Une redéfinition de la dérivée

(Pourquoi le calcul différentiel fonctionne — et pourquoi il ne fonctionne pas)

par Miles Mathis

1 Introduction
Dans cet article, je prouverai que l’invention du calcul différentiel utilisant des séries infinies et son interprétation subséquente utilisant des limites étaient toutes deux des erreurs d’analyse du problème donné. En fait, comme je le montrerai, elles furent toutes deux basées sur la même erreur conceptuelle : appliquer des différences de plus en plus petites sur une courbe mathématique (une courbe dessinée dans un graphe). De cette manière, j’éviterai et finalement falsifierai les analyses standards comme non-standards.

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Le nid d’erreurs historiques que je vais soulever ici n’est pas seulement un nid sémantique, métaphysique ou de mauvaises définitions ou méthodes. C’est aussi une erreur dans la recherche de solutions. J’ai maintenant utilisé mes corrections à la théorie pour démontrer que différentes preuves sont fausses. De plus, ma meilleure compréhension du calcul différentiel m’a permis de montrer que celui-ci est mal utilisé dans des problèmes physiques simples, donnant la mauvaise réponse. En redéfinissant la dérivée, je vais également saper les supposition de base de toutes les topologies actuelles, y compris la topologie symplectique — qui dépend de la définition traditionnelle dans son utilisation de points dans l’espace des phases. De même, l’algèbre linéaire, l’algèbre vectorielle et le calcul tensoriel seront fondamentalement affectés par ma redéfinition, car je montrerai que les mathématiques actuelles sont des représentations erronées des divers espaces ou domaines qu’ils espèrent exprimer. Toutes les représentations d’espaces vectoriels, abstraites ou physiques, réelles ou complexes, composées d’une quelconque combinaison de scalaires, vecteurs, quaternions ou tenseurs, seront influencées, car je montrerai que tous les espaces mathématiques basés sur Euclide, Newton ou Cauchy, ainsi que les définitions courantes du point, de la ligne et de la dérivée sont au moins d’une dimension inférieure à l’espace physique. C’est-à-dire que les variables ou fonctions dans toutes les mathématiques actuelles interagissent dans des espaces qui sont des espaces mathématiques, et que ces espaces mathématiques (tous ces espaces) ne représentent pas l’espace physique. Ce n’est pas une controverse philosophique de ma part. Ma thèse n’est pas qu’il existe une certaine déconnexion métaphysique entre les mathématiques et la réalité. Ma thèse, prouvée mathématiquement ci-dessous, est que les définitions historiques ainsi que celles couramment acceptées de point, ligne et dérivée mathématique sont toutes fausses pour la même raison fondamentale, et que ceci falsifie tout espace mathématique. Je corrige cependant les définitions, ce qui permet une correction du calcul différentiel, de la topologie, des algèbres linéaire et vectorielle et des tenseurs (parmi bien d’autres choses). De cette façon, le problème est résolu une fois pour toutes, et il n’y a pas besoin de parler de métaphysique, de formalisme ou autre charabia ésotérique. En fait, je résous le problème par la méthode la plus simple qui soit, sans recours à l’un quelconque des systèmes mathématiques que je critique. Je n’aurai pas besoin de mathématiques autres qu’une analyse numérique élémentaire, de la géométrie de base et de la simple logique. Je fais cela ostensiblement, puisque la nature fondamentale du problème et son statut de plus ancien problème mathématique encore en place l’ont rendu peu réceptif à toute autre analyse abstraite. Le problème n’a pas seulement défié toute solution, il a défié toute détection. Il faut donc qu’une analyse des fondements soit faite au niveau élémentaire : toute utilisation de mathématique supérieure ne ferait que déplacer la question. Cela a comme avantage supplémentaire de rendre cet article compréhensible à tout lec-

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teur patient. Quiconque ayant des notions de calcul différentiel (et même ceux qui n’en ont pas) sera à même de suivre mes arguments. Les mathématiciens professionnels pourront trouver tout ceci ennuyeux pour diverses raisons, mais on leur demande d’être bienveillants, car eux aussi pourront s’apercevoir qu’une analyse différente, à un rythme différent et dans un « langage » différent peuvent amener des résultats nouveaux et utiles. Le produit final de ma preuve sera une re-dérivation de l’équation au cœur du calcul différentiel, par une méthode qui n’utilise aucune série infinie et aucun concept de limite. Je ne re-dériverai pas l’intégrale dans cet article, mais le nouvel algorithme que j’apporte ici rend aisée cette re-dérivation, et personne ne pourra douter que l’entièreté du calcul a été réétablie sur des bases plus solides. Il peut également être intéressant pour beaucoup de monde de comprendre que ma méthode me permet de montrer, de la manière la plus simple qui soit, pourquoi le calcul ombral, ou calcul symbolique, a toujours fonctionné. Beaucoup de travail formel a été réalisé sur le calcul ombral depuis 1970 ; mais, bien que les diverses équations et techniques du calcul ombral aient été connectées et étendues, elles n’ont jamais été complètement fondées. Ma réinvention et ma ré-interprétation du Calcul des Différences Finies me permet de montrer — en soulevant un seul voile — pourquoi des indices agissent exactement comme des exposants dans beaucoup de situations. Finalement, et peut-être est-ce le plus important, ma réinvention et ré-interprétation du Calcul des Différences Finies me permet de résoudre beaucoup de problèmes liés aux points-particules de l’Électrodynamique Quantique, sans renormalisation. Je montrerai que les équations de l’EDQ ne demandent de la renormalisation que parce qu’elles avaient tout d’abord été dé-normalisées par les mathématiques actuelles, lesquelles sont toutes basées sur ce que j’appelle le Calcul Infini. L’interprétation courante permet le calcul de vitesses et d’accélérations instantanées, et ceci parce que l’on permet aux fonctions de s’appliquer à des points, et parce que l’on utilise des séries infinies pour approcher des points dans l’analyse de la courbe. En retournant au Calcul Fini — et en débarrassant les mathématiques appliquées au point — j’ai tracé la voie dans cet article pour nettoyer l’EDQ. En faisant de chaque variable ou fonction un intervalle fini, nous redéfinissons chaque domaine et espace, et en faisant cela nous nous dispensons en grande partie ou en totalité du besoin de renormalisation. Nous nous dispensons également de la première raison d’être de la théorie des cordes. Le calcul de Newton est venu de tableaux qu’il avait fait lui-même à partir de ses séries de puissances, basées sur le développement binômial. Le développement binômial était un développement en séries infinies d’une différentielle complexe, utilisant une méthode fixe. En essayant d’exprimer la courbe en séries infinies, il suivait la ligne de raisonnement principale des algorithmes d’avant le calcul différentiel, ce qui nous ramène aux anciens Grecs. Plus récemment, Descartes et

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Wallis avaient attaqué les deux principaux problèmes du calcul — la tangente à la courbe et la surface de la quadrature — de façon analogue, et la méthode de Newton était une conséquence directe de ses lectures des papiers de Descartes et Wallis. Tous ces mathématiciens suivaient l’exemple d’Archimède, qui avait résolu beaucoup de problèmes du calcul 1900 ans plus tôt par une méthode similaire basée sur la sommation et l’annulation de séries infinies. Cependant, Archimède ne dériva jamais aucune équation du calcul proprement dit, la principale étant, dans ses papiers, y = n xn−1 . Cette équation fut dérivée par Leibniz et Newton presque simultanément, si nous en croyons leurs propres témoignages. Leurs méthodes, quoique différentes dans la forme, étaient pratiquement équivalentes en théorie, les deux étant basées sur les séries infinies et des différences approchant zéro. Leibniz nous dit lui-même que la solution au calcul se fit jour en lui quand il étudia le triangle différentiel de Pascal. Pour résoudre le problème de la tangente, ce triangle doit être rendu de plus en plus petit. Newton et Leibniz connaissaient tous deux la réponse au problème de la tangente avant de commencer, puisque ce problème avait été résolu bien longtemps auparavant par Archimède, en utilisant le parallélogramme des vitesses. De ce parallélogramme vint l’idée de vitesse instantanée, et les mathématiciens du 17e siècle, plus spécialement Torricelli et Roberval, empruntèrent certainement leur croyance dans la vitesse instantanée aux Grecs. Les Grecs, en commençant par les Péripatéticiens, assumaient qu’un point sur une courbe peut agir comme un point dans l’espace. Ce point pouvait dès lors être imaginé comme possédant une vitesse. Lorsque le calcul fut utilisé presque deux millénaires plus tard par Newton pour trouver une vitesse instantanée — en lui assignant la dérivée — celui-ci suivit simplement l’exemple des Grecs. Cependant, les Grecs semblaient avoir compris que leurs outils d’analyse étaient inférieurs à leur méthode synthétique, et beaucoup de mathématiciens plus tardifs (comme Wallis et Torricelli) pensaient même que les Grecs avaient dissimulé ces outils. Que ce soit vrai ou non, il est certain que les Grecs n’ont jamais synthétisé aucune méthode basée sur des séries infinies, des infinitésimaux ou des limites. Comme le démontre cet article, ils eurent raison de ne pas le faire. La supposition que le point sur la courbe peut être traité comme un point dans l’espace n’est pas correcte, et l’application de toute série infinie à une courbe est dès lors une impossibilité. Proprement développée et analysée, l’équation dérivée ne peut pas produire de vitesse instantanée, car la courbe présuppose un sous-intervalle qui ne peut approcher zéro ; un sous-intervalle qui est, finalement, toujours un.

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2 La fondation
Afin de prouver ceci, je dois tout d’abord fournir la fondation de ma théorie en analysant dans une certaine profondeur certains concepts n’ayant pas reçu suffisamment d’attention dans les cercles mathématiques ces dernières années. Certains de ces concepts n’ont plus été discutés depuis des siècles, peut-être parce qu’ils ne sont plus considérés comme suffisamment abstraits ou ésotériques. Un de ces concepts est le nombre cardinal. Un autre est la ligne des nombres cardinaux (ou naturels). Un troisième est l’assignation de variables à une courbe. Un quatrième est l’acte de dessiner une courbe et de lui assigner une équation. Si ces concepts étaient encore enseignés à l’école, ils le seraient très tôt, car ils sont de nature très élémentaire. En réalité, ils ont été traités comme s’ils étaient évidents par eux-mêmes — on pourrait dire qu’ils n’ont pas été jugés dignes de considération sérieuse depuis la chute d’Athènes. Même peut-être à cette époque n’étaient-ils déjà plus pris au sérieux, puisque les Grecs échouèrent aussi dans leur compréhension de la courbe — comme leur utilisation d’une vitesse instantanée le démontre clairement. Le concept le plus élémentaire que je dois analyser ici est le concept de point. Dans l’édition Dover des Éléments d’Euclide, on nous dit : « Un point est ce qui ne contient aucune partie ». L’édition Dover fournit des notes sur chaque variation possible de cette définition, ancienne comme moderne, mais elle ne répond pas à la question centrale de l’article que vous êtes en train de lire, à savoir : « Est-ce que la définition s’applique à un point mathématique ou à un point physique ? ». Ou, pour être encore plus brusque et clair : « Parlons-nous d’un point dans l’espace ou parlons-nous d’un point sur une feuille de papier ? ». Cette question n’a jamais été posée, et on n’y a évidemment jamais répondu (jusqu’ici). Je sais que beaucoup de gens ne verront pas où je veux en venir avec cette question. Comment un point sur une feuille de papier serait-il différent d’un point dans l’espace ? Un point sur une feuille est physique — le papier et l’encre sont des choses physiques. Que veux donc dire l’auteur ? Permettez-moi tout d’abord de faire la clarté sur ce que je ne veux pas dire. Certains lecteurs seront familiers avec les arguments historiques sur le point, et je veux être clair ici sur le fait que ma question est tout-à-fait nouvelle. La question historique, telle qu’elle a été discutée depuis plus de deux mille ans maintenant, concerne la différence entre une monade et un point. Selon les définitions anciennes, une monade était indivisible, tandis qu’un point était indivisible tout en ayant une position. La question naturelle était : « Une position où ça ? ». La seule réponse, pensait-on, était « Dans l’espace, ou dans le monde réel ». Une chose ne peut avoir de position autre part. Un point est donc une position indivisible dans le monde réel. Une monade est un « quelconque-point » généralisé, ou encore l’idée d’un point. Un point est une monade spécifique, ou la position d’une monade spécifique.

