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20 juin 1512 (samedi

)
Les aventuriers se rangent dans la file d’attente lorsque leur attention est attirée par un
parchemin planté contre le mur d’une maison. Il s’agit de l’annonce de la coupe du Graf,
faisant appel à toutes les équipes de rotzball possibles, amateurs y compris, afin de participer
à cette grande compétition durant le carnaval. Les primes aux participants, demi-finalistes,
finaliste et vainqueur font miroiter de belles sommes en couronnes d’or.

21 juin 1512 (dimanche)

La nuit a été courte. Les aventuriers se rendent le matin au stade pour s’inscrire à la Coupe du
Graf. Des gars sont déjà là pour prendre des paris. Il faut attendre son tour pour passer devant
un organisateur de la compétition. Une équipe de femmes, des paysannes qui gloussent entre
elles tout en jetant des regards amusés sur cet univers essentiellement masculin, s’inscrit et se
présente comme l’équipe des Pâtissières de Warrenburg. C’est au tour des aventuriers de
passer devant le responsable des inscriptions. L’homme leur explique que toutes les équipes
officielles sont enregistrées mais que la coutume veut qu’une équipe amateur puisse se
présenter et être choisie parmi toutes, selon des critères à la fois originaux et très aléatoires,
pour participer à la compétition. Elle est alors la Chance du Graf et concourt sous la tenue
blanche usuelle. L’homme a besoin d’un nom, veut savoir d’où ils viennent et pourquoi il
devrait choisir leur équipe plutôt qu’une autre. Il jette un œil à Artus et demande s’il joue. Les
aventuriers préfèrent épargner au jeune nain cette épreuve et trouveront quelqu’un d’ici là
pour compléter leur équipe. Le responsable les met en garde, il faut être cinq pour participer !
Les aventuriers confirment leur désir de s’inscrire et mettent en avant leur expérience du
rotzball. Hadden surenchérit et promet à la population de Middenheim une compétition
inoubliable. Ils vont gagner, ce que n’a jamais réalisé une équipe amateur. L’homme a un rire
moqueur, les avertit qu’il ne faudra pas se plaindre d’un bras ou d’une jambe cassée et attend
le nom sous lequel les enregistrer.

Les aventuriers s’écartent un peu et discutent pour savoir quel nom trouver pour attirer aussi
l’attention de Gothard Wittgenstein, fervent amateur de rotzball, qui ne raterait pour rien la
compétition. Jochen doute du chemin détourné que ses compagnons semblent prendre pour
approcher le conspirateur. Il voudrait une enquête précise afin de le localiser et le neutraliser.
Conrad pense que les différentes festivités peuvent être l’occasion de rencontrer du monde et
d’en savoir plus. Qui sait si leur parcours n’attirera pas son attention… Reste un nom à
trouver sans mettre en garde Gothard Wittgenstein. Hadden fait une proposition : les Etoiles
Filantes d’Untergeschatt. Jochen est dubitatif mais le nom est adopté. Le responsable leur
décrit l’organisation de la compétition. Il y aura huit équipes en tout. Dans trois jours, se
dérouleront les rencontres pour éliminer quatre d’entre elles, deux jours après auront lieu les
demi-finales puis le lendemain la finale pour clôturer en apothéose la semaine du carnaval.
L’équipe, prise à la moindre fraude, tricherie ou pari sur ses propres matchs, ce qui est
formellement interdit pour les participants, sera jetée dans un cul-de-basse-fosse en attendant
un jugement sévère. Quant au choix de l’équipe qui représentera la Chance du Graf, une
décision sera prise ce soir.

22 juin 1512 (lundi)
Le matin de bonne heure, les aventuriers ont la bonne surprise de découvrir dans la salle
commune de leur auberge une affiche représentant un tableau de la compétition de rotzball où
figurent les noms des différentes équipes et parmi elles celle des Etoiles Filantes
d’Untergeschatt ! Les quatre amis ont du mal à contenir leur joie d’en découdre pour se faire
une place dans cette compétition. La première rencontre les opposera aux Charretiers de
Bergsburg. L’aubergiste leur remet un pli à leur nom dans lequel le Magister Ludi Piotr leur
demande de se rendre, muni de cette lettre signée de leur main, demain mardi midi au
Bernabau Stadion pour être présentés au Graf et recevoir leur pourpoint aux couleurs de la
cité. Les aventuriers partent voir le boulanger, trouvent sa boutique, achètent des brioches et
discutent avec la boulangère. Elle appelle Hantz, son mari, et lui présente d’un ton ironique la
Chance du Graf. L’homme, corpulent, n’a plus joué depuis longtemps. Il réfléchit et leur dit
de revenir vers midi. Il aura peut-être quelqu’un à leur présenter.

Les aventuriers prennent la direction de la halle aux bouchers près de l’Altmarkt. Il y règne
une grosse activité malgré l’heure matinale et il y a plein de monde. Helmut repère les lieux et
se dirige vers les abattoirs à côté desquels s’organise une sorte de foire à la vente. En face, se
trouve une taverne, La Dernière Goutte, avec en guise d’enseigne, une corde de pendu, en
forme de goutte. Les aventuriers entrent à l’intérieur mais il n’y a pas grand monde, sinon
quelques bouchers profitant d’une pause. Le patron, une cicatrice du front au menton sur la
joue gauche, se tient derrière son comptoir d’un air peu aimable. Helmut commande à boire et
amorce la conversation avec un type costaud au sujet du rotzball mais sans parler de leur
équipe. L’homme est peu affable. Helmut tente sa chance avec un second mais en vain. C’est
alors que Conrad s’adresse à la petite assemblée de la taverne pour traiter de lâche chacun des
bouchers présents. Ses compagnons le regardent, pris de court par une telle provocation dans
un quartier qui leur est peu favorable. Le tavernier sort une longue masse comme un
avertissement au désordre qui pourrait suivre. Un silence général a fait place aux propos de
Conrad mais celui-ci redouble ses invectives déclamant tout haut sa déception de ne trouver
ici que des mous du bras dont l’audace ne dépasse pas leurs genoux ! Cette fois l’insulte a fait
mouche. Trois gars se lèvent de leur table et foncent sur les aventuriers. L’un d’eux charge sur
Conrad mais le rate. Les deux hommes s’empoignent en reculant un peu. Un autre se rue sur
Jochen qui l’embrouille d’une manœuvre inattendue avec sa cape et esquive sans mal cette
charge brutale. Un troisième gars avance sur Hadden qui l’accueille d’un bon coup de poing
au menton. Conrad sèche son adversaire qui s’écarte et tombe sur Helmut dont le coup de
poing le renvoie au milieu de la salle. L’homme s’écroule évanoui sur une table dont les pieds
cèdent et se brisent en deux. Hadden assomme à son tour son assaillant quand le tavernier
frappe de sa masse contre le plancher et menace quiconque qui ne cesserait immédiatement
cette bagarre ! Il invective les aventuriers et déplore sa table cassée. Conrad jette par terre
cinq couronnes d’or puis les aventuriers quittent le quartier.

Loin d’être découragés par leur mésaventure, Conrad pense qu’ils pourraient s’adresser à des
forgerons. Ils se rendent dans le quartier des forges. Helmut aborde un petit groupe de
forgerons et parle sans détour. Il explique qu’ils sont la Chance du Graf et qu’il leur manque
un joueur pour compléter leur équipe. Ses paroles sont accueillies par un gros éclat de rire
général ! L’un des forgerons se tourne vers un de ses confrères pour lui demander si sa sœur
ne serait pas disponible. Un autre lui répond qu’il pourrait en parler à sa femme, redoublant
l’hilarité de la petite assemblée !

