DOCUMENTALISTE

SCIENCES DE L’INFORMATION
Éditée depuis 1964 par l’ADBS, l’Association des professionnels de l’information et de la documentation, la revue Documentaliste-Sciences de l’information est consacrée aux aspects professionnels de l’information-documentation, ainsi qu’à la recherche en sciences de l’information. Le site de l’ADBS (www.adbs.fr) propose les sommaires de cette revue depuis 1964, les présentations des articles parus depuis 1988, et les numéros parus depuis 1998 au format PDF (accès aux numéros de moins de deux ans réservé aux abonnés). Le site CAIRN (www.cairn.info) propose, aux formats HTML et PDF, les numéros de cette revue publiés depuis 2001 (accès payant aux articles parus depuis moins de deux ans). Revue analysée dans les banques de données PASCAL et LISA, et dans le Bulletin bibliographique INTD. Directrice de la publication : Martine Sibertin-Blanc. Rédacteur en chef : Jean-Michel Rauzier. Conception et coordination éditoriale des dossiers : Dominique Brisson Conseil de rédaction : Catherine Baude, Arlette Boulogne, Annie Buffeteau, Stéphane Chaudiron, Jacques Chaumier, Sylvie Chevillotte, Dominique Cotte, Viviane Couzinet, Pierre Le Loarer, Monique Letranchant, Françoise Marceau, Claudine Masse, Jean Meyriat, Florence Muet, Paul-Dominique Pomart. Conception graphique : ProEdito Photo de couverture : © Saniphoto-Fotolia Abonnement annuel (quatre numéros) : France 110 ¤, autres pays 122 ¤. Prix au numéro : 30 ¤. Rédaction et abonnements : ADBS, 25 rue Claude Tillier, F-75012 Paris, tél. +33 (0)1 43 72 25 25, fax +33 (0)1 43 72 30 41, adbs@adbs.fr, CCP 1997507J020-06 Paris Publicité : J.-F. Richard, Kallisté, tél. +33 (0) 1 69 00 53 16, kalliste@laposte.net Imprimerie : La Familiale, 3 bis place du Théâtre, 91150 Etampes. CPPAP : 0110 G 85899. ISSN 0012-4508. Dépôt légal : mars 2009 Vos remarques et commentaires : doc-si@adbs.fr

éditorial
Précieux esprit bêta
Olivier Roumieux, membre du Conseil d’administration de l’ADBS Les révolutionnaires lecteurs de Documentaliste – Sciences de l’information me pardonneront – mais autant le déclarer dès l’ouverture de ce numéro : le web 2.0 n'est pas à mes yeux une révolution. L'opposition « révolution – évolution », telle qu'elle a été retenue comme titre du dossier de ce numéro consacré au web 2.0, n'en demeure pas moins pertinente pour évaluer et mesurer les bouleversements technologiques, sociologiques et d'usages que nous connaissons actuellement sur le web. Savoir discerner les tendances prometteuses et les paliers importants constitue aujourd'hui une compétence précieuse. Bref, distinguer le futile de l'essentiel devient l'apanage des professionnels de l'information qui ont su se doter d'une solide grille de lecture. Gestion de projets bêta Mais attention à ne point trop se prendre au sérieux ! Après tout, une des leçons du « moment web 2.0 » ne tient-elle pas dans le fameux « bêta » apposé sur tous les sites de cette génération ? Le moment n'est-il pas venu de faire preuve d’un peu d’« esprit bêta » : accorder un peu plus d'importance au futile, s'ouvrir un peu plus à des idées un peu insolites ou pas tout à fait abouties ? Il suffit de quelques minutes pour se créer l'adresse électronique qui servira de sésame. La grande majorité des services web 2.0 ne s'adresse plus seulement aux internautes, mais également aux professionnels et éditeurs en place sur le marché. En leur proposant des services gratuits, ou peu s’en faut. Alors pourquoi ne pas se lancer et tester ces services dans l’optique d’une utilisation professionnelle ? Pourquoi même ne pas imaginer une « gestion de projets bêta », dans laquelle les projets ne sont jamais terminés – comme dans la vraie vie, me direz-vous – mais dont ce caractère inachevé devient un moteur d’innovation ? Loin de moi, bien sûr, l'idée d'abandonner tous les contenus d'Europeana à Google Books ! En d’autres termes, il ne s’agit pas de céder à toutes les modes au risque de se retrouver vraiment… bêta. Jean-Michel Salaün pose d'ailleurs une question fondamentale dans ce dossier : « Faut-il s'intégrer à ces dynamiques quitte à risquer de perdre toute indépendance ou au contraire refuser de se compromettre au risque d'être marginalisé ? » Entre perte d'indépendance, compromission, marginalisation et immobilisme, un espace existe. Dans lequel le professionnel de l'information peut faire valoir son rôle de garant de l'intégrité de l'information et de défricheur de nouveaux services. Alors, tenté par un zeste d’esprit bêta ?. •

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recherche

en sciences de l’information

[ étude ] Les récentes évolutions des technologies de l’information et les pratiques qu’elles induisent dans la société de l’information et du web 2.0 rendent plus nécessaire que jamais la formation des élèves et des étudiants à un usage raisonné et critique des ressources informationnelles. Dans cette étude, Françoise Chapron et Éric Delamotte rappellent d’abord les jalons de la mise en place en France, depuis un demi-siècle, d’une éducation à la culture informationnelle. À partir des travaux d’une équipe de recherche et d’un récent colloque international consacrés à cette problématique, les auteurs dégagent ensuite un certain nombre de perspectives pour consolider et adapter l’éducation à l’information, indispensable à la formation d’individus culturellement autonomes, professionnellement efficaces et capables du jugement critique nécessaire à l’exercice de leur citoyenneté.

Vers une éducation à la culture informationnelle : jalons et perspectives

D

ES PREMIÈRES PRÉCONISATIONS D’USAGE pédagogique des documents dans l’enseignement secondaire au concept actuel de culture informationnelle qui se diffuse dans le milieu professionnel et celui de la recherche, un demi-siècle s’est écoulé. 2008 a été à la fois l’année du cinquantenaire des CDI (centres de documentation et d’information des lycées et collèges) d’où est issue cette problématique et celle du colloque international sur L’éducation à la culture informationnelle soutenu par l’Unesco et organisé à Lille par l’ERTé (Équipe de recherche technologique en éducation) « Culture informationnelle et curriculum documentaire » mise en place en 2006 [voir page 6]. Depuis une trentaine d’années, la littérature professionnelle des professeurs documentalistes et de leurs associations, les revues des mouvements pédagogiques et plus récemment des travaux de recherche ont mis en avant l’urgente nécessité d’une formation

des élèves et étudiants à un usage raisonné et critique des ressources informationnelles devenues plus accessibles au fur et à mesure des évolutions de la société, des technologies et du système éducatif. On y repère diverses étapes, diverses conceptions et systèmes de valeurs. Cette évolution montre comment les praticiens, et en premier lieu les documentalistes du second degré, ont progressivement construit et formalisé leurs activités. À partir de savoirs théoriques liés à leurs pratiques, ceux-ci ont accordé une importance croissante aux sciences de l’information et de la communication comme cadre de référence à leur action inspirée au départ par des modèles issus des sciences de l’éducation, notamment de l’Éducation nouvelle. Dans cette évolution, quels jalons, quelles figures et paradigmes peut-on repérer qui puissent constituer une grille de lecture d’aujourd’hui ? Comment le front de recherche ouvert par les travaux de l’ERTé donne-

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Françoise Chapron est maître de conférences en sciences de

t-il à voir les entrées plurielles et les dialectiques en jeu ? Quelles perspectives esquisser et au sein de quelles contraintes institutionnelles et évolutions sociétales ?

1ENTRE RUPTURES ET CONTINUITÉS DES FIGURES AU CDI
L’école, dans sa globalité (de la maternelle à l’université), a introduit depuis un demi-siècle, encore marginalement, l’idée d’une formation documentaire pour favoriser l’autonomie des élèves et la réussite scolaire. Plusieurs périodes marquent cette innovation initiale.

l'éducation, responsable de la filière CAPES documentation à francoise.chapron@univ-rouen.fr l'IUFM de Haute-Normandie Université de Rouen, coordinatrice du groupe national des formateurs IUFM en documentation, membre du laboratoire CIVIIC sciences de l'éducation de l’Université de Rouen et de l'ERTé « Culture informationnelle et curriculum documentaire ». Elle est présidente honoraire de la FADBEN (Fédération des enseignants documentalistes de l'Éducation nationale). Ses travaux portent sur l'histoire des CDI et de la documentation en milieu scolaire, sur la eric.delamotte@univ-lille3.fr professionnalisation des professeurs documentalistes et sur l'éducation à la culture informationnelle de la communication à l’université Lille-3. Il est chargé de mission à l’Institut de la communication du CNRS. Ses travaux portent sur les régimes et modalités d’une économie de l’information et de la communication et sur l'agencement d'une industrie de la connaissance. Il est membre de l’ERTé « Culture informationnelle et curriculum documentaire » et co-organisateur avec Françoise Chapron du colloque international « Culture de l’information ».

Éric Delamotte est professeur en sciences de l’information et

Le modèle de l’autonomie documentaire ou le paradigme méthodologique : 1958-1989 Les pionniers de la mise en place des CDI, inspirés par le mouvement des « Classes nouvelles » d’après 1945 et la rénovation du second degré, préconisent dans une circulaire de 1952 l’usage des documents dans l’enseignement. Promouvoir une pédagogie plus active rompant avec le cours magistral traditionnel, c’est le vœu des inspecteurs généraux, Marcel Sire puis Georges Tallon, qui impulsent les premiers services documentaires pour rationaliser l’usage des documents pédagogiques des enseignants. Rendre les élèves plus autonomes dans leurs apprentissages, c’est la tâche que se donnent des chercheurs de l’Institut national de recherche pédagogique (INRP) comme Jean Hassenforder, auteur d’une thèse sur La bibliothèque, institution éducative qui se réfère aux bibliothèques publiques anglo-saxonnes et aux travaux de John Dewey [12]. Il contribue à l’introduction des innovations québécoises du Travail autonome qui sont expérimentées dans les années soixante-dix. Ce double ancrage permet aux premiers documentalistes, convaincus de leur mission pédagogique, de justifier l’intérêt du travail sur documents et de pointer les carences méthodologiques des élèves confrontés à des ressources dont ils ne connaissent ni l’organisation ni les modes d’exploitation. De ce constat naît la circulaire de mission de 1977 qui lance les premières initiations au travail sur documents, inspirées de ce qui se fait à l’époque au Québec du primaire à l’université, en priorité autour de la connaissance des structures documentaires et de l’accès à l’information. Donner aux élèves une bonne méthodologie documentaire pour réussir le travail effectué au CDI est l’objectif central des documentalistes, la compréhension et l’évaluation des contenus restant du ressort des professeurs de disciplines. Le modèle visé est celui de l’usager efficace de la bibliothèque.

1 Le Manifeste 78 de la FADBEN est en ligne sur le site de la fédération à l’adresse www.fadben.asso.fr /spip.php?article60. Voir aussi [5]. On trouvera aussi sur ce site (www.fadben.asso. fr/spip.php?article 46) le texte de son Manifeste 2008 intitulé Formation à la culture de l’information.

Certes, les travaux menés dans le cadre de la mise en œuvre de la formation continue des enseignants après 1982, sous l’impulsion d’André de Peretti, élargissent la formation à l’ensemble des « étapes de la recherche documentaire », référence pour le second degré jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix. On y retrouve d’ailleurs les grands modèles de formation anglo-saxons dont Paulette Bernhard a effectué une analyse comparative [3]. Ils constituent la base des « formations à la maîtrise de l’information » qui se structurent à la fin des années quatre-vingt dans les pays industrialisés. En France, cette approche est officialisée par la circulaire du 13 mars 1986 qui régit aujourd’hui encore la mission pédagogique des professeurs documentalistes. Les séances d’« initiation » visent essentiellement le niveau sixième, voire la seconde, mais pas toutes les classes. Le parcellaire, l’aléatoire et l’éphémère caractérisent ces activités pourtant finalisées en France par des valeurs de citoyenneté et d’égalité des chances dont témoigne, dès 1978, le manifeste Documentation discipline nouvelle publié par la Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale (FADBEN)1.

Le modèle de la rationalisation des apprentissages ou le paradigme de la compétence : 1989-2003 Par l’action continue de ses représentants depuis 1974, la profession agit pour donner une légitimité statutaire à sa mission pédagogique jugée prioritaire. La revendication d’un CAPES, gage d’un statut d’enseignant, aboutit en 1989 dans le cadre de la revalorisation de la condition enseignante et de la Loi d’orientation du 10 juillet 1989. Cette décision de nature politique, assumée comme telle par Lionel Jospin, marque un tournant. C’est une légitimation pédagogique. Mais, encore aujourd’hui, toutes les conséquences sur le terrain et au niveau des
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la table ronde réunissant des professionnels a été un moment fort de positionnement et d’information réciproque entre représentants des associations nationales présentes : ABF. ont été animés par les chercheurs de l’ERTé. La nature internationale et multiculturelle des interventions démontre à quel point la thématique de ce colloque a fait écho à des questionnements de la communauté scientifique internationale.Sciences de l’informationI 2009.fr).htm). de la culture numérique et de l’éducation à l’information. CNRS) . Philippe Meirieu. C’est d’ailleurs le moment où. et didactique de l’éducation à et par l’information. etc. 6 IDocumentaliste . donne aux nouveaux recrutés un niveau de qualification à bac+5 qui suppose le recours à des savoirs professionnels techniques autant que scientifiques et pédagogiques issus de la recherche pour assurer leur double mandat de professionnels de l’information et de la formation. Trois conférences plénières ont articulé les journées du colloque. Université de Sheffield) . Marie-France Blanquet. Enfin. FADBEN. Une table ronde sur les « Territoires et acteurs de la culture informationnelle » a permis d’aborder la problématique d’une « transliteracy » qui établirait un lien entre les domaines de l’éducation aux médias. – se joignent des spécialistes des SIC comme notamment Gérard Losfeld. 46.fr et sur le blog http://ertecolloque. « Curriculums. L’ÉDUCATION À LA CULTURE INFORMATIONNELLE Colloque international. ADBU. 16 -17-18 octobre 2008 lacé sous la responsabilité de Françoise Chapron et Éric Delamotte. pour ouvrir la dernière journée consacrée à l’approche didactique abordée sous divers angles. Jean Pierre Astolfi. « Panorama de l’information literacy » (Sheila Webber. politiques et comparaisons internationales . Des ateliers. On peut retrouver les vidéos des conférences et l’actualité des travaux de l’ERTé sur le site www. ANDEP. Yves Jeanneret. et. Elle enrichissait ainsi les communications consacrées à la définition du concept de culture informationnelle. ce colloque international a reçu le soutien de la Division de la communication et de l’information de l’Unesco. Il a réuni 140 participants et fut sans conteste le congrès européen et francophone le plus important de l’année dans le domaine de l’information literacy.ccsd. Yves-François Le Coadic. * Voir notamment le compte rendu effectué par Blandine Raoul Réa pour le Café pédagogique (www. L’universitarisation de la formation initiale. bibliothécaires. ADBS. L’intégralité des textes relatifs aux communications et aux présentations des ateliers a été déposée dans HAL et est accessible sur le site @rchiveSIC (http://archivesic. gérée très rapidement par les nouveaux instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) créés en 1991. Elles avaient pour thème : « De l’information à la communication » (Dominique Wolton.erte-cicd.net/Documents/Education CultureInformationnelle. il se voulait un lieu d’échanges de réflexions et d’expériences avec d’autres chercheurs et praticiens sollicités par un appel international à communication autour des quatre axes de travail de l’équipe : enjeux institutionnels.com. La présence de nombreux professeurs documentalistes. En revanche. Annette Béguin-Verbrugge. formateurs. Lille. enseignants et chercheurs du supérieur et les échos qui en ont été donnés* témoignent du large intérêt suscité par le colloque. Organisé à mi-parcours de la recherche menée par l’équipe ERTé « Culture informationnelle et curriculum documentaire ». de l’Institut des sciences de la communication du CNRS et du Conseil régional NordPas de Calais. Les actes retravaillés et enrichis vont être publiés prochainement par les Presses de l'École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (ENSSIB) dans leur nouvelle collection « Papiers ».cnrs. indice d’un front de recherche dynamique) et de collègues étrangers afin de prendre en compte la dimension internationale. vol. Hubert Fondin. disciplines scolaires et "éducations à" » (François Audigier. ce statut modifie largement la formation et la professionnalisation des personnels. avec l’appui du laboratoire GERiiCO de l’Université Lille-3.wordpress. conservateurs de musée.rechercheenSI VERS UNE ÉDUCATION À LA CULTURE INFORMATIONNELLE : JALONS ET PERSPECTIVES /////// représentations des acteurs n’en ont pas été tirées. Université de Genève). P La variété et le nombre des propositions de communication ont amené le comité scientifique international à retenir une vingtaine de communications en favorisant une représenta- tivité des jeunes chercheurs (qui ont répondu nombreux à l’appel. formats de connaissances mobilisés par les apprenants et les enseignants . organisés en sous-thématiques dans chaque axe. aux « compagnons de route » qui soutiennent la réflexion professionnelle plutôt liés jusque-là aux sciences de l’éducation – André de Peretti. n°1 . représentations liées aux pratiques sociales d’information .cafepedagogique.

difficiles à insérer dans les dispositifs de formation. chercheurs et professionnels des bibliothèques universitaires conduisent à l’organisation des Assises nationales pour l’éducation à l’information de la maternelle à l’université. De cet état de fait naît une double exigence : . malgré la réforme de 1984 et les dispositions en 1997 favorisant les modules de méthodologie du travail universitaire (MTU). La situation n’est guère plus encourageante en primaire où quelques militants des bibliothèques centres documentaires (BCD).Sciences de l’informationI 7 /////// . en 2000. concept plus large et plus ambitieux que celui de maîtrise de l’information car il porte en lui une dimension sociale et civique forte. Seule la rénovation du concours. Le modèle de l’usager dans « la société de l’information » ou le paradigme de la culture informationnelle depuis 2003 Les contacts entre enseignants du secondaire et du supérieur.celle d’une éducation à l’information. surtout aux États-Unis et en Australie. les problématiques de la formation s’en trouvent complexifiées et les savoirs et savoir-faire liés aux nouveaux vecteurs de communication ont des effets sur la formation professionnelle et la problématique des apprentissages documentaires. un atout pour l’employabilité 2. expériences et propositions. comme Jean Hassenforder.celle de la mise en place d’un curriculum documentaire continu et progressif du primaire à l’université. la réflexion se structure. . Mais les contacts entretenus entre les professionnels et leurs associations. voire antagonistes dans la profession. des responsables de services documentaires comme Jean Michel et Danielle Bretelle-Desmazières développent des formations dans les écoles d’ingénieurs et contribuent à faire émerger le concept de culture de l’information [11]. Dans le second degré. Cela implique une approche dépassant l’instrumental et le méthodologique au profit de l’apprentissage de savoirs et concepts visant à la construction d’une culture de l’information à la hauteur des enjeux sociétaux . Pour la première fois des ordres d’enseignement qui communiquaient peu dialoguent en échangeant bilans. prend en compte ces évolutions technologiques et introduit. dont vont vite se saisir les jeunes. les collègues des universités et les formateurs des IUFM contribuent à l’apparition d’une réflexion commune. révèlent plus explicitement. Le constat est commun : les initiatives quasi « militantes » restent isolées. malgré des partenariats avec la lecture publique et par manque de formation précise des enseignants de primaire en matière d’information documentation. sinon dans le référentiel de la FADBEN paru en 1997 [8]. Le mouvement est plus lent à se mettre en place dans les universités. Certes.Les années quatre-vingt-dix sont aussi celles de l’explosion des supports et ressources d’information et de l’essor de l’informatisation de la société. ne manifeste pas une volonté affirmée d’accompagner à partir de 1993 les effets de la création du CAPES sur la formation des élèves et de préciser le rôle spécifique qu’y jouent les professeurs documentalistes. Ces nouvelles technologies valorisent le rôle des professeurs documentalistes (les CDI étant souvent les premiers lieux équipés). les initiatives sont liées aux bonnes volontés locales malgré un travail continu. 2009. 46. entre autres. l’idée d’une nouvelle discipline scolaire associée à ce terme faisant l’objet d’un rejet très net de l’institution (et d’une partie de la profession). La conscience d’une nécessaire didactisation des apprentissages se renforce et les textes et travaux se multiplient pour en montrer la nécessité. notamment l’inspection générale ou les directions pédagogiques. à l’exception de quelques personnalités. elles peinent à fonctionner efficacement. Les compétences documentaires deviennent. ont œuvré depuis les années quatre-vingt pour promouvoir ces structures novatrices. encore implicitement. Jean Foucambert ou Max Butlen. sous l’impulsion de l’inspecteur général Guy Pouzard. Il s’agit de donner aux élèves des savoir-faire – dont les savoirs d’action sont souvent bien peu dégagés. notamment de la part des unités régionales de formation à l’information scientifique et technique (URFIST). surtout en matière d’évaluation de l’information et de stratégies de recherche. Là aussi. non sans débats ni positionnements nuancés. Cette manifestation marque une date charnière à plusieurs titres. dont Pascal Duplessis a montré les limites [7]. n°1 IDocumentaliste . Ces outils. Mais la question didactique reste en suspens. d’autant que l’institution. une circulaire de 1994 prône leur généralisation mais. Ils laissent de côté tout un pan de connaissances nécessaires que le développement de l’Internet et ses effets sur les pratiques sociales dans tous les domaines d’activités. mais aussi le « brouillent » par l’approche souvent instrumentale privilégiée pour la formation aux nouveaux outils et interfaces. sauf au court moment où elles profiteront de l’affectation d’emplois jeunes comme soutien logistique. une référence à des savoirs en sciences de l’information et de la documentation. vol. et l’augmentation des filières de formation en sciences de l’information et de la communication. C’est aussi le « temps des référentiels de compétences » qui « fleurissent » autour de la nécessaire maîtrise de l’information souvent confondue dans le monde anglophone avec le concept d’information literacy. Dans l’enseignement supérieur. Pour autant. en mars 2003 au ministère de la Recherche à Paris [1]. distinguent peu savoir-faire techniques et procédures intellectuelles générales.

etc. ces pratiques et les compétences construites hors l’école ne sont pas sans impact sur le rapport des jeunes à ces outils ni sur l’usage qu’ils en font en contexte d’étude. En effet. qui montrent la diversité des voies d’appropriation des modes de communication par les jeunes. Interagissant dans des contextes variés avec des personnes diverses qui ont face à lui des statuts et des compétences divers. pour certains engagés en masters et thèse. permettant l’émergence de points de complexité épistémologique ou méthodologique. Les objectifs de l’éducation formelle se voient souvent battus en brèche par ces pratiques « importées ». professeurs documentalistes en second degré ou du supérieur. Or on constate que. professeur en sciences de l’information et de la communication. Des pratiques vers la didactique et réciproquement Depuis quelques années se développent des recherches variées. Tout ceci esquisse aujourd’hui un kaléidoscope de recueil de pratiques. il construit petit à petit une personne sociale et apprend à gérer des relations interpersonnelles. Et pour cause : tant que le niveau d’équipement et de diffusion des TIC n’a pas été important et qu’il était plutôt réservé au secteur scolaire. le projet obtient l’aval du ministère de la Recherche en mai 2006 pour quatre ans. vol. des objets divers3 structurés autour de quatre axes [voir page 6 le hors texte sur le colloque de Lille]. autour de ces nouveaux médias [4]. jeux vidéos. c’est-à-dire dans divers lieux où les réalités qu’il croise sont différentes. structure permettant d’associer chercheurs et non-chercheurs praticiens. en départements spécialisés. dans un CDI ou dans une entreprise en stage… le jeune fait à chaque fois l’expérience de réalités particulières et d’enjeux différents. réflexions professionnelles ou expérimentations. de praticiens de terrain. éventuellement par les élèves ou étudiants eux-mêmes) de leurs stratégies cognitives et leurs usages des outils et ressources en milieu scolaire ou hors scolaire. C’est d’ailleurs une richesse qui incite à des échanges évitant le cloisonnement ou le repli. Elle rassemble au niveau national des collègues engagés dans des recherches. devant la télévision ou l’ordinateur.. Déposé en 2004. Qu’il se trouve chez ses parents ou auprès d’amis. Hervé Glévarec.rechercheenSI VERS UNE ÉDUCATION À LA CULTURE INFORMATIONNELLE : JALONS ET PERSPECTIVES /////// De ce mouvement convergent naît le projet d’une Équipe de recherche technologique en éducation (ERTé). phénomène qui ne peut plus être ignoré par le système éducatif. que ce soit en sciences de l’éducation ou en sciences de l’information et de la communication. impliquant des entrées différentes. tout individu (enfant ou adulte) rencontre la communication non seulement dans des échanges avec autrui. 46. accepte d’en assurer la responsabilité en appui sur le laboratoire GERIICO de l’Université Lille-3. parfois divergentes. Les processus identitaires comme les comportements collectifs ont donc leur origine dès les toutes premières attitudes de l’enfant avec les autres et c’est aussi là que commence à se fabriquer la variation des rapports à la communication et à l’information. INFORMATIONNELLE 2L’ERTé « CULTURE ET ». de manière souvent non conforme à ce qu’attendent les adultes qui les encadrent. URFIST. Citons entre autres les études de Dominique 8 IDocumentaliste . Les intentions éducatives se confrontent à des représentations et usages en opposition éventuelle entre le monde hors l’école et celle-ci. En cela. CURRICULUM DOCUMENTAIRE CREUSET ET RÉVÉLATEUR DES PROBLÉMATIQUES DE L’ÉDUCATION INFORMATIONNELLE Une approche pluridisciplinaire L’équipe est constituée de chercheurs en sciences de l’information et de la communication et en sciences de l’éducation exerçant en université. mais aussi dans des instances de socialisation diversifiées. Olivier Ertzscheid. Internet. d’acquisitions de compétences de niveau et d’expertise divers. De par sa variété. Cette réalité complique singulièrement l’analyse fine des comportements informationnels et communicationnels et constitue autant d’obstacles que . dans les BCD. elle croise des approches. les CDI ou les BU. notamment en sociologie des pratiques culturelles.Sciences de l’informationI 2009. Jusque-là. de conceptions. etc. Annette Béguin-Verbrugge. n°1 Pasquier. la mise en place de dispositifs d’observation ou d’entretiens dans une démarche ethnographique (axe 1) vise autant des pratiques scolaires voire universitaires (y compris celles des enseignants) que celles existant hors l’école. dont l’analyse apporte un éclairage nécessaire à l’entreprise didactique de construction d’un curriculum. a modifié considérablement les représentations et les pratiques personnelles des jeunes qui fréquentent dans le même temps un monde éducatif dans lequel le statut et l’usage de ces outils de communication ne sont pas les mêmes. Cette diversité n’avait pas toujours été intégrée dans les recherches plutôt marquées par des approches modélisantes ou unifiantes. l’objet éducation à l’information était pensé comme un déroulement relativement homogène de l’apprentissage de la maîtrise de l’information (information literacy). S’y ajoutent (axe 2) l’observation (et la prise de conscience. Or le développement des nouvelles formes d’information et de communication : téléphone portable. IUFM. des méthodologies. elle n’était pas une variable essentielle.. et de professionnels des bibliothèques.

Par ailleurs.Sciences de l’informationI 9 /////// . est intéressant et opératoire. même provisoires. partant non de la tâche à accomplir mais de l’activité de l’élève [2]. À travers cette association entre acquisition. D’autres chercheurs. D’autre part. Elle donne au savoir le rôle central sans pour autant écarter les données et expériences des professionnels qui y travaillent. Certains membres de l’équipe de l’axe didactique. les difficultés de reconnaissance institutionnelle et les observations de pratiques de formation sur le terrain poussent à élaborer des préconisations ou des outils concrets. des réseaux de notions et concepts accompagnés de niveaux de formulation progressifs selon les étapes des cursus scolaire et universitaire. mais orientée dans les moments d’apprentissage par des objectifs qui visent à une appropriation relativement stabilisée de concepts et de conduites efficaces et raisonnées pour mener des activités informationnelles scolaires ou hors l’école.fr. et pas seulement en termes de savoir-faire mais aussi de savoirs et attitudes et de représentations. sont engagés dans l’observation des évolutions des représentations et de la construction d’une culture de l’information chez des étudiants préparant le CAPES suivis dans leur début de carrière.d’acquis possibles à intégrer dans une réflexion sur la construction d’un curriculum et la mise en œuvre d’une didactique de l’information-documentation. Le concept d’« information literacy ». issues des formations et observations des élèves assurées sur le terrain. D’une part. et les apprentissages. L’observation des pratiques des élèves et des enseignants en formation accompagnée d’entretiens est menée par des membres des équipes de l’axe didactique (axe 4). ce sont les pratiques des jeunes enseignants stagiaires qui sont observées. Leur activité n’est pas que spontanée. vol. traitement et usages de l’information. L’enfant en milieu scolaire à affaire Une meilleure définition du concept de culture informationnelle Cette expression entrée dans le langage professionnel – un des objets (et finalité) de ce chantier de recherche – est à affiner. En Lorraine. à des professionnels qui lui offrent un cadre pédagogique formel et l’aident à apprendre à communiquer avec les autres. 46. ont entrepris un travail d’identification des savoirs et compétences à développer chez les élèves [9] [10] en organisant. Cette démarche. De l’acquisition à l’appropriation Les rapports entre la confrontation des acquisitions. souvent synonyme dans le monde anglo-saxon de « maîtrise de l’information » et trop simplement traduit en « culture de l’information ».ertecicd. qui avait pour but d’ouvrir le dialogue avec d’autres chercheurs. celui d’appropriation. comme dans l’équipe de Bordeaux. dans une temporalité plus courte. On peut aussi aborder la problématique didactique à travers une réflexion sur l’écart entre les pratiques des novices et celles des experts. se situe dans une logique de transposition de savoirs de référence. 3 Voir le site de l’ERTé : www. mais au moins à éclairer les pistes d’action futures. désignant le développement de savoir-faire en milieu naturel et de façon spontanée. notamment de l’équipe de Rennes en lien avec la FADBEN. il couvre les deux types de comportement (acquisition et apprentissage) et évite de les isoler l’un de l’autre alors qu’ils sont en permanence en jeu dans la vie d’un jeune et articulés dans toutes les situations où des enfants sont en interaction avec des adultes (ou avec des dispositifs informationnels conçus pour des adultes). 2 Voir le rapport Scans aux États-Unis en 1992 [14]. ce terme d’appropriation souligne le fait que les enfants sont « actifs » dans leur développement et « s’approprient » le fonctionnement de l’information et de la communication. L’équipe de Paris mène des observations de terrain dans le second degré centrées sur les activités personnelles des élèves et les formations assurées en CDI. n’est pas satisfaisant au regard de l’approche plus globale que nous 2009. qualifiant le développement de savoir-faire en milieu institutionnel et de façon guidée. visant une démarche empreinte de rationalité et l’analyse du système cognitif qui organise ces pratiques. à partir de cartes conceptuelles ou d’ontologies. n°1 IDocumentaliste . Qu’ils le fassent de manière correcte ou erronée selon les situations et leurs expériences est un fait à prendre en compte dans les processus d’apprentissage que nous cherchons à rationaliser et à généraliser. OUVERT 3UN FRONT DE RECHERCHE La rédaction du rapport final de recherche s’élabore et à la suite du colloque de 2008. Se tracent ainsi des chemins et des études diverses qui ne prétendent pas aboutir à des conclusions définitives ou des solutions clés en mains. apprentissage et appropriation et cette articulation entre l’observation des pratiques et la construction d’un dispositif didactique structuré a priori. partant de savoirs de référence ou de notions repérés dans la pratique quotidienne comme nécessaires à la compréhension des démarches de production. plus englobant. Un troisième terme. s’expriment donc des tensions fécondes que le rapport final de l’ERTé ne pourra résoudre définitivement mais qui constituent un horizon d’attente pour la pratique des professionnels. ne sont pas faciles à articuler. plus que les termes d’acquisition et d’apprentissage. il ne fait aucun doute que le chantier engagé devra être approfondi sous des formes nouvelles et dont on peut esquisser quelques axes.

Les frontières et finalités de l’éducation aux médias. Le colloque de Lille a ménagé un temps pour engager ce débat porteur de forts enjeux institutionnels et qui préoccupe aussi des institutions comme l’Unesco ou les instances européennes. ouvre à une compréhension de l’action et de l’environnement. Mais les spécialistes de ces deux approches ne peuvent que et dialoguer entre eux pour rechercher une articulation et aboutir à une structuration durable d’une didactique de l’informationdocumentation C’est dans cette interaction que les pratiques. « Table ronde sur les pratiques culturelles des adolescents.sorbonne. Indications bibliographiques complémentaires ». 11-12 mars 2003. n°1 [4] FRANÇOISE CHAPRON.Le Manifeste 78.ac-orleanstours. p.asso. en structurant le travail d’encadrement des dispositifs et des objets. Compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie : un cadre de référence européen.fr/crdp/blogs. Compétences en infor- . « Indications bibliographiques complémentaires » [5] FRANÇOISE CHAPRON. Orléans-Tours. voire le savoir commun issu de la pratique. 46. 205-219 [3] PAULETTE BERNHARD. Ces approches ne sont pas pour autant antagonistes mais nécessitent d’être contextualisées. 178-189 [8] FÉDÉRATION DES ENSEIGNANTS DOCUMENTALISTES DE L’ÉDUCATION NATIONALE. La saveur des savoirs : disciplines et plaisir d'apprendre. C’est cette conceptualisation qui. Documentaliste .fr/ Assises/Ass-index.pdf [6] COMMISSION EUROPÉENNE. L’effort vise à modifier la spontanéité.enc. 30-31. donne un sens aux activités informationnelles et permet des apprentissages durables et réinvestissables. L’équipe a déjà effectué une confrontation des définitions possibles et espère pouvoir l’enrichir. par niveau ou par discipline) de la variété. sur le site Formanet : développer les compétences informationnelles dans l’enseignement secondaire en France et au Québec.ca/formanet/ maitrise.fr/IMG/pdf/Med iadoc1_oct2008_Manifeste78. Tours. s’attaque plutôt aux conditions épistémiques et aux modalités de construction de la culture informationnelle. Mais on ne l’aborde pas de la même façon selon que l’on pense la culture informationnelle à partir de la réalité des pratiques sociales observées ou que l’on recherche une définition en terme de finalité à une éducation à l’information. peuvent être travaillées.htm [2] JEAN-PIERRE ASTOLFI. vol. « Table ronde sur les pratiques culturelles des adolescents ». http://ec. n° 3. d’autant que le concept circule avec des acceptions. 5 p. In : La maîtrise de l’information. vues comme un « déjà là » dont on doit tenir compte dans la réflexion didactique.europa. 2005. L’étude didactique. « L’enjeu des référentiels de compétences info-documentaires dans l’éducation nationale ». Dans quelques académies comme à Rouen.ebsi. Nantes. de la maternelle à l'université.rechercheenSI VERS UNE ÉDUCATION À LA CULTURE INFORMATIONNELLE : JALONS ET PERSPECTIVES /////// souhaitons en donner. In : Culture informationnelle : quels enjeux pour l’école et la société ? Colloque interdépartemental Indre/Indre-etLoire.htm#Modeles 10 IDocumentaliste . http://urfist. 2008. vol. Médiadoc. 7 : « Le savoir de l’information ». puis sur « Culture informationnelle : quels enjeux pour l’École et la société ? ». p. Par ailleurs. onglet Tours. 42.eu/dgs/educatio n_culture/publ/educ-training_fr. Celle esquissée par Brigitte Juanals [13] a eu le mérite de distinguer des niveaux de formulation et de complexité progressifs. de la culture numérique et de l’éducation à l’information ne sont pas aisées à cerner. elle.Sciences de l’informationI 2009. www. cliquer sur « Conférences audio ». Car les conceptions ou acquisitions des élèves sont autant d’appuis ou d’obstacles à prendre en compte dans la construction des situations d’apprentissage permettant la conceptualisation de savoirs et de stratégies cognitives. à travers l’analyse historique de ses modalités ou en centrant l’interrogation sur le rôle des professionnels et des institutions. wwwphp. Références [1] ASSISES NATIONALES Éducation à l'information et à la documentation : clés pour la réussite. Paris : ESF éditeur.html#keycomp [7] PASCAL DUPLESSIS. un texte fondateur ». 29 mai 2008.montreal. « Documentation : discipline nouvelle . la question des territoires de l’éducation à l’information et de la culture informationnelle est posée. Chap. www. qui part de la modélisation de l’information pour s’appliquer au fonctionnement logique des systèmes d’informations. voire des interprétations différentes dans des domaines sociaux divers. par sa force explicative. 2008. DIRECTION GÉNÉRALE ÉDUCATION ET CULTURE. octobre 2008. p.Sciences de l’information. « Modèles-référentiels ».fadben. Une articulation nécessaire entre la prise en compte des pratiques et la mise en œuvre de la didactique info-documentaire L’étude des pratiques s’ouvre à une intelligence plus interne des usagers lorsqu’elle se donne pour objet l’organisation collective (générationnelle.

soutenus par la recherche et les expérimentations de terrain. ne s’orientent pas vers la mise en place de dispositifs cohérents et encore moins d’un curriculum. 28 p. l’exigence d’une Éducation à la culture informationnelle pour tous a encore devant elle de belles années d’investissement militant avant de devenir réalité. ou d’alliances possibles. . illustre certainement de manière pertinente l’articulation à trouver. Mais si les résultats ne peuvent être garantis à coup sûr. qu’elle inspire la réflexion actuelle sur les programmes et curriculums des systèmes éducatifs européens. mars 2007. Nombre de déclarations et proclamations issues d’organismes internationaux ou nationaux et de quelques rapports récents affirment la nécessité de mieux « maîtriser l’information ». des expériences innovantes et de l’effort de formation et d’articulation avec la recherche sur le terrain (et issue du terrain) . Government Printing Office. .l’avancement progressif des connaissances issues de la recherche et le soutien que celle-ci représente en terme de légitimation scientifique. qui sont sources de blocages ou de tensions.S. institution éducative. 46. 1993. vol. n°1 IDocumentaliste . L’information. support et grille de lecture de l’action . Paris : ADBS Éditions. l’intervention d’Éric Bruillard au colloque de Lille. DC : U. Le terme « combinaison » est sans doute faible pour décrire un processus complexe et dynamique. En cela. demandant qu’on inverse le problème en ne se demandant pas « qu’est-ce que l’école prend des pratiques individuelles » mais « comment l’école peut-elle donner les moyens pour développer des pratiques individuelles conceptualisées ? ». DEPARTMENT OF LABOR. malgré les difficultés.Sciences de l’informationI 11 . cette nécessité sociale et éducative dont on ignore ou minimise aujourd’hui les enjeux et les coûts engendrés à terme aux niveaux social. 243 p. individus ou institutions. (Recherches et documents) [12] JEAN HASSENFORDER. THE SECRETARY'S COMMISSION ON ACHIEVING NECESSARY SKILLS (SCANS). octobre 2008. Paris : Hermès/Lavoisier. Au-delà des discours. force est de constater que ces discours débouchent sur peu d’applications concrètes et visant l’ensemble des jeunes en formation. « Enseigner l’information documentation ». même si des outils et pratiques pédagogiques se structurent. 36 p. [11] Former et apprendre à s'informer : pour une culture de l'information : rapports établis par Danièle BretelleDesmazières et Dominique Touzet. et par Jean Michel. Car ne pas maintenir ni développer ce mouvement né à une époque où l’on affirmait fortement la mission et la possibilité pour l’école de former des individus culturellement autonomes. Cependant.la formation continue des professeurs documentalistes a commencé à intégrer ces approches qui supposent une mise en œuvre pédagogique fondée sur des activités problématisantes et réflexives pour les élèves. tant les logiques internes des groupes d’acteurs sont peu « prédictibles » et les évolutions sociétales et technologiques mouvantes. concrètement. on peut bien sûr identifier quelques facteurs favorables à sa mise en œuvre : . même si la situation a évolué. La bibliothèque.la poursuite. • Décembre 2008 2009. leur permettant de dépasser des savoirs communs et des pratiques spontanées. [10] FÉDÉRATION DES ENSEIGNANTS DOCUMENTALISTES DE L’ÉDUCATION NATIONALE. les médias et Internet occupent même une place spécifique dans la brochure européenne Les compétences clés pour la formation tout au long de la vie [6]. et avec les moyens correspondants. renoncer aux valeurs d’une école démocratique auxquelles restent attachés les acteurs de cette entreprise collective. Médiadoc. Éditions de l’enfance. Une plus forte prise de conscience des enjeux institutionnels et sociétaux de la culture informationnelle Les réflexions de l’axe 3 font apparaître de nombreuses ambiguïtés et contradictions ou convergences entre les discours. élèves et parents. professionnel et civique du fait de ses insuffisances actuelles.S. Médiadoc. l’exigence de cette éducation à la culture informationnelle reste entière et l’effort en ce sens doit être poursuivi. 1972 [13] BRIGITTE JUANUALS. Learning a Living: A Blueprint for High Performance. « Les savoirs scolaires en information-documentation : sept notions organisatrices ». professionnellement efficaces et doués d’un jugement critique pour exercer leur citoyenneté.une demande sociale plus fortement exprimée par les usagers. et en particulier par le monde de l’entreprise en raison des attentes du marché du travail . 32 p.une volonté politique des décideurs nationaux et régionaux de prendre en charge. . mation-documentation : référentiel. ce serait. aussi bien dans une perspective historique qu’actuelle. La culture de l’information : du livre au numérique. (Médiadoc. l’action ou les pratiques des acteurs. 2003. dans un monde incertain et dur pour les moins éduqués et les moins formés. Les projets actuels de réforme. Washington. lors de sa conférence au colloque de Lille. décembre 1997. Certes. Les Dossiers) [9] FÉDÉRATION DES ENSEIGNANTS DOCUMENTALISTES DE L’ÉDUCATION NATIONALE. leurs objectifs affichés d’autonomie et de réussite des élèves et étudiants semblent porteurs d’ouverture mais. (Traité des sciences et techniques de l’information) [14] U. Paris : FADBEN. 1992 dont François Audigier a rappelé.

