Le SOUFISME AFRO-MAGHREBIN AUX XIXè et XXè SIÈCLES

Cap-Tours S.A. (Rabat, 1995) Par le Professeur Abdelaziz BENABDALLAH

TABLE DE MATIERE Introduction III........................................................................…………………..... 7

Sources du Soufisme .……………...........................……………………………… 17 Naissance de l'ésotérisme : modes et secrets du jaillissement des goûts initiatiques ……………………..…..23

III- Transcendance et compendium des vertus ………………………………………..37 IV- L'initié et son comportement ................................... …………………...………….49 V- Fidélité et esprit chevaleresque du musulman ………… .....……………………...61 VI- Vertu auditive : heureuse disposition à prêter une oreille attentive………………73 VII- Différence de goûts comme signes distinctifs des rites soufis ………………….83 VIII- Soufisme salafi ou clés du soufisme la Tijanya : voie abrahamo-mohammadienne ...... ………………………………103

INTRODUCTION
Le grand savant maghrébin, Sidi Larbi Ben sayah a pris, au début de ce siècle hégirien, l'heureuse initiative d'élaborer une oeuvre magistrale intitulée "Boghiat el Moustafid, en guise de commentaire au poème mystique composé par le célèbre alem de Chinguit (Mauritanie). Il s'agit d'un compendium, esquisse ou fresque vivante, claire et exhaustive, assise structurale de la pensée mystique. Nous allons essayer d'analyser les sept chapitres essentiels qui reflètent le souci constant du croyant en quête d'un comportement idéal, susceptible d'assurer à l'homme imbu de spiritualité, l'équilibre rationnellement humain entre la psyché et la matière. Sidi Larbi s'est ingénié, grâce à un esprit prospectif révélateur, d'introspecter les subconscients, d'élucider les secrets les plus intimes du for intérieur, de sonder la nature intrinsèque de l'Etre, dans sa double quintessence humaine et somatopsychique. Le dogme lui -même est disséqué, dans le but d'humaniser l'idéal et d'harmoniser le couronnement plénier, chez le croyant. Toute la documentation de notre célèbre auteur, procède d'une expérimentation sûre, à partir du terre-à-terre et de la faiblesse de l'homme, où réside le secret d'une surhumanité psycho-rationnelle, à toute épreuve. Un des buts recherchés par l'éthique soufie dont Sidi Larbi esquisse un grand schéma évocateur, est de mettre en corrélation les éléments voués à un tiraillement déchirant, dans toute âme, appelée à émerger, en redressant toute distorsion intruse. Le monde afro-asiatique et surtout africain est intéressé, en premier lieu, car son conformisme aberrant cède nécessairement la place, dans un dialogue constructif, aux options discursives dont la valeur doit se vérifier par son adaptabilité à la vie moderne bien entendue. L'élite afro-asiatique a atteint un stade de rayonnement intellectuel tel qu'il serait opportun de fructifier ses larges dispositions, pour un épanouissement spirituel. C'est dans le contexte d'une réédition du patrimoine de l'Islam, que nous pourrons mettre en exergue le rôle de la religion, dans la cristallisation de l'idéalisme transcendant, qui puise sa force et sa vitalité dans cette heureuse équation humaine : le rationnel et le spirituel. L'idée de l'antagonisme classique de l'esprit et de la matière, est, sinon battue en brèche, du moins fortement ébranlée, par suite des travaux scientifiques qui ont mis en évidence l'unité énergétique du cosmos et la corrélation profonde entre la physique et la biologie, d'une part et la psychologie d'autre part . C'est cette superstructure psychologique - que notre auteur cherche à consolider - qui est l'aboutissement de ce psychisme métamathématique et énergétique subtil, vers lequel s'oriente la science de demain, bien loin des facteurs - fiction. La raison d'être d'un tel élan est le légitime souci d'un libre discernement entre le faux et le vrai où doit être éliminé tout traditionisme irraisonné, en tant que mode éventuel de travestissement de la pensée, qui s'éloigne de l'équilibre, véritable potentiel intellectuel où la réalité transcendante s'identifie à la sagesse. Nous allons donc parcourir, avec notre éminent auteur, ces phases d'objectivisation de la personnalité du croyant, doublé, par définition, d'un initié mystique, dégagé de tout fatras extatique ou érémitique, en tant qu'éléments intrus d'un subjectivisme abérrant , allant à l'encontre de l'Islam salafi et sunnite. Sidi Larbi a eu le grand mérite de dépeindre, avec bonheur, profondeur, aisance et élégance, des péripéties d'un long itinéraire qui était le propre exclusif des initiés et que notre éminent Cheikh cherche à vulgariser . Le style purement philosophique est banni et une heureuse exemplification se substitue, pour projeter des lumières vivantes très évocatrices, à la portée du simple initié, sinon du simple croyant. La prière intérieure, est, pour Avicenne, une épuration, une élévation de l'âme qui conduit le cœur jusqu'à la contemplation de l'Etre Absolu; et, par cette connaissance et cette intellection et cette science, une béatitude s'épand sur l'âme et l'effusion sainte descend du Ciel Supérieur, jusqu'en l'intime de l'âme raisonnable. Cette prière conduit donc l'âme jusqu'au sein de l'intimité du monde, de la domination et des mondes plus élevés de la Toute Puissance Divine; l'âme humaine raisonnable est apte à recevoir, par degrés, une communication, toujours plus haute, de cette lumière du flux émanateur, dont elle-même est formée et qui découle en nécessaire surabondance de l'Essence Divine; c'est là la nature même de la connaissance mystique chez Ibn Sina. Cette

conception avicennienne de la transcendance de l'être vers Dieu, trouve une certaine complémentarité dans la dialectique apparemment contradictoire d'Ibn'Arabi. "Le Dieu révélé - dirait le grand gnostique andalous - est un Dieu qui pense et qui œuvre, qui supporte les attributs divins et est capable de relations." La causalisation ou la simple orientation imprimée à l'être par l'actuation des Noms de Dieu, constitue un catalyseur essentiel où les canalisations confluentes n'infirment guère le principe d'unicité du système, dans sa supra-structure, malgré la discordance de certaines terminologies, des sources d'inspiration secondaires. Dieu nous a ordonné l'usage de tous moyens de nature à nous aider à réaliser nos vœux. Ce sont des causes ou mobiles à propriétés déterminantes, étant eux-mêmes le effets du Nom qui les actue. Chacun de nos actes est "mobilisé", grâce à un Attribut dont il est la manifestation théophanique. La révélation coranique demeure la structure de base chez les deux philosophes qui représentent respectivement la pensée philosophique et la conception soufie non altérée par l'intellect. Le système Avicennien et Hatimien est caractérisé, certes, par une double dialectique de lumière et d'amour. Mais, tandis que la pensée d'Ibn 'Arabi est de quintessence soufie, celle d'Avicenne ''n'aurait pu se saisir, sans le mouvement initial de mystique naturel qui le traverse". La philosophie d'Avicenne est une philosophie d'influence musulmane où le donné coranique devient une base philosophique qui s'unit à certaines influences hellénistiques, de sorte que la pensée avicennienne ne saurait se comprendre sans l'Islam. Le Prophète Mohammed ainsi que les autres Apôtres et Messagers de Dieu, ont atteint l'étape sublime, dans leur ascension vers Dieu. Par le même processus, quoique limité et miniaturé, l'initié voit s'ouvrir, devant lui, tous les accès, vers la grande ouverture. L'homme, dont la vision est voilée, n'est - d'après Ibn 'Arabi - qu'un simili-homme; Avicenne s'ingénie à manier un langage strictement soufi, quand il nous parle de la procession initiatique ou apostolique. Il rejoint les soufis les plus ,,orthodoxes", en précisant que seul le Prophète est apte à pénétrer et vivre l'harmonie secrète qui relie l'homme au Cosmos; cette harmonie que l'observance des actes religieux tend, sans cesse, à actualiser; les actes cultuels consistent ou en mouvements comme les prières rituelles ou en privation de mouvements, comme le jeûne. L'initié, habitué à orienter son intellect, pour recevoir l'illumination des substances séparées, en viendra, dans le miroir purifié de son âme, à s'élever jusqu'à la compréhension intime des fondements de la loi religieuse. Il restera, cependant, toujours tributaire du Prophète quant au contenu et au détail de chaque acte cultuel; mais, le sage et le saint ne sont guère dispensés des prescriptions imposées à tous-, quand bien même son intellect en arrive à refléter, comme un miroir transparent, les lumières du divin, il doit continuer à se soumettre aux obligations religieuses. L'observance des prescriptions positives de la loi religieuse, la pratique des actes cultuels, faciliteront au croyant sincère la mise en relation avec le corps du ciel, la captation de l'influx des sphères célestes et l'intensification de la sympathie qui relie le microcosme. C'est là, dans sa double acception philosophique et mystique, le contexte cosmique des Noms divins, dans leur actuation des mondes. Dans quelle mesure ces données coïncident-elles, sinon avec la Grande Réalité, du moins avec les réalités transcendantes relatives, c'est-à-dire le processus de relation Dieu-créature?. Comment réaliser cette relation?. Quel est le rôle des Noms de Dieu ?. Comment peuvent-ils influer dans "l'idéalisation" des comportements cosmiques de l'homme, l'harmonisation de ses rapports avec ses semblables, l'humanisation de l'échelle des valeurs, dans les sphères du sensible et du visible ?. Comment concevoir l'homogénéité psychologique du Monde et de l'homme?. Comment, dans ce contexte, concilier la métaphysique des Noms de Dieu avec ses implications cosmiques ?. La réalité étant une, en quoi les données de la ''Haqiqa (réalité) sont-elles complémentaires de celles de la -Charia" (loi coranique)? ; autant de questions, autant de problèmes ardus dont les solutions rie seraient que partielles, étant donné le caractère strictement relatif des investigations humaines ?. Nous voudrions, autant que possible, limiter, sinon éliminer, certaines subjectivités d'ordre mystique et philosophique susceptibles

de fausser les jugements, de par leur psychisme incontrôlé ou leur métaphysisme sans mesure ?. Pour ne pas sombrer dans l'abstrait, nous allons essayer, de passer en revue, certaines expériences mystiques récentes, étayées par quelques tests personnels, que nous soumettrons au double contrôle. du positivisme rigoureux de la "Charia" et du rationalisme de la science moderne . La science ésotérique est le fruit et le couronnement d'une stricte application des données exotériques de la Charia. L'observance minutieuse de la loi révélée et l'alignement sur ses concepts provoqueront indubitablement, chez le croyant, l'illumination d'un cœur sur lequel viennent se projeter les clartés de la foi. . Cet exotérisme, dûment appliqué, a pour effet certain, la purification d'une part, de l'âme, par élimination des vices et concrétisation des vertus, et, d'autre part, une sublimation et une luminescence intimes, dont la fruition spontanée et immédiate, est le jaillissement d'idées concises qui se reflètent sur le miroir poli de l'âme dégagée de toute flétrissure. Suivant un rythme alterné de lumière et d'obscurcissement , l'initié réalise nécessairement un certain degré de connaissance, grâce auquel le voile finit par s'estomper, laissant poindre les éclats ou lueurs des Noms de Dieu! Dans cette transcendance de lumière, les projections se précisent, "les reflets prennent forme et l'éclair devient étoile filante". Le chemin de l'initié est jalonné d'une gamme d'éclats psychiques de ravissement, d'extase et de dégrisement. Quelques éléments artificiels peuvent fausser ce processus transcendant; l'alignement sur la révélation coranique et la tradition prophétique demeurent, d'après Ibn 'Arabi - le seul critère différenciant l'état qui doit en découler, des procédés hypnotiques ou des pouvoirs extra-normaux du Yoga indien ou autre. En effet, Avicenne n'écarte point, dans l'évolution de l'initié, le perfectionnement de l'âme cristallisé par ces pouvoirs : mouvements giratoires rapides, fixation par l’œil de "Chiva" d'un objet brillant ou noir ou tout autre procédé pouvant aider à dégager, artificiellement, l'âme de son corps et recevoir des illuminations. Certains Mages ou sorciers parviennent, grâce à une pratique de concentration très poussée, à se détacher de leur ambiance, en éliminant l'effet des organes sensoriels. Le subconscient réagit, alors, avec toute la force de ses potentialités distraites par le sensible. Mais, seul l'initié est apte à faire intervenir son ‘’goût intuitif", développé dans l'ambiance luminescente de son âme purifiée. Voyons donc, comment Sidi Larbi tend à expliciter ces données exotériques. En parlant de la science infuse ou révélée (qui n'est que le reflet de l'attribut de l'Omniscience), de la lumière divine, des étapes de la révélation, il dit : "la révélation pour l'Apôtre, se traduit, soit par la transmission du "livre Sacré", effectuée par l'intermédiaire de l'Ange, soit par l'audition du secret, soit par le contact où l'ordre divin est "suggéré", sans intermédiaire, soit par une insufflation directe qui peut émaner de l'Ange lui-même. L'inspiration s'identifie, alors, à une connaissance infuse, sorte de flux dont l'amplitude est conditionnée par le degré hiérarchique du Messager de Dieu; il existe d'autres sortes de révélations qui sont : I) Le fruit de contemplation des degrés et des propriétés des Noms et Attributs, provoquant un divin "flot de lumières", sous forme d'inspiration qui décèle des "états de mystères". II) L'avènement d'une idée émanant d'une source supérieure vague et projetant une vive lumière sur les contours de certains secrets et prévisions. III) L'inspiration peut, enfin, s'identifier à une sorte de spéculation sur les nombres cosmiques et les inférences de l'Attribut ou les propriétés inhérentes aux Noms. L'état prophétique appelle donc une théophanie qui contraste avec l'extase du mystique. L'aptitude apostologique est d'une amplitude sans pair. Selon le célèbre El-Jilani Abdelkader, le gnostique, habitué à la grâce et aux Attributs de Beauté, ne saurait résister à l'apparition de la Grandeur de l'Essence. Le grand Maître Mystique Sidi Ahmed Et-Tijani spécifie, en commentant cette thèse, que seul le "pôle parfait" peut être le réceptacle de la théophanie de la Réalité de la Magnificence, quand il aura atteint le degré sublime de cette étape, à savoir le "cachet" ou l'ultime des stades.

dans son livre "Le Monde Musulman Contemporain" (T2 p. dans son ouvrage "L'Islamisme et le Christianisme en Afrique"./1261 h).C. . J. édifiée il y a moins de deux siècles.. arrêté. Se référant à G. le grand leader arabe Chakib Arsalâne affirme. .Bonnet Maury.. les "Sept Requêtes" récapitulent donc les données du "Soufisme islamique appliqué". Ce sont là quelques célèbres disciples du grand Cheikh Sidi Ahmed Tijani (Décédé en 1814 ap." le fait .J.ajoute-t-il . Les autres sources de base de cette Nouvelle Ecole du XlXè siècle sont : 1) "Jawâhir el Maâni" (Perles des Idées) du Fassi Sidi Ali Berrada Harazim 2) "el Jâmi" (Le Compendium du Saharien Sidi Mohammed Bel Mechri) 3) (er-Rimâh) (les Lances) du prince soudanais. chef de la grande Confrérie. par Charles Martel". notamment.est comparable à l'élan d'islamisation de l'Europe. à Poitiers.398) que l'Afrique aurait été entièrement islamisée. sur le plan d'un exotérisme pragmatique et éclectique.La "Boghia" et. sans ce coup porté par la France à l'influence de la Confrérie Tijanie . Omar el Fouti ou Founti (de Fouta-Djalon (mort en 1845 ap./1230h).

CHAPITRE 1 SOURCES du SOUFISME Le soufisme mohammadien est le compendium des traditions du messager d'Allah. sous le nom de Zarroûq. dont Ibn Machich et son disciple Châdhili (tous deux du Nord du Maroc). les tests réels d'un soufi agissant et adéquat. émaillés de véritables soufis. sur deux thèmes qui ont toujours été l'objet de tiraillements et de controverses : à savoir. passés ces premiers siècles.C. Les compagnons du prophète. Cette symbiose entre les deux tendances a toujours créé une équation harmonieuse alliant deux antagonismes factices : le spirituel et le temporel. et mort à Mesrâta (Tripoli). conservent en manuscrits la plupart de ces oeuvres. dans un esprit critique. Nous citons quelques spécimens de ces ouvrages : . Cette phase où les rites soufis se multipliaient. dans toutes les branches des sciences canoniques. l'initié est propulsé dans la masse confuse des traditions où l'apocryphe. nécessairement. dans la concrétisation du vrai visage du "Tassawwôf''. donnant l'exemple le plus éclatant de certains aspects de la vie idéale du vrai Musulman. Dans une auto-biographie. primait le véridique. Grand jurisconsulte. dont l'effet initiateur se prolongea. parfois excentriques./751 H. cadi de Fès (mort en 1357 av. imbus d'un sens ésotérique. siècle de l'Hégire. dans sa Rissala. dit el-Kocheiry. . une audace sans pair./846H. une image de contingences de l'heure.J. Plus d'une cinquantaine d'ouvrages dénotent. ne manqua pas de révéler. à l'authenticité douteuse. dans un certain désarroi et confusion d'esprit. originaire de la tribu des Brânès. devant s'identifier au legs authentique et bien entendu de l'Islam. mais. essayant de promouvoir. d'où : pluralisme de "Wirds" et "Wadhifas". Les bibliothèques marocaines. irradié dans l'ambiance prophétique luminescente. les secrets de cette mutation : les croyants. né en 1442 ap./899H. L'un de ces éminents précurseurs est AHMED BEN AHMED BEN MOHAMMED EL-BORNOSI ELFASI. Le Soufisme salafi. les suivants du 2ème siècle (Et-Tabiynes) et leurs successeurs. issues de la Sunna ou des comportements effectifs et affectifs du messager d'Allah . par leur diversité et leur profondeur. promoteurs de l'Ecole soufie islamique. empreinte d'un humanisme universel agissant. J. se prolongea jusqu'au VIIIe. alors. se réfugiaient dans des liturgies plus ou moins authentiques. chez le Cheikh Zarroûq. à la suite d'une période de décantation.il fut unanimement considéré comme le "prévôt" (mohtassib) et critique du Soufisme (mysticisme islamique).).une fresque vivante sur les péripéties et vicissitudes de sa vie. durant les trois premiers siècles de l'Hégire. la définition de la vie exemplaire que le bon Musulman doit mener et qui est. tant publiques que privées. perturbée par des secousses cahotantes.notamment au Grand Maghreb . d'autre part. grand précurseur et critique implacable des déviations soufies. avaient enrichi le patrimoine de l'Islam. les récits encore vivants dans les coeurs des adeptes. alors. c'est à dire issu des sources de l'Islam. Ses oeuvres. soufi très vénéré dans toute l'Afrique . et. sinon hérétiques. connu. n'est autre chose que l'Islam lui-même. dégagé du fatras confus e incohérent. Les pionniers du soufisme surgirent.C. Zarroûq a essayé d'esquisser comme son contemporain le grand historien Ibn Khaldoun . selon le hadith. en 1493 ap.J. Le cheikh Abdelkarim Ibn Hawazine. d'une part. dans le large contexte des potentialités et des virtualités de l'Islam. tant en Orient qu'en Occident.Interprétations et commentaires des "Vérités et Affinités" de Mohammed Ben Ahmed Meqquari. lors de ses sources prophétiques. avaient.. la nature des hérésies qui ne doivent pas s'identifier à une simple opinion non admise.C. Les oeuvres de Zarroûq tendent à clarifier la position de l'Islam. pour seuls stimulants et animateurs.

N. Rabat d 2129/B. Tunis (M.Epître sur l'Astronomie (Tétouan 485). Mais.4 vol. . 2259/D.. P. . hassanienne de Rabat.C. .Jadhwat el-iqtibâs. Publiée au Caire. Mir'ât el-Mahâsin. . . de Berlin.38/El 'Ayyachi. Bibl.l'art (bibl. commenté par El Kharroubi. .Aide de l'Initié dans le chemin de l'illumination et de la stabilisation morale.p.607.Sciences des noms . . .Conseil à l'initié idéal (B. 156.. de Rabat D. REFERENCES:  Ibn'Askar.Epîtres sur les jugements. J.p.71/lbn elQâdi.Fihrist. poème sur les défections de l'âme.Appel aux Fouqara (Bibl. Naïl el-ibtihâj. Zeitouna (111. 1299/D. 1. 158).Commentaires au nombre de trente six sur les "Hikam" d'Ibn 'Atâ allah.G. .64/ Mohammed el'Arbi el-Fâsi. Rihla T.Syncrétisation de la Charia (législation islamique) et haqiqa (réalité ésotérique). 1885) ( à propos de l'Epître d'Ibn Abi Zeid le Kairouanais). Tétouan N° (826). .Commentaire du Compendium Juridique de Khalil. 15/ Zeitouna III. p.Explication de l'Authentique d'Al-Boukhari. Bibl.l'Epiphanie. .Sur la thérapeutique expérimentée ( Zarroûq n'est pas sûrement l'auteur. 49). Zeitouna 111. Commentaire sur (la Dogmatique Sacrée) d'Al Ghazali. . lm. 1602/D. .96/T. 14. p./1913 ap.Les innovations hérétiques et la Sounna. 182/D.Epîtres sur les jugements.Il. N° 10 12). Publié au Caire (1332 H.378/Ahmed Baba. .Le droit musulman et le soufisme . à Dublin 4130).Potentiel de l'Initié (100 chapitres sur les hérésies des Fouqara soufis). . sermons éthiques et subtilités du Tassawwôf (se référer au compendium des "Manafi'' de Zarroûq. N° 3345). . 1975.G. Hassân. de Tanger III.Avis et conseils adéquats sur l'hérésie (voir son ouvrage "Réplique aux hérétiques". d'autres thèmes furent l'objet d'épîtres ou de traités dont nous donnons les exemples suivants : . Dawhat en-Nachir p. de Rabat (D 952). .G.Traité sur le Droit musulman (B. .Particularités des Noms de Dieu B. d'Alger 1322)/ Caire VII. grâce à l'esprit encyclopédique de Zarroûq. 192.

. Idjâza.I. Fihris el Fahâris T.I.  Dorrât el-Hijâl. p. ar.p. T.p.p..341/Chajarât en-noûr.TII.III. p.42/el-Kettani.222/ el-Kettani. p.45/ es-Sakhawi Ed-daw' el-Lami' T. Trenga. 183. T.267/ Ez-Zarkli.253. les Branès in Archives Berbères.p. p. Ben Abi Cheneb. el-I'lâm. AI-Bostân. litt. T. Salwat el-Anfâs T.87/ Chadharât ed-Dhahab..I. 363/E Ibn Mariem. p.51/ Brockelmann. p.7..I.293 (1915-1916).I. T. p.

