Philippe JEANNIN

Professeur des universités en sciences économiques (Toulouse III) Chercheur au LEREPS (Toulouse I) Philippe.Jeannin@univ-tlse1.fr www.iut-tarbes.fr/rech/cv/jeannin2009.pdf http://appliphp.univ-tlse1.fr/LEREPS/spip/IMG/pdf/Jeannin_CV_court_2009.pdf

PENSEE ET POLITIQUES ECONOMIQUES
Résumés de cours et de travaux dirigés Seconde année de Gestion des entreprises et des administrations IUT de Tarbes 2010 – 2011 http://www.iut-tlse3.fr/moodle/course/view.php?id=2568

Aux étudiants : Ces résumés complètent vos notes prises en cours, auquel je vous recommande d'être assidus. Veuillez consulter la version la plus récente de ces résumés sur le site Moodle indiqué ci-dessus, afin de bénéficier des mises à jour les plus récentes. N'hésitez pas à me contacter si besoin. Merci.
Dernières publications de l'auteur « Les économistes et leurs revues », "Revue d'Economie Politique", vol. 114, n°3, mai-juin 2004, pp. 275-288. Et « Problèmes économiques », n°2859, 29 septembre 2004, pp. 37-41. « Implementing Relevant Disciplinary Evaluations in the Social Sciences. National vs International Interactions in Scientific Communities », en coll. avec J. Devillard, "Scientometrics", vol. 63, n°1, 2005, pp. 121-144. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 1

Références générales
Patrick Artus Olivier Pastré Sorties de crise Ce qu'on ne nous dit pas Ce qui nous attend Perrin 2009 Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005 Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 Antoine Bozio Julien Grenet ed. Économie des politiques publiques La Découverte Repères 2010 www.ecopublix.eu Nathalie Choumette Frédéric Choumette Les politiques économiques Ellipses 2008 Jean-Marc Daniel La politique économique PUF Que sais-je ? 2010 Xavier Greffe Politique économique Economica 1991 Jean Pisani-Ferry Politique économique : avons-nous appris ? Revue économique 2008/3 vol. 59 pp. 387-412

Lire les articles économiques du journal Le Monde Écouter les émissions économiques de France-Culture (95.7 à Tarbes) Pour des statistiques : www.insee.fr Charger une application (gratuite) sur votre iPhone : OECD Factbook 2010 (100 indicateurs économiques des membres de l'OCDE)

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1. Les fondements de la politique économique
Références (1) Philippe Adair La théorie de la justice de John Rawls Revue française de science politique 1991 41-1 pp. 81-96 (2) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. 1 (3) Antoine Bozio Julien Grenet ed. Économie des politiques publiques La Découverte Repères 2010 ch. 1 & 6 (4) Philippe Van Parijs John Rawls, père fondateur de la pensée politique contemporaine Le Monde 27 novembre 2002

La politique économique est le fait de l'État. Plus précisément des administrations publiques (État central, collectivités locales, administrations de Sécurité sociale). Comment l'étudier ? Pourquoi l'État doit-il intervenir ? Comment évaluer son action ? 1. Comment aborder la politique économique ? Trois approches :

l'économie positive : l'économiste ignore la politique et étudie les effets des choix publics sur les agents économiques. l'économie normative : l'économiste formule des recommandations. Cette économie se fonde sur les acquis de l'économie positive. Embûches : a) des recommandations de premier rang ou de second rang ? b) et les asymétries d'information ? L'économie politique : l'économiste étudie les déterminants des politiques économiques. L'État est un acteur qui a ses objectifs propres (comme garder le pouvoir ou appliquer une politique partisane), qui peuvent être anticipés par les autres acteurs.

La politique économique repose sur la mobilisation d'instruments (comme la fixation des taux d'imposition) afin d'atteindre des objectifs (comme la diminution du chômage). Cela dans un environnement de marchés et d'institutions1.
1 Douglas North définit les institutions comme des contraintes imaginées par l'homme pour structurer l'interaction entre les hommes. Ces contraintes peuvent être formelles (comme des lois) ou informelles (comme des

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En pratique, la politique économique exige des arbitrages (par exemple entre emploi et productivité) et des réformes institutionnelles (par exemple des organes de régulation des marchés financiers). 2. Quelle est la raison d'être de l'intervention publique ? Les trois motifs de l'intervention publique :

l'allocation des ressources (leur affectation entre différents usages, selon les objectifs poursuivis ou à cause de défaillances de marché). la stabilisation économique (pour corriger des écarts par rapport à l'évolution souhaitée). la redistribution (entre régions, entre acteurs) qui vise à modifier la répartition des revenus.

L'intervention de l'État entend favoriser l'émergence des marchés, pallier les défaillances du marché, corriger la rationalité limitée des agents économiques et réduire les inégalités (3) pp. 9-23. 3. Quelle évaluation des politiques économiques ? Les critères de décision : en se donnant une fonction de bien-être social U = f (U1, U2, U3,...), on en comprend les enjeux. On oppose une fonction à la Bentham2 (selon laquelle on maximise U = ∑ Ui ) à une fonction à la Rawls3, selon laquelle on maximise un bien-être minimal U = Min (Ui). En pratique, l'évaluation des effets des politiques économiques fait appel à des outils différents pour les questions d'allocation, de stabilisation, de
conventions). 2 Jeremy BENTHAM (1748-1832), philosophe et juriste britannique. Sa doctrine est l'utilitarisme : « le plus grand bonheur pour le plus grand nombre ». Chaque individu agit en fonction de l'utilité (c'est-à-dire du plaisir) qu'il retire de ses actions. Bentham, qui propose une arithmétique des plaisirs, les uns comparés aux autres, estime que l'État doit prendre les mesures qui permettent de maximiser le bonheur total. 3 John RAWLS (1921-2002), philosophe américain. Dans ses travaux, il cherche à rendre compatible la liberté la plus grande avec une égalité effective des chances la plus forte. Sa théorie repose sur deux principes : le principe de liberté-égalité (la liberté de chacun, qui est la même pour tous, respecte la liberté d'autrui de se réaliser) ; le principe de différence, qui admet des inégalités justes (à condition qu'elles ne perturbent pas la mobilité sociale et qu'elles se fassent au plus grand bénéfice de la société). Et il revient à l'État de faire fonctionner des institutions qui soient justes. Pour Rawls, c'est donc la redistribution qui prime sur les autres motifs de l'intervention publique, de sorte que c'est l'optimum social qui conduit à l'optimum économique (1) p. 90-91. La thèse de Rawls est une alternative à celle de Bentham (4).

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Pour évaluer une politique ex ante. 116-117. Parmi d'autres indicateurs. on peut faire appel à des expériences contrôlées (en comparant un groupe qui a été soumis à cette politique à un autre qui ne l'a pas été).redistribution : allocation (analyse en équilibre partiel ou général). savoir ou niveau d'éducation. Évaluer les politiques s'effectue ex ante (a priori) ou ex post (a posteriori) (3) ch. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 5 . on utilisera une analyse coût-bénéfice. qui prend en compte d'autres critères (santé/longévité. 6. L'évaluation des politiques est indispensable afin de les corriger ou de mieux les adapter à leurs objectifs. car cet indicateur est très critiqué. Les évaluations ne doivent pas négliger les effets secondaires. Pour évaluer les politiques. citons l'IDH. on ne saurait se contenter du PIB comme mesure du bien-être. Ses modalités sont variées : elle est effectuée prioritairement par l'administration ou par des experts directement rattachés au gouvernement (c'est le cas de la France) ou par des institutions parlementaires (c'est le cas aux États-Unis) afin de faciliter le débat public (3) pp. C'est ainsi par exemple qu'une baisse d'impôt a des effets directs (par exemple accroissement de la demande) et indirects (en améliorant le sort des acteurs soumis à cet impôt). stabilisation (fonction de perte macroéconomique). niveau de vie). Pour évaluer une politique ex post. redistribution (mesure du bien-être social).

