Bricqueville, Eugène H. de (1854-1933). Un Coin de la curiosité. Les anciens instruments de musique, par Eugène de Bricqueville. (1894).

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UN COIN

DE LA CURIOSITÉ

LES

ANCIENS

INSTRUMENTS

DE

MUSIQUE

PARIS. MOIIIÎAU Cic. — IMPRIMERIE DE L'ART E. 41. RUE DE LA VICTOIRE ET .

UEVILLE PARIS LIBRAIRIE DE L'ART S. 8 .UN. BOULEVARDDES CAPUCINES. COIN DE LA CURIOSITE LES ANCIEMSr-^ INSTRUMENTS Dt îvîf SIQUE PAR EUGÈNE DE BRICQ.

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perau « nouveau » : sonnage important par son volume. un grand clavecin. Chelyphile s'endormit.EPINETTE. De plus. à jacasser. s'adressant —. guitares. avec des voix éteintes et voilées. si vous voulez. mon ami venait d'installer da sareson Musée une épinette. si bien qu'après avoir placé en bon admirée. de la lutherie. tout ce vieux petit monde en bois. en cuivre. de celles que les Italiens nommaient nala. des vieux instruments Paul de musique. Ze souis les dernières oune petite spinetta en bois de cyprès. flûtes sa maison est l'Hôtel des Invalides des produits démodés. en ivoire. Ze languissais faite à Venise dans une dans boutique . je puis dire le plus intime. une exclamation comme celle qui salue un fut. l'été dernier. il faisait une chaleur étouffante. de (Collection Bricqueville. jour son acquisition et l'avoir longuement Alors. 11 aspire au titre de saint Vincent de et des luths.Pardon ! à le plaisir de parler ? qui avons-nous Ce L. clavecins.) LE SONGE D'UN COLLECTIONNEUR (DIALOGUE DE MORTS) Un de mes bons amis. l'accommodement laborieux.EPINETTE ITALIENNE. générale écolier faisant sa première le matin de la rentrée des classes : apparition « Un nouveau ! il y a un nouveau ! » Aussitôt. appelons-le Chely— s'est voué à la recherche et à la conservation phile. violes. en écaille se mit à bavarder. La poursuite avait été difficile. d'abord. et hautbois à la place d'honneur de Or. années du XVIe siècle.

nette ? Eccellenza. un clavecin à deux claviers. peintes sur mon fût. et un nègre empanaché frappait sur nos peaux à tour de bras. Ces militaires sont toujours mal embouchés ! LE TAMBOUR. pas l'armée. Nous en sommes aussi. d'où sortei-vous? je suis N'insultez du régiment des maugrebieu . Hommes noirs. C'est que. Vous avez peut-être. Ah non ! vous savez. appartenu à la reine Marie-Antoiquand un amateur m'a UN GROSTAMBOUR. distinguée et emportée dans cette galerie. LE CLAVECIN. voyez-vous. à vingt pas du premier escadron. UNE TROMPETTE. moi. sûre que vous avez figuré dans la chapelle de Charles X. vertueux serpent. UN TUOMBONE-BUCCIN (l83o). Ce sont les couleurs ! : DEUXTIMBALES. A merveille. sacrebleu ! UN SERPENT. vous n'ayez jamais pu réussir à Parlons-en. est beaucoup plus âgé. L'ÉPINETTE.— t> — assez sordida. parmi des bibelots hétéroclites. contemporain du roy Louis XVI. soyez la bienvenue. Mon collègue que vous voyez là-bas. Jetez un coup d'ceil sur les flammes rouges et blanches Suisses. Et vous. tonnerre ! Un cheval rouan magnifique nous portait. tout orné de peintures. J'ai sonné la charge à Fontenoy. Je suis. de votre embouchure. j'ai battu en tète de Messieurs de la Maison du Roy. faire six notes justes. signorina. pas de blagues. il remonte au commencement du règne de Louis XIV.

. nos conversations Ce basson est du autrefois? qui les distinguait ma compagnie commun... C'est vrai . DEUXIÈMEHARPE. Et moi. Oh ! de grâce. Avez-vous connu M. j'ai passé ma vie au fond d'un château. (Un basson à 6 clés. ne parlons pas politique ici. contemporain les premières mesures de la Marseillaise.. tendues et habilement par l'archet. les produits artistiques de cette UNE BASSE DE VIOLE. je suis trop loin. nous nous encanaillons un peu. chère ? PREMIÈREHARPE. instruments chez chère. Non. en province. Eh bien.. Je vous assure touchées qu'avec mes sept cordes bien je faisais un effet superbe. Avez-vous nous certains de bonne dernier remarqué. PREMIÈREHARPE.) TOUS. Assez ! assez! (Deux harpes causent entre elles discrètement J se met à jouer PREMIÈREHARPE. Comment petite épinette? Moi. UNE GUITARE. de la Révolution. par mépris. croyez-vous que je ne pouvais pas lutter avec avantage sous le rapport de l'élégance? Admirez ma rose découpée comme la plus merveilleuse dentelle et ces fines incrustations d'ivoire sur fond d'ébène. cette ma la trouvez-vous. de Voltaire appelait époque du gothique. M.UNE MANDORE. de Voltaire? DEUXIÈMEHARPE. Pouvez-vous la voir. que depuis qu'on a introduit n'ont plus le cachet à vent. Peuh.

Ce n'est pas comme le buccin. sous Louis-Philippe. clavier. Moi. c'est le xvie qu'il faut louer. UNE LYRE.BOUQUIN. UN CLAVICORDE. LE BUCCIN. Le xvme.—8 — UN CISTRE. le diapason et l'étendue dans mon épais fourreau qu'on me donnait au xive. Messieurs. époque où Ton m'a sottement abandonné. de plus disgracieux l'ophicléide Forveille et le cor de basset. du siècle de la lutherie par excel- UNE POCHETTE. UN LUTH. Nous sommes ici pour que moi : regardez cas que vous et ma facture n'a guère varié et non pour signaler nos défauts. du grand siècle. On s'aperçoit de suite qu'il n'a pu appartenir qu'à une musique de la garde nationale. Evidemment. En me considérant de cuir noir. Je suis dans le même pendant trois siècles. faire valoir nos avantages la discussion s'égare. Il y en a. Mesdames. . Ah ! parlez-moi lence. j'avais exactement la forme. UN CORNETA. nous valons beaucoup mieux que les instruments à UNE VIOLED'AMOUR. heureusement. Non ! le xvne. UNE VIRGINALE. Point du tout. UNE MANDOLINE. personne ne saurait dire si je date de 1700 ou de i35o. je m'en moque. Celui-là reflète bien le goût de l'époque qui l'inspira. Au début du xvmc siècle.

et pourtant. Et moi. que la goguetterie. dans ma aux mains d'un petit savoyard qui me martyrisait . la wohl. UNE BASSE DE FLUTE. Oui ! Mais il y a les parents pauvres. au rebours de celle des tames et que nous nous faisons une gloire vieillir. UN TAMBOURIN DE PROVENCE. Il est certain va de air inso- . je fus jouée par une grande dame qui imitait la reine Marie Rien qu'à voir ma jolie tête sculptée cette vielleuse renommée. pour les instruments. que j'ai appartenu à un rustre ? Bon qui tambourinait UNE CORNEMUSE. décorent et dites luxe d'habillement péronnelle. célébrité. avec mes chalumeaux mes clés et mon bourdon d'ivoire. nous sommes. Allons. ma robe de velours bordée de point d'Espagne et mon chard'argent. on devine que je n'ai pas été faite pour un Bien dit ! D'autant plus que nous avons eu. ne valent ne l'oubliez de la même DEUXIÈMEMUSETTE (à part). Et moi. regardez si mes qualités de . allons. les incrustations d'étain qui me pas votre famille. une seule. Moi qui vous parle. tous. UN HUCHET. Et cela compte à peine un siècle et demi d'existence! UN HAUTBOISALLEMAND. virtuose du pavé. et mes ornements de nacre.. j'ai été arrachée. croyez-vous la cornemuse cela. mant pour petit soufflet.UNE VIELLE. Ces contemporains de Mme de Pompadour vous ont un petit lent !. Che suis fier de n'avoir que deux clés. jeunesse. du Luberon que c'est un ménétrier Supposez-vous sur ma caisse couverte de si délicates sculptures ? UNE MUSETTE. construction pas.. notre heure de il y a peu de temps. Leczinska.

autres. A vous parler franchement. blotte LA TROMPETTEMARINE. Je n'en possède qu'une. UN GALOUBET. Oh! si je ne craignais d'être indiscrète D'où vous vient donc ce nom de trompette marine? Trompette je le comprends encore. Que Dieu se montre seulement Et l'on verra soudainement Abandonner la place UNE FLUTE DE PAN. Mais marine. UN THÉORBE. j'ai failli passer pour un instrument grotesque. UNE PANDORELUTHÉE. Que chante-t-il donc? dit! Celle-là au moins a réussi à garder ses le son qui m'est sur un corps . Moi j'en ai dix-huit. tremeffleure. et cette dénomination Les plaisanteries de Molière aidant.J ( « J'ai failli » — a-t-elle illusions. mais elle est tendue de six pieds de haut. par un de ses pieds. Grâce à la manière dont l'archet vous attaque. et elle fait du bruit pour quarante. UNE TROMPETTE ALLEMANDE. UN ORGUE DE RÉGALE. Ma construction d'instrument à corde n'a rien qui rappelle un accessoire du dieu bizarre m'a valu plus d'un mécompte. je l'avoue.IO — UNE FLUTE A BEC. vous imitez assez bien. pourquoi marine? particulier. Neptune. et à l'agencement sur la table. A part. UNE TROMPETTE MARINE. des chevilles. à la position du doigt qui vous du chevalet qui. il est vrai. J'en ai vingt-quatre nous nous rattrapons sur le pour mon compte. Nous nombre instruments à cordes. Et moi pas du tout. je ne l'ai jamais su moi-même.

parapluies. le culte d'un collectant jour. Notre faisait sommes collectionneur servir au service l'a déniché chez un ministre protestant à Toulouse. et des taches un beau Enfin. de longues dans années. UN CLAVECIN.) Ces méridionaux sont envahissants ! UN THÉORBE DU XVIIe SÈCLE. D'abord. le cortège du Mardi-gras. Quelle singulière écrirait en réunissant mains des belles destinée est la nôtre! et le curieux l'existence les succès Enstiite qu'on brillante^ aux aux ballets du l'oubli injustifié. et aux concerts de la Cour.UN TAMBOURINDE GASCOGNE. (A part. les réparations intelligentes. après sous décès un « vente et des gens de qualité. Vous avez de la chance! par ma peau trouée. nous reléguant dans les greniers. moi. mon cher Théorbe. et l'admiration de tous les amis tionneur. Puis les hasards linceul de poussière. honorablement dans le grand salon et n'ai fait qu'un saut de cette rési- où vous me voyez aujourd'hui. cannes et leurs UNE BASSE DE FLUTE A BEC. Je n'ai pas connu les horreurs pendant deux siècles. » les longs séjours clans d'ignobles avec boutiques. dans. les croquants faisaient entrer leurs et antichambre. j'accompagnai. : je suis né à Montauban. . passionné des belles choses. les tables grasses de l'hôtel Drouot. un peu compatriotes UN FLAGEOLET ANGLAIS. plus de chevilles ni de chevades fêlures partout. UN TAMBOURIN.une j'ai figuré. Je porte fièrement la marque de Denner. le réveil. ce qui n'empêche que. les les défroques mains sales des commissionnaires à l'endroit où s'étaient s'appuyant posés lets. dames Roy. aux prises de la volume nos confidences. à la chapelle un caprice subit de la mode avec les vers. pendant un village. plus de cordes. du bric-à-brac . de jolis doigts. qui le Nous Il a été fait religieux. de moisissure. j'ai figuré d'un château célèbre en Provence dence à la place dont vous parlez. l'inventeur de la clarinette.

soigneusement dissimule nos rides. UN CLAVECIN. de Chambonnières.UNE CORNEMUSE-BOMBARDE.) UN CISTRE. les ignorants. On nous considère. UN ORGUE DE RÉGALE. ainsi que des bibelots de prix. et je chante encore la musique des maîtres qui charmon enfance. la famille complète dont j'étais le plus un nouveau comme Marais. Mes sept cordes m'ont enfin été rendues. les métiers de nous. entretenus. . mon clavier est bien réglé. Le dernier suite de quoi il m'a vendue pour acheter plus d'un siècle que j'apparqui. à ces instruments de pacotille de tringles. Voilà tenais à une honnête famille de ménétriers a fait grand soin de moi. mes sautereaux et de cuirs. Couperin. ce de clés et d'anneaux. On m'a mis plumes mèrent illustre ont été regarnis de neuves. Jamais je ne me suis senti aussi jeune. M. Moi j'ai servi à payer un harmonium Alexandre. que valent les qualités de timbre qui distinguaient UNE BASSE DE VIOLE. UNE HAUTE-CONTRE DE HAUTBOISJe possède une anche parfaite. époussetés. nous admire comme les reliques d'une époque dont grâce et la splendeur artistiques. avaient des études au Conservatoire. Rameau. de fines cordes passent à travers les étoulïbirs. le croient des cordes On nous nous fête. M. Et louches. Vienne et l'on saura si le violon et le violoncelle remplacent. de père en fils. et le plus de tous. chargés mes pareils. en un cornet à pistons. M. (Rire général. placés dans avons enfin trouvé le calme Bien soignés. attestons on la bel ornement. UN CLAVICOUDE. et suis prête à leur montrer. Mes crampons de cuivre sont à leur place. un jour discret définitif. Je n'ai pas été trop malheureuse. maintenant indignes nous en avons fini avec bien qui les aventures. nous UNE MUSETTE.

assure-t-on. Allons ! convenons nous abandonner. qui nous donc là. (Cris divers. guitares. des peaux que je vais battre J'ai de buffles des tirants intactes. horrible? Est-il assez bourgeois? TOUS. à bas le piano ! huées. cette sorte de commode en écoutez ces câbles de verni. harpes. violes. a tous mis en joie. . laid. au moins. LES POCHETTES. Oh ! oui. aux formes lourdes et massives. dans le salon voisin. Décidément. Me voici prête l'arrivée à jouer petite épinette nous une pièce de Frescobaldi. il me semble les vives confié. Mais. ? Le piano ! théorbes. que les musiciens ont eu une bien sotte instruments idée de je ne pouvais aussi d'église.UNE VIRGINALE. j'étais faux. claviarchiluths. à l'accompagnement des voix.. propres et virginales. épinettes cordes. Voilà notre Est-il assez vainqueur. Ah! le joli menuet que nous pourrions encore conduire. à bas. solides.) rires. tandis que leur harmonium des accords laid. aussi faux que moi. notes! de huit Et qui nous détrône. 11 me semble couleurs que les fleurs semées sur ma table reprennent auquel le facteur m'avait que leur donna l'aquarelliste UN TAMBOUR. tumulte. hurle constamment J'étais IN ARCHILUTH. donner qu'une note à la fois . LE SERPENT. clavecins. nous autres. détrône luths.. de cette UN TYMPANON. la charge contre les Anglais. palissandre laiton tressé vibrant de chaudronsous la percussion de cent marteaux Regardez niers.

.— 1-1- à coup on entend de se rompre. viennnent Tout un bruit strident. deux cordes de clavecin Et Chelyphile se réveille en sursaut.

les uns dans l'orchestre pour l'exécution courante des partitions. signale comme une nouveauté l'usage « de décorer l'intérieur des palais avec des orgues. dianoris et trombones. dans l'autre camp. trompettes. ces deux catégories. lOn ne se figure pas à quel degré de richesse est parvenue l'ornementation des instruments aux xvic. réside dans la perfection des formes et dans l'effet décoratif. doucincs. parmi les pièces reconnues des maîtres. Les produits de la lutherie s'adressaient à un nombre restreint d'amateurs. » Voici donc. flûtes. » Et il ajoute : « Les instruments de musique charment les oreilles et recréent les esprits. lyres. deux catégories de collectionneurs bien définies. n'étaient pas aussi étroitement délimitées qu'elles le sont ville. l'ébène. que les instruments de musique prirent place. monocordes. à l'époque où parurent les Ricordi. cornets. Ce n'est que plus tard. et les autres dans les cabinets de curiosité pour la satisfaction et l'émerveillement des yeux. (xvni<! siècle. xvnc et xvnic siècles. le cyprès.) aujourd'hui. davantage ils plaisent aux yeux quand ils sont travaillés par la main de maîtres excellents. aux clavecins. quand l'industrie se lit une place en dehors et au détriment de l'art. cornemuses. les moyens d'exprimer leurs idées musicales .A vrai dire. clavessins. psaherions. Dans la première.) (Collectionde Bricquc. XVIIIe DE ET XVIIe MUSIQUE SIECLES Un vieil auteur italien. Saba da Castiglione. le citronnier sont assemblés et sculptés par d'habiles ouvriers.LES COLLECTIONS D'INSTRUMENTS AUX XVIe. les arrangements les . aux flûtes. violes. baldoses et autres semblables. et il était rare que. aux orgues. aux cornets. beaucoup même étaient faits sur commande. nous trouvons les curieux d'objets « travailles — comme dit Saba — par la main de maîtres excellents » et pour qui toute valeur CORNEMUSE. écrivant ses Ricordi vers l'an 1545. Les bois rares. il s'en glissât de médiocres dues à des ouvriers de hasard. dès le xvic siècle. se rangent les musiciens qui demandent seulement aux violes. le cèdre. et aussi des luths.

