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Des socIaLIsTes
N° 446 • Samedi 12 mai 2007 • 1,5 €

Rétrospective : la campagne en images

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Rétrospective I DIMANCHE 6 MAI

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0 h, dimanche 6 mai, le résultat tombe. Nicolas Sarkozy est élu président de la République française avec 53 % des voix. La participation est exceptionnelle : 84 %. Quelques minutes plus tard, Ségolène Royal intervient en direct devant les caméras de télévision. Le message qu’elle lance depuis la Maison de l’Amérique latine, boulevard Saint-Germain à Paris, est clair : le combat continue. « Quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas ». Une demi-heure plus tard, elle s’adresse aux milliers de militants rassemblés rue de Solférino. Le temps n’est pas à l’atermoiement : « Restez mobilisés, d’autres rendezvous démocratiques nous attendent et je continue le combat commencé avec vous. » Depuis la terrasse du siège du Parti socialiste, Ségolène Royal rassure et surtout encourage les quelque 17 millions d’électeurs qui ont voté pour elle : « Le souffle de la liberté ne va pas s’arrêter, au contraire, il va grandir ! Vous avez la parole, vous allez la garder. »

Continuer !
Paris, Maison de l’Amérique latine, 6 mai 2007. « Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain président de la République d’accomplir sa mission au service de tous les Français. Je remercie du fond du cœur les 13 à 17 millions d’électeurs, de citoyens, de citoyennes, qui m’ont accordé leur confiance. Je mesure leur déception et leur peine. Mais je leur dis que quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas. J’ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous. Je remercie tous les militants qui ont porté ce grand moment démocratique. Bien sûr les militants socialistes mais aussi tous les autres militants de la gauche et de l’écologie, ceux de Désirs d’avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement. Gardons intactes l’énergie et la joie de l’immense rassemblement populaire vibrant de ferveur qui m’ont accompagnée tout au long de cette campagne, ici et dans les outremers. J’ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la gauche. La forte participation traduit un renouveau de notre démocratie, et notamment pour les jeunes, partout dans le pays et en particulier dans les quartiers, qui se sont massivement inscrits pour voter. Bravo à tous ces jeunes pour cet engagement civique qui rappelle à la République le devoir de respect et d’égalité qu’elle a envers eux. Ce que nous avons commencé ensemble, nous allons le continuer ensemble. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures. Je serai au rendez-vous de ce travail indispensable et j’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais. Mon engagement et ma vigilance seront sans faille au service de l’idéal qui nous a rassemblés et nous rassemble et qui va, j’en suis sûre, nous rassembler demain pour d’autres victoires. »

L’hebdo des socialistes•10, rue de Solférino 75333 Paris cedex 07 • Tél. : 01 45 56 78 61 Fax: 01 45 56 76 83 (Pour obtenir vos correspondants, composez d’abord le 01 45 56) DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Maurice Braud • DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : Thomas Colognac (79 09) • RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE : Ariane Gil (77.92). RÉDACTION : Bruno Tranchant (77.33). Pierre Kanuty (76.00) Fanny Costes (76.27) • SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Éric Lamien (76.27). MAQUETTE : Christine Lovinger, Pascale Lecomte (78.92) • PHOTO : Philippe Grangeaud (76.27) • SECRÉTARIAT : Odile Fée (78.61) • COMPTABILITÉ : Michèle Boucher (79.04). ABONNEMENT : Sabine Sebah (78-57) • FLASHAGE ET IMPRESSION : PGE - (94) Saint-Mandé • ROUTAGE : Routex - 91080 Courcouronnes. N° commission paritaire :0109 P 11 223 – “L’hebdo des socialistes”est édité par Solfé Communications.Ce numéro a été tiré à 235500 exemplaires.

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Paris, 2 mai 2007. Les deux candidats se retrouvent pour le seul débat de la campagne, Nicolas Sarkozy ayant refusé une telle confrontation au 1er tour. Pendant près de trois heures, la candidate de la gauche oppose projet et valeurs au candidat qui propose la fusion de toutes les droites. Le regard déterminé, elle opte d'emblée pour l'offensive, et interpelle à plusieurs reprises le président de l’UMP sur le bilan du gouverne-

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Beuvry-la-Forêt (Nord), 4 mai 2007. Pendant l’entredeux tours, la candidate socialiste va encore à la rencontre des Français. En marge du meeting de Lille, elle se rend sur le site de l’entreprise Minakem, en pointe dans le domaine de la chimie pharmaceutique. Ségolène Royal écoute attentivement, pose quelques questions sur les produits fabriqués sur le site. La candidate confie son admiration pour la « France qui avance » et confirme son intention de soutenir ces PME « armées pour la mondialisation », où l’on ne se résigne pas « à la fatalité ». Quelques salariés sont à la porte du bâtiment. Poignées de main, témoignages de soutien. Elle réaffirme son engagement en faveur des industries innovantes.

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Lille, 3 mai 2007. De nombreuses personnalités politiques sont venues participer au dernier grand meeting de la candidate. En présence de 25 000 personnes, elles se succèdent à la tribune. Tour à tour, Jacques Delors, Pierre Mauroy, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, et Elio di Rupo, président du Parti socialiste belge, se chargent de chauffer la salle, dans une ambiance électrique. De nombreux artistes, tels que Renaud ou Juliette, sont également de la partie. Pour cet ultime temps fort de la campagne, Ségolène Royal s’efforce de mobiliser les indécis. « Nous n'avons pas l'esprit de revanche, nous avons un esprit de conquête, nous avons la joie au cœur, nous avons l'optimisme au cœur », affirme-t-elle. « Ce que je veux réveiller, c'est la part de lumière, c'est la part d'espérance, c'est la part de joie, la part de sourire, c'est la part de l'imagination », poursuit-elle. Avant de réaffirmer haut et fort son souhait de moderniser la vie politique française.

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ment sortant. « Je souhaite sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve », insiste-t-elle, citant notamment le fardeau de la dette publique, « les 2,5 millions de travailleurs pauvres », le chômage, la modicité des retraites ou la hausse « de 30 % de violences physiques contre les personnes depuis 2002 ». Les deux finalistes s’affrontent sur la conception du service public et les 35 heures. « Moi je serai la présidente de ce qui marche, sans œillères, en regardant tout ce qui peut fonctionner et c'est comme ça, je crois, que je redébloquerai la machine économique. »

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Melle, Paris, 22 avril 2007. Ségolène Royal se qualifie pour le second tour avec 25,87 % des voix. Depuis Melle (Deux-Sèvres), elle salue « l’élan civique » des Français, qui ont été plus de 80 % à se déplacer dans les bureaux de vote. Appelant au rassemblement, elle se prononce « pour réformer la France sans la brutaliser», pour « faire triompher les valeurs humaines sur les valeurs boursières », «mettre fin aux insécurités et aux précarités qui se sont douloureusement creusées au cours de ces dernières années» et « faire reculer toutes les formes de violences grâce à un ordre juste et à de nouvelles sécurités durables ».

