LA CULPABILITÉ

La culpabilité est un trait universel que chaque être humain éprouve à divers degrés. Elle est liée à la notion de faute, d’erreur, de péché ou d’échec. Quand on commet ce qu’on perçoit comme un écart à ses principes, on n’ose plus se regarder en face. On se sent coupable et on éprouve de la honte. Puis, lorsqu’on est parvenu à bien se culpabiliser, on s’expose à deux dangers : le premier consiste à se dénigrer, à se faire des reproches, à revenir constamment sur sa faute présumée; le deuxième, plus courante, comme c’est le cas chez la plupart des criminels, consiste à s’arranger avec sa conscience de manière à ne rien éprouver en se justifiant par toutes sortes d'arguments faciles et arbitraires. On comprendra que ni l’une ni l’autre de ces attitudes ne peuvent aider à échapper définitivement au sentiment de culpabilité. Alors, on peut se demander de quoi la culpabilité retourne et s’il existe des moyens de s‘en délivrer de façon facile et définitive. La définition de la culpabilité Le dictionnaire définit le mot culpabilité par le fait plus ou moins diffus de commettre ou d’’avoir commis une faute ou par le sentiment de responsabilité ou de remords d’une offense, d’une transgression, d’un délit, d’un crime, d’un tort, d’un travers, d’une tare, d’une faute, d’une erreur, d’un échec, d’un péché, qu’ils soient réels ou imaginés. Elle implique qu’on croit avoir mal fait, mal parlé, mal pensé ou mal éprouvé, d’où on mérite une sanction, on doit être lavé ou purifié ou on doit compter sur une réhabilitation. En fait, la culpabilité ressort de cette partie de la conscience humaine qui montre qu’on n’est pas à la hauteur et qui déclare coupable de ses actions, de ses paroles, de ses pensées, de ses sentiments ou émotions. La culpabilité est une manifestation intime qui devrait être considéré comme un don plutôt que comme un moyen de torture psychique. Cependant la plupart des êtres humains ne le voient pas de cet œil. Aussi, plutôt que de traiter leur culpabilité, ils font tout leur possible pour l’étouffer. Pourtant, la culpabilité est cette voix intime tenace qui est censée faire réaliser qu’on n’a pas respecté une norme proposée de l’intérieur. Ainsi, au chapitre du sentiment de culpabilité, il se produit un jeu entre un tribunal (une instance intérieure d’apparence extérieure) et un accusé (une instance purement intérieure) de manière à établir la différence entre la culpabilité effective ou objective et le sentiment de culpabilité, soit la manière dont la faute est ressentie par celui qui est accusé, par les autres ou par lui-même. La culpabilité, c’ est un sentiment, parfois douloureux et contraignant, mais nécessaire à toute vie sociale, qui surgit de l’impression de ne pas être juste, d'avoir, en fantasme ou en réalité, enfreint un tabou, de nourrir un désir défendu, d'avoir eu un comportement coupable face à telle personne ou à telle situation. Il en naît une forte angoisse et une tendance à l'accusation personnelle. Dans certains cas, ce sentiment se rappelle si douloureusement au souvenir qu’il en vient à empoissonner toute l’existence. Quand on y pense bien, on peut découvrir deux formes à la culpabilité : il y a la bonne culpabilité et la mauvaise. La mauvaise culpabilité fait de l’individu un coupable en permanence. Celui-ci en vient à éprouver un sentiment vague, diffus, d’être fautif, sans pouvoir le relier à un élément précis? Il tourne en rond piégé par son sentiment envahissant? Il s’agit évidemment d’une fausse culpabilité qui n’a pas de raison d’être : elle ne provient que d’une mauvaise image qu’il entretient de lui-même. Il gagnerait à la rejeter comme un vêtement qui n’est pas sien. Mais il existe une bonne forme de la culpabilité, une forme qui instruit. Celle-là porte sur des faits précis et réels que sa conscience dénonce : un mensonge, un vol, une trahison ou des paroles blessantes. La particularité de la bonne culpabilité, c’est qu’on peut y mettre un terme. Alors, on gagne à ne pas hésiter et à refuser de la traîner partout avec soi. Plus tôt on y met un terme, plus vite on récupère son estime de soi, sa sérénité et son énergie.

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Et nul autre ne peut en juger. ne conviendrait-il pas mieux d’accepter le passé et d’en assumer les conséquences? Une fois qu’un mal est fait. par ses paroles. ses actions. À la longue. Chacun. Pourtant. implique une souffrance inutile. Je ne suis pas comme cela! Et si on souffre. ses sentiments. elle reste muette au moment où. les leçons de ce démon intérieur sont. Il faut apprendre à voir ce qu’un acte ajoute à la compréhension.N’empêche qu’il faut savoir reconnaître ses fautes. Il s’agit du meilleur moyen de se dégager de la culpabilité et de prévenir une impasse relationnelle. se retournant vers le passé. Alors. c‘est l’apprentissage. la leçon de lumière qu’il comporte qu’il faut retenir. commet des impairs. on souffre de cet acte qu’on voudrait ne pas avoir posé. Pourtant. on finit toujours par fixer son choix à partir de la différence des résultats. même si cela ne l’est peut-être pas. ses pensées. il faut savoir qu’on grandit plus vite à se donner raison qu’à se donner tort. on se parle ainsi : C’est moi qui ai fait ça? Non! Moi. Un rétablissement sain amène une charge de regrets à diminuer continuellement. le remords et. je n’ai pas pu faire une chose pareille! Je ne suis pas capable de cela. qu’on le comprenne ou non. un souhait. Il vaut mieux faire quinze erreurs par jour que de ne rien faire. Car dans le remords. Pour sa part. Le sentiment de culpabilité peut prendre trois formes principales : le regret. reproche dérisoire et posthume. Pour tout dire. On le présente souvent comme le déplaisir causé par une réalité qui contrarie une attente. Au moins on apprend! Et une fois une erreur commise. Boccace a dit avec raison: Mieux vaut agir quitte à s’en repentir que de se repentir de n’avoir rien fait. Que le résultat soit bon ou mauvais. on s’illusionne à se dire qu’il y a un bon et un mauvais chemin pour évoluer. Mais n’empêche que. un besoin. À faire le mal. En pareil cas. mais tous peuvent apprendre de lui. Ainsi. on agit toujours au meilleur de sa compréhension et des moyens dont on dispose. À faire le bien. le remords. non l’acte lui-même. on améliore son destin et on finit par en faire sa préférence. à sa phase ultime. Dans la vie. favorise parfaitement son évolution. il a déjà été commis. puisqu'il nous dit trop tard ce qu'il aurait mieux valu ne pas faire . À ce propos. on peut toujours s’amender pour réintégrer l’harmonie. un désir. on pense avoir mal agi et. la honte. Nul ne peut changer le passé. Que peut y changer son remords? Désirer qu’une faute n’ait pas été n’ajoute rien à sa résolution de ne jamais la reproduire. ce qui importe désormais. involontairement. Pourtant. il est bien rare que la "voix de la conscience" parle en nous comme un instinct ou pressentiment des tâches à venir. le déplaisir d’être responsable d’une situation ou de se retrouver dans une nécessité. il vaut mieux regretter quelque chose qu'on a fait que quelque chose qu'on n'a pas fait. on peut se causer du tort ou causer du tort aux autres. À chaque instant. comme une précaution contre ce que nous appelons justement les "cas de conscience" . il vaut mieux avoirs des remords que des regrets. Au sens spirituel. Par ces méfaits. Dans ce dernier cas. il prend le sens de contrition ou de résipiscence. chacun est peccable. cet acte. Comme le disent les religions. du point de vue ontologique. comme le regret. on doit éviter de tenter de s’arranger avec sa conscience comme si on pouvait s’innocenter de n’importe quelle manière. puisqu'il ne nous dit pas ce qu'il faut faire. on a toujours la possibilité de se faire du mal plutôt que du bien et inversement. sans se dénigrer. au-delà des apparences. et elle ne se prononce. 