Combessie Alexandre Etudiant à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées PARISTECH

Programme ATHENS: Universidad Politécnica de Madrid (UMP51) “Cybersociety : Myths and contradictions”

Mémoire :

Quel avenir pour les blogs ?
Réflexion sur le rôle et la fonction des blogs dans un monde médiatique en mutation

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Préambule : Internet et les médias
L’évolution fulgurante d’Internet, en termes de possibilités techniques, de contenus et services disponibles, se ressent dans la transformation qu’est en train de subir le monde des médias1, et, au-delà, dans la manière dont les humains communiquent entre eux, s’échangent de l’information. L’expression de « quatrième pouvoir » a souvent été employée pour désigner la presse écrite et audiovisuelle ; aujourd’hui, de plus en plus de gens emploient celle de « cinquième pouvoir2 » afin de désigner le pouvoir médiatique d’Internet. Cette expression a-t-elle un sens, au-delà de la polémique qu’elle tente de créer ? Le « cinquième pouvoir » d’Internet est de fait un pouvoir médiatique, un pouvoir de création, de manipulation d’opinion, ainsi qu’un contre-pouvoir politique, au même titre que d’autres médias moins récents, la presse écrite et la télévision, principalement. Alors en quoi Internet constitue un nouveau – cinquième – pouvoir ? Peut-on vraiment considérer qu’Internet, en tant que média, se démarque des médias « traditionnels » ? De la part de ceux qui utilisent Internet comme moyen de s’informer et d’informer, il faut y voir un rejet plus ou moins net des autres médias, une volonté de s’en démarquer, afin de s’affirmer comme le nouveau média du XIXème siècle. Cependant il convient de garder à l’esprit la relative jeunesse, et l’immaturité du média-Internet : Internet n’a pas encore trouvé sa place de média dans la société. Internet est encore en plein mutation, et les attitudes des internautes tout autant. De plus il est assez difficile de distinguer Internet des autres médias dans le sens Internet n’est pas à strictement parler un média, mais plutôt un moyen (media au sens latin) de diffusion et d’échange de l’information. Ainsi, Internet est un nouveau moyen de faire de la télévision, du journalisme écrit ou de la radio, de manière agrégée et beaucoup plus interactive que les précédents médias traditionnels. Plutôt qu’un nouveau média, Internet est donc une fusion des anciens médias sur un nouveau support. En ce qui concerne la possibilité de remplacement

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Par convention, je n’utiliserai pas ici le pluriel latin de medium Voir le site français http://www.cinquiemepouvoir.com/

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progressif des médias traditionnels par Internet vu la crise que traversent les médias traditionnels, nous essaierons dans ce mémoire d’apporter des éléments de réponse quant à la nature de l’avenir médiatique qui nous attend.

Introduction :
Il n’est pas censé d’étudier Internet comme en un média en soi, car Internet constitue un ensemble de médias très hétérogène, que ce soit en terme de contenu, de forme, ou de public. Il faut, pour comprendre Internet, ne pas oublier cette forte hétérogénéité. Internet recouvre de nombreuses réalités, de nombreux domaines, et phénomènes. Un point commun à tous ces phénomènes, c’est l’interactivité et la facilité de création et de diffusion, choses qui sont véritablement nouvelles par rapport aux anciens médias, et qui font d’Internet un média « universel » : à la fois par et pour les amateurs et les professionnels. Nous verrons par la suite l’importance de l’utilisation d’Internet par les professionnels dans le futur d’Internet. Ici nous nous intéresserons spécifiquement à une forme d’expression sur Internet : le blog. Après avoir rappelé brièvement la définition et l’histoire de cette forme de communication, nous essaierons de faire la typologie des blogs, en fonction du ou des auteurs, du domaine concerné, de la forme du blog, et des objectifs de son existence. Enfin nous mettrons le rôle des blogs et son évolution dans la perspective de crise des médias traditionnels que j’ai évoqué en préambule. Finalement, en débordant du cadre de l’étude des blogs, nous imaginerons, au vu des tendances actuelles, l’avenir des médias sur Internet d’ici une dizaine d’années, c’est-à-dire l’absorption partielle des médias traditionnels par Internet.

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1) Une brève histoire des blogs
Un blog, par définition, est un site web, et là où il se distingue d’autres types de sites, c’est quand où il est tourné vers du contenu thématique, souvent écrit, mais de plus en plus comprenant des éléments multimédias afin d’accompagner le texte. Ce contenu a souvent une dimension personnelle, la trace et l’implication de l’auteur du contenu y est forte, ce qui se ressent dans l’écriture. Ce ou ces auteurs, et leurs objectifs sont la plupart du temps bien identifiés. Le ton est souvent caractérisé par une grande liberté et un côté amateur assumé. Ce contenu est systématiquement organisé en différents articles (posts en anglais), rangés par ordre chronologique de publication, avec des possibilités avancées de catégorisation et de recherche. Dans ce sens le blog se rapproche à la fois du journal et du journal intime : en fonction des blogs, l’un ou l’autre côté est plus ou moins présent. Avant tout, la division thématique et chronologique des articles est l’élément le plus caractéristique dans la plupart des blogs. Une autre des caractéristiques importantes des blogs, par rapport à de la presse multimédia, est la possibilité pour les internautes visitant le blog de laisser des commentaires à la suite d’un article, si l’administrateur du site web l’accepte du moins. Les internautes et les auteurs du blog peuvent ainsi débattre - plus ou moins librement - et le contenu de ce débat est ajouté à la suite de l’article, et rendu accessible à tous. Dans la plupart des blogs, ces espaces de commentaires, de par leur côté impersonnel et virtuel, sont soit un espace pour des polémiques artificielles, soit un espace de commentaires quasiment dénué de fond. Mais au fond, cela permet bien un échange entre les auteurs du blog et les internautes Ce que je décris là est la forme actuelle du blog, mais celui-ci a passablement évolué au cours du temps. Comment le blog a-t-il évolué depuis sa naissance ? Tout d’abord, si on s’intéresse à cette naissance, le blog est un phénomène très récent : les premiers blogs sont américains et datent des environs de 1995. Ils prennent très clairement la

