Otto Launburg

Otto LAUNBURG

Otto Launburg est né le 13 Février 1891 à Gadebusch, une petite ville du Land de Mecklembourg-Poméranie, arrondissement de Schwerin située à environ 50 km au SE de Lübeck et à même distance de la mer Baltique.

Gadebusch – L’Eglise, la Mairie et la Gare

Le 1 Avril 1909 à l’âge de 18 ans il rejoint la Marine Impériale en tant que Seekadet (Crew 4/09) La formation s’effectue en partie à l’Ecole Navale à Kiel et à la mer à bord de la frégate SMS Stosch, alors navire-école des Cadets.

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En Septembre 1910, il est promu Fähnrich zur See, premier grade du futur Officier.

A bord de SMS Stosch, travaux de voilerie pour les Cadets.

Septembre 1912, au terme de sa formation à l’Ecole Navale, il est Leutnant zur See. Le jeune officier est alors affecté sur le croiseur SMS Hertha puis sur le cuirassé SMS Grosser Kurfürst jusqu’au mois d’octobre 1914.

En novembre 1914, il intègre l’Ecole de Navigation Sous-Marine à Kiel. C’est là qu’il reçoit sa première formation de sous-marinier jusqu’en Janvier 1915. Début Janvier 1915, il rejoint à l’arsenal de Wilhelmshaven le sous-marin U 35 commandé par le Kptlt e Waldemar Kophamel, pour y occuper le poste de 2 Officier de Quart (2 W/O). Dans le même temps arrive également l’Oblt z.See Wolfgang Steinbauer qui en sera le 1 W/O Ce bâtiment nouvellement achevé a terminé sa période d’entrainement et il est depuis peu incorporé à la e 2 demi-flottille de sous-marins de la Flotte de Haute Mer (Hochseeflotte). Après avoir été équipé d’un canon de 75mm, le sous-marin se met en place le 22 à Heligoland sa base d’affectation en vue de son armement pour sa prochaine patrouille. La semaines suivante est consacrée à la préparation du bateau et de son équipage en vue de sa première mission qui est en même temps destinée à officialiser la fin de la période d’entrainement.. Première patrouille de guerre du 1 au 6 Février 1915 Pour cette première mission de guerre, U 35 a reçu ordre d’aller se poster en obsevation devant le Firth of Forth car on s’attend à des mouvements de la flotte anglaise. Ses instructions prévoient qu’il devra faire route d’abord vers la limite sud du Doggerbank avant de se diriger ver l’Ecosse et de prendre position à l’est de May Island hors de la route des 1 vapeurs. L’usage des torpilles est autorisé uniquement contre des navires de guerre et seulement à coup sûr. L’appareillage a lieu en fin de matinée depuis la base d’Heligoland. En début de soirée le temps se gâte rapidement, rendant la navigation difficile et le sous-marin instable, Kophamel décide de plonger à 20 mètres pour la nuit. Retour en surface à l’aube dans une mer qui atteint désormais force 8 rendant la progresion lente et difficile ; peu avant minuit, la position sud du Doggerbank est atteinte et U 35 fait à présent route vers l’Ecosse dans la tempête qui arrache deux collecteurs d’échappement de la machine tribord provoquant des émanations à l’intérieur du compartiment.
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A cette date, la guerre au commerce n’était pas encore officiellement entrée en vigueur et dans l’Etat-Major Général de la Marine, partisans et opposants en étaient toujours à s’affronter sur le sujet

Enfin, dans la matinée du 3, la tempête commence à perdre un peu d’intensité et en marchant par mer de travers sur un seul moteur, le sous-marin gouverne bien. La mission peut se poursuivre mais à 16 heures, au large de Berwick, une avarie survient sur l’arbre d’hélice bâbord. Cette fois il n’est pas possible de réparer avec les moyens du bord et à 16 h 30 il faut prendre le chemin du retour vers le chantier dans la tempête qui reprend de la vigueur. Au passage, Kophamel observe quelques vapeurs en route de la côte anglaise vers la Norvège. Il est un peu plus de 18 heures quand apparaît l’ombre d’un navire tous feux éteints qui se dirige vers U 35. Destroyer ? Alerte ! Plongée ! Avec cette mer, le sillage du périscope ne peut être décelè et c’est en toute sécurité qu’à 19 heures il refait surface. La mer est de nouveau difficilement maniable et le sous-marin reprend la plongée. Par 25 mètres de profondeur, l’amplitude en tangage atteint encore 3 mètres et le roulis 5 à 6 degrés de chaque bord. A 8 heures du matin il revient en surface et poursuit sa lente progression vers le sud, apercevant quelques chalutiers à vapeur. La mer notée force 6 continue de malmener bateau et équipage tout au long de la journée. Le lendemain matin c’est un problème avec l’antenne radio qui prive le sous-marin de moyen de communication mais l’état de la mer avec un vent qui fraîchit de nouveau ne permet pas d’intervenir sur le pont. Finalement, dans l’après-midi du 6, U 35 pénètre dans la Baie de la Jade puis à minuit dans l’écluse de Wilhelmshaven. La première patrouille placée sous le signe de la tempête et des avaries mécaniques s’achève et l’équipage a bien besoin de repos. Jusqu’au 21 Février, le bateau est en réparations à l’arsenal. On répare les Diésel, la radio, on installe un canon de 75 mm et le 22 après une plongée de vérifications U 35 met le cap sur Heligoland où il parvient dans l’après-midi. Jusqu’au 5 Mars c’est le séjour à la base qui est ponctué de quelques sorties d’essais et d’entrainement et le 6, un nouvel ordre de mission arrive. Cette fois, U 35 doit faire route vers la Manche.

Patrouille n° 2, du 7 au 20 mars 1915 Le 7 mars, U 35 appareille à 9h du matin vers la Manche via le Pas de Calais. C’est sa première mission de guerre dans ce secteur et sa première mission depuis que l’Allemagne a déclaré la guerre au commerce sur mer dans ces eaux entourant la Grande Bretagne. Quelques semaines plus tôt, le sous-marin U 24 a célébré avec fracas la nouvelle année quand dans la nuit de Nouvel An, il a envoyé par le fond le cuirassé HMS Formidable, faisant 574 victimes. Inutile de dire que désormais les Alliés sont sur leurs gardes. Les conditions météo sont hivernales avec une mer forte, du vent et de la neige. C’est dans ces mauvaises conditions que le lendemain, il aborde le secteur des Hoofden qui est signalé miné par les Alliés mais n’aperçoit aucune mine et prend la plongée pour franchir ce secteur. Ne pas en voir ne signifie pas qu’il n’y en a pas car à deux reprises, d’abord à 11 heures puis à 13 heures 30, deux explosions sont entendues, la seconde étant même très proche et puissante. Cette navigation à l’aveugle au milieu du champ de mines est angoissante car si ces deux là ont explosé sous l’effet de la mer forte, rien ne dit que la prochaine explosion ne se sproduira pas sous l’effet d’un contact avec le sous-marin. Enfin, au terme d’une plongée de trois heures, on pense la zone est passée et à 15 heures U 35 fait surface. Il s’écoule à peine plus de 30 minuts avant que de nouvelles mines soient aperçues. Il faut reprendre la plongée et poursuive la route à l’immersion de 20 mètres. A 21 heures, on fait surface à l’entrée du Pas de Calais ; à présent les batteries ont besoin impérativement d’être rechargées et de toute façon, la vitesse du sous-marin en plongée n’est supérieure que d’un nœud à la vitesse du courant de flot, la route est poursuivie quelque temps en surface où l’observation de plusieurs phares permet de déterminer la position exacte du bateau. Il est près de minuit quand Kophamel donne l’ordre de reprendre la plongée pour passer le détroit. Quatre heures plus tard, il est enfin derrière U 35 qui à présent a mis le cap vers le secteur de Southampton. Désormais, le principal obstacle franchi, le sous-marin est totalement disponible pour s’attaquer aux navires alliés et d’ailleurs l’occasion ne tarde pas car au lever du jour, un vapeur sans marques de nationalité est aperçu. En surface, une torpille est lancée et fait but. Il s’agit de l’anglais Blackwood qui coule en 40 minutes. Dans l’après-midi un deuxième vapeur est en vue. U 35 plonge et lance une torpille à 300 mètres de distance mais sous un angle de 90 degré et elle manque son but tandis que le vapeur s’échappe. Retour en surface, une nouvelle proie est bientôt en vue. Il s’agit du caboteur français Gris Nez qui est sommé de s’arrêter par un tir de semonce et qui est ensuite coulé au canon quand l’équipage a quitté le bord.