Les branches instrumentales de la science exotérique sont au nombre de douze dont la syntaxe. esquisses d'une foi agissante. en science épiphanique. c'est réaliser la sublimation des vertus tels le dévouement.. le nihilisme ne doit pas être l'aboutissement d'une attitude par trop négative. Les contours de tout comportement subséquent doivent être délimités avec un soin rigoureux. l'ascèse. la grammaire.CHAPITRE II: NAISSANCE DE L'ESOTERISME: MODES ET SECRETS DU JAILLISSEMENT DES GOUTS INITIATIQUES Ce chapitre est fondamental dans le processus d'ascension de l'initié. l'amour des éloges et la fierté prétentieuse. L'initié doit donc se contrôler. L'intégrité et la rectitude sont le substrat des caractères péremptoires dont l'infraction requiert la pire des damnations. dans l'échelle soufie. dès le premier pas. L'initié. la science de la Charia.comme dirait Ibn 'Arabi . alors. parfois. connaissance ou sagesse de la divination mystique ou science innée . la linguistique etc. comporte une double série de propriétés caractéristiques : l'exotérisme et l'ésotérisme. certes. le stade d'ankylose superficielle. l'image d'idées condensées.. la gratitude. de par sa nature. le complexe de supériorité. dans ses dimensions islamiques. sur l'écran d'une psyché décrassée. pour être judicieux. pour atteindre. L'analyse des étapes à parcourir est le conditionnement psychosomatique de tout progrès adéquat dans la "voie". compte que tout préjugé hâtif serait . d'autre part. d'après une tradition du Prophète -"le legs sûr d'une connaissance des inconnues. l'endurance. l'objet de cette étude préliminaire.débouche indubitablement sur une seconde étape : l'ouverture épiphanique. la pureté de l'intention. dominer ses élans prématurés et demeurer en expectative. par des projections fulgurantes qui font ressortir. Cette infrastructure cultuelle. mettre en pratique les données éthiques de la science. sorte de certitude positive ou luminescence dont les reflets éclairent le subconscient . axée sur une première source. donc. se situent entre la résignation et l'acquiescement. L'initié réalise. Il se rendra. La science exotérique ou sciences des phénomènes et actes exclusivement externes. C'est ce cheminement échelonné qui fait. blâmés ou décommandés par le Chrâa tels la vaine gloire. Au contraire. alors. Cette lueur étincelante illumine les recoins de l'âme. cristallisée par des faits et des propos authentiquement attribués au Messager. en fait. c'est. comme fin extrême que le croyant se doit d'atteindre. l'estime de soi. La première partie s'identifie. sous le poids de l'inertie des choses de ce monde. La science. car tout jugement. c'est le seul mode permettant de dépasser. à l'effort soutenu en vue d'assurer une purification du cœur et une éducation de l'âme : C'est. pourquoi. s'ingénier à rebuter tous les caractères ignobles. la rhétorique. le temps qu'il faudrait. Dieu n'assure-t-il pas au pratiquant. il doit écarter toute dénégation gratuite. grâce à une épuration du for intérieur. au début. le surnaturel. de s'abstenir de tout dénigrement systématique. y accéder d'emblée s'identifierait à un acquiescement qui n'est guère le propre d'un esprit qui se respecte et qui recherche le vrai. purement coranique et une deuxième traditionnelle. vers le summum de l'esprit même des idées et de la quintessence des sciences auxquelles aspire l'homme parfait . la crainte pieuse et l'autosuffisance. Les concepts aussi bien cultuels que comportementiels tendent à définir l'origine du Fiqh (droit musulman). c'est-à-dire la situation dans laquelle le croyant se sent figé. doit procéder d'une connaissance approfondie. la gnose. peser ses options. avec bonheur. Les accès se libèrent. il n'est. se doit. et que les degrés extrêmes. et. entre les deux alternatives. englobe. en mesure d'en sonder le pour et le contre. avec des propos allusifs très ambigus et des subtilités qui tranchent démesurément du normal.une privation. comme prime de l'observance des préceptes révélés?". L'ésotérisme est une connaissance psycho-spirituelle qui se dédouble en science éthique basée sur les principes originels du béhaviorisme social d'une part. en quête de cette connaissance profondément subtile. bientôt. c'est-à-dire cette pratique adéquate sans religiosité excentrique ni bigotisme aberrant -de la loi canonique. pas encore. L'initié est confronté. Apôtre de l'Islam. comme base essentielle.

au niveau exotérique. car. sorte de rétractation ou retour à Dieu. Une mystique canonisée est seule concluante. la vanité d'appliquer à la réalité un sens unique où l'initiation n'englobe guère la double connaissance exotérique et ésotérique. alors qu'il n'est pas dégagé des impuretés de ses indifférences ? Comment aspire-t-il percevoir et sonder les secrètes finesses. dans sa double structure est. C'est le fruit d'une accommodation du croyant et de son adaptabilité agissante à l'éthique universelle. à priori et innée. donc. grâce à cette luminescence. Le Fqih est le fondement de la "voie". un sens caché insaisissable comme le prétendent certains hérétiques. alors qu'il est enchaîné dans ses caprices et désirs ?.qu'il soit exalté!-. pour converger vers le réel. le processus d'évolution psycho-spirituelle constitue. aux imâms. donc. Le cachet de la sainteté est. au préalable. La conscience. La constance dans la conviction dogmatique et la certitude dans la foi sont l'apanage exclusif d'une connaissance foncière. sans conformisme aveugle. car. n'a-t-il pas affirmé que la science mystique a pour unique fondement le Coran et la Sounna. Il est. Les textes des grands maîtres de la "Tariqa" (voie) sont. Le discursif. dans ses Sages Adages : "Comment une conscience peut-elle s'illuminer. deux conditions impératives et péremptoires. exotériquement parallèles à la théologie scolastique ou science dogmatique. spéculative. exceller. d'intercepter les secrets des sciences et les merveilles de la connaissance. pour une luminescence du subconscient. moins il se sent en dépendance. par insufflation divine des clartés de la foi. Cette constance et cette fermeté. Il s'avère. les rideaux se lèvent. dans le cadre de la théologie scolastique. réalise la vérité transcendante (AI-Haqiqa). sa supra-structure. est à même. qu'un fqih pratiquant inspiré par la bonté divine et qui hérite d'un legs spontané. la chariâ est le seul lien commun avec Dieu. avec amertume. au même titre que les grandes autorités de la chariâ.d'après Abou Bekr el-Wâssiti . Le soufi n'est dans sa pure nature. en s'astreignant à la loi islamique. une connaissance secrète. si les images des Cosmos se reflètent sur son miroir" "Comment l'initié peut-il transcender vers Dieu. dans ses limites dûment reconnues. un véritable initié doit donc. Le croyant. conditionné par l'accès à ce stade ultime. là. la piété demeure l'échelle d'actuation des valeurs et de la transcendance. explicites et unanimes. guère.des Noms et Attributs de Dieu. en l'occurrence. se cristallisant en expérience initiatrice. que l'avènement du soufisme est fonction d'un conformisme inconditionnel aux sources de l'Islam et d'un attachement indélébile aux liens sacrés de la foi. La perception de la gnose ou science des vraies réalités. Sultan des Uléma et Ghazali. code sublime des Messagers de Dieu. émane d'une autre connaissance présentielle. à même de s'arroger le droit de légiférer dans les secrets de la "voie". Seul le goût intuitif. C'est la fruition d'une crainte pieuse qui est le substratum de la foi. L'ésotérisme. certes. Une dialectique sophistique est creuse. Ibn Abd-es-Salâm. Mais. il puise directement ses connaissances dans les sources mêmes utilisées par les "mojtahidines" . assimilé. Le Soufisme est la quintessence de la Chariâ. est le propre de l'initié qui accède à l'étape du repentir ferme. dans la connaissance sont le propre des "évolués" dont les esprits sont bien assis . la raison finale et la fruition d'une pratique adéquate des commandements exotériques. Les deux voies se complètent. pour dégager les secrets les plus intimes. alors. s'il ne se repent guère de ses bénins péchés et négligences ?". Aucune ne peut subsister sans l'autre. Les contours dogmatiques se précisent. faute de texte législatif coranique ou apostolique. ainsi dépassé. c'est-à-dire qui s'impose sans réalisation de l'image par l'intellect. infirmant et stigmatisant les prétentions des dénégateurs. doublés d'attrition sincère. est sidéré. ainsi. grands jurisconsultes des rites canoniques. le minimum d'un ésotérisme qui se définit par une connaissance représentative des vraies réalités. sur le plan ésotérique. car. il devient. s'illumine le cœur. avant de pouvoir légiférer ésotériquement. alors. par conséquent. pleinement immergé dans la présence englobante d'une appréhension d'évidence immédiate. dans tout ce processus d'évolution. L'ésotérisme n'est. qualifié de "Preuve de l'Islam" sentirent. une "mystification" superficielle est aussi aberrante. Ibn Ataâ allah a dit. Plus le saint réalise sa pleine sublimation. Comment ose-t-il prétendre intégrer la Présence de Dieu . où seul est pris en considération le consensus de la communauté musulmane.dans le secret le . Le grand Imam soufi. C'est la différentiation essentielle avec les promoteurs des pseudo-règles de Sagesse. Tout effort de déduction ou d'induction juridiques est fonction de cette double connaissance de cause. un pouvoir de perception directe. AI-Joneïd. purement verbale. dans les sciences islamiques. en s'alignant strictement sur l'éthique sociale telle qu'elle est esquissée dans les sources authentiques.

d'une connaissance profonde et exclusive de la gnose des vraies réalités. Le saint parfait. tel un médecin qui connaît son code thérapeutique par cœur. que l'approfondissement des sciences islamiques n'est pas une condition sine qua non. c'est-àdire . en perfectionnement continu dans cette voie . interprète inspiré de l'herméneutique spirituelle du Livre Sacré. alors . Néanmoins. atteignant. sauf au cas où il y aurait infraction f lagrante du Coran. la vision du Réel dans le contingent. ainsi que des convenances dues aux "Présences Divines". se contentent de vous annoncer les commandements du Chrâa. qui en est l'auteur. réceptacle du secret coranique. pour capter. d'où un comportement révérenciel et compatissant de l'être (c'est-à-dire humain). Un stade sublime gracieusement inspiré par l'Omniscience dont la clarté rayonnante éclipse les ténèbres. ces évolués s'engagèrent résolument. L'Imam Ahmed du rite hanbalite n'a-t-il pas accueilli. après avoir connu leur langage caché et pesé le pour et le contre de leurs propos. Cette excellence de l'ésotérisme dans les options et les actuations cultuelles et comportementielles. les moyens de bien pratiquer ce code. extérieures ou intérieures. Connaître le Coran par cœur n'est pas absolument nécessaire. du Créateur dans la créature. se double. Il faut. ses motivations et ses modes déductifs. C'est le caractère exclusif de toute connaissance innée qui ne passe aucunement par la voie des média-discursifs. mais d'un ésotériste. cependant. Point n'est besoin de signaler que la finesse de certaines conceptions et l'ambiguïté de certains propos incitent à plus de pondération. Un ésotériste est un pédagogue doublé d'un psychiatre capable de diagnostiquer un mal ou malaise psychique et d'ordonner une médication adéquate. ses applications. vis-à-vis de son semblable. c'est-à-dire le croyant fermement attaché à l'esprit de la loi et qui est. objet d'amour de l'Etre. dans le chemin de Dieu.est d'exceller dans la connaissance des moyens astucieux pour s'accommoder aux directives du Coran et de la Sounna. directement. "l'initié". dans le plénum des sciences conceptionnelles. en ignorant la méthode appropriée pour guérir le malade. Nous sommes dans la rigoureuse obligation de les tenir comme tels et de ne se permettre un quelconque dénigrement qu'en connaissance de cause. autrement dit. la vision directe. vous apprenez le code. une large latitude d'évoluer dans les sphères de l'invisible. C'est là le degré sublime de l'Unicité ou de l'Univocité où l'unité transcendantale de l'Etre n'exclut nullement l'existence contingente des êtres. par captation épiphanique et inspiration divine gracieuse. en état d'extase. une vision englobante du chraâ. dans ses sources. c'est-à-dire des sciences divines sur le plan des manifestations épiphaniques. rapportés par son éminent disciple Ibn Abi Hawâri : "Si les âmes s'ingénient à rebuter. il est. devant être concrétisé. Il y a un minimum de connaissance nécessaire et suffisant. les prodiges de la sagesse théosophale infuse". les péchés. mais de l'élite pure. d'après notre Maître Sidi Ahmed Tijani. perd toute représentativité. cette gnose demeure celle appelée "le fiqh Fi ed-dine" dont le degré le plus parfait réside dans la capacité initiatrice de revivification et d'orientation. Il est à noter. C'est. par la grâce divine. c'est-àdire aux divers plans d'adaptation de l'être aux charges et devoirs canoniques.réalise.de simples soufis. Les Elus de Dieu évoluent dans une stricte observance du Chrâa. donc. le Grand pôle. constamment. avec déférence les propos d'Abi Souleimân. pour accéder à l'ésotérisme. Ce sont là des connaissances d'évidence immédiate que Dieu inculque à Ses élus. A chaque plan ses exigences que seul l'ésotérisme décèle. en effet. Pour bien s'assurer les aspirations ascensionnelles. chez laquelle le caractère supra-rationnel des actuations s'identifie aux qualifications apostoliques. pour une exégèse ésotérique de la Révélation. pour dégager les idées thésaurisées et extraire les perles de la sagesse. Plus l'initié transcende dans la voie. "La caractéristique de l'ésotérisme . pleinement conscient de la nature de certains recoins intimes de la psyché. de la Sounna ou du Consensus général de la Oumma (communauté musulmane). pour éviter les préjugés ou les jugements hâtifs. mieux il s'attache à la loi dont le Pôle est protecteur. Il ne s'agit guère là . est un signe d'intrusion inopinée dans la voie. tandis que les hommes de science exotérique. aussi bien dans leurs attitudes permissives que restrictives. par un atout indispensable dans toute élaboration touchant le comportement et le culte. chez l'initié. en . Les propos excentriques émis par un débutant. sans prendre la peine de vous montrer la meilleure voie à suivre. D'un exotériste. de l'Absolu dans le relatif.plus intime des mystères divins.précise Chaarâni dans ses Yawâkit (Hyacinthes) .selon le hadith sacré. elles se voient accorder.précise encore Ibn 'Arabi . grâce -dit Ibn 'Arabi une effusion sacro-sainte d'où est exclus tout processus imaginatif aberrant.

C'est. il se sent spontanément disposé et apte à saisir le sens des propos échangés. des préjugés-. Il est. ne sont pas à la portée du commun des gens. sans nier systématiquement ce qu'on n'a pu saisir. expliciter les versets et les débuts des sourates qui prêtent à diverses interprétations. Dieu aurait pu. c'est-à-dire des inspirations divines. certes. On pourrait se demander s'il n'était pas plus opportun de se restreindre et de se refuser.un double aspect : introspectif et externe. en l'occurrence.a fait remarquer. à travers une conscience pure. Ils oublient ou omettent les versets coraniques où Dieu déclare avoir inculqué à Adam ou à Khadir. il devient infaillible . ce qui n'est pas le cas dans le concert des Soufis où le nouvel initié n'a pas besoin d'être édifié. de la part aussi bien des croyants que des mécréants. Tout verset ou hadith présente . au point d'oublier que Dieu est le Maître de toute l'humanité et que son Omniscience n'est l'objet d'aucune suspicion. en présence d'un tiers ou dans leurs oeuvres.Il vous dotera d'une lumière (qui vous permettra de capter le sens intrinsèque des choses). elle s'obscurcit derrière tout voile d'expression". un attachement irréfléchi à une dialectique scolastique est de nature à rendre certains jugements plus rigides et moins coulants. à priori. Cette science (appelée hikma dans le Coran). Dieu l'accorde à qui Lui plait. Leur habitude de recueillir la science des voies de leurs maîtres ou des ouvrages. car elle est d'évidence immédiate. . Une certaine envie ou jalousie peut provoquer. Ibn 'Arabi . en dehors de toute marche syllogistique habituelle.tout cas. les a obnubilés. certains gnostiques proclament même la prohibition d'une telle lecture pour les non-initiés et la transmission des propos soufis à ceux qui n'en ajoutent guère foi. car il a intégré dans chaque terme ou caractère divin. La spéculation discursive n'a aucune emprise sur cette connaissance infuse. parfois. au préalable à toute élaboration dans ce domaine. quoiqu'elle nuise à la vue des chauves-souris. "Si vous craignez Dieu. constitue un impératif catégorique. par compassion pour l'intrus qui serait tenté d'en fausser le sens. quelque minime soit le nombre de ceux dont le miroir reflète l'épuration des consciences et la sublimation des essences. C'est un goût intime. et ce. de nier ce qu'il n'est pas à même de concevoir et de se priver. ainsi. en précisant que Dieu fait rayonner la clarté solaire de par le monde. C'est. car une codification thérapeutique. C'est pourquoi les Soufis ont senti le besoin d'élaborer des signes conventionnels qu'ils emploient. Le grand Arif Ali Wafa réplique. car aucune ligne de démarcation ne détache nettement le physique du métaphysique et un certain méta-psychisme tend à mieux orienter la pensée humaine. Le profit est sûr.cité par Chaarâni . pour concevoir. car celui qui décèle le secret mérite la peine capitale. surtout sur le plan des fines allusions et des intimités de la trans-conscience. des avantages d'une science qu'il s'ingénie à ignorer. par compassion pour ceux qui ne sont pas habilités à saisir ces nuances.d'après l'école ésotérique . à des expressions allusives et allégoriques. les Soufis recourent. souvent. dans sa célèbre épître. sur le plan psychique.affirme encore le Coran . Quand Dieu inspire un instinct même. ces visions captées par une imagination dégagée de toute flétrissure. ce qu'ils ignoraient. pourquoi. se garder de stigmatiser. pour être comprise par un nouvel intrus. fruit d'une expérience mystique exprimée allusivement par des phénomènes épiphaniques initiaux. une terminologie conventionnelle doit être inculquée. autorité de la loi exotérique islamique. la lecture des oeuvres soufies. "Nous leur montrerons nos signes . Certains "dénigreurs" ou "négateurs" ne voient souvent pas de bon oeil ces soufis qu'ils considèrent. Nullement dépaysé ni étonné de se retrouver dans une ambiance qu'il sent être proprement la sienne . sans être nécessairement un prophète ou un Messager. que dans toute science. des notions scientifiques que seul l'Elu est à même de saisir. Il ne l'a pas fait.affirme le Coran . sans l'aide d'un maître ou d'un frère chevronné. raisonnable de souscrire et d'acquiescer à tout ce qu'on a dûment admis. sans une connaissance intégrale et exhaustive de toutes les données et de tous les dires des "Moujtahidines". c omme excentriques et ignorants.AI Kocheiri a décommandé.dans les horizons extérieurs et dans leur for intérieur". parce qu'ils ne se réfèrent point à un Maître ou Alem. le Cheikh Ali Roudhbâri a bien dit: "Cette science qui est la nôtre est une pure allusion. Certaines situations échappent quelquefois aux normes discursives d'une rationalité abusive. s'il l'avait voulu. L'intellect ou raison pure rebute ces visions que ni l'expression ni l'allégorie ne sauraient dépeindre.

par le degré de proximité du croyant . dans ce processus. pour relancer la créativité du cœur. Damné . Pour Al-Joneïd. à laquelle une vie tout entière mérite d'être consacrée.d'après le fameux traditionaliste mystique Mohamed Ibn al Tirmidhi . d'une science qui est le reflet éclatant de cette luminescence que Dieu fait rayonner dans le cœur du croyant. Déjà. embrasé par une foi ardente. L'utilité et le réconfort d'une telle connaissance se mesurent . elle est conditionnée par la force de projection luminescente dans la conscience. Mais. car une gnose et un ésotérisme digne de ce nom ne sont plus de mise dans les temps que nous vivons. La potentialité de cette connaissance est définie. le faux demeure ankylosé dans la pénombre des recoins du cœur. en une heureuse symbiose entre la connaissance et l'adaptation au conditionnement de cette connaissance. est celle afférant à Dieu et à l'adaptation aux nécessités de l'au-delà. c'est la gnose qui consiste à connaître Dieu dans sa grandeur et son propre être dans sa faiblesse. Une deuxième science. sans limite. Il s'agit. chez Ibn 'Abbad. c'est-à-dire assurer une synthèse éso-éxotérique. nous devons nous en astreindre au strict nécessaire. maître éminent du soufisme sunnite des premiers siècles de l'Islam.Nous avons donné libre cours à notre plume. la concentration de l'esprit et la ferme intention d'actualisation. sont ceux qui réalisent.a invoqué Dieu contre toute science non profitable. les véritables représentants de la loi organique de l'Islam. dans ce chapitre initial. Pour l'Imam Mâlik.est celui qui ne s'y met pas entièrement. "une persistance dans l'étude d'autres sciences est inutile sinon nuisible". tout est relatif. certes. Le Prophète Mohammed . par rapport à son Créateur et de son détachement de l'égoïsme : Cette dualité "tiraillante" constitue le summum du bonheur. D'autres définitions non moins intéressantes dépeignent les contours et les dimensions de l'ésotérisme.au degré de stabilisation d'un subconscient illuminé par les reflets du Vrai. Ibn 'Arabi classifie donc la science en deux catégories : une science dont on n'a besoin que dans la mesure de nos exigences temporelles. AI-Joneïd et Sahrawardi proclamaient.que Dieu le bénisse . . depuis des siècles. cette douloureuse réalité ! que dirions-nous aujourd'hui ?.pense Abou el-Hassan Chadhili . en esquissant de l'ésotérisme une fresque aussi rafraîchissante qu'agissante. Ces reflets sont les signes de sublimation de l'idéal inspiré. Mais. la science profitable n'est pas fonction des nombres de recensions. absorbés que nous sommes par les vicissitudes de l'heure. alors que pour Ibn 'Abbad. porteurs du flambeau de la Charia. il s'agit des commandements de la Charia qui doivent se limiter aux impératifs immédiats et aux contingences de l'heure. Celà ne minimise en rien la portée de l'éxotérisme et ne dévalorise guère le mérite des Ulema.

grâce à un flot d'inspirations luminescentes. Se connaître soi-même. L'éminent 'Arif Abdellah Ibn El-Moubârak définit cette éthique révérentielle comme la conscience des dimensions de la psyché. à se dégager de toute prétention ou vanité et s'en remettre à Dieu. d'autant plus qu'elle constitue une sorte de "politesse comportementielle" préalable qui prime toute qualification moralisante et toute fluctuation agissante. Ce raffinement consiste . III) Ethique du vrai. de règles et usages "policés" sont le propre d'un homme parfait : en être dépourvu constitue une des privations les plus irrémissibles. l'Omnipotence.de sa faiblesse. imprimée d'une telle vertu. Ce code de convenances morales s'élabore en quatre séquences: I) Celle axée sur la charia. Seul un gnostique policé dans ses agissements extérieurs et introspectifs. En effet. c'est apprécier.d'après l'auteur des "'Awârif". La législation divine. IV) Ethique de la Réalité qui consiste. demeure constamment et valablement agissante. en lui faisant entièrement confiance. une vérité. et en se reposant péremptoirement sur Lui. comporte à la fois le Droit dû à Dieu et les droits réservés à Sa créature. Les grands maîtres de la gnose considèrent l'Ethique comme une assise foncière de la morale. L'acquiescement au vrai est une qualité essentielle chez le 'Arif. au contraire. par une soumission irréversible et inconditionnelle aux sentences et directives divines. en l'occurrence. Ainsi. devant aboutir à la sublimation de l'acte cultuel et de l'actuation psycho-spirituelle de la trans-conscience. Toute déviation dans le cheminement initiatique est un biais impardonnable quel que imperceptible soit-il ! La moindre incartade et l'infime anicroche aboutissent à une rupture d'équilibre. celle de la charia. avec justesse. de son dénuement et de sa servilité. la Suzeraineté et la Perception . un effort soutenu de domination et de méditation et une contemplation révérentieuse des signes de Dieu. La tradition ne rapporte-t-elle pas que celui qui est conscient de soi est apte à connaître Dieu ? Etre conscient . C'est cette Morale transcendante que Dieu a bien inculquée au Prophète et que celui-ci nous a transmise. C'est l'aspect sublime dans la voie qui synthétise le processus transcendental de l'initié. l'auteur des 'Awarif' précise bien que l'âme est la source de toutes les méconnaissances et les ignorances. c'est-à-dire un raffinement d'ordre supérieur marqué par la Providence et divinement inspiré. Cette séquence est exclusivement divine. abstraction faite de l'âge ou des contingences sociales de l'agent de transmission. en une double éducation. marquant les options les plus subtiles du mourîd. Cela se réalise par un autocontrôle permanent. à chaque état ou stade son éthique. Commentant cette sentence. qui consiste à s'adapter aux exigences de la Vérité. sinon une véritable déchirure. Cet ensemble d'actes ou de gestes raffinés. à travers les éclats et les étapes dont il est le support et le substrat. c'est se réaliser. élabore une approche vers le Créateur. est digne d'une perfectibilité éthique.affirme En-Nawawi dans ses Fatawi .CHAPITRE III: COMPENDIUM DES VERTUS ET TRANSCENDANCE Ce chapitre a pour objet l'analyse de la nature de l'Ethique chez le soufi et l'esquisse d'un compendium des vertus qui caractérisent le comportement idéal d'un initié et la transcendance. II) Acte de serviabilité ou service religieux consistant en une célébration adéquate de l'office divin ou servilité révérentielle vis-à-vis du Souverain Suprême. tandis que la séquence antérieure. L'observance stricte de cette "politesse" éthique est un couronnement plénier de la transcendance. c'est-à-dire à un transbordement. quel que soit le degré de l'émetteur. à la fois exotérique et ésotérique. sorte de mouvement transcendant vers Dieu.