Aujourd'hui. rubis. D'autres dont la caisse est en laque de Chine avec les pieds façonftés. de simple bois de noyer. D'autres en soie. comme rénumération des sacs de musettes. il n'est pas jusqu'aux chaudronniers qui n'exécutent des ciselures sur les cors. les trombones. par Boule le père. On peut voir de ces harpes au domicile de l'inventeur.000 écus? Et cependant. en gros de Naples. Tant il est vrai que tous les corps de métiers ont rivalisé de zèle. On pose des diamants sur les clés de mandolines et sur les boutons de harpes. améthystes. annonce à la date du 3 mai 1769 qu'il fabrique des harpes dont le corps est d'argent et « embellies. Les gainiers font servir leurs fers les plus fins à dessiner des arabesques autour des cornets et des serpents. etc. un luth tout en or. d'autres en damas.siiigloii-. dont le corps. indiquant une musette qui possède trois fourreaux de velours de couleurs différentes avec les ornements assortis. d'anneaux. émeraudes. mentionne un petit clavecin incrusté de perles et de rubis. ponceau. à la suite de Guillebcrt de Metz 2. Un facteur français. tc. à Paris.Voici encore des vielles recouvertes de trophées de nacre de perles. du baron Davillier. » Après cela. ou la viole de Duiffoprugear dont le fond représente'.iu Koi. alors même qu'ils pouvaient être indifférents à la destination primitive et nécessaire de l'appareil sonore? La première collection de ce genre est celle de Jacques Duchié. d'invention.2. » Sachant. Est-il surprenant que les curieux de tous les temps aient recherché ces bibelots insignes. L'inventaire de Laurent le Magnifique. psaltérions et autres. les timbales dont ils ont le monopole de la fabrication. des luths et des guitares. ou la Pandurina du Kensington.. vielles. des théorbes. le plus accompli de l'oeuvre d'art. goût. cornalines. les trompettes. agates.. saphirs. les tabletiers découpent la nacre. d'ailleurs.Au-d-i'ain. ce Parisien du xv° siècle. et je ne parle pas de ces étonnants violons de faïence comme ont le bonheur d'en posséder deux ou trois amateurs. Watt-eau. Peut-on rêver rien de plus somptueux que cette épinette d'Annibale de Rossi découverte par Clapisson et que garnissent près de deux mille turquoises. topazes. de ruches et de galons. pour faire de l'instrument de musique comme le spécimen le plus brillant. Il y en a de velours jonquille à réseau d'argent.. ou en vernis Martin relevé de bronzes dorés à l'or moulu. du prix de 3. de clés en vermeil ou en argent ciselé. orgues. le Mo'ise de Michel-Ange? Ouvrez le recueil des inventaires du xvnif siècle. affirme la chronique. à cocardes et glands d'or fin. étalant sur sa coquille Junon. de dentelle perlée._JMais le dernier mot de la recherche nous est fourni par une annonce du 2 janvier 1769.. 219. les fonds des violes. harpes. '.len. les orfèvres enrichissent les flûtes et les hautbois de viroles. de 1750 à 1770. vous n'y voyez que clavecins peints par e Oudry. « 11 possédait. reproduit en sculpture le Parnasse de Luca Penni. une salle remplie de toutes manières d'instruments. lapis. admirablement marqueté. . d'autre part.^/iisc'inn.-— 10"— plus compliqués de la marqueterie couvrent les éclisses des épinettes et des clavecins. Naderman. Diane et Venus dans un médaillon encadré de feuillages. On croit voir s'étaler la garde-robe d'une petite princesse de contes de fées. J'écaille et en font d'ingénieuses incrustations. l'ivoire. guilernes. dressé en 1492. peut-on mettre en doute l'assertion de Furetières qu'il s'est trouvé. si souvent cité. que vaut cette richesse toute d'application. des tympanons aux tables décorées de gouaches. de velours noisette ciselé. nous devons penser que ses instruments étaient dignes 1. cramoisi. Tableauîle Parisau xv siècle. en regard de l'orphéoréon. par les ornements les plus recherchés et du.) 2. époque de la grande vogue de l'instrument. d'habileté. Coypelj Van der Meu. 11" (C:it. meilleur. violet. etc. ajoute-t-il. des violes et des lyres à manches sculptés. quel goût précieux avait présidé aux acquisitions de maître Duchié. Rien de curieux. au-dessus de l'hôtel des mousquetaires noirs. rue de Charenton. vert. bordé du plus joli point d'Espagne.

Passons les monts. E quali istrumenti sono con grandissimo ordine in quelle distinti e appresso molti altri diversi strumenti tali usati e non usati. Il convient. ce duc magnifique dont le règne de 1537 à 1589 fut une série non interrompue de prodigalités folles et d'encouragements donnés à tous les arts sans exception. quegli altri liuti. Nous irons jusqu'à Ferrare admirer le Musée d'instruments d'Alphonse II d'Esté. questi cornetti. questi altri viuole. dette le camere de musici. dont le dialogue intitulé II Desiderio fut imprimé à Venise en 1594L C'est à cet CLAVECINFRANÇAIS(XVIIe SIECLE) de (Collection Bricqueville. 2 /\'\OÏf//->. Il est clair qu'Alphonse II ne possède pas 1. perciocchè in quelle si riducono ad ogni lor voluntate i musici servitori di Sua Altezza. quali sono di summa eccelenza nel sonare."-. quegli tromboni.) ouvrage intéressant à plus d'un titre que nous empruntons la citation suivante : « Ha l'Altezza due gran camere onorate. ici. dolzaine. . ribecchini. citare.. piffarotti.. Ercole Bottrigari..de figurer à côté des autres mirifiques objets garnissant le fameux hôtel de la rue des Prouvelles. » Vous avez bien lu : usati e non usati. La premièreéditionparut sousle nom de AMEMASO BENELLI. arpe e clavicembali. de laisser la parole à un contemporain.

Mahillon. Nous ne résistons pas au plaisir d'en donner le titre essentiel : « MusoetimSeptaliamtm. des curiosités en un mot. Miintz. qui. un luth double (ihéorbe). par conséquent. Son catalogue. L'habile facteur rackets. Elle comprend des instruments à vent: sourdines. Ajoutons qu'il entretient à sa cour des facteurs chargés de fabriquer des pièces nouvelles et d'effectuer les réparations nécessaires. celles de Manfred Scptala. Un pareil objet n'a pas de prix. instruments d'usage courant. un serpent harmonieux. et montées en des tons différents: il y a jusqu'à des contrebasses! plusieurs trompettes marines. mention est faite de cinq sourdelines (sortes de musettes à sac et à soufflet. maître renommé 1. flûtes de Pan autrefois usitées en France. il annonce un objet de toute rareté. un fragment du plus haut intérêt : c'est une boite renfermant un jeu complet de six cromornes ou tournebouts. dont on peut lire la description détaillée dans l'Harmonie universelle du père Mersenne]. deux oliphants. le laissa maladroitement échapper. des basses de viole. A telles enseignes qu'on voit figurer dans sa galerie ce fameux clavecin panharmonique de Nicolai Vicentini armé de six claviers.seulement des instruments destinés au concert ou à la chapelle. faites d'un bois très léger et odorant. Contemporain d'Alphonse II.ESTI. etc belge. courtaud. V. mais qu'il a encore des antiquailles. est conservé au liceo musicale de Bologne. » Ce laconisme n'est que pour la montre. le 4 janvier I58I. le collectionneur tel qu'on le comprend de nos jours. dit le texte latin. Il nous faut signaler. Parmi les chineurs. Plusieurs des pièces qui y figurent sont d'origine flamande.O ï'errara c la corleesiense. dressé en 1664. à Bruxelles. absolument uniques en leur genre. l'archiduc Ferdinand du Tyrol. un cornet d'ivoire. et signées par le fameux facteur anglais Graffus. Le quatrième duc de Ferrare est. Parmi tant de chefs-d'oeuvre révélés par les travaux récents de M. . regardé. des détails minutieux. Le 11 février suivant. violes bâtardes de fabrication 1. quantité de flûtes suisses. SOI. se trouve un lot d'instruments peu important comme nombre. en plein xviesiècle. mais de première qualité. il s'en trouve d'augustes. plusieurs flûtes doubles. fixé à Rome. des objets démodés. mais remarquables à certain point de vue. De cette splendide collection nous avons pu voir. entre autres une harpe double et un luth placés à côté des mêmes types indigènes (nostrale). Nous touchons au xvne siècle. Tout d'abord. Toujours en Italie nous rencontrons la collection de Pierre de Médicis. Ce qui n'empêche que notre administration des Beaux-Arts. Manfredi Septaloe patritii mediolanensis industrioso labore constrnetum. pour deux ou trois mille francs. extraordinaire. à qui il fut offert. dont le père Kircher fait une savante description à la page 469 de sa Musurgia nniversalis. par les meilleurs virtuoses de la città comme ayant toutes les perfections. dont Paul Marie Terzago s'est constitué l'historiographe. le seigneur Ippolito Fiorini. et en même temps il promet un nouvel envoi de luths signés de Pietro Alberto. formé un cabinet de toute beauté si on en juge par la partie qui est déposée au Belvédère à Vienne. un lot de 5o flûtes environ. Puis deux charamelles magnifiques (aussi des cornemuses). dont plusieurs basses. des harpes. ANCIEI. envoie un luth d'excellent facteur.ISQI. noble patricien milanais. M. cervelas. car le catalogue fournit volontiers. en 1879. tel monseigneur Masetti. lui aussi. avait. Une de ces sourdines a tous ses tuyaux d'ivoire. sous la dénomination de Ambraser sammlung. sous les ordres du conservateur en chef. et garnis de 42 clés en vermeil. entre les remarquables. des tympanons avec leurs baguettes d'ébène. Panli Marioe Ter\agi mediolanensis physici collegiati geniali laconismo description. fils de l'empereur Ferdinand Ier d'Autriche et neveu de Charles Quint. sans rivales. la plus brillante période de l'histoire des collections instrumentales. une harpe double. dit-il. Ensuite 10 cornemuses de Pietraceuus. pour chaque article. en a fait de très belles copies pour le Musée du Conservatoire de Bruxelles dont il a la conservation. un luth en ivoire.

fut admis à visiter ce qu'il restait des instruments de Contarini. le comte Pietro. qui le surnommaient l'Orfeo dei principi '.Fircnze. Domcnico le Pcsaresc. nous tombons dans un assemblage de choses bizarres.19 anglaise.S""Fevdinando Medici. d'ingéniosité et de complication. un cromorne rarissime et plusieurs cornets en ivoire ou recouverts de cuir d'un modèle particulier. avait lui-même composé une collection qui. etc. avec la plus grande partie de la riche collection du docteur Fau. de plus varié. Il y avait encore des merveilles reléguées dans les combles de l'hôtel. On y trouve 5 orgues portatifs (à regale ou à tuyaux). ce genre de curiosité sort des limites imposées à notre travail. que celui de Ferdinand de Médicis.Granprincipe i Toscana. décorés d'arabesques. sur l'ordre de Cosme III. signés de Baffo. à la famille Correr.. dit le catalogue. Cortona. vivait en 1869.Fait.) de » etc (Collection lîricsegna e in fede.iri. Notre compatriote put. Les Archives de la maison royale d'Italie DE possèdent en minute l'état qui fut dressé à cette occasion en 1716 MANCHE THEORISE. plus un clavecin de voyage (cimbalo di ripiegare. toutes les lamilles y sont représentées par des spécimens de premier ordre. Il a été reproduit dans le Gabinetto harmonico du P. l'inventeur du piano. puisque. cymbales exotiques rapportées de ses voyages lointains par Manfred Septala. sans compter lyres. Qu'il suffise de citer un orgue renfermant dans ses flancs sept instruments différents : l'orgue proprement dit. Girolamo Zenti. dont un descendant. deux archivioles. des lyres ornées d'inscriptions. 11ne faut pas s'étonner de cet amas. Contarini n'a épargné aucune dépense.1 s dei d ^74. ami et protecteur des plus illustres artistes de son temps. avoir « ricevuto in con(xvii" siècle. 16 épinettes dont plusieurs montées 1. Cristoforo. avant de signer. à la garde de Bartolomeo Cristoforo. il n'en est pas de plus beau. cithares. parcourant l'Italie à la recherche d'antiquités. à sa mort survenue en 171?. Avec Michèle Todini (né à Saluces en 1625). le théorbe. Tout cela a pris place dans le Musée du conservatoire de Paris. fils du Grand-Duc de Toscane Cosme III. etc. un chalumeau primitif. paraît-il. et que Cristoforo déclara. On a prétendu que cet immense appareil était décoré de peintures' du Poussin. D'ailleurs. véritables monuments de patience. une galerie où se voient toutes les sortes d'instruments que l'on peut s'imaginer.) intéressant. de tous les cabinets formés au xvnc siècle. de plaques d'ivoire gravé. Nous y rentrons avec la description de la galerie du seigneur Contarini procurateur de Saint-Marc « On trouve au troisième étage de son palais. des clavecins. de Venise. le clavecin.. des épinettes. dit le Mercure galant (juin 1681). l'épinette octave. Ce prince. cinq ou six archiluths ou théorbes absolument admirables. acquérir un assez grand nombre de pièces parmi lesquelles une ravissante petite basse de viole. Bonnani à la planche 33. de Gaspar da Salo. le luth. fut confiée. Ruckers.. Mais. Le docteur .. le plus substantiel qui existe sur la lutherie du xvi° et du XVII1siècles. lavoro fato in Francia) et qui est certainement l'ouvrage de Marius alors dans toute sa nouveauté.T. sans trop de peine. M.Cenni toricidcl S. LETO Pui. etc. 20 clavecins superbes. pour avoir les instruments les plus particulières (sic). etc.- . mano propria La liste de ces i55 instruments fournit le document le plus queville. » La succession de ce richissime seigneur échut.

id>3. timbales et une contrebasse « ayant appartenu. B.. la plupart des grands seigneurs possédaient un certain nombre de beaux instruments à la disposition de leurs musiciens attitrés. A la mort de Marchand. qui la céda à Vuillaumc. Entre autres. Il débute par un « orgue que l'on dit avoir appartenu à feu l'archiduc Albert. flûtes. et dans lequel les instruments tenaient une place importante. à défaut d'amateurs spécialisés. fort bonne et très ancienne. flûtes. et comprend encore des épinettes. clavecins. né en 1763. des luths. et décédé à Bruxelles en 1667. Il faut en déduire qu'à l'encontre de l'opinion généralement admise. de différents luthiers. 7 violons portant la marque de Stradivarius. et des psalterions. au contraire. le célèbre contrebassiste. i3 et 40 cordes. nous n'avons à citer. au d . et enrichi d'ornements du goût le plus délicat. etc més d'Italie ou de Flandre. cornets. en passant. Ces instruments figuraient dans une salle spéciale de leur hôtel et c'est là que la commission instituée pour saisir les biens des émigrés les trouva en 1793.B. pas mal d'artistes recherchent les belles pièces de lutherie. au même endroit. à sa vente après décès qui eut lieu le 10 décembre 17D9. Actuellement Muséedu Conservatoire e Bruxelles. et devint. Signalons.000 florins ». Les tètes de cheval sculptées qui terminaient les deux chcvillers étaient de pures merveilles. Dragonnctti. Mais il ne faut pas oublier que dans notre pays. d'après la liste de Spon * que le nom d'un M. les produits de l'art antérieurs à l'époque où ils vivaient. luths. des lyres à 12. on ne sait au juste où elle se trouve actuellement. en son vivant commissaire des monstres des armées du Roy. A cette époque. mise en évidence dans le but d'allécher les acheteurs. Le second est conservé par M. Gallay. et très rarement dans les concerts. le Moïse de MichelAnge. surmonté d'une figure de saint Luc d'après Raphaël. etc. Dcprct 2. est accolée à beaucoup d'instruments. M. Dovin. celui de . il laissa deux des plus belles pièces qu'on puisse voir : nous voulons parler de deux basses de Duiffoprugcar. exclusivement. 11 y en avait trente. Quant à la basse au Moïse. violes. des théorbes. les curieux d'autrefois ne dédaignaient pas. Nous avons pu en juger par la basse au plan de Paris qui figura à l'Exposition rétrospective du Trocadéro en 1878. Raoult. il a marqueté le dessin dit de l'Homme à la Chaise d'enfant attribue à Baccio Baudinelli. violons. nombre de violes de gambes. des violes de tous les formats. F. M. théorbes. Amati. J. des 2. i3 violes de gambes.T. qui s'attachait. de Montéclair. On peut rattacher au xvmc siècle. ainsi qu'en témoigne l'inventaire publié il y a deux ans par M. aux basses de violes. l'autre reproduisant. des chitarrone. etc. annoncés dans le cours du xvni0 siècle. trompettes marines. des flûtes. et couste 3. on vend quantité de violes. M.—-20 en cordes d'or. des hautbois. lui. Mais l'Italie n'est pas la seule à figurer dans ce livre d'or des collections d'instruments. cistres. tambourins. dit l'avis. demeurant près l'Hôtel de Bourgogne. » Cette mention d'ancienneté. un singulier collectionneur. la viole ne figurait plus du tout dans les orchestres. Steiner . l'une représentant sur la table de fond le plan de Paris au xve siècle. Dandeleu. des tout cela sortant des ateliers les plus renombassons. Recherche antiquitésde la villede Lyon. Elle passa de Roquefort à un amateur. C'était donc devenu presque un instrument de curiosité. — il appartient au comte de Waziers. Nous connaissons deux autres instruments similaires du grand artiste tyrolien. enfin. Sur le premier. En France. et qui recueille des faïences et des luths. Nous devons signaler un inventaire important dans les Pays-Bas. Roquefort-Flamericourt. qui possédait un très beau cabinet formé en grande partie à Londres.. à M. par exemple. guitares. 11 cornetti . de Caix. la propriété de M. De plus. Char1. auteur de travaux philologiques estimés. des guitares. recherchait également les beaux ouvrages de lutherie. Van der Stroeten a écrit une intéressante notice sur ce Dandeleu et sur son cabinet de musique.