Paris, BFM TV, 28 avril 2007. Ségolène Royal débat avec le candidat centriste François Bayrou. Ils ont choisi un dialogue public sur l’avenir de la France. Ils convergent sur la nécessité de réformer les institutions françaises et de garantir un état impartial. « C’est un événement sans précédent qui souligne la modernisation de la vie politique et ce besoin de sortir de l’affrontement bloc contre bloc », relève la candidate socialiste.
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Paris, stade Charléty, 1er mai 2007. Ce concert-meeting réunit plus de 60 000 personnes. C’est le plus gros rassemblement de la campagne. Tout l’après-midi, de nombreux artistes se succédent pour chanter une France plus juste et plus solidaire. Cali, Yannick Noah, les Têtes Raides, Michel Delpech ou encore Mathias Malzieu (Dyonisos) sont sur scène. Et sur les bancs du stade, il y a Jane Birkin, Jacques Higelin, Michel Boujenah ou encore Geneviève de Fontenay. En pleine effervescence, le public accueille dans la liesse Ségolène Royal.

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Forte de cet enthousiasme, Ségolène Royal attaque les propos de Nicolas Sarkozy, la veille, sur mai 1968. Dans ce stade, lieu historique où le mouvement étudiant et ouvrier avait vibré à l’époque, la candidate socialiste estime que « dans la France d’aujourd’hui, une même forme de colère gronde, des frustrations, des incompréhensions, des millions de personnes qui ont l’impression de ne compter pour rien ». Avant de conseiller au candidat de la droite de relire le général de Gaulle : «Il a dit que la société voulait le dialogue et la participation. » Parmi les participants à

cet événement, le footballeur Vikash Dhorassoo constate que « deux choix de société sont proposées. Lui veut une société où le fossé entre les plus riches et les plus démunis va continuer à se creuser. Elle, c’est tout le contraire. Elle veut rétablir l’équili-

bre et que tout le monde puisse trouver du travail ». «S’il ne devait y avoir qu’un mot pour exprimer ce qui m’est cher dans la démarche de Ségolène Royal, ce serait le partage, le partage avec tout le monde », ajoute Yannick Noah.

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La démocratie participative, qui considère que les politiques ne savent pas toujours tout et que les citoyens sont des experts de leurs problèmes quotidiens, est née, avec une dimension nationale, dans cette campagne présidentielle.

« Plus jamais la poli

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urant cette campagne, Ségolène Royal a popularisé un concept. Pas entièrement neuf, car déjà expérimenté au niveau local... mais, cette fois, érigé au rang national : la démocratie participative. Écouter pour mieux gouverner. L’idée que les politiques ne savent pas tout. Que les citoyens sont aussi de (pertinents) experts de ce qui les concerne. Et qu’ils doivent être associés régulièrement aux décisions politiques. Il y a eu la forme : à la date du 9 février, c’est-à-dire à la toute fin de la phase dite d’écoute, 6 100 débats participatifs, organisés par les sections du Parti socialiste et les comités locaux de Désirs d’avenir, s’étaient tenus sur tout le territoire en quelques mois, réunissant plus de 600 000 participants. Dans le même temps, on avait recensé plus de 135 000 contributions en ligne sur le site désirsdavenir.org. Par la suite, Ségolène Royal a continué à mener une campagne participative. Durant plu-

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Paris, Mutualité, 26 novembre 2006. Congrès d’investiture. « Nous avons beaucoup parlé entre socialistes. Je vous demande aujourd’hui de vous tourner résolument vers les Français, de nouer avec eux un nouveau dialogue pour que chacun sente qu’il est pris en considération. » Devant plus de 1 500 délégués, dix jours après le vote des militants, Ségolène Royal explique : « La politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne, comprendre que le citoyen est le mieux placé pour faire le diagnostic de ce qu’il vit et pour dire au nom de quelles valeurs la gauche doit agir. »

tique ne se fera sans vous »

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Strasbourg, 20 décembre 2006. Ségolène Royal participe au premier débat participatif de sa campagne présidentielle, sur le thème de l’emploi et de la vie chère.

Ris-Orangis, 11 décembre 2006. Cali parraine la campagne d’inscription des jeunes sur les listes électorales lancée par le Parti socialiste. « Si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas pour expliquer aux gens pour qui voter ou leur faire la morale. Je suis là pour leur dire : « Vous pouvez faire bouger les choses ! Votez ! »

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sieurs mois, la candidate socialiste a arpenté régions, cités, entreprises, allant à la rencontre de milliers de Françaises et de Français. Plus de 50 000 kilomètres parcourus – et sept pays visités, du Sénégal à la Chine et au Proche-Orient, sans oublier une visite à Berlin. Riche de tous ces échanges, Ségolène Royal a construit son programme : les 100 propositions du pacte présidentiel,déclinées au cours des 42 meetings, de la centaine de «rencontres populaires» et des 23 «déplacements thématiques ». La phase dite de restitution a été marquée par le meeting de Villepinte, le 11 février : sur cette question de la démocratie participative, des propositions ont émergé, comme l’évaluation des politiques publiques par des jurys de citoyens. Pour « associer les citoyens aux décisions qui les concernent », la candidate socialiste a également proposé de mettre en place des référendums d’initiative populaire et des budgets participatifs, sur le modèle de celui qu’elle a instauré depuis 2004 en région Poitou-Charentes (proposition 73 du pacte présidentiel). Ségolène Royal a souvent dit compter sur cette « révolution démocratique» pour répondre à la crise politique, démocratique, voire morale, qui touche la France. C’est dans cette même optique qu’elle avait esquissé les contours d’une VIe République …
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Villepinte, 11 février 2007. Ce meeting marque la fin de la phase d’écoute et l’entrée dans la phase de restitution et de propositions. «Dans cette phase de démocratie participative, plus de deux millions d’entre vous sont venus d’une façon ou d’une autre dire ce qu’ils avaient sur le cœur et que la société politique n’entendait plus assez. Cette parole que vous Tours, 28 mars 2007. avez prise, je vous demande de la garder. Fustigeant la façon dont le J’ai besoin de vous, de vos intelligences, de pouvoir qui s’achève place vos exigences, de vos générosités, pour ses amis, Ségolène Royal construire une France qui se ressemble et affirme : « L’éducation se fait qui se rassemble. Avec moi, plus jamais la par l’exemple. » Elle promet politique ne se fera sans vous ! » s’exun État impartial. « L’ordre clame Ségolène Royal, avant de préciser juste, c’est un exemple irréproles sept piliers du pacte présidentiel. chable venu d’en haut. »

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Paris, Parti socialiste, 3 février 2007. Près de 135 000 contributions d’internautes, et plus de 50 thèmes décortiqués : la démarche participative de Ségolène Royal plaît. Et les « habitués » le clament. Les meilleurs contributeurs de desirsdavenir.org sont invités rue de Solférino pour expliquer leur démarche, et échanger avec ceux qui lisent, modèrent et synthétisent leurs messages : les « modérateurs-synthétiseurs ». « Enfin, moi qui ne suis personne, je pouvais faire entendre ma petite voix ! » s’exclame Sophie. « À l’opposé de tous ces textes qui descendent d’en haut et qui ne correspondent pas du tout à la réalité, ce système nous a donné la parole. Le site est un résumé de ce que les gens veulent », ajoute Michel, non-militant mais « pragmatique ».