2. La puissance publique connaît aujourd'hui une double diffraction : horizontale. avec des autorités indépendantes (ex. elle est devenue indispensable. la critique de Lucas (les comportements dépendent des politiques menées) les limites de la confiance : l'incohérence temporelle (la politique. principe de précaution (exemple de la destruction de ressources naturelles) les limites de la modélisation : les anticipations rationnelles (les agents privés intègrent la fonction de réaction des autorités publiques). ne l'est pas ex-post). monnaie) . acteur unique ou stratège avec contraintes ? Il y a peu. le défaut de crédibilité (des engagements de l'État face aux comportements des acteurs privés).. Économie des politiques publiques La Découverte Repères 2010 ch. avec des instances comme l'UE ou l'OMC. optimale ex-ante. – raisonnement en moyenne sans prise en compte de la distribution des risques. avec une fréquente méconnaissance des risques extrêmes (exemples récents de la grippe et de la crise) – distinction entre risque (connu en probabilité) et incertitude (non connu en probabilité) – optimalité de ne rien faire : valeur d'option de l'attente en présence de coûts fixes ou d'irréversibilité . verticale. Depuis la crise. 2 (2) Antoine Bozio Julien Grenet ed. Pensée et politiques économiques Page 6 – – Philippe Jeannin . La difficulté d'évaluation des politiques économiques s'en accroît d'autant. l'aléa moral (l'assurance d'être aidé pousse les acteurs aux risques). La politique économique dans un monde imparfait Références (1) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. 1. L'expérience des limites – les limites de la connaissance : – interrogations sur la modélisation : quels modèles utiliser ? Quels paramètres ?. 1 & 6 Le décideur public.. l'intervention de l'État devait être modeste.

. nationaux et internationaux. les gouvernements subissent des pressions (des lobbies). la gestion durable des ressources naturelles.. 2.. elle est à l'oeuvre par l'accroissement des échanges entre pays.) qui exigent une coopération entre États. la préservation du climat. la politique économique est marquée par le recouvrement de pouvoirs locaux. Elle conduit à une coordination internationale des politiques économiques. Les limites de la bienveillance : les hommes politiques ne servent pas toujours l'intérêt général. ils peuvent chercher à maximiser leurs chances d'être réélus. Plus largement. De telles limites expliquent l'indépendance donnée à la Banque centrale européenne. Vivre dans l'interdépendance La montée des interdépendances.. On prend ainsi conscience de l'existence de biens publics mondiaux (la stabilité financière. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 7 . L'histoire de l'Union européenne illustre les degrés d'union économique que peuvent se donner des États. des contrats incitatifs doivent être mis en place pour que l'agent qui dispose d'une information privilégiée ait intérêt à la partager. En effet. Exemple de la délégation de service public. – Toutes ces limites conduisent les gouvernants à déléguer leur pouvoir à des agences indépendantes et à édicter des règles fermes que les gouvernants s'interdisent de transgresser.– les limites de l'information : l'information étant asymétrique (certains agents ayant une information privilégiée).

) compliquent la modélisation.3. 1. instruments peu efficaces.2.. On distingue trois types de variables : – les variables exogènes. 1 (2) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch.. ou la fonction de production) – les équations de comportement (qui reflètent telle ou telle théorie) Pour une application simple. c'est penser et justifier l'intervention de l'État dans une économie de marché » (1). sujette à critique théorique. dont les valeurs sont sous contrôle de l'État – les variables endogènes ou objectifs. 1 « Penser les politiques économiques. Indicateurs et variables La mesure des indicateurs économiques est délicate. qui devient cependant plus réaliste. Le classement des variables en instruments ou objectifs résultant de choix théoriques et politiques. l'équilibre du Budget) – les équations techniques (comme la pression fiscale.. imprécise. Les contraintes et la sélection des instruments et des objectifs – – Certaines contraintes (indicateurs non disponibles. Pensée et politiques économiques Page 8 Philippe Jeannin . dont les valeurs sont des données – les variables instrumentales. 1. optimisation et biens publics Références (1) Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005 ch.. car coûteuse. Choix politiques. réfléchir sur le petit modèle à la fin de ce chapitre. 1 (3) Xavier Greffe Politique économique Economica 1991 ch. résultant du jeu entre variables exogènes et instrumentales Les relations entre variables : – les relations de définition (par exemple du solde budgétaire) – les relations d'équilibre (par exemple. Le choix des instruments et des objectifs 1.1.

Arrow4 a démontré qu'il n'était pas possible de la construire à partir des relations de préférence individuelles. Le recours à l'optimisation En théorie. en particulier pour la prise en compte des comportements et de la dynamique entre variables 3. Il existe des seuils et des délais qui rendent la politique économique plus difficile. les responsables de la politique économique devraient chercher à maximiser (optimiser) une fonction d'utilité collective. on pourra se contenter d'un optimum de second rang (second best) Le passage du modèle économique au modèle économétrique pose également des difficultés. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 9 . les médias. Un bien collectif est un bien dont l'utilisation (pour la consommation ou la production) peut être faite par plusieurs agents économiques. Cette fonction classe les divers états réalisables d'une économie. Nobel en 1972) est un économiste américain qui a travaillé sur l'information imparfaite et l'équilibre général. 2. pour lesquels on peut imaginer des péages) 4 Kenneth ARROW (né en 1921.. Son théorème d'impossibilité (d'agréger les préférences individuelles) est célèbre. 5 Un bien collectif pur est non rival (une fois produit. Un état réalisable est une répartition (parmi d'autres) du stock total des ressources d'une société entre ses membres. Pour étudier la manière dont ces biens peuvent être financés. et qui sont financés par l'impôt) des biens collectifs impurs (sans obligation d'usage. comme les autoroutes. comme la sécurité publique. Généralement..3. Les difficultés de mise en oeuvre de l'optimisation – – – – Mais cette fonction d'utilité collective. on distingue des biens collectifs purs5 (avec obligation d'usage. A défaut d'atteindre la meilleure solution possible. sans que ses caractéristiques en soient affectées. 1. ces biens collectifs sont des services non marchands : la défense nationale.– Il n'existe pas une seule politique possible ! Les options prises par les gouvernants peuvent très diverses. les infrastructures. il est au service de tous) et non exclusif (il est impossible d'en limiter l'usage à ceux qui ont payé). Les implications de la production de biens collectifs Pourquoi des biens collectifs ? Parce qu'il n'est pas dans l'intérêt des particuliers de les produire ! On estime souvent que les biens collectifs résultent de défaillances du marché.

Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 10 . club goods) qui sont fortement indivisibles et à destination d'un petit nombre d'agents : un parc scientifique (ou technopole) par exemple.Il existe aussi des biens mixtes (mixed goods.

1188) On pourra survoler (dans une annexe enregistrée sur Moodle) un article scientifique dans lequel un modèle est construit. C la consommation des ménages. c leur propension à consommer.Application un modèle simple de politique économique. A les dépenses autonomes (en fait ici le solde budgétaire). « Elle définit le solde budgétaire – ici l'instrument de la politique – qui permet d'atteindre le niveau requis de l'objectif – ici le niveau du revenu – et par conséquent de l'emploi ». le multiplicateur de Keynes Si Y est le revenu. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 11 . Cet article illustre le travail de l'économiste. résolu et testé. (Xavier Greffe. article Politique économique de l'Encyclopédie économique Economica 1990 p. on a : Y=C+A C=cY Donc : Y = [ 1 / (1 – c) ] A = k A ou bien : A* = (1 / k ) Y* (1) (2) (3) (4) (relation d'équilibre) (équation de comportement) L'équation (4) définit un modèle de politique économique.