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Mais ma distinction entre un point mathématique et un point physique n’est pas cette distinction historique entre une monade et un point. Je ne suis pas concerné par des classifications ou par l’existence. Ça n’a pas d’importance ici, lorsque je fais la distinction entre un point physique et un point mathématique, que l’un, l’autre ou les deux soient des idées ou des objets. Ce qui est important est qu’ils ne sont pas équivalents. Un point sur un diagramme n’est ni un point physique ni une monade. Un point sur un diagramme est un point spécifique ; il a (ou représente) une position définie. Il n’est donc pas une monade. Mais un point mathématique ou sur un diagramme est une abstraction d’un point physique ; il n’est pas le point physique lui-même. Sa position est différente, pour commencer. Plus important, qu’il soit idée ou objet, il est à un niveau inférieur par rapport à un point physique, comme je le montrerai en détail plus bas. La question historique concernait une sorte d’abstraction — du spécifique au général. Ma question concerne une sorte d’abstraction complètement différente — la représentation d’une chose spécifique par une autre chose spécifique. L’édition Dover appelle sa question une question ontologique. La mienne est opérationnelle. Un point mathématique représente un point physique, mais n’est pas équivalent à un point physique, car l’opération consistant à le représenter sous forme de diagramme crée des domaines qui ne sont pas directement transmuables dans des domaines physiques. Les mathématiques appliquées doivent être appliquées à quelque chose. Les mathématiques sont de l’abstraction, mais les mathématiques appliquées ne peuvent être entièrement abstraites, sinon elles ne pourraient s’appliquer à quoi que ce soit. Les mathématiques appliquées s’appliquent à des diagrammes, ou à leur équivalent. Elles ne peuvent s’appliquer directement au monde réel. Et c’est pourquoi j’appelle un point de diagramme un point mathématique. La géométrie et l’algèbre appliquées sont appliquées à des points mathématiques, qui sont des points sur des diagrammes. Un point sur une feuille de papier est un diagramme, ou le début d’un diagramme. C’est une représentation d’un point physique, pas le point lui-même. Lorsque nous appliquons des mathématiques, nous le faisons en assignant des nombres à des points ou des longueurs (ou des vitesses, etc.). La physique, c’est des mathématiques appliquées. Elle est sensée s’appliquer au monde réel. Mais les nombres mathématiques ne peuvent pas être appliqués directement à des points physiques. Les mathématiques sont une abstraction, comme chacun sait, et une partie de ce qui les rend abstraites, même quand elles sont appliquées à la physique, est que les nombres sont assignés à des diagrammes. Ces diagrammes sont des abstractions. Un graphe cartésien est l’une de ces abstractions. Le graphe représente l’espace mais n’est pas l’espace lui-même. Le tracé d’un cercle, d’un carré, d’un vecteur ou toute autre représentation physique est aussi une abstraction. Le vecteur représente une vitesse, ce n’est pas la vitesse elle-même. Un cercle peut représenter une orbite, mais ce n’est pas l’orbite elle-même, et ainsi de suite. Mais

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ce n’est pas seulement que le tracé est simplifié ou mis à l’échelle qui le rend abstrait. L’abstraction de base est due au fait que les maths appliquées au problème, quel qu’il soit, s’applique au diagramme, pas à l’espace. Les nombres sont assignés à des points sur la feuille de papier ou sur le graphe cartésien, pas aux points dans l’espace. Tout cela est vrai même quand il n’y a pas de papier ou d’écran utilisé pour résoudre le problème. Chaque fois que des maths sont appliquées à de la physique, il existe une certaine représentation spatiale quelque part, même si cela consiste uniquement en des lignes flottant dans la tête de quelqu’un. Les nombres sont appliqués à ces diagrammes mentaux d’une façon ou d’une autre, puisque les nombres ne peuvent pas logiquement être appliqués à des espaces physiques. La méthode la plus simple pour prouver l’inéquivalence entre le point physique et le point mathématique est de montrer que vous ne pouvez pas assigner un nombre à un point physique. Nous assignons tout le temps des nombres à des points mathématiques. Cette assignation est le fait opérationnel primaire des maths appliquées. Il s’ensuit que si vous ne pouvez pas assigner un nombre à un point physique, alors un point physique ne peut pas être équivalent à un point mathématique. Prenez un point physique. Je vais supposer que vous pouvez faire cela, même si les métaphysiciens vont dire que c’est impossible. Ils vont vous donner une variation quelconque de l’argument de Kant, selon lequel quelque soit le point que vous choisissiez, ce point est déjà une construction mentale dans votre tête, pas le point lui-même. Vous aurez choisi un phenomenon, alors qu’un point physique est un noumenon. Mais je ne m’intéresse pas ici à de la métaphysique ; je suis intéressé par une définition précise, une définition qui possède le contenu mathématique requis pour faire l’affaire. Une définition de « point » qui ne nous dit pas si nous avons affaire à un point physique ou à un point mathématique ne peut convenir et nous amènera à des problèmes purement mathématiques. Donc, vous avez choisi un point. Je ne vais même pas chercher à être rigoureux et vous embêter pour savoir si ce point est vraiment sans dimension ou indivisible, puisque, une fois de plus, ce serait juste de la chicanerie dans le cadre de cet article. Disons que vous avez choisi le coin d’une table pour être votre point. La seule chose que je vais vous interdire est que vous imaginiez ce point en relation avec une origine. Vous ne pouvez pas mettre ce coin de table sur un graphe, même pas dans votre tête. Le point que vous avez choisi est simplement cela, un point physique dans l’espace. Il n’existe pas d’axes ou d’origines dans votre pièce ou dans votre monde. Bien, maintenant, essayez d’assigner un nombre à ce point. Si vous êtes têtu, vous pouvez le faire. Vous pouvez assigner le nombre 5 à ce point, disons, juste pour me contredire. Mais maintenant, essayez de donner à ce nombre une signification mathématique quelconque. Qu’est-ce qu’on peut conclure du fait que le coin de la table est « 5 » ? Clairement, rien. Si vous affirmez qu’il se trouve

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à 5 décimètres du centre de la table, ou de votre pied, alors vous lui avez assigné une origine. Le centre de la table, ou bien votre pied, devient l’origine. J’ai interdit toute origine, puisque les origines sont des abstractions mathématiques, pas des choses physiques. La seule façon d’assigner un nombre à votre point est d’assigner l’origine à un autre point, puis de mettre en place des axes, de manière à ce que votre pièce devienne un diagramme, soit dans votre tête, soit sur une feuille de papier. Mais alors le nombre 5 s’applique au diagramme, pas au coin de la table. Qu’est-ce que ceci prouve ? La géométrie d’Euclide est une forme de mathématiques. Je ne pense pas que quiconque niera que la géométrie est de la mathématique. La géométrie devient utile uniquement lorsque nous pouvons commencer à assigner des nombres à des points, et ainsi trouver des longueurs, des vitesses et des accélérations. Si nous assignons des nombres à des points, alors ces points doivent être des points mathématiques. Ce ne sont pas des points physiques. Les définitions d’Euclide concernent des points sur une feuille de papier, des diagrammes. Elles ne concernent pas directement des points physiques. Je ne vais pas prétendre que vous ne pouvez pas traduire vos recherches mathématiques dans le monde physique. Ce serait nihiliste et idiot, pour ne pas dire contre-intuitif. Mais je prétends ici que vous devez être très prudent quand vous le faites. Vous devez faire la différence entre des points mathématiques et des points physiques, parce que si vous ne le faites pas, vous comprendrez de travers toutes les mathématiques supérieures. Vous allez mal interpréter le calcul différentiel, pour commencer, et cela va influencer toutes les autres mathématiques, y compris la topologie, l’algèbre linéaire et vectorielle, ainsi que le calcul tensoriel. Afin de montrer comment tout ceci s’applique au calcul différentiel, je commencerai avec une analyse serrée de la courbe. Disons que l’on nous donne une courbe mais que l’on ne nous donne pas son équation. Pour trouver cette équation, nous devons importer la courbe dans un graphe. C’est la façon traditionnelle de la « mesurer », en utilisant des axes, une origine et tous les outils avec lesquels nous sommes familiers. Chaque axe agit comme une sorte de règle, et le graphe dans son entier peut simplement être vu comme un mètre à deux dimensions. Cette analyse peut sembler auto-évidente, mais j’ai déjà énuméré plusieurs concepts qui méritent une attention spéciale. Premièrement, la courbe est définie par le graphe. Lorsque nous découvrons l’équation d’une courbe par nos mesures de cette courbe, l’équation dépendra entièrement du graphe. Ce qui veut dire que le graphe génère l’équation. Deuxièmement, si nous utilisons un graphe cartésien, avec deux axes perpendiculaires, alors nous avons deux et seulement deux variables. Ce qui signifie que nous avons deux et seulement deux dimensions. Troisièmement, tout point sur le graphe possédera, de même, deux dimensions. Je répète : chaque POINT sur le graphe possédera DEUX DIMENSIONS (laissez cette phrase pénétrer un moment). En utilisant les variables les plus communes, le point aura une dimension x et une dimension y. Cela signifie que toute équation à deux variables

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implique deux dimensions, ce qui implique deux dimensions en chaque point sur le graphe et en chaque point sur la courbe. Si vous êtes un mathématicien irrité par tout ce « charabia philosophique » — ou qui que ce soit un peu perdu dans cette argumentation, pour une raison ou une autre — laissez-moi vous expliquer très directement pourquoi j’ai mis en évidence les mots ci-dessus. Car cette phrase peut être appelée l’assertion mathématique centrale de tout cet article : la thèse principale de mon analyse. Un point sur un graphe possède deux dimensions. Mais bien sûr un point physique ne possède pas deux dimensions. Un mathématicien qui définirait un point comme une quantité possédant deux dimensions serait un être bizarre, pour le moins. Personne dans toute l’Histoire n’a jamais proposé qu’un point possède deux dimensions. Un point est généralement compris comme n’ayant aucune dimension. Pourtant, nous n’avons aucun scrupule pour appeler un point sur un graphe un point. Cette imprécision dans la terminologie a causé de terribles problèmes, historiquement, et c’est l’un de ces problèmes que je dévoile ici. La preuve historique et actuelle de la dérivation traite à la fois un point sur un graphe et un point sur une courbe comme une variable à zéro dimension. Ce n’est pas une variable à zéro dimension : c’est une variable à deux dimensions. Un point dans l’espace ne peut avoir de dimension, mais un point sur une feuille de papier peut avoir autant de dimensions que nous désirons lui en donner. Cependant, nous devons garder la trace de ces dimensions à tout moment. Nous ne pouvons pas être paresseux dans notre langage ou dans nos assignations. La preuve du calcul différentiel a été imprécise dans son langage et dans ses assignations. Laissez-moi clarifier tout ceci par un exemple. Disons qu’un insecte rampe sur un mur. Vous marquez ses traces. Maintenant vous essayez d’appliquer une équation à ces traces, sans axe. Disons que la courbe ressemble à une courbe familière, par exemple la courbe y = x2 . Bien, essayez d’assigner des variables au mouvement de l’insecte. Vous ne pouvez pas le faire. La raison pour laquelle vous ne pouvez pas le faire est qu’une courbe dessinée sur un mur, par un insecte ou par Michel-Ange, demande trois axes pour la définir. Vous avez besoin de x, y et t. La courbe a l’air d’être la même, mais elle n’est pas la même. Une courbe sur un mur et une courbe sur un graphe sont deux choses différentes. Deuxième exemple. Disons que votre petit frère saute dans sa nouvelle voiture et se met à foncer dans la rue. Vous courez après lui et regardez les traces de pneus que la voiture laisse derrière elle. Votre frère est encore en train d’accélérer, vous devez donc pouvoir voir ces traces, d’accord ? Une courbe décrit une accélération, d’accord ? Pas nécessairement. La voiture se déplace dans une direction unique, vous pouvez donc dessiner x par rapport à t. Il n’y a pas de troisième variable y. Mais cela ne fait toujours pas une courbe. La voiture va en ligne droite. Intrigant. Pour qu’une équation décrive une courbe, elle peut uniquement le faire sur un graphe. Sa courbe est dépendante du graphe. Ce qui veux dire que son taux de variation est défini par le graphe. Toutes ces illustrations et ces diagrammes que vous

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avez vus dans les livres, avec des courbes dessinées sans graphe, sont incomplets. Depuis un certain nombre d’années — personne ne sait exactement combien — les illustrations dans les livres ne contiennent plus les tracés des axes, car ceux-ci prenaient de la place. Même Descartes, qui inventa ces lignes, les laissa probablement s’évaporer comme une nuisance artistique. Nous nous retrouvons donc à notre époque, ayant oublié que toute courbe mathématique implique son propre graphe. Une courbe physique et une courbe mathématique ne sont pas équivalentes. Elles ne sont pas mathématiquement équivalentes. Ceci est de la plus haute importance, pour plusieurs raisons. La raison la plus critique est que, une fois que vous dessinez un graphe, vous devez assigner des variables aux axes. Disons que vous assignez les variables x et y aux axes, comme il est commun de le faire. Maintenant, vous devez définir vos variables. Que signifient-elles ? En physique, une telle variable peut signifier soit une distance, soit un point. Que signifient vos variables ? Il n’y a aucun doute que vous allez répondre : « mes variables sont des points ». Vous direz que x représente, pour un point, sa x-distance à partir de l’origine. Vous continuerez en disant que des distances sont spécifiées en mathématique par ∆x (ou toute autre notation semblable) et que si x était un ∆x, vous l’auriez appelé ainsi. Je sais que cela a été l’interprétation tout au long de l’histoire. Mais il se fait que c’est faux. Vous construisez un graphe de façon à pouvoir assigner des nombres à vos variables en chaque point du graphe. Mais l’acte même d’assigner un nombre à une variable en fait une distance. Vous ne pouvez pas assigner un numéro à un point. Je sais que cela va sembler métaphysique au premier abord, pour beaucoup de gens. Cela aura l’air d’une bouillie philosophique. Mais si vous considérez la situation pour un moment, je crois que vous pourrez voir que ce n’est rien d’autre que du bon sens. Il n’y a rien d’ésotérique là-dedans. Supposons qu’en un certain point sur le graphe, y = 5. Qu’est-ce que cela signifie ? Vous allez dire que cela signifie que cet y est au point 5 sur le graphe. Mais je répète, qu’est-ce que cela signifie ? Si y est un point, alors 5 ne peux pas lui appartenir. Qu’en est-il de y qui possède la caractéristique « 5 » ? Rien. Un point ne peut pas posséder de magnitude. Le nombre appartient au graphe. Le « 5 », c’est compter les petites boîtes. Ces boîtes ne sont pas des attributs de y, elles sont des attributs du graphe. Vous allez répondre : « Tout ça n’est que chicanerie. Je maintiens que ce que je voulais dire est clair : y se trouve à la cinquième boîte, c’est tout. Cela ne mérite pas d’explication ». Mais le nombre « 5 » n’est pas un ordinal. En disant « y est à la cinquième boîte », vous insinuez que 5 est un ordinal. Nous avons toujours supposé que les nombres dans ces équations sont des nombres cardinaux (j’utilise « cardinal » ici