Rétrospective I VIE CHÈRE, LOGEMENT
À l’écoute des problèmes quotidiens des Français, Ségolène Royal a fait de la lutte contre la vie chère un thème fort des débats participatifs, avant de multiplier les propositions concrètes, notamment sur l’accès au logement.

« La présidente du

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Paris, 3 avril 2007. Constatant que 1,5 million de familles sont en situation de surendettement, Ségolène Royal présente lors d’une conférence de presse son plan de lutte contre l’endettement et contre les abus bancaires.

out au long de la campagne, Ségolène Royal s’est attachée à chercher des solutions, souvent nouvelles ou s’écartant des sentiers battus, aux préoccupations concrètes des Français. En écho aux très nombreux débats participatifs qui sont tenus dans tous les départements autour du thème de la vie chère, elle a fait du pouvoir d’achat le deuxième pilier de sa campagne, après la croissance et devant la lutte pour l’emploi. Le pacte présidentiel prévoyait un smic porté à 1 500 euros, une revalorisation immédiate des petites retraites et des allocations versées aux personnes en situation de handicap, le doublement de l’allocation de rentrée scolaire... La candidate, dont l’une des phrases que l’on entendra le plus durant la campagne est « tout est lié », a insisté pour ne pas traiter le problème du pouvoir d’achat sans s’attaquer aux aspects concomitants : la réforme des outils d’évaluation (l’indice de l’INSEE, objet de vives polémiques au mois de février) et d’autres questions connexes, comme le développement de la négociation collective. Constatant que

pouvoir d’achat garanti »

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Paris, 28 avril 2007. Ségolène Royal rencontre, en compagnie de Bertrand Delanoë, les locataires d’un immeuble, rue de Montreuil, promis à la vente à la découpe et préempté par la mairie.

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Paris, 18 avril 2007. Avec les caissières du magasin Champion-placed’Italie, la candidate défend les salaires, le pouvoir d’achat et l’embauche de personnel plutôt que la multiplication des caisses automatiques.

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FRANÇOIS MORI, AP/SIPA

Rétrospective I VIE CHÈRE, LOGEMENT

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«1,5 million de familles sont en situation de surendettement et 3 millions sur le point de basculer», elle a annoncé un plan de lutte contre les abus bancaires, qui comprendrait des « actions de groupes de citoyens », les fameuses class action, permettant à des citoyens victimes d’un même abus de défendre ensemble leurs droits devant la justice. Candidate de la proximité et du quotidien, Ségolène Royal n’a eu de cesse de réaffirmer l’importance du logement. Un thème qui a résonné fortement, alors que les Enfants de Don Quichotte faisaient l’actualité avec l’installation d’un village de tentes sur le canal Saint-Martin, et que s’éteignait l’inspirateur des mouvements de mal-logés, l’abbé Pierre. Ségolène Royal a multiplié les propositions pour résoudre les différents aspects de cette crise : mal-logement, pénurie d’habitat social, difficultés d’accession à la propriété... À Roubaix, elle a animé l’un des grands débats participatifs de la campagne, consacré au logement. Salle Watremez, devant 2000 personnes qui assistaient à un studieux meeting d’un genre nouveau,elle a affirmé ses convictions, après avoir écouté les témoignages des habitants et des experts : « Disposer de manière durable d’un logement répondant à ses besoins constitue pour moi la condition première d’une vie de famille sécurisée.Le logement se situe en effet à la base de tout. Il constitue le cœur de la cellule familiale.
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Il permet l’épanouissement personnel. Il est le lieu protégé pour l’éducation des enfants. Il est enfin l’adresse indispensable pour rechercher un travail. » Après cinq années de renoncement de la droite, la candidate du Parti socialiste a proposé de construire 120 000 logements sociaux par an. Face « au candi-

dat de l’égoïsme territorial » qui, dans sa commune de Neuillysur-Seine, refuse d’appliquer la loi SRU, elle a annoncé que si elle était élue, l’État se substituera à ces communes récalcitrantes et entreprendra, par réquisition de terrain si nécessaire, la construction de logements sociaux.
David Langlois-Mallet

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Roubaix, 19 janvier 2007. La candidate anime un débat participatif sur le thème du logement.

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Paris, 20 janvier 2007. Ségolène Royal rencontre les jeunes de l’association Macaq qui occupent, rue de la Banque, un immeuble rebaptisé « Ministère de la crise du logement », pour protester contre la spéculation immobilière.

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Rétrospective I EMPLOI, CROISSANCE
En affirmant vouloir être « la présidente du travail pour tous et d’un métier pour chacun », Ségolène Royal a érigé la bataille pour l’emploi en priorité absolue.
out au long de la campagne, la candidate socialiste a confronté les propositions innovantes du pacte présidentiel à la réalité vécue par des millions de salariés, en prenant soin, à chaque déplacement, de visiter usines et entreprises, en soutien aux travailleurs confrontés aux délocalisations et aux licenciements boursiers. Mais elle a aussi privilégié les visites aux entreprises les plus innovantes, mettant en exergue le rôle des PME en matière d’emplois. Car pour Ségolène Royal, il faut avant tout « réconcilier la France avec les entreprises, notamment avec les petites et moyennes entreprises, celles qui aujourd’hui concentrent 60 % de l’emploi salarié et celles qui se battent pour conquérir des marchés, pour être productives » (Rouen, 24 février 2007). C’est une philosophie du « donnant, donnant » et du « gagnant, gagnant » que la candidate a mis en avant, en proposant la modulation des exonérations de cotisations en fonction de la nature des contrats de travail : « Je suis convaincue que c’est en sécurisant les salariés, leurs revenus, leurs formations professionnelles,que nous aurons des salariés

«Réhabiliter la valeur

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Revin (Ardennes), usine Porcher, 16 mars 2007. En compagnie de Dominique Strauss-Kahn, la candidate socialiste soutient les salariés d’une fonderie que ses propriétaires, des fonds de pension américains, veulent fermer.

