www.mairie4.paris.

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Clins-d’œil su

Édito
Carte blanche
Pour la première fois de l’histoire de Centre-Ville, le journal municipal du 4e, j’ai souhaité donner carte blanche aux habitants de l’arrondissement afin qu’ils s’emparent de ce magazine et réalisent ainsi un numéro tel qu’ils l’imaginaient. Je suis sûre que tout comme moi, grâce aux multiples talents des habitants volontaires devenus le temps d’un numéro rédacteurs en chefs, vous saurez apprécier leur inventivité, leur disponibilité, leur originalité. Qu’ils soient vivement remerciés pour leur formidable implication. Ils offrent un visage du 4e, fier de sa diversité et fort de ses héritages multiples. Avec ce numéro participatif, nous avons franchi une étape supplémentaire dans la coproduction d’un avenir commun. Je vous donne rendez-vous le 13 janvier 2011, à l’occasion de la cérémonie des vœux, pour continuer à nous projeter ensemble. Excellente année 2011 à toutes et tous ! MH VPL
Dominique Bertinotti Maire du 4e arr. de Paris

Sommaire : c’est quoi, habiter le 4e ?
À 4 épingles . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

portraits croisés d’habitants
L’encombrante . . . . . . . . . . . . . . . 5

habiter le 4e… dans la rue
Un quartier, des communautés, des clichés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

mais qui habite vraiment dans le 4e ?
Jouons dans le 4e. . . . . . . . . . . . . 9

un regard ludique sur notre environnement quotidien
Les courses de Marta . . . . . . . . . 10

mon quotidien, mes rencontres
Par 4 chemins . . . . . . . . . . . . . . 11

conseils ludiques et culturels aux habitants de moins de 12 ans
Le 4e se met en 4 . . . . . . . . . . . . 11

variations autour du 4
Terriblement touriste ! . . . . . . . . 12

l’habitant du 4e, un touriste à domicile ? SW AC RE
Cinq habitants venus des 4 coins du 4e L’agenda . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Looking up in Paris 4th . . . . . . . 13

gardons la tête en l’air dans notre 4e
Entre 4 yeux . . . . . . . . . . . . . . . . 15

clins-d’œil subjectifs sur 4 lieux

Vincent P. Laurentin

Antonin Crenn

Sandrine Weil

Raphaëlle Elkrief

Marta Hoskins

Portraits de couverture : la fleuriste du Paradisiaque ; Ségolène de la rue Beautreillis ; le créateur de Filament ; Clark ; la bande du 28 : Conceição, Yvon, Gaspard, Jean-Eudes + Christine du 33 ; deux lycéens de Sophie-Germain ; Éric de Tugny chez Mélodies graphiques ; la statue ; les illustrations d’Alvarez Alex alias iKanoGrafik. Journal municipal du 4e arrondissement · 2, place Baudoyer, 75 004 Paris · Tél : 01 44 54 75 00 · Directrice de la publication : Dominique Bertinotti · Rédaction, illustrations & photos : Marta Hoskins, Sandrine Weil, Raphaëlle Elkrief, Vincent Laurentin, Antonin Crenn. Maquette : AC et La Commune · Un immense merci à François Coën pour ce projet et pour sa confiance ! · Édition et régie publicitaire : S.C.P. 01 53 36 84 84 · Imprimé sur papier issu de forêts gérées de manière durable.

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« Vivre dans une planète rétrécie à la taille d’une orange. »
Claire
Claire, la cinquantaine, habite le quartier Saint-Gervais depuis vingt ans : « Vivre dans le 4e arrondissement de Paris, dans une planète rétrécie à la taille d'une orange, signifie être de ces privilégiés qui ont à portée de main tous les plaisirs – cinéma, théâtre, expositions, restaurants et boutiques branchés – dont des touristes viennent grignoter des miettes. Vivre dans le 4e aujourd'hui, c'est avoir vu un quartier populaire, un arrondissement pauvre encore dans les années 50, se transformer au fil des décennies, blanchir ses façades et s'embellir, certes, mais se vider de ses petits commerces, de ses librairies et de ses bistrots modestes au profit de boutiques de luxe. C'est tenter d'y rester quand même et se payer gratis les plus beaux crépuscules qu'offre la capitale, voir le trafic des navettes sur la Seine reprendre, flâner le dimanche matin sur ses berges retrouvées. Vivre dans le 4e demain, ce sera habiter un arrondissement qui aura définitivement mis sa mixité au rancart au profit de ceux qui peuvent se payer de luxe d'y vivre comme dans les salles désertées d'un grand musée. Pour moi, c'est tout cela, vivre dans le 4e. » MH

