!M~)~T~MT~V~* ~t ~L~<< TM~t~m~ MMtra~ JStMc ~c~nttMqu~ 1

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Bar A. LECOY DE LA MARCHE.

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COLLECTION

LïTTÉRAtRE.

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Hoc~

rit H~nt~M~MBfMn,

DESCLÉE, DE BROUWER & C'% 1 -.1895.

I~c Trc(3<Èmcjg<Mc Kt~rair~ et B;c~nt<f~M<.

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'U~t~~f~t~oK~tU~~)~ J~*P '~M~<<< Tr~tht~ !M~mh~ JStM~ et sc~nttftqu~ DE LA MARCHE.

par A. LECOY

-<0t- COLLECTION .t–t–t..t.t~.t.~tt~

LïTTÉRAÏRE.-<ot<

Hoc~M DESCLÉE,

H~nt~M~H~n, DE BROUWER )aa~ <& C'%

TOUS))HOn'Sttt:SEHVf:S.

~i&~i&jRy~trt-i/ictnc sièc)e occupe dans te moyen .e ~).tp)ac<'<(UL'tientdansj'antiquitctesiectt' n ) t~)~ (h' Pô ictus, dans)t's temps modernes )e sicch' ~~f~~ ttt'!<<'t)isX!V.i)('st,c<]t)un''t'ux,tc'p(tintt:u))ni)):mt t!'unc)~))~))upcri()dt',i't'x['r('ssio)t)aj'htSt'-)cv<ft!es aspiratiuns et de t esprit d'um' Mociutcm~aniscc d'une <;tç<w p!t)'tictt)K'r<Ju) rett'u)tpnccdt'm<n<'))t ) hisu'tt't* du gr.md rn) (lui )c pcrson)tttit' j'.t! icttcontrc sur tnon chonin presque toutes les grandes questions pu)<t!qu<'s et snci:des<}ue peut soulever l'étude du moyen itj~t':en peignant aujourd'hui )t: taoieau des tettres et des sciences au temps de saint Louis, j'esquisserai forcement l'état inte))ectue! tic la nation française durant près d'un millier d'années. Le treizième siècle peut donc être considère a bon droit comme une entité et comme une synthèse. !) marque même parmi les grandes époques de l'histoire, parmi celles qui ont exercé sur les destinées de l'humanité une inlluence décisive. Supérieur aux a~es S précédents sur beaucoup de points, inférieur aux a~es suivants par quelques côtés seulement, c'est avant tout un siècle de progrès. Dans le domaine de la théologie, dans celui de la philosophie, le pas franchi par
'<.eXin'i~fcfm.<;t~i<;M. i

Ses visées sembleront peut-être un peu moins téméraires.!. st's docteurs <'st énorme.uu <*stn<'nc)n<')U :tco)s~< C'est Rt une vcrht' qu'un on pt'ut p)ns <)t<'stt')'. apr~s t. pour t'bisu'in'.<: t<')nps<. de somxoh'nct: et d'itmn')hi)it< La critique tnoucrttMa fait justice de ces accusations. poor h's scit'ncfs physiques <'t ntathcmatifjucs. pour la ~co~ruphte. cinq ou six vo!umcs ont été consacrés par t auteur aux hommes ou aux choses du treizième sièc!e. pour ).trt dus ~t'nn's df ht pruse. si ron son~e qu'it est le résultat d une tongue série d'études spcciates.6 ~~facc.t p)')p. Déjà. Pourta haute ctoquuoct'. maih. que ce livre a la prétention d'apporter une modeste contribution. ft qn<' l'un en)) tfstt'rit muins t'ncorc. sa )n:ttt:h<'<'n av.< C est cette muvrc de réparation tardive. <')!c est arriva' à proctatncrqut! notre civinsation tout entière est issue du moyen &(.t tt'cturc <h's pa~<"< suivMOt. et ce!ui-ct à son tour sera suivi d'un autre qui en tonnera le complément naturel. dictées par !a routine ou le parti-pris Hn eh'') chant simptcmcnt la hxnicrc. j'~sc t't'spcr~'r. pour k:s autres genres poétiques et pour ). i) n-stea pt-u prcs stationnaire.<poésif épitjUf. traitant .st passe<~u jutait !'<))t (p)! des si~ctus chrctit'ns par <.xc<:timptoximcm a )a face tcocc )(: «'prncht: d'ignorantisme. en effet. qui sera ) cternet honneur de notre époque.

sur des citations . auquel je les adresse aujourd'hui. à les appuyer sur des preuves plus solides. la plupart des m. sous unf forme plus concise <'t plus rud)tncnM<r< dans les conterences de ta satte Atbcrt te Grand. des encouragements on ne peut plus précieux. moins indignes du grand public. ces études d'histoirc Httërairc. au tt'txps <mcent. of) ia fondation de t'ensei~nt'ment supérieur libre des jeunes fûtes m'a valu ensuite. 7 de l'histoire des arts durant ta même puriodf. !n outre. en revanche. tuais nu il m'a ctc donné. j'ai tenu a les compiler. Hn leur donnant leur forme définitive. Qu'on tnc pardonne de saluer en passant toutes ces sympathies qui sont venues a moi comme une consolation dans tes jours d'épreuve Je me suis enbrcc de rendre moins indignes d'eites. Quelques uns des mêmes sujets ont etc e~att'ment euleures.tticrt's qui font t'u~t-t d<' « s difturentes publications ont etu abordées dans ). inspirées avant tout par l'amour de la vérité.StMate.t chaire d'histoire dt*t'Uoivcrsitc catholique de t'aris. cette de taire passer directement ses convictions et ses sentiments dans t amf de ses semhtabtcs. de router une des joies tes p)us pures que Nx'nune puisse éprouver ici-bas. avec des amertumes d'un autre genre.tribune ctait dchout: temps heureux. que j'ai dû expier depuis p.u ptus d uoe souttrance.

8 Mttfatc. d<<a i égards q)x' jf devais au tectcur. et. s'il1 trouve <:ncore dans ces trop d'imperfections. reccnrtaitre a t'écrivait) c<'h)i d'avoir etc. du moins. il est. a )'inst:u*des penseurs dit treizième siecte. en un mot. un chercheur «hstinc. un ftible meritH qu'il voudra bien. j'' l'espère. Je me suis souvenu. et des exemples plus nombreux. .

s. t' '<' <t< SOMMAtRK.naut't'écrire ou comprendre. )Fzittitairt (ttt Scielitioque.))«ur se f:uniti:trist. Cette étude particutioe térêt. t))nu'<ne" tt"s tiv't't aithtts <it' fnutx 1't <te ta ttytttitte û)!ft)rn<att"tt chez les <tr. des ~«tM" U!(OX<Jt'H \c')t ctt«)it'r soicuscnn'ot t'ct.tut chcot. Da taneuc. –Orixt"" Part tuut fMt'çfttfe. des h)t)«Ut'!t orianUttei).tt eûtes )tt(f))ccH)c)dt))K'('j)')<)m'"u<)'ut)j):tys. 1 e Ii'c C~apttccpremier.niu<'tt" Pfo<t<t' tnonumentst <)<'t'tttttmx' vutgfttrf p~ttptf!) ttUtna. A ft)tpfp)Mntt~r)'tttt' U'Ux <)j)')s sa Ctttxptmith't) t)e r<tttnttn< et du t*i<ut<)t«'<ttt<' fr««ç«t:i". et. .<)uitj)<trsu)) attcntx't) so) )L"'<)cux \<httt')')'. Lu hmn dtMchtfOtt't t<Mtn«tatteat'"i des <c<M~ aft oaract~fet. Rtjth's !<utvhM~c<'tt<' ttpu<tt)e. KUe embrasse trois oHr' points plus d'un ~eore d'ina dinerents.p Stecfc jj Trd~mct ]~tttcM<M . cx!uni)u«t)s en ['rentier )icut'i')iu)nccntj<)")'c subsidiaires sicctc et toutes )cs<jm:sti<'))s <~i~yr~ savoir par)cr «u<)ciirc.r avec des monuments connaitre t'intittcraires qm'tcotttjue. car. St") progrèa et son ~ot'r'M" <'«"))'))<')) au Xttt'~cte.1 BcMntt8<!u<.iif. il f:tut preataMonent strutnent 'tout les auteurs se sont servis pour exprimer tcurs pensées. s"<) uaft~a. t-ft c«"t«tt:~«tc<'<(u vivaxtt's. repondant .t))«x) ordinaires de toute sctence et de tutttehtteratmt': ttooc que nous au troxiont' t. grec.a to~itjue \cttt la tangue et t'ensei~nement.

). i) t'n est tu si~ou cxtt-ricur il il t)tt exister.tt vanne t.'o~oc'i. f. jtfttdaot <)uaraotc sincks vous ))'<t))tict)<)rux tout au j))us tju'U)) du ces charmant.u)''hissah)c ptt'uvc <)c )'cxistt'))''t.'t'"))ctH))it')<h)s'))))))"it)'t. <)c t'atnft'tttu autres csj)~.10 LE TREMÏÈME SIÈCLE H y i). de même que Dieu a lancé les astres dans .s.s«it i(\t.f t:tn~:t~< . au temps de xutattt de Vitri~t~s tk' tan~c.si\t')nct)tf(ccc'.'t sun urit{in< est Mh ttot) <U\i)t.t)Ht.ttiutt <)c la poxscc.icf.t. \t)U<:t))"))s u"t)')<:cu(tcr sttcct".'n<)cscu))M't ()\'))trftM)iru))t'tt)n)nt'rc<s('ita\c<)c'<a<)tc))rs)Utt. otK' tangue \n)~trc h'rntLu fomp~'ttnwnt d'un usant'n<n''r. la marque de l'unité de notre espèce et de sa supériorité sujjeriorité éternelle.mifL'st.Prct)L'i. aoitnaux tt«nu'sti<(Ucs <)«nt «n <)it il ne lui )nan<)uc <(uc la parutc. qui .n est tittn. Mais. )<t)anK"e <tcs ttcn's t't t)fs n~)t's.m~uM savante.trc la race hmnainc'tt's r~trc )t' ptnt rapjtrocM <k ('h"nuuc. Ilès )t' nxttncnt <ti) )c ( rcatt'nr a insume sun esprit t'ans sa crcaturc ()ri\'i)<{. !.scj'. t)cr(<:ction!tci'-)c. dt's cootrcc-it'tint. !nais il lui t))a)M(Ucra toujours la ))aro)c. et je croirai a t'ori~'ne simienne de l'humanité. au tond.d (tit))Htted'<'tt<tut<tnnHedo<.tr<')'ist)jfts. et) jtrixcijn'. Ainsi. (icrt't cuounuc)) tout tt'))<))s. !e tan~a~e en soi est une grande chose it est. )) est <(<mc lui sco) ooc la harricrc)nfr.<tt".utK's.)u'"n me trouve un sinnc (lui se soit entendu une scu)e (ois avec un clc ses sembtahtes pour articuler des mots et attacher à chacun (Feux ux sens précis. sctccti<)t)t)cx-!c )K'n<)ant )niHc ans.<.tit t'hctnmc dans tt'sj'ronicrsjttnr'ith'ox'ndc. un tutin (wticu d'xt) on)')"i restreint.tt')n''))t ctr.nx'rt~sttH \i\t))tc~. o) effet. Oui. <! va tôt))).tt)nt)t"<<"t))j))t. !.cs:u)itm''<. saint Louis. c'est-tUrc )c latin.~()icst p<)ur)ap:tro)ectd'u))nsi(~'ti~ptusenptusfrf()m'))tp"ur tes montxnentst'crits.iut)s.

11 Rouk'<)Ufti))teutmt suivant (esr~tt's t't'<p''cef)))eu)'disant: !)~)iv<e tes fi~cuttcs de nittureHes tjuc je vous ai tracta" Chononeateur ))rt)preessttr.trti)t)ccctn<"nc)tt.tr tfs t't<'))t'«)t'))tf.tph)s t'tesou)ni-(t't'))suitt-t)tt''tu\)oisdtt)at)s)o)tna<io)))~)))iLTt' ))<))'<t's (t.tro)ehu)nainen'. )'~t)disant <n)c te tatin a produit k' frao'.tt)e. ccttitjtte.tj'~articnt httan~ttt' !ati))M.)tf)))C))t. ))):tis tjui se s"))t ~ruoj't'es eejx'ndant en h ~uxOtt'iodtemtc.<t)a):u)~.a ))fincaj)j)rcciab)c. )u )at)~c. <)t's v.tit t)t''j. t':tch.<j))i se '.u'i) y ait eu un atna)na<ne de ces divers etctnent'! et ou'iis se soient cotnbines a t'on~nc pour <hrtncr un diatcctc noovcao.(it t))))'"intcs<c))tit')dt)())tu)<)h'it) car ))icn\<'u).)'.)rt)''tt')'t t)i-')tfr'iit'))dft!. la ~u))i)!c)J~!as~it)t)c.ta tjuatfe t'u'')))<) ~Huxtestattuttes: ~ttttiHc jt:rs.s))U'i)')t)t)'.t)m-)'))())n~t)it~ Vt'ct~t ex so~ictcs distinctes.rtcdcs~'t))t)c-. !< 'ioence pht)o!o{~i<jue a fait trop <te propres pour <)ue )of) .(rt'mt't('m)ch.<'e<nn<)U)n'')nft)t <)mnotre tangue est te rcsuttat du tnctat)~' de ptusicurs idiotocs anciens. du cettitjuc ou <)u ~ertnai').<)itt't')t'))t<.)!it<<'))'):tti<'))<k'ct'-it)itti")t!ditcs\:(t'. )a t'amiXt.At't'tt<' dt'roit't'c.t)x. !)c cc tju'ot) trouve un certain nombre de tnots français issus du Urée.tit t)u'ityt'ttsttr)itt'. et ):tt'"nf))sjt)n')cs)at)~(tc''t'<.ettap. )):tr(c'irc\f')u<i"n-'j)n'\idt'))t)c))c'!<h))n't))t)c. :<fcvct)) <k's ft<r<))f< M) sens <(iv<'t'i sot)-. il ne s'ensuit ))as <.sur sa constitution qu'une innucncc insi~ninantc. par )t's ))ti~f.ais. la famitte ~<'t))):u)«)ue. toujours un <)i)t)ssun j<r!))ei{)f. t'«t) ne dit j'cot~tre pas assfx ec)a a t'air d'une a~rtoatt'))) ha))a)t'.(ti")ts des j)t'))p)cs.~</7/ Ott croit asst. d'ux <ait iodcttttt et t'a~uc.uc)ati))c<'st)at))c)\)<')at)"trc.<(')i. H taut aj«utcr ((t)c //M/) /<v/ <<<' <Aw<'y//<' ~f/w //tW. Mais non )fs auttt's idioncs n'ont eu .<t))t<))<M<t<!<'<s )n<tt<ct)c<'s diverses.tn<'c'<.'t.LA LANGUE.

' priutitif.t)«s pures \critah)<'s.tertnt' t n'ati"" r''ct'))tc.tiss.t'i))t'. <(uc nous (tevions a sou empire iuvotontairc.!(p)))j)arts"nt<)t".tm.car")) )<)\'<' <) )''ram'<' an )n")'cn a~saufquf)')ucs «))))j)tc))ait pas )'a))ajat))ais<-))<)au)ctju'a c<')()t)ic<tc)'h"t'ccs.ta LE TREIZIÈME SïÈCLE. :<<t<n)m')<u))t<(t".t(ui<'taitUt)t'a))<ict)t)t' <)a))s un ta)<'t) très )M))'))cautour ()ct'ctt<i))< t.<)u !a)-.ttcrs t)t)c )c français avait depuis ton~toxps st~) t'\i'*t< <)«' )\~))))th' ~'t sa tconiut'tt'~ic t)c-. «)usi<)<r. puisse ruditer i) )' H eu des mots de cette tangue in))'(')rt<s thtxs ).tisc('))m)H)t?t.()t) o'tt) tt"uv')ait nocrct')) dehors ne <)t'ccs<)o)xc!t~)it's. f")~cs par !s ht'tnmt's <)c ht Kcx.ri<-))()t' )))us nature). la substitution des sy))abes sour<)es et en usat. pour <w~c.c chex nasate-' aux sy)!abes sonores correspondantes )es Rotnains y< <w.t du ~rec.a prouonciation ce)ti()uc a innuc de bieu d'autres façons sur la déformation du tatin mais très peu de mots cettiques se sont seu)enteut t)")n)t)<<t'cHn)<ctt't)tK')c .ttit)<)a))s <)'a)'<<x)))(t~tcc')at)s)t')ati)). !. ~/< <wf. et )c<)ia)cct<')uat<'rnc)<k's(iau)<))s.)'xjtrt'ssi()))s<)t)i"t)t)'ass~' <)))t. o')))p)ctc eu sont «< te ft. etc. . outre certaines expressions.ais. cette \iei))e tucorie.t n<trc savants.trque reconstituer un eu)bry<)))<)ev<'ca))u)aire. ()f t)).puis t't<)t)i.)'a)«'))sc<j))Ct)t. avec icsqucHcs toute )a science uxxteruc a bien de la peine a Ou a ron. Cour ce oui e-. <:u)n))K' /'Z'/A'<W('t'.'it)uu<'))c<'<k')atau~uc<'t')ti')m'aurait <)uctrcbif)))))us )'i<)iouu.))t'))<'u-. n'a laissé <)Uc des t)accs fort cffacccs.so))t)'as\t')n)t's<)ircctt-'))~'nt (tt'tcut t")''))t'")init't')tc.t))"ts tnhnitjtn's.o).t'<)urtau)i!u'<uc-it ricu:)''s)a<)i<auxt'c)ti'(ucss')Utcut)'cs))ftit<L'nunoritc<)aus tes )u«ts fraudais.t)t)< puisque <cttc):u)){UCt'tait )'!<)!< oucuatif'tes habitants <)(')a<!au!c.tncc uu mofn' j'hts tan).

n)))cupK')t')~us. tit))<)i''t(u':m<:<'t)ttai)cK"t)K'ct)n<jm'<!U)t~<'t:ut(')u'<civitisw yua· )a (~:utlt~ aaauluisa.'i ))abitu<)es. peut s'ex tes Kuttccept.t t'imiter ft) tout :)t" \t)it)cu-'st)bju~))frt'))t)cs\ai)) C.t (<)ccft('r''t)t)'e))cf))tc«t)')ni'!C)K)r)t's){<))n:tins:):tt\j'n)')i<)Uc )atit)c se )')it<)\-t)th"t)si.i)'i ne barbares <)ue tes j)t')m):ttiot)S()e et:U)tp)us purent tes convertir a eux. mais ce t'urent eux )netnes<)t)i adoptèrent peu a peu tcur.u)t)c jt'u~ tes institutions.n.a(<aute avait été tatinisee:ene ne fut point rétinien.es <)e ta (. et si p~) <te racittes. occupèrent te s<')~. ptiquer~us-ti.cHcak-? t'arcc <)Uf ta (tfocc c<')tt[uisc ('tait {'tus c)\ itisce <(m. t.ttc)n-)tt')))c))t et )))"ra)ftt)c))t. sur te t'rancuis dans ta proportion la plus forte. pour ainsi <){re.~ieux.ts)))t'("'m )t')'cu)'k'))cHt))it)t)t'et''ttnit.u'icu )n. Kuus avons retativement un assex ~ran<) nombre .ai))t(<n')))'. ~ennanisee.utcr.m~ue cettioue.mtt'. par suite (tu contact intime et proton~e <tes nouveaux habitants et des anciens.miu )c. Il s'était passe jtt)urc))c)ccf'ntritirc<)cn<)()isf)<. comment il subsista sur notre terre si peu <!e \csti~.a ta <ois. perpétues. sur tes trois etonents etranners au tati)). c'est cc <)ernier qui <tetei~nit. t'<M)r<(tt"icette <)iftcrcmc t.cts'. ( 13 e pheucmeue. t·u Iv:vrt·ilc.LA LANGUE.n))~n.-Mutoc co)h(m'r.teursu)'t)n's. t-))c s'ctfm faite )<nn:ti))c tuut t-'xticrc.)ss. finit toujours p:n rcsto'.)eur t.vs. c'est ()ue ('inverse eut )ieu Ht'es est cunt. co)n)))ent )a tangue }{et)nat)i<jue ) jeta Cepen<t:u)t. 'k'nn'tttctt'ttt )< (tttcttrs.)itrc'!mt"ut.taGaute avait attopte avec empressement sa )n:wicrf (k' p.)j)t)m). quoique ptus etonn.tM. l: inllm·naw ctwmiuautu.t))Ct't..'innwntctt"tnin:mtt-. 'juc lu (<:mt<c<'n()uisc.n))"is: ')U:t))t!)cs<L)er)))ai))Sit)eurtuur ce s')).mt.'i)c~s. t'eci nous faitcon)p)en<)re.tr )(')"!t preuve. ou ptutot la moins faiMe.t))t)cscrc))t)''<ut)cnst)). m'eurs (te Kt'me.

de mots a racine germanique. Tous ces pseudo-cottaboratcurs écartes. ou du moins modine. ~ennanioues. ne s'est répandu cheit nous que )e jour oh il s'est présente sous ta for<ne ptusetenanteetptuscivitisee de /f/«t'/<7<j ou /. Seulement.14 LE TREÏZÏÈME SÏÈCLE. ~< et tant d'iMtres. Mais qu'on ne s'y trompe pus ces tennis ne furent point (tes )abord naturatises gau((et Cettes nu les employèrent tois les descendants pas au même titre que ceux de la tangue maternette.dc. f. que reste-t-it comtne auteur direct de t'idiome que nous partons ? Le latin. d'intermédiaire république corrompu. C'est seutement a )a tondue qu'une partie d'entre eux parvint a s'acctinos mater. Comment s'opéra . et te latin seul.~<7. et tjni ncu-.a chose serait <)imci)c. t'etement ~ennain n'a pres<tuc pas contribue non plus à ta (onnation de notre tangue. Ces derniers tnots sont-i)s A'<< francises pour ce)n? t. t'n raison de teur structure.<WM. Kh bien ceux 'nte nos aïeux répétaient pour tes avoir entendus frc<)unn)nent dans ta bouche des !rancs n'étaient pas davantage t{aUiciscs ou romanises. i)s ne viennent pas tous en droite tigne du latin pur. du latin classique viennent d'un beaucoup latin ~utgaire. Sur mille mots français. qui servit entre te tangage des beaux temps de ta romaine et te français primitif. ponr citer un exempte entre mille. il y en a bien neuf cent quatre-vingt-dix-neuf qui n'ont pas d'autre provenance que le latin. à t'orittine. Us les empruntèrent par fuite de cet esprit d'imitation <~)i s'est ))t'r)<~tuc chcx nuus c<t))t)w uou traditif')) natu'n. Donc. mais a )a condition de s'adoucir et de se latiniser n'étaient faits pour les rudus aspirations gosiers point et te non) de <f(~'«~.'it aujourd'hui encore etoprunter A nos voisins tes mots de .

innomme jusqu'à présent.t nation anglaise à l'aide des motsquettea importes chez nous.dyse.utt. . et en faire jaiHir des tunneres nouvelles pour l'histoire intellectuelle et morate de t'humanite. v«i)a )c poutt vrauncnt intocss. et ta nit t"nt te set rct <)csuri~incs de notre tan~ut.ucs<)cnos juurs t'opt (ait .t établir sur des bases certaines la loi de ta migration des peuples et l'unité de la race humaine ? Pourquoi n'etudierait-eHe pas dans les locutions d'origine germanique Ics tno~urs des Germains ? On peut bien reconnaitre tes caractères de t. par exemple.) .snbsthuti")) le cc!tt' basse httinitt* Acette tati'xte onti'jne? t'ar ouettcs causes. sons peine de rétrécir l'esprit de ses adeptes en le eoneentrant sur des innnitnent petits.LA LANGUE. Mais la phi!"t"~ic ne doit pas se cantonner dans la constatation <)e ces ))ht'-n")net)cs elle ne doit pas se confiner dans le ~nt pur et sin)p)e. Ca)' il ne s'a(. cotnmc <)un)les <t<s)ncncessont t<ttnb<'< c<')M)nc ce v«c.ncc . )5 ).socccs ils le font encore.tb)c ancien a produit ce t'ocabtc xum'cau. mais ()U'on peut apjtetfr prcstjttf aussi jnstoneot <)c l'un «u t)c t'atttrc ()e ces noms. at'ec la phitosophic de la lin~uisthjue. voita cotntneje )acotnpren<)ra)s. . Voilà comment cette science peut acquérir une veritabte portée sociate.. t'ourouoi neviserait-ette pas.avec la synthèse jointe a t'an. (lui n'est plus le latin proprement dit. HHc d"it s'etever plus haut. et ils font bien. Tout ccta. )cs phi)«)<'{.)t pas scu)<')W))t<(<'<)~«'))\tir et (te <)e<nontrcr comme quo! tcttf sy)ta)tc a <tt?chi )ot~'Ou < quoi <aç«tt. de guette manière et sou'' l'empirc de uuettes circonstances se forma cet idiome. et rechercher tes causes cite doit tirer (le la connaissance des nx'ts )a connaissance des choses eHes-tnones. oui n'est pas encore le roman. puistju'i) tiott te milicu entre k"< deux ? Voila !a t~K-stio)) tapitatc.

et il était écrit que la France devrait au christianisme non seulement sa constitution.tyoos ef deux )))ots de detenniocr du ). épanouissement I~eux t. ~'<<'<t~. !) peut sembter ~ieuse et<~nnant. '[ue la religion chrétienne soit pour quetquc chose <tans )cs modiftcatiotts de la fonne donnée chex nous a t'expression de la pensée.16 LETREÏZÏEME SIÈCLE.ieme siecte. le: journellement . tes causes umneKss.<m'i)s sont de grands min<n''ws.m trei/.\n{.iais atnatenrsde courses.tu\ idées on aux objets te j'tus eu faveur? compris ainsi la ()hi)«)o~ie jns<(u' ce jour. d'une portée immense ttans ('histoire de t. je m'cxp)ique. Un obser\ateur conclura J'en citais trois: .t avoir particutiercment inftue sur )e (:au)e. Des que te pays fut converti à la foi (ct cette conversion fut complète au quatrième siecte.us on o'it~uere . Ceci est nécessaire pour expliquer )edcve)oppcment rapide de notre idiome nationa) et son ma~nifi<)ue . et de demetcr les rapports <tece ~ran<) enfantement avec tes événements de )'epo<)uc ou avec t'etat de ).)a formation t)e diatestjui:une))ere))t. au premier coup d'<ei). Il en est ainsi cependant. me paraissent de croyance retiphénomène dont je parte )e channement et )e changement de régime po)iti(me. après t'apostotat de saint Martin).< de leur propagation toute particutiere<me sont tes.j):u)'a)ter:ttio)) nutre tangue pritoitive.)ti)). un livre unique fut dans toutes les mains un seul texte tes pasteurs fut sur toutes les lèvres et dans tous les cœurs te répétaient aux ndetes. puisque tes termes qui se répandent te p)us snot toujours ceux t(ui cortt'spoudcut M. non seutement sa force et sa grandeur. mais jusqu'à ta tournure de son tangage. et il ne se trompera pas.nts. qu'ils sont d'habités in~énieurs.t société. t'om'tjuoi ne pas applique) te même système aux importations ptus anciennes.

s Pères dans la prêtres qui commentaient même forme.*<W <y/<y 0/7t'< < !'<<WM <!<~M~ <ww. a force d'entendre t'Kvan~ite. n. ~«/<M est ~'C. mais incontestabtement difterent de t'autre pour tout le monde. Les gens superficiels dans )'ordre tonique de )a cette version est un calque ceia.~M< y/< «~ f~'M'M/t' P<<M/ est qui ~<V/<'Y. La phrase est construite pensée. puis les régimes. Or.<'r«' <f. dont aussi exact que possibte.t'yM~/7/W t~<?M fWW J. prirent peu à peu l'habitude de construire leurs propositions comme le faisaient autrefois les Hébreux.) Jamais un Romain n'aurait bâti une phrase ainsi et jamais un patën n'aurait du Symbote des disposé ses mots comme le rédacteur . c'est la suppression presque constante des inversions.. c'est-à-dire en mettant le sujet en tête. eomtne dans l'hébreu. Mais ce n'est pas lui qui s'est confonne au ~enie de notre fan~ue. dont le style avait déjà subi l'influence de t'Kvan~ite. et les i'eres. et speciatt'ntent t'Évan~ite.s Je récitaient à t't'~tise c'était ht Ilible. puis les adjectifs. avec tesquc)}. « 6~<w <o ~M/M /? <<M //t'/w/M ~tyM. puisfju'ette n'existait pas encore c'est au contraire notre langue qui s'est modelée sur lui. trop clair pour être du bon )an~a~e. Ce qui le caractérise surtout. et les et t'Kvan~ite et te. ce sont nos aïeux qui. c'est )a construction trouvent tneme le texte evan~eHque trop semblable au français. tons ceux qui <'nt lu i'Kvan~ite en latin savent que ce latin n'est pas celui de ( iceron ni de Vir~ite c'est un tatin a part. si fréquentes et si compliquées dans la latinité etassique.fc/'y/yc~M/<Y. et ainsi de suite. t7 ftdeje. Eh bien française. mauvais peur les puristes. » (Matth. admirable pour ceux qui ne recherchent que la pensée.LA LANGUE. puis le verbe. pourtant ils n'avaient nulle communauté d'origine.Wf~V y<û~WMW.

un idiome vulgaire et parlé. au moins quant à ce qui est de la construction et de l'allure générale. apûtres < Cn*~ <M/«w. pour passer H t'inRuencc dcs événements politiques. les idiotismes se multiplièrent.t8 LE TREIZIÈME StÈCLE.es Gaulois conservèrent les apparences romaines. )t Voilit dc)A ta langue de t'Kgtise. à partir du moment où ils eurent à peu près reconquis leur autonomie. quoiqu'on en puisse trouver d'autres. l'écart s'accentua promptement. Ce bas latin avait pénètre chcx les Celtes. Mais jusque-ta il ne s'était que peu ou point détonné dans leur bouche: ils étaient obligés de parler comme la masse des sujets romains et de ne point trop s'écarter de la prononciation commune. ils commencèrent à jalonner un peu le génie national. vui):\ la < tangue du nouveau peuple chrétien.tutc a la Rome antique. n'entendant plus parler les vrais Romains. ~<t/<M. ne cultivant plus tes orateurs ni tes écrivains classiques. Au contraire.'w <M7</ /t'~< cte. et sans doute de tout temps.t G. t. /'<t~vw ~ww~/t'w/t'M. voilà la future langue française. dans le courant du cinquième siècle. parce qu'ils s'étaient complètement assimiles a tours vainqueurs mais aussitôt. les sons s'altérèrent de diverses façons de sorte qu'après une révolution dans la construction des phrases. tt y avait bien est chez les habitants du Latium même. la prononciation locale reprenaient facilement le dessus (tes que le frein qui imposait l'unité n'existait plus. produite en grande partie par la religion . différent de l'idiome élégant qui servait à la littérature. La distoeation de t'empire d'Occident brisa te tien qui unissait t. et il devait y être plus répandu que celui des écrivains et des poètes. Je me borne a donner cette curieuse preuve de t'innucnce de ta religion.

19 nouvette. il faut expliquer de mente la génération de tous les idiome. et chacun de ces pays eut sa tan~te romane. il est évident que toutes ces opérations se firent spontanément et graduellement ce sont ta les deux conditions essentielles de la formation d'une langue. et les tentatives de quelques rêveurs de nos jours pour unifier le dictionnaire ou la prononciation des différents peuples n'ont . syncopons les syllabes. ann d'avoir notre dialecte à nous. n'a pu s'établir. ou eut une révotution dans ta «'nstructit'n des mots. assourdissons les sons. Tout conspira des tors pour la formation rapide d'une langue nationale.LA LANGUE. quoiqu'on générât les diversités de race produisent seules les diversités de vocabulaire. cettc-ta t'espaf. qui ne soit pas celui des autres. et la nôtre le français. avec le temps. x~o-tatins. cousine germaine de la nôtre puis. en t'rovence.no). en Hspa~ne. qui devait bientôt s'appeler la langue romane et eomne les mones causes se produisirent simultanément dans les autres contrées démentbrees de t'onpire romain. produite p.<r la nouvette organisation putitique. inventé volontairement. en Italie. i ettes soot tes deux grandes causes que j'avais a signaler et que ton n'a pas assez remarquées. Cetjui se passa chex nous se répéta citez nos voisins du midi. ("eût été le meilleur moyen de ne pas réussir car jamais un langage artificiel. ne s'est jamais dit Créons une manière nouvelle de nous exprimer tronquons les mots. en Gaule ni ailleurs. Kttes s'etoi~nerent les unes des autres a mesure que les peuples eux-mêmes se séparèrent en nationalités indépendantes et ainsi tes vicissitudes politiencore d'exercer un certain Ctnpire sur les ques continuèrent médications de la parole. cette-ta l'italien. l'ersonne. celle-là devint le provencat. Maintenant.

M)<:<'))su).Ue même.' chose que dans rordrc )x')iti<)))f )cs <<:m)"is se c<'nsi<)craict)t encore eononc sujets <)e R<ttm' itt'~s ~nc t'etnpitf «'tnain n\'xist:tit ils «lissaient )))u'<. accompti sourdement dans )es profondeurs des (ternicrescuttt'hespoptnairc' sans que )eseo))aho)ateurss'e))dt'utas-!ent)(' moins du mo))de.tt)tK' }x-'u viuk'ntf) p)t)tut Mnc u\t))Mti'tn. pin <)c-.m')~ t«Hj"tn'' )'M~) t:ttin.oua())i)')crit'"n. les inscriptions lapidaires. en recouvrant )'autonomie de tan~a~e.ct. n se )Mtss:t :t <ct <'{.th)esntf<t))tt.nt que connrmcr davantage cette v~ritt'h!'<t(t)it)ue.tde-n<M.itedutc)))ps.car itsooy.notre romam' n'apparut veritah)ement formt'e qu'après un )annue travait tatent tif phtsieurs sectes. du ('ancienne surt"ut au pattic< . A ce moment.t()o\is.~te'c-<t tM)'df~rcsin<)ni )t)c))t ~utits. Ainsi. tes seuts monuments contemporains sur lesquels on puisse .t))sjti"))s tout fitit inscusihtcs ((Ut: s'oj~T~ ht rcvntutxw t)nnt jf pitThus < 0 ))f fut uw)m* p:<s ttm' motutiuu (nous stfonncs tuthitucs )niti))tcn:tnt . cepen<tant. qu'its se Ctoyaient autorité encore gouvernes par des magistrats itnpcriaux.ao LE TREIZIÈME StKCLE.tchcr :<cotte eu fut expression )))«' Htee qm. du mystère et du ~coieparticutiur de la race. t). ils ne sentaient pas ~ue )'ahime se creusait chaque jour entre )a grammaire latine et la leur.u)cnt~t!ttnptec<'t))pt)<.t att. fecueiUir que ces premiers begayements d'un enfant qui est encore à peine né. nous trouvons des vestiges reconnaissabtes aux cin<mieme et sixième siectes.im représentant ils avaient déjà des rois francs.t))i(Ut . et qui deviendra un jour puissant et fort. t )eja. pour ainsi dire.u<) a pcH ~rcs (a tnont. et en en usant (armement. de ce travail souterrain Rien n'est plus curieux a en pteine époque barbare.e))")'ciss. f..

2t s'appuyfr avec assurance.cc du rornim ? On elit dit <n))). ce sont des noms en en M~. Cinver'.tXm°MM<)itt. annonce déjà la suppression des désinences ou leur remplacement par un <' muet.<tMtmt. ~atr les membres des dct)'< frères Mais de t.t))t <' )//w. )«)ur <t<~AM<' jw/Af.M/MA'<<'M'est-ee pas déjà t'onbryon de ces <n«ts eux-mêmes ? t'uis.u<s te tuetne reeueit <))t lit encore /<M. Certaines voyettes brèves sont omises quetques-unes sont remptacces par d'autres. Lebtant.f <f</<<<< /«</<< )t i'~t c<' </<<w~/t' /~Mw.77/ ft/MAt/t'.<tit)? ~st.f [/«//). Ce sont les rentes <bndamentalcs du roman ou du français qui se font pressentir c'est t.MjUctie()c ces dcu\ (ttnncs sc rapproche te jt)us )it tcct')) des i))scri)<tt"<)s ()') ? serait vraiment embarrasse de te dire. )*artent français en tatin.f de lit mx'-t' de Ronsard. <jui perdent ta consonnancc (mate et ce raccourcissement. dans sa riche cottcction d'epi~rapttie chrétienne. comme on le voit chez Grégoire de Tours tui-meme. < <)t)t. <))< [~] dira hicotôt <tMinistre du tfn)p)c fils de tel te-. \c reconnait-ot) pas )a un ache)nit)e)))et)t pronooce vers tes mots <'j~7/. pour -w//<A< /w/<<.(A r tonps. ces modifications sont autre chose que des accidents. nous fournissent i't ce sujet des revetatit'ns mervt'itteuses. . est change fort souvent en < Certains cas sont confondus ensemble.des génitifs. qui pourtant écrit une langue relativement savante.)rav. des accusatifs. par exempte. <M~ . et J7. Sur tes marbres )c fnnt'rairf' 'jui )'t'))r<'<))ti-«tit'nt vrai tnt'u'tHf )"'{'n)airf <))) ot) truu\< des tttcuttuos comnc n'Hcs ci <)/< . on <7/ )M«)) .fA'~ A' w' w~M</«<~~w/w. !).LA LANGUE. tnetotocs aux <)pux frcrcmanière de parler vo)({'"rc. WtW~. Cettes qu'a réunies M. poor /~M/<<. conforme a la prononciation. Toute!.

Une ~f. et presque sans exception. et) !'ra))<. et c))u est ta base ttc toutes tes ffc«n<tc'i <~<nonstfatif'ns faites <) AHoMa~ttc ()ar Uic)!.t transformatiu)) dt"< ce qui prouve bien muts suit une tnarehc Mni<<~) rc~tifrf )ne.a\t'it:i:e'e!'tque )a syHabcaccentuée des )n"ts latins (car tes Romains «bservaicnt ta quantité en partant aus'<i bien qu'en écrivant des vers) devient j~ncr.r.on aura les trois rentes principales. et il faut croire que ton a parte ainsi too~tonfs avant de comnttjnccr écrite conuw t "n prononçait. préexistant en partie dans le latin populaire et spécialement .uMtc )") su tt~a~c <)c)'c«sc)nb)u des j'h<'))")))o)fs qui s'<tjjèrc))t c~ttc ttti est ht ~hts ))cUfUccttuvcttt*tk ):t ~hitut«){iu <:antetn)t"r. qui.aa LKTREtZtÈME SIECLE. t~M ttim'4 la pfon'tneiittitw. Gucssant.donent la dernioe syttabc des mots Tt'mans tes v~yettes qui suivaient t'acccnt tonique disparaissent ou deviennent tnuettes. Gast«)) fans et Mcy<. pas plus que tes Napolitains ne prononcent aujourd'hui t'~ nna) <tes noms masculins italiens f<MM~o sonnent dans leur bouche comme <<MM<). produit p:tT une cause Ut)i\crsc!)u ft (~rtnanottc. et ). Xientût ces fait'' se {{coeratisent. des tangues neo-tatincs en y est te si{. /« se change en <f/A' ou t~~<' /~n~<<~<!n /~«~t /~M~«M en ~<< e etc. Têt (<tMM~<.ti))c. Les t'roven<. et ccttf c. ~uc non'' so)nn~'Men facf <) un cfTt't natMfet.aux conservent bien t'« Hnat de certains mots latins mais ils ne le prononcent pas plus que les Neustriens ne prononcent tours <' muets.ut'ie ne j~cut se tnH)\'fr uiUcuf!. t'accfnt t!:dtf-ïMn:un qui pussf de ta \~ix ttnn'< t'ccriturc.e ~Mr MM.nc caractéristique ajoutant la substitution des prépositions aux cas latins et de t'anatyse ~w/HM/f~ de ~'M/~f pour w<w~t' /<<~ à la synthèse ~<t «w~/«w pour «w<tM~.

L~'s sxjcts <k' Chartes tu (. /a ~M~ttM nawttMaaw oa~ /<~<M)M ~A~/M~w.<parce qn'it était (amitier. en Xt~. A en juger d'après les textes qui nous restent.ont formation du préside.t)tt.LA LANGUE. il faut le (aire remonter jusqu'à t'cpoque mérovingienne. prescrivent de traduire les hometiesdcs l'ères < en langue rustique romane ou tudcsquc ('). nous est montré par son biographe mettant cette injottctioo en pratique. rédigée en K~ nous montre un tao~at!~ natiuoat iu()<~)c))f).es concites tenus a Reims.tituc. en e(tet. et. En f'6o.(ta roman. 29 danscetuidc)a(<aute.(tion puratt accomptie au neuvième siecte.Mais.'t )'cxisto)cc tc~atc. t. te peuple chantait en t'honncur de ce prince et de son conscitter saint i''aron une cantitene romane. à 'tours.n~tarf. Charlemagne tui-memc la renouvette dans ses capitulaires. abtje de ( orbie. Nous manquons de textes ph)s anciens pour établir te fait sur des preuves tnaterieHes: ueantn'tins. . hau\c snot asM-'x~tran~'r'.ck')K'. mais aussi avec ta tangue nwMw jt.j'o) suis tr<. les prédicateurs reçoivent des évoques ta recommandation de parler au )<eupte en tangue vutgaire. La formute du serment d'attiance des fitsde Louis le Débonnaire. au tatin te )')))-< barbare ~ur qu'on ne poisse ptus t'ctnj'yer en s'a'hcssant A eux puMiqMMncnt. Un siecte avant Charlemagne. a Mayence. I. que des te re~ne de Ctotaire n.ot i encurc. mais tt~ja cuni.ou peu après. Un )MUplus tard. nous voy<tns saint Mummutin élu eveque de Noyon '. {juisqu'it <<~nrc danii unf ()it:ce uf). Nous savons. d'après tous les indices. saint Adatard.s pcrsua'M. cette forn). dcjA par\c<ut . non seutement avec la taunue des Attemands (ou des Francs). cet état du choses existait tdors depuis un certain temps.

rectame )'in<tu)i~ence de ses auditeurs ecclésiastiques parce <m'it leur répète le discours d'un autre en le traduisant de la langue (x)putaire. » . têt wnutMfnts . ~< M/ f/<< .t (wmo~ du dck'ct.rfM'<'<~< et '~)e )'on redire au dixione siècle.< U instruit te penpte en dMecte vNttpure.M Uttetu. il nous reste notamment la C/M~f<w </<M/M/ ~4/~M. une charte angoumoise.24 LE TRE[Z1RME SÏECLE de ptus. emploie directement cette dernière en haranguant les clercs eux-mêmes. e. Apt~s ks sfnucnts de 8~2.):tn"uis-icnwnt k-' prcmi''se< de cette belle tiu)t. Atn~i. selon tct re~te-iprupK-.uc fra<t<n'4c.t/<'M de. p. t:t qu'un cun<tc tf))H)M'Min s.dunt Hous sumnMs si ttcfs. mort en 008. zjs et suiv. ta prédication journaticre de Ct\\angite contribua non seulement à t'cchtsiun de notre idicmc pruniUf.e en hnpte latine.t s<m ~.tppitraisscnt dt: ph)s en ptu'' notïtbrcux. C'est Gerhert qui. V. pour t'ensembte de ces faits notre oa~age sur /~) Cta<«~MNff«M au ««~nf <!)'< f édition. au concile de Mouzon. ti«u et . C'est ht cantitene de sainte Kutatie. mais encore sft ~ropat. te c)er(. ont ~t'? CtH)s~crn: it t. Sur la tombe de t'abbe Nott{er.nincative ~~ft~W. Du onzième siècle. &MM<~«« ~o/~«/<!<~s /<~<«t. c'est une homélie anonyme sur Jonas ce sont tes (Mones de ta /'fM.t'uis pntftittntdt d~i\ < k parler le ~us de )'uni\frs. de têt rester d'une f.ib)c ~tur tous. et tes traces de) Onptoi {{entrât du nouveau (an~a~c si: n)u!ti)))icnt davantage encore. C'est Aymon de Verdun qui. au conei)e de Saint-Maste. de chaque langue <-(').tit<t !. on inscrit cette epitaphe sit.f<~WO/~ /<<MO w<~M</M~v<w w~' (').. un fragment de t. et H tes nourrit de la douceur de son c!oqueoce.d))f t)k'H et n t'oxt~nsinn dt: tu fui cnUfti~Ut:.

'<la M' ("en f<t <ait te petit enfant s'est duetoppe. en un M!ot.es encyclopédistes. as et cette immortct)e t'A. de !a }toesie savante.LA LANGUE. Minsit)((c <):o)st'<ns )fs . ptusieurs chartes .nttr~'s ~fx~'s. et )e sieete '!e saint t.tn':ais n'ainteoant) une sottune de the<')<'nie T"ute)"isces conquêtes ne se fer'tOt pas )«*)) ptus en m) j"t)f. les seigneurs abandonnent de ptus en plus cet usage pour leurs contrats.ttttjttc )')t)s~ucr<t sto) <tt'))).'t la chancellerie r«ya)e jus<{u'. Un accord passe entre le sire de Montfaucon et un de ses vassaux.wjt. comme Htienne de Hourtton. leurs coutumes. teurs lettres.dors le vieux manteau de ta tatinite. ta )Ktc-.</tt'M< A'<<w/. Il t )tc ot.puisuu adutte vigoureux. et remontant au règne de Phitippe-Auguste. i'our les chartes. et )'<'n wrfit <Mc)nuun amntMtinr du i'hitippc )t: Hartti ~«tn~Mor en fnm<tis (car c'est bien <h) tr. voûtent écrire en latin et ne tout. A cote de ViXehardouin. Pierre de Veaux-de-Cernay. il est sorti de ses tange. te prenuer de nos chroniqueurs français. mâture eux. D'autres.w )'. voici toute )a pléiade de. es actes )))tb)ics. il remptitde sa puis suntf voix la chaire. Jac<tuesde Vitry.«uis assistera encore a une httte entre t'ancien idiome et te nouveau sur te terrain des chronioues. t. voici <!uittaume de Tyr.ne de t'hitippe te Het mais les particuliers.ic.t t'acccs il y t'nth'M 0) triotoph'ttfur.<m'unc es{)ece de calque du français. en font autant. des chartes.tinf tjttc )a pr<'s<'histuri'jnc: c'est )c tfcificox' sitctc ')ni lui t'tt ootTir. <}uirejettent . elles sont encore retii~ees <!ans t'anciennc ian~ue .tUfots si )<)ate<et si correttf . a cote des {. les vittes. )~ tribune.devenu bientôt Ht)itdotescent.s histuriens tnooastiques <jt)i continuent a set) parer. comme Vincent de Meauvais.tu cotntnencement du ret.raudes chroniques de Saint-Uenis.de tout ce tnti t)e s'adresse pas aux tuasses. aus .

On distingue un dialecte . !. Grenoble et le Mont-Cenis limites du français proprement dit bien au delà de la Loire. ht.ni de démarcation entre la tan{. bien nu'on l'ait cru longtemps son frère aine. Clermont. Mtdot-.t au moins ans' ancien. un comtesse de Flandre en t236. A pMtir de tsso. qui e-.)m:tctnt's. La desagreRation des anciennes provinces romaines a été si loin. Il faut la faire passer par Montbrison. Mais cette fameuse fil. tm tarif dt's péages dt'Sens. domine des Atpes au {{otfede Gascogne. te fran~~is chasse pr<tu\f))t <)"c. Lorraine a la Mrftaunc. au fond. materoctk prend une t'.t: r<i)na)) dt) nord se partu t'xctttsivcmcot de ta ))hi<)uc. <tu'e))es n'ont pas toutes dc<orm~ de la même façon l'antique parler de la mère-patrie. des Ftandrcs aux Ccvcnnes son domaine dt'passc celui de ta couronne et te royaume luitncmc. itctcs pubt!cs.20 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Annoutôtnc. )tct) a )~u s"n rivât dt".)) ( hMmpt~ne et dans t'Auuiscn t:~H tt 030. K<~c<«rt. que te fr~tc jumeau du premier. ettes n'ont même pas conservé assez de rapports entre elles. t't tes chartes ~n xtiftnc wttgMte <esscnt idors <t'«(frirt'aurait de la rareté. IJmô~cs. en raison de la difficutte des communications et de ta rareté des voyages.t)t)tr<')a))nw voc <tt't)sinn n"n 'wins rct)M)<tnaMcau )f)it)t <(<* {{""K~* !. d'après tes dernières découvertes de la phitotogie. pour créer un type uniforme de tangage.)nm:t~'rt-))duaur"iparta de tous !cs cut~s i\ ta fxis.t. ce qui recule les Vicmu'. qoi n'cst. t) est vrai (lue ce français comprend plusieurs dialectes qui se partagent ce vaste empire. et. au sud de ta Ivoire. comme l'on disait naguère.c rotnan du midi oo proven~a).ntm. ('avantage hti fst assure. eues ne se sont pas assez fréquentées.uc d'oc et la tangue d'oft doit être reportée bien plus bas.

.tt~re tout. un <)ift)cctf comtoi-i. en Savoie. et son renne est solidement établi. C'est donc. ).un dixtcfte torr. le ~rand saint François . C'e(<en(). ce descendant des Latins. puisque nox somes « Ytaliens. inteHectuelle et morale exercée alors sur t'tutrope par notre glorieuse patrie. bien que t'ttatie soit la terre du doux langage. t'Occident tout entier. Un de ses compatriotes. aCn de trouver des lecteurs partout: Ht s'aucuns deman<te por quoi chis livres est escris <fen romans setonc le patois de France.)nt. une ). ccHpsem bien vite t"us tes autres. un diatcftc bourguignon. tandis tjue )e tien qui )es unit e'tt des plus étroits. et qui. au treizième siecte.u<t. et.LA LANGUE.< royauté ette-ntetne. non seulement elle se parle en Lorraine. en Uauphiné. un dialecte saintou~eais.<n~ttCMnique.t tt'utes tes prwtnces successivonent.m)ne de saint Louis. cunn un diatecte centra). cetui qui est en usa~e a la cour et dans ta capita)e.<'nt su)Jcrncie))es.tin. at) ~int <)c tes rt<)()tfe A ta triste c<tn<)iti"tt<te patois et tic it\ec s't<n)M<ser. Mais non seulement eUe étend son empire au deta des ttonx's du ro)'. préfère écrire en français.))<) <ti:t!fc)c piexrd. Rien ne fait mieux voir ta prépondérance poHtique. un t)i:))t'ctf nor)M!tnd. a? Manon. je diroi que c'est por deux raisons: l'une est porce « que nuz somes en France l'autre si est porce que~/w/j«/! « est plus délitables tan~a~cs et plus communs que mouit « d'autres.p:tr te fitit.ue homogène qui re~nc est France. Urunetto Latini. ces vitrietes sunt toujours )f franchis )e'' <)isst')nb)ances <)tn)es sej~rent '. une ). tn. que la (unusion universeHe (te son« detectabte parler C'est un Horentin qui l'appelle ainsi. dans tous tes pays réunis depuis A la France elle conquiert encore. en t''ranche-('o<nte. pour cette raison. on dialecte poitevin.

Au nord. compose ttes poésies en roman du toidi et o) r"man du nord Martine da Canate se sert du second pour tcdi~cr uou chr'tniqne vcniticnne ttcs ouvrages de tonte cs~cef sont (dors traduits du français en itinicn. Notre tangue est devenue. et les statuts de certains cotte{. c'est-à-dire dans un de ces dialectes provinciaux à peine difTerents de celui de Paris les notaires t:n font autant pour tes actes publics te roi tui-mêmc suit cet usage pour ses chartes. tes poètes.ses (<unens récits de voyage. )c Dante. Ce/M«/«<Mf. un se f:tit un honneur de carter cumme dans ta cauitatc de s<tint Louis Ratnun Mtunaner. et) (!rccc. )< mantouau Sordeito. en t. c'est encore mieux en Angleterre. ce qui n'est pas étonnant. la tangue oHtciette des Anglais. maigre tcur éloignement et leur barbarie relative. L'Attemagnc ctte-meme n'est pas étrangère à sa connaissance. puisque tes nouveaux maitres de cette contrée y avaient porte les habitudes de leur patrie et jusque sur tes pta~es de ta Syrie. te vénitien Mareo-t'oto. dit jtositivoncnt qu'on s'exprime en Murce en aussi bon français qu'à Paris. <)'«)). ordonnent aux étudiants de s'exprimer habituettement en latin.28 LE TREIZIÈME SIÈCLE. d'Assis). puisqu'ette recherche et qn'cttc imite nos poésies.t'j) Kspa~tK'. pour ainsi dire. chante te tong des route-) des cantiques français uo autre. . cctt'hrcra (tans s<'<\'prs ks )n(''ntt:s de (a tangue d'oc et de ta tan~m. les prosateurs écrivent en at)({to-nonnand.M~M//«X~M//MO. HnRn la Suéde et l'Islande. sont gagnées à leur tour par cette mode unit. un autre. un Orient. les prédicateurs. et un puu ptus tard ta grande ittustrati")) ita)ic)tnc.es. ou au moins en français ('). donne en triais la prcmicrc édition de . comme cctui d'Oxford. tes croises ont acctitnate te <( ramage b du peuple très chrétien.

loin d'être un <ait moderne.LA LANGUE. 29 versette un mi de Nurw~e <ait traduire dans te vieil idimne des Scandinaves plusieurs de nos chansons de t.tis des treiitieme et quatorxieme siectes. n serait trop ton{{d'exposer en détail les caractères de ce riche tan~a~e du treixieme siecte ce serait dépasser tes limites de notre sujet. . On ne peut apprendre a le connaitre que dans les textes contemporains. c'cst-a-dirc au cas sujet des noms singuliers. de savoir qu'i) a ses rentes fixes. t! suffit. une construction claire. en attendant. des mots méthodiquement et to~iquement formes sur tes termes latins correspondants. Cette rebutante est beaucoup plus grande que dans le français moderne t' final. par une dernière réminiscence des nominatifs eu M. se trouve uniquement à la fin des mots qui se terminaient par un en latin. et dont l'explication ne se trouve pas seulement dans le charme de notre littérature.ouis que de nos jours.étendit plus loin peut-être au temps de saint t. Ma~ninque honnnaKC rendu a notre pays. C'est depuis lors qu'eue e. la propagation de notre langue A t'etran~er.st entrée et <)U'c))eest restée dans tes traditions <)e la diplomatie cur<~jefnne eonone te plus co)nnio<)e. et t'en conserve encore aux archives de Stockholm des actes franc. et sans doute aussi dans le prestige éblouissant exercé au loin par la grandeur de la sainteté couronnée. comme notre influence )X)titique ette même.comme le plus nchte instrument des ne~t'ciations internatiunates. par suite de la longue . Ainsi. de notre civilisation. mais dans t'immense concours d'écoliers qui venaient de toutes les parties du monde étudier au sein de nos universités et qui en rapportaient chez eux t'amour de nos usages.este. par exemple. et au cas régime du pluriel de ces mêmes noms.

plus conforme au génie de notre tangue on a inventé <'(~w/~MM. / <M/)/<M. etc. lorsqu'on avait déjà la traduction et le calque de ces noms dans ~Mpw ou MMp)M.. du /f~/f ~<~M/ c'est la principale règle de la grammaire /< M~/<</<~M/M) du temps. pour rendre les idées de ~/<'w/MM./o~<<t</c ou /n% fM< <-<tfMW<. bien l'origine de ces derniers termes. et avec le bon sens par conséquent. et une foule d'autres. tous tes pluriels avec un Pourquoi ? c'est peut-être plus commode. moins rationnel. quoi de plus difficile à justifier et à appliquer que notre obscure règle des participes. mais c'est. à coup sûr. tant de synonymes ou de demi-synonymes. et construits d'une manière plus régulière.M. y/«K/<~MWM. mais on ne etc. habitude des accusatifs en M et des ablatifs en M on écrit le A' /<'<<* ~<< aux /< ~/<f f/~M/f). ses principes et l'intelligence même des anciennes expressions. le français a gagné sous plus d'un rapport à la grande réforme du dix-septième siècle . /f<~g?7<captif. C'est à cette éopoque et pour ce motif que l'on a forgé tout d'un coup sur le latin une foule de vocables nouveaux. L'arbitraire et le désordre se sont introduits dans notre langage aux quinzième et seizième siècles. entre lesquels il est fort difficile d'établir une distinction sérieuse. Sans doute. Quoi de plus fantaisiste également.~r~M. et de là comprenait plus sont venus tant de doubles emplois. parce qu'alors on a commencé à oublier ses origines. qui embarrasse si souvent les étrangers ? Elle n'existe pas au moyen Age on fait toujours accorder le participe avec le nom.<c<M.30 LE TREtZtÈME SIÈCLE. Aujourd'hui nous écrivons tous tes singuliers sans s. qui étaient déjà représentés en français par des vocables analogues. nés spontanément autrefois des mêmes mots latins. ~«M~f~giAMW.

de Racine.LA LANGUE. comme le parfum de l'un et de l'autre on y trouve la grâce alliée à la simplicité i on y découvre la méthode. . et que l'on trouve quetque<bis durs. offre aussi bien un spécimen de la façon de parler des dernières années du treizième. Quoi de plus coulant. au seul point de vue de l'oreille. encore _/<w<~< f//w~ ~w~<w.f. que certaines pages de Joinville. les accouplements de consonnes que nous rencontrons ça et là dans les textes écrits. il était éminemment doux et harmonieux tes aspirations. La vraie langue des contemporains de saint Louis est donc un moyen terme entre la basse latinité et le français w<M~j/ w//<. Il y avait longtemps alors qu'on écrivait qu'on disait ~<w/< <~w~< r<wpfW. ~M'K'~f. moderne mais. !'M On sent effectivement.CTM'M. Que serait-ce si nous envisagions les pensées ou le style ? Mais ce serait tout une autre étude nous devons nous borner ici à considérer l'instrument. par exemple? Car le tivre de Joinville. dans Joinville. Mais n'aurait-on pu accomplir ce progrès en conservant les qualités. je dirai même l'harmonie de notre vieux tangage ? Car. de Bossuet et de leurs imitateurs. et l'on n'a même < à modifier l'orthographe que pour la rendre précisésongé ment plus conforme à la prononciation. étaient loin de se prononcer toujours. et néanmoins une certaine indépendance d'allure. la limpidité. quoiqu'il ait été composé dans les premières années du quatorzième siècle. 3t il est devenu plus précis. qui sert l'inspiration au lieu de l'enchaîner. comme le dit le proverbe. la logique. plus châtié dans la bouche de Corneitte. ne nous y trompons pas. et nous verrons dans les chapitres suivants le parti que savait en tirer le génie d'un peuple chrétien.

Les monastères. Les écoliers ne sont pas exercés. Parte. dans Donat ou dans leurs commentateurs. tsabctie. plus ou moins fidèlement reproduit. puisque le sent idiome maternel des Français est ators te français. pour l'écrire. Ce fait a une conséquence extrêmement importante c'est que le latin employé. à s'exprimer directement et à disputer dans cette langue. parce qu'it est plus ou moins bien su. les établissements d'instruction secondaire ont généralement leurs maîtres de latinité. on apprend la grammaire latine dans Priscien. comme aujourd'hui. et conservant ordinairement la construction tonique des auteurs chrétiens. il faut l'avoir appris sur les bancs des classes. Cette instruction supérieure se rencontrait surtout chez les reli- . et. ce qui est infiniment plus pratique. Mais on l'écrit toujours. Les filles mêmes reçoivent dans leurs écoles les notions élémentaires de t'idiomc savant et ce n'est pas seulement pour leur donner l'intelligence des textes sacrés et des offices religieux qu'on tes initie à cette science quelques-unes la poussent assez loin pour composer des ouvrages latins. à faire des thèmes latins: on leur enseigne. prieure de la chartreuse de l'oletin. n'est plus te latin vulgaire ou populaire des premiers siècles du moyen âge c'est le latin des classiques ou des Pères.32 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Marguerite de Duingt. corrigeait de sa main les lettres latines écrites en son nom par ses chapelains. Kn effet. abbesse de Longchamps et sœur de saint Louis. étant une langue apprise. c'est beaucoup dire on ne te parte plus que dans l'Eglise et dans les écoles. nous a laissé tout un recueil de méditations à peine entremêlées de quelques fragments en dialecte vulgaire. une enfant des montagnes de Savoie. H convient (t'être plus bref au sujet du latin parlé au treiyieme siecte.

/<7/<~<«m<<M. mais Ovide. Mais Vir~ite. avec plus ou moins de succès. « <</<«/<7fM~7Mt<fM/<aM. t. La latinité des chroniqueurs est génératement très défectueuse on y sent trop l'influence et comme le reflet du français.Pemutd. qui était re)np)i dans tes châteaux par quelque clerc du pays. auxquettes Guillaume i'erraud voûtait qu'ette fut toujours donnée ('). indiquent aussi qu'i) (attait être un savant comme le saint roi pour se passer de ce secours. il f. Même dans les couvents. C'était souvent la principale besogne des cttapetains de traduire les actes ou tes lettres intéressant leur baron. une langue morte. ) . un vrai latin de cuisine ce sont ceux qui ont fait de mauvaises études ce sont les mauvais étevcs des classes d'humanités. en dehors de quelques exceptions remarquabtes. cette langue ne pouvait {{uereavoir d'originalité. à tel point qu'il passait même pour un oracle de vérité. Quelques auteurs parlent. disons le mot. qui était le modete le plus en vo~uc. il y avait des frères lais auxquels on était obligé de prêcher dans leur idiome materne) tant il est vrai que le latin était déjà une langue réservée.ou qu'it Rusait tui-tneme. Mais.LALANGUE. mais Cicéron ne se seraient guère reconnus chez leurs imitateurs. Chacun de ceux qui l'employaient cherchaient. ~(C. fftx/t/MM /#~&m. Les traductions fréquentes de t'i~criture Sainte que saint Louis (insait <:ure. comme nous dirions aujourd'hui. à l'usage de sa cour. 33 pieuses et chez les filles de la noblesse. à écrire comme on écrivait au temps de t'empire ou de la décadence romaine. il y avait de jeunes ctercs.dtait d'ordinaire aux seigneurs et a leurs (ennnes t'aide d'un interprète pour comprendre ce qui notait pas écrit en français de ta t'ofnce de ~M«/. Dans ces conditions.

a pn~rcnx. On a répété souvent que le moyen at. malgré l'opinion d'Érasme t. LE TREUS1EME SÏÈCLE.tdnurabtc.e ignorait comptctement te ({rec c'est une exagération évidente.e tannée dl' l'Église. la langue de t'ÉgUM.'nt partcr. Mais cette règle n'est pas sans avoir reçu plus d'un démenti. Saint Thomas d'Aquin affirme. qu'il a connu les écrits d'Aristote avant qu'on les eut translatés en latin ('). st)u\<:nt ))M te'*)"is de )jt vcrsincntittn ))<'uve))e. t. ta ré!!ularitÓ et ta clarté la et \¡~ctartc tOllju\1fS régularité du )'cp<tuue des t'eres c'est un type stércotypé. Sans doute. /<«ft<t «M/M signifie n<ctsairement le tatin. t)u'un arrive si conunun~tucnt à se servir de cet idiome savant. t<tutc~t)s. et qu'il soit d'un usage teUetnent répandu. le t. Mais cette place est encore bien restreinte. au treizième siècle notamment. qu'en a )tU te urendrc quetquetbis (four te tanK''Ke hitbituet et )<oputaire du temps? Cmnbien de bâchetiers. la littérature hetienique n'était guère connue que par des traductions Aristote lui-même ne se vulgarisa qu'après avoir été traduit.34 t t'rt heureusement. Or.tb!f)n<. il y en avait du b)<ns ttus~i. d'¡¡bmJ. qui a subsiste jus~u'~ tK's )<mfi. icicusfs )n:us c))cs !cur sont hn)n'ci. soit par des Occidentaux.rec tient natureHement ta première place dans les connaissanee-t du temps. t)'.d'<tb<~rd.nt de sitint Augustin t'u de Sidaioc AjtuuitmtM. < P<KM</M<a MMt M</«M< /<~< <f<'X~««< <MM/a/M <« /t<~<Mm «M/MM.tpprt'chcnt \crit. conser\'e tcujxur*. entre autres. conserve de )'ÉK)ise. eutnbien de licencies tnetne sortent de nos eotie~es assex f"rts puur en posséder à ce point la pratique?7 t'anni tes autres ian~ues anciennes.tutr<*s ctnptoicnt dfs ct'tMtfnctiuns (t<rcccs. soit par des Arabes. b lei. . ta banne puante du latin d'airs est une <mc<tit'n de scienec et d'habitut~ il n'y . CcrttûHitdocteurs. certains }~tes sacrés se r. X'cst-it {Ms .t p)us. de tatin particuticr a )'c))m[uc.Kn sunonc.

ses hometies en {{recpour t'usa~e des Orientaux te dominicain Cuittaumc tternardi.et t'en sait d'un autre côté qu'its s'en occupaient des f 237. Personne ne donna autant d'impulsion à ce genre d'études que l'ordre laborieux et infatigable qui envoyait des missionnaires . th)j. corrobf~ré. tramer des tittins hettéttistes.$. sous ses yeux. comme te chancelier t'revostin ou Robert Crosse-Tête.ti<*))t. «n peut citer ttfs cxctnptcs prouvant t)U'u)( ~ran') (x'tntjrc )'it:r. de Caittac.mp<M<<)tts tnent cette manie) sont ptus oo moins tirées par les cheveux ettes soot souvent purement tantaisistes. d'aitteurs.' aint-Victor. en revanche. Kt ne f. Raymond de Meuitton. qui traduisait de même les traites de saint Thomas pour les besoins des (trocs et des scrmonnaires.et ne reposent que sur la ressemblance extérieure des mots. toonc partni ks ck'rcs. n«ttsf. Mais. t tumbert de Romans la faisait étudier aux Frères Prêcheurs en )2<. 35 et de quelques savants modernes il semute difncite de récuser un parei! témofunaKc. c'est-A-ttirc dt:'< français . Du reste. ut fut «b)i~ de chercher pour dcctmvrir <)uc ce mot si~ni<!itit la vaine ({foire. on peut citer t'areheveque d'Embrun. toutes tes ctytnctt~tes <)ue tes vetttt'ttt tirer d<t ~rcc (et i)s ot)t to.tMw son a)ni xc camprit pas tuut d'atton). Ces religieux cultivaient également l'arabe et t'hébreu. par une dis-iertation spéciale du jacobin Bernard Cnyant.tpprit qu'i) ~tait c«)x)a)n))tf'aux souHrances <ht purn. dont tes œuvres dénotent une teinture au moins élémentaire de la tangue de ce peupte. pour faire Cfs traductions. qui fusait rédiger. S apparut aprfs sa nturt A un piuux p<'r'M'))t)a~ ft lui .tc«t)tf t~timtttftfc Hourtxtt).:<'M«~.tthcoreusceontt.sachant )c ({~'c? Sans <)«ntc encore.LA LANGUE. de plus.{ocs <)(.dtait-it pas.ttttirc /<t~ .

ta culture de )'aratM<). Un certain nombre enfin. Jofroi dt. à R<'Kcr la \crit~. apprenaient de plus les langues mortes ou les tangues étrangères mais l'usage de ces dernières était beaucoup plus restreint. sf vantait (i) était.t<)<: <)t-st's <'<)))M'res. qui étidt devenu un vr:ti poty~tutte. du hongrois. Haco)). celle de t'idtetnand. et sous sa direction l'on voyait se répandre chex nous. ~'n trerc Mineur. Un )tMm '<f t. .<)\)n p:t)'s v«isindu la (~itscx~m') <t'tt\t'ir um: )n~th<n)e ~r<tti<n<c 'ur unsc~nfr t'h~brcu en trois jours et le grec en ~ tx'is :tutr~'sjuurs. qui itvint deux mititons M( onstanft qui («urnis'. ~rec.Mtte. était t-ncore ux (Hsci~te ~f -uxt U"n)ini')uc. tt'hchrcn <.)cc<'){'br<.ae LE TREtZtÈME StRCLE.) if. favorisa plus <)uctnn que ce soit.\atcr<f'rd. eu même temps que ta connaissante des langues mortes. il r<*t)"m<')ases instances nuttrt"'<)e)Unhcrsit<' <)t-t'aris. enfin des idiomes de tous les peuples auxquels on pouvait avoir a prêcher la parote de Dieu.u)s ('Université.ce fitsde t'trtandp. !Mks<tu Siunt-ttcnis.ait des interprète'. de pr<')M~t . et ~t t(cc)ctur p:tr le <:«nci(c <k Vienne t'ctithtissech~ht~cn. (raprcs utte lettre du pajx: Homtrius IV. (t'tbc. d't~) ptc ou de S. Ra)')M'w) t. Un d)!M)")nf<tc t'itris. Ils apprenaient presque tous le latin. c'est-à-dire un des dialectes romans qui se sont fondus dans la langue française. à tous les croisas tinopte. et beaucoup le savaient assez pour le parler dans les écoles ou pour l'écrire couramment. d jusqu'en f<'n<) e t't~rient. )t' c)cr~ de tout ordre était à la tète des études de Hn~uistique. Les Français du treizième siècle partaient tous le français. Ainsi. L'étude que nous venons de consacrer a ta manière de parler peut se résumer dans une brève formule. de l'italien.tu «'i !'))iHp)if te !!c) t)c cr<*fr')cs <f<:<')cs hm~ucs "rif))t<(k''i.unrs <!<.

L'enMtt<nemt'nt )(<'<!«n<<a(roft tup~ftt'ur. en France. vers te commencement de ce siecte.< isifs commencent adfuu'xtrcr <jm: t'cns~'iKncmcnt supérieur. Il faut. aussi répandus c)tex nos pcrcs<)uc chcx nous. tt"t<<'t<t'" a cru longtemps. df t'Untw' t~)K(t)eP.nement au moyen Age. ~L––t~ <)c de n"s jours. ctaient.iMttht et MiMt. h SOMMAtRE. Mais.'ij~))t')))t.'tnstrnotton des primatre. celui ttuc outre cp~juc se vante partict)Hcrcmct)t d'avoir tt))s à ta portée ()e tous. excepter ie< temps de tr«ub)es et <)e catamitcs publiques. <tcs travaux hist<t)i<. M~thod" rA)(' df )'ttt~ «< du detMoiogte. que te moyen .Ctaptt~ OCMtMmC. Ohjt't et <!tv)!tton <)< «ut<t ottatrfjt. nous aussi.st.'(ge croupi dans une ignoranec votoutaireet avait n'avait rien tait pour propager t'instruction. . dans la génération etevee au mitieu de nos desor<)res p«)iti<jueset <!enos guerres étrangères. d" n)t!dfctne. L'ENSEtUNEMENT. FatuX~deit x't'< Facultés dotrott. qui résume eu lui toute cette ton~e période. un triste exempte de rabaissement que <ontsubir au niveau de l'instruction genératc tes matheurs de la patrie ? Le coupd'teit que nous nous proposons de jeter sur t'or~anisation de t'ensei{. L. nous edinera sur la manière dont l'Église s'acquittait de sa W"j*N Le Xttt'. sans doute. <.))t (<r)))). )DM)ttpUot«t p<m«"t<co)e)Kt<t«)u< vtit'))eUMe«Mp<'antt. tt'ott~a~tx'tttettt Exam<'t)at'tctt!t<t))"t) profaMour. Mais n'avons-nous pas vu. t'cnsci~ncntettt sccotxtairc ctt'cf).m's ptos et) p)t)s <)<. et spécialement dans le siecte de saint Louis.t)tn'ycnxc.<rt<: OrttaotMOo" ttnt~t'fpt'~itp<f)t<d" xex <tct))<')'.(i«')t))mcme.

Stj et*ui'. A mesure que les besoins augmentèrent. Mais c'est toujours t'Élise qui demeure la grande maîtresse et la dispensatrice unique c'est toujours !<' et </cf~ qui 1.G. V. Aussi. en raison du progrès constant des études les évoques lui abandonnent le choix et la nomination des maîtres c'est lui qui délivre à ceux-ci ta < licence d'enseigner après une enquête sur leur aptitude (').O. non seulement t'écoie deta cathédrale. il dcte). et finalement les chanceliers restent seuls les grands maîtres de l'instruction publique. t. avait dit à ses apôtres: t Allez. puis enfin a un fonctionnaire spéciat qui prit te non d'ecotatre ~. aux recteurs des paroisses. ces deux fonctions s'identinent. dircctit'n des écules de son dinc~sc.KtNtMn. cut-i) d'abord personnellement la successeur (tes a~trf. t'ecote dela cité. mais encore les écotes rurales comme en témoigne un passage de l'historien Ftodoard.letnveildeM. son importance grandit.38 LETREtZtEMESÏECLE tacht'. dont tes chanceliers absorbent t'omce d'ecotAtre. Les mouiMiercs possèdent des tors teur ecotatre particulier. ettessont remplies souvent par ta même personne.ff~<<M//</< L'ecotatre apparaît avec la renaissance des études provoquée par Charlemagne. pris les diocèses ont parmi les religieux les plus mais le leur.)ttM**NdeM. Au douzième siècle.at'éjtoque ou t'Mucation de ta jeunesse était exc)usiv< ment dans ses mains. . aussi Ce A~M~M ou Wf~'M/t'f<~fAMWM dirige ou surveille.Bourbon LiGicsna sur etls d'esuiRetr nflsdslltoldtrs.ua ses {MXtvnirsaux archidiacres.V. <hnth ~?fMt <<< < ~<<M<)M« <H<o<~«<t. r~v&quc.Bouthon<urh~<~<M~<t<<&~&<&/&<<< 39° p. aux moines.dans la chrétienté entière. enseignez Jtsus-CumsT toutes tes nations.. que la civilisation se développa. choisi ordinairement dans le sein du chapitre. i'uis arrive la naissance des grandes universités.

des jeunes <!))es.a<. Si les enfants de la hobtesse étaient eieve. auquel nous devons ta transmission de toutes les clartés de i'intettigeuce. etc. les éléments du catcut et ceux de la grammaire.et ce que nous appeions aujourd'hui l'enseignement primaire. Detute. institué par t'ecotatre. p.-t-on pas p)ut0t fait à dessein la nuit sur leurs ouvres? Commençons d'abord par l'instruction <)n petit enfant. Voici le pMNge que cet élève eut à traduire oralement en hngue tomanf: . la première enfance recevait de différentes manières les tecons qui conviennent a son a{. ~~<&<~M'~f/«w<!f~«~. Au treizième siècle. 39 s'aceomptit et durant de tongs siècle. Quel usage les dépositaires de la science fbnt-its de tours attributions sacrée::? Mettent-its. notamment de BeaaMpahe. t'eefitufe. c'est-dife du tatin('). nous a même transtnis un curieux spécimen de version latine exécuté par un de leurs éièves (2). ces ccoies rurales. t7! et mit. i) n'y aura pas de science.qui surveillait. p. du reste. ou par le patron de l'église du lieu. ou bien n'a. des apprentis. comme tous les préfats. soit dans les campagnes. dont le maître.L'ENSEÏGMEMENT. ~*<<MtM w ~«t/y~c~f* ~aM~<. Depuis iongtemps. 30. pas de uttérature qui ne soit un rayon da ce foyer lumineux. C'est ce que l'on voit lorsqu'on étudie en dotai) )a condition des vitains. la lumière sans le boisseau ? Font-ils )a nuit parmi le peuple. pas d'art. Les simples villages avaient souvent leur écote. ainsi qu'on les en a accusés. 6~.c.'i par des précepteurs ou dans tes grands monastères.< '<«t( & </M~«!f~M!f. pour monter ensuite avec lui au rang de radotescent et du jeune homme. t t.. les curés avaient été t. comme on dit vutgaironeut. ceux de la classe populaire fréquentaient la plupart du temps des externats étabtis pour eux. enseignait la lecture. soit dans tes villes. V. L'archeveqt'c Kudes Kigau<t.

réuni assez d textes pour pouvoir affirmer d'une manière générale. si quelqu'un de tours paroissiens veut teur eonner ses <* t'))f. qu'ils ne reçoivent rien. etc.~M. LitUbe. encevisseur (assoupissement).)))tmduMiHM-)(àmot: Mm. et le capitulaire de Théo. que. ~«<A''m. qu'ils < se gardent d'exiner d'eu!< aucun prix en retour de ce scr« vice. <«f«<nr. charge (famés Sans doute. et. était toujours en vigueur: < Que tes < prêtres établissent des écoles dans tes vittages et les bourgs. <Mttr«t.fM. invites a faire de leur presbytère une maison d'<~ducatiuM pour les enfants de teur paroisse../MOW<t<//J~M<W~< /<! < < <«. detui:~a«M ~M~. ««M~tt/M. parce qu'ils avaient. ~&M. t)U'i)':se Rardent de « te< rettUter nu contraire.adeefte<!<t<Mtt<t ne MM~/N~. 0<</O~M<)M/./M. M<w/A)~. <i et. p. ~~X.-<</««'.itépondit: Adan.re et par esprit d< < charité (').etc.)t)ts })«urteur apprendre les tettres. dutphe. tt~o. M. rf~~o~. Les temps du verbe ~&M< furent ainsi )ndi<tUé< par lui ff~/<«.eveque d'Orléans.} A~areateat te ne devait pas être un premier prix de version ni de Ct&mm. M. si ce n'est ce que tes parents < voudront bien leur offrir de leur plein t. )~ Ainsi les curés participaient a la prero~ativ< des évoques. Xostre Sire.tte'M < /aen7/f.f~M<~w< </<' a /«M~/<t' ~M </Mt~<* ~!o«<'M.M. <t< n~/t/em. des une époque très recuM M~ Mt'~ MW«~d/N~< J/Mt/tf</«'. 33~. VU.trouvait j pat. <M<t««. (B~nnin. t~'tt divisa comme ceci: <Tf~ tn di. ~7~M<M.<M. ta fréquentation des école rurales n'était pas aussi gratuite que Theodutphe l'aurait vou lu: mais son statut. dans A conjuguer le verbe <aoKM<. sembtabte. renouvelé par des règlements ultérieur! fut certainement observé presque partout dans son enscmbh et M. « ~<<t*t. contra remcnt à l'opinion de Guizot. . t. enveia. dans ses intéressantes Â*<'<A<wZ~ M /'<M. <}u'its ~appti<tuent teur éducation a avec une charité extrême.a~d~ aideur. de Beaurepaire. <A' ~M. eux aussi.<a*t ««/<t f «j~<'M«t f«M~~ <~<t!Adan<! ~'MfJt(UKNhSK.ure. htrsqu'its les instruiront. M~ «r~A~. Il <V//ff~f~tt /<</</ t. cas quelques pays.40 LETREtZtEMEStECLE. r ««t../<'«t'<. ttMtMt. On lui fit ensuite epeter tes syllabes de son prétendu partieipe ~Ht~. t-o~M. /~pM/. do. ~M.

Uc th'autcpaire. où les prédicateurs nous montrent des bandes de petits enfants traversant les rues avec un atphabet pendu à leur ceinture.tvant archiviste ajoute avce raison < Quand on rencontre de'* ~'cok's dans des h~atites < d'une aussi tnincc itn)K)rtance. Quant aux t. que dans nos viXa~es. sinon dans toutes les paroisses rurates. comme pour exprimer une fois de plus t'étroite union de ta science et de t't~tise. Cette dernière induction est d'autant plus <on()ee. t.ratuit~ étaient attachées &chaque ~t!Uscet confiées ta direction des cures. A plus <brte raison des écoles populaires existaient ettes dans les vittes. qu'ils les laisseraient suivre la cta~se. <t7. dans les contrats passes avec les patrons. mot qui signifiait en même temps t'ecctesiastique et te savant. Nous serions porte Avoir <[des mattres dans ces clercs de paroisses qui. en mettant tours <its en apprentissage. . i) n'y a ptus nx'yen de <(«nter <' t}u'Hn'y t't) ait <'u. est rappete avec ceux des < témoins ('). et surtout dans ceOes ou )a popu<(tation était un peu considerab)e. stipulaient. t'instituteur n'a pas cesse d'être à ta <oist'écrivait) publie. 4t <-tpresque )'orinine de nos paroisses. <[du moins dans la plupart. frct)uo)t<'s t)uc)<(uefois par dex enfants <)c cim) ans. )e s. où les traditions etahties remontent aux a~es tes plus reçûtes.. < . des ecotes {.L'ENSEtGNEMENT. fréquemment suivi de l'indication du lieu <[où ils exerçaient ces (onctions. t. aux douxieme et < treifieme siectcs. te secrétaire de ta mairie et même celui des particuliers seutement il a cesse trop souvent d'être ~'n. Les bourgeois.sechargeaient de )a rédaction des contrats. < et <tont te nom. Apres avoir cité un nombre considerabte ()e petites bourgades <me des textes contemporains nous montrent pourvuet de ces utiles établissements.

On trouve toujours quelques villages pauvres et reculés dépourvus d'établissements scolaires. répondait-!).~K"cr chaque jour de quoi t'acheter du pain ? L'enfant se devait. la petite fille obéit. s'il y a eu changement. « Une jeune paysanne conjurait son père de lui acheter un psautier pour apprendre a lire. eUe insista de nouveau.I. <& a~M. il n'est pas rare d'entendre Marner la négligence des paysans à t'égard de leurs enfants. <tt~o«~/<'m«Mj a« <t<j/<a p. pourrais-je t'acheter un psautier (les manuscrits étaient encore très ehers). que l'instruction des classes populaires t. 93 Jottdain.pric-la de te dimanche. et les compagnes qu'eite trouva a l'école. chaqut de /« /<Mw*Mt'. Mon enfant. voyant son zèle. t9 et mi*. dmp. t'~«- . L'état des choses n'a donc guère changé. du moins. Jourdain. «MB. Uv. si les femmes de la campagne étaient en grande partie iHettrees. reproduite par M. <Utet. on peut dire.42 LR TREIZIÈME SIÈCLE. c'était moins la faute de leurs institutrices que celle de leurs parents. et enbrce-toi de mériter par ton travail l'un des psautiers que tu as vus entre les mains de la Vierge. nous en fournissent la preuve. /<<w«~<tM <<f donner quelques tenons. Kncourageu par cette vision.~oa. puisque je peux a peine t. et. lui dit alors son père. pour rester dans les bornes de la plus stricte modération. » Du reste. Mais comment. torsqu'cuc vit ta Sainte Vierge lui apparaitre en songe. Aujourd'hui encore. Thomas de C<mtimpf<. se cotisèrent pour lui procurer te livre qu'elle avait tant désiré ('). va trouver. eues avaient aussi leurs nm!treiMet et teuM écoles speciates les rôles de la taille (te Paris et une charmante anecdote de Thomas de Cantnnpre. tenant dans ses mains deux psautiers.

à Ortéans. et le itète de t'Égtise et la passion de ses ndetes pour t'étude. moitié sur les bancs des universités. où le cétebre traité de t22f) imposa au comte l'obligation d'entretenir trois Facultés. tandis qu'a cette époque elles sont le début (te l'enseignement supérieur. en proportion. Mais le point de départ de ce mouvement de rénovation intellectuelle. abordé par la grande majorité des écoliers. études littéraires qui sont maintenant le couronnement de l'enseignement secondaire. pour me servir des expressions de saint Bonaventure. et ce que nous appelons le temps du collège se passe moitié dans les petites écotcs. à Poitiers. .L'ENSEIGNEMENT. au treizième siècle. a Toulouse. 43 n'a pas progresse dans la même mesure que beaucoup d'autres éléments de la civilisation. I. qui attire alors dans ses murs. Mais c'est dans l'enseignement de l'adolescence et de la jeunesse qu'éclatent surtout. Knd'autres termes. et. pour y faire d'abord ses humanités.'instruction secondaire n'est pas alors séparée de l'instruction supérieure: elle se donne dans les mêmes établissements comme elle se donne aussi quelquefois dans les institutions primaires. où l'on entre vers l'ige de quatorze ou quinze ans. C'est le moment oh ces grands centres de l'intelligence s'organisent et se multiplient comme par enchantement c'est le temps de leur épanouissement et de leur plus belle prospérité c'est donc en ettes que nous avons à étudier ce qui forme actuellement tes deux derniers degrés de l'instruction. c'est Paris Paris. On les voit se fonder presque simultanément dans les différentes parties de la France. la source d'où se répandent sur le monde entier les mille ruisseaux de la science. les classes de grammaire (ont partie des cours de la Faculté des arts.

et donne. Peu après. les place sous ta protection royale reconnaît en même temps qu'ils ne sont justiciables que de tribunaux ecclésiastiques. ta population s'en trouva doublée et qu'it fattut. et leur communauté (/<MMw~/irM n'a pas d'autre sens) s'appellera désormais ~'t<M<'w~<</ des MM~M des régulièrement . pour ainsi dire. voulut leur remettre l'arbitrage d'un différend qu'il avait avec saint Thomas Reckct sur une question de droit public. En t2co. à t'Uni versité son premier acte de naissance. pour ce motif. lui permettant de s'imposer des règlements et de les faire jurer. qui btHte déjà au mUieu des nations comme le foyer des lumières. juste au moment oit s'ouvre le grand siècle de saint Lou! un diptômt de t'hi!ippe-Auj~ste contre aux écoliers de Paris de: privilèges particuliers. t'aris. comme formant une véritable corporation.H:cteprécédent. le droit canon y ctaicot représentes par les plus hautes sommités. que. les écoles de la capitale avaient acquis un immense renom et tendaient à se former en université.une partie de ces écoles étaient réparties en M<<eM. le pape Innocent promulgue e< sa faveur deux buttes: l'une. pour t: garantir contre les excès d'autorité du chancelier de Notre Dame ou de tout autre. sous l'hitippc-Aunuste. mais des lumières saines et vraies.44 LE TREÏZÏÈME S1ÈGLE. plus d'étudiants qu'il n'y attire aujourd'hui d'ouvriers. la théologie. élargir la ceinture de la cité. en 1208. L'afRuence des d~ciptcs autour de ces maitrcs était si prodigieuse. roi d'Angleterre. ~s arts libéraux. dans ces deux actes fondamentaux. ui q constituaient des autorités consultées par les princes euxm~tnes: ainsi Henn H. Depuis le t. Les professeurs et leurs disciples sont reconnus. l'autorisant à se faire représenter par un syndic l'autre. en 209. D~s t tCQ.

composée des maîtres en oVM'w~ terme opposé à celui <fAww<tM~<'f. la Faculté de théologie.Bientôt elle comprend quatre Facuttés. en réatité. au sujet de la licence. des étudiants de toutes les contrées). Ces magistrats constituent un tribunal de sept membres. la prépondérance en tout car c'est elle aussi qui est chargée de veiller sur le trésor. La voilà tout à <ait constituée. on le voit. correspondant à notre Faculté des lettres et A une partie de notre Faculté des sciences. qui est cette de l'Église. appelé à décider sur tes affaires de la corporation. sur tes archives et sur la propriété du Pré-aux-Ctercs). qui compose . un par nation tes trois autres élisent chacune un doyen. qui apparaissent en plein exercice un peu après tes autres. dans un accord conclu en !2. 45 <~«~.L'ENSEIGNEMENT. Normandie. à cause de son droit d'ancienneté ou de l'étendue de son domaine en quatre nations (France. Chacune de ces Facultés a des officiers nommés par elle la Faculté des arts étit tous tes ans quatre procureurs. ces noms sont de simples rubriques sous lesquelles sont rangés. et seule divisée.3 entre tes maîtres et le chancelier. Angleterre. Ce recteur exerce une juridiction souveraine sur tout le territoire de l'Université. de par l'autorité compétente. Picardie. Au-dessus d'eux est un recteur ou chef commun. pris exclusivement parmi tes nations (la Faculté des arts garde. plus <~<A<Ht~<<M-M. ou simp!ement/WwAw~<~ tard t'M~M~H~ tout court. Son elle devient le ty[)e organisation se complète rapidement sur teque) se <brmeront toutes les grandes universités du moyen Age. est resté seul dans notre langue sectaire qui puis tes Facultés de droit et de médecine.embrassant le vaste cycle des connaissances humaines la Facutté des arts. suivant la direction de leur pays natal.

qui gère les revenus produits par les legs et fondations. à laquelle prenaient part. employés à l'entretien des relations entre les étudiants et leurs familles. au nombre de quatorze. Enfin des officiers inférieurs sont préposés à l'administration matérielle de l'Université c'est le procureur fiscal ou syndic c'est le trésorier. A la fête du Lendit. par . C'était réellement un grand personnage car on le voit souvent appelé. en !4t2. par tes taxes ou rétributions scolaires. et en même temps les règlements d'études autorisés par le pape sont élaborés. Le jour de son installation était célébré par une procession solennelle. accompagné de deux massiers. confirmés par le légat Robert de Courçon en !2tS. a siéger au conseil royal.46 LE TREIZIÈME SÏNCLE. sous prétexte de faire son approvisionnement de parchemin et telle était t'atnuence de la foule qui précédait son cortège. etc. et il marchait de pair avec l'évêque de Paris. le lendemain de la Saint-Harnabé (t2 juin). Tout ce personnel s'organise dans la première moitié du siècle. mis en vigueur. les ordres religieux établis sur son territoire. tant on attachait d'honneur à cette suprême magistrature de la science. ce sont les messagers ou facteurs. de tout son personnel et de l'appareil le plus imposant. la tête de la procession arriva dans la ville de Saint-Denis alors que le recteur n'avait pas encore bougé des Mathurins. dans le cours du moyen âge. près de la moitié de la ville. vêtu de la chape rouge et couvert du bonnet doctorat. qui devinrent peu à peu des secrétaires chargés de tenir la plume dans tes actes publics. il conduisait à Saint-Denis une autre procession fameuse. qu'une fois. entre les maîtres de la capitale et ceux de l'extérieur ce sont les bedeaux ou appariteurs. espèce de sergents massiers. outre les membres de l'Université.

t. ~«M~tt. héritière directe et légitime de cette antique institution. tes abbayes envoyer à Paris leurs plus brillants élèves. Pour tous ces détails sur l'ancien régime universitaire.. L'affluence des étudiants. pour tes clercs nécessiteux on vit les terres tes plus lointaines représentées.VaUet de de /'Mj/~af/«)< VM*i)!e. 47 Grégoire IX en <228. De f<'<y<t«Mo<t<'a de <'«tjM~)ton«t< dans <'M«! de /*<!<-«.L'ENSEIGNEMENT. renonçant par là à l'honneur de demeurer tes écotes supérieures de la chrétienté on vit tes derniers venus et tes plus populaires des ordres religieux. par une bulle conservée aux archives de la Sorbonne. qui n'a l'air de rien aujourd'hui.e~ . ?< 37&S<S. entre autres celui de pouvoir suspendre tes cours en cas de déni de justice. et le droit d'user d'un sceau particulier et cette dernière faveur. jusqu'aux royaumes de l'Orient. pp. De nouveaux privilèges sont ajoutés aux premiers par ces deux pontifes. ~t' M«f. on peut consulter Thmot. déjà si grande. On vit les monastères. dans cet autre pandémonium des nations. comme tes Jacobins. pour servir de cachet à l'Université catholique de Paris. est le beau type qui a été reproduit récemment. par quelques-uns de leurs enfants. L'organisation de la puissante compagnie et tes prérogatives qui lui étaient octroyées redoublèrent tout naturellement l'empressement de la jeunesse du dedans et du dehors. par Innocent IV en t244. Ut.. pour tes étudiants pauvres. Le sceau accordé à ces membres en )252. Du Boulay. prit des proportions encore inconnues. t~a. à quelques dinerences près. grossir ce tribut de toute la multitude qui entourait leurs propres chaires on vit des collèges spéciaux fondés dans la capitale pour tes jeunes gens de certains diocèses ou de certaines régions. qui venaient demander à la France un peu i. consacre définitivement l'indépendance de la corporation universitaire (').

tnutes les illustrations de t'avenir. Or. aux treixicme et quatorxietne si~ctes. dans les temps qui l'avaient precetté. tes Pierre d'Espagne. Ces chiffres et ces noms nous en disent assez sur la prospérité de l'Université-mère. ce sont là deux points essentiels. les ~tienne de Langton. de seize a vingt mille écoliers.te-i Thomas d'Aquin. Qu'elle ait vu des desordres éclater dans son sein. tous ceux enfin dont la science et les travaux ont honoré l'Europe chrétienne. aucune tache ultérieure ne saurait effacer l'éclat jeté à son origine par l'institution féconde a laquelle Paris doit. qui venait tremper ses )è\'res aux ruisseaux dont parte saint Hcnaventure. qu'on ne saurait trop approfondir pour juger sérieusement un système et une époque. et dont Paris est redevable en premier lieu à la papauté. . It importe d'examiner ce qu'on y enseignait.48 LE TREIZIÈME StÈCLE. Atiwrt le Grand. Jean Jouvenel des Ursins affirmait en t<t3< qu'lin avait vu i\ !'Mis. qu'ette ait. ( «mhicn)es di~rentes facultés de notre grande cité cttmptent-ette'i d'auditeurs actuellement ? Quetques milliers a peine. placée au seuil des études supérieures. les Dante. Aucun tort. Kt parmi cette jeunesse itrdeute. le. de ce savoir <-t de cette phitosophie dont eux mêmes avaient été si f)ers jadis. se trouvaient. porté le trouble dans les esprits ou dans la rue cela ne détruit point la grandeur de ses services. La Faculté des arts. les Mtrarquc. par moments. Ce n'est pas tout de voir qui distribuait l'enseignement et qui le recevait dans cette vaste ruche de l'esprit humain. d'être devenu la capitale intcttectuettc de l'univers.tes Ro~er Haeon. Commençons par le premier. et comment on l'enseignait l'objet des études et la méthode appliquée aux études. sans contredit.