Vers midi, les aventuriers retournent à la boulangerie et rencontrent Hantz à l’arrière de sa
boutique. Il veut bien jouer mais sans le dire à sa femme à cause d’une ancienne blessure
assez grave à la main. Une fois sur le terrain, elle ne pourra plus rien dire. Le boulanger leur
fixe rendez-vous ce soir dans le parc pour s’entraîner ensemble. Il amènera un ballon.
L’homme leur conseille la discrétion, la surprise est leur meilleure alliée, car il faut faire très
attention. Les Ereinteurs de la Porte Sud sont des violents et ont déjà bastonné des équipes
avant de les rencontrer. Hantz se répète, surtout pas un mot à sa femme, puis il disparaît dans
sa boulangerie.

Les aventuriers se retrouvent pour manger et échangent leurs informations. Helmut est
soudain méfiant quant à leur rendez-vous de ce soir avec le boulanger. Il ne s’agirait pas de
tomber dans un guet-apens. Les aventuriers se préparent et, à la nuit tombée, partent armés à
leur rendez-vous dans le parc avec Hantz.

Le boulanger est bien là au milieu du magnifique Grand Parc. Il est seul et il n’y a pas le
moindre danger aux alentours. Les aventuriers s’entraînent avec lui. Son allure de lourdaud et
son embonpoint l’empêchent d’être très rapide mais il se déplace plutôt bien et sa carrure peut
être un atout indéniable pour bloquer des adversaires. Il prend un réel plaisir à jouer et se
donne sans compter.

Deux heures plus tard, en sueur, les aventuriers se regroupent autour du boulanger. Hantz leur
rappelle qu’ils doivent revenir à plus de discrétion. Ils ont suffisamment fait parler d’eux ce
matin à la halle aux bouchers et auprès des partisans des Ostlanders la veille au soir. La
surprise encore une fois doit jouer en leur faveur. Il y a beaucoup d’enjeux autour de la Coupe
du Graf et les intérêts sont multiples. Il y a l’aspect de la compétition proprement dite bien sûr
mais aussi l’honneur des quartiers représentés par leur équipe ainsi que de gros paris qui
entraînent une concurrence des bandes de quartiers. Les aventuriers prennent conscience
qu’ils ont parlé sans méfiance un peu à tout le monde de leur projet en donnant même une fois
le nom de leur auberge où les trouver. Conrad confie qu’il faudra désormais éviter les
déplacements, seul ou même à deux dans la ville.

Hantz va rentrer car il a prévu de courir de bonne heure demain matin. Les cinq hommes se
donnent rendez-vous demain midi au Bernabau Stadion pour la remise des tenues de l’équipe
et s’informer du protocole. Les aventuriers rentrent à l’auberge.

23 juin 1512 (mardi)

Après une matinée tranquille, les aventuriers retrouvent Hantz au Bernabau Stadion vers midi.
Des teneurs de pari sont déjà là et annoncent en hausse la cote de la Chance du Graf. Le
boulanger regarde ses compagnons et leur fait comprendre que la bagarre à la taverne de La
Dernière Goutte n’est pas restée inaperçue ! Les cinq hommes se présentent à une des portes
du Stadion et précisent qu’ils sont les Etoiles Filantes. L’homme qui les accueille les
accompagne jusqu’à une simple table, qui sert de bureau au Magister Ludi où il annonce à ce
dernier l’arrivée de la Chance du Graf. L’homme les reçoit et leur demande la lettre signée de
leur main qu’il leur a fait parvenir. Le rendez-vous d’aujourd’hui a pour but de vérifier qu’ils
sont bien cinq. Les membres de l’équipe se présentent à tour de rôle et donnent le pli en
question. Le Magister Ludi, surpris, lève les yeux vers Hantz, boulanger à Middenheim. Avec
son accent de l’est, le Magister leur rappelle l’engagement que symbolise ce papier, le
règlement de la compétition et l’honneur qui leur est fait de représenter le Graf et sa famille.
L’homme les entraîne ensuite pour une visite des lieux. Il leur montre les vestiaires. Hadden
demande alors si Artus, un jeune nain de leur connaissance, peut les accompagner pour leur
fournir de l’eau et des provisions au moment des rencontres. Il n’y a pas de problème. Le
Magister les invite ensuite à pénétrer sur le terrain dans l’enceinte du Stadion. Hantz est très
impressionné, à la fois ému et tendu comme la corde d’un arc. Ludi leur montre la tribune
d’honneur et indique un escalier en bois menant à la loge du Graf. Ce n’est que demain qu’ils
recevront les tenues de l’équipe et qu’ils seront présentés au Graf de Middenheim et à sa cour.
Sa fille sera peut-être présente. La première rencontre a lieu à quatorze heures et le Magister
leur fixe rendez-vous à seize heures pour le deuxième quart de finale qui débutera à dix huit
heures. Les aventuriers pensent venir en avance assister au premier quart pour juger de la
valeur des deux équipes, dont celle qu’ils rencontreront peut-être au tour suivant.

La première rencontre cet après-midi oppose les Ostlanders aux Charpentiers de Middenheim.
Les chants des partisans de l’Ostland envahissent le stade « Ostland, Ostland… » Leur équipe
est favorite et ils le font savoir. Après le protocole au cours duquel le Magister Ludi présente
les deux équipes, l’arbitre donne le coup d’envoi. Rapidement, les Ostlanders prennent
l’ascendant et marquent une première fois. Les Charpentiers s’organisent et résistent. Ils
égalisent même sous les vivats d’une partie de la foule. Les Ostlanders repartent à l’assaut du
camp adverse et marquent une nouvelle fois avant la mi-temps. Une bagarre éclate alors dans
le public.

A la reprise, les Ostlanders marquent et mènent trois à un. Les Charpentiers trouvent des
ressources insoupçonnées pour ne pas sombrer et marquent à leur tour. Mais les Ostlanders
creusent l’écart à nouveau. La rencontre est soutenue et la résistance des Charpentiers
inattendue. Ils marquent encore une fois puis c’est la fin du match. Les Ostlanders l’emportent
quatre à trois.

Vers la fin de la rencontre, la loge du Graf s’est légèrement remplie avec l’arrivée d’autres
personnes. Le maréchal, le général et un autre militaire sont là ainsi que le médecin tiléen
qu’Allavandrel est ravi de retrouver.

La deuxième rencontre voit s’affronter les redoutables Ereinteurs de la Porte Sud et les
Forestiers de Beeckerhoven. Les deux équipes entrent sur le terrain pour être présentées au
public venu en nombre pour assister à cette affiche prometteuse. Le Magister Ludi au centre
du terrain présente les joueurs et leur entraîneur. Celui des Forestiers est appelé Herr Raag,
attirant soudain l’attention de Hadden. Le jeune bûcheron d’Untergeschatt reconnaît son père
dont il était sans nouvelle. Ses compagnons reconnaissent aussi la silhouette familière leur
jetant autrefois un œil bienveillant lorsqu’ils apprenaient à jouer au rotzball. Hadden est à la
fois soulagé de le savoir en vie et étonné de le retrouver à la tête d’une équipe inscrite à la
Coupe du Graf !

