Cours de droit international public

Le droit international est l’ensemble des règles juridiques régissant le fonctionnement de la société internationale. C’est un Droit qui s’applique à une réalité en perpétuelle évolution, qui a connu et connaît des mutations constantes. Ce n’est donc pas un Droit fixe. La société internationale a changé en profondeur. Elle a changé par sa composition. La société internationale de 2006 est profondément différente de la société internationale de 1945. On est passé d’une société interétatique où il y avait très peu d’organisation internationale à une société qui compte des Etats, des organisations internationales, mais aussi des ONG puissantes qui jouent un rôle sur la scène internationale, qui font pression, et des grands acteurs économiques, qui sont généralement des grandes entreprises multinationales qui ont une puissance financière comparable à celle d’un Etat. Le développement des moyens de communication, comme Internet et les médias, sont des acteurs qui jouent un rôle important sur la scène internationale. Internet permet, à très grande échelle, une diffusion dans le corps social. Section I : Les origines du droit international § 1 : Le droit international avant l’Etat moderne L’Etat moderne voit le jour à la fin du moyen âge. Il existait des entités pré étatiques qui se rapprochaient des Etats dans le concept. A partir du moment où elles se mettaient en rapport elles se devaient d’établir des règles, que ce soit des rapports amicaux ou conflictuels. La maîtrise du territoire est l’un des moteurs du Droit international. Le premier traité international remonte à -3000 avant J.C en Mésopotamie où 2 cités s’affrontent et trouvent un accord. Dans l’esprit commun, ces accords sont conclus pour être respectés. Il a fallu mettre en place des règles juridiques qui régissent le recours à la force, mais aussi à l’encontre des citoyens étrangers. C’est l’apparition du principe d’immunité des “ diplomates ” (terme anachronique pour l’époque), qui représentaient les Etats étrangers. La chute de l’empire romain plonge l’Europe dans une période de barbarie, qui marque une régression dans les règles qui régissent les relations internationales. Les règles existantes ne s’appliquent plus, il faut attendre le 11e siècle pour que le monde renoue avec ces règles minimum. 2 puissances vont contribuer à la réinstauration de ces règles :

Le Pape, qui est une puissance religieuse mais qui se veut omnipotente. C’est le chef de l’église mais aussi un chef d’Etat. Il tente d’établir un ordre spirituel mais aussi un ordre terrestre, temporel. Le saint empereur germanique qui souhaite aussi contrôler l’ordre terrestre.

Il y avait une concurrence entre ces puissances. L’autorité de l’empereur a été contestée par les princes vassaux et par le pape qui le menaçait d’ex communion, ainsi que tout le peuple.

La société internationale va connaître sa première grande mutation avec la fin du moyen age et le début de la renaissance. Les règles internationales sont améliorées. On voit l’apparition des premiers ministres des affaires étrangères, c’est la naissance de la diplomatie. C’est le début du commerce international bien que cela reste assez limité. § 2 : Les origines directes du droit international moderne Il est difficile de procéder à une datation précise du droit international. Il est probablement lié à l’apparition de l’Etat moderne. L’Etat souverain est tiraillé entre des pulsions contradictoires. 1. La naissance des Etats souverains La souveraineté est le fondement de l’Etat moderne, c’est la condition substentielle de l’Etat. Cette idée émerge au XV°. En France, Louis XI décide de se libérer de la tutelle du Pape et de l’empereur pour être souverain en son royaume. C’est une démarche qui a des conséquences concrètes. La priorité était de maîtriser le territoire, de le placer sous l’autorité de l’Etat. Cela conduit à se doter de certains éléments de puissances, comme l’administration qui relaie les instructions, comme un gouvernement sur lequel le roi s’appuis. L’Etat qui s’incarne en la personne du roi incarne le monopole de la contrainte. La rupture du lien religieux à la faveur de la réforme luthérienne va accélérer le processus. Luther plaidait pour l’émergence d’un pouvoir politique émancipé de la tutelle du Pape. On assiste à l’affirmation de la souveraineté des Etats face au pape et à une sécularisation des pouvoirs. C’est la conjonction de 2 phénomènes : la volonté des dirigeants et un courant intellectuel rendent possible cette émergence. Jean Bodin fournira à la monarchie française une doctrine qui repose sur l’idée de souveraineté comme critère essentiel de l’Etat. Il considère que le meilleur remède pour lutter contre le chaos tiens par le renforcement de l’autorité de l’Etat, qui est le seul qui pourra assurer la protection de l’intérêt du plus grand nombre face aux intérêts particuliers et aux intérêts des étrangers. L’Etat doit être capable d’édicter des lois, de les faire respecter y compris par la contrainte. Sa souveraineté doit être absolue, incontestable, inaliénable. Il considère que son autorité doit être continue, elle ne disparaît pas avec la mort du roi. Il y a une certaine déconnection entre l’Etat et le roi. L’Etat n’est plus la chose du prince, il devient un sujet du droit international public qui a des droits et des devoirs. L’Etat doit assurer le bien être de ses citoyens. On voit apparaître la notion de raison d’Etat : défense de l’intérêt général coûte que coûte. Le cardinal de Richelieu est le grand théoricien de la raison d’Etat. La souveraineté conçue comme cela a une tendance à provoquer des conflits, c’est pour cela que durant cette période on assiste à des guerres incessantes, qui sont des guerres d’affirmation de la souveraineté. En 1648, les grandes puissances européennes concluent le traité de Westphalie, qui va contribuer à structurer le monde jusqu'à 1914. Il sera complété par le traité d’Utrecht, qui va conduire les grandes puissances européennes à définir le principe d’équilibre. On considère que la guerre est un monde normal de relation, que l’on privilégiait par rapport à la diplomatie. Ces traités définissent le principe de l’équilibre, qui sera valable jusqu’en 1914 : La guerre n’est pas interdite mais toute conquête territoriale doit être compensée par une riposte.

La société européenne va alors rester à peu prés stable, les frontières resteront à peu prés les mêmes. La conjonction entre ce principe et des facteurs techniques font que les choses se sont plus ou moins stabilisées, mais de manière relative, puisque les affrontements continuent sans qu’il y ait de déséquilibre, car on ne dispose pas d’outil militaire pour faire la différence de manière substantielle. 2. La construction doctrinale du droit international public On assiste à une laïcisation et à une rationalisation progressive du DIP. Les premières réflexions contemporaines sur le droit international interviennent au moment de la conquête des amériques. On commence à réfléchir à un corps de règles pour régir les relations entre puissances coloniales et colonies. On se demande si les indiens d’Amérique sont des hommes : si oui, on peut traiter avec eux, sinon, on peut les massacrer. Les Etats souverains ne peuvent pas se concevoir comme des entités déconnectées de leur milieu. Cette communauté est régulée par un certain nombre de principe. Grotius (intellectuel néerlandais du 17°s) est l’un des pères fondateur du droit international moderne. Il considère que la puissance souveraine est celle dont les actes sont indépendants de toute autre volonté supérieure. Mais, la raison doit conduire les sujets qui vivent les uns à coté des autres à mettre en place des règles pour vivre en harmonie, et donc limiter la souveraineté. Il développe une vision sociétaire de la vie internationale. Les Etats vivent en société, et donc ils doivent s’astreindre à un certain nombre de devoirs. Chez Grotius, le droit naturel se rationalise. Il s’attache à distinguer le droit naturel et le droit volontaire. Le droit naturel dépasse la volonté des Etats. Le droit volontaire procède de la volonté des sujets, droit que les Etats vont se donner et établir dans des conventions internationales. Le droit volontaire doit être conforme aux exigences du droit naturel. Dans l’ouvrage Droit de la guerre et de la paix (1625), il réfléchit sur le recours à la force, qu’il considère comme un moyen légitime de départager 2 Etats, faute d’une autorité supérieure. Mais on ne peut pas accepter le recours à la guerre en toute circonstance, il faut recourir à une guerre “ juste ”. Le fait de repousser une injure justifie le conflit. L’Etat ne peut pas recourir à la force de manière arbitraire. Aujourd’hui les Etats ne peuvent recourir à la force que pour se défendre. La charte des Nations unies, article 51, parle de droit naturel de légitime défense. Vattel, juriste suisse de la première moitié du 18e, est le premier positiviste. Il va essayer de débarrasser le droit international du droit naturel. Pour lui, il faut tenir compte des réalités : comme les Etats sont souverains et que leur souveraineté est absolue, chacun définit seul ce que ses devoirs exigent. Personne ne peut obliger un Etat. Le seul devoir qui existe c’est le devoir volontaire, ce sont les intérêts de l’Etat qui le commande. Les Etats vont traiter les uns avec les autres, mais ils sont seuls juges de leurs intérêts. Selon lui il n’y a pas de guerre juste, puisque toute guerre conduite par un Etat est juste. Ce qui est injuste c’est la guerre clandestine. L’Etat se doit de déclarer la guerre. On voit au 18e se mettre en place une société internationale simpliste : les Etats sont également souverains. Ils sont seuls maîtres de la société internationale. Il n’y a pas de pouvoir politique supérieur à celui des Etats. Cette société génère un droit purement interétatique, qui ne ménage aucune place aux individus. Jusqu’en 1945, les seuls sujets de DIP sont les Etats. La guerre est considérée comme un pouvoir discrétionnaire, la seule exigence est une déclaration de guerre en bonne et due forme. § 3 : Du droit interétatique au modèle onusien

A. Le renforcement constant du phénomène étatique La société internationale qui existe pendant le traité de Westphalie est une société très simple (euro centrée), constituée d’une vingtaine d’Etats. Cette société vie dans une dialectique qui oppose le monde civilisé au reste. Elle va essayer de porter la civilisation dans les régions où elle n’existe pas : c’est la colonisation. Dans ce contexte on va voir l’Etat se renforcer constamment. Emergence du principe de nationalité. Les peuples coloniaux veulent se débarrasser de la tutelle coloniale. On constate un renforcement constant de l’Etat. 2. Les tentatives d’adaptation du schéma interétatique On assiste dés la première moitié du 19e à des tentatives de dépassement de ce schéma, notamment à cause des ravages que cela a causé. Les monarchies vont mettre au point une organisation continentale pour éviter que d’autres guerres se déclarent : naissance de la sainte alliance. Le concert européen lui succède. Ce sont les premières ébauchent de l’organisation européenne. La première moitié du 19e voit les Etats lancer des unions comme les unions administratives. Des dossiers sont traités plus facilement en coordination, comme le courrier postal. On voit se dessiner les contours du fonctionnalisme. L’inter étatisation va être dépassé par le concept de l’organisation internationale. Jusqu'en 1914 on est dans une configuration résultant du traité de Westphalie. La grande guerre est le tournant. Nixon, en février 1918, évoque la nécessité de créer une organisation internationale universelle. La société des nations voit le jour en 1919, mais elle ne met pas en place un système de sécurité collective. La guerre reste autorisée. Elle veut la paix par le Droit, mais elle ne s’en donne pas les moyens. Elle sera incapable face aux grandes crises des années 20 et 30. Elle compte moins d’Etats en 39 qu’à sa fondation. Cette première expérience sert de source d’inspiration en 1945. Elle a permis la réalisation de progrès dans des domaines divers (travail, santé). Les grandes puissances vont porter une organisation, un projet d’organisation, qui vise à empêcher la réédition d’un conflit mondial. On met en place un mécanisme de sécurité collective. Les Etats sont invités à renoncer à leur droit de recourir à la force en proposant d’autres garanties. La charte des Nations unies était prometteuse mais depuis 1945, on constate que le conseil de sécurité n’a pas pu exercer son rôle. Section 2 : Le droit international entre mythe et réalité 1§ Un droit improbable L’existence du droit international est sujette à caution. Si on compare DIP et Droit interne, la comparaison n’est pas avantageuse pour le DIP : le droit interne porte un ordre juridique, ce qui n’est pas le cas pour le droit international. Il n’y a pas d’organe supérieur. La société internationale n’est pas assez organisée. Le droit international est, pour certains, une collection de principes politiques, le reflet d’un rapport de force qui s’établit à un moment donné (théorie positiviste de Raymond Aaron).

Il y a des éléments qui permettent de dire qu’il existe. Il y a des normes juridiques qui sont applicables dans cet espace. Les normes qui ont trait à la responsabilité ou l’utilisation de l’espace… Dans l’esprit des dirigeants, le DIP est une réalité : beaucoup de traités sont signés, les organisations internationales fonctionnent et génèrent du Droit. Les mécanismes de sanctions existent, mais ils ne sont pas mis en œuvre. Il y a un sentiment d’obligation de la part des sujets du droit international. Les rapports de force qui structurent le droit international sont contre balancés par les exigences juridiques. Il n’y pas de juges au sens que l’on l’entend en droit interne. La compétence de la cour internationale de justice est facultative car il faut que les pays l’aient accepté. Il existe une cour pénale internationale créée par la convention de Rome, de 98, mais elle n’est pas comparable au juge interne.

2§ Un droit indispensable Un Droit utile : Le professeur Prosper Veil considère que le DI est irremplaçable. Le monde sans les organisations internationales serait un retour à l’état de sauvagerie. Le droit international est un instrument qui permet de gérer cette tension permanente à laquelle les relations internationales sont soumises. Il faut réussir à articuler des intérêts divergents, avec la nécessité de servir un intérêt commun. Les Etats ont leurs intérêts mais ils doivent en permanence trouver le point d’équilibre entre leurs intérêts et l’intérêt de tous. Il sert l’intérêt commun en garantissant une certaine indépendance des Etats. Même si l’idée que les Etats puissent être indépendants les uns des autres est une utopie. Les instruments normatifs internationaux se sont multipliés de manière exponentielle après la seconde guerre mondiale. Ce développement quantitatif ne peut pas être déconnecté de l’aspect qualitatif des choses. Les Etats ont pris conscience de leur interdépendance mutuelle, ils doivent compter les uns avec les autres. Les traités se sont donc multipliés. De plus, la cœxistence pacifique est mise en avant et avec cela, la mise en place de règles de droit. Il n’y a plus de domaines qui échappent au droit international. Il va s’appliquer aussi bien à des problèmes politiques classiques qu’à des problèmes d’ordre sociétaux. On assigne à l’ordre international des fonctions nouvelles alors qu’avant son objectif était la conservation de l’ordre public international, en encadrant le recours à la force sans l’interdire. On est passé d’un système basé sur la conservation, à un système basé sur la transformation de la société internationale. Il doit être fait pour protéger les faibles contre les plus puissants. Ce discours politique qui conduit à favoriser une vague de décolonisation, sera relayé par un autre discours, à savoir à quoi sert l’indépendance si elle n’est pas suivie par une autonomie économique. Le nouvel ordre politique amène un nouvel ordre économique. Plus le droit international voit son champ s’étendre plus les règles se multiplient. Ses règles doivent être douées d’une élasticité, elles doivent être adaptables car elles ont vocation à s’appliquer à différentes situations. Il faut aménager des mécanismes d’adaptation. Les traités facilement révisables seront facilement applicables car ils évoluent avec les Etats.

C’est un monisme avec supériorité du droit international. Dans cet ordre juridique on doit considérer que certaines normes priment sur d’autres. Ce n’est plus la convention internationale qui s’applique mais la loi nationale. Il n’y a pas d’immédiateté dans l’application du droit international. qui ne fait que rependre les termes de la convention. 3§ L’autorité encore fragile du droit international 1. Il n’existe pas de mécanisme d’harmonisation du système lui même. Il n’y a pas de contacts qui soient voulus. la Grande Bretagne… Le dualisme postule la stricte séparation entre l’ordre juridique international et l’ordre juridique interne. Il n’y a pas de règle internationale qui procède de la volonté des sujets. sauf pour faire signer un traité de paix ou . pour savoir quelle priorité donner et à quelle norme. c’est un droit qui est considéré par beaucoup comme supérieur aux droits nationaux. ou d’une autre véhicule normatif. Ce n’est pas un système très sécurisant car le législateur fait ce qu’il veut. 2. Les régions s’organisent et regroupent leurs forces. Le principe de primauté : Le droit international a une autorité. Il n’y a pas d’autorité centrale qui hiérarchise les normes. Le fondement mal assuré de l’autorité du droit international Certains considèrent que l’autorité du droit international dépend de la volonté des Etats. Il y a une multiplication des ordres spécialisés. Chacune des organisations va générer un ensemble de règles spécialisées. L’autorité de ces traités est conditionnée par l’acceptation des Etats. Il faut introduire le droit international dans l’ordre juridique interne. qui prône la hiérarchisation des normes. au moyen d’une loi interne. La convention engage l’Etat en tant que tel. La théorie du monisme : théorie qui postule l’unité de l’ordre juridique.Régionalisation et spécialisation du DIP : On voit émerger des ordres juridiques partiels. Il n’existe pas de mécanisme pur et parfait. Aucun de ses systèmes ne s’appliquent totalement et uniquement. Depuis la seconde guerre mondiale on a vu se multiplier les exemples d’intégration régionale. L’ordre international global imparfait comprend les ordres juridiques partiels qui sont régionalisés et spécialisés. On ne peut pas contraindre à signer un traité. et les conflits de normes. Ce sont 2 sphères étanches l’une par rapport à l’autre. On constate qu’il y a 2 types d’analyses possibles : La théorie de dualisme : théorie pratique. appliquée par des Etats européens comme l’Italie. Le droit international va s’appliquer de manière immédiate sans avoir à être transformé par le droit national. il peut revenir sur les engagements internationaux. il n’y a pas d’uniformité des règles. C’est l’approche de Kelsen.

La sécurité juridique suppose la certitude des situations juridiques. Toutes les sources se valent en droit international. et donc les actes unilatéraux qui procède de la volonté des Etats prennent une place importante. plus proches du système interne. mais ce principe ne résiste pas à l’observation. Elle donne quelques indications intéressantes. organisé. Le droit international ménage une place importante à la volonté. à la coutume internationale. Il renvoi aux traités. La coutume est une source importante en droit international mais elle est difficile à appréhender. La volonté est très importante en droit international. Les individus doivent s’appuyer sur des normes stables. qui sont insusceptibles de modifications et s’appliquent à tous les Etats. la norme c’est la substance. Cependant il manque les actes unilatéraux. Il existe probablement une hiérarchie des normes en droit international. On ne peut pas mettre sur un même plan l’interdiction de l’esclavage ou du génocide et une obligation du droit du commerce. On relève ce phénomène en droit européen. Il faut faire une distinction entre source et norme. Parfois les volontés individuelles convergent de telle manière qu’une volonté commune s’exprime. Les sources formelles constituent le droit positif international. On parle parfois de normes impératives. Cela entraîne la relativité du droit international et son instabilité. mais aussi aux principes généraux communs aux nations civilisées (terme un peu anachronique). qui n’est pas encore établis mais dont les sujets en tiennent compte. Le traité n’est pas supérieur à la coutume ou aux actes unilatéraux. Première partie : L’étude des sources du droit international Distinction entre les sources matérielles et les sources formelles _ Les sources formelles sont les procédés techniques _ Les sources matérielles sont les sources qui renvoient aux réflexions qui ne sont pas juridiques mais qui conduisent à une source formelle. c’est le droit applicable. C’est un droit dans lequel on va aussi tenir compte des grandes tendances juridiques qui renvoient à un droit en devenir. Si on raisonne par analogie il y a une correspondance en droit national entre hiérarchie et source. La source c’est le moyen. Il n’y a pas de circonstance qu’un Etat puisse se dégager de ces droits impératifs. donc il y a des normes qui génèrent des exigences plus fortes que d’autres. Du fait de la diversification de l’ordre juridique international il y a des sous systèmes plus élaborés et qui ont su se doter d’une hiérarchie des normes. Il peut y avoir des conflits de normes entre 2 systèmes d’obligations. L’ordre international est un ordre hiérarchisé. Les impératifs de la normativité induisent le principe d’autorité (principe de Kelsen).perdant d’une guerre. Les sources peuvent être équivalentes mais le contenu de ces sources formelles peut être complètement différents et se situer à des niveaux hiérarchiques complètement différents. Le statut de la cour internationale de justice comporte un article 38 qui énumère un certain nombre de sources. notamment les principales sources internationales. .

qui transcende les individus. Les caractères généraux des traités Le traité est un accord conclu entre 2 sujets. comme le droit de traiter. la volonté de mettre de l’ordre et donc de mettre en place un forme de hiérarchie dans le droit international. C’est un débat qui suscite la dispute entre les Etats. comme la coutume internationale. Elle défini le traité comme un accord écrit. c’est le droit qui procède à titre principal de la volonté. C’est comme un contrat. et régit par le droit international. Cette idée a été consacrée par la convention de Vienne de 1969. c’est le traité des traités. par exemple l’Union Indienne après 45 va participer à la signature de traité alors qu’elle était encore sous la tutelle anglaise et donc pas encore un Etat. La terminologie n’est pas très précise : on peut parler de convention comme d’accord ou de traité. destiné à produire des effets juridiques. La cour internationale de justice a indiqué qu’en cas de litige on règle le problème en utilisant la technique de faisceau d’indice pour conclure à une classification plutôt qu’à une autre.L’ordre juridique communautaire est un système dans lequel la hiérarchie des normes existe. le fruit de la conjonction des volontés. En droit international on attend des effets juridiques et non pas politiques. les accords informels relèvent plus de la politique que du droit. Mais c’est une question qui peut avoir une implication pratique forte. Le droit spontané va naître au terme d’un processus social complexe qui va mettre la volonté au second plan. Au lendemain de la seconde guerre mondiale. le jus cogens. En son article 53. Dans le droit volontaire on compte les traités et les actes unilatéraux. à ses partenaires adversaires. mais il l’est aussi par le droit interne qui va choisir les règles de compétences. Les termes sont indifférents. au moins. Le traité est aussi un acte qui va produire des effets juridiques. . et il y a donc le signe de la part de communauté international. C’est un processus long qui conduit à l’émergence d’une norme juridique. Les sujets sont les Etats et les organisations internationales. La convention de Vienne reprend ces principes. C’est une approche des choses qui semble réintroduire le droit naturel. Le droit volontaire doit être distingué du droit spontané. C’est un accord passé entre des sujets de droit. Il y a des cas dans lesquels des sujets qui ne sont pas des entités juridiques signent des accords qui sont considérés comme des traités. l’Union Soviétique parvient à imposer. La ratification est réglée par le droit interne. qui suppose quelque chose de supérieur à la volonté des Etats. l’entrée au sein des Nations Unies de l’Ukraine et de la Biélorussie qui ne sont que des Etats fédérés. Chapitre 1er : Le droit volontaire Section 1 : Les traités 1§ L’élaboration des traités 1. C’est le texte par lequel on a définit les principes directeurs du droit des traités. il évoque les normes impératives du droit international. A contrario. du droit international. Le traité international est principalement régit par le droit international. Il y a des principes qui sont identifiés comme se situant au dessus des autres.

