CEJC - Justice en mouvement

Le Conseil des Églises pour la justice et la criminologie Rapport annuel 2009 Justice en mouvement

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Table des matières
Rapport du Président....................................................................................................3 Semaine de la justice réparatrice................................................................................4 Rapport sur les soins pastoraux à prodiguer aux victimes......................................4 Rapport sur l’administration et les finances..............................................................5 La valeur de la responsabilité sociale dans le domaine de la prévention de la criminalité......................................................................................6 Chaire de réflexion communautaire sur la justice.....................................................7 Programme de justice réparatrice...............................................................................8 Rapport du Conseil des Églises au Québec.............................................................10 CEJC.............................................................................................................................12
Membres du Conseil d’administration 2009.......................................................................................12 Notre personnel pour 2009...................................................................................................................12 Nos remerciements...............................................................................................................................12 À propos du CEJC.................................................................................................................................12 Nos Églises............................................................................................................................................12 Contactez-nous.....................................................................................................................................12

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Rapport du Président
Il est aussi excitant de remarquer que nous avons pu recruter deux autres employées à temps plein, outre Lorraine et Maristela. Nous avons aussi trouvé de nouveaux locaux, ce qui nous poussé à faire du ménage dans nos archives et nos dossiers. Les nouveaux locaux se prêtent bien à notre travail, et beaucoup de gens se sont déplacés pour la petite fête marquant l’ouverture des nouveaux bureaux. Nous entrevoyons la nouvelle année avec enthousiasme et espoir. Nous espérons travailler avec vous et avec nos partenaires à la promotion d’une justice réparatrice au sein de nos Églises, de nos communautés et de nos institutions.

L’année 2009 fut merveilleuse pour le travail du
CÉJC, ses employés, son conseil d’administration et ses membres. Je remercie le Seigneur pour sa grâce et sa présence toute puissante puisque nous avons surmonté de nombreux défis, célébré plusieurs victoires et récolté les fruits du travail acharné accompli dans la foi. Cette année, le CÉJC a consacré beaucoup de temps à travailler avec de nombreux représentants du mouvement de la justice réparatrice au Canada, à appuyer la mise au point de soins pastoraux à l’intention des victimes d’actes criminels, à promouvoir la mise en place du Projet de justice réparatrice, qui sera sous peu autonome, et à appuyer avec succès la proposition visant à obtenir un projet quinquennal de 7,5 millions de dollars visant la coordination d’un Projet de démonstration touchant 16 sites de CSR (Cercles de soutien et de responsabilité) partout au Canada. Sans la gamme complète des soins à prodiguer aux victimes d’actes criminels, à créer des possibilités de guérison et de responsabilisation entre les différentes parties touchées par un acte criminel et à la réinsertion sécuritaire dans la société des délinquants ayant fait souffrir d’autres personnes, nous ne pouvons espérer créer des communautés aussi sécuritaires et aussi justes. Pour obtenir des renseignements supplémentaires au sujet de ces projets et autres activités importantes, veuillez lire les rapports publiés à ce sujet. Le Conseil s’est réuni au mois de septembre pour une session de planification stratégique. Le long processus de transformation de notre conseil en un conseil de travail a pris forme et les fondements de cette transformation ont été coulés pour en faire un conseil qui participe aux travaux du CÉJC. Nous avons depuis poursuivi ces efforts avec nos employés. Ainsi, nous avons amélioré notre capacité à en faire plus avec les précieuses ressources qui nous sont confiées par nos Églises fondatrices et nos membres et supporteurs fidèles. Nous espérons ainsi que cette gérance éclairée vous convaincra que vos dons sont utilisés aussi efficacement que possible.