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forme de journaux intimes ; certains parleront de journaux « extimes » afin de désigner ces journaux intimes librement exposés aux yeux de tous les internautes. Ils sont d’abord l’œuvre de quelques informaticiens expérimentateurs, mais vite, à partir de l’an 2000, les blogs deviennent un nouveau mode de communication, au niveau mondial, pour une jeunesse connectée, née à partir de la fin des années 80, qui peut facilement, via des plateformes d’hébergement gratuites de blogs (citons Skyblog, Blogger, Myspace ou encore Blogspot) créer un ou plusieurs blogs. Des communautés de blogs se forment sur ces plateformes, avec la possibilité de se créer un profil de blogueur (le terme apparaît), d’afficher des liens avec d’autres blogueurs et blogs, avec la notion de blogs amis, de blogs suivis, la possibilité de commenter les articles et de mettre des liens hypertexte vers d’autres blogs dans les articles de son blog. On peut parler d’ébauches de réseaux sociaux, en gardant à l’esprit que les réseaux sociaux actuels ont souvent été conçus par des anciens blogueurs, connaissant très bien le phénomène, et qu’ainsi les réseaux sociaux sont les héritiers de blogs, avec moins de contenu et un aspect d’échange et de socialisation bien plus important. Myspace est un exemple tout à fait typique de plateforme de blog ayant évolué vers le réseau social. La frontière entre blog et réseau social peut y être mince. Il est à noter qu’à l’origine – étymologique - les blogs s’appelaient web-logs, c’est-à-dire journaux de bords du web, en traduction directe du français. Le terme de « weblog » date de 19973, et vient donner un nom à ce secteur du web en expansion, nom qui sera vite remplacé par « blog », venant du jeu de mot de Peter Merholz : « We-blog » devenu en 1999 la bannière (logo titre) de son… blog ! A partir de là, blog est devenu un verbe : bloguer, un nom, blogger, ou blogueur, et prétexte à l’invention de nombreux néologismes : photoblog, artblog, voire vlog (pour des blogs contenant surtout des vidéos) ou flog (des photos). Les possibilités s’élargissent… En France, malgré

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Le premier à l’avoir inventé serait un passionné d’informatique, et bloggeur, Jorn Barger. Il avait 44 ans en 1997.

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quelques difficultés à accepter cet anglicisme – en 2005, le terme n’est toujours pas accepté par l’Education Nationale – le terme de blog devient rapidement un terme de la vie courante. A partir des années 2000, l’engouement des jeunes adolescents pour les blogs se généralise ; et en parallèle des réseaux de plus en plus grands de passionnés d’informatique et de technologie, d’une autre génération, se lancent dans la pratique du blogging, catégorie d’internautes qui en sont les pionniers. Des ambitions, à la base de la création des premiers blogs s’affirment progressivement : constituer une communauté d’idées et d’expression, sous le nom de « blogosphère », s’appuyant sur Internet afin de défendre une nouvelle liberté d’expression. La notion de liberté est particulièrement importante, et il faut l’entendre comme le sous-entendu du fait que les autres médias ne seraient pas véritablement libres. Certains blogueurs font ainsi de leurs blogs la tribune de leur opinion, sortant alors complétement du simple rôle de journal intime. Mais en parallèle, c’est bien ce côté intime qui prédomine dans les articles des blogs des jeunes adolescents, hébergés par les fournisseurs de blog comme Skyblog. En même temps que le nombre de blog et de plateformes de blog explose, les blogs se diversifient et le phénomène blog se divise, en des usages finaux très éloignés. Il faut dès lors, pour analyser le phénomène du blog, bien en distinguer les différentes manifestations. Aujourd’hui, au début des années 2010, le phénomène du blog a atteint une relative stabilité. Au moins on ne voit plus vraiment aujourd’hui l’apparition de nouveaux types de blogs, quoiqu’on puisse considérer que la naissance des réseaux sociaux comme Facebook en soit un (par hypothèse, afin de cadrer le sujet, nous n’en parlerons pas ici). Cependant de nombreuses mutations sont encore à venir dans l’univers des blogs, et plus largement dans celui des médias. Les blogs, ou du moins des formes de blog, ont clairement un rôle à jouer dans l’avenir des médias.

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Actuellement, le « défaut » le plus visible de la blogosphère afin d’obtenir une véritable légitimité médiatique est son absence encore grande de professionnalisation et de structure : encore relativement peu de professionnels des médias ou de la politique, ou même d’entreprises, tiennent des blogs, et de manière générale, les blogs restent plutôt amateurs et spécialisés, avec une très petite équipe de rédacteurs, et trop indépendants entre eux. La question est de savoir s’il en restera toujours ainsi.