a permis l’examen d’un très large échantillon de réalisations récentes. La conférence a été ouverte par la directrice des Archives de France. on ose se lancer. pérennité. Un certain nombre de problématiques fortes ont émergé. application du standard 12 IDocumentaliste . dans des environnements et des contextes variés. Martine de Boisdeffre ainsi que par Gilles Lassare. pour lequel l’Estonie. La gestion de l’information et des archives électroniques en Europe C ette conférence du DLM Forum fut un succès marqué notamment par le nombre élevé des participants (quatre cents). de la conservation pérenne des données et documents numériques. le langage. mais également la France. la variété et la qualité des interventions tant étrangères que françaises. pour que celui-ci devienne un créateur de valeur dans la chaîne documentaire. de l’ac cessibilité. alternant réflexions théoriques et cas pratiques. Au-delà des thèmes permanents autour des stratégies. archivage des données des logiciels sociaux et des dossiers des maisons départementales des per- sonnes handicapées (HauteGaronne et Finistère). Succès marqué aussi par le nombre (une soixantaine). Thème également émergent : celui du transfert des données et de la question de l’interopérabilité. nouveau responsable en charge des projets de l’administration électronique à la direction générale de la modernisation de l’État. n°1 .méthodes techniques et outils [ archives ] La cinquième conférence du DLM Forum. ainsi que d’élaborer des guides explicatifs et des recueils de bonnes pratiques permettant de meilleures compréhension et prise en compte par des utilisateurs désarçonnés par le volume. nécessitant d’effectuer une cartographie critique de ces textes. On en retire le sentiment encourageant que. Leur propos venait conforter la place structurante de l’archivage électronique au sein du nouveau plan Économie numérique 2012. interopérabilité. on peut se féliciter de la consolidation voire de l’émergence de thèmes nouveaux. automatisation des processus… On notera ainsi les conférences consacrées aux normes et à leur applicabilité : normes orientées « records management » et « archivage électronique » qui ont fleuri ces dernières années. Plusieurs thèmes émergents : normalisation. enfin. archivage de la banque d’information radiophonique des Deux-Sèvres. qui ont permis de dégager de nouvelles directions pour la fonction et le métier de l’archiviste. la forte présence d’étrangers de toutes nationalités même si les Européens étaient le plus fortement représentés. 46. des formats (présentations notamment du format PDF/A) et des supports. sont intervenues avec insistance : projet de coopération entre plusieurs pays européens avec la mise en place d’un wiki. certification. qui illustrent les évolutions et les nouveautés depuis la dernière conférence d’il y a trois ans. en matière de gestion des archives électroniques. Plusieurs thèmes ont été débattus. des architectures. vol. platesformes d’archivage électronique du département des Yvelines et pilote de la direction des Archives de France ou de la ville d’Anvers. dans plusieurs pays d’Europe. des stratégies de migration et d’émulation (mise en œuvre de la première version de l’émulateur DIOSCURI aux Pays-Bas). sauvegarde numérique des courriers électroniques en Belgique (élaboration d’une directive). depuis de petits projets « artisanaux » jusqu’à une automatisation croissante des processus : gestion et archivage des données de la mission « État de droit » au Kosovo (EULEX).Sciences de l’informationI 2009. les différents concepts et vocabulaires. qui a eu lieu à Toulouse du 10 au 12 décembre 2008.

n°1 IDocumentaliste . Enfin un thème récurrent a été souvent évoqué. des mises en garde ont été faîtes relatives au danger de juxtaposer sur les réseaux des documents sélectionnés pour élaborer des récits attrayants mais extraits de leur contexte et perdant ainsi leur sens et leur authenticité. d’introduire une automatisation croissante dans les processus. les modes de classement ou encore les technologies « agents intelligents » utilisées par exemple dans le projet européen PROTAGE pour lequel une sélection de ces « agents » collaborent afin de garantir que les objets numériques pertinents soient sélectionnés. brique fondamentale de l’OAIS. 3 Présidente de Archive 17. Notons également la mise en place. simples et neutres à la fois. 1 Digital Repository Audit Method Based on Risk Assessment. en partenariat avec l’Association des archivistes français. dans le cadre d’un projet européen. des entreprises et des organismes de recherche de l'Union européenne autour des problèmes de la gestion de l'information numérique et du records management dans un environnement électronique. travail à mener en étroite collaboration entre l’archiviste et l’informaticien. Autre problématique abordée. l’extraction des métadonnées. projets de mutualisation à encourager afin de réaliser des économies d’échelle (par exemple au niveau d’un conseil général pour les autres collectivités du territoire). du 10 au 12 décembre 2008. Concernant les stratégies en matière d’accès à l’information numérique. Saluons dans ce cadre la présentation relative à la stratégie mise en œuvre aux archives nationales des Pays-Bas qui expérimentent et testent des outils de planification et de conservation proposés par le projet européen PLANETS afin d’obtenir des programmes de conservation standardisés et automatisés qui pourront être exécutés dès que les documents électroniques seront intégrés au dépôt numérique. est un domaine qui commence à être étudié à part entière aujourd’hui. On note l’exemple donné par les archives nationales danoises qui ont élaboré un outil Access pour des données extraites de bases de données. par les choix opérés pour son infrastructure de stockage. données issues de logiciels « sociaux » ou encore d’outils de gestion électronique de documents). que ce soit pour l’ingestion des archives sur les plates-formes. Convergences sur l’OAIS et l’accès à l’information numérique Les convergences des approches sont apparues clairement. notamment autour de l’adoption du modèle structurant qu’est l’OAIS2. celui de la nécessité.d’échange de données pour l’archivage développé par la France à la préparation des transferts de documents issus de plusieurs processus métier (données sonores.Sciences de l’informationI 13 . étant donné la diversité croissante en terme de taille et la complexité des nouvelles Repères Le DLM Forum (Document Lifecycle Management) a été fondé sur les bases des conclusions du Conseil de l’Union européenne (Journal officiel des Communautés européennes C 235 du 17 juin 1994) concernant la coopération dans le domaine des archives. accessibilité et pérennité. cette manifestation clôturait l’ensemble des manifestations relatives aux archives mises en œuvre dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne. modèle conceptuel pour une Archive numérique. vol. Autre exemple : celui de la mutualisation et de la valorisation d’un travail d’archivage sur des documents numériques (au CNES à Toulouse) à travers des outils de gestion des connaissances avec la création d’un fonds documentaire de la mémoire d’entreprise reposant sur des outils de classement /////// 2009. Celui-ci permet d’accéder aux données d’une manière qui est à la fois facile à utiliser pour le profane et assez sophistiquée pour permettre une exploitation exhaustive de la structure avec la puissance des fonctions de requêtes habituelles des systèmes de bases de données. ou encore la présentation du projet de plate-forme de la Bibliothèque nationale de France (SPAR) visant. 46. stratégie organisée autour de la sécurité et de la gestion des risques (avec l’utilisation de la norme ISO 27001).dlm2008. analysés et transférés pour être retenus et conservés. au centre des congrès Pierre-Baudis. Il s’est développé en un regroupement d'intérêt économique rassemblant les archives nationales d’une vingtaine de pays. La cinquième conférence du DLM Forum s’est tenue à Toulouse. Ou encore sur les conséquences des lois relatives à l’accès à l’information sur la gestion des documents numériques et la faiblesse trop souvent constatée au niveau du records management. des administrations. ainsi que des méthodologies mises en place : intervention de l’archiviste le plus en amont possible du cycle de vie des données.com ressources numériques. La planification de la pérennisation. de l’outil DRAMBORA 1 centré sur l’audit et où le risque et la gestion du risque sont les principaux moyens permettant de déterminer les bonnes performances d’un entrepôt et d’établir une courbe des améliorations. sur le thème suivant : « La gestion de l’information et des archives électroniques en Europe : réalisations et nouvelles directions ». Organisée par la direction des Archives de France. à allier à la fois performance. Il a été préconisé la mise en place pour l’usager d’interfaces adaptées. celle de la certification avec l’expérience de la France (mise en place du COREF à l’initiative de trois fédérations professionnelles) ou encore le processus mis en place par les archives nationales d’Estonie qui s’appuient sur des auditeurs certifiés des systèmes d’information (CISA) sélectionnés dans le cadre d’un marché public (enregistrement des équipements et certifications d’outils). 2 Open Archival Information System (norme ISO 14721). Pour en savoir plus sur le programme et le contenu de cette conférence : www.

fr 14 IDocumentaliste . MoReq a été présenté dans le cadre de plusieurs ateliers et notamment de son application dans des cadres nationaux (Roumanie) ou par le biais d’études de marchés réalisées pour le compte de l’Allemagne. en passant d’un principe d’enregistrement passif à une démarche beaucoup plus engagée et interactive et en faisant de l’archiviste un créateur de valeur dans la chaîne documentaire ? • Françoise Banat-Berger Direction des Archives de France francoise. à la gestion des dossiers hybrides (papier et numérique). des ontologies et la modélisation des métiers. vol.gouv. demandée par la direction des Archives de France à Marie-Anne Chabin3 qui avait déjà assuré en 2001 la traduction de la première version de MoReq. par la mise en œuvre des pratiques du records management génératrices de gains qualitatifs mais également quantitatifs en matière de gestion de l’information. La version 2 de MoReq Autre événement qui a marqué cette conférence : la publication en 2008 de la version 2 de MoReq (Model Requirements for the Management of Electronic Records ou Exigences types pour la maîtrise de l’archivage électronique) qui définit les exigences fonctionnelles d’un système d’archivage électronique au sens fort du mot archivage. l’occasion pour les archives de devenir de véritables leviers pour la modernisation del’adminis tration. 46. dit autrement. sur les nouvelles missions dévolues aux services publics d’archives avec un déport de l’action et de la prise en charge dès le début du cycle de vie des archives. dans le contexte du renforcement de l’administration électronique actuellement mis en place. A été également ajouté à cette traduction un chapitre 0 visant à présenter l’environnement français de MoReq entre records managementet archivage. les archivistes deviennent des prestataires de services auprès des organisations. Les convergences sont nombreuses à travers les réflexions menées par exemple par le service national de la Poste ou par les conseils généraux de l’Aube ou des Yvelines. n°1 . Cette prise en charge très précoce se retrouve dans l’ex périence des archives fédérales d’Allemagne ou encore des archives nationales des Pays-Bas (rôle d’entrepôt numérique de confiance pour le compte des agences gouvernementales). leurs articulations.banat-berger@culture. leurs différences. Autres interrogations liées : celles relatives aux notions de « verse- ment ». Perspectives du métier d’archiviste La manifestation s’est terminée sur l’évolution du métier de l’archiviste. L’enjeu est de taille avec. L’autre originalité provient de la présentation de plusieurs cas d’espèces de mise en application des principes du records management tant dans le secteur public que dans le secteur privé.méthodes techniques et outils /////// automatique. ainsi que de la présentation de ce référentiel par rapport aux autres normes et standards relatifs au domaine (records management et archivage électronique). leurs points de recoupement. de l’Autriche et de la Suisse. Finalement. publication suivie en France de la sortie pour la conférence du DLM de sa traduction en français. à la nécessité d’une gestion très fine des droits d’accès.Sciences de l’informationI 2009. comment réussir à intégrer pleinement la gestion documentaire électronique dans les initiatives de réforme des services publics à travers la compréhension et la participation au processus de formulation du savoir. de numéro de versement. de système de cotation continu. Ou. Une originalité de ce chapitre vient de l’introduction d’une partie consacrée au contexte français du RM. à la pertinence des tris pour les archives numériques.

un autre circuit se met en place. La nouvelle chaîne devient « collecte → publication → analyse ». car les scientifiques vont d’abord rassembler les données éparpillées qu’ils possèdent les uns et les autres. n°1 IDocumentaliste . logées au cœur des « tout ». En biologie moléculaire. qui résultent des traitements appliqués à ces matériaux pour les rendre publiables. p. Uni Prot KB. cellesci sont en train d’adopter un nouveau visage dont l’exemple de l’observatoire virtuel donne les grandes lignes. La frontière s’estompe entre les données de recherche. publication et information et qui conduit à réactualiser les concepts d’interopérabilité et de pérennité des données et des systèmes. la chaîne est « collecte → analyse → publication ». ils se retrouvent dans plusieurs autres domaines scientifiques. Autre domaine : celui de l’en - U vironnement. ils envisagent plutôt de rassembler toutes les images et les mesures prises par les grands télescopes du monde et d’en faire un tout cohérent. 45.[ information scientifique ] Dans toutes les disciplines scientifiques se construisent de vastes espaces numériques contenant des millions de données produites par les chercheurs.Sciences de l’informationI 15 . 46. Il ne s’agit plus de scruter les étoiles dans le ciel. ce qui implique de diffuser et de publier ces données. c’est un espace numérique où des millions de données sont accessibles. Des « tout » tel celui de l’observatoire virtuel n’existent pas qu’en astronomie. la biodiversité (GBIF par exemple) ou le climat . et ce n’est qu’après cette étape qu’ils entameront leur analyse. alimentent des réservoirs de données de plus en plus volumineux qu’il faut organiser pour pouvoir en tirer des informations utiles. Même le secteur des sciences humaines est touché : le projet ADONIS1 en France se fixe comme objectif d’offrir aux chercheurs un « espace de navigation unifié » pour explorer les documents et les données numériques des sciences humaines et sociales (SHS). La nouvelle chaîne ne se substitue pas à l’ancienne. quand leurs analyses débouchent sur des résultats intéressants. les données correspondent aux matériaux bruts et les publications aux résultats de l’exploitation des données. il faut les rendre accessibles au travers d’un « tout » numérique cohérent. vol. Schématiquement. et les pousse à joindre leurs efforts à une échelle plus vaste. vol. comme le National Virtual Observatory (NVO) aux États-Unis. les chercheurs s’emploient à créer des outils informatiques qui mettent les séquences en rapport les unes avec les autres. mais d’avoir des outils pour s’orienter dans le vaste espace documentaire des SHS. en créant des partenariats comme l’International Virtual Observatory Alliance (IVOA). 1 Voir : Documentaliste Sciences de l’information. se trouvent les données numériques produites par les chercheurs : il s’agit des données de recherche. Cette fois-ci la notion de publication n’est plus réservée aux seuls résultats et celle de donnée englobe à la fois des matériaux bruts et d’autres. La construction de ces espaces gagne ainsi progressivement l’ensemble des disciplines et. Comment en est-on arrivé là ? La construction de l’observatoire virtuel entend rassembler des collections de données détenues par différents observatoires du monde : l’éparpillement de ces données constitue l’un des facteurs contribuant à l’émergence de la nouvelle chaîne. Sous la poussée des « tout ». Dans cette vision. celle de la planète. ils les publient sous la forme d’articles. les chercheurs rassemblent dans de vastes banques de données les séquences de protéines et de gènes fournies par de multiples laboratoires. Les systèmes qui collectent des informations sur la flore. Le nouveau visage des données de recherche n des grands projets qui anime aujourd’hui les astronomes des quatre coins de la planète est la mise en place d’un observatoire virtuel. Mais la frontière donnée-publication-information va se brouiller. La réalisation de ce « tout » virtuel mobilise les astronomes au travers de projets propres à leur pays. Avec l’observatoire virtuel. Au moment où des /////// 2009. Pour y parvenir. etc. Ces données de recherche prennent ainsi un nouveau visage où se brouille la frontière entre donnée. plus élaborés. spectrales. Son but : pouvoir scruter le ciel sous tous les angles dans toutes les dimensions (optiques.). La démarche reste cependant la même : des données existent. comme dans le cas de l’observatoire virtuel. Ce « tout ». les publications et l’information scientifique Une vision classique du circuit de production et de diffusion de l’information scientifique établit une distinction entre les données et les publications. 2008. les trois termes vont devenir interchangeables. par exemple. Les chercheurs travaillent à partir des données en tant que matériaux sources et. 4-6. pour en exploiter pleinement les ressources. Autre facteur : la profusion des données générées par les nouveaux équipements de recherche. les astronomes ne prévoient pas de construire un nouveau télescope. la faune. est une banque qui contient plus de cinq millions de structures de protéines et. les deux vont coexister. n° 2. éparpillées. c’est l’observatoire virtuel.

Projet initié par le CNRS en 2005. WLCG : World Wide LHC Computing Grid. IUni Prot KB : Uni Prot Knowledge Base. vers 2002. Documentaliste . où l’accès aux numéros parus depuis moins de deux ans reste réservé aux abonnés. L’IVOA a par exemple mis au point un standard VOT décrivant le format des tables de données astronomiques qui peuvent être intégrées dans l’observatoire virtuel. Ces deux facteurs. Ce nouveau service s’ajoute à celui qui existait déjà sur le site de l’ADBS (www. 2 Voir l’article de Tony Hey et Anne Trefethen : « The Data Deluge : An e-Science Perspective ». par exemple : un accélérateur de particules comme le nouveau collisionneur LHC3 du CERN4 est conçu pour produire près de 10 Po5 de données par an. Wiley. une grille WLCG reliant deux cents sites informatiques répartis dans une trentaine de pays a été mise sur pied. www. Les articles parus depuis 2001 sont accessibles sur ce site aux formats HTML et PDF. actuellement en cours de développement. Format XML défini par l’IVOA. 6 DRCC : Digital Research and Curation Center. La nécessité de normes et de standards est reconnue depuis longtemps en matière de diffusion.uk/cm sweb/downloads/rc uk/research/esci/dat adeluge. etc. Projet international lancé en 2001. accès gratuit aux numéros de plus de deux ans). La construction de cette grille a démarré en 2003. 4 CERN : Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Observatoire virtuel. En physique. Organisation créée en 2002. regroupant seize pays. Si les ressources comprennent des données. VOT : Virtual Observatory Table. Pour exploiter cette gigantesque masse d’information. Réactualisation des concepts d’interopérabilité et de pérennité Habituellement l’interopé rabilité s’applique aux systèmes : deux systèmes deviennent interopérables quand on peut à partir de l’un ou de l’autre activer les ressources des deux. vol. afin de pouvoir être prises en charge par l’interface unique. la revue Documentaliste – Sciences de l’information est en ligne sur le portail CAIRN de revues francophones en sciences humaines et sociales. Trembl et Pir. Ils peuvent être consultés à partir d’un établissement ayant acquis une licence d’accès à l’un des bouquets de revues proposés par CAIRN.Sciences de l’informationI 2009. notamment pour définir les éléments descriptifs qui permettent de retrouver une publication (les métadonnées). janvier 2003. Les données se retrouvent directement impliquées car elles doivent respecter des spécifica- tions précises. elles ont préalablement besoin d’être diffusées ou publiées. Structure créée en 2004 par l’INSU (Institut national des sciences de l’univers).méthodes techniques et outils /////// projets comme le NVO devenaient opérationnels. chaque système possède sa propre interface pour accéder aux données.htm 16 IDocumentaliste . 46.rcuk. publié dans Grid Computing – Making the Global Infrastructure a Reality. 5 1 Po = 1 Péta octet = 1 000 To = 1 000 000 Go. pour être analysées ou exploitées. n°1 . soutenue par le CNRS et le Centre national d’études spatiales (CNES). VOA : International Virtual Observatory Alliance. Centre rattaché à l’Université John Hopkins. GBIF : Global Biodiversity Information Facility. http://www. peuvent aussi intervenir simultanément. L’observatoire virtuel propose un nouveau modèle d’interopéra bilité : une interface unique prend en charge l’ensemble des données et des services des différents systèmes. système de surveillance. Projet animé par l’Université John Hopkins. son circuit de fonctionnement est « collecte → diffusion → exploitation ». Repères Les projets cités dans cet article ADONIS : Accès unifié aux données et documents numériques des sciences humaines et sociales. il constitue une variante de la chaîne « collecte → publication → analyse » de l’observatoire . Base de séquences de protéines de l’ensemble Uni Prot créé en 2002 à partir des bases Swiss Prot.adbs. dans le champ des données de recherche.ac. : à chaque fois la nouvelle chaîne s’impose car des données existent en grand nombre et. mais elle se réactualise avec la prise en compte. des standards.fr). de matériaux bruts ou élaborés qui se présentent sous une multitude de formats. opérationnel depuis 2003. qui rassemblent d’énormes volumes de données provenant de multiples réseaux de collecte.pdf 3 LHC : Large Hadron Collider (Grand collisionneur à hadrons).cairn. les scientifiques prenaient conscience d’un phénomène touchant bon nombre de disciplines qu’ils appelèrent le « déluge des données2 ». Cette grille met les données à la disposition des scientifiques pour qu’ils les exploitent.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information.Sciences de l’information est en ligne sur CAIRN Depuis janvier 2009. ASOVFrance : Action Spécifique Observatoires Virtuels France. La consultation et l’acquisition d’articles ou groupements d’articles à l’unité sont aussi possibles aux personnes qui en ont acquis les droits sur le site CAIRN (accès payant aux pages de numéros parus en 2007 et 2008. banque de données biomoléculaires. NVO : National Virtual Observatory. C’est ce qui arrive dans les systèmes de surveillance planétaire du climat ou de l’environnement. l’épar pillement et la profusion des données. accélérateur de particules.

ces soins sont déjà assez conséquents. de nombreux soins doivent leur être prodigués : il faut d’abord surveiller les signes d’altération de leur support matériel et veiller à maintenir un environnement logiciel capable de restituer leur contenu. stephane. on peut s’interroger sur les finalités de l’évaluation et son risque d’instrumentalisation.gouv. on reste dubitatif sur les méthodes utilisées pour établir les classements des universités qui valorisent systématiquement celles des pays où ils sont établis. à laquelle la France ne participait au début que par l’intermédiaire des projets européens. emblématique de la politique néolibérale mise en œuvre par la stratégie de Lisbonne et dans laquelle la compétitivité est endogène à la course sans fin que doivent désormais se livrer laboratoires.Sciences de l’informationI 17 L . par exemple. destinée à importer le benchmarking comme technique de contrôle administratif de la recherche et remède managérial de la sphère publique. Pour que les données de recherche des « tout » numériques restent utilisables à long terme. à la suite du rapport Bourdin. organismes de recherche et universités. des « centres d’excellence » susceptibles de concurrencer les laboratoires américains ou japonais et d’attirer les « meilleurs cerveaux ». h index et autres indicateurs avec la ferveur des nouveaux convertis. Au-delà de la volonté de disposer d’outils de contrôle supposés améliorer le dispositif de recherche et sa compétitivité. se fonde sur des indicateurs très divers.[ LA CHRONIQUE DE STÉPHANE CHAUDIRON ] Stéphane Chaudiron Le concept de pérennité se réactualise également. Ses travaux portent sur l’évaluation et les usages des systèmes de traitement avancé de l’information. a question de l’évaluation est loin d’être nouvelle pour les professionnels de l’information mais se pose de manière neuve depuis que les autorités de tutelle de la recherche et les bailleurs de fonds l’ont transformée en enjeu politique. Le nouveau visage des données de recherche. du chercheur à la ministre. l’apparition d’une fièvre de l’évaluation dont les effets sont perceptibles à tous les niveaux. Les données numériques ne disposent pas d’une telle assise. vol. souvent inadaptés et dont l’interprétation est la plupart du temps contestable. mais sans toujours en saisir les modes de construction ni les difficultés d’interprétation. dans le cadre de l’e-science et des cyberinfrastructures. • 2009. cent ans. se dévoile un enjeu politique. Ainsi. leur conservation sur dix ans. de conservation et de gestion à mener sur les données pour qu’elles restent aisément accessibles et exploitables. l’ASOVFrance. se déploie depuis cinq ou six ans déjà. n°1 IDocumentaliste . dans le domaine jusque-là relativement épargné des SHS. Le classement de Shanghai a ainsi entraîné. autrement dit la pérennité des publications traditionnelles en papier repose sur des procédures d’archivage patiemment testées au cours des siècles. Si mesurer son efficacité est légitime.fr est professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Lille-3 (laboratoire GERiiCO).fr La recherche scientifique au risque de l’évaluation La fièvre de l’évaluation semble avoir saisi les acteurs du système de recherche français. Dans le cas d’un simple texte archivé numériquement. qui met en avant l’interopérabilité et la pérennité. L’évaluation comparative devient ainsi une fin en soi dans une vision de la recherche où sa finalité n’est pas de réduire les inégalités socio-économiques mais de distinguer des « pôles de compétitivité ». Le NVO est par exemple associé au centre DRCC6 pour l’archivage de ses données. dépassant les questions méthodologiques. compte depuis 2004 une structure française parmi ses membres. les documentalistes le savent bien. Bureau de l’IST dominique. La conservation à long terme. mal contrôlés méthodologiquement. Pour comprendre l’importance de l’enjeu. Ils se démultiplient quand entrent en jeu les formats techniques liés aux équipements de capture des données. il émerge progressivement. En France le terme d’« archivage pérenne » tend à englober les opérations de stockage. de préservation. 46. De même. Mais.aussant@recherche. l’IVOA. En France.chaudiron@univ-lille3. à savoir la recherche fondamentale et les formations universitaires. dans le monde académique. En appliquant les méthodes du benchmarking à la recherche et l’enseignement supérieur. Le monde anglo-saxon utilise le terme de « curation » pour décrire les soins à apporter aux données numériques afin qu’elles soient accessibles et réutilisables. Il faut également s’assurer de la validité des données. s’avère fragile. il faut le resituer dans la construction de l’Espace européen de la recherche. principalement aux ÉtatsUnis et au Royaume-Uni. Celle-ci ne déclarait-elle pas le 2 juillet 2008 que la « réalisation d’un classement européen des universités est une priorité pour la Présidence française de l’Union européenne en matière d’enseignement supérieur » ? Que signifie cet unanimisme et que sert un tel classement ? Il ne s’agit pas d’affirmer que l’évaluation dans le champ des politiques publiques est une exigence illégitime mais de s’interroger sur les objectifs de cette pratique qui. cette fièvre comptable semble avoir saisi de nombreux directeurs de laboratoires et de départements scientifiques ainsi que les comités de visite de l’agence de l’évaluation (AERES) qui manient désormais facteur d’impact. l’objectif est d’introduire sur le marché concurrentiel ce qui y échappait jusqu’à présent au moins dans une partie de l’Europe. En astronomie. • Dominique Aussant Ministère de la Recherche. on assiste en effet à une instrumentalisation de l’évaluation s’inscrivant dans la doctrine du New Public Management.

ont caractérisé les comportements de recherche et proposé des évolutions des interfaces. le renouvellement des agencements classificatoires dans les systèmes documentaires internes aux organisations. enfin le renouvellement des pratiques de citations et des technologies de liens qui viennent s’y greffer dans le cadre de la documentation scientifique (Ghislaine Chartron. n°1 Les acteurs de l’offre documentaire Présidé par Marc Minon (Cairn). Université de Troyes). cette session a porté l’attention sur les nouveaux entrants du web (Google et Yahoo. etc. Traitements et pratiques documentaires : vers un changement de paradigme ? uatre entrées principales étaient proposées lors de la conférence Document numérique et Société 2008 pour rendre compte des évolutions en cours du champ documentaire : les objets qui balisent l’espace documentaire. Claire Scopsi (INTDCNAM) s’est intéressée à l’introduction des SIGB open source dans les bibliothèques et aux motivations associées des professionnels de l’information. la conférence Document numérique et Société. Orange. lors d’une session présidée par Pierre Cubaud (CNAM). présidée par Geneviève Lallich (Université Lyon-1). Nicolas Bugnon et 18 IDocumentaliste . Les objets du champ documentaire Les communications retenues sous ce premier axe ont pointé. Une seconde session. René Schneider (HEG Genève). l’allègement financier étant l’un des plus manifestes. CNAM). syndication. 46. qu’Hervé Le Crosnier a développée sous le concept de « vectorialisme ». avec notamment l’exploitation de facettes et l’intégration de logiques propres au web socio-sémantique (Manuel Zacklad. les traitements documentaires. les opacs et les logiciels métiers dans les bibliothèques et les centres de documentation. par là même. dans le sillage des travaux de Wark McKenzie (2004) sur les nouvelles formes de domination au travail. des supports de lecture renouvelés et de nouveaux acteurs de la distribution dans le contexte national. Enfin. et les pratiques des usagers ainsi que leur accompagnement. vol. les acteurs impliqués dans la constitution de l’offre. avait choisi de privilégier l’observation des pratiques de terrain et d’encourager la construction de réflexions théoriques sur les concepts et les modèles qui renouvellent l’étude du champ documentaire et. Benoît Epron (Enssib) a dressé les évolutions récentes du marché du livre numérique. développant une stratégie au carrefour de l’économie des médias (financement par un tiers) et de l’économie des compteurs (exploitation des traces des usagers). tout en cherchant à préserver la richesse d’indexation proposée par les opacs. etc. Jean-Marc Lecarpentier (Université de Caen) a souligné l’étroite dépendance du document numérique avec les technologies renouvelées du web : web services. caractérisée notamment par une offre en croissance. Elisabeth Caillon.).Sciences de l’informationI 2009. les transformations de l’architecture du web sous-jacente aux documents numériques. à partir d’une étude quantitative et qualitative de trois opacs suisses. éclairent sur les évolutions en cours des métiers de l’information-documentation. en prise avec le paradigme des moteurs grand public de l’Internet.métiers Q et compétences [ colloque ] Pour sa deuxième édition. Amazon. a considéré les plateformes pédagogiques (Thomas Kreczanik. Lyon-3). et les points de vue parfois divergents entre les web designers et les opérateurs de la normalisation du web sur le développement des contenus en ligne. widgets. une synthèse sur les outils de bookmarking a mis en perspective la maîtrise technique croissante des nouveaux acteurs des réseaux s’appuyant sur l’indexation collaborative et .. Verizo. qui a eu lieu à Paris les 17 et 18 novembre 2008.

retours sur les pratiques. professionnels. terme usité au Maroc. Pédauque. 46. Sylvie Grésillaud et Jacqueline Gillet (InistCNRS) présentaient la chaîne documentaire d’édition élec tronique gérée par l’Inist et rappe- laient que « informatiste ». d’édition. architectures web migrant vers le calcul sur des données. apparition d’une économie liée au captage des traces des usagers s’appropriant par ailleurs des techniques liées de près ou de loin à la documentation. Marie-Hélène Lay (Université de Poitiers) a présenté une véritable étude de cas autour d’un outil d’aide à la rédaction de devis intégrant une formalisation documentaire facilitant le travail des non-initiés. monde documentaire professionnel. Marion Consalvi (Sud-Toulon-Var) bouclait la partie « traitements » en présentant un retour d’expérience de médiation de l’information au sein d’un grand groupe industriel. enseignants-chercheurs. la conférence s’est achevée sur un tour des pratiques documentaires des usagers. Repères La conférence Document numérique et Société a été fondée en 2006 par Ghislaine Chartron (INTD-CNAM) et Évelyne Broudoux (IUT de Vélizy. activités des amateurs.distribuée. de l’Université de Montréal.Sciences de l’informationI 19 Les pratiques documentaires Sous la houlette de Jean Clément (Paris-8). UVSQ). Marie-Anne Chabin (Archi ve17) a ouvert la danse en rappelant les fondements de la diplomatique et son adaptation au numérique avec les normes liées au records management. regards professionnels et études de cas. 23 d’entre elles ont été sélectionnées par un comité scientifique sous le principe de la double évaluation à l’aveugle. stockage. cette conférence a contribué à rendre compte des mouvements qui affectent un champ documentaire en restructuration : reconfigurations des acteurs autour de la chaîne documentaire. intégration de plus en plus forte des fonctions documentaires dans les activités de travail sont à remarquer. Abderrazak Mkadmi et Sami Hachicha. Stefan Gradmann (Humboldt-Universität de Berlin) et Brigitte Chapelain (Université Paris-13). réparties en trois séances présidées par Claudine Masse (ADBS). Patrick Pecatte (Soft Expérience) s’est appuyé sur les connaissances des abonnés de Flickr pour améliorer l’indexation d’un fonds historique de photos sur la bataille de Normandie. Poursuivant l’observation de pratiques en entreprise. Les textes de toutes ces communications sont réunis en un volume publié par les éditions de l’ADBS (452 p. Elle a réuni environ 150 participants. En alternant modèles théoriques. • Évelyne Broudoux evelyne. UVSQ). . Y furent principalement abordés les processus d’indexation. La définition de la documentation d’entreprise a ensuite été revue par Dominique Cotte (Lille-3) dans son évolution vers le numérique en termes de description.fr Ghislaine Chartron ghislaine. Agnieszka Smolczewska et Geneviève Lallich-Boidin (Lyon-1) ont pointé les ambiguïtés provenant de l’édition numérique de collections patrimoniales qui provoquent le repositionnement des acteurs engagés dans ces processus. étudiants.adbs. à la suite des travaux du RTP-Doc et de l'auteur collectif Roger T. ainsi que leur influence progressive dans les pratiques professionnelles (É. www. recherche. circulation. ces pratiques concernent un large panel d’acteurs. modèle hybride ajoutant les dimensions de réseaux d’acteurs. a discuté de deux modèles de dépôts institutionnels d’articles scientifiques et a présenté Fedora. La deuxième édition de cette manifestation s’est tenue les 17 et 18 novembre 2008 au Conservatoire national des arts et métiers à Paris..uvsq. les enseignants-chercheurs : leurs nouvelles manières de lire-écrire des documents numériques ont été recensées par Mohamed Ben Romdhane. 27 ¤). de services et de datasets à celles des revues et de documents. de l’Institut supérieur de documentation de Tunis (ISD). autour de l’édition de manuscrits et de la création d’une plate-forme de gestion de manuscrits. Les amateurs ont ainsi d’abord été observés par Laure Tabary-Bolka (Lille-3) qui s’est concentrée sur les pratiques mimétiques de classement et d’indexation d’images par la « culture fan ». Autres acteurs concernés. traduisait bien les nouveaux métiers créés par l’informatique documentaire. n°1 IDocumentaliste . Dany Bouchard. nécessairement interdisciplinaire.chartron@cnam. dans l’univers du travail. David Douyère (Paris-13) est revenu sur la distribution des rôles éditoriaux dans le cadre d’une appropriation collaborative d’un CMS installé sur un intranet d’entreprise. des éditeurs et des archithécaires.broudoux@iut-velizy. Thomas Lebarbé et Cécile Meynard (Grenoble-3) ont présenté leur travail collaboratif.fr 2009. d’archivage. vol. Celui-ci a recueilli 45 propositions de communication . La recherche d’informations fut le dernier thème abordé et l’indispensable intégration de la gestion de l’identité à la culture informationnelle a été circonscrite par Olivier Le Deuff (Université européenne de Bretagne). Poursuivant sur l’édition scientifique. Au même titre que la connexion en cours de mondes aux activités auparavant cloisonnées : monde informatique. Broudoux. Centrées sur des activités de redocumentarisation et de recherche d’informations sur le web. d’édito rialisation et d’organisation des mémoires.fr Les traitements documentaires La session consacrée à l’évolution des traitements documentaires est celle qui a rassemblé le plus grand nombre de communications. à la suite d’un appel ouvert à communications.

président du Comité directeur d’ADBS-Certification. ou à titre individuel. peuvent aussi déboucher sur une insertion professionnelle. L’objectif est de Repères Cette journée d’étude a été organisée par l’ADBS au ministère de la Recherche à Paris le 5 décembre 2008.fr Compétences et mobilité des professionnels de l’ID e thème de cette journée a permis à huit intervenants de témoigner de leur expérience et de débattre sur les formations. Elle est facilitée par la reconnaissance des différents acquis. type Erasmus. La certification vise les acquis de compétence (learning outcomes). 8 En anglais Euro?pean Qualification Framework. Jean Michel a résumé la journée en soulignant trois points importants sur la mobilité. Si l'espace européen permet à ses citoyens d'y travailler librement. Il reste cependant à convaincre les recruteurs de l’intérêt d’une formation à l’étranger alors que l’interna tionalisation des cursus se met en place. l’envie de s’expatrier ou la capacité d’adaptation. Les stages. 3 VIE : volontariat international en entreprise. de l’Euroréférentiel des compétences en I-D et de l’Eurocertification CERTIDoc.Sciences de l’informationI 2009. Mobilité des professionnels : quelles compétences ? Corinne Delord4 a démontré que la mobilité professionnelle pouvait résulter d’atouts personnels tels que la maîtrise de plusieurs langues étrangères. Il faudra donc préciser pour chacun des huit niveaux les savoirs (connaissances). par Éric Sutter. la formation continue et l’expérience professionnelle validée. Le programme détaillé et les supports des intervenants sont en ligne sur le site de l’ADBS : www. Son appartenance à différentes associations lui a aussi été très utile. Caroline Draughn9 a listé les exigences des employeurs anglais. avec le soutien de la Délégation aux usages de l’Internet (DUI). les aptitudes (savoir-faire) et les « compétences » (au sens d’autonomie. a présenté le Cadre européen des certifications (CEC8). Le Processus de Bologne a facilité cette démarche grâce à la convergence des systèmes universitaires européens. sa capacité d'adaptation à la culture du pays d'accueil et à l’entreprise. 7 Chef de projet américaine au Pacific Legal Information Institute au Vanuatu. établir la correspondance entre les grilles (cinq niveaux français et huit niveaux du CEC). vol. Elle était conduite par Jean Michel. intégrés au cursus universitaire ou en entreprise (VIE3). 2 ECTS : European Credits Transfer System. les dispositifs et outils utiles pour réussir une mobilité géographique ou fonctionnelle. JeanPhilippe Accart6 a souligné qu’il devait sa mobilité à la reconnaissance de ses diplômes français ainsi que de ses compétences professionnelles et managériales. obtenus par la formation initiale. Après la présentation. • Véronique Salaün vero. L 1 Webmestre au service des relations internationales de l’Université Paris-3. 6 De la Bibliothèque nationale Suisse et chargé des relations internationales à l’association Biblio?thèque Information Suisse. 9 Du cabinet de recrutement anglais Intelligent Ressources. Un candidat doit démontrer son expérience internationale. s’il connaît tous les outils et dispositifs existants et s’il a conscience des contraintes économiques. 5 Cyberdocumen?taliste à l’Office international des marques à Alicante.métiers et compétences [ journée d’étude ] « Exercer son métier dans un autre pays européen : pourquoi et comment ? » Tel était le sous-titre d’une journée proposée le 5 décembre 2008 par l’ADBS. n°1 . document officiel qui sera appliqué en 2010. l’adoption des crédits ECTS2 et la création d’autres dispositifs. Kendra Gates Derousseau7 a décrit son expérience d’ex patriation aux antipodes grâce à ses compétences linguistiques. et pallier ainsi le manque de diplômes. Dispositifs pour étudier à l’étranger Jan Douat1 a présenté les dispositifs favorisant la mobilité des étudiants en Europe. ses connaissances linguistiques et professionnelles. 4 Consultante au Cedoc. Étudier à l’étranger offre plusieurs avantages : financiers (aides. bourses) et pédagogiques (crédits ECTS. Le travail en cours de la CNCP pour le CEC comporte deux volets : établir un descriptif d’une certification donnée utilisable par tous .salaun@free. en collaboration avec Mireille Lamouroux.adbs. double diplôme). Elle a souligné l’ambiguïté du terme français « certification » employé dans ce texte et précisé que cela ne devait pas être confondu avec le concept de « grade universitaire ». Cela peut se faire dans le cadre d’un programme d’échange.fr 20 IDocumentaliste . 46. Elle est possible si le candidat est réellement motivé. quelle est la situation réelle des professionnels de l’information-documentation ? rendre « lisibles » les compétences en vue de l’insertion professionnelle. Certification et attentes des employeurs Anne-Marie Charraud. responsabilité et capacité à combiner savoirs et aptitudes dans une finalité professionnelle). présidente de la Commission internationale de l’association. Carine Forzy5 a ajouté que l’esprit d’aventure et l’envie de faire évoluer son poste par des formations adéquates lui ont permis de s’expatrier. de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP).

