Scoala cu cls. I-VIII Slobozia Deal Com. Voineşti, jud.

Iaşi An scolar 2010-2011, semestrul I Disciplina: limba franceza Profesor: Durdureanu Irina

L’approche interculturelle en classe de Français Langue Etrangère
Il est extrêmement difficile d’être objectif dans notre vision d’un pays ou d’une culture, surtout lorsqu’on se base uniquement sur des clichés, des conclusions ou analyses qui ne viennent pas d’une connaissance directe et solide du pays et de la culture. Ce recours aux stéréotypes et aux clichés est le processus qui a lieu lorsque l’on découvre un pays et une culture ; comme le rappelle Jean-Claude BEACCO : « Parmi les représentations de communautés étrangères, certaines sont des stéréotypes, perceptions figés et appauvrissantes, voire fantasmatiques, de réalités autres. La valeur identitaire des stéréotypes est bien connue et a été analysée dans le cadre des sciences sociales […] ; leur valeur cognitive est, elle aussi, connue : descriptions condensées non falsifiables et d’emploi universel (« Les Français sont nationalistes » est un argument polyvalent), les représentations stéréotypées constituent une forme non problématique de la connaissance, aisément mobilisable dans les argumentations ordinaires. L’étranger est un des objets qui donne fréquemment matière à stéréotypes et, à ce titre, sa connaissance doit se construire sur une remise en cause de ces perceptions schématiques réductrices. »[1] Le Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde donne une autre définition fort intéressante : « Un stéréotype consiste en une représentation « cliché » d’une réalité (individu, paysage, métier, etc.) qui réduit celle-ci à un trait, à une « idée toute faite ». Il est donc une vue partielle et donc partiale de cette réalité. Le stéréotype ne doit pas être confondu avec ce qu’il représente, mais il est important de noter qu’il en fait partie. […] La stéréotypie repose sur des opérations de simplification, de généralisation et de qualification par un nombre restreint de catégories et de propriétés. On distingue les hétéro-stéréotypes, désignant une communauté étrangère, et les auto-stéréotypes, auxquels une communauté s’identifie […]. » [2] La France raciste a ses propres clichés et stéréotypes au sujet des Juifs et des Arabes, sans parler des gitans. On se débarrasse mal des clichés et même quelqu’un qui est natif d’un pays (et parle donc la langue) est souvent aussi ignorant qu’un étranger au sujet des gens de son propre pays puisqu’il observe l’autre de loin avec sa propre grille d’évaluation. Dans le cadre d’une réflexion sur le fonctionnement de sa propre culture et par sa mise en relation avec d’autres cultures, l’apprenant peut améliorer sa pratique d’une langue étrangère, au sujet de laquelle il doit s’interroger : « Il faut, comme dit Auguste COMTE, dans la Première leçon de philosophie positive, ‘se partager en deux (individus) dont l’un raisonnerait, tandis que l’autre regarderait