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dans le sens traditionnel de cardinal par rapport à ordinal. Il ne faut pas confondre avec l’utilisation de Cantor du terme cardinal). Les équations peuvent difficilement fonctionner si nous définissons les variables comme des ordinaux. Les nombres viennent de la ligne des nombres, et la ligne des nombres est faite de cardinaux. L’équation y = x2 @ x = 4 ne se lit pas « la seizième chose égale la quatrième chose au carré ». Elle se lit « seize choses égalent quatre choses au carré ». Quatre points n’égalent rien. Vous ne pouvez pas additionner des points, exactement comme vous ne pouvez pas additionner des ordinaux. La cinquième chose plus la quatrième chose n’est pas la neuvième chose. Ce sont juste deux choses sans magnitude. La vérité est que les variables dans des équations mathématiques graphées sur des axes sont des nombres cardinaux. De plus, elles sont des variables delta, de toutes les façons possibles. Ce qui veut dire que x devrait être étiqueté ∆x. L’équation devrait se lire ∆y = ∆x2 . Toutes les variables sont des distances. Elles sont des distances à partir de l’origine. x = 5 signifie que le point sur la courbe se trouve cinq petites boîtes à partir de l’origine. C’est une distance. C’est aussi une différence : x = (5 − 0). Voyez cela de la façon suivante : chaque axe est une règle. Les nombres sur une règle sont des distances. Ils sont des distances à partir du début de la règle. Allez au nombre « 1 » sur la règle. Maintenant, qu’est-ce que ça nous dit ? Quel contenu informationnel possède ce nombre ? Nous dit-il que la ligne sur la règle se trouve en première place ? Non, bien sûr que non. Il nous dit que la ligne au nombre « 1 » se trouve à un centimètre du début de la règle. On nous donne une distance. Vous pouvez dire : « Bien, mais même si c’est une distance, votre nombre ’5’ s’applique toujours aux boîtes, pas à la variable. Votre argument échoue donc ». Non, il n’échoue pas. Examinons les deux assignations possibles de la variable : x = cinq petites boîtes ou

∆x = cinq petites boîtes La première assignation de variable est absurde. Comment un point peut-il égaler cinq petites boîtes ? Un point ne possède pas de magnitude. Mais la seconde assignation de variable a un sens. C’est une assignation logique. Changement en x égale cinq petites boîtes. Une distance est cinq petites boîtes en longueur. Si nous sommes des physiciens, nous pouvons faire de ces boîtes des mètres, des secondes ou ce que nous voulons. Si nous sommes des mathématiciens, ces boîtes sont juste des entiers. Vous pouvez voir que cela change tout, concernant un problème de taux de changement. Si chaque variable est une variable delta, alors chaque point sur la

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courbe est défini par deux variables delta. Le point sur la courbe ne représente pas un point physique. Aucune des variables n’est un point dans l’espace, et le point sur le graphe n’est pas non plus un point dans l’espace. C’est lié au problème de l’affectation du calcul à des problèmes physiques. Mais cela affecte également la dérivation mathématique. Notez que vous ne pouvez pas trouver la pente ou la vitesse en un point (x, y) en analysant l’équation de la courbe ou la courbe sur le graphe, car aucune d’elle ne possède de point x sur elle ou en elle. J’ai montré que cette idée est étrangère à la préparation d’un graphe. Aucun point sur le graphe ne représente un point dans l’espace ou un instant dans le temps. Aucun point sur un quelconque graphe ne peut représenter un point dans l’espace ou un instant dans le temps. Un point graphé sur deux axes représente deux distances à l’origine. Pour grapher une ligne dans l’espace, vous aurez besoin d’un axe. Pour grapher un point dans l’espace, vous aurez besoin de zéro axe. Vous ne pouvez pas grapher un point dans l’espace. De même, vous ne pouvez pas grapher un instant dans le temps. Il s’ensuit que toutes les machinations du calcul différentiel, tous les dx, les dy et les limites, ne sont pas applicables. Vous ne pouvez laisser tendre x vers zéro sur un graphe, parce que cela voudrait dire que vous feriez tendre réellement ∆x vers zéro, ce qui serait sans effet ou n’aurait aucune signification. Cela signifie soit que vous faites tendre ∆x à l’origine, ce qui est sans effet ; ou bien que vous faites tendre ∆x au point x, ce qui n’a aucune signification (le point x n’existe pas sur le graphe — vous êtes en train de postuler que vous faites disparaître le graphe, ce qui ferait disparaître la courbe également). D’une certaine façon qui lui est propre, le développement historique de la dérivée comprends parfois cela et l’admet. Les lecteurs de mes articles aiment m’envoyer la définition epsilon/delta comme explication du concept de limite. Voici la définition epsilon/delta : pour tout > 0, il existe un δ > 0 tel que, quelque soit |x − x0 | < δ, |f (x) − y0 | < . Ce que je voudrais souligner est que |x − x0 | n’est pas un point, c’est une différence (un différentiel). La définition epsilon/delta est parfois simplifiée en : « Quelque soit le nombre que vous pouvez choisir, je peux en choisir un plus petit », qui peut être modifié en : « Vous pouvez choisir un point aussi proche de zéro que vous voulez ; mais je peux choisir un point encore plus proche ». Mais ce n’est pas ce que la preuve epsilon/delta formelle déclare, comme vous pouvez le voir. La preuve epsilon/delta formelle dirait : « Quelque soit la longueur que vous choisissiez, je peux en choisir une plus courte ». Epsilon/delta s’occupe de longueurs, pas de points. Si vous définissez vos nombres, variables ou fonctions comme des longueurs, comme ici, alors vous ne pouvez pas prétendre plus tard trouver des solutions en des points. Si vous faites tendre des différences ou des longueurs vers des limites, alors toutes vos équations et solutions doivent être basées sur des longueurs. Vous ne pouvez pas faire tendre une longueur vers une limite et puis trouver un nombre qui s’applique à un point. Couramment, les calcul utilise une preuve de la dérivée qui prend des longueurs à la limite, comme avec epsilon/delta. Mais si vous prenez des longueurs à la limite, votre solution

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doit être une longueur aussi. Si vous prenez une différence à la limite, votre solution doit être une différence aussi. Ce qui veux dire que le calcul ne contient pas de point. Il contient uniquement des différences. C’est pourquoi il est appelé calcul différentiel. Toutes les variables et fonctions dans les équations sont des différences et toutes les solutions sont des différences. Le seul point possible dans le calcul est à zéro, et si cette limite est atteinte, alors votre solution est zéro. Vous ne pouvez pas trouver des solutions numériques a zéro, puisque le seul nombre à zéro est zéro. Si tout cela est vrai, comment est-il possible de résoudre un problème de calcul ? Le calcul s’occupe d’instants, de choses instantanées, d’infinitésimales, de limites et de quantités proches de zéro, n’est-ce pas ? Non, le calcul s’occupe initialement d’aires sous des courbes et de tangentes à des courbes, comme je l’ai déjà dit. J’ai montré qu’une courbe sur un graphe n’a pas d’instant ou de point en lui, donc si nous voulons résoudre sans laisser tomber le graphe, nous devrons résoudre sans instant, infinitésimale ou limite. Cela vaut la peine également de noter que trouver une vitesse instantanée apparaît être impossible. Une courbe sur un graphe ne possède pas de vitesse instantanée sur elle, où que ce soit — il serait donc stupide de la poursuivre mathématiquement en analysant une courbe sur un graphe. Pour résumer : vous ne pouvez pas analyser une courbe sur un graphe pour trouver une valeur instantanée, car il n’existe pas de valeur instantanée sur un graphe. Vous ne pouvez analyser une courbe hors d’un graphe pour trouver une valeur instantanée, car une courbe hors d’un graphe a une forme différente de la même courbe sur un graphe. C’est une courbe différente. L’équation de la courbe donnée ne s’applique pas à elle. Certains vont dire ici : « Il existe une troisième alternative simple dans ce résumé. Sortez une courbe d’un graphe, une courbe physique — comme cet insecte rampant ou votre frère dans sa voiture — et assignez-lui l’équation de la courbe directement. N’importez pas une quelconque équation de la courbe à partir du graphe. Obtenez juste la bonne équation de la courbe pour commencer ». D’abord, j’espère qu’il est clair que nous ne pouvons pas utiliser la voiture en tant qu’équation d’une courbe réelle, puisqu’elle ne courbe pas. Qu’en est-il de l’insecte ? Ici aussi, trois variables là où il n’en faut que deux. Ça ne marchera pas. À mes contradicteurs, je dirai : « Trouvez-moi une courbe physique qui a deux variables et j’utiliserai le calcul afin de l’analyser avec vous sans graphe ». Ils ne peuvent le faire. C’est logiquement impossible. L’un des contradicteurs pourrait apercevoir une solution : « Prenez la courbe de l’insecte et appliquez-lui une équation, avec trois variables, x, y, et t. La variable t n’est pas une constante, mais son taux de changement est constant. Le temps s’écoule toujours continûment ! Nous pouvons donc l’annuler et nous retournons

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au calcul. Ce qui se passe, c’est que la courbe calculée est juste une simplification de cette courbe sur trois axes ». À cela je réponds : « Oui, nous pouvons utiliser trois axes, mais je ne vois pas comment vous allez pouvoir appliquer des variables à la courbe sans la mettre dans un graphe. Le calcul fonctionne sur l’équation de la courbe. Vous devez avoir une équation de courbe pour pouvoir trouver une dérivée. Pour découvrir une équation de courbe qui s’applique à ne courbe donnée, vous devez la mettre dans un graphe et la tracer ». Le contradicteur dit : « Non, non. Disons que nous avons d’abord l’équation. On nous donne une équation de courbe avec trois variables, et nous le traçons juste sur le mur, comme l’a fait l’insecte. Il n’y a rien de mystérieux là-dedans ». Je réponds : « Où est l’axes t, dans ce cas ? Comment allez-vous, ou comment l’insecte va-t-il, tracer la composante t sur le mur ? Vous ne la tracez pas, vous l’ignorez. Dans ce cas, l’équation de la courbe donnée ne s’applique pas à la courbe tracée sur le mur, elle s’applique à une certaine courbe à trois variables sur trois axes ». Le dissident dit : « Peut-être, mais la courbure est la même de toute façon, puisque t ne change pas ». Je lui dis : « La courbe est-elle la même ? Vous pouvez avoir à tracer certains “points” sur un graphe tridimensionnel pour le voir, mais la courbe n’est pas la même. Tracez n’importe quelle courbe, ou même une ligne droite dans un graphe (x, y). Maintenant, poussez ce graphe le long d’un axe t. La pente de la ligne droite décroît, comme le fera la courbure de toute courbe. Même un cercle sera étiré. Cela devra affecter le calcul. Si vous changez la courbe, vous changez la surface en dessous de la courbe et la pente de la tangente en tout point ». Le dissident répond : « Ça ne fait rien car nous nous débarrassons de l’axe t. Nous allons juste l’ignorer. Ce qui nous intéresse, c’est uniquement la relation de x par rapport à y, ou y par rapport à x. Cela s’appelle une fonction, mon ami. Si c’est une simplification ou une abstraction, et alors ? C’est ça les mathématiques ». À cela je ne peux que répondre : « Très bien, mais vous n’avez toujours pas expliqué deux choses : 1. Si vous parlez de fonction, vous retournez à un graphe à deux variables, et votre courbe à l’air de ce qu’elle est uniquement dans ce graphe. Pour construire ce graphe, vous devez assigner une origine au mouvement de votre insecte, et dans ce cas vos deux variables deviennent des variables delta. Et alors vous n’avez pas de point ou d’instant sur lequel travailler. Le calcul ne sert à rien.

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2. Même si vous trouvez, d’une façon ou d’une autre, des valeurs pour votre courbe, ces valeurs ne s’appliqueront pas à l’insecte, car sa courbe n’est pas la vôtre. Son accélération est déterminée par son mouvement dans le continuum x, y, t. Vous avez analysé son mouvement dans le continuum x, y, ce qui n’est pas équivalent ». Le dissident dira : « Peu importe. Appliquez ma courbe sur la voiture de votre frère, si vous voulez. Il importe peu à quoi ressemble la trace des pneus. Ce qui compte est la courbe donnée par l’équation de courbe. Un graphe x, t sera alors une abstraction de son mouvement, et les valeurs générées par le calcul sur ce graphe seront parfaitement applicable à votre frère ». Je réponds que nous sommes alors revenus au tout début. Soit vous appliquez le calcul à la courbe réelle, où il y a des points dans l’espace, soit vous appliquez le calcul à la courbe dans le graphe, où il n’y en a pas. Dans la vie réelle, où il y a des points, il n’y a pas de courbure. Dans le graphe, où il y a une courbure, il n’y a pas de point. Si mon contradicteur ne voit pas ceci comme un problème, il est sérieusement dans l’illusion. """

3 Interlude historique et critique de la dérivation actuelle
Quittons un instant les fondations et revenons à l’histoire du calcul différentiel. Deux mathématiciens dans l’Histoire furent très près de reconnaître la différence entre le point mathématique et le point physique. Vous allez penser que Descartes est l’un d’eux, puisqu’il a inventé le graphe. Mais non. Quoiqu’il ait réalisé d’importants travaux dans ce domaine, son graphe s’est trouvé être le plus grand obstacle de l’Histoire à la compréhension réelle du problème dont nous parlons ici. S’il s’était aperçu de la signification opérationnelle de tout diagramme, il aurait découvert quelque chose de tout-à-fait basique. Mais il n’analysa jamais les domaines créés par les diagrammes, les siens ou les autres. Non, le premier à fleurter avec la solution fut Simon Stevin, le grand mathématicien flamand de la fin du 16e siècle. Il est la personne la plus responsable de la définition moderne du nombre, ayant hardiment redéfini les définitions grecques qui étaient parvenues à l’âge « moderne » via Diophante et Viète 1 . Il montra l’erreur consistant à assigner le point à l’« unité » ou nombre un ; le point doit être assigné à sa magnitude analogue, qui est zéro. Il prouva que le point est indivisible précisément parce qu’il est zéro. Cette correction de la géométrie et de l’arithmétique orienta Stevin dans la direction de ma solution, mais il ne réalisa jamais l’importation opérationnelle
1. Voir par exemple : Jacob Klein, Pensée Mathématique Grecque et l’Origine de l’Algèbre .