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Semaine de la justice réparatrice

La semaine de la justice réparatrice 2009 fut un grand succès grâce à notre collaboration continue avec
le Service correctionnel du Canada (SCC). L’équipe a vivement adopté le thème de la semaine cette année puisque cela représente ce que nous nous efforçons de faire depuis des années : aider les communautés à répondre aux besoins humaines. Outre les documents sur la justice réparatrice que nous produisons tous les ans, nos membres ont travaillé fort à concevoir de nouveaux types de documents, y compris la partie II de l’atelier présenté l’an dernier, une liste de conférenciers pour ceux qui aimeraient organiser une activité dans leur communauté, des études bibliques et un pamphlet d’introduction à la justice réparatrice. Ces documents ont été largement diffusés grâce à notre liste de distribution et lors des différentes activités organisées dans le cadre de la Semaine de la justice réparatrice partout au Canada. Ces documents sont disponibles sur notre site web à l’adresse suivante : www.ccjc.ca. La Semaine de la justice réparatrice 2009 a aussi été une expérience très révélatrice pour le CÉJC. Nous avons été choyés de voir plusieurs communautés relever le défi d’apporter les changements nécessaires pour répondre aux besoins de leurs citoyens. Nous sommes heureux d’avoir la possibilité d’élaborer ces documents mais aussi de démontrer notre engagement et notre croyance en une telle cause aussi importante. Notre mission consiste non seulement à promouvoir la justice réparatrice mais aussi à restaurer les cœurs et les vies.

Rapport sur les soins pastoraux à prodiguer aux victimes

La consultation tenue les 5 et 6 mai 2009 par le CÉJC en
collaboration avec le Comité central mennonite et la Conférence des évêques catholiques du Canada a constitué une expérience exaltante pour tous ceux qui y ont participé. Trente-neuf personnes représentant trente organismes différents ont participé à cet événement conçu pour regrouper les gens intéressés par les soins pastoraux à prodiguer aux victimes d’actes criminels et qui œuvrent dans ce domaine. Les participants provenaient d’ONG, du gouvernement fédéral ou des gouvernements provinciaux, des Églises, des hôpitaux, des prisons et d’autres organismes. Le compte rendu de l’événement est affiché sur le site web du CÉJC et on y trouve des précisions sur les échanges qui ont eu lieu ainsi que des recommandations concernant les prochaines étapes en vue de la mise en place de ressources pastorales supplémentaires à l’intention des victimes d’actes criminels. Au mois de septembre, le Conseil du CÉJC a créé un Comité sur les soins pastoraux à prodiguer aux victimes d’actes criminels dont le mandat est la promotion, au sein
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des organismes confessionnels, de l’éducation sur les problèmes propres aux victimes d’actes criminels. Le Comité coordonnera la diffusion de l’information sur les ressources existantes et encouragera le réseautage et la création de partenariats entre des particuliers et des organismes en vue de la mise en place de ressources supplémentaires et de services pastoraux au niveau local. La première priorité dans ce secteur du travail du CÉJC consiste à encourager les participants à la consultation tenue en mai 2009 et autres personnes intéressées à participer aux différents projets qui seront entrepris l’année prochaine : la conception d’un répertoire de ressources offertes par les groupes confessionnels, l’organisation d’ateliers et de conférences portant sur des problèmes propres aux victimes d’actes criminels et la participation à ces ateliers et conférences, et la diffusion de renseignements sur les projets pilotes portant sur les besoins spécifiques en matière de soins pastoraux des victimes d’actes criminels. Si l’un ou l’autre de ces projets vous intéressent, veuillez communiquer avec le CÉJC!!!

Rapport sur l’administration et les finances

L’année financière 2009 fut excellente puisque nous avons réussi à respecter nos
prévisions budgétaires. Je dois cependant remercier sincèrement tous les artisans qui ont mis la main à la pâte pour faire de cette année une réussite : nos Églises, toujours fidèles à leur engagement à soutenir notre mission, nos nombreux bienfaiteurs particuliers et de communautés religieuses qui se veulent solidaires de notre action, notre personnel aidé de quelques membres locaux pour l’efficacité à gérer le budget restreint mais suffisant pour accomplir les projets prévus, les membres de notre conseil d’administration et leur dynamisme à promouvoir les projets et à appuyer le personnel régulier dans leurs tâches. Le CEJC est mû par l’Esprit de Dieu car au fil des ans, malgré certains moments de fragilité, nous continuons de croître et de rayonner sur nos Églises et sur la société toute entière par nos interventions et par notre implication auprès des gens en recherche d’un sens nouveau à leur vie et dans leur réinsertion sociale. Le travail en partenariat avec les autres organismes cherchant à donner aux personnes leur dignité a été productif à plusieurs niveaux. Le Forum pour les soins pastoraux offerts aux victimes fut un grand succès car il a permis aux représentants du Canada entier de faire un bilan sur ce qui ce fait dans nos différentes Églises. Le rapport nous invite maintenant à aller plus loin et à proposer des choses concrètes pour aider les victimes. L’année 2009 fut capitale avec le projet CSR (Cercle de soutien et responsabilité) et l’obtention du contrat de 7.5 millions de dollars sur cinq ans. Un merci tout spécial à Maristela, la coordonnatrice, et à Sandie, notre responsable de la tenue de livres comptables, pour leur dévouement continu à balancer et re-balancer les propositions de projet de soumission : quelle belle patience! L’acceptation du projet proposé par le CÉJC au début de l’automne par le CNPC fût un autre moment plein de joies et de peurs car il fallait trouver du nouveau personnel et même de nouveaux locaux. Voilà que Marion Houle est embauchée pour collaborer au déménagement et assumer des tâches que la coordonnatrice ne peut plus absorber. Claudine se joindra à l’équipe au début de 2010 mais sera déjà dans le coup à la rencontre de décembre à Montréal. Tout un travail d’équipe!… Les défis sont grands pour 2010 mais nous sommes confiants car nous sommes prêts.