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travail »

Caen, 21 avril 2007. Ségolène Royal visite le tout nouveau campus technologique Effiscience qui accueille de jeunes entreprises de « haute valeur ajoutée ». À l’occasion de ce déplacement en Normandie, la candidate rencontre d’anciens salariés de Moulinex, dont la fermeture brutale, en septembre 2001, avait mis plus de 3 200 salariés au chômage. Elle réclame que les sociétés qui licencient ou délocalisent, alors même qu’elles engrangent des bénéfices, soient obligées de rembourser les aides publiques qu’elles ont perçues.

Toulouse, 19 avril 2007. La candidate rencontre les représentants syndicaux d’Airbus, après la publication du plan Power 8, qui prévoit 10 000 suppressions d’emploi en Europe, dont 4 300 en France. Elle souhaite «suspendre» ce plan, «remettre les partenaires autour d’une table» et associer les régions à l’avenir de l’entreprise.

Christophe Petit-Tesson

Rouen, 24 février 2007. En meeting, aux côtés de Laurent Fabius, la candidate déclare « Il y a aujourd’hui deux visions du monde qui s’opposent : ceux qui croient à la bienveillance du marché, supposé régler seul tous les problèmes, et ceux qui croient à la volonté politique, à l’action collective, aux intelligences humaines, à la nécessité de la puissance publique, à la capacité d’action, à la morale de l’action, à la politique par la preuve, et c’est ce chemin que je vous propose. »

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mieux motivés dans leur travail, dans des entreprises bien plus compétitives». (Charleville-Mézières, 16 mars 2007). Autre engagement : que les aides publiques aux entreprises, aujourd’hui « accordées sans aucune contrepartie » soient mieux utilisées. Pour la candidate socialiste, revaloriser la valeur travail, ce n’est pas «travailler plus pour gagner plus» et accentuer ainsi les inégalités quand tant de Français sont au chômage ou à temps partiel non choisi. C’est tout d’abord accorder une juste rémunération à tous les salariés. D’où ses propositions de relever le smic à 1 500 euros et de convoquer rapidement une conférence nationale sur les salaires. D’où également son souci, sans cesse réaffirmé, de privilégier la négociation collective, dans ce registre comme dans d’autres, et de favoriser un syndicalisme de masse. Mais revaloriser la valeur travail, c’est aussi assurer un travail pour tous, en confiant aux régions le service public de l’emploi, afin qu’il soit plus efficient, et en mettant particulièrement l’accent sur les jeunes : emploistremplins, qui ont déjà montré leur efficacité dans les collectivités gérées par le PS, « contrat première chance » : « Je ne veux plus qu’en France un jeune qualifié ou un jeune diplômé reste au chômage pendant plus de six mois. Nous mobiliserons pour cela tous les moyens. » (Limoges, 29 mars 2007).
Éric Lamien
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Blois, 28 mars 2007. Ségolène Royal plaide pour plus d’autonomie aux universités, afin « d’accompagner les jeunes diplômés vers l’emploi et ne plus les lâcher dans la nature ».

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CHRISTOPHE PETIT-TESSON

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Strasbourg, usine Suchard, 21 décembre 2006. Aux côtés des « Milka », les employés de la chocolaterie, menacés de perdre leur emploi, la candidate dénonce « les licenciements inciviques qui ne correspondent même pas à la réalité économique ».

Aix-en-Provence, 23 mars 2007. Devant le siège aixois de la fédération socialiste, Ségolène Royal souligne sa singularité : « Je ne suis liée à aucun groupe de pression, à aucune puissance de l’argent, je n’ai personne à caser : je suis une femme libre ! »

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Limoges, 29 mars 2007. La candidate, en compagnie de François Hollande, député-maire de Tulle, fait référence au « Limousin rebelle » : « Créer, c’est résister et résister, c’est créer. »

Aulnay-sous-Bois, 2 avril 2007. La candidate apporte son soutien aux ouvriers de Peugeot (PSA) en grève depuis cinq semaines, et souhaite un dialogue social « transparent, basé sur la confiance mutuelle ». Clermont-Ferrand, 30 mars 2007. Ségolène Royal rencontre des jeunes dans une boîte de nuit et présente les grandes lignes du « contrat première chance » : « Il paraît juste que l’État donne à la jeunesse la possibilité de construire sa vie. »

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Rétrospective I ÉDUCATION, CULTURE, RECHERCHE
Ségolène Royal a marqué nettement sa différence avec les autres candidats en faisant de l’éducation une priorité absolue, sans omettre pour autant l’importance de la recherche et de la culture.
urant toute la campagne, Ségolène Royal, « fille de l’école républicaine et laïque», comme elle aime à se définir, a placé « l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation, au cœur de tout et en avant de tout ! Ce sera le cœur de notre pacte présidentiel». À Dunkerque, devant 10000 militants,elle a présenté son programme éducatif. Au menu : un plan pluriannuel de recrutement, l’organisation d’états généraux de la réussite scolaire, la revalorisation du rôle des enseignants, la gratuité totale de l’école de la République, le soutien scolaire individualisé et gratuit, la mise en place d’un service public de la petite enfance, la scolarité obligatoire dès 3 ans... La candidate a insisté sur l’importance fondamentale du rôle de l’Éducation nationale, chargée de l’éducation mais aussi, en partenariat avec les familles, d’offrir des repères aux jeunes. Avec une priorité, les 150000 élèves qui sortent chaque année de l’école sans qualification. « L’école, c’est l’âme du pays, a-t-elle dit à Dunkerque. L’école, ce n’est pas seulement l’école, c’est le creuset, la matrice, le principe de tout le reste.» Autre thématique forte : la culture. Ségolène Royal, lors d’une rencontre avec les milieux culturels, à Nantes, a présenté les 10 propositions clefs du pacte présidentiel :

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Dunkerque, 15 février 2007. Pour l’un de ses premiers grands meetings, Ségolène Royal réserve au Pas-de-Calais un discours vibrant d’émotion sur l’école et les propositions du pacte présidentiel en matière d’éducation.

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Dugny, 12 février 2007. Ségolène Royal à l’écoute ! Une image que l’on verra tout au long de la campagne. Ici avec des enseignants et des chefs d’établissements, au lycée professionnel hôtelier des Lilas, en Seine-Saint-Denis.

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est au cœur de tout »

Orléans, 28 mars 2007. Ségolène Royal salue les élèves du lycée Maréchal Leclerc où elle a dialogué avec enseignants, parents et jeunes. « Il faudra, comme les élèves l’ont très justement dit, rapprocher beaucoup plus étroitement les entreprises des lycées et des universités pour qu’il y ait un échange réciproque dans les contenus des formations », souligne-telle à l’issue de cette visite. Paris, Salon de l’étudiant, 18 mars 2007. En meeting avec les élus socialistes au Parc des expositions de la porte de Versailles, la candidate rend une visite impromptue au Salon de l’étudiant voisin, « lieu symbolique de la bataille pour l’emploi des jeunes ».

