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Toronto rrvyv

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GRAMMAIRE
DES

LANGUES ROMANES

MAÇON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS.

GRAMMAIRE
DES

LANGUES ROMANES
PAR

W. MEYER-LUBKE
Professeur
à

l'Université de Vienne

TRADUCTION FRANÇAISE
Auguste

DOUTREPONT

et

Georges

DOUTREPONT

Professeur à l'Université de Liège

Professeur à l'Université de Louvain

Ogni nuovo avanzamento ridonda iii nuovo oiiore dei maestri che ci lianno
aperto e spianato
la

via ardua e buona.
J.

G.

AscoLi.

TOME TROISIÈME

:

SYNTAXE

H.
4,

PARIS WELTER, ÉDITEUR
RUE BERNARD-PALISSY, 4
I

900

Leipzig

:

H. Welter, Salomonstrasse, i6

A^AA>*A44v

LIBRARY
Toronto,

2

JUL 2

1965

Xii^l

AVANT-PROPOS

Le dernier volume de
l'aurais désiré

cette

grammaire romane
ici

paraît plus

tard et surtout avec des proportions plus étendues

que

je

ne

moi-même. Mais
les

la

tâche était à tous égards
il

plus ardue que dans les deux autres parties;
cile

était plus diffi-

de rassembler

matériaux, plus

difficile

de

les

grouper,

plus difficile de les traiter.

Qu'il nous soit donc permis de

donner, sur ce dernier point seulement, quelques mots d'explication.

Mon
et

but

était

avant tout d'exposer
à telle

le

développement

de

la

langue

non son emploi

ou

telle

époque

;

aussi

ai-je

porté plus particulièrement

mon

attention sur les phénodiverses,

mènes qui nous en montrent
nous enseignent quelles sont

les

modifications
la

qui

les

voies que suit

langue pour
entiè-

arriver à prendre, au cours des siècles,

une physionomie
va de soi que
j'ai

rement nouvelle. Sous ce rapport,

il

tenu
la

compte autant que
langue; en revanche,

possible
je

de l'évolution historique de
je n'ai

dois dire que
je

pas

toujours ou
si

que

même

très

souvent

n'ai pas

du tout distingué
anciens

les

façons

de parler que j'emprunte
aujourd'hui

à -des testes

sont

encore
d'autres
n'était

ou ne
à

sont

plus
et,

en usage. Ce départ,

livres le font

suffisance

comme

je

l'ai

dit,

il

aucunement dans mes
la

intentions.

Ensuite, en ce qui
aussi
je

concerne

place

à accorder
faire

au

latin.

me

suis -j-^^

borné autant que
en se servant des

se

pouvait. Sans doute,

ce serait

une
'
-^

entreprise méritoire

que de rechercher jusque dans

les détails,

nombreux textes provenant de l'époque impériale, les phénomènes transmis par le latin au roman, et certainement les débuts de bien des phénomènes en apparence

VIII

AVANT-PROPOS
il

points, et
la

n'est

guère possible de se soustraire entièrement à

suggestion du texte consulté et de conserver toujours une
fois

orthographe une
frappent pas

adoptée, surtout

en des choses qui ne

l'oreille.

Et

j'ai fait

personnellement l'expérience

que

l'oreille exerce

penser, car

en

réalité
il

une influence, même quand on se borne à on entend d'abord, on ne lit pas la

langue

:

en

effet,

m'est arrivé entre autres de noter ke

même

en


(viii)

italien par que, et peut-être

ne

l'ai-je

pas toujours corrigé.

J'adresse ici mes meilleurs remercîments à M. le Prof. M. Friedwagner et à M. le D' E. Herzog, qui m'ont patiemment aidé dans la correction des épreuves, Si désirable que soit une table des matières et des mots, je

ne

l'ai

pas

ajoutée au présent volume, parce qu'il paraîtra

dans

le

courant de l'année 1900 une table générale des trois
et
je

volumes,

profiterai de l'occasion

pour apporter aussi un
I

grand nombre
laisser

de

corrections aux

t.

et

II.

Si je puis ainsi

espérer dans

un avenir
il

très

prochain un complément

nécessaire à ce travail,
voici.

en est autrement pour deux autres que
j'ai

A

plusieurs reprises,

renvoyé

le

lecteur à des dévelopla stylis-

pements complémentaires sur l'étude des mots ou sur
tique.