à Taiwan aux Nations Unies. une fois adopté. On peut différencier les traités lois des traités contrats (distinction doctrinale. alors que la version anglaise demande l’évacuation de territoires. Mais ce n’est pas une distinction valide car certains traités peuvent être classés dans les 2 catégories.peut importe son nom. Aussi. Sinon on peut distinguer les traités en fonctions de la procédure d’adoption. L'échange des pleins pouvoirs (art. De même. La négociation est librement organisée par les parties. qui n’est pas validée). par ailleurs. On peut différencier les traités normatifs et les traités constitutifs des organisations internationales. Cette formule tient de la clause de style. L'article 52 de la Constitution a. de formuler des amendements et des contre-propositions. Les négociateurs veillent à ce que le texte discuté ne soit pas. désigne-t-il des plénipotentiaires et leur délivre les pleins pouvoirs. Aussi longtemps que le texte n'est pas arrêté. L'élaboration de certains projets peut être confiée à un organisme d'experts. pour lesquels le Président de la République est tenu informé des négociations conduites par le Ministre des affaires étrangères. cet égard on peut citer les difficultés posées par l'interprétation de la fameuse résolution 242 du Conseil de sécurité du 22 novembre 1967. On peut distinguer les traités bilatéraux et multilatéraux. l'article 52 § 1 de la Constitution de 1958 investit le chef de l'Etat du pouvoir de négocier les traités. Les modalités d’élaboration des traités 1 :La procédure internationale de conclusion des traités : La première étape est la vérification des pouvoirs de négociation appelés aussi les plénipotentiaires. du moment qu’il remplit les critères. l'existence des accords internationaux non soumis à ratification. le Président de la République ne peut évidemment assumer directement cette tâche. Certaines procédures sont longues et solennelles alors que d’autres sont légères et simplifiées. 7 CV 1969) est une procédure très ancienne qui permet de s'assurer que la négociation sera menée par des agents juridiquement compétents. 2. toutes les dispositions d'un projet sont en principe négociables. consacré parallèlement aux "traités" proprement dit. La négociation peut aussi se dérouler sous les auspices d'une organisation internationale ou au sein d'une conférence . La finalité de toute négociation est d'aboutir à un texte recueillant l'accord des parties. La Chine de Pékin a réussi à mettre en lace un rapport de force favorable. Les lettres de pleins pouvoirs sont soumises au contreseing du Premier ministre et du Ministre des affaires étrangères. Ce risque doit être prudemment mesuré lorsque la négociation a été menée en plusieurs langues faisant également foi. C'est au cours d'une opération de vérification des pouvoirs que la Chine populaire a été appelée à succéder. On peut dire que le droit international est peu formaliste. La version française invite israël a évacuer les territoires occupés. l'objet d'interprétations divergentes. Les traités normatifs définissent des normes alors que les traités constitutifs des organisations internationales sont plus techniques. car dans la plupart des cas. en 1971. Au sein de l’UE. 21 langues font foi. En France. Elle permet de confronter des projets.

Ces 2 étapes s'effectuent à des moments séparés par un laps de temps variable. sans toutefois préciser ce qui distingue éventuellement chacune de ces formalités. L'authentification signifie que le texte est déclaré correspondre à l'intention des négociateurs qui le tiennent désormais pour définitif. Le traité ne peut commencer à produire des effets juridiques que quand le deuxième acte a été ratifié ou approuvé. On distingue habituellement 2 types de procédures de conclusion des traités. En ce sens. Les autorités étatiques sont parfois tentées de retarder le plus possible la ratification de certains textes. du moins sur le plan juridique. mais la conclusion n'est effective que lorsque ces 2 actes ont été successivement et effectivement accomplis. ou tout autre moyen convenu" (art. nouveau chef du gouvernement. pour la ratification. La signature crée cependant des droits et des obligations à la charge des signataires. le 30 août 1954. À ce stade. a décidé de soumettre le traité à la procédure d’autorisation de ratification. Le texte est voté ou adopté par consensus par la conférence ou l'organe de l'organisation internationale (ce qui marque l'arrêt du texte) puis signé par les chefs de délégations ce qui en marque l'authentification. Il est plus facile d’organiser les négociations quand il y a moins de parties. Pour les traités bilatéraux. d'ailleurs. "la ratification. La procédure solennelle : Il s'agit d'une procédure en 2 étapes : • L’authentification du texte de l'accord • La phase d'expression du consentement à être lié par l'accord. L'arrêt du texte signifie que la négociation est terminée. sous l’autorité exclusive d’un Conseil intergouvernemental de coopération” (P. exprimant ainsi le consentement de l'Etat à être définitivement lié par un texte dont il admet solennellement le caractère contraignant. On ne saurait donc. une véritable diplomatie de conférence. les négociateurs sont censés considérer que le texte arrêté est acceptable en l'état. à l'époque contemporaine. Il s'agit plus d'une différence de degré que de nature.diplomatique instituée en fonction de circonstances particulières. Teitgen). à la suite de l’adoption. seulement en mai 1974. Le choix de l'une ou l'autre de ces procédures dépend lui-même de plusieurs paramètres. qui peuvent durer plusieurs années. toute leur liberté. l'approbation. Elle peut être organisée dans un Etat ou dans un pays neutre. par une coalition . Lorsque le texte authentifié. La conférence travaille en cessions. On voit d'ailleurs se développer. L'authentification suit l'arrêt du texte. La ratification est un acte par lequel l'autorité étatique la plus élevée confirme le traité négocié par ses plénipotentiaires. La CED a succombé. par le Président de la république (par intérim) de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.-H. 11). Mendès-France. dans l’hémicycle du Palais-Bourbon. Rien n'oblige les parties à porter leur choix sur une procédure lourde (Article 14 de la Convention de Vienne). Il est des exemples célèbres de refus de ratifier : le refus du Sénat américain de ratifier le pacte Société des Nations et plus récemment du CTBT. faire grief à un Etat de n'avoir pas ratifié dans de brefs délais ou d'avoir finalement refusé de s'engager. P. l'acceptation. à ce stade. L'exemple de la CED : Après avoir vainement proposé aux 5 partenaires de la France l’adoption d’un protocole additionnel réduisant la CED “ à n’être plus qu’une agence régionale de l’OTAN. on peut considérer qu'il est adopté ce qui ne signifie pas en principe qu'il s'impose aux parties contractantes. en France. Tel fut le cas. La procédure solennelle ménage une marge d'appréciation et de sécurité supplémentaire aux autorités de l'Etat qui conservent. la Convention de Vienne énumère au nombre des modes d'expression du consentement à être lié par un traité. l'arrêt et l'authentification se font en général par un seul acte : la signature.

la prééminence de l'exécutif est plus marquée. communistes et socialistes. pourvu que ces traités réunissent la majorité des deux-tiers des sénateurs présents".disparate de députés gaullistes. les accords conclus entre l'OLP et l'Etat d'Israël à Washington en1993 sont des accords en forme simplifiée. et que ce pays. le pouvoir de ratifier ou d'approuver est. La constitution de 1787 dispose en son article 2. structure de l’Etat). confié à l'exécutif sous réserve qu'il obtienne l'autorisation préalable du Parlement du moins pour les traités les plus importants. Dans les régimes parlementaires. de conclure des traités. de nombreux traités (notamment bilatéraux) sont conclus sous la forme de simples échanges de lettres. devienne une pièce maîtresse du dispositif de défense ouest européen. Section 2. les gouvernements successifs ont pris l'habitude de soumettre au Parlement tous les traités qui doivent être ratifiés . Ce dispositif réduit de manière importante . traités imposant une obligation financière. sur l'avis et le consentement du Sénat. Par exemple. qu'ils soient ratifiés ou approuvés les traités et accords ressortissent clairement à la catégorie internationale des "traités en forme solennelle". La signature servant ici à authentifier le texte et à exprimer le consentement à être lié. au demeurant. Paradoxalement. sans que toutefois le législatif soit condamné à s'effacer totalement. n'empêche pas la France de conclure par ailleurs des accords en forme simplifiée au sens que le droit international prête à cette expression. les traités comportant une cession territoriale. Il n'existe aucune différence de nature ou de substance entre les traités selon le mode de conclusion retenu. en général. au Royaume-Uni. L'État doit se soumettre à des exigences établies par son droit constitutionnel. car le rejet de la CED. Dans le système présidentiel américain. les accords de Camp David (1978). Les solutions retenues dépendent de facteurs structurels (nature du régime. Si les accords en forme simplifiée sont adaptés aux sujets techniques. Le développement des accords en forme simplifiée est souvent le signe de la volonté des exécutifs d'échapper aux inconvénients d'un contrôle parlementaire trop pointilleux (environ 60 % des accords conclus par la France le sont par ce biais). En ce sens. ce qui. La procédure interne de conclusion des traités : Les modalités de conclusion d'un traité en forme solennelle ne peuvent être le fruit du seul droit international. c’est le pays qui avait initié cette entreprise qui s’est ainsi trouvé à l’origine d’une vaste faillite. que "le président aura le pouvoir. d’une question préalable refusant l’ouverture du débat. La procédure simplifiée : Le traité est définitivement conclu dès lors qu'il est signé. Depuis 1924. emportait logiquement l’abandon du projet de Communauté politique. l'objectif généralement recherché par les systèmes démocratiques est un encadrement (même partiel) du pouvoir exécutif au moyen d'un contrôle exercé par le peuple ou ses représentants. Pour s'en convaincre. les traités d'extradition. par les parlementaires français. Cette position d’obstruction n’a pourtant pas empêché que le réarmement allemand se fasse dans le cadre renouvelé de l’Union de l’Europe occidentale. intégré comme membre à part entière à l’OTAN. il n'accomplit les formalités internationales de la ratification que si à l'expiration d'un délai de trois semaines. le Parlement n'a pas fait connaître son intention d'ouvrir une discussion. Au-delà de spécificités nationales. et plus conjoncturels (rapports de force entre les différentes composantes du pouvoir). on ne peut exclure qu'il y soit recouru s'agissant de questions politiquement sensibles. En tout état de cause. il suffit sans doute de rappeler que les accords de Munich sur la Tchécoslovaquie (1938). l'autorisation du Parlement avant ratification est exigée pour 4 séries de traités: les traités dont l'application exige une adjonction ou une modification du droit interne.

Le Président dispose de pouvoirs importants en matière internationale. SARL du Parc des activités de Blotzheim. collectivités infra-étatiques) que lui nouent des rapports avec leurs homologues étrangers. 483). ce fut le cas. L'intervention du Parlement peut être court-circuitée lorsque le président de la République décide de soumettre l'autorisation de ratification directement au peuple par la voie du . sans limites. Il est d'abord le "garant …du respect des traités" (art. y compris en ces matières. une responsabilité décisive. La liberté de l'Exécutif n'est pas. Le Ministre des affaires étrangères assume cependant. en 1963. loin s'en faut. Il joue un rôle de conception et de coordination. le Parlement ne se substitue jamais au pouvoir exécutif dans l'exercice du pouvoir de ratification ou d'approbation. La pratique a cependant apporté un tempérament aux rigueurs du système. d'autant plus capital que le développement des relations internationales implique que d'autres autorités (ministres. la seule obligation à laquelle il est soumis est celle d'informer le Congrès dans les deux mois de leur entrée en vigueur. En pratique. Le président est chef suprême des armées. En dépit de tentatives pour réduire le pouvoir que le président des USA s'est arrogé.la marge de manoeuvre du président. les traités relatifs au règlement pacifique des différends…). Elle s'explique par le souci des entités fédérées de pouvoir contrôler la politique extérieure de la fédération. L'énumération de l'article 53. Le président a également qualité. dans ce dispositif. lorsqu'il le juge opportun (ex. que tous les traités politiques importants ne sont pas cités par l'article 53 (ex. Le système français se caractérise quant à lui par le rôle renforcé de l'Exécutif. dont les contours méritent souvent d'être précisés. Le pouvoir exécutif garde la faculté de saisir le Parlement.. néanmoins. l'implication éventuelle du Parlement et le contrôle toujours possible du Conseil constitutionnel en amont de la ratification ou de l'approbation. 18 décembre 1998. ass. le Conseil d'Etat a décidé que les traités et accords "relevant de l'article 53 dont la ratification ou l'approbation est intervenue sans avoir été autorisée par la loi ne peuvent être regardés comme régulièrement ratifiés ou approuvés au sens de l'article 55" (CE. S'agissant des traités formels : l'intervention du Sénat est indispensable. On relève. permet de sauvegarder efficacement les droits du Parlement. il doit donc pouvoir conclure des accords en matière militaire et plus largement de sécurité. Il peut également décider de mettre en oeuvre l'article 16 de la constitution “ si l'exécution des engagements internationaux de la France est menacée d'une manière grave et immédiate ”. Cela l'habilite implicitement à conclure des accords nécessaires à l'exécution des lois votées par le Congrès. le Président de la République a toujours exercé un pouvoir prédominant en ce domaine (bien que partagé en période de cohabitation). L'autorisation ainsi accordée ne lie nullement l'Exécutif qui demeure libre d'en tirer les conséquences ou d'assortir la ratification ou l'approbation de réserves. traités d'alliance. La ratification d'un traité ou l'approbation d'un accord peut être subordonnée à une intervention préalable du Parlement (article 53).. Du reste. car la loi qu'il adopte prend la forme d'une habilitation rendant possible l'accomplissement de cette formalité. 11). Le président doit enfin veiller à la "fidèle exécution des lois". Sur cette base. Les executive agreements (accords de l'exécutif). en vertu de la constitution. Rec. p. de non-agression. En effet. pour le Traité franco-allemand "de l'Élysée"). 5 de la Constitution). il doit pouvoir conclure les accords sur la reconnaissance de gouvernement. Le Congrès procède ainsi à un contrôle a posteriori. Il dispose enfin du pouvoir de décider de soumettre l'autorisation de ratification de certains accords à referendum (art. C'est dans ces conditions que les accords de Yalta ont été conclus. pour recevoir les représentants des Etats étrangers.

l’exemple de réserves qui parfaitement valables portaient . le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de la République. dans la mesure où. Elle suppose donc une forme de réciprocité. peut. sans être contraires à la Constitution. Le Conseil constitutionnel a développé une appréhension extensive de la notion d'engagements internationaux. Cette exigence signifie que l'engagement ne doit pas être incompatible avec le devoir pour l'Etat d'assurer le respect des institutions de la République. En vertu de l'article 54. il lui appartient de "déterminer la portée du traité soumis à son examen en fonction des engagements internationaux que ce traité a pour objet de modifier ou de compléter" 3. par 60 députés ou 60 sénateurs. Il se livre ainsi à un exercice de réécriture partielle du traité. afin de vérifier la compatibilité d'un engagement international avec les dispositions de la Constitution. elle semble cesser de l'être dans son exercice. On parle alors de clauses de réserves. le Président de l'une des assemblées et. Les réserves aux traités Définition et portée des réserves aux traités : La réserve est une déclaration extérieure au traité et distincte de celui-ci. lui permettant de vérifier la constitutionnalité d'actes d'organisations internationales (par exemple la décision du Conseil des ministres de la Communauté à laquelle était annexée un acte prévoyant notamment l'élection au suffrage universel direct des députés européens). troisième alinéa. la continuité de la vie de la Nation et la garantie des droits et libertés des citoyens. La réserve est une déclaration unilatérale par laquelle le réservataire restreint ses obligations conventionnelles. pour que l'Etat puisse devenir partie au traité. Dans ce cas. Le recours au referendum est également envisagé afin d'assurer le respect du principe d'autodétermination. exige que "le consentement des populations intéressées" au moyen d'un referendum d'auto-disposition en cas de cession. Le contrôle du Conseil constitutionnel à l'occasion de la ratification ou de l'approbation. L’article 2 d de la Convention de Vienne indique que l’Etat réservataire entend. exclure ou modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traité dans leur application à son égard. le Premier Ministre. La réserve est une déclaration unilatérale de nature pour le moins ambiguë. L'article 11 de la Constitution l'autorise à recourir à cette procédure pour les traités qui. le traité ne pourra être ratifié qu'après révision de la Constitution. en outre. Ajoutons que le Conseil n'exerce pas en principe de contrôle sur la conformité de l'engagement qui lui est déféré par rapport aux stipulations d'un traité ou accord antérieur. Le Conseil veille à ce qu'un traité ne contienne pas de stipulations contraires à la Constitution et ne porte pas atteinte aux conditions essentielles de l'exercice de la souveraineté nationale. depuis 1992. en effet. auraient des incidences sur le fonctionnement des institutions (formule assez vague). L'utilisation des termes "certaines dispositions" s’explique par le souci des rédacteurs de la Convention de Vienne de ne pas permettre la formulation de réserves trop générales et imprécises annihilant de ce fait même le caractère obligatoire d’un traité La pratique offre. sa réserve doit avoir été acceptée d'une manière ou d'une autre. En cas d'incompatibilité. à moins qu'il ne soit saisi d'un traité modifiant ou complétant un ou plusieurs engagements internationaux. La convention en cause. Elle ne doit pas être confondue avec une disposition conventionnelle restrictive. déjà introduits dans l'ordre juridique français.référendum. L'article 53. Si elle constitue un acte unilatéral au moment de sa formulation. par ce moyen. prévoir elle-même des limites à la faculté des Etats d’émettre des réserves. échange ou adjonction de territoire.