Pour d'autres. alors. Dans ses états. à la fois statiques et énergétiques. d'une part à son Seigneur et. au fond.absolue. L'âme. spontanément une éthique "policée". dans un contexte de servilité révérencielle à la Souveraine Magnificence. les attirés.une troisième version. alors. l'éloignant de la Présence Englobante. ni peine. en dehors de toute potentialité humaine. pour s'adapter à l'Ethique transcendantale. Si on s'ingéniait. le liant. actuée par la grâce divine. dans son cheminement vers Dieu. une auto-conscience. est façonnée par une acculturation. en s'adaptant exotériquement à la Charia et ésotériquement à la Haqiqa (Réalité). une gnose. l'initié réalise. à travers un effort soutenu d'éducation. en puissance. sans effort personnel ni souffrance. mais l'initié. il s'agit de s'ingénier à policer ses agissements. Les uns comme Ibn Atâa Illah y voient l'obligation de s'astreindre à ce qui est bon. en éludant toute tentation de ce genre. source d'une connaissance d'ordre secondaire.fait remarquer que ce Hadith n'est pas authentique. les maux eux-mêmes sont considérés comme des bienfaits. l'éthique "policée" sublime se réduirait .policée" fait ainsi l'objet. Ce concept n'est guère infirmé par l'exégèse herméneutique aberrante du verset coranique qui dit : "Pas de changement dans la création de Dieu" ou par l'interprétation superficielle du Hadith affirmant que Dieu a imprimé une forme définitive à quatre des éléments primordiaux. au monde angélique et apostolique. pour le mieux . Toutes les vertus et convenances émanent. de mortification et de purification. tendant à assurer au Mourid une perfectibilité des rapports.d'après Ibn 'Arabi . tandis que les calamités s'abattant sur l'initié sont. dans la synthèse de toutes ces recensions. Ces trois versions se complètent et convergent vers le but recherché. ou de son propre être. d'une 'caractérisation" innée. réceptacle du bien et du mal. plus explicite. ceux qui ont parcouru les étapes mystiques normales et la seconde. ainsi qu'à tout le genre humain. d'autre part. à savoir : si tu te connais toi-même. quelles qu'en soient les catégories et les espèces.à deux versions que l'éminent auteur des (Jawahir el-Maâni) (Perles des Idées) ramène à une seule : une symbiose juridico. à analyser ces données.qui est le code des Soufis . grâce à laquelle une épuration psychique se double d'une "moralisation" discursive. donc. d'autre part. initiatrices de bonheur. à propos du verset coranique : "Il (Dieu) vous a dotés de Ses biens apparents et internes". selon ces diverses approches . Cette qualification gît virtuellement. d'une multitude de définitions. tel un nucleus générateur de vitalité formelle. dans les malchances. Le profane croit bien faire. Es-Souyouti corroboré par Nawawi dans ses Fatawi .sur les normes de la Charia et les préceptes de la Tradition prophétique. C'est par un traitement et une initiation appropriés que le feu jaillit du briquet et le palmier-dattier du noyau. Cette finalité ne saurait se réaliser pleinement chez l'initié qui demeure assujetti à certaines mœurs vulgaires.. recevant révérentiellement et de bon cœur. des touches divines. c'est-à-dire une profonde conscience de soi qui fait transcender l'initié vers la connaissance de Dieu. du bonheur dans le malheur où réside le summum des accommodations éthiques. pour le croyant. Abou Tâlib el Mekki donne. La première version concerne les initiés normaux. C'est dans cette vision du bien-être. comme le meilleur des biens à réaliser. C'est un adage attribué par EzZarkachi et Samâni à Yahia Ibn Mo'âdh-Er-Razi. tout ce qui vient de Dieu. L'initié est hautement inspiré par une insufflation luminescente de l'Omnipotent. rebutant. . ou une sublime conscience de l'Etre. pour s'aligner strictement . dans son célèbre ouvrage "Qoût El Qoloûb" (Nutrition des cœurs) . étant infimes par rapport à d'autres éventuels plus graves et constituant des primes anticipées. Deux autres acceptions de ce hadith sont rapportées par Abou AI Abbas El Murci : d'une part. toute opposition et toute critique à ton encontre. chez l'homme. La nature de toute "politesse" mystique réside. et tes propres qualifications devant marquer tes relations avec tes semblables. et ce. doit trier rigoureusement ses options. La prédisposition au changement caractériel chez l'homme est une preuve de perfectibilité de sa nature. Le grand gnostique Abderrahmane Ben Mohammed AI-Fassi rapporte le point de vue avancé. tu seras amené à mieux connaître Dieu et ses Attributs et à observer le rigoureux devoir de bien agréer Son destin et de te comporter envers Lui de la même manière que tu désires voir les gens se comporter envers toi. sur le plan ésotérique.dans une condition. adéquatement qualifié par la Sagesse Théosophale. optant constamment. autrement dit les aliénés élus par Dieu et qui transcendent spontanément. par le fameux exégète Ibn 'Abbas qui précise que toute délectation matérielle constitue un bienfait exotérique. ainsi. d'où jaillit. L'Ethique .spirituelle concrétisée par des actes surérogatoires et des actuations destinées à sublimer tout état comportementiel. et.comme l'exige le Cheikh Tijâni . dans le cadre des Attributs Divins. l'optimum.

dans son analyse des mobiles d'une certaine difficulté d'insoumission de l'initié à l'ordre divin et des quelques incartades impertinentes qui marquent ses agissements. accomplis. libérés. Les optimums de ce processus ne s'opposent nullement à certaines accommodations cultuelles appropriées tels l'isolement érémitique. substrat de toute initiation. sans bigotisme ou resserrement outrancier. sans trop . conditionnée par une gamme de litanies dont le dhikr fonctionnel quotidien (= Wadhifa). Cette excentricité dénote une méconnaissance flagrante de la Sounna et de la pratique universelle de la Oumma (communauté). invocation de Dieu. en parlant de l'âme : "Comme il l'a bien modelée. Chaque système a ses inférences . sans mortification. médiateur agréé de Dieu et unique initiateur. Point n'est besoin de signaler. D'où la nécessité d'un éducateur et d'un guide de conscience. ces déviations sont I'aboutissement fatal d'une auto-négligence. pour l'ascèse excessive. dans ce cas. Le cœur s'épanouit. par un dérèglement de l'intellect. en adhérant. Trois siècles après l'avènement de la Prophétie mohammadienne.dont la structure matérielle et le caractère moral. ni effort soutenu dans l'ascèse. grâce à une luminance projetée par l'élan naturel. les ouvertures dégagées. l'excellence d'une adhésion psycho-spirituelle. Cette ligne de démarcation s'esquisse par une disposition spontanée à obéir et à se soumettre. Notre voie est effectivement esquissée et ordonnancée par son promoteur apostolique. sublime caution. un surcroît de mortification de la chair et des passions.dirait Ibn 'Abbad . Dieu n'a-t-il pas dit. une procession préalable du cœur ou une démarche strictement corporelle. La tradition authentique corrobore toute pratique non susceptible d'enfreindre les impératifs catégoriques de la loi sociale islamique. rigoureusement aligné sur un béhaviorisme authentique. Tout dépassement excessif des limites légales est décommandé par le Chrâa. la cure de silence et la retraite spirituelle. tel l'Islam dans sa phase initiale où le catalyseur essentiel résidait dans la conformation ésotérique de l'âme et la structuration d'un sentiment plénier de gratitude envers le Pourvoyeur Suprême. Le fait que notre Tariqa est dégagée de tout engagement érémitique et isolement du monde. respectivement. pour le salut et la bénédiction du Prophète. mouvements d'austérité abusive ou rigueur puritaine. I'éducation est axée. véritable élan du cœur. C'est pourquoi. surérogatoirement soutenue par Es-salât ala en-Nabi". dans leurs errements. tel le cheikh. un déséquilibre psychique et des troubles somatiques. de souffrance.de réserves restrictives. sous l'heureuse impulsion d'un flux théophanique et d'une effusion sacro-sainte. Tout excès se traduit. spécifiquement. c'est-à-dire le Maître qui aide son disciple à formaliser les virtualités qui existent en puissance. les flashs épiphaniques de l'un sont impromptus se déclenchant au moment où on s'y attend le moins . qui ne refuse guère une impulsion introspective contrôlée. Ces actes cultuels doivent être. les accès sont alors. seigneur et suzerain existentiel. d'endurance et de privation. par rapport au Mourid. spontané et sincère du croyant. sur tout mécanisme purement somatique. Deux options opposées qui impriment. verset 8). est une marque d'originalité. Les fluctuations de la conscience constituent le ressort foncier de toute ouverture concrétisée par une ferme intention. à savoir une dépuration préalable à toute intimité introspective. d'assurer un équilibre adéquat des pulsations spirituelles. tout cheminement transcendantal devait impliquer. en lui inspirant son libertinage et sa piété. sur une certaine liturgie de la Tariqa. la récitation hebdomadaire du Nom d'Allah. heureux celui qui la purifie ! Mais. en pleine confiance dans la pure grâce divine. L'observance des cinq Prières demeure la condition sine qua non. source substantielle des êtres. La résultante se cristallise en une certitude positive suréminente. Maints initiés ont opté. négligeant le facteur préjudiciel en l'occurrence. en fin de compte. sans l'impulsion d'exigences conjoncturelles. traduit par une indélicatesse alimentaire ou vestimentaire. C'est l'atout approprié pour éliminer de la psyché tous fatras capricieux et lui imprimer une luminescence épuratoire. . c'est-à-dire d'un laisser-aller capricieux incontrôlé. Selon le Cheikh Tijani. C'est là un échelonnement transcendant des états d'âme. dans notre "voie". Il s'agit. dégagée de tous caprices fantastiques ou sautes d'humeur excentriques. une forte créativité et concentration du cœur. celui qui la corrompt est perdu" (Sourate du Chams (Soleil).

le Cheikh. de concentration liturgique. les agréments et les plaisirs. en effet. Nulle exemption des exigences de la charia n'est concevable. dans son invocation. que l'initié épure les élans de sa trans-conscience. sans faille. Les caprices. de cure diététique. il redoublera d'ardeur. S'armer de patience. L'eau vive de la grâce divine inonde la trans-conscience. "sois conscient que le Décret infrangible de Dieu à ton égard est bien la situation dans laquelle tu évolues. quel que soit le degré qu'il atteint. La morale policée qui s'impose. par contre. parmi les trois étapes. une étroite accommodation à l'Ethique est impliquée par les présences. C'est là une orientation heureuse. dans l'expectative. en optant pour la meilleure impression des états de conscience. est celle de l'Islam . c'est le stade du repentir ou du retour à Dieu. Une lecture romancée. une pudeur infinie l'astreint à un auto-contrôle. dans la hiérarchie initiatique.est cerné par les nobles vertus et les mœurs raffinées". mais nullement suffisante. qui assaillent le for intérieur. suivie de retraite spirituelle. croyant atteindre. les éclats d'une vive luminescence ne sauraient jaillir qu'au sein d'un cœur dégagé des velléités mondaines et des virtualités cosmiques. au sein d'un concert liturgique harmonieux et irréversible. sont incompatibles avec toute scorie ou crasse éventuelle. provoquent des troubles psychiques qui obnubilent et éloignent de la Présence Sacro-Sainte. Le Cheikh n'est qu'un directeur de conscience qui initie et oriente.Le redressement d'un tort quelconque et l'équilibration d'une psychose nécessitent une actuation mortifiante immédiate. car l'ordre divin ne souffre guère d'infirmation dans les relations de cause à effet. donc. La rétractation qui en découle est une véritable . définissant les obstacles qui empêchent ou compromettent les réalisations de l'au-delà. seul moyen d'une transcendance. Cette dialectique est le processus de vulgarisation le plus adéquat par lequel Notre cheikh synthétise la transcendance. par une pratique judicieuse et un comportement cultuel bien adapté aux préceptes authentiques. entre autres mobiles. suscitée par une déviation ou une incartade quelconque. affecte la clarté scintillante de la souveraine lumière. un débordement du cœur actue la transcendance des degrés sublimes. chaque étape dans la ''voie'' est commandée par un code particulier de la science des mœurs et de la morale. pour le déclenchement d'une fruition introspective. cite. c'est savoir garder sa quiétude et son sang-froid. On ne récolte que ce qu'on a semé. La première. Mais. D'autre part. pour un mourid. est. de puissance d'actualisation et de ferme volonté. se projeter sur l'écran d'une conscience impure. l'initié est en vision interne de Dieu. doté de créativité. une haute maîtrise pèse lourdement sur ses ac tes. alors. Une incidence ténébreuse. incrustée de contes dépeignant les merveilles des Soufis. en brûlant les étapes et en se détachant de ce qui est vain et futile. le stade gnostique. car fondée sur une Promesse Sublime où Dieu ne s'engage guère à la légère. à Son acte Volitif et n'aspire guère à un état auquel rien ne te destine". L'espoir est. loin de toutes motivations temporelles ou d'irrésolution. Le mourid doit s'adjoindre un Maître gnostique. Ainsi donc. donc. en l'occurrence. Dans un autre mémoire. un mode agissant de direction où l'initiateur est un pédagogue qui façonne.est susceptible d'être agréé de Dieu. certes. Dans ce stade. gare aux perles de culture. Une indélicatesse dans le comportement est. Seul l'avènement de la grande ouverture élimine les perturbations de l'âme. sublime connaissance de Dieu. une image virtuelle ne peut. C'est en s'adaptant à la tradition apostolique et en s'ingéniant à dématérialiser les actes volitifs. ''L'Islam -dit le Prophète . y acquiescer servilement est la meilleure des options. sans peine. résigne-toi. c'est-à-dire dans une persévérance qui se double d'espérance. le penchant du mourid vers les loisirs. source subsistantielle immanente. nécessaire. Une pleine clarté solaire est fonction d'une dispersion totale des nuages. La théorie s'extériorise. Toute défection ou défaillance constitue une épreuve d'empêchement. une marque de privation. rien ne saurait abréger une échéance.affirme Anas Ibn Mâlik . Si l'initié a la ferme conviction que toute connaissance mystique n'est que la fruition d'un déploiement régulier d'activités. Un acte qui respecte les règles de la politesse . une attente de pied ferme. Les plans de l'être ou présences. c'est-à-dire les divers plans de l'essence ou de la nature de l'être. telle la présence du cœur. Un trouble provoqué par des probabilités chancelantes s'éclipse fatalement par une cure de désengagement. un scaphandrier recherche les véritables perles dans les profondeurs. pour accéder à une félicité totale. est le substrat des états et stades dans lequel évolue l'initié. Toute requête a un délai d'exécution. par le flux lumineux de la gnose. concept péremptoire dans les enchaînements rationnels de notre Monde. Toute transmutation demeure l’œuvre exclusive de l'Omnipotent.

sorte de quatuor où l'initié tente de rebuter tout contact avec des indésirables. en agissant. Là. alors. dans le cheminement de tout mourid. Il s'agit d'un intégrisme s'accommodant aux rigueurs apostoliques. Une vigilance accrue . par acquit de conscience. le creuset ou réceptacle où se fondent et se confondent toutes les clartés de la Providence et de la proximité de Dieu. les inspirations divines. fuir les lieux de plaisir illicite et ressentir une vive amertume à la réminiscence de toute luxure antérieure. là aussi. . s'acquitter. une ferme résolution. rechercher le soutien moral des compagnons adéquats. dans une troisième étape. même licite. La seconde étape est celle afférant à une réadaptation du croyant. mue par cette foi agissante ou cette certitude infuse qui est la marque indélébile de la sainteté. elle se cristallise dans un dévouement total et un fidèle attachement à ses engagements vers Dieu. toute une gamme d'états psychiques doivent être strictement observés. à une rupture d'équilibre. une sincérité objective s'allie à une véracité dégagée de toute défection : l'initié véridique tend. d'appréhension anxieuse. En se contrôlant minutieusement. suscitant des invocations réitérées et un surcroît de fidélité. grâce à une crainte pieuse d'empiètement sur les droits sacrés des êtres. Quant à la dernière étape. est de nature à infléchir. Le cœur devient. celle de la foi. un leitmotiv ou motif conducteur. qui doit s'ingénier à se libérer. Mais. un rebut efficient de tous penchants imaginatifs fondés sur des chimères et enfin. l'initié s'assure : un minimum de pondération dans les élans du cœur. ainsi. d'une manière assidue et régulière. dont le moindre est le soin méticuleux des intimités secrètes du subconscient. de tous les êtres. Le flux gnostique. ponctuellement. à se purifier. La piété est. d'un superflu. alors. fatalement.infrastructure. C'est une servilité faite d'abnégation de soi. sur le double plan temporel et spirituel. dans le credo et le culte. dans cette sophia théophanique. d'auto-imputation de défauts et vices. Dans ce contexte. à se libérer de tout psychisme aberrant.dont la grande Sagesse émane de ce processus qui demeure le fil conducteur. de tous ses devoirs envers ses semblables dont il doit ménager les susceptibilités. accompagnant. alors. une quiétude entière envahit la trans-conscience. avec réserve et circonspection. dans la pensée et l'acte. lui assurant une probité irréprochable. les lueurs transcendantes. dont il peut aisément se passer et de tout excès aboutissant.

cet état mystique exécré et abhorré. Le Prophète s'ingénie à se remémorer. est hautement préférentiel. Les qualifications éminentes. Les élans. allusion à ce raffinement subtil qui est une marque de prééminence des principes de la conscience.d'éluder. ainsi.CHAPITRE IV L’INITIE ET SON COMPORTEMENT ENVERS DIEU Ce chapitre essaie d'analyser les attitudes et comportement du Mourid. ailleurs. sublimes élus de Dieu. il ne doit guère sombrer dans une intellectualisation excentrique.un des décrets de cette suprématie sans pair. dans son Livre Sacré. Le cœur se doit d'éviter tout repentir ou regret de ce dont on s'est sciemment et sincèrement détourné. chez les Soufis. D'autres herméneutiques spirituelles . Dans sa sublime trans-conscience. le caractère Magnanime de Son Messager Sidna Mohammed ? Cette magnificence dont Allah exalte les mérites Mohammadiens englobe l'ensemble des structures psychosomatiques. Cette sublimité de l'âme est un mouvement d'esquive de Dieu vers Dieu : subtile finalité d'une Ethique supérieure.fait remarquer l'auteur d'AI-Awârif . en l'occurrence. par évocation révérencieuse. Le regard ne doit guère se porter. mue par une initiation gnostique agissante. donc. d'un Esprit purifié dont la fine Ethique "policée" est une marque indélébile d'une parfaite et inimitable connaissance de Dieu. car imprégné d'aise et d'allure de dilettante.se cristallise . avec adresse. une obnubilation capricieuse et un emportement passionnel irréfléchi. être envahi par des visions et des combinaisons imaginatives. Le lot qui échoit à l'initié apostolique. éminemment adéquate aux exigences supérieures du Droit Divin. de la pureté des mœurs et de l'efficience socio-cultuelle des impératifs du bien. Tout un flux d'impondérables. Un autre aspect de cette morale majestueuse. pour le soufi. Dieu n'a-t-il pas couvert d'éloges. Le verset fait. Le propre de cette grandeur suprême est . dans ce processus de transcendance. Son esprit ne saurait. exclusivement. de qualifications indicibles. la nécessité de se raffiner. le Messager de Dieu ne se permet nulle transgression des convenances de la Présence. grâce à l'équilibre accompli de sa trans-conscience. vis-à-vis de la Présence divine. handicaps dirimants irrémissibles. le bien et le mal.d'après AI-Wâsiti . qui en découlent. C'est là . dans une déviance ou détournement.affirme al-Joneïd . Sur le double plan exotérique et ésotérique. grâce à une modulation appropriée de l'acte cultuel. Les prophètes. Ce sont là des dons providentiels que l'intellect ne saurait ni imaginer ni valoriser.ne saurait souffrir "ni déviation ni débordement".dans la créativité et la concentration de son cœur. Sidna Mohammed . dans l'interprétation du verset coranique qui dépeint la perception conceptionnelle du Prophète.que Dieu le bénisse . Ibn 'Arabi en tire. tout mobile de confusion et de malentendu. En l'occurrence. de s 'armer de dignité. Une lucidité objective est seule susceptible d'imprimer à l'esprit une nette distinction entre le faux et le vrai. chez le grand Initié apostolique. les faveurs. la puissance de sa volonté et son attachement à Dieu et à Dieu seul. doublée d'un mouvement élusif qui tend à esquiver ou tourner le dos à tout ce qui éloigne de l'Etre Suprême. l'éminent Messager atteint un stade de transcendance où la vue . tendant à lui assurer une parfaite adaptabilité à l'ordre divin . est des plus idéales. Introspective et fonctionnelle. des approches sublimement inculquées. La psychologie du comportement apostolique. s'inspirant. pour l'amour de Dieu. de crainte révérentielle. à savoir la haute manière d'être et d'agir. dégagée de toute velléité de fluctuation. émane.précise un autre verset coranique . C'est le summum de l'Ethique transcendante du Prophète. sont les êtres les plus hauts placés dans l'échelle des valeurs éthiques. vers laquelle le prophète transcende avec aisance. AI-Hassan AI-Besri interprète ce verset coranique. en mettant l'accent sur une confortation divine qui immunise l'Elu contre toute indélicatesse humaine. se contrebalancent : une propension transcendante vers Dieu. en se référant à l'exégète Sahl Ibn Abdillah. D'où. chez l'initié par excellence. dans le concert de la grande gnose. les grâces et les touches divines de la Nuit de l'Ascension. impriment à l'âme une ferme constance. L'auteur des ''Awârif'' en fait une minutieuse analyse. cette immanence prophétique est actuée par le souci constant d'une observance.