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du diagramme dans la géométrie. En raffinant les concepts de point et de nombre, il ne s’aperçut pas qu’à la fois les Grecs et les modernes étaient en possession de deux concepts séparés du point : le point dans l’espace et le point diagrammatique. John Wallis s’approcha encore plus près de cette reconnaissance. Suivant Stevin, il écrivit beaucoup sur l’importance du point comme analogue à la nullité. Il fit aussi d’importants travaux sur le calcul différentiel, et il fut peut-être celui qui influença le plus Newton. Il était donc dans la meilleure position historique pour être le découvreur de la séparation des deux concepts de point. Malheureusement, il continua dans la voie du fort courant du 17e siècle, qui était dominé par les séries infinies et l’infinitésimal. Après que son étudiant Newton ait créé la forme actuelle du calcul, les mathématiciens ne furent plus intéressés par les définitions des Grecs. L’abstraction croissante des mathématiques fit que les subtilités ontologiques des anciens parurent soudain pittoresques, voire dépassées. Le courant mathématique, depuis le 18e siècle, a été fortement progressif. Beaucoup de domaines nouveaux sont apparus, et l’étude des fondations ne fut plus en vogue. Il devint dès lors de moins en moins probable que quiconque puisse noter les erreurs conceptuelles existant à la racine même du calcul. Des outsiders comme l’évêque Berkeley au début du 18e siècle ne parvinrent pas non plus à trouver les erreurs de base (Berkeley trouva les effets mais pas les causes), et les succès des nouvelles mathématiques rendirent impopulaire tout argument supplémentaire. Jusqu’ici, j’ai critiqué la capacité du calcul à trouver des valeurs instantanées. Mais nous devons nous souvenir que Newton l’inventa dans ce but même. Dans De Methodis , il propose deux problèmes à résoudre : 1. Étant donnée une longueur de l’espace continûment, trouver la vitesse du mouvement à tout instant. 2. Étant donnée la vitesse du mouvement continûment, trouver la longueur d’espace décrite à tout instant. Il est évident que le premier est résolu par ce que nous appelons aujourd’hui la différenciation, et le second par l’intégration. Sur les dernières 350 années, la fondation du calcul a quelque peu évolué, mais les questions qu’il propose de résoudre, ainsi que les solutions, n’ont pas, elles, évolué. Je veux dire que nous pensons toujours que ces deux questions font sens, et qu’il est évident que nous avons trouvé une réponse à chacune. Le question 1 concerne la découverte d’une vitesse instantanée, qui est une vitesse sur un intervalle de temps nul. On le fait tout le temps, jusqu’à aujourd’hui. La question 2 est l’inverse mathématique de la question 1. Étant donnée la vitesse, trouver la distance parcourue sur un intervalle de temps nul. On ne le fait plus, car l’absurdité de la chose est claire. Sur le graphe, ou même dans la vie réelle, un intervalle de temps nul est égal à une distance nulle. Il ne peut y avoir de distance parcourue pendant un intervalle nul, encore moins sur une distance nulle, et la plupart des gens semblent comprendre cela. Plutôt que d’y voir un problème,

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cependant, les mathématiciens et les physiciens l’ont enterré. Ce problème n’est même pas brandi en tant que glorieux paradoxe, comme les paradoxes d’Einstein. Non, il est mis au placard, et jamais on ne se souvient de son existence. Comme il devrait déjà être clair du fait de mon exposé de l’équation de la courbe, les deux problèmes de Newton ne sont pas présentés sous une forme mathématique ou logique adéquate, ils sont de ce fait insolubles. Cela implique que toute méthode qui fournit une solution est également présentée sous une forme inadéquate. Si vous trouvez une méthode pour dériver un nombre qui n’existe pas, alors votre méthode est fautive. Une méthode qui mène à une vitesse instantanée doit être une méthode suspecte. On ne peux pas faire confiance à une équation dérivée de cette méthode jusqu’à ce que lui ait donné un fondement logique. Il n’existe pas de distance sur une distance nulle et, de même, il n’existe pas de vitesse sur un intervalle nul. L’évêque Berkeley fit ses commentaires sur l’illogisme de la preuve de Newton peu après que celle-ci soit publiée (The Analyst , 1734). Ironiquement, les critiques de Berkeley sur Newton ressemblent aux propres critiques de Newton sur la méthode de Leibniz. Newton dit de Leibniz : « Nous n’avons aucune idée de quantités infiniment petites et c’est pourquoi j’ai introduit les fluxions dans ma méthode de façon à ce qu’elles puissent procéder par quantités finies autant que possible ». Et : « La sommation d’indivisibles pour composer une surface ou un solide n’a encore jamais été admise dans la géométrie 2 ». Ce « par quantités finies autant que possible » est très proche de l’admission d’une erreur. Berkeley appelait les fluxions de Newton « fantômes de quantités disparues », fluxions qui étaient parfois de minuscules incréments, parfois zéro. Il se plaignait que la méthode de Newton procédait par une compensation d’erreurs, et il était loin d’être le seul à partager cette analyse. Beaucoup de mathématiciens de l’époque prirent les critiques de Berkeley au sérieux. Les mathématiciens plus tardifs, qui étaient beaucoup moins véhéments dans leurs critiques, comme Euler, Lagrange et Carnot, utilisèrent l’idée de compensation d’erreurs dans leur tentative de correction des fondements du calcul. Il serait donc malhonnête d’écarter Berkeley simplement parce qu’il a échoué du mauvais côté de l’Histoire. Cependant, Berkeley ne put pas expliquer pourquoi l’équation dérivée fonctionnait, et l’utilité de l’équation finit par avoir le dessus sur les scrupules que les philosophes pouvaient entretenir. Si Berkeley avait été capable de dériver l’équation par des moyens plus logiques et clairs, ses commentaires auraient sans aucun doute été traités avec plus de respect par l’Histoire. Aujourd’hui, nous avons atteint une époque où citer des philosophes, et spécialement des philosophes qui étaient également des évêques, est loin d’être une méthode très convaincante, et je ne vais pas continuer à le faire. Les physiciens et les mathématiciens sevrés des bons mots de Richard Feynman ne trouveront certainement pas les bons mots de Berkeley très au goût du jour.
2. Newton, Isaac, Articles Mathématiques , 8:597.

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Je profiterai de cette occasion pour souligner, cependant, que ma critique de Newton est d’une nature catégoriquement différente de celle de Berkeley, et de tous les philosophes qui se sont plaint des infinis dans les dérivées. Je n’ai pas critiqué jusqu’ici le calcul différentiel sur des bases philosophiques, et je ne ferai pas. Les séries infinies ont leur place dans les mathématiques, tout comme les limites. Mon argument ne consiste pas à dire que l’on ne peut pas concevoir l’infini, les infinitésimaux et ces sortes de choses. Mon argument a été et continuera d’être que la courbe, qu’elle soit un concept physique ou une abstraction mathématique, ne peut pas logiquement admettre l’application de séries infinies, à la façon du calcul. En parlant des réactions modernes aux vues de Berkeley, Carl Boyer déclare : « Puisque les mathématiques s’occupent de relations plutôt que d’existence physique, ses critères de vérité sont la consistance interne plutôt que la plausibilité à la lumière des perceptions sensorielles ou de l’intuition 3 ». Je suis d’accord, et j’insiste sur le fait que mon argument principal, déjà avancé, est qu’il n’y a pas de consistance interne dans le fait de laisser une différence f (x + i) − f (x) approcher une limite quand ce point est déjà exprimé par deux différences, (x − 0) et (y − 0). Boyer partage l’opinion de la majorité des mathématiciens lorsqu’il défend la vitesse instantanée de cette façon : « L’argument [de Berkeley] est bien entendu entièrement valide pour montrer que la vitesse instantanée n’a aucune réalité physique, mais ce n’est pas une raison pour qu’elle ne soit pas admise, si elle est définie soigneusement ou prise comme notion indéfinie, comme abstraction mathématique 4 ». Ma réponse à cela est que la physique a traité la vitesse instantanée en tant que réalité physique depuis que Newton le fit. En plus, elle a été acceptée par les mathématiciens en tant que notion indéfinie et non en tant que notion clairement définie, comme semble l’admettre Boyer. Il n’aurait pas eu besoin d’inclure la clause « ou prise comme notion indéfinie » si l’on devait correctement définir toutes les notions avant qu’elles soient acceptées en tant que « abstractions mathématiques ». La notion de vitesse instantanée ne peut être correctement définie mathématiquement car elle est dérivée d’une équation qui ne peut être définie mathématiquement. À moins que Boyer veuille arguer que toutes les heuristiques devraient être acceptées en tant que bonnes mathématiques (position que la physique contemporaine a acceptée, et que les mathématiques contemporaines suivent de près), son argument n’en est pas un. Beaucoup de mathématiciens et de physiciens maintiendront que la fondation du calcul différentiel est une question close depuis Cauchy dans les années 1820 et que ma thèse tout entière ne peut être que chimérique. Cependant, dans les années 1960, Abraham Robinson était toujours en train d’essayer de résoudre quelques problèmes perçus dans la fondation du calcul. Son analyse non-standard fut inventée exactement dans ce but, et elle attira pas mal d’attention dans le monde des mathématiques. La majorité mathématique ne l’a pas acceptée, mais son existence est une preuve d’un malaise très répandu. Même aux plus hauts niveaux
3. Boyer, Carl. B., L’Histoire du Calcul Différentiel et son Développement Conceptuel , p. 227. 4. ibid .

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(certains vont dire spécialement aux plus hauts niveaux), des questions sans réponses sur le calcul existent. Ma thèse répond à ces questions en montrant les failles des analyses à la fois standards et non-standards. Les problèmes originaux de Newton auraient du être établis comme suit : 1. Étant donnée une distance variant sur un certain nombre d’intervalles, trouver la vitesse sur tout intervalle proposé. 2. Étant donnée une vitesse variable sur un intervalle, trouver la distance parcourue sur tout sous-intervalle proposé. Ce sont les questions que le calcul résout vraiment, comme je le prouverai plus bas. Les nombres générés par le calcul s’appliquent à des sous-intervalles, pas à des instants ou des points. L’utilisation par Newton de séries infinies, comme les séries de puissances, l’égarèrent en lui faisant croire que des courbes tracées sur des diagrammes pourraient être exprimées en séries infinies de différences (s’évanouissant). Tous les autres fondateurs du calcul firent la même erreur. Mais, du fait de la façon dont la courbe est générée, les courbes ne peuvent pas être exprimées de cette manière. Chaque point sur un graphe représente déjà une paire de différences ; il est donc sans objet et insensé de laisser une différence proposée approcher un point sur le graphe. Afin de montrer précisément ce que je veux dire, examinons maintenant le développement courant de l’équation de la dérivée. Prenez une équation fonctionnelle, par exemple y = x2 Augmentez-la par δy et δx pour obtenir y + δy = (x + δx)² soustrayez la première équation de la seconde : δy = (x + δx)² − x² = 2xδx + (δx)² divisez par δx δy = 2x + δx δx Laissez δx aller vers zéro (uniquement du côté droit, bien sûr)

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δy = 2x δx

y = 2x La majorité des lecteurs va s’attendre à ce que ma seule critique soit que δx ne devrait pas aller vers zéro du côté gauche, car cela impliquerait une proportion allant vers l’infini. Mais ce n’est pas cela du tout ma principale critique. Ma principale critique est celle-ci : Dans la première équation, les variables représentent soit « tous les points possibles sur la courbe », soit « chaque point possible sur la courbe ». L’équation est vraie pour tous les points et pour chaque point. Prenons la dernière définition, car la première ne nous laisse pas de jeu. Donc, dans la première équation, nous sommes à « chaque point sur la courbe ». Dans la seconde équation, sommes-nous toujours en chaque point de la même courbe ? Certains vont penser que (y + δy) et (x + δx) sont les coordonnées d’un autre chaque-point sur la courbe — ce chaquepoint étant à une certaine distance plus loin le long de la courbe que le premier chaque-point. Mais un examen plus précis montrera que la seconde équation de la courbe n’est pas la même que la première. Le chaque-point exprimé par la seconde équation ne se trouve pas sur la courbe y = x2 . En fait, il doit être exactement δy en dehors de cette première courbe. Puisque c’est vrai, nous devons nous demander pourquoi nous voudrions soustraire la première équation de la seconde. Pourquoi voulons-nous soustraire un chaque-point sur une courbe d’un chaque-point en dehors de cette courbe ? De plus, en allant de l’équation 1 à l’équation 2, nous avons ajouté des montants différents à chaque côté. Cela n’est pas permis. Notez que nous avons ajouté δy au côté gauche et 2xδx + δx2 au côté droit. Cela aurait été justifiable par certain argument si cela nous avait donné deux chaque-point sur la même courbe, mais ce n’est pas le cas. Nous avons fait une opération illégale sans raison apparente. Maintenant, nous soustrayons le premier chaque-point du second chaque-point. Qu’obtenons-nous ? Eh bien, nous devrions obtenir un troisième chaque-point. Quelles sont les coordonnées de ce troisième chaque-point ? C’est impossible à dire, car nous nous sommes débarrassés de la variable y. Une coordonnée est de la forme (x, y), mais nous venons de soustraire y. Vous devez voir que δy n’est pas la même chose que y, et donc qui sait si nous sommes en dehors de la courbe ou bien sur elle ? Puisque nous avons soustrait un point sur la première courbe d’un point hors de celle-ci, nous serions très chanceux d’avoir atterri de nouveau sur la première courbe, je pense. Mais cela n’a pas d’importance, car nous soustrayons des points d’autres points. Soustraire des points d’autres points est illégal. Si vous

