Les grands noms de l'histoire de l'informatique

Pourquoi faire remonter les origines de l'informatique aussi loin que l'Antiquité grecque? C'est qu'Aristote est le père de la logique. Il est vrai que cette science a sérieusement évolué à partir du milieu du XIXème siècle, sous l'impulsion de Boole. Mais jusqu'au XIXème, c'est la logique d'Aristote qui prévaut. Et la logique est au fondement même de l'informatique. En effet, l'informatique est la science du traitement de l'information. Pour que des données puissent être traitées et transmises par des machines qui n'en comprennent pas le sens, il faut leur donner une forme rigoureuse

ARISTOTE
Emmanuel Kant dira que "la logique est sortie tout armée de la tête d'Aristote". C'est un peu exagéré, car la logique connaîtra un bouleversement au XIXème siècle sous l'impulsion de Boole. Cependant, il est vrai qu'Aristote en a défini les grands principes, qui sont
Aristote semble montrer à Platon le sol de l'expérience concrète.

restés inchangés jusqu'à l'époque de Kant (XVIIIème) et même un peu au-delà. La partie de l' uvre d'Aristote consacrée à la logique est intitulée Organon. En grec, "organon" signifie "outil", parce que la logique est conçue comme un outil pour toutes les autres sciences, comme un moyen de connaissance. L'Organon contient les Premiers analytiques et Seconds analytiques, De l'interprétation. Aristote est connu surtout pour avoir inventé la théorie du syllogisme. "Le syllogisme est un discours dans lequel, certaines choses étant posées, quelque chose d'autre que ces données en résulte nécessairement par le seul fait de ces données" (Premiers analytiques, I, 1). Les sciences de la documentation doivent reconnaître leur dette envers Aristote. La notion de concept, qui regroupe les caractères communs à plusieurs individus, permet de les ranger dans une même classe. Le philosophe distingue des classes dont le degré de généralité est croissant (espèces, genres) et qui permettent un classement ordonné, notamment des êtres vivants. Lien externe: la philosophie d'Aristote PASCAL Pascal est né à Clermont, en Auvergne, en 1623. C'est un mathématicien, il a étudié les probabilités, il fonde la théorie des jeux. Il a mis au point vers 1641 une calculatrice mécanique (la "pascaline"), capable d'effectuer des additions et soustractions à l'aide de roues dentées en bois et d'afficheurs à rouleaux. Le premier rouleau, ou cylindre, ayant achevé un tour complet, un ingénieux système entraîne le rouleau suivant pour le faire tourner d'un cran. C'est presque la première, après celle de l'Allemand Schickard, en 1623. Plusieurs exemplaires en sont conservés, dont un au musée du Ranquet, à Clermont, un autre au Conservatoire des arts et métiers. Pascal l'a conçue dans le but d'épargner à son père, qui travaillait pour les impôts, des calculs fastidieux. Pascal décrit le fonctionnement de sa machine dans la Lettre dédicatoire à Monseigneur le Chancelier qui porte pour sous-titre: "Sur le sujet de la Machine nouvellement inventée par le

Il a découvert le calcul infinitésimal peu de temps après Newton.ssieur B. Il étudie les lois du choc et corrige celles de Descartes. Esprit encyclopédique. La raison est la chose du monde la mieux distribuée. Son uvre philosophique a pour rôle de justifier la révolution qui s'accomplit à son époque dans les sciences. La grande nouveauté est l'idée de fonder la science sur les mathématiques plutôt que sur la logique. mathématicien. sans plume ni jetons". En 1637. Descartes est le créateur de la géométrie analytique: il a l'idée de représenter courbes et figures géométriques par des expressions algébriques. mort en 1716. puisqu'elle réalise aussi. Portrait de Descartes par Hals LEIBNIZ Né en 1646 à Leipzig. il publie le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison. C'est l'un des fondateurs de la science et de la pensée modernes. il est philosophe. DESCARTES 1596-1650. Il met au point une machine à calculer mécanique plus perfectionnée que celle de Blaise Pascal. pour faire toutes sortes d'opérations d'Arithmétique. Mathématicien et physicien. dit Descartes. physicien. en plus des additions et . Auteur allemand. diplomate.P. par un mouvement réglé. Encore faut-il savoir s'en servir.