de leur côté. Mahillon. Par le caractère particulier de leur sonorité. au-dessus. a rassemblé 5oo pièces pour lui servir de documents à un ouvrage qu'il méditait sous le titre d'Histoire générale des instruments de musique des différentes nations. MORTUA T Et. pour continuer dans le même idiome. en finissant. un très joli bouquet de fleurs. Il comprend près de cent cinquante pièces diverses. en Autriche. le peintre Louis Leloir. en général. Jubinal. présentant la série des familles d'instruments en faveur aux trois derniers siècles. avaient groupé un grand (Collectionde lîricqucvillc. l'histoire de la lutherie dans ses manifestations les plus intéressantes. Snoeck. sur la table du fond.don. pièce par pièce. et. à Vienne. Les deux premières sont allées grossir le fonds de notre Musée du Conservatoire. Quant aux galeries de M. nous trouvons les deux catégories de collectionneurs — indiquées au début. Savoye. TAMBOl'RIN1)K PROVENCE. sur la partie biseautée. On y voit. il ne faudrait pas que le culte exclusif de la forme fit oublier la destination primitive et nécessaire des instruments. luthier à Paris. ont été admirées à la récente Musik historischen Abtheilung. de mécanisme ou d'ornementation. Sauvageot. pointe d'envie : Beati possidentes ! nous ajouterons. Alexandre Krauss. les clavecins. Savoye et de M. le baron Davillier. Le curieux cabinet de M. de Renaix. que dominait le splendidc Musée de l'archiduc Franz-Ferdinand d'Autriche-Este. Au bas de la touche est gravée la célèbre et suggestive inscription : BULCE CANO. Samary. 11y avait aussi beaucoup de pièces de pure curiosité dans le catalogue du Musée Sax dressé en 1877. les amateurs de lutherie en dehors de ceux qui se vouent a la recherche des violons et des violoncelles italiens — sont séduits surtout par le côté « bibelot » des anciens instruments. M. Sera-t-il permis de citer. un dieu avec un génie ailé reposant sur des nuages. Tolbecque a été ac jtiis en 1879 par l'Etat belge. en ont possédées qui soutenaient dignement le voisinage des plus remarquables bibelots. Aussi trouve-t-on là un assemblage assez disparate mais en rapport avec le but poursuivi par le distingué musicographe. les guitares. celle de M.) nombre de très beaux instruments qu'ils ont généreusement offerts au Musée du Conservatoire de Bruxelles. En Belgique. Maintenant. Toutefois. MM. C'est le caractère des collections Clapisson. Tolbecque. qui n'offre quelques belles pièces se rattachant à l'histoire de la lutherie. pour citer les plus connus. plus tranchées que jamais. non sans une légère En pénétrant dans le xix° siècle. elles ont été dispersées par les commissaires de l'Hôtel Drouot en 1880 et 1S87. M. a réussi à reconstituer. la collection de M. DUM V1X1 ACUI. les flûtes à bec intéressent au plus haut point les musi- . et qui sont abandonnées. les violes. à Leipsig. du moins en certaines conditions de forme. Karl Zach. Paul de Witt. Au surplus. il n'est pas de collection d'objets de curiosité. le cabinet de musique de l'auteur de la présente étude. Samary. En Allemagne. de Vienne. de Florence.

basse et contre-basse. mieux qu'aucun autre objet ne saurait le faire. les timbales de cavalerie. réduite maintenant au violon. L'introduction du piano en France proscrivit l'usage des épinettes et des clavecins. dessus. Les trompettes d'argent. principalement dans les dernières années du siècle précédent et pendant les cinquante premières années de ce siècle. d'abord. Nous allons essayer de rechercher les motifs de cette disparition. Rien de plus fragile qu'une viole. archiluths. soit à pédales. Dans les fonds bombés. essayer de rendre la vie à toutes ces mélodies vieillies et décolorées. etc. ou à doutes. Durant plusieurs hivers. les pandores. les cistres de toutes dimensions. les luths. presque aussi répandues que les clavecins. les orgues de chambre. clavicordes. en somme. la famille extrêmement diversifiée des violes. cependant. colachons. Les grandes trompes de chasse mesurant jusqu'à un mètre de diamètre. les clavecins. telles que la guitare. Il convient. Il n'est pas jusqu'au tambourin de Provence qui ne fût précédé d'un soprano. angéliques. s'il s'agissait d'instruments à cordes. penorcons. Leur sonorité molle. s'il s'agissait d'instruments à vent. ont été fondues pour faire des écus de trois et six livres. comme aujourd'hui. qu'une belle pièce de lutherie du xvic. les lyra da bracchio elda gamba. nous met en communication directe avec les siècles disparus. et que rendaient nécessaires le peu d'habileté des exécutants. Jouer une pavane de Willam Byrd sur la virginale ou une suite de Bach sur le clavecin. Le son n'était guère modifié par ces tentatives. en vérité c'est bien la jouissance la plus exquise. Parfois. mettait son ambition à inventer un instrument nouveau ou à perfectionner les modèles connus. Chacun. On transforma ces derniers adroitement en vitrines ou encore — nous n'exagérons pas — en coffrets à avoine. soit ditales. assez communes autrefois. le bâchas. Et pourtant (yen n'est aussi rare. une guitare ou un luth. les buccins sont allés aux dépôts de vieux cuivre. les variétés étaient innombrables. théorbes. les lyres. C'est ainsi que . Pour les instruments à vent. Cette multiplicité de type dissimulait. sans compter les harpes. mais l'aspect extérieur y gagnait singulièrement. et la mauvaise conditions des perces. les luthiers n'étaient pas. Pour chaque type il existait une famille complète. L'organisation actuelle de l'orchestre ne nous donne aucune idée de la manière dont on groupait les instruments de musique depuis le xvic siècle jusqu'au milieu du xvme à peu près. une grande pauvreté d'exécution. accompagner sur l'orgue de régale un ancien psaume de Goudimel. les mandolines. Dans la classe des instruments à archet. Bien plus. de faire la part très large à la destruction accidentelle. on a alimenté les calorifères de notre Conservatoire avec les superbes clavecins qu'on avait déposés à l'Hôtel des Menus après les avoir confisqués aux émigrés. discrète. en harmonie avec les idées et les habitudes du temps où ils furent construits. la trompette marine et les vielles. mandores de tous les formats. traduire une pièce de Marais sur la basse de viole. rien que pour le genre hautbois on en compterait près de vingt. asservis à un modèle fixe. L'instrument une fois fêlé on le dépose au grenier où les vers ne tardent pas à en prendre définitivement possession. on avait encore la pochette. qui s'est exercé sur les instruments de musique comme sur tous les objets d'art. le vandalisme systématique et raisonné. la plus pénétrante qu'un homme de goût puisse s'offrir. copiée sur les divisions naturelles de la voix humaine. ayant chacune son échelle complète : pardessus. On avait les caisses à fond plat. les variétés étaient considérables. et suivi d'une basse. alto. 11y a ensuite la suppression pure et simple. les orpheoreons. au contraire. ténor.ciens assez bien doués pour ne pas enfermer étroitement leur art dans les procédés modernes. la timbale. épinettes et virginales. du xvnc et même du xvnic siècle. mais le nombre des instruments n'en était pas moins considérable. sous le rapport des modèles. les peintures trouvèrent grâce. Dans la catégorie des cordes pincées. les orgues de régales et les orgues portatives à tuyaux. dans le commerce de la curiosité.

PANDORE LUTHÉE 0 SlÈCLlï)..) Louis XIV. pour faire remettre un clavecin à neuf. Le voyageur anglais raconte comment il fit la connaissance de Balbastre. alors. corrobore absolument notre opinion. pour la plus grande gloire de la chifonieJJ citons encore. prit des leçons du fameux virtuose Francisco Corbetti. recouvertes de vernis Martin ou peintes par Audran. Mais dans la première moitié du xvmc la mode de cet instrument passa. D'autres facteurs l'imitèrent et les luths. à ce propos. et on s'adonna à la vielle. quelques lignes d'une curieuse brochure signée : Carbasus. en se conformant au goût du jour. pour la plupart. peint par un bon maître.. {La plupart des peintures de clavecins ont été faites après coup. de même que certains instruments contemporains d'Henri IV ou de Louis XIII ont leur couvercle décoré dans le goût de Bérain ou d'après la manière de MignardTfCe détail a son importance. le même artiste eut l'idée de transformer également en vielles des luths et des théorbes. Tel clavecin daté de 1600. et il ajoute : « Ce célèbre organiste m'a mené dans sa maison pour me montrer son beau clavecin de Ruckers. a des pieds de biche comme le commandait le style de la Régence. Deux ou trois ans plus tard. sont fréquemment désignées dans les ventesfJUn passage du livre de Burney intitulé The présent staie of Music in France and Italy. Ils n'en sont pas moins. et rédigé en 1771.le 7 mai 1766 on vendait à Paris « une épinette dont le couvercle. sur la mode des instrumens de musique. (Collectionde Bricqueville. Parrocel. de V. (XVII VLa guitare fut en faveur pendant tout le xvii 0 siècle. le sieur Bâton. peut servir de dessus de porte. luthier à Versailles. Coypel. de Denis. et sur la partie intérieure du couvercle se trouvent les principales scènes de Castor et Pollux. le chef-d'oeuvre de Rameau. » On devine où sera allé le coffre ainsi privé de sa partie décorative J Une remarque à ce sujet. on le fit. les théorbes. On ne se gênait pas. on les plaçait sur une table ou sur des tréteaux. et des oeuvres de Ruckers. et cette invention lui réussit avec un si grand succès que l'on ne voulait plus avoir que des vielles montées sur des corps de guitares. le plus souvent. Il y a fait mettre des peintures admirables. Ajoutez à cela quejîes premiers clavecins n'avaient pas de piétement. Les instruments de Jean Ruckers ont été construits vers la fin du xvi=siècle ou tout au commencement du xvne.. disparurent tout à fait. avait dans sa boutique quantité de vieilles guitares dont on ne se servait plus depuis longtemps. Quand on leur adjoignit un châssis reposant suides pieds et suivant les contours du coffre.» Balbastre n'est pas le seul qui ait rajeuni ainsi son clavecin et cette circonstance explique la contradiction qui existe souvent entre la date de la facture de l'instrument et le style des ornements qui l'accompagnent. et intitulée Lettre à M. Personne n'a su au juste quel littérateur-musicien facétieux se cachait sous le . lui-même. Or. décorés de sujets et d'attributs dans le goût le plus pur des deux siècles suivants. de Couchet. A l'extérieur on voit la naissance de Vénus. auteur du Temple du goust. assis sur un banc de gazon. On voit le célèbre compositeur lui-même. par exemple. Il coupa les manches et appliqua sur la table le mécanisme de l'instrument cher à la reine Marie Lecksinska. les mandores. et sans tenir compte de la date de l'instrument. Il imagina (en 1716) d'en faire des vielles.

il y a quelques années.— 24 — — sans preuves. enrichies par Bâton.. » Malheureusement. il se trouve un antiquaire qui offre quelques écus au harpiste. nous les avons revues entre les mains des virtuoses de la rue. voyons ce que sont devenues les violes. monté en guitare. reprit LE qui m'a bien coûté de l'argent et MAISTRE. emporte la harpe. et aussi l'abbé pseudonyme de Carbasus. du reste :— Grimm. par un large cordon bleu qui . Voici. le philosophe du Tableau de Paris. Que fit-on ? Les luths allemands et italiens avaient échappé au massacre. j'ai joué autrefois de la guitare. Il n'est pas rare de rencontrer un de ces instruments qui laisse encore deviner. reprit LE MAISTRE. le nom. d'où Sébastien Mercier. qui ont arraché les pédales dont ils ne savaient que faire. montées de 5 ou 6 cordes. » — « Un bon luth de Michelot mis en guitare. « J'eus le malheur. sans plus de succès. transformées en violoncelles. aux crosses sculptées et soutenues par des amours. de Cousineau. rquelques luthiers étendirent à leur industrie le procédé employé par les tailleurs. Je me trompai dans mon attente. On les fit rechercher. ces hybrides ont perdu toute valeur. attachées « sur une gorge souillée de vielleuse. qui m'a coûté bien des louis et des remords. votre — Quoi! Monsieur. d'Holzman. » Ces fragments servirent à l'abbé Sibire à faire des expériences sur l'élasticité des bois employés par le maître de Crémone. On a dit Goujet. » — Un vieux luth. Triste consolation ! Et qui sait le nombre de chefs-d'oeuvre qui sont ainsi venus expirer entre les mains de rapetisseurs inintelligents et maladroits ! Le Musée du Conservatoire de Paris possède. » etc. très délicate. cassé les sculptures et effacé les peintures. VOUS n'êtes donc pas informée que c'est le seul scrupule m'étonne. usage que l'on fait aujourd'hui des théorbes. ces vielles sont allées échouer dans quelques chaumières de Savoie. et le passage que nous détachons instructif. si j'en crois le récit de l'abbé Sibire. appelées violes de jambe. et font de détestables violons. des luths et des guitares? Ces instruments gothiques et méprisables sont en dernier ressort métamorphosés en vielles . aux colonnes cannelées et dorées. détruit le mécanisme. je vous en ferai faire une vielle organisée. Cette opération informe. ils firent de petits violons. d'un luthier célèbre du xviucsiècle. d'ailleurs. Alors. dit LA sacrifier cet instrument pour MARQUISE. que la guitare n'est plus à la mode. sous le numéro 1 du catalogue. marqué au feu. Bien entendu. L'opération. Chouquet lui con- . Et ces vielles magnifiques sur corps de luth ou de guitare. pinLouvet. Le dialogue est entre un maître de vielle et une dame qui prend leçon. l'auteur de la Chélonomie (1812). aux tables peintes par les Martin. » Et les harpes de Naderman. la brochure est amusante. un violon qui a subi une série de transformations assez curieuse. à plusieurs reprises. Stradivari avait disparu. dit-il. substituèrent aux chevillers renversés des chevillers à six cordes et. Les plus grandes. N'importe. Les plus petites. « LA MARQUISE : Monsieur. ont été. » Et maintenant. et qui consiste à couper des guêtres dans de vieux pantalons : avec de grandes violes. Prix : 72 liv. ne réussissait pas toujours. les miettes restèrent. Bien mieux. les gazettes imprimèrent des annonces ainsi conçues : « Un très bon théorbe mis en guitare. — Eh Madame.quelquefois a servi à une Majesté. de consentir à la dégradation d'une magnifique basse de cet auteur célèbre (Stradivarius) espérant tirer d'un instrument passé de mode un délicieux violon qui serait encore l'auteur même. ne m'a laissé de précieux que le surplus de la masse. par le Sr Voboam. ont été mises cri violons. la notice que G. par Fleury de trophées de nacre et d'incrustations d'ivoire. sous une triple couche de crasse. et j'en ai là une très ornée — Comme il est nécessaire d'avoir deux vielles. L'extrait infortuné alla se briser dans le moule . redorer et la revend à un Musée quelconque avec cette étiquette : « Harpe ayant appartenu à Marie-Antoinette. c'est là leur tombeau. ces harpes ravissantes. la mode de la vielle passa vite et la guitare revint en faveur vers la fin du siècle. la fait repeindre. les a vu revenir un jour. les luthiers réduisirent l'épaisseur des manches.

Mais. Vous avez lu. Kolliker. font aussi de merveilleux cache-pots. (Collectionde Bricsupérieure par un plateau en bois.25 — sacre : « Ce violon porte le monogramme de Gaspard Duiffoprugcar. On s'en sert pour déposer les cannes et les parapluies! Quelques-uns remplacent la peau (XVII* siècle). s'il est rare. les dentelles et les réseaux d'or et d'argent étaient les matériaux ordinaires de leur fabrication. des ridicules. puis. Pareille méprise s'était déjà produite au sujet d'un violon signé de 'Kerlino et portant la date de 1499. de listels. Le velours. avec une délicatesse. il en est qui sont passablement inattendues. une habileté inimaginables! Eh bien. »1L'instrument est donc de • Duiffoprugcar: . On a d'abord transformé Une viole de ce maître en petit violon. où il se trouvait avant d'entrer au Conservatoire.. c'est que Mesdames nos grand'mères ont utilisé ces enveloppes pour y mettre leur mouchoir. et ne se fiant qu'à l'étiquette. de trouver des musettes garnies de leur enveloppe authentique. ces délicieux tambourins tout couverts de rubans. en vérité. Vous connaissez les tambourins de Provence. le damas. et en font des guéridons! qucville. Maulaz. dans les THEORBE vestibules d'intérieurs soi-disant artistiques. tout se transforme. parmi ces transformations. leur bonbonnière et leur étui à lunettes. ou. Voici enfin deux autres variétés de mutilations qui ont bien leur charme.. comme on dit habituellement. tout à l'heure. époque où vivait Duiffoprugcar. en conclurent que la date de l'invention du violon devait être reculée et reportée aux premières années du xvie siècle. Et. Georges Chanot a fort habilement agrandi ce petit violon et lui a donné sa forme actuelle. Certains musicographes ayant vu l'instrument en question dans la collection d'un amateur nommé M.) Les beaux tambours de guerre en bois peint et décoré de trophées et d'armoiries.. sans doute. C'était simplement une ancienne viole dont un luthier de Paris. aujourd'hui. Un détail assez piquant. je crois. de bottes de laurier sculptés en plein bois de noyer. Maisil faut avouer aussi Qu'en venant de là jusqu'ici 11a bien changésur la route. la description de quelques sacs de musettes. ces tambourins sont utilisés. de nos jours. qui a formulé cet axiome célèbre : Rien ne se perd.. parce qu'il a été fait avec un instrument authentique de ce luthier célèbre. . Savezvous ce qu'on en a fait? des réticules. avait changé le manche en un manche de violon. C'est un chimiste.

