SOMMAIRE Titre 1 Présentation générale du droit international privé

§ 1 : Définition du DIP p3 § 2 : L’objet du DIP p4 § 3 : Les sources du DIP français p5 § 4 : Les sources de DIP internationales p6

Titre 2 Le conflit de lois / Partie 1ère Théorie générale des conflits de lois
‫ ﮭ‬Chapitre 1 Détermination du droit applicable à la relation internationale

Section 1 : La diversité des méthodes de détermination du droit applicable à une relation internationale p9 § 1 : La diversité historique des méthodes § 2 : Les diverses méthodes contemporaines Section 2 : La résolution du conflit de lois par le juge français p13 § 1 : Les obstacles préalables § 2 : La mise en cause de la règle de conflit de lois § 3 : L’opération de qualification

‫ ﮭ‬Chapitre 2 Les problèmes spécifiques posés par l’application du droit étranger
Section 1 : Le renvoi p22 §1 : La notion de renvoi §2 : La légitimité du renvoi §3 : Les solutions du droit positif Section 2 : La détermination du contenu de la loi étrangère p25 §1 : La charge de la preuve de la loi étrangère

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§2 : Le contrôle de l’application du droit étranger par la Cour de Cassation

‫ ﮭ‬Chapitre 3 L’éviction du droit étranger normalement compétant
§1 : L’exception d’ordre public international (OPI) §2 : L’exception de fraude à la loi p30 p28

Titre 2 Le conflit de lois / Partie 2nd Le droit spécial des conflits de loi
‫ ﮭ‬Chapitre 1 Le statut personnel
p33 §1 : Le contenu du statut personnel §2 : La localisation de la personne Section 2 Les différentes règles de conflit du statut personnel p35 §1 : Les incapacités §2 : Le nom §3 : Le mariage §4 : Le divorce §5 : La filiation ‫ ﮭ‬Chapitre 2 Le statut réel Section 1 La règle de conflit de lois applicable au statut réel p44 §1 : Les fondements de la RCL §2 : La mise en œuvre de la RCL Section 2 Le domaine de la loi réelle p45 A) Les modes d’acquisitions B) La transmission des biens par voies successorales Section 1 Présentation général

‫ ﮭ‬Chapitre 3 Le statut des faits juridiques Section 1 La responsabilité délictuelle et quasi-délictuelle §1 : La loi du lieu de survenance du délit ou quasi-délit §2 : Les rattachements dérogatoires Section 2 L’application de la loi du lieu du quasi-contrat ‫ ﮭ‬Chapitre 4 Les actes juridiques Section 1 La forme des actes juridiques §1 : La forme des actes patrimoniaux §2 : La forme des actes extra-patrimoniaux Section 2 Le fond des actes juridiques

p47 p49 p51 p53

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§1 : La Convention de Rome du 19 juin 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles §2 : Convention de la Haye du 14 mars 1978 relative à la loi applicable aux régimes matrimoniaux

Titre 3 Le conflit de juridiction / Partie 1ère La compétence judiciaire internationale
‫ ﮭ‬Chapitre 1 Le droit commun, droit d’origine interne Section 1 : La compétence du juge français §1 : Les règles ordinaires de compétence §2 : Les règles de compétences exorbitantes §3 : La coordination internationale des compétences Section 2 L’incompétence du juge français §1 : La possibilité pour les parties de déroger aux règles de compétences internationales §2 : Les immunités de juridiction §3: La sanction de l’incompétence ‫ ﮭ‬Chapitre 2 Le droit d’origine communautaire Section 1 Le règlement Bruxelles I §1 : Règles de compétence §2 : Le régime de la compétence Section 2 Le règlement Bruxelles II bis §1 : Les règles de compétence §2 : Le régime de la compétence p58

p62

p66 p72

Titre 3 Le conflit de juridiction / Partie 2nd Les effets en France de jugements étrangers
‫ ﮭ‬Chapitre 1 Le droit commun Section 1 La notion de jugement étranger p75 Section 2 La gradation des effets des jugements étrangers p75 §1) Les effets admis d’emblé et sans condition pour tous les jugements étrangers §2) Les effets admis d’emblé, mais à la condition de la régularité internationale du jugement étranger §3) Les effets subordonnés à l’exequatur Section 3 Les conditions de l’exequatur p77 §1) La compétence du tribunal étranger §2) La conformité à l’OPI §3) L’absence de fraude à la loi Section 4 La procédure d’exequatur p78 §1) Le tribunal compétent pour l’instance d’exequatur §2) Les effets de la décision rendue ‫ ﮭ‬Chapitre 2 Le droit d’origine communautaire Section1 : Le p79ui !m §1 : Les conditions de la régularité §2 : Les procédures de vérification Section 2 Le règlement Bruxelles II bis §1 : Les conditions de la régularité §2 : La procédure de vérification p81 règlement Bruxelles I

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Titre 1 Présentation générale du droit international privé § 1 : Définition du DIP L’affaire Pattinot est un cas de relation internationale privée, une affaire de divorce ayant entraîné plus de 20 décisions. Dans les faits, M-C de Bouilon (duchesse espagnole) a épousé un diplomate bolivien en 1931, Mr Pattinot. Un contrat de mariage fut conclu, plaçant les époux sous le régime de séparation des biens du droit bolivien. Mme P a acquise la nationalité bolivienne, puis les époux se sont séparés. Mme et les enfants vivant aux USA, Mr P résidant à Paris. Il existe des relations privées que l’on peut qualifier d’internationales car celles-ci se rattachent à des ordres juridiques différents à raison des éléments d’extranéité1, à l’exemple du mariage et du divorce des époux P. Ce sont ces éléments qui caractérisent l’internationalité du litige et du régime. L’on considère comme élément d’extranéité tout élément qui se rattache à un ordre juridique étranger. Une relation privée peut être internationalement subjective ou objective : - subjective : celle qui présente un élément d’extranéité par l’organe étatique qui la contemple. Ex. le divorce de deux époux italiens qui vivent en Italie, si le divorce est présenté au juge italien c’est alors une relation interne, si le divorce est soumis au juge français : le relation est subjectivement internationale. - Objective : celle qui met en cause deux, ou plusieurs, pays par des éléments intrinsèquement indépendant de l’organe étatique qui l’observe. Le DIP s’applique peut importe que la relation privée soit objectivement, ou subjectivement, internationale. Les relations privée internationales sont le plus souvent des relations familiales, mais il existe aussi des relations d’affaires internationales du fait de la mondialisation de l’économie : relation de commerce internationale, relation de consommation, relation de responsabilité délictuelle… Le DIP est donc une matière transversale qui traverse toutes les branches du droit. Mr P saisit la juridiction française pour divorcer, et le premier problème rencontré est alors celui de la compétence internationale, du conflit de juridictions. Les relations privées internationales se rattachent à deux pays différents au minimum, or chacun de ces pays est soumis à son propre système judiciaire : quel tribunal peut être saisi du litige ? → le conflit de juridictions Le tribunal est un organe étatique mis en place par un Etat et fonctionne administrativement conformément au droit de l’Etat. Un Etat peut alors, par le droit, déterminer dans quels cas le tribunal est compétent ; mais il est impossible à un Etat de déterminer dans quels cas un tribunal étranger est compétent (principe de la souveraineté des Etats). Dans l’affaire P, il fallait interroger le droit français pour savoir si le tribunal est compétent pour prononcer le divorce. La CCass a décidée le 21/06/1946 d’abandonner le principe d’incompétence des tribunaux français dans les litiges entre étrangers.
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Elément étranger du droit du for, né des relation juridiques internationales entre personnes privées et justifiant de ce fait l’application du droit international privé.

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il est nécessaire d’avoir une règle de droit déterminant quelle loi est applicable : la règle de conflit de lois. Ce n’est pas parce qu’un juge français est compétent qu’il applique la loi française. et la compétence internationale indirecte : lorsque le litige est traité à l’étranger. § 2 : L’objet du DIP A) Un droit des relations privées Le DIP est privé en ce qu’il a pour objet de réguler les relations internationales entre personnes physiques ou morales. B) Un droit des relations privées internationales -5- . Ces questions du DIP français se retrouvent aussi dans d’autre Etats. ou entre personnes publique et privée. puis le tribunal de la Seine l’a débouté de sa demande de divorce. la loi des époux. Le DIP englobe aussi des questions de droit français portant sur la nationalité. y participant (pas de souveraineté d’un Etat en cause). et en conséquence de quoi la règle de conflit de lois applicable à un divorce était la règle de conflit de lois applicable au mariage. Mr P a obtenu une décision de fond. Ce distingue alors la compétence internationale directe : lorsque les tribunaux ont à statuer sur leur propre compétence ou incompétence. ou publiques. et voulu que celui-ci ait des effets en France. Car. la reconnaissance ou non du jugement.L’unilatéralisme des règles de conflits de juridictions ne permet pas de les utiliser pour déterminer les compétences internationales d’un tribunal national. appartiennent au DIP car les Etats se livrent de plus en plus à des activités sortant de leur sphère de souveraineté. sur les règles de conditions des étrangers définissant leur statut. Se pose alors le problème de l’effectivité en France de décisions étrangères. C’est le second problème spécifique que pose le DIP : quelle loi pour résoudre le litige ? → le conflit de lois Chaque ordre juridique a sa propre loi. Mr P a donc obtint le divorce au Mexique. Remarque : en DIP il n’y a pas de lien nécessaire entre la compétence judiciaire et la compétence législative. quelque soit les personnes privées. selon la cour. les juges considérèrent que le divorce n’était qu’un aspect du mariage. Le DIP s’applique à toutes relation internationale considérée comme une relation de droit privé. Pour résoudre ce conflit de droit. Mais cette distinction entre DIP et DIPublic méconnaît le phénomène de plus en plus présent qu’est que certaines relations internationales entre personnes publiques. problème intégré au conflit de juridiction. au droit international public qui est l’ensemble des règles applicables entre les relations de personnes publiques. dans le cas d’une relation internationale privée il faut alors choisir quelle est la loi applicable au litige parmi les différentes lois nationales en cause. Dans l’affaire P. la loi bolivienne compétent ignorait le divorce. Il s’oppose. dans ce sens. l’on ne peut que utiliser les règles de droit national.

Pillet (20ème S). mais aussi des juridictions inférieures. et en dégage les principes généraux.3 La doctrine. l’éclairage de spécialistes. Il se met en place une harmonisation du DIP par le biais des droits communautaires. Le DIP est de source interne et international.les auteurs de la doctrine guident souvent la jurisprudence en DIP car les problèmes posés sont complexes. § 4 : Les sources de DIP internationales A) La coutume internationale -6- . Le code civil & NCPC : contiennent plusieurs articles de conflit de lois et de juridictions. aussi tous les DIP sont différents. La source idéale du DIP est alors la concertation internationale. tel Bartin ou Niboyet. de plus en plus de règle de DIP sont influencées par l’universalisme.2 La jurisprudence Les textes étant insuffisant. Si le droit privé est international c’est car il n’est applicable qu’à des relations privées internationales (possédant des éléments d’extranéité). et cet ensemble de règles est propre au droit français (pas de portée internationale). En opposition avec les particularistes. pour qui le DIP n’a comme objectif que de résoudre les problèmes propres à chaque pays en respectant l’esprit et les doutes de la législation nationale.Ce n’est pas un droit international par sa source ou par sa portée. Le DIP contient des sources de droit international et de droit national. Part de la loi reste faible dans l’élaboration du DIP. Le DIP est perçu comme une projection du droit interne sur le plan international. source indirecte Le rôle de la doctrine en DIP est important car : .1 La loi Le législateur s’est longtemps refusé d’intervenir en DIP. . La doctrine procède à une interprétation jurisprudentielle. Les tribunaux sont alors très perméables à l’influence doctrinale. Pour eux il n’y a pas d’unification possible du DIP sauf quelques rares exceptions tel le commerce international. force persuasive. cela oblige une jurisprudence abondante et constructive. § 3 : Les sources du DIP français Pour les universalistes tel Friedrich Karl von Savigny (19ème S) ou A. Le DIP français est donc majoritairement issu de la jurisprudence de la CCassation.il y a peu de texte en DIP. . . les problèmes surgissant lors de relations internationales concernent la société internationale dans son ensemble. abstraits. et ne peuvent alors qu’être résolu de manière internationale. ainsi se sont majoritairement les tribunaux qui le créé. A) Les sources internes .

. Enfin.3 La cour européenne des droits de l’homme 2 Abréviation de international commercial terms. . de sa rapidité et du choix de l’arbitre. ou « principes de droit international régissant les relations entre Etats ». ont à plusieurs reprises répondues à des questions de DIP. Ex : l’art. 1496 ncpc…). 1496 ncpc : « l’arbitre applique la règle de droit choisit par les parties et. ou bien sur la création des codes d’usages : le recensement des usages d’une branche spécifique. les usages. . la législation des Etats peut prévoir l’application des usages du commerce international (ex : art. Mais aussi le droit prétorien généré par l’arbitrage international.1 La coutume internationale de DIP regroupe l’ensemble des règles non écrites de DIPublic que la plupart des Etats estiment devoir respecter (ex : la liberté en haute mer…). 7 de la convention de Vienne du 11 avril 1980 sur la vente international de marchandises prévoit que les usages du commerce international l’emportent toujours.. ou régimes juridiques. recueil des usages du commerce international élaboré par la chambre de commerce internationale depuis 1936 -7- . • lex mercatoria : usages ou coutumes du commerce international Les droits étatiques sont inadaptés pour fournir des solutions aux problèmes du commerce international (en retard ou impuissante). ou lex mercatoria (la loi des marchands). notamment sur la nationalité et les conditions des étrangers. • Origines de la lex mercatoria Tout d’abord une création corporative : les usages peuvent être créé par des organisations internationales qui regroupent les commerçants d’une même branche. l’arbitre applique les règles qui lui paraissent appropriées ». désigné par trois lettres (FOB → free on board). en cas de contradiction. La jurisprudence des ces juridictions s’impose alors en droit interne. Elles se reconnaissent une activité normative basée sur les contrats types (modèle de contrat établit par un tiers) qui consacrent les usages ou peuvent en être la source. Les arbitres disposent d’une grande liberté dans le choix des règles applicables.1 La cour internationale de justice L’arrêt Nottebohm du 6 avril 1955 consacre le principe d’effectivité de la nationalité (liens réels et sérieux). Notons le rôle important de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris à l’origine des incoterms2. sur les règles de la convention. dont les usages ! • Reconnaissance de la lex mercatoria par les Etats Les Etats peuvent reconnaîtrent la lex mercatoria par la signature et ratification de conventions internationales. spécialiste du domaine. Depuis le M-A les opérateurs du commerce international ont été amenés à développer leur propre corps de règles : les usages et pratiques du commerce international. Les Etats reconnaissent aussi la lex mercatoria par la reconnaissance des jugements d’arbitrage. Certaines de ces coutumes sont parfois invoquées par la CCassation pour donner une solution de DIP.2 La cour de justice des communautés européennes Le droit communautaire peut influencer le DIP. B) La jurisprudence des juridictions internationales Les juridictions internationales. . permanentes ou temporaires. souvent utilisé à raison de sa confidentialité. à défaut de choix. conformément avec l’art.2 La coutume internationale de DIP.

Les conventions peuvent adopter les mêmes règles. ou dicte au juge la solution du conflit en s’imposant ou s’effaçant). -8- . et les conventions à portée limitée. en cas d’incompatibilité des conventions et de leurs solutions. Néanmoins. 3 Les conflits de conventions Attention aux faux conflits de conventions ! Il ne suffit pas que deux traités aient simultanément à régir une question posée pour qu’il y ait conflit. • Les conventions qui édictent des règles matérielles uniformes : Ex : la convention de Vienne du 11 avril 1980 sur la vente internationale de marchandises etc… 2 Sur l’application d’un traité Trois questions sont à se poser pour déterminer l’application d’un traité : _ vérifier si les faits litigieux rentrent dans le champ d’application matériel du traité. Il y a une obligation de choisir liée au déni de justice. les véritables conflits. la convention de Rome du 19 juin 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles… Le conseil de l’Europe cadre les différentes conventions en DIP. _ vérifier que les faits litigieux rentrent dans le champ d’application spatial du traité. elle veille à ce que les législations nationales respectent la vie privée des étrangers. ex : la convention de Bruxelles du 27 sept 1968 sur la compétence judiciaire et l’effet des jugements en matière civile et commerciale. même si les règles sont différentes que leurs applications aboutissent à un résultat identique. sont de plus en plus fréquents. ou non.Elle intervient dans le domaine du droit des étrangers. s’impose alors la règle de la spécialité : . ou. ex : la convention de Strasbourg du 6 mai 1963 sur la réduction des cas de pluralité de nationalité. donne la solution pour le résoudre (offre à l’une des parties la possibilité de choisir la convention applicable. notamment.spécialité rationae materiae : préférence à la convention qui régit plus spécifiquement la matière du litige. C) Les traités internationaux 1 Une typologie des conventions internationales • Les traités qui unifient les règles de conflits : Importance forte du droit communautaire. Il y a une différence entre les conventions de portée universelle. ou se substitue ou droit antérieur. il est possible de se tourner vers la neutralisation du conflit en précisant les champs d’application respectifs. La plus importante unification s’effectue par la conférence de DIP de la Haye (organisation permanente instituée en 1893 regroupant 150 Etats) dont l’objectif est l’unification progressive des règles de DIP afin de limiter les conflits de lois et de juridictions. _ vérifier que les faits litigieux rentre dans le champ d’application temporel du traité. où le juge d’un Etat membre doit appliquer le traité à toutes les relations internationales qui lui sont soumise sans se préoccuper de savoir si les plaideurs sont. • Si la convention est muette en cas de conflit. des ressortissants (ou résidants) d’un Etat membre . comment faire ? • Certaines conventions prennent soin de prévenir le conflit (ex : obligation de dénoncer d’anciennes conventions pour pouvoir adhérer…).

- -9- .donner la priorité à la convention qui sert le respect d’une valeur universelle. . il est possible de le résoudre selon deux directives : . de manière la plus efficace.la règle de l’efficacité maximale : priorité au traité qui permet la réalisation.spécialité rationae loci : préférence au traité qui n’est pas d’application universelle. des objectifs commun aux conventions conflictuelles. Si malgré cela l’on est toujours en présence d’un conflit.

Ces statuts personnels s’appliquaient à toutes les personnes qui sont nées dans l’Etat du législateur (statut étendu aux meubles). Le conflit de lois n’est plus un conflit de souveraineté. les délits. La théorie statutaire envisage les conflits de lois comme des conflits de souverainetés. Ce sont donc les actes juridiques. puisqu’il s’agissait de déterminer dans l’espace les champs d’application respectif des différentes lois. L’on est passé de la personnalité à la territorialité des lois. des relations intercommunautaires privées. Ces statuts s’appliquaient à tous les immeubles situés dans l’Etat du législateur. les juges appliquaient à chaque personne la loi de sa communauté. B) 14ème – 15ème. Et pour résoudre ces conflits de lois. la phase doctrinale du DIP Sous l’apparition des facultés de droit (notamment en Italie). Le système territorial des lois c’est instauré au fur et à mesure que les communautés se mélangeaient. La chute de l’empire Romain entraîna l’invasion de celui-ci par des barbares ayant d’autre usages et coutumes. Car du fait de la mixité. les statuts mixtes : tout ce qui n’appartient pas aux statuts personnels ou réels. etc… Les statuts mixtes s’appliquaient à tous les actes passés dans l’Etat du législateur. Cette théorie des statuts fut remplacée par la théorie moderne des conflits de lois développée par Savigny. un droit savant étudié par Bartole et Balde. les individus ont perdu conscience d’appartenir à une communauté spécifique. Les auteurs ont développé la théorie des statuts : les statuts personnels : toutes les lois qui ont comme principal objet la personne et son état. de la fin de l’empire Romain au haut Moyen-Âge.Titre 2 Le conflit de lois Partie 1ère Théorie générale des conflits de lois Chapitre 1 Détermination du droit applicable à la relation internationale Section 1ère : La diversité des méthodes de détermination du droit applicable à une relation internationale § 1 : La diversité historique des méthodes A) La phase pré doctrinale Cette période. les contrats. C’est l’abandon de la perspective et de la méthode statutaire. les statuts réels : toutes les lois qui avaient pour objet les immeubles. . C’est donc mis en place la cohabitation de populations hétérogènes. Et avec le début du féodalisme. où un seigneur faisait valoir sa loi sur un territoire.10 - . A un groupe de lois s’associe donc une application dans l’espace. le droit devient une matière savante . fut façonnée par l’évolution naturelle des juges. les juges se sont mis à appliquer la loi dominant le territoire où se trouvaient les personnes en litige. car l’Etat n’est que rarement véritablement intéressé à l’application de sa propre loi à des relations purement privées.

A) La méthode fondée sur l’élaboration de règles matérielles Principe : les lois nationales en conflit ne sont pas nécessairement adaptées aux relations internationales. et depuis longtemps. il est logique d’appliquer la loi bolognaise car il n’a plus de lien caractérisé avec Milan. Un litige porte sur l’aptitude au mariage d’un milanais vivant à Bologne : si le milanais vit de façon permanente. doit alors rechercher pour chaque rapport quel est l’ordre juridique et la loi avec lequel celui-ci présente le plus de liens étroits (le centre de gravité du rapport litigieux). du fait. Les lois ont donc une égale vocation à s’appliquer. d’où la nécessité de créer des règles spécifiques.déterminer. à Bologne.11 - . Le juge. ou le législateur. Savigny part quant à lui de la relation litigieuse.  en l’associant à une règle de conflit de lois. le litige est intrinsèquement interne à un ordre juridique. si le milanais ne vit à Bologne que de façon temporaire. Ex. alors le centre de gravité est Milan. l’aptitude au mariage appartient aux statuts personnels. c’est donc la loi milanaise qui sera toujours d’application. Il existe trois sources à ces règles matérielles : La règle matérielle d’origine nationale : un Etat va créer dans son ordre juridique un ensemble de règles spécifiques pour appréhender les relations internationales soumises à ses juges.Savigny abandonne donc la méthode statutaire qui partait du contenu de la norme pour se demander si celle-ci appartenait dans les statuts réels. La règle matérielle d’origine conventionnelle : tel la convention de Vienne sur la vente internationale de marchandise. personnels ou mixtes. si la relation n’est que subjectivement internationale. parmi les lois nationales en conflit. - B) La méthode dite conflictuelle Principe : les lois nationales en conflit sont toutes aussi aptes à régir des relations internationales privées qu’elles ne le sont à régir des litiges privés internes. la loi applicable à la relation internationale. si l’on applique la méthode statutaire. afin de déterminer le champ d’application spatial de la loi.édicter des règles matérielles propres aux relations internationales . Càd que seulement si la règle de conflit de lois désigne comme loi applicable la loi de l’Etat qui a créé la règle matérielle que cette loi va s’appliquer. . Les lois de cet ordre ont donc vocation à s’appliquer. La règle matérielle d’origine coutumière : les usages et coutumes du commerce international peuvent s’assimiler à des règles matérielles. § 2 : Les diverses méthodes contemporaines Opposition entre : . Aussi. Ces règles peuvent s’appliquer :  à toutes relations internationales soumises au juge national. et se demande à quelle norme il faut soumettre cette relation.

un enfant naturel français. rattachement par le sujet du rapport de droit. il n’y a bien que les relations de commerce international qui appellent à des réponses spécifiques. la filiation. l’état etc… soumise à l’élément de rattachement qu’est la nationalité de la personne afin de lui appliquer sa loi maternelle. afin de rechercher l’ordre juridique avec lequel cette situation présente les liens les plus étroits. 1. Cela résulte de l’intérêt des plaideurs : il faut essayer d’obtenir la prévisibilité et la sécurité juridique des personnes qui cherchent à développer une activité. ce sont les mêmes enjeux pour un conflit purement interne. d’où la nécessité de règles matérielles spécifiques.Les règles de conflit bilatérales a) La méthode bilatérale3 Cette méthode représente l’héritage direct de Savigny. alors il n’est pas certain que les lois internes soient inadéquates au point qu’il deviendrait nécessaire d’élaborer des règles matérielles spécifiques. Ex. on envisage les faits. car les problèmes y sont spécifiques. 3 Règle de conflit bilatérale : règle de conflit pouvant aboutir indifféremment à la désignation de la loi du for ou d’une loi étrangère. Un accident d’un touriste français survient en Espagne. la situation litigieuse. c’est pourquoi l’on applique la loi du lieu de survenance du dommage. L’idée consiste en ce que la loi applicable au litige est la loi du pays où s’est produit le fait générateur du rapport de droit. ou par le juge en l’absence de règles. recourir à la nationalité ou au domicile. dans un hôtel dont le propriétaire est allemand. Ces catégories de rattachements sont des questions de droit qui présentent entre elles des points communs si bien que l’on peut les soumettre aux mêmes éléments de rattachements. Le rattachement est fondé sur l’idée que la meilleure législation pour un litige est celle qui indique l’objet de ce rapport. rattachement d’après la source du rapport de droit. Il s’agit de localiser la relation internationale par la personne impliquée dans cette relation. quelle loi est applicable pour l’autorité parentale ? Cette question n’est pas nouvelle pour les droits internes. Ce dernier est un élément caractéristique de la relation litigieuse : c’est l’élément de rattachement. Ex. l’on considère que la situation litigieuse a le plus de liens avec l’Espagne. Et donc permettre au propriétaire allemand de savoir selon quelles règles il impliquera sa responsabilité. objet meuble ou immeuble. Néanmoins. Le statut personnel est une catégorie de rattachement dans laquelle nous allons trouver toutes les questions relatives à la personne : la capacité. Cette méthode est appliquée par le législateur qui créé la règle de conflit de lois. La relation internationale privée comporte différents éléments d’extranéité liés à différents ordres juridiques :  ordre juridique français par la nationalité  ordre juridique espagnol par le lieu de survenance  ordre juridique allemand par la nationalité Dans une telle hypothèse.Mais si la relation est objectivement internationale.12 - . un père UK. . Il recherche donc les éléments de rattachement : rattachement d’après l’objet du rapport de droit.