Le fait concerne tous les types d’œuvres. L’ampleur du phénomène Fondé sur une culture du partage. est bien.0 s’inscrit dans une évolution technique et la gratuité n’est qu’un « miroir aux alouettes ». ce jour-là. Élargir. moins souvent contrefaites. et au premier chef les œuvres musicales.0 et contrefaçon L 1 La chronologie des médias définit l'ordre et les délais dans lesquels les diverses exploitations d'une œuvre cinématogra?phique peuvent être faites. est fondé sur la publicité. Dans le secteur des logiciels. comme le démontre l’accord UGC signé. Microsoft multiple les approches.0. 46. alors que les œuvres. de l’attention. le projet de loi « Création et Internet » devant être discuté la même semaine en première lecture au Sénat. vol. utilisées comme produits d’appel.0 était particulièrement judicieux. L’érosion des revenus entraînera l’effondrement du système actuel et les œuvres ne seront plus accessibles qu’aux plus riches. www. Google. un colloque consacré à la contrefaçon sur Internet et aux multiples questions que soulève. système d’autorenfor cement des interactions à partir de services gratuits. Pour lutter contre ces dérives. Filtrer C’est ce qu’impose la loi sur la confiance dans l’économie numérique (LCEN) dans certaines conditions. l’industrie du cinéma table sur une redéfinition de la chronologie des médias1 .Sciences de l’informationI 21 . où de tous temps le piratage a été très prégnant.0 facilite aussi l’échange d’œuvres contrefaites.c om 3 Accord www. Des cercles vertueux Le modèle économique de Dailymotion.adbs. le web 2. qui rappelle qu’elle est aussi productrice de services et de contenus. la réflexion au web 2. un modèle emblématique. 2 User Generated Contents (UGC) Principles. en terme de droit d’auteur. organise une surveillance. être limité dans le temps. plate-forme emblématique du web 2. La fragilité des arguments juridiques utilisés par ceux qui les proposent pour se décharger de toute responsabilité a également été soulignée. L’entreprise a signé. par un appauvrissement des répertoires. permettent d’engranger des profits qui ne bénéficient pas à leurs auteurs. et la charte UGC. est une question incontournable pour la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Mais où le gratuit implique l’apparition de multiples segmentations. avec d’autres partenaires.0.?ugcprinciples. Web 2. par ailleurs un accord en septembre 20083 avec trois sociétés d’auteurs pour filtrer les vidéos qu’elle héberge.droit [ colloque ] de l’information À la veille de l’examen par le Sénat du projet de loi « Création et Internet ». comme l’a montré la présentation de plusieurs systèmes. Cela fait bien longtemps qu’une entreprise française du jeu vidéo. d’accompagner ces mesures par une pédagogie sur les réseaux et d’un filtrage le plus en amont possible. Il convient aussi de favoriser l’apparition d’une offre légale importante et de qualité. en octobre 20082 . Elle prône aussi l’autorégulation.htm?R H=SR_DROIT-INFOACTU a contrefaçon. tout compte fait. et où le contenu. ce phénomène en développement sur le web 2. qui vise à encourager la créativité des usagers tout en luttant contre la contrefaçon. n°1 IDocumentaliste . L’entreprise.?fr/accordentre-dailymotion-etdes-societes-dauteurs-50956. C’est pourquoi la Sacem compte beaucoup sur la pédagogie préconisée dans le projet de loi. Voilà un préalable à une démonstration qui présente l’enche vêtrement des divers modèles où prévalent le poids du consommacteur. Le filtrage ne peut être demandé que par une autorité judiciaire. se faire avec des systèmes /////// 2009. déjà évoquée. à cet égard. secteur au modèle économique très particulier. de la relation. qui touche la moitié de ses membres. l’Institut de recherche en propriété intellectuelle (IRPI) proposait. réalise des enquêtes et collabore avec les autorités de plusieurs pays. semble jouer un rôle annexe. mais aussi sur une régle- mentation qui seule pourrait éviter que la gratuité ne se traduise. a abandonné les produits en ligne pour se concentrer sur les consoles. Mais cette surveillance est coûteuse. Une approche économique Le web 2. à terme. avec plusieurs autres producteurs de contenus et des plates-formes qui s’engagent à faire respecter la propriété intellectuelle. le 27 octobre 2008.

les intermédiaires techniques (les fournisseurs d’accès à l’Internet et les hébergeurs) recourent aux empreintes des œuvres qu’ils comparent entre elles pour définir leur caractère licite et décider de les diffuser ou non. sous peine de nullité. il devrait être pérenne. Il ne s’agit en outre que d’une présomption qui peut être combattue par tous les moyens.0 que l’Institut de recherche en propriété intellectuelle (IRPI) de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) organisait. limitées à certains services et aux accès au domicile. n’y ont guère plus de responsabilités que les FAI. d’actualiser une loi à l’heure où l’on parle déjà de web 3. La responsabilité de droit commun (responsabilité pour faute. notamment la propriété intellectuelle. les difficultés rencontrées sont techniques (manque d’interopérabilité des systèmes). une pièce de théâtre ! C’est ainsi qu’elle a été présentée. se bornait à souligner la place incontournable de l’autorité judiciaire et qu’il existe des droits à la liberté d’expression. adopté par le Parlement européen. Prouver la contrefaçon sur les réseaux Une gageure pour un huissier dont les constats doivent. en 2004. et juridiques (promptitude de la désactivation. Les hébergeurs4 qui. la loi ne visant qu’à sanctionner celui dont le poste non sécurisé a permis la contrefaçon. moins « infamantes » que les sanctions pénales classiques. lorsque son poste est utilisé pour des téléchargements illégaux. avec un prologue. trois actes.0 recouvre des réalités dont la plupart étaient inconnues au moment de l’adoption de la LCEN. Définir les responsabilités de chaque prestataire Tel est l’enjeu actuel. Les ayants droit conserveront toujours. un hébergeur pouvant cumuler cette activité avec une autre. À cet égard.ccip.0 ! Puisqu’il est clair que les plates-formes doivent assumer plus de responsabilités. on retrouve la démarche en trois temps. en revanche. indispensable et proportionnelle au but poursuivi. D’autre part. La loi veut sensibiliser le propriétaire de l’ordinateur aux risques pris. commission d’ar bitrage créée par la loi Dadvsi. Le projet de loi « Création et Internet ». Mais le web 2. vérifier les connexions et bien choisir l’outil de visualisation. la régulation par le juge reste indispensable. la possibilité de recourir au juge et au dispositif actuel qui sanctionne pénalement la contrefaçon à hauteur de trois ans de prison et 300 000 euros d’amende. 4 Leur responsabilité est engagée s’ils ne réagissent pas promptement pour retirer l’information illicite lorsqu’ils en ont eu connaissance ou lorsque l’information est mise en ligne par une personne qui est sous leur autorité. sans être pour autant éditeur. À cet effet. des dispositions particulières pour les entreprises et les personnels morales. à recevoir et à communiquer des informations – mais que ceux-ci ne doivent pas porter atteinte à d’autres droits. du fait de la chose ou d’autrui) peut alors entrer en lice. Ce n’est qu’au troisième acte que les véritables sanctions apparaissent : une coupure de l’abonnement à l’Internet pendant un an via son FAI. propriété des fichiers d’empreintes). l’aspect pédagogique et l’offre légale sous des formes conviviales. Est-ce une loi utile ou une usine à gaz ? La question est pertinente lorsqu’on sait que l’ARMT (Autorité de régulation des mesures techniques).Propriété intellectuelle ». l’accès au téléphone ou à la télévision. un épilogue et un grand absent – le contrefacteur –. non encore stabilisées. le 27 octobre 2008 à Paris. suit une étape facultative qui permet de négocier un délai de suspension de l’accès entre un à trois mois. Si l’autorégulation (accords et codes de bonne conduite) est une voie intéressante. Au Royaume-Uni . Repères C’est sous le titre Contrefaçon sur Internet : les enjeux du droit d'auteur sur le Web 2. sous peine de surprise. Certes. Mais la gestion des fichiers pose problème. des accords entre FAI et fournisseurs de contenus. sans surprise. ne nous éclairent pas vraiment. Nul besoin. n’allouaient que des espaces mémoire. n’a été saisie qu’une fois en 18 mois. Après deux recommandations.droit de l’information /////// efficaces et ne concerner que des données de connexion. de créer une nouvelle autorité ni même. Si la sanction permet de rétablir l’équilibre. les informations partagées. être faits de manière loyale et répondre à une mission précise ! Ce n’est visiblement guère facile lorsque les réseaux sont privés. la circulation de fichiers illicites sur les réseaux P2P étant permanente.Sciences de l’informationI 2009. d’ailleurs.irpi. Mais.). 46. par ailleurs. ce qui semble être le cas des dispositions de la loi « Création et Internet ».html Les actes de cette manifestation doivent être publiés par Litec dans la collection « Le droit des affaires .fr/upload/271008_communiq ue. ce colloque dont on trouvera le programme complet et un compte rendu à l’adresse www. l’Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) est aussi chargée d’observer l’évolution de l’offre légale et de l’encourager. Quant au filtrage. n°1 . à l’époque. la solution consiste à sortir du piège de la qualification binaire. à qui il appartient aussi de vérifier que ses nouveaux clients ne figurent pas dans le fichier des personnes résiliées. vol. etc. Comment qualifier alors les nouvelles plates-formes qui ont d’autres activités ? Les décisions récentes des tribunaux. le système adopté est plus flexible et la perception de la gestion des 22 IDocumentaliste . qu’il faut éliminer tous les parasites (cookies. celle-ci doit être pertinente. tout comme les coûts induits pour le FAI ou les difficultés rencontrées pour apporter la preuve de sa bonne foi. il a été prévu que la résiliation ne puisse pas toucher Un modèle de loi exportable ? Il fallait rappeler que l’amendement 138 au Paquet Telecom.

et plusieurs accords ont déjà été établis pour indemniser les fournisseurs de contenus. Une académie pour faciliter les échanges entre professionnels du droit. Il n’en reste pas moins qu’une consultation est en cours et que l’on regarde avec beaucoup d’intérêt les développements français. ce qu’a démontré une analyse des citations faites dans leurs décisions par les juges de la Cour suprême du Canada. ce qui semble difficile à avancer. • Michèle Battisti michele. Un seul site exemplaire : celui de l’Université libre de Berlin où le débat doctrinal en ligne se fait en trois langues. de nouveaux modèles économiques à adopter (compensations financières). fondamentales pour aider à mieux comprendre les lois des différents pays. tel était l’objet des réflexions menées aux cours de ces trois journées. /////// 2009.battisti@adbs. Quant à la réponse. 46. Il n’y a finalement pas de panacée mais des procès qui doivent être bien ciblés. Encore faut-il que les décisions européennes soient publiées. Un rapide panorama des sites juridiques de divers pays européens met en évidence qu’ils sont souvent payants et privilégient les travaux menés dans leur pays.html 2 Les avis de la CJCE sur l’application d’un texte européen.fr [ JEIJ ] Peu avant le terme de la Présidence française de l’Union. Une réponse graduée aux ÉtatsUnis ? Il faudrait pour ceci prouver qu’elle est juste. que les outils de recherche soient maîtrisés et que l’on soit incité à prendre connaissance d’un droit étranger ! La doctrine. cette idée ancienne est malheureusement encore un prototype. L’association européenne des cours suprêmes administratives a créé deux bases de données remarquables. des évaluations à établir et une coopération étroite à organiser entre industriels et ayants droit. n°1 IDocumentaliste . Collectant les décisions sur des questions préjudicielles2 posées à la Cour de justice des communautés européennes et les décisions nationales significatives liées au droit européen. Re groupant les meilleures pratiques pour créer et appliquer le droit. Plusieurs lois et traités entendent aussi sanctionner plus fortement les contrefaçons. Mieux légiférer et mieux accéder au droit dans un espace juridique européen C réer un espace juridique européen. Accéder au patrimoine juridique européen Les lois et les règlements.ch/c ours/general/def/legi stique. Pour présenter la situation aux États-Unis. Cette fondation indépendante recourt à tout une gamme d’outils et d’actions pour créer une communauté à l’échelle européenne. vol. La jurisprudence. pour des raisons de coût.Sciences de l’informationI 23 . Mais les compensations financières résolvent bien des situations épineuses. elle ne viendra pas dans l’immédiat de l’Europe. ment un projet de texte européen tout au long des étapes de sa procédure d’adoption. Elles ont proposé un panorama très dense et équilibré de réflexions et d’informations sur les questions qui se posent actuellement sur l'accès à l'information juridique en Europe. qui devrait être mondiale en raison du caractère mondial des dangers sur les réseaux. Puisque le travail technique à mener en amont pour proposer un outil simple à utiliser est complexe. Il reste. et que le marché n’est pas totalement mûr pour des versions uniquement numériques. accusée d’avoir préconisé l’usage d’un logiciel de P2P permettant la contrefaçon et rappelé les nombreux procès intentés à des internautes par la RIAA. beaucoup d’efforts à faire pour accroître la visibilité de la jurisprudence européenne. établir des liens plus étroits entre eux et répondre ainsi aux attentes de l’Union européenne. Un portail multilingue devrait permettre de suivre plus facile- 1 La légistique sur le site webdroit : webdroit. C’est un site multilingue sur la légistique1 qu’entend proposer prochainement le service des pu blications des Communautés européennes. y compris lorsqu’elles sont réalisées à l’étranger et portent sur des œuvres américaines.?unige. efficace et légale. les Journées européennes d’informatique juridique se sont déroulées du 10 au 12 décembre 2008. on a évoqué la condamnation de Grokster.données personnelles plus laxiste. en revanche. Créer une autorité administrative indépendante serait impossible en Belgique. il doit aussi favoriser l’émergence d’études de droit comparé. voici un autre moyen qui doit briser les frontières. procès souvent réglés à l’amiable. lui donner une visibilité et un impact dans le monde. l’actuelle Commission européenne actuelle étant en fin de mandat. elles constituent des avancées pour une application uniforme du droit communautaire.

n°1 . « Couleurs du droit ». donneront du poids à la pensée juridique européenne dans un contexte où l’on prône le modèle anglo-saxon qui serait plus adapté au monde actuel. Mais la palme revient au Royaume-Uni. pourquoi ne pas recourir aux outils de partage ? Réutiliser les données du secteur public.legalaccess. un rapport en demi-teinte puisque l’on note des progrès en matière de couverture et de rapidité de la mise à disposi- tion des données. les efforts doivent être poursuivis.doc 6 L’intervention a mis l’accent sur plusieurs difficultés soulignées dans un guide conçu par Juriconnexion et l’ADBS : Faire face aux difficultés contractuelles. Les nouveaux traitements électroniques de l’information juridique. Non seulement il est lié au droit fondamental d’accès à la justice. organisée par les instances européennes. le Forum européen des Journaux officiels et plusieurs associations dont l’ADBS. Il convient. besoins et offerts gratuitement au public. au contraire. et qui vont au-delà de la traditionnelle vision nationale. Des avancées en Espagne. émanations d’associations. où l’accordcadre signé entre l’État et la fédération des éditeurs a suscité des produits plus nombreux et de meilleure qualité. militent pour le libre accès au droit. droit. en revanche. 46.?francophonie. sous l'égide de la Présidence française de l'Union européenne. Si.org. Un discours radicalement différent émane du Canada où l’accès libre à des textes juridiques de qualité est du ressort de l’État. Mais les défis ne seraient pas techniques ni commerciaux. Sans surprise aussi. démontrant ainsi que pour obtenir un fonds de doctrine libre et réutilisable. Le numérique qui « reconstruit » l’information incite à reconsidérer le rôle de l’État dans le marché de l’information juridique. bénéficient de la mise à disposition gratuite de cette information. peut se fournir au coût marginal. pour des questions liées au droit d’auteur. souligne que. l’effort ne concerne que les textes antérieurs au début du XXe siècle. la BnF numérise les corpus juridiques en collaboration avec d’autres bibliothèques et les grands corps de l’État. il suffit que l’auteur « lâche » un peu ses droits et que l’utilisateur respecte les règles imposées mais qui lui donnent plus de liberté que celles du droit d’auteur classique. répartis à peu près équitablement sur les cinq continents3. vol. Si cette revue écossaise en ligne consacrée à la doctrine européenne est libre. Repères Les journées européennes d’informatique juridique ont été organisées du 10 au 12 décembre à Paris. acteurs publics. où un guichet unique permet au secteur privé de s’appuyer sur le public pour obtenir des sources fiables. peu coûteuses à produire. le site commercial Caselex souhaite que le secteur public réponde mieux aux attentes des éditeurs privés. l’alternative consiste soit à ce que l’État mette en œuvre les nouveaux « versionnages » répondant à ses 3 La France est représentée par « Droit francophone » : droit. qui doit réguler le marché pour organiser la concurrence. fin 2008.eu toutes informations détaillées sur le programme et le contenu de ces trois journées qui avaient respectivement pour thèmes Les journaux officiels européens. mais politiques.org. propose depuis treize ans des textes en libre accès. et Le marché de l’information juridique en Europe.biall. la qualité de l’information et les stratégies à développer pour construire des modèles économiques stables permettant de libres diffusion et réutilisation des informations. les universitaires étant incités à publier dans quelques revues notoires pour être reconnus. pour créer leurs services. par La Direction des Journaux officiels. le GFII et Juriconnexion. Légifrance devrait proposer des licences d’utilisation plus élevées pour des données moins sophistiquées mais complètes qui seraient valorisées par les éditeurs privés. Le présent compte rendu ne reprend qu’une partie de ces travaux Accès libre ou payant ? Les instituts d’information juridique.droit de l’information /////// En France. mais il ne fait pas disparaître les éditeurs commerciaux qui. la concurrence entre les services publics et privés augmente le coût des services spécialisés . dans le deuxième cas.uk/doc s/codeofpratcice. économiques et sociaux. Pour cet enjeu dont les règles sont définies par une directive européenne de 2003. la tarification sera modulée en fonction de l’utilité et l’État. En France. soit à laisser à l’édition privée le soin d’ajouter de la valeur à l’information brute. Seules des publications en libre accès4. donnant une meilleure visibilité à la doctrine française et la possibilité de développer des passerelles vers d’autres disciplines. les recherches financées par des fonds européens doivent être en libre accès au maximum six mois après leur publication. premier pays à transposer cette directive et à la mettre en œuvre. elle ne touche aujourd’hui que certaines aires géographiques. L’éditeur se trouve face à une concurrence publique mouvante qui s’essouffle et ne peut plus répondre à ses demandes. mais pas en ce qui concerne la transparence ni la tarification. Si les coûts de production et de diffusion restent importants. Dans le premier cas.Sciences de l’informationI 2009. qu’il convient de définir les frontières de la mission de service public et de renforcer les partenariats entre secteurs public et privé. ils ont mis l’accent sur la coopération. On trouvera à l’adresse www. d’universités ou de centres de recherche. d’élargir son champ en englobant les droits d’autres pays et. En Allemagne. il ne peut pas être exhaustif ni suivre les évolutions des outils. Lors de leur conférence. Une présence s’impose aussi sur le web 24 IDocumentaliste . site catalan. 5 Sur le site du BIALL : www. la consultation publique. Des points de vue… … d’auteurs. Le site veut répondre aux attentes du citoyen qui n’y trouve pas les réponses pratiques qu’il attend. l’ADIJ. si la surabondance reste un défi. Légifrance pêcherait par excès d’ambition. si la mise en œuvre est lente. ni même juridiques puisque les licences libres offrent des solutions satisfaisantes.o rg/df-web 4 Selon une recommandation de la Commission européenne. ils alimenteront le site Europeana.

les lectures. soit la prise de risques pour répondre à la concurrence plus forte. c’est une modification dans les modes d’écriture. Il a été adopté par plusieurs d’entre eux qui y font référence dans leurs contrats. et leur affecter des autorisations. diffuser une information validée. … d’éditeurs « classiques ». et un retour aux fondamentaux du métier d’éditeur. • Michèle Battisti michele. composé de clients avertis et d’éditeurs qui peuvent répondre à leurs attentes. plus ou moins voulue. conscients des difficultés inhérentes aux contrats de licences6 proposés aujourd’hui par les éditeurs. organisme chargé de gérer les noms de domaine en . dans des facebooks juridiques. Le numérique a donné lieu à des nouvelles formes de publications qui ont modifié les méthodes et les rythmes de travail. … d’éditeurs de produits et de services « nés » numériques. quand le web 2. y compris dans les bibliothèques. c’est ce que rappelle avec force l’envi ronnement numérique. plus percutants. conduit à s’interroger sur la place de l’individu dans le monde numérique. Aujourd’hui le marché. Répondant aux attentes qui viennent d’être exprimées. Les professionnels de l’information jouent un rôle indispensable lorsqu’ils dressent et analysent des tableaux de bord des usages.fr. authentifier un utilisateur ou une ressource. des consultants et des éditeurs sur la question de l’identification des utilisateurs des systèmes d’information.social. deux modes de publications pour lui complé mentaires. au-delà de la seule question technique. Il fallait. les bibliothécaires du secteur juridique ont rédigé un code de bonnes pratiques destiné aux éditeurs5. c’est le défi que doivent relever les éditeurs face à une inflation de contenus gratuits et à la googleisation de la société. Mais la question essentielle est de publier en langue anglaise pourêtre lu et cité. adaptés à toutes les demandes. « servir » des données les concernant. commente les missions d’un service d’identité : attribuer un identificateur. Pour répondre aux exigences plus précises des utilisateurs. ou pour cet auteur qui publie dans des revues traditionnelles et qui tient son blog. En Irlande et au Royaume-Uni. construire une juste identification et former les usagers à contrôler leur identité sur les réseaux ? » Réflexions autour d’un service d’identité L’identité est plurielle. Cette « fertilisation croisée » a été soulignée mais les blogs présentent malheureusement encore les seules opportunités offertes aux jeunes chercheurs. mais aussi la pérennité. En France. la fiabilité. 46. n°1 IDocumentaliste . vol. … de bibliothécaires et de documentalistes. puisque l’on reste encore (mais pour combien de temps ?) méfiants face aux publications électroniques.0 nous pousse à nous révéler toujours plus ? Quel L rôle ont à jouer les médiateurs de l’information et de la connaissance pour prévenir les risques d’abus. la Fulbi entendait soulever un certain nombre de questions : « À quel moment l’identifiant devient-il indiscret en révélant les goûts.battisti@adbs. ils ont conçu des produits intelligents. ont conçu des guides qui aident les professionnels de l’information à décrypter ces documents et à négocier leurs clauses pour mieux répondre aux besoins de leurs utilisateurs. la Fulbi invitait des professionnels des bibliothèques et de la documentation à échanger avec des chercheurs. Gérer les multiples facettes de l’identité ors de cette récente journée d’étude. les recherches. ce qui nécessite des investissements et une maintenance coûteux. les projets ou les déplacements de celui qu’il désigne ? Quels processus conduisent à l’élaboration d’une identité numérique plus ou moins maîtrisée.Sciences de l’informationI 25 . Ce qu’attend le client. Pour illustrer les multiples implications de cette réalité. pourtant. est mûr. Il faut aussi former les utilisateurs. et ont poussé les éditeurs à ajouter de la valeur par de nouveaux outils. les éditeurs du numérique mettent l’accent sur la notion d’utilité. Le numérique se traduit par une souplesse de production et de commercialisation et par des niches. le représentant de l’Afnic. Ce que l’on note aussi. les associations de documentalistes. dans le discours d’un auteur satisfait pour qui les éditeurs jouent un rôle indispensable pour la notoriété et par la sélection et la hiérarchisation des informations. Se plier aux besoins. c’est la qualité. y compris à partir de sources externes. et des politiques tarifaires justes. mettre l’accent sur la variété des identificateurs /////// 2009. Des relations éditeurs / auteurs non conflictuelles. Un sujet qui. Prendre en compte dans les relations contractuelles ces nouveaux modes d’exploitation a fait des auteurs de véritables partenaires.fr [ journée d’étude ] Lors d’une journée d’étude proposée le 13 janvier 2009. en effet. Mais les revues traditionnelles jouent toujours un rôle majeur pour la notoriété d’un chercheur.

telles sont les traces laissées. c’est l’usurpation d’identité et l’atteinte à l’intimité de la vie privée. pouvoir les modifier. Une carte multiservices pour un étudiant nomade C’est ce qui existe déjà à Paris et en Île-de-France où les universités ont mutualisé et rendu interopérable leur espace numérique de travail sous un portail unique. le droit s’est emparé de la notion d’identité. cette réalité est plus criante aujourd’hui avec la marchandisation du « moi ». vérifier les identités et signer les demandes de certificats. pose le problème de sa conservation – souci encore plus prégnant dans l’environnement numérique. n°1 Traçage et protection : des outils pour résoudre cette équation Si l’identité a toujours été une notion très complexe.). posant la question de son attribution par l’État et divers acteurs privés. d’ici peu. nom et prénom. ISBN. et c’est ce qu’il maîtrise généralement très mal alors qu’il existe des techniques pour y remédier : l’anonymisation du code IP la désactiva. instrumentalisé en outre par diverses entreprises. sa réputation. se contenter d’une divulgation minimale pour un usage défini.php?article42 Mais. Ce passeport numérique est aussi un porte-monnaie numérique permettant d’accéder à des équipements sportifs. analyser l’identité numérique à la lumière du Code de la propriété intellectuelle conduit naturellement aussi à présenter l’articulation du droit des marques et des noms de domaine. il convient d’être vigilant et de veiller notamment à ce que le fournisseur d’identité et le fournisseur de services soient indépendants. il conviendrait de faire de l’identifiant numérique un droit de la personnalité. Identité et propriété intellectuelle À l’image d’autres disciplines. Toutefois. objet d’une réglementation qui a évolué. des relations et de la réputation représente de nouveaux marchés pour de nouveaux services. ses intentions.droit de l’information /////// (numéro de sécurité sociale. il faut disposer d’identités moins nombreuses mais bien séparées. Ses identités. sur l’extrême diversité des registres et aussi sur celle des fournisseurs d’identité puisque. Intitulée Identification. par ailleurs. par l’internaute. ou ceux qui permettent de gérer ses réseaux ou sa réputation. À cette fin. elle est souvent sous-utilisée ? Repères Créée en 1991. lieu permanent d’expérimentation et d’innovations. Constituée de plusieurs éléments. volontairement ou non. la FULBI (Fédération des utilisateurs de logiciels pour bibliothèque.nexenservices. comme OpenId qui permet à l’utilisateur de s’authentifier auprès de plusieurs sites avec un seul identifiant.Sciences de l’informationI 2009. une solution . Le programme et les supports des intervenants sont en ligne sur le site de la FULBI à l’adresse http://fulbi. si la technique offre de multiples possibilités. etc. logiciel qui s’interpose entre les transactions pour capturer les données et les stocker. Mais la carte va bien au-delà puisqu’elle permet d’accéder à tous les services (prêts.com/spip/spip. url. et des web services qui répertorient par login ou nom d’utilisateur les services auxquels l’internaute est abonné ? La gestion de l’identité. à côté de l’État. l’intervenante précise que l’identité. sans tomber dans les pièges liés à la création et à la gestion d’une identité numérique. prospèrent des acteurs privés tels que Google. Pour bénéficier des opportunités offertes par les réseaux. comme le soulignent les injonctions faites aux moteurs de recherche pour diminuer la période de sauvegarde des données personnelles recueillies. sa dernière journée d’étude a eu lieu à Paris le 13 janvier 2009. l’activation de la case qui interdit la collecte de ses données ou encore la désactivation javascript sur les navigateurs. des parkings et. photocopies. si l’on peut faire de son nom patronymique une marque. Ne devait-on pas noter. Verisign… On a aussi rappelé aussi que chaque service d’identité a ses règles et qu’à côté des connotations techniques se posent d’au tres questions. Mais peut-on parler de « vraie » identité alors que plusieurs identités sont attachées à une personne ou à un objet ? Faut-il faire confiance à des intermédiaires peu connus pour la plupart ou à ceux qui utilisent des techniques dont on peine à évaluer la fiabilité ? Un « bon » fournisseur d’accès doit stocker les clés dans des archives sécurisées. Après des rappels sur la notion d’auteur et de web. un système de codification unique à douze chiffres a été mis au point. 46. celuici doit-il s’effacer lorsqu’il entre en conflit avec une marque notoire ? Pour être à l’abri. Mais que faire face au packet sniffing. identifiant.) des bibliothèques du réseau. ses actions. que les failles constatées avaient bien plus souvent une origine humaine que technique et que. savoir résister à ceux qui exigent de conserver les traces. voire se former pour savoir gérer ses identités. notamment lorsque les fichiers sont croisés ou vendus. tion des images. pouvoir donner son consentement pour certains usages et garder le contrôle sur ceux-ci. etc. documentation et information) réunit dix associations d'utilisateurs de logiciels dans le monde des bibliothèques et centres de documentation spécialisés. identité… individu. vol. objet d’importants enjeux économiques. 26 IDocumentaliste . à divers moyens de transport et à d’autres services. Microsoft. tout comme le comportement irrationnel des individus qui s’émeuvent des données personnelles figurant dans le fichier Edvige mais n’hésitent pas à dévoiler des éléments sensibles de leur personnalité dans Facebook… Ce que la loi sanctionne surtout. l’identité numérique est effectivement en « désordre ».

sous le titre générique Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance. en concertation avec des fournisseurs de logiciels. Un chantier passionnant ! Intégrant deux professeurs de droit réputés.quelle doit être la place de la gestion collective obligatoire. la loi doit déterminer les modalités concrètes de perception et de répartition des rémunérations perçues. elles leur proposent des boîtes à outils et des programmes de formation pour leur permettre d’optimiser sa présence en ligne sans se mettre en danger.com. le cabinet Gilles Vercken exerce son expertise spécialisée dans deux domaines principaux : le droit de la propriété littéraire et artistique dans tous les secteurs culturels et le droit des nouvelles technologies. Crédit photo : © Anaïs Vercken Le droit d’auteur en 2009 : quelles libertés et garanties ? L’actualité du droit d’auteur se résumerait à une riposte « graduée » permettant à une autorité indépendante. ne faut-il pas prévoir expressément l’interdiction d’y déroger.[ LA CHRONIQUE DE GILLES VERCKEN ] technique qui favorise la mobilité mais ne vise pas à se substituer aux politiques définies par chaque établissement. Valérie Laure Benabou et Michel Vivant. Un des chantiers prioritaires est donc de refixer un cadre clair entre droits exclusifs et libertés. L’OMPI s’est saisie de la question. comment préserver les partage des connaissances ? Il existe un consensus pour affirmer que le moyen de parvenir à cet équilibre est de fixer de manière pérenne le périmètre des droits en coordination avec celui des exceptions et des limitations à ces droits. il convient d’en informer les usagers par une affichette. L’accent y est mis sur la responsabilité engagée par celui qui fait circuler l’information sur les réseaux.lorsqu’il est prévu des rémunérations au profit des titulaires de droits. Puisqu’une puce qui respecte les recommandations Idrabib sera muette sans le SGIB de la bibliothèque à qui elle appartient. et ceux liés à la diffusion et au ans le cadre de la révolution numérique. et suggère une nouvelle exception pour le contenu créé par l’utilisateur. qui. • 2009. SIGB et RFID Idrabib. et combien… . acronyme de « Identification par radiofréquence en bibliothèque » révèle le souci qu’ont les bibliothécaires de garantir l’interopérabilité de leurs systèmes de gestion par RFID et la protection de leurs usagers. et propose de modifier éventuellement les exceptions existantes. • Michèle Battisti E intérêts des auteurs et créateurs. Pouvant être appliquée à tout bien culturel et support d’information. ce qui mettrait fin à certaines pratiques visant à interdire par contrat ce qui est pourtant autorisé par la loi ? .gillesvercken. pour que les zones de liberté soient non seulement clairement définies mais aussi garanties. mais que cet objectif n’a pas été atteint. 46. L’arbre de l’ Hadopi cache la forêt des questions fondamentales à résoudre pour moderniser et adapter le droit d’auteur. d’autres problèmes doivent être abordés. plusieurs associations mettent au point. notamment celles relatives aux bibliothèques et aux archives et à la diffusion à des fins d’enseignement et de recherche. elle représente la première étape d’une prochaine standardisation. ne traite quasiment que de la question des exceptions et limitations.Sciences de l’informationI 27 . n’a pas été saisie une seule fois depuis sa création) ? Peut-on imaginer un mécanisme permettant à l’utilisateur de savoir a priori s’il est bien dans le champ de l’exception ? La Commission devrait tirer les conséquences de cette première approche dans le courant de l’année 2009 et nous formons le souhait que le législateur s’intéresse aussi aux moyens concrets de rendre effectifs les principes posés par la loi. de prendre des mesures contre les internautes « pirates ». À cet effet. y compris et surtout dans le cadre de la diffusion en ligne. Le livre vert fait le constat d’une « insécurité juridique par manque d’harmonisation ». contact@gillesvercken. ou des exceptions rémunérées dans la Dadvsi. Chacun sait que la directive du 22 mai 2001 avait pour objectif d’harmoniser les exceptions dans les pays de l’Union. à qui. www. Il nous semble qu’à tout le moins doivent se poser quatre questions essentielles pour garantir l’effectivité des solutions légales : . afin de ne pas répéter l’expérience désastreuse de la reprographie dans la presse. et la Commission a publié le 16 juillet 2008 un livre vert qui. n°1 IDocumentaliste . organisme créé par la loi Dadvsi pour veiller à l’équilibre entre mesures techniques et certaines exceptions. laquelle a oublié de préciser qui doit payer. Idrabib figure ainsi dans une recommandation sur l’usage des puces RFID pour les documents en bibliothèques publiée par plusieurs associations de professionnels en mai 2006. une nouvelle charte. D’ici la rentrée 2010. notamment face à des recruteurs. Former les étudiants Les documentalistes de l’École de commerce de Lille ont pris le parti d’aider les étudiants à gérer leur identité numérique sur les réseaux. vol. puisque la réinformatisation des bibliothèques et des centres de documentation présente un risque particulier. et non en opposition. la question de la vie privée et la fiabilité technique du système. reviendrait concrètement à une exception rémunérée ? . Mais. sur la manière de se rendre visible et sur les techniques de surveillance qui s’imposent afin d’être gagnant sur tous les plans. l’Hadopi. bien encadrée. tels que l’évolution des SIGB.qui peut agir pour faire respecter les zones de liberté et devant quelle juridiction (l’ARMT.une fois fixé par la loi le périmètre des exceptions.

C’est dans cet esprit de questionnements et d’esquisses de scénarios qu’a été bâti ce dossier. forgé en 2004. dans ces pages. il ne s’agit pas de refaire un nième inventaire des outils et usages que ce concept.0 et qui sont fondamentales pour les professionnels de l’information. remodelage des processus cognitifs : autant de notions revisitées ou initiées par le web 2. n°1 .0 est plus complexe et finalement plus surprenante qu’il n’y paraît. Ceux-ci se sont majoritairement approprié le phénomène et. la portée du web 2. à tel point qu’aujourd’hui le vocable de 2. • Dossier coordonné par Bertrand Sajus. prédominance de l’accès. des usages et de la transformation des relations avec les utilisateurs. 46.Sciences de l’information I 2009. vol. Genèse et validation des contenus.0 ? Qu’on se rassure. convergence du web social et du web sémantique. À eux de se montrer maintenant à la fois critiques et imaginatifs. externalisation de la mémoire.Web information-d évolution ou révolution ? p ourquoi consacrer le dossier de Documentaliste – Sciences de l’information à un sujet aussi… rebattu que le web 2.0 est devenu synonyme de « tendance »… Au-delà des paillettes. chargé d’études documentaires au ministère de la Culture et de la Communication Conception et coordination éditoriale : Dominique Brisson 28 IDocumentaliste . témoignent – souvent avec enthousiasme – de leur expérience des outils. a rapidement mis sous les feux de la rampe.

nano-innovations ou pseudo-innovations dans une foule d’activités humaines : documentation 2. Emmanuelle Bermes et Clément Oury [p.0.0.40] « L’espace flux de l’Y : un agrégateur pour filtrer.0. David Liziard [p.61] Web 2.dossier Web 2.42] « Netvibes : une fondation solide et extensible pour ceux qui manipulent l’information au quotidien ». Un succès à faire pâlir les meilleurs talents du web-marketing. Dominique Cardon et Julien Levrel [p.32] [p. et après ? [p.50] Quelles compétences 2.51] Web 2. etc. un changement radical frappant brusquement d’obsolescence tous les anciens modèles. n°1 . un portail pour diffuser ».44] [p.0.36] Un site wiki : juste un plan de travail.0. que l’on observe aussi dans le monde documentaire. Patrick Pecatte 02 I Gérer autrement les projets [p.. En quelques années.0. Silvère Mercier [p. Les professionnels avides d’innovation que sont les lecteurs assidus de Documentaliste – Sciences de l’information ont-ils vraiment une tête de deuxpointzéro ? Quelques ruptures mais beaucoup de continuités Entre les années 1990 et les années 2000. Mais le passage du 1 au 2 sous-entend une rupture.Sciences de l’information I 2009. le web a quelque peu changé… ce n’est pas vraiment un scoop.39] « Le blogueur ne crie pas dans le noir ! ». vol. culture 2.56] Contribuer et surveiller : l’autorégulation sur Wikipédia.64] La Renaissance au secours des mondes virtuels. nous privant par là même d’une compréhension plus fine du web actuel et des mutations 30 IDocumentaliste . économie 2. certes particulièrement créatif ? Quel est l’impact du phénomène 2. pas une fin en soi. Merchid Berger [p.47] L’approche alpha. p Est-ce que j’ai une tête de deuxpointzéro ? Parmi les experts fort judicieusement réunis en 2004 à l’instigation de Tim O’Reilly. bêta.48] « Infotourisme ou la naissance d’une intelligence collective autour d’une cinquantaine de contributeurs ». le dossier coordonné par Bertrand Sajus se donne pour objectif de fixer des repères et de partager des expériences – tout en laissant une large place à l’analyse critique et à la prospective.52] « Flickr et PhotoNormandie : une entreprise collective de redocumentarisation ». Dale Dougherty. Martine Goujon [p. La formule pourrait se résumer ainsi : 2.0. au tournant du millénaire. 46. dans les noms d’agences. Il y a incontestablement un avant et un après. le n. Sylvie Bourdier Du côté de la formation. Gilles Balmisse et Ali Ouni [p. Sylvie Le Bars [p.0 égale tendance.0 dans la sphère de l’information-documentation-connaissance ? Volontairement non exhaustif. Claudine Masse Mots-clés 03 I Web 2.54] [ introduction ] Lame de fond ou simple palier d’évolution du web. Après quelques années.).0 et information-documentation sommaire [p.37] Les paradoxes des blogs de bibliothèques. Ce logo est aux années 2000 ce que fut l’arobase aux années 1990 (on en voyait partout. Et l’explosion de la bulle Internet. les titres de webzines et même sur les pin’s et les cr@v@tes. Rémi Sussan Sources et ressources. Xavier Borderie 01 I Fondamentaux et usages [p. feedback.0 » est devenu l’étendard de toutes les innovations. a certainement joué un rôle d’accélérateur salutaire. mini-innovations.0 et droit Éric Barbry [p. entreprise 2.0 ? Jean-Michel Salaün [p.0. le « 2. pour éclairé qu’il fût. ce sous-entendu tend à masquer certaines continuités. n’avait probablement pas imaginé la fortune de son appellation : le désormais fameux « web 2. Malheureusement. il est temps de faire un point critique.38] « Rédiger un blog expert : une activité qui enrichit sa propre expertise ». Bernard Vatant [p..0 et mémoire : de la conversation à la conservation.0.68] Quelques références pour aller plus loin. en attendant le 3.0 pour les documentalistes ? Dominique Vignaud [p.0 ». [p.59] Web sémantique et web social : un mariage de raison.44] La gestion de projet à l’heure du web 2.32] La documentation est-elle soluble dans le web 2. Olivier Charbonneau [p. le 4. Gilles Balmisse [p.54] La forêt pousse… Jusqu’où ira-t-elle ? Bertrand Sajus [p.