Quoi de plus spiritualiste et de plus rationnel que ce plan gênera). dit Robert cie Sorbon. )at. la ~c«)netne.. Ce domaine répond. la grammaire ou tittératurf. 49 a te domaine le ptus étendu. tels qu'on les comprenait de son temps: «Bonne « est la logique. la musique et l'astronomie. constituent un groupe a. autant d'échelons qu'il faut gravir pour s'élever a ta connaissance des choses divines. qui apprend à discerner la vérité du men« songe bonne est la grammaire. trois premiers. nous donne à peu près la dénnition des sept arts libéraux. à savoir ta contemplation et ta possession de la vérité suprême.ms.L'ENSEIGNEMENT. Ces sept arts sont autant de \'oiet qu'il faut suivre tuceetsive ment. ' s <~M~MjfMa/M<A'r~r<~ <o). doit parcourir la route qui mené au puits. )97.Sty*. M'mmejc te disais tout à l'heure. t HiM. qui sont t'arithtn~tique. <tt~t~/t'~MdM<t~/N/tMM~W//ftM< /t/ff~<t/M <~</««/<'j ad Aht</4'~t<M<. !t est divisé coutormément au cadre usité depuis le commencen'ent du moyen âge. qui apprend a écrire et a <[ parler correctement (définition conservée jusqu'à nos « jours) bonne est la rhétorique. comme Isaac. c'est-à-dire passer par tes sciences auxiliaires pour arriver à ta théologie (')..)!H. qui apprend à parler t.nat. répète le cardinal Jacques de Vitry (*). c'est-à-dire qu'it comprend les sept arts tibéraux. qui n'est autre que Dieu tui-meme? « Chaque science doit se rapporterataconnaissancedeJttsus-CtHUST~. Kt le même prélat. un autre groupe appelé ~M<h~ww. reproduisant aitteurs cette pensée.M. dont la théologie donnera la clef. et les quatre derniers.e9. ms. rapportant toutes tes sciences à un but souverain. à celui de notre Facu)t<' des lettres et A une partie de celui de notre Faculté des sciences.)pt'te ~ww. la rht'tft rique et la dialectique. « L'ecoticr. f<!fat'~fJKBtCAr~p /A~ a<~HM<' ~7509. . dont te.

t'astronomie. qui en est le résultat.?0 LE TREUHÈMK SÏÈCLE. . nous choquent davantage parce que nous n'entrevoyons les discussions du temps que dans les manuscrits.Ma. qui nous instruit < des consonnances et nous fait songer aux doux chants des « bienheureux. qui <tapprend i mesurer la terre. duisent cependant pas à la piété Dans la pratique. inférieurs aux s'ils contiennent la vérité. « élégamment et à persuader bonnes sont la géométrie. la musique. ils ne con. négligé la rhétorique. qui préparent plus directement à la sainteté. il y a eu trop souvent abus. et non la forme dont ces idées étaient revêtues. En suivant le même ordre d'idées.<o). c gt. et la subtilité ou la sécheresse. Certainement. l'arith« métique ou l'art de compter. qui est la mise en action de la logique. ité. qui nous fait considérer tes corps célestes et la vertu des étoiles resplendissant devant « Dieu. qui seule peut « vr. On a même reproché amèrement au moyen âge d'avoir fait un emploi immodéré de cette science. règne en souveraine dans toutes les chaires et dans toutes les écotes le mattrc s'en sert pour instruire comme t'ét&ve pour apprendre. précédents. Mais cet abus. plus cultivée de nos jours et dans l'antiquité. il est un des sept arts qui tient une place prépondérante. où les idées seules.ument -appeler un art /<M<< parce quelle délivre « l'âme de ses ptus grands maux ('). par contre.~parce que. Jacques de Vitry est amené à établir une différence entre les arts du /w<MW. Mais bien meilleure est la théologie. 1. et dont on fait alors la base ou la forme de tout enseignement c'est la logique ou la dialectique. La dispute. et d'avoir. ont été consignées par les scribes. et ceux du yw<MMMMw. domaine de notre corps.

sous une rude écorce. Dernièrement encore. de l'Ange de l'école. qui ont trop fait défaut à leurs successeurs c'est que. La chaleur et la vie n'étaient sans doute pas exclues des exercices oraux autant qu'elles le sont de leur reproduction écrite nous pouvons presque l'affirmer. chacun le sait. comme nous le verrons plus loin. a notre tribune politique et ailleurs. quand on ne peut réaliser l'alliance si nécessaire et si désirable de ce:: deux talents opposés? it se fait depuis peu. on ne peut pas plus se contenter de belles phrases en théologie ou en philosophie qu'en physique ou en mathématiques. une réaction sensible en faveur des scolastiques. A tout prendre. par ce temps de sciences exactes. qui étaient également mutités par leurs transcripteurs. C'est qu'il a été reconnu que leurs œuvres cachent.trteurs. en nous reportant aux procédés en usage pour la rédaction des sermons. soit dans toute autre !nt<*nt«'tt. Et puis. t'autre de forts penseurs. un genre de rhétorique particulièrement . a été recommandée. avec la double autorité du rang suprême et du savoir le plus éminent. St par les rapporteur. il y avait. L'âge de la dialectique avait ses ergoteurs n'avons-nous pas nos rhéteurs? Et lesquels valent le mieux. La rhétorique n'a cependant pas été mise complètement de côté au moyen âge elle a eu. D'ailleurs. la solidité et la profondeur du raisonnement. dans le monde religieux surtout. par le vicaire de Jf:SUS-CumsT lui-même. l'étude de leur chef. ce que peut produire l'art de pérorer sans l'art d'argumenter. t'abus de la dialectique est préférable encore a t'abus de la rhétorique: l'une fait de beaux p. Nous voyons trop fréquemment. quelques dignes représentants. soit dans Ic but d'économiser )e parchemin. par induction.L'ENSEÏGNRMRNT.

et que tes hommes doivent s'appliquer a capter l'esprit de Dieu comme its )e feraient pour un juge mortel. que dis-je ? cette conviction que Dieu se laisse ébranler par les arguments et les représentations des hommes. qui n'est autre que celui du discours. Et la même pensée se retrouve. et si l'on s'instruisait en vue d'approcher davantage de la perfection spirituelle. la Syntaxe de Priscien. je n'ai pas le rechercher en ce moment mais cette touchante supposition. Kt)e m'apprend que. L'eveque Guittaume d'Auvergne a laisse un traité intitulé par lui 7~' ~<ow< </«'/w. mais fart ile persuaderDieu partapm'rc. un paroi) titre est a lui seul une rc\c)atiot). Ces livres sont l'/M/~M/Mf/tCM Porphyre. dans lequel il s'est propose d'imiter Cic~ron seulement il a entendu par ces mots. Or. Si le di~nc prchtt a réussi (tans son imitation du maitrc antiqm.Je me bornerai à citer les livres classiques expliqués de préférence dans la Faculté des arts (car la plupart des maitres de t'Université prenaient pour sujet de leurs cours un texte qu'ils expliquaient et auquel ils rattachaient les développements de la science dont ils s'occupaient). du reste. cultiva. si la sainteté était le but tic ta science en général. Je ne m'arrêterai pas à exposer en détait les matières sur et tesquettes portaient les différentes branches du /~WM<w du j~«t</w/«M<. dans le nom chrétien de la prière.82 LE TREtZtÈME StÈCLE. un de ces mots pleins de choses qui demandent a être médites: c~t~c. fart oratoire en particulier recevait une destination et un but sublimes: il devait enseigner à bien prier. m'en dit plus long que tous les traites de rhétorique.je n'en sais rien. ft dont on ne saurait tr"p si~nater t'esistence aux chrétiens de nos jours. de . non pas Fart de persuader tes homme' si bien pratique par son illustre module.

C'est sur ce fonds métangé d'auteurs chrétiens et d'auteurs païens que routaient principalement tes déterminances. Avieutuutateur D)Mre). Prosper. La bulle qu'it rendit pour cet objet. pour cette raison. Sédu]iu!i. les Heures grammaticales de Donat (').) . a été sévèrement incriminée: il sufHt. en <2to. Catoo. et tout Théodulphe doutel'évêque 'Orteans). (Ms.L'ENSEtGNEMENT.Le cardinal de en recommande. des théologiens et des autres docteurs de t'Universite contre cette restauration des légistes païens en amenèrent la suspension momentanée le pape Honorius !H.et. la détournait de sa mission spéciale. Mais tes préventions. par-dessus la Bible d (sans t~m/tA. et son exemple avait été suivi par celle de Paris.pour la défendre.comme < Jacques Vitry auteurs de Prudence. U permettait d'introduire peu près toutes les et scientinques. d'observer que la Faculté de Paris avait été créée pour le droit canon seul. La Faculté de droit ou de décret enseittnait Ic droit canon. te traité des virun. Cet acte eut pour contre-coup la fondation de l'Université d'Orléans. a la demande du chancelier de Notre-Dame.<' /)/M/<w~ et les y<M de Boëce. cil. 53 tes 7)~f< et tes /~A'wA/d'Aristot<<. Au deuxième siècle. et tes examens de licence. de place ofrieiette sur le programme des études.l'école de Boulogne avait remis en honneur t'etude du vieux droit civil romain. Apartir tilt )2$oenet la . opposé sur beaucoup de points à ce dernier.cité. la /)j. et n'ayant point.<'?tt/~tw/~< du même. ( classiques. ou examens de baccatauréat. composée spécialement de juristes ainsi les amateurs des Pandectes et des Institutes purent se t. en partie justifiées. interdit l'enseignement du droit civil dans la capitale. i\ part celles qui retevent questions littéraires d<' <-t'rtai)M's sciences pt~'fiiqucs ou naturette~ aturs dans l'enfance.outre. V. et que le droit romain.Thurot.

mr l'étude du Droit. toutefois. parce qu'elle régnait encore en souveraine sur la société mais tes doctrines des légistes ne s'innitrcrent pas moins dans les pores de la nation. dMdt'tnntaner ~ns avoir ta peine de faire un ton~ voyage.t et saiv. Ce ne fut pas. d'Alais. On doit voir dans ces tendances et dans cet engouement une première tentative de sécularisation de l'instruction supérieure l'Église en triompha officiellement. et toutes ses objurgations étaient impuissantes après avoir . La Faculté de médecine n'eut pas.54 LE TREIZIÈME SIECLE. 379 <t suiv.. une grande importance. le cours de droit canon professé à la m6meeco)e par M. quoique de très bonne heure il n'y eut plus aucun intcrf't à l'en taisst'r dépourvu. sans des luttes assez vives. et nous savons quelle déptoraMe influence its exercèrent. la philosophie. t~' ctt'rgc avait beaucoup de peine A modérer l'élan qui emportait la jeunesse vers les nouveautés en faveur. P. tBTo. !<:ttc~ist. t'aris fut privé de t'ensei~nctnent t~ciet du droit civil. p.ttion ccctcsiastiquc resta donc maîtresse des chaires <tu cette ville. Tardif. Les professeurs tes plus renommés dans cette science étaient à Salerne et à Montpellier on V. les arts. Cf.étudié à Paris la théologie. et certains étudiants parisiens couraient chercher ce comptunient jusqu'il Hotc~ne. <&<fM/t des t*a~M. qui conserva ton~cmps ta supériorité en fait de droit romain ('). . à un moment donné. et nous manquons d'indications précises sur son enseignement. jusqu'à Louis XIV. Ad. on allait apprendre aiUeurs ce que ces maitres n'enseignaient point. an. sur les affaires du royaume. la B<M. à son début. de M~at~Hicr mais. '~7'.. et ceux qui habitaient le midi ne tardèrent pus à trouver la tnonc ressource dans tes ecotcs de Toulouse.

C'est un principe auquel reviennent aujourd'hui nos meilleurs médecins.< Ut. ses humbles servantes (<t</w/wf~M//f. t<M.'elles étaient vis-àvis d'elle comme la clarté lunaire à côté de la clarté solaire. L'école de Paris produisit cependant. au treizième siecte. La Faculté de théologie occupait. doivent être. ou plutôt adjoignant l'un à l'autre. 55 venait la leur demander. & .f.«~. Lui aussi joignit A l'étude de la thérapeutique celle de la théologie ce cumut n'était pas rare. comme on venait demander A chaque centre littéraire ou scientifique sa spécialité. <~< t.398.abandonnant ainsi le soin du corps pour celui des âmes. uBothy. < /M/M.L'ENSEIGNEMENT.Echatd. et qui enrichit de manuscrits précieux la bibliothèque naissante de la Sorbonne ('). qui était doyen de ta Faculté en 270. au fond si intimement liées. et la physiologie. et il avait au moins l'avantage de détourner des idées matérialistes ceux qui pouvaient y être enclins par leur profession. quelques sujets distingues par exempte Pierre de Limoges. en raison de l'objet de son enseignement. Les autres sciences.M~/<'<M ~/< Aussi leur imposait-elle D <. ainsi que nous venons de le voir. comme les appelle un chancelier. comme la lune sous les pieds de la femme de l'Apocalypse ~<w/<t sole.s'arréta pour revêtir inopinément l'habit de saint Uominique.qui un jour. n'est autre chose que la réunion de ces deux sciences.au milieu d'un sermon. on le voit. en apparence si contraires. qu'ils remettent en honneur.). le sommet de l'échelle universitaire. On regardait comme inséparables la connaissance de t'ame et cette du corps.'écote de Montpettier était en vogue des le douzième siècle: c'estt là qu'avait enseigné un des médecins de Philippe-Auguste. les sciences séculières. Jean de Saint-Gilles. t.

Son succès inspira peut-être à Robert de Sorbon l'idée de fonder pour les étudiants séculiers en théologie un collège spécial. considéré surtout comme tel aujourd'hui. acquit par ce moyen. Le goût générât était au mysticisme. en théologie comme en philosophie. L'ËcriturcSainte. c'était le /<' on expliquait l'un et l'autre concurremment scinuetnent mais l'autorité d'Aristote faisait une rude concurrence à celle des textes sacrés. Celle de Saint-Jacques de Paris. Ne s'élève pas qui veut sur les cimes où ptane le génie des Thomas d'Aquin et des Honavcnturc. la même discipline. était étudiée de préférence dans ses innombrables allégories. avaient des ~/w//« ~t'w/M/M qui étaient de vraies écoles normales théologiques. plus ou m"ins forcées. comme les nouveaux frères. en particulier celui des Frères Prêcheurs. ce livre essentiellement historique. elle égarait tes faibles dans un dédale d'interprétations figurées. une prédominance qui lui valut bien des jalousies et bien des luttes. Sun esprit.f w<M . et. organisées plus régulièrement que l'Université elle-même.se LE TREIZIÈME SÏÈCLE.f~M/t'w~qui faisait la base de lenMibte. qu'elle offrait le même système de leçons. son vocabulaire. Apres la </<f. où ils pussent trouver également tes avantages de la vie en commun et de t'étude en commun car on a remarqué que l'organisation de la cétëbre Sorbonne ressemblait beaucoup à celle des ordres mendiants. et jusqu'aux mêmes dénominations les membres de cette association avaient. st~t) symbolisme. un prieur à leur tête ils s'honoraient de leur pauvreté et s'intitulaient les de Sorbonne. Les ordres religieux. dans la Faculté de cette ville. Leur fondateur trouva des ~M!W. tandis que cette tendance cntraînait les esprits solides vers ta région des hautes et subtimes conceptions.

frecheurs de Jacobins était alors l'appellatiou populaire des Frères Prêcheurs couvent de la rue Saint Jacques. même lorsqu'il favorisait tes Jacobins contre l'exclusivisme de ses docteurs séculiers (').ete. Le célèbre docteur que je viens de t. p.ct le mouvement dont il donna le '"{{"ai ne fut certainement pas étranger non plus à l'admirable essor pris alors par les étude'. nom etabUs étiquete le non) établis dans le . souvent même avec eux. a Paris. ~t'«<«/A. ~< /<< <& /M«y. en <M'w'/<( !) faut dire aussi que t'œuvre de Robert fut surtout t'œuvre de saint Louis: c'est c<*prince qui donna les bâtiments nécessaires et qui encouragea de ses propres deniers son chapelain et son ami. mêmelorsqu'il lui imposait la paix avec les bourgeois. ~«. Passons maintenant à la méthode employée pour la distribution de l'enseignement des diverses Facultés. XtV. la ë!ait ~f/o/~t~j ators t'appeHationoputaire an. Mais il ne faut pas croire que tout leur travail se bornât là. défendant avec fermeté ses vrais intérêts.:A< Jacobins p f'~o~M.Paris. V. Le maître disputait devant les élevés.. zat etsuiv. tS~. tes exercices oraux beaucoup plus que les devoirs écrits. on les habituait a raisonner et à discuter était la forme adoptée de préféverbalement la <<<« rence pour inculquer toutes les vérités dans l'intelligence de la jeunesse. La science théotogique lui était particulièrement chère et ce n'est pas seulement ce)tc-t:\ qu'il contribua à développer. judicieux. 1862. S5~t''mnM!n. t862. car toute t'Univosité eut en lui un protecteur éctairé. 57 imitateurs nombreux. et les éteves aussi disputaient entre eux devant le maitre. Ce fait seul indique combien l'esprit des étudiants devait être familiarisé avec l'objet des études.L'ENSEIGNEMENT. an. Quelle que fût la science dont ils s'occupaient.On p. Httc offre une différence capitale avec celle qui domine aujourd'hui dans nos établissements d'instruction publique c'est que la parole y tenait beaucoup plus de place que t'écriture.

« MMMW < //M ~<X/ illa </«'&tf<K< « 4" En écrire un résumé. Bien que j'aie donné ailleurs l'analyse de ce fragment ('). et la graver dans sa mémoire avec un «soin spécial. p.S8 LE TREtZtEME SIÈCLE. dans un morceau inédit. t. Sénëque a dit C~ MM//<<«rwM in die. 11 y a entre la lecture et t'étude. <j L'écolier qui veut profiter doit observer six règles « essentielles « t" Consacrer une certaine heure à une lecture détermi< née. ~a C~t~/m~Mx au «<<')<M âge. ~53. et ne «point passer légèrement. toutes les obscurités que celle-ci « a pu laisser. « 5° Conférer avec ses condisciples. nommer. parce qu'il a pour résultat « d'éclaircir tous les doutes. comme le conseitte saint Bernard dans sa lettre aux « frères du Mont-Dieu. dans les disputationes « ou bien dans les entretiens familiers.MA~ MM~ dente disputationis « feriatur. la même différence qu'entre un « hôtc et un ami. un plan très justement conçu des différentes opérations intellcctuelles auxquelles ils devaient se livrer. ae édition. une <: vérité quelconque. . Robert de Sorbon. Cet exercice est encore « plus avantageux que la lecture. Nihil perfecte . « 3° Extraire de sa lecture quotidienne une pensée. entre un salut échangé dans la rue et une « ancction inattérabte. parce que rien n'est plus propre à nous initier à la vie intérieure de ces jeunes et fervents adeptes de la science. car les paroles qui ne sont pas « connées à l'écriture s'envolent comme la poussière au vent. « dit encore saint Bernard. je crois utile de la reproduire ici. « 2" Arrêter son attention sur ce qu'il vient de lire. nous a laissé.

remplis d'in« tervaUes blancs à l'intérieur. C'est bien simple. dit-il en souriant Dieu étudie « pour moi je m'en vais à la messe. Comment faites-vous donc ? lui demanda le pre« mier. « La méditation ne convient pas seulement au maitre le « bon écolier doit aller se promener le soir sur les bords de . dont « l'un avait beaucoup vu. et se montrent (Mnués « d'intelligence dans les choses capitales. était « moins acharné à t'étude. en effet. quand j'en reviens. détruite par le feu ou par l'eau. et les recouvrent d'élégantes < couvertures en peau rouge puis ils reviennent à la maison « paternelle avec un petit sac bourré d'une science qui peut « être dérobée par des malfaiteurs. « je sais par coeur tout ce que je dois enseigner. « Certains écoliers agissent comme des fous ils déploient < de subtilité dans les niaiseries. <: Pour acquérir l'instruction. Son « collègue possédait une bibliothèque moins garnie. et qu'il faut « en profiter pour élever son cœur a Dieu. beaucoup lu.L'ENSEtGNEM ENT. « Il y avait à Paris deux maîtres liés ensemble. sans pour cela « interrompre l'étude. et demeurait jour et « nuit courbé sur ses livres à peine prenait-il le temps de « dire un Pater: celui-là n'avait que quatre auditeurs. Pour ne point pa« raitre avoir perdu leur temps. Saint Homard enseigne que la lecture doit « exciter les mouvements de l'âme ~«~~M~. 59 « $" Prier. ils assemblent des R'uiUfs « de parchemin. il faut encore s'abstenir « des plaisirs et ne pas s'embarrasser de soucis matériels. un des meilleurs moyens <!d'apprendre. entendait chaque matin la messe « avant de donner sa leçon et pourtant son école était < pleine. rongée par les rats ou par « les vers. en forment d'épais volumes. et. C'est ta.

toL t~y et suiv. qui en est le couronnement il est donc bien vrai que. 2. » Ces derniers mots sont une allusion à la promenade du t'ré-aux-Ctercs. Robert de Sorbon termine en Marnant ceux qui se conten tent d'une instruction incomplète et ne savent pas utiliser leur acquis <! La grammaire forge le glaive de la parole de « Dieu la rhétorique le polit enfin la théologie le met en « usage. « la Seine. Dès n<)2. le fer est rouillé. nat. )e règlement du légat Robert de Courçon le maintint dans la possession de ce privilège.60 LE TREIZIÈME SIÈCLE. < D'autres le tiennent ren<ermé dans le fourreau et. et en t2t5. mais pour y répéter ou y médit ter sa tfcon ('). et. . ms. à l'aiguiser. ils sont bien « déçus. contrairement à notre principe actuel de scinder tes études et de ~M~K< à moitié route). un étudiant doit cultiver successivement toutes les sciences. t~t. les étudiants avaient l'habitude d'aller y prendre l'air. ]at. car ils n'y arrivent presque jamais (2). à force de l'effiler. ils sont vieux. et qui fut l'objet de tant de discussions entre l'Université et l'abbaye de Saint-Germain.b t. ils finissent « par l'user totalement (c'est-à-dire qu'ils se confinent dans la grammaire et la rhétorique sans aborder jamais la théologie. qui s'étendait le long de la Seine. mais pas toujours d'une manière aussi catmequc t'eût voulu le fondateur de la Sorbonne. BM. non pour y jouer. dans les idées du temps. Quant à ceux qui étudient « pour arriver aux dignités et aux prélatures. ils ne < peuvent plus rien produire. quoiquc le pré ne fût pas encorc la propriété de l'Université. quand < ils veulent l'en tirer. Mais il y a des écoliers qui apprennent sans cesse « a le fabriquer.

B!N. ou écolier attitré. ainsi qu'on peut le voir. au moyen de la o~~«/«'. Celui qui poussait ainsi jusqu'au bout ses études universitaires. ms. comme je le disais. de ~KV/M et de AhWM/M. des discours familiers. Lorsqu'il s'agissait de l'explication d'un texte.Mxox . )~ tst6. Puis. Les deux grades de bachelier et de licencié n'existaient pas primitivement il n'y avait en réalité t. Robert de Sorbon (~<. entre autres. on faisait la répétition ou la récapitulation de toutes les leçons données dans l'Université durant la semaine cette séance était présidée par le wo~w<~M~M/< . chaque samedi. Celle-ci enseignait souvent. La CAaw/htWf.K~C~' (~). théologien fort en vogue au commencement du règne de saint Louis. 369). nat. L'ensemble d'une pareille méthode offrait des avantages importants. a. Bibi. qui était ordinairement d'un âge assez raisonnaNe pour travailler seul car il n'était pas rare de rester sur les bancs jusqu'à vingt-cinq ou trente ans. On n'était réputé . Mais il faisait aussi des ~«WM. et durant lesquels tes auditeurs prenaient des notes selon leur habiteté ou leur fantaisie. <M!)~' <<f<. passait successivement par les rangs de ~c~M/MM. que lorsqu'il était prouvé qu'on avait suivi les cours durant un temps déterminé.M~M/MM. sans nous faire connaître le rote du professeur.. XXV. p. ils suivaient dans un exemplaire a leur usage. Elle laissait surtout une large part à l'initiative de t'éteve.. dans une miniature placée en tête d'un des manuscrits de Jean d'Abbeville. à peu près comme ceux que l'on prononce dans nos cours publics. 456.L'ENSEIGNEMENT. éd. 61 Cette esquisse est encore incomplète elle ne nous montre que le travail particulier de t'étève. miniature représentant des écoliers assis devant la chaire du maître (').

< <t< G. mais soutement une permission. on voit s'introduire dans t'usagc un premier {{rade. comme son nom l'indique. Vers la fin du douzième siècle ou le commencement du treizième. qui perd alors son caractère de simple autorisation pour devenir un titre plus défini. puis un second. et d'assister à la messe des nations. Le baccalauréat. à lutter ou à disputer sur les différentes matières qu'il contenait c'est ce qui s'appelait <<w/M< Ceux qui avaient <A'ww~ avec succès en présence des maitres. Bourbon. Thutot. après avoir étudié suffisamment leur ~'«'<MW. /<< cit . après de nouvelles études. maigre tes prétentions du chancelier de la puissante abbaye de Sainte-Geneviève. apparaît d'abord dans la Faculté des arts.63 LE TREÏZtÈME SÏ&CLE. au chancelier de l'Université. qui tire son nom d'un certain genre de tuttc auquel on habituait autrefois la jeunesse (~<M</Mw~.te baccalauréat. pourvu qu'il eut reçu de l'autorité ecclésiastique la //<v~<v d'enseigner la licence ne constituait donc pas un grade véritable. s eux aussi. dont tes indications fournies par Robert de Sorbon dans son discours sur t. que deux degrés. devenaitma!tre qui voulait et qui pouvait. celui des étudiants et celui des mattres. son compétiteur ('). 'exerçaient. qui. a la faveur de la multiplication des écoles et des écotiers. à Paris. était le même que le chancelier de Notre-Dame et possédait seul alors le droit de collation. signe distinctif de ce grade. aux époques fixées. Ce dignitaire le soumettait à une épreuve d'un autre genre. la licence. étaient proclamés ~(~<7w~ ils acquéraient le droit de porter la chape ronde. !~e bachelier qui voulait conquérir la licence dans une Faculté quelconque se présentait. Les étudiants de cette Faculté. notamment pendant le carême. comme héritier de t'écotatre diocésain.

composé du même chancelier et de plusieurs maitres. qui faisait de lui un maître. hétas la corruption se glissait quelquefois jusque parmi ces examinateurs austères on prétendait.r<WM<f nous permettent <te restituer la nature exacte. I) était. n'était-ce qu'un propos de candidats malheureux nous savons assez combien leurs pareils éprouvent le besoin de se venger. ils le renvoyaient a un an ('). il revenait demander un jour pour son examen. ~t/M. Peut-être. Cette épreuve était. qu'il était possible de leur arracher un diplôme à force d'argent et de sollicitations. interdit au chancelier d'accepter aucune somme ni aucun service en échange de ta licence et 1lui était même défendu de refuser ce grade à celui que la najorité des jurés avait reconnu /<&/?<I. JI comparaissait ensuite devant un jury. Ainsi prépare. Le candidat recevait du chancelier un livre. qui le faisaient discuter sur ces différents points ils le déclaraient admis s'i) y avait lieu sinon. beaucoup plus sérieuse que celle de la licence actuelle elle se rapprocherait plutôt de la thèse du doctorat. et qui t.e licencié. après tout. 69 la ~cM. Mais. 362 . &< /'<t< XXV.L'ENSEIGNEMENT. revenait devant les nembres de sa Faculté et recevait de tours mains un nouvel nsigne c'était le bonnet. en effet. sur lequel il devait être interroge it remportait chez lui. et cette imputation servait de prétexte aux perturbateurs de l'ordre. du moins. deux conditions qui rendaient encore sa t~tche plus dimcite. le parcourait. Aussi les refus ou les ajournements étaient-its fréquents. puis notait et étudiait tes questions ou les difficultés qu'il pouvait y rencontrer. avec cette différence que le candidat n'avait pas le choix absolu de son sujet et n'écrivait pas sa discussion. comme on le voit. une fois nuni de l'approbation ecclésiastique.

). Mais je n'ai point entrepris de retracer l'histoire de cette illustre corporation je me suis simplement proposé de présenter )e tableau de son organisation son époque la plus brillante. plus pércmptoire encore lorsqu'après avoir vu comment l'écolier s'initiait aux principates branches des connaissances humaines. . maigre tous les essais. 1. lui conférait )a maitrise m) te droit de protester & son tuur('). dont tes méthodes sont depuis longtemps tombées dans l'oubli. au détriment de la ft~rceet de la solidité de nos études supérieures. et à quel degré d'épanouissement la fleur ainsi semée dans l'intelligence de l'enfant ou du jeune homme. On pourrait ajouter a ce tableau bien des traits intéressants si l'on voulait parler des mœurs des écoliers. des luttes ardentes qui troublèrent presque dès le début une institution pacifique par nature. Ainsi était organise l'enseignement dans cette florissante Université de Paris. des efforts du pape et du roi pour y ramener la paix et la prospérité. du reste. Ce court aperçu suffira. «< o~. des doctrines universitaires. sans avoir été remplacées par des méthottes sensiblement meitteures. sous le sourfte de cette ardente passion pour la vérité. qu'ils la cultivaient. qu'ils trouvaient partout le moyen de l'acquérir. nous aurons constaté ce qu'il faisait de cette instruction première. tous les tâtonnements qui sc sont succédé a de si courts intervattes. La réponse sera. pouvait arriver chez t'homme mûr. toutes les modifications. je t'espère.64 LE TREÏZi&ME SIÈCLE.Thmrot. et pour répondre à ces banales imputations d'ignorance ou d'obscurantisme lancées a tort et à travers contre le moyen âge. pour montrer que nos aïeux aimaient la science d'un amour passionné.

comme il est le but et la fin dernière de notre existence terrestre? Le moyen mais il allait encore plus loin. C'est ce que déclare en propres termes Henri de Gand. tt SOMMAtRB. Louis. adeptes La -StWHwf.convenMttien d'Auvergne S. Dieu n'est-i) pas le sommet.:6' THÉOLOGÏE.ait.& Bonavea<ure.Mn } C~aptUe ttO~tnC. Et ce n'était point sans raison. il faisait rentrer dans son domaine chacune des autres. et pensait que. la theotogic. La scolastique naissance et dëye supérieure de cette méthode ses avantages et ses loppement ~enerate inconvénients. le Docteur solennel Bien que Dieu soit l'objet propre de la théologie. n'est-it pas le terme de toute la vie intellectuelle. Dieu étant tout. puisqu'ette jette les fondements de la science et de la certitude. t) l'avait ainsi compris âge faisait de la théologie la science universelle. elle renferme en elle tout le reste. N tête de la longue nomenclature des connaissances humaines comprises dans le programme de ses études. l'étude de cet objet suprême devait embrasser tout. dit-il. S. o capital du Docteur Angélique plan de cette vaste encyclopédie Méthode particulière de l'auteur de ses religieuse. exemptes démonstrations. Ses principaux Albert le Grand. le treizième siècle p)a<. La théologie considérée comme la science et universelle. la science de Dieu.t"tn "tfi 'an '.comme déjà vu. » Et non seulement c'était là l'opinion d'une longue série de siècles nous l'avons . uvrage Alexandre de Halès. LA Tn"M.<rs'ih~s'~)'yi 'Trt '. Thomas d'Aquin. Réaction Gutitaume anti-scolastique de ee dernier avec .

au contraire. séparer sa connaissance. Ou je me trompe fort. et chaque code religieux formait une véritable encyclopédie. ils ne font qu'un. ils coexistent. en un mot. mais de tout le cycle des études ordinaires. On est fnrt embarrassé. au moyen âge. était )a science par excellence. C'est sur ce terrain . et. Cette (fuvrc est essentiellement une et simple. la reléguer. non seulement de la sagesse humaine. par exemple. isoler Dieu de tout. on T'a remarqué. La philosophie surtout lui était unie par tes liens les plus étroits elle se confondait même avec elle. la théologie. Le philosophe qui sépare la science de Dieu de la science de l'homme est le père de l'athée qui veut enfermer le prêtre dans son temple. comme tes corps simples. ou cette prétention nouvelle a été le prélude et t'avant-cour:ur de celle qui s'étale si effrontément sous nos yeux Dieu hors de la politique. pour qui les regarde de plus près. et ce n'est que par une distinction rétrospective. dans le monde des abstractions. hors de la société. Entre les deux. la recherche et la connaissance de la Divinité. la théodicéc. Le principal effort de t'intenigenee humaine aura donc pour théâtre. mais dans ('antiquité ta plus reeutée. et t'Égtise hors de t'État. afin de le tenir sous clef. quand on veut considérer successivement à ces deux points de vue la .«w~w de saint Thomas.66 LE TREIZÏÈME StÈCLE. et. Les temps modernes ont prétendu. pour ne pas dire des rêves. il n'y a même pas toujours la distance d'une génération le matérialisme et la Révolution sont frère et sceur ils coïncident. que nous parvenons aujourd'hui a établir d'un cote leur bilan philosophique. chrétien'. de l'autre leur bilan théotogiquc. elle se prête difficilement à la décomposition chimique. par une répartition artificielle de t'<euvre des grands docteurs.

par une curieuse coïncidence. chantent chacun à leur façon la gloire de JRsus-CmusT. la méthode de l'enseignement. sont. qui peut se compléter de loin en loin sous l'inspiration du Saint-Esprit. sans doute. il est immuable comme le dogme. variables elles ont varié.cet admirable monument de l'esprit humain. c'est là qu'une remportera ses plus beaux triomphes et. et elles varient encore. 67 que s'ef!ectueroMt sef plus brillantes conquêtes. puisque nous voyons se dessiner aujourd'hui un mouvement . et toutes deux appartiennent précisément au règne de saint Louis. qu'il serait bien hors de propos de lui contester ici car. enfantés l'un à côté de l'autre. cette primauté éclatante qui lui a fait décerner souvent t'épithete de grand siecte chrétien. Qualification méritée. au contraire. ne change pas. que dis-je ? par une double éclosion parfaitement rationnelle. qui Cht le résultat d'un sentiment et d'un amour uniques. les condensant. sont l'expression synthétique de tout le génie du moyen âge. qui sont la seule chose dont nous puissions nous occuper ici (car nous respectons trop profondément l'autorité de l'Église pour nous immiscer dans son rôle). Examinons rapidement le caractère de la théologie de ce temps et celui du grand ouvrage composé par son principal interprète. sa domination effective sur la terre: la Sainte-Chapette. et non se modifier.S'<w/wf. pour ne parler que du siècle dont nous avant a nous occuper. tes résumant. c'est là surtout qu'il acquerra cette prééminence. Mais la forme de la doctrine. et la . cette mervcitte de l'art. Le fond de la science théologique.t<A THÉOLOGÏE. pour ainsi dire et ces deux chefs-d'œuvre. cette époque voit naître simultanément dans t'entre tittéraire et dans l'ordre artistique deux chefs-d'œuvre éclipsant toutes les productions des âges de foi.

dans l'usage. à dessein. l'accord de la foi avec la raison ? La scolastique discute. la ~oww~ contre les Gentils. il emprunte aussi des armes à l'entendement et même un de ses ouvrages. et dans lesquelles l'enseignement pouvait se donner de bien des manières. si méprisée naguère. A côté de cet immense avantage. Mais. est uniquement basé. et il faut recoiinaitte que ses adeptes en ont abusé. parce que tes écoles les plus florissantes adoptèrent le mode de l'argumentation pour enseigner les vérités religieuses. voità justement le nom donné à la forme revêtue alors par la théologie. ne se ptace-t-etie pas sur une base admirable? n'f'nre-t-ctte pas l'idéal tant cherché par les penseurs chrétiens de tous tes temps ? ne résout-elle pas. il ne s'appuie pas seulement sur les vérités révélées. en un mot. par son principe même. salutaire et fécond. Qu'est-ce donc que la scolastique? Par lui-même. Mais. sur des raisonnements humains. elle est par là d'une valeur plus actuelle que jamais. On a beaucoup médit de cette méthode scolastique. La scolastique.68 LE TREIZIÈME SIÈCLE. il est attaché à l'idée de la dialectique et du syllogisme. en ce qu'elle aiguisait constamment l'esprit . prononce de retour vers les monuments de cette vieille scolastique. Le principe de cette méthode est donc supérieurement lumineux. ce nom ne signifie rien de bien particulier il n'éveille pas d'autre idée que celle des écoles de clercs. donc elle se sert de la lumière naturelle. la scolastique avait un bon côté précieux. ce problème qui a tant préoccupe le monde moderne et que certains philosophes se sont hâtés de proclamer insoluble. si nombreuses au moyen âge. Quand saint Thomas serre de près ses adversaires avec la rigueur d'un mathématicien. donc elle fait appel à la raison elle argumente.

Le scepticisme d'Abailard et de Roscelin. je le veux bien. s'efforcèrent d'exploiter à leur profit les ressources de la dialectique péripatéticienne. On peut fixer la naissance de la scolastique au onzième siècle. autant il faut penser du mat de l'autre cetui-tà menait à la lumière. devenue l'arme à la mode. dès le début. qui.LA THÉOLOGIE. s'étaient à peu près bornés au commentaire de l'Écriture et des Pères. c'en est la corruption. L'Église les condamna énergiquement. Autant il faut dire du bien de l'un. celui-ci à t'hërésie et c'est ainsi que tcii meilleures choses engendrent souvent les pires ~o <~)//w//t'~<M. sans toutefois interdire le système en luimême. et de faire dévoyer les intelligences d'un ordre secondaire. par tourner elle-même à la sophistication e!)e aussi. le panthéisme d'Amaury de Chartres sortirent tout d'abord du creuset où se combinait cet alliage dangereux. dégagé de ses scories par la main expérimentée . de donner l'essor au génie. et qu'elle le présen'ait de tomber dans les pièges grossiers des sophistes. les théologiens. Il en résulta. usait le glaive du raisonnement en voulant trop l'affiler. l'or de la vérité apparaîtrait à son tour plus pur et plus clair. espérant sans doute qu'après l'expulsion de cette écume. Mais ce n'est plus ta l'essence de son système c'en est l'abus. qui fit glisser les esprits faibles sur la pente de l'erreur car un des effets les plus certains et les plus frappants de la méthode de t'Écote en général était précisément de fortifier les forts. un attiage bizarre de vérités chrétiennes et de formules ou d'idées patennes. qu'elle habituait l'homme à porter des jugements rigoureusement établis. L'étude d'Aristote ayant repris alors une faveur exagérée. 69 et le tenait en haleine. suivant le mot de Robert de Sorbon. Elle a fini. jusqu'alors.

composé vers la fin du siècle précédent ils développent ce texte en gloses ptus ou moins subtiles. et elle ne t.70 LE TREIZIÈME SŒCLE. parce qu'on ne tient compte que de la relation apparente des idées et des mots. L'Écriture-Sainte ellemême. La scolastiquc continua donc à étendre sor. car ce maitre devait se rencontrer. dont Pierre Lombard. empire. lorsqu'elle est commentée. . dont ils couvrent les marges des manuscrits.e trompait pas. La solution l'on donne à ces problèmes et à d'autres semblables que n'est pas toujours d'accord avec l'orthodoxie. et au treizième siècle nous la trouvons en plein épanouissement. ainsi que je le disais. La plupart des docteurs composent des traités de controverse qui ne sont qu'un enchaînement de syllogismes et de déductions ~wwM.SrM/f~n*~ Pierre Lombard. intitulés ()//<\f//<wy. Caem. et ils font l'application de ces propositions aux différents sujets controversés. bien des discussions oiseuses. au point de vue tropologique on l'envisage surtout comme une mine inépuisable de ngures de toute espèce. l'est presque exclusivement. et que toute proposition est érigée en ). prennent un texte. de préférence celui Ils des . qui ne sont qu'un recueil de de propositions des PCres relatives aux dogmes. 7~ plus ou moins heureuses. tout en voulant ramener les esprits vers les monuments et la méthode de l'antiquité sacrée. ~ttt «me. d'un maître. avait lui-même donné plus d'un exemple « Dieu existe-t-il spontanément ou nécessairement? JÊSUSCïïKtST pouvait-il naitre d'une espèce d'hommes différente de celle de la race d'Adam (') ? etc. ou ~oww<'M/<w<f. De là bien des interprétations forcées.

en 1270. en t3~o. le Fils et le Saint-Esprit. sur le gouverne ment de la Providence. De nouvelles erreurs se produisent donc au grand jour. Etc. c'est-à-dire A la saine étude des Saintes Écritures ils sont impuissants à endiguer le torrent. treize propositions enseignées dans les écoles par de trop fidèles disciples d'Aristote. obligé d'anathématiser dans une assemblée de docteurs les théories suivantes. La Faculté des arts de Paris . On le voit. sur le libre arbitre. les dogmes tes plus fondamentaux sont atteints par la sophistique de ces ergoteurs. 71 axiome quand un syllogisme bien on mal construit lui a donné son taisser-passer. ni des anges ni des hommes. quoique la même dans le Père. Celui qui a reçu de meilleures dispositions naturelles doit nécessairement recevoir plus de grâce et plus de gloire. et même partout. Le démon et l'homme avant leur chute n'ont pas eu de secours pour ne point pécher. Étienne Tempier. sur l'étendue de la puissance divine. enfantées par tes arguties de la dialectique L'essence de Dieu n'est point vue et ne sera jamais vue. Le mauvais ange a été mauvais dès le premier instant de sa création. mais dans le ciel aqueux ou cristallin. Guillaume d'Auvergne. diffère néanmoins à raison de sa forme dans chacune des trois personnes. au-dessus du firmament Un ange peut en même temps se trouver en plusieurs endroits. t'évoque de Paris. Nous voyons. Un des successeurs de Guillaume. De temps en temps les papes rappellent cette école de théologiens a l'ordre. et appellent de nouvelles condamnations. dans les chaires des universités. Les âmes glorifiées ne sont pas dans le ciel cmpyrée avec les anges. s'il le veut. réprouve à son tour.LA THÉOLOGIE. sur la nature de t'âme. L'essence divine.

historique.72 LE TREIZIÈME SIÈCLE. d'agiter de pareilles questions. s'ensuit-il que cette arme soit mauvaise et qu'elle ne puisse rendre des services entre des mains plus habites ? Nous venons de voir le vilain côté des choses. littéral. parce que des maladroits se blessent ou blessent leurs voisins avec une arme dangereuse. accomplit une gageure lorsqu'il entreprend de commenter une chanson française « AWf . que dis-je? dans chaque mot matière à interprétation pieuse et symbolique. embrassant le sens moral. à distinction. mais qui avait prédit lui-même cette gloire et l'avait préparée. dont la gloire fut éclipsée par celle de son disciple. il demeure. Et quand l'abus ne va pas jusqu'à l'hérésie. Peine perdue on y revient un peu plus tard. à la suite du décret épiscopa). il va quelquefois jusqu'à la puérilité. Le bienheureux Albert cultive à la fois toutes les branches de la science. et jusqu'à ses défauts. essentiellement théologien. et les rechutes se succèdent comme les anathèmes. et nous ne l'avons pas atténué. la philosophie. en tout et partout. Ses commentaires de l'Écriture sont de vrais commentaires. Voyons maintenant les œuvres de ce que j'appellerai la saine scolastique.l'éloquence. ce prélat anglais si justement célèbre à d'autres égards. en 271. On croirait qu'Étienne de Langton. l'histoire naturelle cependant.y<wMM< bien .r y/M MM//N et qu'il trouve ~« dans chaque vers. Là est l'excès. aussi bien que le sens allégorique et mystique. Voici d'abord le maître du Docteur Angélique. Tout en adoptant docilement la mode de son temps. cet homme universel. il élargit la méthode et les idées de l'École. je le répète là est le mal. Albert le Grand. suivant l'ordre du texte. malgré son admiration sans bornes pour Aristote. interdit. à définition. la physique. Sa . la chimie. Mais.

le lieu et le temps dans leur état originel constituent quatre créations primordiales. à son âme. à son corps. et fauteur l'exécute en philosophe. offre déjà les proportions a un cours général de théologie méthodiquement disposé. JonrJain. l'un terrestre et l'autre divin. par moments. c'est-a-dirc a l'homme. comme pour la plupart de ses contemporains. Ce plan est aussi vaste que rationnel. tous les caractères de la démence (') ». il nous montre encore l'âme placée sur les limites du temps et de l'éternité. mais célèbre pendant plusieurs siècles. Cette discussion est certainement t. qui le préoccupe le plus. Dans son ouvrage sur l'âme (De f!w'w«~. il expose trente arguments invoqués par les averroïstes en faveur de f unité des âmes. dit M. aux modes de son existence présente et future. et dans son livre / dirigé contre Averroès (De ?<?</<<'M/~f/M.f~. D'après son système. dont elle forme la réunion puis il arrive par une discussion régulière à la démonstration de la personnalité.« saint Thomas. intitulé ~Mww<tde <v)M~M. qu'il étudie dans une première partie puis il passe à la création secondaire et au cheM'œuvre de cette création. la théologie embrasse tout. ~M~Mt~tM /. en docteur chrétien. cette erreur absurde et détestable. le temps. participant de ces deux mondes. ce rêve qui a. Dans ce but. à ses facultés. tant il est vrai que pour lui.il s'élève. en naturaliste. 73 oubliée aujourd'hui. Dans un traité plus spécial. Jourdain. et à la réfutation du vieux panthéisme oriental. et il développe trente-six arguments contraires proposés par les docteurs catholiques. suivant lui. la matière pure.l'esprit pur.le ciel et fange.LA THÉOLOGÏE. il envisage successivement la matière première. <& . à des hauteurs contemplatives où il perd complètement la sécheresse de la forme scolastique.

que son disciple devait achever. ou le docteur irréfragable Trithème.*wMW~. lui attire un concert d'éloges dont l'écho retentit jusqu'en plein dix-huitième siècle. Considérée isolément. et Fleury tui-méme. Alexandre interrompit l'orateur pour se faire franciscain séance tenante. Lui aussi commente la Mbte et le Maître des et Sentences lui aussi compose une .cette .. un jour. l'historien gattican. déclarée classique par la cour de Rome. avec le goût des questions curieuses. que sa doctrine absolue au sujet de la suprématie du pape sur les rois mais Fleury n'est vraiment point un juge impartial dans cette question. a-t-on dit.Soww . Ses contemporains le surnomment le docteur des docteurs. pour revêtir l'habit de saint Dominique. cet ancien médecin qui était lui-même descendu de chaire. Voici maintenant Alexandre de Haies. chaque partie de la . Mais n'oublions pas qu'Albert le Grand et ses imitateurs se trouvaient en face d'un débordement d'opinions hétérodoxes. Au milieu d'un sermon du frère Jean de Saint-Gilles. hérissée de subtilités et de syllogismes qui sonnent étrangement nos oreilles modernes. De nos jours. le savant dominicain et son œuvre ont été consciencieusement appréciés par la critique <. ne trouve à lui reprocher. de théories panthéistes. te premier Frère Mineur qui ait porté le titre de docteur et qui ait joint à l'humilité de la robe de saint François l'élévation du génie humain.X<wMw. il fallait les vaincre à l'aide de leurs propres armes et c'est la tache que le bienheureux Albert a commencée. qui s'appuyaient préciscmcnt sur la philosophie et la dialectique patenncs il fallait opposer à leurs partisans leur propre système. Bâte ne le jugent inférieur à personne en érudition théotogiquc et en philosophie séculière.74 LE TREtZtÈME SÏÈCLE.

t'œit immuablement fixé sur le soleil. Je passe rapidement sur ces premières illustrations de l'École pour arriver à la véritable incarnation du génie scolastique. comme !'appe)a)cnt ses condisciples.). et ce plan peut donner à lui seul une idée de la vaste envergure de son esprit. et avec la rigueur que cette méthode sévère communique à la pensée. 75 d'Alexandre de Hâtes est peut-être dépourvue d'originalité. et fermait tes issues que l'absence de définitions laissait l'erreur ('. Tous ces traités.LA THÉOLOGIE. Sans lui. en ce sens que Ja doctrine est presque tout entière empruntée aux saints Pères et à la tradition mais l'ensemble a une incontestable grandeur. il contemplait encore. l'Incarnation et les Sacrements. Telles sont les quatre parties de t'ccuvre d'Alexandre. selon tes (ormes du syttogisme. <<«/. comme t'ajoutait son maitre.S'<w/w<f subtilités ne nous semblent souvent trop profondes que parce que nous sommes déshabitués de pareilles profondeurs et que nous ne pouvons plus y atteindre. Jumdatn. mais bœuf dont les mugissements devaient retentir par toute la terre. il méditait. et leurs toutes ces .? » Or. à ce grand bœuf muet ». sont de véritables encyclopédies. . Le dogme catholique s'y trouve pour la première fois exposé dans tous ses détails. et l'on eût dit un aigle audacieux volant et s'élevant dans le ciel. la scolastique se fût peut-être égarée dès le milieu du grand siècle t. Quand il parla et quand il écrivit. La taciturnité du jeune Thomas d'Aquin était déjà de la méditation. ce terrain détimité par notre théologien est d'une étendue immense il n'embrasse rien moins que les attributs de Dieu et de la Sainte Trinité. Cet ouvrage délimitait le terrain de la controverse religieuse. la Création et les créatures.

mais conserver et transformer ne pas tuer. mais le purifier et en profiter. Un philosophe chrétien qui était en même temps un érudit consommé. séparer l'élément théologique de l'élément philosophique. Ce siècle a reçu vraiment bien des faveurs refusées à d'autres temps. chrétien. il les asservit. M. Il faudrait une étude et une compétence particulières pour apprécier l'une âpres l'autre les différentes parties de t'œuvre de saint Thomas. Il avait envoyé saint François et saint Dominique pour résister à la poussée de l'hérésie manichéenne. ménager au monde catholique un sursis. saint Louis pour résister à la poussée de t'esprit de sécularisation politique et sociale il envoyait saint Thomas pour reculer l'avènement du scepticisme moderne.76 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Le danger venait alors de l'abus de la dialectique et de la philosophie grecques. par l'exagération de son principe et de sa méthode mêmes mais Dieu voulut. il se les appropria. comme aux premiers âges de l'Église il s'appropriait les basiliques païennes pour en faire des temples chrétiens. Je ne le suivrai pas dans ses études sur les . Chartes Jourdain. qui est à peu près le seul ouvrage consacré par la critique contemporaine à l'immense monument de la théologie du treizième siècle. qui déjà commençait à percer dans les écoles. Telle a toujours été sa politique ne pas détruire. en le suscitant. Le catholicisme ne supprima ni l'une ni l'autre il fit mieux il s'en empara. mais convertir ne pas anéantir le fruit des laborieux travaux d'un monde écroulé. mais ob it n'a pu. comme elle devait le faire au siècle suivant. lui non plus. s'est chargé de le faire dans un livre précieux. aux âges de pure foi une prolongation miséricordieuse. C'est là l'esprit de l'Église dans tous les temps ce fut la mission particulièrement réservée à l'Ange de l'École.

77 traités secondaires de saint Thomas.!a liste des productions qui s'ajoutent à la grande . de l'Oraison Domtnicate. qu'a voulu faire l'auteur de la .Sowwc ? A-t.entendu simplement se conformer à la tradition reçue dans t'Ëcote et ajouter une compilation de plus à toutes celles qu'avait fait éctore avant lui le goût scolastique? Non il a voulu rectifier et perfectionner cette tradition il a voulu réagir contre le côté dangereux de ce goût. Loin de sacrifier aveuglément à Aristote.Voilà. ~«<f/«MMf<n'<f<r.des Épîtres de saint Pau!. liste que l'on pourrait encore grossir énormément en y joignant toutes les compositions qui lui ont été attribuées. En premier lieu. du Cantique des cantiques. du Décatogue. il annonce qu'il fera une exposition claire et méthodique. Voici le texte même de son prologue < Notre but dans cet ouvrage est d'exposer tout ce qui . des Psaumes. et surtout comme cette fameuse CX~M'o~(~/<~M <tMn'~ou tes quatre É vangiles sont reliés avec des extraits des i'ères et des anciens commentateurs dans un discours suivi et merveilleusement enchaîné. des Évangiles de saint Matthieu et desaintJean. à celui où sa doctrine est condensée et qui renete te mieux son brillant génie. si l'on peut appeler secondaires des écrits comme les commentaires d'Aristote et des ~f~<'M<v~.Scwtw de théologiepour former le bilan authentique du plus fécond de nos docteurs. tes la ~<'MM~ contre les C~Xf. et non une simple série de syllogismes il se pose formellement en adversaire de l'abus de l'argumentation. tes expositions du livre de Job. de la Salutation Angelique. du Symbole des Apôtres.en ef!et.LA THÉOLOGtB. des prophéties d'Isaîe et de Jérémie. Ce serait beaucoup trop pour l'examen le plus sommaire je me bornerai donc ici à son ouvrage capital.

la fin dernière de l'homme. < «/ t.Sowwf offre une majestueuse synthèse de t<eptande)a toutes les matières théoto~iques. Un supplément. le mérite. Elle comprend trois parties. par Albert le Grand et par Alexandre de Hâtes. tagrâce. de ses attributs. tout ce qui se rattache à la vie spirituelle. tes articles et tes arguments. d'exposer tout ce qui concerne < ta science sacrée aussi clairement et aussi brièvement que < notre sujet le comportera ('). spécialement de sa science infinie. formant chacune un immense domaine. le péché. de ses perfections. ajouté par saint t. au lieu de présenter dans un ordre logique les eho< ses qu'il est nécessaire de savoir. Kn nous efforçant d'éviter ces dotants cet tous les autres du même genre. onattend que l'explication «d'un texte ou les incidents de ta controverse fournissent <( i 'occasiond'en traiter. modifiée par Jomnhtn. t . Tantôt on multiC plie inutilement les questions. ta toi. C'est la plus complète des encyclopédies religieuses. la béatitude suprême. fauteur fait succéder. dans une seconde partie. puis des anges. les habitudes. < tantut. de son corps et de toutes ses facultés. les vertus et les vices. Tmductton de M. les passions. La première traite de Dieu. mais avec moins de puissance.78 LE TREUStÈME SIÈCLE. en un mot. embrassés déjà. nous essayerons. de l'homme. dont le défrichement suffirait à lui seul pour occuper plusieurs vies d'homme. )~ . les actes volontaires et involontaires. confiant « dans le secours d'cn-haut. A ces vastes sujets. de la création. M)M Choux. de son âme. < rf~arde la religion chrétienne de la manière la plus conveC nable pour l'instruction de ceux qui sont au début de la < carrière car nous avons remarqué que les jeunes éteves en « théologie trouvent beaucoup de difficultés dans les divers < traites dont ces matières ont été l'objet.

par fauteur. sur la vie active et la vie contemplative.S'<w<w<' manque. un couronnement. Mais quand t'architecte mourut. comme la plupart des belles églises auxquelles je comparais plus haut ce grandiose monument de la foi et du génie nous est parvenue incomplète il lui catholiques. revient sur les vertus théotogates. suivant la remarque de l'historien Cantu. et tire ta conclusion avec une rigueur presque géométrique. concise. à elle aussi. et le complément dont elle est suivie dans plusieurs éditions est simplement tiré du commentaire de saint Thomas sur le Maitre des sentences. La troisième. mais avec une telle loyauté. Ainsi donc. tt expose ensuite tous les arguments que peuvent produire sur ce point les opposants. la . et déjà sa doctrine et ses écrits remplissaient le monde. enfin. interrompu par la mort. 79 Thomas à cette partie sous le titre de . Dieu jugeait sans doute qu'il avait assez fait pour sa gloire. malheureusement inachevé. L'auteur énonce ordinairement sous forme de question chaque point de son enseignement. que. qui est rotative aux conditions de la pénitence. renferme un traité particulier sur J~SL's-C'umsT et un traité sur les sacrements. mais les ornements n'ont rien à dépourvue d'ornements . en les réduisant en sy))ogismes. La discussion est serrée. s'est arrêté à la quatrevingt-dixième question <)e ce dernier )i\re. sur les vertus cardinales. ceux qui ont eu la mauvaise foi de supprimer ses réponses. un clocher.LA THÉOLOGIE. en 1274. ont pu puiser là toute la substance des hérésies puis il donne à son tour ses raisons. Il n'avait pas encore cinquante ans. voici en Quant à la méthode particulière de la ~S'<w/w< quoi elle consiste.*t~wM~ ~'<wwA/ et qui est un des fragments les plus renommés de son œuvre. une tour. sur la grâce.

Rien ne vaut mieux.cetui qui regarde le plus fondamental et le plus universel de tous les dogmes. le dogme de l'existence de Dieu. il la perfectionne. « Dieu existe-t-il ? « Ceux qui le contestent procèdent ainsi « i. et une sobriété. sa méthode. les formes tendent à s'élargir. faire ici. Saint Thomas conserve donc la vraie forme scolastiquc mais comme il l'annonçait dans son . comme l'ont répété tes philosophes de t'écote moderne. sa profondeur. l'un est infini. avec M. que la lecture d'un fragment textuel de la ~awwf. que la métaphysique était complètement sacrifiée à la dialectique.80 LE TREIZIÈME SIÈCLE.prologue. pour détruire cette idée fausse. la contemplation ou l'observation à la déduction. sous tes froides analyses du logicien. Ajoutons. traitées de la même façon. et pour faire connaître saint Thomas en esprit et en vérité. l'autre est totalement détruit.Gratry et de t'abbé Drioux. Je reproduirai ici. Or. son style. que la théologie scolastique desséchait te cœur et ne laissait de place qu'au seul raisonnement. Il semble que Dieu n'existe pas. H ne faut pas croire. de deux contraires. de plus cinq cents de ces questions. dans les trois parties de la . le cœur même de l'homme et les élans contenus de son ardente piété t. en effet. Jourdain. d'après la traduction du P. Car si. par . !t y a. ou au moins exagérée. qu'il n'est pas rare de trouver chez lui des passages « où l'austérité de l'exposition s'adoucit. et qui laissent entrevoir. une ctarté exemplaires dans le développement de chacune d'ettes. subdivisées elles-mêmes en plus de deux mille six cents articles ou questions secondaires. le style s'échaunë.*t<Mww. en introduisant un ordre admirable dans ses démonstrations.

et qu'évidemment ce passage ne peut s'opérer que par le moyen d'un être qui est en acte lui-même.LA THÉOLOGIE. en effet. en acte et en e . qui est la nature. qui est la raison ou la volonté humaine donc il n'est pas nécessaire d'admettre l'existence de Dieu. Or. En outre. Mais. tout objet mu reçoit le mouvement d'un autre. de chaud en puissance qu'il était. par le fait. et celles qui résultent de notre liberté seraient ramenées également à un principe unique. 81 le nom de Dieu. ce qui peut être l'oeuvre de principes peu nombreux ne doit pas être rapporté :t un plus grand nombre. Par conséquent. n'est mu qu'autant qu'il était en puissance par rapport au mouvement et. en sens inverse. puisque mouvoir n'est pas autre chose que faire passer un être de la puissance à l'acte. rend le bois. comme le feu. Aucun être. 2. si Dieu existe. on entend le bien infini. que dans ce monde il y a des choses qui sont mues. une chose n'en meut une autre qu'autant qu'elle est elle-même en acte. il y a du mal dans l'univers donc Dieu n'existe pas. Ainsi les choses naturelles seraient ramenées à un principe unique. le mat ne doit pas exister. il semble que tout ce que nous voyons dans )e monde pourrait être produit par d'autres principes. « Il est certain. Or. t sous le même rapport. et par là même il le meut et le consume. Ainsi ce qui est chaud en acte. « Je réponds qu'on peut démontrer l'existence de Dieu de cinq manières « La première preuve et la plus évidente est celle qu'on tire du mouvement. Mais il n'est pas possible qu'une même chose soit tout à la <bis. et les sens le constatent. dans l'hypothèse où Dieu n'existerait pas. chaud en acte.

parce qu'alors cette cause serait antérieure a ellemême. il faut un autre moteur pour le mouvoir. que dans la série des causes efficientes. Comme. et c'est ce premier moteur que tout le monde appelle Dieu. « Dans les choses sensibles nous découvrons un certain enchaînement de causes efficientes. et il n'est pas possible de trouver rien qui soit sa cause efficiente. Il n'est pas possible. La seconde preuve se déduit de la notion de la cause efficiente. sous le même rapport et de la même manière. il faut que tout objet qui est mu le soit par un autre. !t est donc nécessaire de remonter à un premier moteur qui n'est mu par aucun autre. il n'y aurait aucun moteur car les seconds moteurs ne meuvent qu'autant qu'ils ont été mus eux-mêmes par un moteur premier. Par conséquent. ce qui répugne. d'autre part. et après celui-ci un autre encore Mais on ne saurait aller indéfiniment car alors it n'y aurait pas de premier moteu r. par conséquent.82 LE TREIZIÈME SIÈCLE. il suit de là que. d'après le mode de coordination de ces causes. on remonte de cause en cause indéfiniment. et celle qui tient le milieu est cause de la dernière. Ainsi un Mton ne meut que s'il est mu lui-même par ta main de celui qui le tient. Car. soit que les causes intermédiaires soient nombreuses ou qu'il n'y en ait qu'une seule. soit à la fois mu et moteur. Si donc le moteur est tui-mémc en mouvement. et. la première est cause de celle qui tient le milieu. puissance elle ne peut t'être que sous des rapports dinerents car ce qui est chaud en acte ne peut pas être en même temps chaud en puissance. si dans les causes emcientes on n'admet pas . c'est-à-dire qu'il se meuve lui-même. on été aussi t'enet. « 2. en ôtant la cause. On ne trouve cependant pas. !t est donc impossible que le même être.

on ne peut remonter indéfiniment de cause en cause. il n'y aura ni cause dernière ni cause moyenne. Donc tous les êtres ne sont pas des possibles. et c'est cette cause que tout le monde appeUe Dieu. Si donc aucun être n'eût existé. mais qui donne. pour tes causes efficientes. dans ce cas. il eût été impossible que quelque chose commençât à exister. qui ne tire pas d'ailleurs la cause de sa nécessité. Donc rien n'existerait ce qui est manifestement faux. on remontait de cause en cause indénnimcnt. il est impossible que de tels êtres existent toujours. parce que ce qui peut ne pas exister n'existe pas à un moment donné. tout être nécessaire. si tous les êtres pouvaient ne pas exister. « Dans la nature. Donc. Mais. Mais it ne l'emprunte pas à une cause étrangère car. Donc i! faut admettre un être qui soit nécessaire par lui-même. Or. et qui peuvent par conséquent exister et n'exister pas. nous trouvons des choses qui peuvent être et ne pas être. il n'y aurait ni dernier effet ni causes efficientes intermédiaires ce qui est évidemment faux. Donc il est nécessaire d'admettre une cause efficiente première. par conséquent. il y aurait eu un temps ait rien n'existait. ou bien la tient de lui-même. pour les causes nécessaires pas plus que pour tes causes efficientes. « Mais si.La troisième preuve est tirée du possible et du nécessaire. puisqu'il y en a qui naissent et qui meurent. ou bien emprunte à un autre sa nécessité d'être. mais il doit exister dans la nature un être nécessaire.LA THÉOLOGtE. au . et. et on l'expose ainsi. ainsi que nous venons de le prouver. rien n'existerait encore maintenant car ce qui n'existe pas ne peut recevoir la vie que par ce qui existe. « 3. Or. 83 une cause première. il n'y aurait pas de cause efficiente première.

qui est ce qu'il y a de plus chaud. la vérité. Or. D'où il est manifeste que ce n'est point par hasatd. agissent d'une manière conforme à leur fm car on tes voit toujours. est cause de tout ce qui est chaud. la noblesse et tes autres qualités des choses. Or. comme tes êtres matériels. « 5. selon qu'ils approchent à des degrés inégaux de ce qu'il y a de plus étevé. ce qu'il y a de plus élevé. comme le dit encore Aristote. dans quelque genre que ce soit. agir de la même manière pour arriver à ce qu'il y a de mieux. le plus et le moins se disent d'objets différents. i'ûtre par excellence car le vrai absolu. contraire. /M. « <t. La cinquième preuve est empruntée au gouvernement du monde. aux autres êtres tout ce qu'ils ont de nécessaire. Ainsi que le feu.. « La nature présente du plus et du moins dans la bonté. est cause de tous les degrés de perfection que ce genre renferme. le bon.84 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Mais tes êtres dépourvus de connaissance ne tendent à une f}n qu'autant qu'ils sont dirigés par un être intelligent qui . ou du moins le plus souvent. mais d'après une intention qu'ils parviennent ainsi à leur fin. par conséquent. comme le dit Aristote ~<~A. Ainsi. de même il y a une cause de tout ce qu'il y a d'être. un objet est plus chaud à mesure qu'il s'approche davantage de la chaleur portée au degré le plus extrême. « Nous voyons que tes êtres dépourvus d'intelligence. de bonté et de perfection dans tous tes êtres. et. et c'est cette cause que nous appelons Dieu. II y a donc quelque chose qui est le vrai.La quatrième preuve est prise des divers degrés de perfection qu'on remarque dans les êtres.~). est t'être absolu. le noble. et c'est cet être que tout le monde appelle Dieu.

SjMMM T'A~&jfM. dans les aridités de la dialectique. comme nous l'avons prouvé ('). comme la flèche est dirigée par le chasseur. 11appartenait donc à sa bonté infinie de permettre que le mal existât. Saint ThfOBM. tout ce qui est fait avec intention doit être rapporté à une cause plus élevée que la raison et la volonté humaines. 85 cannait cette fin. Car la raison et la volonté humaines sont choses changeantes et faillibles. et tout ce qui est faillible et changeant doit être ramené à un premier principe immobile et nécessaire en soi. qu'il fait sortir le bien du mal même. ~a~jb'/tM~M A M))t/ . il est nécessaire qu'on rapporte à Dieu.LA THÉOLOGIE. Il <[ faut opposer au premier argument la réponse même de saint Augustin ~M<~<~< < Dieu étant souverainement bon. toutes les choses que la nature opère.<!T. Que de hautes et belles pensées dans ces quelques lignes f Que de choses en peu de mots. De même. saint Thomas admet les preuves tirées des (ouvres visibles de Dieu il ne méconnait point la portée de l'observation. » Ainsi. < H faut répondre au second argument que. et quels regards t. Donc il y a un être intelligent qui coordonne toutes les choses naturelles à leur fin. et it ne se confine nullement. il ne permettrait jamais qu'il y eût quoique chose de mauvais dans ses œuvres. afin de produire un ptus grand bien. t9<-t99. y~a. s'il n'était à tel point puissant et bon. ta nature n'agissant pour une fin déterminée que sous la direction d'un agent supérieur. de l'expérience. if«<~<. 2. comme à leur cause première. et c'est cet être qu'on appelle Dieu. Jourdain. . pas plus pour la forme que pour le fond.

Ce que j'ai dit suffira. qui. et qui parle plus au cœur qu'à l'esprit. Il y avait. qu'un certain nombre n'échappassent à la tyrannie de la mode. à saint Thomas lorsque nous examinerons l'enseignement philosophique. approfondissant. le gouvernement de la Providence avec le libre arbitre. d'aigle à cet Ange de l'École dans son essor vers les horizons innnis Je voudrais pouvoir donner une idée plus complète de sa doctrine je voudrais le montrer conciliant. L'invasion des procédés et des idées d'Aristote n'était pas tellement universelle. la répression de l'hérésie avec la tolérance des infidèles. pour légitimer et confirmer aux yeux du lecteur le jugement général que je portais tout à l'heure l'œuvre de la scolastique. porte particulièrement à la piété tendre. je l'espère. le principe de la pauvreté monastique avec celui de la propriété. fut le triomphe de la raison appliquée à la révélation. l'existence du mal avec les attributs divins. par de vrais tours de force de sagacité. en résolvant les problèmes tes plus délicats que l'esprit humain ait jamais rencontrés dans sa marche à travers les siècles. On a souvent affecté de ne voir au treizième siècle que la grande école dont nous venons de nommer les sommités on a gémi sur la disparition de cette partie de la théologie. non pas précisément une école rivale de celle qui était en faveur (ce serait trop dire peut-être). Cependant elle n'avait pas disparu autant qu'on le prétend. Mais je dois réserver une petite place pour un autre groupe de théologiens qui en occupa une assez grande dans la société. en un mot. n'avait point tellement pénétré le monde des théologiens.86 LE TREIZIÈME SIÈCLE. d'ailleurs. Nous reviendrons. mais au moins un courant qui tendait à s'écarter de la voie scolas- . et spécialement de son représentant le plus illustre. par la contemplation.

comme l'observe M. sans que nulle image sensible altère la pureté de cette notion. confine de très près à la si admirée des temps modernes.LA THÉOLOGIE. dans son De «MM'M. peut. comme l'avance Daunou. et la valeur de ses expositions théologiques ('). jusqu'à un certain point. 87 tique et à réagir contre les nouveaux systèmes en perpétuant la tradition des anciens. Dans la seconde de ses œuvres. Il n'en résulte point. l'étendue de son savoir. une sorte d'éclectisme v~ue et indécis. l'enchaînement des idées est sans doute moins serré que dans les compositions analogues dont j'ai parlé mais la forme parait moins sèche fauteur ne procède pas par syllogismes il combat souvent Aristote. par Nof) Vatab inParis. il passe en revue l'univers matériel et l'univers spirituel. à une telle époque. par ordre il d'importance. et les idées platoniciennes se mêlent chez lui. C'est une grande originalité. Son esprit primesautier. dans une proportion remarquable. < En méthode cartésienne. être classé parmi ces courageux réactionnaires. à celles du philosophe de Stagyre. A~<« <&/~<-M. la condition des êtres en général et des créatures intelligentes en particulier. t. Jourdain. . C~/MMMM~MM~M. étude qui a justement mis en lumière le mérite de son éloquence. tMa. Guillaume d'Auvergne. Dans son vaste traité où MW!'f~M. mais une doctrine éminemment pure et une métaphysique élevée. Aussi est-ce avec un véritable plaisir que les amis de la science ont récemment salué l'apparition d'une étude approfondie sur ce maître éminent. son genre éminemment personnel et original ne s'accommodaient guère des entraves de la dialectique. psychologie. par le sentiment intérieur que nous avons de nous-mêmes. il démontre la spiritualité de l'âme à la manière de Descartes.

ph)s di)))ecticien dans <«~t'/tt. ~)i{. a66 et $uiv . )x)ur d'autres )n"tifs. Mais la tttus uramte ittMstrati'tn que t'on rencontre ~rtnt tes dissidents de t'~c<')e. p. n'est plus sublime.mfs ttidcs di'.<e ta <"rt))e. évoque de Marseitte.md. est )')us spiritu'tistf au f"))d t)ttc tes disciptc-) d Afist'ttc il rcnouvcUt' la '\t'i)!c tttttc du m'tnixfdistnc et de )'idcidisn)c.W~. cachées sous des (ormes the(tto~i<tues en < travaillaat a éclairer l'esprit. ('reiudmtt ainsi aux contradictions et aux quereHes qui devaient diviser. St. plus < douce ~uc la sienne. XtX. tes thonistes et tes scotistes. n"us a his~ un traite de th~'tf~tc prfttitjue. avertit. Un autre prêtât. au dire de Gerson. t. e'< 'i<~t)tet)it))t e'' dernières. tt s'abstient tant qu'il peut de toute < curiosité et sait éviter tes doctrines séculières.tinctio))s de la s<-<')astique. ajoute <(le mente. Kt c'est peut-être ce qui t'a fait né~tiKt saint Antonin < {. Mem'it d'tiM")''). intitutce /~) ~Mwwtt 7~/whth' < /f'< eetcbfe Henri de t.'cf de'' -. ~«t.yUu~i'.tt<'t)icit't)))e' et. plus divine. < Nutte doctrine. c'<it une dct)«)))st)ratit<nde )<t vérité t:ttth"H~Mt.88 LE TREtZtKMN StÈCLE. de la t.saint Monaventure. di:uecti<tues < ou physiques.er par des scotastiques indévots ('). il s'attaque )t)et)u it saint Th«<n:t'! d'A~tti)). MA <&/t ~M«~.et une rcfMtaUt'ndes <(i(1Tc)'entes hert'i~-4. plus satm. découvriront dans ses livres la pénétration de son esprit (') C'est là la raison qui a fait décerner à fauteur du /~iM'M/«w. te plus c<t)nj)tet d~ tous tes docteurs.~ par qttcstX'ns et réponses et dans tef~et il ne tre-itcplus tr. que « ceux qui préfèrent la connaissance des choses divines aux vanités aristotéliques. il a pour but de Mre naître ta < piété dans les c<t'urs. V.tirc. dfs dfctfines j~'rijmttticiuxncs et de': <h)ctdnes c })).. au siecte suivant. de son côte. c'est .

et qu'H sus))cndait avec une pieuse curiosité te repas pour ))ermettrc a l'humble dominicain de mettre immédiatement par écrit les arguments que te commerce d'un si nobte esprit lui faisait trouver contre tes Manichéens.outs. en rectinant au besoin les opinions de sûreté d'érudition. de )\ ~i~f ~~<t<n'~J et de tant d'autres t'puscutes remptis d'onction et de sens ntystiquc.LA THÉOLOGIE. Knectivonent t'orateuravecuneetonnante ces hautes inte))it{ences étaient bien faites )X)urse compren<ait est <(cjA dre.< ses courtisans. qu'it l'admettait fréquemment à sa tabte. qui suivait avec assiduité les sermons. Saint t h"<nas et siunt ttux. ces tardes cœurs [t«ur se rapprocher. )'nn et t'autre. t. Mais. ("est pr~cisc<Mf))t dateur des Erfres pr~heors et cetui des t''rcrcs MtXMtfs et i) sc)Hb)evfahnott <tue saint D'onixi~uc et saint t''ran<. connu {wur ce qui regarde saint Thotnas chacun sait que te roi te consultait sur ses ptus délicates attires.)t'irc )c pronter est ta Jmxien' testf~od tst ). Non seulement fies sermons prêches dans la chapette royatc attestent ses rotations avec la . te t.tOnoiKnnt~cdct'admifratiot) de ceux ta métnes dont il se séparait par son ~enre et par '«'-< tendances.t aiosi tjue le /~t«/<' <)ua)ifif )c ("x charité.qui taisait ses detices de ta tecture de saint Augustin. <}t)texpttquait t'Hcnturc . )e be. pour saint Honaventure. ce the«)<'(tten c«ur<tnne.cnic <)cs deux ordres rftinicnx duot ils «nt fait )a t.tvcnturc )Jfr'Htnn)<)cnt bien.«is aient trattStnisAtcurs discip)t'srus)wctifs<(')e)qnc<:h"«'dt')<'<tr caractère }x:rsm)nc).tu )M'm<)<* HocteurSoraphiquf.cs deux t!ran<)s <)octcurs du treixietne siccte furent t'un et l'autre o) raptX)ft avec saint I. la chose a toute ta saveur de la nouveauté. a9 y'MM~ At~fth)~ </<* /rH«~'M.c<'mmt: k tterc transmet Ases enfants tes s)({t)Mdistincte de sa race.

et d'autre part. Fedeteda Fanna. .me posa un jour cette qm-stit'tt Qu'est ce que t'homme devrait préférer dit avait le chuix. racontait )c frère Hoxaventure tui fn&tnc. t'arote que le narrateur exalte A juste titre du fils de Blanche de Castille. cour mais une anecdote des plus intéressantes et dex plus éditante! découverte récemment dans un manuscrit d'hatie. que de vivre éterncHement dans ce monde et même d'y jouir de la toute-puissance royale en oftcnsant mon Créateur ('). )'o<!ensc perpétuelle de Dieu. tandis qu'it préparait les matériaux d'una édition complète et critique des œuvrea du Docteur Séraphique. On y trouve à la fois le raisonnement. par te t*. une souffrance sans fin. tels que le saint roi en avait avec tes clercs de Mn entourage. ou d'exister pour etre condatnn~ aux tounncntt ~tcrnets ? Je lui répondis Monseigneur. cette question suppose deux points d'une part. sans laquelle le juge aupr&tne n'in<!i){er. Ators ce très pieux adorateur de la Majesté divine et ce prince très chrétien ajouta. t'u de ne t«tint exister. nous détint admirablement un de ces entretiens sublimes dans leur simpticité. V. mais celui de toute la théologie du temps. qne h moft t'a malheureusement tmptcM de mener t bonne fin.M LK TREtZt&MK StÈCLfE. da Fanna sur son <Hitionde saint Bonaventure. presque t. en se tournant vers tes assistants Je m'en tiens à la décision de mon frère lionaventure.tit pas une peine eterneHc. et bien digne Arrêtons-nous sur ce trait significatif !t caractérise non seulement l'esprit d'un homme. la notice Mne puMMepar )e P. je pense qu'il vaudrait mieux choisir de ne point exister. « Le roi Louis. Comme personne ne saurait accepter de demeurer en état d'hostitité pcrp~tueHe avec Dieu. et je vous atteste que j'aimerais mille fois mieux être réduit au néant.

a scotastique n'avait donc pas teUon~nt ~trcci /<'f~-<~t~f/. qui apjtartiext tteut-~tre ~ur une ~titc (Mr< au si~cte de saint Louis. quoiqu'on ait prétendu le contraire. tes cœur! et tes diverses facultés de t'honttnc fai~icnt leur partie dans ce concert universe) en l'honneur de la Divinité. et parfois même d'expression. . contne nous le verrons plus luin je veux parhr de t'/w<7<t//c<t <A' !.q<pantex de pensée. dont t'écho harmonieux coMvn: encore le bruit de toutes te~ batailles et de toutes les vaincs disputes de l'époque. 'nais qui s'y rattache i\ coup sûr. On y respire. }*ar des si)ni)itudcs fr.LA THÉOLOGIL « le syllogisme et le feu de t'amour divin qui embrasoit ree)te~ ment les docteurs les plus froids et les ptus secs dans ))t forme. puur ainsi t)ir< le parfum de ce livre quMtcéteKte.

t. de leur but nna). On pourrait dire. Toutefois la scotasti'jne apportait avec e))eun}{ertne morbide qui. A j)))))os«))hic<)"it ftrc consittt'rcc ctonme la pri))<t)c r. produire les premiers plants du scepticisme ou du matérialisme moderne. par cxceOcncc.)isc. en se développant peu a peu.nrc tout Ic chinnp ouvert aux mvestt~at'ons de l'esprit humain. (le leur cnseinncment.cur séparation comptete~tait b avec ta fui. tes tnmx's it<)cptcs. dans tes terrains moins bons. ))nnueno*d«n<ta<nt<'<t'~r)ttet«:))btt de oe* ductrtnM. étaient traitccs dans Ics mûmes tivfcs et suivant tes n~tncstncthtxtt's. celui de leur union inthnc. cht<<Système tutwt par )< tM"<! phXotOpht ttft) M th~orte <K<c)o)t. Kttc ne faisait même qu'un avec la théoto~'c t'u"c et l'autre avaient tes mêmes maitrcs. qui. que la scolastiquc a . plus terre à terre. c'est-à-dire dans les intelligences moins étevces. parcf <tuc le {{cnic chrétien avait découvert et démontre l'unité rie leur source.e <)cta sco)asti<jueétait.ttni<!cati('x <tc cet «rbre puisant. <<ut)!< le ))''<n t)c science tt~otc~iquc. fruit naturel et inévitable de la philosophie païenne qui avait engendré cette méthode nouvelle. L'~cunontte politique *t t* moM)* exe<np)<m d)wer<. couvra<t de son ombre tutét.cbattttMquatiKm~ t-A pmt. devait. en r~scrvtc aux t~'m~it«u la fais<Mt uvait r<Mnpm attendant que la soeict~ civitc ron)j)c avec )'H{. t « pht)<Moph)ed< )M)nt Thomas tMOtn~nft c<'tta tt'Artttott. en résumé.osopmtc.L'A(. t-tdtxteottqu". ) SOMMA!Kt –UntfnOrottedeta tthUM~ph)eetde(<ttt)<o)o<tt".

« JI est constant. aboutissant a t'ecote du dix-huitième siècle. Mais. suivant lui. tai~ M deux deaeendtncca une docendtnee te). « dit-it. Car. mat~r~ plus vite à rcrrcur ou t'~troite union de la théologie et de la phit«s<tphie. en effet.LA PHILOSOPHIE. sa vraie définition. i) nie positivement (ju'ctte lui soit contraire et ou'ette puisse arriver en réalité à des résultats oppf~cs. pour domaine les vérités oue la lumière naturelle peut découvrir elle est t'ouvre de la raiso)) apptioucc la recherche de la vérité. « puisque tous tes enseignements de la foi sont confirmés « avec la plus entière évidence par le témoignage de Dieu . < 'est dans le domaine plus pruproneot r~serv~ Ala phito-io où )'ftut"rit~ de phie que le mal commence à se dectarer )a revétation ne s'intpose pas en souveraine. si elle est distinguée par saint Thomas de la tMott~e.s abstraites. tes pruMOnesteitptus ardus (f </«~«< /<~AM~«n arrive bien la confusion. qui est la lignée des rattonatistes. et une descendance illégitime. tout en ne la taissant pas subsister dans ses écrits. ou't) n'est pas « possible d'en supposer la tausset~. t) n'<~t pas non plus « permis de regarder comme <aux ce <)uela foi nous enseigne. Kt c'est lai. au tond.oui est la tignee de saint ThonMMet de ses successeurs maintenant l'accord de la raii~onet de la foi.!time et correcte. il y a toujouM une distinctiun A faire entre leurs ressorts respectifs et cette distinction. que tes notions premières (lue la raison naturelle « porte en ette-m~mc sont tcttement certaines. saint Thomas tui-m~nc t'établit theoriouement. nés le premier moment. Irrégulière. ces deux race!) Cttexittent tnait la seconde est éclipsée par la première et ne prendra te dessus que plus tart!. La philosophie. ott les esprits ténteraires an'tent en liberté les id~ les ph.

avant de montrer comment la philosophie. ment ce que dit un discipte moderne de saint Thomas. elle est étroitement unie avec elle dans la pratique. ainsi que ce<~résuttc de leur de<. < tui même. ainsi comprise. Jemdtio. au moins théoriquement. Nous le savons déjà. nout vient de Dieu. quetques-uns < supposent qu'ene est contraire a ta raison mais. était étudiée.n<t<on. qui a trouvé pour le résumer cette belle parole: « Comme la raison est un don de Dieu aussi bien que la foi.ce que Dieu ne peut < p. t~eibn!tx. parce que toutes deux partent de la même source et vont au même but Tette est la magnifique conception dont il fallait placer l'expression en tête de cette étude. Voita donc t'idée du treizième siècle sur ta philosophie d'une part la philosophie existe. cela ne peut pas être ('). comme on vient de voir. il est une branche de cette science qui accaparait à elle seule presque toute la place des autres c'est <. puisque Dieu est < fauteur de nutrc nature. ("c~t exacte. tt n'y a donc pas d'objections insolubles contre la foi. contiuue-t-il.M LIC TRtHZttMt S!&CLB. conclut le même philosophe celles qu'on élève sont des raisont spécieuses et sophistiquet. c < il ne se peut pas que tes vérité de la foi soient contraire:) < aux premiers principe-) connus par la raison naturelle.ts (~ire. t'~rce que la to! surtM-ise la raison. !~t < connais-iance des principe!) que nous po'M~()on'' natureHe< )nent. Or. ~Lo*HAM~~< <& M«~ Mex~t . si nuut avion!) de~t notions < contradictoire') qui nous vinssent de Dieu. comme il n'y a que <e taux qui < !x<<t ontraire au vrai. que t'en a toujours moyen de détruire. leur combat ferait combattre Dieu contre Dieu. en dehors de la théologie d'autre part. e))e-) enn<eche< raient notre esprit de connaitre)a\ërite.Contequemment.

