'après les sens du corps, et qui ne croit que ce qu'il peUL "oir des yeux. et toucber des mains, disant que ces objels sonl quelque chose, et rejetant tout le reSle. Les inlérieurs de son mental, qui voient d'après la lumière GU Ciel, ont été fermés, de sorte qu'il né ,'oil rien du vrai qui appal'tient au Ciel et A l'Église. Un tel bomme. pense dans les eXlrêmes, et non intérieurement d'après quelque lumière spiriluelle, parce qu'il est dans une épaisse lueur naturelle j de là vient qu'inlérieurement il est contre les choses qui concernent le Ciel el l'Eglise, quoiqu'extérieurement il puisse parler pour elles 8\'80 al'deur, selon son espoir d'obtenir par elles domination et opulence. - Les Savants et les Érudils qui se sont confirmés profondément dans les faux, et plus encore ceux qui sont confirmés contre les vrais de la Parole, sont plus sensuels que les autres. - Les bOIDm~ sensuels raisonnent avec rigueur et adresse, parce que leur pensée est si près de leur parole, qu'elle est presqu'en elle et comme dans leurs lèvres, eL parce qu'ils placent toute intelliicncc dans la parole provenant dc la mémoirc seule; puis, ils peuvell~ adroiLement confirmer les faux, et après les avoir confirmés, ils les croient des vrais; mais ils raisonnent et confirmenL d':l)lrès les illusions des sens, llar lesquels le vul~aire se laisse prendre eL persuader. - Les bommes sensuels sonL plus rusés et onl plus de malice que tous les autres. - Les anres, les adultères et les fourbes sont principalement sensuels, lors même qu'aux yeux du )Ionde ils paraissent ingénieux. Les intérieurs de leur mental sont sales et corrompus; par ces intérieurs ils communiquent a,'ec les enfers: dans la Parole ils sont appelés morls. - Ceux qui sont daDs les Enfers sont sensuels el d'autanl plus sensuels, qu'ils sont dans des enfers plus profonds: la spbère dos esprils infernaux se conjoint avec le sensuel de l'homme par derrière; et dans-la lumière du Ciel l'occiput parait excavé. - Ceul qui raisonnaient d'après les sensuels seuls étaient appelés par les anoiens les serpenls de l'Arbre de la science. - Les sensuels doivent être au dernier rans et DOD au premier; et, cbez l'homme Silge et intelligent, ils sont

97 lU dernier rang, sous la d6j)eodance des inlérieurs; mais cbez l'homme insenllé i1& sont au premier rang, el ils dominent Sj les sensuers sont au dernier raog, par eux est Ollver& le chemin vers fenlendcmonl . . el les vrais sont perfeclionnés par le mode d'ex· traction. Ces sensuels sonl très-près dl. Monde, et ils admeLlent Jes choses qui viennent du monde, el les criblent pour ainsi dire. - ~e pal' les sensuels cJ!l!l.mllnjljue avec le Aronde, et p~~~ rati.Q..!!E..els avec le Qel, - Les sensuels fourni!lsent les choses Ilui SArvent aux intérieurs du men laI. II y a des sensuels qui fournissent A la partie intellectuelle, ee des sensucls qui fournissent à la partie volonlaire, - Si !!,penséo n'esl pas élo\'ée au,dessus des sensuels, l'homme a peu de sagesse, I:homme, quand ~I'~e est élevée au-dessus des sensuels, vient dans une lueur plus claire, et eufin d8lls une lumière célesle, et alors il porçoit~ choses qui rléfluent du Ciel. - te dernier dc l'cnlcndement C5118 sCife;ltifiq,ue natürël,"'ëiTedernier de la \'olonlé est 10 )Ihlisir lien6uel. 566, L'homme. en tant qu'homme naturel est semblablo à la bête. il prend l'image de la bôte par sa vie; c'est pOlll' .cela qu'autour de tels homDle~ dans le Monde spil'iluel il apparalt des bê.es de toule espèce, qui sont de.c; oorrespondances; car, consideré en lui-même, le naturel de "homme ost purement animal; mais comme le' spirituel y a été ajouté, il pilut de\'enir homme, et s'il ne le devient pas d'après la faculté qu'il en a, il peut contrefaire l'homme, mais il n'est toujours qu'une bêle parlante; car il parle d'après le rationnel naturel, mais il pense d'après le verti~e spirituel; il agit d':lprès la morale nalurelle, mais il aimo d'alll'ès le sa Iyriasis tlpiritllel; ses actes, aux yeux de l'homme rationnel spirituel, ne sont que comme la danse de celui qui a été piqué de la tarentule, et qu'on nomme danse de St-Vite ou de St-Guy. Oui ne sail qu'un hypocrite peut parler de Dieu i un voleur, de sincérité i un adultère, de chasteté, et ainsi des autres i mais si l'homme D'avait pas la faculté de fermer et d'ouvrir la porte entre les penlées el les paroles, el entre les intentions et les actions, el s'JI n'y avait lA pour portier la prudence ou l'as lu ce, il se précipiterait avec plus de férocité qu'aucune bête sauvage dans des actes criDlinels el atroces; mais ceUe porle est ouverte chez chacun après ~ 7

RELIGION 'C8R~TIENNE.

b

,

l

LA VRAIE la mort, et alors obacun se montre lei qu'il a éLé; toutefois le méchant est lenu dans un lien par les cbAtimenls et les prisons dans l'Enfer, c'esl pourquoi, bienveillant Lecteur, re,arde-toi intérieurement, va l la rechercbe de tel ou tel mal cbez toi, et repousse]e par motif de Relision i si c'est par un autre motif ou nne autre fin, III ne le repousses que pour qu'il ne se manifeste pas devant ]e tfonde. • • • .. .. • 867. A ce Chapitre serODt joints leE IfltllORABLBS suivants: PRENIER MtHORULB. Se fus saisi subitement d'une maladie presque mortelle; toute ma Tête était pesante i une fumée P8llilenlielle fut envoyée de la Jérusalem qui est appelés Sodome et Egy\llfI, - Apoc. XI. 8 i - j'étais. demi-mort souft'rant cruellement, i'aLlendais ma dernière heure; je· re."tai ainsi étendu dans mon lit pendant trois jours et demi i tel était de venu mon esprit, et par suite mon corps: et alors j'entendis autour de moi des voix de gens q\.,li disaient: .. Le 'Voici élendu morL dans la place -de notre Ville, celui qui prêchaiL la Pénitence pour la rémission dos péchés, et le seul Christ homme. • Et ils demandaient l quelqües ecclésiastiques, si celui· là était digne de la ~pullure. Ils répondirent: .. Non; qu'il reste étendu, et qu'il sail en spectacle. • Et ils allaient" rCfen;lient, se moquaient. Voilà, d'après la vérité, ce qui m'est arri"é. lorsque j'expliquais le Chapitre XII de l'Apocalyp!,e. On entendit alors ces moqueurs prononcer des paroles sur lesqnelles lis appuyaient fortemenL, surtout celles-ci: • Comment peut-on faire Pénitence sans la foi' Comment le Christ homme peut-il ôtre adoré comme Dieu! Puisque nous sommes sauvés gratuitement sans ancull mérite de notre part, qu'est-il besoin d'autre .cbose r[lIe de cette foi seule, que Dieu le Père a envoyé son Fils, pour Otcr la damnalion de la Loi, nous imputer son mérite. et ainsi devant Lui nous justifier, et nous absoudre des péchés par Ja déclaration d'un Prêtre. et alors nous donner l'Esprit Saint. qui opère lout bien en nous! Ces cboses De sont-elles pas conformes ll'Écriture, el en outre conformes lia raison'" La fouJe des u. siSlants applaudissait Il ces ·paroles. Je Jes entendais ~t ne pou!ais répondre, parce que j'étais étendu presque mort; mais après trois jours eL ~e~i mon esprit reprit ses Carces, eL je sortis, quant l
98

~I
.!do.-'_ __

»
RELIGION CHMTIENNE, 99 mon esprit, de la place, et j'allai dans la Ville, et je dis de nouveau: • Faites Pénitence et croyez au Christ, et vos péchés seront remis, et \'OUI serez sauvés; sinon, vous périrez; le Seigneur Lui-Même Il'a-t-il pas prêché la pénitence pour la rémission des péchés, et que l'OD crQt en Lui! N'a-t-il pas ordonné aUI disciples de prêcher la même chose! Une. complète sécuJj~_ vie n'est-cl.le pas la suite. du dos-mll ~~.-!.~tte .foi! • Mais ils dirent: • Que siC,nifte ce verbiage? Le fils n'a-l.i! pas satisfait! Le Père n'a-t-il J pas imputé celle satisfaction du Fils, el ne nous a-t·il pas justi) fiés, nOlis qui y avons cru! Ne &Gmmes-llous pas conduits ainsi ( par l'esprit de grâce! D.ès lors qu'esl-ce que Je. péché ell.!!..~s! Dès lors qu'est-ce que la mort a de COlllmun avec nous! Comprend~-tu "Cot Évailgilè:" toi, prêcheur du péché et de la pénir lence! u Alais alors il sorli~du .Ciel une voix q'!!...Ait: u Ou'est-ce J que la foi d~ l:!~énit~nt, sinon une foi morte? La lin vien l, la , fin vient sur fOUS, qui êles en sécurité, irréprocliables à vos ye~x~ justifiés dans votre foi, satans ! » EL au même histaut un goufFre s'ouvrit ~u milieu de la ville, et il s'asrandit, et les maisons tombèrent les unes sur les autres, et ils furent engloutis; el bientôt il sortit de cc vas le gou.II'J'e une eau bouillonnante, et elle inonda c.elle dévastation, Lorsqu'ils fureut ainsi submergés et qu'on les viL inondé!!, je désirai s~\\'oir quel était leur sort daus l'abime ; et il me fut dit du Ciel: • Tu \"aS voir el entendre, u Et alors les eaux: dont on les avail vu inonités disparurent de devant mes yeul, car les eaux 4~E.~.JtI Monde Sp~rituel sonl des Correspondances, et apparaissent par suiLe autour de ceUI qui sont dans les faul ; et alors je les vil dans qn Fond sablonoeux où étaient des mOllceaux de pierres. entre lesqllels ils couraient; et ils se lanlentaient de ce qu'ils avaienl été précipités de leur srande Ville; et ils disaient, en vociférant et en criant: Pourquoi cela nous eSt-il arrivé? P.!r n~~!8 Foi ne sommes-nous pas nets, purs, justes, saints! Par Dotre Foi ne sommes-nous pas neUoyés, purifiés, justifi~ et sanctifiés? Et d'autres disaient: a Par notre Foi ne sommes-nous pas devenus tels, que nous soyons devant Dieu le Père réputés et considérés. et, devant les Anles, déclarés comme neLs, purs, justes et sainls! N'avons-nous pas obtenu la réconciliation, la pr"pi..
Il

100
LA. VRA.IE

tiation, l'expiation, et par là n'avons-nous pas été absous, lavés et nellol'és des péchés! La damnation de la loi n'a-l-elle pas été enlevée par le Christ? Pourc\uoi a\'ons-nous donc été jetés ici ( comme des damnés? Nous avons entendu crier dans notre grande ) Ville par un audacieux prêcheur du péché: Croyez au Christ, et ) laites pénitenc~; est-ce que nous nous n'a\'ons pas cru au Chrisl en [ croyant à son mérite! el n'avons-nous pas fait penitence, lorsque nOliS avons confessé que nous étions pécheurs! Pourquoi ce malheur nou:; est-il donc arrivé? Mais alors on entendit SUl' le côté une voix qui leur dit: • Connaissez-\'ouS un seul des pé~és dans ~ l~sqllels VOliS .!!es! Vous êtes-\"o~s jamai& e.!.aminés! Avez-vous ) fui par conséqllent quelque· mal COlllme péché contre Dieu! Or,. { celui qui ne Cuit pas un mal comme péché, est dans ce mal. Lit 1 péché n'est-il pas le diable? Vous êtes donc du nombre de ceux dont } le Seignelll' dil: Alors VOU$ commencerez à dire: Nous avons") mangi devant Toi, et nous {wons bu, et dans nos places lu as { enseigné, 41ais il dira: Je VOliS dis que je Ile sais d'où. VOllS 8tes. retirez-volls de Moi vous tous, ouvriers d'iniquité, - Luc, xm. !6. 27; - COJ.Jlme aussi du nombre de ceux dont il est l'arlé dans Mallhieu, - VII, 2C!~ 23, - Allez-vous en donc. clfacun en son lieu; vous voyez des ouvel'lures dans ces cavernes. entrez-y; et il y sera donné Î\ chacun de vons sa tâche à remplir; el alors chacun recevl'a do la nourl'itlJl'e à proportion da l'on Iravail ; sinon, la Caim vous forcera toujours à entrer •• EII~lIite Ull6 voix du ciel ~~ .fit enlen.dl'e. là, sur celle terre, li quelques-uns qui 8\'aiel:l élé hors de celle grande Ville, et desquels il est aussi parlé, - Apoc. Chap. XI. t3, - et elle leur dil hautement: Il Gardez-vous, gardez-\'ouS de la consocialion Dvec de semblables gens; ne pOIl\·ez-vous pas comprendre que les maux, qui sout appelés pêcllés ct iniquités, rendent l'homme immonde. et impur! Comment l'homme peut··i1 en être lavé et purifié autrement que par la pénilence actuelle et par la. foi au Seigneur Jésus-Christ! La pénilence-actueiié consiste à s'examiner, à con, DaILre et reconnaltre ses péché.~. à s'avouer coupable. à les· confesser devant le Seigneur, à implorer du· secours et la puissance a'y résister, et ainsi l s'en ahslenir et à mener une ,'ie nouvelle, et à faire toul cela comme par vons-mêmes: laites ainsi une ou

l

»
RELIGION CHRltTIENNE. 101 ~eult fois dans l'année, quand vous approchez de la Sainte Communion ; ct ensuite quancUçs ~éché!l, dont vous vous êtes .vou6s ~ .coupables, revlenn~nt. dites-vous li vous-mêmes: Nous ne voulons pas faire de pareilles choses, parce que ce sont des péchlh .contre Dieu; voilà ce que c'est que la Pénitence aCluelle. Qui ne peut comprendre que celui quj-ll~ s'examine p~s et ne voit pas ses péchés, r~~~J!lJl~.ses._ptcl!és r En effet, lOul mal par naissance est un plaisir, car c'est un plaisir de se venger, de commettre "\ scortalion, de voler, de blasphémer, et ~~rtout_ d~ dQID.Ï!ler d'aI près l'amour de soi. N'est-ce pas le plaisir qui fait qu'on ne voit pas de mal dans ces aclions; et s'il arrive que l'on dise que ce sont des péchés, le plaisir que vous en ressentez ne vous les fail-il pas elcuser? Bien plus, vous avez recours à des faux pour vous confi.~IT!er qu.e ce ne sont pas des péchés; et ainsi vous restez ~ans ~s péch6!1, et ensuite vous les commettez plus qu'auparavant; et cela, au ll!>in.t de ne pas savoir ce que c'est qu'un péché, ni. mêm!.s~il en ell!!te. Il en est lout autremeut pour celui qui fait la pénitence actuelle i ses maux qu'il a conuus et reconnus, il les appelle , pécbés; et pour celte raison il commence à les fuir, à les avoir en \ aversion, et enfin A tro~ver .désagréable l~ plaisir de ces man i ) -et plus cela a lieu, plus il voit et aime les biens, et enfin il en sent \ le plaisir, qui est le plaisir des anges du ciel: en un mot, a~~t l'~omme rejelle derrière lui le diable, l!.tlt~t il. est adopté par le Seigneur, et il est par Lui instruit, conduit, détourné des maUI et tenu dans les biens; voilà le chemin, et il n'en est point d'autre, ponr aller de l'enfer au Ciel. D C'est une chose étonnante que les CRéforl!lj"ùient sreffée en eUl, pour la Pénitence actuelle, une .sorte de répuguance, d'hésitation et d'aversion, qui est si grande, qu'ils ne peuvent se résoudre ni à s'examiner, ni à voir leurs pé.chés, ni à les confesser devànt Dieu; une sorte d'horrellr les sai( siL lorsqu'ils se proposent de le faire; j'en ai interrosé plusieurs sur ce sujet dans le Monde Spirituel, et tous m'ont dit que c'était au-dessus de leurs forces. Quand ils apprirent que cependant les CéatholiqueS.;Romains le font, c'est-à-dire, qu'ils s'examinent et ( COnresseiifOllvertemenL leurs péchés devant un Moin~. ils furent extrêmement élonnés~et d"autant plus que les Réformés ne peuvent le faire secrètement devant Dieu, quoique cela leur soit éga-

f

r

1

l

l'
\
\
LA. VRAIE lement enjoint aYant que d'approcher de la Sainte-Cène; et quel( ques-llns de ceux qui étaient pr6sents en ..Qhercbèrent ~ _~~ison, et ils trouyèrent q~ Ja foL ~_e!lle était la cause de cet État d'im] périitence -el de ceUe disposition du Cœur i et 1Il0rs- il Teu-r -rul donné de yoir que ceUI des CalholiqueS-Romains qui adorent le· J Christ, et n'invoquent pas les saints, sont sauvé•. Après cela, on entendit comme un coup de Lannerre, et une ,.. voix qui, parlant du Ciel, disait: u Nous sommes dans l'étonnement; dis A l'Assemblée desQ\éronnéS.: Croyez au Christ el faites pénitence, et vous serez sauvés.,. Et je le dia, et j'ajoutai: • Le BAPT!MB n'est-il pas un SACREMENT DB .I;NITB:'CB, et par luite l'Introduction dans l'ÉSlise T Que promettent les Parrains pour celui qui va être baptisé, sinon de renoncer au diable et • ses œuvres r La SAINTB-CËNB n'est-elle pas un SACREKBl'IT DB .AIflTBNCB, el par suite l'Introductiou dans le Cie] r Ne dit-on pas aUI communiants de faire entièrement pénitence avant· de s'en approcher TLe CATAcBISIIB, Doctrine Uniyerselle de l'Éslise Chr6tienne, n'enseisne-t-il pas la pénitence r N'y est-il pas dit dans les sil préceptes de ]a Seconde Table: Tu ne reras point. lei eLlel liai! et il n'est pas dit: Tu feras tel et tel bien. Par Il vous pouvez savoir que, autant quelqu'un renonce au lIai et le déteste. autant il afl'ool ionne· et aime 1. Bien, et gu'auparavant Il Ile sait pas. ce que c'est que le Bien, ni même ce que c'est que le lIaI. Il 368. SECOND MA)lORABLB. Quel est l'homme pieui et sage, qui ne veuille savoir le sort de sa yie après la mort r C'est p'ourquoi, pour qu'il le sache, je vais mettre ici en évidence ce qui se passe en Bénerai. Tout homme après la mort, dès qu'il sent qu'il vit encore et qu'il est dans un autre Monde, et 'lu'il apprend qu'audessus de Ini est le Ciel où ily a des joies éternelles, et lu-dessous de lui l'Enfer où il y a des douleurs éternelles, est d'abord-.!~mis dans ses elternes dans lesquels il était dans le Monde précédent, et alors il croit que certainement il yiendra dans le Ciel, et il parle avec intellisence el asit avec prudence; et les uns disent: « Nous avons vécu moralement, nous avons recherché les cboses honJlêtes, nous n'avons pas fait le mal de propos délibéré.» Et d'auIres disent: • Nous avons fréquenté les temples, entendu des. messes, baisé les statues dei saints, et fait 1 lenou! beaucoup d.

102

LA VRA.IE InLerne? Est-ce que cet homme et l'bomme Externe ne sont pas seul et même homme? Nous avons appris de nos &Iinistres, que l'homme Interne n'est autre chose que la Foi; et que la piété de la bouche lit la moralité de la vie en lIont les sisnes, parce qu'elles S en sont l'opération. » Les An~es leur répliquent: Cl La __Jf~i s~J.!i­ l !que est dans l'homme JI!~~!,~e, la Cbarité pl!.r~iIIement, et par suite il y a dans l'homme Externe la Fidélité et la Moralité Chrét:ennes; mais si les convoitises sus énoncées restent dans l'homme C!.!l,te~, ainsi daus la volonté et par !luite dans la pensée, par conséquent si VOUII Ie..q ,aimez intérieur,~.!!I_ent, el que cependant vous agh:siez et )Jllrliez autrement dans les,6Xt~, alors t'hez fOUS 1. { mal ellt au-dessus du bien, et le bien elit au-dessous du mal; c'est pOllrquoi, de quelque mani~re que VOliS parliez d'après l'entendement et que \'OIIS agissiez d'après l'amour, le ma! est l,.I'in..lérieur, et ce mal est ain!li couvert d'un \'oile j et alors vous êtes comme : des sin~es aell'oits qui fonl des aclëS semblables li ceux des hommes, _. mais dOllt le cœur en est bien éloiiUé. Quant à voIre homme In1 terne, dont vous ne savez rien, parce que _vous ne vous êtes p~s examinés, et D'avez pas fait pénitence après exa,men, ,ims Yerrez quel il esl, après le temps \'oulu, quand \'OUS serez dépouillés de l'homm,e Externç, el introeluits dans ~~mme Inl~; et quand cela arrÎ\'era, vous ne serez, 1,lus reconnuli par vos consociés, Di _ par vous-mêmes •• - J'ai VII des hommes -moraux, méchants alors C0I111l1e des bêtcs féroces, regardant le prochain avec des yeux. me1 naçants, brûlant d'une haine mortelle, et blasphéma~_t J!ieu, qu.:!!s ( avaient adoré dan~ leur homme EXlerne. - Après qu'ils ont enlendu ces chosl's, ils se retirent, el alors les Anies disent: • Vous verrez par la suite le sort de votre vie; car bienlOt l'homme Externe vous 'sera Oté, et vous entrerez dans (l'homme Intern" qui maintonant est votre ,E~~ Il 369. TI\OISIEXE MÉaJOI\ABLE. Chaque Amour chez l'homme exhale uo plaisir par lequel il se fait sentir, et il l'exhale premièrement dans l'esprit, et par suite dans le co~ps, et le plaisir de chaque amour de compagnie avec le c~arme de sa peMée fait la vie de J'homme: ces plaisirs et ces charmes Ile sont seutis qu'obscurément ,par l'bomm,,, tant qu'il vit dans le Corps naturel, parce que ce corps les absorbe et les émousse i mais après la mori,

un

r

1

1OlS · RELIGION CHRItTIENNE. 10rsque le Corps matériel a été enle\'é, et qu'ainsi la couverture eu le vêtement de l'esprit a élé éloisné, les plaisirs de l'amour et les cbar:mes de la pens~e sont pleinement senLis et perçus, et, chose étonnante, parfois comme des' odeurs; de là vient que lous, dans le i\londe spirituel, sont consociés selon leurs amours, dans -le Ciel selon les amours célestes, et dans l'enfer selon les amours jnfernaux; les odeurs, dans lesquelles sont chaniés les plaisirs des amours dans le Ciel, sont toutes senlies comme de douces et suaves odéurs, d'agréables exhalaisons et de délicieuses perceptions, telles qu'on en senL dans les jardins, les bosquets, les cbamps et les forê's, le matin, dans la saison du printem.ps; mais le3 odeurs, dans Ie.'lquelles sont cbangés les plaisirs des amours de cellx qui sont dans l'Enfer, sont senlies COIllIlli' des odeurs infectes, félides et puanLes, telles que celles de latrines, de cadavres ot d'ét:lD~s remplis de brindilles eL de fange; et, ce qui est élonnant, les diables et les satans les senlent comme des odeurs de baume, d'aromates et d'encens, qui réjouissent leurs nal'Ïnes eL leurs cœurs. Dans le Monde naturel il a aUfisi été donné aux bêtes, aux oiseaux. et aux vermisseaux d'être consociés selon les odeurs, mais il ne l'est donné aux hommes qu'après qu'ils out déposé leurs corps comme dépouilles, De là vient que le Ciel a été disl'o&é en ordre très-distinctement selon toutes les variétés de J'amour du bien, et l'Enter d'après l'opposé selon tontes les variétés de l'amour du mal; c'est à cause de celle opposition, qu'enLre le Ciel et l'Enfer il y a un Gouffre, qui ne peut être franchi; car ceux qui sont dans le Ciel ne peuvent supporter aucune odeur de l'Enfer, parce qu'elle excite en eux la nausée et le vomissemennt, et les expose à tomber en défaillance s'ils l'attirent; il en est de même pour ceux qui sont dans l'Enfer, s'ils traversent le milieu de ce Gouffre, Je vis une .rois un diable qui apparut de loin comme un léopard; - il avait été YU quelques jours auparavant parmi les AnBes du dernier Ciel, el il possédait l'art de se faire Ange de lumière; - il traversa le milieu du gouffre, et se tint entre deux oliviers, et ne sentit aucune odeur opposée ~ sa vie i cela pro\'eoait de ce qu'il n'y avait pas d'Anges présents; mais dès qu'il s'en présenta, il fnt saisi de conYUlsions, eL tomba ayant tou tes les jointures contractées, et alors il parut cOlDme un Brand serpent se roulant en anne aux et se pr6-

(

1

LA VRAIE 106 cipitant 'enfin A travers le Goufre, el il fut reçu par les siens, et jeté cIans une Caverne, oh l'odeur infecte de son plaisir le rappela l la vie. Une autre fois je vis un Satan puni par les sienl i j'en demandai la Cluse, eL il me fut dit, qu'ayant boucbé ses narines, il s'étaiL approché de ceux qui étaient dans l'odeur du Ciel, et qu'il 6tait revenu, et avait rapporté avec lui celte odeur sur ses vêtements, Il est quelquefois arrivé qu'une puanteur cadavéreuse, sortie de quelque ca,'erne ouverte de l'Énfer, emeurail mesnarineS, et excitait en moi le vomissement. D'après ces détails on peut voir nourquoi dans la Parole l'Odorat sisnifie la perception, car il e&L uiL très-souven L que Jéhovah a odoré l'odeur a~réable des Holocaustes i il Y est dit aussi que l'Huile d'onction et les Encens étaient prérarés avec des aromales; et que, vice vef's4, il Ivait été commandé aux fils d'[sraël de porler hors du camp ce qu'il y avait d'immonde dans le camp, et de faire un trou en terre pour leurs excréments, et de les couvrir, - Deutér. XXlU. '1.1, US; - c'était parce que le Camp d'Israël représentait le Ciel, et que le Désert hors du camp re!JrésenlaiL l'Enfer, 670. QCa\TRltIlB MtJlOI\ABLB. Un jour je convel'sais avec un Elilprit novice qui, lorsqu'il élait dans le Monde,. avait beancoup médité sur le Ciel et sur l'Enfer; par Esprits novices sont entendus les hommes nouvellement décédés, qui, parce qu'ils sont alors hommes spiriluels, sont appelés Esprits. Celui-ci, dès qu'il fut entré dans le Monde spirituel, commença à méditer, comme auparavant. sur le Ciel el st'lr l'Enfer; et il se sentaiL dans J'allégresse, quand c'était sur le Ciel, eL dans la tristesse quand c'était sur l'Enfer. Lorsqu'il eut remarqué qu'il était dans le Monde spirituel, il demanda aussÏlOI où était le Ciel et oh était l'Enfer, et aussi ce que c'é~ait que le t:iel et l'Enfer, et quel élait l'un et l'au'" tl'8 ; et on lui répondit: oc Le Ciel esl au-dessus de ta Ttite, et l'En-. fer eSL sous tes pieds i car mainlenant lU es dans lé Monde des esprils, qui tient le milieu entre le Ciel eL l'Enfer i mais ce que c'est que le Ciel et quel il 8$t, et ce que c'est que l'Enrer et quel il est, nous ne pouvons te le dire en peu de mols. • Et alors, comme il bridait du désir de connaitre. il se jeta '1 ,enoul, et il pria Dieu avec rerveur, afin d'être instruit. Et voici, un Ange apparut Asa droite, le releva el 1ui dit: Tu as supplié afin d'être


107 RELIGION CHRÉTIENNE. lustruit sur le Ciel el sur l'Erifer; CRBRCHI IT APPRENDS CR QUI C'EST QUI LI PLAISIR, IT TU CONNAlTR.lS. D Et apràs avoir ainsi parl6, l'Ange fut enlevé. Alors l'esprit novice dit en lui-même: • Que si'ni6ent.es paroles: Cherche et appretub ce que C'elt que le plaisir, e' tu cORna'tras ce que c'est q"" le Ciel, et ce que c'est gue rEnfer, et quels ils sont? Peu après, quittant·ce lieu, il alla de tous côl6s ; el, s'adressant l ceux qu'il rencontrait, il leur disait: • Dites-moi, je vous prie, s'il vous plaU, ce que c'est que le plaisir. D Et les uns disaient: • Quelle question nous fais-tu là! Qui ipore ce que c'estque le Plaisir! N'est-ce pas la joie ... t l'alléIresse? Un plaisir est donc un plaisir, l'un aussi bien que l'autre, DOUS ne connaissons point de différence,» D'autres disaient: • Le 'Plaisir est le rire du mental, car lorsque le mental rit, la face est laie, le langage joyeul, le seste plaisant, et l'homme tout entier dans le plaisir. • Mais d'autres disaient: a Le Plaisir n'est autre chose que d'être en festin, et de manger des mels délicats, de boire et de s'enivrer avec un vin lénéreux, el alors de causer de choses diverses, el surtout des jeul de Vénus et de Cupidon .• Après avoir entendu ces paroles, l'Esprit novjce indigné se dit en lui·même: • Ces réponses sont ~rossières et inciviles i ces Plaisirs ne sont ni le Ciel ni l'Enfer; que ne puis-je trouver des saies 1» Et il quitta ees Esprits, et alla • la recberche d'Esprits sales; et alors il fut vu par un Esprit ansélique. qui lui dit: • Je perçois que lu es embrasé du désir de savoir ce qui est l'Universel du Ciel et l'Universel de l'Enfer; et comme cet universel est le PLAISIR, je le conduirai sur une Colline, où s'assemblent chaque jour ceux qui scrutent les Eftels, ceUl qui rechercbent les Causes, et ceux qui e18minent les Pins; là, ceUl qui scrutent les EfI'ets sont appelés les Esprits dei sciences, et abstractivement les Sciences; ceul qui rechercbent lei Causes sont appelés les Esprits de l'intelligence. et abstractivement les Intelligences, et ceUl qui examinenL les Fins sont appelé. les Esprits de la. sagesse, el abstractivement les Sagesses; directement au-dessus ·d'eux, dans le Ciel, sont les Anges qui d'après Jes 6ns Toient les causes, et d'après les causes les effets; c'est d'aprY cel Anses que ces trois Assemblées ont l'illustration .• Alors. prenant l'Esprit novice par la main, il le conduisit sur la Colline, ·et 'en l'Assembl6e composée de oeux qui e18minent les Fins, et sont

j

LA. VRAlE appelés les Sage.'1ses. L'Esp,rit novice leur dit: «Pardonnez-moi d'être monté vers fOUS ; en voici la raison: Dès ma jeunesse j'ai médiLé sur le Ciel et sur l'Enfer, el je suis venu depuis peu dans ce Monde; et quelques-uns, qui alors me furent associés, m'ont dit qu'ici le Ciel est au-dessus de ma têle, et l'Enfer sous mes pieds; mais ils ne m'ont pas dit ce que c'est que le Ciel el l'Enfer, ni quels ils sont; c'est pourquoi, élant devenu inquiet par suile de ma pensée conslante sur ce sujet, j'ai prié Dieu; et alors un Anse s'est présenté etlll'a dit: CHERCHE ET APPREN'DS CE QUE C'EST QUE LE PUISIR, ET" TU cONNAtTRAS; j'ai cberché, mais en vain jusqu'. présent; je dematJde donc que vous m'appreniez, si cela vous plalt. ce que c'est que"le Plaisir. JI A ceLle demande les Sagesses répondirent: u Le Plaisir est le tout de la vie pour tous d.ans le Ciel, et le tout de la ,oie pOlir tous dans l'Enfer; pour ceux qui sont dans le Ciel, c'est un Plaililir du bien et dn vrai, mais pour ceui qui sont dans l'Enfer, c'est un Plaisir du mal et du faux; car tout Plaisir appartient il l'amour, et l'Amour est l'ttre de la vie de l'homme; c'est pourquoi, de même que l'homme est homme selon la qualité de son Amour, de même il est hOlJlme selon la qualité de son Plaisir; l'activilé de l'amour fait le sens du plaisir; son activité dans le Ciel est avec la sagesse, et son activité dans rEnfer est avec la folie, l'une et l'autre flle le Plaisir dans ses sujets; or, les Cieux. et les Enfers sont dans des Plaisirs opposés, les Cieux dans l'Amour du bien et par suite dans le Plaisir de bicn faire, et les Enfers dans l'amour du mal et par suite dans le Plaisir de mal faire; si donc tu connais ce que c'est que le Plaisir tu connaftras ce que c'est que le Ciel et I~Enfer, et quel est l'un et l'autre. Mais cherche, et apprends encore ce que c'est que le Plaisir par ceux qui recherchent les Causes et qui sont appelés les Intelligences; ils sont ici sur la droite .• Et il se retira, et il y alla, et il dit la Cluse de son arrivée, et il les pria de lui apprendre ce que c'est quele plaisir i et eux, ravis de sa question, lui dirent: a C'e$t t}ne vérité que celui qui connalL le Plaisir connalL ce que o'est que l~ Ciel et l'Enfer, et quel est l'un et l'autre; la Volont6, d'après I~quelle l'homme est homme, n'est pas même excitéc un seul instant, si ce n'est par le Plaisir: car la Volonté, considéree en elle-môme, n'est autre chose que l'affection de quelque amour, ainsi d'un plaisir, puisque ce qui fait

408

RELIGION CHRÉTIENNE. l09 fouloir esL quelque chose d'agl'éable et par conséquent qui platL; .l comme la Volonté pousse l'EnLendement à penser, il n'existe pas la plus peLite cbose de la pensée. si ce n'est par l'inOux du plaisir de la volonté; s'il en est ainsi, c'est parce que le Seigneur P1et en action par Lui-Même au moyen de SOli inOux Lou les les rhoses de l'AIDe, et toutes celles du mental cbez les Anges, et cbez les Esprils, et cbez les hommes; eL Il les Olet en action par l'inOux de ramour el de la sa~esse. et eet inOux est l'activité même, • a'of! pl'ocMe tout plaisir, qui dans son origine est appelé béatitude. boubem' et félicité, el dans sa dél'ivation. plaisir. chal'me ea aBrément, eL dans un sens universel, hien: mais les ESI"'ils de J'Enfer changent chazeux Loules choses, ainsi Je Bien en Mal, et le Vrai en Faux, le Plaisir néanmoins restant continuellement, car lins la permanence du Phlish' ils n'auraient point de Volonté ni i1e Sensation, ainsi point de vie; par là on voit claiœlDellt ce que c'estl)ue le l'iaisir de l'Enfer, quel il est et d'où il vient, et ce que c'esL que le Plaisir du Ciel, quel il est et d'où il vieut,» Après avoir elltenclu ces explications, il fut conduit vers la' Troisiéme AssemMée, où étaient ceux qui scrutenL les Effets, et qui SOllt appelés les Sciences; et ceux-ci lui dirent; • Descends "ers la Terre inférieure, et monte vers la Terre supérieure, tu y percevras el sentiras les plaisirs et du Ciel et de l'Enfer, » Mais voici, alors il une certaine distance d'eux s'ouvril la terre, et par l'ouverture montèrent troil! Diables qui paraissaient en feu d'après le 1Ilaisir de leur amour, el comme les AnBes consociés avec J'Esprit Dovice percevaient que ce..q trois diables étaient montés cle l'Enfer d'après une Prévision Divine, ils leur crièrent: • N'approchez pas plus près; mais du lieu où vous êtes, racontez-nous quelque chose de vos Plaisirs. » Et ils répondirent: • Sachez que chacun, qu'il soiL appelé bon ou méchant. est dans son Plaisir; celui qui eit appel6 Bon. dans le sien; el celui qui est appelé Mécllant, daus le sieD;» el on leur demanda: Qu'esL-ce que votre Plaisir! 1 lis direollJue c·étaitle Plaisir de commettre scortalion, de se ven1er, de voler, de blasphémer; et l'on demanda de nouveau: • Quels IOnl vos plaisirs! D Ils dirent: u Ils sont sentis par les autres comme des puanteurs d'excréments, et cOlOme des infections de cadavres, el comme des odeurs d'uriDes croupies. »Et 1'00 demaDda: Il Ce
(1

LA. VRAIE sont dono là des choses alréables pour vous r. ils répondirent: • Très-a,réables •• Et on leur dit: a Alors vous êtes comme les bêtes immondes qui vivent dans de pareilles ordures. D Et ils répondirent: fi Si nous le sommes, nous le sommes; mais ces odeurs sont les délices de nos narines •• Et on leur demanda: • Qu'avezvous encore l raconter TD Ils dirent: a Il est permis l chacun de DOUS d'être dans son Plaisir, même le plus immonde, ainsi qu'oD rappelle, pourvu qu'il n'infeste ni les bons Esprits ni les Anses; mais comme d'après notre plaisir nous n'avons pu faire autrement que de les infester, nous avons été jetés dans des cachots, où nous soufl'rons cruellement; être privé et retiré de nos Plaisirs dans C8II cachots, c'est ce qui est appelé le tourment de l'Enfer i c'est aussi une douleur iu térieure .• Et on leur demanda:. Pourquoi avez-vous infesté les bons! lis dirent: • Nous n'avons pu faire autrement; c'est comme une fureur qui s'empare de nous, quand nous voyons un Ange, et que nous sentons la Sphère Divine du Seiinebr autour de lui. • A cette réponse nous d'mes: fi Alors vous êtes aussi comme des bêtes féroces. D Et peu après, quand ces diables virent l'Esprit novice avec les Anses, ils furent saisis d'une fureur qui apparut comme le Feu de la haine; c'est pourquoi, de peur qu'ils ne causassent du dommase, ils furent replonlés dans l'Enfer. Ensuite apparurenL des Anges qui d'après les fins voyaient les causes. et par les causes les effets, et qui ~taient dans le Ciel au-dessus de ces trois Assemblées, eL illt furent vus dans une lumière éclatante, qui, se développant par des sinuosités en spirale, porla avec elle une Guirlande de fleurs en forme ronde, et la posa sur la Tête de l'Esprit novice; eL alors de ceUe lumière sortit une voix qui lui dit: « Cette Couronne de Laurier t'est donliée, parce que tu as, dès ta jeunesse, médité sur le Ciel et sur l'Enfer ••
1)

HO

, .

.

.


RELIGION CHmtTIENNE.

III

CHAPITRE DIXIÈl'IE

DB LA BI1:.FOBIL\.TION KT DB LA BtGtNÉBA.TIOl'f

~uivi

r571. Après avoir traité de la Pénitence, il est conforme l l'ordre dans cet Ouvraie, de traiter de la Réformation et de la Ré,énéraLion, parce qu'elles suivent la Pénitence, et que par la P6lIitence ·elles font des progrès. Il J a deul États dans lesquels l'homme doit entrer, et qu'il doit subir, lorsque. de Naturel il devient Spirituel; le Premier État est appelé RtFORnTloN, et le Second RtGtNll:nATloN; dans le Premier Elat, l'bomme par son homme Naturel resarde vers l'homme Spirituel, et il le désire; dans le second état, il devient Spirituel. naturel; le Premier état -est formé par les vrais qui appartiendront à la foi, par lesquels il regarde vers la Charilé ; le Second état est formé par les biens de la Charité, el par lUI îl enlre dans les vrais de la foi; ou, ce qui eslla même chose, le Premier état appartient l la pensée d'après l'entendement, et le Second état appartient à l'Amour d'après la Volonté i qu:\n<lle second étal commence et fait des progrès, il se rail un cbanBement dans le Mental, car il se fait un renversement. parce qu'alors l'Amour de la volonté influe dans l'Entendement. eL il le pousse et le conduit à penser d'une manibre concordante ilt couvenable à son amour; c'est pourquoi autant alors le Bien de l'amouI: tienlle premier rans, et les vrais de la foi le second, lUtant l'homme est spirituel, el esl une nouvelle Créalure i el alors il a~il d'après la cbarilé et parle d'après la foi, el il senl le bieu de Il charité el perçoit le vrai de la foi, et il est alors dans le Seigneur' el dans la Paix, et ainsi Résénéré. L'homme qui, dans le Monde. a oommencé le Premi~r étal, peut après la mort être introduiL

LA VRAIE dans le Second; mais celui qui. dans le Honde, D'est pas entré dans le Premier état, ne peut pas après la mort ~tre introduit dans le Second, ainsi ne peut pas êLre rériénéré. Ces deux. Etats peUtenL être comparés l la progression de la Lumière et de la Cbaleur pendant le jour dans la saison du printemps, le Premier au poiot du jour ou au chant du coq, le Second au maLin et 1 l'aurore, et la prosression de ce second étatl la progression du jouI'" jusqu'à midi, et ainsi dans la Lumière et dans la Chaleur, il veut aussi êlre comparé flla l\JOisSOD, qui d'abord est uue herlle verte, ensuite croU en tuyaux et eo épis, el enlin darls ceux.-ci devient blé, Puis ausl;i à rArbre qui d'abord d'après la semence sort de terre, ensuite devienL uuc tige, de laquelle sortenL des branches. et celles-ci se parenl de feuilles, et plus lard il neurit, et de l'intime des Oeurs il comlDeuce des fruits qui, il mesure tlu'i1s mùrissent, 'produisenL de nouvelles semences, comme de Douvelles lil'jnées, Le premier état, qui est celui de la Réformation, peut aUSSi etre comparé à l'ét,at du ver à soie. quand il lire de lui et qu'il développe ses fils de soie i eL après son travail industrieux., il vole dans l'air. el se nourrit, non de Ceuilles comme auparavant, mais de sucs dans les fleurs,
L'homme, s'il n'est une seconde lois engendré, et comme créé de nouveau, ne peut enlrer dallsle Royaume de Dieu,
lin, (lue l'homme, s'il n'est une seconde fois en;endré. ne

Ù2

puisse entrer dans le Royaume de Dieu, c'esL la Doctrtne du Seigneur dans Jean. où sont ces paroles: u Jésus dit à Nicodème:
E,,, vérité. en vérité. je te dis: Si quelqu'un n'est engendré de nouveau, il n, peut voir le Royaume de Dieu;. et de recheC: cc En vérité, en vérité, je te dis: Si guelqu'un n'a pas été engendré d'eau el d'esprit, ü ne peut entrer dans le Royaume de Dieu; ce qui est engendré par la chaito est Chair, et ce qui est engendré par tesprit est Esprit . • -III. 3, lS, 6 i - par le Royaume' de Dieu il est entendu et le Ciel eL l'Éslise; oar le

Royaume de Dieu dans les terres esL l'Église; de même partout, ailleurs où est nommé le Royaume de Dieu oomme- Mauh, XI~

t
RELIGION CRRËTIENNE. ua U. XII. t8. XXI. 43. I.IIC, IV. 43. VI. '10. VIII. l, 10. IX. H, 60. 81. XVII. il, eL ailleurs; - être 8n,endré par l'eau et par l'espriL signifie par les vrais de la Coi, et par la vie selon ces vrais; que l'eau signifie les vrais, on le voit dans l'Apocalypse Blvilée, ,,- 30, 6U, au, 683, 93t: que l'esprit signifie la vie selon les Divins vrais, cela est évident par les paroles du Seisneur dans Jean, VI. 63 ; par • en vérité, en vérilé, (amen, amen), • iI·est &isnifié que c'est la vérité; et comme le Seign~ur était la vérité même, c'est pour cela qu'il a tant de Cois employé ~e mOI; LuiMême est aussi appelé Amen, - A[loc. III. U. - Dans la Parole, les Régénérés sont appelés Fils de Dieu, et Nés de Dieu i et la Ré,énération est décrite par un nouveau cœur et un nouvel esprit. S73. Comme III être cl'é~ • si~nifie allssi être régénéré, c'est pour cela que celle elpression est appliquée à celui qui ~stllne seconde Cois engeudré et comme créé de nouveau; 'Ille dans la Parole, être créé ait cette signification, on le voit par ces passages:
«Crie en moi un cœur pur. d Dieu 1 el innove un esprit ferme au milieu de moi.» - PS, LI. I!. - CIl Tu ouvr~s la main, elles sont rassassiies de 6ien; lu envoies ton esprit, elles sont eréées. » - PS, CIV. 28. 30. - a Le peuple qui sera créé louera :rah.1) - PS, Cil. ~9. - « Voici, Moi, je vais Crier Jérusalem joie.» -Ésaïe, LIV.t8.- «.AinsiadilJéhovah, Ion Criateur, " JacofJ 1 et ton Formateur, " lS1'a~11 Jet' ai racheté; quiconque est appelé de mon nom, pour ma gloire je l'ai Crél. • Ésaïe, XLIII. l, 7. - III Afin gu' on voie, gu' on sache, gue on considère et gue 1'011 comprenne, que le Saint ri Israel a Créé ce/a. » - Ésaïe, XLI. tO ; - et en outre ailleurs, el dans les passages où

r

Je Seisneur est appelé Créateur, Formateur el Facteur. Par là il est facile de voir ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur aUI disciples: • En allant par le Monde entier, pr~c"'es l'Évangile t1 toute Créature. ,. - Maro, XVI. t IS. - Par les Créatures sont entendus tous ceux qui peuvent être régénérés; pareillement, Apoc. UI. U. Il Cor. V. t6, t 7. S7-4. Oue 1')Jomme doive être résénéré, la raison le montre clairement; en effet, par ses parents il naît dans les maul de tout Genre, et oes maux résident dans son homme naturel qui, par lui-même, est diamétralement opposé l l'homlDe spirituel; et ce..
lli

8

, ,1 1

Hi LA "VRAIE pendant rhomme est né pour le Ciel, et il ne vient pas au Ciel~ IL moins qu'il ne devienne spirituel. oe qui se fait uniquement pal"" la régénération: de lA il suit néoessairement que l'homme naturel avec ses oonvoitises doit être dompt6, subjuiu6 et retourné. et qu'autrement il ne peut approcher d'un seul pas vers le Ciel. mais se précipite de plus en plus dans l'Enfer: Comment ne pas voir oela, quand on croit que l'homme est né dans les maul de tout ,enre, et quand on reconnall que le bien et le mal existent. et que l'un est opposé Al'aulre; et quand on oroit qu'il '1 1 une vie après la mort, qu'il y a un Enfer et un Ciel, et que les maDl. font l'Enfer, et les biens le Ciel r L'homme naturel. oonsidéréeo. lui-même. quant Asa nature ne ditrère en rien de la nature des bêles. il est pareillement féroce; mais il est tel quant Ala volonté; néanmoins il différe des bêtes quant Al'entendement; oelui-ci peut être éle\'é.au-dessus des convoitises de la volonté, et non-seulement les voir, mais aussi les modérer; de là vient que l'homme d'après l'entendement peut penser, et d'après la pensée parler, ce que .ne peuvent les bêtes, Quel est l'homme par naissanoe, et quel il serait s'il n'était résénéré. on peut le ,oir par les bêtes de tout senre; il serait tigre, panthère, léopard, san~lier, scorpion, ~­ rentule, vipère, crocodile, etc, i si donc il n'était pas par la régénération transformé en brebis, que serait-il autre ohose qU'UD diable parmi les diables dans l'Enfer r Est-ce qu'alors, si les lois du Gouvernement oivil n'arrêtaient de tels hommes dans les férocités nées avec eux, ils ue se préoipiteraient pas l'un oontre l'antre, et ne s'égorgeraient pas, ou ne s'arracheraient pas jusqu'A leurs chemises r Combien "1 en a- L-il dans le genre humain, qui ne soient pas n6s satyres et priapes, ou reptiles quadrupèdes? et qui de ceux-ci et de ceux-Il ne devient pas singe, l moins qu'il ne soit résénéré r C'est l cela que conduit la moralité exteme, qu'ils apprennent afin de cacher leurs intemes, lms. Ce qu'est l'homme qui D'est piS régénéré, cela peut en outre être décrit par ces oomparaisons' et oes similitudes, dans Ésaïe: ~ Le pélioan et le oanard le posséderont, et le 'bibou et le corbeau • "1 habiteront; il étendra sur lui la n,ne du vide' et le niveau du • vague; de Il monteront sur les autels les épines, le chardon el D la ronoe dans ses forteresses, et il deviendra un habitaole de dra-

T
RELIGION CHR1!:TIENNEo us • IOns, et un parvis pour les filles de la chouette: et accourront • les ziim avec les ijim, et le satyre au-devant de son compagnoD • ira; lA même se reposera la Iilith; là ferl Ion oid le merle, et • il pondra, et il couvera, et il fera éclore sous son ombre; et même • Il seront rassemblés les milans, l'uu a,'ec son compagnon •• XXXtV. Il, t3, 14, US.
La "ouvelle Génération ou llouvelle Création ut r œuvre du Sei9neur seul par la Charité et par la Foi, CO'7lrM les dew: Moyen" fhomme coopérant,

876. Que la Régénération soit l'œuvre du Seigneur par la ChaTitê et par la Foi, c'est (Jne cOli séquence de ce qui a été démontré dans les Chapitres sur la Charité et sur la Foi, et spécialement dans l'Article où il est enseigné que le Seigneur, la Charité et la Foi font un, comlDe la vie, la volonté et l'entendement; 'et que, s'ils sont divisés, chacun est perdu, comme une perle réduite en pGudre. Ces deux choses, la Charité et la Foi, sont appelées les moyens, parce qu'elles conjoignent l'homme avec ]e Seisneur, et font que la charité est ]a charité, et que la foi est la foi; et cela ne peut être fait, Amoins que l'homme o'ait part aussi dans ]a Ré,énération, c'est pourquoi il est dit: a L'homme coopérant.» Dans 1811 Traités qui précèdent, il a été quelquefois question· de 1a coopération de l'homme avec le St:igneur; mais comme le Mental humain est tel, qu'il ne perçoit pas cela autrement que comme fait par l'homm,e d'après sa propre puissance, ce point va être de nouveau illustré. Dans tout . mouvement, et .par suite dans"toute action, il y a un actif et un passif, c'est-A-dire, que l'agent agit, et que le patient agit d'après l'aient, de ]A il se fait d'après l'un et l'autre une seule action i c'est par comparaison comme la meule dOaprès ]a roue, le char d'après le cheval, le m'ouvement d'après ]'etrort, l'effet d'après la cause, la force morte d'après la ferce vive, et en général comme l'instrumental d'après le principal; que ces deux fassent ensemble une seule acti,on, chacun le sait: qUln t l ce qui concerne la Charité et la Foi, le Seigneur agit et l'homme Igit d'après le Seigneur, car l'acUf du Seisneur est dans le passif

b

l

146 LA VRAIE de l'holDme ; c'est pourquoi 1:1 puissance du bien _sir vient du Seigneur, et par suite la volonté d'agir est comme appartenant. l'homme, parce qu'il est dans le libre arbitre, d'après lequel il peut ou ai~r avec le Seigneur, et ainsi se conjoindre, ou asir d'apr~s la puissance de l'enfer, laquelle est en dehors, et ainsi se séparer. L'aclion de l'homme concordante avec l'action du Seigneurest celle qui est enteudue ici par Coopération i pour que ce point soit perçu avec plus d'évideuce~ il sera encore illustré dans la suite par des comparaisons. 1l77. De là, il résulte encore, que Je Seigneur est toujours en action pour régénérer l'homme, parce qu'il est tOlljours en action pour le sauver, et que nul ne peut être sauvé, s'il n'est résénéré, seJon les paroles mêmes du Seigneur dans Jean: Il Si quelqu'un n'est engendré de nouveau~ il ne peul voir le Royaume de Dieu. - Ill. 3, Il, 6: - c'est pourquoi la Résénéralion est le moyende la salvation, et la Charité et la Foi sont les moyens de la ré,6Déralion. Croire que la Résénération suit la roi de l'Église d'auiourd'hui~ qui n'admet pas la coopération de l'homme, c'est la vaDité des vanjtés. L'action et la coopération, lelles qu'elles ont été décrites, peuvent être lues dans chaque chose qui a quelque activité et quelque mobilité: Telles sont l'action et la coopération du cœur et de ch.aqlle arl~re; le Cœur agit, et l'Artère d'après ses enveloppes ou tuniques coophre, de là la circulation i il en est de même du Poumon, l'air agit d'après la pression selon la bauteur de son atmosphère, et les cOles coopèrent d'abord avec le POI1mon, et bientôt ensuite le poumon avec les cOtes, de là la respiration de chaque membrane dans le corps; ainsi les méninges du cerveaü, la plèvre, le péritoine, le diaphrasme, et loutes les autres membranes qui couvrent les viscères, et qui composent le dedans, agissent et sont mi~es en action, et ainsi coopèrent, car elles sont élastiques, de là l'existence et la subsistance; il en est de même dans chaque' fibre et chaque nerf, et dans chaque muscle, et même dans chaque carLila,e ; qU6 dans chacune de ces parties il y ait action et coopération, cela ~t notoire. Il y a aussi une telle coopération dans chaque sens, car les sensoria du corps, de même que les motona, lie composent de fibres, de membranes et de muscles i mais décrire la coopération de cllacun est inutile, car OD
1)

tp
Il., RELIGION CHRiTIENNE. sait que la lumière agit sur l'œil, le son sur l'oreille, l'odeur sur la narine, et la saveur sur la langue, et que les orSanes s'y adapilnt, d'où résulte Ja sensation: qui est-ce qui de Jl ne peut percevoir que, s'il n'y avait pas une telle action et une telle coopération avec la vie qui inOue dans l'organisme spirituel du Cerueau', la pensée el la volonté ne pourraient pas exisler? En effet, la vie influe du SeiBneur dans cet organisme; et, parce que cet orgaDisme coopère, ce qui est pensé est perçu, et pareillement ce qui J est examiné, conclu est déterminé en acte. Si la vie seule agissait. et que l'homme ne coopérAt pas comme de lui-même, il rie pourrait pas plus penser qu'une ~uche, ou qu'un temple quand le Ministre prêcbe; le temple peut, il est vrai. sentir comme uo écho par la répercussion du son sur les ballants des portes. mais il ne sent rien du sermon: tel serait l'homme s'il. ne coopérait pas avec le Seigneur quant lIa charité et lia foi. 678. On ·peut aussi illustrer par des comparaisons quel serai l'homme, s'il ne coopérait pas avec le Seigneur: Quand il percevrait et sentirait quelque spirituel du Ciel et de l'Êilise, ce· serait comme quelque chose d'antipathique ou de discordant qui in8.ue·rait, et comme l'infect pour le nez, le dissonant pour l'oreille, le monstrueux pour l'œil, et le dégoùtant pOlir la laniue; si le plaisir de la charité et le charme de la foi influaient dans l'orsanisme spirituel du menLaI de ceux qui sont dans le plaisir du mal et du. faul, ceul-ci par 'l'Intrusion de ces plaisirs et de ces charmes seraient tourmentés et torturés. et enfin ils tomberaient en défaillance; comme cet organisme consiste en hélices perpétuellès. il -se roulerait en spirales chez de tels hommes, et se tordrait comme un serpent sur un monceau de fourmis. Qu'il en soit ainsi, c'est ce qui est devenu évident pour .moi d'après un Irand. nombre cl'Clpériences dans le Monde spirituel.

L-

U8

LA VRAIE'

Tous ayant été rachetls, tous peuvmt selon son état.

'tr, réglnérés, chacun

S79. Pour que ceci soit compris, il Caut auparavant dire quelque chose. de la RédemptioD': Le· Seigneur est venu dans le mondlt principalement pour ces deux fins : Éloisner de l'ange et de l'homme l'enfer, et glorifier son Humain; en efet, avant l'avè.. nement du Seigneur. l'enfer s'était accru au point d'infester lea aoses du ciel, et d'intercepter par son interposition entre le ciel et le monde la communicalion du Seigneur avec les hommes de la terre, d'où il résultait qu'il ne pouvait passer du Seigneur vel'S les hommes aucun Divin Vrai, ni aucun Divin Bien: de là une Damnation totale' menaçait tout le Genre Bumain JO el les Anlesdl1 ciel ne pouvaient pas non plus subsister longtemps dans lel1r intégrité. Afin donc de repousser l'enfer, et d'enlever ainsi celle damnation imminente, le Seigneur vint dans le Monde, il él().i~n .. l'.enCer et le subjugua, et ainsi il ouvrit le Ciel, de sorte qu'il a pu dans la suite être présent chez les hommes de la terre, et sauver, œUl qui vivraient selon ses préceptes, par conséquenJ les réiénérer et les sauver 1 car ceux qui sont régénérés sont sauvés: ainsi est entendu 'ce point, que tous ayanL été rachetés, lous peuvent être .régénérés, et que, comme la régénération et la salvalion font un,. tous peuvent être sauvés: donc ce qu'enseigne l'Éslise, que personne sans l'avènement du Seigneur n'eût pu être sauvé, doit êtrtt: ainsi entendu, que personne sans l'avènement du Seigneur n'etl.l pu être régénéré. Quant l la seconde fin, pour laquelle le Seigneur est venu dans le monde, fin qui consistait Il glorifier 100 Humain, ce fut parce qu'ainsi il devint Rédempteur, RéSénéraleur et Sauveur pour l'éternité j car il Caut croire non pas que par la Rédemption une Cois Caite dans le Monde, tous après celle rédem(r Lion aient été rachetés, mais que le Seigneur rachète perpétuellement ceUl qui croient en Lui et Cont ses paroles. Sur ce sujet .. voir de plus grands détails dans le Chapitre sur la Rédemption. 1S8Q. Que cbacun puisse être régénéré selon son état, c'est parce· qu'il en est autrement des simples que des.savanLl i autrement de:

RELIGION CHRETIENNE. U9ceUI qui s'appliquent l des études dift'érentes, et aussi de ceUI qui IOnt dans des emplois dift'érents ~ autrement d. cetII qui scruteut· les elternes de. la·Parole, et de ceul qui en scrutent lei internes; autrement de ceUI qui lont par leurs parents dans le bien naturel quede ceul qui sont dans le mal; autrement de ceui qui dès l'enfance se sont jetés dans les vanités du Monde, et autrement de ceux qui s'en sont éloi,n6s plus tOt ou plus lard; en un mot, autrement de ceux qui constituent l'ESlise 811erne du Seigoeur, et aulrement de ceUI qui conslituent l'Eglise inlerne ~ celle variét6 est infinie comme cell. d~s' faces et des caracléres, mais néanmoins chacun peut être régénéré et sauyé selon son état. Qu'il en soit ainsI, on peut le voir d'après les Cieux, oil viennent lous les régénérés, en ce qu'il Yen a lrois, le Suprême.. le Moyen et le Dernier, et que dans le Suprême viennent ceul qui par la r6g6néraLion reçoiventl'amour envers le Seipeur. dans le Moyen ceUI qui reçoivent l'amour à l'égard du prOchain, dans le Dernier ceux qUi seulemenl s'appliquent à la charité uterne.. et reconnaissent en même lemps le Seigneur pour Dieu Rédempteur et Sauveur. TOUl ceul-ci onl élé sau\'és, mais dellifl'érenle manière. Si tous peuvent être réBénérés et ainsi sauvés, c'est parce que le Seigneur avec IOn Divin Bien et Ion Divin Vrai est présent chez loul homme; de là chacun a la vie, el par suite la faculté de comprendre et de vouloir, el le Libre Arbitre dans les spirituels i ces cholles ne manquent à aucun homrue i et en oulre les moyens ont 61é donnés, lUI Chrétiens dans la Parole, et aUI GeDliis dans la religion de ehacun, religion qui ensei,ne qu'il y a un Dieu.. et donne des précertes sur le bien et sur le mal. n suit de là que chacun peut être Nuvé, que par conséquent si l'homme n'est pas sauvé, c'esL lui, et non le Sei,neur, qui est en flule; .ll'bomme est en faute, parce fIII'ii ne c~opère pas. ISst. Que la Rédemption et la Passion de la croil soient deux ehQSes distincles, et qui ne doivent pas être confondues, et que le. Seigneur par l'une el par l'aulre se soit mis en puissance de ré(énérer el de sauver lei hommes, cela a été monlré dans le Chapitre sur la RBDEJlPTlON. De la foi reçue dans l'ÉSlise d'aujourd'hui sur la Palsion de la crou!., qu, cette Pa'Jsion a été la. Rédemption même, sont sorties des phalan;es de faussetés bor-

LA VRAIE 120 ribles sur Dieu, sur la foi. sur 18 charité, et sur les autres choses qui en dépendent dans UD enchalnement continu; par exemple, sur Dien, qu'il a décidé la damnation du BeDre humain, et qu'il a voulu être ramené lia miséricorde par la damnation mise sur le Fils, ou reçue par le Fils en lui-même, et qu'il n'y a de sauvés que ceux auxquels le mérite du Christ est donné ou par prévision ou l,ar prédestinai ion ; de cette illusion est aussi sorti le dOBme de celle foi, que ceui qui ont éLé Bratifiés de cette foi ont élé en même temps réBénérés, sans qu'ils aient en rien coopéré, et que même ils ont ainsi été absous de la damn~tion de la loi, et De sont plus sous la loi, mais qu'ils sont sous la Brâce; et cela, quoique le SeiBneur ail dit « qu'il n'a pas mIme dt~ un seul acce1Û de la loi, • - MaLlb. V. 18. t9. 1~lIc, XVI. t7; - et quoiqu'iI aitcommandé aux disciples, • de prlc"er la péPlitence pour la rémilsion de péchés. D - Luc, XXIV. 47. M'arc. VI. t,; - et qu'il ait dit aussi Lui-Même:_. Le Royaume de Dieu s'est approcAI. faites pénitence, et croyez d rÉvangile . • - Marc, I. f4;par l'ÉvanBiJe il est entendu qu'ils peuvent être réGénérés et ainsi sauvés, ce qui Il'aurait pu être fait, si le SeiBneur n'elll fait la Rédemption, c'est-l~dire, s'il n'avait pas enlevé à l'Enfer la puissance par des combats contre 1111 et par des victoires sur lui, et s'il n'avait glorifié, c'e...t-l-dire, fait Divin son Humain. 58!. Que celui qui pense ralionnellement dise quel serait tout le Genre humain, li l'on persistait dans la foi de l'ÉBlise d'aujourd·hui, l savoir, qU'OD est rachelé par la seule PassioD de la croil, et que ceUI qui ont été iratifiés de ce m6rite du Seigneur ne SODt point 10US la damnation - de la loi; que cette foi, dont l'homme ne sait rien, pas même si elle est en lui, remet les pê-cbés et résénère, et que la coopération de l'homme dans BOn acte, c'est-à-dire, quand elle lui est donnée et qu'elle entre, détruirait entièrement cetLe foi, et enlèverait avec elle le salut, parce qu'il mêlerait son- mérite au mérite du Christ; que celui, ~is:.ie, qui pense rationnellement dise si l'on ne rejetterait pas ainsi toute la Parole. où la résénération est principalement en-seiinée par la purification spirituelle des maur,- et par les exercices de la charit~ : le Décalogue, prinCipe de la réformation, seraiL-il alors plus que le papier qu'on vend aUI épiciers pour en faire des cornets r

11

RELIGION CHRItTIENNE. 121 qUI serait alors la Relilion, sinon une lamentatioD sur ce qU'OD est pécheur, et une supplication pour que Dieu le Père ail pitié l cause de la Passion de son Fils, ainsi une supplication de la bouche seule d'après le poulDon, et rien de l'action provenant du cœur r et que serait alors la Rédemption, sinon une indullenoe papale. ou tout au plus la Oalellation d'un moine pour les fantes de tout son couvent, comme cela Jl8.1!Lt r Si cette foi seule' régénérait l'homme, et que la Pénitence et la Charité ne fissent ren, que serait alors l'homme Interne, qui est l'esprit de l'homme vi· vant après la mort r ne serait·i1 pas comme une ville incendiée, dont les décombres feraient l'homme elterne, ou comme un champ OU une prairie ravalés par les chenilles et par les sauterelles! Un tel homme devant les Anges n'apparatL pas autrement que comme s'il réchauffait dans son sein un serpent, et meltait un babit par ( dessus pour qu'on ne le vIL pail i puis aussi comme celui qui dort comme brebis avec un loup, ou COlOme celui qui couche sous une belle couverture dans irne une chemiRe tissue de toiles d'aralBnêe: et que serait alors la vie après la mort, quand tous so.t disLins~~ dans le Ciel selon les différences de la ré,énération, et dans l'Enfer selon les différences du rejet de la rélénération, sinon une vie cbar. Delle, et ainsi lelle qu'est la vie d'un poisson ou d'une écrevisse!
La Régénération ·se fait alJsolument de la mAme manière fJUtI r homme est tonçu, est porté dans rutérus, nalt et est élevé.

ISS3. Chez l'homme il y a une perpétuelle correspondance entre l-es choses qui se font naturellement et celles qui se font spirituellement, ou entre ce qui se fait par le corps et ce qui se fait par l'esprit i cela vient de ce que l'homme est né spirituel quant l l'Ame, et est enveloppé du naturel qui fait son corps matériel i c'est pourquQi quand ce corps est déposé, son Ame revêLue d'un COrpl spirituel vient. dans le Monde où loutes ch ORes sont spirituelles. et elle y est consociée avec ses semblables. Maintenant, ~~ le ·corps Sp..!.r!t.~el doit être formé dans le corps matériel, et qu'il est formé par les vrais et les biens, qui inOu.nt du Seilneur par le Monde spirituel, et sont reçus par l'homme intérieurement danl

l'

LA VRAIE des choses qui lui viennent du Monde naturel et sont nommées ci,iles et morales, OD ,oit clairement de quelle manière se fait sa formation; et puisque, comme il a ét6. dit, il y a une perpétuelle correspondance chez l'homme entre les cboses qui se font naturellement et cenes qui se font spirituellement. il s'ensuit qu'elle est comme la conception, la g.estation, l'enfantement et l'éducation. C'esl pour cetle raison quo dans la Parole par les Naissances Daturelles il est entendu les Naissances spirituelles qui sont celles du bien et du vrai, car tout ce qui eliste dans le seDS de la lettre de la Parole. C'est-A-dire dans le sens naturel, enveloppe et sisnifie un spirituel: que dans toules et dans chlcune des expressions du sens de la lellre de la ~arole il '1 ait un Sens spirituw, cela a élé pleinement montré dans le Chaphre sur l'ÉcRITDRI SAINTI. Que les Naissances naturelles mentionnées dans la Parole enveloppent des Naissances spirituelles, on le ,oit clairement dans ces passages: • Nous avons emzçu, nous avons été en travail, now avons guasi enfanté; de saluts noUl n'avons point fait.» - Ésare. XXVI. t8. - Il A laprésence du Seigneur, enfante," terre 1" PSt cm. 7. - Il Est-ce gue la terre enfantera en un seul jour l' Est-ce gue Moi je IJ,'iserai et n'engendrerai pas? Est-ce gue je lerai engendrer et je fermerai? • - Ésaïe, LXVI. 7 à t O. - Il Sin .era en travail d'enfant, et No sera pr~s de rompre. D - Ézéch. XXX. US, {6. - a Les douleurs de celle gui enfante viendront su,. Ëpllraim, lui, fils non sage, parce gue dans le temps il ne 16 lient pas dans futérus des fils • • - Bosée, XIII. ti, t3 ; - pareillement ailleurs en b.}aucoup d'endroits. Comme les générations Daturelles signifient dans ln Parole les générations spirituelles, et que celles-ci yiennenl du ~;ei,neur, c'est pour cela que le ~eiBneur est appelé Formateur, et celui qui tire de l'utérus, a(nai qu'~l est évident d'après ces passas~s: • Jéhovah ton Facteur .. e( ton ,FQrmateur dès fulérw. 1 - Ésaïe XLIV. t. -=-1 Celui~fû,n'à n;., de lutérus.1 - PSt XXII. to. -- '-S~;' Toilaiélé appuyé dès futérus; des entrailles de ma mère, Toi, tu m'QI tiré. !' - Ps. LXXI. 7. - • Faites attention cl Moi, vOUB,po,·tés dès futérus, soutenUS" d~s la matrice. D - Ésaïe, XLVI. 3 ; - et en outre ailleurs. Di Il ,ient que le Seiioeur est appelé Père, comme dans Ésaïe, - IX. G" LXIII_ t 6. Jean, X. 30. XIV. 8, 9 : - et que ceux qui lont par lui

12t

123 RELIGION CBIŒTIENNE. flans lès biens et dans les vrais sout dits fils et nés de Dieu, et onIre eux·sont appelés Crères, - MaUh. XXIII. 8; - et que l'tSlise est nommée Mère, - Bosée, Il. l, B. Ézéch. XVI• .&3. r'&S.&: D'après cela, il est maintenant évident qu'il y a une Cornspondance entre les Générations naturelles et les Générations spiritueJles j et puisqu'il y a une Correspondance, il s'ensuit que Don-seulement ·la conception, la gestation, l'enCantement et l'éducation peuvent se dire de la nouvelle Génération, mais qu'elles existent aussi en actualité pour cette nouvelle Génération; quan' l ce qu'elles sont, cela va être présenté"en ordre dans cet Article sur la Régénération. Ici, il sera dit seulement que la semence de l'homme est conçue intérieurement dans l'entendement, et Cormée dans la volonté, et de là transportée dans le testicule, où elle s'enveloppe d'une couverture naturelle; et elle est ainsi portée dans l'utérus, et entre dans 1. Monde. En outre, il y a une correspondance de la résénéralion de l'homme avec toutes les choses. qui aont dans le RèGne vésétal ; aussi, dans la Parole, l'homme estil décrit par un Arbre, son Vrai par la semence, et son Bien par le fruit. QU'UD mauvais arbre puisse être de nouveau comme engendré, et porter ensuite de bons Cruits et de bonne semence, on le ',oit par les entes et par les sreft'es·; alors, quoique le même- suc monte de la racine par le tronc jusqu'à l'ente ou·l la srele, néanmoius il est chan lé en un suc bon, et Cait un bon arbre. Dans l'Église, il en est de même de ceUI qui sont Ireft'és au Selsneur, c'est ce qu'il enseilne Lui-Même par ces paroles: • Moi, je IUU le Cep,' tlOUS, les sarments; celui qui demetlre en Moi, et Moi en lui,
celui-là porte du fruit lJeau,coup: si quelqu'tm ne demeure pas IR Moi, il est ;etl deho,.s comme le sarment, et il sèche, et est jetl au feu. » - Jean, B, 6. , B88. Que les vésétations non-seulement des arbres, mais aussi

xv.

de tous les arbustes, correspondent aUI prolifications des hommp.s, c'est ce qui a été enseigné par plusieurs Erudits, c'est pourquoi rajouterai sur ce sujet quelque chose comme appendice. Dans les arbres et dans tous les autres sujets du Règne vélétal il n'y a pas les deul seles, le masculiB et le Céminin, mais chaque sujet y est masculin; la Terre seule, ou l'humus, est la Mère commune, ainsi eomlDe- la Femelle i en effet, elle rec;oit les semences de tous les

~I

'~

LA VRAIE végétaul, elle lei ouvre, les porte comme danl UI utérus, et alors elle les nourrit. et lei enfante, c'est-l-dire, les produU au jour, et ensuite elle leur donne des vêtements et des aliments. La terre, quand d'abord elle ouvre la semence, commence par la racine, qui est Al'inltar du cœur; de ceUe racine elle envoie et transmet le suo comme ung, et construit ainsi comme un corps pourvu de membres i le tronc lui-même est le corps, les branches et 1eR rameaux en sont les membres; les feuilles qu'elle fait sortir aussitôt après l'enfantement tiennent la place du poumon, car de même, que le cœur sans le poumon ne produit ni mouvement ni sens, et ne vivifie pas l'homme par eUl, de même la racine ne donne point de véjêtalion à l'arbre on i l'arbuste sans les feuilles: les fleurs qui précèdent le fruit sont les moyens de décanter le suc, qui en est le sang, et d'en séparer les parties grossières d'avec les parties pures, et de former pour l'intlux de celles-ci dans leur sein une nouvelle petite tige par bquelle le suc décanté influe, et ainsi donoe un commencement et successivement line conformation au fruit, qui peut être comparé Aun testicule dans lequel les semences sont perfectionnées i l'ame vésélative, ~ui rèsne intim~ment daDs toute particule du suc. ou son essence prolifique. ne vient pas d'autre part que de la cbaleur du Monde spirituel, laquelle. parce qu'elle procède du Soleil de ce monde spirituel, ne respire que ,énération, et par elle continuation de création i el comme elle respire essentiellement la Génération de l'homme. c'est pour cela qu'elle donne i tout ce qu'elle eDgendre une certaine ressemblance de l'homme. QU'OD ne soit pas élonné de ce qu'il 1 été dit que les sujets du Règne végétal ne sont que mâles. et que la Terre seule ou l'bumus est -comme la Mère commUDI ou la femelle, cel. sera illustré par une chose semblable chez les Aleilles i elles n'ont, selon l'autopsie de SWAMMBRBAI dans ses BIBLIS BI LA l'IATURI, qu'une seule mère commune. de laquelle est produite toule la lignée d'une rucbe entière i puisqu'à ces insectes il n'est donn6 qu'une seule mère commune. pourquoi n'en se:"ait-il pas de même pour tous les végétaux r Que la Terre soit la U"ère commune,-c'est ce qui peut aussi être illustré spirituellemeDt i et cela est illustré, en ce que la Terre daos la Parole sigllifie l'ÉClise, et que l'É,lise est 1. mère commune. ainsi qu'elle est aussi nommée dans la Parole;

RELIGION CHRli:TIENNE. que l'on consulte l'APOCALYPSE Rl:vI:Ll~B, on y verra, ~ .. 18S; 90!, que la Terre signifie l'Église. Si la terre ou l'humus peut entrer danK l'intime de la semence jusqu'l son prolifique, le faire sortir et le porter ç~ et Il, c'est parce que chaque petillrain de poussière ou pollen exhale de son essence quelque chose de subtil OOlDIDe emuve, qui pénètrè la semence; cela Be fait d'après la force active de la chaleur procédant du Monde spirituel. B86. Que l'homme ne puisse être régénéré que successivement, c'est ce qui peut être illustré par toutes et par obacune des choses qui existent dans le Monde naturel: L'arbre n8 peut pas croUre en arbre en un seul jour, mais il croit d'abord d'aprèi la semence, puis d'après la racine, ensuite d'après Bon jetr qui devient trouc, et de ce tronc sortent des branches avec des feuilles, et enfln des tleurs et des fruits: le froment et l'orle ne s'élèvent point en moisson en un seul jour i une maison n'est point bâtie en un seul jour; un homme ne parvient pas non plus en un seul jour lia stature d'bomme, el moins encore lIa sagesse; l'Église non pl~s n'est ni instaurée ni perfectionnée en un seul jour; et il n'y a aucune proFession vers une fin. ql!i n'ait un commencement d'où elle part. Ceux qui conçoivent la résénération autremem né savent rien de la Charité ni de la Foi, ni de l'accroissement de l'une et de l'au tr,e selon la coopération de l'homme avec le Seilneur. D'après ce qui précède il est évident quo la Régénération se fait de la même manière que l'homme est conçu, est. porté dans l'utérus, naU el est élevé.

Le premier acte de la nouvelle génération est appelé Réformation, il appartient à l'entendement; le second acte est appe.le Régénération, il appartient d la volonté et par suite d l'entendement.
387. Comme ici et danl! ce qui suil il s'Isit de la Réformation el de la Régénération, et que la Réformation est attribuée à l'Entendement, et la Régédration à la Volonté, il est nécessaire qU'OD .sacbe les différences qu'il y a entre l'Entendement et la Volonté; ces différences ont é16 données ci-dessus, Ne 397 i il convient

LA. VRAIK donc de s'y reporter avant de lire ce que renferme .cet Article: Que les maUI dans lesquels naU l'bomme aient été engendrés dans la Volonté de l'homme naturel, et qne la Volonté porte l'entendement l lui être favorable, en pensant d'une manière conforme l ses désiI:s, c'est aussi ce qui a été montré; c'est pourquoi. pour que l'bomme soit régénéré, il est nécessaire que cela se fasse par l'Entendement, comme par une cause moyenne; et cela se fait par les infor.mations qne l'Entendement reçoit, lesquelles viennent d'abord d~s parents et des matlres, puis de la lecture de la Parole, des prédications, des livres et des conversations j les choses que -l'Entendement reçoit ainsi sont nommées des vrais; c'est pourquoi il revient ail même de dire que la Réformation se fait par l'Entendement, ou de dire qu'elle se fait par les vrais que l'entendement reçoit i en effet, lell vrais enseiGnent l l'homme en Qui il doi t croire et ce qu'il doit croire, puis ce qu'il doit faire, ainsi ce qu'il doit vouloir, car ce que chacun fait, il le fait d'après la volonté s810n l'entendement. Puis donc que la Volonté même de l'bomme est mauvaise par naissance, et puisque l'Entendement enseigne ce que C'tst que le mal et ce que c'est que le bien, et qu'il peut vouloir l'un et ne pas vouloir l'autre, il en résulte que, l'homme doit être réformé par l'Entendement; or, tant qui quelqu'un voit et reoonnait par le men lai qUI le mal est mal et que le bien est bien, el qu'il pense que le bien doit êlre choisi" cet état est appelé Rérormation i mais quand il veut fuir le mal et faire le bien, l'état de la Régénération commence. 888. Pour cette fin il a 6lé donné l l'bomme la facullé d'élever l'entendement presque dans la lumière dans laquelle sont les Anges du ciel, pour qu'il voie ce qu'il lui faut vouloir et par sllite faiI:8, 'afin d'être en prospérité dans le Iionde pendant le temps, et heureux après,la mort pour l'éternité i il devient en prospérité et beure,uI, s'il s'acquiert la sagesse el s'il tient la volon~é sous l'obéissance de la sagesse, mais il devient sans prospérité et malheureuI, s'il met son entendement sous l'obéissance de sa volonté; et cela, parce que!! VQ.lonté par naissance incline vers les maux, même les plus énormes; si donc elle n'était pas réfrénée par l'entendement, l'homme abandonné l la liberté de sa volonrA se précipiterait dans des crimes abom~nablell, et d'après la nature

{26

j

RELIGION CBRiTIENNE. fél'Oce Ireléa eD lui il pillerait et massacrerait, pour I l propre ·-cause, tOUI ceUI qui De lui SODt pas favorables et D'ont pas de complaisaDce pour ses cupidités. En outre, si l'Entendement n'anit pas pu être perfectionné séparément, et si la Volonté n'avait pas pu l'être par l'entendement. l'homme serait non un homme, mais une .bête; car, sans cette séparation, et sans l'élévation de l'entendement au-dessus de la volonté, il D'aurait pas pu penser, ai d'après la pensée parler, mais il aurait seulement pu exprimer SOD affection par un son i il n'aurait pas pu agir non plus d'après la raison. mais il aurait agi d'après l'instinct i encore moins aurait-il pu connallre les choses qui sont de Dieu, et par elles Dieu. et ainsi être co~joint à Dieu. et vivre dans l'éternité r en efrot. l'homme pense et veut comme par lui-même, et ce fi comme par lui-même. est le récip~oque de la conjonction, car il n'y a pas de . conjonction sans un réciproque, de wême qu'il n'y a pas de conjonction de l'actif·avec le passif sans une adaptation ou sans une application; Dieu seul asit, et l'homme se laisse mettre en action, et coopère en toute apparence comme par lui-même, quoique in~érieurement ce soit d'après Dieu. Par ces choses bien perçues, on peut voir quel est l'amour de la volonté de l'homme s'il est élevé par l'entendement. et quel il est s'il n'est pas élevé; ainsi, quel est l'homme. 1$89. Il faut qu'on sache que la faculté d'élever l'entendement jusqu'à l'intellisence dans laquelle sont les Anges du Ciel, est par création d:ms chaque homme, soit méchant, soit bon, et même dans chaque diable dans l'enfer, car tous ceux qui sont dans l'enfer ont été des hommes; cela m'a très-souvent été montré par vive elpérience; toutefois, s'ils sont, non pas dans l'intelligence. mais dans la folie quant aUI: choses spirituelles, c'est parce qu'ils. veulent, non pas le bien. mais le mal; ils ont par conséquent en aversion de savoir et de comprendre les vrais, car les vrais sont pour le bien et contre le mal. D'aprœ cela, il est encore évident que la Première chose de la nouvelle génération est la réception des vérités par l'entendement, et que la Seconde est de vouloir faire selon les vérités, et enfin ·de faire les vérités. En effet, personne ne peut être dit réformé par les connaissances seules des • vérités, car l'homme d'après la faculté d'élever l'entendement

us

LA VRAIE

lu-dessus de l'amour de la volonté peut les saisir, et aussi le5 prononcer, les enseigner et les prêcher; mais celui-I~ est réformé, qui est daus l'IIfJ'ecUon de la vérité pour la véritê, car cette affection se conjoint avec la volonté i et. s'il continue, il conjoint la volonté à l'entendement, et alors commence la Régénération: mais comment ensuite la Régénération avauce-t-elle, et est-eile )Ierfectionnée. c'est ce qui sera dit dans la suite. 590. Quant à cette question, quel est l'homme dont l'entendement a été élevé, sans que l'amour de la volonté ait été élevé par l'entendement, des comparaisons vont l'illustrer: Cet ltomme est comme un aigle qui vole dans le haut des airs, mais qui, anssitôt qu'il voit en bas des proies, telles que poules, oisons, eL même des agneaul, se jette à l'instant dessus et les dévore. n est aussi comme un adultère qui tient cachée dans une chambre basse de sa maison ~De prostituée, et qui monte parfois à l'éLase au-dessus, et parle avec sagesse de la chasteté, devant son épouse. AVec ceul qui sont présents, et ensuite se d~robe l sa société, et va ~J1 bas assouvir sa luxure avec la prostituée. Il est encore semblable à des mouches de marais qui volent, en colonne au-dessus de la tête d'un cheval au galop, et qui, lorsque le cheval s'arrête, tombent et plongent dans leurs marais. Tel est l'homme qui est dans l'élévation quant l l'entendement, mais dont l'amour de la volonté, en bas à ses pieds. reste plongé dans les impuretés de la nature et dansles déréglements des sens. Mais parçe que de tels hommes brillent comme de sagesse quant à l'entendement, et que leur volonté est contre la sagesse, ils peuvent aussi être comparés à des serpènts dont la peau reluit, et à des cantharides dons les ailes b,'iIIent comme d'or, puis aussi à des feux follets dans les marais. à des bois pourris qui éclairent. et à des phosphores: parmi eUI il y en a qui peuvent se déguiser en anges de lumière, tant parmi les hommes dans le monde, qu'après la mort chez les anges du ciel; mais. après un court examen, ils sont dépouillés de vêtements et précipités tout nus i pareille chose cependant ne peut pas être faite dans le monde, parce que leur esprit n'y a point été ouvert, mais a été survêtu d'un visage, tel qu'est celui des comédiens sur un théAtre; qu'ils puissent par la face et la bouche se déguiser en anges de lumière, c'ost là une cause, et aussi un indice qu'Us

RELIGION CHRÉTIENNE. peuvent élever l'entendement presqu'à la sage..,."e angélique audessus de l'amour de la volonlé, ainsi qu'il a élé dit; mainlenant, comme l'interne et l'externe de J'bomme peuvent ainsi marcher en sens contraire, el comme le corps est rejelé el que 1'e..'1l'rit reste. on voit qu'un esprit noir peul habiter sous une face blanche, et un esprit lout de feu sous un visage doux; c'est pourquoi, mou ami. forme ton jugement sur l'hommd, non d'après bouche, m'ais d'après son cœur, c'est-à-dire, non d'après son langage. mais d'après ses aoles; car le Seigneur dil: u Gardez-vou., des tau:/: propMles qui viennenl d vous en habits de breln"s, mais (jui au dedans sonl des loups ravissanls j par leurs fruits counaissez-les. D -llaLth. VII. US. tG.

sa

L' homme Interne doil d'abord dire réfo7'mé, el par lui f Ilomme Exlernej el ainsi l'homme est régénéré,
59L Que l'homme Interne doive d'abord être régénéré, et Ilar lui l'homme Externe, c'est ce qu'on dil communément aujourd'bui dans l'Église; mais par l'homme Inlerne on ne pense autre:chose que la foi, qui est, de croire que Dieu le Père impute le mérite el la juslic.e de son Fils, et qu'il en,·oie l'Esprit Sainl : on croit que celle foi fait l'homme Interne, el que de lui l'roOlie l'homme Externe, qui est l'bomme moral-nalurel, et que celui-ci est un accessoire pour celui:là, comme par comparaison la tJlleue d'un cheval ou d'un bœuf, ou comme la queue d'un .paon ou d'un oiseau du paradis. qui s'étend au-delà des patles. Rans qu'il y ait cohérence; car il' est dit que la charilé suit celle foi, mais que si la charité entre d'après la volonté de l'homme, celle foi périt. Or, comme on ne reconnalL pas aujourd'hui dans l'Église un aulre homme Jntdrne. il n'y a aucun bomme Inlerne, car ·personne ne sait si celle foi lui a élé donnée; qu'elle ne puisse pas être donnée, et que par conséquent elle soit imasinaire c'esl ce qui a été montré ci-dessus: il suit de là qu'aujourd'hui chez ceux qui se cont confirmés dans cette foi, il n'y a )Joint d'homme Inlerne auIre que cel homme naturel qui par naissance est abondamment rempli de toute espèce de maux; et, de plus on affirme que la u 9

'( t
LA VRAIE t30 résénération et la sanctification suivent d'elles-mêmes cette foi, et que la coopération de l'homme, par laquelle cependant se fait uniquement la régénération, doit être exclue; de là résulte que la Régénération n'est point connue dans l'Église d'aujourd'hui, quand cependant le Seigneur dit, que celui qui n'est pas régénéri ne peut voir le Royaume de Dieu. lS9!. Mais l'homme Interne et l'bomme Externe de la nouvelle Église sont absolument autres; l'homme Interne appartient • la volonté d'après laquelle l'homme pense, lorsqu'il est livré à luimême, ce qui arrive quand il est l la maison; el l'homme Externe est l)ction et le langage qui se produisent par lui dans une Assemblée, par oonséquent dehors; l'homme Interne est donc Il charité, parce que celle-ci appartient à la volonté, et il est en même temps la foi qui appartient à la pensée: l'un et l'Iutre homme avant la régénération constitue l'homme naturel, qui est ainsi divisé en interne et en externe: ce qui est bien évideot par cela qu'il n'est pas permis à l'homme d'agir et de parler dans une As• semblée ou dehors, COlOme lorsqu'il est livré • lui-même, ou à la maison; la cause de celte division est, que les Lois civiles prescrivent des pUllitions pour ceul qui agissent mal, et des récompenses pour ceux qui agis.lMlnt bien i et ainsi l'on se contraint à séparer l'homme Externe de l'homme Interne, car nul ne veul être puni, et chacun veut être récompensé, ce qui a lieu par des richesses et des bonneurs; l'homme o'évite pas les peines et n'ob_ tient pas le." récompenses, s'il ne vit pas selon ces lois; de là vient qu'il y a de la moralité et de la bienveillance dans les externes, même chez ceux qui o'ont aucune moralité, ni aucune bienveillance dans les interues'; 'oHà l'origine de toute hypocrisie, de touLe Ratterie et de toule dissimulation. lS93. Quant à ce qui concerne la division d. l'homme naturel en deux formes, r'est une division actuelle tant de la volonté que de la pensée cbez cet homme, car toule action de l'homme part de sa volonté, et tout langage part de sa pensée, c'est pourquoi one autre volonté a été formée par l'homme au-dessus de la première, pareillement urie autre pensée, mais néanmoins cette volonté et ceUe pensée constituent l'homme nalurel; cette volonté qui est formée par l'homme peut être appelée volonté corporelle,

-

RELIGION CBR~TmNNE. nt parce qu'elle pousse le corps l se mouvoir par des ge!\les moraux, et celle pensée peut être appelée pensée pulmonaire, parce qu'elle pousse la langue et les lèvres Il prononcer des paroles qui apparliennent à l'entendement. Celle pensée et ceLLB volonté peuvent être comparées ensemble au liber qui est intérieurement allaché ll'éeorce de l'arbre, et à la membrane qui est aLlachée à la coque de l'œuf; en dedans est l'homme interne naturel; s'il est méchant, il peut être comparé au bois d'un arbre pourri autour duquel l'écorce et le liber paraissent en bon état, et aussi à UII œuf gAlé au dedans d'nne coque blanche. Mais il va être dit quel e!\t l'homme interne naturel par naissance: Sa volonté incline vers les maux de lout genre, et par suite sa pensée incline vers les faul aus~i de tout genre; c'est donc cet homme interne qui doil être régénéré, car s'il n'e.~t pas régénéré, il n'est que baine contre toutes le" choses qui appartiennent Il la charité, et qu'emportement con Ire toutes celles qui appartiennent Il la foi. Il suil de là que l'bomme interne naturel doit d'abord être régénéré, et par lui l'bomme externe, car cela est selon l'ordre, mais résénérer l'interne par l'elterne est contre l'ordre; en effel, l'interne est comme l'Ame dans l'externe, non-seulemenl dans le commun, mais aussi dans toul particulier, par conséquent dans chacun des mots que l'homme prononce i il Y est, sans qu'il le sacbe; de là vien t que les AngeE perçoivent par une seule aetion de l'homme quelle esL sa volouté, et par une seule de ses paroles quelle est sa pensée, soit infernale, sail céleHte; par là ils connaissent l'homme tout entier, par le son ils perçoivent l'affection de sa penséc, el par le M'este ou la forme de l'action ils perçoivent l'amour de sa volonté; ils perçoivent celle affection et cel amour, quoÏllu'il contrefasse le Chrétien et le ci_ toyen moral. 1S9-'. La régénération de l'homme est décrite dans Ézéchiel par des Os desséchéH, sur lesquels s'étendirent des nerfli, puis de Ja chair. el de la peau; et enfin, l'e5priL ayant été soumé sur eux, il!; revécurent, - XXXVII. t Il U; - que la Régénération ait été représentée l)ar ces os, on le voiL clairement par ces paroles tlu passaGe: « Ces Os sont toule la maisoll d'Israël. » - Vers. i ~. - Elle y eSl aussi comparée à des sépulcres, car on /iL: • Qu'ü ouvrira les sépulcres, el en fera mo,~ter les os, et qu'il donnera Bon esP'1t

LA. VRAIE en ew:, et gu.'ü les placera sur la terre tllsrael. » - Vers. 1t, t3, U ; - par la terre d'Israël, là el ailleurs, est entendue l'ÉSlise. Si la représentation de la régénération a été faite par des os el par des sépulcres. c'est parce que l'homme non régénéré est appelé mort. et que le résénéré est appelé vivant, car dans celui-ci il y a la vie spirituelle, et dans celui-là la lOort spirituelle. lS95. Dans le Monde, en toule chose cr~ée, tant vivante que morte, il y a un Interne et un Externe, il n'y a pas l'un sans qu'il y ail l'autre, comme il D'y a pail d'effet sans cause; et toute chose créée est estimée selon la bonté interne, et méprisée selon la mauvaise qualité interne, on méprise pareillement la bonté externe dans laquelle il y a une mauvaise qualité interne; tout sage dans le Iionde et tout Ange dans le Ciel juge a~nsi ; mais quel est l'homme non réiénéré, et quel ellt l'homme ré«énéré, cela peut être illustré par des comparaisons: L'homme non régénéré, qui contrefait le citoyen moral et l'homme cbrétien. peut être comparé à un cadavre qui est enveloppé d'aromates, el qui néanmoins répand la puanteur dont il infecte les aromates, laquelle s'insinue dans les narines et incommode le cerveau: il peut aussi être comparé lune momie recouverte d'or, ou placée dans un tombeau d'argent, et qui, lorsqu'on l'examine ~ fond. présente l'aspect difforme d'un corps noir. Il peut être comparé l des os ou l un squelette dans un sépulcre embelli de pierre lazuli et d'ornements précieux; il peut encore être comparé au riche qui était vêtu de pourpre el de fin lin, et dont cependant l'interne était infernal, - Luc, XVI. {9. - Il peut enfin être comparé à un poison d'une saveur sucrée, a de la ciguë en fleur, à des fruits dans des écorces· brillantes, et dont les amandes ont été rongées par les vers; et aussi l un ulcère couvert d'un emplAtre et après cela d'une l,eau mince, dans lequel il n'y a que de la sanie. L'inlerne peut être estimé d'après l'externe dans le !Ionde. mais seulement par ceux donL l'interne n'est pas bon, et qui à cause de cela jugent d'après l'apparence; mais il en est tout autrement dans le Ciel i en effet, quand le corps versatile autour de l'esprit, et flexible depuis le mal jusqu'au bien, est séparé par la mort, alors l'interne reste, car il constitue l'Esprit de l'homme, et alors il se manife~te, et du loin il apparaît comme un serpent qui vient de quitter sa peau, ou comme un bois

{3~

133 RELIGION CHRltTIENNE. pourri prIvé du liber ou de l'écorce qui le rendait brilla:: l. ï'.::s lB régénéré est tout autrement; son Interne est bon, et son Externe est semblable ll'extern~ de l'autre; toutefois son externe "diftère de l'externe de l'homme non régénérd comme le ciel diftère de l'enfer, parce qu'il y a en lui l'Ame du bien; et peu importe que ce soil un grand de la terre, qui babile dan~ un palais et qui marcbe entouré de gardes. ou que ce soit un simple citoyen qui babite une maisonnette, et qui n'a qu'un domestique à son service: peu importe aussi que ce soit un Primat couvert d'llll nlanleau de pourpre. et d'une tiare à deux degrés, ou que ce soit un berger qui conduit quelques brebis dans la forét, et qui n'a sur le corps qu'un vêtement de paysan, et sur la tête qu'un chétiC bonnet. L'or est" toujours de l'or, soit qu'approché du feu il brille. soil que placé au-dessus de la Cumée sa surface se noircisse; ou, soit que mis en fusion on lui donne la belle forme d'un enfant, ou la vilaine forme d'un rat; les rab fa ils d'or et placés auprès de l'arche furent acceptés par Jéhovab et l'apaisèrent, - 1 Sam. VI. 3, 4, 6 et suiv.; car ('Or signifie le bien interne. Le Diamant et Je Rubis, dans quelque matrice qu'ils soient, calcaire ou boueuse, quand ils en ont été extraits, sont estimés, d'après leur bonté interne, comme ceux qui sont dans le coHier d'une Reine; et ainsi du reste. Il est donc évident que J'externe est eslimé d'après l'interne, et non vice versât

Quand cela arrive. il s'élève un combat entre l'homme Interne et l'homme Externe, et alm's celui qui est vainqlurur domiue sur l'autre.
69"6. S'il s'élève alors un combat, c'est parce que l'bomme Interne a été réformé par les vrais, et" voit par eux ce qui est mal et ce qui est faut, ct que Je mal et le faux sont encore dans l'bomme Externe ou naturel; il s'élève donc d'abord une dissension entre la volonté nouvelle qui est au-dessus et la vieille volonté qui est au-dessous; et comme la dissension est enlre les volontés. elle est eOlre les plaisirs de l'une et de l'autre, car l'on sait que la cbair est contre l'esprit et l'esprit contre la cbair. J

LA VRAIE que la ohair avec ses oonvoitises doit ~tre ~omptée avant que l'esprit puisse aBir, et que l'homme puisse de'enir nouveau i après oeUe dissension des volontés, il s'élève un tombat, oombat qui est appelé Tentation spirituelle i toutefois œtte tentation ou oe oombat se fait, non pas entre Jes biens et les maux, mais entre les vrais du bien et les faux du mal i oar le bien ne peut pas de lui-même oombattre, mais il oombat par les vrais, et le mal ne pelJt pas de lui-même oombattre, mais il collbat par ses faux, de même que la volont6 ne peut pas non plll~ d'elle-même oombattre, mais oombat par l'entendement où sonl Se.1i vrais, L'homme ne sent pas oe oombat autrement qu'en lui-U1ême, et. comme des remords de oonscienoe; oependant o'est le S<.iBneur et le diable, o'est-à-dire, l'enfer, qui combattent dans J'h'Jmme, et ils oomballent au sujet de la domination sur l'hommo, ou l qui le possèdera; le diable ou l'enfer attaque l'homme eL en évoque les maux, et le Sei~neur le défend et en évoque les biens. Mais, quoique ce combat se fasse dans le Monde spirituel, toujours est-il oependant qu'il se fait dans l'homme entre les vrais du bien eL les faux du mal qui sont en lui, c'est pourquoi l'homme doit combattre absolument oomme par lui-mOrne, car il est dans le libre arbitre d'asir (lour le Seigneur, et aussi d'agir pour le diable; il est pour le Seigneur, s'il reste dans les vrais d'après le bien, et pour le diable, s'il reste dans les faul d'après le mal: il resulte de là que celui qui e~t Vllinqueur, soit l'homme interne soit l'homme "externe, domine sur l'aulre; c'est absolnmcnt comme deux. rois ennemis qui oomhaLtent A qui sera )(altre du royaume dê l'autre; relui qui est vainqueur s'empare du royaume, et met sous son obéissance tous ceux qui l'habitent; ioi donc si l'homme Interne est vainqueur, il commande, et il subjugue tous les maux de l'homme Externe, et alors la régénération est oontinuée; si au oontra1"e, l'bomme Externe est vainqueur, il oommande, et il dissipe tous les biens de l'homme Interne, et alors la régénération est détruite. 597. Aujourd'hui, il est vrai, l'on sait q'l'j\ ya des Tentations, mais il est à peine quelqu'un qui saohe d'ob elles viennent, et quelles elles sont, et ce qu'elles prorluisent de bien; d'où elles "iennent et quelles elles sont, o'est ce qui vient d'être montré ci-dessus; pu~- aussi oe qu'elles produisent lie bien, à snoir, que quand

1

o

t3fS RELIGION CHRÉTIENNE. l'homme Inierne est "ainqueur, l'homme Externe esl ~1:hj"C'I~, et après qu'il a été subjugué. les convoitises sont écartées, et à leur place les affections du bien et du vrai sont implantées, el tellement disposées en ordre, que les biens et les vrais que l'homme veut et pense, il les faIt aussi et les prononce de cœur: outre cela, par la viotoire sur l'homme externe, l'homme devient spirituel, et alors il est oo'nsocié par le Seigneur avec les Anges du Ciel, qui tOIlS sout spirituels. Si jusqu'à présent les Tentations u'ont pas été connues, et s'il est à peine quelqu'un qui ait su d'où elles viennent et quelles elles sont, et ce qu'elles produisent de bien, c'est parce que jusqu'à présent l'Église n'a pas été dans les vrais; personne n'est dans les vrais, à moins de s'adresser directement au Seigneur, de rejeter la foi préoédente, et d'embrasser la foi nouvelle; de là vient que depuis les si bol es qui ont suivi l'époque où le Synode de Nicée • introduit la foi de trois Dieux, nul n'a été admis dans auoune tentation spirituelle, oar si quelqu'un y eOt élé admis, il aurait aussitôt succombé, et ainsi se serait précipité plus profondément dans l'Enfer: la Contrition, que l'on dit précéder la Foi d'aujourd'hui, n'est pas la Tentation; j'ai interrogé un grand nombre d'Esprits sur cette contrition et ils m'ont dit que c'est un mot eL ,rien de plus, à moins que ce ne /loit peut·être cllez les simples qllelque pensée craintive au sujet du feu de l'Enfer. 698. L'homme, la Tentation étant passé. est quant à l'homme Interne dans le Ciel, et par l'homme Externe dans le Alondo; c'est pourquoi par les tentations obez l'homme il se fait une oonjonotion dll Ciel et du Monde, et alors le Sei~neur gouverne ohez lui selon l'ordre son monde d'après le oiel. Le oontraire arrive, si "l'homme reste naturel, alors il désire ardemment louverner lui-même le Ciel d'après le Monde; tel devienL tout homme qui est dans l'amour de dominer d'après l'amour de soi; si cet homme est CIaminé à l'intérieur, il ne oroit en aucun Dieu, il oroit en lui seul; et après la mort, il croit Dieu oelui qui l'eml,orte en puis~nce sur les autres; telle est la Colio dans l'enCer, eL elle s'est augmentéc au point que quelques·uns se disent Dieu le Père, d'aulres Dicu le Fils, et d'autre Dieu l'Esprit Saint, eL parmi les Juifs quell]uesuns se disent le l\ofes.o\ie. Par là on voit ohliremcnl oe que l'homme deviont après la mort, si l'hommo naturel n'est pas régénéré, par

U6 LA VRAIE conséquent ce qu'il deviendrait dans sa phantaisie, s'il D'~lait pas illstaure par le Seigneur une nouvelle Église, dans laquelle les vrais réels sont enseignés: c'est là ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur: CIl Daru la consommation du siècle, D c'est-ldire, dans la fin de l'Église d'aujourd'hui, Il il'!l aura urIe affliction, telle que point il n'yen a erl depuis le commelzcemenl du Monde, et point il n'yen aftra: c'est pOUl'guoi si n'étaient a6régél ces jours, neserait sauvée aucune chair. Il - Matth. XXIV. li, ii. lS99. Dans les combals ou tentations des hommes le Seignenr opère une Rédemption particulière, comme il en a opéré une générale quand il était dans le Monde; le Seigneur dans le Monde par les combats elles tentations a glorifié son Humain, c'est-à-dire, l'a rait Divin; de même maintenant dans le particulier chez l'homme, pendant q'u'i1 est dans les tentations, il combat en elles pour lui et dompte les esprits infernaux qui l'infestent, et après la tentatioD il le glorifie, c'est-à-dire qu'il le rend spirituel. Le Sei~ellr, après sa Rédemption universelle, a remis toutes choses ell ordre dans le Ciel et dans l'Enfer; il agit de même avec l'bomme après la tentation, c'est-A-dire qu'il rellret dans l'ordre toutes les choses qui appartiennent au Ciel et au Monde chez lui. Le Seigneur après la Rédemption a instauré une nouvelle Église; de même aussi il instaure chez l'homme les eboses qui appartiennent à l'Église, et il fail qu'il est une Eglise dans le particulier. Le Seigneur après la Rédemption a iiratiflé de la Paix ceux qui ont cru en Lui, car il a dit: Il PaÏ3: je vous laisse, ma Paix je vous do,me; non pas comme le Monde donne, Moi je VOliS donne, 1) - Jean, XIV. i7; - de même après la tentation il donne à l'homme de sentir la paix, c'est à-dire, J'allégresse de l'esprit (anima) et les cODt:olations. Par là, il est évident que le Seigneur est Rédempteur pour l'éternité. 600. L'howme Interne résénéré, sans que l'homme Externe le soit aussi, peut.être comparé Il un oiseau qui vole dans l'air sans avoir de demeure sur ·un terrain sec, mais qui s'arrête seuleme dans un marai&, où il est infesté par les serperJts et par les gr.,nouilles, c'esl pourquoi il s'envole et meurt de lassitude. JI peut aussi ~lre comparé à un clgne qui nage au milieu de la mer, sans pouvoir atteindre le rivage et construire un nid, en conséque,1lC8 les œufs qu'il pond tombent dans les eaUI, et sont dévorés pat les

RELIGION CHRÉTIENNE. 137 poissons. II peut être comparé à un soldat sur une muraille qui, s'écroulant sous ses pieds, le précipite en bas, el l'écrase sous ses ruines. Il peut encore être comparé à un bel Arbre transplanté dans une terre fangeuse, où une foule de vers rongent sa racine. ce qui fait qu'il se flétri et meurt. Il peut être comparé à une maison sans fondement, et aussi A une colonne sans piédestal. Tel est J'homme Interne réformé seulement, sans que J'homme Externe Je soit aussi, car il n'a en lui aucune délermin;llion pour faire le bien.
L' Homme régénéré a une nouvelle Volonté et un nouvel En-

Iendeme7lt.
60t. Que l'homme ré«énéré soit un homme renouvelé ou nouveau, l'Égl ise d'aujourd'hui le sait, lant d'aprè.llla Parole que d'après la raison i D'APRts LA PAROLE, par ces passages: .. Failes-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau; pourqu~i mouniesvous, maison flIsraëll D -Ezéch. XVIIl. St. - Ille vous donnerai un cœur nouveatt, et un esprit nouv~au au milieu de vous; et j'tJlerai le cœur de pierre de votre chair, el je vous dOJln(!1'ai un cœur de chair, et mon esprit je donnerai au milieu de vous. Il - Ézéch. XXXVI. !6. 27. - • [}ds maintenant nous ne connaissonspm'sonne selon la chair; si donc quelgr," un est en Christ, il est une nouvelle Créature. D -li Cor. V. ~ 6, t 7; -là, par lecœurnouveall il est entendu la volonté nouvelle, et l'espril nouveall l'entendement nOllveau, car dans la Parole le Cœur signifie la volonté, et l'esprit, quand il est employé avec le cœur ,si gnifie l'IIntendement. D'APRtS LA RAISON: Si l'homme régénéré a une volonté nouvelle, e.t un nouvel entendement, c'est paree .que ces deux facultés fOllt, l'homme, et que ce sont elles qui sont régénérées; c'est pourquoi tout homme est tel qu'il est quant à ces facultés, méchant si sa volonté est mauvaise, et plus méchant si son entendement favorise sa volonté; mais bon, si c'est l'opposé. La religion seule reDouvelle et régénère J'homme, elle occupe la place suprême dans le mental humaIn, et voit sous elle les choses civiles qui appartiennent au monde; elle passe aussi par ces choses en monlant,

138 LA VRAIE comme le suc pur monle par l'Arbre jusqu'à son sommet i el de celte hauteur elle regarde les cboses naturelles, comme celui qui est sur une tour ou sur une montagne re~arde les campagnes qui sont en bas. 60i. Toutefois~ il faut qu'on sacbe 'que l'homme, quant l l'entendement peut s'élever presque dans la lumière dans laquelle sont les Anses du Ciel, mais que s'il ne s'élè\'e pas aussi quant l la volonté, il n'est toujours que le "ieil homme, el non le nouveau; qUllDL à la manière dont l'entendement élève la volonté avec lui de plus en plus~ il en a été parlé ci-dessus; c'est pourquoi la régén6ration se dit principalement de la volonté et en second ordre de l'entendement: en effet, l'entendement chez l'homme est comma la lumière dans le Monde, et la volonté comme la chaleur; que la lumière sans la chaleur ne vivifie pas et ne rasse pas pousser les végétaul, mais qu'il faille III lumière conjointe lia cbaleur, cela est connu; l'entendement aussi, quant fi la région inférieure dans le Uenlal, est même en actualité dans la lumière du Uonde, et daus la lumière du Ciel quant à la région supérieure; si donc la volonté n'est pas élevée de la région inférieure dans la résion supérieure. et n'y est pas conjoint. l'entendement, eUe reste dans le Monde. et alors l'entendement vole en baut et en bas, mais chaque nuit vers la volonté en bas, et il y couche, et ils se conjoisnent comme un homme et une prostituée, et ils produisent des fœtus l deul têtes. D'après cela il est encore ~vident que si l'homme n'a pas une nouvelle volonté et un nouvel entendement, il n'a pas été réGénéré. 603. I.e Mental bumain a été distingué en trois régions, l'infime est appelée naturelle, la moyenne spirituelle, et la suprême céleste i l'bomme par la régénération est élevé de la région infime, qui est la naturelle, dans la réSion au·dessus, qui est la spiriLuelle, et par celle-ci dans la céleste; qu'il y ait trois résions du mental, cela sera démontré dans l'Article suivant: c'est de là que I"bomme non régénéré est appelé naturel, et l'bommtl régénéré, spirituel: d'après cela il est évident que le mental de l'bomme régénéré est élevé dans la région spirituelle, et que de celle région supérieure il voit ce qui se passe dans le mental inférieur ou naturel. Que dans le melltal humaiu il y ait une Région inférieure el UDe Région supérieure, cbacun )leut, avec une légère attention

RELIGION CHRÉTIENNE. i39 sur ses pensées, le voir et le reconnaltre, car il voiL ce qu'il pense, c'est pourquoi il dit qu'il a pensé ou qu'il pense telle ou telle chose: cela ne serail pas possible, s'il n'y avait pas une pensée intérieure, qu'on nomme perceptton, qui regardAt dans la pensée inférieure qu'on nomme simplement pensée. Quand un Juge a entendu ou lu les raisons présentées en longue série par un avocat, il les ras~ semble en une seule intuition dans la région supérieure de son mental, ainsi en une idée universelle, et ensuite de là il porte fla vue en bas dans la région inférieure qui appartient l la pensée naturelle, et Il il diipose les arguments en ordre, et il prononce une sentence et juge selon la vue supérieure: qui ne sait que l'homme peut en une ou deux minutes penser et conclure des choses qu'il ne peut exprimer par la pensée inférieure en une demi-heure! Ceci a été rapparté, afin qu'on sache que le Mental humain a été distingué en rélions inférieures et supérieures. 60 •. Quant Ace qui concerne la nouvelle Volonté, elle est audessus de la vieille volonté, dans la r~gion spirituelle; il en est de même du nouvel entendement; il est avec elle, et elle avec lui; dans cette région ils se conjoignent, et examinent conjointement ce qui se passe dans la volonté vieille 011 naturelle, et ils y disposent toutes choses afin qu'elles obéissenl. Qui ne peut voir que si dans le Mental humain il y a"ail seulement une seule Résion, et que les maux et les biens, les faux et les vrais, y flissent mis et mêlés ensemble, il s'y ferait un combat comme si des loups et des agneaux, des tigres et des veaux, des éperviers et des colombes, étaient mis ensemble dans une même loge TN'y aurait-il pas alors une cruelle boucherie, et les bêles féroces ne déchireraient-elles pas les bêtes douces! C'est pourquoi, il a été pourvu fa ce. que les biens avec leurs vrais fussent rassemblés dans la région supérieure, afin qu'ils pussent subsister en sûreté ot empêcher l'assaut, et mOrne par des cha'n6S et par d'autres luoyens subjuiUer et en~ suite dissiper les maux avec leurs faux. C'est cela même qui a été dit dans un précédent arlicle, que le Seisneul' gouverne par]e Ciel les cboses qui appartiennent au Monde chez l'homme régénéré. La Région supérieure ou sp1rituelle dl! mental humain est aussi le Ciel dans la plus petite forme, et la Ré~ion inférieure ou naturelle est le Monde dans la plus petite forme; c'est pour cela que .

