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Banc d’essais ELWE de machines Electriques

PARTIE THEORIQUE

1 - Champs tournants (moteurs synchrones et asynchrones)

1-1) Champs tournants

Lorsqu'un système de courants alternatifs triphasés alimente les 3 bobinages statoriques d'un moteur
synchrone ou asynchrone, il naît dans l'entrefer une induction tournante. Dans le cas du moteur
synchrone le champ tournant entraîne en rotation un aimant multipolaire. Dans le cas du moteur
asynchrone le champ tournant engendre dans les circuits du rotor (lequel tourne plus lentement) des
courants de Foucault, d'où un couple moteur.
Pour ces 2 moteurs alternatifs la puissance électrique est amenée directement aux enroulements
statoriques : contrairement aux moteurs à courant continu, la puissance n'est donc plus limitée par
des contacts glissants charbons/collecteur.
Dans une machine synchrone de puissance élevée, il faut certes alimenter le rotor inducteur par le
courant continu d'excitation : cela se fait sans trop de difficulté à moyenne puissance (les charbons
frottent sur des bagues et non sur des lames). Pour les très gros alternateurs, ce courant continu est
en fait le courant redressé provenant d'un alternateur auxiliaire de moyenne puissance dont le rotor,
porté par l'axe en rotation, est l'induit et le stator est l'inducteur.
Dans les gros moteurs asynchrones, le rotor bobiné est relié par 3 bagues à l'extérieur : on peut
utiliser ainsi le courant rotorique plutôt que de le laisser chauffer bêtement le rotor. Les contacts
glissants peuvent alors limiter la puissance.
Autre avantage des machines alternatives : l'espace statorique est bien mieux utilisé que dans une
machine à courant continu. Le rapport puissance/ poids est 2 fois meilleur.

1-2) Champ tournant en 1 point


v1
Mr

ωt- θ θ x
x O Bs
O
z z

v3 v2

Soient 3 solénoïdes se déduisant l'un de l'autre par une rotation de ±120° autour de l'intersection O
de leurs axes coplanaires. Soit Ox un axe coplanaire quelconque faisant un angle θ avec l'axe de la
bobine 1. Si on fait tourner, à ω rad/sec, un dipôle magnétique de moment Mr autour du point O, il
existe en O un champ tournant B dont la projection sur Ox est de la forme bx = Bcos(ωt-θ). On
recueille aux bornes des 3 enroulements des fem alternatives (loi de Lenz, e=-dφ/dt) déphasées de
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±2π/3 l'une par rapport à l'autre : on a ainsi fabriqué un alternateur triphasé et les 3 tensions sont
données par :

v1 = V 2 cosωt

v2 = V 2 cos(ωt-2π/3)

v3 = V 2 cos(ωt+2 π /3)

La réciproque de cet alternateur est le moteur synchrone : si on alimente les 3 enroulements par 3
tensions triphasées, les courants triphasés de pulsation ω qui circulent dans les 3 bobines, créent 3
inductions axiales déphasées dans le temps de 2π/3 dont la résultante Bs au point O et dans la
direction de l'axe Ox a pour module Bs = 3/2Bcos(ωt-θ). C'est l'expression d'un champ tournant : si
l'axe Ox tourne à la vitesse ω, le module du champ reste constant.
Le rotor, dipôle magnétique, peut être entraîné (à condition de le lancer à la vitesse ω) par le champ
magnétique tournant à cause du couple Γ= Mr x Bs. Le rotor tournera rigoureusement à la vitesse ω
(on peut montrer que sinon Γmoyen=0). C'est le principe du moteur synchrone.

1-3) Champ tournant dans un entrefer

Les lignes d'induction des champs magnétiques doivent traverser le minimum d'air. Le stator est
donc constitué d'un cylindre creux en fer feuilleté où l'on a usiné des encoches parallèles à l'axe,
encoches contenant les conducteurs des 3 phases.
Le rotor est un cylindre plein en fer feuilleté (minimisation des pertes par courants de Foucault) où
des encoches sont usinées en surface selon des génératrices parallèles ou non à l'axe. Pour un moteur
asynchrone, toutes ces encoches rotoriques contiennent des conducteurs (souvent en aluminium
coulé) en court-circuit.
Les stators d'un moteur asynchrone et d'un moteur synchrone sont donc identiques : les 3
enroulements statoriques alimentés en alternatif triphasé créent une induction tournante
Bs(θ,t) = Bm cos(ωt-pθ) où p est le nombre de paires de pôles d'un enroulement.