Aristote avait disparu de l'enseignement. le grand encyclopédiste. t.id est /~M~M- . ration exagérée pour le chef de t'ecute péripatéticienne. tcls que les premières parties de son <~<w«w et son /M/~fiM</<(W <f bientôt sa lhysique et sa ~/<M/< traduites 7'o~~w. qui tes avaient farcies des subtilités de l'esprit orientât. a dressé la liste des ouvrages d'Aristote répandus de son temps. C'est dans la secontte moitié du d«u<!i~mesi&c)e qu'on voit renaltre cette faveur. surtout depuis les !tavantc:t rc<herchesdc M Jourdain pcfc. et plus spécialement )ad<atetthMM'. et elles !tefirent simultanément sur le texte Rrec et sur d'anciennes versions arabes ou syriaqucs. et sa /~f<~«< remplaça dans tes écotes mêmes cette que t'en attribuait à saint Augustin. avec les autres philosophes païens. avec le venin caché qu'elles renfermaient. Liber Ct/<y<~M/wM. On Mcher chait par tadcduction te~éritesnaturette-commeonetabtisMit par elle aussi certaines vérités retigifuses. il allait prendre une éclatante revanche.avec une sorte d'emutation A taqueuc ne furent pas étrangers tes <rcouents rapports de l'Occident et de l'Orient occasionnes par les croisades. et cette liste contient à peu près tous ceux qui nous sont parvenus De <t~/f/<~r<t.c'e')t-A-din')'<trt de nuitonner ou de discuter à t'aide du xyttc~mnc. Kt cette préclominancecxctusive venait de l'engouement gênera) dont les livres d'Aristote étaient l'objet. sous les attaques des premiers t'eres de t'Égtise.LA PHtLOSOFH~ M la logique.'pru<htion est aujourd'hui fixée. infidèlement par les Arabes. cette admi. Vincent de Beauvais.à t'cRatrtttc t'on~ncet de t'~ des premières traductions de ce phitt'sophe enes virent )e jour sueceMivement à partir de l'an t ttto jusqu'à la fin du treixicmc siècle. se répandirent partout. On n'avait conservé de lui que quelques fragments.

Monet icéron et S~në<tue.nemen de la jeunesse. Déjà du tonps de Guillaume de Matmesbur) on ne faisait que parler avec emphase de sa /~M~'<~<«' « fW~Mt' J<A~<~< <~t/< ~<ffM /)M/<'<«tW ~M<~t~'M<.F chacun. /.ttc X<. et tes nutrcs o'etxicnt t'as tout & ffut it. J<'MJ« Jf«J«~. avait été jeté par Aristote dans tous tes écarts du rationalisme . /)<* ~A~<<~«M<.Mttix Vincrnt tic Mcau\ais.la «'rMW. au cfmtMirc. /«'r«w te /)<'~rA' < w«~</«t la e /'<'<W~< h /W</<~<)'<<'w/~«< Ct's <tcus<<fmK'r'< rt"<sontcit<~ jtitkut* {Mf ){\ A'A<~«t'. ce phitusophe éclipse tous les autres et il en es ainsi n"n seulement chex tes savants. duire.Me)i que ces auteuf n'aient pas besoin d'être traduits. !. «ww~t.Y)/<'A<r<li tnanttuu scutoxcot la ~/<~«M/~«t. /). au milieu <tutrei itiOne siede.t)t: Sttcratc. se glorifiait d'adorer Il traces du Maitre « C~w~ /M/<<M ~Mf<' ~'< enthousiasme ne tarda pas à pr< Cet aveugle ~/<'r«tK/M~. dès le ncuvit'tne siècle. d'Amaury de Chartres n'ouvrirent pas plus tes yeux que celles de leur précurseur S<'«t Krigenc. ~<' W<<' < t'M. lui est famUier.de funestes fesuttati! mais tes erreurs et tes condamnations de Bérenger.. M~ M«~/<t <~~<'WtM~< M~<< A'MfW< <<<. qui. / /w r«t«'M<f~ «'««~f. LK TKEtZt&MR S<&CLtE. AV~f~<<w /~jM<M.ane littértire.)t"phon.d'Abaitard. 4'fjff<'<tw<A< y<~f<'n<w.' )'~v/«/j. il n'a qu'une notion vagut et de 'wc<tm!cmain ~atenM'nt.<-(n<'tne<*rt«Utne fonnatt. comme nous l'avons déjà observe. malgré t'itnmcnsit~ de s<)) e hat. Ainsi dune.n<'r''s. ne son) reprcscnte's <)ansces citations <juc d'une(a~<n très inc<Mnp)&te Mais Aristutc ))r<"K)<tcntier.98 Wf~W~.<~T /< /M~f«M.)nais dans )'ensei(. ~tM/t~WMW.dc t'tntM~ue. ajoutait Jean de Satisbury. /~<*<M««tt. de Ph~tun e que le y/w<'<' t quchjucs fra~tncots transmis ()af tes )'t'rcs.

La secte d'Amaury de Chartres était armée d'un seul b<Mtd. ar J'cxpHcathMt<)e p a ta philosophie matcriatiste ou panthéiste sa ~y<M//«'. ou du genre et de t'espèce. offre un exemple frappant des chimères trompeuses qui entrainaient les disciples trop fervents du père de la logique. avait pour complice le faux mysticisme.LA PHILOSOPHIE. 97 moderne. La <ausse scotastitjue. ou tes opinions étaient plus libres. qui au sens divin de:: textes sacres substituait des interprétations humaines. quelques-uns du moins tombaient dans le doute. qui est Uieu chacun devait retourner un jour dans cet être des êtres. tu oses placer cette vérité Le Verbe s'est fait chair. votite. plus ou moins fantaisistes. et il tallut it'ittg~nier à trouver dtM argUtncnfji pour demuntrer tes dogmes eux-mêmes. s'écriait Hauthier de Saint-Victor. sous la t. plus ou moins puériles. qui remplit le siècle précèdent. < 0 écolâtre. etc. On continua de négliger t'Écriture Sainte. Si ta plupart desc<M)tem''<'raittsdexain< rhumas n'cn venaient puintenc«re i Ounchir c is. elle attribuait l'origine du monde à la matière première.arde de tes ineptes syHo~istnes. Ce ne sont donc pas seulement des formes et des <brmu)es qu'on empruntait à ~W~ote ses doctrines s'infiltraient . On reeonnait ta tous les abus que nous avons rencontrés dans l'errclretheologique. A plus forte raison se prodnisaient-its dans t'ordrc philosophique. et dans le dedate duquel je ntc garderai de faire pénétrer Ic lecteur. it n'y avait qu'un pas. dans la subtilité. Le fameux débat du nnminatisme et du réalisme. engendrée par la subordination de la fui à ta raison. dans la t. et tu cr"is pouvoir définir un sacrement par k's r~tes d'Aristcte t Ue là à discuter le dogme et à te combattre par de vaines apparences de raisonnement.

< La logique. t. ht. et c'est pour cela que nous trouvons au treizième siècle. à se déner de l'enseignement des engage. à e&té de l'éloge démesuré de la philosophie péripatéticienne.. mais par les philosophes mêmes. ne doit être qu'un instrument pour la déteuse de la foi. « Kst-ce qu'il ne marche pas dans la voie de la vanité et des ténèbres intellectuelles. le laboureur qui travaille sans cesse à aiguiser le soc de sa charrue sans jamais labourer la terre ? L'art de la dialectique doit venir aviver l'intelligence. et jusque dans la chaire de saint Pierre. avec sa méthode syttogistique. celui qui jour et nuit s'exerce aux tortures de la dialectique ? Est-ce qu'il n'est pas insensé. Là était le danger t' Églisele sentit bien. plusieurs protestations nouvelles. BiM. tS97* . continue Robert de Sorbon. Le-. mais pour la préparer à de Le cardinal Jacques de Vitry plus grandes choses ('). répète Humbert de Romans. d'Hugues de Saint-Victor. ht. mais contre l'enseignement de la dialectique elle-même. m<. de son c&té. non seulement contre renseignement de ses idées. attaquée non seulement par tes hérétiques. de <aint Bernard.t750t ms. cris d'atarme de Jean de Salisbury. Bât. dont nous avons recueilli t. et de passer sa vie à affiler le glaive du raisonnement sans en faire bon usage. C'est <biie que d'en faire un but. dans les concites. plusieurs condamnations. et sans qu'on s'en aperçût. graduellement. de saint Ansetme se répercutent alors dans les écrits de certains docteurs. B)~ nat. à coté de nombreux commentaires des livres de son chef. Robert de Sotbon. et Aristote que le monde est étemel (')? Et cet observateur si judicieux. qui leur servait de véhicule. écoles anciennes Platon n'affirme-t-il pas que tes planètes sont des divinités.98 LE TREIZIÈME SIÈCLE.

qui se poursuit sous une forme et avec une ardeur nouvcttes Qu'on ne m'objecte pas saint ) Thomas et la saine philosophie de son écote car nous verrons tout à l'heure que ce n'est pas Aristote qui a conquis saint Thomas c'est saint Thomas qui a subjugué Aristote c'est son génie colossal qui est parvenu à faire une œuvre chrétienne avec la dépouitte de ce païen. Ne nous étonnons pas de voir le pape Grégoire IX tonner contre les envahissements de la philosophie profane. atteste avoir vu des chrétiens dont l'esprit était tellement in<eeté par la lccture de ces auteurs. à coté de la grande voix de l'autorité ecclésiastique qui condamne tous ces abus de la raison et du raisonnement. de voir le concile de Paris. de ta lumière et des ténèbres. écoutons la petite voix de t'apotogue et de la satire. qui se mêle à elle pour nous faire entendre à sa façon que le siècle de saint Louis n'est pas tout entier prosterné aux pieds du Stagyriste. après cela. et. Ne nous étonnons pas. de toute cette lutte car. de jËsus-CHKtST et de son perpétuel antagoniste. c'est la grande lutte du spiritualisme et du matérialisme. et ce coté-tà. lorsqu'il fait rétablir par saint Louis l'Université de Paris désur~anisée. par un privilège ordinairement réservé au Dieu qui l'inspirait. On le vénère jusqu'à t'excès dans tes écotes mais tout excès a son côté ridicule. à tirer le bien du mal. qulls ne pouvaient plus rien croire en dehors de ce qui leur était démontré par des preuves naturelles. Cette parole nous <ait toucher du doigt le péri). proscrire une partie des traductions d'Aristote.LA PHILOSOPHIE. Et maintenant. en t20~. tes clercs malins n'ont pas de peine à le mettre en pleine . 99 maintes fois tes curieuses dépositions. Ne nous étonnons pas de toutes ces résistances. en vérité.

l'inanité de la diatectique on dirait qu'en montrant son fondateur asservi au caprice d'une femme. cette d'être menés tyranniquement par leurs passions et par l'instinct de ta matière. j'ai vécu troublé j'en sors complètement ignorant (') Le ma!tre ce monde sans rien savoir. la même intention. dans les récits populaires la plume. C'est celle qui peint Aristote monté comme une bête de somme par la femme d'Alexandre. ces artistes. la parole. c'est le sensualisme qui conduit par la bride le rationalisme. tt y a une anecdote qui circule partout. qu'il rongeait de ses dents comme un homme anamé mange du pain. un résumé de toute sa doctrine. le ciseau même la reproduisent à l'envi.tOO LE TREÏZÏÈME SIÈCLE. Et l'esprit du Seigneur m'instruisit en me disant Reconnais dans la pierre que tu vois les questions inutiles et curieuses dont ces gens faméliques </«*<<< M/tNtM<Kfa~«t<Me<<M. Cette femme fantastique. d'oh sortaient deux têtes de serpents. ils prédisent à tous ses sectateurs la destinée qui tes attend. à cheval sur le père des péripatétieiens.~M<«<At«M. quelle des maîtres s'en allant de leçon Puis c'est Robert d'Uzès. et tenant en main une très longue et très dure pierre. qui raconte avoir vu un personnage mystérieux < portant sur ses épaules une provision de bon pain et de vin excellent. qui supptié par ses disciples de leur donner un suprême enseignement. mais sans pouvoir entamer cette pierre.sinon plus piquante. dans la chaire. ces orateurs. veulent prêcher partout le néant de la philosophie purement humaine. D'autres légendes dénotent d'une façon plus claire cncore.Mr«<~<t~<M<<~t<tn< s . tcur débite cet aphorisme t Dans cette vie misérable je suis entré anxieux.<r<m. un religieux simple et savant. C'est Aristote mourant. On dirait que ces écrivains. en multipliant cette allégorie. dans les livres. lumière.

des parce que. des majeures. Et je dis Que signifient donc ces deux têtes ? L'une. <W!'M <T<M !'<WM ~M~M <WM t'«M«~M<' Ad /%W«W/<y« ~MfW<M /MM //W< f~)'.MM'<M /<W<f.LA PHILOSOPHIE. etc. Ce n'est point le lieu de revenir sur la fameuse t.p. . parce que leur influence était moins profonde. je laisse les vanités aux vains. contre l'usage immodéré et irréfléchi des autres auteurs païens. tût travaillent à se repaître.et toutes ces allusions satiriques semblent avoir inspiré la verve du Dante. des mineures et des conséquences qui s'échangeaient comme une grêle de projectiles creux entre les écoliers et tes maitres. je laisse croasser Ics corbeaux. sorti des enfers pour lui montrer son genre de supplice (un manteau de sophismes qui l'écrase et le brûle). maitre Serlon. mais avec moins d'énergie. ~o. «Je laisse coasser les grenouilles. dans les combats journaliers de la dialectique ? La caricature est vraiment réussie. terrifié par l'apparition d'un de ses anciens élèves. se retire à Clairvaux en s'écriant ~MWM. se nomme Vaine Gloire l'autre Ruine de la religion. lorsqu'un peu plus tard il rangeait le diable lui-même parmi les disciples enragés d'Aristote « Tu n'as donc point pensé. du reste. pour m'attacher à cette de la logique éternette qui ne craint pas le terrible < mort (')! N'entendons-nous pas dansées deux vers comme le cliquetis des pourquoi. répondit-il. sur ce* faits la CAi)<M/m<f««f oa eM~* 9° <<L. qui. que moi aussi je suis un de ces logiciens 1 Ttt M<W~<W. V. Ou bien encore c'est un docte professeur de l'université de Paris. négligeant ce qui nourrit tes âmes. lui fait-il dire.M'/ Les mêmes réclamations se produisaient. ~6.

A cet âg viril de l'humanité. on attachait plus de prix à la pensé même qu'à l'expression de la pensée on avait besoin de bon raisonneurs plutôt que de bons parleurs. les grands philosophes chrétiens de t'époque ont fait mieux que de le condamner. Arnout d'Humbti&res. .t02 LE TREIZÏÈME SÏÉCLE. tes rhéteurs prennent toujours le dessus et sont plus goûtés. question des classiques. ette avait accaparé la faveur universelle et rejet quelque peu dans l'ombre l'art de la rhétorique. !t nous reste à étudier cette nouvelle péripétie de ta grande lutte. comme je le disais.~<M la ~!<M<. & XX. mieux que de ridiculiser ses excès its t'ont converti à leur usage. d& l'origine. et non des ergoteurs subtils c'est pourquoi. disait au sujet de la littérature antique « Kst-it permis d'associer a l'étude des sciences divines cette de ces monuments païens ? Oui. La dialectique sagement employée faisait des penseur solides. Mais nous pouvons répéter à propos d'Aristote ce qu'un évoque de t'aris. et. en enet. bien qu'ette ait une grande anatt'gie avec celle qui nous occupe. comme si tes nations affaiblies conservaient la délicatesse de l'oreille plus longtemps que la t. la. ce n'est plus là qu'une science impie et corruptrice ('). tandis qu'A l'heure de la décadence des sociétés. qui tolérait t'aristot~tisme. mais qui voulait te réglementer. agitée alors comme aujourd'hui. ils t'ont asservi au lieu de se laisser asservir par lui. v. Mais. t4. quand cette érudition accessoire est employée &<aire détester tes fausses doctrines et a tes réfuter ptus solidement. ~<«. et à contempler le triomphe de la vraie phitnso phie scolastique. si on ne fait que se détecter dans tes fables des puâtes et dans les mondains ornements de leur style.j~Tette était bien la pensée de t'Égtise.

AM ch. étaient complètement sacrifiées i la dialectique. promulgué par celui qui a le soin de la communauté. la morale et l'économie politique. J'ai d6j:~examiné ailleurs cette intéressante question (') mais elle a sa place trop marquée pour que je craigne de me répéter. tM profondeur du jugement. nous y trouvons beaucoup de choses en peu de mots. Aprfs avoir vu l'auteur placer te dogme de l'existence de Dieu en tête de sa théologie. qu'elles n'étaient cultivées nulle part. demandons-lui ses oj)in)ons sur te'. <~<'C~f <7<~«W fOM/~MM/At/M A<A'/ une disposition ou un règlement de ~~WM~M~t.t. suivant saint Thomas ? « (~MM!w< w/~WM«~<A<M/M ~M<M fOWWMW. Le principe fondamental des sociétés. . que je suis obligé de choisir encore ici comme le type le plus accompli de la saine philosophie et de la réaction contre le naturalisme a ta mnde tnterro~eons-te. te <~«wMw<AM~t'At~<~«<' <4fM/cA'. sur lequel sont inscrits des traités comme le n:w<M<' </<' /w«~«M. ~/</ ZWM. ~WM~W~W~W~/JM~f/J~M. etc. !t (aut. voyons ce qu'il place en tête de sa théorie sociale. cette foi! en laissant de côté l'idée rcH~ieusc. Si nous pesons cette définition. Htte renferme t. pour avancer une pareille assertion. plus hautes (juesth'ns de la politique et de la morale sociate. en c~t. c'est la loi et qu'estce que la loi. comme si elles aimaient à berct'r leur lassitude par l'harmonieux discours n'impo'Htnt aucun enbrt A l'intelligence.LA PHtLOSOPHtt:. On a dit que ces deux branches de la philosophie. Hornons-nous aux points principaux. Quel penseur. C'est raison en vue du bien générât. n'avoir point ouvert la J?<'ww<n'avoir pas même parcouru le catalogue des couvres du Docteur Antique. et quel raisonneur que ce prince de la théologie.

dit encore M.<')tt m rcuan) ttc cette t)c())Uti<'x a fait ccote aux te)TU)s <n"t)erue!<. dont on a dit tant de mal. . il réserve les droits éternels de la conscience foulés aux pieds par cette doctrine avilissante. <.JuurtMn. c'est de tuute évidence elle nous a menés. T'ttmtfM. tes substitutions de testament deviendraient-its donc te~ithnes La définition de Rousseau mené i\ l'anarchie uu au despotisme. rêvant de s«n autorite propre tous tes devoirs de la vie civile.cncra)e. s'écriait ce républicain. t'c~rcssitu) ceUc de t<~7/~ ~< )')a'. qui voudrait faire dire à un homme raisonnabte y~ </«M. te bri~anda~e. «Mci\ik'. < t'~t d'abord. la voità qui sauvegarde la dignité humaine. et qui nétrit d'avance les platitudes de nos régimes modernes. nous en particulier. C'est la proclamation du funeste principe de la tyrannie de la foute. Quette portée. suivant (te la juritprmtcxcc nonaiue. la loi doit tendre au bien de la communauté. eo un ntnt. quelle profondeur dans une seute parole 1 En second lieu.Que dit Rousseau. La lui divine n'est pas fom~e sur le t~crct arbitraire de Dieu la toi humaine. de cette théorie monstrueuse contre taquctte s'etevait déjà Ciceron < Kh 1 quoi. t'aduttere. ussitôt que des mittiers d'hommes lui a ont crié Je Mwr ('). Cette philosophie scolastique.a ici. Mais saint Thomas met t'intctti~ence au-dessus du nombre. t~ti l'auteur du <L<<<</. Jourdain. au suffrage universel et à toutes ses conséquences.<it 'ii)np)fHMt<t )'e!<pressi«u de !a vxt'tnte ~. ))c tire pat sa furce t'hti~atuirc ttcs ca~ricc-i 'tu tenistatcur. ou p~titi~uc. tout un sy-itcmf tic gouvernement. est la raiso.n~M/~ t~ t«i.) écrite.KM LRTREÏZtÈMEStÈCLE. suivant )Mi. si tes suffrages du pcuptc en avaient ainsi décide. /-<t~/M«~t<f<fM<«< . ta t"i ett ici un r~gtemeMt confonde à ta rai~n Hune tu toi nY)nane pas de la seule vutonté.

saint Thomas a d~vetMpt'e toutes ses idées sur le pouvoir et tes a enchaînées dans un ordre rigoureux. <)<: )a d supr~tnatic ~nti<ica)c. Dans son traité sur ta direction des princes ~7~' ~y/w/w /tw<«/~<w~.rét.-t.ttfchtt'ft tt !« <M<MMtT. n est d<mcvrat <tue n<tustrouvons dans cette seute proposition tout un p)an de nouvernonent. avec toute la méthode d'un scolastique. <05 s) <t</A'<ww«ww~< t\Uc nf df'it )X)int r~ir la vie pWt<*< ce n'ext dans k's rapports de !'indivtdu avec iies semMahtcs.<ft<? (tx' !:t (wo)' rf < [ci: dtviiuuns et rcpr'ttuit t'itnanc <)t)~"uvcfXfXtutt [tft-Vt'nt t~e t'univcr. .i par un scu) Uicu M)us i) est j~ur ta twxixrchie tctnp~r~c.a lui toit être la raison et avoir en vue t'utitite publique voita [tour ta morate s<tciate. objet de son tWMfox d~ctar~c << d'un c&t~.'ti< p. !. Kn dehors de ces conditions reunies. et eue doit encore moins avir pour but ht sittisfaction ou t'Mti)it~du ~giittntcuf. (tar te frci)) n"rtnat <)c t'autorit~ s~iritucOc.LA PHILOSOPHIE. Htte <)oit émaner de t'autorite iupreme.<~<'<'~M/ <«~<w<<'wwMM<7<</M N«t<t))s 'jn'it t'.t dit <<~ '<et twn 'A t'~t cHe!. de ('autre. veut un prince contenu. eUe ne peut s'ap~ter que la votonte 'tu plus <ort (').et associant. tt'Utt {tarticutiff «M<t'm)t{~"Mt~'te )mrtfcutterx. ~/t/. et n<tn tMur cc))e qui ~ut mcocr a la tyr. ses sujets !t )'a<))nini. On peut voir )~ ::«tn))icn t. '-«!))! i ht<t)):ts accnntC sit < <tut< ''c") tt }'tcf!:fc ht )))t'))t<r pr<f~r<'ncc au ){"M~ eh<cA t'ot<t. ette «'est pas la oi.stration de t'Ktat. représentée par un chef unique voita pour ta politique. et. <:nt«t)r<! 'un cousci) de )na({istMtt <!tus. K))<in<:)(cest <ft<tc cetMi'('<!« ff!') ')f ht t'oxttnu)Mf At~. da)M une juste mesure. ~oupdatn. d'âpres )a <iennit)on que nuus venont de voir.t))t)if. tt tui réserve cependant la e<'n(e<:ti«nou ta ummut~ation des tnis. )Mt)t~.

« //f~ //Mjf<nw<~<~ <~ ~<<7'<<<w<<~MM j<'«/ < ~<' ~~«tf. <~«'<. les /<<~OMM~ ~ r<'M<)<MW< « ~/M~'< ~('~ ntre ~<W~son ~'<!MW<* ~<' /'<W est /a«r <V le corps. ~1 ~Mf~M <A'~K~ fM/M <t~)/<~«'<H/ ? Et.~a~</«~'«~ 7'A<«tt. f~ ~'f~ /ft '~<)M<~t'.t~< < /<* < M~<'M<. <<' /~<<M le HMM<A. f~ soit ~w/<~A.t /~M~f.t~<t//<W fAtMJf/'<f<~ <A'.//f'~ /<<' <A/<wj(/<'<\f</M'</<~<rf'<'<t ~v«f<M<< < /.W <W~f~<f ~M/ ~)/~<'M/ < ~M. ~Mf <'t</t<W< < <~r'~ Wt~'A' tOM~M!'f'~Mt'W«/ JM~/<«!'t'/W<*W<'«/ </<M </r'<7 wyj«< ~<j ses ~/MY </<r~< ses ~M/t/!ft w~ < ~< « «M~fM et à la vertu (').t~/tt<~<<~A'<'«n'« ~«WA' « ~« n'< Mf </<~ /~<M A~<A~At ~<'W/'<f <A' sa ~<'MW < <«/W/W. cet oracte de t âge prétendu despotique.f''«Jt/<'~t'M!V< <'Wt'Mt M /'<y'M/<<W WftM </<'W<W<~A'M f/<'/<< wM/</<' << M<<*/!t<77<w< ltt /f~<<M«t< lit woM<«'. < ~«<MftM«'.!<<'M ~<M/«<' les < /~<t~~<~<Tf'/< /)/< ~M /<t ~?W~t.~<'Mt~rMt'wf~f / «M~tM/. Jum't.« tr<<t tt'w«<«t t< ~<tK~'< il t'a <<. ce soi-disant apôtre du droit divin revient sur sa théorie pour affirmer encore plus son sage libéralisme. et n~tnc nécpM~ cc«e tn~th"de était pa~<«is«vaxt~uif. t (M*«tp un e!<po~t!on cleuchatte* nau* uCfire ~m<né tunique d<: tuute tu pnHU~ue t'aut<*Mf de < At'j A<w<w~t /f««~ ~M<'wM' <'«/ At'<« <«w <A~ ~<'«f /<'< ~<'«t'<'< w<.t~MMi* .f /<<Mt~«f/f <A' <«'<<M/<t~ </f' <«««</<' ~M~ </<<' /<*/<M A<<M~ f< A~<~«<~f.tM HETREtZt~MRSt~CLK. 7<7/< .[ /<'<«M~<'4 A<'MM<'«< Jt. < <<W//<. t.'Mt.tf'M~ ~«A<'M<'t. < Si /< . t. dans la ~ewwf.( tf<«' «tv< ~. f/ W<'W<* /<* < (<~<M<<~ les K'<t ~M< /« «A/MMWM~ ~~fM~ . M<</<~M <<' MttM<Y At/<<«'~ <«.

LA PHXLOSOPHtE.

ter

< Deux choses }."n< néccits~ires pour ft'nder un entre durable dans et<tt*.t~ prentieM est t'admi~jun de tous A une part du gouvernement ({entrât, afin que tous se tr<'uv<'n< intéressés au maintien de ht paix publique devenue Icur ouvrage. t.a seconde e~t (c choix d'une ("nne )M)itit(ue uu tt's pouvuitrssoit'nt heureusement c<t)nbit)~!< t.tt l'lus hfu rcusc comb)nft)son des ~u\«irs serait celle <tui phtcer.ttt A ht téte de la cite «u de la natinn un prince vertueux, <jt)irxugtrait )tu dc'i'mu!< lui un certtdu n"n<hte de grands charucs de df }{<tuwrt«'r'.<)<M< r~tcit de ('équité, et qui. tes )'ren<tnt t<'t eux tnftnes dans toutes les ctasses. tes i;out<)t:ttHnt \ t"us )ts i de la multitude, associerait ainsi lit s<t<;iete ntière e !iuf)rat;C!t au iftin du gouvernement. Un état ras'ionbter.ut clans sa bienfaisante or~anisution la royauté, représentée par un chef unique, t'arittocratie, caractérisée par ta pluralité des magistrats choisis parmi tes meitteurs citoyens, et la démocratie ou la puissance populaire, manifestée par t'étectit)n des magistrats qui se ferait ftanstes ran{;s du peuple et par sa voix (' ) b Mais cette constitution tibératc. cette participation de la nation aux aOfaircsde t'Ktat, convient-ettc a tous les peuples, et doit-on t'imposer à tous ? Non certes ta toi de ta morate et de la justice suprêmes reprend ici toute sa supériorité. < Si un peuple est parfaitement tranquitte, qu'il soit sérieux et tout dévoué au bien public, on a raison de lui permettre d'étiré tui-méme tes magistrats qui teittent a l'administration de l'État. Mais. si ce même peuple se déprave insensi blement, que son suffrage devienne vénat et qu'il confie le pouvoir à des chefs perdus de moeurs et de crimes, il est t. & Thom-u. )*))', <)<tMnnM. /t«< ~omeM. ~«a~ 'v. art. ,)radueti'M) /~w~~ 1, p.~8< Jourdain, /.«/A<t~ /d/A<7m~A~f~<~Mf,

LE TRMZ~MR StKCLE.
juste que le (xwvt'if de dit)x<ser des dignité" lui soit <*ntcv~ et qu'un lc fMMctteà qufhtMes h'~nme'i de bien ('). t Voilà cf qu'ajoute nutfe dateur )m'c saint Augutttn. Ht il n'fn t<:ttd ouUoneot par ta justifier ce <(ur; tK'Uttap()c)<'nt tex ctut~t d'~ft. car il ne ~arte que de<i tf<ms<ttrmm!oMs~a)e* i t it fuit s<.ut<'mentd~ttcndrc tu )ibt'rt6 éthique d'utte natiox du degré de -m m<'ra)it< et c'est là encure une doctrine )tro ft'odc, dunt «M )t n'ct'mMt, a wtff ~)MX)Ut* )n~<nc,toMte la justc-tse. Hnpprochnns. a\n )< -tv.ntt qut: Hout ~'««t pr!s ~uf ces ~Midetur ce terrain, nt)')Mr<tcht<)M idc<< htrgt'it et ituMifncs des MituMxetncnts <~)ete tn&mesujet intpifttt au plus Illustre )t())itici<:ndu dix-sM~tt~me ai&ctc. Que <Mus sommet loin de iitunt humas, quand nttUttisuxsccs maximes de Bnstuct, ~<~ </<' /T<furmutccs en toutes lettres dans sa /W<~M<* /Mtv .S«<M~. < t.tut"r!tc fuyatc est abattue. !< faut obéir aux princes comme a )a justice même, sat):) quoi il n'y a I dans kx af<aif<:t. ls MM< </MMet </<'< t«)i))t d'<'r<tfcni de <tt< en quetquc fae<'n& t'indc)tcndancc divine. tt n'y participcnt a que Dieu qui puisse juger de leurs jugements et de leurs personnes. le prince peut se rettresser tui-m&me quatxt il cannait qu'il a mal fait mais contre son autorité il n'y a de remède que dans son autorité. Au prince seul appartient le soin général du )teup)e a tui les ouvrages publics, a lui tes décrets et tes ordonnances, a lui tes marques de distinction nulle puissance que dépendante de la sienne nulle assemMec que par son autorité (a). Nous reconnaissons à ces accents convaincus le temps ou la majesté du grand roi domine t. S.ThotnM. ttM.
a. BoMM<t. /'</< <An7.. Ht. tV. M. t.

LA PHÏLOSOPHtt.

toe

tout. Mais que t'en compare <*M !c-<deux dwtritw, et M'! di~e quette est ta plus faRc, ta mieux fondée, ta mieux qu'en justinec, (te cette du scotastique t'u de cette du ({attican, de cette du moyen ~~e ou de cette t)e'< stec)cs tnmternes, <)c cette <tueo))'icittef<)c;Htintt~uft «M<te cette ()M predtoKeurtte t~tuit 1V 1.'un ici t'atttfett'nt t'ex;)n!'<io)) clr Irur trrnps, rt 1ami~ X)V t.'un rt ('nutra wrttt l'rxpn.iun (te teurtonps, et nout re<fottv<'nsici )'nt;e ttc t'Écoteex }Mfntit acc'tnt jtvet te sttMvcrti)) qui tnettait t<esdevoir-. aMdessus de ses droits, te bien du pcupteau dessus de t'interet des tMr<ict))iMfs,t)uctt)tte ~uis<HU)t'' <)u'its fussent, ta justice su~rOoe au dessus de ta lui ~articutiere. et qui. en restant un roi dans toute la force du tenne. avait l'air de n'être que le tterc et t'e~at de ses sujets. Tout se tient a cette cpnquc ta phitosophic duonc ta main a ta royauté, jtarce que toutes deux s'inspirent de la même ~nsco, qui ext ta t~ensee ehretienue et cathotiqne. Un jour viendra uu tes philosophes (eront ta nuerre au jtrincijte du {)«uv<'irroya), et ce jour-tA, ne t'outttions pas, sera lc tendetnain du jour ou les adulateurs du trône auront ))r<M:).on~ t'omnijxttencc absolue des rois. Uetoandons encore a saint Thomas sa manière de voir sur un des ))oints tes ptus inq'ortants <te )a constitution des sociétés. Que pense de la propriété ce pauvre v<')ontairc,do)tt l'ordre a précisément pour base te renoncement a toute propriété ? Je prends cette question parce qu'elle ~rmet de répondre certains détracteurs des ordres mendiants, dont nous entendons renouveler de temps en temps tes accusations calomnieuses. Lorsqu'on s'eteve contre les théories des c<Mnmunistes au sujet de la propriété, ou ptutot de la suppression de ta propriété, tcnrt partisans repondent quelquefois Ht les moines, n'étaicnt-its pas, eux aussi, des communistes ? 1

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TR)M ZttME

StRCLR.

~h Mot non; !ts ne tenvenwfnt tntn<p pichet! eux )e principe de tit propriété. Mit cotttttive. !<oitindividueUe. L'anwur de ta pauvreté volontaire, cette Mte subHme, cette funne adtMifitbtc parfititf de ftonnur de Dieu et de t'amfW du pr<tch(tin,(«tmait ~'utso' uu tteu ttup h'!x quet~uetenth'tttpwchllin, IMIU\'altIllIu!!scrun IICUtml' luin quclilues tmthllutisstes. Mais saint Th"m)ts )e )cuf dpchre <'xprc'n«'))t il c'<t ttcrfnis aux feti~ieux d')n«ir et de conscfver CMcumstt«s d«Mtf, dt's tichfsst" <na! fc t)M'it toMt <nut), H«« )Mts. faut )MUfvivre itsdt'ivcot suivft: <:t)ceta t'cxetnptcde JtSUSC))tU'<T ctdc'.csdisci~k's.~ui se fcscrv)dcntqnc)t)m:-< Ms. iit'it )t<tMr ~ourir tes )~u\r~s, s"it ~tur subvenir à s sourcft, tour ))ropfc ttuurfiturc.< Ceux qui pratiquent le dé[XM)!Hetncnt de t<(Ute!tchoses )Mt~tint de ne p.ts conserve)' tnOne un dcoier, ttjoute-t-i), cettx-).\ se pré~rcnt de rapides decepti"t)s. et ih ne p~rvienocnt pas souvent A mener teur entreprise a bonne nn (').~ Cette opinion, je te sais. occasionnade tondues discussions entre tes ordres de Saint-Dominique et de Saint-François cependant ta sagesse du t'erc commun des <<de)M finit par traucher le débat en faveur du premier, et par sanctionner la modération de d<tctrinc de son illustre maitre Modération qui n'est pas seutcment de la prudence, mais qui devient véritaMcmcnt touchante, quand on songe que celui qui la professait en paroles t'uuMiait dans la pratitlue, au point de manquer de parchemin pour achever ses immortels écrits 1 A plus Corte raison, saint Thomas soutient-it te principe et les avantages de la propriété chez les sécutiers.contrairement aux vains raisonnements de Platon en faveur de la communauté des biens. !t distingue la possession de t'usage, et il
<.JetU<ttin,<«t

LA PHILOSOPHIE.

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veut que. pour t'usage, chacun considère ses biens comme (a chose de tous, surtout comme cette des pauvres c'est la théorie évangétique. Mais, sur le droit de propriété en lui. même, )t est formel < La propriété. dit.i), est nécessaire la vie humaine pour trois moti<s. t" On apporte plus de soin à cultiver ses propres biens que ceux qui appartiennent a tout ou à plusieurs car, dans ce dernier cas, la pare'tte naturelle de t'homme le pt'utse & t-e dechar(;er sur autrui du Min de la propriété commune, a" La société est mieux ordonnée, i) y règne moins de confusion, quand chacun veille aux intérêts propres de sa famitte et de sa maison, l.a que si tous s'occupent de tout indistinctement. 3** )Ktix est aussi plus facilement conservée, chaque citoyen étant satisfait de ce qu'il a, Mansqu'on puisse appréhender ces amers débats qui sont t'e<tet ordinaire des possessions indivises ('). Ce ne sont pas là, sans doute, toutes tes considérations qu'on peut i nvoquer pour défendre la propriété mais celles-ci suffisent armement. Ainsi, loin de favoriser le prétendu communisme des monastères, le prince de la scotastique détruit a t'avance tes rtvcs des communistes modernes et quand ces utopistes viendront encore nous parier de leurs confrères tes moines, nous pourrons les renvoyer à cet oracle du monde monacal qui était, e;i effet, comme ses pareils, te frère de tous lcs hommes et se faisait tout à tous, mais de la manière enseignée par jËSUS-CnmsT, et non pas selon t'évangite de Proudhon. N'est-ce pas assez pour démontrer que saint Thomas a transformé Aristote, et que ce génie chrétien ne s'est point laissé asservir par ce génie paten ? t.a sève des idées t. /<«t

ua

LE TREIZIÈME

StÈCLE.

chrétiennes ne circule-t-elle pas généreusement dans tous tes passa~et que je viens de citer ou d'analyser ? Kt quel philo. scphe antique eût pu tenir un tangage aussi étevé, aussi plein de t'amour de Uicu et de l'amour de l'humanité, ces deux ~ftmds sentiments inconnus au paganisme ? Sans doute, saint Tht'ma'' est un perip:tteticien sans doute, il a beaucoup appris a )'<'c<tted'Ari'-tntc, et il lui a surtout emprunta sa metht«(e Mais. tors même qu'il se sert de lui et tlu'il repro'tuit ses pt-nsees. i) tcur c<')n)nun!(tue je ne sa!s quelle vie prnpre. je ne sids t)uet parfu<n jrw<~'NfM~, t)ui en fait des pensées nouveUes, plus sutides et p)us fécondes. Cela ne ronpeche point, d'aiueur'i, de se séparer de lui assex souvent, ni de le combattre a t'oecasion. < S'H adopte sa démonstration de t'cxistcnccde Dieu, dirai-je avec rerudit i qui a le mieux approtondi sa d<M:trinc,l rejette ou, du moins, il rectine son opinion sur tes attributs divins. S'il emprunte sa définition de t'Ame, il dégage, il affirmc, il démontre, avec une précision qui n'est pas dans Aristote, et qui bannit toute équivoque, la spiritualité, la personnalité et l'immortalité du sujet pensant. S'il se prononce comme lui sur l'origine des sociétés et sur tes diH'érenl'~s forme!! de gouvernement, ne sent-on pas dans tes conseils qu'il donne aux princes une sève religieuse et tibétate qui n'a pas sa source dans t'aristotélismc? Ainsi, à c&téde la solution péripatéticienne, te saint docteur met en général un correctif ou une explication qui la complète, l'amende et la renouvelle. !t corrige, il épure la sagesse des Gentils il la restaura, dans le sens ou le christianisme a rcst&uré la nature humaine ('). » Un mot mesufHra pour résumer t'idcc que je viens d'émettre
t. }oat<!ain, < t<<

LA PHILOSOPHIE.

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sur ta philosophie de saint Thomas c'est un discipte d'Aristote qui M mis aux pieds du Christ la science de son maitre son muvre monumentale rappene ces basitiques des temps primitifs, construites en partie avec les marbres des temples patens, mais auxquelles le génie chrétien a sent donné leur grand styte et leur forme imposante. S'it était juste de réserver a cet illustre penseur une ptace prédominante, it nefaut croire cependant qu'it représente a lui seul toute la phitosuphie de son siècle. t.es Atbert le Grand, les Guillaume d'Auvergne, les Henri de Gand, tes Kuj~er Hacon. tous ces grands esprits, que j'ai déjà considérés comme théologiens, ont été en même temps de remarquables philosophes et combien de noms ptus obscurs ne pourrait-on pas ajouter a ces noms bien connus La place me manquerait pour entrer dans l'analyse ou même dans la simple énumération de leurs traités. Mais je dois au moins signaler un sjtécimen du tan~a~e et de h, })ensée d'un de ces maitres oubliés, afin de bien établir qu'ils n'ont pas tous mérité t'oubli, et que ta dialectique n'absorbait pas, autant qu'on l'a dit, les autres branches de ta philosophie. !t s'agit d'un dominicain qui a été le confesseur de i'hitippc le Hardi et qui a eu son heure, son siècle de célébrité il s'appelait le frère I~aurent et son livre, intitulé la .S<w/w<' A'AW ou (~««~t~M <y«~ ta .Sowwf des vices et eles M'~r, offre cette sin~utarité plutôt qu'il est écnt en français, contrairement à tous les usages. L'auteur a le premier renoncé à ta tangue des clercs et des savants pour écrire un traité de cette nature. !t est doublement intéressant d'entendre notre idiome vulgaire balbutier, pour ainsi dire, le langage phitosnphique, et de voir à quel point ce premier essai rappelle, par moments, l'allure et le

c'est-a-dirc la Hberte. mort « sunt au péchié et mort au monde. Et cil est a droit < ap))c)c7. Or. tu commences à « morir et tout ton aaige. styte des maîtres antiques. apran à morir Hément. et le second à la < franchise i~. moins cognois.vivre franchement. ne morir n'ose. si sauras vivre. nos enseigne H petits Catonnez (Caton) < Aprenons. et tout ton temps qui passez est.114 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Car toute la vie d'un homme.chaiti-i (méchant). et ne sevent monr. Mes < riens ne lor valoit car il n'avoient pas grace ni la foi Jhesucrist. et tant < desirroient immortalité. ou en joie perdurauble< ment. que il s'occioient de lor gré. Tu dis que tu as XLans la morx « lez a. s'il vivait mil anx. qui à morir apris n'aura. et )i clervoiant n'i voient goute jour « et nuit font une chose. Voici deux courts passa~e~ dont le premier est relatif à la mort.Ceste vie tout auximent n'est forz un trespas moult « bries. Car morx est un « trespas. Por ce est ti < sens dou monde folie. ou en torment. Car. qui touz « jors dure senr. ne gemas (jamais) nuns ne t'en rendra. qui <[ touz les sainz corone et met en gloire. à morir deportons resperit du cors < sovant. La morz est es . qui ceste <[ vie tant haioient et le monde tant mésprisoient. qui ne set vivre. ce ne « seroit pas un sol momenz au regart de l'autre vie. fin. « sent. La morz n'est « fors dessevremenz (séparation) de cors et d'ame et ce seit < chascuns. Sur Atwf~. quant tu commences à vivre. « Apran à morir. Car c'est damoisele porte-joie que la morz. Mais ti sainz homme. ta « morz t'a conquis et te tient. Touz jours vivent. Tu dois « savoir que ceste vie n'est <orxque morz. et quant plus la font. et desirrent la morz < corporel. fait~it. qui Dieu aiment. Car nuns <(bien vivre ne seura. Si < tu vue7. Ce firent plusor de ces granz philosophes.

La seconde franchise est celc que ont li « prodomme en cest siègle. Par quoi il « puet eslire et faire franchement que nuns ne )i empuet « tort faire. que Dex a franchi per grace ou < per vertu dou servage ou deable et de pechié. se tu v uezsavoir qu'est fran< chise à droit. que il atendent et desirrent la morz com fait les « bons ovriers son paiement.et gaienniëres (colporteur) la mai« son. Car. » « Après. qui ne sunt « ser (serfs) à or ne à argent. et ti pélerins « son païs. que la morz puet totir. Car nuns ne pèche en ce que eschi<:ver ne puet. per delà ne voient goûte. ne mechéance ne povreté. lis « prodommes fins de toux maux. l'autre de grace. « se Il n'a grace et vertus. « et sunt ja en paradis par desirrier.LA PHILOSOPHIE. Mais ti saige de ccst siegtf. Ne tuit M deable d'enfer ne pouroient un home <fforcier de faire pechié senz son acort. il n'i « auroit point de pechié. que ja ont . ne à lor charoignes. Mes encore toute ceste franchise n'est « fors servaiges. « et ne dotent ne roy ne conte. au regart de la tierce franchise. « ne honte ne morz. Mes ont les cuers si < eslevez en Dieu. nuns n'a franchise /«/htwf~<'f~ f7~<'fA~. Morf < est per deçà vie est per delà. se !i homs « façoit le mal dou tout maugré suen (contre son gré). ne as biens « de fortune. tu doiz entendre que ti homs ha )U menieres « de franchises H une de esliture. « et por ce les apele l'Escripture faux et avuegles. « qui deçà le ruisset voient si clair. qui départ morz et vie. Et cil sunt perfeitement franc home. com on puet estre en cest siègle car il ne ne doutent riens fors Deu. Et tête franchise vient « de grâce et de vertu. et cil qui sunt en torment de mer bon port. Donc. Et ont si le cuer dessevré de l'amour « dou monde. l'autre « de gloire. que il ne prisent tout le monde un boton. La premère est volenté <ranche.

si l'on refuse de s'écrier avec Leibnitx. t\n résumé. et avec Deu sont en < sa gloire. Qu'y avons-nous gagné? Le vague des idées. un juge as'. en eHet. (') t Nous sommes bien loin. ~M/. de la fM<f~. elle a été beaucoup trop loin en condamnant d'une façon absolue la méthode démonstrative. du moins. Cil sunt veraiment seint. qui a débarrassé le christianisme de toutes tes rêveries panthéistes. BiU.. <tcil qui sunt dou cnr:. V. il faut. dont certains fragments jMurraient être utilement confrontés avec ces deux passages. il me semble. C'est eue. à l'exception des séminaires peut-être. de la sécheresse du syllogisme et de la subtilité des attégories. que la forme scotastique ou sy))o){istique est une des plus belles inventions de l'esprit humain.manichécnnes ou gnostiques qui entravaient sa marche triomphante à travers les siècles. qui avait rendu de si éclatants services. detivré dou tout. 4"~ M'tt. proclamer que son principe était éminemment propre à développer la force et la pénétration de l'intelligence. nM. Nos établissements d'instruction publique.ne LE TREtZUSME SIÈCLE. français 7~9. ici. c'est le génie de saint Thomas qui ont parfait cette œuvre colossale. de Séneque et de Montaigne. La réaction cartésienne du dix-septième siècle a eu sa raison d'être elle est venue à son heure mais. ont complètement perdu la tradition de cette méthode. ms. XtX. le désordre des discours. la faiblesse des convictions qui caractérisent notre époque ne viennent-ils pas en grande partie de là? Notre foi est molle t. nous sommes bien près. et c'est te règne de saint Louis. /< quinte am après la c<N))p<Mition du . si t'en reconnatt (et nous l'avons largement reconnu) que cette forme a été employée jusqu'à t'abus. comme l'a dit Jourdain. Hn revanche.e<' compétent cependant. écrit en tt~.

et <cttnt. gatéei! par t'agréabte musique des rhéteurs. et que nos oreilles. et nous pourrons alors jeter le manteau dor~ de l'éloquence sur ce corps solide.LA PHILOSOPHIE- n? parce qu'eue n'est plus une foi raisonna?. se s(tnt déshabituées du mate langage de la pure tugique. Lt XHt" tBctt Mtt. t . sans crainte de te voir s'écrouler sous le poids comme un mannequin vide. Apprenons & déduire et à enchainer nos raisonnements avec la rigueur d'un dialecticien.

)c <n«ycn A{{c fai-'ait venir celle <)c ):t r))et«)i<t()f.t-i) passade'te n'apprendrca bic)) parte) qu'après avoir appris a bien raisonner.t'et «r<)fc<*st)'i')vcrsf<tc cchti'jui est suivi dans <MM etauttsscments d tustructtuu seconuatre mats n'est-il pas ptusrationnt. Rh~t"<' ['Kjf\S)'t'h)<k'')c)a))hi)"s«phi<tw<)ft. Quelle ptace occupe ta rhétorique dans celui du treizième s!ecte ? K«us attuns te voir. La de BoxH~'a"")' )L. dans son Discours sur l'état des lettres.tOt)<tt))«:e))f)C<'<'e.'tPN'e-.et qu'on te cherche en vain dans le tableau des cours publics ouverts au milieu . qui. Le< Jut~cuntuH<m i fhtttptta r~tex (tf t)t)ttute~und'«yoCHt.)<)):(tcctiquc. au lieu de suivre la voie logique.€<MpttM «t~U~rnt. déclare que « le nom même de la rhétorique disparaît alors de t'cnseit. la charrue avant les bœufs. Nos programme:) scat:nfet suivent l'ornièrc de la routine. LA RHÉTORIQUE. en tête des volumes de t'o/ /A'~M~t' de A</wf<' consacrés à cette période. PMmter~ Sun titMet~fa ~<n<m) < bxm')m citeretco et tiMMtt~ de )'<!t"q'<"nct' pu)tti<tue. et de ue revêtir )<t pcnsuc t)fs ornetnents du style qu'âpres avoir <)<)))t~ cette pcos~c )c corps sotidc dont nous vcttoos <)c a parlcr? tJc)a sonbtc évident et pourtant tes dispensateurs de t'enscit.ne)nent continuent à mettre. 1 SOMMAtRE. Rang ")M)8"~ la 'Ktiooco (to lit th~tortqun thuit Je tt trxptttuah'. Uevons-nous nous arréter à l'étonnante assertion de Daunou. )ts <er)))t))< thvtm' «u )'Mft de prier t~)"M. cumnte un dit vut~airement.nement.

of) fart ')rat")rc xc ~«ff pas.s de toute science et de toute titterature ils combattaient. Il est vrai qu'c!h: fit th) )n.t <)i.t rctt(tt) !m'Ht{)<!) it))t~m' m) (~toth'ttt sK'hmc de fat) t2. et Dieu sait ti'ifs parvinrent a la Mre .u)cct'))t:ort')'i)t)!th't)n-<)cla . tadialectique eMe-mcme. Uaitteurs.in'tc (tr~cc'tcnt jxtur tn!ct)x ttcpttxcf sun ttt'.c /«w et )c </<Wt/w/~w n't't'tit nt i! d«nc phts ht )<a'iM u)tivcr-'et)e des etodc' dans )fs m'tcs h-s )t)us )(tt)Ut'nt< c«tn)nc ditos tf< phts obscure ? <))t )f<tft'i< itft' )~ trt'is vn)c't <)cte ~/t'w )t'~(a)cot.tt)stt's ctas-ffs itpr~s ta scicocc <(u<.u~cr j'. t. tt'ft jt~s t'c-i'.<))tt')t'r<~))t'«t) t.tirc. t.thk'ttx'ttt t'cc)atjut<!j)arc<:scc<')us si n:)fbrfs. car on ne retrouve tes notns ni de )eurs chefs ni de tours ecotes. la ~ratnxMirc.ctt'c-it j'n'b. <Mt)"nccccotntnc un d.tt) <)cSidishur) cette secte t)hi)(tsophi())tesuj)t)rit)):ut la )hct<'ri<)U<'ct)))«)'.tit-t'ttc .tisu))))Ctt)fttt.d mais ce )na! se pr«duisit au <)nM:!ieme siccte. tous tes arts tib<'raux.t ~f.. ces sin~utiers phiiosophcs étaient egatctnext )cs ennoni.c.'t "f< )c t"ttt existe? !) <n.u tic scf.t)tt:ti~ucet )a rht'tt'ritjoc ? Si fttit tutcot) t'hitt)~o)tt:ttt oc s'est jnr<'<)))it :)<')t«())c))c<<)«ntt'c'<'<'rt<<"rit'))~.ttntn. et not! pas au trei/iOnc.<r t'~r~untfntatio)) syt)(~:istiqut! tenait tit u dt' t'mtt' ~t<t)u<-m<' ? Ott'<t-<'t< A dirf ? t.LA KHÈTOR!QUE tt9 <<K eco)t"i tc'. en <nen)e temps que la rhétorique.t')tc< j'tus ia ~f.thscoh'.tttttttftttc et )t's :trtf y n~orcnt < '«oxm'ttt t. M.<)t'))t))tH)s)):<)'tf t)au')"t).t) Jc.t )).t' <)'t)c t't)~'it. p)tw e<?tebre-idu ''M'ctu.t. <jni t'aur.th't' <).tis t.tisst'otcnt '))'t)s cchti <)(t'i) crititjuc. pui'Mptc Jcao <)cSatisbury appartient a ta prcmicrc <tc ces <)ct)x périodes. et pcut-ctrc faut-i) <:ruirc<)uc)'it)nm't)ccdcst'«)))iKcfcnsa ct~ <)m')<jue eu cxa~rcc par leur savant adversaire. p pour tes besoins de sa cause.st'ctc c<') ntftcicnnc.(t.cttit partout )c ~<t~t<)<"< s'tpittstm" dc-i <t)~t)tit's andc.des paradoxes.

1)'autres enfin donnaient sun nom à r~toquenc<: eM~-n~tnc ils t'appclaient 7M//M (Cic~ro)) x'ctt jamais apjtcM que Tuitius aM moyen a~e). t~cs )trittci)titHx ~f~dicatuutit du temps de saixt !.«uit.cs Stt~'fitc. t't'ur~ttui dt'of auraient i)t tnienx t<!M'i \'tt i\t (le l'art dç la t'<m'!<:? Htt t:c parce ~u'i)< <:«tn(MMie))t)et <'r:Ht. t\H))!<nd. et qu'il le fait façonner par les s<.~m' )'<'<) c<M)si<)cr. n'))c de Cic~rnn ~titit te ptus c~nu et le c'était t«Mplus étudia de tous hct tMtt~s et dtttts Ciccr<M). ctttcaucoxt'd'aotrcs. <)tt Mais t~))revanche. de )'«Mtcttr.toonc. di~ntfttitfc.n «tititrfst~s ~hts ~tHi)tM)tt< A'At/t'~wt<)')ri'it«tc ~mit {)cutctfc tnoios c<m<)nf))t~")ttc )'< fttttrcs <'MVf)<t.ptarts libéraux. le trait de saint J~rôtnc tt-mu par un ange jtour avoir trop aimé Cicéron. pitf t<~ t.tf~jnttfs (cffttce :m phitust'jtht: "tt !tM)totiti<)uc. que t'E~tise était obligée de leur rap{n:tt:f. ). et torsque. des faits )t~ci'< qoi vont «uns d'hn~ntrer <)t)c )'<')'n)t)t't)cc ttitit t'))sfit{«cc. il décrit te char att~~rique sur tequc! doit monter la sagesse pour s'élever jusqu'à Dieu. le rhetcut. Imr ht txtuchc <tucardinal de Vitry. Quelques uns toussaient <ne(ne si loin tour prédilection pour ce tnaitre.K)ic<tc ( osida. H}<rcs V"ici. dans son /t~67fM~<tWM.u'i ))<traitaient tmf'i d'ix à ?)))< )t"i~n:tcs et t<:<h!t«triM)tt: et <:f)n «'~ tmixt onj~cM ces dcHs ctMsscs t)c )ittt:rtttcMr'ide se rcfftttcf ~t ttc ttuthttcr eus.td{s. Kticonc de tttturbon. invoquaient t'amittcmcHt itMt)t)~<:cpt<:s.tit («))ttttcttsc)))ct)t t'abb~dest)un<:s. il prête à la rhétorique une part brillante dans cette ingénieuse cottabo- .i)t"tt ~mti'tuee. -. (!ui))iuunc t'crraud.tao LR TREtZtKMK StKCLK.ut.t(rs r<tt«"it: de Mtttitaot? M. pour mieux tnar<tucr qu'ils )a regardaient c<Mn<nM fille. sa célèbre Alain de LiHe était de ceux-là. MM fcstf.<[ //A' ~w/<M/ WfU/wMjf tfM</< <~«/<.

j)our traiter de la ~w<«<. Sytn.rao<)-< eMfye)o)<c))istt's<)u trc~i~nc si<'c)f ))'ani«t'))t pi« nutroncot. et ht seconde r. dans ta jK''dano~ie c<')n)ne dans tes ctasses. pour commencer.S/«w/«''< </<« /<f/t' accordent à t'act ufatuife t~ <n6)nt!('<. les accessoires.tisoxm' suf des h~Mthescs. ~t'A't~ <tu )naitre ctassique. !MUtt'ur<)c)'/w<<<' w«w/tt'h)i th' . qu'e))e est enseignée suivant les rentes anciennes. cette passion ne va pas jusqu'à <airc perdre de vue t'utiiite du . Sidotoc AttotHnairc.tutai' )« -iciettec du diit)~!tnt'<trtnnc< tincx et cette de t'~rateur ne sont que deux a)'p)ic!tti«))s di<K)rcntc~<<u ra)!~nnen)c))t.la M~"t<nntre )on" d'argent et ttc pierrerie'' )f thnon cbaucht!' )tar t'mx c)tc i) t:ache souxte'' (!cttrs )'c'i)t'n cofwH't~ (tcrt'ittttrc )%t tt'on'nt' «vt-t. t'osons donc en fait.c'est toujours )c pro~r.«n'<b-'traitt'. t'ic~r" cttXMnc'ws prcntifrs jtfrcs.«<' tx )tt~nt<* <'( Sc)t<t)Vioecot de «c.re t'cngoucment des esprits pour la diatectique. c'cst-A-difc qu'cttc considère tes circonstances. c'Mst-A.dirc t}tt't'))<'t'tt~isa~c tes questions d'une fa<.i) )nunt de la science j)o)iti<)ue.<")t. !. f<t d'orner et d<*faite vatoir )<*sra fUf couvrf vaux de st". !trunett<' t. et il y ajoute beaucoup d'idées et d'observations personnettes.onmM de Martianus CapcHaqut subsiste et qui s'itnjKtsc.)tt"t upjxtscnt t'unect t'aut~' s la proni~re f. tes formes.et il lui donne te premier ran~ dans la partie de son ouvrage consacrée au }{<'u\erne)nent de tacite. QuoXitift). )nais lement du /M!'<M/MM~ de plusieurs tivres anato~ues de t'antiquitc.t)u'<.non seu. c'est toujours )c ca<)rc(tu M'f'/MW. t!se sert. tnattuf.tisottnc sur des thèses.et que.LA RHÈTOtttQUK ta< i rxtit'n !Httaeh< dit i). que la rhetoti<)ue est appréciée.atini. iitfur.ma!{. fauteur du y~< va p)us fait <)c t'~oquencete (ondcioin:a)'e!<cmpicdeCiccron. Kn sotntnc.

t'n<('M't<:tnfnt ht nMsecond mn~. ht je si){tUttttis pr<!<~rmcc dottn~t: .< chose. t~tu c«mtH~ K'c. Quelques théoriciens enseignent bien l'art <te diviser et d'amptiner )c discours c'cst ce tjue (ont tes ituteurs de plusieurs traites (Udacti~ucs du treixieme siècle. toutes ses br. tt)im' tt~nitunc.utcht's ne snnt pas ~t. t\n t~ mettant «u de t\:xpt\'ssi<tu soit t. ~'autres appliquent au discours le système de l'alchimie: ils endecomt~osent tous tes membres.~r)'"<'eMpaU<'n la forme absente. Mais tt'nt. xiwu )mrcc < tt's tt'ndttttMs df kurs eontonjx'ritins )cnr tont ttrct:is~H)fnt xotti) t~'soitt d<' cc mj't Mtx prinCttK"< ? Toutt'Ms. a t'exempte de Pythagore. et «'aUnns }M<str<'ire<)Ut. Mne certaine '~v~jrttc dt. ( 't<t ).t (u) (Ht'.))"ustn'M\t.tirtst~'t:u))~n's~()f!t txtuwctssof t'.m <)<t sur t.()M teste.~i~~rf dt')nit)i~n<<tn m~yen j~c. N'y~t'y~ns pnsaMtrc de !. pfinci~s t < f ocstott ~!M )t'~~<t<'< df'nnpnt )n )t)f t)M! nnMs (ttTu '~htt t<"nn\nt')re. te car<Hnat Hertrand de ta Tour. ci)c n'~ntj~chff~ Mtonn~ )K<i)tt t')tninsst'r)Mu)))). c'est ta science des n~ures et des comparaisons. !f~ ~'nsccs.)~< et d'utt~r )c'U~"u)s. comme Raymond Lutt. et ce <)uc continue. au (tuator-'ictne.tt'ns. Cette qui domine. Mais la .taa LETREMtEMKStECLE. bcM) (anni~f S~ dt)Mte. et' sm)t snn' <tKUt)cnt <'r<'t<'i)w. si It d~t"ri<)tn' f:dt ttitrtic d<:s~tudcsdcs sitv.\ tt~urf t)w<tfs tt)i))c «' ft~t'n-<<('<'X)'m))<f -))U)Wt si ~Tot'ond t-t si univcrsc). cultivées.~ui définit la rhétorique l'alchimie des mots~<tA~<WM t't'~o<'«M< en ajoutant que ceux qui vcutcnt apptcndte a parler duivent commencer par se taire.r~)t* Mn jf~ itustorc ctotvicnt parh thttirc -'i~tt~ <-t.trt c < ~7.tnts et des écoliers. ~"<t'<'dnK<'RMcs )ram<Mnt simptement sa t'~t ~wrqu<'i s'cnnfccnt-its dt: l'y rntm'ner.h'T!M)ue nuut nt'~s en <~t M)'cn'ns des scfOM~f)'' ~ti<Mt)M.

t') dus r!<)t)t'. t~titt).tx'la )'rf</<Wf~7/«M«'.tt rtwtfurs. )mn'. t</<wM'w<7/ tnicrc <(Aorncntcos consiste a accroistre ce <j))'o)t{toroit dire et) tfois ou quatre mots par autres parotes ptus tondues et plus avenantes. )\t)t'n<'t. .n'<)t'f!n« \aj~ ')t)'t ))t t)))())ic<h< m) ccrtiu)) omubrf d'c«tfc t-ux <nai:.t)U t. <~tWW~.t)Ct ")~je ttc ~'nur <)t's )t)tt~t)rics.fittnonfnt n'ffnnf <tiu)'.s<-r jt)-~(U'<tM Je <)isct) ))ri))ci))t'.tMcs.<'nn)is Aum:v~ritaMc rct.). ditus tsidorc de Scvitte.atixi. !) est vrai <)Ht'!cs ))!U(\r<'s(('fsprit unt toujours cil o)!<j"nte. d'accorder une grande i)n)'or tunee a t'Mnptui r:))s")tt)'tb)uet r. consacre u') !'w~ chapitre a ce <ju'i) aj~x-Hc tes asscx )K'))rcux). tt)<)cs '.y~MB~~). m. Kaison cotntnent (par exempte) JHsus-CHK!ST naquit de ta vir~exe Marie.t:~)~ )tft'))\e.fdc)arhct«ri<)(tC~)M(t Sont f~WA'/<W. dxtts thotat. <)oc. f)) principe. Ces notions sont élémentaires si !'on t. part.ti'. <W/MM('M. et tcur usa~ccst !. Ot) y idoutc des st~tptOncxts consid~f.(). dat)s t'en'.tuit) <)'tt\"ir . C'est ce qu'on appette ta paraphrase.t« pratique ~t ce n'est que justice. 'tu tn"i))s.)ct)M))ta<i('t) scenurs uti!t: jxmr tes inM~toations jn'u fcc<mdes. «runettu tiv.par <jt)i<'ntctttr<'j)risd(i)t:ur <'scmj))c. qui dient ce tnesme. tistf <)ct tr<)jK's ite trouvait d~jà dans t'fiseicn.<t))nt*' t~nres <)t'rh'.x'n)t) )< tr.ttivait )Mtr(('istr<')' s<:)rvitM)u')tt. ptus approfondittjttt' )f rc-itc. Hrunett*' t. /<'M~7<. t't <ju'<'t) saurait btatncr ccu~ )tc venir <<)aide.(')iti""s <)t's t. /'«M/M~< //<<M. tj. th.'k'ot <tt' k"i fitirc iuttuntir A )')")f's ~t 'tf tf' («tut. )nais )icn )t's ~'nant t'<<t)t' axtft's.(jui <t<')t!)rc s<'))Vt'))< <)~tt'n')r<')'i(ht)s )t"it)t tr'))) tes <tmTcs <)estWt<t'))rs')otVjMxjoc. Le parteour qui veut ce aorner dira ensi Le t~eneois !ix Uieu pristchar en la ~torieuse vierge Marie (')~. t23 <r"p")"ttie tst ioOttiowttt ph's ffthtrth<'t'.<'t ces conteurs <w</<<r.LA RHÈTORïQUK. < Voici cotntncnt il ct)sci}.

<a4 t.R TRMZtÈME SÏ&CHE. !. et tt~twtvcrt récemment dans un tnanuscrit d'Oxford p!tr un ancien )!:){:e de t't~cotc <)csChttrtfs. etc. à une dot ou bien à une parure si t'on s'exprime devant des jeunes Mes. )md:)<-«essont n~cciMxtrex pour les apprentis. t. !)e là tes deux <aees du monde ou de chacun des objets renfermés dans le monde.'auteur d<<:tneunenouvette tiste.nre par exct'))o)c< ne jtme encore t(t)'un r~ie f<T)~. à un fief si l'on s'adresse à des serviteurs ou à des vassaux. un ctoitre le fait penser à t'&me etnprts<tnn<!e dans te corps.t~<~<v. eXc «nupc toote lit place dans un curieux traité <)t: («)i))at<me d'Auvergne. )a (<t. inédit jusqu'à ce jftur. L'âme humaine . !. veut. Tout l'ouvrage route sur cette mine universette et inépuisabted'attegones. Chaque mot lui en fournit plusieurs ta récompense céleste doit être assimitée à la solde si t'on s'adresse à des militaires. c~mtne la représentation d'un objet immatériel une parcctte d'or lui rappelle t'innocenee. c'<t nbjft ~pttitton (la ptut )tMi-'tantc 'tes <tnurf) <<<: rhefri~Hc. M. )~ ntct~phun. etc. plus tongue que toutes tes précédentes. eha<tuc objet matériel tu! apparait comme le symbole. de comparaisons et de figures. qui scmMc être une tcuvrc <tc jeunesse du savant WMM~ A <tuc)teidée retond ce pr~t. comme di'mit Na}x')6nn).c'est )a tteMdpt~'n <<6tatt)é<! u)) phf /'<t</<w~w< «M redttubtetneot. le Aw~w. No~! Vatois. Mtu'.M)tt)ue te chrétien lit dans le livre de la nature. pour tc~ <~< t~ jiecpnde des «~A~~de notre auteur. c'c~t )'ap<Mtr«< la ~w<'<t. à un ti\re si t'on parle devant l'Université.a ~w<wr. Ici. est !ntitu)e /<M~Mt titre ? Le voici. à une prébende si l'auditoire se compose de ctercs. ttt à )tfu pr{"t ta mtme chose que la première c'tMt une manière cie tourner sa pensée. Ce traité.

si on le compare en parerJf:st's-CU)«ST a même temps à la «cur ou à la pierre. qui devaient rendre et qui ont rendu de grands services aux orateurs. par une association d'idées vertu o'~st~t'' moins expticabte. Nous trouvons des manuels analogues pour tes <t<w~f. nat. un monattcre. ou tes récits a introduire dans le discours. il est &craindre que tes auditeurs ne s'écrient t<ar dérision tt fait un veau d'un tronc d'arbre ("). encore une (bis. Mais il faut se rap))e)er <}<)€ toutex ces M}{ure«. <)ans un discours. dcro{. < it faut se (. <~M<7/dMM~ /î~H~ /~f~. t25 devient succt~tivonent une K<n<~f. c'est tour tour ta nevre. et nous ne devons pas oublier. Guittaume d'Auver(. Il y a n~cci.ht. '6530.arder de mctanger ensembtc tes métaphores et d'en changer tout A coup sumt.!a surdit' ta tepre. te pnhe. . Ccntme )e pre-ferit fauteur axt'nytne d'un autre traité du <nû)ne ~enre ( </<A</<</«'w ~<w<«w~. Nos meilleurs poètes ne sont-ils pas t.a n~t'ins ttc trente quntre t'bjctt ou ~tr~s représentée par materiett ('). ta dissonance.Vaïoia.er A cette régie il ne se borne pas a dresser un répertoire d'a)tet. de conun pasteur. d'aitteurs. Tout cela sent bien la routine mais cette routine n'est rien auprès de cette dont te siecte suivant verra s'établir te rej~ne.ne n'entend pas. tf~M~w. (k'~h'nt être etnptoyees séparément. V. et nous aurons l'occasion d'y revenir. puts.LA RHÉTORIQUE.bien qu'ensei~neex )M«tt)tt)tn~)wnt. le but tout social de ces compilations. 926 t/< etMihf. a. leur destination. teur utitite.saircmcot ta bien <<etsubtitit~s et unt'ntassetncnt bigarre ()e métaphores.un temple. p.ms.. t hydropisif.ab). car. comme d'autres indiquent te moyen de tes amener à propos.ories. la <ortune ft t'af<isan. ta puanteur. mais il explique tes fois de leur formation.

XX) . nu diet!annaire de~ oMit!~ de rptourit. et même des États provinciaux dans le midi ? Peut-on ouMier. ~r tWMncntt.)c. p~r des cnnsfiHfrs. il s'écrie propos de ces assemblées <( On entendit donc ennn des laïques 6)0Eh quoi n'y avait-it pas sous saint Louis. p. eo)t))ne les fameuses harangues de Tite-Live ou de Mexcray. avant de descendre t't'xiunen de ses difïerents ~cnre'<. car i)'i sunt !t)«rs ~'u nt))n)))cu\. eu <'?'<.s par des princes. quents (') ne pas remonter plus haut. Mius. //«/. On doit donc regarder comme une natvete la pompeuse déclaration faite par Victor Le Cterc dans )'t/f/<<' ~tM~' </<-A< /w/«'.. rimes? 1 Voi~ccqu'it importait de (tire sur t'entei~ncmentftsur )e caractère ancrât de )a rhétorique. p:tr dt's tn~istr~ts. Il est évident <)u'i) y a t'u de tout tonpt des discours pr«))nnc<.trrctt'ns-Mnus (('tdjord un tnoment A et: <~uireprésente t'et'tquence civile ut) {mtitiftuc. cette imposante t. /< tome V. Nous ~)t<MM )niuntctMt))tk's passer t'tt revue t'nn i~tres t'tmtrt'. nt))) pas inventes. (orsqu'apres avoir dit que t'étoquenec potitique naquit au qnatorxiOne siMe avec les États généraux et les Etats provinciaux.tt<'«r< 'nt. !) serait fat-itcd'ct) trouver tnaint cxcutptc dans tes chronittucurs. des assises.tni)it!tircs on autres. des partemcnts.M-r<'< )'t'~t )<' ~'rtn")) << )'r<'<tic.)b)cdfms K's hahitudf'! de n"s ~rc-<. t't t'.ct K' ne scrtt ~tstus )mtK. et (tes exemptes rapportes par eux ~'f<M</<<. s~'ut ~uiticmM t)< phtec <nsi<)<'r. tt\'M)t de noux «ecKjtcr d'eux.diuw dcsrcut)!«ns p<ttiti(~'s. c'fst t'chtt~tcxc~ s. notamment.~t3etsui<. des séances pour du conseH royat. t''< sfu)s m:uttt's ordinaires de h )Ku<~ tm irciiti~tn~ si<:<.128 LR TRK!Z!Ë!ME StÈCLK.

Les princes grecs ont trompé la bonne foi des croisés ils ont méconnu tes conventions jurées. une nouvelle carrière aux orateurs politiques. aux empereurs Isaac et Alexis Comnene. pendant dix jour)'. de nos jours. recueille ses propres paroles < Sire. en t204.on que ces conférence'' sotennettes se passèrent sans discours et sans une forte dépense d'éloquence de part et d'autre? Nous n'avons p. Uoit-on croire cependant qu'avant Marcet.te~qui. et Villehardouin. de barons et de t~~ii. sous la présidence du roi de France. parle. ces rapporteurs ndCtes. Voici comment Quens de Methune. qu'avant Pierre t''totte. ouvrez Vittehardouin. sans doute.t ~fssiMe . ils purent contribuer à développer ce genre de talent particulier dont nous avons vu. t27 r<unio« de prélats.c'e'. car tn ptupnrt durent être hnpro\ isces mais en furent-ettes moins prononct'es pour cela ? Les États ~neraux ouvrirent. au nom des chefs français et vénitiens.LA RHÉTOR!QUE. A Amiens. qu'avant Robert d'Artois. tes chevaliers et les magistrats ne savaient pas manier ta parole et remuer leur auditoire? Ouvrez Joinvitte. devant toute leur cour sotennettemcnt assemblée. et voyez s'il est un plus beau et plus mAte tangage que celui des héros de la croisade. te-i droits du r<'i d'Angleterre vis-à-vis de son peuple. nous somes à vous venus de par les barons de l'ost .c'e-. discutèrent à fond.t même naturel. tant user et tant abuser sous le nom d'éloquence parlementaire. et agitèrent cette occasion les question'' fondamentales regardant lit constitution sociale ? tmagine-t.)s le texte (tes aHocutions débitées (tans cette circonstance. ces témoins auriculaires. Quens ou Conon de Béthune est chargé de leur porter Ics plaintes de l'armée latine. qui t'accompagne.

aux avocats et aux légistes. Vous ne « leur avés mie si bien tenu corne vous deussiés. quar il ne firent onques trahison. il en ont vos Chartres. N'est-ce pas là de la véritable éloquence? < Je ne connais rien de plus beau que ce discours. M. Fnsi porchaceront que il auront leur raison en « toutes tes manières que il porront. On a dit: Le barreau n'existe point encore sous saint Louis. auquel les parties recouraient comme à un port de salut. et encore vous en semmonons-nous. et bien vous mandent ce « que sans denanee (sans défi) il ne feroient mal ne à vous ne « à altrui. Si vous le faites. il fallait bien plaider. mout lcur sera <(bel.138 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Vos et vostres pères lor avés juré « lcur convenances à tenir. quel admirable orgueil Nos écoliers apprennent par cœur des discours imaginés bien inférieurs à celui-ci. et en leur terres « n'est-it mie acoustumé que 'it le faccnt. s'écriait Pautin Paris. Meintes fois « vous en ont semons. ViBehmhmin. « et corne il est aparissant. vous conseitties ensi que il « vous plaira ('). eh. Quelle simplicité. Cependant les appels à la cour du roi se multipliaient dès cette époque ils se produisaient même auparavant et !à. quelle grandeur. parce que c'est à peine si la preuve par témoin commence à remplacer dans la procédure le duel judiciaire. devant ce tribunal suprême. et se ce non. . l'éditeur de Vittehardouin. Vous avés bien 01 « ce que nous vous avons dit si. a Passons maintenant aux orateurs qui font de la parole leur métier même. « et de par le duc de Venise et sachiés que il réprouvent !e « service que il ont à vous fait. tel corne toute la gent sevent. <i voiant tous vos barons. interdit par ce prince en t26o. il ne vos tiennent ne pour Seigneur ne « pour ami.

quand ils peuvent l'assister sans il ne veut pas qu'ils réclament le moindre salaire (3). Il y a même. . et on veut lui apporter le viatique. si toutefois cette dépense n'occasionne point à la partie un préjudice grave mais. ~M «et. des honoraires modestes. jusqu'à la dernière minute. et devant les juridictions ecclésiastiques. dans les recueils d'anecdotes du temps. si bien qu'au cours du débat il expire sans sacrements. que les trois mots . Actet. Et dans les provinces du midi. et qu'ils ne plaidaient souvent que trop. Guillaume Durand. h 3.nM. I! finit par tomber malade. t. C'est le Perrin Dandin du treizième siècle ('). sc~ne &) e.~&y-c/~M~ son sobriquet. dans son fameux traité de jurisprudence. mais. un type à recommander à ceux qui croient encore que Molière et la Fontaine ont inventé les héros de leurs comédies ou de leurs fables c'est un homme de toi. il discute et fait discuter si la loi veut qu'il le reçoive ('). pour prix de leur labeur. dont la procédure était si régulière et si avancée. Pt<sente tarequête <Comme donmir./M< t. où la législation romaine subsistait.LA RHÉTORIQUE. qu'elle est réglementée par la législation religieuse et civile. mettant au service de leurs clients toute la loquacité dont ils étaient capables? Les textes nous apprennent. t29 il fallait bien des avocats. ttn t7S09. travail. au contraire. n'y avait-il pas des défenseurs de profession. qui a tellement la manie d'entamer à tout propos un discours en deviennent cinq points. La profession d'avocat est tellement répandue. tuveux > (~j /<t«<'«M. qu'il existait un grand nombre d'avocats. Le cardinal Jacques de Vitry reconnait à ceux qui l'exercent le droit de recevoir.

Mais Guillaume Durand. forts de l'appui qu'ils trouvent dans cette voix qui fait leur gloire. surtout lorsqu'il leur recommande de n'être point bavards et d'être courtois les uns envers les autres < ~<t~o<-MM<w M dit-il enleur rappelant un proverbe provençal.130 LE TREIZIEME SIÈCLE. ta vie et tes enfants des malheureux (').t C'est la contre-partie de la tégende de tout-à-t'heure c'est le modèle après la caricature. ils détendent t'espérance. en cnet ils combattent. CuiHMmeDuT!md. promulgué t.~«'x~«t/tMfM«t& . comment ils doivent s'habiller. ne ménage pas non plus les sévères leçons ses confrères de la vcittc. afin que les particuliers ne soient point à leur merci. !t examine longuement quelles objections on peut faire contre eux. ancien avocat tui-meme. lorsque. dit-il. quelle conduite ils doivent tenir à l'égard de tours clients. tts combattent. ne sont pas moins utilcs au genre humain que s'ils prenaient tes armes et répandaient lcur sang pour sauver leur patrie et leur famitte. les lèvres ne tombent pas. Un curieux statut de Charles d'Anjou. et. Enfin les princes eux-mêmes sont obligés d'intervenir pour poser des bornes aux envahissements de cette classe de légistes et à la rapacité de quelques-uns de ses membres. des défenseurs de la partie adverse et ses préceptes sont aussi opportuns que sensés. « Pour parler gentiment. par la <brce de leur défense. dans tes aRaires privées ou publiques. <[Ceux qui éctaircissent les faits douteux d'une cause. des juges. Et il parait qu'il avait vu de près la nécessité de cette recommandation. relèvent ce qui est tombe et réparent ce qui menace ruine. Ils vont jusqu'à fixer officiellement le tarif de leurs honoraires. consacre toute la quatrième partie de son premier livre à tracer le rote de l'avccat.

ne « peut trouver d'avocat dans notre cour ou dans celle de nos « vassaux. si « quelqu'un en appelle un du dehors. tes avocats ne se trouvaient pas seulement dans << juridictions de l'Église et dans tes cours civiles du midi). De plus. » Heaumanoir nous apprend à peu près la même chose il parle aussi du serment. et seront saisis « s'il est convaincu d'avoir contrevenu à la présente ordon< nanee ('). si quelqu'un. Archives nationales. et lui fera payer des honoraires modérés. indépendamment « du salaire fixé ci-dessus. il lui payera ses frais <(de déplacement sur un pied convenable. établit ce tarif. tes « sil est assoit bien posé pour avoir un cheval. Nous entendons parler des avocats résidant ou < su trouvant dans la ville même où il sera ptaide. « Quiconque voudra être avocat eu cour taîque (par con« sëquent. Mais.J. t~S . Quiconque voudra embrasser cette pro<ffession jugera avant tout de ne rien percevoir des parties « au de)à de ce tarif et de remplir son devoir avec bonne foi. « Ses biens personnels serviront de garantie.LA HHÉTOÏUQUE. sur la base du nombre de chevaux possédés par (avocat ce qui prouve que celui-ci arrivait assex communément a l'aisance et à la fortune. douxc deniers au plus. qui doit être régie d'après t. pour le donner d'office a celui « qui n'en aura point. f comme ci-dessus. « cinq sols au plus s'il n'a point de cheval. le magistrat qui tiendra cette cour en prendra un a < celui qui en aura plusieurs. <3t en <2$t. du salaire. pour tes pays d'Anjou et du Maine.s'i) a deux chevaux. recevra pour < sa rémunération trois sots de monnaie angevine an plus par séance ou par journée de ptaid . par suite <tde l'influence ou des machinations de son adversaire. Tf/m~~ Cht~/M.

Aitteurs. il revient encore sur la re~tementation du métier des procureurs et des défenseurs. le talent de l'avocat.at:e les avocats en cour laie a parler aus~i benement te français oue tes avttcat!! ecetesiitttMjMft partent ta tan~Mctatine dans tcurs juridictions (tes clercs. et elle devait l'être longtemps encore (jusqu'en tôyo). . en effet. d'être bref en parot< car un petit discours est ptus ~eite à retenir et bien plus M~reabte pour les juges il en(. de Bologne..créée spécialement en vue du droit canon.c'cst dans toute lit France scpteotrionate. du reste. c'est encore en Beauvaisis. Bemmxnoir. d~m~ par GuiMaume Durand. Ainsi ce n'est pas seulement eu Anjou. On tmarem plus de détails dans t'Wt/otM des otMftt/t au ~<t~M«M< <&/M. DehchetMt. tM. Paris. tn-a". et cette prohibition fut renouvelée plusieurs fois depuis. d'Angers. de Toutouse. que le même besoin se faisait sentir (') Toutes ces précautions. Une bulle d'Honorius Ht en avait ainsi disposé. Les papes. d'après sa tortune et d'après l'importance de ta cause Mdistingue px)~itten«'nt celui qui voyage avec un cheval de celui qui voyage avec deux chevaux ou avec trois et il ajoute que l'un comme l'autre ne peut demander. s. Cm~MtK de Bmttpmnt.133 LE TREtZtRME St&CLE. Mais tes étudiants allaient en foule s'initier à la jurisprudence civile dans les écotes d'Orléans.de Montpellier. 11répète te conseit. Dans ta Faculté de t'ari!). une rémunération supérieure 1\trente livres.ou dominait ta coutume de Heauvaisis. pM M. que la faveur qui s'attachait depuis peu à l'étude du vieux droit romain donnait aux gens de toi en (. s'ils restreignaient la culture du droit romain au t.énérai une influence de plus en plus marquée. ne pouvaient exercer cette protession que dans te-! cours d'émise). On sait. dans aucun cas. eh. cette étude était interdite. toutes ces mesures indiquent et la prospérité du barreau et ses exigences.

RHJÈTORtQUE. au contraire. <t'))c de Raymond de rcnnafort. des ~wM< <y<~7<j<tA' <)csrecuci!'«te t'ierrc des Fontaines et de t'hitippe de Heaununwir et )'on ne saurait nier que dans ces compilations.<) que t'fmpire ab.rA'. l'élément rotnain se n)c)e quelque peu à l'élément coututnier.ntis<'<'«n)ntt'a la France a~re-.t't)is. droit CiMwnavait encore le dt"4'. Cra(nna!cnt its. d'etendrf sa ttom!nation sur le.nr~!ss. t''t. t.<ct)t le croire. « MtM. et d'autres ouvragcx spéciaux. et t't'n sait a'<ei' tout te )n. car il rc~nait sur <)if)crcnts jM)in<s ? )<)) certain axtnucnisxtt' entre )t' ciruit eam't) ft le (tr"it chit. Sous saint !. Les ~. Les pr~cntit'os de la cf'or <tf Kutnf. fa rivalité c'ontnfn~ait cejtfnse dessiner entre tes <tcMX dant juris)tru<knecs. pays ttf droit cont)))M)fr.u-< ta <:tt))ccti«ndt: Graticn.<te'< a t'ait a t't!.ticnt Mtc il faut encorc ptaccr )c c<H<:hrc ~v~quc de Mfttdc. Maisduja )c droit eivi) gagnait du terrait) il tient dans l'histoire littéraire (h) tonps une place importante. étaicnt enseignés et ctndics partent les t'n J''Mt)<.t'ntrt' te cotte rctitticux et te Ctttc antique. et te tt'M~dedes rempti.«tu t)t".MW~ sont f'expressinn la plus pure de la te~istation chevateresqne mais tes ~w/ww~ <A'A'«/<Mf/Hycontiennent <tes traces numi<estes <(e Fontaines en est la jurisprudence romaine.)t)h)ic par t !<m)i<acc VtH. au midi: it< t'avaient autor! à Satanianqu" ft yJXes d.. si c))t"i <'<ttrct-ttootcut exista. biet) t)ttc )c danger ne fût pas encore (tcetarc. t'a\enewent <)e !'hi)ip)tc )c !tc). t< XtM* t)M< th<. <a3 nord fte ta France. contr~fs qui h)) avaient échappe jus<)uc <A On . HM (ond.S<.xts ph)-eurs (Châtie. -M'ot<hn)c ~rfaitonuot t'xj'ticabtcs.dt) C<W<~W~A' de ~~M.ht ~t~'rtsitient. ("est t'e de la rédaction des grandes coutumes.<cta)t'ur canoniftcttc'' ptu-idistin~ttjs '. am~nr 'A'A </M<'W<<' du /~t'M~ </<W fWt'MW. . pui'! p!ns tant )e .

itttn dcc«))juMr )t't)ta<p)<'<tuit('.trt't"<c<()j)jMSt::c'fst. la manière t)c voir du suint mi tni-HMtne.t''i)sct Saint t'~sprit.isons seuiement ta c<tnctu!'i(tHtks<)n<:<Ktc.Mais.~«< t ~<'tVMt 't~. tant que je suis venu <fla fin de ce que j'avois proposé faire en mon c'eur. <fje vous gracie et vous adore de ce que vous m'avez d<Mtn~ < t:s)<Mede temps et volonté de ttenser."uis.n)t))i<n"i)r)i<i''«' t'ifn {'crcct d~~ tkt tfnttiu~es fit\"mhtf~ & t'tttnxi~'tfncc truyi~c t<w!s !t est m choses. .Hiun ttu ta lui humaine vr. qucHcs tueurs '«)))ditim-s. ~. très ~toricusc < Mtrc. reine et pnnccxsedc celui qui tout fit et qui tout peut.t~pt.t'a<n<)ur de Il toi <ti\'it)cet ht prKtccup.KMe chrétien qut* <h) d'ours sont bit-x ~tutct .m tniHeMde se-. est avant tout te disciple lie i'Èvann'~ t. tte. t~ismutctMcnts <k ~nittc. chez Ut) K)ntcn~'«rai)t<)c s:tit)tt. nous < re~ard&mes le siecte et le mouvement de ceux qui volon«tiers et accoutumément plaident et quand plus tes rcgar « dames. moins les prisâmes.tfchiM Ktt<t. :t KwtWn~sttHs tt'utfMs t)Mftf< grands juriscMtStdtct dt) sf. U n'st ~tixt <<M<'fn'< ~fmtcm. il est )M<M~rc t«)tt<"< <nu rt'ssu'ieitcmnt hicntf't t:) )n:~itnc tr'tp fittncuse (. Scutt'tnext. Koi des fuis. ~m-ts ~ctiurs de sentiment cathoti'~tc! t\t c«nunc t'un voit bien que c<. /< t~'< dnx~'fs <~ t'ttH.d Uicu < V"us.'t il ~'m hc vers K"i t ff. comtncon t'a surnommé. et plus les méprisâmes.txitn~" vieMesprit t)y<t«)ti)t.~))cut<e t. c'est à «savoir un livre des coututnes de Meauvoisis.Justinien français. et pen< s~mcs des choses lesquelles faisoicnt mieux à pourchacier . Sci~ncu)' <k't sci~M<.th)rcste.de.h<'st' près. td~'< de ccntrt')i<!tti"n. et vous. Kt après que « nous avons ordonné tes coutumes et mises en écrit.urs. t'<:re. « vrai hufmnc.tre~prit <)frcaction. il est ~ ~< /<'<w<~ ~t~<~<.~94 LE TREH~ÈME SIECLE.ct!t<)tnir<mt<))<)nct)t('«uvaicxt s'allier.

