ÉTUDES
DE

MYTHOLOGIE GRECQUE

-F. CERQUAND 11 DOCTEUB ÈS-LETTEES. C'% LIBRAIRES-ÉDITEURS 1873 QUAI DES AUGUSTINS .3 I U 3 3 • 3 * ÉTUDE DE MYTHOLOGIE GRECQUE PAR J. INSPECTEUR d'ACADÉAIIE ULYSSE ET CIRCÉ LES SIRÈNES PARIS DIDIER ET 35.

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Les Légendes grecques et Litines de Gircé se rapportent à une même personnalité mythologique. De Gircéi il se répand dans le Latium et IlL Gircé paraît une divinité lunaire par sa généalogie et son costume. Les caractères d'Artémis se reproduisent dans Gircé : Recherche de la solitude et du célibat les le : la chasse : la domination sur Vie élégante : animaux sauvages : : pouvoir meurtrier. La magie de Gircé: métamorphoses illusions sur le pouvoir des forces illusions sur mécaniques et des combinaisons chimiques : . Ulysse est un Dieu soleil comparaison avec Hercule . . Affinités des deux déesses avec le monde souterrain. Les caractères communs vement propres aux VIII. l. le pouvoir de la parole. obscurci de bonne heure eu Grèce. Le culte de Gircé. VI. Italie. Développement des caractères d'Artémis. étymologie probable du nom. H. IV. — chant les tapisseries. ARGUMENT. Gircé est une lune. d'Artémis et de Gircé sont exclusi- VII.591769 ULYSSE ET CIRCÉ. Gircé rapprochée d'Artérais. se conti- nue en au-delà. : une épopée solaire. Sens mythique de l'Herbe Môly. L'Odyssée est divinités lunaires. V.

soleil. rencontre d'Ulysse de Gircé est une éclipse de soleil. Conclusion. Education des jeunes mythologie de l'Inde et de la Grèce. se fait dans et XII. Exemples.ï 6 IX. dans la mythologie grecque. Enseignement de Circé à Ulysse. Planctœ des Troupeaux du comme phénomènes météorologiques. Circé est une institutrice soleils la dans d'Ulysse. . des éclipses de soleil. Le voyage d'Ulysse des Détermination des Sirènes. Exemples. La. Reconstruction au point de vue naturaliste du voyage d'Ulysse. XI. Substitution du navire d'Ulysse au char du soleil. Défaillances des divi- pendant la conjonction. nités solaires et ! X. XUl. le ciel. Instituteurs d'Ulysse. Rencontre des divinités solaires et lunaires.

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subi et non accepté. (2j Od. V.cc vâk II. etOd. Lib. 12 îq L'rit odoralam nocturna la lumiaa cedrum. La grotte de Calypso est entourée d'un iîiv&m paysager. . il 30) à Circé l'usage : des parfums qu'Homère donne à Calypso n suit Yirgile lib. constaté ces inadvertances. Eth. Pline. II. des inadvertances que les Commentateurs ont relevées avec une parfaite satisfaction. occupant ou à des travaux de tapisserie. mais au jardin potager d'Alcinoos. les mêmes séductions. filets par une source vive qui en transparents (2). skàca. les plus exacts d'ordinaire. une grotte ouverte à tous venants. XII. qu'il ne faut pas comparer aux bois de Circé. Mêla confond aussi Circé et Calypso. 12).V. môme chez les auteurs. XIII. tapissée d'une vigne rafraîchie chargée de se divise fruits. VIT. Calypso habite en pleine lumière. la nature Il y a intention dans les jardins d'Alcinoos et de Calypso : sauvage a seule fait les frais du bois de Circé. en citant Macrobe avait Yirgile et Homère. ihid. 118 m-/. .Homère a donné à Circé et à Calypso quelques traits communs. Arist. leurs longs loisirs à des chants que quelques nymphes. Il leur a attribué la même beauté. En. attribue (lib. le (i). de la Grèce et de Rome. sur le rivage. Il les a placées sans autre compagnie toutes deux dans des îles lointaines. Pomp. (Sat. 57. Il les même empire. à propos de Charybde Od. » le conseil -. Lorsque la déesse occupe au (1) foyer sa Ces traits communs ont occasionnù. sans communications habituelles avec les dieux de l'Olympe. 10. met dans bouche de Calypso : que donne 7r«jolç Circé. par exemple. sur Ulysse distingue ensuite par des contrastes vigoureux. VII.

errant après la prise de Troie. plus avisé. Le voyageur. est jeté dans de Circé avec le seul de ses navires échappé au naufrage. Un bel adolescent l'arrête en pitié chemin. elle jouit. ses armes. Le lieu est plein de paix et de joie. est resté à Ulysse prend l'écart. La tragédie succède à l'idylle. Ses hôtes sont changés en pourceaux. qui affamé. cachée dans l'épaisseur des bois. en apercevant de loin la fumée qui s'en échappe. LÉGENDE GRECQUE du logis. et réclament l'hospitalité. C'est Hermès qui. craint par instinct de réclamer l'hospitalité qu'elle annonce. envoyés à la découverte. entendent la voix trompeuse. Circé leur ouvre la porte. ne s'aventure point dans palais de Circé. Les Dieux reçoit. Un et se parent d'Ulysse. Hermès. Elle les frappe de sa baguette et les enferme dans l'étable. dirige vers le palais. leur sert elle-même les aliments elle que l'usage prescrit. vient . Ses compagnons. les introduit. au milieu de son de la verdure des arbres où tournaient en criant les oiseaux de mer. l'île Ulysse. et comme la destiné à quelque aimable idylle. Il vient tout raconter à son chef. demeure de bâtie de larges pierres taillées au ciseau. Sur son les loups et les lions Il chemin se pressent semblent dans un l'attirer dont les caresses qu'il entre le dans un piège.8 place de maîtresse travail. comprend monde étrange et surnaturel. mêmes évitent ces enchantemens. et que pouvoir de Circé sur les bêtes peut bien s'étendre sur les hommes. pris de pour lui. fermée de portes d'airain. Toute autre est Circé. la le avec l'empressement d'un messager gracieuse hospitalité de Calypso. et ne s'avance qu'avec précaution. Mais y a mêlé un poison.

Circé n'est pas là tout entière. de nouveau disparaît (1) les enseigne dangers qui l'attendent sur l'Océan. et lui remettre la plante Môly. de Pénélope avec Télégone. Mais la magie reste impuissante cette héros tire fois. mais seulement l'examen des rapports de Circé avec Ulysse tels que les présente Homère. de Circé avec Télémaque. rend leur première le retient son épée et menace. en contradiction avec la sienne. D'autres poëraes. avait écrit une Télégonie. et assiste invisible elle lui à son embarquement. Quoique Homère se taise sur les enfants de Circé et quoiqu'il fasse mourir paisiblement Ulysse. tels qu'ils ont été acceptés par la Grèce. ' Il existait une tragédie de Sophocle: Ulysse frappé de l'épine » (ÔS-uo-c-cûç àzavSoTr). visiter le séjour des morts et recevoir les instructions de Tirésias. cela est certain. rois des Tyrrhènes. Ulysse songe enfin au départ. Lorsqu'il est de retour. Mais la déesse lui annonce qu'il doit. le 9 prémunir contre le danger. Eugammon de Cyrène.).-^^). Bientôt il entend de Circé qui l'accueille et lui présente la coupe empoisonnée. Sq. qui rendra nul la voix l'effet du poison. puis (1) Le lecteur ne doit pas chercher ici une monographie de Circé. lui enseigne sa route. Hésiode parle de Télégonos et d'Italos. avaient donné àces légendes une suite d'aventures tragiques et romanesques.DE CIRCÉ. où Ulysse était tué par Télégone. fils de Circé. charme de sa beauté. auparavant. où il racontait les derniers travaux d'Ulysse. dont Lycophron présente sans doute le résumé (Cassandra. tué dans un combat par Télégone. La déesse vaincue embrasse forme à ses compagnons et le pendant une année entière sous festins. cité dans la Chrestomathie de Proclus. et que le Syncelle fait contemporain de Pisistrate. 795. et le Schol. Le ses genoux. des légendes se sont formées aussitôt après lui. de ses talents et de ses L'année révolue. Les vases et les miroirs étrusques ont . Elle calme ses terreurs. qui n'ont plus aucune affinité avec la mythologie. Un double mariage suivait. qui rapportait ses cendres à Circé. peut-être même de son temps.

il est probable que la critique y eût trouvé plus d'éléments réellement mythologiques. Si elles avaient figuré dans les Fastes. ayant déplu à la nymphe Scylla qu'il aimait. et se trouva métamorphosé en Triton. Il s'était aperçu que dés poissons déposés par lui sur une certaine herbe du Glaucus. non chez les prêtres. (1) etc. Circé refusa. : Voici la première (( un pêcheur. un souvenir religieux plutôt qu'une croyance actuelle. Dans l'état où nous les avons. elles offrent une part trop large à la fantaisie et à l'art Ovid. XIV. Owerbect. acceptés comme .) Les légendes de Glaucus et de Picus nous ont malheureusement été transmises dans le livre des métamorphoses. 2 IL Les monuments figu^rôs assez nombreux se trouvent dans Weleker. tel que l'entendait Ovide. 127. la force Les Latins avaient leurs légendes de Circé. Ovide leur a donné une forme trop personnelle (i). dit-il. Dans cet état. Circé est restée pour les Grecs ce que l'avait faite Homère. en Dieu marin. 11 essaya sur lui-même la vertu de cette herbe. (Cf. contraires. une déesse déchue. sans temple ni autel. la dignité et la faiblesse. 15. était rivage reprenaient leur vivacité. Hygin. et se rejetaient dans les flots. poëte en a si rations suivantes n'y ont plus rien changé. Métam. il alla demander à conservé Circé de lui donner un philtre. I. un certain nombre de scènes de et la Télégonio qui attestent que les légendes d'Hésiode d'Eugammon. étaient acceptées en Italie.10 LÉGENDES LATINES Telle est la légende le génie plastique du homérique fermement tracé les contours que les géné. mais dans le peuple. indépendantes de celles des Grecs. Myth. Val. inconnues d'Homère. II. Toutefois les grands traits peuvent être représentant ce qui est resté du mythe antique chez les Latins. mais singulièrement vivante par ses passions et la crainte.

illusion magique ses compagnons. détroit » : Voici la seconde « Picus. Circé. » Ces deux légendes reposent évidemment sur fonds les : un même Circé méprisée se venge. grand chasseur. empoi- sonna la baie où la nymphe métamorphosée en monstre (i) de Sicile. et Gircé. et lui offrit d'être sa .11 femme. et d'être sa se venger femme. qui recueillait dispersa par une lui offrit des plantes s'éprit tout-à-coup de lui. du Farfarus. les fleurs n'occupent pas la même la place. Picus n'y consentit point. était un roi d'Ausonie. et la Déesse. Mais Picus aimait la jeune Canens. Mais Glaucus n'y consentit aimait à se jouer. la le pouvoir magique des herbes. grâce du chant. comme sur deux tapis d'un même ensemble.DE cmcÉ.de son mépris. Picus épousa donc Canens. le métamorphosa en pic. Ovide ajoute que Scylia. d'arrêter les flots. les compagnons . de suspendre le vol des oiseaux. C'est une addition à la légende latine. fit périr d'Ulysse. les Naïades de l'Albula. le séjour des bois. Le rapport avec (1) légende homérique est évident. Pendant qu'il chassait les sangliers dans les bois de Laurente. pour de son mépris. et un lien imaginé pour la rattacher à la légende grecque. dont la grâce était sans rivale. voulant punir à son tour Circé. et dont les chants avaient le pouvoir d'apprivoiser les bêtes sauvages. de l'Anio. Sa beauté l'avait fait rechercher par les Dryades du Latiura. fils de Saturne. Scylia fut et se fixa sur le point. Les éléments aussi sont : mêmes un couple désuni violemment. pour se venger. Mais ces éléments identiques sont employés différemment.

mais non sans dignité. Je puis dire cependant que je ne vois dans les deux légendes versifiées par Ovide que des faits historiques qui ont revêtu une forme mythologique en rapport avec la personnalité divine do Circé. d'une incom- parable richesse. par Hermès Tirésias. la personnalité de la Déesse reste même : une chanteuse. et qui les manque aux légendes successivement et je veux dire instructions données à Ulysse par Circé elle-même. fin. elle les a supprimés. De plus. malgré ses propo- sitions de mariage. tandis il est séduit et dominé. parce qu'elle a reconnu l'homme marqué par et les destins. ils ont refusé. par Mais pour les les diverses étapes de son voyage. En le culte de Circé avait voulu s'associer à celui de : . l'indice d'une (2) guerre religieuse. ainsi qu'on le verra. Il s'y trouve aussi des dissemblances bien marquées. mais s'échappe à la que Picus Glaucus gardent leur foi et sont supprimés. Cette substitution d'une divinité à deux autres divinités successivement supprimées fournirait donc. essentiel de la première notion de Mais sa personnalité parait s'être rapide- ment effasée chez les comme chez les Grecs. dans l'hypothèse. se n'entre pas dans mon plan d'étudier Picus ni Glaucus. et avec eux les événements et le sens des la légendes. Circé a proposé à Picus et prose cela veut dire Glaucus et de Picus à Glaucus d'être leur femme. quoiqu' Ulysse hésite. les sectateurs de ces Dieux ont refusé . IDENTITÉ à côté de celles-là. La Circé grecque se livre sans doute. quoique personnages qui se trouvent en contact avec Circé diffèrent. Il n'y a rien de plus à en dire.12 quoique celle-ci soit. une magicienne amoureuse (1) Il et cruelle. La légende grecque contient d'ailleurs sera démontrée latines : un élément dont l'importance plus tard. . et dès lors les légendes ont pris une allure moins morale. La Circé latine est une pure courtisane. Circé les a convertis par la force. La chasteté est un caractère Latins Circé.

DE CIRCÉ. « C'est le premier. Ainsi les prêtres de Circé montraient aux étrangers ses la coupe d'Ulysse et le tombeau d'Elpénor. quoique n'aient Homère poètes plus récents connu ni Glaucus ni Picus. Mais Pline a parlé du myrte qui ombrageait le tumulus d'Elpénor. (l) Une coupe d'Ulysse se : trouve menlionnée « clans le résumé Ulysse après le meurtre des prélendanis. p. Capponi. les ont reconnu une même et des Circé dans trois légendes. plaisant 13 avec les dans les bois. Ils s'y sont trom. et sur les pentes boisées de l'Apennin. Promont. les figure sur la carte du prince Poniatowski avec un signe de doute. Il pullule en Corse et en Sardaigne ou il paraît indigène. » Plin. V. d'Eugammon (Procl. Le nom du myrte est grec. 478. dit-il. Le myrte peut deux langues sans que la Grèce en ait doté l'Europe. Félice le montraient encore à Cluvler. Chrest. Quant au tombeau d'Elpénor. . XV. 35. un de d'Homère compagnons. Ni les Grecs ni les Latins pés. porter . les habitants de S. va visiter ses troupeaux en Elide il reçoit de Polyxèné une » Cette coupe n'a laissé aucune trace dans coupe.) . et familière animaux ne sauvages. qu'on ait vu dans l'Europe citérieure (l'Italie par rapport à la Grèce). la poésie latine. Il comme témoignage de son le même nom dans origine. présent d'hospitalité. Circeo. comme un avec les récits signe de la concordance de leurs croyances (1).

que était l'île de Circé n'a vu ni Circé ni Ulysse lieu géographique. nous affirmons que le heu de la légende ne pouvait pas être le indifféremment placé ailleurs. Il est bien certain que les la voyages d'Ulysse n'ont pas eu lieu par route qu'a indiquée Homère. mais quand Homère parle d'Argos. Quand il place à Délos. mais les étapes il croyait cette route réelle. Il élevés par ces. d'Ithaque. de Sparte. à Dodone les événements des légendes d'Apollon.IL Il n'y a pas encore longtemps déraient comme que les géographes consiune place sur la terre tous les occupant lieux cités dans les poèmes homériques. de Pylos. on Troie. du culte. à Argos. et en marquait par des noms réels à ses yeux. Les doutes la fable. de Zeus. ne peut guère douter qu'il n'entende des lieux géographiques. de Lothophages . qu'il y a connexion entre lieu et la légende. ses placé au dehors des limites connues du monde. Il est bien certain . mais comme centre non pas comme théâtre des événements. des Laestrygones. quoique nous ne croyions pas que ces événements s'y soient passés en effet. à . d'Ogygia. la critique contemporaine ont peu à peu relégué tous lieux dans le domaine de y a cependant une distinction à faire. même lorsqu'il y place un fait mythologique. mais. de Héra. mais cette île pour Homère un vague sans doute. On peut douter de des Schéria.

32. fr. Od. et le homérique. tôÔj t'wzéoç Rùioio su ÔkIxiim. De même donc qu'en voyant à Délos un domaine d'Apollon. Ma. C'est un point de vue absolument opposé h celui de Cluvier (Italie ant. . 45.) et de ses ôdit. Délos. qu'Homère. comme il dit aussi Circé iEaeenne. fr. p.o-/. Grote.vi. 283 et 284.iV. Hist. 1. I. II Ai-hrxo ttô^w. contemporain d'Homère ne peut le démontrer sans doute mais comme les Grecs l'ont reconnu à une époque où on ne peut supposer que l'influence qu'ils ont plus tard exercée sur la religion romaine a suffi pour que le culte de Circé s'établît en l'honneur d'Homère. Kt'. «zTWâç /jouaéw x£tar«t .. . nom. sont déposés rayons texte du rapide (3). en plaçant Circé dans la mer Occidentale. Cf. X. Tom. a eu en vue le lieu où se trouvait le domaine de Circé. ainsi que les notes. (2) Od. nous disons que les eu en vue cette poètes qui ont parlé d'Apollon Délien ont ce semble. (3) Mimn. dans la IS mer occidentale (i). il n'y a pas témérité à croire que ce domaine de Circé fût celui qu'avait en vue le poète. nous devons dire aussi. 135. est ville les lieu d'où Jason rapporte à Pélias la toison d'or. et que Mimiierme a fois pour la première au cycle religieux dont Circé le partie chez les Grecs. qui ne se trouve dans Homère qu'avec un sens général de rattaché faisait lieu. pour lès lieux affêrenls à la légende de Circé. si ce domaine s'y trouvait. Il l'appelle iEseennne AtaîK (2). la d'/Eétès. Aucun document historique. successeurs. de terre. -maoç.DOMAINE DE CIRCÉ yeux. de la Grèce. Il en ignorait certainement l'ile la position exacte et le AtV. : - IMclAX. Cf. C'est l'Orient (1) lui-même. où dans soleil une chambre d'or. Strabon. qualificatif qui suppose un substantif Ai« (/Ea).

une Sans doute suit Pline. Pline cite une Circwum.i6 écho fidèle DOMAINE des traditions qu'il aidait.OVÇ YipL-/VJSÎriq yjipoi stVt v. Cyaneos. « o6t T B. aborde à l'île iEseenne où sont soleil les terrains de danse de l'aurore et les levers Cette du (1). ubi Hippos VI. au fond n'est que du Pont Euxin. et Parmi » Plin. au retour de la demeure d'Hadès. nous en conserve une preuve. au fils sein des îles Saintes. mais tout du ciel où l'aurore et le soleil se lèvent. donc pas non plus un lieu géographique. en la mer : 30 stades. Rhod.où 'Rùloio » (2) Il Etienne de Byzance donne celte J5a sait la distance exacte à comme un Il lieu géographique. ^a leur Orient. dans les Grecs ont ensuite placée à la Colchide (2). à obscurcir. (Latinos et Télégonos. Hésiode. ApoU.cd à-JxoÏMi oir. du royaume d'jEétès. aussi réelle qu'^a. île. maxime autem inclaruil Ma. On verra tout point à l'heure que Circé a aussi ses affinités avec l'Orient.. 311. Lorsqu'Homère pour lui donne le nom d'^Eseenne. n'est guère mieux informé qu'Homère « A l'extrémité du monde. cela veut dire pour nous qu'elle se rattache aux divinités qui naissent tous les jours à l'Orient. beaucoup plus circonspect « Oppida in ripis habuit fPhasis fluvius) complura. les villes célèbres du Phase. (3) Hés. sans le savoir. de Circé) régnaient sur tout l'illustre peuple des Tyrrhènes (3). 1015.iv. 3. nomme il les deux- fleuves qui l'entourent et en font -. inlll. vasti amnes e diverse in eum confluunt. XII. » Dans le « catalogue des femmes il » oîi Hésiode avait compris la légende de « Circé avait été transportée île Circé. . » Dans (1) Od. disait que sur le char du Soleil dans une voisine de la Tyrrhénie. on : le conçoit. 5. -/. XV mille passuum a mari. Le navire d'Ulysse. Théog. cela signifie lui qu'elle est sortie d'^a. 4. - Schol.

aux yeux d'Hériode un peuple Tyrrhènes (1) étant entré dans l'histoire. des homérique à Dionysos. en relation avec Circé et Latinos. sans désignation mais peut-on affirmer que ces ne fussent pas. etc. des gens de mer. Mais Latinos est-il absolument en dehors de les Latins aient l'histoire ? Peut-on affirmer que pris leur nom national pour ici rattacher leur origine aux généalogies divines de la Grèce ? Ou bien qu'un simple hasard rapproche Circé. où le Soleil trans- (1) Voyez relatifs sur le les représentations sur les vases étrusques et les miroirs. qu'Homère. où régnent les équivalent VJEa. de Circé. à la Télégonie dans Overbeck. A la mythologie appartiennent les îles Saintes. les c îles placées aux extrémités du monde. ces 47 deux passages on ne peut guère douter que la géographie et l'histoire ne soient mêlées à la mythologie.. de contrée . Latinus et les Tyrrhènes ? Ces Tyrrhènes eux- mêmes ne peuple qui doivent pas être considérés sans doute s'est comme . ainsi mais elle suffit à notre thèse. dans cette « voisine de la Tyrrhénie. ainsi qu'Homère le ses affinités avec le lever du que l'indique second vers de cité : et l'on peut considérer comme un Saintes fils )) homérique. ^Ea se retrouve d'ailleurs clairement désignée île.DE CIRCÉ. a parlé de Circé comme d'une Déesse Il ayant son domaine et son culte à l'Occident. "Welker. et le dessin copié miroir du Louvre que nous donnons. le appelé plus tard les Etrusques on peut admettre qu'ils représentaient. plus n'ignorait pas soleil. Télégonos et le char du Soleil. à l'Occident de la précise Grèce. pour Hériode l'auteur de l'hymne comme pour pirates. Hésiode. . c'est-à-dire avec les Latins? Cette part faite à l'histoire est petite sans doute. .

de la situation " forme. et pour eux une déesse étrangère. Elle n'habite jpas chez eux. si Circé n'avait été une divinité hellénique. Gircéites à cette époque? la grecque . )) Latium. uue haute montagne boisée chênes. comme l'affirme Pline.48 DOMAINE but de la course porte Circé. « Ce qu'on appelle le Circseon. dit-il. cst ( ro Ktpaîov). et l'ont rattachée au culte. » alluvions des rivières voisines ont rattachée Elle a 80 stades de longueur. le monde grec entre en communication historique pour la première fois avec le domaine de Circé. car le Circseon était montagne est de récente autrefois une île que les au continent. est nécessairement à l'Occident de la Grèce. Hésiode et Homère ont donc eu connaissance des mêmes traditions sur Circé. comme centre de sorte. féconds en plantes médicinales sont la Tyrrhénie et dit qu'est Circé (1). Les habitants que c'est là qu'habitait tombeau d'Elpénor. Quelle langue parlaient les probablement. Avec Théophraste. 9. de buissons de lauriers et de myrtes. par rapport à eux. se trouve son domaine. Il n'y a rien d'étrange à trouver une colonie grecque entre Cumes et l'Etrurie. hist. et en et la apprend le nom. duquel tesques. disent Circé. dû elle ils n'a ni temple ni autel. » et cette Tyrrhénie. Ils montrent même le s'élèvent des myrtes la gigan- La plaine au pied de formation. V. où l'on (1) Pline III. « Les pays. mais savent dans quelle direction générale. quoique Théophraste ait négligé ce point important. : Théophraste ajoute les plus le Dans un autre passage. 8. Elle est même lieu. en dehors de la Grèce. — Théoph. du soleil. en quelque non grecque. Il n'est pas possible en effet de supposer qu'Homère chante des traditions italiques et qu'il eût eu connaissance de Circé. PI. c'està-dire son culte.

ou au-delà du marais. A une époque où les Grecs connaissaient à peine Rome et son prodigieux travail de suprématie sur l'ItaUe. Y. dont fait mention la fable de Circé. aliquando. Les Latins donnaient au domaine de Circé même nom Circœos ten^a. après Théophraste. III. les habitants du Circseon connaissaient fort bien les légendes grecques et peut-être Homère d'Elpénor et la lui-même. Le tombeau coupe d'Ulysse doivent d'ailleurs être rangés parmi ces fraudes involontaires qui couvraient les côtes de l'ItaHe et de l'Espagne des monuments des voyages le d'Ulysse et d'Hercule. montagne de sept stades de hauteur entourée. en quelque en reconstituer historiquement le théâtre : dans second la légende n'est plus qu'un accident. faite par Théophraste ne doit pas échapper. » . Circœa juga^ Cîrcœum jugum. comme une Il de la mer et de marais (1). Qui nunc Girceius Circe dicitur. I. {'ABr. île. le voyageur a besoin d'attention pour ne pas prendre la montagne pour la De une île.vv)- On y montre encore. quand il arrive en bateau. » La préoccupation des légendes d'Homère sorte à le et d'Hésiode est manifeste dans le premier fragment. in En. « Après Antium vient le Circseon. un autel de dit. (1) Strabo. Ils disaient montes. ut Varro dicit. III. Procop lib. — mons a ' — mer. Les habitants vantent [ses forêts. qui tend. que les Grecs. Circœa Servius. quœ eum dividebant a continenti. lib.DE CIRCÉ. nondum siccatis paludibus. à ce que l'on m'a coupe d'Ulysse. 19 Strabon est plus explicite. La mention du tombeau d'Elpénor. avec s'y trouve une bourgade Minerve la et un temple de Circé. insula fuit. et la description qu'il nous a laissée est encore fidèle.

La montagne de Circé forme un grand cap à l'extrémité du Latium. VII. Promontorio Circeo. seules la culture. Vcllelri.-C). Gircaîos. Gapponi. f. .' Circea mœnia . excellent. Circeienses. Id. Cerceienses pour désigner la cité et ses habitants (1). Gircsea juga.20 pour désigner le eiRGEi territoire. Circœum dans la existe comme nom 94. (4) Gluvier a cherché à s'y tromper lui-même. 0. LXXII. Veor. 7. Circeios. Liv. : Il Propour la description des lieux montorio Circeo. 19. qui y établit une colonie des ouvriers après l'exécution Etrusques ou ses grands Romains. marais Pontins. Ital. ad AU. travaux. Ibid. n : . Plin. — Sil. XII. 140 Girceis. X. La Gircœa est une autre plante piade noire) simplement médicale. d'une planLe médicinale aux temps his- toriques. Id. qui vont sorte au N. XI. VI et pass. — Martial. se rejoindre au lac de Paola (3). de lui. XVI. S. da G. inAug. G'est la Mandragore. qui a joué de tous temps un certain rôle {Vasclé])ar Pline. en que la montagne a pu être regardée comme une île. 87. Sat. De là. La bourgade des Lago Circéites a été remplacée par S.. Circeu. de la Levola. mais pêche et au commerce. devenus. lorsqu'il reconstruisait (3) di Paola. dans l'histoire à l'époque du dernier Tarquin J. Suet. Circéii entre la ressources des habitants. même après Homère à (4). la montagne étant boisée et âpre. Nat. m Tib. GircEGumque jugum. de l'Aufente. : — Gic. la côte s'infléchit brusquement à Entre les deux points s'étendent les l'Est jusqu'à Terracine. et les marais peu propres à fois pour première (507 av. et par Dioscoride III. Juven. alluvions de là Terpia. XII. (2) XXVII. II. XXV. un danger pour la ville et pour (1) Virg. Le nom ancien s'est conservé jusqu'à nos jours dans le Monte Circello (2). Gonsultez la géographie antique. G. magie Plin.Girceeis. 134. Félice. servait la Le port des Circéites. citée également 38. IV. petit.

Sffot &v v7r/r/. percunctantibus primoribus Patrum eadem. YI. Ibid.^vî5()VJot ftvj aStzstTwo'iv Svjaov Kipy. L. primum colonos inde Roipanos expulit. hostiles les Le Sénat fut effrayé des sentiments que lui manifestèrent les prisonniers (5). Coss. K«p. prœsidia futura lerra marique.. àdlov III. (2) Ibid. M. Les colons le traité avait été romains l'avaient de nouveau envahie. (4) Tite Live dit : Quidam Circeiensium ." Les colons étaient destinés à défendre sur 21 ce Rome sur terre et mer (1). 21. 56. I. quse dictatori. . Romam missi. menée à par dictateur Corn. » territoire La petitesse et la pauvreté de leur ne les empêcha pas de jouer un rôle important . defectionem sui quisque populi. on décida l'envoi de nouveaux auxquels on assigna des portions du marais. IT. Horatius. "VI. colonias. et « les rendit libres à la Confédération des Volsques. 12. hand perplexe indicavere.CENTRE DU CULTE. (3) tradidit. Circeio. » Les Circéites paraissent avoir souffert avec peine cette intrusion. leurs relations maritimes étaient assez étendues pour que Rome les comprit dans le traité de commerce qu'elle ménagea entre Carthage et les villes latines (3). (5) Ibid. maintenir. liberamque eam urbem Volscis revinrent après l'issue de la guerre. Les colons Polyb. Liv. 39. pvîS pvîSsva AazivMV . Circaeos colonos misit. Circceos profectus (Marcianus). et fait en leur faveur. Il faut comprendre les Circéites d'origine. Brutus. Circeiensium quoque quidam cogniti. une partie des Circéites.s et Velitras. alors rendu (1) TU.oot. Ils s'unirent à Coriolan (2) qui les débarrassa des colons. Pour colons. 13. 22. Cossus.ccuTSiv. Les Circéites la courte (4) se joignirent fin aux le Volsques dans guerre de 382.

et vainquit de nouvelles Les Carthaginois partis. s'écriait au grand scandale des Je me moque du Jupiter de Rome » « proditur memoriae vocem Annii. Cinq ans après résistances (3). la seconde. L'un des deux orateurs est un Circéite.-C).2:2 ciRCÉi la propre à culture (1). leur attitude. curieuse séance du Sénat où les nouveaux colons réclament un Consul pris parmi eux. Sur les 30 colonies romaines que l'on comptait alors. à qui l'on reprochait de manquer aux (2) Yoyezdans Tit. Son collègue. Numisius. XIX. avaient refusé tout secours d'hommes Les Consuls leur disaient: « Yous n'êtes pas des Campaniens. Annius. « sous cette réponse les antipathies de la race et de la religion regarde la première. des. "VIII. auditam. elles. Liv. G. il se sentit plus fort. spernentis numina Jovis Romani. il adressait de solennelles actions de grâces (209 avant J. la Latins. produisant des. L. c'est d'ici que vous êtes sortis et que vous avez été envoyés dans les pays conquis pour augmenter la race Romaine. Jovis. légumes remarquables. et dont les députés avaient été appelés à Rome pour concerter les mesures à prendre contre Annibal. » On sent traités jurés Sénateurs. Rome le fixait au double du contingent ordinaire pour Les détails sur Circéites à cette . Pendant la (2) seconde guerre Punique. Vager Circeiensis Rome comme n'eût plus de. de Sétine. et le Sénat eût la sagesse de ne les punir qu'en ne joignant pas fidèles leurs noms à ceux des colonies auxquels . d'abord douteuse. douze. (3) : Romani le contingent militaire que devaient fournir les époque ne pei'mettent pas d'en établir exactement la population. c'est-à-dire contre les Romains. 42. Vous avez envers nous les devoirs des enfants envers leurs parents. et Circeii entre et d'argent. Tarentins. (1) Pline cile. se décida enfin pour la neutralité. » Mais les douze colonies persistèrent dans leur refus. d'accord avec les en présence des Dieux. L. mais des Romains .

Âlamann. on fut obligé de (Tit. Le seul temple élevé sur la montagne était consacré à Circé. Max. une ' telle Ex supercherie à propos d'une divinité aussi inconnue que Circé? auctoritale Tmp. Aug. Gœs. XXV. Plin. XVII K. autel de Minerve. Calpurniiis resiiiuit. pour Deux siècles plus tard sait l'autel encore : (3). (A. XIJ. 22. XXXII. Ils chassaient prendre des adolescents le sanglier dans la —Juvénal (2) I. 5. Aram Circes IIII. lui. en tout 480 soldats. Brit.CENTRE DU. (3) Orelli cite l'Inscription d'après Il de Nie. CI.) La population de Circeii ne dépassait pas probablement cinq ou six mille âmes. montagne. Aram SancHssime au centre Ce culte constant et de la religion la plus absorbante qui fût jamais. ont loué ses huîtres. M. Parihic. 21. sanctissime dedicat. peine a maintenir son autorité dans cette partie de Circeii rentra 23 l'Italie. et du doute qui tout-à-coup succéda aux croyances. 142. Coss. Giceron. IV. v. Liv. En partant de cette base on arriverait à un chiffre de 360 fantassins et 120 cavaliers pour Circéi. dans l'obscurité (1). Pourquoi . Horace Sat. 204 avant J. Donius qui l'avait tirée des notes doute de son authenticité sans raison. (Polybe. Une disposition particulière portait qu'un C'est le seul chiffre cavalier pourrait être remplacé par trois fantassins. Pline. lib. sq. fac. II. Strabon cite un simple . Pont. 4. 19. Baïbino II.-G. Deor. 137. CULTE. elle résista aussi à son influence religieuse. 15. III. et décréta Coll. cette foi qui pendant mille ans reste l'infanterie. parmi lesquels. Servhts Domiiius Dextcr Promagist. diis adscripta. Od. à l'usage des colons romains sans doute et Cicéron s'étonnait (2) du culte pieux des Circéites une divinité que le reste du monde croyait effacée. XV sac. dit encore Tite Live. Aurelii Ânto7iini PU Felie. Antomino Aug.) Cf. Antonin Marc-Aurèle rétablisCirces.) {[) Circéi devint un lieu de plaisance pour les Romains. Sat. et précis. Comme elle avait résisté à l'envahissement politique de Rome. vers 33. XXIX. XXXI. » . Imp. nat. de Circé unique. à 120 hommes pour la cavalerie. Itala Girce. Max.