2) Une typologie non exhaustive des blogs
 Le blog – journal intime

Ce type de blog est encore le plus répandu, mais aussi le plus éphémère, le plus abandonné et de mauvaise qualité rédactionnelle. Au niveau sociologique, ces blogs sont associés à une tranche adolescente et préadolescente, bourgeoise et citadine de la population, dans les pays et les endroits ayant un accès facile à Internet. C’est cette forme de blog qui a énormément contribué à la popularité actuelle des blogs et c’est par cette forme de blog que les générations de la fin des années 80 ont connu le phénomène blog pendant leur adolescence. Nous sommes relativement nombreux dans cette génération à avoir tenu, à un moment de notre vie, un tel blog, dévoilant différents éléments de la vie privée, sentimentale, dans un style souvent très brouillon et immature. Des plateformes de blog comme Skyblog sont particulièrement associées à ce type de blog, on a ainsi pu parler, concernant notre génération, de « génération Skyblog ». Actuellement ce type de blog existe toujours mais est de plus en plus délaissé : peu de jeunes adultes tiennent encore leur anciens blogs, et aujourd’hui les adolescents se tournent plutôt vers les réseaux sociaux pour exprimer leur identité (numérique).

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Aujourd’hui on peut dire que ce type de blog est en voie de disparition, et on peut donc trouver sur Internet de nombreux blogs « morts », c’est-à-dire non visités et non réactualisés par l’auteur depuis longtemps (la notion de « longtemps » sur Internet étant d’une à plusieurs années). Souvent, au bout d’un certain temps, les auteurs les supprime, cependant il en existe encore beaucoup sur Internet, et c’est le genre de blog sur lequel on tombe spontanément en allant de lien en lien après une recherche Google du terme « blog ». L’image de ces blogs est aujourd’hui encore connotée très négativement ; longtemps le fait de posséder un blog a été vu comme une marque d’immaturité, et le mot blog n’évoquait que ces expositions maladroites et mal écrites d’une vie intime de pré-adolescent aux velléités de rébellion. Mais en dépit de ses défauts et sa mauvaise image, le phénomène des blogs a vite beaucoup intéressé les médias et a intrigué la société en général, principalement les nombreux parents des jeunes blogueurs. En parallèle à l’adhésion massive des jeunes, de plus en plus d’adultes intéressés par les possibilités des nouvelles technologies se mettent à rédiger leur blog. Deux phénomènes antagonistes se produisent : d’un côté, une décrédibilisation des blogs à cause de ce côté jeune et immature, et de l’autre côté, le développement technique très rapide d’Internet dans les années 2000, allant avec un intérêt grandissant des professionnels de la communication vis-à-vis des nouvelles possibilités techniques offertes par les blogs. Finalement, séduits par l’image neuve, jeune de ce qui devient peu à peu un nouveau média, les professionnels décident de se mettre petit à petit à la pratique du blog et s’emparent de ce phénomène « adolescent » pour en faire un outil de travail. Par professionnels de la communication, j’entends ici plusieurs catégories de personnes : les journalistes, les politiques et les artistes.

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Les blogs journalistiques

Différentes personnes prennent la mesure des possibilités qu’offrent les blogs pour parler de l’actualité autrement : des journalistes professionnels, pour quelques un, mais principalement des amateurs intéressés. L’apparition des blogs journalistiques coïncide avec le déclin relatif des médias traditionnels, la télévision et la presse écrite, mis à mal par des changements sociaux parfois brutaux et inattendus (lancement des journaux gratuits, augmentation du temps passé devant un ordinateur par rapport à la télévision). De plus en plus nombreux sont ceux qui critiquent la télévision et son traitement orienté de l’actualité par l’image, et qui donc se tournent vers Internet pour s’informer, avec l’ambition idéaliste de faire du journalisme « libre », considérant que les autres médias ne le sont plus. De nombreux blogs d’actualité se lancent, recouvrant des opinions politiques extrêmement diverses. Cependant, bien que certains blogs semi-professionnels apparaissent et sortent du lot, la majorité des blogs d’actualité restent de mauvaise qualité rédactionnelle, et nombreux sont les blogs amateurs présentant plutôt des billets d’humeur sur l’actualité que de véritables analyses. Le manque de moyens est flagrant, et la rivalité des médias traditionnels se ressent dans la grande défiance du milieu du journalisme professionnel de s’afficher comme blogueur. Peu à peu certains blogs journalistiques, ceux tenus par des journalistes en fait, réussissent à se démarquer, comme Rue89. Cependant ceux-ci s’éloignent assez vite du format de blog, et on ne peut pas aujourd’hui les considérer encore comme des blogs mais plutôt comme des journaux en ligne, vu leur caractéristiques. Mais leur lien avec la blogosphère est assez présent. Certains sites d’actualité se tournent vers le format du forum, Agoravox en France, avec un côté blog affirmé : les débats sont lancés par un article typé « blog », mais le site est plus tourné vers l’espace de débat (l’espace commentaire d’un blog traditionnel). Certains blogs deviennent connus, mais ce faisant, perdent l’appellation de blog dans la bouche des internautes.
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Par ailleurs, certains blogs « journalistiques » se spécialisent dans le domaine de la technologie, en réalisant des tests sur les derniers produits high-tech du marché et en donnant aux internautes des bons conseils et autres tutoriels pour apprendre à utiliser différents produits technologiques (citons Tom’s Hardware). Il devient de manière générale assez difficile de savoir ce qui est aujourd’hui un blog et ce qui n’en est pas un, la définition posée au début de ce mémoire devenant trop large. On peut dire que la culture et l’état d’esprit « blog » avec ses articles, commentaires et auteurs se répand sur différents sites, qui reprennent à leur compte certaines caractéristiques des blogs au sens large. On peut arbitrairement considérer qu’un blog est un site qui se revendique comme tel, mais dans le cadre de cette étude, ce serait beaucoup restrictif, et non pertinent. Il faut voir le blog au sens large. Cette convention posée, il reste malgré tout une grande quantité de blogs divers sur l’actualité, et on peut y rattacher une autre catégorie de blog, les blogs d’homme politiques. Réservons une parenthèse ici pour parler du concept de micro-blogging inventé par Twitter : si le lien avec la pratique du blog est très éloigné, il est tout fait remarquable que le principe à la base de Twitter ait aussi bien marché. Il s’agit de créer son profil sur Twitter, qui correspond à une sorte de micro-blog, dans le sens où un micro-blog peut émettre un tweet, c’est-à-dire une chaîne très courte de caractères (c’est pour cela qu’on parle de micro- blogging), sur des sujets divers, qui peuvent être de l’actualité. Il est possible de s’abonner à la diffusion de ces tweets, pour des profils amis : c’est ce qu’on appelle un tweet. Ce qui est encore plus remarquable, c’est la manière dont ce réseau, qui fonctionne par abonnement aux feeds amis, traite et diffuse l’information. Dans certains cas, Twitter a permis de faire circuler extrêmement rapidement l’information, plus rapidement que les médias traditionnels : pensons au cas de la mort de Michael Jackson, qui a été d’abord véhiculée sur Twitter, avant de l’être par les agences de presse et la télévision ou la radio.