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désirez obtenir une longueur ou une différence, vous devez soustraire une longueur d’une longueur ou une différence d’une différence. Soustraire un point d’un point ne vous donnera qu’une sorte de zéro — un autre point. Mais nous désirons que δy représente une longueur ou une différence dans la troisième équation, de façon à ce que nous puissions le diviser par δx. Dans le développement tel qu’il se présente, δy doit être un point dans la troisième équation. Oui, δy est maintenant un point. Ce n’est pas un changement-en-y dans le sens où le calcul le voudrait. Ce n’est plus la différence dans deux points sur la courbe. Ce n’est pas une différence ! Ce n’est pas non plus un incrément ou un intervalle d’aucune sorte. Ce n’est pas une longueur, c’est un point. Qu’est-ce que cela peut bien signifier pour un chaque-point d’approcher zéro ? La vérité est que ça ne signifie rien. Un point ne peut pas approcher une longueur nulle puisqu’un point est déjà une longueur nulle. Examinez de nouveau la seconde équation. La variable y représente un point, mais la variable δy représente une longueur ou un intervalle. Mais si y est un point dans la seconde équation, alors δy doit être un point dans la troisième équation. Ce qui rend la division par δx dans l’étape suivante une impossibilité logique et mathématique. Vous ne pouvez pas diviser un point par une quelconque quantité, car un point est indivisible par définition. L’étape finale — laisser δx aller vers zéro — ne peut être justifiée, que vous fassiez aller seulement le dénominateur du côté gauche vers zéro ou bien que vous laissiez aller la fraction entière vers zéro (ce qui a été l’affirmation de la plupart des gens). La fraction δy/δx était déjà compromise à l’étape précédente. Le problème n’est pas que le dénominateur est zéro ; le problème est que le numérateur est un point. Le numérateur est zéro. À ma connaissance, le développement du calcul n’a jamais été critiqué de cette façon. De Berkeley à la critique principale concernée expliquant pourquoi le rapport δy/δx n’est pas précisément zéro, et pourquoi laisser δx aller vers zéro ne conduit pas à ce que le rapport tende vers l’infini. Newton tenta d’expliquer cela en utilisant des rapports primaires et ultimes, et Cauchy est supposé avoir résolu le problème en laissant le rapport approcher une limite. Mais selon mon analyse, le rapport avait déjà un numérateur à zéro dans l’étape précédente, et donc l’amener à la limite est stérile. L’analyse non-standard n’a pas de réponse a cela non plus. La définition « rigoureuse » de l’infinitésimale d’Abraham Robinson n’a rien fait pour résoudre ma présente critique. Ajouter de la terminologie nouvelle ne clarifie pas le problème, car il est hors sujet d’appeler une partie de ces équations « standard » ou « nonstandard ». Si δy est un point sur la courbe dans la troisième équation, alors ce n’est plus une infinitésimale. Il importe peu alors comment nous l’appelons, comment nous le définissons, ou comment nous axiomatisons notre logique. Ce n’est pas une distance et donc ça ne peut nous amener ce que nous désirons, pas avec des infinitésimales, des limites, des séries qui diminuent ou tout autre chose.

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[J’ai reçu plusieurs e-mails ces dernières années de mathématiciens en colère, disant ou laissant entendre que mon argumentaire sur ce développement n’est qu’une espèce de faux argument. Ils me disent qu’ils ne prouvent pas le développement de cette façon, et ils se lancent alors dans une torture verbeuse des maths et du langage afin de montrer comment le faire. Malheureusement, mon développement ci-dessus est bien plus qu’un argument spécieux. C’est la manière dont j’ai appris le calcul à l’école dans les années 80, et elle est postée partout sur l’internet jusqu’à aujourd’hui. Si c’est un argument spécieux, c’est l’argument spécieux de l’orthodoxie elle-même, et elle ferait mieux d’arrêter de le proposer. Ces mathématiciens sont en colère uniquement parce que j’utilise leurs propres équations contre eux. Ils font référence à Newton et à Leibniz quand ça leur chante, mais quand quelqu’un d’autre le fait, c’est un argument spécieux. Ces mathématiciens sont plus glissants que des anguilles. Si vous mentionnez un développement, ils vous dirigent vers un autre, proclamant que le vôtre a été supplanté. Si vous parvenez alors à détruire le nouveau, ils en trouvent un troisième derrière lequel se cacher. Et vous ne les trouverez jamais à adresser les points centraux de vos papiers. Par exemple, je n’ai jamais obtenu d’aucun mathématicien une réponse aux points essentiels de cet article. Ils les ignorent et choisissent des arguments tangentiels avec lesquels ils peuvent me faire perdre mon temps indéfiniment. Ceci est, en soi, un signe des temps].

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4 Le reste de la fondation
Retournons maintenant à la fondation. La pierre suivante que je poserai concernera le taux de changement et la façon dont le taux de changement s’applique à la ligne des nombres cardinaux. Le taux de changement est un concept qui est très difficile à séparer du monde physique. C’est parce que le concept de changement est étroitement attaché au concept de temps. Ce n’est pas l’endroit pour entrer dans une discussion sur le temps ; il suffit de dire que le taux de changement est à son niveau le plus abstrait et le plus mathématique lorsque nous l’appliquons à la ligne des nombres, plutôt qu’à une ligne physique ou à un espace physique. Mais le concept de taux de changement ne peut pas être laissé indéfini ni être pris pour allant de soi. Ce concept est au cœur du problème du calcul et nous devons passer un peu de temps à l’analyser. J’ai déjà montré que les variables dans une équation de courbe sont des nombres cardinaux, et en tant que tels ils doivent être compris comme des variables delta. En termes mathématiques, ils sont des différences ; en termes physiques, ils sont des longueurs ou des distances. C’est parce qu’une courbe est définie par un graphe et un graphe est défini par des axes. Les nombres sur ces axes signifient des distances à partir de zéro ou des différences : (x − 0) ou (y − 0). De la même façon, la ligne des nombres cardinaux est aussi un ensemble de distances ou différences. En fait, chaque axe sur un graphe peut être vu comme une ligne de nombres cardinaux séparée. Le graphe cartésien est alors simplement deux lignes de nombres placées zéro à zéro et à un angle de 90°.

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Ceci étant vrai, une soustraction d’un nombre à partir d’un autre — lorsque ces nombres sont pris de graphes cartésiens ou de la ligne des nombres cardinaux — est la soustraction d’une distance à partir d’une autre distance, ou d’une différence à partir d’une autre différence. Écrit mathématiquement, cela ressemblerait à ceci : ∆∆x = ∆xf − ∆xi où ∆xf est le nombre cardinal final et ∆xi est le nombre cardinal initial. Ceci est bien sûr rigoureux à l’extrême, et peut sembler sans objet. Mais soyez patient, car nous allons redécouvrir des choses qui n’auraient pas du être oubliées. Cette équation montre qu’un nombre cardinal représente un changement à partir de zéro, et que la différence de deux nombres cardinaux est le changement d’un changement. Tout ce que nous avons fait est de soustraire un nombre d’un autre et nous obtenons déjà un changement du second degré. En suivant cette méthode stricte, nous trouvons que tout entier soustrait du suivant est égal à 1, ce qui doit être écrit ∆∆x = 1. Sur un graphe, chaque petite boîte est large de 1 boîte, ce qui fait que la différence d’une boîte à la suivante est égale à 1. Pour aller de la fin d’une boîte à l’autre, vous avez parcouru 1. Cette distance peut être une distance physique ou une distance abstraite, mais dans tous les cas c’est le changement d’un changement et doit être compris comme ∆∆x = 1. Quelqu’un pourrait m’interrompre ici et dire : « Vous avez juste un delta de plus en chaque point par rapport à l’usage commun. Pourquoi ne pas simplifier et retourner à l’usage courant en effaçant un delta à tous les endroits ? ». Nous ne pouvons faire cela, car nous n’aurions pas de représentation standard pour un point. Si nous laissons une variable nue représenter un nombre cardinal, qui n’est pas un point comme je l’ai déjà démontré, alors nous n’avons plus rien pour représenter un point. Pour éclaircir le problème, comme je le crois nécessaire, nous devons laisser x, y et t représenter des points, des instants ou des ordinaux, et uniquement des points, des instants ou des ordinaux. Nous ne devons pas regrouper les ordinaux et les cardinaux, et nous ne devons pas regrouper les points et les distances. Nous devons rester scrupuleux dans nos assignations. Ensuite, on peut arguer que nous pouvons placer n’importe quel nombre dans des équations de courbes et les faire fonctionner, pas seulement des entiers. Vrai, mais les lignes du graphes sont en général des entiers. Chaque boîte a une largeur d’une boîte, pas d’un moitié de boîte, e boîte ou π boîte. C’est important, car les lignes définissent le graphe et le graphe définit la courbe. Cela signifie que l’axe des x lui-même a un taux de changement de 1, ainsi que l’axe des y et l’axe des t. La ligne des nombres elle-même a un taux de changement de 1, par définition. Ma théorie des nombres, ici, ne fonctionnerait pas sans cela. Par exemple, la séquence 1, 1, 1, 1, 1, 1,. . . décrit un point. Si vous restez en 1, vous ne bougez pas. Un point n’a pas de TdC (Taux de Changement). Son

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changement est de zéro, son TdC est donc zéro. La séquence des entiers cardinaux 1, 2, 3, 4, 5,. . . décrit un mouvement, dans le sens que vous êtes à différents nombres en parcourant la séquence. D’abord, vous êtes à 1, puis à 2. vous avez bougé, dans un sens abstrait. Puisque vous changez de 1 nombre à chaque étape, votre TdC est constant. Vous avez un TdC de 1. Une longueur est un changement du premier degré de x. Chaque valeur de ∆x que nous avons sur le graphe ou dans une équation est un changement de cette sorte. Si x est un point de l’espace ou un nombre ordinal, et ∆x est un nombre cardinal, alors ∆∆x est un TdC. Je dois encore souligner que la ligne de nombres cardinaux a un TdC de 1, peu importe quelle sorte de nombres vous considérez. Des rationnels, des irrationnels, n’importe. Certains peuvent arguer que la ligne des nombres a un TdC de 1 uniquement si l’on parle d’entiers. Dans ce cas, elle possède une sorte de « cadence », comme on me l’a suggéré. D’autres disent que la ligne des nombres doit avoir un TdC de zéro, même de par ma façon de penser, puisqu’elle possède un nombre infini de points, ou nombres. Il y a un même nombre infini de points de zéro à un. Il s’ensuit que si vous « sautez » de l’un à l’autre, d’une manière physique ou abstraite, alors il vous faudra un temps infini pour aller de zéro à un. Mais cela n’est tout simplement pas vrai. Dans ce problème, opérationnellement, il se fait que les valeurs possibles pour ∆x ont un TdC de 1, quelles que soient celles que vous choisissiez. Si vous choisissez des nombres de la ligne des nombres pour commencer (et comment feriez-vous autrement), alors vous ne pouvez jamais séparer ces nombres de la ligne des nombres. Ils lui sont toujours connectés, par définition et opération. La ligne des nombres se « déplace » à un TdC de 1, donc l’écart entre tout nombre que vous prenez de x et y, de toute équation, se déplacera aussi avec un TdC de 1. Si ce n’est pas clair, prenons le cas où je vous laisse choisir des valeurs pour x1 et x2 arbitrairement, disons x1 = 0, 0000000001 et x2 = 0, 0000000002. Si vous n’êtes pas d’accord avec ma théorie, vous pouvez dire : « Mon écart est de seulement 0, 0000000001. Donc, mon TdC doit être beaucoup plus lent que 1. Une séquence d’écarts de 0, 0000000001 serait vraiment très très lente ». Mais elle ne serait pas lente. Elle aurait un TdC de 1. Vous devez supposer que vos 0, 0000000001 et 0, 0000000002 sont sur la ligne des nombres. Si c’est le cas, alors votre écart est dix milliards de fois plus petit que l’écart entre zéro et un. Donc, si vous reliez votre écart à la ligne des nombres — de façon à le mesurer — alors la ligne des nombres, galopant, traverserait votre écart dix milliards de fois plus vite que l’écart entre zéro et un. La vérité est que votre minuscule écart aurait un minuscule TdC uniquement s’il était son propre mètre-étalon. Mais dans ce cas, l’unité de base du mètre-étalon ne serait plus de 1. Il serait de 0, 0000000001. Un mètre, ou ligne des nombres, dont l’unité de base est définie à 1, doit avoir un TdC de 1, en tout point, par définition. De tout ceci, vous pouvez voir que j’ai défini le taux de changement de telle façon qu’il ne soit pas strictement équivalent à une vitesse. Une vitesse est un

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rapport, mais c’est un rapport qui a déjà été établi. Un taux de changement, de par mon usage ici, est un rapport attendant d’être calculé. C’est un numérateur attendant un dénominateur. J’ai appelé un delta un changement et deux deltas un taux de changement. Trois deltas seraient un taux de changement du second degré (ou TdC2), etc. """

5 L’algorithme
Avec tout cela établi, je suis enfin prêt pour révéler mon algorithme. Nous avons une définition étroite d’un taux de changement, nous avons nos assignations de variables établies clairement et de façon non ambiguës et nous avons la compréhension nécessaire de la ligne des nombres et du graphe. En utilisant cette information, nous pouvons résoudre un problème de calcul sans séries infinies ou limites. Tout ce dont nous avons besoin est une jolie table que j’ai établie exactement dans ce but. J’ai parcouru les livres de mathématiques de l’histoire afin de voir si cette table apparaissait quelque part. Je n’ai pas pu la trouver. Elle peut se trouver dans une bibliothèque quelque part, enterrée, mais si c’est le cas, je l’ignore. J’aurais bien aimé l’avoir sous les yeux lorsque j’apprenais le calcul différentiel à l’école. Elle aurait clarifié bien des choses.
∆x ∆2x ∆x² ∆x³ ∆x ∆x
4 5