Le premier
je

travail, j'ai bien le dessein

de

l'écrire,

mais

"je

crains d'en garder le plan par devers
fin

moi

si

longtemps qu'en
et

de compte
la

ne pourrai plus m'en séparer

que

je

l'em-

porterai dans
d'autres.

tombe; quant

à la stylistique, je
il

l'abandonne à

Pour

cette dernière étude,

ne peut pas être question
langues
art;

de rassembler dans des casiers munis d'étiquettes à belles déno-

minations grecques des exemples empruntés à toutes

les

romanes;

la

stylistique
il

est l'étude

de

la

langue

comme
il

pour
pas

la traiter,

faut posséder le sens artistique,

le talent

de

se pénétrer des

sentiments des autres à un degré où

ne m'est
si

donné

d'atteindre.

D'autant plus heureux

serais-je
les

ce

travail était entrepris par

quelqu'un qui possédât

aptitudes

requises pour ce genre d'études.

Vienne, 15 octobre 1899.

W. Meyer-Lubke,

ABRÉVIATIONS ET OUVRAGES UTILISÉS
Cf.
I,

(xiv)

p.

xi-xix

et II, p.

vii-xv.

About, Appel, C. About, Rom. Br. H. Provenzalischc Le roman d'un brave homme Chrestomathie von K. Appel, (XIX). 1895. Afr. Lied. ^^^ Altfranzôsische Appoll. El Hbro de AppolLieder, hg. von E. Matzner. lonio (XIII), éd. Janer. Albig. La Chanson de la Arioste, Roi. Arioste, Le

=

=

=

=

=

Roland furieux; Cass. La (c. XIII), p. p. P. Meyer, Cassaria; Supp. I Suppo1875. siti (c. XVI). A Vida de Sào Aleixo Arn. Dan. Aleixo Arnaut Daniel (f. XIII), dans la Rev. Lus. (f.XII),editodaU.Canello, I> 334 3391883. Alexandre Fragment d'AAsprem. Aspremont, dans le

Croisade contre

les

Albigeois

=

=

=

=

'"i

=

lexandre d'Albéric de BrianFierabras de Bekker. çon (XII). Athis Athis und Prophilias Alfieri, Vita (XVIII). (XIII), hg. von E. Weber, Li Romans d'AliAlixand. 1881. xandre (XIII), p. p. H. MiAuberée (XIII), hg. von chelant, 1846. G. Ebeling, 1896. Amadis Amadis de Gaula

=

=

=

Aye Aye d'Avignon p. p. Pascual de Ga(XIII), p. p. Guessard et yangos, 1874. Meyer, 1861. Amorim, Am. Patr. Gomes
(XIV),

=

= d'Av. =

=

de

Amorim,

O Amor da

Pa-

Aym. Narb.

= Aymeri de Nar-

bonne (XIII), p. p. L. De(XIX). maison, 1887. Annunzio, Tr. M. Gabriele d'Annunzio, Il Trionfo délia Les œuvres de L. Baïf Baïf Morte (XIX). (m. XVI), p. p. MartyAn. rat. Dialogus animae et Laveaux. rationis (XII), Romania V, =:: Barl. Barlaam und Jos. 274.
tria

=

=

=

(xv)

ABREVIATIONS ET OUVRAGES UTILISES
Josaphat (XIII), hg. von H.

Zotenberg und
1864.
Barrili,
rili,

P.

Meyer,

Notte Comm. Bar- Caderas, N. R. =Nouvas Rimas La notte d'un commen(XIX). datore (XIX). Calderon, Pr, G. Calderon,

=
li

Gav. La Gaviota, éd. Brockhaus; Nov. Cuatro Novelas (XIX), éd. Brockhaus.

=

=

Basile
di

= Lo cunto de

^

cunti

XVI),
Basile

Giambattista Basile (f. éd. di B. Croce, 189 1.

El principe constante; Mag. prod. El Magico prodi-

=

= Légende sau
=
(XIV),

gioso; Vida
es

basmele

Sueno Lavida sueno (m. XVII).
Cântece Moldode E. D. O. Sevastos,

=

românilor de P. 1882.
Bast.

Ispirescu,

Cânt.Mold.
vene.'jti

=

Bouill.