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On peut également parler d’une certaine catégorie de blogs d’actualité, apparus avec les récentes guerres au Moyen-Orient, les « warblogs » : des blogs de soldats, basés en Iraq et en Afghanistan, souvent comportant des vidéos, afin de montrer aux internautes la réalité du conflit et de la guerre contre le terrorisme. Aux Etats-Unis ces warblogs ont une grande importance dans la sphère médiatique et politique, malgré de nombreuses controverses sur l’instrumentalisation politique de tels blogs amateurs.

Les blogs d’homme politique

Certains hommes politiques ont vite compris le potentiel des blogs, pour donner un coup de jeune à la communication politique, et pour rajeunir leur image, tout simplement. Reprenant l’idéal de transparence et de liberté d’expression promu par la blogosphère, certains hommes politiques se sont donc lancés dans l’aventure du blog. Ce mode de communication, bien qu’il ne soit pas du tout généralisé dans le monde politique, est devenu important pour les hommes politiques et le monde politique en général. Cela permet à ces hommes politiques, qui ne passent pas autant dans les journaux ou à la télévision qu’ils le voudraient, et/ou qui ne sont pas satisfaits du traitement (ou absence de traitement) médiatique qui leur est donné, de disposer d’une tribune visible, et de gérer leur image numérique, dans un monde où de plus en plus de citoyens, d’électeurs se tournent vers Internet et non plus vers les médias traditionnels pour savoir quoi voter. Les blogs et la possibilité qu’ils donnent de gérer son identité numérique, et de montrer sa transparence sont ainsi pour certains hommes politiques des passages obligés de leur vie d’élu. Certains hommes politiques ont même plusieurs blogs non officiels, écrits par des proches ou des amis politiques. Certains blogs sont montés uniquement à des buts de campagne. D’ailleurs les blogs sont plutôt une affaire pour les hommes politiques d’opposition, qui ne sont pas au pouvoir et qui peuvent donc se permettre d’avoir un discours « off » dans les blogs, chose qui est difficilement acceptée chez des membres du gouvernement, qui préfèrent ne pas sacrifier à la
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culture de transparence et garder leurs artifices médiatiques traditionnels : télévision et presse écrite. Les blogs jouent ainsi deux rôles : pour l’opposition politique, mais encore plus pour tous les hommes politiques de partis « alternatifs ». Il est indéniable que le traitement de l’actualité par la télévision et les journaux tend à privilégier le débat droite/gauche ; dans cette opposition bipolaire, les hommes politiques de partis alternatifs ou plus extrêmes ne sont que peu représentés médiatiquement. Ainsi beaucoup se tournent naturellement vers les blogs pour disposer d’une tribune publique et d’un espace de débat avec les citoyens et électeurs potentiels. Internet, via les blogs et différents autres sites politiques spécialisés, permet ainsi aux opinions politiques alternatives de s’exprimer. Au plan démocratique, même si cela permet à des opinions extrêmes très contestables de s’exprimer, il est clair que c’est un bénéfice. Certains commentateurs disent qu’Internet est la nouvelle étape de la démocratie de demain. Parmi les blogueurs connus, nous pouvons citons quasiment tous les hommes politiques importants actuels, mais aussi des hommes politiques moins engagés dans l’actualité politique, qui se veulent plutôt commentateurs de cette actualité, citons par exemple Alain Juppé. Un document très intéressant, très à faveur des blogs et de l’idéal de transparence instantanée offerte par les nouvelles technologies, est disponible sur le blog de Loïc Le Meur, chef d’entreprise et blogueur connu, il liste, d’après lui, les différentes raisons pour lesquelles un homme politique, et un homme public en général, a intérêt à ouvrir un blog : tout d’abord, parce que « les médias traditionnels diffusent des messages alors que les blogs créent des discussions ». Il liste ensuite différentes raisons :   Se rapprocher de ses partisans Entretenir un dialogue permanent avec eux

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Tester ses idées, vite et aisément, afin de les enrichir (critique constructive en temps quasi-réel)

    

Véhiculer une image plus humaine, plus proche et moins institutionnelle Mieux appréhender les critiques des adversaires Mieux diffuser ses idées, surtout si l’on n’est pas très connu. Lever des fonds Susciter l’intérêt des jeunes générations peu attirées par la politique mais présentes en masse sur le Net.