et pour cela l’on multiplie le nombre de lois envisagées.Appliquer l’ordre juridique déterminé à la situation internationale privée litigieuse. Exceptions. il revient alors au juge.13 - . 311-18 Cciv dispose « L'action à fins de subsides est régie. Cette règle désigne la loi matérielle nationale dans laquelle l’on trouvera la solution au problème. Ex. 5 détermine que si la loi précédente ne lui permet pas d’obtenir les aliments de la part du débiteur. • La règle de conflit dite « alternative ».Opération de qualification de la question de droit. • La règle de conflit à rattachements cumulatifs. » ( cette règle est remplacée par la convention de la Haye). L’objectif de ces exceptions à la neutralité est de favoriser l’obtention d’un résultat déterminé. C’est une règle neutre dans le sens où elle ne cherche pas à privilégier telle ou telle solution au conflit. càd qu’elle peut désigner indifféremment la loi du for ou la loi étrangère. C’est une règle abstraite. Mais l’art. si le créancier ne peut obtenir les aliments en vertu des art. Il est prévu que l’adoption par deux époux ne peut être prononcée si la loi nationale de l’un et l’autre époux prohibe l’adoption. La convention de la Haye (2 octobre 1973) sur la loi applicable aux obligations alimentaire dispose dans son art. Ce type de règles de conflit déclare plusieurs lois compétentes de s’appliquer à un seul litige. 4 que la loi de résidence habituelle du créancier d’aliments a pour vocation de s’appliquer. il doit alors envisager les lois dans l’ordre établit. soit par la loi de la résidence habituelle du débiteur. au choix de l'enfant. C’est une règle qui propose au juge successivement plusieurs lois. b) Les caractéristiques de la règle de conflit de lois bilatérale C’est une règle indirecte. 2. alors l’art. 4 et 5.Les règles de conflit unilatérales . et s’arrêtera à l’application de la première loi qui obtient le résultat recherché. 2. Toutefois. afin de l’affilier à une catégorie de rattachement. elle ne répond pas au problème de droit posé. C’est une règle bilatérale.Déterminer la loi applicable par l’élément de rattachement 3. L’objectif de cette exception est de marquer l’hostilité à une institution. alors il faut appliquer la loi nationale commune au créancier et au débiteur. Elle désigne la loi applicable au litige sans que le juge ait à prendre connaissance du contenu des lois en conflit. Ex. soit par la loi de sa résidence habituelle. ou à l’une des parties.Bilan : méthode pour résoudre le conflit de lois : 1. On la retrouve au sein de l’art. La CCass belge décida que le divorce d’époux de nationalité différente ne pouvait être prononcé en Belgique que pour des causes reconnues par la loi nationale du mari et par la loi nationale de la femme. 370-3 Cciv concernant l’adoption internationale. 6 dispose que l’on applique la loi du for. de choisir la loi applicable. L’art. il existe des règles de conflit de lois qui ne sont pas neutre : • La règle de conflit à rattachement en cascade.

en quelque sorte la loi ayant les liens les plus étroits. car il existe des lois impératives. Pourtant le juge a obligation de juger (déni de justice). il ne faut pas forcer la vocation d’un droit étranger à s’appliquer : un droit étranger ne peut être déclaré applicable que si les règles du DIP étranger le souhaitent. Quadri propose d’appliquer « la loi qui aurait le plus de chance d’être effective ». § 1 : Les obstacles préalables Avant de mettre en œuvre la règle de conflit. . court-circuitant alors la règle de conflit.14 - . Ou bien. A) Les règles de compétence exclusive 4 Règle de conflit ne pouvant aboutir qu’à la la désignation de la loi du for et à la détermination de son champ d’application. qu’il n’y a pas d’obstacle à l’application des règles de conflit de lois. mais il se peut que la solution soit inadéquate. ces lois s’imposent de manière impérative au juge français. Or ce droit étranger ne serait peut-être pas applicable si l’on avait mis en œuvre son propre DIP. Cet article s’efforce de délimiter quand la loi française doit s’appliquer.lorsque les époux ont. . ne se reconnaît compétente. un retour à la méthode bilatérale. Dans l’optique bilatérale la règle de conflit de lois du for détermine. • Hypothèse du cumul de lois applicables.lorsque l'un et l'autre époux sont de nationalité française . C’est donc appliquer la méthode bilatérale à la méthode unilatérale. éventuellement. le juge français doit vérifier qu’il n’y a pas d’obstacle préalable. » Aussi il n’y a pas de bilatéralisme possible. on appliquera la loi avec laquelle la situation a le plus de liens étroits. ainsi l’art.lorsque aucune loi étrangère ne se reconnaît compétence. Le DIP français contient quelques règles de conflit de lois unilatérales. en premier lieu. Niboyet propose d’appliquer la loi que désignerait la règle de conflit si elle était bilatérale. Si le juge saisi voit que parmi les lois applicables se trouve la loi du for. ou la loi imaginée applicable par les parties. leur domicile sur le territoire français . c’est une règle unilatérale. alors que les tribunaux français sont compétents pour connaître du divorce ou de la séparation de corps. La méthode unilatéraliste considère que chaque DIP ne doit se préoccuper que de déterminer le champ d’application de ses propres lois. Pour les unilatéralistes.La méthode unilatérale4 considère la souveraineté des Etats. Lorsque qu’aucune loi. l’application d’une loi étrangère. et si la loi française ne s’applique pas le juge doit rechercher la loi étrangère compétente. il y a donc obligatoirement une loi à laquelle rattacher le litige : on appliquera alors la loi du for à titre de subsidiarité. Problèmes liés à la méthode unilatérale : • Hypothèse de la lacune. 309 Cciv dispose que « Le divorce et la séparation de corps sont régis par la loi française : . un retour au bilatéralisme. alors celui-ci appliquera cette loi. . l'un et l'autre. alors il n’y a aucune loi pour régler le litige internationale. Section 2nd : La résolution du conflit de lois par le juge français Le juge français doit vérifier. étrangère ou nationale. Dans les cas où intervient une règle de compétence exclusive ou une loi de police. Mais si les lois applicables sont toutes étrangères.

Le juge français est incompétent. . ou à un autre. la souveraineté de l’Etat. 3 al1 Cciv dispose que « Les lois de police et de sûreté obligent tous ceux qui habitent le territoire. Hypothèses d’atteintes à la souveraineté de l’Etat : • si l’Etat est en position de sujet. même dans les relations internationales privées. La relation internationale privée litigieuse intéressant directement la souveraineté de l’Etat français. La loi française a une compétence exclusive sur la capacité de payer en France avec une devise étrangère. Réclamer au juge l’exercice d’une voie d’exécution forcée sur un bien localisé sur le territoire d’un Etat.La notion de « loi de police » L’art.Définition des règles de compétence exclusive5 Une règle de droit a une compétence exclusive lorsque la situation litigieuse intéresse à un titre. Ex. Application cumulative des deux lois.Application par le juge français des règles de compétence exclusive Le juge français a toujours l’obligation d’appliquer les règles françaises de compétence exclusive. Le droit français n’admet pas l’application d’une loi étrangère en remplacement. Seul cet Etat peut donner compétence à sa loi pour régler la situation. Ex. Peut-on payer en $ en France ? La loi US a une compétence exclusive sur l’utilisation de sa monnaie à l’étranger. 1. Ex. 5 Compétence exclusive : matière réservée à certaines juridictions. Ex. il s’agit d’une loi d’une importance particulière. il faut alors les appliquer cumulativement. Mais doit-il appliquer les règles de compétence exclusive étrangères ? Il n’appartient pas au juge français d’être l’agent de la politique d’un Etat étranger. les lois de police s’appliquent à tous ceux qui habitent le territoire français.La juge français doit appliquer la loi française car celle-ci comporte une compétence exclusive de l’Etat. Càd qu’il intervient par l’un de ses organes dans la vie des individus afin de réaliser des objectifs. Si deux lois ont une compétence exclusive. sur sa sortie de territoire. La seule loi susceptible de s’appliquer est la loi du pays où la voie d’exécution doit être exécutée. 1. Au point que l’Etat l’ayant édictée n’admet pas l’application d’une autre loi. les juridictions etc… • si l’Etat est en position d’agent.15 - . L’idée consiste en ce que même si la relation est internationale. donc il ne doit pas appliquer les règles de compétence exclusive étrangère. ». • si le commandement que donne l’Etat a pour objet direct son propre territoire. B) Les lois de police La loi de police ne concerne plus la souveraineté d’un Etat. 2. la nationalité est une compétence exclusive des Etats etc… • si l’organisation interne de l’Etat est en question.

Définition conceptuelle des lois de police par Francescakis : « ce sont les règles dont l’observation. Un français a conclu un contrat de mandat avec un agent immobilier situé à Monaco pour un immeuble situé à Monaco..Définition fonctionnelle des lois de police par Mayer : « ensemble de règles impératives qui. La chambre sociale de la CCass. par un arrêt du 9 décembre 1960. a jugé que la réglementation française créant le statut de Voyageur Représentant Placier était applicable à un VRP tchécoslovaque employé par une entreprise tchèque. afin d’assurer la paix sociale. 2. Aussi. _ Le critère finaliste : le juge français va considérer que telle loi est une loi de police. La question était de déterminer si la loi du 2 janvier 1970. CA Paris. ni systématique.Les critères de reconnaissance des lois de police _ Le critère formaliste : le législateur a pris soin d’indiquer lui-même que la règle de droit devait s’appliquer impérativement aux relations internationales. mais exécutant son travail en France. Ex. 3. sociale. appliquées aux relations internationales si le travail est effectué en France. sont applicables quel que soit la loi désignée par la RCL de ce pays ».Le champ d’application spatial des lois de police Les lois de police française n’ont pas vocation à s’appliquer à toutes les relations internationales soumises au juge français. mais ce n’est ni obligatoire. sociale et économique ». . Ex. écartant alors les règles de conflit de lois. La législation sur le salaire minimum a pour but d’assurer la paix sociale en France.16 - . selon le pays dont elles émanent. ou économique de l’Etat. La CA a considéré que cette loi était une loi de police. La règle est donc internationalement impérative et d’application immédiate. car dans le cas contraire la finalité de la règle de droit ne serait pas satisfaite. Ex. est voulu par un Etat afin de sauvegarder son organisation politique. mais que le litige n’avait pas de lien suffisamment étroit avec le sol français. . au point d’en imposer le respect à toute personne se trouvant sur le territoire ou à tout rapport juridique localisé dans celui-ci ». régissant les contrats avec les agences immobilières. arrêt « Arblade » du 23 novembre 1999 de la CJCE : « dispositions nationales dont l’observation a été jugée cruciale pour l’organisation politique. L’art. → C’est cette définition qui a été retenue en droit positif. Différentes lois de police : Droit du travail : ce sont généralement des lois de police. le juge va appliquer cette loi à tout travail fourni sur le territoire français. Les lois de police ne peuvent s’appliquer aux relations internationales que si celles-ci présentent un lien étroit avec le territoire français. Francescakis considère que les lois de police sont souvent mises en œuvre par l’administration ou par une juridiction spécialisée. 16 de la loi du 18 juin 1966 sur le contrat d’affrètement maritime dispose que cette loi s’applique à tous les transports effectué au départ ou à destination d’un port français. arrêt rendu le 21 janvier 1994. devait s’appliquer. Cela qui peut être révélateur d’une loi de police. sur le plan international.

Certaines règles du droit de la famille.Le régime des lois de police 1) Le juge français a l’obligation d’appliquer les lois de police françaises. Ce dernier doit tenir compte de l’objet et de la nature de la loi de police étrangère : la convention invite le juge à porter un jugement de valeur sur la règle. selon le droit de ce dernier pays. par arrêt du 29 juin 1973 Compagnie internationale des wagons-lits considère que la législation française du comité d’entreprise s’impose à toutes personnes morales. pour vérifier si celle-ci est légitime.Le Conseil d’Etat. reçue ou perçue en France. de la loi d'un pays déterminé. une loi de police étrangère. quel que soit son support.contre l’application des lois de police étrangères en vertu du principe d’inapplicabilité des lois étrangères de droit public (mais de plus en plus des lois de police ne sont plus du domaine du droit public). 5. Certaines règles du droit de la consommation sont des lois de police. exerçant en France en qualité d’employeur. en vertu de la présente convention. Possibilité ouverte par la convention de Rome (18 juin 1980) relative à la loi applicable aux obligations contractuelles. de la loi de police étrangère. la doctrine suppose qu’il faut se référer aux critères de la convention de Rome (art. si le conflit ne comprend que des lois de police étrangères. Néanmoins l’évolution du droit positif tend à ce que l’application d’une loi de police étrangère soit une possibilité. L’art. toute publicité faite. La défense des intérêts fondamentaux de la France sera d’autant plus efficace si les juges étrangers y contribuent. 7) pour décider de l’application d’une loi de police. doit comporter un certain nombre d’informations obligatoires. . 2) Le juge français doit-il appliquer une loi de police étrangère ? Débat doctrinal entre : .Possible conflit de lois de police Si les lois de police sont incompatibles : si parmi les lois de polices il se trouve la loi française. Mais aussi car le juge français n’a pas à protéger les intérêts fondamentaux d’un Etat étranger. 4.17 - . Et enfin car aucune règle de droit français ne rend compétente. 7 dispose que « Lors de l'application. La convention invite aussi le juge à tenir compte des conséquences de l’application. il pourra être donné effet aux dispositions impératives de la loi d'un autre pays avec lequel la situation présente un lien étroit. même étrangère. notamment relatives à l’assistance éducative (art. mais cela nécessité une réciprocité. Ces règles s’appliquent dès l’instant où l’objet du bail est sur le territoire français. en tant que loi de police.pour l’application des lois de police étrangères à raison de la coopération internationale. . mais aussi le régime primaire des époux… L’ensemble de la législation des baux réglementés (bail commercial. 375suiv) applicables à tout enfant sur le sol français (dans le but de préserver l’enfance). rural etc…) est considérée comme loi de police. le juge peut appliquer la loi de police étrangère. L’art L 311-4 Cconso dispose que relativement aux opérations de crédit à la consommation. La loi de police étrangère doit être appliquée comme une loi de police nationale. Ex. » L’article présente par la suite dans quels cas. ces dispositions sont applicables quelle que soit la loi régissant le contrat. si et dans la mesure où. alors le juge français appliquera sa loi. ou non. et sous quelles conditions. porter un jugement de valeur.

le juge pouvait donc l’écarter et appliquer la loi française.Si la loi étrangère est désignée. du 11 octobre 1988. la juge n’a pas à mener d’investigation complémentaire. 311-14 La loi algérienne est donc d’application. 2. alors la règle de conflits de loi n’a pas le caractère d’ordre public et c’est au juge de choisir ou non de l’appliquer. Or de selon la règle de conflits de loi c’est la loi nationale de la mère. La Cour de Cassation a indiqué que l’autorité de la règle de conflits de loi variait selon qu’elle est désigne la loi française ou la loi étrangère : . l’arrêt Rebouh. Aussi les époux ontils développé leurs arguments de divorce uniquement sur le fondement du droit français. art. la situation est présentée comme purement interne.18 - . il est tenu d’appliquer d’office la RCL. 1. 1988 La Cour de Cassation. Dans l’affaire Brisbal.civ. .  Il est incohérent d’appliquer la règle de conflits de loi selon son résultat. aucune des parties n’invoque l’application d’une loi étrangère.Si la loi française est désignée. il n’y a pas de fondement juridique. le juge doit la relever d’office. Si volontairement. Les juges ont refusé le divorce car la loi espagnole prohibait ce dernier. alors la règle de conflits de loi est d’ordre public. arrêt de la 1ère ch. « la valse de l’hésitation ».Abandon de la jurisprudence Brisbal. la règle de conflits de loi désignait la loi espagnole. il n’applique aucune règle de conflit de loi (RCL). qui est d’application. elle fait partie de l’ordre juridique et à ce titre elle s’impose au juge comme n’importe quelle règle de droit. le juge est-il tenu d’appliquer la RCL ? → Il y a une grande variation de jurisprudence sur cette question.La jurisprudence Brisbal du 12 mai 1959 Les époux Brisbal sont de nationalité espagnole vivant en France. . et de déterminer la loi applicable au litige. voulait enclencher une action en recherche de paternité naturelle.§ 2 : La mise en cause de la règle de conflit de lois Si dans le litige n’apparaît aucun élément d’extranéité. Si des éléments d’extranéité apparaissent dans le litige. Mme R. se pose alors la question de l’autorité de la RCL. le juge n’a pas le choix. et voulant divorcer font une demande de divorce devant un juge français. Si l’une des parties invoque l’application d’une loi étrangère. ou par ignorance. au jour de la naissance de l’enfant. Il y lutte une forte critique de cette solution par Motulsky car :  la règle de conflits de loi française est une règle de droit français. A) L’autorité de la règle de conflit pour le juge Hypothèse de litige avec des éléments d’extranéité.

elle a est revenu à l'exception tenant à l'origine conventionnelle de la règle de conflits de loi. au besoin d’office.La remise en cause partielle des arrêts Rebouh et Schule Les juges du fond furent très retissant aux arrêts rendus par la CCass. même si celle-ci désigne une loi étrangère. Par ces arrêts la CCass décide et que le juge n'était pas tenu de relever d'office la règle de conflits de loi par exception dans deux cas déterminés : . 4.19 - .Les derniers développements Le dernier revirement de la CCass est en date du 26 mai 1999 : arrêt sociétés mutuelles du Mans. Ex. la filiation. de déterminer la loi étrangère applicable. il lui appartient. 12 NCpc (hommage à Motulsky). arrêt Elkhbizi La CCass met en place le système actuel. le juge doit alors soulever d'office l'application de la RCL. . La CCass par l’arrêt Schule du 18 octobre 1988 casse l’arrêt de la CA.Soit les parties ont la libre disposition de leurs droits.lorsque la RCL n’est pas d'origine conventionnelle. Mais la qualification des droits disponibles ou indisponibles se fait en rapport à quelle loi ? Il y a deux systèmes possibles : . car le juge devant trancher le litige conformément aux règles de droit. La CCass : arrêt société Coveco du 4 décembre 1990 arrêt Masson du 10 décembre 1990. au visa de l’art. car son point de vue rend leurs jugements plus complexes. de matière indisponibles : état des personnes.lorsque le la matière litigieuse est une matière dans laquelle les parties ont la libre disposition de leurs droits. 3. sont celles où la manifestation des volontés des personnes privées est totalement dépourvue d'effet. . qu'elle ne provient pas d'une convention internationale. de matière disponible : responsabilité délictuelle… Il faut analyser les droits litigieux si disponibles ou indisponibles. ou n’a d’effet que si elle est approuvée par une autorité publique (car un intérêt public est en jeu). alors le juge n'est pas tenu de relever d'office la RCL.La CCass a cassé l’arrêt de la CA en indiquant que le juge à l’obligation de relever d’office la règle de conflits de loi. Comment définir la disponibilité ou l'indisponibilité de droit ? Les matières dans lesquelles les droits sont indisponibles. les conventions sur le changement de régime matrimonial ou les conventions de divorce (non des faits qu'elle homologuée par l'autorité judiciaire)… Ex.Soit les parties n'ont pas la libre disposition de leurs droits. .

* catégorie des effets du mariage : car par la donation entre époux l'un des époux capte le patrimoine de l'autre. la CCass admet que l'accord procédural puisse simplement être tacite. mais leur applique une loi qu'elles choisissent ? Les parties peuvent conclure un accord procédural. et pour les droits dont elles ont la libre disposition. → Le choix d'un droit applicable n'est donc possible que si les droits litigieux sont des droits disponibles. L'accord procédural doit-il être au bénéfice de la loi du for ou de la loi étrangère ? → Le juge accepte un accord procédural sur une loi française → Un juge accepte-il un accord procédural pour une loi étrangère ? Par un arrêt du 26 mai 1999. C'està-dire que les parties doivent avoir connaissance que le litige est international. arrêt société Deltadraht. qu'ils ont une possibilité de choix dans la loi applicable. * catégorie des successions : si l'on craint que cette donation ne contrarie le droit des héritiers. Contester la validité d'une donation entre deux époux de nationalités différentes. Par l'arrêt société Hannover International du 6 mai 1997. Ex.L’intégration de la question de droit dans une catégorie de rattachement L'opération peut devenir complexe lorsque la question de droit posé est à la frontière entre deux. qu'il résulterait du comportement des parties (n'évoquant qu'une seule et même loi par exemple). elle consiste à insérer la question de droit posé dans l'une des catégories de rattachement. → système retenu. . catégories de rattachement. la CCass admet que le juge peut reconnaître un accord sur une loi étrangère. pour que le juge ne leur fasse pas application de la loi normalement compétente. c'est-à-dire que l'on qualifie en consultant les dispositions de la loi matérielle désignée par la règle de conflits de loi.. voire trois. mais il doit néanmoins être certain. un doute subsiste. et ainsi déterminer la loi applicable (arrêt du 19 avril 1988). par un accord. Car la formule employée par CCass est générale. et qu'ils ont conclu un accord tacite.20 - . mais aussi ambiguë. demander l'application d'une loi différente de celle désignée par la règle de conflits de loi ». § 3 : L’opération de qualification La qualification est une étape fondamentale dans la mise en oeuvre de la règle de conflits de loi. B) L’autorité de la RCL pour les parties au litige Les parties au litige peuvent-elles s'entendre.qualifier lege fori (d'après la loi du for). il y a trois catégories de rattachement possible : * catégorie du fond des actes juridiques : s'il s'agit de fonder la contestation pour vice de consentement. .qualifier lege causae. A) Les difficultés communes à toutes les opérations de qualification 1. c'est-à-dire que le juge français doit vérifier si le droit est disponible ou indisponible d'après le droit français. Mais la CCass encadre ce choix : les parties peuvent « en vertu d'un accord exprès.

elle se rattache aux statuts des personnes (car cela dépend de la religion des mariés) et se rattache à la loi nationale. cette question de droit appartient à la catégorie des formes du mariage. alors la loi applicable est la loi du 1er domicile commun des époux. . Le conflit de qualification n'existe que lorsque la qualification commande la détermination de la loi applicable.Pour le droit français.Le rôle de la loi étrangère Dans un 1er temps il faut analyser l’institution étrangère tel que le droit étranger en définit les caractéristiques. vivant à Malte. La question de droit porte sur la validité d’un mariage car célébré uniquement civilement. L'époux réplique en demandant la nullité du mariage au motif que le droit grec ne reconnaît que le mariage religieux. À cette même époque dans le droit français le conjoint n’hérite pas de l'époux décédé. → loi française 1. un droit (reconnu à l'époque dans le droit maltais) : la quarte du conjoint pauvre (un quart des biens de la succession en usufruit). et pas religieusement. La célébration religieuse est une condition de fond. Il faut toujours s'appuyer sur la façon dont les parties ont formulé la question de droit quand ils ont présenté le litige au juge 2. B) La difficulté de qualification de l’institution étrangère La difficulté apparaît lorsque le juge français doit qualifier une situation internationale fondée sur une institution juridique étrangère qui n'a pas d'équivalence en droit français. il n'y a pas cette règle de la quarte du conjoint pauvre.Pour le droit grec cette question de droit est une question de fond du mariage. situés en Algérie.Le conflit de qualification Il y a un conflit de qualification lorsque le système juridique du for et un autre système juridique (avec lequel la situation est rattachée) qualifient différemment la même question de droit. → Affaire Bartholo « affaire de la succession du maltais ». On doit donc respecter le contexte de la loi. → La CCass considère que l’on ne retient que la qualification lege fori. . régie par la loi du lieu de célébration du mariage. L'épouse maltaise prétend alors exercer sur des immeubles. puis le mari immigre en Algérie où il décède. Son épouse française demande le divorce devant un tribunal français. et non pas lorsque que la qualification intervient dans l'application de la loi étrangère déterminée par le RCL.21 - . Arrêt de la CA d'Alger du 24 décembre 1889 : Un couple de maltais mariés à Malte. . La CCass. → loi maltaise • Si la quarte du conjoint pauvre est un élément du droit successoral.Le problème est donc de trouver la bonne qualification. alors pour les successions immobilières on applique la loi du lieu des immeubles. Problème de qualification : • Si la quarte du conjoint pauvre est un élément du régime matrimonial maltais. arrêt Caraslamis du 22 juin 1955 « affaire du mariage du grec orthodoxe » : Un grecque orthodoxe se marie civilement à Paris.

la quarte du conjoint pauvre est considérée comme une conséquence du mariage.Le juge constate que dans le droit maltais. . 2. C’est donc la loi maltaise qui est d’application. Donc la quarte du conjoint pauvre est rattachée à la catégorie française des régimes matrimoniaux.22 - . un élément du régime matrimonial.Le rôle de la loi du for Dans un 2nd temps l’on peut intégrer l’institution étrangère dans la catégorie de rattachement la plus proche des traits caractéristiques de celle-ci. et Mme Bartholo pouvait bénéficier de la quarte du conjoint pauvre.