24 juin 1512 (mercredi)

Les aventuriers sont réveillés le matin par des cris au nom du Loup Courant et de la Tour du
Roc, scandés par leurs partisans respectifs. Personne ne peut plus ignorer aujourd’hui
l’ouverture du tournoi de rotzball. Au fur et à mesure de la matinée, les aventuriers sont un
peu tendus. Artus les aide dans leurs derniers préparatifs puis les accompagne en début
d’après-midi jusqu’au Bernabau Stadion. En chemin, Hadden achète cinq edelweiss qu’il
espère remettre à la fille du Graf. Ils retrouvent Hantz dont le visage fermé en dit long sur son
état de nervosité. Ils pénètrent dans le stade par l’entrée des équipes, différente de celle du
public. A l’intérieur de l’enceinte, le stade est plein mais la loge du Graf est restée vide. Le
Magister Ludi les accueille et leur trouve une place en bas d’une tribune. Il déclare ensuite la
Coupe du Graf ouverte sous les acclamations des spectateurs.

La rencontre entre le Loup Courant et la Tour du Roc peut commencer. Le coup d’envoi est
donné. Très vite, comme on s’y attendait, l’équipe du Loup Courant prend l’avantage et
marque un premier point. Mais la Tour du Roc trouve des ressources insoupçonnées et
marque deux fois. Une bagarre éclate dans les gradins entre les partisans des deux équipes
quand une vive altercation a lieu également entre les joueurs. L’arbitre intervient. Tout se
calme. Après un dernier temps de jeu, la mi-temps est sifflée sur le score de deux à un pour la
Tour du Roc.

A la reprise, une banderole est déployée par les partisans du quartier de la Porte Sud, insultant
les deux équipes : « Alcooliques, chômeurs, Adorateurs du chaos, Bienvenue à la Porte
Sud ! » La rencontre reprend malgré le désordre. Sur un rythme élevé, les deux équipes
marquent encore chacune deux fois mais l’avantage reste à l’équipe de la Tour du Roc que
personne n’attendait à ce niveau. Sa victoire, quatre à trois, est méritée mais surprend les
pronostics. Hantz se dit étonné par leur bonne défense générale et la vitesse de leurs ailiers.

Une partie du public quitte l’enceinte du Stadion mais de nombreux spectateurs, munis de
deux places, restent pour la deuxième rencontre. Les aventuriers, Artus et Hantz rejoignent
leur vestiaire pour s’isoler. Le temps passe lorsque le Magister Ludi les rejoint et leur remet
les tenues officielles de La Chance du Graf. Elles sont en cuir repoussé, assorties d’une étoffe
blanche, couleur de la cité d’Ulric. Devant le Graf, il leur suffit de s’incliner légèrement et de
donner leur prénom pour se présenter. Piotr leur précise qu’il viendra les chercher puis repart
aussitôt. Chacun s’échauffe comme il peut et se concentre sur la rencontre. Helmut demande à
Artus de ne laisser personne s’approcher de l’eau ou des provisions. Soudain, du vestiaire, les
aventuriers prennent conscience d’une clameur grandissante de la foule qui scande le nom du
Graf, « Todbringer » « Todbringer » ! Le Graf de Middenheim a-t-il pris place parmi les
spectateurs ? Leur équipe est-elle espérée d’un moment à l’autre ? Nul ne peut le dire mais les
cœurs battent soudain plus fort. Le Magister Ludi fait à nouveau son apparition. Il est temps.
Il précède Helmut, capitaine de l’équipe, suivi par le reste de ses compagnons. Les cinq
joueurs font leur entrée dans le stade sous les acclamations et le son des trompettes qui saluent
leur arrivée. Les joueurs découvrent le stade totalement rempli. Hadden jette un œil à la loge
du Graf, pleine également de hauts seigneurs et de personnalités de la Cour ! Sur le terrain, les
Charretiers de Bersgburg, en tenue rouge et bleue, forment une haie d’honneur. Le Magister
Ludi, au centre, obtient le silence puis d’un geste dans leur direction présente à la foule « la
Chance du Graf » ! Une ovation générale accueille sa déclaration puis Helmut se dirige vers
l’escalier menant à la loge du Graf. Hadden ferme la marche, ses fleurs à la main.

En gravissant les marches, les aventuriers regardent en direction du Graf et en profitent pour
passer en revue les seigneurs de son entourage présents dans sa loge. Parmi eux, se trouvent
quelques têtes connues, aperçues au concours de tir à l’arc et notamment le général et Dieter.
Niccolo est là également. Mais ils sont aussi quelques uns qu’ils aperçoivent pour la première
fois. Un jeune homme, d’une trentaine d’année, qui leur est inconnu, semble se redresser avec
nervosité sur son siège en les apercevant. Derrière lui, un autre homme, barbu, inconnu lui
aussi, lui pose une main sur l’épaule pour le calmer comme s’il l’appelait à la patience. Les
aventuriers, à qui la scène n’a pas échappé, se demandent si le jeune seigneur ne pourrait pas
être Gothard Wittgenstein et hésitent sur son attitude entre menace et empressement à les
rencontrer.
Helmut arrive devant le Graf à côté duquel sont assisses sa fille et une femme plus âgée. Le
capitaine de l’équipe s’incline et se présente. Suivent Conrad, Hantz, Jochen et Hadden. Ce
dernier, après avoir salué le Graf, fait un pas vers sa fille et pose devant elle un genou à terre
sous l’œil vigilant des Chevaliers Panthères légèrement soucieux de cette initiative. Hadden la
regarde et, au nom des Etoiles Filantes, lui remet le bouquet d’Edelweiss à la blancheur
éclatante. La jeune femme accepte l’offrande et, d’un geste de la main, lui effleure la joue en
guise de bénédiction : « Que la Chance du Graf soit avec vous » dit-elle.

La rencontre va commencer. Helmut gagne le tirage au sort et choisit d’engager. Les Etoiles
Filantes ont la balle et tentent une manœuvre sur la gauche. Hantz se révèle un bon bloqueur
mais les Charretiers de Bersgburg lisent très bien la tentative de débordement et s’organisent
pour la contrecarrer. Helmut réussit à conserver la balle. Soudain, le capitaine prévient ses
compagnons et amorce un renversement d’attaque. Conrad et Hadden réussissent à bloquer
deux joueurs adverses, Jochen se positionne pour gêner les autres. Helmut change d’aile et
passe à l’attaque. Il file le long du terrain et prend suffisamment d’avance. Malgré le retour
d’un de leurs ailiers, les joueurs de Bersgburg ne peuvent rien faire. Helmut marque ! La foule
laisse éclater sa joie en une clameur retentissante.

Les Charretiers de Bersgburg engagent à leur tour. Passée la surprise de ce début de rencontre,
les joueurs rouge et bleu deviennent plus vigilants et mettent à mal la défense des Etoiles
Filantes. Mais l’équipe tient bon, empêchant leurs adversaires par deux fois, grâce aux retours
de Jochen et d’Helmut, de marquer. Lors d’une nouvelle attaque des Charretiers, les Etoiles
Filantes récupèrent la balle sur une passe hasardeuse. La mi-temps est proche, Jochen puis
Hadden écartent le danger. L’arbitre siffle la pause.