1

1

~

LA VRAIE l'homme a été appelé microcosme (petit monde) par les anciens, et il peut aussi être appelé miCl'o-urane (peLit ciel). 60lS. Que l'homme résénéré, c'est-à·dire, renouvelé quant à la volonté eL à l'entendement, soit dans la chaleur du Ciel, c'est-àdire, dans l'amour du ciel, eL en même temps dans la lumière du ciel, c'est-fil-dire, flans la sagesse ~u cial, eL que vice versd l'homme' nOh-régénéré soiL dans la chaleur de l'enfer, c'est-l·dire, dans l'amour de l'enfer, eL en même temps dans les ténèbres de l'enfer, c'est-A-dire, dans les folies de l'enfer, cela aujourd'hui est connu et néanmoins est inconnn; et la raison de cela, c'est que l'Église, qui existe aujourd'hui, a fait de la régénération un appendice de la foi, dans laquelle aucune raison ne doit être admise, ni par conséquent dans quoi que ce soit de soo appendice qui esL, ainsi qu'il vioot d'être di L, la régénération et la rénovation; celles-ci avec la foi elle-même soot pour ceUe Église comme une niaison, don.t les portes et les fenêtres ont été fermées, de sorte qu'on ignore ce qu'il y a dans l'intérieur de ceUe maison, si seulement elle est \'acante, ou si elle est pleine de génies de l'enfer ou d'anges du· Ciel. En outre, ce qui a mis la confusion en cela, c'est l'illusion qui provient de ce que l'homme par l'entendement peut s'élever presque dans la lumière du Ciel, eL par suile d'après l'intelligence penser eL parler des choses spirituelles, quel que soit l'Amour de sa volOIlLé i comme on ignore celle vérité, tout ce qui concerne la régénération el la rénovation est aussi devenu inconnu. 606. De tont ce qui précède on peut tirer ces conclusions1 que. l'homme non régénéré est comme celui qui voit des apparitions pen· dant la nuit, et croit que ce sont dos hommes i qu~ensuit8, quand il est r~généré, il est comme ce m"ême homme qui le matin' recon. nall que ce qu'il a vu la nuiL était un jeu de l'Imagination; et que. plus tard, lorsqu'il a été régénéré, il est comme ce même homme qui dans le jour reconnal1 que c'était nn délire.. L'homme non régénéré est comme celui qui rêve, ell'bomme régénéré est comme celui qui veille; dans la Parole, la vie naLurelle o.'It aussi comparée' ail sommeil, et la vie spirituelle à la veille. L'homme' non régénéré est sisnifié par les Vierges insensées qui avaient des lampes et qui n'avaient point d'huile, et le régénéré est signifié par les Vierges prudentes qui avaient des lampes et en même temps de l'h.uile ;

UO

RELIGION CHRÉTIENNE. Ut par les lampes sont signifiées les choses qui appartiennent à l'entendement, et par l'huile celles qui appartiennent à l'amour. Les régénérés sont comme les lampes allumées du Chandelier dans le Taberna"cle ; ils sont aussi comme les pains des faces avec l'encens posé dessus; et ce sont eux qui resplendiront comme la splendeur de l'étendue, et brilleront comme les éLoiles pendant le siècle et l'éternité, - Daniel, XII. 3. - L'homme non régénéré est comme celui qui est dans le jardin d'Éden, et mange de l'Arbre de la: science du bien et "du mal, et est pour cela même chassé du jardin, bien plus il est cet Arbre même; mais l'homme régénéré est comme celui qui est dans ce jardin, "t Illange de l'Arbre de vie; qu'il" lui soit donné d'en manser, on le voit par ces paroles dans l'Apocalypse: • A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de Arbre de vie, gui (est) dans le milieu du Pm'adis de Dieu. » - Il. 7 ; - par le jardin d'Éden ellt entendu l'intelligence dans les choses sprituelles d'après l'Amour du vrai, voir L'ApOCALYPSE RÉVÉLÉE, Na 90. En un mot, le non régénéré est le Fils du méchant, et le résénéré est le Fils du Royaume, - Maltb. XIII. 38; - là, le fils du méchant est le fils du diable, et le fils du Royaume est le Fils du SeilJneur.

r

L' Homme régénéré est en communion avec les Anges ctu Ciel, et le non-régénéré en communion avec les Esprits de l'Enfer
607. Si tout homme est en communion, c'est-à-dire, en COIISOciation avec les AnlJes du Ciel ou avec les Esprits de l'Enfer, c'est 1>arce qu'il est né pour devenir spirituel, et que cela n'est pas possible, à" moins qu'il ne soit dans quelque conjonction avec ceux qui sont spirituels; "que l'homme quant au mental soit dans l'un et l'autre Monde, le naturel et le spirituel, cela a été montré dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER; mais l'homme, l'Ange et l'Esprit, ne savent rien de cette copjonction; et cela, parce que l'homme, tant qu'il vit dans le Monde, est dans un état naturel, et que l'Ange et l'Esprit sont dans un état spirituel, et qu'en raison de la différence entre le naturel et le spirituel, l'un n'apparalt pas à l'autre; cette différence, telle qu'elle existe, a été décrite dans le Traité de

l
LA. VRA.IE L'AIIOUR CON1UGAI., dans le Mémorable ND. 326 la 329 i d'où il réSIl ILe évidemment qu'ils sout conjoinls, non pas quant aux pensées, mais quant aux affections i et sur celles-ci à peine quelqu'un réfléchit-il, parce qu'elles ne sont pai; dans la lumière dans laquelIe est l'entendement et par suite la pensée de l'enteBdement, mais elles sont dans la chalenr dans laquelle est la volonté et par luite l'aft'ection de l'amour de la volon Lé i la conjonction par les affections de l'amour entre les hommes elles Anses et Esprits est si étroitei que si elle était rompue, et que par soite ils fussent séparés, les hommes tomberaieot fi l'instant en défaillance, et que si elle n'étail pas réparée, el qu'ils ne fussent pas conjoints, les hommes expireraient. S'il a Oté dit que l'homme par la régénéralion devient spirituel, il est entendu par U, non pas qu'il devient spirituel, tel qu'est l' Anl;e en lui-même, mais qu'il devient spirituel-naturel, c'est- à-dire que le spirituel est inlél'ieurement dans son naturel, de la m~me manière que la peusée est dans la parole, et la volonté dans l'action, car l'une cessant l'autre cesse; de même est l'Esprit de l'homme dans chacune des choses qui se font dans le corps, et c'est lui qui l>ou58e le nalurol à faire ce qu'il faiL; le naturel considéré en lui-même est le passif ou la force morte, et le spirituel estl'aclif ou la Corce ,'ive; le passif ou la force morte ne Ileut pas asïr de soi-même, mais il faut qu'il soiL mis en action par l'actif ou la force vive. Comme l'homme vit continuellement en cOlDlllunion avec les habitanls du Monde spirituel, c'est pour cela même que, lorsqu'il sort du Monde naturel il se trouve aussitôt avec ses semblables avec qui il était en communion dans le Monde i de là .,-ient que chacun après la mort s'imagine ,ivre encore dans le Monde, car alors il vienl dans la com-" pagnie de ceUI qui lui ressemblent quant aux affections de sa volonté; et Hies reconnaît, comme lès parents et Jes alliés reCODnaissent les leurs dans le Monde, et c'est pour cela que, dans la Parole, il est dit de ceux qui meurent, qu'ils ont été assemblés et recueillis 'ers les leurs. D'après ce qui vient d'Gtre dit, on peul voir que l'homme régénéré est fon communion avec les Anges du Ciel, et le non-régénéré en communion avec les esprits de l'enCer. 608. n raut qu'on sacho qu'il y a lrois Cieux distincts entre eux selon les trois desrès de l'amour èt de la sagesse; que l'homme,

E

u.t

Î

U3 RELIGION CHEŒTIESNE. selon la régénération, est en communion avec les Anges de ces trois oieux; et que, aela étant ainsi, le Mental humain a été distingué en trois degrés ou régions selon les cieux; mais sur ces trois ci8Ul et sur leur distinction selon les trois des rés de l'amour et de la sagesse. voir dans le Traité DU CIEl. BT DB L'ENFER, NOl t9 et suh'., el aUlisi dans l'Opuscule DU COUEReE DE L'AllI IT DU CORPS, NI' t6, t 7. Ici, il sera seuleme~l illustré par une comparaison quels sont les trois degrés selon Ie.qquels ces cieux ont été dislinlués: Ils sonl comme la tête, le corps elles pieds dans l'homme; le Ciel suprême railla T'Le, le Ciel moyen rait le Corps, et le dernier Ciel fail les pieds; car le Ciel enlier est de· vant le Seigneur comme un seulbomme: qu'il en soit ainsi, c'est oe qui m'a été prouvé par démonstration oculaire; car il m'a élé donné de voir une Sociélé du Ciel, composée d'une myriade d'anges, comme un seul homme; pourquoi le ciel enlier ne seraiL·il pas ainsi devant le Seisneur! Sur celle vive expérience, voir dans le Trailé DU CIEL ET DE L'ENFER, Nil 39 et suiv. - D'après cela. on vok clairement de quelle manière est entendu ce dogme connu dans le Monde Chl'élien, que l'Église fait le Corps du Christ, et que le Christ est la vie de ce corps: par là aussi peul être illustré ce poinl, que le Seigneur est lout dans toutes les ohoses du ciel, car il est la vie dans ce corps; de même le Seigneur est l'Église chez ceux qui Le reconnaissent Lui Seul pour le Dieu du Ciel el de la Terre. et croient en Lui; qu'il soille Dieu du Ciel et de la Terre, il l'enseigne Lui-Même dans MaUhieu, XXVIII. t8 ; - et qu'il Caille croire en Lui, ill'~nsejgne dans Jean,
-Ill. US, 36. VI. 40. XI. 913, 16.

609. Ces trois degrés dans lesquels sont les cieux, par conséquent dans lesquels est le Mental humain, peuvent aussi en quelque sor le être iJIuslrés par des comparaisons avec les choses matérielles dans le Monde: Ces trois degrés sont colllme l'Or, l'Argent et le Cuivre sont entre eux par leur valeur; il e.~t fait aussi une comparaison avec ces métaux dans la Statue de Nébuchadnézar, - Dan. Il. st et suiv. - Ces trois degrés sont encore dislingués entre eux, comme le sont en pureté et en bonlé le Rubis, le Saphir el l'Agate; et aussi comme l'Olivier, le Cep et le FiBuier, et ainsi du resle; et même, dans la Parole, l'Or, le Rubis eL

LA. VRAIE l'Olivier siinifiellt 1e bien céleste, qui esL le bien du Ciel suprême; l'Arient. le Saphir et le Cep signifient le bien spirituel; qui e.llt le bien du Ciel moyen ; et le Cuivre. l'Agate et le Figuier SiGnifient le bien naturel. qui est le bien du dernier Ciel: qu'il y ait trois degrés. le céleste. le spirituel elle naturel, cela a été dit plus haut. 6t O. A ce qui a été dit précédemment il sera ajouté ceci, que la Rélénération de l'homme se fait non pas en un moment. mais successivement depuis le commencement jusqu'à la fin de la vie dans le Monde, el est ensuite continuée et perfectionnée; et comme I"homme est rHormé par des combats et des victoires sur les maux de sa chair, c'est pour cela que le Fils de l'homme dit i chacune des sept Églifies, qu'il fera des dons Il celui qui aura vaincu; ainsi. ~ l'Église d'Éphèse: • A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de rArbre de vie . • - Apoc.ll. 7. - A l'Eglise des Smy ... néens: • Celui qui vaincra ue recev"a aucun dommage de la mort seconde . • - Vers. li. - A l'Église dans Pergame: • A celui qui vaincra. ;e lui donnm'ai à manger de la manne cachée. » - Vers. 17. - A. l'Église dans Thyatire: • Celui qui vaincra. je lui donnerai pouvoir sur les nations. D - Vers. 16. - A l'tilise dans Sarde.lI: Celui qui vaincra. il se"a reudtu de vdtements Mancs. » - Ill. 5. - A l'Église dans Philadelphie: « Celui qui vaincra, je le ferai une colonne dans le Temple de Dieu.» Vers. il. - A l'Église des Laodicéens: • Celui qui vaincra. je lui donne'l'ai de s'asseoir avec Moi en mon Trd7Ze• • - Vers. !II. - En dernier lieu il sera ajouté ceci; que, autant l'bomme' est régénéré. ou autant la régénération esL perfectionnée chez lui, autant il ne s'attribue rien du bien el du vrai, c'est-l-dire. de la charité el de la foi. et attribue Lout au Seigneur; car les vrais qu'il puise successivemenL le lui ensei~nent d'une manière manifeste.

Ât41ant r Homme esl régénéré. autant sonl éloignés les péchés. el ccl éloignement eslla Rémission des péchés.
6t i. Si. autant J'homme est régénéré. autant sont éloignés les péchés., c'e..t parce que la régénération consiste è. réprimer la

~I

..
RELIGION CHRÉTIENNE. chair pour qu'elle ne domine pas, et 6 dOlnpler le \'ieil homme IVec ses convoitises pour qu'.il ne se relève pas, et ne détruise pas l'intellectuel; car celui-ci étaut détruit, l'homme n'est plus susceptible de réformation, laquelle ne peut se faire, 6 moins que l'esprit de l'homme, qui est au-dessus de la chair, Ile soit instruit et perfectionué. Quel est l'homme, dont l'elliendement est encore sain. qui ne puisse d'après cèla conclure que de telles choses ne peuvent pas être faites en un moment, mais qu'elles le sont suc"cessivement, de la même manière que l'homme est conçu, est porté dans l'u~rus, natt et est êtevé, selon te qui a été montré cidessus? en effet, les choses qui appartiennent 6 la chair ou au vieil homme sont Inhérentes par naissance, et construisent la première maison de son men laI, dans I~qnelle les convoitises habitent coinme des bêtes féroces dans leurs loges; et elles habilent d'abord dans les vestibules, et entrent parfois comme dans des parties souterraines de cette maison, et ensuite elles montent par des escaliers et se construisent des chambre.o; ; 'ce qui a lieu successivement, l musure que l'enfant croft, devient petit garçon et en!luite adolescent, et qu'alors il commence • penser d'après son propre entendement, et 6 agir d'après sa propre volonté; qui estce qui ne voit pas que cette maison jusqu'alors construite dans le mental, et dans laquelle les convoitises se tiennent par la main et dansent comme des ochim, des' jiims et des satyres, ne peul pas être d6truite en un moment, et qu'une nouvelle maison ne peut en un moment être construite 6 sa place? (Jes convoitises qui se tiennent par la main, et qui se divertissent ainsi, ne doivent-elles pas' d'abord être éloignées, et de nouveaux désirs concernant le bien et le vrai ne doivent-ils pas être introduits 6 la place des cupidités qui appartiennent au mal et au faux' Que ces choses ne puissent être faites en un moment. tout ,homme sage ]lenL le' ,'oir par cela seul que tout mal est composé d'inllombrables con\'oitises, et qu'il est comme un fruit qui eil dedans de sa l'ellicule est plein de vers au corps blanc eL 6 la tête noire, et aussi 'en ce que les maux sont nombreux et conjoinls entre eux, comme une liInée d'araisnées lorsqu'elle sort du ventre cie la 111ère; si donc les maUl ne sont pas mis dehors l'un après l'aulre, et cela jusqu'il 'ce que la Hsne ait été brisée, l'homme ne l'ellt pas devenir nouvcau.
u

ro

LA VRAIE 148 Ces détails ont été dQnnés, afin qu'on sacbe que, autant quelqu'un est régénéré, autant sont éloignés ses péchés. 6i!. L'bomme par naissance incline vers les maux de tout Benre, et d'après l'inclination il les cOHl'oite, el m~me autant qu'il en est libre il les Cail i car par naissance il convoite la domination sur les autres et la possession des biens des autres, deux choses qui briStlntl'amour ll'égard du prochain i et alors il prend en haine quiconque s'oppose l lui, et d'après la haine il respire la vengeance, qui intérieurement fomente le meurtre; de I~ vient aussi qu'il resarde comme rien les adult~res, comme rien les déprédations qui sont des yols clandestins, ei comme rien lei bla.. ph~mes qui sont aussi des faux témoignages i et celui qui regarde ces maUI comme rien est aussi un athée de cœur i tel est l'bomme par naissance; il est donc évident que par naissance il est l'enCer dans la forme la plus petite. Maintenant, comme l'homme quant aux intérieurs de son mental est n6 spirituel., tout autremellt que la bête, par conséquent est né pour le ciel, eL que cependant son homme naturel ou externe estl'enCer dans la forme la plus petite, ainsi qu'il vient d'être dit, il s'ensuit que le.Ciel ne peul pas ~tre implallté où est l'enfer, si l'enfer n'est pas éloigné. 61S. Celui qui sait comment le Ciel et l'Enfer sont entre. eUI, et comment l'un est éloigné par l'autre, peul savoir commenll'homme eSl régénéré, et aussi quel homme.a été régénéré i pour que cela SOil compris, il sera exposé ell sommaire, que tous ceux qui sont dans le Ciel regardent le Seigneur par la face, et que tous ceux qui sont dans l'Enfer détournent leurs faces du Seigneur i c'est pourquoi, lorsque du Ciel on regarde l'enfer, ceux·ci apparaissent seulement par l'occiput et par le dos; bien plus ils apparaissent m6me ren\'ersés, comme les antipodes, les pieds en haut et la tête en bas i el cela, quoiqu'ils. marchent sur les pieds, et lournent la face de côté el d'autre, car c'eSt la direction opposée des inlérieurs de leur mental, qui produit cette vue; ces choses étonnantes, je les rapporte comme témoin oculaire, Pu là il m'a élé découvert de quelle manière se Cait la résénération, à savoir, qu'elle se Cait absolument de même que l'Enfer est éloii11é el ainsi séparé du Ciel; car, ainsi qu'il a éLé dit ci-dessus, l'homme quant à la premi~re nature qu'il tient par naissance est l'enfer dans la forme la plus

RELIGION CHIŒTIENNE. 147 petite, etoquant ~ la seconde nature qu'II liimt d'ulle second~ naiflsance il est le Ciel dans la forme la plus pelite. 1\ tluit de là 'lue le~ maux chez l'homme Ront éloignés et séparés de même qu'il en est • l'égard du Ciel et de l'Enfer dans la grande forme,o et que les mallX, ~ mesure qu'ils sont éloignés, se détournent du S.eigneur et se renversent succe.~sivement, et que cela se foit au même de sré que le Ciel est Implanté. c'est-A-dire, l mesure que l'hommo devient nOUfeau. A cela il sera ajouté pour illustration, que chaque mal chez l'homme a une conjonction avec ceux qui dans l'enrer soot dans un semblable mal, et que vice versâ chaque bien chez l'homme a une conjonction avec ceux qui dans le Ciel sont dans un semblable ~ien. 6i 4. D'après ce qui vient d'être rapporté, on peut voir que la rémission des péchés n'en est ni l'extirpation ni le nettoiement, mais que c'enOest l'éloisnemf:nt et ain!li la séparation; puis aussi que tout mal, que l'homme s'est en actualité approprié, resle; et comme la rémission des péchés en est l'éloignement et la séparation, il s'ensuit qile l'homme est par Je Seig"!leur détourné du mal et tenu dans le bien; et que c'est cela qui e5t donné Al'homme par la ré(énéralion. Un jour, j'entendis dans le dernier Ciel quelqU'lin qui se disait exempt de péchés parce qu'ils avaient été neltoyés, ajoutant que c'était par le sanK du Chrisl; mais comine il étail Ilu-dedans du Ciel, et que cetle erreur provenait de l'ignorance, il fut plongé dans ses propres péchés, el Amesure qu'ils revinrent, il les reconnut i alors il accepta la nouvelle foi, qui était. que tout homme, comme tout Ange, est par le Seigneur détourné des maux et tenu dans les biens. n'après cela, on voit clairement ce que c'est que la Rémission des péchés, qu'elle n'est point instantanée, mais qu'elle suit la régénération selon ses progrès. L'éloignement des péchés, qui est appelé rémission des péchés, peut être comparé au rejet des immondices hors du Camp d811 61s d'Israël dans le désert qui était alentour, O leur Camp représentait car le Ciel, et le D~er( l'Enfer. Il peut aussi être comparé Il l'éloiInement des nations d'avec les fils d'Israël, dans la terre de Chanaan, et des Jébuséens hors de Jérusalem; ces nations fure.nt non pn rejetées, mais séparées. lIopeut ê,lre comparé l Dagon, le Dieu des Philistins, qui, après que l'Arche eut été introdui:e dans son

U8 LA VRAIE temple, tomba d'abord lterre sur ses faces, et ensuite ful trouvé sur le seuil la tête et les mains coupées, ainsi non rejeté, mais éloigné. Il peut être comparé aux démons envoyés par le Seipeur dans des pourceaux, qui ensuite se précipitèrent dans la mer; par la mer, ici et aillours dans la Parole, est signifié l'enfer. Il peut aussi être comparé l la troupe du dragon, qui, sélllrée du ciel, s'empara d'abord de la terre, et fut ensui.~e précipitée dans l'enfer. Il peut encore être comparé à une forêt, où sont en grand nombre des bêtes sauvages i quand la forêt est coupée, les bêtes sauvages se sauvent dans les halliers d'alentour, et albrs la terre aplanie dans le milieu est cultivée en champ.
La Régénération n'est point pfnsi6le sans le Li6re Ar6itre dans ks choses spirituelles.
6US. Qlli ne peut voir, l moins .d'être stllpide, que l'homme, sans le Libre Arbitre dans les choses &piriluelles,· ne peut être ré-

généré r Sans ce Libre Arbitre peut-il s'adresser au Seigneur, et Le reconnaitre pour Rédempteur et Sauveur, et pour Dieu du Ciel et de la Terre, comme le Seigneur l'enseigne Lui-Même? - Manh. XXVIII. t 8. - Sans ce Libre Arbitre, qui est-ce qui peut croire, c'ost:-à-dire, regarder le Seigneur par la foi et L'adorer, s'appliquer à recevoir de Lui les moyens et les bienfaits du salut, et coopérer d'après Lui pour les recevoir?Sans le Libre Arbitre, qui estce qui peut faire quelque bien au prochain, et exercer la Chari lé, outre plusieurs choses qui appartiennent à la Foi et l la Charité, les introduire dans la IJ8nsée el dans la volonté, les en faire sortir, It les mettre en acte' Autrement que serait la Résénération, sinon un simple moL échappé de la bouche du Seigneur, - Jean, III, - mot qui, ou reste dans l'oreille, ou passapt dans la bouche d'après la pensée la plus proche du langage devient un son articulé, de douze leures saulement, lequel son ne peut être élevé par aucun sens dans aucun région supérieure du mental, mais tombe dans l'air où il se dissipe! 616. Dites, si YOUS le pouYe~. si jamais il peut exister sur I~ Régénération IIne s\upidité plus aveugle que celle qu'on trouve

U,9 RELIGION CHRÉTIENNE, chez ceUl!: qui se confirment dans la Foi d'aujourd'hui, ~ !I:n·oir. que la foi est infusée dans l'homme lorsqu'il est comme une souche ou comme une pierre, ef qu'alors celle foi infuse est suivie de la justification, qui 8st la rémission des péchés, la réiénéralionl outre plusieurs autres dons i et que l'opération de l'homme doit être absolument exclue, afin qu'elle ne porlo aucune violence au mérite du Christ: pour que ce dOime fùt établi encore plus solidement. ils onl c')té • l'homme tout libre arbitre dans 18s choses spirituelles, en admettant une oomplète impuissance pour ces choses i et pour lors comme si Dieu opérait seulemcut de son cc')té, et qu'il n'eût été donné à l'homme aucune puissance de coopérer du sien, et ainsi de se conjoindre i que serail alors l'homme quant • la réiénéralion, sinon comme ayant les mains et les pieds 1iés~ semblable à ceUI qui sont enchalnés dans les vaisseaux apl,elés salèr8ll. el comme eUI puni et condamné à mort, s'il se déS3seail des menoLles et des fers aux pieds, c'est-à-diro, si d'après le lib,'e arbitre il faisait du bien au prochain, el si d'après lui-même il crol'ail en Dieu pour cause de ~alut r Que serait l'bomme confirmé dans de tels dosmes, el cependant dans un pieux 4ésir du Ciel, sinon une sorte de fantôme se tenant dans celle vision, à savoir, si celle foi avec ses bénéfices a été infusée, ou, en cas qu'elle ne liait pas été, si elle s'in~use, par conséquent si Dieu le Père a eu pitié. ou si son Fils a intercédé, ou si l'Esprit Saint occupé ailleurs n'a Ilas opéré i et enfin d'après sa complète isnorance cesserait de s'en occuper et se consolerait, en diclant: u Peut-être que celte ,rAce est dans la moralité €le ma vie, dans laquelle je suis et je reste comme auparavant, et par conséquent Slliote en moi, mais profane en ceUI qui n'ollt pas obtenu celle roi; afin donc que la sainteté reste dans ma moralité, je me sarder:ai bien par la suite d'opérer de moi-même la foi et la cbarité, etc. » Quiconque pense à la Rt!génération sans le Libre Arbitre dans les cboses spirituelles devient un semblable fantôme, ou, si on le préfère, une semblable statue de sel. 6t'7. L'homme qui croit que la Régénération peul exister saDS aucun libre arbitre dans les spirituels, aillsi sans coopération, devient, quant à lous les vrais de l'Eslise. f,'oid comme un caillou, el s'il s'écbauffe, il est comme dans \In foyer le tison qui brûle )lar leK

LA VRAIE matières combustibles qu'il contient, car il brille de convoitises. n est, par comparaison, comme un palais qni s'enfonce dans la terre' jusqu'au toit, et est inondé d'eaux bourbeuses, et après cela il ha-' bite, lui, sur le toit nu, et s'y construit ulle tente avec des roseaux de marécage, eL enfin le toit s'enfonce aussi, et lui-même est submergé. Il est encore semblable à un navire, où il y a des marëhandises l)récieuses de toùte espèce, tirées de la Parole comme d'une tréllorerie, qui sont ou rongées par les rats et par les miles, ou jetées à la mer par les matelots, et ainsi les marchands sont privés de leurs biens. Les érudits, ou ceux qui sont riches des m~ tères de celle Coi, sont semblables à des marchands ambulants qni, dans les auberges vendent des statues d'idoles, des fruits et des Oeurs en cire, des coquillages, des vipères dans des bocaux, et d'autres objets semblablea. Ceux qui na veulent pas regarder en haut par une puissance spirituelle quelconque, appliquée à l'homme et donnée par le Seigneur, sont en actualité comme les bêtes qui resardent de la téte en bas, et cherchent seulement des pâturases dans les forêts; et s'ils viennelit dans les jar4ins, ils sont comme les, vers qui dévorent les Ceuilles des arbres; ct s'ils voient des yeux les fruits, et pillS encore s'ils les touchenL des mains, ils les remplissent de ,'ers: et enfill ils deviennent comme des serpents à écailles, leurs illusions sonnent et brillent comme les écailles de ces serpents; et ainsi du reste.
Ln Régénération n'est pas possihle sans les vrai~, par lesquels est formée la Foi, et avec lesquels se conjoint la Charitê.
6i8. L'homme est régénéré par ces trois, Il savoir, le Seigneur,

la Foi et la Charité, ces nois seraient cachés comme les choses du plus haut prix enfouies en terre, si les Divins Vrais de la Parole ne les !DeLtaient pas en évidence; il Ya plus, ils restent caches J'our ceUl qui nient la coopération, lors même qu'Jls liraient la Parole des ceDlaines ou des milliers de fois, quoique ces trois y soient dans lino lumière claire. Quant • ce qui concerne le Sei;neur, quel est l'homme, conlirmé dans la foi 'd'aujourd'hui, qui y ,'oit à œil ouvert que Lui eL le Père sont un. qu'il est Lui-Même

HU RELIGlON CHRÉTIENNE. le Dieu du Ciel et de la Terre, et que la volonté du Pèrr r!lf '111'00 croie au Fils, outre d'innombrables vérités semblables sur le Seigneur dans l'un et l'autre' Teslament! cela vient de ce que de tels hommes ne 80nt pas dans les vrais, ni par conséquent dans la lulDière d'après laquello les vérités de ce genre peuvent être vues; et si la lumière était donnée, les faux néanmoins l'éteindraient. et alors ils passeraient sur ces vérités comme sur des phrases couvPorles de ratures, ou cOlDlDe on passe sur des conduits soulerrains sans s'apercevoir qu'on marche dessus: ceci a été dit, afin qu'on !lache que sans les vrais -ce point principal de la réiénération n'est pas vu. Quant à ce qui concerne la Foi. elle ne peut pas non plus exis:ter sans les vrais, car la Foi et le \"rai font une seule chose; en effel, le bien de la foi est comme l'âme, el les vrais en fon't le corps; c'est pourquoi dire qu'oll croit ou qu'on a la foi, et ne connaitre aucun vrai de la foi, c'est comme extraire l'Ame du corps, el parIer avec celle Ame, qu'on ne voil pas; de plus, tous les vrais qui font le corps de la foi émeLlent d'eux-mêmes la lumière, éclairent et prédenLent sa face à la vue. Il en est de même de la Charité, elle émet d'elle-même la chaleur, avec laquelle la lumière du vrai se conjoint, ainsi que fait la chaleur avec la lumière dans la saison du printemps dans le Monde; par la conjonction de celle-ci les animaux et les yégélaux de la terre reviennent dans leurs proli6ques: il en est de m~me de la Chaleur el de la Lumière spirituelles, elles se conjoignent pareillement dans l'homme, lorsque celui-ci est dans les vrais de la roi et en même temps dans les biens de la charité; car, ainsi qu'il a été dit dans le Chapitre sur la Foi, de chacun des vrais de la foi effiue IIne lumière qui illustre, el de chaoun des hiens de la charité effluo une chale,ur qui embrase; puis, la Lumière spirituelle dans son essellce est l'Intellisence, el la Chaleurspirituelle dans son essenoo est l'Amour, elle Seigneur sculles conjoint tdotes deux chez l'homme, quand il le régénère; en effet, le Seii;oeur a dit: • Les parales que Moi je pron071ce sont esp"it et 80nt vit. » - Jean, VI. 63. - Il Croyez en la Lumière afin q"e fils de lumière vous soyes; Moi, Lumière, dans le Monde je suis venu . • - Jean, XII. 36, 46. - I.e Seigneur e~t 10 Soleil dans le lIonde spirituel i d~ ce Soleil l,rocèdenl toute IU1l1iè."0 oL toule chaleur spirituelle; eL celle lumière éclaire et celte chall,llli'

LA VRAIE US2 embrase, et la conjonction de l'une et de l'autre vivifie et régénère l'homme. It9. D'après ce qui précède, on p'eut voir que sans les 'rais il n'y a pas de connaissance du Seigneur; et aussi, que sans les vrais il n'y a point de Foi, et ainsi 'Point de Charité, que par conséquent sans les vrais il n'y a au~une Théologie; et, où il n'y a pas de théo>logie, il n'y a pas non plus d'Église: telle est aujourd'hui l'Assemblée des peuples qui se nomment chrétiens, et se disent dans la lumière de l'Évangile, quand cependant ils sont dans l'obscurité même i car les vrais y sont autant cachés sous les faux, que l'o!!, l'argent et les pierres précieuses ensevelies parmi les os dans la vallée de Hinnom : qu'il en soit ainsi, c'est ce que j'ai vu clairement dans le Monde spirituel par les sphères qui erouent du Christianisme d'aujourd'hui et se propagent. La première sphère concerne le Seigneur, c'est de la Plage méridionale, où sont les savants d'enLre le clergé el leb érudits d'entre les laïques, qu'elle s'exhale et se répand; elle va de louf côté, s'insinue dans les idées, eL chez plusieurs elle Ole la croyance ~ la Divinité de l'Humain du Seigneur, chez plusieurs elle l'affaiblit, et che~ plusieurs elle en faiL une folie; et CClla, parce qu'elle introduit en même temIls la croyance l trois Dieux, et qu'ainsi loul est confondu. La seconde sphère, qui concerne la foi, est comme dans la saison de l'hiver un nuage noir qui répand les ténèbres, change les pluies en neiges, dépouille les arbres, gèle les eaux, et enlève toute pâture aux brebis; cette sphère conjointe Ala pr4)mière introduit une sorte de léthargie au sujet de Dieu un, de la régénération et des moyens de salut. La troisième sphère, qui concerne la conjonction de la foi et de la charité, esL si forte qu'on ne peut y résisler, mais aujourd'hui elle eSI abominable, eL comme une peste elle infecte quiconque l'aspire, el brise tout lien entre ces deux moyens de salut établis dès la créatioll du }(onde, et renouvelés l'ar le Seigneur; celle sphère' envahit aussi les hommes dans le l'Tonde naLurel, et éteint les torches conjusales entre les vrais et les biens; rai senti cette sphère, et alors comme je pensais l la Con jonc lion de la fo.i et de la charité, elle s'est inLerposée entre elles, et s'est violemment efforcée de les séparer: les Anges se plaignent de ces spllères, et prient le Seigneur de les dissiper i mais ils onL reçu pour réponse qu'elles ne peuvent

RELIGION CBIŒTIENNE. usa être dissipées tant que le Dragon est sur la terre, puisqu'elles procèdent des Espri ts du dragon, car il est dit du Dragon, qu'il fut jeté sur la terre. et alors il est ajouté: u A cause de cela, réjouissez"ow, Ciel/tE; et malheur à cew; gui ha6ilent la terre 1» - Apoc. XII. t 2. - Ces trois sphères sont comme des atmosphères poussées par une tempête, elles ont pour origine les sou mes des Dragons; et, comme elles sont spirituellt!s, elles envahissent les mentais el Jes assujettisent. Les sphères des vérités spirituelles J sont encore en pelit nombre, seulement dans le Nouveau Ciel. et sons le Ciel chez ceux qui onL été séparés d'avec les Esprits du Dragon: voil~ pourquoi ces Vérités aujourd'hui dans le Honde chez les hommes ne sont pas plus visibles, que ne le sont des Vaisseaux dans la mer Orientale pour des Pilote:; et des Matelots qui naviguent sur la mer Occidentale. 6!0. Que la Régénération ne soit pas possible sans les vrais par lesquels est formée la foi, c'est ce qui peut être illustré par ces comparaisons; elle n'existe pas plus que le Mental ,humain n'existe sans l'entendement, car l'entendement est Cormé par les vrais, et par conséquent enseigne ce qu'il faut croire, et ce qn'il faut faire, et aussi ce que c'est que la Régénération, et comment elle se fait. La Régénération sans le:;· vrais n'est pas plus possible, que la vivification des animaux et la végétation des arbres sans la lumière du soleil; car si le soleil ne donnait pas la lumière en même temps qu'il donne la chaleur, il d~viendrait, ainsi qu'il est décrit dans l'Apocalypse, comme un sac de poil, - VI. t 2, - et noirci, - Joël, In. .l, - et ainsi il J aurait d'épaisses ténèbres sur la terre - JoCl, IV, US; - il en' serait de même de l'homme sans les vrais qui émettent d'eul-mêmes la lumière; car le Soleil, d'où proOuent les lumières des vérités, est (e Seigneur dans le Monde spirituel; si la lumière spirituelle n'influait pas de là dans les mentais hamains, l't,lise serait dans d'épaisses ténèbres, ou dans l'ombre produite par une perpétuelle éclipse. Une Régénération, qui se ferait par la foi et la charité sans les vrais qui enseignenL et conduisent, serait comme une nRvigation sur le grand océan sans gouvernail, ou sans boussole ct sans cartes; et comme une cavalcade dans une forêt épaisse au milieu de la nuil. La vue irlwrne du mental chez ceux qui sont non dans les vrais mais dans. les hm, et qui croient que

LA. VRAI~ ces faul sont deR vrai~. peut être comparee l la vue de ".eeul cbez qui les nerfs optiques ont été obstrués. et dont l"œil ptrall néanmoins sain et voyant. quoiqu'il ne voie rien. cécité que les Méd!,:, cins appeiIent Amaurose et GOoutte sereine; car cbez eux le rationnelon l'intellectuel est obstrué par cn baut. et seulement ouverl par en bas, d'où il suit que la lumière rationnelle est comme la lumière oculaire, el par suite tous I~s jugements sont seulemen.l imaginaires et liés ensemble par de pures illusions: et alors les hommes seraient comme des Astrologues qui se liennent dans les places publiques avec de longues lunettes, et font de vaines prédictions; tels deviendraient lOUS ceux qui fonl leur ~tude de la Tbéoloiie. si les Vrais réels procédant de la Parole n'étaient pu onverts par le Seigneur, ... ... 6tt. An explications de ce Cbapitre seront joints ces !ftIlORABLES: PJlEIlIER MtMORABLE. Je vis une Assemblée d'.Esprils, tous l genoux, priant Dieu de leur envoyer des Anges. avec qui ils pussent parler boucbe l boucbe, et oUJ.rir les pensées de leur cœur; et, quand ils se relevèrent, lrois Aoges ,'étus de 6n lin furent vus debout en leur présence, el direnl : • Le Seiiueur J~us­ Christ a entendu 'os prières, el nous a en conséquence envoyés ,'ers vous i décourrez-nolls les pensées de votre cœur, Il Et ils répondirent: « Les Prêtres nous ont dit que, dans les matières Th60lo,iques, c'est la foi qui a de la force.. et non l'Entendement. et que la Foi intellectuelle dans ces matières n'est d'aucun lvantage, parce qu'elle vient et tire sa sagesse de l'homme et non de Dieu •. Nous sommes Anglais, el nous avons appris de notre Saint Ministère plusieurs cboses que nous avons crues, mais quand oo.u, avops conversé avec d'autres qui .e disaien~ ~ussi Réformés, et avec d'autres qui se disaient Calholique.c;..Romaios, el en outre avec des sectaires. ils nous paraissaient tous savant~, qUQique cepeudan' en beaucoup de choses ils ne s'arcordassent pas; et néanmoins tous nous dirent: CROYEZ-KOUS i et quelque.c;-uns: Nous SOIiIiES LIS MINISTRES DE Du:u, IT NOUS POSSEDONS LA. SCIENCE, Mais comme nous savons que les D!vines Vérités, qui sonl appelées vérités de la foi et qui appartiennent à l'E~lise, ne sonl chez aucune personne d'après le sol natal, ni d'après l'héréditaire, mais vienppnl de Dieu

. ..

I!SS RELIGION CHRÉTIENNE. l par le Ciel; et comme ces v~rité5 montrent le chemin qui conduit lU ciel, et entrent dans la vie avec le bien de la charité.. et ains conduisent à la vie éternelle.. nous sommes devenus inquiets, et DOUS avons adressé il ~eIlOUI des prièl'es à Dieu, " Alors les Anges répondirent cc Lisez la Parole, et croyez au Seigneur, et vous verrez les Vérités qni devront apparlenir à voire foi ell votre vie; lous da os le Monde Chretien puisent leurs Doctrinaux dans la Parole comme dans la source unique, • l'lais deux Esprits de l'Assembléll dirent: • Nous avons lu, et n01l1 n'avons pas compris, • El les Anges répondirent: • Vous ne vous êtes point adressésau Seigneur.. qui. est la Parole; et en ontre, auparavant, vous vous étiez confirmés dans des fauI.. Et los Anges ajoutèrent:. Qu'est-ce que la foi sans la lumière T et qu'est-ce que penser sans con:.prendre TCela n'est pas Humain; les corbeaux et les pies peuvent aussi aIJprendre :\ parler sans l'entendement; nous pouvons vous. assurer que Lout homme, dont l'âme désire, l'eut voir les vérités de la Parole dan!! la lumière; il n'y a pas d'animal qui ne cODnaisse la nouriture qui convient il sa vie, quand il la voit; el l'homme est un Animal rationnel et spirituel, il voit la nourriture qui convient i sa vie, nOD pas du corps, comme le simple animal, mais de l'ame, nourriture qui est le vrai de la foi, s'il en est affamé el qu'il la demande au Soigneur; en outre, tout ce qui n'est pas reçu par l'entendement ne s'attache pas lIa mémoire quant l la chose, il s'y attache seulement quant aux mots; c'est pourquoi, quand du ciel nous avons porté nos regards sur le Monde, nous n'avons rien vu, mais seulement nous avens. entendu des sons, la plupart discordanLs: mais nous allons exposer certaines choses, que les &avanls du Clergé ont éloigltées de l'entendement, ne sachant pas qu'il y a deux chemins qui conduisent :\ l'Entendement, l'un venant du Monde, ct l'autre du Ciel, et que le Seigneur relire hors du Mond. l'Enlendement quand il l'éclaire ; mais si l'Entendement est fermé d'après la Religion, le chemin qui vient du Ciel lui est fermé, et alors dans la Parole l'homme ne ,'oit pas plus qu'un aveugle; nous I\'ons VII plusieurs de ccux-Ià tomber dans des fosses dont ils ne solit (loint sortis, Soient des Exemples pour iIIuslra/ion: Ne [louvez-vous Il as comprendre ce que c'est que la Charité, et ce que c'rst que la Foi; que la Charité est de bien agir avec le prochain,

aq

LA. VRAIE eL la foi de penser sainement de Dieu et des choses essentielles de l'Église, et que par conséquent celui qui agit bieu et pense sainement, c'est-A-dire, qui viL bien et croit sainement, est sauvé f III A cela ils dirent: • Nous le comprenons •• Les Anses ajoutèrent: • Ne pouvez-vous pas comprendre qu'il faut que l'homme fasse Pénitence de ses péch~s pour qu'il soit sauvé.; que si l'homme ne faU pas pénitence, il resie dans les péchés dans lesquels il est né i et que faire pénuence, c'est ne point vouloir les Dlaux parce qu'ils sont contre Dieu. et une fois ou deux par an s'examiner, voir ses maux, les confesser devant le Seis"eur, implorer du seconrs, renoncer aux péchés, et commencer une nouvelle vie, et qu'autant il fait cela et croit au Seigneur, autl4nt les péchés lui sont remis f • Alors ceux de l'Assemblée dirent: • NOliS comprenons cela, et par conséquent nous coml,renons aussi ce que o'est que hl Rémission des péchés .• Et alors ils prièrent les Anges de les instruire encore davantage, et même eu ce moment sur Dieu, sur l'immorlalité de l'lme, sur la Régénération et sur le Bapt~me;. celle demande les Anges répolldirent: fi: ·Nous ne dirons aucune chose que vons ne puissiez comprendre, autrement nos paroles lomberaient comme la pluie sur le sable et sur les semences qui y sonl, lesquelles, quoiqu'arrosées par les eaux du ciel, dépérissent et meurenl .• Et ils dirent. l'égard de Dieu: • Tous ceux qui vivent dans le Ciel y obtiennent une place, et par suite une joie éternelle selon l'i.tée qu'ils ont de Dieu, parce que celte idée règne universellement dans toules les choses du Culle; l'idée de Dieu comme Esprit, quand on croit que l'esprit est comme l'éther ou le vent, est une idée vaine; mais l'idl§e de Dieu comme Homme est une idée juste; car Dieu est le Divin Amour et III Divine Sasesse avec toute leur qualité, et leur Sujet est l'Homme, et non l'éther 011 le vent; l'idée de Dieu dans le Ciel est l'idée du Seigneur Sauveur; Lui-Xême est le Dieu du Ciel et de la Terre, comme il l'a enseigné ; que votre idée de Dieu. soit semblable à la nôtre, et nous serons consociés .• Pendant qu'ils prononçaient ces paroles. leurs faces resplendissaient. Sur l'bIIlOIlTALI'1~ DE L'AME ils dirent: fi: L'homme viL éternellement. parce qu'il peut être conjoint il Dieu par l'amour et par la foi; chacun le peut; que celle Possibilité fasse l'immorlalilé de l'âme. vons pouvez le comprendre pour pe" que

156

RELIGION CBR~TIENNE. US7 vous '1 pensiez profondément • Sur la RtGÉlItSATION ils direnl: • Qui ne voit que cbaque homme a la liberté de penser à Dieu, eL de n'y pas penser, pourvu qu'il soit instruit qu'il '1 a un Dieu, qu'ainsi cbacqn a la liberté dans 189 cboS85 spirituelles de même que dans les choses civiles el naturelles P Le Seisneur donntl continuellemeut cette liberté ~ tous les bommes; aussi l'homme devient-il coupable, s'ii n'y pense pas i l'bomme est bomme parce qu'il peul penser l Dieu, et la bête est bête p~rce qu'elle ne le peut pas; o'est pour cela que l'bomlne se peut réformer et régénérer comme par lui-même, pourvu qu'il reconnaisse de cœur que c'est par le Seignenr i tout hOR!me qui rail pénitence el croit au Seisneur est réformé et réiénéré; l'homme doit Caire J'un et l'autre comme par lui-même, mais COIIMB PAR LUI-RtME, c'est par le Seisneur. Il est vrai que l'homme de lui-même ne peut nullement y contribuer, pas même en la moindre chose; cependant vous n'avez pas été créés statues, mais vous avez été créés Hommes, pour faire cela par le Seigneur comlne par vous; c'esl là l'uuique récit proque de l'amoJlr el da la foi que le Seigneur veut absolument que l'homme accomplisse envers Lui; en un mot, faites par vousmêmes, et croyez que c'est.par le Seisneur, de celle manière vous faites comme par vous-mêmes.» Mais alors ils demandèrent si faire comme par soi-même a été mis dans l'homme par création; l'Ange répondit: • Cela n'y a point été mis, car faire par sol-m~me appartienlll Dieu Seul, mais cela est donné continuellement, c'està-dire, est adjoint conlinuellement ; et alors en tant que l:homme faille bien et croille vrai comme par lui-même, il est 'ID Anse du ciel i mais en tant qu'il Caille mal et par suite crolL le faux, ce qui aussi est comme par lui-même, il est un Esprit de l'enfer; qua ce soit aussi comme par lui-même. vous en êtes étonnés, mais néanmoins vous le voyez, quand en prianl vous demandez Il être préservés. du diable, de peur qu'il ne vous séduise, qu'il n'entre en vous comme dans Judas, qu'il ne vous remplisse de toute iniquité, et qu'il ne détruise et votre Ame et votre corps: mais quicollque croit qu'il agit par soi-même, soit qu'il fasse le bien soit qu'il fasse le mal, devient coupable, tandis que celui qui croit qu'il agit comme par soi-même ne devient pas coupable i car si celui-là croit que le bien vient delui, il s'arroge ce qui appartient à· Dieu i el s'il croil


US8 LA. YRAIR que le mal vient de lui, il s'attribue ce qui appartient au diable .• Sur l~ BAPTillE, ils dirent: • C'est une Ablution spirituelle, qui est la Réformation et la Régénération, et l'Enfant est réformé et régénéré quand, devenu adulte, il rail ce que ses Par.rains ont llromis pour lui, à savoir, ces deux. cboses, la Pénitellce et la Foi en Dieu J car ils promettent: t· qu'il renoncera au diable et à tou~s ses œuvres; 2° qu'il croira en Dieu; tous les Enfants dans le Ciel sont initiés dans ces d~ul choses, mais pour eUI le diable est l'enfer, et Dieu est le Seigneur: de 1\lus, le Baptêmc est un siine devant les Anges que l'homme est de l'EBlise. JI Après avoir entendu ces explications, ceUI de l'AssenllJlée dil'ent: Il Nous comprenons 'cela •• lIais alors une voix rut entendue sur le, cOté, criant: • Nous ne comprenons l'as. • Et une autre VOil: • Nous ne voulons pas comprendre .• EL l'on rechercha de qui étaient cc~ VOil; et l'on décou\'riL qu'ellcs \'enaient de ceux qui avaienl confirmé cbez eux les faux de la foi, et avaient voulu qu'on Jes crdt comme des oracles, ct qu'ainsi on les adorât. Les All~e!i dirent: Il Ne vous en étonnez point; il Yen a beaucoup aujourd'hui qui laur ressemblent; du Ciel ils nous apvarau;.o;ent comme des sLatues faiLes avec un tel art, qu'elles peuvent remuel' les lèvres, et produire des sons comme de véritables orBlnes, et ils ne savent pas si le soume d'après lequel ils produisent les sons vient de l'Enfer, ou s'il vient du Ciel, parce qu'ils ne savellt pas si c'est le faux ou si c'est le vrai; ils raisonnent et raisonnellt, puis ils confirment et confirment, et ils ne voient jamais si la chose est ou n'est pas; mais sachez que le Génie bumain peut confirmer tout ce qu'il veut, au point de le Caire paraUre comme s'il elistait réellement; c'est pourquoi les bérétiques le peuvent. les impies le peuvent et même les ath~es peu\'ent confirmer qu'il n'y a point de Dieu, et qu'il n'ya que la Nature.• Ensuite ceLte Assemblée d'Anglais. bralant du désir d'être sage, dit aux Anses: Il On parle de la SA1ICTE-CiNE de tant de manières différentes, dites-nous la \'érité sur çe sujet. Les Anses répondirent: • La Vérité est que l'homme qui porte ses regards vers le Seigneur, et qui fait pénitence, est par celte chose très-sainte conioint au Sei~neur et introduit dans le Ciel. • liais ceUI de l'Assem_ blée dirent: «Ceci est un mY!ltère .• Et les Anges répondirent: • C'est un myllLère, mais il est tel cependant. qu'il peut être com-

l

tS9 RELIGION CHRÉTIENNE. pris; le Pain et le Vin ne font point ce mystère, il n'y a rien de 'saint en eux i mais le'Pain matériel et le Pain spirituel se correspondent'mutuellement, et aussi le Vin matériel et le Vin spirituel; et le Pain spirituel est le Saint de l'amour, et le Vin spiritual esl le Saint de la foi, procédant l'un et l'autre du Seigneur, et étant l'un et l'autre le Seigneur; de l~ la conjonction du Seigneur avec l'homme, et de l'homme avec le Seigneur, non avec le pain elle \'Ï'n, mais avec l'amour 'et la foi de l'homme qui a- rait pénitence;' et la conjonction avec le Seigneur est aussi l'introduction dans le Ciel •• Et après que les Anges leur eurent donnr quelques ius1ructions sur la Correspondance, ceUi de l'Assemblée direnl: • Maibtenant I)our la première rois nous pouvons aussi comprendre cela .• Et comme ils prononçaient ces paroles, voici, une ftamme descendant du ciel avec une grande lumière les consocia avec les Anges, et ils s'aimèrent mutuellement. 6!2. SECOND Mt_ORABLE, Tous ceUI qui ont élé préparés pour le Ciel, ce qui se rait dans le Monde des esprits, situé dans le milieu entre le Ciel el l'Enfer, désirenl avec soupir le, Ciel, aprè.'l.que le temps 'est achevé, et incontinent leurs yeux sont ouverts, el ils voient un chemin qui conduit ~ quelque société dans le Ciel; ils entrent dans ce chelllin, et ils monten't; et dans la montée il '1 1 une porte, l laquelle est placé un garde; ce garde ouvre la porte, et ils entrent; alors au-devant d'eux \'ient un Examinateur q",i leur dit, de la part du Modérateur, d'entrer plus avant, et de chercher s'il y a quelque part des l'tl aisons qu'ils reconnaissent comme étant l eux, car pour chaque Ange novice il y a une maison nouvelle; et s'ils en trouvent, ils le déclarent et i1t1 y demeurent; mais s'ils n'en trouvent pas, ils reviennent et disent qll'ils n'en ont pas .u j et alors il est examiné par un Sage si la Lumière qui esl en eu'x concorde avec la Lumière qui est dans la société, et principalements'i1 y a concordance de Chaleur; car la Lumière du Ciel dans son essence est le Divin Vrai, et la Chaleur du Ciel dans son essence est le Divin Bien, l'un et l'aulre procédant du Seigneur comme Soleil dans le ,Ciel; s'il ya en eux UDe autre Lumière et UDe autre Chaleur que la Lumière el la Chaleur de ceUe Société, c'esl-l-dire, s'il y a lin autre Vrai et un aulre Bien, ils ne sont pas reçus i en conséquence ils se retirent, et vont par des chemins

1
t60 LA VRAIE ouverts dans le Ciel entre les Sociélés ; et cela, jusqu'à ce qu'ils trou\'ent une Société absolumenL conforme à leurs affections, et ils y font leur habitation pour l'éterniLé i car ils sont là au milieu des leurs comme au milieu d'alliés et d'amis qu'ils aiment de tout cœur, parce qu'i1s'sont dans IIne semblab]e affection; et li ils sont dans ]e bonheur de leur vie, et dans le délice de toute leur poitrine par la paix de l'Ame, car il y a dans la Chaleur et la Lumière du . Ciel un délice ineffable qui est communiqué; voilà ce qui arrive à ceux qui deviennent Anges. Quant à ceux qui sont dans les lDaUI et dans les faux, ils peQ\'enl par permission monter dans le Ciel i mais dès qu'ils entrent, ils commencent à baleter et à respirer péniblement, et peu après leur vue s'obscurcit, leur entendement se trouble, leur pensée cesse, une sorte de mort se présente à leurs yeux, et ainsi ils restent ·debout comme des souclles i et alors le cœur commence i l.mllre, la poitrine à se serrer, el le mental à êlre saisi (l'angoisse et de plus en plus torturé, et dans cet état ils se lordenl comme des serl,cnls nlis près tl'un foyer, aussi s'éloiguent-i1s de là en se roulant, et s'élancent-ils en bas par un précipice qui alors devient visible Ilour eux; et ils ne se reposent que lorsqu'ils sont avec leurs semblables dans l'Enfer, où ils peuvent respirer, et où leur cœur bat librement. Ensuite ils Ollt cn baine le Ciel et rejeLlentle \'fai, ot dans leur cœur ils blasphèment le Seigneur, croya,it que leurs tourments et leurs tortures dans le Ciel venaient de Lui. Par ce court exposé, on peut voir quel est le sort de ceux qui ne font aucun cas des Vérités appartenant Il la foi, quoiqu'elles fassent la lumièrll d;lIIs laquelle s~nt les Anses du ciel, et qui ne font aucun cas des .Biens appartenan l à l'Amour et , lia Charité, quoique ce." biens fassent la chaleur de la vie dans laquelle sont les Anges du Ci cl : 011 peut encore voir par là dans quelle erreur sont ceUI qui croient que cbacun peut jouir de la béatitude céleste, pourvu qu'il soit admis dans le Ciel; car la foi aujourd'hui, c'est qu'on est reçu dans le ciel d'après la Miséricorde seule, et que la réception dans le ciel esl comme celle d'un homme qui, dans le Monde, esl invité dans une l'faison de Noces, et s'y livre alors à la joie et à l'allésresse a\'ec les con\'jves i mais qu'on sache que dans le Monde spirituel il y a communication des affections de l'amour et des pensées qui en provienllent, car

-

tSt. RELIGION CHRÉTIENNE. l'Homme alors est uo Esprit.. eL la Vie de l'Esprit esL l'affection de l'amour el par suite la pensée; el que l'affection homog~ne conjoint. et l'aft'ection hétéroB~ne &t'pare. et que ce qui est bétéro,ène cause des tourmenL.;, au diable dans le Ciel, et à l'anBe dans l'Enfer; c'est pour cela qu'ils on 1 été soigneusement séparés selon les diversités, les variétés et les dift'érence& des affections qui appartiennent à l'amour. 6!3, TROISIÈME MËMORADLE. Un jour, il me fut donné de voir irois cents Ecclésiastiques et Laïques. tous savants et érudits, parce qu'ils avaieut su confirmer la Foi seule jusqu'à la juslification, et quelque~-uns avaient même élé au-d"là; eL comme chez eUI il y aYaitla foi, que le Ciel est seulement une admission par ,race, il leur fut accordé de monter dans une Société du Ciel. qui cependant o'était pas une des sociétés supérieures: et pendant qu'ils montaient. ils étaient \'us de loin comme des VeaUI ; el quand ils entrèrent dans le Ciel, il!! furent reçus avec ci\'ilité j,ar les Anges. mais t:mdis qu'ils conversaient, uo tremblement s'empara d'eux, puis un frisson, et enfin une torture comme celle de la mort, et alors ils s'élancèrent précipitamment en bas, et dans leur chute ils furent vus comme des Chevaux llIorts. Si en monlant ils al'parurent comme des Veaux, c'est parce que l'affection naturelle de voir et de savoir se manifestant avec joie apparatl d'après la correspondance comme un Veau; el si dans leur chule ils apparurent comme des Chevaux morts, c'est parce que l'Entendement du vrai apparah d'après la"correspondance comme un Cheval, et que l'Entendement nul du vrai qui appartient à l'Eglise apparalt comme un Cheval morL. Au-dessous d'eux il y avaiL des enfanls qui les virt'nt descendre, et auxquels ils apparurent, en descendant. comme des Chll'"aux R.orts; et alors ces enfants détournèrent leurs faces, ct ils dirent à lour Mallre qui était a\"ec eux: cc Qu'est-ce que ce prodige r Nous avons yu des hommes, et JlJaintenant au lieu d'hommes ce sont des Chevaux morlS ; comme IIOUS ne pouvions pas les resarder. nous avons détourné nos faces; l'aUre, ne restons pas dans ce lieu. mais allons nous-en.» El ils s'en allèrent. Et alol's le MatLre. dans le chemin. les instruisit de ce que c'est qu'un Cheval mort, en lenr disant: « Le Cheval si~nifie l'Entendement.du
n
Il

LA VRAIE vrai d'après la Parole i tous les Chevaul que vous avez VUI ODt siInifié cet entendement i en effet, quand l'homme va méditant d'a}lrlM; la Parole, sa Méditation apparall de "loin comme un Cheval vigoureul et vivant selon qu'il médite spirituellement, et au CODtraire chétif et mort selon qu'il médite matériellement, » Alors les enfants demandèrent ce que c'était qlle méditer spirituellemen& et méditer matériellement d'après la J'arole; et le MaItre répondit: ft Je vals illustrer cela par des es.cmples: Qui est-ce qui, pendant qu'il lit saintement la Parole, ne pense pas intérieurement en soi à Dieu, au Prochain et au Ciel! Quiconque pense Dieu seulement d'après la Personne, et non d'après l'E&Sence, pense matériellement; celui qui pense au Prochain seulement d'après la forme externe, et non d'après la qllalité, pense matériellelDtlnt; et celui qui pense au Ciel seulement d'après le lieu, et non d'après l'imour et la sasesse qui fout que le Ciel est le Ciel, pense eneore matériellement, • Mais les enCanis dirent: • Nous, nous aVODI pensé à Dieu d'après la Personne, au Prochain d'après la Forme, en ce qu'il est homme, et ail ciel d'après le Lieu, en "ce qu'il au-dessus de nous, est-ce que pour cela, quand nOlis avons lu la Parole, nous avons alors apparu l quelqu'un comme des chtlvaul morts f" Le maltre leur nit: • Non ; ~ous êtes encore des enfanta, et vous ne pouyez pas penser autrement; mais j'ai perçu chez vous l'affection de savoir et de comprendre, et celle affection étant spirituelle, vous avez aussi pens6 spirituellement, car il y a une pensée spirituelle intérieurement cachée dans votre pensée matérielle, ce que vous ne savez pas encore, Mais je reviens à ce que précédemment je disais, que celui qui pense matériellement, pendant qu'il lit la Parole, ou qu'il médite d'après la Parole, apparaU de loin comme un Cheval mort, tandis que celui qui pense spirituellement apparatt comme un Cheval vivant i et que celui qui pense à Dieu seulement d'après la Personne, et non d'après l'essence. y pense matériellement i car il y a plusieurs Attributs de la Divine Essence, comme la Tou Le-Puissance, la Toule-Science, la ToulePrésence, l'Éteruité, \' Amour, la Sagesso, la Miséricorde et la' Gl'Ace, et d'autres i et il y a des ALtributs procédallt de la Divine Essence, qui sont la Création et la Conservation, la Rédemption et la Salvation, l'Illustration et l'Inslruction, Quiconque pense à

16t

*

es'

""

r

163 RELIGION CHBETIENNE. Dieu d'après la Personne. fait trois Dieu~. en disant, qu'il y a un Dieu qui est Créateur et Conservateur. un autre qui est Rédempteur et Sauveur, el un Troislèm~ qui est Illustrateur et Instructeur; mais quiconque pense. Dieu d'après l'essence, fait un Seul Dieu. en disant: Dieu nous a créés. et ce même Dieu nous a ra~hetés et nous sau\"e. et lui aussi nous illustre et nous instruit; fie Il vient que ceUI qui pensent l la Trinité de Dieu d'après la Personne, et ainsi matériellement, ne peuvent d'aprè.o; les idées -de Jeur pensée, qui est matérielle. que faire d'un Seul Dieu Trois Dieux, mais néanmoins ils sont tenus, contre leur pensée. de dire qu'il y a Union de ces Trois Dieux par l'Essence. parce qu'ils ont, comme. tra\'ers un treillis, pensé aussi l Dieu d'après l'essence; c'e.'1t pourquoi, mes Elèves, pensez d'après l'Essence, et d'après elle a la Personne, car penser d'après la Personne·1 l'Essence, C'8.lIt peuser matéritlllement aussi à l'Essence, tandis que penser d'après l'Essence à la Personne, c'est peuser spirituellement aussi lia Personne: les Gentils Anciens, parce qU'ilR ont pensé matériellement l Dieu, et par conséquent aussi aUlL AUributR de Dieu, ont fait non-seulement trois Dieux, mais une multitude de Dieux jusqu'. plus de cent. car de chaque Attribut ils faisaient un Dieu: sachez que le matél'iel n'entre pas dans le spirituel, mais que le spirituel entre dans le matériel. Il en est de même ~e la pensée sur le Prochain d'après sa forme externe, et non d'après sa qualité·; et de même aussi de la pensée sur le Ciel d'après le lieu, et non d'après l'Amour et la Sagesse qui constituent le Ciel. Il en est de même de toutes et de chacune des choses qui sont dans la Parole i c'est pourquoi celui qui conse"e une idée matérielle sur Dieu, et aussi sur le Prochain et sur le Ciel, ne peut rien comprendre dans la Parole, elle est pour lui une leUre morte; et lui-même, quand il la lit, ou qu'il médite d'après elle, apparatt de loin comme un ClIeval mort: ceux que vous avez VilS descendre du ciel. et qui sont devenus devant vos yeui comme des Chevaux morts. étaient des hommes qui ont bouché chez eux et chez les aulres la vue ra. tionnelle, quant aux choses Théologiques ou spirituelles de l'ÉBlise, par ce dogme particulier, que l'Entendement doit être mis sous l'obéissance de leur foi, sans penser que l'entendement ferm6 par la Reli~ion est aveugle comme une taupe, et qu'il '1 a en lui

,
LA VRAIE Dne pure obscurité, et ,une telle obscurité, qu'elle rejette 10iD d'elle toute lumière spirituelle, en abaisse l'influx qui vient dit Seisneur et du Ciel, et pose pOlir cet influx une barre dans le senBuel corporel, bien au-dessous du rationnel dans les cboses de la foi, c'est-à-dire qu'elle la pose près du nez, et la fixe dans son cartiJaBe, de sorte qu'ensuite Hile peut pas, même sentir les choses Fpirituelles ; de ]~ quelques-uns sont devenus tels, que, quand il, sentent l'odeur provenant des choses spirituelles, ils tombent en défaillance; par l'odellr j'enlends la perception. Ce sont ceux-là qui font Dieu Trois; ils disent, • ]a vérité, d'après l'Essence, que. Dieu est Un, mais néanmoins quand ils prient d'allrès lem' Foi. laquelle est que Dien le Père a compassion. cause du Fils et envoie l'Esprit Saint, ils font manifestement trois Dieux; ils ne peu'Vent faire autrement, cari]s prient l'Un d'avoir compassion àcause de l'Autre, et d'envoyer le Troisième, • Et alors leur MaUre leur ensei~Da ail sujet du Seigneur, qu'il est le Seul Dieu en Qui est la Divine Trinité. 6~U. QUATRltxE )JÈ)lORABLE. Ayant été réveillé de mon sommeil lU milieu de la DUit, je vis • une eertaine hauteur vers l'Orient un Ange tenanl dans la main droite un Papier qui, d'après le Soleil, apparaissait d'uDe blancheur éclatante; il '1 avail au milieu une Écriture en lettres d'or; et je vis écrit: MARIAGE DU BIEN ET DU VRAI; de l'Écriture sortit lIne sillendellr qui forma un large cercle autour du Papier; ce cercle ou contour appanlt ensuite oomme apparatt l'aurore dans la saison du' printemps, Après cela, ' je vis l'Ange descendre avec le Papier. la main, et à mesure qu'il descendait, le Papier Illparaissait de moins en moins brillant, et celte Ecriture, à S3\'oir: MARIAGE DU BIE:( ET Dt' VRAI apparaissait changée cie couleul' d'or en cOlileur d'argent, el ensuile eD couleur d'airain, )luis en couleur de fer, enfin en une couleur de rouille de fer el de rouille d'airain; el enfin je vis l'Ange enll'8r dans un Nuage obscnr, et arriver ~ lra\'ers le Nuage sur la Terre; et là, quoicille ce Papier fl\l encore dans la main de l'Ange, je ne le vis pas; cela se ll:ls'lail dans le lIonde des espril~. dans lequel, arrivent d'abord t01l:ol les hommes après la mort; et alors l'Anse me parla, en disant: u Demande à ceux qni viennent ici, s'ils me voient, ou s'ils ,'oient quelque chose dans ma main .• Il vint une

r

165 RELIGION CHR~TIENNE" multitude d'esprits, les uns de l'orient, d'autres du midi, d'autres cie l'occident, d'auLres du septentr:ion, et je demandai l ceul qui venaient de l'Orient et du Midi, - c'étaient ceul qui dans le Monde ..'étaient livrés. l'érudition, - s'ils voyaient quelqu'un près de moi, ou s'ils voyaient quelque chose dans sa main i tous dirent .qu'ils ne voyaient absolument rien i ensuite je fis la même queslion à ceUI qui venaient de l'Occident et du SelltenLrion, - c"6caient ceul qui dans le l'Ion de avaient cru aux paroles des érudits, - ils dirent qu'ils ne voyaient rien non plus: cependant les derniers d'enLre eux, qui dans le Monde avaient été dans la foi simple d'après la charité, ou dans quelque vrai d'après le bien, après que les premiers se furent retirés, dirent qu'ils voyaient un Homme avec un Papier, l'Homme vêtu élé;amment, et le Papier avec des leures tracées dessus; et, lorsqu'Ils eurent approché les yeul, ils dirent qu'ils lisaient MA.RIAGE DU BIEN ET DU VRAI; et ils s'adressèrent 11'Ange, en le priant de dire ce que cela signifiait; et il dit: a Toutes les choses qui existent dans le Ciel entier, et toutes eellp.s qui existent dans le Monde entier, ne sont par. création que le Mariage du bien et du vrai, parce que toutes et chacune d'elles,. tant celles qui vivent et sont animées, que celles qui ne vivent point et ne sont point animées, ont été créé du Mariase du bieD. et du vrai et pour ce Mariage; il n'existe rien de créer pour le Vrai seul, ni rien pour le dien seul, le bien seul ou le vrai seul n'est t'ien, mais par le Mariage ils elistent et deviennent quelque cbose -de tel qu'est un mariage. Dans le Seilneur Dieu Créateur le Divin Bien et le Divin Vrai sont dans leur Substance même, l'ttre de la Substance de Dieu est le Divin Bien, et l'Exister de la Substance de Dieu est le Divin Vrai; en Lui aussi ils sont dans leur Union même, car en Lui ils font un d'une manière infinie; comme ces deui sont un dans Dieu Créateur Lui-Même, c'est pour cela qu'ils sont aussi un dans toutes et dans chacune des choses créées par Lui; par Il. aussi le Créateur a été conjoint avec toutes ses créatures par une alliance éternelle comme par une alliauce de Mariage. ,,"De plus. l'Ange dit: • L'Écriture Sainte, qui a été dictée par le Seigneur, est dans le commun et dans la partie le Mariage du bien et do vrai, - voir ci-dessus, NOl '48 l t33 i - et comme l'É,lise qui est formée par les Vrais de la Doctrine, et la Religion qui est for-

168 LA VRAIK mée par les Biens de la vie selon les Vrais de la Doctrine, sont.. cbez les Chrétiens, uniquement tirées de l'Écriture Sainte, 00. peut voir que l'Église aussi dans le commun et dans la partie en le Mariage du Bien et du Vrai •• - Ce qui a été dit ci-dessus d~ lIariage du Bien et du Vrai, a été dit aussi pour le )lARlACE DE .... CBARITi ET DE LA FOI, parce que le Bien appartient l la Charité, et le Vrai appartient à la Foi. - Après que l'Ange eut ainsi parlé, il s'éleva de terre, et porté 1 travers le nuage il monta dans le Ciel; et alors, l mesure qu'il montait. le Papier brillait comme auparllvant; et voici, alors le Cercle. qui auparavant avait apparu comme l'aurore. s'abaissa; et il dissipa le Nuase qui avait répandu des ténèbres lIur la Terre. et le temps devint clair et serein. 6i3. CINQUIf:JldU:JlORABLB. Un jour, pendant que je méditais. sur le Second Avénemellt du Seigneur, il apparut tout l coup un Irand éclat de lumière qui me frappa fortement les yeu; c'est. pourquoI, je regardai en haut. et voici, tout le Ciel au-dessus de moi ~pparut lumineul ; et de Il de l'Orient ll'Occident sans aucune interruption se faisait entendre une GLORIFICATIOI'f; et un Ang& se présenta,.et dit: a Cette Glorification est la Glorification du Seigneur l cause de son Avéaement ; elle est faite par les Anges. du Ciel Oriental et du Ciel Occidental .• On n'entendait du Ciel Méridional et du Ciel Septentrional qu'un doux murmure; el comme r Ange avait tout entendu, il me dit d'abord que ces Glori6cations. It ces Célébrations du Seigneur se faisaient d'après la Parole; et. peu après il lOe dit: Maintonant ils glorilient et célèbrent 1& Seigneur en particulier par ces paroles qui sont dans le Proph~te­ Daniel: u Tu (U vu le 1er melé avec fargile de potier, mais iII ft'auront point de cohérmce: et erl ces jours /e Dieu des Cieu. fera surgir un Royaume qui dam les siècles ne périra point; il 6risera et consommera tous ces Royaumes. mais lui, il sulJsÏltera dans les siècles• • - Dan. II. "3, 44r. -.Aprèscela, j'entendis comme le bruit d'un chant, et plus avant dans l'orient je vis. un éclat de lumière plus resplendissant que le premier; et je demandai lI' AnIe quelles étaienl les paroles de cette slorification; il me dit que c'élaient celles-ci dans Daniel: 1 Voyant je fus en Disions de nuit, et voici avIC les Nuées du Ciel comme un Fu." DB L'BOIIII~ gui venait; et ü Lui fut donné la Domination It l,

RELIGION CHIŒTIENNE.

161

Royaume, et tOU3 les p~pl~s et nations Le serviront; sa DomiMtion (sera) une Domination du siècle, laquelle ne passera ,oinl i et son Royaume ·(un Royaume) qui ne périra point. D Dan. VU. 13, U. - En outre, ils célébraient le Seigneur d'apr~ ces paroled dans l'Apocalypse: a A Jésus-Christ soit la gloire et la force i voici, il vient avec les N lIées ; Il est r Alpha et r Oméga, k Comme1.u:emenl et la Fin, le Premier et ltr Dernier, Qui Est, et Qui Était et Qui·doit Venir, le Tout·Puissant. Moi, Jean, j'ai entendu cela du FILS DE L'HoIlUIR, du milieu des sept chandeliers. » - Apoc. I. 6,6,7. tO, H, n, t3. XXII. 13. Matth. XXIV. 30. 3!. - Je portai de nouveau mes regards vers le Ciel Oriental. et le cOté droit resplendissait de lumière, et la splendeur lumineuse entra dans l'Ëtendue Méridionale. et j'enlendis un son -doux; el je demandai il l'Ange quel était Iii le sujet de la ilorifiration du Seigneur; il me dit que c'étaient ces paroles dans l'Apocalypse: a Je vis un Ciel Nouveau et une Terre Nouvelle, et je vis la .Jtil/e, la Sainte Jérusalem Nouvelle, descendmlt de Dieu par le Ciel. parée comme URE FIANCÉE OllNtB POUR. 80N:1IARIi et j'entendit tlfte voiz grande du Ciel, disant: V oiei le' TalJernacle de Dieu avec les HOMMBs, et il habitera avec euz. Et rAnge me parlll, et il dit: VierlS. je te montrerai la FIANCËB, DB L'AGNE.lU L'ËPOUSE; et il m'ellleva en esprit sur une Montagne grande et élevée, et il me montra la Ville, la Saulte Jérusalem. - Apoc. XXI. t, 2. 3, 9, i O. - Et aussi celles·ci : a Moi, Jésus, je suis 1Étoile /J,illante et du matin; et 1Esprit et la FIANCÉE disent: VIE~S. Et il dit: JE VIENS BIENTÔT; Amen / Oui, VIENS, SBIGNEUR JÉSUS 1 • - Àpoc. XXU. f 6, t 7, !O. - Après ces glorifications et plusieurs aUlres, on entendit une commune Glorificalion de l'Orient il l'Occident, et aussi du Midi au Septentrion; et je demandai il l' An~e qu'elles étaient alors les paroles; et il dit que o'étaient celles-ci, prises dans les Prophètes: a Afin qUfi sache toute chair, gue Moi Ge suis) JËHov.U( TON SAUVEnR ET TON RÉDEMPTEUR. » Ésaïe, XLIX. ~6. - a Ainsi a dit Jéhovah, le Roi d' IS7'~I. et ION RÉDIID'TBUR JÉHOVAH SWHO'fB: Moi, le PREMIBR ET LE DERNIER, ET EXCEPTÉ MOI. POINT DE DIEU. D -Ësaie, XLIV. 6. te JI fera dit en ce jour.là: VOICI, NOTRB DIEU (esl) CELUI-cr, gue nou3 avons atter,du pour qu'il nous délivre i CELUI-CI (est)

n

.

,

168

LA VRAIE

JtRonR QUE NOUS AVONS ATTENDU •• -

Ésaïe, XXV. 9. -

Il

Une

voiz (il est) de qui crie dans le désert: Prépares le chemin à Jéhovah; VOICI, LE SEIGNEUR Jtoovm EN FORT VIBNT; comme PASTEUR son troupea,~ il paIera. D - Ésaïe, XL. 3,11, to, t t • « Un enfant nous est né, un Fils nous a été dom,é, dont sera appelé le nom AdmiralJle, Conseiller, Dieu, Héros, PÈn D'ÉTERNI'rt, Pr;'lCe de paiz. • - Esaie, IX. 15. - a Voici, les jours vie"dronl, et je su!citerai à David un Germe juste, qUi régnera Roi, el voici son Nom: JiKOVAB NOTIlE JUSTICB. ft - J6rém. XXIII. IS, 6. XXXIII. U, tG. - «JéhovahSébaoth(est)son Nom, et TON RIl:DEMPTEUB, LE SAINT D'ISRAEL, DIBU DE TOUTB LA TEBU SERA APPELi. D Ésaïe, LlV, 5. - fil EN CE JOUB-LA SEllA JiROVAK EN ROl SUR TOUTS L.l TERRS; SN CE .I0UB-LA, SERA JÉHOVAH
D Zach. XIV. g. - Ayallt entendu et compris ces choses, mon cœur bondit, et j'allai avec joie à la maison, et là j~ rentrai de l'état de l'esprit dans l'état du corps, dans lequel j'ai écrit ce que j'avais vu el entendu.

UN, KT SON NOK UN.

f'

RELIGION CHRltTIENNE.

t69

CHAPITRE ONZIÈME
DB L'IIlPu'rATION.

La Foi de r Église d' aujourrl hui, qui seule est dite justifier, et r Imputation, font un,
6-!6, Si la Foi de l'É~liS8 d'aujourd'hui, qui seule est dite jus-

tifier, est l'Imputation; ou. si la Foi eL l'Impulation dans l'Église d'aujourd'hui font un, c'est parce que l'une appartient l l'autre, ou que l'une entre dans l'autre, mutuellement et réciproquement, et fait qu'elle exisle ; car si l'on dit la foi et qu'on n'ajoute pas l'imputatioD, la foi est simplement un son, et si l'on dit l'Imputation et qu'oll n'ajoute pas la foi, c'est encore IID simple son; si, au contraire, on diL les deul conjointements, il y a quelque chose d'articulé, mais encore sans aucun sens; afin donc quel'entendement perçoive quelque sens, il faut nécessairemcnt qu'on ajoute un troisième terme, qui est le mérite du Christ, ce qui présente une senLence que l'homme peut énoncer avec une sorle de raison: en effet, la foi de l'Église d'aujourd'hui est, que Dieu le Père impute la justice de son Fils, et envoie l'Esprit SainL pour en opérer les effets, 6i1. Ces trois choses, la Foi, l'Imputation et le Mérite du Christ~ dans l'Eglise d'aujourd'hui, sont donc un, et peuvent être appetées triun i en eft'et, si l'une des trois était ôtée, la Théologie d'aujourd'hui deviendrait nulle; car elle dépend des trois perçues comme lin, de même qu'nnelongue chaine dépend du crochet qui la file; ainsi, !loi l'on lIu.it ou la foi, ou l'imputation, ou le mérite du Christ, toutes les choses qui lIont dites de la justification, de la rémissioD des péchés. de la vivification, de l'innovation, de la régénération, dela sanctification, et aussi de l'évangile, du libre arbitre.

1
LA VRAIE de la cbarité el des bonnes œuvres. et même de la vie éternelle, deviendraient comme des villes ilésertes, ou comme les décombres d'un Temple, et la foi elle-même, qui est la clef de vollle, ne serail rien, et ainsi l'Église enlière serait un désert et une désolation. Par 1"1 on voit sur quelle colonne a ~té fondée la Maison de Dieu aujourd'bui, et que si cette colonne était détachée, la Maison s'écroulerait comme celle dans laquelle les salrapes des Philislins et trois mille hOlDmes du peuple se divertissaient, et dont Samson détacha eo même temps les deux colonnes, ce qui les fit périr sous Jes décombres. - Jug. XVI. !!9. - Ceci est dit, parce que dans ce qui précède il a été montré, et que dans l'Appendice il sera montré, que celle Foi n'est pas la Foi Chrétienne, parce qu'elle n'est pas d'accord avec !a Parole, et que l'imputation de cette foi est vaine, }larce que le mérite du Christ n'est point imputable.
L'Imputation appartenant à la loi flalljo'.lrrlhui est dou61e, l'une du Mérite du Christ, et l'autre du Salut qui en résulte.
6iS. Daus toute l'Église Chrétienne on dit que la justification et par suite la salvation sont faites par Dieu le Père au moyen de l'imputation du mérite du Christ 1100 Fils, et que l'imputation est faite par' Brice QDAI!iD ET ou IL VEUT, ainsi l son sré, et que ceux l qui le mérite du Christ est imputé sonl adoptés au nombre des fils de Dieu i et comme les cltefs de l'Éilise n'ont pas porté leurs pas au-delà de celle imputation, ou n'ont pas élevé leur mental au-dessus, ils sont tombe·, Ile ce Choix de Dieu, déterminé il son sré, dans des erreurs énol Ioles et fanatiques, et enfin dans la détestable errt'ur de la PI'éu.:stination, et dans cette erreur abominable, que Dieu ne fait l'as altentiob aUI actions de la vie de l'homme, mais qu'il cOllsidère seulement la foi sravée dans les intérieurs de son meutal ; si donc l'erreur de l'Imputation n'était pas déu'uite, l'Athéisme em'ahirait tout le Christianisme, et alors sur les chrétiens réineraille Roi de l'ablme, dont cc le nom en 4é6reu est A6addon, et qui en g"ec a nom Apollyon •• - Apoc. IX. t. t. i - par Abaddon et par Apollyon est signifié le destructeur de, l't,lise par les faul. el par ('abllDe l'enfer où bont ces

170

RELIGION CHIŒTIENNE. 171 faul ; voir l'APOCALYPSB Rtv:iLiB, N°l Ut, .&40 et 442; de là il est évident que c'est sur ce faux, et sur les faul qui en dérivent dans une longue série, que rèine ce Destructeur; car.. ainsi qu'il vient d'être dit, tout le systéme Lhéololique aujourd'hui dépend de celte Imputation, comme une longue chaIne dépend du croohet qui la fixe, et comme un homme avec tous ses membres dépend de la Téle; et puisque cette Imputation rèlne partout, il arrive ce que dit Ésaïe: • Le Seigneur retranchera d'Isra~lla t6te
et la queue j celui qui est honoré est lIJ t6le, et le docteur de mentloo.ge est la queue. » - IX. ta, U. 6!9.11 est dit que l'Imputation de la foi d'aujourd'hui est dou-

\

];Ie, toutefois non pas double comme Dieu et la Miséricorde envers tous, mais comme Dieu et la Miséricordc envers quelques-uns; ou, non pas double comme 'Un père et son amour envers tous· ses enfants. mais comme un père et son amour envers l'un ou l'autre d'entre eUI ; ou, non pas double comme la Loi Divine et son commandement ra tous, mais comme la ,Loi Divine et son commandement à un petit nombre i c'est pourquoi l'un de ces doubles est étendu et non-divisé, l'autre est restreint et divisé, eL celui-ci est . rée11emenL double, mais celui-là est unilé; car on enseigne qu'il y 1 imputation du mérite du Chriat d'après une élection arbitraire, et qu'il y a imputatiou du salut pour ceux qui sont choisis, qu'ainsi quelques-uns sont adoptés .et tous les autres rejetés; ce qui serait comme si Dieu élevait quelques-uns dans le sein d'Abraham, ut livrait les autres en pâture ail diable; lorsque cependant la vérité est, que le Seigneur ne rejette ét ne livre personne, mais que l'homme 18 livre lui-même.· 630. Qu'on ajoute à cela, que l'Imputation d'aujourd'hui ôte à l'homme Loute puissance provenant de quelque libre arbitre dans les choses spirituelles, et ne lui en laisse pas même assez pour pouvoir éteindre le feu pris à ses vêtements et en préserver son corps.. ou éteindre avec de l'eau sa maison en feu et en arracher la famille, lorsque cependant la Parole, depuis le commencement jusqu'à la JIn, enseigne que chacun doit fuir les maul parce qu'ils lont du diable et viennent du diable,' et faire les biens parce qu'ils tont de Dieu et viennent de Dieu, et qu'il doit les faire par luimême, le Seigneur opérant. liais la puissance de faire ainsi, l'Impu-

r
lU LA. VRAIE tation d'aujourd'hui la proscrit comme mortelle pour la foi et par suite IIOU le salut; et cela. afin que rien de l'homme n'entre dans l'imputatioB, ni par conséquent dans le mérite du Christ; ce dogme établi, il en est résulté cette maxime satanique, qu'il y a pour l'homme impuissance absolue dans le." choses spirituelles, ce qui est comme si l'on disait: • Marche. quoique tu n'aies poinl de pieds, pas même un seul; lave-toi. quoique les deux mains soient coupées i Il ou, a fais le bien. mais dors •• ou,. nourris-toi, mais sans langue, Il Et c'est encore comme s'il él.ait donné à l'homme une volonlé qui ne fOt pas une volont6; ne peut-il pas dire: • Je ne peul pas plus que la statue de sel femme de LOLh, ni plus que DaBon le Dieu des Philistins, quand dans son temple fui introduite l'arche de Dieu; je crains que, comme il lui est arrivé. ma têle eL ml!S mains séparées de mon corps ne soient jelées sur Je seuil. -1 Sam. V. "; - ni plus que Béelzébub le Dieu d'Étron, qui d'aprè& la signification de son nom ne peut que chasser les mouches? D Que l'on croie aujourd'hui à ceUe impuissance dans les cboses spirituelles, on le voit d'après les Extraits donnés dans le Chapitre sur le Libre Arbitre, N° "64. 63t. Quant à ce qui resarde la première partie de ce double de l'Imputation conCernant la Salvation de l'homme. c'est-à-dire, l'Imputation du mérite du Christ arbitrairement faite, et l'Imputation du salut qui en résulte, les dogmatistes sont d'avis différenls; quelques-uns disent que celte rmputation est absolue d'après un libre pouvoir. et se fail pour ceux dont la forme externe ou la forme interne platt; d'autres disent que l'Imputation se fait d'après la prescience pour ceux chez qui la grâce'a été infusée etl qui cette foi peut être appliquée; mais néanmoins ces ~eul opinions visent au même but. et sont co~me les deul yeux qui onl pour objet une même pierre. ou comme les deux oreilles qui onl pour objet un même chant i A la première vue il semble qu'elles se séparent rnutuellement, mais tOI/Jours est-il qu'à la fin elles se conjoignent et sont d'intelligence pour tromper; car lorsque de part et d'autre on établit une complète impuissance dans les chos8fI spirituelles, et qu'on exclut de la foi toul ce qlli appartient à l'homme, il s'ensuit que celte grAce réceptrice dé la foi, infusée, ou d'apl'ès UII libre pouvoir, 011 d'après la prescience, est un~ I\e:D-

r

RELIGION CnIŒ:TIENNE. 173 blable élection; car si celle grâce, qu'on appelle prévenante, était universelle, il s'y joindrait une al'plication de l'homme d'après quelque puissance propre. laquelle cependant est rejetée comme nne lèpre. De là vient clue personne ne sait si cette foi lui a été donnée d'après la grAce; il ne le sait pas plus qu'une souche ou une pierre, auxquelles il se compare quand elle est infusée i car il D'existe pas de signe qui en soit un témoignaie, quand la charité, la piété, l'éLude d'une nouvelle vie. et la libre faculté de faire le bien comme le mal, sont déniéea à l'homme: les signes qu'on diL être des témoignages de cette foi dans l'homme sont tous ridicules, et ne diftèrent pas des augures des anciens par le vol des oiseaux, ou des prédictions des astrologues par les astres, ou de celles des tireurs de cartes. Quant à la jusLice imputée du Seigneur, qui est introduite dans l'homme élu en même temps que la foi il laquelle on donne le nom de ceLLe justice, Ie& signes qui la suivent sont du même &enre et encore plus ridicules.
La Foi, qui est imputative du mérite et de la justice du Christ Rédempleur, est tl ahord sortie des décrets du Synode de Nicée sur les TroIS Personnes Divines de toute éternité, foi qui depuis cetle époque iwqu'à présent a été reçue par tout le .Monde Chrétien.
63j. Quant il ce qui concerne ce Synode de Nicée, l'Empereur

Constantin-le-Grand, à la persuasion d'Alexandre, évêqne d'Alexanc!rie, le lint dans son ~alais de Nicée, ville de Bithynie, a'p~ avoir convoqué tous les Evêques en Asie, en Afrique et en Europe, pour combattre et condamner.. d'après l'Écriture Sainte, l;hé"résie d'Arius•.,prêlre d'Alexandrie, qlli niait la DiviniLé de Jésus-Christ i cela eut lieu l'an du Christ Si 8. Qu'il ait été conclu par les Évêques convoqués.. qu'il y a eu de toute éternité trois Personnes Divines, le Père. le Fils et l'Esprit Saint, on peut le voir principalement par les deux Symboles, appelés Symbole de Nic~e et Symbole d'Athanase i dans le Symbole de Nicée on lit: « Je crois en un /Jeul Dieu le Père Tout-Puissant, qui a lail le Ciel et la Terre;
et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, uniqûe-m-

~

---tA VRAIE gendré du Pdre, né_tmant tOU$ les ~i~EI~s, Dieu_~_Di~-'-.!on­ Btl6stantiel au Père, qui est descendu des Cieuz, et a été incarné dt l'Esprit Saini"par la Vierge Marie; et à rEsprit Saint, Seigneur et Y;vifian/" qui procdde du Pdre et du Fils, gui est q,dor..é \ et glorifié avec k Père et le Fils. » Dans le Symbole d' Atban.!s., sont ce.~ paroles: a La Foi Catholique est que nous fJénbiiiTis un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l' fInitl, sani con~fondreles Personnes et sans séparer la su6stance; maIS C017&1M • nous sommes lorcés par la fJmlé "CArétienne de confesser chaque PerS01lne Die" et Seigneur en particulier, de mdme nous sommes empdcMs pœ la Religion Catholique de dire troü Dieuz ou trois Seigneurs. Il C'est-~-dire, qu'il est permis de con(esser trois Dieu~ et trois Sei~neurs, mais qu'il est défendu de le dire, et cela parce que la religion défend l'un, et que la verilé dicte l'autre; ce Symbole d'Athanase fut composé, aussitôt après la tenue du Concile de Nicée, par un ou plusieurs de ceux qui avafent assisté àce Concile, et fi fut aussi accepté comme OEcuménique ou Catholique. D'après cela, il est évident qu'alors il a été décr~tê qu'on doit reconnattre trois Personnes Divines de toute éternité, et que, quoique chaque Personne en particulier fOt Dieu par ellemême, il faut néanmoins dire, non pas trois Dieux ni trois SeiIneurs, mais un Seul. 633. (lue depuis ce temps la foi des trois Personnes Divines ait été reçue, et qu'elle ait été confirmée et prêchée jusqu'au temps présent par tous les Évêques, par les divers Cb(lfs de l'Éilise dans ]es bauts degrés et par les Prêtres, cela est notoire dans le Monde Chrétien: et comme de là est émanée la persuasion mentale de trois Dieux, il n'a pu sortir d'autre foi que celle qui était appliquée à ces Trois dans leur ordre, c'est-à-dire, qu'il faut s'adresser à Dieu le Père el l'implorer, afin qu'il imr,ute la justice de son Fils, 011 qu'il ait piti~ à caule de la passion de la croix du F.ils, et qu'il envoie !"Esprit Saint pour opérer les effets moyens et derniers du salut. Cette foi esL le fœtus né de ces denx symboles; mais sitOt que les langues sont déroulé.~, il se présenta non pas 'un s~ul Dieu mais trois Dieux, d'abord conjoints comme par -embrassement, mais bientôt séparés, car on pose en principe que l'EsSèiice le.~ conjoi~t, mais que les propriétés, qui sont la création, la rédênip-

ni

If

RELIGION CHRËTIENNE. 175 tion et l'opération. ou l'imputation. la justice imputée et l'etrecluation, les séparent: c'est ce qui fait que, quoique de trois Dieul. ils aient compoj;é un seul Dieu. néanmoins des trois Personnes ils Il'en ont point fait une seule; et cela, afin que l'idée des trois Dieux ne fOt point effacée i car tandis que chaqu~ Personne en particulier est crue Dieu, comme il est dit dans le SYlDbole, si alors 'par une conséquence nécessaire les trois Personnes devenaient une seule Personne, toute la maison fondée sur les trois comme sur des colonnes tomberait en un monceau de ruines. Si ce synode .a introduit trois Personnes Divines de toule éternité, c'e~t parce que ceux qui le composaient n'avaient pas bien scrul~ la Parole, et que par suite ils n'ont pas trouvé d'autre refuge contre les Ariens. Si ensuite ils ont réuni 80 un seul Dieu ces Lrois Personnes dont chacune est Dieu par elle-même, ce fut dans la crainte d'être inculpés de croire en trois Die}lx, et d'être anathématisés par tout homme rationnel reli,ieux dans les trois Parties de la Terre. S'ils ont enseisné la foi appliquée aUltrois en ordre, c'est parce que de c.~ princin.e il ne~uvait ~ découler une autre foi: qu'on ajoute à cela, que si l'un des trois était omis. le troisième ne serait pas envoyé. ~t qu'ainsi toute op~ration de la ,râce Divine deviendrait sans effet. 63.4-. Mais la vérité va être mise au jour: Quand la Foi en trois Die~x a été introduite dans les tglises Chrétiennes. ce qui est arrivé du temps du Synode de Nicée,. on a banni tout bien de la cha- , r~t(eftout_ vrai de la foi, c.ar ce bien et ce vrai ne séjournent en aucune maniàre avec le culte mental de trois dieux joint au culte oral d'un seul Dieu. puisque le Ment~.!..nie ce que la bouche proDonce, et que la bouche nie ce que le Mental pense, d'oil il arriva qu'il n'y"a ni la foi de trois Dieux. nl la foi d'un seul Dieu,. De là il est évident que, dès ce temps, le Temple ChréLien était non-seulement léz!rdé. mais tombé èn un monceau de décombres; et gue dès ce temps" fut ouvert le 'puits de l'abime. d'où monta une fu_mée comme un~ fumée d'une ,rande fournaise, et furent obscurcis le soleil et l'air. et de là sortirent des sauterelles sur la terre, . Apoc, IX, !l, 3; - voir l'Explication de ces 1'3roles dans l'APOCALYPSI RivJ1:LÉE; de plus. dès ce tel!!PS _a ~ommencé et s'est accrue la Désolation prédite par Daniel. - Mauh. XXIV. U. - et vers ceUe foi et l'imputation de cette foi se sonL rassemblés les ai-

176

LA VRAIE

Sles. - Vers. 28 du mêlue Chapitre; - là, par les aigles sont eniendus I~ priflcipaux de l'Église comme lynx. Si l'on dit que le Concile, dans lequel siégeaieni tant d'Évêques eL d'hommes distingués, a décrété cela par d'unanimes suffrages, je répondrai: Quello confiance peut-oll avoir dans des Conciles, quand les Con- cil es Catholiques-Romains ont .décrété aussi par ~'.~n_aJllmeSSuf­ frages le VJ!:.Jriat Papal, l'invocation. des_~inLS, la vénératiol!..!!es ,. statues et desos. la division de la -Sainte Eucb.arislie. le pl!!lta·toire, les lndulgen.ce~. etc, ! Et quelle confiance peui·on avoir daris des ConciieS, quand celui de Do_rdrec.ht a décrété aussi par d'unènimes suffrages l'abominable Prédeslination, et l'a proclamée comme le Palladium de la religion. Mais. mon cber Lecteur, ne crois point anx Conciles, mais crois à la Sainte Parole, et a~r~e­ toi au Seigneur, et tu seras illustré i car le Seigneur &&t la Parole, c'est· à-dire, le Divin Vrai même dans la Paroi•• 63!s. Cet arcane va enftn être dévoilé: La Consommation dit l'Éilise d'aujourd'hui est décrite dans Sept Chapitres de l'Apocalypse, de la même maIlière qu'est décrite la dévastation de l'Égypte, eL l'une eL l'autre par de semblables plaies, dont chacnne signifie spirituellement quelque faul qui en a étendu la déva~ll­ Lion jusqu'à la destruction complète; c'est pourquoi celle Eglise, qui aujourd'hui esL enLièremeut détruite, est aUliSi appelée spirituellemenL ÉsypL~, - Apoc, XI.,8. - Les plaies enÉSYllIe ont été celles-ci: Les eaux furent changées en sang, ce qui fit mourir tout poisson. eL puer le neuve, - Exod. VlI : - il est dit la même chose dans l'Apocalypse, Chap. VllI.8. Cbap. XVI. 3; par le sang est signifié le Divin Vrai falsifié, voir l'AI'OCALYPSE REVELEE, NOl 379, 40-1. 681, 687 , 688 ; et l)ar les poissons, qui alors moururent, sont signiûé... les vrais pareillement morts dans l'homme naturel, NOII 190, "'05. Dans l'Egypte les grenouilles pullulèrenL sur la terre, - Exod. VllI: - il est· .lit aussi quelque chose des grenouille:! dans l'Apocalypse, Cllap. XVI. 13: par les grenouilles sont signifiés~s I.:aisonnemenls qui proviennent de )a cupidité de falsifier les !fais, voir l'APOc. REVEL, N°' 702. Dans l'Egypte il yeut sur ('homme et sur la bête de... ulcères malins, - EIOd. lX; - l'areillement dans l'Apocalypse, Chap. X.VI. 2; par les ulcères fIOnt signifiés les maux et les faux. intérieurs qui détruisent )e bien et le vrai dans )'Êglise,
Jo

l

f77 RELlûroN CnR~TlENNE. voi,. l' Aroe. R~vtL. N° 6i8. Dans J'Égypte il y ellt une grêle mêlée de feu, - Exod. JX; - pareillement dans l'Apocalypse, Chap. vm. 7. Char. XVI. Il; la grêle signifie le faux inrernal, voir Aroe. RÉvÉL. N°· 399, iU.. Dans l'ÉgYllIe il fut envoyé des ~aute­ relies, - Exod, Xi - pareillement danlll' Apocalypse, Chap. IX. t ?il t 1 i les 5aUlerelles signifient les faux dans les extrême:;, voi,. Apoe. REV~I.. N- 424, 430. Dans l'Égypte il y eut d'éflaillses ténèbres, - Exod. X; -pareillement dans l'Apocalypse. Cha(l. \111. 12; les lénèbres si~nifientles faux qui tirent leur origine so:t de l'iBnoranee, ~oit des faux de la religion, soit dflii nlau.li cJP. la vie, vOIr "poe RtVÉL, N°l 110, 413, 695. Ellfin les Êp.YI)tiens péril'ent dans 1.1 !Der de Surh, - Exod, XIV i - dan~ l'Apocalypse le Dl'agon et le faux Prophète furelll précipités dans l'étang de feu et de soufre, Cbap. XIX. !!O. Chap. XX. 10; l'une et l'autre, la mer de Suph et cel étang, signifient l'Enfer, Si les mêmes ehose:ol sont dites de l'Ép.ypte et de l'f:glise dont la eonsommalion ct la fin sont dé· crites dans l'Apocalypse, C'l.!lIl parCIl que par l'Égyrte e.~t entendue nne Église qui dans son COlIIlIJencement ti/ait d'une excellence supérieure, c'est pourquoi l'Égypte, a\'allL que lIOn Égli!\e ait été dévastée, est comparée au jardin d'Eden et au j3rdin de Jého\'ah, - Gen. xm, 10. Ézjch. XXII. 8, 9, et esL aussi appelée Pierre angulaire des tribns, Fils des sages et des rois de l'antiquité, Ésaïe, XIX. li, t3. - Voir, dans l'ApOCALYI'SE RtvEI.ÉE, N° 303, plusieurs choses sur l'Égypte 9311S son état primitif, el dans son élal dévasté.