Au matin du 10, le sous-marin se trouve en embuscade au large de l’Ile de Wight, Mer calme. A plusieurs reprises il plonge soit pour se cacher à la vue de destroyers soit pour essayer d’attaquer un vapeur mais la présence militaire alliée est forte et à aucun moment U 35 ne parvient à se mettre en position d’attaquer. Au soir il fait route vers la côte française et reprend sa chasse au large de La Hague. Le temps est devenu très brumeux et comme sous la côte anglaise, la présence alliée est importante, obligeant à de fréquentes plongées. Le 12 il fait mouvement vers les passes du Havre sans véritable possibilité d’attaque, gèné par la brume. Les jours suivants se ressemblent : brouillard, plongées fréquentes en raison de la présence de navires de guerre et en plus des problèmes avec le diésel bâbord dont un cylindre est défaillant. Enfin le 14, malgré le brouillard, une opportunité d’attaque se présente dans les parages du Royal Sovereign. Il s’agit d’un vapeur naviguant sans pavillon. En plongée à environ 300 mètres de distance mais sous un angle de tir de 90°, Kophamel tire deux torpilles. Aucune ne fait but. Le 15 enfin la chance sourit de nouveau ; une torpille lancée en plongée atteint un gros vapeur anglais dont l’équipage évacue dans les embarcations. Mais une heure plus tard, le vapeur est toujours à flot. Kophamel fait surface pour l’achever au canon mais il en est empêché par l’arrivée de 4 chalutiers armés. Le vapeur Hyndford sera finalement remorqué vers un port. Le lendemain, nouvelle tentative de lancement contre un vapeur mais là aussi, la torpille manque sa cible. Le 17 au soir, U 35 s’engage à nouveau dans le Pas de Calais puis dans la nuit, à l’immersion de 20 mètres, il passe le champ de mines sans problèmes mais non sans émotion car durant cette traversée, il vient à froler un orin de mine dont on entend le râclement sinistre tout le long de la coque jusqu’à ce qu’il soit enfin derrière le bateau. Le 20 en fin d’après-midi, il entre à Heligoland. Kophamel notera dans son rapport qu’au cours de cette patrouille, il a du plonger pas moins de 63 fois en raison de la surveillance adverse ! Sur une durée totale de 13 jours et 10 heures, il aura passé en plongée 6 jours, 16 heures et 37 minutes. Une patrouille active pour un maigre résultat. Au moins à présent, l’équipage maîtrise bien les manœuvres d’urgence ! La première véritable patrouille de guerre d’Otto Launburg a été comme on le voit particulièrement active. Patrouille du 29 Avril au 2 Mai 1915 Après quelques dernières mises au point de dernière minute, U 35 prend la mer peu avant 18 heures à destination du Canal de Bristol. Le passage par le Pas de Calais étant peu sûr, l’ordre de mission prévoit que le sous-marin contournera la Grande Bretagne par le Nord. Le lendemain en début de soirée, un vapeur norvégien est intercepté et contrôlé. Il transporte des poteaux de mine vers un port de la Tyne. On le fait évacuer par son équipage et une torpille est lancée. Le vapeur Laila coule. Quelques heures plus tard, l’un des diesels tombe en panne et ne peut être réparé. U 35 prend la route du retour et s’amarre à Heligoland le 2 mai à 17 heures. Ce même jour, Otto Launburg est officiellement avancé au grade d’Oberleutnant zur See Patrouille du 29 Mai au 23 Juin 1915 A 11 heures du matin, U 35 appareille de Heligoland à destination des côtes d’Irlande et Ouest-Angleterre. Après une er rapide plongée de vérification, il met le cap vers les Orcades et double Fair Island le 1 Juin. Cette fois, aucune avarie ne vient mettre un terme prématuré à la mission. Le lendemain, le vapeur norvégien Cubano est arrêté et après vérification des documents, son équipage est prié de l’évacuer. Le vapeur est coulé au canon. Le lendemain, un grand trois-mâts carré est en vue et il ne porte pas de marques de nationalité. Une torpille est lancée mais elle manque. Le 4, dans l’ouest de l’Irlande, le voilier anglais George & Mary est arraisonné puis coulé au canon. Du 6 au 13, U 35 patrouille en mer d’Irlande de l’entrée sud au Canal de Bristol. Dans ce secteur, il arraisonne puis coule d’une torpille le trois-mâts barque anglais Sunlight. Le 7, il coule au canon le norvégien Trudvang avant de lancer sans succès sur un yacht anglais armé. Le lendemain, c’est le vapeur anglais Strathcarron qui ne portait aucun pavillon qui est torpillé en plongée et la journée se poursuit en sabordant coup sur coup les voiliers La Liberté (F) puis Express et Susannah (GB). Le 9, une avarie de moteur l’empêche de poursuivre l’anglais Teespool qui s’échappe. Le 10, c’est le trois-mâts russe Thomasina qui est coulé au canon. Le 12, deux grand voiliers sont arraisonnés puis coulés au canon : l’anglais Crown of India et le norvégien Bellglade. Poursuivant sa guerre de course, U 35 arraisonne successivement Hopemount, un vapeur anglais puis Diamant, voilier français qui sont coulés au canon et pour finir l’anglais Pelham qui reçoit une torpille « en coup de grâce ». Il ne reste plus que deux torpilles, le sous-marin prend le chemin du retour en contournant les Shetlands par le nord. En Mer du nord, il intercepte encore plusieurs navires neutres qui, étant en règle, sont relâchés et entre finalement à Heligoland le 23 Juin. Au printemps de 1915, l’Etat Major Général de la Marine, soucieux d’apporter un soutien aux défenseurs des 2 Dardanelles venait de décider de l’envoi de plusieurs sous-marins en Méditerranée , décision suivie en Août de celle de renforcer le dispositif déjà existant par l’envoi de quatre grands sous-marins de la Hochseeflotte. Au nombre de ces UBoote désignés pour cette nouvelle mission, il y avait U 35. Transfert en Méditerranée - Patrouille du 4 au 23 Août Le 4 août, en compagnie de l’U 34, Kophamel et son équipage prennent la mer depuis Heligoland avec pour mission de rejoindre la Méditerranée. L’ordre d’opérations en date du 28 juillet précise ainsi leurs règles de traversée : Les Commandants ont toute latitude pour profiter dans le cadre des ordres réglementant la conduite de la guerre sousmarine, des occasions qui seraient offertes pendant la traversée des eaux anglaises déclarées zone de guerre. Il en sera de même dans le golfe de Gascogne contre les navires de commerce se dirigeant vers la côte française. Pendant le reste de la traversée, les navires de commerce ne pourront être coulés qu’en se conformant aux règles habituelles de la guerre de course. Par ailleurs, le but essentiel de la traversée est d’atteindre rapidement et en sécurité Cattaro afin de commencer au plus vite à agir dans la nouvelle zone d’opérations.

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Il s’agit de l’U 21, KL Hersing, et des premiers petits sous-marins du type UB qui furent acheminés par rail jusqu’à Pola où ils furent assemblés.

Suivaient ensuite quelques instructions à adopter en cas de rencontre de navires italiens. Pour mémoire, l’Italie était en guerre avec l’Autriche-Hongrie depuis le 23 mai tandis que l’Allemagne, son alliée ne l’était pas. De ce fait, l’Etat Major estima que les sous-marins allemands devaient servir la cause commune et considérer les navire italiens comme ennemis en les attaquant en surface tout en arborant le pavillon austro-hongrois. Les deux sous-marins appareillent donc de conserve mais ne tardent pas à perdre le contact et ne communiqueront plus de toute la traversée. Ils ne furent pourtant jamais bien loin de l’autre, franchissant Gibraltar la même nuit et arrivant quelques heures avant U 34 à Cattaro ! Le 10 août, ayant contourné la Grande Bretagne, U 35 est au sud de l’Irlande à hauteur des voies maritimes conduisant vers l’entrée de la Manche ; il y coule trois voiliers. Le russe Baltzer, le norvégien Morna et enfin le français François, tous chargés de blé à destination d’un port anglais. Le reste de la traversée s’effectue sans incident et pendant le passage de Gibraltar dans la nuit du 15 au 16, le Commandant rapporte dans son journal un trafic intense de vapeurs qui ne semblent se soucier nullement des sous-marins. Le 23 août il entre à Cattaro. En une semaine seulement, le sous-marin est réarmé, prêt à reprendre la mer. Patrouille du 31 Août au 22 Septembre 1915 A 14 heures, U 35 déborde du bâtiment de soutien SMS Gäa et sort des Bouches derrière un torpilleur autrichien. Cap sur la mer Egée. A 6 heures le lendemain matin, il prend la plongée en raison de la présence d’un navire de guerre italien dans le canal d’Otrante. Nouvelle alerte dans l’après-midi, nouvelle plongée. Le 2 par très beau temps, c’est pour échapper à un avion qu’il prend une nouvelle fois la plongée puis une autre fois devant un croiseur auxilliaire. Dans la soirée, le feu du Cap Matapan est en vue. Au matin du 3, une avarie sur un moteur électrique l’empêche d’effectuer une attaque sur un croiseur italien mais dans l’après-midi, il parvient à se placer en position de tir et lance en plongée. La torpille manque sa cible. Les journées du 4 et du 5 sont marquées par divers incidents machines et des plongées d’alerte pour éviter des navires de guerre. Le 6, dans l’ouest de l’île de Lemnos, un cuirassé français est en vue mais U 35 ne parvient pas à se placer en position de tir. Le 7 dans le Golfe de Salonique, il n’aperçoit que de petits caboteurs et le 9, à grande distance de Moudros, il voit un grand vapeur entrer et sortir de la baie mais sasn pouvoir intervenir. Ainsi vont les jours qui suivent, n’apportant aucune proie à portée du sous-marin. Enfin, le 17 au large de la Crète le vapeur français Ravitailleur est intercepté puis coulé au canon après évacuation de l’équipage dont le sous-marin remorque les embarcations jusqu’en vue de la côte. Le 19, dans l’ouest de la Crète, un vapeur sans pavillon est sommé de s’arrêter d’un coup de semonce mais celui-ci au lieu d’obtempérer prend la fuite. U 35 reprend le tir et fait but plusieurs fois. Le vapeur stoppe enfin et met ses embarcations à la mer. Il s’agit de l’anglais Ramazan qui transporte des troupes indiennes. Lorsque ces hommes sont en sécurité dans les canots et éloignés du vapeur, le feu reprend jusqu’à ce que l’anglais coule. Le lendemain dans les mêmes parages, il lance sans succès sur un vapeur sans pavillon. Faisant aussitôt surface, il engage au canon son adversaire qui tente de fuir à grande vitesse mais après avoir été touché plusieurs fois, il stoppe et met ses embarcations à la mer. Il s’agit de l’anglais Linkmoor qui faisait route vers Malte. Il est coulé au canon. Le 22 en milieu d’après-midi, il est de retour à Cattaro. Patrouille du 12 Octobre au 12 Novembre 1915 A midi le 12, U 35 déborde une nouvelle fois du Gäa. Sa mission pour cette patrouille consiste à attaquer les transports ennemis devant Salonique et dans le nord de la mer Egée puis à effectuer une mission spéciale sur les côtes de Turquie et finir par la guerre au commerce en Méditerranée orientale. Le 18 dans le sud de la mer Egée, le vapeur italien Scilla est arrêté et coulé au canon. Du 20 au 25 il croise devant Salonique sans occasion d’attaquer. Le 2, à une trentaine de milles au sud de Salonique, il atteint d’une torpille le transport de troupe anglais Marquette qui coule. D’autres grands transports sont aperçus mais le sous-marin ne peut approcher à portée de lancement. Le 28 au matin, il entre en contact avec le poste Hersing dans la péninsule de Gallipoli où il reçoit ses ordre de mission qui lui demandent de faire toute sur la base turque d’Orak à quelques milles de Bodrum afin d’effectuer un transport pour le compte des Turcs.