Deux habitantes légendaires
La Glace
La glace à la vanille de Berthillon habite depuis 1954 la rue Saint-Louis-en-l’Île. « Comment ça va, Madame la Glace ? – Eh bien, j’en ai assez de ma réputation de mal léchée ! – Mais moi, je vous trouve succulente… – Arrêtez, vous allez me faire fondre ! »
VPL

La Stryge
La plus célèbre des créatures du démon habite depuis 1845 la Galerie des Chimères de Notre-Dame dessinée par Viollet-le-Duc. « Vous boudez, Madame la Stryge ? – Non, j’essaie d’épater la Galerie ! – À quoi rêvez-vous, de là-haut ? – À Quasimodo. J’aurais tellement aimé le connaître… » VPL

« On a une belle vie. »
à y croire) et a vu le Marais changer au cours des années. S’il apprécie le cadre privilégié de l’arrondissement, un quartier « où l’on peut vivre sans jamais en sortir puisqu’on a tout ce qu’il faut… », la multitude de nationalités qu’il est amené à rencontrer et une certaine mixité sociale : s’il admet que le quartier est devenu plus huppé avec l’envolée des prix de l’immobilier, il affirme que cette mixité existe toujours. « Dans mon cabinet, je reçois toutes sortes de gens, du PDG à la femme de ménage en passant par les artistes et les commerçants. » Certaines familles vivent « dans des boîtes d’allumettes » mais refusent de quitter un quartier auquel elles sont très attachées pour un appartement plus grand, certes, mais situé en banlieue, loin des endroits qu’ils souhaitent voir leurs enfants fréquenter. Interrogé sur l’état de santé des enfants du quartier, il explique « environ 75 % de mon travail consiste à faire de la prévention. C’est un travail de fourmi, certes, mais très gratifiant ». Ce qu’il apprécie moins dans le 4e arrondissement ? Les camions et les autobus trop nombreux et très polluants. Les gaz d’échappement provoquent des affections respiratoires de plus en plus fréquents chez les petits qui auront parfois des séquelles probablement durant toute leur vie. Il préconise une interdiction de circulation dans le quartier aux véhicules polluants et remplacer le diesel par des carburants non polluants. Et le Dr B. de conclure : « on ne se plaint pas, on a une belle vie ». SW

Le Dr B.
Le Dr B. est installé au fond d’une très belle cour du Marais. Les parents du quartier le connaissent bien (hélas, diront certains) et apprécient sa disponibilité, sa bonne humeur, son immense patience et, bien sûr, ses compétences. Il exerce la profession de pédiatre dans le quartier depuis maintenant un quart de siècle (lui-même a du mal

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L’encombrante
Elle est assise au pied du mur sur son sac trop bas, fait dans un tissu sombre. Son dos, ses épaules et sa tête sont enveloppés dans une parka de même humeur. Elle ne bouge pas, jusqu’au moment ou un passant la croise ; alors seulement elle tourne son visage vers lui et dit invariablement d’une voix fluette : « Auriez-vous une petite pièce, s’il vous plaît ? » Rares sont les fois où on lui fait aumône. Beaucoup la regardent mais peu semblent la voir. De loin, on la prendrait aisément pour un encombrant, un de ces objets volumineux dont les gens se débarrassent au pied de leur immeuble pour que la municipalité les emporte. Les matelas, meubles, rebuts de plomberie, ou autre petite ferraille finissent ainsi dans les déchèteries communautaires — Il me semble soudain ironique de qualifier une déchèterie de communautaire ! Les encombrants (literie, mobilier, électroménager, hi-fi, sanitaire, etc.) bénéficient d’un traitement particulier et seront recyclés, réhabilités, réintégrés dans la communauté après des transformations complexes. La Dame assise sur le trottoir dans ma rue n’appartient quant à elle à aucune de ces classifications, pourtant si exhaustives, si détaillées. À moins qu’elle n’entre dans la catégorie « divers ». Je devrais plutôt dire catégorie d’hiver, car c’est à la froide saison qu’elle réapparaît toujours, vague manifestation des rigueurs des temps. Elle, qui la réintégrera ? Elle n’est pas véritablement encombrante, son corps ne gêne aucunement la déambulation sur le trottoir ; elle est simplement embarrassante. Sa présence rappelle à tous les passants la condition des plus démunis, comme le mal insidieux qui gangrène notre société humaine. D’une certaine façon, on préférerait qu’elle s’absente ou qu’on la déloge. Tiens, pourquoi n’ai-je pas plutôt écrit : reloge ?
Parmi les Associations de bénévoles qui s’occupent des sdf dans le quartier : Emmaüs, La Croix Rouge, Aux Captifs de la libération. Info sur < www.mairie4.paris.fr >. Pour toute info supplémentaire relative à l’aide aux sans-abris, contacts à la Mairie du 4e : Michaël Halimi et Anne-Marie Boubet au 01 44 54 75 00.