La Foi imputative du mérite du· Christ n'a point élé C01mue dans nJ:glise Apostolique, qui a précédé le Concile de Nicée, et elle n'est entendue nulle part dalls la Parole. 636. L'Églisl.', qlli a préeédi! le Synode de Nie~e, a été appelée l'Église Apostolique. eL elle s'était étenllue et propagée dUlIs I(!s trois pnrties du Globe, J'Asie, l'Afrique et l'Europe, ainsi qu'on le voit d'après l'Empereur Constantin-le·Grand et sa Monarchie composée de plusieurs Royaumes de l'Europe, plus lArd divi~és, et de contrées voisines bors de l'Eu~ope, en e~ qu'il fut Chrétien, et zéJé n. fi

178

LA VRAIE

pour la religion; aussi convoqna-t-il, comme il a été dit ci-dessus. les É\'êques d'Asie, d'Afrique. et d'ElJrope dans son palais de Nicée, ville de Bithynie, afin de rejeter dë son empire les scandales d'Arius. Cela est arrivé par la Divine Providence du Seigneur, 1parce que, si la Divinilé du Seigneur est niée, l'Eglise Cbrétienne , e~pire, et deVient comme un sépulcre orné de celle Épitaphe: Hic jacet, Ci-git L'Eglise 'lui existait a,-ant ce temps a été appelée Apostolique,- el lés Écrivains remarquables de cetle Éilise étaiont appelés Pères, et les vrais Cbrétitms il leur suite, frèl'es, Que céue Église n'ait pas reconnu trois Personnes Divines, ni par conséquent UII Fils de Dieu de toule éternité, mais seulement un Fils de Dicu né dans le temps, on le ,'oit par le Symbole qni, en raison de leur Église, a été nommé Apostolique" où on lit ces paroles:

Je Ct'ois en Dieu le Père TOlll·Puissant, Cl'éaleuro d" Ciel et de la Terl'e; et en Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur qui a été conçu de r EspJil Satnt, est né de la. Vierge Marie; je crois à tEsprit SaÏJll, (1 la sainte Église Catholique,!l la communitm des saÏJzts. Par là il est évident qu'Ils n'ont reu

connu _d!a!1tre Fils de Dicu que celui qni a été conçu de l'Esprit Saint et est né de la Vier~e Marie, et nullement un Fils @1?ieu, né de toute éterniLé, Ce Symbole, ainsi que les deux autres, a été reCOllilU comme iJurelllent Catllolique par toute l'I~glise Chrétienne jusqu'à ce jour. 68i. Que dans ce temps primitif, tous dans ce ~Ionde Cbrétien aient reconnu que le Seigneur Jésus-Christ était Dieu, à qui a été dOlmé tout pouvoir daus le Ciel et sur Terre, et puu\'oir sur toute chair, solon ses propl'es pal'oles, - üIaull, x.x:\" 1. 'IB, Jeall, '"(, II. 2; - el qu'ils aient cru en Lui scIon son commandemont d'al"'~ . Pieu le Père, - Jean, lIl. VÎ, 1.6, 35, VI. 40. Xl. 25,23, c'esL c.lcore ce qui est bien évident d'après la convo{:ation cIe tous ILs I\-.'q:.les par l'Empereur Constantin-le-Gl'and, dans 10 but de co 1 Ure par les saintes écritures et de condamner Arius ct ses secf'llrllrS, qui ninicnt la DÏ\'init~ du co; 'ijneur SaU\'Cl1r né de la Vierge .i.t!"al'ie ; cula a été fait, il esL vrai, mais ces 1~\'êlJues pour éviter un loup tombèrent sous UI1 lion; ou, comme dit le proverbe.. tomllèl'Cll1 de Cbaryhcle en Scylla, en imaginant un Fils de Dieu de touLe éternité qui est descendu et a: -pris l'Humain, croyant.

....

r

119 p~r là revendiquer et restituer au Seigneur la Divinité, ne sachant pas que Dieu Créateur de l'univers était Lui-Même descendu, pour devenir Rédemllteur; et ainsi de nouveau Créateur. selon ces passages explicites dans l'Ancien Testament, -Ésaïe, xxv. 9. XL. 3. rs, tO, H, XLIII. U. XLIV. 6, !4. XLVm.i, XLVIII. 17. XLIX. 7. "!6, LX. t6. LXIII. ~ 6. Jérém. L. 34. Bosée, XIII. 4. Ps. XIX. US; ajoutezaussi Jean, IX. 33, 37, 638. CeUe ÉGlise Apostolique, parcp. qu'elle adora le Seigneur Dieu Jésus-Christ, el alors en même telllps en Lui Dieu le ·Père•. peut être comparée au Jardin de Dieu; el Arius, qui alors s'éleva. au serpent sorti de l'Enfer; eL le Concile de Nicée, à l'Ëpouse d'A\ d'am qui présenta le fJ'uit à son mari et le ,séduisil, d'où il addnf. qu'après en avoir mangé ils se virent nus, et couvrirent leur nudité avec des feuilles de figuier; Ilar leur nudité il est entendu l'innocence dans laquelle ils avaient d'abord été, et par les Ceuilles de figuiers les Hais dè l'homme naturel qui furent suocessivement falsifiés. Cetle primitive Eglise peuL même être comparée au crépuscule et à l'aurore; de là Je jour s'a,'an~a jusqu'à la dixième heure, mais alors survint une nuée épaisse seus laquelle le jour s'avança ters le S(lir, et aprè.'I le soir dans la nnit, pendant'laquelle la Lune se leva pour quelques-uns, qui l sa lueur virent quelque chose d'après la Parole, et tous les autres marchèrent dans l'obsenriLé _de la nuit jusqu'à ne plus rien voir de la Divinité dans l'Hümanilé du St'igneur, quoique Paul dise que dans J,!sus-Christ tOtlte la plérutude de la Divinité habite corpor'ellement, - Coloss. U. 9; - ct que Jean dise que le Fils de Dieu, envoyé dans le /J(J1Ide, est le vrai Dieu ella vie éternelle, - 1Éptt. V, 20" 21 • L'~glis(l pri,nHÏ\'s ou Apostolique n'a jamais }lU présager qu'il viendrl!it 3~rès elle une Éslise qui adorllrait plusieurs dieux de cœur eL un !clIl d3 bouche, qui séparerail 11 charité d'avec la foi. 1ia rémission d;;s péchés d'avec la péniLollC'6 el l'étudo d'une oou"elie' vie, el qui admeLLrait une lofale irnpui. Jnce dans les choses spiJjtueUcs; ni, il plus Corte raison, qu' ln certain Arhls làverait la t~te, el qu':\près sa mort il reparailrait CL dom:ncrn.it seol'èlement jusqu'à la fin. 639. Qu'aucune Foi imputaLive du mérile du Christ n'ait ét6 entendue dans la Parole, c'est ce qui résulte clairement de ce que
RELIGION CHRÉTIENNE.

180

LA. VRAIE

cette foi n'a pas été connue dans l'É~lise. avant lIue le Synode de Nicée eût introduit les trois Personnes Divines de toute éterniié i or, quand cette foi eut été introduite et eut parcouru 'tout le Monde Chrétien, toule autre foi fut rejetée dans les lén~,~res i c'est pourquoi maintenant quiconque lit la Parole, et voit la foi. l'impulalioQ. et le mérile du Christ, tombe de lui-même dans ce qu'il a uniquement cru, semblable Acelui qui voit l'écriture d'une seule paSe, et en relte l~, sans la tourner et sans voil" autre CllOse ; ou, sem-: blable à celui qui se persuade que telle chose est vraie, quoiqu'elle soit fausse, et qui la confirme seule; al~rs il voit le faux· eomme vrai et le vrai comme faux. et plus tard il serrerait les dents, et se moquerait de quicouque J'improuverait, el il lui dirail: Tu es sans intelli~ence ; » son men laI est en lui entièrement entouré d'un calus, qui rejeue comme bétérodoxes toules les choses qui ne cadrënt pas avec ses crdyallces qu'il appelle orthodoxes; car sa mémoire est comme une lalllette sur laquolle il D'y a de gravé que Cl! point théologique dominant; si quelque autre cbose y entre, il n'y a point de place pour l'insérer, c'est pourquoi il la rejeue comme la bouche rejette l'écume. Par exemple. dis à un Naturaliste confirmé, qui croit, ou que, la Nature s'est créée elle-mème, ou que Dieu a existé après la nature, ou que la Nature et Dieu sont UIl, dis-lUI qne c'est absolument le contraire, ne te regardera-t-il pas comme une dupe des fables des prêtres, ou comme un simple, ou comme UD hébété, ou comme un homme en démel!C8 T Il eD est de même de toutes les choses que la persua~ion et la confirmation ont gravées, elles apparaissent ennn comme des tapisseries peintes' attacbees par beaucoup de clous à une muraille composée de pierrailles usées.
(C

L'Imputation du mérieeel delajustice du Ch,'istest impossible.

640. Pour qu'on sache que l'Imputation du Mél'iLe et de la Justice de Christ est impossible, il est nécessaire de savoir c" que c'est que le Mérile et la Juslice du Seigneur: Le Mérite du Se.ipeur notre Sauveur est la Rédemption i ce quia été 13 RédempSion, OII le voit dans le Chapitre qui la concerne, Nol t t4 à tSS;

r

RELIGION CHRÉTIENNE. 181 il Yest montré qu'elle a été la subjugation des Enfers et l'ordination des CieuI, et ensuite l'Instauration de l'Église, et qu'ainsi la Rédemptioll a été une OEuvre purement Divine; il Ya aussi été montré que le Seigneur par la Rédemption s'est mis en puissan~e -de régéné.!'er el sauver les J~~mes qui croient en Lui et fonL ses préceples, et que sans cetLe Rédemption aucune Chair n'aurait pu -être sauvée. Maintenant, puisque la Rédemption a été une OEuvre purement Divine et l'OEuvre du Seigneur seul, et qu'elle eslle Mérite du Seigneur, H s'ensuit que ce mérite n'est applicable, addicable ni imputable l aucun homme, ~ p'lus que la Création el la ConS8"ation de l'Univers; la Rédemption a même été une soI1e de Création du Ciel Ansélique il nouveau, et aussi de l'Église. Que l'Eglise d'aujourd'hui attribue ce mérite du Seigneur Rédempteur @ceul gui par grAce obtiennent la Foi, cela résulte évidemment des dogmes de celte Eglise, parmi lesquels celui-ci est le principal; car il est dit par les cbefs de cette Eilise et par ceul qui les suivent, tant da~s l'Eglise Catbolique-Romaine que dans les Ëglises des Réformés, que par l'Imputation du lIérite du Christ ceul qui ont obtenu la l!'oi, non-seulement sont réputés justes et saints. ~ais le sont réellement, et que leurs péchés ne sont point des péchés devant Dieu, pal'Ce qu'ils ont été remis, et qu'eul ont été justifiés, c'est-à-dire, réconciliés, innovés, régénérés, sanctifiés, et inscrits dans le Ciel. Que toute l'Eglise Chrétienne enseigne aujourd'hUI ces mêmes cboses, on le voit clairement par le Synode de Trente, par les Confessions de WilLemberg et d'Augsbourg•.et par les commentaires annexés et en même temps acceptés. Des cboses dites ci-dessus, el transportées dans cette foi, que découlet-i1, sinon que la posse.c;sion de cette foi est ce mérite et cette justice du Seigneur, qu'ainsi son possesseur est un Christ dans une autre personne' car il est dit que le Christ Lui-Même ~t la Justice, et que celle foi est la justice, et que l'imputation, par laquelle sont aussi entendues l'addication et l'application, fait que nonseulement on est réputé juste et saint, mais qu'on l'est réellement. 1{ Ajouteseulementla TRANSCRIPTION à l'imputation, à l'appl~on -et ill'addicalion, et tu seras un vicaire Pape. 641. Puis donc que le Mérite et la Justiee du Seigneur sont purement Divins, el que les purement Divins sont lels, que s"i1s

182
LA VRAIE
étaient appliqués et addiqués, l'homme mourrait à l'instant, et serait consumé, comme une Mche jetée dans le Soleil nu, de sorte qu'à peine en resterait-il une étincelle, c'est pour cela que le Sei· ,neur avec son Divin s'approche des An~es et des hommes par une lumIère tempérée et modérée selon la faculté et la qualité de chacun, ainsi par quelque chose qui est aMqual et accommodé; il en est de même quant à la chaleur. Dans le Monde spirituel il y a un Soleil, au milieu duquel est le Seigneur; de ce Soleil le SeiIneur influe par la lumière et par la chaleur dans tout le Monde spirituel, et dans tous ceUI. qui y sont; toute lumière et toute chaleur dans ce Honde vient de là: de ce Soleil le Seigneur influe aussi avec la même lumière et la même chaleur dans les âmes el dans les men lais des hommes; celte chaleur dans son essence est Je Divin Amour du Seigneur, et cetLe lumière dans son essence est .sa Divine SaGesse; le Seigneur adaple celte lumière et cette chaleur l Ja faculté et à la qualité de l'Ange et de l'homme qui reçoivent, ce qui se fait par des aures ou atmosphères spirituelle!J qUI les pOI'"tent ct transportent; le Diviu même qui entoure immédiatemcDt le Seigneur constitue ce Soleil. Ce Soleil est distant des Ange!, -eomme le Soleil du Monde naturel est di~tant des hommes; et cela, afin de ne pas les touoher à nu, ni par conséquent immédiatement, car ainsi ils seraient consumés comme une bûche jetée dans le Soleil nu, ainsi qu'il vient d'être dit. D'après cela, on peut voir que le mérite et la justice du Seigneur, parce qu'ils sont pur,ement Divins, ne peuvent nullement être portés par imputatiol dans aucun ange ou dans aucun homme; et même, si quelque étincelle de ce mvin, non modérée ainsi qu'il vient d'être dit, les touchait, aussitOt ils se tordraient comme ceux qui luUent avec la mort, leurs pieds se disloqueraient, leurs yeux s'écarteraient, et ils seraient privés de la vie, Cela a été connu dans l'Eglise Israélite, en ce qu'il lui a été dit que personne ne peut voir Dicu et vivre. LeSoleil du Monde spirituel, tel qu'il est depuis que Jéhovah Dieu 1 pris l'Humain, et y a ajouté la Rédemption et la Justice nouvelle, est même décrit en ces termes dans Ésaïe: • La Lumière du Soleil sera septuple, comme la Lumière de sept jours, au ;ou, fUe Jéhovah 6anclel'a la fract'W'6 de son peuple, • - XXX. !6 t - daos ce Chapifre, depUls le commencemen\ jusqu'. la fin. i1

r

{S3 RELIGION CHRÉTIENNE. s'agit de l'avénement du Seigneur. Ce qui al'riverait, si le SeiIneur descendait et approchait de quelque impie, est aussi décrit par ces paroles dans l'Allocalypse: Cl Ils se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des" montagnes; et ils disaient auz "montagnes et auz rochers: Cacher,.nous de la lace de Celui qui est assis sur le Trdne, et de la clllère de rAgneau. Il - \'1. Hi, t6 ; - il est dit de la colère de l'Agneau, parce qu'ainsi leur apparaissent la terreur et lelourment à l'approche du SeiKneur. Cela devient encore évident en ce que, IIi quelque impie est introduit dans le Ciel. où règnent la charité ct la foi au Seigneur. les ténèbres s'emparent de ses yeux, le vCflige et la folie saisissent son mental, la douleur et la torture envah issant son corps, et il devient comme prh'é de vie; que serah-ce alors si le Sei~neur Lui-MêlUe avec son Divin Mérite, qui est la Rédemptioll, et avec sa Divine Justice, entrait dans l'bomme. Jean l'apôtre ne soutint pas non plus lui· même la présence du hcigneur, car on lit que, \1 lorsqu'il flit le Fils de l'homme au milieu des Si'pt Chandeliers, il tomba ci se& pieds comme mort. Il - Apoc. 1. t7. ,. 64~. Il est dit dans les Décl'I:ts des Conciles," et dans les Articles des Confessions sur lesqu~ les jurent les Réformés, que Dieu par l'infusion du m~rile du Cluist justifie l'impie, lorsque cependant le bien d'un Ange ne Pp.ut pas Dlême être communiqué" à l'impie, ni à plus forte raison lui êlre conjoint, sans que ce bien Je soit rejeté el ne rebondisse comme une balle élastique lancée contre une muraille, ou ne soil enGlouti comme un diamant jeté dans un marais i et même si quelque chose de vérilablement bQn é~ait introduit en lui, ce serail comme si une perle était attachée an Iroliin d'un pourceau; car 'lui ne sait que la clémence ne peUL être introduite dans la férocilt, ni l'innocence dans la vengeance, ni l'amour dans la baine, ni III concorde dans la discorde, ce qui S8!"ait pour ainsi dire meUre eLsemble le Ciel et l'Enfer! L'homme noo-réBénéré est, quant à SI.n esprit, com.me une panthère ou comme un hibou, et peut être comparé à l'épine ou à l'ortie; mais l'homme réiénéré est comm~ une brebis ou comme une colombe, et peut être compart à l'olivier ou au cep; pensez, je YOus prie, comment un hOl1me-panthère peut être chansé en UD homme-brebis, ou de bibou devenir colombe, ou d'épine dove-

LA. VRAIE nir olivier, ou d'ortie devenir cep, par quelque imputation, addication, application de la justice Divine, qui le damnerait plutOL qu'elle ne le justifierait? pour que la conversion se fasse, ne fautil,pas auparavant ôter le féroce de la panthère et du hibou, ou le nuisible de l'épine eL de l'ortie, eL implanter a la place ce qui est véritablement humain et nOD nuisible.! Comment cela s'effectue. le Seigneur l'ensei.;ne dans Jean, - XV. 1 A7.
Il'!I a Imputation, mais du bien et .lu mal. et ell mAme temps de la foi.
643. Que ce soit l'Imputation du bien et du mal, qui est enten-

tBi

due dans la Parole, quand il y est question d'imputation, on le ,oit par d'innombrables passage:;, qui même ont déj~ été rapportés en parti,,; mais pour que chacun soit certain qu'il n'y a pas d'autre Imputation, il sera encore présenté ici quelques citaLions tirées de la Parole:.. Le Fils de fhomme doit venir. et ators il rendra à chacun selon ses œuvres:» - !Iallh. XVI.!7. - « Ceuz' qui ont fait de bonnes œuvres sortiront pOUl' une résurrection de vie. et cellZ quien 01Jl fait de mauvaises, pOlll' une résurrec· tion de jugement. » - Jean, V. 29. - u Un Livre fut ouvert. qlli est (le LiVl'e) de la vie, et il& furent jugés tous selon leU1'$ œuvres. 1.1 -Apoc. IX. It, 13. - Il V!Jici,jet'iens 6ient8t. et ma récompense avec Moi, afin que je donne à cl,acWl selon SOI œuvre. • - Apoc. XXII. it. - u le ferai la visite sur ses voies, ~i ses œuvres je llii l'étl'ibuerai. » - Hosée, IV. 9. Zach. 1. 6. Jérém. XXV, H. XXXII. t9. - a Dieu, dans le jour de sa colèle et de son juste jugement, rendra à cl,acun selon ses :Buvt'es. D Rom. U. 3. 6. - a Il nous faut tOllS comparattre devant le nib",nal de Ch,'ist, afin ql,e chacun t'eçoive, .elon ce qu'il a fait par le corps, soit 6ien, soit mal. » - Il. Cor. V. 10. -II n'y a point ~u ~'alllre Loi d'imputatloll dans le commencement de l'Eglise, et il n'y e,l aura poinL d'aulre dans sa fin ; qu'il n'y en aiL point eu d'utre dans le commencement de l'Église, on le voit par Adam et par son Épouse, en ce qu'ils ont été condamnés, parce qu'ils avaient fait le mal en mangeant de l'arbre de la science du bien et d~

RELIGION CHRETIENNE. ' t81S mal, - Gen. Il et III; - etqu'iI ne doive pas y en avoir d'au tre dans 1. fin de l'ESlise, on le voit clairement par ces paroles du Seisneur: a Quand viendra le Fils de l'homme daM la gloire de son Pdre, alors il s'assiét"a sur le Trdne de sa gloire, et il dira au:.r: brebis qui seront à Sil droite: Venez, les bénis de mon Père, et possédez comme Mritaqe le Royaume préparé pour IJOW dès la fondation du Monde; t:ar j'ai el' faim, et vous M'a"e.z dormé ci manger; j'ai eu so if et val" M'avez donné tl bo;"'e ; j'étais él"anger, et vous M'avez recueilli; nu, et vous M'aves vhu ; j'étais malade, et vous M'avez visité: j'étais en prison, el vous ~tes venus vers Moi. Mais il dü'a au:.r: Boucs placés d sa gauche,parce qu'ils n'ont pas fait de bonnes qmvres: Retire:&t'OUS de JJoi, maudits, dans le feu étemel, préparé au dia6le et ci ses anges. D - !Iallb. XXV. St eL suiv, - D'après ces paroles, quiconque a les yeux ouverts peut voir qu'il y a imputation du bien et du mal. Qu'il y ait aussi Imputation de la Foi, o'est parce que la charité qui appartient au \lien, et la foi qui appartient DU vrai, sont ensemble dans les bonnes œu\'res, et que si elles ne soot pas ensemble, les OEUH6S ne sont pas bonnes, voir ci-dEsssus, N°l 3i3 A3ii ; c'est pourquoi Jacques dit: Il Ab"aham notre père Ize fut-il pas justifié par des OEuvres, lorsqu'il offrit son fils sur f autel? Ne 'Vois-tu pas que la Foi coopérait avec ses œuvres, et 'lIce par les OEuvres la Foi fitt connue pOlir parfaite, et qu'ainsi fut accomplie l'Écriture, qui dit: A braham a cru en Dieu, et cela lui a été imputé à justice? » - Itptt. Il. 21, 22,
2S.

6U. Si par l'Imputation dans la Parole les Chefs des Eglises Chrétiennes, et par suite leurs subalternes, ont entendu l'Imputation de la Foi dans laquelle la Juslice et le Mérite du Christ ont été inscrils, et par conséquent, attribués ft l'homme, c'est parce que pendant quatorze siècles, c'est-~·dire, depuis le Conoile de Nicée, on n'a pas voulu entendre parler d'uoe autre foi; cella foi seuJe s'est donc établie, comme organisée dans leur mémoire, et par suite dans leur mental; et, depuis ce temps, elle a empruuté une lumière.. telle qu'est celle d'uu incendie pendant la nuit, lumière d'apràs laquelle cet le foi fut vue comme le vrai théologique ,même, d'où dépendent enchatnés en série tous les autres dogmes,

LA VRAIE qui tomberaient en lambeaux, si cette tête ou celle colonne était ôtée: si donc ils pen!laient à une autre foi qu'à celte foi impulalive, quand i1tlisent la Parole, c.lle lumière avec toute leur Théo10Biqne s'éteindrait, et il s'élèverait des ténèbres dans lesquelles l'E,lise Chrétienne Ioule elltière disparaitrait, c'est pourquoi celle foi a été laissée, comme une souche de racines en terre, après que larbre a été coupé et détruit, jU8qu'à ce que les sept temps soient passés, - Daniel. IV. !5. !6, - Aujourd'hui dans l'Église, parmi les Chefs confirmés, qui est celui qui, lorsque cetle foi est attaquée. ne se bouclle pas les oreilles comme avec du coton, de orainte d'entendre parler contre elle? Mais, mon cher Lecteur, ouvre les oreilles, et lis la Parole, el tu percevras clairement une foi autre et ulle imputation autre que celles dont lu liS eu jusqu'à présent la persuasion, 64-"S. Il esl ~tonnalll que, quoique la Parole, depuis le commencement jusqu'à III fin. soit pleine de témoignages et de confirmations qu'à chaque homme sonl imputés son bien et son mal, néanmoins les dogmatistes de la Religion Chrétienne aienl bouché leurs oreilles comme aveo de la cire, el oint leurs yeux comme d'un collyre, en sol'le qu'ils n'aient entendu ou n'aienl vu, el qu'ils n'entendent ou ne voient d'autre Imputai ion que celle de leur Foi, dont il vient d'être parlé; et cependant celte Foi petit êtl'e cOR\'cllablemcnl comparée t. la Maladie de l'œil, qui est appelée GOUTTE SEREI!iE. et doit même être Ajuste titl'e nommée ainsi; celle mliladie est une cécité abgolue de l'œil, produite par robstruct:on du Nerf optiqut, el cependant l'œil semble voir complètemcnt ; il en e!l~ de mêll l' de ceus: qui sont dans celle foi, ils marchent comme ayant Il ~ yeux ouverts, et devant les autres il mble qu'ils voienl tout. tandis que cependant ils ne voient rien, puisque l'homme ne sait rilm de celle foi quand elle entre, car il est alors comme une souche, et ensuite il ne fiait si elle est en lui, et ne sait si en elle il y a quelque chose; et dans la suite il leur semble même voir très-clairement celte foi concevoir et enfanter les nobles fœtus de la Justification, t. savoir, la Rémission des péchés, la Vivification, l'Innovation, la Régénération, la. Sanctification, lorsque cependant il~ D'en ont vu et n'en peuvent voir aucun
186

ligne.

T

RELIGION CHRÉTIENNE. 187 646. Que le bien qui est la charité, et le mal qui est l'iniquité, soient imputés après la mort. c'est ce qui m'a été prouvé par toute mon expérience sur le sort de ceul. qui de ce Monde passent dans l'autre i chacun. après y être resté quelques jours est examiné quel il est, par cons~quent quel il a été dans le Monde précédent quant ~ la religion: cela fait. les examinateurs en font le rapport . au Ciel, et alors il est transporté vers ses semblables~ par conséquent vers les siens; ainsi se fait l'Imputation. Qu'il y ait imputation du bien pour tous ceux qui sont dans le Ciel, et imputation du mal pour tous ceux qui sont dalls l'Enfer, cela est devenu évident pour moi d'après l'ordination du Ciel et de l'Enfer par le SeiIneur; tout le Ciel a été disposé en ordre dans des sociétés selon toutes les variétés de l'amour du bien. et tout l'Enfer selon toutes les variétés de l'amour du mal. L'Ëglise dans les terres a été pareillement disposée en ordre par le Seisneur, car ulle correspond' au Ciel i sa religion est le bien. De plus. demande à n'importe quel homme, ayant de la relision. et doué en même temps de raison, de quelque partie du Globe qu'il soit. quel est celui qu'il croit devoir aller au Ciel, et quel est celui qu'il croit devoir aller en Enfer i et tous répondt:ont d'un commun accord que ceux qui font le bien iront au'Ciel, et que ceux qui font le mal iront en Enfer. En outre. qui ne sait que celui qui est vraiment bomme aime un homme, une réunion d'hommes, une ville et un royaume d'après , le bien qui est en eux. et non-seulement les hommes, mais encore les bêles~ et aussi les choses ·inaniDl~es, telles que maisons. possessions. champs, jardins, arbres. forêts. terres. mêDle les métaux et les pierres, d'après leur bonté et leur lisage. le bien et • l'usage sont un? Etle Seigneur n'aimerait pas l'homme el l'Eglise d'après le bien 1

188

LA. VR.UE

La Foi et l' lmputatitJII. de la Nouvelle Église ne peuvent nu/leme'" ~tre de compagnie avec la foi e' l'imputation de la prlcédente Église; e' si elles sont ensem61e~ il se lait une telle collision et un tel conflit, que le tout de l'Église cha l'homme

périt,
647. Si la Foi el l'Impulation de la nouvelle Eslise ne peuvent êlre de compagnie avec la foi et l'imputation de l'Eglise précédente ou qui dure encore, c'est parce qu'elles ne sont pas d'accord en ulle tl'oisième partie, ni même en une dilième; car la foi de la précédente Église enseigne que de toute éternité il a existé trois Personnes Divines. dont chacune en particulier ou par elle-même serait Dieu, tout autant de Créateurs; mais la foi de la DOllvelle Eglise est. que de toute éternit~ il ya eu lieulement une seule Personne DÎ\rine. ainsi un seul Dieu, et qu'outre ce Dieu il n'yen a point d'autre: la foi de la précédente Eglise a donc présenté une Divine Trinité divisée en trois Personnes; mais la foi de la nouvelle Eglise présente une Uivine Trinité unie dans une seule Personne, La foi de la précédente E~lise a été en un Dieu invisible, inaccessible et inconjongible. dont elle a eu une idée telle que celle qu'on a d'un Esprit, c'est-à-dire, telle que celle qu'on a de l'éther ou du vent; mais la foi de la nouvelle Eglise est en Dieu visible, accessible et conjongible, dans lequel il y a, comme l'âme est dans le corps~ Dieu invisible, inaccessible et inconjonsible, duquel elle a l'idée d'un homme parce que Dieu un, qui a été de toute éteruité, a· été Cait Homme dans le temps. La Coi de la précédente Eslise attribue au Dieu invisible la toute-puissanee~ et l'ôte au Dieu ,risible, car elle enseigne que Dieu le Père impute la foi, et par eUu donne la vie éternelle, et que le Dieu visible intercède seulemont, et que l'un et l'autre, ou selon l'Eglise Grecque Dieu le Père donneà l'Esprit Saint, qui est dans l'ordre un ll'oisième Dieu par lui-même, toute puissance d'opérer les eft'ets de cette foi; mais la foi de la nouvelle Eglise allribue ~ Dieu "isible, dans lequel est Dien invisible, tonle puissance d'imputer et all~i d'opérer les effets du salut. La, foi de la précédenLe Eslise est

T

RELIGION CHrutTIENNE. i89 principalement en lin Dieu Créateur, et non en même temps en ~ui comme Rédempteur et Sauveur i mais la foi .de la nouvelle Eglise est en un seul Dieu, qui est tout il la fois Créateur, Rédempteur et Sauveur. La foi de la précédente Eglise esL que 13. PéDitence, la Rémission des péchés, la Rénovation, Ja Régéuération. la Sanctification et le Salut suivent d'eux-mêmes la foi donnée et imputée, et cela, sans que rien de J'homme y soit mêlé ou conjoint; mais la foi de la nouvelle Eglise enseigne la pénitence.]a réformation, la ré~énération, et ainsi la rémission des péchés, l'homme y coopérant. La foi de la précédente Eglise affirme qu'il y a imputation du mérite du Christ, implltalion que la foi donnée embrasse; mais la foi de la nouvelle Eglise enseigne qu'il y a imputation du bien et du mal, et en même temps de Ja foi, et que celle imputation est conforme il l'Ecriture Sainte, mais que l'autre y est contraire. La précédente E~lise soutient qu'il y a donation de la foi, dans laquelle est le mérite du Christ, quand l'bomme est cOlllme IIne souche ou une pierre, et soutienL aussi qu'il ya totale impuissance de l'homme dans les choses spirituelles i mais la nouvelle Eglise enseigne une toute autre foi qui est non dans Je mérite du Christ, mais en Jé!lus-Christ Lui-!Iême Dieu Rédempteur et Sauveur, eL soutient qu'il y a libre arbitre tant pour s'appliquer il la réception que pour coopérer. J.a précédente Église adjoint il. sa Coi la charité comme appendice, mais non comme salvifique. et constitue ainsi la religion; mais la nouvelle Eglise con_ joint la Coi au Seigneur et il. la charilé il l'égard du prochain, comme deul choses in5éparables, et constitue ainsi la Religion; sans parler de plusieurs autres discordances. 648. Par celle courte revue' de discordances ou dissentiments, il est évident que la foi et l'imputation de la nouvelle Église ne peuvent nullement être de compagnie avec la foi et l'imputation de l'Église précédente ou qui dure encore; et comme il y a entre la foi et l'imputation de l'une et de l'autre Église une teUe discordance et un tel dissentiment, il y a une complète bélérogénéité; si donc elles étaient ensemble dans le mental de l'homme, il se ferail une telle collision el un connit, que le tout de l'Église périrait. et que dans les choses spirituelles l'homme tomberait ou en délire ou en défaillance; de Il il ne saurait ce'que c'est que l'E-

190
LA. VRAIE

glise, ni s'il y a une Église i est-ce qu'alors il saurait quelque chose d. Dieu, quelql1;e chose de la foi, et quelque chose de la cbarité r La foi dela précédente Église, parce qu'elle a exclu toute lumière provenant de la raison, peuL être comparée à une chouette i mais la foi de la nouvelle ÉSlise peut être comparde à ulle colombe qui vole en plein jour, et voit par 1a lumière du ciel i c'est pourquoi leur conjonction dans un même mental serait comme la conjonction d'une choueLle et d'une colombe daus un même nid, où la chouetle pondrait ses œufs, et la colombe les siens; après l'incubation les pelils écloraient, et alors la chouette déchirerait les petits de la co10\JJbe, et les ,lonnerait en llilture à ses petits; car la chouette est un oiscau \'orace. La foi de la précédente Eglise étant décrite dan s l'Apooalypse, Chap, XII, par le dragon, et la Coi de la nouvelle Église. par la femme enveloppée du soleil, sur la tête de laquelle est une couronne de douze étoiles, on peut conclure de la comparaison, quel serait l'état du mental de l'homme, si elles étaient ensemble dans la même maison, à savoir, que le dra'gon s'arrêteraiL devant la femme prête d'ae.coucher pour dévorer son enTant. eL qu'après que la femme se serait envolée dans le désert, il la poursuÏ\'rait, et lancerait de l'eau comme un fleuve sur elle. afin qu'elle fût submergée. 61-0. Semblable chose arriverait, si quelqu'un embrassait la foi dc la nouvelle Eglise, el relenait la Coi de la précédente Église sur l'Imp Italion du mérite cl dela justice du Seigneur; car de cetLe foici, corume racine, repousseraient comme rejetons lous les dogmes de la pl'écédente Eglise: si cela arrivait. ce serait, par comparaison. comme si quelqu'un sc dégageait de cinq cornes du dragon et s'engageait dans les cinq autres; ou cotnme si quelqu'un fuyait un loup, et tombait sous un tigre i ou comme si quelqu'un. sortant d'une COAse où il Il'y a point d'eau. tomb:lit dans une fosse pleine d'ean, où il serait suJ>ruergé; car ainsi il reviendrait facilement dans loutes les erreurs de la précéJ~nLe Coi, qui ont été e1pOS~3S ci-dessus. et alors dans cetle erreur d1rnnable de s'imputer et dt. s'appliquer les Divins mêmes du Seigneur, 'lui SOilt la Rédemption el la Justice, .qu'on peut adorer et non s'appliquer; ear si l'homme se les imputait el se les appliquait. il serait consumé comme s'il élait jeté dans le soleil DU, dont cependant la lumière

r

191 RELIGION CHRÉTIENNE. et la chaleur le fonl voir et vivre par le corps: que le Mérite du Seiineur soit la Rédemption, el que la Rédemption et la Juslice du Seiioeur soienL d~Ul Divins, qui ne penvent être conjoints il 'l'homme, c'est ce qui a été montré ci-desslls. Qne chacun se garde donc de transporter J'imptllation de la précédente Église dans l'imputation de la nouvelle Église, puisque cela serait une source d'effets tragiques qui s'opposeraient à son salut.
~

Seigneu'l' impute à tout homme le 6ien, et f Enfer impr,te à tout ho."me le mal.

650. Que le Seisneur impute l l'homme le bien et ne lui IIn, rute aucun mal, et que le diable, par lequel est entendu l'Enfer, impute fi. l'homme le mal et ne lui impute aucun bien, cela est nouveau dans l'Église; si cela est nouveau, c'est parce que dans la Parole on liL en beaucoup d'endroits que Dien se met en colère, se venge, a de la haine, damne, punit, jette dans l'enfer, tente, toutes choses qui appartiennent au mal, ot par slIite sont des maux; mais que le sens de la lettre de la Parole ait été composé de choses, qui sont appelées apparences eL correspondance, dans le buL qu'il y ait conjonction de l'Église EXlerne avec. l'Église Interne, par ~nséquent du Monde avec le Ciel, cela a été monlré dans le Chapitre sur l'Écriture Sainte; et il y a aussi ét6 montré que, quand de telles expressions sont lues dans la Parole. les ap. parenees du vrai, en passant de l'homme jusqu'au Ciel. sont ellesmélOes cllangéell en des vrais réels, qui sont, que jamais le SeiBncur ne se met en colère, De se "eugc, n'a do la haine, ne damne. ne punit. ne jette dans l'enfer, ne tenle, que par conséquent jamais il ne fait de mal fi. l'homme; j'ai très-souvent remarqué cette transmutation et ce r8m'ersemenL dans le 1I10nde Spirituel. 61H. La raison elle-même convient que le Saigneur ne peut faire de mal à aucun bomme, ni par conséquent lui imputer le mal. car le Seigneur est l'Amour Même, la l\lisdricorde Même, ainsi le Bien ~Iême, et ces qualilés appartiennent l sa Divine Essence; c'est pourquoi attribuer au Seigneur le mal ou quelque ebose du mal, ce serail contraire l sa Divine Essence, et ainsi

LA VRAIE contradictoire, et ce serait aussi abominable que de conjoindre le Seisneur U8C le diable, et le Ciel avec l'Enfer, quand cependant « tcn gouffre immense a été étaMi entre eltz, de sorte gue ceuz qui veulellt traverser de celui-Id d celui-ci ne le peuvertt, non

192

1

i

plus gue de celui-ci d celui-là on ,te peul passer.

D -

Luc,

1 ,

XVI. 26. - Un AnBe du Ciel ne peut pas même Caire du mal à quelqu'un, parce que l'essence du bien provenant du Seigneur est en lui; et vice versd un esprit de l'enfer ne peut faire que du mal ~ autrui, parce que la nature du mal provenanL du diable est en lui i l'essence ou la nature que quelqu'un s'esL appropriée dans le Monde ne peuL pas être changée après la mort. Pense, je te prie, quel serait le SeigDeur, s'il regardait les mécllanls avec co,1ère et les bons avec clémence i il Ya des méchants par myriades de myriades, et des bons par myriades de myriades '; et s'il sauvait ceux-ci par grâce eL damnait ceux-là par vengeance, et considérait les uns et les autres d·uo œil si différent, doux et dur, pitoyable et impttoyable, que serait alors le Seigneur Dieu! Qui est-ce qui n'a pas été instruit par les prédications dans I~s Temples, que tout bien, qui est en lui-même le bien, vient de Dieu, et qu'au contraire tout mal, qui est en lui-même le mal, vient du diable 1 Si donc quelque homme recevait ct le bien et le mal, le hiq,n d'après le Sei6neur, et le mal d'après le diable, et l'un et l'autre par volonté, ne deviendrait-il pas ni froid ni chaud, et ne serait-il pas ce tiède, qui est vomi, selon les paroles du Seigneur dans l'Apocalypse r -III. US, t6. 6S!, Que le Seigneur impute le bien • tout homme, et n'impute le ID al • qui qlle ce soit, qu'ainsi il ne condamne personne à l'Enfer, mais élève vers le Ciel tous les bommes, en tanL que l'homme le suit, on le voit par ses propres paroles: • Jésus dit:
Quand j'aurai élé ~levé de la terre, tous les hommes i' attireraI vers Moi, • - Jean, XII, 32. - cc Dieu a envoyé SO'll Fils dans le Monde, non pour juger le Mon'de, mais pour gue le MOllde soil sauvé par Lui; celui gui croie en Ltci n'est point jugé, mais celui qui ne croit point a déjd élé jugé. D - Jean, Ill, t 7, -18, - • Si guelqu'u,., enlend mes paroles et cepe7ldant '~e croil point, Moi, je ne le juge paine; car je suis venu nOll pour juger le Monde,' mais pou,. sauver le Monde; celui gui Me mépr,ise,


RELIGION CHRÉTIENNE.
,193
et ne reçoit point mes paroles. il a qui le juge, la Parole que j'ai prononcée le jugera au dernim·jour . • - Jean, XII. 47. 48. ft Jésus dJt: Moi, je ne juge pel·sonne. » Jean, VIII. ilS; - par le Jugement. ici et ailleurs dans la Parole. il est entendu

le jugemenlilour l'Enfer. c'est-à-dire, la damnation; mais à "ésard de la salvation, il est dit la résurrection l la vie, et non le jugement. - Jean, V. 2.1. !9, Ill. :t 6 i - par la Parole qui jUiera, il est entendu la Vérité. et la ,'érilé est que lout mal vient de l'Enfer, et qu'ainsi le mal et l'Enfer sont un; c'est pourquoi pendant que le mêchant est éle\'é par le Seigneur nrs le Ciel, son mall'entralne en bas; et comme il aime le mal, il la suit lui-mêmo de son plein gré: c'est lIu5si une vérité dans la Parole, que le Bien est le Ciel, c'est pourquoi pendant qlle le bon est élevé par le Seigneur vers le Ciel. il monte lui-même comme de son plein gré. et il est introduit; les bons sont diLS avoir été écrits dans le Livra de vie •. - Dan. lU. t. Apoc. lm. 8. XVII, 8. XXI. !7. - Il ya en actualité une sphère l'ar laquelle tous sont élevés vers le Ciel, ell e procède cORtinuellement du Seigncur, et rcmplit tout le l\follde spirituel et tout le Monde naturel; et elle est comme une forte veine dans l'Océan. qui, sans qu'on ie sacbe, entraine le navire; tous ceux qui croient au Seigneur, et vivent selon ses préceptes, entrent dans cctte sphère ou veine, et sont élevés; mais ceux qui ne croient pas ne veulent pas y entrer; ils se rejettent sur les CÔlés, et ils y sont saisis par un torrent qui cOllduit ll'Enfer. 633. Qui ne sait que l'agnean ne peut agir que comme un agnea u. et la brebis que comme une brebis; que d'un autre côté, le loup ne peut agir que comme un loup, elle tigre que comme un tigre? Si ces bêles étaient mêlées ensemble. le loup ne dé\'orerait- il pas l'agneau, et le tigre la brebis? C'est pour cela qu'il y a des bel'gers pour veiller. Qui ne sait qu'uoe fontaine d'eau douce ne peut faire jaillir de sa source des eau!. amères, et qu'un arbro b on ne peut produire des fl'uiis mauvais; que le cep ne peut piquer comme l'épine. la fleur de lis causer une douleur vive comme l'ortie, ni l'hyacinlhe déchirer comme le chardon r et vice vm'sd; c'est pourquoi ces mauvaises plantes soot arrachées des champs. des vignes et des jardins. et sont jetées en monceaui dans le feu. Il en est de même des méchants qui arrivent dans Je Monde Spi ..
Il.

l3.

LA. VRAIE rituel, selon 163 paroles du Seigneur. - Mallh. XIII. 30. Jean. XV. 6. - Le Seigneur a dit aussi aUI Juifs: • Race de vipères, comment pouvez-vous de lJo7lnes choses prononcer, puisque méchants vous ~tes ? L' homme bon dit bon trésor de SOli cœur tire de 60rtnes choses, et l'homme méchant de son mauvais trésor tire de mauvaises choses • • - Malth. XD. 34, 3S.

t9'

La Foifait la sentence à !égard de ce avec quoi elle se conjoint; si la vraie foi se conjoint avec le bien, la se7&tence est pour la vie éternelle; mais si la foi se conjoint avec le mal. la sentence est pour la mort éternel/e.

634. Le.; œuvres de la charité qui sont faites par le chrétien, et celles qui sont faites par le paien, se présentent slmhlables dans la forme elterne; car l'un, de même que l'autre, fail Al'égard du CODcitoyen les biens de la civilité et de la moralité, qni eu I,artie sont semblibles aux biens de la charité l l'égard du prochai. i et même ils peuvent, l'un comme l'autre, donner aux pauvres, secourir les indigents, el entendre les instructions dans les temples; mais qui est-ce qui peut par là juger si ces biens externes lIont selDblables dans la Corme interne, ou si ces biens naturels sont aussi spirituels r Sur ce point, on ne peut conclure que d'après la Coi, car la foi les qualifie; eD efret, la Coi rait que Dieu est dans ces biens el les conjoint avec lui dans l'homme in~rne, d'où il arrive que les biens naturels deviennent inLérieurement spirituels. Qu'il en soit ainsi, on peut le voir plus pleinement dans le Chapitre sur la 'Foi, où sont démontrées les propositions suivantes: La Foi ne vit pas avant If avoir été conjointe à la charité. La charité devient spirituelle par la foi, et la loi devient spirituelle par la charit/. La foi sans la charité, parce qu'elle n'est pas spirituelle. n'est point la foi; et la charité sans la foi, parce qu'elle ne vil pas, R'est point la charité. La foi et la charités'appliquent et" conjoignent mutuellement et réciproquement. Le Seigneur,. la CA., rité et la Foi fonl un, comme la vie, la volonté et entende.. ment; et, s'ils sonl divisés, chacun est perdu, comme une perle réduite en poudre.

r

RELIGION CHRaTIENNE 195 666. D'après ces propositions, en peut VIiI' que la foi en un leul et vrai Dieu fait que le bien est Je bien aussi dans la forme interne, et qu'au contraire la foi eq un faul Dieu fait que le bien est le bien seulement dans la forme exteroe, ce qui n'est pas le bien en lui-même; ainsi était autrefois la foi dis ientils en Jupiter. Junon et Apollon, celle dc:s Philistins en Daion. et des autres en Baal et Baalpébor, celle de Biléam le 'Iagicien en son Dieu, et celle des ËCPliens en un S'rand nombre' de dieux. Il en est tout autrement de la foi au Seigneur, qui est le vrai Dieu et la vie éternelle, selon Jean, - Éplt. V. il ; - et en qui toute la plénitude de la Divinité habite corporellement, selon Paul, - Éplt. Coloss. Il. 9. - Ou'esl-ce que la. Coi en Dieu, sinon l'aspect et par suite la présence de Dieu. et en même temps la confiance qu'il aide! et qu'estce que c'est que la vraie foi. sinon la foi au vrai Dieu et en même temps la confiance que lout bien vient de Lui, et qu'il fait que son bien devient salvifique? C'est poul:quoi, si cette Coi se conjoint avec le bien. la sentence est pour la vie éternelle; il en est lout autrement si elle ne se conjoint pas avec le bien, et l plus forte raison si elle se conjoine avec le mal. 6S6. Quelle est la conjonction de la charité et de la foi chez ceux qui croient en trois Dieux, et cependallt disent croire en un seul, cela a été montré ci-dessus, l Saloir, que la charité se conjoint avec la foi seulement dans l'homme externe-naturel; et cela, parce que son mental est dans l'idée de trois Dieux, et que sa bouche est dans la confeslion d'un seul Dieu; si done Je mental s'inCusait à l'inslant même dans la confession de la bouche, il chasserait l'énonciation d'un seul Dieu et il ouvrirait les lèvres et en Cerait sortir ses trois Dieul. 657. Que le mal et la foi en un seul et vrai Dieu ne puissent être ensemble" chacun d'après la raison peut le ,'oir. car le mal est contre Dieu, et la foi est pour Dieu; or le mal appartient lia· volonté, et la foi 1 l'entendement, et la volonté influe dans l"eotendement et le fait penser. mais non vice versd; l'entendemenl. enseigne seulement ce qu'il faut vouloir et·ce qu'il faut faire; c'es& pourquoi le bien. qU'UD tel homme fait. est 8n lui-même le mal; c'est comme un os brillant dont la moelle est pourrie; c'est comme sur le thé4tre un histrion qui repr6sente un srand personnage;

.
LA VRAIE c'est oomme le visage graoieux d'une prostiluée surannée; c'est comme un papillon aux ailes argentées qui dépose ses œurs sur les feuilles d'un bon arbre, ce q~i cause plus tard la perle de toul '. son fruit; o'est comme la Cumée odoriférante provenant d'une herbe empoillonnée ; enfin, o'est oomme un brigand moral, et un délateur pieu! : o'est pourquoi son bien, qui en lui-même est le mal, esL intérieurement dans la chambre, tandis que sa Coi, qui .marohe et résonne dans le \·ëstibule, est UDe pure chimère.. un fantôme et une bulle de savon. D'après oela on voit olairement la vérité de celle proposition, que la foi Cait la sentence à l'éiard do bien ou du mal, qui lui est oonjoint,
La Pensée n'est imputée à personne.. mais la Volonté est imputée.
65ft Tout homme Érudit sait 'qu'il y a deux facultés ou deux parties du Mental, la Volonté et l'Entendement, mais il en est peu qui sachent avec jnstesse les discerner, en .examiner séparément les propriétés, et ensuite les conjoindre; oeux qui ne le peuvent pas, ne peufent non plus acquérir sur le mental qu'une notion très-obscure; si donc les propriétés que chacune de oes deux facultés a par elle-mème ne sont pas d'abord déorites, celle proposition, que la pensée n'est imputée à personne, mais que la volonté est imputée, ne sera pas saisi~, Les propriétés de l'une et de l'autre .sont, en abrégé, oelles-ci: 1° L'amour lui-même, et les ohoses qui appartiennent à l'amour, résident dans la volonté; la science, 1'intelligenoe et la sagesse résident dans l'entendement, et la volonté leur inspÏl'e son amour, et produit la faveur et l'assentiment; il en résulte que tel est l'amour et par suite l'intelligence, tel est .l'homme. 2° De là résulte encore que tout bien, et aussi tout mal, appartient à la volonté; en effet, lout ce qui procède de l'amour est appelé bien, quand même ce serait le mal, oar 10 plaisir qui fait Ja vie .de l'amour produit oela; la Volonté par ce plaisir en Ire dans l'entendement et produit le consentement. 30 La Volonté est do no l'être ou l'essence de la vie de l'homme, ell'EnlendemenL en est l'exister ou l'existence: et comme l'essence D'est rien si

!96

T
RELIGION CHImTIE~NE. t9T elle n'est pas dans une forme. de même la volonté D'est rien si elle n'est pas dans l'entendement; c'est pourquoi la volonté se forme dans l'entendement, et ainsi se produit dans la lumière. 4·, L'Amour dans la volonté est la fin. et dans l'entendement il cherche et trouve les causes par lesquelles il s'avance vers l'eft'et i et comme la fin est ce qu'on se propose et ce qu'on a en intention, elle est aussi ce que se propose la volonté, et par l'intention ella entre dans l'entendement, et le pousse il. tourner et retourner les moyens, et l conclure des choses qui tendent aUI effets. Ba Tout propre de l'homme est dans la volonté, et ce propre est le mal par la première naissance, et devient le bien par la seconde; la première naissance vient des parents, mais la seconde vient du Sttisneur. D'après cet exposé sommaire on peut voir que, autre est la propriété de la Volonté, et autre celle de l'Entendement, et que par création elles ont été conjointes comme l'être et l'exister; qne par conséquent rhomme est homme en premier lieu par la volonté, et en second lieu par l'entendement; de Il vient qu'à l'homme est imputée la volonté, mais non la pensée, par conséquent le mal et le bien, parce que, comme il a été dit, le"lIIal et le bien résident dans la volonté, et par suite dans la pensée de l'entendement. 639. S'il n'est imputé à l'homme aucun des maUI qu'il pense, c'est parce que l'homme a été créé de tello manière, qu'il peut eomprendre et par suite penser le bien ou le mal, le bien d'après le Seigneur, et le mal d'après l'EnCer, car il est dans le milieu, eUI a la Caculté de choisir l'uu ou l'autre d'après le libre arbitre dans "les choses spirituelles, dont il a été traité en son lieu i et comme il Il la faculté de choisir nec liberté, il peut vouloir et ne pas 'fOUloir, et ce qu'il veut est retu par la volonté et est approprié. mais ce qu'il ne veut pas n'est pas reçu et par conséquent n'est pas approprié. Tous les maux vers. 16llquels l'homme incline par naissance out été inscrits dans la volonté de son hemme naturel; ces maux, en tant qu'il en tire de là, influent dans les pensées; de même les biens avec les vrais y inftuent d'en haut par le Seiineur ; et ils "1 sont pesés comme des poids dans les plateaux d'une balance; si alors l'homme adopte les maUI, ils sont reçus par la volonté ao. eienne, et ils s'ajoutent aux maUI de celte volonté; mais s'il adopte

LA VRAIE les biefis avec les vrais, il est Cormé par le Seigneur une nouvelle l'olonté et un nou\'el entendement au-dessus de la volonté ancienne, el le Seigneu; y implante successivement de nouveaUI biens par des vrais, et par ceul-ci il subjuBue les maui qui sont au-dessous et les éloiine, et il dispose toutes choses dans l'ordre. D'après cela, il est encore évident que la pensée est ce qui purifie et tamise les maux qui viennent des parents; si donc les maul que l'homme pense étaient imputés, il ne pourrait être fait ni réformation, ni régénéralion. " 660. Puisque le bien appartient à la volonté el le \'rai ll'entendemenr, et que dans le Monde une multitude de choses correspon~ent au bien, comme les fruits eL les usages, et que l'imputation elle-même correspond à l'estimation et au prix, il s'ensuit que ce qui a été dit ici de l'imputation peuC être comparé avec toules les choses créées; car, ainsi qu'il a déjil été montré ç4 et là, tout dans l'univers se rétère au bien et au \'rai, et, dans un autre sens, au mal et au faux, "La comparaison peut donc ~tre faite avec l'Ëglis.e, en ce qu'elle est réputée Église d'après la charité et la foi, et non d'après les rituels qui y sont adjoints La .comparaison peut aussi être faite avec un ministre de l'Église, en ce qu'il est estimé d'après sa volon lé et son amour, et en même temps d'après son entendement dans les choses spiriluelle~. et non d'après son affabilité et son vêlement. 11 y a au~si comparaison avec le culte et le lemple dans lequel" il est fait; le ciJlte lui-même se f.dt dans la V0101lt6, et dans l'entendemeut comme dans son temple, eL le temple est appelé saint non d'après luimême, mais d'après le Divin qu'on y enseigne; il Y a' encore comparaison avec un Gouvernement, qui est aimé, quand le bien règne et en même temps le vrai, mais non qu-and l'ègne le \'-rai sans le bien. Qu"i est-ce qui juse d'un roi d'après ses gardes, ses chevaux el ses chars, et non d'après le Sentimel!t Royal qu'on sait exister en lui? le Sentiment Royal appartient à l'amour et li la prudenc.. de gouverner. Dans un triomphe, qui est-ce qui ne regarde pas le Conquérant eL a'après la conquérant la pompe, au lieu de juger du conquérant d'après la pompe? on juse donc d'allrès l'essentiel le formel, et non d'après le formel ['essentiel; la volonté est l'essentiel, eL la pensée est le Cormel j eL personne ne peuL imputer

RELIGION CBIŒTIENNE. 199 lu rormel qne ce qu'il lire de l'essentiel, ainsi on impute l celui-ci et lion à celui-là.•

66t. Aux" explications de ce chapitre j'ajouterai ces MÉMORAPRElllER MÉMORABLE. Dans la Plage septentrionale supérieure près de l'Orient, dans le Monde Spirituel, il y a des lieus. d'instruction pour lea enfants, il y en a pour les jeunes bommes, il y en a pour les hommes adultes, et aussi pour les vi~illards ; tous ceux qui meurent dans leur enrance sont envoyés dans ces lieux, et leur éducatioD se rait dans le Ciel j là aussi sont envoyés tous ceux qui arrivent nouvellement du Monde, et qui désirent des connaissanc!ls sur le Ciel et sur l'Enrer : celle Contrée est"prèi de l'Oriont. afin que tous soient instruits par l'inftux procédant du Seigneur; car le Seigneur est l'Orient, parce qu'il esll.\·dans le Soleil, qui par Lui est pur Amour; de là, la Chaleur de ce Soleil est dans son essence l'Amour, el la I.umière qui en procède est dans son essence la Sagesse; ces deux I:hoses procédant de ce Soleil sont inspirées par le Seigneur à ceux qui sont instruits, çt elles sont inspirées selon la réception, el la réception est selon l'amour d'être sage. Après le temps d'instruction, ceux qui sont devenus intellisents sont congédiés et sonl appelés disciples du SeiIneur ; ils sont d'abord envoyés de là dans l'Occident, et ceux qui ne resto pas dans cette pla~o sont envoyés dans le !Iidi, et quelques-uns par le Midi dans l'Orient, et ils sont introduits dan s les Sociétés où doivent être leurs demoures. Un jour, pendant que je méditais sur le Ciel et sur l'Enfer, je commençai à désirer une universelle connaissance sur l'élat de l'un et do l'autre, sacbant que celui qui connaU les universaux peuL ensuite saisir les singuliers. parce que ceux-ci sont dans ceux-l~ comme des parties sont dans le commun. Dans ce désir, je portai mes re~ards vers celle Contréc dans la plage septentrionale près de l'Orient, où étaient les Lieux d'instruction; et, par un chemin qui me fut alors OU\'ert j'y allai, et j'entrai dans un ColléBe oil étaient de jeunes hommes; et je m'adressai aux principaux Maltres qui instrui~ saient, et je leur demandai s'ils connaissaient des universaux sur le Ciel et sur l'Enrer; et ils répondirent: Il Nous en connaissons peu; mais si DOU! resardons du côté de l'Orient vers.le Seisneur.
BLES:

..

VRA.IE nous serons illustrés et nous saurons. Et ils regardèrent du côt6 de l'orient vers le Seigneur, et ils dirent: • Il Ya trois Universaux de l'Enfer; mais les Universaux de l'Enfer SODt diamétralement opposés aux Universaux du Ciel; les Universaux de l'Enfer sont ces trois Amours: L'Amour de dominer d'après l'amour de soi ; l'Amour de posséder les biens des autres d'après l'amour du monde; et l'Amour scortatoire: les Universaux. du Ciel qui leur sont opposés sont ces trois amours: l'Amour de dominer d'après l'amour de l'usage ; l'Amour de posséder les biens du monde d'après l'amour de faire des usages par ces biens; et l'Amour vraiment Conjugal. • Après ces paroles et un souhait de paix, je m'eD allai et revins chez moi. Lorsque je fus chez moi, il me fut dit du Ciel: u Examine ces trois UnÏ\'ersaux en dessus et en dessous, et ensuite. nous les ,'efl'ons dans la main •• Il m'était dit: u Dans ta main," paree que toutes les choses que l'homme el8mine par l'entendement apparaissent aux. Anges comme inscrites dans les mains. C'est pour cela que, dans l'Apocalypse, il est dit recevoir un Caractère sur le front et sur la main, - Chap. XIII. t6. XIV. 9.
JI)

200

L.~

XX.4.

Aussitôt, j'examinai le Premier Amour universel de l'Enfer, qui était l'Amour de dominer d'après l'amour de soi, et ensuite l'Amour universel du Ciel, qui y correspond, c'est-à-dire, l'Amour de dominer d'après l'amour des usages; en etret, il ne me fut pas permis d'examiner l'un de ces amours sans examiner J'autre, parce qne l'Entendement ne perçoit pas l'un sans l'autre, car ils son t opposés; c'est pourquoi, pour que l'un et l'autre soient perçus ils doivent être placés en opposition, l'un contre l'autre; car un visage beau et régulier brille avec éclat quand on lui oppose un visage Jaid et difforme. Lorsque j'eus bien examiné l'Amour de dominer d'après l'amour de soi, il me fut dOdné de percevoir que cet Amour était infernal au suprême degré, et par suite chez ceux qui sont d~ns l'Enfer le plus profond; et que l'Amour de dominer d'après l'amour des usages était céleste au suprême degré, et par suite chez ceux qui sont dans le Ciel suprême. Si l'Amour de dominer d'après l'amour de soi est infernal au suprême degré, c'est parce que dominer d'après l'amour de soi, c'est dominer d'après le propre; or le propre de J'bomme est par naissance le mal même~

T
RELIGION CHRÉTIENNE. !Ol et le mal même est diamétralement contre le Seigneur; c'est pourquoi plus on fait de progrès ·dans ce mal, plus.on nie Dieu et les choses saintes de l'Eglise et plus on s'adore soi-même et la nature; que ceux qui sont dans ce lDal examinent cela en eux, je les en prie, et ils verront: cet amour aussi est tel que, autant on lui lAche les rênes, ce qui arrive lorsque l'impossible n'y fait pas obstacle, autant il s'élance de degré en degre, et jusqu'lin plus baut ; et il ne se borne pas là, mais s'il n'y a pas lin degré plus élevé, il se plaint et gémit. Cet amour, chez les Politiques, Illonte au point qu'ils ,-ou draient être Rois et Empereurs; et, s'il était possible, dominer sur le monde entier, et être appelés rois des rois et empereurs des empereurs; et, ebez les Ecclésiastiques, ce m~me Amour monte li un tel point, qu'ils voudraient être des dieux, et en tant qu'il est possible, dominer sur le Ciel entier, et être appelés dieux. Que ni les uns ni les autres ne reconnaissent de eœur aucun Dieu, on le verra dans re qui suit. Mais, au contraire, ceux qui veulent dominer d'après l'amour des usages, veulent dominer non d'après eux-mêmes, mais d'après le Seigneur, parce que l'Amour des usages vient du Seigneur, et est le Seigneur Lui-Même; ceux-ci ne regardent les dignités que comme des moyens pour faire des uS3Bes; ils placent les usages bien au-dessus des dignités, tandis 41ue les premiers placent les dignités bien au-dessus des usages_ Pendant que je méditais.sur ce sujet, il me fut dit par un Ange d'après le Seigneur:•• Maintenant. tu vas ,·oir. et d'après la.vue tu te confirmeras quel est cet Amour inCernal. • Et alors la terre s'ouvrit tout-l-coup li gauche, et je ,ois monter de l'Enfer un diahie la tête couverte d'un bonnet carré enfoncé sur le Cront jusqu'aux yeux, la face pleiQe de pustules comme celles d'une fièvre ardente, les yeux hagards, la poitrine gonflée en rhombe; de sa boucbe il lançait de la fum~e comme une fournaise, ses lombes étaient entièrement i~nés; au lieu de pieds il avait des ta!ons osseux sans chair, et de son corps s'exhalait une cbalellr infecte et immonde_ A sa \'ue je fus effrayé, et je lui criai: • N'approche point; dis-moi d'où tu es .• Et il répondit d'une voixrallque: cc le suis des enfers, et j'y demeure avec deux ceuts autres dans une Société, qui est la plus éminente de toutes les sociétés; là, nous sommes tous empereurs des empereurs, rois des rois, ducs des

LA VRAIE ducs, eL princes des princes i nul n'y est simplement empereur. simplement roi, duc, prince; nous y sommes assis sur les trônes des trOnes, et de 11 nous envoyons nos ordres sur tout le globe, et au-delà •• Alors je lui dis: • Ne vois-lu pas que la fantaisie de la prééminence te fait déraisonner! • et il me répondit: • Comment peul-tu parler ainsi? car nous nous voyons nous-mêmes tels, et IIOUS sommes aus.~i reeonDlIS tels par nos compagnons. 1) A celle réponse, je ne voulus pas ]oi dire de nouveau: Tu déraisonnes ; parce que la fantaisie le faisait déraisonner: et il me fut donné de connallre que ce diable, quand il vivait dans le monde. avait seulement ét6 intendant d'une maison, et qu'alors il s'était enorgueilli en son esprit au point qu'il méprisait tout le genre bumain en le comparant à lui-même, et se complaisait dans la fanLaisie qu'il était plus capable qu'un roi, et même plus capable qu'un empereur; d'après cet orgueil il avait nié Dieu. et considéré toutes les choses saintes de l'Église comme rien pour lui, mais comme de quelque utilité pour la stupide populace, entln je lUI dis: u Vous, qui êtfls là deux cents, combien de temps vous glorifierez-vous ainsi entre vous? • Il dit: • Eternellement; mais ceUl de nous -.,ui 10urmentenL les autres, paree qu'ils nient notre prééminence, sont enaloutis; car il nous est permis de 1I0US slorifier, mais nOD .de faire du mal à qlli que ce soir. • Jalui fis encore ceLte question: • Sais-tu qnel est le sorL de ceux qui sont eD~loutis! • 11 me répondit: • Ils tombent dans IIne sorte de prison, oil ils sontlppelés plus vils que les Vilf, ou les plus 'ils; et ils travaillent. .. Alors je dis à ce di3ble: • Prends donc garde, toi, d'être aussi englouti. • Après cela, la terre R'ouvrit de 1I0uveau, mais à droite i eL je vis mon 1er un ImITe diable, sur la tête duquel il y avait une sorle de Tiare entourée des replis d'une espèce de couleuvre dont la tête brillait au sommet; sa face élait couverte de lèpre depuis le front jusqu'au menton, et aussi l'une et l'autre main; ses lombes -étaient DUS et noir~tres comme de la suie, au trayers de laquelle a passé le feu $Ombre d'un foyer, el Jes lalons de ses pieds élaient comme deux: vipères: le premier diable l'ayant aperçu se jeta l senoux et l'adora: je lui demandai: • Pourquoi fais-tu cela y .. Il dit: • Celui-là est le Dieu du ciel et de 1.1 terre, el il est lout-puissant. Il El alors je dis à l'autre diable: • Toi, que dis-tu l cela r If

202

T

:a03 " RELIGION CHRIi:TIENNE. n répondit: • Que dh'ai-je! tout pouvoir sur le Ciel et sur l'Enfer est l moi i le sort de toutes les 4mes est dans ma main, li Je lui demandai de nouveau': • Comment celui-ci, qui est empereur des empereurs; plut-il ainsi se soumettre! Et loi. comment peUl-lU recevoir son adoration f • Il rép9ndit: a C'est néanmoins mon serviteur; qu'est-ce qu'un empereur devant un Dieu f j'ai dans ma "droite la foudre d'excommunication, • Et alors je lui dis: « Comment peux-tu déraisonner ainsi; dans le Ilonde tu n'étais qu'un chanoine i et parce que tl1 as été tourmenté de la fantaisie que tu avais les clefs. et par suite le pouvoir de lier et de délier. tu as porté ton esprit à un tel degré de folie, que maintenant tu crois être Dieu m~me_ • Indigné de ces paroles, il jura qu'il l'était. et que le Seigneur n'a aucun pouvoir dans le Ciel; • car, • ajoutat-il, • il a transporté tout pouvoir en nous; nous n'avons qu'à command~r, et le Ciel et l'Enfer obéissent respectueusement; si nous envoyons quelqu'nn dans l'enfer, les diables aussitôt le reçoh"ent i de même les Anges reçoil'ent celui que nOlis envoyons dans le Ciel, • Ensuite je lui demandai: • Combien êtes-volls dans votre société! • Il dit: cc Trois cents; et tous, là, nous sommes dieux; mais moi. je suis le. dieu cles dieux, » Apl'ès cela, la terre s'ouvril IOUS les pieds de l'un et de l'autre. et ils tombèrent profondément dans leurs enfers i et il me fut donné de ,"oir que sous leurs enfers il y avait des prisons où. tombaient ceux qui font du mal aux autres; en effet. dans !"'enfer la fantaisie de chacun lui est laissée, et même la manie de s'en ~Iorifier, mais il n'est pas permis de faire du mal à autrui: si là ils sont tels, c'est parce qu'alors l'homme est dans son esllrit, et que l'esprit. après avoir été séparé du corps, vient dans la pleine liberté d'agir selon ses affections et selon les pensées qui en proviennent. Ensuite il me fut donné, de regarder dans leurs enfers; et l'enrer où. étaient les empereurs des e~pe­ reurs et les rois des rois était rempli de choses immondes. et ceux qui l'habitaient lUe parurent comme diverses bêtes féroces, aux yeux ~enaçants: de même dans l'autre enfer où étaient les dieux et le dieu des diéuI, et dans celui-ci je vis voler autour d'eux de féroces oiseaux de nuit. qlJi sont appelés ochim et ijim: o'est ainsi que les images de leurs fantaisies m'étaient représentées. Par lA je vis clairement quel est l'Amour de soi chez les Po-

.,
20'
~Iui-ci

LA VRAIE

litiques, et quel est l'Amour de soi chez les Ecclésiastiques; que consiste 1 vouloir être des dieux, et celui-là 1 vouloir être des empereurs, et que c'est ainsi qu'ils veulent, et 1 cela qu'ils aspirent, en tant que les freins sont lâchés 1 ces amours. Après avoir vu CI.'S tristes et ,bideux spt'.ctacles, je portai melJ regards autour de moi, et je vis non loin de moi deux Anges debout et conversant t'nsemble ; ['un était vêtu d'uce robe de laine resplend!ssante d'une couleur pourpre enflammée, et avait sous cette robe une tunique de lin d'une blanclleur éblouissante; l'autre avait de semblables vêtements en écarlate, avec lino tiare, dont Je côté droit était enrichi de quelques escarboucles; je m'approchai d'eux, et leur donnai le salut de pail; et je leur fis d'un Lori respectueux celte question: CI Pourquoi êtes-\'OIlS ici en bas! » Et ils répondirent: • Nous sommes descendus du Ciel ici par l'ordre du Seigneur. pour nous entretenir avec loi sur le sort heureux de ceux qui veulent dominer d'après l'amour des usages; nous, nous sommes des adorateurs du -Seigneur; inoi, Prince d'une Société; lui, Grand-Prêtre de la m~IDe société. • Et le Prince dit qu'il était le ser\'iteur de sa société. parce qu'il la servait en faisant des usages; et l'alltre dit qu'il J était ministre de l'Église, parce qu'il servait ses consociés en leur faisant connattre les choses saintes pour les usages de leurs Ames; qu'ils étaient Lous deux dans de perpétuelles joies provenant de la félicité éternelle qui est cn eur. par le Seigneur; et que dans celte société tout est resplendissant et magnifique, resplendissant par l'or et par les pierres précieuses. et magnifique par les palais el par les paradis; el ils ajoutèrent: • Cela vient de ce que notre amour de dominer procède, non de l'amour de soi, mais de l'amour des usages; et comme l'amour des usages vient du Seigneur, c'est pour cela que tous les bons usages dans les cieux resplendissent et brillent avec éclat; et comme dans notre société nous sommes tous dans ceL amour, c'est pour cela que l'atmosphère J apparatt de couleur d'or d'après la lumière qui Il lient de l'enOammé du Soleil, et l'enflammé du Soleil correspond à cet amour •• Après qu'ils eurent prononcé ces paroles, je vis aussi aulour d'aulllne semblable sphère. el je sentis une odeur aromatique qui en sorlait; je lelellr dis mê'me, et e les priai d'ajouter quelque chose de plus à ce qu'ils avaienl dit

r

RELIGlON CHRÉTIENNE. 205 de l'amour de l'usage; et ils continuèrent en disant: " Les dignités dans lesquelles nous sommes, nous les avons ambitionnées, il esL vrai, mais ce n'a été pour aucune autre fin que de pouvoir faire plus pleInement des usages et de les étendre plus largement; et mêm., nous-sommes environnés d'honneur, et nous l'acceptons, Don pour nons, mais pour le bien de la société; car nos confrères er. consociés qui sont d'entre la foule savent à peine autre cbose, sinon que les honneurs de nos dignités sont en nous, et qu'en conséquence les usages que nous faisons sont de nous; mais nous, nous sentons autrement, nous sentons que les honneurs des dignités sont hors de n'ous, et qu'ils sont comme des habits dont nous sommes re\'êtus, mais qne les usages que nous remplissons procèdent de l'amour des useges en DOIIS par Je Seigneur; et cet amour reçoit sa béatiLude de la communication avec d'autres au moyen des usages; et DOUS savons par l'expérience, qu'autant nous faisons les usages d'après l'amour des usages, autant cet amour s'accroit. eL avec l'amour la sagesse d'après laquelle se faiL la eommunication; mais qu'autant nous retenons en nOlis les usages et ne les communiquons pas, autant périt la béatitude; et alors l'usal;e devient comme un aliment renfermé dans l'estomac, et qui, ne s'étant pas dispersé çà et U.. ne nourrit ni le corps ni les parties du corps, mais reste sans être digéré, d'où résulte le vomissement: en un mot, tout le ciel n'est que le conlenant de l'usage depuis ses premiers jusqu'à ses derniers: Qu'est-ce que l'usage, si ce n'est l'amour actuel du proc11ain? et qu'est-ce qui maintient les cieux. si ce n'cst ceL amour! • Après avoir entendu ces elplications. je leur fis celle question: cr Comment quelqu'un peut-il savoir s'il fait les usages d'après l'amour de soi, ou d'après l'amour des usages? tout homme. Sllit bon, soit méchant, fait des usages, er. il fait dos usages ,d'après IID amour; qu'on suppose que dans le Monde il y ait une Société entièrement oomposée de diables, et une Société entièrement composée d'Anges; et je crois que les diables, dans leur société, feront d'après le feu de l'amour de soi, et d'après la splendeur de leur gloire, aul.:lnt d'usages que les AnBes dans la leur; qui donc peuL savoir de quel Amour eL de quolle origine proviennent les usages? A 'cela les deux Anges répondirent: " Les diables font les usages pour eux-ruêmes et pour la

9
206
LA. VRA.IE réputation, afin d'être élevés aux Iionneurs, ou d'acquérir des ricbesses ; mais les Anses font les USISes, non pour de tels motifs, mais pour les usages d'après l'amour des usages; l'homme ne peut discerner ces usases, mais lp. Seigneur les dicerne ; quiconque croit Seigneur, et fuit les maux comme p~chés, fait les usages d'après le Seigneur i mais quiconque ne croit pas au Seigneur, et ne fuit pas les maux comme péchés, fait les usages d'après soimême et pour soi-même: c'est Il la dislinction entre les usages faits par les diables et les usages faits par les Anges. »Les deux Anges, ayant ainsi parlé, s'en allèrent; el de loin ils furent VilS porlés sur un char de feu comme Élie, el enlevés dans leur Ciel. 662. SECOND MÉMORABLE. Après un certain espace de temps .. j'entrai dans lIn Bois, et je m'y promenai en méditant sur ceux 'lui sont dans la convoitise el par suite dans la phantaisie de pos.~ der les choses qui sont du monde; et alors 11 quelque distance de moi je vis deux Anges qui causaient ensemble et parfois me regardaient; c'est pourquoi je m'approcbai pills près, et tandis que je m'approchais ils m'adressèrent la parole, en disant: • Nous avons perçu en nous que tu médites sur uu sujet dont nous nous entretenons, ou que nous nous entretenons d'un sujet sur lequel tu médites, ce qui provient d'une communication réciproque des affections •• En conséquence, je leur demandai de quoi ili parlaient; ils répondirent: fi De la Phantaisie, de la Convoitise et da l'Intelligence, et pour Je moment même, de ceux qui se délectent de la vision et de l'imagination de posséder toutes les choses du Monde. » Et alors je les priai de meUre en évidence leur mental sur ces trois sujets, la Convoitise, la Phant:aisie et l'Intelligence ; et ayant commencé Aparler, ils dirent: fi Chacun est dans la Convoitise intérieurement par naissance, mais dans l'Intelligence extérieurement par éducation; et personne D'est dans l'Intelliience, ni l plus forte raison dans la Sagesse, intérieurement, ainsi quant ll'esprit, 1 moins que co ne soit par le Seigneur; car tout homme est détourné de la convoitise du mal, et tenu dans l'intellisence. selon qu'il regarde vers le Seigneur, et en même temps selon la eonjonction avec le Seigneur; sans cela l'~omme D'eSt que convoitise; mais néanmoins dans les externes. ou quant ID corpi, il est dans l'intelligence par éducation; en effet, l'homme

au

,

T

RELIGION CHRÉTIENNE, 207 COI\'oite les honneurs et les richesses, ou la prééminence el,l'opulence i et il n'acquiert ni l'une ni l'autre, à moins qu'il ne se montre moral ct spirituel, par conséquent intelligent et sage; et il appl'end dès l'enfance l se montrer ainsi; c'est là. c.; qui fait que, dès qu'il vienL parmi les hommes ou qu'il entre dans la société, il rtltourne son esprit et l'éloigne de la convoitise; il parle et agit d'après les choses décentes et honnêtes qu'il Il apprises dès l'enfance, et qu'il retient dans la mémoire du corps i et il prend surtout garde qu'il ne se manifeste rien de la folie de la convoitise dans laquelle est son esprit: de li tout homme, qui n'est pas intérieurement conduit par le Seigneur, est dissimulé. trompeur, hypocrite, ainsi homme en apparence, et non homme cependant; on peut dire de llli que son écorce ou son corps est sage. et que son noyau ou son esprit est fou; que son elterne est d'un homme, et que son interne est d'une bête; de tels hommes regardent par l'occiput en haut, et par le sinciput en bas; ainsi. ils marchent la tête penchée en avant, et le visa~e incliné vers la terre, comme ceux qui sont en proie l un violent mal do tête; quand ils se dépouillent du corps et de\'iennenl espriL~, el qu'alors ils sont affranchis, ils deviennent les folies de leur con\'oitise : car ceOl qui sont dans l'amour de soi désirent ardemment dominer sur l'univers, et même en étendre les limites, afin de rendre plus erande la domination, ils ne voient jamais de bornes; ceul qui lont dans l'amour du monde désirent ardemment poss6der toot ce qu'il renferme, et ils sont en proie au chagrin et à l'envie, s'il 'SI de.1I des trésors renfermés chez d'autres; de peur donc que ceux flui sont tels ne deviennent purement des convoitises, et ainsi ne cessent d'être hommes, il leur est donné dans le Monde spirituel de pen 11er d'aprês la crainte de la perte de la réputation, el plr conséquent de la perte de l'honneur et du gain, comme aussi d'après la crainte de la loi et de la peine qu'elle inflige; er il leur est anssi donné d'appliquer leur mental l quelque ét,ude OD à quelque oDnase, par lesquels ils sont teous dans les eltel'D~ et ainsi dans un état d'hitellisence, quoiqu'ils soient intérieurement dans le délire et dans la foli.e, » Ensuite, je leur demandai si lODS ceUI qui sont dans la cODvoitise, sont aussi dans sa phantaisie ; ils répondirent que dans la phantaisie de leur convoitise sont ceux

............
LA. VRAIE qui pensent intérieurement en eux-mêmes, et qui se livrent trop l leur imagination en parlant :nec eux-mêmes; car ils séparent presque leur esprit du lien a"ec le corps, et il. inondent leur eotendement de visions, et s'en réjouissent follement comme s'ils possédaient l'univers; dans ce délire est plongé aprés la mort l'homme qui a détaché du corps son esprit, et n'a pas voulu abandonner le délice de son délire, en pensalJt d'après la religion quelque chose sur les mauJ. et les fauI, et en ne pensant. point du lout, au sujet de l'amour effréné de soi, qu'il est destructif de l'amour envers le Seigneur, el au sujet de l'amour effréné dll moode, qu'il est destructif de l'amour à l'égard du prochain. Après cela, il survint aUI deux Anges et aussi à moi un désir de voir ceux qui sont d'après l'amour du monde dans la convoitise visionnaire ou phantaisie de posséder toutes les richesses; et DOUS perçumes que ce désir nous était inspiré afin qu'ils fussent connus: Leurs Domiciles étaien t sous la terre ob se trounient nos pieds, mais au-dassus de l'enCer; c'est pourquoi nous nous rosardâmes réciproquement, eL nOlis dimes: • Allons.• Et nous vlmes une ouverture, et là un escalier par lequel nous·descendlmes; eL il nous fut dit qu'il Callait les aborder par l'orient, afin de ne point entrer dans le brouillard de leur pllantaisie, et de n'être point plongés dans l'ombre quant à l'entendement et en même temps quant à la \"De ; et voici, nous ,'Imes une Maison construite eo roseaux, ainsi pleine de Cenles, au milieu d~un brouillard qui, comme une fumée, emuait continuellement par des Centes sur trois côtés du bâtiment; nous entrAmes et vimes cinqllante personnages d'un côté, et cinquante de l'autre, assis sur des bancs; et, tournant le dos à l'Orient et au llidi, ils regardaient vers l'occident et vers le septentrion; devant cbacun d'eux il y avait une table, et sur la table des bourses étendues, et autour des bourses une grande quantité de pièces d'or; ct nous leur dîmes: • Sont·ce là les riCIl esses de tous les habitants du Monde 7 D Et ils répondirent: « Non pas de tous les llabilants du IIonde, mais de tous ceux du Royaume. 10 Le son de leur ,'oix était simant; eux-mômes apparaissaient aveo une face ronde, qui reluisait comme la coquille d'un limaçon; et la pupille de l'œil, dalls un plan nrt, lançait comme des éclairs, ce qui provenait de la lumière de la phantaisie;

208

209 RELIGION CHRËTl&'NE. DOUS nous tlnInes debout au nlilieu d'eux, et nous dtmes: ft CroyezVOliS posséder toutes les ricbesses du Royaume! • Et ils répondirent: • Nous les possédons .• Ensuite nous leur demandâmes : • Qui d'entre vous? • Ils dirent: • Chacun •• Et nous dlmes: cc Comment, chacun t n'êtes-vous pas en Brand nombre! • Ils répondirent: ft Chacun de nous sait qlle tout ce qu'il a est à moi; il n'est permis l aucun de penser, et encore moins de dire: Ce qui est à moi n'est pas l toi; mais il est permis de penser et de dire: Ce qui est l toi est l moi. » Les pièces de monnaie sur les Tables apparaissaient comme l'or pur, même devant nous; mais quand nous eûmes fait tomber sur eUes la lumière venant de l'orient, c'4Haient de petits Brains d'or, qu'ils rendaient ainsi plus Iros par la réunion de la phanlaisie commune; ils disaient qu'il faut que chacun de ceux qui entrent, apporte avec lui un peo d'or, qu'ils coupent en petits morceaux, et les petits morceaUI en petits grains, et par ]a force unanime de la phantaisie ils les étendent en pièces de monnaie du plus grand module: et alors nous dlmes: • Est-ce qlle vous n' ~tes pas nés hommes raisonnables? d'où vous vient celte folie visionnaire! » Ils dirent: cc Nous savons que c'est une vanité imaginaire; mais com me elle fait le plaisir des intérieurs de notre mental, nous entrons ici, et nous y trouvons des délices comme si nous possédions tout; cependant nous n'y restons que quelques beurelà, après lesquelles nous sortons, et chaque fois alors le bon sens nous revient; mais néanmoins notre amusement visionnaire revient alternativement, et fait que successivement nous rentrons eL ressortons; ainsi, nous sommes alternativement sages et fous. NOliS savons aussi qu'un sort cruel attend ceUI qui par ruse enlèvent aUI autres lenrs biens .• NOliS leur demandAmes quel était ce sort; ils dirent: ft Us sont ensloutis, et sont jetés nus dans une prison infernale, où ils sont obligés de travailler pour le vêlement et. pour la nourriture, et dans la suite pour quelques petites pièces de monnaie, dans lesquelles ils mettent la joie de leur cœur; mais s'ils font du mal l leurs compagnons, il faut qu'ils donnent une par/ie de cette monnaie pout amende, » 663. TROISIE»B MEUORABLE, Un jour, je me trouvai all milieu des Anges, et j'entendis leur convcrsation; leur conversation était sur l'Inlellilence et sur la Sagesse; ils disaient que l'homme ne Il U.

,1

210 LA. VRA.IE sent et ne perçoit pas autrement, si ce n'est qu'elles sont rune et l'auLre en lui, et qu'ainsi tout ce qu'il veut et pense vieut de lui, 'andis que cependant de l'homme il ne vient pas la moindre chose de l'intelligence et de la sagesse, il n'a que la faculté de les r8C&voir; entre plusieurs autres choses qu'ils dirent, se trouvait aussi celle-ci, que l'Arbre de la science du bien et du mal dans le Jardin d'Éden signifiait la foi que l'Intelligence et la Sagesse venaient ie l'hem me ; et qu~ l'Arbre de vie signifiait la foi que l'Intellilen.ce et la Sagesse venaient de Dieu; el qu'Adam, à la persuasion du serpent, ayant mangé du premier arbre, croyant ainsi qu'il était ou deviendrait comme Dieu, c'était pour cela qu'il avait été chassé du Jardin et condamné. Pendant que les Angt's s'entretenaient de ce sujet, il vint deux. Prêtres avec un Homrr.e qui dans le Monde avait été Ambassadeur d'un Roi, et je leur racontai ce que j'avais entendu dire par les. Anses sur l'Intelligence eL sur la Sagesse. Dès qu'ils eurent entendu ce que je leur rapportais, ils se mirent l discuter tous trois sur l'une et sur l'autre, et aussi sur la Prudence. afin de décider si elles venaient de Dieu ou de l'homme; la discussion était vive; tous les trois croyaient également qu'elles viennent de l'homme, parce que la sensaLion ellemême et par suite la perception le conlirment; mais les Prêtres, qui étaient alors dans le zèle théologique, soutenaient que rien de l'Intelligence ni de la Sagesso, et pjlr suite rien de la Prudence, ne "enait de l'homme; et ils confirmaient cela par ce passage dans ]a Parole: Un homme ne peut prendre rien, à moins qu'il ne lui ait été donné du Ciel. » - Jean, III. 27 ; - et par celui-ci: fi Jésus dit aux. disciples: Sam moi voua ne pouvez faire rien .• -Jean, xv. 5; - mais comme les Anges avaient perf;u que, quoique les Prêtres parlassent ainsi, ils anient néanmoins de cœur la même croyance que le Diplomate, ils leur dirent: «Otez vos vêtements, et prenez des vêlements de Ministres Politiques. et croyez que vous êles ces Ministres. » Et ils firent ainsi; et alors ils pensèrent d'après leur intérieur, et ils parlèrent d'après les arguments qu'ils avaient intérieurement elilbrassés, lesquels ütaient, que toute sagesso et Ioule intelligence habitent dans l'homme, et qu'elles lui appartiennent, disant: • Qui est-ce qui a jamais senti qu'elles aienL influé de DieU'! • Et ils se regarelaient mutuellement..

........

f

RELIGION CHRÉTIENNE. 211 et ils se ci>nfirmaient. n y1 cela de particulier dans le Monde spirituel, c'est que l'Esprit s'imagine être le personnage dont il a sur lui le vêtement. par la raison que là l'entendement revêt cbacun. En ce moment il apparut un Arbre aupl'ès d'eux, et il leur fut dit: • C'est)' Arbre de la science du bien et du ma!.; gardezYOUS d'en manger. D Mais eUI. ,infatués de la propre intelligence, bnllaient du désir d'en manger; et ils se disaient entre eux: ft Pourquoi nOD! n'est-ce pas un bon fruit? D Et il, s'approchèrent et eD mangèrent. Après que le Diplomate l'eut remarqué, ils se réunirent et devinrent amis de cœur. et ils prirent ensemble. en se teDant par les mains, le chemin de la propre intelligence. qui conduisait en Enfer i mais néanmoins je les eD vis revenir. )larce qu'ils n'étaient pas encore préparés, 66-1. QUATRIËJlE Mfi:JfORABLB. Un jOlJr. je portai mes regards dans le Monde spirituel à droite. et j'aperçus quelques-uns des Étus qui conversaient ensemble, et je m'approchai d'eux. et je dis: .le vous ai vus de loin, et autour de vous UDe sphère de lumière ~Iesle, ce qui m'a fait connallre que, vous êles de ceux qui dans la Parole sont appelés Élus; en conséquence je me suis approché pour entendre ce que vous dites de céleste entre vous.. Et ils répondirent; ft Pourquoi nous appelles-tu Élus? • Et je répliquai: « Parce que dans le Monde. où je suis de corps. on ne sait autre chose. sIDon que par les Élus dans la Parole il est entendu ceux qui avant d'être nés, 011 après qu'ils sont nés. sont choisis et prédestinés par Dieu pour le Ciel. et qu'à eux seuls est donnée la Foi comme marque d'Élection. et que tous les autres sont réprouvés et abandonnés à eux-mêmes afin qu'ils aillent. par le chemin qu'ils voudront, ,,-ers l'Enfer; et moi, cependant, je sais qu'il n'y a aucune ÊlecLion avant la naissance, ni après la naissance, mais que tous sont élus et prédestinés pour le Ciel, parce que tous ont été appelés. et que le Seigneur après la mort choisit ceux qui ont bien vécu et sainemenL cru, et ceux-ci, il les choisit après qu'ils ont été examinés: que cela soit ainsi, c'est ce qu'il m'a été donné de savoir par un grand nombre d'expériences; et comme je vous ai VilS la têle ceinte d'une sphère àe lumière céleste, j'ai perçu que vous éiiez du nombre des Élus qui sont préparés pour le Ciel. » A cela ils répondirent: ft Tu rapportes là des choses que nous n'avions

LA. VRAIE jamais entendues auparavant; qui ne sait qu'il ne natt aucuD bomme qui ne soit appelé pour ]e Ciel, et qu'après]a mort sont cboisis ceux: qui ont cru au Seigneur et vécu selon ses préceptes, et que reconnaUre une autre Élection. c'est accuser le Seigneur Lui-Même non-seulement d'impuissance de sauver. mais encore d'injustice ! 665. Après cela, il fut entendu uDe voix du Ciel, venant des A.nges qui étaient immédiatement au-dessus de nous. disant: • Montez ici. et nous interrogerons l'un de vous. qui est encore dans le Monde naturel quant au corps. sur ce qu'on sait dans ce monde sur la CONSCIENCB. ,. Et nous montâmes i et après que nous fûmes entrés, quelques sages vinrent à. notre rencontre, et ils me demandèrent: «Que sait-on dans Ion Monde sur la Conscience! » Et je répondis: • Si YOUS le trouvez bon. descendons, et nous convoquerons un nombre de Laïques et d'Ecclésiastiques d'entre ceui qui sont répulés sages; nous nous placerons perpendiculairement au-dessous de vous, et nous les interrogerons; et vous, de cette manière, vous entendrez. de vos oreilles ce qu'ils répondront. » Et il fut fait ainsi i et l'un des Élus prit une trompette, et il en sonna au Midi, au Septentrion, à l'Orient et à l'Occident; et alors, après une petite heure, il s'en était rassemblé un si grand nombre, qu'ils l'emplissaient presque l'espace d'un stade; mais d'en haut les Anges les rangèrent lous en quatre Assemblées. l'une composée de Politiques, la seconde d'Érudits, la troisième de Médecins. et 13; quatrième d'Ecclésiastiques i ainsi ran~és. nous Jeur dimes: Excusez-nous de nous avoir convoqués; en voici ]a raison: Des Anges, placés directement au-dessus de nous. désirent nec ardeur savoir ce que. dans le Monde où VOlIS étiez précédemment, vous avez pensé sur la Conscience. et par suite ce que vous en pensez encore, puisque vous retenez encore les idées que vous aviez sur de tels sujets; car il a été rapporté aux Anges que dans le Monde la Connaissance de la Conscience était au nombre des connaissances perdues. D Après cet exposé, nous commençâmes; et d'abord, nous uous LournAmes du côté de l'Assemblée qui était composée de Politiquee" et nous leur demandâmes de nous dire du fond du cœur, s'ils le voulaient bien. ce qu'ils avaient pensé et ce que par suite ils pensaient encore de la CO~SCIENCE i Ils 6-

212

.....

·~U3 RELIGION CHUTlENNE. rent, l'un après l'autrd, l celle question des réponses, dont le risumé était, qu'ils ne savaieut sur la Conseience autre chose, sinon qu'elle consiste l savoir avec soi-même, c'est-l-dire, ~ co-savoir. ~ ce qu'on a projeté, pensé, fait et dit; mais nous Jeur dlmes: • Nous ne vous avons pas demandé l'étymologie du mot Conscience, wais nous vous avons interrogés au sujet de la Conscience.» Et il!! répondirent: • La Conscience ne peut être que la douleur pronnaut d'une crainte préconçue des périls de l'bonneur ou des richesses, et aussi des périls de la réputation l cause de l'honneur et.des ricbesses i mais celle douleur est dissipée par les reras, les rasades de bon vin, et les propos joyeux sur les plaisirs de Vénus et de son fils. » Nous leur dtmes: « VOliS voulez plaisanter j dites. s'il vous platt, si l'un de vous a senti quelque anxiété venant d'autre part.» Ils répondirent: • Qu'est-ce qui aurait pu nous inquiéter d'autre part? Je Monde entier n'est-il pas comme un Théâtre.. sur lequel chacun joue son rOle, comme les comédiens sur le leur! nous avons joué et circonvenu par leur propre convoitise tous ceux avec qui nous avons eu· de.1 relations, les uns par des plaisànteries, d'autres par des flatteries, d'autres par des fourberies, d'autres par une feinte amitié, d'autres par une feiote sincérité, et d'autres par quelque autre artifice politique et par quelque autre appât j nous o'éprou,"ons pour cela aucuno douleur du mental. mais ail contraire nous en retirons une saieté et une allé;resse que nous exhalons de notre poitrine tacitement et néanmoins pleiDement i nous avons, il est vrai, eu tendu dire l quelques esprits de notre société, que parfois il leur survient une anxiété et una .angoisse qui semblent partir du cœur et de Ja poitrine, et par suite .comme une contraction du mental; mais lorsqu'ils ont consulté des pharmaciens sur ce sujet, ils ont appris que cela ,ient d'une bumeur mélancolique produite par des malières indigestes dans l'eslomac, ou par un état maladif de la rate; et nous avons entendu dire par quelques-uns d'ellx qu'ils avaient été rendus lIeur précédente .gaieté par des médicamenls. » Après avoir entendu ces réponses. nous nous tournâmes vers l'Assemblée qui était composée d'Erudits. parmi lesquels il y avait aussi plusieurs physiciens· habiles; et, leur adressant la parole, nous dtmes:.. Vous qui avez étudié Jes sciences, et qui par suite avez été regardés comme des Oracles

LA VRAIE
de la sagesse, dites-nous, s'il vous plalL, ce que c'est que la Conscience T» Et ils répondirent: Quelle est cette proposition T NOlis aYons, il est vrai, entendu dire que chez quelques bommes il y a une tristesse, un cbasrin et une anxiété qui infestent non-seulemeut les régions ga!ttriques du corps, mais aussi les habitacles du mental; car nous, nous croyons que les deux cerveaux sont les habitacles du mental; et comme le mental consiste en fibres conti. nues, nous croyons que c'est quelque humeur acre qui agace, mord et ronge ces fibres, eL comprime ainsi la sphère des pensées • du mental, de telle sorte qu'Il ne peut s'épancher par des vari'tés dans aucun amusement, d'où il résulte que l"homme ne s'attacbe qu'Il une seule obose, ce qui détruit la ten~ibilité et l'élasticité de ces fibres; de là leur raideur et leur rigidité, d'où provient le mouvemeut irréiulier des esprits animaux, qui est :appelé par les Médecins Ataxie, et aussi la faiblesse dans leurs fonctions, qui est appçl~e Lipothymie: en un 100t, le Mental est alors comme assiégé par des troupes ennemies, et ne peut pas plus se tourner çà et là, que ne le peut une roue attachée par des clous, et que ne le peUL un navire engravé sur des bancs de sable: ces angoisses du )Iental el de la Poitrine se font sentir en ceux chez qui l'Amour r~gnant souffre une perte; si cet amour esL allaqué, les fibres du Cerl'tau se contractent, et celle contraclion empêche que 1e Mental ne fasse librement des excursions, et ne recherche des délices dans des formes nouvelles; quand ces hommes sont dans celle crise, ils sont en proie, chacun selon son tempérament, à des phantaisies, il des démences et à des délires de divers senre, et quelques-uns dans les choses rèligieuses Il des affections cérébrales, qu'ils appellent remords de Conscience. • Ensuite DOUS nous tournA mes vers la troisième Assemblée qui se composait de Médecins, parmi lesquels il y avait aussi des Chirurgiens et des Pharmaciens; et nous leur dlmes: '1 Vous savez peut-être, vous, ce que c'est que la Conscience i si c'est une douleur nuisible qui saisit et la Tête et le parellchyme du Cœur, et par suile Jes Régions ËpiFgaslrique et Hypogastrique étendues a~-dessous; ou si c'est antTe chose.• Et ils répondirent: • J.a Conscience n'est absolument que celte dou1eur i nous, mieux que tODS les autres, nousen connaissons les origines; car ce sont des Maladies contingentes,

tUS qui infestent leI! parties organiques du corps, et aus&i les parties organiques de la T~te, par conséquent aussi le Mental, puisque le mental a son siége dans les organes du Cerveau comme l'araignée a le sien au centre des fils de sa toile; par ces organes il fait des 81cursions et court pareillement; ces maladies, nous les nommons orsaniques, et quand elles reviennent de temps en temps, nous les nommons chroniques: quant l la douleur telle qu'elle est décrite devant nous par les maladea comme douleur de Conscience, ce n'est autre chose qu'uue Mala~ie hypocondriaque, qui prive d'abord la Rate, et e.nsuite le Pancréas eL le Mésenthère, de leurs fonctions propres; de Il dérh'ent des Maladies d'Estomac, et en· tre autres la Cacochymie; car il se fait autour de l'orifice de l'estomac une compression qui est appelée Car~ialgie; de Il provienDent des humeurs imprégnées de bile noire, jaune ou verte, qui tordent les très-petits nisseaux sanguins appelés vaIsseaux capillaires, ce qui produit la cachexie, l'atrophie et la sympbysie, et aussi la Péri pneumonie Mlarde d'après une pituite lanle et ulle lymphe ichoreuse et rongeanle dans toute la masse du sang: de semblables effets viennent aussi de l'épanchement du pus dans le sang et dans sa sérosité par la résolution d'empyèmes, d'abcès et d'aposthèmes dans le corps; quand ce sang monte par les carotides dans la tête, il frolle, ronGe et mord les parties médnllaires, les parties corticales et les méninges du Cen'eau, et excite ainsi les douleurs qui sont appelées douleurs de Conscience, • Après avoir entendu cette explication, nous leur dlmes : • Vous parlez la lanGue d'Hippocrate et de Galien, c'est pour nous du grec, nous ne comprenons pas; ce n'est pa~ sur ces Maladies que nous vous avons interrOGés, mais sur la Conscience. qui appartient au Mental seul. D Et ils dirent: • Les maladies du mental eL les maladIes de la tête sont les mêmes, et celles-ci montent du corps, car la tête et le corps sont colJêrents comme deux étaSe.s d'une maison entre lesquels il y a un escalier pour monter et descendre; aussi sayonsDOUS que l'état du mental dépend inséparablement de l'état du corps; or ces pesanteurs de tête ou Céphalalsies, que vous, comme nous nous en somm'es aperçus, \'ous prenez pour des couscieoces, nous les avons guéries, les unes par des emplâtres et des vésicatoires, d'autres par des infusions et des émulsions, et d'autres

• RF..LIGION CHRÉTIENNE,

"'.