il suffirait pour se mettre d'accord de compter. La caractéristique universelle Le mot caractéristique vient de caractère. qui éliminerait toutes les sources d'ambiguïtés des langues parlées. les divisions et multiplications. c'est-à-dire une langue. de compter. car toute méprise y serait aussi visible que dans un raisonnement mathématique incohérent.c'est le projet des thésaurus. Bien avant la naissance de la théorie de l'information ("in-formatio"=donner une forme). Il est le premier à avoir l'idée d'utiliser le système binaire (Explication de l'arithmétique binaire. comme une préfiguration des langages informatiques. Leibniz. Il y étudie en effet la possibilité de créer une langue parfaitement objective. par exemple pour résoudre une question de philosophie. en imaginer une syntaxe possible.soustractions. mais pensait qu'il était impossible de le réaliser tant que notre science est bornée (Lettre à Mersenne). de 1660. de symboles. c'est-à-dire comprise par tous. Le projet de Leibniz est de remédier aux imperfections des langues naturelles en créant une langue parfaite. tandis que les langues naturelles sont toutes particulières. et dans une lettre à Jean Frédéric de 1679. Elle permettrait d'éviter l'erreur. Il suffirait. En cas de dispute. de se livrer à un calcul. considère que l'on peut cependant d'ores et déjà la concevoir. et relatives. propres à un peuple. On considère sa dissertation De arte combinatoria. dit Leibniz. Leibniz nomme cette langue "caractéristique universelle". sans ambiguïté . d'accord sur l'idée que le développement de cette langue suppose une connaissance parfaite. Il a ainsi posé les bases de ce qu'on appellera la logique symbolique à partir du XIXème siècle. Ce serait un ensemble de caractères. 1703). en ce qu'elle serait la copie fidèle de la réalité. dont elle reproduirait la structure. "La langue la . enfin. Descartes en avait imaginé le projet. Il en donne un aperçu dans sa correspondance. notamment dans sa Lettre à Jean Berthet de 1677. il souligne la nécessité de distinguer la forme du sens et de formaliser les raisonnements. Elle pourrait être universelle. Elle serait parfaite. Elle serait constituée uniquement de termes définis de façon univoque et précise.

il faudrait d'abord tout savoir. cette langue ne permet pas de connaître. si "riche" est traduit par +5 et -14. XLI). Elle n'est pas euristique. De même. que la proposition "tout sage est heureux" est vraie. . la règle sera d'examiner si chaque nombre est divisible. Pour créer une langue parfaite. cette langue ne sert à rien. Chaque concept sera remplacé par un couple de nombres. Pour connaître le nom. On doit reconnaître qu'elle constitue une première ébauche de ce que seront plus tard les langages informatiques. "sage" par +70 . mais suppose au contraire que l'on a déjà acquis une parfaite connaissance de toute chose. Il s'agissait de faire un essai. de remplacer les notions par des nombres. comme celle évoquée par Platon. par l'autre nombre de même signe. il faut premièrement les connaître. Sa syntaxe reproduirait à l'identique la structure du monde . qui serait le reflet de la réalité.plus parfaite consisterait à user de mots qui seraient tous semblables aux objets" (Platon. qui relie deux notions entre elles (A est B) est vraie. Pour établir comme il convient toutes les relations entre les termes. par exemple. imaginée par J. l'écriture de la logique est formalisée afin d'éviter les ambiguïtés propres aux langues que nous parlons. la mise au point de ce lexique suppose une connaissance universelle. afin de savoir si une telle langue est pensable. l'un positif et l'autre négatif. et ne prétend pas que sa caractéristique soit utilisable dès à présent. En revanche. Or. pour bien nommer les choses. Il propose. avec un résultat entier. Une telle langue ne permet aucune découverte. tant que nous ne possédons pas ce dictionnaire.L. Pour une universelle négative. Leibniz est d'ailleurs reconnu comme le premier à avoir eu l'idée d'utiliser le système binaire. Leibniz en a bien conscience. Mais. la proposition "tout sage est riche" est fausse. il faut connaître la chose. Par conséquent. surtout par les fondateurs de la science moderne. Elle serait la réplique de l'univers.à la façon de la bibliothèque de Babel. Cratyle. il faut déjà connaître les relations entre les choses réelles. la logique est stérile (quoiqu'elle ait trouvé un domaine d'application dans l'informatique). alors. les deux nombres de signes opposés doivent avoir un diviseur commun. Pour savoir. si une proposition affirmative universelle. si bien que tous les noms ressembleraient aux choses qu'ils désignent. la philosophie serait facile: tout problème pourrait être résolu par le calcul. Exemple: on symbolise Et "heureux" par +10 . mais présuppose un savoir absolu. -33 On voit. Mais. Si l'on possédait le dictionnaire complet établissant la correspondance correcte entre chaque notion et les couples de nombres qui doivent lui correspondre. comme cela a souvent été souligné. l'image exacte de la réalité. à la suite d'un calcul très simple. -3. entre autres essais. Borgès. elle ne permet pas de faire de découvertes. ou des imitations des choses. Platon lui-même en fait la remarque: si les noms sont des images.