. Kt ce ouus oc<[troie-t-i! par la prière de sa très douéeMère. sa conscience tnHnek' ~nern'ie.em(cftnc t).t~' et s. et taquette miséricorde <fn'est comparable a nuite autre miséricorde. son ett'xr est et) guerre et en ttibntatton < d'eux )t<'ttt\'))!tcicr. Ni tsint'n) t)it))!< < c<'s deux v«k-s. jMr (M.)))s (tcchc.t t i) pas ferme paix A son e <fc<ttr: cts'itest hors d'état <tetjrAce.'< t<t!Uicu il fst firt' <)u -'ièctc en tftnt c<nnnn' i) t'st < en bonne ttftwcc et te f'fur et) (taix.si cotxxn'en pnhc < tn"rte).)ucunt')n!t!ie < cicusc tnanicrc.n!< < C!tr. J'empntnte e texten~euni o'MbM c p.ti)neret pner. Kt puisque nous avons dit oue )ern)e paix est ta < meiHeurechtMcA pourchacier. nut ne jK'ut «vir t'n s<n)c<.t't co)n)M).son c«-ttf tte scit ~ner< r<ty~' <)esa conscience même. seton te pouvoir de Nôtre-Seigneur et se!on sa « miséricorde.nmt 'tt* !ti< )'<r < cf <}u'iiest (')) ~ti't df ~f.LA RHÉTORtQUE. Mont!tkm)M< Marne.~ rila introduction A. et cette qui < puise en !adite <<)ntainede paix toutes tes tois <n)'it tui jttait « pour ses amis.et < des choses terriennes despriser et qni ce peut faire. Kt quand nm)t eûmes m"u)< pense sur cette < mxti~re. Ainsisoit-it('). car nous ne croyons « pas <j))'i)soit t))))s) ma) h<tft)t)!t' <?)(' . Donc ceux oui veotent !t\oir <<ern)c paix doivent sur toute chose niett. t35 < en cf siettf. tequct pouvoir peut tout. c'est-à-dire sa benoite Mère sainte Marie.</x/<' de ~/fM~~ < t.sil est convcitcur <)cse)«M<'stt'rricn))<'s n . nous prierons celui qui est ton< taine de paix. il nous a sembtp qu'it n'est rien que nu! doi~c < convctter cotnme ferme pais car cetni qui ferme paix a < «nermi en son co'nrcst (twitetncxt sire th) si~ctc t'<c"))t t )'!<{. <t<t'<t c<'ttt'"itt' A m' < outrage nu))t'e))"c tcrricnnt'. < comme its savent que métier (besoin) nous est au samenient <(des âmes. il a t )ieu <fet te siectc. c'est &savoir Jt:SUS-(')tKtSTte Fits. t <)<tncn'.57) //<'<tfr<f. en < te))e manière qu'ils nous veuittent donner et envoyer paix.

ufc) histnitt' ttu <)f«it!tMtr~'i/iouc siècle je n'.euHroi de ViUehardouin. i) )nu smnbtc. pMH' qu\'Ht: Mch. au pied de ce chêne que le saint roi avait adopté comme pour rendre sc~ arrêts sous tes le barreau dans l'exercice regards du ciel. (Qu'importe? N'avons-nous pas des pTeuvct ptus que suffisantes du nombre et de la fécondité de') orateurs civits ? Nevoyons-nous pas.tis m.tv. «"tu' histoin' e~t~mf un sittun (uxtitMMs. <~ui pMted'MW mxsi. et <te la ptus noble de ses fonctions. par le simple fragment que j'ai emprunte a (.i)is.q))~ .tis . le juge ecclésiastique. et ici ttc:ttt)n!m"ir sc tuontru hk'x mctH'i te pr~cursfur <)c<t fuot'stcs consciMers <)c t'h)U)~x.t3Q LE TREMt&MEStECLE. ntM'. dans toutes tes juridictions? Devant le juge souverain lui-même.t trcpnM~ction écrite et q~'it c~ttc ~pt~ue surtout F~n n~~U~c~it de rccuciUitr le textM d~-i discours. L'o(Kciat. nous rencontrons de ses fonctions.<p:<r)t'r((ttf des a\tW<tt'iet du ~CHrcp~tictdi~r (t't'-tu<~)cncccutthc par les homtnes de lui.s'~cn.t)t<. Or.wr'tf )t)'<t))tir itux ).')c !)t') que )*'(nc~trf (tire* t f)~ cette )"))Ht)c -.):tr s~ nature mûtHu t.i'itrat'ic.tit MoMtakmbett? !<te~w< t«:utre de ta chicane? Kst-ce un aputrc de ~etui qui u dit menhcMrcnx tt:~ paeiRqMf-.ti p.~~T qui U.ucccssi")) (U* ))M}.Mcut )<'))~t~tH(W réveiller à nos n)ci)tcs ses ncc~nts cn't'tftnis nuus tmnutuent. que la noMesse chevaleresque maniait partbis ht parole aussi bien que t'epee ? Ne trouvons-nous pas ta veuve et l'orphelin défendus avec succès dans toutes les cours.uncH t{ue ccHf ~t<~tc«c< n'fUm t):ts morte. et qu'fUu ~t<ut ncc dc~Uts d.ms ))«trc ~triu. te lecteur de bonne fui en a vu itsscx.<'t)t"in""n ut i't's M)t)t'shur)<c' M. pour ctrc cnnv.ts t\ f. ~? On )f cfttirait ptmM. . )'~))r<'))<'!< <). ta protecti jn gratuite des malheureux. ] K' n'.u)''t'ctmtc ttc ttt jurisprmtcxeu.tthutitjttcs et t). t~s monumcKts ~m ~<tUM.

LA RHRTOR!QUE. la composition des auditoires. t37 avait toujours Mt))avocat t)e'<pitMWsa ht di'-position de Ct'US qui ne pouvaient en payer un autre.je ne saurais y revenir ici sans me répéter. t.'rt'ch. .urf v. il st'f. t'etoquence de tondue 2. avait son ~'ndant dans )es /<t/<A /'f)~ tcoos p.us:tith)i))u))n' )'a\t)cat du pauvre far.'tnpM-hfntcnt t)'huissicr-.ft. i) char~. eotnbien de droits ettes ont fait trionpht'r? t'assons au nenre te plus etevf de ta rhétorique. Qui nous dira jamais c'onbieu de ptaid«yers éloquents sont sortis de ces augustes tevres. te personne) de la chaire. eonthicn d'injustices ettcs unt rcpoussccs.tift)t de lui )M'ur lui 'mtx'Utc )curs c.-iotttf a Vinccone~. ~ann' tcnnntc. ni d'amx's K' K'"m~' dit Jt'i))\i))c. <fh'rstju'i) voyait quct'jm* chose . La C'~<M'~</M<tf<ttM«K mot~ft << M~ <<'tt/)t~t /<'< M/fmM< «a . deWai~ty. Jo!MM)te.nt ))~tn)n"h's ~oo (cors intcfcts fosscut s")) texuM. la (orme des sermons.i) vt'ut.s pleins d'intérêt que te sujet comporte. la grande éloquence. Il m'est interdit d'entrer ici dans tes det. <)Httn<) ~eot 'ht les jtt'ttpk' s'a)t.'ayant traité avec les plus grands développements dans un ouvrage specia) (~). it t'anM'xdait e sa txMtche )t d ~'). t. Or. Le lecteur me permettra donc de te renvoyer a ce livre pour tout ce qui concerne t'histoire extrinsèque de ta prédication..otst-'i sa'ts t. qui s'est per~ttH'e justju'a nos jours dans certains pays. Mict)\ t'ocorc. <)n. e'est-a dire a t'etoquence sacrée.enrc de rhétorique cultivé par tes orateurs sacres du temps. )'.t)' te tnm)art)Ut' o) ~'r. 'N86.t :t<ncn<)cr ans tes parotes de ceux qui partaient ("tur lui <H) e d d ceux qui partaient pour autrui. cette institution charitat<to. et de lui onrir s:'utefnent un bref aperçu du {.dcir on dt' sc'ipro{tr(*scu))'if!))c)'s. t868 <d.tit '!<:tt-s f.. 35.V/ waM~f~/t ouvrage couronna par t'c~<t6Mie des inscript)oMs et ttW/~w/t~fM' bcUM tfttrM in 8".tit. etc. Assurément. <'<t.

tnais il a besoit) d'être instruit. Ce serait là une prédication de théâtre c'est celle des hérétiques. })cnsH.fartant <tece t'fine~tc. ou même seulement torsque t'oreitte a été charmée. hutfine «'est t'as teur ~ua!ite dmninnntc./ttM/. Jean d'AbbeviUe.titet.-<. ti fallait a ces chrétiens <jue!<)ue chose de plus substantiet et de ntus prati<)ue. Jean de Montlhéry. » Jacques de Vitry.ance du tangage préoccupent tnediocrement et tes enseignants et les enseignes. c<)rrest«))«t si bien tcur sentiment qu'it se hdsse initier volontiers aux vO-it~s ahstr.t co)n)))fntnirt's itt~~uri~ues tm ()<*tcur'' itttfrpr~tMtittns savat)\ <t'~cta!mi«'Ms. et )'un se trow~rait tort si t'un {tenait retrouver dans leur bouche te~ tteceuts de sidm Jer'~t~c on 'te Mossuet Mats.tt«irc «' r<*sM(ncnt (ta)M« tt<' < A'<w~!h4/<m. ne doit pas briller par de vains enjolivements ni par t'éctat des couleurs car alors eUe semblerait trop étudiée.(('hc <)c s. et faite pour capter la faveur des hommes plutôt que pour leur être utile. <~n-tt'~ctut~p~cs <t<'ut' cbt<)uissm<tt.!))ak"< tts ~w <)'i~Mtstr<'p))<"i oc s«))~<t)t jx'ittt a t'ttt' cht~x'nt' ut c'fst ('rceis~)net)t jf'or n')A<)M'i)s Sttnt ttict) t<.de s«n eAtf. ils chercheot omin~ &~wti'toncr qu'~ ittstruirc.tint Hnnitvfnturt' '<'(<!'< A'</.RTRRtZtÈME8)[RCLR.fH)s i<tcc'.).sur (f«~tw ttt' ('art or. Voita ~urquoi la rechercha et t'ete{.ita)es il croit tro~ protondetnent ~our avoir ttesoin d'être co))t'crti A ta foi. Ce ne sunt t<asles «tott ~u< <t(t)tnent )& mesure du titt~nt d'un umtcur ce sunt k'.taa t.<)ue \<'hn))cntt" que de siti)tic< <'rit. t~a prédication. Pierre de . dant )s t)Mate ttf tcur. dit un maitre anonyme.t\!u<ti*n'' t)HMut })stes)tnt.!<.tximc <)'m)bx'~t. !)e têts audituiret sont devenus rares nous sortons satisfaits d'un sermon ~uand ta nbre sentimentale a été touchée. et te tMMptc.ft'~<'w/t w<< M. itux r!U'4«nnen<ent'tet aux dixtinctiont th&))()t. t<s.

je l'ai reconnu tout te premier. t(uit't)titp)')t~t~<"nj~'u''cetft)njmu!t'c.LA JRHÈTOmQUE. Les continuateurs de )'M/fW<' ~Y/(~M//y /'Ytf//<t'.t):t\it' ))))ect'rtai))t'it!x'))<)fu)n'J<'h)tt't't)a)))t'<!<'<<ttit't)t't. bift) <}n'i)éprouve aossi )es ttrnentcnts <)c rhdofiquc. ).uMtt'. Mais . 139 t t.tt)tt-'s stytt' <)u tx. Kt )'«n<'t)y<nc <~(c je ct(<t)'! tout à t'hcurc conseillc hti-nxi-me d'augmenter la force des misonoentents par des expressions (lui ronuent l'auditoire ~<&< «<ww<<< Toutes ces rentes sont fort sa~es cttes associent dans une certaine mesure )es<)ua)ites de la forme àcettes du fond. t)ans la pratique.f. les trivialités des sermons au peuple.'tt't)t<)nit'.mt cette rct{!ed't torace <f/<) ~<M.)t's«)nt'))''s t't ht titor(.ttoirc soient tx~'otou~? Atn'«))tMirt'. M/f/A) ~/<</f< (~/</f/r//tW<~«'.ttti~tre (htsiKrtfpn'c~tutt. t« ~<~w~ <w< de '«tittt J<~rA)nc th)'nt)cr< de K'oMans. Les unes et tes autres ont été fréquentes. Kst ce A dift' {«tuf t't'ta <)()<')cs tjOtUitt' b)'i)).<'udn)n(t!ns<'ette manière ne trf'm'c (tttts <jt)cde rnrt's ixtitntt'ttt' !.ntrc ta nt. c"mmc le moyen te ptns s<tr <)'arnver au cœur de t'h'untnc.)«i))t [x'urt. je le sais mais elles n'ont pas toujours été viotces non ptus. /'f~'<~WM/ «M/W< </(M<~ /<W<MM/~«'/f</<<t.it' prt'scn\'ait')t< t)()e )Mn')ch"))n~tt't't t. entreprise par les MénëdictXM. r~t'non.) y .m\t'. et les auteurs qui se sont guides sur eux ont trop souvent mis en relief les subtilités des sermons aux clercs.<'iu)Mit<~ s«)tt A )'"rftft' fh) jfor.i)n"t{cs Moment t<'))r tour tes Koriturcsdtt <)(sc<mrs. elle% n'ont pas toujours été suivies.)))ci)x'dt' !.(jui ttoooc t'cxctxptc u\ec te coost'it.< uneMtrtedef<'t(ctit'nc<. H!inan<). veut 'juc t'nt) joigne it une diction claire et scnort: une M<:«nditc itttMyante. ne btestant .a sj(n)t)!citt'.

C<:s<l<:himti))tt)M consistaient dans tf c<unntcntairc d'une viei)!c chanson française paf Èticunc de !tnnt«n. f'ur ju~cf Faft <'rat<'irc de )'<t'<t~)c wus uc <<tMmcr< pi~ !<:< bi~-R~uds.~40 ~E TREtX~ME SIÈCLE. au ticu d'un tcxt~ s. de tourner le mal en bien. et t'«n avait raison du dt-c)'k'f ks cchuntiHons qu'un un pf<K<u!s:dt (bien <(m: )cur «rininc suit douteuse). tant )t dnnc chorehcf Jxns tes tn~uv~is urateMrs te type de rt~t~uencf? Va t-«n demander aux rhnaiucurs de second t:t df trcisitttxj ordre te secret de la poésie? So-utc)! tes tt'uvrcs d~ ctmtftojx~iMns de saint t'hrysoxtutnc. Qui n'amez mie.dt en fairo autant ~<ur wyftt Uicn ~tM'<. Vuic). eus \"()-. des c<'ntcor~t«Mt)M de t'*t'nf)f'n vous y trouwrc.' aus'<i des discours ineptes et vid<'s. Ce commcntiUM fut-il fccttoncnt débite en chaire ? je ne sais tnais il ~ut passer pour tccomMe du mauvais ~uut et de )'a))eg«ric "bscurc. Rien de plus étranger à toute idée religieuse. sous prétexte. un pretut dunt un bf:n)t:oup dcori~ tes tMtvrcs. a Um'h&petetfctena tt)c~ rose norie. comme il k dit. tmhe: vos en !!<.'autcur prend pour tMtn~. par une espèce de tour de furce littéraire. n faudr. \'e~tt!H)ttntrst:tpMa. et rien de plus insigniHant. Por t)ë. un couptet ~tputaire ainsi cuncu !<e)teAat)i:nMin!!s'ett)e<a. Or. t't)M)rtH))< \nu'' ne tfs cxhtttttcrcx pa'. tiotdrcx sw tus hiWtcurs. t.tcr~. s~M)~t n~mt: sctrmun ~tM'' t'Mrc quct~ucft'is un k'' it~H~'t~s t~s ph)s ctttnnantfs. la . Kn un verrier entra Cinc ttorestes trova. ~f cxentp~.

/M. 14t vanité en vérité. « <A' M~ Ht le nom mente d'Alice ~<ww<t ~t'<w/t-. t~~WM~ t//<7/ . cette brève parole. et tellement comparable. c'est de la préciosité pure. écoute afin de rénéchir. si l'on ouvre un autre manuscrit. . qui résume la misère tamen« table de ta vie.CiïR'ST aux damnes etc. t')u)mi)ite.w/< < lis. Cela ne présente aucune suite ni aucune <Hevatinnde style.t6Lt97 . qui ft. écoute afin de com« prendre. « qui avait essuyé tes coups de la plus complète adversité. Tcut est a )ten près sur ce t«n. qui n'a rien pu produire de bon. dévoyé. en torturant te sens des mots et des phrases pour tes <M. car. « û homme. souvent proposé à l'admiration des élèves de nos cott~es. c'est encore ta VterRe tes cinq nenrettes. c'est la couronne de Marie « Retirex-vous de ta.ms. la charité. ~-<T/ !v'M /<o/< etc.htt. C'est le langage du juste Job. t'esjterance. ta virginité te cttale refrain jtetet de Oeurs.Mht.O'II'.LA RHÉTORIQUE. « écoute pour ne point périr. .nat. vous qui n'aimez jx'int )! c'est ta parotc de JKsus. Jugement téméraire pourtant.. ce sont la foi. qu'il rappelle tout à fait un fameux passage de t'tine. )t ~</</ ~7 ~<'A' appliquer à ta sainte Vierge. C'est le tableau de la misère et de la faiblesse de t'homme: « /~owo M«/ < <M//w. Voili évidemment un auteur ju{. ~«M « -fw 1"I1I'IIS. plus brève encore.~</<< La belle Atice devient Marie. écoute pour revenir à toi. on trouve.t/Mf< / Le verger. (').~<Y/fW< (ournit la matière d'une interprctatit'n absotument arbitraire < //<« f~/w /<<t/ </f<M~' ~ ~«'</ <v/ . un fragment comparable aux morceaux classiques de t'antiquité. sous le nom du même ~tienne de Lan~ton. il tisse sur la trame de ces vers une broderie subtile. écoute.é: c'est un esprit quintessencié.

il y a entre le langage de l'un et le langage de l'autre l'aMme qui sépare le fatalisme antique de la religion révélée celui-là peint l'homme inférieur aux animaux. ms. (') » Sans doute. te fils du châ< timent. Pourquoi t'étever si haut. celui-ci se contente de le faire leur égal la bouche de l'un n'exhale qu'une plainte amère. ta langue à la parole. tes inquiétudes te dévorent. en enet. le fils de la concupiscence. ht. nat. la « t'exalte « tristesse t'abat. ver de terre ? « Pourquoi t'enfler. « Quand tu nais. tu es le cousin des « taupes. « avait lu dans le livre de l'expérience toute la nomenclature « de tes maux. chair morte? Toi qui étais autrefois le fils « de la terre. ta main au toucher. BiM. tes vagissements crient bien haut ta misère. les aHaires t'absor« bent. Quant au fond. la joie te transporte. M/«' . tu es le frère des vers. les paroles de l'autre sont r.. Quand tu avances en âge.Ma LE TREIZIÈME SIÈCLE. Les soucis te pressent. ton esprit « à la pensée tu ne t'éloignes pas de la brute. ce texte de celui de PMne. Tantôt la pauvreté te consterne. tu ne (ai*! « qu'avancer en misère. tu es semblable aux vulgaires poteries et. la période latinc de Pline ont plus de correction et de grâce mais l'idée et la phrase de Langton sont plus énergiques et plus imagées. tu es maintenant lc fils du péché. ta fin est pleine d'amertume. Wj/. « ils prophétisent tes souffrances ton pied se refuse à la « marche. tantôt l'espérance la crainte t'oppresse. Ta vie est incertaine. ta destinée est une « énigme. De quoi donc t'enorgueiltis-tu ? Si tu es le « fils de la terre. les veilles « t'accablent. la tournure classique. t. le péché te rend aveugle « comme la taupe. t-t~g. le fils de la luxure. « l'orgueil te fait crever comme ettes. Rapprochez VU. tu ne diffères «pas de l'insensé.

« ni Ogier le Danois n'ont eu l'honneur de frapper un tel « coup. s'écrie-t-il. on pourrait opposer des fragments en langue vulgaire empreints d'une véritable noblesse. tt y a donc deux hommes dans notre orateur. car le premier n'est pas sérieux. s'écrie: « 0 jour. et non chez le premier qu'il faudrait étudier t'étoquence du temps. Assez et trop de « chansons l'on chante sur Roland et sur Olivier. Ni Roland. ni Olivier. lorsqu'un frère prêcheur. On dit que « Roland fendit la tête d'un homme jusqu'à la mâchoire. ou pour être employé à chanter la Marion? ) c'est un mot trivial assurément mais son énergie nedépta!t point. Et quand le même frère s'en prend aux grands de la terre. jamais il n'a été parlé d'un aussi beau coup d'épée. on « dit qu'Olivier trancha le corps d'un autre tout entier. mais ces éclairs déchirent la nue. d'aillcurs. « Ah ce fut un beau coup. Non. Ainsi. La trivialité. saisi d'une sainte indignation contre les violateurs de la grande fête de Noël. 143 un pressant appel à la vie spirituelle. il atteint presque au lyrisme. Aux trivialités de la prédication en langue vulgairc. et c'est le second qui mérite d'être mis en lumière c'est chez te second.LA RHÉTOMQUE. sa liberté d'allure devient superbe quand il rappelle le coup d'épée donné par saint Martin au travers de son manteau pour recouvrir un pauvre. pourquoi donc as-tu été fait? Est-ce pour être consacré aux bonnes oeuvres. et l'on dirait qu'il veut se hausser jusqu'au ton héroïque des grandes chansons de geste dont il évoque le souvenir. n'est souvent qu'un excès de hardiesse. quand i) tonne sans scrupule contre l'avidité des princes. Ce ne sont que des éclairs heureux. ni Charlemagne. et l'on n'en verra pas frapper un pareil jusqu'à la fin . Mais « tout cela n'est rien.

la Vierge et la Purification. BiM. Hauréau essaye de raillcr a~rcabtemcnt. tout nus. soit en tes nattant. tout déchaussas! Et nul autre Martin n'est ~tapeur Ics couvrirf')!~ o Voita pourtant un des orateurs que M. Kh bien le voilà enfermé cntre tes muraities d'un ctoitrc. « du monde. n t. mais une prison ('). .. nous a laissa un très remarquable pour la fctc de la l'urincation.S~tf. celui a qui l'univers entier paraissait non seulement un ctoitrc. tt n'était pas plus fait pour le travail que l'oiseau qui ne sait que voter il n'avait d'autre occupation que de courir le monde.. Étinand. C'est le cri spontané du chrétien saisi de stupeur et d'admiration devant le rapprochement de ces deux idées qui s'excluent. le jour où lui-même changea d'habit. lat. t37. la Mère de toute pureté t. Vous ave? connu Éunand. et qui ne l'a connu?..A«/er.xx<x. Les )))u-i b~aux spccitnetts du ~enre nous sont fuurnis par un ancien trouvère converti. nx.144 LE TREIZIÈME SIÈCLE. at. d )iv. soit en tes déchirant. dit-il lui-même. Mais c'est dans )us sermons à t'adresse des clercs qu'apparaissent surtout )'c)<ation <tu langage et la noblesse de la ))ensce c'est parmi eux que se trouvent te petit nombre clc discours offrant ces caractères d'un bout à l'autre. C'est peut-être celui où se retrouve au plus haut degré cette chalcur de pensée et d'expression que l'on a prétendu bannie de t'éloquence scotastides règles de la conque. Vincent e ticauvab. » Or. qui ne tarit pas quand il célèbre les gtoires sermon inédit de Marie. dont )e sentiment poétique ne fit que changer d'objet. Son exorde sort complètement vention. T6)8t. Dieu! combien de pauvres errants <) t'<!KAt < t<f. cherchant perdre tes hommes.ch.

Puis.LA RHÉTORIQUE. la plus belle des femmes. bien <[ plutôt que vous n'avez été sanctifiée vous-même par « l'autel et le temple! )) Apres avoir tire de cette opposition une leçon d'humilité. la < plus simple des colombes qucl lien entre la purification « et vous. à ce sujet. après avoir enumere. < plus claire que le verre.t4S9'. la plus « humble des servantes. it applique le texte de l'évangile du jour à la purification du cœur et désigne les principaux vices dont on doit laver la souillure. « la plus innocente des filles.. .lat. plus blanche que la neige. t45 et la cérémonie expiatrice. de patience. plus <!doucc que te miel. la « plus heureuse des mères. où le raisonnement tient un peu plus de place. Le commentaire théotogiquc est accompagné i. l'excmple symbolique de l'innocente Suzanne. « Quoi de commun entre la puri< fication et Marie? quel rapport entre la satisfaction et « l'innocence? entre la pénitence et la sainteté ? quel lien « entre l'expiation et vous. plus brillante que Ic cristal. l'orateur dégage de chacune d'elles un enseignement moral. Ii termine par un regard mélancolique jeté sur la rapidité du temps et par un appel pressant à la conversion des pécheurs (1). plus épurée que l'or. lu plus chaste des tourterelles. par l'offrande de vos présents. t. dans une seconde partie. nat. Vous qui <tavez sanctifié le temple et l'autel par la présence de <' votre personne sacrée. la plus digne des reines. Bib). Telle est la louable méthode d'un des premiers prédicateurs du siècte. les causes pour lesquelles la Mère du Sauveur a dû subir la loi commune. Il rappelle aussi.ms. la plus pudique des vierges. d après les Pères. plus purifiante que te <eu?. et ptacc dans la bouche de Marie l'explication du fait. 6 Marie.

celle qui part du cœur. parce que c'est le plus noble usage que l'homme puisse faire de sa parole. de l'instruction pratique. c'est-à-dire la prière. dans un cadre bien conçu. Dans l'esprit des contemporains. sermonnaires.t46 LE TREÏZtÈME SÏÈCLE. U est un genre particulier d'éloquence sacrée. parce que le Seigneur est réellement sensible à ses accents. et dont j'ai déjà dit un mot. ta langue de la prière devait être belle et soignée. Il est intitulé De ~Aftorica ~K'«M (De la /M<~<Mt~<' divine) ce qui ne signifie . Cet opuscule porte un titre qui exprime a lui seul cette bette pensée. évêque de Paris. C'est toujours la grande voix évangélique qui se répercute de génération en génération. et elle devait être persuasive. nullement charge de divisions. que le siècle de saint Louis étudiait et pratiquait avec conviction. au milieu des Heurs de la véritable rhétorique. Une touchante pensée de foi lui avait fait ranger parmi les branches de la rhétorique l'art de parler à Dieu. et en moue temps sur les jugements téméraires d'une critique qui s'est trop pressée de poser des conclusions {{encrâtes. et le tout se déroute naturellement. En réalité. Telle est l'idée fondamentale d'un traité dû à Guillaume d'Auvergne. Cet exempte sumra ici pour édiRer le lecteur sur le genre et le contenu des bons sermons de l'époque. Seulement elle est moins facilement rcconnaissable quand elle nous parvicnt incompar t'intermédiaire de simples canevas ou de ~<~<'</<~<'y comme sont la plupart des manuscrits de nos anciens plets. parce qu'il se laisse toucher davantage par la voix qui prie bien. la prédication du moyen âge ne di<!ere guère que par la (orme de celle de l'antiquité chrétienne ou de celle des temps modernes. fort peu enseigné de nos jours.

appreoaient-its . Mais c'est bien un manue) pratique tel que tes aimait la piété active de ces âges chrétiens. son teuvre ne contiendrait encore qu'une compitation assez ridicule. !) s'en dégage un parfum de foi et de charité ardente qui transporte réettcment le lecteur dans un autre monde. qui mettaient en pratique ce tpte nuus m'us e<'ntent"ns . Ce n'est sans doute point un chef-d'u-uvre l'imitation de Cicéron s'y fait rarement sentir: fauteur. si le livre est intérieur.-ierieusentent A prier. dont le moindre défaut serait de dicter d'avance aux Metes. avec ta double autorité de ta science et de la vertu. en leur enseignant. à ta A'A<?<~7<yw Cicéron. <tu reste. aussi nus pères. comme on l'a prétendu. mais même tes restes qu'ils devaient faire et jusqu'aux soupirs dont ils devaient les accompagner. t'exorde. à teurs a'!pirations. Les anciens prophète'. moins de jtouvoir? t'e n'était pas admissible. comme on pourrait )c croire. A en croire certains critiques. éternettes Ninive pénitente avait échappe a la destruction prononcée contre elle. t47 nullement fart de parler de Dieu. et il ne se la propose qu'incidemment dans le cours de son traité. au point tic vue littéraire. raisonnaient bien avec te Dieu d'Israël les supplications du roi Éxéehias avaient bien fait ftéchir la rigueur des sentence-. Je ne crains pas de dire que. comment ils devaient s'y prendre. il repose sur un fon de dément plus admirable. ta démonstration. la péroraison. Des chrétiens pouvaient-its avoir moins de c<'nnanee. non seulement tes différents points des discours qu'ils devaient tenir a Dieu. et t'evet)ue de Paris répondait a leurs besoins. Guillaume donne effectivement des conseils sur l'ordre et la méthode du discours prié il veut qu'il contienne une expo- . n'a pas fait de cette imitation son but principat.LA RHÈTORtOUE.somext de jtotser.

se trouvant en repos. H descend à des avis détaiHés sur ce qu'il appelle tes auxiliaires de l'oraison f~/M' <vM//<w/ ~w<M«M/«H/«~. qui sunt toujours <awrabte)nent écoutas <h)Tres-Oaut. que le peuple en arrive a se dégoûter de la nourriturc spirituelle et à s'écrier. une narration. et surtout il conseille de prendre une position commode. H demande aussi qu'ette soit brève. sition. t'onportance et ('eMc. comme <ont tes messes <)e certains prêtres qu'on pourrait appeler des mangeurs de <ier~es ~«'/<w//w «'«M~/w< y~ et qui cetebrent d'une manière si tongue.t prière. Mais on ne trouve )&rto) que du U\s «. comne tes compositions de la rhétorique humaine.teitc de ). une victoire (/M c'est te titre /<M</<<w ~<t//<w/. parce que le corps.148 LE TREÏZtEME StÉCLE. dunt ('intercession est si puissante. et en premier lieu il place la posture du corps. n demande f)ne )'oraisun suit obstinée. puis les saints. qu'eUe s~it une lutte cuntre )e cict. par exemple. a t'instar de celle que soutint Jacob contre t'anHe. puis ):t s. avec beaucoup ptns tCooctio)) (jne de sécheresse. pour ainsi dire /)<~w</ M Mf~w w<w/< ~!7. et qu'e!)e n'onpcche point tes prières d'autrui. laisse à l'esprit plus de liberté. de s'accouder sur un appui quelconque (détail qui a son importance pour l'archéologie). qui lèvent les yeux vers le ciel qui étendent les mains dans l'ardeur de la prière.f f'<w/ du chapitre ~3). Est-ce à dire qu'il enjoigne de se placer de tette ou mais il loue l'action de ceux qui se prostelle façon? Non ternent. une eonc)usion.tt~t'). i) enseigne cun~tneot i) faut in\u<)uer Dien d'atx'td.s. t)'ai))ft<r. <~t'e)te scit itnp"rtune. ('auteur ne se borne pas ht il montre. si prolixe. mieux encore. Quoi de plus .tittte Viorne. C\st (c princij)f t)ui it pr~std~ à la rédaction df la ))tupart dus pn~rcs quc nun-i trttuv~ns dans nos nwnuek de pi~tt-. qui s'agenouillent.

des cris. Guillaume d'Auvergne ne se contente pas des préceptes il donne des exemples ou des modèles.trative.criture. ont au moins t'avantage de nous édifier sur t'esprit de ses contemporains. Et son c~eur s'épanche alors en Le XtH' ~Me Mtt. de dévots adorateurs prier les bras en croix. et MeM. ce prince des orateurs latins. avec une ardeur expansé. 149 rationnel. Toutefois. leur m . ce serait puéril !) explique simplement leur signification. L'mcredutitf y trouve l'occasion de sourire. <<uivent aussi cntncrendrc co <)ne notre auteur dit des restes venant au secours de la ferveur impuissante a s'exprimer. t) parle encore d'un autre nenre d'auxitiaires.rite et toutes ces considérations. qui les ont puisées aux sources mêmes de l'inspiration divine. <(Tuttius. soit mais les croyants y puisent te désir de mieux prier. Faut-i) entendre qu'n les prescrit ? Non. qui rentrent nécessairement dans son sujet.des ~cmissonents. la portée de toutes les intelligences. dans les pèterinages renommés de la Suisse ou de )')temagne. leur efficacité. A plus forte raison des chrétiens doivent-its rechercher et imiter les invocations toutes spirituclles de ces hommes très sages et très saints. ajoute-t-il. tous ceux qui ont vu. C'est pourquoi je vais donner quelques spécimens très clairs et très simples. et quoi de plus indûment ? t-es amis du confortable dans tes égtise-) lie peuvent qu'applaudir a cette espèce d'étoge du prie Dieu et les amis de !a pieté détnun'. des sant. en première ligne. n'a pas dédaigne d'emprunter et de traduire du grec des harangues de Dcmosthènes et d'Kschine. des soupirs.)"t.les prières tirées desl'ères ou det'h. ces prières sont souvent trop profondes et d'un sens trop difHcite à saisir pour les ndè)es. . dans tes vieittes églises de Hetgiqne.LA RHÉTORtQUE. H recommande. et c'est le but qu'il a voulu atteindre.

de toutes les peines qu'ilil <!a méritées. « vous en supplie. « votre nom béni. comme dM bouttecs d'encens. tniscrabionent souitte. <t trcs saints de tncs pt'-cht'-s et de (ncs vices. faites de moi votre serviteur agréabte < o) toutes choses. « Dieu de miséricorde. à un aussi {{rand pécheur le pardon de <( toutes les fautes qu'i) a commises. l'adou« cissant. et que s:t plume transcrit couramment.<). ce que < vous seul avez fait en moi. Xu rc~ardcx en )n«i que ce qui est vt''tre. Que votre nom très sacré. je t'ai horribtonent detonue. Donnez-moi sur vous des pensées de lumière . outra< ~euscmcnt. le pénétrant tout entier. odieusement perverti.ttfc f. et ne considérez pas ce que j'y «ai fait nwi-tnone. et après «cette vie. Arrachex de mon c'rur jus<m'a la racine tout ee qui vous ftcp)ait en moi. dëtivré par vous de l'esclavage de la corrup« tion. car. avec « vos élus et vos bien-aimés. au deta de tout ce que je et cela contre votre volonté. < <)c~radc. ut n~Mndfi' sur moi tft < ~faecs t't tes vertus qui me fcroot vivre tout entier pour a vt'trc très druitc et trcs v"u< et avec vous. si grands. le bien et te beau que vous aviez fait «en abominablement moi. le guérissant.trfaitf~'nt~. t'onf'mnetnent v. si < n"tnbrcux. Que votre grâce ait en moi une telle intégrité. ignominieusement. Accordex. arraché par vous à toutes tes angoisses et a tous «les tourments. je <: puis imaginer. le sanctifiant. votre nom glorieux soit comme une huile « répandue sur mon cœur. <( une telle plénitude. aspirations ardentes. qui lui vic'onent par Hots.mo LE TREMÏKMRSIÈCLE.-t<'urn<'itvos yeux !t"uru~ <)<.m-. votre serviteur attacha a vous ptaire en tout et partout. l'élevant jusqu'à vous < et en vous. que je puisse vivre ici-bas en vous < servant et vous complaisant en toutes choses. régner avec vous dans la gloire et la béatitude.

~~W /t'J<'M~ft' < ~MfAt~ et ditectis luis FT~N~M. Qu'on Fevequc n'ai)!c de Paris pas soit croire.<7/<~</ <'t /ht'~A'W.~t. W/A/m~Nt~~tV~</a/~f!<MWtt~.)~A~tM~. A~w M~«'a~/«~M~M/~<&t'~A'~ /~MM A'<.i'< t't~W t<A<~M /</M<M. A~/N/W MNON~.~ N Nous sommes ici a cent Heues <)ct subtiHics de la scotasti<juc en revanche. nue du reste. ~M~'tf/ <t~M<a. t5t me transn~urent et m'échurent t'uaentie). apr~s cela. et pourquoi it eut aux quinzième et sei/temc siècles un nombre considerabie d'éditions mais on comprend moins que jamais pourquoi il est tomb~ depuis dans ~'oubli. f~~f/ ~JHt* M/<<M.' ~t. t~W. t~u))~MnctMdHetit)n~t)))t()nis~n~&rt')t'tr<t'~nt'rt!)t! du tty!c de t'autcur. non~ s<nnmcs a deux pas du )na~nin<juc Ou c<t<nprcnd. ~M~ m /f/' t'MMAtdfft'f~</</< Ait. <<<tt «NX~«J~t~~7<'M.tt'< MaM<jtWMM//<M'tV~/«'t~< ~'«~A'j<f<)a~Mf/ e/M~dM cogilare AtV d~f~~MM ~MW. voici tch'stufatitt d'* <:c (t. ~t'<t~J et ~M~. /<)/ /?«' ~M W~< f~~tt~MM ~Mt.f<V. .tffMM<i<~W~<WM~M~M~~MW ~t< Mf~ /t/t~ //<. A~ ~&<f<M~M(' )M/<~ A /M M< < W/A< f~W. /~N~M/M~M<M<. JV~<Mt /MMMt~ft/aM. qui me trans~'rtent en vous. M<«'/ ~W~M~ /<f<tMt'«A'J M~7«'<Wt" /t ft A'/ et /<<f M<r~M<w<At/«fj'<Mr/<<«'M t'<)~/<f('/ ~Mt' <MW t-t/t m~ et /~f<'<t/«.LA RHÉTORÏQUE. A'/M<amf <Mle rapien tes.tg~ <~ w~'M/~f w~t~t~ /<<< w'' ~«w Jt~f~M /<<t'WM~ W.~<W W~~f/~t(<«t.~M Aarridilifer. » /A'At'A~~ ft'M//<~Mt'<Jt/M<<tM' ~MM'J. <-A. ~Mt/ftM ~J/~ ~t<J)'/&< ~<tf<' ~/#t~/f/<<M~(~t'~f~«. qui m'u' (lui e nissent et m'attachent inseparab!emcnt a vous p:u h'~ tiens « de t'amcur le p)us pur. le p)us <h'oit. <etde~u. r ~KMW~MM M/~W/tt'A'HM ~«NM /~r(~fM~ ~M~Hf'tMt. le p)us a~rcab!e a vos ~)'eux(').qm me réjouissent.etque!a t.t~7</f' <W~M~' ~M/fA~M~~<MtMt/<'f~\M<M. (me la tentative de ma)ti~'statiouiso!ce.f ~J//<MW ~Af'M/ <<M< libi < A'/MJ/ /< «M f <tt/ ~ty&<M ~f'<</M<j < t'M. Mt)W<'« Nt'W~M /M~W ~ft//t/MW. /. A'M mfifW~t~A'M~/ft~M~.f~/Mt per <A'('jMM/~t d~«f/ f/ /<A<«f f/«f/ t'MMt t~M/M~ f~~M/t'~<J. A'f~Mt' /M me ~tt/NMid ~M~ /~M in Nh'/«<. p<~rqu<'t hn~a~c de r/ la A'fAv~ ~?' ft!t tf premier ouvra~o de GuiHaumc d'Auvergne qui eut tes honneurs de onpression. MM< /fJM/~~<'«'d/t'f/ P<'t/<JW<MM~MM t~fMM.h'M~ A'M W~~<J ~t/ t/ iu A' Mt' ~f~M~NJ.

«n en trouve plus d'un qui semble avoir été eotnpttse mettre en pratique les principes de Guillaume d'Auvergne. si. Or. à la louange innnie du Dieu en trois personnes. le miroir et la joie des < saints! . parmi tous ces vénérables échantillons de la vieille pieté française. réalité des choses ne corr~'spoodt' point . après )c's régies <)el'art.'ptcs du inaitre. étoqnctnment écrites.h's.t \uix des cnt«/ :ms jwtits tivrc'i (tu & !~t))) Citntk'r il réuni en rej)ortcr }{crt)f<assurtit-'s des cfotttiiH's de suaves «raistOts tirées des toanusents du ntuyen :t). dans sa conclusion. il suMr. il produit des arguments pour toucher le cœur de J~SUSCtttUST puis il formule ses demandes pour ses frères et pour lui il se réclame de la Vierge et des saints. âpres tes prén. parfaite Beauté.'< son t'nseignemcnt uu à bes dé. Fartout on applique son principe.t se («'«chef sur leurs feuittets jaunis pour rccueillir Une moisson des plus abondantes. il implore le pardon de ses fautes avant d'oser solliciter tes faveurs divines. Si. « Béatitude parfaite. et <eproduite dans le recueil que je viens de citer. Telle est la belle prière du matin traduite d'un obscur anonyme. avec transport et ses accents ne sont plus ceux de l'homme <!0 bienheureuse Trinité ô Éternité 6 Vérité suprême < ô Bonté innnie Origine de toutes choses. un voûtait voir t'exécution. avec effusion.tsa LE TREtZtÉMESttÈOt-E. partout on récite avec conviction des prières liturgiques méthodiquement composées. Ce morceau contient d'abord un exorde. une exposition le chrétien s'humine. qui a dû vivre au treizième siècle. et enfin. H te loue comme il l'aime.t'. il s'élève à faction de grâces. Vous qui êtes la gloire. !) n'a ('u ~tt'.ut de se on voulait fUtctMhc ). soyez bénie « Soyez béni.

dans « l'état de justice.V'')«A'f7/'K<'t7<))arM. dans l'état de gloire 1 « Soyex béni par notre mémoire. celle qui s'adresse directement à Dieu. <~tc Vous sauvcy « t) bienheureuse Trinité ~ue tous )t's annes s'unissent a << t~Ut tes hcnxnf' pt'ur ch:n)tf)' saosnn vos )<'uan~ct p<iur « répéterajamais « Saint.LA RHÉTOR!QUE.t~o« <M- . c'est bien le discours prie. comme si toutes les voix qui retentissent ici-bas devaient se taire devant l'humble voix qui porte au ciel le temoi~na~e de l'adoration des hommes. par n<M )x:nsees. ta. « par notre volonté. par nus parotes. a-t-elle seule conservé l'antique nom du discours. saint. édition. dans la langue de t'É~tise et dans notre tan~a~c moderne. ~. cette forme sublime de ta harangue. ). par < nos actions <t Soyex M'ni par t'univcrsantt' des ftres <)nc Vom a\t'i< A crées. MaM«t<'</< du /. p. Aussi. par notre entendement. 153 < Soyfx Mni t~tr )homme dans t'etat de pénitence. <p)pVous ~ouvcrneit.<<. saint est le Seigneur notre Dieu (')! y Ce sont bien )a Ics re~cs <ondamenta)cs de la rhétorique appliquées aux élans de la icrveur.r~«<'<~<<'<t~f/<') tier. comme si toutes les autres variétés de t'etoquence devaient s'effacer devant cette-tà.< l'oraison.

l'histoire. à tout le moyen âge il tient non seulement au plaisir que trouvait l'oreille de nos pères dans la cadence et l'assonance.t<Murtque!ttS<tt)rtquca. Y. Amour ttM contemporains pour la forme vprtH«". sinon pour la poésie.– LA POKSmLATtME. m t~ SOMMA!RE. Ce goût prononcé. la car nous possémorale. un des phénomènes qui frappent le plus l'attention. Ctt')seadoc<'t~r<voh)tton . mais surtout peut-être. à ce qu'ils se servaient de cette . la préoccupation du beau? par Lorsqu'on jette les yeux sur les œuvres littéraires du treizième siècle.–P"&)(nt'!i<)td<cU'tuei'. On vcrsi~e tout. du moins pour ta versification. poussé parfois jusqu'à la fureur. et jusqu'à la médecine dons de tongs traités sur les maladies et les remèdes (et quels remèdes !) revêtus de la forme poétique. )a distance est courte et ta transition tacite. elle est possédée de la manie des vers. la rhétorique à ta poésie. mais aussi. est commun.sMpro~r6s.Baîrtttdour.'une et t'autrc ne sont-eHes pas t~cs du bcsnin <)f c<w\rir d'une parure l'extrcssion de la pensée humaine? Ne sont-elles pas sn'urs de l'idée mère qui tes a enfantées.– LMhyntncs. du reste. –Les proM~L<*stropf! t.ap"<'s)ee<tra-murt<tqup. tes sciences. L. La po~stt'hturfjtttuc. de l'amour de la rime et de la mesure. Sans être animée d'un souffle poétique aussi remarquable que les siècles précédents. du rhythmo t*t de t'assionxnca au mMro ot .aaformoc)asttq~P.CbapttM iatt~C. Substitution du NyOabtsme. la légende. c'est la passion universelle de l'époque.'t ta prM«tttt< antique.

Uc ta deux deux de là une autre dissemblables. Si nous entrons dans une Commençons par des églises du temps. poésies complètement extension du domaine poétique que nous ne connaissons plus: qui songe. et Ics usages établis médicat. au treixième . liturgique ou sacrée. l'autre était réservée aux chants sacrés et aux compositions la première était la langue de la nation ou la tangue savantes des laïques. les préceptes détienne de Bourbon en matière de prédication. ("est ce que nous apprennent. ni le pentamètre d'Ovide. ou profane. par l'école de Salerne en matière d'enseignement t\n outre. siècle. dont te cuite était loin d'être nc fût plus guère une tangue chapitres suivants le plaisir nos vieux trouvères. en effet. embrasse deux genres tous deux riches et fort goûtes des clercs: la poésie distincts. a composer des vers latins aujourd'hui. quoique la langue latine parlée. éteint.LA PO&StE LATtNE. tégendaircs. à part les malheureux élèves de quatrième ou de troisième. entre autres. qui ne peuvent pas faire autrement ? Nous nous occuperons d'abord de cette poésie latine. la seconde celle de t'Hgtisc ou des clercs. à l'heure où les fidèles réunis entonnent en chœur un de ces cantiques latins. Mais. admis depuis le quatrième siècle à l'honneur de figurer officieusement dans la liturgie. nous écrions-nous. et nous remettrons aux d'écouter les accents inspirés de La poésie latine. nous sommes frappés. il y avait pour tes poètes comme pour tes prosateurs t'une servait a chanter les hcros langues di~erentcs tes exploits guerriers ou les passions humaines. ce ne sont ce plus là des vers latins ce n'est plus la mesure antique n'est plus l'hexamètre de Virgile. la poésie extra-liturgique la première. d'une singularité très curieuse. tS5 furme de titHnage couine d'un moyen mnémotechnique. dès les premiers mots.

Nec M/t~«W. t~K~ ad !<tW. de nouvelles lois président à la versification des chants sacrés. ou simplement d'un des vers suivants.H<~7W/<&M. ou même la rime riche.tse LE TREIZIÈME SIÈCLE.f. C'est toute une révolution qui s'est accomplie. on leur prête à toutes une valeur égale. Voilà des vers qui sont latins par le langage. et par quoi l'a-t-on remplacée ? On l'a remplacée tout simplement par le principe du syllabisme et du rhythme. et c'est le désir d'associer le peuple fidèle aux louanges du Seigneur qui a poussé . En d'autres termes. sur lequel reposait déjà la poésie primitive des Romains. on établit une conformité de son plus ou moins parfaite entre la dernière syllabe d'un vers et la dernière syllabe du vers suivant. on a la rime véritable. comme en français. c'est l'idée chrétienne qui a tout fait. ni aucun de leurs tiérivés Qu'a-t-on fait de la prosodie. puis. et on en met dans chaque vers une quantité déterminée. Si cette conformité ne porte que sur la voyelle finale. en même temps.f <~M'< Ad <~M~ JMKW <M'M/M. mais qui sont déjà français par la forme et la coupe. on a ce qu'on appelle l'assonance si elle s'étend aux consonnes ou aux deux dernières syllabes. on ne scande plus les pieds. on ne combine plus tes syllabes longues avec les syllabes brèves pour en faire des dactyles ou des spondées on compte uniquement le nombre des syllabes. comme dans cette strophe de saint Thomas d'Aquin t~~KW . D'où viennent donc ces lois ? d'oû vient cette révolution ? Eh bien cette fois encore. et d'où est issue la poésie française moderne.

Gautier a déjà publié la premMre partie de son /y/j/fw < la /«<«<' A/Mgigue. qui leur valait des villas. des honneurs. !S8~). sans se soucier des suffrages du reste. car. I~éon Gautier. !t y a peu de phénomènes dont la marche soit plus intéressante à suivre et plus propre à nous édifier sur le véritable esprit du christianisme. ce que nous appelons d'une manière générale la poésie latine. nul compagnon de route plus attachant pour ceux qui voudraient faire une connaissance complète avec les beautés de ce pays inconnu. Mais nous devons nous borner ici à un coup-d'œH d'ensemble. contenant une étude très détaillée sur )M ?'n~(Tottr<. t57 l'Église à cette transformation radicale. D'abord les poètes du siècle d'Auguste et leurs imitateurs ne visaient pas à la popularité ils visaient avant tout à la protection des Mécènes. Nul guide plus sûr. Il y avait à cela deux raisons péremptoires. la poésie classique. Ils composaient donc uniquement en vue des grands loin i. M. La révolution opérée par l'Église n'était pas très difficile. je le dis à notre confusion. Le peuple n'existait pas pour cette aristocratie de la plume Horace s'écriait même tout haut O~MMW M<~M et arceo. des richesses. qui forme le domaine de ta poésie liturgique pour la plupart des chrétiens d'aujourd'hui. M. et les plus désintéressés ne songeaient qu'à charmer l'oreille d'un petit groupe de détieats. chose surprenante.LA POÉSÏE LATINE. Un des plus brillants érudits catholiques de notre époque. Matne. . et s'apprête à livrer au public ic fruit de ses longues recherches ('). ce serait un vrai voyage de découvertes. n'avait jamais été populaire chez les Romains.in-S". l'a retracée en détail dans une série de leçons aussi éloquentes qu'instructives.

lènes. tout naturellement. comme chantant. Ensuite. qui déroutaient devant la plèbe enthousiaste les merveittes de t'««/t' ou de la C~'t~cK de ~/«M< ils voulaient innorer le public. te principe même de la versification classique était antipathique à la nation romaine. les belliqueux habitants du Latium chantaient des chansons grossières dans lesquelles on ne tenait aucun compte régulier des brèves et des longues. comme un détire. a ses tendances. les Saturniens c'était ta leur vraie poésie nationale. contraire a son génie. mais plutôt de l'accent et du nombre des syltabes. Ils ne connaissaient. à son passé.158 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Jamais certainement t'M M' n'eut dans ta Rome antique ta moitié des lecteurs et des admirateurs qu'elle eut au moyen â~e. la tyrannie de la mode se fit sentir aussi. dans la versification. et que. On ne se rendait pas compte de ce fait que la race musicale. partout. et le publie les ignorait. de ressembler aux grands poètes nationaux des a{. sous le beau tion. en fait de vers. Ce ne fut pas assez de chercher à reproduire leurs qualités il fattut singer leurs défauts. à son tempérament. et c'est là sans doute la raison capitale. dans la langue. dans les arts. la langue origincllc s'était trouvée tout à sa constituciel des Heton parlait en naturellement .es héroïques. Ce ne fut pas asscz de s'habiller comme eux il fallut s'exprimer comme eux. les t-'escennins. Dans les temps primitifs. Vint la conquête de la Grèce l'imitation des Grecs sévit aussitôt comme une manie. et jusqu'à t'arrivée d'Ennius. que son système de grecque était essentiellement poésie métrique tenait à son caractère propre. et les rudes gosiers des enfants des Osques et des Étrusques voulurent chanter comme tes bouches harmonieuses de la molle tonie. comme on chantait en naissant. que les Atellanes. dans Ics mœurs.

ainsi qu'un morceau de musique ou de danse. et t'en n'y arriva même jamais d'une manière complète. chez les Romains. Z~A < <<t ille Mais. Aussi le peuple continua de chanter ses vers primitifs. pour s'en tenir à la vieille méthode nationale. Lorsque les acteurs de Rome débitaient au théâtre les comédies des meilleurs auteurs. de sons tramants et de sons fugitif. peu accessible au vulgaire). A'f ~o~~j Hww<«~ ~/M~MM. tout le génie de Virgile et tout le talent d'Horace pour faire accepter et consacrer par l'usage la nouà la Grèce encore demeuravelle versification empruntée t-elle l'apanage des érudits. car il resta dans la prosodie de nombreuses incertitudes. voulut introduire parmi eux le mètre hctténique. 1) fallut. pour sa plus grande commodité. 159 compose de brèves et de longues. rétrospectives.)7/W !f/<WW f~ /M/M/ ~(fr~/ Latio. Les Grecs n'avaient fait que conformer leur langage poétique à leur langage ordinaire. on . construits sans art. comme l'observe M.o~p!utôtsonéco)e. qu'on put y arriver.LA POÉSIE LATINE. voilà ce qu'ils voulurent substituer à t'antiquc mesure saturnienne. ce ne fut que par des distinctions artificielles. comme le dit Horace dans un passage cétebre ~MVM <Y~/«. Quand Ennius. et laissa les hetténisants varier à plaisir les enchevêtrements ingénieux du mètre (ce qu'ils ne purent opérer sans faire de la langue poétique ellemême une langue compliquée. cette répartition spontanée des syttabes n'existait nullement. Gautier. on eut toutes les peines du monde à établir un classement analogue entre les syllabes de la langue latinc. et ils récitaient tours vers en tes scandant par instinct. Voilà ce que les Romains voulurent imiter.

M.tM/ < ww /?. c'est. il faut la grande voix du peuple chrétien. Jadis la puissance de Jupiter. de son coté. afin d'être mieux compris. voyait (c'est encore le même Horace qui l'atteste) les assistants. Quintilien laisse également échapper l'aveu que la langue romaine n'était pas bâtie pour la comédie en vers ~w«wM'</w WfM7w<'<Aw//<wwM). à son tour. Aussi les comiques voulaient reconquérir la faveur de la foute s'écartaient-its qui a dessein des régies de la quantité. ennuyés de la poésie métrique. d'être essentiellement populaire. au Dieu universel. Iî le. d'importation étrangère. et cependant réet. Mais voità le christianisme qui. Cicéron. conquiert le monde et le premier caractère du christianisme. Ic désespoir de Didon étaient agréablement chantés par quelques esprits ramnés mais au Dieu vivant. en comprenant et en sentant tout ce . interrompre la pièce et demander des spectacles.?«//<!)'. au moins pour les chants sacrés. Le Christ est venu pour relever les petits. Et le peuple. et que la versification savante. dont la domination ne doit avoir ni fin ni limite. reprendra le dessus. s'élevant unie et majestueuse comme le bruit de la mer. de celle qui est restée dans l'oreille et dans la mémoire de la foule. au contraire. sera délaissée. Que va-t-i) en résulter? C'est que le principe de l'ancienne versification romaine. l'Église leur fait dans ses rangs la plus bellc place. pour porter aux pieds de l'Éternel un hommage digne de son immensité. dit Terentianus Mau~ rus.'< /~w. it faut la louange de toute l'assemblée des saints. a besoin de chanter à pleine voix son Dieu.t60 LE TREIZIÈME SÏÈCLE. Il faut que le peuple entier célèbre la louange de J~sus-CtfRtST. anormat. les exploits d'Enée. t'riscicu et d'autres nous fourniraient au besoin des témoignages analogues sur cet état de choses singulier.

A~o/< <t//y/«' f«~w/M/f~vM<<' ?<?<v/«//< Wf/KM ft</ t<«t t'<<t W~O M/'W/~ M~O. mais tes aimer. On compose toujours des hymnes métriques. A partir du quatrième siècle. Mais tel est bien le motif réel qui engagea saint Ambroise à introduire le rhythmc et l'assonance dans ses hymnes célèbres. ils admiraient Venus. parce qu'il est véritablement rempli de son amour. qui se rapproche sensiblement de la poésie syttabique. car quel est celui d'entre eux que l'on vit aimer une seule de ses divinités? Ils craignaient Jupiter. lui donner la forme de la poésie (métrique). sentiment nouveau que les païens na ptinvaient même pas soupçonner. Voulant composer un cantique renfermant la réfutation des Donatistes et le faire chanter de mémoire aux ndètcs. dit-il. Un passage significatif de saint Augustin nous fait entrer dans la pensée intime des t'ères à cet égard. on cherche à la concilier avec le système sytlabique. mais on réduit en même temps les . !<U qu'il lui dit. sentir un battement de cœur en prononçant leur nom ou en l'entendant prononcer. M<'Wf K<WM//<M My/A<~< y Aussi écrit-it son cantique dans une <w~< forme particulière.its invoquaient Atercure. ce n'était pas un culte.tout en respectant ta quantité pendant quelque temps encore. de peur d'être contraint par les nécessités de la prosodie à employer des expressions peu familières au peuple.LA POÉS!E LATI N E. on conserve les pieds com~tsés de brèves et de longues. t'amour divin.mais. cette tendance s'accentue de plus en plus. jamais! C'est là le privilège de )a vraie religion et le paganisme n'était pas même une religion. En d'autres termes. éprouver ces deticieuses émotions réservées a t'ame fidèle intimement unie à son Dieu. On pourrait croire que j'émets ici une théorie. <[ je n'ai pas voulu. tes premières que l'Église ait adoptées.

forme il lui seul comme une petite strophe. tous tes vers sont ornes d'assonances. et qui est la mère de la versification française. au sixième. qui fait élever ou arrêter la voix sur certaines syllabes et produit ainsi des temps de repos le syllabisme. la rime véritable. cette transformation deviendra complète toute la poésie liturgique sera syllabique et assonancée. partagé en deux ou en trois par l'accent et par des assonances intérieures. Puis on multiplie les assonances.autant que possible. huit t'tambique dimètre.f<<~MWM trochatque. eUes'introduira jusque dans l'intérieur des vers. etc. La progression est évidente. on en compte soixante-dix sur quatre-vingt-douze dans une hymne de saint Grégoire. extension quelque peu puérile de l'assonance. parce que la musique populaire des hymnes. qui consiste à compter les syllabes au lieu de les mesurer l'assonance. ann de mieux graver les chants sacrés dans la mémoire des fidèles: dans une hymne de saint Ambroise. vers la fin du onzième siècle. qui attache rigoureusement une note a une syllabe. C'est à elle. Donc. Vers l'an tooo. l'origine de la versification latine ecclésiastique que nous trouvons en usage au temps de saint Louis. qui devient le type du vers lyrique de huit pieds. exige cette uniformité. qui est le germe de la rime tout cela provient de la poésie populaire des habitants primitifs du . qui. au cinquième siècle. peut se résumer dans ces quelques formules: Les fondements de cette versification. Enfin. on compte douze vers assonancés sur seize dans une hymne de Sédutius. c'est à cette nouvelle venue que l'avenir appartient. qui devient par ta le type de notre vers alexandrin.t62 LE TREIZIÈME SIÈCLE. triomphera sur toute la ligne. a un nombre uniforme de syttabes. Ainsi l'on donne douze syllabes à l'aselépiado. quinze au . ver. c'est-à-dire l'accent tonique.

comme notre langue même. Kn somme. ne sont séparés que par une nuance. Gaston Paris. Mais tous ces éléments ont été introduits ou rétablis par faction de t'Kgtise. et qui nous est parvenu transformé. au treizième siècle. par la liturgie. parce que l'assemblée des chrétiens et la plèbe ne faisaient ptus qu'un. comme tout ce que touchait la main de féc de la nouvelle religion. et qui. je crois. elles représentent l'ode antique. parce qu'ils ne sont qu'une exception et une fantaisie. qui ont discute cette question. différant tous trois de la poésie classique par la forme. mais avec toute la . perfectionné. portant sur la part d'influence revenant Ala vieille poésie populaire des Romains et à leur poésie savante dans cet enfantement de la versification moderne.LA POÉSIE LATINE. tes proses et les tropes. comme le pense M. trois genres de poésie sacrée simultanément cultivés. parce que nous les retrouverons en traitant de la poésie dramatique. un legs de la plèbe romaine. C'est ainsi. Paris. comme la messe de sainte Geneviève qui se disait pour la confrérie des archers bourgeois de Paris. et les mystères liturgiques. dans le but de populariser les chants sacrés. mais à un degré inégal. la tongoeur ou la coupe des vers provient des mètres classiques d'importation grecque. Ce sont les hymnes proprement dites. qui sont le développement des tropes. Gautier dans ses conclusions. comme le dit aussi M. Je laisse de côté les offices en vers. Nous trouvons. Seule. l'on peut concilier les deux systèmes de M. La première survit en elle plus que la seconde. legs qui a passé par les mains de t'Hgtise. t63 Latium. modinés sous fin' nuence du syttabisme. Gautier et <)e que M. au tond. mais les règles liturgiques ont contribué plus que l'une et l'autre à sa formation. elle est. Les hymnes sont le chant sacré par excellence.

) cella. plus favorables tes unes que les autres à l'expression lyrique de l'amour divin et précisément le premier hymnographe du . sc!on la plupart des historiens. divisé. à cette différence près qu'ils étaient vraiment animés du soufHe poétique. en deux ou troit tronçons rimant entre eux. et de s'adresser généralement à Dieu pour te louer. Ils sont surtout composés à l'aide de l'ancien ~A'/M~/M trocharque. dont elles ne suivent plus du tout les lois). et qu'ettes s'adressent aux fidèles.f<«. autrement die vers politique. suivant quelques autres. tandis que les proses sont en prose. ainsi que je le disais.t64 LE TREIZIÈME SIÈCLE. saint Ililaire de Poitiers. supériorité d'accent qui appartient a ta touange du vrai Dieu. M'M'/</M~~«~<M<. comme dans ces strophes de saint Bernard diadentate. (~)WWM< /«~ /~f/ w<w<' . ~f/<& 0/MM ~WM/ ) ~<'<!&< j WM~~fWW Cette coupe heureuse prête à une foule de combinaisons. Depuis le neuvième siècle. qui imaginèrent de composer et de faire chanter par les fidèles ces additions à l'office primitif. Les ))ymnes étaient pour les chrétiens de leur temps ce que sont tes cantiques français pour ceux d'aujourd'hui. pour leur exposer un dogme ou leur raconter les vertus d'un saint. et depuis le deuxième la rime les a gagnés à son tour. C'est saint Ambroise. déjà soumises à l'isochronie des syllabes. ~M~W/A! ) ~MWWt ) A*<~M 0M<~ ) < t7<K<<!<WM ) ~TM~M~MW ornala . ~<M . Leurs caractères distinctifs sont d'être en vers ptusou moins réguliers dit )c vénérable Bède). comme leur nom l'indique (du moins relativement a la poésie classique. et peut-être tous les deux ensemble.t/~WM~. l'assonance a complètement envahi les hymnes.

de saint Grégoire.S<M~'7«W.et Mttnt. se fait remarquer dans tes hymnes Le XtM' NM< NM.LA POÉStE LATtNE. j Ici la rime est disposée autrement c'est la seconde partie du vers qui rime avec la seconde partie des vers suivants. et la troisième avec la troisième. dit-il. Quant au style. ils sont plus savants. de Prudence. nous en fournit un harmonieux spécimen dans son chant célèbre en l'honneur de t'Kueharistie /'<M~< /«~. puisque la langue latine est morte mais ce sont des chants officiels. ~<)'<~<<'M//MW. . < Un talent poétique dont ses œuvres ne présentent aucun autre exemple. que les modernes ont à leur tour précieusement conservées. si poétique dans son esprit. Néanmoins ils comprennent encore des chefs-d'œuvre. entrés depuis une centaine d'années dans le corps des livres liturgiques et dans Ics heures canoniales. 165 treizième siècle. j ~M/ j ~~VAf ~<7//W. si majestueux dans sa langue. Daunou lui-même a été obligé de rendre justice à celles qui sont sorties de la plume du Docteur angétique. A côté des hymnes anciens de saint Ambroise. le plus grand poète sacré de tout le moyen âge. Ce ne sont plus tout A fait des chants populaires. Peut-être ne renferment-ils pas autant de beautés. Il1 . plus theotogiques que ceux des premiers siècles du moyen âge. figurent avec honneur des productions nouvelles. qui vivait au milieu de ce douzième siècle. autant de magnincences de langage que les compositions d'Adam de Saint-Victor. que les fidèles continuent toujours à chanter. saint Thomas.tyW ) ~<M< j ~/«'W. les hymnes de saint Thomas et de ses contemporains sont moins simples.<MWMM<<W. de saint Hilaire. /~7<f/«Jf!V/7~M).f<'W/<W.

et qui vivons dans un temps où. ont souvent de la grandeur et de l'éclat ('). dont on a pu croire l'esprit absorbé par les subtilités de la scolastique. pour remplacer t. par la coupe des vers.166 LE TREIZIÈME SIÈCLE. le cœur desséché par l'étude d'Aristote. . et que la latinité chrétienne avait un genre de beauté indépendante des élégances païennes) cependant le sentiment de l'harmonie s'y manifeste par la variété des mesures. Les proses sont beaucoup plus récentes que les hymnes dans la liturgie. par un moine appelé Notker. etsuiv. faut que le style de ces poèmes soit toujours d'un goût très pur. nous pouvons hautement rendre à saint Thomas poète l'hommage que nous avons précédemment rendu à saint Thomas théologien. ou. Si d'autres hymnographes de l'époque se sont tenus dans la médiocrité. que la latinité en soit très élégante et que les règles de la prosodie classique y soient observées (Daunou ne soupçonnait même pas que la prosodie classique était alors remplacée par une autre. tl s'en 7~<<S<t<~M. . la connaissance de notre histoire littéraire est beaucoup moins superficielle. /<Mf<.t<'Aww'M. vers 860. des lignes. et nous allons le voir mieux encore à propos des proses car ce profond penseur. Elles furent imaginées. Les pensées presque toujours ingénieuses. //M<. Dieu merci. par l'heureuse distribution des nombres et des rimes.<W~. si l'on veut. 369 / dela t p. à l'abbaye de Saint-Gall. et avec une surabondance de pieuse tendresse. La contrainte qui règne dans cet éloge est vraiment curieuse. XtX. le plus touchant des dogmes catholiques. Pour nous. qui n'avons pas les mêmes préjugés. a chanté sous toutes les formes. lui du moins nous dédommage amplement de ces symptômes de décadence. t~t'~Mw ~M«w.

K~«wf< déjà affecté aux notes supplémentaires venant à la suite de l'ZMM. La prose. dans celui-ci. avec un reste de pudeur. tandis que l'hymne s'en imprégna peu à peu. elle afHcha hautement le principe du syllabisme. par le perfectionnement qu'il apporta dans sa structure et par le style éclatant dont il le revêtit Rien de plus éloquent que les proses adamiennes. ou proses notkéricnnes. qui pourrait ne pas le reconnaitre dans les magnifiques . par conséquent. Mais ce fut Adam de Saint-Victor qui donna la consécration à ce nouveau genre de poésie sacrée. Née à une époque où les scrupules qui faisaient encore respecter le mètre antique avaient disparu. tandis que les neumes étaient remplacés. il leur substitua. (.LA PONSŒ LATINE. Au lieu d'une série de a <tqui n'enraient aucun sens. par des mots sans suite ou même d'assex mauvais goût. se répandirent en beaucoup de diocèses. t67 les neumes ou~~7<. ce bon religieux entreprit de faire chanter des paroles sensées et rhythmées et il avait bien raison. elle n'en est pas moins de la poésie.~<«/<~<~M ~«<<w ~M<w/MW !'o<'«~ dit un ancien Ordo romain. Leur auteur manie avec une dextérité pleine d'aisance la strophe de trois ou de six vers. pour être dans la forme de la poésie moderne. dérivée du ~A'/M/M~trochaifque. Mais. chanté à la fin du Graduel de la messe. lui. qui prirent )e nom de . de la poésie française. Et quant au sentiment poétique. dont nous avons déjà remarqué l'introduction dans les hymnes et qui devient ici d'un emploi beaucoup plus générât. n'est pas aussi prose que cela.) Ces proses primitives. L'idée première lui en avait été fournie par un antiphonaire normand apporté de Jumièges à Saint-Gall mais. de véritaMes chants. c'est-à-dire les notes joyeuses qui servaient de prolongement à la dernière voyelle du mot ~/A'/MM.

juin). ti" du as <f<4~:jM de ~<t/a/. On en a un exemple caractéristique dans la prose . dont la traduction a paru dans la JP<vM<du ~ûa~e catholique (an. L.ïe).<!M~. D'autres séquences. Or. d'autres proses. Qui de nous n'a répète avec admiration. de la théologie et de la poésie.f f~~<!M'/ <"X~M/< <M&)'&M ~M~«~<J f~M-M <<7<W est <t<W ~<y<W<f«M ~</M.if~TMM? eM/w~<M~M. a été publiée en ïS~ (Paris. ~/MM~W /0/< ~<<7/< <!MO<f M/<M//W«/< 6~W ~V<V /</<M't' ~/(~<'M. la troisième. morceaux de maitre Adam ? L'alliance. avec jubilation. bien préféMMe aux antres. ~f/OM. suivant l'expression liturgique. rcnce. Ce morceau passe avec raison pour un des che<s-d'œuvre du genre. in. les belles strophes a rhythme ternaire de celle de la fête du ra Saint-Sacrement ? ~ /.168 LE TREÏZtÈME SIÈCLE. et c'est encore au génie de saint Thomas que nous le devons. 1870. c'est là aussi le caractère dominant des proses du siècle de saint Louis. si difficile en appa. . peut-être aussi remart. M. s'y trouve merveilleusement réalisée ('). Mais ici l'imitateur éclipse le modèle. Sa structure est calquée sur celle du chant d'Adam de Saint-Victor en l'honneur de saint Étienne Heri w~Mo~M exultavit. /<~ <<yw r/ ~<ww /M /~WMM et «M//fM. M<'W. Gautier a donné trois éditions des <E~f~j ~f~&t Victor. Et Ct7<M.

Celle de la Pentecôte ~<H. par l'Église. qui retentit à nos oreilles comme un éclat de tonnerre. qui vivait dans la première partie du siècle suivant mais les critiques les plus compétents la font remonter au temps de saint Louis. le jour de la Commé moration des défunts elle se chantait le premier dimanche de l'Avent. et à d'autres séquences du même âge pour ne pas être leur contemporain. sancle ~H'M. il faut dire qu'elle ne se chantait pas.mort en 2 t6. comme la précédente. f attribuée jadis au roi Robert. n'était pas une prose à l'origine il a été . qui renferme encore des strophes si touchantes. jour où l'Église appelait l'attention des fidèles sur le jugement dernier.comme l'avait observé D.LA POÉSÏE LATtNE. Guéranger. notre grand liturgiste elle évidemment par sa facture au commencement du appartient treizième siècle. Et. Une œuvre du même genre. 169 quables. Seulement. à l'origine. en effet. Mais il ressemble trop par sa forme extérieure au ~.se chantait dans la croisade atbigeoise. ont vu le jour à la même époque et ont été adoptées. aussi célèbre mais dont le langage est moins correct. et de nos jours au pape Innocent 11t. cette sublime poésie ne fait allusion qu'à la sentence suprême qui attend les humains c'est la fanfare éclatante qui sonne l'appel des coupables au tribunal du souverain juge il n'y a là rien de particulier au culte des trépassés. Et <'w<7~«t*M /fM /M<?<t<MW. a été prêtée quelquefois à un religieux quelque peu postérieur et de nationalité italienne.<H~. passe pour être l'ouvrage de Thomas de Celano. au reste. Cette du jour des Morts. Fra Jacopone: c'est le Stabat ~</<v. Le Stabat.

. « C'est à toi. ses stigmates. pour la fête de Notreune complainte. ô ville fameuse. la mère des études. C'était un~M<f. dotée de toutes les gloires. OWM< ~K<<&/MM&<t. et qui sont d'un mérite très inégal. Celle de la fête de saint François remémore ses prédications devant le soudan d'Egypte. adopté comme tel beaucoup plus tard. en dehors de la fête du SaintSacrement. j~<<f ~/M~M~MM. faite pour être chantée en dehors de la messe. comme nos cantiques français. comme la plupart du temps. ont été composées pour les nouvelles fêtes instituées au treizième siècle. Je citerai notamment celle de la Susception de la sainte Croix. ~~OM<t <W<A'A< .170 LE TREIZIÈME SIÈCLE. dont l'auteur est inconnu. La prose écrite pour la fête de saint Louis célèbre ses exploits sous l'étendard de la croix et sa mort glorieuse. M~ inclyta. qui ne sont point demeurées comme celle-ci dans la liturgie. que la sainte Couronne a été connée c'est dans ton sein qu'elle repose. » Inutile de demander si le clerc qui a composé ces vers médiocres devait être un parisien. Enfin des proses assez nombreuses. Urbs /MMy?<W. noble cité de Paris. à toi. Dame des Sept-Douleurs. mais qui renferme un couplet curieux en l'honneur de la ville et de l'université de Paris TtW.B~ in ? reposita. et jusqu'à son amour pour les petits oiseaux: petits Vir qui sic ye/?WM<~ ~'M voceM<~M«'/ Semper clara.

perdront leur vogue universelle. ~W. la décadence qui attend tout l'ordre de choses du moyen âge. Le troisième genre de poésie liturgique n'eut jamais l'importance des précédents. et rappelant une strophe autrement poétique de saint Bonaventure. en particulier. ~n«~M/M~W« Ad Mf. introduite depuis le les jours de l'année ainsi d'un mélange . <W<'MMW WNM/MM 0/<<ii' /W~M~M~ Z~WMW~~M~MMM ?«0 f<< APMt'. comme les proses elles-mêmes. Les proses. dès la fin de celui-ci même. ce disciple du grand charmeur. Mais il faut nous hâter de le déclarer car. Leur multiplication même leur fut fatale on en vint à en composer pour presque tous liturgique. envahissement et n'admit-elle dans sa liturgie que quatre proses en tout. leur tangue noble et imagée. gagnera ce genre de littérature. ni la note sublime ni la note tendre.LA POÉSIE LATINE. Les tropes sont. !«<. qui semble avoir hérite de son Ameaimante et de son sentiment vrai de la belle nature /*A/~<WWM ~/MTM y<c~r ~waw/. pour revêtir un style mou et sans caractère. dès le début du siècle suivant. Ainsi aucune note. ~<MC. une interpolation de l'office. ni la note terrible ni la note gracieuse ne manque à cette poésie sacrée. t7t Heureuse idée. et les missels se chargèrent de pièces plus ou moins hétéroclite Aussi Rome dut-elle réagir contre cet dignes d'approbation. bien mal rendue.

comme t'indique son dernier vers Z~'c <<MM«. Ce n'est pas sans raison car de telles interpolations tournaient à l'abus et dénaturaient trop souvent la majestueuse simplicité de t'ofncc. n'offrait pas le caractère solennel des hymnes ou des proses. Par exemple. En effet. mais ils ne consistèrent d'abord qu'en quelques mots.t72 LE TREÏZÏÈME SIÈCLE. c'est-à-dire à partir de la fin du onzième siècle.f gratias. celles des ofnces en vers. et qui n'est qu'un trope du /~w<«HW/. ~ff<7<~ ~<7r~/f t'~<'< /< est. <Mw. Quelques-uns cependant. pour satisfaire ce besoin remarquable des nde!es de voi. dixième siècle. C'était une véritable farciture.f</ ~b ~<?/<<' < o~w ~M<7~ etc. y eut pénétré. basée sur t'assonance ou la rime. et ils digéraient des hymnes en ce qu'ils n'étaient point faits pour servir de chants populaires. A force de se dévetopper. parce que t'Égtise romaine leur fit. yww ~<f~ ~M/< etc. une guerre décidée. les morceaux de cette espèce furent la plupart composés pour être chantés au /~<w</MWw. lorsque )a versification nouvelle. !t faut toutefois leur reconnaître un mérite c'est qu'ils furent le germe du drame . dont l'idée rappelait ~/w«. tes premières paroles de l'Introït de Noet /'?< /M/~f est w<).f ~j est HO~M. malgré ses prétentions. prirent la tournure de véritables cantiques. H nous en est resté fort peu. et qui. Te) est le fameux <qui est entré dans notre liturgie pascale.f. parfois en un vers ou en un distique. furent w rempiacces par celles-ci ~~w /M.f termine chacune des heures qui canoniales. bien plus qu'aux proses. Les tropes dîneraient aussi de ces dernières en ce qu'elles n'étaient point écrites sur une mélodie antérieure. allonger les cérémonies et tes spectacles de t'hgtise. intercales entre deux phrases du texte officiel et développant )e sens d'une de ces phrases.

immuable comme sa doctrine.LA POÉSIE LATINE. du reste. ette est fermée à la masse de la nation. Le nom de poésie ne lui convient donc guère celui de prose versifiée. d'abord parce qu'elle est moins intéressante en soi. 173 liturgique. En effet. et que tout le théâtre moderne est sorti. serait plus juste. pour attendrir: elle vise tout au plus a instruire. Ces chansons ont été faites par eux ct pour eux. soit par le désir de mieux graver dans la mémoire les vérités ainsi présentées. son principal caractère est la froideur elle n'est pas faite pour échaufïer. des gens d'Égtisc. moraux soient traités en vers latins à l'heure où la France entière répète ta C~~fOM</<' *<'Aw< l'heure où elle à A est suspendue aux tcvrcs de ses trouvères et de ses jongleurs. Que l'Église continue à chanter en latin. Elle nous arrêtera moins longtemps. Mais que des sujets historiques. comme les autres poèmes latins du siècle. et la nation n'y perd pas beaucoup. Cette critique n'atteint pas. tt me reste à parler de la poésie latine extra-liturgique ou profane. comme nous le verrons. savante. et puis parce qu'elle ne représente nullement la véritable poésie de t'époquc.quoique un peu sévcrc peut-être. voilà qui peut surprendre davantage. On est parti de là pour affirmer que la langue latine n'était pas morte. Mais cela doit se dire uniquement des clercs. Toute cette poésie est essentiellemcnt cléricale. que certaines chansons satiriques composées en latin prouvaient que t'en comprenait et que l'on partait encore cette tangue. soit par l'amour invétéré des vers. didactiques. réservée. le fond des . de ces premiers commentaires du récit évangélique. et ta forme poétique n'est chez elle qu'un manteau d'emprunt jeté sur un corps prosaïque. cela se conçoit ette a fait de l'ancien idiome romain sa langue héraldique.

Le règne de cette langue et de cette poésie est réellement fini clles ne servent plus qu'à faire des pastiches. Ces laborieux écrivains. Et c'est là peut-être aussi la raison de la froideur que je viens de signaler. pour toujours. et qu'ils remontent jusqu'aux procédés de Virgilc et d'Ovide. Et si ces pastiches se produisent en quantité considérable. ce phénomène ne prouve qu'une chose. qu'ils dédaignent cette forme populaire. . à savoir le grand nombre des lettrés et la force des études. de la versification de l'antique plèbe romaine. devenue la forme nationate. Là est Ic signe distinctif qui tes sépare des poètes liturgiques. qui tuent l'inspiration. qui suent sang et eau pour imiter la tangue et la poésie virgilicnnes. comme l'on dit en style judiciaire. qui souvent n'en est pas moins sotide pour cela. à tours constructions forcées. Non ceux qui s'y adonnent sont des hommes si savants. ouvrages ou des traités en vers. En un mot. et non des vers syttabiques. devenue cette de la littérature chrétienne. c'est qu'elle n'est plus basée sur les règles de la nouvelle versification. a leurs mètres compliqués. du vrai public. ils n'entendent rien. qui travaillent. parce que leur style offre peu d'inversions et que leur rhythme se rapproche de celui des poèmes populaires: mais a ces imitations guindées des maîtres classiques. Les sujets de saint Louis comprennent encore les hymnes et les proses qu'ils entonnent avec tant d'amour à t'égtise. ils font des vers métriques. ils ne cherchent même pas rien entendre ils en ignorent. et qui les sépare aussi.t74 LE TREIZIÈME SIÈCLE. se heurtent mille obstacles qui enchai. Une autre preuve de l'impopularité de la poésie dont je parte et de son caractère de pur exercice littéraire. ncnt.

178 Si ces vérités pouvaient sembler douteuses. basée principalement sur i'riscien mais c'est un méchant poème. a l'exemple des docteurs Salernitains. intitutéevh~f.notamment de son /tM//fAw</MWM. le doute disparaîtrait par l'examen des principaux monuments de ce genre de poésie.roman traitant des connaissances nécessaires pour former l'homme vertueux. et il échapperait en partie à la critique que je viens de faire. Mais voici des analogues rentrant tout a (ait dans notre période. Voici le /~f~M/< yt~~w~w de maître Alexandre de Villedieu. selon tous les synchronismes. Les plus importants appartiennent à la théologie et à la science. qui fut aussi en grande faveur dans les écotcs c'est une excettente grammaire latine. ce précieux ouvrage appartient plutôt aux dernières années du précédent.LA POÉSIE LATINE. et qui atteint les proportions d'une encyclopédie quoique devenu classique au treizième siècle. écrit un poème médicat dont le titre me dispensera d'insister sur son contenu 7~' ~/M~. Je ne parierai point de la longue paraphrase et de la Hibte en plus de quinze mille vers. mais il prétend mettre en vers ce que la médecine de son temps offre de plus . s'entend) il renferme de très beaux vers. vers la fin du douzième siècle. Mais il échappe aussi à notre domaine car son auteur florissait. ce commentaire historique et allégorique qui jouit d'une si grande vogue au moyen âge (parmi les clercs. comme doit l'être toute grammaire en vers. chanoine de Reims. duc à lierre de Riga. médecin de I'hilippe-Auguste. H faut en dire autant des poèmes du cétcbrc moral Alain de Lille. Le moyen d'expliquer t'atphabet ou les déclinaisons en tangage poétique? V<'ici quelque chose de plus fort Gilles de Corbcil. Non seulement il veut enseigner la médecine en pompeux hexamètres.

philologiques. c'est là de l'histoire.es récits historiques se prêtent davantage à la forme poétique.ne LE TREIZIÈME SIÈCLE. ou en mauvais vers. Tous les événements de l'histoire universette y sont retraces. mathématiques. en traits précieux pour t'historien. L'auteur a beau s'cfforcer d'énoncer tes dates des événements par une périphrase. Cette longue narration est riche en détails de mœurs. Dans cette classe. De pareilles fantaisies peuvent ctre très utiles au point de vue de l'histoire de cette science toute spéciale mais. De semblables tours de force sont la mort de l'inspiration. et jamais on n'enseignera convenablement quoi que ce soit qu'en bonne prose. depuis te passage de la mer !<ouge jusqu'à ta première croisade de saint Louis (preuve péremptoire que l'auteur vivait sous son règne). . encore un coup. je )c demande. ici du moins. contrairement à la tradition qui l'avait attribuée jusque-tA au onzième. C'est en prose qu'ont écrit tous ces versificateurs. surtout lorsque Jean de Garlande en arrive aux faits dont il a été le témoin ou le contemporain. et cherchons le feu sacré ailleurs que dans les traites didactiques. que) rapport peuvent-elles avoir avec la poésie? Laissons donc dc coté. dont fourmille la littérature de l'époque. c'est de la chronique versifiée ce n'est pas de la poésie.w< que la critique sagacc de Victor Le Oerc a rendue au treizième siècle. toute cette série de poèmes chirurgicaux. repoussant. nous rencontrons une immense composition de Jean de Garlande. et se mettre à la torture pour nous dire en vers que le roi vint camper dans tel lieu en t too C4w/< Wf~MM f~M~MM~M~' «W/O ÔMW MtW~C rex ibi castra locat. Mais. intitulée 7~ /</MM~M /:«A'. l.

du haut des cieux nous envoyer ta paix une idée <ëconde. t ty/JF /~<VW /~Mf// MwAt~/w . que son véritable auteur. t77 quand ils ne rendent pas le styte complètement obscur. implore la Étoitc brillantc. Mais l'allure générale du style. Il y a ta Vierge. 6 Soleil.f<v/«/<' ~<Y~w ~<t. <'<wn~A'M~A' y~w <t*/M M~<< ~<t. De temps en temps. La langue en est pure. et t'étude de t'antiquité classique s'y trahit par d'heureuses réminiscences. mère du paix par ses prières assidues fitte de Celui à qui tu as donné le jour. /<)~wy . daigne.f. !'<M. Gaston l'aris. dénote beaucoup plus de talent. dans les deux distiques oit ta reine Blanche est représentée implorant de la Reine des cieux la paix du monde /Mwf« /<tW<'M. dans le manuscrit. jtoeme héroïque consacré à chanter tes exploits de Frédéric Harberousse dans le Milanais (appe)é Ligurie). ~M/<M/W«. une petite miniature. t) parait par une dissertation récente de M. en Atsace. Gilles de Paris a été moins bien inspiré en cctébrant tes hauts faits de Charlemagne dans son 6~v/w/.f. « Cependant Mtanche. écrit spécialement . appelé Gunthier. vivait plutôt dans le dernier quart du douze siccte. !~e Z~WM/y. élégante. la versification facile.LA POÉSIE LATINE. la très pieuse mère du roi. font oublier les trop rares beautés de l'ouvrage. On l'a cru longtemps composé par uo nMine de l'airis. allemand sans doute. quelques lueurs jaillissent de ces ténèbres par exempte. et notamment le mélange toujours choquant des figures mythologiques avec les expressions et les idées chrétiennes. un joli sujet de tableau et effectivement ces vers accompagnent.yo/M.

les principales de ces compositions sont dues à des plumes anglaises . cette <amitte de poèmes est supérieure. des ~~tMM-f ou charges macaroniques. à la famille des didactiques. fustige en passant les scandales donnés par ce prince. La satire et la chanson. et ce n'est plus dans les froides élucubrations des savants. dont plusieurs se sont perpétuées dans la tradition des écoles. nous les retrouverons aussi parmi les productions de la poésie française. quoiqu'il s'adresse au propre fils de Philippe-Auguste. bien qu'elle affecte. des chansons à boire. L'auteur. des latinisants. Certains clercs des universités se permettent bien des couplets burlesques pour le divertissement de leurs confrères. aux ~w/M~/M~J de tel ou tel ribaud lettré. Quelques-uns même vont jusqu'au genre grossier car il est difficile de donner un autre nom aux C<WM A~WM. au mérite des intentions. On peut en dire autant de la fameuse l'hitippéide de Guillaume le Breton. acte de courage néanmoins les qualités de l'exécuC'est un tion ne répondent guère. Mais. ta tournure antique. et compilé d'après les chroniques d'Éginhard et du moine de Saint-Gall. et défend noblement le pape Innocent dans sa quereUe avec lui. aux plaisanteries de Gautier Map.178 LE TREIZIÈME SIECLE. dans t'œuvre de Gilles de Paris. par moments. Gilles de Corbeil écrit bien en vers latins une vigoureuse critique des prélats de son temps. pour l'instruction de Louis VIII. empressons-nous de le dire. auxquels il finit par reconna!trc en terminant quelques vertus. que les Français iront chercher désormais les gloires de la patrie. dans son ensemble. En somme. Mais la trompette héroïque ne résonne ptus de ce côté les vrais chantres de Chartemagne et de ses nobles émules sont dans le camp des trouvères.

Les voltairiens de tous les temps ont peu varié dans tours satires laissons à ceux-là. elles sont fortifiées et ranimées par la sève religieuse. sera la poésie liturgique habillée d'un costume nouveau. c'est que la langue latine se trouve elle-même dans ce cas. au treizième siècle. une infime minorité. dans son allure la poésie française. dans ses procédés.LA POÉS!E LATINE. en un mot. et cela par une raison toute simple et toute-puissante. Là où elles survivent cependant. . sans écho. Et puis il y a autre chose elles brutalité que par sont presque toujours jointes au dénigrement ou à la caricature de la papauté. )79 aussi se distinguent-elles plutôt par la ou allemandes la finesse. La poésie latine. beaucoup plus cultivées que de nos jours mais chacune d'elles n'en est pas moins supplantée par une rivate ptus jeune et plus heureuse. qui sont. La liturgie est le refuge du génie latin. Ce sont une poésie et une langue très cultivées encore. façonnée directement par ses mains car la poésie française perpétuera la poésie liturgique dans ses formes. du reste. et fait résonner les dernières cordes de la lyre antique mais elle léguera au monde une autre lyre glorieuse. sans public. peut donc être considérée comme morte. en dehors de t'Ëgtise et du monde ecclésiastique. le bénéfice de l'obscurité qui les a enveloppés dès le début.

libérateur de la chrétienté. Les éditeur" des puataoa populaires ou les jongleurs. Quel est celui d'entre nous qui pourrait rester froid devant les belles Heures de notre légende populaire. vivante incarnation de la chevalerie. vainqueur des Saxons et des Sarrasins. I. KPU!S que des travaux nombreux et concluants ont tiré de la poussière notre épopée carlovin{{icnne. et ta pauvre reine Berthe. chantées sur le mode le plus digne d'ettes. et ce brave Roland. ModtHcatton de leur forme prlmitive au trot)!t~me siècle la C~<MMo« A'f/<t~f/ rajeunie. qui est battre aux accents apparue à nos yeux ignorants comme une nouveauté. et le sage Olivier. L'épopée Ortgin~etfortn&Uon des chansons do geste.tous les c<eurs français se sont repris à de cette poésie séculaire. le plus approprié à leur nature homérique ? Qui n'aimerait ce vieil empereur à ta barbe Heurie. supérieur par le caractère à tous les guerriers de la fable antique.CtMpttre ÇAISE septt~tnc POÉSIE LA ÉPIQUE. poÈsiE ~<~ FRAN- SOMMAIRE. nattonate. et tant d'autres types merveilleux que je ne saurais entreprendre de faire défiler sous tes yeux . de Décadence de ta UtKraturo les romans épique vers la ttn de cette përtoda da la Tahte-Ronde. et le fougueux Renaud.

le plus significatif: l'édition de la ~«/<. lorsque la patrie est abaissée. et je ne sais vraiment si la //<WM<A'sera jugée digne de combler cette lacune! La /~WM~. lorsque ie présent est plein de ténèbres et d'inquiétudes. notre épopée revit désormais elle est exhumée. comme on l'a appelé singe du génie. des Léon Gautier. et les laborieuses recherches de t'érudition contemporaine. si guindé Voltaire. tta nuit se succéderaient dix fois avant que la série des héros et des légendes soit épuisée ? Et l'on a osé prétendre que les Français n'avaient pas la tête épique! Et Voltaire. ce pastiche si froid. grimaçant un sourire. ne la lui décernera pas) ne pourront plus. comme il faudrait plutôt dire! Quelle figure font aujourd'hui ces noms en face des grands noms de l'épopée cartovingienne ressuseitée ? Car. ce singe de génie. peut-être. les efforts opiniâtres des Guessard. . du moins. viendra répéter ce propos d'une ignorance grossière Il viendra nous dire. les maitres et les écoliers peuvent comparer entre eux ces chefs-d'œuvre si différents.LA POÉSIE FRANÇAISE. on aime encore plus à reporter ses yeux sur les vieilles gloires tt OH' <iMt Htt et 'eiMt. Ft ceux qui décerneront encore la palme épique au génie grec (tout le monde. avec les éditions d'Homère et de Virgile. nier l'aptitude de notre race ni les preuves matérielles de cette aptitude. avec le ton et les minauderies d'une vieille coquette <:Notre pays n'avait point d'épopée. on ne peut plus le nier. Progrès tout a fait opportun. au grand jour. que la Providence semble avoir réservé à notre époque comme une consolation car. mais si ressemblants par certains cotés. des Gaston Paris et de leurs émules ont reçu récemment le couronnement le plus mérité.f<w< ÀM~/ se trouve maintenant dans les mains des élèves de nos cottèges.