2 . le chagrin de ne pas avoir fait ou accompli quelque chose dans le passé. non seulement le tort qu’il cause. que lorsque l'irréparable est accompli. On gagne à savoir avouer ses fautes et à en demander pardon. on se fait du tort et on finit par se lasser de s’en faire. et il atteste le fait qu’on réalise qu’on ne s’est pas encore fait la démonstration de l’idée la plus élevée qu’on se fait de qui on est ou du meilleur qu’on puisse accomplir. On parvient à changer de solution en apprenant à se centrer sur ce qu’on veut plutôt que sur ce qu’on ne veut pas. en général. il s’agit de ce reproche plus ou moins douloureux causé par la conscience d’avoir mal agi. En d'autres mots. C’est à soi qu’il appartient de choisir ce qui paraît le mieux pour soi. le regret désigne un état de conscience douloureux causé par la perte d’un bien. c’est ce que cette expérience peut avoir à enseigner. l’éloignement d’un lieu. ses silences. Pourquoi tant regretter ses erreurs quand elles apportent toujours une plus grande lumière. Quant au remords. apparemment. Mais cela n'avère que si on peut encore se regarder dans la glace. Quelqu’un a dit : Le remords n'est pas un principe moral. des leçons perdues . Préférer rester embourbé dans la culpabilité à propos de ses actes du passé amène à répéter ses erreurs et empêche d’utiliser correctement ce qu’on apprend des leçons de chaque jour. pour agir. il faut comprendre que tout ce qu’on décide de faire. à moins d’être débile ou masochiste. nous attendrions ses oracles .

Toute voie de libération exige un dépassement de la culpabilité. la culpabilité devient pratiquement insoluble. Il génère cette terrible colère qui devient l’une des principales sources de la violence. on ne détient aucune valeur personnelle. Je n’avais pas le droit d’agir ainsi! Ainsi. Elle amène à dire : Je n’y suis pour rien. Mais il y en a qui vivent dans un climat toxique de honte. je n’y peux rien. n’exprime pas sa réalité. on se retrouve complètement aliéné. on agit avec soi-même comme un bourreau qui torture sa victime jusqu’à ce que. par la masquer. quand on ne respecte pas les lois qu’on a édictées. elle représente la croyance que. sans quoi il peut dégénérer en son triste contraire. je n’avais pas le droit de la blesser! J’aurais dû rester calme. devient une expérience de connaissance de soi. Nul ne peut se réduire à sa faute puisqu’il est un autre que sa faute. qui ne sait que dire qu’on est coupable. Non seulement une telle volonté de justification personnelle rend-elle impossible l’expérience que le remords serve à quelque chose. C’est pourquoi on peut ajouter qu’il existe aussi un aspect réjouissant au remords. Tandis que le remords rappelle qu’on n’est pas ce qu’on a fait. au plus profond de soi. Voilà ce qui peut amener à dire que le remords. Pour cette raison. la culpabilité est la première raison qui amène à se torturer constamment en se demandant si on a bien fait ou pas. s’il est bien vécu. on a l’impression d’avoir transgressé l’une des valeurs de son code moral. Car il est question de savoir si ses actes manifestent sa vérité et si sa manière de vivre exprime véritablement son être.c’est qu’on sent que cet acte. me la fermer. la culpabilité. Certes.. mais finit. n’exprime pas l’être qu’on est. Mais toute voie de libération impose aussi un discernement rigoureux qui doit se fonder sur le meilleur questionnement. si on va être apprécié ou pas. si on est à la hauteur ou pas. séparé de son être. reste cette petite voix qui juge toujours en bien ou en mal et qui tire sans arrêt un être par la manche pour éviter qu’il s’envole en toute aise vers sa destinée. dont le souvenir hante encore. mais il s’agit encore. ne laissant d’autre choix que de s’excuser de continuer d’exister. elle sombre dans le désespoir. Quand on ressasse trop sa faute. s’ajoutant une tension supplémentaire. Ainsi. on n’est plus conscient de son être vrai. paralysée. Quand on atteint ce seuil. la seule manière d’échapper à cette sombre réalité consiste dans le fait de développer des stratégies de déni ou de négation qui portent sur l’acte lui-même. Tel est l’enseignement du remords qui. Alors. La souffrance de ce qu’on a été ne mène plus à la joie du on est. partagé entre la douleur de la culpabilité et les faussetés inventées. Au niveau extrême. et qui on est. un paroxysme du remords. la culpabilité. Trop identifié à sa faute. coupé de sa force. à l’heure où l’on entend chanter les vertus d’un retour de la culpabilité comme remède à la violence et aux désordres sociaux. c’est le fait de souffrir d’avoir été ce que l’on n’est pas. une fois. on en vient à tout se reprocher et à tout se mettre sur le dos. laisse croire qu’on est la faute qu’on a commise. on peut finir par oublier ce qui est à la fois la cause et le sens du message donné par la souffrance. il convient d’apporter une précision. Voilà comment. encore produit-elle également un sentiment d’impuissance. une violence contre soi et un asservissement. Celle-ci n’exprime rien d‘autre que l’écart entre ce qu’on a été. Quant à la honte. il s’agit d’abord d’une souffrance d’avoir fait ce qu’on n’est pas. Le sentiment de culpabilité reste un déni de soi-même. Ainsi. La plupart des êtres connaissent de brefs moments de honte plus ou moins sérieux. plus profondément.. la torture morale s’installe. au contraire. Et il convient de le vivre comme la joie d’une retrouvaille avec soi-même. Car la culpabilité. rongée par la honte. Ou on se met constamment de la pression par peur de ne pas en faire assez. autant dans le regret. qu’elle a pour rôle de signifier. Toute voie de libération passe forcément par un usage bien compris du remords. le remords bien vécu ramène à soi-même et libère de la faute tandis que la culpabilité attache à la faute tant qu’on ne s’en libère pas. finissant par maintenir dans un sens du devoir étouffant. de la joie de n’être pas ce qu’on a fait. parce qu’on souffre du passé. Cela s’explique par le fait que le degré de culpabilité fluctue d’un sujet à l’autre selon ce qu’il inclut dans son code moral personnel au fur et à mesure qu’il forme ses valeurs personnelles. quelle que soit la nature de ses actes (bons ou mauvais). On se dit tour à tour : Je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fais! Je n’avais pas le droit de faire ce que j’ai fait! J’aurais dû parler à cette personne autrement. dans le remords que dans la honte. quant on entre dans la ronde de la honte. La dynamique de la culpabilité 3 . Au dire des psychologues. Souvent. C’est ainsi qu’on est porté à dire : Ce n’est pas de ma faute.