3 et 1 est 4 (par la définition 3). comme je le demande. que je crois que nous n'aurions point de géométrie (j'entends une science démonstrative) si les anciens n'avaient point voulu avancer avant que d'avoir démontré les axiomes qu'ils ont été obligés d'employer. et en déduire les autres. de laisser la liberté aux gens d'étendre leur relâchement suivant leur humeur. Ce n'est pas une vérité tout à fait immédiate que deux et deux font quatre. je vous ai déjà dit une autre fois. devait bien admettre des axiomes. mais il valait mieux se borner à un petit nombre de vérités de cette nature. Nouveaux essais sur l'entendement humain. Je vous avoue qu'il s'est borné à ces axiomes. lorsque vous aurez de la peine à parvenir à une parfaite analyse. qui lui paraissaient les plus simples. comme la vraie source des vérités. qui pis est. IV Cependant. dans ses Eléments. Ce qu'il fallait démontrer. Vous me direz qu'Euclide a été obligé pourtant de se borner à certains axiomes dont on ne voit l'évidence que confusément par le moyen des images. monsieur. Si vous voulez vous contenter de voir confusément cette liaison. sans comparaison. 2 et 1 et 1 est 3 et 1 (par la définition 2). Que si vous voulez que cette liaison des idées se voie et s'exprime distinctement. car toute vérité mathématique. que ce que vous avez dit avec vos amis sur la liaison des idées. et vous ferez mieux en cela que de négliger ou différer quelques belles découvertes que vous pouvez déjà trouver par leur moyen: comme. de tout réduire aux définitions et à un petit nombre d'axiomes. 2) Trois est deux et un. l'égalité demeure. Donc (par l'axiome) 2 et 2 est 4. est démontrable.Textes Leibniz défend Euclide: celui-ci. selon Leibniz. est de laisser entrevoir la vraie source des vérités éternelles et du moyen de nous en faire comprendre la nécessité. supposé que quatre signifie trois et un. a besoin d'explication. Leibniz. Ce que j'estime le plus dans la géométrie par rapport à la contemplation. 3) Quatre est trois et un Axiome: Mettant des choses égales à la place. et Euclide a mieux fait. qu'un autre moins exact aurait prises aussi pour certaines sans démonstration. vous serez obligé de recourir aux définitions et aux axiomes identiques. comme Euclide et Archimède ont fait. que d'en laisser beaucoup d'indémontrées et. c'est-à-dire des propositions non démontrées. même les axiomes les plus évidents. et quelquefois vous serez obligé de vous contenter de quelques axiomes moins primitifs. Nouveaux essais sur l'entendement humain . en effet. monsieur. On peut donc la démontrer et voici comment: Définitions: 1) Deux est un et un. vous affaiblissez l'exactitude des démonstrations. Démonstration: 2 et 2 est 2 et 1 et 1 ( par la définition 1). il faut essayer de tout démontrer. Vous voyez donc. que les idées confuses des images des sens ne sauraient faire voir distinctement.

