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VOS DROITS

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Fiche J 105
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A

INFORMATION DES CONSOMMATEURS


SUR LES PRIX
Après la seconde guerre mondiale, l’ordonnance du 30 juin 1945 permettait au ministre de l’Économie
de réglementer directement par arrêtés : les prix, leurs mesures de contrôle et de publicité. Les entre-
prises contrevenantes se voyaient exposées à des poursuites pénales.
À la fin des décennies 1970-1980, l’intervention de l’État se faisait de plus en plus discrète pour arriver
progressivement à un système de liberté des prix, proclamée officiellement en 1986.
Si la libre fixation du prix est devenue la règle, l’information du consommateur sur les prix est sa
contrepartie. Le consommateur doit pouvoir choisir en connaissance de cause, et notamment en fonc-
tion du prix. Le prix, élément déterminant du contrat, doit être connu de ce dernier au moment où il
accepte de contracter.

I. LA LIBERTÉ DE FIXATION DES PRIX


1. LE PRINCIPE : LES PRIX SONT LIBRES
« Les prix des biens, produits et services […] sont librement services, qu’il s’agisse des produits industriels, agricoles
déterminés par le jeu de la concurrence » (art. L. 113-1 ou artisanaux ainsi que les activités de production, distri-
C. consom. et art. L. 410-2 al. 1 C. com.). Le principe de la bution et services.
liberté des prix s’applique à tous les biens, produits et

2. LES EXCEPTIONS : LES PRIX SONT ENCADRÉS


Les secteurs réglementés sur les livres sont elles aussi réglementées et limitées à
Certains prix de biens ou services sont réglementés 5 % (loi du 10 août 1981).
comme ceux de l’électricité, du gaz, des transports
publics, les tarifs des officiers publics ministériels (huis- Les cas exceptionnels de réglementation des prix
siers de justice, commissaires-priseurs judiciaires, L’État peut intervenir occasionnellement, par décret,
notaires), ou encore les livres. dans la réglementation des prix dans deux cas bien précis
Concernant les livres, c’est l’éditeur qui impose un prix. (art. L. 410-2 al. 2 C. com.).
Le revendeur ne peut donc pas le fixer librement. Il est à • D’abord, l’État doit garantir la concurrence, moteur de
noter également que les remises pouvant être effectuées l’activité économique. Il peut ainsi intervenir en cas d’in-

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suffisance, ou d’absence de la concurrence, caractérisée • Ensuite, son intervention peut aussi être fondée sur une
soit par une situation de monopole (gaz, eau), soit par des hausse ou baisse excessive de prix suite à des circons-
difficultés durables d’approvisionnement (c’est le cas, tances exceptionnelles, par exemple, les cas de la “guerre
entre autres, pour les départements d’outre-mer), soit du Golfe” ou de l’ouragan en Guadeloupe en 1989. Ces
encore lorsqu’il existe des dispositions législatives ou régle- mesures doivent être temporaires, leur durée doit être
mentaires (notamment en ce qui concerne les activités à prévue par décret et ne peut être supérieure à six mois.
numerus clausus telles que les taxis, les pharmacies…).

3. LE NIVEAU DE PRIX
Chaque professionnel fixe librement le prix de ses pro- L. 420-5 C. com.). Pour être prohibé, le prix pratiqué doit
duits ou de ses services. Les prix peuvent donc être diffé- être abusivement bas par rapport au coût de revient du
rents pour des produits identiques, dans des enseignes produit. Le seul fait que le prix de revente soit inférieur
commerciales différentes, voire semblables (par exemple au prix d’achat ne suffit pas, il faut qu’il le soit de façon
dans les supermarchés, les magasins franchisés…). abusive.