Li Bastars de
p.
p.

1888.
Capranica, Ol. Pamf. Donna Olimpia Pamfili (XIX).
Castiglione,

Bouillon
B.

A.

Scheler, 1877.

=

Comm.
marchis

= Bueves de Com-

Courtis.
(c.

^=

XIII), p. p. A. Scheler, 1877. B. d'A. Les Batailles d'Ale(f.

Le

Courtisan

XVI).

Caton =^ Die altvenezianische Ubersetzung der Spruche des schans dans Guillaume d'ODionysius Cato (XIII), hg. range, p. p. Jonckblœt. von Â. Tobler, 1883. Belli I sonetti romaneschi Caton Deux traductions en di G. Belli (XIX), p. da L. haut engadinois du xvi^ Morandi, 1896. siècle, p. p. J.Ulrich, RomaBerni, Rol.=Berni, Le Roland nia XXVI, 208. amoureux (i. XVI). Cavalcanti == Le rime di G.

=

=

=

Bibl.

IV

=

Biblioteca di

tra-

Cavalcanti (XIII), éd. P. Er-

dizioni popolari da G. Pitre,

1876.
B. Lat.

==Li

livres

de trésor

p.

BrunettoLatini (m. XIII), p. 1863. Ccy Brut Le roman de Brut par
p. Chabaille,

1885. El cancionero de C. Baena Juan Alfonso de Baena (XV), p. p. F. Michel, 1860.
cole,

=

=

=

La Celestina von Fernando de Rojas (f. XV) von Hofmann dans Lemcke. und VoUmôUer, 1877. CeUini Vita (i. XVI), éd. Buen. Prov. Los buenos
Brut M.
le

Wace (m. XII), p. p. Le Roux de Lincy, 1836.

telain

p.

Romans dou Chasde Coucy (f. XIII), p. Crapelet, 1829.
Li

=

Brut de Munich

Célest.

=

(XIII),

hg.

=

Proverbios dans Kunst, Mitteilungen aus dem Escurial, Célt. 1880.
Caballero, Cuentos

= Cuentos

= = Ojéa Cuentos 1883. y leyendas de = Cervantes, PerCerv.,
Blanchi, 1861.
Célticos,
Galicia,

Pers.

Andaluces,

éd.

Brockhaus;

siles (2.

XVI).

ABREVIATIONS ET OUVRAGES UTILISES

XI

Chans. XV''^- Chansons du xv^ Gron. Rim.=^ La cronica rimada del Gid (XIV), hg. von F. siècle, p. p. G. Paris, 1875. Li charrois de Michel, 1846. Charr. Nimes Nymes,p.p.Jonckblœt, 1834.
altfranChast. S. Gilles zôsische DichtLingen (XIII), hg. von O. Schultz-Gora,

= = Zwei

Daurel =^ Daurel et Béton, p. p. P. Meyer, 1870. GiaDe Marchi, Giac. id,

=

1899.
xvi)

Ch. Saisn. La chanson des Denis Das Liederbuch des Saxons (XIII), p. p. Michel, Kônigs Denis von Portugal 1839. (XIV), hg. von H. E. Lang, Œuvres du Seigneur Chol. 1895. Des Périers, Gontes deCholière(XVI),ed. 1879. Des Pér.

=

como

=

ridealista

(XIX).

= Cid =

=

El

poema

del Cid (XII),

hg. von K. Vollmôller, 1879.
Clar. Var.

récréations ou nouvelles (XVI), p. p. A. Lacroix.
Diat.

= F. Pulgar, Claros

hg. von H. Suchier, 1896. VaronesdeCastilla(c. XVI) Diniz, As PupiDiniz, Pup. dans Lemcke. las do senhor reitor (XIX), Ortega Munilla, Cleop. Pér. éd. Brockhaus. Cleopatra Pérez (XIX).

