FACULTÉS UNIVERSITAIRES NOTRE­DAME DE LA PAIX

FACULTÉ DE DROIT
BAC 1

DROIT DES OBLIGATIONS I LIVRET DE CASUS

Professeur : Etienne Montero Assistants :  Marie Demoulin Hervé Jacquemin Sophie Pirlot de Corbion Audrey Pütz

Année académique 2005­2006

Comment utiliser ce livret ? Les exercices pratiques de ce livret ont pour objectif de vous familiariser avec les  principes   théoriques   vus   au   cours   de   droit   des   obligations   en   vous   proposant   de   les  appliquer à certains cas concrets. Tout   au   long   de   l’année,   des   séances   seront   organisées   afin   de   vous   permettre  d’évaluer   votre   compréhension   de   la   matière,   en   résolvant   par   vous­mêmes   certains  exercices ou en analysant certaines décisions jurisprudentielles.   En fin d’année, votre aptitude à mettre en pratique les concepts théoriques sera  évaluée lors de l’examen par le biais de casus similaires à ceux de ce livret. Afin de vous préparer au mieux, nous vous conseillons donc vivement d’essayer de  résoudre   seul   les   exercices   qui   vous   sont   proposés   ici   et   de   lire   les   décisions   de  jurisprudence contenues dans ce livret. Pour vous guider dans votre réflexion, vous disposez des outils suivants : — — — les   notes   de   cours   se   rapportant   à   la   matière :   pour   revoir   les   principes  théoriques applicables ; votre code : pour appuyer vos réponses sur une base légale ; les décisions de jurisprudence contenues dans ce livret ainsi que les décisions  de jurisprudence additionnelles auxquelles il est parfois fait référence sous  l’énoncé   du   casus :   pour   distinguer   les   courants   d’interprétation   qui   se  dégagent en la matière (et les éventuelles controverses).

Il peut être intéressant de confronter vos solutions à celles de vos condisciples et  d’en débattre par petits groupes. Vous verrez que les réponses à certaines questions sont  rarement aussi tranchées qu’on pourrait le penser. Si vous rencontrez des difficultés, vous pouvez vous adresser aux assistants durant  les heures de permanence qui vous seront indiquées. Attention, n’attendez pas les dernières semaines de cours pour revoir la matière et  consulter les assistants !

Bon travail !

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TABLE DES MATIÈRES I.  LA RESPONSABILITÉ DU FAIT PERSONNEL.............................................................4 II. LA RESPONSABILITÉ DU FAIT D’AUTRUI  (PARENTS ET INSTITUTEURS).....................7 III. LA RESPONSABILITÉ DU FAIT D’AUTRUI (MAÎTRES ET COMMETTANTS).................10 IV. LA RESPONSABILITÉ DU FAIT DES CHOSES (CHOSES VICIEUSES, ANIMAUX ET  BÂTIMENTS)........................................................................................................15 V. LA RESPONSABILITÉ SANS FAUTE.......................................................................18
A.La responsabilité du fait des produits défectueux.....................................................18 B.Les troubles de voisinages........................................................................................19 C.L’indemnisation des usagers faibles de la route........................................................21

VI. DOMAINES PARTICULIERS DE RESPONSABILITÉ..................................................23
A.La responsabilité médicale.......................................................................................23 B.La responsabilité des médias....................................................................................25

VII. EXERCICES DE SYNTHÈSE.............................................................................27 VIII. ANNEXES..................................................................................................28

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I.  LA RESPONSABILITÉ DU FAIT PERSONNEL
1. Un incendie s’est déclaré dans  deux immeubles suite à une explosion trouvant  son  origine   dans   une   fuite   de   gaz   occasionnée   par   une   rupture   du   compensateur   de  dilatation d’une conduite d’adduction. Cette conduite, appartenant à la société Tuyau,  citée   comme   civilement   responsable,   avait   été   installée   sous   la   direction   du   sieur  Vandenbos. Le tribunal saisi de l’action en responsabilité civile relève qu’en ce qui  concerne la cause de la rupture, le rapport d’expertise n’émet que des hypothèses, en  ayant soin de noter à cet égard la difficulté de déterminer avec rigueur le mode et  l’intensité   des   sollicitations   qui   ont   pu   provoquer   la   rupture.   Par   ailleurs,   l’expert  judiciaire a reconnu à l’audience que la méthode suggérée dans son rapport pour obvier  aux   ruptures   de   condensateurs   de   dilatation   n’était   pas   enseignée   ou   de   pratique  courante à l’époque des faits. Après avoir noté « qu’il importe de juger humainement  les choses humaines et de ne pas transformer toute erreur en faute, que la faute ne naît  qu’avec le caractère anormal de l’erreur », le tribunal estime « que l’on ne peut faire  grief à quelqu’un d’avoir omis de prendre une mesure de précaution exceptionnelle que  la pratique n’avait pas encore révélée comme nécessaire » et, partant, refuse de retenir  une faute (par imprudence ou imprévoyance) dans le chef de Monsieur Vandenbos. Que pensez­vous des considérations émises par le tribunal et de sa conception de la  notion de faute (action fondée sur  l’art. 1382 C. civ.) ? Étayez votre réponse  par  référence à ces deux opinions contrastées :  « (…) il est dangereux de faire une distinction entre l’erreur et la faute. Toute  erreur constitue assurément une faute et si la faute la plus légère peut engager la  responsabilité, il en est de même pour l’erreur la moins grave » (R.O.  DALCQ,  Traité, 2e éd., t. V­1, 1967, n° 266bis).  « en appliquant la responsabilité pour faute à de simples erreurs constamment  commises par les gens les plus diligents, on se met gravement en contradiction  avec soi­même » (A.  TUNC,  La  responsabilité civile, 2e  éd., Paris, Economica,  1989, n° 149).

