Groupe d’experts sur l’épidémiologie de l’hépatite C

Rapport sur la réunion tenue les 17 et 18 juin 1998

Préparé pour Santé Canada par le Dr Richard Schabas

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les données des études des dons antérieurs de donneurs infectés entreprises par les hôpitaux et les fourchettes estimatives produites au moyen des modèles supplémentaires. mentionnons les fourchettes vraisemblables de la prévalence nationale actuelle de cas d’infection à VHC (entre 210 000 et 275 000 cas). Les paramètres employés dans ce modèle sont le nombre d’unités de sang et de constituants sanguins transfusés. date de la transfusion entre 1960 et 1992 : de 27 000 à 45 000) et le nombre de receveurs infectés par d’autres sources encore en vie (date de la transfusion entre 1960 et 1985. de 10 000 à 18 000. à l’exclusion des produits de fractionnement. le nombre de receveurs infectés par une transfusion (entre 90 000 et 160 000). le nombre de personnes ayant reçu du sang entre 1960 et 1992 (entre 5 et 7 millions). Le Groupe d’experts a entériné les estimations du Groupe de travail en tant que fourchettes vraisemblables plutôt qu’en tant qu’estimations ponctuelles.Résumé Un Groupe de travail. Leurs résultats permettaient toutefois de valider le modèle primaire. entre 1960 et 1992. Le Groupe d’experts a également fait observer la similitude entre ces fourchettes vraisemblables et les données de surveillance provinciales. Le Groupe d’experts a aussi constaté que les méthodologies utilisées par le Groupe de travail comportaient certaines faiblesses. La contribution la plus importante du Groupe de travail a été le fait de reconnaître que la mortalité toutes causes confondues était plus élevée chez les transfusés infectés par le VHC. engagé sous contrat par Santé Canada. le nombre de receveurs encore en vie (entre 2. La réunion s’est révélée fructueuse et a permis d’obtenir l’accord général des participants au sujet des questions clés. -2- . date de transfusion entre 1960 et 1992 : de 16 000 à 29 000).3 millions).  Les estimations ne sont pas applicables à la caractérisation définitive des sujets quant à la source probable de leur infection. la probabilité d’exposition à plusieurs unités contaminées et la mortalité toutes causes confondues jusqu’au milieu de l’année 1998. Le Groupe d’experts a convenu du fait que les deux modèles supplémentaires mis au point par le Groupe de travail étaient moins fiables que le modèle primaire. Le Groupe d’experts a approuvé la méthodologie utilisée par le Groupe de travail dans son modèle primaire. a élaboré des modèles et des estimations épidémiologiques du nombre de cas d’infection à VHC chez les personnes qui ont reçu du sang ou des constituants sanguins. Santé Canada a invité les intéressés à faire partie d’un groupe d’experts chargé d’examiner et de commenter les conclusions du Groupe de travail portant sur les années antérieures à 1986. Parmi les principales conclusions. Le modèle primaire est une analyse de cohorte fondée sur les risques et les expositions annuels cumulés. le nombre de receveurs infectés par une transfusion encore en vie (date de la transfusion entre 1960 et 1985 : de 20 000 à 38 000.4 millions et 3. le risque d’infection à VHC par unité.

 Il y a lieu d’améliorer la mise en commun des données épidémiologiques et de leurs analyses.  Il faut assurer un meilleur suivi à long terme des receveurs. -3- .  Le Canada a besoin de meilleures données administratives pour son système d’approvisionnement en sang. Les estimations de la mortalité pourraient être plus élaborées et plusieurs améliorations ont été intégrées au rapport final du Groupe de travail. englobe probablement environ 95 % des receveurs infectés par une transfusion qui vivent encore. mais pas tous.     Les estimations du risque par unité étaient fondées sur des données relativement peu concluantes. La période étudiée. L’extrapolation des estimations pour des sous-ensembles peut aboutir à d’autres résultats incertains. Le Groupe d’experts a formulé plusieurs recommandations pour l’avenir. qui va de 1960 à 1992. Les estimations à partir du modèle primaire des cas d’infection par d’autres sources n’incluent pas les infections contractées après une transfusion.  Il convient de renforcer la surveillance des maladies transmissibles par le sang au Canada.

