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Demain l’énergie, sans nucléaire, ni effet de serre.

ÉNoERGIE ous s mmes n
Consommation d’énergie dans l’histoire
Les révolutions industrielles du charbon puis du pétrole ont créé une société où l’énergie utilisable pour chaque personne était abondante et peu chère. Cette évolution a été rapide et importante. À cet égard le XXe siècle est une exception historique. Jamais dans aucune civilisation l’énergie n’avait été si peu chère et si abondante.

en haut du pic
On mange du pétrole
Depuis le néolithique, l’humanité s’était nourrie grâce à une petite marge de surplus énergétique fournie par l’agriculture. Chaque kilogramme de nourriture contenait plus d’énergie solaire (de calories) qu’il en avait fallu en efforts humains et animaux pour la produire. Aujourd’hui l’agriculture industrielle est un gouffre énergétique: elle consomme plus d’énergie en amont qu’elle délivre de calories en aval. Il en est de même de la pêche.

«L’énergie facile», c’est la grande illusion des temps modernes.
Nous avons brûlé en un siècle, une grande partie des hydrocarbures que la planète a mis des centaines de millions d’années à produire. Cela ne pourra pas continuer longtemps.
10 000 9 000

charbon
8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Simon Leroux - Photos : Photodisc - Impression: Edival

gaz nucléaire

pétrole hydro & ENR

Le temps est venu de la révolution verte
1930

1 000

1860

1870

1880

1890

1900

1910

1920

1940

0

Au xxe siècle, on a entretenu l’illusion que l’énergie bon marché à volonté était quelque chose de naturel, comme si l’énergie fossile était inépuisable, et de positif, comme si ce «progrès» ne posait pas de problème. Mais les nombreuses pollutions et nuisances du monde industriel, le réchauffement global, la fin du pétrole, la hausse des maladies cardiovasculaires et de l’obésité, nous montrent que cette voie n’est pas la bonne. Avançons vers une société économe en énergie, basée sur les énergies renouvelables, produites à l’échelle locale, avec des modes de vie favorables à la bonne santé des populations. C’est un changement à la hauteur de ce que furent les révolutions industrielles, c’est un immense défi pour le XXIe siècle.

Contribution historique des diverses sources à l’approvisionnement énergétique mondial depuis 1860, hors bois et traction animale, exprimée en millions de tonnes équivalent pétrole (MTep). La catégorie "hydro et ENR" recouvre essentiellement l’hydroélectricité.
Source Jean-Marc Jancovici, 2004, d’après Schilling & al, 1977, et AIE, 2002.

1950

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2000

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FeRl’énergie E A t ANC L
Nos sources d’énergie
76 % d’hydrocarbures, 16 % de nucléaire, 8 % de renouvelables
L’énergie consommée en France par l’ensemble des utilisateurs (industrie, ménages, bureaux, transport, agriculture...) provient à 76 % des hydrocarbures (pétrole charbon et gaz), à 16 % des centrales nucléaires, et à 8 % des énergies renouvelables.

Indépendance énergétique: 14%
EDF annonce 50 % d’indépendance énergétique à l’aide d’un calcul deux fois malhonnête: • Le nucléaire est considéré source nationale alors que 100 % de l’uranium est importé. • Le calcul est fait en énergie primaire (avant rendement de Carnot dans les centrales) ce qui multiplie par trois la part du nucléaire. Pourtant, les 2/3 de la chaleur produite sont obligatoirement perdus, représentant plutôt une pollution. La seule justification de faire ce calcul en énergie primaire, c’est de croire qu’ il est impossible de produire l’énergie autrement. Une idée qu’EDF aime diffuser... Un véritable calcul d’indépendance énergétique doit donner la part de l’énergie finale que l’on produit à partir de sources françaises. Nous considérons que, si le pétrole importé n’est pas unesource française, l’uranium importé n’en est pas une non plus. On trouve alors que 14 % de notre énergie provient de sources françaises. En effet notre production d’hydrocarbures (pétrole, charbon, gaz) représente 4 % de notre énergie, l’hydraulique et le bois représentent 10 % de notre énergie.

REMARQUES IMPORTANTES
On entend souvent le chiffre de 80 % pour le nucléaire. 80 % de l’électricité française est produite par des centrales nucléaires. L’électricité c’est environ 20 % de l’énergie française. Donc 80 % de l’électricité, c’est 16 % de l’énergie. Il est logique de regrouper pétrole charbon et gaz dans une seule catégorie «hydrocarbures» car ce sont tous des produits de la fossilisation de plantes très anciennes. Tous produisent beaucoup de CO2 lors de leur combustion. 8 % d’énergie renouvelable: la France est très équipée en barrages hydroélectriques (4 %) et utilise des résidus de bois (4 %). Par contre la part des éoliennes et panneaux solaires dans le bilan français est de l’ordre de 0.02 %. Nous sommes dans les cinq pays les plus en retard en Europe sur ces technologies.

Le seul moyen d’être indépendant énergétiquement c’est de développerles énergies renouvelables.
La France n’a ni pétrole ni uranium. Baser notre chaîne énergétique sur le pétrole et l’uranium, c’est être tributaire des aléas de la diplomatie internationale.

ep « 43 % Habitat et tertiaire « 68 MT % Transports « 50 Mtep « 31
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Simon Leroux - Impression: Edival

Notre consommation d’énergie
Dans notre société dite «industrielle», l’industrie consomme moins du quart de l’énergie totale utilisée. C’est avant tout les maisons, les bureaux pour leur chauffage et l’eau chaude, ainsi que les transports, qui consomment les trois quarts de l’énergie.

% Industrie « 38 Mtep « 24 % Agriculture « 33 Mtep « 22
nt pétrole Mtep : millions de tonnes équivale

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L’énergie dans

MONDE LE
La fin du pétrole a déjà commencé
Aujourd’hui, la demande de pétrole commence à dépasser l’offre, entraînant la hausse des prix. Il reste peu de pétrole bon marché (facile à extraire), il reste pas mal de pétrole cher (difficile à extraire: offshore profond...) et beaucoup de pétrole très cher (nettement au-dessus des prix du marché). Donc lorsque les prix montent, de nouvelles réserves de pétrole deviennent exploitables car rentables. Ceci explique que la fin du pétrole sera longue. La dernière goutte de pétrole ne sera pas brûlée avant un siècle. La vraie question est de savoir quand la production totale annuelle de pétrole commencera à décroître, entraînant un déséquilibre pérenne. Alors, rien ne pourra empêcher les prix de monter en permanence. Ce maximum de production est appelé pic de Hubbert et il aura lieu bientôt. Il est donc très peu probable que le cours du baril redescende des sommets où l’on amené la guerre d’Irak.