nous. je pense. Construite en bois. Babbage imagine sa machine à calculer ("machine à différences"). l'idée d'une chose. et par là on entend qu'un calcul serait aussi un exemple légitime d'une telle argumentation en forme bien conçue. pour avoir. tome V.. les frottements y sont trop importants. pour des raisons techniques. Souvent. est solide la démonstration qui observe la forme prescrite par la logique. les géomètres même en usent. posées comme hypothèses. Pour Brian Randell (Histoire générale des techniques. apportés. mort en 1871.. du même coup. Méditations sur la connaissance. qu'il ne parviendra pas à réaliser. du moins. la vérité et les idées D'autres textes de Leibniz sur Cours de philosophie Charles Babbage Né en 1791. or. et peut en être dit. L'axiome est donc inutile si l'on ne fournit pas les critères du clair et du distinct. il ne suffit pas de sa pensée consciente: je viens de le montrer par l'exemple de la plus grande vitesse. Sa compagne. Mais il fait le lien entre les métiers à tisser à carte.Leibniz met en question le critère cartésien de l'évidence (clarté et distinction) comme preuve de la vérité. Et je trouve que nos contemporains n'abusent pas moins en brandissant ce fameux principe: tout ce que je conçois clairement et distinctement sur quoi que ce soit est vrai. qui avait créé un programme pour la machine à différences. PUF). inventés par Falcon au XVIIIe et les machines à calculer. en effet.). et toutes les prémisses doivent être déjà auparavant. ou démontrées. C'est pourquoi on ne doit pas omettre quelque prémisse nécessaire. les règles de la Logique commune ne sont pas à mépriser comme critères de la vérité des propositions. et si l'on n'a pas établi ce qu'est la vérité des idées. Sa machine est l'ancêtre des calculateurs électro-mécaniques. sont remplies dans la machine analytique" (Babbage). De 1820 à 1833. de façon à ne rien admettre pour certain sans la preuve apportée par une minutieuse expérience ou une solide démonstration. non qu'il soit toujours besoin d'aligner des syllogismes à la mode des écoles (. c'est un calculateur universel: "Il apparaît que la totalité des conditions qui permet à une machine finie d'effectuer des calculs d'étendue illimitée. fille de Lord Byron. mais il faut au moins que l'argumentation conclue au nom d'une forme. que nous avons. apparaissent claires et distinctes aux hommes de jugement téméraire des choses qui sont obscures et confuses. et que l'on abuse souvent de cette étiquette spécieuse afin de faire prendre corps à certaines imaginations personnelles. on peut enfin comprendre. que l'on n'est pas toujours attiré sans risque par les idées. auquel cas la conclusion aussi est hypothétique. C'est la technologie de l'époque la rend irréalisable. Leibniz. La logique formelle peut faire progresser la connaissance. Augusta Adélaïde Lovelace. De ce qui précède. Au demeurant. Il souligne les lumières que la logique peut apporter pour découvrir si un raisonnement est concluant. est considérée à ce titre comme l'inventeur . ou.

Il met ainsi en usage les opérateurs logiques que l'on utilise aujourd'hui dans les moteurs de recherche et les langages informatiques. En 1854. disjonction (ou) et négation. Un exposé critique de la philosophie de Sur Internet: Wikipedia Agora . Selon lui. toutes les propositions mathématiques doivent pouvoir être démontrées. Il est le fondateur de la logique formelle. Il fait partie des fondateurs de la logique contemporaine. Il a écrit: les Principia mathematica. publiés en collaboration avec Whitehead en 1910. sur le modèle des opérateurs arithmétiques. Il participe au débat sur le fondement des mathématiques. ou encore logique moderne: il entreprend de remplacer les mots de liaison de la langue naturelle par des opérateurs ou connecteurs. Bertrand RUSSELL Logicien. 1872-1970. BOOLE George Boole (1815-1864). où il montre que toute pensée peut être codée en un système à 2 états (vrai/faux). il écrit les Lois de la pensée. mathématicien et philosophe anglais. L'algèbre de Boole repose sur trois opérateurs: conjonction (et). G. Il reprend l'idée de Leibniz selon laquelle les mathématiques peuvent être réduites à la logique (texte ci-dessous).du premier programme informatique. ou logique symbolique.

que l'étroite relation entre logique et mathématique est devenue manifeste aux yeux de n'importe quel étudiant un peu instruit. 1910 Problèmes de philosophie. Le résultat de cette évolution est qu'il est devenu impossible de tracer une nette ligne de démarcation entre les deux. Les mathématiques étaient liées à la science. la logique à la culture grecque. nulle part dans ce procès. D'où le ressentiment des logiciens qui. les mathématiques de plus en plus soucieuses de logique. les résultats obtenus au cours des déductions appartiennent manifestement aux mathématiques: et l'on s'aperçoit que. B. qui ont appris une technique sans jamais s'inquiéter de son sens ni de sa justification. les mathématiques de la logique à l'âge adulte. et la logique moderne de son côté est devenue si symbolique et si formelle. 1912 Notre connaissance du monde extérieur. 1914 Philosophie de l'atomisme logique. Bien sûr la preuve de leur identité s'effectue en détail: à partir de prémisses dont tout le monde accordera qu'elles sont de nature logique.Russell.Leibniz. Heureusement ces deux types humains sont de plus en plus rares. on ne pourrait tracer une ligne nette avec la logique d'un côté et les mathématiques de l'autre. 1918 Introduction à la philosophie mathématique. Au cours de l'histoire. les mathématiques et la logique ont eu longtemps des destins séparés. Elles diffèrent comme l'enfant et l'homme fait: la logique est la jeunesse des mathématiques. 1900 Travaux récents sur les principes des mathématiques. Mais elles se sont profondément modifiées à notre époque: la logique est devenue de plus en plus mathématique. après avoir consacré tout leur temps à l'étude des textes classiques. 1914 Sur la nature de l'accointance. sont incapables de suivre un raisonnement sous forme symbolique. La recherche moderne en mathématiques touche si nettement aux frontières de la logique. 1903 Connaissance par accointance et connaissance par description. 1918 De la dénotation Science et religion (1935) Le texte qui suit exprime le logicisme de Russell: il n'y a pas de différence essentielle entre logique et mathématique. Introduction à la philosophie mathématique Vannevar BUSH . 1901 Principles of mathematics. elles sont devenues une seule et même discipline. d'où aussi celui des mathématiciens.