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Rapport CSR - La valeur de la responsabilité sociale dans le domaine de la prévention de la criminalité
n me demande souvent de quelle façon, sur le plan très pratique, le CÉJC fait la promotion de la responsabilisation communautaire dans le domaine de la justice. À l’instar de bon nombre d’organismes œuvrant dans le domaine de la responsabilité sociale, nous l’avons fait essentiellement au moyen de projets éducatifs et d’initiatives de développement communautaire faisant la promotion de la prévention de la criminalité. Nous avons surtout mis l’accent sur le volet éducatif de notre mandat jusqu’à présent, en grande partie en raison de l’absence d’appui politique envers le développement communautaire au cours de ces dernières années, mais nous avons récemment entrepris de nouveaux projets qui démontreront hors de tout doute la valeur de notre responsabilité sociale en ce qui a trait à la prévention de la criminalité. L’exemple des Cercles de soutien et de responsabilité (CSR) constitue l’un des meilleurs exemples de l’engagement d’une communauté dans le domaine de la prévention de la victimisation que je connaisse. Il y a quatorze ans, soit deux ans après sa création, nous avons parlé du programme dans notre publication intitulée «Pour une vraie justice – Options communautaires sûres destinées à réparer le tort causé par la criminalité et à réduire le recours à l’emprisonnement ou la durée des peines d’emprisonnement». Le Programme des CSR est un programme de réinsertion sociale fondé sur des principes de justice réparatrice mis en place dans la communauté à l’intention des délinquants sexuels à risques élevés et dont les besoins sont considérables, qui ont été accusés par un tribunal fédéral et qui ont été détenus jusqu’à la fin de leur peine d’emprisonnement. Une fois libérés dans la collectivité, ces délinquants n’ont plus aucun compte à rendre ni au Service correctionnel du Canada, ni aux services policiers. Ils sont aussi très souvent des voisins indésirables dans le quartier. L’absence d’appui et de ressources utiles pour faciliter leur réinsertion, alliée au peu de responsabilisation à la libération, donne parfois lieu à la récidive. Élément encore plus important : ce cycle donne lieu presqu’inévitablement à davantage de victimisation. Le Programme des CSR est une initiative canadienne mise en place en 1994 pour combler cette lacune. Grâce aux 400 bénévoles actuels de partout au Canada, le Programme des CSR a pour objectif de réduire considérablement le risque de victimisation d’autres membres de la communauté en aidant et en appuyant les délinquants sexuels (aussi appelés membres essentiels) dans leur réinsertion dans la société et en les responsabilisant dans leur quête d’une vie productive et active. Il y a actuellement 16 programmes CRS en activité partout au Canada (voir la carte sur notre site Web), desservant environ 250 délinquants libérés de prison. Des recherches déjà évaluées par des spécialistes démontrent que les hommes ayant participé aux CRS ont 80% moins de probabilités de récidiver que ceux n’y ayant pas participé. Il s’agit de résultats extraordinaires quand on pense que la plupart des sites CSR au Canada devaient composer avec un manque flagrant de ressources financières, certains étant même sur le point de cesser leurs activités, avant le début officiel de notre partenariat en novembre 2009. La collaboration active du CÉJC avec ces organismes a commencé par la coordination de leur premier Rassemblement national à Calgary en 2008 (voir le Rapport sur notre site Web). Cette rencontre a permis à tous les sites CSR de discuter de la possibilité de collaborer à l’élaboration d’une proposition en vue d’obtenir du financement qui serait soumise au Centre national de la prévention du crime (CNPC), qui relève de Sécurité publique Canada, financement qui servirait au lancement d’un programme national de démonstration. Puisque les CSR ne sont pas encore officiellement incorporés à titre de groupe national, le CÉJC a été choisi pour gérer le contrat qui a été approuvé par le CNPC. Les objectifs visés sont les suivants : 1. Améliorer la capacité des CSR afin d’ajouter 50 nouveaux membres essentiels par année, et 2. Effectuer une étude indépendante sur l’efficacité du CÉJC à réduire la récidive sexuelle. Ainsi, les sites pourront fonctionner à pleine capacité avec un niveau de financement approprié pendant les cinq prochaines années. Et plus important encore, ils pourront utiliser les résultats de cette évaluation pour se garantir un niveau de
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financement suffisant une fois le projet terminé et lorsque leur valeur deviendra plus évidente. Grâce à cette nouvelle initiative, nous espérons démontrer encore plus clairement que l’engagement communautaire dans le domaine de la prévention de la criminalité constitue un investissement précieux et rentable. Le rôle que joue le CÉJC dans l’appui et l’outillage de projets pertinents au niveau national et socialement responsables est critique au succès du projet de recherche des CSR jusqu’à maintenant. Au nombre des autres projets d’envergure nationale que nous appuyons actuellement, on trouve l’Assemblée nationale visant la création du Consortium canadien pour la justice réparatrice ainsi que le Projet de soins pastoraux à offrir aux victimes d’actes criminels. Le rôle du CÉJC dans la promotion de projets communautaires qui sont à la fois porteurs de sens et axés sur la guérison nous permet de poursuivre la réalisation de notre vision et de nos objectifs auprès de divers partenaires partout au Canada. Nous sommes reconnaissants envers les responsables de Sécurité publique Canada qui ont pris la sage décision d’investir dans ce projet communautaire très rentable visant à réduire le nombre de nouveaux cas de victimisation. Nous désirons aussi remercier nos partenaires communautaires, les membres des médias, les députés ainsi que les responsables du CNPC pour l’appui qu’ils nous ont accordé dans la promotion de ce projet. Pour obtenir plus de renseignements à ce sujet, veuillez visiter notre site Web à l’adresse suivante : www.ccjc.ca/cosa.html.