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2. Un menuisier est chargé de construire des châssis de fenêtre avec fenêtres basculantes  pour un bâtiment en construction. Il les construit en inversant le sens de l’ouverture.  Lorsqu’il les apporte sur le chantier, le contre­maître de l’entrepreneur général, tenu de  les   vérifier,   est   fort   occupé   et   ne   prête   guère   attention   aux   châssis   de   fenêtre   en  question. Une fois montées, les fenêtres ne tardent pas à se bloquer.  Evaluez les responsabilités susceptibles d’être retenues. Les solutions diffèrent­elles  selon la théorie relative à l’appréciation du lien de causalité prise en considération ? 3. Hector emprunte un chemin bordant la prairie d’Oscar. Pour aller plus vite, il décide de  couper à travers la prairie. En sortant, il oublie de refermer la barrière et Brunette, une  des vaches d’Oscar, s’échappe sans qu’Hector ne le remarque. Brunette traverse une route et manque de provoquer quelques accidents. Monsieur  Laurent, passant par­là en voiture, klaxonne violemment pour que Brunette quitte la  voie publique, obligeant ainsi la vache à s’engager sur un petit pont en bois rendu très  glissant par les récentes pluies. Perdant l’équilibre, Brunette chute dans le fossé, la  barrière du pont ayant été enlevée par erreur par les ouvriers communaux. Brunette est gravement blessée et, malheureusement, condamnée. Evaluez les responsabilités susceptibles d’être retenues. Quelles sont les fautes qui  ont été commises ? Sont­elles en lien causal avec le dommage subi par Oscar ? Les  solutions diffèrent­elles selon la théorie relative à l’appréciation du lien de causalité  prise en considération ? 4. Une   intervention   chirurgicale   avait   été   décidée   sur   Madame   Rose.   A   cet   effet,   la  patiente   avait   été   transportée   à   la   clinique,   dont   le   chirurgien   était   le   Docteur  Moulinette. Sans qu’il y eût urgence, ce dernier décida que le médecin­anesthésiste de  la clinique serait remplacé par le Docteur Olive, l’un des associés du chirurgien, qui  pratique habituellement l’obstétrique et administre parfois l’anesthésie, sans toutefois  être qualifié professionnellement à cet effet. Sans  doute, au moment de recevoir  la  malade, le Docteur Moulinette aurait­il dû être frappé de la grande fragilité de celle­ci,  anémiée et amaigrie, et attirer à cet égard l’attention de son confrère, le Docteur Olive.  Mais   il   ne   le   fit   pas   de   sorte   que   celui­ci   décida   d’anesthésier   Madame   Rose   au  penthotal, à une dose contre­indiquée par cette fragilité (concentration de 5% au lieu de  2,5%), et sans précaution particulière de surveillance. Très vite apparurent des troubles  cardiaques, que le Docteur Olive ne sut maîtriser. Madame Rose se trouvait en état de  coma   lorsque   fut   décidé   son   transfert   dans   un   autre   hôpital   mieux   préparé,   où  cependant on ne réussit pas à la réanimer. Le décès succéda assez rapidement au coma. Evaluez le sort des actions en dommages et intérêts dirigées contre chacun des deux  médecins, en sachant que le Parquet poursuivit, pour homicide par imprudence, le  5

Docteur Olive devant le Tribunal correctionnel, mais que cette action se solda par un  échec (acquittement du médecin). 5.  Didier, représentant de commerce en informatique, se rend chez un client. Pressé, il  gare sa  voiture, chargée de  tout son  matériel  informatique, dans  un périmètre  de  sécurité installé en raison de l’élagage des arbres bordant la route. Il n’en a de toute  façon que pour 5 minutes vu qu’il ne doit que déposer un catalogue à son client. De  plus,   sa   voiture   ne   se   situe   vraisemblablement   pas   à   l’endroit   où   les   ouvriers  tronçonnent.  Etienne,   ouvrier   sur   le   chantier,   aperçoit   la   voiture   à   l’intérieur   du   périmètre   de  sécurité,   mais   ne   s’en   souciant   pas,   il   continue   à   tronçonner   sans   en   avoir  préalablement averti le chef de chantier.  Soudain, un orage éclate et la vent fracasse une grosse branche d’un arbre qui s’abat  sur la voiture de Didier. Ce dernier, alerté par le bruit fracassant, sort précipitamment  et découvre sa voiture écrasée sous le poids de l’arbre. Envisagez les différents recours dont dispose Didier pour obtenir la réparation de son  dommage.       

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II. LA RESPONSABILITÉ DU FAIT D’AUTRUI  (PARENTS ET INSTITUTEURS)
6. Eloïse effectuait une descente en skis, en compagnie de son amie Madeline et d’autres  élèves, sous la conduite d’un moniteur au cours d’un stage. Jouissant d’une expérience  encore limitée du chasse­neige, Eloïse n’a pu maîtriser sa vitesse au moment de passer  sur une plaque de verglas, qui rendait la piste excessivement dangereuse. Résultat : elle  a rattrapé, fait chuter et blessé grièvement la skieuse la précédant, qui doit abréger ses  vacances. Appréciez les responsabilités, sans oublier la règle de priorité – bien connue – propre  à ce sport établie au profit du skieur en aval par rapport à celui qui se trouve en  amont. 7. Madame Fonda, professeur de danse, vient d’annoncer à ses jeunes élèves (âgés de 8 à  10 ans) les différents rôles qui leur sont attribués pour le spectacle annuel. Comme  chaque année, personne n’est satisfait : Valentine ne comprend pas pourquoi elle doit  jouer le rôle du valet, Romy qui se voyait bien en Roméo fond en larmes, etc. Quant à Chelsea, enfant extrêmement gâtée, son sang n’a fait qu’un tour lorsqu’elle a  réalisé   qu’elle   ne   serait   pas   la   Juliette   de   l’année.   Madame   Fonda   étant   partie  chercher des mouchoirs, Chelsea se jette sur la petite Julie, choisie pour le rôle de  Juliette, lui arrache une boucle d’oreille et... un bout d’oreille. Madame Fonda, de  retour, n’en croit pas ses yeux. Comment   les   parents   de   Julie   vont­ils   réagir ?   Disposent­ils   d’un   recours   en  responsabilité aquilienne et contre qui ?  Justifiez soigneusement  votre réponse  au  moyen des dispositions légales. 8. Mac Jigger, 15 ans, est fan de musique. Tous les ans, il organise un concert de hard­ rock   dans   la   grange   de   ses   parents.   L’entrée   est   gratuite,   son   public   étant  essentiellement constitué d’amis du quartier. Cette année, la fête est gâchée. En effet, sa  petite sœur (Tiffany, âgée de dix ans) était sur la scène avec lui et a lancé sa guitare  dans la foule, guitare qui est ensuite retombée sur le crâne dégarni de Monsieur Edgar. Monsieur Edgar souffre d’une commotion cérébrale. Dispose­t­il d’un recours ? La solution aurait­elle été différente si Tiffany avait eu 5 ans au moment des faits ? Justifiez soigneusement votre réponse au moyen des dispositions légales. 9. Madame Loréale et son fils Benoît, âgé de deux ans, font des achats dans le grand  bazar d’Anvers. Ils empruntent l’escalator, à la grande joie de Benoît. En montant vers  7

le   1er  étage,   profitant   de   l’inattention   de   sa   mère   qui   lui   avait   lâché   la   main   pour  réajuster sa coiffure, Benoît s’amuse à poser son pied verticalement contre la paroi de  l’escalator. Soudain, il perd l’équilibre et tombe.  Derrière lui se trouvait Mr Velu, dont  la   corpulence   arrêta   sans   peine   la   chute   du   petit   garçon.   Mais   Mr   Velu,   dans   un  mouvement  brusque  opéré  pour  ne   pas   perdre  l’équilibre à  son  tour,  s’est  tordu   le  genou. Benoît a pu retourner chez lui en parfait état. Mr Velu, par contre, a été immobilisé  pendant un mois. Contre qui peut­il agir pour obtenir la réparation de son préjudice ? (Réf. : Cass., 30 mai 1969, Pas., 1969, I, p. 879). 10. Dans la cour de récréation, Hélène et Sophie, âgées de 8 ans, jouent aux billes. Sophie  perd. Furieuse, elle s'empare du bras d'Hélène et le mord profondément. L'institutrice  des fillettes, chargée de surveiller la récréation, accourt immédiatement, mais trop tard :  le sang gicle du bras d'Hélène. Contre qui les parents de la victime peuvent­ils agir et sur quelles bases? (Réf. Cass., 23 février 1989, R.G.A.R., 1990, n°11620). 11. Antonio et ses amis, âgés de quinze ans, se sont donnés rendez­vous après leurs cours  de troisième humanité pour jouer une partie de football. Dès le début de la rencontre,  Luigi se comporte en joueur agressif. Pendant le match, Antonio a la balle. Luigi se  précipite pour la lui reprendre au moyen d’un « sliding tackle » et… au lieu d’attraper  le   ballon,   il   prend   les   pieds   d’Antonio.   Le   mouvement,   effectué  avec   une   violence  inouïe, brise une jambe d’Antonio. Luigi est exclu sur­le­champ. a) Antonio, représenté par ses parents, a­t­il un recours pour le dommage subi ? b) La solution aurait­elle été différente si Luigi s’était comporté comme un joueur  normalement prudent ? (Réf. : Liège, 11 avril 1995, R.G.A.R., 1997, n° 12710). 12.   John a 17 ans.  Il vit seul avec sa mère, à la garde de laquelle il a été confié. Un  dimanche gris et humide de novembre, après avoir déambulé sans but dans les rues de  son quartier, il aperçoit un superbe vélomoteur rose, attaché par un frêle petit cadenas,  très simple à ouvrir. Il n’hésite qu’un instant. Le propriétaire de l’engin n’a cependant pas tardé à découvrir le voleur qui, entre  temps, lors d’une rencontre imprévue avec une voiture, l’avait complètement démoli. Contre qui le propriétaire du vélomoteur peut­il agir et sur quelles bases ?