Or à ce moment-là. Le juge français doit régler une question de régime matrimonial pour des époux anglais domiciliés en Suède. A sa mort. pour la même question de droit.l'État français car la loi française ne considère pas les oncles et tantes comme des ayants droit successoral. La succession étant vacante. rend compétente la loi commune des époux. . il avait toujours conservé son domicile de droit en Bavière.23 - . pour la même question de droit. enfant naturel bavarois.Titre 2 Le conflit de lois Partie 1ère Théorie générale des conflits de lois Chapitre 2 Les problèmes spécifiques posés par l’application du droit étranger Section 1 : Le renvoi Il existe deux types de renvoi. celle-ci désigne alors une loi étrangère comme loi compétente.des collatéraux de sa mère sur le fondement de la loi bavaroise . Par cet arrêt la CCass a consacré le mécanisme du renvoi au premier degré car la RCL française désigne comme loi applicable. le juge français va constater que le DIP de ce pays. si bien que. L'art. Mr Forgo n'avait jamais sollicité ce décret. → loi suédoise Mais le juge français constate en même temps que le DIP suédois. Conformément aux règles de conflits de lois françaises... Il y a le renvoi au 1er degré lorsque la loi désignée par la RCL de la loi française renvoie à la loi du for. à une succession immobilière. Le renvoi au 1er degré est plus largement accepté que la renvoi au 2nd degré. Mr Forgo. vit en France depuis l'âge de cinq ans jusqu'à sa mort. Ex. il laisse une importante succession immobilière réclamée par : . → loi anglaise Le juge doit-il ignorer cette solution différente du DIP étranger. Il existe différents types de renvoi : • Le renvoi au 1er degré : arrêt Forgo du 24 juin 1878. on applique la loi du premier domicile commun aux époux. la loi du dernier domicile de droit du défunt : la Bavière.13 du Cciv subordonnait l'acquisition d'un domicile de droit en France par un étranger à l'obtention d'un décret d'admission à domicile. ou doit-il appliquer cette solution ? Doit-il tenir compte du renvoi fait par le DIP étranger à une autre loi ? D’autant plus que le renvoi peut se prolonger : le DIP anglais peut renvoyer à un autre droit international privé etc. désigne une autre loi compétente. Il y a renvoi au 2nd degré lorsque la loi désignée par la RCL française renvoi à une autre loi que la loi du for. §1 : La notion de renvoi Définition : le juge français détermine la règle de conflit de lois françaises et l'applique au litige. du point de vue du droit français. l'État se devait la recueillir.

Mais la CCass tient compte de la RCL de la loi bavaroise qui ne distingue pas entre domicile de droit et domicile de fait. Le renvoi serait un faux problème. arrêt « Marchi Della Costa ».D’ordre théorique • Le juge français doit appliquer la loi matérielle désignée par le DIP français. la CCass interrompt le mécanisme du renvoi et accepte la compétence de la loi française. CA de Paris Le juge français est saisi d'une question de droit : savoir quelle loi régissait le fonctionnement d'une société constituée à Istanbul.D’ordre pratique . car ce dernier exprime la manière dont l'ordre juridique français conçoit la compétence internationale du droit français. car le conflit de loi a été résolu par l'application de la RCL française. mais dont les établissements principaux sont situés à Londres. → Mais le DIP anglais considère que la loi applicable est la loi du lieu de constitution : la loi turque. En conséquence le juge ne doit pas se préoccuper du DIP étranger. Toutefois. le renvoi ne peut être exponentiel car généralement un litige n’est en rapport qu’avec deux ou trois juridictions différentes. alors que celui-ci a déjà été résolu. • Le renvoi au 2nd degré : arrêt banque Ottomane du 11 mars 1965. B. Prendre en considération le renvoi serait faire naître un nouveau conflit de lois.Le renvoi affole le juge qui est obligé de connaître le DIP étranger. 2) Pourquoi le droit positif accepte le renvoi • 6 CCass. il ne doit pas tenir compte de l'éventuel refus de ce DIP de désigner la même loi que le DIP français. → La RCL française désigne la loi du siège social effectif : la loi anglaise.L'on reproche au renvoi de pouvoir aboutir à une cascade de renvoi. selon la loi turque. La CCass admet le renvoi au 2nd degré au vu du « caractère en principe obligatoire du renvoi fait par la loi nationale d’un étranger à la loi d’un autre Etat pouvant être le cas échéant la législation française »6. .24 - . . Le mécanisme du renvoi au premier degré (un seul droit étranger consulté) est admis. principe confirmé par l’arrêt « Patino » du 15 mai 1963.C'est donc la loi bavaroise qui est d’application. §2 : La légitimité du renvoi 1) Objection formulée contre le renvoi A. 1re Civ. Aussi. C'est donc un renvoi au second degré. 7 mars 1938. → Le DIP turc accepte la compétence de sa propre loi.

25 - . 21 al. car si on l’admet il déjoue la volonté et les prévisions des parties.1 de la convention de la Haye du 19 octobre 1996 Certaines conventions désignent comme loi applicable la loi interne de tel ou tel pays. domaine étendu par l’arrêt 1re Civ. car elle choisit déjà. exclusion implicite du renvoi. 1re Civ. ils entendent uniquement la règle de droit matériel de ce pays (exclusion des DIP). la loi applicable est alors la loi choisie par les parties (possible pour actes juridiques. le juge où l'une des parties choisissant la loi applicable. → Le renvoi permet d'éviter le « forum shopping ».Exclusion lorsque la règle de conflit intègre la volonté des parties. elle ne détermine jamais quand une loi étrangère s'applique. régimes matrimoniaux 7 etc…). Ses auteurs proposent un renvoi in favorem ou sélectif (en faveur du résultat recherché par la règle de conflit). arrêt « Gouthertz » du 1er février 1972. . 309 du Cciv). Le renvoi est incompatible avec ses règles de conflits de loi. 7 CCass. Donc le correctif à l'application de la loi étrangère qu’est le renvoi n'a pas de raison d'être. §3 : Les solutions du droit positif Le DIP français accueille le mécanisme du renvoi (pas forcément le cas de tous les DIP) depuis l'arrêt Forgo pour le premier degré. La RCL prévoit alors l'application possible de plusieurs lois.Exclusion exprès. et depuis l'arrêt du 7 mars 1938 (Marchi Della Costa) pour le second degré. lorsqu'elle est alternative. éviter qu'un plaideur ne choisisse le juge devant lesquels il portera son litige en considération de la loi que ce juge appliquera. Art. (Généralement les convention de la Haye refusent le renvoi.→ Le renvoi permet de coordonner les différents systèmes de DIP. Ex. Elle laisse à la loi étrangère le soin de définir son champ d'application internationale. certains textes internationaux indiquent que lorsqu'ils désignent la loi de tel pays. il permet de donner une solution acceptée par les différents ordres juridiques touchés par le litige. . La règle de conflits unilatérale se préoccupe de déterminer le champ d'application de la loi interne. du 11 mars 1997 : « la mise en œuvre de la loi d’autonomie de la volonté est exclusive de tout renvoi » . Le renvoi peu alors déjouer les prévisions de la partie ou du juge ayant choisi la loi applicable Certains auteurs proposent de réintroduire le renvoi dans la RCL alternative lorsque celui-ci produit des effets plus favorables que l'absence de renvoi. Néanmoins il existe des exceptions où le renvoi est exclu : . Des les anglais domiciliés au Danemark le veulent à contracter en France. Ex. 24 : exclusion exprès du renvoi) .Exclusion lorsque la RCL ouvre des options. Romme II art.Exclusion par les règles de conflits unilatérale (art. Pour le DIP français → nationalité → loi anglaise Pour le DIP anglais → domicile → loi danoise Pour le DIP danois → domicile → loi danoise Les différents systèmes juridiques intéressés obtiennent donc satisfaction.

§1 : La charge de la preuve de la loi étrangère A) Qui doit prouver le contenu de la loi étrangère. .Si le défaut de preuve résulte d'une impossibilité. non partagé par les droits étrangers. Admettre le renvoi c'est admettre qu'un autre rattachement est possible. alors l’on n’aboutira jamais à appliquer la loi nationale de la mère de l'enfant. cela nécessite donc d'établir le contenu de celle-ci : la preuve de la loi étrangère. Il faut rejeter sa prétention.Exclusion (douteuse) du renvoi dans la situation de l'art. 311-14 par rapport aux autres règles de conflits de loi. Ce courant fut suivi par les CA de Paris et Lyon pour des arrêts de 1976 à 1994. français.Peu importe que le demandeur fonde sa demande sur le droit français. Mais cette position est critiquée car il est difficile de justifier la spécialité de l’art. Section 2 : La détermination du contenu de la loi étrangère Appliquer la loi étrangère peut poser problème car le juge ne la connaît pas. Pour assurer le choix du législateur il faut donc exclure le renvoi. Certains auteurs préconisent alors l'application d'un renvoi sélectif. . et ce droit ne reconnaît que la responsabilité pour faute. Au lendemain de son adoption certains auteurs ont fait valoir que cette solution était propre au droit français. in favorem. Elle agit sur le fondement du droit français dans la responsabilité du fait des choses. Mr Lautour lui oppose un argument de droit : le droit applicable est le droit espagnol en tant que lex locqui delicti (la loi du lieu du délit). Il doit obliger le demandeur de prouver le contenu du droit étranger. 311-14 du Cciv : l’article applicable à l'établissement de la filiation (la loi nationale de la mère au jour de la naissance de l'enfant). . le litige doit être tranché par la loi française à titre subsidiaire. si il apparaît au juge que le droit étranger est applicable. ou étranger. Le camion explose et tue Mr Girot. La CCass considère que : . Par un arrêt du 13 janvier 1993.Si le défaut de preuve est imputable à la mauvaise volonté. Car toutes les règles de conflits constituent nécessairement un choix. à la carence. ou d'un coût excessif. La veuve de Mr Girot poursuit Mr Lautour en réparation de son préjudice. Donc si on admet le renvoi pour l’art.Il appartient au demandeur à l'action de prouver que le droit étranger applicable satisfait sa prétention. arrêt Consort Couck.26 - . Arrêt du 24 janvier 1984 « Thinet » Cet arrêt précise les conséquences du défaut d'établissement du contenu de la loi étrangère. le juge ou le plaideur ? Arrêt du 25 mai 1948 « Lautour » En Espagne un train est entré en collision avec un camion d'essence appartenant à Mr Lautour (français) conduit par son employé. 31114.. . une prise de position en faveur d'un certain rattachement. conduisant un camion appartenant à une société française. du demandeur. en soulignant que parfois ce sera l'exclusion du renvoi qui produira un effet favorable à l’établissement de la filiation. la CCass affirme le principe de valeur de règle de droit de la loi étrangère.

(On considérait en droit commercial que c'était au plaideur d’établir le contenu de la loi étrangère).L'auteur d'une prétention n'a pas toujours intérêt à établir le contenu de la loi étrangère. La convention du 7 juin 1968 sur l'entraide judiciaire internationale (ratifié en France en 1972) dispose que chaque État signataire crée en son sein un organe destiné à répondre aux demandes de renseignements portant sur leur droit qui provienne de l'étranger . Celui-ci est un document émanant d'un juriste étranger. mais il a le droit de faire intervenir les parties.Les procédés de preuve du contenu du droit étranger pour les parties Les parties peuvent intervenir indirectement par le certificat de coutume. du consulat ou d'une ambassade en France d’un Etat étranger. Inconvénient : . §2 : Le contrôle de l’application du droit étranger par la Cour de Cassation .Les procédés de preuve du contenu du droit étranger pour le juge Le juge dispose du pouvoir général de pouvoir ordonner des mesures d'instruction. impossible. il peut toujours trancher le litige par la loi française à titre subsidiaire . il atteste du contenu du droit étranger. . C'est donc au juge qu’il revient d’établir le contenu de la loi étrangère. et donc peu normalement être fait par tous moyens. notamment lorsqu'il sait que les contenus sont similaires. * Si les droits sont disponibles. le régime est identique depuis deux arrêts du 28 juin 2005 rendus par la 1ère civ et la 1ère com. 2. B) Les procédés de preuve du contenu du droit étranger 1. Si le juge constate que la preuve est trop difficile. Mais ce certificat n'a qu'une force probatoire très faible car c'est un simple renseignement pour le juge (crainte d'un certificat de complaisance). et notamment de pouvoir faire appel à un expert du droit étranger. et un organe destiné à transmettre à son homologue international les demandes émanant des juridictions nationales.Cela permet au défendeur d'invoquer de façon purement dilatoire l'application d'une loi étrangère. ce qui revient à traiter la loi étrangère comme un élément de fait.Cela fait dépendre l'établissement du contenu d'une loi étrangère de la diligence des parties. Aussi le juge faisant cette demande doit surseoir à statuer car cela rallonge de beaucoup le délai de la décision. alors on ne peut pas laisser aux parties le soin d'établir le contenu de la loi étrangère.27 - . une harmonisation des régimes. En France cet organe se nomme le bureau de droit international du ministère de la justice. La jurisprudence actuelle a repris le critère de la disponibilité ou indisponibilité des droits litigieux : * Si les droits sont indisponibles. coûteuse.Avantage : . . ou rejeter la prétention de l'auteur qui n'aura pas fourni les efforts raisonnables.Obliger le demandeur d'établir le contenu de la loi étrangère applicable à sa prétention. le contenu du droit étranger. Mais faire la preuve du droit étranger revient à faire la preuve d'un fait.

. la CCass casse un arrêt rendu en CA qui « avait méconnu est dénaturé le sens clair et précis du droit étranger ». Par un arrêt du 1er juillet 1997. Les juges du fond déterminent souverainement interprétation de celui-ci. Mais pour l'interprétation du droit étranger le juge ne peut pas déployer ses techniques habituelles. claire et précise. mais le juge doit déterminer l'interprétation étrangère de la loi. Cela explique que la CCass refuse de contrôler l'interprétation du droit étranger.28 - . Il y a dénaturation lorsque le juge face à une règle. tel qu'il est interprété par les juridictions étrangères. sur une règle de loi lacunaire. Dans un arrêt du 21 novembre 1961. lui donne un sens contraire à l'évidence. la CCass reproche à la CA d'avoir méconnu le sens littéral de la loi sénégalaise « sans faire état d'aucune autre source de droit positif sénégalais donnant à la disposition litigieuse le sens qu'elle a établi ». B) Le contrôle de la dénaturation du droit étranger Si la CCass refuse de contrôler l'interprétation du droit étranger. Il n'y a donc pas d'interprétation.A) La spécificité de l’interprétation du droit étranger Le juge peut tomber sur un texte insuffisant. aussi doit-il l’interpréter. car il doit appliquer le droit étranger tel qu'il existe à l'étranger. Ex. elle se réserve un contrôle minimum sur l'application que fait le juge français du droit étranger.

Titre 2 Le conflit de lois Partie 1ère Théorie générale des conflits de lois Chapitre 3 L’éviction du droit étranger normalement compétant §1 : L’exception d’ordre public international (OPI) A) La notion d’OPI 1.la laïcité. L’OPI intervient à la fin de la mise en œuvre de la règle de conflits de loi. La conception de l’OPI français est de plus en plus influencée par des sources extérieures que sont le droit communautaire (repose sur des principes fondamentaux) et le droit européen (la CEDH).. . même dans ses relations internationales : « les principes de justice universelle considérés dans l’opinion française comme doués de valeur internationale absolue »8. lorsque cette dernière contient des dispositions dont l’application est jugée inadmissible par le tribunal saisi » (Lessoir). .29 - . il ne peut donc fonctionner qu'en l'absence de loi publique et avec l'application de la règle de conflits de loi. La notion d’OPI va permettre d'écarter la loi étrangère normalement applicable. c'est que l’OPI est le noyau dur de l'ordre public interne : ce sont les principes juridiques essentiels auxquels le droit français n'est pas prêt à renoncer.L’OPI et les notions voisines ‫ ﻖ‬Distinction avec les lois d’ordre public : ces lois sont un préalable au mécanisme des conflits de loi.la monogamie. lorsque les effets produits par celles-ci sont contraires à nos conceptions juridiques fondamentales. Correctif exceptionnel permettant d’écarter la loi étrangère normalement compétente.Les définitions de l’OPI L’OPI est une exception. ‫ ﻖ‬Distinction avec l'ordre public interne : L'OPI français regroupe les valeurs fondamentales de l'ordre juridique français. c'est-à-dire qu'il va paralyser la mise en œuvre de la loi étrangère compétente en fonction de valeurs essentielles que sont : .les droits de la défense.les droits de l'homme.. Lorsque le juge constate que certaines règles s'imposent (en raison de leur contenu. La différence avec l'ordre public interne.l'intérêt des enfants. . 8 Arrêt « Lautour » du 25 mai 1948 . . 2. Le juge doit appliquer la loi d’ordre public. à nos valeurs fondamentales. ces lois court-circuitent le raisonnement conflictualise. de leur importance). Aussi l’OPI français est « l’ensemble des principes considérés à un moment donné en France comme des principes fondamentaux du système français.

Le juge devant toujours appliquer l'ordre public international contemporain. Dans la période ou le divorce est prohibé. Selon la CCass. . Le tribunal devait appliquer au divorce la loi canadienne. l’arrêt « Rivière » permet au juge d’étendre son contrôle de l’OP à l’ensemble de la situation. l'OPI peut n'avoir qu'un effet atténué.La variabilité de l’OPI • Variabilité temporelle L’OPI comprend les valeurs essentielles à une société. et donc que le divorce est possible en droit français. et non aux seuls effets produit en France. qu'il s'agit de créer une situation juridique en France. Dans le premier cas. 3. l’OPI est utilisé par les juges pour permettre le divorce en France.Si l'appréciation s'effectue in concreto : le tribunal a constaté que le mari ayant abandonné le domicile conjugal pour vivre avec sa maîtresse cela constitue une faute. Ex. or à cette époque le droit français ne reconnaît que le divorce pour se faute. Tandis qu’à partir de 1975. donc celui-ci évolue avec la société. Le tribunal valide donc la loi canadienne car le résultat est similaire avec la loi française. Appréciation in concreto par le juge. Le tribunal devait donc décider si l’OPI français s'opposait à l'application de la loi canadienne : . ou de laisser une situation créée à l'étranger produire des effets en France. En matière de divorce : 1816 suppression du divorce en droit français / 1884 réintroduction du divorce pour faute / 1975 libéralisation du divorce. du 28 février 1960. « la réaction à l’encontre d’une disposition contraire à l’OP n’est pas la même suivant qu’elle met obstacle à l’acquisition d’un droit en France ou suivant qu’il s’agit de laisser se produire en France les effets d’un droit acquis sans fraude à l’étranger et en conformité de la loi ayant compétence en vertu du DIP ».30 - . l’OPI est utilisé par les juges pour empêcher l’application des lois étrangères admettant le divorce. A la différence de l’arrêt « Buckley ». cela ne heurte pas l’OPI français. . • Variabilité d’intensité L’idée de l’effet atténué de l'OPI est que l'on ne peut pas s'opposer avec la même force à l'application des lois étrangères selon. C'est-à-dire n'intervenir que dans les cas exceptionnels où l'ordre juridique français va absolument refuser de prendre en considération les droits acquis à l'étranger en application de la loi étrangère. l’OPI doit avoir un effet plein (réagir avec force). TGI de Nancy 6 novembre 1973.Si l'appréciation s'effectue in abstracto: le défaut de communauté juridique entre la loi canadienne et la loi française empêche l'application de la loi étrangère. arrêt « Rivière » du 17 avril 1953. tandis que dans le second cas. Ex.Cette exception est une réaction aux résultats produits par l'application du droit étranger.

D'où la proposition de la théorie de l'ordre public de proximité qui consiste en une approche plus juridique que la théorie de l’effet atténué. comme l’OPI français aurait lui aussi écarté la loi polonaise en lui substituant la loi française. Arrêt du 10 février 1993 de la CCass L'objet est une action en recherche de paternité naturelle engagée devant le juge français. en France les effets de la situation ainsi créée ? Ex.Effet d’éviction de la loi étrangère normalement compétente. B) Les effets de l’exception d’OPI 1. L’effet réflexe est admit lorsqu’il y a concordance entre l’OPI étranger et l’OPI français. Lorsqu’une situation a été créée dans un pays étranger avec l’application de la loi du for sur le fondement de son OPI. soit au moment de la production de ses effets.Effet réflexe de l’OPI. Le seul fait qu'une situation juridique soit née à l'étranger ne suffit pas à justifier sa neutralisation par l’OPI. Cette action est normalement soumise à la loi tunisienne (loi de la nationalité de la mère au jour de la naissance de l’enfant). Ex. car selon le droit français la loi applicable aux conditions du mariage est la loi polonaise. La CCass considère que « si les lois étrangères qui prohibent l'établissement de la filiation naturelle ne sont pas en principe contraire à la conception française de l’OPI. Ex. Ce mariage est-il valide au regard du droit français ? Normalement non. Mais. Deux polonais de religions différentes ont voulu se marier en Belgique. Mais l’application subsidiaire de la loi française doit avoir un domaine d’application le plus restreint possible.La fraude internationale à la compétence législative . Cette loi polonaise est écartée en Belgique en raison de l’OPI belge.31 - . faut-il admettre. Il faut rechercher si cette situation présente des liens significatifs avec l'ordre juridique du for. La situation ainsi créée à l’étranger est valide en France. Et l’OPI ne doit fonctionner que si les situations présentes effectivement des liens significatifs avec l'ordre juridique du for. soit au moment de la création.L’OPI remplace la loi étrangère par la loi du for. de la possibilité d'établir sa filiation ». or le droit tunisien interdit cette action. Seules sont écartées les règles de droit étranger contraire à l’OPI. il en est autrement quand ces lois ont pour effet de priver un enfant français. et le juge découvre que la loi fait une différence entre musulman et non musulman : elle écarte les non musulmans de la succession. remplacée par la loi belge. mais conserve la loi musulmane pour les autres mesures de la succession : partage … 3. §2 : L’exception de fraude à la loi A) Les différentes formes de fraudes internationales à la loi 1. 2. l’on considère la situation valide. ou non.Mais cette théorie porte à controverse car la distinction entre la création d’une situation juridique en France et les effets en France d’une situation juridique créée à l'étranger. Aussi l’OPI écarte cette disposition pour déterminer les successibles. Mais l'enfant était français et il vivait en France. résidant habituellement en France. Or la loi polonaise normalement applicable interdit le mariage entre personnes de religions différentes. En succession la RCL désigne la loi musulmane. est difficile à réaliser.

L’objectif étant que ce juge applique sa RCL qui rend compétente une autre loi plus favorable que celle désignée par le DIP normalement compétent. Et en matière de biens meubles la loi applicable est la loi successorale américaine. mais cela lui est impossible car la loi française ne reconnaît pas le divorce. pour placer le litige sous l’emprise d’une autre loi plus favorable. Ex. Le juridiction française fut saisie pour considérer l’effet du divorce en France. Les époux créent alors un résidence au Mexique pour donner compétence au juge mexicain et donc compétence à la loi mexicaine. Le legs en faveur de la maîtresse est donc validé. CCass La princesse de B. un prince français. La RCL française désigne en matière de succession d’immeubles la loi du lieu des immeubles comme loi compétente. sa situation personnelle étant alors soumis à la loi allemande. la CA de Paris prononce la séparation de corps entre les deux époux. CA de Paris.32 - . La CCass sanctionne la fraude.Cette fraude consiste en la manipulation d’une RCL afin d’échapper à la loi normalement applicable. Aussi la princesse établit domicile dans le duché allemand Saxe Atenburg et obtint la nationalité de celui-ci. Et la loi de ce duché considérant comme divorcé les catholiques séparés de corps. dès lors que le juge mexicain est compétent les parties peuvent réclamer et obtenir l’application du droit mexicain à leur litige. La manipulation porte à titre principal sur une règle de conflit de juridictions. or celle-ci comporte une réserve héréditaire empêchant le don des immeubles à la maîtresse. La loi successorale française est donc applicable. Aussi l’américain créé une société à laquelle il apporte ses immeubles. Ex. Elle peut alors se marier avec le prince roumain. la princesse s’en est retrouvée divorcée. La princesse tombe amoureuse d’un prince roumain et veut se marier avec lui. cette mobilisation des immeubles français par la création d’une société est inopposable en France parce que fait en fraude à la loi française.La fraude à la compétence juridictionnelle Cette fraude consiste à aller saisir un juge spécifique afin qu’il applique une loi particulière. On créé artificiellement un chef de compétence international (une résidence dans un pays) afin de se faire juger par un autre juge que le juge normalement compétent. qui ne connaît pas la réserve héréditaire. et la CA de paris considère que le divorce ne peut être reconnu en France car il fut obtenu par fraude. belge. CCass. épouse Bx. Ex. Et selon le droit mexicain. Le prince Bx engage alors en France une procédure judiciaire pour faire annuler la naturalisation allemande et le 2nd mariage au mépris de l’interdiction de la polygamie. 18 juin 1964 Des époux américains souhaitaient divorcer en application du droit mexicain. Ex. En 1874. La CCass considère le divorce obtenu dans le duché allemand comme inopposable en France. dès lors que la princesse n’avait obtenu la nationalité allemande dans le seul but de divorcer et d’éluder les dispositions d’ordre public de la loi française. arrêt du 24 novembre 1987 . par ce mariage elle acquiert la nationalité française. Arrêt « Caron » du 20 mars 1985 Un américain possédait en France des immeubles qu’il souhaitait léguer à sa maîtresse. 2. Arrêt « Princesse de Bauffremont » du 18 mars 1878. et reçoit des parts sociales en échange.