— I. que de la déesse avait groupé à Tusculum quelquesles Marses. vieille Déesse latine qui avait été forcée de lui faire place. quelques pli pierres perdues dans un de leur montagne. II. Hygin a omis (1) Hor. qui à tant de géné- rations successives avant Rome et après Rome offre un sujet certainement digne d'attention. Ital. Epod. Od. VII. Ces quatre points enserrent le Latium. III. tel qu'Angitia. Mais les prêtres de Circé ont emporté avec eux leur secret. était le Le dont la montagne de Circé modeste centre aux temps de Cicéron. Tusculi mœnia : Circœa. juga. — Prop. . Quelques inscriptions. : Angitia. avait eu pourtant sa période de ferveur et attribuait de propagande. 28. Le seul sens raisonnable telle qu'on puisse donner à l'a la légende de Picus. qui avait abordé en Italie aux environs du lac Fucinus.24- CIRCÉI suffit intacte dans cette petite ville. fait d'Angitia un surnom de Médée. qui n'excitait pas la curiosité des Romains. que nous léguée Ovide. Chez Circé figurait à côté d'Angitia (2). La Glaucus. 692 Circxo Tuscula dorso mxnia. Pun. 9- Telegoni Sil. . est que Picus culte s'étant montré moins avait commode remplacé absolument celui de Picus à Asculum. et par ses enchantements avait étouffé les serpents qui désolaient le pays. unes des tribus indigènes du voisinage. 32 Axi mtenia Telegoni. (1). Une tradition et constante la à Télégone fils d'Ulysse de Circé fondation de le culte Tusculum c'est-à-dire en simple prose. voilà tout ce la science qu'ils ont laissé. Vat. II. Et c'est à Homère que que moderne doit demander ce que culte c'était cette divinité. 136. (2) Le myth. le de Circé que l'entendaient légende de les Romains si après l'expulsion des Rois.

Répands satirique. la petite chapelle les chênes. e Perseide. 25 bien au-delà de Cumes le culte de Circé. rappelle perdue dans Circéi. Dea dicetur. en de présence de Jupiter Capitolin dont les temples dominent toutes les cités du monde antique. Nat. au milieu des splendeurs de Rome. détruis les ouvriers et leurs travaux. elle avait (1) Cic. intitulée Fourneau. quoque coloni nostri Girceienses pièce. mais bien des probabilités. lille de Hélios.CENTRE DU CULTE. renferme une invocation cà Circé. étendrait . Mais 11 n'est guère possible de la prendre au sérieux. Circé. Tépigramme. quEC Loucolhea a Greecis. il (i). au Sud tandis qne les rapports indiqués par Hésiode de sa race avec les Tyrrhènes rétendraient bien au Nord du Latium. Ce ne sont pas là pures hypothèses. Junon et Vesta. Lors donc que Cicéron. nobis Matuta dicitur. : « Ino. savante en poisons. in. Deor. rangée parmi les épigrammes homériques. une Ângitia. semblable à celle de Picus. non sans où vont ironie. a Cadmi filia ? Circe autem. Ze <f Une petite tes drogues redoutables. cum Oceani » filia.ayant une allure Viens. Deorum numéro non sil habebuntur? Quanquam Circem religiose colunt. Jupiter. • . divinité échpsé à l'origine une Vacuna. prier les l'histoire bons habitants de montre qu'il ignore de sa nation. et Pasiphae. Circé n'avait pas été seulement une topique. nata3 pâtre Sole.

Eétés. Eétés. proœm. Dircé. et Ethea. Circé. — Sol bibl. Phsodra. Circé. Perses. encore ne (l) s'éloigne-t-il pas beaucoup de l'opinion commune. — Hora. — — Hyg. Pasiphaé. 1. Ibid. fab. Les généalogies de Gircé peuvent se disposer Hélios et Perse. Sol. Hyg. Peutêtre est-ce Eéta? — Diodore Sic. Circé. Hélios. Gircé. in Od. Apollo) pour père. 211. 1220. Pasiphaé. — Hés. Circé. X. IX. . 9. Tliéog. Ct/xe. III. : Perses a pour fdle Hécate. Cii'cé. Arg. 7. pour mère de Circé. 15. 16. Diodore de Sicile seul fait exception. — — Virg. 19. Le mythogr. Vat. Circé. 204. — Sol. 135. Medea. III. Eétés. Ethea ne se retrouve nulle part. — ApoUod. Médée. la même que Perséis. Circé. 1. Médée. qu'épouse Eétés. pour Eust. Eétés. Dans Solin.III. Les diverses généalogies de Circé. Circé. donne le Soleil (Apollo). G84. Circé. Orph. YII. 45. En. Hélios et Perséis. donne à Hélios et Perséis deux fds : Eétés et Perses. 140. Pasiphaé. Il en a deux filles Médée et Circé. — Sol et Persa. 957. Od. Angitia. ainsi -. chez les Grecs et les Latins (1). — Ibid. Myth. II. — — Eétés. Circé. Eétés a trois filles. XI. Pasiphaé. III. Hélios et Asteropô. Hécate est. Cicér. du Vatican I. Médée. Deor. Nat. 156. Eh. s'accordent à lui donner le Soleil (Hélios. Pasiphaé. pour père. Apoll. et Perséis. Eétés.

ses deux fils. *otS/7. h. lançant de leurs tête une lumière d'or. "Atyl-/i . Lampetié. Apoll. jEthérié. et l'autre. Persa). La et Glimene : incomplète du préambule se retrouve ch. Les Argonautes s'effraient à voir sa stature et ses traits. 'kiQspin. Rh. Ce caractère se retrouve dans Circé. 36. non leur mère. Axy. sidéral par son nom. proœm. semblables à ceux d'Eétés (2). Helie. 684. . Hyg. Dans les Argonautiques Orphiques la mère de plus Circé est Astéropé.CIRCÉ. analogue à Perséus. Perse ne figure d'ailleurs dans aucune légende et on ne peut que vaguement la rattacher au monde solaire. inconnue que Perséis. nom caractérisé dans Hésiode par Npithète d'Océanide. semblables à rayons de flamme (1) (3). pour leurs attributions père "Hlî-^. « car tous les enfants l'éclat de Hélios se reconnaissaient aisément à yeux. par Eétés et Perses. dans le récit historique qu'il a transcrit sérieulivre. ^glé. . c'est-à-dire qu'elles Ucxortfàvi. 27 puisque. il sement en son neuvième rattache le Soleil à Circé l'un père. Pasiphaë. au sein de laquelle se repose le Soleil tous les soirs. qui l'assimilent à Téthys. mari de la Déesse. tous noms rappelant lumière des astres (1). mais leur ont toutes un caractère sidéral : Hélié. mais uniquement rattachée par son Toutes les filles nom au monde d'une du Soleil et Nymphe suivent. 1226. Orph. la Phébé. sidéral. Sept généalogies lui donnent pour mère Perse (Perséis. » « Sur sa des se dressaient des )> cheveux. DIVINITÉ SIDÉRALE. : divines.mTL-/i. Phaetontiades Merope. Dieu au monde maritime par ses fonctions. GLIV. III. Ex Sole liste (2) (3) Pasiphaé est un surnom d'Artémis dans Orph.

oi. avec le sens de Cercle. une lune. avec de légères nuances. toutes ses filles sont des le Lunes. une lune encore. sans être aussi précisément affectés personnalité divine. de Gircé. Ktp. sous un de ses aspects. Circulaire. s'il était possible d'étudier la question à un point de vue général. Apollon. A7rô). Son radical Cire. 526. criei% . Circulus. on voit que chacun d'eux représente un : aspect particulier de la Hélié. Pasiphaë. le faucon.^wvoç r«xyç xyyclo^. que son vol circulaire avait (1) Hom. est mère de est et Phœbé Médée. filles En examinant lune tous les noms des du Soleil. Cirais et leurs nombreux dérivés. Même en dehors de ce point de vue. iépoi^. Ce même dans radical n'est reproduit exactement chez les Grecs que le mot (1) lUp-Mç. filles mais indéterminée. . Soph. XV. Le nom de Gircé n'est pas aussi les transparent. lumière éclairant à Lampetié. Une autre se tire de la généalogie historique de Diodore.28 Jusqu'ici GIRCÉ Gircé apparaît la comme une divinité sidérale. le rattache chez Latins aux mots Circum. le parallélisme avec le Soleil. où Hécate. c'est-à-dire des dédoublements de Hélios. Eustathe le rattache à K/jt'Çw. n'ont rien à la les même du moins qui y rende impropres. par métathèse. et rappro- chement de Pasiphaë une présomption.. la la fois le ciel et la terre . Phœbé. la position dans le ciel Mglé. : du ces : on peut commencer Deux de divinités sont certainement lunaires et les Phœbé et Pasiphaë noms des autres. Kipy. l'éclat. Peut-être même. ^Ethérié. En Soleil. Kîpoç. Od. trouveraitsi on que tous les fils de Hélios sont des Soleils. comparant aux autres la détermination.

a peut être aussi Ktp. pour assister à son départ. Il appelle ILépfn. poussée par un Képy. 262. XIV. traduit navigaiio in orbem facta. Dion. 486. montraient le héros mourant près de Circé. une lune. Ulysse remonte sur son navire. V. « la nymphe (2). Or. Virg. légère et gracieuse. montagne. Le nom de Circé représenterait ainsi la lune sous l'aspect de sa forme. qui a le même (1). (4) (5) ^n.iç. Métam. faire (2) Ou une lune accomplissant sa course. 7. permet un rapprochement analogue. car il est son absent de la légende. « Ma flotte. Hermann (Myth. est donc ici confondue avec Pergé. Greuzer rattache le nom Circé à un anneau symbolique. pour radical. de Circé une lune. rattaché. qui est une Artémis. : gr. : tire religion de la (1) Sémite analogue Gr. Dans une peinture ancienne (Overbeck) la tête de Circé est entourée d'un nimbe. sens que Circulus. Maury. 115 sq. d'argent. L'île M^a. dans la mythologie. (3) Nonn. il fait intervenir lune blanche. Lycophron n'a -pu glisser ce nom dans sa narration que parce que Circé lui rappelait la déesse de Pergé. nom d'un radical La Divinité Solaire des Lydiens. sans Od. Ov. de quelque valeur se tire du costume de Lorsque l'année écoulée. X. Cluvier voit dans Pergé le nom de Circé. Dans le ait passage où Virgile la parlé de Circé. Nonnos attribue. Sardis. une lune en son plein Un argument Circé. une robe blanche à Diane (4). III. montagne de Tyrrhénie où seront portées les cendres d'Ulysse. de pure invention.). cercle. Tout ce passage est extrêmement important. Cf. à Apollon. » sens. 29 comme messager. la VII. primitif de la montagne et l'assimile au germanique berg. Lycophron Pergé. . V. p. ant. mais il n'est pas éloigné du mot -/.DIVINITÉ LUNAIRE. revêt une robe avec . SAR.vyloç. un même des rayons de neige à Artémis (3) seul (5) Ovide. le bâton autour duquel on enroulait la trame dans les métiers de tisserand. des traditions très-inconnues d'Homère. 542.

armée de l'^Egide. est même nature. L'autel de Minerve placé près du temple de Circé est un rapprochement de Minerve. DIVINITÉ LUNAIRE. vent favorable. la lune blanche — luna candida — nous scintillent montre notre route Il . » est difficile de ne pas voir dans ce rapprochement de la lune et de Circé une intention du poëte. rase la côte de Circseum.30 CmCÉ. . les flots à sa lumière tremblante. une lune.

(c Je chante Artémis chasseresse au fuseau amie des d'or. bruyante. mais à la poursuite gibier. L' Artémis du Louvre paraît reproduire exactement l'hymne homérique XXVII. et que l'a conservée le marbre du Louvre. En cette à celle-ci. et violant froidement les lois de l'hospitalité. deux monuments également représentent pas Circé situation parfaits de et l'art grec. mais qui ne Diane Artémis dans une songeant figure même nous dramatique. telle du enfermée dans une maison de pierre.. revoyons chaussée s' élançant malgré nous de la chasseresse. vierge traits.IV. Ces analogies peuvent être confirmées par les rapports existant entre Circé et une divinité lunaire bien constatée : Àrtémis. du cothurne. occupée d'une science malfaisante. pudique.. qui sur les montagnes ombreuses et les sommets battus des vents met . Mais quand on est parvenu à écarter cette première impression et qu'on pénètre l'essence les voit se même des deux mythes. on développer dans un parallélisme parfait. Nous ne sommes pas frappés de ces rapports au premier coup d'œil. La première ne nous apparaît qu'à travers la légende homérique. parce que nous jugeons ordinairement les deux Déesses sous l'impression que nous laissent.. jeune et belle aussi. vêtue d'une tunique légère.

Les sommets des hauts monts tremblent et . où l'aspect rompu dans farouche d'Artémis prend un dévelopun caprice pement qui de poète. et flexible et s'est bien quand que son cœur est satisfait. adoucissant sa sévérité. dire ce que le sculpteur laisse seulement entrevoir discret en montrant Artémis versant L'hymne homérique même est le sang des animaux . comme la mère d'enfants qui surpassent les meilleurs des immortels par le conseil et par l'action. aux pieds délicats. Il contraste avec le reste.32 CIRCÉ COMPARÉE son plaisir à la chasse. Ce n'est pas ne fait que (i). plus que le sculpteur. danse. de gibier. et l'on comprend que ne sera les bras qui tiennent l'arc peuvent aussi se charger de la lyre. conser- vant race un cœur ferme. elle s'avance elle conduit le chœur pendant que divines compagnes). elle détend son arc va dans la grande demeure de son frère. » On voit que le poète accentue. élevant leurs voix célèbrent Latone. chasseresse Phœbus y former Apollon. Puis. (1) L'expression du visage de la Diane chasseresse rappelle en effet celle de l'Apollon Pythien. un réussi à mettre en des aspects de la Déesse. suspend son arc élastique et ses flèches gracieusement parée (ses . et de son arc d'or lance des flèches mortelles. que cette figure. la forêt touffue résonne terriblement des cris des fauves la terre frissonne et la mer fait poissonneuse. Mais mille elle. détours. la détruisant toute divertie. L'équilibre est pas déplacée dans une l'hymne. chez le peuple opulent de Delphes pour le beau chœur des Muses et des Charités. Celui-ci a équilibre la grâce et la force. . Elle .

Od. XV. ibid. VI 205. IX. 428. II. Niobé parce que comparée à Latone au frais visage. XXIV. quoique soudaine. A^TSfAtç r/. par inadvertance. » Dans un autre passage du même poëme. primitivement adorée à Délos et à Delphes avec Apollon.Ta. « La belle Niobé avait et six fils geance des jeunes douze enfants. 172. soit par oubli. 534. 477. joint à son aspect farouche d'autres traits. Il s'agit : de Laodamia. cinq siècles se sont passés. Dans quelques-uns des cas. devient. Artémis. XI. jeunesse fils : six filles dans la fleur de la qui périrent tous dans son palais. elle suscite le sanglier qui s'était de ses flèches d'argent Artémis tua les filles ravage les champs de Calydon et les habitants met la disette parmi soit « parce que le roi l'avait Œnée. ou empruntés aux figures analogues. est douce î «"yavoïç Sskhcfin y-KTSTrEçpvî. 59. XIX. Ibid. la mort.A ARTÉMIS. dans cet intervalle. l'Iliade 33 nous la fera voir filles impitoyable et immolant à sa veninnocentes.. Od. ne pas invitée à un sacrifice. » Dans quantité d'autres endroits des poèmes homériques. Artémis frappé de ses flèches la mère d'Andromaque VI. Ibid. Entre Homère et Callimaque de qui nous avons aussi un hymne à Artémis. 280. développement naturel des premiers. Cf. tout en conservant son aspect primitif de vierge belle et chasseresse. Artémis paraît investie d'un pouvoir meurtrier sur les hommes. et la Déesse. m. . Tïjv Se ^olacTx^hvi y^^pvTh-Jioi. « la dame de quantité (l) II. lesse (1). Apollon tua les . 602. Elle les délivre du chagrin ou de la vieil- Ces traits sont empruntés sans exception aux documents les plus anciens de la religion hellénique.

Elle remplace le élégant des Muses et chœur des des « Charités par la danse Amazones en armes. Calhmaque éprouve une certaine répugnance à avouer ces énormités. dans cette même pièce. 225. etc. Tu reviens dit-il. Chitoné. Callim. » le Dans une légende des Héracléotes de Carie.«6/3£. De cette union étaient nés cinquante enfants. en quittant la Scythie où tu as refusé dons des Taures. Endymion. v. Mais quel moyen de les celer quand Euripide en reproduit ? Il les légendes ce dans les deux Iphigénies dans l'Olympe. Amarynthe. Son culte admet des en Tauride sacrifices lui humains. Munichie. in Dian. de Tauride. Eurip. (2) m Dian. . les gHsse légèrement dessus. de Perge d'Ephèse . pass. Jolchos.34 ARTÉMIS cités (i) : de palais. Iphig in Taur. Elle a des temples en Arcadie et sur le Taygète. était aimé d'une divinité lunaire. si contraires à la politesse grecque. La légende Carienne passa à Elis. 38 sq. soleil couchant. elle s'assimile à ces impures conceptions de l'Asie. la reine de quantité de » Aulis. Séléné. Dolion. et n'altéra pas médiocrement (1) Callim. et tous les soirs il {islrm) l'attendait sur le mont Latmos. Tout étranger qui aborde offert est comme hostie (2). de la Thrace et de la Tauride. Son culte se répand hors de la Grèce avec les audacieuses colonies qui entament les côtes de l'Asie mineure. nou)>vp). La répugnance de Gallimaque avait déjà été manifestée par Euripide. TrQlvKTolt. Elle s'y trouve en contact avec et les divinités lunaires de Samos. des Syringes accompagnée du sifflement aigu » qui retentit jusqu'à Sardes. Phères.

171. sous avec elle l'influence des Orphiques. (2) A ne voir que les épithètes suivantes H. III. là 35 aux divinités ridée de chasteté. Artémis II.DIVINITÉ LUNAIRE. XXXVI. ibid. 35. » . Elle est dès lors elle fait invoquée dans les opérations magiques . une chasseresse ainsi qu'Artémis : t^ùàpr. 1. "A3a plus inébranlable. ApTEptt. accompagnée des chiens qui aboient. controversé. Tuscul.o.. est Dans l'hymne Orph. par la caverne de Latmos. 411. 38. dans Pausanias les traditions assez différentes sur Endymion à Héraclée et à Elis.ai tôv h ' Dans Théocr. sur tout ce qui est xwÂCKJç «SdcptKVTK. avec Hécate. Cf. -/. Hôsiod. en parlant d' Artémis •- " à ôêôs Iv tpiôliai. Od. Déjà confondue avec Séléné. Elle elle assiste à leurs opérations magiques ne se distingue plus de la divinité des carrefours. 33 le elle a puissance sur l'inflexible Hadès. le et pénétrant dans elle monde souterrain. 1. Cf. souterraine. comme l'indique son nom (Exâr/. jusque affectée lunaires (1). Théocr. Le nom de la divinité lunaire De même les latins disent luna. hymn.^ov. XX. De telles ôpithètes suffiraient à faire mettre en bien appropriées à son nom doute le passage de la Théogonie si 1.iolàiLopt^z. d'Hécate (2) par quelques confondait ensuite seulement. Th. (3) c. 38. traits Artémis rapprochée à l'origine. et .Xcpirrj. épxvvTiv. par excellence la déesse des carrefours. de l'homme elle est la patronne des sorcières. non "AjDTEfitç. I. vû^ay/iv. les l'œil apparaître fantômes. et célébrait les mystères avec les âmes des morts. Hyg. Goetling. qui frappe de loin). v]«î et' Tt TTsp «ffy«)iç aW. f. (1) V. (3). Hécate est. comme Hécate. révélations de ce qui est caché à . Apollod. à la voix de Simaetha. la divinité des tombeaux. les spectres. devenait. Orph. bibl. éd. I. «yaXXoftsvviV IXâtyoKyw. T^otoSlTtc Théocrite dit. Au cœur se de la Grèce même. où^îfft^oÏTW. si -j-ijy.. appelée Xôovîjj. elle accourt. est toujours azkkrn et Cic. et «. affectées à Hécate. 5. prenant toutesform es. 7. 50. on comprend que la Déesse a d'abord été. sq.

h. Nonnus (i) donne à Circé çpt). mon vais- dit Ulysse.V. sq. L'épithète àyporsp-/i paraît caractéris- tique des divinités lunaires. entendrai-je la voix des hommes. père de Circé. des campagnes sauvagesLe palais de Circé a son pendant aussi dans la grande maison (fiéya §wfA«) de Delphes où Artémis va se reposer de ses fatigues. Nonnus III. 36. je m'arrête et qu'une fumée me parut s'élever au loin. (c Je quitte . de façon à établir entre elles une ressemblance générale en leur conservant une personnalité distincte. voilà Parvenu au sommet d'un rocher abrupte. III.oç. à-^pozép-^ amie des rochers. fLîpy.o(r/ô7r£}. 9. Homère seau. Un premier les bois et trait commun est la parenté avec le Soleil. est d'accord avec les Latins. Dion. h. HT. les autres plus caractérisés. Un second est le séjour dans sur les montagnes. frère d'Artémis. 58. XXVII. Nonnus 28 : Tzapx "i^ôxFC KSTpoûoio . du palais de Circé. et je monte à la découverte peut-être apercevrai-je des champs.v] Orph. ^'"''-^^ Hom. » opéGnaç. La légende de si Circé reproduit tous les traits de la figure les complexe d'Artémis. 28. des montagnes. uns modifiés ou affaiblis. (1) Nonnus. Déjà nous avons vu que la rencontre de Circé et de Picus avait eu lieu dans les bois. au milieu d'une vaste les épithètes forêt de chênes. .

les lions aux yeux étincelants. montre Attis sur un char traîné par des lions. insatiables faons. et les panthères' agiles. parle d'un temple les d'Aphrodite Cybelis. Derrière elle venaient les loups blancs. Sat. qui n'est qu'une lune. Cybèle. » Artémis elle-même fait traîner son char par quatre (1) C'est d'Aphrodite ( AijjpoStT/.CIRCÉ COMPARÉE A ARTÉMIS. XIII dit que la mère des Dieux aime le bruit des castagnettes et des tambours. G54. détail qui n'avait pas échappé aux anciens tateurs. « La Déesse arrive mère des la fauves. la mère des Dieux. donc penser que Circé a été chasseresse que si elle ne l'est plus maintenant c'est la représente à que son le mythe homérique un moment dé oii développement postérieur à cehii elle l'était réellement. et Homère y montre Ulysse en chasse. Cybèle. L'hymne hom. (1). comme Circé et Artémis. le cri des loups et des lions. Loin ils se dressaient en remuant revient queue comme font les chiens autour du maître. de la chair des les ours. » flûtes. I. aux yeux .) qu'il est question. 21. Circé n'est pas est 37 . a des aflinités avec loups et les lions. dans l'attente d'une friandise. remuant queue. Macrob. )> La forêt est giboyeuse aussi. Nonnos 48. armée de l'arc les comme Artémis mais : elle en relation constante avec palais animaux sauvages « Autour du étaient des loups de montagnes et des lions qu'elle avait apprivoisés de s'élancer sur mes la il hommes par ses drogues puissantes. le <• son perçant [§pô'Mç) des tors. commen- On doit et autrefois. Les statues d'Adargatis sont accompagnées de figures de lions. Mais dans l'hymne homérique Aphrodite a pris la place de la grande divinité Phrygienne. quand du festin. Les animaux apprivoisés se retrouvent d'ailleurs dans la compagnie des divinités lunaires sur l'Ida.

et derrière venaient « des bêtes sauvages. à l'idée que s'en sont formée à tout les Grecs après lui. Diane d'Ephèse montrent deux cerfs à est "Aw/7 est une . 65 sq. même volontaire elle de lui sans regret. V. La fable homérique de Circé. accompagnée d'une biche. quoiqu'elle conservât encore des indices reconnaissables d'un caractère antipathique amour. comme celle A'àfporépv. 1495. » La Diane du Louvre Quelques représentations de la ses côtéS: (Ghabduillet. . en ce qui concerne Artémis. au contraire. 1497). qui repousse toute union. Circé et Artémis offrent encore le caractère la commun de chasteté. lui elle vivait seule . saisies à la course . Od. le les animaux qui entourent sa maison. 71. . épithète consacrée . la solitude où elle ne troublent pas n'est pas même les Dieux. à Artémis. La rencontre de chacune des deux déesses avec Ulysse ou Endymion n'est en effet que l'expression d'un phénomène astronomique tout-à-fait accidentel et qui. une lionne. 201 XX.123 XYIII.) d'une fête dans le La statue de la déesse était portée dans la procession.38 biches qu'elle CIRGÉ COMPARÉE a. par exemple. et que Son union avec Ulysse obéit au Destin et se sépare . n'a pas sensiblement altéré la croyance générale des anciens dans sa chasteté. elle vivra La solitude de Circé comme celle d'Àrtémis. Il. traitement qu'elle réserve à tous les vit. Les hautes salles de son palais sont (1) Il s'agit bois sacré d'Artémis dans ce passage (Théocr. Avant seule après lui (2). étrangers qui s'y présentent. et Théocrite la fait suivre de fauves apprivoisés (1). parmi lesquelles. est toute élégante et gracieuse. (2) en foule. Id. en entendant ce mot dans le sens d'un célibat habituel. dont le fond est précisément sa rencontre avec Ulysse a nui.

sans tenir compte de la vraisemblance allégorique. 183. il C'est là leur rôle actuel. ayant réduit leurs attributions à des fonctions purement domestiques. C'est aller trop loin. parce (2) avec les origines qu'on ne sait comment l'accommoder diverses qu'il leur attribue. sont recouverts de tapis. les armoires sont pleines de riches les sièges (1). elles filent à côté d'elle . « Circé a (2) Eust. elles lui remphr envers Ulysse les devoirs de l'hospitahté qu'elle accorde malgré elle. pères et mères de quatre nymphes seulement. IX. XYI. Od. 533. fleuves et forêts. coupes. et que les quatre suivantes sont les quatre saisons. Elles accompagnent ses aident à chants. en état de fournir au luxe de la table de Circé par la production des fruits et des animaux qui leur est attribuée. Leur nombre même est une obscurité. Les poètes les font généralement filles des sources. 205. les . IV. Quelques-uns des anciens ont conjecturé. sources. 39 tendues de ces tapisseries. pass. et est difficile de se faire une le idée claire de celui qu'elles ont primitif. pour suivantes quatre nymphes. V.A ARTÉMIS. 122. bien appropriées à la fable. II. les dressoirs supportent les aiguières. Aucune autre divinité ne rivalise avec elle en élégance. in Od. les vases d'or et d'argent étoffes. des bois. 348. laissant entendre ainsi que ce sont des puissances de la nature. elles étaient aussi nombreuses (1) suivants. des fleuves. Ibid. et ornés de clous d'argent sources des bois Quatre suivantes. œuvre interminable des femmes et des Déesses . le pu remplir dans dit leurs mythe et poëte ne nous ayant point noms. que Circé est l'année. L'intérieur d'Artémis peut se recomposer avec les passages uniquement choisis dans les poèmes homériques : hymne XXVII. Toutefois on peut dire que Circé se sert de quatre suivantes par une allusion aux quatre divisions . Il faut supposer qu'à une époque antérieure. « nées des tiennent en ordre cet et des fleuves » intérieur digne d'une jeune Déesse.

oc qu'elles la ne mettent rien dessus que de l'eau rougie.. îlîriç) . en ou les ce sens qu'elles étaient chargées d'approvisionner la table de Circé poisson. » retrouve au sujet des suivantes d'Artémis. le poëte orthodoxe du temple Délien. des contrées hyperboréennes. C'est là sans doute le premier cortège donné à Artémis. en d'Eustathe qui est très mesurée. IV.40 que celles CmCÉ COMPARÉE d'Artémis. Dans Callimaque en grand nombre (tto^ékç) de Téthys et de Cœratos. Anticlée. en vin. 35 et Callim in Del. en gibier. mî -îi Kt'^zv? Stazôvotç ré(T(j«p<n ^pôLzKi irpoç ixinxXoyo-j ep. contemporain de la déchéance même de Circé. apporter leurs offrandes. Dans ce sont les Muses et les Charités. Elles pouvaient dès lors représenter ou les phases principales de la lune. la lune considérée sous divers aspects. du même Callimaque. (YTrsjoô^vj. d'un sens douteux . des nymphes comiùe celles de Circé. saisons de l'année. Cyrène et Alalanle. chargées de la besogne les délices de l'année qui nous apportent successivement A^^wç fiéuTot e'ffTtv sineh) des repas. . filles. twv wpwv rsrp«7. qui n'appartiennent pas du tout à des nymphes Brilomarlis. Les nymphes sont venues plus tard. la lune a dû avoir un cortège analogue à celui du soleil. Hérod. V. salle s'agitent les (quatre) Dans grande nymphes. v.Tvoç. le plus ancien comprenant Argè et Opis Çkpj/i. qui suit divinités lunaires Hérodote reproduisant un chant ancien d'Olen. disait Olen. les a réduites au nombre de quatre. y. Hérodote les séparait en deux groupes . l'Artémis Cretoise. avec Il est singulier d'ailleurs que les nymphes dressent et un luxe raffiné la table d'Ulysse. t. Procris. et qu'un symbolisme relativement récent. à Apollon et à Artémis. 11 donne ensuite quelques noms l'hymne hom. deux : : d'où l'on peut conclure qu'à un moment donné. on trouve des noms très-grecs de vierges venues. le second Hypéroché etLaodicé divinités lunaires. Dans l'hymne in Delum. qui paraissent aussi des des dédoiiblements de la lune. En se plaçant au point de vue du naturalisme. C'est l'opinion en fruits.tp«(7w zriç La même ce sont les difficulté se cité. le cortège d'Artémis était composé des divinités analogues qu'elle avait absorbées. pass. AaoSt'xvj).

sq. et me fait asseoir sur . envisagées comme un roman. X. doublés de lin une autre devant les sièges dresse . la table d'argent et y place les corbeilles d'or fait . L'une jette sur les sièges de riches tapis de pourpre. La quatrième apporte l'eau. de Circé ne se montrent l'arrivée et qu'en deux occasions à au retour d'Ulysse. même façon avec après les Elles s'effacent avoir accompli les fonctions de ménage qui leur sont départies. » hôtes de leurs Les femmes de la maison d'Ulysse et de Ménélas se conduisent de la maîtres (1). et dans un cratère d'argent. Hom. L'eau s'échauffe et bout dans la chaudière d'airain. l'agréable mélange de l'eau du vin. et allume du feu sous un trépied immense. Déesse. •L"une d'elles raconte à un -compagnon d'Ulysse les aventures de Circé et de. 18.A ARTÉMIS. la troisième. 296. et dispose les coupes d'or. ne prévoyant que malheurs. et marquent ainsi plus précisément la solitude de la On (1) a vu que les Grecs attribuaient à Artémis un pouvoir Hom. Après m'a^oir d'un lavé et parfume. Elle me ce conduit à la baignoire et me lave et de cette eau qu'elle répand attentivement sur ma tête mes épaules jusqu'à qu'elle ait enlevé la fatigue qui m'accable. dans l'accomplissement des devoirs de l'hospitalité. 248 — XII. d'un travail riche et exquis escabeau.Picus. 41 de la maison. Puis elle refuse . Dans ces passages elles sont appelées simplement «piyîîroXQt. Les Nymphes (2). Elles n'ont plus aucun rôle dans le mythe. IV. un siège à clous d'argent. et pass. Mais mon cœur s'y m'engage elle je reste préoccupé. 117. sq. elle me revêt d'une tunique et manteau. Ovide les montre sous un jour moins grave. 49. Od. — XX. Od. met sous mes pieds un à manger. (2) .

regardaient comme l'agent des morts La légende de Circé renferme un accident de ce genre. fit femmes. Une esclave infidèle a de son maître. le miroir donne à fci effacée dans le texte. un exemple d'crror lunaticus (2). Elpénor. 80. 479. subites (1). Ibid. 172. 59. dit le poète. Elpénor y est . X. Le Od.3) même récit se reproduit XI. Au point de vue mythologique. une importance considérable. serait une exception dans cette nomenclature. elle Artémis frappa la femme. reproduit XV.v. » C'est bien un cas de mort subite. et n'est pas mieux à sa place là qu'ailleurs. par le bruit jette* du départ. Mais il entrait dans la légende générale de Circé. Mais le savant antiquaire n'a eu la flgui'e d'Elpénor. YI. 50. » (1) tomba Hom. à la suite d'une chute.Od. (2. — XVII. et son âme descend chez Hadès. vertèbres de son cou sont brisées. 559. « vendu à des pirates Taphiens. 11. avec bruit dans la cale (3). (. 198 . Od. 205. XI. — XXI. le compagnon éveillé d'Ulysse dont les Circéites montraient le tombeau. le fils Nous avions navigué six jours. Le dessin que nous donnons en tète de ce travail un miroir actuellement au Musée du Louvre et qui nous a été obligeamment indiqué par M. C'est sans doute l'original du dessin reproduit dans Overbeck. 477. Le septième. et Homère ne l'a pas oublié. divinité lunaire. Achille regrette qu'Ariômis n'ait pas tué Chryséis. Le miroir est de bronze et conserve de nombreuses traces de la dorure primitive. . Au fonds. Henzey.4-2 CIRCÉ COMPARÉE et la meurtrier. sous les yeux qu'une copie infidèle et incomplète. se rapporte aussi à la légende d'Artémis. Une mort subite. se tance par inadverLes du haut de la terrasse où il s'était couché. « encore allourdi par les fumées du vin.§c Y. femme d'Aétion. Tous ces exemples regardent ries etc.XIV. il n'a nul rapport avec la fable. GO.T?ij. do Bellérophon. Comme une mouette. si prisonnière. 201. -Inj^rh S' '«:tâo.vyJri'j àazpayiDMV : ixys. èz §è ot </. iiS.Oî-j. Hom. XIX. La mort notre interprétation est juste. lorsqu'il la subite d'Elpénor.