-

t

2t6 LA VRAIE par des condiments. et par des anodins.. Quand donc nous leur eûmes entendu dire encore plusieurs autres choses de ce genre~ nous nous détourn4mes d'eux, et nous tournant vers les Ecclésiastiques, pous leur dlmes i • Pour vous. vous savez ce que c'est que la Cons~ience i dites-le dOIlÇ, el instruisez ceul qui sont présents. » Et ils répondirent: • Ce que c'est que la Conscience, nous le savons, et nous ne le "savons pas; nous avons cru que c'était la CONTRITION qui précède l'Election t c'est-A-dire, le moment où l'homme est Bratifié de la foi, par laquelle il a un nouveau cœur et un nouvel esprit et est régénér~ ; mais nous nous sommes aperçus qu'il y en a peu qui aient eu celle Contrition, seulemenC quelques-uns ont ressenCi une peu r et par suite une an:dét6 pour le feu inCernal, et à peine quelqu'un en a-t-il ressenti pour ses péchés et " pour la juste colère de Dieu i mais nous, Confesseurs, nous les avons 8uéris par la Borlne Nouvelle que le Christ par la Passion de la croix a enlevé la damnation, eC ainsi a éteint le feu inCernal, .t a ouverC le ciel à ceux qui ont été gratifiés de la Coi, dans laquelle l'imputation du mérite du Fils de Dieu a été inscrile .. Il y a d'ailleurs dans toute Religion, vraie ou fanatique. des bomines d'une conscience timorée, qui se fonl des scnlpules dans les cboses du salut, non-seulement dans les essentielles. mais aussi dans les formelles, et même dans celles qui sont indifférentes i c'est pourquoi, comme nous venons de le dire, nous savons qu'il y a une Conscience, mais ce qu'est et quelle est la vraie conscience, qui doit être tout à fait spirituelle, nous ne le savons pas. » 666. Toutes ces réponses, qui furent failes par les quatre as, semblées, les AnBes qui étaient au- dessus de nous les avaient entendues, et ils dirent entre eUI: « NOUlI percevons que dans le Christianisme il n'y a"personne qui sache ce que c'est que la Conscience, envoyons donc run de nous pour le leur apprendre. »Et. tout à coup. au milieu des Assemblées se présenta un Ange vêtu de blanc, dont la tête était enlourée d'une auréole brillante, dans laquelle il y avait de très-petites étoiles i et, s'adressant aux quatre Assemblées, il dit: • Nous avons entendu, dans le ciel, que vous avez présenté en ordre vos sentiments sur la CONSCIENCE, et que tous \'OUS avez pensé que c'était quelque douleur du mental qui ïnfeste de pesanteur Ja Téte et par suite le Corps, ou le corps el

f

RELIGION CHRÉTIENNE. 217 par suite la Tête; mais la Conscience, considérée en elle-même, n'est pas une douleur, a'est une bonne-volonté spirituelle d'asir selon ce qui appartient à Ja Religion et à la Foi j de Il vient que ecu!. qui jouijsent de la Conscience sont dans la tranquillité de la p~ix et dans une béatitude interne, quand ils agissent selon la conscience, et dans un certain trouble quand ils agÏlisent contre .elle; la douleur du mental, que vous avez cru être la Conscience. n'est donc pas la Conscience, mais c'est une Tentation, qui est le combat entre l'esprit et la chair, et quand celte tentation est spirituelle elle tire sa sourCe de la conscience, mais si elle est seulement naturelle, elle tire son origine des maladies, dont les Hé-decins viennent de parler. Quant 1 ce que c'est que la Conscience, .cela peut être illustré par des exemples: Un Prêtre, en qui il y a la bonn8-volonté spirituelle d'enseigner les vrais, afin que son "Troupeau soit sauvé, a de la conscience, mais celui qui les enseigne pour tout autre cause n'a point de conscience: le Juge qui considère uniquement III Justice el la rend avec jugement a de la conscieqce; mais celui qui considère en premier Jieu les présents. J'amitié èt la faveur, n'a pas de conscience: de plus, tout hOllllDe qui a cbez lui les biens d'un autre sans qlle celui-ci le SIche, et 41ui peut ainsi en profiter sans crainte de la 10,i, ét sans craindre .de perdre l'honneur et la réputation, mais qui néanmoins, parce qu'ils ne lui appartiennent pas, les rend A l'autre, celui-là a de la eonscience, car il fait le juste à cause du juste. Soit encore un exemple: Celui qui, pouvant parvenir à une fonction, sait qu'un autre, qui la recberche aussi, est plus ulile à la société, celui-li a une b()nne conscience s'il lui cède la place pour le bien de la 50~iété; il en est de même pour tous les autres cas. Tous ceux qui ont de la conscience disent de cœur ce qu'ils disent, et font de cœur ce qu'ils font, car ils ont le Mental non-divisé, puisqu'ils disent et font ce qu'ils comprennent et croient être le vrai et le bien. Il suit de là que chez ceux qlli sont plus que les autres dans les vrais de la foi. et plus que les autres dans une perception claire, il peut J avoir une conscience plus parfaite que chez ceux qui ont été moins illustrés, et sont dans une perception obscure. Dans la vraie Conscience est la Vie spirituelle même de l'homme, car la Foi y est conjointe à la Charité; c'est pourquoi pour ceux qui onl celte

LA VRAIE conscience, agir d'après la conscience, c'est agir d'après leur Vie spiritutlle, et agir contre la conscience, c'est aiir contre leur Vie spirituelle. En outre, qui est-ce qui ne sail pas, d'après le lanlage ordinaire, ce que c'est que la Conscience, comme lorsqu'on dit de quelqu'un: Cet homme a de la conscience? Esl-ce qu'alors on ne 'eut pas dire aussi: Cet homme est juste! Et réciproquement, quand on dit de quelqu'un: Cet homme n'a pas de conscience; est-ce qu'alors on ne veut pas dire aussi: Cet homme est injuste! • Quand l'Ange eut dit ces paroles, il fut tout i coup enlevé dans son Ciel, et les quatre Assemblées se réunirent . en une seule i et après qu'ils eurent parlé quelque temps entre eux sur ce que l'Ange avait dit, voici, ils se séparèrent de nouveau en quaLre Assemblées, mais non composées comme précédemment; dans la première s'étaient placés ceux qui avaient compris les paroles de l'Ange, et les avaient approuvées; dans la seconde, ceux qui ne les avaienl pas comprises, mais qui néanmoins les appuyaient; dans la troisième, ceux qui n'a\'aient pas voulu les comprendre, disant: • Que nous importe la Cuùscience!. et dans la quatrième, ceux qui s'en moquaient, disant: .. Qu'estce que la Conscience, sinon un souffle? Et je "is ces Assemblées se séparer les unes' des autres, et alors les deux premières se diriger à droite, et les deux dernières à gauche, et celles-ci descendre, el celles-là monter.
218
1)

T
RELIGION CHIŒTIENNE.

il9

CHAPITRE DOUZIEME
DU DAPTÈME.

Sans la connaissance du Sens spiriluel de la Parole. personne ne peul savoir ce que les deux Sacrements. le Baplême el la Sainte Cène, enveloppent el ellecluenl.

667. Que dans toules et dans chacune des choses de la Parole
il y ail un Sens spirituel, et que ce sens ait été inconnu jusqu'à

présent, et ail été ouvert aujourd'hui pour la Nouvelle Eilise qui doit êlre instaurée par le Seigneur, c'est ce qui a été montré dans ]e Chapitre' sur l'ECRITURE SAINTE; on peut voir quel est ce sens, non-seulement dans ce Chapitre, mais aussi dans le Chapitre SUI· ]e Décalogue, qui mtlme a été expliqué ~elon ce sens. Si le sens spirituel n'avait pas été ouvert, qui est-ce qui penserait sur e.es deux Sacrements, le Baptême et Ja Sainte Cène, autrement que selon le sens naturel. qui est le sens de la lettre, et par suite ne dirait ou ne murmurerait en lui-même: Qu'est-ce que le Baptême, sinon l'action de verser de J'eau sur ]a têle d'un enfant! et A quoi tel sert-il pour le salut!» Puis:. Qu'est-ce que la Sainte Cène, sinon l'action de prendre du pain et du viII! et à quoi ·cela sert-il pour le l'alut! • Et, de plus: • Où est en eux le Saint, à moins qu'il ne vienne de ce qu'ils ont été reçus et cO!Dmandés comme Saints Divins par l'Ordre Ecclésiastique! Et sont-ils en eux-mêmes autre chose que des Cérémonies, au sujet desquelles les Eglises disent que, lorsqu'à ces Éléments s'ajoute la Parole de Dieu. ils deviennent des Sacrements r J'en appelle aux Laïques, et même aux Ecclésiastiques, ont-ils d'esprit eL de cœur perçu autre chose sur ces deux Sacrements? ont-ils perçu qu'ils les vénéraient comme Divins pour des caU58~ et des raisons différentes! Et cependant ces deux Sacrements, considérés dans le Sens Spirituel,

a

JO

220 LA VRAIE lon\ les choses les plus Saintes du culte: qu'ils soient lels, on la verra dans ce qui suit, où leurs Usases seront présentés. liais comme les us;ges de ces Sacrements ne peuvent nullement tomber dans 1. mental de qui que ce soit, 1 moins que le Sens spirituel De les découvre et ne les développe, il s'ensuit que sans ca Sens personne ne peut en savoir autre chose, sino.n que ce sont des Cérémonies qui sont Saintes, parce qu'eU~ ont été instituéea d'après un Commandement. 668. Que le Baptême ait été commandé, on le voit clairement d'après le Baptême de lean dans le Jourdain, auquel accoururent toute la Judée et Jérusalem, - Matth. DI. 5, 6. AIarc, 1. -l, 5.Puis, en ce que le Seigneur notre Sauveur fllt Lui-Hême baptisé par Jean, - }(atth. III. f8 A t7 ; - et en outre, en ce que le Sei~neur commanda aux disciples de baptiser toutes les nations,lIatili. XXVIII. 19, - Qui est-ce qui, s'il veut voir, ne voit pas que dans cette Institution il y a un Divin qui a été caché jusqu'l présellt, parce que le Sens spirituel de la Parole n'avait pas encore été révélé ! et ce sens a été révélé aujourd'bui, parce que c'est maintenant que commence l'ESlise Chrétienne. telle qu'elle est en elle-même; la précédente Eglise a été Chrétienne de nom seulement, mais non en réalité ni en essence. 669. Les deux Sacrements, le Baptême 6& la Sainte Cène, sont dans l'Eglise Chrétienne comme deux Joyaux sur le sceptre d'un Roi; mais si leurs usages ne sont pas COllnus, ils sont seuleJUent comme deux: figures d'ébène sur lin bâton. Ces deux Sacrements dans l'Eglise Chrétienne peuvent aussi être comparés .. deux Rubis.ou Escarboucles sur l, Manteau d'un Empereur; mais si leurs usages ne sont point connus. ils sont comme deux carnéoles OD deux cristaux sur un manteau vull'jaire. Sans Jes usages de ces deu:r Sacrements, révélés par le Sens spirituel, on ne formerait sur ces sacrements que des conjectures, comme celles que Cont ceux qui prédisent d'après les Astres, et même cODime celles que Caisaient autrefois ceux t{ui prédisaient d'après le vol des oiseaux ou les entrailles des victimes. Les usages de ces deux: Sacremellts peuvenL être comparés à un Temple qui, par le laps du temps, s'est enfoui en lerreet a été entièrement couvert de ruiDes jusqu'au toit, et sur lequel jeunes GeDs et vieillards marchent. v~nt

l

>
RELIGION CBMTIENNE. 22t en voilures el • cbeval, sans savoir que sous leurs pieds est cach6 un pareil Temple, où il y a des Autels d'or, des murailles intérieuremeot recouvertes d'argent, et des ornements en pierres préoieuses, lrésors qui ne peuvent êlre retirés de terre et produils • la lumière que par le sens spirituel, qui a été dévoilé "aujourd'bui en faveur de la Nouvelle Eglise pour l'usase du culle du SeiIneur. Ces Saèrements peuvent aussi être comparés A un double Temple, dont l'un est en bas, et l'autre au "dessus ; dans le Temple d'en bas est pr6cbé l'Evan sile du Nouvel Avénement du Seicoeur, etaussi la Résénération et par conséquent la Salvation par Lui; et de ce Temple, près de l'Autel, on peut monter dans le Temple d'en baut où est célébrée la Sainte Cène et de là passer dans le Ciel où l'on est reçu par le Seigneur. Ils peuvent encore être comparés au Tabernacle, dans lequel après l'entrée se présente la Table où sont placés en ordre. les pains des races, et aussi l'Autel d'Or pour les parrums, et au milieu le Cbandelier a'"ec ses lampes allumées dont "l'éclat rend toutes ces cboses visibles; et enfin pour ceUI qui se laissent éclairer s'ouvre le Voile qui couvre le Saint des saints, où, A la place de l'Arcbe dans laquelle était le Décalogue, est déposée la Parole au-dessus de laquelle il yale Propitiatoire IYec les Cbérubins d'Or. Ce sont là des Représentations de ces deux Sacrements avec leurs Usages.

Par rAIJ/ution, qui est appelée Bapt~me, il est e'itendze l'Ahlution spü'ituelle qui est la Purification des maux et des taux, et ainsi la Régénération.
670. Que des" Ablutions aient été ordonnées aux fils d'Israël, 1 cela est notoire d'après les statuts portés par Moise i ainsi, Abaron devait se laver avant de revêtir les habits du ministère, U,"It. X\,. 4, 24; - et avant d'approcber de l'Autel pour y remplir ses fonctions, - Exod. XXX. t8 • Il. XL. 30, 3t ; - pareillemenL les Lévites, - Nomb. VIII. 6. 7;""': et aussi ceux qui étaient devenues impurs par des péchés, el ils sont dits sanctifiés par les Ablutions, -Exod. XXIX. 4. IL. t2. Lévit. VIII. 6. - C'est pour· quoi, afin qu'ils se lavassent, la 11er d'airain et plusieurs Cuves,

..,
LA. VRAIE avaient ét~ placées près du Temple, - 1 Rois, vn. t3 l 39 j - et même on InaUles vases et ustensiles, lels que tables, bancs, lits, plats et coupes, - LéviL XI. 3t. XIV. 8.9. XV. lU it. XVII. US, i6. Marc, VII . .6. - Mais les Ablutions, et plusieuxs autres choses semblables, avaient été enjointes et ordonnées lUI fils d'Israêl, par cette raison que chez eUJ: l'Eglise avait été instituée E,lise représentative, et qu'elle Cut instituée ainsi pour figurer l'ESlise Chrétienne l venir; c'est pourquoi, lorsque le Seigneur vint dans le Honde, il abroiea les représentatifs, qui tous étaient des elternes, et il institua' une Eglise dont toutes les choses devaient être des internes; ainsi le Seigneur dissipa les figures, et révéla les erfigies elles-mêmes, comme celui qui ôte un voile ou qui ouvre une porte, et fait que non-seulement on voit les intérieurs, mais que même on eu approche: de toutes ces figures le Seigneur n'en a retenu que deux, qui devaient contenir dans un seul complele toutes les choses del'EgUse interne; c'est le Baptême au lieu des Ablutions, et la Sainte Cène au lieu de l'Agneau, qui était sacrifié chaque jour, et généralement à la Fête de Pâques. 6it. Que les Ablutions, mentionnées ci-dessus, aient figuré et ombré, c'est-à-dire, représenté les Ablutions spirituelles, qui sont les purifications des lDaUI et des CauI, on le voit clairement par ces passages: a Lorsque le ;:;eigneur aura lavé rezerément des
filles de Sion, et aura nettoyé les sangs pfJf' un esprit de jugement etparun esprit de purification.» - Esaie,lV. 4.. - .Quand tu te laverais avec d" nitre, et que tu multiplierais pour toi le savon, toujours ton iniquité retiendrait des taches. » - Jérém. Il. Ii. Job. IX. 30, 31, - « Lave-moi de mon iniquité, et plus que la neige 6lanc je serai. » - Ps. LI, ", 9: - • Nettoie de la malice ton cœur, Jérusalem, afili que ta sois sauvée. • - J érém • 11. U. - a Lavez-vous, purifiez-vous. éloignez la malice de vos œuvres de devant mes yeux, cessez de laire le mal. » - Esaie,

222

1. t6. - Que l'ablution de l'esprit de l'homme ait été entendue par l'ablution de son corps, et Que les Internes de l'Eglise aient été représenlées par les Extornes. tels qu'ils élaient dans l'Eglise Israélite, on le voit clairement par ces paroles du Seisneur: • Les
Pharisiens et les Scri6es aymzt vu ses Disciples manger des pains avec des mains non-lavées, ils les 6ldmèrent; car les

RELIGION CHRltTlENNE.

223

Pharisiens et tous les luifs. sans s'Itre lavé les mains à poignée. ne mangent pas j et beaucoup d'autres choses il '!I a qu'il. ont reçues pour les retenir. comme les a6lutions des coupes et des pots; et des vases d'airain et des lits. Le Seigneur s'adres,ant il euz ~t il la foule. leur dit : Écoutez-Moi tous, et compems;: Il n'va rien au dehors de l'homme, entrant en lui. qui puisse le souiller; mais les choses qui sortent de lui, ce sont telles-là quile souillent• • - Marc. VII. t, !. 3, ". U, US. Matlh. XV.!. H.n. tS, t9.!0; -etaill~urs: a Malheur à vous. S~ bes et Pharisiens. parce que ~ous nettoyez l'e:ctérieur de la toupe et du plat, tandis que les intérieurs sont pleins de rapine #lt d'intempérance. Pharisien aveugle, nettoie premièrement 1 intérieur de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'e:ctérieur de,'ienne net. • "- Matth. xxm. !3, !6. - D'après ces passages il est évident que par l'Ablution, qui est appelée Baptême. il fl.st entendu l'Ablution spirituelle qlJi est la Purification des DlaUI et des

fauJ:.
671. Quel est l'homme. d'une raison saine, qui ne puisse voir 41ue se laver la face, les mains. lts pieds. tous les membres. et même tout le corps dans un bain. ne fait autre chose que d'enlever la crasse pour se présenter propre dans la forme humaine dennt les hommes r et qui est·ce qui ne peut comprendre qu'aucune ablution n'entre dans l'esprit de l'homme, et ne le rend net dlune semblable manière f car tout fril,on, brigand ou voleur. peut le laver jusqu'l être d'une extrême propreté; est-ce que pour cela le penchant l la friponnerie, au bri,andage et au vol sera effacé! est-ce que ce n'est pas l'interne qui influe dans l'externe, et y opère les effets de sa volonté et de son entendement, et non l'exleme dans l'interne! en effet; l'influx de l'externe dans l'interne est contre la nature. parce qu'il est contre l'ordre, mais l'influx de l'interne dans l'externe est selon la nature. parce qu'il est selon l'ordre. 673. Il s'ensuit que les Ablutions. et aussi les Baptêmes. si l'In1erne de l'llomme n'est pas purifié des maux et des faux, ne font pas plus que les [lois et les plats nettoyés par les Juifs; et il s'ensuit aussi que. de même qu'eux.' on est comme des sépulcrcs qui au dehors paraissent beaux. mais au dedans sont pleins d'os de morts

LA. VRAIE et de toute pourriture, - Manh. IXIll. ilS ll i8. Cela est encore évident en ce que les enfers sont pleins de Salans qui avaient été des hommes, les uns baptisés, eL les autres non. Quant l' ce que produit le Baplême, ou'le verra dans ce qui suit; c'est pourquoi. sans ses usages et sans ses fruits, il ne contribue pas plus au salut. que la triple Tiare sur la tête du Pape elle Signe de la croix sur ses mules ne contribuent à sa suréminence ponti6cale i pas plus que le vêlement de pourpre dll Cardinal ne contribue l sa dignité; ou le pallium de l'Évêque, Il la vraie fonction de son ministère; ou le TrOne, la Couronne, le Sceptre et le Manteau du Roi, à son pouvoir Royal i ou le bonnet de soie sur la tête du Docteur lallréal, Il son intelligence; ou l'étendard d'un escadron de cavalerie, à la bravoure des cavaliers dans le combat; et même on peut encore dire qu'il ne purifie pas plus l'homme, que l'eau ne nettoie une brebis ou un agneau avanL qu'ils soient tondus j car l'homme naturel lJéparé de l'homme spirituel est purement animal; et même. comme il a déjl été montré, il est plus bêle féroce que la béte féroce des forêlS i quand donc on le laverait avec de l'eau de pluie, de l'eau de rosée, de l'eau des fontaines les plus renommées, ou, comme disent les prophétes, quand on le nettoierait avec du nitre, de l'hysope, du smegma ou savon, chaque jour, on ne le purifierait cependant pas de ses iniquités, sinon par les moyens de la Régénération, dont il a été traité dans les Chapitres'; sur I~ Pénitence, el sur la Réformation et la Régénération.
Comme la Circoncision du cœur était représentée par la Circoncision du prépuce, le Bapt'me ~ dlé institué à la place de la Circo1~cision, afin que r Église Interne succéddt à l'Église Externe qui, dans toutes et dans chacune de ses clloses, étaie tmt! figure de l'Église Interne.
674. Dans le Monde Chrétien on sait qu'il y a un homme Interne et un homme Externe, et que l'homme ExterlJe est le même que l'homme Naturel, et l'homme Interne. le même que l'homme Spiriluel, parce que dans celui-ci est l'esprit de l'homme j et que~ comme l'Eglise se compose d'hommes, il ya ulle Eglise Interne et

~

1

.....


225 Dne Eglise Externe; et si l'on examine les successions des Eglises dans leur ordre depuis les temps anciens jusqu'au temps présent, on verra que les Eglises précédentes ont été des Eglises Externes c'est-à-dire que leur Culte se composait d'Externes qui représentaientles Internes de l'Eglise Chrétienne, qui a été fondée par le Seigneur, quand il était dans le Monde, et qui, maintenant pour ]a première fois, est édifi~e par Lui. Ce qui a principalement distingué l'Eglise Israélite des autres Eglises dans le 1I0ude Asiatique, et plus tard de l'Eglise Chrétienne, a été la Circoncision; et comme, ainsi qu'il a été dit, toutes les choses de l'Eglise Israélite, qui étaient des Elternes, étaient des figures de toutes les choses de l'Eglise Chrétienné, qui sont des Internes, c'est pour cela que le principal signe de l'Eglise Israélite a été intérieurement semblable au signe de l'Eglise Chrétienne, car la Circ'oncision signifiait le rejet des convoi Lises de la chair, et ainsi la purificalion des maux; c'est aussi ce que signifie le Baptême; de Il il I!st évident que le Baptême a élé commandé à la place je la Circoncision, non-seulement pour que l'Eglise Chrétienne fdl distinguée de ('Eglise Juive, mais encore pour qu'il fdt ainsi connu de plus près que c'est une Eglise Interne et cela est connu d'après les Usages du Bapt1~me, dont il sera parlé dans ce qui suit, 17S, Que la Circoncision ait été instituée comme un signe que les hommes de l'Église Israélite étaient de la postérité d'Abrallam, d'Isaac et de Jacob, on le voit par ces passages: « Dieu dit à Abraham,' Ceci (est) mon Alliance, que vous garderez entre Moi et VOltS, et ta seme1tce après toi: Que soit ciI'concis d'entre 'Vous tout mdle; et vous circollcirez la chair de vot,'e prépuce, afin que ce soit en signe de falliance entre J.1I0; et vous, » Gen, XVII, i 0, t t, - Que l'alliance ou le signe de l'alliance ait plus tard été con6rm6 par Moïse, on le voit, l.évit XII, f, 2, 3. - Et comme celle Éilise était distinguée des autres p3r ce signe, voilà. pourquoi, avant que les fils d'I&raël eussent tra\'ersé le Jourdain il avait élé commandé de leg cÏl'concire de nou\'eau; - Jos, V'; - et cela, parce que la terre de Cnnaan représentait l'Égli~8, el le fleuve du Jourdain l'introduction dans "Église: et, de plus, afin que dans la terre de Canaan ils se ressouvinssent de ce signe, "Voici ce qui leur fut commandé: « Quand vous serez venus dans
fi.

RELIGION CHRÉTIENNE,

t5

LA. VRAIE la Terre, et que votU aurez planté quelque arbre ,",iner, vou. ~tere.z son prépuce, son frleit j pendant trois ans il vous sera incirconcis, vous n'en mangef"e.z point. Lévit. XiX. 23.Que la Circoncision ait reprét'enté et par suite signifié le rejet des convoitises de la chair, et ainsi la purification des maux, la même chose que le Baptême, on le "oit dans la Parole par les passages où il est dit de circoncire le cœur, par exemple, par ceuI-ci : cc Moise dit: Circoncise.z le prépuce de votre cœur. votr, cou n'endurcissez point.» - Deutér. X. t6. - cc Jéhovah Dieu circoncira ton cœur, et le cœur de ta semence, pOlir que tu aima Jéhovah ton Dieu de tout tou cœur, de,toute tOll dme, afin que ~ vives. » - Deutér.:XXX. 6. - EtdanslérélDie: If Circoncise. vous à Jéhooall, afin q14'il éloigne les prépuces de vob;e cœur. homme de J ehudah et Ilabitallu de Jérusalem, de peu,. que ne sorte comme un feu ma colère à cause de la maltce de vos ŒUV1',es.» -IV . .f.. - Et dans Paul: ct En Jbus-Cllrist ni If, Circoncision n'a aucun, force, ni le Prépuce, mais il faut la Foi opé7'ant par la Charité, et ~tre une nouvelle Créature.» - Gal. V. 6. VI. US. - D'après ces passages, il est maintenant érident que le Baptême a été institué à la place de la circoncision, (larce que la circoncision de la chair représentait la circoncision dn cœur, qui sisnifie ~u..ssi la .l!!l]'ificati0l!..des m~l, car les mauL,!e ( l!!LI~nre s'élèvent d~air, ~lle prépuc!.sÎ1nif!!!es.~ftl9urs impurs de la cbair; comme la circoncision et l'ablution du baptême signifient la même chose, c'est pour cela que dans léremie ( il est dit: • Circoncise.z-vous à Jéhovah. et éloignez lesprépzcce. de votre cœur. IV. t ; - et peu après: «Nettoie de la malice ton cœur, Jérusalem, afin que lu sois sauvée . • - Vers. U. - Ce que c'est que la circoncision el l'ablution du cœur, le Seisneur l'enseigne dans Matthieu, Chap. XV. ts, tg. 676. Il Y en a eu beaucoup cbez les fils d'Israël, et il J en a beaucoup alljour.d·~ui cbez les Juifs, qui croient avoir élé élus de préférence l...!Q.!.1S, parce qu'ils ont été circoncis, et parmi les Cbrétieus, parce qu'ils Qnl été baptis~s, lorsque cependanlla Circoncision et le Baptême so.!!!.seulemenL donnés en Signe el en Mémorial, afin qu'on soil purifié des maux, el qu'ainsi l'on devienne élu. Qu'est-ce que l'E~lerDe sans l'Into~e cbez l'homme Y o'estJ) -

226

li)

-

..........

jl

RELIGION CHIùi.TIENNE. !!27 ce pail comme un Temple sans l, Culte, Temple qui n'est uLile à personne, • ~noins qu'il ne serve d'étable? Et, de plus, qu'est-ce \'H 4I'Je ]'ExLerne sans l'Interne! n'esL-ce pas cornille un Champ couvert de tuyaux de blé sans Irains dans l'épi; comme une Vigne remplie de ceps el de feuilles sans raisins i comme le fiKui~r .&aJJS ·Wit,_qUJÙJLSeiGneur a maudit; - IlaLlb. XII. i9 ; - comme les . lampes sans huile dans les mains des vierges insensées, - Manh. nv. 3; - et même comme un Iogementdans un Mausolée où il y a des cadaVl'6S sous les pieds, des os autour des murailles, et des fantOmes nocturnes qui volent sous le toit; ou comme un char Iratné par des léopard~,ant un ]ou,tpour cocher, el dans lea .quel est un fou TEn efl'e l'homl!!.~~~~n'est jas l'ho~me, il est seulement la (jlure de 'homme, car l'Interne, qui consiste à -êlre sage par Dieu, raif1'homme j il en est de même du circoncis et du baptisé, A moins qu'il ne circoncise ou ne. lave son cœur. Le premier Usage du Bapt~me est f Introduction dans f Eglise Chrétienne, et en mAme temps finsertion parmi les Chrétiens dans le Monde spirituel.

7

6;;. Que le Baptême sait l'Introduction dans l'ÉSlise Ç,hrétienne, il y a de cela plusieurs preuves, par eseml1le, celles-ci (1. Le Baptême a été institué à la place de la Circoncision, et de même que la Circoncision a élé le sisne qu'on élait de l'Église Israélite, de m6me le Baplê:ne est le signe qu'on est de l'Église Chrétienne, eomme il a été montré dans l'Article précédenl ; et !e ~i,ne est ~eu@!!en~..1!()u..!' qu'on soit connu. comme des Janges de couleur diffé( rente mis sur les enfants de deux mères, pour qu'ils soient distingués l'un de l'autre et ne soient point cbanGés. II. C'e~!. ~~I~.ID!;nt le si~ de l'introduction dans l'ÉGlise, comme il.est évident en ce 4Ju'on baptise les enfants qui ne jouissent encore d'aucune raison, et ne sont pas plus capables de recevoir quelque chose de la "roi, que les nouvelles branches d'un arbreQ!!: Non-seulement les Enfants sont bapLisés, mais aussi les étrangers prosélytes .qui sont convertis à la religion chrétienne, tant peUls que grands; et cela, -avant qu'ils aieDt été instruits, l'0ur\'u Q..U'ils confessent vouloir
"

!.Ii8

LA VRAIE

embrasser le ChristianislDe. auquel ils sont inaugurés pal' le Baptême; c'est aussi ce que firent les apôtres, selon les paroles du Seigneur CI de taire clisciples toutes les ':tations et de les bapliser. -MatLh. XXVIII. i9. -IV. «Jean baptisait dans le Jourdain tous ceux qui venaient à lui de la Judée et de Jérusalem. D - MaUb.III. 6. Marc. 1.6; - s'il baptisait dans le Jourdain, c'est parce que ce fleuve était l'entrée dans Ja terre de Canaao. et que la terre de Canaan si.-;nifiait l'Eglise, parce que l'É~lise y était,· et qu'ainsi le Jourdain signifiait l'Intl'oductioll dans l'Éilise; que celte Terre ait signifié l'El;Ii~. et. le Jourdain l'IntroducLion dans 1 l'Éghse, on le voit dans l'ApOCALYPSE BEVELEE, N° 283. Cela a lieu 2. dans les terres, Alais, dans les Cieux, les Enfants pal' le Baptême sont introduits dans le Ciel ëhréliell ; et là le Seigneur leur assigne des Auges qui prennent soin d'euI; c'est pourquoi. \ dès que les Enfanls ont été baptisés. ils sont sous la direction d'Anses, par lesquels ils sont tenus dans l'état de recevoir là foi au Seigneur; mais il. mesure qU'Ils grandissent, et qu'ils jouissent de leur indépendance et de leur raisoll. les Anges leurs tutel!rs les abandonnent, et ils !l'adjoignent eux-mêmes à des esprits qui fonl un avec leur vie et avec leur Coi i de là il est évÏllenl que I~ Baptëme est l'insertion parmi les Chrétiens. même dans le Monde spirituel. 678. (lue non-seulement les enfanLs, mais tous aussi soient insérés par le Baptême parmi les Cbrétiens dans le Monde spirituel, c'est parce que dans ce Monde-là I~ Peuples e~ ~~~ !,~tillns .QnJ été distingués selon leurs Religiosités; les Cbrétiells"sont dans le mi- ' I1eu~ les Mabométansl-alltour d'eux. les ld(;i,Ures\ie divers gen"i'8S après les malwmétans, et les Juifs\ur les côtés. En ouLre, tous." ceux de la même Religion oiiL été disposés en Sociét~p, dans le" Ciel selon les affecLions de l'amour envers Dieu eL de l'amour à l'égard du prochain, dans l'Enfer en congré~alions selon les affections opposées à ces deut amours, ainsi selon les cOn\'oilises du ma\. Daus 10 Monde spirituel par lequel noull entendons elle Ciel et· l'Enfer, loutes choses oot été Lrès-distinctement mises en ordre dans le commun eL daus touLe partie, ou en KODre eL eu toulO espèce; 4e ceLLe or.'!inatioo distincte y ~épend la cql2~omltion ~e tout l'uuivers et celte distinction n'est pas possible. fi. moins que chacun, aprtls qu:i1 cst né, n'ait quelque signe par lequel on Qonli)

f

RELIGION CHRËTIENNE. !!9 lIaisse qu'il appartient aux Assemblées de telle religion: en efret. ./ sans le signe Ch~.wm, qui est le Baptême, quelque Esprit ~-" 2m.1!.an, ou quelque Esprit d'entre les Idolâtres, pourrait s'a ttacher J l des enfanls Chrétiens nouveau-nés, et aussi l des enCants du second Age, et""leur insuffler IID penchant ['our sa relig!.Qn:et.ainsi l,artllger leur atLention et les détourner" du Christianisme, ce qui serait gêner et détruire l'ordre spirituel. 679, Quiconque suit avec soin les effets jusqu'à leurs causes peut savoir que la consistance de toutes choses dépend de l'ord!e,. et qu'il y a des Ordres de plusieurs sortes, communs et particuliers; qu'il en est un qui est le plus Universel dt> tous, et de qui dépendent en série continue les communs et les particuliers; que l'O~dl! le "pl~s Universel entre dans tous ces ordres comme l'essence même dans les Cormes, et que c'est ainsi, et non autrement, qu'il~ [ font un i c'est cette unité qui fait la cOg§ervation du tout, qui autrement s'~r~~!:ait, et retomberait non-seulement dans le premier chaos, mais dans le géant. Qu'en serait-il de l'homme, si dans son corps toutes et chacune des parties n'avaient pas été très-distinctement mises en ordre, et si leur communauté ne d~­ pendait pas d'un cœur et ~'nn poumon! sans cela, y aurait-il autre chose que confusion Yest-ce qu'alors l'Eslomac remplirait ses fonctions ; le Foie et le Pancréas, les leurs; le )Iésentère et le Mésocolon les leurs; les Reins et les Intestins, les leurs Yc'est d:a~s r.Q.r:r!!'e en elles et entre elles que toutes et chacune des parties s! l'résentent comme un, devallt l'hommc, Sans un ordre distinct dans -i8 aïë"ütal oÜÎ'Esprit de l'bomme, si l'ensemble du "mental fie dépendait pas de la Volonté et de l'Entendement, y aurait-il autre chose que confusion et désordre Y sans cet ordre l'homme pourrait-il penser et vouloir plus que son portrait Iloint ou sa statue dans sa maison! que ~erait l'homme, sans l'i"ntlux tœs-ruen réglé du Ciel, et Kans la réception de cet infiul ! et que serait cel .Î!.ln~l, ~ns l'ordre le plus Universel, dont dépend le gouvernement du tout et de ses parties, par conséquent si toutes choses ne procéda}ent de Dieu, et n'étaient, Ile vivaient et ne se mouvaient en Lui et par Lui Y Ceci peut être illustré devanll'homme naturel par d'innombrables choses; par exemple, par celles-ci: Que serait un Empire ou un ROJa~me sans l'Ordre, sinon une--11Qupa

l
t30
LA VRAIE
d.e b~iK!m9S. dont le plus grand nombre, rassemblés, massa( creraient des milliers, et un petit nombre enfin exterminerait ces premiers! Que serait une Ville sans l'ordre ! !!.!!lém~ que ser~it une MaisoD_ sans l'ordre! et que serait .un royau.!.De, une ville. «1 une maison. s'il n'y avait pas quelqu'un qui en eQt la suprême 11 direotion ! 680. En outre, qu'est-ce que l'Ordre sans la distinotion, et qu'est-ce que la distinction sans des indices, et qu'est-ce que des indices sans des si snes par lesquels sont connues les qualités! car saM la oonnaisanoe des qualités 1'.Qrdre n'est point con~u c()m~e ord~e: les signes ou marques distinctives dans les Empires et dans les Royaumes sont Itt..~ Titres dos diini~és elles droi.ls ~'adminis­ tration qui y son~ attachés, de là les subordinations au moyen. desquelles lous sont coordonné!; comme ell un ; de celle manière le Roi exerce son pouvoir royal distribué ~lon l'ordre ,entre plü: /1 sieurs, ce qui fait que le Royaume devient Reyaume. Il en est de même dans un très·grand nombre d'.autres choses, par exemple, " dans les Armées; l quoi servirait leur valeur, si elles n'étaient '2. distinguées avec ordre en brigades, les brigades cn ré~iments, les .3 régiments en 1't.!!~~lons, et s'ii D'y avait pas l la tétè de-chaque ~Ï\'ision des chefs moins élevé:;, el pour lous un chef ~!l!!.ê.!De ? et l qnoi serviraient ces Ordinations sans dc!s siglJes, 'lu'.Q.Q. lIomme Drapeaux ou Ëlendards, qui in~iquent l chacun la...l,laçe qu'il d~it tenir? par ces moyens tous dans les combats aKis~ç~!.. cOl~ll!!..!n ; et sans eux, ils se l>récipiteraient contre l'ennemi comme des 1 meules de chiens avec la bouche béante, aveo des hurlements et u_ne fureur vaine, et alors tous sans force seraient massacrés ...ear un ennemi ransé en ordre de bataille; car ql!e peuve~!..d~s hommes divisés contre des hommes unis Y Par ces exemples se \f trou\'e illustré ce premier usage 'dübaptême, l sa\·oir, que o'est un signe, dans le IIonde spirituel qu'on es~ du nombre des Chrétiens, chacun y étant inséré dans des sociétés et dans des congrégations, selon la qualjté du Christianisme en..!ui ou hors de lui.

1'1(/

""",

RELIGION CHR~TIENNE.

231

I

Le second Usage du BapUme est que le Chrétien connaisse et reco7Ula;sse le Seigneur Jéslls-Christ Rédempteur et Sauveur, el qu'il Le suive.

68i. Ce second usaie du Baptême, qui est de connallre le SeiiDeur Rédempteur et Sauveur Jésus-Christ, suit inséparablement le Premier, qui est l'Introduction dans l'Eglise Chrétienue, et ('insertion parmi les Chrétiens dans le Monde spirituel; et que serait le premier usage sans ce second qui le suit? ce serait seulement un nom; et ce sel'ail comme un sujet qui s'attachc au Roi et rejeue cependant les lois du roi ou de la Ilatrie, pour s'attacher ~ un Roi étranger el le servir; ou colD~e un valet qui se mel au service d'un maître, en reçoit des habits comme livrée, et s'enfuit pour servir avec ces babits un autre maUre; ou comme uu porte-drapeau qui part avec son dralleau, le mel en pièces, et en jette les morceaux en l'air ou SOIIS les pieds des soldats pour le leur faire fouler. En un mOl. l'rendre le nom de ebrétien ou de disciple du Christ, et ne pas Le reconnaUre et Le suivre, c'est-~-dire. ne pas "ivre selon ses commandcments" c'est l,rendre un nom allssi jnutile que l'ombre, quo la fumée, et qu'une peinture noircie; car le Seigneur dit : • Pourquoi 1I1'appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous T'as ce qae je dis ? • - Luc. VI. 46. et sui,. • Plusieurs Me diront en ce jlJur-là : Seigneur, Seigneur 1 Mais alors je leur dirai ouvertement: le ne vous connais point. D Mattb. VII. !!, t3 . . 682. Par le Nom du Seigneur Jésus-Christ il n'est pas entendu, dans la Parole, autre chose que la reconnaissance du Seigneur et la vie selon ses préceptes; que ce soit là ce que siinifie son Nom, • on en voit la raison dans l'Explication du liOOond Précepte du Décalogue: Tu ne porteras point le Nom de Dieu en 1)ain. Il n'est pas enten~u autre chose par le Nom du Sei,n~ur dans ces pas. sages: fi Jésus dit: Vous serez hais de toutes les nations d cause de mon Nom. D - Matth. X. !2. XXIV. 9, to. - « Où deux ou trois sont assem61és en mon Nom, là je suis au milieu d'eux. • - Mattb.1.Vm. 20. - « A tous ceu:.r: qui L'ont reçu, il leur a

LA VRAIE donné pouvoir d'Aire fils de Die", a ceuz qui croient en son Nom. D - Jean. 1. i t. - • Plusicurs crurent eruon Nom . • Jean. U. t3. - a Celui qui ne croit pas a déjd été jregé, parce qa'il n'a pas cru al' Nom de f Unique-Engendré Fils de Dieu. » - Jean. m. i7, t8. - Cf Cellz qui croient auront la vie en Son Nom . • - Jean. XX. tl. - a Pour mon Nom tu tu travaillé, et tu ne t'es pOirlt découragé. - Apoc. Il. 3, et ailleurs. - Qui ne peut voir que par le Nom du Seigneur dans ces passages il est enteudu. non pas seulement Je Nom, mais la reconnaissance du Seigneur, qu'il est Rédemptour el Sauveur. et en même temps l'obéissance. et enfin la foi en Lui ~ en elfet, dans le Baptême, l'Enfant reçoit Je signe de Ja croix sur le front et s~r la poitrine. ce qui est le signe de l'inauguration dans la reconnaissance et dans le culte du Sei~nellr. Par le Nom il est aussi entendu la qualité de la personne. et cela, parce que dans le Monde spirituel chacun est nommé selon sa qualilé ~ c'est pourquoi par le Nom de Chrétien il est entendu qu'on pos.~e par le Christ la foi au Christ el la Cha· rité à l'égard du prochain ~ c'est là ce qui est entendu par le Nom dans l'Apocalypse: • Le Fils de fhomme dit: J'ai qtle/quepeude Noms dans Sardes, qui n'ont point souillé lem's vAtements, etüs marclu!ro't,t avec Moi en (\'êlemenls)6/ancs, pa"ce qrle dignes ils SOl1t. Il - Ill. " ; marcher a\'oc le Fils de l'homme dans des vêteDlents blancs, signifie suivre le Seigneur et vitre selon les vrais de sa Parole. La même chose est entendue par le NÔOl dans Jean: « Jésus dil: Les brebis ma voi:J: entendent, et mes propres 6re6i! j'appelle par leur Nom. et je les fais sortir; devant el/es je marche, el les hrehis Me S'llitJent, parce qu'elles connaissent ma voi:t; mais un étranger, el/es neles14went pas. parce qu'elles 11e connaiesent point des étrangers la voix. " - X. 3, "', 0; par le nom, c'est par la qualit.é par laquelle ils sont Chrétieus; et Le suivre, c'est entendre sa "oix, e'e.~t-à-dire, obéir à ses com-. mandem6nls; ce Nom, tous le reçoivent dans le Baptême, car il est dans le signe. 683. Qu'est-ce que le nom sans la chose! N'est-ce pas quelque ... chose de vain, un son comme celui que rendent les arbres d'une forllt ou les lambris d'un appartement, el qu'on nomme écbo, ou comme le SOD presqu'inanimé de ceux qui rêvent. ou comme ,Je
2:12

r

233 RELIGION CHR~TIENNE. bruit dll vent, de la mer, ou d'une machine, lequel n'est d'aucune utilité! et même qn'est-ce que le nom de Roi, de Général, de Consul, d'Évêque, d'Abbé, de Moine, sans la fonction qUI est attachée au Nom? n'estoCe pas une vanité? ainsi, qu'est-ce que le Nom de Chrétien, si l'on vit en barbare et contre les préceptes du Christ f D'est-ce pas comme la marque du signe de Salan au lieu du signe du Christ, c1ont. le Nom cependant a été tissé en fils d'or dans le baptême! Que sont donc ceux qui, après avoir reçu le sceau du Christ, se moquent ensuite de son culte, glapissent en entenc1ant son Nom, et parlent de Lui non comme du Fils de Diell, mais comme du Fils c1e Joseph? Ne sont-ce pas des rebelles et des régicides, et leurs paroles ne sont-elles pas des blasphèmes contre l'Esprit saint, qui ne peln'ent être remis ni dans ce siècle, ni dans le siècle à ,'enir? Ceux·ci, semblables à des chiens, mordent la Parole et Ja déchirent l belles dents; chez eUI, contre le Christ et contre son Culte, • toutes les taMes sont pleines d'un vomissement tlévacualÏon. D - Ésaïe, XXVIII. 8. Jérém. XLVIII. t6; - lorsque cependant le Seigneur Jésus-Christ est le Fils du Dien Tr~-Haut. - Lnc, 1. 3i, 31S, -l'Unique-Engendré, - Jean, 1. i 8.111. t6;le Vrai Dieu et la Vie éternelle, -1 Jean, V. 20, !U ; - dans Lequel habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, Coloss. n. 9; - et n'est point le fils de Joseph, - Mauh. 1. !il3 ; - outre mille autres passages,
Le troisième Usage du Bapt6me, qui est fusage final, c'est que homme 80it régénéré.

r

684. Cet usage est l'Usage méme pour lequel a été institué le Baptême, ainsi c'ellt l'usage final; et cela,. pal'Ce que le "rai Chrétien connait et reconnalt le Seigneur RMempteur Jésus-Christ, qui puisqu'il est Rédempteur, est aussi Régénérateur; car la Rédemption et la Régénération font un, comme on le voit dans le Cbapitre sur la Réformation et la Régénération. Art. Ill; puis, parce que le chrétien possède la Parole dans laquelle sont décrits les moyens de la Régénération, et ce,1l moyens sont la Foi au SeiIneur et la Charité à résard du prochain: c'est la même chose que

r
234 LA. VRAIE ce qui est dit du Seigneur, qu'. Il ~aptise d'Esprit saint et tù Feu. -lIaLlh. III. H. Marc, 1. 9 l H, Luc. III. t6. Jean, 1. 33 i - par l'Esprit saint il est entendu le Divin Vrai dd la foi, et par le Feu le Divin Bicn de l'amour ou de la Cbarité, l'un eL l'autre procédant du Seigneur; que par l'Esprit saint il soit entendu le DivÏll Vrai de la foi, on le voit dans Ic Chapitre sur L'ESPRIT SAINT i et que par le Feu il soit entendu le Divin Bien de l'amour, on le voit dans l'ApOCALYPSE REVELEE .. N" 468, 393; c'est par l'un et l'autre. que le Seigneur opère toute Rég~nération. Si le Seigneur LuiMêm~ a été baptisé par Jean, - lUattb. III. t3 l t i. Marc, 1. 9. Luc, III. !t, 12, - c'était non-seulement afin d'inlltiLuer le Baptême pour l'a\'enir, et d'cn donner le premier l'exemple, mais. aussi parce qu'il a glorifié son Humain et L'a l'endu Divin, comme il rfgénère l'homme et le rend spirituel. 683. Par ce qui précède et par ce qui est dit maintenant, on peut voir que les trois Usages du baptême sont cohérents en un, comllle la caullo prsm ière, la cause moyenne qui est efficieq Le, et la cause dernière qui est l'eO'et et la fin même pour laquelle sont les deux premières; en effet, le premier usase est que l'homme soit nommé Chrétien; le second, qui en est la suite, c'est qu'il connaisse et reconnaisse le Sai,;Dcur Rédempteur, R~générateur et Sauveur; et le troisièmo, C'tl:it qu'il soit régénéré par Lui; et quand cela se fait, il est racheté et sau\·é. Puisque ces trois usages se suivent en Qrdre et s~ conjoignent dans le dernier, et que par suite dans l'idée des Anges ils sont cohérents comme un lIeul, c'est pourquoi, quand un baptême esL rait, quand ce mot est lu dans la Parole, et quand il est prononcé, les Anies qui sout présents entendent non pas le baptême, mais la Régénération; c'est pourquoi, par ces paroles du Seigneur: Celui qui aura cru et aura été baptisé 8era sauvé, mais celui ~Zla n'aura pas cru sera condamné. D Marc, XVI. t6, - il est 8ntendu par les Anges dans le Ciel que celui qui reconnalt le Seigrleur et est régénéré et sauvé. De I~ vienL aussi que le Baptême est, appelé BAIN DB RÉGÉNËRATIO! par les ÉSlises t:hrétiennes sur la terre; que le Chrétien sache donc que celui qui ne croit point au Seigneur ne peuL être régénéré, quoiqu'il ait ~té baptisé, et que la Cérémonie du baptême sans la toi au Sei,neur ne fait absolument rien; voir ci-dessus dans ce
Il

r

RELIGION CHRETIENNE:" Cbapitre, Arl. Il. Na 6i3. Que le Baptême enveloppe la purification des maux, eL ainsi la RéBénération, c'est ce que lout Chrélien peut très-hi en connalLre, car lorsqu'un EnCant est baptisé, le prêtre Cait avec son doigt sur le Cront et sur la poitrine le signe de )a croil. comme mémorial du Seigneur, et ensuite se tourne vers les parrains. et demande si l'enCan t renonce au diable et ~ Loules ses œuvres, et s'il re(oit la Coi, questions aUlquelles le parrain répondent pour l'enCant: • Oui i. le renoncement au diable, c'estl-dire, aUI maUI qui viennent de l'enCer, et la Coi au Seigneur, font entièrement la régénération. 686. Dans la Parole il est dit que le Seigneur Dieu, n,otre Rédemptelir, baptise d'esprit saint el de Ceu, ce par quoi il est entendu qne le Seigneur régénère l'homme par le DivID Vrai de la Coi et par le Divin di en de l'amour ou de la charité; voir ci-dessus dans cet Art. Na 68-1. Ceul qui ont élé régénérés par l'Elilprit saint, c'est-à-dire, par le Divin Vrai de la foi, ont dans les Cieux été distinlués de ceux qui ont été régénérés par le Feu, c'est-à-dire, par le Divin Bien de l'amour. Ceux qui ont élé régénérés par le Divin Vrai de la foi marchent dans le Ciel en vêlements blancs de 6n lin, et sont appelés Anges spirituels; mais ceux qlli ont élé régénérés par le Divin Bien de l'amour marchent en vêlements. de pourl)re, et sont appelél Anges célestes: ceux qui marchent en vêlements blancs sont entendus dans ces passages: • Les Armées suivaient r Agneau. vdlues d'un fin lin Maru: et p'U1'. D - Apoc. XIX. U, Ils ma,'cheront avec Moi e11 vdtemtmts !Jlaru:s. - Apoc. III. 4; eL aussi VII. U. - u Les Anges, dans' Je sépulcre du Seigneur, furent vus en vdtements blancs et resplendissll'l'es. Matth. XXVUI. 3. Luc, XXIV." i - c'étaient des Aoge5 spirituels, car le fin lin signifie 'es justices des saints, - Apoc. XIX. 8, où cela est diL ouvertement. - Que les V~ tements dans la Parole sigqifient les vrais et les Vêlements blancs lit de fin lin les Divins vrai5, on le voit dans l'ApOCA.LYPSE RiviLiB, Na 379, où cela a élé montré. Si ceux qui ont aussi été ré . . sénérés par le Divin Bien de l'amour sont en vêlements de pourp,re. c'est parce que la pourpre est la couleur de l'amour qu'il tire du feu du Soleil el de son rouge, par lequel e!lt siinifié l'amour; 'Voir l'APOCALYPSB RivËLtB, Nal 468, urs. Comme les vêlements
Il
ft -

236

LA VRAIE

1

signifient les vrais, c'est pour cela que celni qui, parmi les invités, fut trouvé non vêtu d'ull habit de noces, fut chassé et jeté dans les ténèbres extérieures, - MaUb. XIII. H, {t, t3. 687. En outre, le Baptême, comme Régénération, est représenté tant dans le Ciel que dans le Ilonde par un grand nombre de choses; dans LB CIBI., par exemple, ainsi qu'il vient d'être dit, par des vêtements blancs et des vl?tements de pourpre, et de plus par les noces 4e l'Église avec le Seigneur. puis par le Nou\eau Ciel et la Nouvelle Terre, et par la Nouvelle Jérusalem qui en descend, de laquelle Celui qui était assis sur le trOne a dit: Voici, toutes choses nouvelles je fera;. - Apoc. XXI t -A .6 5; - el par le Fletu'e d'eau de la vie sortant du Trdne de Dier, et de l'Agneau, - Apoc. XXII. t, !; - et aussi par les cinq vierges prudentes, qui avaient des lampes et de l'huile, et qui enlrèrent avec le Fiancé aux noces, - M'aub. XXV. t, 2, tO. - Le baptisé, c'eslà-dire, le régénéré, est entendu par la Créature, - Marc, XVI. U. Rom. VIII. t9, 910, tt: - et par la nouvelle Créature, - n. Cor. V. {7. Galal. VI, US; - car Créature se dit de ce qui a été créé, et être créé signifie aussi être régénéré; voir l'ApOCALYPSB RÉVÉLÉB, N° 234. Dans LE MONDB, la Régénération est représentée par diverses choses, ainsi par la fleuraison de tous les végétaux de la terre dans la saison du printemps, et par leur accroissement successif jusqu'à, la fructification; de même par l'accroissement de chaque arbre, de chaque arbrisseau et de chaque fleur depuis le premier jusqu'au dernier mois de chaleur; elle esL aussi représentée par la maturité progressive de tous les fruits depuis son commencement jusqu'à, son plein; elle est encore représentée par les pluies du mutin et du soir, et par les rosées; les flenrs s'ouvrent quand elles tombent, et elles se replient quand· viennent les ténèbres de la nuit; elle est encore représentée par les exhalaisons odoriférantes des jardins et des champs i eL. aussi par l'arc-en-ciel dans la nuée, - Gen. IX. U l t 7; - et par les resplendissantes couleurs de l'Aurore; et en général par la continuelle rénovation de toutes choses dans les Corps au moyen du cbyle et de l'esprit animal, et par suiLe au moyen du sang, dOlltla purificaLion des parties vieilles, la rénovalion, et pour ainsi dire la régénération, sont perpétuelles. Si l'on porte son aLLention sur les animanx le plus vils da

RELIGION CHRli:TIENNE.

23'7

la terre, l'ima,e de la réiénération se manifeste dans la merveilleuse transformation des vers 11 soie et de plusieurs autres vers en nymphes et ell papillons, et de ceux qui après un certain temps se décorent d'ailes; on peut encore à ces comparaisons en ajouter de plus léGères, la régénéra Lion est représentée par le désir de certains oiseaux de se plonger dans l'eau pour se laver et se nettoycr, après quoi ils retournent comme le. rossignols à leurs ramages. En un mot, le Monde entier, depui6 ses premiers jusqu'à ses derniers, est plein de représentations et de types de la régén~l'ation.

Par le Baptême de Jecm a été préparé le chemin pour que JéllOVah le Seigneur pzU descendre dans le Monde, et ac/,ever la Rédemption, .
688. On lit daos Malachie: « Voici, Moi, j'euvoie mon Ange, qui préparera le chemin devant Moi, et incontinent viendra vers son Temple le Seigneur que vous cherchez, et l'A71ge de 1alliance que vous désirez; qui soutiendra le jour de son avènement? et qui subsistera quand il apparaltra? D -lU. :l, ! ; eL de nouveau: li Voici, Moi, je VallS enverrai Elie le prophète, avant que vienne le jour de Jéhovah, grand et terrible, de peUl' que je ne vient&e, et que je ne frappe la terre d'anatMme.. 1II. 23, 24, - Et Zacharie, père de Jean, prollhétisant sur son fils: li Toi, petit e7&fant, propMte du Très-Haut tu Set'as appelé; tu iras detlant la face du Seigneur pour préparer ses chemins. - Luc, 1. j6. - Et le Seigneur Lui-Même dit de ce Jean: li C'est celui de qui il a été écrit: Voici, Moi, j'em'oie mali Ange devant ta lace, lequel préparel'a ton chemin devant Toi. Luc, "II. 2i. - D'après ces passages il est évident que ce Jean a été le prophèle qui ful envoyé pour préparer le chemin à Jéhovah Dieu qui devait descendre daos le Monde, et achever la Rtidemption, et qu'il a préparé ce chemin par le Baptême, et alors en annonçant l'Avènement du Seigneur, et que sans celle préparation tous là auraient été frappés d'anathème, et auraient péri. 689. Si le chemin a été préparé par le Baptême de JcaD, c'est
J)
JO -

238 LA. 'VRAIE parce que rar ce Baptême, ainsi qu'il vient d'être montré, on était introduit dans l'Eglise ruture du Seigneur", et i~ré dans le Ciel l)armi ceux qui avaient attendu et désiré le Messie. et qu'ainsi on était gardé pal' les A.nges, :llin que les Diables ne s'élançassent point de l'Enfer. et qu'on ne fQt point perdu j c'est pourquoi il est dit dans Malachie; • Qui soutiendra le jour de son avènement? » Et: Il De peur que Jéhovah ne vienne, et ne frappe la terre fi anathème.1) - III. l, 24. - De même dans Ésaïe: • Yoicilejour de Jéhovah vient, cruel. et d'indiqnation et d'emportement de colère: ;'é6ranlerai le Ciel, lit la teN'e sera remuée de sa' place au jour de femportement de sa colère•• - XIII. 6. 9. t.3. t!l. XXII. K. lt. - De même dans Jérémie, ce jour est appelé jour de vllStalÏOIJ, de vengeance, et de destruction, -IV. 9. VII. 31, XLVI. 10. ll. XLVII. 4. XLIX. 8, !6. - Dans ÉZéchiel,jour de co~ère de nuage et d'o6scurité. - XIII. B. xxx. !l, S, 9. XXXIV. H. li. L'tXVIII. 14. t6, t8, 19. - Pareillement dans Amos,V. t3, U, !lO. VIII. 3, 9. i3 - Daml Joël: « Grand (esl) le jour de Jéhovah. et terri61e; et qui le soutùmd"a ?» - Il. t. t. Il. Ill. 3, 4. - Et dans Sépbanie: «En ce jotl, ...là il 11 aura une voi:c de cri; le gra,zd jour de Jéhovah est p"oche,' jour d'emportement, ce jour-là; jour d'angoisse et de détresse, jour de vastalion et de dévastation; au jour de r emportement de Jéhovah sera dévorée toute la terre, et il fera consommation avec tous les ha6ilams de la terre • • - 1. 7 • 8 ; - ~t en outre dans beaucoup d'autres endroits': d'après ces passages il est évident que si le chemin de Jéhovah, desceodant dans le Moude, n'elll pas été préparé par le Baptême de Jean. dont l'effet dans le Ciel fut de fermer les Enfers, les Juifs 0' auraient pu être préservés' d'une entière destruction: Jéhovah dit aussi • Moise: Il En un moment, si je montais au milieu de toi, je consumerais ce peuple. » EIOd. XXXIII. 3. - Qu'il en soit ainsi. on le voit clairement par Jes paroles de Jean lIa foule qui venait pour être baptisée par lui: !I Race de t.ipères. qui vaw a montré d /tcir la colère à V61.ir?" - MalLh. Ill. 7. Luc, III. 7. - Que Jean ait aussi annoncé le Christ et son avènement~ quand il baptisait. on le voit dans Luc~ . - m. tG. Jean, I. !S. t6. 31. 3t. 33. m. t6. - D'après cela, il est facile d,e voir comment Jean a préparé le chemin.

RELIGION CHRÉTIENNE. !39 600. Quant l ce qui concerne ie Baptême de Jean, il représentaitla purification de l'homme externe; mais le Bapt~me, qui est aujourd'hui chez les Chrétiens, représente la purification de l'homme Interne, c'est-à-dire, la Régénération i aussi lit-on que Jean baptisait d'eau, mais que la SeilIneur baptise d'esprit saint et de feu, et c'est 'pour cela que le baptême de Jean e~t appelé baptême de 'pénitence, - Matth. Ill. t t. Marc, I. "' et suiv, Luc, III. 3, t6. Jean. I. ilS. !6, 33. Act. I. n. X. 37. XVIII. 2lS. - Les Juifs, .qui ~Iaient lIaptisés. étaient des hommes purement Externes, et J'homme externe sans la foi au Christ ne peut devenir interne; .que ceux qui furent baptisés du baptême de Jean soient devenus hommes internes, lorsqu'ils eurent reçu la foi au Christ, et qu'alors ils aient été baptisés au Nom de Jésus, on le voit dans les Actes des Apôtres. - XIX. 3 l 6. 691. Moise dit i Jéhovah: • Montre-moi la gloire; lehovak J"i dit: Tu ne peuz voi,. mes faces, parce que ne peut Me voir
1 homme. el vivre; et il dit: Yoici un lieu où tu te tiendras sur le rocher, et je te mettrai dans lafente du rocher, etie te couvrirai de ma main jusfJu'à ce que je sois passé; et lorsque je ntirerai ma main. tu Verf'1lS mes derrières, et .mes faces ne seront point vue,. » - Exod. XXXllI, 18 i !3. - Si l'homme ne peut voir Dieu et vh're. c'est parce que Dieu est l'Amour lIême, et que l'Amour Même ou le Divin Amour apparaIL dans le Monde spirituel devant les Anses comme un Soleil, distant d'eul comme le Soleil de notre monde est distant des hommes j si donc Dieu, qui est au milieu de ce Soleil, approchait près des Anges. ils périraient, de même que les hommes périraient si le Soleil du monde approchait d'eul, car il est élIalement ardent; c'est pourquoi il , a de perpétuelles tempéra.tures qui modifient et modèrent J'ardeur de cet amour, afin qu'il n'influe pas dalls le Ciel comme il est en soi, car les AnBes en seraient consumés i aussi lorsque 181 Sei~neurse manifeste dans une plus grande présence dans le Ciel. les impies qui sont :lu-dessous du Ciel commencent-ils l se lamenter, la être tourmentés et à perdre la respiration, c'cst pourquoi ils s'enfuient dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. en criant: cc Tombez sur DOUS, et cacbez-nous de la face de Celui qui est assis sur le TrOne, io - Apoc. VI. t 6. Ésaïe. II. 19,21 :-.

zq

LA VRAIE ec n'est pas le Seisneur Lui-l\Mme qui descend, mais c'est un Ange ayant autour de lui la sphère de l'amour procédant du Seigneur: j'ai vu quelquefois des impies terrifiés par çctle descente comme s'ils voyaient la mort devant leurs yeuI, les uns se précipitant dans l'enfer de plus en plus profolldément, et d'autres tombant en furie. Ce fut pour cela que les fils d'Israël se préparèrent pendant trois jours, avant la 'descente de Jéhovah le Seigneur sur la .montagne de Sinai, et que la montagne fut entourée d'une barrière, afin que personne n'en approcb:lt et ne mourût, - EIOd. XIX. - Il en a été de même de la Sainteté de Jéhovah le Seigneur dans le Décalogue qui fut alors promulgué, et graré du doigt de Dieu sur deux Tables, et ensuite déposé dans l'Arche, sur laquelle dans le Tabernacle avait élé placé le Propitiatoire, et sur le propitiatoire I.es Chérubins, afin que personne ne touchat immédiatement de la main ou do l'œil celte Sainteté i Aharon' ne pouvait pas non plus en approcher, si ce n'est une seule fois par an, après qu'il s'élliit expié par des Sacl'ifices et des Fumigations. Ce fut pour cela que Jes Ëkronites et les Bethschémites moururent par milliers, seulement (larce qu'ils avaient porLé leurs yelll sur l'Arche, - 1Sam, V. :1.1, 12. VI. i 9; - et aussi Uzzah, parce qU'ill'avait touchée, - Il Sam, VI. 6, 7. - Par ce peu d'exemples, il a été manifesté de quel anathème eL de quelle destruction auraient «lté frappés les Juifs, S'i!1S D'avaient pas été préparés par le Baptême de Jean à rece"oir le Messie, qui était JéIJo"alJ Dieu dans une forme humaine, et si Jéhovah Dieu n'avait pas pris l'Humain, et ne s'était pas révélé de cette manière; ils furent pr~parés par cela que, dans le Ciel, ils furent inscrits et mis au nombre de ceux qui de cœur avaient attendu et dtsiré le Messie, ce qui fit qu'alorlS des Anges Curent envoyés et devinrent leurs gardiens.

240

• • •

• •

RAilLE.

692. A ce Chapilru j'ajoulerai ces MÉllORABLES: PIIElilER lUÉlIOLorsqu'après avoir assisté au Jeu de la S3gesse, 1 je retournais chez moi, je vis dans le chemin un Ange en vêtement de coulour hyacintllo; il se mit à mon cOté, et dit: «Je vois que tu sors du Jcu de la sasesse, et que tu es ravi de ce que lu yas
1

VoirIe

MiliOBABLE ND

18.

(Note du Trtld.)

p
2U RELIGION CllUTIENNE. entendu i et comme je perçois que tu n'es pas pleinement dans ce lIonde, parce que tu es en même temps dans le Monde naturel, .et que par conséquent tu ne connais pas nos Gymnases Olympiques, où les anciens Sages s'assemblent, et apprennent de ceux 4.lui arrivent de ton Mondo les changements et successions d'état que la Sagesse a subis et subit encore i si tu veUl, je te conduirai dans un lieu où habitent plusieurs de ces anciens sages et plusieurs de leurs fils, c'est-~-dire, de leurs disciples •• Et il me conduisit Vl'rs 1e.'1 confins entre le Septentrion et l'Orient, et tandis que là JC regardais d'un lieu élevé, voici, je vis une ville, et à l'un de ses cOtés deux Collines i et, la. plus proche de la ville, moins éle\'ée que l'autre'; et il IDe dit: • Cette Ville est appelée Athénée ; la Colline la moins Mute, Parnasse; et la plus haute, Hélicon; elles sont nommées ainsi, parce que dans la ville et aux alentours habitent d'anciens Sages de la Grèce, comme Pythagore, Socrate, Aristippe, Xénophon, avec leurs disciples et ceux de leur école. » Et je m'informai de Platon et d'Aristote; il me dit qu'eux et leurs seclateurs habilaient dans une autre réBion, parce qu'ils avaient enseigné les choses rationnelles qui appartienneBt à l'entendement, tandis que les autres avaient enseigné les cboses morales qui. appartiennent à la vie. Il me dit que de la Ville d'Athénée il est fréquemment envoyé des Esprits studieux vers les lettrés d'entre 1e.'1 Chrétiens, pour qu'ils rapportent ce qu'on pense aujourd'hui concernant Dieu, la Création de l'Univers, l'Immortalité de l'Ame, l'Élat de l'homme comparé à celui des bêtes, et d'autres sujets qui appartiennent à la sagesse intérieure; et il me dit qu'aujourd'hui le béraut avait annoncé une assemblée. ce qui était UQ indice que les envoyés avaient rencontré de nouveaux venus de la terre, de qui Ils avaient appris des cboses curieuses; el nous vlmes un grand nombre d'esprits qui sortaient de la ville et des environs. quelques-uns ayant des couronnes de laurier sur la tête, d'aulres Lenant des palmes dans leurs mains, d'autres avec des livres sous les bras, et d'autres avec des plumes sous les cheveux de la tempe gauche. NOliS nous mêlâmes parmi eUl, et nous montAmes ensemble; et voici, sur la Colline il y avait un Palais octosone. qu'ils appelaient Palladium, et nous entrâmes i et voici, là, huit réduits hexagones. dans chacun desquels il y
II.

to

LA VRAIE avait une petite Bibliothèque, et aussi une Table, près desqu,Is prirent siél;e ceux qui avaient des couronnes de laurier; et dans le Palladium même je vis des bancs de pierre ciselés sur lesquels les autres se placèrent; et alors à gauche s'ouvrit une porte, par laquelle deux nouveaux venus de la terre furent introduits, et après qu'ils eurent été ~alués, l'un de ceux qui étaient couronnés de lanrier leur demanda; • Qu'y A-T-IL DE NOU\'EAU DE LA TERRE? D Et ils dirent: u Il y a de nouveau, qu'on a trouvé dans les boia des hommes qui sont comme des bêtes, ou des bêtes qui sont comme des llOmmes; llIais d'après leur face et leur corps on a connu qu'ils élaient nés hommes, et avaient élé perdus ou abandonnés dans les bois à l'âge de deux ou ll'ois aus; ou dit qu'ils ne peuvent 6X(lrinler pal' le son rien de ce qu'ils pensent, ni apprendre à articulor 10 SOD en aucun mot; qu'ils ne s;lvent pas non plus discerner, comme le savent les bêles, la nourriture qui leur convient. et qu'ils mettent dans leur bouche les choses lant saines que malsaiues qn'i1s trouvcnt dans les bois: on raconte encore plusieurs autres pai'licularilés ; de là quelques tl'udits parmi nous ont ccnjeoturé t:t quelques aull'es ont eouclu (llusieur:; choses sur l'état des hommes oOlllparé à celui des bêles. • A ces mOLS.. quelques-uns des anciens Sages demandèrent ce qu'ils en avaient conjecluré et conclu; et les deux nouveaux venus r~po!ldirent: • Beancoup de choses, qui cependant peuvent se réduire a ce qui Buit: iO Que l'homme d'apr,ès sa nature, et aussi d'après sa naissance, est plus stupide et par suite plus vil que la bête, et qu'il le devient pareillement s'il n'est pas instruit; 2° qu'il peut êlre instruit, parce qu'il a appris à produire des sons articulés, et par suite l parler, el que par Il il a commencé l manifester des pensées, et cela successÏ\'ement de plus en plus, au point qu'il a pu exprimer Jes lois de la société, dont plusieurs cependant out élé <<l'avées dans les bêtes dès la naissance; 3' que les bête!4 Gnt la Rationalité de même que les hommes; '" si donc les bêles IJ'OuvaienL parler, elles raisonneraient sur chaque chose aussi subtilement que les hommes; ce qui l'indique, c'est qu'elles pensent d'après Ja raison et la prudence aussi bien que les hommes; 5° que l'Entendement est seulement une modification de la lumière du soleil. avec la coopération de la chaleur, au moyen de l'éther, de Borte

!42

r

RELIGION CRIŒTIENNE.

2i3

que c'est seulement une aclÏ\'ilé de la nalure intérieure, et que celle aCIÏ\'it6 peut être exaltée al/ point de sc monlrer comme salesse ; 6~ qu'il esr par conséquent ridicule de croire que l'homme, après la morl, vive plus que la bête, si ce n'est que peut-être pendant quelques jours après le décès il peut, d'après l'exhalaison de la vie du corps, apparaitre comme nimbe sous la forme d'un faotômo, avant qu'il soit dissipé dans la nature, à peu près comme une branche brùlée, retirée des cend res, se fait voir sous la ressemblanre de sa forme; 7° qu'en conséquence la Religion, qui enseigne une vie ap\'è.~ la mort, est une pure invention, afin 'lue les simple:! soieut tellus intérieurement liès par les lois religieuses, comme ils le sont eXlérieurement par les lois civiles. » Ils ajoutèrent que Ct! sont les hommes purement ingénieux qui raisonnen 1 ainsi, (t nOll les hommes Intelligents; et on leur demanda: • Comment raisonnent les Intelligents r • Il,, dirent qu'ils ne les avtlient pas en rendlis, mais qu'ils ont d'eu" celle opinion. Apr~ cet exposé. IOUS ceux qui étaient près des Tah:ct; s'écl'ièrent: Il Oh 1 quels lemps aujourd'hui sur la Terre 1 liéla:;! quelles vicissitudes la Sagesl'e a éprouvées! n'a-t-elle pas été tournée en llDe folle adresse ingénicose! le Soleil est couché; et, sous la terre, nest diamétralemen t opposé à son midi. D'après ceux qui ont été abandonnés et trouvés dans les bois, qui est-ce qui ne peut savoir que semblablo est l'homme non inslruit? Est-ce qu'il n'est pas selon l'instruction qu'il reçoit? Ne nalt-i1 pas dans l'ignorance pl~s que les bêtes! Ne doit-il pas apprendre l marcher et ~ parler? S'il D'apprenait pas l marcher, se dresserait-il sur les pieds! Et s'il D'apprenait pas à parler, exprimerait-il par des sons quelque chose de la pensée? Tout homme n'est-il pas selon qu'il a été enseigné; insensé, si c'est d'après des raux, et sage, si c'est d'après des vrais; et insensé d'après les Caux ,avec la, phantaisie d'êlre pins sage que celui qui est sage d'après les vrais! N'y, a-t-il pas des hommes fous et extra~agant8. qui ne sont pas plus bommes que ceux. qui out été trouvés dans les bois! Ceux qui sont privés de la mémoire ne leur lIont-ils pas semblables! Pour nous, nous avons Conclu de lout cela que l'homme sans l'instruction n'est ni un hpmme, ni une bête, mais qu'il est UDe forme qui peut recevoir ID soi ce qui fait l'homme, et qu'ainsi ilue oait pas homme, mais'

-LA. VRAIE 2U qu'il devient homme; et" que l'llomme natt une teUe forme, pour qu'il soit un organe récipient de la vie qui procède de Dieu, afin d'être"un sujet dans lequel Dieu l)Ui~e introduire tout bien. et par l'nnion avec lui le rendre heureux pour l'éterniLé. Nous percevons par votre ral)port que la sagesse aujourd'hui est tellement éteinte ou de\'enue folle, qu'on ue sait absolument rien de l'état de la vie des hommes dans sa relation avec l'étaL de la vie des bêtes; de là vient qu'on ne connait pas non plus l'état de la vie de l'homme après la mort i quant à ceul qui ]leuvent le connattre. mais ne le veulent pas, et par suite le nient, comme fo·nt beaucoup de vos Chrétiens, nOlis pouvons les assimiler à ceul qui ont été trouvés dans les bois, non pas qu'ils soient devenus ainsi stupides par privation d'instruction, mais parce qu'elllt-mêmes se sont rendus ainsi stupides par les illusions des sens, qui sont les ténèbres des vérilés •• lIais alors un des assistants, qui se tenait debout au milieu du Palladium, ayant à la main une palme, dit: • Développez, je vous prie, cet arcane: Comlllent J'homme créé forme de Dieu, a-t-il pu être changé en forme du diable? Je sais que les Anges du Ciel sont des formes de Dieu, et que les anges de l'enft:r sont des formes du diable; et t.es deux formes sont opposées entre elles, celles-ci sont des Folies, celles-là des Sagesses i dites donc comment l'homme, créé forme de Dieu, a pu passer du jour dans une telle nuit, qu'iJ en soit arrivé à nier Dieu et à la vie éternelle? • A cet.te question les Maltres répondirent dans- cet ordre, d'abord les Pythagoriciens, puis les Socraticiens, et ensuite les autres: mais l'arnli eUI il J avait un Platonicien, celui-ci parla le dernier, et son opinion prévalut i elle consistait en ceci: • Les hommes de l'âge de Saturne ou du siècle d'or, savaient et reconnaissaient qu'ils étaient des Formes récipientes de la vie qui procède de Dieu, et par conséquent ·la sasesse était Bravée dans leurs Ames et dans leurs cœurs; et par suite d'après la lumière du vrai ils voyaient le vrai, et par les vrais ils percevaient le bien d'après le plaisir de l'amour du bien i mais à mesure que les hommes, dans les Siècles suivants, s'éloignèrent de la reeonnaissance que tout vrai de la sagesse, et par suite tout bien de l'amour chez eux, influait continuellement de Dieu, ils cessèrent d'être des habitaclu

RELIGION CHRÉTIENNE. de Dieu, et alors cessa aussi leur entretien avec Dieu, et leur consociation avec les Anges i car les intérieurs de leur mental, de leur direction qui avait été élevée en haut Yers Dieu par Dieu, furent pliés vers une direction oblique de plus en plus en dchors dans le Monde, et ainsi vers Dieu par Dieu au moyen du Monde, et enfin furent retournés dans la direction opposée qui est en bas vers soi-même; et comme Dieu ne peut être regardé par l'homme intérieurelDen~ retourné eL ainsi Lourné dans un sens opposé, les hommes se séparèrent de Dieu, -et devinrent des formes de l'Enfer, et par conséquent du diable. JI suit de là que, dabs les premiers Ages, les hommes reconnurent de cœur et d'Ame que tout bien de l'amour, et par suite tout vrai de la l'agesse, leur venaient de Dieu et appartenaient à Dieu en eUl, et qu'ainsi ils étaient eux-mêmes de purs réceptacles de la vie procédant de Dieu, ce qui fit qu'ils ont étls appelés Images de _Dieu, Fils de Dieu, -et Nés de Dieu i mais que, dans les Ages qui suh'irent, ils reconnurent cela non de cœur ni d'âme, mais par lins certaine foi persuasive, el ensuite par une foi bistorique, et enfin -seulement de bouche; et reconnaître cela seulement de boucbe, c'est ne point le reconnaUre; bien plus, c'est le nier de cœur. Par là on peut voir quelle est aujourd'hui ]a &asesse sur la terrI chez les Chrétiens, puisque ceux-ci, quoiqu'ils puissent d'après la l\évélation écrite êlre inspirés de Dieu. ne connaissent piiS la différence qu'il y a entre l'homme et la bête; et que par suite plusieurs croient que _si l'homme vit après la mort, la bête aussi doit vivra, ou que si la -bête ne vit pas après la mort, l'homme non plus ne doit pas vifre; Dotre lumière spirituelle, qui éclaire la vue du mental, n'est-elle pas devenue obscurité chez eux; et leur lumière naturelle, qui éclaire seulemellL la vue du corps, D'est-elle pas devenue pour eux une lumière éclatante! • Après cela, ils se tournèrent tous vers les deux nouveaux veDUS, et ils les remercièrent de ce qu'ils s'étaient rendus au milieu d'eux et du récit qu'ils avaient fait, et les prièrent de rapporter l leurs frères ce qu'ils venaient d'entendre: et les nouveaux venDS ré pondirent qu'ils confirmeraient les leurs dans cette vériLé. qu'autant on aLtribue au Seigneur et non à soi tout bien de la charité et tout vrai de la foi, autant on est h~mme et on devient Ange du Ciel.

...,
LA. VRAIE 693. SECOND MiIORABLE. Quelques semaines après, j'entendis UBe voix du Ciel qui me dit : CI Voi(li de nouveau une Assemblée au Parnasse; approche, nous te montrerons le chemin:. Je m'approchai, et quand je fus auprès, je vis sur l'Hélicon quelqu'un toDant une trompette avec laquelle il annonçait et indiquait ,'Assemblée. Et je vis, comme précédemment, des esprits monter de la Ville d'AtMnée eL des environs, et au milieu d'eul trois Novices du ~fonde i ils étaient tous trois d'entre les Chrétiens, l'un Prêtre, l'autre Politique, et le troisiême Philosophe; on les égayait en chemin par une conversation sur divers slljets, principalement lur les Sagês Anciens qu'on designait par leur nol,D; ils demandèrent s'ils les verraient; ou leur répondit qu'ils les terraient, et ·que, s'ils le voulaient, ils leur présenteraient le salut. attendu qu'ils étaient affables. lis s'informèrent de Démosthènes, de DIoiène et d'Épicure. On leur dit i« Démosthènes n'est point ici, il est auprès de Platon; Diogène, avec ceux de son école, demeure sous l'Hélicon, par celte rais0!l qu'il regarde les choses Itondain6i comme rien, et ne s'occupe que de cboses célestes; Epicure habite il l'occident sur les confins. et n'entre pas chez nous, parce que DOUS, 110 us distinBuons entre les affections bonnes et les affections mauvaises, et nous disons que les affections bonnes sont avec la sagesse, et les affections mauvaises contre la sagesse.• Quand ils eurent monté la colline du Parnasse, quelques gardes y apportèrent de l'eau de la fontaine dans des vases de cristal, eL dirent: cc C'est de l'eau de la fontaine, que, selon les réèits de l'antiquité, le chenl Pégase avait fait jaillir en frappant la terre avec la corne 41e son pied, et qui fut ensuite consacré aUI neuf Vierges; or, par le Cheval ailé, Pésase, ils désignaient l'Entendement du vrai par lequel existe la sagesse i par la corne de son pied, les expériences par lesquelles on acquiert l'intelligence naturelle; et par les neuf Vierges, les connaissances et les sciences de tout genre; ces cho!l6S1ujourd'hui soutappelées fables, mais elles étaient des correspondances, d'après lesquelles s'exprimaient les bomlDes de l'antiquité. »Ceux qui accompasnaient les trois nouveaux venus leur diren t: cc Que cela ne vous élonne pas, les Bardes ont été instruiLs à parler ainsi; eL nous, par boire de l'eau de la fontaine 1I0US entendons être instruit des vrais, et des biens au moyen

246

F
RELIGION CHRI1:TIENNE. 2'1 ~es vrais, eL ainsi avoir la saKesse. Il Ensuite ils entrèrent dans Je Palladium, et avec eux les trois Novices du Monde, le Prêtre, le Politique et le Philosophe; et alors ceux qui étaient couron· Dés de laurier, et assis près des tables, demandèrent: Qu'y AT-IL DE NOUVEAU DE LA URBI? Et ils répondirent:. Il Y a de nouveau, qu'un homme prétend con\"erser avec les Anges, et avoir la vue ouverte pOlir le Monde spirituel comme il J'a ouverte pour le l'lande naturel; et il en rapporte plusieurs ehoses nouvelles, entre autres celles-ci: Que l'homme vil homme après la mort, comme il a ,"écu précédemment dans le Monde; qu'il voit, entend, parle comme auparavant dans le Monde; qu'il est vêtu et paré d'ornements comme auparavant dans le Monde; qu'il a faim eL soif, mange et boit comme aupara,"ant dans le Monde; qu'il jouit du délice conjugal comme auparavant dans le Monde; qu'il dort eL veille comme auparavant dans le Ilonde; qu'il y a là des terres et des lacs, des montagnes et des collines, des plaines et des vallées, des fontaines et des fleuves, des jardins et des bocages; et qu'il y a aussi là des palais et des maisons, des villes et des villa~es, comme dans le Monde naturel; qu'il y a aussi des -écritures et des livres, des emplois et deJi commerces, des pierres précieuses, de l'or et de l'argent; qu'en un mot, il y a là, en général et en particulier, toutes les choses qui sont sur la terre; el" 41ue, dans les cieux, elles sont infiniment pluli parfaites, avec la seule ditrérence que toutes les choses qui soot dans le Alonde sptrituel sont d'origine spirituelle et par luite spirituelles, parce qu'elles procèdent dll Soleil spirituel qui est pur Amour, tandis -que toutes les ehoses qui sont dans le Monde naturel sont d'origine naturelle el par suite naturelles et matérielles, parce qu'elles procèdent du Soleil naturel qui est pur fell; qu'enfin l'bomme après la mort est parfaltemenL homme, et même plus parfaitement homme qu'auparavant dans le Monde, car auparavant dans Je Monde il était dans un corps matériel, tandis que dans le Mond, spirituel il e!'\t dans un corps Ilpiriluel.» Après qu'ils eurent ainsi parlé, les Sages anciens leur demandèreut ce qu'on pense de cela lur la terre. Ils dirent tous trois: cc Quant l nous, nOliS savons que cela est vrai, puisque DOUS sommes ici. et que nous avons tout visité et tout examiné; nous dirons donc comment on en a parlê

LA. VRAIE '4.8 et comment on im a raisonné sur la terre. JI Et alors le PRÈTRE dil: • Aussitôt que ceux qui sont de notre ordre eurent entendl1 ces récits, ils les ont traités de visions, et ensuite de fictions, puis ils ont dit qu'il avait vu des Cantômes, et eufin ils ont hésité. et ont dit: Croyez, si vous voulez; pour nous, jusqu'à présent nous avons enseisné que l'homme. après la mort, ne sera pas dans un corps avant le jour du jugement dernier. D Et l'on demanda au Prêtre s'il n'y avait pas parmi eul. quelques hommes Inlelligents qui pussent leur démontrer et leur faire reconnaUre celle vérité, que l'homme vit homme après la mort. Le Prêtre r~pondit: If Il Y en a qui la démontrent, mais ils ne convainquent pas; ceux qui la démontrent disenl, qu'il est contre la saine raison de croire que l'homme ne vit pas homme avant le jour du jusemenL dtlrnier, et que J'Ame en attendant ce jour e&t sans corps; qu'est-ce alors que l'Ame, et où est-elle pendan t ce temps! Est-ce un soume, ou un vent qui voltige dans l'air, ou un être renfermé au centre de la terre ?Où est son Ouelque part (Pu)? ESL-ce que les Ames d'Adam et d'Ève, et de tous ceux qui Obt vécù après eux, depuis six mille ans ou soixaute siècles, voltigent encore dans l'univers, ou sont tenues renfermées dans le centre de la terre, et attendent le lu~ sement dernier! Quoi de plus pénible et de plus mb.érabltl qu'une .telle attente! Leur sort ne pourrait-il pas être comparé au sorl de ceux qui sont en pl'ison les Cers aux mains et aux pieds? Si tel était le sort qui attend l'bomme après ]a mort, ne ,'audrait-il pas mieux nailre âne que de nattre homme? N'esHI. pas aussi contre la raison de croire que 1'4me peut être de nop\'eau re\'élue de SOD corps? Le corps n'a-l,il pas été rongé par les vers, par les rats. par les poissous! Et des os brûlés au soleil ou réduils en poussière pourraient-ils rentrer daus ce nODveau corps r Comment dlls mlltières cadavéreuses et inCecles se rassembleraient-elles et s'u~ niraient-elles aux Ames! A ces raisonnements, ceux qui les entendent ne répondent rien de raisonnable, mais i1s1'llsleut attachés à leur foi, disant: Nous soumettons la taison l l'obéissance de ]a Coi. Quant à la réunion de lous les morlS sortant des lombeaux au jour du jUS8ment dernier, ils disent: C'est l'œuvre de la Tout~ Puissance: et quand ils nomment la 'Ioute-Puissance et la Foi, la. rai$on est bannie; et je puis dire qu'alors la saine raison es'

r
249 RELIGION CHRiTIENNE. comme rien, el pour quelques-uns d'enx comme un spectre; et même ils peuvent dire à la saine raison : Tu déraisonnes. 1) A ces mots, les Sages de la Grèce dirent: • Ces paradoxes ne SB dissipent-ils pas d'eux-mêmes comme contradictoires! Et cependant aujourd'hui dans le 1I0nde ils ne peuvent être dissipés par la saine raison; que pent-on croire de plus paradoul que ce qui est rac~nté du Jugement Dernier, que l'Univers pér.ira, et qu'alors les étoiles du ciel tomberont sur la terre, qui est plus petite que les étoiles; et que les corps des bommes, alors ou cadavres, 011 momies triturées par les hommes, ou réduits à rien, seront réunis à leurs Ames? Nous, lorsque nous étions dans le Monde, nous avons cru à l'immortalité des âmes des hommes, d'après les in ductions que la raison 1I0US fournissait i et en outre nous avons désigné pour les bienheureux des lieux que nous a\'ons appelés Champs-Élysées; ct nous avons cru que ces Ames étaient des effigies ou formes humaines. mais tenues parce qu'elles étaient spirituelles .• Après avoir alOsi parlé, ils se tournèrent vers le second nouveau venu, qui dans le Monde avait éLé POLITIQUB i celui-ci avoua qu'il n'avait pas cru à la vie ilprès la mort, et qu'au sujet des choses nouvelles qu'il en avait entendu dire il nait pensé que c'étaient des fictions et des im'entions: ft En méditant sur celle vie future, je disais: Comment des tlmes )leuvent-elles être des corps? Tout ce qui appartient à l'bomme n'est-il pas étendu mort dans le tombeau YSon œil n'y est-il pas; comm'ent peut-il voir! Son oreille n'y est-elle pas i comment peut-il entendre Y D'oh a-t-il une bouche pour parler Y Si quelque cho~e de l'homme vivait apràs la Alort, serait·ce autre chose qu'un spectre? Commeut un spectre peut-il manger et boire, et comment peut-il jouir du drlice conjugal YOù prend-il des vêtements, une maison, des aliments, et le reste YEt les spectres, qui sont des effigies aériennes, apparaissent comme s'ils existaient, et cependant n'existent pas, J'avais dans le !londe C6d pensées et d'autres semblables sur la vie des hommes après la mort i mais à présent que j'ai tout vu, et tout touché do mes mains, je suis convaincu par les sens eux-mêmes que je suis homme comme dans le Monde. au point de ne savoir autre 'cbose sinon que je \'is comme je vh'ais. avec la différence que maintenant ma raison est pl liS saine; j'ai sou\'ent

250 LA VlWE eu honte de mes pensées antérieures.» Le PUILOSOPHE raconta sur lui·mOme des choses semblables, avec celte différence cependant, qu'il avait rangé ces nouveautés, qu'il entendait dire sur la vie apl'ès la lDort, au nombre des opinions et des hypolhèses qu'il avait recueillies des Anciens et de.~ Modernes. Les Sages élaient stupéraits de ce qu'Ils venaient d'entendre; el ceux qui étaient de l'tcole de Socrale dirent que, d'après ces Nouvelles de la Lerre, ils percc,"aient que les intérieurs des mentais humains avaient été successivement boucbés, et que maintenant dans le Monde la foi du raux brille comme la vérité, et l'extravagance du génie comme la sagesse, et que la lumière de la sagesse, depuis les temps où. ils vivaient dans le M6nde, s'était abaissst3e des intérieurs du (;!erveau sur la bouche au-des:ious du nez, oÏl celle lumière se montre devan t les yeux comme éclat de la lèvre, ct par suiLe le lanBale de la bouche comme sagesse. Après noir entendu ces mêmes choses, l'un des élèves de celte école dit: Il Combien sont stupides aujourd'hui les mentais des habitants de la terre! Oh! si nous avions ici des Disciples de Démocrite et d'Héraclite, dont les uns rieut de tout, et les autres se lamentent de tout, que de rires et de lamentations nous entemlrious! Celte séance de l'assemblée ayant été levée, ils donnèrent aUI trois No,"ices de la terre des marques de leur autorité; c'étaient des lames de cuivre sur lesquelles quelques Hiéroglypbes avaient été gravées; et les Novices "Se retirèrent aveo ces lames. " 69', TROISIË!IIE MEMORABLB. Quelque temps après, je porlai IDes regards vers la Ville d'A tbénée, dont il a été dit quelque chose dans le premier aIémorable, et j'enlendis provenaot de là une clameur extraordinaire; il Y avait en elle quelque chose du rire, dans le l'ire quelque chose de l'indignalion, eL dans l'indignation quelque chose de la tristesse! néanmoius celle clameur n'élait pas pour cela dissonnante, mais il y avail consonoance, parce qua ce n'était par un son avec un autre, mais c'était un son au-dedans d'un autre i dans le Monde spiri.tuel on perçoiL distinctement dans le son la variété et le mélange de." affections, Je demandai de loiD ee que c'élait i eL 00 me dit: Il Un m6lSsager e~t arrivé du lieu où. apparaissent d'abord les nouveaux venus du IloIlde Chrétien, disaDt que là il a,'ail appris de Trois nouveaux venus, que dans le
Il

r

,

RELIGION CHR~TLENNE. 231 Monde d'où ils sont arrivés, ils ont cru avec tous les autres, que ceux qui jouiraient du bonheur et de la félicité seraient dans un repos 'complet sans aucun travail, et que comme les administrations, les emplois et les occupati~ns sont ces travaux, il y aurait repos l l'égard de ces charges; et comme ces trois Novices viennent d'être amenés par notre Émissaire, et qu'ils sont à la porte et attendent, une clameur s'est élevée, et aprés en noir délibéré, on a décidé qu'ils seraient introduits. lion pas dans le Palladium sur le Parnasse, comme les précédents. mais dans le grand Audiloire, pOUl' y faire connattre leurs Nouvelles du Monde Cbrétien; et quelques-ulls de nous ont été députés pour les introduire avec solonnité.» Comme j'étais en esprit, et que pour les esprits les disLances sone selon les états de leurs affections; et comme alors j'avais l'affection de les voir et de les entendre, je me vis là présent, eL je les vis introduire et les entendis parler, Les plus Anciens ou les plus Sases s'assirent dans l'Auditoire sur les côlés, et tous les autres étaient III milieu; et devant ceux· ci il y avait une estrade : c'est là que les trois nouveaux venns a\'ec le messa1er, accompagnés solennellemeut par les plus jeulles, furent conduits ltravers le milieu de l'Auditoire i et quand on eut fait silence, ils furent salués par un des plus Anciens, et il leur demanda: u Qu'y A'T-IL DE NOUVEAU DE LA. TERRE? • Et ils dirent: «11 y a he!lucoup de Nouvelles, mais dis, je te prie, iiur quel sujet.• Et l'Ancien répondit: «Qu'y A.-T-IL De NOUVEAU DR LA. TERRE AU SUJET DE reOTItE 1I0NDE ET DU CIEL? Et ils répon-dirent: • En arrivant tout récemmeut dans ce Alonde, nous avons appris qu'ici el daus le ciel il y a des Administrations, des Char«es. des Fonctions. des Commerces, des Études de sciences, el -des Occupations admirables; et cependant nous aviolls cru qu'après notre émigration ou translation du Monde natul'el dans ee Monde spirituel, nous viendrions da us un repos éternel sans aucun travail; or, que sonlles fonctions sinon des lra\'lUl! • Alors l'Aneien leur dit: • Est-ce que par un repos élernef sans aucun travail vous avez f'ntendu une éternelle oish'eté, dans laquelle vous 'Seriez colltinuellement assis e~ couchés. aspirant les délices par la poitrine, et bumant les joies par la bouche! • A ce~ mots. les trois 'Nouveaux venus souriant légèrement dirent qu'ils s'étaient figuré

LA VRAIE quelque chose de semblable; et alors 011 leur fit cette réponse: a Qu'est-ce que les joies et les délices, et par suite la félicité, ont de coinmun a,-ec l'oisiveté! Par l'oisiveté le mental s'affaisse et ne s'étend point, ou bien l'homme tombe dans un état de mort et D'est point vivifié i qu'on sUPl'0se quelqu'un assis dans une oisiveté complète, les bras croisés, les yeux baiss~s ou élev6s, et qu'on suppose qu'il soit en même temps entouré d'une atmosphère d'allégresse, un assoupissement profond ne s'emparerait-il pas et de sa tête et de son corps, l'expansion vitale de la face ne s'éteindrait-elle pas, eL enfin les fibres se rel4chant ne chancellerait-il pas de plus en plus, jusqu'à ce qu'il tomb:ll par terre! Qu'est-ce qui lient dans l'expansion et danll la tension le systbme de tout le corps, si ce n'cst la contention de l'esprit (animz) ? Ét d'où vient la contention de l'e.'Spl'it, si cc n'est des choses il administrer et des occupations, quand on s'y livre avec plaisir! C'est pourquoi jet YOUS apprendrai une Nouvelle du Ciel, c'est que là il Ya des administrations, des ministèl'p's,- des tribunaux ;rands et peli/s, ct aussi des métiers et des occupations.» QU;lDd les trois nOUfeaux venus apprirent que dans le Ciel il y avait des Tribun:1U1. grands et petits, ils dirent: Il Pourquoi ces tribunaux! Est-ce quc tOIlS dans le Ciel ne sont Jla~ il/l'l'irés et conduits par Dieu, et par suite ne savent pas ce que c'est que le juste et le droit? Qu'est-il alors besoin de juges! D Et le Sage ancien répondit: CI Dans ce Monde, l'on nous enseisne et nOlis apprenons ce que' c'est que le bien elle vrai, et aussi ce (Ille c'est que le juste ~t l'équitable, comme dans ]e 'Monde naturel, et nous l'apprenons non pas illunmédiatement de Dieu, mais médiatement par les autres; et lout Ange, de m~me que tout homme, pense Je vrai et fait 10 bien comme par luimême; et cela est, selon l'élat de l'Ange, mélangé et non l'as pur; et parmi les Ange~ il y a aus~i des simples et des sages, et les sages doivent juger, lorsque les simples par simplicité et par ignonnce sont dans le doute sur le juste ou s'en éloignent. Uais VOUII, puisque vous êtes récemment arrivés dans ce Monde, suivez-Dloi dans notre ville, si cela VOliS est agréable, et nous vous montrerons tout. " Et ils sortirent de l'Auditoire, et quelques-uns des anciens Sages les accompagnèrent aussi; et d'abord ils l'ntrèrent dans une vaSle Bibliothèque qui était, sel~n les sciences, divisée en
252

r

233 RELIGION CHRÉTIENNE. Bibliothèques plus petites: les trois nouveaus: venus, en voyant tant de livres, furent très .. étonnés, el dirent: «II y a aussi des Livres dans ce Monde 1 011 prend-on le parchemin et le papier! d'où tireZ-VOlis les plumes et l'encre YIl Les Anciens leur répondirent: Il Nous percevons que vous a,'ez cru, dans le Monde d'où vous venez, que ce IIonde-ci est vide, parce qu'il est spirituel; el si lOUS avez cru cela, c'est parce que \·ous avez entretenu au sujet du spirituel une idée abstraite du matériel; et ce qui est abstrait du matériel vous a &emblé comme rien, ainsi comme vide; . et cependant ici est la plénitude de toutes choses j ici toutes les ehoses sont SUBSTANTIELLES et non ma térielles, et les choses matérielles lirent leur origine des substantielles; nous qui sommes ici, nous sommes hommes spirituels, parce que nous sommes substantiels et non matériels; de là. vient qu'ici il y a dans leur perfection toules les choses qui sont dans le Monde naturel, même des livres et des écritures, et beaucoup d'autres cboses encore. » Qunad les trois nouveau venus entendirent parler de choses SUBSTA.NTIELLES, ils pensèrent que cela devait être ainsi, tant parce qu'ils avaient vu les Livres écrits, que parce qu'ils avaient entendu celle senlence, qlJe les malières vit'nnent originairement des sU))Slances. Afin qu'ils fussent encore confirmés dans ces vérités, ils furent conduits dans les Demeures des écrivains qui copiaient des exemplaires d'ouvrages composés par les sages de la ville, et ils examinèrent les écritures, et ils furent étonnés de les voir si netles et si brillantes. Ensuite ils furent conduits dans les Musées, Gymnases et Colléges, et dans les lieux où se tenaient leurs Jeus: littéraires, dont quelques-uns étaient nommés jeux des lIéliconides; d'autres, jeux. des Paroassides; d'autres, jeux dlHl Athénéides ; et d'autres, jeux. des Vierses de la fontaine; on leur dit que ceux-ci sont ainsi appelés, parce que les Vierges sipifient les affections des sciences, et que chacun a de l'intelligence selon l'affection des sciences; les Jeux ainsi nommés étaient des exercices et des luttes spirituels. Ensuite ils furent conduits dans la ville chez les Gouverneurs, les Adminisll'ateuJ'S et leurs. Officiers, et par ceux-ci auprès des ouvraies merveilleux qui sont eléculés d'une manière spirituelle par des artistes. Après qu'ils eurent toul vu, le Sage ancien s'entretint de nouveau avec eux.

LA VRAIE sur le Repos éterntll de tr,naux, dans lequel viennent ceux qui jouissent de la béatitude et de la félici1é après la mort, et il leur dit: u Le Repos élernel n'esl point l'oisiveté, paree q1le de l'oisiveté résultent pour le menlal, ct par suite pour tOllt le corps, la langueur, l'engourdis.'1ement, la stupeur et l'assoupissemellt. el c'est là la mort et non la vie, et encore moins la vie éternelle, dans laquelle sont les Anses du Ciel; c'est pourquoi le Repos éternel est un repos qui chasse ces inconvénionts et fait que l'homme vit; et cc n'est autre chose que ce qui élève le mental; c'est donc une étude et un ouvrage d'aprl's lesquels le mental est excité, vivifié ei réjoui; etl.'ela fe rait selon l'usage d'après lequel, dans lequel et pOlir lequel on opère; de là vient que tout le Ciel est regardé par 10 Seigneur (OlUnle le contenant des usages i.t chaque Ange est Ango selon l'usage qu'il faiL; le plaisir de l'usage le pousse comme un courant fa"orablo entralne un navire, eL fait qu'il est dans une paix éLtrnelle. et dans le repos de la paix; c'est ainsi q,,'e~t cnldnlili la repos élcr'lel de travaux. Oue l'Ange soit vivifié selon l'étude du mental d'après l'usaga, cela est bien évident en cc qlle cllaqne Anse a l'Amour conjugal avec sa force, sa puissance cl ses délices, selon I"étude de l'usage réel dans lequel il est. D Après que ces trois nouveaux venus eurenl été confirmés que le repos éternel est, non pas l'oisi\"eté. mais le plaisir de. raire quelque chose qui soit pour l'usage. quelques Vierges vinrent avec de la broderie et du filet, ouvrages de leurs mains, et enes leur en firent présent i eL quand ces esprits novices se retirèrent. . les Vierses chantèrent une ode, par laquelle elles exprimaient avec une mélodie angélique l'affection des œuvres de l'usage avec ses charmes. 692S. OUATRIEME lIËlIORAULB. Aujourd'hui, la plupart de ceux qui croient à la vie après la mort, croient aussi que dans le Ciel leurs Pensées ne seront que des pensées de Dévotion. . lellrs Paroles que des Prières. et que les unes elles autres avec l'expression de )a race et les actes du corps ne seront que des Glorifications de Dieu, qu'ainsi leurs Maisons serolt autant de liaisons de culte ou de Chapelles sacrées. et que par conséquent .I0us deviendront Prêtres de Dieu. Mais je peux affirmer que lA les choses saintes de l't,Use n'occupent pas plus les Men lais et les Maisons que

1

r

RELIGION CHIŒTIENNE • dans le Monde où Dieu est célébré par un culLe, quoique là le cu Ile soit plus pur ct plus intérieur, mais que les diverses choses qui concernent la Prudence civile, et celles qui concernent l'Érudilion rationnelle, y bont dans leur excellenee. Un jour, je fus éle\ é au Ciel, et conduit dans une Société où il y avait des Sages qui, dans les Siècles anCiens, a\'aient excellé cn érudition d'après lenrs veilles et leurs méditations sur les clloses qui concern:J.ieul la raiIIQn et en même temps l'usage, et qni étaient maintenant dans Je Ciel, parce qu'ils uaient cru en Dieu et que maintenant ils croient au Seh;neur, et parce qu'ils avaient aimé le prochain comme eux-mèrues; et ensuite je fus introduit dans laur .t\ssembJée, et là on me demanda d'où j'étais; et je leur déclu:J.i que de Corps j'étais dans le Monde naturel, et par 1'~~;I!'H dans leur Monde spiriluel ; en appl'enant cela, CtlS Anges fureut ,::'ns la joie, et ils IDe dirent: u Dans le Monde où lu es CIe corlw, que sait-on de l'I:m.n, el qu'entend-on par là! Il Et alors, apres a\'oir rassemblé ce que j'C.l a\'ais puisé CI:ms les discours et les ~crHs des luleurs célèbres, je répondis qu'on ne connait encore aucnn InOux du }Zondo spiriwel dans le Monde naturel, mais qU'Oil parle de l'Jnl1ux de la Nalure dans los choses provenant de I:t nature, p:lr exemple, lle l'InfluI de la Chaleur et de la Lumière du Soleil dans les Corps animés, comlDe aussi dans les Arbres et les arbrisseaux, d'où provient la vivification des uns et des :lutres, et réciproquement de l'Influx du froid dans ces mêmcs êtres d'où provient leur état de Dlorl; el, oulre cela, de l'In~ux de ]a lumière dans les Jeux, d'où résulle la vue; de l'Influx du son dans les oreilles, d'où résulte l'ouie i de l'Influx de l'odeur dans les Darines, d'où rt~~uIte l'odorat, el ainsi du reste. De plus, les Erudits de ce siècle l'3isonnent de diverses manières sur l'Influx de l'Ame dans le Corps et dn Corps dans l'Ame, el sont divisés sur ce s\lj~t en Irois parties, à savoir: S'il ya un Influx de l'Ame dans le Corps. inftux qu'ils Dommcnt Occasionnel, d'après l'occasion des incidenls sur les sens du corps; ou, s'il y a un Influx du Corps dans l'Ame, influx qu'ils nomment Physique, parce les objets fr3ppén t les Sens e~ par les sens l'Ame; ou, s'il y a un Influx simultané et instantané dans le Corps et en même temps dans l'Ame, influl qu'ils appellent Harmonie préétablie; toutefois, chacun

.