avec Frege et Russell.11. Il est l'inventeur des tables de vérité qui permettent de définir. en clarifiant les problèmes. qui deviendra la base de la navigation sur le web. 4. c'est-à-dire de la logique symbolique. La philosophie n'est pas une science de la nature. un progrès de la connaissance. 4. Une table de vérité recense.1. le principe de l'hypertexte ("un réseau de pistes fonctionnant par association"). comme un enchaînement de propositions. Connu pour avoir décrit. Bibliographie: Traité logico-philosophique (seul publié de son vivant. de manière rigoureuse et sans équivoque. . les opérateurs logiques.).. achevé en 1918) Recherches philosophiques 4..111. La proposition figure la subsistance ou la non-subsistance des états de choses. Traduction française de l'article WITTGENSTEIN Ludwig Wittgenstein est né à Vienne. afin de dépouiller le discours de tout ce qui peut masquer la vérité. en Autriche. La pensée est la proposition pourvue de sens (. dans un article intitulé "As we may think" et publié en 1945 dans l'Atlantic Monthly. Ingénieur américain. L'un des fondateurs de la "nouvelle logique". notamment en philosophie. Son Tractatus logico-philosophicus expose sa philosophie more geometrico.La totalité des propositions vraies est toute la science de la nature (ou la totalité des sciences de la nature). 4. Il a pensé lui aussi que cette logique pourrait être féconde et permettre. et de le réduire à sa structure formelle.1890-1974. les conditions où une proposition composée de deux propositions simples unies par ce connecteur est vraie ou fausse. en 1889. à la manière d'un traité de géométrie. Le rôle de la philosophie (voir le texte) est d'analyser le langage. Il est mort en 1951. pour chaque opérateur.

C'est l'occasion pour lui de définir la notion d'algorithme. la société Microsoft s'est donné pour objectif (sans préciser de délai) la réussite du test de Turing. Il ne peut échanger d'informations que par l'intermédaire d'un clavier. La philosophie n'est pas une théorie mais une activité.112.) 4. 1912-1954. pendant la guerre. Pour éviter de se lancer dans une embarrassante définition de la pensée.Y Girard. L'ordinateur. pour ainsi dire. En français: J. En 1936. séparés de lui. dans Intelligence et ordinateurs. Il pose la question: qu'est-ce qui est démontrable. mais de rendre claires les propositions.(Le mot "philosophie" doit signifier quelque chose qui est au-dessus ou au-dessous des sciences de la nature. et nettement délimitées. Tractatus logico-philosophicus Alan TURING Mathématicien et logicien anglais. Sa réponse : ce qui peut être calculé en un temps fini par la «machine de Turing». troubles et confuses. La machine qu'il décrit préfigure les ordinateurs dont les premiers apparaissent peu après. il se demande si les machines auront un jour le pouvoir de penser. ordinateur théorique. Ludwig Wittgenstein. d'autre part avec un ordinateur. qui permit de décrypter les messages de l'armée allemande codés par la machine Enigma. saura-t-il duper l'observateur? Turing pense que ce sera possible dans les cinquante années. donc calculable? Il parvient à une conclusion proche de celle du logicien Kurt Gödel.Le but de la philosophie est la clarification logique des pensées. La philosophie doit rendre claires. il propose un "test": un observateur communique d'une part avec un autre homme. à la mise au point de la machine Colossus. les propositions qui autrement sont. Le résultat de la philosophie n'est pas de produire des "propositions philosophiques". Lors des TechDays 2009. dans une autre pièce. programmé pour se faire passer pour humain. Une uvre philosophique se compose essentiellement d'éclaircissements. mais pas à leur côté. Il a participé. il publie A propos des nombres calculables. En 1954. sans les voir. La Machine de Turing (Points Science): les deux articles de Turing accompagnés d'un commentaire .