à éviter d’en incriminer les autres (même s’ils détiennent leur part de responsabilité) et à résoudre de s’en sortir grandi. En Occident. par conséquent. Car. s’ils ne savent pas comment corriger ces mêmes petits travers. C’est ainsi que. Toutefois. qu’ils ont toujours l’impression de ne jamais être à la hauteur des attentes de leur milieu. juge. on réduit sa qualité de vie. censure. En effet. sur une longue liste d’obligations et d’interdictions et. émet des reproches. il ne tardera pas à se croire perpétuellement en faute et. Pour tout dire. on se demande pourquoi il est aussi difficile de se délivrer de cet obsédant sentiment qui amène à vivre dans une crainte sourde et à se replier sur soi. On ne peut pas dire que la douleur soit bonne en elle-même. qui peut engendrer de la souffrance. L'enfant vient au monde totalement démuni. en se dévalorisant. il importe de renverser les sentiments négatifs afin qu’ils puissent inculquer la force de faire plus de bien ou de produire plus de lumière. il ne peut que développer un sentiment de petitesse. il grandit dans la crainte d'être abandonné. Chacun gagne à reconnaître les erreurs qu’il a commises. C’est pour avoir connu une éducation trop sévère que des êtres. En outre. indépendant. on peut dire que la culpabilité. Enfin. on cherche à découvrir et à combler son besoin. finissent par avouer qu’ils ne savent plus qui ils sont. l’enfant peut se sentir responsable des humeurs d’une personne aussi significative pour lui. mais d’un inconscient envahissant. déprimée. particulièrement avec la mère. En toute situation. on limite sa joie. l’enfant se rend compte rapidement que lorsqu'il pleure. Pour tout dire. n’ayant de cesse de le menacer de lui retirer leur amour dès qu'il commet une erreur. D'où l'importance de la qualité du lien parental avec l’enfant. si sa mère est fatiguée. Dans la même veine. à se croire coupable du moindre problème qui surgit. les parents attirent davantage son attention sur ses travers que sur ses forces. Si. blâme. débordée. Il faut savoir. qu’ils ne savent rien faire d’autre que de fonder les principes de leur vie sur le regard d‘autrui. elle doit viser à rendre meilleur. autonome. est à l’âme ce que la douleur est au corps. il pressent détenir du pouvoir sur son entourage. orienté. sur la crainte de la faute et sur le sentiment de culpabilité. on empoisonne peu à peu son existence quand on se tourmente indument et qu’on devient autodestructeur. inconsciemment. à en assumer la responsabilité. malgré la souffrance qu’elle comporte. des marques de soutien et de réconfort. Car la voix de la culpabilité ne provient jamais du Centre intime. on sabote sa paix intérieure. ce qui le dégage largement de son sentiment d’impuissance. Si ses parents ne le nourrissent pas et ne s’occupent pas convenablement de lui. dépendant. le sentiment de culpabilité ne peut qu’être lié à la peur de l'abandon durant l'enfance. d’une part. des signes d’appréciation personnelle. lumineuse ou ténébreuse. 4 . il ne peut que mourir. mais on peut au moins lui reconnaître une fonction : elle tire l’attention sur un problème qui demande à être traité au mieux dans les meilleurs délais.Indépendamment des traits de personnalité. À un niveau ou à un autre. dirigé. on brûle vainement ses énergies. que le sentiment de culpabilité trouve souvent son origine dans la prime enfance. comme l’explique la psychologie. L'enfant a besoin de se sentir aimé et il a besoin que cet amour lui soit démontré par des actes d’aide et de tendresse. L'enfant a besoin d'être encadré. il développe un sentiment de culpabilité. il commence à de demander s’il n’aurait pas fait quelque chose de mal qui lui attirerait cette sanction. Le message du sentiment de culpabilité La propension à se culpabiliser démontre ostensiblement qu’on traîne un problème de conscience parce qu’on fuit les messages d’une voix intérieure qui. En outre. Après cela. impuissant. elle ne doit pas amener à attenter à l’intégrité personnelle. autant dans sa propre vie que dans ses relations. devenus adultes. En revanche. afin que celui-ci puisse tempérer ses émotions fluctuantes d’être dépendant. le sentiment de culpabilité est forcément lié aux valeurs de la société dans laquelle un être grandit. En l’occurrence. il n’est pas toujours facile de comprendre pourquoi certaines personnes se sentent coupables pour un tout ou pour un rien. l'éducation est marquée par les valeurs religieuses qui se fondent. elle doit intervenir comme un catalyseur du perfectionnement. Ainsi. simultanément. d’autre part. Alors. on est pris de remords ou de regrets ou on se fait des reproches à soi-même. détient également sa fonction. mais il n’a sûrement pas besoin d’être emprisonné dans un cadre de domination parentale. qui ne juge jamais. par leur attitude négative. L’éducation doit viser à le rendre libre. par exemple. lorsque son entourage ne répond pas à ses besoins comme à l’habitude. la culpabilité.