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(Réf. Cass., 28 avril 1987, R.G.A.R., 1990, n° 11653).

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III. LA RESPONSABILITÉ DU FAIT D’AUTRUI (MAÎTRES ET COMMETTANTS)
13.  Les affaires de Monsieur Clapette sont en plein déclin. Aujourd’hui, les époux Lavasse sont dans son bureau pour négocier la construction  d’un immense complexe immobilier. Espérant conclure un contrat fort juteux, Monsieur Clapette décide de sortir le grand  jeu. Il appelle sa secrétaire, Madame Chanoir, et lui demande d’apporter deux cafés  pour ses futurs partenaires. Madame Chanoir est surprise car il y a au moins 4 ans que l’on n’a plus proposé de  café   aux   clients.   Elle   parvient   quand   même   à   en   retrouver   une   boîte…   périmée  depuis deux ans. Elle décide de servir malgré tout les deux tasses et les apporte dans  le bureau de son patron, sans lui signaler que le café est périmé. Une fois la porte refermée, Madame Chanoir s’angoisse : que se passerait­il si les  époux Lavasse tombaient malades à cause du café périmé ? Imaginez   que   l’hypothèse   se   réalise.   Les   époux   Lavasse   disposeraient­ils   d’un  recours   en   responsabilité   aquilienne   et   contre   qui ?   Justifiez   soigneusement   votre  réponse au moyen des dispositions légales. 14. Madame Rose, employée par les FUNDP, nettoie depuis toujours les couloirs de la  faculté de droit. Aujourd’hui, elle a pour la première fois abandonné son seau sur les  marches des escaliers. Madeline, dévalant l’escalier pour arriver à l’heure au cours de droit privé, trébuche  sur le seau de Madame Rose et se casse une jambe. A l’hôpital, elle essaie d’appliquer les principes vus au cours et se demande comment  obtenir réparation de son préjudice. A votre avis, dispose­t­elle d’un recours ? Justifiez soigneusement votre réponse au  moyen des dispositions légales. 15. Antoine travaille comme ouvrier dans la ferme de Victor Picard, où il est nourri et logé  avec son épouse Babette. Leur vie s’écoulait calmement, dans une douce harmonie, quand un ami de Victor,  Maurice, fut engagé pour épauler Antoine. Fort bel homme, sachant user de son charme, Maurice n’eut pas beaucoup de mal à  séduire   Babette,   faisant   monter   la   tension   artérielle   d’Antoine   d’une   manière  inquiétante.

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Lors d’une dispute entre les deux rivaux, Antoine, qui tenait en mains un balai (il  était occupé à nettoyer la cour), l’utilisa pour assommer Maurice. Celui­ci, blessé à la tête, mais ayant gardé toute sa raison, agit en justice. Contre qui  peut­il exercer son action et sur quelles bases ? 16. Mme Deprez, à l'occasion de la vente de sa maison, fait appel au notaire Raspoutine. Le  fils de ce dernier, Xavier, âgé de 30 ans, occupé dans l'étude en qualité d'employé,  reçoit les fonds constituant le produit de la vente en se faisant passer pour le notaire.  Quelques mois plus tard, il a dilapidé toute la somme. Contre qui Mme Deprez peut­elle agir et sur quelles bases ? (Réf. Bruxelles, 27 septembre 1990, R.G.A.R., 1992, n°11961). 17. Robert   travaille   depuis   plus   de   vingt   ans   au   service   de   la   S.A.   « Tout   à   neuf »,  entreprise de peinture en bâtiment. Il est actuellement occupé, avec plusieurs collègues,  à repeindre la façade de l’immeuble des époux Rougeaux. Ceux­ci sont propriétaires  d’une ravissante maison de maître située rue Henri Lemaître, à Namur. Du   haut   de   l’échafaudage,   Robert   s’applique…   Malheureusement,   un   quart   de  seconde de distraction suffit pour que Robert pousse du pied le seau de peinture…  qui s’écrase sur la tête d’un agent de police. Malgré la présence de panneaux attirant  l’attention  des  passants,  celui­ci  s’était,  en  effet,  approché   de  l’échafaudage   pour  ramasser un colis qui lui paraissait suspect. Imaginez le tableau : l’agent recouvert de peinture ! Il souhaite obtenir réparation de  son préjudice. Contre qui lui conseillez­vous d’agir et sur quelles bases légales ? 18. Au début de son cours de gymnastique, le professeur Mégot annonça à ses élèves une  partie de basket­ball. Alors qu’il s’était rendu dans un autre local pour y chercher des  ballons, ses élèves, des garçons âgés d’environ quatorze ans, commencèrent à jouer.  Subitement,   l’un   d’entre   eux,   Harold   Mann,   à   la   fois   pour   s’amuser   et   pour   se  débarrasser d’un trop­plein d’énergie, poussa violemment Jean Danneau, lequel tomba  contre un mur et se blessa au bras. Les parents de Jean désirent obtenir la réparation du dommage subi par leur fils.  Contre qui peuvent­ils agir et sur quelles bases ? (Réf. : Mons, 24 octobre 1984, Pas., 1984, II, p. 151).