Exemple d'une machine tétrapolaire :

i3 S i2

i1 i1 stator

i2 rotor i3

N N
i3 i2
θ
i1 i1 entrefer
i2 i3
S

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Prenons le cas d'un stator à 24 encoches usinées dans le stator (donc séparées de 360°/24=15°).
L'enroulement d'une phase occupe 8 encoches (4 groupes de 2 adjacentes décalés de 90° l'un par
rapport à l'autre). Les enroulements statoriques sont alimentés comme indiqué sur la figure. Etant
donnée la circulation des courants et d'après le théorème d'Ampère, l'induction b1 due au courant i1
de la phase 1, varie en escalier comme indiqué ci-dessous.
b1

N N N
S π S 2π θ

Le graphe b1(θ) montre sur un tour 2 pôles Nord et Sud, c'est-à-dire p = 2. Gardons pour simplifier
seulement le fondamental de cette fonction périodique b1(θ) = Bmcospθ. Plaçons les autres
enroulements dans des encoches décalées de ±120° par rapport à celles de la phase 1.
Lorsque les 3 enroulements ainsi bobinés sont alimentés en triphasé par 3 courants i1, i2, i3 de
pulsation ω, l'induction b1(θ,t) s'écrit b1(θ,t) = Bm cospθcosωt et le module du champ résultant qui
est la sommes des trois inductions b1, b2, b3, s'écrit (pour b2 ωt et θ sont déphasés de 2π/3 et de
4π/3 pour b3) :

Bs(θ,t) = 3/2Bm cos(ωt-pθ)


C'est l'équation d'un champ tournant, Bs(θ,t) est constant si θ = ωt/p, c'est à dire s'il tourne à la
vitesse Ω = ω/p (sous multiple de la pulsation). La vitesse de rotation Ω (rad/sec) du champ est égale
à Ω = 2π N où N est en tr/sec et la pulsation du courant triphasé est égale à ω = 2π f où f est la
fréquence du courant Ainsi N = f/p, la vitesse de rotation du champ tournant, en tr/sec, est un sous
multiple de la fréquence du réseau. Cette vitesse, imposée par le réseau d'alimentation, est appelée
vitesse synchrone.
En Europe f=50Hz ; donc
- si p=1, on a N=50 tr/sec ou encore 3000 tr/mn
- si p=2, on a N=25tr/sec ou encore 1500 tr/mn
- si p=3, on a N=16,7 tr/sec ou encore 1000 tr/mn etc...

Généralisation :
Un enroulement triphasé dont les bobines embrassent un angle 2π/2p et sont décalées de 2π/3p,
produit un champ à 2p pôles tournant à une vitesse angulaire Ω=ω/p.

1-4) Le moteur synchrone

Pour que son rotor puisse être entraîné au synchronisme, il doit comporter le même nombre de
paires de pôles que le stator. Par exemple son enroulement rotorique, alimenté par le courant continu

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d'excitation i, sera bobiné dans des encoches en vis à vis de celles d'une phase statorique par rapport
à l'entrefer : c'est un aimant à p paires de pôles, un pôle Sud du rotor pouvant être entraîné par un
pôle Nord du champ tournant statorique.
Grâce à cette image, on comprend que si la charge demande un couple élevé au moteur, les pôles
rotoriques vont se décaler en retard par rapport au champ tournant synchrone, et si le couple
demandé est trop fort, le moteur peut décrocher. On comprend aussi qu'il ne peut y avoir de couple
que si le rotor tourne à la même vitesse que le champ tournant statorique, c'est-à-dire au
synchronisme.
Le rotor du moteur synchrone est lancé (à vide) avec un moteur auxiliaire pour l'amener au
synchronisme (on dit "l'accrocher" au réseau) c'est-à-dire faire coïncider un pôle N rotorique avec un
pôle Sud statorique, et seulement après la charge est embrayée.
En raison de tous ces inconvénients (vitesse constante, démarrage laborieux) et malgré son excellent
rendement, le moteur synchrone n'est utilisé que pour les très grandes puissances (TGV Atlantique,
pompes de Grandmaison, laminoirs...).