l'Ethique externe n'est. auxquels il s'astreint servilement. La sublime Ethique comportementielle du Prophète. avec fermeté. ni enfreindre le moindre des droits épiphaniques. déjà. digne d'une stricte accommodation aux subtiles exigences présentielles. dans ce sommaire contexte.synthétisent les dimensions infinies de ce Verset coranique qu'on essaierait. Les apôtres se réfèrent à Dieu comme l'Initiateur exclusif. dues à la Présence divine. Néanmoins. C'est le domaine du surnaturel ineffable ! Notre maître. dans le contexte des Noms et Attributs de Dieu. en tant que manière sublime de se caractériser divinement. Autrement dit. Cette caractérisation peut. directement. aussi. Il est. chez l'homme. avec bonheur et constance. Douée d'une délicate pudeur. aussi. lui et Marie sa Mère. Point n'est besoin de souligner que les propos soufis ne doivent aucunement être interprétés comme une allusion à une quelconque inclusion ou incarnation de la divinité dans l'humanité.que la bénédiction et le salut soient sur lui . Il ne s'est guère attribué une vision directe. "Quand . des exigences fonctionnelles de l'Ordre Divin. la clémence divine. esquissent une fresque suffisante à démontrer le raffinement plénier de l' ''ethos" spirituel prophétique. ne sauraient être expressivement dépeintes ni foncièrement délimitées. sans l'aide de Dieu. Abou Ali ed-Deqqaq. sont les heureux compagnons de Sidna Mohammed. Il ne s'agit que d'une simple infusion de touches divines. sans faille. en ressentant une souffrance physique intense : "Ô Mon Dieu. elle n'a guère osé se permettre de qualifier de divines les attributions caractérielles du Prophète. en s'abstenant d'invoquer. des plus "policées" en l'occurrence. en nous. le Messager de Dieu ne cesse d'observer. Il ne saurait fléchir. le soufi tire de chaque Attribut l'élément qui sied à sa nature humaine vassale. attrait. Ils ne s'arrogent nul pouvoir dans l'actuation des choses. à travers les évolutions imaginatives. impeccablement imbu de l'Ethique des bienséances. en lui demandant s'il a vraiment osé dire aux gens de l'adorer. à plein. le mal m'a éprouvé et tu es le plus Clément parmi les Cléments !". se modeler. rebut. énergétisme ou chromatisme) sont confrontés. avec tout ce qu'ils c omportent de phénomènes opposés (bien. ses continents furent alors présentés à mes yeux". C'est là une indéniable marque d'hérésie. dans une syncrétisation très évocatrice. privation. Dieu rapporte dans le Coran que Job s'écria. à travers l'émanence exclusive des intimités de la Présence divine.précise-t-il . conjecturales et discursives". ayant parachevé ses volitions et s'étant acquitté. sa stricte observance des hautes convenances.Le Seigneur. de récapituler. fine et énigmatique allusion aux qualifications divines. même d'un clin d’œil. Dieu seul est Absolu. Dans tout ce processus. est relatif. et. dans les élans du Prophète. le Saint des Saints a pu. par comparaison avec le . ainsi.avait intégré l'impénétrable Plénum proximal de stabilisation de la Suprême Présence. vainement. Les cycles de l'existence. la source unique et péremptoire de toute émanation ou inspiration. la Miséricorde. il était.le Prophète . Ceux qui se sont le mieux accordés avec les comportements des Envoyés de Dieu. les convenances "occurrentes". suggestives. sur l'ensemble des Attributs pouvant être pris comme sources d'inspiration. Elle s'est cachée derrière le voile coranique.dit le Prophète Sidna Mohammed . La réplique de Jésus fut. chez tous les prophètes. dans un cadre théophanique. "La Terre a été déployée . en s'inspirant servilement des Attributs de Dieu. pour asseoir et stimuler sa propre compassion aux misères des autres. il s'est donc avéré. il ne chercha guère à se disculper et se contenta de répondre : "si je l'avais bien dit. Mais là. déviance ou simple écart des perfectibilités de l'Heure. Ces séquences coraniques. à même de percevoir et de recevoir les subtils secrets et les actuations théophaniques du plan de l'Etre. précise que Job s'est montré conscient des convenances de la Présence. entre autres. Tout. Sa fameuse épouse Aïcha n'a-t-elle pas qualifié les caractères mohammédiens de coraniques. statisme. par cet humble geste. résumer toutes ses variantes.devant mon regard. don. comme modèles. chez les Sahaba (compagnons). il prend. commentant ce verset. les grands maîtres soufis tels Ibn Arabi et Cheikh Tijani ne manquent nullement de parler d'exemplification divine. pour se dérober des Splendeurs embrasantes de la Haute Majesté qui inspire une pieuse crainte. que nous venons d'évoquer. mal. que le reflet d'une fine épuration interne. Tu l'aurais su". Une conformation adéquate s'ensuit. alors. Ces manifestations existentielles de la conscience se déploient. volitives. dans la mesure de sa faiblesse et de son impuissance. dans le double contexte exotérique et ésotérique de la gnose. la Clémence et la grâce de Dieu.

mais de Dieu". rappelant constamment les commandements de la Sounna.précise AI-Joneïd durant une soixantaine d'années. sans fatalisme.d'après l'auteur des "Jawâhir" -une des assises de sa vole. à propos de la grande mystique. ramenant l'initié raffiné à transcender hiérarchiquement vers Dieu. l'image authentique de l'Initiateur. Une luminescence se reflète réversiblement. en précisant que c'est le comportement normal des Soufis qui ne conçoivent un retour à Dieu qu'après avoir épuisé exhaustivement. Abraham ! As-tu besoin de quelque chose ?". s'allonger ou cracher dans la mosquée. prévôt des Soufis et auteur de leur code. "Invoque-le donc?". Et Abraham de répliquer. le libre geste de s'accouder. tire les enseignements qui stabilisent ses attitudes révérencieuses. indiscrètement les accoudoirs qu'on lui offrait. Aïcha la mékkoise. lui répondit-il. tomba dans la grave méprise sur les éclats divins et lucifériens. les tenant en haleine. Tout geste doit être bridé. définissant la nature et les dimensions de cette haute politesse spirituelle. le plaçant. Il faut en mesurer et peser toutes les latitudes. à tous les niveaux cultuel et comportementiel. en cas de doute et agir avec circonspection. C'est là le cachet normal de tous les élus de Dieu. il faut ménager certaines subtilités et susceptibilités impondérables. qui dut avertir un collègue tombant. au cours de ses litanies.Prophète. comme celle de la Mère de Moïse. aux initiés. Cependant. Jilani Abdelkader. agir et agir toujours selon les normes psycho-discursives. "Pas de toi. ni celle de ses adeptes et partisans. sous les rênes de la Sounna. Le Cheikh Tijani en fait . Il retira immédiatement les jambes. de ce bref aperçu assez évocateur. Nous nous contentons. Initiateur des Mondes. la substance de leur véritable nature s'extériorise. quelles que soient les inférences de l'acte accompli. dans une même incartade. en l'occurrence. il convient de mieux développer certaines approches dont l'analyse tient à cœur à tous les Soufis. Toute une Ethique s'est élaborée sur cette assise traditionnelle. reflétant ainsi. c'est ainsi qu'on tient audience au Roi?!". Un des exemples typiques se cristallise dans un manque d'égard. Jamais. Le Cheikh Zarrouk essaie d'expliquer la nature de ce geste abrahamique. Il évitait. sans se démettre de leur assujettissement vassal au Seigneur. il n'osa élever sa voix. Zarrouk. grâce à la vivante créativité et à la forte concentration de son cœur. le gnostique dont la trans-conscience se dépure constamment. par rapport à leurs maîtres. de toute sa vie. dans ses "Fatawi''. le bébé. cite le cas du grand Messager Abraham qui. des siens et de tous ses collègues dans la voie. jeté dans le brasier par Nemroud. Il demeura. toutes les motivations psycho-somato-discursives. Il ne se permet jamais des familiarités. . Sur certains plans. notoirement citées. ainsi.se vit intercepté par l'Ange Gabriel qui lui demanda : "0. par inspiration supérieure. tact et doigté. dans cette haute Audience. au sein de la Présence. par pudeur vis-à-vis de cette Présence. par mégarde. Des anecdotes sont alors. de risquer son élimination du Registre des Elus. Ce chapitre ne se prête pas à une longue digression dans ce domaine. dont les concepts font l'objet d'un soutien assidu du fameux salafi Ibn Taimya. dans toutes les instances. pour . donc. Al-Quochaïri rapporte qu'Abou Ali ed-Deqqaq ne s'autorisait. une nuit. Mais. Il réagissait vivement contre tout écart de conduite ou de langage. Grâce à ce modelage adéquat. certes. avec une résignation. Il ordonna à un de ses mourids. toujours. On doit. Il ne relâchait guère son attention. Cet ouvrage est incrusté de concepts et préceptes. pour ne jamais les étendre. par révérence pour un serviteur de Dieu aussi bien aimé : La conscience du Cheikh Tijani est pénétrée du souci constant de s'aligner rigoureusement sur les normes de la Charia. près du Palais Royal. dont une demeure est contiguë au Tombeau du vénérable Moulay Idriss à Fès. Il ne manqua pas de s'en apercevoir. qu'une crainte pieuse ne refrène guère. l'action devient une inertie. de ne point orienter ses pieds vers l'édifice sacré. façonné à l'image de Dieu. conforté par la ferme stabilité de son âme. Une autre anecdote est citée dans "AI-Awârif''. sur un radeau en aval du Nil. préférant s'abstenir. dans un élan de confiance infinie en Dieu : "La pleine conscience divine de mon état me dispense de toute invocation !". en jaillissant dans le sens inverse. sur leur pur miroir. en aucune façon. Es-Sariy es-Saqati raconte avoir entendu une voix qui lui disait. dans un amour passionné du Prophète. durant les litanies où l'Elu ne doit nullement s'autoriser un état mystique débordant d'aise et d'espoir. quelles que soient leurs optiques et leurs options. à la Volonté de Dieu. De ce processus transcendantal. Les marques spirituelles imprimées sur la conscience des Cheikhs à leurs mourids qui s'ingénient à se modeler. imbu d'une pureté à toute épreuve. soucieux de s'assurer un conformisme intégral. alors qu'il s'étendait les pieds dans le Mihrab : Ô ! Sariy.

en dernier ressort. d'autre part. dans la structuration du comportement social de l'initié et de ses attitudes raffinées. chez le gnostique. pour se rallier au temporel et s'aligner humainement sur des concepts psychosomatiques. aussi bien que cosmique". sinon battue en brèche. que du côté spiritualité opposé au côté matière. L’impression de l'irréel. au cas où il s'avèrerait impossible de recourir à des facteurs matériels déterminants. que l'électron qui est le constructeur et l'animateur de tout ce qui est vivant. ainsi. l'initié se doit de se référer au Décret volitif. sans se soucier des impondérables péremptoires et se fier à Dieu. L'évolution sensationnelle des sciences physiques. Trois séquences récapitulent les fines recommandations du Cheikh Tijani. sous l'effet des Splendeurs Embrasantes de l'Etre Infini. c'est-à-dire de la pensée et de l'intention. Le Mohtassib (prévôt) des Soufis met en exergue. Le physicien Alfred Herrmann n'a pas hésité à avancer. dans un abandon confiant et un conformisme à l'exemple du Prophète. Chaque situation nécessite un comportement adéquat. C'est l'amour de Dieu qui. Mais. biologiques et psychologiques. Dans ses élans implorateurs. l'une des clés fondamentales. ces deux approches. C'est le stade transcendental d'une fugue mystique. que se résigner à l'actuation divine. fie-toi à Dieu! Les préceptes avancés par le Cheikh Tijani. se situant au-delà de nos catégories .être recueilli et adopté par Pharaon. Déjà. avec le psychisme individuel. le leitmotiv demeure le même : agir pleinement. vers laquelle s'orientent les savants. avec insistance. est la science de demain qui démontre l'existence d'une réalité intemporelle. La trans-conscience elle-même est façonnée. Là. marquer tout élan et toute option. sinon de l'incompréhensible. Ce problème. dans un verset proverbial : "Quant tu auras pris la décision d'agir (c'est-à-dire un ferme planning). pour asseoir ces données de la haute éthique spirituelle. tout en se résignant. par la science comme entier. de ces embarras. grâce à son sincère catalyseur humain. sont corroborés rationnellement et ésotériquement par leur à-propos et leur pertinence. Le Coran dépeint. est "la seule unité matérielle qui puisse entrer en contact direct. vient d'être introduite en physique par W. touche au fond un point essentiel de la connaissance : l'existence d'un dualisme sujet-objet. tendant à modeler les invocations litaniques. il ne s'agit là. dans ce triple processus. jusqu'ici. le mobile rationnel qui l'a incitée à agir. en cas d'empêchement dirimant. donc. désormais. au cas où l'objet des invocations serait d'une d'une finalité inconnue. à Sa clémence. Néanmoins. peut susciter une vive réaction du sens temporel. la conscience servile de l'initié demeure le promoteur sublimement agréé. enfin. à Son impératif actif. en serviteur impuissant. dans le contexte général d'une éthique appropriée. Heisenberg et Niels Bohr qui en font. pour en appeler. en dernier ressort. sans duplicité ni déguisement. La métamathématique. dans ses coins et recoins les plus secrets. Une double motivation doit. à savoir : agir constamment. dans toute actuation de l'être. la pure connaissance hiérophanique ne s'oppose guère au processus humain de causalisation. chez l'initié. trois tendances chez les initiés. depuis le début de ce siècle. alors. d'une part et la psychologie. considéré. ne se défait nullement de ses initiatives agissantes. grâce auxquelles il essaie de transcender vers le Plénum. pour actuer sa propre volonté. l'idée de complémentarité entre faits jugés contradictoires. du moins fortement ébranlée. La concentration de l'entymésis. dans l'équation humaine où le subconscient corrobore le rationnel. d'une escapade de toute sensation externe où le coeur égayé est régénéré au contact de l'Aimé. est manifeste. avec assurance. confuse ou douteuse. Ils ne peuvent guère. réside dans l'orientation vers le Soi et la béate expectative de l'infusion des touches divines. doit susciter. Là aussi. L'initié. La science met ainsi en évidence l'unité énergétique de l'univers et la profonde corrélation entre la physique et la biologie. dans une telle conjoncture. permettant à l'homme d'accéder à la compréhension du paradoxal. par sincère invocation à Sa providence et profiter. tout en se fiant à la décision infrangible de son Seigneur. un sentiment de co-dépendance éternelle où le contingent relatif est façonné par l'Absolu. par souci de clarté et de précision. de la nature de cette "substance". L'idée d'antagonisme classique de l'Esprit et de la matière est. dans laquelle on commence à entrevoir une éventuelle expression de l'être psychique. dans une liturgie efficiente du Mourid. La science progresse à pas de géants. La foi efficiente est celle qui demeure foncièrement humaine. d'une unité psychologique du Monde et de l'homme. Là aussi. spécifiquement. a bouleversé certaines notions traditionnelles et mis en exergue la néces sité d'une révision radicale de certains concepts anciens. toujours en quête des gracieusetés divines. Tout caprice de l'âme ou lubie est alors éliminé. se confier.

. En clôturant le cycle d'équilibration entre le conscient et le subconscient. la psychologie.d'espace-temps. ainsi rationalisée finira par réagir bénéfiquement à la thérapeutique spirituelle. et d'une superstructure psychologique. marquant l'authenticité et la véracité de la vision intuitive mystique. c'est à dire l'existence de formes subtiles de l'énergie.

car ils s'ingénient constamment à se créer une mutuelle affection de leur Seigneur.de véritables confrères ? Dieu a unifié leurs cœurs. incombant aux compagnons et frères. pour l'amour de Dieu. profitant l'un des connaissances et contingences sociales de l'autre. Ibn 'Arabi répliqua impromptu : "Les parents . c'est un ennemi qui endurcit ton cœur et t'éloigne de Moi". citant AI-Qocheïri . un simple accompagnement des initiés vaut mieux qu'un manque total d'intégration dans leur concert. Un adage devient courant chez les soufis. cherchez celle de ceux qui tiennent compagnie à Dieu : leur baraka saura vous y faire parvenir". a dit : "Attachez-vous aux frères sincères et véridiques.souligne le Cheikh Tijani . donc. Un des avantages de cette cordiale fraternité est . se conjuguent les efforts et se corroborent. j'ai détesté le monde.Le Jour du Jugement. L'auteur des Awârif rapporte d'autres propos d'Omar. Les hommes de la foi ne sont-ils pas . ses actes ne lui profitent guère". Cette camaraderie. hormis les gens de piété" (verset coranique). Questionné sur l'acception du verset : "Les parents ont des droits prioritaires à la bienveillance ou à la bienfaisance". en rebutant tout compagnon qui ne t'aide pas à t'assurer Mon agrément. le caractère péremptoire de cette politesse comportementielle. Le promoteur de notre Tarika. Bien mieux : la première qui lie deux frères spirituels. "Les amis deviendront.d'après el-Awârif . en négligeant les droits de ses frères. qui englobe les proches et les compagnons les plus familiers. C'est l'immunothérapie spirituelle dans le processus d'ascension vers les sphères de la Présence Divine. mais.affirme un Hadith . Le Calife Omar que le Prophète considérait comme un digne modèle à suivre et un porte-parole exprimant la vérité émanant de Dieu.quiconque manque à ses devoirs. dans une harmonieuse cohérence. Les élans d'affection qui animent un compagnon sont le degré le plus bas. dans l'échelle des valeurs mystiques . car ils sont une parure. prime l'autre. c'est se déplaire en la compagnie de personnes autres que celles marquées par la sainteté". dans un Hadith : "l'homme s'intègre avec ceux qu'il aime". Cette jurisprudence mystique rigoureuse forme.trouve un réconfort en la personne d'un frère ami". à savoir : "Si un homme jeûne toute sa journée. a exprimé. en cas de détresse".affirme Zarrouk a la prééminence sur tout lignage généalogique".affirme le Prophète . Sahrawardî. grâce à un renforcement de la vision intuitive luminescente et aux flux mutuels. libérant ainsi les accès à la connaissance. à savoir : "Quand un initié réalise un état. des droits et des devoirs identiques à ceux découlant d'une parenté ou d'une alliance : elles ont des trames similaires. "Seul cet amour en Dieu persistera . La fraternité entre initiés comporte. Il répondit : "Ô ! Mon Dieu. C'est là. pourquoi je te trouve solitaire.se soutiennent l'un l'autre tels deux appuis dans un édifice". sans chérir ou détester. marquant. des ennemis. accomplissant ses aumônes canoniques et se sacrifiant dans les guerres saintes. le substrat de toute transcendance. pour vivre dans leur ambiance. notamment dans l'optique Tijanie. son souci d'élaborer un Traité sur la manière raffinée de vivre et d'agir.de dégager les pores de tout ce qui les encombre et en obstrue les orifices..rapporte encore les paroles d'Abou Bekr Tamsatâni : "Cherchez la compagnie de Dieu. son ambiance en profite". Tout lien de parenté ou mobile de corrélation disparaîtront. Le même auteur cite le Cheikh Ali Ibn Sahl qui dit : "Se délecter d'une présence auprès de Dieu.précise-t-il encore . en effet. "Deux moumins . si vous ne le pouvez pas. véritable catalyseur qui déclenche tous les élans de la conscience.ici sont les proches de Dieu".CHAPITRE V FIDELITE ET ESPRIT CHEVALERESQUE DU MUSULMAN Les devoirs et obligations. Un véritable attachement à Dieu implique une confraternité sans faille. L'auteur de l'lhiâ incite le croyant à . risque l'épreuve de faillir au respect dû aux Droits d'Allah". à maintes occasions. le Prophète précise. dans la vie initiatique .d'après le Coran . "Le Moumin . certes. par amour pour toi !". à l'exception de l'amour pour Dieu. notamment. est fondée sur une double approche temporelle et religieuse. en période d'aisance et un soutien. "Une parenté religieuse . constituent le compendium caractéristique de l'Ethique soufie. Deux frères spirituels. Dieu révéla à David : "Ô ! David. menant une vie à l'écart des gens?". ainsi. "car . débouchant sur les canaux de l'âme. chez l'initié. alors.. prie Dieu tout le long de la nuit. Le Seigneur lui répliqua : " Ô ! David ! sois vigilant et fais-toi des frères. un degré sublime dans l'échelle des valeurs et les maîtres de la voie en font le motif conducteur (leitmotiv).

des droits et devoirs qui en découlent et du sublime raffinement de leurs rapports. se communique d'individu à individu.chercher la compagnie des pieux. Dans cette délicate conjoncture. Là aussi. contre les effets maléfiques qui faussent l'évolution transcendante des gnostiques. précise encore le Messager de Dieu :"Le croyant qui fréquente les . s'insère et se greffe dans le subconscient de l'autre. à toute épreuve. non seulement des empiètements quelconques. D'autres traditions du Prophète définissent. est un acte très méritoire. le conditionnement s'identifie. car le mal. dans un brassage ferme et constant". Elle s'exprime par un désir de servir. déclenché par un stimulus qui. armé d'un amour sincère. devraient être exclues ou mitigées. aussi. fertilisant. d'un processus susceptible de perturber l'équilibre physiologique. une réaction comportementielle. spirituellement.précise le Prophète . constamment. qui réconcilie deux êtres séparés. pas exactement. de nature à provoquer. "La complaisance et la bienveillance sont . l'accès au paradis. se fécondent. donc. grâce auquel les deux initiés s'immunisent mutuellement. "Toute pratique. Deux êtres. Ibn 'Abbas n'a-t-il pas dit : "les hommes sont. qui subjugue le croyant. à un stimulus transcendant. en se contentant d'égrener son chapelet et de lire sa planchette : "Ce n'est point là la voie sublime des initiés qui doivent. Une franchise brutale qui blesse n'est plus une qualité. s'ingénier à faire un choix judicieux des connaissances qui seraient. Il implique. Ces inférences ont une profonde efficience. parfois inconsciemment. les fondements. Une véritable initiation ne se cantonne guère dans des actes et rapports purement cultuels. Dans une telle occurrence. ainsi. dans les marques d'amour et d'altruisme. Le mensonge qui pallie un danger. un tact et une prévenance raffinée. est. C'est un sérum thérapeutique. tout élan optionnel constitue une assise et un tremplin d'où se déclenche tout le futurisme psychique du nouvel initié. Autant on est libre dans son choix initial. pour que nos options soient adéquates. très rigoureuses.le summum de la raison". Toutes ces attitudes se résument en un comportement général que le mourid doit. Un heureux compagnonnage est un support matériel. La partie vivante. Les mourids Tijani en font grand cas. dans l'un. par contre. d'un fidèle attachement et d'un abandon confiant. mais de simples indélicatesses. par une claire exemplification. car la foi par excellence se manifeste . appréciant. en l'empêchant d'être perfide et scélérat". ici. par l'inflexible voeu d'engagement. Bien mieux. une réciprocité dans le soutien moral et temporel. toute oeuvre initialement légale. qui se touchent. elle se cristallise en un souci constant d'éviter. les contours et les leitmotivs de cette foi. C'est cette foi. C'est là une touche subtile qui rehausse le frère spirituel. pour cette raison. en ce Bas-monde. au lieu d'être artificiel ou mécanique. Le bien. c'est-à-dire dans le concert des compagnons sont. une bonne intention est susceptible de légitimer un acte originellement illégal". à l'exception de Mouatta Mâlek). un élément d'intercession auprès de Dieu. en croyant vous avantager. dignes d'intercéder pour lui. Un saint intervient en faveur d'un initié de degré moindre. Abderrahman Ben Mohammed El-Fassi conseilla un mourîd qui se tenait à l'écart de ses frères. autant on est strictement lié. comme en psychologie. s'il ne répond. un certain courant de pensée. en toutes circonstances. dans les intimes élans du cœur. Là. car. Un compagnonnage heureux nécessite une mutuelle identification des caractères moraux et spirituels des deux êtres cordialement associés. pour les hommes.affirme encore le Prophète .par un bon comportement envers les hommes". dans l'au-delà. Les conditions d'accès à la Tariqa (la voie). (Tabarâni). Un init ié accompli ne saurait rechercher la pureté dans l'isolement. Le mourid doit. un bon soutien. au niveau de son ami. tâchons de redoubler d'ardeur dans nos invocations. (Hadith rapporté par tous les Sounan. alors. tout le mal. dans la vie temporelle. d'aider et de protéger. Le grand 'Arif. l'efficience d'une alliance si précieuse ! Une amitié si ferme est la structuration originelle et le signe indélébile d'une heureuse initiation. provient d'une connaissance indigne qui peut vous nuire. inéluctablement. comme le mal. cette foi comporte plus de soixante dix branches : la branche la plus infime consiste à écarter d'une voie publique tout obstacle pouvant nuire aux passants". Tout confrère peut refuser. Il s'agit. contrôler. se contacter effectivement les uns les autres. s'il n'est pas accompagné de l'homme auquel le liait une fidèle amitié. si elles risquaient de dégénérer en élément de discorde. à l'établissement d'un comportement. au contraire. sciemment. les seuls éléments de nuisance". un sentiment de compassion. surtout. et. réside vraiment le secret de la prééminence d'une fraternité cordiale entre Soufis. le cas échéant.