Toutes ces manipulations sont des éléments réels (pas de simulation).Une société suisse est en litige avec deux sociétés américaines devant le juge américain. Or le droit américain reconnaît la discovery procédure qui oblige les parties à produire des documents sur la demande du juge. La fraude n’est possible que lorsque le rattachement peut subir l’influence de la volonté des parties (nationalité. Toutes les fraudes à la loi. B) Les éléments constitutifs de la fraude à la loi Trois éléments sont constitutifs d’une fraude : . et selon les cas l’on pourra contrecarrer la fraude soit par la nullité. française ou étrangère. 7 mars 1961 admet la sanction de la fraude à la loi étrangère. Finalement la fraude doit avoir pour sanction sa propre inefficacité. C) Le domaine de la fraude à la loi Sanction de la loi française ? étrangère ? L’arrêt Bauffremont détermine seulement une fraude à la loi française. mais pouvant bénéficier de l’article 14 Cciv. pour d’autres l’inopposabilité.élément matériel : la manipulation. La CCass considère cette manipulation comme étant une fraude. 11 juillet 1977 admet la sanction en matière de divorce. la sanction doit être la nullité des actes frauduleux. soit par l’inopposabilité. 1ère civ. mais la CCass 1ère cmce. .élément légal : la disposition obligatoire d’une loi normalement compétente que l’on veut éluder. lieu de naissance…). Le société suisse chercha à échapper à cette procédure en cédant ses créances litigieuses à une société française.élément moral qui relie l’élément matériel et l’élément légal. Celle-ci prenant sa place dans le procès. D) La sanction de la fraude à la loi Pour certains auteurs. mais aussi une norme supplétive. elle est juridiquement tout aussi obligatoire qu’une norme impérative. . Dans la mesure où celle-ci ne peut pas être écartée par la volonté contraire des parties.33 - . L’élément légal peut être une norme impérative. . C’est l’idée que la manipulation a été réalisée dans le seul but d’échapper à la disposition obligatoire de la loi normalement compétente. peuvent être sanctionnées. permettant à un français de bénéficier d’un privilège de juridiction française. la modification du facteur de rattachement.

Le journal soutenait que les droits de la personnalité appartenaient au droit des personnes.Titre 2 Le conflit de lois Partie 2nd Le droit spécial des conflits de loi Chapitre 1 Le statut personnel La source des règles de conflit de lois en matière de statut personnel se trouve dans l’art. Deux critères : la nationalité. Un transsexuel argentin établit en France demande à ce que l’on modifie l’indication du sexe figurant sur ses papiers d’identité. Les droits de la personnalité appartiennent-ils au statut personnel ? La CCass par un arrêt du 13 avril 1988. portant sur des photos compromettantes de l’ex-impératrice d’Iran et cette dernière poursuit le journal en France pour obtenir l’interdiction de la publication. §2 : La localisation de la personne. Droits de la personnalité ne relève donc pas du statut personnel. Les droits relatifs à : . prénom. moins protectrice. mais appartient à la catégorie des faits juridiques. et donc régit par la loi nationale de l’individu.3 al3 Cciv « Les lois concernant l'état et la capacité des personnes régissent les Français. Cette question est soumise à la loi nationale de l’individu. Aussi la loi iranienne.». et non pas de la loi personnelle de la victime. Section 1 Présentation général §1 : Le contenu du statut personnel L’art. la résidence est conçue comme une situation de fait : ç'est le lieu ou une personne habite lorsqu'elle se trouve hors de son domicile . L’élément de contrôle de tous les rapports au droit constituant le statut personnel est la personne. La CCass affirme que l’atteinte à la vie privée. même résidant en pays étranger.la capacité. . filiation) → Les droits extra-patrimoniaux relève de la loi nationale de l’individu. l’incapacité des personnes . divorce. et ses conséquences. Dès le début du 19ème siècle la jurisprudence a bilatéralisée cette règle en déduisant que l’état et la capacité des étrangers (même ceux résidants en France) sont régis par leurs lois nationales. De son côté. Donc pour localiser le rapport de droit (pour déterminer son centre de gravité) l’on s’attache à localiser la personne. 3 dispose de l’état civil des personnes (nom. sexe…). Le Code civil définit le domicile comme étant le lieu dans lequel une personne possède son principal établissement. le sujet de droit. devait s’appliquer.le statut familiale des personnes (mariage. or la loi argentine n’admet aucun changement.34 - .Arrêt CA de Paris du 14 juin 1994. relevait de la loi du lieu où les faits ont été commis. le domicile ou le lieu de résidence.

en principe le juge ne retient que cette nationalité. peut importe ses déplacements. du sujet de droit. L’avantage d’une telle localisation est qu’elle assure une permanence des lois concernant la personne. Les Etats étrangers doivent respecter les droits acquis précédemment par l’apatride et découlant de son statut personnel (notamment ceux résultant de son mariage). la loi du domicile est bien souvent la loi du juge saisi. par une convention internationale (la Haye). Et est donc très révélateur de l’imbrication de la personne dans le contexte juridique du pays de son domicile.selon le droit espagnol. une mère espagnole. factuel) de l’intéressé. De plus.selon le droit belge. L’application de la loi nationale permet aussi de réduire les fraudes à la loi internationale. reflète véritablement l’environnement quotidien de la personne. il est possible d’accoler le nom du père et le nom de la mère. C’est une garantie pour les tiers qui peuvent ainsi connaître la règle applicable à une personne. eurent des enfants dont le nom posa problème : . leur pays de leur résidence. car cela ne convient pas avec la construction communautaire.1) La nationalité de la personne On peut soumettre une question de droit du statut personnel à la loi nationale de la personne. quel que soit ses déplacements. cette convention soumet leur statut personnel à la loi de leur domicile ou. Mais parfois le critère du domicile est remplacé. 2) Le domicile de la personne L’avantage de la loi du domicile est qu’elle protège mieux les tiers en relation juridique avec la personne au jour le jour. . à défaut de domicile. Le juge belge décida d’appliquer seul la loi belge. Le domicile (sérieux et sincère). alors il faut déterminer et faire primer la nationalité la plus effective (arrêt Notteböhm. et permet au pays d’immigration de fondre la population immigrée dans la population nationale (assimilation plus rapide). En cas de pluri-nationalités : ‫ ﻖ‬Si parmi les nationalités de l’individu il y a la nationalité du juge saisi. par le critère de la résidence habituelle (critère concret. posant problème aux enfants pour voyager en Espagne. 1955). Mais la loi du domicile est aussi facilement manipulable car l’on peut facilement changer de domicile. La loi n’assure donc pas une permanence du statut juridique de la personne. Mais aussi une facilité pour le sujet. Un père belge. vivant en Belgique.35 - . sa culture. Ce principe a été condamné par la CJCE dans l’arrêt « Garci Avelo » de 2004. La CJCE considéra que les autorités belges avaient eues tort de faire prévaloir la loi nationale. 3) La combinaison des deux éléments Le droit français combine l’application de la loi nationale et l’application de la loi du domicile. Problème pour les apatrides : convention de New-York du 28 décembre 1954 Relative au statut des apatrides. cette personne sera toujours soumise à la même loi : sa loi nationale. ‫ ﻖ‬Si parmi les nationalités en conflit il n’y a pas la nationalité du juge saisi. Où que soit établit cette personne. car sa loi nationale reflète ses mœurs. seul le nom du père est conservé .

Et doit en principe être soumis à la loi nationale de l'individu. les formes qui permette à l'incapable d'agir juridiquement. la jurisprudence a cherché à limiter les dangers encourus par les personnes contractant avec un incapable étranger. elles relèvent donc du statut personnel. M. . Les actes de la vie courante ne sont pas l'occasion de mener une enquête quant à la capacité du cocontractant.. avec un incapable.Les formes habilitantes. 3 al. mexicain de 22 ans (mineur sous la loi mexicaine.36 - . B est incapable de se marier selon la loi espagnole. Aussi pour sauvegarder la sécurité du commerce. soumises à la loi régissant le mariage lui-même.L'étendue de l'incapacité : les actes que l'incapable ne peut pas faire seul. le mariage est donc nul. A) L'incapacité en elle-même La compétence de la loi nationale de l'incapable est de principe. A l'exception des incapacités liées au mariage. non pas à la personnalité. Busqueta car il est un moine défroqué. achète des bijoux en France puis demande la nullité de la vente devant les tribunaux français en raison de son incapacité. La CCass par l'arrêt « Lizardi » du 16 janvier 1861 mit en place « l'excuse d'ignorance légitime de la loi étrangère ». l'arrêt « Busqueta ». La CCass considère alors que « l'incapacité qui résulte de la loi étrangère n'est pas applicable au cocontractant français si celui-ci est excusable de l'ignorer ». trouble mental. L’on va donc étudier l'incapacité d'une part. La CA de Paris raisonne selon l'art.). La loi nationale de l'incapable est écartée lorsque la solution établie par celle-ci est défavorable au tiers cocontractant. puis la protection organique de l'incapable d'autre part. à sa profession (incapacités successorales pour le médecin.Le critère du domicile n’étant pas courant dans les autres droits.. américaine. Toutefois il existe des exceptions à l’application de la loi nationale de l’individu. Cela fut affirmé dès 1814 dans un arrêt de la CA de Paris en date du 13 juin 1814. mais à la position de l’incapable. . L'incapacité de jouissance ne relève pas spécifiquement du statut personnel. La jurisprudence a depuis bilatéralisé la règle.Le régime de la nullité des actes juridiques accomplis par l'incapable sans être habilité.3 du Cciv et considère que M.Les faits et juridiques qui sont sources incapacité. garantissant une permanence de l'état de la personne.). majeur sous la loi française). . . Car le tiers peut ignorer qu'il contracte avec un étranger.. Style attaque donc pour nullité le mariage. Un Espagnol vivant en France se marie avec un Mlle Style.. Le tiers n'est pas tenu de connaître la loi étrangère déterminant incapacité. Les incapacités d'exercice tiennent à la personne de l'incapable (minorité. Il faut donc apporter la preuve de l'ignorance légitime. L. il est donc plus logique d'appliquer la loi de l'institution dont découle l'incapacité de jouissance. Puis celle-ci découvre un par la suite que son mari était un moine défroqué poursuivi de peine de mort en Espagne. La loi nationale détermine : . Section 2 Les différentes règles de conflit du statut personnel §1 : Les incapacités Nous allons uniquement nous intéresser aux incapacités d'exercice. en raison de l'incapacité de se marier de M. car les incapacités des jouissances tiennent..

les mesures de protection nécessaire sont de la compétence des autorités de l'État de résidence habituelle. . C'est-à-dire sans qu'il soit nécessaire d'intervenir judiciairement. si elle estime que l'autorité d'un autre État contractant est mieux placée. agissant conformément à leurs propres lois internes. 3). S’il n'y a pas de rapports d'autorité découlant directement de la loi nationale. Ce n'est que par exception que cette autorité de l'État de résidence. L'on reproche à cette convention le manque de coordination entre les lois internes et les autorités.l'étranger peut lui aussi revendiquer l'erreur légitime sur l'incapacité. par exception. Aussi la convention peut entrer en conflit avec le règlement de Bruxelles II bis à du 27 novembre 2003. par principe. Cette nouvelle convention privilégie par principe la loi de la résidence habituelle de l'enfant. La convention. relevant de la loi nationale de l'individu. mais aussi les conflits de juridiction y étant liés. Si elles estiment que l'intérêt du mineur à l’exige. les protections organiques sont régies par la convention de la Haye du 5 octobre 1961. lorsqu'une mesure de protection est nécessaire (urgente). sinon application du droit commun. Et réciproquement l'État national peut demander la compétence de l'État résidence habituel de l'enfant. La convention de la Haye sur la protection internationale des adultes (due aux migrations de retraités vers le sud) n'est pas encore ratifiée. uniquement pour les mineurs. les autorités de l'État national du mineur ne perdent pas toutes compétences. 4). tel l'autorité parentale résultant de plein droit de la loi interne. Cette règle fut consacrée par la Convention de Rome du 19 juin 1980 en son article 11. qui règle les conflits de juridiction en matière de responsabilité parentale. de l'Etat de la résidence habituelle d'un mineur sont […] compétentes pour prendre des mesures tendant à la protection de sa personne ou de ses biens ».37 - . à condition d'en aviser les autorités de l'État de résidence. Le droit commun s'applique à la protection des incapables majeurs. La convention de 1961 a pour vocation d'être remplacée par la convention de la Haye du 19 octobre 1996. La minorité est définie à l'article 12 : pour être considéré comme mineur une personne doit être mineur à la fois en application de sa loi nationale. Entrée en vigueur le 10 novembre 1972. les autorités de la résidence habituelle de l'enfant. peut lui demander d'accepter sa compétence pour prendre les mesures nécessaires. elles peuvent aussi prendre des mesures de protection en application de leur droit interne. entrée en vigueur le 1er mars 2005. mais aussi en application de la loi de sa résidence habituelle (rattachement cumulatif). Pour ce faire. tant judiciaires qu'administratives. Puis la convention prévoit que. agissant sous leur législation. La convention ne s'applique et que si le mineur réside habituellement sur le territoire d'un État membre. Mais même dans le cadre de cette mesure de protection. s'attache à reconnaître la protection exercée dans le cadre familial. Le règlement de Bruxelles II bis s'impose en vertu de son article 60. elle impose la reconnaissance dans tous les états contractants d'un « rapport d'autorités résultant de plein droit de la loi interne de l'État dont le mineur est ressortissant » (art. La Convention de la Haye détermine « Les autorités. sont compétentes (art. B) La protection organique de l'incapable • protections familiales et étatiques autour de l'incapable. son but est de régler les conflits de loi soulevée par la protection des mineurs.

. Pour prendre des mesures de protection si ces autorités considerent qu’elles sont mieux placées et après en avoir avisé les autorités de l’Etat de résidence habituelle ou de présence. mais les dispositions relatives aux PACS se trouve dans le livre 1er du code civile : les personnes.38 - . en fonction de leur nature propre.l'union légale permet la distinction avec le concubinage qui échappe aux statuts personnels et ne fait pas l'objet d'une règle de conflits de loi spécifique. il devrait leur être possible d'entrer en partenariat que si l'institution est connue dans les deux lois. §2 : Le nom Mis à part un la transmission du nom de la jurisprudence considère un comme une conséquence de la filiation. Un problème de succession entre deux concubins relève de la loi applicable à la succession. la convention donne compétence aux autorités et à la loi de l’Etat contractant dont l’adulte possède la natinalité. Les problèmes juridiques posés par le concubinage sont résolus au cas par cas. . En droit international privé le mariage a le même sens qu’en droit interne. Admis dans la notion de mariage pour déterminé la loi applicable. ils pourront entrer dans le partenariat organisé par leur loi nationale commune. Le PACS pose un problème de qualification car le législateur l’a qualifié de contractuelle. le refus du mariage homosexuel n'est pas une atteinte aux droits de l'homme. Remarque : . peuvent requerir les autorités d’un autre etat contractant (art 8). Les conséquences d'une rupture abusive de concubinage relèvent de la loi applicable à la responsabilité délictuelle. §3 : Le mariage 1) La notion de mariage en droit international privé. et qu'elle soumet donc à la loi applicable de la filiation. l'origine du nom relève par principe de la loi nationale. la CEDH se déclare incompétente sur la question. Las autorités de l’etat contrcatant de résidence habitielle ou de presence. mais cela pose un problème juridique car alors il faudrait appliquer au PACS les mêmes règlent de conflits de loi que celle pour le mariage. Les auteurs préconisent l'inclusion du PACS dans le statut personnel. c'est une union légale entre deux personnes de sexe différent. Ex. or le PACS est différent du mariage.Par exception. aussi les problèmes liés au concubinage sont résolus par la nature propre de la question.la condition de sexe différent relève du droit interne. • si les partenaires n'ont pas de nationalité commune. Réponse ministériel du 26 juillet 2005 : effet en France d’un mariage homo célébré à l’étranger. Le concubinage n'est pas une institution en tant que tel. Celle-ci s'appliquera aux conditions et aux effets du partenariat. La doctrine distingue alors deux hypothèses : • si les partenaires ont une nationalité commune.

Si ils sont de nationalité différente. Ex. il y aura une application distributive des lois nationales. Par principe la loi nationale de chacun des époux s'applique à la nullité du mariage. Si un homme de statut polygame est déjà marié lorsqu'il épouse une seconde femme. • Les époux sont de nationalités différents et habitent dans des pays différents. Mais l'empêchement bilatéral ne permet pas de régler toutes les situations. « Tarwid » du 15 mai 1961). Il existe un empêchement bilatéral dès lors qu'un époux de statut monogamique est sur le point de vivre un mariage polygamique si celui-ci se réalise. la même nationalité. et ne peut pas protéger la première épouse du mariage polygamique. La jurisprudence avait alors développé la notion « d'empêchement bilatéral » au mariage dans un arrêt du 15 octobre 1958. Ainsi l'application distributive de la loi nationale valide le mariage. aussi le mariage est valide.). La Cour de Cassation donne une solution en trois règles de rattachement alternatif : • Les époux ont une nationalité commune. Le second problème relève de la nullité du mariage. ce conflit. à titre subsidiaire l’on applique la loi du juge saisi. L'on applique la loi nationale des futurs époux. 3) La loi applicable aux effets du mariage On ne peut appliquer distributivement la loi nationale de chacun des époux (sous condition qu’ils soient nationalités différentes . est résolu en appliquant la loi nationale des époux au jour de l'effet en cause. L'on met donc en œuvre l'exception d'ordre public international afin d’empêcher un tel mariage. 171-1.39 - . en matière de mariage. Lorsqu’il y a un conflit mobile (lorsque l'élément de rattachement varie dans le temps : changement de nationalité d’un époux). ou n'ont plus. En revanche si la femme est de statut monogamique et elle se marie pour la première fois. sa loi nationale autorise la polygamie donc le mariage est valide. 3 al. Un mari de statut polygamique se marie en premier lieu avec une femme monogamique. la loi du for. .3). Cet article subordonne la reconnaissance du mariage d'un français célébré à l'étranger à sa conformité aux règles de fond du mariage français. La loi applicable est la loi nationale des futurs époux (art. on applique aux effets du mariage la loi commune des époux. On applique la loi nationale. peu importe que les époux soient ou non de même nationalité. Ex. L'empêchement bilatéral ne peut pas entrer en jeu. • Les époux n'ont pas. mais y compris aux problèmes liés à l'aptitude des époux à se marier. si ils habitent dans le même pays (Cour de Cassation. Puis il se marie une seconde fois avec une femme de statut polygamique. mais cela pouvant poser problème lorsque qu'un des époux est de statut polygamique et que l'autre de statut monogamique. car les conditions de forme relèvent de la catégorie des actes juridiques. alors que pourtant l'un des époux est de statut monogame et se retrouve de fait dans un mariage polygame. Aptitudes des époux à ce marié : loi nationale de chaque époux qui détermine si chaque époux est apte à se marier. confirmé dans l'art. la loi applicable aux effets du mariage est la loi du domicile commun.2) La loi applicable aux conditions de formation du mariage : Nous ne nous intéresserons qu'aux conditions de fond du mariage.

alors le juge applique cette loi.lorsque aucune loi étrangère ne se reconnaît compétence. espagnols au moment du mariage.  l’émancipation en raison du mariage. la CA a appliquée la loi française à titre subsidiaire . .  le statut de la femme mariée. alors que les tribunaux français sont compétents pour connaître du divorce ou de la séparation de corps ».Les effets du mariage comprennent :  les devoirs respectifs des époux entre eux. dès lors que l’un des époux avait la nationalité belge. Et s’applique en trois règles successives : « Le divorce et la séparation de corps sont régis par la loi française : . Deux époux. A respecter dans l’ordre de l’article 309 cciv : 1) Application directe du droit français Le droit français est applicable quand les époux ont tout deux la nationalité française. 309 Cciv. dans un premier temps le juge doit identifier les systèmes juridiques intéressés par la relation litigieuse. Le DIP belge donnait compétence à la loi belge. arrêt du 23 octobre 1979. 2) La recherche du droit étranger qui se reconnaît compétent Si il n’y a pas de nationalité commune française. La jurisprudence a étendue cette solution à l’hypothèse du conflit de lois compétentes : CA de Versailles.lorsque les époux ont. → conflit de lois Aussi. 3) L’application subsidiaire de la loi du for Quand aucune loi ne se reconnaît compétente alors que les tribunaux français sont compétents pour entendre le litige. .  le régime primaire des époux. l'un et l'autre. Puis il doit questionner les DIP des systèmes intéressé pour déterminer si l’un d’entre eux reconnaît compétence à se propre loi. Si l’un des systèmes se reconnaît compétent. 309 Cciv ne pouvaient s’appliquer car les deux systèmes juridiques (belge et espagnol) se reconnaissaient compétent.lorsque l'un et l'autre époux sont de nationalité française. Le droit français est applicable quand les époux ont leur domicile sur le territoire français. §4 : Le divorce : La règle de conflit de lois en matière de divorce est disposée à l’art. Puis l’un des époux vient vive en France et demande le divorce. Le tribunal a constaté que l’alinéa 1 et 2 de l’art. Mais en cas de lacune de loi (aucune loi compétente) ou de conflit de loi compétentes. Le DIP espagnol donnait comme loi compétente la loi de la dernière nationalité commune des époux : la loi espagnol.40 - . installés en Belgique où l’épouse acquiert la nationalité belge. ni de domicilie commun en France. indifféremment de leur domicile. alors le juge passe à la troisième étape. leur domicile sur le territoire français. le divorce est régi par la loi française.

il faudra vérifier que le principe même de la transformation de la séparation de corps en divorce est admis par la loi régissant le divorce. conséquence du mariage et régit par la loi du régime matrimonial. d'où la règle de conflits de loi par rattachement alternatif. . l’art. Le divorce est considéré comme d’ordre public international. La CCass 1ère civ. 5 et 6. les époux vont dans un nouvel Etat et y demande le divorce pour séparation de corps).. si la loi étrangère se reconnaît compétente mais ignore le divorce. 4) Le domaine de l’art. 8 soumet les obligations alimentaires consécutives au divorce à la loi régissant le divorce. L’art. 309 aboutisse à une solution illogique : dans l’hypothèse du divorce d’un français vivant en France mais marié à une personne étrangère vivant à l’étranger.  les causes de divorce. notamment les obligations alimentaires liés au divorce Conformément à la Convention de la Haye du 2 octobre 1973. Ne relève pas de la loi du divorce : . Et vérifier que la séparation de corps a été prononcée pour une cause admise par la loi régissant le divorce. énonce une règle dérogatoire : une français vivant en France peut toujours obtenir le divorce selon la loi française.Il se peut que l’art. Mais il y a un possible problème lorsque le divorce est demandé par transformation de la séparation de corps : hypothèse où la séparation de corps est prononcée dans un Etat étranger (après le prononcé de la séparation de corps. 309 cciv régissent :  la détermination de la liberté de divorcer.  les effets du divorce. dans l’Etat contractant et où celui-ci est prononcé et reconnu. 309 cciv s’appliquent aussi à la séparation de corps. dans l'intérêt de l'enfant l'établissement de sa filiation. Le droit français ne s’applique pas. On favorise.41 - .le partage de la communauté ou le calcul des récompenses → la loi régissant le régime matrimonial . alors le français ne peut divorcer. quand la loi étrangère applicable ignore l’institution. par dérogation aux articles 4. §5 : La filiation Il existait auparavant une distinction entre la filiation légitime. avec la règle de conflit de lois par rattachement en cascade. 309 L’art. par un arrêt du 1er avril 1981. Après détermination de la loi applicable au divorce. Loi du 3 juillet 1972 : posée une égalité des filiations légitimes et naturelles.la situation des enfants mineurs → Convention de la Haye de 1961 . ce qui suppose une seule et même règle pour les deux filiations. Et la filiation naturelle soumise à la loi nationale de l'enfant.les mesures provisoires prononcées dans le cadre de la procédure de divorce → tout ce qui est procédural est soumis à la loi du for.

Cela est dû au rôle prépondérant de la mère dans l'action en filiation. La règle de conflits de loi résout le problème du conflit mobile.les effets de la filiation légitime sont régis par la loi du mariage . tel que prévu par la loi française. mais Convention de la Haye du 5 octobre 1961 . art. mais Convention de la Haye du 2 octobre 1973 . l'art. ou de maternité. 2) La loi applicable aux effets de la filiation Le législateur n'a pas donné de règle de conflits de loi quand aux effets de la filiation. ». Les effets de la filiation comportent : .42 - . peu importe la nationalité de la mère. en matière d'effet de filiation on maintient les règles établies par la jurisprudence avant 1972 : . C) Les autres règles. pas nécessairement la mère juridique. dans l'intérêt de l'enfant. Aussi l’on étend la règle de la filiation aux effets de celle-ci. A contrario pour invalider cette reconnaissance. Cette disposition est caduque depuis l’entrée en vigueur de la Convention de la Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable aux obligations alimentaires.1) Les règles applicables à l'établissement de la filiation A) La compétence de principe de la loi nationale de la mère de l'enfant  L'article 311-14 Cciv : la filiation dépend de la loi nationale de la mère de l'enfant au jour de la naissance de celui-ci. 311-18 cciv édicte la règle de conflits de loi à fin de subsides.les effets de la filiation naturelle sont régis par la loi nationale de l'enfant. 311-14 prévoit que la filiation est régie par la loi nationale de l'enfant. 311-17 et 311-18. celle-ci doit être affirmée parler les deux lois : du père (ou mère) et de l’enfant.  Si la mère n'est pas connue. Art.l'attribution de l'autorité parentale. selon la nouvelle règle de filiation. Cela permet de valider la reconnaissance volontaire de paternité. soit de la loi personnelle de l'enfant. quand l'enfant et ses pères et mères (ou l’un d’eux) réside habituellement sur le territoire français. car l'on retient la nationalité de la mère à un moment précis : le jour de la naissance de l'enfant.la transmission du nom patronymique . doivent être pris en considération quelque soit la nationalité de la mère ou de l’enfant. Art. B) Application de la loi de police française L'article 311-15 Cciv : précise que les effets de la possession d'état.les obligations alimentaires. Mais à défaut de règles spécifiques établies par le législateur. La mère est entendue comme la mère biologique de l'enfant. mais aussi car généralement la filiation est établie par rapport à la mère. soit de la loi personnelle de son auteur. 311-17 cciv « La reconnaissance volontaire de paternité ou de maternité est valable si elle a été faite en conformité.

 pendant longtemps le législateur n'est pas intervenu dans ce domaine. B) La Convention de la Haye du 29 mai 1993 Convention sur la protection des enfants et l'adoption internationale. mais aussi une règle de fond impérative. économiques et démographiques du monde actuel.  l'adoption internationale peut donner lieu à des dérives. o L'article 370-3 pose de règles matérielles : quelque soit la loi applicable. A) Les articles 370-3 et 370-4 du Code civil Ces articles distinguent les conditions et les effets de l'adoption. l'adoption requiert le consentement du représentant légal de l'enfant. celle-ci ne pourra pas être prononcée (conditions cumulatives). ratifiée par la France en 1998. elle lie 30 Etats.  l'adoption internationale reflète les déséquilibres sociaux. Ce consentement devant être libre. ou si l'adoption est effectuée par deux époux par application de la loi qui régit les effets de leur mariage. plus précisément par la loi nationale de l'adoptant. La loi du 6 février 2001 intègre au Code civil de nouveaux articles destinés à régler les problèmes de conflits de loi en matière d'adoption internationale. obtenue sans aucune contrepartie. sous l'influence de la Convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale. Soit une adoption simple. en particulier s'il est donné en vue d'une adoption plénière. • L’article 370-4 : les effets de l'adoption prononcée en France sont ceux de l'adoption française. L’article 370-3 est donc une règle de conflits de loi. donné après la naissance d'un enfant et éclairé sur les conséquences de l'adoption. soit une adoption pleinière. La convention de la Haye du 15 novembre 1965 n'est pas ratifiée par la France (seulement par trois Etats).43 - . o L'article 370-3 pose une règle particulière concernant les enfants mineurs : l'adoption ne peut être prononcée si la loi nationale de cet enfant prohibe l'adoption. • L'article 370-3 détermine les conditions de l'adoption : par principe les conditions de l'adoption sont régies par la loi de l'adoptant. entrée en vigueur le 1er octobre 1998. des trafics et des enlèvements internationaux d'enfants.3) Le cas particulier de la filiation adoptive La filiation adoptive fut toujours très controversée car :  l'adoption internationale est un phénomène en pleine expansion  l'adoption internationale est un phénomène très sensible au plan international car il peut y avoir des différences radicales entre les systèmes juridiques (en pays de droit musulman l'adoption est prohibée). Sauf si l'enfant mineur étranger est né et réside en France (illustrations de l'ordre public de proximité). Cet article précise que si les lois nationales des deux époux prohibent l'adoption. Champ d'application matériel et spatial : la convention s'applique dès lors qu'il est question d'adoption entre personnes résidant dans un pays contractant (État d'accueil) et un enfant .