A la base d’Orak, il embarque donc 10 Officiers et une grande quantité de munitions à transporter à Bardija (actuellement en Libye) où les Turcs sont en guerre avec l’Egypte. Qui plus est, il lui faut prendre en remorque deux er voiliers encalminés portant 120 hommes de troupe et des munitions. A 23 heures le 1 Novembre, le convoi fait route vers le large mais à quatre reprises pendant la nuit, la remorque casse. Enfin, à midi le 2, le vent s’étant levé, U 35 peut larguer la remorque mais 4 heure splus tard, le vent étant complètement retombé, il faut reprendre la remorque qui sera conservée jusqu’en début de soirée mais que Kophamel décide cette fois de larguer définitivement à l’approche du détroit de Kassos. U 35 aura ainsi parcouru 110 milles avec les deux bateaux en remorque. Avec 10 hommes de plus à bord et de nomreuses caisses de munitions, les conditions de vie à bord du sous-marin deviennent difficiles et la traversée de deux jours sous grosse chaleur va être particulièrement pénible pour tous ainsi que le rapporte Kophamel dans son KTB. Malgré tout, ceci n’empêchera pas lorsqu’il rencontre le vapeur anglais Woolwich chargé de 3000 tonnes de phosphate, de l’arrêter et de le couler. Dans la nuit du 3 au 4, il tente une attaque en plongée sur un grand vapeur mais ne parvient pas à se placer en position et fait surface pour l’attaquer au canon. Très rapide, le vapeur échappe à son poursuivant. Enfin, le 4 au soir, U 35 atteint le port de Bardija où en quelques heures turcs et munitions sont débarqués. U 35 reprend la mer aussitôt avec un équipage sans doute bien content de se retrouver entre eux. Mais le répit va être bref car à l’aube en Baie de Solloum, le croiseur auxilliaire anglais Tara est en vue. En plongée, U 35 lance une torpille qui fait but. L’équipage anglais se réfugie dans les embarcations où Kophamel les informe qu’étant militaires, ils sont ses prisonniers. Prenant les embarcations en remorque (cela devient une habitude !), il les conduit à Bardija pour les remettre aux Turcs. Dans l’après-midi, U 35 est de retour en rade de Solloum où il découvre deux canonnières anglaises. Sans hésiter malgré son infériorité en armement mais profitant de l’effet de surprise, il ouvre le feu et atteint à plusieurs reprises les Anglais à qui il cause de sérieuses avaries avant de se retirer. Après cet épisode mouvementé, U 35 met cap au Nord pour reprendre la guerre de course. Dès le 6, au sud de la Crète, il arrête le pétrolier anglais Lumina puis les vapeurs Caria et Clan Mac Alister. Tous les trois sont coulés au canon. Le 7, l’anglais Moorina chargé de troupes indiennes à destination de Marseille est arrêté et coulé au canon après avoir été évacué. Le lendemain, deux anglais encore, Den of Crombie et Sir Richard Awdry sont interceptés et coulés, le premier au canon et le second d’une torpille lancée en coup de grâce en raison de l’arrivée d’un patrouilleur. Le 9, à l’ouest de la Crète, il rencontre le gros vapeur anglais Californian qui avait été endommagé le même jour par U 34 et qui s’apprètait à prendre une remorque d’un vapeur français. Malgré une forte escorte composée de deux destroyers anglais et de croiseurs auxilliaires français, Kophamel attaque en plongée et fait but sur le Californian qui coule. Torpilles épuisées, il met alors le cap sur Cattaro où il entre le 12. Cette patrouille d’un mois est un succès total.

Au cours de cette patrouille Kophamel a pris plusieurs photos que l’on retrouve attachées à son KTB mais seul le Wacousta est identifié. Sur la photo ci-dessous à droite, on distingue le canon monté à l’arrière du vapeur. C’est sans doute la raison de ce cliché.

Au retour de cette patrouille d’un mois, U 35 doit passer par l’arsenal de Pola et y effectuer un certain nombre de travaux notamment au niveau des moteurs. Mais avant de partir pour le chantier, le futur Commandant arrive à bord et va effectuer avec eux la traversée de Cattaro vers Pola où dans l’après midi de son arrivée, le 18 novembre, Kophamel cède son commandement à Lothar von Arnauld de la Perière et prend lui-même le commandement de la Mittelmeer Flottille nouvellement constituée. Ce jeune officier de 29 ans est encore peu connu mais il va devenir l’as des sous-mariniers et sans aucun doute il va influencer son jeune Lieutenant Otto Launburg. Quant à U 35, il entre en travaux pour près de deux mois. Outre d’importants travaux sur les moteurs, on va remplacer le canon de 75mm par un 88mm. Enfin, le 10 Janvier le sous-marin et son équipage sont prêts à reprendre du service actif. Patrouille du 11 au 21 Janvier 1916 Dès l’aube du 11 une grande activité règne sur U 35 qui tout d’abord prend la mer pour effectuer une plongée d’essai et un test des moteurs. L’un et l’autre étant concluants, il revient s’amarrer à couple avec SMS Pelikan, un bâtimentatelier et commence alors l’approvisionnement du sous-marin en munitions, torpilles, vivres et carburant. A 16 heures c’est l’appareillage. Pour von Arnauld commence la première patrouille de guerre, pour Otto Launburg c’est déjà la septième. Cap au sud il file vers le détroit d’Otrante et sa zone d’opérations pour cette mission, le secteur compris entre Crète et Sicile. Le détroit est franchi sans encombres dans la nuit du 12 au 13 et la navi-gation se poursuit à présent en mer Ionienne. Le 17 janvier est un jour dont le nouveau Commandant va se souvenir ; c’est tout d’abord celui de son premier bateau envoyé par le fond et le début de sa grande aventure. A 6h30 du matin, un gros vapeur vapeur cap à l’ouest est en vue. C’est l’anglais Sutherland qui obéit au tir de sommation et s’arrête. Le vapeur venant de Bombay fait route vers Hull avec un chargement de minerai et de coton. L’équipage est sommé d’évacuer et après quelques obus tirés dans la flottaison, le Sutherland disparait sous la mer. Voila pour le premier mais la journée n’est pas finie… Il est 10 heures du matin quand un vapeur armé est aperçu en route à l’ouest. U 35 l’engage au canon ; le vapeur vire de bord et ouvre le feu à son tour. Mais voici que dans le même temps apparaît un autre vapeur, celui-là battant pavillon hollandais et en route inverse. Le sous-marin manœuvre pour se placer entre les deux navires et fait signe au second de lui envoyer une embarcation avec les papiers du bord. Il s’exécute en mettant un canot à la mer mais curieusement, au lieu de venir vers le sous-marin, il s’en éloigne ce qui rend von Arnauld méfiant. Prudent, il prend la plongée pour examiner de plus près ce vapeur au périscope. Certains détails comme son nom paraissant écrit peu nettement sur l’avant le rendent suspect.

(E.Kebble-Chatterton, Q-Ships and their History) Le Commandant décide d’en savoir davantage et toujours en plongée, il fait route vers le canot qui se trouve à moins d’un mille de là puis fait surface tout près de lui, prenant bien soin de laisser ce canot entre le vapeur et lui. Sitôt émergé, il fait armer le canon de 88 et hèle l’embarcation. Quelques instants plus tard, du curieux vapeur qui porte toujours le pavillon hollandais part soudain une salve tirée par deux canons tandis que crépite une mitrailleuse. Les obus tombent à raser le sous-marin. « Alerte ! Plongée ! » Il s’en est fallu de peu et à travers son périscope, von Arnauld voit à présent le vapeur battre en arrière à grande vitesse. U 35 manœuvre également pour lancer et tire une torpille mais elle manque son but. Par contre l’allègement du sous-marin n’est pas compensé assez vite et il revient intempestivement en surface où une nouvelle salve d’obus l’accueille et tombe juste à-côté. Heureusement U 35 a été repris en main par son équipage et cette fois il s’enfonce dans la sécurité des profondeurs pour lancer par le tube arrière. Cette torpille est aperçue par le vapeur qui esquive et s’enfuit à grande vitesse. Voyant qu’il ne pourra le rattraper von Arnauld abandonne également. L’inoffensif vapeur en apparence était bel et bien l’un de ces bateau-pièges que von Arnauld et son équipage rencontraient pour la première fois. La méfiance et l’habileté de son Commandant qui vont bientôt devenir légendaires viennent de sauver U 35. Il s’agissait en fait du Q-Ship HMS Margit tandis que le premier vapeur engagé était l’anglais Baron Napier qui fut sauvé par la survenue du bateau-piège. Cette chaude alerte pasée, U 35 poursuivait la guerre au commerce et dès le lendemain, stoppait le gros vapeur anglais Marere puis le Trematon qui étaent l’un et l’autre évacués et coulés au canon.

Le vapeur Marere coulé à 235 milles dans l’Est de Malte (coll. uboat.net) Les jours suivants, à quatre reprises, U 35 ne parvenait pas à venir en position d’attaque, gêné par les navires d’escorte. Le 25 il était de retour à Catttaro où dans son KTB von Arnauld concluait cette patrouille en réclamant une artillerie d’un calibre supérieur afin de pouvoir lutter plus efficacement contre ces vapeurs à présent souvent armés et leurs escortes. Pour sa première patrouille, même si elle n’est pas très fructueuse, le nouveau Commandant a montré ses qualités à son équipage. Au nombre de ces hommes, le jeune Launburg qui est à présent à bord depuis un an acquiert à son contact toujours plus d’expérience.