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19. Kévin et Marie sont tous deux en 3ème  année primaire. Pendant l’examen de calcul  mental,   Marie   surprend   Kévin   en   train   de   tricher !   Elle   le   dénonce   aussitôt   à  l’institutrice qui sanctionne Kévin d’un zéro sur vingt. Kévin jure de se venger… Pendant la récréation, alors que Marie est restée seule en classe pour terminer son  examen, Kévin échappe  à la surveillance de l’institutrice  et rentre  en classe…  Il  attrape Marie par les cheveux et lui donne une gifle qui expédie ses lunettes par terre.  Kévin est embarrassé car la monture de lunettes est pliée et les deux verres brisés. Quels sont les droits de Marie ? 20. Pol Hisson est un ouvrier modèle. Son patron, Harry Polin, peintre en bâtiment, ne peut  que se féliciter de la qualité de son travail. Un mercredi après­midi, Pol effectue des travaux sur un chantier, à proximité duquel  jouent des enfants laissés sans surveillance. Vers 14 heures, Harry charge Pol d’une  course urgente auprès d’un fournisseur. Sachant que cette course ne demandera que  quelques minutes, Pol range sommairement ses pinceaux et son matériel sous une  bâche et quitte le chantier. A son retour, Pol constate avec effroi qu’une bouteille du dangereux dissolvant pour  peinture a disparu. Après de vaines recherches, Pol aperçoit un des enfants tenant en  mains la bouteille. En effet, en son absence, deux d’entre eux, Catherine, 9 ans, et  son ami Claude, 6 ans, se sont introduits sur le chantier pour s’emparer du produit,  croyant qu’il s’agissait de limonade. Pol se précipite vers les enfants mais hélas, il est déjà trop tard ! Catherine et Claude  ont   offert   à   leur   petite   camarade   de   jeux   Cécile,   7   ans,   un   verre   de   la   fameuse  « limonade ». La malheureuse victime se tord de douleur. Transportée d’urgence à  l’hôpital,   Cécile   doit   subir   plusieurs   opérations   coûteuses,   et   une   longue  convalescence qui l’obligera à manquer l’école. Outre de grosses séquelles physiques,  Cécile, élève peu brillante, devra certainement recommencer son année scolaire, ce  qui   est   d’autant   plus   regrettable   que   la   petite   avait,   ces   derniers   temps,   fait   de  louables efforts pour améliorer ses notes. Les parents de Cécile viennent vous consulter. Qui peuvent­ils assigner en justice  pour obtenir réparation du dommage subi par leur fille ? Et sur quelle(s) base(s) ?  Justifiez soigneusement votre réponse. 21. René Gligent est un homme particulièrement distrait. Voici quelques jours, cet ouvrier  de la S.P.R.L. Ben Zine était chargé de transporter du mazout chez un client de Namur.  Sa livraison effectuée, René gare son véhicule, un camion de six tonnes, à l’entrée  d’une rue en forte pente. Il est midi et René quitte le camion afin d’aller se restaurer.

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Ayant oublié de fermer à clef les portes du véhicule, René ne remarque pas qu’un  jeune homme s’y est glissé et s’est installé au volant. En effet, le jeune Edmond  Golfière, 14 ans, que ses parents avaient chargé d’une course en ville, a toujours rêvé  de conduire un poids lourd. Installé à la place du conducteur, Edmond ne résiste pas à la tentation de desserrer le  frein à main et, la pente de la rue aidant, le camion se met en mouvement. Pris  subitement   de   panique,   Edmond   se   précipite   hors   du   véhicule   qui   poursuit   sa  descente, de plus en plus vite, pour s’écraser, cinquante mètres plus bas, contre une  voiture en stationnement interdit. Le   propriétaire   de   la   voiture,   Jean   Naimart,   vient   vous   consulter.   En   effet,   son  véhicule, une Mercédes toute neuve, a subi un sinistre total. Qui peut­il assigner et  sur quelle(s) base(s) ? Justifiez soigneusement votre réponse. 22.  Le 14 novembre 1995, Monsieur Gérard Menvussa  a été victime d’une agression  perpétrée par un certain Alphonse Danltas, né à Molenbeek le 5 février 1979. M.  Menvussa   s’en   est   sorti   avec   un   important   traumatisme   crânien   et   une   nette  diminution de la vision de l’œil gauche. Son préjudice peut être évalué à un montant  d’environ 12.500 euros.  Alphonse Danltas est issu d’un milieu défavorisé. Au moment de l’agression, il était  confié   à   la   garde  du   Pensionnat   « Thomas   Tefarssi »  à   la   suite   d’une   mesure  de  placement prise le 14 octobre 1995 par le Juge de la Jeunesse Patrice Tounet.  Le   soir   de   l’agression,   M.   Danltas   avait   quitté   le   Pensionnat   peu   avant   22h00,  accompagné   d’un   autre   pensionnaire,   Monsieur   Alonzo   Balmasquez,   afin   de   se  rendre, sans aucune surveillance, à un Luna Park distant d’à peu près un kilomètre.  Il est revenu aux alentours de 22h30 pour chercher du renfort parmi ses compagnons  et ce, à la suite d’une altercation verbale avec des clients du café « Les copains »  situé entre le Luna Park et le Pensionnat.  C’est   seulement   à   son   retour   au   café,   accompagné   cette   fois   de   trois   autres  pensionnaires,   que Alphonse   Danltas   a  porté  les  coups   et  blessures  à  M.  Gérard  Menvussa.  Il faut savoir aussi que M. Danltas avait été confié une première fois par le Tribunal  de la Jeunesse au Pensionnat « Thomas Tefarssi » par décision du 1er juillet 1995. Au  mois   de   septembre   1995,   M.   Danltas   avait   cependant   été   contraint   de   subir   une  hospitalisation   en   section   de   psychiatrie   fermée   en   raison   de   graves   problèmes  psychologiques   et   de   crises   de   violence   répétées.   Il   avait   ainsi   séjourné  successivement à l’hôpital Vallonpierre, du 11 septembre 1995 au 3 octobre 1995, et à  la clinique de la Chaumette, du 4 octobre 1995 au 4 novembre 1995. 

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C’est   après   cette   double   hospitalisation   que   Alphonse   Danltas   avait   réintégré   le  Pensionnat,  conformément  à  l’ordonnance   rendue   le  14  octobre  1995  par  le   Juge  Patrice   Tounet   à   la   demande   expresse   des   responsables   de   ce   Pensionnat   qui  souhaitaient le reprendre chez eux en dépit des antécédents violents de l’intéressé.  Au retour de l’hospitalisation de Alphonse Danltas, aucune mesure particulière de  surveillance n’a été préconisée à son égard et aucune forme de suivi psychologique  n’a été mise en place par le Pensionnat.  Il faut savoir que, sauf régime particulier, les jeunes du Pensionnat sont autorisés à en  sortir à condition d’être rentrés à 22h00 au plus tard.  Questions  1. Quelles sont les différentes responsabilités susceptibles d’être engagées dans cette  affaire ?  2. Quelles sont les conditions de mise en cause de la responsabilité des parents de M.  Alphonse Danltas ?  3. Quels sont les obstacles légaux que M. Gérard Menvussa risque de rencontrer s’il  introduit   son   action   en   réparation   du   dommage   devant   le   Tribunal   civil ?  L’existence d’une décision pénale de condamnation de M. Danltas pourrait­elle  avoir une influence ? Qu’en serait­il d’une décision d’acquittement ? 4. Quelle   incidence   pourrait   avoir   sur   la   solution   la   circonstance   que   M.   Danltas  aurait été pris, au cours de la bagarre mais avant de frapper M. Gérard Menvussa,  d’une crise de démence ? 5. Sur   quelles   bases   la   responsabilité   du   Pensionnat   « Thomas   Tefarssi »   et   des  membres de son personnel pourrait­elle être mise en cause ? 6. Le comportement de M. Gérard Menvussa au cours de la rixe pourrait­il avoir une  influence sur son action en réparation ? Expliquez.  7. Dans le cas où des dégâts auraient été causés au mobilier du café « Les copains »,  le cafetier dispose­t­il des mêmes actions que M. Gérard Menvussa ? Y en a­t­il  d’autres auxquelles il pourrait songer ? 