  

Communiquer sur Internet en équipe, facilement et sans contrainte technique Créer un réseau autour de soi en générant des blogs de soutien Ouvrir le débat à tous en permanence (prendre le contre-pied des médias traditionnels)

Dans son article, M. Le Meur liste aussi les mauvaises raisons, pour lui, d’ouvrir un blog, qui sont bien souvent en partie les raisons motivant la création d’un blog, mais qui ne sont pas pour autant dénuées de fondement :     Parce que c’est à la « mode » ou parce qu’il faut le faire, Parce que là ou ailleurs… Parce que cela rajeunit son image Pour donner de soi une image « techno » alors que ce sont d’autres qui vont gérer le blog…  Pour les éventuelles retombées médiatiques

(http://www.loiclemeur.com/france/2004/02/dmocratie_merge.html) Cet article de M. Le Meur met bien en évidence différentes problématiques derrière l’implication des hommes politiques et de leurs équipes dans la blogosphère. Nous pouvons exprimer quelques
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critiques par rapport à l’idéologie de la transparence instantanée et illimitée qui est défendue par M. Le Meur et les blogueurs engagés du monde, considérant que le blog est l’avenir des médias. Souvent, ceux-ci parlent de blogs citoyens, et émettent des critiques assez virulentes sur le manque de transparence et l’absence de démocratie qui pour eux est caractéristique du système politique actuel et de son lien très fort entre politique et médias traditionnel. A tort ou à raison, ils veulent, par les blogs et des actions militantes, donner plus de transparence, et éventuellement changer le système. Il est à noter que derrière ces blogueurs et leur engagement dit « citoyen » se trouvent des idées, et des groupes de pression politique, et que leur engagement n’est pas vraiment innocent. Une des inquiétudes que l’on peut formuler à ce sujet est la tendance insidieuse de ce blogging citoyen à imposer une « dictature de la transparence » généralisée, qui se ressent sur Internet par la diffusion systématique sur Youtube des passages « off » de la télévision pour les hommes politiques, ou bien des phénomènes comme Wikileaks.  Les blogs d’entreprise

Pour des raisons assez similaires aux hommes politiques, des responsables d’entreprises se mettent de plus en plus à la pratique du blog. Mais cette tendance reste encore relativement marginale, et réservée à des entrepreneurs jeunes, ayant connu voire participé au phénomène des blogs pendant leur jeunesse au début des années 2000. On a ici un idéal de transparence vu comme une meilleure communication avec le client. Souvent, la pratique du blog d’entreprise est une politique de marketing, qui ne coûte pas grand-chose ( le coût d’un hébergement de site professionnel, éventuellement un développeur et un concepteur de site ), et qui permet de mieux faire connaître une marque ou un produit en particulier, et d’offrir un service d’échange avec le client et/ou potentiel acheteur passant maintenant plusieurs heures par jour devant son ordinateur. Dans le domaine des hautes technologies et de l’informatique, les blogs d’entreprise sont souvent un passage obligé, pour des responsables d’entreprise baignant dans une culture de blog.
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En ce qui concerne certains produits informatiques, on assiste même à la création de communautés de blogs dédiés à un produit. Nous pensons en particulier aux produits de la firme Apple, qui sont très bien positionnés sur le terrain de la visibilité des blogs, avec des blogs iPod, iPhone ou iTouch. Ces blogs ne sont pas directement liés à Apple, mais globalement, cela fait partie d’une mentalité et d’une politique marketing d’Apple de lancement de blogs, avec un très fort aspect d’échange d’astuce, de bons conseils ou de services en ligne. La pratique du blog devient maintenant un des nouveaux dictats des services marketing, dans le secteur high-tech et ailleurs. Dans un autre registre, les ONG tendent aussi à utiliser le blog pour diverses campagnes de sensibilisation, et pour la promotion de ses actions. Ainsi Greenpeace a l’habitude, pour

différents domaines de ses actions à l’échelle mondiale, de monter des blogs, avec toujours à l’esprit cet esprit de transparence. De manière générale, avec l’accroissement du temps passé devant un écran d’ordinateur et devant internet, pour toute organisation voulant promouvoir ses actions, ses qualités, ses produits, il devient crucial d’être présent sur ce réseau, et le blog est un moyen commode, simple à mettre en place de se faire connaître.