Elle doit aussi contrôler le consentement nécessaire de l’enfant ou de son représentant légal. uniquement. et le respect de ses droits fondamentaux. saisie en premier. Elle se contente d'agir en amont et en aval de la décision d'adoption : . car elle s'efforce de coordonner l'action des autorités administratives des Etats contractants pour le déplacement de l'enfant. compte tenu de l’intérêt de l’enfant. . qu’il soit donné librement. 1 .44 - . La convention ne s'occupe pas de la décision d'adoption. L’Etat signataire peut refuser la reconnaissance. La philosophie générale de la Convention est dominée par l'intérêt de l'enfant. elle n'affecte ni la compétence des autorités qui prononcent l'adoption. La convention ne s'applique que si l'enfant a moins de 18 ans. si celle-ci est manifestement contraire à son ordre public. • L’autorité centrale de l’enfant doit vérifier que celui-ci est adoptable. ni la loi applicable à l'adoption. il faut nécessairement passer par les autorités centrales. Elle doit aussi s'assurer que les adoptants ont reçu les conseils nécessaires et que l'enfant pourra entrer et séjourner régulièrement sur le territoire étatique. il est précisé que l'intérêt de l'enfant est de rester dans son pays d'origine. que l’adoption internationale répond à son intérêt supérieur. la Convention est entrée en vigueur à la fois dans l'État d'accueil et dans l'État d'origine.Le déplacement international de l'enfant La convention met en place dans chaque État signataire une autorité centrale pour l'adoption qui est spécialement investie d'une mission d'information et de surveillance des adoptions internationales. réalise un certain nombre de vérifications : • L'autorité centrale du pays de résidence de l'adoptant. Et surtout une mission de coopération avec leurs homologues dans chaque État contractant concerné. .en amont. À tel point que dans le préambule de la convention. L'autorité centrale établit un rapport qu’elle transmet à l'autorité centrale de l'origine de l'enfant. car elle assure la reconnaissance de plein droit de la décision adoption dans les autres pays contractants. Contrôler qu'ils remplissent les conditions légales et sociologiques requises par l'adoption. doit vérifier que les futurs parents adoptifs sont « compétents à adopter ».en aval. La Convention interdit les adoptions libres. Et chaque autorité centrale.résidant dans un autre pays contractant (Etat d'origine). en application de son DIP. 2 – Les effets de l’adoption La décision d’adoption prononcée dans un Etat signataire (dans le respect de la convention) : donne lieu à l’établissement d’un certificat de conformité qui permet la reconnaissance automatique (du lieu de filiation et de la responsabilité parentale) de la décision d’adoption dans un autre Etat signataire. et dès lors qu’au jour où les adoptants demandent l'adoption. en pleine connaissance de cause et sans contrepartie. elle concerne le déplacement international de l'enfant.

de l’information de la famille et à l’enfant. . 27 : si l’adoption dans le pays où elle a été prononcée ne rompt pas le lien de filiation par le sang.La rupture du lien de filiation par le sang est réglée de façon nuancée par la Convention.45 - . Art. 26 : la rupture est reconnue si l’adoption produit cet effet dans l’Etat contractant où celleci a été prononcée. sous deux conditions cumulatives : • Le droit de l’Etat d’accueille doit lui-même admettre cette rupture. • Les autorités de l’Etat d’origine doivent s’être assurées du respect des règles relatives à l’expression de la volonté. Exception à l’art. elle peut être convertie dans le pays d’accueille de l’enfant en une adoption rompant ce lien de filiation.

Cette règle s’imposait de manière très forte pour les meubles en raison de leur importance sociale. trouve aussi son intérêt puisqu’il sera certain que sa propre loi s’appliquera à tous les biens situés sur son territoire. de sûreté sur le bien et la responsabilité du propriétaire.2 Cciv par la jurisprudence. on va alors procéder à une localisation par immatriculation du bien. soit la loi de destination pour une opération réalisée à distance.Chapitre 2 Le statut réel Section 1 La règle de conflit de lois applicable au statut réel La RCL est traditionnellement plus homogène et plus simple : une seule est unique RCL : lex rei sitae. 3 al.46 - . l’illustration de la tendance territorialiste qui soumettait à la loi locale les relations juridiques se déroulant sur le territoire. sont régis par la loi française. sont en déplacement et peuvent même se trouver dans un espace sans souveraineté (haute mer. L’Etat (règles urbaines. On applique la loi du lieu de situation de la chose. bateaux9 et aéronefs. Cela concerne essentiellement les navires. ou ne s’y trouve que de façon éphémère et peu significative à l’occasion d’un déplacement. c’est une des règles les plus ancienne en DIP : la bilatéralisation de l’art. §1 : Les fondements de la RCL C’est une règle ancienne. espace extra-atmosphérique). soit la loi du pavillon si le bien est transporté par air ou mer.». en raison de leur finalité. On les considère alors fictivement rattachés en permanence au pays de leur immatriculation : la loi du pavillon. Il est facile et naturel de rattacher un rapport de droit à partir de l’objet matériel qui en constitue le support. B) Les meubles en déplacement Ce sont certains meubles qui. expropriations…). Donne satisfaction aux intérêts du titulaire du droit réel : permet de centraliser ses intérêts sous l’empire d’une même et seule loi qu’il connaît généralement (loi du lieu de domicile). On ne peut appliquer la loi de la situation. Cette solution satisfait aussi l’intérêt des tiers : car ils peuvent déterminer facilement la loi applicable à un état juridique des biens. C) Les meubles corporels 9 Navire pour la mer. « Les immeubles. bateau pour fleuve et canaux . On leur applique alors. même ceux possédés par des étrangers. Les meubles en transit ne sont pas localisé sur un territoire spécifique. §2 : La mise en œuvre de la RCL A) Les immeubles La RCL ne pose pas de difficulté. Cette loi détermine les conditions de al propriété.

Le rattachement des meubles corporels s’effectue selon la loi lex rei sitae depuis un arrêt en date du 19 mars 1872, arrêt « Craven », car jusqu’à lors on appliquait aux meubles la loi du domicile du titulaire du droit réel. Cela peut être difficile car le meuble peut être déplacé au delà des frontières, il peut alors naître un conflit mobile : quand un bien est successivement soumis à deux, ou plusieurs, lois différents en raison de son déplacement dans l’espace. Ex. Lorsqu’une sûreté mobilière est constituée sur un bien meuble situé dans un pays déterminé. Si ce meuble est ensuite déplacé dans un autre pays dont le droit ignore ce type de sûreté mobilière. Par un arrêt du 8 juillet 1969, affaire relative à un gage sans dépossession, la CCass solutionne ce conflit.
Un automobiliste acheta à crédit une voiture qui faisait l’objet d’un gage sans dépossession en Allemagne. Selon le droit allemand produisait des effets car le créancier gagiste pouvait primer le conservateur du bien. L’utilisateur a fait passer le véhicule en France, où un garagiste a fait des réparations sans être payé, à ce moment le créancier gagiste allemand demande paiement sur la voiture.

La CCass s’est inspirée des règles applicables au conflit dans le temps : l’appréciation de la validité du gage est soumise à la loi du lieu de situation du meuble, au moment où le gage fut constitué. Mais une fois la validité confirmée par la loi allemande, les effets du gage sont soumis à la loi de la situation du bien au moment où ceux-ci sont revendiqués : la loi française. Néanmoins il peut paraître nécessaire de protéger les tiers qui traitent actuellement avec le détenteur du bien. Aussi la CCass a décidé, par exemple, qu’un gage sans dépossession dans un pays qui en admet la validité, ne pouvait pas être opposé au créancier qui saisissait le bien en France, car celui-ci ne pouvait pas avoir connaissance de ce droit réel. D) Les meubles incorporels10 Cet ensemble de biens est par définition intangible et immatériel, aussi on ne peut recourir à la règle classique. La solution est l’application du principe de territorialité, c'est-à-dire que la loi applicable est la loi du pays pour le territoire duquel sont revendiqué l’existence et l’effet d’un droit de propriété intellectuelle. C’est la solution de droit commun, et la solution préconisée par les conventions internationales (Convention de Berne 9/09/1886, et du 20/03/1883 sur la protection des œuvres littéraires). Cette règle est confirmée par la question de la loi applicable aux atteintes portées au droit de propriété intellectuel par l’art. 8 du règlement Rome II (entrée en vigueur le 11 janvier O9). « La loi applicable à une obligation non contractuelle résultant d’une atteinte à un droit de propriété intellectuelle est celle du pays pour lequel la protection est revendiquée.» Le fonds de commerce est assez facile à localiser parce que l’on peut le localiser par son élément central : la clientèle. Le fonds de commerce est régi par la loi du lieu de la clientèle.

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Droit de nature patrimoniale non susceptible d’une appréhension matérielle : droit de la propriété artistique, fonds de commerce…

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Section 2 Le domaine de la loi réelle
Le statut réel a pour objet la détermination des droits réels et leurs régimes, c'est-à-dire la création, la transmission et le contenu de ces droits. A) Les modes d’acquisitions Il existe différent modes d’acquisition des droits réels, certains relève incontestablement du statu réel et donc de la loi réel, aussi appliquerons nous lex rei sitae à l’occupation, la possession et l’accession. D’autres modes d’acquisition du droit réel échappent à cette règle, car ils résultent d’un fait ou d’un acte juridique. La loi applicable sera alors la loi du fait où l’acte juridique donne naissance au droit réel. CCass 1er civ. arrêt du 21 juillet 1987 : un contrat qui transmet un droit réel est soumis à la catégorie de rattachement des actes juridiques, et non pas à celle du statut réel. → Risque de chevauchement ! La transmission du droit réel est régi par la loi du contrat, tandis que les prérogatives attachées au droit réel sont déterminées par la lex rei sitae. B) La transmission des biens par voies successorales 1) Pour la succession sans testament, ou ab intestat, la succession mobilière échappe au statut réel pour être soumise au statut des faits juridiques : le décès. On applique la loi du pays où le défunt avait son dernier domicile. Cour de Cass, arrêt « LABEDAN » du 19 juin 1939. La succession immobilière relève du statut réel, l’art. 3 al.2 Cciv s’applique (CCass, arrêt « Stewart » du 14 mars 1837), aussi la loi française est seule applicable aux immeubles situés en France. L’inconvénient de ce rattachement est qu’il entraîne un morcellement du règlement successoral, car chaque immeuble se voit appliquer la loi du lieu où il se situe. Les tribunaux français refusent de se reconnaitre compétent pour régler la succession d’un immeuble à l’étranger ! 2) Pour la succession testamentaire, le législateur a voulu écarter la possibilité de choisir la loi applicable pour préserver le caractère impératif de la succession. Donc la succession testamentaire à la loi applicable à la succession ab intestat. Arrêt du 14 mars 1967 Les conditions de formes en matière de testaments, relèvent de la Convention de la Haye du 5 octobre 196111. Depuis lors, la règle de rattachement est alternative : tout testament est valable en la forme s’il satisfait aux exigences de la loi du lieu où la de cujus a testé, ou à celles de la loi du lieu de son décès, ou, le cas échéant, à celles de la loi du lieu où l’immeuble est situé. Enfin, il résulte d’une Convention de Washington12, que tout testament accompli dans les formes de celle-ci doit être reconnu pour valable en la forme dans tout les Etats contractants.

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Entrée en vigueur le 19 novembre 1967 Entrée en vigueur le 1er décembre 1994

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Chapitre 3 Le statut des faits juridiques
Le rattachement de cette catégorie s’effectue par rapport à la source du rapport de droit. On soumet les obligations naissant de faits juridiques à la loi du lieu où le fait juridique c’est produit.

Section 1 La responsabilité délictuelle et quasi-délictuelle
Par principe la loi applicable est la loi du lieu de survenance du délit, ou quasi-délit, mais des exceptions sont introduites par des Conventions Internationales.

§1 : La loi du lieu de survenance du délit ou quasi-délit
Lex loci delicti, cette règle répond à l’attente légitime des parties qui supposent, logiquement, à ce que le comportement de l’auteur du dommage soit régit par la loi du lieu où le dommage se manifeste. Cette règle favorise aussi la prévisibilité et la sécurité des relations internationales, car elle permet à ceux qui agissent dans un pays donné de savoir que c’est la loi locale qui déterminera les conditions et le régime de leur responsabilité. Ce rattachement peut avoir un caractère artificiel lorsque la situation concrète a des liens plus étroits avec un autre pays vers lequel converge la majeur partie des facterus de rattachement. Ex. Lorsque l’auteur et la victime d’un dommage sont d’un même pays, mais que le dommage est situé à l’étranger. Les pays de common law ont tenu compte de cette idée pour élaborer la théorie de la proper law of the tort. La Cour de l’état de New York en 1963, confronté à ce type affaire, car un américain est tombé dans un ravin au Canada. Le juge américain a tout de même retenu la compétence de la loi américaine, et non pas la loi canadienne, car celle-ci avait des liens plus étroits avec le litige. La CCass a toujours refusé de rendre plus flexible la règle lex loci delicti (ex. arrêt « Lautour »13, arrêt du 30mai 1967 accident entre deux français en Allemagne). Il peut arriver que le lieu ou le fait générateur s’est produit ne corresponde pas au lieu du dommage (ex. pollution d’un fleuve survenant dans un pays causant un dommage dans un autre pays en aval, ou bien un délit de presse dans un autre pays que la résidence de la victime). Pour déterminer si on applique la loi du lieu du fait générateur : lex loci delicti commisi, ou la loi du lieu où le dommage est apparu : lex loci delicti damni. ‫ ﮭ‬Si on applique la loi du dommage, on peut consacrer une incohérence : rendre illicite un fait considéré comme licite là où il a été réalisé. De plus le dommage est parfois fortuit, ex. une mauvaise réparation d’un véhicule peut entraîner un dommage en Allemagne ou dans n’importe quel autre pays. ‫ ﮭ‬Si on applique la loi du fait générateur, on répond à l’attente légitime des victimes qui pourraient ne pas comprendre qu’un fait dommageable ne soit pas réparé parce qu’une loi étrangère ne l’admet pas.
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Cf. p25

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La jurisprudence a longtemps été hésitante, mais la CCass admet l’application soit du lieu du fait générateur, soit du lieu du préjudice. Le choix devant être dicté par des considérations de proximité, c'est-à-dire copte tenu des éléments factuels du litige. On appliquera la loi la plus proche de la relation litigieuse. Arrêt de la 1ère civ. du 11 mai 1999, arrêt « Mobil North Sea » : une plateforme pétrolière avait naufragé en mer du Nord. La société Mobil avait poursuivit en réparation la Lloyd’s, la société chargée d’effectuer des contrôles su la plateforme. La société Mobil considère que la loi française est d’application, car un contrôle avait eu lieu en France. La CA avait appliqué la loi UK, la loi du lieu du naufrage. La CCass approuva ce rattachement à la loi UK, considérant que le rattachement à la loi française est trop faible car il y avait eu des contrôles en France, mais aussi en Belgique, en Allemagne et en UK. En revanche, le dommage était clairement localisé dans le ressort de la loi anglaise. → Appréciation casuistique de chaque litige. Application plus délicate de la lex loci delicti lorsque le délit est réalisé dans des lieux sans souveraineté (haute mer…). On fait alors application de la loi du pavillon ou de la loi du for à défaut. Cette règle a vocation disparaître avec l’entrée en vigueur le 11 janvier 09 de Rome II (n° 864/2007 du 11 juillet 07) sur la loi applicable aux obligations non contractuelles. Ce règlement s’applique dans les situations comportant un CL aux obligations non contractuelles en matière civile et commerciale, notamment la responsabilité délictuelle et quasi-délictuelle. Ce règlement a un caractère universel, càd que le juge français sera tenu d’appliquer la loi que le règlement désigne, même si c’est la loi d’un Etat non membre de l’UE. La RCL générale applicable aux responsabilités délictuelle ou quasi-délictuelle se trouve à l’art. 4 du règlement. Par principe la loi applicable à l’obligation non contractuelle résultant d’un fait dommageable, et celle du pays où le dommage survient, quelque soit le pays où le fait générateur se situ, quelque soit le (ou les) pays dans lequel les conséquences indirectes surviennent. → La règle donne une solution unique pour les délits simples et complexes : lex loci delicti damni. → LA RCL insite qu’il ne faut pas prendre en compte le préjudice14 résultant indirectement du dommage15, seul compte ce dernier. Exception : lorsque la personne responsable et la victime ont leurs résidences habituelles dans un même pays au moment de la survenance du dommage. LE règlement prévoit alors que le juge peut déroger aux règles précédentes lorsqu’il résulte de l’ensemble des circonstances que le fait dommageable présente des liens manifestement plus étroit avec un autre pays : on appliquera alors la loi de celui-ci (principe de proximité).

§2 : Les rattachements dérogatoires
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Les conséquences juridiques du dommage, l’atteinte à des droits patrimoniaux ou extra-patrimoniaux. Le fait matériel de l’atteinte.

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Lorsque qu’un seul véhicule est impliqué dans l’accident. Mais l’application de cette loi n’est possible que si ce pays est aussi : . . on peut appliquer une autre loi si elle présente des liens plus étroits avec le litige.soit la loi du lieu de survenance du fait dommageable Section 2 La loi applicable aux quasi-contrats 16 17 Entrée en vigueur en 1975 Entrée en vigueur en le 1er octobre 1977 .soit elle réclame l’application de la loi du principal établissement du responsable. 2) La Convention de la Haye du 2 octobre 1973 sur la responsabilité délictuelle du fait des produits17 Cette convention (application universelle) s’applique lorsque le dommage est causé par un produit dangereux. Elle ne régit que les rapports extra-contractuels.ou le pays du lieu d’acquisition du produit. La convention prévoit deux types de règles. Exception (art.1) La Convention de la Haye du 4 mai 1971 sur la loi applicable aux accidents de la circulation routière16 Cette convention s’applique à la responsabilité civile extracontractuelle qui découle d’un accident de la circulation.5). 3) dispose que la loi applicable à la réparation d’accident est la loi interne de l’Etat sur le territoire duquel l’accident est survenu. ou bien si la victime le veut ainsi.Lorsque plusieurs véhicules sont impliqués. le principe (art. et que les victimes et auteurs du dommage sont établis dans le pays d’immatriculation du véhicule. ou la loi du lieu d’acquisition du produit (art. . alors on applique la loi du pays d’immatriculation.le pays de la résidence habituelle de la victime.ou le pays du principal établissement du responsable. Principe (art. .51 - . la loi du pays où le fait dommageable est survenu. . Si les articles 4&5 ne peuvent s’appliquer. 4) : dans certains cas. et que tous sont immatriculés dans un même pays. alors on applique la loi de ce dernier.4) : application de la loi lexloci delicti comisi. Elle est d’application universelle (peut appliquer une loi d’un Etat non membre). on peut appliquer la loi de la résidence habituelle de la victime. ou en raison de l’absence de mode d’emploi. A condition qu’elle soit aussi la loi du principal établissement du responsable. Si ces conditions ne sont pas remplies (double rattachement). le dommage doit avoir été subi par quelqu’un qui n’est pas l’acquéreur du produit. une description inexacte du produit. la victime a une option : . peut importe la juridiction saisie (civile ou pénale). .

la loi de cet autre pays s’applique. S’il résulte de toutes les circonstances que l’obligation non contractuelle découlant d’un enrichissement sans cause présente des liens manifestement plus étroits avec un pays autre que celui visé aux paragraphes 1. Si la loi applicable ne peut être déterminée sur la base des paragraphes 1 ou 2. 4. A défaut. la loi applicable est celle du pays dans lequel l’enrichissement sans cause s’est produit. 3. Dans ses articles 10&11. ou lorsque l’obligation découle d’un fait dommageable : la loi applicable est la loi régissant le contrat ou le fait dommageable. 2. lorsque le contrat n’est pas autonome. mais à compter du 1er janvier 2009 une loi va être établie par le règlement Rome II. Si la loi applicable ne peut être déterminée sur la base du paragraphe 1 et que les parties ont leur résidence habituelle dans le même pays au moment où le fait donnant lieu au dommage survient. alors la loi applicable est la loi du pays de résidence commune des parties. 2. Article 10 Enrichissement sans cause 1. Le règlement prévoit que si le juge constate. d’un paiement indu. ou d’une gestion d’affaires. la loi applicable est celle qui régit cette relation. la jurisprudence est inexistante. 2 et 3. se rattache à une relation existante entre les parties. 4. Aussi. se rattache à une relation existante entre les parties (tel une obligation découlant d’un contrat) . S’il résulte de toutes les circonstances que l’obligation non contractuelle découlant d’une gestion d’affaires présente des liens manifestement plus étroits avec un pays autre que celui visé aux paragraphes 1. découlant d’un enrichissement sans cause. si la relation quasi-contractuelle ne se rattache pas à une relation préexistante. la loi applicable est celle de ce pays. la loi applicable est celle qui régit cette relation. au regard de toutes les circonstances de l’espèce. telle qu’une obligation découlant d’un contrat ou d’un fait dommageable présentant un lien étroit avec cette obligation non contractuelle. Lorsqu’une obligation non contractuelle découlant d’un enrichissement sans cause. Si la loi applicable ne peut être déterminée sur la base du paragraphe 1 et que les parties ont leur résidence habituelle dans le même pays au moment où le fait donnant lieu à l’enrichissement sans cause survient. Lorsqu’une obligation non contractuelle découlant d’une gestion d’affaires se rattache à une relation existante entre les parties. 3.Il n’y a aucun texte. on applique la loi de la relation préexistante.52 - . Article 11 Gestion d’affaires 1. En revanche. il faut appliquer la loi de celui-ci. au jour où survient le fait à l’origine du quasi-contrat. la loi de cet autre pays s’applique. loi applicable est la loi du pays dans lequel le quasi-contrat s’est exécuté. y compris un paiement indu. le règlement prévoit que en cas d’obligation non-contractuelle. 2 et 3. la loi applicable est celle de ce pays. . la loi applicable est celle du pays dans lequel la gestion d’affaires s’est produite. que l’obligation quasi-contractuelle présente des liens manifestement plus étroit avec un autre pays. telle qu’une obligation découlant d’un contrat ou d’un fait dommageable présentant un lien étroit avec cet enrichissement sans cause. Si la loi applicable ne peut être déterminée sur la base des paragraphes 1 ou 2.

par les parties. pour fonder la validité formelle de l’acte. Par un arrêt du 29 juin 1922. 999 (testament) et 71-1 (mariage) du Cciv. ses droits sur le film The Kid. ou de conclusion (en l’absence d’écrit) de l’acte. art. la jurisprudence reconnue que d’autres lois peuvent être invoquées. La CCass a expliquée que le principe ne s’opposait pas à ce que des contrats internationaux soient passé en France en une forme prévue par la loi qui les régi au fond. mais qu’il est possible de valider le testament par l’application de la nationale du testateur. arrêt du 20 juillet 1909. Ex. la CCass a jugée que le principe désignait certes la loi française. ‫ ﮭ‬Arrêt « Viditz » : un anglais ayant rédigé un testament en France selon la forme prévue par la loi anglaise. à Paris. la CCass considère que la loi applicable à la forme de l’acte juridique est la loi du lieu de rédaction. 47 (actes d’état civil).53 - . puis il a demandé la nullité du contrat au regard de la loi française. affaire « The kid » : C. sous la forme imposée par le droit américain . c'est-à-dire que le principe locus regit formam actus doit normalement s’appliquer à la forme de l’acte juridique. La CCass a ensuite précisée qu’il y avait une hiérarchie à respecter. ou la loi nationale de la seule partie à l’acte unilatéral. sauf si une clause l’écarte au bénéfice : . Ce principe a un caractère facultatif si la loi du lieu de conclusion du contrat ne valide pas l’acte quant à sa forme. ‫ ﮭ‬Arrêt du 28 mai 1963. On applique la loi nationale commune des parties (si l’acte juridique est bilatéral). 999 Cciv .soit la loi nationale. 2) La solution donnée par le droit international A) La Convention de la Haye du 5 octobre 1961 18 sur le conflit de loi en matière de forme des dispositions testamentaires Cette convention prévoit que la forme du testament est valable si il est validé par 1 des 5 lois possibles : ¤ la loi du lieu de disposition du testateur ¤ la loi du lieu de situation de l’immeuble ¤ la loi nationale du testateur ¤ la loi du domicile du testateur ¤ la loi du lieu de la résidence habituelle du testeur 18 Entrée en vigueur le 19 novembre 1967.soit de la loi applicable au fond de l’acte . par principe : locus regit formam actus. Chaplin avait cédé. Ce principe fut confirmé par l’art.Chapitre 4 Les actes juridiques Section 1 La forme des actes juridiques §1 : La forme des actes patrimoniaux 1) La solution de la jurisprudence française La jurisprudence s’applique en l’absence de convention internationale (notamment de la convention de Rome du 19 juin 1980). art.