0 ne serait que l’arrière-plan du moment… • 2009. Sur le plan de la démographie des internautes tout d’abord. pour mieux saisir l’impact du phénomène web 2.en cours. par exemple (2004-2005). lieu. mais pas Wikipédia. Il va sans dire que ce nouveau paysage collaboratif implique une vigilance juridique particulière. Elle stimule particulièrement le désir de comprendre. la connaissance des mécanismes de l’intelligence collective. Mais elle peut aller jusqu’à une restructuration profonde des processus documentaires. L’intérêt du wiki ne se limite pas aux grands projets de type Wikipédia. cette acculturation massive des utilisateurs. qu’aucune fonctionnalité informatique ne peut résoudre par elle-même. pas spécialement conçu pour les documentalistes. L’ensemble se répartit en trois volets : le monde documentaire et le web 2.0 déjà bien intégrée dans les pratiques professionnelles Le propos de ce dossier est de fixer des repères. de réactibertrand. la gestion de projet et un regard critique y tiennent une place centrale. économique. C’est en effet cette masse critique. mais pas la blogosphère. elle est déjà largement intégrée dans nombre de pratiques professionnelles.Sciences de l’informationI 31 . ouvrent un espace intermédiaire entre l’activité professionnelle et des engagements personnels. Les outils les plus anciens et éprouvés (blogs. Ils méritent à eux seuls un dossier complet. D’aucuns s’étonneront de l’absence d’articles sur les folksonomies. wikis). plus de matériel. il a étonnement. parfois avec archives départementales. engageant l’organisation sur le terrain parfois périlleux de plates-formes captatives de contenus. Les éditeurs de Netvibes Après une expérience en ont expérimenté. où le web 2. Dans ce cas. Un regard rétrospectif attentif nous rappelle que le passage du 1 au 2 procède plus d’un effet de seuil que d’une rupture technologique et.0 : le Ruby on Rails et l’Ajax. En 2009. plus d’ergonomie… et surtout plus d’usages. au point régionale des affaires cultud’inventer des usages nouveaux. se sont accoutumés aux règles de l’Internet et aux navigateurs. Mais ceux-ci renvoient aux identités numériques et celles-là aux langages d’indexation. Il constitue.0 et.0 documentaire. favorise une fécondité de discours typique de la blogosphère. C’est en fait le « plus » qui fait ici l’« autre ». mais il procède d’abord d’un phénomène de masse critique. Les débits n’ont cessé d’augmenter… Plus d’internautes. tandis que l’ergonomie des services s’est améliorée. mais ouverts sur des processus rétroactifs continus. Cependant. ici. quant à eux. ni même surpris. Un outil comme Flickr. Les blogs.gouv. sous l’angle documentaire. Quant aux agrégateurs RSS. riches et complexes.0. Ce dossier n’a pas l’ambition de décrire toutes les facettes du 2.sajus@culture. donnent Des outils légers.0 n’a peut-être pas été anticipée par les documentalistes.0. Le changement est net et même spectaculaire. Deux outils phares. dans tous les cas. le wiki. Moins dépendante également d’outils logiciels lourds.0 : plus de souplesse. les wikis et les blogs. Certes à des degrés divers. ou sur les réseaux sociaux. à coût logiciel zéro. Il vise aussi à fournir quelques retours d’expérience et éclairages pratiques pour les usages professionnels. Mais il exige. impliquées dans des cycles de conception courts. dont le premier offre une simple amélioration des prestations. d’analyser et communiquer avec une communauté. plus précisément. quand bien même il en aurait l’espace. Sur les plans intellectuel et psychologique. la manière dont de participé à divers projets nombreux porteurs de projets internet et de documentation documentaires ou de veille se numérique dans une direction sont approprié l’outil. la gestion de projet web 2. C’est un parti pris. peut devenir un excellent outil transitoire de redocumentarisation collaborative. toutes générations confondues (des retraités aux petits-enfants). un véritable suivi éditorial. natives du web 2. d’un effet de seuil combinant les plans socioculturel. mais elle ne les a pas pour autant submergés. vol. caractérisées par des équipes resserrées et pluridisciplinaires. des technologies marquantes. qui constitue la nouveauté majeure.fr vité et de pragmatisme. Mais que dire des applications phares que sont le blog et le wiki ? Toutes deux datent des années 1990 ! En somme. Parallèlement. un moyen très adapté à des contenus évolutifs. si elle ne va pas sans une certaine fragilité. Les utilisateurs. l’interpénétration du « pro » et du privé. y compris pour le champ documentaire. relles (DRAC) et au musée du Louvre. créatifs et à détourner… La gestion de projets se trouve positivement modifiée par le web 2. via une meilleure interactivité avec les utilisateurs. permet de libérer des forces collaboratives indispensables à la genèse des contenus. La vague 2. Une vague 2. Reste l’épineux problème du partage de l’information au sein des organisations. le nombre de connectés s’est accru d’une manière continue des années 1990 aux années 2000. technique. pour finir. C’est davantage dans le « plus » que dans l’« autre » qu’il faut chercher les clés du web 2. dans le web 1. un regard sur certains points critiques porteurs de mutations à venir. La créativité fonctionnelle et le sens du détournement sont ici de rigueur. Sujets éminemment durables. Il exerce actuellement des fonctions de veille au secrétariat général du ministère de la Culture et de la Communication.0. plus de débit. De nouvelles méthodes voient le jour. ils fournissent le moyen le plus simple de Bertrand Sajus est chargé syndiquer les contenus de la blod’études documentaires. n°1 I Documentaliste . Il s’agit de montrer la valeur de ces outils en tant que plates-formes de travail collaboratif ou lieux d’expression paraprofessionnelle. certes. produits collectivement. à petite échelle. les ménages ont augmenté leurs équipements (de un à plusieurs ordinateurs par famille). par exemple. Il y a. en affinité avec les principes du web 2. 46. il y avait le blog. gosphère. les professionnels – et c’est leur rôle d’experts – doivent se montrer critiques et éclectiques.0 sur la sphère de l’information-documentation-connaissance. à des retours d’expérience. par exemple.

Mais les professionnels de l’information ont aussi à faire valoir des compétences et des raisonnements susceptibles de les faire évoluer. Qu’est ce que le web 2. Certes. Sans doute les services et pratiques. les applications mutualisées et les services plus collaboratifs. il ne faut pas céder à l’angélisme. Bien au contraire. où les internautes sont plus actifs.dossier Web 2. n°1 l Les dossiers. Le web 2. blogues.0 et activité documentaire peuvent parvenir à s’enrichir mutuellement. Il s’agit en quelque sorte de faire accéder un monde documentaire. mémoires d’étudiant.0 et information-documentation 01 [p. 32] La documentation est-elle soluble dans le web 2. Le lecteur l’a compris. ils constatent l’émergence d’une pratique plus active du web. les professionnels de l’information réagissent sans rigidité et généralement intègrent astucieusement les ruptures nombreuses et souvent brutales du numérique. 40] « L’espace flux de l’Y : un agrégateur pour filtrer. qui concernent directement les professionnels de la documentation car ils interfèrent sur leur mode d’organisation et influent sur les habitudes de leurs utilisateurs.0 serait-il la panacée et le monde documentaire à la traîne ? En fait. 32 IDocumentaliste . réunis sous le vocable web 2. Pour la plupart. d’un palier dans un processus à la fois pour les internautes et .0 et aux bibliothèques et à la documentation sont légions (voir p. articles ou injonctions diverses relatifs au web 2. les outils 2. pour Jean-Michel Salaün. Pour autant. pas une fin en soi [p. 38] « Rédiger un blog expert : une activité qui enrichit sa propre expertise » [p. 42] « Netvibes : une fondation solide et extensible pour ceux qui manipulent l’information au quotidien » FONDAMENTAUX ET usages La documentation est-elle soluble dans le web 2. En réalité. il s’agit plus d’une maturation. illustrent des changements importants dans les offres et les comportements sur le web.0. 67). considéré a priori comme archaïque. un portail pour diffuser » [p. déplorent la faible implication des institutions et des professionnels de la documentation sur celle-ci et suggèrent des pistes pour enfin renverser ce conservatisme coupable.0 ont la capacité d’améliorer. à un monde numérique collaboratif porteur de toutes les vertus.0 ? [ analyse ] Pourquoi le web 2. études.0 ? [p.0 n’est pas une panacée et l’activité documentaire n’est pas archaïque. web 2. 39] ] « Le blogueur ne crie pas dans le noir ! » [p. mon propos sera plus nuancé. comparés à d’autres. le terme web 2. 36] Un site wiki : juste un plan de travail.0 ? Comme le nom le suggère.0 voudrait signifier le passage du web à une nouvelle étape. 46. voire de transformer les services documentaires.Sciences de l’informationI 2009. vol.

sur les effets de réseau et l’ergonomie des interfaces. 36-39. mais y faire valoir la valeur ajoutée que l’on apporte. l’appel Il était précédemment professeur d’université à l’École et la mise en ligne des avis et comnationale supérieure des mentaires des utilisateurs. puisque l’utilisateur peut jean-michel. L’intégration du service documentaire dans cette dynamique n’est donc pas anodine.0 et amélioration des services documentaires Comme j’ai eu souvent l’occasion de l’écrire4. et sa mise en accès se déplace.0 et transformations du service documentaire Mais l’étape du web 2. Du côté des collections. les outils collaboratifs entre professionnels seront d’une grande utilité. 46. dossier « Marketing stratégique ». n°1 IDocumentaliste . affine la prestation des services documentaires sans en changer fondamentalement la nature. • tirer partie de l’intelligence collective . de la coproduction professeur titulaire et direcdu service peuvent être revisités teur de l’École de bibliothépour intégrer ces éléments depuis conomie et des sciences de la mise en visibilité sur les diverl’information (EBSI) de ses plates-formes. Dans le premier mouvement. échanger des compétences. Malgré ces économies radicalement différentes.0 améliore. • un contrôle sur des sources de données uniques. difficiles à recréer. n° 1.com/images/publications/essays/What_puts_the _2_in_Web_ 20. sans /////// 2009. matérielle. que d’une révolution puisque toutes ces orientations étaient présentes dans le projet originel de la toile au point même d’en former le principe fondateur. 2005.0 peuvent être utilisés par les professionnels de l’information dans l’un et l’autre de ces moments. vol. tout particulièrement dans sa version 2. par exemple.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-isweb-20. tous les éléments de la serJean-Michel Salaün est vuction. par les outils de folksode Grenoble) et s’intéresse nomies notamment.Sciences de l’informationI 33 . ne peut se passer de l’utilisateur coproduisant le service (servuction). Du côté du service aux utilisateurs. les professionnels pouvaient avoir l’illusion d’un monopole sur l’accès à l’information pour leur collectivité.0 induit des changements dans les services eux-mêmes. • offrir de la souplesse dans les interfaces utilisateurs. O’Reilly. et dont la richesse s’accroît à mesure que les gens les utilisent . la prise en compte du web 2. et en aval un service d’accès et de recherche d’information qui.0 marque aussi une transformation du service documentaire. commenter et donc enrichir les collections. les intégrateurs spécialides bibliothèques (ENSSIB). il transforme la fonction documentaire.0. Web 2. la réalisation d’un service documentaire est composée de deux moments : en amont la constitution effective ou virtuelle d’une collection de documents qui se fait sans intervention directe de l’utilisateur. tout à fait étranger au monde documentaire.0 ». la frontière particulièrement à entre le traitement du document l’économie du document numérique. lui.html 3 Traduction de Thomas Chaimbault. sés. C’est une étape importante qui souligne l’originalité du média qui naît sous nos yeux. février 2008. cation (Université Stendhal Enfin. En réalité. les sciences de l’information et alertes.oreillynet. La pratique documentaire dominante passe par le web. 2006.pour les développeurs. etc.salaun@umontreal. Extrait : « Terminons donc en résumant ce que nous pensons être le cœur de métier des sociétés du web 2. avec des possibilités d’économie d’échelle . faute de côtoyer des concurrents. il n’y a pas aujourd’hui d’autre modèle d’affaires que le modèle publicitaire. p. Les outils du web 2. • libérer le logiciel du seul PC . • toucher le marché jusque dans sa périphérie à travers la mise en place de service "prêt à consommer" . Dans la seconde interprétation. http://adaptivepath. Cette illusion est balayée sur le web.ca « taguer ». 4 Jean-Michel Salaün. Sauf à disparaître. www. L’article de Tim O’Reilly What is Web 2. l’intégration l’Université de Montréal des services dans les interfaces de depuis décembre 2005. 1 Pour la chronologie des outils. September 30. c’est une question de survie. les modèles de développements ET les modèles d’affaires.02 en a posé le plus clairement les bases.pdf 2 Tim O’Reilly. « What is Web 2. Je ne prendrai que trois exemples. « Le défi du numérique : redonner sa place à la fonction documentaire ». Ils disparaissent en un clic. on consultera avec profit le diagramme : What put the "2" in Web 2. les relations avec l’activité documentaire sont fortes. Pour les illustrer. Ici tous les offreurs sont dans une confrontation immédiate et sévère. Les suggestions d’État en sciences de l’infordes documentalistes « branchés » mation et de la communifusent de tous côtés.3 » La proposition de Tim O’Reilly insiste notamment sur la mutualisation des données. il faut non seulement y être présent. perfectionne. pas un package logiciel. et sur la mise en place de modèles d’affaires. Ils peuvent même déplacer la frontière entre l’un et l’autre. Dans le monde de la documentation traditionnelle. Web 2. même si son avis est pris en compte . les services de questionIl est détenteur d’un doctorat réponses. le web 2. navigation des internautes. soit directement pour partager et intégrer les données bibliographiques ou les références. mais une simple étape qui sera suivie d’autres1.0? Adaptative Path.0 : • des services. De plus le partage et l’ouverture des métadonnées autorisent une intégration des collections aux divers services extérieurs. • considérer les utilisateurs comme des co-développeurs . soit pour témoigner. Documentaliste – Sciences de l’information. je proposerai ici de reprendre les deux dimensions de la redocumentarisation en cours : la transposition de l’activité documentaire traditionnelle dans un environnement numérique et la transformation de cette activité par le numérique. vol. 45.

ca/jms/index.Karen Calhoun. 2006. « 10 propriétés de la force des coopérations faible [sic] ». Cette stratégie intéressée pose de redoutables questions aux professionnels de l’information : faut-il s’intégrer à ces dynamiques quitte à risquer de perdre toute indépendance ou au contraire refuser de se compromettre au risque d’être marginalisé ? Le web 2. 5 Sur ces questions. le web reste désorientant. par l’analyse des liens. c’est rendre explicite une structure documentaire jusque-là implicite..Ross Seamus. http://blogues. Pour ces derniers. Donner à voir les territoires d’information du web. ECDL 2007. réseaux sociaux). 2008).0 et activité documentaire est inévitable. dynamiques sociales bien plus que documentaires. Constituer un atlas du web est enfin un enjeu de pouvoir car ici la carte EST le territoire : celui qui maîtrise ses conventions de représentation maîtrise donc le territoire.umontreal. à partir de leurs enquêtes et analyses. les chercheurs déposent euxmêmes leurs articles dans une plate-forme de partage. mise en publicité). Septembre 4. Archival Science and Methodological Foundations for Digital Libraries. on peut consulter : .0 utilise.fr prétendre être exhaustif : les dépôts institutionnels et l’inversion des flux documentaires . notamment la blogosphère. « OUR space: the new world of metadata » (présenté au Industry Symposium.internetactu. Digital Preservation. des raisonnements issus de l’archivistique (unicité du document. Homologie et contradiction : dix principes de fonctionnement Si la rencontre entre web 2. Dominique Cardon et ses collègues ont proposé6. www. quitte à les faire évoluer5.Sciences de l’informationI 2009.ecdl2007. Il est intéressant de les confronter avec l’activité des services documentaires afin de mieux percevoir leur compatibilité. territoires et géographie de l’information). le plus souvent sans le savoir.ebsi. dynamiques engageant des acteurs qui inscrivent leurs sites en proximité en tissant entre eux des liens hypertextes pour progressivement former des communautés affinitaires. startup spécialisée dans la veille et l’analyse du web social (blogs. des moteurs de recherche comme technologies de repérage. Selon son principe. l’effacement des frontières entre la bibliothéconomie et l’archivistique (archithécaires).) et d’autres issus de la bibliothéconomie (métadonnées structurées. vol. www.org/Keynote_ECDL2007_SROSS. 2008. Québec.net/amarintha/our-space-the-new-world-of-metadata-presentation 6 Les paragraphes en italique sont extraits de : Dominique Cardon et al. Là où ce moteur de recherche reconstruit.pdf . Août 14. classement par appariement. dans lequel on avance à l’aveugle. Guilhem Fouetillou est directeur scientifique et cofondateur de RTGI-linkfluence (réseaux. de bureautique et de gestion documentaire de plus en plus performants au point que les internautes se trouvent progressivement pris dans une partie de la toile sans pouvoir en sortir. à partir d’une requête. Canada. Février 8.0 dans la science s’appelle archive ouverte ou aujourd’hui dépôt institutionnel. L’ancêtre du web 2. toujours fermement raccroché à son moteur ou à son portail personnalisé. leur écart ou même leurs contradictions. etc.« Rêves d’archithèque ». de site en site. c’est en quelque sorte manifester à l’internaute l’ensemble des chemins de navigation de page en page.fouetillou@ rtgi.dossier Web 2. forums. IFLA. Internet Actu. le plus souvent gérée par la bibliothèque ou le centre de documentation. guilhem. il n’est pas sûr qu’elle soit à tous coups bénéfique.net/2008/02/08/10-proprietes-de-la-force-des-cooperations-faible . Cartographier le web. dix principes de fonctionnement sur lesquels reposerait la réussite des plates-formes relationnelles du web 2. mais de l’intérieur vers l’extérieur. le changement n’est pas mince puisque les flux documentaires sont inversés : non plus de l’extérieur vers l’intérieur. Il y a 34 IDocumentaliste . 46. révèle des espaces communautaires et les autorités qui y sont lues / élues (hyperlien / collection de sites web / autorité). d’accès à des collections numériques.php/2006/09/04/70-reves-darchitheque . n°1 là pour les professionnels de l’information un vaste chantier à ouvrir où ils pourraient faire valoir leurs compétences et la validité des raisonnements construits aux cours des siècles pour organiser les savoirs. Il est un espace sans points cardinaux ni centre. des listes dans lesquelles la proximité entre documents et leur rang de pertinence sont le fait d’algorithmes protégés par le secret industriel (mot-clé / document / pertinence). la cartographie. Bloc-notes de Jean-Michel Salaün.0. Les industriels du web développent des services de recherche d’information. www.0 et information-documentation 01 FONDAMENTAUX ET usages CARTOGRAPHIER LE WEB SOCIAL M algré la qualité. permet de révéler ses dynamiques constitutives. toujours croissante. l’informatique dans les nuages (cloud computing) et l’externalisation de l’activité documentaire . qu’il a ou aurait pu emprunter .slideshare. évaluation.

est précisément définie et limitée.) L’apport des utilisateurs doit être relativisé.0... (. souvent sous-exploités.. Les centres documentaires disposent de fonds riches.Sciences de l’informationI 35 . (. (. Même s’il ne faut évidemment pas se passer des validations a posteriori par le nombre – et le facteur d’impact pour les articles scientifiques en est un exemple. À l’origine de leur engagement sur une plate-forme relationnelle. (. s’il est une règle de comportement essentielle dans l’univers des plates-formes relationnelles.) Les petits engagements.) / LES HIÉRARCHIES PRODUITES PAR LE COMPORTEMENT D E S AU T R E S. Il risque d’être dérouté par une mise en avant de l’ego de ses utilisateurs ou de ses collègues. comme la correction de fautes d’orthographe sur Wikipédia. Malgré cela. L’activité documentaire n’est pas spontanée ni auto-organisée. mise en œuvre de leur compétence.. ce sont souvent des « coopérations faibles » organisées en collectif provisoire. les personnes cheminant à travers leur réseau étendu d’amis et.. (. Le documentaliste. par la visibilité qu’ils ont su donner à leurs actions que se dessinent des hiérarchies entre utilisateurs. mais de les qualifier a posteriori en fonction de la réputation et de la fréquentation des contenus.) En deçà de la forme « forte » de la communauté. par extension. Il s’agit surtout de mieux repérer les relais et de s’en servir.) Les univers massivement relationnels ont pour caractéristique de ne pas sélectionner a priori les contributeurs et les contributions.) L’intensité de l’engagement dans les plates-formes se répartit ensuite systématiquement selon une loi de puissance (parfois appelée 1/10/100) qui voit une minorité de participants être très actifs. 5 / LA C I RC U LATION HOR I ZONTALE.) Il s’agit ici de la simple systématisation d’une pratique courante des utilisateurs... Faut-il pour autant renoncer à une compétence professionnelle qui a fait ses preuves ? Il semble plus judicieux de rechercher des complémentarités.. En rendant publiques des productions individuelles autrefois réservées au cercle des proches. il y a beaucoup à prendre et à reprendre. (. (. sont à l’origine des usages les plus innovants du web 2.. mais un risque de dispersion dans une ouverture tous azimuts.) Là.) / LES « PETITS » SONT NÉCESSAIRES AUX « GRANDS ».. en mouvement.0 se font rarement sous la forme d’un moteur catégoriel.. sont indispensables au travail collectif de mise en relation. c’est bien celle d’être toujours actif.. mais de l’exact contre-pied de la tradition documentaire de recherche d’information. L’activité documentaire est une activité de filtrage qui repère a priori les informations pertinentes. 10 / TOUJOURS REBONDIR ! Enfin.. (. (.) Plusieurs bibliothécaires ou documentalistes ont ouvert un blogue.... (. via les contenus et les traces mis en partage par ce cercle social élargi.) constitue l’un des principaux vecteurs du développement viral des usages. 6 7 / LA DISTRIBUTION D’ENGAGEMENTS HÉTÉROGÈNES.. Parmi les différents signes identitaires 8 9 3 qu’affichent les participants sur les sites du web 2.. Elles sont surtout horizontales.. / LES « AMIS » NE SONT PAS FORCÉMENT DES A M I S. le bibliothécaire ou l’archiviste est le plus souvent un médiateur de l’ombre qui par réflexe s’efface devant ses utilisateurs ou les richesses auxquelles il donne accès. imparfait et labile qui. leurs goûts ou leurs connaissances. les participants aux sites du web 2. il n’est pas sûr que l’individualisme démonstratif soit très compatible avec les prestations documentaires.0. Pour autant l’ensemble des utilisateurs doit toujours être servi. montrer leurs photos. 4 / LES COM M U NAUTÉS N E SONT QU E DES RÉSEAUX SOLIDIFIÉS. Ces opportunités ouvrent des valorisations inédites aux services documentaires qui disposent souvent d’un capital qu’il ne tient qu’à eux de faire fructifier.) Oui. cette règle s’applique aussi aux professionnels de l’information ! • 2009.) Les services documentaires s’adressent à une communauté qui. un échange ou une coopération avec d’autres. enrichir virtuellement par des mutualisations et par les apports de professionnels et d’utilisateurs dans une géographie beaucoup plus large que leur collectivité d’origine. La recherche d’informations et la navigation sur les plates-formes du web 2.. les personnes sont d’abord motivées par une raison personnelle : parler d’elles..) Là encore ces deux principes doivent être repris avec circonspection. prêt à s’investir dans un nouveau projet. (. Si la viralité peut être utilisée à l’intérieur de la collectivité.. par leur souplesse. Il y a sans doute ici des correspondances à trouver avec des projets documentaires précis et limités. etc. (. Il y a ici pour le moins un choc de cultures. de catégorisation et de production de savoir des plus actifs. 46. par la 2 / LA V I S I B I L I TÉ C O M M E O P P O RT U N I TÉ D E COOPÉRATION. une portion non négligeable participer régulièrement et une grande masse de personnes avoir des usages extrêmement réduits ou quasi nuls. le plus souvent.. qu’ils peuvent mettre en valeur sur la toile dans un esprit web 2...0 offrent un ensemble de prises qui rend possible une mise en relation. faisant de la biblioblogosphère un des espaces professionnels les plus dynamiques et stimulants. (. / LA QUALITÉ PAR LE NOMBRE.. n°1 IDocumentaliste .0.. bien sûr.1 / L’INDIVIDUALISME DÉMONSTRATIF.) C’est donc par leurs activités. (. la liste de leurs relations (contacts. c’est un service institutionnalisé.. amis. vol. leur multiplicité et leur sens du mouvement. souvent avec délice et bonheur. élargir le champ modifie la mission originelle.

documentalistes et archivistes francophones. Par exemple. C’est pourquoi on peut aussi bien trouver des wikis concernant le savoir (JurisPedia. le wiki a en fait une vocation modeste : rassembler des informations issues de plusieurs contributeurs sur un même site collaboratif. Ils proviennent de la rencontre d’internautes intéressés par un même sujet et décidant. Il a créé le wiki Bibliopedia. ouvert 2 http://alphabib. voire prosaïque. Sur le wiki Bibliopedia1. 1 www. parce qu’un site. de rassembler leurs informations sur un même site collaboratif. titulaire d’une maîtrise de philosophie et du diplôme de conservateur. des restrictions peuvent dans certains cas être souhaitables. déplacer ou effacer les autres interventions. les autres wikis sont plus mesurés dans leurs ambitions. Dans la pratique. ou faire le choix de les laisser visibles sur Internet (comme Alphabib2 et Bibliosesame3). vol. est directeur de la Médiathèque du Perreux-sur-Marne. la recherche de participants.net [ repères ]Participatif et véhiculant de l’« intelligence » collective.bibliopedia. Quel que soit le degré d’ouverture choisi. plus qu’une véritable nouveauté technique : ils existent en effet depuis 1995. Le wiki est adapté aux sujets simples Alors que Wikipédia est un projet encyclopédique. L’accès au wiki peut être paramétré Bien que les wikis soient destinés à encourager la libre participation.fr mateurs reste crucial pour dynamiser le 4 http://pbwiki. dans le cas du wiki interne de la bibliothèque de l’université américaine d’Antioch. un bibliothécaire effectue un important travail de mise à jour régulière des informations. Wikipédia. loin du modèle médiatisé de l’encyclopédie Wikipédia. Enfin. le wiki est emblématique du web 2. sous la houlette méthodique d’un rédacteur coordinateur. mais les spams automatiques peuvent contraindre l’administrateur à rendre l’inscription obligatoire. David Liziard. de wikis. Il est donc nécessaire qu’un rédacteur principal y fournisse un contenu initial et suive son évolution. sans qu’il soit complètement représentatif de leur fonctionnement. n°1 Le rôle du coordinateur reste central Il ne suffit pas de lancer un wiki sur le net pour voir la collaboration y naître comme par magie.fr Même dans le cas de Wiki-Brest5. Tela Botanica) ou les loisirs (Star Trek. la gestion des spams et des corrections.dossier Web 2. et participe à des actions de formations.) : des dizaines d’internautes peuvent.0. le rôle des ani3 http://bibliosesame. sans les dénaturer.liziard@laposte. d’articles de 36 IDocumentaliste . etc. Les interventions mal intentionnées sont rares.bpi. 46. Harry Potter).Sciences de l’informationI 2009.0 et information-documentation 01 FONDAMENTAUX ET usages david. pas une fin en soi. plutôt que de créer des sites individuels. on peut les rendre complètement inaccessibles en lecture comme en écriture.net projet et susciter des contributions. Ensuite.bpi. David Liziard nous explique que. j’ai pu constater que les pages les plus souvent mises à jour – et les plus consultées – sont les simples listes de liens (adresses de blogs. Un site wiki est juste un plan de travail.wiki-brest. • . mais doit surtout veiller à reformuler clairement les objectifs de rédaction. presse.com 5 www. le succès d’un wiki dépend plutôt de son réalisme et de sa modestie. La réécriture incessante qui règne dans un wiki est peu adaptée aux textes traditionnels. mobilisant des milliers d’internautes et exigeant des procédures complexes dans la résolution des conflits d’écriture de ceux-ci. il faut avant tout penser à rendre le wiki ergonomique : son utilisation ne devrait pas être plus contraignante pour l’utilisateur que le simple envoi d’un courriel. le site PBwiki4 fournit une interface très accessible. pas une fin en soi l Les wikis sont représentatifs du web 2. de leur fonctionnement concret : l’ajout d’informations. Il peut être amené à modérer.fr à la population locale. Parmi les sites permettant d’héberger gratuitement des wikis. site collaboratif pour bibliothécaires. D’abord parce qu’ils incarnent une nouveauté participative. Un site wiki : juste un plan de travail. a monopolisé toute l’attention les concernant. Dans le cas de wikis liés à des groupes projets. qui peut masquer le côté pragmatique. parce que les wikis portent une image floue d’« intelligence collective ». Elle est en revanche pertinente dans le cadre d’un site structuré dans lequel chaque page a un objectif simple et précis.0 à plusieurs titres. les mettre à jour efficacement.

Silvère Mercier est bibliothécaire responsable de la
médiation numérique des collections au sein du Réseau des médiathèques du Val d’Europe (77). Il est l’auteur du blog Bibliobsession, le blog d’un bibliobsédé des bibliothèques (2.0). www.bibliobsession.net. silvaeforet@gmail.com

Les paradoxes des blogs de bibliothèques
[ point de vue ] De nombreuses bibliothèques créent leur
blog, outil de communication de l’institution ou minimédia thématique. Intéressante, cette démarche connaît aussi des limites que commente pour nous Silvère Mercier.
UNE LOGIQUE GLOBALE. Le second cas, le blog thématique, est malheureusement plus rare mais plus cohérent avec notre rôle. Le blog n’est pas un simple outil de communication local mais propose des contenus susceptibles d’intéresser les internautes au-delà des usagers présents sur le territoire ou membres de l’institution… Des bibliothécaires s’attachent ainsi à créer un mini-média thématique. Ce type de blog est de nature à d’être identifié et lu par d’autres blogs ou sites apparentés qui en identifient la ligne éditoriale. Il est alors possible de passer d’une logique locale à une logique globale : celle d’une communauté d’amateurs sur un thème. Un bon exemple de point de vue est le blog musical Mediamus de la médiathèque de Dole qui figure en bonne place depuis plusieurs mois dans le classement des cent meilleurs blogs musicaux de Wikio (classement de référence dans la blogosphère). Ce dialogue-là me semble très intéressant, parce qu’il contribue à redéfinir la place de l’institution dans la conversation globale du web. Mais cette démarche n’est pas non plus sans paradoxe. Les usagers locaux, à qui l’on destine prioritairement ces contenus, ne disposent que très rarement d’un lien leur permettant de s’informer sur la disponibilité en temps réel du livre conseillé par un bibliothécaire sur le blog… C’est pourtant là une fonction que propose n’importe quel système d’information de bibliothèque depuis que l’on a commencé à les informatiser ! Tout se passe comme si l’outil blog était utilisé pour effectuer ce qu’il n’est pas possible de faire avec un catalogue en ligne : l’enrichir en contenus de manière collaborative. Paradoxe final, certains concepteurs de logiciels informatiques (propriétaires) essaient de réinventer (mal) ce que font très bien les outils open source que commencent à utiliser les bibliothécaires en créant des blogs…

Il est à la mode de créer des blogs qui s’adressent aux usagers dans les bibliothèques françaises. ToutiFrouti, qui agrège les contenus les blogs de bibliothèques publiques, n’en compte pas moins de quarante-sept On en dénombre plus de quatre-vingts sur la liste des « biblioblogs d’établissements » proposée par Bibliopedia. Même si ces chiffres ne sont quasiment rien par rapport aux 133 millions de blogs comptabilisés depuis 2002 (selon Technorati), ils sont significatifs d’une tendance qui me semble paradoxale. Je classerai ces outils, d’une manière volontairement schématique, en deux catégories : d’une part les blogs de type « communication localolocale » et d’autre part les blogs thématiques.
UN OUTIL DE COMMUNICATION LOCALE. Dans le

premier cas, il s’agit de faire de la forme blog un outil de communication au service de l’image de la collectivité ou de l’institution auprès des usagers du service public local. On trouvera donc dans ces publications des billets sur l’annonce d’une action culturelle, d’une nouvelle ressource numérique, ou encore sur les « coulisses de la bibliothèque ». L’objectif est de trouver une manière nouvelle de s’adresser aux usagers. De plus en plus d’entreprises ont un blog de ce type et l’utilisent comme un « fil d’actualité ». Autant être clair quitte à paraître un peu radical : c’est là le degré zéro d’un projet de média pour un organisme aux missions relatives à la diffusion des savoirs. C’est pourtant ce que proposent 95 % des blogs observés à partir des listes précitées. Pourquoi donc mettre en œuvre un blog pour diffuser l’actualité de la bibliothèque alors que l’information devrait logiquement se trouver sur le site principal de celle-ci ? Premier paradoxe.

Bien sûr les deux catégories précitées sont poreuses et il est très fréquent de voir sur un même blog une approche thématique, voire multithématique et une approche de « communication locale ». Au fond, l’enjeu est peut-être moins de repositionner les blogs locaux sur des logiques thématiques globales que d’en mutualiser les contenus à valeur ajoutée pour en développer l’audience… Un média public des critiques de bibliothécaires et d’amateurs reste à inventer. •
2009, vol. 46, n°1 IDocumentaliste - Sciences de l’informationI 37

dossier Web 2.0 et information-documentation

01

FONDAMENTAUX ET

usages

témoignages
Comment pratique-t-on l’art du « blogging » quand on est professionnel de l’information ? Pour la consultante Sylvie Le Bars comme pour le chercheur Olivier Charbonneau, les objectifs de départ – mise en vitrine de l’expérience professionnelle pour l’une, partage de ses recherches sur le droit de l’information pour le second –, ont rapidement été révisés à la hausse.

Rédiger un blog expert :
une activité qui enrichit sa propre expertise
En 2004, je crée mon premier blog pour deux raisons majeures : expérimenter cette nouvelle forme de site web et communiquer sur mes compétences pour développer mon activité professionnelle. Un titre, quelques catégories, et la ligne éditoriale est tracée. Dans les premiers mois, l’augmentation des statistiques de fréquentation et des abonnements au flux RSS constitue un facteur de satisfaction évident. La croissance d’une audience entretient l’envie de continuer l’expérience. Puis je me rends compte que rédiger presque quotidiennement un article sur mes découvertes de nouveaux services, mes expérimentations, mes lectures transforme profondément ma façon de vivre ces instants. La perspective de relater, d’expliquer, de transmettre une expérience sollicite l’attention et la réflexion.
METTRE SON EXPERTISE EN PERSPECTIVE. Pour rédiger un article, même succinct, sur une expérimentation, il faut prendre suffisamment de recul et mettre cette expérimentation en perspective. En plus de la rédaction proprement dite, l’indexation, ou tagging, fait prendre conscience de l’évolution de sa propre expertise. Ces deux activités complémentaires, rédaction et indexation, induisent une réflexion intime sur sa propre connaissance.Elle s’apparente aux théories constructivistes de la connaissance énoncées par
38 IDocumentaliste - Sciences de l’informationI 2009, vol. 46, n°1

en indépendante depuis cinq ans sous la marque Arkandis : Formation et Coaching autour des NTIC et de leur usage pour le partage de connaissances et l’animation de communautés. Elle est cofondatrice des Explorateurs Du Web, un collectif de passionnés des nouveaux usages de l’Internet qui se donnent pour mission de faire partager leurs découvertes au plus grand nombre. Ses cartes de visite sur Internet : www.arkandis.com, http://twitter.com/SylvieL eBars, www.facebook.com/sylvi elebars#.

Sylvie Le Bars travaille

Paul Watzlawick dans L ’invention de la réalité (Seuil, 1988) : « La connaissance est le produit de l’activité du sujet qui organise son monde empirique en même temps que ses connaissances. Nous construisons le monde alors que nous pensons le percevoir… »
DONNER UNE NOUVELLE DIMENSION À SON SAVOIR. Ainsi, je ne rédige

plus un blog uniquement pour communiquer. J’en ai besoin pour construire mon propre savoir. Le blog devient un assistant pour la gestion personnelle de mes connaissances. Une façon de s’impliquer, de regarder, de réfléchir qui transforme véritablement notre façon d’être. On pourrait comparer ce changement d’attitude à celui que j’éprouve lorsque je me promène avec un appareil photo. Les scènes du quotidien prennent sylvie.lebars@arkandis.com une nouvelle dimension. Et pourtant j’ai arrêté pendant plusieurs mois la rédaction de ce blog. La prise de parole s’est généralisée sur le web, des milliers de blogs professionnels sont apparus, produisant une sorte de colossal bruit de fond. Était-il nécessaire d’ajouter une voix supplémentaire au brouhaha ambiant ?
IMMÉDIATETÉ OU RÉFLEXION. Et puis il y a eu Twitter. Cet

outil de micro-blogging permet de partager une découverte, une émotion, une ressource en 140 caractères. Une information brute sans analyse. Le temps consacré à la rédaction disparaît.

Plus de questions sur le choix d’une catégorie. Juste l’immédiat. De plus l’attention du lecteur est peu sollicitée.Elle est guidée par la notoriété de la signature du micro-article.C’est un service que j’utilise régulièrement. Toutefois son usage ne se substitue pas à la rédaction structurée, argumentée, réfléchie d’un article de blog. Alors mon blog reprend du service. Pour retrouver cette discipline de rédaction, ainsi

que les conversations et les rencontres développées grâce à ce média. Quant aux commentaires, souvent hors sujet, voire insultants pour les blogs à très forte audience, ils constituent matière à enrichir et compléter sa réflexion dans le cadre d’un blog expert. Une forme de communauté de pratique qui se construit autour du blog. Rédiger un blog sur son expertise est une expérience tout à fait fascinante. Le plaisir de comprendre, de partager, et d’échanger. •

Le blogueur
ne crie pas dans le noir !
Depuis que j’ai lancé mon carnet web en avril 2005, j’ai développé un vilain cas de bloguodépendance1. Après toutes ces contributions, vous seriez entre 10 et 20 000 lecteurs de mes commentaires épistolaires virtuels, dont près de 5 % en Afrique ! s’offre comme un terrain fertile pour des projets, présentations et écrits académiques.
UNE C A RT E DE VISITE.

