En 1899, ouvre à Roscoff l'institut Rockroum.

L'idée est le fait d'un jeune médecin, Louis Bagot, qui le premier invite les rhumatisants à venir se soigner dans une eau de mer chauffée. Une innovation qui fait de lui le père incontestable de la thalassothérapie. L'utilisation de l'eau de mer à des fins thérapeutiques remonte à l'Antiquité. « La mer guérit les maladies des hommes », note Euripide dans un vers d'Iphigénie. Hippocrate, père spirituel de tous les médecins, constate également que « l'eau de mer prise en bain est bonne dans les cas de démangeaisons et d'ardeurs de la peau ». Mais ce n'est véritablement qu'au XIX, siècle que la médecine se pencha véritablement sur les bienfaits de l'eau de mer. Louis Bagot est né à Broons le 22 décembre 1862. Son père, Jean-Baptiste, exerce dans cette ville la profession de commis à cheval des contributions indirectes et sa mère, Marie Obet y est propriétaire. C'est à Saint-Pol-de-Léon, où Jean-Baptiste est nommé receveur, que le jeune Louis va suivre sa scolarité. Des études plutôt brillantes puisqu'à vingt ans Louis Bagot est reçu aide médecin de la marine. Il prend alors la route pour Brest où il intègre l'école de médecine navale. En 1885, Louis passe avec succès sa thèse de doctorat en médecine. Diplôme en poche, il décide de quitter la marine. De retour à Saint-Pol-de-Léon, il y ouvre alors un cabinet de médecine générale. Et pour les besoins de sa profession, il ouvre un second cabinet à Roscoff.

Une étude du climat à Roscoff ( 1899)
En juin 1885, le docteur Bagot est contacté par une riche famille du nord de la France qui souhaite implanter dans la région un sanatorium. A cette époque, la tuberculose est un problème de santé publique. C'est encore plus vrai en Bretagne qui se trouve être au premier rang des régions touchées. La climatothérapie — autrement dit les bienfaits de l'air marin — donne des résultats satisfaisants à l'image de ce qui se fait depuis 1850 à Saint-Malo pour de jeunes malades. C'est ce même élan qui conduit la marquise Louise de Kergariou à faire de Roscoff un centre de soins. Sur les conseils de Louis Bagot, elle implante le sanatorium dans la presqu'île de Perharidy. L'établissement est d'une grande simplicité. Il comporte deux bâtiments pouvant accueillir une quarantaine de lits. Dès son plus jeune âge, Louis Bagot se montre un esprit ouvert et vif. Il s'intéresse à tout et plus particulièrement à la zoologie, la physiologie et à la climatologie. Il réalise notamment une étude de climatologie clinique sur Roscoff. Dans celle-ci il démontre que la presqu'île bénéficie d'un micro-climat. Des conditions qu'il met alors en parallèle avec les caractéristiques thérapeutiques de l'eau de mer et des algues. Louis Bagot décide donc de construire un institut dans lequel il enseignerait son savoir. Reste alors à choisir l'endroit adéquat. Face à l'anse du Laber, il existe un gros rocher tordu surnommé « Roc'h kroum ». C'est l'endroit qu'il choisit. Après les travaux nécessaires l'institut ouvre ses portes en 1899.

La Bretagne, temple des soins en eau de mer
Avec Rockroum la thalassothérapie est née. Certes le terme a été inventé à Arcachon par La Bonnardière en 1865, mais c'est avec Louis Bagot qu'elle naît véritablement. Car la grande idée du docteur breton réside dans l'idée de faire évoluer les rhumatisants dans une eau de mer chauffée ce qui augmente son pouvoir antalgique et myorelaxant. Le succès est immédiat. De mai à septembre, l'on vient soigner qui son anémie, qui ses troubles gastro-entérologiques, qui ses rhumatismes. Un succès d'autant plus méritoire que l'institut s'est fait sans le soutien des personnalités locales. Aux bains de mer, Louis Bagot propose également des bains de sable chaud ou de goémons, des douches, des séances de sudation, de gymnastique... Surtout, pour stimuler la circulation veineuse, Louis Bagot met en place des sorties sur l'estran pour que les curistes marchent dans l'eau de mer à mi-jambe. Parallèlement, il va continuer sa pratique de la médecine générale dont il assurera seul le service durant la Première guerre mondiale. A l'âge de 79 ans, il s'éteint le 12 janvier 1941. La Seconde guerre mondiale ne va pas épargner l'institut créé par Louis Bagot obligeant à de nombreux travaux. En 1953, l'institut ouvre ses portes en offrant en plus une piscine de rééducation en eau de mer. Il est vrai que depuis le décès de Louis Bagot, son fils René a pris la direction de l'établissement. La thalassothérapie est affaire familiale. Comme son père, René est doué d'un esprit novateur.

Une nouvelle technique : le « palper rouler »
Ainsi il cherche à rendre encore plus efficace les traitements mis en place en son temps par son illustre ascendant. Il met en place l'hydro-massage et développe une nouvelle technique de massage consistant en un pétrissage superficiel de la peau par déplacement de ses plis. Le « palper rouler » permet de soulager les douleurs tout en soulignant les zones rhumatismales. Cette technique participe largement à la réputation du centre. A sa mort, en 1982, l'institut connaît une période de flottement avant d'être racheté par les propriétaires du centre de Tréboul qui procédèrent à une rénovation complète du centre. Aujourd'hui, l'institut de Rockroum n'a plus rien de comparable avec celui que le docteur Bagot développa. Sa capacité d'accueil s'est considérablement accrue puisque ce sont aujourd'hui près de 4.500 personnes qui viennent s'y refaire une santé. Stéphane Guihéneuf Le Télégramme