1
!1S6 LA VRAIE pense de son Influx qu'il existe au dedans de la NaLure j quelquesuns croient que l'Ame est une particule ou goulLe d'Éther i d'autres, que c'est un globule ou une parcelle de Chaleur et de Lumière; d'autres, que c'est une sorte d'être (ens) se tenant caché dans le cerveau; cependant, quel que soit ce qui pour eux est l'Ame, ils rappellent spirituel, mais par le spirituel ils enlendent un naturel plus pur" car ils ne savent rien du Monde lIpiriLuel, ni de l'InOux de ce Monde dans le Monde naLurel" aussi reslent-ils au dedans de la sphère de la NaLure; eL, placés dans celle sphère, ils montent et descendent, el ils s'61èvent en elle comme les aiSles dans l'air; et ceul qui resLent dans la Nature sonL comme les indigènes d'une lie, au milieu de la mer, qui ne savent" pas qu'il exilite d'autres contrées au-delà de leur lIe ; ils sont aussi comme les poissons d'un fleuve, qui ne savent pas qu'au-dessus de leurs eaUI il y a de l'air; C'8lIi pour cela que, dès que l'on dit qu'outre leur Monde il existe un monde qui en est distinot, où babitentles Anies et les Esprits, et d'où provient tout Influx dans les hommes, et aussi UR Influl intérieur dans les arhre.~, ils resLent touL surpris, comme ,'ils entendaient raconter des apparitions de spectres, ou des sorneUes d'Astrologues. Exceplé les Philosophes, les hommes d'aujourd'hui sur le Globe, où je suis de corps, ne pensent el ne parlent d'aucun autre inftux que de l'Influx du vin dans les verres, de l'In6.uI des aliments et des boissons dans le ventre, et du ,00t dans la lansue" et peut-être aussi de l'In OUI de l'air dans le poumon, ct ainsi do resl.e; mais si ceux·ci enLeodent dire quelque chose de l'Inllul du Moode spiri tuel dans le Monde spirituel naturel, il disent: • Qu'il influe, s'il inDue i l quoi sert-il de savoir cela 7 et quel profit en relire-t-on 7 D Et ils s'en vont; et plus lard quand ils parlens de ce qu'ils ont entendu dire de cetlnOul, ils s'en amusent. comme quelques personnes s'amusent avec des galets entre les doigts. Ensuitc j'eus avec ces Anges un entretien sur les Meneilles qui doivent leur elistence l l'lnOul du Monde spirituel dans le Monde naturel; par exemple, sur celles des chenilles quand elles deviennent papillons, puis sur celles des alJeilles et des iuêpes: et sur les merveilles des vers l soie, et aussi sur celles des araignées. et sur ce que les habiLaols de la lerre les aLlribuent li la lumière

»
RELIGION CHRETIENNE. 257 et ,il la chaleur du soleil, et ainsi il la Nature; et, ce qui m'a souvent surpris" par ces merveilles ils se confirment pour la Nature, et par les confirmations pour la Nature, ils introduisent dans leurs mentais le sommeil et la mort, et deviennent Athées. Ensuite, je parlai des merveilles des vésétaux, en ce «lu'elles se suivent toutes dans un ·ordre résulier depuis la semence jusqu'A de nouvelles semences" absolument comme si la terre savait ajuster et accommodQr ses éléments au prolifique de la semence, en faire sortir le Berme, le dilater en tise, tirer de la tiie des branches, les revêtir de reuilles, les orner ensuite de Oeurs, et des in~érieurs des Oeurs faire sortir et produire des fruits, et par ceux-ci des &ewences comme postérité, afin que le vésétal renaisse: mais comme ces .:hoses, par un continuel aspect et par un perpétuel retour, sont devenues familières, ordinaires et communes, ils les resardent non pas comme des merveilles, mais comme de purs effets de la nature; et ils en jugent ainsi par la seule raison qu'ils ignorent qu'il y a un Monde spirituel, et que ce Monde par l'intérieur opère et actionne toutes et chacune des choses qui ex.istent et sont formées dans le Monde de la nature, et sur la Terre naturelle, et a,it de même que le Mental humain dans les Sens et les Mouvements du Corps, et que toutes les choses de la nature sont comme des tuniques, des ,aines et des chemises qui enveloppent des choses spirituelles et produisent le plus près les effets correspondants il Ja fin que s'est proposée le Dieo Créateur. 696. CINQUlDI MtIlORABLE. Un jour, je suppliai Je Seisneur qu'il me fût donné de parler avec des Disciples d'ARISTOTE, et en même temps avec des Disciples de DESCA.RTES et des Disciple. de LIIBNITZ, dans le but de puiser les opinions de leur mental sur le Commerce de l'Ame et du Corps: aprèl' ma suPplication, il se présenta neuf Hommes, trois Aristotéliciens, trois Cartésiens et trois Leibnitziens" et ils se tinrent autour de moi, ABauche les adorateurs d'Aristote, à droiLe les sectateurs de Descartes, et derrière eux les fauteurs de Leibnitz; au loin Aune certaine distance, et séparés par des intervalles, je vis trois hommes qui sem~laienL eouronnés de laurier, et d'après une perception qui inOuait du Ciel je reconnus que c'étaient res Chefs ou les MaUres eux-mêmes; derrière Leibnitz étalt quelqu'un qui tenait lIa main le pan de son
~

U

.....
LA. VRAIE habit, et il me fut diL que c'était Wolf. Ces neuCUommes se regardant mutuellement se saluèrent d'abord d'un tOD poli, et se mirent ~ convp.rser. Mais bienLllt après il s'éleva des Enrers un Esprit avec une petite torcbe dans la main droite, el ill'aiita devant leurs faces; dès lors ils devinrent ennemis trois contre trois, et se re~ardaient d'un air menaçant i en effet, la fureur de contredire et de disputer s'était emparée d'eux; et alors les Aristotéliciens, qui étaient aussi Scbolastiques, commencèrent en di!lant: cc Qui ne voit point que les objets intluent par les sens dans l'Ame, de la même manière qu'un homme entre par la porle dans la chambre,' et que l'Ame pense selon l'InRux! Quand un Amant voit sa jeune Amante ou sa Fiancée, son œil n'étincelle-t-il pas, et ne porte-t-il pas son amour a. l'Ame' Quand nn A"are voit des bourses pleines d'arsent, ses Sens ne s'entlammenL-ils pas, et par suite ne portent-ils pas celte flamme dans l'Ame, et n'y exoitentils pas un ardent dé/lir de les posséder! Quand uo Orgueilleux s'entend louer par quelqu'u.l, n'écoute-Looil pas altenliveme!1I, et ses oreilles ne portent-elles pas ces louanges à l'Ame! I.es ~ens du corps oe sont-ils pas comme d'es vestibules par lesquels sc riiit . uniquement l'entrée vers l'lme Y qui peut, d'après cela et mille. autres exemples semblables, ne pas conclure que l'Influx vient ~d la nature ou ~t physique YD Les Sectateurs de Descar.t8S, qui tenaient leurs doillS au-dessous du front, et qui alors 1 retirèrent, .. répondirent à ces arguments, en disant: • Hélas 1vous parlez d'après les app'arences; ne. sivez-vous pas que ce n'est pas de soimême, mais d'apr~~ r Am:e, que l'œil aime la jeune Ama~to ~u l, Fiancée! Que ,ce D'esl pa~ nOD plus ~'el1x-lDêmes, mais d'a~rè$ rAme" que les Sens du corps désirenl ardemment les bourses ple1nes d'arlent! Què de mêm~ l~ oreilles ne saisiSsent pas ·non. plus autrement les louan,es diS D!lll~urs! N'est-ce pas la percep:- . tiop qui fait '~ntir, et la perception ','~ppartienl-elle pas l,l'Am~ et non l rorgane!. D~t~, si ,o.us.l~ P9u,~z, est-.il autre chose. qu~ la pensé~, qui f~sse _ parler la lansqe elles lèvres? et ~ulr~ chose ,.. qu~ la yol!)Dt6 qui r~Ss~'~gii" lès.~liDs! o~,.la pen~ée ~t la voI'oll.~6. o'appartiennent-elIês' :ea~ i l'Am.~! . par cODséq~~~t,' ,est-:il ~ut~ . eh!)se que rAPle'.!lulfassé q~~ l'~il 'qi" qut! J~ 0~ei.11es ~~~.,~~,i1~, eL que tous les aut".org~Ii~,ileil~D'1 sont ~lt~~iCs ~~ se to~~~eD~. c • • ri.
238
l

.

'II

•••

..

~

.'

1.

'.

l '

.,

l

l'

1

RELIGION CHRÉTIENNE. !59 vers les objets T D'apr~s ces arguments et mille autres semblables, quiconque s'élève par Il sagesse au-dessus des sensuels do eorps conclnt. qu'i.l n'y a pas un Influx. du corps dans l'a.ane, mais qu'il y a un Influl de l'AIDe dans le corps, influl que nous nommons, nous, occasionnel, et aussi spirituel." Les troi~ Bommes qui se tenaient derrière. les triades précédente", et qui «haient des (auteu·rs de Leibnitz, ayant entendu ces paroles, élévèrent la voix, en.disant: "Nous avons entendu les argumonts présentés de part et d'autre, et nous les avons comparés, et nous avons perçu qu'eo plur-ieurs points les seconds prévalent sur les premier:!, et qu'en plusieurs ('oints les premiers prévalent sur les seconds; si donc ' vous le permellez, nous allons vous mettre d'accord •• Interrogés comment, ils répolldirent: • II n'y a ni Influx de l'Arue dans le Corps, ni Influi du Corps dans l'Ame, mail il ya une opération unanime et instantanée de l'un it de l'autre ensemble, opération que nOlre célèbre Auteur a signalée par un beau Dom, en l'appelant Harmonie préétablie. D Aprèl cetle discussion, le méme El!prit apparut de nouveau llYec sa petite torcbe l la main, mais il l'a,ait IIi0rs dans la main gaucbe, et il l'agi la derrière leur occiput; )JIr suite les idées de tous devinrent confuses, et ils s'écrièrent ensemble: • De quel parti nous rangerons-nous T notre Ame, ni Ilotre corps, ne le sait; tranchons donc ia question par le Sort, et DOUS adhèrerons au Sort qui sortira le premier •• Et ils prirent· trois petits billets', et écririrent sur l'un INFLCI PHYSIQUE, sur l'autre INF~[jX SPIRITUEL, et sur je troisième HAnMoNIB PRitl'1JlLIE; et ils les mil'6Dt tous trois au (ond d'un bonnet i el ils cboisirenll'un d'entre aUI pour tirer; et celui-ci Iyant plongé la m!lin lira le billet sur lequel" avait 6t6 éeritllnU1 SPIRITUEL: ce billet ayllit été vu el lu, touil dl,ren1, lei uns·cependant d'uo ·soo cltir et eoulant, les. antr.es d'Ilo IOD obscur et contncté: • Adhérons l I"InQul spirituel, ,puisqu·i1 est sDrti le premier. " Mail aussitôt gd ADC' le présenta et dit: Il Ne croyëz pas que le bill~1 pour 1'11-' rua SPIRITUEL lOi' sorti par hasard, mais c'est parce qu'il:y a, '''·'Poun"; YOUS, ln d'el, parce quë yous. êtes dans d.s idéea coof'uies, YOUS De "~yez pu la Yé,riL6 de ,cil Int1D~ mais la Vérité' l'ut· présentée elle-même :à la main~ el cela, afin que vouS' '1 adhêr.iez; ..

..
LA. VRAIE .697. S111tMI MÉMORABLI. Cn jour, non loin de moi; je \lis un: lIétéore; je vis une nde divisée en petits nuages, dont quelque&- l uns étaient bleus, et d'autres sombres; et je les vis COIDmeiSe. heurtant les uns contre les autr81 i l travers ces nuages brillaieiil~ disposés en stries~ -des rayons: qui. paraissaient, tantOt. poÎnttîs comme des épées, .ta~tô~ émoussés comme des épées brisées; ces stries ·tantOt s'élan.çaient en avant, tantOt se relfliaient sur éllesmêmes, allsolument COlDme des athlète!!; aiosi ces petits nuages de 4iverses couleurs paraissaient comballr~ les uns contre ies '!lUt~, mais c'était· un ~~. Et comme ce Météore se présentait non ,loin de moi, je leVlli les .yeuI, et je. regardai atlenth'emeDt, et je vis ~enfants, des jeun_ lens et des vieillards entrer dans· une Maison qui était construile· en marb"re,. et dont les fondements étaient de porphyre; ce phénomène étaient au·dessus de cette liai· son ; el alors m'adressant • l'un de ceUl qui entraient, je lui demandai ce qu'il y avait là j et il me répondit: • Il Ya un Gymna.5e. où les je~I!~p'nj sont i_n!!lés dans ~ ~iverses cboses '{!Ii con- i 1cerDeot la sagesse. D Ayant entendu cette réponse, j'eotrai avec eUI; j'étais en esprit, c'est-à-dire, dans un état semblable .. caJut où sont les hommes du Monde Spirituel~ qoi soot appelés Esprit!\ 1 Anges; et ,oici, daos ce Gymnase, je ,is sur le devant une .. et Chaire j au milieu, des bancs·; sur les cOtés tout autour, des siéees; . et ay-ftessus de l'entrée.. un Or~bestre: (il Chaire, était. pour les jeunes geDsqlii devaient ceueToiS répondre sur un Problème qui' allait être proposé @. ~~C!)'taient pour.les auditeurs ~6Ke~ . sur les côtés our ceux qui avaient" précédemment répondu avec sagesse, et Orchest.r~. pour les Anciens qui devaient être arbitr. : et juges; au miliëü de l'Orc~estr.e il J avait u~e Trib1!~ où ~i' . assis un Sage" qu'on _app~~!!l_ le_.Qr.!lnd-M~tre,. qui proposait les . problèmes sur lèsquels de la' Chaire devaient répondre les jeunes . lens ; et après que tous furent assemblés, l'H~miDe de' ~ll.-!1j~!.D8 . se levILe!jil: «Répondez maintenant, je vous prie, sur ce Pro- . blème, et résolvez-le si vous pouvez: QO'EST.:CB Qum L'AME, 'ET .. QOELLE EN EST LA. QUALITÉ y. A cette proposition, tous furent très··étonnés, el il .y eut ·ehuchollement, et quelques-uns ~ASSëiiiliTêei. parmi ceux qui étaient sur les bancs, s'écrièrent: «Qui èl'enlre les hommes, depuis le siècle de Saturne jusqu'au nOlre, a

260

'l

~

......

. RELIGION CHRÉTIENNE. 26l ,pu par une p.ensée de la raison voir et concevoir ce que c'est que : l'Ame, et qui plus est, quelle cn est la qualité? Cela n'est-il. p'u ·a_u-d~sus de I~phère de l'entendement de tous y. Mais à cette exclamation en réponditcre.:: l'àrèliestr~: • Cela est non pas audessus de l'Entendement, mais dans l'Entendement el devant lui. répondez maintenant.. Et les jeunes gens, choisis ce jour-là 'pojlr mon 1er ~an.!- !.a~laire ~t ré~o!.ldre sur le Pr~È.!!me, se levèrent; .ils étaient cinq, qui avaient été ·examinés par les Anciens et trou1vés pourvus de sagacité, et ils étaient alors anis sur des)ils aUI: côtés de~hairè,,; eux donc monLèrent ·ensuite dans l'ordre selon lequel ils 'laient assis. et ch!c!1n~'!tl:l.!LJlual"!d i1}nol!~!t, s~re/ ( vêtait d'une tunique de sole coureur ~pale, sur laquelle il mettait " f une. robe de fine laine brodée 8n tleurs, et ~ur sa tête U..D._bgnll.!'t au sommet ~u quel était un bouquet de roses entouré de petits saphirs. Et je vis monter ainsi vêtu le Premier, qui dit: • Depuis le _r4 jour de la Création il n'a été r~vélé A personne ce que c'est que l'Ame, ni quelle en est la qualité, o'est là un arcane dans les trésors d8 Dieu leul ; toutefois, ce qui a élé découvert, ~'est que l'Ame réside dans l'homme comme .une Reine; mais où est la cour de cette reine? des Erudits ont donné sur ce sujet leurs inspiralions; quelques-nns ont conjecturé que o'est· dans ,un petit tubercule entre le Cerveau et le Cervelet, qu'on nomme Glande pinéale; ils se sont figuré le siége de l'Ame dana celle glande, par la raisoB que l'homme tout entiér est lOPvQJllé d'après cesjeUlL Cerveaox et que o'est oe tubercule ((lIi les dispose; ce qui dispose l son gré ~es cerveaux. dis~ose~Do au~ l'bomme tout entier de la tête aUI pieds •• Et·!1 aJoQta-.:. Il Cela par oonséquent a semblé vrai ou vraisemblable à 'plusieurs "dans le Monde, mais a élé, u~~i~~le nrès, rejelé co~me une fiction .• Quand il eut ainsi parlé, il ôta la robe, la tunique et le. bonnet, dont se revêtit le Second del_ r... jeunes gens choisis. et celui-ci entra dans la chaire; son sentiment sur l'Ar· e fut que. dans t" Ciel entier et dans le Monde enJier .00 ignore ce que c'~t que l'Ame, ët quelle en esl la qualité• . On sait que l'~me eliste" et qu'elle est dan~ r~C)J!lme ; mais où? ,on cnrcbe .. le deviner; ce qu'il y a de certain, c'est quelle est dans la Tête, puisque là l'Entendeillent pense, eUa Volonté a l'in&enlion, et que sur le? devant, dans la faoe de la Têle. il y a les Or-

· l

1

L

262
iUI

LA VRAIE

(anes des' cinq sens de l'homme; rien ne donne Ja ,\'ie aux uns et ,alltres, sinon "1' Ame qui réside intérieurement da!l.!.J!.Jète; mais oh y lienl-elle sa Cour? je n'oserais le dire; cependant j'ni penché tantôl pour ceUI qui lui oal assigné son sié(e dans !es trois Ventricules du, Cerveau, lanlôt pour ceux qui l'ont placé Ut dans les Corps slriés. tantôt pOlir ceux: qui l'ont placé dan~ la Sl!bstance médull;aire de l'un et l'autre Cerveau, tantôt pour ceux qui l'ont placé dans la Substance codicale, lantôt pour ceux qui l'ont plaCê dans la "Dur.e-Mère ; car le~ sllfl'rage~ résullant d~s confirmations pour chacun de ces si~ies, n'onl pas manqué, Pour les trois ~ Ventricules du Cer\'eau, les suft'rases pro\'enaient de ce lu~s ventricules sOlltJes réceplacles des esprits animaux e~~e tOlltc~ les lymphes dl! Cerveau: pour les Corps strié.<;. les sllffrages pro\'enaient ~ ... de ce que ces corps font la Iloelle par laque!le s9J1ent les..!!errs. et la Moelle par laquelle l'un et l'autre Cerveau se prolonge dans rÉpine, et que de l'une et de l'autre émanent les fibres dont tout le co."s a été tissu: pour la Substance médullaire de l'un el l'autre - 1 Cerveau, les suO'rages provenaient de ce qu'olle est la réunion el l'assemblage de toutes les fibrea.. qui sont les commencements de tout l'homme: Jlour' la Substance corticale, les sulfrases proye- - 1, naient de ce que l~ SOllt les fins premières eL dernières, et par suite les principes dIS toutes Ids filJres, et par conséquent des sens el des mouvements: pour la Dure·Mère, les suft'rages provenaient de ce qu'elle est le tégument cOQimu~.de l'un et de l'autre Cerveau. et que de Il par une cerlâine- continuité elle s'étend sur le cœur el sur les viscères du corps. Quant l moi, je ne me décide pas plus pour l'un que pour l'autre de ces siéges i vous, je vous prie, examinez, et choisissez celui qui est préférable. D Après qu'il eut , aînsi parlé. il descendit de la Chaire, et il donna la tunique. la rob& - elle bOllnet au Troisième; qui, montant dans la Chaire, s'exprima en ces lermes: • Que puis-je, moi jeune homme, en présence d'un "lb"éorême si sublime! j'en appelle lUI Él'udils qui siégent ici SUl" . ies cOtés; j'en appelle A vous, Sages, qui êtes dans l'orchestre; et inêine j'èn appelle. aux Anges du Ciel suprê!De; est-il quelqu'un qui, d'après 111 lumière ralionnlSlle, puisse se former une idée de ( l'Ame? Quant au siége de l'Allie dans l'homme. je puis, moi, . comme d'aulres, tirer des conjectures;" el fe conjecture qu'il est

®--

0-

263 ~aDs le Cœur. et par suite dans le Sang; ma conjecture est basée sur ce que le cœur par son sang gouverne et le Corps et la Tête, car il envoie dans tout le Corps une grande artère appeléeAorte, et dans toute la Tête des artères appelées Carotides i de là il est généralement admis que l'Ame d'apr.ès le cœur soutient• • nourrit, vivifie par le sang tout le système organique et du Corps. et de la Tête i • l'appui de celle assertion ajoutez que dans l'Écrilure-Sainte il est très-souvent dit l'Ame elle Cœur, par exemple, qu'il faut aimer Dleu de toute Am~ et c!!..t~uLÇ~ur ; et q.ue Dieu crée en l'homme une Ame nouvelle et un Cœur nou~eau, - Deutér. VI. IS. X. n. XI. t3. XX.VI. t6. lérém. XXXII. 4t. Mallh. XXII. 37. Marc, XII. 30. 33. r~uc, X. !7, et ailleurs i - et il esL dit ouvertement que .1.~L~ang est l'Ame de la cJ!air. - Lévil. xviI.. 1.1.. t 4. - • Quelques-uns, après avoir entendu cés citations, élevè- ) renL la voix en disant: • Bien! bien 1 • c'élaient des prêtres. Ensuite le Quatrième, ayant pris les vêtements de celui-ci, et étant entré dans la Chaire. dit: a Je soupçonne aussi, moi, qu'il n'y a per!lonno d'un génie si subtil et si pénétrant. qu'il puisse découvriJ.." ce que c'est que l'Ame, et quelle en est la qualité i c'est pourquoi je pense que chez celui qui veut la scruter la subtilité ne sert. rien; mais néanmoins depuis mon enfance je suis resté dans la foi du 'sentiment, dans leguel étaient les Anciens, que l'Ame de 1'hoDuoe ~l't dans le lout et dans cbaque partie de l'homme. et a"inl'i tant dans la Tête et dans chacune de ses parties que dans le Corps et dans chacune de ses parties. et que Qest unes invention frivole de la part des Modernes d'assigner à l'Ame un siége en { quelque endroit et non partout i de plus, l'Ame est lIne sub!~~nce ~u.eJle ~ laquelle s'applique non pas l'extension ni le ~ieu, mais l'JlabUation etl'implélion i et même qui est-ce qui ne eom.prend la vie. quand il nomme l'Ame ? la vie n'est-elle pas ~!D~Je ~t et dans chaque partie!. Ce sentiment fut approuvé par un Brand nombre dans l'Auditoire. Après celui-ci le Cinquième· se leva, et décoré des mêmes insiines il prononça de la Chaire ces paroles: • Je ne m'arrête pas à dire où est l' Ame, SI elle est dilns quelque partie, ou si elle est de lout côté dans. le tout; mais d'apres ce que je lrouve en moi je découvrirai mon sentiment sur cetle proposition: Ou 'est-ce que PAme et quelle en ·est la qualité?

RELIGION CHIŒTIENNE.

C?

LA. VRAIE Quand quelqu'un pense l l'Ame, il n'y pense que comme Il quelque chose de pur, qui peut être assimilé 11'éther, ou à l'air ou au vent, dans lequel il yale vital d'aprb la..!'!li,!)nalité que l'homme possède de plus que les bêtes: j'ai fondé cette opinion sur ce qu'on dit de l'homme, qu"and il elpire, qu'il rend le souffle ou qu'il rend l'Ame ou l'esprit; de Ihussi l'on croit que l'Ame qui ViL après la mort est un tel souffle, dans lequel il y a une Tie cogitative qu'on appelle Ame; quelle autre cbose l'Ame peut-elle être! Mais comme j'ai entendu dire de l'Orchestre que le problème concernant l'Ame, ce qu'elle est, et quelle en est la quali lé, n'est pas au-dessus de l'entendement, mais qu'il esf dans l'entendement et devant lui, je vous prie et vous suppJje de dévoiler vous-mêmes cet él~rnel Ar-- cane. JI Et les Anciens dans l'Orchestre portèrent leurs regards· ~r le Grand-Maitre qui Ivait proposé ce_pro~lême, et qui comprit par leurs signes qU'lis désiraient qu'il descendit et instruisit l'Assemblée; et aussitôt il descendit. de la Tribune, traversa l'Auditoire et monta dans la Chaire i et là, étendant la main, il dit: • Écoutez, je vous prie; qui est-ée qui ne croit pas que l'Ame est l'!ntime et_très-subtile E~ence de I.'homme! Mais une Essence sans Forme, qu'est-ce autre chose qu'un être de raiso'o! l'Ame est donc IIne Forme; mais quelle forme; c'est ce que je vais dire: C'est la , forme ~e ioutes l~s choses qui appartiennent à l'amour et de toutes f cenes qui appartiennent l la. sag~!se ; toutes celles qui appartienllent à l'amour sont appelées affections, et toutes celles qui appartiennent à la sagesse sont a"Pjrelées perceptions; les perceptions proviennent das affections, et ainsi font avec elles un~ seu~e formo, d~.ns J~qt.1e!l.e des choses in~ombrables sont dans un t~1 ordre.a u.ne lelle série et une telle cohérence, qu'eJJ~__p~uven t êtreJ!0mméesJn; et elles peuvent être nommées un, parce que néo n'en peut être retranché, ni rien ne peut y être ajouté, afin qu'elle soit telle; qu'est-ce que l'Ame humaine, sinon une telle forme r Toules les choses qui appart_ennent à 1~~J!lQg"r ~t. toul~ celles qui appartiennent 1 la Sagesse ne sont-elles pas les essentiels de celle forme! et ces essentiels chez l'hom me sont dans l'Ame, et ~'après l'Ame dans la Tête et dans le corps: vous, vous ~o êtes appelés Esprits et Anges, et vou~':!"ez cru _dans Je ~onde .!l~e 1./\ les Esprit et les Anges étaient comme des venls ou des éthers, eL
o

26'

\1

r

RELIGrON CHRltTIENNE. 265 ainsi des Mentais (Mmtu et Animi); et maintenant vous voyez Z Il clairement que vous êtes dritablement, réellement et en aclua'lité des hommes, qui dans le Monde avez vécu et penH dans UD corps matériel, et avez su que ~e n'est pas le _Corys ma~~riel q~i Ah ( 'lli eL~se, D!.~is _que c'es~ l!ne Substan_ce _spiritu~ll~ dans.. ce ~S, et avez appelé Ame cette Substance dont vous ne connaissiez pas la forme, et cependant vous ravez vue à présent et vous la voyez; vous tous vous êtes des Ames.· sur l'immortalité desquelles, vou"iaVëz- entend~ penSé, ditet écrit tant de choses; et eomme vo~s des formes de l'amour et d.!1J~e procédant de Dieu, voqs-..!le "pouvez._poin~ m~urk.J1.~nÙ·~lernité: l'A!De ~t A do~_la forl~e bum~!ne, de laquelle rien ne peut être retranch6. l\ et l laquelle rien ne peut êlre ajouté, et elle est la forme intiI!J8 de t~~tes les for~es dll~ps entier; et comme les for'!les 'lu~ sont , _ 1 !l au ~ehors reçoivent de la forme intime et l'essence et la forme, ~ c'est pour cela que vous, ainsi que vous apparaissez devant vousmêmes et devant nous, vous êtes des Ames; en uo mot, l'Ame est ) l'h9mme lui-même, parce qu'elle est l'homme intime; c'est pourquoi sa forme est pleinement et parfaitement la forme humaine i eependant elle n'est point la vie, Dlais ell!. est le plus p.1'.9.~he rêeep~~cle de la vie procédant de Dieu, et ainsi ·l'habitacle de Dieu .• quelques-uns disaient: II: Nous examinerons.• Moi, alors, je m'en allai à ma demeure; et voici., sur ce Gymnase, ail lieu du premier Météere, iI_apparut une Nuée blan~he sanll stries ou sans rayons combattant entre elll i celle Nuée, traversant le toit, entrl e~ éclair!..I~Lrquraill.es; et j'appris qu'ils voyaient desÉcrilures. et entre autres aussi celle-ci: • Jéhovah Dieu souffla dans le, 1 narines de f I,omme une AilE DE VIES, et fut fait f Homme en ) lbE VlVANTB." - Gen. II.7.

J

L

266

LA VRAIE

CIiAPITRE TREIZIEME
DB LA S,urcTB CtNB.

Sans la" c01&1uzissance de.' Correspondance, de, choses naturelles avec les cl,Qses spirituelles, persollne ne peut co/uzaÎtre les frUil' de fusage dè la Sainte Cène.
698. Ceci a été expliqué eo partie dans le Chapitre du BAP-

où il a été montré que sans la connaissance du Seus spirituel de la l'arole, on ne peut pas savoir ce qu'enveloPllent, ni ce. qu'üpèrent les deux Sacrements, ILBapt~!.nê' el 1~~"_Cène, "oir N°l 667 A669. Ici il est dit, sans la connaissance des CorreKpondances des choses natllrlllies avec les choses spirituelles, ce qui revient au m8ma, parce que le Sens naturel de la Parole est changé en Sen~irituel pllr les- Correspondances dans le Ciel; c'est de lA que ces deux Sens se correspondent mutuellement; celui dOliC qui oonnait les Correspondancu peul connallre le Sens spirituel. Or, ce que c'esL que les Correspondances, et quelles ell~ sonL, on Ileut le voir dans le Chapitr" sur l'ÉCRITURE SAI~TB depuis )e commencement jusqu'A la fin, el aussi dans l'ExPL1CATION DU DECALOGUB depuis le l,remier Précepte jusqu'au dernier, et particulièrement cians l'ApOCALYPSE REVELEE. 699. Quel elSt J'homme véritablement Chrétien qui De reconlIaisse pas que ces deux Sacrem~nts sont sainLs, el même qu'i1"~_ sont les choses les plus saintes du~e dan.!....~Çhrlsliani~me f mais qui est-ce qui connait où r~side leur sainteté, ou d'où elle vienl! Dans l'Institution de la Sainte Cène, d'après le sens naturel, on sait seulement que la Cbair du 'Christ est donnée Amanger, et que son Sang est donné Aboire, et qu'au lieu de la Chair
dME,

r

RELIGION CHRItTIE~NE. 261 et du Sanl c'est le Pain et le Vin; qui donc peut peoser autrement, sinon qu'elle est Sainte seulemont à cause du commandement donné par le Seigneur! c'est pourquoi ceux de l'Église qui Ivaient le plus de S3gaciti\ ont enseigné que le Sacromenl se fait quand la Parole se joint l l'Élément: mais comme celte oAsine de sa sainteté ne tomhe pas dans l'entendement, et n'appar:llt pas dans les éléments ou symboles du Sacrement, mais entre seulement dans la ménloire, c'est pour cela que quelques-uns se présentent l la Sainte Cène, d'après la confiance que par ello les péchés sont remis; d'autres, parce qu'ils croient qu'elle sanctifie; d'autres, parce qu'elle corrobore la foi, et par conséqueut fait avancer au~i le salut; mais ceux qui J pensent avee légèreté la fréquentent d'après la seule habitude contractée dè!l l;enfance ; et quelques-unos la négligent, parce qu'ils n'y voient rien de conforme 01 la raison; 'Juant aux impies, ils s'en détournent, et disent en eux-mêmes: • Ou'estoce que ce Sacrement, sinon une o Cérémonie l laquelle le Clergé R attaché la sainteté! car qu'estoce qu'il y a U, sinon du Pain et du Vin! et qu'est-co que cela, sinon une fiction que le Corps du Christ, qui a été suspendu sur la croix, et que son Sang, qui alors a été répandu, sont distribués en même temps que le Pain et le Vin l ceux qui communient! D Sans parler de plusieurs autres sUGsestions. 700. De telles idées sur ce Sacrement le plus Saint sout embras.~es a:Jjourd'hui dans tout le Christianisme, IIniquement parce qu'elles coïncident avec le sens de la leure de la Parole, et que le sens spirituel a été caché jusqu'l présent et o'a été décou\Oert que d'aujourd'hui, sens dans lequel seul le fruit de l'usage de la Sainte Cène est considéré dans sa vérité. Si ce sens a été découvert au °jourd'hui pour la première fois, c'est parce qu'auparavant il J a eu seulement Christianisme quant au nom, et chez quelques-uns quelque ombre du Christianism~; car jusqu'à présent on ne s'est pas adres.o;é et on n'a pas rendu un culte immédiatement au Sau-yeur Lui.. alême, comme Punique Dien, dans lequel oH J a la Divinoe -Trinité, mais seulement médiatement, ce qui est, nlln pas s'adresser llui ni lui rendre uo culte, mais seulement le vénérer comme °la cause pour laql!elle le salut est l l'homme, cause qut est non pas la cause essentielle, mais la cause moyenne, laquelle est au-

LA. VRAIE . dessous et en dehors de la cause ISSentielle. Mais comme mainteDant pour la première fois le Christianisme lui-même se lève, et que maintenant il est installré par 1. SeiGneur une Nouvelle Église. Qui 8st entendue dans l'Apocalypse par la Nouvelle Jérusalem. dans laquelle Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu l'Esprit Saint sont reconnus comme un, parce qu'ils sont en nne seule Personne, il a plu au Seigneur de révéler le sens spirituel de la Parole, afin que celle Éslise vienne dans le fruit même de l'usage des Sacrement du Baptême et de la Sainte Cène, ce qui arrive quand on voit des yeux de l'esprit, c'est-à-dire, par l'entendement, la Sainteté qui y est intérieurement cachée, et qu'on se l'applique par les moyens que le Seigneur a enseignés dans sa Parole. 70f. Sans l'ouverture du Sens spirituel de la Parole, ou, ce qui est la même chose, sans la révélation dès correspondances des choses naturelles avec les choses spirituelles, la Sainteté du Sacremen', dont il est ici traité, ne peut pas plus être intérieurelDent reconnue, qu'un trésor caché dans un champ qui Il'est estimé que comme un champ ordinaire; mais quand on découvre que dans ce champ il ya un trésor, ce champ est estimé à un prix élevé, el l'acquéreur alors s'en approprie la richesse; et il est encore plus estimé qlland on connau qu'il renrenne un trésor plus précieux que tout l'or du monde. Sans le sens spirituel, ce Sacrement est comme une Maison fermée, pleine d'objets précieux et de trésors, devant laquelle on passe comme devant. une autre maison de la rue i toutefois eomme le clergé en a recouvert" de marbre les murailles, et de lames d',or la toiture, la vue des passants est porté à regarder, llouer el à estimer; il en est bien autrement, quand cette Maisop a été ouverte, el que chacun a la faculté d'entrer, el que le gardien de ces trésors en d"onne aux uns en prêt, auJ, autres en présent, l chacun selon qll'iL en" est digne; il est dit en présent, parce que les choses précieuses qu'elle renferme sont inépuisables ot se renouvellent continuellement; il en est de même de la Parole, quant à ses choses spirituelles, et des Sacrements quant l leurs choses célestes. Sans la révélation de la sainteté qui est intérieurement cachée en lui, le Sacrement dont il s'agit i~i se présente comme le sable d'un fleuve, dans lequel il y a eD grande quantité des petits Brains, d'or invisibles; m:lis quand
268

r
o
1

RELlGION .CHRÉTIENNE. !69 sa sainteté a 6lé révélée, il est comme l'or recueilli dans ce sable, fondu· en lingot et mis en œuvre sous de belles formes. Sans sa sainLèté'dévoilée et vue, Sacrement est comme un coffret et un écrin de hêtre ou de peuplier, où sont renfermés des diamants. des rubis et beaucoup d'autres pierres précieuses. placés en ordr-e dans des cases; qui est-ce qui n'estime pas ce coffre et cet 6crin, quand il connalt que de ·tels objets y sont renfermés, et 1 plus' forle raison quand il les voit, ~t aussi quand ils sont distribués Iratuitement r Ce Sacrement, sans la rév6lation de ses Correspondances avec le Ciel. et ainsi sans la vue des choses célestes auxquelles il correspond, est comme uo Anie vu dans le Monde sous un ,êtemenl vulgaire; il n'est honoré que selon le vêtement; il en est tout autrement quand on sait que c'est un Ange., quand on entend de sa bouche un lanllge Ingélillue, et qu'on "oit les me.... veilles qui résultent de ses actiols. QueUe est la Sainteté seule-ment prêchée, et quelle est la Sainteté vue, c'est ce qu'il m'est permis d'illustrer par cet exemple vu et entendu dan!! le ·Monde spirituel: Une Épttre êcrite par Paul. pendant qu'il voyaseait dans le Monde. mais non publiée, fut iue SaDS que personne stU qu'elle ,tait de· Paul; elle fut d'abord décla-ilnée par les auditeurs. mais lorsqu'il fut déclaré que c'était une des Épltres de Paul, elle rut reçue avec joie, et tout le contenu en fut adoré. Par Il, je vis clairement que la seule prédication de la sainteté de Il!- Parole et des Sacrements, quend elle est fatte par les Chefs du Clergé, imprime, il est vrai, la sainteté, mais qu'il en est bien autrement, quand la sainteté elle-même se dévofle et se fait voir devant les yeux, ce qui arrive par la révélation du sens spirituel; d'après ce sens la Sainteté externe devient interne, et ce qui était seulemen·t une assertion devient une reconnaissance. Il en est de même de la sainteté du Sa.. ..:\. crement.de la Cèle.

ce

•.

'1

.'

4
270
LA. VRA.Œ

D'ap"ès la connaissance de. Correspondances on sait ce qui est tmtendu par la Chair et par le Sang dr. Seigneur, et qu'üest entendu la m~rM chose par le Pain et pt"" le Vin, c'est-àdire que par la Chai,. du Sezgneur et par le Pain il est entendu. le Divin Bien de son A.mour et aussi tout Bien de la Chm·itd, et que par le Sang du Seigneur et par le Vin il est entendu. le Divin Vrai de la SagelSe, et aussi lout Vrai de la Foi, et parla Manducation fappropriation. '70t. Comme aujourd'hui le sens spirituel de la Parole :1 été décou\'ert, et qu'en même temps que lui les Correspondances ont . été dévoilées, parce que celles-ci sont leH moyens, je vais seulelOent rapporter les passas. de la Parole, par lesquels on peut voir 'clairement ce qui est entendu dans la Sainte Cène par la Chair et le Sang, et par le Pain et le Vin; mais avant je présenterai l'Institution même de ce Sacrement l'ar le Seigneur; eL aussi sa Doctrine sur sa Chair et son Sans, et l'ur le Pain et le Vin. 703. Il'ISTITOTION DB U SAII'ITI etH! PAR LB SEIG~BIJR. Jésus nt la Pâque n~ ses Disciples. et quand le soir rQt venu. il se ~it à &able avec euJ.; a or. pendant qu'ils manseaient. Jésus prenant le PAIN, et bénissant. {le) rompit e.t (le) donna aux Disciples,.et il dit: ?renez. manrez, ceci ~t· )ION CoRPS. Et. prenant la CoUPS el rendant grâces. il (la) leur donnl. di~ant: Buve~-en tous; çeci e~t MOI SANG. celui de la ~ouvelle Alli~nce, . qui est répandu p,our UD gr.and nombre •• - lIatt~. XXVI, !6, !7. t8~ .lIa.rcj XIV. '1.
!~, ~". :L"c. XXII •.tO.

tO,

SAlIIG. ·BT lUI LI PAIN BT LB VUI •• Travaillez Don pour la nourriture qui péJ.til, ma~ pour la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, laquelle (no.".. riture) le Fils de l'homme vous donnera. En vérité.. en ,érité. je VOUI dis: Moise ne 'OUI a point dond le Pain du Ciel, mais mou P~re vous dbnne le pain du Ciel. l, véritable; car le Pain d, Dieu est Celui qui descend du Ciel. el donne la vie au Ifonde. lIoi, jesuil le PaiD d. vie; oelui qui vien' l Moi D"aura point f.ÏJD. et ~lui qui croit eD Moi D'aura jamais soir. lIoi, je suis le Pain qui est descendu du

~DOCTBINE DO ~IIGNlun SDI,l ~ .ÇUlft ET SO..

271 Ciel. En ,-ériLé, en vérité, je vous le dis: Celui qui croit en Moi a l~ yie éternelle. Moi. je suis le l'ain de ,'ie. Vos pères ont mansé la Manne dans le désert, et ils sont morts. Celui-ci est le Pain qui du Ciel est descendu, afill 'que quiconque en mange vive et ne meure point. Aloi, je suis le Pain vivant, qui du Ciel est descendu; si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra pour l'~ternité ; le Paio que Moi je donnerai, C'Ollt ma Chair, que Iloi je donnerai pou.r Ja vie du Monde. En vérité, en vérité, je vous dis: Si vous ne maniez la Gbair du Fils de l'homme et ne buvez son Sang, '-ails n'aurez: po.int la vie eu vous-mêmes. Qu~ manse ma Chair, et boit mon sans, Il la vie éternelle, et M9i je le ressusciterai au dernier jour; , oar ma Chair est Y6ritableme~t uni Nourriture, et mon Sanr est véritablement un Breuiase. Qui mange ma Cbair eL boiL mon Sang, en Moi demeure, el Moi en lui .• - Jeao, VI. !7, 3!, 33, 3S, ,t, 47, .&8, -19, 30, ~t, 33, 34, ISS, 56. 704. Quiconque a été iIIustr.é du Ciel peuL percevoir eo luimême que. dans ces pusaaes, (lar la Chair il n'est pas entendu de la chair. ni par le Sang, du sanr; mais que par l'une et l'autre daps le SENS NATURBL il est entendu la Passion.de la croix. dont il fallt se lIouvenir; c'est pourquoi le Seisneur 1 dit, en instituant cette Cène de la dernière PAque lui"e et de la pr~mière PAqu.e Chrétienne: ft Faites ceci ~ louv.enirde Moi• • - Luo, XIII. t9. 1 C.orintb. XI. !., !S ~ - q\le pareillement par le P~in il n'est (las el)tend.u d~ pa.iD, J1i p~r le Vin., 4.u .yjo ~.mais que par ~'uo et l'autre dalls l~ SENS NATUREL il est enltmdQ la mêl1le chose que par la C~ai~ elle Sanr. o'esl-l,-dire. Ifa Passion .de la croix. car on lit: • .I!nu ,.ompit Il Pain. et (le) donna aU:l: Disciples, et.ildil: Ceci ~s~mo1' CorpI; ~tl 11"enq.n! la Coupe. il (la) leur donna. dis.ar.'t: Cee, est mtm Sang." -1I~t~. XXV,. Ilarc. m. Luo, X~l.: - p'.st pourquoi le Sei,neur. a au~i ~ppelê Coup.e.la Paslion' 4e la crois. - )farci XIV. 36. 1810 •. x,vm. 1t . .'io~. QI:J.e ppar ~tlsqJ!air. ~\loses. ·Chàir. le Sanl•.Ie Pa~ Il Je v~~ il Iqit enle~du. I~ SpiritueJ_ et lès ,Célestes qui y cprresp~l" , df;~J, P;II pe"l Je ,oir.~an. l, parole J)u les passaGes où ~ q~ .. IOD~ ~omm6es ..Q~, par la ç~"'lJl;.~anl I..J J»a~ole i~ soi~ .entendu 1, Sp.i,f.ituel et le.C~.Iesle. OB peUl. la ~oir pal; ce~ .passaSCl:': • Yenes . et flIIem61ei-"ow p~ ~.·~p~PIB ~JI ,"~~D. ~I~, afin pe·(lOf!$.

RELIGION CHR~TIENNE.

1.

272

LA. VRAIE

mangiez Chair; de rois, et Chairs de kiliarqlles, et Chairs de toru, et Chairs dl chevauz et de ceuz qui les montet", et Chairs de tous, libres et esclaves, petits et gr:ands. JI - Apoc. M. t 7, tS. - Et dans Ezéchiel: «Rassemblez-'Vous rl alentour sur liON SACRIFICE, gue Moi je sacrifie pOUf' vous, SACRIFICE GRAND sur les montagnes rl Isr~l, afin lJUe vous mangiez de la Chair et ~ vous buviez du Sang: Chair de foru vous mangerez, ,t Sang des princes de la terre vous boirez; et vous mangerez de la graisse à satiété, et boirez du San'}, jusqu·à fivresse, de mon Sacrifice; et vous serez rassasiés sur ma table, de cheval et de char, de fort et de tout homme de guerre. Ainsi je donnerai ma gloire parmi les nations. JI - ~XIX. i 7 à Il. -Qui De voit que, dans ces passages, par la Chair et par le" Sang il est

entendu, non de la chair ni du Slng, mais les spirituels et lescélestes qui y correspondent! autrement, qae serait-il autre chose que des expressions vaines et surprenantes, cet appel pour manIer des chairs de rois, de kiliarques, de forts, de chevaui et de eaUI qui les montent, ~t pour se rassasier sur la tahle, de chenl de char, de fort et de tout homme de lU erre ; et pour boire du sang des princes de la terre, et du Slng jusqu'à l'ivresse! que cu paroles aient été dites de la Sain le Cène du Seigneur, cela est bien évident, car il y est parlé du souper du grand Dieu, et aussi d·uo sacrifice grand. Comme tous les spirituels et tous les célestes se réfèrent uniquement au bien et ail vrai, il s'ensuit que par la Chair il est entendu le Bien de la charité, et par le Sang le Vrai de la foi, et dans le sens suprême le Sei,neur quant au Divin Bien de l'Amour et quant au Divin Vrai de la Sagesse. Le Bien spirituel est aussi entendu par la Chair par ces paroles dans Emohiel: a Je
leur donnerai un seul cœur, et un esprit nouveau je donnerai au mili.u de vous, et je retirerai le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de Chair. JI -Ezéch. XI. t9. XXXVI. 26;par le cœUI·, dans la Parole, il est signifié l'amour, ainsi par lB cœur de chair, l'amour du bien. Que par la Chair et le Sang il soit

entendu le bien et le vrai, l'un et l'autre spirituel, on le voit, en outre, plus clairement d'après la signification du Pain et du Vin dans" ce qui va suivre, puisque le Seigneur dit que sa Chair est du Pain, et que son Sang est le Vin qui était bu dans la Coupe.

...
RELIGION CHRÉTIENNE. 273 706. Si par le ~ani du Seigneur il est entendu le Divin Vrai dll Seigneur et de la Parole, c'est parce que par sa Chair il est entendu spirituellement le Divin Bien de. l'amour ; el ces deux choses dans le Seigneur sonl unies. Il est notoire que le Seigneur est la Parole; et il ya deux choses, le Divin Bien elle Divin Vrai, auxquelles toutes celles de la Parole. se réfèrent; si donc la Parole esl prise p.our le Seigneur, il est évident que ces deux choses sont entendues nar sa ClIair et par son Sang. Que par le Sang il soit entendu le Divin Vrai du Seigneur ou de la Parole, on le "oit par plusieurs passages. ainsi le Sani a été appelé le Sang de rallianca, et l'alliance est la conjo.nction. et celle-ci est faile par le Seisneur lU moyen de son Divin Vrai. par e.lem~le, dans Zacharie: te Par .Ie SANG DB TON ALLIANCE je tirerai les ~challlês de la {olte. » - IX. t t ; -. et dans Moise: a Après que Moise eut lu le livre de la loi auz oreilles du peuple, il répandit la moitié du Sal1g sur le peuple. et il dit: VOICI LE S.l.l'fG DE L'ALLIA:-fCE qzl'11, traitée lêhovah avec vous sur toutes ces paroles. » - Exod. XXIV. 3 à U. - a Et Jésus. p"enaut la Coupe, (la) leur donna,
disant: Ceci est mon Sang, celui de la Nouvelle Alliauce." lIallh. XXVI. 27, !8. Mar..,. XIV. !.f.. Luc, XXII. !O: - par le sang de la Nouvelle Alliance ou du Nouveau Testament, il n'est

pas si~ifté autre chose que la Parole. qui est appelée Alliance et Testament, Ancien et Nouveau, ainsi le Divin Vrai qu'elle renferme. Comme le Sang signifie cela, le Seigneur leur a donné le Vin, en disant: Ceci est mon Sanr; et le Vin signifie le Divin Vrai; c'est· pourquoi ce Vrai est aussi appelé Sang des raisius. - Gen. XLIX. H. Deutér. XXXII. U. - Cela est encore évident par les paroles du Seigneur: • En vérit!., en vérité, Je vous dis: S, vous Re mangez la Chair du Fils de r homme et ne buvez son Sang,
vous n'aurez point la vie en vous-mdmes. car ma Chair est vé:.. ritoblementune Nourriture, et mon Sang est véritablement U11 Breuvage: qui mange ma Chair et boit 7n07J Sang. en Moi demeure. et Moi en lui. » - Jean, VI. SO à SB: ....:.. qulief.,.,.,.·le.Sang il soiL enlendu Je Divin Vrai de la Parole, cela est bien évident.

puisqu'il est dit que celui qui boit a la vie en soi, et qu'il demeure dans le Seigneur, et le Seigneur en lui; que ce soit le Divin Vrai. eL la vie selon ce vrai, qui fassent cela, et que la Sainte Cène le . u Ü

tz

""""
LA VRAIE confirme, c'e!'t ce qui peut être connu dans l'Éslise. Climme Je Sang sisnifiait le Divin Vrai du Seisnenr, Vrai qui est aussi le Diyin Vrai de la Parole, et que ce \"rai est l'Alliance même et le Testament Ancien et Nouvoau, c'est pour cela que le Sang a été Je Representatif le plus Saint de l'Église cllez les fils d'Israël, Église dans laquelle toules et cbacune .des parties du culte, étaient des Correspondances des choses naturelles avec les choses spirituelles ; ainsi: Ils prirent du Sang Pascal, et en mirent sur Jes poteaw: et ltD' le linteau des maisons, afin que la plaie ne vint pas sur eux. - EIOd. XII. 7, t 3, !!. - Le Sang de fll.Olocauste étail répandu sllr Autel, sur ses fondements, et sm' Aharon et s. fils, et sur leurs habits. - EIOd. XXIX. tt, i6, 20,21. Lévit.l. 3, H, US. III. 2, 8, U, IV. !IS, 30, 34. YlII. US, U. XVII. 6. Deulér. xn. 2; : - puis, sur le Voile qui ~tait sur r A. re/le, sur le Propiliatoire, et stlr les cornes de l'Autel des parfums. J.êvit.IV. 6, j, t7, t 8. XVI. tt, 13, 14, IlS. - Par III San~ d~ J'Agneau il est signifié la même chose dans l'Apocalypse: « Cellzci 01l.t lavé leurs r06es, et les ont 6lanchies dans le Sang de rAgneau. Il - VII. U, - et daos· cot autre passage: «JI SI fil un com6at ,fans le Ciel;" Michel et ses Anges com6attirent C01llre le Dragon" et ils le vainquit'e7it par le Sang de l'Agneall, et par la Parole de son témoignage • • - XlI. 7, t t. - En effet, on ne peut pas penser que Michel et ses Anies aient vaincu le Dragon par autre chose que par le Difin Vrai du Seigneur dans la Parole; car les Anges dans le Ciel ne peuvent pas penser l du sang, ils ne pensent pas non plus l la Passion du Seisneur, mais ils pensent a son Dh-in Vrai et à sa Résurrection; Jors donc que l'bomme pense au Sang du Seisneur, les Anges perçoivent le Divin Vrai de sa Parole, el lorsqu'il pense à. la Passion du Seilneur, ils perçoivent la Glorification du SeiGneur, et alors seulement sa Résurrection ; "que cela soit ainsi, e'est ce qu'il m'a été donné de connattre par de nombreuse~ expériences. Que le Sang silnifie le Divin Vrai. on le '-oit encore par ces paroles dans Dafid: «Dieu sauvera les 4mes Je$ indigents; précieu:r: sera leur Sang à ses yeuz, et ils "ivront, el il leur donnera de l'or de ScM6a. » - PS, LXXn. !B, 14, i3, t6; - le Sang précieux aux yeux de Dieu, c'est le .Divin Vrai chez eux; l'or de ficlléba est la sagesse qui en provient;
276.

r

p
RELIGION CHRItTIENNE
2715

.eL dans Éz6cbiel : fi Rassemble~-vou. pour un .acrifice grand '"" les montagnes d'[.ra~l, afin que vou. mangie~ de la Chair, et gue vou. buviez du Sang; du -Sang des princes de la terr.e
tJou, boire~; et vou. boü'e~ du Sang jusqu'a l'ivresse; ainsi je donnerai ma gloire parmi le. nations. 1) - XXXIX. 17 l il; Il, il s'agit de l'Êglise que le Seigneur devait instaurer cbez les Nations i que par le Sang ici il ne puisse pas être entendu du Sang,

mais que ce soit le Vrai procédant de la Parole cbez les Gentils,
on ,ient de le voir ci-dessus. 707. Que par Je PAIN il soit signifié Ja même chose que par la Cbair, on le voiL clairement par les parolesdu Seigneur: • Jésus, prenanl le Pain, le rompit et le donna, disant: Ceci e.t mon .eorps. D - M'attb. XXVI. M'arc, XIV. Luc, XXII; - puis: • Le PA.IN gue Moi je donnerai, c'est ma Chair, gue Moije donnerai pour la vie du Monde, • - Jean, VI. SI; - eL le Seigneur dit aussi: • Je suis le PAIN DB VIB, celui gui mange de ce PAIN VIVRA. POUR L'ËURNlTt. » - Jean, VI. 48, (SI, 68. - C'est aus.4\i ce Pain

qui est enlendu par les Sacrifices qui sont appelés le Pain dans les passages suivants: fi Le Prdtre les 6rt1lera SUf' fautel, (ce aera) LB PAlK D'IGNITION A U:aOVAB. D - Lévit. III. t l, 16.ft Les fi" fi' Aharon seront .aints d leur Dieu, et il. ne profaneront poi"t le Nom de leur Dieu, parce gu'ils offrent, ouz, le. IGNITIONS AltHOVAB. LE. PAIN DB LEUR DIEn. Tu le .anctifieras, parce gu'il offre, lui, LB PAIN DB TON Dllm. L'homme de la semence d'Aharon, en gui il '!I aura une tache, ne s'approchera point pour ollrir LE PA.IN DB SON DIEU. » - Lévit. XXI. 6, 8, t 7,' ~l. - ft G'ommmldeauzfilstl [sraDl, et dis· leur : Mon Oblation, ·!fON PAIN, POUlt LES IGNITIONS D'ODEUR DB REPOS, vou. observere~, pour Me l'ol/Ioir art temps fixé, JI Nomb. xxvm. 2. « Celui gui aura touché fimpur ne mangera poi"t des choses '(lnctifiées, mais il lavera sa chair dll7u f eau, et ensuite il mangera des choses sanctifiées, PARCE Qt:K C'EST I.A. SON PAIN, » - Lé,'it, XXII. 6, 7; - manger des choses sanctifiées, c'était

manger de la Chair des sacrifices, laquelle ici est aussi appelée Pain i et en ou tre dans Malachie, - 1. 7, - Dans les sacrifices, les·llincbabs, qui étaient faites de fine fleur de froment, ainsi étaient du Pain, ne signifiaient pas non plus..aulre cbose, - Lévit.

LA VRAIE II. t à 1t. VI. 6 à 14. VII. 9 à t 3, et ailleurs. - Les PAINS sur la Table, dans le Tabernacle, qui étaient appelés Pains des faces et de proposition. ne sigllifiaient.pas non plus autre chose. - Exod. XXV. 30. XL. t3. Lévit. XXIV. 3 à tO. - Que par le Pain il SOil entendu~ non pas le pain naturel. mais le Pain céleste. on le voit clairement d'après ces passages: cc Non par le Pai" seulement 'Vit r homme. mais par lout ce qui sort de la bouche de Dieu vit l'homme . • - Deutér. VilI. t. 3. J'enverrai une famine en la terre, non pm famine pour le Pain, et no', pas soif pour les eaux, mais pour enlendre les paroles de Jéhovah . • - Amos. VIII. t 1. - En outre, par le Pain il est entendu toute Nourriture. - L~viL. XXIV. 3 à 9. Exod. XXV. 30. XL. !t3. Nomb. IV.7.1 Rois, VII. 48. - Que ce soit aussi la Nourriture spirituelle, on le 'Voit clairement par ces raroles du Seigneur: • Travailler. mm pour la Nourriture qui péril, mais pour la Nourriture qui demeure pour la 'Vie éternelle, laquelle (nourriture) le Fils de 1 homme vous donnera . • - Jean, VI. t7. 708. Que par le VIN il soit entcndu la môme chose que par le Saug, on le voit clairemen t par les paroles du Seigneur: • Jésus. pre7lant la COUPE. dit: Ceci est motl Sang. D - Maub. XXVI, Marc, XIV. Luc, XXII; - puis, par celles-ci: cc lilave dans le VIN son vêtement, et dans le SANG DES RAISINS son marlteau •• - Gen, XLIX. t t ; ces paroles ont été dites du Seigneur. ft Jéhovah Sé6aoth fera à tous les peuples' un festin de graisses, lin festin de VIN DELICAT. D - Ésaïe, XXV. 6; - celles-ci ont été dites du Sacrement de la Sainte Cène qui devait être illstitué par le Seigneur. Dans le Même:. Quiconque a soif, allez vers les eaux; et quiconque n'a point fi a"gent, alle=, achetez et mangez, et achetez sans argent le VIN. D - LV. t. - Par LE FRUI,T DU CEP, qu'ils boiront nouveau dans le ROyllume céleste, I\Iauh. XXVI. t9. Marc, XIV. t5. Luc, XXII. n, t8, - il n'est pas entendu autre chose que le Vrai de la Nouvelle Églisc' el du Ciel; c'est même pour cela que dans un grand nombre de passages de la Parole l'Église est appelée VIGNE, - }~5aie, V. i, 2, 4. MaUh. XX. t ,. t3, - et (lue le Seigneur SE NOtIlIE LE '"RAI CEP, et appelle SARMENTS "les hommes qui sont ~refl'és sur lui, - Jean, xv. i, 5 ; - sans parler de plusieurs passages ailleurs,
{I

276

r
277 709. D'après ces explications on peut maintenant voir ce qui est elteodu par la Chair et le Sang du Seignour, et paf le Pain et le Vin, dans le triple Sens, Naturel, Spirituel et Céleste. Tout homme imbu de religion dans le Christianisme peut savoir, et s'il ne le sail pas, peul apprendre, qu'il y a une Nourriture naturelle et une Nourriture ~pirituolle, et que la Nourriture naturelle est pour le Corps, landis que la Nourriture spirituelle e~l pour l'Ame, car Jéhovah le Seigneur dit dans lloise: «Non par le paîn seu.lement "it f ~omme, mais par lout ce qui ,ort de la 60tlche de Jéhovah vit l'homme. • - Deutér. VIIl. !, 3. - Maintenant, comme le Corps meurt, et que l'Ame vil après la morl, il s'ensuit que la Nourriture spirituelle est pour le salut éternel: ensuite, qui est~e qui ne \'oit p3S que ces deux Nourritures ne doivent pas être ~onfondues en la moindre chose, el que si quelqu'un les confond, il ne peut faire autrement que de se former sur la Chair et le Sang du Seigneur, et sur le Pain et le Vin, des idées IIlturelles et senFuelles, c'est-il-dire, matérielles, corporelles et charnelles, qui ~touff'ent les idées 1I1Jirituelles concernant ce Sacrement TrèsSaint. liais, si quelqu'un est tellement simple. qu'il ne puisse pas penser d'après l'entendement autre chose que ce qu'il· voit de ses yeux, je lui conseille, au sujet de la Sainte Cène, quand il prend le Pain cL le Vin, et qu'alors il entend nommer la Chair et le Sang clu Seigneur, de penser lui-même que c'est la chose la plus Sainte du Culle, eL de se rappeler la Passion du Christ, et Son Amour pour le salut de l'homme, car Il dit: Faites ceci en souvenir de JJoi. " - Luc. xxn. 49; puis: Le Fils de l'homme at venu pour donn.n' son Ame en rédemption pour plusiears. D - Matth. XX. !8.l\larc, X. 4lS, - a Mondmeje dépose pour les lJre6is . • - Jean,X. US, t7. XV. t3. 7tO. Cela peut aussi être illustré par des eomparaisons: Qui ~L-ce qui ne rappelle pas à son l'ou\'enir et n'aime pas celui qui par un zèle d'amour p.Q.~! la Patrie combat jusqu'A la mort contre l~nemi, !Jour la délivrer du joug de la servitude 1 Et qui esl-ce qui . ne rappelle pas ~ son souvenir el o'ai me pas l'homme qui, voyant -ses concitoyens dans une exlrêms disette. et leur morl sous ses yeux par l'accroissement de la famine, el. élant alors Coucllé de eompassion, tire de sa maison son Ar~ent et son Or, ct en fait UDe
RELIGION CHRtTIENNE.

en

(1

(1

278 LA VRAIE distribution gratuite! Et qui est-ce qui De rappelle pas l son souvenir et n'aime pas l'homme qui par amour et par amitié prend le seul agneau qu'il possède, et qui le prépare et le seri aUI convives! Et ainsi du· reste. .
Ces c'hoses étant tien emendues, on peut comprendre que la Sainte Cène contient universellement et sitlgulièrement toutes les chos" de Église et toutes celles du Ciel.

r

71 t. Dans l'Article précédent, il a été montré que dans la Sainte Cène il yale Seigueur Lui-Même; que la Cbair et Je Pain sont le Seigneur quant au Divin Bien de l'Amour; et que Je Sang et le Vin sont le Seigneur quant au Divin Vrai de la Sagesse: il y a dono trois cboses qu'enveloppe la Saiïiiè Cène, à savoir. le Seigue!}r, son Di,in Bien el son Divin Vrai. C'est pourquoi, puisque la SainleCène renferme et contient ces Trois cboses, il s'ensuit qu'elle ~ - renferme et contient aussi les Universaux du Ciel et de l'Église: et comme tOIlS les Singuliers dépendent des Universaul, de même que les conlenus dépendent de leurs contenants, il s'ensuit aussi que la Sainte Cène renferme et contient tous leLlingmi.ers du • Ciel el de l'Église. De là on voil d'abord que, puisque par la Cbair et le Sang du Seigneur, et pareillement par le Pain et le Vin, il est entendu le Divin Bien et le Divin Vrai, l'un el l'autre procédant du Seigneur et étaut Je Seigneur, la Sainte Cène contient universellement et singulièrement toutes les cboses du Ciel et Ile l'Église. 712. Il est connu tussi qu'il ya Trois Essentiels de l'Église, à savoir, Dieu,"'la Charlt6 et la FOiJ et que toutes ~es cboses de l'Ëslise se réfèrent à ces Trois comme à leurs Universaul: ces Trois .JI sont les mêmes que les Trois dont il vient d'être parlé, car ~ieu i dans la S~inte Cène ~le_Se!J~ la Cha!)té eS<J..e Divin Bien, et ) la Foi eal!~ivin VraD qu'est-ce que la Charité, sinon le bien que l'homme fait d'après le Seigneur ?el qu'est-ce que la Foi, sinon le vrai que l'homme croit d'après le Seigneur! De là ,ient qu'il ya A Trois cbo~es dans l'homme quant i son Interne, à savoir;' l'Am.e.9-U j le Menlal, la !~Ionté et l'Entendement; ces Trois sont les Réceptacles de tes trois universaux, l'Ame même ou le Mental eSlle

RELIGION CBRltTIENNE. 279 ~ Réoeptacle du s.:isne~r, car c'est par Lui qu'elle vil, la Volonté 1. est le réceptacle de l'amour ou du bi.en, et l'Entendement est le .J riceptacle de la sages.~, ou du vrai i c'est pourquoi dans l'A.me 00 \ Je Mental toutes choses, en Bénéral et en particulier, se réfèrent Don-seulement l ces trois universaux du Ciel et de l'Église, mais même en procèdent; propose-moi quelque cbose qui procède de rhomme. et dans quoi il n'y ait pas le alental, la Volonté eL J'Entendement i si l'un des Lrois était Oté, est-ce que l'homme serait plus que quelque chose d'inanimé? Il y a pareillemenL dans l'homme quant ~ son externe trois choses. auxquelles se réfèrent ~ et desquelles dépendent toutes celles qui, en général et en parti2. eulier, le constituent, à savoir, le Corps, le Cœ~r et le pou.mon : ces J tpois du Corps correspondent aussi aUI trois du Mental, le Corps au Mental, le Cœur A la Volonté, et le Poumon ou la Re::lpiration ll'EntendelDent : qu'il y ait une telle Correspondance, cela a été pleinement montré dans ce qui précède. Ainsi dOliC Loutcs chOies et chaque cho~e dans l'homme, lant uni"ersellemcnt que sin;u .. lièremenL, ont été formées comme réceptacles de ces Irois uninrsaux du Ciel et de l'Église. La raison de cela, c'est qlle l'homme li. été créé image et ressemblance de Dieu, par conséquent p,!u.r q!l'j) soit dans le Seigneur. ~ qu_e le Seis.neur soit en lui. 7 t3. D'un autre cOlé, il y a trois cboscs opposées à ces Universaux, à savoir, le Diable, le Mal elle faux; le diable, par lequel est entendu l'Enfer, est en opposition contre le Seigneur, le Mal est en opposition contre le Bien, et le Faux contre le Yrai; ces trois lont un, car où esde diable, là alls.~i est le mal et par suile le faux. Ces Irois oontiennent de même universellement et singulièrement toutes les choses de l'Enrer, et aussi toutes œlles du Ilonde qui sont contre le Ciel et l'Éslise. Mais comme ils sont opposés, c'est pour cela qu'ils ont été entièrement séparés, mais néanmoins ils sont contenus dans un lien par UDe admirable SUjétion de tout l'Enfer SOIIS le Ciel, du mal sous le bien, et du faux SOIIS le vrai; il a été parlé de celle sujétion dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER. 714. Pour que les singuliers soient contenus dans leur ordre et. dans un lien, il est nécessaire qu'il y ait des ._~niver~ux d'après lesquels ils exisl8Dt et dilns lesquels ils subsistent; et il est nécessaire aussi que les singuliers aient dans une sorte d'illlase UDe re-

-

-

~

LA VRAIE lation avec leurs universaux, autrement le tout périrait avec ses parties i celle Relation fait que tout6ll los choses de l'univers ont été conservées dans leur intégrité depuis le premier jour de la création jusqu'" présent. et le seront dans la suite i que toutes oboses dans l'univers se rapportent au bien et au vrai, cela est 1 connu; la raison, c'est que loutes choses onTIce-créées de Dieu ; d'après le Divin Bien de l'Amour par le Divin Vrai de la Sagesse. - Prends ce qu'il te plaira, soit animal, arbre ou pierre, ces trois unÏ\'ersauI y ont été gravés dans une certaine relation. 7tlS. Comme le Divin Bien et le Divin Vrai sont les universaux ~e toutes les choses du Ciel et de l'Ëglise. c'est pour cela même que Ifalkisédeck, qui a représenté le Seigneur, pr.ésenta Il Abraham du pain et du "in, et le bénit; on lit ainsi ail sujet de Ilalkis~ deck: u Mal!isédeck, roi de Schalem, apporta à Abraham 4Y Paill et du Vin, et lui (était) P,,8tre au Dieu Très-Haut; et il le bénit. » --Gen. XIV. 18, t9. - Que Malkisédeck ait représenté le Seigneur, on le voit par ces paroles dans D:l\'id: u Toi (lu es) Prdt"e pour féternité selon le mode. de Malkisédeck .• - Ps. ex. " ; - que CGS paroles aient été dites du Seigneur, on le voil, - Hébr. V. 6, 8,10. VI. 20. VIL t, tO, H. US, li, 2t. - S'il apporta du Pain et du Vjn, c'est parce que ces deux choses renfer1 ment loutes celles du Ciel et de l'Église, ainsi toutes l~~ choses de Z la Bénédiction, de même que le Pain et le Vin dans la Sai Il te &U6. Dans la Sainte Cène est le Seigneu" tout enlier, et sa Rédemption tout e'lltière,
7t6. Que dans la Sainte Cène il y ait le Seigneur tout entier,

280

non-seulement quant à l'Humain glorifié. mais aussi quant au Di"in dont a procédé l'Humain, cela est évident d'après les paroles mêmes du Seigneur:QUeSon Humain soit présent dans la Sainte Cène, on levoit par ces paroles: Il Jés1.ls,prentlnt le Paill,lerompit et le donna auz disciples, et dit: Ceci est mon Corps; et prenant la Coupe, il la leur donna, disant: Ceci est mO'ISang•• - Mallh. XXV[. Marc, XIV. Luc. XXII. - Puis, dans Jean : uMoi je suis le Pain de vie; si quelqu'un mange de ce Pai". il vivra .

-

_

l

181 pour réJ.~(té; le Pain que Moije donnerai, c'est ma Chair; en vérité, en vérité, je vous dis: Qui mange ma Chair et 60it mon Sang, en Moi demeure, et Moi en lui, et il vivra pour l'é(~~~(té. • - Jean, VI. 48,lH, 56; -.D'aprèllces passages, HesL bien
. RELIGION CHMTIENNE. évident que le Seigneur quant l SOli Huma!n glorigé est dans la Sainte Cène. Que le Seigneur quant l son Divin, dont a procédé son - -1. Humain, soit présent aussi tout enlier dans la Sainte Cène, cela est évident par ces paroles: Je suis le Pain qUI du Ciel est descendu . • - Jean, VI. 51 ; -il est descendu du Ciel avec son Divin, car il ost dit: CI La Parole était che:: Dieu, et Dieu elle était, la Parole; loutes choses par Elle ont été faites; et la Parole Chair Il été faite. • - Jean, 1. t. 3, t4 j - et en outre par les passages DÙ il est dit queLtli-M~me et le Père sont un. - Jean, lU. 35. XVI. US j - - que Ltli-M~me est dans le Père, et que le Père est 611 Lui. Jean, XIV, tO, U;- etc.; eLen outre, son Divin ne peut pasplua être séllaré de 50n HUmltin, que l'Ame ne peut être séparée du Corps j·c'est pourquoi, lorsqu'il est dit que le Seigneur quant à son - Z Hum.~in CSL tout enLier dans la Sainte Cène, il s'ensuit que son Divin dont a procedé son Humain y est aussi en même temps. Maintenant, puisque sa Chair signifie le Divin Bien de son amour, et SOli Sang le !lh·in Vrai de sa sagesse. il est évident que le Seigneur .1 tout enlier, tunt quant aY...Di!in que qua~t Il l'Hum.lin glorifié, est Z 'Tout-Présent dans la Sainte Cène; et qu'ainsi la Sainte Cène est une Manducation spirituelle. 7t7. Que dans la Sainle CèDP. il y ait la Rédemption du Seigneur tout entière, c'est la conséquence de ce qui vient d'être dit, car où le Seignellr est tout enlier, là aussi est sa Rédemplion tout entière; en effet, Lui-Itlême qÛant à l'Humain est -le Rédempteur. parconséquent il est aussi la Rédemption elle-même; il ne Ileu.t rien manquer de la Rédemplion, là Oil Lui-Même _.est lout enti~r; c?est pourquoi tous ceux qui font dignemel}t la Sainte Communion deviennent ses Rachetés: et comme pa~ RédemJli~rr il est entendu la Délivrance de l'Enfer, la Conjonction avec Je Sei.gn_~~r et la Salvation, dont il sera parlé plus bas dans ce Chapilre, el dont • il a été plus ~leinement lrailé dans le Chapitre de la Rédemption. c'est pour cela que, ses1fruits sont Ii\'rés à J'bomme, non cependant aulant que le Seisneur veUl, car d'après son Divin Amour il

f

l

f

f

,
LA. VRAIE . YeuL les livrer LOUzi, mais autant que l'homme retoit, et celui qU! 1 reçqil nt racheté au même deg~ qu'il reçoit. D'après cela OD voit qüe les eft'ets et les fruits de la Rédemption du Seiineur revienDent à ceux qui s'approchent dign"ement. / ) 718, Chez tout homme sensé il y a la faculté de recevoi!" la s~ , ll~sse procédant du Sei~Deur, c'est-À-dire, de multiplier éternellement les vrais par lesquels existe la sagesse i et aussi de rece. çvoir l'amour, c'est-à-dire, de fructifier de même éternellement 1ieshiens par lesquels existe l'amour: cette perpétuelle fructification du bien et conséquemment de l'amo~r, et celte perpétuelle multiplication du vrai et conséquemment de la saiesse, sont données aIl! Anse~, et données aussi OUI hommess qui deviennent des Anies: el com'me le Seisneur est l'Amour même et la Sagesse S même, il s'ensuit que l'homme a la faculté de se conjoindre au l Seiineur et de conjoindre le Seigneur l lui perpétuellement; mais néanmoins comme l'homme est fini, le Divin Même du Seisneur DO peut pas lui êlre conjoint, mais peut seulement lui ê~re ~dJoinl i ainsi, pour iIIustratiou, la ~umière du soleil ne peut pas. êlre conjointe à l'œil, ni le Son .dtl l'air être conjoint à l'Oreille, mais seulement ils peu\'6nt y ~tre adjoinJs, et ainsi donner la faculté de voir et d'entendre; en e8'et, l'homme n'est pas la Vie en ~i, comme le Seigneur l'e:!t, même quanU l'Humain, =-Jean, V. 26, { - mais il eslle réceptacle de la vie. el c'est la Vie même qui est ad:' j~~!.e à l'homme, mais -elTê n'y eSt pas conjointe. Ceci a été~. a6n que l'on comprenne de quelle manière le Seigneur tout entier p { et sa Rédemption tout entière, sont présents dans la Sainte Cène.
.28.2

1

Le Seigneur est prése,.t che~ cellZ qui s'approchf!!l. !-.iJnement de la Sainte Cène, et il leur ouvre le ciel, et il est m8me présent ches ceu:c qui s'en approchent indig1&e.ment, mail il ne leur ouvre pas le Ciet": par conséquent, de m~me que le Bapt8me e~t fintroductiori dans l'Église, de m~me la Sainte Cène est l'introduction dans le Ciel.
719, Dans les deux Articles qui suivent. il est montré qui sont ceux qui s'approchent disnemenl de la Sainte Cène, el alors en

-

---

T
RELIGION CHRltTIENNE. 283 même temps qui sont ceux qui (en approcbent_Jlldig~~t, car ce qui est dit des uns fait connaltre les autres d'après l'opposé. Si le Seigneur est présent non-seulement cbez ceux qui sont dignes, mais même cbez ceux qui sont indignes, c'est parce qu'il est ToutPrésent, tant dans le Ciel que dans l'Enfer et aussi dans le Monde, par conséquent cbez les méchants de même que cbez les bons; mais chez les bons, c'~st-à-dire, chez les régénér~s, il est présent universellement et singulièrement, car le Seigneur est en eUI et eUI sont dans le Sei~neur, et .ù eslle Seii;neur, Il est le Ciel; le' Ciel aussi fait le Corps du Seisneur, c'est pourquoi être dans Son Corps, c'est en même temps être dans le Ciel. Mais la, présence- ' du Seisneur chez ceux qui s'approchent indignement 'est sa présence universelle, et non sa présence singulière, ou, ce qui est la même chose, c'est sa présence externe et non en même temps interne; et sa présence unh'erselle ou externe fait que l'homme vit homme, et jouit de la facullé de savoir, de comprendre et de parler rationnellement d'après l'entendement, car l'homme est né pour le ciel, et c"est pour cela qu'il est aussi né spirituel, et non pas simplement naturel, comme la bête; il jouit aussi de la faculté de vouloir et de faire les cbol'eS que l'entendement peuL savoir, comprendre et par suite prononcer rationnellement i mais si la Volonté se refuse' aux cboses véritablement, rationnelles de l'entondement, lesquelle~ 1I0nt aussi intérieurement svirituelles. alors l'homme devient Externe; c'est pourquoi cbez ceux qui comprennelltse,ulement ce que c'est que le vrai et le hien. la présence du Seigneur est universelle ou externe; mais chez ceux qui aussi veuleat et font le vrai et le bien, la présence du Seigneur est et universelle et l'inBulière, Oft et externe et interne. Ceux qui seulement comprennent les vrais et les biens et en parlent, sont par comparaison les Vierges illsensêes qui avaient des lampes eL n'avaient pas d'huile; mais ceux qui non-seulement comprennent les vrais et les biens et en parlent, mais aussi les veulent et les. font, sont les Vierges prudentes qui furent introduites dans la salle des noces, tandis que les autres restèrent dehors et heurtèrent, mais ne furent point introduites, - Mattb, XXV. t à n. D'après cela, on voiL que le Seignenr est présent chez ceux qui s'approchent diinement de la Sainte Cène. eL leur ouvre le 'Ciel,

z:q

LA. VRAIE eL qu'il est même présent chez ceUI qui s'en approcbent indignement, mais qu'il ne leur ouvre pas le Ciel. i20. TOlltefois, cependant, il ne f30t pas croire que le Seigneur Cerme le Ciel i ceux qui s'approchent indignement i il ne fait cela l aucun homme Jusqu'au dernier moment de la vie dans le Monde; mais c'est l'homme qui se ferme il lui-même le Ciel; eL il se le ferme en rejetant la foi. et en persistant dans le mal cie la vie; mais néarlmoins l'homme est continuellement tenu dans un état possible de pénitence et de cOR\'ersioD i car le Seigneur est continuellement présent et presse afin d'être reçu; en effet, il dit: a Je me tiens à la porte et te heurte. si quelqu'un entend ma voiz et ouvre, j'entrerai chez ltci. et JE SODPERAl AVEC Lor ET LUI A"EC Ilol. II - Apoc. lU. 10: - l'homme qui n'ouvre pas la porte, est donc lui-même en faute. Il en arrÏ\'e auLrement après la mort, alors le Ciel a 6té fermé et ne peut plus être ouvert à ceux qui jusqu'à la fin de la vie sc sont approchés indi~nement. de la Sainte Tahle, car alors les intérieurs de leur Mental ont été fixés et déterminés. nt. Que le Baptême soit l'inlroduction dans rÉglise, cela a été montré dans le Chapitre du Baptême; et que la Sainte Cène soit l'introduction dans le Ciel, on le ,roit par les choses dites ci· liesssus et perçue,. Ces deux Sacrements, le Baptême et la Sainte Cène sont comme deux Porles pour I~ vie éternelle? tout homme Chrétien par le Baptême. qui est la première Porte, est admis et introduit dans les choses que l'Église d'après la Parole enseigne sur l'autre Vie, qui toules sont des moyens par lesquels l'homme peut êLre préparé et conduil au Ciel. La seconde Porle est la Sainte Cène. par laquelle est admis et inttoduit dans le Ciel tout homme qui s'est laissé préparer et conduire par le Seigneur: il n'ya pas d'autres Portes unh'erselles. Ces deul Sacrements peuvllnt être com~arés à un Prince né pour le Trône i en premier lieu il est in· troduit dans les connaissances qui concernent la manière de GOuverner, en second lieu, on le couronne el on lui re/net le gouvernement. Ils peuvent aussi être comparés à un Fils né pour uo gèand héritage; en premier lieu il doil être instruit et se p~nétr8r de Lout ce qui regarde la juste disposition des posse...sions et des richesses, en second lieu viennent la possession et l'administra·

28'

f
RELIGION CBMTIENNE. 28~ tion. Ils peuvent encore être comparés A la construction d'une maison, et A l'habitation de celle maison i et aussi Al'instruction de l'homme depuis l'enfancc jusqu'à l'Age où il jouit de son droit et de son jugement, et ensuite A sa vie rationnelle et spirituelle i il faut nécessairement que la premièrc Période précède, pour qu'il • parvienne à la seconde, car celle-ci n'e~t p~s possible sans cellelà. Ces comparaisons montrenl clairement que le Baptême ct la Sainte Cène sont comme deux Portes par lesquelles l'homme est introduit dans la vie "éternelle, et qu'après la première Porte il ya une vaste plaine qu'il doit parcourir, et que la seconde est le lerme où se troure le prix vers lequel il a dirigé sa course; car la palme n'est donnée qu'après la lutte, et la récompense qu'après Je combat.
De la Sainte Cène s'approchent d..i9nement ceux qui sont dans la Foi au Seigneur et dans la Charité à l'égard du prochain, ainsi ceux qui ont été régénérés.
7~!. Tout Chrétien qui étudie la Parole sait, reconnait et perçoit que Dieu, la Charité et la Foi sont les trois universaux de l'Eglise, parce qu'ils sont les moyens universaux dtl sahu. Que Dieu doive ~/:t'e reconnu pour que chez quelqu'un il y ait de la Religion, et en lui quelque chose de l'ÉSlise, c'est ce qu'enseigne la Raison même dans laquelle il y a quelque spirituel i celui donc qui s'approche de la Sainte Cène, et ne reconnalt pas Dieu, la profane, car de l'œil il voit le Pain et le Vin, et de la. langue il les gollle, mais Je mental pense: • Qu'est-ce que cela, sinon des choses indifférentes' et en quoi diffèrent-elles de celles qui sont sur ma table? cependant je fais la cène p'our ne pa$ être inculpé d'infamie comme alhée par le sacerdoce, et par suile par le vulgaire .• Qu'après la reconnaissance de Dieu, la Charité sOllle second moyen qui fait que quelqu'un s'approche dignement, on le voit, tant d'après la Parole que d'après les Prières lues dans tout]o Ilonde Chrétien avant qu'on s'approche de la Sainte Cène; o'APDJl:S LA. PAROLE, en ce que. le premier commandement et le premier précepte, c'est fi aimer Dieu par-dessus toutes choses et le P"Ochain comme soi-m~me• • - Matlh, XXII. 84 à 39. Luc, X. 23

-LA. VRAIE à !8; - puis. dans Paul: cc Il 'II a trois choses qui contri6uent au salut, et la plus grande des. trois est la Charité. D -1 Cor. lm. 13 ; - et aussi d'après ces passases: • Nous savons que les pécheurs, Dieu ne les écoute point, mais si quelqu'u honore Dieu et fait sa volonté ü l'écoute . • - Jean. IX. st. - " Tout arbre qui ne produit pas un fruit /Jon est coupé, et dans le leu. il est jeté• • - !laÏlh. VII. t9, iO. Luc, m. 8, 9. - D'APRtSLES
PRItRES LUIS BAIIS TOUT LB MONDE CUBiTIEN AVANT QU'ON S'AP-

!86

SAINTE CtNE: Dans ces prières 'on est partout sérieusement averti d'être dans la charité par ]a réconciliation et par la pénitence; je transcrirai seulement ces paroles 'de la Prière lue devant les communiants en Anlleterre: Ct Voici la voie et le » moyen de participer disnementl la Sain~e Cène: D'abord, que » chacun examine les actions et les habitudes de sa vie selon la • rèsle des commandements de Dieu; el quelles que soient celles JI dans lesquelles il découvre qU'li a failli par volonté. par parole • ou par actic:m. qu'il déplore sa nature vicieuse. et qu'il s'en con» fesse devant Dieu Tout-Puissant, avec la ferme résolution d'a• mender sa vie; et s'il découvr~ que sés offenses sont noo-sluleJI ment contre Dieu, mais aussi contre ]e prochain, alors qu'il » se réconcilie avec lui, et qu'il s'oit prompt à lui faire restitution » et satisfaction. selon touLSon pouvoir, pour les injustices et les JI maux qu'il lui aura faits; et qu'il soit ésalemenL prompt à remet• tre aull' autres leurs offenses, comme il veut que ses offenses soient JI remises par Dieu; autrement, la réception de la Sainte Commu• nion Ile ferait qu'agsraver sa condamnaLion. En conséquence, u si quelqu'un d'entre vous est un blasphémateur de Dieu, médi• sant et se moquant de sa Parole. ou s'il est coupable de malice, III d'envie ou de quelque autre énorme crime, qu'il fasse pénitence JI de ses péchés; sinon. qu'il n'approche point de la Sainte Com" munion, autrement, après l'avoir reçue. le diable entrera en D lui, comme il est entré dans Judas, eL il le remplira de toute JI iniquité. et détruira et son corps et son àme.» Que la Foi au Seigneur soit le troisième moyen de tirer de dignes fruits de la Sainte Cène, c'est parce que la charité et la foi foDt un, comme dans la saison du printemps la chaleur et la lumière par]a conjonction desquelles renalt tout arbre; de même par la chaleur
PROCHE DE LA

r

RELIGION CHRIÏ:TIENNE. 287 spirituelle. qui est la charité, et par la lumière spirituelle. qui est la vérité de la foi. tout homme vit. Que la foi au Seisneur produill8 eet eft'et. on le voit par ces passaies: cc Quiconque croit en Moi ne mourra point pour r éternilé. mail il vivra . • - lean. XI. IS, '6. - • C'est la volonté du Père. que quiconque croit au Fils mt la vie éternelle . • ...,.. lean. YI. ",o. - cc Dieu a tellementdimé le Monde, que son Fils unique-engendré il li donné, afin que quiconque croit en LIa ait la vie élemelle . • -lean. III. ~ S, t6,
- « Celui qui croit au Fils a la vIe élernelle; or, celui qui ne aoit pas au Fils ne verra point la vie. mais la colère de Dieu demeure sur llli. • - lean, III. 36. - " J.Vous sommes dans la tJérité dans le Fils de Dieu Jésus-Christ, Lui est le vrai Dieu et la vie étemelle • • - Hean. V. 10, !l. 713. Que l'homme soit régénéré par ces trois universaul. Dieu, la Charité et la Foi, comme un, et que l'homlDe, s'il n'est pas ré-

,énéré, ne puisse venir dans le Ciel, c'est ce qui a élé montré dans le Chapitre sur LA R!FORMATION ET LA. REGENERATION; c'est pourquoi le Seigneur ne J'leut pas ouvrir le Ciel à d'autres qu'aux régénérés, et ne peut pas après la mort n"turelle y en introduire d'autres. Par les Résénérés, qui s'approchent dignement, sont entendus ceUI qui sont intérieurement dans ces trois Essentiels de l'Église et du Ciel, mais non ceul qui y sont seulement extérieurement, car ceux-ci confessent le SeiGneur non de l'âme mais de la lanlue seulement, et ils exercent la charité à ngard du prochain non de cœur mais de corps seulement j de tels hommes sont tous des ouvriers d'iniquité" selon ces paroles du Seigneur: .Hors
vous commencerez d dire: Seigneur, nous" avmls mmzgé devant Toi. et nous avmls lm i mais je vous dirai: Je ne sail fi' où l'oua ~tes i retirez·vous de Moi, vous tous, ouvriers d'iniquilé. D Luc, XIII. !6, 27.

724. Ces choses, comme les précédeutes, peuvent être illustrées J'lar diverses comparaisons qui sont concordantes, et qui . aussi sont correspondantes j par exemple: On n'admet l la Table d'un Empereur et d'un Roi que ceux qui sont dans des fonctions et des diinités hOl!orables i et ceux·ci, avant de s'y présenter, prennent un habillement décent, et se décorent de leurs insignes. afin d'être accueillis et reçus favorablement j que ne doit·ce pas

-------LA. VRA.IE ~être pour la Table du Sei~neur, qui est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, - Apoco XVII, i"" - l laquelle tous ont été appelés et invités r mais ceux-là seuls qui sont spiriruellement dignes et dans un habillement honorable sont admis, après s'être levés de table, dans les palaiK du ciel et dans les joies qu'on y goûte, et sont honorés comme I,rinces, parce qu'ils sont les fils du Très-Grand Roi; et ensuite ils so'n t chaque jour il table avec Abraham, Lo;aac el Jacob, - Mauh. VlIl, {t, par lesquels il ~t entendu l, Seigneur quant au DiviD C~leste, quant au Divin Spirituel et quant au Divin Naturel. Ces mêmes choses peuvent aussi être comparées à des Noces sur la terre, auxquelles sont seulement invités les pareurs, les alliés et les amis du fiancé et de la fiancée; si un autre entre, il est admis, à la vérité, mais comme il n'y a pas pour lui une place il la table, il se relire; il en est de même do ceux qui ont été appelés a1l1 ·noces du Seignenr comme Fiancé et de l'Église comme Fiancée, parmi lesquels sont comme parents, alliés et amis, ceUl qni tiennent leur titre du Seigneur par la résénération. En outre, dans le llonde, qui est-ce qui est initié dans l'amitié d'un autre, sinon ctllui qui d'un cœur sincère met sa con6ance en lui, et fait.sa 'volonté, celui-ci, et non pas d'autres, l'ami le compte parmi les siens, et il lui confie ses biens!

288

Ceux qui approchent dignement de la Sainte Cène sont dans le Seigneur et le Seigneur est en eux, par cO,lSéquent par la Sainte Cène se fait la conjonction avec le Seigneur . • 7!3. Que ceux-là s'approchent di~nement de la Sainte Cène, qui sont dans la foi au Seigneur et dans la charité il l'égard du' prochain, et que les vérirés de la foi fassent la présence du Seigneur, ~t les biens de la cllarilé avec la foi, la conjonction, c'est ce qui a été démontré ci-dessus dans plusieHrs Chapitres: de là résulle que celll qui s'approcllent dignement de la Sainte Cèli& sont conjoints au Seigneur, et que ceux qui Ollt été conjoints au Seigneur sont en r.ui et Lui en ellx; que cela arrive à ceux qui .s'approchent dignement, c'ost ce que le Seigneur Mclare LuiMême dans Jean, en ces lermes: '1 Celui gui mtU'!!le ma Chair et

1

\

289 RELlGlOlf CHUTJENNE. /Joit mon Sang, en Moi demeure, et Moi en lui. • - VI. 36; que ce soit 'là la conjonction avec le Seigneur, il l'enseigne aussi ailleurs dans le Même: «Demeurez en Moi, et Moi en vous; celui qui demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là porte du fruit 6ealJ.oo coup • • - xv . .l, li i et Apoc. III, ~o. - La Conjonction avec le ~igneur, qu'est-ce autre cbose, sillon d'être parmi ceux qui sont dans son Corps! et son Corps, ceux là le font, qui croient en Lui et font sa Volonté; sa Volonté est l'exercice de la charité selon les vrais de la foi. 7!6. Si l'on ne peut, sans la cOlljoncLion avec le Seigneur, avoir la Vie éternelle el le salut, c'est pàr!}e que le Seigneur est l'une et l'aut"re i qu'il soit la VIE aTERNBLLE, on le voiL clairement par des passage.q de la Parole i et par celul-ci dans Jean: • Jésus-Christ est le Vrai Dieu et la Vie éternelle - 1 Jean, V. 'if. - Qu'il soit Id SALUT, c'est parce que le salut eL la vie éternelle sont un i son Nom JÉSUS signifie aussi Salut, et par suite dans tontle Mondr. Chré· tien il est nOJlJmé le SAUVEUR. Alais néanmoins ceux-là seuls s'approchent dignement de la Sainte Cène, qui ont été intérieurement conjoints au Seigneur, et au Seigneur out été iutérieüremenL conjoints ceux-là qui ont été régénérés i mais qui sont ceux qui ont été régénérés? oela a été montré dans le Chapitre sur LA RËFOBMATION BT LA RÉGKNKRATION. En outre, il y en a beaucoup qui confessent le Seigneur, et qui font du bien au prochain i mais s'ils De font pas cela 'd'après l'amour ~ l'égard du prochain et d'après la foi au Seigneur, ils ne sont pas régénérés, car ils font du bien au prochain seulement pour des causes qui concernent le monde et eux-mêmes, el non le prochain comme prochain; leurs œuvres sont des œuvres purement naturelles, qui intérieureinent en elles De renferment rien de spirituel, car ils confesseut le Seigneur seulement de la bouche et des lè\'rcs, el leur cœur en est bien éloi«n6: l'amour même à l'égard du prochain et la foi même viennent du Seigneur Seul, ct sonL donnés l'un et l'autre à l'homme; quand celui-ci d'apr~s son libre arbitre fait naturellement du bien au prochain, croit rationnellement les vérités, et porte ses regards vers le Seignqur, et qu'il fait ces trois· choses parce qu'elles ont été commandées dans la Parole, alors le SeiBneur implante au milieu de lui la chariLé 8t la foi, et les rend
li.

t9

......

290

LA VRAIE

]'une et l'autre spirituelles: c'est ainsi que le Seigneur se conjoint l l'homme, et que l'bommlS se conjoint au Seigneur, car il ,n'y a point de conjonction, 1 moins qu'elle ne soit faite réciproquement. Mais . ce sujet a éL6 pleinement expliqué dans les Chapitres sur LA CHAIIITt El' LA FOI, sur LI LIBRE ARBITRE, et lur LA RtGtNERATIOK. 717. Oue dans le Monde les conjonctions et les consociations se fassent par des invitations l table et par des festins, cela est connu; car par la celui qui invile a quelque intention dirigée vers quelque fin concernant l'accord ou l'amitié; l bien pilAS forte raison les invitations Ilui ont pour fin les choses spiriluelles: les Repas dans les Anciennes Églises éLaient des repas de la charitll, pareillement dans la primitive Église Chrétienne: daus cell re(l·as, ils se fortifiaient les uns les au Lres, afin de rester d'un cœur sincère dans le culle du Seigneur. Les banquets que les IiIs d'Israël faisaient près du Tabernacle avec les restes des sacrifices ne si811ifiaient pas auu'e chose que l'unanimité dans le culLe de Jéhovah i c'est pourquoi la Chair qu'ils mangeaient était appelée sainte, Jérém. XI. US. Bagg. Il. li, et ailleurs en beaucoup d'endroits, parce (IU'elle provenait du sacriflae; que n'en doit-il pas être du Pain et du Vin, et de la Chair Pascale sur la Cène du Seigneur, qui s'est off"rt en sacrifice pour les péchés du Monde entier! En outre. la conjonction avec le Seigneur par la Sainte Cène peut être illustrée par la conjonction des familles provenant d'un même Père; de ce père descendent des consanguins; puis, en ordre, des parents 1 divers degrés, et tous tireat quelque chose de la souche première, non pas cependant qu'ils tirent ainsi la Chair et le Sang, mais ils tirent quelque chose d'après la chair et le Slng, ainsi l'Ame et par suite l'inclination à des choses semblables par lesquelles ils ont lité conjoints; la conjonction elle-même se fait même voir communément dans les faces et aussi dans les mœurs, et de là ils sont appelés une même Chair, comme Gen. XXIX. U. XXXVII. 27. II Sam. V. i. XIX. n, n, et ailleurs. Il en est même de la conjonction avec ]e Seigneur, qui est le Père de lous les fidèles et bienbeureux; la conjonction avec Lui sc fait "ar l'amour eL la foi. par la réception desquels ils sont nommés une même Chair; c"est dtll1l. qu'lI adit: u Celui qui mange ma Chair ethoitmonSang, en Moi demetlre, et Moi en lui, " Qui ne voil que ce n'est ni le

r
RELIGION CHMTIENNE. 291 Pain ni le Vin qui font cela, mais que c'est le bien de l'amour qui est entendu par le Pain, et le vrai de la Coi qui est entendu par le 'Vin, lesquels sont les propres dn Seipeur, el procèdent de Loi Seul et sont communiqués par Lui Seul; tonle conjonction aussi ., fait par l'amour, et l'amour n'est point l'amour sans la confiance. Que ceux qui croient que le Pain est la Cbair et que le Vin ~st le SlnS', et qui De peuvent pas élever leur pensée au-dei., restent dans ceLte croyance, mais non autrement qu'en ce que ~'est une cbose très-sainte, qui est un conjonctif avec.le SeiS'neur, laquelle est attribuée et appropriée l l'bomme comme étant l lui, quoiqu'elle demeure continuellement la cbose'du Seigneur.
La Saintt Cène tlt pour Ctu:c 9ui s'en approchent dignemtllt, COmtM une marqut et un ICtau qu'ils sont leI fils tU Ditu.
n8, Si la Sainte Cène, pour ceUI qui s'en alll'roëbent di8nement, est comme unIS marque et un sceau qu'ils sont les fils de Dieu, c'est parce que, comme il a été dit ci-dessus, le Seigneur est alors présent, et admet dans le ciel ceUI qui sont né!! de Lui, c'est-A-dire, régénérés: si la Sainte Cène opère cela, c'est parce que le Seigneur alors est présent aussi quant l son Humain, car il a élé montré ci-dessus que dans la Sainte Cène il y a présent et le Sei,neur tout entier et sa Rédemption tout entière ;. car au sujet du Pain il dit: Ceci est mon Corps; et au sujet du Vin: Ceci est mon Sang; par consiquent il les admet alors dans son Corps, et le Ciel et l'Église font son Corps. Quand l'homme est régénéré, le Seisneur est présent, il est vrai, et par sa Divine opération il prépare l'bomme pour le Ciel, mais pour qu'en actualité il entre, l'bomme doit en actualité.58 présenter au Seigneur; et comme le SeiGneur se présente en actualité Al'homme, l'homme doit en actualité Le rece\·oir, non cependant comme suspendu Ala croix, mais comme il est dans son Humain Blorifié, dan& Lequel il est présent, et le Corps de cet Humain est le Divin Bien, et le Sang est le Divin Vrai; ce Bien et ce Vrai sont donnés ll'bomme, el par eux l'homme est régénéré, el il est dans le Seigneur et le Seigneur est dans lui; car, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, la manduca-

LA 'VRAIE Lion qui a lieu dari! 1:1. Sainte Cène est une manducation spirituelle. Ces choses ,hant bien perçues, on voit que la Sainte Cène est comme une marque et un sceau que ceux. qui s'en approchenl disnement sont les fils de Dieu. '7919. Mais ceux qui décèdent dans le premier 00 dans le second Age de l'enCance, et ainsi n'aneigne pas l"ge où l'on peut s'approcher dignement de la Sain le Cène, sont inlroduits par le SeiIneur au moyen du Baptême; car, ainsi qu'il a été montré dans le Chapilre du Baptême, le Baptdme est fintroduction dans fÉglise Chrétienll.6, et en mdme temps finsertion parmi les Chréliens dans le Monde spirituel; et là l'ÉGlise .,t le Ciel sont un,

292

c'est pourquoi l~ pour eux: l'introduction dans l'Eglise est aussi l'inlToduction dans le Ciel; et eux, éLanl élevés sous l'auspice du Seigneur, sont ré~énérés de plus en plus, el deviennent ses 615; en effel, ils ne connaissent pas d'autre Père. Quant aux pelits enfanls el aux en ran lOI , nés hors de l'Eslise Chrétienne, ils lIont, par un autre moyen que par le Baptême, introduits dans le Ciel désiIné à leur Religion, après la réception de la foi au Seigneur, mais ils ne sont point mêlés avec ceux qui sont dans le Ciel Chrétien. n n'y a, en efdt, aUCUDe nalion sur tout le Globe qui ne puisse être sauvée, si elle reconnait Dieu et vit bien; car le Seigneur 1 racheté tous les hommes, et l'homme est né 81)irilllel, ce qui lui 'procure la Cacullé de recevoir le don de la rédemption. Ceux qui reçoivent le Seigneur, c'est-à-dire, ceux qui ont la foi en Lui et ne aont pas dans les maux de la vie, sont appelés FILS DE DIEU, et NÉS DE DIEU, - Jean, 1. {2, 13. XI. 52; - puis FILS DU ROYAUME, - Manh. XIII. 38; - et aussi BERITIERS, - ItJaub. XIX. 29. XXV. U. - Les DISCIPLES DU SEIGNEUR sont aussi appelés FILS, - MaUlt. XIII. 33; - et en outro Tous LES ANGES, Job, 1. 6.
1

n. {.

'l30. II en est de la Saiote Cène comme d'une Alliance qui, après les conventions arrêtées, est contracl~e el enfin scellée d'un sceau. Que le Sang du Seignedr soit l'Alliance, Lui-lUème l'enseigne, car il dit, lorsqu'il prit la coupe et .la donna: ft Buvez-en

tous, ceci est mon Sang, celui du Nouveau Testament.» lIaLlh. XXVI. 28. Marc, XIV. 24. Luc, XXII. 20. - Le Nouveau Testament est la Nouvelle Alliance i c'est pourquoi la Parole écrite,

RELIGION CHRETIENNE • • ,ant l'aY~llement du Seigneur, par les Prophètes est appelée l'Ancien Testament ou l'Ancienne Alliance, et la Parole écrite, après son av~nement, par les Évangélistes et les Apôtres, le Nouveau Testament ou la Nouvelle Alliance: que le Divin Vrai de la Parole soit entendu par le Sang et pareillement par le Vin dans la Sainte Cène, on le voil ci-dessU!I, Art. Il. N°' 706, 70.8 : et la Parole est l'Alliance même que le Seigneur a contractée avec l'homme, et . l'homme avec le Seigneur, car le Seigneur est descendu comme Parole, c'est-à-dire, comme Divin Vrai; et puisque ce Vrai est son Sang, c'est pour. cela que le Sang dans l'Église lsra~lile, qui était représentative de l'Église Chrétienne, a été appelée le SANG DB. L'ALLIANCE, - Exod. XXIV. 7, 8. Zach. IX. U; - et que LE SEIGNBU"R a été appelé l'ALLIANCB DU PEUPLE, - Ésaïe, XLII. 6. XLIX. 8. Jérém. XXXI. Si l 3.1. Ps. CXI. 9. - Qu'il doive y avoir absolument une marque, pour qu'il y ait un" certitude, et que eeUe marque soit placée l la suite des actes délibérés, c'est aussi. selon l'ordre dans le Monde: Qu'est-ce qu'une donation ou un testament sans signature! Qu'est-ce qu'un jugement sans la sentence mise au-dessous pou... que le jugement soit exécuté! Qu'estce qu'une administration élninentG dans un Royaume sans un diplôme r Qu'est-ce que la promotion à un office sans la confirma1ion! Qu'est-ce que la possession d'une maison sans l'acte de venie, ou sans UDe convention avec le propriélaire! Qu'est-ce que la progression vers quelque fin, ou la course vers quelque but, et ainsi vers un l'rix, s'il n'y a pas quelque fin ou quelque but où le priE sen remporté, et si le MaBistrat n'a pas en quelque manière as.liuré sa promesse! Mais ces comparaisons n'ont été kjoulées que po~r illustration, afin qu'il soit perçu aussi par l'homme simple, que la Sainte Cène est comme la marque, le sceau, le cachet. et le témoignage du leBs même devant les anges, qu'on est fils de Dieu, et en outre comme la clef de la maison dans le Ciel, où l'on habitera éternellement.

. 7Si. Un jour je vis SOIIS le Ciel Oriental un Anie qui volaU, .ayant dans la main et l la bouche une trompette, et il en sonna "Vers le Septentrion, vers l'Occident et vers le llidi: il était vêlu d'une chlamyde, qui par le vol tlottait en arri~re, et il était ceint

..

L

LA. Vl\AlE d'une écharpe qui lançait comme de la flamme et de la lumière par des escarboucles et les saphirs; il volait le corps penché, et descendait lentement vers la terre près de l'endroit où j'étais: dès qu'il eut touché .la terre, se tenant droit sur ses pieds, il allait çà et là, et alors m'ayant vu, il diri~ea sa marche vers moi; j'étais cn esprit, et, dans cet état, je me tenais sur une colline dans la Plage méridionale; et quand il fut près de moi, je lui adressai la parole, en disant: li Qu'y a-t-il donc maintenant r j'ai entendu le son de la trompette, et je t'ai vu descendre l travers les airs. • L' An~e répondit: • J'ai ét6 envoyé pour convoquer les plus célèbres en érudition, les plus perspicaces en génie, et les plus éminents ell réputation de Ragesse, qui, sortis des l\oyaumes du Monde Chrétien, sont sur toute l'étendue de cette terre, afin qu'ils s'assemblent lur celle Collioe op. tu es, .et qu'ils déclarent du fond du cœur ce que dans le Moude ils ont pensé, compris et goQté a1.l .su{ jet de la JOIE CtLBSTE, et de la FtLICITt ÉTERNELLE. Le motif de ma mission a été· celui·ci: Quelques nouveaux venus du Monde, ayant été admis dans notre Société Céleste, qui est l l'Orient, ont rapporté que, dans tout le Monde 'Chrétien, il n'y a pas même u~ seul homme qui sacbe ce que è'est que la Joie Céleste et la Félicité Eternelle, ni par conséquent ce que c'est que le Ciel. Iles. frères et consociés en ont été extrêmement surpris, et ils m'ont dit: Descends, appel. et convoque les plus sages dans le Monde des esprits, où sont d'abord rassemblés tous les Mortels après leur sortie du Monde naturel, afin que d'après ce qui sorfira de la bouche d'un grand nombre de sages nous soyons certains si c'est une vérité qu'il y ait chez les Chrétiens une telle obscurit6 ou une telle ignorance ténébreuse sur la vie future. D E.t il dit: • Attends un peu, et tu verres des cohortes de sages qni se rendent ici; le Seigneur préparera pour eux une Salle d'assemblée. » J'attendis; et voici, .près une demi-bèure. ·je vis deux compagnle~ venant du Septentrion, deux de l'Occident, el deul du Midi, et l ,mesure qu'elles arrivaient. elles étaient introduites par l'AnBe de la trompette dans la Salle préparêe ; et l~, .Iles prenaient les places. qui leur étaient désignées selon· les plages. li y avait sil Troupes 011 Cohortes i il en était vonl,l de l'Orient une leplième qui, l cauSlt de sa lumière, n'~tait P=-Ii vue par les auires, Quand eUes furent

!91

f

RELIGION ClIRÉTIENNE • rélnies. l'Ange exposa le motif de la convocation, el demanda que , les Cobortes, selon l'eur Fang, manifestassent leur sage..~ sur le sujet de la JoIS CtLISTS' et de la FtLICITi ÉTERNELLE; et alors chaque Coborle se forma en cercle, les faces tournées vers les faces. pour se rappeler ce sujet d'après les idées prises dans le Monde précédent, et maintenant l'examioer, et après examen et délihération déclarer son sentiment. 7St. Après la délibération, la PnEIIli:RB COUORTE, qui était du Septentrion, dit:. La Joie'Céleste el la Félicité élernelle sont UD avec la vie même du Ciel; c'esl pourquoi, quiconque enlre dans 1& Ciel, entre quant lia vie dans les réjouissances du' Ciel~ absolument de même que celui qui entre dans une salle de noces, entre dans. les réjouissances qui s'y font; le Ciel, devant notre vue, n'est-il" pas lu·dessus de nous, ainsi dans un lieu f el c'est là. et non ailleurs, qu'il y a bonheur sur bonheur, et voluptés sur voluptés; l'homme e&t introduit dans ces délices quant ltoute perception du. mental, et quant l toute sensation du corps, d'après la plénitude des joies de ce lieu, quand il est introduit dans le Ciel: la félicil~ céleste, qui aussi est éternelle, n'est donc autre chose, que l'admission dans le Ciel, et l'admission d'après la GrAce Divine.• Après. que Ja Premièr~ Cohorte eut ainsi parlé, la SECONDS du Septentrion tira de sa sa~esse ce sentiment: • La Joie Céleste et la Félicité éternelle ne sont autre chose que des Réunions très·joyeuses lVec les Anges et des Conversations très-agréables avec eux, d'après lesquelles les visages toujours épanouis sont tenus dans l'al:" lésresse, et toutes les boucbes dans des ris gracieux excités par des paroles asréab10s et des p'ropos joyeux; et que pourraient être les joies célestes. sinon les variétés de ces plaisirs pendant }'éter, nité f • La TaolsltME COHORTE, qui était la Première des sages de ta Plage ocoidentale s'exprima ainsi d'après les pensées de ses affections: • Qu'est-ce que la Joie Céleste et la Félicité éternelle, sinon des Banquets avec, Abraham, Isaac et Jacob, sur les lables dequels seront des Mets délicats et recherchés, et des Vins généIIIUI et fllOellenls; et, après les repas, des Jeu% et des Chœ'urs de' jeunes vierses et d-e jeunes hO'mlDes dansant aux sons de symphomes et de tllltes, entrecoupés par des chants mélodieux de cantiques j et enfin, le soir, des représentations théltrales ; et, après ces

.