. pas. dont les arbres sont stériles. et on trouve en droit de penser que le poëte nous a conservé une trace de cérémonies funèbres. ija flèche d'Elpénor n'est pas posée sur l'arc. mais tenue à la main. le sacrifice de la brebis et du béUer noirs.A ARTÉMIS. les mystères et y initie Ulysse. le bois sacré de Perséphone. les ou glorieuse ou obscure a passé facilement des poèmes homériques dans croyances communes. en relations avec le monde souterrain. de lait édulcoré et d'eau. comme Hécate. et les prières des morts. Toutefois le premier rôle appartient à celui-ci. mais qui jadis avaient la pratiquées. comme une menace éventuelle. et Homère règles. saupoudrées de farine. remarquer en effet que le culte des morts. tel fait assister ses auditeurs à une initiation dans les On doit qu'il est indiqué ici. brûlés tout entiers en l'honneur de Perséphone et d'Hadès. 43 On a vu enfin Artémis assimilée à Hécate. usant du pouvoir des métamor- phoses. et indiquant un bienfaisante. use du même pouvoir. et la philosophie grecque n'a guère été au-delà. Au contraire. doctrine vie de la mort. Elle lui dit la largeur et la profondeur de la fosse où il doit verser les libations de vin. ne passa jamais dans la religion se commune. éteintes de son temps avec été le culte de Circé. les ombres des trépassés qui viennent puiser un le peu de vie dans sang des victimes. état des âmes après une et inutile. dont l'épée est dirigée contre la Déesse. le rocher où se réunissent le fleuve des flammes et le fleuve des larmes : le Pyriphlégéton et le Cocyte. représenté comme le seul acolythe d'Ulysse dans sa rencontre avec Circé. Elle lui dit la route à travers l'Océan. dans les enfers mais . Circé a les Elle elle ne pénètre en connaît tous mêmes relations. Ce sont de véritables prescriptions liturgiques.

là dedans chante en et toute la maison en retentit — une . en conserver tradition. Le récit d'Homère embrasse au si contraire tous les détails épars chez ses successeurs. sans que l'analyse puisse se prendre à rien pour trouver l'origine et le dévelop- pement d'une croyance raison. il touche aux temps oii elle sance. l'intérieur. s'arrêtent sur le seuil. leur capitaine. gracieux et éclatants. mieux que personne. entendent Circé à d'une toile. « Mes compagnons chantant.VI. ils . que sont les ouvrages des déesses. Politès. si si extraordinaire aux yeux de la générale cependant chez les peuples et les individus sans culture. la ils se contentent d'indiquer métamorphose qui en est le résultat. parla le premier tissant sa toile : — « Amis. et quelque lumière peut être jetée sur l'idée que se faisaient les Grecs du pouvoir des enchantements. Le lecteur ne s'étonnera donc. tels pendant qu'elle filait une grande divine. Lorsqu'ils ne sont pas une imitation d'Homère. Les récils des encliantements dans l'antiquité classique sont ordinairement très-sobres de détails. la c'est à lui qu'on a pris naisla peut demander et il . qui m'était le plus cher et le plus considéré. a dû. récit d'Homère. délicats. pas de l'étendue cette partie de que je donne à A''oici le mon travail. voix mélodieuse.

de la farine et du miel Mais elle ajoute jaunâtre. baies Ainsi sont enfermés gémissants et la Déesse jette devant eux lès glands du chêne etdel'ilex. même la perte des parents.CIRCÉ MAGICIENNE. Euryloque seul soupçonnant quelque piège. etles- du cornouiller. « Celui qui goûtait au voulait plus donner de ses nouvelles aux siens. Ils de sa baguette. les fait asseoir sur des pliants et sur des sièges. (( une variante.celle l'hydromel. Lotus sucré rappelle ou les cidres. mais tous les maux. > oublier. sante. Elle les introduit. dans. IX. ni retourner dans sa patrie. les frappant la porcherie. . sq. muni de l'herbe Môly. Circé. Je me dirige vers la demeure de Circé. et je crie. dans leur folie. » 45 Mes compagnons lui obéirent. Il voulait rester parmi les Lotophages en (1) fruit sucré Le Lotus (Od. Tous resta. lorsqu'Ulysse. fermentées. ils comme auparavant. ensemble. nourriture habituelle des porcs immondes. Ils boivent. Hâtons-nous de l'appeler. chambre ouvre les portes brillantes . Je m'arrête sur le seuil. (Oc. la tête. a la même vertu.) mangeant du Lotus. IV. non la patrie. au mélange une drogue malfaienferme en soies et le pour leur (1) faire oublier leur patrie. Pour eux le vin elle délaie dans de Pramnos du fromage. de sa et les invite. Le vin de formes poétiques de l'effet produit par les boissons se retrouve en effet dans la mixture d'Hélène comme et le Circé. Et aussitôt. elle les prennent la voix. la suivent. 221). Le Népenthès fait Ce sont là les ne plus s'en aller. déesse ou une femme. et mon cœur s'agitait en mille projets. icomme préser- vient délivrer ses compagnons. sortant. les corps des pourceaux mais leur intelligence reste saine. ou . » se renouvelle avec et La scène averti vatif. et aussitôt. du Lotus ne et 84. par Hermès.

avec une intention mauvaise. comme je voulais la tuer.toi avec tes compagnons. dont Hermès. dis-je. ô Déesse. Après qu'elle me l'a présenté et que j'ai bu sans être charmé. Et moi je la suis. Jamais. elle prépare le mélange. et montons sur ma lui couche. si retable et tirant vautre. tu m'invites à entrer dans ta chambre et à monter sur ta couche pour me à rendre nu. l'habile Ulysse. je ne le ferai point. au retour de Troie. lorsque me et qu'avec un dessein perfide. et y jette une drogue. le cœur m'introduit et me fait asseoir sur. la baguette d'or. Elle brillantes et m'invite. lâche et énervé ! Non. se prosterne et : me prend les genoux et sanglottant me parle ainsi « Qui donc es-tu parmi les hommes? quelle est ta ville et quels sont tes parents ? La terreur me prend à voir que tu as bu mes drogues et n'es pas charmé. m'annonçait fréquemment Si c'est toi. d'un travail riche et exquis.46 Elle aussitôt sort de CIRCÉ son appartement. moins que tu ne consentes. ouvre les portes affligé. Elle met sous mes pieds un escabeau. un siège à clous d'argent. pour sceller la foi entre nous. après y avoir touché des lèvres. » . remets ton épée au fourreau. le Dieu porteur de l'arrivée. sur un navire. d Moi mon épée aiguë. jamais nul autre n'y a résisté après en avoir bu. et elle fait le serment que je lui demandais. Dans une coupe d'or. Elle pousse un grand cri. î « Circé. elle me frappe de sa baguette en disant : (( rentre aussi à alors. à me jurer un grand serment que tu ne médites point une nouvelle perfidie. » Je me tais. C'est toi sans doute. comment veux-tu que retiens je te inontre de la douceur lorsque tu tu as fait des porcs de ici. mes compagnons. je m'élance sur Circé.

Idyl. XXIV. Le terme ï-î]j.'MAGICIENNE. et une formule instruments représentent les seuls moyens d'action sur les personnes et sur les choses à la disposition de l'homme (2). Elle est très-caractérisée dans Théocr. Athénô touche Ulysse de sa iagueile pour le (2) Od. IV. 210. XITI. Le Caducée de Mercure la baguette est aussi une baguette. Od. (1) se trouve pas elle est dans Homère. II. du vin Pramnien. comme mélange L'hymne à Gérés. 47. trois (-/. c'est un brouet. 624. XXIV. Od. Théoph. X.ay. Le s'applique aux môdocins. V. auquel cas ce pouvoir ne serait plus de la magie.uzewv ayant un pouvoir reconfortant. mais une manifestation d'omni- potence divine . 429. 3A3. XVI. 1.a(iv. véritable métamorphose [ihid. même mot métamorphoser en mendiant. se retrouve en cet endroit. un Ces mélange de drogues. 11 a. comme celui de Circé. Car. à l'usage des pauvres gens. Od. XI. car il est composé suivant les prescriptions de la Déesse. 11. pouvoir de contraindre (Od. XXIV. (1). Hermès s'en sert pour pousser les âmes des morts dans la demeure d'Hadès. La formule est employée une seule fois sur trois opérations magiques : II. chose y figure souvent développement de l'intelligence contemporaine du premier humaine et des reUgions la Aryennes. ^ ce passage est Le pouvoir attribué la àCircé dans de la magie. (stto. XYI. 276. et II. Il s'en sert aussi pour éveiller et pour endormir les vivants.vswv). 320. pôS^oq.?). La baguette de 'Circé n'est qu'un simple bâton. elle a besoin d'instruments déterminés. Circé n'exerce pas son pouvoir magique par seule puissance de la volonté. X. 345).-zo s'emploie pour exciter les chevaux avec le fouet. Le v.â. . Si le mot ne . Le miel y manque. le comme de Circé. Il contient. Dans les temps historiques. lui conserve aussi un caractère magique-. Mais il y a des degrés. II. C'est encore de la magie. en : qui réside le pouvoir lui-même la baguette (/•âêSo.oç. La magie dans ces temps ne diffère pas de la science. II. de la farine et du fromage de chèvre. une Le terme employé par Homère est 7roXyyâ|0f/. 28. Cf.). 5). 172.

des fèes^ des sorciers. du marteau. des Rois (1). comme En dans les prodiges des magitant que levier. C'est la massue. les porteurs » pa^^M^ô. pa-|(wS()g. du boyau. parce qu'il est un levier. pour II. par modifications successives^ l'épée. est « un Rhapsode. 265 . C'est la canne où s'appuie le voyageur. bâtonnier est une dignité. 16. est un levier pour le commun du il peuple. Mais les magipas écrit la seconde page.I. fêtes dans les du pouvoir effet le (2). 6. pendant chantaient leurs vers. Il. et figure. (1) n'ont pas compris que l'instru- Parmi les titres la Rhapsodes de porter à qu'ils d'honneur du bâton figure la coutume des main un bâton ou rameau d'olivier. conservateurs par excellence de toute bonne tradition. paraît n'avoir aucun ornement. IL a été privé seulement de ses feuilles et de son écorce par l'airain. Dans choses de la paix. et ciens n'ont a écrit la première page -de la physique. marteau. sans orneràent. Tous de bâtons §t«tpé/DEt ne sont pas bâtonniers. la houlette dont le berger dirige ses troupeaux. d'or. Celui d'Agamemnon son sceptre. Cf. ciens. sans signe symbolique. EtiMd. C'est aussi le sceptre les arme. qui devient. selon sa nature non oubliée de levier.48 cmcÉ branche coupée à l'arbre du chemin. à peine déguisé. Homère 104. En possession de l'instrument. mais entre les mains des rois et des devins. Ulysse emploie 216. ils ils l'ont confondu avec un agent . Il a été tout cela. et ne sont pas devenus physiciens. Elle a toutefois une longue histoire.. Il. resté Il été hache. après avoir boyau. qui est châtier Thçrsite. . « ô (2) Le bâton d'Achille {2y.r. 24. a maintenu la haute signification qu'il avait à l'origine.Kpo)i) est agrémenté de clous d'or. le bâton a été il en premier révélateur des forces mécaniques. Eust. le bâton est le manche de la hache. la première la lance et la flèche.

de sa baguette. dit Cendrillon. et ils se sont arrêtés.. la lampe merveilleuse. il que si l'instrument déplaçait les forces. Lorsque les fées opèrent leurs métamorphoses par contact. ont cru qu'ils avaient conquis toute force avec la conquête du levier. la volonté toute-puissante des (1) « et la porta Cendrillon alla cueillir la plus belle citrouille qu'elle put trouver à sa marraine Sa marraine la creusa.. ne les produisait pas. non un instrument de mais dans force. et à chaque souris qui sortait. Circé donne un (1). » > La fée toucha. les auteurs des contes ont perdu le sens du bâton. et. ils s'endormirent tous. nous en ferons un cocher. 49 et ment n'était rien sans celui qui l'employait. elle lui donnait un coup de sa baguette. Ils n'avaient plus rien à chercher. n'ayant laissé querécorce. s'il n'y a pas quelque rat dans la ratière. la frappa de sa baguette. l'ayant touché changé en un gros cocher. (2). Ces deux instruments ont une affinité évidente avec les forces mécaniques. La magie par contact est moins ancienne. » V. la lampe est -. L'anneau de Gygés se déplace. Cendrillon et la Belle au bois dormant. Ce n'est plus qu'un signe. La fée prit un des trois il fut rats. etc. tout ce qui était dans le château gouvernantes. et la souris était aussitôt changée en un beau cheval Je vais voir. et non à la personne. Toutefois. En sorte que lorsque l'instrument change de main. d'une époque indéterminée où le pouvoir reste attaché à l'instrument. le possesseur acquiert aussitôt la puissance l'anneau de Gygés. : frottée pour produire un effet. etc elle toucha aussi tous les chevaux qu'elle les eut touchés. vrai coup de bâton à Ulysse et à ses compagnons contre-sens.. ils Le bâton ou le levier leur ayant paru doué de la force. La force ne réside plus en lui^ magiciennes (2). Eustathe ne le voit pas et explique par un lui il Pour : y a là un exemple de la magie par contact Sî 'ln-«y^ç. et. .MAGICIENNE. et la citrouille fût aussitôt Elle dit à Cendrillon de lever changée en Un beau carosse tout doré la trappe de la souricière. on peut trouver beaucoup d'exemples. Dès filles d'honneur. considéré comme levier.

A ce moment d'arrêt de la science. On s'aperçoit résultats autres que les mélanges produisent des que chacune des substances mélangées. et croit l'homme en a le état de produire ces simples transformations. La vanité du magicien se fortifie ainsi de la crédulité des ignorants. Il le sait. le mélange magique de Circé a son origine dans les profondeurs de l'histoire de l'homme. qu'il y a une limite à ces transformations et qu'il ne dispose que de celles-là même.50 cmcÉ. et qu'on attribuera aux combinaisons des effets autres que ceux qui ont été observés. endort. foi il n'y a ni trompeurs ni trompés. Le magicien tue. Déméter enseigne . c'est-à-dire. Privé même que de la petite science du magicien. Les poêles nous ont représenté nourrissant des fruits les premiers Grecs se de la forêt et de la chair crue du le gibier. Le gibier rôtit à la broche ou bout les dans les marmites. pouvoir d'en produire d'autres en nombre a tout pouvoir. infini. mélanges. parfaite ainsi que la du magicien est crédulité du peuple. . en un mot. . qui ne sera pas suivie d'une seconde page. On écrit la première page de la chimie. formations le jettent dans la les plus simples transil stupeur. De même que la baguette. Les ragoûts arrivent. parce que l'impatience de savoir et de pouvoir ne permettra pas les longues observations. sur la nature. guérit ou au moyen de certaines mais ne comprend pas combinaisons de substances ce sont là autant de transfor- mations dont il dispose. On constate le pouvoir des combinaisons. Mais Prométhée apporte l'art feu le . de cultiver le blé. La bonne enivre. et de cuire pain Dionysos tire le vin du jus de la grappe. Le peuple va plus loin.

Nous avons déjà rapproché de cette drogue le Lotos qui a la à même vertu. " Leur intelligence reste saine. Circé donc venir après la boisson. Au mélange effacer le innocent souvenir Circé ajoute une drogue malfaisante pour drogue n'est pas de la patrie. et le traduit en fait l'idée que nous l'ivresse exprimons par une métaphore. le Nous disons encore que poëte l'ivresse abrutit buveur. qui est Népenthés et fait oublier les chagrins. vin. Les deux (1) reine Labe dans légendes offrent de telles analogies qu'on peut croire qu'elles dérivent d'nne même source. et reste dans le domaine du surnaturel (2). » Ces détails appartiennent à Homère-. et ils sont enfermés gémissants. En définitive. pour bouillie innocente^ quoique d'une digestion difficile. Ce texte ne doit pas être serré de trop près. à ce qu'il semble résulter du texte. L'ivresse peut trempé . et la liqueur versée par (Nvî7réve£ç) Hélène Télémaque. L'abrutissement de est une véritable transformation. Les Grecs d'habitude ne boivent que emploie le vin le vin de Pramnos pur. Cette nommée que la et on doit supposer qu'elle n'est autre chose force du vin séparée du vin lui-même. C'est encore la force du vin ou d'un narcotique qui n'est entrée qu'à demi dans la science. (2) Les compagnons d'Ulysse boivent d'abord le mélange qui doit leur faire oublier leur patrie. 51 Le mélange préparé par Circé. On peut comparer aux opérations magiques de Circé celles de la les mille et une nuits (histoire du roi Beder). ils sont de l'homme. lier le tout. les buveurs n'ont pas oublié leur patrie. dont curieusement (1) les Homère détaille si éléments : fromage. miel et ne donnera pour résultat qu'une farine.MA6ICTENNE. . mais la part de vin qui y entre a une certaine valeur symbolique. dit le poëte. Mais ils ne sont transformés qu'après le coup de baguette et renonciation de l'ordre.

renfermée dans le Sésame. d'un poltron un brave. débitées et reçues avec la même simplicité. peut être suivi et à condition que l'obéissance ait la force suive l'ordre. Les point moralistes effets magiciens ne deviendront uniquement ils parce qu'ayant reconnu certains attribuent des effets autres. tour. Elle première page de la morale et de ces temps^ psycologie qui. ouvre-toi » est d'une L'autorité. Elle excite la courage ou ou douceur. On sent venir le temps où les formules les plus puissantes seront composées de mots privés de sens. la haine ou l'amour. « La formule d'Ali-Baba magie plus avancée. La guérison des compagnons d'Ulysse offre une seconde scène de magie avec des variantes intéressantes. Les paroles qu'elle emploie sont l'expression simple de sa pensée. elle figure A ce titre écrit la nécessairement dans la la magie.52 CIRCÉ La parole les est aussi une force le comme les la instruments et peur. ou fait Circé s'imagine. l'autorité. d'un brave un poltron. et non dans l'ordre donné. dans ne sera pas suivie d'une seconde page. Ulysse. cas. la force de la formule est mot Sésame. Elle apaise aussi bien qu'elle excite. et c'est là précisément le les paroles de magiCj que l'autorité est dans elles-mêmes. lui A ton dit Circé à l'étable et vautre-toi avec tes compa- gnons. sans alliance de grimoire. que celui qui commande. la colère combinaisons. entre dans « de la parole. dans certains d'effet. . Elle opère sur celui qui en subit la force : une véritable transformation elle fait d'un sage un fou. lesquelles se transmettront à travers toutes les générations jusqu'à la nôtre. » C'est l'expression d'un ordre qui.

fait membres tombent les soies naître la drogue funeste donnée par l'auguste le Sur champ ils deviennent des hommeS. et Circé. devant elle . ce qui confirme ce que nous avons dit des avait rapports de la magie avec la science. me reconnurent et s'attachèrent chacun à mes mains. » gémissements. de même la pommade qui fait tomber les soies. et va ouvrir les portes de l'étable en fait sortir Ils des (animaux) se tiennnent semblables à des porcs de neuf saisons.. puisqu'il fait perdre la mémoire et abrutit . La première scène offrait comme celle-ci la notion d'un poison. « • 53 Circé traverse la grande salle. Le poète prend soin de la distinguer de première. et il figure uniquement comme signe.MAGICIENNE. plus jeunes qu'auparavant. Les agents pro: duisent des effets en dehors de leur énergie propre la part c'est de la magie. Le vin pur de Pramnos a en effet ce caractère. sa baguette à la main. Cette pommade n'est . sauf la parole. et toute la maison retentit de leurs pitié. à l'origine. déjà observé les effets On des agents chimiques sur l'orga- nisme . plus beaux Ils et plus grands d'aspect. Mais bâton ne paraît pas employé comme tout à l'heure. les frictionne d'une autre drogue. on savait que des agents différents produisent différents effets. on usait des agents chimiques à l'intérieur C'est la part de la science. La drogue est employée à l'usage « externe « être et la non « interne ». De leurs qu'avait Circé. Ils furent pris du désir de pleurer. La Déesse elle-même en eût On la retrouve dans cette scène les éléments magiques de le première. allant de fun à l'autre. et à l'extérieur.

malheureux. Tiens. qu'il Hermès me donne m'en indique la drogue a tirée de lerre^ et il nature. et tu où ils sont. que les Dieux seuls peuvent arracher. Viens-tu te les délivrer? je resteras celte dis que tu n'en reviendras pas. mais les Dieux peuvent toutes choses. « Le Môly croît aux environs de (l) Theoph. par la montagne. Sa racine est forte et semblable à un oignon K/!Of/. Sa vertu éloignera de moment la de la mort. LE MOLY c'est-à-dire un agent chimique effet aussi. classe des plantes qui croissent sur malgré : les caractères botaniques que lui attribue le poète noires. Il Les Dieux est difficile aux hommes » la de l'arracher. » Ayant ainsi parlé. chacun dans sa bauge. mais sur l'organisme.uw . « » Où vas-tu seul. « dont la fleur blanche sort déracines noires. Les anciens toutefois n'ont pas manqué de le chercher. 7. » . Phénée età Cyllène. prends et bonne drogue toi le va dans le palais de Circé.54 pas un contre-poison. noire et dont la fleur a la blancheur du l'appellent Môly. (les médecins. hist. dans la magie. 15. sans connaître les chemins ? Tes compagnons sont enfermés dans la maison de Circé. IX. neutralisant" l'action d'un autre agent. Le second agent a son Le premier agent a non sur premier. et fleur racines blanche. PI. Mais on le cueille facilement. C'est une plante dont la racine est lait. eu tout son le effet. n'appartient à aucune la terre. malgré Homère. sa feuille : est celle d'une scille et : (r/. On clil qu'il est semblable à celui qu'a chanté Homère. Mais je veux te sauver. Les Asclépiades. Le Môly qui n'a de nom que dans langue des Dieux.DlV' On s'en sert comme d'un contre-poison. La notion du contre-poison se manifeste dans l'herbe Môly.

solaire. plutôt que les ou l'aigle ? Il y a certainement dans ce choix autre chose que le hasard. de qui.o?) où avait péri le géant.RAPPROCHÉ DU SOMA. Mais pourquoi. sous leur nom. s'impose nécessairement à la pensée le souvenir du les sacrifices Hom liba- ou Soma qui figure dans C'est de la : Perse et de l'Inde. constatée au temps d'Homère. « Le géant Picoloos. » Les caractères botaniques du Môly. ou comme a sa raison d'être. rattachés à la parenté 55 connaissaient. d'Esculape) le au rapport d'Eustathe. on reste d'une plante ayant un rôle dans un mythe solaire. et poisons étant. Ici une plante plutôt flèches d'Hélios. l'assi- milait à la Mandragore. dans ce mythe la foudre. notion des contre- au point de vue du en" présence réel. suivi par Pline. une plante nommée Môly en souvenir de la (Mw). une fleur blanche sortant d'une racine noire. Mais son père Héhos la couvrît de son bouclier et tua le géant. ou semble symboliser la lumière naissant des ténèbres. tue quiconque tente l'arracher. où se retrouvent. après la prit la fuite et s'arrêta bataille contre Zeus. il « Répandu en tions sur la en active la violence et la fait gronder . que tout autre symbole. Circé et le Môly. les autres éléments. vrai et. conviennent bien à elle un mythe de cette catégorie. comme chacun sait. et cet élément du mythe. dans l'île de Circé d'où il tenta de chasser la déesse. ainsi qu'il sera démontré par cette étude. et que le démontre directement une légende citée par Eustathe. Théophraste. Du sang versé naquit guerre. sous le nom la de Circseum. une plante magique comme le Môly flamme. sous des noms différents tous les personnages de la légende de Gircé. -Toutes ces rêveries mises à part.

démons de Le Soma pur il inspire la sagesse c'est Il un guide engendre » Il qui connaît le pays et en indique les chemins. Les cinq premières lectures de Il la section "VU. » . la pureté. désormais sans crainte et purifiant . sont composées d'hymnes en l'honneur de Soma. se substituaient n'éclaire. il se m. Langlois. « « Sois pour nous qu'un guide qui connaît le pays. tr. mais des mômeries des Plutarque parle sorciers de bas étage qui. Quand passe chez les Grecs. 94). n'y a rien de plus élevé que le développement du dogme du . tom. Ils le Hadès et Scotos (les de et jettent le mêlent ensuite au sang d'un loup égorgé mélange dans un endroit que jamais le soleil sacrifices des Perses que en ce passage. sous l'influence de la magie grossière qui a bientôt infecté leur culte. Les Dieux appelés à prendre part à tent est la distribution les de la liqueur sacrée. de son temps. a été conservée par (1) Rig Véda. fioi de la force. « Que Soma nous purifie par la vertu purifiante de ce vase (pag.atériahse et se trouble au point d'être méconnaissable. et. 45). et qui nous indique le chemin » « Les douces et 44). à ce qui restait de la religion grecque. 55). le courage. au contraire.56 LE MOLY le comme tonnerre . « Les Perses. ainsi la confiance. . la droiture (1). broient l'Omômi ("OfiWfit) dans un esprits mortier en invoquant ténèbres). il tue le Rakchasas (p. Soma dans il les religions Ariennes qui l'ont conservé. par leur sainte magie repoussent la race à peau noire (p. 37}. » « Les rayons d'Agni (abreuvés du Soma) brûlent les impies. affronla nuit. le n'en est pas un qui ne commente Môly homérique. dit Plutarque. » « Soma prête à Indra la force de son ivresse. puissantes libations arrosent le céleste Indra qui brise le palais {des Asouras) (p. bu par les pieux assistants il les reconforte par une douce ivresse. tradition La véritable du Soma l'y. tel (p. d Ce n'est pas des dans le peuple.

pas même s'il voyait. ou son fds percé par l'airain sous ses yeux. Elle disj)aru de leurs sacrifices. I. tique d'un Dans leur voyage à travers a Grecs plante n'ont plus trouvé avec l'abondance nécessaire du Soma.un père. (mû) rappelle si d'un suffixe grec. vol. La Seine. Ainsi a été difficile de l'arracher. et le Môly en rappelle la aussi bien qu'il en conserve les caractères extérieurs. oip etç otvov Sais tfipu. La fleur blanche racine noire les » c'est ainsi qu'Agni. apaisante. Tom. « fleur.v. fait historique. ses Marquées de teintes deux mères pro•> duisent leur. « l'autre. Ant. Népenthès.) . evQîv otivov. » que l'on persiste à appeler le ocvziy. Le rapport du Môly du Hom se (1) On ne doit pas hésiter à reconnaître une seconde mention du Soma dans la « drogue MlaranLe.YII. et qui bien Hom. devant lui étendu. 57 haute signification Homère (1). Les sort du bois noir que Yédas appellent sa mère )) (2). est blanche comme le lait ce : » le lait se mêlait au jus sort d'une du Soma dans : les libations. nourrisson. graec. Y. » Il y a des livres qui sont des prodiges de patiente avait une seule larme. dit La Homère. p. pieusement par Homère. (Thés. pas même érudition et qui roulent uniquement sur cet adjectif pris substanti- vement. tr. vivement agitées l'une contre 342. 1335.RAPPROCHÉ DU SOMA. et Big Véda. lequel tourne vers l'Orient sa langue (de feu. XI. composé et comme l'Omômi et de Piutarque du radical Mo. il bientôt remplacée par le vin. (2) noires. « hommes les la l'arrachent difficilement.o-j <• Celui qui l'avale dans l'eau rougie s'il ne versera pas de tout le jour perdu une mère.Y. . de Nepentlie homeri. J'omets d'insister sur le nom Môly. un èxcursus de Desfontaines dans le Pline de Lemaire. Langlois. C'est la formule mysl'Asie. P. Cf. la flamme. apportant l'oubli de tous maux. un frère. Elle vieil n'a conservé de place que dans quelque recueilli hymne.

le Hom. il est courageux et fortifié contre les enchantements. conservé par la tradition. la retrouve mieux dans le contexte de légende. même plante magique. 11 admette.58 LE MOLY RAPPROCHÉ DU SOMA. il sait la route. ayant les mêmes et effets. ce n'est plus qu'il qu'un souvenir. qu'Ulysse est un Dieu appelé à combattre l'ennemi enfermé dans sa forteresse. il est agité. Alors l'aborde Hermès le messager (Agni) qui lui fait boire le Môly. le les Hom est une plante pour Grecs. Son ennemi prosterné implore le clémence. il craint de partager le sort de ses compagnons. a peur. ce qui est vrai. pour nations Ariennes d'Asie. . depuis disparu de leurs rites. Qu'on Soleil. Le Môly et Ilom. une seule les . Seulement. sont donc une seule et même réelle cause. En effet le Môly lui assure la victoire il n'a pas même sa besoin de combattre. Dès lors il est purifié. a .

vu. II. et silencieusement." son intervention dans mythe d'Ares et Aphrodite.^poToç. et qu'il tous les Dieux observe toutes choses (i).y«yôwv. comme celui de ses combats. de Zcus pendant le sommeil des autres Dieux est un pressentiment de la Providence. . (2) 62. que Circé paraisse peut être une il divinité lunaire telle absolument. Cf. comme dit Homère. parcourt le (1) à son tour. et rien n'est moins vrai. mais il a peut-être eu son veille La origine dans (YII. Alors..s(jlix. les épithètes ordinaires de Hélios le : 7rKp. Zeus veille aussi dans l'Il. voilà que peu à peu la lune élève son ciel disque pâle. faut pour qu'elle démontrer qu'une divinité lunaire seule peut être revêtue de ces caractères. V. <p</. ôsoi rs 'nrrcov. sans doute-. At« S'oùx s^s VYjSufio. Il semble que la solitude doive appartenir au Soleil aussi bien qu'à la Lune. et dorment toute (2) la nuit. 477). dans la solitude du ciel assombri. YIII. 2. 271 un fait . syâov 7r«yyù^iOi. ne finissent point de ses aventures d'amour ou de guerre le nombre de ses enfants est infini. sq. A'}1qi fis'y Odys.du même pix genre est rapporté dans l'hymne à x«t àvipzç Déméter. De même : qu'il éclaire l'action Dieux. et . Travvûxwt. rîp-^îu£po-o. Od. s'agit d'un orage accompagné de tonnerre. Les légendes . il permanente des est en vue à dont l'action commence à son lever et cesse Ils à son coucher. et une conception il naturaliste. se couchent avec lui. L'identité des caractères de Circé et d'Ârtémis montre .opxtaTKi iJTïvog.

60

CIRCÉ
qu'elle avance,
divinité
;

A mesure

elle

semble éteindre
la nuit
;

les astres.
elle
.

C'est bien la seule
est seule appelée

de

c'est

pourquoi
(1).

a-j-ir,

et

son célibat est éternel

Sur
ils

la terre, les

hommes

ont interrompu leurs travaux,
brille,

se pressent
les

autour du foyer qui

ou dorment

comme
de
la

Dieux. Les oiseaux chanteurs se sont tus autour

maison, et reposent dans leurs nids secrets. D'autres

oiseaux, d'un aspect étrange, d'une voix sinistre, d'un vol
silencieux se glissent

dans

l'air.

Les

cerfs,

les lièvres

se

tapissent dans les fourrés repaire.

;

et les

fauves sortent de leur
;

Leurs

cris

troublent le repos de l'homme

le

voyageur attardé hàtc son pas. La lune seule veille et n'a
pas peur. Elle poursuit les fauves dans les
taillis
;

elle seule

peut être chasseresse, parce
allures. Ces
s'

que seule elle connaît leurs

animaux
elle,

qu'elle chasse l'aiment cependant et,

apprivoisant à

l'accompagnent toute la nuit, pour
car
ils

.

disparaître
soleil.

avec

elle,

craignent la

lumière

du

(1)

Sélûné, déesse, n'est pas connue d'Homère; elle ne paraît pas du

les deux épopées. Mais elle figure dans les hymnes. Lorsqu'Hermés ramène les vaches du Soleil qu'il vient de dérober, le matin arrtvc, et Séléné qui se lève, ne porte pas témoignage contre le voleur, contrairement à ce que fait Hélios dans l'hymne cité. Cf. les hymnes XXXI et XXXII.

moins dans

Dans ni. V,

555, Séléné est
Je

simplement
berger.

l'Asti^e

dont

l'éclat

surpasse

celui des é:oiles, el rassure

De môme Od.

