Festival du Film et Forum international sur les Droits humains FIFDH - 9ème édition - du 4 au 13 mars 2011 vendredi 4 mars

2011 – Auditoire Arditi
Porte au 2, place du Cirque (qui suit le bd. St Georges en direction de Plainpalais)

18h45

Madame la Haut-Commissaire, Madame la Présidente de la Confédération, Excellences, Mesdames et Messieurs les organisateurs et organisatrices du Festival, Mesdames et Messieurs, Cher-ère-s Ami-e-s,

C’est la deuxième fois de suite que j’ai l’honneur de participer officiellement – c’est-à-dire au nom de la Ville de Genève – à l’ouverture de ce festival unique en son genre.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais vous proposer de nous arrêter quelques instants sur la mémoire de ces femmes et de ces hommes, jeunes pour la plupart, qui se sont levé-e-s avec courage et détermination pour faire tomber les tyrans, au Maghreb, au Machrek, au Proche et au Moyen-Orient et qui ont payé de leur vie, leur combat pour la liberté et la démocratie.

Seule la version prononcée fait foi

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Merci à celles et à ceux qui nous montrent l’exemple ! Merci à celles et à ceux qui nous réveillent de nos torpeurs démocratiques ! Merci à celles et à ceux qui nous pressent de reprendre leur flambeau et de poursuivre leurs luttes, de part et d’autre de la Méditerranée, de la Côte d’Ivoire jusqu’en Chine, pour construire un monde plus juste et plus solidaire !

Merci pour tout ce jasmin, dont vous parfumez nos démocraties vieillissantes !

Modestement, en appuyant la tenue de ce Festival (comme elle le fait par exemple également pour la Fondation Martin Ennals, qui annoncera lors de la séance de clôture du Festival, les nominé-e-s du Prix Martin Ennals 2011), la Ville de Genève contribue, à ce que la parole, des victimes et des témoins des discriminations et des violences, circule.

Une fois de plus, le programme de cette année est d’une richesse impressionnante. Les Genevoises et les Genevois ne se rendent peut-être pas toujours compte de l’extraordinaire opportunité qu’elles et qu’ils ont de voir et de comprendre le monde tel qu’il émerge aujourd’hui sous nos yeux – le plus souvent dans la souffrance, mais également dans la joie révolutionnaire !

Au nom des autorités, je peux vous dire que Genève est fière de posséder – en ses murs – un festival d’une telle qualité et d’une telle pertinence, tant sur le plan local que sur le plan international.

J’aimerais m’adresser particulièrement ce soir aux représentant-e-s des organisations non gouvernementales, qui sont nombreux/euses dans cette salle.
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En ma qualité de Maire, j’ai ouvert hier un cycle de trois conférences sur « Genève et la gouvernance mondiale ». La première a traité de la Gouvernance mondiale de la Paix, des droits humains et de l’action humanitaire.

Nous avons voulu que ces trois sujets (paix, droits humains et action humanitaire) soient abordés dans le même débat, car nous pensons qu’une politique mondiale de la sécurité humaine doit reposer notamment sur ces trois piliers que sont, d’abord la promotion de la paix, ensuite la défense des droits humains et la lutte contre les discriminations et, enfin, la coordination de l’aide humanitaire d’urgence, en temps de guerre ou de catastrophe.

Genève est reconnue depuis quelques décennies déjà, comme le lieu où se pense, se décide et se met en œuvre, à l’échelle mondiale, une grande partie de la politique dans ces trois domaines. C’est ce qui en fait réellement sa spécificité et sa renommée internationales.

C’est sur cette base que nous pouvons apporter notre pierre à la construction de la Gouvernance mondiale. On ne s’improvise pas « capitale mondiale des Droits humains », cela se construit pas à pas et, en concertation avec tous les acteurs concernés.

Genève pourra revendiquer cette mission uniquement si nous sommes capables de proposer, ici, ce face à face entre les Nations Unies - et notamment le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU - et les ONG internationales qui dénoncent avec constance et fermeté les atteintes aux droits humains perpétrées parfois par les Etats mêmes qui siègent au Conseil.
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Car, la Gouvernance mondiale ne sera pas uniquement le fait des Etats, des Organisations internationales et des entreprises multinationales.

Pour être effective et légitime, elle devra intégrer la société civile transnationale, celle-là même que vous représentez ici.

Pour contribuer à ce dialogue mondial, la mission de la Ville de Genève est de garantir le meilleur accueil possible et les meilleures conditions de travail aux ONG du monde entier, qui viennent revendiquer le respect des droits humains devant les Organisations internationales et multilatérales. Notre devoir n’est pas tant de prendre politiquement position, mais de permettre que vous le fassiez !

Notre devoir est de contribuer, en collaboration avec la Confédération et le Canton, à ce que les Visas soient donnés de manière rapide et sans tracasserie bureaucratique à toutes les défenseuses et des défenseurs des droits humains qui doivent venir témoigner et intervenir à Genève !

Notre devoir est de faciliter l’accueil et parfois l’asile temporaire de défenseuses et de défenseurs de droits humains qui risquent pour leur vie et leur sécurité.

Notre devoir est de faciliter les conditions de travail (bureaux, lieux de réunions, vidéo conférences) et de logement – notamment temporaire – pour les ONG qui défendent les droits humains à Genève.

Dans ses domaines logistiques, nous n’avons pas le droit de faillir et nous devons collaborer très largement pour y parvenir.

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Depuis presque quatre ans, je dis - avec une certaine constance - que les défenseurs des droits humains qui se trouvent derrière et devant les caméras, ceux qui s’insurgent et ceux qui diffusent et servent de « hauts parleurs » à leurs combats, impulsent une « nouvelle gouvernance mondiale ». Plus la société civile transnationale sera forte et organisée, plus elle aura de lieux d’expression, comme celui-ci, et plus les Etats seront attentifs à respecter les textes qu’ils ont signés ! Et plus les citoyens et citoyennes seront garanti-e-s dans leurs droits !

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Je nous souhaite un excellent Festival. Je vous remercie.

Sandrine Salerno Conseillère administrative / Ville de Genève

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