On peut également citer le cas des "réserves coloniales". la seule condition de validité des réserves.sur bien plus que de simples dispositions. le réservataire à se passer de l’approbation des autres Etats parties. en 1951. ce n’est pas seulement l’exigence de l’unanimité qui est écartée mais le principe même du consentement qui est ébranlé. Sur ce point. dont l'objet était d'apporter une exception aux effets généraux des traités sur le plan géographique. comme elle l’eut été si elle avait été exprimée au cours de la négociation. Les termes du rapport du comité d’experts pour la codification progressive du droit international chargé d’étudier "la faculté de formuler des réserves concernant des conventions générales (Le Comité d’experts avait été interrogé sur ce point à l’occasion de la formulation par l’Autriche d’une réserve à la deuxième convention internationale de l’opium [1925]. La nécessité de respecter à tout prix la volonté des Etats passe au second plan par rapport à l’exigence de validité. marqué sa fidélité à la conception classique. pour l’essentiel. Les réserves autorisent les Etats (minoritaires) à doser leur engagement et préservent. Conception contractualiste. est sans valeur". en ce qui concerne l’admission des réserves.) en témoignent : "La signature est la marque apposée par des négociateurs au bas des dispositions sur lesquelles ils se sont entendus. d'autant qu'il est rapidement apparu que les réserves pouvaient être utiles dans une société internationale complexe et traversée d’antagonismes de toutes sortes. un Etat ne pouvait pas. La Société des Nations elle-même a. en vertu de laquelle une fois le traité conclu. il est indispensable que cette réserve soit acceptée par tous les contractants. la Cour ayant consacré un nouveau critère d’admissibilité des réserves : le critère dit de compatibilité avec l'objet et le but d'une convention. en l’absence de dispositions expresses dans la convention. Le développement constant de la pratique des réserves a rendu nécessaire la fondation d’un régime plus ouvert. Ce critère devient. l’unité et l’intégrité du traité. par une déclaration unilatérale. que la plupart des Etats parties au protocole de Genève du 17 juin 1925 sur les gaz asphyxiants et autres moyens bactériologiques ont déclaré qu’il "cessera de plein droit d’être obligatoire pour le gouvernement de l’Etat réservataire à l’égard de tout Etat ennemi dont les forces armées ou dont les alliés ne respecteraient pas les interdictions qui font l'objet de ce protocole". décider de se soustraire à ses engagements. puisqu’elles visaient à exclure l’application du traité dans son ensemble dans certaines circonstances. Le régime d'admissibilité des réserves : Longtemps l'Etat réservataire n'a pu devenir partie à une convention qu'à la stricte condition de recueillir le consentement unanime de tous les autres Etats parties. on peut rappeler. Sinon la réserve comme la signature elle-même subordonnée à cette réserve. 28 mai 1951) marque l’abandon du système classique. en principe. Il est un fait que le recours à cette technique a d'ailleurs permis l’adoption de nombreuses conventions multilatérales. Le principe d'une liberté encadrée : L’avis du 28 mai 1951 (L’avis consultatif de la CIJ relatif aux réserves à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. La validité d’une réserve autorise. Elle présuppose que chaque signataire est bien d’accord avec les autres signataires : elle établit le consentement de chacun des négociateurs sur le résultat final de la négociation et de la réciprocité de ces consentements (…) Pour qu’il puisse être valablement fait une réserve quelconque sur telle ou telle clause du traité. L’apport de la Convention de Vienne du 23 mai 1969 : . à titre d’exemple. Ainsi.

il suffit aujourd’hui d’une seule acceptation : _ Pour qu’un Etat réservataire ne puisse pas devenir partie au traité. Une réserve est qualifiée de générale lorsqu’elle ne se rapporte pas à une disposition spécifique de la Convention ou qu’elle est rédigée d’une manière telle qu’elle ne permet pas d’en définir la portée. Une réserve est réputée avoir été acceptée par un Etat si ce dernier n’a pas formulé d’objection à l’expiration des 12 mois suivant la date à laquelle il en a reçu notification. Toutes les dispositions ne sont pas susceptibles de réserves. Acceptation et objection des réserves : Si une réserve est expressément autorisée par le traité. Comme le souligne la circulaire du 30 mai 1997. le régime des réserves dans ce type de traités dépend de la volonté exprimée par l'organe principal de l'organisation : c'est souvent à lui qu'il appartient en dernier ressort d'accepter ou de refuser des réserves proposées par des Etats membres ou souhaitant adhérer. En réalité. Là où il fallait. le réservataire doit avoir l’accord de l’organe compétent. est tout de même très improbable. reposent sur 2 présomptions : • La faculté pour un Etat d'émettre des réserves à un traité • Une réserve ne lie un autre Etat que s’il l’accepte. faire primer un régime juridique applicable à l'ensemble des Etats. le traité entre en vigueur entre les 2 Etats. • Un acte exprimant le consentement d’un Etat à être lié par le traité et contenant une réserve prend effet dès qu’au moins un autre Etat contractant a accepté la réserve. l'acte doit être accepté en bloc et l'on ne peut y adhérer partiellement.Les règles qui sont exprimées. Ceci explique que la technique classique des réserves aux traités ne s'applique pas totalement pour les traités instituant une organisation internationale. "une réserve ne doit pas être considérée comme une manière de corriger des erreurs ou des oublis commis au cours de la négociation et ne doit être formulée que pour des raisons impératives. Comme pour une constitution. L’acceptation d’une réserve par un autre Etat contractant fait de l’Etat réservataire une partie au traité par rapport à cet autre Etat. On souhaite. sauf si l'Etat qui l'émet décide en même que l'accord dans son ensemble ne s'appliquera pas dans ses rapports avec l'Etat auteur de la réserve. L’objection faite à une réserve par un autre Etat contractant n’empêche pas le traité d’entrer en vigueur entre l'objectant et le réservataire à moins que l’intention contraire n’ait été nettement exprimée par le premier. S’il s’agit d’un traité constitutif d’une organisation internationale. exception faite de la disposition objet de la réserve. La CEDH n’autorise les réserves que si elles portent sur une disposition précise mais pas si elles sont de protée général. L'objection a une portée en fait essentiellement politique. S’il y a acceptation de la réserve par l’autre Etat. auparavant. Cet élément d'incertitude incite les chancelleries à la prudence. Si il y a peu de parties au traité. il n’y a pas besoin du consentement des autres parties. dans la section II de la Partie II de la Convention de Vienne. cela va sans dire. il faudrait donc que toutes les autres parties contractantes y fassent unanimement objection. en effet. elle serait de nature à porter atteinte à l’objet et au but de la Convention. . Trop large par son contenu. Ce régime est très favorable au réservataire. ce qui. que tous les Etats acceptent la réserve pour que son auteur soit admis à participer au traité. il faut le consentement de toutes les parties pour émettre une réserve.

archives et dettes d'Etat. les lettres de ratification sont échangées entre les parties contractantes. Les procédures finales L'entrée en vigueur des traités : En entrant en vigueur le traité accède à la pleine efficacité juridique. Elle n'est toutefois pas entrée en vigueur. ratification par un nombre représentatif de membres de la Communauté internationale. d'un commun accord. il ferait durer le droit international traditionnel. retinrent pour pertinent le nombre de 35 ratifications ou adhésions._ À moins que le traité n'en dispose autrement. relative à la succession en matière de biens. la ratification unanime. Permettre à une telle convention d'entrer en vigueur par un petit nombre de ratifications pourrait fausser son caractère universel. En ce qui concerne les accords en forme solennelle. Chacune des parties doit envoyer autant d'exemplaires qu'il y a de contractants. diminuer son prestige et nuire à son autorité. _ En principe. i. de recueillir les lettres de ratification. arguant du lien entre cette convention et celle de 1969. certaines délégations estimèrent que le nombre de ratifications et d'adhésions exigé pour l'entrée en vigueur d'une convention normative à vocation universelle devait être significatif. Idem pour le retrait d'une objection. une réserve peut à tout moment être retirée sans que le consentement de l'Etat qui l'a acceptée soit nécessaire pour son retrait. Le retrait est formulé par écrit (article 23 § 4). Le retrait d'une objection ne prend effet à l'égard d'un Etat réservataire que lorsque cet Etat en a reçu notification. Cette exigence se justifie aisément dans le cas de traités plurilatéraux et/ ou politiques. la solution varie en fonction du nombre de partie au traité. de vérifier la régularité formelle des actes accomplis par les Etats intéressés. Finalement le seuil retenu par l'article 49 est de 15 ratifications ou adhésions. par définition. e. L'unanimité est parfois laissée de côté au profit d'une règle moins exigeante : la réunion d'un nombre défini de ratifications. C'est pour simplifier les choses que le dépôt des instruments de ratification a été imaginé. D'autres délégations. C'est ainsi que lors de l'élaboration de la Convention de Vienne de 1978 sur la succession d'Etats en matière de traités. cela pour plusieurs raisons. un dépositaire du traité chargé de centraliser la procédure. La mise en oeuvre de cette procédure est rendue plus difficile dans le cadre de traités multilatéraux. 4. les traités bilatéraux entrent en vigueur à la date de l'échange des 2 instruments de ratification ou d'approbation ou plus généralement d'une notification de l'accomplissement des procédures exigées par le droit interne pour l'entrée en vigueur de l'accord. Retarder leur entrée en vigueur conduit à retarder le progrès de l'ordre juridique international qu'incarne ce type de conventions. 22). comme condition d'entrée en vigueur du traité. D'autres étaient même favorables à un nombre plus élevé. Les Etats signataires désignent. il arrive que les signataires exigent. . _ S'agissant des traités multilatéraux. Les accords en forme simplifiée entrent en vigueur. Pas plus d'ailleurs que la Convention de Vienne du 8 avril 1983. Les Etats du Tiers-monde se montraient favorable à un nombre moins élevé. dès que les négociateurs ont exprimé leur consentement à être liés par l'apposition de leur signature. Les procédures accessoires : Le dépositaire : Dans tous les cas. Le retrait d'une réserve ne prend effet à l'égard d'un Etat que lorsque cet Etat en a reçu notification (art. faute de ratifications suffisantes.

reste la loi entre les parties (Affaire relative à la délimitation maritime et à des questions territoriales entre Qatar et Bahreïn CIJ. L'erreur n'est admise qu'exceptionnellement compte tenu du fait que les Etats disposent de moyens juridiques et techniques de nature à prévenir sa survenance. le dol et la corruption : 1. § 29). Un traité non enregistré n'est invocable devant aucun organe de l'ONU. LGDJ. L'obligation pèse sur tous les Etats membres de l'ONU. Ils ne parvinrent cependant pas à enrayer cette pratique. mais qu'il était simplement inopposable devant un organe de la SDN (y compris la CPJI). La validité des traités Les conditions de validité des traités sont proches de celles des contrats en droit privé interne. E. ces motifs sont admis avec parcimonie. b. les rédacteurs du Pacte SDN pensaient mettre fin aux excès de la diplomatie secrète. Cependant. le non-respect des règles internes ne peut être invoqué de manière pertinente pour obtenir la nullité d'un traité que si cette violation est manifeste (c'est-à-dire objectivement évidente pour tout Etat se comportant en la matière conformément à la pratique habituelle et à la bonne foi) et d'importance fondamentale. l'article 10 du règlement de l'Assemblée générale admet l'enregistrement volontaire par les Etats non membres. peuvent porter atteinte à l'existence même du traité. Qatar c/ Bahreïn. en son article 46. 1972). Le règlement adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies prévoit que l'enregistrement et la publication valent pour tous les accords conclus par un membre de l'organisation. Il peut certes arriver que des accords internationaux soient volontairement soustraits à cette obligation par les parties. L'erreur dans les traités. . Oraison. La Convention de Vienne a retenu. Avatar de l'article 18 du Pacte SDN. article 17 Pacte de la Ligue des Etats arabes). arrêt du 1er juillet 1994. Dans le souci de préserver la stabilité des traités et la sécurité juridique des relations internationales. l'article 18 du Pacte SDN était d'une rigueur excessive en considérant qu'aucun traité ne serait obligatoire avant d'avoir été enregistré. Pour être valablement prise en compte. C'est cette solution raisonnable qui a été retenue par la Charte.L'erreur (A. Les Etats ne reconnaissent pas leurs erreurs constitutionnelles car ils ont une trop grande dignité. Il est indispensable que le consentement de l'Etat soit authentique et que le traité ait un objet licite. L'authenticité du consentement : Le consentement peut être affecté d'irrégularités ou de vices qui. lorsqu'ils sont graves. En pratique. La CIJ a pu préciser que le défaut d'enregistrement ou l'enregistrement tardif reste sans conséquence sur la validité de l'accord. une solution médiane. elle doit porter sur un élément essentiel se trouvant à la base même du consentement. les Etats admettaient qu'un traité non-enregistré entrait en vigueur avait force obligatoire. qui n'étant entaché d'aucun vice propre. En cas de non respect de cette obligation. l'article 102 de la Charte des Nations Unies a reconduit un système qui a également inspiré d'autres organisations (par ex. L'erreur. Dans cette perspective.L'enregistrement et la publication : En créant une obligation d'enregistrement et de publication. a.

L'effet de la contrainte sur la validité des traités : • La contrainte exercée sur le représentant de l’Etat (article 51). Très fréquente. Le seuil de ratification est bas. Elle a suscité l'adoption. La contrainte est ici exercée contre le représentant de l’Etat pris comme individu et non comme organe de cet Etat. le dol est intrinsèquement difficile à identifier. le 17 décembre 1997. est de pouvoir affecter la réalité du consentement censé avoir été donné". erreur qui avait eu pour conséquence de favoriser le Cambodge. le Brésil. Au fond. dans une formule plus ramassée. l'OCDE (Organisation pour la Coopération de Développement Economique) a depuis 1989 inscrit cette question à l'ordre du jour de ses travaux. en revanche. 2. imputable directement ou indirectement à un autre Etat ayant participé à la négociation. mais aussi de menace de porter atteinte à la réputation et/ou au crédit du représentant.Le dol : La dissimulation est inévitable. La contrainte peut prendre diverses formes : actes de violence physique. Le dol est une manoeuvre frauduleuse visant à induire le co-contractant en erreur. Il constitue donc un manquement très grave à l'exigence de confiance mutuelle qui sous-tend en principe toute négociation internationale. l'erreur n'est plus excusable. c. La Cour a déterminé 3 cas où une erreur essentielle n'affecterait pas la validité du consentement : • La partie a contribué à l'erreur par sa conduite • La partie était en mesure de l'éviter • Les circonstances étaient telles que la partie avait été avertie de la possibilité d'une erreur.Dans l'affaire du Temple de Préah Vihear (1962). 3.La corruption : Sont visés des actes dépassant les manifestations de courtoisie internationale ou les faveurs limitées. cette pratique n'en est pas moins fort difficile à circonvenir. Ces faits vérifiés. lorsqu'elle existe. Cette omission volontaire tient sans doute au fait qu'on ne relève aucun cas déclaré de dol dans la pratique internationale. Admettre le dol revient pour l'Etat qui s'en réclame à avouer sa propre naïveté. Il a cependant été singularisé par la Convention de Vienne (article 49) sans pour autant avoir été précisément défini. Signalons que cette convention est ouverte à la signature d'Etats non-membres de l'OCDE. La corruption est un phénomène d'une ampleur économique considérable. La Banque mondiale estime que les sommes versées au titre de pots de vins totaliseraient chaque année 80 milliards de dollars US. L'article 48 paragraphe 1 de la Convention de Vienne reprend ce principe. La corruption doit être. Ce texte oblige ses signataires à adopter une législation nationale disposant que la corruption d'agents publics étrangers constitue une infraction pénale. Cinq d'entre eux l'ont déjà signé (l'Argentine. en vertu de l'article 50 de la Convention de Vienne. L’état à peu le droit à l’erreur. Bulgarie et Slovaquie). du moins jusqu'à un certain point. Chili. d'une convention entrée en vigueur le 15 février 1999. Néanmoins. Le cercle personnel pris en compte est élargi aux membres de la famille du représentant et aux êtres qui lui sont chers. dans le maniement des affaires de l'Etat. Elle doit avoir été déterminante pour l'engagement. Souhaitant réagir à cette situation. L’origine de la contrainte importe peu. Elle s'apparente alors à une forme de prudence. il est nécessaire qu’apparaisse un lien de causalité entre la contrainte et le fait pour la personne . la Cour a considéré que la "principale importance juridique de l'erreur. la Thaïlande invoquait une erreur entachant son acceptation d'une ligne frontière établie sur une carte.

Il en va autrement de la contrainte qui est exercée sur l’Etat auteur d’une agression. . de Chine (…) de reconnaître une telle situation. en vue de contraindre un autre Etat à contracter. conclus entre ces gouvernements. traité ou accord issus d’actes contraires aux Pactes SDN et de Paris. Hitler n’a jamais envisagé autre chose que de s’emparer de la Tchécoslovaquie par la force. Cette résolution adoptée en vertu du chapitre VII de la Charte. car semblable position signifierait une attitude contraire au Pacte SDN et aux obligations du Pacte de Paris. il est clairement interdit de recourir à la force en violation des dispositions de la Charte. il est clair que l’accord de Munich du 29 septembre 1938 offre un parfait exemple de traité conclu notamment sous la contrainte. À la fin du mois d’août et au début du mois de septembre 1938. Usant alternativement de la menace et d’une bonne volonté feinte. Pour une analyse récente des problèmes posés par la mise en oeuvre de cette résolution et de celles qui l'ont suivies. Elle apparaît alors comme une forme de sanction imposée à un Etat ayant enfreint les principes du droit international. . 1991. qui porterait atteinte à la souveraineté. La résolution pose le principe de l’inviolabilité des frontières définies par la Commission ad hoc. Hitler a conduit français et britanniques à accepter des conditions inacceptables. Elle prescrit. Hitler les menaça. en effet. En ce sens. La Charte des Nations Unies confirme. Elle manifeste non pas le désir des belligérants de s’entendre mais plutôt le souci unilatéral du Conseil de sécurité de faire prévaloir une solution. Le président Hacha affaibli par la maladie et son ministre des affaires étrangères furent contraints de conclure ce traité. de bombarder massivement Prague s’ils ne pliaient pas. la Résolution 687 du Conseil de sécurité dans l'affaire du Golfe : “ problèmes de rétablissement et de garantie de la paix ”. Stimson a adressé aux gouvernements japonais et chinois une déclaration aux termes de laquelle "les Etats-Unis refusent de reconnaître la légalité d’une situation de fait résultant d’actes de violence.La doctrine Stimson (du nom du secrétaire d'État américain) vise à consacrer l’absence d’effets des traités conclus sous la contrainte. lors de l’établissement du protectorat sur la Bohème Moravie par le IIIème Reich. ni la GrandeBretagne n’interviendraient. Le 7 janvier 1932. Les Etats-Unis n’ont pas l’intention de reconnaître un traité ou un accord. C’est cette même doctrine qui sera invoquée en mars 1939. par 12 voix contre 1 (Cuba) et 2 abstentions (Equateur et Yémen) est quant au fond comparable à un traité de paix dans lequel le vainqueur impose sa volonté au vaincu. Il est assez difficile dans un tel cas de figure de faire la distinction entre la contrainte exercée sur la personne du représentant de l’Etat et la contrainte exercée à l’encontre de l’Etat lui-même. à son tour. par ailleurs. l’indépendance et l’intégrité administrative de la Rép. • La contrainte exercée contre l’Etat L’article 52 de la Convention de Vienne renvoie à la Charte des Nations Unies ainsi qu'aux principes qu’elle incorpore. NB : Des antécédents célèbres.Le 11 mars 1932. AFDI. . Conscient que ni la France. traité ou accord. La résolution 687 réglait les modalités de réparation des dommages de guerre. On peut citer sur ce point. le Reich a concentré d’importantes troupes à la frontière germano-tchécoslovaque. le désarmement (sous surveillance internationale) de l’Irak en ce qui concerne les armes dites de destruction massive. la prohibition du recours à la force.Bien que l’on situe dans une période antérieure à la Charte et a fortiori à la Convention de Vienne. l’Assemblée SDN vote une résolution recommandant aux Etats membres de refuser de s’incliner devant toute situation. . Exemple de triste mémoire : la signature du traité instituant le protectorat allemand sur la Bohême Moravie.en cause d’avoir accompli un des actes indispensables à la conclusion d’un accord. dont la Chine et le Japon aussi bien que les USA sont parties".