IV, 45; la splen-

deur des appartements de Ménélas rappelle la lumière du soleil et de la lune. Le culte de Séléné en Grèce est une importation étrangère.
L'épithète âyv estfré]uentc
:

Od. V, 123

:

y^pv(jôOpo-joç

"Ap-saiç «p-Â.

Ilnd.Xmil, 201,
(2)

et pass.

phose.

L'apprivoisement des fauves doit être distingué de la métamorHomère ne donne pas les lions et les loups qui environnent la

DIVINITÉ LUNAIRE.

61

En même temps
buissons,
les

elle

revêt de formes fantastiques les

rochers.

Le voyageur

s'inquiète

de ne plus

retrouver aux objets leur aspect, familier lorsque le jour les
éclaire.
Il

soupçonne dans chaque ombre un danger vague,
Il

d'autant plus redoutable.

s'avance avec précaution
il

;

la

peur
dit

le

gagne

;

il

s'affaiblit

;

perd courage,

ce

Jure moi,

Ulysse (4),

que tu ne

me

rendras pas nu, faible et

énervé. » Tel est le principe des métamorphoses attribuées

à Circé et à Artémis, à la première surtout. Sous l'empire

de

la

peur, l'homme perd, de toutes les quahtés celle que
le

l'antiquité prisait le plus,

courage
égorger
Mais

;

il

s'enfuit avec la

rapidité

du

cerf,

il

se laisse

comme un pourceau,
dans ses

sottement, sans résistance.

l'intehigence,

procédés primitifs,
raison
cerf
; ;

omet

volontiers le terme de la
:

compac'est

en parlant du lâche qui fuit du lâche qui laisse tomber ses armes
elle

dit

un un
fait

:

c'est

pourceau. La métaphore passe immédiatement en

qu'ils sont

demeure de Circé comme ayant été des hommes; il dit au contraire venus des montagnes et il ne les fait point hurler. Il y a donc deux contre-sens dans Virgile VIT, 7. sq. Hinc exaudiri gemitus irœque leonum"
;

Yincla recusanlum et sera sub nocte rudentum
SseLigerique sues atque in prœsepibus ursi
Saevire, ac forma;-

magnorum
facie

ululare luporum

Quos hominum ex
~

dea seeva potentibus herbis

Les fauves apprivoisés sont

Induerat Circe in voltus ac terga ferarum. le cortège naturel de la Reine de la nuit.

se retrouve dans la bouche (1) La même prière, plus explicite d'Anchise. (Hom. h. in. Yen. 188). « Ne me laisse point habiter impuissant parmi les hommes-, Prends pitié de moi, Car il se flétrit bientôt,
celui

qu'ont

aimé

les

Déesses.

»

Le
est

lecteur doit se
la

rappeler que

l'Aphrodite

de l'hymne

grecque

reproduction

de la Cybèle

Phrygienne, une divinité lunaire.

62

CIRCÉ

dans la légende. Et bien que la religion grecque se soit embarrassée plus tard d'un nombre de métamorphoses tel
qu'il a suffi à

remplir un traité tout entier ou un poëme,

il

n'en est pas moins vrai que les transformations en cerf ou

en pourceau ne sont attribuées qu'aux divinités lunaires. Celle d'Actéon en est le type. Le chasseur, à la vue
d'Artémis sans voile, c'est-à-dire de la lune dont l'image se
réfléchit

dans les eaux, au miheu des bois soHtaires, n'ose
;

plus avancer

il

fuit

avec la rapidité du cerf et est déchiré

par ses chiens (1).

La science des poisons ne peut
divinités

être aussi attribuée qu'aux

lunaires.

C'est là

par excellence

l'œuvre

des

ténèbres. Toute science, au point de vue mythologique, e§t
d'ailleurs

absorbées par

une œuvre de ténèbres. Les heures du jour sont les besoins ou les devoirs de la vie. L'esprit

n'y trouve ni la liberté ni la continuité d'attention nécessaire

à toute recherche.
se recueiUir et

Il

a besoin
suivre

du

silence de la nuit

pour

pour
travail

sans

distraction

le

travail
le

commencé. Son

lui-même a sa pudeur, parce que

résultat en est problématique, et qu'il révèle plus souvent

l'impuissance que le
évite,

talent de l'esprit.

C'est

pourquoi

il

même

lorsqu'il est avouable, le regard
titre

du désœuvré.
surveillance
cueille

A

plus juste
s'il

encore
illégitime.

fuira-t-il

une

importune,

est

Le magicien

ses

simples à l'écart pendant
la nuit

la nuit,

comme

il

procède pendant

à ses opérations.
le

Ajoutons que l'antiquité et

moyen-âge ont attribué

(1) Cf.

Pausan. IX,

4.

Les sorcières de Macbeth. Toutes les belles aussi. forme magiciennes sur patron qu'a suivi Sheakspeare son temps . Entre Théocrite et Horace se place ce grand chan- gement. Elle représente une se livrant femme jeune. 63 de préférence aux femmes l'œuvre dés ténèbres. Médée. il en rit comme de tous les ridicules de mais ses plaisanteries mêmes affirment la grandeur du mal. Les siècles modernes n'ont cru l'œuvre sans et la laideur. mais des figures . Circé. est le que l'histoire a trop négligé de devenue un art empirique. chez elle. mais non immorale. si bien devinées ou fidèles aux traditions de tous les temps et de tous les pays se distinguent toutefois des magiciennes grecques par leur aspect plastique. L'antiquité admet cette . Folia ne sont plus des personnages mythologiques ou poétiques. ayant l'arme la plus compris que c'est commode à leur faiblesse. divinités aux opérations ou le faire qu'elle invoque sont jeunes et Hécate. a eu son origine dans la religion. Sagana. et c'est nom compatible qu'avec la vieillesse de la un progrès du sens moral qui repousse jeunesse l'extrême perversité. Canidia. si quand elles sont perverties. belle et dédaignée magiques qui doivent lui ramener son amant périr. Artémis. Séléné et la blonde Périmède. une constate profession. en plusieurs le endroits. et il Horace ses . malveillante sans doute. La seconde Idylle de Théocrite met cette vérité dans tout son jour. incompatibilité parce que la magie.DIVINITÉ LUNAIRE. La magie sous colportés l'influence des cultes hétérodoxes et dans les campagnes signaler. et qu'elle leur a paru simplement une puissance. puisqu'elle était des Dieux.

38G. Lorsque l'on saura bien exactement ce (3) II. ce elle laisse tomber sur le seuil son manteau moelleux. la robe blanche que . est leur habitude de tisser ou de broder de grandes qu'indiquée dans (xpu(7yAK-/. fileuse.âTvî) toiles. au vers 141 revêt Hélène pour sortir de son palais. mêlant à une connaissance empirique des poisons des cérémonies religieuses sans signification.Ep-/. ni. sq. que c'est que la guerre de Troie. et des Troyens immense aussi que tisse prétendants le poète revient Pénélope pour tromper les à deux fois sur ce caractère (1) Ce chant les La broderie chez Calypso et chez Gircé est accompagnée du chant. qu'elle a pris plaisir à travailler de ses mains Hélène brode une immense (3). Athéné une Quand elle sort du palais de Zeus.divinités lunaires. Artémis chante aussi Delphes. (2) II. est-il un simple fait d'anthropomorphisme donnant aux Déesses habitudes des femmes. Ce hideuses créatures n'ont rien à voir avec la magie des première temps héroïques. y. peut être parce qu'elles sont des déesses sidérales. qui lui est attribué. sq. tapisserie sur les un canevas pourpre toile où elle représente : nombreux combats des Grecs est la . Elle n'est le mythe d'Ârtémis par le fuseau d'or et qui (1). La toile d'Hélène est couverte de dessins représentant des combats héroïques. simple lueur de la science. et c'est ce qui explique les chœurs des muses à YIII. rappelle est aussi la navette d'or de Calypso.îSt). Il faut remarquer un peu plus bas. ixp^'^érr. ou plutôt n'y a-t-il pas là un caractère -. (2). essentiel ? Cette difficulté sera résolue à propos des Sirènes chanteuses. illusion des esprits à la Le dernier caractère propre aux. Alors la toile d'Hélène sera simplement un voile constellé.64- CIRCÉ réelles de sorcières. on trouvera peut-être que les combats autour de Troie sont les combats du Ciel. 125.

ythe d'ailleurs semble que c'est le contraire qui dût avoir lieu. c'est tabernacle du Ciel qu'elles étendent tous les soirs et que replie l'aurore tous les matins (2). (1) (2) Od. On pas sent que la toile de Pénélope faite et défaite chaque jour. Le a reçu une altération plus considérable ce n'est pas la Il . réunit dans ces deux vers sous le nom de Pénélope deux travaux dont un seul beaucoup d'attention. Orph.zoç ÇoijiôsvTa Y.- » 'v5ui«tîv] p. détail qui sert de commentaire aux deux épithètes qui précèdent (1). immense. elle tissait sa toile. Homère. par le abus ou confusion peut être.DIVINITÉ LUNAIRE. qui n'en a plus le sens. délicate. dans une tation se présente telle situation « comme d'elle-même. sq. 94. toile ce Elle entreprend de tisser dans TTcpiasrpo^. 65 dans la même proposition. comme Calypso. m. elle la défaisait. lui appartient. mais bien toute. son palais une grande. n'est chose que l'expression de cette croyance naturaliste .ùa. et. II.ev iiéym 'ktzov. — vj -i/xty. > filent les Ces grandes toiles que déesses de la nuit. autr. Ceci d'ailleurs mérite encore .i-Jo^pS>T(x TTOpsv/j'j à. nuit qui défait sa toile.divinité du matin. hymn. '•^airiç. mais le texte s'y prête très-difiicilement : « Tout le jour.e toutes les nuits. C'est la seule observation qu'il si l'on ne trouvait dans les Védas la même occupation que l'interpréLa Nuit. ni Aphrodite. parta- assignée à la Niiit. les déesses lunaires.vro)lxig zxîç goûç t^s'^ttsiç inzo viazsoc/. s'occupe à tisser sa toile immense. geant avec Savitri. ou quelque affinité avec la Nuit. vûxraç S'âW. ni les Muses ni aucune divinité autre que celles qui ont un carac- tère lunaire. LXXII.îv û^kwîot. Il faut remarquer que jamais Héra ne file.Û£(rzEv. Elle peut y travailler trois ans consécutifs sans exciter les soupçons des prétendants . 'Hw. y aurait Hélène à faire et Pénélope.

yeux . en ce qui concerne Ulysse. Si l'on compare cependant l'épopée homérique avec les incidents. et que par conséquent Ulysse est lui-même un Dieu Soleil. même arguments d'ApoUodorc. Mais. p. Quoique Homère l'antique ait ignoré le rôle attribué à Circé dans qu'il l'ait hiérarchie des Dieux. on comprend. sa descente dans les aux enfers à toute autre épopée solaire. plutôt il comme une grande dame que comme une cependant qu'elle est sait Déesse : . II. et les travaux erreurs ou des voyages. Dans : les hymnes Vôdiques. 94. tu remplis tout le ciel de ton éclat. (1) d'Hercule sont souvent des les erreurs (4) comme d'Ulysse. Celui-ci est soumis à des travaux comme celui-là à des erreurs. la victoire définitive du héros. et nourrisson de Zeus. un héros expérimenté cependant. La ressemblance est surtout frappante avec Hercule. et le représente il n'éprouve aucune hésitation. Yéda voyageur de tous (7r««7tyâvîç). sans plus ample examen^ que les péripéties de l'Odyssée sont celles d'une course solaire. par une rémi- niscence des hymnes qu'il avait entendus. et il lui échappe même de l'appeler une grande Déesse §t« ôsâwv.VIII. « Soleil voyageur. et représentée divinité. I. exposé aux R. Et courageux. les luttes. : le Soleil est quelquefois appelé le Tom. rien le croit comme un et le un roi. » Ibid. qu'un homme lecteur est tout disposé à le considérer comme tel.

en fit une pour le voyageur. et l'a fait constater par Hercule dans les Pluton : paroles qu'il « ! adresse à Ulysse. Fils de Zeus. descendu chez toi aussi fils Ah malheureux. 40. soumis à difficiles lâche mortel qui m'ordonnait de travaux. X. dirigé par Hermès et Athéné. et la comparaison inattenAprès qu'il l'eût bien manié et considéré en tous sens. » (1) L'arc et les flèchei sont les armes de Hélios et de Séléné. pourtant je l'ai du palais d'Adès.ULYSSE. les prétendants abattus se p. sont souvent des travaux : 67 avec les Lsestrygons. par la lutte exemple. il -Il m'a même le envoyé ici pour en ramener le chien. Il les emploie dans la reconnaissance du camp des Troyens. Le héros est armé de l'arc et de la flèche comme Apollon ou Hercule (1) . Toute la scène doit être en quelque sorte étudiée mot à mot dans le texte (XXI) notamment l'examen attentif que due qui héros de son arc. » Cette descente aux enfers. Tom. avec Polyphême. après avoir ciel achevé leur course diurne dans paraissent s'abîmer dans la nuit. de Kronos. I. patrons des archers comme dit Eustathe (40). Varouna qui prépara au Soleil celte large voie où il poursuit sa carrière qui. La bataille sanglante qui termine le poëme appartient aussi à la catégorie des travaux solaires. p. ainsi qu'un homme habile sur la lyre et dans le chant tend facilement une corde avec une cheville nouvelle. rappelée par Hercule est une circonstance caractéristique de la vie des Dieux le solaires. un tu mènes une triste vie sur la terre. De la main droite il essaya la corde qui rendit un . dans la chasse de l'île ^a (Od. 318. qui. la lumière du Voyageur! » Jbid.) mais « Dieu qui précèdes « C'est le royal . dans une région dépourvue de route. et comptait que ravi combat ne serait pas possible. je souffrais mille ennuis. avec Scylla. Homère a vu parfai- tement cette ressemblance. X. avec Diomède (11. surtout dans la catastrophe finale de l'Odyssée. Ce sont les armes de prédilection d'Ulysse. sans plus d'effort Ulysse fait le le termine : « tendit le grand arc. 2G0).

se rattache au radical malgré bSoç. dans Guigniaut. comme ailleurs formé l'année. En fait il s'oublie Ithaque dans Ogygie. Il serait -facile par les douze anneaux également espacés d'augle menter ici.et cette étymologie. (1) (2) Cf. » Apollon n'agirait pas autrement. on peut répondre que cette affection n'est que de préférence et ne l'empêche pas de porter ses amours au dehors (2). Si le nombre des exemples . a indiqué. 1796.68 ULYSSE les têtes la remplacent et se multiplient comme de Lerne le carquois s'épuise avant : de l'hydre chute de tous les fils adversaires et Ulysse est obligé d'avoir recours à son Télémaque. mais ce n'est pas lieu l'on prétend qu'Ulysse se distingue d'Hercule par l'affection constante qu'il porte à Pénélope et lui l'île fait regretter ^a. Eust. portés par des le jeu de l'arc lorsque Ulysse fait passer sa flèche (i). de la caverne de Polyphême. 1141. C'est un orage à la fin du jour. bSto-o-sûç. Ghrest. mais les mois lunaires qui sans doute ont. en Grèce. Ulysse épouse Callidicé. a été acceptée son clair comme un cri d'hirondelle. Ulysse et ses béliers. comme Hercule auprès 'oSlic-o-cûç. p. Les douze anneaux représenteraient non les signes du Zodiaque. par un pressentiment remarquable. bSsûw. dans courant d'idées. ayant dissipé ses ennemis se couche vainqueur. d'Omphale. route. faire route . Le nom dérant d'Ulysse. Creuzer. bSuiTsûç. et Proclus. comme Hercule à Jolaos. Schéria et auprès de Circé.. et compagnons reviennent au jour. ses serviteurs. la sortie le même comme pouvant être des mythes oii solaires. Le soleil. . Creuzer. celle qu'Homère avait pris soin de donner. en le consi- comme absolument grec. reine des Thesprotes. à Eumée et à Philétios.

Elle convient parfaitement au caractère du héros dont toute la vie comporte une suite non interrompue de voyages. mère d'Ulysse. selon qu'ils adoptaient le radical bSôj. Mais les grammai- riens grecs hésitaient. bSuo-crîûç. 69 par quelques grammairiens anciens. » fils.Tr. La signification du mot comprenons. un mythologue qui avait adopté l'esprit rude en se fondant sur cette légende : « Anticléa. — oSua-a-âp-evo. tôS' î-/. Ulysse. telle le Voyageur.) faut qu'un grec et raison pour contredire un grammairien ait eu dix fois une étymologie donnée par Homère. Autolycos répondit « Mon gendre et ma fille. Zeus vint à pleuvoir. On voit en serrant d'un peu près sens. Eustathe cite Silénus de Ghios. . ( un Soleil Voyageur. trouve le nom que tu et qui te sera le plus agréable. voyageait sur les pentes du Néritos. A(7Tc/)o§t«) en tant que faisant route à travers Ulysse serait en conséquence à Hypérion terre. et consacrée par une légende mythologique (i). parce » Il avait plu dans son voyage Tvj o§&j vccf-L. La légende : homérique les est en effet trôs-dilîérente « Euryeléa plaça son lils sur genoux d'Autolycos et lui veux donner au fils de ton : Autolycos.SOLEIL. dans Nanus nkv. le voleur. Ulyxes) (Uthuxe que nous la . ou le radical 'oSùo-ffoaat. Le même radical bSôî se retrouve dans ( le nom d'une divinité certainement lunaire.ç (Nâvoç) employé par Lycophron et traduit par Il {Errabundus) celui qui erre. le hommes et le femmes. non dans les formes étrusques et latines qui ne sont que des dérivés d' bSyffffîyç mais Uluxe Udysseus . Astérodia les astres (2). l'esprit le (1) bSôç a rude . l'esprit doux. se retrouve. analogue Yttcoîwv ) que son char emporte au-dessus de la l'Inde le Soleil est souvent Remarquons que dans : appelé simplement grec. et accoucha sur qu'il le lieu même d'un enfant qu'elle [h) appela Ulysse. — c'estpourquoi vous l'appellerez courroucé. qui voyage. donnez à ce garçon le nom que je vais vous dire. et en qui le poëte vante son expérience des hommes. Je viens chez vous courroucé contre quantité dit : « de gens. .âvw . que c'était aux gens volés par Autolycus et non à lui.-rf. Anticléa (glissa et) tomba.

et Quant à Nanus. trouvé. (1) 'OSuo-ffEÛç est forme commune. c'est On trouve un autre nom de divinité sidérale Euryodia (Evpvo^La. Naca est. la lune dans ses trois décades. Yol. Overbéck. qu'Ulysse s'est d'abord appelé Nâvoç. [Xpoiiix.cà même vers : « Nàvoç. petit. Orat. izlivxKJt Tiivr' épswhtrai. et si l'on fait attention non plus à OSôj. Olyseus. puis les miroirs Etr. i que Ja forme 'Olvatreiç Oliyoç. (Th. fase III : Uluxe. Uluse. V02TE.« KQ)là TùÂY/p-i). le vocable Ulyxes. Tom. A la forme 'OBucto-êûç se rattache VÔVEE. Odysséenne fréquemment reproduite Montfaucon. d'Hésiode. 96. dans SCS erreurs a fouillé tout recoin de mer : et de terre. père d'Ulysse. -fiç.tÇwv. 4. ou Hypérippé Islrrjri. » d'être fàchiîs. Ulis. A la forme 'Olytro-eû. comme forme ancienne. (Welcker. la pâle). on se sent mais qui ne regardent entraîné vers des considérations très-singul .. le commente dans xlh: zc liv^o-j y. lit dans Homère sur la table (Od. mais à '0). V. {YTrspÎTZTrr. appelée aussi Ghromia. III. plus Gircé. : 'oSucsùç se . le donne avec la signification comme le nom à'errabu7içlus (îr)>KVvîT/î?). sont dans Eust. et ensuite Ulysse. Naïïus. 11 faut remarquer d'ailleurs que la mention d'une route parcourue se retrouve dans la légende d'Homère aussi bien que dans celle de Silûnus de Chios. XIX. IV. 4. mais Nâvoç et Nanus veulent un nain. Rel. gr. ou qui fait de longs voyages) C'est la mère d'Arcésius. père de la Laërte. avec le radical ôSôj. 'OlvGCTsicx. 405) et dans Hésiode 1017) 'o3to-(7cûç. qui a qu'il appartenait vu les villes de beaucoup d'hommes (1). dit-il.70 ULYSSE SOL'EIL. encore Ulysse. Il faut bien accepter ce que dit Tzetzès dire aussi se rattache . (2) Pausan. quoiqu'elles regardent . pi. C'est une il n'est point de forme plus ancienne que celle d'Homère et erreur . (Quintil. Maury. Hthuxe. Lycophr. G). 1. Arch. Tzetzès d'Ulysse (in cUez J'ai les Etrusques. 1. réellement latin. dont les sentiers sont larges. chez les Assyriens. Olyten-. dis-moi héros vagabond [k fjtâ>. se rattachent les vocables étrusques recueillis dans un mémoire des Annali dell' Inst. 'Olvaffcvc. Inst. p. » Homère ne s'exprime pas le autrement « Muse. Astérodia est le nom de la femme d'Endymion. res. 240) et probablement la leçon fautive formes latines Udysseus. Guigniaut. Ydysseus. qui chevauche en haut) : tous mots équivalents de l'épouse de l'Endymion mythologique. 1245).

Plutarque il traite donc cette légende comme une histoire. Déjà nous avons celui d'Hercule et Omphalc. — Dion. 13. recommence sous ses ordres donc pas un . velu d'une robe. 2. gr. personnage historique. et orna la statue de Zeu3(Plut. Nous devrions le croire. lors même que ce seul exemple existerait dans la mythologie grecque. les héraclides qui régnèrent à Sardes descendaient. sui%-ant lui. Q'uaest. (Cf. 2. D'après Plularquo. sous la forme légendaire que lui donne Homère. Cette hache que Candaule avait par dédain confiée à un serviteur. YIII. nous on indique suflisamment la disposition générale. Hercule. esclave. IV). ttoIlt. ni historique. n'est Or.. et comme un et recevant des coups de la sandale d'or : d'Omphale. La rencontre d'Ulysse et de Circé. Une pierre gravuo dans Guigniaut. esclave d'Omphale. se faisant éventer et parfumer par les femmes d'Omphale. cache une certaine conjonction du Soleil et de la Lune.(Thésée il 6. vainqueur de Candaule. 505 ans avant Candaule. cardant la laine. Plut. Sic. Apollod. XV. sî Trpîo-Sur. l'Amour est dans un coin. IV. Mais il s'y en trouve d'autres qui donnent à celui-ci cité la force d'une certitude. se 1 était portaient comme un imposé en punition du meurtre d'Iphitus. 6. Diod. Ch. Cf. Hérodote ne cite nulle part une Omphale lydienne ni mythique. Omphale bibl. Les rois de Lydie sceptre la hache ravie par Hercule h Hippolyte l'Amazone. Hercule baisse la tête de confusion. c'est pourquoi blâme les peintres qui représentaient Hercule en robe jaune. Il revient à ces détails (XXV.. 45). d'une esclave de Jardanos.IX. dont il avait fait don h Omphale. fut transportée en Carie par Arsélis. Les documents (1) Lucien. 32. montre Hercule.) l'esclavage d'Hercule avait été volontaire. Les peintres de genre aimaient à représenLer cette scène Hercule lilant et Omphale couverte de la peau de lion. (1) la déesse lunaire de Lydie. 10).

Les savants s'accordent à chercher dans les langues sémitiques l'étymologie du nom. c'est-à-dire et l'inaction . Cf. tente on ne peut que pas autre que (1) le rattacher à 0|/y«). 13. une série de travaux. est. bibl. pendant une année. malgré le Môly_. pour le guérir. délivré de sa une expédition contre Troie. qui ne s'est glissée dans la religion hellénique qu'après l'établissement des colonies sur la côte Ouest de l'Asie.ôî. pass. il Omphale et Circé. Mais. Ulysse. Achill. Tel est (1) aussi le caractère s'y du séjour d'Achille à Scyros. qui la rapportaient. et de son union avec Deïdamia naquit Pyrrhus.-/?.. Thétis. d'après ApollodorO. l'esclave de Circé. représentaient comme en état d'esclavage auprès d'Omphale et son séjour comme un châtiment. est tout le mythe.72 grecs sont rares sur ULYSSE cette rencontre qui n'est et connue ni d'Homère ni d'Hésiode. b^yâ>vïî n'est Kip. Lycomède le recueillit. 'AmxllKysiç r^j ii6(totj maladie. Le héros s'y oublie pendant une année dans les plaisirs lui . le couvrit d'une robe de femme et l'exposa. les poëmcs Hercule anciens. — de la trompette. 8. Hercule. mais. Tel est caractère du séjour d'Ulysse dans JEseenne. d'oii résultait pour lui une sorte de maladie morale dont le il sortait pour conquérir l'ile Troie. apprit qu'il était chez Lycomède et parvint à le découvrir en faisant sonner ApoUod. T. il Au fond. Le héros s'y cache sous des habits de femme. et dans ce cas. malgré son glaive. Stat. prévoyant sa mort. énerve dans la volupté lui et Deïdamia remplace près de Ulysse. Quand Achille eut neuf ans. Mais en le considérant comme grec. Calchas déclara que Troie ne pourrait être prise sans lui. ont besoin de rappeler Ithaque. Ainsi il se rendit à Troie. et ses compagnons. Comme a besoin d'un s'arracher avertissement de ses compagnons le pour aux l'a enchantements toute . . lorsque son de la trompette Après son esclavage.

Théocr. Rh. où l'issue est ou fatale ou indécise. M Millier.XX. jeune et (2). IV. 28 . et ne se retrouvait (1) (2) T. le Dieu reste trente ans endormi (1).3.i9. 1. cette maladie n'était commune Myth. 17. l'emporte sur ses épaules. 11 y a donc là un fait mythologique constant. bibl. celui d'Endymion. (3) Athén. Cf. Dans ces trois exemples. et si les — — étrangères. Deipn. à une maladie particulière. à tous les Dieux Soleils. et il reste enfermé dans la caverne de Latmos et son est toujours action solaire a disparu. et immortel Endymion souhaite de rester toujours couché. Il et l'endort en lui laissant les yeux ouverts. Apollod. Cf. . réveil n'y a point de . Vat. ' p.37— ITI. pas de l'Asie. V. d'Apoll. (Mylhol. 198.ECLIPSE. mais il jeune et immortel. . au milieu de l'incendie de Troie. Ch. De plus. d'Omphale. pour Endymion. XIII. tantôt tantôt durable. guéri. 129 - 2.5. et Il y en a d'autres où maladie semble se prolonger. tel que les Grecs l'ont compris cependant Endymion voit. la maladie et le réveil temporaire énergique. dans la légende d'Endymion et de Séléné. 57. Une dernière forme du sommeil d'Endymion dans Athénée (3) : se trouve Hypnos aime Endymion. Suivant une autre leçon^ Zeus lui accorde l'accomplissement d'un vœu. Leurs Dieux Soleils étaient sujets.7. Il Le mythe d'Anchise fait pendant à a été aimé de Cybèle et il est resté Son fils impuissant et perclus. Grecs ont accepté les légendes étrangères d'Endymion et et il n'est pas démontré qu'elles soient c'est qu'ils les ont trouvées concordantes à leurs propres traditions. comparée) el le Schol. est la il 73 court à Troie. Ainsi. comme ceux momentanée.

7-4

ULYSSE
les

pas dans toutes

légendes indistinctement. C'étaient des
à certains Soleils,
la

accidents propres
circonstance,

dans une certaine
lorsqu'ils

toujours

même,

c'est-à-dire

étaient en conjonction avec la lune. Or, ces maladies à la
fois

morales

et

physiques, qui

enlèvent le courage aussi

bien que la force, qui permettent cependant la continuation

de

la

vie,

même

dans

l'inertie

absolue, et le
ces

retour à

l'action,
Soleil,

après un temps déterminé,
la

défaillances

du

en conjonction avec

Lune, ne peuvent s'exprimer
:

dans

la

langue grecque que par un mot

hlzii/iç.

Eclipse (1).

L'arrivée d'Ulysse dans la

demeure de

Circé, et son séjour

d'un an n'ont eu pour base, dans dont

Homère

n'a

la mythologie primitive, entendu lui-même que des souvenirs

transformés, qu'une éclipse du Soleil. Dans les
primitifs, l'Aède montrait le

chants

chant avec inquiétude

voyageur sur son char, s'approdu disque pâle. La magicienne

l'appelait à elle, lui ouvrait l'entrée (2),

peu à peu

éteignait

(1)

L« mot

latin defecius a la
II, 9.

deliquium, ainsi que Pline,

môme signilication. Manilius emploie Un mot plus remarquable est coiliis,

pour conjunclio. Ib. II, 10. Ces termes scientifiques ont eu leur origine dans les croyances religieuses. Le rapprochement des deux derniers mots explique toute la légende de Circé.
(2)
«

La Déesse ouvre

les portes brillantes (yKswxç) de
»
;

son palais.

»

J'ai traduit

plus haut « portes d'airain
»

j^eut-être conviendrait-il

mieux

de dire
l'airain;

»

portes d'argent.
II.

L'adj. c^azvjôç s'applique

aux métaux, à
188,

XII, 151.
11.

mais aussi à l'aurore; Od. IV,

à la lune

elle-même.

VIII, 555.

Le sens
à celui
«

du palais de Circé doit être identique portes de l'Olympe, conservé par Homère. II. V, 750, d'elles-mêmes s'ouvrent en mugissant les portes du Ciel, que gardent
naturaliste des portes

des

les

pour replier ou étendre

heures (printanières) auxquelles est confié le large Ciel et l'Olympe, les nuées épaisses. » Aux portes olympiennes,

ÉCLIPSÉ.

75

ses rayons jusqu'à ce qu'elle le couvrît et le cachât tout

entier

aux yeux des hommes épouvantés
restait

(1).

Ainsi

le

voyageur
couché,

dans

l'Ile

iEseenne

dominé,

énervé,
il

privé d'armes,

malade. Le
il

temps accompli,
l'ile

s'arrachait à la séduction,

s'éloignait de

funeste
(2).

;

de

nouveau

il

brillait,

etTAéde chantait sa guérison

qui ouvrent passage') au printemps et à la lumière correspondent les portes d'Adès (II. IX, 312) par où on pénètre dans les ténèbres, et les brouillards perpétuels. La Lune ouvre ses portes qui donnent entrée au

monde
(1)

intermédiaire dont elle est souveraine.

Plut,

de facie in
«

orbe

Imve,

19.

Cf.

Pline. II, 9.

Viri ingontes supraque mortalium
,

une phrase pénible de naturam (sunt exisliet

mandi mathemalici) tantorum numinum lege deprehensa,

misera

hominum mente
silerum pavenle,

absoluta, in defeclibus scelera ant
et in

morlem aliquam

creinlii dissono auxilianle.

Luna veneficia arguenle morlalilale, et oh id La mauvaise réputation de Gircé parmi les

hommes

que son pouvoir d'énervement sur souvent indiqué par les historiens au moment des éclipses, et qui est encore en usage, pour le même motif chez quantité de peuples modernes, s'est conservé à S. Félice, comme la
n'a donc eu d'autre source
le Soleil.

Le

charivari

si

dernière trace du culte de Circé. Cf. Gins.

Capponi,

il

promonlorio

Girceo. Velletri 1856, p. 356. Cela s'appelle fare la campanacciala.

chapitre du charivari
la

manque au

livre si substantiel

de M.

Le Maury sur
les trois-

magie.
(2)

Le lecteur ne

doit prendre

comme

éclipses de Soleil

que

légendes que j'indique
;

Omphale nombreuses que les éclipses. Le nuages étaient pour les Grecs

spécialement: Ulysse et Circé; Hercule et Achille et Déidaniia. Les défaillances du Soleil étaient plus
soleil

soleil voilé par les légendes rapprochées de ces trois, quoique s'en distinguant. Apollon berger chez Admète, Paris malade chez CEnone, magicienne, appartiennent à cet ordre de

couchant, le

l'objet de

légendes,

comme Endymion

et

Séléné

-,

Anchise

et Cybèle.

X.

Le

Soleil éclipsé n'est

qu'une partie de l'épisode où
raconté la conjonction
les

le

chantre

homérique

a

des

deux

grandes divinités sidérales, sous
Circé.
Il

noms

d'Ulysse et de

s'y

trouve une seconde partie tout aussi considé-

rable et intéressante. Je veux parler des instructions (1)

données par la Déesse au héros sur les dangers de la route qu'il va suivre. Cette seconde partie doit elle-même être
divisée en
:

Instructions relatives aux lieux souterrains

;

Instructions relatives à la route d'Ithaque, ou plutôt à la
sortie de
l'île

/Eaeenne.
le

En
un

se plaçant

au point de

viie

du

naturalisme primitif,

voyage du
;

Soleil

n'est pas double
suffit

comme
traversé

le

dit

Homère

seul voyage
il

à le faire

aboutir aux lieux souterrains où

disparait, après avoir
très-variables.

un

certain

nombre

d'aventures,

« (l) Lorsque l'année fut accomplie joar la succession desheures, mes compagnons me dirent « Il est temps que tu te souviennes do ta
:

patrie, si les Dieux, t'ont réservé

de la revoir.

