MEMORENDUM DE LA SOCIETE CIVILE POUR DES ELECTIONS LIBRES, TRANSPARENTES ET DEMOCRATIQUES.

Kinshasa, juillet 2011
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I. AVANT PROPOS L’initiative qui a conduit à l’élaboration du présent mémorandum a été lancée par l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, qui a associé plusieurs autres organisations de la Société Civile à la réflexion sur le processus électoral en République Démocratique du Congo avec le soutien de l’AGEH (Service Civil pour la paix). Les organisations de la société civile ci après ont pris part à cette réflexion : Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme(ANMDH) ; - Association Africaine de défense des Droits de l’Homme(ASADHO) ; - Centre National d’Appui au Développement et à la Participation Populaire (CENADEP) ; - Organisation Concertée des Ecologistes Amis de la Nature(OCEAN) ; - Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes(LINELIT) ; - Initiative Locale pour le Développement Intégré (ILDI) - G1000 : Synergie des Forces Sociales en République Démocratique du Congo, - Justice Pour Toute l’Humanité (J.P.T.HU) ; - Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) ; - Protection Enfants Sida(P.E.S) ; - Réseau Ressources naturelles(RRN).
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La réflexion sur le processus électoral s’est déroulée selon le programme ci après : - Vendredi 15 juillet 2011 : Exposés et constitution de la commission de rédaction du mémorandum. - Mardi 19 juillet 2011 : Echanges et adoption du mémorandum - Vendredi 22 juillet 2011 : Présentation du mémorandum aux ambassades, partis politiques, autorités et presse.

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II. INTRODUCTION Depuis son indépendance, le 30 juin 1960, la République Démocratique du Congo est confrontée à des crises politiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs. Cette contestation s’est transformée en conflits armés qui a duré près d’une décennie divisant le pays en plusieurs factions et détruisant le tissu socio économique. Pour mettre fin à cette crise de légitimité, les acteurs politiques et la société civile se sont réunis en « Dialogue inter congolais » en Afrique du Sud en 2002 afin de créer un nouvel ordre politique fondé sur une nouvelle Constitution démocratique. Cette volonté fut matérialisée par le référendum constitutionnel de décembre 2005 et les élections de 2006 porteuses d’un très grand espoir dans la population III. ANALYSE

Au seuil de l’organisation des élections libres, transparentes et démocratiques de 2011, les populations sont désillusionnées à cause de la non réalisation de leurs aspirations et du manque de visibilité de la vision des partis politiques. Face à cette situation alarmante, nous les associations de la Société civile réunies en dates du 15 et 19 juillet 2011, avons procédé à l’évaluation du processus électoral de 2005 et 2006, à l’analyse des dispositions légales relatives à l’organisation des élections de 2011-13, en tenant compte du climat socio politique qui règne actuellement en République Démocratique du Congo. Ainsi, nous avons constaté :
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Que contrairement aux dispositions de l’article 9 alinéa 1, 10,11 et 12 de la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la CENI, cette dernière n’a pas affiché les listes des électeurs dans certains bureaux d’enrôlement, empêchant ainsi la population et les partis politiques de relever les irrégularités et d’évaluer le nombre d’enrôlés dans chaque bureau ; Que la loi électorale n’a pas été promulguée dans le délai prévu et qu’elle l’a été sans ses annexes devant comprendre notamment le découpage des circonscriptions électorales, le nombre et la localisation des bureaux de vote et de dépouillement ainsi que ceux des centres locaux de compilation par circonscriptions électorales ;
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2.

3.

Qu’après analyse du rapport de la commission d’enquête diligentée par la CENI concernant les dénonciations d’enrôlement des mineurs, des policiers, des militaires et des étrangers, il a été relevé que la société civile et les partis politiques n’ont pas été associés à cette commission ; Qu’une campagne électorale précoce a commencé de façon inégale et en violation de la loi sur toute l’étendue du territoire national ; Que vu le grand retard que prennent les opérations d’enrôlement des électeurs par rapport au calendrier électoral, il serait irréaliste de convoquer les élections, l’inscription des candidats et finalement de proclamer les résultats définitifs dans le délai constitutionnel ; Que vu le climat de suspicion qui règne entre les acteurs politiques, l’acceptation des résultats définitifs des élections porte les germes des conflits post électoraux ; Que l’exclusion de la société civile, alors qu’elle est partie prenante à tout le processus politique mis en place depuis Sun City en 2002, de la Commission Electorale Nationale Indépendante remet en cause l’indépendance et la transparence du travail qu’elle réalise ; Que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication « CSAC », organe qui doit réguler les interventions des acteurs politiques et des citoyens dans les médias n’a toujours pas été mis en place conformément aux dispositions constitutionnelles (article 212 de la Constitution). Que la Radio Télévision Nationale Congolaise « RTNC » est quasi réservée à une obédience politique proche de la Majorité Présidentielle.

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9.

Face à ce qui précède, la société civile formule les recommandations suivantes :

IV.

RECOMMANDATIONS :
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A.A

la Commission Electorale Nationale Indépendante :

De faire auditer par les experts indépendants le Fichier Electoral au regard des irrégularités constatées dans les opérations d’enrôlement et du climat de méfiance qui en découle de la part des acteurs politiques et de la Société civile ;

 De rendre public le fichier électoral audité pour plus de transparence ; .

De mettre en place un mécanisme formel de concertation regroupant toutes les parties prenantes (CENI, partis politiques, société civile...) pour renforcer le dialogue et rassurer les uns et les autres par rapport à l’organisation des élections ; Veiller au respect de la loi électorale par tous les acteurs politiques.

B.

Au Président de la République :  De procéder, dans les meilleurs délais, à la nomination et à l’installation des membres du CSAC proposés par les composantes

C. Au Parlement.
 D’adopter toutes affaires cessantes les annexes à la loi électorale.

D. A la communauté internationale :

D’accompagner le processus électoral en exigeant sa transparence et la sécurisation des électeurs et des candidats.

Fait à Kinshasa, le 19 juillet 2011

Les organisations signataires : - Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme(ANMDH) ;
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- Association Africaine de défense des Droits de l’Homme(ASADHO) ; - Centre National d’Appui au Développement et à la Participation Populaire (CENADEP) ; - Organisation Concertée des Ecologistes Amis de la Nature(OCEAN) ; - Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes(LINELIT) ; - Initiative Locale pour le Développement Intégré (ILDI) - G1000 : Synergie des Forces Sociales en République Démocratique du Congo, - Justice Pour Toute l’Humanité (J.P.T.HU) ; - Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) ; - Protection Enfants Sida(P.E.S) ; - Réseau Ressources naturelles(RRN).

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