Par cette convention léonine le Panama a concédé aux USA un territoire de 5 milles de part et d’autre du canal. et affirmant la volonté de l’URSS de renoncer aux engagements de partage qui furent secrètement passés avec des pays occidentaux. Cela devrait permettre de contourner les restrictions qui semblaient devoir découler des variations terminologiques entre les articles 51 et 52. La menace peut. Sa perception s'avère en pratique éminemment subjective. économiques … Grâce à cette théorie. il est probable que l’utilisation massive de la contrainte non armée à l’encontre d’un Etat pour en obtenir la conclusion d’un traité entacherait celui-ci de nullité. la contrainte non-armée pourrait être assimilée à une contrainte illicite. On peut imaginer à ce titre que le traité imposé par les USA au Panama en 1903 aurait pu entrer dans un tel cas de figure. dans certains cas. La théorie des traités inégaux constitue une tentative finalement assez vaine de théorisation de l’illicéité de la contrainte non-armée dans la conclusion des traités. Une déclaration (compromis symbolique) fut toutefois annexée à l'Acte final de la conférence . elle doit inspirer l’interprétation que l’on développera des dispositions de la convention. plus tard. Ainsi. Cette concession à perpétuité privait un Etat de la possibilité d’exercer sa souveraineté sur une partie essentielle de son territoire. cette déclaration n’a pour seul effet que d’offrir aux Pays non alignés une satisfaction purement morale.• Le problème de la contrainte non armée L’article 52 a entendu se limiter à l’hypothèse de la contrainte armée. Dans ces conditions. L'article 52 fait mention de la menace ou de l’emploi de la force. enfin. Il n'a pas été tenu compte de la forte demande exprimée principalement par les pays non-alignés qui auraient souhaité que soit mentionnée la pression politique et économique. Cependant. Il faudrait. La théorie des traités inégaux est l’oeuvre du gouvernement soviétique. économique en vue de contraindre un autre Etat à conclure un traité. Certaines résolutions du Conseil de sécurité renforcent le sentiment selon lequel dans certaines hypothèses. elle dénonce solennellement le recours à la menace ou à l'emploi de toutes les formes de pressions. les articles 15 et 16 de la Charte de l'Organisation des États américains condamnaient non seulement l’usage de la force armée mais aussi les formes de pressions de caractère économique ou politique en vue de faire céder la volonté souveraine d’un Etat. revêtir un caractère permanent ou n’être que ponctuelle. politique. La notion de “menace de l’emploi de la force” est vague et fluctuante. militaire. L’un mentionne la contrainte. l’intérêt des Etats du tiers-monde qui y virent un moyen de remettre en cause nombre de traités accordant des facilités militaires. se garder d’assimiler les conséquences de l’inégalité souvent inévitable entre Etats contractants à une forme de contrainte. pour une partie dominante de la doctrine. On pense notamment à la résolution 330 (1973) du 21 mars 1973. • Le seuil de l'illicite : La Convention de Vienne laisse entière la question de la définition du seuil de l’illicite et de l'intensité requise pour qu'un comportement puisse être assimilé à un acte de contrainte. Celui-ci a négocié avec plusieurs de ses voisins des accords abrogeant les traités conclus par l’ancien régime. il devenait possible de se délier d’engagements souvent imposés par les anciennes puissances coloniales. au moyen de menace implicite et sans souci réel de . Cette doctrine a suscité. tandis que l’autre se réfère à la notion plus caractérisée de menace ou d’emploi de la force (il est cependant vrai que tous deux visent dans leur intitulé la contrainte). qui reconnaît que l’emploi de mesures coercitives de caractère économique ou politique peut créer des situations susceptibles de mettre en danger la paix et la sécurité. Il faut toutefois reconnaître que les prescriptions contenues dans une déclaration de principe ont autant de valeur que les principes énoncés dans un préambule. ainsi que les zones sous-marines jusqu’à 3 milles des côtes. Cette solution avait d’ailleurs été retenue dans d’autres instruments internationaux. Au même titre que ce dernier.

par la communauté des Etats dans son ensemble. Ce différend peut être soumis. des principes humanitaires constituent des règles de jus cogens. à moins que les parties ne décident d'un commun accord de s'en remettre à une instance arbitrale. l'interdiction de la traite des êtres humains. Ces dispositions marquent dans une certaine mesure l'émergence d'un ordre public international dont les exigences devraient s'imposer à tous les membres de la communauté internationale.réciprocité dans les prestations. de la piraterie. insusceptibles de dérogation (le jus cogens). . Aussi. par requête unilatérale. que le génocide qualifié par l'ONU de “ crime de droit des gens ” impliquant le refus du droit à l'existence de groupes humains entiers était un “ refus qui bouleversait la conscience humaine. Il faut cependant attendre la Convention de Vienne pour que cette notion soit consacrée plus précisément par le droit positif. car la Convention de Vienne ne postule manifestement pas l'acceptation de tous les Etats. La Cour a ainsi estimé que ces obligations découlent par exemple dans le droit international contemporain de la mise hors la loi des actes d'agression ou de génocide. arrêt du 5 février 1970. L'identification des normes de jus cogens : La Commission du droit international (CDI) avait suggéré que l'on confie au juge international plutôt qu'aux Etats le soin d'identifier ces normes. établissent une véritable hiérarchie au sommet de laquelle sont placées des normes qualifiées d'impératives. infligeait de grandes pertes à l'humanité ” et “ était contraire à la fois et à la loi morale et à l'esprit et aux fins des Nations unies ”. déjà ancienne. à la décision de la CIJ. c. La formation des normes de jus cogens : Il s'agit de normes acceptées et reconnues comme telles. Cette procédure n'a jamais été utilisée par les Etats parties. de crainte qu'elle ne soit perçue comme exhaustive et de nature à cristalliser (donc affaiblir) le jus cogens. Barcelona Traction). L'article 66 a) de la Convention de Vienne envisage le cas d'un différend relatif à l'interprétation et à l'application des articles 53 et 64. La CIJ a ainsi considéré. La CIJ tient également pour essentielle la distinction entre les obligations des Etats envers la Communauté internationale dans son ensemble et celles qui naissent vis-à-vis d'un autre Etat dans le cadre de la protection diplomatique. La définition du jus cogens : Les articles 53 et 64 de la Convention. mais aussi des principes et des règles concernant les droits fondamentaux de la protection humaine (CIJ. On peut dire que sur cette base la prohibition de l'emploi ou de la menace de l'emploi de la force dans les relations internationales contrairement aux principes de la CNU. La solution a le plus souvent résidé dans la renégociation de ces accords que dans leur invalidation. un accord émanant d'Etats assez nombreux et divers pour représenter la communauté internationale et attester que la conviction du caractère impératif d'une règle en est partagée par toutes les composantes essentielles. L'idée. du génocide. d'une super-légalité internationale est liée à la conscience universelle et inhérente à toute société digne de ce nom. On doit également considérer qu'il en va de même des règles interdisant la reconnaissance de situations de fait établies en violation du droit international et des libertés fondamentales. Il n'est pas indispensable que l'ensemble des Etats se soit exprimé en ce sens. dans son avis de 1951. La crainte de voir se mettre en place un gouvernement des juges internationaux a été plus forte. des crimes contre l'humanité. La CDI s'est par ailleurs toujours abstenue d'établir une liste des normes de jus cogens. La licéité de l'objet du traité Un traité peut être affecté d'une invalidité objective lorsque son contenu est en contradiction manifeste avec une règle juridique supérieure. Un certain nombre de règles sont admises comme faisant partie du jus cogens.

elle suggérait qu’il l’avait été un temps. Par là. tout en s’empressant de préciser qu’elle ne formulerait aucune revendication territoriale. la société internationale ne pourrait s'accommoder d'une situation qui marquerait le regain du droit naturel et créerait une insécurité des relations juridiques internationales (compte tenu du caractère hypothétique de ce jus cogens). Dépourvue d'un pouvoir législatif et judiciaire à part entière. Cette appréhension se justifiait pour 2 raisons : . un Etat accepte de considérer que le traité est valide ou si. Cependant. Si des actes ont été accomplis en exécution de ce traité. Il est donc logique que dans ces circonstances. Cette solution n'est toutefois pas applicable aux normes d'origine conventionnelle compte tenu de l'effet relatif des traités.Le jus cogens demeure assez contesté (quoique de moins en moins) car il serait incompatible avec les caractères du droit international positif dont la vocation première demeure la coordination. Le jus cogens reste au coeur d'un antagonisme doctrinal irréductible opposant les tenants d'un volontarisme hermétiques à toute idée d'ordre public international aux partisans d'un objectivisme plus propice à une hiérarchisation des normes internationales. La RFA entendait privilégier une autre solution. après avoir eu connaissance des faits. Comme en témoigne la controverse germano-tchécoslovaque. il s’agissait d’affirmer la continuité de l’existence de la Tchécoslovaquie dans ses frontières de 1937. et les Etats occidentaux craignant que le concept de jus cogens ne soit détourné de sa finalité par des Etats avant tout soucieux de pouvoir échapper aisément à leurs engagements. Cette restriction tient au fait que ce sont les intérêts de cet Etat plus que l'intérêt général qui sont en cause. d. 45). au-delà de la situation des victimes directes. Si. Effets des nullités : La nullité est normalement rétroactive. La nullité des traités invalides : Les traités affectés des vices les plus graves (contrainte ou violation d'une norme de jus cogens) sont concernés par la nullité absolue. d'erreur. Par cette formule. il ne peut plus invoquer la nullité. Le traité est nul au jour de sa conclusion. à l’ordre public international. avant la constatation de sa nullité. La Convention de Vienne stipule très clairement que les dispositions d'un traité nul n'ont pas de force juridique (article 69). Ce sont ces réticences qui expliquent que la France a été le seul Etat à voter contre le texte de la Convention de Vienne. il se peut que les parties décident conventionnellement d'assouplir la rigueur de cette règle. Seul l'Etat contractant victime peut invoquer une telle nullité. Dans l'arrêt Barcelona traction (1970). les parties doivent rétablir pour autant que possible dans leurs relations mutuelles la situation qui aurait existé si ces actes n'avaient pas été accomplis. de dol et de corruption. Sans doute faut-il resituer la négociation dans un contexte d'opposition entre les Etats du tiersmonde favorables à la reconnaissance de règles de nature à les protéger contre les plus puissants. La nullité relative frappe les traités en cas de violation des formes constitutionnelles fondamentales. toute partie contractante puisse l'invoquer. Il n'existe pas en droit international d'action ouverte à tout Etat même non partie. La Tchécoslovaquie souhaitait que soit reconnue la nullité ab initio de l’accord de Munich. S'agissant de la violation du jus cogens cette solution peut paraître contestable. la CIJ semble avoir admis que les obligations de jus cogens d'origine coutumière donnent à tous les Etats qualité pour agir. à raison de sa conduite. il doit être considéré comme ayant acquiescé à la validité du traité (art. Un tel accord ne devait avoir eu aucune validité à aucun moment. Elle considérait de façon plus ambiguë que l’accord n’était plus valable. Ces vices portent atteinte. il se peut que les parties décident conventionnellement d'assouplir la rigueur de cette règle.

d'autre part. Les 2 Etats ont conclu à la nullité sans plus de précision. ne se fait (répétons-le) que "pour autant que possible".. le retour au statu quo ante est conditionné par une demande en ce sens de la partie lésée et que. En revanche. Le principe de la nullité est par ailleurs sérieusement menacé par le fait que. les parties sont tenues d'éliminer dans la mesure du possible. il n’en va pas de même dans les relations entre la Tchécoslovaquie et d’autres Etats (RDA. L'application des traités dans l'ordre international 1. du reste. Pour que la séparation soit envisageable il faut que: • Les clauses en question soient séparables du reste du traité en ce qui concerne leur exécution • L’acceptation desdites clauses n'ait pas constitué pour l'autre partie ou les autres parties la base essentielle de leur consentement à être lié par le traité dans son ensemble • Il ne soit pas injuste de continuer à exécuter ce qui subsiste du traité La séparation est facultative pour l'Etat qui invoque le dol ou la corruption. France. L'effet des traités : L'effet des traités à l'égard des Etats parties : En droit international comme. les conséquences de tout acte accompli sur la base d'une disposition qui est en conflit avec la norme de jus cogens et de rendre leurs relations mutuelles conformes à la norme impérative (article 71). reconnu que cet accord était “nul et non avenu depuis le début avec toutes les conséquences qui en découlent”. Dans l'hypothèse de la violation d'une norme de jus cogens. la nullité n'est pas rétroactive. réserve faite de "l'hypothèse où ces conséquences seraient incompatibles avec les principes fondamentaux de la justice". compte tenu de la gravité des faits. la divisibilité est exclue dans l'hypothèse d'un recours à la contrainte ainsi que dans celle d'un traité en conflit avec une norme impérative du Droit international général. URSS. L'article 69 § 2 de la Convention de Vienne atténue les exigences du principe de rétroactivité en disposant que "les actes accomplis de bonne foi avant que la nullité ait été invoquée ne sont pas rendus illicites du seul fait de la nullité du traité". En revanche. En cas d'émergence d'une nouvelle règle de jus cogens. en droit interne privé. L'article 44 § 3 de la Convention prévoit également qu'une séparation est envisageable lorsque la cause de nullité ne vise que certaines clauses déterminées. L'article 1er du traité 19 juin 1973 dispose que les parties "considèrent comme nul l'accord de Munich du 29 septembre 1938. GB. d'une part. pour leur part. La bonne foi légitime est une entorse au principe de la rétroactivité sans pour autant effacer l'illicéité. L'article 2 ajoute que "le traité n'affecte pas les conséquences juridiques découlant pour les personnes physiques ou morales du droit qui a été en vigueur dans la période du 30 septembre 1938 au 9 mai 1945". 2§ L'application du traité A. Italie) qui ont. Les parties sont libérées de l'obligation de continuer d'exécuter le traité.le souci de ne pas être obligée de faire droit à une demande de réparation extrêmement lourde.le souci de ne pas voir contester le fait que les allemands des Sudètes aient pu avoir la nationalité allemande avant leur expulsion au lendemain de la deuxième guerre mondiale . le principe selon lequel ce qui a été approuvé par les parties doit être respecté a une valeur fondamentale. pour ce qui concerne leurs relations mutuelles". Tout traité en .

et Nouvelle-Zélande c/ France. Aussi. Australie. un traité lie chacune des parties à l'égard de l'ensemble de son territoire" (art. Exécuter de bonne foi un engagement impose de "s'abstenir de tout acte visant à réduire à néant l'objet et le but du traité" (article 18 CV). l'article 34 de la Convention de Vienne pose qu'un "traité ne crée ni obligations. L'effet des traités à l'égard des tiers : Lointain écho aux dispositions de l'article 1165 du code civil français. Ce principe explique que les traités constituent une source de "droit international spécial" ne concernant que les Etats qu'ils lient par opposition au "droit international général" (coutume et principes généraux) qui crée des droits et des obligations pour tous les sujets de droit international. afin de rendre difficile la distinction entre obligations de comportement et obligations de résultat (plus contraignantes). Le principe de bonne foi a une valeur très importante. ces clauses se sont raréfiées. entérinant ainsi une pratique et une jurisprudence internationales constantes. L'application territoriale : Selon la Convention de Vienne "à moins qu'une intention différente ne ressorte du traité ou ne soit par ailleurs établie. ni droits pour un État tiers sans son consentement". Soucieuses de préserver au mieux leurs intérêts. 29). L'application immédiate du droit institutionnel et de l'essentiel du droit matériel aux DOM est la marque d'un régime d'intégration qui tranche cependant avec le régime d'association prévu à l'article 299 § 3 s'agissant des pays et territoires d'Outre-mer (PTOM). dans bien des domaines. Au-delà des dispositions formelles. ou tout au moins de les soumettre à un régime particulier. ce qui revient à proscrire toute fraude au traité. Un tiers ne saurait donc être engagé contre son gré. les parties s'attachent souvent à formuler de manière équivoque les obligations contenues dans le traité. c'est-à-dire la lettre du traité. On peut également mentionner le cas des clauses coloniales dont l'objet est d'exclure du champ d'application d'une convention les possessions coloniales d'un Etat. cette coopération est de plus en plus indispensable" (CIJ. toute duplicité et à exiger une attitude fidèle et loyale aux engagements souscrits. Tel est le sens de l'article 299 (ex-article 227) §2 et 3 du traité instituant la CE. L'idée de progressivité dans l'application du droit communautaire qui rejoint celle à l'oeuvre dans la mise en place du marché commun lui-même révèle un souci d'adaptation. Il en va ainsi des clauses fédérales qui écartent du champ d'application territoriale du traité les entités fédérées afin de sauvegarder leur autonomie par rapport au pouvoir fédéral. une obligation ne peut naître à son égard que s'il y a consenti expressément (article 35 de la Convention de Vienne).vigueur lie les parties et doit être exécuté par elles de bonne foi en vertu de la règle "pacta sunt servanda" (article 26 CV). Les DOM sont certes bien intégrés à la CE mais de manière progressive. 1974). Tout acte inamical n'est pas nécessairement considéré comme un manquement à l'obligation de bonne foi. affaire des essais nucléaires. Depuis une trentaine d'années. Un traité peut même dans certains cas prévoir une possibilité de suspension prenant la forme d'une clause de sauvegarde (dont l'usage dépend de la seule volonté de l'Etat intéressé) ou de clause dérogatoire nécessitant l'autorisation des autres parties ou d'un organe déterminé. Comme le souligne la Cour "la confiance réciproque est une condition inhérente de la coopération internationale. Le § 2 précise les modalités de l'intégration des départements d'Outre-mer (DOM) à la Communauté. . les parties ne doivent pas contrevenir à l'esprit du texte. arrêt. les Etats conservent la possibilité de formuler des restrictions leur permettant d'obtenir un résultat équivalent. surtout à une époque où. Il arrive cependant que les dispositions d'un traité formulent des clauses restrictives à cet égard. Toutefois.

conférer ce droit à l'Etat tiers ou à un groupe auquel il appartient. Notons que l'article 37 § 2 de la Convention de Vienne précise que "au cas où un droit est né pour un Etat tiers conformément à l'article 36. La convention de Vienne sur la succession d'Etats en matière de traités du 22 août 1978 exclut. L'opposabilité de certains traités aux Etats tiers : Des obligations conventionnelles peuvent s'imposer aux Etats en dehors de leur consentement. à moins que le traité n'en dispose autrement. ce droit ne peut être révoqué ou modifié par les parties s'il est établi qu'il était destiné à ne pas être révocable ou modifiable sans le consentement de l'Etat tiers". et si l'Etat tiers y consent. la Finlande ayant accédé à l'indépendance a reçu la souveraineté sur ces îles. pour l'exercice de ce droit. . la possibilité de remettre en cause les régimes frontaliers et autres régimes territoriaux. Clause de la nation la plus favorisée : disposition conventionnelle selon laquelle 2 ou plusieurs Etats décident de s'accorder mutuellement le bénéfice du traitement le plus favorable qui viendrait à être accordé par l'un d'entre eux dans l'avenir à un Etat tiers. qui acquièrent ou maintiennent une existence séparée et une validité indépendante des traités dont ils résultent (Tran Van Minh. Il s'agit d'une technique par laquelle les parties à un accord énoncent une promesse au profit d'un tiers. dans ses articles 11 et 12. Le caractère objectif de tels traités a été admis pour la première fois par la commission de juristes qui eut à connaître de l'affaire des Iles d'Aaland. transfèrent. La convention de Vienne sur le droit des traités du 23 mai 1969. Peuples et Etats du tiers mondes face à l'ordre international. • Les traités établissant les statuts des voies de communication internationales (par exemple les traités relatifs aux fleuves internationaux). 1978). soutenait qu'en dépit de ce changement de souveraineté le statut démilitarisé des îles ne pouvait être remis en cause par la Finlande. Le consentement est présumé tant qu'il n'y a pas d'indication contraire. En 1920. Sa position fut entérinée par la commission de juristes. soit à tous les Etats. 2) Un Etat qui exerce un droit en application du §1 est tenu de respecter. pays tiers. la GB et la Russie puissance souveraine. Ces traités territoriaux présentent une nature particulière : ils créent. . dans son article 62 (paragraphe 2) fait d'un traité établissant une frontière.L'article 36 de la Convention indique que la stipulation pour autrui est admise en droit international public. ou reconnaissent l'existence de certains droits permanents. Il en va ainsi d'un certain nombre de traités dits objectifs : • Les traités établissant des statuts territoriaux. les conditions prévues dans le traité ou établies conformément à ces dispositions". Les accords frontaliers dérogent.L'article 35 Convention de Vienne dispose que "une obligation naît pour un Etat tiers d'une disposition d'un traité si les parties à ce traité entendent créer l'obligation au moyen de cette disposition et si l'Etat tiers accepte expressément par écrit cette obligation". "Remarque sur le principe de l'intangibilité des frontières". à l'effet relatif et ont un caractère objectif qui se fonde sur le principe général du respect de l'intégrité territoriale (article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies). par conséquent. La Suède. Ces îles avaient été démilitarisées en 1856 lors d'un traité conclu entre la France. .L'article 36 de la Convention de Vienne dispose quant à lui que "1) un droit naît pour un Etat tiers d'une disposition d'un traité si les parties à ce traité entendent par cette disposition. une exception à l'invocation de la clause de changement fondamental de circonstances (rebus sic stantibus).

• Ses rédacteurs craignant sans doute de favoriser une certaine instabilité des relations conventionnelles. en pratique. en vertu d'un principe coutumier. L'opposabilité peut être totale lorsque les Etats minoritaires se trouvent dans l'obligation d'accepter les révisions sans aucune faculté de retrait (Charte des Nations Unies). elle ne saurait être systématiquement étendue aux institutions régionales. Elle ne doit pas être exclue par le traité ni porter atteinte aux droits que les autres parties tiennent du traité ni à l'exécution de leurs obligations. • L'unanimité est requise pour la révision de certains traités politiques et/ou d'intégration régionale (par ex. au cours de leur existence. article 48 du Traité sur l'Union européenne). La modification des traités : Cette question est traitée par les articles 39 à 41 de la Convention de Vienne (partie IV intitulée "amendement et modification des traités"). C'est ainsi que les amendements ou une révision de la Charte des Nations Unies doivent être adoptés et ratifiés par les 2/3 des membres de l'organisation parmi lesquels on doit obligatoirement compter tous les membres permanents du Conseil de sécurité. ce qui leurs confèrent une capacité de blocage. Une pratique établie permet de dissocier l’abstention du veto. cette opposabilité est. 2. . en principe. de créer une entité possédant une personnalité internationale objective et non simplement une personnalité reconnue par eux seuls". d'ailleurs consacrée par la Cour. mais il s’agit là d’un cas éloquent de coutume modificative. Leur existence peut prendre fin. Il s'agit d'une tolérance en trompe-l'oeil dans la mesure où ces Etats auront souvent plus intérêt à rester dans le système qu'à en sortir. En ce sens. • La révision peut être subordonnée à l'obtention d'une majorité. être l'objet de modifications.• Les traités établissant une nouvelle entité internationale : Exemple : traités portant constitution d'organisation internationale. ils peuvent en revanche. requièrent un vote positif de 9 membres dont les voix concordantes des membres permanents. Cependant. L’abstention ne brise pas l’unanimité. Affaire Bernadotte : "La Cour est d'avis que 50 Etats représentant une très grande majorité des membres de la communauté internationale (vrai à l'époque) avaient le pouvoir. Elle va à l’évidence à l’encontre des termes de la Charte. Si cette solution vaut sans difficulté pour les organisations universelles. conformément au droit international. À ce titre. L'application temporelle des traités : Si les traités ne produisent pas. Elle peut n'être que partielle lorsque l'on laisse aux minoritaires la possibilité d'exercer leur droit de retrait. c'est-à-dire renforcée. Une modification n'est pas en principe opposable aux Etats minoritaires. d'effet rétroactif. prohibées. la CIJ a affirmé dans son avis de 1949. Cette majorité sera le plus souvent qualifiée. Rappelons que l’article 27 §3 de la Charte dispose que les décisions du Conseil de sécurité. de plus en plus souvent admise. on relève dans la pratique onusienne un exemple de modification coutumière tout à fait remarquable. Une révision ne peut s'effectuer que par le commun accord des parties contractantes. la Convention de Vienne n'a pas prévu la possibilité d'une révision implicite. en dehors des questions de procédure. • L'article 41 de la Convention de Vienne envisage l'hypothèse de la révision d'un traité multilatéral par deux ou plusieurs parties contractantes en vue de le modifier dans leurs relations mutuelles seulement. Telle est la pratique dominante actuellement. Les révisions unilatérales sont. Cette prudence est surprenante car la révision peut parfois être le fruit de la pratique ultérieure des Etats parties.