pp. même si sa vitesse d'exécution donne l'impression qu'il exerce plusieurs tâches à la fois. juin 2005) P. que nous appellerons ses mconfigurations. destinée à vérifier que les séquences d'opérations sont convenablement effectuées. C'est bien ainsi que procède un ordinateur. Une unité de contrôle. 82-89). Une mémoire. Mathématicien américain. Elle traite les informations de façon successive.. n°620. y y y y y . Berloquin.. dans laquelle est inscrit le symbole inspecté. Dans la case r est inscrit le symbole S(r).. Définition de la "machine de Turing". A chaque instant. il énumère et définit les cinq parties indispensables à une machine de traitement automatique de l'information: Une unité arithmétique centrale (aujourd'hui incorporée au microprocesseur). pour communiquer avec les opérateurs humains. pour stocker les instructions et conserver les résultats intermédiaires des calculs. Goutefanga.qr. qui constitue la structure logique de tout ordinateur. "Alan Turing et le jeu de l'imitation" (in Cahiers philosophiques n° 102. Dans un article inachevé publié en juin 1945 (First draw of a report on the EDVAC [Téléchargeable format pdf]).P. On peut définir sommairement les nombres "calculables" comme étant les réels dont l'expression décimale est calculable avec des moyens finis (. A propos des nombres calculables John VON NEUMANN 1903-1957. q2. "L'homme est-il une machine de Turing?" (in Sciences et vie. il n'y a qu'une seule case dans la machine: c'est la case inspectée. La machine est alimenté avec une bande (analogue au papier qu'utilise l'homme). .. divisée en sections (appelées cases). le seul dont la machine soit pour ainsi dire "directement consciente".). il décrit l'architecture dite de Von Neumann. dans chacune desquelles peut être inscrit un symbole. Un homme en train de calculer la valeur d'un nombre réel peut être comparé à une machine susceptible de se trouver dans un nombre fini d'états q1. elle n'a qu'une information en mémoire. Une mémoire externe. mai 1969.0 de son article. Dans la section 2. Elle opère de façon séquentielle: à chaque instant. Des organes d'entrée et de sortie.

Le propos est très technique. Malgré le succès des sciences de l'information et de la communication.2). comme le titre l'annonce. Von Neumann imagine déjà des procédés de gestion des erreurs (1. L'article sera développé sous forme de livre en 1949. mais aussi chimique. les trois premières unités de la machine (unité de calcul.4). On pourra noter que Von Neumann considère les neurones. mais elle varie de façon continue.1) en raison de leur temps de réaction très court. Par exemple. Rien ne garantit pourtant que ce schéma. aux neurones (notamment 4. Les sciences de l'information ont retenu surtout le schéma que Shannon donne de la communication d'une information. de sorte que le schéma électrique. ou le bloque (5. Plusieurs fois dans son article. il compare les lampes à vide. et publié avec Warren Weaver. Son article Une théorie mathématique de la communication.2). l'appareil va les traiter sans intervention humaine (1. puisse aussi . ne peut suffire à décrire le fonctionnement du cerveau. paru en 1948. il s'agit d'une théorie mathématique.Il définit ce qu'on appelle une machine automatique: une fois les instructions initiales données. soit au repos. en fait le père fondateur de la théorie de la communication. valable dans le domaine de l'informatique. à l'image des lampes à vide. Cl. La synchronisation des opérations doit de préférence être assurée par une horloge interne (4. Shannon étudie les moyens d'améliorer le rapport signal/bruit dans les communications. mais d'une infinité. les dispositifs d'entrée et sortie au système nerveux sensoriel et moteur. SHANNON Claude Shannon est mort en 2001.1). Von Neumann s'est intéressé à l'analogie entre la machine et le cerveau. comme fonctionnant selon le principe du tout ou rien: un neurone est soit excité. de contrôle et mémoire) sont comparées au système nerveux central. Il préconise l'usage de lampes à vide (4.6). Il faut dire que. il conduit l'influx nerveux. on sait depuis. Cependant. Or la modification de la quantité de ces substances n'est pas discrète (binaire). à lui seul. Il a popularisé la notion de "bit" (contraction de "binary digit"). et le câblage aux axones (2. que les stimuli qui parcourent le cerveau ne sont pas seulement de nature électrique.1). Des substances neurotransmettrices jouent un rôle considérable dans la transmission de l'information au c ur du système cérébral. Il n'est disponible (en anglais) que dans son édition de l'Université de l'Illinois. Elle n'est pas susceptible seulement de deux états. dont il préconise l'usage. le livre n'a pas été publié en français depuis les années 70.

