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Jacques Grangé

Urbanistes en Ile de France

1/2/2011

REFONDATION CFDU

Cette note est rédigée à partir de discussions du bureau d’Urbanistes en Ile de France, le 5/1/2011.
La rédaction n’engage que son auteur .

La question des statuts n’est pas prioritaire, ce n’est pas principalement la question des statuts qui
détermine le bon fonctionnement d’une organisation mais la prise qu’elle a sur la réalité, par ses
analyses et ses actions.

Si refondation il doit y avoir, ce doit être l’occasion d’un profond « brain storming » dont les points
de départ pourraient être les suivants :

I/Une insuffisance de réflexion globale collective


Depuis que le CFDU a été créé (1996), malgré la publication du référentiel par l’OPQU , il n’y a pas eu
de réflexion collective suffisante sur la profession d’urbaniste, certes il y a eu des réflexions
spécifiques dans le cadre de commissions de l’OPQU et d’associations spécialisées. De l’eau a coulé
dans le Canal Saint Martin ! Les lois Chevènement et SRU ont modifié le paysage et fait des
Communautés les principaux acteurs locaux en matière d’aménagement et d’urbanisme.

Le métier s’est diversifié, spécialisé avec des urbanistes orientés habitat, politique de la ville,
mobilités, commerces etc.. C’est d’ailleurs ce que reflète le large éventail des cursus de formation y
compris APERAU. Nous passons peut être d’une problématique de qualification à une problématique
de compétences.

Les urbanistes n’ont pas et n’ont jamais eu le monopole de l’action sur l’espace il y avait déjà
architectes et géomètres,, il y a maintenant les mobilistes, les « durabilistes », les paysagistes…

Comment traiter ces évolutions ? En gérant en épargnants retraités notre petit patrimoine de
notoriété ou en relevant les défis en ayant pour soucis les classes d’âge les plus jeunes en formation
ou dans la profession.

1
II/L’institutionnalisation des pratiques et de la profession.
Depuis plusieurs années les architectes intervenants dans le champ de l’urbanisme ont occupés le
devant de la scène, aidé en cela par les pouvoirs publics (consultation « Grand Paris »rattachée au
Ministère de la Culture, suppression du Bureau des Métiers au METELM, distance prise par rapport à
l’OPQU, soutien à l’AFEX…).

Déjà fragile (réponse à une question écrite d’un député lors de la précédente législature),
l’urbanisme a été mis au second rang par le Président de la République qui tente d’instrumentaliser
le développement durable. Le sous secrétaire d’Etat à l’Urbanisme a pour mission principale
d’élaguer le Code de l’Urbanisme parce que tous ces règlements nous compliquent la vie et
empêchent de construire !

Les organisations de la profession1, certes soucieuses de « neutralité politique » et de bonnes


relations avec l’Etat, puissance tutélaire, me semblent avoir été bien silencieuses et fort peu
réactives face à cette évolution qui fonctionne comme une bombe à implosion, faisant le vide
d’oxygène devant nous.

La réforme territoriale, « cantonnisant » la région et institutionnalisant le cumul des mandats et


supprimant la compétence générale des collectivités territoriales et de leurs établissements publics
(sauf, quel progrès pour les communes !) va dans le sens de la bombe à vide lancée contre notre
profession à laquelle on dénie en fait le droit professionnel de participer à la définition des équilibres
socio-spatiaux.

III/ DES ORIENTATIONS


Cette situation doit nous conduire à rechercher des alliés, ailleurs qu’à l’Etat, avec les collectivités et
aussi les autres professions de l’organisation de l’espace.

Je pense que le temps d’un sursaut est venu si nous ne voulons pas disparaitre !

Comment appréhender, en France, cette véritable mutation? Les urbanistes « installés » mais de
statuts divers allant du plus précaire au plus protégé pourraient avoir la tentation d’un repli
corporatiste. Dans ce cas n’est –il pas illusoire de les faire cohabiter dans une organisation unifiée ?

La confédération du CFDU en fédérant des personnes morales, nationales et régionales n’est –elle
pas un moindre mal ?

Un toilettage des statuts pour les débarrasser des dispositions (inappliquées et difficiles à appliquer)
y figurant pour une reconnaissance comme association RUP ne serait-il pas suffisant ?

En élisant un Bureau, prêt à travailler à la mise ne place d’un outil de communication propre à
informer les membres de ses associations et les sympathisants est une première étape indispensable.

1
Je, nous inclus dans cette rétrospective et procédons à notre autocritique ou notre mea culpa selon nos
fréquentations idéologiques passées !

2
Doter chaque urbaniste actif d’une carte attestant de l’adhésion de son organisation nationale et/ou
régionale est une bonne chose.

La modernisation du site web du CFDU et son interactivité avec d’autres outils (newsletter, blogs,
débats..) peut être un outil puissant.

Il nous faut au niveau du CFDU un management plus collectif et plus participatif ; les bonnes volontés
ne manquent pas à condition de disposer d’objectifs clairs et mobilisateurs pour la profession.

Tout cela est possible dans un climat de respect mutuel avec pour seul soucis de faire avancer la
cause de l’urbanisme et des urbanistes. Evitons invectives et appréciations sommaires !

Nous avons besoin d’orientations stratégiques à moyen terme incluant notre positionnement
institutionnel qui doit se déplacer de l’Etat vers les Collectivités Territoriale et développer nos
relations avec le monde universitaire et de la recherche.

Il nous faut aussi réfléchir en termes d’image. Si nous avons trop peu d’adhérents, il convient alors de
réfléchir aux images et aux messages que nous renvoyons. A mon avis, un certain style notabiliaire
ne passe plus dans les jeunes générations, surtout celles des grandes régions métropolitaines où
exerce la majorité des urbanistes dans des modes assez diversifiés et différents du modèle de
l’urbaniste généraliste.

Selon vos gouts :

Indignez-vous ! » Stéphane Hessel

« Français encore un effort pour être républicains ! » François Donatien


Marquis de Sade