D'où vient donc cette épopée? Quelle est son origine? Quelle est sa nature ? Quelles ont été ses transformations ? Telles sont tes questions générâtes auxquelles je vais essayer de répondre en quelques mots. non composes artificiellement par un auteur unique. ayant tous la tête épique. comme un phare au milieu de la tourmente. malgré toutes tes tristesses du moment. Nous avons donc une épopée véritable. réveillée si à propos. qu'elles présentent aussi quelquefois. et que ces vers sont reliés entre eux. H suffit d'ajouter ici que le vers décasyllabiquc de nos vieilles épopées est analogue à celui de nos poètes modernes. que le vers de douze syllabes. de Malexieu et à Voltaire. est construit comme notre alexandrin. Au treizième siècle. mais sortis spontanément et quelque peu en désordre du cerveau de cent ou de mille Français. et dans ces vénérables souvenirs on puise. en vertu de raffinements successifs. n'en déplaise à M. portant sur toute la dernière syllabe. avant de parler des plus beaux de ces poèmes.f<Htf ou complets. célébrées par le génie national on se rattache à cette lumière lointaine. ~f! et MMM/~). dérivent de la poésie liturgique. appelées /. écrits la plupart en vers de dix syllabes et en tirades monorimes. Au point de vue de la forme matérielle. cette rime est déjà implantée. ces chants. une invincible espérance. c'est-à-dire un cycle de poèmes épiques. par une rime véritable. puis.182 LE TREIZIÈME SIÈCLE. primitivement par l'assonance de la dernière voyelle sonore (ainsi on voit rimer ensemble les mots Charles et M<A~. On a vu plus haut comment le vers métrique des anciens s'était transformé en vers syllabique et par quel lien graduellement étroit notre versification française se rattache à la versification populaire latine. .

L'origine particulière de chaque poème ne sera peut-être jamais éclaircie. Pépin furent chantés à leur tour. 183 Au point de vue Ju fond. chantèrent de même les exploits de Clovis. et ensuite en langue romane. mais en latin vulgaire. L'enthousiasme inspiré par les luttes gigantesques du grand empereur prit de telles proportions. //<~<wAw . de Dagobert (qu'on a chanté depuis d'une façon beaucoup moins noble). de ses illustrations. Mais l'origine générale peut se retrouver. . et elle a été retrouvée dans les cantilènes de l'époque barbare.S'<n-ow< Qui /M'M/v Charles Martel. non plus en langue tudesque. composées en l'honneur de ses princes. dans les vieux chants ou //<*</ germaniques signalés par Tacite et Jornandès. Peu à peu le peuple conquis adopta lui-même cet usage et répéta des cantitènes. de Théodoric. car presque tous sont le produit d'une collaboration anonyme à plusieurs couche. de Clotaire. plus loin encore. les Saliens. superposées. Arriva cette épopée en action qui forme le règne de Charlemagne. de ses saints. Après avoir longtemps célébré sous cette forme leur Wodin et tous les héros légendaires de leur race.LA POÉSIE FRANÇAISE. la chrétienté délivrée par lui de la terreur barbare voua à sa mémoire un culte si ardent. tes origines de notre épopée sont ptus lointaines et plus obscures. transplantés au milieu des Gallo-Romains. On possède un débris fort curieux de ces cantilènes mérovingiennes dans le fameux morceau composé à la louange de Clotaire et de saint Faron De CM~/<<) est «WW /'<y<* /HM«)/7<W. au moyen desquels les Francs et les autres tribus germaines transmettaient à leur postérité les traditions des ancêtres.

Autour de lui ils anges. et spécialement autour d'un des faits les plus saillants du razins d'Espagne. Aux traits authentiques de sa vie. parce que ce héros et cet événement symbolisaient. règne: l'expédition contre les Sar- Alors notre épopée prit véritablement naissance. comme il avait été le centre et la clef de voûte de l'édifice social élevé par la papauté. résumaient une grande idée.184 LE TREIZIEME SIECLE. Pour chanter la gloire de Charlemagne et aussi sa défaite accidentelle (car les poètes épiques ont toujours besoin d'une infortune afin de pouvoir s'attendrir. t'Achille de . parce qu'elle avait un héros et un événement à la hauteur du génie national. mais vigoureux et jeune de tantôt imposant comme te cœur. déjà si remplie d'actions héroïques. Ils le représentèrent un vieillard plus que centenaire. une idée chère à tout le moyen âge. immorte) tantôt terrible comme le dieu de la guerre. et l'on a remarqué que les grands revers les ont ordinairement mieux inspirés que les grandes victoires). celle de la lutte des nations chrétiennes contre la barde la France et sous la barie païenne sous l'hégémonie conduite de son chef. accomplissant groupèrent tes douze pairs. qu'il devint aussitôt le centre de la légende nationale. Jupiter homérique. si universel. et toujours animé de l'esprit de Dieu. son neveu Roland. se fondirent dans la tradition carlotraditions antérieures vingicnne tous les récits eonser\'és par la mémoire du peuple ou enfantés par son imagination fertile se groupèrent autour de cette majestueuse figure. des Tyrtées popucomme laires surgirent de tous côtés. vinrent s'ajouter mille traits seurs et toutes les prouesses de ses prédéces. conversant avec les une mission céleste. infatigable. fabuleux toutes les d'autres encore lui furent attribuées.

LA POÉSIE FRANÇAISE. nous ne possédons d'aucune d'entre elles un texte écrit antérieur au onzième siècle. 185 notre épopée. Son principe. des longueurs. elle est à la fois l'un et l'autre. des platitudes n'est pas exempt de ces taches (~/MMo~<«. comme le montre bien le prologue de la loi salique sa forme. Toutefois. on l'a dit avec raison. la plus égale de toutes celles qui nous sont des parvenues. la plus poétique de toutes les races barbares. il faut l'avouer. toute militaire par son elle est cependant esprit quelque peu cléricale par son origine extrinsèque.a CX~MOM ~o~w~ est la plus ancienne et en même temps la plus belle. du dernier ~/o/< . témoin irrécusable. ce Calchas chrétien. à l'époque même où se constituaient la langue et la poésie romanes. l. car elle chante Dieu et la patrie. témoin éloquent de l'étroite union de ces deux grandes idées dans les temps qui l'ont vu naître. qui en est le Nestor. parce qu'elles se sont chantées longtemps avant qu'on en vînt à les écrire. le duc Naimcs. son vêtement extérieur vient des Gallo-Romains et de la liturgie chrétienne. l'archevêque Turpin. Ainsi. qui en est l'Ulysse. selon toutes les apparences. tout ce grand cycle de Charlemagne se constitua aux neuvième et dixième siècles. Et par son objet. Elle est toute populaire. le pape et l'empereur. Olivier. ~OK/M</<)MM?< Elle est. si nous pouvons constater dès cette époque la formation des premières chansons de geste (c'est le nom que reçurent les poèmes consacrés à nos héros. car. Richard de Normandie et cent autres capitaines. Toute cette pléiade légendaire. à leurs ~M/<'y ou à leurs exploits). l'Église et la France. son essence nous vient des Francs. la plupart contiennent Homère lui-même inégalités. notre épopée est sous une l'esprit germanique forme romane ».

cumnte ceUcs <)fs t!cs. avaient )e t'aractere tn')) te~er et t'hateine trop courte {MUr écrire des epunees en huit ou dix mille vers.) )K' (t~t'mk's natinnittcs n't'nt p.snx autcMrn'est pas sérieusement connu.car on ne sait au juste nuette a été ta ~rt de travai! du scribe Tur<')() f't) Tnttn'u')f.t:t< dernier pt~m<:<~M<}ue Ct: est te sbu! <)<)!ait été eom~se en tangue d'oc car tes t'r<t\et)<. Kn même temps des changements d'un autre genre s'introduisaient dans notre épopée. Mais les chansons de ~este de t'eucque primitive ne tardèrent pas ettes-memes a sttbir des atterations. Ses premiers auteurs avaient peint les m'MUrs rudes et les caractères énergiques qu'ils avaient sous tes yeux.)cs tucttrc en <mvrc ut tes «Utf~Mfra ja)nM'./<wn/a<w t/ /A<<t. Viorent enst)!tc le t7«)<«'< </( A7wx.<< r<«M. si Ke«t)ds dans ic Kenrc lyrique.t-) eu. ht chance de rcncwtrer mt t.aux. tJe tneme que les cantitenes s'étaient trans<ormees en poèmes courts et concis. ~H«/<A A'<'MM</A'M. ceux-ci s'a))on{. Mais. (if)'sonnng<j (<')tt'bst:ur d'aittcurs ft i) lu o) est ainsi }M)Mr urandc maJMritcttu nus aut~s ~xtp~t'. tna)){re toutes (es recherches <<es & ce sMJet. tiers du onzième siecte. ou plutôt débouche en bnuche i car on ne songeait guère alors à rcspccter la propriété littéraire on s'occupait avant tout de faire plaisir à ses auditeurs et de prolonger ce plaisir le plus possible. )e ~/t'w(~f (tM/<ww< A'<f'w/<' C«w~M/. Le prestige de l'empire ou de la . <)es modiHcations et surtout des additions consideraMes. t<' texte urininat est en diatecte aunto oortnand. sut~ricutr ))cnr k's KXtrdotUK'r.dM !'tt)< tx'n). <~«r /t' /~«~«~ ~w/t f/ /!wt7M.taa LRTREtZtÈME StÈCLB. <7<tnM A/. Ot) \')jt scutcmt'ttt qMt'fauteur de ta CA<<~<'M</<' A*f'/ devait être d'uri~tnu nurMMmd*: en efR't.erent en piment de main en main.

tnvotnntaironcnt. cntottré d'une cour de hitot" barons plus forts que c'était t'unu~e lui.enttments et les nttfurs des croisés. pour être entièrement édifiés.c.tits et le cnstunw de tenr. <)t!)a triste ~))<'<}ne !. s<~ustes faibtcs successeurs de Chartctnagne. les pontet qui vinrent ators représenteront dans tours chants Mn souverain débite. qu'il fait commencer au dixième . C'était toujours ta geste cartovinRiennc qu'on décrivait mais chaque tableau reproduisait les m~urs contemporaines du poète. cette tache a été compendieusement remplie par l'érudit le pttts versé dans la matière. il y a déjà ptus de v)n[.LA POÉStE FRANÇAISE. c<Mn)nc })fi))trcs Hamands qui prêtaient a la Vio~e )cs tt. Léon Gautier distingue dans la période de splendeur des chansons de geste. et nous n'avons plus a désirer.e même sujet. ainsi de suite. ces rajeunissements rendent très comp)i<)Ut'es toutes les questions relatives à t'ori~ine et a t'a~e de chaque poème.cn<rat au nut~'en a}. toujours t)ccu)~sdc!i~Ufsctdcrt'v<t)tt's. t' l'auteur des /h Nous devons nous occuper surtout /W(M/j. .s n"rissat)t('s épouse' us donnèrent au K~ em)'<'r<')~ )<' <y}tc du rui caj'ctien.<tt))s)c t''i(io<'ant. presque tidictttu. en nous contentant. la même chanson passa donc successivement par autant d'états différents qu'elle eut de rédacteurs et ces remaniements. Nous n'avons pas a tes débrouiller ici d'ailleurs. avec ce mépris inconscient de la conteur locale qui est un caractère si t. que t'achevement de la belle publication entreprise. Or. M. Ases douxc pairs les '.t ans. t87 royauté étant tumué peu a peu. de retracer les grandes lignes.t'mx <~)isurnirent de cnct)ff plus tan) nxrt'nt en scmc <h's cht'~a)!crs. t't tf<s )c-. impuissant. pour tes temps antérieurs. de l'état de choses existant au treizième siccte.

par l'auteur des /<y~< /)w/(M/. mourant de faim et de froid dans la forêt des Ardennes. sieste et finir vers t'avenoncnt des Valois.tt)vo). les fils .H'mc. Les deux derniers de ces jKietoes appartiennent seuts au t. chassés du manoir paternet.ati"n et ta /~</« prt'stjut' s.t<f.une anatyse ptus detatOcedes itnpressionsdet'atne. moins inaccesiitbie aux seuti)))Ct)ts ordinaires ~ur le troisietnc.enre en faveur dans le siècle que nous étudions. traduite en français moderne. Sur leur chair nue. t'ontmc ty~s de ces trois ~corcs un put cher ~ur le premier. va cttnuncnccmcot t)f lit <)t'cndcnc< vers 1328. t~ pronien* etttxjue qu'it appelle )'epo()ue héroïque. Ils sont velus comme des ours ils ont la peau noire comme de l'encre ils conduisent leurs chevaux avec des harts en guise de rênes. de légendaire mémoire. la ~~<t~f<f </<' «u À'f'A<~f/. t'our cn donner au lecteur une légère it)ee. et ce rude hiver fut suivi de six autres. t'~jxtjuc tt-tt~e. dans A'<M~/ ~«M/<M~M. se rc)1cte))t. ils portent leurs hauberts. va ju~u'en t tj7 environ lu <226.et ))t )nA)e Mbt)et. d~ ))«)Mn~dt' ter 'h' )« jtretxierc cr<'i'. sxrtcut d<t))sle tr~i~ue récit de ta batnitte de !{"t)ce\)tMX. t'cp<x)ue serni héroïque. tes quatre fils Aymon. ta bette scène ou. trahissant un milieu titteraire plus avancé.a<)<' et ))<)urle second. cèdent au violent désir d'aller revoir teur mère < L'hiver fut long pour les quatre frères. voici. trois epm~ues ou troit états )Ntr)xiteme)tt caractérisas. où le cu:ur humain apparait déjà un peu plus amolli. « Ils sont en Ardenne. )c roman de /<7<' <w.188 LE TREIZIÈME SIÈCLE. notamment )'e))is<'<tedes quatre fils Aynwn.< ~MMf~t~<<'</t\où l'on trouve des nuances ptus ranRnees. )e jKtone de A\WM«/ </<'J/<'M/«MAtM. fit seconde. va de 037 de ccHe ttcrnicrc <))ttc au trci'.

eMt. Non. beau <rere. Quand la « dame tes vit. dit < Renaud. et ils s'asseoient a ta table paternette. mais c<t)n)ne <)es«nqMtMt's. attende:! encore. !h sont presque nus. quand it ~tf même. dont ta porte est ouverte t'~t ses « fils ta regardent. on les accueille. qui a tant fteure cause de nnus ? Ils )' vont. quand il <tvfntf.qu'ette ne put se ranimer. n'ont pas un vêtement « entier. ils . Chacun est sous un arbre. tnais en se cachant. t. Dans le palais. c'est t'ete. !)s <fe)Mis'. Atard. court lui parler Et tout son sang déjà < frémit en elle. repond Atard. Et qui vuit changer les traits de Renaud. < Leur mère < sort de ta chambre. Oh que l'hiver les ennuie. non. M9 < Aimon.LA POÉStK MAMÇAtSt.q~ercurent tes murs du château de Uordonc. ils pénètrent dans le palais. fut rudement émerveillée En ressentit « une tette peur. quel conseil me donnex-vous ? Voita notre «mère je la reconnais bien.~c un jour sur leur fr"nt c'est te ntt'is ()e mai. Un matin. dit Richard Ic preux et Sire Renaud. Mais bientôt « regarde Renaud. Son heaume tout rouitt~ et son épicu < brise. n~M en tniurchtuu )a nuit et en donnant le jour. <[ t'atosé « Les quatre frères donc sont dans le palais ptenier. tout misérables. on les prend ixntr des ermites. et d'~tnotinn se pâmèrent. i'outeft'is. Laids et hideux comme le diable. Quand U ptcut. Ils sont meconnaissabtes. voilà la duchesse qui se « dresse. avec une témérité admirable. pour « Dieu ) attex à elle Contex-tui notre message et nos « ({randes misères. t'hiver qui fut si tong t < Kt comme ils desiraient que l'été revint Hn<)n un st'ufue chaud ~s. Ils « sont tout depouittés. « son ecu a son cou. Frère. tenant leurs têtes basses.c voyage fut dur.ils espèrent une idée tes saisit: < Si n«us alliuns voir notre n~re. JI .

ajuutc te traducteur. si tu es Heau nts. )')cur. pourquoi te cacherais-tu ? t jure. et un très grand nombre d'autres n'avaient subi que des retouches téKeres. avec des rimes au lieu d'assonances. t. On la récitait sous une forme quoique peu rajeunie. et de'i chevatiers chex qui te poids du haubert n'a pas ét"uHe )e c<eur. )ar)nct~t duchc-iso )c v<tit.u)<i ftr'tef.ts couplets de la version primitive subsistaient tcxtucHement dans la version nouvette. ) .d''cr s<'))cxfaxt. fort natureUemeut rendus c'est que \oi)& une mère. (iautier. devant Sx < ccHt! ptaic o) jouant au M««~. t. te reconmnt. et nous pteurons av~'ceux (').t)e d"utc )'tus. je uc dis pas au-dessus.'sbras !cvcs. Si tu es Renaut).. dis4c < )nt<is. fuis tous )cs autres.t b.mt.190 LK TRNZïtMt SttCLE. )~ Mais mâture )a poputarité de ces nouveaux pommes. <(uu de ptnccr cette sc~ue. il veut c~che)' < SM'. v. épiques français se sont eteves a une tcHe hauteur c'est que nnus smnmes en présence de sentiments très naturets. c'était toujours notre t. c'est <)uerarement nos )c rusons pas. Ils pteurent véritabtement. mais tout à côté (tes Nous ne j)!us beaux passades de r//M<A*ou de t'~fM< t'e qu'il y :t de certain. ils o'cusseot j~ts « cunt fttis <)csuite. modifiée suivant )e noutdujour. une vraie tnere. avec un dénouement moins terrible mais enfin plus de quatrevin). < dit une pnn'k'. t Quat)d Rcnau't t'entoM). » ) < Ust-ce êtrc fxaHcr~. Renaud. S'était fait <(avait Mue cicatrice sur le visage. ~t/Mx(<ttMt. je t'en con« Renaud. < )t. < mère te reK''rde. au nom <tu Uicu puisant. il ne Htut pas croire que )a C~MM ~W<w/ eût pentu la sienne au temps de t'hitippe-Au~ustc ou de saint Ijouis. t'uur tout au tu")x)c. dit-ette. étant petit enfant. h~et Mi<.

t'hcurc où la source de )'her")''tne de~'ait -.e treiitie<ne sieetc n'est ptus. Elle n'était pa': venue. it <ant t'Ame d'une nation. il faut enfin <tue sa prédisposition à l'enthousiasme soit servie par . La littérature <iqm' vitatoM sur son passe. t9t c'était toujours notre première épopée que t'en chantait a~fc tes impoMntes figures de t hartcma~np et de wï Hiade. pour! enfantement de toute une épopée. Hn effet. tes /w«y <7/~f~f/<A'~M<À'tWW~AwAw~ ce neuf n'est ~'«~ {{uerequ'une adaptation ou un devetoppement de t'ancien fonds. si elle produit encore quoique chose de neuf. et t'en peut %oir par l'histoire de la première croisade de saint Louis que te caractère de Rotand entendrait encore des i<nita:eur<. a proprement parter.h<<<~<M~/M<~ /<</< <<Mt ~7~'<<<w. Un particulier. ne compose pas qui veut un cycle épique. il <aut des millions de cœurs battant t'unis" sous l'impression d'une même pensée et d'un même amour il faut.t' catholique. J«imi)!e. de plus. i) faut la complicité inconsciente d'une nation entière.LA POÉStK FRANÇAISE. /~w f~7AM<M/<7'Y<vM~<M. une tra~die.<* tarir chex nous. un poète inspiré peut écrire une ode. ~M~t~. l'heure des compromis de la conscience et des dc(aittances du cœur. militaire de la grande nation pairs estait toujours la t. t. un poème. Kt)c n'était pas venue pourtant elle approchait. comme . l'heure de t'en~ourditsement. le cotnte d'Artois. pleine d'avenir. le saint roi lui-même le repr'ftuisirent avec tcu'e ta sup~rit'rit<~<tc mérite que l'histoire a sur ta tenende. Gautier de Chatitton. que cet unisson se produise à t'époque ou la race est jeune. Mais. un a{.e épique: itest tropcivitise pour cela. ptcine d'ittusions. que cet admirable type du preux faisait encore ecote. Rtte n'était pas venue. ~<~<«'. et.

il y a une ecotc de trouvères classiques. a tours itr~tcurs bcttujMCM'fse )ww)c tnyst~rieux ttc t'Ofient. ptus ratante. De tnetne qu'i! se troute encore. un certain nombre de chevaliers de la vieitte roche.'(ce tncrvcitteux s))c<:tac)cdu viei) etnpirc titjuc.t9a LK TRRtZtKMR SIÈCLE. te jour u!) tcurs jx'iocijutux cheft.< tA'st <)))'u))c<?j"))x'c arti<)m'))t'. saint t. rien de pareit n'existe Or. plus ramnec.onis.)f)'t'ipi(. cultivant toujours la {{rande cj<o)Me cartwin}. t. )X)nr ):t (iuni))t' ))co-)a«ne. Que ces divcrset condition-: se trouvent réunie'). et à cette-ci corrcs. Mais on commence aussi a voir surgir une chevaterie nouvcttc. <<rccs. mn' c<ttt~M)sitit))t it)'tivi()ttt'))f et s:<v.t~ination poputaire. rajeunie )Mr l'infusion du t. & ta ()n <tn renne <<e )'!us.ienne.prtT)!t))i<jUc surtout <)c ta nnuvc))c tn<'ra)c evant. t t) t't' \it)t («tiot })«ur tfs Romains.fort j<"urrefou)er la furieuse jmussee de la barbarie extérieure. et te montent psvchoto~tttue sera venu. en pleine civilisation tes moeurs sont sensiblement adoucies bientôt toetne ettes vont s'aftadir.cf))t' assista . '-c . . dOtcidt'nt ressuscita sous une fortnc fhr~tictutc et de )a r<'))t)i't<) toute ta société tathoti'juc sous Ut)sct'ptrc unique.antc.u<t sur t'sif.cnre particulier de poésie dont je n'ai pas encore parte ce sont les poèmes de chevatcrie propre- . jj«ur ainsi dire. a cette ejxxjue. quctqu'un de ces cv<?ne<nent''d'une portée exceptiwnnette ft qui t-h«n~*nt )x fittf du m<'n<<<' frappent viotftnment t'int. (mrceqM'its t«'ttticnt )'hw.rHtM)c et sann f. plus etc(.t))t< H vint )«)Mr(it race r"tnot)c. quand. li vint )Mtur )c'.'unité du )non<(echrétien est devenue une unité toute morate ta race française est déjà en (tteinc maturité.)ond tout un {.'ttcor aviftit~. de ass~'y. ittt <<')))))s<)t' )<'t)rs c<))))(ut't< t))) ttfH(<)c «s'x' pritnitif t'M. ')M\rirent (curcuritMit~.

ouf :'<Caff~oo t)t) chevatiff tttcontot < sc pfcscotc devant )t"t)tuf<'s rastc)n)))c-<aut'htr de ta < tabtc-R'Mtdcct dcKc t't))) d'entre otx Mt)c'Mttb.tt: toujours s < vait)<tucuf.<t)cht' sur tn tittcrature r«tm<tnj ~cnnxnhjMe. < t~: f«i Aftux ttcttt « t)))t<t~tnct))cttt sa <.!. <<<ï)"i '(f M"))<ott'ttt)) h'~ )t~.tnwtt. <)~.tt sit)}{tt))cr <!( 't:nt. t)'jt<«i~'))tt~< f" <)<hn jt)St)U<' !. H est a la recherche du S:unt-(traat et ne <:s'arrêtera que toreiqu'it aura trouve cet tnconparabte tr~ior. nn se fn<t h't <Mt<Mi<f tmjt.'rt't.etnhtcxt toutes. t hrcticx de )i~tat)<d'tmc <n . t)'nm' 't\ct))' totttc tt~ttc.MLfC qttc tCfS ta ftt) <)ttt' sitions se tnuttijtttcfc'tt. te <<< fW //tW. et) tes ~'tutx.tt/Mj.t plus <(taf<t la caricature trop tacite).i~f-tc. "t.cs (i)bt))t't)'t"<Mtc))turcs (tu rt'i Artu'' et de sit cttUf cttUfttt ch'ttXn'-t d~tMif itn)nc))!"ritt) ct< HrftHK" "< ))'ti«)ne hrct«)t Ut) t<:)Mp< t)'<'U)t)tt' c<'))))'ri'' 'tes !n)))~i. de ht )id<)c Roodc.m't' <c t"))'ts df )~)-'ttt)c'< hrct«))tK's t«'/t:s av. /.LA POÉStE FRANÇAtSE.S< ~<M/ et <tuc)<)t)c)< rotn. <93 tnont dits. Mais ft' tt'c~t <)Ufc(. L'imafion <)f ff ))"uve:tu cyctc fut fn tjUfttjUe -iortf une dt''iat)c)~'t)nfs )<))dfsn')tittucs rc. et se précipite <) aventure'! <f en aventures. et te «outcau tenu rc-.') un n"tab)c.<t'* 'r))t)t t.tit cott))' /:<<'<<'<*A*.tttt et) «rnsc.<'M)'< «"t H'tMjMt t. /'<«'?~ ))t <~w<A'.t<Wf7< y~)<<M.K<*''ur-)e eham~.uc )tt<t))Ct)<c se cuttttncn~a. )'~))c< fc't'. tcritabtc ch'dicr < cfraot (dont te (a)ncux don Quichotte nous «O'nf.t)nt.)!<~i'~(/<7<' << <w'</A<< .tcti"u.cft that)<<.noitts que tcuf v<'t. / t<'t<tc)tdcJ<t()«ttt'twt<tt)tfU!t<t'Uff<'ttttt<. t't) tteu ptus t)tr<t.tt <rt'i<ic)))t' <*t)<««'< <'<<(<('<' «"" .(i<ft'cuci))i'<<'t) tittit) t('it}'fti!< V)et) Mutcur apt~te Xottttus. .t. ce 'nt tes uttcrntiutdttfs rumtu)-.r<'ttt/(~ )~ A'< . Ators it se remet et) f«utc.

on tes mit en prose pour tes défigurer plus facilement. au lieu d'ctrc chantes. car la «rcta~nc. < (<' ne sont )~x. Tettc est ~turtant ta titt~rature qui détrôna peu a ~u notre vraie poésie épique. et la mode nouvelle précipita la décadence de n<Mvieittes chansons de {.~ peu pr~ c")ntnc <)c nus juurs m. non ptus tatouanttc dcsvcritabk'sMros nationaux. après les avoir démesurément atton~ées. x Kn un mot.t.s. < rcncuntrcit inc~rctM (').' châteaux )n)'stcricu<. cycle <)'rtus t'u <t'rthurcst au cycle <)f t hartona~nf ce '(ne ). dr . t'avantage d<: ta TaMc-Ronde.este. )ct ~«:tncs t)«nt il se compose sont <~ ft<)it{<< prime abord ce sont des ouvres ~rsonneOcs et non plus rentortisccncc s~'ntancc du t{cnic )*rctt)ct)it<I<. ï~e voile de l'oubli jeté par la Renaissance sur toutes tes productions du moyen a~e vint ensuite achever ce que t'anadissement du goût avait commencé. Après avoir répondu brièvement aux questions qui regardent l'origine et le caractère de notre poésie épique.t/M~< M~w.<utiM. jtoputairc. lutte cntMn&: entre ettes tourna. 3*0et .U. n'avait jamais 6t~ la France. il me t. u'est n~tne ptus uno <))o{~c car. ynit au théMre t'n~rctte supp~ntcr )\'(tcM. ~M<< M C suiv.t84 LE TREIZIÈME StÈCLE.ttcric forutMOttëc du tonps des Vatois est A la ch<'vn)<*ri<' <f)' <)t~< tir emi'mtt)* ce t)uc Rcnc d'Anjnu est A <)c ('c <!<'<)ufr"it) )<')ui))t<)). t. /~<~M/~<~o««. des le <)uator/icmc sicetc. surchargées. f. jus<)ucta. qui reçurent le coup de grâce le jour où. taverne-) masiquft. t.t. c'tMt t<<~ Vfnant aprfs t'««A' t'est t'avcnturf substituée a la ~f~f.<chcy. et) )<ttc))()ant que ic simple ntman 'tu in&mele {~ofoieherotn')nit)Mc se substitue )Mt~~une purement ~en~que..

't t'~tran~er. t95 reste A ajouter un dernier mot sur la manière dont nus ~pop~es s'éditaient et se propageaient. Ils . t~s jongteufs étaient des chanteurs ou des déclamateurs qui se transportaient dans les châteaux. Comme nous i'a\on'< vu. c'étaient les joncteurs (y</fW/t/<w. dans les villages. tours véritables éditeurs. l'attribution <aite au nomm~ 7M~< <~ de la rédaction que nous possédons deta~XdWt<< À'<~tM< Kn plus un po~me est ancien. par exempte. puisqu'il n'y avait ni imprimerie ni publicité réelle par la voie de l'écriture.f. la plupart det chaosons de K' étaient iutonytnc! On sait bien tes noms d'dencs te Roi. ntais (te leur ut~nrtsatinn cheit te j~eupte mûtne p<iu)'qui ettes étaient t~ites. avec une provision littéraire suffisante pour charmer tes toisirs du dimanche ou les longues heures de la veillée.LA POÉStE FRANÇAISE. joueurs).de ftuondeVittenenveetdedeux nu t nutn"! tt'ou~'en's. nuteurt de \'en<iont ou de manuscrits x. toujours par la raison que Ics premiers origine sont sortis spontanément et peu a peu du génie populaire. de Gautier de Douai. Ils étaient tes colporteurs de la poésie nationale. moins encore un scribe ou un copiste et t'on n'a jamais pu justifier. Le rôle des auteurs ou des eompi)ateur:i s'est borné primitivement à recueillir tes chants et a rédiger te~ manuscrits. Je ne parte point ici de leur propagation . de j)<er randde Har-sur-Aube. où cependant ettet se répandirent (te bonne heure et servirent (te vëhicute A t'innuence française. nontant au trei~'tne siècle. ptus son est obscure. dans tes vittes. et it fallait bien tes employer. Les véritables instruments de la diffusion des chansons de geste. 't'outefois la paternité de ta plupart d'entre eux est encore incertaine l'auteur prétendu n'a été souvent qu'un simple compilateur.

Voici comment tes choses se passaient généralement. ils lui recommandaient. au joncteur le plus clair de ses revenus.Mf<MM. UMtier. Au milieu de son récit. comme l'on voit) et aussi de rimer un appel & la gcncrosité des auditeurs. qu'on me passe le mot. toutes tes séductions de la Bibliothèque bleue. La quête dans l'auditoire fournissait.</f. en outre. Un étranger. et. a bien éreinter les la autres joncteurs ()es mœurs <<e confrérie littéraire ne sont pas d'hier. On a rapproché avec raison ces personnages des marchands nomades qui traversent de temps en temps nos campagnes en exhibant. haletant d'impatience et de joie. dans de petites voitures. arrivait tout poudreux dans un vittage on signalait de loin son arrivée Voilà. de la /~<t<7~' /. en effet. Toute la différence est dans la qualité t. tirait sa vielle de son étui. il se mettait à chanter sur une espèce de récitatif un extrait du ou AffMM~f~<t<M<'<t~. parmi lesquelles figurent encore les (~M~v fils ~f~MH et les Co~~A~r <~< ~VMM</ CX~/<'w<~< roi ~f /<M<v. après avoir préalablement imposé silence a son entourage. parmi les paysans..196 LE TRE!Z!ÈME SIÈCLE. avaient grand soin d'imposer à fauteur ou au trouvère leurs conditions et de tes rendre aussi onéreuses que possible pour lui (je disais bien que c'était de vrais éditeurs). il s'interrompait et réclamait son salaire en fort bons termes ('). ces rapsodies populaires dont la vogue subite ne saurait s'expliquer autrement.t. Je les rapprocherais aussi volontiers des artistes ambulants (artiste est un mot poli) qui s'en vont répandre parmi les ouvriers. ~f . de toute autre chanson de geste. ~t. vêtu du costume de la corporation. de consacrer quelques vers ~1 bien déprécier. et '"i*. voilà le jongleur U allait jusqu'à la place.<«{/5'f oudes ~M/!tMttt ou (~K<7/««M«'.

en évoquant d'une voix dramatique les gloires de la patrie.Btt. aussi voyons-nous le célèbre Fotquet de Marseille. et faire reporter sur eux une petite part de cette sympathie qu'éveille dans nos âmes la légendaire épopée si bien popularisée par leur concours. se rue aux barricades ou dans tes cabarets? Les jongleurs n'étaient certes pas une classe très morale. a la table royale. . Comment s'étonner. Mais quelle n'est pas cette différence 1 On nourrissait l'Ame du peuple avec la ~4<t~~ </f~Ai~ je n'oserais même pas nommer ici les inepties et les initions dont on l'abreuve aujourd'hui. après cela. et se condamner à ne prendre que du pain et de l'eau pour expier ce péché de jeunesse.LA POÉSIE FRANÇAISE. que ce même peuple. qui avait été ~~At/o~ et /w!'<t/< et qui était devenu évoque une conversion éclatante.«!mt. quoique les prédicateurs établissent soigneusement la distinction entre ceux qui débitaient les gestes des héros et les histrions qui couraient les festins et les tournois. Aussi le roi les bannit-il un beau jour de son palais aussi t'hgtise les frappait-elle de condamnations sévères. qui se précipitait à la guerre sainte. lorsqu'ils marchaient à la tête des armées. rougir de confusion en reconnaissant. doivent relever à nos yeux le rôle de ces Tyrtées nationaux. Mais les accents généreux qu'ils faisaient retentir aux oreilles de la foule. Nous nous demandons quelquefois où sont les paroles ardentes qui lançaient les masses de l'Occident contre t<XnftiM. t97 de ta poésie colportée. comme les troubadours du midi. l'enthousiasme guerrier qu'ils excitaient. une de ses propres chansons dans la bouche d'un de ses anciens confrères. ils visaient souvent au rôle de séducteur. En faisant les beaux esprits. pour exciter par leurs chants a la débauche ou à la cruauté.

c'est que la naissance de notre poésie épique a procédé t'inauguration des croisades. et les beaux restes de notre légende nationale à ne plus laisser que des traces grossières dans d'affreux petits livres à couverture jaune ou bleue. dont il ne nous est pas parvenu une syllabe. pour grossir les rangs des croisés. c'est qu'apparues ensemble. maint discours chaleureux. ceux qui exaltaient sans cesse et partout les exploits de Charlemagne et de Roland contre les Sarraxins. voilà tes vrais recruteurs des grandes expéditions d'Orient. l'Orient païen. elles s'en sont allées ensemble la fin du siècle de saint Iouis a clos à la fois chez nous l'ère de l'épopée chantée et l'ère de l'épopée en action. où sont les traces de la prédication des croisades. de chute en chute et de décadence en décadence. Mais les poètes et les chantres populaires. On a cru reconnaitre dans la formation de nos premières chansons de geste l'influence de l'esprit des croisades mais ce sont bien plutôt ces poèmes qui ont développé l'esprit dont on parle. Sans doute. qui ont enflammé d'émulation les héritiers du magnanime empereur et de ses guerriers. Et ce qui rend tout à fait frappante la corrélation de ces deux grandes manifestations.198 LE TREtZtÈME SIÈCLE. ceux dont la voix allait remuer jusqu'au fond des chaumières la fibre du patriotisme chrétien. Aujourd'hui. voilà les vrais entraineurs. La preuve. Foulques de Neuilly et leurs imitateurs prononcèrent. ou dans tes produits plus affreux encore de l'imagerie d'Épinal. Ces caricatures peintes et ces caricatures écrites sont doublement . Eh bien 1 elles se retrouvent dans leurs chants. Ettcs ont tout au plus concordé ettes ont été deux phénomènes concomitants. saint Mernard. les jongleurs en sont arrivés à n'être plus que les hommes qui jonglent.

les versions authentiques et primitives. en contribuant A rappeler l'attention de nos contemporains sur la grande épopée française. i99 odieuses.LA POÉSIE FRANÇAISE. Seul. et s'efforce de tes faire connaitre au public indifférent. ils (ont preuve du patriotisme le plus sérieux et Ic plus éclairé. En soulevant un coin du voile jeté par l'ingratitude et l'oubli sur tant de chefs-d'œuvre. un petit groupe d'érudits connait la véritable physionomie des originaux. .

La tragédie. sécularisé. Lospo&teit tyrtquea franLu fattte ut lu f<tbU«u. il se confond avec lui. pas la seule où ce phénomène se soit produit. pagauisé par la marche des siec!es. dit-il. dérive en droite ligne de t'omce liturgique. puis en véritable scène. rt'wttu'' psrct' tjfn' ï*f~mtM on ac~ne. qui composa d'abont à lui seul tout te théâtre du moyen âge. est essentiellement religieux par son origine. est surtic difect~mcnt <te t'Élise. Forme dit c«t<tpo!t)t)on au tfti))t)tn)o sitote. çMi'i.CbapttMtMtt~mf ÇAtSE: LA POÉSIE FRAN- POÈStEDRAMATÏQUEErLYRtQUK. qui était le drame national des Grecs. ~/<<M//<< w«/«//<~<t~<7/o La société chrétienne n'est. Or. Le tuyat&ro ou (tf~mo n~cr< on~eodr~ par S'ttt d~vetoppt'ment )M tropes )iturt<f't" t{f~due). des . Le mystère. d'un hymne à Bacchus. transformé peu à peu en dialogue. ce drame sacré ayant engendré à son tour le drame profane. on peut dire sans exagérer que notre théâtre moderne. à sa naissance. nutrc tit~r. na(luit chez eux. et même. c'est l'histoire des empiètements du dialogue sur l'hymne. 0<!cM<<t'nco du th<~tra parattun dm actt'ura Lt't truut'auuurs." du nx'yoAtjt'. Cuoresdtvetn. Un des érudits les plus compétents sur la matière a exprimé cette vérité d'une façon très heureuse « L'histoire des progrès de la tragédie en Grèce. SUMMAtRE. comme son nom seul l'indique.tture dramatique. d'aillcurs. en revanche. n<'trc )x~sic cpi~uu est csscntiet)en)ent mititiurc <t:ms son p)inci(M.

<o. t'apana~e de la poésie germanique. ayant sa vie propre et ses traditions à lui. parce qu'ils n'étaient pas. ils ne formaient même pas une race. sous t'onpire des metnes causes et de la mente situation. car ils empruntèrent celui d'antrui et. lorsque surtout le christianisme eut vivifié ce métangc par sa sève toute-puissante. en s'y mêlant. Marius epet. au commencement. de l'élément profane sur t'élément liturgique. sot personnaget sur le eh<fur ('). et par dessus tout l'enthousiasme: or. nous t'avons vu. une race primitive. ils n'eurent point de religion nationatc. C'est ce qui fit qu'il y eut une épopée française c'est ce qui fit aussi que nous eûmes. comme tes Grecs et comme tes Gallo-Francs. qui sont nos ancêtres ptusd!reets. Et ce n'est pas le seul point sur tcqne) un trouve une corrétation frap pante entre tes origines littéraires de la nation hetténique et les nôtres. de l'imagination. » Kh bien t (le même. Ics Romains ne pressèrent d'enthousiasme que pour les hommes et les choses dota Grèce. le sang des populations gauloises. presque dès l'origine. t'histoiru du développement du théâtre au moyen âge. n'ont cependant point passé par des phases anato ~ues. et. <~Mmf f~n'«f< m~<M p. la vivacité de la foi. L'é~tpée natiunale.LA POÊS!E FRANÇAISE. au contraire. il en sortit un peuple nouveau. un peuple jeune. s'est (or)nt'e chez nous contme ettei' elle. pour qu'un peuple s'identifie à sa rcligion au point de la mettre en scène et d'en tirer tout un théâtre. S le < . c'est celle des empiétements du dialogue sur les tropes de t'umee divin. point de culte indigène. les précieuses qualités de la jeunesse. Une grande originalité était. lorsque tes tribus franques eurent rajeuni. un drame national. Le nom générique de ce drame atteste à lui seul son caractère religieux il s'appela Ic <M i. les Romains. tt faut.

syn~botique. r. entre les phrase'. dans celui de ta Passion. entre tes (Hn~rents tnembres.aoa LE TREtZtÈME 8!&CLK. n~<ne <)n texte cant'nique.ea de plus en ph)s )es tr<tpes. etc. puis un . Ainsi. voici ce qui se passait à la fête de Noël. <wfjA' comme tes cérémonies de t't~tisc ettes-mcmes il devait étre la représentation mystérieuse. c'est-a-dirc cette interpotation liturgique que l'un voit se ~tisser. dès le premier moment. des grandes scènes de !'Évan({ite rappelé-! dans t'ofnee divin. absohnnent eo)n)ne dans la tra~die antique. où une partie des faits intéressant l'action était simplement racontée par le eho'ur. Mais.éti<)ue devint donc successivement une narration détaittée. tic Lazare. et même y jouer un rôle. c'est te trope. vers la fin du dixième siècle. par exempte. de Marie. )t«ur )e paraphraser. et par t'enscmbte des ndetes le corps du récit. ( 'est ce qui a lieu encore dans le chant de certains ofIRces. quelques tropes revêtirent aussi le caractère dramatique. mais on les tnit en action on fit chanter par des ptrsonna{. entre le Te /<w qui terminait .f«w~ ptus ou moins développé et cela se fit par une transformation en quoique sorte inconsciente. ot) les voix alternées constituent un véritable dialogue. et qui prit insensihtement )e-) pr«p"rtiuns d'un tnorceat) de ~x'sie an)t)«n"e '< )'h}'tnt)< <'t) t tx pr<'s< Non <ieH!e<nent on at)<tt)t. a partir du dixième siècle.. en repaître ses yeux. La partie de l'office qui donna particulièrement naissance aux mystère' je viens de le dire. puis une narration dialo~uée.es din~rcnt!! les panttes mises dans )a bouche de Jf:sus-C))X)ST.qui voulait se représenter sous une forme plus saisissante les origines du christianisme. sous l'influence de la ferveur et de l'enthousiasme du peuple Hd~te.a simple commémoration du f~ut évan{.

deux ch'~urs.)rof!<ne y a <teja quelque peu pénètre. prnjthcte )''ritnc))issf'ns <)e))x siectes.e voici.<(').~. ses jtroportious ont augmente la mise en puis tes rotes se sout subdivises scène s'est ))er(ectio)nh'e enfn) t'etement .c Sauwur.t'c<'ncc\m et fnf. et c'est ta un changement caractéristique. Pendant )'es))~cc d'entf'atte qui s~p~fitit ces deux ottites.~ire. t. 67<'t'.u)~cs.LA POÉStE tes matines FRANÇAISE. tt. ). sc)«x ta j~n'tc a)t~<'tiqt)t'. et voyons ce qu'est devenue cette petite scène primitive.MariusSfptt. < Qui chfrcht'x-\t'us <)i)))s )a crccht'.nvt'c t. t)'at)or<). !. !.–t Marit'. A))t/ ')<~)f. <)itt's. te diato~ue des annes et des tter~ers est devenu une véritable composition dramatique.. et ftitcx qu'il est n~. échangeaient en latin L's )tar")cs suivante-) I. y ont fait leur apparition. <)<)nc tous son nvenetncnt.ton)'s.t:s )'t:Kt.~SAXCtS.t'tv 7 ttcr~'rs ? !. te vers français. qui n encore une cou)eur toute titur~iqne. te St-i~nt-ut. « ( hante/.Christ.):s AKCt's. 203 et t'f~ dt' )n messe.t:Ks.tntcra on ())". Un un mot. personninant les an~es et tes ber~ert-.*ana)yscdt'ec<!r.u)n'a~t~duntt<jnrM. i) y a )<'))j. maintenant. nous savons uit-n <)<'<" )t' Christ est n~ '<(trht terre. connue sous te nom de /~ww<~ Cette composition repré/'<M/<w.< p. son 'teuxieme et cet état de choses dure depuis !a fin du d'existence. mode sente la seconde phase du mystère. cet e)n)tryon <te <hntue.t Mt''r' <tf tjni pn'ptx'tisit. t< ~'tit t'nfaxt. etc. AOchux! LKS )t) n<:t us. .ue vut}. ts!t«\ <)is:)t)t V«i'i t)t)'U))cVicrt. < Oui. )'t\n(ft))t ~))\c)<')'jK' <)f ).s. indiquant que nous n'avons ptus anaire a un texte liturgique. r<p<tant avec )e Un enfant nous est ne. car la tant.

fait pnur être représenté sur la p)ace pubtique.tn. sorti de )'eg)ise. Or. en enet. pour définir cette <bnne interme<ti<ire.aM LtC TREtZÏÈME SÏ&CLE. )f terme de mystère ou (te drame jfw /«~~M'. <~ueneige sur ~t-u'e en un val. Nt</M~M<&A~<~<~o~M. Dans une étude spéciale.H t'tAXt. Tu es plus blanche que cristal. une transition évidente entre la scène purement liturgique et le mystère devetoppe ju~u'A )'excc:). de mystère semi-ntur({ique et de mystère profane ('). en <h) premier trente ou quarante mille vers et en plusieurs journées. iMS. l'état tntcrm<!(t)aire. tosetmfy. Mauvais couple en fit Uieu. Tu es plus faible que la rose. qui est tire d'un ancien sermon servant de )e<. Ainsi.H. p. Htte onre. après avoir échoué auprès d'Adam. On emptoie. M. L. tel qu'en ecrirt'nt les dramaturges t)u temps des Vatnis. est peutêtre le plus parfait des trois. dans la scène de la tentation. émancipe. Tu e< fa'Metteet tendre chose. pour sûr: Tu es si tendre. et lui si dur 1 Mais cependant tu es plus sage. On y remarque une certaine invention et des traits heureux. doufteme siècle jusquevers te commencement du quatoniieme. Tu as grand sens et grand courage t.f'ndans roOHcede Noël. le dOnon. . celui <'t) il se présente aux douzième et treizième sicctes. essaye de gagner ~ve par la coquetterie et ta vanité. Un des spécimens les plus curieux <!e cette transition OH de cette tf.tn<<"tmat!"n ttr«<!tte)te tmus est nnert par le drame d'Adam. Sepet m'us Fa fait vnir passant tour à tour par les trois états de mystère nturt{ique.

K. <}7.KtMAt't. et bien et nto) Ouct ):oCH t-t-H ? i t. . t~ tuit que Dieu MtMt dot)B< a N'« en !toi )!Mttede bon!<)s Celui qu'il vous a défendu A en soi très ){n<nt)eyettu. Ue tout M~oir. t)e pouvoir et de M<t!neu)rie. Le drame semi-titurgique conserve un caractère de dignité que ses dérivés ne tarderont pas à perdre. En vérité. ÈVK. M figure Mienconviendrait telle aventure: Le monde Mi se MumeMmit Ue t'aMme jusqu'au tommet.LA POÉStK TRAHÇAiSE. ÈVK. H est tantôt en français. Kt.Sepet.u<par ta M)!C!i!ie. par o~. t. SaXtfait sa belle dt'e~c. 305 Aussi tnit bon weoirvers <ei. COettitU t A la personne. tMj~ mon c'Bur est ttanspone ('). !iubjut. Texte rajeuni M. tantôt en latin tes deux langues y luttent encore. p. Est M)te fruit? LE tMAHLE. C'ttt en lui t)U't~t ({r~cede vie.

<tc faction <)uise passe a i!ct)))cen).ttcurs sf tr. )fs uns toute la pcfi<«)<' f<.))<r~u'u))dftt<m'e.trrivf urdinaironent doit être j<tt)~d''va()t!cpt'up)t'.f ta partie. M'est ptMt ('tisc totttC SCM)f fc S<')~ aussi )c< <)'t'n')anct's <)c tV~tisc t-xr tes tu't'<'ssitt''s<)t.Ait)si.()))ist".(ce tpti . seront cachés les scri))cs et tes pharisiens dans le chu'ur attendront les moines charges de n~urer les Ma{. ta tes .zoe LE TRRtZtÈMK SIÈCLE.'c))Ano.mt.es.tan')ismtfcc(t\<)ui )<trs<n)'it st'joncntd. et tes ))ert.t'xcn~'k'.iti'. ccHe oui se passe au))a)ai'id'i!cro<tc. il fSt vrai. il faudra <tcs tocaus dif~rcnts )Mturinsta)tt.ti))tt.tsH.<t)s)M)rt<'t)< <)m')'))tt'f'tis <t't)t)endroit !'t(t))imtr<)"rs<jm'). )))Ms )ut~)it< Ainsi. tnystt-tc <)<'s Ht'r~'rs s'étant fon'ht avec ectni <)cs Ma:~<'s.f s'cti()cr 0) potttic t't. <tans une de< gâteries du c)«itre.t<"< <)t:ht Nativité. et tous ces personnages iront et .ctc. 'ht thcatft' a fonm'r connue <tcs par soitt. tit tnisc o) s<cw cxi~t'ttt t)t) <-tt<p):tt:<:tncnt )<)ns vash'.u'tnh'fit" ('C )tCU.ers de Hethteen).it t"t))p*tsc <«ut t'ntk'r ft) fr<tn'. (mm tnc r<'t)(t'ftt)cr dans !c snjt't <n«' j'ai (ttis ((om.u)s)t"t couvents ouduns tes Hôtes s"))tt'ntitt!)t). ai (')tt' t"<i'. et ainsi (te suite.a)apf)rte<)ct'c~Hscou<)c t'abbayc.t)ict't)n'.tt'))t<)rt')')t'))!<)cft'!t't<)''rc'')xtt:). tc'i autres tonte la j).<c'jtttt'jttc )t trt.t titt~r. "n «'y n'oc"))tff cncttrc ni tes )t)!)<in)ttcsni )c~ ~t)~'ic)\'t<'s <tt)idt'ht't)"rt'r'tnttc)ny'roA)afituh))m<).onhrass. C«m)W dtW' t«Mtt't.))M'ic<)t'('):m't<t))')<' ks <)<t<-)tt<M(t'm' t'))t')t)t'nts :t\ct. se tiendront te roi des Jui)' avec sa suite. sera <tis))os~cla crache dans la cour. ))'< ('. <)'ai))cnr-)t')i''ttt(uiM'rtt)'.<tc ht t<'n<):t))t'c <)cs cyctcs <)fatnati<n)cs.s(cctc <tcs.t't<)rs «)))))nc )fs sjtcct. k.ttMff m)ttt'<M)H'TMW Mai.t'-i)cimt))t':)trt'intt'r<)i<)t"<fi(~t"' t:t )t's jtt.t.'rio<tc pitscatc.ttttmf torstnM))t)annm' vu)t:i)irt')~)t~'<)rtf.

ttt'))f<i il est évident <tm')t'u\ t~t(-.<')iqMc! tant <'n att~he d imp<'rtH)tc<'A t't'saetitude de ):<mi-t' tt< S<'f))f. de )art'pr(''t'm. )a <un<<qMi<"t't )a<(ucm'& ~tortc'k'Xttsth~trc'. dt's ajn'tr<'<.LA POÉStK FRANÇAtSE.'t tes ~co)icrs.)tt'tt. mais aussi par te caractère sacre des premier:! mystères.).av<)itn'j<t'))d))))ttmiHH')'Vt'-))Je)t<)'<<t)rtes.ttit'udr. une ctu<)c attentive. faire <)c)c()t-'r<'ttc't )nirac)cs<)c)cur))att«t). .et jamais par des <em)nes c'était )à une ret{)e abs«)ue.tt a tn"itf tt's <)r«tnatt<)t)cs<)uc (a tntsc o) sccnc.<:)))<)is(jt~')t'.ti''dt'ct'ttct))itt)icfc.'tr"')\ic))t<)M))ti)'t'n)i~')x' ~)mait'nt~m:rc't:t)t)t<L't)))'h'))cs'<tc))cst)t)is<')'i)'it((L'))ti)t( t)f)tt)r'<.t ))"")''< t)c jouer <)c''Ctt))t)c-. <t')i rcj)«.t:<ntn))ct)"us<)is((t)s.ran<)t"tc<)nf)t'r)t.t faire )mur atteindre à la vraisctnbtance.))))t)t'. !. des att~s.c choix et t'iostructi")) <)<:s cteurs oc ))rt'<n'c')j'. )esque)s.tit'))tj'.<. et <)))! n<tU'<s')U'<)t'n<ttn<)Ht'<t))ftc)t-s))c)a)'assi<'t).<)n\t')t')<j. et ct)trfr.M.t'trct)))rttt~)c))<f)<t. ao? vit'xdn'nt e<tuf"r)n~mft't aux indiftttinnsdu r~cit <Vt<nj.tt't'htit'tOtCttt <tc )<)usicurs heures de pntkocc (jmm souvent. Mais ))«ur tes ro)es fetninins. <'titio)t-i)s distribues aux ctcrcs )cs)<)us v<?))crab)<-s tes j))us t'diftaxts ou ccux-ta n'avaient presque pas d'cft~rts .st)'u))fr"t))fCttt«)'!tc<c.'scntc))t aotXtcHoxcnt la vie ut les saint ~it'«)as.)tttt)t"i))i)y un avait Ht) peu )'<'urt"ut)c)n"ttt)c.'sqt)i'Ctnp:'rc)cnt)nt)a))tU<)c sont <)t'n)cutn's < t'jchrcs chci' t'cxtrcprisc <)cs tn~'stcrcs.itM tf)t\')'r.<)a))s)a ))eau de tours j~ersonna~cs. c'était p)us dinRcite.us<i tes r<)cs int)K~sa"ts.car ils étaient tenus par de très j'-unes ({ens. qui s'exp)i<)ue non '. Avant ta ("r)nati«ndt'st. j«tt)r prix ajournement.eutetnent par un motif de convenance nenerate.c<'tn<m' ccusttc J~SUS-CHXtsT.una' Cette c«n''epti)'))p)us))<rnc <it)()t'.

et disent sérieusement cc qu'il faut « dire ('). (ttrtpt'udiMrt'ntsdeft'us )'t<))t' )'<'t'st-rvati"n <)c cette r~)c ))'<'tait ni nm)aist~' ni ))):))st'. «n sait. ~. les hommes portant ators <)e<vêtements t de tours <'ttn< )onn''ftnottants. t')) <)t)'ftte <-st<)''))K't)rcc vinucor jus()u'i\ des temps itsscx m))()r'tc)~-<du t<~< Mnjs.aoa HB TREIZIÈME SÏ&CL~ ~taut pre-Mjuetirs c<!rHut'))ifs u<ncieues de t'~t!n!f. » t'es préceptes. )< s canons. On en ))cut ju~'t par )c pr<'an<hu!cdu tnyst~ rc <)'Ada<n. Sepel. Kues n'ont pas de ces élans subits.<u reste. de ces t. <(t)t')sfille ft)':sf))t les acteurs. elles n'ortrcnt rien d'aussi hardi. Ils avaient parR'is affaire.f< p. ta~ c .Ades auteurs H'rt e\iH<*ant<nu a des r~isseurs (appc)~s les w<«~f <<'«) <}u! ne t'étaient pas m'tins. <h<nt fauteur inconnu ~tait ptux ent<:n<tu que tx-aucnup d'autrct « Qu'Adan) soit )<icn<)rcss<~ donner la r~{t)i()uc.afin de a « m' la donner ni trop tôt ni trop tard et noo scuh'tncnt lui. il faut l'avouer. Quant à la tangue et à )a poésie de ces mystères de la bonne époque. mais tous les personnages. d'aittcurs. ne seraient pas toujours inutiles aux élèves (te notre Conservatoire. on avait tuujtmr:t soi)) de )t".dresser d'itvaxccct de )t's faire r~j'éter. ne )Xtuvait-nt admftttff itueuuc femme sans auer a l'encontre do ton-. Que tous soient instruits à « partt'r poscnn'nt et a faire des restes en fapjxtrt avec ce < ou'its disent. d'ajouter « ou de retrancher une syttabe tnais qu'iis les prononcent « toutes distinctement.t))tc -tus le )ri()t)'"rt <ht ct~tmnc. Qu'ils ne s'aviscut pas. cnttxnf de tos j<tur)i. d'aussi sublime que celles des chansons de Reste mais elles présentent peut-être moins d'inégautes. dans tes vers.

t:s les prcscrvcot aussi ttcs <)it.tit les fMtr. t:t<)nn)M ttt. a sortir tout a <:utde t'entise. tt contiendra même souvent les sermons en vers ou en prose. étranger i ceux que la liturgie a consacres. introduits uniquement comme intermedet (étranges ~tcrmedes. Les étails de la vie pnvcc s'y reproduiront comme dans un tiroir. Hn même temps. un spectacle :ommëmorati~ et un spectacle principalement religieux par a pensée comme par le langage. tes rôles se multiplieront.tvcc lui.ttcs qui i<ffct<ttti'cs'ior <ht ({ctticou <)e )a <i(tttttisic dt") ttra<natuft.1 pas. ~))t Mjuutc <nrt peu de chose aux situatiuns et aux pitrt'tc-.LA POÉStE FRANÇAtSE. et l'introduction de ces éléments profanes en <era . t'~n uu tn"t. qu'it r~tt~'ftnc elle s'ttcvc )~f<: lui et ()t"«:ct)t< . si on tes compare à ceux qui tes ont remplaces ~ansnos drames lyriques).simpte c'est que cette poésie dramatique suit paisiblement. et le mystère eviendra le reflet plus exact des mœurs populaires. Mais il demeurera encore.'t se sceutariser. dont elle n'cst ttUf le ctXtunfotairf. et des sermons étrangers à action. par exempte te baptOne le Ctovis.)t. cttc x'cst t't"'t JcjA la ~sic cjtifjuc pas fncure indepeuttaxtf.tbtement ce sera son troisione tn<)(ted'existence. i~a raison en est . pits . et aussi As'attottttercuosider.ende ou un événement purement historique.ementf qu eh~uent les esprits detieitts. ta mise en scène t: compliquera. Au quator/ione siecte. 209 mouvements passiunnes qui arraettent un cri d'admiration e))e-' n'ont pas ««)) p)u< <)f ces bru-Mjmsat'ais'. au tond. tt jx~urraêtre represettte <ta<)sun licu profane il poftfra avoir pour sujet une tet.ati'")s et ttcs chutes trop frftinaires chc!! ceux dont t'itna~xMtion est h sente rente. t'ttc n'est pas cucort* c)nat)''ij)<'c. le texte sitc~c. te tnystereen arrivera .

ensuite apparaitront sur le théâtre ta ~o/«'.t)i ne seront pas tttujt'urs rctuves ~sr des trah-: d'esprit. que dans tes deux genres directement issus du théâtre de n«s pères la comédie de mœurs. il n'a metne ptus de présent. aux dépens de t'honnetcte du fond. les troubadours avaient poussé jusqu'au ramnement le rhythme et te styte de la t~tMoM.d~rc sa deviati"n et s.t/<N~M. Kts des anciens mystères.Mtcontraire. tn.rand sKc)c épris de t'imitation des (trocs et des Romains: il a taHu deux Kenies fanscen<)ants pour lui transmettre une vie factice.enne do )t<'trecotnedit' <n(x)croe. tiun et ptus de prise au propres que )a tragé<)ie classique. type tt~rt inet.ridicutef. qui est te type constant de teurs productions: ils avaient aussi poussé jusqu'à la licence «Sert t. at""ttir. Ce sera ht le {. . et nntre théâtre n'a plus d'avcnir.t de(t)rmati"n. tnait «nrant innnitnent ptus de ressources a rima{. La tragédie française est l'erreur d'un t. pubM par rameMr<!amh'c«nM:M<~N<~a~ )Mt le ~t~tion de la SoeM~ des anciens te)tte< . au {. j'en contiens. et avec ettes feront invasion certains ~tements ~ros-iiers. chex ette. était plus avancée que la poésie dramatique mais le pefR:cti<mnement de la tbrme avait eu lieu.si riche f)k'-)nf)nt' en satires et en )t)iti-tntcries d'un ~«ut <)"t)teux. t. )a /<~< compositinns d'urdre secondaire. Unsp~mMMmMquabtedecMmyst~dehtro!~n<e<poquen<MN<at . Dans le midi. pour Carcheotf'~ue une source de richesses (').a) !n)s-.t.rand t)'(x' du dr:une shakespearien. Aujourd'hui cette vie s'éteint. La poésie )yriqu<. ta woM/<7<<.i. S p<Mtrt'histurien.a!o LR TREtZtÈME*IÈCLE. !<e tny<tere. nHc des moratitcs te drame historique ou national.

tandis que les nobtcs. Bontane. fut postérieur à Alphonse ('). été~ante et corruptrice. contribuèrent a reteguer parmi le peuple t'usage de la langue d'oc.et cette tatoue était axs'.LA POÉStE FRANÇAISE.neuriates. car ils acheterext de disparaitre sous la dotninatinn d')p))«nse <)e i'uiticrs. U'aiOeurs.tisc la France. 2H volontaire et renechie la liberté de lit pensée et de t'expre'ision.«uis. les fonctionnaires. dit judicieusement son historien. te rcuxe des troubaduurs finit de très t~nne heure. où les troubadours brillèrent a la fin du douzième siècle d'un si vif éclat. comme si elle n'était point assez chargée sans ceta! On s'écrie pathétiquement. pour cette raison d'abor<t. cumprenait tout au ptus. <)eux set)ec))atts'ices. d'avoir puissamment contribue A la décadence de la titteratttre pr~'encate.i etrant{ere aux !ra))<. au temps des troubadours. Nous humerons donc en dehors de notre cadre cette poésie provencate. les ambitieux apprenaient la langue partée à la cour et au sie{{cdu gouvernonent. mais ce résultat. et puis parce qu'ette n'appartient pas. en réalité.ais de t'ejMUjuequ'elle peut t'être pour tu'us.u<)t I. dans le pays de tao~ue d'ue. Sans <)«ute )a réuniun <tu midi a la couronne et la suppression de ces ratantes cours sei}. <{u'i) aurait travaillé a anéantir comme un souvenir vivacede t'indettcndance du Languedoc: mais cette titterature s'est éteinte d'eHc-meme. n ne <:mdriut eependaxt pas chercher la cause de cette disparition dans t'inHuencc personnelle du frère de s. &«t< t<"<u << ~Mj«« <& f~«n . » On a voulu aussi attribuer la chute de la poésie provençale à la croisade des Albigeois et aux procédés rigoureux de l'inquisition. amené par la force des choses. après avoir fait te tableau des horreurs de la guerre et des il. Cette pauvre inquisition. « On a accuse Atphonse. la littérature fran~.

on ne saurait dire que leurs opinions religieuses en furent la cause. P. qui s'est fait l'écho de cette assertion dans un cours public. depuis plus d'un siècle. Ajoutons cependant que. pourvu qu'elle procède avec modération (') ? Ces paroles sont formelles donc. . Il est certain que les Provençaux. La morale austère de l'Église catholique était devenue pour eux un frein insupportable: en se séparant d'elle. bûchers fumants < Le-! chants avaient cesse! Mais M. ils espéraient mettre librement en pratique toutes les maximes de leurs troubadours. et surtout en faisant la déclaration suivante: « ~w~M </<'j ~'<w~K/M<~ n'a pris le parti des Albigeois t'un même. Luther et leurs principaux adhérents en sont bien la preuve. ne s'est-il pas chargé de la démentir lui-même en citant un appel éloquent à la croisade albigeoise rimé par le troubadour Gavaudan. si ces poètes voluptueux ne se trouvèrent pas dans les rangs de la grande armée manichéenne. leur peignaient sur tous les tons les charmes de la passion et du plaisir. \'a jusqu'à approuver l'inquisition. Paul Mcyer.2t2 LE TREtZïÈME StÈCLE. <<'omw~MX deM<tM<<< t<fJ< <'</<'r~<M~~<M«)~t&. et si plusieurs troubadours se décidèrent à émigrer. On a remarqué bien des fois la coïncidence des mouvements ou des tendances hérétiques avec le relâchement des moeurs: les peuples comme les particuliers sont entraînés vers l'erreur par la révolte des sens Henri VHI. Meyar. ils contribuèrent néanmoins indirectement à l'éclosion de l'hérésie dans les provinces du midi. que les Languedociens furent prédisposés à secouer le joug de l'orthodoxie par les voix séduisantes qui. si tes chants cessèrent. C'est ce que démontre la concordance frappante de ces maximes avec la doctrine albigeoise ou vaudoise: les t. qui a pour tes clercs d'amers sarcasmes.

et'dmt. nous ne devons point la déplorer si amèrement. de Hue d'Oisi. le genre cultivé par eux avait commencé à faire irruption dans tes provinces du nord. à Lille. tes !'<<wf. du roi Jean de Brienne. mais à les traduire servilement. . Des seigneurs. Les poètes français se mirent non seulement à imiter leurs rivaux. à Rouen. sous t'étone des ennemis de t'Élise.es t t tes ~/&t<A'y. tes ~wAw<. avec la licence rafnnée qu'il portait dans ses nancs. on retrouve invariablement tes adversaires de la morale naturclle et des grandes lois sociales. de Gassc Brulé.tes rondes. de Gilebert de Bemevitte. dès le milieu du douzième siècle. 213 chansons de troubadours démolissaient avec acharnement le principe de la Métité conjugale or. de Hue de la Perte. sous le nom de~/< des concours de poésie lyrique à l'instar dc ceux des villes littéraires du midi. tes oreittes des méridionaux mais elle leur a gâté le cœur. de Pierre d'Hugues LtXMt'~MtMtt. La vogue s'attacha aux strophes bien tournées d'Alart de Caux. à Valenciennes. H s'établit à Amiens. de Baude de la Quarière. es pastourelles. Cette poésie a longtemps charmé. et. tes <A'. et à juste titre.r. tes hérésiarques de l'Albigeois prêchaient précisément contre te mariage. Bientôt retentirent dans tous Ics manoirs tes saluts <f<tw<w~. Ainsi.~w~/cM.LA POÉSIE FRANÇAISE. C'est ainsi que.ftW~. pour plaire aux seigneurs et aux dames. de Robert Mauvoisin et de plusieurs autres chansonniers. de Guillaume de Ferrières. L'art des chanteurs du midi avait excité l'émulation des trouvères. quelle que soit la vraie cause de l'extinction de la poésie provençale. des princes même ne dédaide leur faire concurrence on a des chansons gnèrent pas de Lusignan. . et tes uns comme les autres favorisaient le désordre des mœurs. d'Eustache le l'eintre.

par exemple. après avoir foupiré des plaintes amoureuses. qui. entre croisade. On trouve autres une superbe exhortation la aussi. et quelquefois surpassa ta muse provençale. ni surtout un penchant aussi déclaré pour t'adultère. qui fut aimée du sire de Coucy. pièce qui représente agréablement. d'Aragon. Cette chanson appartient à une des variétés imitées du provençal. par le charme du style ou par celui du rhythmc. parmi cette classe de poètes. et qui est devenue célèbrc dans la légende sous un nom qui n'est pas le sien. Tel est. du reste. et dans la pensée même. indice assez clair de l'intérêt particulier qu'on attachait à ce genre nouveau. . On remarquera cotnbien sont nombreux tes noms de chansonniers parvenus jusqu'à nous côté de ceux des poètes ou dramatiques. s<8. Mais il faut dire que la France du nord avait depuis longtemps une poésie lyrique t.2t4 LE TREtZtEME StÈCLE. et tes plus célèbres de toutes cette-! du treizième siècle sont peut-être dues à ce Thibaud de Champagne. vaua sa muse à Dieu et composa. #< /<< de la ~r<t~. De ceux-ci j'ai pu à peine citer un ou deux. si ette fut souvent aussi grossière. trouvère d'Arras. celui de Gabriette de Vergy. la dame du Paye). roi de Navarre. que la musc lyrique française égala. pour le fond comme pour la forme. une femme de la noblesse. Ils n'ont généralement pas-signé tours œuvres. tandis que la plupart des premiers se sont fait connaitre d'une manière quetconque. La vérité oblige à dire. Ette nous a laissé un bon nombre de pièces qui ne dépassent point les limites d'une grâce aimable et d'une galanterie décente. le < salut d'amour dû à messire Andrien Contredit. la moyenne de ces poésies légères ('). elle n'affecta cependant pas une allure aussi libertine. XXIII. de Charles d'Anjou.

. où les chansons profanes se mêlaient aux airs religieux pour soutenir par leur cadence la marche des pieuses caravanes. Et ce n'était pas seulement un moule. s'its ne sont pas toujours animés du grand souffle }Métiquc. et qui. /««~. t37. 2tS à elle: elle avait eu des cantitenes romanes.c. 6etsaiv. toute une ctxsse de petits poèmes religieux rentrant dans le t{enre lyrique au même titre que tes chansons.tot estesen mes mains. qui se lisaient en public de son temps et qui ont été vantées par tes juges les plus difficiles Mors. cite ayait encore ou A<M. quelquefois. .provenant des anciens chants celtiques ou ses germaniques ette avait ses w/<'Af.crie à Rainx Seigneur. Telles sont tes compositions de Rutebeufet de Gautier de Coinsi en l'honneur de la sainte Vierge. un rhythme particulier.crieà Rome.LA POÉSIE FRANÇAISE. que ses poètes demandaient à la littérature sacrée ils lui demandaient aussi. Telles sont encore les stances d'Elinand sur la mort. //M<. qui sont de véritables hymnes françaises. leurs sujets et tours inspirations.dt la~)'iM<XVUt.MM. sont du moins supérieurs aux platitudes répandues de nos jours sous ce nom on en trouve dans tes manuscrits a la suite de certains sermons on en chantait dans tes veittées de Noël et dans les pèlerinages.chaingnezvos rains.xxtX. Tels sont beaucoup de cantiques composés par des clercs pour l'usage des fidèles. 11existe. (' It faut enfin mentionner certaines homélies en vers. V 9 ~f. en eftet. empruntes aux chants latins de la liturgie. liv.: incent Beanvai~. bien que nos critiques tittcrain": n'aient généralement voulu voir que cettes-ci. Aussiti hautcommeH bas Ouvrezvos yex. qui de t.

La consoude. bonne. (Juc Dict) to'.urc si ~'y xtcts d'abord )f )i' puis viendra < ta \i<')cttc. ennn. < sixième. L'or du souci « lui enseigne a garder pur et sans tache )e trésor <te ta < sagesse.t < y prcndr«t)t ?).<traduetx~)) fn pn'sc Uncjcunu ()))' vcm t)Ut'jch)i <<ctr<'ifK))t)«n.t ))t:))ct~'ur du souci. La <fdoucc ~cur de vitttcttc lui rappcHc qu'i) fitut ou'cnc su ticm. Vuita une jotic cuuruonc. en « s'ouvrant a ta c)art<~du jour et en se fermant aux ténèbres < de la nuit.)<.et dont voici ).puis ). ou't.'ttc n'écoute point les médisants et « ne s'cxj~osc vu bXonc ni en <aitsni en parûtes. et qui ont ptutot t'air df chansons rnorates nu rf)i~<eu!'cs. <(a t'~cart.enrc est te t~~t'/ fr. spécimen de cc dernier t. Lorsqu'un chapeau de Heurs en perd une < scule. < in<tu<t. Un charmant -f< /M. est la neur qui.t'Hctn<' < ()ct)). et) siicncc.216 LE TREtZÏÈME StÉCLE.avoir ut e<tt)scrvcr.rose entre toutes les neurs. L'ancotic. L'ache (ui recotnmande d'être humble. jn'Mr <)ucjc poisse faire fc ')u'c))c \cut.entepour les pauvres et tes <aibtes. c'est la jeune vierge <(ette-meme.<: Icur tour. il déchoit beaucoup de son prix il en est ainsi d'une .nchc a))t''{{orieadressée a une jeune nttc par un poète itnf'nynx. Mo)) prct st'ot devra lui pt. qui s'élève entre toutes tes femmes comme la <. « o!) cha<juu ticur desi~ou une vertu tjue )a jt'unc fittc <)oit <.n'cordc sfxs et toi-itr. n'ont pas été (aitft pour être dcbitct'< en chaire. La rosé. t'achu ~'t ta cuosondt: . sert a nouer toutes les autres. t'avertit de n'accueillir que la courtoisie et de se < soustraire à la noire trahison.<ndcttt) cha)J4'au de nfurs. <[avec les cinq petits tiens que Dieu lui a donnes. !.a btanchcur du tis sonhtc lui (tire: « adore la Mcrc dt: t)icu. qui tient de la sainte < Mère de Dieu l'empire de la beauté. la r<'sc cpMn«uiu fera la et ta septième t'ancotic. aime Dieu et )a sainte t'~tisc.

LA POÈSÏK FRANÇAtSE.s'i) vous en souvient toujours.ffMM/7XfWMA . . xxtu. parce qu'on enseigne d'ordinaire en latin.t titnK'~ )"'t"').ie. vous (orcerex tes sept r <[mcdisantsasetaire(').tss<'x:t)))t:tr~')tts ~~)r n<'tts prouver <}m:t:t tito~ttc ttt"<c)cres n'était pas ht sentes )nt))'mut\:r)a)<'u<Utt.f<)i\'it)f. t. on aime à relever des attusions aux événements contemporains ou t'expression du sentiment public.mu)tc <)cs j~corfs divers <tni c<nnp)<:t''nt tu dotnitine <te la jx~sic fritn~aisc. Mitis )Ms ptus que )eurs nnato~uus )atios ces nuvr.) ~). ettes sont.et<~)c). p. extrêmement rares. /<w<. a<7 < jfM<w<)))e. !)ans certaines pièces fu~t<~ !'t~7/<te /~7</t' y~~M.')fc sa~'itit chanter Mutre ch~sc que )'!unour et ):t tf:tutM.M t~<* .ou ta satire tives.tt. nous trouvons <t'abor<) quct<)ucs t«~)ncs historiques ft didactiques. et non en français. ('rtte ~H-sic ))'.)' nvitit donc r~cHftnfnt uoc )t«c'<it'sacrcc en ttchurs <(t: )) y t'h~tist* et 1 la liturt.ic. <'t~ snttcunutncnt )nis<'ft) htoticrt'. :)~.ts it: . par Guittaumc de Saint-t'acr. où l'on remarque un stytc correct et des traits heureux.<'s m: rcjtréscntcnt la vraie /~<'<< t'M~'M<' </« ~/<'M<tK~sic. U.ufim:un1'1'" l.S'M/<~t7. n'est qu'une traduction ndete du célèbre traite d'Honoré d'Autun ~/w~« w/<w</< Si d'autres productions t. Kt quant aux <fuvres de peda~o~ie.conone te anti-française c<nnj)oscc A t'occasion de la médiation de saint Louis entre te roi d'Angleterre et ses barons. . ('fttc lx>É. jeunf' Rites.)o)st[u'et)t' perd une sfute de ses vertus Je vous < <'n prit*donc.ms te t. la ~'MyM<<'<~ )c récit de ta s«un)issi<m(tes Hretoos sont intéres/t/M~ sants au {«tint de vue historique. 1 t)c ):t )it')rt. L'/w~t' << ~«W(/< vaste encyclopédie en vers. de plus. <~<e cttiteune df vus sou~e a )«fs << neurs. <t'fw«.icn'u trx. xtiti'' st's ~'sti~cs s«t)t . Mais it n'y faut nuere cttereher autre chose.

c'est une femme. et de t'<M'w 'A' ~t~M/f~.es ou leurs défauts telles s«nt la /«AM/A' ~'< < <A'~<t</M.r. Le premier fabuliste du temps. . manuel de civitite mondaine.a fable proprement dite est un apologue franc et sans prétention elle fait parler les bêtes et tes choses sans se préoccuper de la vraisemblance. ~iur faire vatcir leurs avantat. avec un égal empressement. xent A(tex cat~'Wea de lecteurs toute" <'pëciattM. e Mais une place beaucoup plus importante doit être faite à la fable et au fabliau. Une autre finniHc de ~tit-) poèmes anecte une (hnne <trit. est de pure invention. eu <atni. un poète anglo-normand. c'est qu'eues s'adre~. dès le treizième siecte. w~/ tirs <A<w<f. dû à Kobert de H)«is.a /w7/<' <~ <'<M~. Tous deux peuvent donc être considérés comme frère et soeur et tous deux sont cultivas. ne nous attestait que ses œuvres faisaient les délices des chevaliers et des nobles dames. et certainement . quoiqu'elle sût peut-être le grec.S~w~~f < /M< te/~ f/ /f < A~tWf. ta /<M//<' </<t l ta <M/.218 LK TRNZ!KMK SttCLtE. de cette ctttsse sont rimee~ten français. tc.f~. la plupart du temps. Marie de France.in:de trahissant ~innuence de la diatectique: ce sont les WA<~ «u disputes <)ue t'«n imat{i"e entre des ubjets contraires. Le fabliau est un apologue d~uis~ c'est te récit d'unc anecdote <)uiaurait tort bien pu se passer dans te monde r~e). p )iew avec t'idiome des savants ainsi en est-il du ~A<t. Aussi l'appelle-t-on communément Marie de France.mais qui. Cette femme ne nous a appris sur son compte que deux choses: Marieai nom si sui de France. l. écrit p'wr l'instruction des chevaliers. Et nous n'en saurions pas davantage si un de ses contemporains.

de. te breton. La grande majorité des récits qui forment la matière des fables. «'M nuttement dxns s ~ ses écrits la pédanterie du bas -bleu moderne. Elle y a cependant ajouté quelques morceaux t)e son invention. des contes populaires se retrouve dans les littératures anciennes.LA POÈSttS FRAMÇMSf. une tondue légende en vers (le /'«~y<tA' tA*. de t'tndc. que n"tre bon t. qui est le plus heau «eumn de sa couronne poétique. t'ant. et un recuei) de faMes intituté t'f<~< ou le petit Ésope. c<*mtnece)ui de Rtonutu". Phèdre est dans le même cas.ener. On sait. comme je le disais. de la t'erse. qui Ics ont . Mais ). Ses fabtes ne sont pas ftnprunt~e') directement a Ésope. et je suis fort tenté de croire qu'Ésope tui-méme n'a le droit de s'appeler te père du ~enre que parceque nous ignorons les sources auxquelles it a puise. avec une mise en scène ptus habite. tnitis A(tei< reçue!)-)tatins qu'cHe a pris pour de'i traductions du eetebre phrygien. les charmants petits tableaux décrits par ses prédécesseurs. et qui est peut-être une des preuves les plus frappantes de t'unité de la race humaine. qui dans tous tea temps ont servi de thèmes aux fabulistes. aux origines du monde.)ais.a I''ontaine n'a rien créé. qui n'a {. auteur pscudnnytne.M«~ /*«/«'). a~ le tatin. les premiers patriarches ont raconté ces légendes à teurs fits puis ceux-ci les ont transmises & leurs descendants. ment cite n'a fait qu'embellir et traiter à sa manière cet sujets vieux comme le monde. Mt)ea )a)s~ (tes /<Ktimités des chants de la MretaKne. «u prévue rien il s'est contenté de reproduire. de la ( hine même: tous les jours les propres de ta critique moderne font découvrir quelque nouvel anneau de cette chaine indiscontinue. qui remonte. dans celle de t'K~ypte. en effet. le français. des fabliaux.uerc fait (lue tnettre en pn'se Ics apoto~ues latins de l'hèdrc.

tux ? <'<')n)no)t t'xpH'~tcr <)ttc tu phtisMttte histurictte dn M~ /« w< /«/. de R<'(uc<)i' H"uttt'. dans les '-crtn'ms c'~n<m: d. <tn Sa\c<!t. Cutnment csptiqucr autrement qn'fttfs 't* rencontrent cheie dm pt'uptf-t -p~rcs pttr des mitfit'rs d'années et des mittier" de tieues? Comment cxptiqtter que le type du Petit t'ottcct. f!c < cn<)fi)t"n. cunonc toutes les traditions rotatives aux tonps primitifs de oo i'hutnanitc et cela n'a pu st: <.r et th) t'humeicr. varitmtcs jtrcs. dans t'intunitc d'une fau)i)ic unique. l'ar conséquent. <)c la Matrmtf tt'Éphcfc.tirc qu'a une <!p<MtUe les ou tes tj~cs des races futures vivaient cote à cote.ots )c< tithtiitus du m«y<:n ~c. A <)Uf)()ue'. Voici comment elle retrace la fameuse rencontre du ~o~ f/ oe /<'<</<. A-t-elle réussi à donner a ses fables une tournure originale. C'est donc par h. voie orale que se sont propages cc'< vicilles histoires. et du tant d'autres. étudier ta littérature des autres. à communiquer la vie et l'animation aux êtres matériels. tes Kt{)j'ticns ou chcx h's ( ttittofs. à dégager de leurs relations supposées une moratité utile? Le lecteur va en juger. f\istc chc. a sujt)'«s<:r ttuc cette (ttt~raturc existât.aao LE TREUMNMK SIÈCLE. <:)< OeddftX. dont tout !e monde a présente à la mémoire la version moderne. ~nc MoticM passe ~tur it%«i)r itn'cntcf. au contraire. dans les vieux rccueits de t~endc-i des t~tins et des Grecs. se fetMUVf.<)<"< )n~)M ton~s tjue ':ht'i'. <)M< ))«t t«<ttc. il ('«n~inc. honuncs. Mais revenons a Marie de France. tirer de ce caractère universel et populaire des apojo~ues antiques un argument contre l'autorité de la itibte. qui voudraient. . comme dans ceux <tc t'tndc et de ta t'crsc? Certainement chacun de ces j)t:u)))ct t)'a pas été. ron ne saurait admettre le raisonnement de certains savants. cutport~es aux quatre coins du ~tube.

XttUCe dt't tttxt M tt'tttt x'~Mt b<\oiem i( un mint). Qui t. Ce nteiitme me ti:)tles père.ai com je croi. t. me <)<!)<)))) L'aitine))trM)Mnt:N'tnnivn)n)t. sur moi P N'iere ~as ))< si tom je cuit. Uunc prist li teut t'ai~nie) petit As dent.tyof«/)W.te ai~Mfsi <t«')))t<f. Or six moit. Et tôt pour ce ti leus a dit Ja me fut tu ore fontraire Kst chose ke tu ne dois faire. Comme je vin*.t MitiOft* « fc<)X'0')M li Sirr. tK'emfntpitrttttiteu'.LA POÈStR FBANÇAtSK. <~u'ett retrait!. ~ue n'tn puis bnin*tM Moutëf ¡ Auttexi m'en itxi.'ttWt. Ki n<"u)tftoit K'nttKfiem. t. si l'occit. en ')uoi <tun''?. l'estrangle. )~ ht~et'vout amont ¡ ))e vous me vient tjuanquej'ai bu. je <:r«i.i )tit. A ceste sufte où od lui ère.i)eM!()tdit:JcMi!t devoir. Tu<))'«' ())!it)t.neMt adum' rttpont Site. aa< MUUtH'KTt'tt. fait i). tu?P Quoi ? (it<ti leus. Kt )i titjnitt)!) MA)moi).))e))<~r)t. Ci funt ti riche robéour. t'ar))M)t.itenti~~ix'unebevoi). . t. Li vesconte et)i i jugéour l . fttit )iM)'t) anui.\tt".Nftt ~fittu? P Tu '«'et ea. mnufaot de M).

Ainsi donc.tit. Ue ceuxqt)'M 0)t leurJMt'tt n«) t'<<u«e ttttoitttx.tnce. )<)t)'< précise que le ~tete du dixsiecte. t\t ~turtant !. . < tuèrent MM*pur eux t'unh~dte. Si root )i )eo<fit fx~ne) (~. du Lion devenu vieux. du Rat de ville et du Rat des champs. Souventt<t f"ttt« ph't <i«nmt<tft ).t sechMrc'<st:<)e'hMf.t)<tc )c< <)<'t<(i)'t. !t)(ft'etHc fah)t' et ce))f <)c La F'Mttaine. nous trouverions à chaque pas la matière d'un rapprochement curieux.tft:u<~t)i)!<e. < î. France trouve autre chose a dire avec une noble )iherte.tbu)i''tc'<ffan~ais se rencontrent dans le corps du récit. trichcsst' df )'i))<aj{n)ati')M «rictttatf. si )<"< <tcux f. par exempte. la satire de t'avidite des barons et des junes teodaux.aaa LR TRKtZtÈMK SttCLE. etc.a raison du )))us <<)rtest toujours la septieme voilà toute la coneh)si')n de La F<'ntaine. je n'h~itc j'as a dire que r~crivain du moyen ARCen tire nnc morale plus hardie. c'est ptutAt )~ t tit)Ut'tt.e et si nous voûtions étendre notre investigation aux prosateurs qui t'ont exploite. /W<M< <& ~/<tn< de ~~«M.. ta rt'ssctnb). des Membres et de l'Estomac. du ï~oup et de la Cigogne. aux orateurs sacrés. Marie meiHeure dt. p. fsj)rt"<i<'ns sont pfcsttof i<)c))k'< ( c n'est )t)t)'<t. du Gcai paré des plumes du faon. dont quelques-uns ne crtit{naient pas de raconter en chaire tes aventures du Renard et du Corbeau.<nce t'st ffa)tp. Les fabulistes anciens et modernes n'ont pas amené t.. de la Cigale et de la Fourmi. etc. Mais.i< hxr ( tourM'tntet lit pe).enre qui est loin d'être nét. voita encore un t. Rcqutfott. e))c <ait surtir tic son sujet la condamnation.)<!<')ttaine n'a c<~t:ti))Mnu))t pas connu Mafit: tic !r.

LA POÉSIE

FRAKÇAME.

aaa

la chute du pot au lait de t'ern*tte avec autant d'art que te cardinal Jacques de Vitry. Chez celui-ci, l'ambitieuse laitière, exattée par la perspective de sa richesse future, se ngure déjà qu'elle chevauche sur une belle haquenée. /< «'/ 1 lui criet-elle et c'e<t en voulant lui donner de t'eperon que tu tM"u. Wtnent de son corps entratne le renversement du vtsc et des <)p~rance~ qu'it t~rtatt. Kn fait de pittoresque, te moyen A~e ne craint pas la catn~taraison. Letfabttaux Mont loin de pre''en<er le caractère tWtratdea (ab)e~. Ils sont prévue tous licencieux, et c'est ici la grande tache de la Uttératurc du moyen a);e. A côté de leurs grossièreté ils contiennent naturellement (ce)a va toujours ensemble) des satires violentes contre ta nobtesse, contre le ctern~, contre tes bourgeois, contre tes vilains même, mais surtout contre tes maris. On n'a pas craint de dire quelquefois qu'ils offraient la ndt:te peinture des nueurs du temps. !)'ot) vient donc que la plupart de ces contes burlesques descendent en droite ligne de t'antiquité ? D'o!) vient que nous tes retrouvons, avec de très légères di<t~rences, dans Ovide, dans P Pétrone, dans Apulée, dans les ~/tM- < MMfMM<7 Évidonment les conteurs grecs, tatins, arabes n'ont pas pu dépeindre à l'avance le caractère des Français du treizième si&cte. Les fabliaux ne renferment donc pas ptus de portraits que des mod&tes.Est-ce que les contes de La Fontaine représentent tes mœurs des contemporains de Louis XI V? Est-ce que les opérettes de nos petits théâtres reproduisent l'image de la société actuelle ? Allons donc Les héros des fabliaux sont de vrais païens, quand ils ne sont pas de francs coquins. C'est ta un legs du paganisme et ceux qui ont mis en vers français de telles turpitudes, ont pu y joindre des mots

St24

LETREtZtÈMK StÈCLB.

piquants contre ta 'iociétéchrétifnnf, «sont pu habiter, travcs tir les hommes de l'antiquité en gens du moyen âge, rajeunir te tangage et la forme de leurs vilaines histoires mais, A coup sur, ils n'ont pas peint ce qu'ils avaient sous les yeux. Ils n'auraient même pas pu inventer de pareils tableaux, car (c'est nn fait <)i~ne tle re)nart)uc) tes plus licencieux des auteurs maternes ont toujours du aller chercher leurs idées A la source (le toute corruptiot). oui est te paganisme. On a prétendu aussi eue les taMiaux étaient la littérature populaire du temps. Sans doute, ta tiuert<5du tan~a~e était t~andc, et le nom de ~w~'M<<' est r~st~ A certaine nature de propos qui a toujours eu des amateurs chez nous comme ailleurs, Toutefois cette liberté n'est pas nécessairement l'indice <)'t)ne liberté de mœurs équivalente. Ainsi nous rencontrons des mots extrêmement crus dans la bouche des contemporains les plus graves et les plus vertueux. D'aucuns voûtent même que la moralité reette d'une société soit en raison inverse de la pruderie de son vocabulaire. On pouvait donc, jusqu'à un certain point, partcr comme dans tes fabliaux sans se conduire comme leurs personnages et sans tes fréquenter. Sans doute encore, ce nouveau genre de littérature, répandu par des jongleurs éhontes, fit du mal à nos pères. Mais les fabliaux n'eurent jamais autant de vogue, autant de crédit qu'on te suppose. Comptez leurs éditions manuscrites, comptez les volumes qui les renferment, et comparez-en le nombre avec celui des manuscrits de nos poètes sacrés ou de nos poètes épiques: vous verrez lesquels étaient le plus goûtés, lesquels étaient le plus populaires. It y a, d'ailleurs, des fabliaux honnêtes; il y en a même d'édifiants, par exception. Mais, si l'on n'avait eu d'autres moyens pour moraliser le

LA POÉStE

FRANÇAtSE.