1-5) Le moteur asynchrone triphasé

C'est le moteur le plus utilisé dans l'industrie (très robuste, pas de contact glissant, couple au
démarrage).
Son stator est le même que celui du moteur synchrone : lorsqu'il est alimenté en triphasé, il règne
dans l'entrefer le champ tournant synchrone Bs de module Bs = 3/2B cos(ωt-pθ). Toutes les
encoches du rotor sont occupées par des conducteurs (en aluminium coulé) mis en court-circuit par
2 couronnes aux extrémités du rotor (rotor dit en cage d'écureuil). Deux encoches du circuit forment
un circuit fermé à travers lequel le flux du champ tournant varie, ce qui a pour effet d'induire un
courant dans le circuit. Le couple résultant, entre le champ tournant et le moment magnétique induit
entraine le rotor qui s'oppose ainsi à la variation de flux (loi de Lenz, encore et toujours).

b1
θ
ω1t n
S
ω2t
i
O

Analysons plus précisément le principe de fonctionnement du moteur et considérons à nouveau un


champ tournant en un point O ( cf. 1-2) : b1, b1 = B cos(ω1t-pθ) (p=1). Au point O plaçons une
spire circulaire en court-circuit dont la normale n tourne autour de O à la vitesse ω2 dans le même
plan que b1. Si S est la surface de la spire, le flux de b1 à travers la spire est Φ=Bcos(ω1−ω2)t=
BScosgω1t en posant g=(ω1−ω2)/ω1 = vitesse relative de la spire par rapport au champ tournant ou
le glissement.
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D'après la loi de Lenz, il naît dans la spire une fem e=-dΦ/dt =BSgω1singω1t de pulsation
gω1. Soit r la résistance et L l'inductance (self) de la spire. La fem e fait circuler un courant
i=BSgω1/{r2+(glω1)2}1/2sin(gω1t-φ) (φ exprime que i est en retard par rapport à e). La spire
possède un moment magnétique porté par sa normale n : M=iSn qui, soumis au champ B, subit un
couple Γ=M x B de module MBsingω1t, c'est-à-dire Γ=B2S2gω1/{r2+(glω1)2}1/2sin(gω1t-
φ)sin(gω1t). Or sina.sinb={(cos(a-b)-cos(a+b)}/2 entraîne que sin(gω1t-φ)singω1t={cosφ-
cos(2gω1t-φ)}/2 où cosφ=r/{r2+(glω1)2}1/2. La valeur moyenne du dernier terme, fonction
périodique du temps, est nulle. le couple moyen non nul pouvant faire tourner le rotor est donné par
Γ=B2S2gω1r/{r2+ (glω1)2}

Γ Γ points de
fonctionnement

A stable
Γc
B
instable Ν2 tr/s
0
10 g(%) 0 Ν1

La variation du couple en fonction du glissement ou de la vitesse de rotation N2 (ω2 = 2πN2) est


donnée par les graphes ci-dessus. Une partie de la caractéristique (g faible ou N2 élevée voisine du
synchronisme N1) donne un fonctionnement stable quel que soit la charge. L'autre partie est
instable.

Remarque sur la stabilité d'un moteur : Si le moteur de caractéristique mécanique (couple utile en
fonction de la vitesse de rotation) Γu(N2) entraîne une charge dont le couple de freinage est Γc(N2),
Γc étant une fonction forcément décroissante de N2, il y a équilibre quand couple moteur et couple
de freinage s'annulent (aucune accélération). Le fonctionnement A est stable car une légère
augmentation de la vitesse N2 provoque une augmentation du couple de freinage et une diminution
du couple moteur : le système en rotation ralentit et revient à l'équilibre A. Au contraire en B,
l'équilibre est instable.

1-6) Mesure du glissement d'un moteur asynchrone

A vide le seul couple demandé au moteur est son couple de pertes, qui doit être faible pour que le
moteur mérite son nom. Le glissement du moteur est donc très faible (quelques 10-3) : il tourne
pratiquement au synchronisme c'est-à-dire N2=N1. Si l'on utilise un stroboscope de précision 5% en
mesurant N2, on n'a aucune chance de mesurer le glissement g = (N1-N2)/N1.
La bonne technique consiste à éclairer l'axe du moteur avec un stroboscope déclenché par la
fréquence N1 (50 Hz si p=1) et de chronométrer la période du mouvement apparent du rotor.

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Pendant t secondes, le champ tournant synchrone effectue N1t tours, et le rotor effectue N2t tours
avec N1t-N2t=n (n est le nombre de tours apparents).
Donc N1-N2 = n/t et g= (N1-N2)/N1 = n/N1 t. Si la précision sur t est bonne (il suffit de
chronomètrer assez de tours), la précision sur g sera bonne (pas d'erreur sur N1) et la précision sur
N2 = (1-g) N1 sera excellente.