La loi est précise. Il lui est interdit de mendier sur la voie publique sous risque d’amende. Une amende honorable ? Le peu de pièces déposées chaque jour dans sa paume ne lui suffirait pas à s’acquitter du paiement de cette peine, ni de sa peine tout court, d’ailleurs. Une question me tourmente : comment en vient-on à la mendicité ? Je n’ai pas de réponse. Immédiatement, une autre question l’accompagne : Comment en vient-on à une telle cécité, qu’on refuse si souvent de la voir? Cette fois, c’est la réponse qui m’encombre. Des associations font ici les maraudes, distribuant des repas, des sourires, des boissons chaudes, à ceux que la faim dérange et que le froid taraude : les Sans Abris, les Sans Noms. Quelques rimes dans la phrase ne rendent pas moins pesant le fait que j’ignore encore le sien, son prénom de fortune. Voilà pourtant plusieurs jours que je croise son sillage. Elle est la Dame assise dans ma rue dans le froid alors que la nuit tombe. Aujourd’hui, j’ose enfin lui demander comment elle s’appelle. Son prénom commence par la lettre l ; son histoire par le mot on. Sa voix a des hésitations. Parfois son timbre se brise. Son histoire ne tient pas vraiment debout, alors elle l’assied près d’elle. Que sont les élucubrations sinon des récits d’humain que la pudeur enjolive ? L. me conte une épopée de femme, portrait élémentaire de la précarité. Il est question d’espion et d’errances, de peurs et de vidéos placées dans son corps. Je hoche la tête en silence. Elle me rassure ; elle a un endroit pour dormir. Pourquoi fait-elle la manche ? Elle répond : « Parce que je fais la manche ! » Je n’insiste pas. Soudain, la pluie commence à tomber ; aussi ramène-t-elle lentement sa capuche sur son visage. Je n’aperçois plus ses yeux. Sans doute est-ce plus facile de la laisser là, seule dans le froid et la nuit, en imaginant qu’elle ne me voie pas non plus. Je lui souhaite bonne chance et rentre doucement chez moi. Pendant quelques heures encore, nous habiterons la même rue. VPL

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Un quartier, des communautés
Cinq synagogues, trois écoles juives… mais aussi une quarantaine de bars gays et une librairie… Seuls quelques mètres séparent la rue des Rosiers dont les pierres nous font voyager dans le Kazimierz d’il y a deux siècles de la version parisienne du Castro San Franciscain. Balade au cœur d’un quartier haut en couleur où ces deux communautés coexistent sur fond de bâtisses historiques, de rues pavées et de boutiques de prêt-à-porter… témoins de plusieurs siècles d’une vie communautaire juive dans le quartier. Il suffit de lever la tête à chaque numéro de la rue des Rosiers pour s’en rendre compte. Au numéro 4 les Juifs se rendaient au Hammam Saint-Paul, accolé à l’ancienne école privée d’enseignement professionnel, au 4 bis. Les stigmates de l’histoire restent inscrites sur la plaque commémorative qui la surplombe : « À la mémoire du directeur, du personnel et des élèves de cette école arrêtés […] déportés et exterminés à Auschwitz parce que nés juifs ». Un peu plus loin, au numéro 7 se trouve la devanture du restaurant Goldenberg. Véritable institution de la cuisine d’Europe centrale et cher à l’imaginaire des habitants du quartier, il est surtout devenu célèbre le 9 août 1982 alors qu’il était visé par un attentat. « On ne vit pas forcément dans le 4e, mais c’est agréable de s’y retrouver, dans les restaurant casher, les librairies spécialisées, ou les synagogues du quartier », explique Deborah, qui s’apprête à rentrer dans une boulangerie réputée pour ses spécialités polonaises. Rien ne distingue les chemins de la rue Vieille-du-Temple à la rue Ferdinand-Duval des rues commerçantes avoisinantes, le samedi, quand la communauté juive se repose pour célébrer le Chabbat. Mais le dimanche, les épiceries ashkénazes lèvent leur rideau, les libraires juifs ouvrent leur porte. À l’angle de la rue des Écouffes des rabbins incitent les jeunes garçons à faire leur prière. Au « Tefillin, Tefillin »1 des hommes en noir, l’écho répond « Fallafel, fallafel » du côté pair de la rue. Pas moins de cinq restaurants de fallafel se livrent une concurrence acharnée… À celui qui criera le plus fort.