Les prix trop élevés La révision du prix


En ce qui concerne le niveau des prix, les professionnels Le prix est en principe fixé au jour de la conclusion du
tiennent compte des lois (économiques) du marché, et si contrat. Il est interdit au vendeur de le modifier unilaté-
le consommateur accepte le prix annoncé, il doit le ralement. Mais, comme dans tous les contrats, les deux
payer, même s’il lui paraît élevé. Vous avez donc intérêt à parties peuvent s’entendre pour en modifier les termes et
faire jouer la concurrence, à comparer les tarifs des notamment le prix (à la hausse ou à la baisse).
autres professionnels préalablement à tout achat, et à Le prix peut évoluer, du moment que cela est prévu au
vous informer le cas échéant de l’existence de services contrat et que cette évolution se fait en fonction de cri-
supplémentaires offerts avec le produit. tères extérieurs aux parties.
Il est possible, et courant, que le professionnel introduise
Si vous achetez un produit et qu’après l’avoir payé vous dans le contrat une clause d’indexation prévoyant la révi-
le trouvez moins cher ailleurs, vous ne pouvez exiger du sion automatique du prix du contrat en fonction de cer-
commerçant le remboursement de la différence. Si cer- tains éléments. Pour être licites, ces clauses doivent pré-
tains grands distributeurs adoptent une telle démarche voir une indexation fondée sur les prix des biens ou
commerciale, ça n’est pas une obligation légale. services ayant un rapport direct avec le contrat (comme
les baux d’habitation indexés sur l’indice du coût de la
L’exagération du prix n’est pas en elle-même constitutive construction). Elles ne peuvent pas être fondées sur le
d’une tromperie (Cass. crim., 25 octobre 1990, Bull. crim. niveau général des salaires, le niveau général des prix, ou
n° 358). Par exemple, le fait de vendre deux objets en sur les prix des biens ou services qui ne sont pas en rap-
pierre dure pour la somme de 7 622,45 € et une statuette port direct avec le contrat.
pour 3 811,23 € alors que ces objets avaient été achetés
au prix de 128,77 € et 236,14 € n’a pas été considéré Les clauses ne doivent pas, de plus, être abusives. Sont
comme constituant le délit de fraude. Mais une telle exa- considérées comme abusives les clauses permettant au
gération peut constituer l’un des éléments de la trompe- professionnel de modifier unilatéralement les termes
rie. du contrat sans raison valable et quand cela n’est pas
spécifié dans celui-ci [art. L. 132-1 j) C. consom.] ou
Les prix bas encore les clauses permettant au professionnel de déter-
Des prix bas constituent une bonne affaire pour les miner le prix du bien ou service au moment de la livrai-
consommateurs, par exemple la baguette à 0,15 €. Néan- son, ou d’augmenter le prix, sans que le consommateur
moins, dans certaines situations, les prix considérés puisse rompre le contrat si le prix final est trop élevé par
comme « abusivement bas » entraînent des effets négatifs rapport au prix convenu à la conclusion [art. L. 132-1 l)
sur la concurrence, et sont, à terme, préjudiciables pour C. consom.].
le public. En effet, ils peuvent avoir pour objet et/ou pour
effet d’éliminer des concurrents du marché. C’est pour- Si vous avez une interrogation sur la validité de la clause,
quoi, les prix abusivement bas sont interdits (art. renseignez-vous auprès des associations de consomma-

II. L’INFORMATION SUR LES PRIX


1. LE CONTENU DE L’OBLIGATION D’INFORMATION
Le prix à indiquer sa responsabilité contractuelle et les conditions particu-
« Le professionnel doit informer les consommateurs sur les lières de la vente » ( art. L. 113-3 C. consom.).
prix des produits et services, les limitations éventuelles de Le consommateur doit savoir exactement avant le paie-

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ment ce qu’il aura effectivement à régler et ce qu’il sur le bon de commande, car cela pourra servir de preuve
obtiendra à ce prix. dans le cas où le professionnel exigerait a posteriori le
Le prix annoncé doit correspondre à la somme totale à paiement de celle-ci.
payer (art. 1er, arr. du 3 décembre 1987). Il doit com-
prendre l’ensemble des frais tels que les frais d’embal- Les frais de livraison
lage, etc., sauf ceux pouvant correspondre à des presta-
Le consommateur doit savoir exactement si le prix
tions supplémentaires exceptionnelles, rarement
demandées, antérieurement acceptées par les parties. annoncé pour un produit s’entend livraison comprise ou
N’est pas considérée comme prestation exceptionnelle la non.
livraison, dans un rayon limité, de meubles, d’articles Le professionnel peut choisir de ne pas effectuer la livrai-
ménagers qui, par leur encombrement et leur poids, ne son, dans ce cas il doit en informer clairement le
peuvent être transportés par un acheteur seul (Cass. consommateur.
crim., 11 janvier 1982, Rev. Conc. Consom. 1982, n° 19). Il peut choisir de livrer le produit. S’il assure la livraison,
Le prix doit être exprimé toutes taxes comprises, en mon- il doit indiquer si elle est comprise ou non dans le prix.
naie nationale, soit depuis le 1er janvier 2002 obligatoire- Les frais de livraison des produits qui ne sont pas usuelle-
ment en euros, même si un double affichage est possible ment emportés par les clients (comme les meubles et
mais non obligatoire. articles ménagers) doivent normalement être inclus dans
Le consommateur doit être informé quand le prix le prix de vente, sauf si leur montant est indiqué en sup-
annoncé ne comprend pas « un élément ou une presta- plément (art. 2 al. 2, arr. du 3 décembre 1987). Si les frais
tion de services indispensable à l’emploi du produit ou du sont en sus, ceux-ci ainsi que les zones desservies doi-
service proposé » (art. 3, arr. du 3 décembre 1987), par vent être indiqués sur les lieux de vente et, le cas échéant,
exemple un jouet vendu sans piles ou lorsque le prix d’un sur la publicité.
appareil ménager ne comprend pas la fourniture d’un Le consommateur doit également être informé, avant de
élément de branchement, une installation ou une mise s’engager, du montant des frais de livraison lorsqu’il
en service particulière. Si le professionnel propose une achète à distance (téléachat, Internet, téléphone, voie
prestation gratuite, il faut penser à le faire mentionner postale…).