La semaine du 15 au 22 Janvier dans le secteur d’opérations de l’U 35 (KTB)

Patrouille du 16 au 18 Février 1916 U 35 est désigné pour une brève mission de reconnaissance et d’attaque au large de Brindisi où des mouvements de croiseurs ont été signalés. Il appareille aussitôt malgré des ennuis sur un diésel mais comme les travaux de réparation peuvent être poursuivis à la mer, von Arnauld met le cap sur le sud de l’Adriatique. Dans l’après-midi le lendemain, il s’attaque à un convoi escorté par des destroyers et lance sur un vapeur. Une détonation est entendue peu après mais il n’est pas possible de savoir s’il s’agit de la torpille ou d’une grenade sous-marine tirée par l’adversaire. La réaction des escorteurs rend toute nouvelle attaque impossible et le sous-marin met le cap au Nord vers sa base. Le 18 au matin, plusieurs petits croiseurs sont en vue mais leur attaque sera rendue impossible par suite d’une avarie dans le circuit d’air comprimé. Dans l’après-midi, U 35 est de retour à couple avec SMS Gäa. Patrouille du 20 Février au 4 Mars Appareillage de Cattaro pour une patrouille de guerre au commerce dans le secteur compris entre Malte et Crète. Le 23 au soir, un grand paquebot à 4 cheminées est aperçu en route à l’est. Mais il est très rapide et U 35 ne parvient pas à l’approcher pour lancer une attaque. Plus tard dans la nuit, un autre grand paquebot apparaît une nouvelle fois et là encore, comme la veille, le but lui échappe grâce à sa vitesse. Von Arnauld constatant l’importance du trafic sur cet axe décide alors de se positionner plus à l’ouest de façon à pouvoir attaquer de jour ces transports de troupes qui semblent être assez nombreux à circuler. De fait, le 24 et le 25, il en aperçoit encore plusieurs mais ne parvient toujours pas à venir à portée de tir. Enfin, le 26 en début d’après-midi, un autre grand navire apparaît à petite distance dans la brume. Il est estimé à 12 ou 15000 tonnes, peint en gris et ne porte pas de pavillon. Aucun doute, c’est un croiseur auxilliaire. En limite de visibilité avec une forte houle, une torpille est tirée et elle fait but ! U 35 reste en immersion et lorsque 7 minutes plus tard il donne un coup de périscope, il voit le navire présentant une forte gite sur tribord. Trois minutes plus tard il a disparu. L’équipage de l’U 35 ne le sait pas encore mais ils viennent d’envoyer par le fond le paquebot La Provence réquisitionné et transformé en transport de troupes et qui faisait route sur Salonique. Avec lui ce sont près d’un millier d’hommes qui disparaissent.

La Provence en 1913

Le 27, il coule au canon l’italien Giava et le lendemainc’est le tour de l’anglais Masunda. Plus tard dans la même journée, il tente d’arrêter un autre vapeur mais celui-ci se dérobe et ouvre le feu à l’aide de trois canons placés sur son arrière. U 35 engage le duel en se maintenant en limite de portée des pièces de son adversaire et le soutient durant 3 heures mais la grosse houle rend le tir imprécis et finalement le sous-marin abandone. Le 29, au sud de la Crète, un petit croiseur anglais apparaît faisant route en zig-zag à grande vitesse. Il s’agit de HMS Primula (1250 tonnes) ; U 35 plonge et lance deux torpilles. Les deux vont au but mais bien qu’endommagé, le croiseur ne coule pas. On tire alors une troisième torpille. Et le bateau ne coule toujours pas… Finalement, von Arnauld décide d’en lancer une quatrième et cette fois il coule enfin ! Mais il ne reste plus qu’une seule torpille à bord d’U 35 alors que son ordre d’opérations prévoyait qu’il devait poursuivre sa patrouille en direction de la Méditerranée orientale pour aller croiser devant Port Saïd. Le Commandant prend alors la décision de revenir sur Cattaro pour reprendre des torpilles. Il y rentre le 4 Mars. Avec le débarquement de l’Oberleutnant Steinbauer qui va prendre le commandement de l’UB 47, c’est Otto Launburg qui lui succède au poste d’Officier en Second tandis qu’arrive à bord l’un de ses camarades de promotion, l’Oberleutnant Horst Obermüller qui sort de l’Ecole de Navigation Sous-Marine.

Patrouille du 20 Mars au 8 Avril Nouveau départ vers la Méditerranée orientale. Le 22, entre Malte et Crète, il lance sans succès une torpille sur un croiseur auxilliaire puis le lendemain à nouveau sans succès sur un grand transport de troupes anglais escorté par deux destroyers. Trois heures plus tard, un autre transport est en vue, il s’agit de l’anglais Minneapolis. Cette fois, la torpille atteint le navire qui coule. Du 25 Mars au 2 Avril, il croise vers Alexandrie sans rencontrer aucun navire et revient alors vers la Crète . Chemin faisant, il rencontre au matin du 4 un cuirassé britannique qu’il ne parvient pas à mettre à sa portée puis un peu plus tard, il lance une nouvelle fois sans succès contre un croiseur léger anglais.Deux jours plus tard, le mauvais temps et les avaries de machine obligent U 35 à prendre la route de retour vers Cattaro où il rentre le 8. Au terme de cette patrouille, le sous-marin fait mouvement vers l’arsenal de Pola où l’on entreprend des travaux sur ses machines dont les dysfonctionnements sont fréquents. A tour de rôle la moitié de l’équipage part en permission en er Allemagne. Pour Otto Launburg, cette permission va du 16 Avril au 1 Juin, en même temps que son Commandant Lothar von Arnauld. Durant cette période, le sous-marin est placé sous le commandement par interim de l’Oberleutnant 3 Horst Obermüller. Patrouille du 6 Juin au 3 Juillet 1916 Appareillant directement de Pola dans la soirée du 6 Juin, U 35 est cette fois désigné pour opérer en Méditerranée occidentale avec pour mission particulière d’entrer dans le port espagnol de Carthagène afin d’y remettre une lettre du Kaiser destinée au Roi Alphonse XIII d’Espagne. Le détroit d’Otrante est franchi le 9 en partie en plongée en raison de fréquentes patrouilles adverses. Le 10, en route libre dans la Mer ionienne, U 35 arrête le voilier grec Evangelistria qui transporte 500 balles de tabac vers Malte. Contrebande ! La cargaison est jetée à la mer et le voilier est libéré. Parvenu en Mer Tyrrhénienne le 13, U 35 coule successivement les italiens Motia, un petit vapeur puis les voiliers Maria C et San Francesco Paola. Le lendemain ce sont trois voiliers, Giosue, San Francesco et Antonia puis le vapeur Tavolara qui sont sabordés. Tous sont italiens. Le 15, von Arnauld et son équipage poursuivent leur mission de guerre au commerce en coulant à nouveau quatre voiliers italiens Adelina, Anetta, Santa Maria et Audace puis le vapeur anglais Sardinia. La journée du 16 ressemble à celle du 15 ; les voiliers italiens Dolmeta, Rondine, Era et Eufrasia sont coulés tout comme le vapeur anglais Jaffa. Quelques coups de canon dont un au but sont également échangés avec un autre vapeur qui riposte et parvient à prendre la fuite. C’était l’anglais Clodmoor. Le lendemain, U 35 reçoit par la station radio de Nauen les nouvelles directives de l’Etat Major en matière de guerre sous-marine. Désormais, les vapeurs clairement identifiés comme armés pourront être coulés sans avertissement. Les
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Source : KTB U 35

paquebots, même armés devront être épargnés en toutes circonstances à l’exception des paquebots ennemis en Mer Egée au nord de la Crète qui pourront être également coulés sans avertissement, leur utilisation en transport de troupes étant quasiment certaine dans cette région. Ce même jour, tout en poursuivant sa route vers l’Espagne, U 35 coule également le vapeur italien Poviga suivi le 18 des anglais Rona et Beachy, le premier au canon et le second d’une torpille lancée en plongée en raison de la présence du torpilleur français d’Iberville. En application des nouveaux ordres de combat, il torpille en plongée le vapeur armé français Olga. En fin d’après-midi ce sera le tour du norvégien Aquila qui après avoir été intercepté est envoyé par le fond de quelques obus tirés dans la flottaison. Le 19 deux voiliers vont rejoindre le fond de la mer, ce sont l’italien Mario C et le français France-Russie. Le 21 à l’aube, U 35 pénètre dans le port de Carthagène et va dans un premier temps s’amarer à couple du vapeur allemand Roma qui est interné dans ce port puis il va s’amarrer à couple du croiseur espagnol Cataluña à bord duquel von Arnauld rencontre les officiels espagnols et remet le pli destiné au Roi. En application des règles de neutralité imposant un séjour limité à 24 heures dans un port neutre pour un navire d’une nation belligérante, le sous-marin reprend la mer en milieu de nuit et plonge avant de pénétrer dans les eaux internationales, échappant ainsi aux Alliés qui, prévenus par leurs espions ont vainement tenté de l’intercepter. Cette visite d’un U-Boot en un port espagnol fera grand bruit dans la presse espagnole qui est partagée entre deux sentiments à l’égard de l’Allemagne. Sur la route du retour vers Cattaro, U 35 coule encore un certain nombre de navires. C’est d’abord le vapeur armé français Hérault qui est coulé au terme d’un duel au canon le 23 puis le voilier italien Giuseppina un peu plus tard. Le 24, un certain nombre de navires sont à nouveau envoyés par le fond : les voiliers italiens Saturnina Fanny et San Francesco au canon puis le voilier français Checcina qui est sabordé tout comme le vapeur japonais Dayetsu Maru bientôt suivi par le vapeur anglais Canford Chine. La journée du 25 est presque aussi fructueuse puisque la liste s’allonge avec le vapeur armé français Fournel et le vapeur italien Clara, l’un et l’autre à coups de canon. Rien ne se passe le 26 mais dès le 27 trois vapeurs italiens, Pino, Roma et Mongibello plus l’anglais Windermere vont par le fond. Le 28, c’est un grand transport très rapide et escorté de deux petits croiseurs qui lui échappe, von Arnauld n’ayant pu parvenir à se mettre en position de lancer. Le lendemain, parvenu dans l’ouest de la Sicile, U 35 coule à nouveau deux voiliers italiens, Giuseppina et Carlo Alberto puis le vapeur anglais Teano contre lequel il tire ses derniers obus. Le 3 Juillet il entre à Cattaro au terme d’une patrouille particulièrement fructueuse au cours de laquelle il a coulé pas moins de 39 navires représentant près de 57000 tonnes et s’est acquitté avec succès de sa mission à Carthagène. Lothar von Arnauld est en train de montrer ses grandes qualités de Commandant qui vont bientôt faire de lui l’as au palmarès inégalé. Otto Launburg qui débarque du sous-marin à Cattaro se sépare de ce Commandant avec qui il vient de vivre une riche expérience. A présent, cela va être son tour d’accéder à la plus haute responsabilité, celle de commander un U-Boot.