= Provenzalische = =
Doine
si

Diatik,

=

Cligès

= Cliges von Chrestien
=

Doine

strigature

vonTroyes(2. XII), hg. von

W.
G.

M. Adv.

Fœrster, 1884. Les comptes du

Monde Adventureux (XVI),

p. p. F. Franck, 1878. Les Gent Nouvelles G. N. N. (XIII), p. p. Rey, 1859. Nouvelles (XV), p. p. P. Lacroix, 1884, Elle de S. Gille (XIÏÏ), Elie L. GoloGoloma, Pequen. hg. von W. Fœrster, 1876. ma, Pequeiieces (XIX). Les enfances Ogier Enf. Og. Gomm. Gom mines, d'après (f.XIII), p.p. Scheler, 1874. A. Stimming Die Syntax Érec Erec von Ghrestien von des Commines, Zs. I, 191Troyes, hg. von W. Fœrster, 221, 489-509. 1890. Gour. Ren. Le Gouronne- Escoufle L'Escoufle, roman ment de Renard (f. XIII), p. d'aventure (c. XIII), p. p. H. p. Méon, 1876. Michelant et P. Meyer, 1894. Gov. Viv. Li covenans Vi- Eufr. A vida da santa Eufrovien (XIII), p. p. Jonckblœt, sina (XIV) dans la Romania 1854. XI, 357Das Evangelium Gron. Imp. La cronica Ev. Nie. Nicodemi (XIV) dans S.,D. deli Imperadori (XIV) dans

=

din Ardeal, p. Jarnik et Barseanu, 1885. Dol. ^^ Li romans de Dolopathos (XIII), p. p. Brunet et Montaiglon, 1856. Doon de Mayence Doon

=

=

=

=

=

:

=

=

=

=

=

=

=

l'Arch.

Glott.

III,

171-243.

I,

p.

I

sqq.

.

XII

ABREVIATIONS ET OUVRAGES UTILISES

Fail

(xvii)

G. Born. =Guiraut de Borneill. Gui de Bourgogne G. Bourg. Borderie, 1878. (XIII), p. p. J. Guessard et Farina, Cap. B. Capelli H. Michelant, 1859. Biondi (XIX). Les Miracles de G. Coinsy F. Candie Le roman de la Sainte Vierge... p. GauFoulque de Candie (XII), p. tier de Coinsy (c. XIII), p. p. Tarbé, 1860. p. Poquet, 1857. Ferg. Fergus (XIII), hg. von G. Dole Le Roman de GuilE. Martin, 1872. laume de Dole (c. XIII), p. Ferruggia, Fasc. Fascino p. G. Servois, 1893. (XÎX). Guillem FiG. Figueira Fiabe Fiabe e racconti sicigueira, hg. von E. Levy, liani, éd. Pitre, 1885. 1881. Finamore Tradizioni popo- Gir. Rouss. Le roman en lari abruzzesi raccolte da G. vers de Girart de Roussillon, Finamore, 1885. Mignard, 1858. p.

= Les propos rustiques de
Fail

Noël du

(XVI),

p.

p.

=

=

=

=

=

=

=

=

=

=

=

Fiorav.
di

=

p.

Il

libro délie storie
.

Fioravante (m XV), Fogazzaro, Picc. Mondo
colû

Giulani, Del Volg. Tosc.
toscano, 1880.

=

=

1

872
Pic-

Giuliani, Delizie del Volgar

Guillaume de PaG. Pal. Fr. Ger. P. Isla, Historia lerme (f. XII), p. p. H. Midel famoso predicador Fray chelant, 1876. Gerundio (c. XVIII), p. p. Graal A historia dos cavaleiLidforss, 1885. ros da mesa redonda e da deFroissart, Poésies Poés. manda do Santo Graal (XIV), (XIV), p. p. Scheler, 1870. hg. von R. von Reinhard-

mondo

=

antico

(XIX).

=

=

=

Galdos, L. Roch La familia de Léon Roch, 1876; Fort. Fortunata y Jacinta, Jac. 1878. Gar. Loh. Garin le Loberai n (XII), p. p. P. Paris, 1836. Garnier, Corn. R. Garnier, Cornélie (XVI), hg. von W. Fœrster, 1881. Garret, A., D. Br. =^Almeida Garret, Dona Branca, 1850. Gaster M. Gaster, Chrestomathie Roumaine, 1891. Gaufr. Gaufrey (XÎII), p.

stôttner, 1887.
Guill.

=

Guillaume d'Angl. d'Angleterre de Chrestien de Troyes,p.p.F.Michel, 1840.