En charge, vu la caractéristique Γ(N2) très plongeante dans sa partie stable, la vitesse sera voisine de
N1, c'est-à-dire que g vaut en général entre 5 et 10% . Ainsi lorsqu'on lit sur la plaque signalétique
d'un moteur asynchrone sa vitesse nominale N2, on peut facilement en déduire sa vitesse de
synchronisme et son nombre de paires de pôles :
si N2 nominale = 2750 tr/mn c'est que N1 = 3000 tr/mn et p=1
si N2 nominale = 700 tr/mn c'est que N1 = 750 tr/mn et p=4

1-7) Le moteur asynchrone monophasé


Il est utilisé pour des faibles puissances (<1kW) quand on ne dispose pas de triphasé (installations domestiques :
machine à laver, compresseur de réfrigérateur...). Son stator est en réalité bobiné en diphasé : 2
enroulements décalés de π/2. Reprenons le cas du champ en un point O. Le courant dans le bobinage

1 est i1=I 2 cosωt et si le condensateur a une impédance très élevée par rapport à l'inductance du

bobinage, le courant i2 dans ce bobinage est i2 = I 2 sinωt. L'induction en O est donc B = b1 + b2


avec b1 = ki1 = kI cosωt et b2 = ki2 =kI sinωt. B en O est donc bien une induction tournante à la
vitesse ω (rad/sec). Pour la même raison que précédemment, ce même champ tournant peut entraîner
un rotor dont le bobinage est en court-circuit.

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PARTIE PRATIQUE

Concernant la partie théorique de ce T.P. il est aussi souhaitable de revoir les notions de puissance
en triphasé (active, réactive) et les paragraphes concernant les pertes fer et les pertes joules dans le
T.P. transformateur monophasé.

Ce T.P. est consacré à l'essai de diverses machines électriques venant, en général, après une ou deux
séances d'initiation, cette séance est une illustration des caractéristiques de diverses machines, c'est
aussi l'occasion de revoir et d'assimiler les notions comme le champ tournant, l'induction...

Il est bon, au terme du TP, de retenir au minimum :


- un ordre de grandeur du rendement d'une machine électrique
- comment on peut tester un moteur électrique
- comment l'on peut mesurer une vitesse de rotation, un glissement
- la façon de mesurer une puissance électrique en triphasé
- la différence entre un moteur synchrone et un moteur asynchrone.

1 - Essais du moteur asynchrone triphasé 120W, 380V, 2800tr/mn


Faites vérifier vos cablages avant de mettre sous tension !!!

1-0) Champ tournant "mécanique"

Cette partie (1-0) ne concerne pas les binomes qui ont déjà fait le TP "Machines à courant
alternatif".
Créer un champ tournant avec 2 aimants permanents fixés sur un fer plat que l'on fait tourner à la
main (aucun champ tournant n'est créé de cette façon là dans un moteur industriel : on ne procède
ainsi que par intérêt pédagogique).
Monter sur l'axe et observer :
- l'aiguille aimantée avec bague de centrage (moteur synchrone)
- le rotor bipolaire. Comment se comporte-t-il ? Le couple qui parait l'entraîner est-il dû à
l'induction rémanente ou à la recherche de la réluctance minimum?
- le rotor multipolaire. Tourne-t-il ?
ce même rotor multipolaire dont a court-circuité les enroulements par une bague clipsée sur les lames
du collecteurs. Tourne-t-il? (moteur asynchrone)
- le rotor à cage d'écureuil (cf.p11) de moteur asynchrone.
Observer le glissement (retard de vitesse du rotor sur le champ tournant).
le disque d'aluminium servant au centrage : Tourne-t-il ? Sinon pourquoi?

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1-1) Moteur asynchrone à vide (la dynamo frein est découplée, montage triangle)

Dans un premier temps les 3 phases du moteur asynchrone sont alimentées en triangle avec les trois
phases du réseau EDF (U=380V). Montrer que l'on produit ainsi un champ tournant, quelle est sa
vitesse de rotation ? Quelle serait la vitesse de rotation si l'on doublait le nombre de pôles du stator?
Donner le principe de fonctionnement du moteur asynchrone. Pourquoi ce type de moteur est il
appelé asynchrone ?
Mesurer à vide, le courant de ligne I, la tension composée U, la puissance consommée Pélec., la
puissance apparente S=UI, déterminer cosφ. Comment varie l'intensité I au démarrage ? Interpréter.