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l’éducation artistique, les projets culturels émergents dans les environnements moins favorisés, la réduction de la fracture numérique, la relance des négociations sur le régime des intermittents, la refonte de la loi DADVSI sur les téléchargements privés, le soutien au spectacle vivant, à la production et à la distribution indépendante, la création d’une Haute Autorité pluraliste pour les médias... Devant une pléiade d’artistes et d’acteurs, elle a placé son projet sous le signe de la reconquête des publics et des valeurs humanistes et s’est engagée à redoter la culture d’un budget prioritaire. Se plaçant sous le patronage de Victor Hugo, et dans le souffle de 1981, la candidate a déclaré : « Cette République nouvelle sera artistique et culturelle. » La candidate socialiste a également avancé de solides propositions dans le domaine de la recherche. Elle a affirmé sa volonté de la relancer, de faire revenir les jeunes chercheurs expatriés, de soutenir les pôles d’innovation. Le 16 février, à Strasbourg, devant 200 jeunes chercheurs,elle a détaillé les mesures de son plan. Parmi celles-ci : la sécurisation des parcours,avec la mise en place d’une allocation d’autonomie pour étudiants, accordée sous condition de ressources, une revalorisation des crédits à la recherche et à l’enseignement supérieur, de 10 % par an pendant cinq ans,l’adoption d’une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence. Avec l’ambition, en cinq ans, de porter la dépense par étudiant au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE.
David Langlois-Mallet
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Nantes, 26 mars 2007. Reçue par Jean-Marc Ayrault, maire de la ville, au Lieu unique, Ségolène Royal, après avoir écouté les milieux culturels, leur réserve la primeur de ses propositions.

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Strasbourg, 16 février 2007. Devant la Confédération des jeunes chercheurs, Ségolène Royal présente les mesures de son plan de mobilisation nationale pour la recherche et l’enseignement supérieur.

Lille, 25 mars 2007. Invitée du 80e congrès de l’UNEF, la candidate, accueillie par Bruno Julliard, est acclamée : « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la frappe a toujours tort. »

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Paris, gymnase Japy, 13 mars. Devant « les 1000 », artistes, chercheurs, intellectuels, personnalités du monde culturel, la candidate affirme son engagement pour la culture.

Rétrospective I ENVIRONNEMENT

« Faire de la France le pays de l’e
En incluant les préoccupations écologiques dans tous les aspects économiques et sociaux de son programme, la candidate socialiste a démontré que cet engagement était compatible avec la croissance, et mieux encore, pouvait la favoriser.
écologie a été portée au cœur du pacte présidentiel. Alors que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GEIC) de l’ONU, réuni à Paris en février, sonnait l’alarme et annoncait des changements climatiques irréversibles si des mesures radicales n’étaient pas prises dans les dix prochaines années, la candidate a défendu le programme le plus ambitieux jamais porté à ce niveau politique. Reprenant en partie les recommandations de Nicolas Hulot, elle a proposé la nomination d’un vicePremier ministre chargé du développement durable, un investissement massif dans les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse...), une politique d’incitation aux transferts du fret sur le rail, la généralisation de l’isolation à tous les logements, un moratoire sur les OGM, etc. Son programme s’est attiré l’une des notes les plus flatteuses (16/20) de l’Alliance pour la planète, qui regroupe les prin-

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Paris, rue de Solférino, 4 janvier 2007. Dans ses voeux aux Français, la candidate affiche une ambition nouvelle : « Je veux faire de la France le pays de l’excellence environnementale. » À cette France inquiète qu’elle parcourt, elle adresse un message optimiste : « J’ai la volonté de conduire avec vous le profond changement dont la France a besoin. »

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Paris, 25 avril 2007. Invitée entre les deux tours de l’émission À vous de juger, sur France 2, la candidate réaffirme avec sérénité ses choix et sa méthode : «L’efficacité économique ne va pas sans le progrès social et sans le progrès environnemental. Tout se tient. »

cipales organisations engagées dans la défense de l’environnement. Lors d’un grand débats participatif, à Montluçon le 24 janvier, Ségolène Royal déclarait : « La protection de l’environnement est incompatible avec le libéralisme, avec la loi du marché. Celui-ci calcule à court terme ; il est par définition prédateur des valeurs collectives ; or l’eau, l’air ou les sols sont gratuits car ils appartiennent à la collectivité. » Imaginatives, les propositions de la candidate entendaient réconcilier l’écologie et la croissance. Elles se conjuguaient avec la démocratisation de la société afin de donner plus de poids aux associations et aux citoyens pour faire entendre leur voix, notamment face aux multinationales. Tout au long de la campagne, Ségolène Royal a affiché toujours haut son ambition – celle du 5e pilier du pacte présidentiel : faire de la France le pays de l’excellence environnementale.

excellence environnementale »
Montluçon, 24 janvier 2007. Les habitants d’Auvergne se sont rendus en nombre pour entendre Ségolène Royal lors d’un passionnant débat participatif sur l’environnement.
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Paris, musée des Arts premiers, 31 janvier 2007. Forte de convictions très précises dans ce domaine, Ségolène Royal signe le pacte écologique de Nicolas Hulot.

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Correns, 23 mars 2007. Dans cette commune varoise de 661 habitants, premier village bio de France, la candidate se prononce pour une réforme de la politique agricole commune, avec des aides régionalisées pour profiter directement aux agriculteurs.

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Rétrospective I SOLIDARITÉ, SANTÉ

« Rétablir l’égalité d’accès
La santé pour tous, la recherche, la prise en charge des personnes âgées, l’accueil des handicapés : c’est une société plus solidaire, notamment à l’égard des plus vulnérables, qu’a dessiné la candidate tout au long de la campagne.
ccès universel aux soins, garantie d’un service public hospitalier, développement du maintien à domicile des personnes âgées… Au credo ultralibéral revendiqué par son adversaire UMP, Ségolène Royal a opposé, tout au long de la campagne, les principes de solidarité et d’équité. Pas une rencontre sans qu’elle n’ait évoqué les enjeux liés à la sécurisation des retraites, la prise en compte de la pénibilité dans le travail, le poids de la dépendance et du handicap, la nécessaire abrogation de la loi Fillon, ou le versement mensuel du minimum vieillesse. Pas un débat sans qu’elle n’ait évoqué l’augmentation du nombre de places dans les centres d’accueil ou la contraception gratuite pour les moins de 25 ans. Chacun de ses déplacements aura été l’occasion d’insister sur le renforcement des services de proximité, la valorisation du bénévolat et l’émergence des mouvements associatifs dans les instances de décision.