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IV. LA RESPONSABILITÉ DU FAIT DES CHOSES (CHOSES VICIEUSES, ANIMAUX ET  BÂTIMENTS)
23. M. et Mme Valvert doivent s’absenter. Ils confient leur fille Charline, âgée de 10 ans,  à leurs amis, M. et Mme Canivet. Ceux­ci décident d’emmener Charline à la plaine de  jeux communale. Charline se précipite et prend place sur une balançoire. Elle met la balançoire en mouvement et voit ses cous­de­pied heurtés et coincés par  le repose­pied dont est muni l’engin, lors du retour de celui­ci. Après avoir secouru  Charline   et   l’avoir   fait   soigner,   M.   et   Mme   Canivet   préviennent   ses   parents.   M.  Valvert  et M. Canivet retourneront sur les lieux de l’accident et s’apercevront que le  repose­pied   est   de   dimension   insuffisante   et   peut   coincer   les   jambes   des   enfants  amenés   à   l’utiliser.   Sidérés   par   la   négligence   de   la   commune,   M.   Valvert   et   M.  Canivet se rendent immédiatement chez le Bourgmestre. La   responsabilité   de   la   commune   peut­elle   être   mise   en   cause ?   Justifiez  soigneusement votre réponse à l’aide des dispositions légales. (Réf. Civ. Marche­en­Famenne, 8 janvier 1987, J.T., 1987, p.688). 24. Madame Gardénal, pharmacienne, profite de l’heure de fermeture de son officine sur le  temps de midi pour aller faire quelques courses au supermarché le plus proche. Alors  qu’elle traverse le rayon des huiles, elle glisse et se retrouve par terre. Elle appelle à  l’aide. Le  gérant du magasin accourt. Madame  Gardénal  est furieuse. Elle soutient  qu’une   fine   pellicule   d’huile   qui   rendait   le   sol   dangereusement   glissant   a   causé   sa  chute. Le gérant lui répond qu’elle devait être plus attentive et regarder où elle mettait  les pieds. Excédée, Madame Gardénal reproche au gérant de faire preuve de négligence  dans l’entretien de son magasin. Elle quitte celui­ci et se jure bien de réclamer justice.  Sur quelle(s) base(s) peut­elle agir ? (Réf. Bruxelles, 2 mai 1996, R.G.A.R., 1997, n°12866). 25. Le 21 mai 1985, Florent, représentant de commerce, avait décidé de démarcher auprès  des   époux   Colinet   pour   vanter   les   mérites   d’un   nouvel   aspirateur,   extrêmement  puissant. Les époux, qui n'avaient pas été informés de cette visite, étaient absents. Après avoir frappé en vain à la porte d’entrée, Florent décida d’entrer par le jardin.  Sur la grille, une pancarte avertissait les passants de la présence d’un chien méchant,  mais ayant aperçu un caniche nain dans le jardin, Florent ne s’en préoccupa plus. Il  ouvrit   la   grille   et   s’avança.   À   ce   moment,   surgit   le   berger   allemand   des   époux 

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Colinet ; malgré sa chaîne, il put atteindre Florent pour enfoncer ses crocs puissants  dans sa fine cheville. Florent   décide   de   poursuivre   les   époux   Colinet.   Sur   quelles   bases   peut­il   agir ?  Justifiez soigneusement votre réponse au moyen des dispositions légales. (Réf. : Liège, 20 avril 1994, R.R.D., 1995, p. 206). 26. Le 31 décembre 1991, M. Melchior avait invité M. Balthazar à venir réveillonner chez  lui. Durant l’après­midi, ils se sont rendus ensemble en ville avec le véhicule de M.  Balthazar. Ils étaient accompagnés du chien de M. Melchior, mais ils l’ont oublié à bord  du véhicule et sont partis faire quelques courses. A   leur   retour,   M.   Balthazar   est   alerté   par   la   présence   de   buée   sur   les   vitres   du  véhicule et court libérer le chien. Il constate que celui­ci a provoqué de nombreux  dégâts dans l’habitacle de son véhicule. Il exige de M. Melchior qu’il l’indemnise. La  discussion tourne au vinaigre et le réveillon aussi… Dans les jours qui suivent, M. Balthazar fait établir un devis de réparation : les dégâts  sont chiffrés à plus de 2.500 euros. M. Balthazar dispose­t­il d’un recours ? Justifiez  votre réponse à l’aide des dispositions légales. (Réf. : Bruxelles, 1er septembre 1998, R.G.A.R., 2000, n°13231). 27. André Lapatte, médecin vétérinaire, est appelé par M. et Mme Duchamp pour procéder  au   placement   d’un   anneau   dans   le   museau   d’un   taureau   leur   appartenant.   Le   Dr.  Lapatte se rend dans l’étable où se trouve l’animal. Celui­ci est attaché au moyen de  deux cordes en nylon, l’une enroulée autour des cornes et liée à un anneau fixé au mur,  l’autre,   liée   à   un   bridon   situé   au   cou   et   derrière   les   oreilles,   étant   tenue   par   M.  Duchamp en personne. Le Dr. Lapatte injecte à l’animal 2 cc d’un produit anesthésiant pour bovins et se  place dans l’intervalle de 30 cm laissé libre entre le mur et la tête de l’animal. A un moment donné, durant l’opération de placement de l’anneau, le taureau a reculé  brusquement,   puis   s’est   avancé   jusqu’à   écraser   le   vétérinaire   contre   le   mur,   lui  causant des lésions corporelles. Le Docteur Lapatte dispose­t­il d’un recours ? Justifiez votre réponse à l’aide des  dispositions légales. (Réf. : Civ. Nivelles, 5 décembre 1997, R.G.D.C., 1999, p. 644).

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28. Alors qu’il circule au volant de sa nouvelle voiture, Jacques est surpris par la chute  d’une tuile et de briquaillons sur son véhicule. Il s’arrête pour constater l’ampleur des  dégâts   et   ramasser   les   pièces   à   conviction.   Il   fait   aussitôt   le   rapprochement   avec  l’immeuble tout proche dont le toit était en réfection. Jacques   s’adresse   immédiatement   au   propriétaire.   Celui­ci   répond   qu’il   n’est   pas  démontré que la tuile provenait de son toit. Jacques rétorque que l’argument est un  peu léger dans la mesure où les immeubles voisins sont situés à une trentaine de  mètres plus loin. Son interlocuteur ne se laisse pas désarçonner et prétend que seul le vent violent qui  soufflait   à   ce   moment   peut   expliquer   qu’une   tuile   et   des   briquaillons   se   soient  envolés. Jacques   est   excédé.   Il   décide  d’engager   une   action  en   justice.   A­t­il  des   chances  d’obtenir gain de cause ? Justifiez votre réponse à l’aide des dispositions légales. (Réf. : Civ. Liège, 3 mai 1993, R.G.A.R., 1995, n° 12468). 29. Eléonore passe quelques jours à la côte belge avec ses amies. Après avoir profité d’une  agréable  journée  de  soleil  sur  la  plage,  elles  rejoignent la  digue  où Eléonore  avait  stationné le véhicule prêté par ses parents. Quelle ne fut pas leur surprise de voir que le  véhicule est tombé dans un trou et a disparu à cause de l’effondrement des matériaux  qui constituent la digue. Eléonore ne sait comment apprendre la nouvelle à ses parents.  Ses amies la rassurent et la convainquent de la possibilité pour ses parents d’engager  une action en justice. Obtiendront­ils   gain   de   cause ?   Justifiez   votre   réponse   à   l’aide   des   dispositions  légales. (Réf. : Civ. Bruges, 17 juin 1987, R.W., 1990­91, col. 509).