A la reprise, les joueurs de Bersgburg engagent à nouveau et surprennent la défense trop à plat
des Etoiles Filantes. Malgré une bonne réaction de Conrad et de Hantz, Bischoff, l’ailier droit
adverse profite de sa vitesse et passe sur l’aile gauche. Helmut en dernier défenseur rate
malheureusement son blocage, laissant filer l’attaquant. Les Charretiers de Bersgburg
égalisent.

Helmut et ses compagnons s’organisent pour l’engagement suivant. Conrad a l’idée de leurrer
leurs adversaires en concentrant leur effort au milieu du terrain mais en laissant Helmut près
de l’aile droite. Conrad a la balle et engage l’action. Il traverse la moitié de terrain vers
Helmut et lui adresse une passe précise. Hantz et Hadden foncent alors sur les deux joueurs
les plus proches de leur capitaine et les bloque. Helmut s’élance alors en terrain dégagé, suivi
par Jochen prêt au soutien. Seul le capitaine adverse peut tenter d’intervenir, ses deux autres
joueurs étant trop éloignés. Il court en direction d’Helmut quand Jochen le gêne en lui
coupant sa trajectoire. Helmut file à travers le camp adverse et marque ! Les Etoiles Filantes
reprennent l’avantage !

Les rouge et bleu engagent et se font menaçants. Mais Helmut et les siens ont pris plus de
profondeur et présentent deux rideaux défensifs couvrant toute la largeur du terrain. Les
attaques des Charretiers sont repoussées les unes après les autres mais ils conservent la balle.
Soudain, Bischoff, leur ailier vedette, attaque sur la droite. Hadden ne parvient pas à l’arrêter.
C’est Hantz qui s’en charge mais, d’une passe lumineuse saluée par la foule, l’ailier adresse la
balle à son capitaine, situé pourtant plus de trente pas plus loin. Celui-ci perce et est près de
marquer quand Jochen et Helmut lui barrent la route. Il tente une passe mais la rate. Le ballon
tombe en avant et est rendu à la Chance du Graf. C’est la fin de la rencontre. Les Etoiles
Filantes ont gagné, déjouant tous les pronostics ! Les aventuriers n’en reviennent pas eux-
mêmes tant ils ont bien cru devoir jouer les prolongations en cas d’égalité.

La foule les acclame et scande un moment le nom d’Helmut, capitaine victorieux. Cela faisait
une éternité qu’une équipe, représentant la Chance du Graf, n’avait pas gagné une rencontre et
passé un tour dans la compétition. Helmut prend l’initiative d’aller saluer les joueurs de
l’équipe adverse, aussitôt suivis par ses compagnons qui l’imitent. Les Charretiers de
Bergsburg, dépités par leur défaite, sont un peu surpris de la sollicitude de leurs adversaires.

Le Magister Ludi fait signe à Helmut de le rejoindre avec les autres. Il les invite à gravir à
nouveau l’escalier de la loge du Graf pour saluer les membres de la Cour, impressionnés par
leur exploit. Au premier rang, le jeune homme, qui s’était levé à leur arrivée sur le stade et
qu’ils soupçonnaient d’être Gothard, ne tient plus en place. Il passe une jambe par-dessus la
rambarde et enserre Helmut dans ses bras, débordant d’une affection spontanée et
surprenante. Il est bien trop jeune en fait et paraît vraiment simple d’esprit. L’homme à ses
côté, barbu, peut-être un précepteur, le ramène à la raison en l’appelant Stephan. Le Graf, à
peine plus loin, témoin de la scène, semble consterné et va réagir d’une colère sourde quand
sa compagne à sa droite lui pose une main sur le bras pour l’appeler au calme. Hadden qui
ferme la marche de ses congratulations générales l’entend dire au Graf qu’ils vont être en
retard pour l’opéra.

Le Bernabau Stadion se vide peu à peu. Les aventuriers restent encore sur place et profitent
des connaissances de Hantz pour mettre un nom sur les seigneurs qui leur sont inconnus. Le
boulanger leur indique la présence de William Goebbels, chef de la Ligue Marchande, ainsi
que celle de Josef Sparsam, le chancelier, peu populaire en ce moment à cause des dernières
taxes en vigueur. Quant au jeune Stephan, il est le fils du Graf, considéré comme débile,
surnommé « la tremblote », et toujours accompagné de Pavarotti, le barbu derrière lui, un
médecin tiléen aux méthodes douteuses qui jouit d’une aura surprenante tant il passe pour un
véritable charlatan !

Le Magister Ludi, ravi de ce premier jour de tournoi, rejoint les aventuriers, leur propose de
se laver, de se changer et les invite à un repas au Bateau Théâtre. Ils acceptent, conscients que
cette victoire peut leur permettre de rencontrer du monde.

La nuit n’est pas encore tombée quand les aventuriers quittent le stade. Une haie d’honneur un
peu spéciale les attend à la sortie, constituée par des partisans de la Porte Sud, contenus par la
milice. Les partisans vocifèrent leur hostilité, scandant leur cri de ralliement « un, deux, trois,
Porte sud » d’un salut martial. Un homme s’adresse à eux, menaçant, en leur promettant de les
retrouver en finale ! Surpris par tant d’agressivité, les aventuriers quittent l’enceinte du stade
sous la conduite du Magister Ludi qui les mène jusqu’au lac du parc. Ils découvrent au bord
de l’eau une taverne de style campagnard, visiblement très renommée. Un portier plutôt
costaud surveille l’entrée et échange un regard avec le Magister Ludi à leur arrivée.

A l’intérieur, un foyer central illumine la salle commune autour de laquelle se répartissent
plusieurs alcôves rondes à l’ambiance feutrée que l’on peut fermer par des rideaux. Dans
l’une d’elles, les aventuriers reconnaissent les deux elfes du concours de tir à l’arc,
Allavandrel et Rallane, en compagnie de trois jeunes femmes. Piotr Yarblinsky se dirige vers
une alcôve où sont déjà arrivés un vieil ami à lui, le Comte von Krushtern, passionné de
rotzball, et l’ailier Bischoff des Charretiers de Bergsburg ! Le Magister invite les aventuriers,
Artus et Hantz à prendre place et annonce qu’il offre cette soirée en l’honneur de la Chance
du Graf qui a tenu toutes ses promesses pour cette première rencontre.

La soirée est agréable et une discussion avec Bischoff permet aux aventuriers de mieux cerner
les équipes adverses du tournoi. Les Ereinteurs de la Porte sud et les Ostlanders sont les deux
équipes les plus fortes chaque année. L’une d’elle éliminera l’autre mais Bischoff conseille de
faire très attention à l’équipe de la Tour du Roc qui a su visiblement se préparer pour le
tournoi de cette année. Ils ont une très bonne défense, un excellent capitaine et ils se déplacent
vite. Mais ils sont sigmarites et seront mal accueillis par la foule, ce qui est un petit
désavantage.

Conrad est dans ses pensées et réfléchit à Gothard Wittgenstein qui pourrait très bien avoir
changé d’apparence à l’aide d’un sortilège pour mieux passer inaperçu à la Cour du Graf. Il
dévisage soudain le Magister Ludi, dont la fonction est idéale pour assouvir sa passion du
rotzball s’il est l’héritier des Wittgenstein.