»

Alors je montai sur
«

la

couche de Circé,
accomplis
plaintes,
ta

et

j'embrassai ses
là.

genoux

:

Circé,
le

lui

dis-je,

promesse; mes compagnons
n'es pas
»

me mangent
:

cœur de

leurs

« Vous ne resterez répondit pas malgré vous dans ma maison. Mais il faut que d'abord vous fassiez un autre voyage et que vous vous rendiez dans la demeure d'Adès et de

quand tu

Elle

me

Perséphone pour consulter l'âme du Thébain
dont
l'esprit est lucide.
»

sur

le lit

Tirésias, le devin aveugle, ces paroles, mon cœur se brisa. Je m'assis et je pleurai, et je ne voulais plus vivre ni voir la hunière du

A

XII.enfers tous ne paraissent : pas solaires. besoin d'un Après avoir dressé le nicât et largué ta voile. 35. 12. le Les instructions pour (1) second voyage sont au ch. tu resteras tranquille. et le souffle de Boréo te portera. sq. Alceste.PRÉCEPTEURS DU SOLEIL. ApoUod. Hippolyte. comme Pirithoiis. extrêmement minutieuses. 22L Parmi les divinités solaires qui Hercule prit la main de Thésée et le releva mais comme il se préparait à relever Pirithoiis. une nomenclature de personnages mythologiques échappés aux. analogies avecle Soleil. bib. 77 s'est Une telle conception d'un voyage unique rapidement modifiée. autrement naissait pas tous les que le Soleil ne mourait pas. Glaucus. » . Hermès. RigVéda. nécessaire placé tantôt au milieu. Adonis. par exemple. tantôt à la fin (2) d'une course solaire. C'est sans doute à ce moment du déverecueilli les loppement du mythe solaire qu'Homère en a jour. Hercule. outre Ulysse.6. selon qu'il était aux légendes d'un caractère historique qui ont succédé à la première conception naturaliste. ne remontaient pas au Ciel. Après que je dis : "^ me fus rassasié de larmes et de désespoir. ont tous des femme d'Admète. pilote. I. p. . Pirilhoiis (Ilct^tÔooç) y termine au contraire son voyage « Pirithoiis et Thésée. ne la les jours. X. Cérès. même qui avait voyagé hier. 5. qui me conduira sur ce chemin? Vevsonue encore n'est > « arrivé chez Adès sur un navire. oîi le Dès lors descente dans les lieux souterrains. Bacclius. Ces deux divinités précipitées dans les ténèbres au milieu de leur course. (2) on compte. je lui Circc. a été altérée à une époque indéterminée. coucher du Soleil. » Od. Tu n'auras pas. sq. a pu devenir un simple épisode. un tremblement de terre le força à le lâcher. On trouve dans Hygin. répondit Circé. Mais Castor et PoUux. Puis viennent les prescriptious rituelles. comme Phaëton. 251. à la vue d'Hercule. lui tendaient les mains pour qu'il les ramenât en haut. Orphée. 470. on en voit la trace dans les Védas (1). 2. Thésée. La légende d'Hippolyle tombant de son char. visitent Adès et en peuvent sortir. dès que les hommes se sont aperçus que le Soleil qui faisait son voyage aujourd'hui était le dit.T.

Avant le Soleil ils ont parcouru la route céleste. Tom. Tom. Ainsi la mère de Savitri. PRÉCEPTEURS Nous Youlons était établir que ce système d'instrucdes tions au Soleil partie intégrante conceptions divinité. p.p. Agni. l'une. à des degrés divers. Ce sont là. Yétla. les dangers et point précis où elle aboutit à Né après fils. la Nuit. (4'). « remet à son le fils le soin d'éclairer le le Soleil monde (1). les anciens. lumineux — (le commentaire la voie) de l'astre Après avoir préparé la voie. les expéri- mentés. Avant lui se montrent l'Aurore. eux. Indra. 307. aussi bien que dans celle de la Grèce. (3) Ibid. 418. p. p. II. p. 307. (5). matin dans le Ciel (2). et sous mille les en qui vivent tous noms. Tom. Tom. le ils en ont vu l'Occident. Dieux. comme dans l'autre. 118. (2) Ibid. l. la les Lune. le Soleil n'est pas le premier né des Dieux. primitives du Soleil considéré comme une nous telle chercherons ensuite la nature de ces instructions. I.. (5) Ibid. le Soleil est souvent considéré comme leur en sorte qu'une affection maternelle s'unit à l'expérience pour donner à l'enseignement un caractère réellement dramatique. — — Les Dévas placent Les Sages conduisent le Soleil comme un navire le sur l'eau (3). les premiers nés. Commençons par Dans les exemples qui abondent dans la mythologie de l'Inde. I. qu'elle devait résulter des conceptions naturalistes. II. . dit — : Ailleurs l'Aurore prépare berceau. (4) Ibid. Açwins. l'atmosphère.78 traditions. Tom. l'Aurore semble appeler des yeux sa sœur aînée — Comme (1) Rig. 312.

I. la naissance : etc. il suit sa dans une région dépourvue de route. (chantres divinisés) ont construit pour les Aswins un char fortuné qui fait le tour (du » Ibid. I. pas plus que l'Inde mythologique. les Dévas. p. suffit de lire. offre la La mythologie grecque précepteurs du Soleil. aussi bien que dans épopées. Tom. Tom. « 32. Yarouna. Le royal Varouna a préparé au Soleil la large voie où . tr. IbicL. sq. (2) Ramayâna. I. les Ribhous. 225. les précepteurs du Soleil se changent avec une facilité : extrême l'Aurore. l'époux suit 79 suit la son épouse. quoiqu'ils arrivassent plus rapidement que l'homme au complet développement de leur nature (2). et les chevaux s'élancent dans » la route. le Soleil brillante Aurore rapides. l'enseignement qu'indiqué. p. comme 'eux. p. 35). même diversité. n'a compris Dieu éternel. les Dans les Védas. 53. il des Marouts. 40. quoique tous les Dieux de l'Olympe ne puissent être indifféremment En même temps croyance en la elle nous montre de cette comment éducation. 10. il Soleil. nobles. Tom. est née la nécessité La Grèce mythologique. Elle a cru que les Dieux naissaient grandissaient petits.DU SOLEIL. « Agni. les diverses initiations par lesquelles passe héros. dans le le Ramayâna. carrière — — . Ainsi elle montrait Hercule étouffant au berceau- Ci) ma. n'est (1). Dans ces passages. . On <• pourrait joindre quanliLô d'autres exemples à ceux-là. » Ibid. et qui remplissent presque tout le poëme. transporte ici les Dieux sur son char. les à Râma puissance. les Aswins. comme les enfants des hommes. » Védas. 24. monde). Pour trouver une véritable éducation du brillants. Tom. "Viçvàmitra communique deux sciences merveilleuses la puissance et l'outre lui enseigne les mystères delà Gangâ (p. et . Fauche. Agni a révélé à Manou la région du Ciel. p. il en a fait une pour le « LesRibhous voyageur. les Sages.

80
deux serpents
;

PRÉCEPTEURS

Hermès

sortant de son berceau

avec l'habileté d'un larron

consommé

les

pour dérober bœufs du Soleil;

Zeus nourri dans une caverne de Crète, loin des Dieux qui conspirent sa perte. Le mythe d'Athéné, issue toute armée

du cerveau de Zeus,
telle

était

d'une conception récente.

Une

croyance dérivait naturellement de l'observation des
astres,

deux grands

au moment de leur lever

(4).

On

les

voyait d'abord

comme un
des

point brillant, se dégageant peu à

peu des

cîraes

montagnes comme des langes

d'un

berceau, passant par des
entier développement

phases diverses jusqu'à leur au milieu du Ciel. Alors naissaient les

dangers. « Ce Dieu qui n'a point de guide, qui n'a point de
lien (disaient les Yédas),

comment
Le

fait-il

pour monter^ pour

descendre sans tomber
est

? »

Soleil,

dans les idées antiques,

un cocher conduisant un char, en même temps qu'un guerrier combattant surcroît de difficultés. « Ardue est la
:

voie d'abord

;

les

chevaux à peine

éveillés,

la

montent
;

péniblement.

Au miheu du

ciel est le

point culminant

à

voir d'en haut la terre et les flots, la tête tourne et le

cœur

bat plus vite

;

à l'extrémité la voie descend et

il

faut peser

jaillit

La naissance d'Apollon (H. in Apoll. v. 120, sq.). « Le Dieu à la lumière, les Déesses le lavent dans une eau limpide, l'enveloppent de langes blancs retenus par un lien d'or. Latone ne le nourrit
(1) Cf.

pas de son lait; mais Thémis, de ses mains divines, lui fit goûter le nectar et l'aimable ambroisie. Aussitôt que Phébus se fût rassasié de
la nourriture immortelle, le lien

se débarrassa de ses langes

d'orne pût résister à ses

efforts, et

il

et sur la terre

aux larges routes s'avança

à grands pas le brillant, dont les traits portent loin. Toutes les Déesses l'admiraient dans l'étonnement. Délos toute entière se couvrait
» Dans ce passage, d'une d'or, en regardant le fils de Latone et de Zeus. incontestable antiquité, le naturalisme est à peine déguisé.

DU SOLEIL.

8i

sur les rênes. Téthys qui attend en bas tremble que le char

ne

soit précipité

dans

les flots. Nulle ville, nulle

maison,

nuls temples sur la route; elle va à travers des dangers et
des figures monstrueuses.
11

faut

éviter les

cornes

du

Taureau,

l'arc

du

Sagittaire,

les dents

du Lion,

les pinces

énormes du Scorpion, les pinces du Cancer, à l'affût des deux côtés. » Hélios est le seul précepteur de Phaëton.
C'est

un père qui

instruit

son

fils,

et

ne se contente pas

d'un enseignement préliminaire et général, mais du seuil
de l'Orient suit avec angoisse la marche du jeune imprudent:
a

vas-tu,

mon

fils

?

ménage

le fouet

qui blesse ton
des planètes.

attelage. Evite les étoiles fixes et le

chœur

Prends garde que le fougueux Orion ne te tue de son glaive, que de sa massue enflammée le vieux Bouvier ne te frappe, que dans son ventre immense la baleine céleste ne t'engloutisse,

que

le lion

ne

te

déchire, que le taureau de l'Olympe

courbant la
Sagittaire

tête
et

ne

t'atteigne

de sa corne de feu. Crains
»

le

ses

flèches

inévitables.

Dans

d'autres

légendes solaires, on voit les précepteurs se succéder ainsi

que

l'ont

montré

les

Védas, et suivre tous les pas du Dieu (1)

avec la

même

tendresse

dramatique.

Dans

l'éducation
Il

d'Héraclès interviennent les Dieux et les

hommes.

apprend
;

d'Amphitryon
d'Autolycus,

l'art

du cocher, d'Eurytos,

celui de l'archer

laklte; de

Castor, l'escrime;

de Linus,

la

musique. Athéné

lui fait présent

d'une armure dans
d'airain

la

guerre contre les Minyens,
(2)

de cymbales

pour
Dans

Ai S

âipoL

KÔ.fTKt

Qâaêîov àQxw.rat.

Hom.

h.

in Apoll.

135.

Nonnos,
char.

38, 306,

Clymène

palpite de joie h la

vue de Phaëton sur son

As/jzofisvv!

l7r«)>),îT0

yà.çi\j.omiprfrrtp.

82

PRÉCEPTEURS
lolaos,

disperser les Stymphalides.

son cocher, a son rôle
qu'Ulysse va consulter

dans

la lutte contre l'Hydre.
le

Ainsi

sur sa route

devin Tirésias, Hercule va à la recherche de
et le lie, et

Nérée,

le

surprend endormi,
de
lui

ne

le

lâche point
et les

qu'il n'ait appris

se trouvent les

Pommes

Hespérides.

Athéné se montre dès

le

commencement de

l'expédition

des Argonautes pour donner le plan du
rappelle l'Aurore préparant le berceau

navire

du

Soleil.

— —

ce qui

Les

navigateurs trouvent en Thrace le devin Phinée, aveugle

comme

Tirésias, qui leur

éviter les

— Symplégades.

apprend comment

ils

pourront

C'est ainsi qu'on trouve dans les

Védasles Sages mettant

le Soleil

comme un

navire sur l'Océan.

sur sa voie et le conduisant
L'intervention des sages
la voix

et des devins se manifeste aussi

par

de la proue du

navire, faite

d'un chêne de Dodone et douée du don de
substitue à la proue prophésage.

prophétie. Le tique

poëme orphique Orphée, un devin, un

Sur

le

territoire
les

du

Colchide,
faite

Médée, une déesse lunaire, que

Grecs ont

sœur

de.Circé, apprend à Jason à mettre sous le joug
;

les

taureaux d'airain

elle le

guide vers la toison.
tirés

Les résumés d'ApoUodore, vraisemblablement

de

poëmes
de

perdus, suffisent

à montrer que

les

précepteurs

n'avaient pas
la tête

manqué à Persée pour
le

l'aider à la
le

conquête
trois

de Méduse. ApoUodore divise
matin,

voyage en

étapes, (le

midi, le soir?) Pendant la première,
la

Athéné
filles

et

Hermès l'accompagnent jusqu'à
la

demeure des
de Phorcos
chaussons

de Phorcos. Pendant

seconde, les

filles

le

conduisent chez les

Nymphes qui possèdent

les

DU SOLEIL.
aîlés, la

83

besace et le casque qui rend invisible. Hermès

reparaît encore pour l'armer de la faucille d'acier. Ainsi

protégé,

il

parcourt la troisième étape et tranche la tête de

Méduse.

Le voyage de Bellérophon n'est l'objet que d'une mention dans Homère ; mais le mot important s'y trouve. Bellérophon
tue la Chimère, « en suivant les
ôjwv rspis(T(7t 7n6r,(Txç.

prodiges des Dieux

:

»

Ccs prodigcs, dans le résumé d'ÂpoUodore

sont concentrés dans le cheval Pégase.
Circé paraît elle-même, dans Nonnus,

comme

institutrice

de son fds Faunos, à qui
toute sa science. Voilà donc encore

elle révèle les secrets

des forêts et

un

point constant dans la mythologie

grecque. Le

Soleil, considéré

comme un
dans
le

enfant sans expé-

rience, reçoit, à son lever, les leçons des Dieux et des Sages.
Il

est

armé

et équipé.
tel

Il sait,

détail,

tel

danger

l'attend,

ennemi

le

menace. On
et

lui

indique tous les
où, le soir,
il

points de repère sur sa route,
s'éteindra

le lieu

comme

ses frères aînés.

Remarquons que

cette

éducation n'a paru possible et nécessaire que lorsque le
Soleil naissait tous les jours.

Autrement l'éducation bornée

à une seule journée, la première, n'aurait pas laissé tant de
traces dans les

poèmes mythologiques.

Ce point de vue général jette, si je ne me trompe, beaucoup de lumière sur plusieurs épisodes de l'Odyssée, où le héros se trouve en contact avec Calypso, iEole,
Leucothoé, Alcinoos, Tirésias, tous le conseillant sur sa
route.
Il

explique

notamment

le

rôle

d'Athéné dans

le

poëme. Ulysse

la retrouve toujours à côté

de lui dans un

retrouver dans celle d'Ulysse. une croyance bien ancienne. pouvaient être institutrices du Soleil. Les chaussons la aîlés et le casque de Persée appartiennent également à doit conclure magie. 11 représente la magie supérieure des Dieux. Son intervention. Médée aussi de la magie pour instruire Jason. dans l'île de Circé. à cause de leur aptitude instant à l'autre. et fait reparaît à trembler final. Schéria. lorsque tout autre appui lui manque.84 . les prétendants à la vue continuelle. On que dans la magie fait partie de l'éducation du Soleil. à Ithaque. sans doute mais elle parce qu'elle ferait double emploi. Les Déesses lunaires. magique ne non être qu'un pouvoir peut annihilé que par un pouvoir magique remplis de faits supérieur. Mais dans quel but ? les Rien n'est plus commun Védas que la qualifi- cation de magiciens donnée aux ennemis des Dieux. par l'emploi magie. et la plante . offre un caractère particulier. Elle lui a donné le s'est servie la drogue destinée à endormir dragon. Elle échappe dans Ogygie. il n'est donc pas surprenant de le précepteur s'est . pouvaient enseigner les mystères d'une route qu'elles venaient de parcourir. Tous les vieux contes sont de ce genre. Hermès comme de la montré déjà dans la légende de Persée. Hermès a donc sa place légitime dans la légende d'Ulysse. dans les idées grecques. Souvent on Elles les voyait briller lui au Ciel après le lever du Dieu. aussi bien que la présence de le Médée dans rapt de la toison d'or est la justitication de Circé. aux à se transformer d'un et nuages. PRÉCEPTEURS lui danger pressant. C'est effacée encore.inter- de son égide dans l'épisode Cette vention d'Athéné.

Môly. Au moment intervient. Ce rôle double est le rigoureusement existe. et ensuite comme d'Ulysse. du Soleil. 6 .DU SOLEIL. danger pas et Hermès Circé n'est toujours le en conjonction. et l'éclipsé terminée. est l'instrument naturel de cette magie des Dieux. elle reprend rôle. de Mais l'éclipsé. que" nous avons vu d'institutrice appartenir aux divinités lunaires. Il n'y a pas anomalie d'ailleurs à considérer Circé insti- comme un danger pour tutrice Ulysse. exact. 85 et que les Dieux seuls connaissent que seuls ils peuvent arracher.

Tom. ses îles et ses rivages. les que vague de l'air. » montez sur votre navire.496. I. • Il est donc conduit par cent nautonniers. Tom. )) Les épopées grecques. Aswins. en plus d'un endroit. L'Océan céleste divisions. II. p. : Et ce passage déjà cité « Les Sages dirigent le Soleil t> comme un navire sur l'eau (3). (3) (4) RigYéda. ou attelez votre char (2). où se rendent les sept torrents du Ciel (4). 88. Ihid. formé de 7 sources. p. séparé de l'Océan Les astres y opèrent leurs révoa ses lutions. — III. 470.XL La substitution du navire qui porte Ulysse. Indra et Agni ouvrent les » Ibid. et les véhicules qui servent à les tes vaisseaux dorés tu traverses traverser. 321. qui s'élève au-dessus des eaux. La course du Soleil est souventfigurée Chez les terrestre au moment de . Egyptiens. 312. fait simplement par l'analogie qui nous ïriétaphoriquement des termes et les "encore employer la ondes sonores. Indra est un Océan « où se lèventles jeunes Aurores. sur » ce l'Océan de l'air (1). La mythologie de l'Inde confond tels infinis. Tom. II.. qui sont toujours des navigations. p. le Ciel est aussi la création. le Ciel et fréquemment se reflètent deux espaces l'Océan qui mutuellement. pour venir jusqu'à nous. « Les portes de l'Océan aérien. 11. « Pouchan. I. Aswins ont sauvé Boudjyousur leurnavire aérien. Tom. p. 228. un Océan. IbidIbid. » Ce navire a cent gouvernails. s'est au char qui opérée 'très- est son attributj comme Dieu solaire. (1) (2) Ihid.

ils comme I. comme Argonautes. On voit d'ailleurs que leur présence et leur action est nécessitée parla conception même de la barque. pass. . biblioth. Dans l'hymne homérique à Héhos. ses enfants .à des vents. aussi. comme le un char attelé de chevaux et deux des Néréides qui l'accompagnent. 1. caché sous lin naos ou sous les replis d'un serpent protecteur. du sur les monuments et décrite dans les manuscrits. A l'avant. les du prennent attributs des divinités des eaux et traversent maintes fois l'Océan. Protée. établira son oracle. par Europe et taureau. comme le Soleil des troupeaux de vaches. armé d'une pique. Je me les contente de ces indications. simple forme de Poséidon. 1. . tirent à la cordelle la barque divine. Le Dieu occupe le centre de la barque. . Les compagnons d'Ulysse. portent des Hippothoé. Cretois le Dieu s'embarque sur un navire il pour chercher le lieu. noms convenables . astres dieux. se rattache la traversée de la (']) Phénicie en Crète. Poséidon. constatent la 87 même confusion. ont dans la course solaire un rôle assez impor- tant pour mériter une monographie. le Dieu des eaux. commeUIysse.LE NAVIRE SOLAIRE. Indra Marouts et les Roudras. Il faut remai'quer la barque. d'autres veille à la sûreté de l'équipage: un autre encore se tiennent attentifs en avant et en arrière du Dieu solaire. (1) ApoUod. Bacchus Tyrrhènes et porté sur leur navire. 11 a. 2. où Dans l'hymne à Dionysos. Ces derniers » sont n'est pas seul sur a des compagnons dans les l'aident combats lui. Soleil. des com^pagnons. monte. Hipponoé. /Md. Au même le ordre de avec des accidents particuliers. par des pirates faits. Ils fortifient sa puissance. chez les Egyptiens. est ravi. 1. lient l'aviron. 3. p. » Je dois cette note à M. 190. les que le Soleil. possède des troupeaux de phoques. Ghabas. Ainsi que les divinités de la divinités mer ciel se comportent en divinités du les ciel. T. un Dieu. habitants du même » séjour que 194. et Rig Véda. parfois aussi les Ackimous.

Héhos. dans une coupe d'or.88 Bosphore (I). 1. (2. Apollod. III> le voyage s'accomplit sur l'eau. grâce à la facilité de permutation de leurs attributs. sur la terre que dans Pour que cette aptitude se transformât en fait. Phrixus et Hellé. étaient aptes a être considérées comme accomplissant leur course aussi bien le ciel. Phébus. C'est encore semblable à un fait mythologique constant. il suffisait course dans tiellement. et que la ciel ne parût plus leur être attachée essenet Aux temps d'Homère. dans ce petit groupe d'îles dont Homère lui fait un royaume. solaires reconnaît encore pour Dieux . la Sicile les éloigné du grand mouvement d'expansion qui a répandu dans l'Asie mineure. dans et autres rehgions helléniques. . l'Odyssée. le que leur personnalité s'obscurcît. cantonné. des guerres fécondes des deux familles Dorienne et Ionienne. 5. 5. le par Hercule (2). Mais l'exemple si plus concluant est le voyage des Argonautes. LE NAVIRE par Phrixus et le bélier . Il bien avant lui. et l'on pressent que le temps n'est pas éloigné où l'on confondra le Dieu de Délos et celui de Delphes. 10. bibl. Les divinités solaires. 2. Ilypérion les distinguer l'un mais il ne sait plus guère de l'autre. cette révolution s'était accomplie. Apollon. où l'on ne connaîtra qu'un seul Dieu Soleil. on doit le croire. 3. 1. Hygin. (1) Dans Apollodore. Ulysse soleil. à l'analogie d'aspect qu'ont toujours trouvée les hommes entre le Ciel et l'Océan. — Celte double forme du voyage ' est à noter. est devenu un héros. montés sur lo bélier Dans sont portés dans le Ciel au-dessus de la terre et de l'Océan. du détroit de Gadès. dans la grande Grèce. « Aries eos in Pelagus — delulU.

puisqu'ils étaient Circé. avec d'autant plus de facilité que les relations entre ce point extrême des premières colonies grecques en Italie. il plus question. disparaissaient. nuées. mais conservant au héros. mais dans la Grèce. les hymnes. ainsi qu'il était arrivé pour Python. non au couple divin qui . monstre qui en l'avait effort. et l'épopée l'y emprunté à la De même. . base de la légende insérée dans l'Odyssée. avec les la ténacité propre aux légendes populaires. non tout d'un coup. l'Hydre de Lerne et tant d'autres prodiges. Mais leur temple réunissait était élevé à Ulysse et Circé. 89 transitions. virtualité demeurait. cela est possible. principe de la pluie. était la La mythologie ramenait sans terre. dieux italiens. Que les prêtres du Circaeam aient connu Ulyssa saus ce nom. dans l'éducation d'Ulysse les constellations de lui montrer la route à travers et dont Nonnus si Ovide nous font une si curieuse peinture. avec lesquels combat s'engageait natu- rellement. Ulysse n'était qu'un incident dans la légende de leur déesse. si les célestes. et il s'est confondu dans une certaine mesure avec Picus et Glaucus. Tel est le fonds sur lequelle poëte a bâti l'Odyssée (1). combats et les erreurs Les hymnes qui célébraient les du Dieu avaient survécu cependant. caractères autrefois attachés au Dieu. non pas en Italie. venus nécessairement de Grèce. perdant de leur précision à mesure que l'intelligence s'en obscurcissait. Dans n'était les nouvelles conditions où le récit était placé. (1) Homère a trôuvô. ont été fort rares après le premier moment d'expansion. mais par successives mesure que jeune et à ses fidèles étaient entraînés vers un culte plus plus vivace. ¥ais le l'idée de constellation disparaissait.SOLAIRE. il objet des luttes restait encore la personnalité vivante de le Vritra ou d'Ahi.

Peut-être aussi sont-ce là les trois points du Ciel toujours elle comme voyages solaires distingues dans les rehgions Aryennes le : le Levant. de l'Orient. trouvant plus commode de commencer par l'interprétation du travaux. dit Circé. On va et voir que cette théorie est confirmée par les faits. Roches errantes (Charybde et Scylla). c'est-à-dire disposition celle qu'il avait Homère a suivi dans cette trouvée dans les hjmnes. mais il faut se rappeler que les nous ont toujours paru divisés en étapes. . les Vaches et les Brebis du Soleil. Couchant. « Au lever de l'Aurore. sont du domaine de l'astronomie. et chaque étape soumise à un enseignement particulier. le Midi. vous vous embarquerez. de peur que par une fâcheuse imprudence. non de la géographie. » La Déesse n'indique que trois travaux pourtant les : Les Sirènes. qui n'offre dernier des aucune difficulté. . c'est-à-dire. à la sortie de l'ile ^Eaeenne. Nous ne suivrons pas d'ailleurs l'ordre homérique. L « Enfin tu arriveras dans File aux trois pointes. Ce ne sont point là tous les dangers du voyage. Il n'est pas possible de l'affirmer et nous ne dans pouvons même dire si les trois travaux sont disposés si l'ordre logique. dit. vous n'éprouviez du mal sur les flots et sur la terre. que les travaux d'Ulysse. et je vous indiquerai la route et chaque chose.XII.

LES DANGERS DU CIEL. mais Homère l'entend ainsi. et les vaches aux pieds tors. un voyage que réel. éléments réels et géographiques. qui était pour lui. qu'a pour s'attacher uniquement à ce qui n'a plus l'apparence du réel. pour y habiter à l'écart. Soleil 91 les Là paissent en grand nombre des vaches du et brebis grasses. que la divine Nésera a enfantées à Héhos Hypérion. un que la Trinacrie. Toi-même. vous arriverez certainement à Ithaque. a toujours affaire avec l'Hydre . n'était même et lieu substitue un lieu déterminé. et garder les brebis de leur père. ni ne diminuent. tu arriveras chez toi tard e^ misérable. dans les hymnes primitifs. accompU dans des lieux géographiques entendus et l'interprétation doit séparer d'abord les le poëte. C'est ainsi qu'il a déjà substitué une île déterminée Il à (1) Le Soleil recommence en de Lerne. après avoir perdu tous tes compagnons. leur vénérable mère les a transportées dans l'ile aux trois pointes. l'île aux trois caps. pour bien comprendre ce premier épisode du le voyage. si tu y touches. désireux du retour. Il y a sept troupeaux de vaches. effet sa tâche tous les jours. comme pour nous. ne point perdre de vue que poëte croit raconter . je te présage la ruine pour ton navire et pour tes compagnons. Si. avoir après beaucoup souffert . autant de riches troupeaux de brebis. Thrinacie probablement pas. parfaitement indéterminé. » On doit. au heu mythologique qui s'appelait Thrinacie. tu les épargnes. Thrinacie. Et les ayant enfantées et élevées. Elles ne se muitipiient (î) point. Des Déesses sont leurs gardiennes et : Phaëtuse Lampétie. la 'Sicile. si par hasard tu échappes. cinquante dans chaque troupeau.

dans les troupeaux du sauvage. d'Indra et . lui ouvre les un passage. mais la pluie ne tombe pas encore. et le De tels troupeaux. L'orage menace. troupeaux du Soleil sont les un fait mytholo- gique qui ne peut se produire que dans espaces célestes. sont sujet des combats. et moissons sont abreuvées. Indra et Vritra ont été retrouvés dans Hercule et Geryon. Ils Les lecteurs des Védas le les y ont souvent rencontrés. celle-ci Il y a encore une touchant le dogme. mais bien cription lui-même. principe de la fécondité champs. renaissant tous les jours. peuvent en Sicile. le voleur qui les garde dans une caverne n'est pas difficile d'y reconnaître les et il nuages dont des le sein enferme l'eau. L'éclair à la fin perce les nuées. et la plus minutieuse destrois du troupeau. L'acte principal n'y est le vol punition du voleur. le Dieu pasteur. les et on voit combien ils sont vagues eux-mêmes. et attestant le poète. i" possession des troupeaux. différence. de Vritra. Apollon et Python. était naturel d'en donner la possession à Apollon. une fois de plus que l'hymne n'a plus de sens pour Ce sont . à l'état effet avoir existé anciennement en Il souvenir s'en être conservé. De ce drame religieux composé de : éléments . Quelques unes des fables grecques ne sont pas éloignées de et dès la cette simplicité de forme. et les fables indiennes le dernier.92 DANGERS DU CIEL de Circé. ce que rfe font pas les Védas. Mais la fable homérique pas la est moins transparente. r^a Un autre élément réel se retrouve peut-être Soleil. publication des Védas. Hercule et Cacus. Mais ces deux points accordés. la fable homérique traite avec abondance les deux premiers. 2° vol des trou- peaux 3° punition du yoleur.