Le pletzl
La « petite place » en Yiddish, qui fait référence à la place SaintPaul, est le quartier juif le plus célèbre de Paris. Une notoriété qui date du xiii e siècle quand, au gré des immigrations successives, les Juifs d’Europe de l’Est ont apporté un petit bout de Pologne au cœur de Paris. Des lieux d’histoire qui sont les

Le quartier gay
Autre ambiance quelques mètres à l’ouest, vers la rue Sainte-Croix-de-laBretonnerie. Une rue dont une autre communauté a fait sa terre promise. En 1980 le Central, bar gay pionnier du quartier, ouvre ses portes, rapi-

Legay Choc, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie :. un « établissement gay », ou une boulangerie comme les autres ?.
illustrations MH.

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dement suivi par d’autres établissements. On assiste à un « glissement progressif de l’épicentre de la vie gay de Paris du quartier Palais-Royal – SainteAnne vers le Marais » comme l’explique Gilles Bry, président de Paris Gay Village. Les établissements fleurissent arborant fièrement le « Rainbow Flag », drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté gay. « Quartier central et accessible, dont la morphologie et les petites rues diminuent la visibilité, le Marais attire la communauté gay » affirme Marianne Blidon, maître de conférence à l’université PanthéonSorbonne. « Ce ne sont que quelques rues, mais nous, minorité, y somment majoritaires » explique Thomas, fumant sa cigarette devant l’Open Café, rue des Archives. Être visible tout en passant inaperçu, voilà tout le para-

doxe de la vie gay dans le quartier. « Je n’ai aucun comportement ni réflexe communautaire, c’est juste agréable et rassurant de savoir que ces lieux existent » ajoute-t-il. La rue du Temple et ses voisines sont très prisées des gays parisiens mais également des touristes. Clément et Nicolas profitent de leur escapade dans la capitale pour aller y boire un verre. « Sans vouloir faire dans le cliché, le Marais est un passage obligé. On a un sentiment de liberté ici, on se sent moins seul dans ce que les autres renvoient de notre différence », explique Clément avant d’embrasser Nicolas, sans complexe. Et d’ajouter : « C’est la première fois que nous nous embrassons en public… » Seulement une rue sépare les orthodoxes de la rue des Rosiers, les

juifs traditionalistes venus acheter leur viande pour le Chabbat des passants ou habitants gays de la rue des Archives. Mais les deux communautés s’accordent sur un point : l’angoisse de voir le quartier défiguré par l’arrivée des boutiques et commerces de luxe ou de prêt-à-porter. C’est la fermeture du bar Le Central devenu une bijouterie, pour les uns, la transformation du restaurant Goldenberg en magasin de prêt-à-porter pour les autres, pour la mémoire desquels ils n’ont jamais hésité à manifester. Au nom de la mémoire de leur quartier. RE

1. Phylactères, deux boites en cuir contenant des morceaux de parchemin que les hommes portent sur la tête et sur le bras pendant la prière.

Un quartier des clichés…
« C’est un quartier de bourges »
VRAI ET FAUX. Avec un prix du mètre carré qui s’élève à 10 233 € en moyenne, n’est pas propriétaire dans le 4e qui veut. Une situation qui dérange de nombreux locataires qui souhaitent accéder à la propriété, comme Vincent : « Je sais que pour devenir propriétaire je vais devoir me résoudre à quitter le quartier. Inutile de dire que ce n’est pas de gaîté de cœur ».

et par les lieux qu’il fréquente. Le 4e, et plus spécifiquement le Marais, regorgent de lieux anciens revisités en boutiques de prêt-à-porter, de galeries d’arts et de bars branchés. De quoi réjouir les plus « bobos » des parisiens !