Le glissement g est définit par g = (N1-N2)/N1 avec N1=vitesse synchrone (vitesse du champ
tournant imposée par la fréquence du réseau et le bobinage statorique), N2 vitesse du rotor;
synchronisme pour g=0 et arrêt pour g=1.
- Mesurer le glissement du moteur à vide:
- en mesurant directement la vitesse N2 au stroboscope
- en mesurant par simple chronométrage la vitesse du mouvement apparent du rotor lorsqu’il
est éclairé par le stroboscope déclenché sur 50 Hz. En déduire la valeur de N2 avec sa précision.
Quelle est des 3 mesures la plus précise ?
Que faire pour changer le sens de rotation du moteur asynchrone? Faire l’essai.
Avant de passer à l'essai en charge, le moteur en marche, régler le zéro du couple et vérifier le
calibrage du tachymètre.

1-2) Essai en charge (dynamo frein embrayée)

Une phase du moteur asynchrone peut être schématisée par une résistance électrique variable r/g en
série avec une inductance jX (voir schéma ci-dessous). La tension d’alimentation U ( ≈ 380V) fait
passer un courant J dans chacune des phases du stator. La puissance active consommée donne le
couple Γ ( qu’on confondra avec le couple utile Γu )
r r
P=ΓΩ=3 J2 ou encore P = 3 U2 / {(r/g)2+X 2}
g g
où Ω est la vitesse de rotation en radians par seconde: Ω = 2π N.
2
Pour les faibles valeurs du glissement Γ = 3 U2 g 1 et pour gmax=r/X le couple Γmax = 3U est
rΩ 2ΩX
maximum.
r/g J

U X

Schématisation d'une phase d'un moteur asynchrone

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Relever la vitesse de rotation (mesurée au tachymètre et vérifiée avec le stroboscope) en fonction du
couple Γ jusqu'à sa valeur maximum. Quel est le comportement du moteur lorsque le couple est
supérieur à sa valeur maximum? (ne pas insister pour ne pas griller le moteur). Pour chaque valeur
du couple mesurer U, I et Pélec.. Calculer S, cosφ, Pméca. et le rendement η. Les valeurs nominales
de N, Pméca., cosφ, sont obtenues lorsque le rendement est maximum. Sont elles en accord avec
celles indiquées sur la fiche signalétique du moteur ? Tracer Γ(g) et Pméca.(g).
Déduire r de la partie linéaire de Pméca.(g) et X de la valeur maximum du couple Γmax. Le gmax ainsi
calculé est-il conforme à l'expérience ?

1-3) Essai sous 220V (montage triangle)

Ajuster la charge pour obtenir la vitesse de rotation nominale (2800 tr/mn). Le moteur démarre t-il
plus vite ou moins vite que lors des essais sous 380V. Mesurer le courant de ligne I, la tension aux
bornes d'une phase U, la puissance Pélec.. Calculer S, cosφ, Pméca. et η.
Comparer aux résultats précédents obtenus avec une tension de 380V. Pour changer la vitesse de
rotation d’un moteur asynchrone, la tension est-elle un bon paramètre?

1-4) Essai sous 380V (montage étoile)

Alimenter maintenant en étoile les phases du moteur. Ajuster la charge pour obtenir la vitesse de
rotation nominale (2800 tr/mn). Le moteur démarre t-il plus vite ou moins vite que lors des essais en
alimentation triangle. Mesurer le courant de ligne I, la tension aux bornes d'une phase V, la puissance
Pélec. et calculer S, cosφ, Pméca. et η.
Montrer qu'un récepteur triphasé résistif alimenté en triangle consomme 3 fois plus d'intensité et est
donc 3 fois plus puissant. Vos mesures sont elles en accord avec ce résultat ? Expliquer l’avantage
du démarrage étoile-triangle d’un moteur asynchrone.

2 - Facultatif : Génératrice synchrone - Alternateur 220V, 50VA, 1500 tr/mn


Moteur d’entraînement: moteur shunt à courant continu alimenté entre A et B (induit) et en parallèle
entre C et D (inducteur) en continu 50...240V ; durant toute la manipulation, la vitesse est
maintenue constante à 1500 tr/mn : c'est le sort d'une machine synchrone. Que vaut le courant
nominal?
On rappelle qu'en triphasé la puissance nominale Sn, exprimée en VA, est donnée par Sn = 3 Vn Jn=

3 Un Jn où Vn, Un, Jn sont les tension simple, tension composée et courant de ligne nominaux
de la machine. Les grandeurs nominales sont celles pour lesquelles la machine a été construite : elles
optimisent le rendement.