à moins que: . Tel est le cas lorsque les parties contractantes. les autres parties. soit entre elles-mêmes et l'auteur de la violation soit entre toutes les Parties. 60 § 1). agissant par accord unanime. Il ne peut pas être invoqué comme motif de terminaison d'un traité ou de retrait. il cesse de produire tout effet juridique. Ce mécanisme libératoire n'est cependant pas applicable aux dispositions relatives à la protection de la personne humaine.ce changement ait pour effet de transformer radicalement la portée des obligations qui restent à exécuter en vertu du traité. Un traité peut également contenir une clause résolutoire. . peuvent décider de la suspension ou de l'extinction partielle ou totale. Les conséquences d'une violation substantielle sont variables en fonction de la nature du traité. • La suspension : suspension de son application comme conséquence de sa violation (article 60). Dans le cas d'un traité bilatéral. La violation substantielle d'un traité par l'une des parties ouvre la perspective d'une terminaison du traité. concluent un nouveau traité couvrant le même domaine que l'ancien. Un tel manquement est constitué par un "rejet non autorisé du traité" ou par la "violation d'une disposition essentielle pour la réalisation de l'objet ou du but du traité". contenues dans des traités de caractère humanitaire (art. Cette consécration de l'exception d'inexécution s'explique avant tout par la prégnance du principe général de réciprocité. procédant par substitution. Un traité peut prendre fin dans un certain nombre de circonstances. • L'extinction : nombreux sont les évènements de nature à entraîner l'extinction d'un traité.Durée et fin des traités :Cette question est abordée par les articles 54 à 72 de la Convention de Vienne. . 56 § 1 b). La dissolution peut également prendre une forme implicite. • La dissolution : les parties à un traité peuvent décider d'un commun accord que ce traité est dissous parce qu'il a perdu toute raison d'être. Dans le cas d'un traité multilatéral.l'existence de ces circonstances n'ait constitué une base essentielle du consentement des parties à être liées par le traité. en vertu de laquelle la survenance d'un événement prive la convention de sa force obligatoire. la victime de la violation peut l'invoquer comme motif pour mettre fin au traité ou suspendre son application en totalité ou en partie (art. • L'expiration : lorsqu'un traité a été conclu pour une durée déterminée et que ce temps est écoulé. Le changement fondamental de circonstances (article 62) [clause rebus sic stantibus] par rapport à celles qui existaient au moment de la conclusion d'un traité et qui n'a pas été prévu par les parties. . Il faut rappeler que la dénonciation unilatérale n'est possible que lorsque l'une des clauses de l'accord le prévoit expressément "à moins que le droit de dénonciation ou de retrait ne puisse être déduit de la nature du traité" (art. 60 § 5). La survenance d'une situation rendant l'exécution impossible (article 61) par la disparition ou de la destruction définitive d'un objet indispensable à l'exécution de ce traité. La dissolution peut enfin résulter d'une dénonciation.

la Cour a du ainsi déterminer si la Slovaquie avait succédé à la Tchécoslovaquie pour le traité de 1977 ou si celui-ci avait disparu du fait de la disparition de l'une des parties contractantes. Il s'agit là d'une différence notable avec le .La clause rebus sic stantibus fonctionne rarement car "la stabilité conventionnelles exige que le moyen tiré d'un changement fondamental de circonstances ne trouve à s'appliquer que dans des cas exceptionnels " (Arrêt du 25 septembre 1997. Ce mécanisme exclut l'interprétation des Etats. cette mission peut également être assurée par les organes politiques d'une organisation internationale. on distingue 2 types d'interprétation : l'interprétation authentique de l'interprétation faisant foi. compte tenu de son objet territorial (la création de droits et d'obligations attachés aux secteurs du Danube auxquels il se rapporte). L'unité d'interprétation et l'uniformité d'application sont ainsi assurées. Dans l'affaire relative au projet Gabcikovo–Nagymaros. le pouvoir d'interpréter l'accord OMC et les Accords commerciaux multilatéraux à la majorité des 3/4 des membres. Ainsi c'est à la Conférence ministérielle et au Conseil général. L'interprétation des traités Une norme juridique est souvent formulée de façon abstraite et conceptuelle. qu'appartient à titre exclusif. situation posant la question du sort de 2000 traités bilatéraux et 800 traités multilatéraux. • Un traité peut s'éteindre à la suite de la disparition d'une des parties contractantes. Elle peut aussi être collective. qui ont seules le pouvoir de modifier ou de supprimer la règle interprétée. L'objet de l'interprétation est précisément de dissiper ces incertitudes. En pratique. est-il rare qu'une règle juridique puisse s'appliquer à un cas concret sans avoir été soumise à un travail d'interprétation. L'interprétation faisant foi : Les Etats peuvent décider de confier la tâche d'interpréter le traité à un tiers. Tel est clairement le cas du Conseil de sécurité ou de l'Assemblée générale des Nations Unies. L'interprétation authentique peut être unilatérale. Hongrie / Slovaquie. les Etats procèdent à des déclarations unilatérales d'interprétation. • La rupture des relations diplomatiques ou consulaires (article 63) : la rupture des relations diplomatiques ou consulaires entre parties à un traité est en principe sans effet sur les relations juridiques établies entre elles par le traité. sauf lorsque l'existence de relations diplomatiques ou consulaires est indispensable à l'application du traité. des garanties d'objectivité et permet bien souvent de départager les parties en désaccord sur le sens à prêter à une disposition ambiguë. Cette technique offre. en principe. 3. Aussi. La Cour a considéré que le traité de 1977 ne pouvait en tout état de cause être l'objet d'une répudiation unilatérale. Dans cette hypothèse. En effet. L'interprétation authentique : L'interprétation authentique est directement établie par les parties. Affaire relative au projet de barrage Gabcìkovo-Nagymaros. Fréquemment assignée à un organe juridictionnel. et de conférer le cas échéant à cette interprétation un caractère obligatoire. Cette interprétation est confiée à ceux dont on peut penser qu'ils connaissent le mieux la règle qu'ils ont contribué à forger. Les Etats au moment de l'adoption du traité (ou postérieurement) lui adjoignent un texte interprétatif. Il n'existe pas un mécanisme unique et centralisé d'interprétation au niveau international. la Tchécoslovaquie s'est scindée en deux Etats le 1er janvier 1993. § 104). • La survenance d'une nouvelle norme de jus cogens (article 64).

_ Une interprétation resituée dans son contexte. Ces textes auront des vertus éclairantes et confortatives. Dans l'affaire du projet Gabcikovo–Nagymaros. la Cour a dégagé le principe de l'autonomie de l'organisation vis-àvis des Etats membres en utilisant largement la technique d'interprétation dite de "l'effet utile" et en extrayant des dispositions de la Charte la volonté tacitement exprimée par les pères fondateurs. Le plus souhaitable est qu'il s'en tienne à une interprétation minimaliste en ne s'écartant pas du sens ordinaire des mots. les parties aux traités prennent soin d'introduire dans le texte un article d'interprétation et de définition. au titre ou au chapitre entier de la convention. en respectant à la fois la règle de droit et la volonté de ses auteurs. sous peine de ruiner sa propre crédibilité internationale. le texte est censé refléter l'intention réelle des parties. mais au regard des autres dispositions qui se rapportent à la question juridique posée. Dans son avis de 1949. _ La prise en considération de toute règle pertinente de droit international applicable dans les relations entre les parties. Afin d'éviter d'inutiles difficultés d'interprétation. aux articles qui précèdent et/ou qui suivent la disposition concernée. _ Il peut aussi être recouru à la pratique ultérieurement suivie par les Etats parties au traité dans l'application de celui-ci. Ils visent à garantir une interprétation et donc une application uniforme du traité. L’Etat ne peut dénaturer le texte qui le lie par son interprétation. En tout état de cause. les parties sont invitées à procéder à une interprétation évolutive des clauses "d'adaptation" contenues dans le traité en cause. La prise en compte du contexte impose que l'interprète étudie la stipulation litigieuse. au préambule. Fruit de la négociation. aux annexes ainsi qu'à tout instrument ayant un rapport au traité accepté comme tel par les parties. non isolément (ce qui n’aurait aucun sens tant au plan intellectuel qu’au plan juridique). La prise en compte de cette "pratique ultérieurement suivie" est d'une grande utilité pour l'interprétation des traités constitutifs d'organisations internationales. Principes et méthodes d'interprétation : Les articles 31 à 33 de la Convention de Vienne définissent la plupart des moyens d'interprétation. Le crédit accordé aux interprétations délivrées par des organes non juridictionnels dépend dans une très large mesure de l'autorité de ceuxci et de la possibilité d'en interjeter appel. Le principe de bonne foi oblige les parties à l'appliquer de façon raisonnable et de telle sorte que son but puisse être atteint. _ Les moyens complémentaires d'interprétation: il peut être fait appel aux travaux préparatoires ainsi qu'aux circonstances dans lesquelles le traité a été conclu. Cette option n'est toutefois envisageable que lorsque le texte qui lui est soumis n'est affecté d'aucune équivoque. Les méthodes d'interprétation : L'interprète peut faire appel à plusieurs méthodes. Il s'agit d'une exigence matricielle dont découlent finalement toutes les méthodes d'interprétation. À cet effet. L'interprète doit procéder à une interprétation raisonnable. _ Une interprétation selon le sens ordinaire à attribuer aux termes utilisés par le traité : il faut retenir le sens usuel des mots sauf s'ils sont utilisés dans un sens technique. Il faut évidemment que la prise en considération du contexte ne conduise pas à des résultats absurdes et déraisonnables. _ Une interprétation de bonne foi. Il s'agit d'inférer de la conduite adoptée par les Etats parties lors de l'application de l'accord des indications sur le sens qu'ils entendent prêter aux dispositions de celui-ci. la Cour a considéré que le but du traité et l'intention dans laquelle les parties ont conclu celui-ci doivent prévaloir sur son application littérale. l'interprète ne doit .GATT où l'on était en présence de problèmes d'interprétation qui restaient en définitive du ressort des Etats car l'organe chargé du règlement des différends n'avait pas la possibilité de rendre une décision ayant valeur obligatoire.

Le droit international ne met à la charge de l'Etat qu'une obligation de résultat en vertu de laquelle il est tenu d'exécuter le traité de bonne foi. que le moment était venu d'infléchir sa jurisprudence. Il a estimé. Mise en oeuvre des traités par l'Etat : Autorité dont jouissent ces traités ? Conditions pratiques de leur insertion dans l'ordre juridique interne ? L'applicabilité et la primauté sont intimement liées. B. Aussi l'interprète veille-t-il à conduire. la Cour de cassation a décidé de rompre de manière spectaculaire avec la doctrine Matter en consacrant sans hésiter la primauté d'un traité antérieur sur une loi postérieure contraire. en revanche.jamais se laisser "abuser" par l'apparente clarté d'une disposition. En effet. La mise en oeuvre des traités dans l'ordre interne La Constitution de l'Etat définit les modalités procédurales permettant à celui-ci de respecter ses obligations internationales. On peut évoquer. en 1989. de garantir au mieux le respect de l'effet utile de ce traité. s'efforçant. alors même qu'elle serait formellement consacrée par le droit interne. La recherche de l'effet utile permet d'écarter des interprétations qui annihileraient et réduiraient l'efficacité de certaines dispositions. 2 / L' applicabilité des traités dans l'ordre interne . Il en a lui-même tiré toutes les conséquences lorsque statuant en tant que juge de l'élection. Quelques mois après la décision IVG. l'arrêt Nicolo n'a jamais été salué que comme l'instrument d'une stratégie de rupture mesurée avec les principes défendus antérieurement par le Conseil d'État. L'Etat reste en principe maître de choisir dans son arsenal juridique les mesures les plus efficientes pour assurer cette application. La position aujourd'hui favorable à la primauté du droit international adoptée par les juridictions administratives est le résultat d'une lente maturation. la jurisprudence audacieuse d'un ordre judiciaire précurseur. Le revirement ne s'est opéré qu'à la faveur d'une "réinvention" de l'article 55 de la Constitution et non d'une subite prise de conscience européenne. à chaque fois que cela se justifie. en outre. cela sans pouvoir invoquer à titre exonératoire les dispositions de son droit interne fussent-elles de rang constitutionnel. Par ailleurs. son interprétation à la lumière de l'objet et du but du traité (on parle alors de méthode de téléologique). Le Conseil d'Etat a longtemps été pour le moins réticent à écarter une loi postérieure contraire à une norme externe. les juges français restent dans leur ensemble attachés à l'idée que la norme constitutionnelle doit incontestablement se situer au sommet de la hiérarchie des normes. il a accepté de vérifier la conformité d'un scrutin aux prescriptions de l'article 3 de la CEDH. L'Etat qui ne prendrait pas les mesures nationales requises par l'application d'un traité serait sanctionné par la mise en jeu de sa responsabilité internationale. de principes de sa jurisprudence IVG. c'est-à-dire comme juge "ordinaire". à ce jour. la prévalence du traité tiendrait de l'affirmation symbolique si n'étaient assurées l'applicabilité et surtout l'invocabilité de celui-ci (ces notions se confondant s'agissant du droit international). Ainsi. 1/ Principe de primauté : Le Conseil constitutionnel ne s'est pas départi. Cette perception de l'exercice procède de l'idée que l'auteur d'une disposition juridique n'a pas pu avoir en vue un résultat absurde ou dépourvu de consistance.

Il en va ainsi des conventions relatives à la protection des droits de l'homme ou des dispositions de caractère humanitaire (art. s'il est d'effet direct. n'est pas opposable aux personnes et. L'applicabilité directe des traités : L'applicabilité directe désigne avant tout l'aptitude pour une norme à être appliquée sans l'intercession ou le complément du droit national. Cette publication doit intervenir le plus vite possible après l'entrée en vigueur. Son nonrespect n'affecte pas la valeur du traité. En effet. CE. des textes excluant par leur nature même toute idée de réciprocité. ou approuvés. La réciprocité : La réciprocité est une condition d'application du traité. En cas de non-publication. été adoptée par le Conseil afin de contourner les effets mutilateurs de son incompétence en matière d’interprétation des traités. En pratique. sous couvert de clarté. Dans certains cas. Dame Caraco. d'une manière générale. En d'autres termes. La jurisprudence française estime que l'applicabilité directe est subordonnée à la complétude. les règlements et les décisions communautaires adressées aux particuliers). les notions d'applicabilité directe et d'invocabilité se confondent. Cette obligation est cependant limitée aux traités de nature à affecter par leur application les droits et les obligations des particuliers. La réserve de réciprocité ne saurait jouer en ce qui concerne le droit communautaire. qui prive d'intérêt les prescriptions. mais le prive de toute applicabilité à l'égard de l'Etat défaillant. 23 juillet 1823. les traités communautaires aménagent un système de sanction propre en cas de manquement de l'une des parties contractantes. en réalité à des interprétations. 60 § 5 CV) Le Conseil constitutionnel a récemment admis l'idée que la réciprocité est exclue pour certains traités. C'est ainsi qu'à compter des années trente. Certains actes ont presque systématiquement une telle qualité (ex. il ne rejetait plus les requêtes dont il était saisi.Les conditions formelles : L'applicabilité d'un traité dans l'ordre juridique interne dépend de l'accomplissement d'une formalité spéciale. un particulier n'est fondé à se prévaloir en justice d'une norme internationale que si celle-ci a eu pour objet de lui conférer directement des droits. C'est ainsi que l'article 55 dispose que "les traités et accords régulièrement ratifiés. l'accord. Tout est une question d'espèce. ces mesures s'avèrent inutiles car le traité présente un caractère auto-exécutoire (self executing). préférant renvoyer. l'exécution d'un traité exige souvent l'édiction par l'Etat de mesures spécifiques d'application. La théorie de l’acte clair a. n'est pas invocable dans l'ordre juridique national. La publication a d'abord pour objet de rendre public le contenu de l'accord. originellement. sous réserve pour chaque accord ou traité. sur ce point. 5 février 1926. Largement éprouvée. Il est. le juge administratif a progressivement abandonné une jurisprudence restrictive. Ce texte reprend à son compte le mécanisme permettant l'introduction automatique sous condition d'une publication dont les modalités ont été définies par un décret du 14 mars 1953 modifié par un décret du 11 avril 1986. une autorité supérieure à celle des lois. de son application par l'autre partie". par ailleurs. la précision. cette technique lui a longtemps permis de se livrer. à titre préjudiciel. ont dès leur publication. la question de l'interprétation au ministre des affaires étrangères. Le juge interne et l'interprétation des traités : Après avoir longtemps considéré que l'interprétation des traités lui était interdite (CE. l'objet d'une norme et / ou l'intention des parties. Dame veuve Murat). Il faut cependant attendre un arrêt d'assemblée du 29 juin 1990 . Le juge contrôle l'existence matérielle de la ratification ou de l'approbation. Elle permet ensuite l'introduction de l'accord dans l'ordre juridique interne. de la Constitution de 1958. On constate que pour le juge administratif.

La classification des actes unilatéraux des Etats 1º Les actes unilatéraux autonomes Les actes unilatéraux autonomes constituent une manifestation unilatérale de volonté sans lien avec un traité ou une coutume. ni réaction des autres Etats n’est nécessaire pour que la déclaration prenne effet car cela serait incompatible avec la nature strictement unilatérale de l’acte juridique par lequel l’Etat s’est prononcé. la chambre criminelle est la seule à maintenir des préventions en la matière. La Cour a ajouté qu’aucune contrepartie. elle-même.pour que le Conseil d'Etat reconnaisse officiellement sa compétence pour interpréter les traités. dans l'affaire dites des essais nucléaires que les déclarations françaises ont été faites en dehors du cadre d’une négociation internationale . lorsqu'il le juge opportun. sans être pour autant un facteur de désorganisation de la vie internationale. qu'elles procédaient d’une démarche autonome et ne s’inscrivaient pas dans un processus conventionnel. la Cour a souligné. Il n'a pas pour autant renoncé à solliciter. Section 2 : Le droit volontaire non conventionnel Sous-section I . Tel est le caractère reconnu à l'annonce faite (en 1973-74) par la France de sa renonciation à effectuer à l'avenir des essais nucléaires atmosphériques. estimant que l'interprétation des traités doit échapper aux tribunaux. . § 1. Ils ont tendance à privilégier l’action unilatérale. À cet égard. Les actes unilatéraux ont d'ailleurs connu un accroissement constant. les actes unilatéraux offrent aux Etats une marge de manoeuvre beaucoup plus large que celle qui résulte pour eux des actes conventionnels. Leur force juridique ne venait donc pas de l’échange des volontés. ni acceptation. Aujourd'hui. unifié sa jurisprudence en considérant qu'il "est de l'office du juge d'interpréter les traités internationaux invoqués dans la cause soumise à son examen sans qu'il soit nécessaire de solliciter l'avis d'une autorité non juridictionnelle". A. Les AU sont encadrés par le DI. Les actes unilatéraux des Etats Bien que n'étant pas mentionnés à l’article 38 du statut de la Cour.Les actes unilatéraux des Etats et des Organisations internationales Il est admis que des normes internationales peuvent procéder de sources unilatérales. La chambre civile de la Cour de cassation a. une interprétation ministérielle. Ils témoignent de la liberté d’action des Etats souverains. Leur permettant de se prononcer en fonction de leurs intérêts propres. Il n’est pas nécessaire que l’acte intervienne en réponse à une sollicitation d’un autre Etat. les actes unilatéraux des Etats sont pourtant à la fois nombreux et d’une importance considérable.