». pour mieux les relativiser. par contrecoup. il faudra bien sûr aller au-delà de ces stéréotypes. de recherches et les amènera à expliquer les faits et les éléments donnent les clés d’une bonne compréhension de ce document. il s’agit bien d’être capable d’identifier les implicites culturels présents dans le document. mais une relation à l’altérité qui implique un savoir faire interprétatif et la mise en place de critères de significations et de conditions de l’interprétation. dans le cadre d’un cours de civilisation et de l’étude d’un document précis. mais l’apprentissage d’un savoir faire et d’une compétence culturelle. Tout cela implique une mise à distance du quotidien par le regard étranger. [4] Cette approche de décentration et ces activités de sensibilisation ne sont. » [8] Ainsi. l’on s’en doute. Ceci afin de permettre une construction de connaissances la plus juste possible. qu’un objectif de formation partielle qui intervient en début d’apprentissage . ». l’enseignant. il s’agira de les opposer et de les comparer entre eux. d’autre part de les relativiser et d’introduire d’autres modes d’appréhension du monde qui relèvent d’une approche rationnelle. même si elle n’en continue pas moins de commander à distance. dans le double but d’une part de leur retirer leur valeur d’évidence et de les déconstruire afin de les mettre à leur juste place. ne considérera pas un ensemble fermé de connaissances. qu’on les conscientise.) : « La prise en compte des stéréotypes conflue dans l’éducation interculturelle. l’élève de langue étrangère est constamment soumis à une intense activité de repérage d’indices et d’interprétation sociale. Il importe de mettre à jour les représentations.. elle ajoute plus loin : « L’initiation culturelle doit relever davantage d’une démarche que d’une accumulation de connaissances. Cette démarche implique donc pour l’apprenant l’acquisition de savoirfaire complexes . » . lequel permettra à l’apprenant de mieux appréhender la culture étrangère. de caractériser l’appartenance sociale de l’émetteur . . ( …) Ne participant pas du consensus culturel qui fonde la connivence entre les membres d’une même communauté. dans la pratique de la classe laisse apparaître aussi bien l’existence tenace d’idées reçues. que l’absence de connaissances pertinentes concernant les pays dont les élèves apprennent la langue. il faut bien sûr répertorier tous ces stéréotypes en partant des apprenants mêmes et d’autres sources écrites notamment (on pense au livre Les Carnets du Major Thomson (1954) de Pierre Daninos [5] ou encore au Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert qui a quelques entrées très drôles sur les pays étrangers. comme le précise Geneviève Zarate : « Le rôle que nous assignons à l’étranger est celui d’une mise à distance de la réalité étrangère et. ce qui implique alors une véritable éducation à l’altérité et à l’interculturalité et une capacité à « jouer le rôle d’intermédiaire culturel entre sa propre culture et la culture étrangère et de gérer efficacement des situations de malentendus et de conflits culturels. mais organisera avec ses apprenants des activités de découverte. orales ou écrites. l’apport d’informations culturelles en classe. [3] Comme le rappelle A. Afin de combattre l’ethnocentrisme et de mieux gérer toutes les attitudes envers l’altérité.raisonner’. de l’objectivation de la culture maternelle. dans le but d’opérer une sorte de « conversion culturelle » . Cain : L’observation de productions d’élèves.. » [7] Ce n’est pas l’acquisition d’une culture somme qui importe. La culture de l’Autre n’est un objet d’étude. [6] Une fois que l’enseignant aura mis en évidence leur mode de circulation et de transformation. Il faut donner aux apprenants les moyens de se faire les sociologues de leur propre situation. c’est donc bien la relation entre la culture maternelle et la culture étrangère qui est instituée en objet d’étude spécifique.

Bonjour / Konnichiwa : Pour une meilleure communication entre Japonais et Français. dans une culture donnée et c’est donc à travers ses représentations personnelles qu’il décode la réalité étrangère. l’apprentissage qui découle de ce principe et de cette vérité devra permettre de révéler cet état de fait à l’apprenant et lui permettre de construire son apprentissage de manière dynamique et réflexive et d’aller au-delà de ses premières impressions et d’une vaste succession de clichés et de stéréotypes . Cette enseignante s’est concentrée sur la communication interculturelle entre les Japonais et les Français. puisque l’on connaîtra mieux le public auquel on s’adresse.et du (ou des) destinataire(s). en intégrant à chacune des étapes la dimension des discours étudiés. » [11] L’intérêt de cette activité qui dure deux heures. J’ai trouvé la lecture du livre de Jocelyne SOURISSEAU. On n’aura pas la même approche avec un groupe d’apprenants qui ne partagent pas la même culture. Cette définition minimale n’est opératoire que dans un cadre strictement scolaire. dans la mesure où étudier des représentations permet d’étudier les stéréotypes et un autre système . d’autre part de découvrir le schéma argumentatif du texte. le rôle de cet apprentissage est plus global : l’apprenant est un acteur social. très enrichissante. ou à la compréhension de textes. c’est de mettre en place des compétences qui permettront de résoudre les dysfonctionnements inhérents aux situations où l’individu s’implique dans une relation vécue avec l’étranger et découvre ainsi des aspects de son identité qu’il n’avait pas encore eu l’occasion d’explorer : sa qualité d’étranger qui lui est renvoyée par le regard de l’autre. considéré dans toute sa dimension sociale : « L’exercice de civilisation ne peut se réduire à l’étude de documents. Il est évident que cette démarche d’enseignement interculturel dépend du contexte d’enseignement dans lequel l’enseignant se trouve. de repérer les éventuels points de dysfonctionnement par l’analyse des références culturelles en jeu et de construire un ensemble explicatif afin d’amener l’apprenant à prendre conscience des connotations culturelles. Tournebise : « Dans ce travail. il s’agit du livre Cabu au Japon [10] et plus précisément de l’introduction de J. Elle propose notamment un ensemble d’activités tout à fait à propos. Ce qui est proposé. c’est la seule manière pour l’apprenant étranger d’objectiver sa culture maternelle. est une analyse textuelle . l’on pourra mieux cibler son travail. alors que dans le cas d’apprenants ayant une culture identique. L’une d’entre elles. Ainsi. la compréhension est envisagée comme un processus interactif entre le support langue étrangère et le lecteur. parce que plutôt unique dans son genre. ne sont nullement les garants de la maîtrise du passage d’un système de valeur à l’autre. les particularismes de ses pratiques qui lui étaient jusque là apparues comme des évidences indiscutables. Selon Jocelyne Sourisseau : « L’approche linguistique et sémiotique est toujours efficace.C. Geneviève Zarate revient sur l’enseignement de la civilisation prenant en compte l’apprenant. L’envie de communiquer et la motivation dont il fait preuve. c’est que les apprenants peuvent comprendre ce que disent et pensent les Français de leur culture. La démarche proposée doit permettre d’une part à l’apprenant de passer d’une compréhension globale à une compréhension de plus en plus fine. Il faut dès le début accepter le fait qu’il y a un écart substantiel entre l’interprétation de l’étranger et celle du natif . » [9] Le travail d’interprétation et de décodage de documents de civilisation passe principalement par une activité linguistique et par la connaissance du contexte socio-culturel de la culture-cible.