« Un quartier juif et un quartier gay »
VRAI, MAIS… En 2005, la moitié des établissements gays de Paris étaient concentrés dans le Marais (source : Index Commerciaux, Têtu 2005). D’autre part, on recense 5 synagogues et 3 écoles religieuses dans un périmètre de 1,60 km²… Néanmoins, le quartier est bien plus un lieu de vie communautaire qu’un « ghetto » puisque rare sont les membres de ces communautés qui vivent dans ce quartier.

autour de la rue Saint-Antoine notamment. La présence de traiteurs, bouchers ou encore maraîchers renforce cette impression de « village » où chacun appelle sa boulangère par son prénom. « L’arrondissement compte près de 6 commerces pour 1 000 habitants, ce qui représente un taux élevé pour Paris » (source : apur – 4e dans le 21e siècle). RE

« Personne ne vit dans cet arrondissement, c’est un musée »
VRAI ET FAUX. Hôtel de Sens, Maison européenne de la photographie, Maison de Victor-Hugo, hôtel de Béthune-Sully, Notre-Dame, Beaubourg, myriade d’hôtels particuliers… La liste est trop longue pour être exhaustive. Le 4e regorge de lieux pittoresques et de culture. Un décor qui n’est pas sans trancher avec l'ambiance, diurne ou nocturne, qui anime le quartier !

« On n’y vient que pour le shopping ou la fête »
FAUX ! Si la rue de Rivoli et ses voisines (rue de Sevigné et rue Vieille-duTemple par exemple) sont réputées pour leurs magasins branchés et leurs vitrines alléchantes, on retrouvera surtout des commerces de bouche

« C’est un quartier bobo »
VRAI. Loin de la l’imaginaire plutôt austère du « bourgeois », le bobo est créatif, se veut alternatif et se distingue par sa tenue décontractée mais recherchée

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Jouons dans le 4e

Habiter dans le 4e, c’est continuer chaque jour à découvrir son quartier et se laisser surprendre par lui… Et si notre arrondissement était un terrain de jeu ?

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Solutions page 11.

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« Non ! j’irai pas au musée ! »
Halte aux idées reçues : le 4e, s’il n’est pas le mieux doté en espaces de jeux pour les petits (quoique, place des Vosges, des jeux nouveaux plus nombreux et surtout plus modernes aient remplacé les anciens qui manquaient un peu de « peps ») recèle des trésors d’activités pour les enfants, pour peu qu’ils acceptent de pénétrer dans un musée. À vous de jouer ! Place des Vosges, outre les toboggans et autres tourniquets, vous trouverez au numéro 6 la Maison de Victor Hugo qui fut la demeure de l’écrivain pendant une quinzaine d’années. Vous pourrez visiter les appartements pendant que vos enfants suivront une visite contée (les samedis et mercredis de 6 à 12 ans)1. Précisons que la Maison de Victor Hugo fait partie des Musées de la Ville de Paris qui, au nombre de dix, proposent des ateliers de pratique artistique pour enfants depuis bien longtemps, à des prix raisonnables. L’entrée de ces musées est gratuite. En sortant du musée, allez faire un tour dans l’univers de Filament (10, rue de Lesdiguières) les créateurs de ce lieu peu commun, eux-même parents, ont su créer une ambiance féerique : laissez-vous surprendre par le train électrique qui traverse la vitrine à vive allure, et admirez les petits chaussons de lutins, les costumes merveilleux de princes et princesses, les petits trains Brio et autres trésors. Dans un autre style, tout aussi ludique, passez chez Niou (11, rue Saint-Paul), une petite boutique tenue par un passionné de jeux et jouets, jamais à court d’idées pour gâter les grands et les petits, sans forcément se ruiner. Jeux de cartes originaux, ressorts sauteurs, brillants à lèvres coccinelles, jeux de constructions en bois, voitures de tous types et livres intelligents, vous aurez du mal à ressortir les mains vides. Au même numéro, à une porte de là, le très « vintage » musée de la Magie, vous surprendra avec ses caves voûtées remplies de machines mystérieuses, d’automates déroutants et de mille objets à explorer. Un petit spectacle de magie est proposé qui ne manquera pas d’étonner petits et grands2. Non loin de là, la superbe Maison européenne de la Photographie propose différents ateliers pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, certains dans le cadre de l’exposition Marc Riboud, d’autres incluant un atelier de pratique photos (certains ateliers sont même réservés aux ados de 12 à 16 ans)3. Pour les plus grands (le parcours est conseillé officiellement à partir de 8 ans), rendez-vous au Mémorial de la Shoah. Il propose aux enfants