2. LES MODALITÉS D’INFORMATION SUR LES PRIX


L’arrêté du 3 décembre 1987 vise à uniformiser les règles d’articles qu’un étiquetage pour chacun d’eux créerait
d’information sur les prix. Cependant pour certains pro- des problèmes de lisibilité. La mise à disposition de cata-
duits ou services, une information différente ou plus logues reprenant la liste complète des articles non éti-
complète est nécessaire. Ils font l’objet de divers arrêtés. quetés ou non affichés avec indication de leur prix est
toléré (exemple pour du matériel d’outillage).

CONCERNANT LES PRODUITS Les ventes par lots


L’affichage dans les magasins et lieux de vente Les produits vendus par lots doivent comporter un écri-
Les produits qui sont exposés à la vue du public teau mentionnant le prix de chaque produit composant
Le prix de tout produit destiné à la vente au détail, ou dis- le lot (en pratique, essentiellement pour des produits de
ponible à la vente de quelque façon que ce soit, doit faire nature différente).
l’objet d’un marquage par écriteau, d’un étiquetage ou
d’un affichage (art. 4, arr. du 3 décembre 1987), c’est-à- Les prix à l’unité de mesure
dire par un procédé approprié qui permet au client de Il existe pour certains produits préemballés l’obligation
pouvoir connaître le prix sans entrer dans le lieu de d’étiquetage du prix à l’unité de mesure, notamment
vente, si le produit est visible de l’extérieur, et sans avoir pour la majorité des produits alimentaires et certains
à interroger le vendeur. Ces règles s’appliquent pour tous produits d’hygiène et d’entretien. Ils doivent avoir une
les lieux de vente : boutique, magasin, lieu de vente en étiquette indiquant le prix de vente au kilo, à l’hecto-
plein air, foires, Salons. gramme, au litre, au décilitre, la quantité nette et le prix
L’étiquette sur chaque produit n’est pas obligatoire s’il y a de vente correspondant (arr. du 16 novembre 1999).
un affichage à proximité de celui-ci. Aujourd’hui, l’étique- Pour les produits vendus au poids ou à la mesure, il doit
tage individualisé sur chaque produit est très exceptionnel. être spécifié, en plus de l’indication du prix, l’unité de
Concernant les ensembles de cuisine, le prix des produits poids ou de mesure.
exposés à la vue du public doit être indiqué élément par L’obligation d’information sur les prix de ces produits ne
élément. Si la pose n’est pas comprise dans le prix, le vaut que lorsque les produits sont disponibles à la vente.
consommateur devra être informé. Certains produits sont donc dispensés d’étiquetage,
Il n’y a pas de dérogation pour les produits d’occasion et notamment les produits dont le prix est indiqué par écri-
de grande valeur. Toutefois, en ce qui concerne les anti- teau, par un spécimen visible directement par le public,
quités, il est toléré que l’affichage soit plus discret. les produits alimentaires périssables et les produits non
L’indication du prix doit être faite sur le produit, ou à périssables vendus en vrac (charbon, engrais…).
proximité immédiate de celui-ci, de façon lisible, à l’inté-
rieur du magasin et, le cas échéant, en vitrine s’il s’y trouve. Les produits qui ne sont pas exposés à la vue du public
Pour certaines professions, il existe une telle quantité Le prix des produits non exposés à la vue du public mais