La fable de Jason . en quelque sorte. Atlas alla donc cueillir trois pommes chez les Hespérides. ou compagnons d'Ulysse. pendant qu'il supporterait à sa place le firmament. en offre un troisième exemple et la toison d'or enlevée par lui offre plus d'un. ApoUod. Cette de ravir lui-même à Hercule. et ce drame se passe au Ciel. dans les Védas. gardien des pommes. Ce sont encore des brebis que garde Apollon. Mais le texte d'Apollodore. sont observés dans une autre légende solaire des Grecs. c'est-à-dire la pluie. avec Vritra. sur grecque. . grassement nourries dans les larges et humides vallées de l'Inde. 2. Mais que les se confondent quoique les éléments du drame soient renversés. faite à un Dieu Soleil de dérober des pommes ou des brebis. et les donna • Hyg. esclave chez Âdmète. 5. le drame n'en existe pas moins avec tous ses éléments la terre . point de ressemblance avec les pommes Grecs vaches enlevées par Hercule. non en Sicile. qui les garde. compagnons d'Ulysse qui dérobent à- les vaches du Soleil ce qui revient dire que le Soleil se dérobe lui-même. d'Indra et de Vritra. les Roudras. les pommes des Hespérides (1). pas plus que celui d'Homère. les brebis qui convenaient mieux aux (1) Dans Hygin. faire de confusion dés attributions du possesseur et du voleur. II. leur ennemi immortel. les 93 . ne permet de deviner ce que signifie une défense. dans leurs légendes solaires. dans leur action. Il lui avait ordonné de charger Atlas de cette besogne. Hercule ravissant au dragon. XXX. 11 paraît donc que les ont substitué. donne une variante : le < dragon. si Les troupeaux de brebis qu'on ne retrouve pas. échappe à tout essai de critique. Il n'est pas nécessaire remarquer combien cette défense rappelle celle de Circé à Ulysse. bibl. Prométhée avait défendu à Hercule les pommes.LES TROUPEAUX DU SOLEIL. aux védiques. Hercule tue Àpollodore. je ne me trompe.

parfaire le nombre. oublié le sens des unes et des autres et les religions helléniques n'ont pas conservé. dissipée Une nuée . et le Père en envoie une autre pour ni les . parce « Il y que Jason lui était cher. voyageur marin.dé- DANGERS DU CIEL ils collines desséchées de leur pays. court tout autour. Mais ont très-rapidement . des tempêtes d'un les meurtrier. où mugit d'azur. Le second épisode concerne Charybde d'une rates telle et Scylla. La première profonde atteint le ciel de sa cime aiguë. H. l'ambroisie au père Zeus toujours en effet la pierre portent polie en écrase une. a traversées Argo. feu arrivé épaves et cadavres y sont ballottés par le flot humide. troupeaux Dieux. souci de il quand il revenait du pays d'Eétés. « Au le delà (des Sirènes) surplombent deux roches. jamais et le sommet n'en est éclairé ni l'été ni l'automne. tellement compliqué d'éléments dispa- que je ne puis me flatter d'en donner une interpré- tation de tous points satisfaisante. . dès des temps d'Homère et d'Hésiode. il est étendue. et essentiel quoique le sens général le texte n'en soit pas douteux. : Un le seul vaisseau. (la déesse) aux yeux Planctae Les Dieux bienheureux les les appellent (errantes). échappé navire et les (monté par) et les hommes. Jamais ne leur des a là . toiis. Les oiseaux ne franchissent point (sans Colombes timides (Péîéïades). grand flot d'Amphitrite. quand elles péril). les comme celles les de l'Asie. Voici d'abord fidèlement traduit. en a deux. Et si même » aurait été jeté contre les grandes roches Eéra ne l'avait poussé outre.

brillant Ulysse. fùt-il assisté d'un et six longs cous. et pousse vivement ton . dans la fleur de la jeunesse. Elle . hors de l'abîme effrayant elle étend ses pêche ainsi en quêtant çà et là les dauphins. . aux feuilles florissantes. Du pont du navire. pousse. trois fois elle l'engloutit. Aucun mortel ne eût-il vingt la pourrait escalader ni en pieds et vingt mains. Sa voix est d'un malfai- chien nouveau-né sant. près de l'autre. terminés chacun par une tête horrible. Trois la par jour vomit. un homme. EUe a douze pieds. » Au milieu de la roche est une grotte profonde. tant la pierre et semblable à un marbre poli de tous côtés. les chiens. elle Puisses-tu ne te point trouver là quand engloutit. est lisse. C'est de ce côté que tu dois diriger votre navire creusé (dans le bois). tel qu'en nourrit la bruyante Amphitrite. fois figuier y la divine elle Charybde engloutit l'eau profonde. à portée de javelot.CHARYBDE ET SGYLLA. et parfois un cétacé énorme. Nul matelot ne se vant& de l'avoir. la grotte ne pourrait lancer une flèche jusqu'au fond de qu'habite Scylla. tous difformes. Dieu. mais elle même est un monstre Nul ne se réjouirait de l'avoir vue. Ulysse. » est La seconde roche un rescif. 95 descendre. évitée sur son vaisseau. Tu la verras. aboyant étrangement. Un grand Au dessous. pleines d'un noir carnage. sans de ses têtes « efle ravit dommage. tournée vers les ténèbres et l'Erèbe. Car tu ne serais point arraché au mal. Une moitié (de son corps) est plongée dans la caverne profonde têtBs. et dans (chaque gueule) trois rangées de dents épaisses et serrées. même par Erisichton (qui ébranle la terre). et. De chacune un matelot du navire. Bien plutôt approche-toi de Scylla.

je crains que. quand dis. II. puis étudier en eux-mêmes les la ment dépourvus des caractères de purement mythologiques.vsig. Le feu est àxâjxaç.. contre lequel il n'y a nul recours. comme nous avons fait pour troupeaux divins. XII. pitié d'eux. Sïoç. 280). . — pourtant — si pourtant je puis échapper à elle la funeste Charybde.T«t. Ecarte-toi au plus tôt. que ce courage qui ne s'abat jamais et lui fait traverser toutes les épreuves. II est indiqué les dans plusieurs épithètes : : âmôso. et je lui répondis dis le moi. "V. ri ses compagnons épuisés qu'il lui reprochent de ne point avoir ov^é ri 7uï« parce uov^i est de fer. DANGERS DU CIEL car il vaut mieux que tu regrettes six de tes compafois. et la aura navré mes compagnons ? » Je : grande Déesse reprit « ]\Ialheureux ! peux-tu songer encore aux œuvres de guerre et à la fatigue (1) et ne te point soumettre . gnons que tous à la » : « Elle parla ainsi. aux Dieux immortels ? Scylla n'est point mortelle c'est un fléau immortel. Dans Thrinacie. (Od. vu fftS-fljosK TiâvTK T£TU7. )) afin qu'elle l'empêche de s'élancer une seconde De ce les texte il faut éliminer. les éléments réels et géographiques récit épique que la suite naturelle du amenait dans l'esprit éléments évidemréalité. redoutable. Le mieux t' est de la fuir. renouvelant son attaque. ttoIvtIkç. affreux. Déesse. (1) C'est un caractère certain de la divinité autrefois attribuée à Ulysse. qui l'a enfantée pour malheur des hommes. pi. et chez Latins patiejis Ulysses. le mère de Scylla. frapperai-jc l'autre. e'est-à-dire du poète. fois. elle n'atteigne et n'emporte de chacune de ses têtes autant de tes compagnons.â. sans ce Si me tromper. 4.y. Car si tu t'attardes auprès de la roche à armer. Tzépi toi y-évog. sauvage et inéluctable. et appelle haut Gratseis. /.96 navire .

Elle supposer aussi. les roches sont appelées Gyanées (bleuâtres). . partant . encore été fixée fait . Cette supposition prend une certaine valeur quand on remarque que Jason part de chez Eélés.nlriyi>Ssç. les pierres qui marchent. Celui de l'Euripe.CHARYBDE ET SCYLLA. entre l'Eubée et l'Attique. du temps d'Homère.. la roche polie écrase une des » Sur le passage du Jason à travers les Planclse écrasantes. dans elles deviennent détroit Symplégades Méditerranées. («rûv. nlvjiTiTa) roches heurtantes. Ce pas lui qui marche. écrasantes. Du temps d'Homère. légende de Jason n'avait pas c'est-à-dire qu'il n'existait pas d'Argonautiques.d'Orient traversaient les Planète. non au retour de Colchide. De loin ces pierres se rapprochent de façon à ne pas permettre aux l'intervalle. comme Ulysse part de l'île jEœenne qui Les épiques postérieurs ont tout brouillé.«7-/.T«t. ce qui est très-important. et les écueils qui se déplacent pour le heurter. le Charybde etScylla. écrasantes. de nXâÇofAKi. dit-il. que le voyage de Jason suivait la même route que le voyage d'Ulysse. : trompé. roches errantes. avait particulièrement frappé les Grecs avant qu'ils eussent été témoins du phénomène sur (1) lvy. est manifeste. n'est est le jouet d'une illusion. La mention de Jason dans la l'Odyssée montre que. presque insensible ailleurs. Dans tout et des le mouvement du flux du reflux. Eustathe observe que le héros a traversé les Symplégades. 97 Homère entend sans Sicile contredit parler du détroit de dont les points les plus singuliers ont conservé les noms qu'il leur donne. Nous est aussi l'Orient. au jugement d'Eustalhe. De les pierres mobiles. et qu'ils portaient sans doute déjà : de son temps sur un fleuve. navires de se glisser (1). En maint endroit. mais à l'aller en conséquence. rochers et les là les Planctae. Les Planctee ont dans Homère n>. les deux propriétés. Homère s'est Colombes. c'est-i'i-dire du pays d'Orient. « Toujours. les deux héros. mais les rivages qui viennent à lui. reviendrons plus tard sur cette épithète. Dans tout détroit comme voyageur poussé par le vent ou le courant.

se . dans les anses et les baies abritées où la transparence de l'eau permet de les voir à une grande profondeur « quêtant çà et là. Eustathe à une huître accrochée au rocher elle ressemble . Cela dire que les Planctse ne sont point des roches réelles occupant l'ait un heu géographique. ce cette formule. C'est de la mythologie le reste appartient à la que . employé la formule pieuse qui justifie. dans sa bonne veut foi. pêche. à un Kraken et les vilains animaux de cette catégorie sont extrêmement nombreux sur toutes les côtes occidentales de l'Italie. mieux à une poulpe gigantesque. bornent les éléments réels du récit mythologie. quoique Homère qu'il cru. est-il ? )) Et le nom que le dit hommes leur donnent. Scylla est comparée par . Remarquons le les fait traverser aussi par Jason sur navire Argo. trouvé dans les hymnes. ou que . lorsque leur aspect repoussant la en faisait dédaigner ou craindre trois faits. mais les anciens ont pu en voir d'énormes. )7 Elles n'ont pas la taille de Scylla .98 l'Océan. avec autant de que les l'Odyssée les plaçant au détroit de Sicile. quel Il l'a Homère ne pas parce qu'il ne le sait pas. placé les Symplégades raison au détroit de bosphore. et ne le retrouvant pas dans la langue des hommes le il a. Les épopées postérieures ont et donné au voyage de l'Argo une autre direction. DANGERS DU CIEL De là les trois mouvements d'absorption et de résorption attribués à Charybde. déjà employée au sujet de l'herbe Môly les Les Dieux appellent ces roches les Planctœ. A ces dont l'un est une pure illusion.

(1) ApoUod. les fixa {sa-rriUz). les pinces du Scorpion. célestes — que devait affronter le jeune Soleil se trouvait autant de détroits le que de signes. 1. dans les premières traditions. bordés de roches mobiles. le dilemme se retrouvait au passage même dans certains signes entre les cornes du Taureau. 10. et le chien Orthros (le Géryon à établit travers l'Europe. et Soleil passant d'un signe à l'autre. Ce que . et ayant traversé Tartessos. passait autant de fois de Charybde à Scylla. où s'engage le char du Soleil. EuryLion. « Le dixième l'île des vaches de Géryon qui habitait Elles lever). bibl. comme signe de son et trajet. n'est pas par un simple caprice d'imagination les ils astronomes Grecs ont ainsi disposé la course du Soleil obéissaient à la un sentiment qui datait de l'origine même de Mais Homère n'a pas eu connaissance du rehgion.CRARYBDE ET SCYLLA. Les deux dangers alternatifs. 5. la — duquel il animaux étranges conception n'a pas eu d'autre base que croyance même que nous étudions. Tous ces détroits. placé par Grecs aux limites de plus en plus reculées de leur le lieu n'a monde géographique. : les griffes et la gueule du Lion. 99 Héracléïdes plaçant (1) les colonnes d'Hercule au détroit de Gadès. voisine de l'Océan. mais dont terre. arriva en Lybie. opposées sur les montagnes Ces colonnes étaient probablement mobiles assit. sont les un même détroit. deux colonnes » d'Europe de Lybie. et champ de l'hypothèse s'ouvre trop solution immédiate. Il jamais été sur la le faut le chercher au Ciel. étaient rouges. Si les largement pour permettre une hymnes anciens entendaient le les la qui forment Zodiaque. Hercule les . gardées par Hercule se dirigea donc vers les vaches de travail d'Hercule fut le rapt d'Erythée. c'est-à-dire les dangers dans sa course diurne.

100 • DANGERS DU CIEL les Zodiaque. lorsque on pouvait craindre autrefois que l'on voyait diminuer frayer l'espace entre les deux et l'astre se avec peine . Le texte prête aisément. ne vont pas à la rencontre l'une de l'autre ni ne sont écrasantes. nuées s'avançant de deux points opposés le Soleil fût écrasé du choc. Les nuées sont par excellence des Planctse. Ses flancs et sa cîme se couronnent les d'une nuée d'où s'échappent les éclairs et feu. mais ne font pas partie du Zodiaque. quoique mobiles. Parmi les dangers du Ciel. dans celle dont la cîme touche au Ciel semble conserver. l'orage devait avoir sa place. c'est que les s'y roches errantes soient des nuées ou des orages. en ce qu'elles sont mobiles et heurtantes. La grande roche. on peut trouver une n'est ni mobile ni description d'un volcan. et la il reste le nuage et la foudre comme caractéristique de plus grande des Planctae. Il ne reste plus qu'une seule hypothèse. parce que les planètes. ce qui est le propre des Planctifi. des Symplégades. saisissantes est Une de ses formes les plus l'approche de deux . Mais un volcan écrasant. le réel est donc une pure addition du poète. tempêtes de là Au point de vue du réel. en dehors du Zodiaque doivent être nécessairement éliminées. elles sont animées. Les hymnes planètes Planctse : anciens n'entendaient astres pas non plus errants les les quoique ces soient comme . dans le texte homérique la forme qu'elle affectait le texte primitif. " Les constellations. quelques constellations qu'il cite reposent sans cloute sur le même système .

l'entoure (xuâvîov vé^jo?). développement qu'ils étouffent en quelque sorte le sens même au point de vue très-général où je me suis placé par rapport à Scylla. aperçoit le entend le bruit il de la tempête.) « pour proléger cadavre d'Hector.v7). conserve tous la éléments le les nuages mobiles. (Vritra?) Elle rappelle la comme Scylla. 188. XYI. qui agite ciel mer. Les anciens y avaient remarqué un dédoublement de tel 7 . le nom de . fortifie du Dieu L'hypothèse se encore par l'examen du récit qui. -/. sent le flux qui entraîne son vaisseau le mais les roches disparaissent sous et les brouillard . « Une nuée épaisse de Troyens II.uivtKi lY. V. il mouvement des vagues. dans le chant XII. en étendant ses longs cous. azurées qui confirme est souvent singulièrement mon interprétation. et la tempête (2). qui attend sa proie. ce nom » nuées. elles restent immobiles dangers annoncés par Circé se concentrent dans Scylla. parce que les éléments réels y prennent un mythique. Planclse donnent. (Kyâvcat) bleuâtres. lin passage. des phalanges azurées. le Dieu et le monstre (1) Les Argonautiques Symplégades. La scène tellurique prend ainsi peu à peu les- l'aspect : du drame céleste dont elle la foudre. . Je ne dis rien de Charybde. épaisses (2) La caverne où gueule de Scylla se retire est le l'enfer. « Dans Homère. Phœbus Apollon amena du le Ciel (II.ukvsï? vcçpï). 345. Cyanées. le sens est sombre. (H. 282. 66. épais : H.CRARYBDE ET SCYLLA.uâvcov vs'yoç) XXIII. Lorsqu'Ulysse il s'approche du détroit. aux d'Apollonius de Rhodes roches errantes et écrasantes.) » Dans quelques autres exemples. une épithèle des une nuée (-/. SépôBpo^j. Phébus Apollon enleva Enée dans une nuée (-/. avec ses aboiements et ses six têtes rappelle Cerbère. suit l'instruction de Circé. la lutte 101 La foudre et les tempêtes de feu annonçaient (1). c'est-à-dire » On : trouve.

astres. qui désigne dans Homère. poëte dithyrambique rapprochait autres sous unes des une même dénomination : ce Vous. de « la septuble des » Péléiades » Théocrite. Mais Zeus ensuite les plaça Le groupe des Pléiades comptait chez les anciens. et cela suffit à notre thèse. plaignant Ciel. . indiqué par les six mouvements d'absorption et de résorption de Scylla. les avaient changées en Colombes (Péléiades). La constellation affecte à peu près parmi les étoiles. les poursuivit cinq années entières. habitaient la Béotie. par exemple. qu'Orion. comme on le voit par Euripide. écoutant.402 LES POURVOYEUSES Le gracieux épisode des Colombes qui portent l'ambroisie à Zeus est tout à tient fait mythologique et astronomique. le sort d'Atlas leur père. leurs prières. Athénée et Eustathe citent six autres exemples. l'Océan. ce Eschyle. pour des yeux habitués un vol de colombes. Les légendes racontaient que les Pléiades.. à animer tous les astres. naissent les Pléiades. que les Dieux. Pléioné. (Eust. Le Scholiaste dit-il. » dont le nom est celui des Colombes ailées. Hyades et tous les parce qu'ils celle-ci. inOd. M. sept étoiles de grandeur différente. est l'horizon les . C'est tout ce qu'on en peut qui concordent avec les six cous dire de plus raisonnable actuellement. les Lamproclès. la forme d'un croissant et rappelait. Péléiades qui s'applique aux Colombes et à la constellation des Pléiades. du « lever des Péléiades. 245). et le chasseur. fdles d'Atlas et de Pléioné. desquels astres. Il ne au réel les et à la terre que par le double sens du mot [Usl-dK^s:.). « Atlas. montrait les Péléiades sans ailes. parlait chargé du poids du voie » Euripide . d'Aratus explique très-bien leur généalogie.

. la poète byzantine. leurs provisions de ménagé. Les Dieux. font. la moisson au il lever. apportant l'ambroisie des limites de C'est Un aigle lui apportait le nectar l'aigle et le plaça pourquoi Zeus donna l'immortalité à sa victoire sur Kronos. reproduite et enrichie par Eustathe. Il croissait en membres et les Péléiades timides le lui nourrissaient dans l'antre divin. Il leur apportent moisson annuelle d'am- est impossible de n'être pas frappé de la circonstance que joint Homère à chaque passage des Péléiades. Le Scholiaste d'Aratus est également très-instructif. conçus à l'image des mortels-. que détermine une légende soupçonner de Mœro. Je n'ai eu que peu de choses à ajouter à ces documents. On temps de leur lever et de leur coucher.DE l'olympe. sans honneur de tous ses la part des Dieux. Toujours. on peut -voir l'excellente disser- tatioa dans Athénée. Hésiode enseignait aux laboureurs à le commencer Pléiades. et La constellation des Pléiades avait les été cite reconnue nommée du temps avait d'Homère qui observé le en plusieurs endroits. labour au le coucher des sens Déjà donne à du mythe. d'être les au Ciel après Aux Péléiades. récolte. Les la Péléiades broisie (1). (c Le grand Zeus était élevé en Crète. l'affinité par leur lever annonçaient le temps et les Péléiades qui portent l'ambroisie à Zeus. comme eux. est évidente. paraissent sortir de la 103 )) mer à l'horizon. il a accordé l'honneur » messagères de l'été et de l'hiver. Entre de les la Pléiades qui. (l) Sur les Péléiades constellations. l'Océan.

A son lever et à son paraît s'obscurcir. Taygète^ et la vénérable Maïa. et reparaît tous les ans après leur lever (1). Une légende. . Célseno. mais non — — pendant toute coucher. du groupe au moment mère de Dardanus. Taygète et Electre. six Les hommes soient la célèbrent sept Pléiades visibles à leurs quoique seulement yeux. y> Aratus ne croit donc pas à la variabilité de Gélseno constatée dans la haute antiquité. des exemples par de très bons yeux. était retirée de la ruine C'était Electre. racontait que la septième Pléiade d'Ilion. la septième. Mérope. toujours visible cite on en au télescope. qui Aratus « fait portait ainsi cette légende le deuil de sa race. soit à cause du voisinage soit de deux Pléiades plus brillantes.104 dit-il. elle la durée de son passage. peut être aperçue. Steropé. parce que sa lumière ne traverse plus les couches d'air plus profondes à l'horizon. Des sept Pléiades connues des anciens. N'est-il pas étrange que cette observation se retrouve (1) M. Célseno disparait tous les ans avant le coucher des Pléiades. négligence de Zeus depuis l'origine des temps et le même nombre en existe. Goggia. et que rapporte s' le Scholiasle d'Aratus. LES POURVOYEUSES la roche polie écrase une colombe et Zeus en lâche le une autre pour parfaire nombre. Le d'autre fondement que le fait mythe homérique n'a que nous avons indiqué. six sont visibles à l'œil nu . qui affecte un caractère liistorique. Electre. Celeeno. Mais jamais astre n'a péri par . de l'Observatoire de Marseille a bien voulu me donner sur les Pléiades de nombreuses notes qui m'ont profité. Les sept Pléiades s'appellent Alcyone. allusion à pour la réfuter aussitôt. » C'est encore une observation astronomique.

un dragon. et se coordonne aussitôt une extrême Elles s'étendent en effet entre le ciel et la terre. mais des êtres revêtus d'un corps solide caverne.m y ait pris L' OLYMPE. n'y a nulle nécessité pour les oiseaux de les franchir ni pour les Colombes messagères de passer entre deux. » Si les Planctœ sont des roches réelles. Le septième est un garçon Dont l'œil s'est envolé. (I) : Exploralions du Sahara. des Cyanées. placées à l'entrée il d'un détroit. On peut dire que les Touareg ont conservé quelque souvenir des relations des Arabes avec les Grecs. c'est . un serpent. comme l'ont fait les Grecs. et les Colombes allant de la terre à Zeus sont forcées de les traverser. écrasants. Mateseksek et Essekaot. observent volontiers et ils souvent les astres animent les constellations. H. c'est une un démon. et qu'elle aussi (1) une forme mythique? Les Touareg ont : cette chanson « Les (Pléiades) filles de la Nuit sont sept : Materedjie et Erredjaot. Duveyrier Mais ils sont errants. 105 chez un peuple d'une autre race que les Grecs. et Scylla y est étendue. bleuâtres. puisqu'elles pourraient passer à côté. Matelarhlarh et Ellerrhaot . peuple nomade. . avec le mythe s'explique facihté . à leur manière propre. dans les croyances primitives. se retrouve même dans Homère. Si les Planctse sont des nuages. Touareg. Or. les . les nuages ne sont point des vapeurs. Cette caverne qu'on a vue servir de demeure à Cacus. Les nuages solides justifient tous les noms donnés aux roches mytho- logiques des détroits. et sans aucune réminiscence classique.

ces monstres sombres qui l'assaillent de tous côtés. de même que Scylla Charybde. Combien redoutables dès lors se présentent ces nuages solides. et comme des divinités telluriques perdues dans l'Océan. elle résulte de la conception des nuages solides. sa grandeur apparente est sa grandeur réelle. Ce tableau est conservé sous une forme extrê- mement naïve dans les traditions des Argonautiques. ou négligés parce que je n'en avais pas aperçu le lien avec le reste. évitant tour à tour les masses qui se pressent à droite Autant en doit faire le et à gauche pour les écraser. Les Téthys. sur l'Océan azuré. des phénomènes célestes. je les considérais. Pour préciser cet aspect primitif des Sirènes. Il douées d'un pouvoir meurtrier. il soit porté sans péril Dans la première étude que ainsi j'ai publiée des Sirènes. Le nouveau point de vue sous lequel je reviens aujourd'hui à elles me force à modifier cette interprétation. Les Sirènes telluriques d'Homère offrent le elles second aspect de ces divinités. III. Soleil dans sa course. d'une grandeur et d'une vitesse incomparable ! Le char du de Soleil louvoie comme les Colombes entre les solutions continuité. Les Colombes se glissent à travers les solutions de continuité. . Nymphes de se renvoient l'une à l'autre le navire jusqu'à ce qu'ayant échappé successivement aux chocs. Pour les premiers hommes. Antéet rieurement ont représenté. me semblait que cet aspect était le premier dans l'ordre de leur développement. je n'ai d'ailleurs besoin que de remettre à leur place des documents ou mal disposés d'abord.106 Quant à l'idée DA-NGERS DU CIEL du détroit lui-même. que fait Homère. placées devant chaque écueil mouvant.

et j'avais négligé. chaîne. et avec un suffixe divinités lien. qui est tôv At« eijivj. douteuse Idpivx — Ssîpwa. ^sîp est Soleil 2îi>w?. les leipx.&TpKl idpt«. pluriel dans reste du Mais au XXIIP chant. de les arrêter dans leur course. les astres. Sîa tô a. vieux mot conservé par un soleil comme nom du Soleil (1). éclatantes qui ont le ciel n'est plus lui pour demeure. Car les huit cercles difl^rents ciels où la vieille astronomie faisait mouvoir Il les sept planètes et les étoiles fixes. chaîne. parce que dans Sirènes est leur Homère le caractère plus frappant des pouvoir d'enchaîner les navires. isipia. Homère en compte deux emploie le en un endroit.siprcjsg. parmi ses autres (1) L'élymolog. aarocc — SstpvjvEç. 's. Il reste indécis récit. qu'un congénère de se rattachant comme à l'idée de lumière. i^tprrjsç se rattache idpiog. déterminer. Platon reproduit donc fidèlement le premier aspect des Sirènes. tzô. le - La fiUation est maintenant facile à . fait diminué . les Sirènes sont des astres. y a huit Sirènes il pour Platon. . où par l'emploi du duel le Sstpvjvow. lorsqu'il assied une de ces divinités sur chacun des cercles du peson symbolique qui le tourne avec sont les fuseau de la Nécessité. zà.LES SIRÈNES. est un diminutif de le ^sip. ces trois mots d'Eustathe. ne sachant qu'en faire. Ainsi je rattachais 107 ^siph le uniquement à "^upi. donc à qui lui-même n'est qu'une forme de Sirnis. Mag. idpioç lui-même Suidas. l'étoile la plus brillante de la constellation du chien. Ta a. donne d'Antimaque la leçon : -. ^uprrj.<jrpov. reproduits cependant par . Ulysse raconte à Pénélope.-jto. Suidas et HésychiuS Idptx. qui en des personnes. et de toutes les constellations.

oç . 87.lzvi.) et de brebis. L'oreille se tourne vers l'endroit d'où . semblable à 's. Elles veulent être les (J) 'aSwôç se dit. Il. veut yvjptt. ou comme des troupeaux (l). de canus. s'attache preniier aspect. toutes les langues reproduisent le par un même mot ou par des mots analogues la voix. candidus. Ces analogies des mots pour représenter les deux idées reproduisent simplement l'analogie d'impression par la lumière sur les yeux. dans Homère. Od. meurtrier qu'Homère attache au second aspect des Sirènes telluriques. une voix éclatante également l'un et l'autre organe. dC y-od.«)ico. et leurs paroles sont encore une séduction. IV. des essaims d'abeilles -/Xv. Une lumière éclatante. C'est déjà une séduction. la tête s'avance le papillon vole autour de la lumière jusqu'à ce qu'il en soit consumé. blessent aussi. ôaax dc ôji. 520. qui semblent se presser sans ordre sur la voûte du ciel comme des essaims d'abeilles. L'expression '«§wà '«SwwTepov les ne signifie pas consé- quemraent 'pleurer confus. 92. Elles séduisent moins intenses.). 7. part le chant. en parlant des troupeaux de chèvres I. Mais les Sirènes parlent en chantant. y^mLsl'j. par le son sur l'ouïe. pousser hauts cris. fort.dp. si son et la lumière.108 aventures. et le pouvoir ta séduction du chant. (II. très-bien aussi à leur sidérales. comme divinités En premier Le lieu. DANGERS DU CIEL comment » « il a entendu la voix des Sirènes pressées (àSwâow) et cette épithète convient très-bien à la multitude des étoiles. sanscrit Sivar. mais pousser des cris . luX dc lOQUÏ j canere. yâw n'est pas loin de tfâai . -Aziroç. oWc . (II. dire à la fois briller et chanter.

» Dans Hésiode. C'est du pur natu- ralisme. appartient aux Sirènes astres en tant qu'elles sont congénères de Sirius. le cadavre d'Ajax jeté sur les rochers « est desséché par le rayon de Sirius. I.LES SIRÈNES. rapprochée du du composé tTsip-h. Les Sirènes après avoir fatigué le le Voyageur de leur confuse multitude. . radical ff«>. le pouvoir meurtrier indiqué dans d'os. selon la recomet à les mandation de Circé il s'égarerait à les chercher contempler dans l'immensité des Cieux^ au lieu de suivre sa voie droite. l'Odyssée ne comporte pas rôle dialogue imaginé Prodicus. pour séduire le jeune Soleil au début de sa dramatique carrière. les ennemis d'Héraclès jonchent la terre « et leurs os recouverts d'une peau racornie. àlém.t«) et le courage II. . par les enseignements de Circé. la légende d'Hercule entre la mollesse (K«7. » les rayons ardents de C'est encore Sirius qui (l) Cf. et se vantent les savoir toutes choses. finissent par renverser^ l'épuisent et le dessèchent. entendre. le En second poëme. institutrices 109 de (4) du jeune Il Soleil. {'Apsrh)- Xénoph. se reproduit dans ces repré- sentations de la divinité gauloise de Téloquence. les Dans Lycophron. recouverts de les amas bien peaux racor. ne doit pas . avant la scène. C'est la répétition de la scène de le l'Odyssée le moraliste ne laisse cependant entrevoir qu'à peine parle à peu près sens naturaliste de la légende. La mollesse le comme une Mais par Sirène. Les Sirènes ont dans la bouche cette chaîne qui aboutit au cœur de l'auditeur^ et le séduit. L'idée de la chaîne astpài. » lieu. Le du Courage ('A^oît-â) a été rempli. par « nies. malgré lui. pourrissent sous Sirius.

'Oo-ték -nept pcjolo ffan-etffvjç Seiptou '«Ça)vs'oto » Ibid. 7ui6îT«{. et font blanchir la mer sous leurs rames. sous l'influence la brise matinale. Alors s'élève la La chaleur voix des elle fond la cire. Puis le calme se fait.110 « DANGERS DU CIEL LES SIRÈNES. dans Homère. les Planctœ. « « » Hes. messagère de (1). lorsque la cigale. marquent la première étape du voyage. 395. D'abord de le navire s'avance rapidement. Okqzs yjpw. (1) Lycoph. En suivant l'ordre indiqué par les Homère : les Sirènes. dessèche la chair.«9a. Scut. y. on peut maintenant essayer la de reconstruire course solaire qu'il a fait passer de l'hymne ancien dans l'épopée. » chante du matin au soir Les Sirènes. et de l'horizon vers le Zénith : Ardua prima qua vix maue récentes enitantur equi. Les matelots carguent la voile inutile. Voilà les efforts les accable indiqués par Ovide .u«wît. Après de la montée. disent-elles. malgré les les dangers. Sirènes qui les invite au repos. mène il à la patrie. 153. Isipioç «Cet. aura combats du midi et du soir. celle qui s'élève via est. Herc. « Nez^jv àzTtç Setpty. l'été. Le repos sera court. : enituntur equi. et les voyageurs apprendront d'elles la route qui s'arrêter . » . vaches du Soleil. 397. Mais le Soleil ne doit pas faut qu'il arrive le la fatigue même il jour.

île. et éclairant à la fois la terre et les larges espaces de l'Océan aérien. et les cinquante la compagnons appuyant poussèrent en haut dissants. « Le Soleil était né de la Nuit. et donnant aux Dieux aux hommes le signal des travaux. . Elle le fortifia et grandit rapidement. le Dieu s'embarqua. le navire à travers les astres resplen- Et les astres disaient au Soleil : « Amène ici ton navire. Et quand le matin fut passé. suivi de cinquante compagnons pleins et de de vigueur. troupeaux d'Hélios paissant dans leur « Puis elle disparut et l'Aurore arriva sur son siège d'or.les astres. il nourriture des immortels. la Déesse pleine d'expérience apporta l'ambroisie. jeune Dieu dont la tête est ceinte d'une auréole. « rame sur vague de l'air. près du terme les pour y prendre son repos. la le vent tomba. il comme les enfants de race divine. elle lui montra de l'horizon la route qui monte à travers. « Alors. Et quand fut fort et intelligent. Il était faible et ignorait les sentiers lui du Ciel.xm. Circé enfla sa voile d'un vent favorable. brillant de jeunesse De l'Orient. et qu'il doit atteindre le soir au loin. Circé. les nuages solides qui se heurtent à la voûte. beauté.

» ils respectèrent ce jour là les sacrés. du levant à l'occident préalable . dont la toison est pourpre comme rayons du couchant. comme on le voit. accablés : de fatigue. dans et les l'île d'Hélios. il sans relâche le monstre immortel mais ne redoutait rien et saisit six des divin. En haut . Scylla était couchée avec ses petits frappait guettait. l'éclair. abordèrent au rivage et dociles aux enseitroupeaux gnements de Circé. fatigués.du éducation véhicule. suivant Colombes. donna La seconde partie de l'épisode qui fait l'objet de cette élude renferme. Dieu. et le Dieu continua sa course. Leurs rangs pressés laissaient à peine place aux Colombes qui portent à l'Olympe la provision d'ambroisie. Ainsi se termina leur course et la nuit leur le repos. « les A l'horizon occidental. préparatifs du . Les voyageurs. compagnons du Voyageur les Cependant le navire. tous les éléments d'une ': course solaire complète. les Là il vit nuages solides qu'avait annoncés Circé. se glissa à travers les écueils. Près du sentier. nous dangers : montrerons la route sans car nous connaissons tous les secrets « du ciel. Et et tes compagnons te quand ils auront repris leurs forces. dans une caverne profonde et le et sombre. se heurtaient l'un contre l'autre avec un bruit terrible. viatique. Mais le Dieu infatigable bouchait il ses oreilles aux séductions des Sirènes et continua à monter jusqu'à ce et qu'il que sa lumière éteignît les astres fût parvenu au sommet de la « Ils voûte.112 l'hymne toi Viens te reposer auprès de nous. paissaient vaches les brebis du Soleil.

Nous avons enfin indiqué la bataille course et avec les prétendants comme un combat du erreurs Ciel. et appar- tenant par conséquent à une troisième course. plus soucieux de leur passé. un fragment d'une autre course complète. 113 embarquement. lorsque le culte d'Ulysse avait disparu ? Cette l'état actuel du moins. Ne peut-on autant pas induire que les d'Ulysse sont de fragments de courses solaires différentes. indéterminée encore.PRIMITIF. à côté d'épopées devenues nationales. solution. ne répugne point à Car elle de la confirme le parallélisme entre les déve- loppements de la poésie reUgieuse chez les Grecs et chez les autres peuples Aryens qui. ont conservé. critique. les chants primitifs d'où elles étaient sorties. et où le L'épisode contient donc une viatique est la plante Môly. Ciel. dont l'instituteur est Hermès. et lutte aux trois points caractéristiques du A cette course n'appartient point l'arrivée d'Ulysse dans l'île Msnenne. consignées pri- mitivement dans autant d'hymnes se rattachant au culte d'Ulysse Soleil. . et que le poète a coordonnées dans une unité légendaire.

est la Elpéuor. notamment que la tête d'Ulysse. Ulysse est debout. mais son genou gauche s'appuie sur la couche. armée de iin l'épée nue.se sur im siège ou plutôt sur sa le couche. autour duquel . Cette main tient le fourreau de l'épée. Elle est à peu près ronde. par est vêtu mouvement de menace. On doit remarquer que la tête est d'un travail moins élégant que le reste. comme la lune. laisse les lèvres menton rasés. Le miroir étrusque. A gauche de Circé le flanc est Ulysse. dont la main droite. n° o7. La main gauche. menace de la déesse. détendu. et on peut supposer qu'il y a là une intention. A droite de Circé. Sa longue robe sans ceinture. est retenue aux bras par deux boutons. relever. Mais le comparaison montre combien défectueux. Circé porte au cou un collier de grosses perles. conservation. et appuyant tient genou droit sur couche de Circé. sans doute aussi avec intention. reproduit à la page o^ est sans doute le la même qui figure dans Overbeck. s'étend sur la tête de Circé. Toutefois Overbeck avait assez bien compris la scène en général et interprêté les noms avec Au centre est la figure de Circé traits assi. Les mains sont dans mouvement delà supplication. Ses indiquent l'effroi. la qu'il serait superflu de partie inférieure original soit dans cette manque totalement. Sa chevelure est flamboyante. d'une coupe particulière. dessin qu'avait sous les yeux le savant Allemand était et Outre certains détails infidèlement copiés. Le Dieu annoncent et le dans la maturité de l'âge.EXPLICATION DE LA PLANCHE I. quoique le miroir partie comme dans le reste d'une parfaite certitude. Ulysse d'un simple peplos retenu sur la poitrine par un bouton. Sa barbe. si ce n'est sur la poitrine même. peut être symbolique. Le vêtement rejeté en arrière ne se manifeste que par quelques légers est représenté traits. Les avant-bras sont nus et les pieds chaussés de sandales. Sa main gauche un arc. debout comme son chef. Ses membres la force. et faisant un pendant hiératique à le Ulysse. qui est d'un beau caractère.