On trouve un exemple extrême dans le malaise ressenti durablement par un enfant suite à la maladie ou décès d'un autre enfant ou d'un parent. on trouve généralement de la colère. dans l'exemple qui précède. Dans ce genre de culpabilité. Elle s’avoue d’autant plus pernicieuse qu’elle sert de subterfuge pour échapper à son devoir de s'assumer. Un être se sent en colère contre lui-même d'avoir outrepassé ses principes. peut aller jusqu’à reposer sur la conviction d'une responsabilité personnelle dans un événement fâcheux dans lequel on n'est pas intervenu directement ou dans lequel on n'aurait pas pu intervenir. il éprouve de la peine d'avoir blessé une personne qu’il aime. C'est l'expérience de celui qui pose délibérément un geste qui est en désaccord avec ses valeurs. la culpabilité de camouflage remplit souvent les deux fonctions à la fois: elle donne bonne conscience et elle règle la réaction d’autrui. à se cacher pour voiler sa honte. malsaine. la peur des conséquences de son choix et la peur de montrer sa colère. la culpabilité devient un terme générique qui recouvre toute une gamme d'émotions. Dans certains cas. ce qui l’amène à se déprécier et à régresser. L'action qu’il a posée a engendré un déséquilibre en lui. En pareil cas. Il s’en veut encore d'avoir cédé à une impulsion. La culpabilité subjective amène diversement à se sentir coupable d’un acte qui n’est pas répréhensible ou à ne pas se sentir coupable d’un acte qui est condamnable. Somme toute. Il le regrette du fait qu’elle ne méritait pas un tel traitement. La personne de conscience fragile. la culpabilité diminue à ses yeux sa responsabilité dans le choix qu’il s’apprête à faire. qui se culpabilise sans cesse. À vrai dire. on ressent de la peine à l'idée de décevoir. Il considère son action comme moins grave puisqu’il sent qu’il va la poser à regret. Mais à quoi tout ce remous intime sert-il à part survolter et miner les énergies? Ailleurs. Par exemple. à ses critères. ce qui lui permet d’obtenir grâce à ses yeux. Il n'admet pas de blesser injustement alors qu’il vient de le faire. saine. on peut savoir ce qu’on veut. un état relatif au groupe social auquel on appartient. un être se laisse emporter par son mouvement intérieur par manque de maîtrise personnelle. l’auteur a moins l'impression d'être égoïste s’il se sent se sens coupable. de la peine. le mouvement intérieur (par exemple la colère) n’emporte pas un être. Aux yeux de celui qui la porte. Voilà comment. un déséquilibre qui consiste essentiellement en un désaccord avec lui-même. sentiments ou choix. La psychothérapie ou la psychanalyse peut aider à mettre un terme à un tel cycle de culpabilisation 5 . qui permettrait la reconstruction de l'estime de soi. L'aveu de sa culpabilité lui sert de moyen de manipulation propre à apparemment diminuer les conséquences de son geste. Cette attitude sert encore à neutraliser la réaction de l'autre. Il s’agit d’un déguisement du refus personnel d'assumer ses propres désirs. la réparation. ce qui implique une reconnaissance et une acceptation de ses forces et de ses faiblesses. l'autre devrait lui en tenir moins rigueur. Dans ce contexte. à ses standards alors qu’il avait le choix de le faire. Il est habituel d'éprouver passagèrement un sentiment de culpabilité à l'occasion du travail de deuil d'un proche. de la peur et. Dans certains cas. qu’on le sache ou pas. Dans la culpabilité. est davantage portée à se punir. un malaise qui se greffe sur le souvenir de sentiments négatifs à l'égard de cette personne. et la culpabilité subjective. En outre. comme il a été dit précédemment. On ressent de la colère contre le fait de devoir porter ce qu’on vit et contre celui qu’on tient responsable d'être dans la situation de prendre une position qu’il trouve difficile à prendre. cela évite d'assumer pleinement ses actes. il existe deux types de culpabilité : la culpabilité objective. devient problématique en raison de son caractère plus ou moins irrationnel.En cela. mais il faut finir par s’en dégager. il faut éviter de confondre la culpabilité avec le sens des responsabilités. Mais à quoi tout cela sert-il vraiment? C’est fort simple. sous prétexte de culpabilité. la culpabilité lui indique qu’il a été infidèle à lui-même dans une situation où il avait le choix de se conformer à ses valeurs. l’expression impulsive n'élimine pas le caractère libre de l’action. On considère cet état comme une émotion mixte du fait qu'elle comporte plusieurs émotions dont certaines sont habilement travesties. il s’abstient tout simplement d’agir. La personne responsable se laisse stimuler par une conscience claire d’elle-même. à se racheter de ses torts. parfois. dans la vie de chacun. Enfin. à ses principes. Notamment. on éprouve la peur d'afficher ses priorités. il peut s’agir d’une culpabilité de camouflage. La culpabilité objective résulte du fait qu’on a commis un acte répréhensible. mais on ne répond pas à ses attentes. Alors. l'absence de fondement objectif d'ordre causal peut priver celui qui est envahi par ce malaise des possibilités de s'en délivrer comme s'il s'agissait d'une responsabilité directe. Si l’auteur démontre ou avoue poser un geste avec réticence. Le sentiment de culpabilité peut perturber durablement un individu au point de devenir le prétexte d’accumuler les motifs de culpabilisation. La culpabilité saine dépend toujours de deux facteurs: qu’un être ait dérogé à ses valeurs. Comme on dit. le sentiment de culpabilité.

En général. Dans d’autres cas. il éprouve des difficultés à s'octroyer du plaisir. Si ses parents lui ont appris que la vie n'est qu’une corvée de labeurs et de sacrifice. le sentiment de culpabilité ne découvre pas son véritable visage. Parce qu'il ne peut se permettre d'accuser le vrai coupable (un père. on peut à tout le moins améliorer son avenir. Évidemment. dans le passé. pour y arriver. Dans les autres cas. par le propriétaire d'un lieu ou d'un territoire. un membre de la famille. ses fautes. à prendre du bon temps. de l’éducation des enfants. Car. c’est le moyen que la conscience utilise pour faire savoir qu’on vit en marge de ses normes. Il faut du courage pour avouer ses torts. essayer de la nier ou de la cacher ne règle en rien le problème. Même quad elle perturbe. voire à se permettre ce qu’il qualifie de perte de temps. sachant se cacher derrière certains comportements répétitifs que l'auteur lui-même peut avoir du mal à repérer. il existe une bonne et une mauvaise façon de traiter la culpabilité. Sous couvert d’altruisme. Un être peut la ressentir dans le cas d'un manquement à une règle établie par une autorité. Ce peut être le cas pour un être qui vit dans une contrée étrangère par rapport aux normes du travail. voici quelques comportements qui peuvent indiquer qu'un être vit un complexe de culpabilité. À l’occasion. Si on ne peut pas changer grand-chose à son passé. du sauveur et du persécuteur. Trop d’individus essaient de se débarrasser de la culpabilité par tous les moyens sans produire l’effort évolutif qu’elle requiert. il peut se sentir coupable chaque fois qu'il trouve plaisir à quelque chose. toujours compatissant. il peut envahir l’existence et faire vivre dans la confusion s’il devient pathologique. En réalité. ses erreurs. il faut reconnaître et accepter qu'il existe des situations dans lesquelles on est impuissant. mais nul ne détient le pouvoir absolu. si on se découvre responsable. Il peut être porté à choisir un partenaire de vie ou un métier qui ne lui convient pas à seule fin de se punir. surchargé par le poids de sa culpabilité. lui a fait subir un traumatisme grave. Il peut être porté à offrir des cadeaux pour se faire pardonner une longue absence ou une bonne colère. elle conforte un sujet dans l'illusion de sa toute-puissance. à des abus sexuels subis dans son passé ou au fait d'avoir eu un père dominateur ou une mère castratrice. Il peut s’entêter à protéger une personne qui. il faut se demander comment on pourrait bien se débarrasser des sentiments de culpabilité qui peuvent empêchent d'avancer dans la vie. contre leur attente. pensant ainsi protéger le coupable. un être peut éprouver un manque de sécurité face aux autres. il peut se sentir paralysé dans ses capacités d'agir. D’abord. il apert que leur intervention reste sans succès. a-t-on appliqué une volonté délibérée de faire mal à autrui? Quelle est sa véritable part de responsabilité dans l'acte qu’on se reproche? Puis. Sain lorsqu'il survient en réaction à une faute. Mais ne peut le reconnaître que celui qui accepte d’aller au fond de cet étrange sentiment. Il ne sait pas accepter un mot d'affection ou un compliment. Il est porté à s’accabler de reproches. la culpabilité n’est pas toujours liée à un événement négatif ou une action négative. à se croire responsable des conflits ou des erreurs de ses proches. elle procure un avantage qui dépasse de loin les tourments qu’elle inflige. Par exemple. une connaissance) il peut chercher à se punir lui-même. Il peut être porté à accepter tout ce qu'on lui demande sans mot dire. Il peut lui arriver de critiquer les autres sur qui il projette inconsciemment ses propres fautes. du mariage. il peut se forcer à nier sa liberté individuelle et son besoin de repos. etc. de la manière de se vêtir. il s’empresse de le transforme en malheur. En outre. même s'il y a des enfants dans le monde qui ne mangent pas à leur faim? Chacun détient une marge de pouvoir. un ami. À titre illustratif. par une collectivité. Alors. C’est pourquoi il faut parfois compter sur l’aide de son Centre intime. s’en trop s’en rendre compte. La culpabilité. Il peut toujours apporter son concours pour aider à relever la tête et à reprendre le sentier de la vie. Dans tel acte particulier. on se détermine à assumer. pourquoi se sentirait-on coupable de ne pas terminer son repas quand on n'a plus faim. Il peut la ressentir lorsqu’il se sent décalé par rapport aux valeurs de la société dans laquelle il vit. la culpabilité ne s’exprime pas sans raison. Si on est sensible à la faim dans 6 . Toutefois. une mère. allant jusqu’à croire que ceux-ci ne l'aiment pas.systématique. Parce qu'il se sent indigne. En général. Il peut cacher des problèmes sexuels attribuables à des expériences charnelles hors du mariage. ce type de culpabilité est intimement lié à la triade de la victime. L’approche psychologique de la culpabilité La culpabilité est un sentiment aussi répandu que pénible à vivre. Dès que le bonheur croise sa route. à prendre des vacances. On peut commencer par se demander si on a des raisons valables de se sentir coupable.