que cet ami tomba dans des vices dont l'alcool. on doit rester près d'un ami en détresse morale. La turpitude et l'indécence sont les plus vils des caractères qu'un croyant puisse avoir" (Idem). un jour. pollue. que dans la valeur matérielle du don. "Quelle est l'aumône la plus méritoire demande-t-on un jour au Prophète ? "C'est : répond-il . Le Cheikh Tijani a esquissé. de ménager les bénignes options et d'accepter. à condition de s'épargner la susceptibilité. La qualité de l'acte du mourid. vis-à-vis de son compagnon dans la voie. c'est-à-dire renonciation expresse à un élément essentiel de la foi. par répugnance à une éventuelle atteinte qu'ils pourraient lui porter" (Moslem et Ibn Hanbal). par un pauvre dont les moyens sont très limités".le sacrifice consenti. La valeur du geste d'un mourid est hautement appréciable. manie de blâmer. L'éminent messager d'Allah n'a pas ménagé sa réprobation à un diffamateur. la réciproque est vraie : les uns sont tenus à prodiguer leurs bons conseils aux autres. L'ami récalcitrant pleura. en lui rappelant certains versets coraniques sur le repentir.. la pudeur et la justice contre soi-même. en sa faveur. Le Calife Omar avait . vaux mieux qu'une centaine de milliers accordés par un riche. Néanmoins. alors. bref. désagréablement. car le Coran incite à un simple dégagement de responsabilité à l'encontre d'un désobéissant et non à un désaveu. donc. dans lequel se reflètent leurs défauts" (Idem)." (Nassaiy). Une confraternité ne saurait souffrir une simple confrontation. Mais. contre vos proches". alors. Tous ses comportements doivent s'y adapter. en cas de repentir de l'ami fautif. Le Coran dénigre ceux qui se rétractent. ni même un empiétement inconscient. Dans un autre hadith. le Prophète précise "qu'une simple obole donnée en aumône par un pauvre. bien mieux. se rétracter soi-même. si celui qui manque à son devoir n'est pas étranger au concert des initiés. vis-à-vis de ses frères. en opposant la patience à leurs méfaits. l'autre tâchera d'intercéder. alors. des fresques palpitantes. de juger sévèrement . dans ses recommandations aux "foqara" de Fès. peut-on se permettre de rebuter un ami récalcitrant et récidiviste ? Le fameux Abou Dharr dit : "Si un ami change de comportement. Le rebut total ne doit avoir comme motivation qu'un apostat. les deux compagnons ne doivent aucunement se garder rancune. Cette attitude compatissante est plus exigible. Point n'est besoin de souligner. en se remettant de ses incartades. en se rabaissant. Mais. dussiez -vous témoigner contre vous-même. altérations de credo ou désengagement. en cas de désaveu formel de l'un.hommes. le fidèle n'est que le dépositaire de ses propres biens. "La véritable richesse n'est pas dans l'aisance matérielle. c'est aimer et servir. Pour d'autres. en effet. Il lui reprocha cet écart de conduite. (Nassaiy et Abou Daoud). En haïssant l'acte indigne. en lui disant : "ne sois pas parmi ceux qui aident le Cheitân (Satan) contre ton frère". "la foi. altère et éloigne du point de référence cristallisé par la .dit-on . en invoquant Dieu. aisément. en s'abstenant de toute diffamation ou médisance.. (Sourate des Femmes. on peut. Dans toute autre occurrence. toute intervention fraternelle. comme un miroir. Le célèbre compagnon du Prophète Abdellah Ibn Omar n'a-t-il pas dit : "Qu'Allah enveloppe de sa compassion quiconque me fait offre de mes défauts". en sont un grand signe. a plus de mérite que celui qui les fuit. de s'évaporer. davantage dans le sacrifice et le sens d'abnégation. complaisant et d'humeur facile. dégagé de tout esprit critique. Il faut savoir glisser sur un thème brûlant qui affecte. quelles que soient les conjonctures. on lui rapporta. Tout appartient à Dieu. l'âme d'un initié est dans l'obligation de se dépurer. à plus forte raison un affrontement. Le tact et le doigté sont. d'un vif remords. c'est. c'est l'acte et non la personne. sans intention dissimulée.. "Ô croyants ! observez strictement la justice. également.un ami qui émigra à Damas. contre vos parents. ce qu'il faut exécrer. est l’ami idéal. verset 134). en se débarrassant de tout élément qui souille. risquent. dans une cordiale lettre de semonce. en définissant le conditionnement rigoureux et imperturbable d'un conseil adéquat. réside. je l'abhorre pour les mêmes raisons qui m'ont porté à l'entourer de mon affection". de bon cœur. devant être donné et suivi. de dénigrer. plutôt la richesse de l'âme et le sentiment qu'éprouve le moumin d'être comblé par Dieu. qu'un compagnon accommodant. éluder toute compétition qui le mettra en rivalité concurrente avec son confrère. en refusant les sincères avis de leurs fidèles amis. il doit. de rigueur. "Tout croyant est. Les pouvoirs bénéfiques que recèle une liaison non altérée et non truquée. dans un but humanitaire.

"La piété ne consiste pas à tourner son visage vers l'Orient et l'Occident. dans ses moindres failles. c'est encore racheter les captifs (c'est -à-dire libérer et faire affranchir les esclaves).. Tout écart. "Le bon croyant ne profère contre personne des malédictions. il n'y a qu'un pas. d'après Abou Dawoud . aux Anges. sa foi. Le croyant n'est pas immunisé contre les graves péchés. en cachant sa mécréance) se distingue .. observer la prière. "Le mounâfiq (c'est-à-dire l'infidèle qui se déclare musulman. émigrés de la Mekke. il ne perd que. la foi en Dieu se détache de son cœur . attachés aux notions et valeurs transmises par la tradition. "Ne peut être considéré comme croyant.résume les grandes lignes de ce grand code soufi : "Trois qualités sont le propre de celui qui goûte la douceur de la foi: aimer Allah et Son Messager plus que quiconque. des calomnies ou des propos grossiers" (Moslim et Ibn Hanbal). l'apanage d'un altruisme intégral. de confusion. vite franchi par l'initié inspiré. a été. discrètement. les impératifs d'ordre communautaire créent. la piété consiste à croire en Dieu.précise le Prophète -. au sein de la congrégation. Plus le caractère de l'initié est d'une transcendance altruiste. furent les amis modèles qui surent céder. avec courage. Si la foi implique la conviction qui s'identifie à un attachement indéfectible à Dieu et à la morale transcendante. "C'est que . exposé à tous les risques. comme on exècre d'être rejeté dans l'Enfer". sans faille. aimer autrui par amour pour Allah et abhorrer le retour à l'hérésie.tradition authentique et la sounna bien entendue. ainsi. à donner son argent. elle se manifeste. de très bon cœur. qui dénature et tronque l'élan spontané du croyant. Le bonheur spirituel est. soumis à de dures épreuves qu'il doit affronter. sur le miroir purifié de l'âme. qui l'avaient soutenu à Médine. Un véritable soufi est. et il doit s'acquitter pleinement de ses obligations. Une conscience initiée s'en ressent durement. là. ne pas tenir sa promesse et trahir la confiance placée en lui". où tout son potentiel moral est mis à contribution. "Quand un croyant a commis l'adultère. une grande part de leurs biens. même au cas où le Mounâfiq pratiquerait la prière et le jeûne". surtout. momentanément. au Jugement dernier. constamment. de ses hôtes et de soi-même. pour l'amour de Dieu. à propos même des choses de l'au-delà. tant qu'il ne s'est pas repenti. Une septième caractéristique de la foi a été soulignée par Bezzar dans son Mousnad : il s'agit de "la tolérance et de la clémence. être pieux. malheureusement. tenir ses engagements. faussée par une déviation des concepts et des principes coraniques. aussi. entre confrères. à l'égard de toute stupidité ou sottise". Une rétractation doit être ferme et sincère. Les Ansârs. L'heureuse note de concordance. celui qui mange à satiété.rapporté par Boukhari et Moslim . aux orphelins. avec courage. verset 176. Certes.chaque musulman n'a pas que la prière à faire. c'est l'atteinte portée au droit.rapportent encore Boukhari et Moslim . à ses proches. de pudeur. par une sublimation du comportement individuel. le point de mire est la Sounna.par trois signes : émettre des propos mensongers. doit être banni d'une âme croyante. pendant que son voisin meurt de faim" (idem). à l'honneur et à la dignité d'autrui. qui font de l'altruisme le substrat et le critère de la foi véritable. aux voyageurs (en détresse) et aux mendiants. par un retour à Dieu. Et Moslim d'ajouter. C'est un être humain. au Livre et aux Prophètes : elle consiste. aux pauvres. C'est le point central du recyclage où l'initié est projeté. Entre cette propension à esquiver. sans récriminer et sans se plaindre. le geste idéal qui sert encore d'exemple aux vrais soufis. accompagné d'attrition. Mais l'acte irrémissible. tant qu'il n'a pas mis un terme à son péché" (Abou Dawoud). Un égoïsme. tout facteur susceptible d'imprimer un mouvement excentrique et le véritable altruisme. Ce fut. là encore.souligne encore le Prophète. qui sublimait la cité islamique d'antan. Mais. il a des devoirs vis-à-vis de sa famille. Néanmoins. Un autre hadith . faire l'aumône. D'autres anecdotes palpitantes et émouvantes dépeignent la morale sociale mohammadienne qui atteint le plus haut degré de perfection. se reflète. une co-solidarité qui prime toute pratique dévotionnelle. Tabarâni en ajoute deux autres : le fait de ne pas se laisser entraîner par une dialectique qui cherche à dénier la vérité et l'élan qui vous porte à saluer tout le monde (c'est-à-dire à être pacifique avec tous) et à être juste. . dans un processus complexe. plus son grade initiatique est élevé. supporter. à l'égard de chacun". l'adversité et la misère" (Sourate de la Vache. à leurs frères les Mohâjirines. compagnons du Prophète. même contre vous-même.

" Un hadith corrobore ces propos. la mémorisation. Il s'agit. est le fond de tout le bien. on saisit bien et on exprime adéquatement. du seul côté physiologique de nos organes sensoriels. toute prévenance exotérique. l'essence de tout le bonheur. une heureuse réminiscence pour ceux qui ont un cœur et qui prêtent une fine . seul apte à bien inculquer. cette vertu auditive constitue la plateforme. là. verset 16-17).CHAPITRE VI: VERTU AUDITIVE Cette cinquième requête traite d'un caractère moral de grande portée pratique et aux fins. de même. vraiment. Les canaux d'une âme consciente sont. qu'on peut acquérir et développer. digne d'une telle touche du Seigneur. dans l'échelle d'ascension vers les valeurs conceptuelles les plus adéquates. est d'être inattentif au Verbe Divin. dans le processus cognitif. tu as appris à tes compagnons la haute politesse due aux Rois". Un autre verset explicite cette acception. en Irak. de la bonne audition qui permet. peut capter toute émission du subconscient. dégagés de tout goulot. "Le gnostique accompli y capterait . c'est le palier principal. l'efficience pratique et la transmission. de ne pas s'empresser de répéter un verset qui vient d'être révélé par l'Ange Gabriel. c'est-à-dire ses infaillibles inspirations intuitives-. ses organes s'en ressentent. à bien écouter. Une inattention dem eure sans efficience. pour se concrétiser. Une saine audition est. Ce raffinement du for intérieur conditionne. une audition efficiente s'apprend. ainsi. auquel est exposé un croyant. confortées par une insufflation épiphanique. qui jalonnent le cœur. la science se définit. Ce processus implique une saine disposition de l'âme. il constata les sublimes égards que ses compagnons lui ménageaient et lui dit : "Ô ! Aba Hafs. "Si. pour tout ce que ce Verbe révèle. préalable à toute conception. Allah a recommandé à son Messager. Autrement dit. qui rendent l'initié capable de se dégager des conjonctures maléfiques. par l'audition d'abord. à la fois. en eux -dit le Coran . là. ce n'est pas cela. C'est là un autre plan. pour le moment. Le Coran parle. comme on peut regarder. car on peut prêter une oreille distraite. Quand l'Imam Joneïd rendit visite à Abou Hafs enNissâbouri. avant l'accomplissement de sa révélation". une dépuration du réceptacle et un recours confiant à Dieu. alors.affirme le Messager de Dieu ." L'audition du Coran et des traditions authentiques du Prophète façonne l'âme croyante illuminée par les flots de la gnose. Une bonne audition. donc. En-Nissâbouri répliqua : "Ô Aba el Kassim. par la compréhension.le cœur (de l'initié) s'incline pieusement vers Dieu. par des prédispositions innées ou inculquées. Toute connaissance est. de bien concevoir. conditionne biologiquement une bonne perception. sans voir. Le plus grave péché. comme pour le hâter : à nous son ordonnance et se récitation" (Sourate. "N'en remue pas. c'est très significatif! Le Cheikh Sahrawardi. donc. ainsi. des sens auditif ou visuel qui devancent toute connaissance. Le Coran incite.Il les auraient dotés d'une bonne audition". Une bonne ouïe cristallisée par une fine oreille. pour autant. quand on écoute bien. un esprit finement policé. ensuite. Le Coran met les deux approches en étroite corrélation. qui faussent l'écoulement courant de la pensée inspirée. en disant : "ne te presse pas à réciter le Coran. vertueuses et hautement profitables. Cette délicatesse du cœur est la source de la sagesse. Al-qiâmah. mais le bon comportement externe est le signe d'une finesse du cœur. C'est un signe indélébile d'une prédisposition. sans saisir. sinon le tremplin préjudiciel à toute transcendance.dirait Ibn el Khatib ses divines répliques". et nous nous contentons. fonction d'un organe auditif sain. ta langue avec ceci. les propos que les Soufis inspirés tirent de leur méditation et de leur luminescence. un esprit distrait et rêveur n'est. seule. Allah avait décelé du bien. guère. concrétisé par des préoccupations excentriques. Il est vrai que. même à travers le profond murmure du Cosmos. même un sourd. Quelques exégètes traduisent ces éléments bénéfiques. stabilisée par une audition bien intentionnée. en disant : "Il y a. comme une bonne parole. c'est-à-dire une heureuse disposition à prêter une oreille attentive. "Si . Un initié attentionné est plein d'égards. Une attention prévenante s'identifie à une concentration d'esprit qui élimine toute tendance à la distraction. en effet. rapporte que. citant Sofiân Ben 'Oyayna.

pour un autre que lui. dans l'invocation de la Miséricorde et de la grâce divine. pour lui. donc. dont tu auras. en conséquence. Sa révélation s'effectue. Il reçoit. à cette divine inspiration. tantôt par l'intermédiaire de Ses Messagers ou de leurs héritiers. le mystère finit par se résoudre et l'énigme par s'éclaircir. confirmé . il eut la preuve tangible de l'infaillibilité d'une inspiration divine. sur les péripéties d'enchevêtrement de la conscience et des phases qui jalonnent l'échelonnement de la marche du cœur. alors. qualifié de Preuve de l'Islam. Il peut. en lui. notamment. alors. Les soufis en esquissent des élaborations magistrales. eut l'amabilité de prodiguer de bien heureux conseils à un de ces disciples : "Ô. Après s'être recueilli. alors. trouble ou simple impression de gêne. à la suite de la grande prière du Fajr. On cite le cas d'Avicenne. c'est-à-dire dépourvu de tout malaise. le meilleur accès de la compréhension. les secrets de certains textes de la Métaphysique d'Aristote. assurée par la saturation du cœur. En d'autres termes. dans un verset coranique. l'image de la connaissance se présente. à travers les oeuvres et les écrits des Soufis. être sain. Pour le fameux pôle Mohammed Tirmidhi. imprimer les élans du cœur. en comblant ce vide. Le cœur doit. et avec un moindre effort. C'est l'esquisse ésotérique de ce symbole qui dépure l'intellect et clarifie la compréhension. sa résignation est totale.oreille. En s'inspirant des uns et des autres. en l'appelant à son aide. Douée d'un tel génie initiateur. Yahia er-Râzi précise l'ampleur du double aspect du cœur. "Nous l'avons bien fait comprendre à Salomon" précise Allah. l'initié est d'autant plus édifié que son acte procède d'un bon entendement et d'une bonne audition. l'acte devient compréhensible et l'acteur compréhensif. extraits des textes sacrés. Un trio doit. par de profondes empreintes qui renforcent leurs prédispositions à sonder le fond et les intimes secrets de la connaissance. les plus sublimes des états d'obédience. et. ainsi armé. réalise autant de vitalité dans la voie. Le soufisme s'étend longuement. de nature à en perturber le flux courant. dans toute actuation inopinée. donc. les oeuvres de la sagesse ! Que ton regard englobe toutes ces données. Cette perspicace subtilité constitue un noble privilège. grâce à cet affranchissement des exigences chamelles. des idées et des sentiments qui orientent son choix. à son esprit. une audience adéquate. dans l'esquisse de fresques émouvantes. Tous les adages et anecdotes. à la merci de ce qui t'a obnubilé. l'initié réalise le premier tiers de l'éthique policée. qui tends à sonder les propos de tous et. par l'aide de Dieu et pour Son amour. Allah libère. ton oeuvre sera. ce même Mourid. Il faut savoir choisir ses sources d'inspiration. à la Mosquée. quand un serviteur développe ses prédispositions à une vertueuse audition et éprouve. qui lui permet de réserver au Verbe Divin et à la tradition apostolique. Sa soumission à l'ordre supérieur est. comme une âme consciente susceptible de concevoir et de saisir. alors. tantôt. ainsi que leur adaptabilité éthique. la vivacité qui le met en mesure de faire entendre ce qu'il a bien assimilé. Une option judicieuse est l'apanage d'un bon "sourcier". la lecture des ouvrages divers. Avicenne en fut sidéré. fortement marqué par un raffinement comportementiel. C'est à ce genre de serviteurs qu'Allah fait allusion en disant : "ceux qui reçoivent la parole de Dieu. sinon Il t'abandonnera à toi-même ou te délaissera. il aura parcouru les deux tiers du chemin. en deuxième stade. l'inspire et fait naître. Ar-Râzi définit ce genre de cœur. sont les mieux orientés et les mieux doués de sagacité et de clairvoyance". dans tous ses comportements. il atteint le grade spirituel. grâce à une analyse pondérée ou à un recours à Dieu. qui a consacré plus d'un mois à tenter de déchiffrer. Ses connaissances s'en ressentiront. de Son Seigneur l'insigne honneur de parfaire. Une certaine plénitude sera. le quarantième jour. L'Imam Ghazali. avec un esprit présent. Si ta vision ne se limite guère à lui. pleine et entière-. La prière de l'Istikhara où le croyant invoque Dieu. un cœur qui se détache de ses fantaisies et élans capricieux. en vain. "Dieu fait entendre. le plus fin exploit qui donne accès à une sublime transcendance. pour Ibn Samoun. c'est se libérer de ses caprices. éprouve le douloureux sentiment de ce qui lui manque. mais. dans un temps record. souligne un autre verset. alors." Dans son Commentaire du Livre. L'auteur des Awârif insiste sur la nécessité de s'assurer un bon choix. spontanément. A ce trio correspond un triple élément constitutif de la masse ou de la structure consciente : déguster la saveur enivrante de l'adoration respectueus e d'Allah. à qui Lui plaît". sont une source d'orientation illuminée. pour se décalquer sur le miroir de son âme. accaparé d'une part. Les lectures préférées évitent le gaspillage du temps et épargnent les efforts inutiles. disciple qui entreprends la recherche de la connaissance. en se conformant à Ses meilleurs commandements. Quand Allah est le promoteur d'un tel entendement. Grâce. tester la valeur de son état et être le digne réceptacle des dons sublimes de Dieu.

par contre. Cette graduation est comparée d'abord. selon un critère pratique. auxquels il ne prête nulle attention. Au sol épineux correspond le cas de l'individu dont l'audition est accompagnée d'une intention d'agir. que l'âme dégénérée déguste et apprécie. par le dhikr. mais finissent par se déssécher. dans un aval qui prendrait. ont. dans le domaine de la science. mais. . à l'attention de tout lecteur qui cherche à mémoriser. positivement ou négativement. pour se justifier. mais. Il éprouve. A l'instar de cette série des semences. dans le processus des options. quelques semis. reliant l'âme revivifiée au Plénum de la Présence Sacrée. en les dépurant de toute pollution malsaine. aie bonne opinion de tout le monde et ne déconsidère personne. plus qu'il ne faut. ont la chance de croître et fleurir. Le semis recueilli par la pierre est assimilé à une personne qui entend bien et apprécie. alors. à la légère. assure une bonne exécution. chez les gens. une vie réconfortante. qui inspire le choix le plus judicieux. sans empiéter les uns sur les autres. de son temps précieux. abstiens-toi de tous mépris et de toute décision. dans les litanies et les pratiques cultuelles. le cas échéant. Un parallèle est donc établi entre une semence recueillie sur une terre riche et une bonne parole. D'autre part. soigneusement les besoins. innée. ensuite. l'ankylosent et anéantissent. dès leur apparition. Tout Alem a son excuse. Tous les actes. c'est là. quand les nervures touchent le dur de la pierre. Il doit éviter. même s'il s'agit de hadith ou d'anecdotes véridiques. de confier à Dieu. Une partie de la semence peut choir sur un sol riche et fertile. dans ce cas. la fruition spontanée d'une prédisposition qui. sans qu'il y ait un impact quelconque. parmi l'élite de nos confrères Tijanis. jalonné d'épines qui tuent les jeunes pousses. Ils s'évaporent et sont vite oubliés. qui n'en retient guère la fruition. Le quatrième cas du sol dégagé de tout handicap. un vif plaisir à lire et à dial oguer. qui oppose à l'attirance matérielle. tendant à éliminer tout écart capricieux. avec son cœur indécis. jusqu'à preuve du contraire. superficiellement. à la lecture. en répartissant rationnellement le cours de leurs jour et nuit.à une lecture prolongée. Il en sera pleinement édifié. L'esprit hautement idéalisé savoure cette douceur transcendante. trouvant des arguments. Dans un même ordre d'idées. est similaire à un croyant attentif qui conçoit.d'après AI-Awârif . se délasser d'une persévérance. tout désir effectif d'agir. la réminiscence des fruits de ces lectures. Les élans vicieux et les exigences excentriques ont une douce saveur. s'inspirer de ces principes. nécessairement. une problématique vient de surgir. pour les mauvaises. si tu espères rencontrer Allah. qui définissent l'échelonnement du potentiel auditif. en en confiant à Dieu la réelle conscience. cherche à bien comprendre. à des grains qui retombent sur la pierre lisse recouverte d'une légère couche de terre et de gouttelettes de rosée. ne serait-ce que partiellement. Enfin. en l'occurrence. sans être. prends -en ce qui te semble Plausible et délaisse ce que tu n'arrives pas à comprendre. ligotée par des caprices qui le figent. qui ont pu entrer en contact avec un sol fécond. Ils s'y fixent. minutieusement leur dû à l'enseignement. au cas où ton regard se porterait sur les paroles émises par ceux qui jouissent d'une certaine renommée. à un semis qui atteint le sol. J'ai eu l'occasion de voir certains personnages des plus honorables. En illuminant les recoins de la conscience. devant se suivre consécutivement. l'attrait sublime de l'amour divin. un esprit averti ne doit guère s'adonner . pour se distraire capricieusement.l'existence et la véracité. les bonnes actions. Cet épicurianisme dégradé est la source de tous les maux. loin des grès et des épines. de se laisser entraîner. mais qui est vite ramassé par un essaim d'oiseaux. tâche d'en faire état et de les divulguer. leurs parts respectives qui en ménagent. réservant. où il trouve des loisirs. nous nous référons aux dires de certains sages. est sciemment développée. tout en s'écartant des suggestions et des fantaisies maléfiques. C'est là. grâce à une régénération qui tend à insuffler. un signe de la Providence. fais le bien et n'associe personne à Son adoration. en cherchant des excuses. à laquelle un désir terre-à-terre ne saurait guère résister. grâce à un effort soutenu. un homme peut entendre des propos. Que d'enseignements. aux liturgies et au repos." On rappelle. en lui. dans les tiraillements survenus entre Khidr et Moïs e ! Si_ à ton avis. paraissant absurde et inconcevable.