2. 2 (2) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch.. 1 1. La politique économique en dynamique Références (1) Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005 ch. L'optimisation de la croissance à long terme 1. La politique économique doit aider Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 12 . Dualisme structurel et croissance Les économies en développement sont souvent duales : le secteur moderne y est coupé du secteur traditionnel et les écarts de productivité et de performance sont considérables entre les deux secteurs.1. Nombre d'acteurs de l'économie se souciant peu de ce principe. 1. La limitation des déséquilibres structurels 2. politique de lutte contre la fuite de cerveaux. politique de brevets et licences.. 1 (3) Xavier Greffe Politique économique Economica 1991 ch.2. Croissance et progrès technique Le progrès technique est facteur de croissance. L'amélioration du bien-être des générations présentes est alors conciliée avec la sauvegarde de l'environnement pour les générations futures. Les économistes l'ont d'abord traité comme un phénomène exogène ( c'est le fruit du hasard. il est déterminé en dehors de la sphère de l'économie) puis endogène (il résulte de l'accumulation des connaissances passées et des ressources consacrées à la recherche-développement – RD -). il revient aux décideurs publics de prendre des mesures favorisant une croissance soutenable : principe du pollueur-payeur.. Réaliser une croissance soutenable Une croissance économique est soutenable lorsqu'elle n'hypothèque pas la croissance économique ultérieure. D'où l'importance d'une politique économique en la matière : stimulation de la R-D et de l'innovation.1. exonérations fiscales pour les constructeurs d'éoliennes. il améliore la productivité.4..

3. Les politiques contracycliques Il revient à l'État de limiter l'amplitude de perturbations cycliques. l'État intervient (par des dépenses et des règles nouvelles) pour compenser destructions de biens et baisses de revenus. La dualité existe aussi entre secteur manufacturier (à productivité forte) et secteur de services (à productivité faible).). l'État est conduit à aider des secteurs à productivité faible. né en 1922.le secteur traditionnel à se moderniser et favoriser les synergies entre les deux secteurs. dans lesquelles il a parfois une part de responsabilité. De sorte que la tertiarisation de l'économie induit un ralentissement de la croissance. Cependant. Les décisions populaires (baisse des impôts) sont prises avant les élections.2. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 13 . actions terroristes. 2. les infrastructures. la recherche.1.. d'où la faible productivité du secteur public (loi de Baumol6). économiste américain. pour nombre de secteurs économiques. Le cycle politico-économique (Political Business Cycles) Il est animé par les hommes politiques.... 6 William BAUMOL. né en 1932. la production de biens publics améliore les performances du secteur privé. est un économiste américain spécialiste de la théorie des choix publics.. comme l'éducation. 7 Mancur OLSON. Secteur public et croissance Pour pallier les défaillances du marché. les décisions impopulaires (hausse des impôts) après ! Ces manipulations de l'opinion (mais les électeurs sont-ils tous dupes ?) sont nocives pour l'activité économique (stop and go) et pour la crédibilité des hommes politiques. Qui s'explique également par une gestion bureaucratique par l'État (Olson7). 3... soucieux de leur réélection.2. 3. Les politiques contracycliques en réponse à des chocs aléatoires Face à des événements imprévus (catastrophes écologiques. L'action de l'État s'impose alors pour favoriser le secteur manufacturier ou pour encourager le développement de services à forte productivité (télécommunications ou finance).

Y1 ) La satisfaction de ce groupe s'accroît avec l'accroissement des dépenses publiques G et du revenu réel Y1 de ce groupe D'où la fonction d'utilité du gouvernement : J = r1 U1 ( YP ) + r2 U2 ( . bien simpliste il est vrai. chômeurs (U2).P ) + r4 U4 ( G .P ) le secteur privé est sensible à l'augmentation du les chômeurs sont sensibles à la diminution du Ce groupe est sensible à la stabilité des prix (4) U4 = U4 ( G . En effet. de la perte de compétitivité. institutions financières et rentiers (U3)... permet de critiquer la théorie du cycle politico-économique. 55-57] Supposons la société divisée en actifs du secteur privé (leur utilité est notée U1). De sorte qu'un gouvernement sous de telles contraintes se polarisera plutôt sur ces questions.Application Un petit modèle de Xavier Greffe [in (3).V ) taux de chômage V (3) U3 = U3 ( . pp. de la dégradation de l'environnement. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 14 . cette opposition entre gouvernements de droite et de gauche peut être relativisée parce que des questions comme celles de l'équilibre externe. bureaucrates et fonctionnaires (U4) : (1) U1 = U1 ( YP ) revenu réel YP (2) U2 = U2 ( .V ) + r3 U3 (. peuvent devenir prépondérantes. Y1 ) « A priori les coefficients r2 et r4 seront relativement plus forts chez les gouvernements de gauche que chez les gouvernements de « droite ». Ce modèle. et inversement pour les coefficients r1 et r3 ».

Elle est liée à deux fonctions : la popularité. Donc la politique économique n'est pas efficace. à leur idéologie et à leur contrainte budgétaire. fragiliser la finance. Elle va.. et modifie les comportements privés (recherche de rentes plutôt que stimulation à l'innovation). 1. pour les tenants de cette théorie des choix publics. Des théories antagonistes qui conduisent à des remises en question stimulantes. Ce sont les électeurs (ou la majorité) qui dictent leur choix aux hommes politiques. l'électeur intervient dans le débat en dehors des périodes électorales (grèves. subventions indues. ch. la réaction gouvernementale. 2. Choix publics et politiques économiques Pour les théoriciens des choix publics (public choices). on estime que les comportements des agents sont adaptatifs : les Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 15 . Critiques théoriques de la politique économique Références (1) Jean-Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005. lobbyisme) et l'élu est le serviteur de l'intérêt général et applique son programme. cependant. (2) pp. les choix politiques sont influencés par les variables économiques. En réalité. Anticipations rationnelles Généralement. souvent. 109-113). est inspirée par une vision plutôt cynique de la démocratie (cf. Dès lors. 2 Pas de consensus entre économistes sur l'efficacité des politiques économiques. 2 & 7 (3) Xavier Greffe Politique économique Economica 1991 ch. réduire les recettes fiscales. 3 (2) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch.. détournements fiscaux. perturber le jeu du marché. Une telle politique économique est cause de corruptions : attributions de monopoles. Ceux-ci surveillent leur indice de popularité dans les sondages et conduisent la politique la plus adaptée à cette cote de popularité. le cycle politico-économique n'est plus une dérive mais une règle de fonctionnement de l'économie.5. Cette théorie.

Pour la France. Le mérite de la courbe de Laffer est de « rappeler aux décideurs que la fiscalité affecte le comportement des agents.. forment des anticipations conformes aux meilleures informations disponibles à tout moment.prévisions sont régulièrement révisées au vu des erreurs passées. les gouvernements doivent désormais intégrer la réaction attendue des agents économiques à ses décisions » (cf. La nouvelle économie classique. Thomas Piketty a montré récemment. Ces recommandations. Il en résulte que les décideurs publics ne peuvent pas influencer les comportements des agents. fort populaires. l'excès des transferts (incitations à l'inactivité et au travail au noir) et les coûts de la réglementation entravent l'offre. évacue la question centrale de l'économie. 562). Le programme des économistes de l'offre recommande donc une diminution des dépenses publiques. l'excès de pression fiscale. peut engendrer une baisse des recettes fiscales de l'État. celle de la coordination des décisions individuelles. dans un univers de concurrence pure et parfaite. adopte une approche fondée sur une hypothèse d'anticipations rationnelles (rational expectations) : les agents. (2) pp. Toute politique économique est donc inutile. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 16 . c'est le critère de l'espérance mathématique qui conduit à la décision. En effet. en décourageant l'activité économique. de la réglementation et de la masse monétaire.. C'est ainsi que la courbe de Laffer illustre que l'accroissement du taux d'imposition. (2) p. Or la distribution des comportements des agents (les valeurs extrêmes en particulier) est mal connue . des impôts. L'économie de l'offre Pour relancer l'économie. que l'on était toujours dans la partie croissante de la courbe de Laffer. ont été appliquées par le gouvernement Reagan dans les années 1980. il vaut mieux même parfois ne rien faire (à cause de l'irréversibilité de certains choix et des coûts irrécupérables sunk costs) ! Cette théorie. Techniquement. dans cette théorie. « Pour évaluer l'impact des décisions possibles. » (cf. elle. 3. en outre. 88-89). dans le cas de l'impôt sur le revenu. il faut non pas stimuler la demande mais libérer l'offre.