le sujet établit ses choix de manière à s’éviter de ressentir le regret et le sentiment d’être une personne incorrecte à ses yeux et aux yeux des autres. alcoolisme (Je bois parce que je m’ennuie. 7 . s’il sait écouter cette voix qui lui parle a l’intérieur de lui-même. mais qui n'ose pas en parler avec l’autre partenaire. à force de me déprécier). Dans les sociétés contemporaines. irréalistes. C'est plus utile que d'entretenir une stérile culpabilité! Et si. elles ne réalisent pas que c’est la culpabilité qui les empêche de sortir d'une impasse. dépression (Je suis triste à l’idée de perdre l’amour de moi-même. la culpabilité crée en soi l'image qu’on est une mauvaise personne qui. En effet. la culpabilité se présente avant le délit). les choses se passent mal. Il doit écouter comment il se parle. perceptions. Beaucoup gagneraient à se montrer plus tolérants avec eux-mêmes. D’accord. inhibitions physiques et sexuelles (Je ne vaux rien). il faut trouver un être de confiance à qui parler. De ce fait. la situation de celui qui est affligé d’un complexe de culpabilité devient-elle sans espoir de traitement? Un être ne peut-il pas parvenir à se libérer de ses sentiments de culpabilité? Tout à fait. Elle se fonde très largement sur des peurs inconscientes : celle d’afficher ses priorités. celui qui est coupable ne se sent pas ainsi inconsciemment. pour y arriver. son intégrité. Le pire c'est que. par ses comportements. Il se peut que ce silence vaille mieux pour l'équilibre du couple. parce que je suis triste. jugements. qu’il porte une grande culpabilité. Alors. Certaines personnes ne sont même pas conscientes du fait que. dans certains cas. celle d’une figure morale ou d’autorité apparemment prête à condamner du fait qu’on se choisisse. il faut savoir prendre sa part de responsabilité. Cette voix si torturante s’appuie sur le discours interne qu’un être se tient. Mais comme elle n'existe plus. la confession permettait de se libérer de sa culpabilité. le complexe de culpabilité peut se transmettre de génération en génération parce qu’il est enfoui au plus profond des pensées les plus secrètes de l’être. déterminent inconsciemment son agir. développer sa maturité. des choses qui ne coïncident pas avec la réalité. On peut prendre l’exemple d'une personne qui a été infidèle. comment il se dit des choses insensées. En effet. c'est assumer les conséquences de ses choix. on a de plus en plus tendance à attribuer la faute aux autres plutôt qu'à soi-même. opinions. au lieu de se culpabiliser. idées. Comment peut-on avoir confiance en soi si l'on se considère comme mauvais ou indigne? En psychologie. Souvent. comportements agressifs (Je me hais et je hais les autres). celle d’assumer des conséquences de ses choix. ces peurs servent de prétextes pour ne pas agir. conduites d’échec dans la vie affective et professionnelle (Je ne mérite pas). avec les mauvaises personnes et les mauvais moyens. Il doit savoir porter attention à ses sources cognitives (croyances. par l’éducation. Auparavant. Pourtant. on s'excuse une fois pour toutes et on passe à autre chose. celle d’étaler sa colère. se juge bien inutilement. on classe les comportements qui caractérisent cette situation en : névroses obsessionnelles. altruisme incompris (aide à autrui de manière compulsive). c’est savoir mesurer la portée de ses actes et en accepter les résultats. Comme on le voit. par la suite. dans nombre de cas. du manque d’estime de soi et de bien d’autres travers personnels. il est important d’analyser et de modifier les croyances limitatives qui engendrent des émotions négatives qui. au moment où elles s'expriment les faits tels qu’ils sont. À ce propos. celle de décevoir. mais il démontre. au mauvais moment. disposant à se conduire d’une manière profitable ou nuisible à l’atteinte de ses objectifs. du manque de confiance en soi.le monde. où on se considère souvent comme les victimes du sort ou d’autrui. qu'elles se retrouvent toujours au mauvais endroit. Il faut cependant assumer la responsabilité de ses actes. il faut commencer par faire un bon travail sur soi. à se donner le droit de commettre des erreurs. selon ses moyens. Il n’en reste pas moins qu'il devient difficile de vivre. qu'elles trébuchent. celle de la réaction d’autrui. hypocondrie (inquiétude permanente concernant l’état de sa santé). avec un pareil secret. pensées ou valeurs). Être responsable. au lieu de bénéficier de ses difficultés et de ses erreurs. délinquance (commettre un délit pour se soulager : dans ce cas. Elle est même la cause du mal-être. celle d’assumer ses désirs. Il est certain que les problèmes non réglés contribuent à accentuer ou à entretenir le sentiment de culpabilité. jour après jour. La culpabilité est un mal sournois qui est bien souvent à l'origine de l'angoisse ou de l'anxiété. qui fait qu'elles se blessent. etc. En pareil cas. on peut choisir de venir en aide à un enfant démuni. qui génère leur mauvais état de santé. c'est un complexe de culpabilité qui les fait échouer. parce que je ne m’aime pas). on a fait du mal à quelqu'un. un être qui pourra aider à faire la paix avec soi-même. sans le faire exprès. Il doit prendre conscience clairement de ce langage intérieur qui se déroule en lui et qui le maintient inconsciemment dans la culpabilité et la honte.