concevoir cette exigence à la lumière des principes. • La reconnaissance : acte par lequel un Etat consacre l'existence d'une situation de fait ou de droit et en admet l'opposabilité à son égard. de la faculté de formuler des réserves à ce traité. Sans reconnaissance. L’acte doit. • Les actes unilatéraux et les traités : Les Etats tiennent souvent d'un accord auquel ils sont partis le pouvoir d'accomplir certains actes. les déclarations de guerre (ou de neutralité). Par ex. sans doute. • La promesse ou assurance fait naître des droits au profit des tiers. de la dénonciation ou du retrait.La Cour n'attache pas non plus une importance particulière à la forme revêtue par les actes en cause. 2º Les actes unilatéraux non autonomes Les actes unilatéraux peuvent jouer un rôle important pour l'élaboration et l'application du droit conventionnel ou coutumier. Tel est le cas de l'engagement pris par la France en 1973 de ne plus procéder à des expériences nucléaires en atmosphère. Il en va ainsi de l'Etat qui renonce à invoquer les privilèges tenant aux immunités de juridiction ou d'exécution. Ils ne se conçoivent que dans leur rapport avec d’autres sources du DI. Il en est ainsi. Par ex. et qui manifestent leurs intentions pour l'avenir et peuvent constituer un engagement de leur part. Ces déclarations sont chargées de sens. les compétences d’un Etat sont virtuelles. être le fait d’un organe compétent pour engager sur le plan international l’Etat. par exemple. en outre. de portée très générale. L'essentiel est que l'acte soit imputable à un Etat. Les actes unilatéraux et la coutume : Les actes unilatéraux peuvent constituer des précédents nécessaires à la constitution • . Il faut. contenus dans l’article 46 de la Convention de Vienne. • La protestation: acte par lequel un Etat exprime son souci de réserver ses droits face aux revendications d'un autre Etat ou à l'encontre d'une règle en voie de formation. L'imputabilité est une condition non seulement de validité mais plus généralement d’existence de l’engagement unilatéral. la reconnaissance d'Etat qui est un acte par lequel un Etat se déclare prêt à traiter l'Etat reconnu comme un membre à part entière de la société étatique (effet déclaratoire ou constitutif ?). Les différentes catégories d'actes unilatéraux : • Les déclarations : actes par lesquels un Etat fait connaître aux autres sujets de DI sa position sur une situation. Ne rien dire c’est consentir à la situation. • La renonciation: acte par lequel un Etat décide d'abandonner un droit ou de renoncer à une prétention ou à une réclamation quelconque. La reconnaissance de l’Etat d’Israël est un enjeu politique pour Israël et ses adversaires.

d'une règle coutumière. il ne peut pas revenir dessus de façon unilatérale et arbitraire. faite par le ministre des affaires étrangères au nom du gouvernement. dans son arrêt Statut juridique du Groenland oriental en date du 5 avril 1933 (Série A/B. la Norvège adoptait un décret affirmant sa souveraineté sur une partie du Groenland oriental. p.La portée juridique des actes unilatéraux 1º Les actes auto normateurs Actes par lesquels les Etats s’astreignent eux-mêmes à une obligation ou décident d’exercer certains de leurs droits. Cependant. Une fois que l’Etat a fait une promesse. dans une affaire qui est de son ressort. Cette discrétionnalité est cependant relative. a considéré qu'il était "incontestable qu'une telle réponse à une démarche diplomatique d'une puissance étrangère. lie le pays dont il est le ministre". Ces actes unilatéraux ne seront opposables aux Etats tiers que si leur contenu est conforme au droit international applicable en la matière (CIJ. 22). B. La Norvège était donc liée par la . il n’est pas nécessaire que les Etats intéressés aient réagi positivement. Selon la CIJ. il est par exemple admis qu'un Etat peut définir unilatéralement les conditions d'attribution de sa nationalité. Dans une affaire opposant le Liechtenstein au Guatemala. Ils peuvent également apparaître comme une conséquence de règles coutumières habilitant les Etats à les adopter. le Danemark s'appuyait sur les assurances données en juillet 1919. lors de la conférence de paix de Paris. le caractère obligatoire d’un engagement international assumé par déclaration unilatérale repose sur la bonne foi. Pour cela. Seule suffit la conscience que ces Etats ont pu légitimement acquérir des droits que ces déclarations leur ont conférés. ils sont fondés à exiger que l’obligation ainsi créée soit respectée. Ce sont des exigences qui vont créer la confiance des autres Etats. Cette déclaration fut portée aux minutes de la Conférence. Ceci vaut également pour les modalités de perte de la nationalité. dans la mesure où l'Etat doit rester dans les limites fixées par les règles coutumières pertinentes. par le représentant de la Norvège qui avait déclaré que le Danemark "ne rencontrerait aucune difficulté de la part du gouvernement norvégien" en ce qui concerne l'extension de sa souveraineté au Groenland. Les Etats intéressés peuvent donc tenir compte des déclarations unilatérales et tabler sur elles . Une semaine après la Conférence. Il s’agit d’un engagement que l’Etat prend de façon unilatérale. arrêt du 6 avril 1955). la Cour a reconnu à chaque Etat le droit de fixer les conditions d'octroi de sa nationalité. La Cour. Dans ces conditions. le Ministre des affaires étrangères norvégien (Ihlen) confirma ces propos à la suite d'une réunion de son gouvernement. En ce sens. on retrouve les exigences nécessaires pour les traités. nº 53. Le Danemark a saisi la CPJI en arguant de sa souveraineté exclusive et complète sur ce territoire. Ex : en 1931.

il est vrai assez vague. il ne peut opposer celui-ci à son auteur que s’il en a eu effectivement connaissance. que la modification ne revête pas de caractère arbitraire. l’essentiel étant que l’auteur de cet acte ait exprimé sa volonté de créer une norme juridique. Il peut. elle pourra naturellement être l’objet d’une révision. La soumission des actes unilatéraux à des conditions classiques de validité : • La volonté est le “pivot” de l’acte unilatéral. d’un engagement erga omnes.déclaration Ihlen à l'égard du Danemark. Pour apprécier le sens de cette prescription. quant à elle. pour être valide. agi conformément à ce que semblaient impliquer les assurances fournies à la Conférence de Paris et dûment confirmées par le ministre Ihlen. 2º Les obligations découlant des actes hétéro normateurs Les actes unilatéraux hétéro-normateurs créent des droits au profit d'autres sujets et visent parfois à imposer des obligations aux tiers. le droit de contester. sous cette réserve. de même que l'on peut prendre en considération un changement fondamental de circonstances. comme dans l'affaire des essais nucléaires. La Norvège avait perdu. il est possible de raisonner par analogie avec les articles 61 et 62 de la Convention de Vienne. La forme n’est pas décisive. La survenance d’une situation rendant l’exécution de l’obligation impossible peut être invoquée. qui avait. Compte tenu du principe de l'égalité souveraine. un engagement unilatéral ne peut qu’être dépourvu de toute valeur juridique. • L’objet et le but de la promesse unilatérale doivent être licites. l’auteur de l’acte unilatéral doit pouvoir malgré tout se délier de son obligation. Cette volonté ne doit pas être viciée. avoir un objet qui ne contrevienne à aucune norme impérative du droit international. Le refus par la Cour de l’immutabilité des actes unilatéraux : L'acte unilatéral ne diffère pas fondamentalement de l’engagement conventionnel. même des années plus tard. L’Etat auteur d’une promesse doit donc porter son choix sur un mode de publicité adaptée c'est-à-dire qui permette d’entrevoir clairement et précisément l’objet de son engagement. pour sa part. Il est ainsi possible d’imaginer que l’auteur et le destinataire de la promesse concluent un accord modifiant la promesse unilatérale ó Cette éventualité est cependant à exclure lorsqu’il s’agit. à ce titre être recouru à une publication ou à une notification. ils ne seront opposables aux autres Etats que si ces derniers ont exprimé leur consentement à être . s'agissant de ses conditions de révision ou de révocation. la souveraineté danoise sur le Groenland ou d'affirmer sa propre souveraineté sur tout ou partie de cette île. Dans la mesure où le destinataire ne participe pas à l’élaboration de l’acte unilatéral. Lorsque la promesse prévoit une possibilité de révision ou de modification. • Gardé secret. Il est évident qu’un engagement doit. Dans le cas où rien ne serait prévu en ce sens. Ces dernières exprimeront sans équivoque le consentement d’un Etat à être lié par ses engagements.

Sur ce point. C'est le plus souvent à l'organe plénier qu'il revient de pourvoir à l'autorégulation de l'organisation internationale. 2º Le actes autonormateurs ou d'autorégulation Toute organisation doit jouir de la faculté d'adopter les actes indispensables à son existence interne. résolutions. La recommandation devient un acte juridique contraignant pour cet Etat. Ces actes permettent notamment d'exercer le pouvoir budgétaire dont le principe réside dans l'acte constitutif mais qui doit être nécessairement complété par un règlement financier ou budgétaire et d'adopter les "règlements intérieurs". En acceptant expressément une résolution-recommandation. dans le cadre de leur activité. jugements…). certaines résolutions auront-elles un effet obligatoire tandis que d'autres n'auront qu'un caractère recommandatoire. • il est possible qu'un Etat agisse en position de "mandataire" de la communauté internationale. selon lui un acte créateur de droits et d'obligations internationales. une déclaration unilatérale constituant.liés. Ce principe connaît 2 limites : • il est admis qu'un Etat peut unilatéralement imposer des obligations aux autres Etats sans avoir à recueillir l'assentiment des Etats tiers quand il se borne à mettre en oeuvre des compétences qu'il tient de règles conventionnelles et coutumières. ce qui l'autorise.Valeur juridique des actes unilatéraux des organisations internationales . désignant les actes adoptés par un organe collectif d'une organisation internationale. recommandations. en 1957. les organisations internationales sont amenées. B. il faut de nouveau faire une distinction importante car certains actes se rapportent à l'organisation elle-même et s'adressent à elle. Tel est le cas des Etats gérant la navigation sur des canaux internationaux. Le terme résolution. un Etat contribue à en modifier les effets juridiques. à adopter de nombreux actes unilatéraux (décisions.Définition des actes unilatéraux des organisations internationales 1º Une terminologie incertaine On peut distinguer 2 grandes catégories : les recommandations qui ont pour objet d'inviter leurs destinataires à adopter un comportement donné et les décisions qui ont un contenu obligatoire. D'autres actes conditionnent la conduite des Etats et se rattachent à l'exercice d'un véritable pouvoir réglementaire externe de l'organisation internationale. Ainsi. A. À partir de ces grandes catégories. § 2 Les actes unilatéraux des Organisations internationales Sujets désormais incontournables du droit international. on se souvient qu'après la crise de Suez le gouvernement égyptien adopta. du moins dans une certaine mesure à adopter des actes hétéro-normateurs. Ces actes ressortissent du pouvoir d'autorégulation de l'organisation. avis. recouvrira l'une et l'autre de ces catégories.

Des mécanismes permettent de venir à bout des plus retors d'entre eux. de tous les moyens nécessaires pour rétablir la paix et la sécurité internationales dans la région. enfin.1º La valeur des actes décisoires a. la résolution 678. Un . largement de la bonne volonté des Etats. la nomination du Secrétaire général des Nations Unies intervient par décision de l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. b. La recommandation du Conseil de sécurité apparaît ici comme un véritable acte condition. On sait. Le non-respect de cette formalité emporte l'annulation ou au moins l'inopposabilité de la décision finale. On peut citer. Ce pouvoir crucial est susceptible de conduire à l'adoption de recommandations ou de décisions. Les juges internationaux sont circonspects quant à la dénomination retenue par les organes émetteurs. en est-il des décisions adoptées par le Conseil de sécurité au titre des articles 24 et 25 de la Charte. le Conseil a marqué sa puissance par l’édiction de résolutions remarquablement contraignantes. ces actes lient non seulement les organes mais aussi les Etats membres de l'organisation. en vertu de l'article 25. Sous réserve de leur validité. de l'exercice des droits et privilèges inhérents à la qualité de membre (article 5 de la Charte). les décisions portant définition d'un règlement intérieur). Il découle sans équivoque des termes de l'article 59 du Statut de la CIJ que les arrêts de la Cour sont revêtus d'une autorité (relative) de chose jugée. par laquelle le Conseil de sécurité a autorisé Etats membres coopérant avec le gouvernement koweïtien à user. la qualification d'un acte ne pose normalement pas de problèmes particuliers. les décisions que le Conseil de sécurité peut prendre au titre de l'exercice de ses nombreuses prérogatives. sur recommandation du Conseil peut suspendre un Etat contre lequel une action préventive ou coercitive a été entreprise par le Conseil. c. par ailleurs. pour leur exécution. qui sans être par lui-même un acte normatif n'en constitue pas moins un préalable absolument obligatoire. d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression. L'Assemblée générale. il constate ainsi discrétionnairement l'existence d'une menace contre la paix. La CIJ estime qu'il convient "d'analyser le libellé d'une résolution du Conseil de sécurité avant de pouvoir conclure à son effet obligatoire". On peut également citer les décisions de l'Assemblée générale des Nations Unies afférentes à l'admission d'un nouvel Etat membre au sein de l'Organisation. Souvent controversés.La qualification de l'acte examiné : Dans un certain nombre de cas. Des difficultés peuvent néanmoins surgir.La portée et la valeur des actes autonormateurs : Ces actes ont une portée soit individuelle (ex. Conformément aux stipulations de l'article 39. ces actes décisoires dépendent. Par exemple. Ce caractère explique dans une large mesure le fait qu'ils ne puissent être adoptés qu'au terme de procédures souvent complexes.Portée et valeur des actes de réglementation externe (actes hétéronormateurs) : Certains de ces actes ont une portée générale (décisions par lesquelles des organisations internationales techniques définissent des standards internationaux) tandis que d'autres ont une portée individuelle (jugements des juridictions internationales). y compris à propos de ces actes très typés. soit générale (ex. Mentionnons. en ce sens. d'un pouvoir général de décision allant au-delà des limites du chapitre VII. une résolution de nature décisoire aura pour objet d'autoriser ses destinataires à adopter un comportement plus qu'à formuler à proprement parler des obligations. Ainsi. que le Conseil jouit. Depuis la fin de la guerre froide. ces actes ont soulevé des questions quant à leur "constitutionnalité". à compter du 15 janvier 1991. Un Etat membre enfreignant de manière persistante les principes de la Charte peut être exclu de l'Organisation par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil. nomination d'agents ou de juges. Doués d'une valeur obligatoire. préférant tenir compte d'éléments objectifs. Dans certaines hypothèses. création d'organe subsidiaire).

donnera raison à l'Assemblée générale contre ces Etats.8 millions de $. il ne saurait être question d'obliger un Etat à se soumettre aux principes énoncés dans une recommandation. C'est ainsi que l'Etat d'Israël a combattu des années durant la résolution 3379 (XXV) du 10 novembre 1975 par laquelle l'AGONU assimilait le sionisme au racisme et à la discrimination raciale jusqu'à en obtenir l'annulation par une nouvelle résolution en date du 16 décembre 1991. les Etats qui refusent de s'astreindre au respect des termes de la recommandation pourront continuer à appliquer la norme antérieure. en tout état de cause. Les opérations de maintien de la paix n'étant pas prévues dans la Charte. avec plus ou moins de précision et d'insistance. l'examiner de bonne foi. d'examiner attentivement le contenu des recommandations. un Etat membre a-t-il le droit d'en faire application sans que sa responsabilité puisse être engagée. en particulier lorsqu'il a été condamné. c.Recommandations et formulation de règles coutumières : L'adoption de recommandations . la RFA 79.2 millions de $. ces Etats estimaient qu'une contribution n'était pas obligatoire. Dans cette perspective. Si les recommandations n'ont pas de force obligatoire. une attitude propre à satisfaire les exigences d'un objectif d'intérêt général. Cette dimension politique est d'autant plus perceptible que l'organe émetteur a prévu des mécanismes de contrôle en vue d'apprécier les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des principes énoncés. volontairement et dans un climat d'entente mutuelle. elles sont néanmoins adoptées dans le but d'être exécutées. dans un avis du 20 juillet 1962 ("Certaines dépenses des Nations Unies". Néanmoins aucune sanction ne fut retenue contre ces Etats "importants" et la négociation permit de débloquer cette affaire. la CIJ.La valeur des recommandations : Les organes d'une organisation internationale adressent des recommandations aux Etats membres dans l'espoir de les voir adopter. C’est une incitation à l'adoption par les Etats membres d'une organisation de comportements ou de lignes de conduite suggérés. obligé de justifier sa position. b. Aussi.2 millions de $. En revanche. la France 20.117 milliards de $. les Etats sont contraints. Rec CIJ 1962. le Japon avec 130. L'Etat qui manifeste son opposition à une recommandation soutenue par un nombre significatif d'Etats est d'ailleurs immanquablement placé dans une situation défensive. p151). de même il pourra écarter l'application d'une norme antérieure pour autant qu'il ne porte pas atteinte aux droits acquis des autres Etats. Cet Etat invoquait la succession d'Etats pour ne pas payer une dette contractée auparavant par un gouvernement considéré comme illégitime. le Brésil 80. En toute hypothèse. Elle n'est susceptible de devenir éventuellement obligatoire qu'après acceptation (tacite ou expresse) par ses destinataires qui doivent. Rappelons pour mémoire que les plus gros débiteurs étaient (au30 juin 2002) les USA avec 1. Il peut arriver qu'une recommandation ait une réelle portée politique. pour le moins. Ce fut le cas du Kampuchéa démocratique sanctionné en 1977. la question budgétaire provoque de véritables crises comme en 1961 lorsque la France et l'URSS refusèrent d'assumer leur part pour l'opération des Nations Unies au Congo (ONUC). Parfois.9 millions de $. La recommandation est parfaitement adaptée à l'exercice d'un pouvoir de coordination.La portée des recommandations : La recommandation ne lie pas et n'assigne à ses destinataires aucune obligation de résultat.3 millions de $. l'Italie 42.Etat accusant un retard de paiement de sa contribution aux dépenses de l'Organisation peut le cas échéant être privé par l'Assemblée générale de son droit de vote (article 19). 2º La portée et la valeur des recommandations a. Finalement.

mais ne sont cependant pas soumis au droit des traités et à la règle pacta sunt servanda. Pour que ce que les anglosaxons appellent la soft law devienne de la hard law. les recommandations doivent témoigner d'une opinio juris et être suivies d'une pratique conforme. a veillé à garantir la pleine efficacité des mécanismes de contrôle prévus par l'article 73 de la Charte. Il convient de tenir compte de l'autorité politique et juridique de l'organe qui a émis la recommandation en cause. du 14 décembre 1960. Le caractère obligatoire de ces principes procède de leur nature originelle et ne résulte en rien du fait qu'ils aient été formulés dans le cadre d'une recommandation.. une nature ambiguë. Il est évidemment indispensable que les votes traduisent une volonté partagée par un nombre représentatif des Etats composant la communauté internationale.contribue parfois à l'émergence de nouvelles règles coutumières. déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.. en revanche. Sous-section II: Les accords informels Il s'agit là d'une catégorie d'accords dont la nature est difficile à cerner.). cependant considérer que la répétition peut être significative de l'émergence progressive d'une règle de droit. selon l'expression de P. même partielle et progressive. Certaines de ces recommandations ont. Elles ne seront souvent que les signes précurseurs d'un processus coutumier dont on ne peut être certain qu'il aboutira. Ils produisent néanmoins un certain nombre d'effets juridiques. La situation est plus délicate. Cette pratique redondante suffit-elle à influencer l'évolution du contenu du droit international ? Certains auteurs portent sur cette méthode un jugement parfois sévère. de la pratique. à la suite de sa résolution 1514 (XV). On sait que l'Assemblée Générale affectionne le vote de déclarations de principes généraux. Dès lors chaque résolution contribue. Weil affirmait que "pas plus qu'avec trois fois rien on ne fait quelque chose. . Le passage du recommandatoire à l’obligatoire peut se faire. Celle-ci n'est ici que le vecteur d'une norme préexistante. il est indispensable que ces déclarations reçoivent la confirmation. Les tentatives menées par l'Assemblée générale des Nations Unies pour imposer le développement d'un droit d'assistance aux victimes de catastrophes humanitaires en témoignent. dont l'une des plus célèbres est la DUDH de 1948. du fait en particulier de leur dénomination.La "méthode Coué" : procédé par lequel les majorités au sein des organisations internationales s’efforcent de faire rejaillir la force obligatoire de principes certains et bien établis sur d’autres moins certains et moins généralement acceptés.La mise en place de système d’évaluation contribue à faire naître le sentiment d'obligation par l’exercice d’une contrainte psychologique institutionnalisée . En ce sens. L'autorité des principes ainsi énoncés dépend d'un certain nombre de paramètres. P. La frontière entre le juridique et le politique est souvent extrêmement ténue. l'accumulation du non-droit ou du pré-droit ne suffit à elle seule à créer du droit". Dupuy à la catalyse de la coutume. lorsqu'une recommandation ambitionne d'enrichir le droit positif. Elle peut être la manifestation d'un besoin social. rédaction contraignante. . À l'instar des traités. ces accords visent toutefois à régler les rapports mutuels des parties et à définir leur conduite. La conjonction d'une volonté réelle et d'une pratique effective est parfois difficile à trouver. et le problème du seuil de normativité se pose avec acuité. des conditions d'adoption. ils résultent d'un processus de concertation (on parle d'ailleurs d'actes concertés non conventionnels ou ACNC).La voie coutumière: les promoteurs de telles résolutions feront tout ce qui est en leur pouvoir pour hâter le processus de constitution d'une coutume (répétition incantatoire.-M. Sans être des traités. plus ou moins heureusement de plusieurs façons : . de l'existence de procédure de contrôle… En matière de décolonisation : l'Assemblée générale des Nations Unies. On peut.