Helmut a une idée et s’adresse à Bischoff pour savoir si en cas de blessure de l’un des leurs, il
serait intéressé pour le remplacer. Mais l’ailier de Bergsburg doit décliner la proposition car
aucun joueur d’une équipe déjà engagée et éliminée ne peut rejouer dans une autre équipe.
D’ailleurs, à ce sujet, il est déjà arrivé qu’une équipe finisse et remporte le tournoi à quatre
joueurs seulement.

Conrad s’adresse au Magister Ludi pour savoir comment il est arrivé à Middenheim et ce qui
l’a conduit à s’occuper du tournoi de rotzball. Il est arrivé dans la cité d’Ulric il y a déjà dix
ans et organisait à l’époque des combats de taureaux. Il a découvert le rotzball et est resté.
Mais le rotzball à Middenheim existe depuis fort longtemps, c’était le quatre centième
anniversaire du tournoi l’an dernier, et il n’a fait que reprendre le flambeau.

25 juin 1512 (jeudi)
La rencontre commence et, à la surprise générale, les Forestiers ouvrent le score. Mais les
Ereinteurs égalisent rapidement mettant en place leur jeu, fait de force et de vitesse. A chaque
attaque dangereuse, leurs partisans émettent un grondement sourd et frappent du pied sur le
sol. Les Forestiers jettent toutes leurs forces dans l’affrontement pour enrayer les actions de
leurs adversaires mais ils ne tiendront pas longtemps tant les deux équipes paraissent
déséquilibrées. C’est alors qu’un joueur des Forestiers intercepte la balle sur une attaque des
Ereinteurs et file marquer dans leur en-but ! La foule s’est levée pour assister à l’exploit mais
les sifflets des partisans de la Porte Sud fusent et couvrent les applaudissements.

L’arbitre indique la mi-temps. Les Ereinteurs sont menés deux à un ! Leurs partisans sont
mécontents et ils le font savoir : les tribunes du stade tremblent sous le martèlement.

A la reprise, le rouleau compresseur des Ereinteurs se met en marche alors que les Forestiers
semblent payer leurs efforts de la première mi-temps. Les Ereinteurs égalisent, neutralisent les
attaques adverses et marquent une seconde fois, prenant le score à leur avantage : trois à deux.
Les Forestiers engagent pour la dernière action avant la fin de la rencontre. Ils déploient une
belle attaque et marquent pour l’égalisation, arrachant la première prolongation du tournoi et
provoquant une véritable tempête dans les rangs du public !
Une courte pause est marquée mais les deux équipes restent sur le terrain. Hadden, pris par
l’enjeu de la rencontre, devient nerveux. Il observe son père, Pieter Raag, haranguer ses
joueurs et prodiguer ses conseils. Il ne faut rien lâcher !

La rencontre reprend sur un rythme soutenu. Les Ereinteurs passent à l’attaque lorsque,
soudain, le porteur de la balle est gêné dans sa course par un de ses coéquipiers. Le joueur
tombe, créant la stupeur, et lâche la balle. Les Forestiers se jettent dessus pour s’en emparer et
contre-attaquent. Ils reprennent l’avantage ! Ils manquent par contre leur action suivante,
ratant l’occasion de creuser l’écart. Lors de la deuxième partie de la prolongation, les
Forestiers engagent, conservent la balle et marquent à nouveau. La dernière action voit les
Ereinteurs jeter toutes leurs forces dans une attaque puissante et marquer un essai. Mais la
rencontre est finie ! Les Forestiers l’emportent cinq à quatre ! Une émeute générale éclate
dans le stade. Les partisans de la Porte Sud s’en prennent à tout le monde. Des miliciens
viennent protéger l’équipe des Forestiers et les accompagnent jusqu’à leur vestiaire. D’autres
arrivent, soutenus par des cavaliers, pour contenir la foule sur le terrain et dans le stade, dans
le parc et les rues avoisinantes. C’est la confusion la plus totale. Hadden renonce à retrouver
son père.

La nuit est tombée quand les aventuriers parviennent à leur auberge. La journée de demain
promet d’être intense et il est temps de reprendre des forces.

26 juin 1512 (vendredi)

Les aventuriers vont manger avec Hantz à leur auberge. Puis l’équipe prend la direction du
stade pour la demie finale. Les aventuriers retrouvent leur vestiaire et se changent dans une
atmosphère nerveuse. A leur sortie sur le terrain pour la présentation des équipes, ils
constatent que le stade est plein. Un coup d’œil à la loge du Graf leur permet d’apercevoir le
Graf et sa compagne bien sûr, mais aussi Allavandrel, le Champion Dieter, Willy Goebbels,
un des généraux, le médecin Pavarotti, Niccolo et Heinrich, toujours inséparables. Au niveau
d’un des virages du stade, les aventuriers repèrent de nombreuses tribunes occupées par des
spectateurs vêtus de noir.

L’équipe de la Tour du Roc est présentée à la foule mais les applaudissements font vite place
aux sifflets et aux insultes, concernant les sigmarites, en provenance des gradins de la Porte
Sud, devenus par dépit les partisans de La Chance du Graf. L’équipe est présentée à son tour
par le Magister Ludi, provoquant l’enthousiasme général ! Le coup d’envoi est donné et c’est
la Chance du Graf qui engage, déployant un beau mouvement d’ensemble pour une attaque
efficace. Helmut est rattrapé sur l’aile droite mais il se détourne de sa trajectoire initiale et
marque le premier essai.

La Tour du Roc attaque à son tour mais le porteur de la balle se heurte à Conrad qui réussit un
blocage magnifique. Le joueur adverse réussit une passe à son capitaine mais Hantz lui barre
la route, le bloque et récupère la balle ! Le boulanger adresse immédiatement une passe à
Jochen qui s’élance sur l’aile gauche. La Chance du Graf contre-attaque. Jochen fixe le
dernier défenseur et passe à Hadden, venu au soutien. Mais le jeune bûcheron manque sa
réception et fait un en-avant, ratant un essai tout fait.
Une grande banderole est déployée au niveau des gradins occupés par les spectateurs en noir :
« Pour nous, c’est la Chance du Graf ». Hadden, comme les autres, la repère mais trouve
curieux l’espace laissé devant le mot chance…

La rencontre se poursuit et les aventuriers prennent l’ascendant en marquant un deuxième
essai. C’est alors que la banderole déployée juste avant est recouverte d’un mot
supplémentaire, qui vient s’insérer dans l’espace resté vacant. Cette fois, jouant sur les mots,
la revendication est d’une toute autre nature : « Pour nous, c’est la MALChance du Graf » !
Les spectateurs en noir se lèvent et scandent leur mécontentement : « Non, non, non à
l’imposition ! Oui, oui, oui à l’érudition ! ».

Les aventuriers apprennent qu’il s’agit des étudiants de l’université de la ville. Une bagarre
éclate aussitôt entre eux et les partisans de la Porte Sud. Le Graf, personnellement visé, quitte
le stade avec sa compagne. La rencontre se poursuit tout de même quand les aventuriers
récupèrent la balle après un nouveau blocage magistral de Conrad et filent à l’essai ! Mais les
joueurs de la Tour du Roc sont restés sans réaction sur la fin de l’attaque et lèvent les bras au
ciel. Le gonfalon est tombé : la rencontre est arrêtée ! Des pierres sont lancées sur le terrain,
obligeant les joueurs à se diriger vers les vestiaires pour s’abriter. Helmut et Conrad sont
blessés légèrement. Dans les tribunes, la bagarre se généralise et s’amplifie. Des chevaliers
panthères viennent protéger les officiels de la loge le temps pour eux de se mettre à l’abri.