Au point que. encore moins de leur bien-être. organisé. le réalisme suggère d’apprendre à mieux vivre avec celles qu’on parvient à reconnaître. seul ou avec de l’assistance. Il importe donc d’analyser ces structures intimes afin de percevoir la façon dont on a emmagasiné. son degré de responsabilité de celle des autres. la culpabilité disparaît d'elle-même dès qu’on accepte son angoissante absence de pouvoir sur autrui. Cependant. il peut. chacun se retrouve à la limite d’un fantasme de toute-puissance. Le sentiment de culpabilité a toujours un effet dévastateur sur la qualité de ses relations puisqu'il brime le besoin fondamental de liberté si cher à tout individu. innombrables. reconnaître sereinement les raisons qui empêchent qu’on se libère de ses culpabilités permet de préparer avec ces derniers une meilleure cohabitation. en commençant par leurs proches. Elle résulte de la vaine tentative d’échapper à la douloureuse prise de conscience de ses limites et de son impuissance face à certains événements de la vie. plus satisfaisants pour soi-même. Mais. Tout être vivant a besoin de son espace pour grandir. Grâce à ce lâcher prise. c’est justement dans la mesure qu’on pense l’être qu’on éprouve de la culpabilité quand les choses tournaient mal. Et. plutôt que des autres. Ainsi. Il apert que. Alors. Puis. devenu parent à son tour. l’adulte ne manque pas de s’imputer les difficultés scolaires de son enfant. chacun a tendance à tout se reprocher. Les gens qui vivent dans la culpabilité deviennent souvent. Dans la plupart des cas. jusqu’au divorce possible de ses parents. Quel sentiment de liberté on retrouve lorsqu’on sait enfin se débarrasser des fardeaux qui ne n’appartiennent pas à soi! À tout âge. toute démarche d’épanouissement personnel devrait commencer par une bonne session de déculpabilisation. Alors. Paradoxalement. puisque. Enfant. permettant vraiment de se libérer de la culpabilité. représente un réflexe assez sympathique que l’on aimerait voir plus répandu dans l’espèce humaine. le faire par culpabilité tourne vite à une forme d’altruisme incompris. En revanche. Pour tout dire. il se peut que la culpabilité commence à diminuer jusqu’à disparaître complètement. Ainsi. elle sert généralement d’écran protecteur. celui du poupon qui croit que le monde tourne autour de lui. il existe de solides raisons pour commencer un bon ménage. D’abord. il peut convenir de se faire assister d’une personne capable d’aider à identifier. la culpabilité n’est pas que subjective. Dans certains cas. s’il l’a perdu. Il faut se rappeler que l’aspiration de tout Judéo-chrétien a longtemps consisté dans la perfection et la sainteté. un peu de modestie aide à atténuer des culpabilités fondées sur de fausses prétentions. Mais. donc dévoyé. En général. À ce chapitre. dans ses relations. le fait de se sentir coupable devient un antidote très efficace contre l’aptitude à apprécier la joie de vivre. plus efficaces. ce qui contribuait à se placer la barre très haute. On ne tarde pas à considérer les autres comme un poids ou un souci et à percevoir l’aide qu’on leur apporte comme un devoir plutôt que comme une expression naturelle de la loi de l’échange et du partage. fondamentalement. ces êtres déversent leur trop-plein de culpabilité sur ceux qui sont à leur portée. À un niveau ou à un autre. à défaut de pouvoir se débarrasser de toutes ses culpabilités. un être s’emprisonne lui-même ou il tente d’enchaîner autrui.Dès qu’un être prend conscience de ce langage intérieur. En outre. le fait de se culpabiliser ou de culpabiliser les autres s’oppose à l'Ordre des choses. la majorité des sentiments de culpabilité sont disproportionnées par rapport à leur cause réelle. on devient en mesure de délimiter avec exactitude. code l’information pour donner un sens à son expérience. on ne s’autorise pas à en profiter pleinement. en cela. n’a pas reçu de légitimité dans l’éducation des Judéo-chrétiens. on se sent coupable de quelque chose de fondé : il peut s’agir de ses insuffisances. le fait de se sentir coupable permet d’exercer un certain contrôle sur le monde et les autres. de ses petites paresses quotidiennes. Qu’on comprenne bien qu’on ne parvient pas à modifier sa manière de penser du jour au lendemain. par là. Ce n’est que de cette manière qu’on peut adopter des comportements nouveaux mieux adaptés aux situations. 8 . ce qui est une atteinte aux lois de l’amour et de l’innocuité. la déculpabilisation commence par la compréhension de la notion de droit qui inclut l’autorisation d’accéder personnellement au bonheur. en raison du nombre d’éléments inconscients qui l’entretiennent. consciemment ou non. on découvre qu’on n’est pas responsable de leur destin. À cet égard. qui peuvent aller jusqu’à des lâchetés. À l’inverse. quand on choisit de le faire. Tous conviendront qu’une charge trop forte de culpabilité ne favorise pas les bons sentiments. à modifier et à éliminer cette petite voix déstructurante. des culpabilisateurs. il doit le récupérer. Car. plutôt qu’à soi. Prendre du temps pour s’occuper de soi. ce n'est pas en luttant contre sa culpabilité qu’on peut réussir à l'éradiquer. penser aux autres.