1 2 1 1 1 1 1 2 1 1 1 1 2 6 14 30 6 36 150

2 4 4 8 16 32 1 2 3 7 15 31 2 12 50 180 6 60 390

3 6 9 27 81 243 1 2 5 19 65 211 2 18 110 570 6 84 750

4 8 16 64 256 1024 1 2 7 37 175 781 2 24 194 1320 6 108 1230

5 10 25 125 625 3125 1 2 9 61 369 2101 2 30 302 2550 6 132 1830

6 12 36 216 1296 7776 1 2 11 91 671 4651 2 36 434 4380

7 14 49 343 2401 16807 1 2 13 127 1105 9031

8 16 64 512 4096 32768

∆∆x ∆∆2x ∆∆x² ∆∆x³ ∆∆x4 ∆∆x5 ∆∆∆x² ∆∆∆x³ ∆∆∆x4 ∆∆∆x
5

∆∆∆∆x³ ∆∆∆∆x ∆∆∆∆x
4 5

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∆∆∆∆∆x4 ∆∆∆∆∆x
5

24 240 120

24 360 120

24 480 120

24 600

∆∆∆∆∆∆x5

de ceci, on peut prédire que ∆∆∆∆∆∆∆x6 = 720, 720, 720, 720, 720 et ainsi de suite. C’est ce qu’on peut appeler une simple analyse de nombres. C’est une table de différences. La première ligne est une liste des longueurs entières potentielles d’un objet. C’est également une liste des entiers cardinaux, comme vous pouvez le voir. C’est aussi une liste des valeurs possibles pour le nombre de boîtes que nous pouvons compter dans notre graphe . Elle est donc à la fois physique et abstraite, de façon à pouvoir être appliquée dans tout sens que l’on désire. La ligne 2 liste les longueurs potentielles ou valeurs de boîte de la variable ∆2x. La ligne 3 liste les valeurs de boîte possibles pour ∆x2 . La ligne 7 débute les différences du second degré. Elle liste les différences de la ligne 1, comme vous voyez. Pour trouver les différences, j’ai simplement soustrait chaque nombre du suivant. La ligne 8 liste les différences de la ligne 2, et ainsi de suite. La ligne 14 liste les différences de la ligne 9. Je crois que vous pouvez suivre la logique du reste. Maintenant, retirons-en les lignes importantes et listons-les dans l’ordre : ∆∆x ∆∆∆x² ∆∆∆∆x³ ∆∆∆∆∆x4 ∆∆∆∆∆∆x5 ∆∆∆∆∆∆∆x6 1 2 6 24 120 720 1 2 6 24 120 720 1 2 6 24 120 720 1 2 6 24 120 720 1 2 6 24 120 720 1 2 6 24 120 720 1 2 6 24 120 720

Apercevez-vous quelque chose ? 2 × ∆∆x 3 × ∆∆∆x² 4 × ∆∆∆∆x³ 5 × ∆∆∆∆∆x4 6 × ∆∆∆∆∆∆x5 etc. Voilà. Nous obtenons l’équation courante de la dérivée, juste à partir d’une table. Tout ce que j’ai à faire maintenant est expliquer ce qu’elle signifie. Plutôt que de regarder où les différences approchent de zéro, comme le faisait le calcul différentiel, j’ai regardé pour les endroits où les différences sont constantes — = = = = = ∆∆∆x² ∆∆∆∆x³ ∆∆∆∆∆x4 ∆∆∆∆∆∆x5 ∆∆∆∆∆∆∆x6

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comme dans la seconde table. J’ai du regarder de plus en plus loin dans la table des taux de changement pour les trouver à chaque fois, mais ils sont toujours là. Le calcul différentiel résout à partir d’une différence proche de zéro. Je résous à partir d’une différence constante. Leur différence n’est jamais pleinement définie ou expliquée (en dépit de leurs affirmations) ; la mienne le sera dans les paragraphes qui suivent. J’expliquerai en grand détail, plus bas, ce qui est exprimé lorsque je re-développe l’équation de la dérivée ; mais tout d’abord laissez-moi commenter les aspects importants de cette table. La table est générée par une théorie basique des nombres, comme je l’ai déjà dit. Cela signifie que c’est vrai pour toute variable. C’est une analyse de la ligne des nombres, et les relations entre des entiers et tous les exposants d’entiers. Nous pouvons donc utiliser l’information dans la table afin d’obtenir plus d’information sur toute équation de courbe. L’information dans la table est définie par la ligne des nombres elle-même. Cela veut dire qu’elle est vraie par définition. De cette façon elle peut être vue comme un cache d’information préexistantes ou d’égalités tautologiques. Comme vous pouvez le voir, la table n’a pas besoin de preuve, puisqu’elle est tout simplement une liste de données. C’est une résultat direct de la notation exponentielle, et je n’ai rien fait d’autre que de lister des valeurs. Lagrange proclamait que les séries de Taylor étaient le moteur secret derrière le calcul différentiel, mais cette table est le moteur secret derrière les séries de Taylor comme derrière le calcul. Je ne crois pas personnellement que les Grecs cachaient un quelconque algorithme ou tout autre mécanisme, mais s’ils l’ont fait, c’était cet algorithme-ci qu’ils cachaient sûrement. Je ne crois pas qu’Archimède était au courant de cette table, car s’il l’avait été il n’aurait pas continué à chercher des solutions avec des séries infinies. Le calcul différentiel fonctionne uniquement parce que les équations du calcul fonctionnent. L’équation y = n xn−1 et les autres équations du calcul sont les faits opérationnels primaires des mathématiques, pas les preuves de Newton, Leibniz ou Cauchy. La plus importante reconnaissance par Newton et Leibniz fut que ces équations généralisées étaient les choses dont on avait le plus besoin, et qu’elles devaient être atteintes par n’importe quel moyen. Le moyen dont ils disposaient à la fin du 17e siècle était une preuve utilisant des infinitésimales. Une preuve légèrement manipulée donnait des résultats qui écrasait tout ergotage philosophique, et cette preuve a tenu jusqu’à aujourd’hui. Mais ce que fait réellement le calcul, lorsqu’il proclame examiner des différences de plus en plus petites et des limites, c’est de prendre de l’information de cette table. Cette table et les relations entre les nombres qu’elle révèle sont les fondations des équations du calcul, pas des séries infinies ou des limites. Pour le dire en termes encore plus directs, les égalités ci-dessus peuvent être utilisées pour résoudre des équations de courbe. Par « résoudre », je veux dire

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que les égalités listées dans cette table sont substituées dans les équations de la courbe de manière à nous donner des informations que nous ne pourrions pas obtenir autrement. Les problèmes de taux de changement sont donc résolus par le biais d’une simple substitution, plutôt que par une preuve complexe impliquant des infinis et des limites. Une équation de courbe nous dit qu’une variable change à un taux égal au taux auquel une autre variable change. La table ci-dessus nous dit la même chose, mais dans celle-ci la même variable se trouve des deux côtés de l’équation. Donc, il est évident que tout ce que nous avons à faire est de substituer de la bonne manière et nous avons résolu notre équation. Nous avons pris de l’information de la table et l’avons mise dans l’équation de la courbe, amenant de la nouvelle information. C’est réellement aussi simple que ça. La seule question à se poser est : « Quelle information cette table contient-elle vraiment ? ». Et : « Quelle information nous donne-t-elle après substitution dans une équation de courbe ? ». J’ai défini ∆x comme une distance linéaire à partir de zéro sur le graphe, dans la direction des x (si le mot « distance » a un sens trop physique pour vous, vous pouvez substituer « changement à partir de zéro »). ∆∆x est alors le changement de ∆x, et ainsi de suite. Puisque ∆∆x/∆∆t est une vitesse, ∆∆∆x est une sorte d’accélération constante attendant d’être calculée (étant donné un ∆∆t). Dans ce sens, ∆∆∆∆x est une accélération variable attendant d’être calculée. ∆∆∆∆∆x est le changement d’une accélération variable, et ∆∆∆∆∆∆x est le changement du changement d’une accélération variable. Certains vont demander : « Est-ce que ces sortes d’accélération existent réellement ? On a du mal a les imaginer. Comment des choses peuvent-elles changer aussi vite ? ». Des variables à grand exposant nous disent que nous avons affaire à ces sortes d’accélération, qu’elles existent dans des situations physiques ou non. Le fait est que des accélérations complexes existent dans la vie réelle, mais ce n’est pas ici l’endroit d’en discuter. La plupart des gens peuvent imaginer une accélération variable, mais ils sont perdus au-delà. Il est évident que, dans des situations strictement mathématiques, des changements peuvent changer jusqu’à l’infini. J’ai dit, dans le paragraphe précédent, que la vitesse est ∆∆x/∆∆t. Cela doit être ainsi, selon mes notations. La notation courante assume que les variables d’une équation de courbe sont des variables nues : x, t. J’assume qu’elles sont des variables delta, ∆x, ∆t. Mais je suis d’accord avec la théorie actuelle que la vitesse est un changement de ces variables. La vitesse doit donc être ∆∆x/∆∆t. Vous allez dire : « Alors vous impliquez que la vitesse n’est pas une distance parcourue dans un temps. Vous dites, par votre notation, que la vitesse est un changement de distance par rapport à un changement dans le temps ». Précisément. Voyez la chose de cette façon : supposons que je me trouve au nombre 3 sur une grande règle. J’ai montré que le nombre trois dit au monde que je me trouve à trois centimètres de l’extrémité. Il nous donne une distance. Maintenant, puis-je utiliser cette distance pour calculer une vitesse ? Comment ? Je viens de dire que

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je me trouvais là. Je ne bouge pas. Il n’y a pas de vitesse impliquée, il serait donc ridicule d’en calculer une. Pour calculer une vitesse, nous devons avoir une vitesse, auquel cas je dois me mouvoir d’une marque numérique sur la règle jusqu’à une autre. Auquel cas nous avons un changement de distance, vous voyez. Vous pouvez répondre : « Et si vous vous trouviez à l’origine, pour commencer ? Alors la distance et le changement de distance seraient la même chose ». Ils seraient le même nombre, oui. Mais mathématiquement, le calcul impliquerait toujours une soustraction, si vous mettiez par écrit tout cela. Il y aurait toujours l’implication que ∆∆x = ∆x(final) − ∆x(initial) = ∆x(final) − 0 . Votre nombre final serait le même nombre et la magnitude serait la même, mais conceptuellement, ce n’est pas la même chose. ∆x et ∆∆x sont tous les deux mesurés en mètres, mais ils ne sont pas la même chose conceptuellement. Une façon de se débarrasser d’une partie de cette confusion est de différencier entre longueur et distance. En physique, ces deux notions sont souvent utilisées de façon interchangeable. Dans notre problème de taux de changement, nous pouvons créer plus de clarté en assignant un mot exclusivement à une situation et l’autre mot à l’autre situation. Assignons longueur à ∆x et distance à ∆∆x. Un nombre cardinal représente une longueur à partir de zéro. C’est l’extension entre deux points statiques, mais aucun mouvement n’est impliqué. On devrait certainement se déplacer pour aller de l’un à l’autre, mais une longueur n’implique aucune variable de temps, aucun changement dans le temps. Une longueur peut exister en l’absence de temps. Une distance, par contre, ne le peut pas. Une distance implique la présence d’une autre variable, même si cette variable n’est pas une variable physique comme le temps. Par exemple, pour réellement voyager d’un point à un autre implique du temps. La distance implique du mouvement, ou il implique un changement de second degré. Une longueur est un changement statique en x. Une distance est un mouvement d’un x à l’autre. """

6 La dérivation
Maintenant, voyons ce que nous dit la valeur courante pour la dérivée, selon ma table. Si nous avons une équation de courbe, disons

∆ t = ∆x3 alors la dérivée est

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∆ t = 3∆x2 À partir de ma table, nous pouvons voir que 3∆∆∆x2 = ∆∆∆∆x3 Donc, 3∆x2 = ∆∆x3 [Les deltas peuvent être éliminés entre ces égalités particulières] 5 Et,

∆t

= 3∆x2 = ∆∆x3

∆ t = ∆x3 Il s’ensuit que
5. Pourquoi pouvons-nous éliminer les deltas ici ? C’est une question très importante. Un delta est-il une variable ? Est-ce que chaque delta est égal à tout autre delta ? La réponse est qu’un delta n’est pas une variable ; et que chaque delta n’est pas égal à tout autre delta. Il s’ensuit que les règles d’annulation sont un peu délicates. Un delta n’est pas un symbole mathématique par luimême. Vous ne le verrez jamais écrit tout seul. Il est connecté à la variable qui le suit. Une variable et tous ses deltas doivent donc être pris comme une seule variable. Ceci semblerait impliquer que l’annulation des deltas est interdite. Cependant, une analyse plus précise montre que dans certains cas, cette opération est permise. Une variable et tous ses deltas représentent un intervalle, ou une différence. En un point particulier du graphe, elle serait un intervalle particulier. Mais dans une équation générale, elle représente tous les intervalles possibles de la variable. Comme vous pouvez le constater à partir de ma table, certaines variables deltas ont la même valeur d’intervalle en tout point. La plupart ne l’ont pas. Les variables à haut exposant possédant peu de deltas ont un fort taux de changement. Cependant, toutes les lignes dans la table dépendent de la première ligne. Notez que chaque ligne peut se lire « Si ∆x = 1, 2, 3 etc, alors cette ligne est vraie ». Vous pouvez constater que vous donnez ces valeurs à ∆x dans chacune des autres lignes afin d’obtenir cette ligne. Chaque ligne de la table ne fait rien d’autre que retravailler la première ligne. La ligne trois est ce qui arrive lorsque vous prenez le carré de la ligne un, par exemple. Donc, la variable sousjacente ∆x est la même pour chaque ligne de la table. Il s’ensuit que si vous mettez des égalités entre une ligne et une autre, les taux de changement sont relatifs l’un à l’autre. Ils sont tous des taux de changement de ∆x. C’est pourquoi vous pouvez éliminer des deltas ici. Tout ceci revient à dire que si x se trouve des deux côtés de l’équation, vous pouvez annuler des deltas. Autrement vous ne pouvez pas.