Chaire de réflexion communautaire sur la justice
Justice dans la ville Donner un nouvel éclairage local au débat public

Le poste de Chaire de réflexion communautaire sur la justice a été créé au sein du CÉJC afin
de concevoir des stratégies et outils novateurs visant à stimuler un nouveau débat sur la Justice. Pourquoi? La raison en est simple : en dépit de toutes les preuves du contraire, le public en général réclame encore des peines d’emprisonnement plus longues. Par conséquent, on dépense encore trop d’argent sur un système qui ne fonctionne pas bien et il n’y a aucune volonté politique d’investir dans des interventions plus efficaces, qui sont aussi souvent moins coûteuses. Voilà pourtant une vérité connue depuis des décennies et portée de plus en plus souvent à l’attention du public. Et malgré tout, il y a de plus en plus de pression exercée afin qu’un plus grand nombre de personnes soient emprisonnées et pour des peines d’emprisonnement plus longues. Comment se sortir de cette impasse? Ce défi sur le plan des communications demeure résolument insurmontable à l’échelle nationale. Nous avons donc décidé cette année de ramener le débat à l’hôtel de ville. Nous discuterons donc ci-après de la raison de cette décision et donnerons un aperçu de ce que nous avons accompli jusqu’à maintenant sur ce plan. Nous nous sommes donc penchés sur cette incapacité à modifier les attitudes du public… - serait-ce justement parce que ce débat sur la criminalité et la justice se déroule habituellement au niveau national? Cela le maintien à un niveau abstrait, fondé sur l’émotion et l’idéologie, jamais tenu à produire des résultats. Et pourtant, c’est bien au niveau local que les véritables impacts financiers et sociaux se font sentir, là où la dysfonction systémique de nos systèmes de justice pénale touche de vraies personnes : retards dans les tribunaux, impacts sur les victimes, conditions de détention, supervision déficiente des libérations, et pressions accrues au niveau municipal sur les services sociaux et les ressources de santé. Il n’y a non plus aucun comité