on pourra effectuer une activité sur le symbolisme des couleurs. puisque les apprenants sont pétris par le système éducatif qui conditionnent leurs habitudes.. Enseigner le FLE (français langue étrangère) : Pratiques de classe. évaluer : un Cadre européen commun de référence. PORCHER Louis. Conseil de l’Europe. qui offre un éventail impressionnant d’activités pour l’éducation interculturelle des jeunes et des adultes. 1996. De même. tout en traitant la notion d’interculturel d’un point de vue théorique. DESMONS Fabienne et al. 2000. 192 p. [14] Il est donc bien évident que cette approche interculturelle transforme l’enseignant en « médiateur interculturel ». les démarches proposées dans ce cadre utiliseront les techniques de l’approche globale. enseigner. Pour l’étude du texte. Franc-parler : la communauté mondiale des professeurs de français. Comité de l’Éducation. » [15] Une sensibilisation aux différences entre les systèmes éducatifs est importante. Belin. » [16] BIBLIOGRAPHIE ABDALLAH-PRETCEILLE Martine. ressources. 1995. dans une perspective interculturelle. ressources. . Strasbourg. Paris. Education et communication interculturelle. 1994. Paris. Hachette Livre/Français Langue Étrangère. BEACCO Jean-Claude. DABÈNE Louise. Conseil de la Coopération Culturelle. Les Langues vivantes : apprendre. Presses Universitaires de France. Paris. L’enseignant doit donc être bien formé à l’interculturel : « Il ne suffit pas de disposer d’une description fiable ou scientifiquement fondée de langue cible pour élaborer une méthodologie d’enseignement adéquate et performante. On pourra ainsi amener progressivement les étudiants trouver des indices textuels qui leur permettront tout d’abord d’appréhender l’architecture globale du discours puis de formuler des hypothèses sur leur interprétation du texte. Dans le cadre d’une classe hétérogène. Paris. Ce dernier doit acquérir suffisamment de compétences dans le domaine . Repères sociolinguistiques pour l’enseignement des langues. 192 p. méthodes et activités pour l’éducation interculturelle avec des adultes et des jeunes. . tous différents tous égaux : kit pédagogique : Idées. dans ses composantes culturelles autant que linguistiques. ce qui implique certaines aptitudes et une formation adéquate. il ne suffit sans doute pas de prendre appui sur une description scientifique des cultures. méthodes et activités pour l’éducation interculturelle avec des adultes et des jeunes. des pratiques d’enseignement appropriées. [13] L’ouvrage le plus intéressant selon moi est bien sûr tous différents tous égaux : kit pédagogique : Idées. » [12] Elle propose également une comparaison entre les rythmes de vie des Japonais et ceux des Français. 272 p. ce que rappelle Louise Dabène : « Les enseignants de langue devraient être dotés d’outils leur permettant d’accéder à une connaissance approfondie de leur public. Projet 2 d’une proposition de cadre. Direction de la jeunesse. 2005. « L’interculturel en classe de français ». Editions du Conseil de l’Europe. enfin de les vérifier par une étude approfondie.de valeurs. Les dimensions culturelles des enseignements de langue. 1996. Conseil de l’Europe. des sociétés ou des relations interculturelles pour établir par simple extrapolation. Hachette supérieur.