C'est ainsi par exemple que la liberté d'entrée est plus cruciale que les mesures réglementaires des néo-classiques. mais à son insuffisance. lutter contre les firmes qui contrôlent leurs prix. Quant au chômage. Il est très libéral et très critique à l'égard du modèle socialiste comme de toute politique économique. la consommation étant trop élevée. Le programme autrichien consiste à éviter les dérèglements monétaires. – la concurrence n'est pas un phénomène statique mais dynamique. Von Mises) de l'approche néoclassique est conduite sur quatre fronts : – le processus marchand (caractérisé par l'esprit d'entreprise et la diffusion des innovations) est un concept plus riche que celui d'équilibre. Le programme autrichien La critique autrichienne (Hayek. Qu'il y ait initialement impulsion monétaire ou accroissement des dépenses publiques.4. Ce programme entend aussi garantir la liberté d'entrée sur les marchés de production. l'économie sera déréglée. Les prévisions erronées qu'ils en tirent ne se corrigent pas rapidement. mais la coordination des choix individuels. il est causé par l'existence de secteurs en déclin bénéficiant d'avantages acquis. – l'information des agents économiques est mauvaise. – la question n'est pas celle d'un bien-être atteint grâce à un équilibre. La crise n'est pas due à un excès de capital. stimuler l'innovation et l'esprit d'entreprise de façon non discriminatoire. avoir enfin une fiscalité neutre. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 17 .

administrations de sécurité sociale). administrations locales. Des trois fonctions traditionnelles de l'État (allocation. 3 (4) Philippe Jeannin. Historiquement : . notes de cours de maîtrise de Sciences Économiques.6. des budgets systématiquement déficitaires (à cause de la hausse des dépenses de Sécurité sociale et des charges d'intérêt de la dette) (France en 2009 : . La politique budgétaire Références (1) Patrick Artus Olivier Pastré Sorties de crise Ce qu'on ne nous dit pas Ce qui nous attend Perrin 2009 (2) Jean-Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005 ch. c'est un excédent budgétaire.7 % du PIB) . Chaque année. par l'emprunt. 1. L'excédent budgétaire permet de rembourser la dette publique ou d'investir (Norvège. des administrations locales et des administrations de sécurité sociale. Emirats Arabes Unis). Le budget des administrations publiques recouvre les budgets de l'État. Si le solde budgétaire est positif. stabilisation). c'est surtout la troisième qui est concernée par la politique budgétaire. Enjeux Le Budget est le compte des prévisions de recettes et de dépenses des administrations publiques (État. 1990. L'emprunt est assuré par des bons du Trésor et des obligations publiques.Une montée de l'endettement (plus de 50 % du PIB pour la France) Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 18 . qui doit beaucoup à Keynes. La dette publique résulte de l'accumulation des déficits passés. l'État emprunte pour couvrir le déficit de l'année et rembourser les emprunts arrivant à échéance. Le déficit budgétaire doit être comblé : par un crédit accordé par la banque centrale (cette monétisation du déficit est interdite aux pays membres de l'Union monétaire européenne). redistribution.Depuis les années 1970. par les impôts. S'il est négatif. Politique économique. Université de Perpignan. c'est un déficit budgétaire.2. Le solde budgétaire est la différence entre recettes et dépenses. 5 (3) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch.

des programmes d'action et de performance pour les administrations de l'État. l’État devrait s’engager dans une comptabilité patrimoniale. mais celle-ci est contraire au principe constitutionnel de l’annualité budgétaire. Pensée et politiques économiques Page 19 Philippe Jeannin . Pour corriger certaines de ces asymétries. ci-dessous).. Cette modélisation peut être enrichie par la prise en compte de la politique monétaire (policy-mix) et de l'ouverture aux échanges avec l'étranger. on reporte les « services votés » de l’exercice précédent. chaque année. Pour pallier ces difficultés. J. L'évaluation empirique des multiplicateurs de dépenses publiques est difficile. Les asymétries d'information entre l'État et ses partenaires sont nombreuses (et mobilisent la théorie de l'agence. 2.Les taux d'endettement du début du XXIe siècle sont inférieurs à ceux du passé (guerres) . 2. a été introduite la LOLF (loi organique relative aux lois de finances) qui introduit. Théories C'est Keynes. François soulignait les dysfonctionnements importants dans les relations comptables entre l’État et les établissements publics et dans la gestion du parc immobilier. avec des indicateurs de performance appréciés par le Parlement et la Cour des comptes. En outre. en France comme ailleurs. dans un rapport de septembre 1999.J. Les critiques néoclassiques : – Si la courbe d'offre est très pentue. les multiplicateurs sont faibles et instables dans le temps. la procédure budgétaire elle-même. un accroissement de la dépense publique se transmet à l'économie avec un effet multiplicateur égal à l'inverse de la propension des ménages à épargner. est non seulement opaque mais caractérisée par une forte inertie (en France. soit 90 % du total des crédits !) . depuis 2006. Keynes et ses critiques Selon une modélisation keynésienne simple (cf. en 1936. qui recommande l'utilisation de la politique budgétaire pour accroître la demande globale.Des philosophies et des pratiques différentes selon les pays Concrètement. alors la demande est pénalisée par une hausse des prix. Souvent. cf.1. (3) pp. 84-89).

C'est pourquoi a été instauré en 1997 un Pacte de stabilité et de croissance (PSC) pour prévenir et sanctionner des déficits excessifs. 22/12/2004). faut-il recommander pour la France. Pour chaque membre de la zone euro Les États membres de la zone euro sont tentés d'abuser de la politique budgétaire. Lorenzi (Le Monde. L'État doit donc se soucier de la solvabilité de sa dette. Les critiques du PSC reprochent à ce dernier de contraindre à l'excès les politiques de court terme sans donner une orientation satisfaisante à la politique budgétaire dans le long terme.H. En conclusion. et la dette publique ne pas excéder 60 % du PIB.1. En conclusion. D'autant plus que le traité de Maastricht prévoit en plus une coordination des politiques économiques de l'Eurogroupe. la dette représente environ 73 % du PIB. Le PSC comprend deux volets : – Chaque État membre définit un programme triennal de stabilité qui est évalué par l'Union européenne. Car une politique budgétaire insoutenable dans un État particulier ferait courir un risque d'instabilité monétaire à l'ensemble de la zone euro. la réunion régulière des ministres des Finances de la zone. la politique budgétaire est efficace à court terme. en France. le déficit public d'un État membre ne doit pas dépasser 3 % du PIB. Une certaine flexibilité du Pacte a été introduite en 2005 pour mieux prendre en compte la soutenabilité des finances publiques. tout va bien.– Le déficit budgétaire ne risque-t-il pas d'être analysé par les ménages comme une hausse future des impôts ? 2. 3. L'économie de la dette La succession de déficits budgétaires gonfle la dette. Tant que l'endettement public est jugé soutenable par les agents. comme C. de Boissieu et J. – Sauf circonstance exceptionnelle.2. un renouveau de la politique économique ? Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 20 . Aujourd'hui. à moins que la dette publique ne soit importante et modifie le comportement des ménages. De nombreux travaux ont étudié le difficile arbitrage entre la relance économique par le déficit budgétaire et l'intérêt des générations futures. Politiques 3.