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V. LA RESPONSABILITÉ SANS FAUTE

A. La responsabilité du fait des produits défectueux

30. Un pneu de voiture éclate le 21 janvier 2013. Le conducteur – un jeune homme de 23  ans – perd alors le contrôle de la voiture qui termine sa course dans la devanture  d’un  magasin. Les dommages sont multiples : sinistre total en ce qui concerne la voiture,  dégâts   matériels   pour   le   propriétaire   du   magasin,   lésions   corporelles   et   préjudices  moraux pour le conducteur. Au moment de voler dans le pare­brise, il a instinctivement  tenté de se protéger le visage à l’aide des deux mains. Malheureusement avec un succès  mitigé :   il s’en est trouvé grièvement blessé à la main droite (au point d’en avoir  pratiquement perdu l’usage) et son visage est défiguré. Résultat : il a perdu une bonne  part de son charme, il ne pourra sans doute plus jouer au piano comme il en avait  l’habitude pour se délasser, ni fréquenter son club de tennis.  Après quelques recherches, la victime découvre que l’accident est dû à la mauvaise  qualité du matériau de base ayant servi à la fabrication du pneu et qui a été livré au  producteur   de   pneus   en   2001.   Les   pneus   ont   été   fabriqués   en   2002   et   livrés   au  producteur de voitures le 20 juin 2004. Ils ont été montés sur la voiture neuve par le  producteur de cette voiture qui a été vendue au père de la victime le 10 août 2008.  La victime dispose­t­elle d’un recours fondé sur la loi du 25 février 1991 relative  à la responsabilité du fait des produits défectueux ? Contre quelle(s) personne(s)  peut­elle diriger son action et dans quel(s) délai(s) doit­elle agir ? Pour quels dommages peut­elle espérer une indemnisation sur cette base ? Les solutions seraient­elles différentes si elle avait exercer un recours sur la base  du droit commun de la responsabilité ? 

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B. Les troubles de voisinages
31. Monsieur Ghislain est propriétaire d’un terrain à Tourinnes­la­Grosse. Il y fait paître  ses vaches durant toute l’année. A proximité de sa prairie, se trouve une aire de dépôt  (pour l’évacuation des immondices) appartenant à Monsieur Baque. Bien que toutes les  précautions légales et réglementaires aient été prises par ce dernier, des déchets de  toute sorte échouent à proximité des bêtes par l’effet du vent. Monsieur   Ghislain   voit   son   élevage   périr   à   vue   d’œil   par   intoxication   due   à  l’ingestion   d’immondices.   Sa   vache   préférée,   Marguerite,   vient,   elle   aussi,   de  s’éteindre après avoir absorbé une bouteille en plastique. Excédé, le vieux fermier se  décide   à   vous   contacter   pour   venger   cette   brave   Marguerite   et   toutes   les   autres  vaches. Comment   réagissez­vous   et   sur   base   de   quels   principes   juridiques   ?   Monsieur  Ghislain vous informe en plus que Monsieur Baque dispose, non loin de là, d’un  terrain   à   prairie   inutilisé   qui   est   trop   petit   pour   l’exploitation   d’une   décharge  d’immondices, mais qui est d’une superficie équivalente à celle de son propre terrain.  Il y installerait volontiers ses vaches. 32. Les époux Glaise habitent dans une ravissante maison bourgeoise, entourée d’un jardin  ensoleillé à tout moment de la journée. En période électorale, les pouvoirs publics de la  commune font construire, juste à côté de leur maison, un superbe immeuble destiné à  servir de centre de documentation pour la jeunesse. Cet immeuble a 16 mètres de haut,  18 mètres de large et 61 mètres de profondeur. Cette nouvelle construction, réalisée  conformément au permis de bâtir, empêche le soleil de venir dans le jardin des époux  Glaise et forme, sur le côté, un couloir avec la maison des époux Glaise, ce qui entraîne  une augmentation de l’humidité et du froid. Les époux Glaise viennent vous consulter. Comment analysez­vous la situation ? (Réf. : Liège, 16 juin 1989, J.T., 1990, p. 90). 33. Martin joue depuis plus de dix ans au lotto. Un beau jour, la chance lui sourit et il  gagne une somme de trois millions de francs. I1 décide alors de prendre deux années  sabbatiques afin de réaliser son rêve : le tour du monde en voilier. Il confie dès lors l’entretien de sa maison et de son magnifique jardin à son cousin. A son retour, une mauvaise surprise l’attend. Le champ situé derrière son jardin a  trouvé acquéreur. M. Robert a fait ériger une magnifique villa entourée d’un mur de  19

pierres qui empiète de 5 m2 sur son jardin. Martin se plaint immédiatement auprès de  celui­ci qui, confus, lui explique que l’état lamentable du jardin laissé pratiquement  en friche par son cousin durant son voyage, ne lui avait pas permis de distinguer  clairement la limite des deux propriétés. En vue de calmer le jeu, Robert propose à  Martin de lui céder une bande de terrain jouxtant sa propriété, dont la surface est  nettement supérieure à celle de l’empiètement. Martin, dont le caractère d’enfant gâté n’est plus à prouver, s’entête par principe,  refuse l’offre de Robert et intente une action en vue d’obtenir la démolition du mur. Le voisin vous consulte. Comment défendre au mieux les intérêts de ce dernier ? 34. Les propriétés respectives de Mr Panadol et de Mme Panotile sont séparées par un mur  érigé sur la moitié seulement de la longueur de leur jardin. Le mur a été construit par  Mr Panadol, sur son terrain. Mme Panotile, qui aime vivre dans l’intimité, décide de  faire construire un mur dans le prolongement de celui qui existait préalablement. La  séparation   empiète   cependant   d’une   brique   (environ   20   cm)   sur   le   terrain   de   Mr  Panadol, ceci sur une longueur de 6 mètres. Après 23 ans passés sans avoir réagi, Mr Panadol exige de Mme Panotile qu’elle  détruise le mur qui empiète sur sa propriété. Sa voisine réplique que le dommage subi  par Mr Panadol doit être bien minime puisqu’il ne s’en est pas plaint pendant 23 ans.  De plus, si elle avoue avoir agi de manière irréfléchie en faisant construire le mur  ainsi, elle justifie son erreur par le fait qu’elle l’a érigé dans le prolongement de celui  qu’avait construit Mr Panadol. Mr Panadol a­t­il des chances d’obtenir en justice la démolition du mur ? (Réf. : Cass., 10 septembre 1971, Pas., I, 1971, p. 28). 35. Mr Jupiter habite une maison séparée en deux habitations, la sienne et celle de Mr  Lénor. Le bâtiment est composé d’une construction recouverte par un toit unique et  séparée par un mur de refend intérieur. Un matin, Mr Jupiter entame des travaux de  démolition de sa maison, ce qui entraîne une menace d’effondrement de la maison de  Mr Lénor. Ce dernier, fou de rage, exige que Mr Jupiter arrête les travaux. Mr Jupiter  réplique que, dans sa partie, il est libre de faire ce qu’il veut, car il en est propriétaire et  que c’est à son voisin qu’il appartient de mettre sa maison dans un état qui permette à  Mr Jupiter de procéder sans danger à cette démolition. Auquel des deux le tribunal  donnera­t­il gain de cause et sur quelle base ? (Réf. : Civ. Termonde, 28 novembre 1931, Pas., 1932, III, p. 73).