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de vigilance local qui soit suffisamment au courant ni qui se croit en droit d’exiger que l’on rende des comptes relativement à des investissements douteux qui donnent de tels résultats. La plupart des citoyens laisse aux «autres» le soin de se pencher sur ces questions : les autorités fédérales, les responsables provinciaux, les sacrosaints tribunaux. Le public en général n’est pas conscient que des services de justice pénale de piètre qualité créent de nombreux dommages ayant des impacts sur l’ensemble de la communauté et drainent les ressources locales. Il n’y a que les communautés locales les mieux informées qui seront les plus préoccupées au point d’exiger des services de justice de meilleure qualité. Le CÉJC a alors commencé à élaborer une stratégie visant à éduquer la population. Dans un premier temps à Ottawa, la Fondation communautaire a maintenant reconnu l’inefficacité du système pénal comme étant un problème digne de mention dans les Signes vitaux™, le bilan de santé annuel de la ville. Dans la section portant sur la sécurité, on fait allusion aux retards dans les tribunaux, permettant ainsi aux protagonistes municipaux de donner un visage humain aux statistiques et de tracer des liens vers des problèmes locaux de plus grande envergure et leurs ramifications sur les services sociaux de la municipalité. Par la suite, le Comité des services communautaires et de protection du Conseil municipal d’Ottawa a adopté la résolution suivante : «Que les organismes locaux œuvrant dans le domaine de la justice pénale soient invités à rencontrer les responsables des différents services municipaux afin de discuter de l’inefficacité du système judiciaire et des coûts et problèmes sociaux qui y sont engendrés pour la municipalité, et que l’on s’engage à créer un organisme dont le mandat serait d’améliorer le système et de réduire nos coûts.» Un groupe appelé Smart Justice Ottawa poursuit le travail à ce chapitre. La Fondation communautaire d’Ottawa demeure active dans ce projet : on communiquera sans doute de l’information aux 145 autres Fondations communautaires au Canada, dont les leçons apprises. La Fédération canadienne des municipalités commence aussi à s’intéresser au sujet; cette fédération compte plus de 1775 membres provenant des plus grandes villes canadiennes, ainsi que des communautés urbaines et rurales plus petites. Ce que nous cherchons à accomplir? Lorsque tous ces citoyens deviendront conscients des conséquences de ces «stratégies touchant le crime» pour leurs villes et villages, ils exigeront des services de meilleure qualité, et s’opposeront aux différentes politiques fédérales et provinciales qui ne font rien en ce sens.

Programme de justice réparatrice Rapport du directeur

Le programme de justice réparatrice (PJR) a connu une année remplie de défis de
tous genres, y compris le traitement de plus de 60 cas touchant la jeunesse et de plus de 30 dossiers touchant les adultes. Ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse (MSEJ) – Le PJR a reçu du MSEJ les fonds suffisants lui permettant de retenir les services d’un agent de cas à temps plein. Le nombre de dossiers touchant la jeunesse qui nous ont été référés est demeuré élevé, à la fois ceux transmis par le bureau du Procureur de la Couronne (après le dépôt des accusations) et par le Programme de déjudiciarisation de la jeunesse (déjudiciarisation après le dépôt des accusations) du Boys & Girls Club (Club Garçons & Filles). Les cas traités vont de crimes mineurs jusqu’à des crimes plus graves. Selon toutes les indications, ce financement se poursuivra en 2010-2011. Financement provenant des Comités de justice à l’intention des adultes – En mars 2009, nous avons été avisés par le ministère du Procureur général que le versement de fonds aux programmes de justice