l’économie de marché ne tend pas d’elle-même vers l’équilibre de plein-emploi. 162-167).2.a ). Pour le budget européen Les responsabilités de politique économique sont limitées à l'échelon européen : le budget européen ne représente que 1% du PIB communautaire ! On pourrait imaginer que des services publics soient financés au niveau européen et que des impôts « européens » soient créés. l'Union établit toutefois un programme de politique économique (GOPE.a ) et le multiplicateur fiscal : k T = ΔY / ΔT = . sans que Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 21 . Au cœur de l’argumentation keynésienne de la politique budgétaire. réside en effet le jeu du multiplicateur (cf. La multiplication budgétaire Le programme keynésien de politique économique insiste sur la demande et mobilise l’instrument budgétaire. Soit le modèle macroéconomique suivant (où Y désigne la production. Tandis que le multiplicateur fiscal exprime l’augmentation de revenu et de production qui découle d’une diminution des prélèvements de l’État. où T désigne les recettes publiques. (4) pp. ils préconisent d’accroître la demande en augmentant les dépenses publiques. A l’équilibre.a T) d’où le multiplicateur budgétaire (ou de dépenses publiques) : k G = ΔY / ΔG = 1 / ( 1 . I l’investissement. à la manière de ce qui se fait outre-Atlantique. et une action vigoureuse en faveur de la recherche. grandes orientations de politique économique). sans que T soit modifié. ces économistes recommandaient une politique active de soutien aux petites et moyennes entreprises. Le multiplicateur budgétaire traduit l’augmentation de revenu et de production qui découle d’un accroissement ΔG du montant de G.a / ( 1 . Pour les keynésiens. en rapprochant industriels. et G les dépenses publiques) : Y = C + I + G. 4. chercheurs et universitaires et en définissant des pôles de compétitivité à tous les échelons de notre pays. 3. avec la consommation C = a ( Y . la nouvelle division du travail à l’échelle mondiale et le vieillissement de sa population. Pour coordonner les politiques budgétaires des États. et dont le modèle est le multiplicateur. nous avons : Y = [ 1 / ( 1 a ) ] ( I + G + b .T ) + b. afin que la fonction de stabilisation puisse être exercée au niveau de l'Union.Face aux deux chocs qu’affronte ce pays. L'instrument principal de la politique économique est donc l’instrument budgétaire. qui sollicite le jeu sur les dépenses et les recettes publiques. En cas de chômage.

[ a / (1 . Avec la crise. En outre. alors que la baisse des impôts se traduit par une augmentation du revenu disponible.a) ] ΔG .a + a t ) qui est inférieur au multiplicateur k G. D’où le nouveau multiplicateur budgétaire : k i d = ΔY / ΔG = 1 / ( 1 . Le multiplicateur du budget équilibré k GT manifeste l’influence exercée sur Y par l’augmentation égale et simultanée des dépenses et des recettes de l’État. Cette modélisation.a) ] ΔT. dont seulement une fraction est consommée. puisque l’augmentation des dépenses publiques se transforme en augmentation des commandes. Cette modélisation ne gomme pas les difficultés de mise en oeuvre : non seulement les variables budgétaires sont peu malléables (par exemple les dépenses de traitement des fonctionnaires) ou irréversibles (les dépenses de transfert). L’impôt direct apparaît donc comme une fuite. mais encore elles souffrent d’effets d’éviction (par exemple. Cette influence est mesurée par la somme des deux effets qui viennent d’être décrits : ΔY = [1 / (1 . en entraînant une hausse de la demande d’importation). A l'exemple. très fruste. une relance des dépenses publiques peut détériorer le commerce extérieur. (1) pp. On constate ainsi que même dans le cas où l’État a un budget équilibré. Avec encore Y = C + I + G et la fonction C = a (Y . nombre de gouvernements ont fait le choix de la relance.G soit modifié. en France. son intervention n’est pas neutre. il est plus efficace d’augmenter les dépenses publiques que de diminuer les impôts (d’un même montant). Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 22 . puisque l’impact multiplicateur est réduit. du « paquet fiscal » octroyé à l'été 2008 par le Président Sarkozy. on obtient : ΔY = ΔG = ΔT. d’où : k GT = ΔY / ΔG = ΔY / ΔT = 1. on obtient : Y = [ 1 / (1 .a + a t) ] (G + I + b . peut être enrichie. 198-201). Mais la demande des ménages s'est peu développée. Soit T = t Y + k. puisqu’elle génère un accroissement de Y égal à l’accroissement initial de G (ou de T). Par exemple par la prise en compte d’une imposition directe.T) + b. Il faut donc se garder d'une lecture trop mécanique de cette théorie keynésienne (cf. le niveau de revenu et de production augmente.a k). Avec ΔG = ΔT. à cause de l'endettement de ceux-ci et du difficile accès au crédit. où t désigne le taux de l’impôt direct ( 0 < t < 1). pour lutter contre une dépression. Si les prélèvements publics diminuent.

Enjeux 1. l'activité de l'État est financée par des prélèvements obligatoires. sans contrepartie immédiate. 421-424 (4) Pascal Monier Economie générale Gualino 2005 ch. La politique fiscale Références (1) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. dégressif) si son taux moyen augmente (resp. L'assiette correspond à la valeur de l'objet imposable à laquelle on applique le taux.7. C'est un prélèvement qui n'est pas la contrepartie directe d'un service. Dérivons-nous vers un nouveau Moyen Age Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 23 . ■ taux moyen. 7 (2) Antoine Bozio Julien Grenet ed.eu (3) Guy Gilbert article « Fiscalité » dans le Dictionnaire de sciences économiques ed. C'est la part des prélèvements obligatoires (cotisations sociales comprises) dans le PIB. comme l'impôt sur le revenu. taux marginal. Comment est conduite la politique fiscale de l'État ? 1. ■ impôt affecté (à un usage particulier) ou non affecté. Impôt indirect (versé à un intermédiaire). Un peu de vocabulaire ■ assiette (ou base) fiscale. ■ pression fiscale. ■ impôt direct (payé par le contribuable au Trésor). diminue) avec la valeur de l'assiette. Généralement.1. Économie des politiques publiques La Découverte Repères 2010 ch. au profit de l'État. C'est une fiscalité dérogatoire (appelée aussi dépense fiscale) (environ 500 en France !). comme la TVA (qui est un impôt sur la consommation et non sur la valeur ajoutée). 2 www. Un impôt est proportionnel si son taux moyen ne varie pas en fonction de la taille de l'assiette. progressif. Un impôt est progressif (resp. Claude Jessua Christian Labrousse Daniel Vitry PUF 2001 pp. ■ impôt proportionnel. ■ impôt forfaitaire (avec effet revenu) ou non forfaitaire (avec distorsion des prix). 5 & 13 L'impôt est un versement obligatoire. comme les revenus ou les profits. Le taux marginal correspond au montant prélevé sur le dernier euro de la base fiscale. Le taux moyen est le rapport de l'impôt à la valeur de l'assiette. dégressif. ■ niche fiscale.ecopublix.

le service de la dette pèse sur les dépenses de l'État (TD : (4) pp. Des impôts anciens : la taille. 66) La politique fiscale consiste à fixer chaque année le taux et l'assiette des différents impôts.fiscal ? se demande Michel Bouvier (Le Monde du 25 09 2010) ■ bouclier fiscal.. Cette politique répond aux trois fonctions poursuivies par l'État : allocation. Pour financer l'armée. la TVA est un impôt dégressif) ■ Efficacité : mesurée par le taux marginal d'imposition.) !. répartition. la justice... la santé. Comparaisons internationales ■ un poids des prélèvements obligatoires très différent d'un pays à l'autre ■ une grande variété des structures de prélèvements ■ une fiscalité problématique dans les pays en développement 1. la TVA (années 1950). Aujourd'hui. 142-143) 1..-C. (TD : (4) p. depuis un siècle : l'impôt sur le revenu (1914).3. la gabelle. Son principe : les impôts payés par un contribuable ne peuvent dépasser 50 % de ses revenus. 41) 1.4. Elle s'effectue aussi entre catégories d'individus (à cause du quotient familial) Elle est affaiblie par la TVA (pour les ménages aisés. Statistiques. (2) p. stabilisation. J. En France. C'est un dispositif de plafonnement des impôts directs qui bénéficie aux particuliers. Redistribution et efficacité ■ Redistribution : mesurée par le taux moyen d'imposition. Historique Depuis Babylone (XVIIIe siècle av.. elle est globalement plus faible en France qu'au Royaume-Uni ou en Irlande. la pression fiscale est variable (France : 45 %). Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 24 . (Cf.. Au sein de l'Union européenne. Nota bene : toutes les recettes de l'État ne sont pas fiscales.2.