CultureLibre.ca me sert aussi de U N O U T I L D E T R AVA I L . À l’origine, l’objectif marque de commerce personnelle2, consistait à gérer les troude carte de visite virtuelle. On pense O.Charbonneau@concordia.ca vailles que généraient mes souvent que les blogueurs se Olivier Charbonneau est bibliothécaire professionnel à recherches sur le droit de vautrent dans une mondanité alarl’Université Concordia. Il est membre du conseil d’admil’information. Donc, mante, mais je m’impose une nistration de l’Association pour l’avancement des sciences avant d’être un mécacontrainte de style où je m’efface au et des techniques de la documentation (ASTED), de la nisme de diffusion, mon profit de ma ligne éditoriale, qui Maison de la poésie de Montréal et de la Commission du carnet s’offre comme un s’approche du journalisme. En effet, droit de prêt public, sous l’égide du Conseil des arts du outil de travail personnel. l’objectif secret lors du lancement Canada. Il tient un blog à l’adresse www.CultureLibre.ca On s’étonne souvent de de mon carnet visait à démontrer l’attention que j’y porte. que les blogues sont des outils techJ’octroie entre quelques minutes et près de dix heures nologiques3 avant d’épouser le message qu’ils transmettent4. Par ailleurs, je me devais d’embrasser cet univers5 pour l’étudier, le hebdomadairement pour sa mise à jour. critiquer. Non seulement le jeu en a valu la chandelle pour moiEn réalité, près des trois quarts de ce temps sont même, mais je me réjouis des conséquences inattendues. alloués à la veille stratégique pour mes champs d’intervention en tant que membre du corps profesQUEL IMPACT ? On évoque souvent les commentaires versés soral de l’Université Concordia. L’écriture à propredirectement dans un carnet pour mesurer sa notoriété. Je n’en ment parler, et la réflexion préalable, en constituent reçois que très peu malgré mes statistiques de lectorat, probala balance, qui s’opère comme un investissement blement car j’abhorre les diatribes et, surtout, puisque j’affiche à long terme. Du brouillon à la sommation de billets mes opinions par la sélection des nouvelles qui retiennent mon présentés séquentiellement en ordre chronologique attention et que ces opinions sont manifestement partagées par inversé, chacune des catégories de mon carnet notre communauté professionnelle. Mais l’impact réel de mon carnet se mesure par les courriels 1 Olivier Charbonneau, « Confessions d’un blogodépendant », Argus, et les appels téléphoniques que je reçois, surtout des questions 2006, vol. 35, n° 1, p. 6-8, www.culturelibre.ca/?page_id=1269 de collègues mais parfois des invitations pour prononcer des 2 Tom Peters, « The Brand Called You », Fast Company, 1997, conférences. Pas qu’ils soient particulièrement nombreux, mais www.fastcompany.com/magazine/10/brandyou.html ils démontrent que mes efforts sont porteurs d’autorité dans un 3 Olivier Charbonneau, « RSS et la publication simultanée sur Internet », Lex Electronica, 2006, vol. 11, n° 1, www.lex-electronica.org/articles/ contexte convivial. Par exemple, la Biennale d’art contempov11-1/charbonneau.htm rain 2009 de Montréal m’a invité à collaborer à son colloque 4 http://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_McLuhan d’ouverture6, dont le thème est justement « Culture Libre ». 5 Technorati, State of the Blogosphere, 2008, Sans l’ombre d’un doute, cela confirme que ce blogueur ne crie www.technorati.com/blogging/state-of-the-blogosphere 6 www.biennalemontreal.org/2008/05/26/open-culture/langswitch_lang/fr pas dans le noir ! •
2009, vol. 46, n°1 IDocumentaliste - Sciences de l’informationI 39

Le Moniteur.0 et information-documentation 01 FONDAMENTAUX ET usages témoignage En septembre 2008. Ses missions : gestion du centre documentaire.0. Depuis 2001. il s’agissait En matière de diffusion. Nous avons donc cherché une solution nous permettant de trier et de cibler l’information avant de la rediffuser. des sites proposent des filtres (thématiques. le choix des outils et dresse un premier bilan de l’expérience. ont mis en place un dispositif de veille à destination des chargés d’études de l’agence afin de proposer un système de diffusion des informations utiles dans leurs domaines d’intervention (aménagement.). etc. martine. elle est chargée de documentation à l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. Certaines fonctions. Martine Goujon nous raconte la démarche. Nous avons fait le choix de revoir les pratiques de diffusion. . puis dans une équipe de recherche du CNRS (UMR Pacte). être informés sur la production scientifique et universitaire.Sciences de l’informationI 2009. portails. etc. Ce site permet de suivre.). permettent de créer des requêtes spécifiques et de générer des flux RSS. O U T I LS T E C H N O LO G I Q U E S D I S P O N I B L E S S U R INTERNET. notamment sous Google. Netvibes. jusqu’alors segmentées par supports d’information : quotidiens nationaux et locaux. Plusieurs suggestions ont été faites : la diffusion d’un bulletin de veille sur l’actualité offrant « une lecture rapide avec la possibilité d’approfondir ». Le dispositif choisi s’est fortement appuyé sur le web 2. Martine Goujon a exercé son métier de documentaliste à l’École d’architecture de Grenoble. environnement. L’idée de départ a été de réfléchir davantage en termes de contenus plutôt que de supports. un portail pour diffuser En 2007. c’est l’information brute qui est recherchée. etc. via des fils RSS. La Gazette des communes. 46. 40 IDocumentaliste . mots-clés) qui permettent d’obtenir des informations plus pertinentes. et pas trop gros ! ». la redondance des articles. Une enquête a permis de recenser les besoins des chargés d’études : suivre l’actualité générale et spécialisée dans leurs champs d’intervention. Enfin. et surtout… la profusion d’informations. Elle est également membre du bureau de l’ADBS RhôneAlpes/Grenoble. à la fois sur la région grenobloise et au niveau national.goujon@aurg. connaître l’actualité sur les colloques et séminaires tout en suivant l’actualité locale de la région urbaine grenobloise en matière d’aménagement.0 : collecte et sélection des informations avec un agrégateur de flux RSS et diffusion des informations triées sur un portail Netvibes. Le contenu pertinent est souvent noyé dans la masse. sélection d’articles pertinents issus de newsletters. permettant d’« aller chercher l’info plutôt que d’être inondés de mails ». le centre de documentation de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise a mis en place un portail d’information avec un des outils phares du web 2. Martine Goujon et Sophie Girard-Blanc. l’actualité de l’aménagement et de l’urbanisme. Du côté des documentalistes.fr L’espace flux de l’Y : un agrégateur pour filtrer. Les Échos. les documentalistes de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise. Titulaire d’un DESS d’urbanisme et aménagement et d’un DUT de documentation. la mise à jour variable selon les sites. « de l’information courante dans les domaines de l’AURG » et… « avec des sources variées.asso. vol. n°1 d’utiliser la technologie RSS pour collecter l’information car de plus en plus de sites d’information génèrent leurs propres flux (Le Monde. la mise en place d’une « page web avec la veille de l’agence ». d’urbanisme et de projets sur les territoires. L’A G R E G AT E U R N E W S G AT O R . veille et appui aux chargés d’études de l’agence. Ceci dans un contexte de développement d’outils technologiques disponibles sur Internet : flux RSS. Ce service libre et gratuit offrant une surveillance de l’information en temps réel sur une même interface a toutefois ses limites : le bruit.dossier Web 2.

la possibilité d’élargir ses sources d’informations et d’automatiser sa veille à partir d’une seule interface. Carte d’identité L’Agence d’urbanisme de la région grenobloise est une association qui élabore études et réflexions préalables pour l’ensemble des acteurs de l’aménagement du territoire des différentes collectivités territoriales qui en sont membres. Et. qui est un service gratuit. simples d’utilisation. « L’espace flux de l’Y » (www. Un autre onglet diffuse notre flux « actualités nationales ».aurg. notre rôle s’est élargi à l’initiation à ces nouveaux outils. peu coûteux.0. Ces outils Web 2. vol. Dès lors. SCOT.). n°1 IDocumentaliste .netvibes. Elle poursuit trois objectifs : conduire des études urbaines.com/aurg) comporte des onglets géographiques correspondant aux secteurs d’intervention de l’agence (voir figure 1). DES OUTILS WEB 2. permettent de construire une véritable offre de services. constituer un outil doté de mémoire sur le territoire et créer un lieu de débat sur les questions d’aménagement. projets urbains. Chaque zone géographique propose des informations issues de la presse et permet de garder un œil sur l’actualité de chaque territoire. végétalisation. Mais.org Figure 1 – Le portail « L’espace Flux de l’Y » Netvibes. • Figure 2 – Exemple d’un flux créé sur Newsgator : « Grenoble et agglomération » à partir d’articles sélectionnés dans différentes sources (quotidien local. requête sur Google) L’adresse du flux est indiquée au bas de la page 2009. www.netvibes. Notre portail. des flux pour certains sujets à surveiller (éco-quartiers. alors que la plupart des univers Netvibes diffusent des flux RSS existants et constituent ainsi une sorte de portail documentaire thématique (exemple : www. des flux sur les derniers ouvrages arrivés à la documentation.0 SIMPLES ET PEU COUTEUX. etc.Sciences de l’informationI 41 . d’agréger des flux RSS et d’accéder à son espace depuis n’importe quel ordinateur. C’est la fonction « add to my clipping ». Dès lors. Du côté des documentalistes. Chaque dossier ainsi créé. permet de créer un espace personnel. comme certains de nos utilisateurs envisagent de récupérer les flux de notre portail et d’y adjoindre d’autres flux disponibles dans leurs champs d’intervention. la fonction du documentaliste est essentielle : il doit être en mesure de trier. au repérage des sources et à l’aide à la constitution de portails personnalisés. ils apportent un gain de temps. génère son propre fils RSS. Les flux sont importés directement depuis notre agrégateur Newsgator. La mise à jour des articles s’effectue automatiquement lors de la modification du contenu de ces fils dans Newsgator. et c’est là tout l’intérêt. Par exemple : des flux pour chacun des secteurs géographiques de la région grenobloise. L’information est ainsi triée en amont et classée avant sa publication. 46. sélectionner et diffuser une information réellement pertinente. nous avons choisi cet outil pour diffuser nos propres flux créés à partir de Newsgator. des flux sur les nouveautés éditoriales.com/adeupa). nous pouvons créer nos propres flux RSS et les rediffuser (voir figure 2).Notre choix s’est porté sur l’agrégateur Newsgator car il permet de créer des dossiers et sous-dossiers thématiques dans lesquels on importe les articles jugés pertinents. Ces nouvelles possibilités engendrent néanmoins un flux d’informations qui n’est pas toujours adapté aux besoins des destinataires.

en septembre 2005.0 et information-documentation 01 FONDAMENTAUX ET usages témoignage Xavier Borderie est responsable du réseau de développeurs chez Netvibes.0. recherche web. l’objectif de Netvibes reste de regrouper sur une même page l’intégralité de la vie numérique de ses utilisateurs.Sciences de l’informationI 2009. agenda. n°1 tableau de bord quotidien. lancé en 2005. les propriétaires du domaine vinicole des Crès-Ricard ont créé une page privée leur permettant d’accéder à toutes les informations importantes pour leur activité par le biais d’une poignée d’onglets : un onglet principal regroupant toutes les informations de communications et de partage de données (courriels. ce portail personnalisable permettant de rassembler du contenu en provenance d’autres sites sous la forme de fils RSS.dossier Web 2. Auparavant. xavier@netvibes.com avait comme principale vocation de permettre à tous les internautes de regrouper leurs flux RSS préférés sur une seule page librement réarrangeable grâce à un système de glisser-déposer1. En outre. liste de tâches. ou encore la météo. Par exemple. bookmarks. et de devenir leur 42 IDocumentaliste . Avec l’introduction de nouveaux services par le biais de modules officiels ou créés par des tiers. TABLEAUX DE BORD PERSONNELS. stockage de fichiers) et leurs flux personnels permettant de visualiser en temps réel les ventes réalisées dans leur boutique . ainsi que le support aux développeurs. vol. le site Netvibes. En France. les internautes découvrent l’agrégateur. est en permanente évolution et ne cesse d’enrichir ses services. le site offrait déjà la possibilité d’ajouter quelques outils indispensables à la vie numérique : Post-It virtuel. notifications de courriels pour le service GMail. Les premiers utilisateurs de Netvibes organisaient leur veille personnelle au sein de leur page privée. marque-pages. 46. d’où ils pourraient surveiller en un coup d’œil toutes les nouveautés relatives à leurs intérêts. Netvibes. il a été analyste-rédacteur pour la section Développeurs du Journal du Net pendant plus de quatre ans. créant de véritables tableaux de bord professionnels relatifs à leur activité. Il a en charge la documentation et la promotion du format de widget Universal Widget API (UWA).com Avec le web 2. Netvibes : une fondation solide et extensible pour ceux qui manipulent l’information au quotidien Lors de son lancement. Xavier Borderie s’attache ici à rendre compte des usages inventés par les utilisateurs du portail.

De fait. grâce à des flux RSS. • 2009. un onglet « Reporting » permettant d’accéder. les pages publiques de Netvibes leur donnent une valeur ajoutée que seul peut apporter l’esprit collaboratif. permettant de proposer toujours plus de services aux utilisateurs. Outre la création de près de 190 000 widgets par des développeurs tiers. C’est sur ces principes que Netvibes compte continuer à évoluer tout du long de l’année 2009. PAG E PU BLIQU E. chaque module d’une page peut être repris par le visiteur sur sa propre page (privée ou publique). afin d’y accéder via un téléphone mobile. ou plus simplement servir à ouvrir l’accès à ses propres travaux de veille sur Internet.com/esc-lille_law.com 2 Yahoo! Pipes. écoles ou simples passionnés partagent leurs découvertes via de nombreuses pages publiques souvent très pointues.com/esc-lille_mkg et casts mis à jour en temps www. Internet : non seulement des www. la page publique pourra servir de vitrine à ses propres données en ligne.netvibes.. vol. Marketing et (en anglais) permettant de combiner et e-commerce. de liens et de données tierces affiché par des widgets dédiés.com/esc-lille_rh. mais également tout un panel d’outils.. voire en se plongeant dans la mécanique des flux par le biais du service Yahoo! Pipes par exemple2. les widgets UWA ne seront plus seulement universels (ils fonctionnent sur les plus grandes plates-formes de widgets). un onglet « Veille » qui réalise une veille via les widgets de recherche de blogs. Netvibes obtiendra une technologie de widget éprouvée. Le contenu qu’ils regroupent et trient pour le bénéfice du public ne reste d’ailleurs pas enfermé : grâce à l’outil de partage de Netvibes.netvibes. Droit 1 Le site tel qu’il existait en septembre 2005 et fiscalité. d’images. l’équipe de Netvibes va pousser plus avant son travail d’innovation autour des technologies de widgets. La Documentation française a été l’un des premiers éditeurs à voir l’intérêt d’une telle page. En définitive. qui permet de générer toutes sortes de flux à partir d’autres flux ou de données disponibles sur Internet. et offre www. TradeDoubler) ainsi que des graphiques réalisé à partir de leurs données stockées sur Google Documents . un agrégateur tel que Netvibes peut être utilisé pour faire une veille personnelle ou professionnelle en condensant en une seule page des centaines de ressources. un large panel de ressources www. un service en ligne gratuit logistique. C’est le cas de l’ESC Lille..yahoo. envoyé par courriel à un ami ou partagé sur un réseau social. ainsi que les enchères que nous avons en cours .. un onglet « Mobile » regroupant certains onglets.com rial4.com/esc-lille_finance. Netvibes doit aussi aux membres de sa communauté la traduction de son interface dans plus de 70 langues.0. n°1 IDocumentaliste . T E C H N O LO G I E D E W I D G E TS. et montre l’importance de l’esprit de collaboration qui reste l’une des pierres angulaires du web 2. En combinant ces deux puissantes technologies. En utilisant la technique pour unir des sources spécifiques sous une même bannière. Netvibes tire d’ailleurs nombre de ses atouts de la participation de sa communauté.en ligne et sur eBay.com/esc-lille_management réel. d’où les données ne peuvent être accessibles que depuis le service lui-même. Il s’agit là d’un premier pas vers l’obtention d’une page moins standard. Ils sont nombreux à avoir choisi la voie de l’ouverture. esthétique plaisante et puissance des outils. et sur le web . Depuis janvier 2008. sur le principe de l’entraide : associations. Google Analytics.com/esc-lille_isgi. l’utilisateur est en mesure de maintenir dans Netvibes à la fois une page regroupant les outils de veille qu’il souhaite garder secrets. notamment avec le récent ajout du support de l’API OpenSocial. indépendamment. En combinant facilité d’utilisation. les agrégateurs forment une fondation solide et extensible pour ceux qui manipulent l’information au quotidien. Dans les faits. aux reportings et analyses de services qu’ils utilisent (Google AdWords. Chaque page est gérée 3 www. Stratégie et traiter les flux de données : management entrepreneuhttp://pipes.netvibes.netvibes. en ouvrant dès février 2008 sa page publique3. Certains pôles d’informations ont besoin de regrouper tant de données qu’une seule page publique ne suffit pas – à moins de faire une surenchère illisible d’onglets. comme Facebook.Sciences de l’informationI 43 . Finance et audit. En gardant pour objectif principal de rester ce qui se fait de mieux en matière de page personnalisable. est accessible à l’adresse Management de projet et http://vintage.netvibes. permettant à tous les types de contenus d’être accédés et partagés au sein même de Netvibes et au dehors.com/ladoc 4 www.netvibes. 46. flux d’informations et podwww. complète et ouverte. PAG E PR IVE E. cette page publique fait usage du widget « Page Web » sur chaque onglet pour afficher une page distante présentant l’onglet courant et proposer un moteur de recherche distant. Avec deux usages largement différents : tandis que la page privée est réservée aux données confidentielles et fortement personnelles. Outre les habituels flux RSS relatifs aux nombreux sites officiels gérés par cet éditeur. mais aussi sociaux (ils peuvent exploiter les données des utilisateurs du réseau social sur lequel ils sont installés). ouvert à quiconque serait intéressé. Cette ouverture vers le public permet à Netvibes de ne plus être vu comme un « jardin clos ». U N C O N T E N U O U V E RT.netvibes.netvibes. et une page qui lui permettra de partager avec le public sa vision d’un thème. dont les responsables de la médiathèque ont décidé d’ouvrir une page publique pour chacune de leurs sections propres : Ressources humaines. FeedBurner. La Documentation française dispose avec cette page publique d’un véritable observatoire de tout ce que cet éditeur publie sur ses nombreux sites. Le cas de Crès-Ricard est une démonstration parmi tant d’autres de l’usage privé qui peut être fait de Netvibes et de ses nombreux widgets – parfois en y mettant un peu de créativité. de manière souvent étonnamment rapide. il est possible à tous les utilisateurs de Netvibes de créer une page publique en plus de leur page privée.

0 et information-documentation 02 les projets [p. bêta.Sciences de l’informationI 2009. son déroulement de manière drastique. caractérisée par une nouvelle forme d’équipe. Microsoft Word et Excel. les gestionnaires de tâches. parfaitement identifiée et généralement locale .0. • un planning macroscopique affiné au fur et à mesure du déroulement du projet. centrée sur les individus et reposant sur la collaboration. feedback [p. elle s’est ensuite orientée vers une approche plus souple. avec ses nouveaux modes de travail et ses outils sociaux. mais des logiciels bureautiques qui sont à la disposition et à la portée de tous : la messagerie électronique.44] La gestion de projet à l’heure du web 2. 46.0. vol.dossier Web 2. a accéléré l’évolution de la gestion de projet. La gestion de projet à l’heure du web 2.0 n’a fait qu’accélérer cette situation faisant évoluer la gestion de projet d’une approche organisation- 44 IDocumentaliste . Fondée dans les années quatre-vingt-dix sur une approche centrée sur une analyse structurée des activités du projet et l’utilisation d’outils tels que GANTT ou PERT.51] Web 2.0 pour les documentalistes ? [p.52] « Flickr et PhotoNormandie : une entreprise collective de redocumentarisation » GÉRER AUTREMENT [ repères ] L’arrivée du web 2. • des délais plutôt courts visant à produire rapidement des résultats concrets .0 L’arrivée du web 2.47] L’approche alpha. Confrontés à des situations nouvelles de plus en plus complexes. la gestion de projet a fortement évolué.0 [p.0 Ces dernières années. Gilles Balmisse et Ali Ouni nous expliquent pourquoi cette gestion innovante de projet. Cette nouvelle nature de projet privilégie : • une cible réduite. apporte une réponse adaptée aux nouvelles exigences des organisations.50] Quelles compétences 2.48] « Infotourisme ou la naissance d’une intelligence collective autour d’une cinquantaine de contributeurs » [p. c Vers une gestion de projet moins structurée et plus collaborative Aujourd’hui. une approche itérative et collaborative de la réalisation des activités et l’utilisation de logiciels plus flexibles de suivi et de partage de l’information. mais d’obtenir rapidement des résultats en privilégiant la souplesse et la réactivité. Désormais. l’objectif n’est plus de structurer la démarche et de contrôler Une accélération avec le web 2. les collaborateurs devenus des acteurs-décideurs sont obligés à plus de réactivité et de souplesse dans leurs activités quotidiennes et sont amenés à solliciter leurs homologues et à collaborer. etc. de nombreuses équipes projet n’utilisent plus les logiciels spécialisés tels que Microsoft Project. n°1 . dite 2.0 et droit : rien ne change mais tout est différent… [p.

fr Son site : www.0 repose aussi sur une approche itérative d’amélioration continue. Si ces services ne sont pas totalement « finalisés ». • une relation plus proche est construite avec les utilisateurs ou les clients . Ainsi. suivi des livrables.0. l’équipe dans le projet. Ce mode de fonctionnement ainsi que l’omniprésence d’échanModèle adapté de Craig Brown (www. ce Down Hier qui demande de savoir structurer les échanges et les WBS Tendances du projet contributions.ouni@kapit. Celui-ci est en effet Prise de décision centralisée désormais épaulé par l’ensemble de l’équipe projet dans toutes les tâches de suivi (planning. mais d’avoir recours à des itérations progressives. • il est possible de réagir rapidement à partir de vrais retours d’utilisateurs ou clients. blog Outil de Prise de décision décentralisée 2009. professionnels apportent leurs points de vue. en deviennent de véritables co-concepteurs ou codéveloppeurs. etc.kapit. Il doit insuffler une MS Top Projet dynamique et un « ton » aux échanges. étant caractérisée par le niveau d’implication des membres de ali.0 Bottom itérations UP Wiki.0 est avant tout caractérisé par la taille réduite de l’équipe qui en a la charge. bien souvent pluridisciplinaires et surtout ouverts sur l’extérieur. Beta. la conception.0 est caractérisée par une nouvelle forme d’équipe projet. en testant ces services. Ceci a pour effet de favoriser la communication interpersonnelle entre les membres de cette équipe. un projet 2. depuis le cadrage. leurs compétences mais gilles. Docteur pelure d’oignon : chaque couche de l’École centrale Paris.net) ges entre les membres de l’équipe tendent à faire évoluer le rôle du chef de projet. la phase pilote jusqu’au déploiement et à la conduite Projet traditionnel structuré du changement. une nouvelle méthodologie ainsi que l’utilisation d’outils adaptés aux besoins de partage et de liens sociaux et faciles à utiliser. Ali Ouni intervient auprès des grands comptes pour les appelle parfois une organisation en conseiller dans la mise en œuvre de leurs stratégies web 2.fr).web2entreprise.0 des utilisateurs des services en perpétuels changements et non des produits finis. n°1 IDocumentaliste .fr. Projet 2. 46. feedback projet 2.0 forte. il est auteur de publications sur le knowledge management et les nouveaux usages collaboratifs en entreprise. ils sont susceptibles. • les risques sont réduits . les utilisateurs ou les clients. Cette évolution vers une gestion de projet 2. constituant ce que l’on (www. Ces nombreuses publications sur les systèmes d’information dédiés à la gestion des connaissances et des contenus.0 offre de nombreux avantages dans le cadre d’une gestion de projet : • les résultats sont concrets et.balmisse@knowledgeconsult. présentations. chargé d’enseignements et auteur de membres de l’équipe originelle. Ainsi. Le chef de projet n’a plus un rôle de Gantt contrôle mais d’animation.nelle. avec un contrôle très important et des prises de décisions centralisées. de mettre à disposition Aujourd’hui gestion de Alpha. Cette philosophie web 2. à une approche plus collaborative avec des prises de décisions plus décentralisées. /////// . vol. Planing synthétiser les échanges.) tout au long de son déroulement. d’être modifiés rapidement et surtout fréquemment. comme le montre le schéma ci-dessous. Gilles Balmisse est nels amenés par les premiers également conférencier.betterprojects. Il ne s’agit plus de passer du temps sur la réalisation d’un cahier des charges exhaustif. motiver et relancer les participants. Ceux-ci évoluent désormais de manière permanente. sur l’équipe projet qui constitue le noyau de Directeur associé de KnowledgeConsult (mise en œuvre de dispositifs base se greffent d’autres professionde management de connaissances et de veille). la mise sur le marché est plus rapide . par conséquent. réguler les éventuels détaillé flexible conflits et réorienter les travaux en cas de dérive. Une nouvelle forme d’équipe projet Orientation technique Tendances organisationnelles Une nouvelle méthodologie de projet Avec pour principal objectif de démontrer rapidement des résultats en utilisant un planning macroscopique affiné au fur et à mesure du déroulement des phases.fr avec une implication plus ou moins Associé à Kap IT où il est responsable du pôle Conseil Web 2. en contrepartie.Sciences de l’informationI 45 Orientation sociale Un projet 2.

ViewPath possède des fonctionnalités très proches de Liquidplaner. Un outil simple permettant de partager des tâches. Un des outils les plus connus et les plus complets de gestion de projet 2. Les blogs sont utilisés pour diffuser l’information relative à la vie d’un projet.0. des fichiers et des discussions autour d’un projet.wrike. avertis par le fil RSS. Cependant.dossier Web 2. Basecamp www.proworkflow. la communication. Projet Insight Proworkflow Smartsheet www. Les wikis.liquidplanner. que l’on nomme également Office 2.0. Les organisations vont devoir trouver des chefs de projet avec de nouvelles compétences comme la socio-dynamique.smartsheet. Il est orienté gestion de tâches et de planning.Sciences de l’informationI 2009. il s’inspire beaucoup de la référence dans le domaine : BaseCamp. la gestion de projet 2.0 reste marginale. ce qui permet de pallier les problèmes liés à l’utilisation excessive de la messagerie électronique. de communication. quant à eux. facilitant ainsi le nouveau rôle d’animateur du chef de projet. 46 IDocumentaliste .com Très proche en termes de fonctionnalité de LiquidPlanner.viewpath. www. Au final.com Viewpath Wrike Zoho Projects www. mais aussi et surtout de gestion avancée de communautés. ProWorkflow se positionne clairement sur l’amélioration de la productivité de la gestion de projet en étant orienté sur la gestion des tâches et du temps.clarizen.activecollab. Sans doute l’outil de gestion collaboratif de projet 2.com L’intérêt de Zoho Projects reside dans le fait qu’il s’agit d’une brique parmi une suite d’outils bureautiques 2. L’information y est publiée de manière centralisée et les membres de l’équipe projet.0 et qui est développé par Zoho.basecamphq. De plus. Un outil complet qui permet de gérer autant de grands que de petits projets. le team building et le leadership… • LES PRINCIPAUX OUTILS DE GESTION DE PROJET NOM DE L’OUTIL ActiveCollab URL www. n°1 . Le tableau ci-contre dresse une liste non exhaustive de ces outils. si la gestion de projet traditionnelle repose sur la structuration et le contrôle. Mais les outils les plus adaptés restent ceux qui sont spécifiquement développés pour les besoins de la gestion de projet 2.0 a apporté de nouveaux outils dont les principaux sont les blogs.0.com Clarizen www.0 le plus connu et le plus utilisé à trav0monde.0 et information-documentation /////// 02 les projets GÉRER AUTREMENT De nouveaux outils pour la gestion de projet Enfin.0. les wikis et les outils de gestion de projets 2. la publication chronologique des notes se prête parfaitement aux spécificités d’un projet. vol. de partage de l’information.0 repose quant à elle plus que jamais sur la collaboration.com www.com LiquidPlanner www.projectinsight. vont surtout permettre aux membres de l’équipe de co-écrire les différents livrables du projet. leur utilisation dans le cadre de projets 2.com Avant tout centré sur la gestion des tâches et du planning général des projets.net www. Ils offrent des fonctionnalités simples et flexibles de gestion et de suivi des tâches.com http://projects. le web 2. 46.zoho.com DESCRIPTION Orienté sur la gestion collaborative de projet. peuvent réagir en publiant leurs propres commentaires.

etc. 46.0 mentation par des premiers utilisateurs. d’un wiki. un Nouveau système de networking. etc. d’un outil. des outils • Phase de choix technologiques : Extention du identification des briques techniques Prototypage / système Animation (soft et hard) à mettre en œuvre et à Pilote intégrer. PROJET SYSTEME D’INFORMATION VERSUS PROJET WEB 2. corrections. bêta. Utilisation et Bilan • Phase pilote : réalisation d’un protoDéploiement type. d’un réseau social ou bien encore d’une plate-forme « digg like ». des bonnes pratiques partagées. Qu’il s’agisse d’un blog. technique. bêta. L’animateur doit être le garant des règles de bonne conduite souvent matérialisées dans une charte.0 Phases d’un projet SI • Phase de cadrage : définition du Cadrage du besoin. Choix conception des solutions. L’élaboration progressive de ses règles d’usages va servir à la cohérence et à la cohésion de la communauté. Les usages se Usages professionnels confirmés.0 • Phase alpha : mise en place de la solution web 2. le groupe des premiers utilisateurs doit se constituer sur la base du volontariat.0. une solution web 2. Dans ce contexte.balmisse@knowledgeconsult. feedback Les solutions web 2. n°1 IDocumentaliste . c'est-à-dire en faisant découvrir cette solution à d’autres utilisateurs et en les incitant à venir y participer. C’est également une Conduite du changement phase d’ouverture plus large de la solution et de renforcement de l’infrastructure. « viralité » des usages. • 2009. les projets web 2. Les usages et les besoins évoluent et c’est grâce aux utilisateurs que les outils web 2.) et expériusages 2.Sciences de l’informationI 47 .) en réponse aux principaux feedbacks des Usages premiers utilisateurs.0 repose sur une communauté d’utilisateurs. rapides à mettre en place. L’approche alpha.0 émergents construisent et les besoins se précisent progressivement. l’animateur de la communauté revêt un rôle essentiel pour Phases d’un projet web 2. un blog. Le cadrage étant réduit à sa plus simple expression.0 (un wiki. La motivation des utilisateurs est en effet une clé de réussite du projet web 2. rédaction des spécifications.fr [ méthode ] Mettre en œuvre des solutions web 2. d’une technologie dans le but de faire émerger des usages innovants et porteurs de valeur pour l’organisation. Cycle d’un projet web 2. vol.0 au sein de l’entreprise nécessite de respecter leurs spécificités : légèreté des technologies. Celle-ci doit aussi contenir des règles d’or.0.0 s’optimisent. V O L O N TA R I AT E T M O T I VAT I O N D E S P R E M I E R S U T I L I S AT E U R S . définition des scénarios projet d’usages.0 en ligne. ergonomique.focus gilles. ce sont les premiers utilisateurs qui vont découvrir et définir conjointement les usages. Du coup. aujourd’hui largement utilisée dans le développement des services 2.0 dynamiser les utilisateurs et mettre sous contrôle les éventuels risques de désorganisation et déstabilisation. DU ROLE CLE DE L’ANIMATEUR. etc. Ce sont les usages de ces derniers qui vont déterminer si la mise en place de la solution est un succès porteur de valeur ou bien un échec. etc. déploiement réduit. feedback. améliorations et bilan. peu chères. Expérimentation • Phase bêta : amélioration (fonctionBeta Alpha (permanant) nelle. feedback. bêta. en perpétuelle évolution et qui se diffusent auprès des utilisateurs par « viralité ».0 reposent sur des technologies légères. permanente évolutivité. C’est l’approche alpha. Gilles Balmisse propose ici de détailler l’approche alpha.0 sont souvent courts et possèdent une phase de cadrage réduite à la découverte et à l’expérimentation d’une solution. • Phase de déploiement : duplication et diffusion du SI auprès de l’ensemble des utilisateurs ciblés. Cycle d’un projet SI Contrairement à un système d’information classique. • Le feedback : processus continu et omniprésent dans un projet web 2. professionnels Feedbacks Amélioration continue… 2. Ce sont eux qui vont contribuer à la diffusion de la solution par « viralité ». tests Conduite du changement d’utilisation. • Phase transverse : conduite du changement englobant les tâches de communication et de formation.

Tous ont parfaitement joué le jeu.0 ont été mises au service du projet et détaille les phases de sa mise en œuvre.gouv. Notre approche de type « team building » a surtout consisté à mettre en confiance les dix membres du comité et à les initier aux procédés et outils de travail collaboratif en ligne.Sciences de l’informationI 2009. anticiper les crises ou contribuer à l'avènement de nouveaux modèles économiques plus performants… Un tel dispositif ne peut se concevoir sans l'implication forte des professions qui en seront les premières utilisatrices.com dispositif national de veille : . remettant en question notre stratégie et nos démarches. PHASE 1 – UN COMITE DE PILOTAGE COLLABORATIF Dans un premier temps. Le centre de ressources documentaires de l’administration du tourisme dont j’ai alors la responsabilité est chargé de sa réalisation. avançant par tâtonnements. www. nous interrogeant sans cesse. pour nous aider à bâtir cet outil indispensable à la définition de nos politiques de développement et de promotion du tourisme français à venir. Merchid. liste de discussion.quicktopic. sans jamais perdre espoir ni courage.Berger@finances. en inaugurant Top Résa1. C’est dans ce contexte exception1 Salon annuel dédié à nel et tout à fait nouveau pour chal'industrie du voyage en France. cun qu’est née une véritable 2 Outil dédié à la collaboration « communauté de projet » qui a réaen ligne qui permet de lisé de manière collaborative les traprésenter et réviser vaux permettant la concrétisation du rapidement un document en ligne. etc. le 48 IDocumentaliste . Gilles de Robien.0 et information-documentation 02 les projets GÉRER AUTREMENT témoignage Comment mettre en place un portail de connaissance et de veille sur le tourisme au service des acteurs économiques du secteur ? Merchid Berger raconte pourquoi les innovations technologiques du web 2. 46. alors qu’il est placé dans un environnement professionnel et institutionnel où dominent encore la « culture du secret ». la veille et l'intelligence économique touristique si nous voulons résister à la concurrence.dossier Web 2. déclare aux professionnels de l’industrie du voyage : « Plus que jamais il nous faut investir dans la prospective.fr Merchid Berger est responsable de la mission d’information et de veille à la direction du Tourisme au ministère de l’Économie. ministre du Tourisme. vol. Elle est titulaire d’un DEA en philosophie et un master en « Communautés virtuelles et management de l’intelligence collective via les réseaux numériques » Infotourisme ou la naissance d’une intelligence collective autour d’une cinquantaine de contributeurs En septembre 2004. D’emblée. nous avons créé un comité de pilotage composé des directeurs et des experts du ministère du tourisme. nous sommes confrontés à la difficulté du projet qui pour se concrétiser fait appel à l’esprit et aux technologies du web 2.0. de l’Industrie et de l’Emploi. Nous n’avons pu surmonter ce problème qu’en menant le projet étape par étape. wiki. n°1 cloisonnement des savoirs et savoir-faire et un esprit de compétition.). y compris dans l’utilisation des outils qui leur étaient complètement étrangers (quick topic2. forum. » Ainsi est lancé le projet de créer un dispositif d’information et de veille placé dès le départ sous le sceau du « collaboratif » et de l’« intelligence collective ». Aussi je sais pouvoir compter sur vous. reculant souvent.

nous avons adopté deux approches simultanées : l’apaisement en interne et l’ouverture vers l’extérieur. Cette méthode n’a donné que peu de résultats. Aujourd’hui plus de cinquante personnes contribuent à la veille de façon volontaire. • 2009. L'expérience vécue à travers la mise en place de www.Sciences de l’informationI 49 . c'est-à-dire ne demandant pas d'efforts supplémentaires. • l’élaboration de la « Charte des veilleurs ». La deuxième étape du projet a consisté à mettre en place la plate-forme technologique du dispositif. etc. Très souvent on utilise un groupware. Selon Etienne Wenger (Cultivating Communities of Practice. construit des relations et à travers cela développe un sentiment d'appartenance et de mutuel engagement ». 2002). Nous avons enfin appris à réduire le plus possible les freins : • donner la direction à prendre et non un objectif précis à atteindre . etc. de ne pas être à la hauteur. crée des pratiques communes. et progressivement du secteur privé. nous avons décidé de multiplier les acteurs en ouvrant le dispositif vers des volontaires en interne puis à l’extérieur de l’administration du tourisme. Il s’agit en fait de laisser la dynamique du système créer des interactions. permanente ou ponctuelle. au blocage du dispositif mis en place et à la faillite de la communauté de pratique que nous cherchions à créer pour faire fonctionner le dispositif. • la mise au point du processus de validation. apprend ensemble. Elle a ensuite consisté à encadrer et à sensibiliser les personnes qui avaient été désignées dans différents services de l’administration du tourisme pour alimenter le site et piloter les axes de veille. • promouvoir l’action du contributeur (en affichant sa signature. • prendre en charge les activités contraignantes (validation. devenant rapidement indispensables pour gérer le travail. de perdre leur poste. Cette démarche a eu un résultat positif puisqu’elle a donné naissance à la contribution des chercheurs en tourisme. travaille ensemble. réunit un nombre limité de personnes et est soumise à des contraintes de temps et à des obligations de résultat. etc. son CV ses travaux et publications. B I LAN : U N E COM M U NAUTE PROFESSION N E LLE N E S'INVENTE PAS. Différentes raisons ont été invoquées par les intéressés pour marquer ce refus : manque de temps. PHASE 3 – OUVE RTU R E DU DISPOSITI F A LA CONTRIBUTION EXTERNE Face à ces réactions émotionnelles qu’il fallait rapidement canaliser sous peine de voir le projet échouer. . Mais. c'est-àdire un groupe de professionnels qui partage des connaissances. Nous avons misé sur le fait que l’environnement coordonnerait les actions individuelles en favorisant certains comportements et en en pénalisant d’autres : c’est l’application du principe du « swarm intelligence » (l’intelligence en essaim). leur promotion. Harvard Business School Press.fr permet d'affirmer que le succès d'une communauté professionnelle de travail collaboratif repose sur un mélange équilibré entre : • un esprit d’ouverture suscité par l'innovation ou la mise en confiance ou par l'enthousiasme communiqués par l'initiateur de la communauté . que l’information soit accessible à un concurrent. scepticisme envers l’outil ou envers les autres participants. • simplifier au maximum la contribution (supprimer login et mot de passe) . n°1 IDocumentaliste . vol. même si les comportements sont de type « réflexes ». tous manifestaient un sentiment d’insécurité né de la menace que représentait pour eux le partage des connaissances dans un contexte professionnel.le carnet de route de la mise en place du dispositif. c’est-à-dire sans que le contributeur ait une vision globale du projet. enrichit ses savoirfaire sur un domaine d'intérêt commun (savoirs professionnels. surtout. de ne pouvoir s’imposer dans le groupe. 46. PHASE 2 – ECHEC DE LA MISE EN PLACE DE LA COMMUNAUTE DES VEILLEURS Deux communautés de travail Le premier groupe de travail. processus. on intègre un groupe en raison de ses compétences. c'est-à-dire en se montrant capables de réduire le travail.• le choix des principaux axes de veille stratégiques. confidentialité des informations gérées. compétences. de le rentabiliser et/ou de le valoriser. • un intérêt individuel . « une communauté de pratique… c'est un groupe qui interagit.) . . Nous avons mené des actions individuelles auprès de chaque membre du groupe que nous avons essayé de mettre en confiance en l’informant clairement sur les intérêts et avantages du travail collaboratif. relecture. on ne choisit pas forcément ses coéquipiers.). en mettant en ligne des informations à caractère stratégique. C’est à la fin de cette période que nous avons été confrontés au refus de participation des veilleurs. mise en ligne. On est obligé d'y participer. • la construction d’une cartographie des compétences stratégiques. Parallèlement. C'est un moyen de mobiliser l'intelligence et la créativité de chacun pour faire émerger une intelligence collective. Dès 2006 un groupe de travail international sur le tourisme durable a rejoint le dispositif en créant une base de « bonnes pratiques » en ligne avec la participation d’une vingtaine de pays. Ils avaient peur d’être dépouillés de leurs savoirs. • la définition du rôle des veilleurs et des pilotes.veilleinfotourisme. • des outils adaptés. On y pratique le travail collaboratif au moyen d'outils qui favorisent la coordination. • la validation de la plate-forme technologique de veille. des organismes régionaux. Le deuxième groupe est la communauté de pratique. Elles ont toutes reçu une formation aux outils de veille et au travail collaboratif en ligne. la communauté de projet (ou de travail). • ne pas forcer le choix de l’acteur dans sa façon de participer ou dans son degré d’implication .) qui est l'objet de leur engagement mutuel. etc.

n°1 . Ils doivent se placer au cœur des communautés et ne pas rester à l’écart des lieux où les professionnels. le fonctionnement des blogs.0. Il est également conseillé d’acquérir des manuels techniques. notamment les plus jeunes. Le groupe de travail de l’ADBS étudie l’évolution des missions et des activités des documentalistes en procédant à des entretiens et en analysant les offres de l’emploi collectées par l’observatoire des emplois de l’association. Des formations continues permettent de gagner du temps en bénéficiant des conseils d’un expert. nous livre une synthèse de ces questions. U N S O C L E D E C O M P E T E N C E S. en évolution très rapide.0 et information-documentation 02 les projets prieurdom@yahoo. des agrégateurs. pour en faire un usage éclairé. habitué à analyser les attentes de ses usagers et à proposer des services en conséquence. puis la généralisation du web 2. le documentaliste ou le bibliothécaire qui maîtrise déjà bien la conduite de projets d’informatique documentaire n’aura pas de mal à exploiter les apports du web 2. requièrent un investissement vite récompensé par l’intérêt du sujet et par la compréhension des enjeux et des nouvelles pratiques. à travailler en réseau. 46. Et il faut connaître.0 doivent absolument se familiariser avec ces nouveaux outils et comprendre la modification qu’ils entraînent sur les attentes de leurs usagers. Habitué à concevoir des produits et des services d’information. journées d’étude.). nous travaillons avec quinze autres pays de l’Union européenne pour produire un Euroréférentiel reconnu dans tous ces pays. nombreux tutoriels disponibles sur le web). L’apparition du web. Les documentalistes formés avant l’émergence du 2.0. Les ration et d’organisation des bases de données et des contenus d’information et leur capacité à construire et utiliser des plans de classement et des langages documentaires contrôlés sont particulièrement utiles dans un contexte d’information pléthorique.0 pour les documentalistes ? SU IVR E L’EVOLUTION DES COM PETENCES.0 et de recourir à un appel d’offres dont la rédaction nécessitera de bien connaître les possibilités offertes par ce web 2. d’autres s’adressant à un public plus large. livres blancs. Pour les compétences. des outils de partage et de syndication. il est préférable de s’appuyer sur des sociétés de service spécialisées dans l’intégration de plates-formes 2. Il faut ensuite passer à l’acte. puis directrice de l’École de bibliothécaires documentalistes (EBD) Quelles compétences 2. Mais pour la conduite d’un projet complexe. la compétence des documentalistes en matière de structu- Il s’agit donc de maîtriser des outils qui sont certes conviviaux mais qui requièrent un investissement en continu pour suivre leur évolution rapide. vent depuis trois ans sur le marché du travail ont normalement appris à maîtriser le web 2. discussions sur les blogs autour de la bibliothèque ou de l’entreprise 2. vol. Net recherche.Sciences de l’informationI 2009. membre du groupe de travail de l’ADBS « Référentiels des compétences et des métiers en gestion de l’information ».0 ont considérablement modifié les modes et les outils de travail et exigent de nouvelles compétences. COM M E NT ACQU E R I R C ES COM PETENCES ? Les documentalistes qui arri- compétences « cœur de métier » restent fondamentales : l’usager est toujours au cœur du processus de travail. L’introduction est aisée : ouvrages professionnels. directeur technique en charge de la médiathèque. du système documentaire et du site web de Sources d’Europe (1989-1999. Dominique Vignaud a été responsable de la documentation et des bases de données au Centre INFFO. Centre pour le développement de l’information sur la formation professionnelle (1977-1989).0. certains étant publiés par l’ADBS (ouvrages sur les fils RSS et sur les blogs. • 50 IDocumentaliste . le documentaliste médiateur. Diplômée de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et titulaire d’un DESS en gestion de l’information de l’IEP. est bien préparé à l’animation de communautés. d’une part en créant des services tests sur les différentes plates-formes (inscription gratuite. Deux activités sont particulièrement concernées : la veille et la production de produits et services documentaires. À la condition qu’il accepte de ne plus imposer une offre unique de services mais de s’insérer dans chaque communauté pour proposer des services adaptés. vont aujourd’hui chercher leurs informations. et considérer l’utilisateur autant comme un partenaire que comme un client Par ailleurs. et de taggage riche mais désordonné.dossier Web 2. réseaux sociaux et pages personnalisées. à choisir. etc. d’autre part en suivant les blogs pour connaître les nouveaux outils et les avis des plus avancés. à intégrer et à paramétrer des logiciels documentaires. D E S C O M P E T E N C E S A AC Q U E R I R.0 dans l’activité documentaire remet-elle en cause les fondamentaux du métier ? Sur quel acquis capitaliser et quelles sont les pistes d’amélioration possibles ? Dominique Vignaud.fr GÉRER AUTREMENT focus [ formation ] L’utilisation des outils du web 2. notamment mashup.0.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles consacrés au droit de l’Internet et du numérique. la modération des contenus. Il est chargé d’enseignement à l’École nationale supérieure des télécommunications. bien en peine à s’accommoder de la « propriété virtuelle » comme celle des avatars ou des « constructions » de second life.0 revisite le droit de la propriété intellectuelle dans sa conception actuelle pour au moins deux raisons majeures : l’aspect «communautaire» des créations et le « libre ». Web 2.0.Sciences de l’informationI 51 . La mise en œuvre d’un service de type web 2. Le web 2.0 et droit : rien ne change mais tout est différent… Le web 2. qu’il s’agisse d’un site grand public ou d’un service réservé. etc. Avec les blogs pourtant.0. la protection des tiers est nécessaire. par essence. C’est en effet le seul moyen pour lui.0 revisite aussi le droit du travail notamment en ce qui concerne les conditions de travail et l’introduction de nouvelles technologies de type 2. Le web 2. Or le monde du 2. la médiation le cas échéant.0 n’est qu’une évolution du web précédent. voire un nouveau cadre à la « liberté d’expression » et à ses limites. la diffamation est redessinée à travers la notion de « bonne foi » ou de « mauvaise foi » du blogueur. • Liberté d’expression. L E S F O N DA M E N TAU X J U R I D I Q U E S REVISITES PAR LE WEB 2. De même. Enfin. Quelques conseils pour éviter un tsunami juridique… [ juridique ] Éric Barbry dirige le pôle « Droit du numérique » du cabinet Alain Bensoussan. des questions simples comme : qui est l’auteur ? qui a des droits sur quoi ? et même quelle est l’œuvre protégée ? deviennent beaucoup plus complexes. de démontrer qui est responsable d’un acte malveillant et donc d’espérer en cela dégager ou à tout le moins limiter sa propre responsabilité. Quel que soit le support. comme celui de la propriété au sens classique du terme. comme en témoignent les récentes condamnations des acteurs du web 2.0. nécessite le respect de démarches : obligations prévues par la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978 modifiée ou celles du droit du travail (information préalable sur la mise en œuvre de nouvelles technologies. Éric Barbry explique comment il change donc radicalement notre approche du droit et bouleverse les rares certitudes précédemment acquises. Beaucoup d’utilisateurs confondent « libre » et « sans droit » et commettent en cela une erreur qui peut leur être fatale en terme de contrefaçon. La responsabilisation des personnes est une nécessité impérieuse. une diffamation est une diffamation. le web 2. la mise en place de solutions simples de notification des contenus abusifs. Cette responsabilisation sera généralement formulée par l’adoption d’une charte ou de conditions générales d’utilisation du service web 2. pour le grand public comme au sein d’une entreprise. le web 2. ne constitue pas un « no laws land » mais modifie radicalement notre approche du droit et les quelques certitudes acquises avec le web 1. • Identification et traçabilité. n°1 IDocumentaliste .0 de prendre quatre séries de précautions. en cas de difficulté. Il est membre fondateur de Cyberlex et de l’Association française des correspondants informatique et libertés et membre de l’OSSIR.com focus Sur le plan technique. Et il contrarie même jusqu’aux essentiels du droit. qui n’est qu’une évolution technique du web actuel.0 dans l’entreprise. vol. comme en témoignent les premiers contentieux autour des wiki. • Maîtrise des démarches préalables. Le web 2. c’est à celui qui met en œuvre ou qui utilise des services et produits du web 2. LES PRECAUTIONS A PRENDRE Face à de telles incertitudes juridiques et en attente d’un nouveau cadre juridique qui sera.0 fait littéralement exploser le droit de la responsabilité sur Internet qui repose sur un schéma archaïque du web ou n’existeraient que trois acteurs : l’éditeur.0 connaît bien d’autres acteurs et particulièrement les nouveaux intermédiaires techniques que sont les plates-formes qui proposent ces services (service blog. • 2009. • Droit de la responsabilité. L’identification et la traçabilité sont indispensables pour celui qui mettra à disposition un service web 2. comme le filtrage des contenus.0. le FAI et l’hébergeur. • Responsabilisation des personnes. mais qui induit des modifications importantes en termes d’offre et d’usages.eric-barbry@alain-bensoussan. • Droit du travail. • Protection des droits des tiers. Dans le web 2.0. des blogs et autres licences libres.0 • Propriété intellectuelle.0 donne un nouveau souffle. information préalable sur les moyens de contrôle des personnels). toujours en décalage avec les réalités techniques. et le fait qu’elle soit portée à travers un blog ne change rien à sa qualification juridique. le filtrage des récidivistes. 46.0 en question. par exemple) et qui sont absentes de la loi pour la confiance dans l’économie numérique.0. Cette protection passe par différents outils qu’il convient de déployer.