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réparatrice de l’Ontario, fonds destinés aux Comités de justice à l’intention des adultes, serait aboli. Le PJR devait fermer tous ses dossiers au plus tard à la fin du mois de juin 2009. Cette décision nous a occasionné une perte considérable puisque ces fonds représentaient une bonne partie de notre financement; le respect de notre budget réduit a représenté un défi considérable, étant donné les objectifs conflictuels et le nombre extrêmement élevé de dossiers. Dotation – Ces changements à notre financement ont entraîné des changements au niveau de nos effectifs. Malheureusement, Tiffani Murray ne travaille plus pour le PJR. Les connaissances, les aptitudes et la personnalité de Tiffani nous étaient extrêmement précieuses et elle nous manque considérablement. Entre les mois de juillet et décembre 2009, Amber et Kimberly ont toutes deux travaillé en moyenne de 3 à 4 jours par semaine. Nous apprécions beaucoup le travail accompli par les stagiaires de l’Université d’Ottawa. Dons – En 2009, nous avons connu une augmentation marquée des dons reçus. Ces fonds nous ont permis d’augmenter graduellement les heures de travail de Kimberly et d’Amber, mais elles ne travaillent pas encore à temps plein. Ces fonds continuent à nous aider à traiter des cas d’adultes. De façon générale, les employés traitent les dossiers d’adultes les plus graves, tandis qu’un petit nombre de bénévoles intrépides du PJR se penchent sur les cas d’adultes moins graves. Transition PJR – L’Équipe de transition du PJR a accompli des progrès marqués vers l’obtention du statut d’organisme de bienfaisance pour le PJR. Elle en a élaboré les statuts et préparé la demande d’incorporation ainsi que la demande de statut d’organisme de bienfaisance. La prochaine étape consiste à faire vérifier les diverses demandes par un avocat spécialisé en droit régissant les organismes de bienfaisance avant de les soumettre aux autorités appropriées. Communauté – Le PJR continue de faire preuve de leadership au sein de la communauté alors que Kimberly préside toujours le Restorative Justice Network of Ottawa (Réseau de la justice réparatrice d’Ottawa) et agit à titre de membre du Réseau des services de justice pénale pour adolescents d’Ottawa, et qu’Amber est encore membre du Réseau communautaire de la justice pour adultes (RSJA).

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Rapport du Conseil des Églises au Québec