,

-,

LA. VRAIB ",présentations, de nouveau des ",pas, et ainsi chaque jour durant l'éternUé .• Puis, la QUATIU~lIB COHORTB, qui élait la Seconde de la plase Occidentale, énonça SOD senliment, en disant: • Nous. noas avons care;lsé plusieurs idées au sujet de la Joie Céleste et de la Félicité éternelle, et nous avons explor6 diverses Joies et les avons comparées entre elles, et nous avons conolu que les Joies Célestes sont des Joies Paradisiaques; le Ciel esl-i1 autre chose qu'un Paradis. qui s·étend de l'Orient à l'Occident et du Midi au Septentrion, et ob sont des arbres fruiLiers et des fleurs délloieuses! Au milieu de ces arbres et de ces fleurs IStl'Arbre macnifique de la vie. autour duquel seront usis les bienheureux. se nourrissant de fruits d'une saveur délicate, et ornés de guirlandes de fleurs de l'odeur ta plus suave; ces arbres et ces fleurs sous l'intluence d'un printemps perpétuel naissent et renaissent chaque jour avec une nriélé infinie; et par celle naissance et celte floraison perpétuell85. et en même temps par celle température éternellement printanière. les esprits (anima) continuellement renouvelés ne peuvent qu'aspirer et respirer des Joies chaque jour nouvelles, et ainsi ",ntrer dans la Oeur de l'Age, et par là dans l'état primitir. dans lequel ~dam et son épouse ont été créés. et par conséquent être replacés dans leur Paradis. transféré de la terre au Ciel •• J.a CINQUltJlB CORORTB, qui élait la Première des plus perspicaces en génie de la Plage méridioDnale, s'exprima ainsI: • Les Joies CéJe.lltes et la Félicité éternelle ne sont autre chose que des Dominations sur-éminentes et des Trésors immenses. et par 'suite une masnificence plus que royale. et une splendeur au-dessus de tout éclat: que les Joies du Ciel. el la jouissance continuelle de ces joies. qui est la félicité éternelle. soient telles. c'est ce que noui avons vu clairement d'après ceut qui, dans le Monde précédent. ont joui de ces avantages; at, en outre, en ce que les bienheureux dans le Ciel doivent régner nec le Seigneur, et être rois et princes, parce qu'ils sont fils de Celui qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, et en ce qu'ils seront assis sur des trOnes. et que 'es Anses les 88"iront. Nous avons vu clairement la mapificenC8 do Ciel, en ce que la Nouvelle Jérusalem, par laquelle est décrite la ,Ioire du Ciel, aura des Porles dont cbaollne sera une Perle. et des Places d'or pur, et une Muraille dont le fondement sera de

296

r

RELIGION CBRItTIENNE. 297 pierres précieuses i que par conséquent quiconque a été reçu dana le Ciel a un Palais resplendissant d'or et de cboses d'un grand pril. et que la Domination J passe successivement et en ordre.de l'un l l'autre: et COlDme DOUS savous que dans de semblables eh oses il J a des joies innées et une félicité inhérente, et-qu'ell81 sont d'irréfrapbles promesses de Dieu, nous n'avons pu tirer d'autre part l'état le plus beureux de la vie céleste•• Après ceLle Cohorte, la SIXltlE, qui était la Seconde de la Plage méridionale. éleva la vOÏl, et dit: • La Joie du Ciel et la Félicité éLernelle ne sont autre chose qu'une. perpétuelle Glorification de Dieu, une Fête qui dure 4Lernellement, et un culte de grande béatiLude aveo chant et cris de joie; et ainsi uoe constante élévation du cœur urs Dieu, a\'ec pleine confian~ de l'acceptation des prières et des 10uaoGOI pour cette Divin'e munificence de béatitude. D Quelquesuos de" cette Cohorte ajoutèrent que ceUe Glorification se fera aveo de magnifiques illllminations, de très-suaves parfums, et de pompeuses processions, à la tête desqueJles marchera, avec une grande Trompette, le souverain Pontife, suivi des Primats et Porte-masses, ,rands et petits, et derrière eUI des Hommes portan t des palmes, et des Femmes ayant des statueUes d'or dans les mains. 733. La SEI'TIEIIIE COHORTE qui, ~ cause de sa lumière, n'était pas vue par les autres, était de l'Orient du Ciel; elle se composait d'Ansos de la même Sooiété, d'où était l'Ange de la trompette: ayant appris dans leur Ciel que, dans le Monde Chrétien. il n'y avait pas même un seul homme qui sllt ce que c'est que la Joie do Ciel et de la Félicité éternelle, ces anges s'él:lient dit enLre eul.: • eela ne peut pas êLre la vérité,· il est impossible qu'il y ail chez les Cbrétiens une si grande obscurité, et un tel ensourdissement des mentais ; de~cendons aussi nous-mêmes, et sachons si c'est la vérité, el si c'ostla vérité, certes c'est nn· prodige.• Alors ces Angea dirent l l'Ange de la trompette: • Tu sais que tout homme qui a d.ésiré le Ciel, et a pensé quelque chose de positif au sujet des joies du Ciel, est introduit allrès la mort dans les joies de son im,lination; et qu'après qu'il a appris par expérience quelles sont ces joios, c'est·l-dire qu'elles sont selon les vaines idées de SOD menLal, et selon les délires de sa phantlisie, il en est déLourné et est instruit j c'ost ce qui arrive dans le Monde des Espril8 A la plu-

zq

l
~
1

LA. VR:A.IE part de ceUl qui, dans la vie pF~c~d'enle, ont médité sur le Ciel, et se sont formé des idées arrêtées, au sujet des joies célestes, au point d'en avoir l, désir.• Après avoir entendu ces paroles, l' Ar.n~e de la trompette dit aUI Sil Cohertes de Sa~es du Monde Chrétien ffU'il avait convoqo~es: a Suivez-moi, et je vous introduirai daDs vos Joies. par conséquent dans le Ciel. • 734. Après qu'il ent prononc~ ces mots, l'Ange marcha eo avant; et d'abord, il fut suivi par la Cohorte de ceux qui s'étaient persuadés que les Joies Célestes étaient seulement de très-joyeuses réunions et de trè.q-a~réables conversations: l' An~e les introdui-: sit dans des Assemblées de la Plage Septentrionale, qui n'avaient }las eu, dans le monde précedent, d'autres notions au sujet des· joies du ciel. 11 , avait Il une Maison spa,cieuse dans laquelle ceux qui étaient tels avaient été réunis; cetta Maison avail plus de CiDquaBle chambres,' distinluées selon les divers lenres d'entreliens: dans les unes OD parlait de ce qu'on avait vu et entendu dans la place publique et dans les rues; dans d'autres, on tenait divers propos aimables sur le beau sexe. en 'les entrem~lant de facéties. mnltipliées au point 'de répandre I.es rill de la iallé sur tous les vilIies de l'assemblée; dans d'autres chambres, OD s'occupait des Nouvelles des Cours. des afi'nistèFes, de l'Elat politique, des différentes choses qui avaient transpiré des Conseils secrets; et 1'00 faisait des raisonnements et des conjectures sur les événements; dans d'autres. on parlait de commerce; dans d'autres de littérature; dans d·autres. de ce qui a rapport lIa Prudence civile et à la Vie morale; dans d'au-tres. des cholles ~cclésiastiques et des Sec les ; et ainsi du reste: i~ me fut donné de faire la visite dans ceHe ml'ison .. et je vis des gens qui counient de chambres en chambres. cherchant des compagnies conformes à leur affection et par conséquen~ il. leur joie; et dans les compagnies j'en vis de trois espèces; les uns haletants de parler. d'aulres désinul de questionner, et d'au~res avides d'enlendre. Il y avait quatre porles Ji la Ifaison, Ufle vers chaque plaie, et je remarquai que plusieurs quiltaienlles compaIDies, et se bâtaient pour sortir; j'en suivis quelques-uns vers la porte Orientale, et j'en vis q·uelqu:es autres assis d'un air trisle! près de ceUe porle ; et je m'approchai, eL·je leur demandai pouTqu~i ils étaient. assis ainsi tristes; eL ils ·répondirent: fi Les porLes

!98

r
RELIGION CHRÉTIENNE. 299 de cette Maison sont tenues fermêes pour ceux qui veulent sortir. et voici maintenant le troisième jour que nous y sommes entrés, et que nous y avons vécu conformément à notre désir en compa- . ,nies et en conversations, et ces entretiens continuels nous ont tellement fatigués, que nous pouvons l peine supporter d'en entendre le simple bourdonnement; c'~st pourquoi, poussés par l'ennui. DOUS 1I0US sommes reudus vers cette porte, et nous avons frappé; mais on nous a répondu: Les porles de cette Maison s'ouvrent non pour ceux qui veulent sortir. mais pour ceui qui veulent entrer; restez et jouissez des joies do Ciel. D'après ces réponses. DOUS avons conclu que nous resterons ici éternellement; de ce moment la tristesse s'est emparée de nos mentais, et maintenant noLre poitrine commence à se serrer. et l'anxiété à s'emparer de nous. al Alors l'Anse prit la parole, et leur diL: a Cet état est la mort de vos joies 'que vous avez cru être uniquement célestes, lorsque cepl1ndant elles ne sont que des accessoires des joies célestes. al Et ils dirent à l'Ange: a Qu'est-ce donc que la loie Céleste? • Et l'Ange répondit eu peu de mots: • C'est le plaisir de faire quelque chose qui soit utile l soi-même et aUI autres; et le plaisir de l'usage tire son essence de l'Amour et son existence de la Sasesse ; le plaisir de l'usage qui tient son origine de l'Amour par la Sagesse est l'Ame et la vie de touLes HIS joies célestes. Il ya dans les Cieui de très-aS1'éables Réunions. qui ésayent les mentaIs des Anges, divertissent leurs esprits (anima), réjouissent leurs cœurs, et récréent leurs corps; mais ils n'en joui$sent qu'après avoir fait des usages da us leurs fonctions et dans leurs œuvres; par là il Y a Ame et vie daus toutes leurs allégresses et dans tous leurs amuSements; mais qu'on Ote cette lme ou cette vie, les joies accessoires cessent suecessivement d'être des joies, et deviennent d'abord indifférentes. ensuite comme rien, et enfin elles ne sont que tristesse et anxiété •• Après qu'il eut parlé ainsi, la porte s'ouvrit, et ceux. qui étaient assis auprès sortirent précipitamment; et ils s'enfuirent chez eUI, chlcun à sa foncLion et à son ouvrase, et ils furent IflUlagés. 7SIS.. Ensuite l'Anse s'adressa à ceul qui s'étaient formé de la l'Oie du Ciel eL de la Félicité éternelle celte idée, que c'étaient des Banquets avec- Abraham, Isaac .et Jacob; et, après les repas, d..

LA VRAIE Jeux et des Spectacles, et de nouveau des repas, et ainsi durant l'éternité; et il leur dit: Suivez,moi, et je VOliS introduirai dans' les félicités de vos joies.» Et il les ftt entrer, à travers un bois, dans une plaine couverte d'un plancher sur laqutlile avaient été placées des tables, quinze d'un côté, el quinze de l'autre; et ils 4emandèrent: Il Pourquoi tant ~e tables' g et l'Ange répondit: • La première table est celle d'Abraham; la seconde, celle d'Isaac; la troisième, Ccelle de Jacob; et près de celles-ci sont en ordre les tables des douze Apotres ; de l'autre cOté sont autant de ta~les pour leurs Ép.ouses, les trois premières sont cell.s de Sarah épouse d'Abraham, de Rébeccah épouse d'Isaac, et de Léah et Rachel épouses de Jacob; et les douze autres celles des épouses des douze ApOtres. • Quelques instants après, toutes If'S Tables apparurent couvertes de mets, et les petits espaces, entre les plats, ornés de petites pyramides chargées de toute espèce de sucreries. Ceux qui devaient prendre parL à ce banquet éla1ent debout, autour des tables, dans J'alLente d'en voir arriver les Présidents i après quelques moments d'attebte, on les vit entrer en ordre de marche depuis Abraham jusqu'au dernier des Apôtres; et aussitôt chacun d'eu!, s'approchant de sa table, s'y plaça à la tête sur un lit i et de l~, ils dirent à ceux qui se tenaient debout alentour: cc Prenez place aussi avec nous •• Et ils prirenL place, les hommes avec ces Pères, et les femmes avec leurs épouses; et ils mangèrent et burent avec allégl'csse et avec vénération. Après le repas, ces Pères sortirent; et alors commencèrent des juux, des danses de jeunes filles et de jeunes hommes; el, après les danses, des spectaoies: les spectacles torminés, les assistants furent invités de nouveau à des Festins, mais avec ce réglement, que le premier jour ils mangeraient avec Abraham. le second avec Isaac, le troisième avec Jacob, le quatrième avec Pierre, le cinquième avec Jacqnes. le sixième avee Jean, le septième avec Paul, et avec les autres en suivalill'ordre jusqu'au quinzième jour, à partir duquelils reprendraient de nou,'eau les festins dans le même ordr6 en varianL les places, et ainsi durant l'éternité. Ensuite l'Ange convoqua 181 hommes de la Cohorte, et il leur dit: • Tous ceux qne vous avez vus aUI tables, ont été dans une pensée imaginaire semblable à Ja vÔtre .Eur les Joies du Ciel eL sur la Félicité. éternelle; et afin qu'ils
300

....

RELIGION CRR~TIENNE. 301 voient eux-mêmes les vanités de leurs idées, et qu'ils en soient déLournés, de lelles scènes de table ont été instituées, et ont été permises par le Seigneur. Les Présidents, que vous avez vus l ]a tête des tables, étaient des Vieillards jouant un rOle, la plupart d'extraction rustique, qui ayant beaucoup de barbe, et glorieux. d'une cerlaine opulence au-dessus des autres, avaient eu la phantaisie qu'ils élaient ces anciens Pères. Mais suivez-moi par les chemins qui conduisent hors de cette enceinle ... Et ils le suivirent, et ils en virent cinquante l un endroit, et cinquante l un autre, qui s'étaient iorgés de nourriture au point d'en avoir des nausées, et désiraient retourner dans l'intérieur de leurs· maisons, les uns lieurs emplois, les autres l leur commerce. et d'autres la leur ou"rage j mais un grand nombre étai~nl retenus par Jes gardes du boiR, et interrogés sur les jours de leurs repas, s'ils avaient mangé aussi aux lables de Pierre et de Paul; et on leur disait que s'ils sortaient auparavant, comme cela est contraire lia dêcence, ils en seraient couverts de honte. l\Iais la plupart répondaient:. Nous sommes l'assasiés de nos joies. les mets nous sont devenus insipides. et noIre goo.~ est dessécbé, l'estomac les dédaigne, nous ne pouvons plus y toucher; nous avons passé quelques jours et quelques nuits dans celte bombance, nOlis demandons instamment qu'on nous renvoie ... Et ayant été renvoyés, ils s'ellfuiren' baletants et l course précipitée cbacun cllez soi. Après cela. l'Ange appela les hommes de la Cohorte; et. dans la route, voici ce qu'il leur enseigna sur le Ciel: • Dans le Ciel, de même que dans le Monde, il ya des Aliments et des Boissons, il y a des Festins et des Banquets; et là, chez les principaux, il y a des Tables sur lesquelles sont servis des mets délicats, dlls choses friandes et recberchées, par lesquels les mentaIs (nnimz) sont égayés et récréés; il Y a aussi des 1eux et des Spectacles; et il y a des Concerts et des Chants; et tout cela dans la plus grande perfection; ces cb05e~ SOllt aussi des joies pour les anges, mais non une félicité, celle· ci doit être dans les joies, et par suite provenir des joies; la félicité dans Ics joies fait qu'elleR sont des joies, elle les fertilise, et les sou tient afin qu'olles ne deviennent ni communes ni fastidieuses; et celle félicité, chacun la possède d'après l'usagë dans sa fonction. Dans l'affection de la volonté de chaque Ange, il y a UDe certaine

, 302

LA VIWE veine cachée, qui attire le mentall faire quelque chose, le menlai par l~ se tranquillise et se satisfait; cette satisfaction et cette tranquillité rendent l'élat du melltal susceptible de recevoir du Sei-' ,neur l'amour de l'usage; de celle réception vient la Félicité céleste, qui est la vie de ces joies dont il a déjà été parlé. La nourriture céleste, dans son ussence, n'est pas non plus autre chose que l'amour, la sagesse et l'usage ensemble. c'est-à-dire, l'usale par la sa~esse d'après l'amour; c'est pourquoi, dans le Ciel, il est don-né à chacun une nourriture pour le corps selon l'usaie qu'il fait, somptueuse à ceul qui sont dans un usage éminent, médiocre mais d'une saveur exquise à ceul qui sont dans un usale d'un delré moyen, et vile à ceUI qui sont dans un usage vil. mais il D'en est point donné aUI paresseux, 736. L'Ange appela ensuite auprès de lui la Cohorte des prétendus sages, qui avaient placé les Joies Célestes, et la Félicité lternelle qui en résulte, dans les Dominations sur-éminentes et des Trésors immenses, et dans une magnificence plus que royale et une splendeur au-dessus de tout éclat; et cela, parce qu'il est dit dans la Parole qu'ils seront rois et princes, et qu'ils rèloeront avec le Christ éternellement et seront sems par 'les AnBes, outre plusieurs autres choses: l'Allie leur dit: • Suivez-moi, et jd vous introduirai dans vos joies. Il EL il les introduisit dans un Portique composé de Colonnes et de Pyramides: sur le devant était un Porche peu élevé par lequel il y avait entrée dans le Portique; c'est par ce porche qu'il les introduisit; et voici, ils furent vus vinlt d'un côté et vinit d'un autre, et ils attendaient. Et tout à coup apparut quelqu'un remplissant le rOle d'un Ange, et il leur diL: a Par ce PnrLique est le chemin qui conduit au Ciel; restez un peu, et préparez-vous, parce que les plus srands d'entre vous vont defenir Rois, et les moindres seront Princes .• A ces mots, auprès de chaque Colonne apparut un TrOne, et sur le trOne une chlamyde de soie, et sur la chlamyde un sceptre et une couronne; et aUllrès de chaque Pyramide apparut uo Siége élevé de trois coudées au-dessus do terre" et sur le siége une chaloe en :onneaux ,d'or. et des cordons de l'ordre équestre réunis par les bouts avec des petits cercles de diamants. Et alors on cria: • Allez, mainteDant i revêtez-vous, asseyez-vous eL attendez .• 'Et à l'instant les

RELIGION CHRËTIENNE. 303 Grands coururent aux trOnes, et les Moindres aUI siéges, et ils .1 revêtirent, et ils 18 placèrent: mais alors il apparut comme IID brouillard l'élevant des enfers; ceUI qui étaient assis sur les trônes et sur les siéges l'ayant aspiré, leur face commença. devenir bouffie, leur cœur il se BonDer, et ils furent pleins de la confiance qu'ils étaient maintenant rois et princes; ce brouillard étail l'au ... (atmosphère) de la phantaisie dont ils étaient inspirés: et tout l coup il accourut, comme venaDt du Ciel, des jeunes hommes i et ils se placèren t deux· derrière chaque trône, et un derrière chaque -siége pour servir; et alors de temps en temps un héraut criait: 41 Vous êtes des rois et des princes; attendez encore un peu, OD prépare maintenant dans le Ciel vos cours; vos courtisans vont bientôt venir avec vos gardes, et ils vous introduiront •• Us attendaient et attendaient, au poinL que leurs esprits respIraient l peine et étaient 8Icédés par leur désir. Après trois héures d'attenle, le Ciel s'ouvrit au-dtlssus de leur tête, et des Anges abaissèrent leurs ngards sur eUl, et en eurent pitié i ils leur dirent: Pourquoi ètes-voui assis ainsi comme des fous, et agissez-vous comme de. histrions! on s'est moqué de vous; et d'hommes on vous a chansés en idoles; et cela, parce que vous avez mis dans vos cœurs, que vous règneriez avec le Christ CQlOme des rois et deI' prin~, et flu'alors vous seriez servis par les Anses. Est·ce que vous avez oublié ces paroles du Seigneur: Que celu·i qui veut être grand dans le Ciel devienne serviteur! Apprenez donc ce qui est entendu par rois et princes, et par régner avec le Christ; sachez que c'est être sage et faire des usages; en effet, le Royaume du Christ, qui est le Ciel, est le Royaume dos usages i car le Seigneur aime tous les hommes, et par suite veut du bien à tous, et le bien est l'usage i etcomme le Seipeur fait les biens ou les usages médiatement par les Anges, et dans le Ilonde par les hommes, c'est pour cela qu~l ceux qui font fidèlement les usages il donne l'amour de l'usage, et la récompense de l'usage, qui est la béatitude iuterne, et celle-ci est la félicité élernelle. Il y a dans les cieux, comme dans 'l~ terres, des Dominations suréminentes et des l'ré!ors immenses, car il y a des gouvernements, et des formes de Kou\'crnement, eL par conséquent il J a de plus ~rands el de moindres pouvoirs" de plus ,randes et de moindres dignités, et ceux qui sont dans le su(C

.1

LA VRAIE prême degré des pouvoirs et des dignités ont des Palais et des Cours, qui surpassenL en magnificence et en splendeur les palais et les cours des Empereurs et des Rois sur la terre, et ils sont entourés d'honneur et de ,loire par le nombre des courtisans, des ministres et des gardes, el par les vêtemenls maBnifiquesde ceux-ci: mais ceux qui sont ainsi élevb au rang suprême sont choisis parmi ceul dout le cœur est pour le salut public, et dont les sens du corps sont seulement dans la grandeur de la masnificence Acause de l'obéissance: eL puisqu'il est du salut public que chacun soiL de quelque usase dans la société, comme corps commun, et puisque tout usage vient du Seigneur, et est tait par les angetl et par les hommes comme par eux-mêmes, il est évident- que c'est là résner avec le Seigneur. » Après avoir entendu ces paroles prononcées du Ciel, ces prétendus rois et princes descendirent des trônes et des siéBes, et jetèrent loin d'eul sceptres. couronnes et chlamydes, et le brouillard dans lequel élaiL l'atmosphère de la phantaisie s'éloisna d'eux, et ils furent enveloJlpés d'une nuée blanche où était l'atmosphère de la sagesse, qui rendit la santé l leurs mentaIs. 787. L'Ange revint ensuite. la Maison de l'assemblée des sages du Monde Chrétien, et il appela vers lui ceux qui avaient eu la foi que les Joies du Ciel el la Félicité- éternelle étaient des délices paradisiaques: il leur dit: «Suh'cz-moi, eL je vous introduirai dans le Paradis, votre Ciel, afin quc vous commenciez A jouir des béatitudes de votre félicité éternelle; et il les introduisit par une Porte élevée, construite avec un entrelaoement de branches et de rejetons d'arbres précieux: quand ils Curenl entrés, il les conduisit par des détours de plage en pla~e; c'était etl'ectivement un Paradis dans la première entrée vers le Ciel, Paradis clans leqnel sont envoyés ceux qui, dans le Monde, ont cru que le Ciel entier est un seul Paradis, parce qu'il est appelé le Paradis i et qui ont imprimé en eux celle idée, qu'après la mort il y a un complet repos sans aucun travail, et que ce repos consisterait uniqurmenL à respirer des délices, li se promener sur des roses, A se· délecter du jus le plus exquis des raisins, et Acélébrer des rôtes par des festins i el que cette vie ne peut exister que dans le Paradis Célesto. Conduits par l'Anie, ils voyaient une grande multitude tant de rieillards que

3o,

......

RELIGION CHIŒTIENNE. 305 de jeunes hommes et d'enfants, et aussi de femmes et de jeunes filles, trois par trois, et dix par dix, assis dans des lieux plantés de rosiers, tressant des guirlandes (lont ils ornaient les têtes des vieillards, les bras des jeunes hommes, et par faisceaux les poitrines des enfants: ailleurs, exprimant danll des coupes le jus des raisil15, des cerises et des sroseilles, et le burlnt avec réjouissance i ailleurs. respirant les parfums exhalés par les fruits, les fleurs· et les feuilles odoriférantes, et répandus de tous côtés; ailleurs. chantant des odes mélodieuses dont ils charmaient les oreilles de ceux qui étaient présents; ailleurs, assis près des fontaines et des eaux qui jaillissaient en prenant dil'erses formes; ailleurs, se promenant, causant et lançant de joyeux propos; ailleurs, Ile retirant dans des cabinets au milieu des jardins, pour s'y reposer sur des lits; sans pal'ler de plusieurs autres allégresses paradisiaques. Après qu'ils eurent vu tous ces sroupes, l'An2e conduisit ses compasnoDs par des circuits çà et là, et enfin fers d'autres esprils qui étaient assis ditns un très-beau bosquot de rosiers entouré d'oliviers, d'orangers et de citronniers, et qui, la tête penchée et les mains sur les joues, gémissaient et répandaient des larmes; ceux qui accompaBDaient l'Ange leur adressèrenL la paroie, ct d:rcnt : • Pourquoi êtes-vous ainsi assis l' " Et ils répondirent: • Il Ya , maintenant sept jours que nous sommes venus dans CD Parildis i quand nous sommes entrés, notre mental semblaiL être élevé daIS le Ciel et plongé dans les intimes béatitudes de ses joies; mais au hout de trois jours ces béatitudes commencèl'ent l diminuer et l s'effacer dans nos mentais, et l devenir insensiillils et par conséquent nulles; et quand nos joies imaginaires se furent ainsi évaDouies, nous avons craint la perte de tout l'agrément de notre vie, el nous sommes devenus incertains à l'égard de la félicité étcrDelle, doutant qu'il y en ait uni/); et depuis ce momenL nOlis avons erré par les allées et par les places, cbercbant la porle par laquelle nous étions entrées i mais nons avons erré en vain de circuits en circuits; et nous avons interrogé ceux que nOlis rencontrions, el quelques-uns d'eux 1I0US ont répondu qu'on ne trouve pas la porte, parce que ce jardin Paradisiaque est un vasle labyrinthe, qui est tel, que celui qui veut en sortir s'y enfonce davantage; vous ne pouvez donc, nous ont-ils dit, faire autre ..

LA. VRAIE ment que d'y rester éternellement; vous êtes maintenant dios le milieu, où toutes les délices sont concentrées.. En outre, ces esprits dirent l ceul, qui accompasnaient l'Ange: a Voill maiotenant un jour et demi que nous restons assis, et comme nous sommes sans espoir de trouver une sortie, nous nous sommes replacés dans ce bosqùet de rosiers, t't nous voyons en abondance .autour de nous des olives, des raisins. des oranges et des citrons, mais plus nous les regardons, plus se lasse la vue en voyant, 1'0dorat en odorant, et le goo.t en gollianl; voHl la cause de la tristesse, des gémissements et des larmes, dans lesquels vous nous voyez.• L'Ange dela Cohorte, ayant entendu ces paroles, leur dit: « Ce Labyrinthe Paradisiaque est véritablement une entrée du Ciel, je connais une issue, et je "ous ferai sortir .• A cea mots, ceux qui étaient assis se levèrent, et embrassèrent l'Ange, et ils le suÏ\'irent avec sa cohorte i et l'A.nge leur apprit en chemIn ce que c'est que la Joie Céleste et par suite la Félicité éternelle. cr Ce ne SOllt pas, leur dit-il, des Délices paradisiaques externes, .. moins qu'il n'y ait en même temps avec eUes des Dt'.lices paradisiaques illtenles ; les délices paradisiaques externes sont ~ulement les délièes des sens du corps, mais les délices paradisiaques internes sont les délices des aft'ections de l'âme; si celles-ci ne sont pas dans celleslA, il n'y a pas de vie céleste, parce qu'il n'y a pas d'Ame dans les délices externes; et tout délice sans son Ame correspondante languit et s'engourdit par la continuité, el plus que le travail il fatigue le mental (animus). Dans les Cieul, il y a partout des Jardins paradisiaques, et ies Antes y trouvent aussi des joies, et autant ils y placent le délice de l'Ame, autant ces joies sont pour eux des joies •• A ces mots, tous demandèrent ce que c'est que le délice de l'Ame, et d'où il vient i l'Ange répondit: «Le délicc de l'Ame l'ient de l'amour et de la Ragesse qui procèdent du Seigneur; et comme c'est l'amour qui effectue, et qu'il effectue par 1. sagesse. c'est pour cela que le siége de l'un et de l'autre est dans l'effet, et l'effet est l'usage: ce délice inOue du Seigueur dans l'Ame, et descend par les supérieurs et par les inférieurs du men lai dans tous les sens du corps, et il s'y complète i de Il la joie de\"ient joie, et eUe devient éternelle parce qu'elle procède de l'Eternel. Vous avez TU des Jardins Paradisiaq·ues, et je 'vous assure que la. il n'y a pas la

305

,

r

307 RELIGION CmTIENNE. moindre chose, pas même la plus petite feuille, qui ne provienne du mariage dl l'amour et de- "la saKesse dans l'usage; si donc l'bomme est dans ce mariaie, il est dans le Paradis Céleste, par conséquent dans le Ciel. • 738. Ensuite l'Ange conducteur revint ra la Maison vers ceux qui s'étaient fermement persuadés que la Joie Céleste et la Félicité éternelle sont une perpétuelle Glorification. de Dieu, et une Fête .qui dure toute l'éternité; et cela, parce que dans le Monde ils -Ivaient cru qu'alors ils verraient Dieu, et parce que la vie du Ciel d'après le culte de Dieu est appelée 'un Sabbath perpétuel. L'Ange leur dit: a Suivez-1IIoi, et je vous introduirai dans !otre joie .• Et il les fit entrer dafls une petite ville, au milieu de laquelle il y -Init un Temple, et dont toutes les Dlaisons étaient appelées demeures sacrées. Dans cette ville, ils virent une aIDaence d'esprits de tous les quartiers de la contrée euvironnante, et parmi eux un grand nombre de Prêtres qui recevaient les arrivants, l~s saluaient, et leur prenant les mains, les conduisaient aux portes du Temple, et de Ira dans quelques demeures sacrées autour du Temple, et les initiaient dans le culte conlinuel de Dieu, en disant i • Cette "iIle est le panis qUI mène au Ciel, et le Templl de celle ville est l'enl.rée pour le magnifique et très-vaste Temple, qui est dans le Ciel, ob Dieu est glorifié durant l'éternité par les prières et les louanGes des AnBes : les ordonnances, ici et dans le Ciel, sont, qu'il faut d'abord entrer dans le Temple, et y rester trois jours et trois nuits; et qu'après cette initiation il faut entrer dans les maisons de cetle ville, qui sont autant de demeures sanctifiées par nous~ et passer cie l'une dans l'autre; et Ua, en communion avec ceux: qui y sont rassemblés, prier, s'écrier ra haute voÏl, et réciter des oraisons: ayez bien soin de ne penser en vous-mêmes et de ne dire avec vos consociés que des' choses saintes, pieuses et religieuses. » L'Ange inlroduisit donc sa cohorte dans le Temple; il était rempli par une foule très-serrée, composée de beaucoup de gens qui dans le Monde avaient été en grande dignité, et aussi de beallcoup de l')ens:d'entre le menu peuple; et des sardes naient été placés aux portes, afin qlJ"i1 ne fllt permis à personne de sortir avant d'y être resté trois jours; et l'AnBe dit: a Il y a maintenant d-eUl jours que ceul-ci sont entrés; e13minez-les, et vous

L

LA. VRAIE verrez comment ils 5;lorilicnt Dieu. » Et ils les examinèrent. et ils. les virenL pour la plupart endormiA. et eeUI qui étaient éveillés .ne cessant de bâiller; quelques-uns ayant. par une continuelle élévation de leurs pensées vers Dieu sans aucun retour sur le corps, la face comme séparée de leur corps, car ils apparaissent ainsi à eux-mêmes et par suite aussi aux autres; d'autres ayant les yeux égarés Aforee de les Lourner conLinuellement en dessous j en un mol, ayant tous te cœur serré el l'esprit abattu par l'ennui. eL se détournant de la chaire, et criant: • Nos oreilles sont étourdies; finissez les lIermons, on n'entend plus un mot, et le son de vos voix nous de\'ient fastidieul. D Et alors ils se le\'èrent. et ils eoururent en \Dasse aux. portes, les enfoncèrent, et se jetèrent sur les gardes et les chassèrent. Les Prêtres, voyant cela, les suivirent el se mirent il cOté d'euI, prêchant et prêchant, priant, soupirant. disant: Céléhrez la Fête, glorifiez Dieu, sanctifiez-vous; dans ce parvis du Ciel, nOlis vons initierons Ala Glorification éternelle de Dieu dans le .m3ç,niliqne et très-vaste Temple qui est dans le Ciel. et ainsi à la jouissauce do la félicité éternelle. D Mais ces paroles, ils ne les comprenaient pas, et ils les entendaient à peine. à cause de l'abattement dn mental par la suspension et la ce~sation. pendant deux jours, de toule affaire domestique et publique. Toutefois. comme ils s'efforçaient d'échapper aux prêtres, les prêtres les prenaient par les bras, et aussi par les habits. les poussant vers les demeu\'es sacrées où. des sermons devaient être prêchés; mais c'était en vain, et ils criaient: a Laissez-nous, nous senLons dans le corps cOlllme UDe défaHlance. » A cet in~tant, voici. il apparut quatre Hommes vétus de blanc et avec des tiares; l'un d'eul avait été Archevêque dans le Monde, et les trois autres y avaient été É\'êqucs ; ils étaient devenus des Angel!; ils appelèrent les Prêtres; et, leur adressant la parole. ils dirent: a Nous vous nons vus du Ciel avec ces brebis. comment les paissezvous 1 VOliS les paissez jusqu'à les rendre folles; vous ne sa\'ez pas ce qui est entendu par la Glorification de Dieu; il est entendu porter des fruits de l'amour, c'est-à-dire, faire fidèlement, sincèrement et soigneusement l'œuvre de sa fonction, car cela appartient à l'amour de'Dieu et • l'amour du prochain, et cela est ,le lien de la société et le bien de la société; par là Dieu est ,Iori-

308

d

RELIGION CnIU!:TIENNE. 30st fié, et il l'est alors par le culte qu'on lui rend • des temps marqués; n'avez-vous point lu oes paroles du Seigneur: En ceci EST GLORIFIE liON PbE, que du fruit beaucoup "ous porties~ et que VOltS devenies mes disciples? - Jean, xv. 8. - Vous. Prêtres. vous pouvez être dans la glo·riflcation du Culle, parce qua o'est votre fonction, et que vous y trouvez honneur, gloire et rémunération; mais vous, néanmoins, vous ne pourriez pas être plus qu'eux dans ceUe glorification, si en même temps avec votre fonction il n'y avait pas honneur. gloire et rémunération. Il Après avoir ainsi parlé, les évêques ordonnèrent aUI gardes de la porte de laisser chacun entrer et sortir; il Y a, en effet, uDe multitude d'hommes qui n'ont pu penser. une joie CélesLe autre que le culte perpétuel de Dieu, parce qu'ils n'ont rien su de l'état du Ciel. 739. L'Ange, avec ceux qui l'avaient accompagné, revint ensuiL!! à la salle d'assemblée, d'où les cohortes de Sages ne s'étaient pas encore retirées; et l~, il appela près de lui ceux qui croyaient que la joie céleste et la fëlicité éternelle ne Ront que J'admission dans le Ciel, et l'admission d'après la grâce Divine; eL qu'alors ceux qui sont admis ont la même joie que ceux qui. dans le Monde, entrent dans les cours des Rois les jours de rt,jouissances, ou qui invités à des noces entrent dans la salle de festin. L'Ange leur dit: a Demeurez ici un peu, et je vais sonner de la trompette, et CCliX qui ont une grande réputalion de sagesse dans les choses spirituelles de l'Eglise se rendront ici.. Après .quelques heures, il apparut neuf hommes, chacun couronné de laurier en signe de sa réputation; l'Ange les in troduisit dans la salle d'asSemblée, où étaient présents tous ceux qui avaient été pr~cédemment eonvoqués Tl'Ange. adressant en leur présence Ja parole à ceux qui étaient couronnés de laurier, dit: • Je sais que, d'après votre vœu selon votre idée, il vous a été donné de monter dans le Ciel, et que vous êtes revenus sur cette terre inférieure ou slus-céleste, avec une pleine science sur l'état du Ciel; racontez donc comment vous a paru le ciel •• Et ils répondirent l'un après "autre; ct le PREMIER dit: • Hon idée sur le ciel, depuis mon enfance jusqu'A la fin de ma vie dalls le Ilonde, avait été que c'était le lieu de toutes les béatitudes, eL de tous les agréments. plaisirs, charmes et voluptés, el que si j"y étais admis, je me trou-

l

LA VRAIE verais entouré de l'atmosphère de ces félicités, et que je 'la respirerais l pleine poi'rine, comme un fiancé lorsqu'il célè bre ses Doces, et qu'il entre avec sa fiancée dans la couche nuptiale; dans celle idée, je montai' au Ciel, et je passai les prelDières gardes, et aussi les secondes, mais lorsque j'arrivai aux troisièmes, le chef des gardes m'adressa la parole, et il dit: • Qui es-tu, ami'» Elje répondis: fi! N'est~ce pas ici le Ciel' j'y suis monté d'après le vœu de mon désir; laisse-moi entrer. je te prie.• Et il mè laissa entrer; et je vis des Anges vêtus de blanc, et ils m'entouraient, et ils m'examinaient. et ils disaient tout bas: Voici un nouvel hôte qui n'a pas le vêtement du Ciel; et moi, j'entendis ces paroles, et j'eus cette pensée: Il me semble qu'il en est de moi comme de celui dont le Seigneur dit qu'il était entré au festin des noces sans un babit nuptial; et je dis: Donnez-lloi des vêtements du Ciel; mais ils se mirent l rire; et alors accourut un Ange de la Cour avec cet ordre: Mettez-le tout nu. cbas.llez-Ie, et jetez ses habits après lui; et je fus cbassé ainsi •• Le SECO:'D en ordre dit: cc Moi, j'ai cru, comme lui. que si j'étais seulement admis dans le Ciel, qui est au-dessus de ma tête, les joies m'environneraient et m'animeraient éternellement i j'obtins aussi ce que j'avais désiré; mais en mevoyantles Anges s'enfuirent, et se dirent entra eUI : Qu'est-ce que ce prodise 1 Comment cet Oiseau de nuit est-il venu ici 1 Et en effet je senlis un changement comme si je n'~tais plus homme, quoique je ne fusse pas cbaog6; cela provenait chez moi de l'attraction de l'atmospbère céleste; mais bientôt accourut un Anse de la Cour avec cet ordre, que deus: serviteurs me fissent sortir et reprendre le cbemin par lequel j'étais monté pour me ramener jusqu'à ma maison i et quand je fus l la maison, j'apparus 'aux autres et à moi-même COlDme homme.• Le TROISIEIIB dit: • L'idée du Ciel était constamment pour moi une idée du lieu et Don de l'amour; c'est pourquoi, quand je vins dans ce monde, je désirai avec une vive ardeur le Ciel. et je vis des esprits qui montaient, et je les suivis, et je fus admis, mais non au-delà de guelques pas; or. quand je voulus réjouir mon mental (animus) de l'idée des joies pt des béatitudes célesles, par la lumière du Ciel, qui était blanche comme la neige, et dont l'essence est dite ~tre la s~gesse, mon mental fut sailli de stupeur et par suite mes
310

p

8U RELIGION CBRÉ.TIENNE. ·1e111 furent couverts d'obscurité, et je comm.ençai l être insensé; .et.bientOt, par la cllaleur du Ciel, qui correspondait lIa blancheur klatante de ceUe lumièr.e, et dont l'essence est dite être l'amour, mon cœur palpitl4, l'anxiété s'empara de moi, et j'étais lourmenl' par une douleur intérieure, et je me jetai l~ par terre étendu.sl.lr le dos; et pendant que j'étais ainsi couché, un iarde vint de la .Cour avec l'ordre de me faire transporter doucement dans ma lumière et dans ma chaleur; quand j'y fus rentré, mon esprit et Imon cœur me revinrent. D Le (106.TRIÈIlB dit: • Moi aussi, au sujet du· ciel, j'ai été dans l'idée du lieu et Don dans l'idée de l'amour, et dès que je fus arrivé dans le Monde spirituel, je demaudai aux sages s'il était permis de. monter dans le Ciel; ils me dirent que cela était permis l chacun, mais qu'il fallait prendre iarde d'en être chassé; cette réponse me fit rire, et je monlai, croyant, moi eomme les autres, que tous dans le Monde entier peuvent recevoir les joies du ciel dans leur plénitude; mais en eft'et dès que je fus entré, je me trouvai presque sans vie, et ne pouvant supporter la douleur et le tourment que j'éprouvais dans la têt.e et dans le corps, je me jetai par terre, et me roulai comme un serpent approché du feu, et je rampai jusqu'A un précipice et m'y élançai; et ensuite je fus relevé par ceU'1 qui étaient en bas, et porté dails une hôtellerie, où la santé me fut rendue. Les CINQ AUTRIS relcontèrent aussi les choses étonnantes qui leur étaient arrivées quand ils élQient montés dans le Ciel; et ils comparaient les chanlements d'états de leur vie avec l'état ~es poissons enlevés des ~UI dans l'air, et avec l'état des oiseaux dans l'étber; et ils dirent qu'après ces dures épreuves ils n'.avaient plus désiré le Ciel, mais seulement une vie conforme l celle de leurs semblables, en quelque lieu qu'Us fussent; ils ajoutère.nt: • Nous savons que dans Je Monde des esprits, oÏl nous sommes, tous sont d'abord préparés, les bons pour le Ciel .. et les méchants pour l'Enfer·; et que, quand ils ont été préparés, ils voient des .chemins ouver.ts pour eUI vers les Sociétés de leurs semblables, avec qui ils doivent rester durant l'éternité i et Ilu~alors ils entrent dans ces chemins avec plaisir, parce ~ue ce sont les cbemins de leur .amour. D Tous .ceUl de la premi~re Convocation entendant ces déclarations avouè:~nt aU,SSi IIU'ils n'avaie!)t pas ~Il non. pl.us d'_utre idée du Ciel

......
312 LA. VRAIE que comme d'un lieu, oh l'on savoure l pleine bouche durant l'éternité des joies dont 00 est inondé. Ensuite l'Anse de la trompeUe leur dit: • Vous voyez maintenant que les Joies du Ciel et la Félicité éternelle n'appartiennent pas au lieu, mais qu'elles appal'tiennent • l'état de la vie de l'hom~e; or, l'état de la vie céleste vient de l'amour et de la sagesse; et comme l'usage est le conteDant de l'un et de l'autre, l'état de la vie céleste vient de la conjonction (le l"amour et do la sagesse dans l'usage i c'est la même chose, si l'on dit la Charité, la Foi et la Bonne' OEuvre, car la Charité est l'Amour, la Foi est la Vérité d'oh procède la Sagesse, et la Bonne OEuvre est l'Usage : en outre, dans notre Monde Spirituel il ya des lieux comme dans le Monde naturel, autrement il D'y aurait pas d'habitations ni de demeures distinctes; toutefois, cependant, le lieu n'y est pas un lieu, mais c'est l'apparence d'un lieu selon l'état de l'amour et de la sagesse, ou de la' charité et de la foi. Quiconque devient ange porte intérieurement en soi son ciel, parce qu'il porte intérieurement en soi l'amour de son ciel; car l'homme par création est en Irès-petit l'effigie, l'imase eL le type du grand Ciel; la forme humaine n'est pas autre chose; c'est pourquoi chacun vient dans l~ société du Ciel, dont il est la forme dans une effigie singulière; c'est pour cela que, lorsqu'il entre dans celle société, il Intre dans une forme correspondante llui·même, ainsi il entre dans cette société comme de lui en llli, et il entre en lui comme d'elle en elle, et il tire la vie de celte société comme étant llui, et il lire la sienne comme étant à celte société i chaqne société est comme 'un Commun, et les Anges y sont comme des parties similaires, d'après lesquels le Commun coexiste. n résulte donc de là que ceux qui sont dans les maux et par suite dans les faux ont formé en eux une effigie de l'Enfer, et cette effigie est tourmentée dans le Ciel d'après l'intlux et la violence de l'activité de l'opposé contre l'opposé, car l'amour infernal est opposé. l'amour céleste, et par suite les plaisirs de ces deux amours combaltentl'un contre l'autre comme des ennemis, et se tuent quand ils se rencontrent. 74.0. Ces diverses épreuves étant terminées, il fut entendu dll • Ciel une voix disant à l'Ange de la trompette: • Choisis-en dix d'entre tous ceux qui ont été convoqués, et introduis-Ies auprès

1

1

RELIGION CHRÉTIENNE. 313 de nous; nous avons appris do Seigneur qu'il les préparera, aOo que la chaleur et la lumière, 00 l'amour et la sa~esse de notre Ciel, ne leur nuisent en rien pendant trois jours. D Et il en fut choisi dix, el il suivirent l'An~e; et, par un sentier incliné, ils monlèrent sur une colline, et de là sur une Monta~ne, où était le Ciel de ces Anges~ lequel leur avait d'abord apparu l une certaine distance comme une Étendue dans les nuées; et les portes s'ouvrirent pour eux; et, après qu'ils eurent passé la troisième, l'Ange introducteur courut vers le Prince de ceUe Société ou de ce Ciel. et annonça leur arrivée; et le Prin~e répondit: a Prends quelquesuns de ma garde, et annonce A ceux qoi S8 présentent que leur arrivée m'est agréable. et introduis-les dans mon Avant-Cour, et donne A chacun sa chambre et son cabinet; prends aussi quelquesuns de mes courtisans et de mes serviteurs pour leur rendre de bons offices, et les servir au moindre signe. Il Et il fut fait ainsi. liais, lorsqu'Us eurent été introduits par l'Ange, ils demandèr.ent s'il était permis d'aborder et de voir le Prince.; et l'Ange répondit: a Il est encore matin, et cela n'est pas permis avant midi; tous, jusqu'a ce moment-là, sont A leurs fonctions et • leurs ocoupations; mais vous avez été invités i diner; et alors vous serel assis à labIe a'ec notre Prince: en attendant, je vais vous introduire dans son Palais, où vous verrez des choses masnifiques et resplendissantes. » Lorsqu'ils eurent été amenés près du Palais, ils en virent d'abord les dehors; il était vaste, bAli en porphyre sur des fondements de jaspe, devant la porte Sil hautes colonnes de pierre lazuli, le toit en lames d'or, de lIautes fenêtres d'un cristal extrêmemeut transparent, leurs embrasures aussi d'or. Ensuite ils furent introduits dans l'intérieur du Palais. et conduit'J d'appartements en appartements; et ils virent des ornements d'une beauté ineffable; sur les plafonds, des décors d'une ciselure inimitable; près des murs, des tables d'arlent damasquinées d:or, sur lesquelles étaient divers ustensiles en pierres précieuses et en perles fines dans des formes célestes; et bien d'autres choses qu'aucun œil n'a vues sur la terre, et desquelles en conséquence personne n'a pli croire qu'elles fussent dans le Ciel. Comme la vue de ces objets magnifiques les jetait dans l'étonnement, l'Ange leur dit: «Ne soyez

q

3U LA VRAJK " que vous avez vvs ne sonl Di laits ni fabripas surpris; les objets qués par la main des Anges, mais ils son t cornpo~ par r Artisap de l'Univ.ers, et donnés en présent l notre Prince; c'est pourquqi ici.l'Arl archilectonique esL dans son art même, et de lui sont dérivés toutes les règles de cet art dans le Monde. JI L'Ange ajou la : • Vous pourriez présumer que de telles choses charment DOS yeult et les éblouissent au point de nous faire croire que ce sont U les joies de notre Ciel; mais comme nous ne meUons pas DOS cœurs seulement en ces pb oses, car elles sont des accessoires pour les joies de nos cœurs, il en résulte qu'autant nous les contemplons com'me des accessoires, et comme des œuvres de Dieu, autant DOUS contemplons en elles la Divine Toute-Puissance et la Divine Clémence. D 74t, Ensuite l'Anse leur dit: a Il n'esL pas encore Midi" venez avec moi dans le Jardin de notre Prince, il louche l ce Palais, » Et ils y allèrent, et dès rentrée Il leur dit: • Voici un Jardin plus magnifique que les autres jardins do cette Société Céleste. D Et ils répondIrent: • Que dis-tu? ce n'est point ici un Jardin, nous ne voyons qu'un seul Arbre, et dans ses branches et l sa cime comme des fruits d'or et comme des feuilles d'arient, et leurs bords ornés d'émeraudes; et sous cet Arbre des enfants avec leurs nourrices. Il Alors l'A nge dit d'une voix inspirée: • Cet Arbre est dans le milieu du Jardin, et il est appelé par nous l'Arbre de notre Ciel, et par quelques-uns l' Mbre de la vie. Mais avancez~ et approcbezvous, et vos yeux seront ouverts, et vous verrez le Jardin. » Et ils firent ainsi; et leurs yeux furent ouverts, eL ils voyaienL des Arilres cbuSés de fruits savoureux, entourés de ceps avec leurs pampres, dont les extrémités se pencllaienl a"ec leurs Cruits vers l'Arbre de vie qui était au milieu. Ces arbres étaient plantés en une série coRtinue, qui partait et se prolongeait en ronds ou tours conLiDUS comme ceux d'une 'hélice sans fin ;,c'était une Hélice parfaite en arl>res, dans laquelle les espèces suivaient les espèces,san:; interruption selon l'elcellence des fruits: le commencement de la formation d~ lours était séparée'de l'Arbre du milieu par un in.,ter valle considérable, et l'intervalle brillait d'un éclat de ]umi~re. par lsquelles arbres du tour ,resplendissaient d'une splendeur sud,c:essive et continuée depuis les premiers jusqu'aul. derniers; les

RELIGION CHRETIENNE. aU5 premiers de ces arbres étaient les plus excellents de tODS. aboD~mment char,és des meilleurs fruils; ils étaient appelœ arbres paradisiaques; il n'en a é16 vu nulle part, parce qu'il n'yen a pas fU et qu'il ne pouvait pas y en avoir dans les terres du Monde naturel ; Ala suite de ces arbres étaien L des oliviers, après ceux-ci des ceps de vigne, puil\ les arbres odoriférants, et enrin ceux de bois ~e construction, Çà et il, dans ceLle Hélice en arbres ou dans cette sêriCl de tours .. il y avait des Siéges, formés avec de jeunes branches d'arbres rapprocMes et entrelacées par derrière, et enrichis et orDés de leurs fruils. Dans ce rond continu d'arbres il y avait des portes qui ouvraient sur des parterres, d'où l'on passait dans des lieux de verdure distribués en bandes et en lits. CeUl qui accompagnaient l'Ange s'écriaient 8n voyant cela: «Voici le Ciel eD forme 1 de quelque cô~ que nous tournions les yeul il influe quelque céleste paradisiaque, qui est ineffable.• L'Anse, entendant ces paroles, en ressentit de la joie, et il dit: «Tous les Jardins de notre Ciel sont des Formes représentatives ou Types des béatitudes Célestes dans leurs origines i et comme l'innul. de ces béatitudes a ~Ievé vos mentaIs, vous vous êtes écri~s: Voici le Ciel en forme 1mais ceux qui ne reçoivent pas cet influx ne regardent pas ces objets paradisiaques autrement qu'ils ne regarderaient des objets champêLres ; et tous ceux-Il reçoivent l'influI, qui sont dans l'amour de l'usage; mais ceuI-I~ ne le reçoivent pas, qui sont· dans l'amour de la ~loire, er. non d'après l'usage. • Il leur expliqua ensuite et leur apprit ce que chaque objet de ce Jardin représentail et signifiait. 74!. Tandis qu'ils recev.aienl ces instructions, il vint un mcssaler de la part du Prince qui les invitai.t A manger le pain avec lui; et en. même temps deui cardes de la cour apportèrent des vêtements ·de fin lin, et ils dirent: CI Revêtez-vous-en, parce que personne n'est admis à la table du Prince, A·DJoins qu'il ne soit.eD vêtements du Ciel i et ils s'apprêtèrent, et ils accompasnèrent leur Ange, et ils furent introduits dans l'Hypèthre, cour de promenade du Pal.ais, et ils attendirenL le Prince; et là, l' An~ les mit en relation avec des Grands et des Gouverneurs qui attendaient aussi le Prince :.eL voici, après.une petite heure, les portes s'ouvrirent, et par une porte plus lar~e du cOté de l'Occidenl ils virent l'eD-

...
LA VRAIE 'rée du Prince avec l'ordre et la pompe d'un cortége: Devant lui marcbaient les Conseillers assistants, après eux les Conseillers chambellanll, et ensuite les Principaux de la cour; ao milieu de ceux-ci était le PriIlce, et après lui les courtisans de rangs divers. et enfin les sardes; lous formaient en nombre cent vingl. L'Anse se tenant debout devant les dix nouvea.ux venus, qui par leor vêtement paraissaient alors comme des commensaux, s'approcha avec eux du Prince, et les lui présenta respectueusement; le Prince. sans ralentir sa marche. leur dit: cc Venez avec moi au (lain, " Et ils le suivirent dans la Salle A manger.. et ils virent una ="l'able magnifiquement servie, et au milieu àe la table une haute Pyramide d'or avec cent rialS creux en triple rang sur leurs formes, contenant des pains sucrés et des selées de vin doux avec d'autres choses délical611 préparées avec le pain et le vin i et dll milieu de la Pyramide sortait comme une fontaine qui jaillissait avec un vin de nectar, et dont la veine se divisait au sommet de la Pyramide et remplissait les coupes. Aux côtés de celte bau le PyTamide étaient différenles formes célestes en or, sur lesquelles étaient des plats et des assiettes couverts de toute sorte de mets: les formes célestes, sur lesquelles étaient les plats et les assiettes. étaient des formes de l'art d'après la sa~esse, qui ne peuvent, dans le Monde, être tracées par aucun art, ni décrites par aucune expression: les plats et les assieLles étaient d'argent, ciselés en pareilles formes aUI bords et dans le fond, avec leurs supports; les coupes étaient de pierres précieuse:i transparen tes: tel était l'appareil de la Table, 743. Or, voici quel êtait l'habillement du Prince et de ses Ministres : Le Prince était vêtu d'une Robe longue couleur de pourpre, parsemée d'étoiles brodées couleur d'arsent; sous la robe il portait une tunique de soie brillante couleur d'byacintbe; celte tunique était ouverle sur la poitrine, où l'on voyait la partie antérieure d'une sorte de ceinture avec L'lnsi~ne de la Société; l'Insi~ne était une Aigle couvant ses petits à la cime d'un arbre; il était d'un or brillant, entouré de diamants. Les Conseillers assistants n'étaient pas vêtus autrement. mais sans cet Insigne, ID lieu duquel ils porLaient des sapbirs gravés qui pendaient à un collier d'or à leur cou. Les courtisans étaicnt en robes couleur

j

3i'l RELIGION CHRÉTIENNE. brun-clair. sur lesquelles étaient brochées des fleurs autour de petits aiglons; les tuniques sous ces robes étaient do soie couleur d'opale i de même aussi les vêtements qui couvraient les cuisses et les jambes. Tel était leur vêlement. 744. Les Conseillers assistants, les Conseillers chambellans el les Gouverneurs se tenaient debout autour de la table, et sur l'ordre du Prince ils joignirent les mains, et prononcèrent en même temps A,'oix basse une louange votive au Seigneur; et ensuite, A un signe du Prince, ils se mirent ltable sur des lils; el le Prince dit aUI dix nouveaux venus: " Mettez-vous aussi à table, vous, avec moi; voici, là sont vos places .• Et ils se mirent à lable; et des officiers de la cour, envoyés d'avance par le Prmce pour les servir, se lenaient debout derrière eux; et alors Je Prirco leur dit: «Prenez chacun une assieUe de dessus leurs ronds, el ensuite chacun un plat creux de la Pyramide. » Et ils les prirent; et voici, aussilôt de nourelles assiettes et de nouve:llIx plat-creux rurent 'Vus les remplaçant; ct leurs coupes éraient remplies du vin de la fontaine qui jaillissait de la grande Pyramide; el ils mangèrent et burent. Quand on fut à demi rassasié, le Prince adressa la Parole aux dix invités, et dit: • J'al appris que dans la terre, qui est sous ce Ciel, vous avez été convoqués pour faire connaître vos pensées sur les loios du Ciel, et sur la Félicité éternelle qu'elles procurent, el que vous les avez manifestées de diverses manières, cllacun selon les plaisirs des sens de son corps i mais que sont les plaisirs des sens du corps sans les plaisirs de l'âme r c'est l':lme qui fait qu'ils sont des plaisirs; les plaisirs de 1'4me sont en euxmêmes des béatitudes non-perceptibles, mais elle deviennent de plus en plus pcrceptibl~s selon qu'elles descendent dans les pensées du mental, et par ces pensées dans lebl sens~ioDs du corps ~ dans les l'en sées du mental, elles sont perçues comme bonheur, dans les sensations du corps comme agréments, et dans le corps même comme voluptés; les unes et les autres prises ensemble Oonslituent la Félicité éternelle; mais ceLLe Félicité qui ne résulle que des dernières seules n'est pas éternelle, c'est une félicité temporaire qui finit eL passe, et qui parfois devient infélicilé. Vous avez vu maintenent que toutes vos joies aussi sont des joies du Ciel, eL bien au-dessus de ce que vous avez jamais pu imaginer;

LA. VRAIE 318 Joais néanIDoins ces joies n'affectent pas intérieurement nos esprits (anima). Il y a trois choses qui influent comm-e UDe seule du Seigneur dans nos Ames; ces trois choses comme une seule, ou ce trine, sont l'amour, la sagesse et l'usage; toutefois, l'amour et la sagesse D'existent que d'une manière idéale, lorsqu'ils ne sont que dans l'affection et dans la pensée du mertal, mais dans l'usage ils existltnt en réalilé, parce qu'ils sont en même temps dans l'acte eL dans l'œuvre du corps; et où ils existent en réalité, Il anssi ils' subsistent; et puisque l'amour et la sagesse existent et subsistent dans l'usage, c'est l'usage qui nous atrec,te, et l'u.sage consiste l remplir 6dèlltment, sincèrement et lOigneusement les œuvres de sa fonction; l'amour de l'usage, et par suite l'application à l'usage, empêche le mental de se répandre çl et là, d'errer vaguemeut, et de se remplir de toutes les cupidités qui influent du corps et du monde par les sens avec de séduisants attraits, et par Ilsquelles les vrais de la Religion et les vrais de la Morale avec leurs biens sont dissipés l tous vents i mais l'application du mental i l'uNge contient el lie ensemble ces vrais, et dispose le men lai en une f01'1lle susceptible de recevoir la sagesse d'après ces vrais; el alors elle chasse sur l8s cOtés les jouets et les amusements des faussetés et des vanités. Mais vous en apprendrez davantage sur ce sujet avec les sagea de notre Sociélé, que j'enverrai vers vous cet après midi. D Le Prince, ayant ainsi parlé, se leva, et avec lui tous ll'.s con\'ives, et il dit: Ct Paixl. et il donna ordre • l'Ange, leur conducleur, de les ramener dans leurs appartements, et de leur rendre tous le5 honneurs de la civilité, et d'appeler aussi des hommes polis et affables pour les entretenir agréablement sur los différentes joies de celle société. 743. Quand ils furent rentrés, cet ordre fut exécuté; et ceux qui ava~ent été appelés de la ville, pour les entretenir agréablement sur les différenles joies de la Société, arrivèrent; et, après les saluts, ils eurent avec eUl a'agréahles conversations en se promenant; mais l'Ange leur conducteur dit: • Ces dix hommes ont été invités dans ce Ciel, pour en 'Voir les loies, et par"suite rece.l'oir une Douvelle idée de la Félicité éternelle; ncontez-leur donc de ses joies quelque cllose qui affecte les sens du corps;. ensuite )'iendrOllt des Sages qui. parleront de ce qui fait que ces joies de-

............
.: .

RELIGION CHRli:TIENNE. 319 viennent heureuses et propices .• A ces mots, ceur qui avaient ét6 'ppelés de la ville rapportèrent les faits qui suivent: 4· n ya ici des jours de fête indiqu6s par Je Prince, afin que les men tais (im~ ml) se remettent de Ja fatisue que l'ardeur de l'émulation aurait causé à quelques-uns; dans ~s jours il y a dans les places publiques des Concerts d'barmonie musicale et des Cbants, et bors de la ville des Jeux et des Spectacles; alors dans les Places publiques sont élevés des orchestres entourés de treillis formés avec des ceps entrelacés aurquels pendent des grappes de raisins; audedans des treillis sur trois rangs d'élévation sont assis les musiciens avec instruments à cordes, et avec instruments à vent. de sons divers, baut et bas, fort et doux, et sur les cOtés sont les Chanteurs et les Chanteuses, et ils récréent les citoyens par des airs et des chants très-agréables. en cbœur et en solo, variés par intenalles quant aur espèces; cela dure ces jours de fête depuis le matin jusqu'à midi, et continue liaprès midi jusqu'au soir. to En outre, chaque matin, des maisons qui entoure les Places on entend des Cbants très-suaves de vierges et de jeunes filles; toute la ville en retenlit ; c'est une fieule affection de l'amour sp~­ rituel qlli est cbanté, chaque matin, c'est-à-dire, qui résonne par les modifications du son de la voix ou par les modulations; et cette affection dans le cbant est pereue comme si c'était l'affection ellemême; elle ino.ue dans les Ames de ceur qui l'entendent et excÏle ces Ames à la correspondance; tel est le cbant céleste: les.chanleuses disent que le SOD de leur cbant semble s'inspirer et s'animer de l'intérieur, et s'eraller aGTéablement selon qu'il est reçll par ceux qui' l'entendent. Ce chant fini, les fenêtres des maisons 4e la Place, et en même temps celles des. maisons des rues, sont f"rmées, et les portes aussi; et alors toute la ville est dans le silence, et nulle part on n'entend de bruit.. et l'on n'y voit pe~sonn8 aller çà et là; tous alors sont occupés li remplir les fonctions de leur état. 30 Mais à midi les portes sont ouvertes; et après midi, en quelques endroits, les fenêtres le sont aussi; et on reg:ude les jeur des entànts des deux sexes dans les rues, sous la directioll de leurs nourrices et de leurs maltres assis sous les portiques des maisons. 4a Aux cOtés de la ville, l ses extrémités, il y a différents jeux de Jeunes gartODS et d'adolescents, jeul de' course, jeul de

LA. VRAIE balle. jeux de raquettes, exercices publics entre les jeunes ,arçons. à snoir. qui sera le plus prompt •• t qui le plus lent. l par1er. i asir et à percevoir. et pour les plus prompts quelques feuilles de laurier en prix; outre plusieurs autres jeux propres l exciter les aptitudes cacbées dans les enfants. S· De plus. bors de la ville, il y a sur des théâtres des ,&pectacles de comédiens qui représentent divers traits d'honnêteté et de vertu de la vie morale; parmi eul. il y a aussi des bistrions à cause des reIaLions. Et l'un des dix demanda ce que signifiaient ces mots: A cause des relations; et ils répondirent: • Aucune vertu ne peut ~Lre présentée d'une manière frapoante avec ce qu'elle a d'honnête et de beau, que par des relalifs depuis leurs maxima jusqu'à leurs minima; les histrions repl'éscnLent leurs minima jusqu'l ce qu'i1s,deviennent nuls; mais il leur a été défendu par une l~i de présenter. si ce n'est d'une manière fi;uré et comme de loin. quelque chose de l'opposé, qui esl appelé desbonnête et indécent; si cela a été défendu. c'est pal ce que rien d'honnête et de bon d'une vertu quelconque na pa:;...,s 1):1r des progressions successives au déshonnête et au mauvais. mais va seulement à ses minima jusqu'à ce qu'il périsse. et quaud cela p~rit l'opposé commence; c'est pourquoi le Cief, où tout est honnête eL bon. n'a' rien de commun avec l'F;nfer. où tout est desbonnête et mauvais. 746. Pendant cette conversation un serviteur accourut et annonça que huit S:lees se présentaient par ordre du Prince. et ''ou· laient 'entrer; ~ celte nouvelle, l'Ange sortit. et Hies r6(.:ut et les introduisit; et aussitôt les Sages. après les formuleg de bienséance et de politesse, parlèrent d'abord des commencements et des accroissements de la sagesse. auxquels ils entremêlbrenl dh'er!les choses sur sa durée, en disant quo che:r: les anges la sagesse n'a point de fin et ne discontinue pas, mais qu'clle croit cl augmente durant l'éL8rnilé. L'Ange de la Cohorte ayant entendu celte conversatioD. leur dit: u Notre Prince leur li parlé. à table, du siéie de la sagesse. et leur a dit qu'il est dans l'us:llj;e ; entretenez-les aussi. je vous prie. sur ce sujet •• Et ils dirent: Il L'homme. d'abord créé, fut imbu de la sagesse et de l'amour de la sagesse, non p'our lui-même, mais pour en faire communic:dion aUI autres d'après lui :' de là. il a été ,ravé dans la saiesse des sages que qUI

310

*'
RELIGION CHRÉTIENNE. 3il que ce soit ne doit êlre sa~e ni vivre pour soi, l moins que ce ne soi( en même temps pour les autrés; de là la Société, qui autrement n'existerait point; vivre pour les autres, c'est faire des Dsa~es; les usa~es sont les liens de la société; il ya autant de ces liens qu'il y a de bons usases, et le nombre des usages est infini; il Y a les usages spirituels qui appartiennent à l'amour envers Dieu et à l'amour à l'égard du prochain; il Y a les usages moraux et civils qui appartiennent à l'amour de la sociélé et de la cité dans lesquelles est l'homme, el à l'amour des compagnons et des citoyens avec lesquels il demeure; il Y a des usages natu"reIs qui appartiennent à l'amour du monde et de S6II besQÏns ; et il y a les usages corporels qui appartiennent à l'amour de sa propre conservation l cause des usages supérieurs. Tous ces usages ont été gravés en l'homme, et se· suivent en ordre, l'un après l'autre, et quand ils sont enllemble, l'un e~t dans l'autre: ceux qui sont dans les premiers usages, c'est-à dire, dans les usages spirituels, sont aussi dans les usages qui suivent, et ceux-là sont sages; mais ceux qui ne sont pas dans les premiers, et qui néanmoins sont dans les seconds, et de /à dans les suivants, ne sont pas S3ges de même, mais seulement, d'après la moralité et la civilité externes, ils apparaissent comme s'ils l'étaient i ceux qui ne lIont ni dans les premiers ni dans les seconds, mais qui sont dans les troisièmes et dans les quatrièmes, ne sont rien moins que sales, car ce sont des satans ; en effet, ils aiment seulement le monde, et d'apres le monde ils s'aiment eux-mêmes; mais ceux qui ne sont que dans les quatrièmes sont de tous les moins sages, car ce sont des diables, parce qu'ils vivent pour eux seuls, el que s'ils· vivent pour les autres, c'est uniquement l cause d'eux-mêmes. En outre, chaque amour a son plaisir, car l'amour vit par le plaisir, et le plaisir de l'amour des usages est un plaisir céleste, lequel entre dans les plaisirs qui suivent en ordre, et les exalte selon l'ordre de succession et les rend éternels. Il Ensuite ils firent l'éDumération des Délices célest"s qui procèdent de l'amour de l'usage, et ils dirent qu'il y en a des myriades de myriades, et que cenx qlli entrent dans le Ciel entrent dans ces délices: et, de plus, ils passèrent avec eux le r~te du jour jusqu'au soir à traiter de ramour de l'usage par de sages ~nversations.
JI.

!f.

.....

~ 1

322 LA VRAIE Mais vers le soir vint un courrier vêtu de toile vers les dix nou\'eaux venus qui accompasnaient l'Anie, et il les invita à des Noces qui devaient se célébrer le lendemain; et les nouveaux venus sc réjouirent beaucoup de ce qu'ils allaient voir aussi des noces dans le Ciel. Ensuite, ils furellt conduits chez un Conseiller assistant, et ils soupèrenL avec lui, et après le souper, ils rentrèrent, et se séparant ils se retirèrent, chaoun dans son appartement, et dormirent jusqu'au matin; el alors s'étant ré\'eillés ils entendirent le Chant des vieries et des jeunes filles, qui partait des maisons autour de la Place publique, dont il a déjà été parlé; on chanlait alors l'affection de l'amour conjugal; profondément affectéi et émus par la suavité de oe chant, ils percevaient insinué dans leurs joies un charme délicieux qui les élevait ct les renouvelait. Quand il en fut temps, l'Anse lour dit: » Préparez-vous, llrenez les \'êtemenls du Ciel que notre Prince vous a envoyés. D Et ils se vêtirent i e~ voici, les vêlemeDlS resplendissaient comme d'une lumière enflammée; et ils demandèrent l l'Ange d'où cela pro\'enai' i il répondit: u Cela vient de te que vous allez assi:iL~r • des noces; cbez nous alors les vêtemenlS resplendissent et deviennent nuptiaux. • 747. Ensuite l'Ange les conduisit à la Maison des noces, et le porlier ouvrit la porte; et li. peine étaient-ils sur le seuil qu'ils furent reçus et salués par un Anse que Je Fiancé avait envoyé, et ils furent introduits et conduits à des siéges désignés pour eu:r::; et peu après ils furent invités à entrer dans la. Salle qui précédait lu Chambre nuptiale; ils y virent au milieu une Tahle sur laquelle .avait éte posé un maiPlifique Chandelier composé de sept branohes et de sept lampes d'or, et aux murs étaient suspendus des lustres d'argent, qui étant allumés firent parattre l'atmosphère comme d'or; et ils virent aux cOtés du Chandelier deux Tables sur lesquelles des Pains avaient été placés sur trois rangs, el dans les quatre anBles de la Salle des Tables sur lesquelles étaient d~ Coupes de cristal. Pendant qu'ils examinaient cette distribution, voici. la porte d'un appartement joignant la chambre nUJltillle s'ouvrit. et ils en virent sortir six Vierges, et après elles le Fiancé et la "Fiancée se tenant par la main, et se dirigeant vers un Siége élevé, qui avait été placé vis-l-vis du Chandelier, et sur lequel ils s'as-:,

\

RELIGION CBIŒTIENNE. 323 sirent, le Fiancé à gauche et la Fiancée à sa'droite, et les six vierSes se placèrent. cOté du siége près de la Fiancée. Le Fiancé était 'fêtu d'un Manteau de pourpre éclatante, et d'une Tunique de fin lin resplendissant, avec un Éphod sur lequel était nne plaque d'or entourée de diamants; et sur cette plaque était gravé un Aiglon. insigne nuptial de cette société du Ciel; et la tête du Fiancé était couverte d'ulle tiare. LI Fiancée était vêlue d'une Chlamyde d'écarlate" ~ous laquelle elle portait une robe brodée, allant du COll lUI pieds i eUe avait au-dessous de la poitrine une ceinture d'or, eL sur la tête une couronne d'or garnie de rubis. Quand ils furent assis, le Fiancé se tourl.ll vers la Fiancée, et lui mit au doigt Ull anneau d'or, et il tira des bracelets et un collier de perles, et il mit les bracelets aux poignets de la Fiancé, et le collier autour de sou cou, et lui dit: « Reçois ces gages. » Et lorsqu'elle les eut reçus, il lui donna un baiser, et il dit: a Maintenant tu es. moi. » Et il l'appela son ~pouse. AussitOtles invités s'écrièreut: • Qu'il J ait Bénédiction 1 » Ces paroles furent prononcées par chacun en particulier, el ensuite par tous ensemble; un Ange envoyé p3f le Prince pour le représen Lcr les prononça aussi i el en ce moment cette Salle, qui précédail la chambre nuptiale, fut remplie d'une fumée aromatique, ce qui était un signe de la bénédiction venant du Ciel: et alors des officiers de senice prirent les Pains sur les deux tables près du Chandelièr, el les Coupes alors remplies de vin sur les tables des angles, et ils donnèrent à chaque invité son pain et sa coupe; et on mangea et on buL Ensuite le mari et son Épouse se levèrent; les six vierges tenant à la main des lampes d'argent alors allumées les suivirent jusqu'au seuil de la porte, et les époux entrèrent dans la Chambre nuptiale i el la porte en fut fermée. '48. L'Auge conducteur parla ellsuite de ses dil corr.pagnons aUI invités; il leur dit que par ordre il les avait introduits, et leur :lvait fait voir la magnificence du Palais du Prino::!e, ct les choses admirables qu'il renfermait; qu'ils avaient u::m~é avec le Prince l sa table; qu'ils s'étaient ensuite entretenus avec les Sages de la société i et il les pria de leur permettre de lier aussi conversation avec eUI i et ils y consentirent, et ils conversèrent; et un sage d'entre les hommes des noces leur dit: • Comprenez-vous ce que si"nifientles choses que vous ave~ vues! » Ils répondirent qu'ils les


LA. VRAlE comprenaient peu; et alors ils lui firent cette question: If Pourquoi le Fiancé, maintenant Mari, avait-il un tel vêtement. D Il répondit: .. Parce que le Fiancé, maintenant Mari, représentait le Seigneur, el que la Fiancée, maintenant Épouse, représentait l'Eglise, par la raison que les Noces dans le Ciel représentent le Mariage du Sei~neur avec l'Église; de là vient qu'il avait sur sa tête une Tiare, et qu'il était revêtu d'un manteau, d'une tunique et d'un Ephod, comme Aharon j et que la Fiancée, maintenant EpOQS8, avait sur la tête une couronne, et qu'elle était vêtue d'une Cblamyde eomme nne Reine; mais demain ils seront vêtus autrement, parce que cette Représentation n'est que pour ~ujourd'hui .• Ils lui firen\ encore cette question: • Puisque Lui, représentait le Seisneur, et Elle, l'Église; pourquoi Elle, se tenait-elle à la droite de Lui r • Le Sage répondit: If Parce qu'il, a deux choses qui font le Mariage du Seigneur et de l'Église, l'Amour et la Sage!\se ; or, le Seigneur est l'Amour, et l'Eglise est la Sagesse, el la Sagesse est à la droite de l'Amour, car l'homme de l'Église est sage comme par lui-même, et selon qu'il est sage, il reçoit du SeiJtneur l'amour; la droite aussi signifie la puissance, et l'amour a la puissance par la saresse: mais, ainsi qu'il vient d'être dit, après les noces, la représentation est changée, car alors le Mari représente la Sasesse, et l'épouse représente l'Amour de la sagesse du mari; cependant cet Amour n'est pas l'amour antérieur, mais c'est un amour secondaire, qui vient du SeiiPleur chez 1'6pouse par la Sagesse do mari; l'amour du Seigneur, qui est l'amour antérieur, est Ifamour d'être sage .bez.le mari, c'est pourquoi après les noces, tous deux ensemble, le mari et son épouse, représentent l'Église .• Ils firent encore cette question: If Pourquoi vous, Hommes, n'étiez-vous pas 1 côté du Fiancé, maintenant Mari, comme les six Vierges • étaient à côté de la Fiancée. maintenant Épouse! • Le sage r~­ pondit: • C'est parce que nous, aujourd'hui. nous sommes comptés parmi les vierces, et que le nombre Sil signifie tous et le complet•• liais ils dirent: «(lu'entends-tu par Il r • n répondit: .. Les Vierles signifient l'Église. et l'Éslise est de l'un et de l'autre sele; c'est pourquoi nous aussi, quant 11'Éilise, nous sommes des Vierpa; qu'il en soit ainsi. on le voit par ces paroles dans l'ApocaIypse: Ce sont cew: gui avec les femmes ne se sont point souil-

32&

r

RELIGION

CHR~TIENNE.

325

Us, car VIEBGES ils sont; et ils suivent r Aqneau partout où il

Et comme les Vierges siiuifient l'Église, voili pourquoi le Seigneur a comparé rÉglise à dia: VIERGES invités'à des "oces. - Matth. XXV. i et suiv. - et comme l'Eglise est signifiée par Israël, par Sion et par Jérusalem, voilà pourquoi il est dit si 'Souvent dans la Parole, VIEBGB ET FILLE D'IS.8A.EL, DE SION ET DR JtRUS4.LEK; le Seiineur décrit aussi son !Iariage avec l'Église par ces paroles dans David: LA REINE SE TIENT Â TA. DBOITE dantl for excellenl d'Ophir: de tissu, tlor est son v~lement: en BBODEBIE elle sera amenée au Boi; LES VIERGES APBi!:S ELLE, se. amies, viendront dans le palais du Boi. " - Ps. XLV. tO i {6. - Ensuite ils dirent: « N'est-il pas convenable qu'un Prêtre soit présent, et remplisse un ministère dans ces cérémonies 1 Le sage t"-épondit: III Cela est convenable dans les terres, mais non dans les eieux, i cause de la représentation du Seigneur Lui-Même et de l'Église; dans les terres on ne sait pas cela; mais néanmoins chez (nous un Prêtre célèbre les Fiançailles, et il entend, reçoit. confirme et consacre le Consentement; le Consentement est J'essent!el d!l ~a.~tage, et les autres cboses qui suivent en sont les rormels•• 749. Après cela, l'Anie conducteur s'approcha dcss six Vierges, et leur parla aussi de ceux qui l'accompagnaient, et il leur demanda de daigner les admettre en leur compa~nie; et elles s'avancèrent, mais quand elles fureot près d'eux, elles se retirèrent brusquement et rentrèrent dans l'apparlement des femmes, où étaient aussi des vierges leun amies. L'Ange conducteur, ayant VU ce mouvement brusque, les suivit, et leur demanda pourquoi ( elles s'étaient retirées si promptement sans parler avec eux; et elles répondirent: III Nous n'avons pas pu approcher. D Et il leur ) dit: Pourquoi cela!" Et elles répondirent:.111 Nous ne le savons \ pu. mais nous avons perçu quelque chose qui nOlis a repoussées et nous a fait retourner; qu'ils DOUS le pardonnent. "Et l'AnI" revint vers ses compagnons, et leur rapporta la réponse; et il 1 ajouta: J'augure qu'il n'y a 'pas en ,·ous J'amour chasle du se~e ; dans le Ciel nous aimons les vier~es pour leur beauté et pour l'él6f,ance de leurs mœurs, et nous lesaimonsbeaucoup, maischastement •• Ceci fit sourire sescompagnons, et ils dirent: • Tu aUiures bien. Qui peut voir de près de telles beau lés, el ne pas avoir quelques désirs 1.
D

.,a. - XIV. 4. -

l

III

III

L

-LA VRAIE no. Après ceUe fête de la société, tous les invités aux noces se retirèrent, et aussi ces dix hommes avec leur Ange; la soirée était avancée, et' ils allèrent se coucher. Au point du jour, ils entendirent une Proclamation: AUJOURD'HUI LE S.\BBATH; et ils lie levèrent, et ils demandèrent à l'Ange ce que c'était; et il répondit: a C'esL pour le Culte de Dieu; ce culte revient à des temps marqués, et est publié par des Prêtres; il est célébré dans n05 Temples, .et dUl'e environ deux heures; c'est pourquoi, si vous le désirez, venez avec moi, et je vous introduirai. Il Et ils se préparèrent, ct ils accompagnèrent l'Ange, et ils entrèrent; et voici, le Temrle élait vaste, pouvant contenir environ trois mille personDes~ demi-circulaire, les bancs ou siéges continus rangés selon la forme du Temple en dllmi-cercle; la chaire devant les siéges, un peu retirée en arrière du centre; la porte derrière la chaire à puche. Les dix Hommes nouveaux venus entrèrent avec l'Ange leur conducteur, et l'Ange leur indiqua les places où ils devaient s'asseoir, en leur disant: -Quiconque entre dans le Temple con, nait sa place; il la connaU d'après l'insite, et il ne peut s'asseoir , ailleurs i s'il se place ailleurs, il n'entend rien, et ne perçoit rien; et même il trouble l'ordre, et l'ordre étant troublé le Prêtre n'est pas inspiré •• 75t. Quand on fut assemblé, le Prêtre monla dans la chaire, et prononça un discours pl~in de l'esprit de s~esse; ce discours traitait de la sainteté de l'Écriture Sainte, et de la conjonction du Seigneur' avec l'un e, J'autre Monde, le Spirituel et le Natu!el, ~par ceUe Écriture; dans l'illustration où il était, il convainquit pleiDement que ce Saint Livre a été dicté par Jéhovah le Seigneur, et que par consélluent il est Lui-tIême dans ce Livre, au point que Lui-Même y est la Sagesse; mais que la Sagesse, qui est le Seigneur Lui-Même dans ce Livre, reste cacMe sous le sens de la J lettre, et ne se manifeste qu'à ceux qui sont dans les vr.ai~ de la ., Z doctrine et en même temps d!DS les biens ~~ la v!e, et ainsi qui ~ sont dans le Seigneur et en qui est le Seigneur; à ce discours il , joignit une prière votive, et il descendit. Pendant que les auditeurs sortaient, l'AnBe pria le Prêtre de dire quelques paroles de pail à ses dil compilBDons; et celui-ci s'approcha d'eux, et ils s'entretinrent ensemble pendant une demi-heure; et il leur parla

326

RELIGION CHRÉTIENNE. 327 de la Divine Trinité, leur disant qu'elle est dans Jésus-Christ, en ~ qui toule la Plénitude de la Divinité habile corporellement, selon ( la déclaration de l'Apôtre Paul: et ensuite il leur parla de l'Union .. de la Charité et de la Foi; mais il dit, "l'Union de la Charité et de 1 la V~rtté, 1) parce que la Foi est la Vérité. 732. Après l'avoir remercié, ils retournèrent cbez eux; et 'Il { l'An~e leur dil: a C'est aujourd'hui le troisième jour depuis que } YOUS 'êLcls montés dans la société de ce Ciel, et vous avez été préparés par le Sei~neur pour reSler ici trois jours, il est donc temps que nous nous séparions; ainsi ôlez les vêlements qui vous ont été envoyés par le Prince, et reprenez les vOtres. " Et quand ils les eurent repris, ils furent i~)Sllir~s du désir de se relirer, et ils se retirèrent et descendirent, accompasnés de l'Ange, jusqu'au ( lieu de l'assemblée; et là, ils rendirent srAces au Seisneur de ce J qu'il avait dai~lIé les rendre heureux, en leur faisant connaltre, ) et par suite comprendre, ce que c'est que les Joies Célestes et la l Félicité éternelle.

r

.....

328

LA VRAIE

CHAPITRE QUATORZIÈME

DB: LA. CONSOMMATION DU SltCLE;
DB L'AV!NDlENT DU SEIGNEUR;

ET DU NOUVEAU CIEL ET DI LA. NOUVELLE iGLISE.

La Consommation du Siècle est le dernier temps ou la fin de fÉgllSe.

753. Sur cette Terre il y a en plusieurs Églises, et toutes par .succession de temps ont été consommées, et après leur consommation de nouvelles Églises ont existé, et ainsi jusqu'ail temps présent; la consommation d'une Église se fait quand il n'y reste plus aucull nai Divin, A moins qu'il ne soit falsifié ou rejeté; et dès qu'il n'y a plus aucun vrai réel, il ne peut y avoir auclln bien réel. puisque toute qualité du bien est formée par les vrais, car le bien est l'essence du vrai, et le vrai est la forme du bien. et sans la forme il n'y a pas de qualité; le bien et le vrai ne peuvent pas plus être séparés que la volonté et l'entendement, ou, ce qui est la mêDle chose, ne peuvent pas plus être séparés que l'affection de l'amour et la pensée qui en résulte; c'est pourquoi, lorsque le vrai est consommé dans l'Eglise, le bien y est aussi consommé. et quand cela arrive, l'Eglise alors prend fin, c'est-A-dire qu'il y a alors consommation de l'Église. 71U. L'tglise est consommée par diverses choses, principalement par celles qui font que le faux apparatt comme vrai. et quand le faux apparatt comme vrai, le bien qui en soi est le bien, et est appelé bien spirituel, n'existe plus; le bien, qu'on croit alors être le bien, est seulement le bien naturel que la vie morale produit. Ce qui fait que le vrai est consommé et en même temps avec lui le bien, c'est principalement la présence de~ deux Amours naturels. qui

...

RELIGION CHImTIENNE. 329 soni diamétralement 'opposés aUI deux amours spirituels, et qui sont appelés l'Amour de soi et l'Amour du monde; l'amour de soi, lorqu'il est dominant, est opposé à l'amour eners Dieu, et l'amour du monde, quand il est dominant , est opposé à l'amour à l'égard du prochain; l'amour de soi, c'est le bien-vouloir pour 'soi seul, et nou pour autrui si ce n'est à cause de soi; pareillement l'amour du monde; et ces amours, partout où ils trouvent de l'aliment, s'éten4ent comme la gangrène par le corps, et consument successivement tout ce qui les touche: qu'un tel amour se soit emparé des Églises, on le voit clairement d'après la Babylonie et sa description, - Gen. XI. t il 9. Ésaïe, XIII. XIV. XLVII. Jérém. L, et dans Daniel, Il. 3t à 4'. III. t à , et suiv. V. VI. 8 à i8. VII. t à u., et dans l'Apocalypse, XVII et XVIlI, depuis le commencement jusqu'à la fin, - Babylouie qui s'est enfin élevée à un tel point, que non-seulement elle a transporté en elle la Divine Puissance du Seigneur, mais qu'elle s'etl'orce encore avec un zèle eltrême de transporter en elle tOIlS les tl'ésors du Aronde. Que de semblables amours s'élanceraient d'un grand nombre de chefs des Églises séparées de la Babylonie, si leur pou\'oir n'avait pas été limité et par conséquent réfréné, c'est ce qu'on peut cOllclure d'indices et d'apparences qui n'ont rien d'illusoire; qu'arrive-t~il alors autre chose, sinon que l'homme, dominé par cet am6ur, se re~arde lui-même comme un Dieu, et regarde lel\Ionde comme 1111 Ciel, et qu'il pervertit tout vrai de l'Église? car le vrai luimêrue, qui en soi est le vrai, ne peut être ni connu ni reconnu par l'homme purement naturel, et ne peut être donné par Dieu à cet homme, ).larce que ce vra.i tombe dans lin réceptacle retourné, et devient le faux. Outre ces deul amours, il y a encore plusieurs causes de la consommation du vrai et du bien, et par conséquent de la consommation de l'Église, mais ces causes sont secondaires, et subordonnées à ces deux amours. 735. Que la Consommation du Siècle soit le dernier temps de I.'Église: on le voit dans la Parole par les passaGes où elle est nommée, par exemple, par ceux-ci: U CONSOMMATION ET DtClSION j'ai entendu de la part de Jéhovah sur toute la terre. - ft Ésaïe. xxvm. !2!. - "La CONSOMMATION eS,t décidée. débordée est la justice, car CONSOHIl.A.TION ET DtCISION le Seigneur Jéhovah

LA. VRAIE Sé6aoth va faire dans toute la terre. » - J!:saie, X. !e2, 23. «Par le fe'" du Zèle de lé/couah sera dévorée taule la terre, parce quq, CONSOMMA.TION prompte illera de tous les ha6itants de la terre . • - Séphan. 1. i8. - Dans ces passa~es, par la Terre il est signifié l'Église, parce qu'il est entendu la terre de Canaan où était l'Église; que l'Eglise fiait signifiée par la Terre, on le voit confirmé d'après un très-grand nombre de passages do la Parole dans l'ApOCALYPSE RKvatLatE, N"' 285. 902, «Enfin sur foiseau des a6omi1ZaIÏQu,s (sera) la DtSOL.\.TION, et jusqu'A. LA. CONSO)JIIUION ET LA DÉCISICN elle se répandra sur la DEVASTA1'ION. » - Dan. IX. ~7 ; - que ces paroles aient été dites par Daniel sur la fin de l'Église Chrélienne d'aujourd'hui. on le voit dans Matthieu. - XXIV. US. - Il En dévastation Se1'a tQule la terre. CONSOIIMA'TION cepe1,dant je ne ferai point. » - Jérém. IV. 27. « Encore point n'a été CONSOaIarÉE finiquité des Émorréens. D - (ien. XV. {6. - « 1 éhot,ah dit: le descendl'ai, et;e verrai si selon sou cri qui est venu jusqu'à Moi. ils ont fait LA CONSOMMATION. " - Gen. XVIII. SB ; - il s'agit lA de Sodome. Le dernier temps de l'Église Chrétienne d'aujourd'hui est aussi entendu par la Consommai ion du Siècle dans ces passages: • Les Disciples demandèreut à 1 laus : Quel sera le signe de tOIl A r ènement et .. de LA. CONSOMMA.TION nu Sl~CJ.E? • - XXIV. 3. - Cf Au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs: Cueillez premaè"ement fivraie pour la brieler; mais amassez le froment dans mon grenier; de m~me il en sera à la CONSOMMATION Dt' SIÈCLE. » - MaUlt. XIII. 30. 40. - • Dans la CONSOllllATION nu SItCLE, les Anges sortiront et sépareront les mécha1lts du milieu des justes. » - JIatth. XIII. 49. - a lésus dit aux Disciples: Voici, Moi, avec vous je suis jusqu'à la COl'fSOHMATION DU SIEcL!. D - &Iattb. XXVIlJ. 'O. -II faut qu'on s~che que la Vastation. la Désolation. la Décision, signifient la même chose que la Consommation i mais la Désolation signifie la consommation du o vrai; la Vastation. la consommation du bien, et la Décision. la comsommation complète de l'un et de l'autre; et que la plénitude des temps, dans laquelle le Seigneur est venu dans le Blonde et dans laquelle il doit venir. est aussi la Consommation. 756. La Consommation du Siècle peut être illustré par diverses

330

331 RELIGION CHRltTIENNE. cboses dans le Monde naturel, car dans ce monde toutes et chacune des choses qui sont sur la terre vieillissent et se.consomment. mais Dar d'alternatives vicissitudes appelées Cercles des choses; les temps parcourent ces cercles tant dans le commun que dans la partie: dans le CommuD, l'Année passe du printemps li l'été, et par l'été li l'automne, et finit dans l'hiver, et de l'blver revient au printemps, ruais ce cercle apparUentlla chaleur; dans la Partie, le Jour passe du matin li midi, et par midi au soir, et finit dans la nuit, et de la nuit revient au matin, mais ce cercle a\l}>artient lia lumière. Tout homme aussi parcourt le cercle de la Dature; il commence la vie par l'enfance, de Il il s'avance daDs l'adolescence et dans la jeunesse, et de celle-ci dans la vieillesse, et il meurt; il en est de même de tout oiseau du ciel et de toute bêle de la terre. Tout arbre aussi commence par un germe, parvient il sa bauteur complète, et décrotl successivement jusqu'à ce qu'il tombe. Il en arrive de même l tout arbuste et 1 toute plante, et même 1 toute feuille et à toute fleur, et aussi à l'humus même qui par le temps devient stérile; il en est encore de même d'une eau stagnante, qui successivement se corrompt. Toutes ces choses sont d'alternatives consommations, qui sont naturelles et relatives au temps, mais toujours périodiques, car lorsqu'une chose a passé de son origine à sa fin, une autre semblable commence; ainsi tout nalt et périt, et de nouveau natt, afin que la création soit continuée. S'il en arrive de même l l'Eglise, c'est parce que l'h.om-,"~.e est l'Eglise, et que dans le commun il la constitue; or, une ~é­ nération suit l'autre, et il y a une variété parmi tOIiS les men lais (animz), et l'iniquité, une fois enracinée quant l l'inclination pour elle, passe dans la postérité, et Ile peut être exLirpée que par la régénération qui e&t faite par le Seigneur seul.

332

LA VRAIE

ÂujofArtfhui, c'est le dernier temps de lÉglise Chrétienne, gui a été prédit et décrit par le Seigneur dans les Évangélistes et dans l Apocalypse.
757. Que la Consommation du siècle signifie le dernier temps d'une Église, cela vient d'être montré dans l'Article précédent; de 1~ on voit clairement ce qui est entendu par la Consommation du siècle, dont le Seigneur a parlé dans les Évangélistes, Matth. XXIV. Marc, XIII. Luc, XXI; car on y lit: «Jésus s'étant assis sur la Montagne des Oliviers, vers Lui s'ava'lCbent les Disciples en particulier, en disant: Quel sera le signe de ton Avènement et de la Consommation du siècle? -llauh. XXIV. 3 ; - et alors le Seigneur commença il prédire et il décrire la Consommation, telle qu'elle devait successivement être jusqu'! son Avènement. et qu'alors il viendrait dans les nuées du ciel avec puissance et gloire, et rassemblerait ses élul, outre plusieurs cboses, Vers. 30. 3t, lesquelles ne sont nullement arrivées dans la destruction de Jérusalem. U, le Seigneur décrit ces choses dans un discours prophétique, où chaque mot a son poids; ce que chacu-ne des expressions enveloppe a été expliqué dans les ARCA..'fES CÉLESTES, N" 3353 à 33lS6, U86 il 3489, 3650 il 3655, 375t à 3737, 3998 il 390!, 4057 à 4060, U!9 il 4!3!, 43ai il 433S, 442! il ,Ui'. 758', Que toutes ces choses que le Seigneur a dites aUI disciples aient été dites du dernier temps de l'Église Chrétienne, on le voit clairement d'après l'Apocalypse, où de semblables choses sont prédites sur la Consommation du siècle ·et sur l'Avènement da Seigneur; elles ont toul6.111 été expliquées en particulier dans l'APOCALYPSK RtVÉLtE, imprimée en t 766 : puis donc que les choses que le Seigneur a dites devant les Disciples sur la Cunsommation du siècle et sur son Avènement, coïncident avez celles qu'il a révélées ensuite sur le mEme sujet par Jean dans l'Apocalypse, .n voit clairement qu'il n'a pas entendu d'autre Consommation que celle de l'Église Chrétienne d'aujourd'hui. De plus, il a aussi été prophétisé dans Daniel sur la fin de cette Église: c'etlt pourquoi le Seigneur dit: • Quand vous verrez labomination de la désola-

r

RELIGION CHRlf:TIENNE. 333 lion, prédite par Da1lielle Prophète, étalJlie dans le lieu saint, que celui qui lit fasse bien attention. » - Matth. XXIV. t S. Dan. IX. !7; - pareillement aussi dans les autres Prophètes. Qu'il y ait aujourd'hui dan;:; l'Église Chrétienne une telle abomination da la désolati~n, cela sera clairement montré dans l'Appendice, où l'on verra qu'il ne reste plus dans l'Église un seul vrai réel, et que même, si une Nouvelle ÉSlise n'était pas établie lia place de celle d'aujourd'hui, • aucune chair ne pourrait 'Ire sauvée, » selon Jes paroles du Seigneur dans Matthieu, - XXIV. ~~. - Que l'Église Chrétienne. telle qu'elle est aujourd'hui, ait été consommée et dévastée l ce point. c'est ce que ne peuvent pas voir sur la terre ceux qui se sont confirmés dans les faux de celle Église; et cela, parce que la confirmatio~ du faux est la négation du vrai, aussi met-elle une sorte de voile sous l'entendement, et par là elle nille à ce qu'il n'entre en dessous aucune autre chose Cj.ui arrache les cordages et les pieux, par lesquels elle a construit et posé SOli système théologique comme une tente solide. Qu'on ajoute à cela. que le Rationnel-naturel peut confirmer tout ce qui lui plaît, ainsi lu faux aussi bien que le vrai, el qu'après la confirmation, l'un et l'autre se montre daus une sebJblable lumière, et l'on ne connalt pas si c'est une lumière phantastique telle qu'elle existe dans un sonBe. ou si c'est une lumière vraie telle qu'elle existe dans le jour: mais il en est tout autrement du Rationnelspirituel, dans lequel sonL ceux qui portent leurs regards vers le Seigneur. et sont par Lui dans l'Amour du vrai. 7S9. De là vient que toute Eglise formée de ceux qui voient par des confirmations se présentë comme si elle était seule dans la lumière, et comme si toutes les autres, qui en düférent, étaient .dans les ténèbres i car ceux. qui voient par des confirmaLions différent peu des hiboux qui voient la lumière dans l'ombre de la nuit, et qui pendant le jour ,oient le soleil et ses rayons comme obscurité; telle a été et telle est anssi aujourd'hui toute Eglise qui est dans les faux. quand une· fois elle 1 été fondée par des cbets qui se sont considérés eux-mêmes comme des lynx. et qui se sont rai' de la propre intelligence une lumière du matin. et de la Parole une lumière du soir. Est-ce que l'Eglise Juive. quand elle eut été eotiè'rement dévastée. ce qui arriva lorsque notre Seigneur vint

LA VRAIE danl\ le Monde, ne criait pas hauLement par la bouche de ses scribes el de ses docteurs de la loi, qu'ayant la Parele, elle était seule dans la lumière céleste' Et cependant ils ont crucifié le Messie ou le Christ, qui était la Parole elle-même et ]e tout dans tout ce qu'elle renferme. Est-ce autre chose que crie l'Eglise, qui est entendue dans les Prophètes et dans l'Apocalypse par la Babylonie f Ne crie-t-elle pas qu'elle est la Reine et la Mère de toutes les Eglises, et que toutes les autres, qui se retirent. sont des filles b4lardes, qui doivent êlre excommuniées! Et elle s'exprime ainsi quoiqu'elle ait chassé du Trône et de l'Aulel 10 Seigneur Sauveur, et qu'elle se soit mise à sa place. Est-ce que toute Eglise, jusqu'à celle qui esL hérétique au suprême degré, quand une foii elle a été reçue, OP. remplit pas les contrées et les villes de ce cri, que seule elle est orthodoxe et œcuménique, et que c'est elle qui possède l'Evangile que l'Ange qui volait dans le milieu du ciel a annoncé! - Ap·oc. XIV. 6. - Et qui est-ce qui n'enc'lend le vulgaire se faisant l'écho de la voix des chefs! Est-ce que tous ceux du synode de Dordrecht ont vu la Prédestination autrement que comme une Etoile tombauL du Ciel sur leurs Têtes! El n'ont-ils pas serré dans leurs h.·as ce dogme, comme les Philistins l'idole de Dason dans le temple d'EbenEzer à Asdod, et comme les Grecs le Palladium dans le temple de Mine"e! En effet, ils l'ont appelé le Palladium de la religion, ne sachant pas que l'étoile IOmb:mte est un météore d'une lumière pbanwtique qui, lorsqu'eUe tombe dans le cerveau, peUL confirmer un faux quelconque, ce qui se fait par des illusions, au point qu'on la croit une lumière vraie, et que l'on décrète que c'est une étoile fixe, et qu'enfin l'on jure que c'est l'astre deli astres. Qui est-ce qui parle avec plus de persuasioD, sur .1 la certitude de sa phantaisie, que le Natnr'lIisle..:Atbée! Ne se 010~ que-t-il pas de tout cœur des Divins de Dieu, des Célestes du Ciel, et des Spirituels de l'Eglise 1 Quel elll le '"unatique qui ne croit pas q 18 sa folie est sagesse, et que la sagesse est folie? Qui est-ce qui par la yue de l'œil distingue la lumière trompeuse du bois pourri de la lumière de la lune? Celui qui détesle les odeurs balsamiques, comme le font les femmes affectées d'une maladie utérine, D6 les repouss&ot-il pas de' ses narines, et ne leur préfèret-il pas les odeurs fétides! et ainsi du reste. Tout cela est rapporté
336.

r

î

RELIGION CHRIl:TIENNE. 335 p01.r sen"ir d'illustration, afin qu'on sache que par la lueur naturelle seule 0l! ne copnalt pas, avallL que la vérité brille du ciel dans sa lumière, que l'E~lise est arrivée à sa consommation, c'esll-dire, qu'elle est absolument dans les faux; car le Caux Ile voit pas le vrai, mais le vrai voit le Caux; et tout homme est tel, qu'il (peut "oir et comprendre le vrai. quand il l'entend ; mais une Cois ) confirmé dans les faux, il ne peuL introduire le vrai dans l.'entendement de manière qu'il y r.esle, parce que le vrai ne trouve BU1 cune place, et si par aventure il entre, la foulo de faussetés qui J sont rassemblées le chasse ccmme hétérogène.