sur l’épidémiologie de l’infection à VHC et sur les recommandations formulées à l’intention de Santé Canada.« Quelle est la différence entre l’épidémiologie et la conjecture? » Journaliste anonyme 17 juin 1998 Introduction Il est important de bien comprendre l’épidémiologie de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) au Canada pour pouvoir élaborer des politiques en matière de santé. Santé Canada a invité un Groupe d’experts constitué d’intéressés à prendre part à une réunion ayant pour objet de discuter des conclusions du Groupe de travail se rattachant aux cas d’infection à VHC associés à des transfusions avant 1986. notamment -4- . Ce document n’a pas pour objet de présenter de façon détaillée les données ou les analyses du rapport du Groupe de travail. Ce rapport est un résumé des discussions qui ont eu lieu lors de la réunion du Groupe d’experts. La liste des membres du Groupe de travail et le rapport final de ce groupe sont joints (annexe A). Par conséquent. La réunion du Groupe d’experts s’est tenue à Toronto. Le rapport est axé sur les aspects du rapport du Groupe de travail ayant fait l’unanimité des participants. Santé Canada a mis sur pied un Groupe de travail chargé d’effectuer une évaluation globale des cas d’infection à VHC associés à des transfusions de sang et de constituants sanguins. ni l’information soumise par d’autres participants. La réunion visait à analyser l'épidémiologie de l'infection à VHC associée à la transfusion de sang et de constituants sanguins. Les membres du Groupe d’experts ont été également invités à présenter leurs propres analyses et données à l’appui. Processus Le Groupe d’experts comprenaient des représentants de divers groupes d’intéressés. Elle n'avait pas pour but d'aborder d'autres questions entourant l'infection à VHC liée à la transfusion. Il décrit brièvement le processus suivi pour la réunion et la nature de l’information communiquée. les 17 et 18 juin 1998. notamment l'indemnisation. Afin de s’assurer de l’exhaustivité de l’analyse menée par ce Groupe de travail. le Groupe d'experts ne s'est pas penché sur les applications potentielles de l'épidémiologie à ces autres questions. en se concentrant spécialement sur les cas survenus avant 1986. La liste des participants est jointe au présent document (annexe B). à l’exclusion des produits de fractionnement.

les questions d’ordre méthodologique. Le rapport écrit du Groupe de travail n'a pas été remis au Groupe d'experts à ce moment-là. la qualité des divers ensembles de données. le cas échéant. mais des comptes rendus ont été présentés régulièrement aux médias par les porte-parole désignés. pour la deuxième journée de réunion (18 juin) et dans son rapport final. Terre-Neuve. Île-du-Prince-Édouard et Québec). les conclusions épidémiologiques et les recommandations pour l’avenir. et. le travail accompli par son équipe. Les participants se sont exprimés ouvertement. Les discussions du Groupe d’experts étaient confidentielles. la réunion du Groupe d’experts s’est révélée un processus constructif. Ces conditions étaient particulièrement importantes compte tenu du caractère délicat des questions en jeu et de l’application potentielle des résultats aux questions qui revêtent un grand intérêt pour les participants.des organisations suivantes : Santé Canada. Toutes ces questions ont été examinées dans les moindres détails. Nouveau-Brunswick. (Le représentant du Québec n’a assisté qu’à la deuxième journée de la réunion. dans un esprit de collégialité. et le processus a été constructif. Le Groupe de travail a apporté des modifications à ses modèles et estimations. L’interaction des participants a été bonne et les discussions se sont déroulées à un niveau professionnel et scientifique. mais lui a été remis après la réunion. et les personnes concernées étaient libres de parler publiquement des conclusions du Groupe d’experts. La réunion s’est conclue par une entente sur les aspects des questions générales faisant l’unanimité. graphiques à l'appui. L'exposé du Dr Remis comportait une analyse des modèles épidémiologiques adoptés par le Groupe. La réunion a débuté par une présentation de Santé Canada et par un aperçu général du mandat et du processus. Nouvelle-Écosse. Le Dr Robert Remis. -5- . fondés sur les signalements de maladies à déclaration obligatoires. Questions générales De l’avis général. Société de l’hépatite C du Canada (SHCC) et six ministères provinciaux de la Santé (Alberta. les représentants de cinq ministères provinciaux de la Santé ont présenté des rapports sur leurs données de surveillance. à la lumière des suggestions du Groupe d'experts. Société canadienne de l’hémophilie (SCH). a ensuite expliqué oralement. Ces rapports ont également fait l’objet d’une étude assez détaillée. et on ne lui a pas demandé de soumettre des données). Par la suite. la robustesse des analyses et les conclusions épidémiologiques du Groupe de travail. Société canadienne de la Croix-Rouge (SCCR). président du Groupe de travail et entrepreneur et chercheur principal. Les représentants de la SCCR et de la SCH ont ensuite présenté leurs données et leurs analyses. et plusieurs améliorations ont été proposées et adoptées pour la modélisation. Groupe de travail. qui ont été examinées en détail. les faiblesses du processus. sur les données des études des dons antérieurs de donneurs infectés entreprises par les hôpitaux. La SHCC a soumis une série de questions.