.les formes validante : c'est-à-dire exigible sous peine de nullité . l’art. Elle s’applique alors aux contrats ayant pour objet un droit réel immobilier : la forme de ceux-ci est soumise aux règles de formes impératives de la loi du pays où l’immeuble est situé. B) La Convention de Rome du 19 juin 198020 sur la loi applicable aux obligations contractuelles Convention d’application universelle. ou les représentants. Elle établit la distinction : . Elle contient des règles matérielles qui suffisent à garantir la validité du testament. 19 20 Entrée en vigueur en 1094 Entrée en vigueur le 1er avril 1991 . 9 §5 prévoit que la forme d’un contrat conclu par celui-ci est impérativement régit par la loi du pays de sa résidence habituelle. elle établit des présomptions légales ou répartit la charge de la preuve. 5 (l’objectif étant la protection du consommateur). et par forme il faut comprendre : . celui-ci est formellement valable dès lors qu’il satisfait aux conditions de formes posées par la loi du lieu de conclusion. se trouvent dans un même Etat au moment de la conclusion du contrat.54 - . celui-ci est formellement valable dès lors qu’il satisfait aux conditions de formes posées par la loi régissant le contrat au fond. Exception : Pour le consommateur. Pour autant que cette loi s’applique indépendamment du lieu de conclusion du contrat et de la loi le régissant au fond ! 3) Le domaine de la catégorie de rattachement La catégorie de rattachement de la forme des actes juridiques concerne tous les actes juridiques. elle s’applique à tous les contrats sauf exception. En matière d’immeuble (art. 9 §6). soumise à une règle spéciale disposée à l’art. » Admissibilité des modes de preuve des actes juridiques= l’art. se trouvent dans deux Etats différents au moment de la conclusion du « contrat en absence ». ou la loi de l’un des ces deux Etats.Si les deux parties à l’acte. Pour favoriser la validité formelle des actes juridiques elle consacre le caractère facultatif de la règle locus regit formam actus. ou de la loi régissant le contrat au fond. 14 prévoit que le contrat peut être prouvé par tous modes de preuves admis par la loi du for. 14 : « La loi régissant le contrat en vertu de la présente convention s'applique dans la mesure où.les formes probatoires : c'est-à-dire exigée pour prouver l’existence de l’acte juridique en cas de litige. ou l’une des lois applicables à la forme du contrat. en matière d'obligations contractuelles.La Convention de Washington du 26 octobre 197319 porte sur la loi uniforme sur la forme du testament international. ou les représentants. Exception : Convention de Rome fait de la forme probatoire une question à part.Si les deux parties à l’acte. si cette loi est la loi applicable au fond du contrat prévu à l’art. on tient compte d’une loi de police du lieu de situation de celui-ci.

Il impose lorsqu'un le mariage est célébré en France ou à l'étranger. même contracté à l’étranger. Le mariage contracté à l'étranger. en cas de RCL : le principe de la loi de l’autonomie permet aux parties de choisir la loi applicable au contrat. Par exception : les mariages consulaires ou diplomatiques. selon les formes prévues par la loi nationale des époux. . celui-ci doit être célébré dans les formes de la loi locale. 28 dispose que les Etats membres de l'union européenne peuvent adhérer à la Convention de Rome. Section 2 Le fond des actes juridiques Le principe est l’autonomie de la volonté. C'est un principe universel : lorsque les parties n'ont pas exprimé de volonté alors il peut y avoir une grande diversité de solutions.Art. Dès les époux français peuvent être mariés à l'étranger selon les formes de la loi française. 146-1 Cciv « Le mariage d’un français. dès lors qu'il concerne un français doit respecter certaines règles françaises : .Art. dès lors que le mariage est officié par des agents diplomatiques ou consulaires français.Les formes de publicité (afin de rendre l’acte opposable aux tiers) sont soumises à la loi du pays de publication. En principe les deux époux doivent avoir la nationalité française.171-1 Cciv). mais ne sont membres seulement les 15 premiers Etats membres de l'union européenne. 171-2 Cciv « le mariage d'un Français doit être précédé de la délivrance d'un certificat de capacité à mariage » . §2 : La forme des actes extra-patrimoniaux 1) La forme du mariage La diversité des formes du mariage au niveau international nécessite l’application du principe : locus regit formam actus.55 - . Ce mariage peuvent être célébré en France entre de l'étranger devant leurs agents consulaires ou diplomatiques. d'où la Convention de Rome pour uniformiser ces solutions. §1 : La Convention de Rome du 19 juin 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles 1) Le champ d’application de la convention ‫ ﮭ‬Le champ d'application spatiale : l'art. requiert sa présence » 2) Les formes du divorce Par principe s’applique locus regit formam actus. Cette convention est d'application universelle. il n’y a pas d’exception pour le divorce prononcé en France ou à l’étranger : respect de la loi du lieu où le divorce est prononcé. mais dans certains pays les agents peuvent célébrer un mariage mixte (art.

e La solution fut apportée par deux protocoles d'interprétation du 19 décembre 1988 qui ouvrent la possibilité aux juridictions nationales de former une question préjudicielle auprès de la CJCE en interprétation de la Convention de Rome. ‫ ﮭ‬Le champ d'application matériel : L'art. mais qui sont soumis aux tribunaux d'un autre État membre (c'est-à-dire une situation internationale subjective).6 dispose que « le choix par les parties de la loi applicable ne peut avoir pour résultat de priver le travailleur de la protection qui lui assurent les dispositions impératives de la loi qui serait applicable ». définit à l’art. elle ne s’applique qu’en l’absence d’autre conventions internationales (art. L’art. tandis que la CJCE. 1er exige aussi. ou lorsque le contrat comporte une clause qui fait le choix d'une loi étrangère applicable. car il existe déjà des Conventions internationales régissant les matières. au contrat conclu après son entrée en vigueur pour cet État (1er avril 1991 pour la France). La Convention de Rome peut donc s'appliquer à des contrats internes. 21). » Mais il existe des exceptions. . 2 : « La loi désignée par la présente convention s'applique même si cette loi est celle d'un État non contractant. La loi choisie par les parties ne peut avoir pour résultat de priver le consommateur de la protection que lui assurent les dispositions impératives de la loi du lieu de sa résidence habituelle. 21 Les dispositions de la présente convention sont applicables. par un arrêt Jacob Handte du 17 juin 1992. 5 « contrats ayant pour objet la fourniture d'objets mobiliers corporels ou de services à une personne. afin de rendre la Convention applicable. pour un usage pouvant être considéré comme étranger à son activité professionnelle ». le consommateur. 1er (définition positive) considère que les dispositions de la Convention sont applicables dans les situations comportant un conflit de lois aux obligations contractuelles21.‫ ﮭ‬Le champ d'application temporel : la convention s'applique dans un Etat contractant. Mais cela pose des difficultés de qualification car : l’action directe dans une chaîne du contrat est considéré comme une obligation contractuelle en France.56 - . cette question est uniquement pour les juridictions suprêmes : la Cour de Cassation et le Conseil d'État. La convention a aussi un caractère subsidiaire. L'art. considère celle-ci comme une obligation extra contractuelle au sens de la Convention de Bruxelles. 1er (définition négative) exclut certaines obligations contractuelles du champ de la Convention. Pendant longtemps la CJCE n'avait pas compétence pour donner un sens aux obligations contractuelles. l’art. aussi celle-ci est une obligation qui nait d'un accord de volontés. 2) Le principe de la loi d’autonomie Le principe universel de la Convention de Rome est consacré à l'art. afin de protéger la partie faible : → Pour les contrats de consommation. aux obligations contractuelles. dans les situations comportant un conflit de lois. → Pour les contrats de travail. Entré en vigueur le 1er août 2004. que la situation contractuelle doit comporter un conflit de lois (non pas que le contrat soit international).

que le droit choisi est le droit tel qu'il existe au jour de la conclusion du contrat. il est possible d'admettre que l'État s'engage à ne pas modifier la loi à l'égard du contrat qu'il a signé.La Convention de Rome règle également les difficultés que pose la loi d’autonomie : . de faire régir le contrat par une loi autre que celle qui le régissait auparavant » (cela peut remédier à une loi invalidant le contrat) Cette faculté ne peut poser problème par rapport au tiers. ou à une partie. - . peu importe qu'elle assure. 4) : Les parties peuvent tel soustraire le contrat à toute loi étatique ? La Convention de Rome interdit cette pratique par l'affirmation que tout contrat est régi par la loi d'un État. . . . .57 - . 3 §2 précise que le changement de loi applicable ne peut pas porter atteinte aux droits des tiers.L’hypothèse du changement de loi en cours d’exécution du contrat (art. 8) : La Convention de Rome considère que le contrat est régie par la loi choisie. l’art.L’expression tacite de la volonté (art. 3 §2): « Les parties peuvent convenir. ou non. 3) : Lorsque les parties ont choisi la loi applicable.L’invalidation du contrat par la loi choisie (art. 3): Les parties peuvent soumettre une première partie du contrat à une loi. La Convention de Rome a limité les hypothèses où la volonté tacite peut être prise en compte : ‫ ﮭ‬lorsque le contrat a fait référence à des règles de droit qui permette d'identifier l'ordre juridique que les parties ont tacitement choisi. de services ou de devises. la validité du contrat. n'ont pas expressément. on retient qu'elles ont tacitement choisi de soumettre leurs contrats à la loi régissant les contrats précédents. de leur contrat. et une seconde partie à une autre loi. L’hypothèse du contrat sans loi (art. La Convention de Rome dispose que les parties peuvent désigner la loi applicable à tout.Le dépeçage du droit applicable (art. 3) La détermination du droit applicable en l’absence de choix des parties A) Solutions jurisprudentielles antérieures à la convention de Rome La jurisprudence s'attachait à définir le contrat international selon deux critères d'internationalité (non cumulatif): ¤ Critère juridique : le contrat est international quand il peut être localisé dans au moins deux pays différents en raison de ses éléments juridiques.La stabilisation du droit applicable : Les parties peuvent convenir. ¤ Critère économique : le contrat est international lorsqu’il crée un flux transfrontalier de marchandises. dans le contrat. Si le contrat est passé entre deux particuliers. Si le contrat est passé entre un État est un particulier. ‫ ﮭ‬lorsqu'il existe un usage entre les parties en relations habituelles d'affaires. résultant de certains des éléments du contrat ou des circonstances de la cause. à tout moment. une telle clause ne semble pas pouvoir être admise par les tribunaux étatiques. mais tacitement.

la capacité échappe à la loi du contrat. la localisation du contrat pour en déduire la loi applicable » arrêt du 6 juillet 1959 « Fourrures Renel ». la loi applicable et la loi du pays où s'exécute le contrat. déterminé par la Convention de Rome. Le problème de la preuve du contrat relève des dispositions spécifiques énoncées à l’art.la nationalité commune des parties . la formation relève du droit du contrat. Il existe dès hypothèse de rattachement spécial : → Le contrat dont l'objet est un immeuble. il appartenait aux juges du fond de « rechercher d'après l'économie la convention. sous réserve de la jurisprudence « Lizardi » reprise dans l’art. On considère que la partie qui fournit la prestation caractéristique du contrat n'est en principe jamais la partie qui paye le prix. 4) Le domaine de la loi du contrat A) Le domaine de la loi applicable au contrat quant à sa formation Par principe. elle peut être combattue par la preuve contraire. sous condition que celui-ci ait été passif et sollicité par le professionnel dans son pays. le travail. Mais.le domicile commun des parties . 14.la monnaie de paiement La jurisprudence a développé deux techniques pour déterminer la loi applicable: α La technique du faisceau d'indices : identifier les différents éléments de rattachement du contrat. → Le contrat de consommation. la loi applicable est la loi du pays de situation de l'immeuble. 4). La jurisprudence avait dégagé des indices généraux de localisation : → le lieu d'exécution du contrat → le lieu de conclusion du contrat Ou des indices subsidiaires : . . le contrat est régi par la loi du pays avec lequel le contrat présente les liens les plus les étroits (art. la loi applicable est la loi du pays de résidence du consommateur. 11 : l’ignorance légitime de l’incapacité du partenaire contractuel. α La technique de l'indice déterminant : principalement utilisé dans les contrats de mariage (l'indice déterminant étant alors le premier domicile commun des époux) et dans les contrats de travail (le pays du lieu d'exécution du travail). le problème de la capacité relève du statut personnel : la loi national du contractant. et les circonstances de la cause.58 - . → Le contrat de travail.la langue du contrat .Si les parties n'avaient pas choisi de loi applicable. B) Solution de la convention de Rome La Convention de Rome dispose et que. Ce pays est identifié par un indice déterminant : le lieu où réside la partie qui fournit la prestation caractéristique du contrat. Cette localisation n'est qu'une présomption simple. par principe. Une des parties peut démontrer que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre ordre juridique. et retenir la loi désignée par le plus grand nombre d'éléments de rattachement (plus quantitatif que qualitatif).

B) La loi applicable en l’absence de choix Principe : on applique la loi du pays où les époux établissent leur première résidence après le mariage.59 - . la loi de l’Etat où les époux ont établit leur résidence habituelle au moment de la désignation de la loi applicable.Le changement en raison de la volonté des époux Au cours de leur mariage. si les époux ont tous deux la nationalité néerlandaise. les effets du contrat sont régis par la loi applicable au contrat. et par la loi du juge saisi. il faut prendre en considération la loi du juge saisi. en plus de la loi du contrat.la fixation conventionnelle de dommages et intérêts. se trouvant dans leur patrimoine. Cette convention s’applique aussi aux époux ayant changés leur régime matrimonial après l’entrée en vigueur de la convention. clause pénale. entrée en vigueur le 1er septembre 1992. ni de même manière. car généralement pas de contrat de mariage. A) Application de la loi d’autonomie Les époux peuvent choisir la loi applicable à leur régime matrimonial. les époux peuvent soumettre leur régime matrimonial à une loi autre que celle jusqu’alors applicable. D) La mutabilité de la loi applicable 1. à la loi du lieu de leur situation. Maas ce choix est limité à trois lois : la loi nationale de l’un des époux. Exceptions : . C) La loi de situation de l’immeuble La convention autorise les époux. ou la loi du 1er Etat sur le territoire duquel l’un des époux établira une nouvelle résidence habituelle après le mariage.l'exécution forcée du contrat ne peut être prononcée que si elle est admise par la loi régissant le contrat. par une déclaration exprès. Convention d’application universelle.B) Le domaine de la loi applicable aux contrats quant à ses effets Par principe. si bien que la loi applicable est la loi de la nationalité commune. pas de règle particulière de forme. Exception : les Pays-Bas ont émis une réserve. §2 : Convention de la Haye du 14 mars 1978 relative à la loi applicable aux régimes matrimoniaux Acte juridique. choix implicite des époux. elle ne s’applicable donc qu’aux époux mariés après cette date. Les époux peuvent alors morceler la loi applicable à leur régime matrimonial. . Limite : les époux ne peuvent changer qu’au profit de l’une des deux lois suivantes : . à soumettre les immeubles. car cette clause n'est pas forcement admise dans tout pays.

. 2. → « la loi du retour » Lorsque les époux installent leur nouvelle résidence dans un pays dont la loi ne régit pas leur régime matrimonial.60 - . Dans ces deux cas les époux peuvent s’opposer à ce changement. au moment de ce changement. • Soit la loi d’un Etat sur le territoire duquel l’un des époux a sa résidence habituelle.• Soit la loi d’un Etat dont l’un des époux à la nationalité. le régime matrimonial est alors immédiatement soumis à la loi de leur nationalité commune.Les changements automatiques. de plein droit Lorsque les époux fixent leur résidence habituelle dans le pays de leur nationalité commune. au moment de ce changement. alors cette loi va s’appliquer au bout de 10 ans de résidence.

Section 1 : La compétence du juge français §1 : Les règles ordinaires de compétence22 1) Le principe de transposition Le principe de transposition a pour conséquence que toute les règles de droit interne sont. notamment l’art. 46 NCpc ouvre des options au demandeur. et pour les personnes morales l’on se réfère le lieu où elles sont établit (art. potentiellement.61 - . uniquement pour le juge français. 44 NCpc en matière réelle immobilière. la juridiction du lieu du fait dommageable ou celle dans le ressort de laquelle le dommage a été subi . la juridiction du lieu où est situé l'immeuble . . la juridiction du lieu où demeure le créancier. Est issu des arrêts « Pelassa » du 19 octobre 1959 et « Scheffel » 30 octobre 1962. celle du lieu où demeure le défendeur ». Sauf cas de compétence communautaire. à son choix. sauf disposition contraire. . Juge français compétent dès lors que le défendeur est domicilié en France. règles spéciales (art. droit d’origine interne Abandon du principe de l’incompétence des tribunaux français dans les litiges entre étrangers par l’arrêt « Patino » du 21 juin 1948. le demandeur saisi.en matière contractuelle. . 43 NCpc) : le siège social mais aussi établissements secondaires (jurisprudence des gares principales). 42 NCpc : « La juridiction territorialement compétente est.en matière délictuelle.en matière d'aliments ou de contribution aux charges du mariage. R 517-1 Ctvail) 2) Exceptions 22 Rappel : règles unilatéralistes. Lorsqu’il y a plusieurs défendeurs. . . la juridiction du lieu où est situé l’immeuble est compétente. ou en matière de droit du travail (art. 1070 NCpc). le principe de transposition internationale des règles de compétence territoriale interne : l’extension des règles internes de compétence territoriale à la compétence internationale. la juridiction du lieu de la livraison effective de la chose ou du lieu de l'exécution de la prestation de service . Il peut s’agir de règles de compétence générale.Titre 3 Le conflit de juridiction Partie 1ère La compétence judiciaire internationale Chapitre 1 Le droit commun. Ce principe est aussi valable pour l’art.en matière mixte. L’art. la juridiction du lieu au réside l’un d’eux. utilisables en matière internationale. Principe de transposition est aussi valable pour des règles spéciales : en matière de divorce ou séparation de corps.

14 Cciv prévoit que tout français. 23 24 CCass 1re Civ. §2 : Les règles de compétences exorbitantes25 L’art. L’urgence. exécutée sur le sol français. 14&15 du Code civil . mais incompétent si celui-ci est situé à l’étranger. Le déni de justice peut aussi fonder la compétence d’un tribunal français23. La compétence est fondée sur la nationalité. qui a contracté des obligations avec un étranger en France ou à l’étranger. 15 Cciv assure au demandeur étranger d’attraire le défendeur français devant une juridiction française. c'est-à-dire qu’ils ne fonctionnent que si aucunes des règles ordinaires de compétence territorial (générale ou spéciale) ne s’applique au fait litigieux. dès lors que le litige présente un rattachement suffisant avec la France24. l’art. même si le défunt fut domicilié en France. Seuls les juges français sont compétent pour la succession d’un immeuble situé en France. 45 NCpc donne compétence à la juridiction du lieu d’ouverture de la succession (fixé par l’art. L’art. se trouvent en péril. La transposition de cette règle ne joue pas pleinement : elle fonctionne en matière de succession mobilière. Pour les personnes porales. Les tribunaux français ne sont donc compétents que pour des voies d’exécution.A) Règles adaptées à la spécificité de la compétence internationale En matière de succession. B) Les règles spécifiques à la compétence internationale Les actions qui mettent en cause le fonctionnement d’un service public sont de la compétence exclusive des tribunaux de l’Etat ayant institué ce service. Il faut faire de la circonstance qu’aucun tribunal étranger n’est pratiquement saisissable une cause autonome de compétence des tribunaux français. les tribunaux français peuvent être saisie au titre de l’urgence lorsqu’un litige ce produit sur le territoire et que la sécurité des personnes. 13 janvier 1981 CCass 1re Civ. peut valablement saisir le juge français (demandeur). En matière de voie d’exécution et mesure conservatoire. appréciée au moment de l’introduction de l’instance. ces mesures ne peuvent être exécutées que par des organes agissant au nom de l’Etat sur le territoire duquel la mesure est exécutée. ou de leurs intérêts.62 - . 7 janvier 1982 25 Art. le lieu du siège social détermine la nationalité. 720 Cciv au dernier domicile du défunt). fort nationalisme ! 1) Le domaine des articles 14 et 15 Ces articles ne donnent aux tribunaux français qu’une compétence subsidiaire. mais ne fonctionne pas en matière de succession immobilière. et sous le contrôle des autorités judiciaires de cette Etat. → Privilège de juridiction. ou mesure conservatoire.

sans craindre une exception de litispendance puisque compétence exclusive. il ne peut les relever. pas seulement aux actions contractuelles ! Exception pour : . une renonciation implicite de l’art. Renonciation tacite s’il a formé des demandes reconventionnelles : arrêt 1ère civ.15. en France. Pendant longtemps. de l’art. 14 & 15 sont applicables à tous types d’actions. il est difficile de tirer du silence gardé par le défendeur français sur la compétence du tribunal étranger devant lequel il est attrait.les actions réelles immobilière et demande en partage pour des immeubles situés à l’étranger.15 créé une compétence facultative de la juridiction française « impropre à exclure la compétence indirecte d’un tribunal étranger. 31 janvier 2006. Si renonciation de l’art. ayant prouvé qu’il n’avait accepté la compétence du tribunal étranger. Si renonciation de l’art.15.14&15 : si les parties ne s’en prévalent pas. pour autant que le litige se rattache de manière caractérisé à 26 27 CCass 1re Civ.14&15 instauraient une compétence exclusive des tribunaux français. renonciation exprès ou tacite (doit résulter d’une volonté certaine : déduit de la conclusion d’un compromis ou de la présence d’une clause compromissoire. B) Une compétence non-exclusive.63 - .On peut renoncer au bénéfice des art. sans même invoquer art. .15. 1re civ. la renonciation tacite peut résulter du fait que le demandeur français a saisi volontairement une juridiction étrangère. pouvait s’opposer à l’exécution. daignaient toutes conséquences des tribunaux étrangers. A) Une compétence facultative Double signification : . ou d’une clause attributive de juridiction à un tribunal étranger). 26 mai 1999. la jurisprudence a décidée que les art. Aussi le français assigné devant un tribunal étranger pouvaient concurremment agir devant un tribunal français.14&15. 2) Le régime des articles 14 et 15 cciv.La règle a été formulée par la CCass en énonçant que : « La compétence internationale des tribunaux français est fondée non sur les droits nés des faits litigieux mais sur la nationalité des parties »26. 27 mai 1970 . Principe du privilège de juridiction. Et le français condamné à l’étranger. sans équivoques. Une société française ayant assigné au Burkina-Faso une société locale. la société burkinabaise avait formée une demande reconventionnelle : la société française avait conclue en défenderesse reconventionnelle.Le juge ne peut pas appliquer d’office les art. Sauf s’il démontre qu’il a saisi la juridiction étrangère par nécessité.15. arrêt 1ère civ. Revirement par deux arrêts : Arrêt « Prieur » du 23 mai 2006 dans lequel elle a affirmée que l’art. Pour la Cour de Cass cela signifie une renonciation. 21 mars 1966 CCass.Les demandes relatives aux voies d’exécutions et mesures conservatoires pratiquées en hors de France27. de la décision étrangère.14. . Les art.

en principe soustrait de sa compétence. le demandeur a le choix du tribunal. exclusive de la compétence indirecte d’un tribunal étranger déjà saisi et dont le choix n’est pas frauduleux.14 du Cciv n’ouvre au demandeur français qu’une simple faculté de saisir les tribunaux français. compétentes. celui-ci peut se dessaisir du litige dont il est saisi au profit d’une juridiction étrangère (arrêt 1ère civile. C) Une compétence générale Les art. B) La connexité Hypothèse lorsqu’il existe entre deux litiges. et le choix de cette juridiction n’est pas frauduleux ».64 - .l’Etat étranger dont la juridiction est saisie. et ne dicte pas à son profit une compétence impérative. Arrêt « Banque de développement local » du 22 mai 2007 l’art. cela suppose que le même litige soit soumis devant deux juridictions de même degré. §3 : La coordination internationale des compétences A) La litispendance En droit interne. si l’une des parties le demande. Ce n’est qu’une faculté du juge français. Cette exception de litispendance est soumise à conditions : c’est une possibilité de se dessaisir pour le juge français.101 Ncpc : il peut être demandé à l’une de ces juridictions de se dessaisir et de renvoyer en l’état la connaissance de cette affaire devant l’autre juridiction. reste à déterminer le tribunal territorialement compétent. CCass arrêt « Dame Mora » du 13 juin 1978. portés devant des juridictions différentes. et a prévue que l’exception ne saurait être accueillie lorsque la décision à intervenir à l’étranger ne pas susceptible d’être reconnue en France.100 NCpc. mais ce choix doit s’expliqué par un lien de rattachement entre l’instance et le territoire. le dessaisissement est subordonné à la vérification que le jugement étranger puisse être reconnu en France. un lien de connexité tel qu’il est de l’intérêt d’une bonne justice de les faire instruire et juger ensembles. à défaut. à défaut elle peut le faire d’office. La connexité internationale permet au juge français de se déclarer compétent d’une demande. La juridiction saisie en 2nd doit se dessaisir au profit de l’autre juridiction. la litispendance est réglée par l’art. La CCass reconnaît la connexité comme un chef de compétence internationale pour les juridictions française. mais qui présentait un lien étroit d’une demande dont il était régulièrement saisi. 22 juin 79). Art. ou.15&14 donne compétence au juge français en général. ce choix doit respecter les exigences d’une bonne administration de la justice. Section 2 L’incompétence du juge français §1 : La possibilité pour les parties de déroger aux règles de compétences internationales . La connexité internationale est aussi reconnu comme un chef d’incompétence du juge français. Règle transposée au domaine international depuis un arrêt du 26 novembre 1974.