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disponibles à la vente doit être affiché ; c’est le cas des • Les viandes et charcuteries : le professionnel est obligé
articles contenus dans des boîtes ou rangés dans des d’indiquer le prix au kilo, sur un tableau d’affichage
tiroirs (chaussures, articles de mercerie…). visible de l’extérieur, le prix de chaque type de morceaux
en vente en respectant les dénominations prévues, telles
Les lettres codes sont-elles valables ? que “filet”, “entrecôte”, “gigot”… (arr. du 18 mars 1993).
Il est possible d’utiliser le système d’un marquage par • Les carburants : le professionnel doit afficher lisible-
lettre code, au moyen duquel le client va se reporter à ment les prix depuis la voie publique, pour permettre
une affiche apposée dans les rayons pour savoir à quel une identification précise de chaque produit et de son
prix correspond la lettre mentionnée sur le produit, c’est prix, en plus de l’indicateur incorporé à la pompe (arr. du
le cas notamment pour les disques, livres… 8 juillet 1988 mod. par arr. du 10 avril 1990). Les négo-
ciants de fuel domestique doivent informer leurs clients
Le code-barres est-il valable ? sur leurs barèmes et leurs conditions de vente (arr. du
Le système “code-barres”, quant à lui, n’est pas suffisant 5 décembre 1985). Certaines stations-service affichent le
en tant que tel. En effet, si le(s) premier(s) chiffre(s) cor- prix du litre d’essence au millième d’euro. En principe,
respond(ent) au pays dans lequel l’article a été codifié, l’expression des prix s’arrête au centime d’euro, mais les
les cinq chiffres qui suivent au code du fabricant et les millièmes d’euro peuvent être utilisés pour les calculs
derniers chiffres avant la clé de contrôle au produit lui- intermédiaires concernant des produits ou services non
même, il n’éclaire en rien sur le prix du produit. Le prix achetés à l’unité (gaz, électricité…). Cependant, la règle
de chaque article doit être affiché lisiblement dans le de l’arrondi du prix final à payer à deux décimales doit
rayon, à proximité du produit concerné. Le consomma- être respectée.
teur pourra vérifier au passage en caisse l’affichage en
clair du prix du produit.
CONCERNANT LES SERVICES
Les ventes à distance et les tarifs des catalogues Le principe
Les modes de vente à distance (catalogues, Internet) sont L’information sur les prix doit être donnée par un docu-
considérés comme des lieux de vente car les produits ment unique et parfaitement lisible de l’endroit où la
sont directement accessibles pour les consommateurs. clientèle est habituellement reçue, en faisant une distinc-
Les contrats passés par ce moyen doivent bien évidem- tion, le cas échéant, avec des possibles suppléments de
ment obéir à l’obligation d’information sur les prix toutes prix correspondant à des prestations supplémentaires ou
taxes comprises, que ce soit sur Internet – où, sur le site, spécifiques.
il doit être fait mention des tarifs pratiqués –, pour le Pour ce qui est des services à caractère variable (travaux
téléachat et pour les catalogues, ou tout autre moyen de d’installation et de réparation), les prix et les autres
vente à distance (art. L. 121-18 C. consom.). conditions de rémunération doivent être affichés sur le
Attention, toutefois, aux droits de douane sur Internet ; si lieu de réception du public s’il y en a un, sinon le profes-
vous effectuez un achat hors de l’Union européenne, il sionnel doit les communiquer aux clients avant la
faudra ajouter au prix du produit le paiement de la TVA conclusion du contrat.
et des droits de douane qui seront réclamés au moment
de la livraison du colis. La tarification douanière est com- Il est toléré à titre exceptionnel que l’affichage soit rem-
plexe, elle varie en fonction de la nature du bien et du placé par un catalogue mis à disposition du public sur les
pays d’exportation, et est calculée en principe sur le prix lieux d’accueil lorsqu’il y a un nombre important de
de vente du produit. Pour obtenir des renseignements prestations (par exemple, les agences de voyages).
concernant ces tarifs, un numéro de téléphone est à la
disposition des consommateurs (numéro Indigo du Les régimes spéciaux concernant certains services
Centre de renseignements des douanes : 0 825 030 52 63). Pour certains services, il existe une réglementation spé-
Si vous effectuez un achat dans l’Union européenne, il cifique sur l’information des prix. On peut citer les
n’y a pas de droit de douane à payer. exemples qui suivent.
• Les médecins : les médecins libéraux doivent afficher
Spécificité pour certains secteurs visiblement et lisiblement dans leur salle d’attente leur
Pour certains produits, cependant, il existe des modalités situation par rapport aux organismes d’assurance
d’information spécifiques pour l’affichage des prix, on (conventionnés ou non), leurs honoraires et fourchette
peut citer les exemples suivants. d’honoraires des consultations, visites à domicile,
• Le pain : la dimension et les mentions des écriteaux indemnités de nuit et de dimanche (arr. du 11 juin 1996).
posés sur les étagères et celles des affiches installées en • Les prestations à visée esthétique : le praticien doit
vitrine et à l’intérieur du magasin sont réglementées. Il remettre un devis détaillé quand le montant estimé de la
doit être précisé notamment les diverses catégories de prestation est supérieur ou égal à 300 €, lorsqu’il est
pain qui sont à la vente, s’il s’agit de pain surgelé, et leur nécessaire de pratiquer une anesthésie générale ou
prix (arr. du 9 août 1978 et du 3 novembre 1978). lorsque la personne examinée en fait la demande. Dans
• Le lait : une affiche avec la mention “prix du lait” doit ce devis devra figurer notamment le décompte détaillé,
être apposée à coté des rayons. Les dimensions et cou- en quantité et en prix, de chaque prestation et produit
leurs des affiches sont réglementées, le prix de vente nécessaires à l’acte prévu (arr. du 17 octobre 1996 mod.
devant être indiqué en litre, demi-litre ou quart de litre le 15 avril 1997).
(arr. du 1er avril 1981). • Le camping-caravaning : les établissements d’hôtelle-