Pour en savoir plus
- « Mille Bretons » par Jean-Louis Avril, éditions Les Portes du Large, 2002. - « Thalassothérapie, des bains de mer à la remise en forme » par F. Foucher, ArMen n° 103 (1999). - Historique et évolution de l'institut marin Rockroum (articles publiés dans Le Télégramme). - Les traces d'une époque : la thalassothérapie en Bretagne – Les centres de thalasso en Bretagne

Historique de la thalassothérapie
Comme toutes les disciplines médicales, la thalassothérapie ne s'est pas faite en un jour. Si l'on se réfère à Euridipe (Vème siècle avant J-C) et sa célèbre phrase "La mer guérit les maux des hommes", il semblerait que les Grecs aient été les premiers à avoir découvert les vertus thérapeutiques de l'eau de mer. Il faudra attendre le 31 décembre 1865 pour que le mot "Thalassothérapie" voie le jour. Il est l'œuvre du Docteur Joseph La Bonnardière qui, présentant ce jour là à Montpellier sa thèse de doctorat en médecine,propose l'adoption de ce mot dans le vocabulaire médical français. L'utilisation de l'eau de mer à des fins thérapeutiques a entraîné, principalement au XIXème siècle, la création de quelques centres le long des côtes françaises. Ces établissements utilisaient l'eau de mer essentiellement sous forme de bains, douches,l o t i o n s o u vapeur mais également en cure de boisson. Les indications étaient alors le t r a i t e m e n t d u rachitisme chez l'enfant, la tuberculose osseuse et quelques affections chroniques. La thalassothérapie moderne, telle que nous la pratiquons aujourd'hui, est incontestablement l'œuvre d'un médecin de marine, le Docteur Louis Bagot. En 1887, ce praticien s'installe à Saint Pol de Léon et ouvre un cabinet annexe à Roscoff Passionné de climatologie, il profite des installations de la station biologique de Roscoff pour entreprendre de longues et minutieuses études sur le site et le climat. En 1899, il fonde l'Institut Marin Rockroum et décide de substituer au caractère empirique des soins une thérapeutique rationnelle fondée sur la tonicité du climat et la richesse physico-chimique de l'eau d e m e r. P o u r l a p r e m i è r e f o i s , i l m e t e n œ u v r e l e t r a i t e m e n t d e s r h u m a t i s m e s d a n s d e l ' e a u d e m e r chauffée, avec un grand principe, le mouvement dans l'eau. La kinébalnéothérapie est née.

1964: Louison Bobet commence une retraite sportive active en o u v r a n t u n i n s t i t u t d e thalassothérapie à Quiberon.
Cette reconversion, il la doit à Roscoff. "La Thalassothérapie est devenue pour moi une véritable obsession, au lendemain d'un séjour à Roscoff. En pleine carrière sportive, j'avais été victime d'un grave accident d'auto. Le chirurgien suggéra une cure d'eau de mer à Roscoff chez le Docteur Bagot. Les résultats sur mon organisme ébranlé, furent si nets, si spectaculaires que, remis sur pied, je restai ébloui par les vertus de l'eau de mer. L'apport de Louison Bobet à la thalassothérapie aura été de lui donner une nouvelle dimension en y apportant un nouveau concept, celui de la "remise en forme". Malgré tout ce passé, la thalassothérapie n'est véritablement revenue à la mode qu'à la fin des années 80 avec la prise de conscience de l'importance de la prévention pour garder une bonne santé. L'objectif de la cure de thalassothérapie est de promouvoir un mieux-être à tous les âges, à tous les niveaux et selon tous les besoins. La disponibilité de corps et d'esprit qui accompagne une cure génère dans un contexte de bien-être et de retour vers soi un "espace-temps" idéal pour évacuer le stress et redonner à l'ensemble du corps u n e f o n c t i o n h a r m o n i e u s e . Elle est également le moment de devenir un acteur averti de sa santé en s'imprégnant des conseils et techniques proposés tout au long de la cure. Notre monde moderne ne s'y est pas trompé. En 1989, seuls 22 instituts de thalassothérapie étaient ouverts le long des côtes françaises. Aujourd'hui, ce sont plus de 45 centres qui fonctionnent en offrant suivant l'implantation géographique et les cures proposées une variété et une richesse uniques au monde. Tr é b o u l - D o u a r n e n e z e s t l e d e r n i e r - n é d e l a p r o f e s s i o n e t n u l d o u t e , q u e l e s c o m p é t e n c e s acquises ces dernières années lui permettront de naviguer très rapidement dans la cour des grands centres de thalassothérapie qui ont faits de la France une nation pionnière dans ce domaine

CARTE D'IDENTITÉ Louis Eugène Joseph BAGOT
• • • • • • • • • • • • Né le 22 décembre 1862 à Broons (Côtes d'Armor) fils de Jean-Baptiste Bagot et de Marie-Jenny Obet. Marié à Saint Pol de Léon, le 2 septembre 1885 à Félicie Jeanne TREZEGUET Nombre d'enfants - 12 et petits-enfants - 67. Décédé le 12 janvier 1941 à Saint Pol de Léon, où il est inhumé. Études au collège de Saint-Pol de Léon. École de médecine navale de Brest. Profession : Médecin Novembre 1982: Aide médecin de la marine. Décembre 1885: Médecin de deuxième classe de la marine. Départ pour la Guadeloupe. Juin 1885: Docteur en médecine. 1887 : Médecin à St Pol de Léon. 1889 : Ouverture de Rockroum. 1914-1918 : Seul médecin pour une population de 20:000 âmes.

Par Wikipedia

http://www.thalasso.com/roscoff

Quelques témoignages...