=

=

=

Gérard de Viane G. Viane dans le Fierabras de Bekker. AltbergamaskiGloss. Berg. sche Sprachdenkmaler, hg. vonj. E. Lorck, 1893. Un curioGoldoni, Cur. ace. La Loso accidente; Loc. candiera; Vent. =11 venta-

=

=

=

=

= =

glio.

H., Alexis

= De Saint Alexis
de
la

p.

F.

Guessard
1857.

et P.

Cha-

(XIII), hg. von Herz, 1879.

baille,

Hept.

= L'Héptaméron

ABREVIATIONS ET OUVRAGES UTILISES

XIII

nischen Nationalliteratur. Hita =^ El libro de cantares del Leop. Leopardi, Opère, éd. Arciprestede Hita (XIV), p. Brockhaus. Leys Las Leys d'Amors, p. p. Janer. Histoire de l'empeH. Val. p. Gatien-Arnould, 1841. As Lusiadas de Luis de reur Henri p. Henri de Va- Lus. Camoëns. lenciennes (c. XIII), p. p. de Wailly, 1872. Mach., Disc. Machiavel, Discorsi sopra la prima deçà nie et Galeron de Gaunie

Reine de Navarre (XVI), p. F. Franck, 1873-74.

p.

Lemcke

=

= Handbuch der = = = = =

spa-

=

:u)

di T. Livio; Hist. Istorie Florentine (i. XVI). W. Mahn, Biogr. Biographien der Troubadour, 2. Aufl., Les congés J. Bodel, Congés Gedichte der 1880; Ged. dej. Bodel(f.XIII), p. p.G. Troubadour. Raynaud, Romania IX, 216. Mairet, Silv. J. de Mairet, Dis et contes de J. Condé Silvanire (c. XVII), hg. von Baudouin de Condé et de son R. Otto, 1892. fils Jean de Condé (XIV), p. Œuvres poétiques Manek. p. Scheler, 1866. de Philippe de Rémi (XIII), Le dime de péniJ. Journi p. p. H. Suchier, 1884. tence par J. de Journi (XIII), Miirch. Surselvische Marhg. von Breymann, 1874. chen, hg. von C- Decurtins, Cléopatre; Jodelle, Cléop. Zs. XII, 126. Eugène (2. XVI), Eug. Mar. Eg. =^ La vida de S. éd. Marty-Laveaux. Maria Egipciaca (XIII), éd. La chronique de Jord. Fant. Janer. Jordan Fantosme (XII), cd. le roman de Mark. Rome F. Michel, 1844. Marke de Rome, hg. von J. de JuJ. Tuin=Li hystore Alton, 1892. Hus César von J. de Tuin, Récits d'un Mén. Reims hg. von F. Settegast, 1881. ménestrel de Reims (2 XIII), p. p. de Wailly, 1876. Altveronesische Katha- Mend., Laz. Kath Mendoza, Vida rinenlegende, hg. von A. Tonnes Lazarillo de de Mussafia, 1874. (XVI).
tier

d'Arras (2. XII), hg. von Fœrster, 1891.

=

=

= = =

=

=

=

=

=

=

=

=

.

.

=

=

Méon =^ Nouveau
Lasca = Le cène
di

recueil de

Méon, Antonfran1823. il Lasca =^ Meraugis de Portlesp. c. d. C. Verzone, 1890. Mér. guez (XIII), hg. von M. ^= Die Lieder des KasL. Ccy Friedwagner, 1897. tellans von Coucy, hg. von Les lais de M. France, G. Fath, 1884.
fabliaux et contes, p. p.

cesco Grazzini detto

=

XIV

ABREVIATIONS ET OUVRAGES UTILISES

Marie de France (XII), hg. Patr. Juan Manuel, El libro von Warnke, 1885 Guiguede Patronio (i. XIV). mar; Fabl. Les Fables, hg. Patran. := Juan de Timoneda, von Warnke, 1897. ElPatranuelo(c. XVI). Miracles de Pellico, Pris. =Pellico, Le mie Mir. N. D. Nostre Dame, p. p. Paris et prigioni (XIX). Robert, 1876. Percev. Chrestien de Troyes, Mistral, N. ==Nerto; P. R. Perceval le Gallois, p. p.

=

= =

:

=

=

le Poème du Rhône. Potvin, 1865. Miracles de Notre Phys.=Il Physiologus rumeno, M. N. D.