L’année 2009 a été très bonne pour nous. Nous avons réussi à organiser des activités porteuses de sens qui
ont été couronnées de succès, qui ont été très rassembleuses et qui nous ont permis d’examiner de près ce que nous sommes et notre responsabilité envers nos communautés. Nous avons commence l’année avec la Journée des bénévoles. Cette journée portait sur la Courtepointe et les témoignages des gens qui ont participé à sa création. Des bénévoles ont partagé leurs expériences et ont discuté de la façon dont la Justice réparatrice les a aidés à définir et orienter leur bénévolat au fil des ans. Nous avons discuté des difficultés qui peuvent se présenter et de la façon dont nous pouvons nous aider les uns les autres à les surmonter. Nous avons tenu notre Assemblée générale annuelle la même journée. Laurent Champagne nous a entretenus sur le travail en équipe et la nécessité d’améliorer notre productivité si nous voulons aider efficacement ceux à qui nous offrons des services. À toutes les semaines, un petit groupe de bénévoles se rend religieusement au Centre de prévention de l’Immigration, à Laval, pour offrir une heure d’études bibliques aux hommes, femmes et enfants qui s’y trouvent dans l’attente du règlement de leur statut d’immigrant. En décembre dernier, avec l‘aide de plusieurs organismes, le CÉJCQ a préparé des centaines de sacs de Noël et organisé une magnifique soirée de célébration, remplie de festivités et de nourriture pour toutes ces personnes. Une autre équipe de bénévoles du CÉJCQ rend visite à des détenus purgeant une peine d’emprisonnement à vie ou de longues peines d’emprisonnement au pénitencier de La Macaza. Un autobus scolaire rempli de bénévoles emprunte la longue route vers La Macaza plusieurs fois par année. Nous espérons faire 4 de ces voyages cette année, soit un à chaque saison. Les activités sportives à la prison Leclerc devraient commencer en février 2010, deux fois par mois à tous les mois, avec un groupe de 10 à 15 bénévoles. Le CÉJCQ et les services d’aumônerie communautaire ont décidé de fêter la Journée de la prison en septembre afin de marquer la journée avec un plus grand nombre de personnes. Nous avons visité les tombeaux de gens décédés pendant leur emprisonnement. Plusieurs détenus servant une longue peine d’emprisonnement ont été invités à se joindre à nous. Ce fut un moment très intense. Nous avons ensuite pris les dispositions nécessaires afin que le groupe participe à un Cercle à l’Église Saint-Jude. Nous avons aussi décidé de reprendre nos services de correspondance. Certains bénévoles ne peuvent pas toujours participer à nos activités et préfèrent écrire à des détenus qui doivent se reconnecter avec le monde extérieur. La demande n’est pas très forte pour l’instant, mais c’est une question de répandre le mot… ou la lettre! Pour ce qui est de la Semaine de la justice réparatrice en novembre, nous avons eu beaucoup de plaisir. La cérémonie d’ouverture a eu lieu à l’Oratoire Saint-Joseph et plus de 5,000 personnes ont assisté aux différentes messes de la journée. La prédication a été assurée par les membres de l’équipe responsable de la Semaine de la justice réparatrice, et environ 100 personnes y ont assisté. Monique Lépine a partagé son expérience avec nous pendant la messe qui a eu lieu avant notre activité. Avec des documents utilisés dans mes cours, j’ai organisé un atelier sur la justice réparatrice. Chaque groupe participant à notre activité a lu une histoire sur un incident où il y avait un délinquant et une victime. Le groupe devait alors essayer de trouver des
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façons de traiter l’incident différemment et la façon dont des mesures de justice réparatrice auraient pu mieux répondre aux besoins des différents intervenants. L’accent a été mis ici sur la prévention et la restauration. Ce fut aussi l’occasion d’annoncer la parution d’un nouveau livre écrit par Thérèse de Villette et intitulé «Faire justice autrement». Notre deuxième activité a eu lieu à l’institut pastoral où nous tenons habituellement nos réunions. Mary Beemans et Robert Bergner, de l’organisme MSCM (Montréal SouthWest Community Ministries), nous ont aidés à planifier la journée. Nous avons discuté des problèmes raciaux avec lesquels la population de Montréal-Nord est aux prises et des façons de commencer à construire des ponts entre nous afin de surmonter de tels problèmes. La construction et la réparation de ponts ont été les principaux sujets de discussion lors de cette soirée. Je crois que ce fut le point de départ d’un processus de guérison, un processus qui sera encore très long. Au nombre des participants à cette soirée se trouvaient des policiers, des membres de la communauté et des jeunes. Ils ont tous eu la possibilité de se mettre à la place des autres et de faire entendre leur voix. La soirée a été des plus enrichissantes! Le 6 décembre, soit le jour du 20e anniversaire de la tuerie à la Polytechnique, Monique Lépine est venue donner un témoignage à la Church of the Harvest. Nos membres, les membres du grand public et les représentants des médias y ont été invités. Ce fut une expérience très touchante. Elle a parlé des victimes et de sa participation avec le CÉJCQ à la sensibilisation des gens autour d’elle à la justice réparatrice.

Nous poursuivons notre travail avec nos différents partenaires et nous sommes en train de préparer avec eux notre forum des 11, 12 et 13 mai prochains. Nous déployons beaucoup d’efforts dans le réseautage afin d’améliorer nos relations. Nous croyons fermement qu’il faut appuyer les organismes travaillant dans les mêmes secteurs d’activités que nous. Laurent est notre aumônier communautaire et il visite plusieurs maisons de transition, ce qui lui permet de demeurer constamment en contact avec nos différents partenaires. Nous sommes tous voués à la même cause et nous devrions pratiquer ce que nous prêchons, soit de construire des ponts entre nous. Ce fut une excellente année et nous sommes convaincus que l’année qui vient sera encore meilleure. Nous attendons avec impatience de pouvoir collaborer avec le CÉJC sur la production.