Gentlemen's agreements : accords entre dirigeants politiques ne liant pas les Etats qu'ils . Les accords informels peuvent aussi avoir un objet normatif. Entre dans cette catégorie l'acte final d'Helsinki qui vint clore. signés par l'URSS. des accords par le biais desquels des Etats s'entendent sur les grands principes politiques qui régiront leurs relations mutuelles ou leurs relations avec des pays tiers. en effet. Il en va ainsi tout d'abord. D. La CEE et le Japon ont également recouru en août 1991 à cette technique souple pour régler le délicat problème des exportations d'automobiles nippones dans la CEE d'ici à la fin du siècle. Parfois malaisée. les USA et la GB qui comme les précédents définissaient des principes qui s'appliqueraient ensuite à l'égard d'Etats tiers. compte tenu des conséquences qui en découleront sur le plan juridique. L'un des exemples les plus topiques nous est fourni par la Charte de l'Atlantique en date du 14 août 1941 conçue et signée par W. L'opération est rendue complexe par le fait que l'on ne peut considérer les critères formels et matériels comme totalement fiables. Churchill et F. En ce sens. devaient s'appliquer une fois la guerre achevée. que les ACNC peuvent avoir un objet comparable à celui d'un traité ou du moins lié à celui-ci. Les USA ont été les promoteurs de cette pratique illicite en expérimentant pour la première fois cette méthode en 1986 avec le Japon dans le secteur des semi-conducteurs.Les accords informels sous des formes variées M. en 1975. propres à garantir un monde meilleur. la CSCE. 2 exemples : • l'accord de Londres (1946) par lequel les membres permanents du Conseil de sécurité ont procédé à une répartition des sièges pour l'élection des membres non permanents au Conseil • le compromis de Luxembourg (29 et 30 janvier 1966) entérinant la position de la France pour laquelle il était inacceptable qu'un Etat fut mis en minorité sur ce qu'il considérait comme l'un de ses intérêts fondamentaux. Elle définissait les principes communs aux deux puissances qui. On peut également citer les accords interprétatifs dont la vocation est de compléter et de préciser un cadre juridique préexistant. On constate. De nombreux arrangements informels ont pu être conclus à propos notamment de certains produits dits de base.Des accords informels aux objets les plus divers Les ACNC présentent souvent une évidente proximité avec les traités. Roosevelt. Virally évoque les ACNC comme des textes incertains qui peuvent être plus ou moins formalisés.Typologie et intérêt des accords informels A. la GB et l'URSS ont implicitement procédé au "partage du monde" en zone d'influence en 1945. Le droit économique s'accommode fort bien des ACNC car ils garantissent une flexibilité intéressante. B. Il en est de même des accords de Yalta et de Postdam. C'est sur la base d'accords de ce type que les USA. Ces instruments permettent d'encadrer de façon pragmatique à court terme les échanges On peut aussi évoquer les arrangements bilatéraux d'autolimitations des exportations de divers produits sensibles tendant à encadrer leur commerce en marge du multilatéralisme prôné par le GATT. ils constituent un instrument particulièrement adapté aux questions politiquement ou économiquement sensibles. la distinction n'en est pas moins essentielle.§ 1.

À cet égard. § 2. si l'acte final de la Conférence d'Helsinki a été préféré à un traité. des documents que l'on appelle code de conduite et dont l'ambition est d'établir assez précisément les principes qui régiront leurs relations dans des secteurs délicats. mais qu'il peut contenir des prescriptions imprécises ou incertaines dont la teneur est laissée à l'appréciation de ses destinataires.La question de l'absence de force obligatoire L'idée de départ est simple puisqu'elle revient à considérer que si les traités sont obligatoires. Procès-verbaux offrant une relation officielle ce qui a été dit et fait entre les négociateurs. à l'initiative de la France et de la Russie.Régime et portée juridique des accords informels A. Il convient de nuancer cette apparente simplicité en rappelant que le traité est obligatoire en tant que source du droit. L'OSCE s'est ensuite dotée de structures permanentes entre 1990 et 1992. d’une organisation internationale. Il énonce des normes générales qui présideront aux relations réciproques des Etats européens (1ère corbeille). l'Acte Final d'Helsinki offre un exemple intéressant. Déclaration d'intention C'est dans ces conditions que Staline accorda à ses 2 partenaires une déclaration conjointe sur l'Europe libérée au terme de la Conférence de Yalta. C'est ainsi que la CSCE fut transformée. Ils cristallisent ainsi une prise de position commune en assurant son officialisation. CNUCED). Communiqués conjoints : documents publiés à la fin de toute réunion internationale par lesquels les parties en présence mettent en évidence les points de convergence ou de divergence. définit les principes essentiels qui régiront les relations et la coopération économique entre les Etats participants (2ème corbeille) et fixe les règles . par ce moyen. c'est essentiellement parce que certains Etats ne voulaient pas que l'on pût y voir un règlement définitif de la question des frontières allemandes". "les instruments n'ayant pas de force juridique obligatoire servent de solutions intermédiaires en cas de problème durable. Certains codes font toutefois l'objet d'une consécration conventionnelle. Moins que des conventions. Les Etats adoptent parfois. au sein d'organisations internationales (OCDE. en une véritable organisation par la Charte de Paris pour une nouvelle Europe en date du 21 novembre 1990. Il est même possible d'envisager la création. Conclusions ou déclarations concertées qui tendent à faire savoir officiellement l'attitude que les Etats entendent adopter à la suite de leur rencontre. ils peuvent néanmoins établir dans certains cas de véritables obligations de résultat à la charge des Etats participants. les actes concertés ne le sont pas. Ces accords peuvent en outre constituer un "banc d'essai pour des engagements conventionnels ultérieurs". Cette déclaration promettait des élections libres et la mise en place de gouvernements démocratiques en Europe de l'Est. Y recourir permet d'éviter la solennité et la longueur d'une procédure conventionnelle tout en obtenant (plus rapidement) un résultat souvent comparable. ces codes constituent une collection de lignes de conduite acceptées par les Etats qui les ont élaborés. Les ACNC connaissent un succès qui ne s'est jamais démenti et qui tient à leur "informalisme" et à leur souplesse.représentent sur le plan du droit mais dont le respect s'impose à ses signataires comme une question d'honneur ou de bonne foi. au règlement incertain (…) il paraît certain que. Si les ACNC n'imposent le plus souvent que des obligations de comportement.

cette approche revient à considérer qu'ils ne sont pas régis par le droit international. ACNC) n'en sont pas moins pertinentes. il faut au contraire admettre que comme les recommandations des organisations internationales. Le recours de plus en plus fréquent aux ACNC permet de constater qu'ils sont honorablement respectés. un texte ne liant pas juridiquement ses signataires.La portée juridique des accords informels 1º L'enregistrement des accords informels Ces engagements non contraignants ne sont pas des traités. Pour être plus précis. Ainsi. troisième tiret. En effet. soit en raison de leur contenu. la Charte de Paris de 1990. C'est ainsi. que l'article 11. Tel a été clairement le cas pour l'acte final d'Helsinki. § 1. B. pour ne pas dire d'une confusion. ils n'ont donc pas vocation à être enregistrés au Secrétariat général des Nations Unies conformément aux dispositions de l'article 102 de la Charte. Toutes ces normes incertaines. 2º Les modalités de sanction des ACNC Le non-respect d'un ACNC n'est pas de nature à entraîner la mise en jeu de la responsabilité internationale de l'Etat. il s'agissait ainsi de démontrer en ne l'enregistrant pas qu'il s'agissait bien d'autre chose. ils bénéficient souvent d'une assez large publicité.applicables en matière de coopération humanitaire. tout en précisant qu'elle n'est pas éligible à un enregistrement. être considéré comme ayant renoncé à la faculté que lui donnait jusque là le . Elles constituent ce que les juristes anglo-saxons appellent la soft law. en vertu du principe universel de bonne foi. au moins autant que des traités véritables. Cela tient-il au fait. du Traité sur l'U E dispose que "les objectifs de la PESC sont le maintien de la paix et le renforcement de la sécurité internationale conformément aux principes de l'acte final d'Helsinki et aux objectifs de la Charte de Paris". par ex. La soft law ne prend cependant sa consistance que si elle fait l'objet d'une application effective. comme le pense une partie de la doctrine. si les Etats affectionnent ce type d'accords s'est précisément parce qu'ils considèrent que leur objet appelle un encadrement flexible et adaptable au gré des circonstances. par les Etats comme contraignants. A moins d'être secrets. entre ce qui est juridique et ce qui est obligatoire. que ces accords tirent leur force de leur nature d'engagement moral et politique ? Témoignant d'une assimilation. a toutefois pris soin de charger le gouvernement français d'en assurer la diffusion notamment auprès du Secrétaire général des Nations Unies et demande aux Etats participants à la CSCE de la publier. en pratique. Bien que ce texte présentât toutes les caractéristiques d'un traité. sinon elle reste une vue de l'esprit. soit parce qu'elles sont posées par des sources insusceptibles d'avoir un effet juridiquement obligatoire (recommandations d'organisations internationales. .Un Etat qui assume un engagement de nature politique peut. Néanmoins ils ne sont pas dépourvus de toute valeur juridique. On doit évidemment réserver le cas où le contenu d'un acte concerté non conventionnel est accepté comme un acte juridiquement obligatoire par un engagement unilatéral d'un Etat ou par traité. et qu'ils sont finalement conçus. Le droit international ne se résumant pas au droit applicable aux traités. les ACNC. sans être obligatoires n'en sont pas moins soumis au droit international..

un Etat partie à un ACNC ne pourra plus. une valeur permissive. revenir radicalement sur son engagement initial et prétendre qu'il est inexistant afin de contester la légalité d'une situation ou d'une action. Tout différend peut. Section I: La coutume internationale "Il est clair que la coutume dérange". Transformation de données factuelles en données juridiques. être réglé selon les modalités prévues à l'article 33 de la Charte (exception faite des règlements arbitraux et judiciaires). de ces prescriptions. Dans ces conditions. Les effets obligatoires découlent d’une illusion irrégulièrement entretenue. dans certaines circonstances. Ceux-ci peuvent se conformer au contenu de l'accord sans qu'aucun reproche ne puisse leur être adressé à cet égard par leurs partenaires. Aussi. Les ACNC. . Nul ne conteste leur qualité de source du droit international. moyens de pression véritables de nature à en assurer le respect. Si les juridictions internationales ne peuvent connaître de la violation d'un acte concerté. . il n'en demeure pas moins que la victime a la possibilité d'user de tous les moyens admis en droit international pour en obtenir la cessation et éventuellement la réparation. Cette conviction a conduit le tiers à agir de bonne foi. À ce titre. Cependant. peuvent contribuer à la formation de règles coutumières. Chapitre II : Le droit spontané Sources formelles du droit international dont la principale caractéristique est d'être peu formalisées. ils permettent de neutraliser l'application d'une règle antérieure entre les Etats participants. et toute l'ambiguïté des ACNC est là. par la suite. en effet. l'Etat ne doit pas être privé du droit de revenir. La théorie de l'estoppel est susceptible de trouver une application dans une telle hypothèse. On peut parler de droit spontané. C'est ainsi que l'acte final d'Helsinki a prévu des mesures devant assurer sa publicité et la poursuite du processus multilatéral amorcé par la Conférence en vue d'un échange de vues approfondi portant à la fois sur la mise en oeuvre des dispositions de l'acte final et l'exécution des tâches définies par la Conférence.droit international de déclarer que la question visée relève exclusivement de son domaine réservé. ces accords prévoient parfois des procédures internationales de contrôle. comme les recommandations. On mesure là le caractère relatif des moyens de défense pacifique dont dispose les victimes d'une violation d'un ACNC. L’obligation résulte ici de la conviction que le comportement a fait naître chez un tiers. sur un engagement non juridique parce que cela lui paraît politiquement opportun. l’auteur est alors tenu de se conformer à cette conviction. leur existence ou leur portée doit être accréditée au fil d'une recherche subtile. Les ACNC ont. une demande d'exécution ne constitue pas une ingérence dans les affaires intérieures de cet Etat ou un acte inamical. Les Etats sont. Les Etats-Unis d'Amérique s'attachèrent à justifier leur politique d'hostilité à l'égard de l'URSS par le fait que ce pays n'avait jamais respecté les engagements pris dans la déclaration conjointe adoptée à Yalta. Cependant. à l'instar des recommandations. tenus de se soumettre aux exigences du principe de bonne foi. en effet. À défaut de sanctions judiciaires. Loin de la formalisation évidente du processus conventionnel. le droit coutumier se forge au terme d'une opération diffuse voyant le fait se muer en droit.Dès lors qu'un accord définit une ligne de conduite ou une obligation les partenaires sont en droit d'attendre le respect dans la mesure du possible.

§ 1. et en rendant justement compte du rôle joué par les grandes puissances dans l'identification des besoins sociaux. le caractère évolutif du droit coutumier. Cette perception permet de fonder la validité erga omnes des coutumes dites générales. tant l'inversion des termes de la définition peut paraître incongrue. A. Le caractère défectueux de cette formule est évident. À l'inverse. C’est une conviction commune : il y a des principes auxquels on doit se soumettre pour vivre en bonne intelligence. Cette théorie est critiquable à plus d'un titre : qu’advient-il de l'Etat nouveau qui n'a pu prendre part à l'établissement des règles dont il s'agit ? La doctrine considère qu'il doit se plier à ces règles et la pratique confirme qu'il y est soumis de plein droit sans qu'il ait eu pourtant la faculté d'accorder ou de refuser son acquiescement. Accord exprès et coutume sont donc engendrés par un phénomène du même ordre. La valeur de la coutume découle de la conviction qu'ont les sujets du droit international d'être tenus de l'observer. Pour qu'une coutume voit le jour. B. La Cour dans son arrêt de 1969 a pour sa part affirmé clairement la spécificité et l'autonomie du droit coutumier par rapport au droit conventionnel. véritable socle du droit conventionnel car plus ancien et (par définition) plus général. Rousseau. 2 séries d'éléments doivent être réunies : un élément matériel (consuetudo) et un élément psychologique (opinio juris). un nombre restreint d'Etats "particulièrement intéressés" peut de ce seul fait bloquer le processus de formation coutumière. Il n’y a d’obligation que les obligations volontaires. Elle traduit alors l'équilibre des forces internationales en présence à un moment donné. La volonté est la seule source du DI.Les fondements de la coutume On distingue plusieurs courants théoriques : volontariste/ objectivistes. par essence. Du fait que les Etats adoptent une certaine attitude dans leurs rapports.Les fondements volontaires de la coutume = thèse subjectiviste Ici le droit international est présenté comme exclusivement fondé sur la volonté expresse et tacite des Etats. Dans cette perspective. Le volontarisme méconnaît enfin. § 2. A. ils donnent à ce comportement le sens d'une promesse et s'engagent implicitement les uns vis-à-vis des autres. Cet accord tacite fonde la force obligatoire de la coutume.L'élément matériel 1º Des comportements imputables à des sujets du droit international La coutume n’existe que s’il existe un ensemble de comportements susceptibles de constituer des précédents imputables à des sujets du droit international. Comme le soulignait Ch.Les éléments du processus coutumier L'article 38 § 1 b) du Statut de la CIJ définit la coutume comme étant "la preuve d'une pratique générale acceptée comme étant le droit". Ces comportements se manifestent par des pratiques indifféremment positives ou négatives (abstention). c'est au contraire l'examen d'une pratique qui démontrera l'existence ou non d'une coutume. tout en autorisant les évolutions nécessaires. la coutume n'est pas la preuve d'une pratique. la coutume se voit reconnaître le statut de droit international commun (sans implication hiérarchique).Les thèses objectivistes Pour les objectivistes le support de la coutume réside dans la conscience sociale du groupe qu'elle régit. . La conviction préexiste et intervient en dehors de tout acte de volonté.

des décisions de justice. La jurisprudence exige traditionnellement une "pratique constante et uniforme". il en résulte une confirmation plutôt qu'un affaiblissement de la règle.S'agissant des secondes. De façon plus raisonnable. pour les traités dont l'objet est moins d'édicter des règles nouvelles que d'énoncer le droit existant. Les organisations internationales contribuent elles aussi à la formation de normes coutumières. Si un Etat agit d'une manière apparemment inconciliable avec une règle reconnue. À ce titre.Les actes étatiques pris en compte sont ceux accomplis par des organes ayant compétence (lato sensu) dans l'ordre international. L'élément matériel peut également procéder d'actes interétatiques. y compris ceux qui sont particulièrement intéressés. 2º La contrainte temporelle La "répétition est la condition de l'affermissement de la pratique sans lequel il serait impossible de parler <<d'usage>>". ait été fréquente et pratiquement uniforme". . par les actes unilatéraux qu'elles adoptent. des actes législatifs ou réglementaires. une "participation très large et représentative à la convention (…) à condition toutefois qu'elle comprenne des Etats particulièrement intéressés". Il faut une répétition concordante et suffisante de certains faits pour que l'on puisse évoquer une répétition fondatrice. Ces pratiques matérielles doivent-elles s'inscrire dans la durée ? La Cour estime que le "fait qu'il ne se soit écoulé qu'un bref laps de temps ne constitue pas en soit un empêchement à la formation d'une règle nouvelle de droit coutumier". être nécessaire. Plus que la durée c'est donc la constance et la stabilité de ces pratiques qui compte avant tout. et cela que l'attitude de cet Etat puisse ou non se justifier en fait sur cette base". . "Les actes considérés doivent (…) par leur nature et la manière dont ils sont . En d'autres termes. La CIJ considère qu'il paraît "suffisant. 3º Le cercle variable des Etats intéressés Est-il nécessaire que le comportement indispensable à l'apparition d'une règle coutumière ait une manifestation universelle ? Il convient de distinguer les coutumes générales (ou universelles) des coutumes régionales et bilatérales. la jurisprudence semble plus sensible à la qualité des sujets impliqués dans le processus qu'à leur nombre. mais défend sa conduite en invoquant des exceptions ou justifications contenues dans la règle elle-même. on tiendra pour pertinentes des pratiques gouvernementales. le cercle des Etats intéressés étant par définition plus restreint.S'agissant des premières. la Cour exige. notamment dans le cas des coutumes bilatérales. B. des prises de position diplomatiques. l'unanimité peut. Il en va ainsi. "la pratique des Etats. Les sujets doivent avoir la conviction qu’ils sont obligés. pour déduire l'existence de règles coutumières que les Etats y conforment leur conduite d'une manière générale et qu'ils traitent eux-mêmes les comportements non conformes à la règle comme des violations de celle-ci et non pas comme la reconnaissance d'une règle nouvelle.L'élément psychologique L’élément psychologique est un processus qui conduit les Etats a considéreré qu’ils sont liés. Il est toutefois indispensable que durant cette période fut-elle courte. pour que l'on considère qu'une règle conventionnelle est devenue une règle coutumière. on relève que l'article 38 du statut dispose que les règles coutumières résultent d'une pratique générale. les conventions auxquelles elles participent et l'ensemble des relations qu'elles entretiennent avec d'autres sujets du droit international. par exemple. Cette expression laisse à penser qu'il n'est pas nécessaire que cette pratique soit unanime pour servir de point d'appui éventuel à la formation d'une règle coutumière.

sont en principe tenus au respect de règles à l'élaboration desquelles ils n'ont pu contribuer. L'opinio juris peutêtre inférée d'une pratique matérielle clairement avérée. Un Etat peut se soustraire à l'autorité d'une norme coutumière en objectant à sa création. ils préféraient au "temps historique" un "temps psychologique" plus apte à prendre en compte leur condition sociale et économique. "Les rapports internes à la structure de la coutume sont altérés au profit de l'élément volontaire : à la limite la prise de conscience de leur condition rend inutile la répétition diluée sur une longue histoire : elle se trouve remplacée par une fréquence concomitante. Par opposition aux "coutumes sages". en dépit de fortes préventions idéologiques. joué un rôle essentiel dans la consécration générale de l'une des innovations majeures du nouveau droit de la mer. C'est ce que souligne très clairement la notion d'objecteur persistant.-J. C. être [révélateurs] de la conviction que cette pratique est rendue obligatoire par l'existence d'une règle de droit (…)" . À l'inverse. notamment de la résolution 2625 (XXV).Les limites du schéma théorique traditionnel La distinction entre les 2 éléments n'est pas toujours évidente car il n'y a pas entre eux de différences tranchées mais au contraire une profonde interdépendance.accomplis. CIJ. Elle a estimé que l'opinio juris est confirmée. Le juge se livre ainsi à un travail d'investigation et de reconstruction a posteriori beaucoup plus qu'à une simple tâche de constatation. Les nouveaux Etats ne s’accommodent pas toujours de la coutume traditionnelle formée au cours des siècles par les vieux Etats européens. Licéité de la menace ou de l'emploi d'armes nucléaires. auxquelles il est soumis sur le plan conventionnel de la Charte. à savoir la zone économique exclusive. Il serait ainsi naïf de minimiser l'importance du consentement des Etats s'agissant de l'opposabilité des règles coutumières. qui se sont lentement dégagées de faits immémoriaux. Le consentement à ces résolutions apparaît comme une des formes d'expression d'une opinio juris à l'égard d'un principe. En revanche. par l'attitude des Parties et des Etats à l'égard de certaines résolutions de l'Assemblée générale. pour l'essentiel. par ailleurs. notamment institutionnelles. le juge s'efforce de déceler dans leur pratique concrète le signe d'une opinion juridique. entre autres. Chacune de ses écoles contient sa part de vérité. par ex. les Etats nouveaux. En cas de désaccord de fond irréductible. le rôle du juge (ou de l'arbitre) est essentiel. René Jean Dupuy distinguait les "coutumes sauvages" des coutumes sauvages. il devient nécessaire de tenir compte prioritairement de l'élément psychologique. Par l'affirmation collective et répétée de leur attachement à la règle des 200 miles. la Cour a constaté que l'accord des Parties pour considérer que le principe relatif à l'emploi de la force figurant dans la Charte des Nations Unies correspond. l'idée précède le droit. récusant la répétition chère aux pays anciens. Il s'agit d'une manifestation révolutionnaire de la coutume tendant à la remise en cause de l'ordre dominant. Le droit de la mer offre à cet égard un exemple intéressant. Sans s'encombrer de considérations psychologiques excessives. Apparaît ici en pleine lumière la capacité d'une poignée d'Etats. Comme le souligne. En effet. Cette véritable contre-coutume qui ne s'appuie que sur des précédents de courte durée a reçu un accueil favorable de la part des Etats du Tiers monde. il peut également être attentif à d'autres éléments. En dépit d'une pratique plus qu'incertaine si on doit en juger par le nombre de fois où l'interdiction du recours à la force a été violée depuis 1945. du fait de certains Etats intéressés adoptant un comportement conjoint dans une période relativement ramassée". Dupuy. • Il n'existe pas en pratique de situation correspondant exactement au schéma d'analyse volontariste ou objectiviste. liés par une forte solidarité catégorielle et . Ici. En cas de doute. à celui qui se retrouve dans le droit international coutumier. avis consultatif du 8 juillet 1996)49. considéré comme un principe de droit coutumier indépendant des dispositions. ces Etats n'ont d'autre choix que de favoriser l'adaptation des règles anciennes ou de susciter l'émergence de nouvelles règles. les coutumes sauvages ont littéralement fait irruption dans le droit international. telles que les résolutions de l'Assemblée générale (v. lorsque la pratique matérielle est défaillante ou incertaine. À cette fin. R. les Etats latino-américains ont.