=

Dame
J.

en

273. Herculano, Mo- Pr. Jean ^^ Lettre du Prêtre Monast. nasticon, éd. Brockhaus. Jean dans S., D. I, 341. Le Moniage Pr. d'Or. Mon. Guill. pr. La Prise d'Orange, Guillaume, Prosaversion, hg. p. p. Jonckblœt.

Ulrich,

=

Romania

provençal, p. p. VIII, 12.

éd. Gaster, Arch. Glott.

X,

O

=

=

von Cloetta, H. A. 95. Montaigne, Essais. Mont. Recueil général Mont., Fabl.

=

Pulci,

Morg.

=

Il

Morgante

=

et
p.

complet des fabliaux, Montaiglon, 1872.

p.

Maggiore. Peire Vidal, hg. von P. Vid. K. Bartsch, 1870.

=

Nov.
(xix)

= Le centonovele antiche 1880. = Cervantes, Novelas Nov.
(XII), éd. Biagi,
ej.

Queiroz, Cr. Padre do Padre Amaro.

= O Crime
Romania

ejemplares Brockhaus.

(2.

XVI),

éd.

R

,
.

Alexis

= La
=

vie de S. Alexis
la

(XIII),

dans

VIII, 163.

Og.

Aliscans (XII), La chevalerie R., Alise. Dan. hg. von G. Rolin, 1894. Ogier de Danemarche (XIII), R. Cambr.= Raoul de Cambrai, p. p. P. Paris, 1842.

=

Otinel(XIII),p. p. F. Otin. Guessard et H. Michelant,
1859.
Faç. Nin.

=

p.

p.

Meyer

et

Longnon,

1892.

R. Chr.

Eine altladinische Reimchronik, hg. von C.

=

^^=^ Os Senhores do Decurtins, Zs. VIII, 332. Li Roman de la Paço da Ninaes (XIX). R. Charr. Parise la Duchesse Charrete, p. p. Jonckblœt, Par. Duch. (Xin), p. p. Guessard et 1824. Robert de Clary, Larche)', 1860. R, Clary Parthonopaîus de la Prise de Constantinople Parth. (c. XIII), p. p. Hopf, 1873. Blois (XII), p. p. Crapelet,

=

=

=

=

1834. Das Spruchgedicht Pateg des Girard Pateg (XIÏI), hg. von A. Tobler, 1885.

=

Rom.

Cast.

tillano,

Rom. Cid

= Romancero CasDepping, 1844. = El romancero del
éd.

Cid, p. p. C. Michaelis.

ABRÉVIATIONS ET OUVRAGES UTILISES

XV

Rom. Past. -= Altfranzôsische Romanzen undPastourellen,

hg. von K. Bartsch. XIII, 71. Romanceiro PorRom. Port. Susanna, oberengadiSus. tuguez, p. Hardung, 1877. nisches Drama (XVI), hg. Le roman de la Rose, Rose von J. Ulrich, 1886. p. p. Michel, 1864.

Sup., voy. Caton. Vie de S. Ulrich, p. S. Ulr. p. C. Decurtins, Romania

=

^

=

Poésies de RusteRuteb. Tasse, La Jérusabeuf (2. XIII), hg. von A. Tasse, Jér. lem déUvrée (2. XVI). Kressner, 1885. Testi lombardi Testi lomb. dans l'Arch. Glott. VII, i. voy. Chans. Saisn.
Saisn.,

=

Serao,
Serc.

Add.

Am.

=

Addio

Amore.
Novelle inédite di Giovanni Sercambi (XIV),
p. c. di

=

= = = Testi Testi dans l'Arch. Glott. XIV, Testi vegl. = Testi vegUoti
liguri liguri
i.

R. Renier, 1889. Serm. lim. =^ Sermons limousins (XIII), p. p. Armitage,

dans l'Arch. Glott. IX, 115. Le Bestiaire Thaon Ph., Best.

=

dePh.deThaon(XII),

p. p.

Wright. La vie de Tobie (c. Tob. 1881. XIII), hg. vonReinsch, 1879. Sermons écrits Serm. poitev. en poitevin (XIII), p. p. A. Trad. abr., voy. Finamore.

=

=

S.

