Droits d’auteur des indépendants et sécurité sociale Journalistes indépendants, n’acceptez jamais d’être rémunérés entièrement en droits d’auteur 

! Un ouvrage récemment publié par Kluwer (« L’exception culturelle au statut social des travailleurs indépendants : évolution ou dérive ? – Considérations sur l’article 5 de l’arrêt royal n° 38 du 27 juillet 1967 et sa justification aujourd’hui   », Etudes pratiques de droit social, 2010/2 par Vincent Franquet) confirme ce que nous savions déjà depuis presque deux ans : il est très dangereux, d’un point de vue sécurité sociale, pour les journalistes indépendants d’être rémunérés uniquement en droits d’auteur pour leurs prestations. Ils peuvent en effet dans ce cas perdre toute protection sociale ! Par l’intermédiaire de l’article 5 de l’arrêté royal n° 38 organisant le statut social des travailleurs indépendants, les journalistes, les correspondants de presse et les personnes jouissant de droits d’auteur ne sont pas assujetties au statut social des travailleurs indépendants pour ces activités-là dans le cas où ces personnes cotisent dans le cadre d’un autre statut social leur procurant déjà un statut social au moins équivalent à celui dont ils auraient bénéficié s’ils avaient cotisé au statut social des travailleurs indépendants (régime des salariés ou des fonctionnaires généralement). Cette disposition légale, d’une simplicité toute apparente, n’avait jamais été étudiée en profondeur même si elle date déjà de 1963. C’est à cette lourde tâche que l’auteur, juriste à l’INASTI1, s’est attelé. Et les résultats auxquels il est parvenu confirment ce que nous craignons et que nous avons rappelé en préambule. Une analyse très fouillée L’étude de M. Franquet est divisée en trois parties. La première partie de l’étude est consacrée à la recherche des origines de cette importante exception à l’assujettissement ainsi qu’à sa justification. Selon l’auteur, l’article 5 poursuit un but de préservation et de promotion culturelle. En effet, grâce à cette disposition, toute discussion est évacuée quant au caractère professionnel (au sens d’activités habituelles générant des rentrées financières) ou purement occasionnel des activités culturelles concernées. Dans la deuxième partie de son ouvrage, l’auteur analyse avec beaucoup de minutie le champ d’application de l’article 5 (les journalistes, les correspondants de presse et les personnes jouissant de droits d’auteur) ainsi que les conséquences pratiques de son application (le non assujettissement au statut social des travailleurs indépendants de ces trois catégories de personnes lorsqu’elles bénéficient déjà d’un statut social au moins équivalent). Dans la troisième et dernière partie de son livre, M. Franquet examine la question des incidences possibles issues du nouveau régime fiscal des droits d’auteur (loi du
Pour éviter toute ambigüité, il est à préciser que cette étude n'engage que son auteur et non pas l'INASTI (cf. avertissement en tête de la publication).
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16 juillet 2008 dont Journalistes vous a parlé à de nombreuses reprises déjà) sur cette disposition. La question pour l’auteur ici est de déterminer les conséquences, sur le plan du statut social des travailleurs indépendants (et des journalistes en particulier), dans le cas où une personne (1) jouit de droits d'auteur ne dépassant pas le plafond au-delà duquel ces revenus sont considérés comme des revenus professionnels au sens de la loi du 16 juillet 2008 (soit, pour l’exercice d’imposition 2010, 51.920 EUR) et (2) n’est pas assujettie au statut social des travailleurs indépendants en raison d’une autre activité. Il existe ici uniquement deux possibilités : soit, pour le travailleur indépendant, une incidence limitée au niveau du calcul des cotisations sociales (à savoir, la cotisation minimum puisque le montant des revenus pour l'assiette des cotisations est égal à 0, avec les conséquences négatives que l'on peut facilement imaginer pour le calcul des pensions) 2, soit une exclusion de l’assujettissement à la sécurité sociale. Après une analyse extrêmement fouillée, l’auteur arrive à la conclusion que, bien malheureusement, c’est la deuxième solution qui devrait logiquement primer (exclusion de l’assujettissement), dès lors que, dans la philosophie de la loi du 16 juillet 2008, les revenus de droits d'auteur (en-dessous du plafond) sont considérés comme ne provenant pas d'une activité professionnelle. En conclusion de ce qui précède, l’auteur conclut que l’article 5 n’a donc plus aucune raison d’être ni aucune utilité en ce qui concernent les personnes qui jouissent de droits d’auteur, sauf dans le cas où le montant de leurs droits d’auteur dépasse le plafond fixé par la loi de 2008 (et encore, dans ce cas, uniquement à concurrence de ce dépassement). Un indépendant avertit en vaut deux. Axel Beelen, juriste à la SAJ

Dans le cadre de cette première thèse, l'auteur souligne également la difficulté d'identifier le travailleur indépendant, étant donné l'absence de communication de revenus par l'administration fiscale, sauf dans le cas d'une éventuelle enquête du service d'inspection de l'INASTI.
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