Quelques riches et beaucoup de pauvres
Énergie dans le monde, consommation par personne

USA 8 tep*/hbt /an France 4 tep*/hbt/an Afrique 0.5 tep*/hbt/an
* tep: tonne équivalent pétrole

© National Géographie

La moitié la plus pauvre de la planète se partage 20 % de l’énergie mondiale, tandis que la moitié la plus riche utilise 80 % de l’énergie mondiale.

Nivellement par le haut
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Michèle Le Bas - Impression: Edival

Les pauvres souhaitent devenir riches, c’est bien naturel. Mais si l’ensemble de la planète vivait au niveau de vie d’un américain moyen, on consommerait cinq fois plus d’énergie! S’il s’agit d’énergies fossiles, les pollutions et l’effet de serre atteindraient des proportions catastrophiques, l’écosystème mondial serait détruit. La seule solution, c’est que les pays industrialisés diminuent leur consommation d’énergie fossile afin qu’une égalisation mondiale soit possible et soutenable par la planète.

=

catastrophe assurée

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ET DE SERRE L’EFF
Quand l’humanité modifie l’équilibre climatique de sa planète
Il est maintenant certain qu’un réchauffement global est en cours et qu’il est lié au rejet d’immenses masses de CO2 dans l’atmosphère. Le CO2 est produit par la combustion des hydrocarbures qui sont de loin la première source d’énergie mondiale. Les conséquences de ce dérèglement du climat sont incertaines. Si le pire n’est pas certain, les scénarios les plus probables sont pour le moins inquiétants.
Évolution de la température moyenne de l’hémisphère nord depuis l’an mil
5,5 5,0 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0
Bars show the range in 210 produced by several models

L’avenir du climat dépend de notre conduite
Les conséquences seront beaucoup plus limitées si nous réduisons rapidement et très fortement nos émissions de CO2. Les experts estiment qu’il faudrait diviser par cinq notre consommation énergétique pour que le taux de CO2 dans l’atmosphère arrête d’augmenter. Mais toutes les tendances actuelles et toutes les prévisions sont à la hausse. C’est logique, vu que notre système économique est basé sur la croissance du PIB (le PIB et la consommation énergétique ont toujours la même tendance).

Scenarios
A1B A1T A1FI A2 B1 B2

Source: IPCC, 2001

-0,5 -1,0

1000

1100

1200

1300

1400

1500

1600

1700

1800

1900

2000

2100

SB2

Évolution de la température moyenne de l’hémisphère nord depuis l’an mil (courbe rouge; la zone grisée représente la barre d’erreur pour les époques anciennes) et évolution possible de la moyenne planétaire au cours du XXIe siècle (fond vert). Le 0 des ordonnées représente la température moyenne de la planète en 1990. Les différents traits de couleur correspondent aux valeurs médianes des simulations climatiques pour différents "scénarios d’émission", correspondant à différentes trajectoires "socio-économiques" du monde. Les barres de droite donnent la dispersion des modèles (15 en tout) pour un même scénario d’émission. Le scénario bas (trait vert du bas) correspond à des émissions de gaz à effet de serre qui resteraient grosso modo constantes, et le scénario haut (trait rouge pointillé du haut) correspond à une planète où 9 milliards d’habitants vivraient comme un Polonais de l’an 2000. Par rapport à l’élévation de température au 20e siècle, nous voyons qu’au 21e nous risquons de changer d’ordre de grandeur.
Extrait de JANCOVICI J.M.(2004) - L’homme et l’énergie, des amants terribles

Selon toutes les estimations, on fonce droit dans le mur.
Il est encore temps de prendre un virage serré: décroissance de certains secteurs, économies d’énergies, 100% d’énergie renouvelable, rééquilibragenord sud. Tout cela procède d’une même logique. Tout cela est possible, mais cela ne sera pas facile. Il faut s’y mettre!

On risque de grands bouleversements
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Simon Leroux - Photos : Photodisc - Impression: Edival

Emmissions brutes de CO2 par habitants
Comparaison entre les émissions brutes de CO2 par habitant en 1998 (CO2 seul, en tonnes équivalent carbone, 6 sans les puits) et :
5

On doit s’attendre à une élévation du niveau de la mer de 30 à 70 cm d’ici la fin du siècle. Une hausse du niveau des eaux dans l’avenir recouvrirait une partie de l’Inde et du Bengladesh. De même, il y aurait une extension des zones désertiques, en particulier en Afrique. Il y aurait alors des centaines de millions de réfugiés climatiques, des gens parmi les plus pauvres de la planète, n’ayant plus de pays. Qui va les accueillir? On doit aussi s’attendre à une modification des moussons et une aggravation des tempêtes, un élargissement des zones désertiques et des précipitations, avec toutes les conséquences qu’on imagine pour l’agriculture, l’élevage et les populations qui en dépendent. Le risque principal n’est pas que la Terre deviennent biologiquement invivable, mais que les humains aient du mal à se partager les nouvelles zones de richesse et de pauvreté sans recourir à la violence.

• la

limite de 500 kg équivalente carbone par personne et par an, si l’objectif est de diviser les émissions mondiales de CO2 par deux avec 6 milliards d’hommes sur terre (trait horizontal bleu foncé) par trois (ce qui sera à faire "encore plus tard"), dans un monde où la population serait passée à 9 milliards d’individus (trait rouge foncé).

4

3

2

• la limite si l’objectif est de diviser les émissions

1

0
Inde Chine Mexique Portugal Hongrie Ukraine Bulgarie Suède Suisse France Espagne Italie Autriche Nouvelle Slovaquie Pologne UK Grèce Norvège Allemagne Irlande Danemark Pays-Bas Bègique Finlande Australie Canada USA

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une fausse so vrai problème un

I NUCLÉAnRE LE lutio ,
Après la fin du pétrole, la fin de l’uranium
S’engager dans l’EPR c’est préparer une crise aussi terrible que celle de la fin du pétrole, avec la même flambée des prix de l’énergie et le même risque de guerre! Les réserves mondiales d’uranium permettent de tenir encore 70 ans si la consommation n’augmente pas. Le CEA compte sur les réacteurs à neutrons rapides pour faire durer ces réserves 20 fois plus longtemps. Un réacteur à neutrons rapides, c’est Superphénix, c’est-à-dire un fiasco total. Rien ne laisse croire qu’on saura maîtriser cette technologie. Les Japonais aussi ont fermé leur réacteur à neutrons rapides suite à un accident. Le nucléaire n’est en rien une solution de long terme. Mieux vaut investir dans les filières renouvelables qui une fois mises en place, assureront notre approvisionnement énergétique pour 5milliards d’années(date estimée de la fin du soleil.)