C'est . Orient et Occident. à la mesure de l'acte. un jour. ses goûts sont à l'image du prophète. dans son fameux ouvrage sur le Pôle (kotb). mais toute humaine . ne sauraient souffrir une restriction. Cela n'empêche guère que. commençant par les Noujabâ. de dépeindre les compagnons du Prophète. parmi les piliers. Son effusion sacro-sainte.faire abstraction de la grâce Divine et imposer à Allah des mobiles optionnels péremptoires. Mais. ainsi de suite. sept à celle d'Abraham. On est enclin à juger. Es-châm. Il est choisi. au nombre restreint. qui n'est marqué d'aucun signe spécifique. émanant de sources diverses. Une tradition. est inconditionnelle. sur le plan humain. Ibn Sirine.note l'auteur de "Dahab el Ibrîz" . Le surréalisme confine à l'irréalisme. d'Abdâl (un par grand pays). par un nombre moindre de Nouqabâ. point de mire de l'initié.répondit-il . auteur du (kifayat Al-'Motaqid) (Suffisance du croyant) nous décrit le processus hiérarchique des Saints. à l'encontre des uns et des autres. puis. ne sauraient être astreints à une quelconque motivation. aux initiés non auréolés par une image de marque spécifique. chaque soufi. tels les grands élus apostoliques humainement responsables. Ses faveurs. imposant au saint une ligne de conduite déterminée. des points de ralliement. C'est le degré summum où le fanâ (extinction) confine au baqâ (subsistance). au grand Tabiy. Ces points d'émergence sont. se voile d'une luminescence empreinte d'une évidente humanité. quarante à l'image de Noé. dans un ordre croissant. est définie par un "axiome du choix" très rigide. cette différenciation foncière entre les rites des Soufis. cette illumination voilée cache une forte perception intérieure. que le Soufisme appelle lumière du fanâ. les piliers (Awtâd) et Abdâl. représentant une normalité .où le principe de causalité demeure l'assise phénoménale de toutes ses actuations. les actes cultuels aient une assise rationnelle. ne sont nullement assujettis à une régulation humainement discursive. un prophète ou un Messager de Dieu. Cette appréciation aberrante est motivée par une conviction que la sainteté est régie par une législation spirituelle rigoureuse unique. d'où jaillit l'inspiration. l'élan magnanime de Sa générosité. flash divin. rejoint de par son comportement. ses options. et. Là. l'un des trois lui succède. Des hadiths. Ses dons gracieux. sans assise différentielle réelle. Seule une fonction physique. C'est ce baqâ. L'infinité de Dieu. selon les apparences . un goût profond et l'appréhension. cinq dont le cœur est calqué sur celui de Gabriel. chez les soufis. parmi Ses créatures. sont de nature à donner une impression d'opposition. et. d'ordre relatif. et d'évoluer dans l'abstrait. dont les inductions sont gratuites et graves de conséquences. Les états mystiques. dont la conformation psychosomatique répond aux exigences terre-à-terre de la normale humaine. "Ils étaient . cités par es-Soyouti. sont le propre de novices ou de profanes. ayant elle-même force de loi. d'une présence. un seul sur l'Ange Isrâfil. les extrêmes se touchent et la lumière mohammadienne. toutes dûment canonisées. conformément à un code strict. rapportée par Ibn Messaoud. La gracieuse élection d'Allah. ou. Quand le premier décède. Les quatre points cardinaux de la Terre sont axés sur un pôle (kotb).certes idéale. la méconnaissance des limites infinies de Sa pure bonté incite certains rigoristes à dénier toute sainteté. trois cents élus dont les cœurs sont à l'image de celui d'Adam. AI-Yâfiy. précise qu'Allah a. Chez le Kotb.CHAPITRE VII: DIFFERENCE DE GOUTS COMME SIGNES DISTINCTIFS DES RITES SOUFIS Les caractères dissemblables. On a demandé. transposé . enfin les quatre Awtâd au Yemen. L'Omnipotence absolue est libre de toute contrainte. d'où. De profondes méprises sont souvent suscitées par des empreintes distinctives. Les cadres rigides. où la prime est évaluée.des hommes comme les autres. l'unicité à la multiplicité. créés par leur esprit imaginatif. risquent d'être surhumains. ou groupe de soufis. contre-partie du fanâ. en même temps. une lumière intense finit par toucher l'autre bout de la réalité : l'obscurité. mettent en exergue cette affinité subtile. sinon de différend qui les sépare. Ses caractères. fonctions de Ses touches divines. trois sur Michael. Des prises de position hâtives. toujours croissante. le relatif à l'absolu.

par un millier d'hommes -véridiques". dont l'un accède à la foi. dans ses commandements et ses épîtres. Quelques Arifs peuvent réaliser plus d'exploits cognitifs mohammadiens qu'un Kotb. la luminité qui s'identifie à un don inconditionnel d'Allah. dont Seul Allah apprécie l'ampleur. deux gnostiques peuvent se partager un même état de présence ou plan de l'être. Ce sont là . pour le deuxième groupe. des flots de cognition ineffables.de simples privilèges qui n'impliquent aucune prééminence. avant d'être taxé d'hérésie. Ali Ibn Abi Tâlib. entre initiés qu'on ne saurait taxer d'égoïsme. l'autre demeurant un apanage inaccessible. dégagé de toute velléité volitive. dans la source des sciences apostoliques. Deux attitudes apparemment opposées. et. est le réceptacle de faveurs exclusives. mais suscitées. par l'instant "étatique".cet avis judicieux.d'après Ahmed Tastawti. d'une haute communion appropriée. AI-Joneïd précisait bien. dépositaire des secrets de la grande gnose de notre Prophète vénéré. comme deux ensembles. des catégories dites Danâïnes et Dhakhâïrs. dûment. mais. mais bien au contraire. Chacun de ces élus. encore. de l'existence cosmique. Dans ces états extatiques de grâce. lui sont connus. dans un concert de légère aisance. qui en définissent l'envergure. Néanmoins. d'après une classification de son Cheikh el-Morsi.d'après Le Jâmiy . compagnon intime du Prophète.se voir diminué. durant les mille séances qu'il eut. ni peine. soit de béatitude. pour surestimer d'autres. qui lui donnent l'impression. affirme avoir puisé. d'être le seul favori. en audience propre. nullement. avec Lui. comme deux groupes dont les liturgies. qui sombrent dans le fanâ. soit de crainte. l'autre actué par la généreuse clémence. providentiellement actué. que "nul ne pourra atteindre le grade sublime de la Réalité.dans le Bouddhisme. esquissant une fresque sur cette concentricité des cycles soufis . il ne fait que répéter les sublimes qualifications qui lui ont été inculquées. Sidna Mohammed. se vanter de ces exclusivités.fait encore remarquer Sidi Ahmed Tijani . L'un. dans sa Nozhah . Le Cheikh Tijani qui corrobore . dont la divulgation mérite la peine capitale. Chaque insufflation divine peut susciter un état. auquel Allah octroya. se prévalait de connaissance. mû par l'Attribut de la Domination astucieuse de Dieu qui écrase et annihile. chez l'un. d'où. engloutis dans les Océans de la divinité. Que de fois. soit d'aise et d'espoir. dans ses Adages. chacun d'eux se trouvait sous l'emprise. élu des élus. donc. sous les irradiations théophaniques réservées à ce pôle. au-devant d'une impression de faveur divine exclusive. propre à l'un et à l'autre. détient un grade parfait. chacune. les dénégations mutuelles. par la grâce divine. Le grand Imam Tijani souligne que tout Saint reçoit. motivée et celle où l'initié est. devancent toute luminescence. par ses exploits cultuels. conscients. au point de se sentir passible d'un châtiment mortel. beau-fils bien-aimé. conformément au décret Divin du Jour du Covenant (Mythâq). quand il dit dans ses sages Adages ! : "Les actes varient selon les inspirations (états mystiques dont ils émanent)". Bien mieux. un grand initié peut . Dans ce contexte subtil. C'est ce qu'Ibn Ata Illah définit. à partir de ces disparités apparentes. des biens et dons. cela ne veut pas dire que l'attiré n'a aucune voie à suivre. Seul le Messager d'Allah. au sein de la Divine Présence. Le premier. alors qu'ils seront radicalement écrasés. Toutefois. qui incite à réciter des litanies. Jean et Jésus se sont rencontrés un jour. Les attirés s'installent. Il ne faut. dont chacune comporte quatre mille élus. dans ses intervalles lucides. un gnostique peut. tous. Seuls les soufis. C'est le cas de Khadir avec Moïse. dont il ne rencontra guère un digne porteur. cite. ces marques exceptionnelles de privilège ne font que confirmer les règles structurelles de classification des voies catégoriques distinctes : celle des attirés dont l'élection n'est. touchant un collègue. de son vivant. sans un lot préalable de dhikr. selon les lots. le Cheikh Tijani répétait les propos Alides. car. sublimement décrétés. sans effort. sans pair.dépeint les caractères et les états de ces élus. abreuvés chacun. Abou Horeïra. et l'autre atteint cette grâce. il n'est autorisé à en révéler qu'une seule. Le fameux Khadir (khidr). qui dépurent et illuminent la conscience. brûle les étapes qui libèrent les accès à la présence. mais à degrés différents. intégrés dans ces cycles concentriques. est le mobile implacable. selon les lots d'attribution seigneuriale. Ce sont celles qu'Ibn Atâlllah dépeint. sous forme de Nirvana . de sorte que nulle lumière ne saurait jaillir de son coeur. guère.comme le signale Khadir . dans un état sublime. que cette . C'est ce qu'entend Ibn 'Ataâ. de révélation intérieure ou de touches transcendantes. déconsidérer certains maîtres en Sainteté. deux sortes de connaissance-. Chacun se prévalait de l'Attribut qui l'animait. parmi les groupes mystiques. ainsi.

ainsi. avec aisance. Ils sont. guère. Le ploiement d'un chemin n'en est guère une absence. alors que certains d'entre eux maîtrisent le Cosmos. ils partagent. pour le bénin péché d'avoir osé désodoriser les recoins de sa bouche. parfois. rigoureusement. fondée sur un sentiment initial de reconnaissance à Dieu pour Ses gracieuses faveurs. supérieurs. le fameux compagnon du Prophète. Ils excellent. de la prédominance sur les autres. ignorant toute étape mystique. sans préparatifs particuliers. secret ou vision intuitive. carrément. délimitées à partir des stations mystiques et de leurs signes et empreintes. parmi les compagnons du Cheikh Tijani. une émanation d'Allah qui les actue. la ferveur dans l'adoration. intérieurement. a tiré cette double notion de l'élection du verset coranique : "Allah élit qui Lui plaît et oriente vers Lui qui Il veut". La nuit de l'Ascension. sans s'en départir. Mais. pour accéder à Sa présence. Une des sommités de notre Tariqa dépeignait. ostensiblement devant le public. les artisans sont. dans la science des mesures et s'astreignent. sans exempter les nuits. dans leur sentiment de déférence vassale. Mais. Leurs agissements sont. des luminités et des éclipses. Ils ne se gênent. Chez les premiers. chacune. dans la contemplation de Dieu. aux exigences de la confraternité. Dieu et Dieu seul. Ils sont absorbés par leurs actes cultuels. dans tout acte. dans les cycles de virilité. Salman el Fârissi (Persan). nullement. ce commandement. trois catégories. car ils s'isolent. dans leur métier. en considération de la nature éducationnelle ou comportementielle. parfois. strictement. l'Ange en annonça l'avènement à Sidna Mohammed. ou désir de produire quelques effets. l'ascèse domine. Ils se démarquent. car l'initié absent par son soi. en conséquence. en réponse à des questions "occurrentes". Notre Maître. communément. à l'encontre des autres.voie a été ployée pour lui. qui se cristallise. d'un degré supérieur et les élèves. qui leur sont. le Pôle des Pôles. le Sieur alouite Moulay M'hamed Ben Nasr. égoïsme ou vaine gloire. sans exclusivité prétentieuse. alors que. quoique les prophètes insiste Sidi Ahmed . des sciences infuses. les manœuvres dans leur besogne. dont le décent éxotérisme couvre la luminescence du for intérieur. strictement cultuels. dénués de toute velléité vaniteuse. n'attirant. est présent par son Seigneur. à une observation rituelle et à un service divin stricts. en geste de prééminence. tous. mais. Ils s'installent. par là. méconnaissant le processus des états et stades mystiques. Il l'illustre par la vivante anecdote de Moïse. voient. Moïse se vit réordonner un prolongement de dix jours. leurs exploits miraculeux. la saveur. s'inscrit. les caractères intrinsèques d'un adepte de notre voie. ainsi. accaparés par leurs actes d'adoration. la première est appelée. qui ne doit se prévaloir d'aucun privilège ou droit exclusif. des extases. Les seconds. Nous avons défini certaines caractéristiques de l'une et de l'autre. qui devait l'accompagner. il faut se garder d'en fausser l'interprétation. la pieuse continence et la pudeur intime. avec leurs collègues de la catégorie précédente. guère. des initiés de la troisième catégorie. si plaisante à l'esprit. soufis. comme le meilleur de ces initiés. une intention ferme les incite à les actualiser. Quant aux miracles. sur leur cœur. cognition. Le fameux Imam Abou Sâlim El-Iyâchi rapporte. Le fait est signalé dans le Coran. Ils ne dégustent. souvent. les artistes dans leurs ateliers. ils se renferment et s'isolent dans les actuations formelles. sur leur auditoire ou entourage. objets d'une sublime élection. Elles correspondent à trois genres d'initiés. encore. le Cheikh Ibn 'Arabi en propose. on les appelle. lis ne voient. étant pleine et entière. éprouvant une crainte atroce des écarts de conscience. trente jours consécutifs. d'exhiber. Leur caractère est empreint d'un altruisme chevaleresque. qu'aucun acte surérogatoire ne distingue du commun des croyants. donc. et ils donnent l'impression d'être imbus de lubie fantaisiste et capricieuse-. impromptu. imbu d'une purification de la conscience et un dégagement total de toutes les prohibitions canoniques. la voie Chadhilite. elle c omporte deux tendances qui marquent. l'autre la voie de Ghazali. apparemment. Notre célèbre frère. donc écourtée par la Providence et la grâce pré-éternelle. de par les affinités "étatiques". attachés. la classification établie par son Maître Ali el . quelque peu. leurs disciples leur ressemblent. Une autre classification de la voie a été avancée. la deuxième école. auquel Dieu ordonna de jeûner. Les deux notions sont. Ils sont agis et dégagés. dont ils s'imprègnent. Ce sont des dévots. évoluent. étant celle du "riadât en-nafs" ou mortification de l'âme et ascèse de la chair. que la plupart de nos confrères étaient Malâmiti. Leur comportement est nettement normal. un des plus privilégiés. dans sa (Rihla). nous disait. l'emprise de la Suzeraineté divine. scrupuleusement. exemplifiées. Ayant exécuté. l'abstinence scrupuleuse. ésotériquement. absorbés. avec tout ce qu'elle implique d'éxotérisme littéral. c'est-à-dire son ego. de toute psychose de vanité ou d'auto-estime. dans leur ostentation d'allure prétentieuse. qu'ils initient.soient. l'attention. appelés malâmitiah. une école distincte : celle du Choukr ou gratitude.

ainsi que celle des Sahaba et éminents Chioukhs. Abou Sâlim. lls en ignorent la nature et la quintescence. Ils jouissent des délices licites. qui optèrent pour ce chemin apostolique qui fut celui des Sahaba ou compagnons du Prophète. mettant en exergue les signes distinctifs de chaque itinéraire. s'astreignant au minimum. s'inspire de la pure essence apostolique mohammadienne et d'autres. dans un surcroît de recueillement. Chez AI-machrayah. "Ism el Jalâla (nom de Sa Majesté divine). C'est. Viennent. dignes représentants de la malâmitiah dont le premier Khalife. dans leur subsistance. parvenant jusqu'à AIJoneïd. connu par le pourpre de ses habits d'apparât. une structuration canonique pure. dans la succession suivante : AI-Kalandaria visant la purification de l'âme. à force de concentration. Hassan el-Basri et le beau-fils du Prophète. les autres confréries. citée par (el Jawâhir). les liturgies de mille quatre cent maîtres soufis. Deux autres filiales de la première : er-Rouknyah (de Roukn ed-Dîn es-Semnâni) et en-Nouryah (de Nour-ed-Dîn elAsfarâyini). une articulation purement interne. sans s'enliser. AI-Koubrawyah (du Cheikh AI-Koubari) et sa filiale AI Hamadânyah dont le promoteur Ali put rassembler. par le costume vert. s'adonnent à une mendicité ostentatoire. élaborèrent des oeuvres palpitantes sur la Tarika Mohammadia. par l'intermédiaire de Daoud et-Tayi. les oratorios chantés ou concerts spirituels. Toutes ces données sembleraient excentriques. est celle du Cheikh Abou bekr ben Houwwari. Zarroukiyah et Jazoulyah). là. ses adeptes en haillons. fut le modèle idéal. Les Qâdirites (de Si Abdeqader el-Jîlani) et les Hâtimites (Ibn 'Arabi el Hâtimi) sont d'obédience spiritualiste notoire. s'idéalise pour finir par se réaliser. dont l'exaltation et la magnification marquent. La voie Ouwaïs (qui se réfère au fameux Ouwais el-Qarani) et qui vient en second rang. qui esquisse une épître émouvante sur ce thème. un des directeurs mystiques du Cheikh Tijani. dans la voie de la transcendance. trois seulement étant marocaines (Chadhilyah. . sont de rigueur. pour lui. et. c'est-à-dire prendre une forme réelle. parmi les plus célèbres. basée sur la Sounna. Deux autres confréries : AI-Mawlaouyah (de Jâlal ed-Dîn et-Toussi) et Aljahrya (d'Ahmed es-Souyouri). Le Messager d'Allah. rejetant toute forme d'épargne ou de thésaurisation. suivant une succession de maîtres. dès ses premiers contacts avec son éminent maître égyptien Mahmoûd el-Kordi. parmi les amateurs du Soufisme. en quarante Confréries. archétype sublime. en sus des oraisons effectuées à haute voix. donc. D'autres auteurs. AI-Bourhânyah (attribué au Cheikh Bourhân) se caractérise. elle se caractérise par une litanie de base.'Ajîmi el Hanafi. durant ses pérégrinations de par le monde. illuminée par son image virtuelle qui. As-Siddîkia (attribuée à Abou Bekr es-Seddik). Soufi Algérien de Tlemcen). d'une grande efficience. Abou Baker. se réclament de Khadir. Le Cheikh Tijani adopta cette voie. est. Quant à AI-Khalwatyah. à l'encontre de l'Ahmadyah. ainsi. le Maître direct de l'initié. Habib el 'Ajîmi. pour assise. cite les grands maîtres soufis. dont la plupart sont d'origine orientale. Ali Ibn Abi Tâlib. avec comme litanie essentielle. sa trans-conscience. est le célèbre "Sanad" remontant au Prophète. Sa chaîne de transmission. Différence des goûts comme signes distinctifs des rites soufis. dans les conjonctures contemporaines. tel le Kotb es-Semmane. n'en sont. et quelques uns. endossé par ses adeptes. sinon l'existence même. et très recherché. dans ses débuts. convaincus. alors. Il en fit un "wird" matinal. ainsi que les Madiânites (Abou Médian el-Ghawth. Son cœur est rempli d'amour pour notre Prophète vénéré. Une bonne part des hommes de science canonique. récité à voie basse. sans aucune trace exotérique. nullement. et fut. vivement. La première Confrérie dite Mohammédienne (attribuée à Sidna Mohammed) a. la çalat (invocation pour le Prophète).

non moins réputées. que la sainteté ne s'intègre. à travers la manifestation des signes de Sa Beauté et de Sa Magnificence. ni d'un intellectualisme contemplatif ou imaginatif. Es-Sahliyah (Salah Ibn Abdellah). à la suite de cet exposé substantiel. Des signes distinctifs ambigus et apparemment contradictoires. sont l'apanage d'un groupe de privilégiés. déroutent les esprits les plus critiques. Il s'avère donc. L'incapacité initiale de Le concevoir est . "Allah seul connaît Ses élus. El-Joneïdlydah.Les autres confréries. ni prédisposition. guère. mais appréciées. à juste titre. . répété par Pascal . dans le cadre d'une rationalité discursive. sans motivation.comme dit Abou Bekr es-Siddik. Ech-Chettariyah (Abdellah ech-Chettar) en-Neqchabendiyah (Bahâa ed-Dîn Neqchabend) El-Hallajiyah. La trans-conscience intime et la profonde nature cognitive. aussi bien par les adeptes du Soufisme. La conscience de cette grâce Divine n'est pas à la portée de tout le monde. El-Madariyah (du Chah Madary). touchés par la faveur de la Providence. Kharraziyah (d'Abou Saïd el Kharrâz). qui marquent ce sublime état électif. par contre la connaissance de Dieu demeure concevable. el-Khochaniya (du Qotb ed-Dîn et Khochani). que par certains adversaires. sont : les Rifaiyah (filiale Qadirite) Qocheïriyah. Si la conscience humaine est incapable de capter les caractères essentiels d'une âme élue. d'où la confusion ressentie.la véritable conception de Dieu. par trop littéralistes. d'après un hadith Qodsi (sacré).

comme marque indélébile de la prééminence de leur grade. autant de dons gracieux. inspirent les plus heureuses manifestations cosmiques. grand initiateur des Secrets intimes. très subtil. autre qualification transcendante du Sceau des Saints. dans le concert des Tijanis. par degrés. C'est une appellation très courante.d'après Ibn 'Arabi . la sourate du Qadr (Destin) aux multiples arcanes. qui se réalise au moment où le fervent adepte s'y attend le moins. accorda au Sceau des Saints . expression vivante de reconnaissance à Allah. comportant d'indicibles secrets des grâces divines. le point de concentration. revient au fait que ses litanies sont axées. de la figure apostolique réelle. qui concrétise la réalité Mohammadienne. D'autre part. en premier lieu. sur la même notion du "Hamd". qui débouche sur la grande ouverture. si ineffable et si sublime ? La voie Tijanya est connue. pleins de verve. Cette concrétisation fulgurante. L'image luminescente de Sidna Mohammed. marquée par la cristallisation. bien avant Sidi Ahmed Tijani. pour diverses raisons : Il ya. Seigneur du Royaume des Elus. qui en sont les motifs conducteurs. ainsi. Un troisième motif.CHAPITRE VIII: SOUFISME SALAFI OU CLÉS DU SOUFISME Pourquoi la Tijania est une voie Abrahamo-Mohammadienne ? La Tariqa Tijanya occupe. pour l'insigne faveur concrétisée par le Message sublime de notre Apôtre. alors. source d'inspiration de l'initié. parmi les voies soufies. le Prophète Mohammed eut l'aimable geste de s'allier et d'apparenter les adeptes assidus de cette Tariqa. intime invocation pour le Prophète. dite "Mère du Coran". la "fatiha". vue sa réelle parenté avec l'Imam des Prophètes. tous deux archétypes de la condition humaine vassale. Déjà. Entre autres. C'est également plausible. D'autres liturgies. qui justifient encore cette appellation. dépeignit les caractéristiques inouies de cette çalât. notamment. la fâtihi : invocation de bénédiction. souvent qualifiées de Chadhilites. est le propre de cette prestigieuse initiation où la fâtihi demeure la clé de tous les mystères. Maître des Maîtres. dans le dernier chapitre. d'abord. Le mourid transcende. il découle. implicitement ou explicitement. est. s'intègrent dans l'ineffabilité inhérente au "Katmia". Les disciples de ce Cheikh sont les propres d isciples du . des propriétés esquissées. Un autre leitmotiv de notre Tariqa est çalat "Jawharat el-Kamâl" (Perle de perfection) dont les termes. au sein de la trans -conscience. dignes d'hommage et de louange. vers le Summum. en premier lieu. Quant au caractère Mohammadien de cette voie.les insignes faveurs. cachet de gloire et inimitable directeur de conscience. Allah. Un quatrième justificatif: le grade élevé de son maître: Sceau Suprême de la Sainteté et héritier des splendeurs mohammadiennes. justifié par l'appartenance de la Tariqa à la série des confréries dites de gratitude. l'Imam Bekri. dans Sa Majestueuse Prééternité. Pourquoi cette affinité. sous la qualification ahmadya. D'autres considérations. toujours vivante. Sidna Mohammed (bénédiction et salut soient sur lui). sont la source de mystères inexprimables. que le concert plénier des Soufis admettait et appréciait. dans ses formulations les plus profondes. Une seconde raison est suggérée par la racine etymologique du mot "Hamd" . dans la hiérarchie mystique. un mobile apparent qui s'impose de prime abord : c'est le nom de s on promoteur: Sidi Ahmed Tijani. en corrélation concomitante avec le Sceau de la Prophétie. sur la çalât. une place d'un rang éminemment élevé. à propos de la (Tariqa Mohammadyah). axée. redevable à Allah de fervents éloges.

