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Responsabilité des père et mère

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F.32

At~NSPRAKELlJKHEID VAN VADER EN MOEDER -BURGERLlJKE AANSPRAKE~LIJKHEID VAN DE OUDERS BE~WIJS TE LEVER EN DOOR HET SL.ACHTOFFER -VERMOEDEN VAN FOUT lN HET TOEZICHT EN DE OPVOEDII'JG. He1 behoort niet aan het slachtoffer van een door een minderjarig kind begane fout om het bewijs te leveren van een fout in het tol~zicht of de opvoeding in hoofde van de ouders. Het behoort aan deze laatsten, ten eirlde aan hun wettelijke vermoedde aansprakelijkheid te ontsnappen, om het dubbel tegenbewijs te leveren van een gepaste tol~zicht en een goede opvoeding t.O.V. de auteur van de schadelijke feiten. De~ weerlegging van slechts één van deze twee vermoedens volstaat niet om de oLJderste ontlasten van hun aansprakelijk-

RESPONSABiliTÉ CIVilE DES PARENTS -PREUVE À RAPPORTER PAR lA VICTIME -PRÉSOMPTIO~I DE FAUTE DANS lA SURVEillANCE: ET DANS l'ÉDUCATION.

heid.

Il n'incombe pas à la victime d'un acte fautif commis par l'enfant mineur de fournir la preuve d'un défaut de surveillance ou d'éducation dans le Ichef des parents. C'est à ceux-ci qu'il aj:lpartient, pour échapper à leur respon!»abilité légalement présumée, de rapporter la double preuve contraire d'une surveillance adéquate et d'une bonne éducation à l'égard de l'auteur des 1faits dommageables. Le renversement d'une seule des (jeux présomptions ne suffit pas à déchalrger les parents de leur responsabilité.

COUR D'APPEL

DE LIÈGE -28

FÉVRIER 2002

16e ch. protectionnelle. -Siég. : Mmes Fumai (prés.) et Robesco (subst. proc. gén.); Plaid. : MMes Goujon, Schurmans, Philippart, Tinant Jaco Simar (tous avocats à Liège), En cause: P... et B... c. D... R... et crts et la s.a. Patriotique Assurances.

Q,~ant à la responsabilité civile des parents. Attendu qu'il n'tncombe pas à la victime d'IJn acte fautif commis par l'enfant de fourni'r la preuve d'un défaut de surveillance ou d'éducation dans le chef des parents, mais qu'il appartient à ceux-ci, pour échapper à leur responsabilité légalement présumée de rapporter la double preuve contraire d'une surveillance adéquate et d'une bonne éducation à l'égard de l'auteur des faits dommageables. Attendu que le renversement d'une seule dl3S deux présomptions de faute dans la surveillance et dans l'éducation ne suffit pas à décharger les parents de leur responsabilité, l'existence concomitante des deux fautes n'étant pas nécessaire (Cass., 5 mai 1 ~95, Pas., 1995, p. 390). Attendu que la cour adopte les judicieux motifs retenus par le premier juge pour écarter les attestations produites unilatéralement par les appelants.

Attendu que l'éducation en vue d'une adaptation psychologique et morale au re!;pect des règles élémentaires de la vie en société doit s'apprécier indépendamment des spécificités du milieu familial. Attendu que si le fait commis par la mineure ne peut suffire à réfuter l'allégation (j'une bonne éducation, la nature et la gravité de ce fait peuvent être révélatrices d'une carence éducative, et ce même s'il est isolé et ponctuel. Attendu qu'en l'espèce, non seulement la nature (préméditée) et la gravité des. faits de violence contre la victime (brûlures de cigarettes au visage, tentative d'écra:ser le corps de la victime couchée au sol avec un cyclomoteur), mais surtout l'interprétation qu'en donnent les parents aux termes de leurs conclusions d'appel infirment leurs prétentions de « bonne éducation ». Attendu en effet que, tout en minimisant la gravité des faits -tels que ci-dessus rappelés -en les qualifiant de simple « cri3page de chignon », ils concluent à la « nécessité,

pout' l'honneur » dans laquelle leur fille s'est trouvée d'agir de la sorte pour se venger de l'infidélité de son petit ami, argumentant en outre des « règles des traditions familiales et de la culture sicilienne ». Attendu qu'ils n'hésitent pas à rechercher quelque justification de la « vendetta » ainsi pratiquée par un sentiment de culpabilité éprouvé, selon eux, par la victime elle-même. Attendu que ces appréciations indiquent chez les parents, à tout le moins une distorsion fautive dans l'échelle des valeurs éducatives par rapport au respect de l'intégrité physique d'autrui, valeurs éducatives que la mineure avait apparemment bien assimilées... Attendu qu'il résulte des déclarations de la mineure et de ses civilement responsables à l'audience du 14 décembre 2001 que leur degré de sensibilisation face aux dommages provoqués par R... repose davantage sur une stratégie de non-indemnisation et d'assurance que sur une prise de conscience réelle de la situation de la victime. Attendu que cette constatation infirme encore la valeur de leur système éducatif. Attendu qu'il ne peut y avoir de contradiction intrinsèque entre une présomption légale de défaut d'éducation édictée dans le contexte de l'action civile dirigée contre les parents et une mesure protectionnelle de

maintien de la personne du mineur dans son milieu familial, sous surveillance et sous condition. Attendu que les appelants restent en défaut de renverser la présomption de défaut d'éducation qui pèse sur eux. Attendu que la présomption légale de responsabilité édictée par l'article 1384, alinéa 2, du Code civil porte également sur l'existence d'un lien de causalité entre la faute présumée dans l'éducation et le dommage causé (Cass., 20 oct. 1999, Bull., n° 549). Attendu, aux motifs ci-dessus, que les parents restent en défaut de renverser cette présomption de causalité. Par ces motifs: La Cour, Statuant contradictoirement, Reçoit les appels dans les limites ci-dessus précisées, Réformant la décision entreprise, Dit n'y avoir lieu à prononcer de mesure à l'égard de R.. O... Confirme la décision entreprise pour le surplus.