Celle-ci est à situer d'abord dans un cadre plus général : le principe dit de solidarité et de coopération. Cette double dimension se retrouve dans le “principe 21” (21ème principe de la Déclaration de Stockholm) dont la Cour a récemment confirmé. le caractère coutumier Peu à peu a été déduite de ce principe 21 une obligation de coopération. Formalisée et réitérée solennellement.celle de l’information sur les activités qui peuvent avoir des effets transfrontières “sérieusement nocifs” sur l’environnement. . un principe général du droit international. Ainsi. à peser de manière décisive sur le déroulement d'un processus universel de production normative. qui les conduisent à reconnaître ou favoriser l'émergence de règles coutumières. les Etats ont mis en avant l’obligation de ne pas causer de dommages à l’environnement des autres États. sous la forme d’une obligation générale : “Les États doivent coopérer dans un esprit de partenariat mondial en vue de conserver. qui sous-tend l'ensemble du droit international de l'environnement. économique et commercial. autant dans les territoires auxquels s'applique le présent Chapitre que dans leurs territoires métropolitains. de protéger et de rétablir la santé et l’intégrité de l’écosystème terrestre” (principe 7). sur le principe général du bon voisinage dans le domaine social. Certaines d’entre elles se retrouvent dans la Déclaration de Rio mais formulées dans des termes très généraux : . ainsi que mener des consultations avec eux “rapidement et de bonne foi” (principe 19). Mais peu importe.dans le domaine scientifique et technique (principe 9) . . Ce principe. On le retrouve énoncé dans la Déclaration de Rio. La notification doit être “immédiate” (principe 18) . au départ diffuse. . l'espérance. obligation “de bon voisinage”. Les États “doivent prévenir suffisamment à l’avance” les États susceptibles d’être affectés et “leur communiquer toutes informations pertinentes”. Nul ne songerait ainsi à contester le droit des Etats à disposer librement de leurs ressources naturelles ou de nationaliser des biens privés étrangers.celle de la notification des catastrophes naturelles et des -selon la formule consacrée“autres situations d’urgence” susceptibles d’avoir des effets transfrontières. Lors du sommet de Rio. a reçu une abondante consécration coutumière et conventionnelle. s'est progressivement affermie pour devenir une aspiration politique et juridique à laquelle se rallièrent successivement pratiquement tous les Etats de la région.géographique. Il ne faudrait pas à l'inverse refuser à la contrainte (sociale) toute fonction dans l'émergence des règles coutumières. les Etats côtiers en développement puis le grandes puissances maritimes. à deux occasions. en 1992. . En lançant ce "nombre sacré"ils forgèrent un mythe de nature à entraîner de grands bouleversements et à bousculer toutes sortes d'inégalités (y compris naturelles). Tel est le cas en ce qui concerne les exigences de la protection de l'environnement. qui trouve notamment son fondement théorique dans l’interdiction de l’abus de droit. dans la mesure où finalement les Etats en viendront à accepter l'opposabilité d'une règle générale. De cette obligation générale découlent certaines obligations plus spécifiques. La consécration de certaines règles du droit du développement en atteste. compte tenu des intérêts et de la prospérité du reste du monde". Le progrès est sensible pour 2 questions : . la Charte de l'ONU dispose dans son article 74 que "(L)es membres de l'Organisation reconnaissent aussi que leur politique doit être fondée. De même on ne peut nier le fait qu'existent des solidarités objectives très fortes entre les Etats.dans le domaine du commerce international (principe 12) .dans le domaine des transferts d’activités dangereuses (principe 14). Il est vrai que cette contrainte résulte elle-même de la confrontation de volontés.

éventuellement. Ses travaux ont abouti en 1950 à l'adoption d'un texte qui servira de base à un projet plus ambitieux de code des crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité. B.La technique de la codification La codification peut être initiée par des Etats mais aussi des organisations internationales voire dans certains cas par des organisations non gouvernementales (par ex. de nombreux auteurs s’accordent à considérer que codifier le droit signifie toujours le modifier en partie et parfois profondément. de diffusion et de certitude plus grande du droit international". d'étudier la question (avec l'assistance du Secrétariat des Nations Unies ou d'autres organisations internationales) et. Sans prétendre que les 2 concepts sont rigoureusement homothétiques. il semble que codification "stricto sensu" et "développement progressif" sont en pratique si intimement entrelacés qu'ils en deviennent difficilement séparables. Des navettes s'effectuent sur diverses parties du texte avant qu'il ne soit soumis dans son ensemble à l'Assemblée générale. technique (CDI) ou politique (composé de représentants d'Etats). Dans le cadre des Nations Unies. Seulement. le choix d'un thème de codification résulte d'une décision de l'Assemblée générale (art. La CDI commence par désigner un rapporteur spécial chargé. été invitée à se prononcer sur l'opportunité de créer une juridiction . La CDI est un organe subsidiaire technique (créé en 1947) composé de 34 membres. L'Assemblée générale peut décider de confier la préparation d'un projet de texte à un organe temporaire ou permanent. car dépourvue d'intérêt. en l'assortissant le cas échéant des modifications opportunes. Depuis Ch. Dès que la CDI a été créée. la codification apparaîtrait alors comme le symbole du conservatisme juridique. les protocoles de Genève 1977 à l'initiative du CICR). modification ou soustraction. la codification contribue. il serait réducteur de n’y voir qu’une démarche neutre. au prix. elle est "un facteur de développement. Plusieurs années plus tard. sous la forme d'une convention à laquelle les Etats seront invités à adhérer.La codification de la coutume La codification peut ainsi être appréhendée comme un " instantanée photographique " ou une "mise en ordre et en forme systématique ” du contenu de normes coutumières préexistantes. à cristalliser la coutume émergente et. la CDI adopte un avant-projet (projet d'articles) soumis à la VIème commission de l'Assemblée générale. selon un schéma ternaire. L'Assemblée générale décide de la suite à donner au(x) projet(s) qui lui sont soumis. d'autre part. La codification ne constitue pas un acte de création initiale car elle intervient toujours "dans des domaines dans lesquels le droit a déjà fait son apparition" sous forme de règles coutumières. élus de manière à ce que soient représentées "les grandes formes de civilisation et les principaux systèmes juridiques du monde". de proposer une méthode de travail et une série d'avant-projets. à fixer la coutume préexistante. Manifestation d'une philosophie dynamique beaucoup plus que statique. à générer les éléments d'une nouvelle coutume. experts reconnus et indépendants. au même moment. de Visscher. elle a été chargée de codifier les principes de Nuremberg. Le plus souvent l'Assemblée générale suggérera la convocation d'une conférence diplomatique chargée d'adopter le texte de la convention de codification. La CDI a. Elle peut également adopter le texte. 13). d'une part. il est vrai d'une certaine lenteur. Elle ne se solde par aucun ajout. Le choix de la CDI offre des garanties de rigueur scientifique.§ 2. Elle peut se contenter d'attirer leur attention sur le contenu du texte par le vote d'une résolution plus ou moins solennelle. ne tendant qu’à constater puis à formuler de façon claire et concise des règles diffuses et confuses. En résumé. Elle est souvent aiguillée en ce sens par la Commission du droit international (CDI).

Elle a d'abord créé un groupe de travail au lieu de désigner un rapporteur spécial. la convention de 1982 complétant et révisant l'oeuvre de la Commission • Le droit diplomatique : ainsi. la définition de l'agression par la résolution de l'Assemblée générale 3314 (XXIX) du 14 décembre 1974. s'étendant sur une période cinquante ans pour que le projet de codification aboutisse. en 1954. • Le droit des traité : Convention sur le droit des traités (Convention de Vienne de 1969). et. En élaborant les principes de Nuremberg. ne commençant à se pencher sur l'institution d'une Cour criminelle internationale qu'à compter de 1990. Cependant. des relations consulaires (CdV 1963). la charte des droits et devoirs économiques des Etats (1974). ensuite en menant à bien le projet de statut en 1994. la proclamation de l'inadmissibilité de l'intervention et de l'ingérence dans les affaires intérieures des Etats par la résolution de l'AGONU 36/103 du 9 décembre 1981. en se limitant à une seule lecture au lieu des deux habituelles. La Commission privilégiera l'élaboration du code. l'Assemblée générale décide de suspendre les travaux. un Comité spécial chargé de proposer un statut de juridiction pénale internationale. . Il a donc fallu à la CDI deux tentatives d'une durée totale de 20 ans. 25 sujets. convention sur la succession d'Etats en matière de traités (Convention de Vienne de 1978) • Le droit pénal international : ici les résultats se font encore attendre. À partir de 1991. en raison d'une brusque évolution du contexte international. Il faut également saluer la contribution de l'Assemblée générale au développement du droit international par l'adoption de conventions ou de résolutions solennelles. le premier code des crimes. les missions spéciales (1969). À ce titre. le projet de statut d'une Cour criminelle internationale et le second code des crimes.pénale internationale. on peut citer la déclaration sur les relations amicales (1970). cette lenteur jette le discrédit sur son mode de fonctionnement et ses méthodes de travail. Mais. En 1996.Les résultats contrastés de l'oeuvre codificatrice Longtemps la codification a eu des résultats modestes et essentiellement régionaux. et les travaux de la CDI ne reprendrons eux-mêmes qu'en 1981. La codification peut aussi être conduite dans un cadre régional. soit en 3 ans au lieu d'une dizaine d'années ou plus pour les autres projets. Il faut attendre l'institution des Nations Unies pour que la codification prenne son envol. La codification s'est concentrée sur certains sujets: • Le droit de la mer: les 4 conventions de 1958 portant sur la plupart des aspects du droit de la mer. depuis l'origine. Il est vrai. Cette définition n'interviendra qu'en 1974. tant ceux relatifs au projet de code que ceux afférents à l'instauration d'une juridiction pénale dans l'attente d'une définition de l'agression. la convention sur la protection du personnel diplomatique (1973) de la représentation des Etats dans leurs relations avec les OI de caractère universel (CdV 1975). la Commission a ouvert la voie à l'adoption en juillet 1998 de la Convention portant statut de la Cour pénale internationale. La réflexion se poursuit à l'Assemblée générale qui met sur pied. les travaux de la Commission se sont accélérés. La CDI a examiné. voyant cet organe subsidiaire littéralement bouleverser ses habitudes de travail pour répondre à une attente impérieuse. que la Commission n'assume pas seule la responsabilité d'une telle situation. la convention sur la protection du personnel diplomatique. en 1950 puis en 1952. Elle est alors un mode d'adaptation du droit général à des particularités régionales. enfin. le projet de statut est suivi de l'adoption du projet de code des crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité. des progrès significatifs ont été enregistrés en ce qui concerne la codification du droit des relations diplomatiques (CdV 1961). C.

Il existe même des interactions. s'agissant des rapports entre Etats parties à la convention. Dès lors qu'une règle coutumière est opposable à un Etat. Elle apparaît en effet comme le seul dénominateur commun. il faudrait se garder de reléguer hâtivement la coutume au rang de source accessoire du droit international. la règle codifiée conserve une existence coutumière parallèle et autonome. la coutume peut inversement réviser un traité ou l'abroger. il convient de faire application de la norme obligatoire la plus récente. mais a néanmoins survécu aux mutations des relations internationales grâce à sa faculté d'adaptation. au moins pour certaines de leurs dispositions. deux cas de figure doivent être distingués. 10 ans pour élaborer un modeste projet de 32 articles sur le courrier et la valise diplomatique (1979-89) et bientôt cinquante ans pour le seul examen du sujet de la responsabilité des Etats. Le "télescopage" entre normes coutumières successives liant les mêmes Etats peut être surmonté par application des règles de conflits traditionnelles. Lorsqu'un conflit surgit entre une norme coutumière et une convention. La coutume l'emporte en toute hypothèse.Le bilan demeure cependant contrasté. seule cette dernière est opposable.Règles de conflits L'absence d'une hiérarchie entre les sources ne signifie pas que ces sources n'entretiennent aucun rapport entre elles. Même codifiée. tout d'abord. À cet égard. Cette dernière règle peut être invoquée notamment dans le cas d'une contrariété entre une norme coutumière universelle et une norme coutumière régionale ou locale. on constate. il a fallu. § 3. même à l'égard des Etats parties auxdites conventions Il résulte de cette absence de hiérarchie que si la codification est possible. Il a fallu moins de 6 ans (1950-1956) pour élaborer un projet de 73 articles sur le droit de la mer et moins de 4 ans pour élaborer un projet de 45 articles sur les relations diplomatiques (1954-58). la coutume reste la seule norme applicable aux rapports entre Etats non parties à la . Loin d'être juridiquement abaissée. De même. On considère habituellement que la norme la plus récente l'emporte sur la plus ancienne ou que la norme spéciale prévaut sur la norme générale. Les projets de la CDI ont eu beaucoup plus de succès pendant la période des grandes divisions de la société internationale que pendant la période de disparition et d'atténuation de ces divisions. Elle n'occupe plus une place exclusive. En revanche. La coutume peut donc être écartée au profit du traité sous réserve toutefois que les parties aient expressément manifesté leur intention en ce sens. les rapports entre les Etats parties à la convention et les autres sujets qui ne sont liés que par la coutume. La Cour a précisé que la codification ou l'incorporation de principes dans des conventions multilatérales ne les privait pas d'existence et d'applicabilité en tant que principes coutumiers. Ce phénomène d'interaction n'est jamais plus perceptible qu'en cas de codification. que la pratique des Etats établisse une reconnaissance générale du fait qu'une règle de droit est en jeu (Plateau continental en mer du nord). que la convention ait fait l'objet d'une participation très large et représentative des Etats particulièrement intéressés . les instruments résultant de la codification peuvent servir de base à la formation d'une nouvelle règle coutumière. en revanche. Encore faut-il que ces dispositions aient un caractère fondamentalement normatif et puissent constituer la base d'une règle générale de droit . En ce qui concerne. également liés par la coutume. Traité et coutume se confortent parfois plus qu'ils ne se concurrencent. celui-ci ne peut s'y soustraire par l'adoption d'un acte unilatéral. En conclusion. que la CDI a été plus active pendant la première période (1948-1974) que pendant la seconde (1975-1999).

n'ont pas fait l'objet d'une codification. les relations internationales étaient naturellement régies par la force. Ils résulteraient des usages établis entre nations civilisées. La perception dont elle est l'objet a sans doute profondément évolué. = tous les principes politico-juridiques présidant aux relations internationales. Carreau. Comme nous le rappelle D. cette expression peut surprendre par son caractère douteux. des lois de l'humanité.Nature et définition des principes généraux de droit A. Fluide. cette formule n'en est pas moins critiquée. Pour qu'une norme reçoive la qualification de PGD. la référence aux "nations civilisées" signifiait. . il faut que cette règle de procédure ou de fond se trouve dans tous les grands systèmes de droit existant et qu'elle soit intrinsèquement transposable dans l'ordre international et susceptible de recevoir une application obligatoire. des exigences de la conscience publique. Cette expression se rapporte à une conception euro-centrée du droit international. Maintenue dans le système de la charte. B. Enfin et surtout. à l'instar du droit de la responsabilité. la coutume régit encore de larges pans du droit international qui. = l'ensemble des principes communs aux grands systèmes de droit contemporains et applicables à l'ordre international. la coutume peut muter à un rythme tel que l'entreprise de codification n'a d'autre choix que d'entériner ces évolutions. Pour le reste. Cette dernière perception est celle qui est la plus communément admise. L'expression recouvre donc ce qu'il conviendrait d'appeler le droit international commun. Introduite en 1920 dans le statut de la CPJI. Le recours à l'expression "principe général" permettrait de caractériser une règle particulière du droit international afin de mettre en évidence sa généralité et son importance. que les principes en cause étaient ceux reconnus par les peuples jouissant de la civilisation européenne. l'Etat étant le signe tangible de l'accession à la civilisation juridique (au sens de l'article 38). Section 2 : Les principes généraux de droit § 1. On considère désormais que ces principes généraux sont les principes reconnus par les Etats quel que soit leur mode d'organisation.Une notion polysémique Il s'agit d'une expression polysémique.convention. le dictionnaire Basdevant (1960) relevait à son propos pas moins de 5 définitions possibles : = l'ensemble des règles juridiques régissant les rapports internationaux. dans le contexte de l'époque.Une source ambiguë du droit international L'article 38 du Statut de la CIJ vise les "principes généraux de droit reconnus par les nations civilisées" comme constituant l'une des sources du droit international. = règles fondamentales du droit international n'ayant pas une valeur coutumière ou conventionnelle.

La prescription acquisitive ne saurait par ex. Il s'agit de tenir compte de l'impossibilité de recueillir un accord unanime. par exemple. que la juridiction des tribunaux internationaux demeure facultative. Ces PGD peuvent avoir indifféremment pour objet des rapports juridiques relevant du droit privé ou du droit public. devenir un mode d'acquisition du territoire en droit international. il est nécessaire que les pays les plus représentatifs aient reconnu ces principes dans leur ordre juridique. 2º Des principes de portée variable A l'instar de la coutume. . Cependant.§ 2. La transposition des règles procédurales en vigueur dans les Etats n'a à cet égard jamais été possible. au départ. Seuls les principes reconnus largement par l'ordre juridique interne des Etats sont éligibles à l'universalité. L'application de l'estoppel dans l'ordre juridique international ne revient pas à mettre en oeuvre la règle de droit britannique. mais plutôt l'esprit d'une institution que l'on retrouve dans un large spectre de systèmes juridiques.Un principe de droit positif interne 1º Des principes de natures diverses Pour les identifier. on relève l'existence de principes de portée universelle et/ou locale ou régionale.La transposabilité des principes dans l'ordre international Ce qui est pris en compte c'est beaucoup plus l'esprit d'un concept que la technique juridique proprement dite qui lui permet de déployer sa pleine efficacité en droit interne. A. Tel est le cas. L'idée que des principes généraux puissent avoir une portée régionale ou locale est largement admise en doctrine. à quelques exceptions près il est vrai. n'avoir qu'une portée restreinte. d'une technique de droit processuel anglais. l'interprète reste enfermé dans des limites inhérentes aux particularités de l'ordre international qui rendent impossible l'élévation de certains principes du droit interne. La transposabilité de principes d'origine interne vaut tout autant pour des règles de fond que pour des règles de procédure. de certains traits communs. il faut sonder l'ordre juridique interne.La détermination des principes généraux de droit Il faut que ce soit un principe de droit positif interne et que ce principe soit transposable du droit interne au droit international. ainsi que sur les décisions de justice dans lesquelles des principes peuvent être formulés. Il s'agit. le régime applicable au territoire ne saurait être assimilé à celui de la propriété privée. En dépit. Elle est même dans certains cas consacrée par des stipulations conventionnelles. B. dans certains cas. n'échappe pas à une inévitable subjectivité. L'appréciation. À cette fin. S'il y est satisfait on peut envisager qu'un principe puisse être opposé à un Etat qui ne l'aurait pas consacré lui-même dans son droit positif. De même on constate. qui rappelons-le est une objection péremptoire s'opposant à ce qu'un Etat notamment lorsqu'il est partie à un procès puisse contredire une position qu'il a prise antérieurement et dans laquelle les tiers avaient placé leur légitime confiance. par le juge ou l'arbitre de ce caractère transposable. pour l'estoppel. Les PGD pourront. L'attention se porte sur le bloc de la légalité interne (lato sensu).

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