UTHUXE est aussi qui est dans Welcker. n'est pas sans analogie avec Phaëton. : (KEPKA) . L'intérêt qui s'attache l'original au miroir que nous reproduisons d'après du Louvre. On remarquera. regarde spécialement Elpénor. il faut croire plutôt que le pourceau. une sorte de crinière d'un caractère indécis. et qui parait ici comme un dédoublement d'Ulysse. au pied de couche. Il est vêtu d'un peplos affectant la même disposition la que celui d'Ulysse. le jeune acolyte d'Ulysse. Mais un seul dessin ne suffit pas à donner à Elpénor le rôle dans le qu'il a joué dans la légende primitive Toutefois. entre deux héros. . avec un costume et un geste qu'on peut croire caractéristiques. Ses formes gracieuses et sa figure imberbe sont d'un adolescent. Un quatrième la personnage est placé au bas de les la scène. ayant forme du bonnet phrygien. on peut dès maintenant établir l'hypothèse qu'Elpénor. On à se défier de cette forme par la considération que le troisième nom FEAIIAPVN fautivement écrit pour FEAIIANVP. : et son nom lui-même l'arc et est une obscurité. bénéficiant déjà de l'intervention d'Ulysse. La leçon VOSTE ne pourrait pas s'expliq\ier. Les noms des Circé trois personnages sont écrits dans : des cartouches . compagnons d'Ulysse portent des têtes d'animaux sur des corps humains. d'une chute. C'est un pourceau. Ulysse (V02TE) : Elpénor (FEAn-APVN) Le premier une leçon est induit n'offre point de difficulté CERCA. l'éphèbe si effacé poëme homérique. du genou au pied. Ici la victime est bien un pourceau. Sa tête est couverte d'un casque. et qui périt armé de des flèches. mais pourvu d'un cimier dentelé. reprend la forme humaine.115 la corde est enroulée. touchant à la queue enroulée. allusion aux sortilèges les de la magicienne. Sa main la droite dirige une (lèche empennée contre main de la Déesse. Dans d'autres représentations antiques. avec cette particularité que le pied gauche de derrière est remplacé par une jambe humaine. On ne peut admettre que la métamorphose n'est pas complète . auquel pend une crinière. Le second VOSTE paraît fautive pourVQVSE.

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LES SIRÈNES 8 .

mystères . : III. Elles figurent sur : tombeaux. Troisième aspect réconciliation. Second aspect des terrestre. dans Homère : fléaux de l'Océan II. les lettrés. ARGUMENT. Cinquième aspect les Sirènes pénètrent dans les elles sont les initiatrices de la mort. V. les Sirènes inclinent vers les Muses . VI. . Sirènes. I. : Quatrième aspect la les Sirènes dans la religion sont les les Muses de douleur sympathique.LES SIRENES. lutte et Les Sirènes sont assimilées absolument aux Muses par IV. Premier aspect : fléaux de l'Océan aérien. Les Sirènes se dégradent dans les croyances populaires.

tX Ca/JiJ7i.. çhti^ Ho'. IL d après une Phoioqr.^'^nt/tîfi^ .-^4 Ehdej'Mythr"?].1 ?v i .lfinu.> .-. Ihuj.

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LES SIRENES. la vérité. première fois dans ia Revue Les premières pages ont dû être profondément modifiées. Quiconque les aborde sans être prévenu et écoute les chants des deux Sirènes. une raison de ne pas accepter trop facilement les conclusions fait. d'un travail de ce genre. comme même lorsqu'il une raison de ne pas le rejeter absolument. Les personnes qui s'intéressent aux études mythologiques trouveront sans doute. 10). localisés (1) Cette étude a été publiée une Archéologique (2° série. dans les paragesdela Sicile. (2) On : pourrait plutôt les appeler des Circé commence ainsi » « T«Ot« : f-ièv ov-cto Tzs-jzdpccjTKi. v. un Dieu infatigable. Tout en établissant la nécessité de ne pas étudier les Sirènes indépendamment des Planètes et des vaches du Soleil. ce Tu rencontreras d'abord les Sirènes qui charment tous les hommes qui arrivent près d'elles. Le mythe des Sirènes repose tout entier sur le récit que il nous a laissé Homère de leur rencontre avec Circé. Tout est accompli de ce côté c'est-à-dire « Voilà est un travail terminé. je considérais les unes et les autres comme des fléaux de la mer. même lorsqu'il est consciencieusement mais aussi. et jeperdaisbeaucoup de tempsàchercherune base que je n'ai découverte que plus tard. pas beaucoup de approximations. Ces erreurs en effet ne s'éloignent j'espère. qui . tu dois en commencer un autre. » Le Soleil ne peut se reposer entre ses travaux. contient des erreurs. Circé s'adresse à Ulysse (2). et convient de le remettre sous les yeux du lecteur (1). en relisant la première édition.

chacun à son tour. et sur les os. si tu leur liens. après les pieds et les mains. ni ne se réjouiront plus. fils La cire s'amollit à mes efforts et à ceux du roi d'Hypérion. Pour t'être fait lier écoute les tu veux. Tout à coup la brise tomba. du tranchant de mon glaive. Mes compagnons se lèvent. afin Sirènes.^20 LES SIRÈNES jamais sa femme ni ses petits enfants ne se tiendront devant lui à son retour. de peur si qu'ils n'entendent. debout et attaché la voix des encore au mât. assises dans la prairie. que je pétris de mes mains puissantes. poussé par une bonne brise. donnes un ordre. le d'elles est retiendront enchanté. Pour moi. Hélios. » . le calme se fit et une divinité endormit les flots. ferlent les voiles et les serrent dans la cale . J'en remplis les oreilles de mes compagnons. comme nous étions à portée de voix et que nous navire pressions notre marche. Autour un vaste amas d'ossements des hommes qui ont les oreilles toi. puis ils s'assiéent près des rames et font blanchir les flots sous l'effort du sapin poh. je divise un grand pain de cire en menus morceaux. pourri navire. Ecarte d'elles ton Bouche aussi de tes compagnons. les Sirènes aperçurent mon tout près d'elles et entonnèrent leur chant harmonieux. Les Sirènes. Mais si que tu puisses goûter tu pries tes compagnons de te te déUer. En ce moment mon navire solide arrivait rapidement sur l'île des deux Sirènes. Eux ensuite me lient les pieds et les mains et m'attachent debout au mât . là. des peaux racornies. » qu'ils chargent de plus de Le « récit d'Ulysse vient après l'enseignement de Circé. la mer étincelante. ils se rassiéent et frappent de leurs rames Alors.

nous savons tout ce qui est jamais arrivé sur la terre féconde. aimé des Aédes arrête ici ton toi navire. Car nous savons tout ce que. j'ordonnais à mes compagnons de me Mais eux. mes compagnons ôtèrent oreilles la cire de » leurs que j'y avais placée et ici les me délièrent. Et mon àme désirait les le sourcil délier. . Les Sirènes. non fléau de la loin de la et Sicile. Ulysse. plus doux que le miel. Ensuite il partait plein de joie et plus instruit. Elles un mer. et En même temps les Euryloque et Périmède. comme Charybde Scylla^ elles comme les roches errantes. à un moment donné de leur développement historique logique. est si mytho- ce moment. faut les étudier ainsi d'abord. occupent un lieu déterminé de sont la mer Tyrrhénienne. Homère n'interprète pas Sirènes il les représente il comme les concevait 11 l'opinion générale. ramaient. comme et les concevait lui-même. puis chercher la tradition. le plus ancien dans réellement le plus ancien au point de vue de la conception première. froncé. pour entendre nos accords. redoublèrent les liens me serrèrent plus fort. se courbant. mais d'un genre de mort parti- . en élevant leur voix trèsentendre encore. au point de vue homérique. Grecs et Troyens ont souffert dans la large Troie . par la volonté des Dieux. Ainsi que ces fléaux. » « Voilà ce qu'elles disaient. belle. Nul voyageur avant ces n'a quitté parages sans écouter les chants qui s'échappent de nos lèvres. et. quand nous eûmes dépassées et que nous ne pouvions plus entendre ni leur chant ni leur voix. « d2i . tuent les voyageurs. Viens à nous. Enfin.FLÉAUX DE LA MER. s' étant levés.

ovpoç àrrhuoiv. brise tout à coup la brise tomba le calme se fît . Xei/jmv Se oi ^'x«v I^ETpâ. (1) (2) Arg. in Od. avcfAoç jnèv iTraycaTO. » L'auteur orphique des Argonau tiques. nous voyons bien qu'il a lieu sans effusion de sang. résorbe leurs cadavres et leurs navires les Roches les écrasent. M.vuKTCc 5Ktp. OTSiT vvîVc[/. et quoiqu'Homère ne nous fasse pas assister au supplice qu'elles infligent. .. "yizÀvivvj (/.tv). . poussé par une bonne . d'elles sur la prairie où elles continuent La séduction par le chant n'a d'action hommes mais . mais qu'elles les font mourir de consomption à côté leur chant sans fin.xjziy. ne méconnaît pas ce pouvoir des Sirènes. Gharybde .wv. les dévore . Orph. vîSè y. les Sirènes ont aussi que sur les un pouvoir particulier sur les vents et la mer. Eustath. une divinité endormit les flots. Les Argonautes arrivent près des Déesses en ramant (2).oiarjfjs î— )2To §è y. Les Sirènes n'offrent aucun de ces caractères repoussants. c'est la Sirène les vents. nrct-yî. comme cela a été dit. Scylla. elle fait le calme et endort : La même i)ovç idée était exprimée par Hésiode {]) : v~o 2£{p/vwv zKt xvéaovç ôélystjQcci « Lcs Sirèues charmont aussi les vents. 1275. « Mon : navire arrivait rapidement.. qui les semble avoir pris à tâche de condenser et de dessécher récits plus anciens. que les Sirènes ne mangent pas leurs victimes. la les engloutit et LES SIRÈNES chienne hurlante.122 culier. » Cette divinité. Ce sont deux jeunes Déesses. V. .

Desidia. Ars amat.FLÉAUX DE c'est-à-dire LA. de la justice. » « calmer les jQots. porté sous vent desSirénuses ou du cap Pélore. Pytbagore disait leurs chants homicides (Porphyr. vil. III. Horat. jouissance ne nous laisse point de remords. (2) : » « Senec. àirhlono-j : Argon.é-JYiv fréquemment Nonn. 311 » (1) -. Ibid. » de « lier les de « les rendre immobiles. rates. L'opinion . » de « mettre un dans le vrai sens frein leip-hv. IIT. 257. (ùSatg. toute trace les du calme disparait. 123 au milieu du calme. Figebat vox una Epigr. Claud. ressemble à l'harmonie des Sirènes. MER. à la richesse. v. exactement comme les compagnons d'Ulysse. Med. » Ils restent du mot. à la volupté. : II. » » voce canora mare mulcerent. peut-être comparé aux chants homicides des Sirènes le second qui provient de la beauté. Le matelot. Cette chaîne d'ailleurs est symbolique . Orph. et dont la qui est Italien. chaîne. II. 39). mérite d'être citée . 1280. comme le dit excellemment un Latin le (2) : Improba Siren. 14. Le navire. plus à portée que Grecs de se retremper aux traditions locales. qui s'attache aux appétits. qu'Homère et les poètes des âges suivants indiquaient comme les demeures des Sirènes. lib. 37 Solitam cantu retinere rates Sirena. Sat. AvSpooôvot. s'arrêtait tout à coup. II. ne peut se rattacher qu'au radical ^stpâ. : Des expres- sions analogues se retrouvent 'fQoyfh'j ovloy. Pylhag. « Il y a deux espèces de plaisir le premier. car le pouvoir des Sirènes est d'éner- vement. de tout ce qui importe le plus. y sont aussi restés plus fidèles. de raplu Proserp. ûjavov. Mais les Latins. Dans Apollonius de Rhodes. » rates. de Pythagore. Ils rappellent sans cesse le pouvoir qu'ont les Sirènes de vais'seaux. sous un ciel de feu^ capable de fondre la cire (c'est ce que prend soin de dire Homère) Ovid. '. Sirènes quee voce canora delinuere « Vox blandacarinas alligal: : audito frenantur carminé remi. aux rames dans la (1). III. V. » . 358 : « « > Id. corde. ceinture. . langue grecque.

37. Il acceptait sans lutter la mort. 64. Nec dolor ulius erat •• : mortem dabat Martial avait déjà dit Epigr. gaudiumque crudele.. Du moins laisse quelque indécision. ne confond pas les deux pouvoirs des Sirènes la séduction par le chant. volucresque puellee.. pendant que le rer en impuissant venait expi- murmurant sur je ne la grève. : Blanda pericla maris terror quoque gratusin undis ipsa voluptas. et que les Sirènes tuent par la volupté : Mortem dabat ipsa voluptas (1). qu'un et le calme lui devenait aussi désastreux naufrage. les poètes de la décadence. Blandasque mortes. Homère. III. Couché sur l'herbe fatale. à travers le pré courait quelque d'eau douce.. L'intelli- gence lui manquait pour porter remède au mal. envoyée par un Dieu jusque là inconnu. qu'il y a connexion entre le chant et l'énervement. Ce contraste de la (1) mort et de la volupté le était un beau thème pour d'art. vement par si me : trompe. D'ailleurs la filet rive était fleurie . Sirenas. Glaudien développe avec beaucoup Epigr. Musica saxa fretis habitabant dulcia monstra. et l'énereffet le . et On la sent cependant que c'est là un pouvoir unique que chaîne qui retient le navire et les matelots est celle qui va du poète à l'auditeur.12-4 LES SIRÈNES sentait son courage s'épuiser à manier la rame. . flot il contemplait son navire immobile. hilarem navigantium pœnam. Les provisions s'épuisaient dans une séduisante inaction. En calme se produit avant que le chant se fasse entendre c'est-à-dire le récit que le chant ne produit pas l'énervement. la fatigue et la chaleur. Dulce malum pelago Siren.

et c'est effet que le second nous croyons avoir démontré que qu'il en faut chercher le premier. dans l'Océan du Ciel . L'indécision 125 du poëte la trouvé par rapport à le théâtre au point de vue où il s'est légende des Sirènes. Il en a placé tient au milieu de la mer. Les Sirènes qu'il nous donne n'offrent en aspect de ces divinités.FLÉAUX DE LA MER. où leur nature est nécessai- rement dépaysée dans une certaine mesure. et où la conciliation des éléments du mythe est plus difficile.

.7. le brillant. : renferme toutes les acceptions des mots islp. est nécessairement postérieure à la conception elles naturaliste où paraissent privées la des attributs de l'homme. l'affinité Nous avons montré dans le entre la lumière et le son langage. elles rattachent sans doute encore à radical. l'éclair. l'astre brûlant de la canicule (1). où elles voient et parlent. à tête radiée dans chantant sur les planètes. Le radical est d'où est sorti Setpios.IL La légende des Sirènes. Cette conception est aussi rement. '^dpx. 10.arpoî) par les lexico- graphes dans desquels le les poètes anciens. : 2° L'allégorie 3° de Platon :' les Sirènes Une figure de Sirène. isiptoq. isîpa. Les Sirènes sont des chanteuses uniquequ'elles brillent . on trouve encore trois documents il résulte que les Grecs n'avaient pas entièrement perdu de vue premier aspect des Sirènes 1° Leur descendance de dans Apollodore. «. Sts/jôtt-/!. rà «0-T/3K. quoiqu'elle Il première nécessai- ait eu elle-même plusieurs moments. ment parce et le la mythologie grecque présente plusieurs exemples où (1) chant est attribut des resueillies Outre les homonymies (Sei^-âveç. mais comme à un congénère. où les divinités revêtent l'antropomorphisme. n'y a rien en effet au-delà des Sirènes considérées : comme se étoiles SEi^vîysç. Le mot letpTme. En tant qu'étoiles. cabinet Pourtalés. bibl. non plus comme à un 2sc>. briller. brûler. où leur sexe est désigné. Panofka. enchaîner.1. le Soleil. Sirius.

ne paraît pas un résultat du pouvoir des Sirènes. quoiqu'il soit récit isipioç point capital du homérique. c'est un Dieu solaire assurément. et la chaleur serait moins intense. les poètes mais une explication imaginée par la fatigue et la chaleur. Le même le les exphque amas d'os dans aussi rapprochement de istp-h-j avec dessèchement des cadavres et la prairie. et Le rapprochement de ^sipr. le type. Tel est donc le présentées les Sirènes. . . Il aussi souvent la lyre lyre que l'arc et l'arc lui-même est une dans un passage de l'Odyssée cité plus haut.. et la cire. de lumière et de chant affectées aux la c'est un symbole de séduction qu'elles produisent. de seîptos expUque les la chaleur qui fait fondre Ces efforts ne seraient pas nécessaires.-» efforts des matebts à la rame. L'idée de la chaîne qui retient le navire et les matelots résulte des notions étoiles . si les vents poussaient le navire et Voilà pourquoi le calme se rafraîchissaient les fait. elles brillent . et dans la solitude des cieux prodes duisent cette harmonie Sphères qu'entendaient Pythagore ' et Platon. Apollon en est .LES SIRÈNES. de même Circé chante dans sa solitude. Il pour justifier ne ressort pas en le effet de la conception naturaliste. FLÉAUX DU CIEL. Artémis ne conduit les chœurs de Délos que parce qu'elle brille . Il rameurs. Orphée. Nous en avons montré quelques exemples. Les Sirènes ne chantent que parce qu'elles brillent leurs voix qui s'élèvent comme Circé. porte aussi la lyre son caractère spécial qui a effacé les autres dans la tradition. premier aspect sous lequel se sont Ce sont des astres . divinités brillantes 127 porte du Ciel.

712. cependant. etc.128 leur éclat est LES SIRÈNES. praetervectus tamdiu vivere.ç TvjQûoç TrctSèç zpnzXôi!. . Du jour au lendemain. Eneid. Les brillent encore après l'aurore. Hyg. La détermination des Sirènes comme donner place le vrai permet de sens d'un épisode de leur légende dont la fixée.. c'est-à-dire. Harum fatum nemo mortalis audiens fîlia — prœtervectus est. comme le navire d'Ulysse et celui de Jason sont étoiles un même mais tait .ovpa. in c. un chant qui attire . catastrophe après passage des et Où est la vraie tradition? Chez les uns chez les autres. 1. (1) Virg. Ulysses monitus a Girce. mais le Soleil la . toujours renaîtront dédaignées et toujours s'immolant. leur éclat s'efface la et elles disparaissent dans elles nuit. lorsque le Soleil a commencé" sa marche. C'est l'on retrouve un mythe analogue à l'enfer à la flétrit celui d'Eurydice. ramène de lumière pour l'im- moler encore L'Aurore se à peine née. v. fuit. Eurydice est morte. oii précisément Orphée. navire. Serv. lamque adeo scopulos Sirenum advecta subibat. multorumque ossibus albos. Lycophron et les mythographes la latins (1) racontent qu'elles se jetèrent dans mer de dépit de n'avoir cette pu séduire Ulysse. quamdiu earum cantum esset. Ktsvsî Sî y. leur voix se . rauca assiduo longe sale saxa sonabant. était loin' d'être Virgile. FLÉAUX DU CIEL. En. Difficiles quondam. Tum Lycoph. Les deux traditions sont une seule tradition. Cass. Cf. 864. v. d'Orphée à Ulysse. appartenant tous et il trois à la est probable qu'ils ont eu lieu dans cet ordre étoiles même. Le Pseudole Orphée place Argonautes. Ce sont trois moments de développeconception naturaliste. ment. il est aussi un feu qui dessèche et détruit. Solis 125.

Jusqu'ici les Sirènes n'ont pas eu d'autre nom que leur nom générique. I. X'VIII. . dit qu'elles forment un essaim (1). «Stvâwv ijjQà-yyov ar/.ovasv. (1) Od. trouve. tous les la triade . conservant fidèlement la tradition des hymnes. expression qui convient bien à leur signification le première. 'A§wâ se joint à MviXx pour signifier un troupeau nombreux. T. 326. 'HuT£ SÔVEK « £t(7£ psXtlTfTâMV àSwaMV. Avec Homère elles entrent dans l'épopée et diviser leur personnalité complexe va se en un certain nombre de directions correspondantes chacune à un des attributs de leur notion première. Aussi nombreux que les essaims d'abeilles qui sortent sans fin d'un trou de rocher et volent en grappes sur les fleurs de printemps. sauf une exception. des Sirènes l'idée noms inclineront. 125. vers les Sirènes le caractère du chant. 87. La dyade ou De plus. Od. Dans leur récit du douzième chant il détermine nombre en une dyade.III. )i. 92 L'expression qui va le mieux à notre thèse se Il II.. coç "Zsiprivcàv Le neutre àStvov se joint à aTovK)(rt(j(xt pour exprimer les cris tumultueux d'une foule : II. Une remarque préalable est à' faire sur les divers groupes dont les poètes postérieurs nous ont conservé les noms. Homère. compode seront à l'avenir tous les groupes l'essaim n'apparaîtra plus. XXIII. etc. "/. Dans un passage de l'Odyssée. qui assimile aux Muses.

130 Les Sirènes de la LES SIRÈNES dyade homérique. QàStôTzvi. peut-être ossements qui blanchissent le rivage où Homère a placé les Sirènes (1). qui n'est sans doute que îles reproduction de Licosa. Un seul de ces noms la reste indéterminé : Leucosia. Plus tard une seulement chantait. Ligea. Denys d'hal. Arist. Les deux . se si nous nous en et est rapportons à Eustathe. ausc Parlhenope. Thelxiépéia et Aglaopé. Leucôsia perçante. de mirab. Nous préférons Eumolpe. Aristote : et Lycophron donnent aussi une triade (na/jeEvônTî. l'autre accompagnait le chant avec la lyre. la voix qui charme par Le Scholiaste avec des d'Apollonius variantes de Rhodes conserve : cette dyade et Il peu importantes ('A7>«oywv-/î. ('Ay^aoy^vî. même ordre 211. autre Didyme joint à la dyade homérique une Pisinoë (nEttTwôv)) dyade composée de Ligéa et de l'esprit est persuasif. Aev/wo-îk). qui rappelle nom actuel les d'une des Sirénuses. Aglaophôné esX^Lvôr. Lycophron • 1. Thelxiépéia éclatante. on trouve Leucasia dans Pline III. aé^^k. : paraissent une décomposition de Telxiépéia. 53. Scheffer propose : pour les deux derniers noms Molpe. Strabon. Plus tard encore. Parthenopé. Quant aux deux premiers. Le Scholiaste cite une autre : triade : Pisinoé. la troisième soutenait le chant avec la flûte. Raidne. avec Eumolpé. L'addition d'une unité à la dyade primitive a dû sans doute son origine au développement du Sirènes homériques chantaient. dans son préambule donne une nomenclature indéchiffrable : des Sirènes Sirènes : Teles. Tione. Ligéa. Thelxiopé ou Thelxinoé (MoîvîTGj). Leucasia est une sœur d'Enée. suit le Suivant ce dernier. sq. ou Telxiopé. Leucosia. qui chante bien. y joint Molpô l'harmonieuse. ils Pisinoe. Pisione. celle nommaient Agiaophémé celle les eel^téKsix) dont vers. II. dont la voix est virginale. C'est dont un nom nouveau qu'il faut lire dans Hygin. 123. sentiment de l'harmonie.). Molplieles. qui complète sa triade. 13. Au lieu de Leucosia. (l) Hygin.

dans Homère. 131 Tous ces noms conviennent à des Muses. I. dyade d'Euripide. et les poètes comme épithètes au nom générique des Sirènes y ont été entraînés par les une analogie évidente entre autres. C'est du Schollaste sur v ce vers qu'il est question. et comparer quelques représentations plastiques. a la voix d'une vierge. ibid. 850.. Dans Euripide. Gass. les vierges ailées. les Sirènes pour compatir à sa douleur De même aussi que les les jeunes Muses. Yat. (2) (3) Eurip. d'une joueuse de est composée d'une chanla flûte et d'une joueuse de lyre. lOl. (5) II. XI. Hélen. I. ou mieux encore (1) Deipn. Od. choses. Parthénopé. cap. accompagnent leur voix du son des instruments. (4. 208. 167. Hélène (2) appelle Sirènes. pi.Harum una voce. lib. TrixpOhoi. XVI. hél. 112. Déjà. Ibid. alla fibils. îlTspofhpoi vsâvtSsç. Dans Athénée (1). Lycoph. dédaigné par Scylla. Il.at Isip^ nup^êrjoç OtXTÎffKTO. 38. (3) La Triade de Lycophron teuse. Polyhymnia. la jeune Sirène {n«pQsvoç) prend pitié de la douleur de Glaucus. d'une joueuse de flûte Libyque et d'une joueuse de Syringe (4). v. elles se vantent de savoir toutes exactement comme la Muse invoquée en maint endroit par Homère lui-même (5). .. Enfin les Sirènes affectent l'universalité des connaissances qui est l'attribut principal des Muses.RAPPROCHÉES DES MUSES. 712. tertia lyra canebat . chants des unes et des En second lieu. peut joindre le mythogr. Ibid. XIV. è^o-oaat tov AtSuv loiro-J. 239. ffyp£7'y«ç. 508. Euterpé qui les ont joints et Calliôpé . On notamment Guigniaut. Sâz/sy S'Ixswoy -/. 10.stprrjsç. lorsque la fatigue le prend ou que la mémoire lui fait défaut .. v.. L'une des Sirènes. YII. aussi bien que Melpoméné. ûg. la jeunesse et la virginité sont communes aux deux groupes.

rapt.7. ibid. • effet . leurs rivales. (Mythr Vat. 4. et temples des Muses sont situés à Sparte. zh twv Isiprivu-j Upov. à\?.elûç. 2. comme des divinités des Nymphes des sources de du Parnasse et de l'Olympe. les Eipsvcrxt. honorées depuis plus longtemps et regarder avec un qui s'élèvent à côté certain dédain. 253. les nouvelles divinités d'elles. L'assimilation est complétée pa:r cette considération' ' que les Sirènes ont. auscuU. . d'être- comme Euinénides . Comme les Muses du est. 1. 7. toc : T'Iovra tSfjtev t« t' sàtioitsvcc Tzpo T'sbvTa. vs&iç L'auteur des y. 1. v. TzoïAoBordp-^. Sirènes disent S'ocrira yhiri^ai èizi L'assimilation était d'autant plus facile que les Sirènes ont toujours été considérées. Acheloïa proies. 2. Strabon. aùrûv iS/jutki. Th. Cf. 50. v. qui n'aurait jamais été imaginée si on ne les avait considérées uniquement comme divinités des eaux (ApoUod.xB'xiTzspSôlYjv Mirahil. 551.. bibl. 88. bibl. flots. leur place marquée dans et lé Panthéon grec. 10. Ceux des Sirènes aux extré- Les autels mités du pays. Cf. Muses ItaUques et Muses Helléniques. et XIV. Acheloïdes. Les deux greupes se trouvent en en présence. et qu'elles ont leur temple leur culte (2)/ -Peut-être les peuvent^elles se vanter.. (Suidas. . Avien. appartenant à deux (1) Hésiod.^it quœ el Musx-.d'Eschyle. Varron. 3. fpsœ sunt Nympliss. "Varron disait du Piéros. Ligéa et Eumolpé (ApoUod. Pros. encore : IJnam (Musamj quse ex aqux nascitur molli.^6oyt Dans Homère. Izip-^vaç) expliquaient le cet ordre d'idées des Sirènes par bruit des C'est à qu'il faut rapporter leur descendance du fleuve Achéloiis. ce qlii sera. Car les Muses ont été primitivement les l'Hélicon.) Dansia liste des Néréides grecques. à Athènes. c'est-à-dire au cœur de la Grèce. depuis Homère. . se trouvent deux noms appliqués également à des Sirènes. 1.). 2. De anciens le même chant les mythogr.132 LES SIRÈNES Piéros qu'Hésiode dit « savoir ce iqui <i> . ce qui arrive (1). (2) à Tégée. Claudian. metam V. -/«t Ttfjtwvrat \mo twv Trïpwt'zMv 6u(rt«tç è'Kty. eaux. H. 38. . v. Ovid.

au vaincu. l'histoire. Cet épisode de l'histoire religieuse de la Grèce a une haute signification morale. v. respire toute l'animosité d'une guerre religieuse. au combat poétique d'Apollon et de 82. se cou- ronnent de leurs plumes (i). elles elles arrachent les ailes à leurs rivales abattues. 298) montre quatre Muses arrachant les ailes de deux Sirènes. avec des ailes à la lig. Les Muses sont une des plus nobles créations de l'esprit grec. 528) les ailes à la tète comme simple ornement. la poésie elles (1) Stepli. tement comprise des Grecs. tête. pi. L'analogie des deux luttes était parfaipi. Marsyas. 142. la politique. hé traitement cruel infligé. 9 . qui doit reposer aussi sur un fonds historique. autel Mais légende l'a transformée en un combat poétique où le t'alénfe5. Interprètes de toutes les vérités qui font le bonheur de l'homme. les ailes des Sirènes étaient leur enjeu dans la lutte. La scène est un combat (s^ojç) . dont l'une le est étendue à terre. Les Muses gardent dans une dernière représentation [ibid. 'kTr-spv. apprennent répandent la religion. Comme elles ont assisté au supplice de Marsyas. Eust.RAPPROCHÉES DES MUSES.cultes se la sont combattus. (Guigniaut. Byzant.devait /em- porter le prix. 83. geste et l'expression de visage des Muses en montrent toute l'ardeur. fig. les Muses assistent Sur im bas relief. deux. 85. elles lui . Avec d'autres personnages. lutte a Il est probable cependant les que la eu un caractère historique. que contre autel. les Muses dans les victorieuses né sont guère plus compatissantes qu'Apollon. en quel temps? caractère a-t-elle revêtu ? Ce sont des questions plus faciles à pbser qu'à résoudre. deux légendes. Un autre monument bien {ibid. fig. Marsyas est écorchévif .. c'est un mythe analogue à celui de Marsyas et d'Apollon. pi. La lutte devait et quel avoir lieu nécessairement. Cf. Dranches différentes de la 133 même Où et famille. 301).

Euseb. X. Toutefois les Cretois plaçaient chez eux le combat. Kpvir/îç.v. à Coronée (1). un combat où elles seraient vaincues. En prenant à croire la lettre un passage de Pausanias. mag.cl 1-iprrMv sotSoç. on peut que les deux cultes se sont heurtés dans la Grèce.134la considération LES SIRÈNES EN LUTTE sur ceux qui participent à leurs secrets. comme elles énervent l'homme au heu de l'encourager elles sont aux rudes labeurs du jour. 11 maîtresses de volupté. Moûc-sc. : main de Héra m'échappe. tzooç 34. Le sens des Sii'ènes clans la les comprenant comme dons d'Héra. ainsi que le veut l'analogie (la victoire dans la main de Zeus. Cf. Pausan. La fondation de cette vihe est est attribuée à un certain Aptéras.i rà. les^ Charités dans la main d'Apollon).t.TzznjQdav. Chron. Le géographe fait mention d'une vieille figure de Héra..q yâtriv ûîrô Itç ù^vjç ïpvj. La lutte y prend plus de Les Sirènes perdent leurs aîles. dit Etienne de Byzance. v. Ce rapprochement est à noter. L'autel de cire et de plumes qui esf à Delphes a été construit par Ptéra.-zcA. En ' (2) kiTTSpv. à Aptéra. un delphien. ses dons.ç àw. 10. Hokj v. — Le conseil se retrouve d'ailleurs dans Ausone Seiredones ad 7j«/ma)7i jussœ cerlare camxnis. n° 514. et se précipitent. peut-être en Arcadie. -/. ainsi nommée. Selon Pausan. 7!-o). àizo tvîî twv Moucûv détails. qui tenait en sa statues des Sirènes. à aussi la fondation d' Aptéra de Crète. parce que les Sirènes y avaient perdu leurs aîles. on se demande comment liera a pu conseiller aux Sirènes. dit qu'un roi Apteras fonda la ville de Crète. Ce que l'on sait réfute d' Aptéra amplement Etienne. (1) Ay^sMjjov Ovyuzkpcic. puis elles tuent.n-zrciv. IX. est bien qu'elles soient vaincues par les Muses. qui est attribuée . Les Sirènes au contraire se servent de leurs chants d'un piège . et le mythe Cretois résulté d'une étymologie fautive (2). et il main les explique cette particularité par la raison que Héra avait persuadé aux Sirènes de disputer le prix du chant aux Muses. Etymol.

dont la voix funeste les . L'épopée fait 135 disparaître tout élément historique. qui résume en lui et les le groupe' hellénique. « Pendant qu'ils passaient près des Sirènes. la scène. chirmaient les oreilles des passants pour les priver de retour. retint les Argonautes (sur le (i) navire). bibl. élevant leur voix sonore. les Vierges. racontent leur habitude.9. 1. le chant des empêchait d'avancer. selon le en effaçant ce qui importe 'c plus : Assises sur le rocher. comment et se disputèrent les chevaux aîlés Zeus le tonnant fait Poséidon qui trembler irrité la terre. . Orphée. » Les Argonautiques orphiques. mais Aphrodite l'enleva et le porta à Lilybée. Orphée. non après un Lès mais au milieu du de voyage des Argonautes. Alors je saisis la lyre. compagnons Jason n'échappent point aux séductions des Sirènes par la ruse. mais. contre le père Zeus. et essayai l'ordre harmonieux des chants maternels. La lutte s'y manifeste. Orphée ('!) chantant une Musc contraire. « Pendant que Argonautes doublaient l'ile des Sirènes.AVEC LES MUSES. dissipa dans les ApoUotl. ainsi qu'avaient fait ceux d'Ulysse. Les Myniens écoutaient avidement Sirènes. Biilès seul nagea de leur côté. Les rames échappaient à leurs mains Ancée dirigeait le navire du côté de l'écueil. (c Elevant donc la voix je dis l'hymne merveilleux :. défi. Parmi eux figure un fils des Muses. 25. chantant une Muse contraire. prend sur lui tout le labeur du combat. et comment le Dieu à la barbe limoneuse. retint ses compagnons sur le navire. frappa de la son trident la terre de Dycaonie.