Par exemple. une taxation accrue peut avoir pour effet de diminuer les recettes fiscales (cf. 2. absence de fraude 2. transparence. La fiscalité en économie ouverte Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 25 . rendement financier.3.4. 553. Faut-il demander aux contribuables en fonction de leurs capacités contributives ou en fonction de leur usage des biens et services publics ? Autres caractéristiques pour un système fiscal : simplicité. courbe de Laffer). flexibilité. Théories – – Du côté positif : qui supporte l'impôt ? (c'est la question de l'incidence fiscale) Du côté normatif : comment corriger les distorsions causées par l'impôt ? (fiscalité optimale) 2. 2. L'incidence fiscale en équilibre partiel Cf.2. La fiscalité correctrice Pour corriger les externalités négatives : c'est le principe du pollueur-payeur 2. sur les prix. TD : (1) p.5. 552. sur les comportements donc. La fiscalité optimale Elle combine redistribution et efficacité. même si elle est prélevée sur les seuls offreurs » (1) p. Les distorsions liées à la fiscalité Pour une économie tout entière.Elle ne doit pas décourager le travail ni pousser les ménages à établir à l'étranger leur résidence fiscale ! 2.1. la taxation crée des distorsions sur les quantités. Conclusion de l'exemple graphique d'une taxe spécifique payée par les offreurs : « La taxe est en partie "payée" par les demandeurs aussi bien que par les offreurs.

Pourquoi ? Car la TVA n'influence pas le taux d'épargne. Cette concurrence porte-telle tort à l'offre de biens et services publics ? Et du côté des biens ? 3. Répartir efficacement la charge fiscale « Le débat politique sur le bon niveau des prélèvements obligatoires n'a ... Faire face à la concurrence fiscale Distinguer la concurrence fiscale locale (des collectivités locales) de la concurrence fiscale internationale. pas beaucoup de fondements empiriques.4.A condition pour le capital et le travail d'être mobiles. la concurrence fiscale permet d'échapper à une taxation jugée trop forte. Les économies scandinaves. puis le revenu de l'épargne) 3. où il est inférieur à 40 % ? » (1) p. où le taux de prélèvement atteint presque 60 % mais où le consentement à l'impôt est fort. Corriger les insuffisances du marché ■ fiscalité paternaliste ■ fiscalité écologiste 3. Répartir équitablement la charge fiscale ■ équité verticale : imposition équitable entre individus ■ équité horizontale : on taxe également tous les revenus. quelque soit leur nature 3. Comment coordonner les fiscalités ? Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 26 . et car l'impôt sur le revenu taxe deux fois (d'abord le revenu du travail. 579 C'est la TVA qui est préférée aux autres taxes.3. Politiques 3.2. sont-elles moins prospères ou efficaces que l'Australie.1.

réactivité tardive de la BCE au premier semestre 2008. le taux de change. 2.8. 141-145). accroissement de la valeur de l'euro entre 2005 et 2008. Le troisième point tire les leçons de la crise.pdf (4) Bernard Landais La politique monétaire et la crise MPRA (Munich Personal RePEc Archive) Juin 2009 http://mpra. l'activité économique. La montée des périls : au début des années 2000. La politique monétaire Références (1) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. Quels enseignements tirer du précédent des années 1930 ? Étudions successivement la responsabilité des politiques monétaires dans l'arrivée de la crise économique et financière récente. (2) pp. quatre canaux de transmission à l'économie sont sollicités : le taux d'intérêt. La politique monétaire est mobilisée sur trois fronts : les prix. le canal des marchés financiers.fr/2009/2009-03. la finance. A cette fin. développement des crédits hypothécaires. une crise économique et financière grave. la politique monétaire consiste à faire varier la quantité de monnaie en circulation dans l'économie pour lutter contre l'inflation et réguler l'activité. puis l'efficacité de ces politiques à atténuer la gravité de cette grave récession. Depuis l'automne 2008. 1. forte croissance de la masse monétaire mondiale. Le dénouement : éclatement de la bulle immobilière à cause du relèvement des taux de la FED entre 2004 et 2006. politique monétaire de la FED laxiste. poursuite des innovations et dérégulations financières.ubordeaux4.1. 1.ub. Une des causes de la crise économique et financière 1. 4 (2) Marie Delaplace Monnaie et financement Dunod 2006 (3) Philippe Jeannin Crise et éthique Cahiers du GRES 2009-03 http://cahiersdugres.uni-muenchen.de/15652/ Traditionnellement. La politique monétaire pour atténuer et raccourcir la crise Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 27 . laxisme également de la BCE.2. le canal du crédit ( cf.

et des objectifs nouveaux. cf. la crise financière s'explique par un grippage du processus d'information indispensable à la passation de contrats de prêts. C'est généralement le cas lorsque sont réunis plusieurs phénomènes comme une vive expansion préalable du crédit. A l'avenir. 2. 2. comme pour Ben Bernanke. 3. Il revient alors à la politique monétaire de relancer l'activité. Mais l'évolution des devises n'est pas convergente : l'euro s'apprécie tandis que la livre se déprécie. ont réhabilité des politiques de quantité (augmentation de la base monétaire ou des réserves excédentaires des banques) en y ajoutant des concours aux agents privés (papier commercial et titres à long terme représentatifs de crédits. Débats américains au milieu du gué. la politique monétaire américaine a été sollicitée de façon agressive pour corriger la crise financière et la récession.2. Les leçons à tirer : prévention et action. nouveaux objectifs ? 3. devront être intégrés. l'incertitude des acteurs. Les moyens non orthodoxes. Cette récession mondiale rapproche les banques centrales. « en période de crise déclarée. 9 Pour ce point.3. comme la surveillance des bulles immobilières. comme la FED et la Banque d'Angleterre. Laurent Clerc Les mesures non conventionnelles de politique monétaire Focus (Banque de France) n°4 23 avril 2009 4 p.1. 8 Pour cet économiste. s'accroît. 2. Des banques centrales. La déflation.4. une surchauffe des marchés des biens et du travail et une perte de compétitivité extérieure. Pour Landais. Les leçons de la crise : nouveaux instruments. Alors que certains économistes estiment que la politique monétaire n'est pas efficace.2. cette crise s'est diffusée à l'ensemble du monde. en effet. on peut arguer du contraire avec Mishkin8 : elle a limité le risque d'évaluation (des titres présents sur le marché) et le risque macroéconomique (à cause des menaces de récession). Depuis 2007. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 28 . Née aux États-Unis. Si le processus est grippé. des prix immobiliers en hausse. 3. le rôle de la politique monétaire peut être défini assez simplement : prendre toutes les mesures susceptibles d'accroître la demande ». Éviter la déflation : une ardente obligation pour les banques centrales. augmente le coût des dettes et diminue la demande des biens (car on anticipe de nouvelles baisses). les banques en particulier.2. La récession est aggravée par la crise financière.1. notamment hypothécaires)9. politique mondiale. la lutte contre l'inflation sera relativisée. A crise mondiale.

il faudra au contraire éponger les excédents de bases monétaires et de liquidités. cette crise montre que l'économie manque encore de fondements éthiques bien assurés. En conclusion... Une démarche comme celle d'Arnsperger. vers un personnalisme méthodologique. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 29 .Au sortir de la crise. est donc bienvenue (3). la crise prouve que la politique monétaire doit intégrer une surveillance prudentielle des marchés et de ses principaux acteurs que sont les banques. Plus largement.