Les blogs d’art et de mode 1) Les blogs d’artistes

C’est assez tôt dans l’histoire des blogs que sont apparus les blogs d’artistes, que ce soit les photographes, les artistes graphiques ou les musiciens. Ce sont d’abord les jeunes qui se sont lancés dans la création de tels blogs, facilités par l’existence de plateformes spécialisées comme DeviantArt (l’un des pionniers) ou ArtBlog. Ces blogs présentent, par des photos, du texte ou des applications de diffusion de musique, les travaux de ces artistes amateurs, souvent en herbe vu
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leur âge. Ces blogs ont aujourd’hui, pour certains, atteint une véritable maturité, et l’univers des blogs artistiques est aujourd’hui bien établi. Beaucoup des artistes blogueurs adolescents dans les années 90 – 2000 ont grandi, certains sont devenus professionnels, beaucoup ont gardé leur activité artistique, et beaucoup ont continué à tenir un blog de leurs activités, en évoluant de plateforme de blog, et changeant et en créant leurs propres blogs. Le milieu professionnel de l’art s’est quant à lui de plus en plus mis au blog. Il est très courant pour un photographe, un écrivain, un artiste graphiste, d’avoir un blog, dans les générations jeunes, mais aussi, de plus en plus, parmi les générations des années 60-70, qui se mettent de plus en plus aux nouvelles technologies. Ces blogs permettent non seulement de faire la promotion de son œuvre, mais de tenir les « fans » de l’artiste de l’avancée de ses derniers projets et du processus de création artistique, avec une possibilité d’échange. Certains artistes estiment aussi que l’existence de ces blogs, qui reflètent aussi bien l’existence de nouveaux projets artistiques que leur inexistence, créent une forme de pression, de suivi de la création artistique. En effet, en termes d’image, rien n’est plus mauvais qu’un blog qui n’est plus visité, plus actualisé, dont les derniers articles et commentaires datent de plus d’un an. Il faut avoir un blog, mais encore faut-il avoir un blog bien actualisé, bien rempli, et bien présenté. Pour un artiste, avoir un blog est donc une grande opportunité de faire connaître son travail, mais aussi une grande pression : il faut assumer son blog, et faire un blog, c’est dévoiler son travail à des critiques potentielles de tous les internautes. En ce qui concerne la musique, il faut évidemment parler de Myspace, dont la partie Myspace Music joue un rôle primordial dans le monde actuel de la production musicale, en pleine effervescence. Nous avons déjà évoqué Myspace et le fait qu’à la base ce soit un mélange de réseau social et de plateforme d’hébergement de blog. Myspace contient deux types de profils : les profils classiques, et les profils de musicien. Si la partie réseau social réservée aux profils classiques est aujourd’hui en décrépitude, délaissée par les internautes au profit de Facebook, la
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partie Myspace Music est devenue, depuis 5 ans, une référence incontournable de la promotion artistique pour tous les groupes et musiciens amateurs, dans tous les styles de musique moderne existants. Que des musiciens soient amateurs ou que ce soient des « stars » aux millions de groupies, s’ils ont moins de dix ou vingt ans d’ancienneté, il est certain qu’ils ont un profil sur Myspace Music. Ce profil, qui est de fait un blog, regroupe les morceaux du groupe, en écoute gratuite (c’est pourquoi on ne trouve en général pas toute la production musicale d’un musicien, sauf dans le cas des musiciens débutants cherchant à se faire connaître). On y trouve également les prochaines dates de concert du groupe ou musicien, des photos, différentes informations personnelles, un réseau de Myspace amis. On ne compte plus aujourd’hui les groupes repérés en partie par des labels grâce à leur Myspace, les Arctic Monkeys pour citer les plus emblématiques. La dominance manifeste de Myspace dans le domaine de la musique fait que les musiciens n’ont la plupart du temps pas de site en soi, un Myspace, souvent une page Facebook, voire un site, suffit pour leur promotion sur Internet.

2) Les blogs sur l’art et la mode Dans le domaine de la critique d’art – au sens large - et de mode, les blogs jouent un rôle très important, et on peut même considérer que ce sont les blogs qui ont donné une nouvelle vie à cette branche de la culture, auparavant principalement représentée dans les journaux spécialisés, sur la mode, la musique, etc. Parlons tout d’abord de la mode, domaine qui a été le plus « bloguifié » depuis 2000, et la multiplication des blogs sur la mode. Le milieu de la mode, assez jeune, dans l’âge et la mentalité, s’attachant très vite aux dernières tendances, y compris en technologie, s’est lancé tôt dans la pratique du blog. Ainsi, en parallèle à la puissance des grands magazines de mode, qui se renouvellent assez régulièrement - même si les grands noms persistent, s’est imposé la puissance

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médiatique des blogs de mode en termes de ce qui fait la mode. De plus en plus d’internautes, la plupart étant des femmes, se fient donc à certains blogs afin de s’avoir comment s’habiller, les dernières tendances du moment, et, nouveau phénomène Internet, à quelles ventes privées sur Internet participer. C’est dans ce sens que l’on dit que certains blogs font et défont la mode. Pour un public jeune et féminin, ces blogs de mode sont véritablement la référence, plus que les magazines de mode, qui ont du mal à capter le public jeune, et reste réservé à une clientèle plus âgée (la trentaine et au-delà). Ces magazines de mode peinent à tirer parie du succès des blogs dans la mode, mais commencent à apparaître, pendant que les blogueurs eux, commencent à travailler dans la mode et lancent leur propres magazines ou leurs propres marques. Le succès de certaines nouvelles marques est d’ailleurs indéniablement lié à l’appui de la blogosphère de la mode. N’oublions pas que la majorité des blogueurs de mode travaillent ou veulent travailler dans la mode ; les blogs de mode connus sont liés à des marques, des sites de vente privée, …Le milieu professionnel de la mode y est de plus en plus impliqué. En ce qui concerne plus généralement les blogs sur l’art, la blogosphère est très vaste, et moins dominée par certains blogs que dans le cas de la mode. Elle reste très segmentée et très spécialisée. Mais on assiste actuellement à la montée en puissance de certains blogs, en particulier sur la musique. Les visiteurs de ces blogs sont jeunes, principalement intéressés par de la musique, mais on a aussi des blogs sur la photographie, les arts plastiques, le cinéma. Quelques blogs parlent de plusieurs domaines en même temps, mais c’est plutôt rare, les blogs restent bien spécialisés. Ils sont tous plus ou moins sur le même modèle : une grande liberté de ton, des critiques d’œuvre, des compilations et autres sélections, quelques articles de fond sur des artistes ou des tendances contemporaines, la possibilité d’intervenir pour commenter ou proposer de parler de certaines œuvre. Leur résonance et leur popularité est liée à différents éléments, dont la sélection et la qualité des articles, l’originalité, la forme du site, son intégration à des plateformes de blogs connus, et actuellement, son intégration aux réseaux sociaux, Facebook surtout, qui permet de faire connaître ces blogs au plus grand nombre, via le partage de lien vers le blog sur le
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« Mur » de Facebook. Je citerais, par sympathie, des blogs tenus par des amis : Great Music Today, et Les Archivistes, qui sont spécialisés sur la musique (actuelle) en général. Ils sont, nonobstant mes amitiés pour les blogueurs en question, assez connus dans le milieu. Qui sont les blogueurs derrière ces sites, ces réussites et ces échecs ? Comme pour la mode, ce sont pour beaucoup des étudiants ou de jeunes actifs, désirant travailler dans le milieu de l’art et de la culture. Les blogueurs de musique sont moins souvent des professionnels que pour la mode, on a surtout affaire à des amateurs éclairés. Pour les autres domaines artistiques, dont la blogosphère est moins développée que dans le cas de la musique, il en est de même. Ces blogs sont tout de même assez liés à la presse spécialisée, on retrouve des contributeurs dans les deux à la fois, mais d’une manière générale les blogueurs sont mus par un certain dédain et un dégoût de cette presse spécialisée, dans laquelle ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, du moins l’affirment-ils, tout en les lisant. Mais au fond ce qui fait la différence entre blogs et presse spécialisée c’est avant tout, au fond la gratuité des blogs. On assiste aussi à des « retournements de situation », où la presse spécialisée, en manque de lecteurs, s’inspire des blogs, de leur jeunesse et leur fraîcheur, afin de se renouveler. D’une manière générale ce milieu de la critique d’art est en ébullition, en pleine mutation, et nous verrons qui, entre les blogs, les journaux en ligne et les journaux classiques spécialisés, s’en sortira le mieux.