Le Groupe d’experts a reconnu les éléments d’incertitude inhérents à l’analyse. Les estimations des cas d’infection à VHC associés à des transfusions doivent toujours être considérées dans le contexte des avantages considérables des transfusions sanguines pour la société. est une contribution à l’analyse qui mérite d’être soulignée. notamment une estimation de la prévalence de l'infection à VHC et du nombre de receveurs qui vivent encore. Le Groupe d’experts a approuvé les perfectionnements que le Groupe de travail a apportés à presque tous les aspects de son analyse. vraisemblables et défendables. Il s’agit d’une analyse de cohorte fondée sur les risques et les expositions annuels cumulés. Le modèle épidémiologique primaire (modèle 1) élaboré par le Groupe de travail a été approuvé. De l’avis unanime du Groupe d’experts. elle consiste à déterminer le nombre d’unités de sang et de constituants sanguins transfusés. Ces modèles sont en fait des analyses transversales. Ces transfusions ont permis de sauver littéralement des millions de vies. Le Groupe d’experts a convenu avec le Groupe de travail que ces modèles supplémentaires étaient moins fiables que le modèle primaire et que leurs estimations ne devaient pas être considérées comme des estimations équivalentes à celles du modèle primaire. Les éléments fondamentaux du modèle primaire était similaires à ceux des modèles présentés par la SCCR et la SCH. La modélisation épidémiologique du Groupe de travail a également permis d'obtenir certaines données auxiliaires utiles. L’ensemble des participants ont approuvé la méthodologie adoptée par le Groupe de travail. Les hypothèses sur lesquelles le Groupe de travail s’est fondé ont fait l’objet d’un examen minutieux. La démarche adoptée par le Groupe de travail pour bien comprendre la mortalité différentielle chez les transfusés infectés par le VHC.Selon le Groupe d’experts. L’utilité des modèles supplémentaires comme outils de validation indépendants était limitée par le fait que certaines de leurs hypothèses principales étaient les mêmes que celles du modèle primaire. l’excellente qualité du travail accompli par ce dernier. dus principalement au manque de données dans certains domaines clés. Le haut degré de confiance témoigné par le Groupe d’experts à l’égard des résultats du Groupe de travail reflète. ces hypothèses étaient raisonnables. -6- . à estimer le risque de transmission du VHC par unité. Essentiellement. à rajuster les résultats en fonction des personnes qui ont reçu éventuellement plusieurs unités contaminées par le VHC et à rajuster les résultats en fonction de la mortalité. basée sur leur probabilité accrue de recevoir un nombre relativement grand d’unités. il était important de souligner que cette analyse couvre une très longue période au cours de laquelle environ six millions de Canadiens et Canadiennes ont reçu des transfusions de sang ou de constituants sanguins. Le Groupe d’experts a reconnu l’utilité des modèles supplémentaires (modèles 2 et 3) mis au point par le Groupe de travail en vue de valider les résultats du modèle primaire. comme on le verra plus loin.