L’énergie nucléaire coûte très cher
Le prix de l’électricité nucléaire est truqué car il ne tient pas compte: des immenses investissements de l’état pour lancer la filière nucléaire du coût énorme de la recherche publique sur le nucléaire civil du coût réel de démantèlement des centrales. La Cour des Comptes dénonce EDF qui a investi et partiellement perdu les 16 milliards d’euros censés financer le démantèlement des centrales. Le coût réel du démantèlement sera très supérieur à cette estimation et pourrait même atteindre 100 milliards d’euros. du coût de surveillance et d’intervention sur les centres de stockage des prochains millénaires. Ce sont les impôts qui vont combler ce gouffre financier!Mais si on devait payer tout cela dans le prix de l’électricité, l’électricité nucléaire coûterait beaucoup plus cher que l’électricité éolienne. Le nucléaire n’est pas compétitif. En Angleterre où le secteur de l’électricité a été privatisé, l’État a dû s’engager à assumer le coût du démantèlement et des déchets pour que le nucléaire soit rentable pour les compagnies privées. En France, la privatisation d’EDF n’est pas de nature à nous rassurer sur la priorité donnée à la sécurité.

L’électricité pour 50 ans, les déchets pour 100000 ans
Les centrales nucléaires produisent des déchets qui seront dangereux, pour certains, des centaines de milliers d’années. Se protéger a-t-il encore du sens?
Aujourd’hui, le nucléaire a des avantages: il produit de l’électricité. Mais dans 10000 ans, cela fera plus de 9000 ans que le nucléaire ne produira plus d’électricité car les réserves d’uranium seront épuisées. Les déchets seront toujours dangereux et qui sait dans quel état seront les centres de stockage? La technologie aura changé, les plans des installations auront sans doute été perdus, il n’y aura personne pour payer une dépollution quasiment impossible. Ce sont des régions entières qui seront fortement contaminées et rendues hostiles à la vie, comme le sont les alentours de Tchernobyl: Nous prenons les avantages du nucléaire, et nous laissons ses pires inconvénients à nos descendants. C’est une attitude irresponsable et injuste, contraire à la définition même du développement durable. Comme si aujourd’hui on mourait à cause d’une erreur faite par les hommes préhistoriques!

Le nucléaire nuit à la santé
Les centrales nucléaires, ainsi que les centres de retraitement rejettent des produits radioactifs dans la nature en permanence, en fonctionnement normal. Cette pollution est légale, il y a des autorisations de rejets dans l’air et dans l’eau.
L’ensemble de la planète a été pollué par Tchernobyl et les essais des bombes atomiques dans l’atmosphère. Des déchets radioactifs qui n’existaient pas il y a un siècle sont présents sur le sol de tous les pays. Des régions entières sont devenues inhabitables autour de Tchernobyl. Personne ne sait arrêter l’émission de rayonnement d’un corps radioactif. La protection contre l’irradiation repose sur des écrans de plomb ou sur l’éloignement mais, quand les particules radioactives sont rejetées dans l’environnement, elles peuvent se fixer à l’intérieur de l’organisme; c’est ce qu’on appelle la contamination. Les rayonnements sont alors délivrés très localement aux cellules voisines et il n’y a plus de protection possible. La contamination n’est pas prise en compte dans l’élaboration des normes. La toxicité des radiations est liée à leur effet ionisant. Elles modifient la structure des molécules biologiques touchées par le rayonnement. La plus grosse molécule de l’organisme joue électivement le rôle de cible: il s’agit de l’ADN, qui comporte le code génétique et commande le fonctionnement biologique. C’est pourquoi la toxicité du nucléaire est grave: elle provoque des cancers, dont les leucémies, et des mutations génétiques. Les mutations génétiques peuvent provoquer des malformations congénitales et certaines n’apparaîtront qu’au bout de plusieurs générations (car elles s’expriment à l’état homozygote). C’est pourquoi, si l’on s’aperçoit un jour qu’on est allé trop loin, il ne sera pas possible de revenir en arrière... La radioactivité créée par les humains s’ajoute à la radioactivité naturelle. Elle est présente partout et pour très longtemps. On reçoit et absorbe donc de faibles doses de radioactivité en permanence tout au long de notre vie. Les spécialistes des plus prestigieux centres de recherche du monde entier, dont les financements ne dépendent pas de l’industrie nucléaire, affirment qu’il n’y a pas d’«effet de seuil», c’est-à-dire que toute dose de radioactivité est dangereuse, si petite soit-elle, et que la radioactivité naturelle est très probablement responsable des cancers naturels (pas moins mortels que les autres) et des mutations génétiques.

Le risque d’accident n’est pas exclu
Bien que les pouvoirs publics se veuillent rassurants, la fiabilité 100 % n’existe pas: on n’est pas à l’abri d’un accident nucléaire majeur en France. De plus, si un jour la période de paix actuelle prend fin, aucune centrale ne pouvant résister à un bombardement, on imagine le désastre... On ne peut pas non plus exclure le risque de tremblements de terre, pouvant détruire une centrale ou, dans les siècles qui viennent, un centre de stockage. De même, il faut aujourd’hui penser à la possibilité d’une attaque terroriste...

Une société policière et centralisée
Protéger les centrales et les combustibles nucléaires nous entraîne vers une société policière, qui n’est pas celle que nous voulons. Le fait qu’actuellement les transports de matières radioactives soient soumis au secret-défense est un début de dérive vers une société non démocratique. Il est remarquable que seuls des pays centralisés comme la France, le Japon, la Chine, continuent de développer le nucléaire. Tous les pays fédéraux, ou la décision politique est plus proche de la population, abandonnent le nucléaire.

Maquette : Thierry Palau - Illustration : Simon Leroux - Photos : Photodisc - Impression: Edival

Donc quand on rajoute de la radioactivité dans l’environnement, on rajoute des cancers et des mutations génétiques.