65 - .Clause attributive de juridiction .elle ne doit pas faire échec à la compétence territoriale impérative d’une juridiction française. la clause compromissoire est insérée par avance dans un contrat qui prévoit la soumission de tout litige ultérieur à un arbitre. sans qu’il y ait lieu de rechercher la loi applicable. §2 : Les immunités de juridiction Il est de tradition qu’un certain nombre de personne bénéficie d’une immunité de juridiction. Cette immunité de juridiction concerne Etat ou personnes. Elle permet de choisir la juridiction que les parties tiennent pour la plus appropriée. et permet d’assurer une sécurité juridique car l’on sait à l’avance la juridiction compétente (ni lacune. 28 Entrée en vigueur en 1971 . pas nécessaire d’identifier la juridiction précisément compétente. aucun texte ne cible cette immunité et la jurisprudence s’est peut prononcée. L’immunité concerne aussi les agents diplomatiques selon la Convention de Vienne 18 avril 196128. L’immunité est certaine et semble définitive pour les actes commis pendant la durée des fonctions et se rattachant à l’exercice des fonctions. la CCass considère que la clause compromissoire insérée dans un contrat international est valable. « Hecht ». . personne accrédité par un Etat auprès d’un autre pour le représenter (ambassadeur.Clause d’arbitrage.Les parties peuvent provoquer l’incompétence du juge français par : . pas d’exigence d’un lien étroit entre le litige et la juridiction choisie. Seule condition : que le litige soit international.elle doit être stipulée de façon très apparente dans l’engagement de la partie à qui elle est opposée. compromissoire A) Clause attributive de juridiction. Par un arrêt 17 décembre 1985 « Compagnies de signaux et d’entreprises électriques ». B) Les clauses d’arbitrage Très souvent utilisée en commerce internationale en raison de rapidité. ni conflit de juridictions). Les actes commis à des fins privées ne bénéficient de l’immunité » qu’aussi longtemps que dur les fonctions. La clause doit préciser l’ordre juridictionnel compétent pour qu’elle puisse s’appliquer. conseiller et attaché d’ambassade). A) L’immunité des personnes Concerne souverain et chef d’Etats étrangers. La clause attributive de juridiction n’est pas absolue : . discrétion et compétence. retirant toutes compétences au juge français pour trancher leur litige. la CCass reconnaît « les clauses prorogeant la compétence internationale sont licites lorsqu’il s’agit d’un litige international ». ou prorogation volontaire de compétence Ces clauses permettent aux parties de désigner la juridiction compétente pour régler leur litige. Par un arrêt du 4 juillet 1972.

quais-absolue dans la limite du déni de justice et des règles particulières convenu entre l’OI et l’Etat d’accueil . L’immunité peut être accordée à un organisme privée ou commerciale agissant pour la compte d’un Etat étranger dès lors qu’il accompli un acte de puissance publique : un acte d’autorité. l’immunité civile est exclue pour trois types d’actions : . Le principe de l’immunité demeure. §3 : La sanction de l’incompétence La sanction peut avoir lieu de deux façons distinctes : .74 NCpc) avant toute défense au fond ou fin de non recevoir. L’immunité pour les agents consulaires conformément à la Convention de Vienne 24 avril 1963.Critère objectif (formaliste). le juge n’est pas tenu de la soulever d’office et elle peut être invoquée pour la 1 ère fois en appel. L’immunité est étendue au conjoint et enfant mineur de l’agent diplomatique.66 - . et les actions résultant d’un accident de la circulation.Action concernant une activité professionnelle et commerciale exercée par l’agent en dehors de ses fonctions officielles. ou dans l’intérêt. mais qui accompli un acte de gestion. acte d’autorité si l’acte comporte des clauses exorbitantes de droit commun. dès lors que ceux-ci sont ressortissants de l’Etat accréditaire. non plus simplement sur la qualité de celui qui le réalise. L’immunité est désormais fondée sur la nature de l’acte. mais il n’est plus aussi absolu.Action réelle concernant un immeuble situé en France .soit le défendeur oppose une exception d’incompétence (art.122 NCpc). Cette exception peut. être . du service public étranger. progressivement élaborée par la CCass par des arrêts visant les principes de droit international relatifs à immunité de juridiction ou d’exécution. L’immunité pour les agents de Organisation Internationale. B) L’immunité des Etats L’immunité des Etats n’est pas régie par un texte. sauf pour les actions civiles nées d’un contrat où l’intéressé n’agissait pas comme mandataire. dès l’entrée en fonction jusqu’à la fin des fonctions. Le renonciation ne vaut que pour l’immunité de juridiction. Immunité pour les actes accomplis dans l’exercice de leur fonction. A l’origine l’immunité des Etats était absolue et s’attachait à la personne même de l’Etat. Si en principe l’immunité cesse avec la cession des fonctions cela ne joue pas pour les actes accomplis pendant les fonctions et pour l’exercice de celle-ci : immunité persiste. L’immunité peut être refusée à un organisme même public quia git pour le compte d’un Etat étranger.soit le juge relève d’office son incompétence . par exception. Les immunités sont considérées procéduralement comme des fins de non recevoir (art. Elle s’appliquait à tous les actes de l’Etat lui-même et de ses organes. pas forcement l’immunité d’exécution. L’immunité joue.Critère subjectif (ou finaliste) : sont des actes d’autorité des actes accomplis en vue. .Succession intéressant personnellement l’agent . Distinction gestion/autorité : . par principe.L’immunité est totale en matière pénale (peut importe la gravité de l’acte et son lien avec les fonctions).

l’exception d’incompétence doit être motivée et le défendeur doit faire connaitre la juridiction normalement compétente.67 - . . Art. par un défendeur défaillant contre lequel a été rendu un jugement réputé contradictoire.soulevée en appel. Le défenseur doit préciser l’Etat dans lequel se trouve la juridiction compétente.75 NCpc. pour la 1ère fois.

concordats et autres procédures analogues. les régimes matrimoniaux. peut importe la nature de la juridiction saisie. 299) : les DOM TOM. Mais le 19 octobre 2005 un accord fut pris en Communauté Européenne et Danemark. §1 : Règles de compétence Le règlement n’est pas d’application universelle. ‫ ﮭ‬Champ d’application temporel : entré en vigueur le 1er mars 2002 ! ‫ ﮭ‬Champ d’application matériel est la matière civile ou commerciale. » Le règlement énonce. 67. la reconnaissance ou l'exécution des décisions. droit public. qui étend Bruxelles I à tous les Etats membres. considère que les matières fiscales. 1er §1. le règlement ne recouvre pas les matières fiscales. art. concernant la compétence judiciaire.Chapitre 2 Le droit d’origine communautaire Section 1 Le règlement Bruxelles I Depuis le 1er mars 2002 est entré en vigueur le n°44/2001 du 22 décembre 2000. dans des matières particulières. b) les faillites. à l’exception du Danemark. c) la sécurité sociale. douanières ou administratives sont définies par deux critères cumulatifs : . mais aussi aux principes généraux se dégageant de l’ensemble des droits nationaux.l’une des parties au litige soit une autorité publique . qui. Selon l’art. dans des matières particulières. auraient adopté des compétences judiciaires particulières.cette autorité publique ait agie dans l’exercice de ses prérogatives de puissance publique Le règlement exclu aussi de son champ d’application certaines matières civiles et commerciales : « Sont exclus de son application: a) l'état et la capacité des personnes physiques. . le règlement ne préjuge pas à l’application d’autres instruments communautaires. et qui règlent la compétence judiciaire dans des matières particulières. tel un règlement. qu’il n’affecte pas les conventions auxquelles les Etats membres sont partie. art. Notion autonome. à l’art.68 - . il s’impose aux juges des Etats membres. Art. d) l'arbitrage. 68. Le règlement prend soin d’écarter de son champ les matières qui sont à la frontière du droit privé. ‫ ﮭ‬Champ d’application territorial du règlement. entrée en vigueur le 1er février 2007.1er §3 : il lie les Etats membre de l’UE. 7129. Mais. les testaments et les successions. c'est-à-dire qu’il faut interpréter en se référent aux objectifs et systèmes du règlement. la reconnaissance et l’exécution des décisions en matières civile et commerciale. règlent la compétence judiciaire. douanières ou administratives. mais il y a dans le règlement de règles qui ne s’applique que si le défendeur est 29 Le présent règlement n'affecte pas les conventions auxquelles les États membres sont parties et qui. CJCE dans un arrêt du 14 octobre 1976 « LTU vs Eurocontrol ». le règlement ne s’applique pas aux territoires des Etats membres qui bénéficient du régime spéciale d’association (art.

2 §1) : « les personnes domiciliées sur le territoire d’un Etat membre sont attraites. société et personne morale est situé soit au siège statutaire soit au lieu où se trouve l’administration centrale. art.23) Le domicile du défendeur (art. devant les juridictions de cet Etat membre ». quelque soit leur nationalité. Mais ces juridictions ne peuvent jamais fonder leur compétence sur des règles nationales de compétence exorbitantes (art. → Il n’est donc pas nécessaire d’être ressortissant d’un Etat membre.4 §1).domicilié sur le territoire d’un Etat membre et des règles de compétences pouvant s’appliquer même si le défendeur n’est pas domicilié sur le territoire d’un Etat membre.22 .les règles de compétences exclusives de l’art.» parmi lesquels figure les art. soit au lieu du principal établissement. Si bien que le défendeur peut être valablement attrait devant les juridictions d’un autre Etat membre lorsque certaines conditions sont remplies. 1) Les règles de compétence s’appliquant si le défendeur est domicilié dans un Etat membre A) La compétence de principe La compétence de principe revient aux juridictions de l’Etat membre du domicile du défendeur (art.2 §1). 1 : Les règles de compétences spéciales à certaines matières . Pour déterminer si une personne physique a un domicile sur un Etat membre. ou sur des règles de compétences dérivées.3 §2) « Ne peuvent être invoquées contre elles notamment les règles de compétence nationales figurant à l'annexe I. → Cet article donne une compétence générale puisqu’il vise les juridictions de l’Etat membre du domicile du défendeur. Par principe. Si le défendeur n’est pas domicilié sur le territoire d’un Etat membre.69 - . → Le règlement consacre une règle de compétence universellement reconnue : la compétence du domicile du tribunal du défendeur. 3§1 : « Les personnes domiciliées sur le territoire d'un État membre ne peuvent être attraites devant les tribunaux d'un autre État membre qu'en vertu des règles énoncées aux sections 2 à 7 du présent chapitre. en principe le règlement ne s’applique pas et le juge doit appliquer son droit commun de conflit de juridictions (art. le règlement doit être appliqué par le juge français dès lors que le défendeur est domicilié sur le territoire d’un membre (art. Mais il existe deux exceptions: .59 et 60). 14 et 15 du Cciv.s’il existe une clause attributive de juridiction en faveur du tribunal d’un Etat membre (art. il faut appliquer le droit interne de cet Etat membre. ou sur des règles de compétences protectrices de la partie faible. » Ces autres juridictions peuvent fonder leurs compétences sur les règles de compétences spéciales. l’identification la juridiction compétente il faut faire application des règles de compétence interne de cet Etat membre. B) Les compétences additionnelles La compétence des juridictions de l’Etat membre du domicile du défendeur n’est pas une compétence exclusive.

dans l’arrêt « Arcado » du 8 mars 1988. celui-ci peut aussi saisir le tribunal de l’Etat membre du fait générateur du dommage. ont été ou auraient dû être fournis). Lorsque la matière est contractuelle. les marchandises ont été ou auraient dû être livrée). ni l’obligation principale du contrat. 5 du règlement prévoit des règles applicables en considération de la matière du litige. 2) déterminer le lieu de son exécution. 1ère étape. déterminant alors le lieu d’exécution de l’obligation qu’elle considère celle-ci comme quérable ou portable. le règlement implique de procéder par deux étapes : 1) déterminer l’obligation qui sert de base à la demande. Mais depuis l’arrêt « Fiona Shevill » du 7 mars 1995. mais aussi les actes juridiques librement souscris dès lors que l’action n’est pas dirigée contre le cocontractant. a) En matière contractuelle Le défendeur peut aussi être attrait devant le tribunal du lieu. ou les litiges liés au trust. alors que le tribunal de l’Etat membre du lieu du fait générateur est compétent pour entendre l’ensemble des dommages. où l’obligation qui sert de base à la demande. Quant au lieu du fait dommageable. le point de référence pour le règlement est l’obligation litigieuse. aussi la CJCE (arrêt « Shenavaï » du 15 janvier 87) considère que seule l’obligation litigieuse principale doit établir la compétence. et pour les fournitures de services (lieu d’un Etat membre où. le lieu d’exécution de l’obligation litigieuse : la CJCE (arrêt « Tessili » du 6 octobre 1976) considère que le lieu est déterminé par la loi applicable à l’obligation. en vertu du contrat. il faut l’interpréter dans le sens du règlement (tenir compte des conceptions des autres pays). et trouve sa base dans le non respect d’une obligation contractuelle. La notion de matière contractuelle est une notion autonome.70 - . b) En matière délictuelles ou quasi-délictuelle Le défendeur domicilié sur le territoire d’un Etat membre peut aussi être attrait devant le tribunal du lieu où le fait dommageable s’est produit. la CJCE (arrêt « mines de potasse d’Alsace » du 30 novembre 1976) ce lieu représente à la fois le lieu où le dommage est survenu et celui de l’évènement causale. la contestation relative à l’exploitation d’une succursale d’une agence ou d’un établissement. Càd que le juge saisi doit d’abord appliquer ses propres règles de conflit de lois afin de déterminer la loi applicable à l’obligation. Il ne s’agit pas du contrat dans son ensemble. La notion de matière délictuelle ou quasi-délictuelle : arrêt « Kalfelis »du 27 septembre 1988. Pour les autres contrats. n’aura compétence que pour réparer le préjudice réalisé dans son pays . Désormais le règlement définit lui-même le lieu d’exécution de l’obligation dans deux types de contrats : les ventes de marchandises (le lieu d’un Etat membre où. ou litiges consécutifs à l’assistance au sauvetage dont a bénéficié un fret. en vertu du contrat. La CJCE considère. ont des compétences spéciales. la CJCE considère que « est de nature délictuelle ou quasi-délictuelle. Ainsi.Art. seule compte l’obligation litigieuse. que l’on est en matière contractuelle si la demande a pour fondement même un contrat. a été ou doit être exécuté. Parfois le contrat comporte plusieurs obligations litigieuses. Ce qui confère en pratique une option au demandeur. Càd. . que relève de cette catégorie : les faits juridiques accomplis volontairement ou involontairement. 2nd étape. l’action en réparation de dommage en restitution fondée sur une infraction. s’il est saisi. la CJCE a précisée que le tribunal de l’Etat membre du lieu de survenance du dommage. l’obligation alimentaire. la jurisprudence Tessili continue de s’appliquer. toute demande qui vise à mettre en jeux la responsabilité du défendeur et qui ne se rattache pas à la matière contractuelle ».

devant le tribunal d’un autre Etat membre où l’un des co-défendeur a son domicile. 3 : Les règles protectrices des parties faibles Généralement. 2 : Les règles de compétences dérivées Ces règles sont prévues à l’art. au choix du demandeur. ce tiers défendeur pourra être attrait devant le tribunal saisi de la 1ère demande (ne fonctionne pas si fraude).Les demandes reconventionnelles : le défendeur peut être attrait dans un autre Etat membre s’il s’agit d’une demande reconventionnelle qui dérive du contrat. Matière assurance : * L’art. Pour fonctionner. seuls sont compétents les tribunaux de l’Etat membre du domicilie du défendeur. .15 ne sont pas tous les contrats de consommations envisageables.71 - . Cela donne un fort aux actions préventives.5. les parties faibles sont protégées par une multiplication. ou par le professionnel. en leur faveur. devant le tribunal saisi de celle-ci. sont compétents.Le cas de pluralité de défendeurs : le défendeur peut être attrait. . s’il y a plusieurs défendeur.Le tribunal compétent est le tribunal du lieu où le fait dommageable se produit. Si par le consommateur. * L’art.9 prévoit que l’assureur. Si le contrat de consommation ne rentre pas dans la définition de l’art. soit les tribunaux de l’Etat membre du domicile du demandeur. Matière consommation : les contrats visés à l’art. Ce texte donne une compétence spéciale (concentration de compétences) au tribunal de l’un des défendeurs.16 distingue selon que l’action soit engagée par le consommateur. sur lequel est fondé la demande originaire. ou du fait. des juridictions potentiellement compétentes. et chacune de ces sections complète le principe avec la compétence additionnelle possible d’autres juridictions.L’hypothèse où. peut être attrait devant les tribunaux de l’Etat membre du domicile demandeur. ce texte suppose que s’il existe. entre les différentes demandes formées par un même demandeur à l’encontre de différents défendeurs.6 du règlement : . au choix de ce dernier.En matière d’actions contractuelles jointent à des actions réelles immobilières. alors seule la section IV ne s’applique pas. une demande en garantie ou une demande en intervention est formulée contre un tiers. un lien de connexité tel qu’il y a intérêt à les juger ensemble afin d’éviter des solutions inconciliables si les causes étaient jugées séparément. mais chacune reprend aussi en son sein le principe de compétence de base selon lequel le demandeur peut agir devant la juridiction de l’Etat membre du défendeur . * L’art. Chacune des sections constituent un système propre à l’intérieur du règlement. Cette concentration de compétence se réalisant au profit de l’Etat membre où l’immeuble est situé. . Si par le professionnel. soit les tribunaux de l’Etat membre du domicile du défendeur. . dans le cadre d’une procédure originaire. ou risque de se produire. Le défendeur peut être attrait dans un autre Etat membre si l’action peut être jointe en matière de droit réel immobilier dirigée contre le même défendeur.12 prévoit que l’action de l’assureur doit être portée devant les tribunaux de l’Etat membre du domicile du défendeur.

dessins et modèles (ou autres droits analogues) donnant lieu à un dépôt sont soumis aux tribunaux et juridiction de l’Etat membre de dépôt ou enregistrement.4 : la compétence est régit dans chaque Etat membre par le loi interne. Le siège doit être déterminé par le juge saisi du litige. des brevets.72 - . il n’est pas possible d’y déroger au profit d’un autre tribunal.Matière contrat de travail : art. . il peut saisir les tribunaux de l’Etat membre du domicile du travailleur. • Les litiges relatifs à la validité des inscriptions sur les registres publics doivent être soumis aux tribunaux de l’Etat membre où ces registres sont tenus. • Les litiges relatifs à la validité. a) Compétence exclusives Art. 19 et 20. Néanmoins l’art. le bénéfice de toute les règles de compétences de la loi de cette Etat membre. 2) Les règles de compétences s’appliquant même si le défendeur n’est pas domicilié dans un Etat membre Art. ou à la validité. soit les tribunaux de l’Etat membre du lieu où le salarié accompli habituellement son travail. ou personnes morales.22 attribue des compétences exclusives aux tribunaux d’Etat membre avec lequel le litige présente un lien jugé significatif. en l’assimilant à nationale de cette Etat membre. • Les litiges relatifs aux droits réels immobiliers et aux baux d’immeubles doivent être soumis aux tribunaux de l’Etat membre où est situé l’immeuble (exception pour location de très courte durée). tout tribunal d’un autre Etat membre doit se déclarer d’office incompétent. ainsi que les litiges relatifs à la validité des décisions de leurs organes. ayant leur siège sur le territoire d’un Etat membre . ou les tribunaux du dernier lieu où le travailleur a accompli habituellement son travail. ou autres établissements se trouvant sur le territoire d’un Etat membre à un domicile de celle-ci. • Les litiges relatifs à l’inscription. agences. • Les litiges relatifs aux mesures d’exécution des décisions relèvent de la compétence des tribunaux de l’Etat membre du lieu de l’exécution. Ces sections ont des principes communs : * règles sur les conventions attributives de juridiction → une telle convention est valide si elle est conclue après la naissance du litige. ou s’il elle permet à la partie faible de saisir d’autres tribunaux que ceux prévu par le règlement. en fonction de son droit interne. aussi bien pour les règles de compétences ordinaires ou exorbitantes. même distinction : si le salarié agit et accompli sont travail dans un même pays → il peut saisir les tribunaux de l’Etat membre où l’employeur a son domicile. tous ces litiges doivent être soumis aux tribunaux de l’Etat membre du siège. en assimilant succursales.4 §2 ouvre au demandeur (quelque soit la nationalité). dès lors qu’il est domicilié sur le territoire du Etat membre. Aussi. Si l’employeur agit. la nullité ou la dissolution des sociétés. marques. Si le salarié agit et a accompli son travail dans plusieurs pays → il peut saisir soit les tribunaux de l’Etat membre où se trouve l’établissement qui l’a embauché. Ces règles de compétences exclusives sont impératives. * autorise une conception élargie du domicile de la partie forte.

22. mais les tribunaux des autres Etats membres ne peuvent pas connaître du litige tant que les tribunaux désignés n’ont pas déclinés leurs compétences. alors les règles générales de Bruxelles I s’appliquent. dès lors que le tribunal est celui d’un Etat membre. sauf convention contraire. Si les conditions sont remplies.25 oblige le juge à se déclarer d’office incompétent.23 distingue deux hypothèses : . 2) La prorogation tacite Cette prorogation est issue de l’art. 1) La prorogation expresse Le règlement Bruxelles I ne peut s’appliquer qu’à une clause donnant compétence à un tribunal d’un Etat membre. .22 du règlement. soit sous une forme conforme aux habitudes établies entre les parties. . soit une forme respectant un usage dont les parties avaient connaissance (ou étaient sensées avoir connaissance) parce que celui-ci est largement connu et régulièrement observé dans ce type de commerce par les parties dans des contrats du même type (pour faciliter le commerce internationale).23 & 24 reconnaissent expressément la possibilité d’une prorogation de compétence par les parties. Si la clause est validée par le droit interne. soit verbalement avec confirmation par écrit. l’art. ni aux règles spéciales de la section V. ou l’ensemble des tribunaux d’un pays.b) La prorogation volontaire de compétence Les art.73 - . L’art. le tribunal désigné a une compétence exclusive. celle-ci ne peut néanmoins porter atteinte à l’art. la validité de la clause doit encore être appréciée au regard du droit interne du juge saisi. §2 : Le régime de la compétence A) La sanction de l’incompétence Lorsqu’une juridiction est saisie au mépris de l’art. et la validité de la clause est étudiée sous l’angle du droit de l’Etat membre. ou qui se contente d’exclure la compétence de certaines juridictions. alors le règlement régit la validité de la clause en imposant des conditions de formes et de fonds.22. La seule limite est que la clause ne saurait porter atteinte aux compétences exclusives ou spéciales. Si le droit du for ne valide pas la clause. Celle-ci ne peut jamais porter atteinte aux dispositions de compétences exclusives de l’art.Aucunes des parties n’a son domicile sur le territoire d’un Etat membre. alors le règlement ne régit pas la clause.Si une des parties est domiciliée sur le territoire d’un Etat membre. • Conditions de fonds : la clause attributive de juridiction peut désigner un tribunal.24 qui reconnaît celle-ci résultant de la comparution du défendeur devant un tribunal dont il ne conteste pas la compétence. • Conditions de formes : la clause attributive de juridiction doit être conclue soit par écrit (transmission électronique). Si la clause donne compétence à un Etat tiers. Quelque soit le domicile des parties.