Le Groupe d'experts a explicitement approuvé les conclusions épidémiologiques du Groupe de travail dans huit domaines clés. entre 1960 et 1992. les receveurs).-à-d. à l’heure actuelle. Ces estimations constituent. 2. Les fourchettes vraisemblables indiquées ci-dessous reflètent les résultats du Groupe de travail au moment de la rencontre avec le Groupe d’experts. dans le meilleur des cas. Nombre de personnes infectées par le VHC à la suite d’une transfusion de sang ou de constituants sanguins contaminés. Les améliorations apportées ultérieurement par le Groupe de travail pourraient entraîner de légers écarts entre les estimations finales et les fourchettes vraisemblables indiquées ci-dessous. le risque de transmission du VHC par la transfusion de sang ou de constituants sanguins est. 1. des fourchettes vraisemblables. Bien que ce rapport soit axé sur les cas d’infection liés à des transfusions. Fourchette vraisemblable : de 210 000 à 275 000 cas Cette estimation vient confirmer la position voulant que l’infection à VHC constitue au Canada un problème de santé publique majeur et persistant. mais non dans les estimations ponctuelles. receveurs infectés par une transfusion). extrêmement faible. à l’exclusion des produits de fractionnement (c. ces cas ne représentent qu’un faible pourcentage de la prévalence globale de l’infection à VHC.Conclusions épidémiologiques Le Groupe d’experts a estimé que les résultats épidémiologiques du Groupe de travail étaient des estimations et non pas des mesures précises. Fourchette vraisemblable : de 5 millions à 7 millions 3.-à-d. Fourchette vraisemblable : de 90 000 à 160 000 cas -7- . Nombre de personnes ayant reçu du sang et des constituants sanguins. Les estimations ponctuelles les plus probables se situeraient au milieu de leurs fourchettes vraisemblables respectives. Le Groupe d’experts a précisé qu’il avait hautement confiance dans les fourchettes vraisemblables. Grâce aux techniques très sensibles de dépistage. entre 1960 et 1992. Prévalence nationale actuelle de l’infection à VHC. à l’exclusion des produits de fractionnement (c. Les nouveaux cas de transmission du VHC sont principalement le résultat du partage de seringues chez les utilisateurs de drogues injectables et d’autres risques liés au comportement.

ces fourchettes vraisemblables s'appliquent expressément aux receveurs infectés par une transfusion et non aux receveurs infectés par d'autres sources. 6. Certaines estimations antérieures pourraient n'avoir pas fait cette distinction. Date de la transfusion entre 1960 et 1985 Fourchette vraisemblable : ii. Date de la transfusion entre 1960 et 1992 Fourchette vraisemblable : iii. les modèles primaires intégraient des estimations de la mortalité chez les receveurs infectés par le VHC qui étaient supérieures à la plupart des estimations antérieures. Deuxièmement. Date de la transfusion entre 1990 et 1992 Fourchette vraisemblable : de 390 à 520 cas de 27 000 à 45 000 cas de 20 000 à 38 000 cas Ces fourchettes vraisemblables sont inférieures à certaines des estimations citées antérieurement par d'autres sources. Deux facteurs importants expliquent cet écart. i. Nombre de receveurs infectés par une transfusion encore en vie. Nombre de receveurs (période s’étendant de 1960 à 1992) encore en vie.4.3 millions de cas 5. Premièrement. L’analyse du Groupe de travail permet également de bien comprendre la distribution démographique et géographique de ce groupe. Nombre de receveurs infectés par le VHC par d’autres sources que la transfusion de sang ou de constituants sanguins et encore en vie. Fourchette vraisemblable : de 2. Date de la transfusion entre 1960 et 1985 Fourchette vraisemblable : ii. i.4 millions à 3. Date de la transfusion entre 1960 et 1992 Fourchette vraisemblable : de 16 000 à 29 000 cas de 10 000 à 18 000 cas La méthodologie utilisée pour estimer le nombre de receveurs infectés par d’autres -8- .