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Boulogne-Billancourt, 19 février 2007. J’ai une question à vous poser, sur TF1, est un record d’audience pour une émission politique télévisée, depuis plus de quinze ans! Plus de 8,9millions de téléspectateurs assistent à la prestation de la candidate socialiste. Interrogée sur les questions de santé, elle propose la création d’une nouvelle génération de dispensaires permettant aux usagers « d’accéder facilement aux premiers soins, à la santé au quotidien». Elle entend «rétablir en milieu rural et en milieu urbain l’égalité d’accès aux soins ». Décidée à organiser des états généraux de la santé « pour voir comment on peut compléter l’hôpital et la médecine de proximité », elle condamne fermement la fermeture des hôpitaux. Paris, 14 mars 2007. Les principales associations de lutte contre le sida sont reçues par la candidate, au siège de campagne. Elle leur fait part de son souhait de généraliser l’usage des préservatifs à 0,20 euro et d’augmenter significativement – 10 % par an – le budget de la recherche.

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aux soins sur tous les territoires»

Lyon,4 avril 2007. Lors de sa visite des hôpitaux Léon Bérard et Édouard Herriot, en compagnie du Pr Jean-Louis Touraine et du maire de Lyon, Gérard Collomb, Ségolène Royal affirme qu’elle sera « la présidente de la défense de l'hôpital public, de la recherche hospitalière et de la fonction publique hospitalière. Rien ne devra plus les affaiblir. Nous accompagnerons les réformes dans un esprit de résistance contre tous ces affaiblissements et dans un esprit de reconquête, pour que l'hôpital public continue à affirmer son rôle de ciment social dans notre modèle républicain ».

Saint-Maur-des-Fossés, 22 mars 2007. À l’occasion de la visite de la maison de retraite de l’Abbaye, la candidate plaide pour une branche «grand âge » de la sécurité sociale. «Aujourd'hui, la solidarité nationale doit prendre en charge la question du grand âge et de la dépendance », assure-t-elle, «au même titre qu'après la Libération une branche de la sécurité sociale a été créée pour la famille, et une autre pour la maladie. Certains disaient que c'était irréaliste, et cela tient toujours !» «L'état de civilisation d'une société se mesure à la façon dont elle traite les anciens et les personnes dépendantes », conclut Ségolène Royal.

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Dijon, 7 mars 2007. En meeting pour célébrer la journée internationale de la Femme, Ségolène Royal évoque « toutes ces femmes qui ont du mal à boucler les fins de mois, vendeuses, caissières, aides-soignantes, femmes du petit matin». « Lorsque je parle de la lutte contre le chômage, je sais que les premières victimes sont les femmes ; lorsque je parle de la lutte contre la précarité, je sais que 80 % des travailleurs précaires sont des femmes ; lorsque je parle du droit d’accès à la formation professionnelle, je sais que ce sont les femmes qui en sont le plus écartées ; lorsque je parle de droit à la santé, de revalorisation des bas salaires ou des petites retraites, je sais que ce sont d’abord les femmes qui sont frappées par les bas salaires et par les petites retraites.»

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Rétrospective I INSTITUTIONS, JUSTICE, SÉCURITÉ
Ségolène Royal a plaidé pour une plus grande efficacité de la politique en prônant la VIe République et la réforme Nice, 23 mars 2007. Ségolène Royal desq institutions. s’engage à lutter contre les gaspillaégolène Royal a indiqué, tout au long de la campagne, son souhait de procéder à une réforme institutionnelle, au profit d’un nouvel équilibre des pouvoirs et d’un déplacement du centre de gravité de la décision publique vers les citoyens. Pour la candidate,il y a urgence à donner les moyens d’une démocratie politique renouvelée – notamment plus participative, d’une démocratie sociale refondée et d’une décentralisation aboutie. Elle saute le pas en se prononçant pour une VIe République qui passe par l’instauration du non-cumul des mandats, l’introduction d’une part de proportionnelle, le renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement, la suppression de l’article 49-3 et l’octroi d’un statut à l’opposition en lui confiant la présidence de la Commission des finances. La candidate a également évoqué l’indispensable restructuration du Conseil supérieur de la magistrature et la réforme du mode de désignation des membres du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Elle a fait part de son souhait de doubler le budget de la justice pour rendre celle-ci plus efficace et pleinement respectueuse des droits.

« Une France où l’on ap

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ges, les détournements et la corruption. « Dans ce lieu qui a tant souffert de corruption, je veux évoquer cette VIe République que nous construirons avec de nouvelles règles morales. Tous les élus devront rendre des comptes. »

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Roubaix, 19 janvier 2007. La candidate souhaite que les violences faites aux femmes deviennent une « affaire d’État » et le réaffirme haut et fort lors de son déplacement dans le Nord. Convaincue que l’éviction du conjoint violent ne suffit pas, elle veut aller plus loin en obligeant « les départements à construire des structures d’accueil pour les femmes et les enfants en attendant qu’ils puissent regagner leur domicile ». « La première loi que je ferai voter sera une loi sur les violences faites aux femmes, assure-telle. Le cœur du dispositif sera le droit pour les femmes battues de rester au domicile familial avec les enfants. »

prend à se respecter mutuellement »
Paris, Parc des expositions, 18 mars 2007. Dans un discours prononcé devant plus de 4 000 élus, la candidate promet « une République nouvelle, dont les élus seront les acteurs à l’avant-garde » grâce à « un référendum refondateur de la République, ancrée sur ses traditions et en même temps tournée vers le futur ». Pour la première fois, elle évoque « la VIe République ». Celle-ci repose sur quatre piliers : une démocratie parlementaire revivifiée, mettant fin au cumul des mandats, une démocratie sociale qui fera faire à la France « un bond vers le futur en modernisant le dialogue social », la garantie des « solidarités de base » avec « le maintien des services publics sur tout le territoire », enfin « la démocratie territoriale ».

Paris, 31 mars 2007. Quelques heures seulement après les violents incidents survenus à la gare du Nord, la candidate socialiste, sur France 3, s’inquiète « qu’il y ait une telle rupture entre les citoyens et les professions en uniformes. Les contrôleurs sont de plus en plus mal reçus. Il est plus que jamais nécessaire de recadrer un certain nombre de règles dans notre société et de les rappeler à tous ». Elle plaide pour une France « où l’on apprend à se respecter mutuellement, où chacun doit obéir aux mêmes droits et aux mêmes devoirs ».