Printemps 1916

Otto Launburg et le canon de 88mm

Quelques jours de permission puis c’est à nouveau l’Ecole des sous-marins pour y suivre le cours de Commandant durant les mois d’Août et Septembre 1916.

Castelnuovo – Herceg Novi Eglise de Manastira Savina en 2010

13 Octobre 1916 En début d’après-midi, Otto Launburg reçoit le commandement du sous-marin UC 37 au Chantier Blohm & Voss de Hambourg. Ce sous-marin est un mouilleur de mines du type UC II absolument neuf qui vient d’être affecté à la Mittelmeer Flottille de Pola. Le nouveau commandant va donc devoir conduire son bâtiment jusqu’à l’Adriatique mais auparavant il faut rendre le sous-marin et son nouvel équipage opérationnels. Durant deux mois, hommes et navire apprennent à se connaître mutuellement au cours de nombreux exercices. Enfin, à la mi-Décembre, UC 37 et son équipage sont prêts. Le bateau est conduit à la base d’Heligoland où il est avitaillé et armé en vue de son départ pour la Méditerranée. Le 23 Décembre c’est le grand jour pour le tout nouveau Commandant ; il est désormais à la tête d’un bâtiment de combat et au large du port la guerre fait rage.

Déplacement 417 tonnes en surface, 493 tonnes en plongée Longueur 49,35 m, Largeur 5,22 m Tirant d’eau 3,68 m Hauteur 7,46 m Profondeur max certifiée 50 m Puissance 500 cv en surface (diesels), 460 cv en plongée (électr.) Vitesse 11,6 noeuds en surface, 7 noeuds en plongée Autonomie 9430 milles en surface, 55 milles en plongée Armement 2 tubes LT AV, 1 tube AR, 7 torpilles, 18 mines (6 puits x3 mines) 1 canon 88 mm armé à 133 coups Equipage 3 Officiers 31 hommes

Patrouille du 23 Décembre 1916 au 12 Janvier 1917 Le temps est particulièrement maussade pour ce premier appareillage en patrouille de guerre et empire même le lendemain, réduisant la vitesse du sous-marin. Noël est fêté dans l’intimité du bord et le Pas de Calais franchi sans difficultés majeures tôt le 26. Si le mauvais temps a faibli, l’accalmie n’est que de courte durée car dès l’ouverture de la Manche et pendant toute la traversée du Golfe de Gascogne, la tempête rend impossible toute attaque. Enfin, le jour de la St Sylvestre, alors que UC 37 a contourné le Cap Finisterre, la tempête n’est plus qu’un mauvais er souvenir et la nouvelle année est fêtée de belle manière dès le 1 Janvier en interceptant le vapeur norvégien Britannic à une quarantaine de milles dans l’ouest de la côte du Portugal alors qu’il fait route vers la Grande Bretagne avec plus de 2000 tonnes de minerai de fer. Launburg fait évacuer l’équipage norvégien et saborde le navire. C’est son premier succès en tant que Commandant et l’année 1917 commence sous d’excellents auspices ! D’autant que le lendemain les vapeurs grecs Dimitrios Goulandris et Aristoteles, l’un et l’autre transportant du maïs d’Argentine vers l’Angleterre, ainsi que le voilier français Notre Dame du Berger subissent le même sort. La journée du 3 qui voit la destruction du voilier Capricieuse, du vapeur norvégien Fama et du vapeur italien Luigi Campe n’est pas moins fructueuse tout comme celle du 4 durant laquelle sont détruits le voilier russe Seemel, le vapeur anglais Wragby qui transporte 5000 tonnes de charbon pour Gibraltar et le voilier français Liberté. Dans la nuit du 4 au 5, UC 37 franchit en surface et sans encombres le détroit de Gibraltar, inaugurant son arrivée en Méditerranée le jour même en coulant le trois-mâts carré italien Combermere au large du Cap de Gata.

Trois-mâts italien Combermere Les jours suivants n’apportent pas de nouveau trophée au palmarès d’Otto Launburg qui entre à Cattaro le 12 Janvier ayant coulé au cours de cette traversée 11 navires représentant plus de 21000 tonnes. Déjà riche de son expérience e passée, le jeune Commandant qui fêtera son 26 anniversaire dans un mois, vient de montrer qu’il est parfaitement à la hauteur de sa mission. Patrouille du 15 au 17 Février 1917 Pour cette patrouille, UC 37 appareille de Cattaro en direction de la côte italienne des Pouilles où le 16, il mouille trois barrages de 6 mines dans le SE du port de Bari (Barrages 551, 551a et 551b). Il n’existe pas de succès connu sur ce champ de mines. Le 17, le sous-marin est de retour à sa base afin de préparer une nouvelle patrouille. Patrouille du 20 Février au 7 Mars 1917 Pour cette mission, l’objectif est d’aller placer un barrage de mines devant Bizerte puis ensuite de faire la guerre au commerce devant la côte d’Afrique du Nord. Le 24 dans la nuit, la première partie est réalisée avec le mouillage de trois barrages de 6 mines (555, 555a et 555b). Sur ces mines, le vapeur anglais Warrior sera perdu le 21 avril suivant. Mettant alors cap à l’ouest, c’est à l’est d’Alger le 26 qu’est torpillé en plongée le vapeur italien Gerolamo Ulloa. Il aurait fallu une seconde torpille en coup de grâce pour le couler mais la présence d’un escorteur empêche Launburg de faire ce deuxième lancement. Le vapeur parvient à s’échouer à la côte puis il sera remorqué et réparé. Plus tard dans la journée, le vapeur grec Victoria est atteint à son tour par une torpille lancée en plongée et coule. La présence d’un patrouilleur d’escorte ayant empêché cette fois UC 37 d’utiliser son canon. Les jours suivants le sous-marin continue de patrouiller dans cette région sans riencontrer de nouvelle proie. Enfin, le 3, à 6 milles du CapSigli, un vapeur anglais armé est intercepté et coulé par une torpille lancée en immersion. Il s’agit du vapeur Craigendoran de Glasgow qui transporte 4000 tonnes de charbon vers Malte. Le Capitaine anglais et son chef mécanicien sont faits prisonniers. Deux jours plus tard, entre Malte et Sicile, le voilier italien Salvatore est capturé et sabordé. Le 7 mars, UC 37 est de retour à Cattaro.

Patrouille du 22 Mars au 7 Avril Quinze jours après être rentré de sa précédente patrouille, UC 37 reprend la mer toujours en direction de la côte d’Afrique du Nord entre Tunis et Alger. Cette fois encore, il n’emporte des mines qu’il va mouiller dans la nuit du 26 au 27 à l’ouest de Bizerte (Barr. 559, 559a, 559b). Poursuivant sa route, il capture la canonnière de rivière anglaise N° qui 62 est envoyée pour servir sur le fleuve Tigre. Le bateau est sabordé mais l’équipage de 3 officiers et 12 hommes est laissé libre dans ses canots de sauvetage. Le 31 Mars, à l’est d’Alger au large du Cap Corbelin, le vapeur armé français Galatée est atteint par une torpille lancée en plongée. Endommagé, le vapeur reste à flot protégé par son escorte. Il sera réparé. Au matin du 3 sur le chemin du retour, le paquebot français Ernest Simmons en compagnie d’un vapeur plus petit est repéré au sud-ouest de l’île de la Galite. Manoeuvrant en plongée, Launburg se place en position de tir sur le paquebot et lance une torpille qui fait but en plein milieu. Le paquebot coule en 15 minutes ce qui permet d’évacuer tout le monde sans qu’il y ait de victimes. Dans le même temps, un autre vapeur français, le Saint Simon, en route de Bizerte sur Huelva se trouve lui dans le sud-est de l’île. Il a été informé de l’attaque contre le paquebot dont il a capté le message de détresse et reçoit pour instruction d’éviter le secteur du torpillage en passant au Nord de la Galite. Cela va causer sa perte car UC 37 après le torpillage d’Ernest Simmons, poursuit sa route et va contourner lui aussi la Galite par le Nord…

Dans l’après-midi, il repère la fumée de Saint 4 Simon et il ne lui reste plus qu’à attendre en plongée le vapeur qui sans le savoir vient se 5 jeter dans la gueule du loup. A 17 heures 35, une torpille explose dans le flanc tribord arrière du vapeur qui coule en moins de cinq minutes. Ayant fait surface peu après pour interroger les naufragés réfugiés dans deux embar-cations sur le nom et la destination du navire, Launburg sauve deux marins français qui dérivaient accrochés à des épaves et reprend sa route vers Cattaro. Il n’a plus de torpilles mais cela ne l’empêche pas de saborder au passage le petit voilier italien San Giovanni Battiste croisé le lendemain au sud de la Sicile. Il rentre à Cattaro le 7 Avril. Les mines placées au large de Bizerte seront découvertes et draguées. Elles n’enregistreront aucun succès.