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rie de plein air doivent afficher à l’entrée de chaque éta- les garagistes…, le devis est facturé (selon des usages
blissement et au lieu de réception de la clientèle les prix commerciaux).
TTC et service compris des prestations offertes, ainsi que
le règlement intérieur (arr. du 27 mars 1987). Le prix du devis est indépendant de la prestation éven-
• Les assurances : lorsqu’il existe un trop grand nombre tuelle future. Il ne s’agit pas d’un acompte sur le prix à
de tarifs, du fait de l’existence d’une pluralité de situa- payer. Un devis peut coûter 30 € et la réparation 10 €. Il
tions, il est possible de ne pas afficher la totalité de ces s’agit généralement d’un prix forfaitaire qui n’est pas
tarifs. C’est le cas pour les assureurs, qui doivent, toute- récupérable, sauf indication contraire du professionnel
fois, remettre à leurs clients une fiche d’information sur qui peut l’imputer sur le prix total à payer pour sa pres-
les prix et les garanties avant la conclusion du contrat tation.
(art. L. 112-2 C. assur.).
Annonce de réduction de prix et soldes
Le devis Toute publicité annonçant des produits en solde est
C’est un descriptif détaillé des travaux à exécuter par un réglementée par un texte spécifique (art. L. 310-1 à 7
professionnel, ainsi qu’une estimation du prix définitif. C. com.). Cette publicité doit mentionner la date du
Pour certaines prestations, tels le dépannage, la répara- début de l’opération, aucun réapprovisionnement du
tion et l’entretien dans le secteur du bâtiment et de stock n’étant possible.
l’électroménager, le devis est obligatoire quand le mon- La publicité de réduction de prix (autre que les soldes)
tant estimé est supérieur à 150 € (art. 3, arr. du 2 mars est réglementée par l’arrêté du 2 septembre 1977. Elle
1990 mod.). Pour les masseurs-kinésithérapeutes, lorsque peut être faite de deux manières :
le montant estimé de la prestation est supérieur à 150 € – hors des lieux de vente : dans ce cas, elle doit préciser
(arr. du 27 novembre 1995 mod.), de même pour les pres- l’importance de la réduction (mais pas obligatoirement
tations d’optique médicale, pour lesquelles l’établisse- le prix de référence) ainsi que la période durant laquelle
ment d’un devis est obligatoire (arr. du 23 juillet 1996). la réduction de prix est valable ;
Son établissement est en principe gratuit, mais le profes- – sur les lieux de vente : l’affichage doit préciser le prix de
sionnel peut décider qu’il sera payant. Dans ce cas, le référence et le prix réduit annoncé. Le commerçant doit
consommateur doit en être informé auparavant ; s’il satisfaire toutes les demandes, au prix annoncé par la
apprend postérieurement son caractère payant, il pourra publicité, faites pendant la durée de la publicité.
refuser de le régler. Notons cependant qu’en ce qui Contrairement aux soldes, il a ici l’obligation de se
concerne certaines professions, comme les architectes, réapprovisionner.