Dans les vestiaires, Helmut récupère son couteau, Conrad son fer de gaffe et Hadden sa
hachette. Le Magister Ludi se trouve là également à l’intersection du couloir circulaire sous
les gradins et du passage menant au stade. Il est livide et semble désemparé. Helmut va le
voir. C’est la première fois qu’une rencontre est arrêtée. Elle sera sans doute annulée et à
rejouer ! Les événements bousculent toute la belle organisation du tournoi et contrarient les
aventuriers qui encaissent la nouvelle avec désagrément, eux qui menaient trois essais à rien.

Dans le stade, les miliciens tentent de séparer les protagonistes de l’affrontement au milieu
des tribunes, mais en vain. Des gens fuient le stade dans une panique indescriptible, des
gradins sont renversés, d’autres arrachés pour servir de projectile sur les adversaires d’en
face… C’est le chaos.

En bas, sous les tribunes, la herse a été abaissée au bout du couloir correspondant à l’entrée
des équipes mais on peut voir, à travers la grille, la rue où la bagarre semble s’être propagée.
Soudain, des cavaliers chargent pour disperser aussi bien les opposants que la foule des
spectateurs fuyant la mêlée. Sous les tribunes, près des vestiaires, Heinrich fait son apparition,
suivi par Niccolo. Le fils du Graf appelle le Magister Ludi. Helmut le suit mais il est bloqué
par des Chevaliers Panthères assurant la sécurité de l’héritier. Néanmoins, il est suffisamment
près pour entendre le fils du Graf s’emporter et demander qui a donné l’ordre aux cavaliers de
charger. Il veut que la rencontre reprenne. Niccolo semble jouir d’une influence importante :
il donne son avis à l’oreille d’Heinrich et surtout fait un signe aux Chevaliers Panthères pour
laisser passer Helmut. Celui-ci vient aux nouvelles en tant que capitaine de l’équipe. Heinrich,
au nom du Graf, donne ses ordres à divers responsables tandis que le capitaine de la Tour du
Roc arrive à son tour devant le haut dignitaire. Heinrich se tourne vers les deux hommes et
leur demande de se préparer à reprendre le tournoi. Jamais, dans l’histoire de Middenheim, le
tournoi de rotzball n’a été annulé et il n’est pas question que le Graf subisse un tel affront !
Un officier vient rendre compte de la situation : il y a eu un nombre important de blessés,
quelques morts mais le plus gros de l’émeute est passé. Heinrich encourage fermement le
Magister Ludi à reprendre l’initiative puis il se tourne vers les deux capitaines qui acceptent.
Le tournoi peut continuer. Le dernier essai marqué juste avant les arrêts de jeu est annulé et la
rencontre reprend directement à la deuxième mi-temps.

Au passage des équipes vers l’entrée du terrain, Niccolo tape sur l’épaule de Hadden en signe
d’encouragement et de remerciement. Le bûcheron, méfiant, quant à cet ambassadeur aussi
influent que mystérieux, vérifie l’absence de toute marque sur sa tenue ou d’une piqûre
quelconque.

Les équipes se placent sur le terrain mais le cœur n’y est pas encore. De nombreuses tribunes
sont quasiment vides, d’autres vivent encore de fortes altercations entre spectateurs, la loge du
Graf, mise à mal, est déserte, une tente a été renversée un peu plus loin. Le ballon est rendu à
la Chance du Graf. Le Magister Ludi donne le coup d’envoi.

Les aventuriers reprennent l’initiative du jeu et déploient leur attaque pour marquer un nouvel
essai. Le calme revient dans le stade. La Tour du Roc engage et fournit son effort pour revenir
au score. Mais la défense des Etoiles Filantes est en place et repousse les assauts des joueurs
adverses. Helmut réussit un superbe blocage et arrache la balle. Une contre-attaque s’organise
mais c’est au tour du capitaine adverse de s’emparer de la balle par la force. Il fait une passe à
son ailier qui s’échappe et marque. La Tour du Roc revient à 3 à 1.

Sur le coup d’envoi suivant, Hadden a la balle et fait une charge tonitruante, passant en force
sur son adversaire direct. Helmut s’élance au relais du bûcheron, récupère la balle et part seul
marquer à nouveau. Le score est de 4 à 1 pour la Chance du Graf ! Il reste peu de temps à la
Tour du Roc pour rattraper son retard mais l’équipe se lance dans une dernière attaque. Un
joueur adverse est bloqué sur sa charge mais il passe adroitement la balle à l’un de ses
coéquipiers qui s’avance vers la ligne. Il faut le retour précipité d’Helmut et un blocage
déterminant pour lui faire échapper la balle sur sa tentative de passe ! La fin de la rencontre
est sifflée. Les Etoiles Filantes sont en finale ! Hadden se tourne vers la loge du Graf, où seuls
sont restés Heinrich et Niccolo, avec le sentiment d’un succès volé par l’émeute
d’aujourd’hui.

La deuxième rencontre entre les Ostlanders, largement favoris, et les Forestiers de Pieter Raag
a lieu tout de suite pour éviter que les esprits ne s’échauffent pendant une attente inutile.
Hadden et ses compagnons, heureux de leur victoire, suivent avec intérêt la confrontation dont
l’issue désignera leur prochain adversaire. Le succès surprenant des Forestiers hier sur les
Ereinteurs entretient le suspense.

Hadden aperçoit son père délivrer ses dernières recommandations à ses joueurs puis le coup
d’envoi est donné. Les Forestiers engagent et lancent une première attaque qui surprend tout
le monde. Ils ouvrent le score et mènent d’un essai. La réaction des Ostlanders ne se fait pas
attendre et ils égalisent rapidement. C’est alors que les Forestiers créent l’exploit, marquant
un second essai sur une attaque en première main, puis inscrivant un troisième essai plein de
rage sur une récupération de balle après l’engagement de leurs adversaires ! La mi-temps est
sifflée. A la reprise, les Ostlanders fournissent leur effort et marquent un deuxième essai. Ils
font tout pour égaliser mais les Forestiers ne baissent pas les bras et conservent habilement la
balle jusqu’à un dernier mouvement qui leur permet de percer la défense et de marquer. Ils
remportent la demi-finale 4 à 2, éliminant la deuxième équipe jugée la plus forte de ce
tournoi ! Pieter Raag laisse éclater sa joie. Hadden sourit, quelque soit l’issue de la finale, un
membre de sa famille remportera la Coupe du Graf.
Les équipes se retrouvent dans les vestiaires et, cette fois, l’occasion est trop belle pour le
jeune bûcheron de retrouver son père. Malgré l’absence prolongée de Pieter Raag, les
retrouvailles avec son fils sont chaleureuses. Les deux hommes expriment leur joie de se
retrouver à l’occasion de leur passion pour le rotzball. C’est formidable d’être arrivé à ce
niveau du tournoi et de savoir que l’un d’eux remportera la Coupe du Graf. Hadden comprend
que l’investissement de son père dans l’équipe des Forestiers et la vie à Middenheim l’ont
poussé à ne pas revenir chez eux, une fois son pèlerinage terminé. Il en profite pour parler
rotzball et cherche des renseignements qui révéleraient la présence de Gothard Wittgenstein
derrière une des équipes, mais en vain. Les Ereinteurs de la Porte Sud sont l’équipe des
bandes du quartier qui contrôlent de nombreux trafics. Quant aux équipes des compagnies de
roulage, le Loup Courant et la Tour du Roc, Hadden ne trouve nulle trace de financement
d’admirateur particulier, de faveur concernant des équipements ou de terrain d’entraînement
privilégié. Quant aux passionnés de rotzball, ils ne sont pas nombreux. Les dignitaires de la
Cour se rendent généralement par obligation aux différentes rencontres officielles. Seuls
Goebbels, Allavandrel, Dieter et Pavarotti, mais ce dernier s’intéresse à beaucoup de choses,
assistent aux rencontres durant l’hiver.