Un parcours culturel avec vos enfants. de 8 à 12 ans un parcours spécial à l’intérieur de l’exposition permanente relatant l’histoire des Juifs en France pendant la seconde Guerre mondiale, adapté à leur niveau et à leur sensibilité et s’appuyant sur un livret d’accompagnement fort bien fait. Le Mémorial propose également des ateliers à partir de 7 ans. Vous pouvez poursuivre la visite en allant sur le site du Mémorial consacré aux enfants : Le grenier de Sarah4. Pour finir, osons sortir des frontières de notre 4e arrondissement pour rendre visite à nos voisins du 3e, qui n’ont rien à nous envier ! Tout près de nous, le musée Carnavalet5, dont l’entrée est gratuite, propose de nombreux contes et ateliers aux enfants les mercredis, week-ends et vacances scolaires ; de même pour le musée Cognacq-Jay 6 et ses superbes meubles d’époque, et pour le musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme7, autour des thèmes liés au judaïsme. Quant au musée de la Chasse et de la Nature8, avec ses animaux empaillés, il vous accueillera dans une ambiance digne d’un château de Walt Disney… SW
1. 01 42 72 10 16, <musees.paris.fr> – 2. 01 42 72 13 26 – 3. rue de Fourcy, 01 44 78 75 24 – 4. 17, rue Geoffroy-l’Asnier, <www.grenierdesarah.org> – 5. 23, rue de Sévigné – 6. 8, rue Elzévir – 7. 71, rue du Temple – 8. 62, rue des Archives.

Le 4e se met en 4 !

Solutions des jeux p. 9
Beaubourg. La tasse, l’heure du réveil, le serpentin-spirale, les couleurs de la roue, la bouteille, le sourire du bidule, les boutons colorés sur la boîte. • Bastille. 5. • Notre-Dame. 1. • Saint-Paul. « Où sont les délicieuses glaces Berthillon ? ». Emmène-le sur l’Île-Saint-Louis ! • La vieille dame habite boulevard Bourdon (en bas à droite du plan).

4 euros, c’est le prix :
de 3,64 baguettes dans la rue des Deux-Ponts, de 4 guimauves fantaisie dans une boulangerie chic de la rue Rambuteau, d’1 vis métal zingué 14 × 180 au sous-sol du bhv, de 3 heures 20 de parking dans la rue du Temple, d’1 beau bouton bariolé à la mercerie de la rue Saint-Paul, etc.
Prêt pour un safari dans le 4e !.

Le 4 x 4
C’est un type de véhicule toutterrain à 4 roues motrices, nullement conçu pour le centre -ville, mais hélas populaire dans le 4e et envahissant ! VPL

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Terriblement touriste
Les siècles ont criblé le mur de minuscules cicatrices qui lui font une peau granuleuse. Ils ont noirci sa peau, et l’ombre reste accrochée à sa surface à toute heure, nuit et jour. Par endroits, la peau noire est écorchée : alors, tout à coup, elle se dévoile, blanche. Mais cette blancheur n’est pas une blancheur pure, nette et intacte ; c’est une blancheur qui fuit, qui dégouline, qui fait de grandes coulures claires sur le mur noir. C’est dur et c’est beau : c’est l’église Saint-Louis-en-l’Île et c’est de la pierre. Il y a bien des vitraux,