Ces 5 parties: "Une source d'information qui produit un message ou une série de messages à communiquer au terminal récepteur" "Un transmetteur qui traite le message de façon à produire un signal susceptible d'être transmis par le canal". "Le récepteur effectue d'ordinaire l'opération inverse de celle faite par le transmetteur. en reconstruisant le message à partir du signal". C'est pourquoi Shannon a pris ses distances avec les sciences de l'information. "Le canal est simplement le medium utilisé pour transmettre le message de l'émetteur au récepteur". "Le destinataire est la personne (ou la chose) à qui le message est adressé"..) "Par système de communication nous désignons un système du type indiqué par le schéma de la figure 1. (. Yves-François Le Coadic. The mathematical theory of communication peut être téléchargée au format pdf.décrire la communication humaine ou la relation entre l'enseignant et l'élève. Il consiste en cinq parties essentiellement". En effet. le signal peut être perturbé par du bruit". critique la confusion entre la théorie mathématique de la communication et la communication humaine. Elle n'a rien de commun avec la parole. la communication telle qu'il la conçoit consiste dans la transmission d'un message. encore moins des techniques de manipulation. "Pendant la transmission. "Le problème fondamental de la communication est de reproduire en un point soit exactement soit approximativement un message sélectionné à un autre point". dans le "Que sais-je?" La science de l'information. ou à l'un des terminaux. . Déjà en 1994..

est analysée en tant que comportement d'échange d'informations. Ce terme vient d'un mot grec qui désigne le pilote: Wiener pense que les machines doivent aider à gouverner de façon plus rationnelle la société. Il a très tôt conscience du rôle que les machines vont jouer dans nos sociétés. les sociétés humaines obéissent au principe d'entropie (issu de la thermodynamique: tout système clos tend à perdre de l'énergie). Les cybernéticiens aujourd'hui créent des machines capables de simuler le comportement animal. C'est l'adoption et le succès de la méthode comportementale en psychologie qui rend possible la comparaison entre l'homme et la machine. Il a été un visionnaire . Ce comportement peut présenter des effets de rétroaction (feed-back): l'agent modifie son comportement en fonction des effets produits sur son environnement. afin d'accroître notre lucidité et de rendre plus efficace notre résistance à l'entropie. les psycholoques behavioristes renoncent à élucider les mystères de l'âme ou à sonder les profondeurs de l'inconscient. Pendant la guerre. Il est l'inventeur de la cybernétique. Wiener a l'espoir que les machines permettront de mieux et davantage faire circuler l'information. c'est l'interaction d'un être avec son environnement. Pour lui.The Mathematical theory of communication. à la corruption. Wiener avait été chargé d'étudier un système de guidage pour rendre la DCA capable de s'adapter aux réactions des bombardiers. Etudié du point de vue de son comportement. Or notre culture cherche à ignorer ce phénomène. de tenir compte des obstacles rencontrés dans l'exécution d'une tâche. introduction Norbert Wiener 1894-1964. par exemple. Elles tendent au désordre. Depuis le XIXème. Le comportement est observable. La communication. et ainsi le renforce. l'homme devient comparable à l'animal et à la machine.

1952. science des systèmes. nécessairement. en 1991. 1948 Cybernétique et société. >> Longue vie au web. Il préside aujourd'hui le W3C (World Wide Web Consortium). Si ce concept a une valeur en physique. Cependant. du contrôle et des communications Tim Berners LEE Né à Londres en 1955. qui édicte des recommandations pour favoriser l'harmonisation des langages sur Internet. Ingénieur au CERN. Norbert Wiener : père de la cybernétique. Il continue de promouvoir un web fidèle à ses origines : libre. reposant sur un raisonnement par simple analogie? Il a publié: Cybernetics or Control and communication in the animal and the machine. A lire en ligne: Marie-France Blanquet. comme dans l'article paru dans le numéro de décembre 2010 du magazine Scientific American. en sociologie? N'y a-t-il pas là une sorte de confusion des genres. intitulé "Long live the Web". en a-t-il une aussi. et traduit en français par l'équipe de Framasoft. il invente. on pourra se demander si l'usage de la notion d'entropie est légitime dans le domaine du social. neutre et ouvert.sur bien des points. . le Web.

avec Steve Wozniak. d'Apple en 1976 et père du Macintosh.Steve JOBS Né en 1955. le premier ordinateur grand public qui popularise l'usage de la . Fondateur.