→ Importance de la date de saisine des juridictions. jamais ratifiée car remplacée par le règlement communautaire du 29 mai 00.74 - . à la demande de l’une des parties. de visite. soit de la réception de l’acte introductif d’instance par l’autorité chargée de le signifier au défendeur ».26). celui-ci peut soulever l’incompétence de juridiction. mais il lui donne la possibilité de sursoir à statuer.28 ne fait pas obligation au juge saisi en 2nd lieu de se dessaisir. l’art. qui a vocation de mettre en œuvre des règles similaires à Bruxelles I dans les relations entres les 27 Etats de l’UE et les Etats de AELE. l’art. annulation du mariage (n’inclut pas le PACS et le concubinage). Le 30 octobre 07 fut signée la nouvelle convention de Lugano.1 précise que le règlement s’applique aux procédures civile de dissolution du mariage : divorce. ou d’un accord en vigueur. . Précédé de la convention Bruxelles II du 28 mai 1998. physique ou morale. n’aborde pas les questions patrimoniales (obligations alimentaires…). lui-même abrogé par Bruxelles II bis afin d’élargir sa porter et d’aborder le thème du rapt international d’enfant. la reconnaissance et à l’exécution des décisions en matières matrimoniale et de responsabilité parentale. B) Les conflits de procédures En cas de litispendance. La convention de Lugano du 16 septembre 1988. la délégation. déterminée à l’art. à l’égard de la personne. de tutelle… 30 31 Le règlement est entré en application le 1er mars 2005. Norvège et Islande). le juge ne doit se déclarer d’office incompétent que si le défendeur n’a pas comparu (art. ou le retrait total ou partiel de la responsabilité parentale31. et à condition que sa loi permette la jonction d’affaires connexes et que le tribunal 1er saisi soit compétent pour connaître des deux demandes. a pour objectif d’établir des règles similaires à celles de la convention de Bruxelles de 1968 entre les Etats membres de l’UE et trois Etats de AELE (Suisse. En projet Rome III. Lorsque celle-ci est établie. Le règlement s’applique aussi aux procédures civiles liées à l’attribution. ou des biens d’un enfant (art. sur la base d’une décision judiciaire. Cela comprend notamment le droit de garde. L’ensemble des droits et obligations conférées par des personnes.27 du règlement énonce que la juridiction saisi en 2nd lieu sursoit d’office à statuer jusqu’à ce que la compétence du premier tribunal saisi soit établie. Si le défendeur a bien comparu. Il ne porte que sur le sort du lien matrimonial.30 : « la juridiction est réputée saisie à la date soit du dépôt de l’acte introductif d’instance. Section 2 Le règlement Bruxelles II bis30 Règlement n° 2201/2003 du 27 novembre 2003 relatif à la compétence. le tribunal 2nd doit se dessaisir. L’art. séparation de corps. Le juge pourra alors se dessaisir lorsque les demandes sont pendantes au 1er °. En cas de connexité. Bruxelles II bis avec des règles de conflit de lois.2).Mais lorsque le tribunal saisi l’est en violation d’une règle de compétence non exclusive. l’exercice. par la loi procédurale du juge saisi. d’une attribution de plein droit.

l’art. à l’exception du Danemark. une juridiction d'un autre État membre est compétente pour connaître du fond. concernés pour prendre des mesures conservatoires et provisoires. ou biens. Même si « même si. art.4 précise que les juridictions compétentes le sont aussi pour examiner la demander reconventionnelle. en cas d’urgence.Le règlement ne s’applique pas : a) à l'établissement et la contestation de la filiation.3 à 5. L’art.5 ajoute aux tribunaux compétents le tribunal de l’Etat membre ayant rendu la décision de séparation de corps.20. qu’en application des art.75 - . le demandeur peut à son choix saisir une des juridictions listées à l’art.3 à 5 qu’il est la. c) aux noms et prénoms de l'enfant. ‫ ﮭ‬En matière de Divorce. des juridictions compétente. ». aucune juridiction des Etat membre comme compétente. puis appliquer le droit interne pour déterminer la juridiction compétente. §1 : Les règles de compétence L’art. y compris les privilèges de juridiction.3 à 5 sont exclusives. saisir les juridictions désignées compétentes. que se . ou une. en application des art. » La juridiction normalement compétente peu reprendre la main en prenant les mesures appropriées. sous condition que la loi de celui-ci admette la conversion.6 déclare les compétences des art. séparation de corps et annulation du mariage. il donne compétence aux juridictions de l’Etat membre sur le territoire duquel se trouvent les personnes.7§2). comme les nationaux de cet État. la compétence est alors réglée par la loi du juge saisi (art. b) à la décision sur l'adoption et les mesures qui la préparent. L’art. retenant principalement la nationalité commune ou le domicile commun. dans le cas du Royaume-Uni et de l'Irlande. f) aux trusts et successions.3 à 5. Bien que le règlement soit silencieux. y invoquer les règles de compétence applicables dans cet État contre un défendeur qui n'a pas sa résidence habituelle dans un État membre et qui ou bien n'a pas la nationalité d'un État membre ou. Champ d’application spatial : s’applique de plein droit dans tous les Etats membre de l’UE. en vertu du présent règlement. alors il tranche le litige. au choix. Càd que si le juge saisi constate. Mais s’il constate.7). Les règles de compétence sont générales et désignent les juridictions d’un Etat membre. Art7 §2 « Tout ressortissant d'un État membre qui a sa résidence habituelle sur le territoire d'un autre État membre peut. S’agissant de convertir une séparation de corps en divorce. le juge de l’Etat membre doit l’appliquer dès lors que la situation soumise est internationale (Cf.3. g) aux mesures prises à la suite d'infractions pénales commises par des enfants. e) aux obligations alimentaires. ainsi que l'annulation et la révocation de l'adoption. d) à l'émancipation. Les règles de Bruxelles II bis sont alternatives et non hiérarchisées. le demandeur peut. Si les juge saisi constate qu’en vertu des art. n'a pas son «domicile» sur le territoire de l'un de ces États membres.

9 → compétence transitoire de l’ancienne résidence de l’enfant ayant déménagé. . alors si le défendeur est intégré à une Etat membre : l’art. et doit alors se dessaisir ou pas. En matière de responsabilité parentale.9 à 12 prévoient les compétences exclusives d’autre juridiction. Art.sont les juridictions d’un. Art. ou plusieurs.6 interdit au juge saisi de reconnaître compétent en vertu de ses règles internes. retranscrit les règles de la convention de la Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfant. Art. Les art. même lien matrimonial en cause. autres Etats membres sont compétentes.19 demande au juge saisi en 2nd de sursoir à statuer jusqu’à ce que la compétence de la juridiction saisie en 1er soit établie. En cas de litispendance. En cas d’actions en désunion dépendantes.16 → date de saisine des juridictions. se déclarer incompétent.12 → prorogation de compétence au profit de la juridiction compétente pour la désunion. Art. s’il constate que celle-ci n’est pas fondée.10 → compétence des juridictions de l’Etat membre à destination duquel l’enfant à été enlevé.17 n’oblige pas le juge à se déclarer d’office incompétent : c’est son droit interne qui lui dictera sa compétence. l’art. d’office. 17 pose les règles quant au contrôle de sa compétence par le juge. Art. si le règlement ne donne compétence à aucune juridiction. l’art. §2 : Le régime de la compétence L’art. l’art. dans des procédures relative à la responsabilité parentale. il doit.8 dispose que le principe est la compétence des juridictions de l’Etat membre de la résidence habituelle de l’enfant. En revanche.76 - .11 → l’enlèvement d’enfant intra-communautaire.

Le jugement constitue une situation juridique qui ne peut être purement niée pour les parties. en France. un droit acquit. plus ou moins précise.Titre 3 Le conflit de juridiction Partie 2nd Les effets en France de jugements étrangers Chapitre 1 Le droit commun Champ d’application de plus en plus restreint avec l’avancé du droit européen. Régime intermédiaire de la reconnaissance. afin de sauvegarder leur sécurité juridique. Les jugements étrangers. soustrait à la compétence judiciaire. Section 2 La gradation des effets des jugements étrangers Il existe trois catégories de gradations. qui n’a aucun pouvoir de contrainte en France. sans qu’il soit nécessaire de les soumettre à une procédure spéciale.77 - . constitutifs ou déclaratifs. patrimoniaux ou extra-patrimoniaux. mais il se peut que ces actes soient. des individus déterminés. prononcé au nom d’une souveraineté étrangère. → Décision de droit privé : décision statuant en matière civile et commerciale au sens large (englobant le droit du travail). fiscal. à l’étranger. 509 et 1498 NCpc). trois catégories d’effets. Ces effets sont admis sans condition car il n’est pas nécessaire d’établir la régularité internationale du jugement. ni à l’exercice de la puissance publique étrangère. et ne semble alors plus appartenir à la matière juridictionnel. ayant un caractère juridictionnel. §1) Les effets admis d’emblé et sans condition pour tous les jugements étrangers Càd que les jugements produisent ces effets. mais dont sont exclu les décisions d’ordre pénal (uniquement l’aspect pénal). Section 1 La notion de jugement étranger Un jugement étranger est une décision de droit privé. Mais. se sont aussi les actes reçu par les officiers publics étrangers et les sentences arbitrales étrangères (art. ou administratif. requièrent l’intervention d’un juge et ont clairement un caractère juridictionnel. → Caractère juridictionnel : certains actes. Cela concerne tous les jugements. Un jugement étranger émane d’une souveraineté étrangère. Sont soumises à l’exequatur les décisions gracieuses. car les tribunaux français ne doivent pas prêter la main aux systèmes étrangers de répression. → Au nom d’une souveraineté étrangère : peut importe le lieu ou l’autorité . pour qui le jugement étranger est une base de prévision. tel que l’instance en exequatur. rendues par des autorités exerçant une fonction que le droit français réserve à l’autorité judiciaire. seul importe que la décision soit rendue par une autorité investie d’un pouvoir juridictionnel par une souveraineté étrangère (peut importe que cet Etat soit reconnu ou non). ou contentieuses. Le fait . le jugement étranger intéresse les parties au litige. Tous les jugements étrangers ont un effet de fait : càd que l’existence du jugement étranger est un fait dont la réalité et les conséquences matérielles ne peuvent pas être niées.

et exclusivement. Un jugement étranger condamne une personne à payer sa dette. Arrêt De Wrede du 9 mai 1900. en matière d’adoption. Ex. le fait que certaines condamnations pénales étrangères ont été prononcées contre l’étranger. une mesure conservatoire. reconnaissance de plein droit sous condition de régularité internationale : « une adoption régulièrement prononcée ». rendu à l’étranger en matière d’état et de capacité des personnes. Celle-ci est présumée. constitutifs ou déclaratifs. pose la règle spéciale en France des décisions étrangère d’adoption. un créancier de pratiquer. il peut être invoqué comme preuve des faits qu’il constate. la régularité va alors être contrôlée par un tribunal.78 - . Tous les jugements étrangers ont une force probante : le jugement constate certains faits. il n’est pas nécessaire de mettre en œuvre une procédure spéciale tel l’exequatur. mais à la condition de la régularité internationale du jugement étranger Cela ne concerne que les jugements extra-patrimoniaux. identiques aux conditions d’exequatur (voit infra). et l’on reconnaît la modification que celui-ci apporte au rapport de droit considéré. ou pour motiver ses prétentions : le juge français ne peut faire produire de conséquence au jugement étranger que s’il contrôle la régularité internationale du jugement. la CCass a permis. en France. Cela concerne aussi les jugements patrimoniaux constitutifs : ces jugements sont reconnus de plein droit. mais ils sont. ou établi avec certitude. en revanche. dont le précédent mariage avait été déclaré nul par un jugement allemand. car « l’état des personnes ne peut demeurer incertain ». de se remarier en France. constitue un titre permettant à un étranger. Tous les jugements étrangers ont un effet de titre : le jugement étranger peut servir à justifier d’un titre déclenchant des conséquences juridiques qui sont attaché par une norme émanant d’un autre ordre juridique. efficace). Ex. soit une action en opposabilité (établit que le jugement est régulier. §2) Les effets admis d’emblé. « Action en exequatur à toutes fins utiles » Le contrôle est réalisé par la vérification de conditions. mais elle peut être contestée. Arrêt Bulkley du 28 février 1860. sans que le jugement de divorce ait reçu l’exequatur. Ils sont pourvus de l’autorité négative de chose jugée. càd qu’un plaideur invoque le jugement étranger au cours d’une instance française pour former une exception de chose jugée. subordonné à la régularité internationale du jugement. Art. Ces effets sont admis d’emblé.qu’un jugement étranger fut prononcé dans un pays donné est source de certaines conséquences juridiques dans d’autres systèmes juridiques. Soit un contrôle à titre principal. inefficace). Il a alors la valeur d’indice de présomption pour le juge français. art21-23 Cciv admet comme obstacle à la naturalisation d’un étranger. la CCass a admis la validité du mariage contracté en France par une personne de nationalité Russe. Soit un contrôle de manière incidente.370-5 Cciv. càd qu’une personne agit directement. . pour faire contrôler la régularité du jugement étranger : soit une action en inopposabilité (établit que la décision est irrégulière. à une étrangère régulièrement divorcée dans son pays.

la CCass fixe 5 conditions à l’exequatur. Pour accorder l’exequatur. n’attribue pas compétences exclusive aux tribunaux français. Arrêt Bachir du 4 octobre 1967. aux jugements patrimoniaux déclaratifs. §2) La conformité à l’OPI Cela concerne l’OPI procédural. elle produit les effets de l'adoption simple. Arrêt Cornelissen du 20 février 2007. la reconnaissance : autorité négative de chose jugée et la reconnaissance de la modification du rapport de droit. à tous les jugements. en sollicitant la force publique. le juge français doit s’assurer que 3 conditions sont remplies : la compétence indirecte du juge étranger fondée sur le rattachement du litige au juge saisi. la CCass restreint à 3 conditions (suppression que la loi appliquée au litige est la même que la loi qu’appliquerait le juge français). Arrêt Munzer du 7 janvier 1964. la conformité à l’ordre public international de fond et de procédure. et l’absence de fraude à la loi. Lorsque la règle française de compétence internationale n’attribue pas une compétence exclusive aux juridictions française. la force exécutoire. . » §3) Les effets subordonnés à l’exequatur L’exequatur confère. à celui qui se prévaut de la décision étrangère. la CCass réduit à 4 conditions. A défaut. Càd que l’exequatur donne. la possibilité de faire exécuter cette décision en France. mais au regard du droit étranger ? au regard du droit français ? L’on vérifie par rapport à des règles françaises résultant de l’arrêt Simitch du 6 février 1985. et l’OPI substantiel (valeurs substantiels au for). l’exequatur peut être accordée sous certaines conditions : le litige se rattache de manière caractérisé au pays dont le juge a été saisi (proximité). ou en matière de voie d’exécution pratiquée en France. donne compétence exclusive au juge français : l’exequatur doit être refusé.« L'adoption régulièrement prononcée à l'étranger produit en France les effets de l'adoption plénière si elle rompt de manière complète et irrévocable le lien de filiation préexistant. §1) La compétence du tribunal étranger Doit-on vérifier la compétence internationale ? la compétence interne ? L’on ne s’intéresse ici qu’à la compétence internationale. la CCass considère que « toutes les fois que la règle française de conflits de juridictions. hors de toutes conventions internationales. §3) L’absence de fraude à la loi Une condition dont l’importance n’a cessé de se renforcer depuis l’arrêt Bachir. et que le choix du juge n’est pas le fruit d’une manœuvre frauduleuse. L’exequatur confère. le tribunal étranger doit être reconnu compétent si le litige se rattache d’une manière caractérisée au pays dont le juge a été saisi et si le choix de la juridiction n’a pas été frauduleux » Lorsque la règle française de compétence internationale directe. C’est le cas pour les litiges réels ou successoraux concernant un immeuble situé en France. Section 3 Les conditions de l’exequatur L’exequatur a fait l’objet d’une grande évolution jurisprudentielle.79 - .

. l’exequatur ne s’étend pas au-delà de ce qui fut jugé à l’étranger (impossible de présenter des demandes additionnelles ou reconventionnelles). le juge peut n’accorder qu’un exequatur partiel couvrant certains chefs de la décision. Mais si le défendeur n’a ni domicile ni résidence en France. Pourvu que ce choix respecte l’administration d’une bonne justice. Elle doit être distinguée d’une instance directe ayant le même objet que l’instance étrangère d’origine. L311-11 Coj). Mais cette décision ne fait pas obstacle à une demande au fond. pour obtenir un jugement le plus proche de celui accordé à l’étrange. §2) Les effets de la décision rendue Si le TGI accorde l’exequatur. Elle fait dons obstacle à une nouvelle demande d’exequatur entre les parties. et plus précisément le TGI statuant à juge unique. à la seule condition de veiller à une certaine cohérence (ne pas séparer deux parties inséparables dans le jugement étranger).80 - . la décision a autorité de chose jugée entre les parties. le juge de l’exequatur ne peut pas modifier le dispositif du jugement étranger. d’une décision étrangère. §1) Le tribunal compétent pour l’instance d’exequatur A) Compétence matérielle Sont compétent les tribunaux civils. intenté en France. Si la décision rejette l’exequatur. 42 et 43 du Cciv. le demandeur peut saisir le tribunal de son choix. En revanche. elle a pour objet de permettre l’exécution. en France.Section 4 La procédure d’exequatur La procédure d’exequatur est une instance propre. C’est une compétence exclusive du juge français (art. B) Compétence territorial Le tribunal du défendeur est compétent par application des art.

81 - . → Est interdite la révision au fond.34). §1 : Les conditions de la régularité Le règlement envisage les différents motifs de refus de reconnaissance de l’exécution dans les art. par exception cet article prévoit que certains jugements puissent s’appliquer. provisoire ou susceptible d’un recours. étrangère au champ de la convention.27). La Convention de Bruxelles admettait. nécessitant une procédure formelle pour faire déclarer le jugement exécutoire : l’autorité saisie doit déclarer la décision exécutoire dès lors que les pièces du dossier sont réunies. B) Un motif de refus exceptionnellement autorisé La compétence indirecte du juge de l’Etat d’origine peut. à peu près de même.Chapitre 2 Le droit d’origine communautaire Section 1 Le règlement Bruxelles I Objectif : simplifier les procédures.34 à 36. Le juge n’est amené à se prononcer sur la régularité qu’en cas de contestation. dans un litige interne ou international. Il n’est pas nécessaire que la décision contrôlée soit définitive. qui consisterai pour le juge de l’Etat requit à vérifier que le juge d’origine n’a pas commis d’erreur de droit ou de fait dans la solution du litige. A) Les motifs de refus interdits Le juge de l’Etat requit ne peut s’en prévaloir afin de déclarer le refus de reconnaissance. à l’occasion d’une question accessoire rentrant dans le champ de la convention (art. Art. il en va .66§2 : les décisions rendues sur le territoire d’un Etat membre sur une action intentée avant l’entrée en vigueur du règlement. en principe. mais seulement des décisions rendues dans des matières traitées du règlement (civile et commerciale). exceptionnellement. Le règlement s’applique à toutes décisions judicaires émanant d’une juridiction d’un Etat membre de l’UE. cette compétence n’a pas à être vérifier : peut importe qu’elle . Le règlement repose sur la distinction entre reconnaissance et exécution des jugements étrangers. Une décision ne peut être repoussée au motif que la loi ne serait pas compétente. exceptionnellement. Mais. → Est interdit la compétence de la loi appliquée au fond n’a pas a être vérifiée.66§1). en principe. Applicable aux actions judiciaires intentées et aux actes authentiques reçu après le 1 er mars 2002 (art. pour l’exécution d’un jugement. justifier un refus. créer un espace judiciaire européen. Le juge de l’Etat requit doit sursoir à statuer si la décision est frappée d’un recours dans son Etat d’origine (art. le contrôle de la loi appliquée selon les règles de l’Etat requit dans le cas où le juge étranger avait statué dans une matière. La reconnaissance est accordée de plein droit (contestation possible).

34 autorise le refus. afin de trancher ce litige. la juridiction saisie de l’action nouvelle est compétente pour procéder au contrôle de la régularité. . celle-ci étant simplement présumée. en temps utile et de telle manière qu’il puisse se défendre. lié à une condamnation pénal par contumace : « si le contenu des valeurs d’OP est définit par les Etats membres. manifeste. de reconnaissance ou d’exécution. Elle bénéficie donc de l’autorité négative et positive de la chose jugée. Cette action est si proche d’une action en exécution qu’elle est soumise à sa procédure (art. 1re Civ.une violation des règles particulières prévues en matière d’assurance et de contrat passé par les consommateurs (pas le travail !).33 §2). qui émane d’un Etat membre. soit avec une décision redue entre les mêmes parties dans l’Etat requit. §2 : Les procédures de vérification A) La reconnaissance La décision. la contrariété. Il est donc possible de contesté la régularité de la décision. de reconnaissance ou d’exécution. leur liberté d’appréciation s’exerce dans les limites fixées par la CJCE ». par voie incidente ou par voie principale. Le contrôle par voie principale. alors qu’il était en mesure de la faire. est ouvert à tout intéressé. ‫ ﮭ‬Art. Dans le deuxième cas. de la décision à l’ordre public (de fond et procédural 32) de l’Etat requit. Dans le premier cas. 32 CCass. le règlement ne distingue pas entre les différentes dates des jugements. bénéficie de plein droit de la reconnaissance. à moins que ce défendeur n’ai pas exercé de recours. ou une action principale en reconnaissance d’une décision étrangère. Cette reconnaissance est tout de même subordonnée à la régularité de la décision. Il semble donc qu’il soit nécessaire de revenir au droit interne.71) et peut importe qu’elle heurte l’ordre public de l’Etat requit (art. 16 mars 1999 : contraire à l’OPI un jugement UK condamnant un plaideur français à des frais de procédures. arrêt Pordéa. Par exception.34 admet comme motif de refus.34 autorise à repousser une décision qui serait inconciliable. dans lequel un juge allemand refusa de reconnaître un jugement français de condamnation à des DI. du juge saisi. art. … sauf l’exécution forcée. le juge de l’Etat requit peut contrôler la compétence du juge originaire. d’un montant très élevé.35 §3). ne s’impose que si elle est susceptible de reconnaissance dans l’Etat requit.repose sur une compétence internationale particulière (art. soit avec une décision rendue antérieurement dans un Etat tiers ou un autre Etat membre. Confirmé par l’arrêt Krombach de la CJCE du 28 mars 2000.82 - . de la décision dont l’acte introductif d’instance n’a pas été signifié ou notifié au défendeur défaillant. pour sanctionner : . alors que sa demande ne fut pas examinée. ‫ ﮭ‬Art.une violation des règles de compétences exclusives . Il est aussi possible d’agir en inopposabilité contre une décision rendue dans un Etat membre. la décision 1ère en date. C) Les motifs de refus possible ‫ ﮭ‬Art. 35 §1. Le contrôle par voie incidente survient lorsqu’une partie au litige oppose l’autorité de chaos e jugé.

64 al2 précise que le règlement peut s’appliquer à des décisions rendues après son entrée en vigueur. la demande en exécution prenait la forme d’une requête unilatérale.83 - . par un regard aux pièces de la requête. mais à un simple contrôle de la régularité formelle de la requête. réuni les conditions nécessaires à sont authenticité (possible traduction certifiée). il y a un recours unilatéral devant le greffier en chef du TGI. L’autorité de l’Etat requit.26). . la juridiction ayant statué.23 a adapté les motifs de refus à cette matière spéciale : . ou l’exécution. portée devant le président du TGI. l’art. Dans le règlement. le nom des parties ayant bénéficié de l’aide juridictionnel. et la juridiction saisie vérifiait que la décision étrangère ne se heurtait à aucun motif de refus de reconnaissance. le règlement distingue selon que la décision soit rendue en matière de désunion ou de responsabilité parentale. l’enfant n’a pas eu la possibilité d’être entendu (sauf urgence). la date de la décision.Certificat délivré par la juridiction d’origine (en annexe du règlement).25). en violation des règles fondamentales de l’Etat requit. mais dont les actions ont été intentées avant. l’art. eu égard des intérêts supérieurs de l’enfant. et s’il elle déclare la décision étrangère exécutoire : elle est aussi signifiée à la partie envers laquelle l’exécution est demandée. Champ d’application temporel : le règlement s’applique aux actions intentées après son entrée en vigueur. la CA vérifiera la régularité de la décision en application des art. devant contenir : . ainsi que l’affirmation du caractère exécutoire de la décision dans l’Etat d’origine.B) L’exécution Dans la convention de Bruxelles.24). interdiction du contrôle de la loi applicable d’origine (art. mais l’art. §1 : Les conditions de la régularité Les motifs de refus.Une expédition de la décision. la date de la signification. interdit que dans le règlement Bruxelles I : interdiction de la révision au fond (art. qui ne procède plus à un examen de la décision étrangère. En cas de désunion.34 à 36. et interdiction de refuser sur le fondement de l’incompétence du juge de l’Etat d’origine (art. Les motifs de refus possible. Ce n’était qu’en cas de recours que la reconnaissance devenait contradictoire. si. En cas de responsabilité parentale. Section 2 Le règlement Bruxelles II bis Règlement applicable à la reconnaissance. énumérés dans le règlement. permet d’identifier l’Etat d’origine.contrariété manifeste de la décision à l’OP de l’Etat requit. Cette décision est portée à la connaissance du requérant. Un recours est possible devant la CA dans un délai d’un mois à compter de la signification (2 mois si la partie contre laquelle l’exécution est demandée est domiciliée dans un autre Etat membre). peut délivrer une déclaration constatant la force exécutoire de la décision. . . ou d’exécution.22 reprend les mêmes motifs de refus que le règlement Bruxelles I. émanant d’un Etat membre statuant sur des matières relevant de son champ d’application : la désunion et la responsabilité parentale. de reconnaissance ou d’exécution.la décision peut être repoussée.

ou notification. reprenant le système de la Convention de Bruxelles : 1° La procédure est unilatérale. Cette partie demande au juge que la décision ait force exécutoire sur le territoire de l’Etat requit. n’a pas été entendue dans la procédure. en matière de responsabilité parentale.si la décision étrangère est inconciliable avec une décision rendue. . dans l’Etat membre requit. 2° La décision rendue par le juge (acceptant ou refusant l’exequatur) peut faire l’objet d’un recours devant la CA avec une procédure contradictoire.la défaillance du défendeur par défaut de notification.Reconnaissance de plein droit . ultérieurement. ou un Etat tiers dans lequel l’enfant réside habituellement. la personne intéressée forme une requête devant le président du TGI de la résidence habituelle de la personne contre laquelle l’exécution est demandée. Celle-ci est organisée par le règlement. à défaut. de l’acte introductif d’instance. dans un autre Etat membre.Contestation par voie incidente. Le juge vérifie qu’il n’y a pas de motifs de refus. . pourra être mise à exécution dans l’Etat requit. qui estime que la décision fait obstacle à l’exercice de sa responsabilité parentale. ou principale B) L’exécution Une décision exécutoire dans l’Etat d’origine. après une procédure simplifiée d’exequatur. du lieu d’exécution.. ayant été signifiée ou notifiée.84 - .lorsque la personne. ou de l’enfant concerné. . §2 : La procédure de vérification A) La reconnaissance Mêmes principes que dans le règlement Bruxelles I : . dès lors qu’elle ne se heurte à aucun motif de refus. ou.

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