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∆ t = ∆∆t

La dérivée est juste le taux de changement de notre variable dépendante ∆ t. Mais je le répète, c’est le taux de changement d’une longueur, ou période. Ce n’est pas le taux de changement d’un point ou d’un instant. Un point sur le graphe représente une valeur pour ∆ t, pas un point dans l’espace. La dérivée est un taux de changement d’une longueur (ou d’une période de temps). Maintenant refaisons cela sans utiliser ce que nous savons déjà du calcul. Prouvons la justesse logique de l’équation dérivée à partir de la table sans faire aucune supposition sur la véracité de l’équation historique. On nous donne donc l’équation de la courbe et une courbe sur un graphe. ∆ t = ∆x3 . Nous regardons alors ma seconde petite table pour trouver ∆x3 . Nous constatons que la différence est constante (6) quand la variable change à ce taux : ∆∆∆∆x3 . Vous allez dire : « Attendez, expliquez-moi cela. Pourquoi allez-vous là-bas dans la table ? Pourquoi nous soucier de savoir où la différence est constante ? ». Nous nous en soucions parce que lorsque la différence est constante, la courbe n’est plus courbée sur cet intervalle. Si la courbe n’est plus courbée, nous avons une ligne droite. Cette ligne droite est notre tangente. C’est exactement ce que nous recherchons. Montrons maintenant ce que signifie 2∆∆x = ∆∆∆x2 . L’équation nous dit : « Deux fois le taux de changement de x est égal au taux de changement du second degré de x2 ». C’est un peu comme dire « Deux fois la vitesse de x est égal à l’accélération de x2 ». Ces égalités sont juste des égalités numériques. Elles n’impliquent pas des relations spatiales. Par exemple, si je dis : « Ma vitesse est égale à votre accélération », je ne dis rien sur nos vitesses. Je ne dis pas que nous nous mouvons de la même manière ou couvrons le même sol. Je note simplement une égalité numérique. Le nombre que je calcule pour ma vitesse se trouve simplement être le même nombre que vous calculez pour votre accélération. C’est une relation numérique. Cette relation numérique est la base du calcul. La table ci-dessus est juste une liste de certaines relations légèrement plus complexes. Mais elles ne sont pas très complexes, bien sûr, car tout ce que nous avons à faire est de soustraire un nombre du suivant. Maintenant, examinons de nouveau notre équation donnée, ∆ t = ∆x3 . Que nous dit exactement cette équation ? Puisque le graphe nous donne la courbe — la définit, visualise, tout — nous devrions y aller pour trouver la réponse. Si nous désirons dessiner la courbe, quelle est la première chose que nous faisons ? Nous assignons des nombres à ∆x et regardons ce que nous obtenons pour ∆ t,

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oui ? Quels nombres assignons-nous à ∆x ? Les entiers, bien sûr. Vous pouvez voir que si nous assignons des entiers, alors ∆x change au taux de un. Comme je l’ai prouvé ci-dessus, nous n’avons pas besoin de mettre des entiers. Même si nous mettons des fractions ou des décimales, ∆x changera au taux de un. Ce ne sera pas si facile de dessiner la courbe. Si ∆x change au taux de un, alors ∆ t changera au taux de ∆x3 . C’est tout ce que l’équation nous dit. Maintenant que nous voyons clairement ce que tout représente, nous sommes prêts à résoudre. On nous donne ∆ t = ∆x3 Nous trouvons, d’après la table, 3∆∆∆x2 = ∆∆∆∆x3 Nous simplifions 3∆x2 = ∆∆x3 Nous cherchons ∆∆ t. Nous notons que ∆∆ t = ∆∆x3 puisque nous pouvons toujours ajouter un delta des deux côtés 6 . Nous substituons

∆∆ t = 3∆x2 ∆∆ t = ∆ t Donc ∆ t = 3∆x2
6. Nous sommes autorisés à ajouter des deltas des deux côtés de l’équation dans ce cas parce que nous ajoutons les mêmes deltas. Les deltas ne sont pas toujours équivalents, mais nous pouvons multiplier les deux côtés par des deltas qui sont équivalents. Ce qui se passe, c’est que nous avons une égalité, pour commencer. Nous donnons alors le même taux de changement aux deux côtés : de cette façon l’égalité est maintenue.

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Je vais maintenant expliquer les étapes une à une. L’équation finale se lit : « Quand le taux de changement de la longueur ∆x est un, le taux de changement de la longueur (ou période, dans ce cas-ci) ∆ t est 3∆x2 ». La première partie de cette phrase est impliquée par mon explication précédente, mais il est bon de la voir à nouveau écrite ici, à sa place. Car elle nous dit que quand nous trouvons la dérivée, nous trouvons le taux de changement de la première variable (la variable primée) quand l’autre variable change au taux de un. Donc, nous ne laissons aucune variable approcher une limite ou aller vers zéro. Je répète, ∆∆x ne va pas vers zéro. C’est le nombre un. C’est pourquoi vous pouvez le laisser disparaître au dénominateur de la preuve courante du calcul. Dans la preuve courante, la fraction ∆y/∆x (ce serait écrit ∆∆y/∆∆x dans ma notation) est amenée à une limite, à savoir ∆x est amené vers zéro, nous dit-on. Mais d’une façon ou d’une autre, la fraction ne va pas vers l’infini, elle va vers ∆y. L’explication historique n’a jamais été satisfaisante. J’ai montré que c’est simplement parce que le dénominateur est un. Un dénominateur de un peut toujours être ignoré. Vous pouvez maintenant demander : « OK, mais comment saviez-vous chercher ∆∆ t ? Vous avez montré ci-dessus que la preuve courante le recherche, mais vous étiez supposé résoudre sans emprunter aucune supposition de la preuve courante ou utiliser le calcul. Pourquoi le recherchiez-vous ? Que représente-t-il dans votre interprétation ? Qu’arrive-t-il sur le graphe ou dans la vie réelle qui explique ∆∆ t ? » Bonne question. En expliquant cela, je peux en finir avec cette preuve. J’ai montré que par la façon même dont le graphe et l’équation sont construits, nous pouvons montrer qu’il doit être vrai que ∆∆x = 1. Étant donné cela, que recherchonsnous ? La tangente à la courbe sur le graphe. La tangente à la courbe sur le graphe est une ligne droite intersectant la courbe en (∆x, ∆ t). Chaque tangente touchera la courbe en un seul (∆x, ∆ t), sinon ce ne serait pas la tangente et la courbe ne serait pas différentiable. Puisque la tangente est une ligne droite, sa pente sera ∆∆ t/∆∆x. Nous avons donc besoin d’une équation qui nous donne un ∆∆ t/∆∆x pour chaque valeur de ∆ t et ∆x sur notre courbe. Rien ne pourrait être plus simple. Nous savons que ∆∆x = 1, nous recherchons donc juste ∆∆ t. ∆∆ t ∆∆ t = = ∆∆ t ∆∆x 1 ∆∆ t est la pente de la tangente en chaque point de la courbe sur le graphe. Si ∆ t = ∆x3 , alors ∆∆ t = 3∆x2 . """

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7 Application à la physique
Nous avons résolu la première partie de notre problème. Nous avons trouvé la dérivée sans le calcul et avons assigné ses valeurs à l’équation générale en ce qui concerne la pente de la tangente à la courbe. Maintenant, nous devons nous demander si nous pouvons assigner cette équation à la vitesse en tout « point de la courbe ». Ce n’est plus une question mathématique. C’est une question physique. La réponse paraît être « oui ». ∆∆ t/∆∆x = ∆∆ t = (∆ t) . J’avais initialement pris t comme variable dépendante, mais c’était un choix arbitraire de ma part. Si j’avais pris x comme variable dépendante, alors nous aurions obtenu (∆x) = ∆∆x/∆∆ t. La dérivée ressemble donc à une vitesse. Mais la vitesse en un point sur le graphe n’est pas la vitesse en un point dans l’espace, et donc la pente de la tangente ne s’applique pas à la vitesse instantanée. C’est la vitesse pendant une période de temps d’accélération, pas la vitesse en un instant. Vous allez dire : « Oui, mais par votre propre méthode, nous pouvons continuer à éliminer des deltas, auquel cas nous obtiendrons ∆∆ t/∆∆x = ∆ t/∆x = t/x. Si les ∆ t sont égaux, alors les t sont égaux, et ainsi de suite ». Non, ils ne le sont pas. Notez que l’équation x/t ne décrit même pas une vitesse. C’est un point sur un instant. Ce n’est pas une vitesse. Ce n’est même pas une fraction ayant un sens. Comme je l’ai montré, t dans ce cas est réellement un nombre ordinal. Vous ne pouvez pas avoir un ordinal en tant que dénominateur d’une fraction. C’est absurde. En réduisant cette dernière fraction, vous êtes en train de dire que 5 mètres/5 secondes serait égal à la cinquième marque sur le cinquième tic de l’horloge. Mais la cinquième marque en mètres est équivalente à la première marque en mètres et à la centième marque en mètres. Et le cinquième tic est le même que tout autre tic. Je pourrais alors dire que 5 mètres/5 secondes = 5e marque/5e tic = 100e marque/7e tic. Charabia. De plus, votre méthode d’annulation n’est pas permise. J’ai annulé des deltas entre des égalités dans des circonstances strictement analysées (x se trouvait des deux côtés de l’équation) ; vous annulez dans une fraction. Vous simplifiez une fraction en annulant un delta dans le numérateur et dans le dénominateur. Ce n’est pas la même chose qu’annuler un terme des deux côtés d’une équation. Il est évident que ∆∆ t/∆∆x ne peut pas être égal à ∆ t/∆x, car la dérivée n’est pas la même chose que les valeurs en un point sur le graphe. La pente d’une courbe n’est pas juste ∆y/∆x. Un delta ne représente pas un nombre ou une variable, il ne s’annule donc pas de la même manière. Il peut parfois s’annuler dans une égalité, comme je l’ai montré. Mais le delta ne s’annule pas dans la fraction ∆∆ t/∆∆x, parce que ∆ t et ∆x ne changent pas au même taux. S’ils changeaient au même

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taux, nous n’aurions pas d’accélération. Les deltas ne sont donc pas équivalents en valeur et ne peuvent être annulés. Vous répondrez : « OK, très bien. Mais si la vitesse que vous avez trouvée n’est pas une vitesse instantanée, elle doit être une vitesse sur un certain intervalle. Vous avez montré que ce n’est pas la vitesse sur l’intervalle ∆xfinal − ∆xinitial. Cela s’applique uniquement si la courbe est une ligne droite. Alors, quel intervalle est-ce donc ? ». C’est la vitesse sur le nème intervalle de ∆∆x, où ∆∆x = 1 [Si t était la variable indépendante, alors l’intervalle serait ∆∆ t]. Une fois encore, ∆∆ t/∆∆x est l’équation de vitesse, selon notre équation donnée. Il s’ensuit que la vitesse en un point donné sur le graphe (∆xn , ∆ tn ) est la vitesse sur le nème intervalle ∆∆x. Très simple. L’équation de vitesse nous dit cela elle-même : le dénominateur est l’intervalle. Chaque intervalle ∆∆x est un, mais la vitesse sur ces intervalles n’est pas constante, puisque nous avons une accélération. La vitesse que nous trouvons est la vitesse sur un sous-intervalle particulier de ∆x. Le sous-intervalle de ∆x est ∆∆x. La vitesse peut être écrite de cette façon : ∆t ∆∆x Nous ne somme pas allés vers une limite ou vers zéro ; nous sommes allés vers un sous-intervalle — l’intervalle directement sous la longueur et la période. Qu’estce que je veux dire par là ? Je veux dire que nos intervalles basiques ou différences sont ∆x et ∆ t. Mais si nous avons une équation de courbe, nous avons une accélération ou son équivalent mathématique. Si nous avons une accélération, alors tandis que nous mesurons une distance et une période, quelque chose se meut en dessous de nous. Nous avons un changement de changement. Un taux de changement. Nos intervalles basiques deviennent des intervalles de changement. Pas si difficile à imaginer. Cela se passe tout le temps. Tandis que je marche dans l’aéroport (mesurant le sol de mes pas et avec ma montre), me voici sur un trottoir roulant. Le sol a changé sur un sous-intervalle. Il change sur un seul sous-intervalle, et donc je ressens une accélération uniquement sur ce sous-intervalle. Une fois que je suis à la vitesse du trottoir roulant, mon changement stoppe, le sous-intervalle se termine et je suis à une nouvelle vitesse constante. Le sous-intervalle n’est pas un instant, il est le temps (commencement du changement) du temps (fin du changement). Mais en accélération constante, je passerais d’un trottoir roulant à un autre plus rapide durant chaque sous-intervalle subséquent, et je continuerais à accélérer. Tout ceci signifie que le sous-intervalle n’est pas un instant. Il est une période définie de temps ou de distance, et ce temps ou distance est donné par l’équation et le graphe. Comme je l’ai montré exhaustivement, le sous-intervalle dans tout graphe où la longueur de boîte est un et la variable indépendante est ∆x est