Ce dernier temps de r Église Chrétienne est la Nuit mOrne dans laquelle ont fini les Églises précédentes.
760. Que sur ceUe Terre, après sa Création, il y ait eu quatre Eglilles dans le Commun, qui onL succédé l'une à l'autre, on peuL le voir dans la Parole tant Historique que Prophétique, surtout dans Daniel, dans lequel ces quatre Eglises >iont décrites par la Statue que Nébuchadnézar Vil en songe, Chap. Il; cl ensuite par les quatre Bête~ montant de la mer, Chap. VII,. La Première Église, qui doit être appelée la Très-Ancienne, a existé avant le déluge; sa consommation ou sa fin est décrite par le. Délul;e. La Seconda Église, qui doit être appelée l'Ancienne, a existé dans l'Asie, et en partie dans l'Afrique; elle a été consommée et a péri par Jes Idolâtries. La Troisième Église était l'Église Israélite, commencée par la promulgation du Décalogue sur la Montagne de Sinaï, confirmée par la Parole écrite par Moise et par les PropbèLc~, et consommée ou finie par la profanation de la Parole, rlont la plénitude a eu lic!) an temps où le Seigneur est venu dans le Ilonde, aussi Je.~ Juifs L'ont-ils crucifié, Lui qui était la Pafcle. La" Quatrième ÉSlise est l'Église Chrétienne, instaurée par le Sei~neur au moyen des Évan~élisles el des Apôtres; cette F-glise a eu deux époqu~ i J. ... l'une depuis le temps du Seigneur jusqu'au Concile de Nic~e, et l'autre de.pl!is c~ f~~~le jusqu'à ce jo~; mais dans le cours de Z" 1 cette seconde époque elle s'est divisée en Iroi3, en Eglise Grecque. ~ t;lise Catholique-Romaine, et Eglise Réformée; ceperiaaôt' celles"

-

-

'\


LA VRAIE oi ont tolltes été appelées Chrétieones. De plus, au-dedans de chaque Église commune, il J a eu plusieurs Églises particulières qui, bien qu'elles se fussent retirées de l'Église commune, en ont toujours retenu le nom" comme il est arrivé pour les hérésies dans l'ÉBlise Chrétienne. 76L Que le dernier temps de l'Église Chrétienne soit 1~ Nuit même daos laquelle ont fini les Églises précédentes, on le voit pal' la prédiction du Seigneur sur elle dans les Évangélistes et dans Daniel; dans les Ëvangélistes, d'après ces pas.4!ages: • On verra f Ahomination de la désolation, et il y aura une alftiction grande, telle que point il n'yen a eu depuis le commencement du Monde jusqu'à présent, et pOÏflt il n'yen mira; et si n'étaient abrégés, ces jOtt:J's, aucune chair ne serait sauvée• • Et enfin: Il Le Soleil sera ohscurci, ta Lune 7Ie donnera point sa lueur, et les Étoiles tomheront du Ciel. » - Uatth. XXIV. US, Il, !'!, !9. - Ce temps est même appelé Nuit ailleurs daos les Évangélistes; par exemple, dans Luc: a En cette Nuit-là ils seront deua; sur un m~me lit, un sera pris, et f autre sera laissé. Il - X'lJI. 34; - et dans Jean: a Il me faut opérer les œuvres de Celui qui ,M'a envoyé, .. viendra la Nuit, oüpersonne ne pourra opérer. Il - IX. ". Com!De dans le milieu de la nuit toute lumière s'en va, et que le Seigneur est la vraie Lumière" - lean, 1." et suiv. Vlll. n. XII. 315, 36, 46, - c'est pour cela qu'il a dit aux 'Disciples, quand il est monté au Ciel: aMoi, avec vous je suis jusqu'à la Consom[ mation du SIècle. • - Uauh. XXVW. tO j - et alors il s'en va _d'auprès d'eul vers la Nouvelle Éslise.' Que ce dernier temps de l'Église soit la Nuit même dans laquelle ont fini les Églises précédentes, on le voit aussi dans Daniel par ces passages: • Enfin sur foiseau des ahominations (slra) la Désolation" et jusqu'à la Consommation et à la Décision elle se répandr.a sur la Dévastation. Il -..,; IX. !7 ; - il est bien évident d'après les paroles du Seigneur, - Mattb. XXIV. i8, - que ceci a été lr~~i~ de la ~n de rÉilise (:l!ljtimme : puis, par ce passage dans Daniel sur le quatrième Royaume ou la quatrième Église représentée par la statue de Nébucbadoézar! « Quant à ce que tu as vu le 1er m~lé avec rargile de potier, c'est qu'ils se meleront par la semence de l'lwmme, mais ils n'auront point de cohérence fun avec autre.

336

r

.......

$2

RELIGION C.uIlliTIENNE
de f'lthne que le fer ne se ~le pas avec l'argile.
D -

337
II. 43; -

la S8m&nce de l'homme est le vrai de la Parole: et aussi par ces paroles sur la quatrième Eglise représenlée par la quatrième Bêle montanL de la mer: If Yoyau, je fris en visions de nuit, et vOIci,
une quatrième B~te, tfJf'7'ible et formidable; elle dévorera toute la terre, et la foulera et fécra.çera . • - vu. 7, !3, - parole.t; par lesquelles il est entendu qu'elle consommera touL vJ'ai de l'Éslise; et alors il J aura Nuit, parce que le vrai de l'Église est la

lumière. ~lusieurs choses semblables sont prédites de celle Église dans l'Apocalypse, surtout dans le Chap. XYI, où il s'agit des coupes de la colère de Dieu, répandues sur la. terre, par lesquelles sent signifiées les rau~elés qui alors inonderont et perdront l'Eslise. Pareillement dans beaucoup de passages des Propbèles; par exemple dalls ceux-ci: • Ne sera-t-il pas ténèhres le_ jour de Jéhova.", et non lumière, obscurité et nOll splendeur? Il - Amos, V_ t8, 10. Séphan.1. US: - puis: uEn cejotlr-/à, Jéhovah reo

gardera ve,'s la terre; et voici, tP7lè6res, el la lumière s'obBcurc;,'a flans ses ruines . • - Ésaie, V. 30. VIU. 22; - le jour

de oléhovah est le jour de l'avènement du Seisneur. - 76i. Si Quatre Eglises. depuis la Création du Monde, ont existé sur cette Terre, c'esL selon l'ordre Diyjn, qui veut qu'il y ail un cOmmencement et sa fin, avant qu'un nouveau commencement surgisse; de là vient que le jour commence par le m3Lin, p~is s'annce et finit par la nuit. et après la nuit commence de nouveau i et que l'annêe commence par le prinLemps, puis de l'éLé va " l'automne. et finit par l'hiver, et après l'hiver commence de nouveau i c'est pour qu'il en soit ainsi, que le soleil se lève Al'orient, puis s'avance par le midi vers l'occident. et finit par le septentrion, pour se lever de Douveau. Il en est de même des tglises ; Ja Pref mière ou Ja Très-Ancienne a éLé comme le ma Liu, Je printemps et 2. l'Grien 1 ; la Sec8nde ou l'Ancienne a éLé comme le jour, l'été et le J midi; la Troisième, comme le soir. l'auLomne et l'occident; et la T Quatrième, comme la nuit, l'hiver et Je flepLe~lrion. De ces pro-=sressions selon J'ordre les anciens sages ont conclu quatre Ages du Monde; ils appelaient le premier l'Age d'or; le second. l'âge d'araent; 1. troisi.me, l'Age d'airain. et le quak"ièllle, l'âge de fer; les t,lises ellls-IJI'mes ont éLé représenLées au moyen de ce~ mén ii

L

LA. VILlIE taux par la statue de Nébuchadnézar, En oulre. l'Éslise devant le Seigneur se présente comme un seul homme, et ce Très-Grand Homme doit parcourir ses âges comme le petit homme. c'est-Adire, aller de l'enfance ll'adolescence, et par celle-ci lIa jeunesse. et enfin à la vieillesse, et alors quand il meurt. il doit ressusciter; le Seigneur dit: • Si le grain de froment tombant dans la terre
ne mem't pas. seul il reste j mais s'il meurt. beaucoup de il porte, » - Jean, lU. !-i,

338

fruit

763, S'il est selon l'ordre que le premier marclle vers son dernier dans le Commun et dans le Particulier, c'est afin qu'il existe une variété de loutes cboses, et que par les variétés exisl.e toute qualité. car la qualité est perfectionnée par des différences en ~ lation a\"ec des Cll0ses plus ou moins opposées; qui est-ce qui ne peut ,"oir que le Vrai reçoit sa qualité par cela qu'il y Il le faux, -et le Bien par cela qu'il yale aIal, de même que la LU1lIière reçoit la sienne par cela qu'il y a l'Obscurité, et la Chaleur par cela qu'il yale Froid 7 Que serail la couleur, s'il y avait seulement le blanc et non le noir? la qualité des couleurs intermédiaires, venanL d'"illeurs. ne serait qu'imparfaite. Que serait 10 Sens. sans la relation ; et la relation, si ce n'était avec des opposés! Est-ce que la vue de J'œil n'est pas offusquée par le blanc seul, et vivifiée par la couleur qui intérieuremeut lire quelque chose du noir. comme la conleur verte TEst-cc que l'oreille .n'est pas assourdie par un même ton qui en frappe continuellement les organes, et réveillée par une modulation qui est variée par d6ll relations r y a-t-il quelque c1l0se de beau sans une relation avec quelque chose de laid! Aussi. pour que la beauté d'une .jeune fille se présente d'une manière frappante. place-t-on à côté, dans certaines peintures, une image .:Jift'orme TQu'est-ce que le plaisir ou le bonheur. sans une relation avec la peine elle malbeur! Qui est-ce qui ne devienl pas insensé d'après une seule idée constante, si la variété résultant de choses qui ~e tournent vers les opposés ne s'interpose pas Tïl en est de même dans les cboses spirituelles de l'Éslise. dont les opposés S8 réfèrent au Olal et ail faux. qui cependant Ile procèdent pas du Seigneur. mais viennent de l'homme, lequel a le libre arbitre qu'il peut tourner vers un bon usaBe ou vers un mauvais usa~e; il en est de cela comme de l'obscurité el du froid; l'obscurité et le froid

r

RELIGION CHRÉTIENNE.

339

Ile procèdent pas du Soleil, mais viennent de la Terre qui par des eirconvolutions ~uccessives se soustrait et se détourne, et cependant sans ces mouvements successirs il D'y aurait ni jour ni an06e, et )lar suite ni aucune production ni aucun homme sur la terre. J'ai appris que les Eglises qui sont dans des biens différents ~t dans des vrais différents, pourvu que leurs bieus se réfèrent à l'amour envers le Seigneur, et leurs vrais l la foi au Seigneur, sont eomme autant de Pierres précieuses dans la Couronne d'un Roi.
Après cette Nuit vient le Mahn, et r Avènement du Seigne"r' est ce Matin.
764. Puisque les Étais successifs de l'ÉSlise dans Je commun et dans le particulier sont décl'i~s dans la Parole par les quatre temps de l'ail née, qui sont le printemps, l'éLé, l'automne et l'hi· ver; et par les quatre temps du jour, qui sont le matin, midi, le soir eL la nuit, eL puisquel'Eslise d'aujourd'hui daos le Christianisme est la !Xuil, il s'ensuit qu'à préseol arrive le Matin, c'est-àdire, le premier temps de la Nouvelle Egliso. Que les états suceessifs de l'Eglise soient décrits dans la parole par les quatre états delalumiêre du jour, on le voit par ces passages: cc Jusqu'au
SOla et au MATIN, deuz mille trois cents, alo"8 sera justifié ,le

saint; la vision du SOla et du MATIN est la vérité. 1) - Dan. VDI. H, !6. - • A Moi l'on crie de Séir: Sentinelle, qu'y a-t-il toudtant la NUIT? La sentinelle a dit: Le M'A.I'IN est ve"u, et aussi, la Nurr. 1) - Ésaïe, XXI. H, I!. - • Vient la fin, vient le MATIN sur toi, /la6itant de la terre; voici, k JOUR est venu, te MAnN aparu. li - Ezécb. VII. 6, 7, 10. - .Ié/tovalt au )lATIN, au M'ATIl'( son jugement prodllira à la lumière, il manquera pOÙlt. D - Sçphan. Ill. IS. - • Dieu (est) atl milieu d'elle, Dieu la secourra qtumd paraltrale MATIN. » - Ps. XLVI. 6. - al'ai 4ttendu Jéhovah. mon dme attend le Seigneur de la part de t:eux qui guelten,t le MATIN, qui guettent le MA.TIN, car avec L~i btJaucoup de Rédemption, et Lui rachètera IsraAl. • - PSt CXXX. 8 l 8. - Dans ces passages, par le Soir et par la Nuit il esL en-

n'y

tendu le dernier Lemps de l'ÉKlise, et par le Matin son premier

l

Jjl

LA VRAIE temps; le Seigneur Lui-Même est aussi appelé Malin dans 18s passales suivants: cc 11 a dit, le Dieu ri Israël; avec moi il a parlé. le Rocher d'Israel, Lequel est comme la LUlIIÈRE ~u M4Tl~, rlUll lIA'l'IN sans nuages. » - 11 Sam. mn. 3, 4. - cc Moi, je suis la f'acme et la race de David, rÉTOILE briJlante et du M~nN. » Apoc. XXII. t6. - .. 'Dès l'utérus, de l'AURORE à toi la rosée de ta jeunelSe. » - l's. ex, 3 ; - ces passages concernent le SeiIneur. Comme le Seigneur est le Malin, c'est pour cela même qu'il esL ressuscité du sépulcre de grand Prlatin pour commencer UDe Nonvelle Église, - Prlarc, XVI. !l, 9:"= Ou'on do"ive attendre l'Av~nement du Seigneur, on le voit clairement par la prédiction du Seigneur sur cet Avènemen"t, dans MaUbieu: Jésus état.t assis sur la Montagne des Oliviers, vers Lui s'avancèrent les Diseiples, en disant: Dis-nous quel sera le SIGNE DE TON Avi NEliENT et de la Consommation du, Siècle. » - XXIV. 3. cc Après l'affliction de ces jours, le Soleil sera obscurr:i, et la Lzme ne donnera point sa lueur, et les Étoiles tomberont du Ciel, et les p.,issances des CiellZ seront ébranlées: alors apparatera I.E SIGNE DU FILS DB L'HOMME, et l'on verra LE FILS DE L'HOXXE VEN....NT DANS I.ES NUEES DU elEL~VEC FORCE ET GLOIRE •• - Ibid. Vers, i9, 30. tIare, XIII. !l6. Luc, XXI. !7. - Il Comme il en fut QUx jours de Noé, de mhne il en sera aussi à rA VÈN"IWEN'f DU FILS DB L'HOlOlE; c'est pourquoi, vous, soyez pr8ts, parce qu'à lheure que vous "epemespas. LEFIL8 DE L'UOlIDVIENDM. » Ibid. Vers. 37,39, 44,46. -DansLuc: Q1:AND LEFILSDE L'HOMM!!:. VIENDü, est-ce qu'il trouvera la loi sur la terre ? XVlIl. 8, Dans Jean: Jésus dit de Jean: Si je veu:& qu'il reste JUSQU'A CE QUB JE VIENNE. Il - XXI. n, !l3. - Dans les ACles des Apôtres: • Lorsqu'ils virent Jésus en/evl au Ciet, deux hommes se tenaient tle60ttt près d'eux en v~tements 6lancs, et leur dirent: Ce Jésus qui a été enlevé fi avec VOU" au Ciel, VIENDRA DB ~ lIÈME lIANlËRJ!: QUI VOUS L'~VEZ YU ~LLANT ~U CIEL. " - l, 9, tO, il. - Dans l'Apocalypse: a Le Seigneur. Dieu des Saints Prophètes. a envoyl son .Ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doÏ1Jent arriver; VOICI, JE VIENS; heureux celui qui garde les fIOmmandements de ce Livre; et VOICI, JI!: VIEN S, et ma récompense ~ec Moi, aftn que je donne Il chacun selon son œuvre, »

3'0

1) -

Il

rF"""f

RELIGION CHlŒTlENNE. 3'1 - XXII. 6, 7, i i. - Et encore: cc 1l(oi JÉsus, j'ai envoyé mon
Ange pour vous attester ces choses dans les Église•. Moi, je suis la Racine et la Race de David, f Étoile hrillante et du matin. L'Esprit et la Fiancée disent: VIENS; et que celui qui écoute dise: ViENS; que celui qui a sail VIENNE et que celui qui veut prenne de teau de la vie gratuitement. » - Ihid. Vers. 16. i 7. - Et encore: cc li dit, celui qui atteste ces choies: OUI, .JE VIENS; Amen. OUI, VIENS SEIGNEUR JÉSUS. LA. GRACE DU SEIGNEUR JXSUS-CHRIST (soit) AVEC vouSTous,Amen. » -lhid. Vers. tO, il. . 766. Le Seilneur est pré.\\el.ll chez tout homme, et il presse et

e'

insiste afin d'être reçu; el quand l'homme Le reçoit, ce qui arrive lorsqu'i~ Le reconnatt pour son Dieu Cr~ateur. Rédempteur et Sauveur, c'est son premier avènement, qui est" appelé le Point dll jour; Il par~ir de ce temps l'homme commence 1 être illustré quand à l'entendement dans les choses spirituelles, et à s'avancer dans une sagesse de plus en plus intérieure, et à mesure qu'il la reçoit du Seigneur, il s'avance par le matin dans le Jour, et ce jour persiste chez lui dans Ja vieillesse jusqu'à Ja mort, et après Ja mort il vient dans le Ciel vers Je Seigneur Lui-Même; et Jà, quoiqu'il soit mort vièux, il revient dans Je malin de son âge, et il continue durant J'éternité à croltre dans Ja sagesse qui a été impJantée dans le Monde naturel. 767. L'homme qui est daiS Ja foi au Seigneur, et dans Ja charité à J'égard du prochain, est J'Église dans Je particulier, et J'Éslise dans Je commun est composé" de pareils hommes. Il y a ceJa de meneilJeux, que tonl anse a Je Seigneur devant ses regards. dans queJque conversion de corps et de face qu'il soit; en effet, ~ 4 \ ~igneur est Je Soleil du Ciel Ansélique, c'est lui qui apparait devant les yeux des Anges, quand ils sont dans une médilaLion spirituelle: la même chose arrive dans le Ifonde chez l'homme en l q~i est J'Église, quant à la vue de son espriL i mais comme cëue ) vue est "oilée par la vue naturelle que caressent Jes autres sens, dont les objets sont des choses qui appartiennent au corps et au monde, l'homme ignore cet état de son esprit; cet aspect. dIt ~ei­ ineur, d.ans quelque conversion que l'on ~oil, tire son origine de cë- que lo.u~.!!.ai dont procèdent la sagesse et Ja foi, et tou~~ien par Jequel elistent J'amour et la charité, 't'iennent du Seigneur, eL

r

\
1

1

LA. VRAIE 342 appartiennent au Seigneur dans l'homme, et ~ue par suite chaque vrai de la sagesse est comme un miroi~ dans lequel est le Seigneur, et chaque bien de l'amour est l'image du Seigneur; de Il vient cette meneille. Au contraire, l'esprit mauvais se détourne continuellement du Seigneur, et porle sans cesse. ses regards vers son amour, et cela aussi dans quelque conversic)n de corps et de face qu'il soit; la cause est la même, mais en sens inverse; car tout mal est dans une certaine forme l'ima/&e de son alDour régnant, et le raul qui provient du mal présente cette image comme dans un miroir. Que quelque chose de semblable ait aussi été implanté dans la nature, on peuL le conclure de certaines Pierminations qui sont entourées de plantes herbacées, en ce qu'elles s'efforcent de les surpasser en hauteur, afin de regarder le soleil; puis, en ce que quelques-unes se tournent vers Jui depuis son lever jusqu'à son coucher, afiu de mûrir ainsi SOUIl son auspir.e, et je ne doute point qu'il n'y aiL une pareme inclination et un pareil effort dans toutes les branches de chaaue arbre, mais comme il n'y a pas en elles ('élasticité de flexion eL de conversion, l'acre s'est arrêté. Que tous Jes souffres et tous les ·syrtes de l'Océan se dirigent aussi d'eux-mêmes circulairement selon la. marche" commune du soleil, cela est évident pour un obsen'atellr. ponrquoi n'en serait-il pas de même de l'homme, qlli Il été créé i l'image de Dieu, à moins qu'en se servant de son libre arbitre il ne tourne d'un autre côté cette inclination et cet effnrt insilés en lui par le Créateud Cela peut aussi être comparé à une fiancée, en ce qu'elle porle continuellement 1 la vue de son e.c;prit quelque chose de l'image de son fiancé, el le voiL dans ses présents comme dans des miroirs, et désire ardemment son arrivée, et en ce que, quand il arrive, elle le reçoit avec une joie dans laquene l'amour de son cœur bondit.

RELIGION CHRÉTIENNE.

3i3

L'Avènement du Seigneur n'est point son A vènement pour détruire le Ciel visible et la Terre habitable, et créer un Nouveau Ciel et une Nouvelle Terre, comme plusieurs l'ont cru jusqu'à présent. parce qu'ils n'ont pas compris le sens spirituel de la Parole.

768. L'opinion qui domine aujourd'hui dans les Eglises est que le Seigneur, lorsqu'il viendra pour le jUlement dernier. apparaltra dans les nuées du Ciel avec les Anges et le son de trompettes; qu'il rassemblera tOIlS ceux qui habitent sur la Terre. et en même temps tous ceux qui y sont morts; qu'il séparera les mérhants d'avec les bons, comme un berger sépare les boucs d'avec les brebis; qu'alors il précipitera les mécllants ou les boucs dans l'enfer, et élèvera les bons ou les brebis dans le Ciel; qu'en même temps il créera un nouveau Ciel visible et une Nouvelle Terre habitable; que sur cette terre il fera descendre \lne Ville, qui sera appelée la Nouvelle Jérusalem, dont la s(ruclure sera selon la description qui en est faite dans Apocalypse, Chap. XXI, 1 savoir. de jaspe et d'or. les fondf'ments de sa muraille de pierres pr~cieuses. sa hauteur, sa largeur et sa longueur égales. chacune do douze mille stades ~ que dans celte Ville seront rassemblés tous le.s élus. tant ceux qlli virent que ceUI qui sont morts depuis le commencement du Monde, et qu'alors ceux-ci reviendront dans leurs corps, et jouiront de la joie éternelle dans cette Ville masniOque cOlDme dans leur Ciel. Cette Opinion sur 1'8\'ènement du Seigneur, et sur le lugement Dernier, est aujourd'hui dominante dans les Églises Chrétiennes. 769. Quant 1l'éLat des Ames après la Dlort. ce que l'on croit aujourd'hui universellement et singulièrement, c'est que les Ames humaines après la mort sont des Souffles, dont on se fait une idée comme d'un sou me de vent, et que, parce qu'elles sont telles, eUes sont réservées jusqu'au jour du jugement dernier, soit dans le centre de la terre ob est leur Quelque part (Pou), saiL dans le Limbe des anciens pères; mais sur ces point!' on diftère, les uns pensent que les Ames sont des formes ~thérées ou aériennes, ot

r

314 LA VRAIE qu'ainsi elles SODt comme des fantômes et des spectres, et que les unes habitent dans l'air, d'autres dans les forêts, et d'autres dans Jes eaUl; quelques autres, au contraire. pensent que les Ames des morts sont transportées dans les planètes ou dans les 6toiles, et qu'elles y ont des demeures; d'autres s'imaGineut qu'elles rentrent dans les corps après mille ans; mais la plupart croient qu'elles sont rése"ées Jusqu'au temps où tout le Firmament périra avec le Globe Terraqué, ce qui arrivera par un reu s'élançant du Centre de la terre, ou jeté du Ciel comme une roudre universelle; qu'alors les sépulcres seront ouverts, et que les Ames réservées revêtiront de nouveau leur corps, et seront transportées dans celle Ville sainte de Jérusalem, et ainsi h~biteront ensemble tiur une autre terre dans leurs corps illustrés, les unes plus bas, les autres plus haut, parce que la hauteur de la ville doit être de douze mille stades, comme sa larseur et sa longueur, - Apoc. XXI. t6. 770. LOrsqU'OD demande l un Ecclésiastique ou l un Laïque, s'ils croient rermement toutes ces choses; par exemple, que les Antédiluviens avec Adam et Ève, et les Postdiluviens avec Noé et ses ms, puis Abraham, L;aac et Jacob avec tous les Prophètes et les .Apôtres, sont, de même que les Ames de tous les autres hO!Dmes, eucore réservés dans le Centre de la terre, ou s'ils voltigent dans J'éther ou dans l'air; puis aussi, s'ils croient que les Ames revêtiront de DIJUVeaU leur corps, et s'uniront b ces corps, qui cependant sont les uns des c.adanes rongés par des vers, des rats et des poissons; d'autres, comme en Égypte, des momies consommées par les homme.o;; et d'autres des sqllelettes brQ.lés par le soleil et tombés en poussière; et encore, s'ils croient qu'alors les étoiles du Ciel tOIDberont sur la terre, qui cependant est pl.us petite qu'une seule de ces étoiles; et si toutes ces opinions ne sont pas des paradoxes, que la raison même dissipe, comme elle a coutume de raire pour les choses contradictoires; alors quelques-uns ne répondent rien, d'autres répondent que cela appartient l la roi. sous l'obéissance de laquelle l'entendement doit être mis; d'autres ~isent que non-seulement ces choses I~. mais encore plusieurs autres qui sont au-dessus des rationnels. appartiennent. la ToutePuissance Di,iDe ; et dès qu'ils nomment la Foi et la Toute-Puill-

3iS RELIGION CHRIi:TIENNE. sance, la raison est chassée, et alors la sain.8 raison est dissipée et devient comme rien. ou devient comme un spectre et est appelée folie; ils ajoutent: Ces choses ne sont-elles pas conformes 1 la Parole? Qui est-ce qui ne doit pas penser et parler d'après eUe! nt. Que la Parole dans la leltrl ait été écrite par des Apparences et des Correspondances, et qu'en conséquen"ce dans chacune de ses parties il y ait un Sens spirituel, dans lequel la vérité est dans sa lumière, et un Sens de la leure dans lequel la vérité est dans l'ombre, c'est ce qui a été montré dans le Chapitre sur l'Ëcriture Sainte. Afin donc que l'homme de la nouyelle Église, ne s'~are pas, comme l'homme de la vieille Eglise, dans l'ombr.e dans laquelle est le sens de la lettre de la l)arole, surtout au sujet du Ciel et de l'Enfer, de sa Vie après la mort, et ici, de l'Avènement du Seigneur, il a plu au Seigneur d'ouvrir la vue de mon esprit, et ainsi de m'introduire dans le l'fonde spirituel, et de m'accorder non-lieulement de parler a,'ec les esprits et les anges, et nec mes parents et mes amis, même avec des rnis et des princes, qui avaient terminé leurs destinées dans le Monde naturel, mais encore de voir les merveilles du Ciel et les horreurs de l'Enfer, et qu'ainsi l'homme n'habite pas dans un Quelque part (Pou) de la terre, et ne voltige pas aveugle eL muet dans l'air ou dans le vide, mais qu'il vit homme dans un eorps substantiel, dans un état beaucoup plus parfait, - s'il vient parmi les bienheureul, qu'auparavilnt lorsqu'il vivait dans un corps matériel. C'est pourquoi, aOn que l'homme ne s'enfonce pas plus avant dans l'Opinion lur la destruction du Ciel visible et de la Terre habitable, et ainsi sur I~ Monde Ilpirituel, par une i,norance d'après laquelle le.J!!.turalisme et en même temps l'athéisnae, - qui aujourd'hui parmi ( 1"~J~r!1~its ont commencé Ù'enraciner dans le mental rationnel in. térieur, - se répandent plus au large, comme la ~angrène dans Ja chair, et même danii son Mental el terne, d'après' lequel il parle, n m'a été enjoint par le Seigneur de publier diverses choses, d'aI près ce que j'ai vu et entendu. lant sur le CIEL ET L'ENFER que sur LE JCGEaiENT DERNIER; et aussi d'expliquer l'ApOCALYPSE, oh il s'agit de l'Avènement du Seiirneur, du Ciel précédente' du Ciel nouveau, el de la Sainte Jérusalem; en lisant ces choses et en les comprenant, chacun pourra voir ce qui est elltendu par

r

LA VRAIE l'Avènement du Seigueur, et aUS!li par le Nouveau Ciel et par la Nouvelle Jérusalem.
Cet Avènement du Seigneur, qui est le Second, a lieu afin que les méchants soie"t séparés d'avec les 6ons, et que cew: qUI ont crr4 et croient au Seigneur soient sauvés, et afin qu'avec euz il soit formé un Nouveaa Ciel Augéliql!.'!, et~ Nouvelle glise dans le, terres; et sans cet Avènement aucline Chair ne pouvait Itre conservée, - Matlh. XXIV. !2'!.

34.6

JJ

77!, Il vient ù'être montré, dans l'Article précédenl, que ce Second Avènement du Seigneur n'a pas lien pour détruire 1. Ciel visible et la Terre habilable: que ce soit, non pour délruire quelque chose, mais pour édifier, par conséquent non pour condamner, mais liour sauver ceux qui depuis le premier A\'ènement du Seigneur ont cru en Lui, et ceui qui dans la (;uite y croiront, on le voit par ces paroles du Sei«nellr: • Dieu a envoyé son Fils

dans le Monde, non pour juger le Monde, mais pou.,. que soit sm,vé le Monde par Lui; celui qui croit en Lui Il'est point jugé, mais celui qui ne croit pas a déjà été jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom de rUuique-Eugendl'é Fils de Dieu. » - Jean. m. i. 7, 18 : - et ailleurs: a Si quelqu'un entfmd mes pa1'oles et ne croit poillt, J.l/oi, je ne le juge point; car je suis Ve1JU non pour j,'Uer le MOllde, mais pour sauver le Monde; celui q"i me rejette, et ne reçoit point mes paroles, il a qui le juge; la Parole gue j'ai prononcée, c'est elle qui le jugera • • - XII. 4;, 48.jlue le Jugement Dernier ait élé fait dans le Monde "spirituel dans (!.'Année i.7~ c'est ce qui a été montré dans l'Opuscule du Ju-

publié l Londres en 17rl8, et dans la CONTI-" publiée l Amsterdam en t 763 i je l'atlesle. parce que je l'ai YU de mes propres yeux en pleine veille. A 773. One l'Avènement du Seigneur soit pour former un nou~ - ~!!Jael de c.eUI qui ont cru en Lui. et pour inslaurer une noue Z vell!! ~S~!s~ avec ceUI qui dans la Imite croiront en hui, c'est parce que ce sont-Il les deux fins de son Avènement i la fin même de la création de ITnivers n'a par:; été autre que de former avec les
GEMENT DERNIER, NIIATION SUR CB JV(;ElIIEN'l.

RELIGION CHRItTIESNE.

3U

homD1es un Ciel Angélique, dans lequel tous ceUI qui croient en Dieu vivraient dans une béatitude éternelle, car le Divin Amour, qui est en Dieu et essentiellement Dieu, ne ptlut . pas tendre à autre • chose, et la Divine Sa~esset qui aussi est en Dieu et Dieu, ne peut fpas lion plus produire autre chose. Pnisqne la Créalion (Je l'Univers a eu pour ~n le .Ciel Angélique composé du Genre Humain, et in 5même temps l'El;lise dans les terres, car c'est par elle que l'homme ldoiï passer dans 1;Ciel, et puisque la Salvation des hommes, qui est effectuée sur des hommes devant nattre dans le Monde, est ainsi une continualion de la création, c'est pour cela que dans la Parole il est dit çA et l~ créer. et que par là il est entendu former pOlir le Ci.!l, comme dans ces passages: • Un cœur pur CRÉE eJl. moi, À Dieu, etunespritfe7meinnove au milieu de moi. • - P5. U. t!!. cc Tu ouvres ta main, elles sont rassasiées de bien; tu envoies ton esprit, ELLES SO!iT CRttES. - Ps. CIV. 28, SO. - « Le peuple, q"i SERA CRËll:, louera lah. » - Ps. cn. 19. - Aimi a dit Jéhovah ton CRUTEUB. Jacohl ton FORMATEUR, ISI'aël : Je t'ai J'acheté, je t'ai appelé par ton nom: quiconque est appelé de mon Nom, pour ma gloire JE L'AI CRÉK. » - Esaie, XLIII. t, ': cc Au jour où tu as été CRU, ces choses ont été préparées; parfait tll étaü dans tes voies depuis le jour que tu fus CRU. jusqu'à ce que fut trouvée la perversité en toi. Il - Ezéch. XXVlU. tS, t5 ; - ceci a été dit du roi de Tyr. Il Afin qu'on voie. et que (O'fl, cornuzisse, et que l'on considère, et que (011 comprenne que la mainde Jéhovah a fait cela, et que le Saint ri Israël fa CRti. » - Esaie, XLI. 19. 20. - D'après ces passlges on peut voir ce qui est entendu par Créer dans les suivanls: • J énovah qui CRÉE les Cieux, qui étend la Terre, qui donne une dme au peuple sur elle, et un esprit à ceux qui y marchent. » - Esaie. XLII. 5. XLV. n, 18. - . Voici, JE CatE UN CIEL, NOUVEAU ET UNE TURS NOUVELLE; réjouisse:&~vollS pour r éternite à cause de ce que je vais CRi".; voici, Moi, JE VAIS CatIR JlRU8ALElI( joie. » -r Esaie, LXV t 17, ~ . ii4. La présence du Seigneur est perpétuelle chez chaque homme, soit mébbant soit bon, car sans sa préselca nul homme ne vit; mais son Avènement esL seulement chez ceux qui Le ra~_ivent ; ce sont ceUI qlJi croient en Lili et foni SeS commande:"

LA VRAIK 3'8 ments : la présence perpétuelle du Seigneur fait que l'homme devient rationnel, et qu'il peul devenir spirituel; ce qui fait cela. c'est la Lumière procédant du Seipeur cOlllme Soleil dans le Monde spirituel, Lumière que l'homme reçoit par l'entendement, et celle Lumière est la vérité par laquelle il a la ratiollDaIité; mais l'Avènement du Seigneur est chez celui qui conjoint la chaleur i cette lumière, c'est-i-dire, l'.!mour l la ~té, car la chaleur procédant de ce même Soleil est l'amour envers Dieu et ra l'égard dll llrocbain. La seule présence du Seigneur, et par suite l'illustration de l'entendement, peut être comparée avec la présence de la Lumière solaire dans le Monde; si ce1l8 lumière n'est pail conjointe avec la chaleur, tout sur la terre est en désolation; mais l'avènement du Seigneur peut être comparé au retour de la cbaleur, qui se fait dans la saison du printemps, e~ comme alors la chaleur se conjoint ra la lumière, la terre s'amollit, les semences poussent el porLent des fruits; il Y a un semblable parallélisme entre les spirituels dans lesquels est l'espl'it de l'homme, et les naturels dans lesquels est son corps. 0,773. Il en esL de l'homme de l'Église dans le concret ou dans le composé de la même manière qu'il en est de l'homme dans l'individuel ou dans le particulier: l'homme dans le concret ou dans le composé est l'Église parmi plusieurs llommes, et l'homme dans l'individuel ou dans le particulier est l'Église dans chacun de ces llommes, [\ est selon l'ordre Divin qu'il y .ait des communs el des particuliers, et qu'il y ait en même temps les uns et les autres dans chaque chose, et que les particuliers n'existent pas et ne subsistent pas autr~ment; ainsi rien de particulier intérieurement dans l'homme, à moins qu'il n'y ait des communs, dont les particuliers soient entourés; les particuliers dans l'homme sont les viscères et les parties qui .les composent, et les communs sont les enveloppes, qui non-seulement sont aulour de tout l'homme, mais encore autour de chaque viscère, et autour de chaque partie du viscère; il en est de même dans toute bête, dans tout oiseau et dans tout insecte; et il en ellt de même dans (out arbre, dans tout arbrisseau et dans toute semence; on ne peut pas tirer un son d'un instrument ra cordes ni d'un instrument ra vent, ra moins qu'il n'y ait un très-commun, d'où chaque partie de la modu-

34.9 RELIGION CHRÉTIENNE. laLion tire son commun afin d'exisLer; il en est aussi de même de chaque Sens du corps, comlllo la vue, l'ouie, l'odorat, le godt et le toucher, et aussi de même de tous les Sens internes, qui appartiennent au men laI. Cela est rapporté pour illustration, afin qu'on sache que de même dans l'Église il y a des Communs et des Particuliers, et aussi des très-Communs, et que c'est do là que 181 qua1re Églises ont procédé en ordre; de celte progression est issu le très-Commun de l'Église, el successivement le commun et le particulier cle cbaque Église. Dans l'homme aussi il y a deux TrèsCommuns dont tous les communs et chaque particulier des communs liren t leur existence! ces deux Très-Communs dans son corps sont le Cœur et le Poumon, et dans SQn esprit la Volonté et l'Entendemellt; des uns et des autres dépendent toutes les choses do Fa vie tant dans 10 commun quo dans le particulier; sans eux elles se disperseraient et mourraient: il en serait de même de tout le Ciel Aogélique et de tout le Genre Humain, et lDêlDe de tout Je 1I0nde Créé. si toutes choses dao A le commun et chaque chose dans le particulier ne dépendaient de Dieu, de son Amour et de sa Sagesse.

Ce second Avènement du Seigneur est un avènement non pas en PerSOMtI, mais dans la Parole qui p"ocède de Lui, et qui est Lu;"'M~me.
776. On lit danll plusieurs passages que le Seiineur doit venir dans les nuées du Ciel, par exemple, - Matth. XVII. 5. XXIV. 30. XXVI. 64, Marc, XIV. 6i, 6i. Luc, IX. 34, ars. XXI. !i. Apoc. 1. 7• XIV • 14. Dan. VII. t3 ; - mais jusqu'. présent personne n'a connu ce qui a 6té entendu par les Nuées du Ciel; on a cru que le Seigneur y apparattrait en Personne. liais que par les Nuées du Ciel il soit entendu la Parole daosle Sens de la leUre, et qne par la Gloire et la Puissance dans lesquelles le Seigneur doit aussi tenir, - Maub. XXIV. 3Q. - il soil entendu le sensspiritueJ de la Parole. cela a ét6 caché jusqu'à présent, parce que personne jusqu'à ce jour n'avait même conjecturé qu'il y eOt dan~ la Par~le un §en~ !p!ril'!ellel que celui q~'elll renferlne. Maintenant, parce que le

--LA VRAIE Sens spirituel de la Parole m'a été ouvert par le Seigneur, et qu'il m'a été donné d'être avec les Anges et les Esprits dans leur Monde comme l'un d'euI, il a été dévoilé que par la Nuée du Ciel il est ~ entendu la Parole dans le Sen s naLurel, par la Gloire la Parole dans le Sens spirituel, et par la Puissance la puissance dn Sei) gneur par la Parole. Que la Nuée du Ciel ait celte signification, on peutIe voir par ees passases dans la Parole: Cf Personne comme Dieu, û Jcschurun 1 chevauchant dans le Ciel, et dans sa magnificenc6sur les NetE!•• -Deutér. xxxm. !6, !7. - u Chante:: à Dieu, loues son Nom, ezaltes celui qui chevauche sur les Nl:EES. u - PS, LXVIII. 6, - ./éhovah chevauchant sur ufle <NU~E L~GEl\E. D - Esaie, XIX. 1.. - Çhevaucber signifie insLr.uire ") dans les Ilivins vrais d'après la Parole, car le cheval lIignifie l'entendeOlent de la Parole, voir Apor.. RtvtL. N° 298 i qui est-ce qui ne voil pas que Dieu ne chevauche point sur des nuées! De plus:
350
Dieu cltevauchait SUI' des Chérubins, et ü posa pour sa tente les N{j1E~ DES CIEUX. D - PS, XVIlI. t t i ~3 ; -les Chérubins signifient aussi la Parole. voir l'ApOCALYPSE RÉVÉLÉE, NDI !39. 67!!. - • Jéhuvah lie les eat!z dans ses Nu!!.s, et il étend sur son trt1ne sa NCEE. D - Job. XXVI. 8,9. - • Donnez la force à léhovah, sa force sur les NUiES, • - Ps.LXVIII. 35.- ft léhovah a c7'éé sur tout habitacle de Sion une Nct.. pendallt le jour. car sur toute gloire une couverture. » - Ésaïe, IV. 5· i - la PaCf

J'ole dans le Sens de la lettre était aussi représentée par la NUÉE. dans laquelle descendit Jéhovah sur la Montague de Sin ai, lorsqu'il promulgua la Loi; les choses de la Loi. qui furent alors promulguées étaient les prémices de la Parole. Pour confirmation 'il sera encore ajouté ceci: Dlns le l\londe spirituel il y a des Nuées comme dans le Monde naturel. mais d'une autre origine i dans le Monde spirituel il ya des Nuées brillantes parfois au-dessus des Cieux Angéliques, et des Nuées noires sur les Enfers; les Nuées brillantes au-dessus des Cieux. Angéliques signifiell:t l'obscurité dans ces cicu't d'après le Sens littéral de la Parole, mais quand ces Nuées sont dissipées, elles signifient que les Anges sont dans la clarté il'après le sens spirituel; mais les Nuées noires sur les Enfers si~nifient la falsification et la profanation de la Parole. Si les Nuées dans le IIonde spirituel ont de telles signification~1 cela

-.

RELIGION CHR€TIENNE. 3:l1 vient de ce que la Lumièl·e. qui procède du Seisneur comme Soleil de ce Monde, sisnifie le Divin Vrai, aussi le Seigneur est-il -appelé la Lumière. - Jean, 1. 9. XI[. Sts ; - c'est de lA que la Parole Elle-Même, qui est conservée dans les sanctuaires des temples du Iloude spirituel, apparatt environné d'uue lumière éclatante; et son obscurité est annoncée par des Nuées. 777. Que le Seigneur soil la Parole, on le voit clairement par ces passages dans Jean: a Au commencement était la Parole, et
la Parole était chez Dieu. et Dieu elle était, la Parole 1 et la Parole Chair a été faite. D - 1. 1., t4. - Que la Parole dans ces

·passages soit le DÏ\'in Vrai, c'est parce que le Diyin Vrai n'est chez les Chrétiens que d'après la Parole, qui est la source d'où toutes les Éslises qui tiennent leur nom du Christ puisent les eaux vives dans leur plénitude, bien que comme dans une nuée dans laquelle est son Sens naturel, mais da~s la Bloire et la piJissance dans lesquelles sont le Sens spirituel el le Sens céleste; qlle dans la Parole il y ail trois Sens, le Nalurel, le Spirituel et Je Céleste, l'lin au dedans de l'autre, c'est ce qui a été montré dans le Chapitre sur l'Ér.R1TUIIB SAlinE, et dans le Chapitra sur le DÉCAl.OGUB ou CATÉCHISXE; il est donc évident que par la Parole dans Jean, il est entendu le Dhin Vrai; c'est même ce qU'aueste encore Jean dans sa Première Épitre : • NoZls savons que le Fils de Dieu est VMlU. et nou.. a don"é (ENTENDEMBNT, afin que nous connussions le VRAI; et nous sommes dans le VRAI, dans son Fils Jésus-Christ. D - V. 20. - ELc'eat pour t'ela que le Seisneur a dit lant deJois, • AMEN Je vous dis ; li et Amen dans la Langue Hébraïque est la Vérité; que Lui-Même soit l'AllEN, on le voit dans l'Apocalypse,III. U, - et lA. VÉRITÉ, on le voit dans Jean. - XIV. 6. - Quand on consulte les Erudits de ce siècle sur ce qu'ils entendent par la Parole dans Jean, - J. t, - Ils disent que c'est la Parole dans la suréminence, eL la Parole dans la suréminence, qu'est-ce autre" chose que le Dh-in vrai! D·apr-ès cela, il est évident que le S~­ Ineur doJt aussi maintena~t al'parattre dans la Parole; si ce n'est pas en Personne, c'est parce que depuis son ascension dans le Ciel il est dans son Humain slorifié, et que dans cet Humain il ne peut appar;tltre A aucun homme, Amoins qu'auparavant il ne lui ouvre les yeul de l'Esprit, et cela ne peut être fait chez aucun de ceux

LA 'VRAIE qui sout dans les maUl et par suite dans les faul. ainsi chez auCUD des boucs qp'il a placés. ~!!..~e: c'est pourquoi quand il s'est manifesté aUl disciples. il ouvrit auparavant leurs yeul, car on lit: Cl Etleursyeu:x furent ouverts, et ils Lecormurent; et Lui. invinhleildevi71tpoUf'euz• .. -Luc, XXIV, 81. -La même chose arriva aux Fenlmes près du sépulcre après la résurrection; aussi virent-elles alors assis dans le sépulcre, et parlant avec elles, des Anses qu'aucun homme ne peut voir lVee l'œil matériel. Que les Apôtres, avant la résurrection du Seigneur, aient vu le Seigneur dans l'Humain glorifié, non pas des yeux du corps. mais en esprit, ce qui. après le réveil, apparait comme ayant eu lieu pendant le sommeil, cela est constant d'apr~ la transliguration devant Pierre, Jacques et Jean, en ce qu'alors ils étaient acca6lés de sommeil. Luc, IX. 32, - Il est donc nin de croire que le Seigneur apparaitra dans une nuée du ciel en Personne, mais lawérité est qu'il~p:... p~itra dans la Parole qui procède de L~i, et qui p~r oonséquen& est Lui-Même, 778, Chaque homme est son amour et son intelligence" et tout ce qui procède de lui tire SOD eoiseoce de ces deux essentiels 011 de ces deux propres de sa vie; c'est pourquoi les Anges connaissent l'homme, tel qu'il est essentiellement, d'après un très-court commerce avec lui; par le Son ils connaissent son amour, et par le Langage son intelligence; et cela. parce qu'il y a deul universaUl de la vie d.e ch3que homme, la volonté et l'entendement, et que la Volonté flst le réceplacle et la demeure de son amour, et l'Entendement le réceptacle et la demeure de son intelligence; c'est pourquoi lout ce qui proeède de l'homme, soit aclion soil disconrs, fait l'homme et est l'homme lui-même, De la même manière. mais dans un degré suréminent, le Seisneur est le Divin Amour et la Divine Sagesse. ou, ce qui revient au même. il est 1. Divin Bieu et le Divin Vrai, ear sa Volonté appulient au Divin Amour et le Divin Amour appartient ~ sa Volonté, et son Entelldemellt appartient lIa Divine Sagesse, et la Divine Sagesse appartienl l son Entendement, la Forma hllmaine en est le con l'nant; d'après cela, on peuc jugel' comment le Seigneur est la Parole. l'ais. tout au contraire, celui qui est contre la Parole, c'estl-dire, contre le Divin Vrai de la Par.le, par conséquent contre

332

.,

RELIGION carui:TIENNE. 3113 le Seiineur et son Eglise, est son mal et son faux, Don-seulement quant au mental, mais aussi quant aUI effets du mental par le corps, effets qui se réfèrent aUI actions et aux paroles.
Ce Second Avmeme7it du Seigneur est fait par linlermédiaire flun howme, devant lequel le Seigneur s'est mani/esté en Personne, et qu'ü a rempli de son esprit, pour enseigner d'après Lui les Doctrines de la Nouvelle Eglise au m0!len de la Parole.

f

779. Puisque le Seigneur, comme il vient d'être montré, ne peut pas se manifester en PersonDe, et que cependant il a prédit qu'il viendrait, et qu'il fonderait une nouvelle Église, qui est la Nouvellelérusalem, il s'ensuiL qu'il doit faire cela par l'intermédiaire d'un homme qui puisse non-seulement recevoir par l'entende~ent les doctrines de cette Église, mais encore les publier par la presse. Que le Seigneur s'est manifesté devant moi son serviteur, et m'a cbargé de cette fonction, et qu'après cela il a OUfert la vue de m"n Esprit, et m'a ainsi introduit dans le Monde spirituel, et m'a donn~ de voir les Cieux et les Enfers, et aus'li de parler Ifec les anses et les esprits. et cela continuellement pen. dant plusieurs années jusqu'à présent, je l'atteste comme étant la vérité; j'atteste pareillement que, depuis le premier jour de cette vocation, je n'ai reçu d'aucun Ange rien de ce qui concerne les } Doctrines de cette Église, mais que j'ai tout reçu du Seigneur seul pendant que je lisais la Parole. 780. Pour cette fin, que le Seigneqr pOt être sans cesse présent, il m'a découvert le Sens spirituel de sa Parole, dans lequel Je Divin Vrai est dans sa lumière, et dans cette lumière il eot continuellement présent; car sa présence dans la Parole ne vient pas d'ailleurs que par le Sens spirituel; l travers la lumière de ce Sens elle passe dans l'ombre, dans laquelle est le Sens de la lettre; il en est de cela comme de la lumière du Soleil pendant le jour lU tralers d'une nuée interposée; que le Sens de la leUre de la Parole soit comm.e u~!..!!.u.ée, et que le Sens spirituel soit l~- BIoi~e, et le Seigneur Lui-Même le Soleil d'où. procMe la Lumière, et qu'ainsi le

P

LA VRAIE Seiineur soit la Parole, c'est ce qui a élé démontré ci-de&5us. Que la Gloire, dans laquelle il doit venir, - itatth. XXIV. 30, - si:glJ.iije .18_Divi!l yrai dans_~! lumière, dans laquelle est le Sensspirituel de la Parole, on le voft ëlairement par ces passases :« UntJ voi:& (il y a) de qui crie dans le désert: Préparez le chemin de léhovah: la. gloire de Jéhovah sera révélée, et ils la verront. toute chair ensemMe. D - Ésaïe, XL. 3,15. _« Sois illuminée. parce qu'est vernie TA. LUIO!BE, et LA. GLOIRE DR liuOVAS 8U'f" toi s'est levée. » - És. LX. i. 6. 12. - «Je te donnerai pour alliance au peuple, pour LUlIlW DES IU,T10NS; et HA. GLOmE à 'un atltre je ne donnerai point. »-Esaie,Xr.n. 6, 8. XLVlU. H. - . Alors éclatera comme r Aurore TA. ~UHltB.E, LA GLOIRE DE JaUOVA.H te recueillera. D - Es. LVIll.8. - • DE LA. GLomBDRJiuoVAsserd remplie toute la Terre • • - Nomb. XlV. IL Esaie, VI. l,!, 3. LXVI. i8. - uAucommencementétait la Parole; en Elle la Vie était. et la Vie était LA. LUiIIŒRE DES HOIIOS; c' etait LA. LuIII));U VÉRlTABLB; et la Parole Chair a été laite, tlt nous tmmu

vu SA

GLOIRE. GLOIRE COMHE DI L'UNIQUE-El'fGENDU: DU PÈRE.

It

- Jean, I. l, 4, 9, 14. - • Les ciew: raconteront J.A GLOIRE DE PS, XIX. 1. - • LA. GLOIRB DE Dmu illustrera la Sainte Jéru.salem, et sa Lampe r Agneau sera; et les Nalions, qui sont sauvées, dmlS sa Lt"lllblE marcheront. - Apoc. XXI. 13, 14. , 15; - et en outre, dans beaucoup d'outres passa~es. Si la ilo~re l ~nifie .I~_ Divin Vrai d,ns sa. plén!tu~e, c'est parce que tout eè qui est magnifique dans le Ciel vient de la Lumibr:.e 4lu.!.Jrocède ~_.S.eiineur ; et la Lumière, procédant du Sei~neur cQ~m.e. SQleil Jf!!lCiel, dans son essence est le Divin Vrai.
DIEU... -

r

Cela est entendu par le Nouveau Ci,1 et/a Nouvelle Terre, et par la Nouvelle Jérusalem descendant du Ciel, dans r Apocalypse.

!
1..'

781. On lit dans l'Apocalypse: u le vis un Nouveau Ciel et une N ouv.elle Terre, C(Jl' le précédent Ciel et la précédente Terre étaient passés. Et moi, Jean, je vis la ville Sainte. J éru,.

. - ....

-....

.....

RELIGION CBBÉTIENNE. 3115 ,alem Nouvelle, descendant de Dieu par le Ciel, parée comme Utle F.iancée ornée pour son Mm-i. D XXI. t, i. - On lit de même dans Esaie : « Voici, je crée un Ciel nouveau et une Terre nouvelle i soyes; dans f allégresse et tressailles de joie pOUf' félemité;. et voici. Moi, je "ais crier Ibwalem joie, et son peu.ple allégresse • • - LXV. n. iS. - Qu'aujourd'hui le Sei&,neur f!)rme un Nouveau Ciel de Chrétiens, qui dans le Monde ont reconnu, et après leur sortie du Monde ont pu reconnaUre que le Seigneur est le Dieu du Ciel eL de la Terre. selon ses paroles dans Matthieu.. xxvm. IS. - c'est ce qui a été montré ci-dessus dans ce Cba- ~ pitre. 7H!. Si la Nouvelle Eglise est entendue par la Nonelle Jérusalem descendant de Dieu par le Ciel, - Apoc. XXI, - c'est par oe que Jérusalem élaiL la Métropole dans la Terre de Canaan. et que Il il YI\'ait le Temple, l'Aulel, les Sacrifices, ainsi le Culte Divin même. auquel trois fois dans l'an.uée chaque mAie dè toute cette terre avait ordre de venir;' puis. parce que le Seiineur a éL6 dans " Jérusalem, et a ensei&,Dé dans son Temple. fOL ensuite 'y.a Blorifié son Humain. C'est de là que plr Jérusalem est signifiée l'Eglise. Que l'Eglise soit entendue par Jérusalem, c'est ce que l'on voit clairement dans l'Ancien TestamenL par les Prophétiques sur l'E- , slise Nouvelle que le Sei&,neur devait instaurer.. en 08 qu'elle y est appelée Jérusalem. n ne sera rapporté que les passages d'après lesquels quiconque esL doué d'une raison intérieure peut voir que par Jérusalem il est entendu l'Eglise. Soient seulement ceuxci: '1 Voici, je crée UN CIEL NOUVEAU ET UNE TBRRE NOUVELLE, et ron ne se souviendra point des m'ecédents i "oici, Moi, j(1 VAIS CRÉER l:ÈllUSAl.Bll joie, et son peuple allégresse, afin gue je me réjouisse sur lEllUSALEll. et gue je m'égaie sur mon peuple. Alors le lm,p et fagneau paltront ensemble: on ne fera paill.t de mal dans toute la Montagne de ma sainteté. » - Esaie, LXV. 17, IS, 19, ~5. - «A cause de Sion je neme lairaipoint, el à cause de JIl:Rl:SALBl\[ je ne me reposerai point. jwqu'à ce gue sorte comme la splendeur sa jU.itice, et que son Salut comme un flambeau soit allumé. Alors verront les Nations ta ;wtice, et tous les Roil ta gloire, el fon l'appellera d'un Nom nouveau g!M1 la fJuuche de Jéhovah énoncera i e~ tu seras une

336 LA. VRAIE Couronne d'honneur et un Turban de Royauté dans la main de ton Dieu. Jéhovah se complaira en toi, et ra terre sera mariée. Voici, ton Salut vimt; voici, sa récompense (est) at'ec Lui; et on les appellera le Peuple de sainteti, les Rachetés de Jeho. ",ah; et toi, tu seras appelée Yille recherchée, non déserte. D - Esaie, LXII i à 4, i i, li. - « RéfJeille-toi, réveille-toi, re-vêts-toi de ta lorce, Sion; rev~ts-toi de tes habits d'ornement, ltaUSALEJI, Yille de sainteté, parce que chez toi ne continue· ront plus à venir l'incirconcis et le souillé. Dégage-toi de la Vloussière, lève-toi, assieds-toi, ltausüJW. Mon peuple connal/.ra mon Nom en ce jour-là; car Moi, je suis celui qui dit: Me ~ici. Jéhovah a consolé Ion peuple, il a racheté JiaUSALB•• » - Esaie, LU. :1., t, 6,9. - • Béiouis-toi, fille de Sion, tressaille de toutton cœur, fille de JtRUSAJ.EaI; le roi d'lsrall (est) au milieu de toi; ,Je crains plus de mal; il s' égaiera sur toi avec joie, il se reposera dans ton amour; il tressai/lera sur toi avec jubilatian; je vous mettrai en renom et en louange parmi tous les peuples de la terre. » - Séphan. UI. U i i 7, !O. - fi Ainsi a ditléhovah ton Rédempteur, disant à JÉRUSALU: Tu seras habitée. If - Esaie, XLIV. 'i, t6. - fi Ainsi a dit léhovah: le retournerai vers Sion, et j' hahiterai au milieu de JtRUSALEK; de là sera appelée liausALDl la Yille de "bité; et la Montagne de 1 éhovah Sébaoth, la montagne de sainteté. il - Zachar. vm. 3, tO à t3. - • Alors vous eMma/trez que Moi, Jéhovah ~tre Dieu, j'habite dans Sion, Montagne de ma sainteté, et lera JtaUSALEJI sainteté. Et il arrivera en ce jour-là, que les montagnel distilleront du mozll, et que les collines couleront en lait; et JtRUSALEIl slra assise durant génbation et génération. » - Joël, IV. i 7 A!Ii. - cc En ce jour-là le germe de Jéhovah sera en honneur et en gloire; et il arrivera que le resté en Sion et le résidt' dans JtJ\USAL1W, Saint sera appelé, quiconque a été écrit pour la vie dans ltaUSAL1!:lI. JI - &aie, IV. 2, 3. - Il Dans reztrémité des jours il arrivera que la Montagr&e de la maison de Jéhovah sera étahlie comme T~te des mon'agnes, car de Sion sor,ira la Loi, et la Parole de léhovah, de ltRtlSALEX•• - Michée" IV. t, !. 8. - «En ce temps-là, on ap[Jellera JtBUSALEII le Trdne de Jéhovah. et s' assembleront touteS'

RELIGION CHRÉTIENNE. 351 les nations à cause du Nom de léhovah à JÉRUSALlU4, et elles ft'irontplus apr~s la confirmation de leur cœur mauvais.» Jérém. III. t 7. - cc Regarde Sion la ville de notre F'tesolennelle, que tes yeu:r: voient JÉRUSALEM, r Habitacle tranqville, le Tabernacle qui ne sera point déplacé; ~tés ne seront point ses piew: à perpétttité, et ses cordages ne seront point rompus.» - Esaie, XXXIn. iO; - putre plusieurs autres pa5S8Ses; par exemple, Esaie, XXIV. t3. XXXVII. Si. LXVI. iO li"'. Zacharie, XII. 3, 6 à tO. XIV. 8, H. t!l, !li.. Malach. 111.2, ". Ps. cxXn. i à 7. Ps. CX.XXVII. "', 3, 6. - Que là par Jérusalem il soit entendu l'ESlise que doit restaurer le Seisneur, et non la Jérusalem habitée par les Juifs, cela est évident d'après chaque partie de la. description de Jérusalem dans les passages rapportés; par exempie: Que Jéhovah-Dieu va créer un Ciel nouveau et une Terre nouvelle, et alors aussi Jérusalem; qu'elle sera une Couronne d'honneur et un Turban de royauté; qu'elle sera appelée Sainteté, et la Ville de vérité, le TrOne de Jéhovah, l'Habitacle tranquille, le Tabernacle qui ne slra point déplacé; que le loup et l'agneau y paltront ens"mble; que les montasnes y distilleront du modt et que les collines y couleront en lait, et qu'elle sera assise durant lé'nération et sénération i 'outre plusieurs autres expressions, même au sujet du Peuple; par exemple: Qu'il est saint, écrit pour la vie, qu'ils sont les rachetés de Jéhovah. De plus, dans tous ces passages il s'agit de l'Avènement du Seisneur, surtout de son Second Avènement, quand Jérusalem sera telle qu'elle y est décrite ; car auparavant elle n'était pas la mariée, c'est-l-dire qu'elle n'était pas devenue la Fiancée et l'Epouse de l'Asneau, comme il est dit de la Nouvelle Jérusalem dans l'Apocalypse. La précédente Eslile ou l'Eslille d'aujourd'hui est entendue par Jérusalem dans Daniel, et son commencement y est décrit par ces paroles: Il Sa: che et perçois que depuis la sortie de la Parole jusqu'à ct: ,qu'on rétablisse et bdtisse Jil:RUULEH, jusqu'au Messie le Prince, (il y a) sept semaines; et apr~s soÏZante-deu:r: semaines seront 'rétablis et Mtis la place et le fos!é, mais dans l angoisse des ,'emps• • - IX. i~ i - mais sa fin y est décrite par ces paroles Il Enfin sur rOiseau des abominations (sera) la désolation, tt jusfJu'd la consommation el à la décision elle se npandra sur

L

J

l
LA VRAIE la déva."'ation. 1) - Vers. 97 i - ce sont ces derniers événemeDls qui sont entendus par ces paroles do Seigneur dans Mauhieu: • Quand 'Vous verre. r ahominatiun de la désolation, prédite par Danielle PropMte, -étah/ie en lieu saint, que celui qui lit lasse attention . • - XXIV. us, - Que par lérusalem, dans les passages ci-dessus rapportés, il D'ait pas été entendu lérusalem habitée par les Juifs, on peut le voir dans la Parole par les passages ,où il est dit de cette ville qu'elle a été entièrement perdue et qu'elle Slra détruite, par exemple, - lérém. V. t. VI. 6, 7. VII. i 7, i 8, et lIuiv. V1JI. 6, 7, 8, et suiv. IX. i 0, H, t 3, etsuiv. XIII. 9, tO, U. XIV. i6. Lament. 1. 8, 9, n. Ezéch. IV. i l n. V. 9 • n. xn. 18, i9. XV. 6, 7, -S. XVI. t 1 63. XXIII. t 140. Manh. XXID. 37, 38. Luc, XIX. 4t l ".l, XII. 20, !!t, 12, xxm. 28, 29, ' 30, - et dans beaucoup d'autres passages i et aussi dans ceux où elle est appelée Sodome, - Isaïe, lU. 9. Jérém, XXIII. t4. Ezécb. XVI. 46, 48, - el ailIeu rs. 783. Que l'Eglise appartieone au Seigneur, et que d'après le Mariage Spirituel, qui est celui du Bien et du Vrai, le Seigneur soit apllelé Fiancé elllari, et J'EClise Fiancée et Epouse, cela est connu des Chrétiens d'après la Parole, surtout d'après ces flassa,es: « lean a dit du Seigneur: Celui qui a la Fwt'CËB, FIANCÉ Ü est; mais rami du FIANCÉ, celui qui se tient debout et L'écoute, ,e réjouit li cause de la voix du FrANC!. - Jean, m. 29. - ' «Iésus dit: Tant qu'avec eux est le FlANC!, les FILS DES NOCBS ne pellventjedner• • - Alalth. IX. ilS. Marc, n. t9, !O. Luc, V. 33. - a le vis la Yüle Sainte, Jérusalem "ouvelle, tkscendant de Dieu par le Ciel, parée comme une FIUCÉB ORNiE POUR SON 1lAR1. » - Apoc. XXI, 2. - a L'A.nge dit d lean: Viens, je te montrerai LA FUNCÉB, DB L'AGNUU L'EpoUSE; Il de la Montagne il lui montra la Yille, la Saillte Jérusalem. » - Apoc. XXI. 9, iO. - cr Le temps des NOCE8DB L'AGNBAU estvenu, etsoNÉpoUSE s'est parée; Heu.reuz ceuz qui JoU SOUPER DES NoCES DB L'AGNEAU ont ~té appelés. »-'Apoc. XIX. 7, 9. - • Moi, je suis la Racine et la Race de Da"id, rEtoile hrillante et du matin; L'EsPBIT ET LA. FrA."'cEE disent: Yiens; et que celui qui a soif, vienne; et que celui qJti t'eut, prenne de l'eau de la vie gratuitemetlt. • - Apoc. XXII. t 6. t7. 3S8

1 (
1

r
RELIGION CBRltTIENNE. 339 784. Il est conforme A l'Ordre Divin que le Nouveau Ciel soit formé avant que la Nouvelle Eglise le soit sur la terre; en effet, il "1 a l'Église Interne et l'Église Ellerna, et l'Église Interne fait un IveO l't,lise dans le Ciel, ainsi avec le Ciel i or, I1nlerne doit être formé avant l'Externe, et ensuite l'Externe est formé par l'Interne; qu'il en soit ainsi, oela est connu du olergé dans le Monde. Autant ce nouveau ciel, qui fait l'Interne de l'Église chez l'homme, prend de l'accroissemeut, autant de ce nouveau Ciel descend la Douvelle Jérusalem, c'est-A-dire, la nouvelle Éslise; cela ne peut donc l,as se faire en .un lDoment, mais cela se rait à mesure que les faul de la précédenle Église fIOnt éloignés i car le nouveau ne peut entrer où IlSs faux ont été précédemment engendrés, A moins qll'ils ne soient déracinés, oe qui doit se faire chez l'Ecclésiastique et par suite chez le Laïque i car le Seigneur· a dit: • Pel'sonne ne
met du vi" nouveau dans des outres vieilles, ault'ement se rompentles outres, et le vin se répand; mais on nlet du vin nouveau dans des outres nellves, et tous les deuz se conservent. " - Matlb.lX.. Ii. Marc, Il, 2!. Luc, V.37, 38. Que cela ne se

fasse qu'A la Consommation du siècle, par lliquelle est entendue
la fin de l'Eglise. on le ,'oit par ces paroles du Seigneur: • JéslUl

dit: Semhla6le est le Royaume des C'ieuz à un homme qui avait de honne semence dans son champ; or, pendant que dormaient les hommes, vint son en71nni, et Ü y sema de f1vraie, et il ,'en alla. Mais quand eut poussé rherhe. alors parut aussi l'Ivraie; or, s'approchèrent les serviteurs du matlre de maison, et ils lui dirent: Yeu.x-tu que nous a/laons, et quenous ~ueülions f Ivraie. Mais il leur dit: Non. de peur que peut"'"", .". cueülanlflv1'aie, vous n'a,.,.achie~ avec elle le F,.oment. LaisSl~ crol,re ensem61e run et autre jusqu'à la moisson. et au temps tk la moisson je dirai aU:& moissonneurs: Cueille~ premièrement rIvraie, et lie~la en faisceauz pour la lJrdler, mail amasses le Froment dans m07l grenier. La Moisson, c'est la Consornmatio'l du siècle; de mAme qu'est cueillie f Ivraie, et gu'aufeuelle esthr'lllée, de mIme il en sera à la CORlommalion du siècle• • - MatLh. xm. t, A 30, 39, 4-0. - Là, par le
sem~,

r

Froment sont entendus les vrais et les biens de la Nouvelle Eglise, el par l'Ivraie les taUI et les maul de l'ESlise précédente i que par

LA VRAIE la Consommation du siècle il soit entendu la fin de l'Eilise, on le voit dans le premier Article de ce Chapitre. 78S. Qu'en toute chose il y ait un Interne et un Externe, et que l'Externe dépende de l'Interne. comme le corps dépend de lion Ame, on le voit par un examen convenable de chaqne chose dans le Monde: Chez l'hommme cela est manifeste; tout son corps d~pend de.~on mental, et par suite dans chaque chose qui proeède de l'homme il y a un interne et un exlerne, dans chacune de ses Ictions il y a la Volonté du men lai, et dans chacune de ses expressions il ya l'Entendement du mental, pareillement dans chacun de ses Sens. Dans chaque oiseau et dans chaque Mte, et même dans chaque insecte et dans chaque ver, il y a un interne et un elterne; puis aussi dans chaque arbre. dans chaque plante et dans chaque Germe. et même dans chaque pierre et dans chaque grain de pcussière de l'hnmus j pour iIIuslrer cela. il suffit de quelques exemples pris dans ·le ver l soie, l'abeille et le grain de poussière: C'est d'après l'interne du ver A soie que son externe est porté l filer la soie, et ensuite Avoler comme papillon i c'est d'après l'interne de l'abeille que son externe est porté à sucer le miel des fleurs. et à construire des cellules d'une forme admirable ~ I"in( terne du grain de poussière de l'humus. d'après lequel son elterne est porlé. est son e1l'0rt pour féconder les semences i il exhale de son petil sein quelque. chose qui s'introduit dans les intimes de la semence, et la pou~e l produire i et cet interne en suit la végélation jusqu'à une nouvelle semence.'. Il en arrive de même dans ·les opposés. dans lesquels il y a aussi un interne et un externe i .ainsi dans l'araignée. l'interne d'après lequel son externe est porté, -est la faculté et par suite l'inclination à construire artistement une toile, du milieu de laquelle elle épie les mouches qui volent pour les dhorerj i1.en est de même dans tout autre insecte nuisible, et dans cbaque serpent. et aussi dans chaque bête féroce des forêts: p'areillement dans chaque homme impie, astucieux el fourbe.

360

J1

~I

hl

~ II

ri
1

Il

r

,

1

,

l

RELIGION CHRÉTIENNE.

361

Cette Nouvelle Église est la Couronne de toutes les Eglises qui jusqu'ici ont été su,. le Glohe terrestre.
786. Il a él6 montré ci-dessus que sur cette terre, depuis le oommencement, il y a eu dans le commun quatre Eglises: Une avant le Déluse, une autre après le Déluse, une troisième l'Israélite, et une quatrième nommée Chrétienne; et comme toutes les Eglises dépendent de la connais.lI3nce et do la reconn.aissance d'uo seul Dieu, avec lequel l'homme de l'Eglise peut être conjoint, eL qu'aucunl do ces quatre ESlises n'a été dam! celte vérité, il s'enSUit qu'A ces quatre ESlises il doit succéder une Eglise, gui connattra et reconnaUra un seul Dieu i le Divin Amour de Dieu, quand il a créé le Monde, n'a pas eu pour fin autre chose que do cOlljoindre l'homme l Soi, et de Se conjoindre à l'homme, el ainsi d'habiter avec l'homme. Si les Eglises précMentes n'ont point.6té dans la vérité, c'est parce que la Très-Ancienne Eglise, qui a existé avant le Déluge, a ador6 un Dieu invisible, avec lequel aucune conjonction n'est possible i il en • été de même de l'Ancienne Eglise qui a existé après le Déluge i l'Eglise Israélite a adoré Jéhovah, qui en soi est Dieu invisible, - E10d. XXXIII. i8 à 13, - mais sous une forme humaine que Jéhovah Dieu revêtait au. moyen d'uo Ange, et dans laquelle il apparut l Moise, i Abraham, il Sarah, à Hagar, à Guidéon, à Josué, et parfois aux Prophètes, laquelle forme Humaine 6tait réprésentative du Seisneur qui devait venir; et comme cetle forme était représentative. c'est aussi pour cela que toules et chacune des choses de leur Eslise ont élé faites représentatives; que les Sacrifices et toules les autres choses de leur culte aient représenté le Seigneur qui dovait venir, et qu'ils aient été abrogés quand il ful vonu, cela est notoire. La quatrième Eglise, qui a été appelée Chrétienne, a reconnu de bouche, il est vrai, un seul Dieu, mais en trois Personnes dont chacune en particulier ou par elle-même était Dien, a insi une Trinité divisée et Don pas unie en une seule personne; de là s'est attachée dans le mental l'idée de trois Dieux, quoiqu'il yait sur les I~,res 10 mot d'un seul Dioll i et do plus les Docteurs de l'Eglise, d'après leur

LA VRAm Doctrine même, qu'ils ont fabriquée après le Concile de Nicée, enseignent qu'il faut croire en Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l'Esprit Saint, tous trois invisibles, comme'existant avant le Monde dans une semblable Essence Divine; - et cependant, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, avec Dieu invisible la conjonction n'est pas possible; - ne sachant pas encore qu'un seul Dieu, qui est invisible, est venu dans le Monde eL a pris l'Humain, non-seulement pour - racheter les hommes, mais encore pour devenir visible, eL ainsi conjongible, car on lit: • La Parole était che~ Dieu, et DIEU ELLE t'rAIT, LA. PAROLE 1 et LA PAROLE ClU.IB.A tTÉ FA.ITE. 1) Jean, 1. t, U, ; - eL dans Esaïe : Un Enfant nOlll esl né, un Fils ROUI a été donné, son Nom est Dum. Héros, PERS D'EuRNll"É •• - IX. P ; - eL dans les Prophètes. il est dit plusieurs fois que Jéhovah Lui-Même viendra dans le Monde. et sera Rédempteur. Ce" qui aussi a été fait dans l'Humain qu'il a pris. 787. Que cette Nouvelle Eglise soit la Couronne de loutes les Eglises qui Jusqu'ici ont été sur le Globe terreslre, c'est parce qu'elle adorera un seul Dieu Visible, dans lequeJ est Dieu invisible, comme J'Ame est dans Je corps; que la conjonction de Dieu avec l'homme soit pllssible de cette manière. et non autrement, c'e.'Il parce que l'homme esL naturel. efpar suile pense .naturellement, et que la conjonction doit être dans la pensée. eL ainsi dans l'aiection de son ,mour, et cela a lieu quand l'boD/Dle pense à Dieu comme homme. La conjonction avec Dieu invisible est comme la conjonction de la vue de J'œil avec l'étendue de l'univers, dont on ne voit pas la fin; et aussi eomme la vue qui, au milieu de l'océan, tombe sur l'air et sur la mer, et se perd dans leur immensité; mais la conjonction avec Dieu visible esL comme si l'on yoyai,. un homme qui, dans l'air ou sur la mer, étend les. mains et invite: l venir dans ses bras; car toute conjonction de Dieu avec l'homme doit auSt;i être uné conjonction réciproque de l'homme avec Dieu, et cette conjonction réciproque n'est possible qu'avec Dieu visible: Que Dieu avant d'avoir pris l'Humain n'ait point été visible, le Seigneur l'enseigne Lui-Même dans Jean: fi Ni la voiz du Pbe vous n'ave~ entendu jamais, ni Bon a.'Pect vous n'aves fi.... D- V. 37 ; - et dans Moise: • Personne ne peut voir Dieu et vivre. JI - Exod, XXIUI. tO. - Mais que Dieu lIoit vu par SOB

362

363 RELlûION CIIRiTIENNE. Humain, le Seigncur l'ensei,ne dans lean :. Dieu, personne ne le vit jamais, rUnique-Engendré Fils qui est dans le seUl du Pire, Lui, L'a exposé. » - I. 18; - et dans le Même: a Jésus dit: Moije mis le chemin, lavérilé et la vie, personne ne vient au Père que par Moi; celui qui Me connait, connaît le Père, et qui ~e voit, voit le Père•• XIV. 6, 7, 9. - Qu'il y ait c.onjonction avec Dieu invisible par Dieu visible, ainsi par le Seigneur, Lui-Même l'enseigne dans ces passages: • Jésus dit; Demeures; en Moi, el Moi enVOUSj celui qui demeure en Moi el Moi en lui, celui-là porle du fruit6eaucoup. D -Jean, XV. -',6. - CI En cejou,... là VOUI connaîtrez que Moi Ue suis) dans le Père, et vous en Moi, et Moi en vous. D -lean. XIV, !O. -: ft Moi, la gloire que Th M'as donnée,je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme nous, nous sommes un, Moi en eu.:r: et Toi e1l Moi, afin que ramour dont Th M'as aimé soit en euz, et Moi en euz. • -léan, XVII. 2f, it, t3, !6; et aussi VI.1S6. - Puis aussi. que le Père et Lui sont un; et qu'il faut croire en Lui pour avoir la vie éternelle. Que le salut dépende de la conjonction avec Dieu, cela a été amplement montré ci-dessus. 788. Que ceLte Eglise doive succéder aux ESlises qui ont existé depuis le commencement du Monde, et durer aUI siècles des siècles, et qu'ainsi elle doive être la Couronne de toutes les Eglises qui ont été avant elle, c'est ce que Daniel a prophétisé; d'abord, lorsqu'il a raconté et expliqué l Nabuchadnézar son songe sur les quatre Royaumes, par lesquels sont entendues les quatre Eglises représentées par la Statue qu'il avait vue, disant: • Dans leurs jours, le Dieu des Cieuz fera surg;'" 1411 Royaume, lJlei dans les .siècles ne périra point, et détruira tous ces Royaumes; lui, -au contraire, subsistera dans les siècles. » - Il. -'4, - et cela se fera « par la Pie1'!'e qui devint un Roch.er gr03J.d rempliss~nt toule la Terre • • - Vers. 35; - par le Rocher, dans la Parole, ) il!§t entendu ~41 Seiine~r quant au Divin Vrai. Et le même Pro·phète dit ailleurs: • Yoyanlje fus en VÏBimu de nuit, et voici, avec les Nuies des Cieu:J: comme le Fils de l'homme: et il LUI .ful donné Dominalion, et Gloire et Royaume; et tous les peu.. pie., nations et ImlgUes Le serviront; sa Dominalion (sera) une domination du siècle, laquelle ne passera point, et son Royaume

r

364

LA. VRAIE

(un royaume) qui ne périra point. » - YU. 13. 14 i - et il a dit cela après qu'il eul vu les quatre ,nndes Bêtes qui montaient de la mer, Vers; 3, par lesquelles ont aussi été représentées les quatre Eglises précédentes i que cela ait été prophétisé par Daniel sur ce temps-ci. on le voit par les paroles de ce prophète. Chap. D. 4 j puis par les paroles du Seisneur, - Matth. XXIV. U, 30. - nest dit pareillement dans l'Apocalypse: « Le Sf!ptième Ange sonna de la trompette, et il se fit des "oiz grandes dans le Ciel, disant: Les Royaumes du Monde sont devenus (ceux) de notre Seigneur et dt son ChrUt. et il règn8a aw: siècles des sièc~s. - XI. US. 709. En outre, les autres Prophètes, en beaucoup d'endroits. ont fait des prédictions sur cette Eglise, el annoncé quelle elle doit être i quelques·uns de ces passlSes vont être rapportés i dans Zacha rie: « Il y al#'a lm jot#'" lequel est connu de Jéhovah; ce në sera ni un jour ni ,me nuit" parce que vers le temps du soir, il !I aura de la lumière; ell ce jour-là sortiront des eaux vives de Jérusalem, et Jéhovah sera ln Roi sur toute la terre; en{:e jour-là Jéhovah sera u'!o, et son Nom un. D - XIV. 7, 8,9.Daus Joêl: fi Il arrivera en ce jour-là gue les montagnes distilleront du motlt" et que les collines couleront en lait; et Jérusalem sera assise durant génération et génération. JI - IV. 17 • Il. - Dans Jérémie: cc En ce temps-là on appellera Jérusalem le Trdn6 de Jéhov.ah, et seront rassemblées toutes les Nations à cause du Nom de Jéhovah à Jérusalem, et elles n'iront plus après la confirmation de leur cœur mauvais. JI - m. t7. Apoc. xxi. 14, !6. - Dans Ésaie: « Que tes yeuz voientJérusalem, Hahitacle tranquille, le Ta6ernacle qui ne sera point déplacé; dtés ne seront point ses pieux à perpétuité, et ses cord.ages ,le seront point rompus . • - XXXIU. 20 ; - dans ces pas-

r

sages, par Jérusalem est enteudue la Sainte Jérusalem nouvelle. décrite dans l'Apocalypse, Chap. XXI, par laquelle il est entendu la Nouvelle Église; de nouveau dans Ésaie: • Il sortira un Rameau du tronc tl IS'Jal; et sera la Justice la cttinture dt S(J$ ,eins, et la ytb'ité la ceinture de SeJ cuisses; c'est pourlJuoile
loup demeurera avcc l'agneau, et le léopard avec le chevreau. le veau et le lionceau et le 6étail gras ensem6le. et unpelit garçon les conduira . .La génisse et ours paltront, ensemhle

r

J

RELIGION CHRÉTIENNE. 363 coucheronlleurs petits; l'en/am à la mamelle jouera sur le trou de la vipère, el sur la caverne du basilic r enfant sevré sa main mettra i ils"e feront point de mal, et ils ne se corrompront poinl dans toute la mtmtagne de ma Sainteté, parce gue remplie sera la lerrede la science de léhovah. Il arrivera en ce jOUt'-là gue la Racine d' Issar, dressée pou,. enseigne des peuples, les Nations la ch(J1'cheront, et S(J1'a son repos gloire .• ...:-XI. i, lS à 10 i - que ces choses n'aient pas encore eu liell dans les Églises, et ID oins encore dans la dernière, cela est notoire. Dans Jérémie: ft Yoici, les jours viennent, où je traiterai une alliance nouvelle; et ce sera cette alliance: le donnerai ma loi au milieu d'euz, et su,. leur cam,. je UCF"irai. et je leur seraipour Dieu, et ils Me serm,t pou,. peuple; tous Me connaltront depuis le plus petit jusqu'au plus grand. 1) XXXI. 31 • 3-1. Apoc. XXI. 3 i - il est notoire aussi que ces choses n'ont point été données aux Eglises jusqu'à présent; et cela, parce qu'elles De se sont point adressées à Dieu visible, que tous connattront, et parce que Lui-Même est la Parole, ou la Loi, . qu'il mettra au milieu d'eux, et qu'il éorira sur leur cœur. Dans Esaie; • A cause de Jbusalem je ne me ,.eposerai point, jusgu' à ee gue sMte comme la splendeu,. sa justice, et gue son salut comme un flam6eau soit allumé; et r on f appellera d'un 'JOm nouveau gue la bouche de Jéhovah énoncera, et tu seras UNE CoUBONNE D'DONNEUR et UN TURBAN DE RoYAUTÉ dans la main de ton Dieu. Jéhovah se complaiF"a en toi, et ta terre SERA. HABIb. Yoici, ton Salut vient; voici, sa Récompense (est) avec Lui; et on lesappellera le peuple de sainteté, les rachetés de Jéhovah; eetoi, tu seras appelée Yille recherchée, et non déserte. JI - Lxn. i à -1. H, 1t. 790. Ce que sera celte ESlise est décrit amplement dans l'Apocalypse, où il s'agit de la fin de l'Eilise précédente et du lever de la Nouvelle: cette Nouvelle Eglise est décrite par la Nouvelle Jéru. salem, et par ses maBnificenoes, et il est dit qu'elle sera la Fiallcèe et l'Epouse de l'Agneau, - XIX. 7. XXI. l, 9. - De plulI, je transcrirai de l'Apocalypse seulement ces paroles i quand la Nounlle Jérusalem fut vue descendant du Ciel, il est dit: u Yoici le Tabernacle de Dieu avec les hommes, et il habitera avec euz,

'1

LA VRAIE et ils seront Sml peuple, Lui-M8me sera avec eNZ leur Dieu.; et Les nations, qui sont sauvées, dans sa lumière marcheront, e~ de nuit ü n'y aura po,int là. Moi, Jésus, j'ai envoyé mon Ange pour vous attester ces choses dans les Eglises; Moi, je suilla Racine et la Race de David, l'Etoile brillante et du matin; rEset la Fiancée disent': Viens j et que celui qui écoute dise: Viens; et que celui qui a soif vienne j et que celui qui veut, prenne de reau de la vie gratuitement. Oui, viens, Seigneur, Jésus, Amen.» - XXI. 3. ", 23. XXU. t6, n, !O.

366

prit

)[EMORANDUM. 79t. Après que cet Ouvrage fut terminé, le Sei6neur oonvoqua ses douze Disciples, ceux qui L'ont suivi dans le Monde, et le jour d'après il les envoya tous dans LE MONDE SPIRITUEL, pour prêcher l'EVANGILE (LA BONlB NOUVILLE) que le SBIGNEUR DIEU ltSUs-CURIST rèsne, Lui dont le Royaume sera dans les siècles des siècles, selon ce qui a été prédit dans Daniel, VII. t-i, et dans 'Apocalypse, XI. U ; et que bienheureux sont ceux qui au souper des noces de r Agneau ont été appelés. - Apoc. XIX. 9 ; ceci a été !aiL le t9a Jour du Mois de Juin de l'Année t 770. C'eot là ce qui a été entendu par ces paroles du Sei&ueur: .11 enverra s.e, Anges, et as rassembleront ses élus depuis les extrémités des Cieu:&jusqu'à leurs extrémités . • -Ilaub. XXIV. 31. SUPPLÉMENT. . 792. Il a été Lraité du Monde spirituel dans un Ouvrage spécial sur LB CIEL ET L'ENFER, dans lequel il a été donné un ,rand nombre de détails sor ce Monde; et comme tout homme va dans ce Monde apr~ la mort, l'Etat où s'y trouvenlles hommes a aussi été déorit. Qui ne sait ou ne peut savoir que l'homme vit .après la mort, parce qu'ilesL né homme, et a été créé image de Dieu, et parce que le Seisneur enseigne cela dans sa Parole r Mais quelle Vie il aura, c'est ce qu'on a ignoré jusqu'à présent; on a cru qu'a-

RELIGION CHImTIENNE. lors il serait une Ame, de laquelljt on ne s'est Cormé d'autre idée que comme do l'éther ou de l'air, qu'ainsi c'est un Soume tel qu_ l'homme le rend par la bouche quand il meurt, dans lequel cependant son vital réside, mais sans une vue telle que celle de J'œil, sans une ouïe telle que celle de l'oreille, et sans un langall tel que celui de la bouche; lonque cependant l'homme après la mort est également homme. et tellement homme, qu'il ne sajt autre chose sinon qu'il est encore dans le Monde préc~dent; il voit, il entend. il parle comme dan& le Monde précédent; il marche, il court. il s'assied comme dans le Monde précMent i il 88 oouche. il dort et s'éveille comme dans le Monde précédent; n mange et il boit comme dans le Monde précédent; il jouit du délice conjusal comme dans le Monde précédent; en un mot, il est homme quant li. toutes choses et quant Il chaque chose. D'après cela. il est évident que la mort est non pas l'extinction. mais la oontinuation de la vie. et que c'est seulement un passage. '793. Que l'homme soit és-alement homme après la mort. quoiqu'alors il De se montre pas devant les yeux du corps matériel. cela devient constant d'après les Anges vus par Abraham. par Halar, par Gédéon. par Daniel. et par quelques-uns des Prophètl.?; d'après les AnBes yus dans le sépulcre du Seigneur. eL ensuite trbsouvent par Jean, ainsi qu'il est dit dans l'Apocalypse; surtout d'après le Seigneur Lui-Même qui. par le toucher et par la manducation, montra aUI Disciples qu'il était Homme. et cependant devint invisible devant leurs yeux; qui est-ce qui peut être daDi le délire au pOint de ne pas reconnaUre que. quoique devenu invisible. il était également homme r SI les DiSciples L'ont vu. c'est parce qu'alors les yeul de lenr Esprit ont été ouverts, et que,. quand ces yeu1 sont ouverts, les choses qui sont dans le Monde Spirituel sont vues aussi clairement que celles qui sont dans le Monde Naturel. Entre l'homme dans le )Ionde naturel eL l'homme dans le Monde spirituel, il y a cette différence, que celui-ci est revêtu d'UD corps substantiel, et celui-là d'un corps matériel dans. l! dedans duquel est son corps substanLiel; cr, l'homme substantiel voit l'homme substantiel aussi clairement que l'homme matériel voit l'homme matériel i mais l:homme substantiel ne peut pas voir l'homme matériel, et l'homme matériel ne peut pas voir

LA VRAIK l'homme substantiel, .. cause de la différence entre ]e matériel et le substantiel, différence qui peut être d6crite telle qu'elle est, mais non en peu de mots. 794. D'après les choses que j'ai ,ues pendant tant d'années, je peUl faire les déclarations suivantes: Daos le )fonde spirituel il y a des Terres comme dan, le Monde naturel, et il y a des Plaines et des Vallées, des Montasncs et des Collines, et aussi des Fontaines et des fleuves; il Y a des Paradis, des Jardins, des Bois et des Forêts i il Y a des Villes, et dans ces villes des Palais et des Maisons; il Y a des Écritur~ el des Livres; il , a des Fonctions el des Commerces j tl Y a de l'Or, de l'Arient et des Pierres précieuses; en un mot, il y a, tant en ,én~ral qu'en particulier, toutes les choses qui sont dans le Monde naturel, mais ces choses dans les Cieux sont immen&ément plus parfaites. lIais il y a cette différence que toutes les choses qu'on voit dans le Ilonde spirituel' sont créées en un moment par le Seigneur, comme lIaisons, Paradis, Aliments, etc., et qu'elles sont créées selon la correspondance avec les iotérieurs des Anges et des Esprits, int~rieurs qui sont leurs affections et les peusées résultant de leurs affections, tandis que toules celles qu'on voit dans le lIonde naturel existent et croissent d'après une semence. 79lS. Puisque cela est ainsi, el que chaque jour j'ai parlé Il lYec des Nations et des Peuples de ce }Ionde, ainsi non-seulement avec des Européens, mais aussi avec des habitants de l'Asie el de l'Afrique, par conséquent avec des peNorines de Religions différentes, j'ajouterai co~mo supplément A cet ouvrase une courte description de l'Ittat de quelques-un's d'eux. Il faut tenir pour certain que l'Etat, tant de chaque Nation et de chaque Peuple en lénéral que des individus .n particulier, dans le Monde spirituel, est selon la reconnaissance de Dieu et le culte de Dieu, et que tous ceux qui de cœur reconnaissent un Dieu, et qui, après ce temps, reconnaissent le Seigneur Jésus-Christ pour Dieu Rédempteur et Sauveur, 100t dans le Ciel, et que ceux qui ne Le reconnaissent pas sont sous le Ciel, "t J sont instruits i et que ceux qui retiennent l'iusstruction sont élevés dans 10 Ciel, mais que ceux qui ne la retienDent point sont jetés dans l'Enfer; parmi ces derniers viennent aussi ceUl qui. comme les Sociniens, se sont adressés seulement

368

rd

369 RELIGION CHRÉTIENNE, l Dieu le Père, et ce11X qui, comme les Ariens, ont nié la Divinité de l'Humain du Seigneur; car le Seigneur a dit: cc llOI JE SUIS LE
CHDIN, LA VERITE ET LA. VIE, PERSONNE NE VIENT AU PEllE QUE PAR MOI; »

et l

Phil~ppe,

l'OIT ET ME CONNAIT. VOIT ET CO~~AIT LE Pt:I\I!:. » -

qui voulait ,'oir le Père. il a dit ~ • QUI IlE Jean, XIV. 6, et

suiv,

De Luther, de Mélanchton et de Calvin dans le MOrlde spirituel.
796. Je me suis très-souvenL entreLenu avec ces Trois Chefs, qui ont été des Réformateurs de ('Église Chrétienne. et par là j"ai su quel a été l'État de leur vie depuis le commencement jusqu'. ce jour. Quand à LUTfIEB, dès le premier instant, quand il arriva dans le Monde spirituel, il fut un trés-ardent propagateur et défenseur de ses dogmes, e~ son zèle pour eux s'accrut li mesure que s'accroissait la multitude des adhérents et parlisans venus de la Terre; il lui fut donné une lIaison, telle que celle qu'il ,,"ait à Eisleben pendant sa vie dans le corps; et au milieu de celte maison il dressa UD siége UD peu élevé sur lequel il s'asseyait, et par une porte IeDue ouverte il admeLtait ses auditeurs, et les disposait en rangs; il plaçait le plus pr~s de lui ceUI qui lui étaient le plus favorables, et après eUI ceux qui étaient moins favorables, et alors il parlait sans s'interrompre, et parfois il permettait qU'OD lui fit des questions, afin de pou,'oir d'après quelque principe reprendre de nouveau le' fil d'IID discours termiDé. D'après cette faveur générale il finit par s'imbiber de la PERSUASION; dans le Monde spirituel la persuasion est d'une telle efficacité, que nul ne peut résister, ni parler contre ce qui esl dit; mais comme c'étajt une sorle d'enchantement mis en usage par les anciens. iIlui fut sérieusement interdjt de parler dorénavant d'après cette Ile l'suas ion ; cl ensuite il euseisn.l comme auparavant d'après la l!émoire, el cn même temps d'après ("Eotendement: une pareille Persuasion, qui est une espèce d'enchantement, a sa source dans l'amour de soi, d'après lequel elle devienL enfin telle, que quand quelqu'un contredit, elle attaque non-seulelement le fond de III question. mais aussi la Personne ",llo-lDêm~, Ce fut Ifl l'Elat de sa vie jusqu'au Jugement Dernier, qui a été rait
II,

LA. VRAIE 370 dans le Monde Spirituel en {757 ; mais un an après cette ilpoque, il fut transféré de sa première Maison dans une autre, et en même temps dans un autre état: et comme il apprit que moi, qui suis dans le Monde naturel, je conversais arec ceux qui sont dans le Monde spirituel, il viDt avec plusieurs autres vers moi ; et, après quelques demandes et quelques réponses, il perçut que c'était aujourd'hui 111 fin de la précédente Église, et le commencèment de la Nouvelle Église, sur laquelle a prophétisé Daniel, et qui a été prédite par le SeiBneur Lui-Même dans les Évangélistes, et que ceUe Nouvelle Église est entendue par la Nouvelle Jérusalem dans l'Apocalypse, et par l'Evaniile éternel qu'un Ange qui volait dans le milieu du Ciel annonça aUI habitanls de la Terl'e, XIV, 6; il fut fort illdigné, el son indiination s'exhala en rellroches; mais oomme il perçut que le Nouveau Ciel, qui a été fait et qui se, fait, s'augmentait de ceul qui reconnaissent le Seigneur seul pour Dieu du Ciel et de la Terre. selon les paroles du Seigneur LuiMêUle, - MaUh. XXVIII. ts. - et qu'ill'emarqua que le." Assemblées de ceUI qui se rilunissaieDt chaq'le jour près de lui diminuaient, il"cessa de faire des reproches, et alors il s'approcha }Jiuli Ilrès de moi, et commença à converser avec moi plus ramilièrement; et après qu'il fut convaincu qu'il avait tiré, non polS de la Parole mais de la propre intelligence, le principal Dogme sur la Justification par la foi seule, il se laissa instruire sur le Seigneur, sur la Charité, sur la vraie Foi, sur le Libre Arbitre et enfin sur la Rédemption, et cela. uniquement d'après la Parole; enfin après coDriction il commença à donner son appui aUI Vérilés sur lesquelles la Nouvelle Eglise est établie, et ensuite li se coufirmer de plus en plus lui-même dans ces Vérités; pendant ce temps il IIlait chez moi chaque jour, et alors toutes les fois qd'i1 rassemblait ces Vérités, il se mettait l rire de" ses précédents Dogmes comme de choses qui étaient diamétralement opposées l la Parole; et je l'ai entendu dire: • Qu'on ne soit pas surpris de ce que je me suis emparé de la Foi seule justifiante, et ai privé la Charité de son essence spirituelle, et de ce que j'ai aussi enlevé aux hommes IODt Libre Arbitre dans les cboses spirituelles, et admis plusieurs autres cboses qui dépendent de la foi seule, quand UDe fois elle a été racue, comme les anneaUI dépendent d'une chatne. puisque mon

RELIGION CHlŒTIENNE. 371 but était d'être entièrement r,éparé des Catholiques-Romains, but que je n'ai pas pu atteindre ni obtenir autrement; je ne luis donc pas étonné de m'être ésaré, mais je m'étonne qu'un seuL homme en radotant ait pu produire tant de radoteurs. » Et il ralardait de cOté quelques Écrivains dogmatiques de 80n temps, d'une ,rande renommée, fidèles sectateurs de sa doctrine, leur reprochant ainsi de n'avoir pas vu dans l'Écriture Sainte les oppositions qui cependant sont saillantes. Il m'a été dit par des Anses eUl1linateul"S que ce Cbef est daDS un État de conversion, plus que beaucoup d'autres qui se sont confirmés dans la Justification par la foi seule, parce que dans sa jeunesse, avaut d'entreprendre la Réforme, il s'érait imbu du DOime de la prééminence de la Charité; c'est aussi pour cela qu'il a donné de si bons ensei,nements sur la Charité tant dans ses Écrils que dans ses Sermons i de là il est résulté que la foi de la justific~tioD chez lui a été implantée dans SOD bomme Externe naturel, mais D'a pas été enracinée dans son homme Interne spirituel. n en est tout autrement de ceux qui, dans leur jeunesse. se confirment contre la spiritualité de la Cbarité; ce qui arrive aussi de soi-même. quand la justification pal' la foi seule est a[srmio par les confirmations. J'ai conversé avec le" Prince de Saxe, avec lequel Luther avait vécu daus le Monde; ce Pl'ince m'a raconté qu'il avait souvent blâmé Luther, surtout d'avoir séparé la Charité d'avec la Foi." et d'avoir déclaré celle-ci salvifique et non l'autre, tandis que non-seulement l'Ecriture Sainte conjoint ces deux Moyens universaux du salut, mais que même Paul préfère la Charité li. la Foi, en diNnt. qu'il !I CI trois choses, la Foi,l'EspéraNCe el la Cha,';té, et que des trois la plus grande est la Cllarité, - 1 Cor. XIII, i3; mais que Luther avait chaque fois répondu qu'il ne pouvait pas faire autrement Acause des Catholiques-Romains. "Ce Prince est par mi les heureux. 797. Quant 1 l\IÉLAXCHTD:lI, il m'a été donné de savoir sur SOD Sort, tel qu'il fut d'abc rd quand il vint dans le Monde Spirituel, et tel qu'il a été dans la suite, plusieurs détails que j'ai obtenus Don-seulement par des Anges, mais aussi par lui-même, car j'ai COI versé quelquefois avec lui, mais nOD pas aussi souvent ni d'aussi près qu'aveo Luther; si ce ne fut pas aussi souvent ni

LA VRA.IE d'aussi près, c'est qu'il ne pouvait pas approcher de même, parce qu'il a,'ait appliqué son étude seulement lia Justification par la Foi seule, et non l la Charité, et que j'étais entouré d'Esprits anléliques qui étaient dans la Charité, et ceux-ci emp~chaient l'aocès près de moi. J'ai appris que dès qu'il fut entré dans le Mond& spirituel, il lui fut préparé une Maison semblable lia maison dans laquelle il demeurait dans le Monde; cela se fait aussi pour la )11upart des nouveaul venus, de sorte qu'ils ne savent autre chose sinon qu'ils sont enoore dans le Monde naturel. et qUe le temps écoulé depuis la Mort a seuiement été comme un sommeil. Dans sa Chambre aussi touL était semblable, une Table semblable, un Bureau semblable avec ses compartiments, et uue Bibliothèque semblable; c'est pourquoi dès qu'il y viut, se croyant ré\'eillé d'un sommeil, il se plaça aussitôt lia Table, et il continua l écrire, et alors sur la Justification par la foi seule, et de m~me pendant quelques jours, et rien absolument sur la Charité; cela ayant été perçu par les Anses, il lui fut demandé par des envoyés, Jlourquoi il n'écrivait pas sur la Charité; il répondit que dans la Charité il D'y avait rien de l'Église, car si la Charité était reçue comme un attribut essentiel de l'Église. l'homme s'attribuerait aussi le médte de la justification et par conséquent du salut, et par là aussi il priverait la Foi de son essence spirituelle; quand les Anses qui êtaient au-dessus de sa tête eurent perçu cette réponse, et que les AnBes, qui lui avaient été associés lorsqu'il était hors de sa maison, l'eurent enl.endue, ils le retirèrent, car des Anges sont associés A chaque Nouveau venu dans le commencement; quelques semaines après celle séparation, les choses qui étaient A son usage dans la Chambre commencèrent à s'obscurcir, et enfin à disparaitre, au point qu'il n'y restait plus rien que la Table, du Papier et un Encrier; et de plus sa Chambre quant aUI murailles apparaissa it enduite de chaux, le J11ancber recouvert d'ilne mariere de briquejaune, et lui-même dans un vêlement plus grossier; comme il s'en étonnait, et demandait autour de lui: • Pourquoi cela! » il ra.,;ut pour réponse que o'était parce qu'il,arait repoussé do l'ÉJlise la Charité, qui en est cependant le Cœur; mais comme il fit tant de fois des objections, et qu'il conLiDua li. écrire sur l:J. Foi comme l'unique essentiel de l'Ëslise et l'unique moyen de salut, et l re-

372

RELIGION CHRETIENNE. 873 pousser de plus eD plus la Charité, il se vit f.ollt-l-coup sous terre dans un Bagne où étaient ses semblables; et lorsqu'il voulut eD sortir, il fut retenu, et il lui fut annoncé qu'il n'y avait point d'aulre sort pour ceux qui jettent la Charité et les bonnes OEuvre. hors des portes de l'Église; cependant, comme il était un des Réformateurs de l'Eglise. il en fut r~tiré par ordre du Seigneur, et remis dans sa précMente Chambre, où il y avait seulement une Table, du Papier et un Encrier; mais néanmoins d'après ses idées confirmées il remplissait son papier de la même erreur, aussi ne putil être présel'Vé de se voir tantOt replongé vers ses compa!nons captifs, et tanlôt relâché i quand il était relâché, il apparaissait revêtu d'une peau au poil hérissé, parce que la Foi sans la Charité est froide. 11 me raconta lui-même que derrière sa ChalDbre il en. avait été ajouté une autre où il y avait trois Tables, près desquelles cHaielll assis des .dogmatistes semblables l lui, qui avaient aussi rélégué la Charité en exil; el que là quelquefois if apparaissait aussi une qualrième Table,sur laquelle ils voyaient sous diverses formes dp.s objets monstrueux, dont cependant ils n'étaient pas effrayés i il ajoura qu'il a,'ait convel'Sé avec eux, et que de jour en jour il avaiL été confirmé par eux. Cependant, après quelque' temps, frappé de crainte, il se mit à écrire quelque chose sur 1a Charité, mais ce qu'il avait mis un jour sur le papier, il ne 1', voyait pas le lendemain; car c'est ce qui arrive là. à chacun i lorsqll'on met quelque chose sur le pallier d'après l'homme Externe seul et nOD en même temps d'après l'homme Interne, ainsi d'après la contrainLe el non d'après la liberlé, cela s'efface de soi-même. Mais apr~ que le Nouveau Ciel eut commencé à être instauré par le Seigneur, il se Dlit l penser, d'après la lumière provenant de ce Ciel, qu'il était peut-être dans l'erreur; c'est pourquoi, par anxiété pour son propre sorl, il sentit en lui l'impression de quelques idées intérieures sur la Charité; dans cet état il consulta la Parole, et alors ses yeux furent ouverts, et·il vit qu'elle était efttièrement remplie de L'AlI'oUR E::4VERS DIEU, ET DB L'AMOUR A L'ÉCARO DU PROCHAIN; qu'ainsi, comme le Seisneur le dit, de ces deux CommaodemeDts dépendent la Loi et les Prophètes, c'esl-ldire, toute la Parole; dès ce moment il a été transféré intérieurement dans le Midi vers l'Occident, et ainsi dans une autre alai-

LA VRAIE 80n, d'où il me parla, en disant que maintenant ce qu'il écrit sur la Cbarité ne disparaît pas comme auparavant, mais que le lendemain cela se présente obscurément. Une cbose qui m'étonna, c'est que, lorsqu'il marcbe, S85 pas sont entendus avec bruit comme les pas de ceux qui marchent avec des souliers ferrés sur des dalles. A ce qui précède. il faut ajouter que, quand quelques nouveaux venus du Monde entraient dana sa Cbambre pour causer avec lui et le voir, il appel,it llui l'un de ces esprit maiiques qui par des phantaisies pouvaient prodUire diverses apparences décentes, et alors cet esprit embellissait sa Chambre d'ornements, et de tapis avec des rosaces, et plaça il comme une bibliothèque au milieu i mais dès que ces nouveaux. vllnus s'en allaient, ces apparences disparaissaient, et l'enduit de chaux et le vide reparaissaient: mais ceci avait lieu quand il élait dans l'Etat précédent. 798. Quant 1 CALVIN, voici ce que j'en ai appris: I. D~s qu'il arriva dans le Honde spirituel, il se crut encore dans le Monde "il il était né; et quoiqu'il eut appris des Anges, qui au commencem&nt lui avaient été associés, qu'il était dans leur Hon de et non dans le sieD antérieur, il disait: • J'ai le même corps, les mêmes mains, el de semblables sens. » Mais les Anges l'instruisirent que maintenant il était dans un corps substantiel, et qu'auparaunt il était non-seulement dans ce même corps, mais aussi dans un corps matériel qui enveloppait le corps substantiel, et que le corps matériel ayant été rejeté, il lui restait le corps substantiel, d'après lequel l'homme est homme; il comprit cela d'abord, mais le lendemain il retomba dans sa première croyance qu'il était encore dans le lIonde où il était né; cela provenait de ce qu'il était homme sensuel, ne croyant que ce qu'il tirait des objets des sens du corps; de lA il était arrivé qu'il avait conclu d'apr~ la propre Intelligence, et Don d'après la Parole, tous les Dogmes de sa foi; s'il a cité la Parole. ce fut à cause du peuple, pour en obtenir l'assentirnent. ll. Après ceLte première période, ayant laissé les Anges, il erra de oôt' el d'autre, et il s'informa où étaient ceux qui dans les temps Anciens avaient cru Ala PatDESTINATION ; et il lui fut dit qu'ils tUaient loin de Jà, renfermés et couverts eLdessus, et qu'il n'y a d'enlr~e vers eUI que par la partie de derrière sous terre j mais 'lue cependant les· disciples de Godes-

1

'r

..

l

RELIGION CHRÉTIENNE. 3715 cbalk circllient encore librement, et sc rassemblent quelquefois dans un lieu qui, dans la Lan~ue spirituelle, est appelé Pyris ; et comme il désirait ardemment leur compagnie, il fut conduit. leur Assemblée, où quelques-uns d'eux se trouvaient réunis; et quand il arriva parmi eux, il fut dans le plaisir de son cœur, et il ,lia avec eox une amitié intérieure. HI. lIais après que le s sectaleurs de Godeschalk eurent été emmenés vers leurs frères dans la caverne, l'ennui s'empara de lui; c'est pourquoi il chercha çà et Il un asile, et enfin il fut reçu dans une certaine société, où étaient des esprits absolument simples, et aussi parmi eux des esprils religieux, et quand il découvrit qu'ils ne savaient rien de la Prédestination, et n'en pouvaient rien saisir, il se retira dans un Angle de celle Société. et il s'y tint caché pendant beaucoup de temps, el il D'ouvrit la bouche sur aucune chose de l'Église, il avait été pourvu l cela. afin qu'il sortll de son erreur sur la Prédestination, et afin que fussent complétées les bandes de ceux qui. après le Synode de Dordrecht, s'étaient attachés 1 celle détestable.bérésie, et qui tous successivement étaient rélégués dans la Caverne vers les consociés. IV. Enfin des modernes Prédestinatiens ayant demandé où était Calvin. et une recherche ayant été faite, il fut trouvé aux extrémités d'une Société qui se composait d'esprits entièrement simples; c'est pourquoi il en fut retiré, et fut conduit vers un certain Chef qui s'était laissé amorcer par une semblable hérésie; ce Chef le reçut donc dans sa Maison, et le iarda, et cela jusqu~. ce que le Nouveau Ciel eût commencé l être instauré par le SeiBDeur; et alors, comme ce Chef, qui le gardait. fut rejeté avec sa troupe, Calvin se retira dans une maison de prostituées, et il y resta pendant quelquo temps. V. Et comme alors il jouissait de la liberté d'Illler de cOté et d'autre; et de s'approcher aussi de plus près vers l'endroit où j'étais, il me fut donné de converser avec lui, et d'abord sur le Nouveau Ciel, lequel aujourd'hui est fondé avec ceux qui reconnaissent le Seigneur seul pour Dieu du Ciel et de la Terre, selon ses propres paroles, - Matth. xxvm. 1. 8; - et de lui dire que ceux-Il croient que le Seigneur et le Père sont un, - Jean, X. 30 ; - qu'il est Lui-Ilême dans le Père, et que le Père est en Lui i que celui qui Le voil et Le connait, voit et connalt le . Père. - Jean. XIV. 6 l t i i - et qu'ainsi il ya un seul Dieu dans

1

LA VRAIE l'EgliRe comme dans le Ciel, D'abord, selon sa coutume, il ne répondait rien il ce que je lui disais; mais après une demi-heure il rompit le silence, et il dit: • Le Cbrist u'a-t-il pas été Homme, fils de Marie fiancée ~ Joseph? Comment un homme peu~il être adoré comme Dieu? Il Et je dis: • Jésus-Christ n'est-il pas notre Rédempteur et noLre Sauveur, Dieu et Homme! " A celle question 1 il répondit: • n ellt Dieu et Homme, cependant la Divinité ne lui ( appartient pas, mais elle appartient au Père. D Et je lui demandai : • Où est alors le Christ' • Il dit: • Il est _dans les lieul les 1plus bas du ciel (in iJ'aJiJ'flis); Il ce qu'il confirma par cela qu'il s'est humilié devant le Père, et s'est laissé crucifi~r ; ll ces paroles il ajouta sur son culte dés railleries, qui alors entrèrent brusquement dans sa mémoire du Monde. et qui en général étaient que son Culte n'est autre chose qu'une Idol~trie ; il foulait ajouter des paroles infâmes sur ce culle, mais les Anges qui étaienL chez moi resserrèrent ses lévres; pour moi, pir zèle de le converLir, je lui 'dis. que le Seigneur notre Sauveur non-seulement est Dien et } Homme, mais qu'aussi en Lui Dieu est l'Homme et l'Homme est Dieu, el je confirmai cela d'après Paul. en ce que toute plénitude de la Divinité habite corporellement en Lui, - Coloss. n. 9 ; - o't d'après Jean, en ce qu'Il est le vrai Dieu et la Vie éternelle, 1 Eptt. V. 20, il i - puis, d'après ces paroles du Seigneur LuiMême, que la volonté du Père est, que quiconque croit au F:,ils ait f la vie éternelle, et que celui qui ne croit pas a.!.!!!s ne voie pas L la vie, mais que la colère de Dieu demeure sur lui, - Jean, m. 36. VI. 40; - el j'ajouterai que la Foi symbolyqu6, qui est appelée 'loi ALhanasienne, enseigne que dans le Christ Dl~u et 1'1I01!!Pl8 ( sont non pas deux mais un, et qu'ils sont d~nll une seule Personll6 comme l'Ame et Ïè" corps dans un bOm!!1EI. Après m'avoir ~ntendu, il répondit: Que sont toutes CISS phrases que tu as ,tirée de la Parolo, sinon des frivolités! la Par~le n'e~t~~n8 pas l~ Livre de toutes 10$ hérésies r et par conséquent n'est-eUe pas œmme la girouette qui, sur les loits et les navires, tourne çà et Il selon le ve,nt! c'esl LA PatDEsTINATION SEULE (lui renferme toutes les choses de la Religion i elle est l'Habitacle et la Tente de eGnvention pour tout ce qUI concerne la Religion i et la Foi. par laquelle se font la Justification et la Salvatio.o, en est le Lieu 58(1

376

1

1

RELIGION CHRÉTIENNE. 37'1 cret et le Sanctuaire j est-il un homme qui ail le Libre Arbitre dans les choses spirituelles! toutes les choses du salut ne sontelles pas gratuites! c'est pourquoi, je n'écoute et ne.perçois les arGumen~s COiiirë" ces dogmes, et ainsi contre la Préd8l'tination, que comme des éructations de l'estomac et comme ~es borborygmes j et puisqu'il en est ainsi, rai pensé en moi-même que le Temple où l'on est instruit sur un autre sujet, et d'après la Parole, est, avec ceux qui y sont alors rassemblés~ comme une )16. nagerie où sont ensemble des brebis et des loups, mais ceux-ci emmuselés par les Lois civiles de la jUl'tice, afin qu'ils ne s'élancent pas contre les brebis; - par les brebis j'entends les prédestinés; - et que les Prédications oratoires, qui s'y font alors, ne sont que des sanglots poussés par la poitrine. lIais je vais donner ma confession de foi, qui est celle-ci: Il y a un Dieu, et ce Dieu est Tout-Puissant, et il n'y a de salut que pour ceUI qui ont été élus et prédestinés par Dieu le Père; tout autre a été marqué pour son sort, c'est~-dire, pour son destin. » A ces mols, je répliquai avec reu : • Tu prononces des choses abominables; retire-toi, mauvais esprit; ne sais-tu pas, puisque tu es dans le Monde l'pirituel, qu'il y a un Ciel et qu'il y a un Enfer, et que la Prédestination e.nveloppe ceci, que les uns ont été inscrits pour le Ciel et les autres pour l'Enfer r n'as-tu pas pu te former de Dieu une autre idée que comme d'un Tyran qni admet ses Clients dans une Ville, et livre tous les autres l des supplices!; Rougis·en de honte .• En- . suile, je lus devant lui ce qui, dans 1. Livre dogmatique des tvangéliques, appelé FORMOL! DE CoNCORDE, a été écrit au sujet de la Doctrine erronée des CALVINISTES, sur le Culte du Seigneur, et sur la Prédestination j sur le CULTB DO SBIGN'EtlB, ces paroles:

« Que c'est.pne damnable ldoldtrie, si la confiance et la loi du eœu,. sont placées non pas seulement su,. sa Nature Divine, mais aussi sur sa Nature Humaine, et si fhonneur de fadoI"atioll est di~gé vers fune et f autre Nature. D Et 5ur la PRËDESTINATION, celles-ci: C' Que le Christ est mo,.t non pou,. tOtU les hommeS, mais pour les Elus seuls. Otte Dieu a créé la plus grande pa,.tie des hommes pour la damnation éternelle, et ne veut pas que la plus grande partie se convertisse et vive. Que les ElliS et les Renés ne peuvent perdre ni la Foi ni f Esprit saint,

378

LA VRAIE

quoiqu'ils commettent des péchés énormes et des crimes de tout genre. Mais que ceuz 'lui ne liont point Elus 60nt nécessairement damnds, et ne peuvent parvenir au salut, lors mime qu'ils seraient mille fois fJaptisés, et approcl,eraient chaque jou,. de Eucharistie, et lors mAme qu'ils mèneraient la vie la plus sainte et la plus i"éprocha6le qu'il soit possi6le de mefiel'. D Pai, 837, 838 de l'Editiod de Leipsik, Année 1736.-

r

Après celle lecture, je lui demandai, si ce qui avait été écrit dans ce Livre était de sa Doctrine, ou non; el il répondit que c'était de SI doctrine, mais qu'il ne se rappelait pas si ces paroles mêmes" bien qu'elles fussent sorties de sa bouche, avaient été tracées par sa plume. Alors, lous les serviteurs du Seigneur se retirèrent d'avec lui; et lui se hâta de prendre un chemin qui conduisait à une caverne, où sont ceux qui ont confirmé chez eUI le Dogme exécrable de la Prédestination. Dans la suite, je me suis entretenu avec quelf(ues-uns de ceul qui ont ~té renfermés da!)s celle Caverne, et je me suis informé de leur sort; et ils m'ont ~il qu'ils sont contraints de travailler pour leur nourriture, que tous entre eUI sont ennemis, que chacun cherche le moyen de fa.ire du mal à l'autre, et lui en faillorsqu'il trouve quelque léger 1D0tif,et quec'est là le plaisir de leur vie. Co peut voir, en oulre, ce qui a été écrit cidessus, Na. 483 il 488,sur la Prédestination et sur les Prédeslinatiens. 799. l'ai eu des conversations avec plusieurs autres, tant avec. des Sectateurs de ces trois Chefs, qu'avec des Hérétiques, et il m'a élé donné de conclure de toutes ces conversations, que tous ceui d'entre eUI qui ont mené la vie de la Charité et de plus, ceux .qui ont aimé le Vrai parce que c'est le Vrai, se laissent instroire dans le Monde spirituel, et acceptent les Docirinaui de la Nouvelle Eglise i mais que ceux qui se sont confir~és dans des faul de religion, et aussi ceux qui ont mené une vie mauvaise, ne se laissent pas instruire, et qu'ils s'éloignent peu à peu du Nouveau Ciel, et se consocient peu à peu avec leurs semblables. qui sont dans l'Enfer, où de plus en plus ils se confirment el s'obstinent contre le Culte du Seigneur, jusqu'au point de ne pas. supporter d'entendre prononcer le Nom de Jésus i tandis que dans le Ciel tous au contraire reconnaissent unal!imement le Seigneur pour le Dieu du Ciel.