Le Groupe d’experts n’a pas comparé systématiquement les estimations du Groupe de travail aux données provinciales qui lui ont été soumises. -9- . les estimations et les données concordaient. En outre. Cette observation a accru la confiance du Groupe d’experts à l’égard des estimations du Groupe de travail et a fait ressortir l’importance des données de surveillance de la santé publique et d’autres données d’observation. On a appliqué aux receveurs infectés par d’autres sources les estimations de la mortalité pour tous les receveurs plutôt que les estimations de la mortalité plus élevées appliquées aux receveurs infectés par une transfusion. lorsqu’il a procédé à des comparaisons. Toutefois. 7. Validation des estimations produites par le modèle primaire en fonction de leur concordance avec les estimations produites par les modèles supplémentaires. Les fourchettes vraisemblables produites au moyen des modèles supplémentaires coïncidaient dans une large mesure avec les fourchettes vraisemblables produites au moyen du modèle primaire. Compte tenu des faiblesses décrites plus haut. Concordance des estimations avec les données d’observation des programmes provinciaux de surveillance de la santé publique et avec les données des études des dons antérieurs de donneurs infectés entreprises par les hôpitaux. Les estimations sont donc indépendantes les unes des autres. différentes estimations de la mortalité ont été appliquées à ces groupes.sources différait de celle utilisée pour estimer les receveurs infectés par une transfusion. 8. basées sur leur plus grande probabilité de recevoir un grand nombre d’unités. ces conclusions ont accru la confiance du Groupe d’experts à l’égard des estimations obtenues avec le modèle primaire.

. ex.. Dans le meilleur des cas. Cette observation s'applique tout particulièrement à la difficulté potentielle de déterminer si un sujet est un receveur infecté par une transfusion ou un receveur infecté par une autre source. avant 1984. L'incertitude relative des estimations du risque par unité augmente à mesure qu'on recule plus loin dans le temps. mais pourrait être important à d'autres fins. comparativement aux receveurs en général. cette réduction serait sans doute faible. Les conclusions du Groupe de travail ne peuvent s'appliquer à la caractérisation définitive des sujets quant à la source probable de leur infection. L'estimation du risque par unité est l'élément le moins fiable du modèle primaire. Cette faiblesse s'explique par la rareté des données de bonne qualité sur les taux d'infection des donneurs avant 1990 et. Cette façon de procéder se solderait probablement par une légère augmentation de la mortalité prévue des receveurs et par une réduction modeste du nombre estimatif de receveurs qui vivent encore. (Le Groupe de travail a ultérieurement modifié son rapport afin d'inclure une analyse d'une table de survie plus pertinente. p. i. des tables de survie se rapprochant davantage de la date de la transfusion que la table de survie de 1991 généralement utilisée. Cette mortalité accrue ne toucherait que les receveurs infectés par le VHC au cours des premières années de -10- ii.) On devrait tenir compte de l'augmentation probable de la mortalité chez les receveurs infectés par le VHC.Faiblesses Le Groupe d'experts a souligné un certain nombre de faiblesses dans les conclusions du Groupe de travail et leurs applications potentielles. Selon le Groupe d'experts. pour estimer la mortalité. Ces faiblesses sont généralement attribuables à la rareté des données ou constituent une invitation à raffiner davantage l'analyse du Groupe de travail. Le Groupe d'experts a toutefois estimé que l'histoire naturelle de l'infection à VHC rendrait vraisemblable l'hypothèse d'une certaine élévation de la mortalité après cette période de 18 ans. elles peuvent aider à faire état des probabilités relatives à l'échelle individuelle. attribuable à leur hépatopathie causée par le VHC. L'impact absolu de cette incertitude sur la prévalence actuelle est quelque peu atténué par la mortalité générale croissante des receveurs des premières années. La seule étude pertinente n'a fait ressortir aucune différence significative de la mortalité générale 18 ans après la date de la transfusion. Deux méthodes pourraient permettre de raffiner davantage les estimations de la mortalité chez les receveurs. surtout. L'intérêt de la caractérisation individuelle est faible ou inexistant sur le plan épidémiologique ou sur le plan de la santé publique. à des tables de survie plus adaptées aux receveurs. Elles ne viennent en aucune façon mettre en doute la qualité du travail accompli par le Groupe de travail. On pourrait avoir recours.