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simplement ∆∆x = 1. Si nous assignons la longueur de boîte au mètre, alors ∆∆x = 1 m. Si nous trouvons la vitesse « en un point », alors nous devons assigner cette vitesse à l’intervalle précédent ce point. Pas un intervalle infinitésimal, mais l’intervalle 1 mètre. Si nous assignons alors cette vitesse à un objet réel en un point de l’espace, un objet que nous avons tracé avec notre graphe et notre courbe, alors la vitesse de l’objet doit aussi être assignée à l’intervalle de un mètre qui précède. Vous allez dire : « Mais un objet réel n’accélère pas d’un seul coup, ni la courbe sur le graphe. Nous devrions être à même de trouver la vitesse en tout point fractionnel, dans l’espace ou sur le graphe ». Oui, vous pouvez, mais la valeur que vous obtiendrez s’appliquera à l’intervalle, pas à l’instant. Vous pouvez trouver la vitesse à la valeur ∆x = 5 m ou ∆x = 9, 000512 m ou à toute autre valeur, mais toute vitesse s’appliquera à l’intervalle métrique précédant la valeur. Vous direz : « Bon Dieu, nous devons être plus précis que ça. Est-ce que je ne peux pas rendre cet intervalle plus petit d’une façon ou d’une autre ? ». Bien sûr : assignez juste votre longueur de boîte à une magnitude plus petite. Si vous avez des boîtes d’un ångström, alors l’intervalle précédant votre vitesse est aussi d’un ångström. Cependant, notez que vous ne pouvez pas assigner arbitrairement une magnitude. C’est-à-dire que si vous mesurez vraiment votre objet à la précision d’un ångström, très bien. Vous pouvez retrouver cette précision sur votre graphe. Mais si vous n’êtes pas aussi précis dans votre opération de mesure, alors vous ne pouvez pas assigner une très petite magnitude à votre longueur de boîte juste parce que vous voulez être plus près d’un instant ou d’un point. Votre graphe est une représentation de votre opération de mesure. Vous ne pouvez pas manipuler cette opération sans tricher. Ce serait comme utiliser plus de chiffres significatifs qu’il ne vous est permis. Ceci signifie que, en physique, la précision de la mesure de vos variables détermine complètement la précision de votre vitesse. C’est logiquement exactement comme ça que ça doit être . Nous ne devrions pas être capable de trouver la vitesse en un instant ou en un point quand nous ne pouvons mesurer un instant ou un point. Une vitesse instantanée aurait une précision infinie. Nous avons une marge d’erreur dans toute mesure de longueur et de temps, puisque nous ne pouvons obtenir une précision absolue. Mais jusqu’ici nous nous attendions à trouver des vitesses et des accélérations instantanées, ce qui impliquerait une précision absolue.

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8 La dérivée seconde — accélération
Comme étape finale, permettez-moi de montrer que la dérivée seconde n’est pas trouvée, elle non plus, en un instant. Il n’existe rien de tel qu’une accélération instantanée, pas plus qu’il n’existe de vitesse instantanée. Ce que nous recherchons pour l’accélération en un point sur le graphe est cette équation : ∆∆∆ t ∆∆x

∆t =

L’accélération est traditionnellement ∆v/∆ t. En notation courante, cela nous donne (∆∆x/∆ t)/∆ t. Selon ma notation en deltas supplémentaires, cela serait écrit [∆(∆∆x)/∆∆ t]/∆∆ t. Mes variables ont été mises à l’envers dans cet article, ce qui signifie que j’ai trouvé la pente et la vitesse comme t/x plutôt que x/t. Inversons donc la dernière équation [∆(∆∆ t)]/∆∆x]/∆∆x. Comme nous l’avons déjà montré, ∆∆x = 1, et donc cette équation se réduit à ∆∆∆ t. Pour l’accélération, nous cherchons ∆∆∆ t. Le dénominateur est un, comme vous pouvez clairement le constater, ce qui signifie que nous cherchons toujours ∆∆∆ t sur un sous-intervalle de un, pas un intervalle diminuant vers zéro ou vers une limite. On nous donne ∆ t = ∆x3 Nous trouvons à partir de la table 3∆∆∆x2 = ∆∆∆∆x3 Nous simplifions 3∆∆x2 = ∆∆∆x3 Nous cherchons ∆ t ou ∆∆∆ t. Nous notons ∆∆∆ t = ∆∆∆x3 puisque nous pouvons ajouter les mêmes deltas aux deux côtés. Nous substituons

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3∆∆x2 = ∆∆∆ t

Retour à la table 2∆∆x = ∆∆∆x2

Simplifions

2∆x = ∆∆x2

Substituons une fois de plus

6∆x = ∆∆∆ t

En ∆x = 5, ∆∆∆ t = 30. Le sous-intervalle pour l’accélération est le même que le sous-intervalle pour la vitesse. Ce sous-intervalle est 1. """

9 Récapitulatif
La preuve est complète. L’analyse de Newton était fausse, ainsi que celle de Leibniz. Pas de fluxion impliquée, pas de valeur qui disparaît, pas d’infinitésimale, pas d’indivisible (autre que zéro lui-même). Rien n’est amené vers zéro. Aucun dénominateur n’allant vers zéro, aucun rapport n’allant vers zéro. Aucune progression infinie impliquée. Même Archimède était dans l’erreur. Archimède inventa le problème avec son analyse, qui tendait vers zéro il y a 2200 ans. Tous étaient coupables d’incompréhension du problème et d’une incompréhension du taux de changement. Euler et Cauchy étaient dans l’erreur aussi, car ça n’a aucun sens de vouloir donner un fondement à une fausseté. Le concept de limite est historiquement une invention ad hoc en ce qui concerne le calcul différentiel : une erreur qui peut maintenant être jetée par dessus bord. Ma redéfinition de la dérivée, comme

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un simple taux de changement de la variable dépendante, demande une ré-analyse de presque toutes les mathématiques supérieures 7 . Tout ce gâchis fut bâti sur une erreur monumentale : tous ces mathématiciens pensaient que le point sur un graphe ou sur une courbe mathématique représentait un point dans l’espace ou un point physique. Il n’y a donc aucun moyen, pensaientils, de trouver un sous-intervalle ou une différence sans tendre vers zéro. Mais le sous-intervalle est juste le nombre un, comme je l’ai montré. C’était la première chose donnée du graphe et de la ligne des nombres. La différence ∆∆x = 1 définit le graphe en entier et toute courbe à l’intérieur de celui-ci. Cette différence constante est le dénominateur de toute dérivée possible — première, seconde ou dernière. La dérivée n’est pas la limite, quand ∆x tend vers zéro, de ∆f(x)/∆x. C’est la valeur ∆f(x)/1. Et c’est précisément pourquoi le calcul ombral fonctionne. L’interprétation courante et le formalisme du Calcul des Différences Finies est tellement complexe et inutilement abstrait qu’il est difficile de dire ce qui se passe dedans. Mais mon explication simple de ce calcul montre clairement la fondation, même à ceux qui ne sont pas experts dans ce sous-domaine. Une fois que vous limitez le Calcul des Différences Finies aux entiers, que vous bâtissez une table simple et que vous refu7. Par exemple, ma correction apportée au calcul change la définition du gradient, qui change la définition du Lagrangien, qui change la définition du Hamiltonien. Chaque domaine mathématique est réellement affecté par ma redéfinition de la dérivée. J’ai montré que tous les domaines mathématiques sont des représentations d’intervalles, pas de points physiques. Il est impossible de mettre en graphe ou de représenter un point physique sur tout domaine mathématique, cartésien ou autre. Le gradient est dès lors le taux de changement sur un intervalle défini, pas le taux de changement en un point. La topologie symplectique dépend aussi des suppositions que j’ai démolies dans cet article. Si les points d’un graphe cartésien ne sont pas des points dans l’espace réel, alors les états de la mécanique quantique ne sont pas des points dans un espace de phases symplectique. L’espace de Hilbert s’effondre aussi, car le formalisme mathématique ne peut s’appliquer aux domaines en question. Spécifiquement, la séquence des éléments, quels qu’ils soient, ne converge pas en l’espace vectoriel. Dès lors, l’espace mathématique n’est pas équivalent à l’espace réel, et l’un ne peut complètement prédire l’autre. Cela signifie que l’« incertitude » de la mécanique quantique est due (au moins en partie) aux maths et pas au fondement conceptuel. Ce qui revient à dire que les diverses difficultés de la physique quantique sont avant tout des problèmes d’espace mal défini d’Hilbert et de mathématiques mal utilisées (algèbre vectorielle), et non pas des problèmes de probabilité ou de philosophie. En fait, toutes les topologies sont affectées par cet article. La topologie élémentaire fait la même erreur que le calcul en assumant qu’une ligne dans R2 représente un sous-espace à une dimension. Mais j’ai montré qu’une ligne dans R2 représente une vitesse, ce qui n’est pas un sous-espace à une dimension. J’ai prouvé dans la section 2 ci-dessus qu’un point dans R2 est déjà une entité à deux dimensions, et donc une ligne doit être un sous-espace à trois dimensions. Dans R3 , une ligne représente une accélération. Dans R4 , une ligne représente un cition (∆a). Puisque la vitesse est une quantité tri-dimensionnelle — requérant les dimensions y et t, par exemple, plus un changement (un changement implique toujours une dimension supplémentaire) — il suit qu’une ligne dans Rn représente un sous-espace à (n + 1) dimensions. Cela signifie que toutes les algèbres linéaires et vectorielles doivent être réexaminées. Les tenseurs sont mis sur un pied différent également, et c’est une appréciation généreuse. Aucune supposition mathématique dépendant des suppositions traditionnelles du calcul différentiel, de la topologie, de l’algèbre linéaire ou de la théorie de la mesure n’est intacte a la suite de cet article.

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sez de considérer des choses comme les différences vers l’avant et les différences vers l’arrière (qui ne sont rien d’autre que du barda), le nuage commence à se dissiper. Vous donnez la différence constante 1 à la table, pas arbitrairement mais parce que la ligne des nombres elle-même contient une différence constante de 1. Nous avons défini le nombre 1 comme la différence constante du monde et de tout espace possible. Les mathématiciens semblent aptes à l’oublier, mais c’est ainsi. À chaque fois que nous appliquons des nombres à un problème, nous définissons automatiquement notre différence de base comme 1. Ce que cela signifie, opérationnellement, est que dans beaucoup de problèmes, les exposants commencent à agir comme des indices, ou l’inverse. Pour voir ce que je veux dire, retournez à la table ci-dessus. Parce que l’entier 1 définit la table et la différence constante en elle, les exposants peuvent être écrits comme des indices sans aucun changement dans les maths. Une fois que nous avons défini notre différence de base à 1, nous ne pouvons pas faire autrement que refléter la plupart des maths d’indices, car les indices sont bien sûr basés sur la différence 1. À moins que vous ne soyez très iconoclaste, vos indices changent de 1 à chaque fois, ce qui veux dire que vos indices ont une différence constante de 1. C’est ainsi que procède le Calcul des Différences Finies, lorsqu’il est utilisé pour remplacer le Calcul Infini et pour dériver une équation comme je l’ai fait ici. Il n’est donc pas étonnant que d’autres équations indicées — si elles ont basées implicitement ou explicitement sur une différence de 1 — sont différentiables. Au-delà de ça, en redéfinissant le problème complètement, j’ai été capable de prouver que les valeurs instantanées sont des mythes. Elle n’existent pas sur une courbe ou sur un graphe. De plus, elle impliquent une précision absolue pour pouvoir trouver des vitesses et des accélérations, quand les variables dont sont faits ces mouvements — distance et temps — ne sont pas, et ne peuvent être, absolument précises. Des valeurs instantanées n’existent pas même en tant que concept mathématique indéfini dans le calcul, car on y est arrivé en assignant des différences en diminution à des points qui n’étaient pas des points. Vous ne pouvez pas postuler l’existence d’une limite en un « point » qui est déjà défini par deux différences, (x − 0) et (y − 0). Je suis parvenu à tout ceci grâce à un algorithme simple et facile à comprendre. Le calcul peut maintenant être enseigné sans mystification. Aucune preuve difficile n’est requise ; rien ne doit être cru sur parole. Chaque étape de ma dérivation est à même d’être expliquée en termes de théorie basique du nombre, et tout étudiant des hautes écoles apercevra la logique en substituant les valeurs de la table dans l’équation de la courbe. [Comme preuve que le calcul ne tend pas vers une limite ou une infinitésimale et n’approche pas zéro, vous pouvez consulter mon second article sur l’équation orbitale de Newton a = v2 /r. Dans cet article, j’utilise l’équation sur la Lune, et

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je montre que l’accélération de la Lune due à la Terre n’est pas une accélération constante. En d’autres termes, elle n’apparaît pas en un instant ou sur un temps infinitésimal. Je calcule en fait le temps réel passant durant l’accélération donnée, montrant dans un problème spécifique que le calcul va vers un sous-intervalle, pas une limite ou une infinitésimale. Ce sous-intervalle est à la fois fini et calculable dans tout problème physique. Autrement dit, je trouve le sous-intervalle qui agit en tant que 1 dans un problème réel. Je trouve la valeur de la différence de référence]. [Dans un nouvel article, je prouve mon affirmation présente selon laquelle le calcul est fondamentalement incompris jusqu’à ce jour en analysant la solution présentée dans un manuel concernant l’accélération variable. Je montre que la première intégrale est utilisée là où la seconde dérivée devrait l’être, prouvant que les scientifiques ne comprennent pas les manipulations de base du calcul. De plus, je montre que le calcul est enseigné sens dessus-dessous, en définissant la dérivée à l’envers]. """

10 Addendum
Dans des articles subséquents, je montre comment mes tables peuvent être converties afin de trouver des intégrales, des fonctions trigonométriques, des logarithmes et ainsi de suite. Je pense qu’il est clair que les intégrales peuvent être trouvées simplement en lisant les tables de bas en haut plutôt que de haut en bas. Mais il y a plusieurs implications à ceci devant être complètement énumérées. Et la conversion en fonctions trigonométriques et autres est quelquefois plus difficile, mais nullement, j’espère, ésotérique en quoi que ce soit. Tout ce que nous avons à faire pour convertir ces tables en n’importe quelle fonction est de considérer la façon dont les nombres sont générés par les diverses méthodes, gardant à l’esprit les clauses dont j’ai parlé dans cet article. OOO

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