1. 8 www. – 1. le taux d'emploi. 618] mais il existe un halo autour du chômage [(3) p.politiqueeconomique. le salaire (réel) est rigide. les actifs.2. Définitions à connaître [(2) p. Vers un nouveau plein-emploi Flammarion 2003 (5) Muriel Pucci Julie Valentin Flexibiliser l'emploi pour réduire le chômage : une évidence scientifique ? 2008 www. 100-110 . le taux de chômage. 16].com (3) Jacques Freyssinet Le Chômage La Découverte 2004 troisième partie (4) Bernard Gazier Tous « Sublimes ». simpliste. on a un chômage keynésien.9. Chômage d'équilibre Chômage structurel Salaire d'efficience 10 Ce chapitre n'a pu être traité le 12 octobre 2010. permet de comprendre le coin socio-fiscal et la trappe à inactivité. Ce modèle. les inactifs.fr Les politiques de l'emploi ont pour objectif de résorber les déséquilibres sur le marché du travail. 635-662 ] 1. la rigidité des salaires à la baisse crée du chômage classique (années 1970). le chômage (involontaire) vient d'une demande insuffisante.cee-recherche. (2) pp. le taux d'activité. S'il y a excès d'offre. Les prolongements contemporains – – – – Dans le contexte d'une demande en hausse. Les explications « canoniques » du chômage – Dans le modèle néo-classique. les chômeurs. 616] : le marché du travail. Dans le modèle keynésien. Quels fondements théoriques ? [ (1) pp. 6 (2) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. qu'il faut relancer par le biais du Budget et de la monnaie. La politique de l'emploi10 Références (1) Jean-Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005 ch. le marché du travail est équilibré. le chômage est volontaire. 1. « Il n'y a pas de complot pour dissimuler la réalité du chômage » [(2) p. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 30 .

aide à la Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 31 .. RSA) 3.1. 2.– – Le modèle insiders / outsiders (CDI/CDD) La question de l'appariement (job matching) L'objectif de plein-emploi est relativisé. formation en alternance. CES.1. aide à l'emploi pour l'embauche des jeunes. emplois-jeunes. les mesures prises concernent l'offre de travail (indemnisation. L'histoire récente Dans les années 1970 et 1980. Quels résultats ? 3. 662-699 . Quels outils ? [ (1) pp. Avec l'échec des politiques libérales initiées dans les années 1980. (4) ] Le champ des politiques de l'emploi s'élargit : la résorption des déséquilibres du marché du travail exige des ajustements quantitatifs et qualitatifs et elle sollicite les autres politiques.2. les politiques de l'emploi passent au premier rang et sont consacrées par l'Union européenne (1997). (2) pp. On oppose généralement les politiques passives aux politiques actives.. Les politiques d'offre – – – Indemniser les chômeurs réduire le volume de la population active Lutter contre le chômage et l'inactivité volontaires (RMI. Les allégements de charges patronales sur les bas salaires La réduction du temps de travail (RTT) – – 2. 110-126 . Les politiques de demande – Les emplois aidés (subventions à l'emploi) : TUC. Il est plus judicieux d'opposer les politiques de demande aux politiques d'offre : 2. le chômage mieux compris.

même si le chômage demeure faible. Ce sont les travailleurs qui sont sécurisés.2. qui craignent un déclassement social. Courrier Danemark 5 février 2009). 2009). le Danemark a mis en place la flexisécurité : accès à la formation tout au long de la vie ET flexibilité du marché du travail ET généreux système d'indemnisation-chômage. En France. L'exemple danois Depuis 1996. avec la crise. en France en particulier. est comprise la flexibilisation de l'emploi ? Comme le recours facilité aux CDD et la diminution des coûts de licenciement des CDI. 3. Succès de cette politique qui combine une politique active. pourtant marginal (cf. Depuis les années 1990. OCDE. employabilité. une législation très libérale en matière de licenciements et une prise en charge importante des chômeurs (indemnisation et formation)..). la crise actuelle affaiblit le volet sécurité (cf..reconversion. 3. les petits pays d'Europe du Nord comme les pays libéraux (USA. Comment. Cependant.. non les emplois. Aujourd'hui. Le Monde du 8 octobre 2009). Royaume-Uni) ont une meilleure situation de l'emploi. les perspectives sont sombres (cf.3. retraites anticipées. Aujourd'hui. Le Royaume-Uni a réussi ce programme (Workfare) mais a créé des exclus et des pauvres. Mais politique coûteuse ( 5 % du PIB) dans un pays aux prélèvements obligatoires élevés ( 57 % du PIB). par rapport aux années 1990. Giddens) : flexibilité du marché du travail. priorité à l'activation des dépenses : redéploiement des dépenses vers des mesures actives.. Eric Maurin. en particulier pour les jeunes. dépenses de formation. approches empiriques comme analyses théoriques ne parviennent pas à mettre en évidence de façon incontestable l'effet positif sur Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 32 . résorption du chômage structurel. L'exemple britannique La « troisième voie » (A.

l'emploi d'une diminution des coûts des CDD. [cf. (5)] Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 33 .

Allemagne. 7 (3) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. La répartition individuelle des revenus s'intéresse à la tendance centrale et à la dispersion de la distribution des revenus. France) une déformation du partage des revenus en faveur du capital et au détriment du travail (1) p. 27 Redistribution : Ensemble des prélèvements et des réaffectations de ressources effectuées par l'État et qui affectent les revenus des ménages. La répartition fonctionnelle (ou factorielle) des revenus s'intéresse au partage de la valeur ajoutée entre travail et capital. (8) Timothy B. Les politiques de redistribution Références (1) Patrick Artus Marie-Paule Virard Le capitalisme est en train de s'autodétruire La Découverte 2005 (2) Jean-Pascal Bassino Jean-Yves Leroux Pascal Michelena Les politiques économiques Foucher 2005 ch. 7 (4) Daniel Fleutôt Jean-Yves Letessier Pierre Madelaine Jean-Pierre Testenoire Economie. 1975-2006 : pourquoi le modèle social français ne fonctionne pas Autrement 2006 Revenu : flux de ressources (réelles ou monétaires) issu directement ou indirectement de l'activité économique. Patrimoine : ensemble des droits de propriété (éléments réels. qui correspond à 60 % du revenu médian. Smith La France injuste. 1991 (7) Thomas Piketty Les inégalités dans le long terme Rapport du Conseil d'analyse économique La Documentation française 2001 pp. Depuis le début des années 2000. Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 34 . on a constaté (USA. perçu par un agent économique. faut-il corriger cette répartition ? Pour Hayek. financiers et incorporels). ménage ou collectivité. individu. Analyses contemporaines Foucher 2004 (5) Jacques Généreux Les vraies lois de l'économie Seuil 2001 Loi n°8 (6) André Masson La théorie du cycle de vie illustrée « Risques » sept. les inégalités sont injustes si elles sont une entrave au bien-être collectif. 137-186.10. Les ressources n'étant pas réparties également entre tous. Pauvreté : est pauvre celui (celle) qui vit dans un ménage dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté. Répartition : partage des richesses ou des revenus au sein d'un pays ou d'un groupe social.