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36. Arthur et Victor sont en conflit. Victor a décidé de demander en justice l’arrachage de  quatre cerisiers et de cinq érables situés sur la propriété d’Arthur; ces arbres sont, en  effet, plantés à moins de deux mètres de la propriété de Victor, en méconnaissance de  la distance légale (art. 75 du Code rural), et, en automne, une partie de leurs feuilles  tombent dans le jardin de Victor. Arthur   fait   cependant   valoir   que   Victor   a   accepté   cette   situation   durant   25   ans,  précisément jusqu’au 30 juin 1997. A cette date, il fut pris d’une jalousie féroce à  l’égard   de   son   voisin,   leurs   fils   respectifs   ayant   terminé   fort   différemment   leur  première année d’études universitaires. Arthur   invoque   en   outre   que   ces   arbres   procurent   de   nombreux   avantages,   non  seulement à sa propriété mais aussi à l’ensemble du voisinage. Ces arbres y sont  effectivement appréciés tant d’un point de vue esthétique que comme facteur anti­ polluant, le quartier étant situé aux abords d’une ville importante. Que pensez­vous  de la demande de Victor ? (Réf. : Liège, 6 février 1978, J.T., 1980, p. 195).

C. L’indemnisation des usagers faibles de la route

37. Romain, 15 ans, fait le tour de son quartier à vélo en empruntant la piste cyclable qui  longe la grand route. Juste après un tournant, il est surpris par la présence d’une voiture  stationnée sur la piste cyclable. Pour l’éviter, il vire brusquement vers la gauche et il  entre en collision avec la voiture de Madame Silva. Celle­ci, accompagnée de sa fille  Léa,  âgée de 5 ans, a bien tenté de freiner en apercevant le garçon, mais il était déjà  trop tard. Le choc est brutal, Romain est projeté 5 mètres plus loin, inconscient. La  voiture de Madame Silva termine sa course contre un lampadaire et est manifestement  en état de sinistre total. Madame   Silva   souffre   d’une   légère   commotion   due   au   choc.   La   petite   Léa,   qui  n’avait, apparemment, pas été bien attachée, est projetée à l’avant du véhicule où elle  heurte violemment le pare­brise. Les médecins considèrent qu’elle gardera des graves  séquelles de cet accident. Romain, quant lui, reprend conscience après deux jours de  coma mais ne pourra sans doute plus jamais marcher. Que pensez­vous de cette situation ? Quelles sont les possibilités d’indemnisation des  différentes victimes de l’accident ? Sur quelle(s) base(s) ? Pour quel(s) dommage(s) ?  Contre qui doivent­elles agir ?

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38. Jean sort vers 1heure du matin d’une soirée fort arrosée. Trop ivre pour se souvenir où  il a garé sa voiture, il entreprend de rentrer à pied chez lui. Il traverse une grande artère  de la ville, très fréquentée, même à cette heure tardive, sans se soucier des voitures qui  arrivent. Monsieur Blaes, qui roule heureusement à allure modérée, ne l’aperçoit que  quelques secondes avant la collision. Il freine de toutes ses forces et tente de dévier sa  trajectoire mais finit quand même par heurter Jean. Celui­ci est emmené à l’hôpital  d’où il ressortira le lendemain avec une jambe cassée et les deux poignets foulés, ce qui  l’empêchera   de   travailler   pendant   trois   semaines.   Monsieur   Blaes,   quant   à   lui,   ne  souffre que de légères blessures. Sa voiture devra subir des réparations pour 2000 EUR. Que pensez­vous de cette situation ? Quelles sont les possibilités d’indemnisation des  différentes victimes de l’accident ? Sur quelle(s) base(s) ? Pour quel(s) dommage(s) ?  Contre qui doivent­elles agir ?

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VI. DOMAINES PARTICULIERS DE RESPONSABILITÉ

A. La responsabilité médicale
39. Le 22 janvier 2004, le petit Maxime Blaise, 10 ans, se blesse au genou en jouant au  foot. Il est immédiatement conduit par ses parents à l’hôpital le plus proche. Il est reçu  aux urgences par le Docteur Dupont qui constate la gravité de la blessure et prévient les  parents   qu’une   intervention   chirurgicale   est   nécessaire   et   est   la   seule   alternative  possible pour permettre à Maxime de remarcher correctement. Il renvoie le patient chez  son collègue, le Docteur Pirard, qui l’opère le soir même. Après deux jours à l’hôpital,  Maxime rentre chez lui. Malheureusement, huit mois plus tard, Maxime boite encore fortement. Ses parents,  qui ont d’abord cru qu’il était normal que Maxime ne remarche pas tout de suite  parfaitement commencent à s’en inquiéter et décident de consulter leur médecin de  famille, le Docteur Mirou. Celui­ci constate que le genou de Maxime ne s’est pas  bien remis en place. Il leur explique que ce genre de problème post­opératoire se  rencontre parfois et qu’il aurait pu certainement être évité si l’enfant avait été suivi  par un kinésithérapeute dans les trois mois suivant l’opération. Monsieur et Madame  Blaise sont éffondrés car personne ne les avait mis au courant de l’existence de ce  genre de complications. Maxime devra subir une nouvelle opération du genou mais il n’a que très peu de  chances de remarcher parfaitement un jour. Les   parents   de   Maxime   viennent   vous   consulter.   Comment   analysez­vous   la  situation ?

40. Le 6 juin 2003, Madame Mireau, enceinte de 7 mois et victime d’une hémorragie, est  conduite à l’hôpital par son mari. Après avoir arrêté l’hémorragie, son gynécologue, le  Docteur Laurait, qui craint un accouchement prématuré, décide de la garder à l’hôpital  et charge l’infirmière d’effectuer toutes les deux heures un monitoring des battements  du cœur du bébé. Le lendemain matin, lorsque l’infirmière procède au monitoring, elle  constate que le cœur de l’enfant a cessé de battre et que l’hémorragie a recommencé.  D’urgence,   on   procède   à   une   césarienne   afin   d’enlever   le   fœtus   mort. 