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Nantes, 17 avril 2007. Dans un Zénith plein à craquer, Ségolène Royal plaide une nouvelle fois pour « un souffle de modernité ». « La réforme des institutions n’est pas un objectif en soi, c’est un objectif au service de l’efficacité de la politique, c’est un objectif au service des Français, c’est ce qui permettra d’aller plus vite, d’être plus juste, de tenir parole et de rendre des comptes. Bref, c’est faire entrer la France dans la modernité politique, et c’est vous faire confiance. »

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Rétrospective I BANLIEUES

« Vous n’êtes pas un problème,
Multipliant les déplacements en banlieue, Ségolène Royal a manifesté sa préoccupation pour une réelle égalité des chances sur tout le territoire.
n déplacement à Clichysous-Bois, point de départ des émeutes de novembre 2005, Ségolène Royal a affirmé que les « quartiers populaires ne sont pas un problème, mais une partie de la solution aux problèmes de la France. Vous faites partie intégrante de la nation », a-t-elle précisé à l’adresse des acteurs de banlieues. « L’énergie des jeunes, la créativité, l’envie d’avancer, constituent un élément fort de la relance de la croissance.» Apôtre des mesures éducatives, elle a répondu au « tout répressif », dont se revendique son adversaire, par le renforcement de l’encadrement des jeunes, le « droit au premier emploi », la mise en œuvre d’une école de la deuxième chance, le soutien aux associations, aux élus de terrain et aux travailleurs sociaux. La « réussite des quartiers populaires» sera mon « grand chantier présidentiel », a-t-elle affirmé à Clichy, pour qu’aucun jeune issu des quartiers défavorisés « ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés». Vaulx-en-Velin, 8 mars 2007. LLa candidate réaffirme son engagement pour une politique répondant pleinement aux attentes des femmes. Elle préconise un changement concret, où l’égalité entre les sexes sera une réalité, autour des principes clés d’égalité professionnelle et de parité.

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Paris, halle Carpentier, 6 février 2007. Dans une salle surchauffée, Ségolène lance une offensive en règle contre Sarkozy et la droite. « J’ai voulu redonner la parole au peuple, affirme-t-elle. Je m’engage à ce qu’elle ne vous soit pas confisquée. Avec votre parole, j’élèverai la France. »

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mais une partie de la solution »
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Villeurbanne, 24 mars 2007. Lors de la session du Parlement des quartiers populaires, « il y a dans les quartiers un réservoir d’énergie extraordinaire dont on ne peut pas se passer », souligne la candidate à l’adresse des 2 000 participants.

Bondy, 25 novembre 2007. Devant le 8e Parlement des banlieues, en lançant le « pacte de Bondy », la candidate s’engage à garantir le « droit d’accéder au premier emploi » pour les jeunes issus des quartiers populaires.

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Clichy-sous-Bois, 27 février 2007. C’est dans cette ville qu’est né, en réaction aux violences, le collectif AC le Feu qui a élaboré des cahiers de doléances après l’organisation de rencontres dans 120 quartiers. Ségolène Royal signe le « contrat social et citoyen », proposé aux candidats par l’association, qui comporte 105 propositions concrètes sur neuf thèmes clés tels que l’emploi, les discriminations, le logement ou l’insécurité.

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Rétrospective I LA FRANCE MÉTISSÉE
Loin des crispations xénophobes, la candidate socialiste a défendu la vision d’une nation qui ne tolère aucune discrimination : « L’identité nationale, ce n’est pas de demander des comptes sur d’où l’on vient, mais c’est de savoir vers où l’on veut aller ensemble. »

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« Une République accueillante pour tous les siens »

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Fanny Costes
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Marseille, 23 mars 2007. Ségolène Royal développe sa vision de l’identité nationale : « L’identité nationale, ce n’est pas de demander des comptes sur d’où l’on vient, mais c’est de savoir vers où l’on veut aller ensemble. »

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égolène Royal a fait de la diversité de la France sa force. Mais elle sait combien les discriminations sont nombreuses. « Je ne veux plus entendre parler de deuxième, troisième ou quatrième génération pour certains enfants d’immigrés alors qu’on ne le fait jamais pour ceux dont les familles sont originaires d’Europe. Je ne veux plus entendre parler, sans arrêt, d’intégration, comme s’il vous fallait toujours administrer la preuve que vous n’êtes pas moins Français que les autres, alors que ce qui fait obstacle sur votre chemin, ce n’est pas un besoin de discrimination positive, c’est tout simplement un déficit d’égalité, donc un besoin, tout simplement, d’égalité réelle. C’est cela, le défi qu’il faut construire ! », s’exclamait-elle à Grenoble, le 1er février.

Fort-de-France, 26 janvier 2007. Ségolène Royal se rend aux Antilles du 25 au 27 janvier. En Martinique, où elle reçoit le soutien d’Aimé Césaire, elle affirme : « Le métissage est une chance pour la France. Je serai la présidente de la République de la France métissée. Je souhaite une République accueillante à tous les siens et qui ne tolère plus aucune discrimination. » En Guadeloupe ensuite, la candidate socialiste souligne « que les outresmers ne sont pas périphériques, mais au centre d’une question majeure pour la France : s’accepter fière et riche de sa diversité ».

Paris, gymnase Jean Jaurès, 14 avril 2007. Accueillie par plusieurs centaines de personnalités originaires de l’outre-mer, Ségolène Royal souhaite parler à tous les Français, et notamment à ceux victimes de discriminations. « Je sanctionnerai les discriminations car la République, la France Présidente, n’a que faire de la couleur de la peau. »

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EUROPE I Rétrospective

« Une Europe qui protège ses citoyens »
Tout au long de la campagne, Ségolène Royal l’a martelé : la France doit retrouver toute sa place en Europe, et cela ne se fera qu’avec la pleine participation des citoyens.
emettre la France à la table de l’Europe. Ségolène Royal le veut, mais pas à n’importe quel prix. La candidate socialiste a entendu le message des Français sur le Traité constitutionnel européen. À Villepinte, le 11 février, elle l’a clamé : « Je veux une Europe qui protège ses citoyens et les aide à tirer profit de la mondialisation. Il n’est pas supportable de voir des entreprises faisant des bénéfices délocaliser leurs productions. L’Europe doit se protéger et nous protéger. Avec moi, elle fera reconnaître le respect des normes sociales et environnementales pour une juste concurrence. » Porto, 8 décembre 2007. Présente au 7e congrès du Parti socialiste européen, Ségolène Royal s’est prononcée pour une réforme du statut de la Banque centrale européenne afin que celle-ci agisse davantage en faveur de la croissance.

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Berlin, 6 mars 2007. Rencontre entre Ségolène Royal et Angela Merkel, chancelière allemande, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne. Le dossier Airbus, au centre des inquiétudes du moment, réunit les deux femmes, favorables « à la défense de la filière aéronautique » européenne.
BERTRAND GUAY/AFP

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Paris, maison des Arts et Métiers, 27 mars 2007. À l’occasion du cinquantième anniversaire du traité de Rome, Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, et Jacques Delors, présentent leur rapport, Pour une nouvelle Europe sociale, en présence de Ségolène Royal. Ce rapport est le résultat de dix-huit mois de travail entre tous les partis et organisations membres du PSE. Pour la candidate socialiste, le cinquantenaire de la fondation de l’Europe ne doit pas masquer une réalité essentielle pour l’avenir : « L’Europe est encore perçue comme insuffisamment protectrice. »

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Toulouse, 19 avril 2007. Dans son dernier meeting avant le premier tour, Ségolène Royal accueille le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero. Il voit dans la candidate «la promesse de la réussite de la social-démocratie » en Europe.