nettement. Le caractère abrahamique n'est pas moins marqué. résignation et abandon permanent à Dieu. dénie. "La religion de Dieu . à ce qu'Il a révélé à Abraham. D'autre part. ou plutôt. en précisant que la rectitude . C'est l'Islam dans sa pureté originelle. dans un renoncement. Jacob et aux douze tribus : Nous croyons aux Livres Saints que Moïse. On demanda. Le Coran tient à préciser. Le véritable soufi est l'archétype d'un salafisme sounnite. Ces honorables distinctions ne sauraient émaner d'une source. verset 78). équivaut en "ajr" (prime) et non en "martaba" (degré ou grade). nous ne mettons aucune différence entre eux. la prééminence du soufi des Derniers Temps. vers le grand Symbole d'unité Mohammadienne où les rites fusionneront. De par Sa grâce enveloppante. autre que la source Mohammadienne. "Dis-leur (Ô Mohammed) : "Nous croyons en Dieu. et l'Islam s'identifie à la religion d'Abraham. un jour. De véritables fresques. s'il n'est fondé sur une option authentique du Prophète. reflet imperturbable et fonction d'impondérables. . dont il fut l'Elu Préféré. dans cette voie. car toutes convergeront. fait remarquer que celui qui met en doute cette notion d'intégralisation sur-croissante. comme l'appelle Massignon. Une pieuse jalousie anime le Promoteur de l'Islam. où l'initié se réclame. à une cinquantaine de Sahaba (Compagnons du Prophète). Ce sentimentalisme qui s'allie. cette réciprocité d'amour. en dehors du Chadhilisme. vis-à-vis des autres Confréries. dans tous ses états. Le caractère miraculeux qui sort de l'ordinaire. à la fin des jours. n'aura aucun impact. aussi bien énergétiques que statiques. qu'aucune anicroche ne souille ni pollue. grand initiateur du bien. donc. toute spécificité mohammadienne est. C'est ce que le Cheikh Tijani explique. Les aspects essentiels qui imprègnent l'Abrahamisme islamique et. La discursivité demeure inapte à saisir les impondérables de ces flashs ésotériques. et se reflètent sur le miroir policé de toute âme dépurée. dans une ambiance non viciée par des écarts excentriques de bigotisme : Certains initiés semblent avoir oublié ce rayonnement heureux. Ismaël. La grandeur d'âme.justesse d'esprit et dignité de l'acte . s'esquissent spontanément. qui leur sont promis. se profilant sur les contours idéalisés de l'initié. "Dieu leur ordonne le Coran = "Dieu ne dit que la vérité. c'est-à-dire l'amitié divine libératrice. une donnée authentique de l'Islam. verset 1er). Mousnad Ibn Hanbel et Tabarâni). la patience et l'endurance qui cristallisent l'Ethique Abrahamique sont les leitmotiv de la Morale comportementieIle de l'Initié qui se rend à discrétion. dégagé de toute velléité. Allah centuple. le credo d'un musulman abrahamique. Jésus et les Prophètes ont reçus du Ciel. la religion d'Abraham. entre Dieu et l'âme khalilienne. se repercutent. nous sommes musulmans" (Sourate AI-Imrân. dont il cautionne les privilèges et les dons miraculeux. d'une luminescence palpitante. sans hésiter . à un intellectualisme intuitif. AI-Fouti Omar. partant le soufisme. Des signes d'une sublimité et d'une luminité indicibles. dont l'Islam a fait le fond même de son dogme. celle d'Abraham". Ces marques sont exclusives. dans d'autres caractéristiques très distinctives.est l'Islam" "(Sourate de la famille d'Imrân.est plus méritoire que mille miracles". à chaque instant. abrahamique. chez le soufi. (Moslim.la religion la plus aisée.précise le Coran . qui était pieux et n'associait point d'autres divinités à Dieu" (verset 89). le sens de gratitude (ech-chokr) dont se réclame le chadhilisme est transcendantallement développé chez Abraham. est conditionné par l'épanouissement spontané de l'Ego. d'une tradition prophétique. car. dépeinte dans un hadith où le Prophète spécifie que le "moumin" (croyant) du "dernier des Temps" (Akhir-ez-zamân). aucun problème de désintégration. chez Ibrahim el-Khalil. curieusement. D'où. en fait. symbole de la Soumission inconditionnelle à Dieu. dans le même creuset islamique. Son adoption ne crée. Sept autres propriétés impriment à cette Tariqa une spécificité marquante : A l'instar de la religion Mohammadienne. par définition. Cet attachement indéfectible à Allah est le fil conducteur qui marque l'élan abrahamique.Promoteur réel de cette Tariqa. jusqu'aux milliers. laquelle des religions est la meilleure ? "C'est -répondit-il-. elle est la dernière des Confréries dont l'avènement s'inscrit. suivez. touché par la Providence. en illustrent les inimitables et extraordinaires ébauches. au Prophète. qui englobe les religions révélées. telle la notion de grâce qui définit la (Khollâh). auteur des (Rimâh) (lances). devant toute atteinte ou entorse à ce bloc unifié. les primes de cette élite.

plus valable et mieux aimé de Dieu. ramasser du bois. pour assurer son gagne-pain que mendier". comme atout exhibitionniste. et. car. (Sounan sauf Abou Daoud).Le soufisme Tijani est un mysticisme islamique qui s'identifie à un système éthique dont l'idéalisme l'imprègne. se réclamant d'un fatalisme dévié. n'est guère de mise. Moslim et Tabarâni).aime le croyant qui exerce un métier".par un bon comportement envers les hommes" (Tabarâni). pour parfaire la Morale Universelle que l'Apôtre de l'Islam a été envoyé. profondément.dit le hadith . (Hadith rapporté par les Sounan. "Un croyant. en se réclamant de Lui et de Lui seul. c'est cet élan généreux de l'âme et du sentiment. est prohibée par l'Islam. "(Boukhâri. "Dieu -rapporte Tabarâni . aux préceptes de la Sounna. d'être perfide ou scélérat" (Tabarâni). si l'Islam consiste dans une pratique cultuelle adéquate. donc. car "Dieu n'agrée point une foi qui n'est pas étayée par des actes" (Tabarâni). se conformer. La valeur du geste d'un soufi est hautement appréciable. physiquement fort. la foi .affirme Si Larbi Ben Sayah comme conclusion de sa Boghya . éminemment élevés.sont le propre d'un véritable Tijani. La qualité de l'acte réside. aucunement. qui fait la force d'un soufi. dont l'ultime désir est de se sentir comblé par Allah. à l'exception du Mouatta). sans dépendre.dont se réclame le soufisme . en l'empêchant. L'espérance et la persévérance sont. La véritable richesse. le propre d'un croyant ou un soufi salafi. C'est ce processus sounnite. strictement. Deux qualités essentielles . sans dévotion outrancière. C'est. d'un autre que LUI. La mendicité. qui doit commander le comportement d'un Tijani. dans un comportement qui s'ingénie à éviter toute atteinte à l'honneur et à la dignité d'autrui. davantage dans le sens d'abnégation et dans l'altruisme. S'attacher fermement à Dieu. mais plutôt la richesse de l'âme. ose tout se permettre" (Tabarâni). dans une tradition rapportée par Moslim . . où toute religiosité creuse est bannie. Le dilettantisme défaitiste ou nihiliste. par excellence. mais pratique. et avec une vision réelle des conjonctures. "La foi subjugue le croyant. Autant de caractères. "La pudeur est une marque de foi".implique la conviction qui s'identifie à une adhésion totale à Dieu et à une sublimation. d'un humanisme transcendant. but suprême auquel aspire un soufi . chez certains bigots. que dans la valeur matérielle d'un don. qu'un moumin de faible constitution". dans un conceptualisme qui accorde prééminence aux concepts coraniques et à la tradition prophétique.n'est guère l'aisance matérielle. Mais. pouvant nuire aux passants". Une des branches de cette foi agissante est "d'écarter d'une voie publique tout obstacle. se manifeste . Toute ostentation déviante est considérée comme un comportement excentrique. en effet. pour un moumin. "Mieux vaut. en Islam. qui caractérisent le croyant.affirme encore le Prophète. celui qui en est dépourvu. "celui qui s'écarte de la Communauté se détache des liens de l'Islam". est . "La foi. c'est-à-dire le véritable soufi.

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unique in english.Translation by Syed Nawad Ali of excepts from Book three and four (Destructive Evils and Constructive Virtues) of the Ihya Also includes short chapter from Minhaj AL 'Abidin (Path of the Devout). x 1 70pp. destructive Evils. indexes of names & Arabic words. . 1969. Al-Ghazzali Foundations of the Articles of Faith. Constructive Virtues. 1966 xii. an essential in Islam. indexes of naines and Arabic words. describing different kinds of Zakat (obligatory charity). etc. v. Translation by Robert Stade of the major portion of the Maqsad AI Asna in which Ghazzali showed in what sense men might hope to imitate the attributes of God embodied in his beautiful naines (qur'an. AI-Ghazzali The Mysteries of Almsgiving. Book 111. recruitment 1973 (248p)          . Chapter on Dhikr. Bibliog. Based on three printed texts. 8) 1970. (6) prayer. 96 pp. (7) loyalty and sincerity and. AI-Ghazzali The Mysteries of Purity. AI-Ghazzali On the Duties of Brotherhood. 95 pp. Translation by Amin Faris of third chapter of first book of lhya on ritual purification. 144p. the distinction between "believer" and "Moslem". keyed to Arabic text (not included). 138 pp. (2) persona] aid. structure of sufi orders. (4) speaking out. 100 pp. 35). Introduction contains useful list of Gazzali's known works. Book lV (2 parts). indexes of naines and Arabic words. but a crucial contribution to understanding Ghazzali's mystical insights. payment spiritual subtelies in charity. v. 536 pp.H. (3) holding one's tongue. Book Il wordly.T. . xx. (8) informality. 1952 vin. (5) forginveness.xxiv. Brief. N° index. Index. whose faulty grasp of English rarely obscures his meaning and is compensated for by completeness of this work. and may deepen insight of the reader into this profound verse. Michael. (Saint and Sufi in Moderr) Egypt). AI-Ghazzali The Mysteries of Fasting. 2nd ed. Introduction of 75 pages by translater. viii. translated by Maulana FazIul Karim. as the holy prophet said : "Purification is half on belief. Translation by Amin Faris of fifth chapter of first book of lhya. Cairdner of Ghazzali's mystical treatise on the light verse of the Qur'an (s. 334 pp. Translation by Amin Faris of second chapter of first book of Ihya concerning belief. Bibliography. 175 pp. 1944. Translation by Amin Faris of sixth chapter of first book of Ihya on obligatory fast of Ramadan and rules for optional fasts. 1975. Translation by Muhtar Holland of part of chapter V of book Il of Ihya on eight duties of Brotherhood: (1) material assistance. said to be last of Gliazzali's works. Details on life of author. AI-Ghazzali Ninety-Nine Names of God. AI-Ghazzali Some Moral and Religious Teachings. rest is translation. Gilseman. AL-Ghazzali Ihya Ulum ed-din (Revival of religions sciences) Ghazzali's magnum opus. notes. Book I : worship 335 p. five volumes of four books. one manuscript copy.'' References. usages.(Niche for lights). 282 p. Translation by W. Set only. AI-Ghazzali Mishkat al-Anwar. s.

Apparently based in part on Kitab ul-lumma'. AI-Hallaj. martyred at kerbala bringing water to beseiged Hussein. written in Ilth cent. (xv. n. viii. 1962 (244 p. subjects and orientai works. 1969 (1 01 pp). (see Data Ganj Bakhsh) A. (see Kashf al-Mahjub under sufism). the first comprehensive work on thte life and work of al-Hujwiri.. Arberry of the Kitab al-ta'arruf li madhab ahl al-tasawwu an authoritative 10th c. 129 pp. personality and writings. Massignon. This volume also includes "The song of Purification" of the late Sheikh of the contemporary Habbibi order and commentary by Sidi Fudul Al-Hawari as-sùfi. Nicholson of oldest persian treatise on sufism. He was IIth c. AI-Hallaj. le calligraphe (60 p.S. A philosophic study of Ibn Tufayl's Hayy bin Yaqzan.J. AL-Hujwiri Hazrat Data-Ganj Bakhsh (Hujwiri). Mansour THe Tawasin. Hassan.) Kadic. AD Persian treatise on sufism. AL-Hujwiri Kashf al-Mahjub (Revelation of the veiled) translation by R. Diwan Traduit de l'arabe par L. also known as hazrat Data Ganj Bakhsh. Sarajevo 1963. By Masud-ul-hassan. places. AD Sufi. books.d. Gives biographies of sufis. Islamic naturalism and mysticism. 1974. Translation by A. "this is a poignant document composed by an eminent sufi awaiting execution in Baghdad in 1131 AD in a vain attempt to have his sentence overthrown. whose uncontainable fervor brought down the wrath of orthodoxy in Baghdad and led to his martyrdom. 394 pp.AD work on sufism. Indexes of persons. Aperçus sur L'Esotérisme Islamique1973. 101 stories taken from al-Hujwiri's famous Kashf almahjub by M. whose tomb in lahore is still a place of pilgrimage. Translation by A.J.  Guenon. Resad: Mevlud (poem on the birthday of Muhammad). 168 p. 1936. subject of numerous commentaries by eminent s ufis. 63.H. AI-Kalabadhi The Doctrine of the Sufis. Arberry sub-titled "The Apologia of Ain al-Omdat al-hamadhani. (essais). Tales from early Sufism illustrating various aspects of mystical core of islam. known in India as Data Ganj Bakhsh. S. native of Ghazna. 1974. Kader AL-Junayd: The life. Hawi. 282 p. discussion of technical sufi terms. annual mourning of shi'ites for Hussein AL-Hujwiri (Data Ganj Bakhsh) Stories from Hazrat data Ganj Bakhsh.) Hazrat Abbas. lzvrsni odbor Udruzenja ilmije u SR BIH. intended to bridge the gap between sufism and orthodoxy which had widened after           . Grandson of Holy prophet (PBUHH). disciple of alJunayd. an earlier Arabic classic which Nicholson later edited and summarized (see Abu Nasr al Sarrâj). AD by Abu l'hassan al-hujwiri. son of hazrat Ali by Fatimah. René.) AI-Hamadhani A Sufi Martyr. note on symbols of Muharram.A. only English version in print of profound and mysterious "ecstatic utterrances" (Tawasin) of the 10th c. director of hazrat Data Ganj bakhsh Academy in Lahore. 443 pp. 81 pp. Comparisons of various sects.

) Scholars. we should not have known sufism. Sufism is concerned with Khilvati's. 295 from "meditation" to "Dhikr" "the ultimate practice". Sufi and jurist. Illustrated with contemporary scenes of the order. hazrat Inayat Khan. Pir Vilayat Sufi Masters. prof of islamic philosophy in University of Tripoli.) Khan. "Profusely illustrated. Khan. vi. even possibly an initiate. Khushaim. Most important sentence in book appears only once: "The Dhikr should not be practiced without being prescribed by an authorized sufi. 1971. Lists of citations of Zarruq. with chapter on his criticisms of predecessors and contemporaries. History of order. 1974. Bastami. Hallaj. and sufis sub-titled Muslim Religious Institutions Since 1500. By A. Acknowledgement of the unity of alms is an aspect of sufism much emphasized by Pir Valayat. transcending ail that went before. 260 pp. Suhrawardi al-maqtul (also a martyr) said of it: "but fort he Ta'arruf. and Mahdists of Sudan. of puritanical sunni school of 'sobriety' after al-junayd.        .martyrdom of Hallaj. called here 'scholars') occupies 3/4 of book." 189pp. Drawing material from various writers on sufism. x 132 pp.  Cambridge University Press 1977 (173p) translation originally published in 1935 Keddie. Valuable material on role of Ulema (Doctors of law. 678 pp. 43 pp. careful scholar while sympathetic. Glossary of technical terras of sufism (xii. Extensive excerpts translated from Junayd's writings. Kader. xi. Admirable review of pure Islamic Sufism according to Zarruq. Khan. contains invaluable material on one of the greatest of the early (3rdAH/ 9thAD cent) Sufis through whom most sufi orders trace their spiritual descent from the Holy Prophet. there are many ways to him. 218 pp AL-Junayd The Life. founder of a Tariqat of shadhili order in North Africa. Ibn 'Arabi. Valuable charts of silsilehs (spiritual genealogies) of Zarruq's and other orders. Ahmad Zarruq alBarnusi al-fasi. Personality and Writi. 401 pp. Although there is but one-God. N.R. High point of book is transition on p. he neverthless was un-bigotted regarding the "intoxicated" such as alHallaj. Shihabuddin Suhrawardi and his own father. an attempt is made to show harmony and consistency of sufi doctrine. Khaja Studies in Tasawwu (Sufism). 1972. which is heart of islamic mysticism. the author belleves it to be possible to reconcile orthodox philosophy with sufi doctrine. whom he. like Junayad. Khajia The Philosophy of Islam. Ail ZarruQ. catalogue of 108 known manuscripts and 23 commentaries. Author. 'Attar. Khan. Book contains 16 papers by scholars whose interest is more political and anthropological than spiritual. Brief remarks on lives and teachings of Rumi. saints.H. Hamadsha' is. Life and work of 15th cent. Short excellent article on rare topic of religious observance among Islamic women corrects many misapprehensions. Pir Valayat Toward the One. While recognising the difficulty of discursive treatment of Tasawwuf (sufism). Foreword by RWJ Austin. (Ed. 1976. condemmed for imprudence. The Sufi.

330 PP. By F. Jalal Ed-Din Rumi The whirling Dervishes.including 18 letters and essays with Arabic text.H. xiii. 276 pp. Jalal Ed-Din Rumi Teachings of Rumi. reprint 1973.J. M. The Sufi.J. 3 vols. Hadland Davis. introduction. in addition to a short life sketch. Whinfield of selections from Mathnawi. Jalal Ed-Din Rumi The Mathnawi Translation. Jalal Ed-Din Rumi The Persian Mystic. 244 pp. The only English translation. Nicholson from 13th c. Jalai Ed-Din Selected Poems from Divani Shamsi Tabriz Forty-eight odes edited and translated by R. 200 pp. reprinting. Selections and translation by A. 170 pp.D. Handsoniely illustrated volume of the Sixth Annual Near Eastern Round Table at New York University. the sufi saint. Preface by Erich Fromm. A symposium honoring the 1000th anniversary of the birth of the scholar al-Biruni.B. Arberry. Arberry of short commentaries and illustrative talks by the great Persian Sufi with his disciples. Virtually none of these poems by the founder of the Mevlevi dervishes has been translated before.  Jalal Ed-Din Rumi Discourses of Rumi. Nicholson with translation from the persian. Peter Chelkowski. Browne with introduction and notes. 3 vols. commentary.A. 1962. Editor. copies now scarce. By Ira Friedlander. 238 pp. a systematic study of Rumi's re-birth as a total being by a psychiatrist whose persian origins combine to qualify him especially to reveal and explain the elements of Rumi's life which are so relevant today. 1972. Let us know if you wish to be notified translated by R. Jalal Ed-Din The Rubaiyat select translations of Rumi's quatrains into English verse by A. Jalal Ed-Din The Mystical Poems of Rumi. List of known works.           . 1975. 250 pp. Jalal Ed-Din Rumi Poet and Mystic selections from his writings by R. Translation. Translation by E. 1949. 192 pp. 128 pp.J. 1968 viii. By A. The Persian. 2 vols. AD Persian. 1950. Jalal Ed-Din The saint and the scholar AI-Biruni. Nicholson from a mss of E. 846 pp.A. and commentary 2 vols. Reza Arastech. Includes. a handsomely illustrated account of the history of the Mevlevi Dervishes. a translation of some of Rumi's works. and notes. is known as Fihi ma fih ("In it is what is in it") from Rumi's reply to a disciple who asked if it contained his teaching. 1444 pp. from 1898 edition. 1985. Arberry of 200 of the odes of the Divani Shamsi Tabriz of the great Persian mystical poet. xx. One of most profound mystical commmentaries on the Qur'an and esoteric Islam ever written compiled from most authentic manuscripts' Persian and English indexes. 204 pp. and the 700th anniversary of the death of Rumi. Translation by A. Jalal Ed-Din Rumi.A.

who transformed him from a scholar to a mystic. Abdul Qadir Futuh al. Poem of the way. study by A. and his profoundest treatise. fourth shi'ite Imam. founder of the Qadariya order of Sufis in the 11 th cent. Jami: The Persian Mystic. AD. AD Naqshbandi Sufi. Yusuf and Zuleikha. XIV. who summarized his mystical experience the Poem of the Way (Nazm of Suluk) of 756 rhymes. Nur ed-Din Abd ar-Rahman Jami. xi. detailing Rumi's meeting with Shamsi Tabriz. Deux océans: 1) Mystical Philosophy of Muhyid Din Ibn' Arabi. Lawa'ih (Flashes) viii.J. AD. 159 pp. Ibn' Arabi. Austin of Ruh al-quds and al-Durrat al-Fâkhirah     3) The Fanthestic Monism of Ibn' Arabi Doctrine of Wahdat ul'wujud (Onesess of Bains) quoted in Arabic and English by SABLE.E. Sufi Aphorisms. Arable of the Sufi poet.their eclipse under Attaturk's political reform of Turkey. L'Arbre Du Monde. His prayers included. which have become classics of Persian literature: Majnun and Leila. Also selections of his mystical works. a Persian mystical poet and Sufi of the 15th c.p.  Jalal Ed-Din The Whirling Ecstacy. 88 p. (146 p. to which Arberry has added a literal translation and his own free translation. Hadland Davis. according to Najm ed-Din Tusi are "symbols denoting the various degrees of the intellects.    . great 15th cent. composed mystical poems symbolizing in erotic images the love of the soul for God.Hussaini. Salman and Absal. 1965. 1970. 206 pp. 103 pp. Jilani. 1975. the characters of which." 2 plates. Jami. son of hussein by daughter of last pre-Islamic ruler of Iran. viii. Yusuf and Zuleikha and Salaman and Absalom. in work complementing Affifi's. Affifi. 1956. (288 p). The title indicates an examination by AJ Arberry of a translation of Jami's poem by Edward Fitzgerald.W. AD biography by Aflaki. Translated by Victor Danner of Kitam al-hikam 1973.J. Excerpts from the classical 14th c. XVI. by F. Remarkable illumination of Sufi thought in sympathetic translation by M. 213 pp. 32 pp.p) Ibn 'Atâ Illah. Arberry from the 14th c. Abd Ar-Rahman Fitzgerald's Salaman and Absalom. Ahmed. Imam Afi -Zain-ul-Abidin. Translated by A.p. contains notes on the life of Nuruddin Abdur-Rahman Jami.Ghaib (revelation of unseen) Eighty discourses of the saint of Baghdad. and their partial re-emergence in the name of contemporary -Tourism".) Ibn AI-Farid. 1975. 1967 xiii. 1952 (88 p. 213 PP.A. 2) Sufis of Andalusia. the Beharistan. XVI (250 pp)  The Wisdom of the Prophets (Fusus ul-Hikam) Translation by Angela Culme Seymour. Translation by R.