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pour les déc nucléaires
Le laboratoire de Bure: la mascarade
La loi sur les déchets nucléaires prévoyait la construction de plusieurs laboratoires souterrains pour pouvoir comparer les résultats et estimer la faisabilité d’un stockage géologique en profondeur. Les conclusions devaient être rendues en 2006. Aujourd’hui c’est un seul laboratoire dont la construction n’est même pas terminée qui doit rendre ses conclusions. La loi n’est pas respectée. Si le travail scientifique est loin d’être abouti, les déchets, eux, sont déjà là et attendent solution. C’est pourquoi, pour les partisans du nucléaire, il faudra que le site de Bure convienne coûte que coûte.

SOLUTION PAS DE hets
Le miracle de la science n’a pas eu lieu
Avec la première centrale nucléaire, on a vu que l’on produisait des déchets dangereux quasi éternels. Mais, optimistes, on s’est dit que le futur arrangerait cela et on a construit plein de centrales... Pour l’instant, la science n’a rien trouvé qui assure que les produits radioactifs ne seront pas disséminés dans la nature et seront bien surveillés, pour certains, pendant plus de 100000 ans. Que se passera-t-il si on ne trouve pas de solution? Pour nous pas grand-chose, ce sont nos descendants qui auront des soucis quand les fûts seront vieux et percés...

La décision politique d’enfouir les déchets risque d’être prise, quelles que soient les conclusions scientifiques.

Le gouverne...men(t) songe à une solution
Pour faire accepter l’EPR, les pouvoirs publics bluffent en affirmant qu’ils ont une solution fiable pour les déchets. En effet, il serait difficile de relancer un grand programme nucléaire si l’on n’a pas de solution à ce problème. Alors l’État en sort une de son chapeau: le stockage géologique en profondeur. Il serait rendu légal par amendement à la loi Bataille bien que la construction du laboratoire censé étudier la question ne soit même pas achevée!

C’est pourquoi il faut arrêter
les rejets autorisés des centrales nucléaires les rejets non autorisés des centrales nucléaires l’accumulation des déchets nucléaires le retraitement des déchets nucléaires qui ne diminue pas la radioactivité, mais en disperse une partie dans l’environnement les sous-marins nucléaires coulés ou abandonnés le risque d’accident nucléaire la proliferation des bombes atomiques

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Il n’y a qu’une chose à faire: sortir du nucléaire

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ÉNERGIES VELAqueES U tesBL RENO gigan
une ressource
Il y a assez d’énergie renouvelable pour se passer d’hydrocarbures et d’uranium durant les cinq prochains milliards d’années.
Le sol de la Terre reçoit en rayonnement solaire chaque année, une énergie équivalente à 10000 fois la consommation énergétique humaine totale annuelle. Autrement dit si l’on capte un dix millième de l’énergie solaire arrivant au sol, on n’a plus besoin de charbon de pétrole, de gaz ou d’uranium jusqu’à la fin des temps (ou plus exactement la fin du soleil, dans 5 milliards d’années. A titre de comparaison, la terre s’est formée il y a environ 4,5 milliards d’années). Quand au vent, il représente également une ressource considérable. Si on implantait des éoliennes dans 10 % des sites assez ventés pour être rentables dans le monde, on produirait 53000 TWh par an, soit 3.5 fois plus que la consommation électrique mondiale actuelle.

Panneaux solaires sur les toits
Un rapport ministériel affirme: «si les 10000 km2 de toitures existantes étaient utilisées comme générateur solaire d’électricité, la production serait de 1000 TWh par an, soit plus du double de la consommation finale d’électricité en France (450Twh).»

La biomasse
Le bois et les déchets végétaux sont un combustible renouvelable, à la seule condition de gérer la ressource, de couper et de replanter de façon équilibrée. Des millions de tonnes de bois vont à la décharge alors qu’il est possible de créer des chaufferies au bois et des réseaux de chaleur de quartier. La production de méthane par les composts et lisiers est récupérable pour l’utiliser en combustible. Les contributions de la biomasse pourraient atteindre 40 Mtep (bois, biocarburants, valorisation des déchets urbains et agricoles), représentant les3/4 des usages thermiques.

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Les éoliennes peuvent produire beaucoup d’électricité
Au Danemark, les éoliennes produisent 20 % de l’électricité, en Galice 55 %; l’Allemagne prévoit 30 % d’électricité éolienne en 2025. La France est à 0,1 % d’électricité éolienne. Pourtant nous disposons du second potentiel éolien d’Europe. En équipant 10 % des sites assez ventés pour être rentables, nous produirions, à terre, 20 % de la consommation électrique française, et en mer nous pourrions produire de quoi satisfaire la totalité de la consommation électrique française!

Différentes énergies renouvelables pour produire toute l’électricité française!
Quand il fait beau, il y a du soleil. Quand il ne fait pas beau, le plus souvent, il y a du vent. C’est pourquoi avec une éolienne et un panneau solaire, on produit de l’électricité en quasi-permanence. En combinant le solaire et l’éolien à l’hydraulique, à la biomasse, à la géothermie, aux biocarburants et aux énergies de la mer, on s’affranchit du caractère intermittent de certaines sources. On pourrait ainsi rendre chaque territoire autonome en énergie en décentralisant la production.

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Transports

ARRÊTER LE GÂCHIS!
Un tiers de l’énergie, et ça augmente!
Les transports de personnes et de marchandises consomment un tiers de l’énergie française. Ce secteur est celui qui, de loin, connaît la plus forte augmentation: 32Mtep en 1973, 45 Mtep en 1998; 50 Mtep en 2003. Il est possible d’économiser facilement la moitié de cette énergie, et beaucoup plus si l’on change les habitudes de consommation et de production, donc de transport.

Les transports dépendent à 95 % du pétrole
Les transports sont donc les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Si la France veut atteindre ses objectifs de lutte contre le changement climatique, il faudra avoir stabilisé le niveau d’émission de CO2 des transports à 40 MteC (million de tonnes équivalent carbone) sur la période 2010-2020, à comparer avec les 63MteC prévu par la DGEMP dans son «scénario tendanciel»!

Et si on changeait un peu notre mode de vie...
On peut se déplacer en consommant beaucoup moins
Déjà aujourd’hui on trouve sur le marché des automobiles consommant 4 à 5 litres d’essence pour 100km, ce qui est deux fois moins que la consommation moyenne. Des prototypes de petites voitures capables de rouler à 120 km/h en consommant 1 à 2l/100km sont déjà fonctionnels chez les industriels. Il faut maintenant se détacher du mythe de la «grosse cylindrée» pour se tourner vers des voitures légères et économes.