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. La largeur est de 4 à 5 centimètres à l'endroit où se pose le chevalet. tandis que sur les bords de la table courent de petits ornements en pistaille. la forme des ouïes est caractéristique : elles consistent dans une échancrure assez fine. » Telle est la définition que donne le dictionnaire de Furetière. en trèfle. La longueur de l'instrument varie de 35 à 40 centimètres: il y en a de plus grandes qui atteignent à 5o centimètres. Celle qui porte le n° 104 est agrémentée d'une tête de femme. de même matière que la tête. en 1690. percé pour quatre chevilles. La hausse de l'archet. 11n'est pas rare que le fond en érable ou en ébène soit orné sur chacune des arêtes de filets d'ivoire. — les anciens auteurs les appellent en latin : linterculus. mais assez plate. dans une vitrine qui renfermeplusieurs ivoires de la collection Sauvageot (n° 1358 du catalogue). les dos sont garnis d'incrustations en matières . Tout à côté s'étalent d'autres I" OCHIiTT Y. pochettes en ébène. Les chevilles et la tête de femme qui surmonte l'instrument sont en ivoire etd'un travail exquis. Enfin. les têtes représentent des visages de négrillons naturellement par Stradivarius. courent des incrustations d'ivoire et de nacre. de nacre ou d'argent. le fond est en bois de cèdre et les chevilles sont enrichies de grenats. mince et allongée.LES DE DANSE POCHETTES DE MAITRES « Poche : petit violon que les maîtres à danser mettent dans leur poche quand ils vont montrer en ville. elle est recouverte d'écaillé brune. — ou à l'italienne. quelques-unes sont inférieures à un pied ancien. à mihauteur des ouïes. De dimensions ordinaires. Mais c'est surtout dans les collections du Musée du Conservatoire qu'on peut admirer de magnifiques spécimens de ces gignes minuscules. représente un dragon ailé. Ces pochettes sont dites en bateau. se termine en tête vivante. en ivoire. bien qu'on en trouve signées par des luthiers allemands et français. en écaille et même en roseau . sur la touche comme sur le cordier. mais d'une gigue. Le cheviller. Cinq ou six poches figurent à l'Hôtel de Cluny sous les n°s 7012 à 7017. et. car la plupart des poches ont la forme non d'un violon. Une des plus jolies poches-bateau que nous ayons vues se trouve au Musée du Louvre. rarement en volute. ne forme qu'une pièce avec le manche court et arrondi. La caisse à pans. en coeur. Violon est pris ici dans son sens le plus large : celui d'instrument à cordes frottées par un archet. enlevés dans de petits blocs d'ébène ou des figures de moines en ivoire encapuchonnés dans l'ébène . longue de quatre à cinq centimètres et percée à chaque extrémité d'une petite ouverture arrondie.

précieuses. plusieurs pochettes furent mises sur la table du commissairepriseur. ancien chef d'orchestre de notre théâtre italien. Elle est toute couverte de fleurs de lys d'or. CollectionSauvagcoi possèdent des poches plus ou moins ornées. une fort jolie pochette en écaille.430 francs. elle est accompagnée de son archet et d'un étui en chagrin. Voici la description de deux d'entre elles : « Charmante pochette du xvn° siècle. et l'imagination méridionale du trop fantaisiste critique ne lui aurait-elle pas fait voir un semis de fleurs de lys d'or là où se trouvent simplement les trois emblèmes de l'ancienne monarchie? L'hypothèse n'a rien que de très vraisemblable pour qui sait le peu de fonds qu'il convient de faire des assertions de Castil-Blaze. » « Autre petite pochette du xvne siècle. couverte d'incrustations d'argent. il est vrai. L'une d'elles. les chevilles. elle porte le nom de Antonius Medaro Mancy. » Elle a trouvé preneur à 1. » Qu'est devenu ce royal bijou ? Il nous a été impossible de le savoir. le sillet en ivoire. La pochette a figuré en haut lieu. — possède la pochette de Louis XIV. Toutes les collections d'instruments de musique POOMETTE. ainsi désignée sur le catalogue : « Petite pochette du xviue siècle en vernis Martin. elle est signée Matthus Hofl mans tôt. porte ] une étonnante tête d'ours coiffé de la couronne ducale. aussi incrusté. terminée par une tête de femme et incrustée de fils d'argent en torsade. la touche et le tire-cordes sont en bois d'ébène. — dit l'auteur de Molière musicien. Nous avons trouvé. si élégant par sa décora- . Ce bibelot t. La caisse est pentagonale. Au bas de la louche figure. si nous en croyons Castil-Blaze : « M. A la vente Samary.) est si gracieux par sa forme. paysages et amours musiciens. on en a vu adjuger une exquise. du (Musée Louvre. Pièce remarquable de forme et dans un parfait état de conservation . Le tire-cordes. à une vente de l'Hôtel Drouot. en argent gravé. 1 est décoré d'une figure d'ange tenant un médaillon I monogramme. sous une vitrine de l'Hôtel de Cluny et portant le n° 7012 du catalogue. corbeilles et guirlandes de fleurs en couleur sur fond jaune. Vidal. une des plus importantes qui aient eu lieu dans ces dernières années. l'écusson de France timbré de la couronne royale et entouré par deux branches de laurier. Ne serait-ce point l'objet auquel Castil-Blaze fait allusion. à médaillons. de très grand format. plaquée d'ébènc et se terminant par une tête de négrillon sculptée en ronde bosse . » Tout récemment. Antwerpen.

Etant donnée la variété de longueur du corps de l'instrument. C'était simplement un violon en raccourci. Croisilles. à revisser la poignée. des professeurs de danse donner leurs leçons à l'aide de la pochette. luthier lyonnais. les filets.— 29 — tion. en somme. je ne sais plus au juste. Dans le Musée. dans sa coupe générale. sans grande valeur à tous les points de vue. sont poussées dans les ventes actuelles jusqu'à un certain prix. on en profitait pour y loger un archet minuscule. Clapisson en possédait une bien étonnante en ivoire. terminé par une jolie volute bien fouillée. du modèle d'un très petit violon allongé . Jamais la pochette n'avait figuré dans un ensemble instrumental avant que Clapisson ne s'offrit la fantaisie d'en associer la maigre sonorité aux voix de l'orchestre. mais il est difficile de voir quelque chose de plus joli. dans son vernis. détail à remarquer. puis on retirait un anneau de corne La canne alors se partageait dans le sens de la longueur et l'une des parties n'était autre que l'instrument dont la tête plate portait quatre chevilles en fer pour les cordes. — la bonne époque des produits du maître crémonais. et par son manche distinct de la table du fond. moins recherchées par les amateurs de curiosité. dévisser le bec de corbin. et achetée plustard par l'auteur de la Fanchonneite. allait dans une autre maison célébrer son office. tantôt à l'autre des différentes écoles de la lutherie italienne ou allemande. sont loin d'être dédaignées par les collectionneurs musiciens. sa canne à la main.et curieuses ont tenu à en faire figurer dans leurs vitrines quelque exemplaire de choix. Leurs dimensions. joué par M. est diapasonné comme celui des violons ordinaires. Le corps de la pochette était creux. La pochette fut cédée par lui à Silvcstre. Nous rappellerons à ce sujet que Stradivarius a signé une magnifique poche se rapprochant par sa forme d'un violon. -. le manche. que par les dimensions. il n'a rien de déterminé et se rattache. Faisons remarquer à ce sujet que c'est par erreur qu'on appelle communément la pochette « dessus de violon ». qui fait corps avec la table. A-t-elle jamais fonctionné? Pouvait-elle même rendre un son quelconque ? Je ne sais. distingue. Ces petits instruments. offrent. Jubinal on pouvait voir une canne renfermant une pochette. le chevalet et les chevilles. Les ff. Les pochettes-violons. Quant à ce qu'on pourrait appeler le style de l'instrument. le manche est taillé dans la même pièce de bois que la table du fond. Celui-ci en fut à tel point ravi qu'il lui confia une partie dans son opéra : les Trois Nicolas. des qualités de forme et de vernis très variées et d'un intérêt réel pour l'histoire de la facture instrumentale. et la table d'harmonie. Nous avons vu. l'absence d'éclisses rapportées et la structure particulière du manche. et par ses éclisses rapportées. à vrai dire. Toutefois. La leçon terminée. . il est impossible de lui assigner dans l'échelle instrumentale une place fixe. et même ce petit violon figurait naguère sur les prix courants de plusieurs fabricants d'instruments. dans lequel sont comprises les éclisses et qui ne forme qu'un seul morceau avec elles. que la plupart des amateurs de choses rares. Il fallait. tantôt à l'une. laquelle est toujours calculée d'après la hauteur de la corde mise en vibration ou de la colonne d'air ébranlée. on avait ménagé la place d'un éventail. L'instrument se compose de deux parties : le'fond.sont semblables en petit aux accessoires correspondants du violon dont cette pochette ne se. il n'y avait qu'à replacer l'anneau. et qu'il eut un grand succès. il y a une vingtaine d'années. mais. d'abord. la pochette moderne se distinguait de l'ancienne et par ses dimensions plus larges. elle est admirablement soignée dans toutes ses parties. entre les deux tables. la touche. auxquels des luthiers célèbres ont donné volontiers leurs soins. dans ses ondulations. L'instrument portant la date de 1717. de modèle allongé. en effet. n'ont rien de bien déterminé . et le desservant de Terpsichore. elles varient de dix à vingt centimètres . — fut apporté en France par Tarisio à un de ses premiers voyages. qui se vendaient à rien il y a dix ans. Inutile d'ajouter que le morceau était une gavotte ou un menuet. Les pochettes-violons de facture ordinaire.

nous en avons vu un qui porte à sa partie supérieure une cavité destinée à recevoir un morceau de colophane Les uns ressemblent aux boîtes ordinaires de violon.) . Indépendamment des deux espèces de pochettes sur lesquelles nous nous sommes un peu étendu. ils mesurent de 33 à 35 centimètres. figure un ancien rebec. La coupe de ce délicieux bibelot est celle d'une râpe à tabac. les autres sont cylindriques. du bouton à l'extrémité de la tête. Toutefois.. parmi lesquelles des onyx et autres pierres dures jettent unie note particulièrement riche et originale. la poche du vêtement. entrèrent. ainsi qu'en témoignent du reste ces versiculets de Loret : Trois masquesqui se présentèrent Ayantrequis d'entrer. c'est. il faut mentionner quelques formes de pochettes inspirées par la fantaisie des luthiers. le véritable étui de la pochette. Sans être longs à l'accorder Et sans peu ni point préluder . Il en existe encore en forme de guitares et l'on | (Collection Jubinal. dorés au petit fer et doublés à l'intérieur de velours ou de satin. Une autre aussi. Nous en possédons une de grand format. au dos à trois pans surmonté d'un long manche et présentant exactement une trompette marine en raccourci. LORET (Mujehistorique. Et tirant soudainde leur poche Chacunune petite poche. en cuir gaufré. il s'en trouve de très riches. tout ornée de délicates sculptures. et on y introduit l'instrument en ayant soin d'enlever préalablement le chevalet qu'on place sous le tire-cordes.— 3o — Les archets de pochettes sont de longueur à peu près fixe . Telle est celle qui figure au catalogue du Musée du Conservatoire sous le n° io3.louèrentune sarabande.) (Collection Jubinal.. à calotte. 10mars i65y). Parmi les étuis. de long patron.

P0 CHI!TTE EN 1VO1RE AVEC UN ÉVENTAI L d (Muséedu Conservatoire e Paris.) .

sur lesquelles l'exécutant exerçait une pression au moyen de touches placées latéralement. 11 est vrai que la gravure de Bonnart est enrichie d'un quatrain. Signalons toutefois. mais l'intention est louable. C'est ce Bocan qui eut l'honneur de faire danser le cardinal de Richelieu. Dans une reproduction un peu antérieure. L'instrument était monté de quatre cordes. édition de 1745). Et maintenant. « Constantin et Bocan. fameux joueurs de poche ». L'utilité de la pochette était de fournir à celui qui la jouait un instrument qui lui laissât libres tous ses mouvements dans la démonstration des figures chorégraphiques . l'artiste tient son minuscule violon à la hauteur du sein gauche.) notre pochettiste. datée de 1687 et signée Bonnart. des virtuoses de son temps. porte la signature de Le Bas. les cabrioles et les différents pas. On y voit figurer de (Collection Bricquevillc. L'essentiel était de rythmer les plies. Et puis le poète a eu la modestie de garder l'anonyme. L'une. comment tenait-on la pochette? Deux mots à ce propos ne nous éloigneront pas du sujet spécial de ce travail. voyons un professeur épaulant sa poche en bateau. Des filets d'un beau travail encadraient les tables et le tirecordes en ébène était fouillé par un ciseau délicat. C'est une pure merveille. Cette dernière position nous paraît défectueuse.— 32 — a pu admirer dans la galerie rétrospective des Arts installée au Trocadéro pendant la dernière Exposition une pochette ayant tout l'aspect d'une vielle. s'il faut en croire la piquante anecdote racontée par Loménie dans ses Mémoires. Les vers ne sont pas merveilleux. devant la reine Anne d'Autriche. dans la liste dressée par l'abbé de Marolles (Mémoires. nous. les sautés. il paraît probable que la véritable posture de l'exécutant se trouve indiquée dans l'estampe de Le Bas. « lequel se plaint qu'un partysan luy a . déguisé en baladin. fort connue et datée de 1745. Le nom de Bocan et la mention de son instrument professionnel se retrouvent dans une pièce burlesque imprimée en 1634 sous ce titre : Rôle des présentations faictes aux grands jours de l'éloquence. d'après un tableau de Cano. Le voici : Ce danceura l'air si charmant Qu'il s'attire bien des caresses L'on peut juger facilement Que le maistre a bien des maisticsses. par conséquent. Voici deux gravures qui représentent des maîtres à danser. 11 est permis de penser que la musique confiée à la pochette était peu chargée d'arpèges et de doubles notes et que son échelle pratique n'allait guère en deçà du la et au delà de Yut de la chanterelle.

qui dansa? praxim rite docere sciât. Toutefois. Antoniusde Arena fait paraître en 1536 son instruction « Ad suos compagnones. » dressé une querelle ou tout au moins la Poche dudit Bocan eût été cassée si Il serait difficile de préciser l'époque où ce délicieux bibelot a vu le jour. Or. jusque vers la fin duxvie siècle. les pochettes reposent sous les vitrines des Musées et des collections privées. on peut s'assurer. Organograplua. quoy que cela ne serve de rien à la bonté de l'instrument ». Pour rappeler le bruit fait par un instrument de la famille du violon. à son tour. au moyen de plusieurs documents.iô5o. Aujourd'hui. laquelle a le mérite d'indiquer clairement que les pochettes à bateau (tinter) furent les premières en usage. Enfin. et il s'en lient à celte définition. on employait toujours flon-flon. L'invention de la pochette se rattacherait donc au règne de Louis XIII à peu près. 1 2.. de rubis ou d'autres pierres précieuses. 637. désignait invariablement le son du cor ou tout au moins d'un instrument à vent. Elles ont été détrônées par le piano. Musurgia tmiversalis. de perles. bassas dansas et branlos practicantes ». 'j.— 33 — etc. que. l'onomatopée ton-ton. au cours de laquelle il dit : « Tambourinarium post detrobare trabailla. mais n'en dit pas un mot dans le cours de son l'ouvrage. Pioetorius 3 en donne le dessin à la planche XVI de l'album accompagnant VOrganographia. etc. Le poète macaronique indique clairement que ses contemporains apprenaient à danser non pas d'un maître de violon. et en particulier ceux de la Monnaye. voici mieux. Mais. mais d'un joueur de tambourin. les auteurs sont muets sur ce point important de l'histoire musicale. On lit. si nous consultons les recueils spéciaux. Quoi qu'il en soit. . a dû faire place au cornet à pistons. Le Père Mersenne ' se borne à en faire la description. qui sunt de personna friantes. Harmonieuniverselle. Plaise à Dieu qu'après cela on ne nous fasse pas danser au son du canon ! i. dans une poésie satirique remontant tout au commencement du xvne siècle (il est question du carême) : Les joueurs d'instrumensqui monslrentles cinq pas Et cessentleurs tons-tonsdans cette quarantaine. c'étaient le tambourin et la flûte qui réglaient la danse. » Point n'est besoin de recourir à de Wailly ni même à du Cange pour avoir la traduction de ce passage. et le piano.1618. ajoutant que « quelques-uns la couvrent de nacre. Le Père Kircher 2 l'appelle linterculus a figura lintris sic dicta.

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par faveur spéciale. une année par conséquent après l'abandon de Versailles par la famille royale et la fermeture de Trianon. D'ail^^y^S^^^^P leurs. nient. n'hésita pas à inscrire sur le catalogue officiel : « Ce clavecin porte en lettres de cuivre doré la marque P. c'est ce que nul ne sait . généreusement. C'est une des deux harpes magnifiques que Naderman père exécuta en 1780 pour Marie-Antoinette. Les clefs sont garnies de cailloux-diamants. (Don de Mmcla baronne Dornier. qui. il y a une quinzaine d'années. et. mais comme elle était très richement décorée et que le siyle de l'ornementation ne laissait aucun doute sur l'époque de sa facture. système auquel le nom de Naderman est resté attaché. cet instrument. La municipalité nancéenne eut l'idée de la mettre en loterie au profit des pauvres de la ville et fixa à cinq francs le prix du billet. La forme extérieure est bien d'un clavecin. l'offrit au Musée du Conservatoire. La table de cet instrument est ornée de peintures remarquables. on décida qu'elle avait dû être jouée par Marie-Antoinette. La colonne passe avec raison pour un chef-d'oeuvre de sculpture. ra^^^^^^Ê^f mais si. secrétaire du Comité. la date est caractéristique . certes. je crois.LA HARPE DE MARIE-ANTOINETTE l'attention des visiteurs du Petitv*i«fe2W§îïA«isiï71 N ne manciue jamais d'appeler Trianon sur le clavecin de Marie-Antoinette. placée dans une des salles du Musée du Conservatoire à Paris. Or M. muni d'un unique ^p^^^^^^^oe clavier actionnant des marteaux d'après le système de Stein. placé dans « le grand *%t$É^'Wktti&5 salon delà Reine ». est du moins contemporaine de la reine. vous pourriez rapidement acquérir disant clavecin est un véritable piano-forte. Gustave Chouquet prit aussitôt sa bonne plume de conservateur et inscrivit l'objet au catalogue dans les termes suivants: « Harpe française. 11aurait pu être plus jusie de désigner ainsi : Pièce Truquée. — (Petit Trianon). elle est assez belle pour avoir pu lui appartenir. qui est un clavecin à l'extérieur. de Lescure. vous étiez autorisé à ouvrir l'instrui^a^f^^^âll^ la conviction que ce soi^&Sffi>'ÊyJÊÊàfc. Comment était-elle venue échouer là. La harpe de Marie-Antoinette. T. On la découvrit. L'heureuse gagnante fut Mmcla baronne Dornier. apercevant sur la table d'harmonie les initiales du facteur Pascal Taskin. Elle esta crochets. 11est vrai que la pièce figura en 1867 à l'Exposition des objets ayant appartenu à la dernière reine de France.) » Nous compléterons cette note en disant qu'autour du bras court une merveilleuse guirlande de roses terminée par une feuille d'acanthe sur le sommet de laquelle vient se . Pascal Taskin a construit l'instrument en 1790. dans les greniers de l'Hôtel de ville de Nancy. L'excellent M. un piano à l'intérieur et présente une association peu heureuse de placage d'acajou et de décoration en vernis Martin.

etc. la harpe de la princesse de Lamballe. qu'on voit au Musée de Versailles. Un détail que le catalogue officiel ne mentionne pas et qu'il est peut-être bon de connaître. c'est qu'avant de trôner sur son socle de panne rouge. C'est là. répond le Nationalmuseum de Prague. montés sur des chevaux marins. A ce propos. » Ah!Te bon billet!. On y voyait également le clavicytherium de l'empereur Léopold Ier. Clapisson à qui nous devons la plupart des désignations ci-dessus (et nous nous empressons de lui en laisser la responsabilité) a laissé une musette ainsi étiquetée : « Carie van Loo l'a possédée et ce maître brillant l'a reproduite dans son tableau représentant la famille de Louis XV. » Or. à douze clefs en argent achetée comme ayant appartenu à Jean-Jacques Rousseau.. M. la souveraine régnante. Et lors de l'Exposition rétrospective de Vienne. alors même que l'ancienne archiduchesse d'Autriche était montée sur le trône de France. il faut bien le dire. le tableau en question n'a jamais existé que dans l'imagination de Clapisson. de (Muséedu Conservatoire Paris. qui sut réparer des ans le « réparable » outrage et mit la précieuse harpe dans l'état irréprochable où i nous la voyons aujourd'hui. l'instrument passa dans les ateliers d'un facteur habile. il y en a quelque part une seconde et c'est ici que l'affaire s'embrouille un peu.— 36 — percher un aigle aux ailes déployées. le clavicorde de Beethoven. Qui possède Vautre? Ich!. de géographie. Les peinturés représentent des attributs de musique. l'épinette du duc d'Orléans (frère de Louis XIV). On admire dans le même établissement la vielle de Madame Adélaïde.) Au bas de la colonne. le piano de l'impératrice Carolina-Augusta et la zither de S. d'architecture et de peinture. celui de Grétry. Ceci nous rendrait un peu sceptique à l'endroit de HARPE DE NADERMAN. en 1877 : « Musette à soufflet. Par conséquent.) Vous avez bien lu la notice de M. . le clavecin de Joseph II. soufflent dans des conques. En revanche. il convient d'ouvrir une parenthèse. M. Martin. deux amours. en ivoire. une indication assez probante en faveur de l'authenticité de la harpe du Conservatoire. (N'oublions pas que l'aigle a très souvent servi d'emblème à Marie-Antoinette. etc. la Harfeder Koenigin Marie-Antoinette fut installée à la place d'honneur de la salle consacrée aux souvenirs particuliers de la maison de Habsbourg. Mais il y manque l'instrument ainsi désigné sur le catalogue de la vente Sax... la lyre de Garât. tout l'instrument est à fond d'or et admirablement soigné dans ses plus petits détails. en 1890. ces diverses reliques historiques. Chouquet : « une [des [deux harpes ».