Nous avons utilisé les fonctionnalités de la plateforme de partage de photos et vidéos Flickr. ce qui diminue grandement l'intérêt documentaire de cette collection accessible au grand public. etc. un bilan positif présenté par un des initiateurs du projet. Lors du chargement sur Flickr d'une photo contenant des métadonnées IPTC.dossier Web 2. et une initiative privée. Ville. puisque chaque photo est identifiée sur Flickr par un numéro automatiquement attribué. Description.com Flickr et PhotoNormandie : une entreprise collective de redocumentarisation Le projet PhotosNormandie a pour but d'améliorer l'indexation d'un fonds de photos historiques sur la Bataille de Normandie. Il est cependant très facile de retrouver chaque photo grâce à son identifiant unique hérité du site Archives Normandie 1939-1945. Et sont libres de droits avec pour seule contrainte l'obligation de mentionner leur origine lors de toute utilisation. depuis quelques années. l'utilisateur doit ouvrir un compte gratuit .Sciences de l’informationI 2009. Les 2 763 photos qui y figurent proviennent des Archives nationales des États-Unis et du Canada. Il n'y a pas de risque de perdre des métadonnées. n°1 afficher. vol. et en particulier sur les métadonnées.0 et information-documentation 02 les projets GÉRER AUTREMENT témoignage peccatte@softexperience. celle de corriger les erreurs de légendage et d’enrichir la qualité des descriptions. l'URL pointant sur une photo de notre projet ne peut être considéré comme stable car le numéro en question change lors d'une mise à jour. Mots-clés. télécharger les photos en haute définition. Sur Internet : www. Nous ne sommes pas captifs de la plate-forme de partage. À la fin de l'année 2006.com Au départ : une collection de 2 763 photos libres de droit sur la bataille de Normandie. et l'utilisateur reste ainsi libre de la technologie utilisée pour l'exploitation de son fonds. présenté par le site Archives Normandie 1939-1945 mis en place en 2004 par le Conseil régional de Basse-Normandie. Après une formation en mathématiques et informatique. Il s'agit d'une initiative privée développée par une équipe de passionnés désireux de mieux valoriser ce fonds tout en augmentant sa visibilité. Cependant. nique. Pays. ENCAPSULATION DES DONNEES. Or de nombreuses légendes de photos comportent des erreurs importantes. Un choix : utiliser les fonctionnalités de la plate-forme de partage de Flickr pour améliorer l’indexation de ce fonds. le projet repose sur l'utilisation d'informations 52 IDocumentaliste . Tout visiteur peut rechercher. Cette technique d'encapsulation des métadonnées permet à la description textuelle de l'image d'être toujours disponible avec cette image et facilement réutilisable. Le travail rédactionnel demeure contrôlé en local puisqu'il est stocké dans les photos. il s'agit de champs textuels (Titre. Michel Le Querrec – co-responsable du projet – et moi-même avons donc décidé d'améliorer les descriptions de ces photos. UNE PRISE EN MAIN FACILE.com et blog. celles-ci sont automatiquement décodées et utilisées pour renseigner les champs affichés. Pour commenter les photos. Il a travaillé dans l'informatique documentaire et la presse et.softexperience. Au total.) stockés à l'intérieur de l'image numérique. Patrick Pecatte a suivi les cours de documentation à l'INTD. 46. Sur le plan tech- associées à une image et communément appelées métadonnées IPTC1 . essentiellement sur les technologies XML appliquées aux domaines du texte et de l'image numériques. Patrick Pecatte.tuquoque.

la Library of Congress a mis en ligne sur Flickr et en partenariat avec ce dernier plus de 3 000 photos : c’est le projet appelé The Commons.com/photos/photosnormandie • Présentation du projet à la conférence « Document numérique et Société ». nous avons aussi abondamment utilisé les recherches sur le web et sollicité les habitués de certains forums spécialisés.tuquoque.iptc. d'unités militaires . • identifications des photos censurées. R ESEAUX DE COM PETE NC ES. des photos en doubles et des séries . L’usage de Flickr a permis de contacter des participants intégré à d'autres usages du web (forums et autres sources d'information. » Une discussion peut s'établir entre les divers participants du projet et se termine par la validation éditoriale des modifications proposées.95 dollars par an) et ne nécessite aucun coût de formation. Le groupe Discussions sur PhotosNormandie compte 41 membres dont une dizaine participe régulièrement au projet en postant des commentaires. 373-389.) dans un processus de redocumentarisation. Il existe d'autres projets similaires. 2008. inconnus avant le démarrage du projet et constitue la source principale des informations obtenues. L'activité régulière du projet PhotosNormandie durant presque deux années a permis d'améliorer de façon substantielle la qualité des descriptions. nous avons complété. en rapport avec l'image . Au total. • un administrateur technique qui.sur Flickr et propose alors ses corrections dans le champ « Ajoutez votre commentaire.com/people/photosnormandie • Accès direct aux photos : www. Paris. La prise en main de l'outil est très facile. Ce n'est pas un animateur ou un coordinateur proposant de nouvelles descriptions au groupe de travail . Il s'agit bien de ré-indexer un corpus iconographique grâce aux possibilités ouvertes par les technologies numériques et Internet (pas seulement le web social). • Repères • Le site Archives Normandie 1939-1945 : www. • références : renvois à des livres. 830 000 VISITES. Le déploiement requiert un budget extrêmement faible (un seul compte Pro Flickr à 24. Ce chiffre plus élevé que celui des photos s'explique parce que certaines légendes ont été corrigées plusieurs fois. 17 et 18 novembre 2008 : Traitements et pratiques documentaires : vers un changement de paradigme ? ADBS Éditions. l'un des intérêts du projet est de faire appel à des spécialistes aux compétences complémentaires.com/post/ 2008/09/16/Une-plate-forme-sociale-pour-laredocumentarisation-d-un-fonds-iconographique 2009. des photos en couleur. doit effectuer un travail régulier.flickr.Sciences de l’informationI 53 1 L'IPTC (International Press and Telecommunications Council.archivesnormandie39-45. À côté des recherches et références classiques dans des ouvrages et magazines. On peut donc distinguer. 2 http://tineye. • précisions descriptives sur l'image . et même de les enrichir d'informations probablement inédites. de personnages. n°1 IDocumentaliste .com . Elle est constituée par les contributions indirectes apportées par les utilisateurs des forums qui forment une sorte de réseau de second niveau qu’il est indispensable d’activer dans ce genre de projet. y compris pour les participants peu familiers avec les outils collaboratifs du web.flickr. 46. et http://blog. Ce fonctionnement efficace repose sur la simplicité et la souplesse de l'outil collaboratif qu'est Flickr. recherche de documents. les 2 763 photos du corpus ont été vues globalement plus de 830 000 fois. une action. mais aussi sur un travail important de la part des co-responsables. Nous avons également pu tester un nouveau service de recherche d’images par similarité avec le logiciel TinEye de la société Idée2. une seconde strate dans l’organisation du travail. www. auquel participent maintenant seize autres institutions. à côté de la production directe. recherche par similarité. L'expérience acquise au cours de ce projet est très positive et certainement applicable à de nombreux domaines qui nécessitent la participation de spécialistes disséminés dans le monde entier. Un an après le démarrage de PhotosNormandie. p. Ainsi.org • Description du projet PhotosNormandie : www. UNE ENTREPRISE COLLABORATIVE DE REDOCUMENTARIS AT I O N . Flickr apparaît dans ce projet comme un outil corrigé et mis à jour plus de 4 200 descriptions. sur la qualité des intervenants. etc. • contextualisations iconographiques à l'aide d'autres sources : séquences vidéos de la même scène ou autres photos. • contextualisations historiques : précisions sur un mouvement d'unité. à des sites . entre janvier 2007 et décembre 2008. ce qui correspond à plus de 1 300 visites par jour. En effet. il s'agit d'une fonction analogue à celle rencontrée dans la presse puisqu'il décide seul de son texte final à partir des éléments rédactionnels recueillis . • précisions de dates . vol. La typologie des améliorations peut être résumée ainsi : • identifications de localisation.org) est une organisation internationale créée en 1965 pour développer et promouvoir des standards d'échange de données à destination de la presse.. etc. malgré les automatismes mis en place. Notre organisation a conduit à définir deux fonctions indispensables : • un rédacteur en chef capable de synthétiser les informations recueillies dans une discussion ou sur d'autres sources et d’en rédiger une description précise et cohérente. c'est-àdire dans une entreprise collective qui vise à traiter à nouveau une collection de documents.

les fondamentaux des métiers de l’information.0 et mémoire : de la conversation à la conservation [p. sanctionnent et valident les contenus. ET APRÈS ? Critique et prospective [ analyse ] Demain. ce sont les mêmes contributeurs qui. 46. à partir desquels de profondes transformations des usages sont envisageables. on ne peut guère ignorer quelques questions spécifiques du web 2. Or. Restons modestes. du moins dans l’ampleur qu’on lui connaît.. propose Bertrand Sajus. Validation des contenus Pour les professionnels de l’information. Mais ces sujets ne sont pas pour autant fermés sur eux-mêmes. C’est à ce couplage constant des fonctions de production et de régulation que. Mais nous avons également tenu à faire le point sur les rapports du web dit sémantique avec le web social. La validation des contenus d’une part. parlera-t-on même de web ? D’autres métaphores prendront peut-être le relais (le nuage.0. Au regard de la diversité de ces sujets.59] Web sémantique et web social : un mariage de raison [p. avec plus de onze millions de notices en 229 langues est un monument incontournable.dossier Web 2.).Sciences de l’informationI 2009. selon Dominique Cardon et Julien Levrel. vol.0. produisent. Il revisite notamment les questions de validation et fixité des contenus. et analysons les concepts-clés qui sont au cœur des transformations 2. par leur nature. À la différence d’autres projets encyclopédiques inaboutis. la carte du web de demain ? On se rappelle que la révolution Internet elle-même n’avait été prévue par personne.0. le web : les nuages ou la forêt ?… Il faudrait être devin pour imaginer les métaphores qui ne manqueront pas de se substituer à « la toile » et pour en dégager les nouveaux usages. il offre assez de recul pour analyser les ressorts sociologiques profonds de sa réussite. de la documentation et de la connaissance (IDC). en positif et en négatif. les rapports entre webs social et sémantique et pourrait bien remettre en selle les arts antiques de la mémoire… La forêt pousse… Jusqu’où ira-t-elle ? q Qui se risquerait aujourd’hui à brosser. pourrait se substituer à la toile. 54 IDocumentaliste . Il s’agit seulement de souligner quelques points cruciaux. Loin s’en faut ! Ils communiquent entre eux et s’inscriront peut-être demain dans des problématiques communes. parmi ces points cruciaux. de leur genèse et de leur validation est essentielle. par exemple. Nous en avons retenu deux qui concernent particulièrement. la pérennisation de l’information d’autre part.56] Contribuer et surveiller : l’autorégulation sur Wikipédia [p. Wikipédia.54] La forêt pousse… Jusqu’où ira-t-elle ? [p.61] Web 2. C’est un paysage passionnant et touffu qui apparaît. même à grands traits. quoique impossibles à prédire dans leurs formes et dans leurs rythmes. selon le principe fondateur du projet. Et demain.64] La Renaissance au secours des mondes virtuels WEB 2.0 et information-documentation 03 [p. ainsi qu’aux spéculations sur les mondes virtuels et la mémoire. Vous l’avez compris. Avec ses huit années d’existence. n°1 . le dernier volet de ce dossier n’a pas l’ambition de poser le moindre jalon prédictif.. la question des contenus. force est de reconnaître que l’évolution du web nous tourne vers des horizons multiples et nous réserve bien des surprises.

comme un phénomène de socialisation avancée de l’Internet. Mais ce phénomène repose sur le principe de l’accès et. une forêt pousse… Pérennisation de l’information Nous ne sommes pas ici très éloignés d’une autre question qui taraude les professionnels de l’information. Celui de l’appropriation intime. concomitant à l’essor des TIC. Dans leur rapport sur L’informatisation de la société. comme prothèses. Or les millions de sujets qui constituent les entrées de cette encyclopédie en font une source organisée incomparable pour envisager la « sémantisation » du web. comme l’expliquent Emmanuelle Bermès et Clément Oury. Cela implique une décentralisation systématique des actes de contribution et pose du même coup la question de la cohérence du tout. Ces fantasmagories qui hantent l’Internet depuis ses origines (cf. par-delà la Renaissance et le Moyen Âge. l’article de Rémi Sussan) pourraient bien ré-émerger.gouv. p.0 se caractérise. sont les premières générations des technologies de l’informatique ubiquitaire de masse. Cette tendance n’est pas sans lien avec les comportements informationnels et culturels. les itérations sur les récitations. c’est-à-dire la prise en compte de la signification des mots dans l’organisation des contenus et le pilotage des machines de l’Internet. Rappelons que le web 2. Or. En d’autres termes. de l’accès comme usage et de l’usage comme accès. Le Monde diplomatique. avec toutes leurs richesses fonctionnelles. « À l’ère de l’"informatique en nuages" ». écrivaient-ils. le rapport au savoir et à la mémoire. de la mémoire. Le dernier plan enfin. les interfaces d’accès. lesquelles se trouvent de plus en plus réparties sur une foule de machines. Ce glissement du solide vers le fluide. La Découverte. Simon Nora et Alain Minc l’avaient pressenti dès 1978. Le paysage technologique ouvert par le web 2. appellent implicitement un contre-mouvement. plus leur appropriation reposera sur les prothèses d’accès individuel que sont les interfaces ultra-portables. presque silencieusement. Le plan matériel.).Wikipédia doit sa dynamique éditoriale. 2005. ils annonçaient que la relation au savoir ne serait plus d’ordre patrimonial mais heuristique. L’informatisation de la société. 2009. fort justement. de l’intériorisation. 2 Simon Nora et Alain Minc. certes en partie. via les ordinateurs.sajus@culture. aux temps antiques où la rareté des documents écrits laissait une large part à la mémoire dans la transmission des savoirs. de la conservation physique des données (in fine la dématérialisation nous ramène toujours aux usages extrêmes du matériel). 46.2 » Quelque trente ans plus tard. Comme si l’ambition de simuler des raisonnements humains à l’échelle du web. qui concerne davantage les personnes. tout d’abord. cette intuition se révèle étonnamment juste. par une externalisation massive du stockage des données. Il n’est qu’à suivre les débats de société. entre autres.fr Cyberspace et arts de la mémoire Ce contexte technologique favorise une externalisation de la mémoire personnelle. 118. Celle-ci reposera probablement de moins en moins sur une capacité de mémorisation d’une forme (ainsi acquise comme une seconde nature) et de plus en plus sur une habileté à accéder à un point de l’Internet. va aussi bouleverser une culture individuelle constituée principalement de connaissances ponctuelles. de la pérennisation des contenus et. dont le théâtre ultime est peutêtre le corps et ses rythmes – mais c’est une autre histoire ! • 1 Jeremy Rifkin. très vifs. celle de la stabilité des repères. L’ars memoriae remonte. à capter et filtrer des flux de données. 3 Hervé Le Crosnier. 1978. Comme l’a noté Jeremy Rifkin1. Cette fragilité est accentuée par l’usage massif de platesformes web 2. n°1 IDocumentaliste . Cette substitution marque une évolution culturelle et sociale autant que technologique. Nous pouvons ici distinguer très schématiquement trois plans technologiques sur lesquels se joue. autour de la crise du MP3 pour s’en convaincre. Les concepts l’emporteront sur les faits. août 2008. Pérennisation aujourd’hui très faiblement organisée.0 est défini. Le Wi-Fi. comme le souligne Hervé Le Crosnier dans son article sur le « cloud com- puting3 » se trouvent comme pulvérisées à travers une myriade de serveurs. la 3G. La Documentation française. On comprend du même coup que l’externalisation des données et son corollaire. supposait cette couche de collaboration humaine où l’émergence l’emporte sur la planification. 19 et sq. « L’informatique. ensuite. Chuuut !… En deçà des buzz ampoulés du web 2. Bernard Vatant souligne la valeur paradigmatique et opératoire du phénomène Wikipédia dans les projets actuels du web sémantique. etc. plus les données seront accessibles de n’importe où et à tout moment. l’accès à des flux de services tend à se substituer à la possession de biens tangibles et stables.Sciences de l’informationI 55 . L’âge de l’accès : la nouvelle culture du capitalisme. vol. en définitive. parmi les plus prometteurs (notamment DBpedia). la quête de l’accès. Désormais la discrimination (sic) résidera moins dans le stockage des savoirs. bertrand. Le plan structurel de l’Internet. aux processus cognitifs des personnes.0. pourrait-on dire. partout dans nos sociétés dites avancées. qui pose la question de la pérennisation des liens et des systèmes de pointage et d’identification des ressources.. textes. à l’aube de la télématique. est celui de la connexion de l’utilisateur final à ses applications et données. On comprend dès lors la pertinence des spéculations sur le cyberspace comme champ virtuel des arts de la mémoire. et davantage dans l’habileté à chercher et à utiliser. Et celles-ci. seront de plus en plus intimement intégrées.0 auxquelles des dizaines de millions d’internautes confient leurs données (archives photos personnelles.. p.

sur les risques d’erreurs. la production collective d’une encyclopédie n’est possible que parce que la surveillance a posteriori des écritures individuelles est. 2008.0 » (Communications & Strategies. L’originalité la plus radicale de Wikipédia tient sans doute moins à l’écriture participative qu’à cette mutualisation des procédures de surveillance et de sanction qui permet à la communauté de veiller sur elle-même. l L’écriture de Wikipédia est le produit d’une forme surprenante et originale de travail coopératif qui reste encore mal ou incomplètement comprise1. L’Harmattan. n° 151). Ses travaux portent sur les modes de régulation des grands collectifs en ligne et sa thèse s’attache à appréhender et analyser l’autorégulation du projet Wikipédia. Ils discutent.0. Il s’intéresse notamment aux transformations de l’espace public sous l’effet des nouvelles technologies de communication. Ils se modifient.levrel@gmail. C’est la mise en œuvre de cette discussion continue et décentralisée qui fait toute l’originalité de son système d’autorégulation. ouverte et participative. Et s’ils ne parviennent pas à s’accorder. Lorsqu’elle est mise en œuvre par les producteurs 56 IDocumentaliste . 2006. n° 138). Ses travaux portent sur les relations entre les usages des nouvelles technologies et les pratiques culturelles et médiatiques. Ils se testent. si sur Wikipédia l’écriture est un processus ouvert et participatif. laudateurs ou critiques qu’attire l’encyclopédie sans que soit parallèlement souligné le contrôle de chacun sur chacun qui constitue l’indispensable corrélat de la liberté d’écriture des contributeurs. d’approximation ou de vandalisme consécutifs à l’absence de contrôle éditorial a priori ou encore sur la revanche des amateurs sur les professionnels du savoir. tTerritoires et sociétés (UPEMLV/ENPC/CNRS). négocient et s’accordent sur les pages Discussion. Les wikipédiens ne se contentent pas d’écrire l’encyclopédie. ET APRÈS ? Critique et prospective dominique. on insiste en effet beaucoup sur la liberté de tout utilisateur d’écrire comme il le souhaite. se disputent.0 » (Réseaux. vol. un dispositif médiatique de publics participants » (Réseaux.Sciences de l’informationI 2009. Dans les multiples débats qui entourent le succès de l’encyclopédie en ligne. Ils montent la garde. elle aussi. L’originalité du processus d’écriture ouverte focalise l’attention de la plupart des commentaires.com Dominique Cardon est sociologue au laboratoire SENSE d’Orange Labs et chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS/EHESS). 46. s’amusent et apprennent dans les pages Bac à sable et Bistrot. comme sur beaucoup d’autres sites contributifs de l’Internet. n° 65) et « Le design de la visibilité : un essai de cartographie du web 2.0 et information-documentation 03 WEB 2. j. Contribuer et surveiller : l’autorégulation sur Wikipédia [ décryptage ] Comment fonctionne Wikipédia ? Quelles procédures utilisent les participants à cette gigantesque encyclopédie en ligne pour régler leurs désaccords et produire un bien commun ? Dominique Cardon et Julien Levrel détaillent les fondements de Wikipédia qui ne propose pas uniquement à tous de contribuer à l’encyclopédie. se corrigent et se révoquent sur les pages Historique. protègent et bloquent à l’aide de la Liste de suivi et des pages de Modifications récentes. veillent. Car. argumentent.dossier Web 2.cardon@gmail. Une vigilance participative Le système de régulation de Wikipédia s’adosse sur une règle cardinale des systèmes auto-organisés : le contrôle local est plus efficient que la monopolisation centrale du pouvoir de sanction2. mais s’attache aussi à faire de chaque contributeur un critique vigilant des contributions des autres. vérifient. 2007. corrigent. 2008) et « Wikipédia.com Julien Levrel est en doctorat de sociologie au laboratoire SENSE d’Orange Labs et au laboratoire Techniques. Ils se querellent. n°1 . Il a récemment publié : (avec Christophe Aguiton) « The Strength of Weak Cooperation: An attempt to Understand the Meaning of Web2. Ses publications : « L’écriture encyclopédique ouverte à tous » (Savoirs en débat : perspectives franco-allemandes. ils iront alors accuser ou se défendre devant le Comité d’arbitrage. votent et décident sur les Pages à supprimer et alertent les Wikipompiers lorsque leurs débats s’enflamment.

Avec la croissance de l’encyclopédie. 2 Elinor Ostrom. Il reste que. 90 % des éditions sur la Wikipédia anglo-saxonne portaient sur les pages Articles. ou revert. la plupart du temps. elles visent la correction des comportements et. Huberman. 46. mais n’importe qui peut aussi effacer ce qu’un autre vient d’écrire. la discussion. She Says: Conflict and Coordination in Wikipedia ». la surveillance décentralisée constitue un moyen très efficace de garantir la confiance entre les membres de la communauté. « Assesssing the value of cooperation in Wikipedia ». une sanction locale.eux-mêmes. 4 Dennis M. Il reste que. le wiki articule étroi1 Ce texte reprend dans une version courte l’argument de l’article à paraître de D. localement. Réseaux. Pendleton. N’importe qui peut écrire sur Wikipédia. Elles constituent le lieu central et essentiel de règlement de la très grande majorité des conflits. La régulation de Wikipédia s’appuie donc sur un double mouvement : elle décentralise le plus largement possible les conflits relatifs aux contenus en facilitant la discussion entre les rédacteurs . Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action. Dans la très grande majorité des cas. que le contrevenant sera sanctionné plus fortement et qu’il pourra avoir à comparaître devant les instances centrales de la communauté. centralement. « LE FAUTIF N'EST PAS "PUNI" MAIS UTILISE LES SIGNAUX DE LA COMMUNAUTÉ POUR APPRENDRE » tement droit à l’écriture. la part de la production directe des articles a diminué au profit du travail indirect de coordination. Chi. Cette opération d’effacement très simple est rendue possible par l’enregistrement public de l’Historiquede toutes les modifications faites sur la page. la médiation et la sanction. Or la qualité et la fiabilité des articles dépendent du nombre de contributeurs à l’article et à sa discussion. n°1 IDocumentaliste . Ce n’est que lorsque des fautes sont systématiquement répétées par la même personne. que les contributeurs de Wikipédia écrivent de moins en moins d’articles et passent de plus en plus de temps à discuter entre eux de la manière dont ils écrivent les articles et dont la communauté doit s’organiser. Ed H. permet l’intégration communautaire et facilite une gestion à très bas niveau de la très grande majorité des conflits entre les membres. Ils ne se sont pas contentés de réserver le pouvoir de surveillance et le droit de sanction à des instances locales de la communauté. les wikipédiens lancent des procédures d’alertes et de /////// 2009. Interface morale d’un genre particulier. devoir de discussion et pouvoir de sanction en refusant de les réserver à des populations différentes comme le font la plupart des modèles éditoriaux classiques. 12. Le fautif n’est pas « puni » mais utilise les signaux que lui adresse la communauté pour apprendre. sans qu’elle tienne compte des signaux que lui adresse la communauté. Levrel. c’est qu’il est non seulement nécessaire de décentraliser la surveillance et la sanction le plus fortement possible. vol. Ils l’ont distribué à tous et à n’importe qui. À dire vrai. Surveillance mutuelle et discussion orientée vers le consensus sont les deux grandes compétences requises dans les pages Discussion des articles. Bryan A. sur la même période. « He Says. les wikipédiens font leur possible pour que le règlement des conflits se résolve par la seule vertu de la discussion entre utilisateurs. Alors que. n° 154. New York. April 2007. « La vigilance participative : une interprétation de la gouvernance de Wikipédia ». Plus encore. renforcent les liens de confiance et les valeurs de la communauté plus qu’elles n’excluent les malfaisants. en effet. mêlant réprimandes et encouragements. First Monday. April 28-May 3.Wilkinson. Ce que fait apparaître ce modèle d’auto-organisation des communautés. lorsqu’elles s’exercent à très bas niveau. de façon systématique et principielle. 1990. le pourcentage d’édition créant un nouvel article est tombé à moins de 10 %3. San Jose. Elle s’avère d’autant plus efficace que la proximité entre le fautif et le surveillant permet la mise en œuvre de sanctions si graduées que leurs premières manifestations s’apparentent à un simple signalement d’erreurs de comportement à la communauté.Sciences de l’informationI 57 . Un droit de contrôle partagé entre tous Tout se passe comme si les wikipédiens avaient pris ces règles à la lettre pour en radicaliser le principe à l’extrême. En comparant l’échantillon des 1 211 « articles de qualité » (featured articles) aux autres articles de l’édition anglo-saxonne de Wikipédia. cette règle était d’emblée enfermée dans l’interface de la technologie retenue par Larry Sanger et Jimmy Wales. la punition des individus. Dennis Wilkinson et Bernardo Huberman ont montré qu’il existait un lien statistique robuste entre la qualité. Dans le vocabulaire des wikis. Il apparaît. mars 2009. de façon légère et publique. en revanche. number 4. Cambridge University Press. réviser son comportement et se familiariser avec les règles communes. en 2001. La régulation des conflits sur Wikipédia On peut en effet décomposer les différentes formes de règlement des conflits sur Wikipédia en distinguant trois niveaux de régulation. Cette activité de contrôle se mesure d’abord par l’importance de plus en plus grande que prend la postproduction des articles dans le travail des encyclopédistes amateurs. 3 Aniket Kittur. Cardon et J. elle centralise sous la forme d’un système de sanction gradué le règlement des conflits liés aux personnes. vol. Bongwon Suh. Chaque contributeur est aussi censeur. Surveillance et sanction. Bernardo A. consiste à annuler une écriture récente en revenant d’un clic à l’état antérieur du texte. chacun d’eux appelant un degré de formalisation de plus en plus élevé. Proceedings of CHI 2007. lorsqu’un accord ne peut être trouvé par la discussion. le nombre d’éditions et la variété d’éditeurs distincts4. légère et immédiate. mais qu’il est aussi utile de mettre en tension le local et le central dans la graduation des sanctions afin que. en juillet 2006. elles ne représentaient plus que 70 %. la « révocation ».

participer et sanctionner. Amy Bruckman. favoriser la recherche d’un accord et. ont été conduites pour proposer ce genre d’architecture éditoriale. petit groupe composé d’administrateurs élus qui doivent prononcer des mesures contre les personnes qui n’ont pas su régler leur différend par la discussion ou la médiation. N’importe qui peut alors se proposer comme médiateur dans un conflit sans détenir un statut spécifique. Depuis l’échec de Nupédia. deux ordres de sanctions doivent être isolés selon que celles-ci relèvent de la gestion des conflits entre éditeurs ou de la surveillance des vandalismes. La seconde. Ces médiations interviennent principalement dans trois arènes : les Pages à supprimer. La patrouille RC (Recent Change) à laquelle tous les wikipédiens peuvent participer.0. p. 1-10. Elle s’exerce au sein du Comité d’arbitrage. ou à tout le moins n’aurait pas été la même. de nombreuses expériences. Bryant. l’autorité d’un comité d’expert veillant sur les productions des autres. beaucoup plus fréquente elle. C’est sans doute mal comprendre que les ressorts sociologiques qui fondent la participation à Wikipédia. au sein de la communauté. tions des autres5. mêlent inséparablement désir expressif et vigilance critique. La première procédure est extrêmement rare et s’apparente à une chambre d’appel en cas d’échec des procédures de médiation précédentes. lorsque celui-ci apparaît impossible. comme celui d’administrateur. de bloquer les utilisateurs récidivistes ou de protéger les pages vandalisées (pouvoir réservé aux seuls administrateurs). 46. Mais. 2005. Andrea Forte. Enfin un troisième niveau de régulation doit être distingué dès lors que des sanctions à l’égard des contrevenants sont mises en jeu. les Désaccord de neutralité et les Wikifeux. vol. un corps particulier de personnes disposait du droit de révoquer les productions des autres ? Comment un tel filtre aurait-il été toléré par les contributeurs ? Qui aurait été légitime pour user d’un tel pouvoir ? Tout autre design des règles de participation et de sanction conduirait en effet à réinstaller dans le dispositif ce contre quoi l’encyclopédie ouverte s’est construite. NY. • VUE DE L’ARTICLE « WIKIPÉDIA » DANS WIKIPÉDIA 58 IDocumentaliste .0 et information-documentation /////// 03 WEB 2. Il ouvre une arène de médiation spécifique afin de favoriser l’exposition des arguments des parties en conflit. n’avaient pas été aussi intimement associés. La participation à la production d’un bien commun implique 5 S. et dans l’évaluation des producProceedings of GROUP 2005. Quelle que soit la justesse des intentions de leurs concepteurs et la pertinence de leurs critiques à l’égard de Wikipédia. « Becoming aussi un investissement dans Wikipedian : Transformation of la définition de ses règles Participation in a Collaborative d’organisation et de gestion Online Encyclopaedia ». Que serait en effet Wikipédia si. New York. ET APRÈS ? Critique et prospective médiation en faisant intervenir des tiers étrangers au conflit. de corriger ou de sélectionner ces multiples productions amateurs. ACM Press. mais qui dans les faits est plutôt réservée aux membres les plus aguerris de la communauté et aux administrateurs. procède à une surveillance en temps réel de toutes les nouveautés apportées à l’encyclopédie afin de corriger d’une simple « révocation » les vandalismes. si ces deux droits. écrire et révoquer. s’apparente à une sorte de pouvoir de police que les wikipédiens s’accordent afin de surveiller certaines des modifications récentes de l’encyclopédie. Et il est sans doute assez naïf de penser qu’il serait possible d’inviter les personnes à s’exprimer bénévolement tout en réservant à quelques-unes la possibilité de discuter. seul. Les conditions de la réussite Wikipédia n’aurait pas été possible. d’inviter les wikipédiens à procéder à un vote argumenté.dossier Web 2. et plus généralement aux dynamiques de production de contenu sur le web 2.0. ces expériences font l’hypothèse que la motivation expressive des encyclopédistes amateurs peut être séparée de leur intérêt pour la surveillance de la qualité du bien collectif auquel ils ont contribué. n°1 . à l’instar de Citizendium lancé par Larry Sanger. Toutes ont échoué ou sont moribondes. ici.Sciences de l’informationI 2009.

qui peuvent être – mais ne sont pas toujours – des documents au sens traditionnel du terme. parcourent celui d’aujourd’hui et semblent vouloir structurer ensemble.0 et s’avèrent de nature essentiellement sémantique. Face à cette marée. c’est la conversation. où il est spécialisé dans la modélisation et la migration des données et connaissances aux formats standards du web sémantique pour des clients et projets très variés. 46. et la version définitive de début 2004.0. les technologies sémantiques seraient-elles condamnées à rester dans les cercles étroits de quelques ingénieurs initiés ? Notre propos. Technologie wiki et sujets de conversation L’activité favorite du web 2. celui de demain.vatant@mondeca. au contraire. Dans le web social. au-delà de son aspect collaboratif. En cette même année 1995.wordpress. des lieux. mais on agrège aussi de l’information autour de sujets : des personnes.bernard. les web social et sémantique sont en train de converger.0 ? Bernard Vatant s’applique à démontrer que. Ramanathan V. l’ancêtre de toutes les technologies de sites web collaboratifs. Ward Cunningham met en ligne le premier wiki. vol. Web sémantique et web social : un mariage de raison [ analyse ] Le web sémantique serait-il condamné à un usage strictement limité. de la musique.com). est de montrer au contraire que la sémantique est déjà implicitement présente au cœur des applications du web 2. un site toujours vivant et actif aujourd’hui. et le centre de la conversation. /////// 2009. et fait actuellement partie du groupe d’experts français travaillant à la future norme ISO 25964 sur les thésaurus multilingues. la norme W3C qui définit la lingua franca du web sémantique. Le processus de la conversation et le concept de sujet sont au cœur de cette convergence. comme on va le voir. Ils naissent à peu près à la même époque et ont des histoires parallèles. La version du même principe dans l’univers du web sémantique s’énonce de façon un peu plus technique comme une URI pour chaque ressource à décrire. MCF est le précurseur du Resource Description Framework (RDF). ici. des images. ce qui la structure. Publié comme une note W3C en juin 1997. est fondée sur deux principes qui se retrouvent dans nombre d’applications du web 2. une grande part de l’activité consiste donc à échanger des informations sur des sujets de conversation. c’est bien sûr toujours son sujet. l Les technologies du web social sont désormais connues et utilisées peu ou prou par la quasi-totalité des internautes. On partage bien sûr des textes.com Ancien enseignant en mathématiques. Bernard Vatant est depuis 2000 consultant senior pour la société Mondeca (http://mondeca. et ont généré une pléthore de sites et d’applications qui représentent indéniablement un phénomène de fond. Il a participé aux groupes de travail sur ces standards comme OWL et SKOS. des vidéos. des événements ou simplement des centres d’intérêt. Deux courants parallèles Le courant social et le courant sémantique ont leur source dans le web des origines. n°1 IDocumentaliste . notamment sous la forme d’une greffe de celui-ci sur celui-là. Le premier de ces principes est une page pour chaque sujet. dont la première version date de 1999. La technologie wiki deviendra vraiment populaire à partir de 2001 avec Wikipédia dont on connaît le succès (voir p 56). un sujet pour chaque page. à l’ombre et indépendamment du web 2. des organisations.On peut considérer comme exemplaire la technologie wiki qui.0 et que les relations entre composantes sociale et sémantique du web sont visibles depuis longtemps à qui sait les lire. En 1995.Sciences de l’informationI 59 . Guha travaille sur le Meta Content Framework (MCF).