22S

peuple, on n'eut certes pas abouti à de grands résultats. En somme, ces historiettes scandaleuses étaient versinées {)ar quelques lettrés corrompus pour flatter les goûts de leurs pareits; voita la vérité. Ht l'on peut en dire autant des romans hérot-comiques ou des romans libertins de cette époque, qui ne sont qu'un de\e)oppefnent du <:(Miau.ï.e <ameux A*<wMM <A' A'~v et le non moins tioneux ~*<wMM ~*<w< n'ont du tenu dans le monde intellectuel du trei/.ieme siècle le pas quart de la ptace que leur attribuent aujourd'hui les amateurs de titterature rabelaisienne. Ces récits corrupteurs, metes de peintures fantastiques de la société (le mot est de Fauriel, un critique assez compétent) ont scandalisé les meilleurs esprits du moyen âge Gerson, Christine de l'ixan et d'autres ont réprouva avec énergie l'oeuvre de Jean de Mun{;, pâte imitation d'Ovide, arrivée seulement dans le quatorxième siècle a une notoriété favorisée par t'abaissement du niveau des m'eurs. U en est de tous ces poèmes, et surtout des fabliaux, comme des contes de !<occaee ou de Voltaire, qui en sont directement issus. La lecture de Voltaire a pu déteindre sur l'esprit d'un certain nombre de particuliers mais on ne peut pas dire que ses polissonneries rimëes aient jamais été poputaircs. Voltaire ricane, et le peuple chante. Le peuple chante ses gloires ou ses douleurs il faut, pour s'emparer de l'âme d'une nation, tes accents émus de l'enthousiasme ou d<t la pitié. Or, les fabliaux ne répondent à aucune de ces conditions: ce sont des pastiches de l'antiquité, étrangers par leur origine et par leur esprit à la France de saint Louis. I~a reproduction froide et préméditée des vices d'un monde disparu a pu, je le répète, exercer une influence funeste jamais elle n'a pu constituer la littérature nationale.

226

LE TREIZIÈME

SIÈCLE.

La vraie poésie du peuple, nous l'avons vu, c'était celle qui était sortie spontanément de son sein c'était la chanson de geste, c'était le lai cettique, c'était la complainte religieuse ou même la complainte amoureuse. C'était, en un mot, toute la poésie chantée car la foule ne lisait pas elle chantait ou elle écoutait ses chanteurs favoris. Ainsi donc, si l'on veut juger de son esprit par ce qui en faisait la nourriture habituelle, il faut se reporter au genre lyrique, et surtout au genre héroïque, dont nous avons étudié en premier lieu les admirables productions. A la vérité, un élément trivial, un élément impur se mêle, dès le treizième siècle, à cet élément sublime. L'âge de la grande poésie approche alors de son déctin. Mais la décadence ne fait encore que se laisser entrevoir. A cette époque, on est au sommet de la montagne on découvre le versant où va glisser bientôt toute la société du moyen âge. Nous la voyons cependant, cette société, se rattacher, se cramponner avec amour à tout ce qui la retient encore sur la pente fatate. Elle est toujours profondément chrétienne, dans sa littérature comme dans ses mœurs, et, quels que soient ses travers, il ne faut point désespérer d'un peuple qui chante avec toute son âme et le Lauda, .S<iM<t la ~X<MM~ e <&Roland.

MUb~tM. 11 (ItapitM
SOMMA!RB!.

L'HISTOIRE.)

dXMrento de l'histoire dans t'antiConception quit~ et dans le moyen Afte. Les études hlatorlques soua S. Loats Vincent de Betuvais; son erudmon, ses recherches. Les archives des monastères et de la royauté. Les chroleur multiplication. niqueurs Chroniques latines et chrontquea francatxes. ViUehardoutn. Les grandes JoinviUe. de Saint-Dents. chroniques Les hagiographes.

~OUS abordons, avec l'histoire, un domaine demi littéraire et demi scientifique; c'est un sujet qui f t offre une transition naturelle entre les lettres et les sciences proprement dites. Aussi ne faut-il pas nous attendre à voir les écrivains du moyen âge déployer ici la même supériorité, le même génie que dans le genre de la poésie car le moyen âge, bien qu'à la recherche de tous les progrès, était généralement très en retard dans l'ordre scientifique. Cela dit, je me sens plus à t'aise pour faire ressortir les louables efforts des historiens du treizième siècle et le succès de quelques-uns. En premier lieu, nous devons constater une divergence capitale entre la conception de l'histoire dans l'antiquité et celle que le christianisme a introduite dans le monde moderne. Toutes les deux partent d'un principe opposé pour aboutir à des applications différentes. L'histoire, chez les anciens, était surtout un art chez nous, elle est plutôt une science et, si le moyen âge n'a pas encore la méthode scientifique, du moins il est déjà très loin de l'idée païenne, car son objectif en histoire

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LE TREIZIÈME

SIÈCLE.

L'HISTOIRE.

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à son étëve les auteurs qu'il doit lire, nomme tes historiens aussitôt après les poètes et ajoute: L'histoire est, en effet, voisine de la poésie MM/<!w <AM/<'< est ex ~w~w ~<t' MM/t<~w<' <'M/nw. Cicéron s'était contenté de reconnaitre a t'histoire un caractère oratoire; Quintitien, interprète des idées de son temps, en fait presque un genre poétique. Tel est le jugement porté par un érudit fort compétent, dont te travail se recommande a tous ceux qui veulent connaître (soit dit sans irrévérence) le dessous des cartes de l'histoire ancienne. Cet ouvrage, intitulé //M/<w fr<w<T~ < ~\f ~r ~'<v l'hisloire dans /f~<'< ('), par M. Chassang. mattredecon~rences à l'École Norma)e(et,par conséquent, juge non suspect) fait toucher du doigt le mélange constant, établi par la mode, de t'étément romanesque et de rétément historique. Qu'y a-t-it d étonnant à voir ce mélange observé dans la pratique, quand nous entendons les maîtres de la t pensée t'ériger presque en théorie ? « Le roman historique des anciens, conclut l'auteur que je viens de citer, au lieu de se développer avec art à coté de l'histoire, comme dans tes ingénieuses compositions de quelques modernes, s'établit violemment au cœur même de cette science ainsi l'histoire, dont tes légendes populaires et les <abtes poétiques avaient si souvent forcé t'entrée, se trouva encore envahie par tes fictions des philosophes et des rhéteurs. » Et it rappelle les principales causes de ces altérations d'une part, t'intérét, la vanité nationale, l'adulation, l'esprit de parti; d'autre part, l'ignorance, la superstition, l'amour du merveilleux. Reconnaissons, pour l'honneur des anciens, qu'ils n'ont pas été dupes. <: Cicéronnous apprend t. RMft. ht-a". t8&<.

(<!t<tt'<<tC')M.M<dtM.

Mais < tes premiers annalistes dl l'Église. C'est en quoi ont taitti les historiens antiques. pour ainsi dire. comm te dit M.aao LE TREIZIÈME StÈCLE. Puis arrive Paul Orose. ptus d'une ptainte. que le Soleil de vérité vint enfin illuminer la terre Les historiens chrétiens ne devinrent pas tout d'un cou) des modèles de critique. il écarte les fables et se tient en garde contr les livres apocryphes. un mythe. <~uintiticn et Quinte Curce tui-meme nous disent qu'on ajoutait fort peu de foi Ht plus d'une aux récits des historiens d'Alexandre ('). s'éteva protestation.nxnoins t'histoire ronaine ne fut pas exempte non ptns de ce défaut. pour inculquer & l'humanité l'amour de t: vérité pure. les Eusèbe. ft/ iatfodaettua. les Socrate. t Eusebt te plus cét&bre. une épopée: il faut tes prendre pour ce qu'ils sont. n'ont pas ptus trouvé {{rAcc devant la critique que tes détails de la guerre de Troie ou les exploits de t'haramond. qui resserre te t. de bonne heure contre les mensonges des annalistes grecs ~fA'/ in ~M/M. et les légendes retatives à la fondation de Rome. H fallait. a eu près de son berceau une fée. en général. Ne. les Théodoret sont. Strabon. aujourd'hui (tordue. contne disait (~«<~«/ <7~<<'fM M~w~M Ju\enat). Tout le tnonde sait que Tite-Live est t'inventcur des tteHes harangues mises dans ta bouche de ses personnages. admet parfois des traditions suspectes cepen dant. < . des écrivains instruits et graves. C)MM*nt. aux aventures de Romutus et de Rémus. si bons peintres d'aitteurs et si bon' moralistes. Chassang. Chaque nation. n'était guère considérée dans l'antiquité que la ~fn'~t~ comme un ouvrée historique. et surtout n~ pas prolonger volontairement au delà des temps héroïques ta confusion de la fable avec la réalité.

i) répond comme saint Augustin dans la < /~w. au moins.~ Ht cette nomette science ne ~'uvatt naitrc et <!cu)T)r qu'en terre chrétienne.ooranec même: mais. ses successeurs feront cncnre pretn c de crédulité. cherchant toutes tes deux à faire connaitre le vrai d'abord des historiens proprement dits. a3t ())its dans une narration loyale.'i))'i. en très petit nombre malheureusement. dans l'acceptation moderne du mot. Au treizième siecte. d')t. it met suttt les yeux de CM Rn)n. a<tir)ne t'ittea) nfmeau du genre historique. Les premiers. f~. ft/ . Oro-ic est un des créateurs de la phih'sophiu de <'h)stoirc('). Les seconds sont ceux t. ce grand perfectionnement est depuis longtemps consacre par l'usage. en un mot. qui se servent des monuments antérieurs pour tes confronter et pour en tirer la lumière. aya. en dcc):<n<nt '}H'<) aimerait mieux briser sa ptume que d'écrire une par«it' contraire à ta yerite.rand changement et. !esprit s'est m<tdiM t'«tt)ectif principal s'est déplacé. qui font. ou du moins cette funeste indifférence qui <:usaitccn<«ndre les historiens ayee les rhéteurs et tes poètes. j'ose le dire. ce t. i)sne ntetangeront plus systetnatique<nent les ncti'ttts aux (aits its ne professeront p)us cette espèce (le cynisme. de Htit~'i<)ui<)ntaMi{. p. Cha&MMg. œuvre d'érudit. si Ht:) -ide tt'ttr le tableau de toutes les )n)s&resftdet"utcs )csc. Nous trouvons parmi les annalistes deux catégories. Sulpice S~v~re. pour !< plier une grande id~ phitosophique La rétinien chrétienne ayant été rendue responsaMe de tons les maux qui désolaient le monde au quatrièmesieete. sont ceux qui scrutent les événements des âges passés.~<e-!p)u':bn<)a))tcsétJO()ues )curhi''t"iff.L'HtSTOtRE. Ses contemporains. et puis des chroniqueurs.dagrandeur.

t. ))s cs-ii~'entde se hitu'.es ctmtcs historiques. it étudie surtout t'age .aaa LE TREtZÏÈMR S!ÈCLE< qui se bornent raconter ec qu'ils ont \u. une xfweUu Karantie d'ituthenticite. en dehors des études sectaires. ils Que)<)uef<tis fCtxontcnt. et t'hist«ire moderne dans les auteurs ecclésiastiques étudies A titre de phi)<*s«phcs. Nnus tdtKtM tes ~tudicf rtt~ dement t'uo après t'autrc. composés par des savants pour t'usage du public. t'n apprenait )'hist«irc ancienne <htns les littératcurs anciens. et d'histoire universette. On trouve cependant.scr jusqu'à Chistuire crhaMc ném))n«i))s k's deux genres <tc)ncurcut jMrf. ne faisaient point partie tnt~({r. par tu fait. dans la Hibte surtout. l'auteur de t'/wo~ w«K<A. Mais. traite longuement des six âges du monde il retrace ses origines profanes et sacrées. itt (<'nt UHbref rcsuw'f' tk-<~v~nctuent'* plus ancicnt. ce qu'ils ont recuettn aMtonr d'eux. où ils condensent les notions tes plus diverses. du reste. comme pour permettre aux hommes de tout savoir en ne possédant qu'un seul livre. en prenant peu à peu te caractère d'une science positive. Ainsi Honoré d'Autun. & propronent partur.Htcxtcnt distincts.eurs récit-< sont de simples métnoircs personnets cf t)ui est.d'orateurs ou de tnoraHstes. sur )<"i)ieu\ ou )f< personnes qu'its ont fréquentés. Les encyclopédiste:) du temps ne manquent pas d'en insérer dans ces immenses compilations où ils entassent.u<te <t<:t'ensci~n~Kcnt dcx <Scotcs. et ils tf soot t:ncnrc de tM's jtturs. cttcs ne nnurcut pas cntn'nc uoc branche sp~ciatc sur te pro{. !. aux origines de Icur tujct.ra)))mt: de cet ensei~nutnent. pour commencer. !)u t))"ins. Ce n'est que dans les temps modernes que t'histoire a été ensei~nce a part. de véritables cours d'histoire. traduite en vers français au treizième siècle.

Sa grande attention est de nous faire admirer la sagesse de la Providence . !t suit le texte sacré et les écrits des anciens l'ères )Xtur faire l'histoire des apHtres et dcs premiers disciptes <tu Sauveur.. soit dans ta guerre. leur ruine. des autres grands états. depuis Auguste jusqu'à Frédéric Il. t) lui consacre le tiers de son vaste répertoire. seton t'or<)re des temps. qui est te sixième d'après lui. dw s<<)) hommes i))u''trcsde ('ordre de Sai. sub<)ivis~s en .tt-t~'tnit'uvragesurte'' ni<)ue. Tt'urt'n. Mais. soit dans la paix. jusqu'à ta naissance de J):sus-Cu)«sT. tel est te titre du troisième votume <)e édition doses teuvres. « t/ouvranc entier contient. Vincent de Meauvais fait à l'histoire une part beaucoup plus large. tes rois et tes conducteurs du peuple de Dieu. les successions des souverains et ce qui les a rendus illustres. leur gloire. les ju{{e~. Son eontenM et son plan «ut été anatys~'s nssex ctairement par te t*.7<)~chapitres. Vincent de Heauvais s'étend davantage sur ce qui appartient plus particulièrement et plus directement à t'état de t'Hgtise sous les empereurs. leur décadence. les prophètes. du temps d'Abet. !~s bettes actions et les paroles célèbres des {{rands hommes de l'antiquité patenne trouvent leur place dans son traité historique. ti n'a point oublié de mar'jucr les commencements tics empires. des royaumes. et ses propres ensuite sous les patriarches. Vincent y décrit d'abor<t tes commencements de )'Ét{)ise. et <)u')t divise en dix parties. et ce volume comprend 3< livres. en historien chrétien. . ('histoire abrège de tout ce (p'i s'est passé de mémorable depuis la Création du monde jusqu'au pontificat d'!nnocent IV.L'HtSTOïR~ a33 chrétien.S~ffM/MW ~MA'tt/f.

sur le siècle à venir.ieset tes autres sectes sfhismatiqMC! ni te:. le troisième à David.cprésent des bons et des méchants. I~e premier âge.a remportées sur tous ses ennemis.t93<& t. T<Mt«n). !t y est enfin parlé du dernier jugement. de la gloire des saints et du supplice des reprouves ('). Cette idée n'est particulière ni a lui ni à son siècle elle a été et en vogue dans tout le moyen &{. comme ils l'appelaient. lui aussi. des souffrances et des victoires des tnartyrs. vertus et les exemples des ptus cetehres anachorètes.racedeJ~SUS-('t))«ST dans tes vict<')re'<que t't'~ti-ie. sur t'ctat dcs Ames séparées de leurs corps. *o«. correspondant aux six jours de la Création. sur le temps et tes actions de t'Antechrist. finit au déluge le second à Abraham.f7A <'er<<M <«< omt<)4'«.de siecte en stecte. t) n'a eu ~arde d'otneUte ni les canons des anciens coocites ou les décrets des souverains ~ntifes qui "nt <nudmye les ))<')re'. t 'f-t ce 'sujet que notre écrivain rapporte tes acte-< qui partent des combats. tes cwnntenec'nents des divers ordres reti~ieux et leurs progrès. tes restes et les instituts des saints l'ères. . de la résurrection des morts. ct ta vertu de ta t. )) Vincent de !<eauvais adopte.e. atteindrait une durée beaucoup plus longue que les précédents ce qui introduit dans leur système une disproportion singulière. d'après le ~f«/«w historiale. Tout ce grand corps d'histoire est terminé par tes renexions de fauteur sur le <netant. car les de la chronologie étaient encore très incertains et éléments les hommes existant alors ne pouvaient savoir que t'âge chrétien ou le sixième Age. la division du monde en six âges. et qu'it met sous tes yeux du lecteur ce qu'il a trouvé de plus remarquable dans tes ouvrages des docteurs.aa4 LETREtZtKMR St&CLK. <~M Wt<. rien d'étonnant. le quatrième à <f< D M t.

it est possiMe que nos arrière-petits nts voient le eonxnencement d'un septième millénaire ou d'un vingt-et-unieme siècle: après J)~SUS-CHR!ST et alors il faudra trouver encore une division nouvelle pour Hnstnirc universelle. dans Jennarius ou dans d'autres écrivains.S~v/w des différences w< instructives.~<*<v~M ~'<v/M~ ces deux parties du . n<a)~r~ ('autorité des syst~tnt's qui assignent A l'existence de )'hu<nanit~ une dur<*etotatc de six tnine ans. « la biographie des auteurs célèbres. du reste. to nombre d'années écoutées avant la naissance de jf:sus-C)tXtKT (4000 ans environ). deux au «Xtndc p:t<fen deux au monde et chrétien. (lui avait fait de son ouvrage une étude critique complète. et le sixième ne finira qu'avec l'univers. publiée en partie seulement.L'HtSTO~RE. Hn racontant les annales du monde depuis son au origine jusqu'en t'an t2$oapr~s Jf:sUS-Ct)tt)ST. Considérons p!ut6t !a méthode et tes sources emptoy~es par Vincent de Heauvais. Abstenons n"ut donc de nous lancer dans ces théories. <ort appréciée de entre .e. L'utilité de faire des citations exactes était. aas la prise de Jerutatem. l'indication rie ceux de leurs ouvrages qu'il connaissait ou dont il avait trouvé l'indication dans saint Jérôme. et il a soin d'indiquer il !e nom de l'auteur auquel il a fait un emprunt. Mais. dont deux répondent au monde anté-dum'ien. il est beaucoup plus rationnel de partager t'histoifc uniwrsette en six phases de wi)K' ans chacune. Ces indications font quelquefois double mais souvent on trouve anptoi avec le . Ce laborieux dominicain est bien le type de l'érudit du moyen a{. comme l'a remarqué lioutarie. DepMit que t'en connait. te cinquième t'avenement <h( Messie. à peu de chose pr~s.i) joute a récit des faits. Vincent cite toujours ses autorités ou plutôt s'est borné à faire une compilation.

Vincent parle CH son nom. XVn. Ces citations ne sont pas toujours exactes. entre autres quand il donne des tistes d'ouvraRCs. (Ajuut<t))s qMc cette pn'~ccupati'"). Il mit en 'euvre tous les auteurs.< tn< ancit'n tn~vèw. a suivi le n~me sy~tne. Mais comment donc alors trouvons-nous à chaque pas. nta~re ses reconnnandatittns. de la Guerre des C~M~M de de César. C'est hti aussi qui a joint ('histoire des productiuns titt~rairetet des auteurs à celle d~ t'v~netncots et a e~tainmu'nt sorvi de <not~tt: à Vincent. de t. du Jugurtha et du 6<t/<Xw<! Salluste. des citations de l'Histoire <f~/< . » Daunou prétend bien que tes historiens du moyen fige avaient. en en rejetant ta faute sur ceux qui. ec qu'it écrit de sot) chef est pr~ccd~ de la rubrique ~!</< t~ part de l'auteur ct'tMistc dune (triocipidooeot dans )c chf'ix et )a disposition des citations. celui de n'avoir à teur disposition qu'une très petite quantité de livres. .tw«/~<'(par le faux Cattisthene). <)f/t. de Suétone. et te nombre en était prodigieux ('). sacres ou protanes. t«ut en protestant que les inexactitudes qu'on peut lui reprocher sont sans importance. entre autres défauts. ne se montrèrent pas copistes scruputeu}:. et de ne connaitre notamment ni tes anciens historiens grecs ni la plupart des latins. ~*<M« ~«M/tMt des t.P.) QMan<< ~r<<)is. ce souci de t'histoirc littéraire était bieo naton')< ht'. qu'it put se procurer. son tctnp~ te chroniqueur connu sout te nom d'Aide de Trots Fontaines indique tes sources auxquettes il a puis~. dans Vincent de Beauvais. il rav«uc hti-tnOnc. auteur d'une chronique universelle que Vincent a mise largement à contribution et dont il nous a conservé <tes franments.n~<«t. j~tinand. car aucune d'ettcs n'altère la vérité. t!t. de t'abrégé de Tm~ue-Pompée par justin. de Quinte-Curcc.aae L)E TREtZtÈMB S~CLE. ce qui est rare.

de Bayeux. SaintAmand. Saint-Victor de Marseitte. surtout ceux de Paris.S/~w/MW. de Rouen. Saint-t'ère de Chartres. Saint-Riuuier.euntrairetnent à <'hy)'<)(he'.<* voûtaient voir le catalogue de cette collecPetit. Sainte-Catherine du Val des ~coticrs. qui tion royale dans la liste des nvres cités par Vincent. Le nouvel institut auquel appartenait Vincent de Beauvais possédait dans chacun de ses établissements une école et une bibliothèque. de Laon. et sur ces catalogues sont représentées toutes les branches de la science et de la littérature. Fteury-sur-oire. Les chapitres.L'HïSTOïRE.ard~s avec un soin aussi jaloux que tes trésors de leurs chapeHes: tes catalogues nous en ont été conservés.si la bib))<'<h~<)t)f(!e saint <fuis ne fut créée que plusieurs années apr~s )'ap)Mfitit'tt du ~mise jtar Uaunuu et . le Mont-Saint-Michet.Live ni Tacite. H n'a connu ni Tite. Saint-Marien d'Anxerre. Les chapitres annuels des Frères Prêcheurs se préoccupaient du soin des livres et de la nécessité d'en prêter à ceux qui en manquaient (ce qui n'a pas . Oairvaux. avaient également de très riches collections.{. Saint-Martin de Tournai. de Beauvais. <tu moins il eut à sa disposition les immenscii richesses entassées depuis des siècles dans toutes tes grandes abbayes de France. et bien d'autres monastères possédaient des longtemps de véritables trésors de tivres ou de manuscrits. Citeaux. Moissac. tes évëchés.Radet. i! s'en sert bien davantage encore.car. t'orbie. H a ex~tore tes b)b)<t'thK)ues(lui existaient de '«tn te<n)ts. SaintVictor de Paris. et jMtttr en découvrir d'autres t) n'a rien n~))~. !e Hec. c'est vfai mais t) a fait un large usa~e de tous les auteurs anciens qui )i«nt venus A sa c<tnnaissanec. as? Vat~rc Maxime? Jf ne j~rte pas dpt historiens chrétiens ni des chroniques antérieures A son sjÈcte.

pliant sous le poids des livres. Que d'auteurs ctassiques ne nous seraient jamais parvenus sans la visitante sollicitude de tous ces moines. du fonds de Notre-Dam< du fonds de Sorbonm' et. aux préjugés emptchét'~bM !~beuf d'avancer. Si t'en va consulte) notre premier dépôt national. un écriteau ainsi conçu: Donné par l'Église à la France. ce .si les prétendus ignorantins n'avaient passé par là! Nos bibliothèques actuelles ne sont que le résidu des richesses des anciens monastères. Eh bien! Vincent de Beauvais mit à profit toutes ces bibliothèques car. elles étaient accessibles à tous. on n'ouvre pas un manuscrit qui ne porte la marque d'un couvent ou d'une égtisc. loin d'être fermées aux travaitteurs du dehors. dès tes premiers temps. au point que plusieurs sont appelées par lui des établissements publics. du piUat. nou~ placerions au seuil de ces magnifiques galeries. du fonds de Saint-Victor. ces précieux monuments du génie antique dont l'érudition moderne e-'t si nere! Que saMtait-oMdes at{es reculés dc l'humanité.e. si t'~tise n'avait fait preuve. en les préservant de-~injures du temps. H employa pour cette immense investigation toute une armée de jeunes i. et qui nous ont. au contraire. mais o[ en trouve des milliers provenant du fonds de Saint-Germain des t'rés. té~ué. conformémcHt son temps.238 LE TREIZIÈME SIÈCLE. si nou< étions reconnaissants. en tes éditant a t'envi. V.sur point les<Mtaih donnés dan:lechaptue suivant. de ce perpétuel esprit de conservation qu'elle a porte dans le domaine des arts comme dans le domaine des lettres? Quette épaisse obscurité s'étendrait aujourd'hui sur Ic monde. que la création des ordres mendiants avait de entratné la décadence des lettres). que l'on ose accuser d'i~norantisme. des vers. en tes reproduisant. si nous étions sincères.

les seigneurs avaient aussi leurs chartriers. soigneusement tenus et précieusement conservés: l'intérêt. fut installé. le souci de . comme il nous l'apprend lui-même. avant t2~8. 239 auxittaires. audessus de la sacristie où l'on gardait tes reliques de la Passion et les ornements pontificaux de là le nom de Trésor des f~M. Il fut aidé par le saint roi lui-même. qui désigna depuis les archives de la couronne. et se détectait dans la lecture des Pères de t'Égtise. Ce grand roi avait également placé dans la Sainte-Chapelle tes archives royales.JL'HÏSTOtRE. que son ordre lui fournit il a mentionné en plus d'un endroit les extraits dus à leur collaboration. et l'on peut supposer sans témérité que la conception première de son entreprise lui fut inspirée par cetui qui l'encouragea de ses deniers idée bien digne du bibtiophite couronné qui réunissait à la Sainte-Chapettc les livres de tout genre qu'il pouvait faire copier. Lc dépôt officiel des chartes.S<w~ f/MW M ~«~/<A«~ ad <'<M~W JTf~/<ï <<'W/!<f<< /f~MAY< <M~~w ~n./f<t /~t'~M/ Kt je ne sais mêine s'i) ne faudrait pas attribuer à saint Louis une intervention plus directe dans l'exécution de cette vaste encyctop~dic far Vincent était attaché. Les abbayes. de ses registres de chancellerie lui avait fait durement sentir l'urgence d'abriter ses titres en lieu sûr. qui lui ouvrait libéralement sa bourse pour subvenir aux frais de la composition de son ouvrage il lui a rendu bien haut ce témoignage: « . qui devaient être pour l'érudition un secours non moins précieux que les bibliothèques. de son sceau. dès l'achèvement de ce splendide sanctuaire. à la famille royate en qualité de lecteur ou de professeur. où la perte de ses bagages. institué par l'hilippe-Auguste à la suite du combat de Frétevat.

archives et bibliothèques. pour les temps anciens. nous voyons toutes ces archives ecclésiastiques ou privées prendre une régularité et des proportions nouvelles des cartulaires se rédigent de tous les côtes des classements. car les notions du comput étaient répandues partout on se fondait. on admettait des fables parfois ridicules. en t283. où ils tes savent bien mieux gardées. les ressources indispensables aux érudits.Vincent de Beauvais n'eut malheureusement pas assez d'imitateurs. leurs droits. et on lui empruntait. moyennant que celle-ci reçoive une de ses chartes en dépôt. leur en faisaient une obligation. Cependant on savait indiquer avec soin les sources (et en cela l'auteur du . des inventaires commencent à s'exécuter et ceux des seigneurs qui n'ont pas dans leur château un local a<!ecté à cette destination spéciale. cette incomparable philosophie de l'histoire qui fait tout partir de la création pour aboutir au jugement dernier. La critique était encore dans l'enfance on compilait les matériaux sans établir entre les bons et les mauvais une distinction suffisante. Ainsi. ne tour manquaient point et ces ressources. à donner à l'abbaye de Saint-Denis une pièce de gibier par an. ils tes utilisaient. par laquelle il s'engage.S~M/Z~M est loin d'être une exception) on se préoccupait d'éclaircir la chronologie. Nous en avons un exemple curieux dans une lettre du sire de Rosny. on appliquait la synthèse à l'histoire. Au treizième siècle. Mais sa tentative seule suffirait à démontrer que l'utilité des recherches historiques n'était nullement méconnue. sur la Bible.240 LE TREIZIÈME StÈCLE. encore plus que l'amour de la science historique. en outre. s'empressent de confier leurs chartes à quelque puissant monastère des environs. et .

le tableau des faits accomplis durant cette année. aucun élément pouvant servir aux historiens à venir. Mais beaucoup d'entre eux. Passons aux chroniqueurs.L'HISTOIRE. on jugera quels étaient les plus affamés de savoir et de lumière. ne résistent pas à la tentation de relier ces faits . de ces histoires universelles qui abondent au moyen âge. suivant l'ordre des temps (~pow<). florissant à l'époque la plus érudite et la plus scientifique. La chronique n'est plus. Entre ceux qui recherchaient avidement les moindres miettes de substance historique parvenues jusqu'à eux et ceux qui ont négligé de s'asseoir au grand banquet servi par l'érudition contemporaine. au moyen âge. un travail de compilation et de critique c'est un simple récit des événements auxquels l'auteur a assisté. a dédaigné de pronter du privilège qui lui était accordé et s'est écartée de la voie des sources. et ils ont voulu en ignorer. à proprement parler. Les Michclets du dixneuvième ont assisté à des découvertes et à des progrès plus fructueux encore. et ils ont fait pis. nous devons nous rappeler que toute une école d'historiens modernes. Les encyclopédistes du dix-huitième siècle n'ont pas l'excuse qu'avait Vincent de Beauvais ils avaient beaucoup plus de moyens de bien faire.S~wAt. l'on s'efforçait de ne laisser perdre aucun document. nous aurions mauvaise grâce à nous plaindre d'une pareille méthode et avant de condamner nos prédécesseurs du moyen âge. récit disposé sans aucun plan particulier. Nous qui nous trouvons dans cette dernière catégorie. 241 rien que l'idée de ces . Les vrais chroniqueurs donnent. dénote une largeur de vues trop souvent refusée à de plus savants enfin et surtout. sous la rubrique de chaque année.

et enfin. qui aurait émigré avec les siens.242 LE TREIZIEME SIÈCLE. toute la production historique de la~France. à ceux des siècles passés ils remontent jusqu'aux origines de leur abbaye. de leur province. que dans les chroniques monastiques la méditation et le recueillement du cloître donnent seuls le vaste coup-d'oeil et l'envergure d'esprit qu'elle suppose. avec les travaux de quelques clercs séculiers. les compilations latines exécutées dans les abbayes de Saint-Denis. vers les plages occidentales. ne sont plus les uniques rédacteurs des chroniques. qui n'est autre chose qu'un prologue. un hors-d'œuvre. d'ailleurs. un peu plus longuement ceux des temps voisins du leur. quand ils arrivent leur époque. L'histoire commence à se séculariser et.. représentaient. etc. par une date et par quelques mots concis. car ils n'ont généralement sur les âges reculs que des notions inexactes ou du moins incomplètes ainsi presque tous ceux qui parlent de l'origine des Francs les <unt descendre des Troyens et du légendaire Francus. au treizième siècle. Les moines. par conséquent. Il y avait dans chaque grand monas- . tes événements anciens. Cette entrée en matières n'existe. !t en résulte une certaine disproportion et une grande différence de valeur entre le commencement et la fin de tours œuvres. Aussi convient-it de laisser de côté toute cette partie des chroniques. de Saint-Bertin. du royaume. de Saint-Germain-des-Prés. C'est là le trait saillant de l'histoire dans cette période si féconde en nouveautés. ou même du monde ils indiquent brièvement. Précédemment. ils entrent dans tous Ics développements possibles. et qui n'a d'autre intérêt que d'accuser une fois de plus l'idée partout répandue de l'histoire universelle. comme Ënée. à se franciser. de Saint-Benoit-surLoire.

auteur du poème de la /<7~«& par Pierre de Vaux-de-Cemay et Guillaume de Puy-Laurens. comme ta souveraineté elle devient nationale. où l'on trouve une certaine critique. qui a laissé. par suite de la création des (onctions d'historiographe auprès des personnages importants. de Saint-Magtoire de Nivelles. des tamittes prendront au contraire un développement nouveau. dans chaque église. et qui fut traduit et répandu par l'ordre d'Alphonse de Poitiers. j'ajouterais enfin . Ce courant tend dés tors à se tarir: l'histoire se centralise comme le pouvoir. de Maillezais ne trouveront plus de continuateurs au quatorzième siècle. Léopold Delisle. et en même temps elle échappe en partie à l'Église. une chronique universelle et une chronique des rois de France. moine de Saint-Pierre-leVif par Albéric de Trois-Fontaines par le clerc anonyme on doit l'importante histoire des rois de France appelée auquel Historia ~?<w /r<MMWMW. essai heureux. biographe de PhilippeAuguste. outre sa Vie de . bibliothécaire de SaintMartial par Geoffroi de Courlon. qui racontent avec animation la grande guerre des Albigeois par Bernard Itier. des seigneurs. tandis que tes chroniques des princes. comme un courant d'histoire locale que chaque siècle venait grossir. 243 tère. par Guillaume de Nangis. dont la hardiesse et l'indépendance de langage n'empêchèrent pas ce prince de l'honorcr publiquement par son successeur Guillaume le Breton.Mt'~ Louis. La chronique ecclésiastique et latine est cependant représentée avec honneur encore par Jacques de Vitry. qui trouve des accents indignés pour retracer les fautes de la quatrième croisade et la corruption de ses contemporains par le moine Rigord.L'HISTOIRE. Les chroniques de Saint-Martiat de Limoges. étudiées à fond dans un mémoire critique de M.

En 126o. t'autorité de t'historien. c'est qu'ette commence à être traduite ellemême en langue vulgaire. On le voit. l'Historia ~«w /fMM~ww. par la forme. comme l'a reconnu M.iquement la valeur de ses récits tes plus invraisembtaMes ils prétendent même le justifier du reproche de eredutité.244 LE TREIZIÈME StÈCLE. lui. et si. Et puis. De savantes publications. Wallon. de l'autre. un certain Nicolas de Senlis traduit en poitevin plusieurs chroniques monastiques. par te sujet. cet écrivain bien connu n'appartenait plutôt à l'Angleterre qu'à ta France. d'une part. H est vrai que les récents éditeurs anglais de Mathieu Paris détendent éner(. Mais ces protestants laissent percer le bout de i'oreitte ils l'appellent bien haut t le dénonciateur de t'oppression papale etro~'ate !t. Ces versions vont se multiplier. L'origine de ce monument quasi-officiel de notre histoire nationale est encore enveloppée d'une certaine obscurité. il est donc fort a croire que cette qualité seule lui aura fait attribuer toutes tes autres par ses imprudents admirateurs. la passion et la verve du pamphlétaire ne détruisaient ehe?. ritièrc de la chronique religieuse des siècles précédents elle est déjà plus indépendante et plus personnelle. par Mathieu Paris. Dès t2to. Mais nulle part la transformation n'apparait aussi sensible que dans les fameuses chroniques de Saint'Denis. ont cependant contribué à t'éctaircir. et ce mouvement de vulgarisation correspond justement à la naissance de ta chronique française. par la qualité des auteurs. un ménestrel du comte de Poitiers traduit. de Wailly. notamment un mémoire spécial de M. un symptôme bien significatif. comme je viens de le dire. le genre de la chronique latine n'est pas précisément perdu: mais cette chronique n'est plus tout à fait l'hé. et les résultats . si.que lui adressait déjà Michaud.

fut achevé en t274. !es compilations de Saint-Beno!t-sur-Loirc et de Saint-Germain-des-Prés et celles de son propre couvent il s'appropria le travail de ses devanciers sans tes nommer. Mathieu de Vendôme. a<!ccta de ne rien devoir qu'au trésor de Saint-Denis. tel que Suger.. son trésor historique s'était enrichi d'une grande collection de manuscrits. qui dirigeait t'abbaye au temps de saint Louis. commanda à l'un de ses moines de donner une forme française aux anciens monuments de nos annates. n'omettant aucune occasion d'exalter l'abbaye. Rigord. Pour soutenir cette gloire et affermir cette prépondérance. MM. jetait son plus vif éclat et étendait sur l'administration publique comme sur les lettres son influence: depuis un siècle. qui se nommait dom Primat. en les développant à t'aide de chroniques plus récentes. se répandait et s'accréditait que ta se trouvaient réunis tous les chroniqueurs épars dans les autres abbayes.4 . en partie exagéré. se présenta devant Philippe le Hardi et lui offrit le volume élégamment transcrit et richement enluminé. Mathieu de Vendôme. en récitant sept quatrains L. il laissa croire que tout ce qui concernait la véritable histoire de France s'y était conservé par une sorte de privilège.M tdmt. qui ne va pas plus loin que celui du ménestrel d'Alphonse. traduisit.Hnf <)M. accompagné du traducteur.L'HISTOIRE. Mathieu de Vendôme. Le rédacteur. Son récit. supprima la mention des sources où ils avaient puisé. illustrée par ses hommes d'État et ses historiens. a4s acquis ont été assex bien résumés dans un ouvrag récent. qui est une condensation habilement faite des travaux d'au trui < C'était le temps où l'abbaye de Saint-Denis. dont l'abbé autorisait volontiers la communication le bruit. interprète zélé de la pensée politique de l'abbé. et.

t)riw~e<. qui le recueil par une rédaction uri{. composée de la rédaction du Membre) pour ta perifute des deux pr<*))))crcs racfs et de ccH<. dont les exemplaires se répandirent c'est cetui qui a été partout des t~7y a Paris. Qm.. Etc.246 LR TREtZtÈMR StECLE. <*))e)ipe.tnce. 't'.<<<w~«'A graphes du roi devinrent ensuite des écrivains séculiers.inatc jusqu'A proton~erent t'avenement de Louis XL Mature tous ces travaux. forte comme un adulte dont la croissance a été lente et régulière.(')t(·) Y C'est ainsi <(ue fut fondée ht grande eojtection des chroniques de Saint-Denis. 'Cauttssc:i~tIraswilli ~tui l'riutu. qui suivait la cour en qualité et au<(ue) un eotnntuniquait les titres royaux. conquiert l'histoire comme elle a t. Jetetemtt:tft))~m)mJc*tM)s<tM)t)M.ti<tcctnt«t))e<.i) est. puis aH"n~f d'une ic de sitiut L<'uis et d'une vie de t'hitippe )e t tard). et plusieurs fois depuis.((nitMntc-.tMti'ci-.p:(tf.xtit)e)').tnftn'e!. sous ta publie /MM«'. t'hitipj~c )t' Ht') MHK ce titre: < ('hrM)i(juesde France s<tnt conservées a Stunt-Uenis. celle des mémoires directement composés dans l'idiome vulgaire. malgré toute t'activité déptoyec dans ces deux genres de la chronique latine et de ta chronique traduite de latin en français. d'historiographe A cette époque fut donne un texte comptet et rajeuni. L'histoire oft)seton ~u'eUes ciet)e de t)"s rois fut écrite jusque sous te re~ue de Chartes V par un tnoinc de cette abbaye. La langue française. tes chefs-d'œuvre historisans contredit a une ques du treizième siècle appartiennent troisième espèce.<j/a~<~f/ / /<7//r<</«r~~M~a a .ttntH'iHc()mt')i'~it~e'. parut s<tu'. Aubertin. en uomez. Une nouvette édition.Etc.de )'ri)nat pnur )c reste. Uit'n merci. sortie complètement de ses langes. Les historiodénomination de ~MM</i'.

imitée en partie du latin de Haudri de Hourgueit par un trouvère de rUe-de-France ou de Normandie. une narration de ta première croisade. ou des premières années du treizième. Geoffroi de Villehardouin. l'a consultée. qu'on a cru ton~emps fils de Guillaume. des traductions de H\ res saints. des romans. mais à tort. qui . 247 conquis la poésie et )a chaire. qui écrivaient en français des ~temes. il prit une part active à tous tes hauts faits de cette expédition. de composer une histoire générate ~«w« cette histoire a /<w«/< même existé. être le premier monument de notre histoire rédigé en prose française. était certaincment issu d'une noble famille champenoise et fut lui-même. rant Mcyer a depuis peu retrou\c quelques fragments vcrsi~es de la fin du tneme siecte. jusqu'à nouvel ordre. On sait.L'HISTOIRE. comte de Flandre. M. Knroté avec l'élite de la chevalerie française dans la croisade qui devait aboutir à la fondation de l'empire gréco-tatin. d'un autre côte. intitulé /?<*la f<'Ky/«'y/<' ~/M/<M/w~A'. Néanmoins le livre de Villchardouin paraît bien. n'aient jM<int ssa~ e cette nou\e))e tcrtne de tan~a~e a ta conux'sition d'apptiquer historique? Assurctnext non quelques essais thnides ont du se produire d'abord. t'~st-ce bien ta. puisqu'un écrivain du pays de Hainaut. maréchal de Champa~te. et il les a retracés dans un récit <A' très sincère. comme elle conquerra bientôt la philosophie et tout le reste et son introduction dans ce domaine est une entrée triomphale. les noms de Vittehardouin et de Joinville nous te disent assex. Jacques de Guise. cependant. que Baudouin tX. son entrée première ? Est-il naturel que tes titterateurs du douzième siècle. revêtu de la dignité de maréchal. qui appartiennent vraiment a t'histoirc: te prologue d'un récit du re~ne de Phitippe Auguste. vers l'an t2co. avait ordonne.

Lorsque la flotte des croises fait voile vers la Grèce. comme celles-ci.M8 LE TREIZIÈME SÏÈCLE. C'est donc à cette dernière tes ou fort peu de temps après. Cette date. qui étaient auparavant l'unique histoire nationale pour la masse du peuple. les exhortations des chapelains au fort de la mêlée. Son début ressemble vaguement à celui des vieux poèmes déclamés par les jongleurs dans les cours féodales. Et malgré ce caractère épique. dans les châteaux. que son livre parut. se rencontrent sous sa plume. lorsqu'elle arrive devant les murs imposants de la cité impériale. les longues chevauchées des paladins. les parlements tenus à cheval «emmi les les impétueux discours prêtés aux pairs de champs Charlemagne. les confessions et les communions collectives avant la bataille. elle est la démonstration de la Chanson de Roland. et t'en retrouve aussi dans certain passage de Joinvitte une préoccupation semblable. plus saisissantes que dans la fiction. Or puez otr. Elle fut peut-être composée pour être récitée. On retrouve encore dans Villehardouin les grands conseils de barons décrits dans les chansons de geste. Villehardouin parait s'a'trt". première chronique française a encore quelque chose de t'atture des grandes chansons de geste. ces merveilleux spectacles mettent également dans la bouche du chroniqueur des accents d'une poésie véritable. Toutes tes scènes légendaires de notre grande épopée revivent là dans la réalité. t-mbras-M* années t <o8i\ 1207. ces formes de discours: « Sachex.<('r dirt'rtement à un twbte auditoire. Que vous dirai-je ?. seigneurs. La ~M~Af de C<')M&w//M< nous peint fidèlement la chevalerie en action elle est la confirmation éclatante de la sincérité de nos trouvères. A chaque pas. l'authenticité des récits du chroniqueur est au-dessus de toute .

Puis c'est Li estore des . a49 contestation elle est visible comme l'évidence même. On a voulu y voir une histoire populaire et authentique il faut y reconnaître bien plutôt les chants d'un trouvère converti à la prose. et ce mérite peut sufHre a la gloire du Xénophon français. en modifiant à leur pro<)t tu but primitif de ta croisade. suivant l'expression de Victor Le Clerc. t) ne l'a point fondée mais il a contribué en affermir chez nous la tradition. dont t'œuvre. qui a substitué à son diatecte champenois le dialecte waHon ou picard. C'est le Ménestrel de Reims. Riant. Les mémoires de Villehardouin ont été continués un an plus loin par un clerc appcté Henri de Valenciennes.a été ramenée par M. où les médisances accréditées parmi les seigneurs hostiles à la couronne et tes flatteries à leur adresse se mêlent aux scènes pathétiques et. de Mas-Latrie. à sa sobriété des développements romanesques. MM. !t ne parait point que la réputation de véracité du chroniqueur en soit sortie moins pure. Un débat récent s'cst cependant engagé sur le degré de bonne (oi qu'il avait apporté dans l'histoire de ses relations avec les Vénitiens on a prétendu que ceux-ci. et en même temps l'écho des rancunes de la noblesse féodale abaissée par Blanche de Castille et son fils. longtemps connue sous le nom de f~w<t~«<*<A ~<'<wt. Hanoteaus. de Wailly et quctques savants étrangers f'nt pris part à la discussion. à tel point qu'on a pu dire que Villehardouin avait fondé la probité historique. de Wailly A sa vraie dénomination et sa juste valeur espèce de roman historique. Les chroniques françaises se multiplient ensuite assez rapidement. l'avaient eu pour complice. aux narrations épiques chères aux historiens de l'antiquité. à sa poésie naturelle les Heurs d'une rhétorique recherchée.L'HISTOIRE.

</«f~ <~ A~wd~</«* rois <<J~/<~w. Kst-it besoin de parler longuement de ce dernier. Joinville se trace bien un plan à la première page il veut rappeler dans une première partie toutes les vertus. cbsements. m. la sincérité désintéressée et toutes les qualités qui font le bon historien puis le naturel. notamment la belle édition donnée par M. le pittoresque et les mérites de la forme.tcn damment des chroniques traduites du latin. grand itt. gtossaire et iUnstrations. puis.tit. 't'outcs ces productions. mauvais portes. le sentiment de la responsabilité. fils de t'hitippe-Auguste. chez Didot. que j'ai déjà signalées. dont je dirai un mot tout a l'heure. de Wailly. grâce son texte la sûreté d'information. éclair- . y compris je ne sais quelle allure décousue.280 )LR TREIZIÈME StÈCLE. s'échelonnent le long du treizième siècle pour retier par une chaine continue tes deux grands écrivains nationaux piae6st'un au d6but. a pu reconnaitre dans monde. comme celles de t'hitipj)e Monske et de Guillaume Guiard. te sont des cttroniques rimée!). dans t. !)i~t")it-nsinstructifs. qui traçante les exploits des Normands et l'expédition du prince Louis.OMM été l'objet de nos jours (')? Tout le a à ces lumineux travaux. avec traduction. qui serait un défaut chez d'autres et qui chez lui n'est qu'une grâce de plus. 187~. ind~. chez les Anglais la <~<w/~<* ~<w/~< ) M<< qui reproduit tes récits de la croisade depuis t'an )oo r. après les éditions et les recherches critiques si justement octobres dont sa ~Y<* M<M~ ~f /. et des écrits hagiographiques.t'autreataRndecetteKeoude période. et les /<\t la rotation de la /'w<' <<r<' <<w< sorte de nobiliaire des grandes familles françaises établies en t'atestine. tous les renseignements de son héros. comme pour garder les abords d'un domaine privilégie Villehardouin et Joinville. V.8".

« contre qui les Turcs qui s'étaient mis entre le neuve et le « ruisseau amenèrent tout plein de vilains à pied. Cette destination et cette préoccupation sent surtunt visibtes dans la p:tt. il eùt été tout « brute. Or. qui me rendit « grand service car je ne fus blessé de tours traits y/<'<< f/~ <<~w/f. torsqu'avec te Cttmtc de Soiss<w et t'icrrc de Neuville il défendit un petit pont sous une ~re!c de traits « Devant nous. et mon roussin en quinxe endroits.L. plaisantait avec moi . et ils s'enfuyaient.Guit« laume de Boon reçut le pot de feu }{rc~eoisavec sa rondelle « (bouclier). car. ils amenèrent un vilain a « pied qui leur tança trois fois le feu {{rc~eois.ttiox car . ast une seeondf. Or. confiée au parchemin pour être répétée plus tard devant les n"htes chatetaines. au point où nous en étions.'i. Kn demier lieu.e oit le brave s~necha) raconte le rutc qu'it a joue dans ta fameuse bataille ()e Mansourah. Nous étions tout couverts des traits qui n'atteignaient « pas les sergents. j'attais dire <tans la chateur de la conver.'HtSTOïRE. qui leur « lançaient des mottes de terre jamais ils ne les purent faire « reculer sur nous.Une <ois. Le bon comte de « Soissons. dont l'un « avait nom Guillaume de Boon et l'autre Jean de Gamach<<. et fis un écu de la veste. nous « leur courions sus.son tivrc n'est guère qu'une conversation écrite. i) advint « aussi qu'un mien bourgeois de Joinville m'apporta une « bannière à mes armes avec un fer de lance et toutes les « fois que nous voyions qu'ils pressaient les sergents. tes beaus faits d'armes ')M'i)tui a vu accomplir mais ce plan. il y avait deux sergents du roi. si le feu eut pris à rien sur lui. il advint que je trouvai une veste < rembourrée d'ctoupes à un Sarrazin je tournai le cote < (endu vers moi. il l'oublie parfois dans t'entrainoufnt du récit.

que Joinville. du reste. dans les chambres < des dames ('). Geoffroi de Beaulieu. de Guillaume de Chartres. Monstrelet. Cela n'ôte rien. de cette journée. du confesseur de la reine Marguerite contiennent plutôt la vie du saint que celle de l'homme public. nous a transmis de t. JI le vit une seconde fois en le dictant de telle sorte que. plus profonds si l'on veut mais ce seront des hommes de parti ou des hommes de cour. nous en parlerons « encore. vous et moi. JoinvtUe. Après Joinville. Commines seront plus politiques. a vécu son livre. à leur autorité. « par la coiffe Dieu ) (c'était son juron). l'école des chroniqueurs épiques. JI me reste à mentionner un dernier genre qui se rattache directement à l'histoire: c'est l'hagiographie. ce sont plutôt des dépositions en faveur de sa canonisation que des récits historiques. qui fut aussi le siècle de son auteur. < et me disait Sénéchai. ce chef-d'œuvre de notre vicitte littérature appartient a plus d'un titre au siècle de son héros. . comme en maint autre passage. Les monuments tes plus importants qu'il nous a laissés sont également relatifs à la personne de saint Louis car tes écrits de Geoffroi de Beaulieu. WaiMy.de tajeani). 11 Le mot n'est-il pas bien français? On sent ici. laissons huer cette canaille car. disparaitra pour toujours. qui fut pendant vingt ans le confesseur du roi. malgré la date de son achèvement ( 30! 1306). suivant une expression très moderne. Aucun d'eux ne fera vibrer chez ses lecteurs au même degré que Villehardouin et Joinville cette corde sensible qui est au fond du coeur de tous les Français et qui est l'âme même de la patrie.asa LE TRMZÏ&MZ StÈCLE. dominicain. Froissart. t~ (tettte éa. si je puis m'exprimer ainsi.

Sot\ liv re.composé à la prière du pape Grégoire X. intéressante comme un roman. c'est sans contredit la célèbre légende de saint François d'Assise par saint Bonaventurc. Le docteur séraphique semble avoir mis là toute son âme. as3 première main mille traits édiOants. de ta/o à ts~ô. chapelain du même prince. et pour nous dédommager des platitudes ou des amplifications apocryphes qui déshonorent certains recueils de légendes. qui a raconté. le prévenant avec bonté par des grâces pleines de « douceur. suffirait pour venger les légendaires du dédain trop général professé à leur égard. le préserva par sa clémence des périls de la vie « présente et le combla abondamment des dons célestes.L'HÏSTOtRE. nous les a transmis en français. . qui rédigea ses souvenirs un peu plus tard. Mais une des plus belles compositions hagiographiques de ce siècle. à la demande de la princesse Blanche. si fertile en saints et en vies de saints. en vue de l'enquête ouverte à son sujet par t'Égtise de France. « I! y avait dans la ville d'Assise un homme nommé « François. C'est !e meilleur de ces trois hagiographes. parce que < Dieu. soixante-cinq de ses miracles. son disciple. et Joinville se rencontre plus d'une fois avec lui. fille de saint Louis. dont la mémoire est en bénédiction. sincère comme une déposition. Tous deux ont écrit en latin. est ordinairement suivi de celui de Guillaume de Chartres. tt reproduit un certain nombre d'anecdotes qui se trouvent dans Joinville et dans Geoffroi de Beaulieu toutefois it les reproduit avec plus d'ordre. et quelquefois avec t'autorité de la source première. Mais le confesseur anonyme de la reine. Le début seul de cette œuvre d'amour filial. ou plutôt t'âme si tendre de son héros semble avoir passé dans la sienne.

déjà fidèle disciple de l'Évangile.eS?. Voragine (la fameuse Légende dorée) n'appartient pas à la France. Mais un jour que. » Le recueil de Jacques de. .bienveillance. il avait. il ne refu« serait jamais plus à personne. et. dans la société « de marchands avides. et. « plus occupé des anaircs du commerce. « quoiqu'il fût naturellement porté a la joie. il courut après « lui.284 LE TREIZIÈME SIÈCLE. il mérita « auprès de Dieu de grands accroissements d'amour et de « grâce. mais à l'Italie. même dans la vie séculière. contre sa « coutume. Il y avait. disl. Ayant observé ce voeu jusqu'à « sa mort avec une piété qui ne se ralentit jamais. Je ne nie -` t. s'en apercevant « bientôt par un prompt retour sur lui-même. il promit au « Seigneur que désormais. « Dans son jeune âge. au milieu d'une jeunesse légère. t. et lui faisant l'aumône avec a<!abilité. qui croissant « avec lui depuis l'enfance. « surtout s'il invoquait l'amour de Dieu. que. « grâce à l'aide du Très-Haut. avait rempli son cœur d'une telle II. que. quand déjà il s'était pleine« ment revêtu du Christ. à moins d'impossibilité. XtX. il sut travailler à augmenter son bien << sans placer son espérance dans l'argent ou les trésors. dans l'âme du jeune François une compas« sion libérale à l'égard des pauvres don divin. en effet. renvoyé sans lui rien donner un pauvre qui lui « demandait l'aumône pour l'amour de Dieu. it se « proposa de donner à tout homme qui lui demanderait. Il disait dans la suite. après une instruction telle quelle « ayant été livré aux opérations lucratives du commerce. ayant été élevé dans les vanités parmi « les enfants des hommes. il « ne pouvait pas entendre prononcer sans un tressaillement « de cceur une voix parlant du divin amour (')./<</<A/<:/~tM. il ne succomba point sous l'en« trainemcnt de la chair. p.

c'est par l'histoire nationale que commence ce partage du sceptre intellectuel. En somme. Ou plutôt la classe laïque. pendant . et ils en ont un véritable dans Vincent de Beauvais. après la poésie. La littérature est donc en train de se séculariser. l'histoire considérée comme science est assez faiblement représentée à cette époque. toutefois cette vogue se déclara principalement au quatorzième siècle. c'était pour ainsi dire entrer dans l'Église et s'associer à la les siècles de noble mission de ces moines qui. 255 pas que cette ceuvre de décadence ait obtenu chez nous une grande vogue. Le culte des lettres a gagné la noblesse. Chose curieuse. ce sont des gentilshommes. c'était faire néologisme) œuvre de clerc. la nation tout entière est en train de se clériciser (qu'on me passe ce mauvais car entrer dans le monde littéraire. et l'époque de saint Louis compte encore assex d'hagiographes comme saint Bonavcnture pour qu'on ne les enveloppe pas tous dans une sentence commune. comme si raconter les prouesses guerrières était une prérogative revenant de droit à ceux qui les accomplissent. Mais il en est tout autrement de l'histoire racontée sous forme de mémoires si la chronique latine est sur son déclin. la chronique française triomphe par les deux plus beaux chefs-d'œuvre qu'elle ait jamais produits. en même temps que de savant (il n'y avait qu'un mot pour désigner ces deux états). et.L'HISTOIRE. et c'est à elle qu'appartient l'avenir. ce sont de braves chevaliers qui viennent donner à cette forme historique une grandeur et une vie ce sont les fils de ces rudes guerriers de la féodanouvelles lité primitive. de ces hommes qui ne savaient écrire qu'avec la pointe de leur épée. c'est-à-dire de prêtre. nos érudits ont cependant quelques précurseurs.

avaient seu)s gardé te dépôt de la science. . le jour où elle serait capable de le faire fructifier à son tour.2S6 LE TREÏZtÈME SIÈCLE. pour te transmettre intact ou considérablement augmenté à la snciété sécuHtre. barbarie.

Le goût des livres chez les Plan d'une bibliothèque princes et ieapartioaHers. Madena. –Ortgtnas couvents. les Carthaginois. Il' i COLLECTIONS des btMtoth&ques. LA BIBLIOPHILIE DE LIVRES. etc. chez ces derniers. ~t~r~M«t HehmtadH. comme l'a fait certain auteur du siècle dernier ('). Ils est trouve (tes amateurs pour les collectionner. élevé par Osymandias. )n 4°. les Égyptiens. Dans les tombeaux de Giseh. Ce sont les manifestations de ce zëte artistique et littéraire qu'il nous faut envisager maintenant. on retrouve la trace de cette sollicitude chez les Chaldéens. en jetant d'abord un rapide coup d'œit sur les temps antérieurs à la période que nous étudions. on a exhumé un fonctionnaire qui s'appelait « le gouverneur des livres L'immense palais de Thèbes. Bx-MbDs et marques Mbliographtques. chalnes. pupitres. avait une salle remplie de manuscrits.– Devoirs du blbliothécaire. les Perses.-lnstallation des livres: toc* Commuarmoires. atcaUon et pt~t des manuscrits. –CoUecHons des SOMMAtRE. les Assyriens. des intelligences d'élite pour veiller à leur conservation. des ecotes. «i'<M<<M/MthKÙ««~M'MaM. Partout où les œuvres de l'esprit ont revêtu la torme écrite. des églises.C&ap<m ET LES Mt~MM. sur le seuil de laquelle se lisait. t?~. . E livre à l'état collectifa été chez toutes les nations l'objet d'un culte aussi fervent qu'à l'état isoté.– Idéale au tret~iënte steete.rt<m. ~< M~Mtt~tt «~ttt <MmMcM Mn"mt fA:Wtt<m<. Sans remonter au déluge ou ptus haut. en langue égyptienne.

puis a leur disciple Kétcc. cette inscription caractéristique 7'~«<w<M<'(ff /'<}M«'. On signale ensuite celle qu'avait formée Pisistrate et qui. Les uns veulent que ce désastre soit l'ouvrage des chrétiens. quatre cent mille d'après Tite-Live. sous Théodose. elle reunissait déjà sept cent mille volumes d'après Autu-Geuc. enlevée également par les Romains celle des rois de Pergame.258 LE TREIZIÈME SIÈCLE. On sait que la destruction définitive de la bibliothèque d'Alexandrie a fait l'objet d'une controverse plusieurs fois renouvelée. et un peu par son ordre. Les autres l'attribuent à la barbarie des soldats . Cette perte fut réparée à l'aide des livres conservés par tes rois égyptiens dans le Serapeum et de ceux que l'on apporta de l'ergame. et portée jusqu'à notre tribune politique. et dans son enceinte. la fameuse bibliothèque d'Alexandrie. CeUe-ci. mirent au pillage un palais devenu le dernier centre de la résistance païenne. par un incendie allumé durant le combat livré à César. créée avec le Musée. qui. vint grossir la plus rcmarquable et la plus importante des collections antiques. mais il faut songer que ces w/MWt/M étaient de simples routeaux. A cette époque. dernier roi de Macédoine. qui. de sorte que l'ensemble était toin d'égaler en richesse et en étendue nos grands dépots modernes. deux cent mille seulement suivant Plutarque. ne renfermant qu'un fragment d'ouvrage et tenant fort peu de place. après avoir été entevéc par Xersès. probablement par Ptotémée-Soter. tcguéc à Théophraste. en partie du moins. ette C est la plus ancienne qui soit mentionnée bibliothèque nominativement dans l'histoire. sous le triumvirat d'Autoine. et ptus tard transférée a Rome par l'ordre de Sytta cette de Persée. fut rendue aux Athéniens par Séteucus Nicator celle d'Aristote. fut détruite une première fois.

quelques opulents personnages commencèrent a te-i rechercher Lucu))us mit à la disposition de tout le monde ceux qu'il avait trouvés dans la dépouitte des rois de l'ont. les villas particulières. Il est certain que la célèbre bibliothèque. au septième siècle. saint Pamphite. <:«~ aumotB~M. lorsqu'ils s'emparèrent de ta ville. » Les Romains se montrèrent d'abord moins curieux (le livres que les Grecs. D<. Vespasien et d'autres empereurs imitèrent son exemple. Vers la fin de la répubtiquc. Les catalogues dressés par saint Jérôme et Gennadius supposent des dépots de manuscrits aussi vastes que nombreux. Les cités. Trois mille papyrus grecs et latins ont été découverts a Hercutanum dans la maison d'un philosophe ou d'un homme de lettres tous tenaient dans un /~<Mw~w large d'environ trois mètres et demi. les thermes en avaient aussi.r<.)&). . avantage qu'envieraient certainement bien des collectionneurs d'aujourd'hui.259 d'Omar. Un des plus considérables fut organisé a Byzance par Constantin et ses successeurs renfermait. de véritabtes biHiotheques publiques. soit qu'elle ait été reconstituée ensuite. sous les portiques d'Octavie et du Palatin. Un prêtre qui fut martyrisé.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LIVRES. ne possédait pas moins (te trente mille volumes. Tibère.V. des an. Mais Auguste fut le premier à organiser. Kome comptait au quatrième siècle vin~t-huit étaMissements de ce genre dont la surintendance constituait une des principales charges de l'empire.tjjHo.DfUOtuberg et S. sinon de la main des Musulmans ou des Turcs ('). soit que les chrétiens en aient laissé subsister une portion. Les chrétiens héritèrent du zete des bibliophiles palens. ~f«<' <.t~6.tu t MKCA ~M/oft~f.. p. survécut beaucoup plus tard elle dut périr de délaissement.

comme leur usage et leur confection.s'appelait par la même raison l'<tnM<t~<M (quelquefois aussi /t~r«nM~). L'entretien et la surveillance de ces /<~W!M avaient <ait l'objet de recommandations toutes spéciales de la part des principaux fondateurs d'ordres. donné son nom aux réunions de livres qu'elle abritait. c'est une citadelle sans munitions: C7<HM~WMWM<M'M<!W. et . dit-on. En Gaule. une de ses premières raisons d'être. un certain nombre de collections particulières existaient en pleine invasion barbare. propriétaire d'une riche habitation à Prusiane. sur le Gardon. treux ne leur permettait d'en prendre que deux à la fois. Mais la conservation des manuscrits devint alors. de Ferrfot. et leur gardien. l'apanage à peu près exclusif des monastères. qui furent brùMs en 476. Sidoine ApoHinaire mentionne ceUesde Rurice. L'armoire w avait. cent vingt mille volumes.260 LE TREtZtÈME SÏÈCL. Un cloitre sans bibliothèque. du consul Magnus à Narbonne. disait une locution proverbiale. un des premiers dignitaires du couvent.~M<M< t<M<n<'M!e«rM«M~<t~M.E. des prescriptions relatives à la distribution et au classement des volumes qu'ils consultaient il préposait deux d'entre eux à cette tâche délicate. Dès le troisième siècle. a l'érigueux. La règle de saint Isidore voulait que les livres fussent rendus chaque soir par les religieux celle de Clteaux leur détendait de se celle des Chardéplacer sans les remettre dans 1'<MWM~«M. La bibliothèque était une des parties essentielles de l'établissement cénobitique. du professeur Lupus. L'empereur Zenon reconstitua plus tard cette bibliothèque mais tes ravages des iconoclastes en laissèrent à peine subsister de rares débris. saint Pacôme imposait à ses disciples. en effet. qui n'étaient pourtant que des solitaires. éveque de Limoges.

p. t<xnt*~Mt)ttt. Dans i. t. ce sont les aliments de la vie céleste..t/~<~j. à des contributions spéciales.tt~Mm. mesurer la prospérité intettectuelle et spirituelle des anciennes congrégations religieuses aux soins dont elles entouraient leurs manuscrits le jour où elles les négligèrent. à t'abbaye d'Hirsaugc et ailleurs. chaque novice devait apporter le jour de sa profession. <brtinant l'âme par leur douceur c'est par eux que notre maison de Ccntuta a vu s'accomplir cette sentence Aime la science des écritures. d'après Trithème. On pourrait. It fallait recourir à des achats. Mais ces abus ne se produisirent guère que vers la fin du moyen âge. tV. à t'approche des Lombards. un volume de quelque valeur. Au moindre signal d'alarme. en eOet. chez ces fidèles dépositaires de la science. où etks les laissèrent attaquer par la poussière et les vers. t. à des missions lointaines. ~M</<y. leur premier soin est d'emporter en lieu sûr les deux choses qui leur tiennent le plus au cœur: les reliques de leurs patrons et leurs livres. ne suffisait point. des Sarrazins. à des emprunts. comme cela se vit.KT-oA'MM. la décadence envahit sous toutes ses formes l'institut monastique.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE HVRES. J usquc-là. .26! avec les plus grandes précautions. Le travail du . où elles tes vendirent a vil prix. Dans telle abbaye. D'Achery. nous voyons lcs moines aussi amoureux de leurs trésors bibliographiques que peut t'être le plus ardent de nos collectionneurs. le sentiment de vénération exprimée par le bibliothécaire de Saint-Riquier a la fin de son catalogue: « Ce sont ta nos richesses. Partout éclate. $9. et tu détesteras le vice ('). des Normands. ou de l'atelier d'écriture. IV Ai'«M'<tM . C'est qu'il n'était pas facile pour eux de recruter tes éléments d'une bonne bibliothèque et de les remplacer quand ils se perdaient.

A Saint-Martin-desChamps. où Vincent de Beauvais avait trouvé le plus vaste dépôt de manuscrits qui existât de son temps. Fleury. Savigny. par des te~s pieux. par des dons. Saint-Père de Chartres. dont les précieux fonds sont Saint-Martin-des-Champs. de Sainte-Catherine-duavaient amassé de la même façon de Val-des-Écoliers. Mortemer. Corbie. connus de tous ce ix qui ont consulté les catalogues de notre Bibliothèque nationale. parisiennes.Les trésors littéraires de cette cité de l'intelligence arrachaient à ses visiteurs des cris d'enthousiasme plus vifs et plus sincères que tous ceux que peut faire pousser aujourd'hui . véritables richesses. telle autre. elle était entretenue par des rentes de diverse nature. la bibliothèque avait une dotation de vingt sols par an. ceux des des Jacobins. Compiegne. de toute espèce qui rendait Paris si cher aux lettrés et aux travailleurs. Un des règlements de Corbie. Il ne fallait rien moins que tous ces expédients réunis pour arriver à composer des collections comme en possédaient Cluny. les tenanciers étaient soumis & une redevance annuelle pour le recrutement des livres. des Blancs-Manteaux. Saint-Victor. C'est cette réunion considérable de livres Cordeliers. Plusieurs établissements qui tenaient dans la capitale une place bien moins importante. Saint-Corneille de Saint-Denis. comme ils l'étaient ailleurs pour leu'' reliure. des Carmes. Saint-Maur-des-Fossés. Dans une foute de communautés. des Feuillants. des Célestins. Saint-Martin de Tournai. Saint-Martial.262 LE TREIZIÈME SIÈCLE. confirmé par le pape Alexandre ttl. et surtout les grandes abbayes Saint-Germain-des-Prés. Saint-Amand. Foucarmont. Moissac. Un des abbés de Fleury avait pris la même mesure. Luxeuit. astreignait a une taxe analogue toutes les maisons de sa dépendance.

de sorte qu'au bout d'un certain nombre d'années elle se trouva comme par enchantement propriétaire de la collection la plus complète t. Denis coordonner et « expliquer sa hiérarchie. dont les livres furent longtemps la seule richesse. sommets du Parnasse. Mais aucune ne valait celle de la maison de Sorbonne. la vierge Carmenta représenter « en lettres latines tout ce que Cadmus et tes Phéniciens ont « rassemblé sur la grammaire (1). portique des < stoïciens. les jours s'écoulaient trop vite. . » Mais ce n'est pas seulement dans les monastères que le bibliophile trouvait à se délecter ainsi.a. Les églises séculières lui ouvraient également leurs < librairies Notre-Dame de Paris en possédait une déjà fort belle au treizième siècle elle était à la disposition de tous les étudiants pauvres. des prés académiques. Paul révéler les mystères. on voit Aristote mesurer la science aussi bien < que fart. l'Hôtel-Dieu.< 0 bienheureux Dieu des dieux dans Sion « s'exclame Richard de Bury. quel torrent de délices a « réjoui notre cœur toutes les fois que nous avons eu le loisir « de nous arfcter à Paris. ce paradis de l'univers La. Là. Ptolémée et Genzachar calculer par des figures et « des nombres les apsides épicyctes et excentriques des « planètes. Les docteurs qui faisaient partie de cette célèbre institution prirent dès le principe l'habitude de lui léguer ceux qu'ils avaient rassemblés. là. « Là se trouvent des bibliothèque!! cent (bis plus agréables « que des vases remplis de parfums. par « l'ardeur de notre passion. La Sainte-Chapelle. jardin < des péripatéticiens.263 son tuxe e<!réné. les principaux collèges de l'Université avaient également la leur. eh.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LIVRES. ~<&M/MX. des vergers abondants « en toute sorte de livres ta.

et pour la patience du savant qui est venu à bout de démêler leur provenance primitive à travers le chaos des catalogues et des cx-libris. bien plus répandues au moyen âge qu'on ne le croit généralement. à Saint-Lô. Léopotd Delisle. possédaient au moins un petit nombre de livres usuels. et dans beaucoup d'autres villes.non seulement aux maitrcs et aux étudiants de la maison. nous ne négligions point l'affection des recteurs des écoles rurales ni cette des pédagogues des enfants grossiers. et sans doute auparavant. le CttM~</M m<M<UM~/j. tome . tant en littérature sacrée qu'en ouvrages profanes. à Rouen. Kn parcourant les pages pleines d'érudition où il les a reconstituées pièce à pièce. sous la Révolution. et parfois les bibliophiles y faisaient des trouvailles. et la plus variée. Les secondes. mais même aux lettrés du dehors. on est saisi d'un double sentiment d'admiration.204 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Les premières n'abondaient pas cites existaient cependant dès le quinzième siècle. au noyau primitif du grand établissement que t'Kurope nous envie ('). entrant dans leurs jardins ou dans t. Les origines de ce riche dépôt ont été établies avec autant de précision que d'autorité par M. en dehors même des églises et des collèges. et pour les persévérants efforts qui sont parvenus à grouper tant de richesses bibliographiques dans un temps où le livre était encore une rareté. en dehors de Paris. Enfin. quand le temps nous le permettait. avec celles des divers fonds ecclésiastiques réunis. La bibtiott~que de la Sorbonnc était ouverte des le treizième siccte. Recherchant t'amitié de chacun.U. l'amateur de lecture trouvait à satisfaire son goût dans les bibliothèques municipales et jusque dans les petites écoles de village. à Poitiers. dit encore celui que nous venons de citer. et.

à une époque aussi reculée. en avait réuni les premiers éléments c'était pour l'école et l'atelier de calligraphie établis dans son palais une ressource indispensable.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LÏVRES. propres cependant aux hommes studieux. nous découvrions quelquefois des choses dignes d'ftrc remises neuf. l'histoire de l'instruction publique que pour le sujet pour spécial qui nous occupe. une <bis leur goût sauvage et ranci digéré. 7'Ma. Assurément. aussi intéressant agréable physionomie ('). et leur fameuse librairie. bien des gens seront surpris de voir.8. conserva longtemps le caractère d'une bibliothèque privée. Charlemagne. Nos rois. et qui. Mais sa charge ne tarda pas à devenir une sinécure les livres modèles réunis t. les intendants des bâtiments royaux. . et remplissait en même temps le rôle d'historiographe. comme toujours. à partir du jour où la science laïque fit une concurrence ouverte a la science ecclésiastique. malgré son importance. aidé par Alcuin. fortifier par teur vertu tes artères pectorales de t'étoqucnce. Le haut rang du bibliothécaire de la cour carlovingienne indique assez l'importance de ses fonctions il était pris parmi tes chanceliers. Parmi elles. et qui peuvent. en 1343 au plus tard. Je n'ai encore rien dit des collections particulières des princes et des seigneurs c'est là cependant que vinrent s'accumuler une quantité de manuscrits précieux.26S leurs petits champs. habilement nettoyées. prirent l'initiative. cb. fonctionner les bibliothèques scolaires. <utécrit par Richard de Bury. après avoir perdu la rouitte honteuse de la vétusté. méritaient de posséder de nouveau une Ce passage. nous cueillions les fleurs les plus odoriférantes et nous arrachions les racines négligées.

de CJhtWo ut. mais avec un judicieux esprit de critique. à des établissements monastiques les Dominicains et les Cordeliers de Paris. qu'il écoutait avec intérêt. D'après un chroniqueur de l'ordre de Saint-Dominique. par la belle assemblée de notables livres et belle librairie qu'il avoit de tous les plus notables volumes qui par souverains auteurs aient esté compilés. les moines de Royaumont. Un sérieux essai fut renouvelé par saint Louis. tous les ouvrages à l'aide desquels Vincent de Beauvais rédigea sa vaste encyclopédie (et le nombre en est grand) furent mis à sa disposition par le roi. par te restaurateur de l'empire ou offerts à ses premiers successeurs furent légués en partie aux églises. moult bien escrips et richement adomez (1). fit transcrire et placer dans le trésor de sa chapelle une quantité de livres. . mais aussi de conservation. les Dominicains de Compiègne se la partagèrent après la mort du propriétaire. Cette librairie fut installée. M. en 1367 ou 1368. dit Christine de Pisan. qui. et « bien le démonstroit. Toutefois le véritable fondateur de la bibliothèque royale fut Charles V. soit pour contrôler les assertions des prédicateurs. V. Chacun sait combien ce prince aimait les livres. de philosophie et de toutes sciences.266 LE TREIZIÈME S!ÈC)LE. soit pour faire faire des lectures après son d!ner. f<t«. Lui-même s'en servait souvent. nous t'avons vu. qu'il avait peut-être aidé à composer sa collection. soit de la sainte Escripture. Celle-ci fut encore léguée. notamment les traités des docteurs de l'Église. dans une des tours du château du Louvre et confiée aux soins t. théologie. pour les besoins des lettrés et des religieux de son hôtel. dans une pensée de piété. et le reste disparut dans les bouleversements qui accompagnèrent la chute de leur dynastie.

A partir de Louis XII. parvenu heureusement jusqu'à nous. en France et à l'étranger. ouvert aux savants et aux travailleurs. avec les Pères et les commentateurs. Charles V possédait aussi un fonds assez considérable de livres hébreux. des chansons de geste et des romans de chevalerie. et dès lors la librairie royale devint un établissement permanent. dilapidé à la mort de Charles VI par suite de l'occupation anglaise. par suite de la réunion des différentes collections de la couronne. Mais ce n'est qu'à la fin du règne de Charles X qu'il y eut à Paris un commencement de concentration. par tes soins du savant Lascaris. des poètes. On y voit figurer. . mais reconstitué peu à peu sous les princes qui suivirent. Toutefois son successeur en conserva la plus grande partie. François 1'~ forma unenouvelle bibliothèque à Fontainebleau. au nombre de ptus de cinquante. la plupart des classiques latins. H usait avec tibératité de son trésor biblio. car il donna ou prêta plusieurs de ses riches manuscrits. valet de chambre ou secrétaire du roi. des ducs de Milan. celles des ducs d'Orléans. de Louis de Bruges. elle occupait alors une des magninques salles du château de Blois. qui en dressa un catalogue. des fabulistes. graphique. dont la Révolution ette-meme ne devait amener que la réalisation partielle. Enrichie par l'accession de plusieurs grandes collections. 267 de Gittes Ma)et. H avait même en tête des projets beaucoup plus vastes il ne songeait à rien moins qu'à centraliser dans la capitale les manuscrits de toutes les abbayes du royaume.BïBLIOPHÏUEETCOLLECTtONS DE LIVRES. qui furent perdus de cette façon. idée peu pratique. des historiens anciens et modernes. à l'aide des livres grecs recueillis à grands frais. elle prit le caractère d'un véritable dépôt public. avec les somptueux évangéliaires et les charmants livres d'heures.

de legs. Transférée par Colbert. Le palais élevé par ce dernier la reçut enfin dans ses vastes galeries. puis dans le couvent des Cordeliers. beaucoup de princes de leur maison se firent collectionneurs de livres. NMM)M~ . qu'elle occupe depuis 172!. en t666. Tous ceux que l'on cite pour leur amour des belles miniatures étaient ï. d'acquisitions de toute nature. rue de la Harpe. la bibliothèque du roi fut soigneusement inventoriée en !Ô22 par Nicolas manuscrits Rigault. grecs et latins 5" livres imprimés et italiens. 4° livres imprimés hébreux. l'avait ouverte à tous les lecteurs deux fois par semaine.2C8 LE TREIZIÈME SIÈCLE. grecs. 2° manuscrits latins modernes. Elle était alors divisée en cinq sections: hébreux. puis dans un immeuble appartenant aux mêmes religieux. des manuscrits de Gaston d'Orléans. dont l'honneur revient à Louvois. Installée d'abord au collège de Clermont. arabes et latins anciens. dans français une de ses maisons de la rue Vivienne. du cardinal Mazarin. C'est ainsi que la petite librairie de nos souverains est devenue peu à peu la plus grande bibliothèque publique de l'Europe ('). italiens. de faire de ce dépôt un véritable trésor national. A l'instar des rois de France. telles que celles des huit mille volumes que ce ministre avait accaparés pour sa collection particulière. du comte de Béthune. Trente ans auparavant. 3° manuscrits français. comme l'on sait. espagnols. Ses d6vetopp€ttM:M%successifs ont été OEpo'ïés avec les plus gtands détails par le savant auteur du C~MK~ tomes 1 et II. elle s'accrut avec une rapidité prodigieuse par une série de donations. La suppression des établissements religieux et les confiscations sans nombre opérées par le régime révolutionnaire achevèrent. un règlement sage et libéral.

Chez les prélats. rassemblaient plus volontiers les œuvres des poètes. de Bourgogne. A l'étranger. qui ne contiennent. un intéressant catalogue de livres. Les autres. V. y a bien peu d'inventaires princiers. Charlotte de Savoie. Marguerite de Flandre. 1883. d'Orléans. Les frères de Charles V rivatisaient avec lui. de Nemours. eurent dans leurs châteaux de fort bettes librairies. et te duc de Berry surtout avait amassé des richesses littéraires dont l'importance a été plus d'une fois signalée par l'érudition moderne. L'antiquité latine était largement représentée aussi dans tes livres des papes d'Avignon ('). légendaires. Charles. comme Marie de Hongrie. en 1442. ~<jMfM. avaient un faible pour l'histoire naturelle ou la littérature étrangère. p. Les uns. romanciers. Les ducs d'Anjou. jetant un jour inattendu sur les goûts et les occupations du châtelain. 269 naturellement des bibliophiles passionnés. 196. duc de Guyenne. comme Charles d'Orléans. Les simples particuliers commencèrent de bonne heure à marcher sur les traces des princes deux exemples remart. dominaient la théologie et le droit canon. hagiographes. mais sans exclusion des classiques païens. duchesse de Bourgogne. Les princesses lettrées. comme René d'Anjou. comme le cardinal de Foix. de Bourbon. les rois aragonais de Sicile recueillaient avec avidité les monuments de la littérature ancienne au milieu des horreurs du siège de Naples. du treizième au quinzième siècle. le cardinal d'Amboise.BIBUOPHULtE ET COLLECTIONS DE HVRES. les ducs de Milan. frère cadet de Louis XI. an.Alphonse le Magnanime recevait de l'Arétin la traduction d'un ouvrage grec et s'absorbait dans sa lecture. . gardaient dans un coin de leur appartement privé leurs auteurs favoris. parmi les descriptions de joyaux et d'effets précieux.

en pour capitale.270 LE TREIZIÈME SIÈCLE. l'un au-dessus de l'autre. quablcs nous sont oftcrts. en onciale. Que fit-il ? Il la composa simplement sur le papier. etc. Le premier parterre. Ce docte personnage rêvait une librairie parfaite. chancelier de l'église d'Amiens au treizième siècle. U cn résulta un manuel tout à <ait technique. Priscien. Chaque volume est marqué d'une lettre répétée en face de lui sur la tablette ces lettres. en minuscule. sont de plusieurs espèces. en forme de pupitres. en des régions opposées. i" Cf<tMW<H~ Donat mentateurs Vi)tcdien Horace. Voici maintenant la distribution des matières et des auteurs. les grands sur une seule ligne. dont le contenu nous en apprend plus long que ne saurait le faire l'étude comparée des catalogues des princes. les petits sur deux rangs. L'auteur se représente sa bibliothèque comme un agréable jardin et le divise en trois parterres. Sur ces tablettes. Kvrard de Béthune Rèd<* Jean de Gartande ses commentateurs Guillaume de Poetica. ses abréviateurs et comAlexandre de Z~~M&MM <7<w/ Cicéron. dont la collection est cétèhre. comprend onze tablettes. en décrivit t'installation telle qu'il la comprenait et en dessina même le plan. et ne pouvait se la procurer. par le sire de la Gruthuyse. dont on a récemment publié quelques pages éloquentes sur l'amour des livres et la bonne composition d'une bibliothèque. offrir une variété suffisante. nous possédons un traité spécial d'un intérêt supérieur c'est la /!t'M'<'MMM<'<' de Richard de Fournivat. consacré à la philosophie. dont chacun se compose de plusieurs planches. idéale. les livres sont posés à plat. et de couleurs différentes. la classa. avec . sur ce dernier sujet.. subdivisées eltcs-mémes en un certain nombre de tablettes. et par le poète Pétrarque. Mais.

7° Afo~M~ Cicéron.~AvM. traductions de Boëce. /)<* Cicéron. maître indien.f~Mw/M~'MW Mercure Trismégiste Almageste Geber d'Kspagne Ptotémée Mahomet Atbateigny Amet Alphragan Avenal Pctraugy Ctaude Abrahim Alzerket de ToPtotémëe Walzagoras Jean d'Espagne Raoul de Bruges Jourdain de lède Herman Second Nemours anonymes. Abunazer Avicenne Porphyre et commentaires Cicéron. Alkoharythim. discours. De <w<'<M«~. Jacques Alkind.Z~f <5M~f<<. etc. 4° G'<~w<w <<M*Mw<M~«' Euclide Abinaphar Amet Théodose. Aristote. et com3° ~~<'n'~«' Quintitien mentateurs divers Sénèque Salluste. /c~. Alpharabius saint Jérôme Cassiodore Boëce Algazel. . De M~w~o~ww~«//eM< Herman Second Pierre Abailard Almageste Ptotëméc anonymes divers. «~ <v~f{~<Y<~</<. 7<y~f<t Jean Damascène saint Augustin. ~M//Fw/ Liber fCM. Milon. Atexandre. Apulée de Madaure. /A<~MW.. De M<M~< ~'<w/w. ~f S° Musique et <t~~MMM/<' Boece saint Augustin. /*n<'</<f<tWfM/«. De De ~<M«. . Gundissalinus Hoëcc Algazetin. etc. Boëce. /~<-y<'Wt//</< etc.'Adam du Petit-Pont. 6'H<~«'<M«'f/y/«' Mamert Ctaudien Jacques Alkind Almed. Junius Modcratus.27t Witam. Avicenne. Gonxahc. Gui d'Ange.Cf.' Alexandre Nequam. w<M<<saint Bernard. 2° 7)M~f/< Aristote.ctc. <t~~</My<v<'w/~ /*<vww<'w<w. TW/tM. traités.. Mathieu de Vendôme. /~<« <~r<t/«~ <wc«/</ Jourdain de Nemours Gérard de Bruxelles. ~ON~-fCatilina.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE UVR ES. et commentateurs divers phyre. de Porde Gérard de Crémone. Archiménide.

8" et 9" ~/<<Mjgv~ Hermès ou Mercure ~At/M~~MM de Madaure Macrobe AgelTrismegiste Ftaton Apulée )ius Va~re Maxime Sotinus Ptinc Vitruve Vegeciu! Renatus PaUadius. CfKA~M !'<~<7/<'M Prudence Séneque le Tcrcnce Arator Mathieu de Vendôme Pierre trafique de Troyes. i'ersc. Homère. aux Pères et aux théologiens. la bibliothèque d'un « clerc » du treizième siècle.' HyK'n )'astro)ogue MartiiHms Ca~Ua Sidoine Ap(~tUna!re Boëce Hitdeber du Mans HMe Githert de la Porrée Niçois d'Amiens Atain de HUe. Que d'ouvrages inconnus aujourd'hui même pour nos érudits! I1 est vrai que les romans. extraits de divers moraOstes. /'<tw/~<7<'et G~< Baudouin t'Avouée Proba. . Censonnus et Theodor Avien Ksope Maximien. Uernarft Sih'estrc. Daresde Phrygit Gantier de LiUe ou de Ch&tiUon Richa) Stace Lucain de Gcrborrcde TibuUe !'ro)~erce Ovide Martial Cta <)ien. to°ct tt<<'r/< Virgitc. Jean de Hautvitte anonymes. Juvenat. pour être complète. qui ne doivent pas être lus de tout le monde ('). que la littérature ténere t. Horace. a Ct6 pubU~ par M UeUs~ C<t<< dei ~MN. a l'Écriture-Sainte. Aristote Séneque Censorinns. On voit quelle variété de matières devait embrasser.S'~ct&uw.272 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Un compartiment spécial est réservé aux livres secrets. Les parterres suivants ont moins d'importance et sont décrits avec moins de détail. Le second est aKceté à la médecine et au droit le troisième. je texte de la ~A/~M~m~ U. /)<' ~<-M/<'Mt<f.

Les volumes seront rangés de manière à rendre tes recherches promptes et faciles.au ou trois fois. françaises. Mais les constitutions de t'abbaye de Saint-Victor de la sollicitude de Paris nous donnent encore mieux l'idée Kttes tracent minutieusequi les entourait. te titre du livre prêté et ta nature du gage. se soient préoccupes. chaque année. Les ouvrages les plus considérables et les plus précieux ne ))euvent être prêtés sans la permission de l'abbé. Avec quel soin des bibliophiles aussi fervents ne devaientils pas préserver leurs trésors de toute détérioration ? t) n'est pas étonnant que les prélats vigilants. ment les devoirs de )'<M'w«/<'M.f. comme Hudes Rigaud. garde tous Ce )t doit en avoir un inventaire Ics tivres de ta communauté moins deux detaitte. dans leurs arctteveque de Rouen. il en fait Ic recotement. latines. 273 ils sont à peine représentes sur ce catalogue imaginaire l'étaient plus largement dans tes librairies des grands personnages de l'ordre taique. Les murs de la bibliothèque doivent être revêtus de bois pour éviter t'humidité. il faut prendre par écrit le nom de prunté l'emprunteur. arabes! On peut mesurer par là l'énorme différence qui sépare le genre de culture des intclligences d'alors et celui de la plupart des esprits de notre époque. Aucun ouvrage ne peut être prêté sans que l'emprunteur laissc un gage quand on traite avec un inconnu. que) tuxe de classiques. conservation des tivres. de traités scientifiques. Les livres d'un usage journalier sont placés à part on tes laisse à la portée . tbnctionnaire <. on lui demande un gage d'une valeur au moins égate Ii cette de l'ouvrage emdans tous les cas. Mais. il veillc à ce qu'ils nc soient pas dévores par la vermine ou la pourriture.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LIVRES. d'ouvrés abstraites. en revanche. grecques. des précautions tournées a prendre pour la épiscopales.

U. ceux qui laissaient un étranger seul dans la salle de lecture ou ne prenaient pas soin d'en clore les portes. La plupart sont restées traditionnelles jusqu'à notre époque. Il faut mettre à la disposition des frères. mais non sans que le bibliothécaire en ait pris note (').274 LE TREIZIÈME SIÈCLE. les précautions prises n'étaient pas moins bien entendues. les vies des saints et les homélies. Mais où le bibliothécaire du moyen âge avait un avantage marqué sur ses successeurs. sans doute. Au point de vue de l'installation matérielle. comme le voulait la règle de Saint-Victor. les principales gloses. ) La Sorbonne avait des règlements encore plus sévères. arrivaient à ce parfait accomplissement du devoir professionnel. tDe)it)e. Les livres. pour ainsi dire. Lui seul peut y faire des retranchements. des additions ou des changements. il l'emportera. . tels que tes bibles. non seulement les livres nécessaires à la célébration de t'omce.Bien peu. desctcrcsqui en ont besoin. Il n'est pas jusqu'à cette séparation des livres usuels et des ouvrages réservés aux travailleurs qu'on ne retrouve établie dans le plus grand de nos dépots publics. mais encore ceux qui sont les plus propres a tes instruire ou à les édifier. c'est quand il savait. le contenu des volumes confiés à sa garde.M~. par cœur. et pas un seul ne pourrait y prétendre aujourd'hui. H est permis de croire que ces sages mesures étaient en vigueur dans beaucoup de librairies ecclésiastiques et séculières. frappant d'une amende ceux qui négligeaient de fermer lcs volumes après s'en être servi. Si un religieux veut consulter à loisir un des volumes de la bibliothèque proprement dite.~«t. et doit les connaître assez bien pour y trouver instantanément les passages qui sont à chanter ou à réciter. le bibliothécaire les maintient en bon état.