» Mais voici que tout récemment. Il faut croire que le rédacteur du catalogue. G. à Versailles. Comment s'y reconnaître? Tout le monde sait que l'infortunée reine jouait de la harpe.. En la décrivant ainsi minutieusement dans son inventaire. Joseph Hinner. le docteur Guido Adler. un peintre de Bruxelles. Chouquet. etc.. de Vetzlar. selon lui. vous savez. Mais ce n'est pas tout. le savant Cari Engel n'oublie pas la formule magique: « Said to hâve belonged to Queen Marie-Antoinette. fut revendue pour un bon prix à un amateur qui croit de très bonne foi. deux coqs. on avait recouvert le tout d'une couche épaisse d'or adhésif. un des plus brillants historiens de Marie-Antoinette reçut. la colonne est décorée de guirlandes de fleurs et de trophées d'instruments de musique. cette abominable mixture qu'on vend dix sous la fiole (avec un pinceau et l'instruction) chez tous les débitants de couleurs el vernis. M. vendit à deux des principaux marchands de curiosités de Paris une harpe qui. consentit à envoyer à Vienne la harpe du Conservatoire de la rue Bergère. avait subi des avaries. En 1891. elle est en bois sculpté et doré. plutôt que de faire opérer des raccords. Je suis sûr qu'en Amérique... au sommet. il fut remplacé dans sa charge par Christen Hochbrùcker.. Le premier. ne partagea pas à l'endroit de cet instrument historique les opinions de M. etc. - Le gouvernement français. effacées. vivement sollicité par l'ambassadeur d'Autriche. La table est peinte avec des figures ravissantes d'hommes et de femmes jouant de différents instruments de musique. De plus. Au pied. par malheur. L'instrument. était incontestablement Vautre.. en cherchant bien. lui donna des leçons de 1770 environ à 1780.- 3. qu'il n'en restait pas la moindre trace. Sa dorure originale ayant été enlevée par places. la harpe dont la euvette et le bras étaient superbes. c'est Sir Charles Wheatstone qui est le généreux donateur. Le Kensington Muséum croit aussi posséder sous son vaste hall la vraie harpe de Marie-Antoinette. on en trouverait encore. » Ici. les peintures des tables avaient été si habilement. Mais qu'est devenu l'instrument dont elle se servait? Voilà ce qu'il serait difficile d'établir avec des preuves convaincantes. Quoi qu'il en soit. Aussi belle et aussi richement ornée que la nôtre. deux maîtres pour cet instrument. car il ne lui fit pas l'honneur de l'inscrire dans ledit catalogue. posséder la seconde des «deux harpes magnifiques que Naderman le père. uiimascaron surmonté par un buste de l'Amour. . il y en a une vingtaine. Et de trois!. un visiteur qui lui affirma avoir découvert dans les combles de son château une harpe qui incontestablement était la seconde. etc. Et de cinq ! Et. elle eut pendant son règne.

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cette fois. on s'aperçoit vite que les peintres de fêtes galantes. mettant une note claire et gaie parmi les armures de fer. Le deuxième portrait du libraire est peint par Vignon. et. Seulement la cornemuse ne peut fournir. il fait le geste de toucher la sourdeline. enfermés dans un barillet. est pourvue d'une série de petits tuyaux repliés. vêtu de rouge. Déjà. coiffé du chapeau à larges bords. Avant d'aller plus loin.. Les rudes survivants des guerres de la Ligue s'éprirent inopinément des choses de la nature. à cette époque. il est indispensable. agrémenté de bouffettes.LES INSTRUMENTS DE AU XVIIe MUSIQUE ET AU XVIIIe CHAMPÊTRES SIÈCLE C'est une opinion assez généralement admise. soit la tonique. le bourdon repose sur le bras gauche. Langlois. attachées à l'avant-bras. au contraire. armés de houlettes. au gré de l'exécutant. s'accoutumèrent à fréquenter les bords fleuris du Lignon. La musette. qu'un son invariable. loin d'être les promoteurs de ce mouvement bizarre. La première toile est signée : Van Dyck. de bien établir les différences qui existent entre les divers instruments à sac. Inutile de rééditer ici l'histoire si connue de l'abbé des Yveteaux. en dehors de cette mélodie exécutée sur le tube principal. Mais. n'ont fait qu'obéir à ses fantaisies. puisque la mode dont nous parlons remonte au commencement du règne de Louis XIII. a revêtu le vrai costume de Céladon. de Pater. et adoptant un travestissement de berger galant. et le libraire marchand d'estampes Langlois n'étonnera personne en se faisant représenter à deux reprises dans la pose et l'accoutrement d'un joueur de musette. vêtus de satin rose. Les uns et les autres consistent en une outre de cuir où viennent s'emmancher un petit hautbois percé diatoniquement de trous et un ou plusieurs tuyaux ne donnant qu'une note destinée à accompagner la mélodie. bien dédaignées jusqu'alors. maints portraits de gentilshommes sonnant de la cornemuse prennent place dans les galeries de tableaux d'ancêtres. transformant sa maison de la rue du Vieux-Colombier en un coin du pays de Tendre. les jaquettes de buffle et les sombres manteaux d'armes. la pannetière au côté. cinq ou six notes différentes. les courroies du petit soufflet. etc. de noeuds et de ferrets. de Watteau. soit la quinte du hautbois sonnant à vide. soit l'octave. de Lancret. Langlois. et l'on distingue très bien. croyons-nous. tout couverts de rubans. a les doigts appuyés sur un chalumeau . La gravure de de Pesme a été plusieurs fois reproduite. Mariette l'a gravé. que le goût des gens du bel air pour les divertissements paysannesques naquit vers le milieu du siècle dernier sous l'influence des productions de Boucher. Au moyen de . Leblond en grave plusieurs. mit littéralement les cervelles françaises à l'envers. sans que ses contemporains en fussent autrement choqués. en y regardant un peu de près. et permettant de faire entendre. L'apparition de l'Astrée en 1610.

chalemie du Moyen-Age. le sac de la cornemuse est enflé directement par la bouche. et acquiert dans le monde delà Cour une véritable réputation par l'habileté avec laquelle il exécute des ornements découpés dans une feuille de parchemin. au lieu que pour obtenir les demi-tons sur la cornemuse. on a écrit en vue de la propager des traités en règle. Le XVII" siècle. En i683. le roi commande à Mansard les dessins de deux grands vases à attributs de musique champêtre. Déjà. des méthodes et des recueils de musique originale. l'artiste est obligé de recourir à des artifices de demi-trous ou de fourches dont le résultat est généralement défectueux.— 4° — layettes glissant sur des rainures. De plus. et sa sonorité aigre. le sculpteur Jean Robert les exécute en 1684 et c'est bien le motif d'ornementation le plus ingénieux qui se puisse imaginer '. Nous devons nous en tenir à ces indications sommaires. Les jurisconsultes le citent avec éloge pour son Recueil des actes du clergé de France. binious. dans la seconde moitié du xvne siècle. sourdelines. les luthiers et les artistes ornemanistes en vue des divertissements de la haute société. donc. est féru de pastorales et la musique y fait remarquablement sa partie. la musette est armée d'un certain nombre de clefs facilitant les modulations. Un détail assez curieux. Bientôt les tympans des portes du Grand Trianon se couvrent de musettes. dans une période déterminée. et Louis XIV collectionne et conserve précieusement quantité de ses découpures. de hautbois et de cornemuses. le Traite de la musette. les musiciens reconnaissent son auiorité dans l'art d'enseigner le maniement de l'instrument à la mode. tandis que le joueur de musette s'aide d'un petit soufflet fixéà l'avant-bras et peut ainsi faire concerter l'instrument avec la voix. qui rédige de la même plume les Compilations du droit romain et le Traité de la musette. Dans le plein air de Versailles va se continuer la bergerie composée par Perrin et Cambert sur la scène de l'Opéra. Une figure bien intéressante que celle de ce grave avocat au Parlement de Paris. Ajoutons que chevrettes. l'objet de ce travail étant moins d'écrire une monographie des instruments champêtres que de montrer le parti qu'en ont su tirer. on ouvre ces tuyaux ou on les condamne au silence. qui excellaient dans les incrustations d'étain et de plomb dont ils chargeaient les chalumeaux en bois de poirier. son organisation n'a fait aucun progrès depuis la rudimentaire . avec une nouvelle méthode pour apprendre soy-mème à jouer de cet instrument facilement et en peu de temps. et la note persistante de l'accompagnement peut ainsi se mettre au diapason exact du morceau exécuté. à Saint-Pierre-le-Moutier. a paru chez Jean Girin et Barthélémy Rivière. à Lyon. . se rapportent au même instrument à ressources bornées et ne diffèrent entre eux que par certains arrangements des bourdons. Enfin. Il est juste cependant de faire remarquer que son ornementation a été parfois assez soignée. Voici la phase la plus brillante du règne de Louis XIV inaugurée par les plaisirs de l'Isle enchantée. particuliers à tel ou tel pays. mais ce n'est un secret pour personne que le livre a été fait par Charles-Emmanuel Borjon. ses facteurs spéciaux et ses historiographes. Il y avait au siècle dernier. dans le Nivernais. des fabricants de grosses cornemuses appelées aussi bombardes. des modifications qui ont adouci sa sonorité et facilité son maniement. La musette a subi. en 1672. pibrochs. Elle a figuré à l'orchestre. Un fait 1. c'est que les fleurs de lis qui formaient la base de cette décoration ne cessèrent jamais d'affecter la forme qu'elles avaient au xvie siècle. Pas de nom d'auteur. ans les alléesde l'Hiveret du à d Printemps. ses notes criardes et fausses n'ont pas dépassé l'enceinte des bals de village. Nous en possédons un exemplaire dont la facture atteste le travail d'un marqueteur habile. Cesdeuxvasessont encore aujourd'hui leur placeprimitive. de flûtes de Pan. elle a eu ses virtuoses. Pour la cornemuse.

. (Muséed'Aix-en-I'nive»ce.d'après une photographiede llcirieis.Rigaïul. \ o par 11.i> IÎr SAIT i>r M n o iis i)t: Gr EIDAN.

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l'autre formant recueil d'airs à danser ou à chanter . Il faut d'abord avoir un soin exagéré de conserver les anches en bon état. Il en ressort que la plupart des amateurs de ce noble instrument faisaient en le jouant des contorsions épouvantables. mais encore quantité de documents importants pour l'histoire de l'instrument. comme on le peut juger par ceux qui contribuent souvent à ce divertissement de notre invincible monarque. Ponthus.. on ne peut rien trouver de plus doux ni de plus merveilleux que les concerts qu'on en fait. « homme unique pour la construction de toutes sortes d'instruments de bois. en parcourant les avis de ventes publiques de l'époque. à Mâcon._ 43 digne d'être remarqué. où. on verra que les musettes les plus riches proviennent de la succession d'hommes de robe . » Et un peu plus loin : « Dans l'état où est à présent la musette. Nous voici fixés. dans le but de reculer le plus possible les . une soixantaine de pages dé format in-40. avocat général. de Bourg en Bresse. plusieurs planches d'ornement. comprend deux parties. Un passage à lire est celui que consacre Borjon « aux grimaces et de la manière de les éviter ». combien d'excellents hommes. en tout. qui établit la différence la plus caractéristique entre la rustique cornemuse et la musette de Cour. chargeant les marges de chaque page de textes violentés et de citations amphibologiques. Le traité de Borjon. n'en jamais jouer au soleil. dans le traité en question. que de voir la noblesse. D'abord. puis président à mortier du Parlement de Provence. le livre s'ouvre par une fastidieuse dissertation bien dans le goût du temps. et combien de dames prennent soin d'ajouter à toutes leurs autres bonnes qualités celle de jouer de la musette. le son ne sort pas. Viennent ensuite Lissieux. Un avocat. délassent par ce charmant exer cice leur esprit fatigué . et pour les sciences. etc. nous voyons de quelle faveur il jouit à l'époque où parait le volume : « Il n'y a rien de si commun. par Borjon. ni au vent. — ce qui paraît une assez mauvaise . compter parmi ses plaisirs celui de jouer de la musette. nous appellerons tùut à l'heure l'attention du lecteur sur un tableau remarquable de l'Ecole française du xvme siècle. devenu rare. » Dieu sait pourtant si l'instrument exige qu'on prenne en le touchant des précautions minutieuses. prendre garde à ce qu'une personne inexpérimentée ne s'en serve. un des membres les plus distingués d'une véritable dynastie de tourneurs qui sont en même temps professeurs et virtuoses.origines de l'instrument. date de quarante-cinq ou cinquante ans avant l'apparition du traité. représenté par Rigaud en joueur de musette. quelques noms de fabricants renommés à l'époque où il écrivait. C'est d'abord Hotteterre le père. avec frontispice. ses fils ne lui cèdent en rien pour la pratique de cet art.. L'auteur les attribue soit à l'impatience d'apprendre. depuis quelques années. en codifie les règles . soit du commencement du xvnc siècle. l'une didactique. Toutes ces recommandations tiennent un chapitre. Pour le petit chalumeau à six clefs. qui a la spécialité de fournir d'excellents soufflets. frises et figures en taille douce et d'un bon travail. ainsi l'usage du soufflet. il faut tenir la musette en un étui. sur la date de certains perfectionnements. et nous en voyons presque tous les ans dans les ballets du Roy. d'autre part. qui se trouve accolé au grand et en augmente l'étendue d'une sixte à l'aigu.. Ensuite. le premier. c'est que le culte de la musette n'eut pas d'adeptes plus convaincus et plus zélés que les magistrats de tout ordre. à laquelle ils ont joint une entière connaissance et une exécution encore plus parfaite du jeu de la musette ». et pour la conduite des graves affaires. particulièrement celle qui fait son séjour ordinaire à la campagne. Nous connaissons encore. etc. Les représentations pastorales et champêtres ne s'en sauraient passer. et m'ême pour faire des accords parfaits de tous ces mêmes instruments. non seulement des préceptes judicieux. le portrait du marquis de Gueidan. Pcrrin. car pour peu qu'elles soient froissées. Ce fatras d'érudition écarté. on en doit l'invention à Martin Hotteterre. d'ivoire et d'ébène. nous trouverons. Naturellement. enfin. de Lyon. l'auteur remue toute l'antiquité grecque et romaine. ni auprès du feu. Les villes sont pleines de gens qui s'en divertissent.

aux ducs de la Trémoille et d'Aumont. au comte de Guines. aux marquis de Cheffontaine VIELLE DE V1BERT (I7DO) et de Tinteniac. pendant que les doigts de la main gauche sont occupés à ouvrir ou à fermer les trois derniers trous du grand chalumeau et les six clefs du petit. avec Je conseil de travailler devant un miroir. courent s'inscrire aux leçons des frères Chedeville. A.) d'Etat. les plus grandes dames. comme aujourd'hui le piano. En 1737. on peut penser que. elle n'apprend rien de bien nouveau sur la facture de l'instrument.— 44 — raison. S. le marquis de Montmirail. Mmcde Genlis — voyez les Souvenirs de Félicie — est bien obligée d'y consacrer de longues heures et en pure perte. à la marquise de Berville. Nicolas Chedeville compte en plus au nombre de ses élèves Madame Victoire de France. capi- . et quatre pages de recettes pour maintenir les chalumeaux.. à la comtesse de Lannion. Berlin. Mme la princesse d'Orléans. conseiller (Collectionde Bricquevillc. N'importe. Malgré tout. une musette était dans l'impossibilité de fonctionner au moment où on devait la faire entendre. à qui sont dédiés les Amusements champêtres . etc. qui montrent l'instrument à Mmeet M"e de Montmirail. nous remarquons encore S. Il est plus juste. Msr le comte d'Eu. » A côté de cette royale élève. les airs de musette que je prends la liberté de vous présenter sont le fruit du goût que vous avez bien voulu marquer pour cet instrument. le bourdon et le sac en bon état. quatre-vingt-dix fois sur cent. qui se ravit lui-même et s'enthousiasme de sa propre harmonie ». fils de l'inventeur du petit chalumeau. Beaucoup plus détaillée que celle de Borjon. Mais par contre. une véritable fureur. selon nous. la musette était certainement un des instruments les plus difficiles à jouer. elle devint.. Quoi qu'en aient dit ses panégyristes. opération dévolue à l'avant-bras gauche. elle était àla mode et sa pratique faisait partie de toute éducation un peu soignée. A lire l'énoncé des dégâts qui peuvent survenir à l'improviste et la liste des précautions à prendre pour les éviter. et cela en vue d'obtenir un résultat assez peu artistique. dans la première moitié du xvmc siècle. les seigneurs les plus qualifiés. —soit « à l'emportement du joueur. lieutenant du Roy de la province d'Artois. a-t-elle soin d'ajouter. pour laquelle il écrit à la première page des Impromptus de Fontainebleau : « Madame. Toujours le chapitre sur les grimaces. à M. d'en rendre cause la difficulté qu'on éprouve à maintenir également la force dû vent dans l'enveloppe de cuir. paraît une nouvelle méthode sous le nom de Jean Hotteterre. etc. sa vogue ne faisait que croître.