III. LE PAIEMENT DU PRIX


Le moment du paiement tion de la carte bancaire chez les commerçants. Vous êtes
Pour les opérations de consommation courante, l’usage simplement tenu par le plafond fixé conventionnelle-
veut que le consommateur paie au moment de la livrai- ment avec votre banquier.
son ou de l’exécution du service. Lorsque le contrat est à Si le professionnel exige un montant minimal pour l’utili-
exécution successive, le paiement du prix peut être éche- sation de la carte bancaire ou du chèque, il doit clairement
lonné dans le temps. et distinctement le faire apparaître avant le paiement.
Il arrive que le professionnel demande le versement d’un (Pour plus de renseignement, consultez la fiche INC J186
acompte ou le paiement total du prix avant qu’il exécute “Payer en espèces”.)
ses obligations (notamment pour les contrats de vente à
distance, d’abonnement ou de transport). Cela est à évi- Délivrance d’une note, d’un ticket
ter, car le consommateur n’a plus de moyen de pression La délivrance d’une note n’est pas obligatoire pour les
pour exiger du professionnel l’exécution (complète) de la produits, sauf dans quelques cas particuliers, par
prestation. Il n’y a pas de règle légale concernant le taux exemple, pour les bouchers et charcutiers (arr. du 18
minimal de l’acompte. Celui-ci peut être au maximum mars 1993).
d’environ 10 % du prix global. Mais elle est obligatoire concernant les services. Le pres-
tataire doit, avant le paiement du prix, délivrer une note
Les moyens de paiement lorsque la prestation est supérieure ou égale à 15,24 €
Si le montant est supérieur à 3 000 €, le paiement ne peut TVA comprise (arr. du 3 octobre 1983), sinon elle est
être fait en espèces ; pour les montants inférieurs qui facultative, mais elle doit être délivrée si le client la lui
sont effectués par des “particuliers non commerçants”, demande. Dans certains cas, la délivrance d’une note est
tous les moyens de paiement sont licites. Attention, le réglementée particulièrement. C’est ainsi que tous les
paiement par chèque n’est pas de droit. Le commerçant restaurateurs doivent établir une note en double exem-
peut le refuser car, selon la jurisprudence, le chèque plaire, quel que soit le montant, y compris les établisse-
n’équivaut pas à une monnaie ayant cours légal. Mais il ment de restauration rapide (art. 87 du décr. du 13 juin
doit en informer clairement sa clientèle. 1966, arr. du 8 juin 1967).
Il n’existe pas de montant maximal légal pour l’utilisa- La note peut être constituée par un ticket, une facture ou

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tout autre justificatif. Elle doit obligatoirement mention- Le professionnel doit respecter les prix qu’il annonce. S’il
ner le nom et l’adresse du prestataire, les date et lieu de ne le fait pas, il pourra être condamné pour publicité
l’exécution de la prestation, le nom du client, sauf oppo- trompeuse (CA Riom, 10 janvier 1991, INC Hebdo n° 740).
sition de celui-ci, le décompte détaillé (facultatif en cas Par exemple, si chez un commerçant les prix figurant sur
de devis préalable) en quantité et prix de chaque produit le tableau d’affichage et ceux figurant à l’étal ne sont pas
ou prestation fournie, la somme à payer HT et TTC. en concordance, cela est de nature à tromper le consom-
mateur sur les prix réellement pratiqués.
Le prix annoncé n’est pas respecté
En principe, la vente ou la prestation de service est Si, dans un magasin, l’on relève régulièrement des diffé-
conclue aux conditions de l’information fournie, c’est-à- rences de prix entre le prix affiché et le prix enregistré par
dire au prix annoncé. En cas de différence entre deux éti- le code-barres, son responsable peut être condamné
quettes ou entre l’étiquette et le code-barres, le contrat pour infraction aux règles d’information sur les prix, car
pourra être conclu aux conditions les plus favorables on peut considérer que ces pratiques tendent à tromper
pour le consommateur. Si le prix lors du passage en volontairement le consommateur (T. pol. Orléans, 11 mai
caisse se révèle différent de celui indiqué dans les rayons, 1989, Mon. CI 1989, n° 1475, p. 753), ou que cela consti-
il est usuel que l’on demande au client de payer le prix le tue une publicité trompeuse (TGI Paris, 25 février 1991,
plus faible ; cependant, il faut savoir que ce n’est pas une BID 91 n° 12, p. 49).
obligation légale, mais un simple usage (Circ. du 19 juillet
Le consommateur peut être tenté d’échanger les éti-
1988).
quettes des produits, en espérant payer moins cher le
Dans le cas où il y aurait une annonce simultanée de deux
produit souhaité. Attention, cette pratique est constitu-
prix différents, le professionnel sera en infraction si cette
tive d’une escroquerie, qui est un délit pénal, punissable
anomalie repose sur une publicité inexacte ou si l’étique-
d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de
tage n’est pas conforme aux textes réglementaires.
380 000 € d’amende.
Le professionnel pourra être passible de sanctions
pénales pour infraction à la publicité des prix, voire pour
délit de publicité trompeuse. LES POURBOIRES : SONT-ILS OBLIGATOIRES ?
Pour certaines prestations courantes, se pose souvent la
Lorsqu’une erreur matérielle d’étiquetage a entraîné la question de la rémunération supplémentaire, ou pourboire,
vente d’un produit à un prix sans rapport avec sa valeur notamment pour les restaurateurs, cafetiers, coiffeurs…
réelle, le vendeur peut faire annuler la vente. Si celle-ci est La circulaire ministérielle du 19 juillet 1988, commentant l’ar-
consentie à un prix dérisoire, elle est dépourvue de rêté du 3 décembre 1987, indique que le service ne peut être
contrepartie. Donc, si le vendeur veut obtenir la nullité réclamé qu’à la condition d’être mentionné expressément sur
d’une vente pour erreur d’étiquetage, il faut que le les documents affichés à la vue du public ou mis à la disposi-
tion de la clientèle. Le taux de service (généralement exprimé
consommateur ait payé un prix dérisoire. Ce caractère est
en pourcentage) doit être précisé. Si rien n’est affiché, le client
apprécié souverainement par les juges. Par exemple, une
ne peut être obligé de payer un supplément pour le service.
personne avait acheté chez un grand bijoutier une bague Les prix doivent être affichés avec indication du service
affichée à 15 244,90 €, alors que pour le vendeur la valeur compris, ainsi que le taux pratiqué pour la rémunération de ce
réelle du bijou était de 70 126,55 € ; la vente n’a pas été service.
annulée car les juges ont estimé que, pour le client, le prix Cependant, le client est libre de verser un supplément à titre
affiché pouvait correspondre à la valeur réelle de la bague de pourboire s’il est satisfait de la prestation fournie, mais ce
(Cass. crim., 4 juillet 1995, Bull. civ. I, n° 303, p. 212). n’est pas obligatoire.