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3) Conclusion : le rôle des blogs dans l’avenir des médias : les perspectives du monde médiatique
Nous avons pu voir l’ampleur et la diversité que recouvre le phénomène du blog aujourd’hui. Ce phénomène s’inscrit dans la perspective plus large d’un univers des médias en plein mutation. Vers quel monde des médias se dirige-t-on, et quel rôle joueront les blogs dans cette évolution ? La question est multiple, et se divise en plusieurs sous-questions, dont certaines sont faciles à répondre, d’autres beaucoup moins. Si on répond d’abord aux faciles, nous pourrons dégager les vrais questions et les vrais tensions, futures et actuelles. Tout d’abord, il est certain que le déclin actuel des médias traditionnels va s’aggraver. Les gens vont passer de moins en moins de temps devant la télévision, et ce très rapidement, et dans le monde entier. Les postes de radio, déjà relativement abandonnés, vont continuer leur lente mais sûre retraite. Quant aux journaux sous format papier, hors les journaux gratuits, ils sont voués à disparaître. Quant à la pratique du blog et l’usage extensif d’Internet, tous deux vont se généraliser, dans le monde entier, en même temps que le monde entier se connecte et s’équipe en ordinateurs et autres appareils connectés. Mais de là à signer la mort des médias traditionnels et le triomphe du blog en général, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir. Il reste des questions épineuses à résoudre, et il faut nuancer le propos. Les médias traditionnels, tout le pan de l’économie qui va avec, ne va bien évidemment pas disparaître, mais se mettre à l’ère numérique ; c’est déjà fait, ou en train, en passe d’être fait dans bien des domaines. N’oublions pas que parmi les étudiants qui veulent travailler et refaire le monde des médias, et parmi les jeunes actifs du milieu, on trouve énormément de blogueurs. Ce sont ainsi des blogueurs qui vont « refaire le monde » médiatique, mais pas uniquement par leur blog, mais par leur travail en tant que journalistes, et cadres dans le milieu des médias. Ce milieu est fortement évolutif, très réaliste quant à son propre avenir, et nombreux sont les gens
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perspicaces, en son sein, qui désirent le réformer et le faire passer à l’ère du tout numérique, tout connecté. Mais l’extrême rapidité avec laquelle la révolution numérique s’est imposée, et l’inertie des structures économiques à évoluer aussi vite ont créé la rupture et la crise actuelle des médias. Il n’est pas simple de changer des habitudes, des façons de faire qui pour certaines marchent encore, en quelques années. De plus la population des consommateurs de médias a elle aussi une certaine inertie : si les jeunes, eux, ont un temps d’adaptation quasi nul aux nouveaux médias, la révolution Internet met plus de temps à arriver aux générations plus âgées, et dans ce sens elle n’est pas complète, elle commence tout juste à s’accomplir. Par ailleurs, à l’échelle mondiale, il serait tout à fait malhonnête de dire que tout le monde a accès à Internet : la fracture de développement se ressent en termes de fracture numérique et d’inégalités d’accès à Internet et à la technologie en général. De nombreux pays en voie de développement attendent leur révolution numérique. Ce qui attend l’univers des médias, une fois la révolution numérique accomplie, c’est une agglomération des différents médias et d’Internet, via des innovations technologiques dont on commence à voir les premières manifestations : Internet à la vitesse de la fibre optique, l’accès sans fil généralisé à haut débit et en mobilité extrême sur des appareils mobiles tactiles équivalents aux ordinateurs d’il y a à peine 3 ans, les ordinateurs-tablettes, les écrans enroulables, les écrans à encre électroniques, et globalement la miniaturisation extrême des produits électroniques et des batteries. Citons également la 3D, qui va devenir la norme d’ici quelques années Au vu de la rapidité des innovations technologiques, et du fait que toutes les technologies que j’ai évoqué ci-dessus sont soit déjà commercialisées (cher) soit à l’état de prototype, il est à peu près certain que dans dix ans ces technologies seront généralisées, au moins dans les pays développés. Ceci n’est plus considéré comme une vision de science-fiction, mais comme une réalité à venir, les professionnels de la technologie et des médias le savent, en cela va jouer un rôle majeur pour les médias.
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On entre dans du futur plus lointain, dans dix ans, donc les projections sur l’avenir sont plus contestables, mais après ces différentes analyses, on peut avancer plusieurs hypothèses. La télévision va survivre et même connaître un nouveau développement, mais va s’intégrer pleinement à Internet. Elle passe déjà dans de nombreux foyers par la fibre optique, cela va se généraliser, et on va avoir une popularisation du bouquet Internet, et une forte évolution vers les services de vidéo à la demande. Les séries télévisées vont continuer leur expansion, et envahir le monde du cinéma, qui va s’hybrider. Le journalisme télévisuel va quant à lui se diversifier, et ce faisant se spécialiser. Les journaux télévisuels généralistes vont demeurer, et ils resteront d’une objectivité contestable. Quant à la radio, elle va survivre, mais sous forme de podcasts et globalement, elle continuera dans son état de vieillesse, qui durera probablement longtemps. En ce qui concerne la presse écrite, les journaux papiers, hormis les journaux gratuits, dont le format papier gardera une certaine utilité par la gratuité, ils sont condamnés à disparaître, mais à reparaître sous format électronique et interactif, sans doute sur les futurs tablettes tactiles enroulables à encre électronique, qui accueilleront à la fois des livres électroniques, des journaux et des programmes de dessin et d’écriture. La majorité des journaux vont rester payants, mais les prix vont diminuer, surtout pour les abonnements. Certaines plateformes de téléchargement de journaux vont connaître une très forte expansion, vu que le piratage dans ces domaines-là sera sévèrement endigué (de manière générale, le piratage va disparaître, mais le téléchargement et le streaming légal vont fournir une offre intéressante, et à bas prix). Le format et le contenu de ces journaux va lui fortement changer, être plus interactif, et se tourner vers un format blog : on va aller vers quelque chose qui ressemble à Rue89, pour ne pas le citer. Mais ce ne sera qu’une inspiration, et au fond les journaux électroniques seront un blog, mais en version beaucoup plus professionnelle que ce qui se fait actuellement.