RELIGION CHRÉTIENNE.

379

Des Hollandais dans le Monde Spirituel.

800. Dans le Traité DU CIEL ET DE L'E~FER, il a été rapporté que les Chrétiens, chez qui la Parole est lue, et chez qui il y a connaissance et reconnaissance du Seigneur Rédempteur et Sauveur, occupent le Milieu parmi les Nations et les Peuples de tout le Monde spirituel, et 001:1, parce que chez eux il l' a la plus grande Lumière spirituelle, et que de là comme d'un Centre la Lumièl'e est propagée dans toutes les périphéries jusqu'aux dernières, SlIon ce qui a été montré dans le Chapitre sur l'ECRlTURE SAINTE • . ci-dessus, Na. 267 à !72. DanR ce Milieu, les Chrétiens Réformés ont obtenu des places selon la réception de la Lumière Spirituelle procédant du Seigneur; et comme les Hollandais possèdent celle Lumière plus profondément et plus pleinement jointe à leur lueur naturelle, et sont par suite plus aptes que les autres l recevoir les choses qui apparti~nnent à la raison, ils ont pour cela même obtenu dans ce Milieu Chr.élien des places l l'Orient et au Hidi, Il l'Orient d'après la facullé de recevoir la Chaleur spirituelle, et au lIidi d'après la faculté de recevoir la Lumièro spirituelle. Que les Plages dans le lIonde spirituel ne soient" pas comme les Plages dans le Monda nalurel. et que les habitations selon les Plages soient des habitations selon Ja réception de la Foi el de l'Amour" et qu'à l'Orient soient ceux qui excellent en Amour, et au Midi ceux qui excellent en Intelligence, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER. NOl ut à t 1)3. SUt. Si les Hollandais sont dans ces Plages du lUilieu Chrétien, c'est parce que le Commerce est leur Amour final, et l'Argent (Pecunia), l'Amour moyen qui sert, et parce que cet Amour final est spirituel; mais lorsque l'Argent est l'Amour final, et le Commerce l'Amour moyen qui sert, comme chez les Juies, l'Amour final est nalurel, et il lient de l'avarice. Si l'amour de commercer, lorsqu'il est 6nal, est spirituel, c'est d'après son usage, en ce qu'il sert au bien commun, avec lequel le bien propre, il est vrai, est cohérent et semble préféré au bien commun. parce que l'homme pense d'après son homme naturel; mais néanmoins lors-

LA VRAIE que le Commerce est la fin, cet amour est aussi la 6n, et chacun est considéré dans le Ciel d'après l'Amour final i en effet, rAmour final est oomme seigneur du Royaume, ou comme maUre de la Maison, et tous les autres amours sont comme ses sujets et ses domestiques i et, en outre, l'Amour final réside dans les suprêmes et les intimes du mental, et les amours moyens sont audessous et hors de lui. et ils le servent au moindre signe; dans cet amour spÏl'iluel sont les Hollandais plus que tous les autres i mais les Juifs sont dans l'amour inverse, c'est pourquoi leur amour de commercer est un amour entièrement naturel, dans lequel il Il'y a de caché intérieurement"rien du bien commun, mais -seulement des choses tirées du propre. 802. Les Hollandais tiennent plus fermement que les autres aux. principes do leur l\eli~ion, ct fis ne s'on écartent point i et s'ils sont convaincus que telle ou telle chose n'est pas d'accord, ils n'affirment jamais, mais ils se tournent en arrière et restent immobiles; par conséquent ils se détournent aus.'\i de l'illtuition intérieure du vrai, car ils renferment leur Ralillnnel sous l'obéissance. Puisqu'ils sont tels, c'est pour cela qu'après la mort, quand ils viennent dans le Monde Spirituel, ils sont prérarés d'une manière particulière pour reeevoir les spirituels du Ciel, qui sont les Divins Vrais; on Ile les enseigne pas, parce qu'ils ne reçoivent pas, mais le Ciel leur est décrit tel qu'il est, et ensuite il leur est donné d'y monter et de le voir, et alors tout ce qui concorde arec leur génie est introduit en euJ. i ainsi, quand ils ont été congédiés, ils reviennent vers les leurs avec le plein désir du Ciel: si alors ils ne reçoivent point ce Vrai, que Dieu est un en Personne et en Essenee, que ce Dieu est le Seigneur Rédempteur et Sauveur, et qu'en Lui est la Divine Tl'Ïnit6; ni ce Vrai, que la Foi el la Charité dans la connaissance et dans le langage ne font rien sans la vie de la foi et de la charité, et qu'elles sont données par le SeiKn.ur lorsqu'on rait pénitencc après s'étre examiné; s'ils se détournent de ces vrais quand ils sont enseignés, et qu'ils penseot toujours de Dieu, qu'il yen a trois quant aux Personnes, et de la Religion, seulement qu'elle existe, ils sont réduits 11 des misères, et le Commerce leur est enlevé, dIS sorte qu:ils se voient poussés aux dernières extrémités i el alors ils sont oonduits vers ceux qui,

380

.....

r

RELIGION CHRÉTIENNE,

381

étant dans les Divins Vrais, ont tout en abondance, et chez qui le Commerce est florissant i et là il leur est insinué du Ciel cette pensée: «D'où vient que ceux-oi sont tels!. et en même temps cette rétlexion sur leur Foi et sur leur Vie: «C'est qu'ils ont en .version les maux comme péchés; » quelque peu aussi ils recherchent et perçoivent la concordance avec leur propre pensée et leur propre réflexion; cela a lieu de temps en Lemps: enfin ils pensent d'après eUI-mêmes que, pour sortir de leurs misères, il fauL qu'ils croient comme eux, et qu'ils vivent comme eUI, et alors selon qu'ils reçoivent cette Foi. et qu'ils vivent cette vie de la Charité, l'opulence et le bonheur de la vie leur sont donnés. C'est de cette manière que ceUI qui, dans le Yon de, ont mené . quelque vie de la ChariLé, sont corriGés par eux-mêmes, et sont préparés pour le ciel. Ceux-ci ensuite deviennent plus Constants que les autres, au point qu'ils peuvent être appelés des Constances; et ils ne se laissent détourner ni par aucun raisonnement, ni par aucuue illu~ion. ni par aucune obscurité mtroduite par des sophismes, ni par aUCUDe vision à contre-sens qui ne proviendrait que de confirmations; car ils deviennent plus perspicaces qu'ils n'étaient auparavant. 803. Les docteurs qui t!nsei~ncnt dans leurs lycées s'appliquent beaucoup aux mysticités de la foi d'aujourd'hui, surtout ceux qui ., sont appelés Coccéiens; et comme de leurs mysticités nall inévitablement le dogme de la Prédestination. et que la prédestination a en outre été établie par le Synode de Dordrecht. elle est aussi semée et implantée comme l'est dans un champ une semence prise du fruit d'un arbre. De lA vient que les Laïques parlent beaucoup entre eux da la Prédestination, mais de diverses manières ; les nns l'embrasseut à deux mains; d'autres seulement d'une Rlain, et l'approuvent en riant ~ d'autl'es, la rejetleDt commc un serpeut; car ils ignorent les mysticités de la foi, cl'oÏl celte Vipère est sortie; s'ils les iBnorent, c'est parce qu'ils sont occupés de leur commerco, et que les mysticités de celte foi frappent, il est vrai. leur entend.ement. mais ne pénètrent pus en lui; c'est pourquoi 10 dogme ua la Prédestination chez les Laiques, et aussi chez les Ecclésiastiqlles est comme un Simulacre en forme humaine placé sur un écueil en mer, lenant à la main 1I11e grande

LAVR:AlK conque, qui brille comme d'or i à sa vue quelques pilotes dans leurs coursesabaissen lIa voile du mAt pour l'bonorer et le vénérer ; d'autres lui font seulement un .isna des yeux et le saluenL ; et d'autres le siment comme quelque chose de ridicule. Ce dOlme est aussi comme un Oiseau inconnu apporté de l'Inde et placé sur une Lour élevée, lell uns jurent que c'est uue Tourterelle, d'autres augurent que c'est un Coq, et d'autres affirment par serment et crient: Certainement c'est un Hibou. 80.4. Les Hollandais sont facilement distingués des autre~ dans le Monde spirituel, parce qu'ils apparaissent dans des vêtements semblables à ceux qu'ils avaient dans le Monde naturel, avec cette différence, que ceux qui ont reçu la Foi et la Vie Spirituelle sont dans des vêtements plus brillants. S'ils apparaissent dans des vêtements semblables, c'est parce qu'ils restent constamment dans les principes de leur Religion, et que tous dans le Monde spirituel sont vêLUS selon ces principes; e'est pourquoi ceux qui y SOl1t dans les Divins Vrais ont des vêtements blancli et de 6n lin. 80lS. Les villes où habitent les Hollandais sont gardées d'une maniére particulière; toutes les Rues y sont couvertes, et dans les rues il y a des Portes, afin qu'ils ne soient pas vus du haut des rochers et des collines d'alentour j cela est Cait pour eux à cause de la prudence insilée en eux de cacher leurs desseins et de ne point divuli11er leurs intentions; car ces cboses secrètes sont découvertes dans le Monde spirituel par les r~ard~. Quand il vient quelqu'un avec l'intention d'examiner leur état,_ au moment où il doit sortir, il est conduit aux Portes Cermées des rues, et il est ramené et conduit ainsi à plusieurs ·portes, et cela jusqu'llui causer le plus Irand ennui, et alors on le laisse aller; ils agissent ainsi pour qu'il ne revienne point. Les Epouses qui aspirent l dominer snr les Maris habitent dans un côté de la Ville, et ne viennent avec les lIaris que lorsqu'elles sont invitées, ce qui se fait d'une manière polie; et alors ils les conduisent, aussi l des Maisons où les Epoux vivent sans qu'il y ait empire de l'un sur l'autre, et ils leur fonl voir combien leurs MaisoDS sont ornées et propres, et combien est grand pour eux le plaisir de la vie, el que cela leur vient de l'amour mutuel et conjugal i celles qui y Cont attention eL en sont affectées renoncent Ala domination èt vivent avec leurs

38!

RELIGION CHRltTIENNE. 3d3 maris; et alors ils obtiennent une habitation plus près du Ililieu, et sont appelés AnBes: cela vient de ce que l'Amour vriiment eonjusal est l'Amour oéleste qui est sans domination.
Des Anglais dam le Monde spirituel.
806. Il ya deux Etats de la pensée chez l'homme, l'état Externe et l'état Interne: dans l'état Externe J'homme est dans le Monde naturel, dans l'état Interne il est dans le Monde spirituel; cel' Etats font un chez les bons, mais ils ne font pas un chez les méchants i il est rare que dans le Monde on voie li découvert quel est l'homme quant l son Interne, parce que dès l'enrance il a apvris li être moral et rationnel, et il aime li le paratrre; mais dans le Monde spirituel on voit clairement quel il est, ear l'homme est alors esprit, et l'esprit est !'lIomme Interne. Maintenant, comme il m'a été donné d'être dans ce Monde. et d'y voir quels sont les bommes Internés de tel Royaume et de tel autre, il me ra'ut. parce que cela est important, le manifester. 807 _ Quant Il la Nation Anglaise, les meilleurs d'enlre les ADslais sont au Centre de tous les Chrétiens; et cela. parce qu'ils ont une Lumière intellectuelle intérieure; celte lumière n'apparatt à personne dans le Monde naturel, mais elle apparalt bien visiblelDent dans le Monde spirituel; ils tiren~ celle lumière de la liberté de parler et d'écrire, et par conséquent de penser: chez les autres peuples, qui De SODt pas dans UDe telle liberté, cette lumière n'ayant point d'issue est étouffée. Toutefois~ cette Lumière n'est point active par elle-même, mais elle devient active par les autres, ~urtout par les hommes de réputation et d'autorité i dès que quelque chose est dit par eux. cet te lumière bri}le. Pou r celle raison, dans le Monde spirituel. on met l leur tête des Modérateurs, et 011 leur donne des Prêtres d'une srande réputation et d'un puissant génie, aux jugements desquels ils acquiescent d'après ce caractère qui leur est propre. 808. Il Y a enLre lIUX une ressemblance de caractères (animiJ" d'après laquelle ils s~ lient familièrement atec des amis qui sont de leur patrie, et rarement avec d'autres; ils se portent aussi

-LA VRAIE secours mUluellement, et ils aiment la sincérité. Ils ont de l'amour pour la Patrie, et du zèle pour sa gloire; et ils reiardenL les étrangers, comme quelqu'un du haut de son Palais regarde avec une lunette d'approche les habitants de la "ille et ceux qui errent alentour. Les affaires politiques du Royaume occupent leurs mentais et s'emparent de leurs cœurs. parfois au point de détourner leurs e.qprits des études d'un jugement plus sublime, par lesquelles s'acquiert l'intelligence supérieure; ces études, il est vrai, sont faites dans la jeunesse par eaux qui s'y appliquent dans les Universités, mais elles passent comme un météore; cependant par elles leur rationalité devient vive, et brille d'une lumière d'après laquelle ils forment de belles images, comme un Prisme de cristal tourné vers le soleil ferme des iris, et teint de couleurs fauves le plan mis au devant. 809. Il Ya deux grandes Villes semblables l Londres, dans lesqnelles la plupart des Anglais viennent après la mort; il m'a été donné de voir la première Ville et aussi de m'y promener. Le milieu de celle- Ville est l l'endroit où est, dans Londres, l'Assembl~e des Marchands, qui est appelée l'Exchange; là résident les Modérateurs: au-dessus de ce Milieu est l'Orient, au-dessous l'Occideut, au cOté droit le Midi, au côté gauche le Septentrion. Dans la Plage orientale habitent ceux qui, plus que tous les autres, ont mené la vie de la charité, il y a là des Palais magnifiques; dans la Plage méridionale habitent les sages, chez lesquels il y a plusieurs choses splendides; dans la Plage septentrionale habitent ceux qui, plus que tous les aulres, ont aimé la liberté de parler et d'écrire; dans la Pla~e occidentale babitent ceux qui prOnent la Justification par la foi seule; à droite là, dans cette Plage, est l'entrée dans ceUe ville, et là en est aussi la sortie; c;eux qui vivent mal sont envoyés dans cet endroit: les Prêtres, qui sont dans l'Occident et qui enseignent cette Foi seule, n'osent pas entrer dans la ville par les grandes rues, mais ils y entrent par des ruelles étroites, parce qu'on ne souffre pas dans la Ville même • d'autres babitants que ceux qui sont dans la Roi de la Charité. J'en ai entendu se plaindre des Prédicateurs de l'Occident, de ce qu'ils arrantienL lenrs sermons avec tanl d'art et d'éloquence. ct y enveloppent tellement la Justification par la foi, inconnue

38'

RELIGION CB1ŒTIENNE. 385 1 ceux de la ville, qu'on ne sait s'il f,lUt ou non faire le bien'; ils prêchent la foi comme bien intrinsèque, .et ils séparent ce bien du bien de la charité, qu'ils appellent méritoire, et par conséquent non accepté par Dieu, Mais quand ceUl qui habitent dans la Plage Orientale et dans la Plage lléridionale de la Ville entendent de tels sermons, ils sortent des Temples: et les Prédicateurs sont ensuite dépouillés du sacerdoce. 8tO. J'ai eu plus tard connaissance de plusieurs raisons pour lesquelles les Prédicateurs sont dépouillés du sacerdoce; on m'a dn que la principale, c'est qu'Ils composent leurs sermons, non d'aprèl, la Pa~ole, ni par con.séquent d'après l'Esprit dè Dieu, mais d'après leur lueur rationntllle, et ainsI d'après leur esprit propre; ils tirenl de la Parold, il esl vrai, des textes comme préludes, mais ils les touchent seulement des lèvres, et ils les abandonnenl comme choses sans saveur, et choisissent aussitôt dans la propre intelligence quelque chose de sol1t, qu'ils lournent dans leur bouche et agitent sur leur langue comme deI! mets délicats, el c'esl ainsi qu'ils enseignenl: 011 m'a dit que par suite dans leurs discours il n'y a pas plus de spirituel, qu'il n'yen a dans les chants des oise;iux. de présages; et que ce sont des allégories bien ornées oomme le sont des perruques artistement frisées et poudrées sur une Tête chauve: on comparait les mysticités de leurs sermons sur la Justification par la foi seule aux Cailles jetées de la mer sur le camp des fils d'Israël, dont plUSIeurs milliers d'entre eux moururenl, - Nomb. XI ; - mais on comparait Ir la manne tOll,bée du Ciel les dogmes théologiques sur la Charilé et la Foi réunies. Un jour, j'entendais leur!! Prêlres parler entre enl sur la Foi sen le ; et je vis un certain simulacre formé par eu l, qui représentait leur Foi seule; dans Jeur lueur.. qui était une lueur de phantaisie, il apparaissait colllme un graDd Géant; mais quand Ja lu-. mière du Ciel fut introduite, il apparut dans la partie supérieure comme un monstre, et dans Ja partie inférieure comme un serpent ; 1 cette vue ils se retirèrent, . et les assistants jetèrellt le slmulacre daRS un élang. 8U. L'aulre grande vme, appelée aussi Londres, n'est point· dans le Milieu Chrétien, mais elle esl éloignée de Ja première, et urs le septentrion: dans cette vmo viennent après la mort, ceux D. 15

LA. VRAIE 386 qui -sont inLPrieurement méchants. Il y a dans son milieu Hne communication ouverte avec l'Enfer, par laquelle ils sont aussi tour à tour engloutis. . SU. D'après ceux de l'Anglelerre qui sont dans le Monde spirituel, il a été perçu qu'ils ont une double Théologie, l'une d'après la Doctrine de leur foi, et l'autre d'après la Doctrine de Il Cl1arité; d'après la Doctrine de la foi pour ceux qui sont initiés dans le sacerdoce, et d'après la Doctrine de la Charité pour la plupart des Laiques, surtout pour cenx qui demeurent en Ecosse et dans ses confins; les parLisans Je la foi seule redoutent d'entrer en.contestaLion avec ceux-ci. parce que ceul-ci les combattent Don-seulement avec la Parole, mais aussi avec la Raison; celle Doctrine de la Charité est dans la Prière qu'on lit, chaque jour de Sabbalh, dans les Temples devant ceux: qui s'approchent du Sacrement de ta Cène; dans cette prière il est dit ouvertement que s'ils ne sont pas dans la Charité et ne fuient pas les maux comme péchés, il. se jettent dans la damnation éternclle; ct que d'ailleurs, s'ils s'approchaient de la Sainte Communion, le Diable entrerait en eux, comme il entra dans Judas.

Des Allemands dans le Monde spirituel.
8i3. On sait que les Habitants de chaque Royaume divisé en plusieurs Provinces ne sont pas d'un génie semblable, et qu'entre eux ils diffèrent singulièrement, comme diffèrent universellement les habitants des divers Climats sur le globe; mais que néanmoins il règne un génie commun parmi ceux qui sont sous un même Roi, et par suite sous une même loi établie. Quant à l'Allemagne, elle est, plus que les Royaumes qui l'environnent, divisée en plusieurs DominatioD:s; il y a là un Empire. sous l'autorité universelle duquel elles sont toutes, mais cependant le Prince de chaque domination jouit en particulier d~un droit despotique, car il y a là de grands et de peUts Etats.. et chaque cbef dans le sien est comme llD Monarque: et, en outre, la' Religion y est divisée; dans certains 'Etats sont ceux: qui se nomment Enngéliques, dans d'autres sont des Réformés, dans d'autres, des Catholiques·R~mains i celte di-

J

RELIGION CHRli:TIENNE. 387 yenité d'Autorités et en même temps de Religions fait que Jes Allemands, quant aUI caractères (anima), aux iliclinations ft A la vie, ne peuvent pas aussi facilement que les autres Nations et les autres Peuples être décrits d'après ce que j'ai vu dans le Monde spirituel: mais comme il règne toUjOHrs partout un Génie Commun parmi les Peuples d'une même Langue, celui-ci peut en quelque sortc être vu et décrit d'après une colJection d'idées réunies en un. 814. Comme les AlJemands sont en particulier dans chaque Etat sous uÏl Gouvernement despotique, ils ne sont pas par conséquent dans la Libert' de parler et d'écrire comme les Hollandais et les Anglais; et quand la Liberté de parler et d'~crire a été restreinte, la Liberté de penser, c'est-A-dire, de voir clairement les choses dans leur étendue, est en même temps tcnue aussi en restriclion; car c'est comme un bassin de fontaine tellement clos de touscôtés, que l'eau s'y élève jusqu'A l'orifice dela Veine, desorteque la Veine elle-même ne jaillit plus i la Pensée est comme la veine, et le Langage est comme le bassin; en un mot, J'influx s'adapte A l'emul ; de mêmt" l'Entendement venant du supérieur est en rapport avec la Iibe"rté d'énoncer et de manifester au dehors ce qui a été pensé: c'est pourquoi celle noble Nation donne peu d'attention aux choses du jugement, mais se livre aux choses de mémoire; de là vient que les Allemands sont principalement adonnés i l'Histoire Littéraire, et qu'ils mettent leur confiance dans leurs Hommes de réputation et d'érudition, citent en foule leurs décisions, et souscrivent 1 leur avis: cet état est représenté dans Je Monde spirituel par lin Homme qui porte des livres sous son bras, et qui, lorsque quelqu'un discute sur une chose de jugement, lui dit: Je vais te donner une réponse, et aussitôt tire quelque livre de dessous son bras, et le lit. 8UI. De cet é/,Jlt des Allemands résultent plusieurs choses, et entre autres celles-ci: ils tiennent gravés dans la mémoire les spirituels de l'Eglise, et les élèvent rarement dans l'Entendement supérieur, mais ils les mettent seulement dans l'Entendement inférieur d'après lequel ils en nisonnent, ainsi tout autrement que les Nations libres; celles-ci, quant au:! choses spirituelles de l'EClise, qui sont appelées Théololiques, sont comme les Ailles qui
"

, ,

L

LA. VRAIE s'élèvent à une tr~,ralld8 haulear, et les Nations non-libres sont oomme des Cygnes sur une rivière. Les Nations libres sont aussi comme de grands Cerfs l cornes élevées qui parcoureut les campagnes, les bois el les fo~ts en pleine liberté, tandis que les Nalions non-libres sont comme des Cerfs retenus dans des Parcs pour les amusements d'un Prince. Enfin les Peuples libres sonl comme ces Chevaul volants, que les Anciens nommaient Pésases, qui volaient non-seulement sur les llers, mais encore sur les Coliines nommées Parnasses, et aussi sur les Ilusées au-dessous de ces collintlS, tandis que les Peuples non-affranchis sont comme de ligoureul Chevaux bien harnachés dans les· Ecuries des Rois. Il en est de même des différences de ju~ements dans les choses mystiques de la Théologie; les Ecclésiastiques, en Allemagne, tant qu'ils sont écoliers, écrivent sur des cahiers ce qui sort de la bouche des Maltres dans les Universités, et ils conservent ces cahiers comme des preuves d'érudition; et quand ils ont été inaugurés au sacerdoce, ou qu'ils ont été nommés proresseurs dans des Gymnases, ceux-ci dans les tribunes, et ceux-là dans les chaires, puisent pour l'ordinaire leur:; paroles canoniques dans les dictées dont il vient d'être parlé. Leurs Prétres qui n'enseignent pas d'après l'Orthodoxie prêchent communément l'Esprit Saint, ses admirables opérations, et ses excitations de saintetés dans les cœurs; ceux qui enseignent d'après l'Orthodoxie d'aujourd'hui sur la Foi apparaissent aUI _\nges comme décorés d'une couronne composée de feuilles de chêne; mais ceux qui enseignent d'après la Parole sur la charité ct sur ses œuvres apparaissent aUI Anges comme décorés d'une couronne composée de feuilles odoriférantes de laurier. U, les Evangéliques, dans les disputes avec les Réformés sur les lériLés, apparaissent comme s'ils déchiraient des vêtements; et cela, parce que les vêtements sisnifient les vérités. 8i6. Je m'informai où l'on trouvait les Ibmbourgeois dans le 1I0nde spirituel, et il me fut diE qu'ds n'apparaissaient DulIe part réunis en une Société, ni à plus for~ raison dans une Ville, mais qu'ils 'laient disséminés et entremêlés avec les Allemands dans diverses plaies; et lorsque j'en demandai la raison, il me fut répondu que o'était parce que leurs menLâIs' faisaient de continuell~
o.

388

...

r
389 RELIGION CHruITIENNE. inspections et comme des pérégrinations au dehors de leur Ville. et très-peu ail dedans i car tel est l'état du Mental de l'homme dans le Monde naturel, tel est IOn êtat dans le Monde spirituel; en effet, le Ilentai de l'homme est son Esprit, ou l'bomme posthume vivant après sa sortie du corps matériel.

De. Catholiques-Romains dans le Monde spirituel.
8t 7. Les Catholiques-Romains dans le Monde spirituel apparaÜisent autour et au-dessous des Protestants, et en ont été séparés par des intervalles qu'il est défendu de franchir; mais néanmoills des Moines par des artifices clandestins se ménagent une communication, et même ils envoient par des sentiers inconnus des émissaires pour séduire; "mais ils sont suivis. la piste, et aprés qu'ils ont été punis, ou ils sont renvoyés vers les leurs, ou ils sont jetés dans l'enfer. 8i8. Après le Jusement Dernier, qui a été fait dans le Monde spirituel dans l'ADnée nS7, l'état de tous, et par copséqueut aussi des Catholiques-Romains, a été cban,é au point .qu'il n'est pas permis de s'assembler en masses comme auparavant; mais il a été disposé pour cbaque Amour, soit bon, soit mauvais, des chemins dans lesquels ceux qui arrivent du Monde naturel entrent aussitôt et vont vers les Sociétés correspondantes. leurs amours; ainsi les méchants sont portés vers les Sociétés qui sont dans t'Enfer, et les bons vers les Sociétés qui sont dans le Ciel: il a étA ainsi pris deS mesures, pour qu'ils ne se formassent pas de~ Ciç,!~ ( artifi~iels comme auparavant. Dans le Monde des esprits, qui tient le milieu entre le Ciel et l'Enfer, il y a de semblables sociétés eD très-Brand nombre, car il y en a autant qu'il y a de Genres et d'Espèces d'affections de l'Amour du bien et de l'Amour du mal; et pendant l'intervalle qui s'écoule avant qu'ils soient ou élevés au Ciel ou jetés dans l'Enfer, ces esprits bons et ces esprits mau-l vais sont ~n conjC?nction spirituelle avec les hommes du Mon~e. et cela, paree que ceul-ci sont aussi au milieu entre le Ciel et l'Enfer. 8i9. Les Catholiques-Romains O"nt une sorCe de Consistoire

390 LA. VRAIE dans la Plase Méridionale vers l'Orient. oh les Principaux d'entre eUI s'assemblent et tiennent conseil sur divers sujets qui concerDent leur Religion. principalement lIur la manière de teqir le Vulgaire dans une aveu sie obéissaoce, et d'étendre leur Domination; mais il n'y est admis aücunEsprit qui dans le Monde ait été Pape. par la raison qu'il porte en lui une ressemblan~ d:~uLorité Di vine, provenant de ce qu'il s'était arros-é dans le Monde le pouvo!r du Seigneur: il o'est pas permis non plus à aucun Cardinal d'entrer dans ce Consistoire" et cela, à cause de la suréminence; les Cardinaul cependant se réunissent dans une vaste Chambre audesoous d'eux; toutefois, après une session qui dure quelques jours, ils sont transportés, mais il ne m'a pas été donné fle savoir où. Il ya aussi une autre Assemblée dans la Plase Méridionale vers 1'00cident ~ là, lenr occupation est d'introduire le fulsaire crédule dans le Ciel; ils y disposent aulour d'enx plusieurs sociétés qui sont dans divers Plaisirs externes; dans les unes il y a des Danses; dans d'autres, des Concerts; dans d'autres, des ProceliSions; dans d'autres, des Théâtres et des Spectacles; dans d'autres, il y a des esprits qui par des phantaisies présentent diverses espères de magnificences i dans d'autres. 00 ne rait que plaisanter et badiner; dans d'autres, on parle amicalement; là, de choses reIigieuS'ës; ailleurs, de matières civiles; et même, en certains endroits, de choses iascives ; et ainsi du reste: ils envoient les crédules dans l'une de ces sociétés selon la volupté de chacqn, appelant cela le Ciel; mais tous, après y être resté un ou deul_ jours, sont saisis d~li et se retirent, parce que ces Plaisire sont e~es et liOn internes; de cette manière aussi, plusieurs sont détachés des frivolités de la foi sur le pouvoir d'introduire dans le Ciel. Quant l ce qui concerne spécialement le CuIte des Catholiques-Romains. il est presque semblable à leur Culte dans le Monde; il consiste pareillement en Messes, dites dans une Langue non-commune aOl esprits, Itais formée de mots retentissan~ qui impriment UDe sainteté el terne et un tremblement. et qu'ils ne ~lI:Iprennenl Dullement. (8!Q., Tous ceux qui viennent de la Terre dans le Monde spi ritùërsont tenus au commencement dans la "Confession de foi el daDsl. ReliB'ion de leur Patrie; pai conséquent aussi les Catbo-

r

39t liques-Romains; c'est pourquoi. ils ont toujours ~ leur tête, quelque Pape représentatif. qu'ils adorent aussi avec le même rite que dans le Monde. Dest rare que quelqu'un, qui a été Pape dans le Monde. soit mis à leur tête après SOD décès; mais cependant celUI qui futrevêtu de,la Dignité Papale. il ya 30 ou 40 ans. leur a été 1 donné pour oheC. parce qu'il avait maintenu dans son cœur que la Parole était plus sainte qu'on ne le croit, et que le Seigneur devait être adoré. 11 m'a été donné de converser avec lui i et il m'a dit qu'illdorait le Seigneur seul. parce qu'II est Dieu à q~i appartient tout pouvoir dans le Ciel et sur Terre. selon ses propres paroles, - Mattb. XXVIII. i 8 ; -\et que les invocations des Saints ~taien t des choses ridicules; qu~ dans, le Monde il avait eu l'intention de restaurer cette 'Eglise, mais qu'il n'avait pas pu, pour des raisons qu'il m'a exposées. le l'ai vu. quand la graud Ville septentrionale. dans laquelle étaient des CatholiqueS-:Romains et en même temps des Réformés, a été détruite au jonr du Juitement Dernier; il était porté dans onelilière. et il Cut transporté en lieu de sûreté. Sur les cOtés de la Brande société. dans laquelle il remplit la Conction de Pape. il a été établi des Gymnases, où se rendent ceUl qui on~ des doutes au sujet de la Religion; el là, il y a des Moines converiis. qui les enseignent sur Dieu Sauveur Christ. et aussi sur \a Sainteté de la Parole; el ces Moines les laissent libres de SI détourner des sanctifications introduites dans' "I;Église Caiholique-Rom:i.ine; ceux qui admettent cet enseignement sont introduits dans une vaSle Société; où sont ceUI qui se sont retirés du Culte du Pape el des Saints; et quand ils "1 entrent. ils sont comme ceUI qui se réveillent aprb un profond assoupissement. et comme ceux qui jouis8enr des agréments du printemps après les désagréments de l'biver i ou comme un voyageur sur mer. quand il touche le po~t; et alors ils sont invités à des Festins par ceux qui sont dans cette société. et on leur donne ~ boire un Vin génèreux dans des Coupes de cristal; et j'ai appris que les Anges envoielli du Ciel au nouv!!l~ venn un plat sur leqnel il y a de la Manne de la même forme et du même goût que celle qui tombait sur le ca~p des fils d'Israël dans le désert; ce plat est prC§senté ~ la ronde aUI Convives. et chacun a la liberté d'en soûter. SU. Tous ceux de la Religion CathoIiqu~Romaine, qui. re-

RELIGION CHRÉTIENNE. '

L.

392

LA. VRAlE

marquent qu'ils vivent apr~s la mort, et qui dans le Mond~ pr~­ cédent ont plus pensé ADieu qu'lia Papauté, et ont fail les œuvres de la charité d'apr~ un cœur simple, sont facilement détournés des superstitions de cette I\eligion, lorsqu'ils ont ét' in&truit.s que le Seigneur Lui-Même, le Sauveur du Monde, régne U ; il leur est aussi facile de passer du Papisme au Christianisme, que d'entrer dans un Temple dont les portes sont ouvertes, que de traverser la Salle des Gardes Ala Cour quand on est mandé par le Roi, que de lever la tête et de porter ses regards vers le ciel quand OD y entend' des voix: mais quantA ceul: qui dans le co~rs de leur vie dans le Monde ont rarement pensé ADieu, si toutefois ils yont pensé, et qui D'ont aimé le Culte que pour ses fêtes; il leur est, au contraire, aussi difficile Je se détourner des superstitions de ceUe Religion, que d'entrer dans un Temple dont les portes sont fermées, que de traverser la Salle des Gardes à la Cour quand le Roi le défend; et aussi difficile qu'6 un serpenl sous l'herbe de porter ses regards vers le Ciel. Une chose étonnante, c'est que tous ceux de celte Religiosité Catholique, qui arrivent dans le Monde spirituel, n'y voient point le Ciel, où sont les Anges.; il y a au·dessus d'eux comme une Nuée obscure qui borne leur vue; II.. mais dès qu'on' converti vient vers les convertis, le Ciel s'ouvre, et parfois ils y voient des Anges vêtus de blanc, vers lesquels aussi ils sont élevés, apr~ que le temps de la préparation est achevé.

Des Saints des Catholiques-Romains dans le Monde spirituel.
8t!. On sait que l'homme tient de ses parents un mal insité ou hérMitaire, mais il en est peu qui sachent où ce mal habite dans sa plénitude; il habite dans l'amour de posséder les biens de tous les autres, et dans l'amour de dominer, car ce dernier amour est tel, que, autant on lui lâche la bride, autant il s'élance, jusqu'l s'embraser du désir de dominer sur tous, et enfin jusqu'l vouloir être invoqué et adoré comme Dieu: cet Amour est le serpent qui trompa Eve et Adam; en effet, le serpent dit lia Felllme: • Dieu sait qu'au jou,. où vous mangeres du fruit· de cet A,.bre, ou-verts seront vos yeuz, et QU'.A.LOB8 vous SEBEZ COIIJU DIEU.»-

-

..........

p

RELIGION CHRltTIENNE. 393 Gen. III. -l, S; - autant donc' l'homme se précipite dans cet Amour aprês lui avoir lâché la bride, autant il se détourne de Dieu et se tourne vers lui-même, et devient son propre adorateur, et alors il peut invoquer Dieu d'une bouche brûlante de l'amour de soi, mais d'un cœur ,lacé du mépris pour Dieu i et . alors les Divins de l'Éilise peuvent aussi senir pour moyens, mais comme la fin est la domination, il n'a. cœur les moyens que seJon qu'ils senent. Un lei homme, s'il est élevé aux honneurs suprênies, est pour lui-même dans son ima~e comme Atlas portant' le Globe terraqué sur ses épaules, et comme Phœbus conduisant avec 68S chevaux le soleil autour de la terre. 8i3. Comme l'homme d'après l'bérédilaire est tel, c'est pour cela que tous ceux qui ont été faits saints par des Bulles du Pape sont éloipés des regards des autres dans le lion de spirituel, ët sont renfermés, et que tout colDmerce avec leurs adora~~l,Irs leur est interdit i et cela~afin que cette racine des maux, la pire de toutes, ne soit pas excitée chez eux, et qu'ils ne soient pas poussés dans des délires phantastiques, tels que sont les délires chez { les démons: dans de tels délires viennent ceux qui, lorsqu'ils ont vécu dans le Monde, ont ardemment désiré être. faits saints après Ja mort afin d'être invoqués. . Beaucoup de Catholiques-Romains, principalement les Moines, quand ils arrivent dans le Monde spirituel, cherchent les Saints, surtout le Saint de leur Ordre, mais ils ne les. trouvent pas, ee qui les étenne; mais ensuite on leur apprend qu'ils sont mêlés, loit avec ceux qui sont dans le Ciel, soit avec ceux qui sont dans la Terre Inférieure, et que dans l'un comme dans l'autre elldroit ils ne savent rien du culte ni de l'invocation qui leur ~ont adressés, et que ceux qui en savent quelque chose et 'eulent être invoqués, tombent dans des délires et parlent en insensés~ Le Culte . des Saints est une telle abomination dans le Ciel, qu'il suffit qu'on en ontende parler pour être saisi d'horreur, parce qu'autant un culte est décerné. un homme, autant le Culte est enlevé au SeiBneur, car ainsi il ne peut être adoré Seul; et si le Seigneur n'est pas adoré Seul, il se fait un partaga qui détruit la' communion at la félicité de la vie provenant de la commuDion.'Pour que ja susse quels sont les Saints des Catboliques-Romains afin que je les fisse

8'"'.

LA VRAIE connaltre, il en fut retiré de la Terre inférieure jusqu'à cenl, qui lavaient qu'ils avaient étê faits Saints; ils montèrent en lournant le dos, quelques-uns seulement la face en avant; et j'ai conversé avec l'un d'eux, qu'on me dit être Xavier; celui-ci, pendant qu'il me parlait, était comme insensé; cependant il put me raconter que dans le lieu où il avait été renfermé avec d'autres, il n'étail pas insens~, mais qu'il devient insensé toutes les fois qu'il pense qu'il est Saint et qu'il Vlut être invoqué: j'entendis murmurer la même chose par ceus. qui étaient derrière, Il en est autrement des prétendus Saints dans le Ciel; ceux-ci ne savent absolument rien de ce qui se passe sur la terre, et il ne leur est pas donné de parler à aucun de ceux des Catholiques-Romains qui sont dans cette superstition,de crainte qu'il n'entre chez eux quelque idée sur ce sujet. 825. De cet état des Saints chacun peut conclure que les Invocations qu'on leur adresse ne sont que des choses ridicules; et de plus, je puis aml'mer qu'ils n'entendent pas plu!' les Invocations qui leur sont adressées sur la terre, que ne los entendent leurs slatueg le long des cheminl, pas plus que les murs d'un Temple, pas plus que les oiseaux qui ont leurs nids dans les tours, Leurs serviteurs dans le Monde disent que les Saints règnent avec le Seigneur Jésus-Christ dans le Ciel, mais cela esl une ~ç!!~n e~ une invent~n ; en effet, ils ne règnent pas plus avec le Seiin!Ur qu'un palefrenier avec un Roi, qu'un portier avec un Magoat, et qu'~n coureur avec un Prince; car Jean-Baptiste a dit du Seipeur: cc Je ne suis pas digne de délier la cQurroie de son sm,lier _ • - Marc, l, 7, Jean, 1. !7, - Que peuvent être alors ces prétendus saints r 826. Il apparalt quelquefois auJ. Parisiens qui sont dans une &ociété du Monde spirituel uue Femme à une moyenne hauteur, avec un vêtement resplendissant et un visage comme d'une Sainte, "et elle dit qu'elle est GENEVIEVE: mais quand quelques-uns d'euJ. commencent à l'adorer, aussitôt son visage change, et aussi son vêtement, et elle devient semblable à une Femme vulgaire; et elle leur fait des reproches de vouloir adorer une femme qui, chez SIS compagnes.. n'est pas plus en estime qu'une servante, s'étonDant que les hommes du Monde se laissent "aller l de pareilles Diaiseries.

395 RELIGION CHRÉTIENNE. 8n. J'ajouterai ici ce fait très-diiue d'être rapporté: Un jour, MARIE. MERE DU SEIGNEUR, passa. et elle fut vue au-dessus de la Tête. en vêtement blanc; et alors. s'étant un peu arrêtée, elle dit qu'elle avaitété la 11ère du Seigneur, et qu'A la vérité il était né d'elle, mais qu'ayant été fait Dieu, il s'était dépouillé de tout l'Humain qu'il tenait d'elle. et que par conséquent elle l'adore main-. tenant comme son Dieu. et ne veut point que qui que ce soit le reconnaisse pour son Fils, parce qu'en Lui tout est Divin.

Des Mahométans dans le Monde spirituel. 828, I.es Mahométans, dans le Monde spirituel, apparaissent derrière les Catholiques-Romains dans l'Occident, eL forment comme un cercle autour d'eux; s'ils apparai~sentle pllls près derrière les Chrétiens. c'est p~rce qu'ils reconnaissent notre Seigneur pour le plus grand Prophète, le plus sage de tous. qui a été envoyé da~5 le Monde afin d'instruire les hommes, et aussi pour Fils de Dieu. Chacun. dans ce Monde, habite à une dilltance du Milieu. où sont les Chrétiens, {jelon la Confession du Seigneur et d'un Seul Dieu, car cette confession conjoint" les e~prits (anima) au ciel. et constitue leur distance de l'Orient, sur lequel est le Seigneur. 8'19. Comme la Religion réside dans les suprêmes cbez l'homme, et que les inférieurs de l'homme vivent et brillent d'après lies suprêmes. et comme Mahomet est mêlé .. la Religion dans leurs esprits (mw",) , c'est pour cela qu'un Mahomet est toujours placé en leur présence; et alin qu'ils tournent leurs faces vers l'Orient sur lequel est le Seigneur. ce Mahomet est placé au-dessous du Milieu Chrétien: ce n'est pas le Mahomet qui a écrit l'Alcoran. mais c·e.~t un autre qui en remplit la fonction; ce n'est pas non plus toujours le même, mais il est changé: .. une certaine époque. c'était 'un Saxon qui. ayant été pris par les Algériens, s'était fait Mahométan; comme il avait aussi été Chrétien, il était quelquefois pOllssé à leur dire du Seigneur qu'il n'avait pas été Fils de Joseph, mais qu'il était le Fils de Dieu Même. A ce Mahomet en succédèrent"ensuite d'autres. Dans l'endroit où le Mahomet.

LA VRAIE son siége, il apparalt un feu comme d'un pet.it flambeau, afin qu'il soit connu; mais ce feu n'est visible que pOlir les Mahométans. 830. Ilahomet, celui qui a écrit l'Alcoran, ne vient pas aujourd'hui en leur présence i il m'a été dit que dans les premiers temps il était 1 leur tête, mais que, parce qu'II avait voulu Jdominer: su.r _IgUleS)eS choses de leur Religion colDme un Dieu, il avait été ( cbass6 de son siége, qu'il occupait au-dessous des CatholiquesRomains, et avait été relégué vers le côté droit près du midi. Un jour, une Société de lIahométans Cut elcitée par des esprits malicieux 1 recollnattre Mahomet pour Dieu; afin que la sédition Cut apaisée, Mahomet fut élev~ de la terre inférieure, ot leur fut monné, el alors je le vis aussi; il apparut semblable aux esprits corporels qui n'ont aucune perceptioB intérieure, sa face tirant sur le noir i et je l'entendis prononcer ces paroles: • Moi, je suis votre Mahomet, et aussitôt il fut comme englouti. 83t J Les Mahométans sont en hostilité contre les Chrétiens, principalementl cause de la croyance en trois Personnes Divines, et par suite l cause du culte de trois Die!!!, tous trois Créateurs i et de plus, contre les Catholiques-Romains l cause de leurs génuflexions devant des simulacres'; et par conséquent ils appellent ceux-ci !doIAtres, et ceul-là fanatiqll~, \ disant qu'ils fonl Dieu. trois têtes, et qu'ils prononcent tout haut un et tout bas trois; qu'ils divisent par conséquent la Toute-Puissance, et en font trois d'une seule qui n'appartient qu'. un; et qu'ainsi ce sont comme des Faunes avec trois cornes, une pour chaque Dieu et en même temps trois pour un, et que c'est de celte manièré qu'ils prient, quils chantent, et qu'ils déclament dans les chaires. ' 83!. Les Mahométans ont leur Ciel, comme toutes les Nations qui reconnaissent un seul Di~u, aiment le juste et font le bien par religion, mais il est en dehors du Ciel Chrétien: toutefois, le Ciel Mahométan est distingué en deu~ ;\daDs le Ciel inférieur ils vivent décemment avec plusieurs épouses; mais il n'y a d'élevés de ce Ciel dans l, Ciel supérieur, que ceUI qui ren.oncant aux concubines, et qui reconnaissent le Seigneur notre Sauveu,r, et en même temps sa domination sur le Ciel et sur l'Enfer.,-J'ai appris qu'il leur est impossible de penser que Dieu le Père et notre Sei!neur sont un, mais qu'il leur est possible de croIre qu'il domine sur les

396

....

r
RELIGION CHUTIENNE. 397 Cieux et sur les Enfers parce qu'il est le Fils de Dieu le Père. C'est au moyen de cette Foi chez eux qu'il leur est donné par le Seiqneur de monter dans leur Ciel supérieur. tJ33. CODlme la Religion Mahométane a été reçue par un plus srand nombre de Royaumes que la Religion Chrétienne, cela peut être un scandale pour ceul qui pensent à la Divine Providence, et qui en mémetemps croient que nul ne peut être sauvé que celui qui est né Chrétien; mais la Religion lIahométane n'est pas un scandale pour ceux qui croient que toutes choses appartiennont l la Divine Providence; 'ceul-ci rAcherchent en quoi la Divine Providence èSt là,.et même ils le trouvent; elle est en cela, que la Religion MahoDlétane reconnalt le SeiiDeur pour le plus ,rand Prophète, le plus Saie de tous, et aussi pour le Fils de Dieu i mais comme les Mahométans ont fait du Koran le seul Livre de leur Religion, et que par suite Mahomet, qui l'a écrit, esL Bravé dans leurs pensées, et reçoit d'eux une sorte de culte, c'est pour cela qu'Us pensent peu à notre Seigneur. Pour qu'on sache pleinement que ceUe Religion a été suscitée par la Divine Providence, atin de détruire les idolâLries d'un Irand nombre de Nations, ce sujet va être traité dans un certain ordre i mais d'abord il sera parlé de ·l'origine des Idolâtries. Avant cetle Religion, il y avait un Culte idolâtre répandu dans la plupart des Royaumes du globe terrestre i et cela, parce que les Églises, avant l'Avènement du Seigneur étaient toutes des Éllises représentatives; telle était aussi l'Église Israélite; là, le Tabernacle, les habits d'Abaron, les sacrifices, toutes les choses du TelJlple de Jérusalem, et aussi les statuts, tout était représent~lif: et chez les Anciens il y avait la science des Correspondances, qui est aussi la science des Représentations, la Science même des scienC8.', cultivée surtout par les Élypliens i de là leurs Hiéroglypbes. Par celte science ils avaient su ce que signifiaient Jes Animaux de Lout senre, ce que signifiaient les Arbres de tout Benre, ce que sisnifiaient les Montagnes, les Collines, les Fleuves, les Fontaines, ce que signifiaient le Soleil, la Lune et les Étoiles i par oette Science ils avaient eu aussi la connaissance des spirituels, puisque les choses qui étaient représentées, lesquelles sont de celles qui appartiennent à la sagesse spirituelle chez les Anges dans le Ciel, étalent ]es origines. Maintenant, comme tout leur

398

LA. VIWE

Culte était Représentatif, consistant en de pures Correspondances, yoiU pourquoi ils ont eu des Culles sur les Montagnes et sur les Collines, et aussi dans les BOGag's et dans les Jardins; et voilà pourquoi ils ont sanctifié les Fontaines, et ont fait en outre des images taillées de Chevaux, de Bœufs, de Veaux, d'Agneaux, et même d'Oiseaux, de Peissons, de Serpents, et les ont placées près des Temples, et dans leurs Pa"is, et aussi dans leurs MaisoDs. dans un ordre selon les spirituels de l'Église auxquels elles correspondaieJill ou qu'elles représentaient et par suite signifiaient. Après cette époque, quand Ja science des Correspondances fut oblitérée, leurs descendants commencèrent à adorer ces Images taillées ·~mme saintes en elles-mêmes, De sachant pas que les Anciens, leurs Pères, n'avaient vu rien de saint en elles, mais les avaient seulement considérées comme représentant selon les correspondances les choses Saintes. De là étaient nées les ldolAtries qui avaient rempli tant de Royaumes du globe. Afin que ces IdohUries fussent extirpées, il a été pourvu par la Divine Providence du Seigneur à ce ~ue fQt établie une Nouvelle Religion accommodée aux génies des Orientaux, dans laquelle il y aurait aussi quelque chose de l'un et l'autre Testament de la Parole, et qui enseignerait que le Seigneur esL veJlu dans III Monde, et qu'il était le plus grand Prophète, le plus Sage de tous, et le Fils de Dieu: cela fut fait par Mahomet, de qui cette Religion a reçu le nom. D'après cela, il est évident que cette Religion a été suscitée par la Divine Providence du Seigneur, et a été accorumodée, comme il a élé dit, aux génies des Orientaux, afin de détruire les idolAtries de lanL de Nations, et de leur donner quelque connaissance du Seigneur, afin qu'ils vinssent dans le Monde spirituel, . ce qui arrive après la mort: cetLe Religion n'aurait pas été reçue par tant de Royaumes, et n'aurait pas pu y extirper les IdolAtries, si elle n'ellt pas été confor~e aux idées de leurs pensées; surtout ~i la Polygamie n'eût pas été permise, par ce motif aussi, que les Or~entaul, sans cette permission, se seraient livrés avec encore plus d'ardeur que les Européens à de honteux adul~r~, et au\raient péri. 834. Un jour, il m'a été donné de percevoir quelle est la Chaleur de leur amour Polygamique; je parlais jvec un esprit qui

RELIGION CHRiTIENNE. 399 avait tenu ]a place de Mabomet i et ce Remplaçant, après une conversa.tion avec lui l distance, fit passer vers moi une cuiller d'6bène et d'autres objets, qui ~taient des indices que la cuiller veDait de lui; et en même temps il fut ouverL de divers lieux une communication pour la chaleur de leur amour Polygamiaue. laquelle.. de certains li,eux, fut sentie comme la chaleur dans les Bains après qu'on s'est lavé, de certains aULre.o;, comme la chaleur dans les Cuisines oill'on fait bouillir les viandes; de quelques-uns. comme la chaleur dans des Tavernes oil des aliments fétides sont exposés ln vente i de quelques autres. comme la chaleur dans les Laboratoires des Pharmaciens. oil se préparent des ~mulsions et autres médicaments semblables i de ceux-ci, comme la chaleur dans Jes mauvais lieux et dans les tabagies; et de ceuI-I~, comme la chileur dans les Boutiques où l'on vend des peaux, des cuirs et des souliers: il y avait aussi dans cette Chaleur eomme quelque chose de rance, d'a.p~e et de calls~q':le, prove~a.!lt de la Jalo'!.~ie. Au conIraire, la chaleur dans les Cieul Chrétiens, lorsque le Plaisir de leur amour est senLi comme Odeur, est odoriférante comme dans les Jardins et dans Jes Vignes. et comme dans des Bosquets de roses; en quelques endroits. comme dans des Cabinets d'aromates; 'et en d'autres, comme dans les Pressoirs eL dans les Celliers: que les Plaisirs des Amours dans le Monde spirituel soient Lrès-souvent sentis comme Odeurs. on le ,oit çà et Il dans mes MÉMORABLES à la fin des t:hapitres. D(J$ Africains dans le Monde spirituel; et aussi quelques 06servations concernant les Natio,lS (ou Gentils) 835. Les Nation's qui n'ont aucune connaissance du Seigneur apparaissent, dans le Monde spirituel, au-delà. de ceux qui en ont connaissance. de telle sorte cependant que les dernières périphéries soient formées de ceux qui sont absolument idolAtres" et qui. dans le Monde précédent, ont adoré le Soleil et la Lune. Mais ceux qui reconnaissent un seul Dieu, et qui appliquent l,1a Religion, et par suite lia vie, des Préceptes tels que sont ceUI du Décalogue. communiquent plus immédiatement avee les Chrétiens

LA VRAIE qui sont dans le Milieu; car ainsi la communication n'est interceptée ni par les Mahométans ni par les Catholiques-Romains. Les Nations ont aussi été distinguées selon leurs génies et leurs facultés de recevoir la lumière procédant du Seigneur par les CieuI; en effet, parmi elles les unes sont Intérieures et les autres Eltérieures, ce qui leur vient en partie du Climat, en partie de la Souche dont elles sortent, en partie de l'Éducation, et en partie '1 de la !!.~igion. Les Africains ~nt ~~éri~pl!1~ _9.u~ _~~us J~

'00

autr~~.

836. Tous ceul qui reconnaissent et adorent ·un seul Dieu Créateur de I:Univers, aiment Il avoir de Dieu l'idée d'un HO!!l_me ; ils disent que personne ne peut avoir de Dieu one autre idée: quand ils entendent dire que plusieurs se forment de Dieu une idée comme d'un Éther ou d'une petite Nuée, ils demandent où sont ceul-Ià; et quand on leur dit qu'ils sont parmi les Chrétiens, ils nient que cela soit possible; mais on Ip,ur répond que caul-Ià ODt une telle idée, parce que Dieu dans la Parole est appelée Esprit, et qu'ils ne pensent d'un Esprit que comme d'une substance d'Éther, ou de quelque forme de Nuée, ne sachant pas que Lout Esprit et tout Ange est homme; cependant il a été examiné si l'idée spirituelle de ceul-Ià est semblable à leur idée naturelle, et il a été découvert qu'elle n'est pas semblable chez ceUI qui reconnaissent iutérieurement le Seigneur Sauveur pour Dieu du Ciel et de la Terre. J'ai entendu un Prêtre qui disait, que personne ne peut avoir une idée du Divin Humain, et je l'ai vu transporté vers différentes Nations, de plus en plus intérieures, et aussi vers leurs CieuI, et en6n vers le Ciel Chrétien, et partout il lui fut donné communication de leur per·ception intérieure sur Dieu, et il remarqua qu'en eUI il n'y avait d'autre idée de Dieu que l'idée d'un Homme Divin, et que l'homme, qui est l'image et la ressemblance deTleu, n'aurait pas pu être créé par un Dieu ql1i aurait été autre. 837. Comme les Africains l'emportent sur les autres Nations par 10 jugement i~térieu.rj j'ai el1 neo eUI des conversations sur des sujets d'une investigation plus élevée, et dernièrement sl1r Dieu, sur le Seigneur Rédempteur, et. sur l'homme Intérieur et l'homme Eltérieur; et comme ils trouvaient beaucoup de plail1ir dans ce. conversatitns, je vals rapporter quelques-unes dIS choses

REIJGION CHRETIENNE.

'01

qu'ils perçurent sur ces trois sujets d'après la vue intérieure: Sur DIEU; il Cut dit, qu'il est cerlainement descendu.• et s'est fait voir aux. hommes, parce qu'il est leur Créateur, leur Protecteur et leur Conducteur, et parce .!l!le Je Genre Hum~ill_~~! appartienl; qu'~1 \ v.2.Ï.t, .Pllm!urt et con.d~Ll PU lia .Providence loutes el cliacuue des choses qui sont dans les Cieux et sur la Terre, et regarde les biens de ces choses comme en Lui-Même, et se re«arde Lui-Même dans ces biens; et cela, parce qu'il est le Soleil du Ciel Angélique, qui est vu aussi haut au-dessus du 1I0nde spirituel que le Soleil de la terre au-dessus du Monde naturel, el que celui qui est le Soleil ,VOil, parcourt et conduit providentiellement toules et cha~ cune des choses qui sont au-dessous; et comme c'est son Divin Amour qui apparalt comme Soleil, il s'ensuit qu'il procure aux trèsBrands et aux rrès-petits de chaque chose ce qui appartient l la vie, et aUI hommes ce qui apparlientl l'amour el l la sagesse, par ~ c~aleur de ce SoleIl ce qui appartient à l'amour, et par sa lumiè~e ce qui appartient l la sagesse. Si donc VOliS vous Cormez de I!!~u ~ l~idé.!t...@·i!JLle Soleil de ('Univers, certainement d'après cette idée vous verrez et rooonnaitrez sa Toule-Présence, sa TOUleScience, et sa Toute-Puissance. ' 838. Ensuile il y eut con\'ersalion a\'oo eux au sujet du SEIGNEUIl SAUVEUR; et il fut dit, que Dieu dans son essence est 1" Divin Amour, et que le Divin Amour est comme le Feu le plus pur; et puisque l'Amour, considéré en lui-même, ne tend à autre chose qu'l devenir un avec un autre qu'il aime, et le Divin Amour, à autre cbos" qu'à s'unir l l'homme et à unir l'homme à lui au point que Lui-Même soit dans l'hornm·e et l'homme dans Lui, et puisque le Divin Amour est comme le Feu le plus pur, il est évident que Dieu parce qu'il est tel. ne pouvait nullement être dans l'homme. ni ·faire que l'homme f(lt en Lui, car il réduirait ainsi l'homme tout enlier en une fumée excessÏ\'ement subtile; nills comm.! Dieu d'al!r.èLson essence brQlait de l'Amour _dç s'unir I!!ec l'homme, iLétait nécessafre qu'il v,oilât d'un corp's convenable .Hou!..!'!. ~ceplion et p0!lr la conjonction; c'est pourquoi il descendit et prit l'Humain selon l'Ordre éta~1i par Lui dès la Créa. tion du Monde, Ordre qui~~it, que d'après une Vertu propasée de Lui il fllt conçu, qu'il fût porté dans DD utérus, qu'il naquit,

se

u

L

402 LA VRAIE et em.uite qu'il crdt en sagesse et en amour, el qu'il approcbAt ainsi vers l'union avec sa Divine Origiue; el c'est dé cette manière_qu~ieu 1_ ~té faiL_ HO~!De, et que J'Homme es~ djlvenu \ Diey. Qu'il en soit ainsi, l'Écriture qui traite de Lui, laquelle est ) chez les Chrétiens, el est appelée la Parole, l'enseigne et l'atteste clairement; et Dieu Lui-MOme, qui dans son Humain est appelé Jésus-Christ, dit que le· Père est en Lui, et Liiidans le Père, e1...!l!Je !!!llui qui Le_voll,.Y.ID.tJ!Jln'e, outre plusieurs autres choses !;ur le même sujet. Que Dieu, dont l'Amour est comme le Feu le plus pur, n:ait pas pu au~rement s'unir 1 f!1omme, ni unir l'~~.m­ me 1 Lui, la raison aussi le voit: Est-ce que le Feu du -Soleil, tel qu'n---est en soi, peut toucher l'homme, et qui plus est entrer en {lui, 1 moins qu'il ne voile ses rayons par les atmo!lphères, et ne se présente ainsi convenablement en tempérant sa chaleur rEst-ce que l'Éther pur peut se répandre autour de l'hommo, cl qui plus est influer dans les bronches de ses poumons, 11II0ins qu'il 1 ne soit enveloppé d'!ir, et ne de,"ienne ainsi convenable! Un poisson ne peut pas même vivre dans l'air, mais il vit dans l'élément qui convient à son existence. Bien plus, sor terre, par sa personne ou immédiatemeD1 un Roi ne peut pas même administrer dans son Royaume toutes ëtëbacune des choses, s'il n'a recours l des Préposés supérieurs et inférieurs qu! cons!ituenJ.ensemble !;On Corps l!~laI. L'Ame de l'homme ne peut pas non plus sc faire ,·oir à un autre, lier commerce avec lui, ni communiquer des preuves de son amour, à moins que ce E«:' so~ 2.~~~ Co_rps ; com· Illent donc Dieu le pourrait-il, sinon par l'Humain qui Lui appar\ lienl? Les Africains, ayant entendu ces explications, les perçurent mieux que tous les autres, parce qu'ils sont intérieurement ratiC?nnels, et que chacun est favorable selon qu'il perçoit la chose. 839. Enfin la conversation s'enga~ea sur L'HOlllME INTÉRIEUR ET L'lfOHME EXTtRIEUR; et il fut dit que les hommes qui pe1'(oivent intérieurement les choses sont dans la lumière du vrai, qui est la lumière du Ciel, el que les hommes qui perçoivent eltérieurement les choses ne sonr dans aucune lumière du vrai, parce qu'ils sont seulement dalls la lumière du' Monde; qu'ainsi les 1 hommes Intérieurs sont dans l'intelliience et dans la sa.gesse, et 2 les hommes Extérieurs dans la'·folie et·dans unevisi()n Acontre--

l

1

l

~(/I'f

1

F

RELIGION CHRÊT1E~E. '03 sens: que les hommes Intérieurs sont spirituels, parce qu'ils PeJJÏeiit d'après l'esprit élevé au-dessus d,u corps, aussi voient-ils les vrais dans la lumière; mais que les hommes Ellérieu~ sont I!.a'!1J:.8ls-sensuels, parce qu'ils pensent d'après les illusions des sens du corps, aussi ,'oient-ils les vrais comme dans un brouillard, et JI quand ils médilent sur eUI, voient-ilsJ8!l!u,!.comme des uais: ~ ,que les homiiiëS- Internes sont comme ceux qui se tiennent dans la campagne sur une Monlagne, ou dans une ville sur une Tour, 011 en mer sur la Hune d'un navire; et que les hommes Externes sont comme ceul qui se tiennent dans la vallée au pied de la monlagne, ou dans un cachot,sous la tour, ou dans le navire aiJ-dcssflOUS de la hune, lesquels ne voient que les objets les plus proches: et, de plus, les hommes Internes sont comme ceux qui habitent au second ou au troisième étage d'une Maison ou d'un Palais, dont les murs sont une continuité de fenêtres en verres de cristal, et • qui voient au loin de tout cOté dans la ville, et y distinguent jusqu'au moindre édifice; et les homme3 Externes sont comOie ceul qyLh!!.bil~n~3~ns un rez-de-chaussée, dont les fenêtres sonten l!ru!la.uollé, @Lq!li. ne voient pas méme la rue bors de la maison, mais ne voient que ce qui est dans La maison, et encore seulement à l:aide d'une chandelle ou dl! foyer: les hommes Internes sont If aussi comme des Aigles qui du haut des airs voient dans IIne large étendue tOut ce qui est au.-dessolJs d'euI; et les hommes Externes 2- sont au contraire comme des coqs chantant très-haut sur un perchoir devant les poules qui grallentla terre: et, en outre, les hommes Interues perçoh'ent que les choses qu'ils savent, relativement, 1 à celles qu'ils ne savent pas, ne !\Ont que comme l'eau. d'une cruche relativement à l'eau d'un lac ; et~ hom_~~ Externl!S_p~~vçnt qu'ils savent tO]t. Celle conversation fut très-agréable pour les Africains, parce que, .d'ap-rès la vue intérieure, dont i1s.i~uissent 21us que les aut~, i~s reconnurent que cela est ainsi. 840. Comme les Africains sont tels, ils se fait à cause de cela ~hez .eux aujourd'hui une Révélation qui, commencée dans un Lieu. va ,de ce lieu ll'entour, mais non jusqu'aul Mers; ils d~Q.~i.s!l~~t ,l~s : J!!.l!!!I!.er~~1!ant de l'Europe. qui. croient flue l'homme e~t _8~vé 1.~ par la foi seu~e, et ain~~ ,eulament.par penser· et p'a~ler, et ~.n .. en même temps. par ,o~oi.r et faire; .il disent. qu'il n'y" aucm

l

1dJ) F1" ""

f~

l

Q

LA VRAIE homme, ayant un culte quelconque, cl!!! !!e vive selon sa Religion, [ et que, s'il ne le Cait pas, il ne peut que devenir stupide et méchant, pat:ce .qu'alors il ne r~it rien ciu Ciel; ils nomment même - s~idiL~}~~ali~i~jénieuse, "parce qu'en .elle il y a non pas la vie. maisJ.~mort. J'ai conversé quelquerois avec Auguslin, qui dans le troisième siècle avait été Evêque l Hiponne en Afrique; il mla dit qu'il est aujourd'hui avec eUI, 8t leur inspire le culte du ( Seisneur, et que Il il J a un espoir de Pr.op.~lter ce Nouvel EvanKile dans les Régions circo.!!!~nes. J'aj..!..ntendu l!.joie des Anges sur cette Révélation, de ce que par elle il leur estJ)U!ert.Mlle communicatj~n avec le Ratt~)Dnel hl!main, qui jusqu'ici avait été fermé par ce Dogme universel, que l'Entendement doit être sous l'obéissance lIa foi des Eccltsiastiques.

J(

Des Juils dans le Monde spirituel.
841. Avant le Jugement Dernier qui a été fait en l'Année i757,

1

les Juifs apparais.'1aient sur le cOté gauche du Milieu Chrétien, dans une Vallée qui s'y trouve; après ce Jugement ils flirent transférés au Septentrion, .I!ç JQ.uLcommer~e Je~r fut inlertliUvec les Chré~s, si ce n'est avec ceux qui erraient hors des Villes. li y a dans celte Plage deux grandes Villes, dans lesquelles les Juifs après la mort avaient été transportés; avant le Jugement ils les appelaient Jérusalem, mais a~s, ils leu!:..Jmt donné IJuulre nQ.m, p!!ce @.~_~~epu!s le Jugement Jar Jérusalem il est entendu l'Egli.~e q~~nt à Ja Doctrine, dans la(IUelle le Sei;;neur seul est adoré. A·leur tête sont établis dans leurs villes des Juifs convertis, qui les avertis( sent de ne point parler du Christ d'une manière insultante, et punissent ceux qui malgré cela le ront. Les Rues de ces Villes Sont remplies de boue où l'on enfonce jusqu'aul talons, eL les liaisons, pleines d'ordures qui répandent une odeur infecte, ce qui fait qu'on ne peut en approcher. Ensuite je remarquai que plusieurs de ceUe Nation avaient aussi obtenu un lien de résidence dans la ~~Be M~~idionale; et, quand je demandai qui étaient ceul-la, il me fut répondu que c'é\aienl ceUI qui avaient peo estimé le Culte des autres Juifs, et douté que le Messie vtnt jamais, e~ qui. ~u!. di-

405 RELIGION CUUTIENNE. "erses choses dans le Monde avaient pensé d'après la .rai~oD at vj~Së1bn ceLt~ _raison; la plupart de ceux-ci se compose des Juifs qui sont nommés Portugais. . 842. Quelquefois il apparatt aux Juifs, au-dessus d'euI, à une moyenne bauteur, un Ange avec un Bâton • la main; et il leur donne à croire.-9.~'il est ~se, et les exhorte à renoncer à leur folie sur l'attente du Messie, même là où ils sont, parce que le llessie est le Christ, qui les gouverne eUI et tous; que lui-même ( le sait, et que lorsqu'il était dans le Monde il avait su aussi quelque chose du Christ: apr~~_ avoir en~endu_ce.s. paroles, ih~ se retire!l~e~k p!~~ _grand nombre les oublient, eLpeu d'en~!:8.eU1 )J les r§jiennent. Ceul qui les retiennent sont envoyés dans des Synagogues composées de Juifs convertis, et ils y sont instruits, et lorsqu'ils ont éLé instruits, des vêtements neufs leur sont donnês en remplacement de vêtements déchir~s. et on leur donne la Parole nettement écrite, puis une habitation dans une ville assez belle: ceux, au contraire, qui ne reçoivent pas ces exbortations sont rejetés, et la plupart dans des Forêts et des Déserts, 011 ils com~e_ttent ~ntre eux des brisandages. 843. Les Juifs tra~quent dans le Monde spirituel, comme dans. le Monde naturel, avec divers objets, surtout avec des Pierres précieuses, que par des voies inconnues ils s'acquièrent du Ciel, oil les Pierres précieuses sont en abondance. S'il trafiquent avec des Pierres précieuses, c'est parce qu'ils lisent la Parole dans sa ( Langue originale, et regardent comme Saint le Sens de la lettre. et que les Pierres précieuses corr.espondent au Sens de la lettre i que l~,ine spirituelle de ces Pi~~es soit le sens-de la lettre da la Parole, et que leur correspondance vienne de là, ou le voit cidessus dans le Cbapitre sur L'ECRITURE SAINTE, N°l !1 7, !t 8. ns peuvent aussi par artifice en préparer de semblables, e' introduire la phantaisie qu'elles sont réelles; mais ceUI. qui agissent ainsi tiant sévèrement punis par leurs Chefs. 844. Les Juifs savent moins que tous les autres qu'ils son' dans le Monde spirituel. mais ils se croient encore dans le Monde 1naturel; et cela, parce qu'ils sont entièrement bommes Ellernes. et qu'ils Ile pensent' nullement sur la Religion-d'aprèSiifntérieur: c'est pourquoi i!!..p:arlent aussi du Messie de la m~e ma.ni,tre

l
I

t

406

LA. VRAIE

qu'aup~~a!!llt, el quelques-uns disent qu'il viendra avec David; et que. tout resplendissant de diadêmes. il marchera de\'ant eux et les introduira dans la Terre de Canaan, et desséchera en chemin. en flevant son bâton. les fleuves qu'ils auront. traverser ; ~t_9u.e l~ Cbréti~ns. qu'entre eu~ ils ap'pel)ent ~ussi.. Gentils, saisiront .. ( alors 1. pan d~ leurs vêtements. en les suppliant de leur permettre de les accompagner, et qu'eux reoevront les Ricbes selon leurs richesses, et que ceux-ci aussi seront Il leur service: ils se confirment en cela par les paroles qu'ils lisent dans Zacharie, VIII. !S, et dans Esaie. LXVI. to; ei sur David, qu'il viendra et sera leur Roi et leur Pasteur, d'après Jérémie. XXX. 9 ; et d'après Ezéc'biel, XXXIV. iS à ilS; XXX"lI. 23 à !6; ne voulant nullement comprendre que dans ces passages pas David est entendu notre Seigneur Jé:;us-Cbrist i et que par les Juifs sont entendus ceUI qui seront de son Eglise. 8-'5. Quand on leur demande s'ils croient fermement qu'ils viendront tous dans la Terre de Canaan. ils disent qu'alors tous '1 viendront, et qu'alors les Juifs morts ressusciteront, et que de leurs tombeaux ils entreront dans cette Terre i quand on leur réplique qu'ils ne peuvent nullement sortir des tombeaux, puisqu'eux-mêmes vivent après la morl, ils répondent qu'aloFs ils descendront et entreront dans leurs corps, er qu'ils ,"ivront ainsi. Quand on leur dit que cette Terre n'sst pas assez grande pour les contenir lous, ils répondent qu'elle sera alors asrandie. Quand .on leur dit que le Royaume du Messie. puisqu'il est le Fils de Dieu, doit être nOD sur la Terre mais dans le Ciel, ils répondent que la Terre de Canaan Rera alors le Ciel. Quand on leur dit qu'ils ne savent pas où est Bethléem d'Epbratab, où doit nartre le Messie, selon la prédiction dans Michée. V. t. et dans David, PS, CUlll. 6, ils répondent que la Mère du Alessia enfantera néanmoins là ; et quelques-uns, que là où elle enfantera sera Bethléem. Quand on leur dit: a Comment le Messie peut-il habiter avec des hommes si mécbants' • et que l'on confirme cela par un grand nombre de passages tirés de Jérémie. et surtout par le cantique de Moise, Deut~r. XXXII, -:- où il est dit qu'ils sont très-méchants, ils répondent que parmi les Juifs il y a et des bons et des méchants, el que ce soot les mécbanls qui ont ~té entendus dans ces passaies.

101 RELIGION CHRnTIENNE. Quand on leur dit qu'ils tirent leur origjne d'une canaanite et de la scortation dc Juda avec sa }lru, - Gen, XXXVID, - ils répondent que ce n'était pas une scortation; mais quand on réplique que cependant Juda a commandé qu'on la nt sortir l cause de sa scortation et qu'on la brùlât, ils s'en vont pour se consulter, et après la cousultation ils disent que ce fut seulement le Lévirat. qu'Onan son second fils, et Schélah son troisième fils, n'avaient pas rempli; et ils ajoutent qu'un très-irand nombre d'entre eUI sont de la Tribn de Lévi, à qui fut donné le sacerdoce; il suffit, disent-ils que nous soyons tous sortis d'Abraham. Quand on leur dit que dans la Parole il y a intérieurement un sens spirituel dans lequel il est beaucoup question du Christ ou Messie, ils répondent qu'il n'eu est pas ainsi; mais quelques-uns d'eux disent qu'intérieurement dans la Parole, ou au fond de la Parole, il n'y a que de l'or: sans parler de plusieurs autres choses semblables.
• • • • *

846. a Un jour. je fus élevé quant à mon Esprit dans le Ciel »Angélique, el là introduit dans une Société;' et alors quelques" uns des Sages de celle société s'approchèrent de moi, et me dili rent: "Qu'y A-T-IL DR NOUVEAU DR LA 'Ï'ERRR! Il Je leur dis: un "y a cela de Nouveau, que le Seiineur a révélé des Arcanes qui "In excellence surpassent les Arcanes révélés depuis le co mm en• cement de l'Église jusqu'à présent.» Ils demandèrent quels "étaient ces A.rcanes; je dis: • Les voici: 1. Dans la Parole il '1) Y a dans toules et dans chacune de ces choses UN SENS SPlftl"TUEL corrdspondant au Sens naturel, et la Parole par ce Sens » est la conjonction des hommes de l'Église avec le Seigneur. et "aussi la conllociation avec les Anges; et la sainteté de la Parole " réside dans ce Sens. n. Les CORRESPONnANcES, dont est com1) posi le Sens spirituel, ont été découvertes. Il Les Angel\. demanJI dèrent si les habitants du ,lobe savaient auparavant quelque »chose des Correspondances. Je dis qu'ils n'en savaient absolu» ment rien, et qu'elles étaient restées cachées depuis des milliers »d'années, à savoir, d'epuis le temps de Job; et que cbez ceul • qui ont vécu dans ce temps, et auparavant, la Science des Cor-· "respondances était la Science des sciences, d'où leur venait la a sagesse, parce que c'était la Connaissance des choses Spiri-

LA. VlilE » tuelles qui appartiennent au Ciel et 1 l'Église; mais que cette • Science, ayant été changée en Idolatrie, fut oblitérée et perIl due" d'après la Divine Providence du Seisneur, au point que • personne n'en voyait aucune trace: mais que cependanl elle » vient d'être dévoilée par le Seigneur, afin qu'il se fasse une III conjonction des hommes de l'Eglise avec Lui-Même, el une con• sociatioo avec les Anses; et elles se fonl par la Parole, dans • laquelle toutes et chacune des choses sont des Correspon• dancls. Les Anges furent ravis de joie de ce qn'iI avait plu au • Seigneur de révéler ce grand Arcane si profondément caché III pendant des milliers d'années; et ils dirent que cela avait été » fait, afin que l'Eglise Chrétienne qui est fondée sur la Parole, • et qui est maintenant 1 sa fin, revive de nouveau, et Lire son »Esprit du Seigneur par le Ciel. Ils s'informèrent si par celle Science il a été dévoilé aujourd'hui ce que signifie le BAP» dME, et ce que signifie la SAINTI CtNE, sur lesquels jusqll'l • présent on a pens~ des choses si diverses; et je répondis que III cela a été dévoilé. III. Ensuite je dis qu'aujourd'hui il a été »fait des révélations par le Seigneur sur LA VIE DE L'ROJlIlB • APRÈS LA IIORT. Les AnBes dirent: • Quelles révélations sur la » Vie après la mort! Qui ne sait que l'homme vit après la mort? • • Je répondis: Il On le sait, et 011 ne le sait pas; on dit que c'est. III non pas l'homme, mais l'Ame de l'homme, et que celle-ci vit esprit; et de l'esprit on s'est formé une idée comme du vent ou • de l'éther, et l'on croit qu'elle ne vil homme qu'après le jour • du Jugement Dernier, et qu'alors les choses corporelles, qu'oo a » laissées dans le Monde, quoique rongées par les vers, les rats et » les poissons, seront rassemblées et de nouveau rétablies en forme » de corps, et que les hommes ressusciteront ainsi .• Les Anges li dirent; • Comment donc! Qui est-ce qui ne sait pas que l'homme • vit homme après Ja morl, avec celte seule différence, qu'alors » il vit homme substantiel, et non homme matériel comme aUllaJI ravant, et que l'homme substantiel voit l'bomme substantiel, » absolument comme l'homme matériel voit l'homme matériel, et Il qu'on o'y connalt pas une seule différence, excepté qu'on est Il dans un état plus parfait. Il IV. Les Anges firent cette question: • Que sait-on sur notre Monde, et sur le CIEL el l'ENFER r » 18
)1
)1

408

t ..
.,

-

.....

'09 • répondis qu'on ne savait rien; mais qU'aujourd'hui il a été dé• voilé par le Seigneur quel est le Monde dans lequel le! Anies .. et les Esprit vivent, ainsi quel est le Ciel et quel est l'EnCer i » puis 'aussi que les Anges et les Esprits sont en conjonction avec • les hommes, outre plusieurs Merveilles sur ces sujets. Les A.nies • se réjouirent de ce qu'il a plu ao Seiineur de faire ces révélations, D afin que l'homme ne soit plus par ignorance dans l'incertitude sur » son immortalité. V. De plus, je leur dis: • Il a élé révélé aujour» d'hui par le Seigneur, que dans votre Monde il y a un autre SoLEIL que dans le nOtre; que le Soleil de votre Monde est pur • Amour, et le Soleil de notre Monde pur Feu i que c'est pour • cela que tout ce qui prQcède de votre Soleil, puisqu'il est pur • Amour, tient de la Vie, et que tout ce qui procède du nôtre, " puisqu'il est pur Feu, ne tient rien de la vie; et que de là vient " la distinction entre le SPIRITUEL et le NATUREL, distinction • qui, jusqu'~ présent inconnue, a été aussi dévoilée. Ces révéla• tians ont rail connattre d'où vient la Lumière qui éclaire de sasesse l'Entendement humain, et d'oh vient la Chaleur qui em» brase d'amour la Volonté humaine. VI. En outre, il a été dé• voilé qu'il.y a Trois Deirés de la vie. et que par suite il y a • trois Cieux; que le Menlal de l'homme a élé distingué en ces • trois Des rés, et que par soite l'Homme correspond aux trois • Cieux. » Les Anses dirent: Cf Est-ce qu'on ne snait pas cela au• paravant r Je répondis qu'on 3\'ait tonnaissance des Degrés Il entre le plus et le moins, mais qu~on le savait rien des Deirée » entre l'antérieur et le postérieur. VII. Les Anges demandèrent »si, outre ces choses, il en avait été ré\'é!é plusieurs autres. Je • répondis qu'il en avait été révélé beaucoup, à sa"oir: Sur LB 1) JlIGElIEl'lT DERNIER; sur LE SEIGNEUR, qu'il est le Dieu du Ciel Il et de la Terre, qu'il n'y a qu'un seul Dieu et en Personne et en • Essence. en qui est la Divine Trinité, et que ce Dieu est le Sei• gneur; puis. sur LA NOUVELLE ÉGLISE qui doit être instaurés 1) par Lui, et sur LA. DOCTRINE de cette Église i sur LA SAINTBTfi: • DE L'ÉCRITURE SA.INTE i que l'Apocalypse aussi a été révélée; .. et de plus sur LES HADlTA1'fTS DES PLA.IVÈTES, et sur LES TERRES » dans l'Univers; ouLre plusieurs révélations tlémorables et Mer»veilleuses du Monde spirituel. par lesquelles beaucoup de
lO lO

RELIGION CHRÉTIENNE.

D

LA VRAIE • choses qui appartiennent à la sagesse ont été dévoilées do • Ciel. . 847 •• Eusuite je dis aux Anges qu'il avait encore été révélé· » quelque chose dans le Monde par le Seigneur; ils demandèrent » ce que c'était; je répondis que c'était sur L'AlliOUR ,'RAIMEMT" D CONJUGAL, et sur ses Délices spirituels; et les Anies dirent: • Oui • no sait que les d~lices de l'Amour conjugal surpassent les dé-. • lices de tous les amours! et qui ne peut concevoir que toutes • les béatitudes, toutes les félicités et toutes les plaisirs qui puissent D jamais être donnés par le St"igneur, ont été rassemblés dans un·· D certain amour, parce que cet amour correspond à l'Amour du Sei· 1 sneur et de l'Église, et que le Réceptacle de ces choses est l'Amour » vraiment Con jusal , qui peut les recevoir et les percevoir en uo » Sens plein! • Je répondis: 1\ Les hommes ne savent pas cela, parce • qu'ils ne se sont pas adressés au Seigneur, et qu'en conséquence D ils n'ont pas fui les Convoitises de la cbair, et ainsi n'ont pas » pu être régénérés; or l'Amour vraiment conjugal vient unique» ment du Seigneur, et est donné à ceul qui sont r~énérés pa1'D Lui; et ce sont aU5si ceux-là qui sont r6l;us dans la Nouvelle » Eglise du Seigneur, entendue dans l'Apocalypse par la Nouvelle » Jérusalem. • A cela j'ajoutai: «Je doute que dans le Monde au• jourd'bui on veuille croire que cet Amour en lui-même soit spiD rituel et vienne de la Religion; et cela, parce qU'OD ne conserve • de lui qu'une idée corpClrelle: c'est pourquoi. comme cet Amon • est selon la Religion, il est spirituel chez les spirituels. naturel • chez les naturels, et entièrement charnel chez les adultères. 848. D Les Ange.." étaient très-réjouis de tout ce qu'ils venaient • d'entendre, mais ils percenient de la tristesse en moi; et ils me • demandèrent d'où me venait celle tristesse; je leur dis: • De ce D que ces Arcanes aujourd'bui révél~s par le Seigneur, quoiqu'en • excellence et en dignité ils surpa;5Sent les Connaissances divulD guées jusqu'~ ce jour, sont néanmoins regardés sur la Terre » comme n'ayant aucune importance. Il Les Anges en furent éton• nés, et ils dçmandèrent an Seigneur qu'il leur fdt permis de » porter leurs regards sur le Monde; et ils y regardèrent, et voici, JI il n'y avait que des ténèbres: et il leur fut dit d'écrire cas Ar» canes sur un Papier, et que le Papier serait jeté sur la. Terre, et

'10

RELIGION CHIŒTIENNE. 4H • qu'ils verraient" un prodige; el il fut fait ainsi, et voici, le Papier • sur lequel ces Arcanes avaienl été écrits fut jeté du Ciel, et dans JI sa chute, pendant qu'il était encore dans le lIonde spirituel, il »brillait comme une Etoile i mais lorsqu'il tomba dans le }londe • naturel, la lumière disparaissait; el, à mesure qu'il tombait, eUIt » S"obscurcissail: et, quand il eut été ~nvoyé par les Anges dans • des Assemblées où étaient des savants et des érudils d'entre les » Ecclésiastiques et les Laïques, il fut entendu de la part de plu» sieurs un murmure au milieu duquel on distinguait ces mols : D Qu'est-ce que cela! est-ce quelque cbose ? Que nous importe que • nous sachions ces choses ou "que nous ne les sachions pas! Ne » sont-ce pas des productions du Cerveau' » Et il semblait que JI quelques-uns prenaient le Papier et le pliaient, le roulaient et .. le déroulaient entre leurs doists; et aussi, que d'autres le déJI chiraient et voulaient le fouler aux pieds; mais ils étaient emJI pêchés par le Seigneur de commettre celle action coupable, et .. il fut ordonné aux Anges de retirer ce papier et de le Rarder i et • comlIIe les Anges étaient devenus trisles et pensaient: ft Jusques • à quand cela durera-t-il? il leur fut dit: • JU1lQU'A liN TEJlPS, »ET DES "TEMPS, ET LA )I01'l1~ O'U::( TEMPS.» - Apoc. XU. U. 849. D Après cela, j'entendis sortir des lieux infél'iellrs un mm'" • nlUre hostile, et en même temps ces paroles: ft FAIS DES )-11• RACLES ET KOUS cn')JRoNs. Il Et je répliquai: Il Ne sont-ce pas l\ • des Miracles! D Et il fut répondu: «Non, ce ne sont pas des Mi» racles. JI Et je leur dis: Quels Miracles voulez-vous donc r » Et • ils dirent: lIanifesle et révèle les choses à venir, et nous au• ront la foi •• lIais je répondis: De telles révélations ne "ien"D nent pas du Seigneur, parce qu'autant l'homme connaît l'ave_ nir, autant sa raison et son entendement, avec la prudence et D la &agesse, tombent dans l'inaction, s'engourdissent et se dé• truisent.• Et j'adressai C"ette autr.e question: Quels autres • Miracles ferai-je! » Et alors on cria: • Fais-en de semblables l • ceus de Moïse en Egypte. • El je répondis: • Peut-être, co les " voyant, endurciriez-vous vos cœurs comme Pbaraon et les D Egyptiens! • Et il fuL répondu: • Non .• Et de nouveau je dis: • Assurez-m()j que vous ne danserez pas autour du veau d'or, et » ne l'adorerez pas, comme les descendants de Jacob le firent, un
Il Il Il

LA VRAIE • mois après avoir vu toute la Montagne de Sinaï en feu, et avoir • entendu Jéhovah Lui-Même parler du milieu du feu; ainsi, après • le Miracle qui était le plus irand de tous .• - Le Veau d'or B dans le sens spirituel est la Volupté de la chair; et il fut .. répondu des Lieux inférieurs: te Nous ne serons pas comme les D deF.cendanls de Jacob. D Mais alors j'entendis qu'il leur fut dit D du Ciel: ft Si vous ne croyez pas Moïse et les Prop!lètes, c'esip à-dire, la ('arole du SeiBneur, vous ne croirez pas, d'après les D )Iiracles, plus que les descendants de Jacob dans le désert, ni D plus qu'ils n'ont cru, lorsqu'ils ont ,·u de leurs propres yeux les D Miracles fails par le Seigneur Lui-Même, quand il était dans le .. Monde. Il 830.» EnsuiLe, je vis monter des Lieux inférieurs, d'où ces pa" roles avaient été entendues, quelques Esprits qui, s'adressant à • moi d'un Ion sévère, dirent: ft Pourquoi ton Seigneur t'a-t-il ré.. vélé, à toi qui est Laïque, et non à quelque membre du Clergé, • les Arcanes que tu viens d'énumérer en une si lonl;ue série. » A » ces mots je répondis: C'est que cela a plll au Seigneur qui m'a D préparé à cette fonction dès ma première jeunesse; toutefois, • me reportant en arrière, je vous a"dresserai ~tte question: Pour» quoi le Seisneur, lorsqu'il était dolns le Monde, a-t-il choisi pour »Disciples des Pêcheurs, et non quelques-uns des Docteurs de la • loi, des Scribes, et des Prêtres ou Rabbins! Agitez cela entre .. vous, et concluez d'après le jugement, eL vous en trouverez la ,. raison •• Cette réponse fut suivie d'un murmure, et ensuite il y • eut silence. 83t... Je prévois que beaucoup de ceux qui liront les Mémo» rables, placés dans cet ouvrage à la suite des Chapitres, croiront D que ce sont des inventions de l'imagination; mais j'affirme dans D la vérité que ce sonl dp.s choses, non pas inventées, mais véri» lablemenL vues et entendues, non pas vues et entendues dans » un certain État du Mental assoupi, mais dans un Etat de pleine » veille: eu effet, il a plu au Seigneur de Se manifester Lui-Même Il l moi, et de m'envoyer pour enseigner les choses qui appar• tiendront l sa Nouvelle Église, laquelle est entendue dans 1" A• pocalypse par la Nouvelle Jérusalem; c'est pour celte fin qu'il a D ouv4lrt les intérieurs de mon Menlal ou de mon Esprit; par là il

RELIGION CHRËTIENNE. • m'a été donné d'être dans le Monde spirituel avec les Anses, et » en même temps dans Je Monde naturel avec les Hommes. et • cela continuellement depuis Vingt·sept Ans. Qui aurait su dans » le Monde Chrétien quelque chose sur LB CIEL et sur L'ENFER, • s'il n'avait prus au Seigneur d'ouvrir à quelqu'un la Vue de lion »esprit, et de le lui montrer et enseignet? Que des choses telles • que celles qui ont été décrites dans les MÉMORABLES, apparais» sent dans les Cieux, on le voit clairement par les choses. sem» blables, qui ont été vues et décrites dans l'Apocalypse par JEAN, • et aussi par celles qui ont ét6 vues et décrites dans la Parole de "l'Ancien Testament par les PROPHIttES. Dans l'ApOCALYPSB: "Jean a vu le FILS DB L'HOMIIE au milieu des sept Chandeliers; » Il a vu un Tabernacle, un Temple, une Arche, un Autel dans le ta Ciel; un Livre scellé de sept sceaux, ce livre ouvert et des Che" vaux qui en sorLaient; quatre Animaux autour d'un Trône »douze mille Elus de chaque Tribu; des Sauterelles qui mon a » taient de l'ablme; une Femme qui e1lfanta un Fils mâle, et qui " s'enfuil dans le désert à cause d'un Dragon; deux Bêtes mon"lant, l'une de la mer, l'autre de la terre; un Anse qui volaiL au » milieu du Ciel, ayant l'Evangile éternel; une a[er de verre mêlée » de feu; sept AnBes ayan, les sept dernières plai~s; des Coupes " répandues par eux sur la terre, sur la mer, sur les fleuves, sur "le soleil, sur le trône de la bête, sur l'Euphrate et dans l'air; " une Femme a~ise sur une Bête couleur d'écarlate; le Dragoo »jeté dans uo élang de feu et de soufre; un Cheval blanc; uo " grand Souper; un Nouveau Ciel et une Nouvelle Terre; la Sainte "Jérusalem descendant du Ciel, décrite quant à ses portes, à sa Il muraille et aux fondements de sa muraille; puis un Fleuve » d'eau de la vie, el des Arbres de vie qui portaient du fruit cha» que mois, outre plusieurs choses qui toutes oot été "ues par JI JEAN, et ,'ues pendant qu'il était, quant à son esprit, dans le " Monde spirituel et dans le Ciel; outre celles qui ont été vues par " les ApOTRES après la résurrection du Sei,neur. celles qui ont • été vues ensuite par PIERRE. - Act. ApOl. XI; - eL celles qui Il onL été vues et entendues par PAUL. De plus, dans l'Ancien Il Testament, celles qui ont é~ vues par les PaoPHI:TES; par JI ezemple, ÊZiCHIEL, a vu quatre Animaux, qui étaient des Ché-


LA VB.A.l.K • rubins. - <!hap. 1 et X; - un Nouveau Temple et une Nouvelle • Terre, et un Ange qui les mesurait. - Cbap. XL à XLVIlI;-1 il a été transporté il Jérusalem, et il y a vu des abominations; • eL il fut aussi transporté dan's la Chaldée. - Chap. VIU et XI. 1 La même cbose est arrivée 11 Zacllarie; il a ~u un Homme l » cheval enLre des myrtes, - I. 8, et suiv. ; - il a vu quatre Cornes. 1 eL ensuite un BornOIe avec un cordeau :de mesure l la main. .. 111; - il a YU un Rouleau qui volait et un Éphab, - V. t, 6; 1 if a vu quatre Chars entre deul montagnes, el des ChevauI, » VI. 1 et suiv. -Il en est de même de DANIEL: il a vu quatre " Bêles montant de la mer, - VIII. i, et suiv. ; - il a vu le Fils .• de l'homme venant dans les nuées du ciel, Dont la Domination 1 ne passera point, et Dont le Royaume ne périra point, VII. " t3, U; il a vu les combals d'uo Bélier et d'un Bouc, - VIII. • i et suiv. ; - il a vu l'Ange Gabriel, et il a parlé avec lui. • IX. - Le serviLeur d'Élisée a VD des Chariots et des Chevaul de • feu autour d'Élisée, el il les a vus lorsque ses yeux eurent été • ouverts, -II Rois, VI. t 7. - D'après ces exemples, et plusieurs .. autres qui sont dans la Parole. il est constant que les clloses qni 1 existent dans le Monde spirituel ont apparu à plusieurs avanL » et après l'avènement du Seigneur; qu'y a-t-il donc d'étonnant » qu'elles apparaissent encore à présent que l'Église commence, • ou que la Nouvelle Jérusalem descend du Ciel! »