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Malheureusement, Madame Mireau a déjà perdu beaucoup de sang et décède dans les  heures qui suivent. Le rapport des experts montre que Madame Mireau a en fait été victime d’un cas rare  et atypique de décollement du placenta qui aurait sans doute pu être décelé si le  Docteur Laurait avait exigé un monitoring continu du cœur du bébé. Même si le  Docteur avait réussi à diagnostiquer à temps ce cas de décollement du placenta, les  statistiques montrent que les chances de survie de la mère étaient assez faibles et  celles du fœtus encore plus réduites. Monsieur Mireau vient vous consulter. Comment analysez­vous la situation ? 41. La petite Anne­Catherine, 7 ans, va cueillir des champignons des bois avec ses parents  pour les manger en famille le soir même. À partir de 5h du matin, la fillette souffre de  vomissements. Les parents, eux, ne sont pas malades. Vers 10h du matin, sa maman,  inquiète,  contacte   le  Centre   Anti­Poisons  par   téléphone.  Le   Docteur  V.   reçoit  son  appel. Celui­ci la rassure en lui conseillant d’appeler un médecin en cas d’aggravation. En fin d’après­midi, la maman emmène sa fille chez un généraliste, le Docteur K.  L’enfant   ne   vomit   plus   et   l’examen   approfondi   ne   montre   rien   de   troublant.   Le  médecin songe à contacter le Centre Anti­Poisons mais la maman lui dit qu’elle l’a  déjà fait et que le médecin qui lui a répondu a été très rassurant.  Le Docteur K. pense à une simple gastro­entérite et prescrit quelques médicaments.  sont administrés, mais la situation s’aggrave. Le lendemain, à 9h, la maman, de plus  en plus inquiète, tente de recontacter le Docteur K.. Malheureusement, elle tombe sur  un répondeur. Vers 15h, elle retéléphone au Centre Anti­Poisons et le Docteur D. ,  qui reçoit l’appel, conseille l’hospitalisation de l’enfant de toute urgence. À l’hôpital, on se rend compte qu’il est trop tard et Anne­Catherine décède dans les  heures qui suivent. Les experts concluront que la cause du décès est une intoxication,  rarissime   en   Belgique,   due   à   l’amanite   phalloïdienne.   La   toxicité   d’un   tel  champignon est d’autant plus élevé que le poids de la personne l’ayant ingurgité est  faible. Le risque de décès pour un enfant de moins de 10 ans est donc extrêmement  élevé si l’intoxication n’est pas très rapidement diagnostiquée et soignée. Qu’en pensez­vous ? Des fautes ont­elles été commises ? Par qui ? Sont­elles en lien  causal avec le dommage ? (Réf. : Liège, 3 octobre 1995, J.L.M.B., 1996, p. 743).

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B. La responsabilité des médias

42. Emmy Thomane est journaliste et travaille sous contrat de travail pour le magazine à  scandales Ici Namur.  Elle ne ramène pas assez de scandales aux yeux de sa hiérarchie,  qui menace de la licencier  si elle ne s’améliore pas.    Pour sauver sa place, on  lui  propose   une   dernière   affaire :   elle   est   chargée   d’enquêter   sur   un   jeune   chanteur   à  succès,   Lucas   Serolle,   pur   produit   de   la   télé­réalité,   qui,   selon   la   rumeur,   aurait  tendance à abuser de la boisson.  Emmy se met immédiatement au travail mais après  trois semaines d’investigations, elle est toujours bredouille : excepté une bouteille de  Whisky et quelques cannettes de bières, trouvées dans les poubelles de la star et le  témoignage   de   l’une   ou   l’autre   demoiselles,   éconduites   après   une   nuit   et   plutôt  revanchardes, Lucas semble irréprochable.  Pour conserver son emploi, Emmy décide  de faire preuve d’imagination pour satisfaire l’éditeur et son goût prononcé pour le  sensationnel.  Elle écrit donc que Lucas Serolle consomme 6 bouteilles de Whisky par  semaine et rentre chez lui chaque soir avec une demoiselle différente.   L’éditeur est  satisfait mais pour augmenter encore les ventes, il ajoute que le chanteur a été arrêté par  la police alors qu’il conduisait en état d’ébriété et joint un résultat de prise de sang  falsifié établissant le taux d’alcoolémie à 2%.  Furieux,   Lucas   attaque   la   journaliste   et   l’éditeur   en   justice :   il   estime   que   les  informations   publiées   sont   mensongères   ou,   à   tout   le   moins,   portent   gravement  atteinte   à   sa   vie   privée.     Il   réclame   20.000   euros   de   dommages   et   intérêts   et   la  publication du jugement en première page du magazine.   Pensez­vous qu’il obtiendra gain de cause ?   Quels arguments Emmy et l’éditeur  pourraient­ils invoquer pour échapper à leur responsabilité ? Justifiez soigneusement  votre réponse.

43. Eric Tus est journaliste dans un grand quotidien.  Il apprend de l’un de ses  amis, Juste  Hissier,   stagiaire   dans   la   magistrature,   que   Guy   Tarélectrique,   un   homme   politique  assez connu, serait impliqué dans une sombre affaire de corruption.   Moyennant de  substantiels pots­de­vin, il aurait usé de son influence pour permettre l’ouverture d’un  casino en bord de Meuse.  Son ami l’informe qu’une instruction est ouverte contre lui et 

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que le magistrat en charge du dossier est le juge Corbeille.  Profitant de l’occasion pour  régler ses comptes avec l’homme politique (qu’il déteste depuis qu’il lui a refusé une  interview), Eric mène une enquête parallèle et décide d’écrire un article sur le sujet.  Dans celui­ci, il révèle des informations confidentielles communiquées par son ami et  sans la moindre nuance, présente l’homme politique comme coupable : il titre d’ailleurs  son   article   « Guy   Tarélectrique   coupable   de   corruption :   la   vérité   sur   l’affaire   du  Casino   ».     En   outre,   il   n’hésite   pas   à   critiquer   ouvertement   l’instruction   du   juge  Corbeille,   le   qualifiant   d’incompétent   notoire   et   d’imbécile   et   sous­entendant   qu’il  mènerait une enquête superficielle pour innocenter Guy. Sitôt publié, l’article provoque la colère des intéressés : Guy Tarélectrique d’une part,  le juge Corbeille de l’autre.   Guy réclame des dommages­intérêts de 10.000 euros.  Quant au juge Corbeille, il postule une somme de 25.000 euros.   Quels arguments devront­ils invoquer pour tenter d’obtenir gain de cause ?  Justifiez  soigneusement votre réponse.

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VII. EXERCICES DE SYNTHÈSE

44. Mathieu,   16   ans,   est   élève   en   quatrième   année   dans   l’enseignement   technique,  orientation mécanique.  Pendant un cours de pratique, au cours duquel les élèves manipulaient des fraiseuses,  Mathieu fut victime d’un accident.  Très à l’aise dans ce genre d’exercice, Mathieu, dans un excès de confiance, omet  d’arrêter l’appareil avant d’enlever l’ébarbure à la main.  Son avant­bras droit fut happé par la fraiseuse qui, malheureusement, était dépourvue  depuis quelques années déjà d’un cache de protection et d’un système de sécurité. Qu’en   pensez­vous ?   Quels   sont   les   recours   dont   Mathieu   dispose ?   Justifiez  soigneusement votre réponse à l’aide des dispositions légales. 45. Amédée s’engage dans un carrefour muni de feux de signalisation au volant de son  Audi. Le feu est vert pour lui. Il est accompagné de Désiré, son cousin. Balthazar, 22 ans, sur son vélo, débouche à la droite d’Amédée. Il ne s’est pas rendu  compte que le feu était rouge pour lui. En effet, il n’a plus les idées très claires ayant passé toute son après­midi à boire des  bières au cercle de droit. Amédée tente d’éviter Balthazar. Malheureusement, en déviant de sa trajectoire, il  percute Eloïse (10 ans). Celle­ci venait d’échapper à la surveillance de son institutrice  et tentait de traverser la route toute seule.  Eloïse est gravement blessée. 27

Balthazar, effrayé par la collision, tombe de son vélo et se foule la cheville. Quant à  Amédée et Désiré, ils sont projetés sur la vitre avant du véhicule.  Qu’en   pensez­vous ?   Quels   sont   les   différents   recours   possibles ?   Justifiez  soigneusement votre réponse à l’aide des dispositions légales.

VIII. ANNEXES
 

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