On marche de moins en moins

Des trains à la place des camions
Transporter des marchandises par le rail consomme jusqu’à dix fois moins que le transport par camions. En développant le transport des remorques de camions sur des wagons de chemin de fer sur les longues distances (ferroutage), on économiserait énormément d’énergie. Cela diminuerait considérablement le nombre de camions sur les routes ce qui ferait chuter le coût d’entretien du réseau routier ainsi que le nombre d’accidents mortels.

Entre 1982 et 1994, les déplacements à pied où en vélo ont diminué de 40 %. Durant le même temps les déplacements en voiture ont augmenté de 23%, et on est passé de 500 000 heures/km de bouchons à 800 000 heures/km de bouchons. On critique souvent les États-Unis où le nombre de pas moyen par personne et par jour a atteint 2500 et où le manque d’exercice est devenu un véritable problème de santé publique. Pourtant nous suivons le même chemin avec quelques années de décalage. Aujourd’hui en France, les maladies cardio-vasculaires (liées au manque d’exercice physique) sont la première cause de mort prématurée. Faites du vélo!

Beaucoup de déplacements inutiles
Quand les Français vendent produits laitiers ou légumes en Espagne, tandis que les Espagnols envoient les leurs en France, on est en droit de se s’interroger sur le sens de ces camions qui se croisent à la frontière. C’est le marché. Les États, convaincus que des transports peu chers contribuent au développement de l’économie, subventionnent indirectement très fortement ce secteur en construisant et en entretenant les routes que les camions utilisent et détériorent. Les transports routiers sont si peu chers qu’on arrive à des aberrations: des pommes de terre cultivées en Bavière font l’aller-retour en Italie simplement pour être lavées et emballées...

Réhabiliter les voies navigables
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Dans un monde malin...
Il y aura en ville des réseaux de transports en commun plus denses et plus confortables que tout ce qui se fait actuellement. Les rues seront calmes, moins bruyantes et l’air y sera plus pur. Marcheurs, vélos, rollers et flâneurs se partageront l’espace, sans voitures particulières. Au supermarché, les produits locaux seront valorisés, les importations étant réservées à ce qu’on ne peut pas produire sur place. Après la caisse, on confiera son caddie au service de livraison qui acheminera les courses jusqu’à la maison à l’heure souhaitée. On se déplacera plus rarement sur de longues distances. Les visioconférences seront devenues choses banales, même pour discuter quelques minutes avec un ou des amis; Internet sera plus actif que jamais. Par contre on voyagera moins souvent et plus lentement, car les billets d’avions seront à des prix exorbitants. On prendra le train ou le bateau, retrouvant un peu le sentiment de l’aventure...

Le transport par bateau est encore beaucoup plus économe en énergie: le poids et le volume transportés sont considérables pour la même quantité d’énergie. Il est possible de réhabiliter le transport par péniches sur les voies navigables et le cabotage sur les côtes d’Europe.

Réhabiliter le cheval
En particulier en ville, le cheval est un moyen de transport écologique. Déjà des villes l’ont choisi pour tirer la benne à ordures

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ONOMISER ÉC L’ÉNERGIEnt e
dans le logem
Mettre des lampes basse consommation
Les lampes basse consommation consomment 3 à 8 fois moins que les ampoules classiques et durent beaucoup plus longtemps. Il suffit de remplacer les ampoules qui grillent par des ampoules basse consommation pour transformer sa consommation électrique. Si chaque logement utilisait 10 ampoules basse-consommation, on économiserait l’énergie d’1 à 2 réacteurs nucléaires.

Le logement et les locaux de bureaux représentent à eux seuls environ la moitié de la consommation globale d’énergie. Le chauffage des habitations et de l’eau chaude représente 60 % de l’énergie consommée par les ménages. Une bonne isolation permet de diviser par trois au moins les dépenses de chauffage.

Pas de chauffage électrique
Le chauffage électrique est une aberration. Dans les centrales électriques on transforme de la chaleur en électricité avec un très mauvais rendement. Puis on transporte l’électricité dans les lignes électriques (8 % de pertes) avant de la retransformer en chaleur. Au final 75 % de l’énergie est perdue.

Réhabiliter le logement ancien
Dans le logement ancien, les priorités sont de mettre des doubles vitrages aux fenêtres, de calfeutrer les combles ou les toitures. Il est également possible d’isoler les murs par l’extérieur dans une opération de réhabilitation. Il est important de maîtriser la ventilation qui doit être suffisante pour la santé, mais limitée pour les pertes d’énergie. Il est possible d’ajouter des capteurs solaires pour l’eau chaude, qui devient alors très économique une fois l’investissement réalisé.

Les appareils de classe A
Les lave-vaisselles, machines à laver, réfrigérateurs de classe A sont les plus économes en énergie. Bien qu’ils coûtent un peu plus cher à l’achat, ils font rapidement faire des économies car ils consomment deux fois moins d’énergie que des appareils bas de gamme. Là encore, économie possible d’environ 3 réacteurs nucléaires.

Construire écologique
Pour le logement neuf, il est possible de prévoir dès la conception une bonne exposition et d’intégrer un chauffage solaire. Il existe un label Haute Qualité Environnementale, des modèles de maisons bio-climatiques, ... On sait aujourd’hui construire des maisons excédentaires en énergie. L’exemple de la ville de Fribourg, en Allemagne, montre qu’on sait diminuer jusqu’à 10 fois la consommation d’énergie du logement.

Éteindre les appareils électroniques
L’ensemble des appareils en veille consomme l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire. Il suffit de les éteindre quand on ne s’en sert pas!

Chauffer un peu moins chaud
Quand on baisse le chauffage d’un degré, on économise environ 7 % de la consommation. On vit tout aussi bien à 18° qu’à 20°, et c’est meilleur pour la santé. Il suffit d’en prendre l’habitude et de mettre un pull supplémentaire.
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Michèle Le Bas - Photos : Photodisc - Impression: Edival

Renégocier les contrats de chauffage
Dans le logement collectif et les immeubles de bureaux, le chauffage est souvent géré par une société. Il suffit de pousser un peu le bouton... le comble est atteint quand les locataires qui ont trop chaud ouvrent les fenêtres, sans se rendre compte que la consommation s’envole et que c’est eux qui paieront! Il est urgent de renégocier les contrats de chauffage pour inclure une clause qui incite aux économies d’énergie, en concertation avec les habitants. C’est important pour lutter contre l’effet de serre, mais c’est aussi une économie directe pour les locataires qui supportent actuellement la hausse du coût de l’énergie.