IV. PETIT LEXIQUE PRATIQUE


Prix d’appel Prix conseillé
Cette pratique consiste pour le professionnel à proposer Dans la pratique du prix conseillé, le fabricant recom-
à un prix avantageux un produit déterminé, et ainsi à mande au commerçant un prix, qui n’est pas obligatoire,
attirer la clientèle dans son magasin. Mais en réalité, le celui-ci pouvant librement vendre le produit à un prix
commerçant oriente ses clients vers d’autres produits différent. Cette pratique est légale si le conseil donné par
que celui faisant l’objet de la publicité, ces derniers pou- le fabricant ne cache pas une obligation de respecter un
vant être plus chers. prix minimal imposé. En effet, le producteur ne peut
Cette pratique des prix d’appel n’est pas directement obliger le commerçant à vendre son produit à partir d’un
sanctionnée par la loi, mais il est possible pour les certain montant (cela pouvant être sanctionné sur le fon-
consommateurs de saisir la direction départementale de dement des ententes ou abus de position dominante).
la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes (DDCCRF), sur le fondement de la publicité Prix coûtant
fausse ou de nature à induire en erreur (art. L. 121-1 Il n’y a pas de définition légale du prix coûtant, encore
C. consom.), ou de demander des dommages et intérêts appelé prix d’achat. Pour l’administration, il s’agit du
pour le préjudice subi (art. 1382 et 1383 C. civ.). seuil de la revente à perte, c’est-à-dire du prix d’achat

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effectif du produit, prix figurant sur la facture, majoré des cement le prix soit plus élevé, sinon cette pratique pour-
taxes sur le chiffre d’affaires et des taxes spécifiques. rait être condamnée par la suite sur le fondement de la
publicité trompeuse (art. L. 121-1 C. consom.).
Prix emporté
Il s’agit du prix sans le service de livraison. Prix de référence
Lorsqu’un commerçant indique sur une marchandise Un rabais est toujours pratiqué par référence au prix
“prix emporté”, cela fait croire au consommateur que antérieur du même produit ou service. Ce prix corres-
celle-ci est immédiatement disponible dans le magasin pond en fait, généralement, au prix le plus bas effective-
concerné par la publicité. Si, en pratique, le produit en ment pratiqué par un commerçant pour un article simi-
question ne s’y trouve pas, la clientèle a été induite en laire dans le même établissement au cours des trente
erreur sur la disponibilité de cet article, ce qui peut donc derniers jours. Ce sera au professionnel de justifier le prix
être sanctionné pour publicité trompeuse (Cass. crim., qu’il pratiquait avant la réduction.
14 juin 1988, n° 87-83.494).
Prix d’usine
Prix franco de port La pratique de la vente à prix d’usine est réglementée
Lorsque le prix est dit “franco de port”, le prix de la livrai- (art. L. 310-4 C. com.). Ces ventes ne peuvent être faites
son est en fait incorporé dans le prix global. Générale- que par des producteurs vendant directement au public
ment, il s’agit d’un prix forfaitaire, qui est donc le même la partie de leur production non écoulée par les ventes
quelle que soit la distance entre le lieu de production du classiques ou faisant l’objet d’un retour. Ces ventes
concernent les productions de la saison antérieure uni-
produit et le domicile de l’acheteur.
quement, ce qui justifie les réductions de prix par rapport
aux prix pouvant être pratiqués dans les lieux de vente
Prix de lancement plus classiques, comme les grandes surfaces.
Le prix de lancement est une technique utilisée par les Les prix d’usine ne peuvent être effectués par des reven-
professionnels pour inciter les consommateurs à tester deurs divers (T. corr. Poitiers, 14 octobre 1991, Contrats,
un nouveau produit. Il s’agit généralement d’un prix conc., consom 1992, n° 109, p. 16) ou lorsqu’il y a un ou
avantageux par rapport à celui qui va être pratiqué ulté- plusieurs intermédiaires (Cass. crim., 8 octobre 1985,
rieurement. Il faut cependant qu’après la période de lan- Bull. crim., p. 791).