Selon toute vraisemblance. (Le Groupe de travail a modifié son rapport afin d'examiner cette question. or les comportements qui augmentent le risque de contracter l'infection à VHC sont beaucoup plus fréquents au début de l'âge adulte. D'autre part. L'ampleur du changement serait fonction des hypothèses retenues. En effet. car l'estimation générale a été fondée sur un calcul cumulatif d'année en année. mais pourraient également s'appliquer aux autres maladies transmissibles par le sang et aux autres maladies infectieuses en général. Dans le modèle primaire. Il souscrit toutefois à l'opinion du Groupe de travail selon laquelle il existe certains receveurs infectés par une transfusion qui vivent encore et qui ont reçu une transfusion avant 1960 et après 1992.) Il convient de n'appliquer qu'avec une grande prudence les estimations générales à des sous-ensembles. L'analyse du Groupe de travail portait sur la période de 1960 à 1992. car on risquerait d'introduire ainsi un nouvel élément d'incertitude. ex. Le Groupe de travail a adopté cette approche parce qu'il n'y avait pas de données pouvant être appliquées à cette analyse.. on peut aisément faire directement état du nombre estimatif de receveurs infectés par une transfusion qui vivent encore pour n'importe quelle année.la période à l'étude. C'est donc dire qu'elles n'incluent pas les infections à VHC qui pourraient avoir été transmises aux receveurs par une autre source après la transfusion. les receveurs infectés par le VHC qui ont reçu une transfusion avant 1980. Le Groupe d'experts a toutefois jugé qu'il serait bon de tenter de formuler une hypothèse vraisemblable relativement à ce facteur et de l'inclure dans l'analyse. à la lumière de son analyse épidémiologique et des difficultés qu'il a rencontrées. -11- . Recommandations Le Groupe d’experts a fait plusieurs recommandations. l'extrapolation du nombre de receveurs infectés par une transfusion qui vivent encore à une province donnée introduit un autre élément d'incertitude dont devrait rendre compte la fourchette de l'estimation. les estimations du nombre de receveurs infectés par une autre source qui vivent encore ne prennent en compte que la prévalence de l'infection à VHC chez les receveurs au moment de la transfusion. cet élément additionnel n'aurait que peu d'effet sur les estimations finales. la majorité des receveurs étaient d'âge moyen ou avancé au moment de la transfusion. Ainsi. Le Groupe d'experts reconnaît que cette période permet d'inclure environ 95 % des receveurs infectés par une transfusion qui vivent encore. p. L'intérêt de l'application à des sous-ensembles dépend véritablement de la méthode d'analyse. Ces recommandations s'appliquent expressément au VHC. Il convient de renforcer la surveillance des maladies transmissibles par le sang au Canada. 1. Elle se traduirait par une baisse du nombre estimatif aussi bien de receveurs infectés par une transfusion qui vivent encore que des receveurs infectés par une autre source qui vivent encore.