Boucherie, 1873. Tristan (XII), p. p. Trist. Le Roman du Saint Graal Michel, 1835. Graal, p. p. F. Michel, 1841. Trist. ricc. Il Tristano ricLe siège de BarSiège Barb. cardiano (XIII), éd. G. Pabastre, hg. von A. Keller, rodi, 1896.

=

=

=

=

1875Silva

=

,

Silva de

^

Troie

= Benoît de Sainte-More
le

romances

vie-

et

roman de Troie
p. Joly,

(2.

jos, p. p. J-

Grimm.

Sperani,

Il Trouvères Trouv. Belges morte. Belges, p. p. A. Scheler. Sùnders Reue (Le S. Las Hijas Trueba, H. Cid Repentir du Pécheur) dans del Cid (XIX), éd. BrockS., D. I, 214. haus. Gemeindestatut Stat. Sils

Rom. Morte
délia

=

XII)
ro-

1870.

manzo Reue

=

=

=

XX)

La Chronique dite Turpin von Silsvomjahre 1573, hg. deTurpin,p.p.Wulff, 1881. von G. Caviezel, Zs. XI, 118. La vie de S. S. Thom. Der Troubadour Thomas (2. XII), hg. von Uc Brun. Uc Brunec, hg. von C. Appel Bekker, 1838. dansTobl.-Abhandl.,45sqq. Stôries e Chianties

=

=

=

=

Stôries

=

Ladines dal Dr.
1895Strig., voy.

G.

Alton,
J.

^

Dôme.

.

El Valera, Com. Mend. comendador Mendoza; Pep.

=

,

XVI

ABRÉVIATIONS ET OUVRAGES UTILISÉS

Vita Campi Vita dei Cammatik, 1885 =: Lùck. 1880. Mât:{ner Franzôsische Syntax; Viadi Cudisch dilg Viadi da Franzôsische Grammatik, 2. Jérusalem, p.p. C. DecurAufl., 1877. tins (XVIII), Arch. Glott. Petrocchi Dizionario universale VII, 151 sq. délia lingua italiana P. Villeh. La conquête de ConPbilippide Gramaticà elemenstantinople par G. de Villetare a limbii romîne, 1897. hardouin (c. XIII), p. p. de Wailly, 1872. Tiktin Rumânisch-Deutsches
pi,

=: Pépita Jimenez Liîtré: Dictionnaire de la langue (XIX). française L. Verga, Nov. == Novelle 1889; Liïcking Franzôsische GramJim.

=

=

:

=

:

:

=

=

:

:

Wôrterbuch
,

Weig., Arom, =A. Weigand, Vocabolario degli accademici Die Aromunen Band 2 délia Crusca Cr.
Leipzig 1893.
Ys. Lyon Lyoner Ysopet (XIII), lig. von W. Fœrster, 1882.

= T., W. =

=

Lehrbuch der italienischen Sprache, 1875 V. Wiggers Spanische Grammatik, 1860.
Vûckeradt
:

=

:

A. Tobler

:

Vermischte Beitrâge

I.

zur franzôsischen tik 1876, 1894.
tica
6"^

Gramma-

F. r= Indogermanische Forschungen.

Mod.
of

lang. ass.

= Publications
languages

A. Bello :R.J.Cuervo, Gramdde
:

the

modem

la

lengua castellana,

éd. 1898 C.-B. Modem Cuervo Diccionario de conslanguages notes. truccion y régimen de la len- R. F.=Romanische Forschungua castellana I, II G., D. gen.

=

association of America. Mod. lang. notes

=

=

David Syntax des Italienischen Rum. Jb. Jahresbericht des im Trecento, 1886. rumânischen Instituts zu Etienne Grammaire de l'anLeipzig. cienne langue française, 1894. Tobl. Abhandl. AbhandlunHaase Franzôsische S3'ntax gen, Herrn Prof. A. Tobler
:

=

:

=

:

des XVII. Jahrhunderts.

dargebracht 1894.

INTRODUCTION

§

I.