Patrouille du 26 Avril au 9 Mai. Pour cette patrouille l’ordre d’opération est toujours le même secteur à l’exception des mines qu’il devra mouiller dans l’est du port algérien de Bône. Le 28 avril, dans la zone entre Malte et Sicile, le voilier italien Niobe est stoppé et coulé au canon, tout comme le lendemain la goélette Giuseppe Maria, l’un et l’autre chargés de phosphate de Tunisie pour l’Italie. A l’aube du 30, parvenu dans la zone de minage désignée, il place ses 18 mines en 4 barrages (572 à 572c). Ce même jour un peu avant 11 heures du matin, à une quinzaine de milles dans le NE du Cap Rose, Launburg aperçoit deux gros vapeurs naviguant sans escorte en route au nord-est. Dissimulé dans les profondeurs, il se place en position de lancement sur le second qui se trouve à 800 mètres derrière le premier. La torpille fait but à tribord du vapeur qui très vite commence à s’enfoncer par l’arrière. Il coule en cinq minutes. UC 37 fait surface et se dirige vers la seule mebarcation qui a pu être mise à la mer afin de connaître le nom du navire. Otto Launburg échange quelques mots vec les naufragés mais un chalutier armé aparaît et ouvre le feu sur le sous-marin qui plonge aussitôt. Le vapeur coulé est le français Colbert (5394 tonnes) qui en compagnie de l’Himalaya faisait route vers Salonique avec des troupes et du matériel de guerre. Cinquante marins et passagers disparaissent avec le navire.

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Saint Simon est ce vapeur sur lequel Georges Bichon, le grand oncle d’Olivier Prunet était Second Capitaine Heure du sous-marin en avance d’une heure sur l’heure du vapeur

Colbert à quai à Alger Aucune occasion d’attaque ne se présente jusqu’au 2 Mai au large d’Alger quand apparaît un vapeur anglais. En plongée, UC 37 tire une torpille qui fait but mais le bateau ne coule pas. En raison de la présence de navires d’escorte, Launburg ne peut pas lui envoyer une seconde torpille. Il s’agit du vapeur Camerata de Swansea qui sera échoué puis réparé. Le 5 Mai, sur le chemin du retour, UC 37 repasse dans le secteur de Bizerte et y rencontre la goélette italienne Dina di Lorenzo effectuant elle aussi un transport de phosphate. En quelques coups de canon, elle est envoyée par le fond. Deux jours plus tard, un duel d’artillerie est engagé avec un vapeur armé mais l’arrivée de navires d’escorte l’oblige à rompre le combat. Le 9 Mai, UC 37 est de retour à Cattaro. Dans son rapport de patrouille Otto Launburg signale que le long de la côte nord-africaine, les vapeurs rencontrés sont très protégés par des escorteurs et des chalutiers armés. Durant les mois de mai et de juin le sous-marin subit des travaux d’entretien et le 1 Juillet, Otto Launburg remet son commandement à l’Oberleutnant zur See Willy List qui lui succède. Quant à lui, un nouveau commandement lui ayant été attribué par son Chef de Flottille et il regagne l’Allemagne. Au chantier Blohm & Voss de Hambourg, le sous-marin UB 52 alors en achèvement sera son prochain commandement. Le 9 Août 1917, UB 52 un sous-marin du type UB III, est admis au service actif qu’il commence par la traditionelle période d’essais et d’entrainement de l’équipage en mer Baltique. Début Septembre, le sous-marin est prêt à rejoindre sa flottille d’affectation, la Mittelmeer Flottile et c’est donc vers la Méditerranée que le Commandant Launburg va devoir le conduire.
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UB 52
Caractéristiques principales Déplacement (tonnes sf/sm) 516 / 651 Longueur 55 m30 (ht) – 40 m10 (ce) Largeur 5m80 – 3 m 90 (ce) Hauteur 8 m25 Tirant d’eau 3m70 Profondeur certifiée 75 m. Armement 4 TLT d’étrave, 1 de poupe (8 torpilles) 1 x 105mm approvisionné à 160 coups Propulsion 2 Diesels 1100 CV 2 Electriques 788 CV Autonomie Surface 9040 nm à 6 nds Plongée 55 nm à 4 nds Equipage 4 off. 30 hommes

Patrouille du 18 Septembre au 13 Octobre 1917 Transfert en Méditerranée. L’appareillage a lieu de la base de Kiel. Les ordres de route prévoient qu’il quittera l’Allemagne en empruntant le détroit du Skagerrak puis gagnera l’Atlantique en contournant le nord de l’Angleterre et l’Irlande. Le Commandant a tout latitude pour pratiquer la guerre de course durant la traversée. Mais les circonstances vont en décider autrement. A partir du 20 Septembre et les jours suivants, UB 52 doit faire face à une grosse tempête dans l’Atlantique et la mer endommage les barres de plongée avant. Le sous-marin faute de pouvoir être manœuvré en immersion ne peut plus plonger. Otto Launburg décide malgré tout de poursuivre sa route vers la Méditerranée. Durant toute la traversée, il va devoir se tenir éloigné de tout navire rencontré. Il franchit néanmoins Gibraltar sans encombres et entre à Cattaro le 13 Octobre au terme d’une traversée de 26 jours. Des avaries de machine étant également survenues durant la traversée, UB 52 doit se rendre ensuite au Chantier Naval de Pola où il est réparé et mis en état de reprendre la guerre. Le 5 Décembre, il appareille pour une nouvelle patrouille. Une nouvelle et sérieuse avarie de machine va interrompre cette patrouille dès son début et le sous-marin doit retourner au chantier où il reste en indisponibilité jusqu’au milieu du mois de Janvier 1918 puis, pour tester la tenue des machines il fait mouvement sur Cattaro qu’il rejoint sans avarie. Patrouille du 24 Janvier au 23 Février 1918 Appareillage de Cattaro vers son secteur d’opérations, le sud de la Méditerranée occidentale et la côte d’Afrique du Nord. Cela fait six mois que le commandant Launburg n’avait plus mené son sous-marin au combat. L’occasion ne va pas se faire attendre de renouer avec le succès. Le 30 Janvier, UB 52 est en patrouille au Nord de Bougie quand un convoi est repéré. Malgré la présence de destroyers d’escorte, Launburg parvient à se mettre en position de tir et lance contre un gros vapeur. Coup au but ! La contre-attaque des destroyers ne se fait pas attendre et UB 52 subit un grenadage en règle qu’il encaisse sans avaries. Lorsqu’il peut refaire surface, le vapeur a coulé. C’était le cargo mixte russe Ekaterina II qui allait passer sous pavillon français. er Le 1 Février toujours dans le même secteur, un groupe de deux vapeurs escortés par un chalutier armé est en vue. En plongée, UB 52 lance sur l’un d’eux. Touché, la vapeur coule rapidement. C’est le français La Dives qui transportait troupes et matériel de Marseille à Bizerte. En coulant, le bateau entraine dans la mort plus de 100 passagers et marins. Le 4, au large du Cap Ténès, c’est la goélette anglaise Maid of Harlech qui est sommée de s’arrêter. Elle vient de pêche à Terre Neuve avec une cargaison de morue pour Naples. Quelques coups de canon l’envoient par le fond. Un peu plus tard ce même jour, au Nord d’Oran, UB 52 et U 34 qui lui aussi patrouille dans le secteur, se rencontrent. Cela tombe bien car un grand convoi de 18 vapeurs escorté par deux croiseurs auxilliaires et deux destroyers vient d’apparaître en route à l’ouest. Les deux commandants se concertent brièvement pour effectuer une attaque simultanée, inaugurant ainsi sans le savoir la « tactique de meute » qui sera la base de la prochaine guerre sous-marine à partir de 1941. Le convoi effectuant un zig-zag, la première tentative en plongée échoue. UB 52 refait surface et observe alors une gerbe d’écume. C’est un coup au but de U 34 sur le vapeur armé anglais General Church. Launburg reste au contact du convoi et dans la soirée il effectue un tir simultané de deux torpilles contre deux vapeurs puis plonge aussitôt. A bord du sous-marin on entend les deux torpilles exploser puis ensuite six grenades sous-marines. Les destroyers à l’évidence cherchent UB 52 et son Commandant garde la plongée. Lorsqu’il refait surface, le convoi n’est plus en vue. On apprendra par la suite de source italienne que dans ce convoi au soir du 4, le vapeur anglais Sardinia a été atteint mais qu’il a réussi à regagner Oran. Otto Launburg pour sa part se demande dans son journal s’il a touché deux vapeurs ou si les torpilles ont touché le même. Le lendemain, vers midi dans le NW d’Oran, UB 52 ouvre le feu en sommation contre un grand voilier. Le voilier met une embarcation à la mer mais Launburg trouve la manœuvre suspecte et reprend le feu. Après deux coups au but, le

voilier ouvre le feu à son tour avec deux canons, dévoilant ainsi son véritable caractère. Il s’agit d’un bateau-piège ! Le sous-marin plonge et s’éloigne. Quelques jours plus tard, au soir du 9, au large d’Alger, UB 52 attaque en plongée un convoi de 7 vapeurs. Coup au but d’une torpille sur l’un d’entre eux. On apprendra plus tard qu’il s’agit de l’anglais Antenor de Liverpool qui malgré ce coup réussi ne coule pas. Une nouvelle attaque ne peut être conduite, le convoi ayant disparu dans la nuit. Le 18 peu avant minuit, au large de Malte, un convoi est à nouveau attaqué en plongée. L’un des vapeurs est atteint par une torpille. Il s’agit du français Basque qui lui non plus ne coulera pas mais Launburg ne parvient pas à se rapprocher suffisamment pour mener une seconde attaque.