2. Le Groupe d'experts a également recommandé des mesures pour améliorer la surveillance à l'échelle de la population. Au nombre de ces mesures figurent la collecte et la conservation systématique d'échantillons sanguins des donneurs. car il aurait permis de remédier à la plus importante faiblesse du modèle primaire du Groupe de travail – le risque d'infection à VHC par unité. Cette mesure serait particulièrement utile en présence d'infections nouvelles et émergentes. Santé Canada devrait concevoir -12- . Il serait bon d'établir les caractéristiques épidémiologiques et démographiques des donneurs et des receveurs. Le Canada a besoin de meilleures données administratives pour son système d'approvisionnement en sang. La collecte systématique de données sur les facteurs de risque constituerait un premier pas intéressant. lorsqu'il n'existe pas de tests fiables au moment du prélèvement et de la transfusion du sang. Il serait aussi souhaitable de procéder à un suivi rigoureux afin d'obtenir des données épidémiologiques plus fiables. Nous savons relativement peu de choses de la morbidité et de la mortalité à long terme des donneurs de sang. il serait bon de recueillir et de conserver systématiquement des échantillons sanguins des receveurs. La réalisation d'études sérologiques à l'échelle d'une population représentative serait une mesure utile. Ce type d'information faciliterait la description de l'histoire naturelle de la maladie chez les receveurs. Il serait bon également de cerner et de décrire les séquelles à long terme de la transfusion. Toutefois. 3. Il faudrait notamment procéder à un suivi plus rigoureux des unités de sang. Il y a lieu d'améliorer l’échange de données épidémiologiques et de leurs analyses. qui pourraient servir rétrospectivement à établir la séroprévalence des maladies infectieuses.Le Groupe d'experts a recommandé un certain nombre de mesures qui pourraient permettre d'améliorer la surveillance de la transfusion. domaine où les données recueillies sur une longue période sont extrêmement rares. Ce type d'information aidera à établir un lien entre les unités contaminées et les receveurs. Le Groupe de travail a eu la chance de pouvoir tirer une somme considérable d'informations des activités de surveillance et de recherche menées au Canada. et de mettre en place des registres des uns et des autres. cette information est généralement difficile à obtenir. telles que l'infection chronique par le VHC. 4. De même. Un tel processus systématique aurait été fort utile. Il est recommandé d'obtenir de meilleures données sur les donneurs et les receveurs. On pourrait aussi renforcer la surveillance de la santé publique en faisant en sorte que l'infection à VHC soit une maladie à déclaration obligatoire dans toutes les provinces et en améliorant la qualité de la collecte des données et du suivi. car il est rare qu'elle ait été publiée ou qu'elle soit facilement accessible pour les chercheurs. prélevés aussi bien avant qu'après la transfusion. Il faut assurer un meilleur suivi à long terme des receveurs.

-13- .des mécanismes qui permettraient de publier ces données ou d'accroître de quelque autre manière leur accessibilité.

Le mandat du Groupe de travail et du Groupe d’experts consistait à estimer le nombre de personnes qui ont contracté l’hépatite C par le biais du système d’approvisionnement en sang. La source de l’infection est inconnue pour plus de 40% d’entre eux. La détermination du nombre de porteurs déjà infectés n’est ni nécessaire ni utile à l’exécution de ce mandat. Ces porteurs déjà infectés n’ont pas contracté l’hépatite C par le biais du système du sang.«La Société de l’hépatite C du Canada s’oppose à toutes les mentions des porteurs du virus de l’hépatite C déjà infectés et infectés par une autre source qui figurent aussi bien dans le rapport du Groupe de travail que dans celui du Groupe d’experts. pas plus que ne le serait la détermination du nombre de patients atteints du cancer déjà infectés. -14- .» Nota: Les autres membres du groupe étaient toutefois favorables à l’inclusion de cette information dans le rapport.

Québec H3A 1K2 The Toronto Hospital EN-G-248 200 Elizabeth Street Toronto. Jeremy Mr.Liste des participants Les 17 et 18 juin 1998 .Delta Toronto Airport Hotel 801. Québec H3A 1K2 514-848-0503 Canadian Hemophilia Society 625 ave. du President-Kennedy Bureau 1210 Montreal. Durhane Dre 514-848-9661 James. 416-979-5855 416-979-5856 Annexe B Page No 1 . Ontario M5N 1R6 President Canadian Hemophilia Society 625 ave. chemin Dixon.GROUPE D’EXPERTS SUR L’HEPATITE C Annexe B . Murray Dr 416-340-4155 416-595-5826 Beaty. du President-Kennedy Bureau 1210 Montreal. Ontario M5S 2G5 514-848-0503 NOM 416-481-6633 TÉLÉPHONE TÉLÉCOPIE 416-481-8895 COMMENTAIRES Schabas. Richard Dr Wong-Rieger. Ontario M5G 2C4 President and Chairman Hepatitis C Society of Canada 383 Huron Street Toronto. Etobicoke (Ontario) ADRESSE 236 Lytton Blvd Toronto. Robert Dr 514-848-9661 Krahn.