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Vivre au e siècle XXI L’ÉNERGIE AÎTRISER M
Une agriculture durable
L’agriculture peut redevenir l’activité nourricière essentielle à la vie, qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Pour se tourner vers la qualité des produits et la préservation des espaces ruraux, elle devra renoncer à, l’intensification à tout prix, grande consommatrice d’énergie. (actuellement, jusqu’à 100 calories d’énergie consommée pour 1 calorie alimentaire produite!) Limiter les engrais dont la production est gourmande en énergie serait positif à la fois pour l’effet de serre et pour la santé humaine. Le paysan en agriculture biologique, ayant moins d’investissement et moins de frais, en particulier en carburant, n’a pas nécessairement un revenu plus faible.

Des méthodes de pêche plus écologiques
On consomme actuellement environ un litre de pétrole pour 1 Kg de poisson pêché. Ceci ne pourra pas durer. Pourtant, on sait depuis des siècles aller sur la mer et pêcher sans pétrole. Les moyens modernes pourraient être utilisés pour faire des bateaux plus sûrs et plus économes, utilisant d’autres méthodes que des chaluts de plus en plus grands, à mailles trop petites. Les rendements seraient plus faibles, mais les coûts de fonctionnement aussi, et la ressource serait préservée pour l’avenir.

DES VACANCES PEU VORACES
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Michèle Le Bas - Photos : Photodisc - Impression: Edival

Choisir une randonnée en montagne plutôt qu’une excursion en 4x4. Prendre le bateau plutôt que l’avion, faire de la planche à voile plutôt que de la moto, du roller plutôt que du karting, ... Nombreuses sont les solutions pour se dépayser sans être un hyper consommateur d’énergie.

Une industrie tournée vers le durable
Qu’il s’agisse de machine à laver, d’électroménager, d’automobile, etc..., on sait construire des produits de plus longue durée de vie, plus facile à réparer, dont les composants soient recyclables, nécessitant moins d’emballages, consommant moins...

Le développement durable ne doit pas rester une formule creuse.

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d’aujourd’hui pou un défi onde de demain le m

ECHERCHE LA R r
La France est la seule à ne pas croire aux énergies renouvelables
Les États-Unis et le Japon consacrent chacun environ 750 millions d’euros à la recherche sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie; la France, elle, n’y consacre que 22 millions d’euros. Avec plus de 500 millions d’euros par an, la recherche nucléaire française absorbe 90 % du budget de la recherche sur l’énergie. Les énergies renouvelables, elles, représentent moins de 2 %. Il est temps d’inverser cette situation.

Largués par les USA sur les technologies renouvelables?
Citons un rapport ministériel concernant l’analyse du choix des États-Unis: «On peut aisément imaginer que l’objectif de cette stratégie est de maîtriser ces technologies, puis d’imposer au reste du monde des contraintes allant bien au-delà de celles définies à Kyoto, créant par là même un vaste marché pour leur industrie.» En y consacrant un budget 30 fois moindre, la France prend évidemment du retard.

Nous sommes en train de faire des choix importants, pourrons-nous les assumer?
Le choix du gouvernement de construire un nouveau réacteur nucléaire, l’EPR (European Pressurized Reactor), vise à réengager la France dans un vaste programme nucléaire au 21e siècle. Basé sur une rentabilité à court terme et sur la culture «pro nucléaire» des autorités françaises, ce choix sous-estime considérablement les dangers actuels et surtout futurs du nucléaire et de ses déchets, et aura pour conséquence de bloquer le développement de solutions écologiques et durables.

Pour que la France puisse avancer, il est essentiel de ne pas construire l’EPR.

L’urgence aujourd’hui c’est de faire avancer les énergies renouvelables en recherche et en développement
Maquette : Thierry Palau - Illustration : Simon Leroux - Photos : Photodisc - Impression: Edival

ITER est un exemple type du choix "tout nucléaire" français.
Alors qu’il est urgent de faire décoller les technologies renouvelables dans notre pays, on préfère engouffrer 10 milliards d’euros dans la recherche sur la fusion, alors que rien n’assure qu’on arrivera à maîtriser cette dernière. Dans tous les cas la fusion ne sera pas opérationnelle avant un siècle. On délaisse des solutions immédiates et réelles: les énergies renouvelables, pour consacrer tout le budget à des rêves de grandeurs: la fusion nucléaire!

La cellule photovoltaïque qui permet de produire de l’électricité à partir de la lumière du soleil est une invention française (Edmond Becquerel 1864). La France a été leader en ce domaine jusqu’en 1986, date à laquelle on interrompit l’essentiel des recherches sur les énergies renouvelables pour se consacrer au «tout nucléaire». Aujourd’hui nous sommes très en retard sur l’ensemble des technologies du renouvelable. Le Japon prévoit d’avoir installé 5000 MW de panneaux solaires en 2010, soit 2,5 fois plus que ce qui est attendu pour l’ensemble de l’Union Européenne à la même date. C’est pourquoi le Japon domine le marché des panneaux photo voltaïques. La recherche est aussi à réorienter vers les moyens de stockage de l’énergie pour permettre de s’adapter aux décalages entre les moments de forte production et ceux de consommation.

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ELABLES DE RENOUV
Le solaire thermique
Par «panneaux solaires», on entend souvent «panneaux photovoltaïques», qui produisent de l’électricité à partir de la lumière du soleil à l’aide de semi-conducteurs en couches minces. Il existe un autre type de panneau solaire, plus simple, plus efficace et plus économique: le panneau solaire thermique. Il s’agit d’une serre de quelques centimètres de haut contenant un tuyau métallique avec des ailettes peints en noir (échangeur thermique). L’eau passe dans le tuyau, et chauffe. On pourrait ainsi couvrir la majorité des besoins en eau chaude et en chauffage (c’est le premier poste dépense énergétique des ménages.) Il est très facile d’équiper les bâtiments existants de chauffe-eau solaire. Le chauffage solaire est plus adapté aux nouvelles constructions car il demande à être intégré à l’architecture dès la conception (système de circulation et de stockage de chaleur)

ns techniques Des solutio pour passer À 100 %

Il n’y a (presque) pas de panneaux solaires ni d’éoliennes en France
Les panneaux solaires et les éoliennes n’apparaissent pas dans les statistiques de l’énergie en France car leur contribution est trop faible (environ 0.1 % de l’électricité).