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On peut dire que la presse électronique opérera la fusion partielle du quatrième et du cinquième pouvoir dont j’ai parlé en préambule. Les blogs seront les inspirateurs naturels de cette fusion, vu que les journalistes dans une dizaine d’année sont aujourd’hui des blogueurs, ou proches de l’univers des blogs. Parallèlement à cette fusion, on va assister à une monétarisation, donc à l’envahissement relatif de la publicité, de plus en ciblée, sur le profil du consommateur-internaute. Cette monétarisation se fera par contenu, et par partage : c’est le principe du « Cost per Share » et « Cost per Like » c’est-à-dire une rémunération des auteurs du blog/journal électronique en fonction du nombre de fois que le contenu auquel est rattachée la publicité est partagé sur des réseaux sociaux, et éventuellement « Aimée » par les internautes (fonction « J’aime » sur Facebook). La fusion entre blogosphère et presse écrite sera particulièrement forte dans le domaine de l’art, de la mode, et du journalisme d’actualité. Mais en ce qui concerne la politique, on aura toujours une blogosphère, plus puissante que jamais, car elle remplacera peu à peu la télévision dans la formation des opinions politique, et il n’est pas question de fusion. On peut craindre que cela profite aux opinions extrêmes et que cela n’impose sur les démocraties futures une dictature de la transparence néfaste au travail des hommes politiques. De manière générale, pour tous les personnages publics, que ce soit des entreprises, des hommes politiques, des organisations, des artistes, la pratique du blog deviendra quasiment obligatoire. Mais en soi, cette pratique va changer, en s’hybridant avec les réseaux sociaux, et en se professionnalisant et se monétisant. Cela est déjà en train de se produire, cela va devenir général. Seuls les personnages publics professionnels, disposant de beaucoup de ressources, auront encore leur blog, qui prendra une forme plus professionnelle, à mi-chemin du site et du blog. Les blogs individuels, quant à eux, vont continuer leur disparition, c’est-à-dire leur intégration dans les réseaux sociaux.

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Réservons une vision d’avenir pour les pays en développement, qui vont suivre cette évolution en décalé (on peut estimer à dix ans le décalage). La blogosphère, qui est en train de se constituer dans ces pays, va jouer un rôle extrêmement important dans la transition démocratique et démographique vers le développement, et c’est pourquoi il est très intéressant de suivre les blogs dans les pays en développement afin de connaître les tendances actuelles. Je pense en particulier à la Chine, dont le régime va, c’est probable, bientôt se retrouver face à une très forte opposition s’exprimant par les blogs, devant l’impossibilité de s’exprimer politiquement sur la voie publique. A ces blogueurs engagés, je souhaite bon courage.

Pour terminer ce rapport, par souci d’honnêteté scientifique, j’aimerais signaler au lecteur que je suis moi-même administrateur d’un blog sur une association à but culturel dont je m’occupe, sur le campus de mon école : http://bda.enpc.org De plus, je prépare actuellement un projet de blog collectif sur la musique, qui sera, je l’espère, mis en ligne dans les prochains six mois. Il devrait être hébergé sur le domaine http://www.candide-musique.com.

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