Ontario K1A 0L5 613-957-0315 709-729-5824 ADRESSE TÉLÉPHONE TÉLÉCOPIE COMMENTAIRES Sweet. Faith Dre General Information Gerald White 709-729-3103 Shannon.I. P. P. Box 8700 St-John’s. Ontario K1A 0L5 Health Canada Deputy Director General Laboratory Center for Disease Control Tunney’s Pasture. Lamont Dr Scott.L.L. A. P. 0602C1 Ottawa. Dr 613-952-8189 Gully. C1A 7N8 902-368-4996 902-368-4969 Provincial Medical Officer of Health Department of Health and Fitness 12th Floor.O.O. Joseph Howe Building 1690 Hollis Street. Nova Scotia B3J 2R8 902-424-8698 902-424-0506 Director of Disease Control Epidemiology Department of Health West Block. Paul Dr 613-941-4339 613-952-8189 Annexe B Page No 2 . Michael E. P.Box 2000 Charlottetown.O.NOM Chief Health Office Department of Health & Social Services 11 Kent Street. 0602C1 Ottawa. Box 488 Halifax. Jeff Dr Stratton. Confederation Bldg.E. A. Newfoundland A1B 4J6 709-729-3430 Health Canada Director General Laboratory Center for Disease Control Tunney’s Pasture.

T. André Dr June 17 . Ontario K1G 4J5 Statistician Canadian Red Cross Society 1800 Alta Vista Drive Ottawa.O. Alberta T5J 2N3 403-415-2798 (Karen) 403-415-2797 Risk Management Canadian Red Cross Society 1800 Alta Vista Drive Ottawa.only Waters.L.NOM Health Canada Director Canadian Blood Secretariat Tunney’s Pasture. Sam 613-731-1411 Collins. 1903B-1 Ottawa. N. Peter Dr 613-739-3000 613-731-1411 Annexe B Page No 3 . A. 9th Floor Edmonton. Ontario K1G 4J5 613-739-3000 867-873-0442 ADRESSE TÉLÉPHONE TÉLÉCOPIE COMMENTAIRES Crowell.W. Box 1320 Yellowknife. X1A 2L9 867-920-3231 Provincial Health Officer Alberta Health 10025 Jasper Avenue. Ontario K1A 0L5 613-941-1750 613-941-1250 Territorial Epidemiologist Government of northwest Territories P. John Dr 403-422-6663 Schwisberg. Ontario K1G 4J5 Scientist Canadian Red Cross Society 1800 Alta Vista Drive Ottawa. Brian Corriveau. Catherine Dre 613-739-3000 613-731-1411 Gill.

Martin Dr 613-941-6087 613-952-6668 OR 613-941-9132 506-453-3092 506-453-2780 Ivan Brophy Annexe B Page No 4 . E3B 5G8 416-924-9900 Ext. N. Morris Chiavetta. BC V6Z 1Y6 604-631-5516 604-631-5464 Toronto General Hospital 9th Floor. Robert Sherman. 2nd Floor Fredericton. Ontario M5G 2M1 Health Canada Medical Specialist Division of Bloodborne Pathogens Holland Cross Building.B. Room 223 200 Elizabeth Street Toronto. Ontario K1A 0L2 Department of Health & Community Services 520 King Street. R. Dr Hogg. 3005B Ottawa.NOM University of Toronto 4th Floor McMurrich Bldg. 3225 416-591-2107 ADRESSE TÉLÉPHONE TÉLÉCOPIE COMMENTAIRES Remis. Ontario M5S 1A8 416-964-7550 416-946-3250 416-978-8299 St-Paul’s Hospital BC Centre for Excellence 608-1081 Burrard Street Vancouver. Eaton North. A. JoAnne 416-974-9757 Tepper. 12 Queen’s Park Crescent West Toronto. Ontario M5G 2C4 416-340-4756 712-5007 (cell) Toronto Bloor Centre National office Senior Scientist Epidemiologist 67 College Street Toronto.L.

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