sur l’erreur d’une conscience encore limitée? Au quotidien. En fait. il ne reste qu’à harmoniser le mal qu’on a fait ou qu’on s’est fait. Elle le signale par une mauvaise conscience qui entraîne un sentiment de culpabilité. impassibles. Comment ne serait-on pas porté à les transgresser? Étudions ce paradoxe. De ce fait. La solution spirituelle à la culpabilité Dans la condition humaine. Il exprime une incapacité à pardonner ou à se pardonner qui maintient dans l’amertume et entretient la jalousie (l’envie du bonheur présumé et injustement mérité de la part des autres). puisque l’être humain est un être évolutif. qui se permettrait d’accorder sa pleine confiance à un être qui se dirait complètement affranchi de toute culpabilité? Bref. Ainsi. Au lieu de perdre trop d’énergies dans la culpabilité. nul ne peut ramener la vie. Elle intervient comme une soupape de sécurité. les biens ou le bien-être qui ont été gâchés ou perdus. si elles ne sont pas arbitraires. Et les points de culpabilité varient grandement d‘un sujet à un autre. Peut-on avoir honte d’une conduite stupide fondée sur une fausse identification. surtout fondés sur l’exagération des détails. De ce fait. neutres. Et qui dit règles dit limites contraignantes. Les remords ne peuvent que contribuer à rendre malheureux et à donner plus de retentissement à la rétribution de l’acte malencontreux. comme toute éducation.Comme on le sait. il faut éviter de laisser la culpabilité paralyser son être. se réveille en eux. Certains croient s’être guéris de leurs scrupules de ne pas payer leurs contraventions. dans le même temps. il vaudrait mieux consacrer le temps qu’on perd à se culpabiliser à comprendre comment on peut ouvrir sa conscience à la Vérité et à l’Amour. On n’a qu’à observer un petit enfant pour comprendre que l’être humain semble né avec la faculté du discernement spirituel. Suite à une faute. qui rétribuent tous de la même manière. la culpabilité crée un vide dans le psychisme. De la sorte. un vide qu’il faut savoir remplir de quelque chose qui fait sens. on renverse sa culpabilité de manière à en faire un tremplin pour l’action constructive. nul ne pourrait se dégager de toute notion de faute. au moment le plus opportun. à apprendre à s’accepter et à s’aimer avec ses grandeurs et ses faiblesses. Au lieu de mener à incarner la perfection du moment. si cela rassure. Pour tout dire. Ce sentiment éclaire un blocage au niveau du cœur qui provient d’une impression de rejet ou de trahison. dès l’arrivée d’une lettre recommandée qui rappelle l’expérience. Ensuite. Mais chacun peut retrouver son propre potentiel. Vivre dans la culpabilité. impersonnelles. Pour cette raison. mais. se sentir pris d’intenses remords à l’idée d’avoir causé de la peine à sa mère. le même qui tue et viole sans regrets apparents peut. on pourrait redirigez cette énergie dans un projet qui pourrait aidera un être dans la détresse. c’est avant d’agir qu’il faut penser aux conséquences de ses actes! De toute façon. la culpabilité ressort de la propension aux jugements éthiques étriqués et hâtifs. Elle illustre un relent de perfectionnisme qui néglige de tenir compte de sa situation d’être évoluant et qui. Le sentiment de culpabilité est vain puisqu’il garde lié à un passé stérile. Pour le reste. toute société. qui consiste à agir au meilleur de ses moyens et de ses connaissances. il serait plus créatif s’il cherchait à se comprendre qu’à se condamner. Il faut savoir que Dieu ne pense jamais à se venger ni à punir: il laisse agir ses Lois immuables. par méconnaissance de ses moyens réels. On gagne à demander à Dieu de pardonner ses maladresses. même si on le voulait de tout son être. la culpabilité détient sa vraie lumière. la peur du gendarme. repose sur des règles. c’est faire le choix personnel un peu masochiste de ne pas se trouver digne d’une nouvelle occasion de s’améliorer et de grandir. Elle rappelle qu’il existe une bonne et une mauvaise façon de fonctionner et qu’il existe des normes relatives au bien. La Loi divine vise à faire comprendre. non seulement parviendrait-on à soulager sa culpabilité. Elle témoigne d’une incompréhension de l’Amour d’un Dieu impassible qui ne juge jamais et qui couvre de sa providence toutes ses créatures. amène à se placer la barre trop haute. pas à punir. Quand un acte a été posé. mais on la transformerait en un élan pour le bien. car il ne sert à rien de tourner le couteau dans la plaie. il vaut mieux faire cinquante erreurs par 9 . les plus grands criminels semblent ceux que la culpabilité effleure le moins. On s’amuse à faire de ce qui fut un triste chapitre de sa vie l’introduction au prochain chapitre. très souvent. On le voit dans nombre de procès. centré sur l’amour et la joie de vivre. il a été posé! En l’occurrence. au niveau du plexus. elle impose d’exprimer dans l’immédiat la Perfection des perfections.

ce serait de centrer son attention sur ses erreurs au point de les nourrir en permanence. pour un temps. mais il ne peut jamais complètement l’abolir. Il ne peut réintégrer la voie droite autrement. il n’existe pas d’erreurs. c’est d’accepter qu’on est aussi parfait qu’on peut l’être à chaque instant de sa vie. on peut toujours affirmer : Je Suis un Fils de Dieu et. Parfois. par ses illusions intimes. Au début. de l’incontrôlé au maîtrisé. naît un sentiment de culpabilité qui peut devenir plus ou moins lancinant. Une autre chose qui serait questionnable. une voie parallèle. À vrai dire. Un être peut temporairement l’assoupir. ce qui importe pour lui. il peut quitter la ligne droite et explorer. qui agit au plus profond de lui. d’où on ressent le besoin de se punir. Ils oublient l’essentiel : leur devoir de s’aimer et d’aimer d’un amour intégral. il faut accepter la perfection du moment. peu à peu. constatant la souffrance qu’il s‘inflige ou qu’il inflige à autrui. Mais ce dernier propos ne doit pas être interprété comme une invitation à commettre délibérément des erreurs. sinon. chaque être humain ne peut que commettre une multitude d’erreurs. Je Suis parfait comme Je Suis. il n’est pas grave de commettre une erreur. Il arrive souvent qu’un être ne commence à réfléchir sur sa manière d’agir et ne songe à se remettre en question qu’au moment où il rencontre des difficultés matérielles importantes ou éprouve de réels soucis de santé. l’estime de soi intégrale. en les réparant et en s’armant du ferme propos de ne pas les répéter. mû par la force du désir. En pareil cas. se dévalue. Pour parvenir à la perfection. par ses désirs personnels. Aussi. La culpabilité provient souvent du doute sur son droit de faire des choix. Jour après jour. par l’énergie impérieuse de son ego. j‘évolue et je m’accomplis au meilleur de mes moyens et de ma compréhension. Cela fait partie de l’apprentissage qui amène à passer de l’inconnu au connu. l’acceptation inconditionnelle de soi. À ce moment. il doit promptement se dégager de toute culpabilité par rapport à ses erreurs passées. se rejette. Surtout.jour que de ne rien faire! Car celui qui commet une erreur apprend. En soi. à tout moment. Mais. lorsqu’on ne se sent pas bien avec soi-même ou avec les autres. À un niveau ou à un autre. surtout. Il faut savoir l’apprécier pour le message qu’elle envoie par rapport à son degré d’inexpérience et l’imprégner de beaucoup d’amour en 10 . on se sent coupable parce qu’on se ment à soi-même. C’est une façon de se rappeler qu’on n’est pas fidèle à ses engagements ou à ses promesses. en s’en amendant. le sens de la vie et leur but ultime. Il se peut qu’on vive une trop grande dépendance à l’égard du regard des autres ou de l’autorité Dieu ou qu’on résiste à la pulsion de vie. ce serait de répéter volontairement ce qu’on sait être une erreur. Comme il n’existe aucune raison de tolérer une situation dans laquelle on se déprécie. ce ne peut être que parce qu’il n’est pas encore suffisamment convaincu qu’il s’agit d’une erreur. il n’existe que des expériences incomplètes. l’être qui s’est retiré de la voie droite n’a pas forcément conscience de commettre des erreurs. s’exclut de l’amour. c’est de s’arrêter et de s’intérioriser pour faire les prises de conscience qui s’imposent. Autrefois. Chacun peut toujours se laisser emporter par le contexte de son environnement. Encore que si un être choisit d’agir ainsi. à moins de faire ce qu’il faut pour s’en délivrer. chaque être humain commet obligatoirement des erreurs. Face à une erreur. on gagne à rapidement regagner la confiance en soi. on ne peut établir une relation constructive en se considérant dans l’erreur ou le manque ou en se perdant dans les regrets et les remords. Chez la majorité des êtres sains. selon le sentier qu’il explore. de temps à autre. ne tarde pas à l’inciter à retrouver le bon chemin. adopter des comportements qui ne sont pas en harmonie avec la nature et les aspirations de son âme.. c’est tout le contraire qu’il faut faire. La meilleure façon de cesser de s’accuser. Mais avant de revenir à la voie droite. un long apprentissage. Mais son âme. on s’en écarte à cause de la tension qu’on entretient. Ce qui serait questionnable. se livres à des pensées. En général. il y en a qui en viennent à oublier complètement leur Essence ou leur Réalité.. en se pardonnant. De toute évidence. il accumule les erreurs. Au niveau de la dualité et de la densité. l’être humain peut commettre des actes. ce sentiment de culpabilité se renforce de jour en jour du fait qu’il ne peut être annihilé. on entendait dire que quelqu’un avait soulagé sa conscience. restaurer sa véritable valeur. Alors. Qui y réfléchit bien ne tarde pas à réaliser que nul ne peut soulager sa conscience. À ce propos. un être ne réussirait qu’à se gâcher la vie et il finirait par se détester. personne ne perd jamais sa valeur. Un être ne peut régler un problème de conscience qu’en réalisant ses erreurs. celle-ci n’est jamais qu’oubliée. Il s’agit de signaux d’alarme qui tentent de prévenir la personnalité qu’elle doit changer de comportement et. on refuse de reconnaître la légitimité de ses pulsions originelles à cause des schémas proposés par le Surmoi collectif. Au cours du périple évolutif. Pendant son incarnation.