En vivant dans cet arrondissement magique, ne sommes-nous pas tous un peu touristes chez nous, pires que les vrais touristes ? là-haut, pour rassurer l’œil, comme des brèches dans la muraille… Mais, depuis l’extérieur, et en reculant tant que possible, jusqu’à se plaquer contre le mur opposé de l’étroite rue Poulletier, qui serait capable d’en discerner le motif ? L’homme va et vient dans la rue, entre l’église et la laverie qui lui fait face : « Azur self-clean, machines 6 kilos, 10 kilos et 16 kilos ». L’enseigne se détache sur le mur blanc, et ici c’est un blanc propre, un blanc lessive. À l’intérieur, la femme s’emmêle devant les consignes d’utilisation qui, par bonheur, ne sont pas traduites en anglais : voilà pour elle une belle occasion de demander un coup de main au charmant autochtone qui fait les cent pas dehors ! Elle l’aborde dans un français maladroit et une conversation se crée dans un anglais à peine plus habile. « Vous allez me trouver terriblement touriste, mais j’aime tellement Paris, j’aime tellement l’Île-SaintLouis… Ces découvertes magiques, quand vous pouvez jeter un œil à ces cours fabuleuses qu’on aperçoit par les portes entrouvertes… « - Saviez-vous que dans cet immeuble, juste derrière, au numéro 18, il y avait un jardin à la française ? Vous devez absolument le visiter ! Il faut un code pour entrer, mais je le connais, je peux… » L’homme s’interrompt. Il hésite. Un sentiment inconnu de possessivité vient de le surprendre, qui lui fait dire, jalousement : « J’ai une très mauvaise mémoire des chiffres. J’ai noté le code quelque part… Mais je ne l’ai pas sur moi. »

AC

L’agenda
Inscriptions scolaires (écoles maternelle et élémentaire) À compter du 5 janvier, vous avez la possibilité de procéder à l’inscription scolaire de votre enfant : le mercredi et vendredi matin (9 h – 13 h, sans rendez-vous) au Pôle Parents (angle place Baudoyer / rue François-Miron), lundi et mardi de 8 h 30 à 17 h, mercredi de 13 h à 17 h, jeudi de 8 h 30 à 19h30 et vendredi de 13 h à 17 h, sans rendez-vous, au service des affaires administratives et citoyennes. Vœux de Dominique Bertinotti et de son équipe municipale

Brocante au Village Saint-Paul
15 et 16 janvier

Grand loto du Lions Club (bénéfices alloués au financement de vacances pour les enfants de familles vivant dans la précarité)
samedi 5 février, 13 h 30 – 18 h salle des fêtes de la Mairie du 4e

du 4 au 6 février Espace d’animation des Blancs-Manteaux

5e salon du livre de Sciences humaines organisé par la Fondation Maison des sciences de l’homme

Mélomania

le samedi à 15 h salle des fêtes de la Mairie du 4e

du 12 janvier au 11 février 16, rue Geoffroy-l'Asnier

Faits d’hiver Micadanses Festival de danse d’auteurs <www.micadanses.com>

jeudi 13 janvier, 19h salle des fêtes de la Mairie du 4e

Rencontre Cité Santé « le bruit, le sommeil et la santé », avec Jacques Boutault, Maire du 2e arr., et le Pr Damien Léger, responsable du Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel Dieu
mercredi 12 janvier

le 29 janvier : « Voyage musical de l’Europe à la Chine… » avec la pianiste Jia Zhong : Chopin, Saint-Saens, Debussy ; compositeurs chinois : Zhou Guang-Ren, Wang Jian-Zhong, Chen Pei-Xun le 26 février : « Trésors de la musique française pour piano » avec la pianiste Marika Noda : Ravel, Debussy, Franck Inauguration Café des Psaumes de l’OSE
jeudi 10 février, 18 h 30 12 bis, rue des Rosiers dimanche 23 janvier

samedi 15 janvier 15 h 30 Pôle Simon-Lefranc : 9, rue Simon-Lefranc Réservations au 01 44 78 20 75 à partir du 3 janvier

Le Monde en boite Spectacle tout public à partir de 4 ans suivi d’une galette des rois

Tournoi de tennis de table Jeu libre de 10 h à 12 h 30, tournoi de 14 h à 18 h (inscriptions le matin, sur place). Entrée libre J4ZZ
le jeudi à 20 h

Exposition « Tout l’art des peintres du Marais » Plus d’une centaine d’artistes, peintres, mosaïstes, sculpteurs présentent leurs créations. Invité d’honneur : Hocine Ziani
du mercredi 16 au dimanche 27 février, tous les jours de 11 h à 19 h Espace d’animation des Blancs-Manteaux

Les rendez-vous de l’imaginaire : l’univers des jeux vidéo conférences-débats jeudi 27 janvier, 20 h : « les utilisations du Jeu vidéo : de la prévention des risques aux applications pédagogiques » jeudi 17 février 20h : « Le jeux vidéo : quand l’Art et la technologie se rencontrent »
Pôle Simon-Lefranc : 9, rue Simon-Lefranc Réservation au 01 44 78 20 75

le 27 janvier : Géraldine Laurent et Laurent de Wilde, duo le 24 février : Émilie Parisien, quartet

Recensement de la population 2011 du 20 janvier au 26 février Si votre adresse appartient à l'échantillon recensé cette année, un agent recenseur chargé de cette opération se présentera à votre domicile, muni d'une carte officielle.