afin de couvrir les besoins de ses vieux jours. La courbe de Lorenz représente la concentration d'une variable pour une population donnée. Le Monde. de Thomas Piketty (2001) (7) : les inégalités de revenus se sont réduites au XXe siècle grâce à la fiscalité progressive. Thibauld Gajdos. 138-139) (en 2001) : « Si la France décidait de mettre à mal sa fiscalité progressive avec la même vigueur que cela a été fait aux États-Unis. (2) Donc des inégalités positives (à ne pas combattre) et des inégalités négatives (à combattre) ! A définir : revenu primaire. – Conclusion : l'analyse de longue période. prélèvements obligatoires. Les inégalités de patrimoine – La théorie du cycle de vie (6) décrit les relations entre patrimoine et revenu. les inégalités sont acceptées si les intérêts des plus démunis ne sont pas négligés. la disparition des rentiers a favorisé depuis 1945 de nouvelles générations d'entrepreneurs. Les critères et les enjeux 1.Pour Rawls. il serait fort étonnant que l'on n'observe pas dans les décennies à venir un fort mouvement de retour aux inégalités patrimoniales du début du XXe siècle. Les inégalités de patrimoine sont beaucoup plus fortes que les inégalités de revenus. avec à la clé un risque de Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 35 . qui sont déficientes (cf. Les inégalités de revenu – Les indicateurs : le rapport interdécile est calculé pour mettre en évidence les écarts entre les plus riches et les plus pauvres. Pour Brumberg et Modigliani (1954) l'individu planifie sa consommation sur son horizon de vie. Le cas de la France : le patrimoine national net (5000 milliards d'euros) se compose pour 56 % d'éléments non financiers (capital productif des entreprises et parc immobilier) et 44 % d'épargne financière. L'auteur ajoutait (pp.1. revenu de transfert. revenu disponible. 20 mai 2008) – 1. Le cas de la France : lecture des statistiques.2. 1. la France depuis un siècle. et son patrimoine est essentiellement une réserve de consommation différée.

.. qui permet de financer éducation. atténuer les inégalités de salaires. face à l'éducation. Smith. En France.1. institutions (facteurs de croissance). indemnisation du chômage (entre-deuxguerres). lutter contre la grande pauvreté. recherche. la mort. Pour l'essentiel. il est injuste pour les femmes. Conclusion : l'approche dérangeante d'un canadien (8) La France ne sera-t-elle bientôt qu'un « parc de loisirs adossé à une confortable maison de retraite » ? Pour T.2. il a un secteur public démesuré. Par rapport aux USA ou au Royaume-Uni ou au Japon. La politique fiscale L'impôt n'est pas un mal nécessaire. 142 ] : augmenter la part des revenus du travail dans la valeur ajoutée. le modèle social français avantage les travailleurs les plus nantis et les plus stables. Alors qu'un « État providence français transformé et rationalisé Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 36 . Le bouclier fiscal. il est la cause principale du chômage. 40 % en cotisations sociales). aujourd'hui.. Les inégalités sont nombreuses. les ressources de l'État proviennent pour l'essentiel de prélèvements obligatoires. 2. C'est un bien nécessaire. les jeunes. réglementaire. C'est le juste prix des biens publics (5). il est intenable financièrement. la culture. les ressources de l'État proviennent de prélèvements obligatoires (60 % en impôts.) Axes principaux [ (2) p. il est non redistributif à l'égard des pauvres. l'État remplit une fonction de redistribution depuis le début du XXe siècle : impôt sur le revenu (1913). La lutte contre les inégalités Lutter contre les inégalités mobilise nombre d'instruments (fiscal. infrastructures. redistribuer le capital pour compenser les conséquences de l'imperfection du marché du crédit.B. les immigrés et leurs descendants.. Privilégions deux focales : 2. 2. fixation des règles du jeu. Les politiques En France.. la France a un taux de pression fiscale relativement élevé.. empêche la réduction des inégalités et toute augmentation d'impôt pour les plus riches.sclérose économique et sociale ».

Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 37 . 321).pourrait être plus solidaire » (p.

« En est résultée une remarquable schizophrénie. l'autonomisation des autorités de concurrence. règles d'équilibre budgétaire. une règle à suivre). ex ante. Exemples : dans les relations entre États. Trois leçons de la recherche – L'intertemporalité : une politique uniquement guidée par l'optimisation à court terme est sous-optimale à long terme. Exemples : l'indépendance des banques centrales. Ces règles sont ensuite devenues flexibles. dans les entreprises Pensée et politiques économiques Page 38 – – Philippe Jeannin . Trois innovations en politique économique – La délégation (de responsabilité à une institution indépendante).. à l'orientation partisane. qui sont jugés imparfaits mais nécessaires. à l'électoralisme. p. 1. Exemples : cible d'inflation. L'approche positive de la politique économique : les gouvernements étant exposés à l'incohérence temporelle. dont trente ans de réflexion sur les conditions d'efficacité des politiques économiques nous ont pourtant appris combien elle était dommageable » (Pisani-Ferry.. – – 2. La politique économique de la France Référence Jean Pisani-Ferry Politique économique : avons-nous appris ? Revue économique 2008/3 vol. Le contrat incitatif (spécifié de sorte que l'agent ait intérêt à révéler l'information privée dont il dispose et qui lui donne un avantage stratégique sur le principal). L'économie de l'information (Stiglitz) : gouvernements comme marchés. doivent faire le meilleur usage des informations limitées dont ils disposent. 59 pp. une tendance récurrente à ne pas dire ce qu'on fait et à ne pas faire ce que l'on dit. la création d'autorités de régulation. ne sauraient appliquer des politiques vouées à l'échec. La règle (le décideur politique se donne.. 388).11.. 387-412 La France tarde à appliquer les développements récents de la recherche sur la politique économique.

. le modèle de la banque centrale indépendante dédiée à un objectif prioritaire de lutte contre l'inflation. en 1999. progression de la mesure. « la politique budgétaire reste marquée par la prééminence de l'annuel et du discrétionnaire » (Pisani-Ferry. Raisons institutionnelles : alors que. appelée mesure. Raisons politiques : les innovations dont il a été question ne sont-elles pas trop libérales pour être adoptées par un pays comme la France ? Non. elle. Comme le président de la République peut révoquer à tout moment son premier ministre. n'a jamais eu une approche innovante de la politique monétaire. conçue et exécutée par des technocrates pour lesquels chaque problème est justiciable d'une solution. la politique économique de la France est caractérisée par une conception discrétionnaire et volontariste. – – 4. Pour quelles raisons ? – Raisons intellectuelles : en France. au niveau mondial. p. 3. recours croissant à des dispositifs incitatifs. plus long que pour les autres pays. pour la France. le système institutionnel français peut dédaigner des technologies modernes de gouvernance. 401) et a été sollicitée à contre-emploi. est en retard sur ces tendances. avant qu'elle se fonde.délégataires d'un service public. la discipline budgétaire repose sur un contrat entre les partis participant aux gouvernements. l'action publique est sacralisée. les pays ont défini des politiques budgétaires souples. car ces Pensée et politiques économiques Page 39 – – Philippe Jeannin . même si la LOLF et la RGPP constituent des avancées. Gestion publique : généralisation du modèle de l'agence. elle repose en France sur la délégation du contrôle de la dépense à un ministre des Finances puissant et elle souffre d'un Parlement faible.. Dans le cas français. Politique budgétaire et finances publiques : avec l'accroissement de la dette. une conception qui s'oppose à celle de nos voisins. dans nombre de pays. La singularité française : pourquoi ? Le délai entre une percée théorique et sa traduction dans la politique économique est. Les politiques économiques à l'épreuve des innovations – Politique monétaire : s'est développé. Dès lors. dans la zone euro. La France. La France. qui préfèrent suivre des règles.

ces innovations « .. * * * Philippe Jeannin Pensée et politiques économiques Page 40 .innovations ont été généralisées. Pour Pisani-Ferry (p. y compris dans des pays à gouvernement socio-démocrate. 409).. heurtent en revanche de plein fouet la préférence pour le présent et la focalisation sur les conflits de répartition qui caractérisent les discussions de politique économique française ».

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