Le tableau. d'Igoville. de glands. chalumeaux et leur étui en beau chagrin. que certains auteurs se sont plu à lui donner. de franges assortis. on le voit. et bien d'autres encore. En tête de chacun des morceaux dont se compose les Déffis ou l'Étude amusante. ceinture verte de soie et boucle d'acier. Le baron est en justaucorps de brocart. boucles d'acier. la musette ou la vielle sous le bras. crevés et manches de nuance chaudron. avocat général au Parlement de Provence 1. A diverses époques. en train de déchiffrer quelqu'une de ces sonatilles galantes.45 cent. de Gueidan fut. que le duc d'Aumont prit ses premières leçons pendant la campagne du Rhin. l'a représenté jouant de la musette. Le bruit des armes ne vous fera point oublier nos concerts . galonné. on peut lire l'avis suivant qui vaut la peine d'être transcrit en entier : « A vendre. dédié aux virtuoses. culottes de velours amadou. si j'ai le suffrage des dames. nomme président à mortier du même Parlement. dans la suite. en 1762. à peu près. On y trouve la description et. je suis sûr du vôtre. » Nous savons. on salue les plus grands noms de l'aristocratie et de la finance. l'autre en toile de coton à petites raies travaillées rouge et vert. est accompagné d'une ravissante gravure. mantelet de faille mauve.— 43 — taine-colonel des Cent-Suisses. avec la date 1737. enfermées dans des réseaux d'argent. on en vend une « montée en or ». en gros de Naples avec des crépines d'or et bordées de point d'Espagne sur toutes les coutures du sac. à 1780. le 11 janvier 1768. ainsi que le soufflet. 14 cent. qui font la joie de la Cour et de la ville. on en trouve recouvertes de velours galonné à franges et réseaux d'or fin . contient à ce sujet des documents intéressants. Ce cahier des Déffis. l'épithète de « cornemuse royale ». comme nous l'avons dit. du soufflet et des ceintures. mesurant i m. par leur facture et leur habillement. que nous avons feuilleté de 1752. agrémentées de floches. M. C'est un morceau de premier ordre. et le son éclatant des trompettes qui vont célébrer vos lauriers ne vous rendra point insensibles aux tendres accords de la douce musette. S'adresser à M. pour tous les goûts et cette véritable garde-robe de sacs et d'enveloppes nous prouve que ces raffinés d'élégance qu'étaient nos pères tenaient à posséder 1. Ainsi. L'autre de velours bleu ciselé. en velours de couleurs variées : jonquille. le roi érigea sa haronnie en marquisat. en soies lamées. Le peintre. Le recueil ayant pour titre : Annonces et avis divers. On devine que les instruments destinés à une pareille clientèle devaient être confectionnés d'une façon toute particulière. cramoisi. On y voit sur la terrasse d'un parc deux gentilshommes et deux dames de qualité. et. est signé à gauche : Hyacinthe Rigaud. Le 3 décembre 1778. Certaines portent la mention laconique « magnifiquement habillées » ou « très richement vêtues » et l'on sait ce que signifiaient ces deux adverbes au xvine siècle. que date le portrait du baron Gaspard de Gueidan. deux musettes à chalumeaux d'ivoire. rue de Richelieu. La dédicace est rédigée dans un style pompeux. vis-à-vis le café de Foy.. étuis de beau chagrin et deux robes. le soufflet garni de même et boucles de pierre d'Alençon. dont le portrait figure également au Muséed'Aix. les chalumeaux d'ivoire tiennent à une boîte d'ébène garnie sur le devant d'un écusson d'or aux armes des Gueidan. l'une de droguet vert garni d'un ruban et d'une ceinture assortis. . soit aux messieurs. vert. que le dieu de la guerre appelle sous ses étendards. L'outre de l'instrument est recouverte de velours azur et de passementerie d'argent. sur 1 m. noeuds d'habit et de cravate abricot. Messieurs. galonné et à franges et cocardes d'argent. » Il y en a. à franges et cocardes d'or. II avait épousé une demoiselle de Simiane. par la dédicace des Galanteries amusantes. La deuxième musette de ton bas a les chalumeaux d'ébène et d'ivoire et deux robes. recueil de Chedeville cadet. et placé aujourd'hui dans une des salles du Musée d'Aix. C'est de cette époque. bleu. soit aux dames. le prix de quantité de musettes justifiant bien. noisette. on y lit la phrase suivante : « Pour vous. date de son apparition. l'une de velours ponceau ciselé.

L'auteur est le sieur Lavigne. îl fit sculpter magnifiquement les tambourins du Midi. par leurs nuances. demeurant rue Neuve-Saint-Roch. Le président d'Hozier offre de céder la sienne à huit louis et elle est de toute beauté. Vainement les tourneurs s'efforcent de maintenir la vente. il commanda aux luthiers. on en avait de très jolies en de riches fourreaux pour 60 ou 80 francs. il réhabilita la vielle. et quand Laharpe compose la romance si longtemps célèbre O ma tendre musette. mais. à l'extrémité sud de la grande galerie. aux couleurs de l'habit ou de la robe de ceux qui les jouaient. lès. les panneaux du salon de MmcAdélaïde et des petits appartements de la Reine. constate son abandon. Mais le souvenir du gracieux instrument est demeuré et se perpétuera grâce aux motifs de décoration qu'il a inspirés pendant son long règne. il est probable qu'elles ne se sont pas vendues très cher. dit Millet de Challes dans son livre intitulé : « Cursus seu mundus mathematicus ». puisque le Musée de Kensington en possède un spécimen de forme antique. les ornemanistes ont semé à profusion les musettes sur les vases de marbre. enfin. Grandeur et décadence de la vielle : quel titre suggestif pour un chapitre de l'histoire des instruments! Aucun d'eux. l'instrument est de plus en plus négligé. déclare le Père Kircher. enfin. des flûtes de Pan délicatement ouvragées.. Telles musettes qui. elle paraît avoir vers le milieu du xviesiècle quelques heures de succès. en vérité. d'odes ou d'élégies. de gentils petits hautbois en ivoire. Qu'il nous suffise de citer comme exemples. elle retombe dans la catégorie des « instruments truands ». aux tabletiers. Possédé. tentures. au Théâtre. le xvinc siècle ne se contenta pas d'avoir aristocratisé la cornemuse. fait mettre dans le Mercure un avis ainsi conçu : « Perfectionnement de la musette donnant le son de la clarinette et de la voix humaine. » En dépit de tous ces efforts. On en joue à la cour des Valois. les lambris. étaient proposées à un tiers de leur valeur . Elle se joue avec ou sans bourdon . la mode commençait à passer. les ravissants trophées en bois sculpté et doré. 5oo et jusqu'à 700 livres. valaient 400. qui regrette cependant 1.Paris. à Versailles. de la passion des bucoliques. roses découpées à jour et sujets de chasse sur les deux cotés de la table'. Musettedes amours. viluit quamplurimum. D'abord aux mains des paysans. vingt ans auparavant. » « Instrumentum tritum et vulgare ». et tous les anciens auteurs qui écrivent sur la musique sont unanimes à la dédaigner. vu l'époque.. rue Neuve-Saint-Roch. Ontrouverala description détailléede cettevielleet le récitdes circonstances ui la firentretrouver q dans une curieusebrochure: Dissertationhistorique l'instrument ppeléla vielle. comme dans la flûte traversière ou le hautbois. marqué aux chiffres d'Henri II et de Catherine de Médicis avec peintures. la musette n'est plus qu'une expression poétique comme la lyre et le luth. « Lyra communis et pervulgata. Mais pendant toute la durée du xvnc siècle. comme l'appelle la chronique de Bertrand du Guesclin. Laborde. à l'usage des rimeurs d'églogues. Cette même année. on peut imiter la vivacité et la netteté du coup de langue. assure-t-il. les appliques en bronze doré du salon de la Paix. n'a passé par autant de vicissitudes. les soubassements des orgues de la chapelle du château et de l'église Saint-Louis. de son côté. Depuis quelques années en effet. lès étoffes. les broderies et jusque sur les gardes d'épées et les buffets d'orgues. Lavigne.— 46 — des instruments dont les housses répondissent. arabesques. Le prix des deux pièces curieuses dont on vient de lire la description n'est pas indiqué. annonce qu'il vend des « musettes curieuses » et Lussy. comme nous l'avons vu. Durant l'espace d'un siècle. dans son Essai sur la musique. — quia coecisnostris tribuiiur. l'occasion porte une belle musette en grenadille et ivoire à trois louis. 1741. mettant toute leur habileté en oeuvre pour que la mode persiste encore quelque temps. . Par M*** sur (Antoine a Terrasson).

il se trouva que la sonorité de l'instrument y gagnait énormément. la planchette de recouvrement. nulle difficulté d'admettre que la « lyrâ mendicorum possét tantên concentum valde harmonicum producere ». menuets. les ornant de trophées. Tout le inonde en demeura convaincu. sans être grands musiciens. Et voilà une deuxième fois les mendiants et les aveugles reprenant possession de leur instrument nasillard. sur l'instrument si méprisé. jouaient proprement des entrées.la vielle seule. et il était du devoir de tout bon courtisan de ne pas afficher un autre goût que celui du Roy. tantôt en la faisant servir à accompagner la voix. au fond. Quanta Mersenne. la vielle tint un rang des plus honorables dans le monde musical. Bâton s'empressa de couronner les chevillers de ses nouvelles vielles de jolies tètes sculptées. formèrent de nombreux élèves. l'on en fait moins de cas que les autres. et particulièrement les aveugles. Or. le Jésuite Millet de Ghalles. de médaillons et de filets. de rinceaux. Mais parce qu'elle n'est touchée que par les pauvres. autre chose que les horribles grincements qu'en tiraient les aveugles. En homme qui connaît les besoins de son époque. on entendit la Roze et Janot. derechef. lui aussi. le tire-corde et le pont de la roue. Il fit fabriquer de riches écrins en cuir avec fermoirs de cuivre doré. eut l'idée d'en scier les manches et de se servir des corps pour en faire des vielles. les luths ou les théorbes déjà passés de mode qui. et. DE de (Collection Bricqueville. Le premier des musicographes à qui nous avons emprunté une citation.) oisifs. ses sympathies pour la guitare qui avait charmé sa jeunesse. . ne faisait. deux virtuoses qui. Puisque les caisses de guitares donnaient un aussi bon résultat. elle ne seroit pas si méprisée qu'elle est. aux premiers temps de la Régence. vers 1680. quand. eux aussi. autant que pour leur instrument. de nacre et d'ébène les bords de la table. il confesse que « si les hommes de condition touchoient ordinairement la symphonie. dans le même but. il incrusta d'ivoire. Ils s'établirent professeurs. et voilà le goût français qui se réveille en faveur d'un instrument présenté de façon aussi séduisante. Il était donc possible d'exécuter. Leur réputation dépassa rapidement l'enceinte des jardins publics où ils se faisaient entendre pour l'agrément des TAMBOURIN PROVENCE. un luthier de Versailles nommé Bâton. pourquoi ne pas utiliser. quoy qu'ils ne donnent pas autant de plaisir ». dans le genre de celles qui terminaient les basses de viole. Mais cette faveur fut d'assez courte durée. voyant son magasin encombré de guitares dont il ne pouvait se débarrasser. Il se souvenait même avoir entendu des gens qui en jouaient d'une manière agréable « non contémnenda ». vaudevilles et brunettes tantôt sur. Louis XIV gardait.— 47 cette situation infime faite à un instrument en somme très ingénieux. bientôt toute la Cour s'enthousiasma pour les exécutants.

si c'est possible. qui abandonne Versailles pour s'établir à Paris. soit de forme originale. Vibert. Ce n'est pas tout. que nous avons sous les yeux. Lelièvre. la plupart du temps. et le sieur Joubert. il en perfectionna assez heureusement le mécanisme. on sait maintenant à qui il faut s'en prendre. Qu'était-ce qu'une vielle turque. rue des Boucheries-Saint-Germain. auteur d'une méthode. Henry. au surplus. . Ce dernier s'annonce. Louvet. les deux parties ne sont pas d'accord entre elles. Voici la dissertation savante de l'abbé Terrasson. rue des Nonaindières. Peu importe. «surprit tout le monde par une prodigieuse volubilité de mains et par la délicatesse de son jeu également admiré à la Cour et à la ville ». on trouve le moyen d'adjoindre à la vielle un jeu d'orgue ainsi disposé que le soufflet agit simultanément avec la roue sous l'action de la manivelle. Voilà donc seigneurs et nobles dames en train de vieller avec fureur. et Mélingue. au dire d'un auteur. le plus célèbre de tous qui. rue Michel-leComte. Danguy l'aîné.le goût et la richesse possibles. dont les ateliers sont situés rue des Orties. On voit alors apparaître des vielles magnifiques. la veuve Champignon. les maitres surgissent nombreux et empressés. non content de faire valoir les inventions de son père. La musette ne fut certes pas abandonnée du coup. mais. Citons les plus connus.méthode pour apprendreà jouer de la vielle. L'illustre ingénieur Richard. Lambert. D'abord l'ingénieux Bâton. de ce moment. la méthode de Corrcttc. elle dut partager avec les vielles la prédilection des gens de qualité. si les collectionneurs sont obligés de payer au poids de l'or les plus simples exemplaires complets dans toutes leurs parties. puis son fils. la décapitation devint générale. réunissant à l'instrument criard par excellence un deuxième instrument plus aigre encore. rue du Bac. C'est d'abord Charles Bâton le fils. Un de ses prospectus. à qui est réservé le titre de restaurateur de l'instrument. Girod. Un artiste se fait un nom dans l'art d'ouvrager les manches et de les coiffer de têtes à turbans. dans les Tablettes de renommée. rue Croix-des-Petits-Champs. simple ou double? Nous n'avons jamais pu le savoir. Mais si la mode se répand. Voici donc la chiffonie de nouveau en pleine gloire . Ravet. Le titre exactest : La vielleuse habile. Outre le traité de Bouin que nous venons de mentionner 1. il faut convenir que l'impulsion vient de haut._48paraissent d'une défaite difficile pour les marchands? Ainsi fut fait. donna plus de justesse aux sautereaux et augmenta l'étendue des claviers. et si les luths sont devenus si rares à notre époque. soit sur caisse de guitare. rue de Seine. que l'aspect en est disgracieux et le poids considérable. Bouin. type achevé de pédagogue musical. comme l'auteur de « vielles turques tant simples que doubles». quelques-uns faisant preuve. Non content de soigner ses produits et de les orner avec tout. puis encore Grou. de figures de bergers ou de masques chinois. l'invention réussit: pleinement. soit sur corps de luth. demeurant rue Saint-Jacques. Et remarquez bien que. il s'appelle Pineau et loge dans la rue Notrc-Dame-dc-Nazareth. tous plus ou moins réputés pour la solidité et le fini de leur travail.plusieurs autres monuments sont élevés à la gloire de l'instrument. fille du luthier cité plus haut. Bâton ne s'arrêta pas en si bon chemin. domicilié au vieux Louvre. il se forme à Paris toute une catégorie de luthiers voués spécialement à sa fabrication. en font également. quai des Orfèvres. explique que ses instruments ont trois jeux: flageolet. du prolifique Conçue. le mémoire de Bâton le jeune. à chaque touche est fixé un pilote qui ouvre la soupape par où le vent entre dans le tuyau. en construit pour sa part un grand nombre qu'il vend très cher aux amateurs. El voilà ce qu'on appelle une vielle organisée. dans une spécialité aussi ingrate. d'un véritable talent. MllcJoubert. La reine Marie i. Fleury. jouant ensemble ou séparément. apporte à son tour des perfectionnements à la facture et au jeu de l'instrument. étant donné le diapason forcément réduit des tuyaux. qui. flûte et vielle proprement dite.