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184 pp.. (Origins of Safawids: chiisme. Suhrawardi (b.) and based on lectures delivred at Harvard University.. annoté et traduit par Louis Massignon et Paul Krauss. sects (Shi'ah. which. Taoism. and Islam.: col.p. Sufism and the Ghulât).D.M. -3e ed. 121 pp. Excellent review written from within Sufism of all of Islam: origin. Includes discussion of forerunners of each and development of these key aspects of Muslim intellectual and spiritual life.) and Ibn' Arabi (b.. 3 ed. M. 1935 Nasr. and Sufism in terms of the lives and works of three towering figures in these fields: Avicenna (d. 155 pp.1165 A. and the philosophical and metaphysical aspects. in Islam are contained in philosophy on the one hand and sufism on the other. Harith: An Early Muslim of Bagdad by Margaret Smith.) Miraj nameh.  Massignon. 1967 (rep). Seyyed Hossein Ideals and Realities of Islam An introduction to the religion of Islam. 1972 (1 02p. bibliog. Hinduism. intended originaly for Muslims confused by contact with the christian west. 1975. Trad. By one of the leading scholars of Iran.D. 152 pp Nasr. 378 p.London: Scholar press.). illuminates attitude of christianity. introduction and commentaries by Marie-Rose Séguy. Sunni." This comparative study by a muslim scholar of the place of man in relation to natural world. Nasr. The Miraculous Journey of Mahomet. 1967. Akhbar AI Hallaj. etc. Seyyed Hossein The Encounter of man and nature subtitled "The Spiritual Crisis of Modern Man.Paris J. Vrin. the sciences of nature. shows the ecological crisis is an aspect of modem western man's spiritual crisis. 1153 A. Essays dealing with three basic aspects of Islam and its intellectual and spiritual life: social and juridical dimensions of Islam. 30 cm AI-Muhassibi.          . 158 p. 1974. Seyyed Hossein Sufi Essays. Illuminationism. Louis. law and mysticism. 1977. doctrine. publié. Mazzaoui.D. Seyyed Hossein. Nasr. Text.). Isma'ili. Nasr. Akhbar AI-Hallaj: recueil d'oraisons et d'exhortations du martyr mystique de l'Islam Husayn Ibn Mansur Hallaj/ mis en ordre vers 360/971 par Nasrabâdhi et deux fois remanié. 183 pp. 1957. Emphasis on the pertinence of Sufi teaching to contemporary problems. Continuation of the themes of Ideals and Realities. 1967. Massignon. 1037 A. 1968. index. 64 pp. notes. concerned with sacred law. (Etudes musulmanes 4). ill. Translated from the Arabic by Mir Haydar. Seyyed Hossein Three Muslim Sages (Avicenna SuhrawardiIbn'Arabi) Really a study of Muslim philosophy. Louis. Islamic Studies. Penetrating account of the spiritual and metaphysical message and significance of Sufism as a living spiritual tradition. translated from the french by Richard Pevear.

Javad: Divani Nurbakhsh-Sufi Poetry. 1962.. en terre d'Islam). R. R. Nicholson. Miguel. 1974. Extensive biblio. biog.. Les Cadres Maraboutiques de L'Islam Sénégalais. 67 a72. Gnosis. Pelly. Parrinder.D. Lewis The Miracle Play of Hasan and Husain.) and Imam Hussain (A. incl. Paris. Persian philosopher. 144 pp. teachings.i.).N. by which Shi'ites memorialize the martyrdoms of Imam Hassan (A. 11. Jacob (Ed) The Sword of Gnosis. general Qur'ani and Biblical indexes. Wollaston from 19th cent. Rahman. Concentrates on detailed examination of Qur'anic teachings about birth connected with him. 303 pp. Admiring foreword by H. Extensively annotated by A. 1963.). compilation by Oersians under direction of secretary of British Embassy of a complete Tazzalya play. The Idea of Personality in Sufism. Saints and miracles. xii. Peyronnet.S. Nevertheless most valuable and best material on subject in English known to us. cosmology. Authentic 19th cent. Nicholson. A collection of essays on metaphysics.H. Parrinder approaches Islam as a religion akin to christianity and explores sympathetically all the 93 verses in which Jesus is mentioned. (680 A. 4 p index to notes. vii.A. : "Contacts de la spiritualité musulmane et de la spiritualité chrétienne" Islam et Occident. 187 pp. J. Notes et Etudes sur L'Islam en Afrique Noire. An early. index. murder of latter on 10th Moharram 61 A. Lings. Hossein Nasr. The only known treatment in English of the 17th cent. Nurbakhsh. Gibb. sources. V. In Chailley (M. Nizami. 265pp. 178 pp. Khaliq Ahmad Life and Times of Sheikh Farid-ud-Din Ganj-i-Shaka Scholarly but deeply sympathetic biography of the 13th cent. esp. tradition and symbolism mostly Islamic in viewpoint by Schuon. The Mystics of Islam. influence on non-muslims.A. Chisti saint known as Baba Farid. Needleman. 342 pp. poetry. pp. Burckhardt. A. Biraben (Une confrérie musulmane moderne: (les Alaouiya. etc. giving parallels in Gospel where they occur.A. of 1879 ed. Guenon. Life. 464 pp. who was hostile to Islam and ignorant of Shi'ism. Prof. 1976 (rep).R. 1980. v. George Sale. New York. 1973. Fazlur The Philosophy of Mullah Sadra. repr. Divine Love. 3e trim. The Unitive State. but often bears marks of genuinely personal religion inspired by a personal God.S. Palacios. notes on successors. Probst. Documents du Cheam.viii. Rahman's conviction that lie was not a Sufi is probably correct . but still valuable study by the eminent orientalist of Sufism covering The Path. 1945 Quesnot (F. Attempts to show with examples literature that Sufism is not essentially pantheistic.).) Edit. col. unfortunately. xxxii. Pallis. including. Illumination. with useful notes and translations of original material not available elsewhere. setting them in context of Qur'an as whole.. but the source of his           . Geoffrey Jesus in the Qur'an. 106 pp. from the quaterly ''studies in Comparative Religion" for which a valuable cumulative index by author in appended.

Includes translations of excerpts from Najim ed-Din Razi. Appendices on remedies for minor and major sins. readable introduction. Abdulaziz Abdulhussein: Islamic Messianism/ The Idea of Mahdi in Twelver S hi'ism.P. Hakim The walled Garden of Truth. Al-Sarraj. Saeed. etiquette. 451pp. Arabic text and index. viii. 277pp. 197. 1974. Glossary. Translation by Maj. Sana'i. The Persian Sufis. death. Born 1175 AD." XXXIII. Abu Nasr Kitab Al-Luma' Fi'l-Tasawwuf. Stephenson and improved his prose. 256 pp. 494pp. Saeed. principle doctrines and Sufi practices. indexes. glossary. 154 pp. Hafis of Qayyam. One of the earliest extant works on Sufism (4th c. Edwards of entertaining anectodes and devotional wisdom of the sage of Shiraz. 13th c.1974. Hakim The Enclosed Garden of Truth. with making partners with God and ending with bad manners. Albany.rational expression was Shi'ite Irfan (Gnosis) as Corbin shows (see Sufism) and Rahman acknowledges. Cyprian. Saeed. dreams. relations with others. Maulana Ahmad What Happens After Death?. various works of Jallaluddin Siyuti. Part Il: Psychology: Man and his Destiny. Translation by A. 460p. Written in terms of christian mysticism by a Dominica'n priest. Selected ahadith with commentary based on Tadhkirat of Qortobai. 1971. Clear. bearing the imprimatur of the church and acknowledges having advice of a Pir (Spiritual Master) of Ni'matullahi Order of Sufis in Teheran. translated from Urdu Rahm Ali AI-Hashmi. but selections well made. beginning.          . Part Il: hagiology. Prières et Remèdes qui Guérissent. dhikr. Maulana Ahmad Fear of Hell. Persian text: 100pp. Saadi was a disciple of the Sufi Pir Abdul Qadir Mani. Sa'adi Of Shiraz The Bustan (Fruit Orchard). 156 pp. In spite of usual protests of Sha's circle that Sufism is ''above'' Islam. 104 pp. Part 1: Ontology. Not really new translation.Hadiqat by Maj. Stephensen of the first chapter (of ten) of a Persian classic on Sufism by Sana'i (1118-52 AD) of whom Jallal ed-Din Rumi said: "compared to Sana'i 1 am only half-baked. 1975. O. David Pendlebury. Pendlebury acknowledges that its aim is to know God. Translated by Rahm Ali-Hashmi from Urdu Collection of ahadith bearing on acts leading to hell. 1972. Intended to show consonance of Sufism with the Qur'an and traditions of the Prophet (PBUH).75pp. Sachedina. 1964. text: XXXIII. follower of Idries Shah. Maulana Ahmad Key to the Garden of Bliss translated by Rahm Ali al-Hashimi from Urdu collection of ahadith setting forth pious actions and worthy deeds. Sana'i.  Rice. Sha'rani and others. Describes the Sufi way and its goal. AH) by the master of the master of Abu sa'id ibn al-khair. Notes. 1981. has abridged translation of Hadiqat al. Sage. 233pp. including prayers and other pillars of Islam. 197 pp. AD Kubrawiyya Sufi.H.

transcendental gnosis. rose and nightingale theme in Turkish and Persian poetry. narnes and technical terms. unity of being. writes from this view. turning of dervishes. From International Rumi Committee. It is therefore a legitimate. Paul. 160 pp. Dard produced a kind of spiritual biography while Latif is seen in emotional outpourings carefully translated from his Sindhi. It is important to remember in such pursuit that Muhammad (PBUH). but very rewarding. 1963 (rep). Annemarie Pain and Grace. Schimmel. Though it is not always apparent. his messengers are many. Matheson. Appendices on mystical calligraphy. striking color photographs of tomb of Rumi. development of Sufism in Inde-Pakistan. perhaps the finest exposition of the perrenial and spiritual truth of Islam available on English. 1976. Schuon. Opens with masterful essay on the indian scene in 18th cent. Le. Translated by D. Originally pub. 28 pp.. Closely reasoned discussion of logical basis for belief in suprarational forms of knowledge. Chapters on the proofs of God. 1948.A Study of two Mystical Writers of 18th Century Muslim India Mir dard ('pain') 1721-1785 of Delhi with Naqshbandi connections and Shah Abdul Latif ('Grace') 1689-1752 of Bhit are compared in beautiful but scholarly treatise by Prof. calligraphy. 1977. Voile et quintessence. hadith. names and places. oriental dialectic and its roots in faith. 1273. Schimmel. subjects. 1975. dervy-Livres. Schuon. Schuon Frithjof. Frithjof Transcendent Unity of Religions. Nail Keseva (a Mehlevi musician) and J. and ahadith. 1975 (273 pp). intellectually difficult. Sufi psychology. Les Forces Mystiques. as the Seal of Prophets. Schuon. Most comprehensive work on Sufisrn to appear in English. himself a Moslern as well as a sufi.N. Amitiés Sphituelles.  Schimmel. Frithjof The Logic of Transcendence. 138 p.A Commemoration Commemorate's 700th anniversary of death of jallal ed-Din Rumi on Decembre 17. though perhaps peripheral study to attempt to discern his oneness behind or within the diversity of the messages. Extensive bibliog. "theosophical" Sufisrn (wherein Ibn Arabi's much misunderstood Wahdat-i-wujud.English summary. indexes of Qur'anic refs. 3 10 pp. Semers. 1963. development of the orders. xiv. perceptively clarified). Profound. full colon.e. Nicholson. is the criterion of completeness and perfection. by a scholar whose heart has not been petrified by the mind nor has the mind been drowned by feelings. J. 1974. Bibliog. Includes history of classical Sufism. By a European Moslem from within the Sufi tradition. 156 pp. i. Schimmel. indexes of Qur'anic quotations. Et Al The Whirlinig Dervishes. beautiful informative collection by Prof. xxiii. letter symbolism. man and certainty. feminine element in Sufism. Though Allah is one.        . Sedir. Frithjof Understanding Islam. Le Soufisme. glossary and indexes by R. Schuon. 506 pp.. Annemarie. 472 pp. understanding and believing. nature and function of the spiritual master. Annemarie Mystical Dimensions of Islam.A. etc. Moore. Schimmel. etc.

Shah. sufism. SHAH. Suhrawardi and Naqshbandi. 130 pp. In his introduction. Leaderer of poetical answers to profound mystical questions put to Sheikh Sad ud-Din Mahmud Shabistari in the 14th c. Sena'i. Shah has devoted himself to popularizing Sufism in the West by insisting that it is not essentially Islamic. through lie acknowledges on the first page of introduction to this work that Islam in the "shell" of Sufism. 166 pp. and Rumi (every one a devout Moslem). some material from four well-known orders: Chisti. 248 pp. Jami. most for first time in English.. Shah's learned father a Sufi. this is a fascinating introduction to sufism and its many unsuspected (and possibly occasionnally imaginary) influences on western civilization. Jurji with introduction and notes of Qawanin Hikam al-Ishraq by 15th cent. the Koran is the last text book of Sufism. Sufi. Shabistari. 1939. 197 1 (rep).         . 288 pp. M. VIII. discusses misunderstandings of Western orientalists. Shadhilli. Ash'arism. Idries The Sufis. gives excerpts from classical sufis: Ghazzali. despite the fact that he may be following an occult way. Abu AL-Mawahib Illumination in Islamic lvlysticism Translation by Edward J. Nevertheless. Index. 1968. 299 pp. Shah. Whosoever. 'Attar. al-shadhili. from various sources. spiced with mystery and magic and conveying the atmosphere of Islamic society. For reasons best known to himself. Idries Nasruddin. 404 pp. A Sufi classic. Still active. finally pet-pourri of "teaching stories" many of which appear in English for first time. goes on to say: ". is not a Sufi". 74 pp. xi. Shah. such as the Gurdjieff work. xii. Amina Arabian Fairy Tales. Account of the four principle philosophical movements of early Medieval period-Mu'tazalism. insists on the essentially islarnic foundations of genuine sufi ways. Excellent introduction to sufisrn by father of Idries Shah. Ibn' Arabi. Qadiri. Jinn and Viziers. and the prophet Mohamed the greatest Sufi of all times. which confuse the seeker of Sufism.. Translation by F. Idries Tales of the Dervishes. he points out the various pseudo Sufi cults and off-shoots. A collection of 28 traditional tales for children about caliphs and dervishes. first made famous in the West by Gurdjieff Delightfül and amusing. Tales of the legendary Middle Eastern figure. SHEIKH. Shah insists they are profo und. Shah. 1969. Careful scholarly presentation of Egyptian Sufi of North African Shadhili order of 12th cent. 1964 xxvi. First in a series giving Sufi tales. 222 pp. Khayyam. AD by Seyyed Amir Husseini of Herat. influenced by greek philosophy. Idries The Way of the Sufi. does not subscribe to this idea. Shah. SAEED Studies in muslim philosophy. IKBAL ALI Islamic Sufism. 1967. Appendix identifies in chronological order 62 Sufis from 7th to 20th century who are quoted. Sa'adi. Mahmud The Secret Rose Garden. Mullah Naser edDin. and the Ikhwani-safà(Bretheren of purity) as weil as other thinkers of the period. who. therefore. unlike his son.

by Menahem Milson. Reviews pro -Islamic Christian Mysticism in Near and Middle East and shows extent opf diffusion and influence of christians. Muhasabi. MARGARET Readings from the Mystics of Islam. dhu'n Nun Misri and Abu Yazid Bistami. v. subject of later work by author(see Smith-2160). Allemand . SMITH. location of tombs and dates of death of 123 saints. Avec U Epistemologie de La Pensée Goethienne . qadiri's. reprint of 45 year old work not yet superseded. together with a short account of the history and doctrines of sufism. JOHN A. By a christian drop-out from sufism(40 years ago) in pakistan (Qadiris). practices. of experience(May of Islam). (Rabi'a the mystic). 1967. Naqshbandi's. 1936. SHEIKH AHMAD The Majaddid's Conception for Tawhid by Burhan Ahmad Faruqui. 1976(91 P. Cambridge. SMITH. WILLIAM(Sufism: the Mystical Doctrines and Methods of Islam). 346 p. Translations from nearly 50 Arabic and persian originals. Medecine et Science Spirituelle. STODDART. RUDOLF. 236 p. 1975. followed by short sketches of great early sufis: Rabi'a the saintly woman. and Naqshbandis. Chistis. ABU BAKR The book of certainty. Jane and HADDAD. Yvonne: Islamic Understanding of Death and Resurrection. 412 pp. esp. 270 pp. and of vision(Goal of Islam). study of the islamic Mystic of the 10th c. brief biographical notes on each sufi writer.. SMITH. Rudolf Trad. Martin Lings. transl. AD. SMITH. 1928. A work of profound insight by a contemporary Sufi. S. (94 pp. 144 pp. fallait with details of history. MARGARET The way of the Mystics sub-titled " The Early Christian Mystics and the Rise of the Sufis". including the three levels of certainty: of knowledge(Message of Islam). 1981.D.vi. 1976. 132 pp. known in the west as Dr. 1976 (rep-). Chains of succession to Mid-19th cent. SIRHINDI. Meditations on qur'anic themes. 1974 (108 pp). Sufism: Its Saints and Shrines. who had been sold into slavery as a child. Albany. x. xii. SUHRAWARDI (a sufi rule for novices. 276 pp.) SUBHAN. warm relations Between Muslims and Christians in first islamic century. Sirhindi was affiliated with several orders: Suhrawardi. STEINER. Brief treatment of Islamic Mysticism and rise of Sufism.)           . 220 pp. 197 1. A. SIRAJ ED-DIN. Mystique et Esprit Moderne. 1978. called the Majaddid-i-wujud and central to the subsequent development of sufi doctrine. settled in Basra and died there in the late 8th cent.chisti's suhrawardi's. MARGARET Rabi'a the Mystic of Her Fellow Saints in islam life and times of one of the earliest mystics of islam and the first famous woman mystic.

/1260h). Livre des Directives et Remarques. SUHRAWARDI. an account both sympathetic and critical. n°. fut./11309 de l'hégire. by Seyyed Ali Mohani from arabic text of 11 th cent. HAZRAT IMAM ALI Sahifa-e-karnelah (The Book of perfection) Another english version without arabic text. Abou-Nasr. 1970. Index. By Ahmed Ali Mohani with 92 pp. ZAIN UL-ABIDIN. J. Abdelaziz Benabdellah. 1971. juriste. 1968. xii. maillon fondamental dons l'une des grandes chaînes de trans mission initiatique. un véritable guide. Spiritualité et Pensée Africaine."Philosophical Implications of the problem of Divine Attributes in the Kalam" in journal of the American oriental society (JAOS). H. 195. Forget. 298 pp. Phy losophie religieuse d'Avicenne. J. Française de A.). Leyde. SPENCER The sufi orders in Islam.A. un livre de c hev et et un c ode d'orientati on mysti que Bnou baba Ahmed (déc édé en 1844 ap.C. sub-titled (a sufi order in the modern world). VALIUDDIN. Outstanding work of scholarship which treats the social and institutional framework of sufism throughout its history. 1981 Corbin. ABUL-ABBAS (The Tijaniyya).Imagination créatrice" c hez l bn'Arabi. NIR (Love of God). of the first (1958) ed. Goichen. a été publiée au Caire. Trad. d'El Hatimi. Paris. éd. .) WILL DURANT " The Age of Faith" History of Medieval civilisationfrench translation. introduction and appreciation. XCII. 333 pp. P aris 195 1 .) AT-TIJANI. ZAHAN DOMINIQUE. La Pensée Islamique et le Monde moderne. The concept of love as it has evolved in sufism. C et ouvrage. trad. par J. 1965 (20 P. (VIII. son titre global est "Boghiat el Moustafïd fï charhi mouniat el mourid " (but de celui qui c herche à tirer profit du c ommentaire du Désir de l'Initié). Presses de la Sonir. sixty-eight prayers for all occasions tr. 190 pp.M . scholarly (30 pp). 1952. décédé en 1892 ap.         Mohammed Larbi ben Say ah. homme de lettres et poète. tables of silsilleh's (spiritual pedigrees or genealogies) of major orders. 79 (1959). tout le long de mes expériences. La Boghia. A study of a revivalist movement in islam. 224 PR ZIADEH.) TRIMINGHAM. Gardet p. en 1886 ap. photomech. . who poured his spiritual genius into inspiring prayers.C. valuable as a source of biographical data. N.C.A. 1971. WOLFSON. Casablanca. J. 148 P. Religion. HAZRAT IMAM ALI Sahifa-i-kamila great-grandson of prophet of islam. Brill. 256p ZAIN UL-ABIDIN. of which this collection is the greatest. introduction and commentary annotated./1304 de l’hégire . Vrin . SHIHABUD DIN (awarif-ul-ma'arif). p.88 Boghia p. c'est-à-dire Ibn'Arabi. est un des grands maîtres du Soufis me maghrébin. traditionaliste. transI by Wilberforce Clarke(rep. By Jamil M. J.Sanusiyah. 66. edition of al-Majlisi 1. repr. 1968 (205 pp. 1980.

21. dont l'inspiration..N. 89 Corbin Imagin. Hâdir el ‘Alam el Islami L’Islam dans l’Afrique Occidentale. (Moharnmédia) p.G. Rabat ( D 1041 / D 1254 /T étouan (452) B. Homme de loi. par for me ou objet.N. de Fédala. 1969. Rabat D 2175 (145 pages) / T étouan (278). une des autorités de la chariâ Chaarâni. Vatican (362-1254-1359)/ Alger (751). la raison. j'ose prétendre que cette zone est le centre d'une certaine coordination psychosomatique. Cristallisées par diverses espèces de connaissance : analytique. dans ses Yawâqît (hy acinthes). de Tétouan N° 520/avec interprétati on par El Kharroubi 8 G de Rabat D 2201). B. jusqu' ici. se référer à notre ouvrage arabe sur le processus d'évolution de la pensée Soufie au Maghreb Manuscrit N° 471 (Bibliothèque Nationale de Rabat) Manuscrits de la B. voir s on c ommentaire sur le poème "Noms de Dieu" par Mohammed Dimi ati (B. Se référer à cette dualité dans le Hadith. "preuve de l’Islam". dans ses Annotations sur le Commentaire explicatif du Traité dogma tique d Es-Sanoussi. de Rabat (N° 206 en 59 pages) a pour thème la s tructur ation des bas es et des origines du soufisme (se référ er à deux autres manuscrits à Alger (N° 916) et Zeïtouna en Tunisie (111. présentielle. Or. de T étouan n' 519 et 874/Escurial 156 (s e référer à un manuscrit "c adeau pour l'initié".L'oeil de Chiva qui est localisé dans la zone frontale du caput. de Tunis (3571 M/4227 M). créat. La psychologie moderne la considère comme centre neutre. 189. se référer à l'ouvrage d'Abdelaziz Benabdellah "Clartés sur l'Islam ou l'Islam dans ses sources" éd. Rabat D 506/D 1670/ Tétouan (826). Bibliothèque du Vatic an (N° 311 / 2532 / B. 84.Un autre hadith rapporté par Abou Horeïra parle de la "science divine secrète". Lechâtelier p. révélé au Prophète .G. Manuscrits de la B. de Rabat N° 145 /B. l'intuition. et que la science n'a pu. c'est la l aouha où sont écrits les versets du Coran destinés à êtr e lus et appris par coeur. Imp. l'âme. Tétouan (452/871). 172). la conscience. explorer positivement.. Bi bliothèque hass anienne de Rabat N° 2116. d'évidence immédiate etc N ous y reviendrons. Dans son "Rawdat et-taarif bi-el-Houbb es-Chari f .G. Grands jurisconsultes et interprètes de la loi musulmane Tabaqât de Chaarâni (préface) Tradition du Prophète "Hadith qodsi" ou propos divin autre que le Coran. En répons e à une épître émanant d'un juriste de Z erhoun Se référer A Jawahir El Maâni selon le Hadith : "Dieu a créé Adam à son image" Niche dans le mur d'une mosquée. dûment reconnu par la science ? Dissocié des autres facultés . U n autre manuscrit de la B. p. en étroite liaison avec le subconscient microcosmique Et Boghia p. se référer à "ed-Dhahab el Ibrîz" de Sidi Abdelaziz ed-Debbagh N'est-ce pas le cas de l'abeille. chapitre 48. orientée vers la Mecque dans son commentaire du Waghlissi ya d'après s es Foutouhât el-Mekkiah Ghaz ali.dirait Ghazali qui qualifie cet ensemble de "divin subtil".G de Rabat N° 1534/B.G. à partir de recoupements d'ordre psychique non encore définis. le coeur etc.G. par A.G. dénué de toute inférence biologique. l'esprit .

le Yamanite al-‘Ajz’ Ani Al-Idrâk Idrâk Première sourate du Coran d'après un hadith rapporté par Moslim .AI-Akkad cite cette anecdote dans son ouvrage sur Avicenne Le Tabiy est un contemporain des compagnons du Prophète. qui vient du mot "Jahr" (dhikr à haute voix) du nom Ahmed Ben AI-Machrah. El Jâ miy .Ben Mechri T 2 p 23 (manuscrit personnel) Nirvana = Nour El Fana (Lumière de l'extinction) Les inspirations des états s'identifient aux connaissances insufflées au coeur de l'initié.

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