c’est d’apprendre à se pardonner à soi-même.lavoie-voixdessages. il faut se tourner vers ce qu’il reste à vivre pour le vivre au mieux de sa nouvelle compréhension et de ses nouveaux moyens. tout ce qu’il fait remonter à la conscience. il n’est pas facile de suivre sa voie sans finir par blesser quelqu’un ou par être blessé par un autre. de légèreté et d’harmonie. notamment d’amour de soi et de libération. À ce jeu. en pensées. je vais m’en servir pour continuer d’éclairer les autres points d’ombre que je peux encore porter. il devient bien plus facile que l’on pense de se pardonner les souffrances qu’on a pu infliger à autrui et de pardonner à autrui celles qu’ils ont pu infliger à soi. Le travail avec le Maître Saint-Germain et la Flamme violette argentée peut produire les mêmes résultats. Beaucoup de maladies proviennent du fait qu’on n’accepte pas sa réalité d’être évolutif. Pour le reste. www. la pénurie et les limites. donnée en note. il n’appartient plus à sa réalité immédiate. on ne peut plus rien y faire. car on grandira dans la lumière et on récoltera une nouvelle moisson. transfigure et illumine son être. Qui s’aime sait se pardonner ses erreurs. on nourrit son être d’une énergie négative dont il n’a absolument pas besoin. Si on y pense bien. Mais il faut parvenir à le faire si on compte continuer d’avancer. Bertrand Duhaime (Douraganandâ). on comprendra facilement qu’il vaut mieux apprendre à bien s’aimer qu’à se culpabiliser de ses erreurs du passé. Aussi faut-il recommander à celui qui chemine sincèrement de se pardonner toutes ses erreurs en actes. Il sait aimer les autres et leur pardonner leurs erreurs. transmute. Au cours de son évolution terrestre. et de la difficulté à accepter les autres comme ils sont. c’est d’écrire. L’amour est la clé essentielle de l’existence. à une plus grande ouverture de conscience. je m’en remets à l’Énergie divine qui transforme mon être pour qu’elle illumine ma réalité. Lorsqu’on saura s’aimer. à une plus grande maîtrise personnelle. © 2009 Bertrand Duhaime (Douraganandâ) Note : Nous accordons le droit de reproduire ce document dans la mesure où on le reproduira intégralement --donc sans aucune suppression. le plus difficile. Ce qui a été vécu a été vécu. qui se manifeste largement par le sentiment de culpabilité. il leur faudrait savoir se déculpabiliser complètement des actes. on connaîtra moins la maladie. en paroles et en ressentis pour récupérer sa liberté d’action et avancer avec plus d’aise. L’incapacité de se pardonner et de pardonner. sur le plan terrestre. on cessera de trébucher sur la route. au complet. Tout ce qui a été vécu ne doit pas servir à se culpabiliser. De ce fait. on souffrira de moins en moins. Chacun sait fort bien que. on se nourrit d’une énergie constructive qui régénère. des paroles et des sentiments du passé. 11 . il se libère de plus en plus des chaînes dont il s’est entravé. Je me pardonne tous mes errements et toutes les erreurs que j’ai commises en cette vie avec d’autant plus de facilité que j’en avais programmé une large part avant de naître pour accéder à une plus grande compréhension de mon être et à une plus grande maîtrise personnelle de ma vie. maintenant que j’ai atteint un niveau de conscience plus élevé. quand on s’offre et offre de l’amour.com. et d'y joindre également. Sinon.se donnant la peine d’en préciser le nom de l’auteur. sans censure. ce qui les amène à sombrer dans une plus profonde culpabilité. chaque être humain traverse divers niveaux de conscience qui lui permettent progressivement de dissoudre ses incompréhensions et ses erreurs. ce qui ne peut le mener qu’à s’emprisonner dans une notion complètement erronée par rapport à sa réalité et au sens de la vie évolutive. des pensées. la source. Ensuite. on passe dehors où fait brûler son texte en appelant l’Esprit du vent à diluer dans l’air les énergies négatives qui peuvent ressortir de la combustion du papier et à ramener sur soi une pluie de bénédiction. Au lieu de perdre mon énergie à m’en désoler. perturbent le psychisme et détruisent le véhicule physique. Mais. en tête ou en pied de texte. je sais devoir changer mon comportement. À partir de là. La meilleure manière de se libérer d’un sentiment de culpabilité. Désormais. À l’inverse. Quelle mauvaise solution! Il vaudrait mieux pour eux qu’ils apprennent à découvrir ce que leur conscience leur reproche parce qu’ils n’ont pas agi en harmonie avec leur âme et d’imprégner de beaucoup d’amour tous leurs actes qui ne correspondent pas aux aspirations profondes de leur âme. À cause de l’amour-propre. modification. Malheureusement. Le passé est passé. la présente directive. donc perfectible. un être risque de se croire plus mauvais qu’il n’est et à nourrir cette pensée jusqu’à s’en convaincre. mais à accéder progressivement à une plus grande lumière spirituelle. certains sont plutôt portés à se punir à répétition de leurs actes répréhensibles. transformation ou annotation-.se disant : J’ai agi comme je l’ai fait parce que je détenais un niveau de conscience moindre. plus agréable et heureuse. Quand on sait s’extraire des rets de l’ego.

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