étaient généralement rangés dans des armoires.<&< ~«/M. les meublaient de statues et de portraits. Dès )e temps des Romains. et les f~/Mcj eux-mêmes étaient trop peu nombreux pour tenir beaucoup de place. comme on le voit d'après une peinture du BasEmpire reproduite par MM. car les rouleaux de papyrus n'avaient pas besoin d'un réceptacle bien vaste. qui étaient solidement fixées aux murs. Les livres carrés s'y posaient d'ordinaire à plat. Au moyen âge. ces armoires étaient construites en bois de prix quelques opulents personnages en faisaient faire en cèdre. comme le voulait le règlement de SaintVictor.aumotBMLtOTBECA. mais il faut croire qu'il ne renfermait dans ce cas que les livres usuels laissés à la disposition des frères.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LIVRES.. 275 nous l'avons vu. Quand la collection était plus importante. et où se trouvaient réunis t/s6 manuscrits. lorsque le titre était inscrit sur la tranche au lieu de l'être sur la reliure. ce système fut encore employé mais on plaça aussi les volumes verticalement sur les tablettes de l'armoire. le précieux meuble était fixé à proximité du chœur. Elles se fermaient au moyen de volets battants. Mais elles étaient alors étroites et basses. et même en ivoire. il s'ouvrait quelquefois sur une des gâteries du cloître. Dans les égtises. Richard de Bury recommandait que les f!~w~M t. Daremberg et Saglio ('). à peu près à hauteur d'homme c'est ainsi qu'était disposée la petite bibliothèque découverte à Hcrcutanum. des rayons étaient établis tout autour de la pièce. Dans les monastères. . ou à l'intérieur de la salle du trésor. Did. dont il faisait partie avec son contenu. qui décoraient luxueusement les saltes de leurs bibliothèques. en couvraient les plafonds de peintures ou de mosaïques. et quelquefois le dos tourné contre la muraille.

pourvue d'une grande lampe d'argent de trente chandeUers qui permettaient d'y travailler le s< était aussi meubiée de bancs. mais il nous permet de supposer que le bois précieux abritaient encore les richesses de certains co teetionncurs. . <. mais il ne faut pas confondre ceux qui formaient de petites bibliothèques avec le à ~<Tt~MH<t/<' l'usage des copistes. En et tes manuscrits étaient assez souvent conservas sur de simples pupitres. Dicf. Leur nom de lutrins ou &«WM provient même. s'it fallait s'en rapporter à la tradition d'après laquelle on aurait conservé un de ces meubles ayant appartenu à sainte Clotilde. des lectures qu'ils servaient à faciliter. soit en fer. comme on en peut juger par les élégants spécimens donnés par Viollet-le-Duc (~). qui garnissaient les murailles au lieu et place des armoires ou concurremment avec elles. faite du bois de l'impérissabh Setim et recouverte d'or de tous côtés (').276 LE TREIZIEME SIÈCLE. soit en bois. protégée par des portes trois doigts d'épaisseur et par des treiUis en fit d'archal toutes les <enetres./oMMM. et c'est dans ce cas qu'ils s'appelaient des <. Son conseil n'étai pas très pratique. fussent bien fabriqués. ou les murautcs elles-mêmes étaient revêtues < bois d'Irlande et la voûte garnie de cyprès. On les faisait. M. t. de roues et de lutrins. et on les décorait avec une certaine recherche. <7. <<«AMtMo'. Il devait en être ainsi dans la librairie d Chartes V. de manière a ce que nulle cause de détérioration ne pût y pénétrer il proposait comme modek t'antique arche d'alliance. comme l'on sait. particulièrement dans les églises. ch.setmi~. Cette bibliothèque du Louvre. ils tournaient quelquefois sur eux-mêmes. t. Cet usage remonterait très ha'tt.

« .t«et<M. qui en faisait la pièce principale. avec des étiquettes désignant les numéros ou le titre de ceux-ci. Dans l'édifice qui la renfermait. sans doute en raison de sa publicité et du nombre de ses clients. Un livre était-it considère comme ayant quelque valeur. Cette coutume se perpétua dans étaient certains établissements car. mais beaufers ~<M'~<'w~ Cette chaîne coup moins efficace contre les dégradations. Le clergé avait appliqué ce traitement aux bréviaires publics exposés à t'intérieur des égtises.Chacun d'eux supportait un ou plusieurs manuscrits. en fondant le collège qui reçut son nom. par trente-huit disposés vingt-huit lettrins de cinq pieds de haut. on voyait encore à la Faculté de Médecine de tes sanctuaires L. aussitôt on le mettait aux Préservatif sûr contre tes vots.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LIVRES. 277 f<'M<f. séparés par un espace convenable et portant chacun plusieurs ouvrages enchaînés. stipula que ses livres y seraient rangés Sttr des pupitres suivant l'ordre des matières et fixés à leur place par des liens de fer.Xm'"i~)iM. éclairée fenêtres. et aux vies des saints que la foule des pèlerins venait feuilleter dans érigés en tour honneur. Les docteurs de Sorbonne en avaient fait autant pour la plupart des manuscrits de leur bibliothèque. ils étaient enchainés tant dans les anciens catalogues. Elle était toujours assez longue pour ne pas néanmoins elle devait beauempêcher le travail du lecteur coup le gêner. dont la clef était gardée en lieu sûr. Et pour que les volumes ainsi placés en dehors de tout abri et de toute clôture ne fussent point déranges ni La chaîne joue un rôle imporperdus. jusqu'aux temps modernes en 17~0. reconstruit en t~Sj. était attachée par une boucle à la couverture du volume et se détachait au moyen d'une serrure. Le cardinal de Foix.et tout le long de la vaste galerie.

Paris des chaînes destinées à retenir les volumes sur les tables. n'abritaient ordinairement que les volumes de peu de prix. plus encore peutêtre que les déprédations. ses joyaux et ses couvre-chefs ('). Hnfin il existait pour certaines catégories de hvres des modes de conservation plus rudimentaires. dans leurs voyages. et même les caisses de bois.<~ . comme l'on sait. livre perdu c'est un dicton qui a toujours sa t. KK4t. qu'il attirait les malfaiteurs tout comme l'or et les joyaux. ferré et fermant à clef. qui les enfermaient dans des boites plus ou moins précieuses. pour les dossiers de procédure et les pièces d'archives. La reine Isabeau avait elle-même dms ses appartements « un coffre moien couvert de cuir noir. Livre prêté. les bibliothécaires du moyen âge les empilaient dans des coffres en bois. A l'instar des Romains. Louis Xt et René d'Anjou. que ce dernier genre de réceptacle. reg. Il est probable. Quelques comptes font aussi mention de sacs de peau ou de parchemin contenant des livres. se faisaient suivre d'une partie de leur bibliothèque. système usité fort longtemps. Les vols étaient assez fréquents dans les librairies les mieux gardées leur contenu valait des sommes si considérables. ou même de tonneaux appropriés à cette destination. la négligence de certains gardiens et surtout l'usage du pr~t contribuaient à les appauvrir. se servaient en pareil cas de grands coffres. Mais. toutefois. qui.4mHNM<M<«'<M&t. pour mettre certains livres ». Les bibliophiles avaient beau multiplier les précautions il en était d'eux comme de ces avares dont verroux et grilles sont impuissants à défendre les trésors.. Et plus tard elle en fit faire d'autres semblables pour loger ses manuscrits.278 LE TREIZIÈME SIÈCLE.

à la vérité.BIBLÏOPBHHE ET COLLECTIONS DE LIVRES. le principe rigoureux du cautionnement. II l'avait particulièrement dans le temps où les distances. <9. les dates. Et pourtant que de garanties n'exigeait-on pas du particulier auquel on les remettait? On a vu toutà-l'heure les obligations que la règle de Saint-Victor imposait à l'emprunteur comme au bibliothécaire. La Sorbonne. elle faisait estimer tous ses livres à mesure qu'elle les acquérait la plupart même portent même encore le chiffre de cette estimation. dépassant même sa valeur il fallait. de plus. et de longues listes d'ouvrages ainsi communiqués à l'extérieur se rencontrent de temps en temps sur les manuscrits qui leur appartenaient. sans doute. mais elle se contentait d'un gage de valeur égale. héritiers de ses collections. eh. et. quefois de faire rentrer à volonté les volumes sortis ou d'en retrouver la trace. . qu'il ne fût pas emporté hors de la ville ou de ses faubourgs. ne livrassent le moindre manuscrit que contre une forte caution. car la durée de l'emprunt était illimitée et de là. Quelques docteurs en gardaient chez eux toute leur vie. et soumettaient à des contributions forcées les dépôts dont ils n'avaient point la propriété cela s'est vu. avait établi la première. 279 raison d'être. Ses membres tenaient très soigneusement le registre des prêts. comme l'a fait remarquer M. De hauts personnages abusaient parfois de leur puissance pour faire pis. pour en déterminer plus facilement le montant. la difficulté des relations empêchaient quel. enfin que les circonstances du prêt. fussent inscrits avec la plus grande exactitude ('). dans des temps beaucoup t. plus d'une perte regrettable. dans son règlement de 132!. Richard de Bury voulait aussi que les étudiants d'Oxford. les noms. qu'il existât en double. /W&M/«M<. Cocheris.

les docteurs se résignèrent à se dessaisir des deux volumes. H voulait avoir les œuvres médicales de Rhasès. x2. étaient astreints brouiller l'impérieux Louis XI avec la Faculté de Médecine malgré les sentiments que le souci continuel de sa santé devait lui inspirer pour ce corps vénérable. de de leurs bâtiments et de les y s'intéresser à l'agrandissement aider par une subvention. )''[imUin. avec mission de lui demander le prêt de cet exemplaire. La dans sa bibliothèque seule tes possédait. mais à la condition que le roi leur remettrait douze marcs de vaisselle d'argent et un billet de cent écus d'or souscrit par un lui semblait des principaux bourgeois de Paris.U. il encore plus malaisé de contraindre un pareil à la restitution. tes rois eux-mêmes de nous. ou plutôt en raison même des accidents qui étaient à redouter. un jour. en deux petits volumes. Cette obligation faillit. La Faculté prit peur: s'il lui était difficile de refuser. V. Après de nombreuses et longues délibérations. au péril même t. Jean de la Driesche. et. Louis XI avait une telle envie du mais il garda le livre Rhasès. il fit la sourde oreille ('). de tous côtés. il faut rendre hommage à la pensée libérale qui. car ce n'est pas seulement à Saint-Victor et dans le grand établissement scientifique fondé par Robert de Sorbon que cette générosité s'exerçait. seulement le temps nécessaire pour le faire copier. qu'il livra les gages demandés fort longtemps. tt députa Faculté donc vers son doyen le président de la Chambre des comptes. poussait les dépositaires de nos richesses littéraires à les confier aux travailleurs sérieux. Cependant plus rapprochés à la caution. quant à la subvention. et elle se défiait de sa bonne emprunteur volonté.t'MM/MA<</M/<M~«t<&tM/t. en outre. . Malgré ces déboires et ces déperditions.280 LE TREtZIÈME SIÈCLE. ils le priaient.

559. de Raymond Lull.o~H. Cependant un assez grand nombre ont donné à leur marque de propriété plus de développement. Ms. f~wM/M~w «ff~M/ (3). de Charles V!H. an. à Corbie. un concile tenu dans cette ville avait rappelé aux religieux que le prêt des livres était une œuvre de miséricorde (a). ty~a.t9S. et t'ont accompagnée de menaces plus ou moins terribles contre le malfaiteur assez hardi pour détourner te volume. dans la plupart des églises cathédrales. 95 du fonds de )a reine de Suéde. bien plus tôt encore. V. ~4~~ et C<M <t/~<<' /'?Xt~. Sur tes livres provenant des anciens monastères sont fulminés les anathèmes tes plus sévères « <M~/M <w~ M~ ~<~<' //<Ai' A'<w y<'«M'w~ ~y/A7~w/r'/<y. et jusque dans certains châteaux. dans celles d'Espagne.DeHste. p. a. du duc Charles d'Orléans.BIBLIOPHILIE ET COLLECTIONS DE LIVRES. /M~ de f~'oA* der C~tt~M. » Et ce qu'il y a de plus curieux. 3.281 des plus précie jses collections. du roi Jean. de Tristan l'Ermite. dont le bibliothécaire prêtait certains volumes contre reconnaissance ('). de Charles V. tels que celui de la Ferté en Ponthieu. nous devons à cet usage une série de signatures ou d'autographes des plus précieux. Le chapitre de NotreDame de Paris en avait donné l'exemple des t27t. c'est que parfois ces malédictions t. de son frère le duc de Berry. C'est encore la crainte des voleurs et des emprunteurs négligents qui a dicté aux propriétaires d'une foule de manuscrits tes <N'f~w infiniment variés dont ils sont revêtus. et. en t2t2. entre autres.V. au Vatican. . Ktte était en pratique à SaintGermain-des-Prés. dans toutes les grandes abbayes de France. émanés. La plupart se sont bornés à inscrire sur le premier ou le dernier feuillet leurs noms et qualités.

rappelle dans quelles circonstances il a acquis le volume < Hunc /ï~wM M&~M~ Donato. A côté des formules menaçantes ou plaisantes.appendice.ms.~4w~ (') de cette sentence féroce rappelle étrangement certain quatrain macaronique dont les écoliers de nos jours aiment à orner la couverture de leurs livres: j4~&~ Pierrot pendu &«<a n'a pas rendu. les vers contre les voleurs. qui sont de tous les temps et de tous les pays. Le dernier mot febres. arrêtaient réellement la main des déprédateurs encore au commencement de ce siècle. et rotetur. non content d'affirmer ses droits.282 LE TREIZIÈME SIÈCLE. tracés en tête du psautier de Saint-Gall.net. . à l'ayde de Dieu. ~<N<<j. Q«<'<~ Évide mment la pensée.' par exemple: Ce livre appartient à honnoré escuyer Yonnet d'Oraille. on en trouve de touchantes et de plaintives celle-ci. me puisse délivrer de mes douleurs et moy faire changier air (").BM. (3). 9. tgty. satagiue f<M<«~ <W<~M M0~«~ MMM<MW.Canner. le pillage de l'abbaye envahie par les Français.français t6tt. <~ ordine ~M~M ~MCM<W. ~/M <~ dux ~M~/MN~MM. les châtiments les plus divers sont accumulés avec une sorte d'acharnement sur la tête du téméraire « Quem si w<f <t~ W WO~M/M~. /<!< ms. et ~w~M~t/M~. D'autres fois. dit-on.etc. sinon la forme. i. . lequel.. le propriétaire. A la fin d'une bible du British Museum. écrite vers l'an 1200. ht. 3. maistre d'ostel de monseigneur le gouverneur. empêchèrent. de cet &f-/<~i~M clasremonte à une époque très ancienne il fait partie de la sique littérature populaire au même titre qu'une quantité de dictons ou de proverbes.~M6M~MK etc. V.

Jacques d'Armagnac. Elles formeraient. 1. Charles. sa femme: RIENS NE ri'EST PLUS. Mais souvent its ont été enacés. Ces différents signes fournissent les plus utiles indices pour reconr ~tre l'origine des manuscrits. Voici les marques apposées par les principaux bibliophiles du temps sur les volumes qui leur appartenaient indépendamment de leurs chiffres et de leurs armes. de l'ordre des hermites saint Augustin. de l'énoncé de la valeur matérielle du manuscrit. duc de Berry et d'Auvergne. . BiU nat. J. y L'~t-w Sorbonne est accompagné. et le donna à Jehan. aux marques bibliographiques de toute espèce. t'&r'y-M céda généralement la place aux devises. comme ces derniers. duc de Bourgogne AULTRE N'AURAV.« Ce livre fist frère Jaques lc Grant. filz de roy de France. Marie de Clèves.un ours et un cygne un V et un E entrelacés. comme on vient de le voir. duc de Nemours douze lettres ne formant aucun mot et combinées de différentes façons. Vers la fin du moyen âge. Jean. d'Estampes. si l'on voulait prendre la peine de les rapprocher et de les étudier. et dans ce cas leur restitution devient une tâche très délicate.. puis recouverts ou remplacés par ceux d'un nouveau propriétaire. des larmes ou des pensées. Philippe le Bon. avec une chantepleure. aux emblèmes. Aanfais t<Mj. Très souvent ces inscriptions finales se confondent avec les <<7 ou sont tracées par la même main. FLAMEL('). duc de Berry: LE TEMPS VENRA. aux armoHes. de de la Bouloigne et d'Auvergne. conte de Poitou. ms. duc d'Orléans XL ou 40. une collection d'un piquant intérêt.

US (~AUTHK.) s.aut<M)r d'un monecau de j'tcrrcs catcix&'s.e. )f«sMc.AMMA.t's thtcs < Mihu): H)' \<:x's tor (je ))'"t)b)ic Mt:«n« <.CNTAKK. AH ):X)'H<TAT)«Kt: KA. M)T /tT (a\cc )c ton~sj.t'nis X!t un toujmu un (K)rc-~pic. M On a cru tont. M.sin: de la CfUthMy:<u: t't. :Mtt<M)f !'«« )t<t:N HKtK. ou oranne.KKt' t't ("ttAkt. t'ierre de Xonneu. son fils SusïtNtXK: D):«H<UM. avec de~bomtMMteit sur tcurs affûts.UOMtNH. A MCK AtAKTt. ttVtt <t" t<'<)ftt'ft')tfS<*t <)<"< vrcttt's.aa4 LE TRE!ZtÈME SÏ&CLE. !.<tUfnHa)nan<t Mt:t:x ~s tK o. A <M*M h«")T. De!is)e fa retrouvée dans plusieurs votumes étrangers à l'un comme à l'autre. t'))ni'mmcc-At<m t'K t. avec des chautterette-. Manc et uran{. Louis (te MTUt. Ft'r<)it):u)d.T TKM})as). )t~)'<'«~. WACAUt'KSAHA.tf)nps que la bande tricolore (bleu. Manc et bleu) qui sert d'encadrement a certaines miniatures désignait tes manuscrits appartenant à Charles V ou au moins a son époque.US UST MK \ous. cardinal d'Amboisc KoN «tN~UKUAS M):. arcs Mtc-t.ducde Muurbon Kst'~KANC~ Lf rui Rft« AtO'tXT t)fstt<.XTtt«TA TKSTAKTUR \)\t:)<) H.cs. )t\ff de. (atherinc de MMieis: AtOMtRKM). !. roi <'c Nf(p)cs: Axn': St<:M)'«)': A))'hot)s< d'ArnK" d'unt. At<<.«)<A. Chi~tt'~ VU!: OKt. et en a conclu avec raison qu'il ne fallait y voir qu'un système de décoration fort en vogue dans la . t't.

raphif)ues. si. t. A partir de ('avènement de ('imprimerie.~tt<M«. t. il n'y a !)orte de p~eautM'MS (}«)n'ait e<~ pW'Mt)our ft-Murer <a enn-ienation de ces joyaux précieux et pour en ). Mais cet excès n'en atteste que mieux l'empire d'un sentiment di{{neentre tous d'étage et d'imitation. i''atnftiarises ptus tard avec elle. et celles qui passent pour avoir été te la culture intellectuelle leur ont peut-être plus etrannercs témoin'~ plus (tevenerittion <)ue tes autres. surtout tes thiOrcs et <fs monogrammes. d'ut) c6tc.B!BLÏOPH!~E ET COLLECTIONS DE HVRE&MS itMondc moitié du t)tMto)n!ème si~t-tc. les maroue~ b)b)iot. On peut même trouver qu'ils déptoyerent pour lui un luxe parfois exagéré. ï<es t. d'autre part. t~rincipxh')wn< A ~arisC). tes hommes de tî'~ ~t bon sens nrent du livre leur ami le plus cher. le manuscrit était a leurs yeux un objet sacré l'écriture exerçait sur elles oue)<)ue chose de ce mystérieux prestige <tue proffutt A présent sur les paysans illettrés t'aspcct <tes caractères onpnntes. its le choyèrent comme un consolateur. et mùnte nvaxt. ils le parèrent comme une chasse. se «tuttipnerent et ornèrent de pr~fërence tes couvertures <tes %otumes <)c luxe.)tt"iretiurcs <tc la Kconfs'i. C<tM<M<<&<«M<W~</<.c-< b<.tttcc et <<c-itemps modernes en offrent une '~nc v<'ritab)emc«t nftisth}m'.. k's c)Ht)t')tisscnMtttt <h!<<'utf <}<ecc ont été pnwiitp)~ dcpui'! te trei~i~mc sit'ctc. H appartenait bien aux siècles spiritualistes par excellence d'exalter tes produits de t. Ainti donc.<!n~rat!ons les plus rccuMcs ont rendu et: double honneur aux ou vraies de t'esprit.<. . Rien d'étonnant: en raison de sa rareté même.arant)r contre toute atteinte tu t~tune pntpncte. et t~tur mtnctufc. tant At'ixtcricur t)t)' )'extcrit'ur ')<"< livres.

ch*<'Mn.288 LE TRRtZtÈME St&Ct. t)u n~ttic <nmterne a M faci)!t~*et prejMtrce par la t~vttth))) scru()u)fu''<' <)e u'tt ~re'< t'xvers t<'otc<têt )nMni(t'stath)))sécrites (te la ~ns~ .t)«t)x <<p<i<)rt' jt)st. tc<:f)OMttfc t'~e)<Mitt)t ~uc dt~ chef«t'<t'u\f<. s.M. t'iMc)H)~nee hun~a~M M ~~Ttte~t xu t~tte.B. ~:<et:ti()u< <<< s) j.

KST unedc!* premitrc'«ppnrtenance'< de t'his«'ife de t'homme que J'étude ou la de<!cripttoo <<M domaine terrestre ass!t. t. Le moyen Age a jxtssed~ des élé.– de)* terre connu. !antit)uit~ n'a eu sur sa configuration. t«et«t de voy~M et Xtx'fttfO).Cb<M 0!~m<. L'Atï 'f)~u«b<'rd<)< par tMa))tt)o<t<)<)~<t bt«) avant )< XV)' *ttc)<t. Mottont des contemM«pp«)nonde< por*tnt tm. <)u~ <)t:s nntMns ya({uc'<.car telle est )a dcnnitinn contenue dans le nom même de cette branche des <'«nna(ssanccs humaines.t<t dt~MntM de t'~Mrope eentf~M et det'Atte. LA C&OGRAPmK. ttc.n~ A s!t race ~r la t'rwidencc ~<«w <A'</<t ~w/MMW~.~o(. sur sa funnc. parvenus à la possession complète du globe. Mais lcs enfants d'Adam t)'<'nt connu tjue peu à peu )cur<)(ttnainc. el t~UtttUficttt a)tp))quee. de M*M!o-Pjt«. lutôt des instincts <. {<htt<)t des p des théories que des certitudes basées sur le témoignage des yeux et de l'expérience. sont cependant encore dépourvus de renseignements précis sur quelques-unes de ses parties l'intérieur de l'Afrique. Knnn les temps modernes. la ). L'Afft~tt* <MW<'r<e<td«« M r<)tton Mntmte.ra))hic.<)<' nctions. les parages des p6tcs sont loin d'avoir livré tous leurs secrets. <Kp)OMtton*du fftre Brocard. .'td<e de la M)ttW ~~jjMpht~ue. ments de vérité beaucoup j'ius constdérabtes toutefois t'hëritage des anciens et la te~ende se sont mc)es chex lui aux connaissances nouvelles dans une telle pro~trtion. <t eortM.! SOMMAtRtE. que sa géographie nous parait encore tr~s arriérée. sur ses divisions.

qudte n'est (Mt not<v iuno MMceau sortir du c<ttt&)p'. et t'~tcctt'icit~. à cette ~jXKtuc.et ))-innt eux )n<'fnfsa'w/ vtvftnettt '«'nt) depuis.t)M'i)s«vatt'ot n~K))~ <)t-se tenir au murant det prngr~~de ta science ~. qui ont (My~ têt chcmtnt. s«yex ux ~u indutd ex HetXs )Mur ceux f)u! n'ont cu rfcn de tuut c<:)a.en face d'une tRnorance t'tus (. Kt <nCme~wr têt )Mys connut.et)cschc<ninsde!er. ne sfst inspira <n)cd'un ''eu) tivrc. )\n entrant dans lcs détails. et t(Hi ce(~endft))t jmss~dc)! ). <~)i ont chcrch~ui «nt découvert ) Christophe C'ttntnh.tj)hit)uc.)jtcUf. Nnus n<tus trouvons <)"nc. ï~a (îéographie n'a point alors de ptace à part dans le programme des écotes. et (et eartet tes )ttt)s exxtt~. quoique bien tdus csptieahtc. nous verrons au juste ce qu'i) faut en ))cnser. ft k'< ~<'yx)(< itUtxMr ~ n~t~nde <tUittt<i«nts jours. voytR~. q C'cst.<'t~r. )a condition Rencrate dn moyen a~e dans t'ordre scientinque proprement dit.aaa LtETRKtaStRMK SttCLK. dans tout ce qui est science de la nature ou de la matière.ran(te que )a n~tre. et cc))cndant tn"ins pr<t<<)))dc ue celle des anciens.et qui nca))tnf'ins ont étudia. ~tur tr"uvcr )c n'tUVt'aucontinent. cette ignorance ? On t'a fait aller quetf}ue<oisbien loin. .du reste. Jusque était-elle )<ousséc. Mais elle est confondue avec les mathématiques.i<:)nesH:ctc <("<t)~ d rctatinn dt's voya~fs aventureux du c~)MtrcMar<t-t'ot(t. Auss} itcraifnt-ih mitt \ct<ut A acc~xcr sur ce («tint Fim~ritic t)c teurs jtèn' et je dirais votnntier'! au ptus {{rand notnbre d'entre ens V"t'< ~o! connitissex si xt'd ta 'i))here terrestre. et rc <i\ rc t'st <'c<ui 'un K~f~raphe dM trci/. ou du moins avec une branche des mathématiques qui n'embrassait d'abord que la mesure de la terre. paWoi<toute ta vtc ) On t N!HC)t et tttnt'rement reproché aux Fran~ats de otM j<tor'<.t\.

t()'.<)a))s k'urs 'f {)n!tt'<tt)'<*nt dccn)'c et de faire CttmMtttc )<"< de c<'t)t~t'itt.t~urs."t. i< titut notnmer tes ntissionnaires. )f))M ~'stcufit jtoputatiuns. t s<t)ttc'oxj'tcr tes vuy. On cherchait donc a* ce une avide curiosité à acquérir tes . si))) . tes envoyés du pape et de saint Louis ont doublement servi la cause de la civilisation.'t <x'n <tr<t)t d.ittilti (tans su!) . Ht A côte des peterins. trurs mtfurs.<)«etrie fait partie intc~rantc <)t< ~««<t M««. t«<urct.sdans leur plus que c-dtittet au devet")t)te)nent de cet "rdre de connaissances.t)~<c encore. qui a contribue et toutes k's études des savants r"n<ert))e. 289 )x ~cometrit' Ur. A cote des eroi~. sera entieronent puhtice. trccs tju'itt «))t t)a\crs~fs. 'lan~e heureux. )<<t)h')rt' )'tt(t)t'Hs<t)t < <M<tuctcnr.tit) sjx'citmx. par tequet tes humbles colporteurs de t'Kvan}.LA GÉOGRAPHIE.<tat)'< s")t /w<~<'< w<w</<sitt)s Ctxnptcrjm'hjucs ccriy. pour rapporter à teurs compatriotes tes bienfaits de la science. ll.Le!*!unant~ et tc~< ene~'ctt~pcdi-'tcsne ttMnqMfnt duos tfurs traites. tes t'tan-Carpin. toute une tittcMturc a p.ite.IÎ'a'd! Ucnais vi Ti)b<r~ d.())'< lit série des traites {{c<'nra)<hi'ttMs. qui s'en . !c'< pctcrios. \'ineo)t <)c Mt'. t~:s itinéraires des )x:)erins d'Orient <urmen< t<tut un t~'nrc. de donner a ta science t. )cur Ms)ntt jthysitjuc.' tâerl'itiv de ~rilbc'f)' ttitlli 'M"t <f /M~M/). un jtourra eertainonent ju~er et comprendre bien des propres d«nt ta source nous ech. qui t<)us. lit t. tes Kubruquis. et tant d'autres moines intrépides (ttieu seut sait leurs notns). Lorsque leur coHection.)))-< ~t~lt ~).dtaient avec tme itnperturttabte assurance porter aux peuplades barbares les bienfaits de la toi. te ran~ et l'importance qui lui ttp}Mftict)))t'nt.<)t. 'tt)<*t'oo <«itrftttrcr .tMvMJs troitc t). qui connnencca }<eiuea voir te jour.<w o) Mft~~<t/ Xruoctttt Latini Ilall~ ~ml1 /<t.cot{rap)uque pas.

Loin d'être du aux enfants de Mahomet. notions géographiques dont on manquait encore. qui ne voûtait pas laisser un seul coin du monde sans croix et sans autet. vers te treizième siectc. qui allait bientôt se lancer à corps perdu dans te vaste inconnu des mers. (lui ne tes lisaient guère. Qu'Abutfeda.tu du ( hrist. que vingt autres Orientaux aient compose. allait acttever t'oeuvre commencée par têt défenseurs du totnbf. mais dont on sentait le besoin. ce ne furent point ceux-tà. des traités <ort savants sur la matière. qui devait aboutir à la rénovation de h face du globe. la mémoire et la bouche pleine de merveilles. (. que Nassir-Kddim. comme t'avance U.a9o LE TREIZIÈME StECLE. excitaient autour d'eux cette noble et insatiable passion de t'inconnu. ce furent ces religieux et ces fidèles enthousiastes. tous tes trou~curt d'ttcs et de continents furent des apôtres. qui les racontaient de vive voix. qui les décrivaient sur le vélin. tous tes explorateurs. sortit précisément des entreprises dirigées . par là. Mais les véritables initiateurs. les véritables promoteurs du progrès éclatant qui allait s'accomplir.'< ne sont donc p!ts. Le génie des grande-' découvertes travaittait déj~ cette société chrétienne. ils n'ont pu avoir qu'une iunuence bornée sur la marche de la science chex les peuptes de l'Occident. Tout au plus leur ont-ils communiqué la notion des systèmes grecs. du système de l'totêmee en particulier. Jusqu'aux temps modernes.tunou. I~s croisattes avaient donne le branle. qu't'~trisi. et qui. en dehors d'un groupe d'erudits très restreint. les écrivains arabes qui ont été les premiers et uniques maitres de~ Européens en tait de géographie. mère de toutes les tentatives généreuses. de toutes les conquêtes utiles. ce mouvement fécond. le prosétytisme catholique. qui s'en revenaient par milliers des contrées de l'Orient.

t. la sphéricité de la terre était it.f <<M /~<'M/<w< j«~ qui passe aux yeux de bien des gens pour la toi et tes prophètes. nous dit encore le grave Daunou dans ce ~MtW< ~w /'<7~/ <A.r")unts sont assis it ombre de )a tm'rt. en effet. à raison de la place qu'il occupe. beaucoup Uame!) ni«))Mientleurs pttiMenfant!) M 0 <«tun tetttpituùt. comment te gtobe terrestre se presente-t-i) . répandre partout. ~)/. /«/. c'est à t'a{tostotat chrétien.cientinques.. t~a reti~it'n )nusu))t)ance!it. aet contre eux. une taruc )M<rt Arabes. << ~«v.rundc <)uestiot). « La sphéricité de la terre. où f{<'<'t:raphiqt)e. dans nos un~ine~ '. Ainsi donc. et méconnue même par ta plupart des hommes instruitN('). . et qui devrait t'être. rendons &Ce:w ce qui est si ( Jsar et A Dieu ce qui est Uieu Ce n'est point au Croient que la science doit ici t'hommage de la reconnaissance c'est à ses adversaires. Après nous ~trc demande où en était t'idce de la science ct)erch<M<!t en était cette science cité-même.f ~<. et que ses disciples ont voulu.<(ui fit jadis de bruit. ce sont ceux que j'ai nommes tout a l'heure J. H faut résister à cette tendance trop connnunc qui nou'' fait «us <aire.)<n<ft'de )'i<nmobilité ses <. c'est Ace feu sacre que le Sauveur était venu allumer sur )a terre.tterre était plate. suivant ses désirs.LA GÉOGMPHÏZ.t t'esprit des contemporains ? Hst ce sous lu iormc d'un {{tobe ou d'une assiette t{i){" (.nor~e du vuttpure. ail <ut)d.) Mais tes hommes instruits qui traitaient alors de la géographie. Ht d'abord. t XVt.).a nttre est la mère de l'activité et du pr~rcs les nations chrétiennes sont seules en pleine possession de la vie.

c'est Hmwrc d'Antux. c'est Gênais dv t~bery. en suivant te texte Httératement: Nous .u)s m) imtrf articic de )'<jf ~f. terre et tner comprises.t'~«w~ et non de celle de t'ensemMe de t'univers. Toutetois la structure de la phrase semMe indiquer un sens différent. dans ta )M~tn acception d~ttnic. /:«<<~<w . sur tfquct Uaunou ne )n<mqu<:pas de et 'ni est ainsi c"n~u < .ZM LE TREIZIÈME StÈCLE. se servaien nnnohsUtnt de <:ctcnnc <M A'«<<~«w. moins une construction fort vicieuse. dans ce cas. <w<w<M<'<< t'r~M </«'<W<'M''wt~<</f//<Mw < A~.\ u'M ccrUunc cttntt.onste m"Hd<:carré au milieu des tncM.Mcnt ~.f ~r~<~ (~t'<<M< //W~t' <7<<7<Wf~W t'/ ~tt.<Wf<t<r<' ~ar t'ctit-Radc).tio)) cutro tes tnt<ts < <~t~«j!.t/MW ~<'<<W«j[. lui aussi. tjuc nous disent-its sur ce ~tiot capital? <))<trouve dans Ccryait un sinnuticr t~ts~t~e. il s'agirait tout au plus de la forme des terres ou de-! continents enfermes par la mer f()«'~M< /<wAo «r<M<Mj. cttffc ? On tn't'b~cctcra <~)c tes anciens.ntit.niner:Mt mot a mot.</</«<w ww</Mt<wMf.hfttw.xi r«x veut ~rctcr (:c <)crnicr k sens de carré. en adoptant carré « Nous plaçons toute la masse de la terre entourée de ce qui serait a tout te la ceinture de t'Océan et carrées.mtMcc(). N'est-it pas plus naturel de traduire. CutmnextHX t. Je ferai observer d'abord que. n Il et ~« <~j.tit i(~'trt' ef'ty. Mais ~M<«/n~M vcut-il Uict) designer n ta forme CMtt:<: t):wwu te croit tcrnMmM'tt et traduit san ? hésiter: < N"us pta<. qu! n) p«urf.Je t'acct'rdc: t'auteu du (n"y~'n ~c )'u t'cmpt«ycr. (Mt'W ~/<M~ /t'~<C (~f('<!M< /<W~<'f<r<'«M<j!t'«W t'/ ~«t<MM le sens de ~t/«<WM.<terre. Cettt contf. <<'w A'«.M ta )«nnu xphcriquc ttc ). si(.Mtictimt:t ctc rftn. Or. <y' f ~<<<«~ . <)uct'(n<*s autres ftte<t~ le cfttnptf en serait bientôt (ait.V<~A<Wt*M x'tuyfr.

L'autorité du ~ayaot linguiste et les htif de ta coo-itructiu)) grammaticale. Le dcru~ devait donc '<edire dans le mthne ''e))-<. d~t~ne un Kt<'t)e. pour environné. tantôt n"ir. t ie poète français qui l'a traduit au treie zi&'ne siècte. «n qu'il ne itavait ce qu'il di~it. prutt~sede la façon la plus a<r<nat{ve t'"pi))io)) de ta sph~ncit~ < /w~ ~/wM</«<'j/ . Quant aux autres {~ographet. tui auraient répondu La terre est ronde la terre a l'apparence d'un œuf (comparaison très en vogue au moyen Age et renfermant peut-être une allusion à l'aplatissement des pûtes). . particulier te {{tobe est d'après ptac~ p. faut admettre que. dans le premier nullement voulu parterde cet orbe pa~itage de son livre.tr les itcutpteur!' ou )e't peintres dtms la main des roi'! et des e<npereuri< comme un ctnbtOne de leur souveraineté. avant !)a cuntraetM)). c'ext notre mot ~wf/ )ui-me<ne. a93 catcutans. ab~ttutneot cta!r cetui-ta. A moinx donc de supposer que )e).<t'dt*t. nous penstots que le monde terrestre e~t entuuré et encadra ~<~w~ )Mr uoe ceinture de mers? t !)u Cange ne mentionne pas cette acception du mot ~<< <AM/«w. disait tantôt blanc. évidemment Daunuu ne s'eft pas donné ta peine de tes interroger.LA GROGRAPHtB.ravc physicien <}uiécrivait pourt'~fnpereuf Othon. en voftA plus qu'il n'en faut ce {X~trappuyer notre interprctatttx. A'<MW<~t laisse d'ai))eur:<aucun doute c'est nctre mot ne trancai!).«/ Wtf~M tjas ~n~ du Cange. l'auteur de t'7w<~ wjt<wA. dans un autre possa~e. t tonorf d'Autun. c'e!!t tjue te n~tne auteur. le m~me Gervait de l'il~ry. !ts )ui auraient même fourni une démotMtration de cette rondeur L<Xnt*<<M*<ftt. n'a carré qui équivaudrait À peu près la quadrature du cercle. mais il cite ~w avec le sens d'entourat{e ou (t'exvtMtts. Max qui ach~-yede ta ju'<ti(ier.

qu'il potut ft~ar~er t. représentées par tes hautes montagnes. te tt sou* ~it<t<. m) duit Attain de t. des cinq zones qui le partagent. Comment t~ <trtc teonje e-i<.trrc aurait eu antérieurement des partisans nous ne pouvons admettre qu'au treizième siccte nos p!:res t'aient professée ni qu'ils aient méconnu la sphMcit~. en dehors de ectui de «ppost'-t-i) te contraire Aucun.nfcs. t <~tt) ant ~ruit en haut monter Kn t'ttir. Ce n'est <<ervais.quineditnutte)nent vraiment pas assci!. d~s k sirote précèdent. d!tns n«x t:cotc~' ()!) donc sont t<:sautorités du critique de r//M/<w<' /<<~<v? Qm.n\):t tx «'ne MUt. tui aurait ré~ndu & s"n tour Mais j'ai dcctarc. o Si '<t't))t')f))tip))t<outtc voir t t. du mouvement des neuves et des marges.w /f'<Wf<w~ fous tes mitres 'tu temps se seraient ccfius en ch'fur M. Ut hwtctrhe t)e<tiri~n~n)mtt<t)t{~e< Kt te< gM))'' ti'Me< prafunitf! t.tt f!o)<'te mer et )c!i ){Mt)'<nttt:. t/Mw<)M<~ous parte aussi des antipode! des aspén L'A/M~<' rités inappréciables perdues dans ta masse du globe. tu Docteur universel.us nou-i ensci~)M)M cela jounMUMncnt dans nus ch.!x témoignages cet accord si~niRcatif.!M// t/'t~t/M~M~. ')uc te monde avait une <<'nnc arrondie f~f/.a terte par vitui et par peigne!).)«\it(uit CoMMMC Sur il fextit ou tt'M)) chevel !ior une (xnne d'ome <'«.M4 LE TREtZtÈME StÈC~ Hx ptx~. lors même que la théorie du monde c. Ainsi. du vaste Océan qui envetoppe les terres. de la main de Dieu qui soutient te monde au milieu de l'air.itte. I~es théories modernes du . dans mon .

à des explications risquées. il avait trace une mappemonde sur dnuxe peaux de parchemin. nous apprend qu'en 1265. désignée par son nom français.LA GÉOGRAPHIE. !t y en a cependant où sont notés quelques événements historiques. que nous retrouverons plus luin en examinant t'état du la cosmograptne et de la physique. Plusieurs manuscrits de t'/w~f </M w<w'A'. on a do v~rhaMe" tnxppemcndes. a des systèmes étranges. bien des pas de faits dans )a t«)e de J'e~actittMje et du bon SMM. sans doute. !. Au nord de la ville de Hordeaux. Kt si t'en veut descendre jusqu'au siecte < IJeux mappemondes. a9& neptunhnte et du plutonisme lua M«t cotMwoL Totttet ces notions générâtes se tient. avec enluminures. Charles V. La mappemonde du musée de liorgia rappelle ainsi la bataille de Poitiers et la captivité du roi. attestent te!. soit dans le pueme français. rer /M/««'. avec lettres d'or. anciens. ~w<~<tWw~w/<~w~M) Ccs cartes générâtes vont bientôt devenir très nombreuses.a mais les justesse des proportions y fait encore défaut indications de toute sorte s'y multiplient. embrassant toutes les centrées connues. Mais voitA déj'\ bien tics vérités acquises. les Annales desUntniniciuniideCotmar. < Le moine qui achevait. suivant. ou m~me tout à fait mensongères. on lit Joannes. hie «~ per ~<w~<'w <tWM<Mbello. en <303. Les annotations ou tégcndes. encouragements que recevait ce genre d'études.soit dans t'ancien teste tatin. ces exemptes abondent datées de l'an '346. t~t descriptin)) <)e ta terre ne se fait pas uniquetnent par l'écriture un comnence a tracer des cartes tn"ins n)(br<nex que ceties <)e. . qui commencent à se multiplier sur les grandes cartes. indiquent souvent des traditions fort douteuses. sont accompat.nes de ptanispheres.

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LE TREIZIÈME

SIÈCLE.

déjà possesseur d'un dessin très infunne du globe tofrestre, placé, vers t ~64, à la suite de la copie des Chroniques de Saint-Denis, où il a écrit son nom, avait, de ptus, la grande carte catalane rcdi~ee en 1375, aujourd'hui puMice et comde tnentee (?M«~A' w< <'M ~/M/n,/«/<<M'MMW'<~<'<~ MM~ AtMv ~«w/<' <A<~<<'<. ~<' f~~A', et /w<tM~ Cette carte, qui n'est pas un simple portutan, et qui ~'ww~t'. c<t)nprcnd un ~rand nombre de positions fort éloignées de la ntt'r, st' rccotntnando, comme d'autres du m&me temps, malgré des erreurs grossières, par une dimension moins étroite que ceUe qui était alors en usage, par une nomenclature plus riche, et par des légendes qui ne sont pas toujours fabulcuses ('). Cette appréciation, que j'ai voulu transcrire textueUement, émane de la ptume d'un des successeurs de Daunou, plus equitaMe quc lui en dépit de ses préventions, le savant Victor Le Clerc. Après i'ensembte du globe, descendons à l'examen de ses différentes fractions. Nous avons vu tout à l'heure que Gervais de Tilbéry divisait le monde en trois parties, l'Europe, l'Asie et l'Afrique. C'est la division généralement adoptée de son temps. Ces trois parties sont très inégalement connues. Nous attons les parcourir a vol d'oiseau, en nous plaçant au point de vue des contemporains de saint Louis, pour savoir ce qu'ils pensaient de chacune d'elles et nous pousserons même une reconnaissance jusque dans la quatrième partie, qui n'était pas tout à fait aussi ignorée que cette nomenclature peut le faire supposer. Partons du point où nous sommes. Nous traversons d'abord. la France. Une description sommaire de la France nous est donnée, par Robert Abolant, t. //M/./< /nM~XXVt.48<~

LAGÉOGRAPHtE.

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moine de Saint-Marien d'Auxerre, en tête de sa chronique. Mai' chose curieuse, il ne la divise pas en duchés, en comtés, en <ie(s,ni même en sénéchaussées ou en provinces royales, comme elle l'était matériettement au treizième siècle. n s'en tient à l'ancienne par métropoles et par répartition cités, remontant à l'administration romaine. C'est que cette dernière division a été conservée par t'Élise: chaque métropole est devenue un archevêché, chaque cité est devenue un éveché. Un bon clerc considère avant tout l'ordre de choses ecclésiastique, et ne tient pas compte du reste. Cependant Abolant parle des rois de France et de leurs agrandissements jusqu'au règne de Philippe-Auguste, et, comme tous les érudits de l'époque, il mêle l'histoire à la géographie. C'est ce que fait aussi Gervais de Tilbéry, qui répète a ce propos la fabuleuse légende de l'origine troyenne des Francs, si profondément enracinée au moyen âge ('). En passant par la Provence, le même écrivain s'arrête à nous décrire la consistance de l'ancien royaume d'Arles, sur laquelle ont régné tant d'incertitudes, et à nous faire un curieux portrait des Provençaux, qu'il avait vu de près en exerçant les fonctions de sénéchat d'Arles. !t continue ensuite son tour d'Europe. Son itinéraire est assez bien raisonné il commence par le nord, pour redescendre par l'est jusqu'à la Grèce et l'Italie. Presque tous les détails qu'il nous donne, chemin faisant, sont exacts. H les complète dans un autre chapitre en traitant à part, suivant l'usage de son siècle, des îles de l'Océan, notamment de la Grande-Bretagne et de t'Hibernie ou de l'Irlande. Abolant, qui parle aussi de cette dernière, s'aventure davantage il ta ptace entre ta Hretagnc et
t. ~M/. A/M-, ~e /.) /-)w~. XXVII, 9e.

aea

LE TREIZIÈME

SÏKCLE.

t'Kspagne, ce qu'on ne peut admettre qu'avec une tbrte dose de bonne volonté, et il termine l'Europe au nord par une gri'nde île appelée ~MM~M(peut-être t'!stande).Au reste, toute la région septentrionale est ce que tes géographes connaissent le moins bien dans t'Hurope, et cela se conçoit. Ainsi Vincent de Meauvais, qui subttivise avec méthode tes différentes contrées eurc~ennes, asiatiques et africaines, sans toutetois préciser tes (n'sittttns et les distances, Vincent df !!eau\ais suppose que t'Ocean termine t'Kur<tpe vers le 60° degré de tatitude. ou du moins n'en sépare qu~ des fractions insulaires il ne se fait pas une idée juste de la mer Baltique. Albert Ic Grand est ptus instruit il représente cette mer comme un grand golfe ou sinus que le continent environne, ce qui est t'exacte vérité ('). H parait, d'après ~ne.M Sytvius, que cet ittustre docteur a été te premier a bien connaitre ce golfe et les pays bornés par lui. i'ettctrons dans l'Asie. Ce berceau du genre humain est encore pour nous la région des mystères et des merveilles. Combien son aspect ne dcvait-it pas frapper l'imagination natve de nos pères C'est de là que tes pèlerins et les missionnaires ont rapporté toutes ces descriptions étonnantes, toutes ces légendes curieuses, tous ces contes mêlés de vérités, qui fourmittent dans la tittératu.e de l'époque. C'est là qu'ont voyagé Marco-t'oto, Rubruquis, t'tan-Carpin et tous les prédicateurs envoyés par saint Louis chez les Tartares. Aussi les détails abondent-ils sur tes populations asiatiques, leurs mœurs, leurs pays et l'on est tout surpris de trouver, au milieu d'un dédale de fables, des observations concordant admirablement avec tes récits des voyageurs modernes. Il va t. ~M.MW~. ~.tMff. V(. 2a. dela X 1

LA GÉOGRAPHE

aw

sans dire <}ncc'est avant t~ut ta Terrf-Saint** <?)! t'st t'f'hjt t d'une étude apprcR'ndic de la part tic ces <!dctes t:ruyat<ts car, dans toutes leurs <tccup.tt!fns. <tans tous teors tritvaux. ils restent tes sorvttcurs ~-M.s de Jt'.st's-CttKtST et les défenseurs de sa cause, l'armi (es dcsertjtttftns rctatiws cette ({tndeusc contrce, jMtftnita (bu)f dfs itinéraires et des retatif'ns, il faut dist<n(;ucr tes pnxtutts de !'es()r)t che%atefes<(ue et ceux de l'esprit <)j'<)sto)it)Ut'. in))')'e.ssio))sde %<))a~cdt s Les tnï<(t)es,des che\:dicrs, sont représentées nctammcnt jtar te plus fameux livre du siècle; m) )'M/<<' di A!/w/ /.<WM par Ic sire de Joinvittc n'est en {{randepartie ()u'un résumé <tece que l'auteur a observé ou appr!s sur la t'atcsttne et t't~'ptc. On vo<t par l'étude détaillée de ses tntcressants récits, combien de traits d'histoire et de ({~K~phie t"catc pouvait fournir aux croises un seul voyage et) Orient. Mais nous ne nous y arrêterons pas ici, ann <tc réserver notre attention pour des ouvres moins connues. Dans ta classe des rotations composées par (tes clercs, les plus remarquables sont peut-être celles <tc Jacques ttc Vitry, t'évoque d" Saint-Jean d'Acre, qui prit part à ta croisade de Jean de Bricnnc, en t2<8, et celle du frère Mrocard, dominicain, qui séjourna longtemps en Palestine dans le dernier tiers du même siècle. Mais la seconde seule a un caractère esscnticttement géographique l'autre est une /fAw<Mw/, comme son auteur l'a intitulée, et, tout en la recommandant à l'intelligente curiosité du lecteur, je ne dois pas m'y arrêter non plus. Elle est, d'ailleurs, moins riche en indications topographiques précises qu'en légendes sur Mahomet et ses sectateurs, sur l'histoire naturelle du pays, sur le t'aradif terrestre, etc. L'ouvrage de Brocard, au contraire, répond a

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LE TRtHZtMMB

SttCLB.

Mn titre f/~ff~tfw </<'/« 7~M~A<M~<'J un tuxe d'ub t~r servattun'' et de rwherchM qui en fait un vcritabte traité scifntitique, comme un ~<uvatt en r~di~er atnr! Si fauteur rapporte aussi (te vicittfi traditions, ce n'est ~Ms saut une certninc critique. Ainsi, quand te-t naines grecs de Stunane lui disent que leur cha))e))e a été sanetiMe par t'emprt'Mnnnnent de soint Jean Jtapti'<tc, il refust' de tes croire sur et il nuut en cx~iquc )a )Mntt<M<'<<<MW~~< Mist')) Quund il visite )a tn"n<a~ne de Cetboc, il rcfute feux qu! tn<)')dent que )'nnt'r<'cati<'n htncee ~f D~'{d, âpre' lit nx'rt de Jonathas. s'était acc«nq'tie t\ lit tcttrc t il n'et) pas vrai, dit-il, qu'il ne tombe sur cette montagne ni nMe< ni pluie car j'y étais le jour de )a Saint-Martin. l'an d< Seit;"etnr 2X3, et il tomba une telle pluie, que je fus bc ) et bien mouiU~ ju"qu' ta t)enu f ~<<~<«'(~ tt</<wt<< M~M<* w<f<A~M~. Je dirai mCme que la vallée est remplie d'ea< qui vient des pluies de ta mnntat;nc, tout en rceonnaissan que ptusieurs parties sont pierreuses, s&ehes, stcritcs, enmtn~ les autres montagnes <)'tsrae). Enfin, contrairement a l, plupart de ses devanciers et de ses confrères, notre dominical prend soin, dans ses descriptions, de marquer les distance: t) le tait souvent avec justesse en tout cas, il ne s'éteigne jamais de la vraisemblance, et par ses propre!) vérifications, il arrive à retrouver tes rapports entre t'état ancien et l'vtat moderne du pays, ce que beaucoup de voyageurs de notre siecte n'ont même pas tenté. Dans ce but, il avait consciencieusement parcouru ta Palestine à pied, à di<!erentes reprises, en suivant un plan méthodique et raisonné, qu'il a exposé dans son intéressante préface ('). Nous ne sommes donc
t. //«/ //W~. <&/e~w~. XXt, ~3.

LA GtOCMPHtXE.

a<M

pas ici en (ace d'un récit de voyage orttinafre. Cest une œuvre de savant, une œuvre de géographe. Kttc se termine, après te!* eon"tatati"ns <te datait, par une recapitutation digne d'un statisticien, donnant a ta Terre Sainte )6 )iene-< en (ardeur, M en tougueur. puis par deux chapitres d'un httéret particutier, l'un sur tes production du '). l'autre sur tes ~)pu)at)on:' Ilui t'habitent. Tou'' les re))se)t{nfme))<fd"nn~s par fauteur sont d'un prix incstimable pour celui <)ui veut se rendre compte de t'~tat )n"rat et tnateriet de ta t'atestine a ta fin d:) treiftieme siecte. Aus-)) le livre du frcre t<rocard, tr<'p peu connu et tr"? peu utilist, a t-i) arrmt~ a la critique le ptt)!t d~cite dcx tenw~oa~e~ d'admtfati"t). Victor Le Clerc, par exemple, l'appelle nn des nu\'rat;c'< tes il plus inttructift qui nout soient parvenus; et c'est a {teine s'il ajoute tjuetquct reserves a cet et"t;e s) bien tnerite. Au delà de t'ancicnne Judée et de ses envirunt, ta vieille Asie cotmncncc aussi a tivrcr ses secrets aux v~ya~eurs eurnpcens. Gervais de Tithcry, qui toutefois ne parte pax <A' !'MM cette partie du tunnde, donne )'enu)nerati«n <:«tnp)etc de des villes eathedrates qu'elle rentcrtne, cotUtne il l'a fait pur t'Kuro~. n décrit les nterveittes de t'!nde, qu'i) divise en trois régions /m/M ~</< /~</M <M/< /M<~«w<~«~<t~. tt parle, comme Jacques de Vitry, de races étranges retnarquees dans ces contrées, de néants, de py~tnees. de eyetopes, de dragons, de griffons, puis de montagnes d'or, puis du ~w/w~ paradift, situé a t'entrée det'<Ment: /y//M~ WMW <t</«t7«wf/M~M, ce qu'il faut peut-être ~M ~f~ M~M~ entendre de la xone torride, connue on l'a conjecturé avant nous. Après le paradis, il place une re 'ton déserte, tmpraticable, remplie de serpents et de bêtes <eroce'i.Tout cela

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TRRtZt&MR

St~C~tE.

cstdettt()tMp,<na)~dc<.tfttMe<Mut'Men!«)MV<'ntd'une id~rHth'n. d'une intorpr~tati"" df Mt" r~et*. cn~tne dant ft )nyth"t"{;if MOtit~x', t'")< Hf Muratt rejeter en Moc toutes n'< viciOcs tr..<)itit't)<. d<t))t p)u'< d'one se trouve ex)))it)upc. de six")) justi<icc.(Mr )<"<dfrHtcrt p)r<t;r~'< lit scieocc. ~~nc \'tc))t des écrivains attcien' ttruncttft )f)<u<c~.trtic, d'ititkur' t.~tini, <tui fn rc(w(nit bcaucuupdutn~<ne t!cn" ne fait t(Mt'r~)ntc)' h's hruits )-)X)ttcs }wti't pur t'u)n)tox!us Muttt, (mr t')it)t-, et )tri))ct)Hdc)nent~r S'~tM, fauteur du /'<'MM~, <)t)iécrivait «u tn'tsi~tnf ttMc. Nnos )tc trouvons dnxc j)Ms ici uoc -<utt~ri"rit~bien tnar~u~: sur la nct~rftjthie ant!<tu< Mais laissons cet rapporteurs de seconde main, et consuttons ceu\ qui décrivent uniquoncnt ce qu'ils ont vu et t'ntendu. Laissons même tes r~'ts rccueittis par JoinviXcde )a ttouche des tnissionnatrcs de lit Tartitric; ils tiennent aussi de lit ~t;en<*e, en partte du moms, pui-M~c,d'aprex cttes, Ut distance de la t'~tfstinc la retidence du ~rund Khan aurait été d'un fn de marche, à raison de t0 )ieuc<< jour, ce qui par ferait un totfd de 36;o lieues. laissons enatonent )a rclati'tn si attachante du frère mineur Guillaume de Rubruquis, envoyé par taint Louis chei! les Tartares, quoiqu'eHe renferme des tre~trs de curiosité nous ne pouvons malheureusement toutana!yser. Tenons-nous-en au fameux voyage de ce Marc«t'olo, qui était véttitilun, ma!s qui eerivit en français, et dont tes descriptions empruntent une importance exccptionneUe au séjour prolongé fait par lui dans la plus mystérieuse de la Chine. Ici nous ne toutes tes contrées de t'Orient.da. sommes plus dans la fable, nous ne sommes plus dans la fantaisie nous sommes dans la vérité historique et géographique, et nous allons constater tout de suite un pas immense. Le

développant cette tdée. il avait rapporté de teur pays des tmis A hnprhner. d'âpres t'idee tjne lui en avaient dttnnce ttcs bois <jue Marcoi'o)<t rapporta de Chine a Venise. il se borna a les cusnmuniclurr . t'-tuthiff.tion.a traditiun nous apprend que Gutenber~.er. parfhetnin! On en jut. t. et <)ui avaient servi a )'i)npressMn de livres chinois./< . que beaucoup réfugient <)'y croire. au lieu d'en expliquer t'usa~e dans son livre. anatysant les travaux de ta soc!et~ des /<X'~<MMMde t. voità une double révélation qui atteste à la fois t'antiquite des premières presses et l'authenticité d<'s <. par t'intennediaire de Marc«Polo. et ces b«)s. dit un savant an~ais. Ainsi."ndres.xp!oratiuns de notre voyageur. < Rétracte/'vous toutes tes divagations que vous avex l'auteur au tnonent de sa tnort. aoa livre de Marco t'tdu est une teDe de r~v~tatiwM pour nouttn<<ne' qui savons encore si peu de chose sur t'cxtreme Orient. c'était un reçue!) d'inven tions te))en(ent audacieu'ies. à la pratique de cet art en Chine ('). )'itnpri)nerie se fut répandue en t'~uropc deux cents ans ptus tût ~u'ettc ne l'a fait. vers )a <)ndu ~uatorxi~ne siècle. avait vu ces bois à imprimer.LA CÉOGMPHtZ.<tm'itit* des choses t)ue j')d vues et toucha"' t Que! d'umnanc tjttc ~eUe féconde mMitit! n'ait pas été. (le !e)tre. Marcn-«)<* l'avait vu pratiquer aux Chinois. aurait connu t'nnprhnerie xyto~raphitjue et t'aurait etnp)"yec. <. H<tccthc<ncnt.«nri<!t' t)u si elle t'eût été. (lui épousa une personne appartenant a la <a)ni)te vénitienne des Contarini.'t <p)e)<jues atnis! « !) parait. et que. t. V livre .lA~M. four set contemporains. c«)n)nc la pronierc.<)u'un certain t'an)<!)« t'astatdi. in)ro<t)tt. <}ucje n'ai pat écrit ). rapportées? demanda t-nn Je jure. qui ainsi se relierait dircetetnont. .t parcesintptedétad. il arriva a l'invention de t'imprimeric. répondit t). tht.

etetev~s retnp)i'Mant dct R'ncti~ns & sa cour. La similitude est frappante. dans une de ces entreprises aventureuses .~ee < qu'it a donn6c A notre empire. en argent. portant une inscription mongole dont les savants ont donné ta traduction suivante < Par la force et la puissance du ciel. Or. lorsque nous sommes tentés de rejeter à ~w/~ tes narrations des anciens voyageurs. t'<u)thier. qui taittirent convertir à ta foi chréttenne ce potentat et son peuple.es que te scepticisme des Européens sempressait de révoquer en doute.a accumulées dans t'intéressant commentaire dont il t'accompagne. t et tuit cit qui ne t'oMifont soient mort et dcstruit. C'était )~ un de ces détails étran}. béni qui ne le respectera pas périra.ent et qui a seigneurie de <niHe. que le nom de Mong-Ké-Khan soit honoré. et ce hit doit nous mettre singulièrement en garde. il avait été conduit auprès de lui par son père et son oncle. Ce)ui qui a seigneurie de dis mille Mtable d'or tête < de tyons. du reste.si a table d'or ou d'argent <' doré. dans nu de ses chapitre.de At~A'j</<'«~w~t~A'~f~ que le grand Khan donnait aux {ter!Mnnat. Et en toutes tes tab)ea y a e~ript un commande< ment qui dist Par la force du ~ant dieu et de la gmnt t. empruntée aux "ccentes découvertes de ta science. au <ond de la Russie méridionate. Ic nom du kaan soit heneoit. Ce dernier point est. Marco-t'oto passa dix-sept ans au service du souverain mongol. on a découvert une de ces tablettes de commandement. et dit ce pntjM's: « Celui qui Mseigneurie de « cent hotnmet (qui c<nn)nande à cent twtntne')) a tablc d'ar< t. il y a peu d'années.Maroc !'o)o pitrte. En voici une des plus curieuses.304 LE TRRtZÏÈMESt&CLE. que t'éditeur de son texte franchi' M. acquis par une quantité de preuve'' de toute espèce.

V. t'tnde.cx t3~. le savant Wa!ckcnaer.et mCmf plus toin: H se rendit o) ambassadeur auprès de ph'sieurs joinns barbaret. too. t) remplit pour lui d(MmiiMitOM itnpor~ tantes dans tes dinerentfs contrées de t*At'ie. par leurs conséquences. et d'autres pays ntt'ins i)np"rtants sont décrits dans son livre. avec un luxe de traits de mœurs. celle de Malabar ('). le Japon. une chrétienté et un pèlerinage au tombeau de l'apôtre saint Thomas mais on aurait bien des surprises de ce genre si l'on feuilletait l'ouvrage entier. devaient forcément renouveler la face de la science géographique. d'histoire. curent toute< tes ~tnes du monde A )e reconnaitre. t. de traditions qui charme le lecteur. la face de l'univers. étendues à tout le vaste continent asiatique. dans ces parages reculés. De telles révélations. ta Mongolie. la Perse. te voyant habiOe et rase a )a ))«'f<t. l'our avoir une idée de sa manière. la (.t'k'.sett dépositions t.cpuur acquérir une connaisMnccapprufundie des poputati"ns asiatiques. ta Turquie d'Asie.LA GÉOGRAPHIE. les ites de Java.< sexcttocitt~ctt'i. il <aut lire notamment ce qu'it dit d'une des provinces les plus curieuses de t'tnde. il ~(unerna tf«is ans ~)u-' de vingt \i))es ehint'ist's e«t)ttHt!ie< par !M:))mtdtre.~tKf<w<&~tM~Il. . 305 par icstjueûes se !iit{n:da)ent déjà te-) riches n~Mfiitnts df de V<'ni''e CM G<n~f.<e))ter. t'entendant parler avec un accent ext'ti~uc <nrt prunttncc. si bien que ceux-ci.s<'pre.'Armenie. Qu'on juge tout ce qu'il devait avuir appris et de quette autorité pouvaient être . On ne peut apprendre sans étonnement qu'il existait alors.chinchinc. Il n'avait donc rien ne}{tit. la Chine. de Ccytan. a-t-il rendu au cétèbre explorateur <tu <tc. il était ttevenu un vrai Tartaretttrsqu't) rcv)t)t.6<B. Aussi un des juges les plus compétents. en un (unt. en attendant qu'elles renouvelassent.

mt consid~rabtonfnt t'Asic vers t'est. Les lumières acquises successivement pendant plusieurs siècles ont de plus en plus confirmé ta véracité du voyageur vénitien et lorsque enfin la géographie eut atteint. tt'M~~ </<* t ~f'<' /'<'r.ft )ct<rsootus. tc< ««mn~raphes tt". que kt navin<ttcurs s'cft<'rct:rMnt<)<:s)ors de doubler.n science se tr«u\a r~<'t)t*'rcc.~cut'«tu <:u)t<)nnMfnt<tc )'tu'< ot p~w ce qu'it ex tt\:dt dit. un haut degré de perfection.en cinglant directement vers l'occident.' cneorcitnparf. au milieu du dix-huitième siècle.<mer dc'i !ndc:t furott corriH<i. la relation de Marco-Poto servit .<sur ( hinc.~ /'fW~<'w<~<i'<. tes premiers. à <'o))psor.k Ji~ton. ~)u'! in'. ptus gmndtt. C'est ainsi que Marc«-P<)to et les savants cusmographes qui.truhs s'en ftnparfrcnt. !)c cette )n!m)Mre. ont préparé les deux plus grandes découverte-! géographiques des temps modernes celle du cap de BonneHspérance et celle du Nouveau-Monde.3oe LE TREtZÏKME StÈCLR twicoM.nhitrm<'))Mavec tes pr<!t{rcs<<csdécuuOn vertes et tes tannucs usitccs a cette ~(MX)Mc. vit p~r. ï~ Cnt)). elle fut <. depuis tnxntefnps hors tt'UMge.utc et ({russicrc. '~Wf*<<<f /< ~< ) <v~ « <~M<«'~ /<' << /'<'y«'~<' </M «M/A<'M/<< /<w/</t*j.c.et.)c-< </«<' «tecs crntttccs <)c'< anci~os sur ).~tre une cMtedu m«nd<: t~TartMM. retMmrcnt. <</MK /('jf <<<f'~At/~f/f/w. qu'il nu pouv. quoi~m. en pro)«ttt.f<y~f< fM /<t't'r//M<~tfMt' < des Wt' /MAf~. sicctc cet hommage m~rit~. ks Uctdc t'Oricntct rcxtr<ltnit~<tc l'Afrique.tit les prévoir tui-meme il ( ommf ch)Mp)cjnur tes notions sur te-t ~Ky't (Mo'tt't par M. qui rpsumc en qucique< )n"<s tes inunfnscs résu)tat'' df son <t:MVfe. <mM<~t' ')~r~ <7/f'~«< /<'M~\t /<'jr. fit ttaitrc la ttcosct: d'en atteindre les c~tes et de parvenir dans les riches contrées de t'tnde. donnèrent du crédit a sa relation. t.

par tes courageux disciples de saint François.r«i sades deve)«)')tt-rcnt tes re)at!"ns des t'~tn~~ens t~t-< )'Ht. MAttC~i'ttt. 307 encore d Anvitte pour tracer quetqut's dctai)~ du ft'ntrc de t'Astc(').aH. Wathenaër. tes quatre etoites de ta Croix du sud.c cetebre vénitien mentionne déjà certains parafes de la mer des tndesd'où l'on n'aperçoit ptus t'etoite du nord. Mais. <~<Mt~M~<M«M~<<. mais de cetk's qui furent faites. connue et Mqucnt~c dc~uh t'tuttiquitc. Ktte devait t'être bientôt. La tittne c<)uat<'riate n'avait pas été tranchtc.LA GEOGRAPHIE.un ne se n~urait ~as ta pro)"ndeur du vaste continent africain on Ic faisait ({eneratonent Hnir. jus<)u'au XH!' p.t D Je me suis étendu particutieronent sur tes notions rotatives cettf ttexxM'mf partie du m"odc parce qu'ette fut . Lu r~ittu scpt<'))tri<'))it)<'de t'Afrit)t)c n'avait )). !tiec)e.a\'ec Tunis et tours rivanes. sur la cote de Xan~uebar et t ite de le chapitre spéciat qu'il ii consacre à cette Madagascar t. et.dors !<' th~&tre dcx eR<'rt'ite-.)obe arabe. des t22S. !. . H~uc-t eosftnbtc )t)ur <:«m)t)cri( )it terre il tnc reste toitintcoitnt a jMtrtcr df la tr"isit')))c. L* eûtes tMrbarcsqucs furent mJtm'. <)c ht <:ur{"sitc t'ttrt'pn'uttt' et du pr'ts~tyt~m': chrctit'u.yptc.ts ct'~ d'~tr<. sur t'Abyssinie. vers te même temps. sur un }. sont désignées par Uante comme ta consteita tion de l'autre pôje ~<f~' <t/ Mais te premier donne surtout des notions précises sur ta région equatoriate de l'Afrique. ptos actif-. au moyen X~ te thefttrt d'un eutnmercc actif Mttre têt («tputatx'os du bassin de )a Méditerranée. et l'on sait NiMexjnsqn'A ~ue) }~<int tes <. au<< cnvironit <)e t'e~uateur. qu'on trouve marquées. un peu ptus tard. avec t~drisi. et ce ))f«t{resdecouta non scutonent des découverte:) de Marco-t'ott'.

es autres suivirent le littoral africain vers l'ouest. qui nous a rapporté ce trait d'audace). située sur te Nil supérieur.:8~. cunttxe le vénérable Conrad d'Aschi.))trit')):ttc. parti tic en 't ) i)t<))i t . redescendit la vattée du Nil en visitant tes établissements franciscains échelonnés sur ses rives. dt'rnicrf. ils furent oaturcOctth'm t~'ot~s d'aUcr & ta recherche de-t t(mK'))))c-< chrctk'otc'i ttcrb~rcs tjui. dans la fameux voyage de découverte-! fait par ce capitaine aux !tcs Canaries.tn' -étaient retira <)~)t<. depuis t~micttc JM~u'à Tanger. qui.fs uns s'enfoncereot dans te Sahara par tea Ètata barbarc~ues. devant te ftot de~ Vnnau fond det d.de nos jours. atteignit la ville de Dungola. c~t~s. t. !t parait que le mémoire laissé par l'auteur de .<t~ Most')t)). qui n'a été ab«r<tce. depuis le Mar<tc jusqu'au Dahutneyou jusqu'au S6n&{{at. d <tprcs ce qu'it avait appris de t~motnit (tCM~fcst. il faut te re<tire bien haut. et d<'t)t it subsittitit encore de-' débris fnéconnitissdttes.308 LR TREtZtRME StàCLE. ils avaient funde t'u ressnsMit eitt uxc quantité <<'cn)is<'<. en revota pour ta première fois le o"tn l't t'cxistcnce. seul de tous ses c<mfrercs. On en cite un (c'est un des compagnons de Jean de Hétcncourt. Quant aux mi~it'nnair<:s franciscains. t. vers 1320.\ dans cette mystérieuse contrée centrate. Répandus sur toute !M e«tc st'}''tt. t'ont fait des le treizième et le quatorzième.t:t pcnctrerent p:tf ).et revenu trois atM après. tes apôtres de la foi catholique. durant son -~jour en Asie.t<< (t(ti<. avec mittc !s moins de ressources et mille fois plus de difficultés. i)< attatju~rcnt l'Afrique par d'~otre'. le traversa tout entier. s'avança des bords du Sénégat dans l'intérieur du Soudan. et revint s'embarquer à Damiette pour l'Europe. Ce qu'essayent de faire tes apôtres de la science au dix-neuvième siècle. que par tes Livingstone et les Stantey.

xtn'ttM. Des le commencement du moyen âge. celui df Marcol'oto car nous n'en savons pas plus. dont je parlais plus haut. mtr frère. Kt)<iu. enttt'prircnt. d'évolutions. A notre de lumières. son frL·rc·. da)wt'tMpo)r de frayer ainsi ta route maritime de )'!t)dc. quoique très rudimcntaire. cIt<a 'l'hédiaiu c!'Oria.ouis n'en savaient sur t'Astc centrale.de tonner la c~te occident:dc jusqu'au bout.~ulin de Viv-ddo et Guy. comme l'invention de t'imprimerie. f e"r tentative. d&s o~s. 309 ce tour de force incroyabte a été récemment rptrouvé. s'i) est jMMiiibte. faut-il croire qu'on t'ignorât tout à fait Faut-i) croire que Colomb ait découvert tout d'un coup et pour la première fois i'Aménque ? Non tes grands événements de cette espèce se sont. dont tes noms méritent bien d'être eite't Thédiifio d'Oria.LA GÉORRAPHÏE. S'its avaient réussi. UK"t'" dr \'is:rlrlu rt Guy. suivant laquclle L. C'était trois Génois.M'M*~ M . Avec eux se trouvaient encore deux mMStonnatres franctscnins. cette science était bien supérieure a cette des a~es précédents. en tout cas. de progrès qui ont demandé des siècles.iètte. au tMi/iOne . Ut. Mais la quatrième partie. produits peu à peu et par une série de transformations. sur te ct~-ur de j'Afrique que tes conépotjue tfmp'jrains dit saint I. dénote une de notion déjà fort avancée de ta jtointc méridionale de l'Afrique et de sa situation par rapport Acelle de l'Asie. On peut lui prédire autant de suMes qu'en obtint.ttM. Vasco de Gama était devance de deux cents ans Matheureusement ils nrent naufrage dans le t{ot<<: Guinée. det hommes ph)~ hard!-i encore. Voilà donc où en était la science géographique du temps relativement aux trois parties du monde connues des anciens et certes. On en oublia le chemin mais une tradition vivacese perpétua chez tes Européens. certains rivages du nouveau continent paraissent avoir été abordés par des moines irlandais.

sans retrouver la terre. auraient existé bien loin. Mais l'auteur de l'/w~' << w"/«~' est bien plus précis. H renferme de bien par les JVMWM~M& curieuses nouveautés. auraient même été connues et fréquentées. Cette tradition. des inscriptions récemment retrouvées. Ils y avaient pénétré par l'Istande et le Groenland ils en occupaient la côte orientale. P~n< Rouen. de va'. au treizième siècle. ttes. séjour du bonheur et de l'abondance. Les Normands. puis perdues et recherchées en vain. On peut douter. longtemps. Gravier. l'ourlant elle n'avait pas disparu pour tout !e monde. à Fouest de l'Afrique. des monuments de diverse nature apprennent au lecteur qu'Erik le Rouge. (p)and nous entendons Honoré d'Autun nous parlcr de ~<~W/</<'//<<<M<A' ~/M/</)/~<* <Mn~ yM</<tM<M'/ Elle /~<w~«~ //<w</f ~Wf. </ qui « //<' <w//<~<w<</ ~~w~yA? n'avait pas été submergée seulement. en pesant tes paroles de Gervais. et t8~. n'avaient pas cessé de visiter l'Amérique du Nord. ses compagnons ou ses successeurs descendirent des terres glacées t. On peut lire à ce sujet un intéressant travail de M. et leurs possessions ne furent pas ignorées en Europe. et on était revenu en que la grande île avait disparu. . un courant contraire avait dérouté tes marins on avait navigué longtemps. nous la t'oyons reproduite. dans l'ouvrage de Gervais de Titbéry. qu'ettes fassent allusion a l'Amérique (nais comment ne pas reconnaître qu'il s'agit bien reettement dette. depuis l'an tooo. m8". intitulé bravement par son auteur: D<oM!)~<g de /M/~Ke <!« siècle ('). Des sagas scandinaves. un jour.te'. on avait essaya inutilement d'y retourner une tempête.3t0 LE TREÏZtÈME StECLE. Us la colonisèrent de nouveau aux quatorzième et quinzième siècles.

depuis <t2t jusqu'en t~8. ainsi que le dit M. un champ nouveau pour la prédication évangélique. Rome. fondé vers t244. et il est positif qu'ils ne furent pas sans influence sur sa détermination. jusqu'aux environs de l'isthme de Panama qu'avec eux. et qu'à la même époque des prêtres grocntandais. en réalité. ne devait pas les ignorer car. Faut-il s'étonner. la croix fut plantée sur ces lointains rivages qu'on y baptisait. » Donc. qu'on y récitait le /*f~ qu'on y voyait des hommes vêtus de blanc faisant des processions. Gravier. t'Amérique n'était pas inconnue. que Ics explorateurs modernes aient découvert des figures de croix dans tes habitations des sauvages. norvégiens reculèrent considérablement au sud les limites du règne de t'Ëvangite. sur la conquête . à qui ces chrétientés perdues au delà des mers envoyaient des pèlerins et de l'argent. « elle était très attentive aux découvertes géographiques. sinon avant eux. sur leurs tévres. après cela. que les habitants payaient la dtme et le denier de Saint-Pierre On a la liste des évoques de Gardar. en Groënland. sur la direction qu'il prit. Rome surtout. au du nord jusqu'aux régions brûlées du soleil. des restes défigurés de prières chrétiennes ? Certainement un tel ensemble de faits ne pouvait être demeuré étranger à toute l'Europe.LA GÉOGRAPHIE. elle collectionnait avec soin les cartes et les récits qui lui parvenaient toute découverte semblait un agrandissement du domaine papal. Les bruits lointains qui arrivaient de l'autre bord de l'Atlantique étaient devenus plus vagues et plus confus au moment où Christophe Colomb mit à la voile mais lui-même avait pu les recueillir encore. On sait qu'il y avait dans ce pays un monastère ptacé sous le vocable de saint Thomas. et. islandais.

puisqu'il est question aujourd'hui de canoniser ce Mete serviteur de Dieu. on le sait. dans le cours du moyen âne.3t2 LE TREIZIÈME StÈCLE. Sa gloire rejai))ira 'tu metne coup sur tous tes obscurs pionniers de la civilisatiot. et particutieronent sous saint ont donne des âmes nouvettes a Uieu et des terres nouveUes a la science. merveilleuse qu'il procura à rÉ{. chrétienne qui.)ise. . Car lui aussi ~tait un apôtre. Mais ce n'est pas lui seul qui sera honora par cet hommage suprême.

Ce double caractère. La eoswoftMphtf. de littérature ou de philosophie. et qu'en ne séparant point. en particulier du treizième siècle. ~f abordant l'examen des connaissances scientifiques du moyen âge. M MATHÉMATïQUES. . Mais on ne saurait disconvenir que sa théorie repose sur une base rationnette. trologie guerre t. L'étude de la matière semble.nce Ic symbolisme et la légende. tt n'entrevoyait même tes vérités ou scientifiques qu'à travers le prisme décidées théoriques philosophiques it mêlait par principe aux sèches leçons de i'expëri'. d'une part )'in<ëriorité dans les résultats acquis. La <<tom<trte. qui ne veut observer que la partie tangible de ta nature et des êtres.'<rtthn<<t)qMe et la nunf<<MUon<Mctm)t)a. la matière de l'esprit. de l'autre la supériorité dans la conception même de la science. plus complète que l'école purement matérialiste. plus logique. on doit naturellcmcnt s'attendre à le trouver beaucoup plus en retard sur tes temps modernes qu'en fait d'art. t'ame humaine du corps où elle réside.<tngMn6r<buttto t')trt d< compter. dans son étude.~ESSCtENOES )j CtapttM MM~MC. Rareté des connxtttMnCM atf~tbrfquM. il ne comprenne la science d'une façon plus haute.w~w~~ffw 1 SOMMAtHE. se reconnaît à la fois dans Ics mathématiques. tAtttronomteet t'«tatte A cette deroitM. en efïet. n'avoir été pour lui qu'un accessoire l'étude des choses de l'esprit absorbait la meilleure part de sa vigueur intellectuelle.

t'onsuhons donc ces (thitosophes. sans tenir à rien . astnw)me'i.utks tt~nc rien ttt'tins it enrichit <)!tv. en son particuticr. préparé Hn tcte des mathématiques. Atbert tc~~mott. est suspendue au milieu de t'espace comme le germe de t'~uf est suspendu au milieu de l'albumine. (<ena)< de 't'itb~ry ft R nutn". sont à la Ms math~mnticiens.tuvMJs.Mttit}.a spéeiatisati't)) offre hit't) ses incnnvcnicnts mais ette a cet avantage incontestable dc favoriser les études approfondies et te-. te moyen Age ptaqait ta costnu~raphie.3t4 LE TREtZtKME Stt:CLK. ta sphéricité de la terre. ainsi que les prct. ils ont u«u t'éctusiun. suivant la théorie exposée dans t'/w< << w//< et dans bien d'autres écrits de l'époque. s'<)t'cu[te))tsittttthant'tnt'ot mu succt'ssivfment de ces diverse') branches det t:t<nntus'mn<:e~hunt&!«e' dont une itt'u!usut~tt imjcurd'hui i\ rctnptir )e ecrveau te ptus vattc.t )t!«tcur tk-' pM~ft-s nccontptit JMst~et~ c'est t'ithscoef ttfs sp~chtHstes et t)t"t s~datit~s. recouvertes fécondes. et ~'nd<u't <)uc l'esprit du s.tvant se ft:t: ':it. encorf au troix~mt: si&c)e.um)nundu t'hupar tnanitM. La terre. Vincent tle Ho.t!i'<e) cft~fts de son ixtcHi~cncc uc.xatura)i''tct. éta't acquise déjà au treizième siècle des textes formels nous en ont donné la preuve. ne )<x:.f. "t< n!t <t!Mtêtre t'ex' )t)i<tti<t))(te t. et dc<nan(t«ns-tcur tes opinions.Kt )'uu y )wo natt ~atemcnt un tmitt&me caraett-rf. n~fr tti~t'n. ): te t~nds <. dans lu ~hyxi~ue tt dans t'his~rc «ntMr~Up. tthysic!e)M. tes ~'«~ systcntcs accrédites de leur temps. t')r<tp)c tm)'' )fs savants. !. )it seictx'cs'ctar~it. Une des vérités fundamentides de cette science. basée à la fuis sur le calcul et sur l'observation du monde crée. ce'! ~nics univcrscts <tMi touché d'une tniMti~M~n~ratt: tuut~s ks <tnt guettions scicntiHques. L'homme.

ES SCtRNCM MATHBMATïQUES. pouvant se traduire ainsi < !« uf e. <'ff<'m'et ttta' n'ntc ta v<'fit< c'est <juc la tt'trc naKC <tat)s )'a<tn"'<.ms te cic) t'crrc)))'. qui fijurnit.st t'nt~ure cft de toute part de sa coquiue dans la <:o<jui))e cn<<:rt<~ )'«)bmn!')e.M le ccntfc du tnondt'.fj<i')te <. t. Ou suppose donc que le soieit tourne autour de la terre. d'après . <~Mi K<tt)tt)i )t-m«i<-f!<'«<t)ti')<e t'ft<'j(<t)teftt)ti«)tttet. 'lui <"<< )a tw~c )')(t)txw)t))c)' suh~taocc st'tittc {ttaect.thcr< ). la terre et t'cau.cf<ne. et de la rapidité des tn~monents cctt'stes.)~f t. Ce <(H'H<ntnre d'Aotttt) M t'~pritue d«t)st0) <«tit)p)us scifntifxjUc. et dans k jaune le <<)tt'r (. Mais t)"us sommes t'ttCf'rc )<'inde f'")tfrnic. 3<S Ttt)e))*!n'))trt)t)w!ntot'(tt-f )<))<UMt~tHth« <tt«<'M.)ment ou <)e cet cthcr. itf) 'M" Kf)''if)t. prouvée par )a révolution diurne du sotei). <tattt )<'{<))) et (taos t'at))«'st)hcrt' ta ttw. au ccnttc.<'tit)tt. c'est une consctjueuee <tu système (!e ta ceotratite de notre ptancte. a <)ans cette tt~< y nicttsc c«tnp.«j()c))c na~c <). discnt-its.)tti<tft)U))f)'!<'t<tP'. aux att~cs totr corps et teur!<aitcs (simptc H~urc<tc r)tut«r«)uc prohatttom-ot ).cs m~tncs autci'rs nous (Mftc'tt de ta (mfct< d<' c<' firf)). c'est <)))'c)tcocct).tr.<!s<ttt ut)t. Aht'ii. le tcu. puis des quatre ~'M'mcnts <)ui nnus cmironttcnt. t'ait. (taon )c')< icttKt)a~f te ttx'txtt'.tt )M)v f )))))))~ tf) a~tite Et !'i <')!<tf))'fnt <n)))i )))ite. K<)f) ){f<ti<ie()«! )f 'o)tt)t)tt !<c )')))'t0the<)f ))))))< (i)t)t. Cependant on ne partage pas la groiisiere mepriiie de ceux qui ont cru )t' g!obe terrestre ptuspros que te sotei): cetui-ci. <)anf <'a<humi))cte jaune.t.

inhabitable et ittfrxttchi'i-'tdttc.ata LE TREtZtÈME StÈCLE~ Gênais df TiX~ty. ainsi Macrobequi avait soutenu l'opinion que je viens de rapporter sur la nature inviable et déserte de la zone centrale. tes limites de t'tMW<w avec celles des pays connus des Grecs (système fort commode). et notre c<'sm<'t!~P"'c n'a qu'un tm-t.cr«c. au dt:ta du tropique du Caprjt. c'f-t d'M'mier lu lune a ce privit~e du roi des a''trc'<. t'attire au-dc~iMus de t'cquatcur. t'ur <~Yidf. en la (aidant ettf-mOne plus grande que le séjour des hmmnes. ( cttc absurdité.cnr<: humain et A )a prumcssc divine de la prédication univcrfette du christianisme. sont déjà bien dépassés. a huit ft'is p)us de v"!ume que ti<terre. ("est alors que se répand ta conviction que la région ~Ouatoriate est habitée. cftnntc contraire &t'unit~ du (. et l'on se rapproche plutôt de la théorie de t'totemée. viennent lui donner une éclatante confirmation. t~e ccttf it)<eftrt~tit:a)<"i )'«n<'Ct'ntrtdf était ixhid'it~ <~n s'appuyait wr Vir~itc.tHf t)e t'f<)ttateur et la noti")) va~m' qu'o) avait sur tes r~~i~ns avaient l'nit cn<irc ~ue ces r~hws. sauf certaines exceptions a déterminer. )'u))e nu df~stts.w<t' en cinq ittfxcs.sur Cictro) jx'or Pnsci~tx'r )'<i'<tft)c<' de det'x foncs t<'n)~rcft <<jwnpt~cs. Dans cette hyp~thusc. il devait y avcir. qui admettait en principe que toute la terre était habitable. une race d'hommes din<frente de )a n~trc et n'ayant aucun moyen de comtnuniqucr avec elle. Ainsi Strabon. c't~t une vérité retativc. cotnbattuc d~ja par les t'&rc:tde t'Kutisc. et les voyages dont j'ai parlé. t uxgtonps ta difficulté d')t))pr<M'hcr pjtrt. qui faisait concorder les bornes du monde habitable avec celles du monde habité. est abandonnée par tous tes savants au treizième siècle. mais s~pttrces par une zone torr!dc. f/x ~<'t«/~ )))r&tc )a terre ~M) lieues de circuit et la t. .

donne. circonstance qui a fait traduire son nom o) tatto (Jean </f nouii a tais~ un tra!tc sur ta A/~y. mais dans teque) fauteur n'a presque rien ajoute en fait d'<tbscrvat«ttM pcrsonnc))cs. des explications fort justes sur le cours et tes phases de la lune. en comparant cet astre à t'orne humaine. e))e uccupe (o troisième rang dans )f ~<«A/t'w.Cc livre a servi a t'eoseittoctnettt t)en<)at)t <}uatrt: cents ans c'est on résume utile. cette denuerf x une ptacft'ORciette dans ('enseignement det <fc")e'<. <tut étudia et ~n's-m A farts. lui aussi. L'auteur de i'/w~~f <<~ wc/«! qui s'occupe plus spécialement de t'élude de la nature. en fa!~n du <t<!(aMt d'in''<ru)nt'nt' L'n Ant{!ais. Or. la rotondité du globe comme une vérité banale.LES SCtENCES MATHÉMATÏQUE~ 9t7 !. comme Robert Grosse-1 été. sur le tcvcr et le cuuchHr des astres. oH sont ~<r< rassemblées avec méthode les notions empruntées à t'Ahna{{cste. et qu'un abbé de Ctuny nous enseigne à son tour. qu'il reçoit sa lumière du soleil sans avoir par luimême aucun éctat. ont aussi traite méthodiquement de ces matières et d'autres les ont effieurées incidemment avec asfXM bonheur. sur tes cercles grands et petits.en vingt-deux chapitres et neuf figures. en outre. es-iaie.a «Mmo~Mphic tient de <brt pfèsa t'astft'nomie. de résoudre (es questions suivantes: d'où viennent le jour et la nuit pourquoi les étoiles ne sont . qui amrme. t'ertains theu)«{tiens. apr~s et ht {{éumétrie. et t'ob'«'rvtttit')t des astfe-t eu~ nt~tnf' fst à )'c« pr~s stérile ~Mur))< tiOencc. sur tes orbites et les mouvements des ptanetes. !. C'est ainsi qu'un sermonnaire normand. de anonyme.es savants (lui ta cultivent !'arith)nétique sont assex nombreux mais ils t'en ttennent g~xératfxtfnt aux données <(tmwe-<par r<<'M<n~c par ites it)(<'rp~t<'s ou arabet. Jean de t h'!ywood.H cumprctx) quatre chapitres sur le {{!"hcterrestre.

S pas vi~ute't le juur quettct sont tes diver~et phtfca de ta tune «nnment s'opfrent tes ectipset de lune et de soteit.tit ?) Vir~ite N"n (Ms lu Virgile tic l'histoirc. te second est le ciel cristallin). et lui attribue. et qu'il prend pour argent comptant.e. ~<M. nous inspirent un profond mépris pour toutes les choses terrestres. Si toute la terre. et tes astronomes notamment. et dit ciel empyree ou troisième ciel (le premier est le ciel bleu que nous apercevons. et vaste le lieu de sa possession ~~W(t ~<~ </<W/M <?/M~M /MV<. qu'il prend pour un roi d'Egypte. !t vante ensuite comme le )')ns ~rand det nstrtt n"n<e'i (tn)i le cr'tir. <(La beauté.at~ LETREUnÈME tÈCLE. voire )ne)ne en thau)natur). en passant. quctte n'est pas la grandeur de cette sphère. dont chacune n'est qu'une portion insensible.f » /<. Tout cela ne ('empêche cependant pas de terminer par un tabteau grandiose <tc t'UMmensitcdu nrmament.es. dit Bernard de Verdun dans le préambule d'un ouvrage spécial. mais te Vir~tc de la té~cndc. cutnpatri'ttes avait peu & pcn transtbrmÉ en )na}{icien. répètent sous toutes les formes la parole de t'Ëcriture « ~t'/< t'M<WMM~/f/MW /~<'<. t'invention des hurtoj.f~tM. la stabilité. ce dont il pronte pour adresser un petit scr)n"n à ceux qui font un mauvais cmplui des heures. est dix-huit fois plus petite que la moindre des étoiles fixes attachées à la huitième sphère. ainsi que du paradis qu'il contient et des récompenses célestes car ta morate ne perd jamais ses droits chez les savants de ce temps. t) emprunte à Ctotémée. . et combien plus encore est Snexpticable cette de la dixième ou du ciel empyrée Ainsi.K'<W/. celui que radm<<~ti"n de se'. dont à peine la sixième partie est habitée. u{t éclate la magnificence divine. t'imnensitc du ciel. ses idées sur ta Krandeur respective des planètes. grande est la maison de Dieu.