Deux jours plus tard, au sud de Malte un convoi qui fait route vers le sud-est. Launburg l’attaque en plongée et atteint le vapeur anglais Zeno qui coule. Au même moment, un autre convoi cap au NE est également en vue. Il est fort de 12 vapeurs qui sont escortés par autant de patrouilleurs. Launburg passe à travers l’écran des escorteurs et lance contre un gros vapeur qui est touché. Il s’agit de l’anglais Balgray de Glasgow qui coule également. N’ayant plus de torpilles, UB 52 met le cap sur sa base où il arrive le 23. Au cours de cette patrouille 10 torpilles ont été lancées, 8 ont fait but. Le tonnage détruit s’élève à 14400 tonnes et le e tonnage endommagé à 15500. Dans son journal d’opération, Otto Launburg signale qu’au sud du 38 parallèle, ce sont quatre grand convois qu’il a observés en 8 jours et que sur l’ensemble de la patrouille, il a aperçu environ 80 vapeurs. Patrouille du 11 Mars au 6 Avril 1918 Deux semaines après son retour, UB 52 reprend la mer en direction de la Méditerranée occidentale. Le 17 Mars, au sud-ouest de la Sardaigne, contact est pris avec un convoi de 10 vapeurs en route à l’ouest, escorté par 8 patrouilleurs. Launburg se positionne en avant du convoi et lance en plongée une torpille qui coule le vapeur anglais Ivydene de Newcastle. Dans la nuit qui suit, UB 52 maintient le contact avec le convoi et avant l’aube du 18, attaque à nouveau le convoi en surface cette fois. Un tir simultané de deux torpilles est effectué sur deux vapeurs mais l’arrivée rapide d’un escorteur oblige Launburg à plonger. Deux détonations sont entendues. On identifiera plus tard le vapeur anglais John H. Barry seul coulé au cours de cette attaque. UB 52 refait à nouveau surface pour reprendre l’attaque du convoi mais il est bientôt contraint de plonger à nouveau par le tir d’un escorteur. Néanmoins, il garde le contact et vers minuit, à une centaine de milles au nord d’Alger, Launburg attaque à nouveau en plongée puis lance une toprille qui fait but sur un gros vapeur qui ne semble pas devoir couler. Durant 2 heures, UB 52 reste à l’affût à proximité puis lance une deuxième torpille ; le vapeur ne coule toujours pas et apercevant un remorqueur qui, venant du sud, se dirige vers le navire manifestement pour le prendre en remorque, Launburg n’a pas d’autre choix que de lancer une troisième torpille. Cette fois, le vapeur anglais Saldanha a son compte et s’enfonce définitivement sous la mer. Il venait d’Inde avec un chargement de balles de coton ce qui explique sans doute le fait qu’il ne coulait toujours pas après deux torpilles. Cela faisait 48 heures que le sous-marin traquait ce convoi. Jusqu’au soir du 3 avril, UB 52 n’aura plus l’occasion de couler un navire mais ce soir là, entre Malte et la Sicile, il attaque en surface un convoi de 4 vapeurs escorté par 3 torpilleurs. Une torpille est lancée et manque son but. Tenant le contact dans la nuit, Launburg peut à nouveau effectuer un tir avant l’aube et cette fois la torpille fait but sur le vapeur italien Sincerita qui est coulé. La mer qui grossit de plus en plus ne permet pas de poursuivre le convoi et deux jours plus tard, UB 52 fait son entrée à Cattaro.

Patrouille du 27 Avril au 24 Mai 1918 Le 27 Avril Otto Launburg reprend la mer pour une nouvelle patrouille toujours dans le secteur Méditerranée centre et ouest. Cette patrouille devait être la dernière pour UB 52 qui allait rencontrer son destin le 24 Mai suivant. En l’absence du KTB disparu avec le bateau, cette patrouille a été reconstituée à partir de l’interrogatoire de son Commandant miraculeusement rescapé pour devenir prisonnier de guerre en Grand Bretagne et à partir du rapport qu’il a adressé à l’Etat-Major de la Marine après son retour de captivité en 1919. Voici donc reconstituée à partir de ces éléments la dernière patrouille. Il passe en surface et sans incidents le détroit d’Otrante dans la journée du 28, puis au large de Santa Maria di Leuca il fait une route SW en direction de la Sicile jusqu’à parvenir approximativement sur le méridien de Crotone. De là, il s’enfonce dans le sud jusqu’à la hauteur de Catane avant de reprendre un cap SW qui le fait passer au sud du cap Passero et de remonter vers le WNW dans le passage entre Sicile et Tunisie. C’est au sud de la Sicile que le 2 mai au matin il rencontre un convoi dans lequel il coule d’une torpille le vapeur anglais Flawyl de Sunderland à une trentaine de milles ESE de Pantelleria. Poursuivant sa route vers la Sardaigne, il croise alors un grand convoi de 24 navires fortement escorté. Cette fois encore, Otto Launburg parvient à franchir l’écran des escorteurs et lance sur le plus gros navire à sa portée dans une mer assez mauvaise (force 6 avec un vent force 7) qui rend délicat le maintien à l’immersion périscopique. Il s’agit du paquebot français Atlantique des Messageries Maritimes en provenance du Japon et à destination de Marseille. Selon le Commandant du paquebot, le tir a été déclenché à 100 mètres de distance ce qui semble toutefois peu probable. La torpille explose sur tribord avant. Les dégâts sont considérables mais grâce à ses cloisons étanches, le paquebot ne coule pas et pourra rejoindre Bizerte. Pour UB 52, en raison de la contre attaque des escorteurs, il n’est pas possible de se replacer en position de lancement.

Le 11, alors qu’il patrouille au sud de la Sicile, apparaît un nouveau convoi dans lequel il torpille en plongée le vapeur français Suzette Fraissinet qui coule. Le lendemain un peu plus à l’ouest, toujours dans un convoi protégé par 8 destroyers, il atteint le paquebot anglais Omrah qui coule à son tour. Il faut ensuite attendre le 18 Mai pour un nouveau succès sur le vapeur anglais Media qui est touché par un torpille mais il ne coulera pas et rejoindra Malte. Le 19, à 80 milles dans le SW de Malte, UB 52 qui a entamé son retour, s’apprête à attaquer un vapeur isolé. Mais étonnamment, celui-ci est immobilisé. Launburg s’en approche précautioneusement et découvre alors le sous-marin U 63 du Kaptlt Kurt Hartwig se tient lui aussi à proximité du vapeur car c’est lui qui vient de le torpiller et il attend qu’il disparaisse. Il s’agit de l’anglais Snowdon. Les deux UBoote entrent en contact ; Launburg fait état de 5 navires coulés tandis que U 63, outre le Snowdon qui est en train de couler, a fait deux prisonniers : le commandant et le Second du vapeur. Contrairement à Hartwig qui vient de commencer sa patrouille, Launburg lui fait route sur Cattaro et propose de se charger des deux prisonniers. L’offre est acceptée

comme on s’en doute et dans un dinghy, les deux officiers anglais passent de l’U 63 à l’UB 52. Les deux sous-marins échangent des vœux de succès une dernière fois et se séparent. UB 52 poursuit sa route vers Cattaro. Le 22 Mai, il effectue un passage au large de Brindisi au cas où une opportunité se présenterait devant ses tubes lance-torpilles mais ce ne sera pas le cas et cette fois, il met le cap direct sur les Bouches de Cattaro. Les deux officiers anglais sont chaque jour autorisés à monter sur le pont quand c’est possible et partagent la nourriture de l’équipage. Launburg n’hésite 6 d’ailleurs pas à s’entretenir avec eux. Bien sûr, il y a la guerre mais ils sont aussi entre marins . Le jeudi 23 dans la journée, UB 52 entre en contact radio avec Castelnuovo et communique son arrivée prévue dans la matinée du lendemain, demandant en même temps l’escorte habituelle. Le torpilleur autrichien sera bien au point de rendez-vous le lendemain matin mais il attendra en vain l’arrivée du sous-marin… Mais revenons sur la soirée du 23 Mai. Il est environ 23 heures, UB 52 navigue en surface en route au Nord. La mer est belle et dans le ciel bien dégagé, la lune presque pleine brille au-dessus de l’horizon sud. Sur la passerelle du sousmarin se trouvent Heinrich Klein, Chef de Quart en compagnie du Maître Wehr et d’un veilleur ; le clair de lune s’il facilite la détection des autres navires, rend également plus visible UB 52. Sous leurs pieds, à l’intérieur du kiosque, Otto Launburg est en train de rédiger son compte-rendu d’opérations en prévision de l’arrivée le lendemain. Il est 23 heures 14. Soudain, un cri au-dessus de lui. - Un sous-marin sur tribord arrière ! Dans le même temps, Wehr met la barre toute à droite. C’est une erreur et elle est fatale car UB 52 présente ainsi tout son flanc au sous-marin inconnu. Launburg ayant entendu le cri d’alerte se précipite sur le kiosque. Il n’a pas eu le temps de s’extraire par le panneau d’accès qu’une formidable explosion ébranle UB 52qui sous le choc roule sur bâbord, se couche et coule quasi instantanément. Otto Launburg et Heinrich Klein se retrouvent à l’eau, leur bateau a disparu. Il ne s’est pas écoulé une minute depuis l’alerte ! Quelques minutes plus tard, le sous-marin anglais H4 explorant la surface de la mer trouve les deux rescapés et les recueille à son bord. Otto Launburg sérieusement blessé y reçoit les premiers soins… Il est 23 heures 30, le Commandant anglais donne ordre de prendre la route de retour vers Brindisi. En quelques minutes, sa vie vient de basculer. Son bateau n’est plus et avec son camarade ils sont les seuls survivants d’un équipage de 34 hommes. Les deux malheureux officiers de la Marine Marchande anglaise qui étaient à bord connaissent le même sort que les Allemands ; la rencontre d’UB 52 avec le sous-marin qui avait coulé leur navire leur aura été fatale alors que s’ils étaient restés sur U 63 ils seraient rentrés de patrouille avec lui et auraient fini dans un camp de prisonniers.