Trop chers, les panneaux solaires ?

Les centrales solaires
Il en existe de différents types. Un système éprouvé consiste à disposer de nombreux miroirs paraboliques orientables et de concentrer les rayons solaires sur un capteur thermique qui fait bouillir de l’eau. Ensuite la vapeur fait tourner une turbine pour produire de l’électricité comme dans toute centrale thermique.
La plus novatrice est actuellement en construction dans un désert d’Australie. Il s’agit d’une serre de 7 km de diamètre surmontée d’une fine tour de 1000 m de haut! L’air chauffe dans toute la serre et s’échappe par la tour en actionnant des turbines. L’inertie thermique de l’ensemble permet à la centrale de produire de nuit comme de jour 200 MW (un réacteur nucléaire normal produit 950 MW.)

Aujourd’hui, les panneaux solaires sont chers car on en fabrique très peu. Mais, fabriqués à grande échelle, les prix baisseraient de 60 à 80 % et ils deviendraient rentables (selon une étude de KPGM bureau d’étude en économie.) Il faut également tenir compte du fait que les panneaux solaires thermiques (récupérant la chaleur) coûtent beaucoup moins cher que les panneaux photovoltaïques (produisant de l’électricité). Soyons également conscients que les prix de l’énergie vont monter. Le prix du pétrole a déjà plus que doublé en deux ans, et cela va continuer. Quant au nucléaire, le démantèlement des centrales et la gestion des déchets devront être financés par les impôts. Mais coûtera néanmoins très cher. On s’apercevra alors que le prix du kilowattheure nucléaire a été très largement sous-estimé. Tout cela aura pour conséquence de rendre les énergies renouvelables de plus en plus compétitives.

Les éoliennes sont compétitives dans les autres pays.
Le Danemark, l’Allemagne, l’Espagne, les USA, ont un secteur éolien très compétitif. Les éoliennes se développent très vite (20 % de croissance). Pourquoi n’en est-il rien en France? Serait-ce que les producteurs éoliens français sont plus mauvais que les autres? Non. Tout est question de législation. On sait que le cadre législatif permet au secteur éolien de décoller, par retour d’expérience des pays cités. Il suffit d’une volonté politique forte pour vaincre les réticences d’EDF et installer un cadre législatif qui face avancer les énergies renouvelables. Bien évidemment cela dépend avant tout de nos choix!

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UARTIER LE Q U FUTgie,R D n énerU
Des maisons bioclimatiques bien isolées
L’architecture bioclimatique consiste à prendre en compte, dès la conception, l’apport potentiel du soleil pour la maison. Des murs et des fenêtres mal isolés créent des fuites de chaleur qui font considérablement augmenter les dépenses de chauffage. Par contre des fenêtres de bonne qualité, si elles sont judicieusement disposées dans une construction bien isolée, en favorisantl’entrée du soleil, peuvent utiliser la lumière comme source de chaleur. C’est ce qu’on appelle le solaire passif. Une maison bioclimatique bien isolée permet de diviser par trois au moins les dépenses de chauffage, en comparaison d’une maison classique, de médiocre isolation.

autonome e table, écologique. confor Des équipements économes C’est possible ! en énergie
Équipe de lampes basses consommations, de lave-vaisselle et de réfrigérateurs de classe A (meilleure efficacité énergétique), d’ordinateurs et de téléviseurs sans veille, on a tout le confort moderne en divisant sa consommation électrique par deux.

Des pompes à chaleur
Ces dispositifs ingénieux, sont des frigos inversés. Ils vont chercher la chaleur dans le sol et la concentrent pour chauffer la maison. Le système peut fonctionner partout (nul besoin d’habiter sur un point chaud) et permet de diviser par trois à cinq les besoins de chauffage.

Rêvons qu’on est déjà demain…
Des panneaux photovoltaïques
Si l’on en couvre deux tiers des toits, ils produisent annuellement trois fois la consommation électrique totale du quartier. Chaque maison a de petits accumulateurs permettant quelques jours d’autonomie. En été les panneaux photovoltaïques produisent beaucoup plus que l’électricité consommée, c’est pourquoi un réseau local de lignes électriques collecte le surplus d’électricité et l’amène à la centrale énergétique de quartier. (voir plus loin)

Des chauffe-eau solaires
Des panneaux solaires thermiques sur un tiers des toits sont un investissement, mais permettent de répondre à 80 % des besoins en eau chaude (même dans le nord de la France). La technologie, fort simple, s’est beaucoup répandue, faisant baisser considérablement les prix...

Quelques éoliennes
Installées au lieu le plus venté, elles approvisionnent le quartier en électricité quand le soleil est caché par les nuages, le temps est mauvais et le vent souffle. Elles sont également reliées à la centrale énergétique de quartier. Les grands champs d’éoliennes sont réservés à des espaces non habités, dont une partie en mer.

Des chauffages solaires ou au bois
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La bonne échelle: le quartier
La centrale énergétique de quartier
Elle utilise l’électricité excédentaire produite par les panneaux photovoltaïques et les éoliennes pour produire de l’hydrogène. L’hydrogène est ensuite liquéfié et stocké. Il alimentera une pile à combustible utilisée en cogénération, c’est-à-dire qu’elle produit de la chaleur et de l’électricité pour les rares moments d’hiver où il n’y aura pas de vent.

Les constructions neuves intègrent un équipement de chauffage solaire. S’il faut une chaudière, un réseau de chauffage avec une seule chaufferie pour le quartier est plus rationnel. On installe dans de nombreux cas une chaufferie au bois qui brûle des déchets de bois qui restaient auparavant à pourrir.

Cet ensemble fonctionne sans polluer et permet aux générations suivantes de vivre de la même façon.

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S PEUR! AITES-VOU F
Pour justifier le nucléaire, ous mentent ... ils n
Tchernobyl, la pollution s’arrête à la frontière?
Le 26 mai 1986 la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Tous les pays d’Europe prennent des mesures sanitaires d’urgence pour protéger les populations. Tous sauf la France où tous les médias diffusent qu’il n’y a aucun danger! Jusqu’au 8mai, on prétend que le nuage radioactif n’est pas passé en France, allant jusqu’à truquer la météo en inventant des dépressions qui auraient protégé le ciel français de toute pollution. 13 jours après la catastrophe, on rétablit la partiellement la vérité: le nuage radioactif est bien passé sur la France, mais on continue à en minimiser les conséquences.