2-1) Alternateur à vide

Relever la fem synchrone E (tension simple prise sur un enroulement statorique) jusqu' à 20% au-
dessus de la valeur nominale, en fonction du courant continu d’excitation i.

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Pourquoi le graphe E(i) n’est-il pas linéaire? Passe-t-il par l’origine? A partir de quelles valeurs Es et
is il y a-t-il saturation du fer?
Fabriquer un neutre (montage étoile) en reliant entre elles les 3 bornes analogues des 3 phases
statoriques.
Vérifier, pour une seule valeur, que la tension composée (prise entre 2 phases dans le cas du

montage étoile) vaut bien 3 fois la tension simple. Pourquoi?

2-2) Alternateur en court circuit

Mesurer à l’ohmètre la résistance R d’un enroulement.


Mettre en court-circuit les 3 enroulements montés en étoile tout en mesurant le courant dans une
phase. Pourquoi faut-il court-circuiter les 3 enroulements? Que mesurerait-on si on ne court-cicuitait
qu'un seul enroulement? On rappelle qu'en triphasé équilibré (3 courants J1, J2, J3 traversant les 3
enroulements)
r r envoient
r dans le bobinage nº1 un flux F1 = L J1 + M J2 + M J3 = (L-M) J1 puisque
J2 + J3 = − J 1
Pour la même gamme de courant d'excitation i que précédemment, relever le courant de court-circuit
Jcc (juqu'à environ 3 fois le courant nominal).
Le graphe correspondant passe-t-il par l'origine? Pourquoi n’observe-t-on pas le phénomène de
saturation? A partir de quelle valeur de Jcc devrait-on l'observer? On grillerait alors l'alternateur.
Pourquoi?
Calculer la réactance synchrone X d’une phase de l’alternateur par | R+jX| = E/Jcc pour i≈is .
Une phase statorique d’un alternateur peut être schématisée par une fem E en série avec une
impédance interne de résistance R et de réactance jX . L’alternateur délivre un courant J sous la
tension simple V (J étant déphasé de Φ par rapport à V) . La loi d’Ohm dans le plan complexe
r r r r
s’écrit : E = V + R J + jXJ et la puissance active est P = 3 V J cosΦ
La rotation du rotor inducteur alimenté par le courant continu i d’excitation engendre un champ
tournant de flux Φi et la fem synchrone E ; le courant triphasé J débité par l’induit engendre un
champ tournant ΦJ et une fcem EJ. Le champ tournant résutlant Φr = Φi + ΦJ indique l’état réel du
r r r r r
fer et la valeur de la fem correspondante E r = E + E J = E - jX J nous indique s’il y a saturation
du fer par comparaison avec Es. S’il y a saturation, la réactance synchrone X n’est pas une
constante et la modélisation ci-dessus de l’alternateur devient arbitraire. Pourquoi en court-cicuit
est-on cependant certain que l’hypothèse de non-saturation est valable?
La non-saturation du fer entraîne que X est un bon paramètre pour modéliser l'impédance interne de
l'alternateur. Sinon c'est beaucoup plus compliqué.

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2-3) Alternateur en charge résistive

Le but de cette partie est de démontrer que cette modélisation est valable en charge résistive ou
inductive alors que la saturation constatée à vide pourrait faire redouter que l’hypothèse de X
constant ne soit pas sérieuse. Une partie des essais suivants doit le démontrer.
Charge : 3 ampoules 220V, 20W, montage étoile
En mesurant : V, J et i , faire 4 essais, dont 2 pour V < Es , les 2 autres pour V=Vn et J=J n. Calculer
la puissance fournie par l'alternateur.
r r r r
Calculer les valeurs de i à partir de E = V + R J + jX J pour les comparer à celles mesurées en
supposant que le fer n'est pas saturé c'est-à-dire en se servant de l'extrapolation linéaire de E(i).
L’hypothèse de non-saturation de la machine est-elle bien valable pour Er = V + R J < Es ? Est-elle
même bien erronée pour les 2 fonctionnements nominaux?
Que penser d'une plaque signalétique d'une machine qui indique des valeurs de Vn et Jn qu'on ne
peut atteindre en un seul point de fonctionnement? Comment la rectifier?
Comment varie la résistance d'une ampoule en fonction de sa puissance consommée? Quel est
l'avantage du phénomène observé ?

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