La sortie du stade se fait sous la protection de la milice. Dans les rues, des gens ont été
rudement bousculés, des étals ont été renversés, des fanions déchirés. Un cheval est mort.
Heinrich, encadré de Chevaliers Panthères, vient au devant des aventuriers et des Ostlanders
pour les remercier d’avoir relancé le tournoi. Puis, il assure aux finalistes que les responsables
du désastre d’aujourd’hui seront punis et que tout sera prêt demain pour la finale de la Coupe
du Graf. Un premier bilan fait état de six morts et d’une centaine de blessés. Un officier de la
milice organise une escorte et prend note de l’auberge où logent les aventuriers ainsi que celle
où se trouvent les Forestiers. Une garde spéciale sera mise en place jusqu’à demain. Helmut,
devant ces mesures de sécurité, tente de se faire héberger au Palais pour éviter toute cette
organisation un peu lourde mais Heinrich décline sa proposition.

Les aventuriers passent la soirée en compagnie de Pieter Raag et de son équipe. Le père de
Hadden les emmène d’abord à l’auberge Au Repos du Graf où est exposé le trophée de la
Coupe du Graf. Sur le socle de la coupe, le nom des équipes victorieuses du tournoi sont
gravés depuis sa création. Ces dernières années montrent une prédominance des Ostlanders et
des Ereinteurs de la Porte Sud. Le propriétaire de l’auberge vient les trouver et partage sa
fierté d’exposer le trophée. Il leur montre dans un gros livre les tableaux des dix dernières
compétitions. Hadden et Conrad y jettent un œil mais n’apprennent rien de nouveau si ce n’est
que la Tour du Roc est une compagnie d’Altdorf.

Pieter Raag les emmène ensuite dans une taverne aux tarifs plus modestes pour finir la soirée.
Jochen ne peut s’empêcher de lui reprocher le manque de nouvelles depuis son départ et lui
fait part de l’inquiétude née depuis son absence inexpliquée. Pieter Raag lui confie que sa vie
était devenue ennuyeuse et que la cité de Middenheim l’a captivé. Néanmoins, Jochen et ses
compagnons partagent le plaisir de l’avoir retrouvé. Le père de Hadden propose de payer la
soirée pour se faire pardonner. Les aventuriers profitent de sa présence pour lui poser
quelques questions. A propos des enfants du Graf, ils comprennent que l’héritier direct est
Steffan la Tremblotte car Heinrich le Bâtard est le fils d’une boulangère du château. Quant à
sa fille, Katerina, elle est née d’un premier mariage et reste effacée à la cour. Jochen se
renseigne sur le personnage coiffé d’une tête de loup aperçu auparavant : il s’agit d’Ar-Ulric,
le plus haut dignitaire religieux, représentant de tous les ulricains.
Hadden fait part à son père de son admiration pour avoir éliminé les deux équipes les plus
renommées et sans doute les plus fortes du tournoi. Conrad pose quelques questions au sujet
de Willy Goebbels mais le chef de la ligue marchande n’est pas un fêtard mais plutôt un
acharné de travail, on ne le voit pas beaucoup traîner en ville. Hadden rumine et cherche une
piste à exploiter lorsqu’il réalise que l’équipe de La Tour du Roc porte un nom très
symbolique qui pourrait représenter l’observatoire de Dangmar Wittgenstein. Il en parle à
voix basse à Conrad qui lui jette un regard entendu. Du coup, le nautonier essaie de savoir si
des changements à la tête d’une des équipes de compagnie de roulage auraient changé ses
habitudes ou les moyens dont elle disposait mais il semble que non. Un joueur des Forestiers,
Klauss, qui joue depuis dix ans, se rappelle de la victoire en 1505 de La Tour du Roc mais n’a
rien remarqué de particulier à l’époque. Les aventuriers notent que cette année correspond à
l’arrivée de Gothard Wittgenstein à Middenheim. Ils approfondissent leurs recherches mais
apprennent que la Tour du Roc était déjà présente en 1495. Sinon, il y a Ludi, présent aussi
depuis dix ans et qui connaît tout de la compétition de rotzball. D’ailleurs, toutes ces
questions intriguent Pieter Raag qui se tourne d’un air étonné vers Hadden. Celui-ci lui laisse
entendre qu’ils ne sont pas venus à Middenheim uniquement pour jouer au rotzball. Son père
lui demande s’il a des problèmes mais Hadden ne veut pas en dire plus et détourne la question
pour savoir si son père et son équipe sont en sécurité après leur double exploit. Pieter Raag
indique qu’ils sont logés dans une auberge du quartier sud sans avoir rencontré de difficulté.

Helmut cherche à savoir ce qu’il est prévu pour la fin du carnaval. Demain, une grande course
de chevaux a lieu avant la finale de rotzball. Puis, habituellement après le tournoi, les équipes
se retrouvent pour un banquet en présence du Graf avant que ne soit tiré un premier feu
d’artifice. Quant à dimanche, différentes joutes sont prévues avant la finale du concours de tir
à l’arc, puis le soir il devrait y avoir des illuminations sur le bassin du parc et un autre feu
d’artifice. Les deux équipes se séparent en plaisantant sur leur rencontre de demain. Les
Forestiers prennent le chemin du retour tandis que les aventuriers raccompagnent Hantz chez
lui lorsque quatre coups de cloche retentissent soudain dans la nuit, en mémoire des morts de
cet après-midi.

Jochen se demande si un message dans le corridor des vestiaires du stade, utilisant le code
qu’il a découvert, ne pourrait servir de piège à Gothard Wittgenstein en évoquant la mort de
Etelka Hertzen. Les aventuriers réfléchissent tout en arrivant à leur auberge. Là, ils ont la
surprise de découvrir à l’entrée de la rue tout un groupe de badauds agitant un foulard blanc
pour féliciter et encourager la Chance du Graf. Plus loin, la milice a barré le rue des deux
côtés afin d’assurer un espace de protection devant l’auberge. Avec l’aide de quelques
miliciens, les aventuriers franchissent les rangs de leurs admirateurs sous plusieurs ovations.
Une banderole à l’entrée de l’auberge rebaptise l’établissement l’auberge des Etoiles
Filantes ! A l’intérieur, des habitués et autres clients, plus nombreux que d’habitude, se lèvent
et applaudissent les aventuriers. Des draps blancs ont été tendus sur les murs pour l’occasion.
Après une tournée générale dans la bonne humeur, Conrad demande conseil à l’aubergiste
pour trouver un soigneur en mesure de soulager leurs contusions et autres douleurs qui
commencent à se faire ressentir. L’homme s’en occupe et, peu de temps après, arrive
Miranda, forte femme aux mains énergiques, massant et relaxant chacun de aventuriers pour
cinq couronnes.