Et leurs corps se changèrent en rochers.136 LES SIRÈNES EN LUTTE îles profondeurs marines et en conserva les de Sardaigne. Lorsque le peuple racontait la fin des Sirènes. se et. puis cessèrent leur chant. ne répond guère à cette Apollodore. dépouillèrent de leurs désesaîles pérées de leur (rà Tzzspà. dit C'est la tradition Cretoise d'Aptéra. » si Le chant d'Orphée. d'Eubée et de Cypre. fatal Elles poussèrent un était grand cri parce que moment de leur mort venu. flûte. il disait : les Sirènes devinrent les Blanches. l'autre le sa lyre. et se jetèrent du haut de là roche dans les profon- deurs de la mer. à la la joie sévère du travail et de la fatigue. Etienne de Byzance. îles voisines d'Aptéra : Aîu/kî. dont parle On doit penser que le mythographe avait sous une Argonautique autre que celles que nous yeux possédons. flots. Twv wawv dcVCnueS blanchcS Les » (AsuzKt). les Une telle assimilation n'aurait aucune signifiy a là une confusion d'idées à la suite d'une cation. hKvzir. défaite. xTziScclo'j). qu'il contient curieuse que soit la révélation d'une Atlantide méditerranéenne. Muse contraire. les Sirènes s'étonnaient. De ce détail les Sirènes deviennent blanches avant de se précipiter^ on a conclu une assimilation vieiUes). « Les Sirènes. le^ . Moûc-k. du groupe avec celui des Gréées [TpxLai. y> Pendant que je chantais. se précipitèrent dans les s'appellent les blanches. et que la Bluse contraire opposait aux séducles tions des Sirènes vantant les douceurs du repos. Mais la catastrophe était la même : les Sirènes vaincues se jetaient mer et étaient transformées en écueils. II confusion de mots. sur leur écueil blanc L'une jeta sa comme neige.

un élément historique de la se substituer à celui des et ce lutte. Lycophron. comme les statuettes dans la main d'Héra. où les la entraîne le fuseau fatal. (1) Cf. Moyo-sîov. L'une sera rejetée par vague au pied de la tour de Phalère. Ligéa sera transportée à Térina. d'histoire et ces tombes de Sirènes autour du la trace golfe me me semblent conserver d'un culte éteint. à Coronée. s du rivage. elle ne peut être que mythocités. fiots d'une chute volontaire se plongeant au sein des Tyrrhènes. identiquement racontée dans ces mêmes légendes. Aptéra possédait temple paraît aussi un temple des Muses.AVEC LES MUSES. Leucôsia. les légendes populaires ont arrangé à leur façon cet échec des Sirènes. Etienne de Byzance. En ce qui concerne leur mort. '137 mais tout le monde ne connaissait point les adjectif.Kî le devenu un Asv/M<7tx. et le substantif est écueils Asw. où est jeté cadavre d'une des Sirènes (i) (vtyôst?) oiji et delà roche d'un blanc de neige elles s'asseient pour chanter. Orph. Le culte des Sirènes n'ayant pu Muses dans ces localités. Les ne sont qu'une forme de . noyée. où les habitants lui élèveront un tombeau et honoreront Parthénopé l'île de libations et d'hécatombes annuelles. écueils blancs. sur les bords du Glanis. le sable Des matelots l'enseveliront dans des tourbillons de l'Ocinaros. lieux . pendant le Lycophron place solaire : aussi la lutte voyage « Ulysse tuera les filles d'Achéloûs. écueils blanes . auprès Même un peu de Baïa dans ces légendes mythologiques je crois trouver . poussée sur lui le promontoire d'Enipée occupera longtemps qui devra son nom. l'Argon.

Mylhogr. 125 Tei'psichore : Eust. Platon. rait. XIII. : . 34. etc.138 logique s'eflacent et LES SIRÈNES RÉCONCILIÉES j'en ai donné clu l'interprétation. Icare. elles se sont môme saires. et les Sirènes. elles meurent. il est vrai.. Quand les légende primitive descend du les flots (4). Hygin. Les Sirènes les connaissaient avec les . Muse : Melpoméne. 20. - Filles in Od. Sirènes se noient dans Historiquement en parle elles vivent encore. contemporain de Xénophon revenait au contraire. M. de — Filles de Gallioppe Schol. 18G. II. lîlles Les Sirènes . Vat. : Nonnus. comme elles n'étaient « 11 y a des enchantements pour retenir des amis il y a des philtres : pour se faire aimer. 85. Tout le monde fuyait Du plus loin qu'on entendait les Sirènes. on accou- séduit et charmé. Non seulement })as vaincues par les Muses.. Lycoph. II. 42 -. fab. bibl. plus . de gloire. asseyait une Sirène notes chantant une seule s'élevait et l'harmonie les des sept dans l'immensité. Vat. attiré l'amour. Eust. La violence n'a jamais Scylla. 1. sont de Melpoméne 1. 31G. dieux ravis l'écoutaient. et le seul des Anciens. n'ont réconciliées avec leurs adver- péri . Terpsichore ou CaUiope (1) Le nomljvc de ces : cliùies dans les ilôts est considérable et mérite d'être étudié de près (2) Pliaëton. 720. . Mytb. ApoUod. de sciences mais elles variaient leurs séductions suivant les caractères. disparaissent dans l'Océan aérien. elles la Les étoiles au passage Soleil. au mythe il primitiL Sur chacune des planètes note . si Xénophon. III. vertueux elles parlaient de combats. . 1. 101. ciel sur la terre. et l'histoire a consacré leur réconciliation en les faisant fdles d'une (-2). Hellé.

wvjffKt. v. elles se rattachent aux Muses et se confondent ensuite avec elles. Tout le domaine des Muses est envahi poésie. II. qui est très-insuffisante. (3). un surnommé : Sirène (5). I. la Ariston de Chios. que Grecs ont rapidement perdu de vue. un éloge délicat est une Sirène la prudence du souverain encore une philosophe. qui envahissait l'Attique. « II IV. VI. L. 17.- Izi^rm. de rendre des honneurs funèbres à la nouvelle Sirène. Les Athéniens sculptent une Sirène sur tombeau d'Isocrate (2). » aux Sirènes (-2) les vers et les discours excellents. que de Stérdpé. Sous leur aspect primitif. est Sirène (4). I. c'est-à-dire à Sophocle qui venait de mourir récents. 17. YTI. izcrÈa'. fbid. Dans des temps plus . si on peut parler ainsi. 21. remuer toute éloquence. politique et (1) Pausan. Uxcrm pou(7tV. » Ibid. « Sirène. V. Un songe avertit un général Spartiate. On prend beaux vers l'habitude de mettre sous leur patronage les et les le bons discours (i). comme divinités du chant. Philost.r. faut. de la « 10. (5) Himer. Cette généalogie nouvelle 139 développement marque rlans le du mythe un moment filles aussi important que celui qui les fait les d'Achéloiis. IGO. Soph.v. Ibid. Maintenant s'agite pour toi toute Qui ne louerait riiomnie qui tient le gouvernail Grèce honnêtement. Declam. Diog. (3) (4) Pausan. Comme divinités des eaux. leur second aspect.AVEC LES MUSES. elles se rattachaient à Achéloùs . on ne peut guère indiquer d'autre celle descendance légitime. « Maintenant encore nous comparons fréquemment. l'éclair. toute » Sirène. vitœ. » . éloquence. en l'honneur de Gonstantinople. avec une douce Sirène.

elle s'aviUt entre des mains y-o-jcrtzai ù-j-jv. ma Muse. 3-i'J. d'Eleusis. ma Sirène? Tues morte. L'pigr. A partir de ce moment la notion des Sirènes prend elle une double direction. Anthol. sont les lacultés enharmoniques de l'àme (1).îl: . grandeur vulgaires. dit philosophie.140 LES SlPxÈNES RÉCONCILIÉES AVEC LES MUSES. D'une part. -li. »EtEunape: .. p. palat.'j. appendix. « Quel mau- vais gcnie m'a enlevé OKdcsius. entre dans les mystères où ces divinités jouent un rôle d'une singulière . Les Sirènes. Suidas. Cf. d'autre part.

Si les Muses. qui indiquent par quelles transitions a passé la notion première pour arriver à la dernière notion. qui ont cette universaUté de connaissances. » 0. par l'universahté de leurs connaissances. les Sirènes. au point de vue religieux. Elle ne paraît pas avoir été acceptée au même degré par la religion hellénique qui. telle attribution résulte-t-elle de la notion première? n'est pas Cela est évident par le vers de Sophocle qui lettré. très-exphcitcs. On est porté. au premier coup d'œil. et bien avant la philosophie. sont. à confondre les . Il y a d'ailleurs quelques documents. Sophocle : en termes formels « Les Sirènes chantent to-j? les lois du monde Une souterrain. est du lait des lettrés. un mais un poète religieux. L'assimilation des Sirènes aux Muses. et sont de plus homile cides. leur assignait cependant des attributions distinctes. les maîtresses de la vie. dit deviendront les maîtresses de la mort. tout en permettant le rapprochement des deux groupes. de l'élément homicide qui est un des attributs spéciaux des Sirènes sous leur aspect primitif.ooowtï "aSou vôuour. et qui ne convient pas du tout aux Muses. sophistes et gram- mairiens.IV. Elle ne tient pas compte en effet. dans leiir entière compréhension.

On la trouve des traces Sirène prend pitié Scylla .l-iS LES SIRÈNES SYMPATHIQUES Sirènes avec les fléaux célestes. de la mort. la mort qu'il donne est douce (1). (2) Eurip. qu'il que celle qui entrait dans les une complainte funèbre. l'iElinos à mes chants funèbres (2). unisse votre plainte à ma plainte. et la Syringe. accompagnait la longue agonie des il audileurs. » dit Claudien. d'une telle croyance. et que si leur chant est meurtrier. Athénée. les Sirènes chantent l'iEHnos. la flûte V. » Ici évidemment les Sirènes ne sont plus agents de mort. commençait.ierges ailées. la complainte funèbre. Il gnait avec la lumière. Cependant on remarque qu'elles se distinguent des fléaux par ce carac- tère singulier qu'elles ne répandent pas le sang. et qui sont les ennemis des Dieux et des héros. De qu'il y était telle à croire qu'il n'y était pas indifférent. Dans Euripide. sq. Y. Kvî)>vîSôvîç. Elles mais témoins sympathiques (1) et assistantes Claudien n'est pas seul à "zoÔtzo'J le dire. Libyque Que votre répondant à la mienne. la transition était naturelle.pooiatjoijç eKOioûv twv zpomâ-j à^au«îvî«76at. était sympathique. que repousse que la c'est-à-dire Sirène accompagne de ses chants mélancoliques les plaintes de Glaucus. avec voix. et n'y insultait pas. Hélène. . VIT. votre douleur à ma douleur. « Elles tuaient était par la volupté. autour d'Hélène désesce pérée et menacée de mort. . 257. du malheur de Glaucus. 290. Le chant s'étei- une même il chose que la lumière. sans quoi là n'aurait pas été une volupté. honneurs rendus aux morts. . qui tuent par méchanceté. Dans Athénée. jeunes Sirènes. za-à tÔv «ÙtÔv Stà Tïiv riSovviv zcûç Izipritji voOç ày. venez à moi.

Quelquefois elles s'arrachent les cheveux. . Archeol. Leurs fonctions s'élèvent encore dans les vers qui suivent ceux-là : ce Que la votre Muse (î) m'accompagne chez Perséphone pour que Déesse reçoive en tribut. 4 . et chantent pour lui l'hymne pieux qui doit apaiser Perséphone. La les Muses en une circonstance qui n'a peut-être aucun caractère mythologique. avec mes larmes. Denemaker. dans les Annali deiristit. Rocliette. p. c'est qu'il s'agit d'un poète. plus large. et par leur pitié le moment fatal. » Ces monuments ont été décrits par Millier. chantant ou jouant de de la flûte. Millier. Tous ces gestes. Ainsi s'expliquent les nombreuses figures de Sirènes sculptées sur les tombeaux (3). Car un tombeau. ^3) L'emploi du mot Moûcrc. environnent leur fils. 371. Raoul . leur nourrisson. 503. inédits. Monuments Cf. Panofka. Aucune des Muses helléniques ne peut revendiquer une telle sympathie pour dans les grandes épreuves de l'homme si . un domaine propre. elles se déchirent la poitrine. » des Les Sirènes n'abandonnent suivent dans les pas le mourant.A LA DOULEUR DE l'HOMME. les Sirènes' sont là (2). les y voit la lyre et accostées de chouettes ou de colombes. est significatif. année 18G4. elles pleurent. On isolées. et un autre mémoire de M. sur Ja mort de Bion. l'hymne trépassés. 143 rendent moins douloureux lui répètent les plaintes de l'agonisant. embrasse tous ceux qui souffrent. tous ces acces- (2) Cf.. (1) Ibid. ant. galerie héroïque. Elles y répètent éternelle- ment l'hymne des regrets et de la douleur. pitié des Sirènes. Handbuch. ou par groupes. elles le lieux souterrains. un mémoire sq Overbeek. Moschus.Sallaas dans la Remie ArchcoL. intéressant du feu duc de Luynes. du cabinet Pourtalès.

qui sont LES SIRÈNES comme un commentaire ont représentée sculpté des vers d'Euripide. chouettes et les colombes alterneront sans tragique. la voix ne cessera de résonner avec fin. un roucoulement la monotone. Le geste changera les le plus. Nul symbole ne convient mieux à dure et ne veut pas se consoler. sont aussi conformes à la notion du chantne lumière qu'elles d'abord. douleur qui . la lyre. avec comme chœur un huhulement.1-M soires.

l'harmonie de leur chant. Euripide et sur fidèle Mais son commentaire s'appuie sur Sophocle surtout. que le rôle des Sirènes se concevrait. Les Sirènes. par exemple. par ce fait qu'elles accompagnent. avec des chants consolateurs. mais avec une douceur Hermès. inspire aux âmes qui de cette terre émigrent dans l'enfer. les conduisent au trône de Perséphone. Le chant des Sirènes. sont devenues divinités Psychopompes. pousse le troupeau plaintif des ombres jusqu'au seuil qu'il ne dépasse compatissante. de sa verge magique'. . dit Plutarque sur ce vers qu'il nous a conservé. Les Sirènes.V. tel qu'il le représente. avec Euripide et Sophocle. Il recherchent et » faut sans doute toujours faire la part de la fantaisie ici dans Plutarque. trices Elles sont les initia- de la mort . loin d'être inhumain et meurtrier. elles (( en révèlent les secrets aux âmes : 6/300ÛVTS Toùî "aSou vôfAO'jç. l'âme chez Perséphone. pas. l'oubli du périssable et l'amour du divin le . H n'existerait pas. qui a certainement été au dogme rehgieux. non pas avec attribué à le caractère indifférent ou violent qui est Hermès. et qui sont errantes après la mort. et les âmes charmées de s'y attachent.

Hyg. 1. ont pris les aîles. Y. pendant que la jeune Perséphone cueillait des fleurs dans avait elles la un ravisseur. d'autres rapports avec les Grandes Déesses semblent les faire entrer dans les mystères. 141.s-tu arrivé ici. sur . Hygin. appartiennent à la religion commune . 204. 93. ainsi qu'Hermès. « (1) Glaud. pas facile une forme légendaire dont il ne serait de découvrir le sens. On constate en effet que l'addition des aîles est mentionnée dans les légendes au moment du rapprochement des Sirènes avec les Grandes Déesses. Mais un matin. de Démêter. Sirènes et elle avait placé et auprès de sa fille les comme compagnes prairie. emporté avaient la fille trompant leur sollicitude. plus vite que nous. » accensœque malo non impune canoras in peslom vertere lyras. f. à pied. rapidis Acheloïdes alis Siculi latus obsedere Pelori. ad Apollinis petrani venerunt. 254.146 LES SIRÈNES Les rapports des Sirènes avec Perséphone. comme surveillantes. le rayth. anthropromorphes dans divinités Psychopompes. D'après Eust. Metam. 85. Mais elles ne l'avaient point trouvée et s'étaient exilées sur les écueils où les rencontraient les voyageurs épiques (4). je ne trouve d'autre raison qui résulte de l'interrogation d'Ulysse à Elpénor dans les Gomment e. volaticfe sunt factte. II. Dans leur désespoir. quod Proserpinœ auxilium Ovid. Vat. Pour expli- quer les aîles des divinités que celle : enfers « Psychopompes. « Telœ labor alio Sirènes requies. Mais alors pourquoi les homérique Muses n'en : \~tv. C'est ce qu'on voit dans Claudien. ibique Cereris voluntate. malgré la différence des détails du récit. c. » Ibid. » niôLaphore comme dans l'expression paroles ailées. sont-elles pas pour- vues ? Il est plus probable que les Homère. Tnspôrjro:. et avaient parcouru la terre à la recherche de leur compagne. » III. dans ces vers. 552. elles seraient une simple non tulerant. Démêter avait quitté les Ils affectent (c champs d'Enna. comme Sirènes. et demandé obtenu de Zeus des aîlcs. Les aîles dont sont pourvues les Sirènes sont l'objet d'une controverse chez les anciens. sq. sublatfD : Discedunt illi (Proserpinae). Proserpinae raptum lamentantes. de raptu Pros. Sirènes.

clans comme dans la lutte avec les Muses.) de grives dans Anaxilas d'oiseaux chanteurs Siredones. et va comme le vent. Il 447 celte légende. avec les ailes. XIV. On trouve d'ailleurs des exemples de Sirènes anthropomorphes. la : mort. Overbeck. Ainsi vont les divinités Psychopompes. » Cf. Hygin. que les Sirènes. Comme les Charités accompagnaient la résurrection printanière de Perséphone. est un souffle. « 11. Virgile anima fugit indignata sub umbras. (fr. qui n'ont pu s'associer historiquement aux Grandes Déesses qu'en leur qualité de Déesses des mystères. -liv^ri. où le culte des Sirènes italiques avait des dû pénétrer et se rencontrer avec le culte Grandes Déesses. 518.). anima. comme dans Homère (Raoul Rochette. II.DIVINITÉS PSYCHOPOMPES. les IIi jambes : et la queue des oiseaux : de gallinacées fFulg. comic). est La scène en Sicile.tj-']. YxiyJ/i — sTzsiyoy. ont eu leur place aussi dans . elle les Sirènes suivaient la Déesse au Il moment où résulte descen- dait dans le monde souterrain. Elles sont les suivantes de Perséphone. Le rôle qui leur est assigné après la rencontre est assez modeste pour qu'on y trouve une concession amiable. si nous ne nous trompons. si D'abord suivantes de la Perséphone notre navire elles sont à l'aise dans ce domaine de ? » Le voyage de la terre chez Perséphone no dure que le temps d'un soupir. Le plus souvent le buste est d'une femme. Homère revient souvent sur la promptitude de l'âme à quitter le ?(7(7UT corps et au moment de pass. lequel n'avait aucune des Sirènes. probablement . les mystères. L'association au contraire affinité avec celui devenait toute naturelle dès que Démêter et Perséphone se transformaient en divinités infernales. un fonds historique. Une telle association n'eût pas même été possible si les Grandes Déesses avaient tellurique conservé intégralementr le caractère fêtes que leurs en Sicile ont toujours rappelé. c. L'âme. 1. y a.

(i).. qui accueillaient et ces l'initié elles. les initiatrices de la mort. et on leur donne le boisseau : comme coiffure. mais affirmer que leur représentation sur les tombeaux avait une signification plus haute que celle des regrets de la vie future On peut éternels. Aristoph.44. qu'elles crivahissent bientôt toute Leur recherche désespérée les assimile à Démêter. avec ces chants suaves sons de flûte dont parle indiscrètement Aristophane. et lui faisaient entrevoir avec moins de crainte la perspective aussi. 154. et le chœur qui suit la scène. non plus conjecturer. . (1) Cf. et qu'elle était un témoignage de la croyance en l'immortalité des âmes. comme dans la rehgion commune. faibles qu'ils soient.8 LES SIRÈNES DIVINITÉS PSYCHOPOMPES la légende. on peut conjec- turer que le rôle des Sirènes dans les mystères avait une réelle importance. et qu'elles y restaient. Euripide les assimile à y-ôpat %eôvoç. C'étaient sans doute. mort. Sur ces indices. Ran. Perséphone il les appelle filles si de la terre. sq.

solitaire qu'elles les ont choisi. aux applaudissements en suivant la pente où il Qu'on fasse abstraction de tout seulement : de les autre caractère. Parallèlement à ce beau développement de la notion des Sirènes. qui devait séduire natures vulgaires « Les Sirènes tuent par la volupté. les poëtes du bas peuple. se produisait en plein 40 . faiblesse de mort dont punissent ceux qui ont les écouter. tout cela ne rappelle-t-il pas le manège des courtisanes. était possible les transformaient avilir. Le poste divin.VI. d et leur figure s'altère aussitôt. qui se postent aussi dans quelque coin ignoré et de sinistre aspect. et que les l'on considère celui-ci. où \iennent sombrer les navires et les marchands. du dernier ordre. loin de tout commerce attirer les la chants la qu'elles elles emploient pour voyageurs. entraînés par des chants perfides? Un tel rapprochement dont les détails ne manquaient pas de ce genre d'esprit où se plaît la foule.

puis à peu près tous les mythographes. devenaient une opinion (1).) (II. « Euseb.gL twk GvjîiUTrpôffUTrK opviQM » st'jai. Eusèbe aussi. 1. Les les le mythe antique. Les niythogr. 9. àiriiâcn II. " meretrices. malgré Orphée. Eustathe cette interprétation d'un bon sens : iaropr/. Aphrodite Cette (1) pente (Porphyr. plaisir : Pythagore " Il y a deux espèces de à le premier. manifestée dd bonne heure.XoTrov II. 558. « les Sirènes et (XXII. peut être comparé aux chants homicides des Sirènes («vSpoiyôvotç wSkÏç) . les Vat.'150 LA NOTION DES SIRÈNES à théâtre d'Athènes. toûctSî Sst^-^-Jwv loyovg crofûi-j. quee cantu et blanditiis navigantes deciperent. Servius. marchandes de chansons ou d'éloquence. in JEn. ne justifie une telle deux seules circonstances où l'on trouve Sirènes en rapport avec Aphrodite indiquent avec elle au contraire un état d'hostilité plutôt que de bon accord. Euripide en donne Kâyoj yJJjovcra la raison : (Andrùm. si l'on en croit Suidas. Rien pourtant. Anaxilas dans Athénée (Deipnos. qualifie ont copié Servius. his fictœ sunt inferre naufragia.) O'^vov. Suidas : Ot Mu9o). 30. de tout ce qui est nécessaire à la vie. 42. qui est agréable sur le moment sans laisser de remords pour l'avenir. 930. Ces fantaisies de poëte. qui provient de la beauté. Les Sophistes étaient comparés aux Sirènes. p. Servius y croyait. le second. Tzcaovpya-j. » Démosthènes se plaint d'être comparé à une Sirène. C'est en effet de l'Evhémérisme. s'élance [du navire retentit Argo vers le rivage où léchant séducteur. ressemble à l'harmonie des Muses. III. meretrices fuerunt quœ.Ô70t IsipYi-jciç ov. à force répétées. la richesse. 12) iTrtV. delà justice. lorsque Butés.. deux pas d'être d'Eleusis. môme mot dans de termes. Y^vottqXoi lupwsç. aTraTwvTK rovç TVKpy. qui aux appétits. .ûtrspov.Tzléo'JTCiç. — Secundum veritatem. Ainsi. puis un dogme accepté par de graves esprits.oïç v. I. On trouve dans Nonnos Cf.) disait s'attache s'est -. tkti îroptr. transeuntes quoniam » » ducebant ad egestatem. dans interprétation. à la volupté. ce qui est moins étonnant.) t. y.v/îvOÛvra.

intulit amorom.SE DÉGRADE. ne diffère guère C'est là. les monde que les Sirènes. Il semble que ces deux récits conservent les une trace historique et d'un antagonisme entre cultes de Vénus Ericia de Perséphone. : une variante « " .: des Sirènes. entendre pendant nuit une A'oix un gémissement le continuel {'^. Le mythogr. Un changement de et le milieu a produit une autre altération. ab inleris omerso. oriperct. donne Venus. les prophètes. sohtude . mélamorpîiose les Sirènes en oiseaux pour les punir d'être restées (i) vierges. commc hibou et autres semblables.o-jo-jov/J yM-zoloWço-jza). indignata quod Proserpina. Plutoni. Ce sera le repos des bêtes farouches et la retraite des Sirènes. » Le Scholiaste explique la « Oiseaux plaintive. d Le (U Eustathe rapporte cotto légende. dans une légende particulière. II. la Les Grecs de Syrie et d'Egypte confondent volontiers désert : : mer même horizon . qui font [QprrMh). mêmes y a dangers les Oasis rappellent les et l'Arabe qui placé sa tente. déchues de ont fixé leur dernier fait séjour. encore qui. Jovis et Cereris lilia. des ronces dans leurs villes et leurs citadelles retraite ce sera la ssi/j-^vï. — Il ne poussera que . 93. Les Arabes n'y passeront plus. Vat. circa cacumen yEtn© flores legentem. ni les pasteurs n'y séjourneront. La version des Septante la' figurer et dans les tableaux de prédite par désolation ce de Samarie de Babylonc. le ravit *^i C'est Aphrodite aux flots pour l'emporter à Lilybée. parmi les ruines des cités de l'ancien la divinité. Ils se sont réciproquement calomniés. même îles . ut Proscrpinam. conjugia sperneret. du pirate.

« Un temple leur est élevé (àSorrente). Chrys. l'a vu au co-j. 8. » Les chrétiens ont accepté cette version. mais de la humaine Nous avons (1) Cl'. et ]iar l'auLenr de Mirabil. Sorrente était donc centre du culte des Sirènes. dans laquelle sont suspendues de : vieilles des tidèles du voisinage rô-ov. « A Sorronte on montre la chapelle des offrandes. Itûvj i.ûiy Qu. auscttU. aurait jm persuader aux Napolitains d'élever un monument à .xi par des sacrifices réguliers. sq . et les habitants du voisinage JViwç «Ovcôv les honorent extrêmement y. Selioiiaste do Lycoi)hi-on. n'a plus Sicile aucun rapport avec la religion. N'est-ce pas ainsi d'ailleurs et sont obscurcis helléniques.~cc Troû. la Sirène à 13. XLIII. XXVII. j~iûoo). )) x-Jci:Ori'J-v. (2) Le loniboau do dont Naples a fait oublier temple de 2. ])ar le Sorrente. ])uisqu'on ne renouvelait pas les oUVandcs. Sirènes les Septante ont traduit le par le mot qui. filles du cri. 20. Uavitenï de 3Iirabil.ti-aifo dans toute sa splendeur. S. objet de terreur pour ([uc se les ignorants. Y. S. un lieu de désolation est un lieu de Sirènes Cet aspect des Sirènes. Job.jic<.dyjzorj twv îîXvjtrtov Le culte était à peu près oublié du temps do Strabon. auscuJl. Quel poëte ou quel historien. tôv n. effacés tous ces dogmes des sans religions produit raison d'une haute raison (2) ? doute. in psalm. 7tacô'j-a. répondait les ce mieux à l'idée qu'expriment monstres marins.t z«6 le zôyj TTSpioLy. 29. " l— t!iî/w. J. XXX. dans la langue grecque. dit Strabon.IB^ texte LA NOTION DES SIRÈNES hébreu n'avait certainement pas entendu parler des . Micliée I. Dans saint Jean Chrysostôme. l'oxistenoc est attestée par Strabon. XXXI. Les divinités de et d'Itahe y descendent au caractère des fontômes. 22.t. Sirènes. 39.xii ri'j.rrj -j—rj » tSoyrat. Esaïe. comme le précédent. XIII. 71G. Jôrémie. Strabon y revient V. ITora. le I. (1)..

SE DÉGRADE. si les Napolitains auraient-ils élevé un tombeau à Parthénopé avaient été encore adorées? S'. peut-on répondre. . la Sirène Parthénopu? » Mais pourquoi. La mention de la Grande Déesse flambeau supposer culte. que Diotime était initié aux mystères d'El.rabon répond évidemment les Sirènes question aune et il que se posaient telle les érudits : les Sirènes étaienl-elles des divinités? . Une question ne pouvait être résolue absolument Il est fallait dis- tinguer le présent du passé. occasion de le constater. des FIN. que dominait le temple de Sorrcnte. ces rochers dont parle Strabon. La même observation s'applique aux Sirénuses. certain historiquement par Strahon lui-même. Le Scholiaste de Lycophron raconte un essai de restauration. Et cette observation confirme la première. L'Océan céleste étant devenu l'Océan terrestre. les sacrilices interrompus furent repris. la rencontre de Circé et des Sirènes pai- Ulysse ne pouvait avoir lieu qu'à Gircéi et aux Sirénuses. navarque Athénien. et Sous on sa direction. institua une course le fait annuelle où les jeunes gens devaient se transmettre mystique de Démèter. J'ai essayé d'établir qu'Homère avait connaissance du lieu où Gircé C'est sans doute à cette était adorée. que le culte des Sirènes était oublié. aborda un jour à Parthénopé. 158 dans l'étude eu déjà Charités. où survivait leur époque que Parthénopé et Térina ont pris la coutume de faire figurer une Sirène sur leurs monnaies. Il assurait qu'un oracle lui avait ordonné de sacrilier à la Sirène. et que c'est pour cette raison qu'il avait placé le voyage d'Ulysse dans la mer Tyrrhénienne. Diotime.eusis.

La main qui y Du côté droit. de Longpérier y reconnaît un spécialement atli(jue. La chevelure. disposée soigneusement au sommet de la tête^ se répand eu tresses désorest plongée les arrache. les détails de la compo- même au point de vue de dont notre dessin. La main droite se crispe pour déchirer la poitrine. n'empêche pas de distinguer l'art. et L'état fruste sition. doivent être dans le rapport fouilles à de 2 i à La . en 1870. Au centre du descendent jusqu'à ses pattes. Fragment d'une stèle de marbre à Nice (Cimiès. Nègre. qui. J'en ai égaré les exactes. données sur son épaule gauche. La figure exprime la dou- leur -. stèle passait pour avoir été trouvée dans des Cimiès même mais jamais on n'a pu m'indiquer l'endroit. l'état fruste ne permet pas de saisir la disposition des tresses correspondantes. Une queue d'oiseau s'épanouit derrière des Le relief plumes apparaît encore sur ses jambes jusqu'au tarse qui appartient aux passereaux. mes souvenirs. très-fidèle d'ailleurs. opposées l'une à l'autre . dimensions professeur de dessin au Lycée. monument de provenance grecque. Ses longues aîles la corniche. La Sirène est accostée de deux Colombes. tympan une Sirène est debout. d'après 1 .EXPLICATION DE LA PLANCHE IL choisies). villa des Roches La photographie en a été faite sous mes yeux par M. mais on n'y voit pas de désordre. ne donne que médiocrement l'idée. la bouche est fermée. M.

Cette posiMoschus dans le chant funèbre de Bien : 'ASovtSîç KxtTKt TS . Les ailes semblent s'agiter du mouvement propre aux oiseaux de cette famille. Amiens. 30. . rue des Eabuissnos. — Imp. coiffée avec un voile sur la partie Une autre figure devait faire pendant à droite. Sur la stèle est une figure de jeune femme élégamment postérieure de la tête. de Lenoil-Herouakt. et tournant la tête en arrière.^£)vt§ôvâç. àl'ki'koKnv Izwxuov. Le dernier nom appelle sans doute l'attention des palaeographes.155 dans les angles tion rappelle les vers de du tympan. lis Je ainsi l'inscription : OINAN0H KAAAISTPATHS KAAAfiNIA. âç civTLO'J roT szepnvj.

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