De Compiègne. S.) » On peut sourire en voyant la royale épouse de Louis XV tournant la manivelle d'une vielle. A. MmcHenriette. auteur du Temple du goust. s'éprend de la vielle et arrive à en jouer assez bien pour faire sa partie dans Un orchestre. dans sa belle collection d'instruments de musique.. (Collectionde Bricqueville. ainsi que Mesdames. Le comte de Cheverny avoue. que cette fantaisie coûtait moins cher à la France que celles de MI1. comme sa soeur. d cependant.— 49 — Leczinska.. le 14 messidor an II. Il est certain. de V. en sortant de table. bonne musicienne. des meubles appartenant au vicomte de Noailles-Mouchy. Bâton AMBOURIN DU IllîARN.) avait déjà l'honneur de compter parmi ses élèves Mmc Adélaïde. sans aucun fruit. Clapisson. nous fit l'honneur de venir souper ici dimanche et lundi. dans ses Mémoires. montrait la vielle dont s'était servie la fille aînée de Louis XV. Le clavier à ses touches en nacre et en ivoire. celle de la Reine? Parmi les personnes de la plus haute condition qui cultivent l'instrument. elle est faite en bois de citronnier et de buis. ornée de dessins sculptés ou découpés à jour et enrichie de médaillons en nacre alternant avec des turquoises. filles du roi. elle joua de la vielle pendant quelque temps avec les musiciens. sur la mode des instrumens de musique. Le lundi. un des documents les plus importants pour l'histoire de l'instrument champêtre. » Cependant. le comte de Clermont. on lui donne une petite musique pendant son souper. on inscrivit une vielle ci-devant aux armes de France. Je ne sais si la pièce en question a bien appartenu à M"10Adélaïde. dit le duc. son Mémoire sur la nouvelle vielle en D la ré. en i/52. (3i août 1745. l'engouement pour la musette et la vielle commençait à soulever les protestations des musiciens sérieux et des hommes de bon sens. s'en fait expliquer le mécanisme. elle dépêche à l'auteur l'ordre de se rendre auprès d'elle avec la vielle construite d'après les nouveaux principes. qu'un maître de vielle lui a passé par les mains. petit pamphlet fort spirituel où les vielleurs et surtout les vielleuses sont 7 . on peut citer S. De forme plate et allongée. trouve le son agréable et commande à Bâton de revenir jouer le lendemain pendant le dîner de Sa Majesté auquel assistent Madame la Dauphine. ajoute-t-il.. Il faut lire les Mémoires de Luynes. également élève de Bâton. d'aventure. mais bien certainement c'est un des plus riches et des plus élégants produits de la lutherie française au xvmc siècle. Mentionnons encore ce fait que dans l'inventaire qui fut dressé. au volume VII. Marie Leczinska est la première à en prendre connaissance. « mais. où elle tient alors sa résidence. En 1739 paraît la Lettre de M. toujours en quête de distractions peu bruyantes. Quand Bâton fait paraître. pour trouver mention de ce concert : « La Reine.e e Pompadour. Les jours qu'elle vient. l'abbé Carbasus à M. Était-ce. d'ailleurs.

son cornement perpétuel est si désagréable pour des oreilles délicates. plus cet instrument est ignoble et choquant dans ses mains. » Déjà. domicilié quai de la Mégisserie. ont eu la vie dure. Il profita du moins de son séjour de quelques années dans la capitale pour subir certains perfectionnements. Nous en possédons un de forme élégante. à l'instar . Cochin fils est bien obligé de la faire entrer dans le trophée d'instruments placé au bas de l'invitation au bal pour le mariage du Dauphin. et un troisième artiste appartenant à l'orchestre de la Comédie italienne. Le4 septembre 1760. la main gauche servant à faire jouer le flûtet. de manière à pouvoir moduler sur deux tons. en 1750. était garnie de cordes tendues suivant la tonique et la dominante d'un ton quelconque. grâce à une réclame habile. n'en déplaise aux belles qui s'y sont adonnées depuis quelques années. annonçait l'arrivée à Paris du célèbre Châteauminois qui sut rapidement. à caisse très ornée ». les embellirent de listels. Un mol maintenant sur les tambourins. Ceux-ci. et de la main droite on frappait en cadence les cordes avec une petite baguette garnie de velours. Il se termine sur cette appréciation :« Plus la dame est belle et noble. le vaudeville inspiré par les aventures de Fanchon sembla lui rendre un peu de notoriété. On tenait le tambourin dans le bras gauche verticalement. tel celui qui est annoncé le 26 février 1764 : dans le but d'augmenter les ressources dudit tambourin. Naturellement les gens de qualité. de rubans. L'État ou tableau de Paris. le Journal de Paris signalait « un tambourin d'un nouveau genre. en les adoptant. la vielle conserva quelques fidèles jusqu'aux premiers jours de la Révolution. Le tambourin béarnais ne fut pas oublié dans l'appel adressé par la mode à tous les instruments de musique pastorale. qu'il devrait être proscrit sans miséricorde.DO—• rudement malmenés. ils font aujourd'hui encore les délices de la haute société provençale. éprises d'un instrument si peu fait pour elles. un luthier imaginait de le garnir de cordes sur ses deux faces. sculpté et doré. le Journal de Paris. mais l'heure était venue où « l'instrument truand » devait retomber pour jamais aux mains de ses premiers virtuoses. dont le fils fut plus tard attaché en cette qualité à TAcadémie royale de musique. les aveugles et les mendiants. très agréable pour le bal. présentait l'instrument ainsi modifié à l'approbation des amateurs. le Mercure d'août avait inséré une lettre qui engageait « à reléguer sans inconvénient pour le bon goût la vielle aux guinguettes et à l'abandonner aux aveugles. en un article pompeux de deux colonnes. on pratiquait de longue date dans le Béarn une sorte de lympanon dont la caisse. mentionnait déjà trois tambourinaires : Marchand. maître de danse. le 3i janvier 1779. » Les épigrammespleuvent sur l'infortuné instrument. — Il s'agit sans doute des tirants et des cordages. Ménage. le 24 février I745.nous en voyons annoncer un « magnifique. Chose étrange: plusieurs dames. peint. mais sa vogue n'en persiste pas moins jusqu'à la fin du règne de Louis XV. vinrent suivre les cours de Châteauminois. C'est le seul exemple qu'on puisse citer d'une vielle figurant dans un ensemble décoratif. Un sieur Chevalier. qui présente cette particularité curieuse qu'on l'a garni de cordes métalliques vibrant par sympathie. après avoir rempli honorablement leur partie dans les concerts de l'ancienne cour. Bien que passablement déchue de son ancienne splendeur. Enfin. l'année précédente. Treize ans plus tard. Un autre. du moins. Outre le tambourin provençal. Personne ne le regrettera. même on en recouvrit quelques-uns de vernis Martin. est « garni en soie ». le 10 avril 1772. mince et allongée. aux écuries du Roy. Vers le commencement du xixc siècle. c'est un instrument si borné. Si peu gracieuse que soit sa forme. se faire une brillante réputation et donna des leçons très recherchées. car. de rais de coeur et de toutes sortes de fins motifs sculptés. et rendant les sons doux d'une manière bien plus flatteuse à l'oreille que les instruments ordinaires ». Car.

On peut voir. niais sans le détruire tout à fait.) . Les troubles. à Blois. Ch. Ce raffinement était dû à l'imagination d'un artiste nommé BaujotFraunié qui a signé son oeuvre et l'a datée : 1764. et la dernière bucolique s'acheva dans la charrette qui traînait la noblesse française de la prison à l'échafaud. BAS-RELIEK DESSINE PAR MANSAHD. C'est une pièce probablementunique. On s'amusa donc pendant quelques années des tambourins comme on s'était amusé de la musette et de la vielle. ce goût désordonné pour les moeurs champêtres. 1. un fût de tambourin provençal orné de belles peintureset garni de dix cordes vibrantes dans le sens de la longueur. après quoi on les renvoya dans leurs provinces. les inquiétudes qui précédèrent la Révolution avaient modéré. (Parc de Versailles.de la viole d'amour '. dans la riche collectionde M. Petit.

L'ICONOGRAPHIE AU MUSÉE DU

INSTRUMENTALE

LOUVRE

La plupart des écrivains musicologues, qui de nos jours se sont occupés des anciens instruments, ont basé leurs dissertations sur des documents graphiques : miniatures, estampes, sculptures, tableaux, sans trop s'inquiéter de la fidélité de ces représentations. En effet, si certains peintres, sculpteurs ou graveurs se sont donné la peine de faire poser l'instrument de musique qu'ils mettaient entre la main de leur personnage, d'autres, et en assez grand nombre, ont traité cet accessoire d'une manière plus ou rmoins fantaisiste. Il en est résulté des erreurs, des méprises, quelquefois même des mystifications qui, copiées et recopiées à l'infini, sont passées à l'état de chose établie. Je ne m'occupe pas ici du Moyen-Age, dont l'organographie est restée fort obscure en dépit des savants travaux de Perne, de Coussemaker, de Kastner; mais, dans des temps plus rapprochés de nous, que de discussions a fait naître, par exemple, le tableau si connu de Raphaël : Sainte Cécile écoutant la musique des Anges ! Tout le monde en connaît le sujet : la sainte, ravie en extase par le céleste concert, incline vers le sol un petit orgue portatif dont elle a cessé de jouer. On n'a pas manqué de relever cette singularité que l'instrument est construit au rebours de ce qu'on voit d'ordinaire; les tuyaux les plus courts sont à gauche et les plus longs à droite. Faut-il en conclure que c'était là le modèle des orgues dont on se servait au commencement du xvic siècle? Alors, comment interpréter cet arrangement? De deux manières. Ou bien le système musical de cette époque allait de l'aigu au grave et l'explication est insoutenable ; on possède, en effet, des clavecins et des clavicordes contemporains de Raphaël qui, par leur configuration, prouvent que les claviers étaient organisés diatoniquement et chromatiquement comme ceux de nos pianos modernes; pourquoi en eût-il été autrement de l'orgue? Certains auteurs, sans s'arrêter à cette hypothèse dont l'absurdité n'a pas besoin d'être démontrée, ont avancé que cet arrangement particulier aux tuyaux d'orgue devait s'obtenir grâce à des vergettes qui, tout en laissant au clavier sa disposition normale, faisaient parler les tuyaux ainsi posés à contre-sens. C'eût été, certes, se donner bien du mal et compliquer le mécanisme déjà si délicat de l'instrument pour obtenir un résultat dont l'utilité n'apparaît pas. Et encore, est-il admissible que ces agents de transmission aient pu tenir dans un appareil de format très exigu qui comprenait seulement un clavier de trois octaves, un petit réservoir d'air et deux rangées de tuyaux? Voici d'ailleurs un fait qui nous parait probant.

— :>4 — L'auteur hollandais Lotens, qui vivait vers la fin du xvme siècle, rapporte que, vers 1680, un facteur occupé à la réfection de l'orgue de Saint-Nicolas d'Utrecht découvrit dans le buffet un positif daté de 1120, dont le clavier commençait par le fa grave au-dessous de la clef de fa et s'étendait jusqu'au la au-dessus des lignes de la clef de sol ; de Coussemaker a reproduit le passage dans le tome IV des Annales archéologiques. Devons-nous penser que la facture du xv° siècle ait été plus arriérée que celle du xvnc? On peut citer, pour prouver le contraire, la tapisserie dite de la Dame à la licorne, du Musée de Cluny, antérieure au tableau de Raphaël, et qui présente un orgue absolument semblable à celui de sainte Cécile, mais avec ses rangées de tuyaux placés normalement; et des fresques de Danses des morts, et quantité de miniatures donnant raison à l'ordre décroissant, qui est l'ordre naturel de l'harmonisation des instruments à clavier. Que penser dès lors de l'orgue de sainte Cécile? Tout simplement ceci: que le peintre a représenté cet accessoire sans l'avoir sous les yeux, ou bien qu'il a trouvé dans la disposition progressive des tuyaux un motif de pondération qui flattait le décor aux dépens de la vérité; ce qui n'empêche pas les historiens musicaux les plus sérieux et les plus autorisés d'avoir pris texte de la peinture de Raphaël pour démontrer que, jusqu'au xvic siècle, les orgues allaient indifféremment de l'aigu au grave ou du grave à l'aigu. Or, il s'est trouvé que, dans les recherches qu'ils faisaient à cet effet, ils ont rencontré des exemples qui semblaient leur donner raison; mais ces exemples étant tirés d'ouvrages accompagnés de planches sur bois, on peut leur appliquer la remarque suivante prise dans le livre du Père Mersenne, imprimé en 1648 sous le titre de : Harmonicorum libri XII. On y voit à la page 10 ' le dessin d'un luth dont la chanterelle est à gauche et les cordes graves à droite, d'après un système identique à celui de Raphaël. Ce luth a été reproduit ainsi dans la plupart des ouvrages modernes écrits sur la lutherie du xvnc et du xvmc siècle qui n'ont pas manqué de relever cette disposition singulière de l'échelle musicale. Seulement les copistes ont oublié de lire le texte latin qui accompagne la gravure; ils auraient trouvé cet avertissement qui a son importance : Primo notandum est citharam errore calcographi aliter quam par erat fuisse dispositam, ac si quis manu sinistrà nervos libéras pulsaret. C'est donc le dessinateur qui s'est trompé en représentant ce luth comme si on devait pincer les cordes avec la main gauche ; la phrase suivante ne laisse aucun doute à cet égard : Cui vitio medebiiur utcumque qui aversa papyro figurant intuebitur. Le moyen de remédier à l'erreur, c'est de regarder la figure en retournant le papier, précaution exigée par un grand nombre de reproductions gravées qui montrent des soldats avec l'épée à droite ou des musiciens qui jouent à l'envers du violon, de la musette ou de la guitare. Nous croyons donc que, pour les anciens livres à gravures, notamment celui de Sébastien Virdung, qui donne des dessins d'orgues dans le genre de celui de sainte Cécile, il sera bon de suivre l'indication de Mersenne et de regarder aversa papyro. Puisque nous parlons du Père Mersenne, à qui tant de musicographes contemporains doivent leur science, signalons encore un exemple de la précipitation qu'on a mise à le piller. Ouvrez tous les traités d'instruments écrits dans ces dernières années, vous y trouverez le type de la viole du xvnc siècle, empruntée à YHarmonie universelle; mais on oublie généralement de faire suivre le dessin de l'avis suivant qui éclaire la situation : « Avant que de donner la figure delà viole dont on use maintenant, — c'est le savant religieux qui parle, — je donne la figure dont on se servait devant., laquelle n'avait que cinq cordes. » La susdite viole est donc du xvi<= siècle, et sa reproduction dans un ouvrage de 1637 n'a qu'un intérêt rétrospectif. Il ne reste rien, absolument rien, touchant l'art de la lutherie antérieur au xvic siècle. Par conséquent il a bien fallu, pour écrire l'histoire des instruments au Moyen-Age, recourir aux représentations figurées dont il est difficile de contrôler l'exactitude; mais, à |. Ijartyonictinoninstrumentorum, I, lib,

tient un luth. suffisantes pour partir de la Renaissance. on n'affichait pas des prétentions exagérées à l'exactitude . n'est pas de fixer la forme des instruments d'après ces oeuvres celles-ci avec les documents que nous pospicturales. de plus. mais qui. Pour sauver. le tirage était sensiblement atténué à l'endroit dangereux. l'attitude qui convenait aux joueurs de certains instruments. ici. en réalité. Quant aux aiiaehronismes. de cette manière. il est vrai. dans la même salle et sous la même appellation erronée. Dans ce temps-là.) vingt-quatre cordes. détail auquel nos amis les peintres ne songent guère quand ils essaient de représenter les violes. sont à ce point négligents lorsqu'ils touchent à la musique. on se rend compte de la forme de l'instrument et principalement de la disposition particulière de la chanterelle. le premier portrait qui nous arrête est celui d'une femme à manteau bleu. les flûtes à bec. en recherchant les sujets de musique instrumentale représentés dans les tableaux du Musée du Louvre. au contraire. on eut l'idée vers le commencement du xvne siècle de la monter à part sur une petite poulie . les timbales. En entrant dans la salle Lacaze. d'autres cordes du double plus longues pour l'exécution des basses. Le luth avait de nombreux dérivés dont le principal était le théorbe . Le théorbe . du moins. de confronter sédons. Notre but. qui par sa ténuité et sa tension était plus que les autres exposée à se rompre. dans un tableau de MmcValayer-Coster. il serait délicat d'insister et de signaler par exemple ce sculpteur fort connu qui mit aux mains d'un chanteur florentin du xvic siècle une mandoline sortie des ateliers de Vinaccia vers 1770. on pourra me répondre que l'Apollon du Parnasse joue du violon. les épinettes. A cela. Nous fixerons. Cette courbure présente un double inconvénient : les cordes ne montent au ton que par saccades. le manche est vertical et porte à son extrémité. Nous trouverons plus loin. xvii*etxvm siècles. mais.— 55 de pièces authentiques. Un autre joueur de luth est représenté par le Hollandais Gérard Honthorts. formant avec le manche un angle à peu près droit. en dehors des cordes ordinaires qui s'appuient à la touche. les tambourins en usage aux époques qui ont précédé la nôtre. mais elle est du double plus forte et la VIOLA DA BRACCIO. si pointilleux sur le choix de leurs accessoires. et je ne m'explique pas qu'un instrument n'ait aucune importance pour des artistes qui soignent avec tant de minutie certains détails souvent insignifiants de costume ou d'ameublement. le cheviller est renversé en arrière. les monocordes. en frottant durement sur le sillet. Ici. elles cassent à tout instant. du moins. les trompettes. la chanterelle. à l'occasion. Le luth a bien la caisse bombée comme la mandoline. au béret garni de plumes. et. mais je me demande pourquoi les peintres et sculpteurs de nos jours. un luth où cette particularité peut être encore mieux étudiée. touche doit être assez large pour supporter de quinze à (D'aprèsVéronèsc. de dessin et de couleur indécis. jouant de la mandoline d'après le catalogue. les tambours. on a un certain nombre 0 déterminer la forme et l'accord des principaux agents sonores aux xvi".