De la patrouille du sous-marin H4 on a peu de détails. On sait seulement qu’il avait appareillé de Brindisi en compagnie du sous-marin H2 le 21 à 18 heures pour une mission de surveillance des approches de Cattaro puis chaque bâtiment avait fait route isolèment. Il avait aperçu UB 52 à 23 heures à 3 quarts sur bâbord avant et avait mis le cap sur lui à toute vitesse. Lorsqu’il fut aperçu à son tour, il vit le sous-marin allemand abattre en grand sur tribord et lançait à ce moment là 2 torpilles sous un angle de gyro-déviation de 12°, soit presque dans l’axe des tubes anglai s. Une ou deux torpilles ont-elles atteint UB 52, on ne le sait pas ? Il y a eu semble-t-il une seule explosion mais elle peut aussi bien résulter de l’explosion simultanée des deux torpilles. La destruction d’un sous-marin par une torpille est un évènement d’une grande violence qui ne laisse généralement aucune chance de survie à l’équipage qui en est victime. En la circonstance, Otto Launburg et Heinrich Klein ont eu une chance inouïe et ils sont bien peu nombreux ceux qui ont survécu à pareille situation. Les deux rescapés seront ensuite transférés à Malte puis en Grande Bretagne, arrivant à Londres le 7 Juillet. Les archives britanniques recèlent le résumé de l’interrogatoire des deux hommes. Ce document est inclus ci-après. A la lecture de ce document on remarque un certain nombre d’informations inexactes fournies par les deux prisonniers qui à l’évidence sont restés très évasifs quand ils n’ont pas, sans doute volontairement, communiqué des renseignements inexacts.

Voici le récit fait par Oliver North, le commandant du sous-marin H4, du torpillage de l'UB 52 « C’était une nuit claire. La mer était calme. Il était environ 23h00 et j’étais en bas, prenant un en-cas avant de remonter. - Sous-marin en vue ! lança l’officier de quart.
6

Informations données par Heinrich Klein lors de son interrogatoire par les Britanniques.

Je montai aussi vite que possible. Sûr, il y avait un kiosque à 1000 yards sur notre bâbord. C’était un allemand dont on reconnaissait la silhouette au clair de lune. Cette lune était sa condamnation. Nous manœuvrâmes pour effectuer un demi cercle autour de lui. C’était une chasse féerique sous la lune. Bientôt, nous fûmes à 50 yards sur son bâbord. Il avait du nous voir car il commença à s’enfoncer. Mais il était trop tard. Nous lançâmes deux torpilles et les deux firent mouche. Ce fut la fin de l'UB 52. Nous fîmes surface. Il y avait des cris dans l’eau noire. Nous repêchâmes deux hommes, le commandant et son officier de navigation. C’étaient les deux seuls qui étaient sur le kiosque et avaient pu sauter à l’eau avant que le sous-marin ne coule. Tous les autres étaient partis au fond dans leur coque d’acier, pauvres diables... »

Après son interrogatoire à Londres, Otto Launburg est transféré au Camp de Colsterdale dans le Yorkshire là où sont regroupés les officiers allemands faits prisonniers. Il y sera encore retenu une bonne partie de l’année 1919 et ne reviendra qu’au mois de Décembre d’ailleurs pour entrer en convalescence à l’hôpital maritime de Kiel jusqu’en juin 1920.

Deux vues du Camp de Colsterdale durant la 1ére guerre.

Un site internet sur la vie au camp de Colsterdale : http://www.jennus.beepworld.de/gefangenenlager.htm

Avec plus de 100 000 tonnes coulées, Otto Launburg fait partie des As. S’il avait poursuivi la guerre avec le même taux de réussite, il est très probable qu’il aurait lui aussi décroché son « Blauer Max » Son palmarès en tant que Commandant est le suivant : 39 navires coulés pour 104 144 tonnes 8 navires endommagés pour 38 144 tonnes

Coulés ou endommagés (en vert) avec UC 37
Navire BRITANNIC ARISTOTELIS C. IOANNOU DIMITRIOS GOULANDRIS NOTRE DAME DU BERGER (s/v) CAPRICIEUSE (s/v) FAMA LIBERTE (s/v schooner) LUIGI CIAMPA SEEMEL (s/v) WRAGBY COMBERMERE (s/v) GEROLAMO ULLOA VICTORIA CRAIGENDORAN SALVATORE (s/v) Nr. 62 (river gunboat) GALATEE ERNEST SIMONS SAINT SIMON SAN GIOVANNI BATTISTE (s/v) GANGE SAGRES WARRIOR NIOBE (s/v) GIUSEPPE MARIA (s/v) COLBERT CAMERATA Navire EMPRESS EKATERINA II LA DIVES MAID OF HARLECH (s/v) SARDINIA ANTEOR BASQUE BALGRAY ZENO IVYDENE JOHN H. BARRY SALDANHA SINCERITA FLAWYL ATLANTIQUE SUZETTE FRAISSINET OMRAH MEDIA Pav. Tonn. 2302 2868 3744 227 156 2512 166 3988 209 3641 1718 4283 1388 2789 119 200 3062 5555 3419 46 6886 2986 3674 66 99 5394 3723 Pav. Tonn. 5545 2108 315 6580 5319 3261 3603 2890 3541 3083 4594 1722 3592 6479 2288 8130 5437 30 1 4 4 9 18 20 20 17 18 19 4 2 9 11 12 18 1 2 2 2 3 3 4 4 4 4 5 26 26 3 5 27 31 3 3 4 14 16 21 28 29 30 2 Date 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 2 2 3 3 3 3 4 4 4 4 4 4 4 4 4 5 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 Lieu G+S- 44m W of Leixoes 4058N, 0930W G- 30m W of Cape Roca 38.55N-09.48W 30m W of Cape Roca G- off Lisbon G- 12 m. WSW of Cape St. Vincent off SW coast of Spain 36.47N 08.43W G- 45m WbN Cape Spartel S- 15 miles off Ponta de Sagres 3632N, 0809W G- 45m WbN Cape Spartel S-E of Gibraltar 2.5m E of Tigzirt - damaged only T- about 100 miles east of Algiers T- 6m E Cape Sigli, Algeria Malta Channel W of Bizerta near Cape Corbelin, E of Algiers - damaged only T- 15m NE of Cape Rosa abt 3708N 0828E T- 20m NW of La Galite Island S- off Algeria or Tunisia M- 33m NE Cap Serrat (4m N of Cap Blanc) 3724N 0950E M- N of Cap Blanc M- 7m NE Fratelli Rocks, Tunisia off Malta Straits of Sicily T- 15 miles NE of Cape Rose 3705N 0822E 9m N of Djidjelli - damaged only Lieu T- N of Bougie, Algeria T- 54 miles NW of Cap Carbon, 3740N, 0500E G- NW Cape Ténés 3646N, 0020E T- 60m from Oran 3628N, 0055W - damaged only T- near Algiers 3745N, 0145E - damaged only T- 3617N, 0133E - damaged T- 38m SWbW Dellimara Pt 3507N, 1401E T- 48m SW½S Dellimara Pt 3504N, 1403E T- 36m NNE Cape Bougaroni 3849N, 0632E T- 104m NbW¾W Cape Bougaroni 3842N, 0545E T- 95m N Algiers 3819N 0239E T- Malta Canal 3617N, 1448E T- 30m ESE Pantelleria Isl. 3641N 1242E T- S of Sardinia T- 37 miles S of Cape Spartivento T- 40m SW¾S Cape Spartivento, Sicily T- 3613N, 1317E - damaged only

Coulés ou endommagés (en vert) avec UB 52
Date 1 2 2 2 2 2 2 2 3 3 3 4 5 5 5 5 5 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918

Après la guerre 1919 - 1921 Otto Launburg reprend du service dans la Reichsmarine. Promu Kapitänleutnant le 21.1.1920, il est nommé Commandant du dragueur M 57 puis demande sa mise en retraite de la Marine en décembre 1920. Il quitte définitivement le service le 31.3.1921. Revenu à la vie civile, il est engagé par la compagnie Telefonbau où il prend la direction de différents services techniques. Le 9.4.1926 il épouse Gerda Brockmann dont il aura une fille prénommée Ilse Renate.

Novembre 1936 Invité lors de la mise en service du nouvel U 35 de la Kriegsmarine (en civil) en compagnie d'anciens du premier U 35

En sept.1939 il est réactivé dans la Kriegsmarine avec le grade de Korvetten Kapitän et occupe les affectations suivantes : Septembre 39 – Mai 40 Direction du département de la Marine à Emden Juin 40 – Décembre 41 Chef des services de la Kriegsmarine au Havre Décembre 41 – Mars 42 Chef des services de la Kriegsmarine à Saint Malo Mars 42 - Juin 42 Chef des services de la Kriegsmarine au Havre Juin 42 – Juin 43 Conseiller du Ministère de la Marine à Oslo Juin 43 – Octobre 44 Hafenkommandant du port de Bergen Après Octobre 44 Chef du personnel de la Marine à Molde Après une courte captivité, Otto Launburg quitte définitivement la Marine et reprend son poste à la compagnie Telefonbau jusqu'à sa retraite en Janvier 1957. Otto Launburg est décédé à Brunswick le 9 Décembre 1980 dans sa 90e année.

ANNEXES
Documents divers

La dernière patrouille de UB 52 extrait de Arno Spindler, Der Handelskrieg mit U-Booten, Band 5, S. 162-3

Sources consultées :
En France Service Historique de la Défense, Vincennes - Fonds S SG relatif à la guerre sous-marine 1914-1918, dossiers des navires coulés. Aux USA National Archives and Records Administration, Washington - Kriegstagebuch U 35, UC 37, UB 52 En Grande Bretagne The National Archives, Kew Archives de la Royal Navy - ADM 137 – 713 - ADM 137 – 3060 - ADM 137 – 4149

Publications Der Handelskrieg mit U-Booten, K.Adm. Arno Spindler Ehrenrangliste der Kaiserliche Deutschen Marine 1914-1918, K.Adm Albert Stoelzel Die UB-Boote der Kaiserlichen Marine, 1914-1918, Harald Bendert Die UC-Boote der Kaiserlichen Marine, 1914-1918, Harald Bendert German Submarine Warfare 1914-1918 in the eyes of British Intelligence, Hans Joachim Körver

© Yves DUFEIL Avril 2011

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