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CENTRE-VILLE JANVIER–FÉVRIER 2011

Looking Up in the 4th Arrondissement
There is a series of books by British author Jane Peyton – who loves staying in the 4th arrondissement when she visits Paris – that changed our way of discovering a city by simply “looking up”! Looking up in Paris is supposedly hazardous, for dog masters have sprinkled our sidewalks with slippery remains of their “protégé” and shocking proof of their own incivility. However, the cleanliness of streets has improved, allowing pedestrians of Paris to finally look up to the curiosities above their head. So let me take you to a charming tour around the 4th arrondissement. As the songs say “Hold your head up high” and “Never look down”!

Restons touristes dans notre 4e : gardons la tête en l’air !

Balcons Maison de l’Orme
2 à 14,rue François-Miron designer : Baptiste Bouillot date : 1733 – 1737 style : ironwork / ferronnerie d’Art

Le 4e, tête en l’air

Space-Invader éco-responsable
rue Aubry-Le-Boucher designer : Anonymous style : Street Art

L’auteure britannique Jane Peyton, qui choisit toujours le 4e arrondissement lorsqu’elle visite Paris, a changé notre façon de découvrir une ville, simplement en nous invitant à demeurer « tête en l’air ». Exercice dangereux, direz vous, si l’on ne prend pas garde aux déjections canines qui jonchent nos trottoirs, laissées par les « protégés » de maîtres incivils. Heureusement, la propreté des rues du 4e s’est améliorée depuis 2001, autorisant enfin les piétons à admirer les curiosités au-dessus de leur tête. Chères têtes-en-l’air, suivez le guide ! VPL
Meet / rencontrez Jane Peyton on / sur < www.jane-peyton.com >

Le Rémouleur (copy)
rues de Jouy & de Fourcy date : xviiie siècle oldest stone shop sign in Paris / plus vieille enseigne en pierre de Paris (original au Musée Carnavalet)

Public Clock / Horloge Publique
Tour de l’Horloge, designer : Germain Pilon date : 1585, style : Henri iii

Henri 4–3–2–1
Henri 4 est le fils de Jeanne 3 (Jeanne d’Albret), il a fait bâtir 2 nouvelles places à Paris, la place Dauphine et la Place Royale (aujourd’hui Place des Vosges) et a été assassiné rue de la Ferronnerie dans le 1er arrondissement. (Ouf !) VPL

Le 4 d’horloger
C’est un type d’horloge où le nombre quatre est représenté par le symbole iiii et non pas par iv comme le voudraient les règles de numération romaine. L’Horloge de la Tour éponyme qui surplombe le 4e, en est un parfait exemple (voir photo).

4 points cardinaux 4 statues
C’est le nombre de statues entourant la base de la colonne de la Fontaine du Palmier (Place du Châtelet) en se donnant la main ; ces figures allégoriques représentent les 4 vertus cardinales : la Prudence, la Tempérance, la Justice et la Force. Dans le 4e, ils sont matérialisés par les immeubles suivants : au Nord : le 71, rue Rambuteau, à l’angle du bd de Sébastopol, à l’Est : l’Hippopotamus de la Bastille, au 1, bd Beaumarchais, au Sud : l’angle du bd Morland et du quai Henri-iv, à l’Ouest : le café Le Soleil d’or, au 15, bd du Palais. AC

4 architectes
C’est le nombre d’architectes supposés qui ont travaillé à la l’édification, le remaniement ou la restauration de l’église Saint-Merri : Martin Chambiges, Pierre Anglart, GabrielGermain Boffrand, Pierre-Louis Richard. VPL

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Corps central de l’école des Francs-Bourgeois,. rue Saint-Antoine, bâti en 1881, démoli en 2010. AC.

Le Central, rues Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. et Vieille-du-Temple, ouvert en 1980 et fermé en 2010. AC.

Ancien restaurant et delicatessen Goldenberg,. rues des Rosiers et Ferdinand-Duval, reconverti en 2010. RE.

Jeux pour enfants du square Jean-xiii. MH.

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