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Membres du Conseil d’administration 2009 Président - James Loewen (Comité central mennonite du Canada) Vice-présidents - Richard Haughian (l’Église catholique ) et John deVries (Église Réformée chrétienne) Trésorier - Laurent Champagne (l’Église catholique) Secrétaire - Meredith Egan (Quakers) Ancienne présidente – Jane Griffiths (l’Église unie du Canada) Directeurs - Richard vonBriesen, Gloria Savage, Scott McIsaac, et Christina Guest

Notre personnel pour 2009 Chaire de reflexion communautaire sur la justice - Lorraine Berzins Coordinatrice - Maristela Carrara Coodinatrice adjointe - Marion Houle Directrice chargée du projet de justice collaboratrice – Kimberly Mann Agente chargée du projet de justice collaboratrice – Tiffani Murray Agente chargée du projet de justice collaboratrice – Amber Montgomery Commis-comptable – Sandie Lessard

Nos remerciements à : Sandie Lessard; Robert Aubut; Katie Fleming; Tiffany Murray, Kimberly Mann and Amber Montgomery (projet de justice collaboratrice); Quakers, House à Ottawa; Justin Picher; Brian McDonough; Caitlin Bancroft; Mireille Provost (Ministère de la Justice Canada), Pierre Allard, Bob Cormier (Sécurité publique Canada), Danny Lega, Kristin Borger, Michel Tanguay and Monty Pitson (Centre nationale pour la prévention du crime); David Lam; Lourdes Mazile; Brianne Dixon; Nathalie Le Roch (Ministère des services à l’enfance et à la jeunesse); Tyler Soon (Les cercles de soutien et de responsabilité Vancouver); Dariusz Galczynski (Sécurité publique Canada); Michelle Landry (Service correctionel Canada); Andrew McWhinnie (Les cercles de soutien et de responsabilité); Signes vitaux d’Ottawa; Ernie Tannis; Tina Matchette-Bianco; Don Wadel; Renee Collette; Ken Walby; Sheila Arthrus; Dony Doob; Farhat Rehman; Rev. Russell Paquette; Lourdes-Marie Mazile; Évêque Gary Gordon; Michael Maher; Lindsay Mullaly; Bruce Williams; Meagan O’Shea; Lee Mattice; Danette NearingGuibord (Université de Carleton); Tim Tokrud; Fondation de communauté Ottawa; les députés suivants - Hon. Mark Holland , Hon. Gordon O’Connor, Hon. Bob Rae, Hon. Marlene Jennings, Hon. Wayne Easter, Hon. Robert Oliphant, Hon. Anne Allard, Denise Savoie, Hon. Leon E. Benoit, and Hon. Kevin Sorenson; Patrick Jennings; Jim Potter; Susan Haines, tous les members des cercles de soutien et de responsabilité au Canada.

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À propos du CEJC • Église évangélique luthérienne au Canada • L’Église anglicane du Canada • L’Église presbytérienne au Canada • L’Église Unie du Canada • Société religieuse des amis (Quakers) du Canada Le CCJC à déménager! Veuillez nous contacter à notre nouvelle adresse : Le Conseil des Eglises pour la Justice et la Criminologie 200, rue Isabella, Salle 303 Ottawa (ON) K1S 1V7 Téléphone: 613-563-1688 Fax: 613-237-3129 Coordinatrice: Maristela Carrara mcarrara@ccjc.ca www.ccjc.ca

Le Conseil des Églises pour la justice et la
criminologie (CEJC) est un organisme bilingue et oecuménique établi depuis 1974. Il a été fondé sous la responsabilité du Conseil canadien des Églises et de la Conférence des évêques catholiques du Canada.. Il regroupe dix confessions à travers le Canada. Nos églises nomment des membres, provenant de différentes régions du Canada, et qui ont de l’expérience et une expertise dans les domaines judiciaire et carcéral. Le CEJC s’intéresse à un large éventail de questions, dont les principales sont : • alternatives aux peines d’incarcération • familles des détenus • femmes face au système judiciaire • justice des autochtones • jeunes et violence • longues sentences • libérations conditionnelles • peine de mort • racisme • réforme du droit criminel • victimes de la violence • violence familiale • violence urbaine • prévention de la violence • preoccupations de la communauté et • actes criminels à nature sexuelle Nous nous efforçons pour assister ceux que nous desservons à réfléchir théologiquement sur la nature de la justice, à examiner les effets du présent système dans la vie de ceux qu’il touche, et de chercher des voies menant au changement rédempteur. Nos Églises • Armée du Salut au Canada • Églises Réformées chrétiennes de l’Amérique du Nord • Comité central mennonite du Canada • Conférence des évêques catholiques du Canada • Convention baptiste de l’Ontario et du Québec

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