<at<. Nf'us disons aussi au nK" lieu sic le )'t' treicomtnc autre~tis « Ne xotts une heorcusc <"t<'i)e.ahh"4on disait.dt'.II (aOait ttue cette Cfttyaocc fut bicu tt«j)u)aifc et hicu ~o<t'. X . ('cttf itléc difcctf sur ta des s<t)({u)i&rc <(uc les astft". V.u< dMxtt'He ne se s~jMtMitHM~w.st! rencontra daxs lu p)u< haute untt' et Renaissance.M7r.itjucs !astrotot. ttt<r t'hor~scnjM de chtteu)).r(mur dire heureux on disait. au ntnycn âge. i) expose tout au long tes vieux fondements de l'astrologie.LES SCIENCES MATHÈMATtQUES. cotn<ne aux a~es précédents.r fit science. la manière de s'en servir pour expliquer l'avenir.//«<. sans se douter (lue ce sont là deux objets difterents.430. sur le fodiaque ou sur les ptanetes. mise an nombre des arts tit~raux.tnt. après avoir fait vatoir t'importance et la grandeur de la science astronomique.ie et les supcr:'titinns ou) en dérivent. t.<<<~ ~. Habytonc avait <)U)té subsiste e)tc«rc apr~s ses devins. des notions exactes sur tes éclipses.fd~ratinns mttratf sont presque toujours entremetces de rêveries astr<'to). Ainsi fauteur anonyme d'un nous grand traité portant te titre d'/M~w/«<7fWf<<M/~<'M(W/< donnera dans le mOne titre. Au zième sieete.'«. ft Catherittt: de Mcdicis avait son astru)<'t. et t(u'<n) ~'xt./<Wr. (jui ttbsfrvaicot les ctuitcs. cun'. <M~. Dans son protogue. ~uisqu'elle laissé dans notre (an~uc des traces inc<!a<.~le vic~ hcr'Mitaire dont tes si~ctes modernes auront eus-oOnen toutes les peifet du tn'wte i\ )<urt. Xt. et nous disons encore f/<'i. mais on confond souvent ensemble ces deux sciences. et. unt une i"OMt'))cc t{))~f de t'honot'. noo seutctncnt on utete t'astruto~ie a t'astrononue. et d'une manière assex spécieuse ('). à cote de cela. voii.t))onr exprimer )e contraire. 3t9 Matheureu~ment tex <'xp!ifa<!ons vrxtfx «M fausser de< astronomes contetnpt<ra{ns et teur.w. est )c-i c«nst))t. dans le tneme chapitre.

recherche dans les mouvements des astres la mesure exacte des temps c'est lui qui s'est aperçu le premier des imperfections du calendrier Jutien et de t'ecart de plus en ptus grand qui séparait l'année civile de l'année tropique. elle s'accentue j~eut être davantage. dont te-) encyetopétUstes n'ont }. tt roule sur l'obliquité . au treizième. comme Vincent de Beauvais. le grand physicien. comme l'on voit.i tMwies.ues. toutes les prédictions particulières.S/~<M/« f<'rt peu titit de cas def prétentions (les astrotn{. Le traité de Bernard de Verdun. Mais c'est ta sa seule manière de conformer l'avenir à la marche du ciel. manière éminemment progressiste. <n<oit)u'en dise Henri Martin dan'' son /t'/r<'<A'<M~ les écrits d'Hugues et de Richar<) de Saint-Victor pourraient en ftlurnir )a preuve.do pn~r~s < t derf'utitM' qui c~fnpo'w trop souvent tout te bagage des . observation à la suite de laquelle il proposa en t266 la réforme grégorienne. accomplie seulement en t~Sz. RoRcr t'onn'ne Bacon. sans nier absolument l'action commune des corps cetestCft sur t'univers. Vincent de tteimvait. un savant de Mee. Mais.M<:re t)ue f. et il rejette. et. que je citais tout à l'heure.< )n6tnc t"utc une ec<t<e <)t)i '. CfHc dittiwUtm e!«st<.tit ~oe re-iumer !e.tstr«))<t)ru"<u temps. tt y a <<mte<<)h'h"nf'mMes d cxfcptit'n~ H y .tMj&au t!èc)t: ttrée~ftent. il refuse chaque p!anete prise part toute innuence sur ou sur ta marche des choses humaines. t'ctuMit <<~menement fauteur des trois . est strictement astronomique et n'oftre aucun mélange de superstition.ejMre intct t* y~nit~'s n'<tr<')"~it)ue')de )a '*c!ence veritxbte. Ht.3ZQ UBTREUM~ME St~cm 'te) e~t tf mctan~c de v~rit~et de <uper<<it!uns.<<t et ditOt ''es ran~s sf trouvent )et ~tut hautet aMtorit~s de t'~rudith')). Kif)' ne saurait mieux en donner t'idet* d ce traita spcciat.

<t)tt<tc jMr.<tt H«)<)brt' de . en sont venus à ce degré d'insanité que. ur la h)))c t't )~"<{'!). Je ne 'Ktts sur quo! Victor ï~: Clerc se f<t))de pour nous )mmtrer. est aujourd'hui rejeté par les mcitteurs <'ritit}ue'<. leur tnarchc et tcur txtitut~ sur la <<~)nt'))stfittion <tc-)tnnuvetMcnt-idu ciel à t'nidc des iottrmnentt. j AXt-tt !K<t<. dans te mOne recueil. 3a< du <odt<tque.<) «-Mvrt't //<y<M~< par apocryphes.< )M )i"ssiu)t tmenne ptacc ttu\ ftuttaitics ct'nottft '~us )f tum) <)'j<str")<tt. D'autres prétcn dent faussement que les constellations enchainent te tihre arbitre et avancent une foule de témérités semblables. qui se prononce énergiquement dans te sens op posé « Certains esprits. c'est-à-dire dans le soleil.s (a tnott's que ce ne Mtt sur un traité sp~ciat <?)€ lui attribuait Nicolas Triveth et que Uaunou tu!-me)ne avoue n'avoir pas retrouvt') et pour ranger sous la mêmc bannitre « une partie du haut Mais. n faut fuir ces .!ftxticixift'. et t"u<c~ tnKUcrct t~'s tt)-«(b))t)t.<< sur te.<?ttMt «et) ptus KVftf dmtttJ d:o)s <M~(WW/<7<w lui a ~tt )"))}{ cc traver! car le .S/<'<M/«w qui dont )'a~tn))o{{ie tonne la matière princitetntMKttnbuc. <'t<ti<cs s Oxes.sur !<*scereki'dunt <? sptterf )t)atcfif))f est corn et pos~e. ils nient l'existence de la chaleur. saittt 't'htonas d'Atjuin ct)nsacrattt par son autorité les chimères itstrutc~htue. les plus etninents prélats de clergé ne sauraient figurer dans cette fraction r~tro~radc. . l'époque a l'existence probtemat«tue. sur tes ()~e)inai'M))M tes ascensinos. dans la source de la chaleur. ceux de t'u7<w . etc. le cetebre cardinat.et tt~tne pale. Voici Jacques de Vitry. dit-il. sur fit tun~eur de l'année et tes irr~utarités qui apparaissent dans k' t))"n yenMttt du !.LES SCIENCES MATHÉMATIQUES.<')ci).. tes p)at<ctt"t.1 coup sûr. pour avoir l'air d'enseigner quelque grand système.

aaa LE TMKtZtHME tÈCLE. et qu'on ne saurait toniquetnent rapjxttter a e))e tous tes )nou\'fments ceteste. t'hi))). dons p)usit'urs t)f '«'s (fm'M)~' cfs-. avec nons moins <tc force. t<'n)"i~t)'' f\ )\a«) <k' ))st)t))ot. par une confusion ptus ou moins volontaire.f <)c nxnb. Kinttc Orcstnf. Paulin Paris « Ne sourions pas de pitié en voyant tes anciens chroniqueurs tenir compte de l'apparition de tous les météores. dans t'M/wf /<W~<«/t' pour ces laborieux défricheurs qui ont déblayé Ic terrain aux Uctambre et aux Leverrier et l'on peut lui répondre avec un de ses collaborateurs beaucoup plus impartiat.ms.s.ttMS U)' pt't) )<)u-.ht. Ht plus loin h' tnente auteur s'ctcvt' encore.timbtc. le savant ~jttt' ')c !')m' qxi. (. ta doctrine du moyen a}. .tnc~< teurs vfittes enrieu'. contre la manie dt'~ t~troscojtc.es (').Voici Guittaume d'Attvcrunc.tttrc lit tnit~ic et Ics sojx'rstitit'n' ft t(ni HtM scvcritc iotr. dt'pf. (!t't-<'<)) c~))ti(tttcr«nt ette ~m'tre entreprise c au tx't)) de la rai-)).e la doctrine de Galilée. S doctew.urvnt de raii.<. Les siècles étrangers aux connaissances t UM. et teur ejxxjue scM déjà fertile <:))bon*! astr<n)«<t)e<.) ~'ad<n)e biftt. ~509. et cette ee<')eaura ~ain de cause le jour «u ('«jtcrnic et (~a)itee viendront démontrer <)ne )a terre n'est pas le centre du monde.Mt. CojM:rnic et Gatitee seront tes continuateurs de ces savants du treii'ietne et du ouatorxietne siècle ce tjui n'empêchera pas les historielfs tn'xternes d'opposer. une !uttc t entre )a routine et )a s':ie))ce verit<d))c il existe une t'nj~cc ecote de pm~res..tft!. )!f)))i <)c Ht's'ic. comme si la science du moyen a~e «'avait pas prépare et directement engendré la science moderne Victor Le Clerc s'est montré vraiment trop dédaigneux.<tmtnu jt: te disais.)~ de Maificrfs.fM) ui repaissent de UfUveanteit o ut d'e\t)av.

Rome. en avait trace tes préceptes a t'aide de )'astr<')atte. se propage. par extension. etc.tochcs tn~x'rtantt". Alain de Lille. Hugues de Saint-Victor avait e~atemcnt parlé de ptanitnetric et d'attimetric. de la courbe et de ta cireonnexc.eM)stenu compta des inHuence--ustfotogiques et cabalistiques on pourrait démontrer que le (n<'ycn <tgc n'a pas p<~rté la crédulité superstitieuse ptus )oin que t'Asie.et t'on y voit mente n~ure) une pratinne de {~eo)))etncen ffancais ~M<7/<M.a planimétrie. Deux traités manuscrits de la bibliothèque Sainte-Geneviève exposent tes principes généraux de ta géométrie avec un luxe de carrés. dans son ~XH«<Kw/M. <tfH\ br. I.LES SCIENCES MATHÉMATIQUES.fW/<7//<M /< Dos Gert~ert s'était déjà <!cc(tpc'de )'. de triangles figurés tout en or.{!f et. au treizième siècle. !~n tk'h<'r< de t'itstnxwnit'. Mais Roger Bacon poussa cette science abstraite beaucoup plus . la stéréométrie sont representet's (les par des traités specifut~ sur )e c. de cerctes. t'~gypte. ce genre de connaissances se développe. ta (!rece eUc-tnone. un ))t' saurait dire si) )'a ptus <'tndicu qu'i) ne l'a c~mbattut'. et les travaux des géomètres commencent aussi à embrasser un domaine moins restreint.tta)o}{"<* livres de )a Sornonne dresse en )2'X). du tétragone. 323 satides n'ont pas '. fu dc~xitivc. La ~«tn~tric est surtout cotnpnsc alors dans )c sfns étroit de son nom c)t~ est )a mesure de la terre et. de toute chose mesurable. Mais. t)))is()u'i)compte toute une )it{"cf d'. )' )) t'a )n~-)nu tftin. ttu triangte.trpentf)ne et anciennement.ntvcrportée )))<)~)'i sairc-i d<'cid~'ide )'nstr<))t'. Vincent de Heauvais suit son exemple et ajoute même quelques éléments de perspective. donne tes dennitions de ta lignedroite. des sciences)n!<tht''m)tti<jues figurent dans )c {tru~ranone dc~ ~tttdcs scolaires la ~umctric et rarittun~ti~Uf.

à la mécanique on sait. il étudia les livres de Diophante et ceux de plusieurs autres mathématiciens grecs ou arabes. H appliqua les notions qu'il avait ainsi amassées à l'optique. comme t'a dit Condillac. si une connaissance suffisante de la science géométrique n'eût été répandue partout aussi quelques auteurs de l'époque la confondent-ils avec l'architecture. L'arithmétique était enseignée généralement d'après le traité de Hoëce. H n'était plus. le temps où les grands mathématiciens. Enfin les merveilles et les tours de force accomplis au treizième siècle par les architectes auraient été tout à fait impossibles. les grands calculateurs se voyaient confondus avec les magiciens et proscrits comme tels. Ne se bornant pas aux propositions d'Euclide. par suite de l'abus que les charlatans faisaient de la science ou de l'appareil de la science. si le nom du mathématicien n'était pas remis en honneur. Mais. un pigeon volant et des statues partantes. comme Albert le Grand avait inventé. après tout.324 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Cette confusion avait commencé sous l'empire romain. sans cependant que cela soit parfaitement démontra. « la possibilité de quantité de choses qui paraissaient de son temps des mystères impénétrables et dont plusieurs ont été découvertes depuis. a t'astronomie. un automate à figure humaine. traité dont Albert le Grand a laissé un commentaire et que les Frères Prêcheurs expliquaient dans leurs écoles. de son cote. considérée comme une dépendance. par exempte. son art l'était depuis longtemps déjà. qu'il fabriqua des miroirs ardents. Il venait précisément de recevoir un perfectionnement d'une importance capitale. qui formaient la base de renseignement des écoles. sous saint Louis. par l'introduction des chiHfes arabes . Il comprit enfin. dont elle peut être. loin.

<<M~/««t ~pt~fM~ (Speodam doctnMte.LES SCIENCES MATHÉMATIQUES.6.' ~J. /«M<<t M<<&~<«M~'<t!0 /<t/M.Mf<~an! ~<Mt7<! j~ee<& &M' ~«~o< M ~t/M)M <~Mcaa<e/~M ~M~~<wc. 325 dans la numération ordinaire des Européens. La face de la science devait être renouvelée t.<tteiMt. d'un usage générât ils servirent dès lors dans la plupart des ouvrages d'arithmétique. <<. et. H faut encore enlever cette illusion aux partisans de l'influence orientale les savantes recherches de M.7. Employés par les savants depuis un certain temps déjà. f«&<MM'N«t W/f~&<MM'<M. au treizième siècle. t'~MM et la numération décimale sont en pleine notoriété. t*Xm*<iM<&<.tïrc ~<~ leur fut adjoint un peu plus tard. Mft/!Mt/ <M<«~«'MM 0.ffj ~<Mm e< <MMM /«~<mf. M ~M~. Chastes ont récemment démontré que les neuf premiers signes de notre numération sont l'invention personnelle du célèbre Gerbcrt. <<MM))M. tt4. Au treizième. /<«. M . <« !«:««<&. < /«M«/<t M.~ <MMM~fNtte <Mef. et que le ch.' etc. <&jat<~j <~<f~w.~J. pour apprécier l'importance de la révolution accomplie. il faut songer aux difficultés multiples des opérations de calcul avec les chiffres romains et la numération ancienne.) Cf. e«7&<M<'<MM KMm<</«MWot. <« <~r~. <& la ~t<t)t~. dans le courant du douzième siècle. notamment dans le traité sur la ~~n' composé à Paris par l'anglais <~ ~t<w-/?<wc ( Hotywood). et Vincent de Beauvais en explique nettement le principe dans un passage qui serait digne de figurer en tête de nos traités élémentaires d'arithmétique (') mais il faut se rappeler que ce syNtème était alors nouveau. Mais il ne faut pas croire que les signes précieux qui furent la source de notre numération décimale soient réellement d'origine étrangère les chiffres arabes ne sont point arabes. ces fameux chiffres devinrent. Ils ont passé longtemps et ils passent toujours pour tels aux yeux de bien des gens. <&B<tnxm M< <«<t<t~wj. fM7K<< «<*<~M n~MM«M. C" ~<' "'< <<a-/M« ~<7« <fM< «))</<t/«)t e</ Nxf<tt<<t. ~«<?/. XVt.

326

LE TREIZIÈME

SIÈCLE.

par cette transformation si simple en apparence, et au fond si radicale. Pour méter une note plaisante à cette étude quelque peu austère, je montrerai par un exempte curieux à quel point la connaissance de l'arithmétique était répandue, même parmi tes gens du peuple. L'art de compter s'élevait déjà, chez les marchands, à la hauteur du génie. Mais, chez les sergents ou garçons de l'Université de Paris, au service des professeurs ou des étudiants, les règles de proportion et la multiplication (il vaudrait mieux dire la soustraction) étaient appliquées bien plus savamment encore. Cette importante corporation, nous raconte Jacques de Vitry, avait établi à sa tête un chef, passé maître dans l'art de détourner les fonds d'autrui, et chargé de développer les dispositions naturelles de chacun des membres. Ce professeur d'un nouveau genre ne trouva rien de mieux que d'ouvrir entre ses confrères une sorte de concours de vol. Il les rassembla et les obligea, l'un après l'autre, à exposer leurs théories, en promettant le prix au plus habile calculateur. Maître, dit le premier, je sais gagner sur un denier une poitevine (la poitevine ou pogcoise était le quart du denier il volait donc vingt-cinq pour cent sur l'argent de ceux qui l'employaient). C'est peu, fit le maître. Moi, dit le second, je sais retirer d'un denier une obole (un demi-denier, soit cinquante pour cent). Moi, un troisième, sur un denier, je me fais trois poitevines » reprit (soixante-quinze pour cent). Enfin, après d'autres révélations de ce genre, un des garçons se leva et dit < Je fais bien mieux que tout cela sur une poitevine, je sais me faire un denier de profit (soit quatre cents pour cent). Pour le coup, la chose parut forte, et le chef l'invita à expliquer son

LES SCIENCES

MATHÉMATIQUES.

927

procédé. < Voie), répondit-il, comment je m'y prends. Je vais chez un revendeur, et je lui achète en quatre M' pour mon ma!tre, la valeur d'une pictée (ou d'une poitevine) de moutarde ou de toute autre denrée je ne le paye que la quatrième fois (puisque Ja poitevine est la plus petite monnaie et qu'on ne peut !a diviser), mais, pour !a même raison, je compte a mon maitre une poitevine chaque <bis cela me <aitdéjA trois poitevines de béneneesur une seule. J'en gagne une quatrième en me faisant donner gratis par le revendeur, A titre de remise, une cinquième pictée de moutarde et je me trouve ainsi avoir un denier de profit sur une poitevine, comme je vous le disais. » Le chefémerveiHé fit asseoir auprès de lui cet ingénieux ahthméticien et le félicita publiquement d'avoir poussé aussi loin la perfection de leur art ('). Voilà le sou pour livre de nos cuisinières dépassa de cent coudées Sous le voile d'une satire mordante contre la rapacité des domestiques, cette anecdote cache un enseignement plus utile pour nous. L'abus que l'on faisait ou que l'on pouvait faire des règles du calcul dans la plus basse ciasse de la société, nous apprend que ces règles étaient connues de tout le monde. Et une autre historiette va nous faire voir qu'elles entraient spécialement dans l'instruction des filles. Plusieurs hommes mariés, ayant à payer un écot, convinrent de le laisser à la charge de celui d'entre eux qui ne pourrait <aire compter sa femme jusqu'à quatre. La condition semble étrange. Un d'eux cependant perdit mais voici comment. Lorsqu'il eut fait dire à son épouse un, deux, trois, celle-ci en eut assez, et se refusa obstinément à continuer. C l'our
<<«M&&< Au&)~~< <<<f«M< <&&u<~x, Wt)t;M, ~aAn ~~M, p. tt3. p. 3~ Jacq<t« de Vitry, tm. cité

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LE TREtZÏKME

StÈCLE.

qui me prenex-vttus? dit ene./f wwMMW/~t* <<w~ ci <'<'w/<'f('). «/t'~<' Rt'dt;\etton'< s~ficux. car nous avons A porter de t'atg~bre. Nuus n'~n dirons p~urtunt qu'un mot c'est que cette reine des sciences mathématiques (comme !'appcHent ses adeptes) était beaucoup moins avancée que ses sœurs. L'itaUen Fibonaci ~'tait a t«:u près te seul Hurnjteen qui )a cuhivAt ser!euse/<< < L'esactitude de cette ment, d'après r/A'<n' science, aj"ute t)aunt'u. ta sévérité de sa methwte, )a cuncision de son tannage ta rendaient fort peu attrayante aux ycnx des scota'itiqucs ('). C'est ht une bien mauvaise faisan, car la méthode exacte et sévère, sèche même, était précisément un des caractères de la scolastique et de ses produits. Quoi qu'il cn soit, il faut rec<tnt)aitre que tes algébristcs étaient encore excessivement ctair-scmes. Mais its comptaient au moins un représentant sur Ic sot de France c'est l'illustre Roger !<ncMt,qui avait étudié tes livres de Diophante et des autres mathématiciens grecs. Nous retrouverons tout à l'heure sur notre chemin cet homme universel car il n'a laissé aucune branche de la science en dehors de la surprenante capacité de son génie.
). /.< .WfM~<M~ ~.tWt. Wf~. /'W' a //)~. /t/M< t/t /<</'V<)w<. XV). )t~. /M<M. XXtV. ~TS

LES SCIENCES C!MP~< tr~MtM E PHYSIQUES T NATURELLES.
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SOMMAXRE. t.'otoMrwotton (ntroduX* dans Jet xcttncfx phyatquM La bouMo)". Les wfrft* pxr Atbort tt GMnd. eonwexM et les tunette*. La poudre & omun découvertes prOdUM pxf aofter aMon. t.* ohtmte et )'<)ch(wtf. t~ et tttt b<tt)')f*t. La phyxtetewtt t'<m<t< do t'Atn' zoologie M')<< A c<'«< du e«fp< <h<ter<« du vtttHtma.

'HtSTORtKN <tM tfeMème s!c<cauM)t beaucoup ptus à dire sur tes sciences physiques que sut les !< ~wur accordée aux turcs <natMt)).<ti<tt<t's. d'Aristote avait ram<*n' tes esprits vers l'étude de ta nature et <k ses phénomènes. Toute~os t'observation n'était pas encore )ab.f principale de cette étude; c'était ptut"t te raisonnement, t'ar(;umet)tath'n. !.cs savants qui s'o) occupaient te ptus étaient des théologiens aussi consideraientils surtout ia tnatiefe dans ses rapports avec te monde spirituel, et faisaient-its ptutot de )a <netaphysi<)ue tjue de )a physique. Saint Thotnas, dans son traite /~<'<'<t<~<M <M/M~M', envisage tes principes de )a nature, tes caractères <)e ta matière, te mélange des éléments, te mouvement du cœur, et it rapporte te tout à t'innuence des <brtnes et des vertus célestes. Saint Honaventurc examine te rote des éléments dans ta composition des corps et d'autres questions sembtabtes. It règne dans leurs explications une obscurité ou une indécision qui tient en grande partie aux idées du ph:)6 sophe de Stagyre, dont ils se font t'écho. L'enseignement

aao

LE TREtZtRME

St&CDE.

d'Albert le Grand offre la même imperfection mais ce travailleur infatit; a pous~ plus loin qu'aucun de ses la culture des sciences physiques: on peut contemporains dire qu'i) un Mété )'ap&tfe et qu'it leur a ouvert toutes grandes les ~'rtes des écutcs. L'étude approt~ndie qu'il en a faite lui a va)u cette renutnntéf ~()u)aire, à peine éteinte, aujoMrd'hMi inutiles ellc ~m; d'i)n<ncns<<pr<t{rt;sont rendu travaux t'a mcntf <ait passer ()uur sorcier, p<'ur tnanieicn et ptutieurs <:rit~(ucs, te~ tptf 'trithetnc et NaMd~. se sont donné la pt:ixc de le diteMt~r <tccette itnpMtation ridicule. Ses pré<<«/< ~<t/«~< tendus uw. ra~es sur les sciences «ccuttes, !'M/M/ tVtMM. ~~«~w, ~<r<<r<A«< A)~A/«M et «M/<«f<~«w,etc., sont aussi apocryphes que son traité d'nstr<t!t)};ie. Miti'< il lui reste encore assex d'écrits authcnt<fn<es pur ju'<tt<ter sa reputattun de physicien. I.es tomes Il, !V et V! tic ta grande édition de ses œuvres snot remplis par des ctMnmcntaires ou <te!! compositions oriK'nates sur les sciences physiques sur te Ciel et te Monde, sur les Animaux, sur tes Minéraux, etc. 11n'emprunte pas seulement ses notions à Aristote it se sert de divers écrivains orientaux ou grecs, d'Hermès, de Theophraste.d'Avicenne, d'Alfarabe, de Galien, et déploie, en cette matière, une érudition tout à fait supérieure. Dans son travail sur la minéralogie, il fait mieux encore it expose les résultats des recherches et des expériences faites par lui-même. Ainsi, voilà l'observation introduite dans la science par ta main du premier maitre de l'époque. Elle s'allie chez lui aux défauts résultant de la tendance universelle à tout expliquer par des causes surnaturelles ou merveilleuses néanmoins un grand pas est fait: on commence à s'apercevoir que toutes les vérités

SCtENCRS

PHYSIQUES

ET NATURELLES.

33t

ne sont pas contenues dans Aristote. et que le meilleur de tous les guides est le grand livre de la nature. A coté de ce progrès d'un caractère générât. des progrès particuliers, mais d'une importance capitate, signalent l'histoire de la science au treizième siècte. Trois grandes décou vertes se rapportent à cette période par leur origine directe ou indirecte celles de la boussole, des verres convexes et dc la poudre à canon. 1~ boussole, dont l'emploi devait ouvrir une ère si (cconde aux explorations tnadtitne: passe pour avoir été connue en Chine deux mitte ans avant Jt~susCttRtST. On a cru d'abord qu'elle avait été apportée de ce pays en Europe par Marco-Po!o. Mais le célèbre vénitien ne revint de ses voyages t)u'en t29S, et des textes <onne)s nous montrent que tes Kuropcens se servaient bien auparavant de l'aiguille aimantée. Albert le Grand en sonate ainsi les propriétés et l'usage: « JI existe une pointe d'aimant dont la vertu est de faire tourner Ic fer vers le nord, et les marins savent s'en servir (1). Il n'a qu'un tort, c'est de donner ce passage comme extrait d'Aristote, lorsqu'il est bien certain que les anciens n'ont pas connu la boussole. Mais un fragment de la /MM' <~ <7H/ <A'/~<K' en vers français, nous édifie encore mieux sur ce point. Apres avoir parlé de l'étoile polaire, l'auteur ajoute MMcele étoilene se muet. Un art font qui mentirne puet, Par la vertude la magnifie(i'aimont) Une pierrelaideet bntntte,
t. « ~a~M~M M~JM~~ ~«/Mi~M ~~«t </M*t t~~M~~Wt~ A'~r~M <t~ M~NM. Aw t/~w~~ NOM/ <A)ben le Umnd, Da ~<)

332

LE TRE~EME

SIÈCLE.

Oil il feu rentier:. se joint, Ont si esgardenl le droit point ¡ t'un t't)ne*gut))e i ont touchié Kt en un festu l'ont couchié, Kn t'eve la mettent sans plus, Ft li ffitm la tient <tes-.m l'uis se torne !Mt pointe toute Cuntre t'eMwtt, si Mm doute. Que )&nus hom n'en duMteM Ne j't ~'r rien ne hutsen). Quant la mer est f))Stur< et hrunc, C'en ne voit Mtoite ne lune, Uont font h l'aiguille allumer;¡ t'ui~ n'ont il garde d'épater (').

t.it /t'/M' ~/</< remonte aux premières années du treizième siecte ou même a la nn du douzième. Ce ne sont donc pas les Chinois qui nous ont communique la boussotc, et c'est encore moins At''ta\iu (ti<tjtttt'Ama)n ou t'ierre Pèlerin que nous en sommes redevaMes ces deux personnages vivaient cent ans plus tard et n'ont fait que pertectionncr le précieux instrument, qui consistait d'abord en un simple morceau de fer allongé et placé sur t'eau dans une petite naceUe de nege. Il est vrai que la ville d'Amalfi appuie ses prétentions sur la boussole qui figure dans ses armes mais on peut, avec plus de raison encore, invoquer la fleur de lys, que toutes tes nations mettent sur la rose au point du nord, pour attribuer l'invention aux Français. Une troisième version en fait honneur aux Arabes, sous prétexte que les auteurs du treizième siècle qui décrivent la boussole emploient des mots arabes ~~CM, <t~AnMt,.M&M-). Cependant Vincent de Beauvais, t. MCon. t. Fabliaux, n. p. 398.

Mrunetto t~tin) se servent d'autret exprès sions. ce n'était pas encore tout A <ait la lunette d'approche aussi t'invention de cette dernière lui a-t-ette été contestée par un de ses compatriotes. et dans toute cette science de la tumièrc. On lui doit aussi la première idée de la chambre obscure. contrairement à t'upinion des autres Anglais. H fut amené par là à concevoir que t'interposition d'un milieu dense et sphenque agrandirait tes !mage! et à proposer l'application d'un verre de cette forme sur tes objets qu'on voulait mieux voir. il a répandu une clarté à taqu~tte d'illustres savants ont rendu hommage Alexandre de Humbott a vanté son expérience. ptane. particulièrement dans la dioptrique. reçoit mieux les rayons. Alessandro da Spina. Ne quittons pas ce sujet sans signaler un passage de Vincent de Beauvais très important pour l'histoire de l'optique. ouvrage perdu aujourd'hui il avait observé pcr'M'nnfHenwnt les c<ïets de la lumière renëchie sur une surface polie. ou plutôt Sabine degti Armati.ermedans les ex))tications de Roger Bacon. et. nommé Smith. mort en t j ty. heurou'. Sans doute. 333 Jacques de Vitry. parce que le verre. Ce savant indique comme les meilleurs miroirs ceux de verre et de plomb. en raison de sa transparence.ement. Ce savant avait étudié t'optique t)e i'to~tnce. si la date de la découverte ne peut plus être contestée.SCtENC~S PHYSIQUES ET NATURELLES. et Dcscartes en a profité. des verres convexes et des lunettes ou téteitcopes dont ils amenèrent t'usage. et que le plomb. Toutefois cet instrument existe en {. !) n'en est pas ainsi. <. )a question d'origine demeure encore incertaine: /«< ~y«</«v /M M/. et les Italiens t'ont-Hs revendiquée pour un des leurs. . concave ou convexe. L'idée d'appliquer leurs propriétés est due trcs probxbte<nt'nt a Roger Hacon.

Bacon avait-il puisé cette notion dans quelque livre arabe. si elle n'est pas un des éléments de l'ancien feu (. de la machine creuse où on tes aura enfermés. des Chinois. comme «n l'a cru tonKtcmp'). vers t38o. au quatf'rxieme siecte seulement. mais qui.. ne remonte pas. pour imiter tes éclairs et le tonnerre. ou du moins qu'on en avait la notion.reKC«is employé contre tes croises par les Sarraxins. ) <~<t<M. qui. puis la prétendue découverte faite par un moine allemand. de son temps. Merthotd Schwartx. Enfin la poudre à canon. trésorier des H" un récit de Pierre Messie sur un siet. t (Spt0tt)tm dottdnate. et qu'elle a commencé à cette dernière époque à être connue des Européens. du nitre et du charbon. En effet. pour fixer la date de sa première apparition en Europe. < /*<~exttfa «M«M<t<~<tM~M«f«M~<<««tft~fftt~n~a<t· «M ~M ~NMMfttt m~K&a~ /<!M<t<Xa«<*M/<M ~f~< M<<Mt. it suffit de prendre du sounre. séparés ne produiraient aucun effet. U résulte évidemment de t& qu'on poMéda!t. t<tt«M c«W teH<H e~<M<« M t« aM«'<t ~at<< ~<-<x~<<<tt«< M< M~M'MM.334 LKTRRMt~ME St&CLt.~/ef«t«m MA. dès qu'on tes enflammera. On citait autrefois. y adhère et devient tui-meme trè-< rayonnant (') t. Roger Bacon explique.que. se dégageront. un compte rendu en <33i<par HarthéIcmi de Urach. Mais les savants s'accordent aujourd'hui à penser que cette trop fameuse jtoudre. metés ensemble. et par leur explosion égaleront le bruit et t'éctat de la foudre. des miroirs scmbiablca aux n&tres. ver~ sur te verre chaud. dans son traité De MH//<7~w<~Mf.e soutenu par les Maures contre le roi de Castille en 3~3. a été connue des Indiens. cette substance meurtrière qui devait transformer absolument Fart de la guerre et dont «n ne sait vraiment n'it faut appn'uver t'introttuctiun. des Arabes bien avant le siècle de saint Louis. f«t«~' m/«~M~«f ~/««t<««' <~K' MH<&. <f««r < . comme le présume t.

n'a guère été que la recherche de l'or caché dans tes divers métaux et de la pierre philosophale propre à t'en dégager.t. par le seul effort de son génie. !M/M~ fort peu connu. en d'autres termes l'alchimie.SCIENCES PHYSIQUES ~T NATURELLES. ia-S". il parte des /<'<t/j ~<</«jf.VfM <A<<M ~M<M~f n'en sommes pas encore là aujourd'hu*) )t se taisse (non!) même entrainer par la fougue de son imagination au delà des limites de la science. nommé Marcus. Chartes. Elles reposaient sur un singulier mélange d'erreurs et t.dans un ouvrage spécia) deM. qui tentaient tous les chemins pour arriver à la possession des lumières scientinques dont nous jouissons aujourd'hui en satisfaits.p. La composition de la poudre touche à la chimie et t'en sait que la chimie. <<«/t. Les pratiques des alchimistes remontent à une haute antiquité on tes trouve décrites. au sujet de ses vastes travaux. d'après Giber.t. Em. ou bien dans un auteur après Koch. 'Mt. H faut lire surtout. comme d'autres t'ont grec avancé.n. dans une communication lue à l'Académie en t«73. Pah~. On aurait bien d'autres surprises en parcourant ses muvre~ On y verrait qu'avec un merveilleux talent de déduction ou de divination. un de ces audacieux chercheurs du moyen âge. y<tt dex W~f~. composée d'après des textes inédits ('). Jourdain. ou bien enfin dans ses propres expériences ? Toujours est qu'il nous donne ici la recette de ht poudre une centaine d'années avant Merthotd HchMnrtx. et tes rectifications faites à sa biographie par M. ~f~&MMt.t ~<t~ Af~f/t /'AfWW ~f f/f~.tj~.Hœ<e) sur t'M/<w!f~~< <~ww. Saint Z~/<a .f jw«~~nw~ A<M <Ac<««. Watton. Cf. Albert le Grand et d'autres. On aura par là une idte de ce que pouvait entrevoir. des t'<'<7<w. la thèse de M. Chaths. M5 /<M~. dans ses origines.

En somme. joint nu caractère quasi nccutte des opérations.cummM Hitcon. les propriétés de l'acide nitrique. au fond. de superstitions et de découverte'' m«~. de l'anatomie . Nous parlerons plus loin de la zoologie. cnmmeArnautd de Vitteneuw. que tfurs rcciterctK-Apersévérante!! engendrèrent vingt découvertes <trant. comme la soif de l'or les inspirait s''ut(*. Neamnoinf dt's s. Atbert. comme la botanique. de l'arc-enciel. etc.commc AuMrt. et regarder comme suspecte science ainsi détournée de son objectif reet. des vents. et cette question. du vif argent. comme la minéralogie. au reste. trouva ainsi pour la première fois la composition du cinabre. des étoiles filantes. cet examen nous entrainerait quelque peu hors de notre sujet actuel. des orages. des tremblements de terre. ta préparation de la potasse.qui connaissait CRatement ta recette de ta poudre. it <autreconnaitre. nos savants modernes en poursuivent encore la solution.936 LE TREtZtÈME St&CLE.de''theoto~iens rennmtnc~. et la météorologie. s'ils cntratn~rent leurs imitateur'' dans la sphère des rêveries mystiques ou panthéistes. c'est A-dire t'atchimie. t'atchimie ne pouvait être absolument inutile elle agitait. la grande question de la composition des métaux. de la pluie.cres ta pierre phitosophatc. ne craignirent pas de s'en occuper et.t\ antstrès orthfMtoxc~. eunnne elles n'avaient qu'un but intéressé. dont ta science m"dcrne devait pr<tnter avec bonheur. Je ne reviendrai point ici sur l'étude physique du globe. La géologie. de veritet. était dans l'enfance.<f motif. des marées. à leur décharge. comme Kaimnnd Lutte. était encore à peu près inconnue. fit interdire ta chimie. aux religieux de Saint Dominique. Bien que f/MM~ </« wo~A*puisse nous fournir des explications curieuses sur la formation des nuages.

Mais. qui en est une dépendance Hx dehors de ces dernières branches et df celles dont nou-i venons de nous occuper. ils la devinent. et cette activité enfante propres sur progrès. 337 et de lu médecine. la science du moyen fige peut être cnnsidert'e comme nulle. on ne peut leur refuser le mérite d'être de Rrands chercheurs et de grands trouveurs. Matgre le rote c<!ace. ils ta traquent dans toutes ses retraitef H'' )a iMHpçonncnt. La route de l'air n'est pas absolument nécessaire à l'homme la voie de la mer lui était indispensable. ils lit découvrent souvent. elle . Si leurs mathématiciens et teurs physiciens ne sont pas de très grands savants. a nous. Mais tout est retati<. nous la déclarerons recevable dans son dédain pour la science d'autrefois. il faut qu'elle s'incline devant ceux qui lui ont (rayé le chemin au lieu de se séparer du passé. et pour sa prospérité matérielle et pour la diffusion des lumières. si les contemporains de saint Louis ne savent pas encore tout ce que nous avons appris en physique et en matht'matiques. et je ne sais si la solution du fameux problème de la direction des aérostats égatera jamais tes immenses services rendus par la découverte de la boussole. par exemple.SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES. Kn résumé. enfants gâtes. L'invention de la boussole nous a donné le Nouveau-Monde. si Dère de sa supériorité. cette science devient partout le théâtre d'une admirable activité intellectuelle. et. ils cherchent avidement la tente sur tous les points ils la poursuivent. Que la science moderne. en fasse autant qu'elle nous ouvre un autre univers. jusque-tà. que Ics résultats obtenus par les travaux de cette époque lointaine. ce jour-là. Cela nous parait peu de chose. malgré la place restreinte quc l'esprit du temps accorde à la science de la matière.

le tout pour en tirer des leçons utiles à l'adresse des humains. qui seule a pu donner i\ l'esprit humain l'activité. Aussi les fables. de leurs singularités. du moins. Est-ce à dire qu'on étudiait avec fruit leur nature et leurs espèces? Ce serait sans doute aller trop loin. de leurs instincts. rajeunies par l'éloquence des orateurs populaires ou par le talent poétique de Marie de France. science complexe. Beaucoup plus que notre littérature. pour concevoir et sonder l'infini. pnnr s'approprier les immensités mystérieuses du monde créé.339 LE TREIZIÈME SIÈCLE. en vertu de ce principe constant qui tendait à à ramener toutes les sciences à un objectif spirituel ou moral. puis en fait de médecine. La zoologie exerçait un attrait particulier sur les esprits du moyen âge. c'est-à-dire en fait de zoologie et de physiologie. nos mathématiques. à l'histoire naturelle et qui représente la pratique venant apr~s la théorie mais je réserverai la médecine et les médecins pour un chapitre A part. Mais on s'occupait. au moins par l'anatomie. notre cosmographie.notre chimie sont les filles de la civilisation chrétienne. L'origine de tous nos progrès scientifiques est dans le moyen âge. il nous reste à rechercher ce qu'il pensait ou ce qu'il savait sur la nature vivante. t~our compléter l'examen des connaissances scientifiques du treixi~me siècle. qui tient son existence de tous les deux à la fois. la largeur et l'élévation nécessaire'. qui se rattache. l'ont rendu possible. et non dans l'antiquité. l'ont hâté. pour pénétrer l'impénétrable. la curiosité. notre physique. de leurs moeurs réeues ou supposées. . On aimait beaucoup les animaux on en élevait de toutes les sortes dans les jardins des riches. doit avouer hautement que ces âges prétendus barbares ont préparé son propre règne.

le <w<MC~. dont la science moderne a confirmé l'existence. C'est du symbolisme ce n'est pas de l'histoire naturelle. le castor. ces compilations si curieuses et néanmoins si peu scientifiques.SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES. presque à l'égal des manuels de dévotion. Brunetto Latini a inséré dans son vaste 7X&M«~<~ bestiaire fort développé. l'aspic. métés cependant de traits véridiques. et surtout d'animaux <v/~M<t~M. ainsi Honoré d'Autun ou son traducteur s'en vont chercher. les monstres plus ou moins fabuleux de l'extrême Orient. Les auteurs plus sérieux ne font guère autre chose. dans Pline.Tous ces contes. tels que la panthère. Cependant il ne faut pas nous laisser aller à la tentation de rejeter à priori tous les phénomènes extraordinaires relatés dans sa compilation. dans l'ouvrage de l'empereur Frédéric U sur la fauconnerie. Aussi les ~rM. d'Isidore de Séville. pour tes décrire... Plusieurs d'entre eux. etc. Ainsi Jacques de Vitry. et dans quelques autres traités antérieurs. empruntés euxmêmes en partie à Pline et à Solin. mais dont le portrait n'est pas moins fantaisiste. après avoir longtemps passé pour des . Les bestiaires ne contiennent généralement que des énumérations ou des descriptions fastidieuses d'animaux destinées à frapper indigènes. se répandaient-ils de tous côtés. sur les sirènes. et sur d'autres êtres moins imaginaires. et leurs peintures tiennent elles-mêmes de la légende plus que de l'observation c'est une réédition des invraisemblables traditions antiques sur l'unicorne ou la licorne. du lecteur et à lui présenter les emblèmes du l'imagination vice ou de la vertu. un dont les éléments sont pris dans Aristote. avaient été rapportés des croisades ou puisés par les auteurs du moyen âge dans tes récits anciens de Callisthène. d'Alexandre. 339 jouissaient-elles d'une faveur universelle.

Le célèbre encyclopédiste consacre à la zoologie sept livres entiers de son . l'instinct qui porte les cétacés à donner un refuge à leurs petits au moment du danger. Albert ne se sert pas seulement d'Aristote et d'Avicenne: it observe. On a déjà fait remarquer celles qu'il enregistre au sujet des dinerentes variétés du chien de chambre eu petit chien. Combien d'absurdités apparentes peuvent passer ainsi. dont le transformisme a fait dévoyer tes idées. impossibitités. se dénote aussi dans les œuvres d'Albert le Grand qui part de l'étude de l'homme pour aborder celle des animaux et qui arrive à reconnaître la grande loi de la stabilité des espèces. za Hruncttot. et il y étudie successivement . Ce progrès important. désignées sous le nom générique de ~«KMOM. jusqu'à l'heure où quelque découverte inattendue vient faire dire aux savants: « Il yi.S~fs/MM H<Knt&. consistant à tirer parti de l'expérience. sont récemment entrés dans le domaine des faits. au rang des vérités reconnues La science de nos pères est un peu comme les remMes de bonne femme on en rit. Pour arriver à ces résultats. il interroge la nature. diminutif du mot ~<wj. de par l'autorité de l'expérience tel est. it compare. une autre supériorité sur ses émûtes c'est qu'it commence à joindre aux notions puisées dans les livres le résultat de ses observations personnelles. d'un jour l'autre. Et dans Vincent de Beauvais le caractère ou la tendance scientifique est peut-être encore plus accusé. par exempte.vait tout de même quelque chose làdessous.atiniaencore un autre mérite. se montrant plus avancé sur ce point que certains naturalistes de nos jours. employé encore dans ce sens en beaucoup de pays du midi.340 LE TREIZIÈME SIÈCLE.

et non la brute humaine telle que la présente la science matcriaiiste. XVUt. les bonnes idées d'autrefois et la bonne pratique d'aujourd'hui et nous aurons enfin une œuvre qui touchera de bien près à la perfection du genre. du reste. qu'il joigne à cette largeur de vues. l'auteur de la /M~M<« w<w< traite à peu près comme Vincent de Bcauvais des différentes parties du corps humain. V. lui était souvent supérieure par le principe. embrassant l'âme aussi bien que le corps. Cela le conduit à expliquer la formation même du corps par des f~/M. par le point de départ ? Qu'un vrai savant de nos jours nous donne une étude complète sur l'homme. absolument comme Molière. ce roi des animaux. t. dans une de ses comédies. Quoi de plus rationnel. assez indiqué par l'usage qu'en a fait l'illustre Cuvier: inutile de chercher un autre témoignage. en un mot. Mais il exagère la tendance du docte dominicain à tout rapporter à t'inSuence de l'âme.SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES. si elle était inférieure la nôtre dans ses résultats. les facultés intellectuelles comme les facultés physiques. 34t toutes les races animales.«'ehBt. de ses fonctions.XtM*~M<)ttt. Cet intérêt augmente encore lorsqu'il envisage t'étude de l'homme. Sa théorie. la supériorité de méthode et d'analyse de leurs successeurs actuels et tout le fruit de cinq cents ans de progrès qu'il réunisse.en suivant l'ordre de la création ('). Un autre maître en physiologie. de ses organes. au fond ? Et n'avais-je pas raison de dire que la science du moyen Age. 49~ L. as . qui est l'idée dominante des physiologistes du temps. Il ne sépare pas l'un de l'autre il étudie l'homme tout entier. c'est l'intime union de l'âme et du corps. à cette belle conception des anciens naturalistes. ~< & la ~a«-<. L'intérêt de ses recherches est.

et il est amené d'un seul bond par les maîtres dont it se fait l'écho à la doctrine du vitalisme. qui est ptutf't un philosophe. qu'est-ce que le vitalisme? C'est tout simplement un voisin du materiatisme. les plus superstitieux. C'est là. et l'on ne sait vraiment si leur commerce n'a pas retardé son développement plutôt qu'il ne t'a favorisé. D'après notre auteur. c'est dans ce dernier fait qu'on aime à saluer l'aurore de la science moderne. le cceur est le siège de Pâme (cor <&MM'</M<M <t<M'w~. Kt ce n'est pas ta seule sinRutarité que nous offre t'ouvrant: de ce physiotoHue. dit-il. et c'est là le meitteur côté de celle du treizième siècle.342 LE TREIZIÈME StÈCLE. comme il s'intitule tui )netne.après avoir étudié Aristote et Galien.n est . la vérité commence à se produire et t'experimentation à pénétrer. A côté du ccta. je le répète. Voici un exemple qui tendrait à le prouver. C'est là un de ces résuttats bigarres. les naturalistes qui se bornent a raisonner au Heu d'observer. Ainsi. ou du moins leurs commentateurs (car le texte même d'Aristote et de Galien ne dit pas tout à fait la même chose). quand it en vient à )a barbe. inévitables auxquels arrivent. même chez les auteurs les plus arriéres. L'auteur anonyme d'un traité De MM/« fc~f/M. U expose avec des détai):! étrangeii le phénomène tic lt di~e-itinn. nous trouvons )a distinction des tempéraments. it se croit oMige d'expûquer pourquoi ta <emmcn'en a pas c'est parce qu'eUe a le san~ fruid. nous trouvons des remarques utiles faites sur certaines blessures. tout en partant d'un bon principe. Or. explique te sommeil par une certaine !'<V<~<A'~w<«. nous trouvons chez lui ta notion des cettutes cerebrates.et. car tout ce quelle emprunte aux Arabes ou aux anciens ne sert souvent qu'à l'égarer. un de ces excc:. entreprend d'expliquer le phénomène de la vie.

rïtmc et la vie arHvcnt A su c~nfUttdrc. XXVIII. 349 proche trnOoe davantage t'Onte r~ide dans t'atveote gauche du cu-uf ~A<w~j' <w~ ~/tA-~ < «<~«f <<~w/t/«w~/ c'est de M qu'elle préside tautc-< ic't fonctions du corps. H. La doctrine vitatiste a été. soit publiquement. que t'ctudf de la /~)'jr~«' d'Aristote. saint Thomas. .SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES. ~f~' ('). Dans ce sy-itcntL'. apr~ceta. energiquement combattue par plusieurs ecclésiastiques. dit-il. mais qui avait su se servir de ses livres sans céder au vertige.<<<f~Ttf~/f'r~ t. nie que te cœur soit le siège de t'ame l'essence vraiment spirituelle de l'âme." partie. dn reste. sous t'inOuence de sa lecture qu'on vit éclore. dans te ett. par exemple. et sourdre ce petit ruisseau qui devait peu a peu se changer en torrent et miner par la base le spiritualisme chrétien. p. ensuite le tttouvoncnt et ta sct)sibii)t~. Et de ht découle une co))ch)si('t) (ittatc.ctque.C'est. Avec ette.de !2toa t23t. un disciple d'Aristote pourtant.ur. )t Onne saurait s'étonner.)MrA)t). V. lui communiquant d'abord la vie. n'est-ce pas l'âme Et elle-même qui détermine tes mouvements du cœur ? t. est l'intelligence. dans un traité intitulé également De wc//< «w//f. vers ce temps. e))cs ne sont plus qu'one même chose appetec de noms différents.toeMjt~unefMutedeM. n'a pris domicile dans aucun lieu du corps. les idées panthéistes auxquelles tes conciles firent une guerre impuissante.it ait été détendu de la tire.d:M)t)<-t M'M. 3~ et suiv. qui dépasse même la pensée du )na!tre. soit en partieutier. tn\'oqn<it: par ce dtscipte trop fervent. Si les mouvements du cœur précèdent et semblent déterminer les mouvements de la substance animée. ait été interdite par i'Égnse. Saint Thomas. en effet. c'est <)ue t'ne et la !e (ttttsscnt en ntcmu temps « (~/«/ <<tA'<«w M<'M ~('/< <t'. i.

pourquoi donc. quelle revotution amenait dans la physiologie l'admiration exctutive des philosophes antiques et i'on découvre en même temps a quette hauteur se trouvaient transportées toutes ces de)icatC!t questions relatives a l'organisme humain. placer l'âme dans le casur ? Est-ce plus raisonnable que de la pti~cer dans la cervelle ou dans le pied ? Ces objections empêchèrent sans doute le vitalisme de se répandre car il fit peu de conquêtes au treizième siècle. . a t'epoque ou ta psychologie n'était point séparée de l'histoire naturelle.344 LE TREtZtÈME SïÈCLE. répond de son côté Guillaume d'Auvergne. ni la métaphysique de la physique. par ce seul fait. ni l'étude de l'Ame de l'étude du corps. biais on voit.

Dialectique.'<Mtom<e et ia chtruf~te. JLa dtagnotOque t'uMtthentpettMqtte t. copte La ctmrtM dans la taëdectne. comme le nom de physicien était celui des médecins). Renommée dM doettunt de Paris. la poème allégorique Grammaire. LA MÉDEc~E "r. voit se présenter :< elle dame Physique (c'était te nom donné autrefois à la médecine. et rien ne confirme mieux ce caractère si frappant de la doctrine du moyen âge. ta <a<d«!)ne e)tere<e et spiritualisée par tM cierc*. Arithmétique. et s'être mariée ette-meme à Clergie. Curleua manuel i rAte moral «t pfofM*)ont)et tntt<r)et du nttMeetn ou))ttt<t ftqntM* chM lui Mt proc<J~ ses henoMtft*. t'étude de la matière et tout ce qui s'y rattache. Rhétorique. pour donner la ptace la plus large aux choses de <<!xf arts et des sept !'<«j. de propos délibéré. t~t femmes medectnt. et non ta culture de l'intelligence.c6ap«M ~atM~mc. l'art du médecin n'était pas en faveur. après avoir marié ses filles. 'HEUREUSEalliance dont je viens de parler présidait aussi à l'exercice de )a médecine. DM'nce de ta d'quetquM Mprttt A t'~rd Mtenct at<dtM!«. petit l'esprit. Dans le ~t<~ sept de la famille des Débats et Disputes. SOMMAtRK. parce qu'il avait pour premier objet le soin du corps. Musique.~M. Kn tMorie. C'est la raison textuelle qu'invoque l'auteur de t'/w<~ <~< w<w~ pour le rayer du nombre des arts libéraux. La reoettM singulières. . Théologie. qui consistait à reléguer au second plan. qui demande. Stttre* contre leur ctaaae en e<"<rat. <ee!a de Mantpettter.M~~M~ 1 ET LES MÉDECINS. Géométrie.

« Un individu versé dans la médecine étant entré en religion. et on tâchait de tes en détourner par des exemples plus ou moins probants. lui. faire le tour des tables en tenant à la main un vase rempli d'un électuaire précieux. tandis que ses frères travaillaient aux (ouvres du Seigneur. accompagnée d'une jeune fille d'une grande beauté. toujours malade. H se mit donc à s'abstenir des <evcs et des mets les plus grossiers du couvent. Mais cette nuuveMovenue est elle aussi. voulut continuer à vivre /t~K~<*w<w/ ~/fM/<~ !'<!w< c'cst-a-dire conformément aux préceptes des physiciens. étant venu manger au réfectoire. Le frère alors se repentit. demeurait couché à l'infirmerie. vous n'avez pas besoin du mien. La dameh) hontouse si s'en ala «ruer. un epuux. la médecine était mal vue dans tes ctotrM. et les mets devenaient aussitôt pour ceux-là sains et savoureux. On lui rë{Mnd Vosn'estespas des MMtes. Une fois. comme celui dont un compagnon de saint Domin!aue avait transmis le récit a Èticnne de Bourbon. pretx~ tr~ mal rcçne.346 LE TREIZIÈME StÈCLE. rapporte ce dernier dans snn reeueit d'anecdotes. Qu'advint-i! ? C'est que. dont elle versait une cuillerée à tous les frères qui mangeaient la nourriture commune. il voulut comme les autres avoir sa part de cette merveilleuse substance mais elle retira sa main et lui dit Puisque vous suivez votre régime. et . alléguant qu'ils ne convenaient point à sa complexion. On Mimait ks r~i~icux qui mettaient leur conHance t'n c))f plutôt que dans tes rcm~d<:sspirituel. l'our la même raison. Quand la Vierge arriva devant le moine médecin. aHaibtissant son corps par une infinité de remèdes et allant de mal en pis. il vit la sainte Vierge.ce MchiM MMcuid'er ¡ t'or ce ne vosyotom de riensconseHier.

au treizième siecte.moine de Sainr-Denis. Roger de l'rovins. H avait soigné le même prince dans sa dernière maladie et. n'avait pu le guérir. d'ailleurs. Le pape Jean XXI. Mais cette interdiction ne devint pas absolue et demeura même sans effet car on trouve. frère prêcheur. qui fut a la fois le chapelain et le médecin de saint Louis. Quelques conciles. avait composé. Jean de Saint-Amand. il tomba malade à son tour et vint prier sur le tombeau du saint roi celui-ci. le guérit aussitôt.it Y Si les religieux ne devaient pas se montrer trop rigoureux observateurs des fois d'Hippocratc. un moyen bien simple d'effacer la tache que cette science présentait aux yeux des t. d'ailleurs. un manuel de fart de guérir. ~Mt'~At'tt'nyfM ~f&j <fJ~<<M'« de /!o«r~ p. exercer sa profession. les faire manquer aux devoirs de leur état. naturellement. en certains cas. A son retour de Tunis. et ce Dudon. des médecins distingués parmi les clercs Gilles de Corbeil.abbé de Sainte-Geneviève. ils ne devaient pu'! davantage. par exemple aux régies de la pudeur. 349 . dans un but de charité. 347 se nourrit comme la communauté aussi devmt-it fort bien portant et trouva-t-il de la saveur aux plats les plus insipi~ des('). avant de monter sur le trône pontificat. Il y avait. craignant qu'en passant du soin des ma)ades a ('étude de la médecine les ctercs ne se détournassent de leur vocation véritable. en principe. leur interdirent de s'adonner à un art qui pouvait. comme pour lui donner une leçon. chanoine de Tournai. On peut donc dire que la médecine. était un art en partie clérical. bien qu'elle ne fut pas tenue pour un art libéral.LA MÉDECINE ET LES MÉMCÏNS. chanoine de Paris~ Rigord. Jean de SaintGilles.Odon. appeté le trésor des pauvres.sur lequel on racontait un trait charmant.

Rien de plus instructif et de plus na)ffà àlafois. première cause de « salut. Veut-on savoir au juste comment procédaient tes médecins jaloux de remplir consciencieusement leurs fonctions en partie double ? Écoutons un auteur anonyme. la Faculté de Paris ne voulut pas admettre les hommes mariés et que. si naturelle et pourtant si rare aujourd'hui. sur ces paroles. de ne pas les laisser mourir sans les consolations d'usage. lors même qu'il ne vous aurait « rien appris. spiritualistes. entre autres. et c'est là.348 LE TREMtÈME S!ÈCLE.et de donner à la profession du médecin cette noble et salutaire extension. Demandez en entrant si le malade s'est « confessé. et informez-vous si le « malade auprès duquel it veut vous conduire souffre depuis « peu ou depuis longtemps. se confier à vous comme au « guide de sa santé. sans doute. !!umbert de Romans. qui avait entrepris de rédiger un petit manuel du métier. recommande aux médecins de s'occuper du moral de leurs malades. C'est ce que l'on fit. Leur ministère revotait ainsi un caractère grave et religieux it devenait presque un sacerdoce. « Quand vous serez appelé auprès d'un malade quelconque. tirez de l'examen de l'urine et du pouls l'indi« cation de certains symptômes. < Enquérez-vous aussi des symptômes auprès du messager i « et quand vous serez arrivé. Voici en quels termes it faut parler L'âme est plus . et comment la maladie l'a pris. et s'il a reçu le corps du Christ. c'était d'associer au soin du corps le soin de l'Ame. « traitez convenablement le messager. c'était de la spiritualiser ette. ce qui fit que. Alors it surHra d'exposer « avec précaution ceux que vous aurez reconnus. afin que le « malade puisse.meme. non sans succès. un de leurs confrères évidemment. jusqu'en <452.elle refusa de leur conférer le bonnet de docteur régent. jusqu'en 1398.

vous tournant vers le malade. quelle en est la « couleur. < Qu'on a~rtiiMe le patient de chercher te salut de t'ame. Saluez t d'une voix humble ceux qui vous saluent asseyez-vous < quand ils s'asseoient. S'it «ne t'a pas fait. Arrivé auprès de lui. vous <[pourrez avouer à ses proches que la maladie est grave. quelles substances y sont contenues. si vous le guérissez. et le désespoir aggravera < médecin désespère. car. vous mêlerez ta mention du pays « où vous vous trouvez et la louange du peuple qui l'habite. que le sujet est malade mais l'urine < révèle plus sûrement le genre de la maladie. votre mérite « paraîtra plus grand. mais encore par l'urine aussi cette inspection « lui donne plus de confiance en vous. Les « variations en ce genre donnent souvent la connaissance de <( diverses espèces de maladies. « Vous n'y perdrez rien. demandez-lui comment « it va. et vous semHerez plus digne de faveur « et de louange s'il succombe. qu'il )c <assc ou promette de le faire car < souvent les maladies naissent des pèches.LK MÉDECÏNB ET LES M&DXCÏNS. que le médecin ait examiné les signes ordinaires. Puis reprenez haleine. Lorsqu'il tendra le bras pour que vous lui tatie:! le « pouls. pour < t'avertir. parlant d'un ton < modéré. Dans vos paroles. < te mal. Le changement du pouls < indiqua. vous le sentirex mieux du coté gauche. on dira que vous avez déses- . à la vérité. en vous retirant. «le malade concevra des craintes s'imaginant que le il désespérera. comme le « témoigne Egidius. la densité. vous prendrez un visage calme. et le malade est « persuadé que vous distinguez celle-ci non pas seulement « par le pouls. «et vous éviterez tout geste de cupidité et d'orgueil. 349 « digne que t<*corps ainsi son salut est pré<érab)e i\ tout. Au malade inquiet < vous promettrez la guérison mais. Si t'en attend. Examine!! ensuite l'urine. « Enfin.

Sorti de table et « revenu auprès de lui. si vous voulez garder le nom < de prop))Ète. .part. vous ne l'oubliez point. « disert. vous lui direz que vous avez très bien « dîne. connu de beaucoup. et que ce qu'on vous a servi a parfaitement suffi. 11 Les qualités requises du médecin sont ainsi retracées dans ce curieux manuel < On choisira pour médecin celui dont la « vie apparaitra pure et ndete. < père des le début. agréable dans ses habits. Refusez alors de vous mettre à « la première place ne rehutex ni tes mets qu'on vous sert.c. mais condui« sex-vous avec convenance. Ue ta sorte. malgré « la variété du repas. O~tarx M7«<f ~'x~~K' Mn<w MM. Quand ceux qui préside. ni < tes boissons qu'on vous offre. voyant que. Il sera pleinement instruit dans « les arts il aura étudié longuement en médecine. qui était préoccupe de ce soin. Le « malade. résidé en « différents pays.' dosa <ttM<. on se reposera sur <(vous chacun éclatera en louanges et en témoignages de t faveur. Un extérieur été~ant était égatement recommandé at médecin par l'école de Sa)eme C/<mM< af~<~t«tf<H'f«t f<x f<~< ~<<M. ne soyex importun en rien. 9 t. « orné de toutes les bonnes façons (').M<<«f"j on(a«u~/ttW)Xtu (De Reo!).%t~t~«. convenable dans ses « gestes. noble d'origine ou d'éducation.!t A la maison vous « mèneront . fXu««~M<<'<!tt<-to/«.t table.)t)fa)itpent-etrechetch<'rdana ce conseil intéressé l'origine de la pompe dépteyée par le corps médical dans son costume et ses cérémonies jusqu'au temps de MoMere.3SO LE TREtZÏKME SÏ&CLE. il sera riche d'amis. ne « manqucit pas de vous informer de t'etat du malade cela lui < donnera une pleine confiance en vous. Chaque fois qu'on apportera de nouveaux plats.' ~«fM< tX <~<tt ~«t'«~a j)'<')t«M t«tt. se réjouira de vos « parolcs. . son aspect et sa démarche. x.5. Vous donnere!' une grande attention aux < signes généraux et particuliers.

//M/. 3St Puis vient la détieatc question du paiement des honoraires. rendez < de grandes grâces. et retirez-vous en « paix ('). comme on le voit. i) < reste à demander congé. M6et suiv. Nous souhaitons qu'il le conserve ultérieu« rement en santé.LA MÉDKCÏNE ET LES MÉDECINS. en effet. dès les premiers moments. X . Notre auteur est ici plus pratique que jamais. et veuille < nous appeler. » Quelle jolie scène de mœurs nous offre ce petit tabteau pris sur le vif! Les médecins./<< dela ~'M~<. le malade « soucieux tes consultera ta-dessus. Xn. Cependant il est plus sûr < (nous le savons tous) de recevoir quand le malade souffre « encore autrement on court le risque de ne pas être payé. < car la main prête à donner s'est plus ~d'unc fois retirée < après la guérison. et qu'un congé honorable nous soit donné. < S'il arrive que l'un de vous soit grevé de maladie. de manière « à mériter la faveur de ces personnes en effet. La délicatesse qu'ils témoignaient ne les empêchait cependant t. Une fois vos honoraires reçus. il était naturel qu'ils demeurassent. de peur que plus attendre ne cause « de la honte. nous laisserons de côté tout le reste pour « courir à son secours. étaient accueillis et hébergés dans la maison de leurs clients ils ne quittaient leur chevet qu'à la fin de la maladie et. dites adieu à tous. La rémunération convenable du passé « sera le gage de l'avenir. Il convient de parler ainsi à l'intendant de la < maison ou à ceux que vous saurez être Ics plus pruches < parents du malade Le Seigneur tout-puissant a dirigé < nos actions et a daigné rendre la santé à votre parent par « notre ministère. venant souvent de loin. C'est alors qu'il vous servira < de vous être conduit. < Quand par « ces moyens vous avez amené le malade a t'état de paix.

tes médecins. Oh qu'il < faut les aimer. aux « règles d'une savante physique et d'une longue expé< rience ('). ces bons médecins. Grâce à cette sage précaution. et que le Sage « nous ordonne d'honorer comme créés par le Très-Haut « pour nos besoins. et de le rebâtir pour le donner aux Jacobins. où f~ manque aucune sorte de conso« lation ni de secours. préposés à la garde de « notre santé. leur bonnet doctorat ceux qui recourent « à leur art n'ont pas de peine à les rencontrer. sont en si grand nombre que. lequel tombait en ruines.353 LE TREIZIEME StECLE. à la guérison de nos maladies. Ses confrères ne parvenaient pas seulement à l'aisance ils obtenaient le respect et l'estime publique. tl est vrai qu'il avait été premier médecin de Philippe-Auguste et qu'il avait dû être généreusement récompensé par ce prince. précisément par suite des attributions morales qu'ils cumulaient avec le soin du physique. s'il faut s'en rapporter à un admirateur de la capitale qui écrivait un peu après la fin du treizième siècle « Dans cette ville. b ) Longue. dans la pratique de leur profession. qui se conforment philosophiquement. qu'il eut le moyen d'acheter dans Paris l'hospice de Saint-Jacques. pas de se faire payer séance tenante. quelques-uns arrivaient à une jolie fortune. Jean de Saint-Gilles s'enrichit tellement par l'exercice de sa profession. lorsqu'ils < s'en vont par tes rues accomplir tes devoirs de leur état. . De<«N<MM traitéanonyme. Mais des t. pas toujours. Leurs clients les regardaient volontiers comme des pères. ~'aWMMTMM. et on leur reconnaissaitce droit. car Gilles de Corbeil reprochait précisément à quelques-uns leur trop grande jeunesse. Voici ce que l'on pensait d'eux à Paris. avec « leurs riches habits.

Arnaud de Villeneuve. on peut trouver le genne de toutes tes plaisanteries de Motière. 3S3 correctifs d'un autre genre viennent atténuer aussi la portée de cet étoge.LA MÉDECINE ET LES MÉDECINS. c'est « à la tête que je souffre hâtez-vous de répliquer Cela vient « du foie. soit par leurs querelles avec leurs confrères. L'anecdote du ~y<M'<'M w«~/ /«~ par exemple. montraient à cet endroit quelque scepticisme. Jacques de Vitry se plaignait des physiciens qui promettaient tout et ne tenaient rien. qui ont poursuivi de tout temps tes médecins et qui semblent avoir été imaginées. se retrouve dans beaucoup de recueils de nature dinérente. Quelqucs physiciens excitaient eux-mêmes la médisance. parce qu'ils « ne savent pas ce qu'il signifie. Dites alors Il y a « obstruction au foie. maître. Si le malade répond Non. Dieu dit jeûnez <. . Servez-vous de ce terme d'obstruction. par les malades rebelles à leur traitement. et de l'opposition de leurs prescriptions à celles de t'Égtise « Dieu « dit Veillez k médecin dit Dormez. Les moines. ne craignait pas de dire ceci à ses disciples « Vous ne saurez peut-être pas reconnaître le mal que vous étudierez. et il importe qu'ils ne le « sachent pas ('). comme une innocente vengeance. comme nous l'avons vu. Le treizième siècle ne les a pas inventées mais it les a bien des fois répétées. C~<MM~ d ««i~M~M~. Ce dernier mot est juste et sensé mais dans le reste. et avec des variantes plus ou moins satiriques. Ce sont ces vieilles épigrammes. ces historiettes malignes. Aussi la croyance dans refHcacité de la médecine n'étaitelle peut-être pas aussi fortement enracinée dans l'esprit public que le respect pour la personne des médecins.ArnanldeVinmeaM. soit par d'imprudents aveux. entre autres.

et il fut réglé par ses statuts que nul ne pourrait y enseigner sans avoir fait preuve de capacité devant t'évoque et les professeurs. en outre. « le médecin dit Mangez. L'école de Montpellier obtint. Plusieurs de ces derniers arrivèrent même à forcer la consigne qui leur interdisait d'exercer la médecine. . Lorsqu'un étudiant voulait parcourir tout le cycle des connaissances humaines. et les Juifs suivirent leur exemple. En t28t. ordonna. à moins qu'on ne voulût pousser jusqu'à Salerne. Jacques. C'est à Montpellier qu'on allait de préférence étudier cette partie. dont la vieille école. en 1220. Tous ces torts d'une part. La faculté de Paris était moins célèbre son enseignement est moins connu. de punir avec sévérité quiconque exercerait ou professerait la médecine sans avoir été examiné et licencié. dans Galien. les Arabes s'en occupaient beaucoup au moyen âge. Averroès. Nous allons. examiner de plus près leur science et leurs procédés car c'est assez parler des médecins il est temps d'en venir à la médecine elle-même. On étudiait cette science dans Hippocrate. Dieu dit Mortifiez vos corps le <(médecin dit Flattez-les. il allait apprendre la médecine à Montpellier après avoir appris la théologie à Paris et le droit à Bologne ou à Orléans. ou dans leurs commentateurs arabes Avicenne. dans Faut d'Égine.3S4 LE TREIZIÈME SIÈCLE. Alphonsede Poitiers. quoiqu'elle ait produit dès lors des sujets distingués. toutes ces médisances de l'autre devaient ébranler quelque peu le crédit généralement accordé aux membres de la docte Facutté. Rhaxès. roi de Majorque et seigneur de Montpellier. les mêmes privilèges que l'Université de Paris. fondée p~r les Bénédictin! jetait encore un vif éclat. ce qui augmenta encore l'arHuence de ses élèves. En effet. confirmant les privilèges antérieurs. du reste.

Les médecins français empruntèrent surtout aux Orientaux l'usage de certains remèdes simples. par exemple. Bonne recette à essayer pour ceux qui tiennent à vivre longtemps 1 On employait aussi l'euphorbe contre la fièvre quotidienne. de mandragore. d'euphorbe. 355 le propre frère de saint Louis. Des remèdes anodins. le séné. de rue. en trop grand nombre même. comme la fièvre typhoïde fait encore celui de leurs successeurs. pouvant guérir ou prévenir tous les maux. comme la manne. Mais. les juleps. malgré le secours de ces étrangers. et la scammonée contre la fièvre tierce ces inflammations périodiques faisaient le tourment des praticiens d'autrefois. On traitait la goutte au moyen d'onctions: c'était bien mais on prétendait la guérir par là en quatre mois c'était difficile. de safran. comme les sirops. employa dans ses provinces du midi un médecin juif. Gilbert l'Anglais nous cite des cas de goutte et de rhumatisme articulaire dont il triompha au moyen de saignées . d'autres princes chrétiens ne se firent aucun scrupule de l'imiter: le roi René. comme te sirop de violettes. des antidotes souverains. l'lus tard. les électuaires. Actuarius et Roger Bacon tui-même ont donné dans ce travers. de poivre et de miel. de pavot.LA MÉDECINE ET LES MÉDECINS. de myrrhe. la casse. On cherchait et l'on croyait trouver des panacées universelles. trouva en Provence des praticiens fort habiles appartenant à la race Israélite mais la plupart étaient convertis au christianisme tel fut le père du fameux Nostradamus. contrairement aux canons. Il est vrai qu'en fait de prétentions et de charlatanisme nous avons vu de nos yeux plus fort que cela. Actuarius composait son antidote de cannelle. passaient pour avoir une grande vertu. la thérapeutique restait à peu près dans l'enfance. et de divers médicaments composés.

s'obtiennent par l'intelligence les principes de « l'expérience s'obtiennent par les sens. Jean de Saint-Amand s'en est occupé également. une espèce de remède universel mais on en abusait peut-être moins qu'au temps de Molière. elle aussi. D'autre part. chacun le sait. Cela tient à ce qu'on se bornait trop souvent à <T~t<. et comme les principes <tde l'expérience nous sont plus connus que ceux de la raison. certaines substances. pour le traitement des maladies de peau: le sucre (denrée inconnue des anciens).3S6 LE TREIZIÈME SIÈCLE. toutefois. et. La nomenclature pharmaceutique s'enrichissait peu à peu ctte apparaît déjà assez fournie dans Vincent de Beauvais.N<Mr. mais l'expérimentation. La diagnostique n'était guère plus avancée que la thérapeutique. ne saurait être poussée trop loin sans avoir lieu aux dépens du malade.963. regardées actuellement comme des auxiliaires très précieux de la médecine. d'ailleurs. intelligemment pratiquées. l'effet réel d'une matière médicamenteuse a toujours été un problème des plus obscurs. était. « nous devons rechercher par voie d'expérimentation la con< naissance des médicaments simples ('). dit-il. M y avait là. bonne en soi. pour la préparation des médicaments de toute espèce etc.)) Bien raisonné. commençaient à être employées et à rendre les plus grands services le soufre. de&t . une bonne intention et un excellent point de départ. même pour les princes de la science. et a posé sur la recherche des remèdes en général des règles d'une justesse incontestable t Les principes de la « raison. car les traités qui en recommandent l'usage indiquent aussi les précautions à prendre à cet égard. tnMM.XXI. qui a consacré quatre livres du -S~fM/MMt doctrinale à un abrégé des sciences médicales. La saignée.

l'anatomie était-ette l'objet d'une préoccupation quelconque de la part des médecins On l'a nié. en effet. par un décret inséré dans le Serte. à ce sujet.« titnt. Richard et beaucoup d'autres médecins nous ont laissé des traités ou des parties de traités M~/MM. tes maladies de la tête et de chacune de ses parties. Ne rions pas trop cependant on sait. la jaunisse et beaucoup d'autres infirmités sont énumérées ou décrites avec l'indication de leurs symptômes. Gilles de Corbeil.S~M/MW. dans taquette les fièvres de tout genre. que Boniface VtH. ajoute-t-il. C'était là ce qu'on inspectait avec le plus de soin pour reconnaître la nature ou le degré d'évolution des maladies. et en particulier certains résultats dimcites à énoncer proprement en français. de leur marche. pliquerdans toute espèce de cas. Le tort était d'exagérer le système et de l'ap. 3S7 analyser les résultats sans les causes. quoique incomplète. Or. il fallait avant tout connaître l'anatomie. Gautier. menaçait d'anathème ceux qui auraient fait bouillir des cadavres pour les transformer en squelettes. Dans le quatorzième livre de son .' it y en a même qui n'ont pas craint de parler en vers d'un sujet aussi prosaïque. de leurs causes ordinaires. li ne manque pas de rappeler. Pour connaitre et apprécier ces causes.LA MÉDECINE ET LES MÉDKCÏNS. et Daunou répète que le développement de leur art était entravé surtout par le préjugé fort ancien qui interdisait comme sacrilèges les dissectijns anatomiques. que depuis lors les progrès de la chimie biologique ont donné aux recherches de cette nature une valeur séméiotogique de premier ordre. les affections de la poitrine et celles des organes digestifs. dM< . il présente une nosologie assez méthodique. Vincent de Beauvais est un des rares théoriciens qui aient échappé à cet excès. étaient donc forcés de recourir LeX!U* Utt. « Les anatomistes. l'hydropisie.

Ils l'ont fait principalement d'après les iivres. Antérieurement la chirurgie était très arriérée. comme nous allons le voir. sur la proposition d'un homme de l'art. s'il faut s'en rapporter aux plaintes un peu intéressées de l'italien Lanfranc.358 LE TREtZtÈME StÈCLE. dans la partie du . D'aitteurs. qui était venu de Milan t. La chirurgie. Charles VI confirma la permission de délivrer annuellement un cadavre de supplicié à la Faculté de médecine de Montpellier.<& ff<MM. t . te médecin Richard. XVt. ni par conséquent avancer la science qui aspire a le conserver sain ou à le guérir (').98. et de s'en rapporter à Catien. une licence analogue fut donnée un peu plus tard. du reste. ce jour-là. par la vénération des morts et l'horreur du sang humain. sans pouvoir étudier immédiatement le corps humain. avait besoin de l'anatomie. nommé Jean t'itard. il avait recouvré la raison i ainsi cela se pratiquait déjà antérieurement. ~«/. comme le dit Victor Le Clerc. Dans le royaume de France. Saint Louis en personne créa. se sont occupés de décrire minutieusement la structure extérieure et intérieure du corps. régi par des statuts sévères. dans son ~f/f~o/~M. dans son D«~«'M<tf«M. K«~.S~<'f«/«wcitée tout à l'heure. ce scrupule a-t-il véritablement empêché l'étude de t'anatomie? riusieurs auteurs. puis sous Philippe le Bel. et. On comprend cependant sans peine un scrupule dicté. un coHège de chirurgiens. je le veux bien mais ta dissection n'était cependant pas absolument prohibée. Jean de Gartande. qui furent complétés et développés sous Philippe le Hardi. Frédéric H venait de l'autoriser sur les terres d'empire et de créer une chaire pour l'enseignement de l'anatomie. Vincent de Beauvais. au fond. avait ses écoles et ses praticiens.tt. dans un règlement célèbre. en t26o. et la chirurgie.

saint Louis avait auprès de lui un chirurgien de profession.et l'on sait combien longtemps ces derniers en ont partagé le privilège avec tes spécialistes. d'abord assez barbares (car ils allaient jusque traiter la folie par des incisions dans le crâne). et leurs procédés. !) caractérise brièvement la nature de chaque accident. Pierre de Soissons. auquel il donna. en )2$2. 359 pratiquer à Paris. on vit surgir un plus grand nombre de ces praticiens. durent se perfectionner par des études plus sérieuses. ni bon chirurgien sans . écrivit vers cette époque une /~w/Mt f~Mwyh? dénotant déjà une certaine entente de la matière dans un premier livre. Un décret de Boniface VU! et une ordonnance de Philippe le Bel eurent beau prescrire la séparation de ces deux arts leur union continua de subsister. des lésions des dinerents organes dans un quatrième enfin. si on les considérait comme deux branches différentes. Roger de Parme. La médecine et la chirurgie ne formaient qu'une seute science ou. Roger de Parme eut plusieurs imitateurs. et l'on entendait encore Lanfranc déclarer. que nul ne saurait être bon médecin sans être bon chirurgien. qui apporta en France tes doctrines du médecin arabe Atboukasis. Cependant. A partir de la fondation de ce prince. en t2o8. et il est à remarquer que tous les auteurs qui ont écrit sur des matières chirurgicales étaient en même temps médecins. et indique ensuite le mode de traitement à suivre. elles étaient néanmoins enseignées par un même professeur et pratiquées par un même individu. au moins en théorie. dès sa première croisade.LA MÈDECÏHE ET LES MÉDECtNS. de celles de la colonne vertébrale et des fractures des jambes ou des pieds. Elle n'était guère exercée que par les barbiers. il traite des plaies ou lésions de la tête dans un second. des lésions du cou dans un troisième. une rente de vingt tivres.

in S". il leur était concédé par les lois. l'étonnement que nous éprouvons en voyant aujourd'hui nos Facultés de médecine fréquentées par quelques aspirantes doctoresses. dans quelques opérations chirurgicales.8. <& /MM« ~t/ttfM fM«M. Principe fondamental et trop longtemps méconnu. ~<K<« t «M'o &~ < )tM<Kt«M. être bon médecin. dans les romans. Et ce n'est pas seulement en France que l'exercice de la médecine f était toléré chez le<! emmes en Angleterre. tournait plutôt à l'avantage des mœurs qu'à leur détriment Du reste. et même elles étaient seules autorisées à traiter certaines maladies de leur sexe (').360 LE TREïZt&ME SIÈCLE. auquel sont revenus de nos jours les esprits les plus éclairés. nos pères ne l'éprouvaient point.S<w«w. un assez grand nombre l'abordaient bien plus. au contraire. comme il résulte d'un fabliau intitulé la . avoir été admises. V. Milan. les chirurgiens laïques avaient l'ordre de le de t. en outre. Ainsi. . dans certains cas. Elles pratiquaient la saignée parles ventouses. en Allemagne.Roquefort. leurs pères.p. ce que les femmes faisaient la plupart du temps par dévouement. Le traitement des plaics faisait partie de l'éducation des jeunes personnes de qualité leurs frères. sans violer la décence imposée à leur habit. et ce privilège. Les clercs médecins ne pouvaient cependant exercer la chirurgie ce qui se comprend.9S ChhppeHi.M< et il n'est pas rare. tombé depuis en désuétude. leurs maris recouraient à leurs talents en revenant de la guerre ou des tournois. de voir des damoiselles soignant de leurs mains blanches tes chevaliers blessés. ils auraient eu presque toujours à verser le sang. Les femmes paraissent. car ils n'auraient pu opérer. et. iMs.H. ce qui leur était interdit. en Italie. m~'<ttr. au moins à titre d'auxiliaires.

Ils ont été. la chrétienté ne comptait pas moins de dix-neuf cents léproseries aussi. CMapdU. part. bien que réeUe. En multipliant partout les hôpitaux.6. le grand moyen par lequel le moyen Age parvint à suppléer à l'insuffisance de ses connaissances médicales. En résumé. Mais. et souvent d'heureux trouveurs. d'après Mathieu Paris. Qu'on explore l'un après l'autre. on me permettra de le répéter. Il était indemnisé ordinairement par t'État ou par tes municipalités. de leur temps. mais la loi du progrès. Notre civilisation tout i. tandis que nous n'avons encore pu venir à bout d'extirper la syphilis. c'est là. eh.9t. en effet. tout homme de l'art devait strictement des soins désintéressés aux malades qui n'étaient pas en situation de les rémunérer saint Antonin déclarait même coupable de péché mortel celui qui ne prêtait pas aux pauvres le secours gratuit de sa science et de ses médicaments ('). dans l'esprit de t'Égtise. le médecin des indigents était. le néau de la lèpre disparut-il bientôt de l'Occident. devant la guerre acharnée qu'on lui faisait. t'A. les léproseries. 30t faire par charité: il leur était enjoint de soigner gratuitement les malheureux et tes incurables. il rendit à l'humanité souffrante plus de services que les savants n'en pouvaient rendre. comme l'avocat des pauvres. et plus minutieusement encore.p.Mt. La charité. non la loi le l'immobilité. /J«<B!/iMM«<.LA MÉDECINE ET LES MËOECÏNS. tous les coins du vaste domaine de la science on y verra régner. et cette obligation fut inscrite par saint Louis dans la charte même de leurs privilèges. une institution traditionnelle. En beaucoup de pays. d'infatigables chercheurs. < . l'infériorité scientifique de nos pères. les maladreries. S. Antonin. Au treizième siècle. était loin d'être aussi grande qu'on t'a cru.

et. . avec des ressources bornées. ceux qui ont pronté du travail ingrat de ces rudes défricheurs ne leur en doivent que plus de reconnaissance.362 LE TREÏZt&MK SIÈCLE. accompli tant de prodiges et préparé tant de conquêtes. s'ils ont. avec des instruments imparfaits. entière est fille de la leur.

L'ENSEIGNEMENT. Premiers monuments de t'idiome vulgaire. La connaissance du grec. Part tout t\ fait prëpon Origine de la langue française. Le latin des clercs et des ét'otes son usage. ~f) PRÉFACE. Méthode d'enseignement role de t'étevu et du professeur. détante de t'étément latin dans sa composition influence des Mvres saints et de l'autonomie française. LA THÉOLOGIE. de théologie.r "T FACts S CHAt'tTRK LA CREMtEK LANGUE. 37 CHAPITRE TROMttME. multiplicité des petites écoles dans les vittes et dans les campagnes. La . Alexandre de Halès. des langues vivantes. Règles grammaticates suivies à cette époque. Ses progrès et son énorme extension au XIII' siècle. Faculté des arts.S~w. 9 CHAPITREREUXthME.~s@ TMK !~Maïat~rcc. ses avantages et ses inconvénients. Examens et collation des grades. Facultés de droit. -Ses principaux adeptes: Albert le Grand. Objet et division des études universitaires. ouvrage capital du Docteur angélique. . des langues orientâtes. de médecine. La théologie considérée comme la science supérieure et universelle. L'enseignement secondaire et supérieur. "ft "T w. Organisation de t'Université de Paris prospérité de ses écoles. plan de cette vaste encyclopédie reliMéthode particulière de fauteur exemples de ses gieuse. La scolastique naissance et dévetoppemcnt de cette méthode générale. L'instruction primaire. saint Thomas d'Aquin. Déforniation graduelle des mots et de la syntaxe che/ tes peuples latins.

LA PHILOSOPHIE. sa froideur. sa'nt Honaventurt: saint Louis. noir. Poèmes didactiques. exercice et règles de la quence politique. Les jurisconsultes. Origine et formation des chansons de Modification de leur forme primitive au XIII'* siècle. abus de ses doctrines. CHAPITRE QUATMKME. Philippe de Beaumaprofession d'avocat.. 65 Union étroite de la philosophie et de la théologie.364 TABLE DES MATÏ&RES. du rhythme poésie liturgique. Système suivi par te grand philosophe chrétien sa théorie sociale. La Amour des contemporains pour la forme versifiée. riques. La philosophie de saint Thomas transfigure celle d'AtMtote. LA POÉSIE CHAPITRESEPTIÈME. ses progrès. Son caractère Rang assigné à la science de la rhétorique. Ï~a dialectique. L'épopée nationale.La AMA'~<M <afMM ou l'art de prier Dieu. Les hymnes. geste. abus de la tropologie. 118 CHAPITRE StXtÈME. et de l'assonance au mètre et à la prosodie antiques. L'économie politique et la morale. La poésie extra-liturgique. démonstrations. Influence dominante d'Aristote. Substitution du syllabisme. LA POÉSIE LATINE. 1 . Les Les tropes. exemples divers. 9* cnADTRE CtNQVt~ME. historiques. Réaction anti-scolastique Guillaume d'AuConvfrsatio de ce dernier avec vufgnf. Causes de cette révolution.'éloquence sacrée les sermons. saticlassique. Décadence de la littérature . Premiers essais de l'élogênera). POÉSIE FRANÇAISE t54 ÉPIQUE. la Chanson de Roland rajeunie. LA RHÉTORIQUE. sa forme proses. Le barreau.

TABLE DES MATIÈRES. etc. Communication et prêt des armoires. Age. Le goût des livres chez les princes et les églises. hardouin. Les études historiques sous saint Louis Vincent de Beauvais. des éco!es. Devoirs du bibliothécaire. son érudition. ses recherches. a~ Joinville. La sphéricité de la terre connue et expliquée. CHAPITRE EUVtÈME. chaînes. N L'HISTOIRE. ViUeçaises. Installation des livres local. Récits de voyages et itinéraires. tes romans de la TableRonde. . Son développement raduel. 36S épique ven la nn de cette période. leur multiplication. Plan d'une bibliothèque idéale au XIII* siècle. L'idée de la science géographique. manuscrits. Les chroniqueurs. La fable et le fabliau. Les poètes lyriques français. Ex-libris et marques bibliographiques. Les troubadours. Conception dilférente de l'histoire dans l'antiquité et dans le moyen âge. pupitres. <oo Genres divers. Les archives des monastères et de la royauté. Les éditeurs des pommes populaires ou tes jongleurs. mise en scène. Chroniques latines et chroniques franLes grandes chroniques de Saint-Denis. LA GÉOGRAPHIE. des Origines des bibliothèques. )8o CttAPtTttttHUtTttM)~ LA POESIE FRANÇAISE POÉSIE DRAMATIQUE ET LYRIQUE. CHtPtTM DIXIÈME. 9~7 CHAPITREONZt&ME. Collections des couvents. Décadence du théâtre du moyen acteurs. Les hagiographes. particuliers. Le mystère ou le drame sacré engendré par tes tropes liturgiques. LA BIBLIOPHILIE ET LES COLLECTIONS DE LIVRES. Forme revêtue par ce g Préparation des genre de composition au XIII* siècle.

a8~ CHAPITREDM!ttME. leurs pareils. qualités requises chez h)i. PHYSIQUES ET NATURELLES. L'arithmétique et la numération décimale singulier abus de l'art de compter. La médecine exercée et spiritualisée par les clercs. etc.)ite a cette dernière. La physiologie l'étude de l'âme unie à celle du corps. Notion des contemporains sur les Mappemondes et cartes.BM<<~ p _1 1. différentes contrées de l'Europe et de l'Asie. La diagnostique. guerre f. Les verres convexes et les lunettes. 3t} LES SCIENCES CHAPITRETREIZIÈME. l'uroscopie. Défiance de quelques esprits à t'égard de lascience médicale. dans la médecine. théorie du vitalisme. La thérapeutique recettes singulières. L'anatomie et la chirurgie. La géométrie. ses honoraires. L'observation introduite dans tes sciences physiques par Albert le Grand. explorations du frère Brocard. La poudre à canon. La charité Les femmes médecins. Satires contre Renommée des médecins de Paris. Rareté des connaissances algébriques. 329 CHAHTM QUATOMt&ME. École de Montpellier. L'astronomie et l'astrologie. de Marco-Polo. LES SCIRNCES MATHÉMATIQUES.366 TABm DES MATIÈRES. L'Amérique abordée par tes missionnaires bien avant te XVI* siècle. ses procédés. !A cosmographie. La boussole. 345 rde tmpomt u la SotMK St-Anpmtx. LA MÉDECINE ET LES MÉDECINS. iJ . Découvertes prédites par la chimie et l'alchimie. tes bestiaires. La zoologie et Roger Bacon. Curieux manuel professionnel: rôle moral et matériel du médecin. L'Afrique traversée dans sa région centrale.

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