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actualités
épidémiologie
Actualités pharmaceutiques hospitalières Ř n° 21 Ř Février 2010
Une mortalité maternelle encore trop élevée
Avec un taux de
9,6 décès pour
100 000 naissances,
la France se situe dans
la moyenne européenne.
Cependant, le Comité
national d’experts sur
la mortalité maternelle
remarque que la moitié
d’entre elles auraient
pu être évitées par
une meilleure prise
en charge.
L
a France s’enorgueillit d’un
fort taux de natalité pro-
gressant depuis 10 ans
et qui la porte en tête des pays
européens. Cependant, sur les
quelque 830 000 naissances
annuelles, plus de 70 femmes
en moyenne décèdent de leur
grossesse (un quart d’entre elles,
dont 9,5 % avant 22 semaines de
grossesse) ou de ses suites (un
tiers dans les premières 24 heu-
res post-partum, un autre tiers à
moins de 42 jours post-partum),
soit une mortalité maternelle de
9,6 pour 100 000 naissances.
Des cas évitables
La moitié des décès sont évita-
bles ou présumés tels car le plus
souvent liés à des mesures thé-
rapeutiques inappropriées. Les
causes obstétricales directes
dominent largement en raison
des hémorragies (25 %), des
embolies amniotiques (12 %),
des thrombo-embolies veineuses
(10 %) et des complications de
l’hypertension artérielle (10 %).
Les femmes de nationalité étran-
gère, notamment originaires
d’Afrique subsaharienne, peuvent
présenter des complications obs-
tétricales plus sévères (hyperten-
sion et infections), d’où un taux
de mortalité supérieur. Le taux de
mortalité maternelle est également
supérieur à la moyenne nationale
en Île-de-France (16,8 %) et dans
les départements d’outre-mer
(20,6 %). Par ailleurs, plus l’âge
maternel est élevé, plus élevé est
le taux de mortalité : risque trois
fois plus élevé à 35-39 ans qu’à
20-24 ans, 30 fois plus au-delà de
45 ans.
Des causes à identifier
Le Comité national d’experts
sur la mortalité maternelle a
exploré ces accidents et émis
des recommandations de prise
en charge pour réduire le nom-
bre de décès évitables.
Ř Concernant lőhemorragie, pre-
mière cause de mortalité mater-
nelle : l’importance de l’hémor-
ragie doit être correctement
appréciée dès le moindre symp-
tôme anormal. Il apparaît que
Nalador
®
est souvent administré à
des doses ne correspondant pas
aux recommandations de 2004 et
que le soutien hémodynamique et
transfusionnel est souvent insuffi-
sant. Un algorithme précis sur les
mesures à prendre dans ces cas
doit être facilement accessible
dans chaque établissement.
Ř Lőembolie amniotique (rare)
est une « énigme ». Elle est peu
spécifique et survient le plus
souvent pendant le travail ou au
décours d’une césarienne sous
anesthésie/analgésie ; les mem-
branes sont en général rompues
et le travail est le plus souvent
dirigé par des ocytociques. La
défaillance respiratoire requiert
l’oxygénothérapie, voire la venti-
lation artificielle. En cas d’œdème
pulmonaire, diurétiques et médi-
caments inotropes positifs sont à
prescrire (signes de dysfonction-
nement ventriculaire gauche). En
cas de choc sévère, l’emploi des
catécholamines (dopamine, nora-
drénaline, adrénaline) est à utili-
ser, si possible sous couvert d’un
monitorage. L’hémorragie, liée à
la fois à l’atonie utérine et/ou à la
CIVD, impose une perfusion de
Nalador
®
(après révision utérine).
En cas d’échec ou de saignement
persistant même peu important,
l’hystérectomie d’hémostase est
réalisée en urgence. La place du
Novoseven
®
n’est pas validée.
Cependant le pronostic de l’em-
bolie amniotique est sévère.
Ř ll existe un lien direct entre la
maladie hypertensive et les acci-
dents vasculaires cérébraux. Les
décès dus à une maladie hyper-
tensive diminuent ; leur survenue
est liée à des crises d’éclamp-
sie ; les soins non optimaux
relevés sont en rapport avec
des retards de diagnostic et
des prises en charge pas assez
agressives ou inadaptées.
Ř Les decès par infections corres-
pondent à des septicémies puer-
pérales dues à un streptocoque du
groupe A ou E. coli. Ce sont des
urgences médicales car la détério-
ration généralisée, associant l’aci-
dose métabolique, un syndrome
de détresse respiratoire aiguë et
une défaillance multiviscérale, est
souvent irréversible.
Ř Lőanesthesie par succinylcho-
line est utilisée pour des anes-
thésies générales avec intubation
trachéale en obstétrique. Il est
recommandé, chaque fois que
cela est possible, une technique
locorégionale en raison du risque
de choc anaphylactique à la suc-
cinylcholine ou curares.
V. Lequien
Les toxi-infections alimentaires collectives en 2008
En 2008, 1 124 foyers de toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) ont été
déclarés en France, affectant 12 549 personnes, dont 5 sont décédées. Ces
données sont en constante évolution depuis la fin des années 1990. Depuis
2004, le logiciel WinTiac
®
permet un signalement plus rapide des Tiac
Les agents responsables les plus fréquemment incriminés ou suspectés étaient
l’entérotoxine staphylococcique (32 %) et les salmonelles (25 % des foyers). Aucun
agent n’a pu être mis en évidence ni suspecté dans 40 % des foyers déclarés.
71% des Tiac à salmonelles (plus fréquentes en été) sont survenues dans le
cadre de repas familiaux (rupture de la chaîne du froid). Bacillus cereus et
Clostridium perfringens sont surtout rencontrés en restauration collective
(commerciale et sociale) ; les virus entériques sont essentiellement retrouvés
en restauration familiale et dans les institutions médico-sociales (Ehpad...).
Contrairement à la restauration scolaire, la restauration commerciale connaît
une augmentation du nombre d’infections depuis 2003. Un équipement
inadéquat ou mal entretenu est le facteur contributif le plus fréquent.
Source
www.invs.sante.fr, décembre 2009.
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Source
Rapport du Comité national d’experts
sur la mortalité maternelle (CNEMM)
2001-2006. Institut de veille sanitaire.
Janvier 2010. BEH. janvier 2010 ; 2-3
(numéro thématique) www.invs.sante.fr

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