Apple dominera le marché de la microinformatique jusqu'au début des années 80. Steve Jobs crée alors Next . où IBM emportera la compétition.souris en 1984. Evincé de la firme en 1985.

qui commerciali se des stations de travail (ordinateurs à usage professionn el). Il crée aussi les studios Pixar.Computers. qui ont réalisé le film d'animation Toy Story. .

Malade (une agence a même publié sa nécrologie!).puis ont été rachetés par Disney. il n'a cependant pas perdu le sens de l'humour puisqu'il a . En 1997. il redevient Pdg d'Apple.

. Il ne s'agit pas de la gratuité. il est par exemple co-auteur de la commande diff. "Un logiciel libre c'est un logiciel qui respecte la liberté de l'utilisateur. Connu aussi sous les initiales RMS. Richard Stallman est aussi programmeur. mais de nombreux logiciels destinés à l'accompagner ont été développés. Le système n'a toujours pas vu le jour. Pensez à la liberté de la parole et pas à la bière gratuite" (R. il rédige la version 2 de la GPL. conférence à Paris 12/01/2010). considéré comme le fondateur du logiciel libre. il présente la licence GPL (General Public License).Stallman. né en 1953. En 91. Il crée la Free Software Foundation en 1985. Il fut chercheur au MIT. En 1989. La 3ème version est sortie en 2007. Ils constituent les distributions GNU/Linux. Le projet était de créer un système d'exploitation inspiré d'UNIX.déclaré: « Les informations concernant ma mort sont très exagérées »! vRichard Matthew Stallman Américain. Il est l'initiateur du projet GNU (Gnu is Not Unix) en 1983.

Le système n'a toujours pas vu le jour. Durée: 1:14 Richard Matthew Stallman Américain.Vidéos des dernières découvertes scientifiques. Stallman. d'opinion et de de la R.Stallman (en FSF anglais) (en) Conférence du 12 janvier 2010 à Paris envoyé par Groupe_Eyrolles. mais rien n'interdit de faire un don. . La page personnelle Site de Site du projet GNU (fr) Prises de position: "Don't use Facebook" (http://stallman.fr) uvres d'art. il rédige la version 2 de la GPL.Liens: Framasoft vient de publier une biographie sur R. mais de nombreux logiciels destinés à l'accompagner ont été développés. co-éditée avec Eyrolles: Richard Stallman et la révolution du logiciel libre. considéré comme le fondateur du logiciel libre. Ils constituent les distributions GNU/Linux. En 91. il présente la licence GPL (General Public License). Richard Stallman est aussi programmeur. Il crée la Free Software Foundation en 1985. Il est l'initiateur du projet GNU (Gnu is Not Unix) en 1983. Elle est elle-même libre et gratuite (licence GFDL). En 1989.org/) Au sujet d'Hadopi: "Le partage non commercial des divertissement doit être autorisé" (telerama. Connu aussi sous les initiales RMS. né en 1953. La 3ème version est sortie en 2007. Il fut chercheur au MIT. Le projet était de créer un système d'exploitation inspiré d'UNIX. il est par .

d'opinion et de de la R. mais rien n'interdit de faire un don. "Un logiciel libre c'est un logiciel qui respecte la liberté de l'utilisateur. Durée: 1:14 .fr) uvres d'art.Vidéos des dernières découvertes scientifiques. Elle est elle-même libre et gratuite (licence GFDL). . co-éditée avec Eyrolles: Richard Stallman et la révolution du logiciel libre. Stallman. Liens: Framasoft vient de publier une biographie sur R. Il ne s'agit pas de la gratuité. conférence à Paris 12/01/2010).Stallman (en FSF anglais) (en) Conférence du 12 janvier 2010 à Paris envoyé par Groupe_Eyrolles. La page personnelle Site de Site du projet GNU (fr) Prises de position: "Don't use Facebook" (http://stallman.Stallman. Pensez à la liberté de la parole et pas à la bière gratuite" (R.exemple co-auteur de la commande diff.org/) Au sujet d'Hadopi: "Le partage non commercial des divertissement doit être autorisé" (telerama.

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