du violone dont on distingue très bien la tête en forme de crosse et portant cinq chevilles. C'est un théorbe qui est étendu à terre et dont la tête est dissimulée sous un buste antique. un jeune garçon assis épaulant un soprano ou violetta équivalent au violon et. recouvert de cuir noir et de forme cintrée : c'est le cornetlo curvo surtout employé en Italie.Tome l". i. du genre des bassa da gamba. et par un élégant personnage de Fragonard 1. 11n'eût pas été possible de jouer le chitarone debout. sortant des ateliers de Guersan ou de Fleury. c'est. pour parler plus exactement. GANASI FONTAGO. A droite du tableau. un autre de contrebasse de viole. l'instrument du Véronèse : même vernis jaune clair. Domcnico Zampieri l'a mise i. usité principalement en France. Le centre en est occupé par un groupe d'instrumentistes : deux joueurs de ténor de viole.— 56 — du xvne siècle avait généralement huit ou dix de ces cordes supplémentaires. d'ordinaire.. à archet . affectant la forme de deux gerfauts héraldiques. selon l'usage. aux bords découpés et bien montées en conformité d'un ouvrage contemporain du Véronèse 3.à ce propos.. A l'arrière-plan de son Assemblée dans un parc. à l'aide de types caractéristiques. dont la moitié s'accrochent à vide au cheviller supérieur. in Venetiai5/|3. nous oserons dire un peu grossières. tandis qu'en Allemagne on préférait le gerade Zink.les Instruments DEL liegola de Ant. mêmes tables chantournées. page48. Le chitarone italien peut passer pour l'équivalent du théorbe. de l'aveude Fragonard. il est. Nous le retrouverons plus grand et admirablement détaillé dans la Leçon de musique de Lancret.. Nous voici maintenant devant la vaste composition de Paul Véronèse : les Noces de Cana. deux virtuoses tenant une trompette et un cornet à bouquin. d'un quatuor à cordes vers 1563.a été peint en une heure. le Florentin Paolo Zacchia il Vccchio a peint un musicien. à sept cordes et d'un joli vernis jaune. le Concert de Lionello Spada mérite d'être signalé. etc. De plus. le cadre coupe l'instrument au-dessus du cheviller et nous dérobe la tête qui ne pouvait manquer d'être habilement sculptée. Watteau introduit un joueur de flûte. Voir. cette dernière revient encore deux fois dans la même galerie maniée par un paysan de Teniers. dont la viole repose sur un plan incliné. plaçait le pied gauche sur un escabeau. nous y reviendrons tout à l'heure. mais avec des ouïes plus larges. dans le fond. sauf pour la première. l'aspect en était un peu lourd comme on en peut juger par la composition de Rubens : l'Education de Marie de Médicis. Deux personnages principaux le composent : un violoniste dont on remarquera l'archet cintré en dehors en forme d'arc. Voici encore une viole. Vidal. avec la tête très effilée.On dit que ce portrait. la caisse de l'instrument reposant contre la cuisse et le coude gauche trouvant un point d'appui sur le genou. un vieillard à longue barbe joue de la contrebasse de viole ou. à mi-corps. et Pater fait danser ses Comédiens aux sons d'une vielle et d'une guitare . Au mur d'en face. mais le corps en est énorme et le manche démesurément long. et un joueur de chitarone en train d'accorder son instrument. Les deux grandes violes sont d'une forme éminemment gracieuse. monture identique. Spada a pose sur la table une guitare exactement montée de neuf cordes allant par paires. A peu de distance des Noces de Cana. Quant au cornet à bouquin qui figure dans le fond. Rubertina. En pénétrant dans le salon carré. dans la salle Lacaze. Le modèle de cet instrument se voit sur un délicieux tableau de Watteau : ta Finette. c'est pourquoi le musicien. de forme droite. le manche s'amincit et le nombre des cordes diminue jusqu'à douze au total. C'est vraiment une basse de facture française. nous n'avons à signaler qu'une basse de viole posée par Oudry dans une de ces natures mortes où il excellait. par-malheur. Mais au xvme siècle la tête s'allonge. à peu de chose près. nous avons donc ici la représentation. dans la grande galerie. On remarquera la manière dont est tenu l'archet et qui rappelle la posture de certains joueurs italiens de nos jours. L'instrumentest indiqué vaguement.

de .page 32. . De cette harpe triple. positif ou régale.la touche. Cavedone et du Guerchin dans la grande galerie. apparaît une de ces ouvertures en ovale. Elle est montée de six cordes. les tables et les éclisses ont été moulées suivant des arcs de cercle. de Gaspare da Salo. on adopta pour le violoncelle la position actuellement en usage qui facilitait l'exécution des traits rapides peu employés sur la basse de viole. La sainte tient l'archet ainsi qu'il est recommandé dans le Traité de Jean Rousseau : « le doigt du milieu sur le crin.) roborés par la peinture de l'artiste bolonais. 1687. Le Dominiquin se recommande une seconde fois à notre attention par son roi David. sous. les deux autres pour les sons diatoniques.57 aux mains de sainte Cécile. de Budiani et de ce Pellegrino Zanetto. Le modèle représenté ici possède trois rangées de cordes parallèles. chaque note pouvant se faire sur deux cordes VIOLA DA GAMBA. Mignard l'a dotée d'une harpe de format réduit. On voit également. est remarquablement beau . en dedans. un hautbois à deux clés et un tambour de basque. le premier doigt couché soutenant le bois. une basse à volute massive. offre le spécimen d'une très jolie basse de viole dont les éclisses sont décorées d'arabesques en filets d'ébène incrustés. Cinq autres glorifications de la patronne des musiciens existent au Louvre. figure dans notre Musée du Conservatoire (n° io5 du catalogue). enfin. c'est celle dont on s'est servie jusqu'à la fin du règne de Louis XIV à peu près. dans ce dernier tableau. que les luthiers nomment « rosace borgne ». et. Elles sont signées de Memling dans le salon carré. L'instrument. différentes. Jean Rousseau. de Jacques Stella dans la salle consacrée à l'Ecole française du xvnc siècle . à peu près semblable à l'instrument dessiné par le Dominiquin. qui nous a déjà occupé à propos du théorbe. le Père Mersenne donne une explication dont tous les détails sont cor(D'après le Dominiquin. le rang du milieu est pour les feintes. Quatre d'entre elles la représentent devant un orgue portatif. vernis brun sombre — le vernis de l'École de Brescia. — Le cheviller. Traité de la viole. une flûte à bec. dièzes ou bémols. La harpe dont joue le prophète est d'une époque antérieure à l'adaptation des pédales . pour sept cordes. Tous les musiciens ont pu se rendre compte de l'impossibilité où nous nous trouvons i. Vers la fin du xvme siècle seulement. et le pouce estant droit et appuyé dessus vis-à-vis le premier doigt. C'est de cette manière qu'il faut saisir l'archet pour tous les instruments qui ne se jouent pas à l'épaule. se termine en une tête d'ange . dont un produit. dont tous les détails de facture apparaissent avec netteté. L Lducation de la Reine. la main estant éloignée de la hausse d'environ deux ou trois doigts » '.1.

son lieu d'origine et l'époque où il a travaillé. Jan Steen. nous fait assister à une bruyante assemblée de buveurs. tenant l'orphéoreon à huit cordes doubles (le cheviller. antérieure à celle dont nous nous servons depuis un siècle et demi environ. puis des gentilshommes. à côté. Un autre Hollandais. porte au col une trompette attachée par un long cordon rouge et or. comme on le croit généralement. On cite une ouverture de Martini dont la partie à l'aigu pour cet instrument paraît inexécutable. De tous les documents musicaux fournis par les tableaux du Musée. Van de Venne fait occuper le premier plan de la scène patun groupe d'instrumentistes. où le document devient instructif. effilé et chargé de chevilles. un homme en habit gris. avec une boule de cuivre soudée vers le milieu de l'appareil en vue de le consolider et non pour indiquer l'endroit où doit se poser la main. c'est qu'il indique avec précision la manière dont le cordon s'attachait aux branches de la trompette. la véritable mandoline. La difficulté d'exécution est singulièrement atténuée par ces trous qui permettent d'obtenir avec justesse la rapidité des traits indiqués dans les anciennes partitions. le tube est droit. Nous restons dans l'art hollandais avec une Leçon de musique. la taille de flûte douce à huit trous. le violoncelle.— 58 — à rendre la plupart des traits confiés aux trompettes par les compositeurs du xvac et du xviii 0 siècle. un jeune garçon frappe l'échelette. le peintre n'a pas voulu apparemment que les sonorités guerrières vinssent troubler le caractère officiellement pacifique de la solennité. et comment s'arrangeaient les glands en passant par les deux anneaux des potences. où Metzu montre une dame assise devant une épineue carrée. Mais. On y voit en effet un clairon ou clarino en cuivre. Il s'agit d'une composition moitié allégorique. Sur le devant. et c'est là. même en admettant l'emploi de tubes assez courts pour donner les sol. que le facteur inscrit son nom. dont le couvercle. moitié historique de Jean van de Venne : Fête donnée à l'occasion d'une trêve conclue en 16og entre les Espagnols et les Hollandais. la. la harpe portative. le violon. et tournant le dos au spectateur. A droite. C'est bien la restitution fidèle de ce qu'on nommait au xvnc siècle un « orchestre de fête ». l'épée au côté. Au-dessus. un chanteur est placé tout contre la virginale. long de soixante centimètres environ et percé de sept trous comme la flûte ou le hautbois . on distingue toutes les chevilles et leur nombre est bien conforme à ce que décrivent les traités de musique du temps. ce qui s'écarte de la tradition. Rubens se charge d'en fournir l'explication dans son allégorie inspirée par la Régence de Marie de Médicis. Dans le fond. Tous les détails sont minutieusement observés et rendus avec une exactitude irréprochable. relevé. Netscher peint dans la Leçon de chant un luth théorbe dans le genre de celui de Terburg. vu de dos. le manche et le haut du corps sont seuls apparents). montée sur des pieds. parmi les hachures et les fleurettes gravées. et le Jeu de la basse de viole nous fait voir. A son tour. pour l'histoire de l'instrumentation. une femme touchant un joli instrument dont la tête est ornée de flots de rubans. Il n'y manque que les trompettes et les timbales. apparaît le haut du corps d'un musicien soufflant dans une basse de hautbois à bocal de cuivre. avec le pavillon ordinaire de la trompette et muni de l'embouchure particulière à cet instrument. le tour du pavillon est cerclé d'argent ou de rosette. il en est peu d'aussi intéressants que celui-ci. au-dessus des lignes. un joueur de virginale. Le modèle est bien celui de la trompette militaire en usage depuis le xvic siècle jusqu'à la Révolution française . le luth à seize cordes. L'orchestre est composé d'un violon et d'une énorme cornemuse embouchée par une vigoureuse commère. si. Je dois signaler à présent un autre sujet des plus curieux au point de vue spécial où nous nous sommes placé. ut. le tube forme un seul tour. dont un personnage tient le petit luth au manche renversé. et une Chambre de rhétorique. laisse voir la décoration intérieure. sorte de xilophone que les Flamands affectionnaient au point de lui adjoindre quelquefois un clavier et qu'ils appelaient alors « régale de bois ». .

assez pauvre en ces sujets primitifs de musique religieuse. Les exécutants occupent sur la scène les gradins d'une estrade dont une toile peinte et découpée.) large filet d'or. française du xvinc siècle. en forme de trifolium. dessillés à la diable. à droite et à gauche des violons. de Paniiii. en première ligne. dit Tcrburg. à quelques pas de là. montre les longues trompettes droites. une mandore à manche large et plat à la tête en crosse. Seule. Nous y trouvons d'abord le clavecin de Fragonard. flûtes droites et traversières. d'Allemagne et de Belgique. ne peuvent nous fournir aucune indication précise. qui abondent dans les Musées d'Italie. dans quatre panneaux de Lesueur représentant les Muses. qui fixe la disposition d'un orchestre en Italie pour ces sortes de solennités. Mais les luths. « une cathédrale » comme on disait alors. fils de Louis XV. simulant des nuages. le Couronnement de ta Vierge. Au-dessous. mais comme l'archet est mal tenu ! Peu de chose à retenir de la salle dite des sept mètres. flanqués de deux paires de timbales. Pénétrons maintenant dans la galerie de l'Ecole LUTH THEORBE. et. le 26 novembre JJ2Ç. sur les côtés. Cette négligence est encore plus accentuée. d'une fine rosace découpée. tout contre. les bassons et les hautbois. Seul. les instruments à vent: trompettes. On y trouve une harpe fantaisiste grossièrement organisée. Voici. et sur le tabouret. faisant sonner une viole à quatre cordes. mais dont la table s'amaincit graduellement pour former la touche. introduites par Lorenzo Costa à la Cour d'Isabelle d'Esté. d'un modèle courant . bordé d'un (D'aprèsTer Borch. les quatre chanteurs solistes. Les choeurs occupent deux tribunes. une trompette antique et un flaios primitif. Vis-à-vis. bien que la tête. il convient de les ranger dans la catégorie des objets de fantaisie. Chardin nous fait admirer ses Attributs de musique: une bejle musette en ivoire avec housse de velours rouge bordée de point . compte six chevilles. nous retrouvons l'élégant théorbe de Lancret. nous regardons YOrphée de François Périer (1590-1656). Enfin. Quant à la viole et la lyre. En nous engageant dans la salle IX. et un maestro di capella dont le clavecin est aux trois quarts perdu dans la décoration. deux rebecs et une guiterne à fond côtelé comme celui du luth. portant douze clés. Tout en haut. monté de ses douze cordes réparties sur deux manches et décoré.— 39 Le Bal à la cour de Henri III (école française du xvic siècle) est animé par plusieurs luthistes assis sur des escabeaux. à l'occasion de la naissance du Dauphin. la basse de viole d'Erato est copiée avec soin. à vernis rouge. par l'Angelico. un Concert donné à Rome. ainsi qu'un triangle dont un des anneaux est resté en l'air par un prodige d'équilibre inexplicable. au centre de la table. trois rangées de violons et violes avec le violoniste principal debout au centre. dissimule la charpente. cors.

au Musée de Versailles. prenant le ton d'un théorbiste à figure imposante. Puisque nous parlons de la musette. un des artistes met son violoncelle d'accord.. simples ou doubles. dans le coin opposé. dont la première apparition eut lieu CLAR1NO. Dans la galerie qui suit le salon Daru. Un portrait authentique de Madame Clotilde de France. un pardessus de viole à tête sculptée avec les cinq divisions du manche formées par des cordes. le manche s'arrête . et. un violon et une flûte traversière en buis. Jean-Baptiste Hilaire a peint une femme jouant d'une guitare dont la tète compte dix chevilles. que vers la fin du xviii0 siècle on dédoubla les cordes de l'instrument tout en respectant l'arrangement primitif. Il fallait d'abord assurer autour du corps la ceinture pour maintenir le soufflet à sa place. un petit morceau d'ébène fixé à la table pour retenir le petit doigt et permettre à la main droite de s'arrondir selon les règles. nous faisons la connaissance de quelques musiciens de la chambre de Louis XIV. Le porte-vent.— 6o — d'Espagne d'or. le Thé che\ le prince de Conti. on mettait le sac sous le bras gauche. il est peut-être opportun d'indiquer la manière dont on en jouait. C'est un acheminement à la monture actuelle de la guitare par six cordes. Seulement. une trompette munie de son fanion en soie bleue et jaune. Voici. en 1801.) étaient garnies de cinq cordes. une fois assujetti. ce qui n'empêchait pas le sac d'être copieusement gonflé. Delaporte reproduit encore une musette de velours violet toute brodée d'or avec franges assorties. L'instrument est digne du musicien : énorme. sans doute par un de ces miracles dont les peintres négligents ou distraits savent bénéficier. mais jamais de six. Non loin de là. précaution indispensable quand l'instrument n'était pas appuyé contre le mur et qu'on en voulait tirer le maximum de sonorité. une date à retenir. bien fait pour l'honneur d'appartenir au Roi-Soleil. la basse de viole à volute enroulée. particularité curieuse. un cor. Avec François Puget. Ces prescriptions nous remettent en mémoire certain tableau exposé récemment sous une signature connue et recherchée des amateurs. contre la hanche droite . la poulie en saillie sur le cheviller. superbe. on passait aussitôt l'avant-bras droit dans les bracelets du soufflet. Il représentait un berger galant jouant de la musette. d'Olivier. une mandoline. et une trompe de chasse. bien que cinq cordes seulement apparaissent sur la table. Malheureusement. puisque toutes les guitares antérieures (D'après Rubcns. a eu bien soin de faire enlever le couvercle. à perruque majestueuse. on avait oublié de peindre le soufflet. reine de Sardaigne. en tenant les chalumeaux droits devant le corps. la manche de l'habit étant préalablement retroussée— tous les traités anciens du jeu de la musette le recommandent expressément. M™c Valayer» Coster présente l'instrument champêtre en robe de velours rouge richement garnie. nous fournit une indication identique. La guitare est sur la table . assis devant un clavecin. les doigts prêts à ouvrir les trous. massif. Elle y joint un luth enrubanné. Nous savons. en effet. à une clé d'argent. D'autres pièces de lutherie complètent le tableau : un hautbois en ébène. Le jeune Mozart.. d'un clair vernis rouge. découvrant à demi les boîtes d'ivoire des chalumeaux. A son tour. avec douze cordes passant sur le sillet.

Si les premiers prêtèrent aux seconds l'éclat et la variété de leurs vernis. à gauche. du milieu du xvc siècle à la fin du xvm0. Nous avons négligé quelques reproductions de pièces de lutherie avec lesquelles tout le monde est familiarisé. c'est une grande viole de gambe. Au premier plan. de Bellangé. un violoniste. Il est nécessaire cependant de faire remarquer que la Revue sous le premier Empire.) f . Dans le fond. une rosace décore la table au-dessous de la touche. puis une femme posant les doigts sur une petite épinette. les tableaux du Musée du Louvre appartenant aux diverses écoles. par rapport aux instruments de musique. valait le reste du corps. Enfin. on distingue la partie inférieure du manche d'un archiluth. les facteurs d'instruments s'acquittèrent en fournissant aux peintres des accessoires harmonieux dont les formes gracieuses et l'effet décoratif n'étaient pas à dédaigner. un homme souffle dans un cornet à bouquin à pans de bois. Telles sont les indications que nous fournissent. bien enfumée. de celles à qui les Italiens faisaient faire Une partie dans les sérénades. pas plus dans le groupement réglementaire des musiciens que dans le détail des instruments. dit le Valenfin. recouvert de cuir noir. POSITION DE L'ARCHET POUR LA BASSE DE Vvbj (D'aprèsle Dominiquin. sans aucun doute. Notre inventaire touche à sa fin. c'est une oeuvre de pure fantaisie. les peintres ont su en profiler. Nous le terminons devant une toile de Jean de Boullongnes. Elle a d'ailleurs été peinte vers i85o. On peut dire que de tout temps il y eut échange de bons procédés entre les peintres et les luthiers.— 61 — au-dessus des premières chevilles et nous dérobe la tête de cette pièce de lutherie qui. à part quelques exceptions. un violone à cinq cordés. mais où il est encore possible de reconnaître certains détails intéressants. Nous croyons avoir démontré que. avec des ouïes semblables à celles d'un violoncelle. n'offre aucune fidélité.

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Fuller.) Les Collections d'instruments de musique aux xyi=.) Pages.) La Harpe de Marie-Antoinette (Dessinde G.xvii" et xviiiesiècles (Dessins de S.) Les Pochettes de maîtres de Danse (Dessins de G.) Les Instruments de musique champêtres au xvu«et au xvincsiècle (Dessins de G. 5 i5 27 35 3g 53 .TABLE Le Songe d'un collectionneur. Fuller. (Dessin de Georges Fuller. Fuller. Hugard.) L'Iconographie instrumentale au Muséedu Louvre (Dessinsde G. Fuller.

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