d’un sujet unique. alors que le web sémantique s’appuiera sur la généralisation du principe à l’espace du web tout entier par un protocole uniforme d’adressage. mais il est généré dynamiquement à chaque requête sur l’adresse. a vocation à devenir le noyau du web sémantique. permet à l’utilisateur de marquer et partager ses favoris non plus en utilisant ses propres mots-clés. les documents en ligne pouvaient à la rigueur changer d’adresse. mêmes des sujets adressables.0. qui viennent s’y relier pour former le « linked data cloud ». sémantique liée à la culture de l’utilisateur. Les URI de DBpedia étant attachés à des libellés multilingues. mais un lieu où le sujet émerge et se précise par la conversation du web social. les livres de OpenLibrary (23 millions)… et bien sûr les innombrables pages de profil utilisateur des réseaux sociaux qui se comptent par milliards. Dans la logique très récursive de RDF les types ou classes deviennent eux. de leurs attributs et de leurs relations.0.0. mais sans beaucoup changer de contenu ni de sujet. mais se multiplient sans bruit les sites rassemblant des descriptions structurées de sujets de même type. problème de gestion multilingue). les identifiants de sujets (URI) ainsi définis de façon émergente par la communauté des utilisateurs pourront être utilisés pour indexer les documents. et donc variable suivant le moment de la requête et le résultat du dialogue client-serveur définissant des préférences utilisateur comme la langue.0.En résumé la technologie wiki. au profit d’une majorité de pages dynamiques. Les métadonnées attachées au document se déplaçaient le cas échéant avec ce dernier. comme dans des bibliothèques classiques. dans la langue choisie par l’utilisateur. sans qu’il ait besoin de connaître les arcanes de la sémantique. Citons évidemment les articles de Wikipédia (12 millions d’articles dans 250 langues) qui sont les plus connues. Comme Wikipédia représente le paradigme du web 2. Dans les premiers temps du web. ce dernier devenant notoirement mobile et dématérialisé. dans une démarche plus pragmatique. comme dans un dictionnaire. n°1 . la base de données DBpedia s’appuie sur ses données structurées pour générer automatiquement une base de données sémantiques. Les éléments de ces ontologies peuvent être construits a priori par des experts ou. chaque article étant considéré comme une description. une page web sera marquée avec un sujet identifié et non avec un terme supposé représenter un sujet. Dans le web 2. La base de données DBpedia. ce sont les sujets. Quelle est donc la valeur ajoutée par ces technologies à ce qui a été construit par le web social ? On peut citer deux points essentiels : l’identification des sujets par un système uniforme et partageable et le typage des sujets. Dans la syntaxe wiki. sont ainsi des pages définies par leur sujet plus que par leur contenu. constituent donc un matériau abondant et structuré que les technologies sémantiques peuvent exploiter plus facilement que toute autre. le contenu accessible à l’adresse du sujet n’est pas un document d’autorité. ou du moins leur représentation dans le système en tant que ressources. Le contenu accessible à travers l’adresse (URI) du sujet peut varier. Une aide supplémentaire à l’indexation est proposée à l’utilisateur par l’intermédiaire à la fois du moteur Google et de l’outil d’aide à l’indexation Zemanta. mais dans le même esprit de marquage partageable. qu’elles soient ou non des pages wiki. seront appelées dans les années qui viennent à se multiplier et à trouver leur modèle économique. comme les lieux de Geonames (7 millions). • Du web des documents au web des sujets Le sujet. est donc placé au centre de la conversation dans le monde du web 2. Dans les deux cas. simple valeur de métadonnée (le champ dc:subject du Dublin Core) dans le monde des bibliothèques où le document est central. en lieu et place des « tags » dont on sait tous les défauts (ambiguïté. le sujet est visible. les espèces vivantes de l’Encyclopedia of Life (2 millions). et au-delà beaucoup des technologies du web 2. intégrée dans un navigateur. 46.dossier Web 2. un nom simplement marqué par une syntaxe spécifique se transforme automatiquement en lien hypertexte vers la page ayant ce titre. au sens RDF du terme. Parions que de telles applications. le format de présentation. en agrégeant de nombreuses autres données générées selon les mêmes principes. De plus en plus de ressources web.0 et information-documentation /////// 03 WEB 2. « LE SUJET EST PLACÉ AU CENTRE DE LA CONVERSATION DANS LE WEB 2. extraits de données structurées. au gré des humeurs des webmestres. de par son caractère encyclopédique. Ainsi. vol. centrées sur un sujet. mais dont beaucoup ont un sujet et une adresse fixe. En retour. sont centrées sur le sujet ou orientées-sujet. La valeur ajoutée RDF : identification uniforme des sujets et sémantique des liens Ces pages. les documents statiques deviennent minoritaires.0 » 60 IDocumentaliste . et ne correspond pas en général à un document au sens traditionnel du terme. Dans le web centré sur le sujet. À cet égard on peut citer l’application Faviki qui.0. le mécanisme ne fonctionne qu’à l’intérieur d’un wiki donné. Bien sûr. mariant le meilleur du web social et du web sémantique. Les pages centrées sur un sujet se comptent désormais par milliards sur le web. et en particulier les ressources « orientées sujet » citées plus haut. Singulièrement. qui gardent une adresse fixe. en édition comme en lecture. mais les URI définies dans DBpedia. ET APRÈS ? Critique et prospective Alors la technologie wiki applique ce principe de façon native et intuitive pour l’utilisateur.Sciences de l’informationI 2009. le modèle RDF propose une même technologie d’identification liée à l’infrastructure même du web : les URI (Uniform Resource Identifiers). définis par des URI dans des ontologies partageables. Le second principe est nommer donner une adresse. etc.

le web est ainsi devenu un espace de mémoire.bermes@bnf.0 une dimension paradoxale de la permanence des contenus.?europarchive. Emmanuelle Bermès a rejoint la BnF en 2003 où elle a notamment participé à la mise en place de Gallica 2 (http://gallica2. Aujourd’hui. a Web 2. la société ayant acquis le nom de domaine monnayant au prix fort la cession à l’ancien locataire oublieux. l’hébergement de pages web – présentent rarement des garanties /////// 2009. Combien de blogs ont disparu lors du crash de la plate-forme 20six.0 a représenté une étape considérable dans cette évolution : avec les plates-formes de blogs ou les sites de partage de vidéos. elle est responsable du service Prospective et services documentaires au sein du Département de l’information bibliographique et numérique. le risque de perdre son nom de domaine est réel pour les sites bénéficiant d’une forte audience dont les domaines sont guettés par les sociétés spécialisées dans le domain squatting. Les contenus les plus Avec le web s’est répandue l’habitude d’exploiter des informations sans ressentir le besoin de les enregistrer pour les réutiliser.html) clement. c’est désormais la production et le stockage des documents par les internautes qui s’effectuent à distance. dans le cadre du huitième séminaire international sur l’archivage du web (http://iwaw.fr Archiviste paléographe. [ analyse ] Espace de créativité et de communication. Au moindre déménagement. n°1 IDocumentaliste . vol.0 et mémoire : de la conversation à la conservation de conservation. Il occupe un poste de chargé de collections au service du dépôt légal numérique (Département du dépôt légal). Leur objectif est parfois simplement de faire de l’« élevage de liens » (en récupérant un site populaire.Sciences de l’informationI 61 .oury@bnf. Cependant. De plus. si l’on songe que le principal moyen permettant de désigner les documents est leur URL. Le web 2. Elle est l’auteur de Figoblog (www. le contact est rompu. D’espace de communication et de création. Les supports numériques sont fragiles et les formats de fichiers peuvent devenir obsolètes du fait de la disparition des logiciels capables de les lire. abritant une somme de connaissances et d’expériences inaccessibles hors ligne.org). il existe sur le web 2. Les références réputées les plus fiables n’échappent pas à ce phénomène. Clément Oury est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. au moindre changement de palier.fr Après ses études à l’École des chartes et à l’ENSSIB.bnf. le web est comme une ville où les habitants n’auraient pas de noms. une étude menée sur les articles en ligne cités dans trois grands périodiques médicaux montre que 13 % d’entre eux avaient disparu en l’espace de deux ans2.figoblog. Les services gratuits offerts sur l’Internet – pour le stockage des courriels et des photographies.fr).emmanuelle. 46. le web est-il également armé pour garantir la mémorisation des informations ? Emmanuelle Bermès et Clément Oury explorent cette question fondamentale de la pérennité et de la fixité des contenus à la fois sous un angle technique et philosophique et expliquent comment les institutions patrimoniales se sont emparées du problème. Les trous de mémoire du web Le web n’est pourtant pas un média pensé pour garantir l’archivage et la fixité des informations.org/08/index. Mais il peut aussi s’agir d’une forme de chantage. Il a notamment rédigé un article sur les stratégies d’archivage du domaine national français. chargé de pointer sur des sites clients pour faire augmenter leur classement par des moteurs de recherche). le seul moyen de les identifier étant de connaître leur adresse exacte.fr1 ? Par ailleurs. Ainsi.

en réalité. ET APRÈS ? Critique et prospective institutionnalisés ou travaillés reposent sur un investissement technologique de leur créateur (maintenance du site web. et indépendamment de la solution logicielle utilisée. qui correspondent à la politique de collecte de l’institution qui les pilote. ils se connectent successivement sur toutes les pages qui y correspondent. un projet d’archivage à grande échelle de son web national. Pour reprendre la métaphore d’une ville. qui se voient confier la tâche de conserver la trace d’un média par essence volatil. alors que de précieuses informations s’évanouissent. Les Digital Object Identifiers (DOI). Cette attention peut aussi s’exercer sur l’accessibilité des sites web.0 tels que les blogs et les wikis ont l’avantage. n°1 publiées. il peut y avoir délégation de la fonction d’archivage à un opérateur privé si le blog ou le wiki de l’institution est hébergé : il faut veiller aux clauses de l’accord d’hébergement. Techniquement. les médias du web 2. La question de la durabilité des adresses URL doit être une priorité pour veiller à la permanence des contenus et à leur citabilité. Trois ans plus tard. il existe par exemple webcite. soit quelques années seulement après la naissance du web10. de par la gestion temporelle des contenus. une préoccupation trop peu souvent prise en compte par les responsables de contenus. Citabilité et pérennité pour une information durable sur le web 2. Par ailleurs. Le système PURL5. ils découvrent ainsi d’autres pages et leur appliquent le même traitement. Les systèmes de publication du web 2. De plus. Les collectes menées par Internet Archive. vol. d’autres ne veulent pas disparaître : avec le web 2. Du côté des usagers.0 Alors que les pages web utilisées comme une vitrine institutionnelle voyaient les nouveaux contenus remplacer les anciens. Un site web (2. il s’avère que ces contenus seront également plus faciles à archiver pour les institutions patrimoniales. qui a commencé à collecter des sites dès 1996.dossier Web 2. et aux possibilités de sauvegarde et d’export de données. Des services permettent d’agir sur la pérennité des contenus mis en ligne. De leur côté.0 ont une permanence forte puisque cellesci continuent à fonctionner même une fois que leur auteur s’en est détourné : ce serait le cas de 94 % des 133 millions de blogs nés en 20023. les identifiants pérennes agissent comme un annuaire qui fournit la correspondance entre le nom d’une personne et son adresse. pour les copier et en extraire les liens hypertexte . notamment pour préserver la propriété intellectuelle des contenus. etc. qui procèdent à l’archivage du web en vue de constituer la mémoire de l’Internet. il faudra mettre en place des mécanismes permettant de récupérer automatiquement les URL ainsi créés pour les réutiliser dans le nouveau système . donc celle de leur mémoire.0. les robots suivent des règles précises. soit du côté de l’internaute. l’archivage du web repose sur l’utilisation de robots de collecte automatique appelés crawlers ou spiders. pour découvrir le plus grand nombre de sites possible. Mais le jour où l’on souhaitera changer de plate-forme logicielle. La pérennité de l’information repose aussi sur celle du format dans lequel elle est encodée. ont une vocation exploratoire : l’objectif est de suivre le maximum de liens sortant. propose de créer un annuaire qui redirige un identifiant pérenne vers l’emplacement actuel de la ressource. Mais. qui permet de demander l’archivage d’une ressource en ligne et l’assignation à cette ressource d’un identifiant pérenne6.Sciences de l’informationI 2009. développé par OCLC. la BnF commençait ses premières expérimentations. La Bibliothèque nationale de Suède fut la première à lancer. puisqu’on y retrouve les mêmes soucis de respect des standards et de description détaillée des informations mises à disposition.) et donc tendent à disparaître lorsque celui-ci s’en désintéresse ou n’est plus en mesure de les maintenir. Les établissements ayant pour mission de conserver le web de leur pays peuvent demander à . La principale est la fondation Internet Archive9. 46. en 1996 également.0 et information-documentation /////// 03 WEB 2. la démarche va d’ailleurs devenir obligatoire dès lors qu’entrera en application l’article 47 de la loi de 2005 sur l’égalité des droits et des chances8. renouvellement annuel du nom de domaine. L’accent doit être mis sur l’utilisation de formats ouverts et conformes aux normes et standards internationaux. et donc de garantir que le service reste disponible. les actualités passées d’un blog sont autant de traces que laisse sur le web l’institution par rapport à son discours passé. il ne s’agit pas d’un problème technique : seule une bonne organisation permet de maintenir l’annuaire à jour. les contenus générés par les utilisateurs et hébergés sur les platesformes 2. Durant leur navigation.0 ou non) qui respecte ces principes de citabilité et d’accessibilité augmente fortement ses chances de fournir à ses usagers une information en ligne pérenne et stable.0 qu’à celui des institutions patrimoniales. Archival Resource Key (ARK) ou encore les Uniform Resource Identifiers (URI) sont différents systèmes conçus pour faciliter et améliorer la persistance des adresses URL4. Les règles de l’accessibilité sont répertoriées dans les recommandations WCAG (Web Content Accessibility Guidelines7) élaborées par un groupe de travail du W3C. Ainsi. d’associer des URL stables aux ressources 62 IDocumentaliste . si l’on veut embarquer les contenus déjà publiés. Mémoire du web et patrimoine Le problème de la mémoire de l’Internet a été très tôt ressenti par quelques institutions pionnières dans ce domaine. Il apparaît donc nécessaire de se préoccuper de la mémoire du web. par exemple. soit du côté du producteur. Cette attention doit s’appliquer aussi bien au niveau des établissements qui veulent s’engager sur le web 2.0 gèrent la temporalité des contenus : les historiques des pages wikis. afin de préparer la mise en œuvre de la mission de dépôt légal de l’Internet qui allait lui être confiée en 200611.0. en utilisant uniquement des techniques simples faisant partie de l’architecture du web. les individus déplacent vers le web la problématique du stockage et de la sauvegarde de leurs informations et de leurs documents. La mise en place d’identifiants pérennes est une démarche qui permet d’éviter que le lien entre la ressource et son identifiant ne soit rompu. Pour les institutions publiques. Disposant d’une liste d’adresses URL de départ.

Cette absence de discrimination a amené la BnF à faire des collections du dépôt légal un « miroir » représentatif de l’état d’esprit de la société française à une époque donnée. et al.org/TR/WCAG10 8 À propos des modalités d’application de cette loi.. comme la BnF qui réalise des collectes larges (des « instantanés ») de tous les sites en . Une question de temporalité Que restera-t-il demain de nos pratiques et de nos usages du web 2.fr/actualites/internet/0.bnf. P.0 ? Aux contenus que nous préférerions peut-être cacher ou oublier s’ajoutera une image tronquée de nous-mêmes. www.leur robot de ne retenir que les sites appartenant à leur domaine national (le . 12-14 son acception française. mais qui ressortissent au régime de la publication12 ? En réalité. p. « Les identifiants pérennes à la BnF ». « La production de soi comme technique relationnelle. voir www.fr/pages/infopro/depotleg/dlinternet_intro. Going.rue89. comme source pour les futurs chercheurs en sciences sociales. les nouveaux formats de diffusion s’avèrent de plus en plus complexes à archiver – que l’on songe aux musiques et aux vidéos diffusées en flux. Sur le dépôt légal de l’Internet. dans nos pratiques au quotidien et notre appropriation des outils du web 2.Sciences de l’information. Kimpton. Springer. n°138. « Information science. Science.fr. et archivent non pas le web lui-même.au pour l’Australie.htm. E. et al. www.archive. mais un artefact statique de celui-ci.fr/identifiants/identifiants-200605. Au-delà des difficultés techniques se posent des questions sur le sens d’un archivage du web 2. Web Archiving.dk pour le Danemark. dû autant à l’augmentation du nombre de producteurs qu’aux logiques d’agrégation de l’information qui entraînent l’archivage de données redondantes . En outre. Voir aussi : Sara Aubry. voir www. le statut de dépôt légal de ces archives garantit la protection des données personnelles. La nature du problème est triple : il y a bien sûr l’accroissement du volume des données à archiver. dans l’hypothèse où ceux-ci voudraient retrouver leurs écrits de jeunesse ? Les archives du web seraient alors le lieu d’une mémoire aussi bien collective qu’individuelle.w3.bnf. « Year by Year: From an Archive of the Internet to an Archive on the Internet ». 46. Le dépôt légal. Le web 2. « 20six. pour le collecter en profondeur. gone: lost Internet references ». 31 octobre 2003. Heidelberg. Elles sont actuellement consultables dans la moitié des salles de lecture du site Tolbiac.39020774.Sciences de l’informationI 63 . éd. construite à travers une identité numérique de plus en plus maîtrisée. 2006. Un essai de typologie des blogs par leur public ». il nous revient de veiller.0 pour une institution patrimoniale. dans Les blogs. tous les autres étant du ressort de la BnF. « Les archives de l’Internet : un nouveau service de la BnF ». Dominique Cardon. Documentaliste . À défaut de pouvoir agir sur cette inévitable fixité de la mémoire du web. J.00. 24 août 2007.htm 2 R. Pour autant. Il est confié à deux institutions. repose sur la notion de publication : un document y est soumis dès lors qu’il est mis à disposition d’un public. Berlin. .). puisque leur accès est restreint aux chercheurs habilités dans les salles de lecture des établissements dépositaires13. ainsi que dans la salle des Références du site Richelieu. vol. n°302 (5646).org/institution/espace-presse/communiques-depresse/IMG/pdf/CP-RecommandationAccesssibilite.webcitation.. on peut consulter la recommandation du Forum des droits sur l’Internet sur l’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public : www.org 6 www.foruminternet. n°1 IDocumentaliste . dans 1 Laurent Dupin.pdf 5 http://purl. mais sur ceux dont les caractéristiques techniques et le mode de gouvernance favoriseront leur persistance dans les espaces oubliés du web en friche. Mais n’est-il pas aussi dans les missions d’une institution nationale d’assurer la conservation de ces sites à destination de leurs auteurs. vol.org 7 Recommandations pour l’accessibilité des contenus Internet. la fréquence de renouvellement des sites devient presque continue . Masanès. Enfin. Pour plus d’informations. la valeur de ce type d’informations. p. ne saurait faire de doute. 2008. mai 2006. Ubois. dont l’audience est en pratique limitée à un petit cercle d’amis.pdf 9 www. 787-788 3 Françoise Benhamou.zdnet. 2006. http://bibnum. going. www. dossier de la revue Réseaux.com/en-pleineculture/2008/12/03/va-t-on-vers-la-disparition-de-la-blogosphere 4 Emmanuelle Bermès. p. 15-71 13 L’accès aux archives du web dans les salles de lecture de la BnF a été ouvert en avril 2008. Enfin les archives du web elles-mêmes figent ce qu’elles veulent conserver. Dellavalle.org 10 M. J. • UN PIONNIER DE L’ARCHIVAGE DU WEB : INTERNET ARCHIVE 2009. 201-212 11 Le dépôt légal s’est étendu à l’Internet avec la loi DAVSI d’août 2006. ZDNet. etc. n° 4.fr perd dix mois d’archives de ses blogueurs ». Certains établissements cherchent à conjuguer ces approches.fr/pages/collections/archives_internet. p. complétées par des collectes ciblées de sites sélectionnés par des bibliothécaires.0 apporte de nouveaux défis. Hélène Delaunay-Teterel. Hester. l’INA étant chargé de l’archivage des sites relevant du domaine de la communication audiovisuelle (radio et télévision). La mémoire sélective du web ne portera pas forcément sur les contenus les plus intéressants ou qui méritent le plus d’être pérennisés. à faire prendre conscience qu’elles s’inscrivent dans une temporalité dont il nous faut saisir les enjeux. J. les collectes peuvent être ciblées sur un nombre restreint de sites : l’objectif du robot est alors de découvrir le maximum de liens internes à un site. 3 décembre 2008.htm 12 Dominique Cardon. 24. éd.bnf.39372371.oclc.0. doit-on collecter les blogs de collégiens. « Va-t-on vers la disparition des blogs ? ». La valeur du contenu n’entre pas en ligne de compte. Rue 89. enfin. New York.

en pur mode texte. le problème de la mémoire. en bref. Internet était encore entre les mains des universités et les particuliers recouraient plutôt à des « services en ligne » comme Compuserve ou même les BBS. l’Art de la mémoire. Il existe cependant aujourd’hui de multiples cartographies de l’espace sémantique.. etc. président à sa création : le cyberspace et le métavers. de nos jours. qui implique de remettre à plat tout le système des adresses web. deux conceptions. désigne « une hallucination consensuelle vécue quotidiennement en toute légalité par des dizaines de millions d’opérateurs. création de William Gibson. ils apportent aussi dans leurs cartons une proposition pour recréer l’architecture du web en fonction de coordonnées spatiales tridimensionnelles. comme par exemple le système « anoptique » d’Olivier Auber2. notam- 64 IDocumentaliste .. Mais cette idée. paru en 2006 aux éditions Omnisciences. par nature.sussan@gmail. dont Google Earth est la préfiguration). » Le métavers1. petits serveurs artisanaux souvent maintenus par les amateurs. les visiteurs y possèdent des avatars et se rendent dans des boîtes de nuit virtuelles. ainsi qu’aux mouvements parallèles et alternatifs qui en découlent. Du cyberspace à l’Art de la mémoire À l’époque. tout cela joue un rôle bien plus grand que la signification de l’environnement virtuel lui-même. Le web 2. tourné vers l’extérieur et l’interactivité immédiate. Aujourd’hui. en creux. Deux idées élaborées dans les années 1980 par des auteurs de science-fiction. Il est l’auteur des Utopies posthumaines. l’apparition du VRML (Virtual Reality Modeling Language).0. Il s’intéresse notamment aux retombées sociologiques de l’usage des techniques. parfaite imitation du monde réel. dans tous les pays. Mark Pesce et Tony Parisi. Rémi Sussan nous rappelle que ? dès l’origine de l’Internet.0 et information-documentation 03 WEB 2.dossier Web 2. semble donner un coup d’accélérateur à l’idée de « cyberespace ». Lorsque les deux inventeurs de ce langage. Second Life. [ prospective ] La Renaissance au secours des mondes virtuels d Depuis les débuts du monde virtuel. lui. Le métavers de Neal Stephenson ressemble à une grande rue. 46. remi.. William Gibson et Neal Stephenson.Sciences de l’informationI 2009. n°1 . ET APRÈS ? Critique et prospective Rémi Sussan est journaliste à Internet Actu. est une simulation du réel. nombreux sont ceux qui notent une ressemblance entre le cyberspace en gestation et une vieille pratique mnémotechnique. pas nécessairement opposées. dans le cyberespace. qui fournit sa structure même à l’espace. vol.0 appelle peut-être une réflexion sur de nouveaux espaces – à inventer – voués à l’intériorisation des connaissances. À cette époque. n’est pas retenue. c’est la connaissance. on s’intéresse surtout au métavers. était-elle favorable à l’explosion de la fantasmatique abstraite propre au cyberespace. l’information. par des enfants à qui des concepts mathématiques sont ainsi enseignés… Une représentation graphique de données extraites des mémoires de tous les ordinateurs du système humain. l’aspect des avatars. Il est bien sûr possible de créer des lieux de savoir dans un métavers mais. premier langage de modélisation 3D dédié au web. C’était l’âge d’or des méditations sur l’hypertexte. pratiqué par les Romains. à l’instar des jeux vidéo. certains penseurs ont spéculé sur le cyberspace et les arts antiques de la mémoire. l’excitation qu’il procurait au début des années 1990. Cependant force est de reconnaître que le cybers- pace ne suscite plus. En 1995. Le cyberespace. présentent leur création au W3C (organisme déterminant les standards du web). un concept qui a fondé l’idée même du web mais qui fait partie aujourd’hui de l’archéologie des idées futuristes. aux côtés de l’expression « autoroutes de l’information ». Il pose. Sans doute l’austérité des interfaces d’alors. Attribué par la légende au poète Simonide de Chéos.com Le web social est. le « cyberspace protocol 3 ». La qualité de la simulation (qui peut aller jusqu’au monde miroir.

Il fallut attendre le web. l’un des plus célèbres artistes de la mémoire de la renaissance.org/web/20041016163402/www. il se promenait mentalement dans un lieu qu’il connaissant bien.ment Cicéron. Parmi les applications pratiques. en écho à la formule fameuse de Stewart Brand.htm 7 http://cid. l’Art tomba petit à petit en désuétude. et. chacun affichant une information différente. décorées d’objets en rapport avec le contenu des extraits de texte retenus. comme l'a montré Mary Carruthers dans son Livre de la mémoire).html 4 www. À partir de là. qui commence par les mots « information wants to be space ». Un univers virtuel 3D ou monde virtuel est un monde créé artificiellement par un programme informatique et hébergeant une communauté d’utilisateurs présents sous forme d’avatars et pouvant s’y déplacer. L’Art de la mémoire devait connaître un âge d’or à la Renaissance. les arguments de cha- UNE « ROUE DE MÉMOIRE » DE GIORDANO BRUNO cun étant placés dans des pièces à l’architecture spécifique.. » (D’après Wikipédia) 2 http://overcrowded. Un projet.agocg.infocockpits.de/~winkler/suchm_e. Rien n’empêche aujourd’hui un utilisateur un peu averti d’employer n’importe quel logiciel 3D pour y placer des connaissances. étranges. le VRML et les mondes virtuels pour qu’il entame sa résurrection. s’il devait faire allusion au courage. « information wants to be free ».ac. le travail d’Anders Hedman et de Pär Bäckström7. en divers points de son parcours. de l’université Carnegie Mellon se référait expressément à l’Art pour proposer un système de « cognition augmentée ». y compris certains qui n’utilisent pas du tout la métaphore de l’espace. Le célèbre défenseur du « copernicianisme » et de l’infinité des mondes en pratiquait une version très ésotérique et chargée de symboles hermétiques. il n’avait qu’à se reconstituer mentalement son itinéraire pour voir les divers points de son argumentation lui apparaître les uns après les autres. Il consiste en une exposition virtuelle sur la pensée des philosophes. De fait. Plus les images étaient baroques. On peut élaborer un tel palais de mémoire /////// 2009. il plaçait diverses images mentales représentant les idées qu’il souhaitait exposer.org 3 http://hyperreal.kth. les connexions possibles entre l’Art de la mémoire et le Net se sont multipliées. On en trouvera bien d’autres sur le site cybergeography. 1 « Le terme de métavers est maintenant largement utilisé pour décrire la vision qui sous-tend les développements en cours sur les univers virtuels 3D totalement immersifs. 46. Pour cela.org/Anoptique. en partie à cause de l’explosion de l’imprimé. maintenant abandonné. n°1 IDocumentaliste . le pionnier de la cyberculture. Un rapport sur les usages du VRML va également chercher ses sources dans les travaux de cette époque6. plus elles se révélaient susceptibles de frapper l’esprit.nada. Le philosophe Hartmut Winkler5 rédige un texte sur les moteurs de recherche qui fait référence à Giulio Camillo. la disposition spatiale de ces données devait augmenter la faculté de mémorisation. et qui servent essentiellement de support mnémotechnique. cet Art était utilisé pour permettre au rhéteur de se remémorer les différentes phases de son discours. il pouvait imaginer un lion. Erik Davis.html 5 wwwcs. par exemple. Par exemple. a Universe4. Selon les concepteurs. on peut diviser les Arts de la mémoire en trois types (il en existe en réalité bien d’autres. Lorsqu’il devait prononcer son discours.pdf 8 http://web.se/pdf/263-rediscoveringArtOfMemory. écrit en 1994 A Computer.anoptique. mais aussi en raison de l’imagerie hérétique et magique qu’il véhiculait.html L’Art de la mémoire comme modèle de conception des univers virtuels On peut aujourd’hui s’interroger sur les diverses manières d’exploiter les idées de cette antique discipline pour la construction d’univers virtuels dédiés au savoir.org/~mpesce/www. ainsi que les projets pratiques. y interagir socialement et parfois économiquement. l’utilisateur était entouré de plusieurs moniteurs. on notera. qui consistent en des lieux préexistant en général à l’information qu’on veut leur assigner. Plus tard.levity.html 6 www.org? /overview. utilisant une interface informatique pour améliorer la mémoire.archive. vol.Sciences de l’informationI 65 . Le plus grand « champion de mémoire » de cette époque fut Giordano Bruno.uk/reports/virtual/vrmldes/usesf. fin connaisseur à la fois des nouvelles technologies et de la pensée ésotérique.. Dans l’«infocockpit8 ». Ils peuvent également interagir avec des agents informatiques.uni-paderborn. Le premier en est les « palais de mémoire » classiques.com/figment/space.

la grandeur de la bonté. Giordano Bruno allait remplacer les lettres des concepts par des images et considérer chaque section de la roue comme un « lieu de mémoire ».Sciences de l’informationI 2009. C’est pourquoi. Et il serait probablement plus proche de World of Warcraft que de Second Life. ET APRÈS ? Critique et prospective /////// dans Second Life. Et. Ainsi Jean Michel Cornu a-t-il créé sur Second Life une île « prospectic » où sont représentées les différentes technologies NBIC (nanotechnologie. Peut-être pourra-t-on imaginer de tels systèmes en s’inspirant de jeux comme Sim City ? Pourtant. depuis le monde platonicien des Idées jusqu’aux réalisations technologiques et artisanales.thebrain. c’est-à-dire aux technologies directement liées à Mars. Un mode d’organisation de ce type est en effet fondé sur une conception du monde très platonicienne. qui considère que l’ensemble des phénomènes peut être organisé selon un nombre d’éléments finis. au terrifiant. etc. par exemple. Grandeur. Un système de pensée qui nous est aujourd’hui complètement étranger. Il existe un obstacle à la création d’un tel théâtre dans les mondes virtuels actuels. où les différents concepts (Bonté. Ensuite vient le « théâtre de la mémoire ».0.dossier Web 2. sans qu’on puisse en ajouter ni en retrancher. pour l’instant. comme le dirait l’historienne Mary Carruthers. mais sur un itinéraire. voir un paysage 3D en hauteur. Au Moyen Âge. avec son livre The Craft of Thought (traduit en français sous le titre Machina memorialis.0 et information-documentation L’ÎLE PROSPECTIC SUR SECOND LIFE 03 WEB 2. L’Art de la mémoire devient véritablement un art de la pensée. peuvent apparaître comme des adaptations du système de roues lullienne et brunienne. Giulio Camillo avait imaginé une sorte d’amphithéâtre constitué de sept gradins comprenant sept places chacun. Ces dernières doivent être représentées de la manière la plus frappante qui soit. Celui-ci ne se fonde pas sur une vue globale. fréquemment mentionné par les philosophes spécialisés dans les médias. encore faut-il pouvoir les relier entre elles par un trajet lui-même significatif. à l’érotique. Les logiciels de concept mapping10. À la Renaissance.net 10 http://en.org/wiki/?List_of_concept_mapping_software 11 www. L’Art de la mémoire est un « jeu d’aventure à la première personne ». À la fin de la Renaissance. • 9 www. finalement. Peut-être est-ce parce que les représentations de la mémoire qu’on a jusqu’ici développées l’étaient toujours sur un modèle cartographique. n°1 . qui ne rend pas justice à cette idée). de mondes tridimensionnels permettant de « jouer aux Legos » avec leurs composants pour y trouver de l’inspiration ou des idées originales. technologie ou pas. Raymond Lulle9 avait mis au point un système dialectique fondé sur une combinatoire. parce que l’espace dans lequel elle se situe est qualifié. parallèlement à l’Art de la mémoire. dans le but d’y organiser par la suite des « visites guidées ». biotechnologie. En faisant tourner les roues. bien que l’Art de la mémoire reste un modèle théorique très apprécié de la représentation des savoirs. On pouvait donc dire. que le cinquième gradin du dernier rang correspondait aux arts de la guerre. Il devient ainsi possible de savoir a priori où se trouve une information.) étaient placés sur un jeu de roues concentriques qu’il suffisait de faire tourner pour créer. 46. Il n’existe pas encore. on pouvait ainsi combiner l’ensemble des connaissances afin de créer des associations nouvelles inattendues.). quasiment à l’infini. Viennent enfin les « roues de mémoire ». l’utilisation pratique de ce modèle reste aujourd’hui assez rare dans les mondes 3D. les systèmes comme The Brain11. d’Idées de base. informatique et cognition). etc. significatif. sans hésiter à recourir au grotesque.lullianarts. Sans doute deux aspects fondamentaux de l’Art de la mémoire sont-ils oubliés dans les différentes tentatives de représentation 3D d’un espace sémantique. Un monde virtuel reproduisant les caractéristiques de l’Art de la mémoire devrait combiner la richesse sensuelle du métavers et la rigueur organisationnelle du cyberspace. l’Art de la mémoire est condamné à rester un art. Le nombre sept représentant les sept planètes. dans Google Earth à l’aide de Sketchup.com 66 IDocumentaliste . au fantastique. Chacun des gradins symbolisait une étape de la manifestation. ne procure pas vraiment d’avantage par rapport à une simple carte « plate ». L’autre point important est qu’il ne suffit pas de placer des données dans des lieux. une multitude de notions (par exemple. etc. On ne saurait se contenter d’assigner des informations à des lieux. vol.wikipedia.

duperrin. On lira par exemple les billets suivants : . Il analyse finement les principales problématiques posées par son application en entreprise. blogs. www. folksonomies. www.0 » organisé par le Département des études.com/2007/07/10/ma-definition-de-lentreprise-20 GROUPE INTELLIGENCE COLLECTIVE FING. 2006-2007.0 : wikis.0 : des petits pas plutôt qu’une révolution. 2008.duperrin.0 et les bibliothèques 2. sur ses fondements et ses usages. s.com Ce blog aborde la majorité des thématiques liées à l’application du web 2.0.0 pour la circulation de l’information dans l’entreprise (2e prix du concours « Mémoire et savoir à l'ère du numérique ».0 ? 24 juillet 2007 www. de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture.0_presentation.Web 2.duperrin. dans une perspective culturelle.duperrin.0 pour l’intelligence collective.sources et ressources Diplomée de l’INTD en 2007.com/2007/08/01/lentreprise-20des-petits-pas-plutot-quune-revolution . l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Georges-Pompidou et la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING). l’étude de Cyril Fiévet sur les tags. BiblioDoc. www.fr/culture2. Le blog propose également des réflexions sur l’apport des outils du web 2.L’entreprise 2. www.0 depuis de nombreuses années.Sciences de l’informationI 67 /////// .0. On consultera par exemple les billets : ? . www. 30 août 2007. MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION. On y trouvera notamment l’essai de Daniel Kaplan sur l’Entrenet. n°1 IDocumentaliste .Hypothèses d’évolution pour le web 2.0 dans l’entreprise. fils RSS.net/2007/08/30/hypothesesdevolution-pour-le-web-20 .fredcavazza.org/texts/echanges-et-syntheses) permet d’avoir un aperçu complet de la notion et de ses enjeux.org Ce blog retranscrit toutes les réflexions du groupe sur le thème de l’intelligence collective.net Ce blog à orientation technologique fournit des billets synthétiques et particulièrement intéressants.0 ? ». 1er novembre 2008. Sylvie Bourdier est actuellement consultante au sein du cabinet SunTseu. Dominique Gazo nous éclaire sur les outils associés au web 2. www.L’avenir du manager : le connecteur chapeauté par un CCO. 1er août 2007. 24 juillet 2007. 46.net.fredcavazza.0.php3?id_article=257 Avec ce dossier thématique complet et très pédagogique. Elle est l’auteure d’un mémoire professionnel sur les enjeux et apports du web 2. Archives du blog du groupe de travail Intelligence collective de la Fondation Internet Nouvelle Génération.francophonie.duperrin. www. vol. une référence incontournable.fing. http://bibliodoc. Ce dossier est issu du séminaire « Culture 2. FredCavazza. Le Web 2.net/2007/07/24/quest-ce-quelentreprise-20 . ou encore l’article fondateur de Tim O’Reilly : « What is Web 2.11 conseils à un ami qui voudrait se mettre à l’entreprise 2.fing.bourdier@gmail. où elle prend en charge des missions de conseil et d’assistance. Voir aussi : http://culture20.com/2007/07/24/lavenir-du-manager-leconnecteur-chapeaute-par-un-cco . Bloc Note de Bertrand Duperrin.iri.0.0.com Quelques références pour aller plus loin Frédéric CAVAZZA.0 ».fredcavazza. Séminaire « Culture 2. La rubrique « Echanges et synthèse » (http://ic. www. notamment en ce qui concerne la circulation de l’information. 10 juillet 2007.pdf.net/2005/08/24/web20-une-premiere-definition Bertrand DUPERRIN.centrepompidou.org/article. http://ic.0 : une première définition ? 24 août 2005 www.fredcavazza. Dominique GAZO.Ma définition de l’entreprise 2.typhon.com/2008/11/01/11-conseils-a-unami-qui-voudrait-se-mettre-a-lentreprise-20 . L’auteur s’intéresse à la question du web 2. etc. disponible sur Memsic). 2009.net Contient une série de textes majeurs sur le thème du web 2.Qu’est-ce que l’entreprise 2.

0. Le web 2. www. Les entretiens de la BnF 8 décembre 2006. Web 2. 64 p. Créer. consultante en systèmes d'information documentaire. L’émergence du web 2. Une introduction à l’exploitation directe des informations diffusées aux formats RSS et Atom. Un des documents les plus riches sur la question. La bibliographie de ce mémoire est. 2007.html Un document synthétique où Hervé Le Crosnier balaie les principales dimensions que recouvre la notion de web 2. http://memsic. . juin 2007.0 et celles spécifiques aux métiers de l’informationdocumentation. Angers.cnrs. 258 p. L’auteur explique dans quelle mesure les entreprises actuelles ont une organisation fondée sur l’atteinte d’objectifs individuels et non sur l’idée d’une performance collective. Après en avoir défini les fonctionnalités. Le management de l’intelligence collective : vers une nouvelle gouvernance.0 et ses points d’achoppement. Angelina Garreau étudie le potentiel des blogs pour l’intelligence collective. abaisser le centre de gravité de 68 IDocumentaliste . Université catholique de l’Ouest. Digimind Services. Organisation 2.0 et de ses pratiques collaboratives ouvre au knowledge management de nouvelles perspectives : reconnecter les personnes. fournit une prise de recul salutaire sur les limites du web 2. responsable du service formation continue puis déléguée générale de l'ADBS. Elle analyse également de quelle manière les professionnels de l’information–documentation peuvent en tirer profit. 270 p. Un second volume. très riche Olivier ZARA. le knowledge management ou encore la communication interne en entreprise.0. Olivier Zara propose ensuite une méthodologie pour mettre en place des logiques de coopération au sein de l’entreprise. les évolutions technologiques qui le sous-tendent. Très bien documentée. Utiliser les fils RSS et Atom.0 et information-documentation /////// L’auteur rappelle les caractéristiques. Hervé LE CROSNIER. 46.0. la coordination et la confiance interpersonnelle.0 sont d’un abord facile. . et montre comment le phénomène bouleverse notre conception de l’Internet. l’engagement.0 et bibliothèques numériques. Du côté de la formation continue Les outils du web 2. usages et enjeux de chaque outil. 2008.0 et explique l’intérêt que ses outils peuvent présenter pour les professionnels de l’information-documentation. il décrit les aspects technologiques du web 2.0 : l'avenir du web ? Dossier documentaire. trouver et exploiter les blogs.fr/bibliotheque-numerique/document-2 Véritable vade-mecum sur le sujet. l’auteur trace ici les contours du management 2. explique à quelles nouvelles pratiques sociales il correspond et quelles implications économiques il engendre. 2007. à paraître au printemps 2009.fr Successivement documentaliste. 2005. la bibliographie recense notamment un bon nombre de ressources anglophones. Il n’en demeure pas moins qu’il faut se les approprier et repérer tout ce que l’on peut en faire pour offrir aux utilisateurs de nouveaux produits et services.0 pour la veille et la recherche d’information : exploitez les ressources du web social. vol. La bibliographie est d’excellente qualité. Une synthèse claire et riche sur un des outils qui a fait la notoriété du web 2.0. www. Il montre que cette notion est ambivalente : c’est une notion floue qui mélange technique (le réseau au sens technique) et social. ce dossier documentaire retrace l’histoire du web 2. Enssib. En prenant exemple sur quelques sites phares. Ce document décrit la naissance de la notion de web 2.html Un document très complet. Serge COURRIER. ADBS Éditions. Thomas CHAIMBAULT. Angelina GARREAU.dossier Web 2. et montre la façon dont on peut les utiliser dans les bibliothèques pour mieux communiquer avec ses usagers. Nous avons sélectionné ici les formations générales web 2. Ce dossier ouvre de nombreuses perspectives sur leurs possibilités d’utilisation dans un contexte professionnel. D’autres organismes proposent des formations très orientées marketing ou encore technique informatique.enssib.fr/mem_00000273. Olivier ERTZSCHEID. M2 Éditions. Ancien responsable des communautés de pratique chez Schneider Electric USA. les pratiques qui lui sont liées. Maîtrise des sciences de l'information et de la documentation. Olivier Ertzscheid dresse en fin d’ouvrage une typologie des blogs pour mieux comprendre et caractériser la blogosphère. Martin Roulleaux-Dugage. plus critique. Il décrit également le nouveau rôle du consommateur dans cet écosystème qu’est le web 2. Claudine Masse est depuis le 1er janvier 2009 directrice de l’École des bibliothécaires documentalistes (EBD). 112 p. centré sur les valeurs.bnf. Les blogs entre outils de publication et espace de communication : un nouvel outil pour les professionnels de la documentation. Éditions Eyrolles. 160 p.ccsd. De nombreux organismes de formation proposent des formations à ces technologies.0 : le knowledge management nouvelle génération. abordera la question de la production et de la réutilisation de tels outils. 64 p.Sciences de l’informationI 2009. Jean-Christophe ASSELIN. sur le sujet. 2005. ADBS Éditions. n°1 l’entreprise.0 : le blog. La dernière partie. directeur@ebd. Paris. Web 2. Véronique MESGUICH.fr/PAGES/infopro/journeespro/ppt/lecrosnier/index.0. septembre 2007.

notices.com Mashup : fusion de plusieurs services web. Peut être privé ou partagé sur la toile. www.salaun@umontreal. Exemple : Delicious.dailymotion.netvibes.com . Linkedin. 46. vidéos. CMS.org/wiki/Ac cueil.woa/BrowsePri vately/umontreal-capublic.wikipedia.atosorigin. ATOS ORIGIN • Web 2. https://deimos.0 : les nouveaux enjeux juridiques www.facebook.0 www. Exemple : le cours de Bruno Bachimont « Archivistique audiovisuelle et numérique » au format iTunes.0 pour l’audiovisuel www. www. Exemples : FaceBook. www.com /mon_weblog • Cloud computing ou informatique dans les nuages : mémoire et puissance informatique mise à disposition des internautes pour diverses applications.com Twitter : diffusion de messages courts à un réseau d’abonnés.apple. Exemple : Widget de Yahoo!. animer un blog professionnel • Dynamiser votre communication avec les flux RSS www. www.fr DEMOS • Les nouveaux outils de communication de l'Internet au web 2. www.fr/formations SERDA • Les techniques collaboratives en ligne : wikis.com/telecharger/w indows/Utilitaire/planificateurs _et_lanceurs/fiches/31182. gérer.fr INA • Web 2. une géolocalisation et une plate-forme de photos. les liens ou même la simple navigation.fr BENCHMARK GROUP • RSS. forums. Exemple : classement des items et votes sur Wikio. http://maps.org/wiki/RS S_(format) Folksonomie : mots clés en langage libre apposés par les internautes pour indexer des pages web sur des sites dédiés. DailyMotion.). Exemple : La bibliosphère du bibliobsédé.01net. comme les achats groupés. L’exemple le plus célèbre est bien entendu Wikipédia. Exemple : Affordance.Sciences de l’informationI 69 . Exemple sur Google Maps.formation. http://delicious.0 et tourisme • Web 2. Exemples : Flickr.0 pour les professionnels de l’information • Web 2.benchmark. Définition Wikipédia. alimentés automatiquement.0 www. www. Par exemple.0 : potentiels et enjeux • Créer. Exemple : fil de Jose Alfonso Jutardo sur les bibliothèques numériques. www.html Wiki : outil d’écriture collective.fr Réseaux sociaux : mise en relation de pages personnelles.com 2009.MOTS CLÉS ADBS • Découverte et pratique professionnelle du web 2.fr Jean-Michel Salaün jean-michel. Le partage peut être réservé à une communauté ou ouvert.com/fr Podcast : diffusion gratuite de fichiers audio ou vidéo.com .ina. privés ou publics.google.adbs.fr CEGOS • Le web 2.com/google-ds/intl/fr/tour1. podcast : les nouveaux outils du marketing direct • Les réseaux sociaux • Ergonomie et web 2.com/jafurtado Widget : petite interface intégrable à un site visualisant un service particulier. http://twitter.serda.demos.com/maps /mm?mapprev=1 Plate-forme de partage : lieu de dépôts de documents divers (photos. Exemple : Google Documents. notamment bureautique ou documentaire.com/We bObjects/Core. fils RSS • Créer un réseau social pour son organisation www. textes.html Commentaires : réactions de lecteurs sur des billets de blogue ou sur les articles de journaux enrichissant l’information première. http://affordance.cegos.ca Quelques notions qui éclairent la problématique • Agrégateur : organisation sur un site des fils RSS.flickr.typepad. weblogs et CMS www.wikipedia.wikio. construisant des réseaux de connaissances enchevêtrés. grâce à des fichiers intégrant le titre et éventuellement du contenu des nouveautés publiées. http://frfr.linkedin.com/bibliobses sion#Biblioblogosphere • Blog ou blogue : journal individuel publié en ligne.0 • Les Blogs pour les documentalistes : usages et conception • Quelle utilisation des fils RSS en documentation ? • Quelle utilisation des Wikis en documentation ? • Wikis. blogs.0 • Web 2. n°1 IDocumentaliste .google. etc. http://fr. http://fr.1700001643 Recommandations : avis d’internautes enregistrés et permettant un classement des items sur un site. La recommandation peut être aussi déduite d’une action. Fil RSS : repérage automatisé des nouvelles publications d’un site web. vol.