TROMPETTE. [5] Voir < http://www. Représentation de l’étranger et didactique des langues. asdifle/Clé International. TOURNEBISE. 1990. [13] Voir la fiche pédagogique « Débat interculturel sur le symbolisme des couleurs et travaux pratiques sur la notion d’harmonie ». Hachette Livre/Français Langue Étrangère. 1994. Paris. Les Langues vivantes : apprendre.. Etude pilotée par l’INRP. l’Harmattan. Le français dans le monde. l’Harmattan. 98-99. p.. 2002. Conseil de la Coopération Culturelle. juin. 45. Enseigner le FLE (français langue étrangère) : Pratiques de classe. « Objectiver le rapport culture maternelle/culture étrangère ». Enseigner une culture étrangère. p.. Paris. SOURISSEAU Jocelyne. évaluer : un Cadre européen commun de référence. Le français dans le monde. Paris. 11. VEI Enjeux. Direction de la jeunesse.fr/celebre/biographie/pierre-daninos-681.LORCERIE Françoise. BURDEN Robert L. 1996. Représentation de l’étranger et didactique des langues. [12] Jocelyne SOURISSEAU. Comité de l’Éducation. 231. Repères sociolinguistiques pour l’enseignement des langues. ZARATE Geneviève. 170-189. __. tous différents tous égaux : kit pédagogique : Idées.evene. 1993. Hachette. CrédifHatier. Mélanges CRAPEL. des regards". 2005. [11] Jocelyne SOURISSEAU. Paris. 240 p.. Les dimensions culturelles des enseignements de langue. 266 p. [16] Jean-Claude BEACCO. 128 p. [1] Jean-Claude BEACCO. p. CAIN et al. p. Stéréotypes culturels et apprentissage des langues. Strasbourg. 2000. Université de Nancy. WILLIAMS Marion. [9] Geneviève ZARATE. p. 146-167. ressources. . p. 38. Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde. J. « Éducation interculturelle : état des lieux ». Paris. 1995. Psychology for Language Teachers : A social constructivist Approach. p. des regards. Op. « Objectiver le rapport culture maternelle/culture étrangère ». 1993. [2] Jean-Pierre CUQ. Ibid. 224-225. Mélanges CRAPEL. [6] Jean-Claude BEACCO. 1986. 159 p. . enseigner. Bonjour / Konnichiwa : Pour une meilleure communication entre Japonais et Français.C. pp. Projet 2 d’une proposition de cadre. Université de Nancy. [15] Louise DABÈNE. 2002. p.php ?citations>. Paris. Ibid. Belin. VEI Enjeux. cit. 119. « L’éducation interculturelle et l’éducation à la citoyenneté : Quelques pistes pour s’orienter dans la diversité des conceptions ». éditée par la commission française pour l’Unesco. pp. pp. Paris. juin. Paris. 2003. 38. 171. [14] Conseil de l’Europe. Des cultures. Crédif-Hatier. .164-168. 1997. __. 120.. 1986. Paris. [7] Conseil de l’Europe. [4] A. Bonjour / Konnichiwa : Pour une meilleure communication entre Japonais et Français. OUELLET Fernand. dans Fabienne DESMONS et al. no 129. Paris. Cabu au Japon.. p. 2003. Seuil. Cambridge. [8] Geneviève ZARATE. [3] C. no 129. pp. pp. Cambridge Language Teaching Library. 1995. [10] CABU. Editions du Conseil de l’Europe. 1993. 2003. méthodes et activités pour l’éducation interculturelle avec des adultes et des jeunes. TROMPETTE C. Numéro 181. "Des cultures. 232. 1990. no 181. Hachette supérieur.

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