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Rétrospective I INTERNATIONAL

Par ses voyages dans des régions déterminantes pour l’avenir de notre planète, par la réaffirmation de l’importance des principes humanistes, Ségolène Royal a défendu une vision éthique et équitable des relations internationales.
a candidate socialiste a défendu une vision internationale humaine et humaniste. Pas question de favoriser des régimes corrompus, de construire des murs aux frontières de l’Europe. « La « guerre entre le bien et le mal » est la nouvelle version de la « mission civilisatrice de l’Occident ». Cette illusion mène au désastre : à la négation des valeurs dont on se réclame », soulignait-elle déjà le 6 février, à Paris. La candidate socialiste a estimé également que « décourager l'immigration de la misère, c'est d'abord soutenir le développement des pays pauvres en réduisant les écarts entre le Nord et le Sud. C'est donc notre avenir qui en dépend et c'est la dignité de ces peuples qui en résultera. Le codéveloppement sera donc un objectif. L'aide publique sera radicalement réformée et réorientée vers les circuits courts, la santé, l'éducation, l'énergie solaire, les associations de femmes, le micro-crédit comme je l'ai vu au Sénégal, et cessera d'alimenter les gouvernements corrompus ».

« Soutenir le dévelop

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ÉRIC FEFERBERG/AP/SIPA

Paris, Mutualité, 20 mars 2007. Invitée par les associations SOS Darfour et Urgence Darfour, Ségolène Royal condamne l’inaction de la France au Darfour, région du Soudan dévorée par la guerre civile, depuis quatre ans. «Un génocide se déroule sous nos yeux dans un silence assourdissant et, comme pour le Rwanda, le silence est déjà une forme de complicité. Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas » dénonce t-elle.

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ALFRED/SIPA

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pement des pays pauvres »

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Paris, 22 février 2007. Ségolène Royal participe à la manifestation parisienne pour la libération de la Francocolombienne Ingrid Betancourt, retenue par les FARC depuis février 2002. Lors d’une rencontre avec sa fille, Mélinda Betancourt, elle signe le manifeste pour sa libération qui souhaite notamment «la création d’un observatoire international de la prise d’otage, sous l’égide de l’ONU, pour travailler à la libération des otages dans le monde, dont 80 % se trouvent en Colombie».

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Gaza, 3 décembre 2006. Du 1er au 4 décembre 2006, Ségolène Royal rencontre les principaux responsables politiques du Proche-Orient. Après le Liban, elle se rend en Jordanie, en Palestine, où elle rencontre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (photo) et en Israël, où elle est reçue par le Premier ministre israélien, Ehud Olmert. Au terme de ce voyage, elle déclare : « Le peuple palestinien a droit à un État souverain et viable, et Israël à une sécurité durable. La tâche est difficile, la tâche est complexe mais les énergies humaines et la volonté finiront par l'emporter. »

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Pékin, 6 janvier 2007. En visite en Chine du 6 au 9 janvier, la candidate socialiste aborde, avec l’une des puissances montantes d’Asie, quatre thèmes majeurs: le développement économique et les délocalisations, l’environnement, la situation des femmes et les droits humains.

Paris, 4 janvier 2007. Juste avant son voyage en Chine, Ségolène Royal rencontre Gao Xingjian, prix Nobel de littérature. L’écrivain se montre optimiste sur le très long terme – la Chine sera un jour démocratique –, mais ne pense pas que, de son vivant, ce pays acceptera des hommes libres et critiques comme lui. Constat lucide et sans amertume de la part d'un exilé, aujourd'hui citoyen français, qui estime aussi qu'il faut dialoguer avec Pékin.

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Rétrospective I DIMANCHE 6 MAI

Déclaration de François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, au soir du deuxième tour de l’élection présidentielle. « Nous attendions ce scrutin depuis cinq ans. Nous avions obtenu de belles victoires aux élections régionales, cantonales et européennes. Nous avions ouvert des pratiques nouvelles à travers une désignation exemplaire de notre candidate à l’élection présidentielle. Néanmoins, la victoire n’est pas au rendez-vous. C’est Nicolas Sarkozy qui a été élu. Il a pu obtenir ce résultat par un rassemblement de toutes les droites : de l’extrême droite jusqu’au centre droit. Il a pu aussi parvenir à ses fins parce qu’il a multiplié les promesses, alors même qu’il était le candidat de la majorité sortante depuis 2002 et il a donc réussi une opération de mystification qui se révélera dangereuse pour notre pays. Nous devons maintenant faire en sorte que la force que représente la gauche fasse prévaloir l’équilibre et prépare l’avenir.

« Soyons dignes de cette force qui s’est levée »

Je veux remercier Ségolène Royal qui, par sa campagne, sa ferveur, sa capacité de conviction, sa force de caractère sur des valeurs qui nous sont communes, a réussi à mobiliser près de 18 millions de nos concitoyens que je veux aussi remercier. Je sais aujourd’hui ce qu’est la force de ce vote. Je sais ce qu’il contient de perspectives d’avenir, ce qu’il constitue d’élan et de rebond pour les élections législatives qui viennent. Pour poursuivre dans cet esprit, il faut que la gauche se rassemble. Ce qui vient de se produire est trop grave, trop risqué pour l’avenir ; les enjeux nous dépassent et nous devons être exemplaires. Cela n’empêchera pas les examens de conscience, les regards critiques. Mais, aujourd’hui, c’est le moment de la clarté et du rassemblement. Au-delà des élections législatives, la gauche devra se réunir davantage, refonder ses idées, porter aussi un message d’ouverture et d’élargissement. Nous entendons donc rassembler autant qu’il sera nécessaire, mais sur des valeurs qui sont celles de la solidarité et de la modernité. Et il y a place pour d’autres que nous dans ce rassemblement. Je veux dire à tous les militants, à tous les sympathisants du Parti socialiste qu’ils peuvent être fiers. Ils ne doivent pas se résigner. Il n’y a pas de fatalité. Nous sommes là après une belle campagne et nous vivons une épreuve, car ce n’est pas notre candidate qui a été élue. Mais nous sommes aussi là pour d’autres échéances. Et la force que nous avons été capables de lever, les idées qui sont les nôtres, l’élan collectif que nous avons produit, feront les victoires de demain. Soyonsen dignes. Nous le serons en étant unis, ouverts et sûrs de nos convictions. »