Coup de cœur Une réflexion riche et stimulante sur l’avenir du livre Gutenberg 2. très claire. dès lors. etc.0 : le futur du livre. Des tableaux récapitulatifs permettent d’en connaître les principales caractéristiques techniques et financières (dimensions. Sous la direction de Serge Cacaly [73] L’Évaluation en droit d’auteur. S ixvotre façon derévolution va une nouvelle changer lire ». d’accéder sur sa tablette de lecture à tout livre qu’il souhaite lire. chapitre 3). « Le livre 2. interroge le chapitre 4. Doivent apparaître également de nouvelles voies de promotion. L’intention de l’auteur est. La diffusion / distribution à l’ère de la dématérialisation. – 220 p. Un peu de prospective permet d’entrevoir la réalité des readers à l’horizon 2010 et d’envisager. Un nouveau partenariat doit également voir le jour entre éditeurs et auteurs de l’écrit. Change également la librairie du futur qui. n’importe où sur la planète.Sciences de l’informationI 2009. « Le livre n’est pas un produit comme un autre ».0 et ses outils.). permettant à tout individu. pour sur- Préface de Paul Soriano. – Paris : M21 Éditions. prédit Les principaux e-books de nouvelle génération 2004-2008 sont présentés à l’aide de nombreuses illustrations qui concrétisent bien leur existence. Sous la direction de Mohand Boughanem et Jacques Savoy [76] La Veille 2. Lorenzo Soccavo Il faut aussi « Réinventer la chaîne du livre » (chapitre 5) tenant compte de lecteurs demandeurs et exigeants et l’apparition de e-communautés de lecteurs capables de donner un nouveau souffle au livre et à sa diffusion. Son histoire sans fin l’entraîne vers l’apparition. C’est ce qu’il fait au cours des cinq chapitres qui composent son texte. La « nouvelle révolution » ne concerne pas que le livre. Le livre du futur permet de se rapprocher de sa réalisation avec la naissance d’une bibliothèque numérique mondiale. affirme Lorenzo Soccavo dans le premier chapitre. prix. C’est celle d’informer et uniquement informer. Il faut pour cela que les industriels se mobilisent et acceptent de nouveaux partenaires dans la nouvelle chaîne économique qui doit se mettre en place.0 et après ? ». les contenus et la typographie. Il salue cette étude en remerciant l’auteur pour sa modération. tels les métro bondés !. – 2e éd. 46. n°1 . Différents groupes de presse sont intéressés par ce nouveau journal au format plus aisé à lire dans des lieux publics. En France. vol. avec une nouvelle charte graphique concernant l’ergonomie. Christophe Evans et Françoise Gaudet [77] Bibliothèques numériques : le défi du droit d’auteur. Les Échos offrent déjà une édition e-paper de leur quotidien. un nouveau contrat de lecture. dans les années soixante-dix.0. Gilles Balmisse et Denis Meingan [75] notesdelecture « siècles après Gutenberg. Elle concerne tous les documents imprimés au premier rang desquels se trouve la presse (« Le renouveau de la presse ». – ISBN 2-916260-12-9 : 23 ¤ Paul Soriano dans la préface de la deuxième édition de cet ouvrage. Guillaume Henry [72] Gutenberg 2. levant la confusion établie au cours des ans entre création littéraire et marché du livre.Bibliothèques et politiques documentaires à l’heure d’Internet. poids. Ceux-ci conduisent à s’interroger : comment sera le livre 2. Lorenzo Soccavo [70] Les Nouveaux territoires de l'intelligence économique.0 : le futur du livre. Bertrand Callenge [77] Les Bibliothèques municipales en France après le tournant Internet. de nouvelles formes de livres qu’il qualifie de « mutants ». Sous la direction de Marc-Antoine Duval [74] Recherche d’information : état des lieux et perspectives. 2008. réveille le mythe millénaire de la bibliothèque universelle. « On lui saura gré de s’être tenu éloigné de deux catégories de commentateurs peu fréquentables : celle des fondamentalistes ("Touche pas à mon livre !") et celle des exterminateurs ("Vivement qu’on s’en débarrasse !") ». qui est à l’origine « De nouveaux appareils de lecture » (chapitre 2) utilisant l’e-ink ou encre électronique et l’epaper ou papier communicant ? 70 IDocumentaliste . Lionel Maurel [71] Dictionnaire de l’information. Bruno Maresca.

toutes les professions liées au document : bibliothécaires. Lorenzo Soccavo atteint à la perfection son objectif premier : informer. Si. tout comme les procès contre Google. Voilà une étude utile. y compris dans le domaine juridique. comme en France. souvent avec humour (« Gutenberg es- tu là ? Un coup pour oui. au terme de son exposé très technique (ce que confirment les annexes présentant les caractéristiques du Cybook de Cytale). 2008. public.u-bordeaux3. doit s’adapter au nouvel environnement créé par ce livre du futur. De plus. Lionel Maurel A thèques nationales en France et au Québec pour Préface d’Yves Alix. vol. informer dans la quantité mais surtout dans la qualité en offrant une étude exhaustive et pertinente. L’auteur emprunte cette superbe phrase au musicien Franz Liszt pour dire. non réservé. « Surmonter la barrière des droits sans la démolir ». soit considéré comme un livre. des penseurs. « défraîchies » et inadaptées aux usages contemporains. Pour poursuivre une mission de promotion de la lecture publique. Puisque le système canadien est à mi-chemin entre le droit d'auteur continental et le copyright anglo-saxon. en de multiples encadrés. quel que soit le support ». n°1 IDocumentaliste . Emporté par son élan. sa bibliothèque nationale a pu intégrer les œuvres protégées dans ses projets de numérisation.0 qui nous invite à faire les premiers pas dans une « second life ».vivre.Sciences de l’informationI 71 /////// . En ce qui concerne les outils appliqués aux documents. Les libraires vivront s’ils savent démontrer aux éditeurs « qu’ils sont capables de répondre à la demande. Son livre concerne en priorité. à une réflexion qui devrait réconcilier les fondamentalistes qu’il rassure en affirmant que le livre papier va coexister longtemps encore avec les nouveaux livres et les exterminateurs en leur prédisant qu’il reste beaucoup à faire pour que le livre numérique. des accès à distance et un accès démocratique. l’auteur s’interroge sur l’avenir du livre dans le web 3D ou web 3. Mais elle concerne aussi les lecteurs – et leur nombre infini permet de dire que cette passionnante étude concerne tout le monde. « J’ai lancé mon javelot dans les espaces indéfinis de l’avenir ». grâce à des crédits dégagés par le gou- vernement pour couvrir les compensations financières éventuelles. l’auteur invite. directement de l'éditeur à l'utilisateur. documentalistes. à suivre pour les répercussions qu'ils pourraient avoir si devaient prévaloir les interprétations strictes du droit d'auteur.fr Sélection Des solutions pour donner légalement un accès aux œuvres sous droit Bibliothèques numériques : le défi du droit d’auteur.Blanquet@iut. « était une position intenable dans le temps ». son profond optimisme pour l’avenir en général et l’avenir du livre en particulier. – ISBN 978-2-91022769-2 : 35 ¤ nalyser les stratégies adoptées par les biblio- intégrer les œuvres protégées par le droit d'auteur dans les projets de numérisation de masse afin de donner des pistes pour favoriser le développement des bibliothèques numériques – quelle belle perspective ! Libérer les droits : un choix politique. Le Québec s'est donné les moyens d'engager à grande échelle une politique de libération des droits. des acteurs du livre venus de tous les horizons pour témoigner et inviter à la réflexion sur cet univers qui nous concerne tous. qui ne bénéficie pas de numéro ISBN. Marie-France Blanquet Marie-France. – 356 p. lorsqu'il s'agit d'œuvres sous droits. 2009. mais parsemé de réflexions pénétrantes (ce que confirme la Lettre ouverte au Président de la Répu- blique pour la défense et la promotion d’une filière française de l’epaper). Mais les contextes dans les deux pays sont naturellement très différents. Elle peut ainsi proposer des collections continues. il était utile de présenter les marges de manœuvre offertes aux bibliothécaires par chaque système « pour éviter la tendance à la régression que pourrait induire le numérique ». l’auteur s’efforce d’associer des auteurs. bien sûr. où. en France. éditeurs ou libraires. deux coups pour non »). est précieux. 46. qui les légitime dans un contexte de droit continental. Aujourd'hui. l'arrêt Microfor-Le Monde. par delà les données techniques parfois un peu abruptes. sur un modèle payant. – Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB. aux seuls chercheurs. très riche. mais ils portent encore sur des œuvres du domaine public et. les projets ont changé d'échelle tant en quantité qu'en qualité. les négociations autour de questions juridiques ont très vite limité l'intérêt et l'ampleur des projets de la BnF proposer des œuvres du domaine .

privilégiant les œuvres rentables lorsqu'il s'agit d'œuvres sous droit. Par ailleurs. par les parties. Loi et/ou contrat ? Pour des approches combinées. est inquiet pour l'avenir de la gestion collective.fr À lire De l'utilité d'une analyse économique en matière de droit d’auteur L’évaluation en droit d’auteur. lors de la négociation d'un contrat d'auteur. la coexistence d'éléments aux statuts juridiques divers ou encore – le numérique multipliant les possibilités de verrouillage – le piège de la réappropriation du domaine public. ISSN 0757-0341 . tout comme la négociation auprès de sociétés de gestion collective. Et de conclure en donnant une liste de dix propositions très concrètes. le prix du marché ou les coûts historiques). un choix doit être fait en fonction de l'opération juridique. en cas de contrefaçon. dans d'autres cas.battisti@adbs. simplicité). qui a ses faveurs mais qui est menacée à la fois par les juges et par la Commission européenne. vol.NotesdeLecture /////// Parmi les nombreux autres défis : le recours aux outils du web 2. au-delà des clivages. elle fixe les modalités de la collaboration avec les plates-formes de distribution. il convient de préconiser des approches « moins frontales mais plus subversives » fournies par les licences libres qui « présentent un fort potentiel ». l'approche doit être complémentaire et souple. pêche par l'absence de vision documentaire. L'auteur de cette thèse. Puisque alléguer. 2007. – XIII-364 p. le Canada a choisi « une voie diplomatique et individuelle » en négociant avec chaque ayant droit. « Éviter le trou noir » documentaire. Les solutions potentielles sont extrêmement variées. une « zone grise » regroupant les œuvres épuisées mais encore protégées. – Paris : Litec : IRPI. et une « zone verte » regroupant les œuvres libérées volontairement par les licences de la culture libre. ce seront les juges qui se chargeront de réaliser ce calcul délicat. l'évaluation se fait de manière individuelle. mais aussi de l'objectif qui est privilégié (fiabilité. 46.0 dont les fondements juridiques ne sont pas stabilisés. 30). qui irait au-delà de la simple réparation et où la part punitive de l'amende serait versée à la victime. précision. – (Le Droit des affaires : propriété intellectuelle. un droit à la culture est une position fragile. si. Une analyse de la loi Dadvsi démontre que celleci offre peu de perspectives pour les bibliothèques et qu'aller plus loin serait « irréaliste voire dangereux ». La négociation individuelle a également montré ses limites. Portail donnant accès aux œuvres.Sciences de l’informationI 2009. ou par loi lorsqu'il s'agit de licences légales. Mais l'approche « individualiste » trouve ses limites dans la lourdeur et la complexité de la procédure. qui souligne les risques de déséquilibres liés aux contrats individuels. La BnF a choisi d'accompagner l'émergence d'une offre numérique légale et les négociations collectives faites avec les représentants des éditeurs pour les ouvrages sous droits. Michèle Battisti michele. comme le prouve la réussite d'un modèle adopté pour l'accès à des revues électroniques. Guillaume Henry É ration indispensable dans le Préface de PierreYves Gautier. le coût des démarches et par ses résultats aléatoires. libérables par des négociations contractuelles. comme l'indique l'expérience canadienne. – ISBN 978-2-71100984-8 : 55 ¤ valuer une œuvre est une opé- cadre d'un contrat d'édition ou de production ou. comme le soulignent les systèmes adoptés dans le monde pour utiliser les œuvres orphelines ou épuisées. Guillaume Henry milite par ailleurs pour une peine privée. réalisée par les sociétés d'auteurs. Il souligne aussi qu'en réaction à une marchandisation croissante des œuvres sont apparus des mouvements de « contestation de la prise de pouvoir de l'argent dans le domaine de la culture » qui revendiquent un accès gratuit aux 72 IDocumentaliste . Ce modèle donne de fortes garanties juridiques mais. Mais comment définir sa valeur de manière objective ? S'il existe plusieurs méthodes (par le revenu. l'évaluation est collective. appliquée à la contrefaçon. par ailleurs. Pour évaluer le préjudice d'une mise en ligne ou d'une vente illicite. Mais. Faute de réponse adaptée donnée par la loi. en dépit d'expérimentations réussies (celle de l'Ina. les bibliothèques trouveront à côté de la « zone rouge » (œuvres objets d'une exploitation commerciale active) et de la « zone blanche » (œuvres du domaine public). par exemple) et même si la licence collective étendue des pays scandinaves semble offrir des perspectives intéressantes. Un « nuancier juridique » ouvert aux bibliothèques numériques. n°1 . Au-delà de la lecture binaire classique du droit d'auteur – œuvres sous droit ou œuvres du domaine public –. pour obtenir réparation.

) à la plus complexe à définir (l’information. Par la force des choses. La publication d’une troisième édition confirme également que cet instrument de travail a trouvé son public. Extrêmement complexes. d’entrée de jeu. il définit les termes techniques et spécialisés. Éric Sutter. utile à tout moment de la vie professionnelle. demandent cependant un développement plus important : c’est le cas pour des auteurs comme Georges Boole ou Suzanne Briet ou pour des notions telles que « associations professionnelles » ou « culture de l’information ». Certaines notions. de la plus technique (le catalogage. – VIII-296 p. et fournissent d’excellentes synthèses sur l’apport des uns et des autres. la veille (avec « veille informationnelle ». par exemple) . de gratuité choisie – des projets fondés sur « une idéologie menaçante pour la propriété littéraire et artistique ». indique les auteurs. etc. se posent quant à certains choix : fallait-il vraiment définir ici des termes comme « inférence » ou « infogérance » ? Certains termes sont préférés en langue anglaise (« repository ») alors que la traduction française est entrée dans les mœurs depuis plusieurs années. La notion de marketing est très peu développée. il rejette le concept de licence globale et les licences Creative Commons. etc.battisti@adbs. Des questions. « les notices sur les chercheurs et acteurs majeurs de l’information et de son histoire sont particulièrement précieuses. et sur le contexte historique de leurs productions ». Ainsi se présente la troisième édition du Dictionnaire de l’information. Ce Dictionnaire de l’information couvre parfaitement ce domaine.œuvres de l'esprit. de plus en plus étroite. Jean-Philippe Accart jean-philippe. nécessaire à tout professionnel Dictionnaire de l’information. 15 articles encyclopédiques. ce qui l'amène à inciter les juristes à savoir maîtriser les modes de raisonnement économique. Mais. Chaque notice est signée par un expert du domaine concerné. vol. qui se lit avec facilité (la présentation est aérée). ne peut reposer ni sur « l'obsession de ratios économiques » ni sur l'exigence d'un droit gratuit à la culture. 35 biographies. À part ces quelques points (qui montrent la difficulté d’un tel travail sur la terminologie). – 3e éd. dirigée par Serge Cacaly. terme qui n’est certainement pas très familier à tout un chacun. Comité de rédaction : YvesFrançois Le Coadic. les sigles (anglo-saxons ou français) que chaque professionnel de l’information doit connaître. affirme-t-il. C’est donc un ouvrage à conseiller. etc. les questions économiques ne peuvent pas être éludées dans les débats juridiques. 150 nouvelles entrées ont été ajoutées. « personnalisation de l’information ». et propose parfois un arrière-plan historique ou technique indispensable à connaître. le management des connaissances… Les exemples de dictionnaires sont suffisamment rares – tout du moins en français – dans le champ disciplinaire qui nous occupe pour ne pas intégrer celuici dans toute bonne bibliothèque professionnelle.admin. – ISBN 978-2-200-35132-8 : 30 ¤ uelques chiffres.) . – Paris : Armand Colin. Sous la direction de Serge Cacaly Q ser ce dictionnaire : 26 spécialistes (enseignants. On ne dira jamais assez l’importance de ce type d’ouvrage dans un champ disciplinaire – les sciences de l’information et de la communication – qui englobe des notions hétérogènes. des champs du droit et de l'économie. l’indexation.). Certains renvois posent également question : « outil collaboratif » vers « collaboratoire ». ainsi que la biographie de certains auteurs. comme l’avait déjà constaté Sylvie Lainé-Cluzel lors de la parution de la deuxième édition. bien sûr. d’une dizaine de lignes. « profil ». pour caractéri- chercheurs ou professionnels) pour son élaboration.Sciences de l’informationI 73 . Paul-Dominique Pomart. 2008.accart@nb. Puisque la diversité culturelle. le savoir.ch 2009. Par rapport à l’édition précédente (2004). le (les) champ(s) actuel(s) des sciences de l’information semble(nt) bien couverts : citons les technologies de l’information (avec l’apparition du terme « blog ». ce dictionnaire rassemble donc des notions a priori disparates ou qui peuvent apparaître sans lien entre elles : il est en effet difficile de rattacher des notions telles que « brevet » et « écologie de l’information » ou celles de « langage naturel » et de « veille informationnelle ». Car c’est un outil de qualité qui nous est donné ici. n°1 IDocumentaliste . 900 entrées dont 700 définitions. Michèle Battisti michele.fr Sélection Un dictionnaire de qualité. et dont le style des notices est très soigné. Il se présente sous forme de notices successives généralement courtes. avec seulement une notice d’une dizaine de lignes sur le « marketing viral ». Ces mouvements antinomiques mettent l'accent sur l'imbrication. 46. les organismes.

Les ONG humanitaires et de développement constituent de nouveaux acteurs des relations internationales. elles remplissent une fonction sociale. L’intelligence sportive peut aussi aider à prévenir malversations et tricheries. comme le montre Marie Brigaud à partir de l’exemple du football. – Paris : Institut français de l’intelligence économique (IFIE). du site ou du pays.Bourret@univ-mlv. la relation de la culture à l’image et à l’identité du lieu. La conception française de l’IE s’inspire à la fois de l’école suédoise et des approches anglo-saxonnes au « ciblage trop économique » : competitive intelligence américaine et business intelligence britannique. Une délégation des missions de l’État devrait lui permettre de s’impliquer davantage dans l’intelligence territoriale.fr 74 IDocumentaliste . L’auteure plaide pour une politique de soutien de l’État aux PME stratégiques. à la religion. Christian Bourret Christian. et toutes personnes soucieuses de mieux comprendre les enjeux de notre monde globalisé. elles traduisent de nouvelles formes d’organisation des identités qui ne sont plus uniquement liées à la nation.Sciences de l’informationI 2009. Il situe l’intelligence sociétale au cœur des nouvelles stratégies de développement durable. d’aider à capitaliser nos véritables points forts tout en réduisant nos faiblesses et de savoir acquérir les informations nécessaires pour cela. redéfinit le champ de cette IE « à la française ». 2008. Avec la crise de l’État-Providence. MarcAntoine Duval insiste aussi sur la nécessité de dépasser l’intelligence économique classique pour visiter. n°1 . dans un contexte de compétition généralisée. 46. Agnès Bricard s’intéresse à l’intelligence comptable et financière. Philippe Clerc aborde ensuite le nouveau territoire de l’intel- ligence sociale ou mieux sociétale. avec des méthodes pour essayer de maîtriser cet environnement incertain et de plus en plus concurrentiel. elle concerne aussi les PME. en insistant sur le capital social que permettent de constituer les réseaux. cet ouvrage se lit facilement. permettant à celles-ci d’éviter les contentieux et à défaut d’obtenir gain de cause devant les tribunaux. En prolongement du rapport Carayon (2003). Développant des réflexions passionnantes et d’actualité pour mieux comprendre une mondialisation qui ne concerne pas que l’économie. la France doit savoir définir un nouveau « modèle de raisonnement stratégique » en intégrant la notion de patrimoine immatériel. Au-delà des professionnels de la veille et de l’intelligence économique. Il insiste sur son apport au marché de l’art en pleine expansion. Émerge ainsi un nouveau concept de géopolitique du sport. avec une nouvelle vision de cette discipline. Assimilées à des entreprises. Considérant que l’intelligence sociétale s’inscrit dans un processus d’intelligence collective. Dernier « nouveau territoire » de l’IE évoqué ici : l’intelligence sportive. – 171 p. etcontribuer à la « cohésion sociale ». Sous la direction de Marc-Antoine Duval C bution importante pour préPréface d’Alain Juillet. Dans l’introduction. Le dialogue interculturel constitue une autre vision de la mondialisation. collectivités locales) peut y aider au développement de l’emploi. elles évoluent dans un marché fortement concurrentiel. Alain Juillet. Elle présente un « plan de comptes intelligent » qui ne doit plus être vu comme un outil statique mais comme un « outil de veille intelligent ». décideurs publics et privés. en articulation avec des politiques culturelles territoriales. – ISBN 9782-916265-04-9 : 15 ¤ et ouvrage apporte une contri- ciser l’originalité de l’intelligence économique à la française et l’élargissement de ses champs d’action à de nouveaux territoires. Il constitue un enjeu des relations internationales et un élément de gouvernance. il concerne tous les publics : universitaires. L’IE n’est pas réservée aux grandes entreprises. Dans le cadre d’une « citoyenneté mondiale ». il insiste sur son aspect interdisciplinaire et sur son ancrage très ancien. Jean-Philippe Mousnier présente le nouveau territoire de l’intelligence culturelle. une nouvelle façon de penser et de porter les projets culturels muséaux ou touristiques. il s’agit.NotesdeLecture À lire Pour valoriser l’intelligence économique « à la française » Les nouveaux territoires de l'intelligence économique. Dans ce secteur. sociale et culturelle de la France. En profonde mutation. Pour le tourisme. le défi est de passer de l’actuel tourisme de masse à un tourisme culturel à forte valeur ajoutée. Hervé Azoulay applique ensuite l’intelligence sociale au cas des banlieues en montrant comment un maillage de réseaux (entreprises. le sport est devenu une composante majeure de la vie économique. étudiants. Leur force réside dans leur capacité à mobiliser des imaginaires. d’autres territoires qu’explore cet ouvrage. au territoire. vol. politique. L’intelligence humanitaire est ensuite présentée par François Mabille. Thibault du Manoir de Juaye présente la spécificité de l’intelligence juridique qui constitue le fondement légal de la protection juridique du patrimoine des entreprises. Les experts-comptables constituent les principaux acteurs de la veille comptable et financière. Dans sa préface. associations. Alain Juillet envisage aussi l’élargissement de l’IE vers un concept d’« intelligence stratégique » et le champ du développement durable. Haut Responsable en charge de l’intelligence économique.

de même que l’absence d’une véritable plate-forme de veille. les outils de diffusion ne sont quasiment pas mentionnés dans ces chapitres. c’est à la fois la plus grande insertion de la veille dans les différents niveaux opérationnels de l’entreprise et sa plus grande spécialisation. les auteurs considèrent – à juste titre – que la diffusion du format RSS « est en passe de modifier notre vision et notre utilisation d’Internet et de son contenu ». Les auteurs évoquent les modalités précises de cette mise en place dans une PME spécialisée dans les composants électroniques et dans un grand groupe industriel. En terme d’organisation. vol. Les auteurs distinguent ensuite trois grands « âges » de la veille : l’époque de l’information (surveillance concurrentielle ou technologique sans but opérationnel précis) . – ISBN 978-2-74621929-8 : 49 ¤ vec ce titre prometteur. – (Management et informatique). On regrettera peut-être que les deux chapitres consacrés aux outils soient d’avantage énumératifs qu’analytiques.0 proprement dite. surabondance d’informations. Cette évolution technique vers une plus grande intégration fonctionnelle n’est pas étrangère à l’élargissement des objectifs assignés à la veille. Viennent enfin les outils web 2.Sciences de l’informationI 75 .0 proprement dits et le rappel de leurs principales caractéristiques : centralité de l’utilisateur. des briques fonctionnelles commencent à exister à tous les niveaux de la chaîne. En matière de visualisation de l’information. ouverture (API publiques). Il offre en outre de larges rappels sur les principes constitutifs de la veille en entreprise et livre quelques cas d’implémentation intéressants. au début des années 2000. La partie consacrée à l’offre open source dans le domaine de la veille mérite d’être signalée.0 – qui placent l’utilisateur au cœur des dispositifs informationnels. – 234p. 46. des outils communautaires. dans la mesure des résultats. les auteurs proposent ainsi un panorama de l’offre d’outils pour la collecte et pour l’analyse. Et il constituera pour les personnes non expertes de ces questions une très bonne entrée en matière. si cette offre est encore naissante. incohérence dans la caractérisation des sources et problèmes de réutilisation de l’information collectée). des outils de production et. « trouvabilité ») non exempte de risques (pérennité des outils. cet ouvrage rédigé par les deux directeurs associés de Knowledge Consult est plus un panorama général des solutions techniques actuelles qu’un opus de décryptage et d’analyse de la veille 2. à des responsables de centres de documentation.0 (wikis. Gilles Balmisse et Denis Meingan consacrent un chapitre aux outils d’analyse de données. Ils soulignent à cet égard la polyvalence de la plupart des outils web 2.icio. si ce n’est au travers des progiciels de veille généraliste. Cet ouvrage rappelle tout d’abord quelques notions de base sur la veille. 2008. Sur ce dernier aspect. ils insistent sur l’apport des « vues connectées » issues des cartes cognitives ou des cartes sémantiques qui permettent des approches globales d’un périmètre informationnel. Ce qui ressort d’ailleurs le plus nettement au cours de ces dernières années. L’apport le plus intéressant de cette partie de l’ouvrage consiste en un tableau de recommandations à mettre en œuvre en fonction du niveau de maturité de la fonction veille dans l’organisation. on pouvait s’attendre à ronnements technologiques – dits 2. De ce fait. vient enfin l’époque de l’action dans laquelle nous serions aujourd’hui et dont les caractéristiques principales sont à la fois l’organisation volontariste de la veille et son statut de composant de base de l’intelligence économique. Ils rappellent le fonctionnement des systèmes d’extraction de connaissances qui visent à automatiser les opérations d’analyse et de synthèse pour traiter une quantité parfois gigantesque d’informations. ces évolutions ont vu naître. selon que l’on se situe dans une phase de sensibilisation. En effet. de stockage. Cet ouvrage a le mérite de rappeler en conclusion la différence dans la mise en œuvre d’un dispositif de veille entre l’approche fonctionnelle (initiée au plus 2009. Reprenant la répartition traditionnelle des fonctions constitutives de la veille. blogs. de textmining et de visualisation.0 apparaissent comme une opportunité (représentativité des différents collaborateurs de l’entreprise dans le social bookmarking. en insistant sur le fait qu’il est attendu aujourd’hui d’un système qu’il rassemble l’ensemble des fonctions de collecte. Gilles Balmisse et Denis Meingan A un ouvrage consacré principalement à ces enviParis : Hermès Science Publications : Lavoisier. les pratiques 2. en aval.) qui sont à la fois des sources. On notera cependant l’absence d’un véritable agent de surveillance pouvant rivaliser avec les solutions propriétaires. il s’adresse aussi bien à des veilleurs. via RSS et le tagging notamment.À lire Un panorama des solutions techniques actuellement disponibles pour la veille La veille 2. Autant le dire d’entrée. n°1 IDocumentaliste . de diffusion et partage et d’administration. En terme de collecte. décentralisation de la production et du partage des contenus dont del.us est l’exemple emblématique. à des directeurs de systèmes d’information qu’à des utilisateurs finals. de déploie- ment ou. d’analyse.0 et ses outils. etc. Curieusement. où apparaissent clairement des besoins en veille spécifiques à chaque client interne. l’époque de la gestion (où la veille apporte « sous forme de documents de synthèse les éléments qui vont permettre de valider ou d’affiner les choix qui doivent être faits ») . les premières cellules de veille et l’embauche de personnes aux profils spécialisés.

on pourrait citer le développement du web 2. au moins autant que la précédente. tel le multilinguisme. La veille 2. 2008. le développement des capacités de stockage. dans ce contexte. Le volume d’informations disponibles sur la toile est lui-même exponentiel : il était chiffré à 167 térabytes en 2002 (soit 167 trillions).Sciences de l’informationI 2009. une affaire de management et de gestion de projet. ce qui n’en rend pas la lecture toujours très aisée. Dans la mise en œuvre d’un système de veille. le « googling » est entré dans le langage courant. Gilles Balmisse et Denis Meingan insistent sur l’intérêt de mixer les profils décisionnaires pour que la plupart des facteurs de succès soient correctement pondérés. Sous la direction de Mohand Boughanem et Jacques Savoy U nels de l’information à l’heure actuelle : quelles Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier. celui-ci est devenu un élément indispensable de la vie quotidienne. De nombreux chantiers restent encore ouverts sur le web… Voici les grandes lignes de cet ouvrage. Jean-Philippe Accart jean-philippe. 46. la mobilité des utilisateurs… Le nombre d’internautes a été multiplié par quatre depuis 2000 (soit 1 245 millions en septembre 2007). En seulement dix années (son lancement date de 1998). par exemple. Quant au choix de l’outil lui-même. le succès dépend très largement d’un cadrage clair des objectifs et de l’implication des participants. autrement dit comment allons-nous travailler demain. Cependant. est devenu prépondérant : sans eux. qu’elle soit professionnelle et privée : en 2007. Elle appelle également une mobilisation des ressources humaines adaptées aux différentes phases du projet et une juste évaluation des mutations d’organisation qu’entraînera le déploiement du système. comme une structure logique de document (dans le cas d’un journal) ou dans une langue autre que l’anglais. prendre en compte les goûts et habitudes de chacun en sont quelques exemples. mais d’autres éléments existent. Les demandes des utilisateurs / clients jouent un rôle non négligeable dans l’évolution des moteurs et de leurs fonctionnalités. le rôle des moteurs. – (Recherche d’information et web). Google répondait à plus de 128 millions de requêtes journalières. n°1 .0. quand il deviendra plus pertinent dans les résultats proposés. de plus en plus de requêtes étant faites en langue arabe.accart@nb. Outre-Atlantique. La façon d’interagir avec le moteur de recherche est également à prendre en considération. Loïc Lebigre loic.lebigre@adbs. Mais il n’y a pas que le texte ou l’écrit à prendre en compte sur Internet : tout ce qui est support audio ou multimédia occupe une place de plus en plus grande. Deux professeurs d’université. vol.0 semble donc être. qu’il soit ou non 2. Il reste que l’écriture de certaines contributions est un peu trop académique.ch 76 IDocumentaliste .admin. dont les critères font l’objet de la dernière partie de l’ouvrage. il est pratiquement impossible de rechercher et de retrouver une information. tenir compte de l’endroit géographique où ils se trouvent (afin de trouver des informations locales). qui doivent s’adapter notamment à leur profil : obtenir directement la réponse à la question posée (et non pas une liste de résultats). qui devraient intéresser les professionnels de l’information. Mohand Boughanem (Université Paul Sabatier de Toulouse) et Jacques Savoy (Université de Neuchâtel) tentent de répondre à ces questions dans cet ouvrage très dense consacré à la recherche d’information et qui rassemble une vingtaine de contributions. La première catégorie propose avec Google l’exemple le plus frappant. le web invisible renferme des ressources au moins aussi nombreuses que le web visible : comment les trouver ? Les moteurs de recherche doivent pouvoir rechercher sur des éléments particuliers. Plusieurs traits caractérisent la recherche d’information sur Internet ces dernières années : un accès démultiplié à l’information. dans quel contexte ? D’emblée. avec quels outils. – 343 p.fr À lire Évolutions récentes et à venir de la recherche d’information sur le web Recherche d’information : état des lieux et perspectives. Un moteur de recherche apportera des réponses réellement appropriées quand le web sémantique se développera et intégrera le sens des termes. Comme le soulignent à juste titre les auteurs dans leur introduction générale. Les moteurs actuels se divisent en deux catégories distinctes : les moteurs généralistes et les moteurs pouvant investir le web invisible.NotesdeLecture près des processus et des besoins d’information de l’entreprise) et l’approche outils (plutôt centrée sur la résolution technique des problèmes de traitement de l’information). – ISBN 978-27462-2005-8 : 75 ¤ ne question préoccupe la plupart des profession- sont les conséquences des évolutions technologiques sur la recherche d’information.0 ou les supports multimédias.

G. – (Bibliothèques. de Christophe Evans et Françoise Gaudet. de l’organisation des collections à l’aménagement de l’espace. C. Se construit ainsi un ensemble d’objectifs stratégiques dont sont analysés les paramètres et la programmation. ISSN 0184-0886). elle actualise les résultats des deux précédentes collectes (1979 et 1997). L’accent est mis sur la nécessité de penser la bibliothèque comme un système complexe contextualisé dans un environnement en mutation : « Le système bibliothèque est un outil collectif au service des besoins cognitifs d’une population » (p. Nul doute que cette redéfinition du rôle des bibliothèques ne fournisse ample matière à réflexion et nombre de voies à explorer aux professionnels – à la sagacité desquels l’auteur rend hommage dans son prélude. – ISBN 978-284246-103-4 : 26 ¤ Bien des faits relevés dans l’enquête menée par le CREDOC en 2005 et présentée dans cet ouvrage confirment les mutations subies par les bibliothèques. 2007. 10) et les obligent à revoir leur politique documentaire. des usages d’information engendrés par Internet. réinventer les outils tels catalogues. Les outils et les modalités de formalisation sont indiqués. bibliographies ou plans de classement. – 284 p. elle souligne la baisse des inscriptions. En guise de conclu- sion. et éclaire l’évolution des usages. La « culture de l’écran » n’entame pas l’image des médiathèques mais transforme la relation entre individu et source du savoir et de la culture. On sait combien les bibliothécaires en sont conscients et combien ils s’interrogent sur le devenir de leur institution. Bertrand Callenge C leversement des techniques et Paris : Éditions du Cercle de la librairie. L’auteur ne cache pas les tensions qui en découlent et propose des pistes à explorer selon le contexte de la bibliothèque : multiplier les itinéraires d’accès aux contenus. Claire Guinchat 2009. – 264 p. 2008. d’une baisse de fréquentation des bibliothèques. Si elle invalide l’idée. 260). etc. évaluer l’adéquation des contenus de la collection à l’état du savoir et sa pertinence pour le public. Toutefois les limites de la formalisation sont soulignées. 234). Prendre conscience de l’éclatement des unités d’information. Repérer ces besoins et leur évolution appar- tient aux fonctions traditionnelles des professionnels. n°1 IDocumentaliste . – (Études et recherche. donc des emprunts. fréquentation et devenir / Bruno Maresca . cette étude se conclut sur la probabilité d’évolution de l’établissement selon qu’il saura attirer un public diversifié et se gardera – sous la pression d’une offre insuffisante par ailleurs – de devenir bibliothèque d’étude. mais doit être repensé en fonction de « la perpétuelle recomposition des savoirs » qu’engendre l’usage multiple d’Internet. percevoir le déplacement des usages et l’évolution de l’établissement vers un nouveau type de bibliothèque « hybride » dont les caractéristiques sont précisées – autant de préalables indispensables à toute refondation d’une politique documentaire modélisée. ISSN 0993-8958). avec la collab. Bertrand Calenge leur propose un cadre de réflexion et d’action ancré dans cette histoire et ouvert au contexte socioculturel dans lequel elle se déroule. Riche de données nouvelles. tant du point de vue du public que de celui des contenus. Une analyse fine en est faite. mémoire vivante.À lire De l’influence d’Internet sur le rôle et les usages des bibliothèques Bibliothèques et politiques documentaires à l’heure d’Internet. – Paris : Bibliothèque publique d’information (BPI). 46. de stockage et de diffusion des contenus culturels – les collections conservées en bibliothèque – ébranlent « la stabilité pérenne des bibliothèques au sein de la société » (p. En récapitulant l’évolution de la problématique et l’histoire récente des collections. s’ouvrir aux partenaires extérieurs. Réalisée auprès d’un échantillon de deux mille individus représentatifs et complétée par l’analyse statistique de la base de données de la Direction du livre et de la lecture. construire des programmes culturels autour d’un thème ou d’un auteur – occasion pour le lecteur de prendre la parole –. vol. – ISBN 978-2-7654-0962-5 : 37 ¤ et ouvrage s’ouvre sur le bou- À lire sur la même problématique Les bibliothèques municipales en France après le tournant Internet : attractivité. Les nouveaux modes d’appropriation. contenus de savoirs et accompagnement de personnes » (p.Sciences de l’informationI 77 . l’auteur rappelle les quatre « maîtres mots » autour desquels doit s’ancrer la bibliothèque pour survivre : « dimension locale. répandue.