27 juin 1512 (samedi)
Les aventuriers passent à la boulangerie mais Hantz est déjà parti à leur auberge. Les quatre
compagnons et Artus pressent le pas et le rejoignent devant Les Armes du Templier où une
foule importante, habillée de blanc, agite des foulards blancs. Un officier de la milice vient à
leur rencontre car il s’inquiétait de ne pas les trouver. Il doit en effet les escorter jusqu’au
Bernabau Stadion. Une cohorte de piquiers arrive aussitôt pour ouvrir la voie. Les aventuriers
partent en direction du stade sous les acclamations de la foule jetant à leur passage de
nombreuses fleurs blanches. Ils croisent une autre cohorte encadrant une chaise à porteur sur
laquelle trône le trophée du tournoi, devant lequel marche le capitaine de la Porte Sud,
vainqueur de l’an passé.

Les aventuriers pénètrent dans le stade et rejoignent leur vestiaire. Les Forestiers sont déjà
arrivés. Hadden échange un signe de la main avec son père mais les deux hommes savent que
chacun fera tout pour l’emporter. Accompagnées par le Magister Ludi, les deux équipes
entrent sur le terrain, sans musique cette fois, peut-être en signe de deuil pour les événements
de la veille. Mais la foule, emplissant le stade, accueille chaleureusement les deux formations.
Il y a beaucoup de monde vêtu de blanc en hommage à Ulric et les aventuriers notent que les
étudiants ne sont pas là. La loge seigneuriale est pleine de tous les représentants de la Cour,
réunis autour du Graf. Le grand prêtre d’Ulric se tient près d’une grande vasque en cuivre
avec à ses côtés deux porteurs de torche. Conrad, concentré sur l’événement de ce jour, sent la
présence d’Ulric et sa fatigue se dissiper. Le Magister Ludi obtient le silence et présente les
joueurs des deux équipes sur le point de disputer la finale de la Coupe du Graf ! Les Etoiles
Filantes font rugir et exploser le stade. La foule applaudit et jette une multitude de foulards
blancs.

Le silence succède à cette explosion de joie. Ar-Ulric prend l’initiative et, joignant le geste à
la parole, enflamme la vasque pour la gloire d’Ulric ! Pour leurs frères morts cette semaine !
Pour le Graf ! Pour Middenheim ! La foule s’incline devant la flamme d’Ulric tandis que des
cloches sonnent pour les morts.

C’est alors que les deux équipes se mettent en place. Pieter Raag, en quittant le terrain,
souhaite bonne chance à son fils et lui confie qu’une surprise les attend. En effet, les
Forestiers, d’un air menaçant, entament un vieux chant de guerre nain, ponctué de gestes
guerriers à l’encontre de leurs adversaires. Les aventuriers sont un peu décontenancés, Hantz
et Helmut un peu plus perturbés que les autres. Le capitaine des Etoiles Filantes remporte
néanmoins l’engagement.

Hantz a la balle et charge droit devant lui mais il est bloqué et passe à Conrad. Le nautonier
charge à son tour mais il est stoppé rudement et manque sa passe. Les Forestiers contre
attaquent mais Jochen anticipe le mouvement et bloque leur capitaine. L’engagement des
joueurs est total et la première attaque finalement indécise. C’est alors que Hadden récupère la
balle et passe aussitôt à Helmut qui avance. Celui-ci perce, évite le blocage de l’ailier gauche
adverse et marque ! La Chance du Graf mène 1 à 0. Les Forestiers attaquent balle en main en
un mouvement d’ensemble bien coordonné. Hadden évite un blocage tandis que Hantz se
charge du capitaine. Mais le jeu de passe des Forestiers annule tous les efforts des aventuriers
et leurs blocages successifs. L’ailier des Forestiers file le long de la touche et il faut une
prouesse d’Helmut pour à la fois éviter un blocage adverse et rattraper l’attaquant ! Mais
encore une fois, la passe magnifique de l’ailier permet aux Forestiers de poursuivre leur
attaque. Malgré une défense acharnée, les Etoiles Filantes reculent et perdent du terrain. Une
dernière passe puis un relais entre deux Forestiers leur permettent d’égaliser ! La mi-temps est
sifflée.
Dans le vestiaire, les aventuriers prennent conscience du niveau et de la motivation de leurs
adversaires. Ils comparent leurs impressions, échangent quelques idées et décident de
défendre plus haut pour ne pas subir autant les vagues d’attaque des Forestiers.

La seconde période commence dans un stade subitement pris par l’enjeu et le jeu
spectaculaire proposé par les deux équipes. Les Forestiers engagent et attaquent à nouveau.
Hadden fonce et parvient à bloquer si bien le porteur de la balle que celui-ci rate sa passe et
commet un en-avant. Hantz récupère la balle et passe sur un pas à Helmut lancé. Le capitaine
de la Chance du Graf, fidèle à son style de finisseur, perce au milieu du terrain une défense
mal en place et marque ! La foule est debout dans le stade ! Le score est de 2 à 1 pour les
aventuriers.

Les Forestiers engagent et déploient une nouvelle attaque repoussée progressivement. Le
temps file et la deuxième mi-temps est bien entamée lorsque Conrad bloque son adversaire
direct et lui arrache le ballon. Les aventuriers contre attaquent et prennent un ascendant moral
même si leur mouvement est rapidement annihilé. Les Etoiles Filantes conservent néanmoins
la balle et parviennent à la protéger tout en avançant. Les joueurs se jettent les uns sur les
autres en une mêlée inextricable. La balle parvient à Helmut qui s’échappe sur la gauche sous
la clameur de la foule. Hadden le suit et d’une charge furieuse renverse son adversaire avant
de recevoir la passe de son capitaine. Le bucheron fonce, poursuivi par deux joueurs des
Forestiers qui le rattrapent quelques pas avant la ligne d’essai. Mais Hadden tient debout et
s’écroule derrière la ligne alors que le gonfalon est tombé, marquant la fin de la rencontre et la
victoire 2 à 1 des Etoiles Filantes ! La chance du Graf remporte le tournoi ! Les
applaudissements pleuvent et les vivats de la foule scandent le nom des joueurs victorieux. A
l’invitation du Magister Ludi, les aventuriers se dirigent vers la loge du Graf où chacun des
nobles présents leur adresse un mot de félicitations. Katerina, la fille du Graf, rappelle à
Hadden son bouquet du premier jour et confie qu’il lui aura finalement porté chance.

Hantz et ses compagnons font un tour d’honneur devant la foule puis un cortège est organisé
en direction du Repos du Graf pour le banquet du tournoi. Toutes les équipes se retrouvent
pour festoyer sans plus aucune animosité mais une seule et même communion autour du
rotzball. La venue du Graf marque un moment solennel de ce début de soirée. Il fait un bref
discours à l’attention des équipes, remercie encore les joueurs qui ont défendu ses couleurs et
son nom et attribue les récompenses au vainqueur et au finaliste malheureux. Les aventuriers
reçoivent trois cents couronnes. Puis le Graf leur souhaite de passer un bon moment avant de
s’en aller à son rendez-vous à l’opéra. Aucun noble ou autre seigneur n’est venu profiter du
banquet ou en compagnie du Graf. Les aventuriers constatent amèrement que leur victoire ne
sert à rien dans leur stratégie de rencontre et que les chances d’être abordés ou présentés à un
passionné de rotzball comme Gothard Wittgenstein sont quasiment nulles.