Désinformation
Les autorités françaises manipulent constamment l’information en faveur du nucléaire. Exemple: on veut nous faire croire que le nucléaire assure l’indépendance nationale, contrairement au pétrole, mais l’uranium nécessaire à l’industrie nucléaire est importé en totalité, comme le pétrole; cherchez l’erreur!

Plus tard, la comparaison des annonces de la France aux mesures des pays voisins a confirmé le diagnostic: mensonge d’État.

Manipulation
EDF a créé le concept de Chauffage Électrique Intégré, pour brouiller les pistes. Il s’agit du chauffage électrique dans une maison bien isolée, donc, qui consomme peu. EDF montre alors au consommateur que le coût d’utilisation est moindre. L’isolation du logement permet d’économiser l’énergie quel que soit le mode de chauffage; elle est donc toujours utile. Mais les comparaisons de consommation, et donc de coût, de fonctionnement doivent être faites à isolation égale pour être honnêtes. Or, dans ce cas, le chauffage électrique ne se sort pas bien des comparaisons...

Pollution autorisée... mais discrète
EDF fait visiter des centrales et va dans les lycées apporter son «information», mais se garde bien d’expliquer que les centrales et l’usine de retraitement de La Hague rejettent quotidiennement des produits radioactifs dans l’environnement, qui peuvent être cause de cancers et de mutations génétiques, et que ces rejets sont mesurés dans les algues et les coquillages depuis la Bretagne jusqu’au-delà du Pas-de-Calais.

Les déchets «oubliés»
Se rappelleront un jour à notre bon souvenir: • les sous marins nucléaires coulés dont on ne connaît ni le nombre ni la localisation • les sous marins nucléaires abandonnés, nombreux dans les bases de l’ex URSS • les déchets déversés dans les fosses sous-marines par l’Angleterre, la France, et d’autres, avant que la législation ne l’interdise. • les restes des essais atomiques • les régions contaminées par l’explosion de Tchernobyl • les milliers de morts et de malades de Tchernobyl • le plutonium volé lors des désordres liés à la fin de l’URSS

Pollution non autorisée
La petite rivière Sainte-Hélène, qui descend près du site de stockage de La Hague, ne faisait l’objet d’aucune autorisation de rejets quand le laboratoire indépendant de l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a montré qu’elle était polluée par des déchets radioactifs. S’il n’y avait pas de laboratoire associatif, qui le saurait?

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Bombes en stocks?
Il y a plusieurs dizaines de tonnes de Plutonium dans les sous-sols de l’usine de La Hague. Il est stocké en petits containers de 2,5kg car, à partir d’environ 5kg, on atteint la «masse critique» pouvant provoquer une explosion atomique spontanée. Ce Plutonium perd la moitié de son activité en 24000 ans...

À l’échelle géologique...
Les déchets nucléaires seront dangereux, pour certains, des centaines de milliers d’années. Cette échelle de temps n’a rien à voir avec la vie humaine, mais représente ce qu’il est convenu d’appeler l’échelle géologique. Dans ce cadre temporel, il est probable que la planète voit beaucoup de remaniements, dont des tremblements de terre, par exemple. Que deviendront alors nos déchets nucléaires? Et qui peut nous dire si les hommes seront alors capables de s’en protéger?

Risque terroriste
Un avion qui décollerait de l’île de Jersey et se «tromperait» de chemin, serait en 5 mn environ sur l’usine de La Hague. Ce n’est pas le temps de la décision politique et de l’intervention militaire!

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Demain l’énergie, sans nucléaire, ni effet de serre.

E, NI CHOLÉRA NI PEST léaire
effet de serre, ni nuc ni
Nous ne voulons pas de l’effet de serre
Qui entraîne: Le réchauffement de la planète L’augmentation des tempêtes et des ouragans L’ extension des déserts La fonte des glaces et la montée des eaux L’ inondation de régions et de pays Les réfugiés climatiques Nous n’oublions pas: Les morts de Tchernobyl Les risques d’accident nucléaire Les rejets et les déchets radioactifs Les cancers et les malformations provoquées par la radioactivité Le risque terroriste Le secret-défense sur les activités nucléaires La répression policière sur les militants antinucléaires

Les solutions existent
ce sont:

Les économies d’énergie
Dans : Le logement et les bureaux Les transports L’industrie L’agriculture et la pêche

Nous ne voulons pas du nucléaire

Les énergies renouvelables:
L’hydraulique Le chauffage solaire (solaire thermique) Les éoliennes Les panneaux solaires photovoltaïques Le bois et la biomasse Etc....

PROTÉGER AGIR POUR possible:
la planète, c’est
À l’échelle collective
Isoler les murs et les fenêtres des logements, lancer un grand chantier de réhabilitation des immeubles Supprimer le chauffage électrique Transporter les marchandises sur les grandes distances par le rail et les voies d’eau Développer les transports collectifs, en particulier en ville Investir dans les voies ferrées plutôt que les autoroutes entre les grandes villes Développer les visio-conférences et les télécommunications Développer l’agriculture extensive et biologique Produire en fonction des besoins locaux Développer les méthodes de pêche écologiques Construire des produits durables et réparables Limiter les emballages Développer l’énergie solaire, éolienne et la biomasse Produire l’énergie à proximité des lieux de consommation Mettre en place un service public de l’énergie à l’échelle des territoires de vie Ne pas construire l’EPR et sortir du nucléaire Se mobiliser dans les campagnes électorales pour informer les citoyens et engager les candidats sur l’écologie
Maquette : Thierry Palau - Impression: Edival

À l’échelle personnelle
Remplacer les lampes par des basse-consommation Éteindre les appareils électroniques plutôt que les mettre en veille Limiter le chauffage à 18° et mettre un pull Faire les petits trajets à pied ou en vélo Privilégier les transports collectifs Choisir une auto qui consomme peu Consommer les produits régionaux et de saison Utiliser les énergies renouvelables Choisir des loisirs écologiques: randonnée, plage, voile, sports physiques, équitation, jeux, ... Se mobiliser contre la construction du nouveau réacteur nucléaire, EPR Se manifester à chaque élection par un bulletin de vote qui soutienne l’écologie... Pourquoi pas Verts?

100 % de renouvelable, c’est possible, on s’y met?

Les Verts - Secrétariat national - 247 rue du Faubourg Saint-Martin - 75010 Paris
Téléphone : 33 (1) 53 19 53 19 - Fax : 33 (1) 53 19 03 93 - http://www.lesverts.fr

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