V. LES SANCTIONS ET LES RECOURS


Les sanctions consommateurs, qui pourra vous informer et vous aider
Le défaut d’information du prix est puni des peines dans vos démarches, notamment si vous souhaitez agir
d’amende prévues pour les contraventions de la cin- en justice.
quième classe, soit 1 500 € par infraction. Les peines Vous pourrez également trouver leur adresse sur le site
contraventionnelles étant cumulatives, il y aura autant de l’INC (www.conso.net).
d’amendes que de contraventions. Si l’on trouve chez le
commerçant dix étiquettes qui sont non conformes, dix Les actions en justice
amendes seront prononcées. Concernant les infractions liées à l’affichage des prix, c’est
Sur le plan civil, le manquement à l’obligation d’informa- le tribunal de police qui est compétent (contraventions).
tion ne peut à lui seul entraîner la nullité du contrat Concernant la publicité trompeuse, c’est le tribunal cor-
(Cass. civ. 1re, 15 décembre 1998, Bull. I n° 366, p. 252).
rectionnel qui est compétent (délit).
Vous pouvez porter plainte auprès du procureur de la
Les contrôles effectués par la DDCCRF République près du tribunal de grande instance du lieu
Pour tout problème relatif à l’affichage des prix, à l’infor- de l’établissement du professionnel. Sachez cependant
mation, à la publicité trompeuse, vous pouvez vous que le procureur est seul maître de l’opportunité des
adresser à la direction départementale de la concurrence, poursuites, et qu’il peut décider de classer l’affaire.
de la consommation et de la répression des fraudes du La plainte étant une simple lettre dans laquelle vous indi-
département dans lequel se situe le professionnel. Vous quez vos coordonnées et relatez les faits, en joignant, si
pourrez trouver leur adresse dans l’annuaire ou sur le site possible, des pièces justificatives.
de l’INC (www.conso.net).
Pour tous renseignements, vous pouvez vous adresser
Les associations de consommateurs aux associations de consommateurs ou aux Maisons de
Vous pouvez prendre contact avec une association de la justice et du droit.

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VI. PRINCIPAUX TEXTES
• Article L. 113-3 du Code de la consommation relatif à • Arrêté du 18 mars 1993 relatif à l’information donnée au
l’information donnée au consommateur. consommateur relatif aux viandes et charcuteries.
• Arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du • Arrêté du 8 juillet 1988 modifié par un arrêté du 10 avril
consommateur sur les prix. 1990 relatif à l’information donnée au consommateur
• Circulaire du 19 juillet 1988 portant application de l’ar- concernant les carburants.
rêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du • Arrêté du 5 décembre 1985 relatif à l’information don-
consommateur sur les prix. née au consommateur concernant le fuel domestique.
• Article L. 121-1 du Code de la consommation relatif à la • Arrêté du 11 juin 1996 relatif à l’information donnée au
publicité trompeuse. consommateur concernant les prestations des médecins.
• Arrêté du 9 août 1978 et arrêté du 3 novembre 1978 • Arrêté du 17 octobre 1996 modifié par un arrêté du
relatifs à l’information donnée au consommateur 15 avril 1997 relatif à l’information donnée au consom-
concernant le pain. mateur concernant les prestations esthétiques.
• Arrêté du 1er avril 1981 relatif à l’information donnée au • Arrêté du 27 mars 1987 relatif à l’information donnée au
consommateur concernant le lait. consommateur concernant le camping-caravaning.

Julia BRECHET

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