La première

partie de la

grammaire
la

a été consacrée à à celle des

l'étude des sons en

eux-mêmes,

deuxième
les

mots

considérés dans les éléments formels qui

constituent;

la troi-

sième aura pour objet d'exposer

les

combinaisons des mots entre
les

eux. Elle aura donc à montrer quels sont
d'être ainsi

mots susceptibles
est leur

combinés, comment s'opère leur groupement (par des
n'y a pas de délimi-

procédés flexionnels ou par des mots spéciaux?), quelle
place respective et leur accentuation.
Il

tation bien tranchée entre

la

matière de cette partie et celle des

deux précédentes. Déjà il a fallu s'occuper des combinaisons des mots entre eux (I, § 611-634), ^^^ ^.^^ ^^ changement phonétique d'un mot en liaison est autre en bien des cas que lorsqu'il est isolé;
il

existe encore plus de rapports intimes entre
la
:

maint chapitre de
dans
la

deuxième

partie et ce qui doit être discuté
ex.,

troisième
chanterai

c'est ainsi, p.

qu'on peut considérer
alors

le franc,

comme une forme flexionnelle,
que chanterai

que

l'his-

combinaison d'un verbe avec un infinitif, c.-à-d. un groupe de mots. Puis il a été exposé (II, § 542) qu'entre les mots composés et les mots combinés ou, pour employer une dénomination plus exacte, les groupes de mots il se produit un déplacement
toire de la langue enseigne
a été à l'origine la

continuel au profit des premiers, de sorte qu'en un certain sens
les

phénomènes qui vont maintenant

être examinés, constituent

l'introduction à l'étude de ceux qui ont été discutés plus haut.

Mais en
bien des

même
faits
ici

temps

ils

sont aussi infiniment plus variés, et

qui précédemment étaient rares et exceptionnels, avec fréquence et régularité.
III.
I

apparaissent

Meyer-Lûbke, Grammaire

2
(2)

INTRODUCTION
§ 2.
Il

§ 2. 3.

y
la

a encore

une autre

partie de l'étude grammaticale à
si
:

laquelle

syntaxe touche de

près qu'il n'est pas facile de

une séparation il s'agit de la lexicologie, du contenu du dictionnaire. Toutes deux, syntaxe et lexique, s'octracer entre elles

cupent mais

p. ex.

des prépositions, des adverbes, des conjonctions,
les

c'est

d'un point de vue différent qu'elles

envisagent.

Le dictionnaire énumère les diverses significations du mot en lui-même en se fondant sur des considérations d'ordre historique ou logique ou psychologique; la syntaxe au contraire elle devra donc examiner part des mots combinés entre eux à trois places absolument distinctes les expressions la mare au
:

diable,

fidèle

à

ses

principes,

parler

à quelqu'un,

à

savoir la

première

au chapitre

consacré aux groupements formés

de

deux substantifs (§ 239), la deuxième à celui qui traite de l'association du substantif et de l'adjectif (§ 254), la troisième dans
l'exposé C'est ainsi que

des compléments que régissent les verbes (§ 350). l'ital. piii uomini (plusieurs hommes) rentrera
faits que più bello, etc. (§ 133 et syntaxe sépare l'une de l'autre des choses que
:

dans une autre catégorie de
138). Mais,
le
si la

lexique réunit, l'inverse arrive aussi

c'est ainsi

qu'en franc.,

syniaxiquement,

la fille de Pierre et la fille

à Pierre sont étroite-

ment apparentés,
ils

tandis qu'au point de vue lexicographique

sont complètement distincts,

même

si

l'on classe les

mots

autrement que dans l'ordre alphabétique habituel. Ceci doit

montrer

à

l'évidence en quoi consiste

la

différence entre
le

la
:

grammaire

ou plus exactement

la

syntaxe et

dictionnaire
le

l'une et l'autre traitent la

même
et

matière, mais

dictionnaire
le

s'occupe avant' tout du

mot

de sa signification, considère

mot comme une chose
la

isolée,

dont

il

expose

les divers

modes

d'emploi en tenant compte des significations qu'il peut adopter;
syntaxe au contraire a pour point de départ
le

groupe de

mots,

dont

elle

étudie

la

structure
les

:

elle

distinguera

donc

dans

les catégories

de mots entre
et les

vocables susceptibles de

former un groupement
elle

simples éléments copulatits, mais
les traiter isolé-

ne pourra pas détacher ces derniers pour

ment.
§ 3.

Mais l'exposé de ces rapports formels ne
il

sera pas le seul

objet

du troisième volume;

en aura encore un autre, non

§ 3-

INTRODUCTION
il

3
fliit

moins important, auquel
savoir l'étude de
la

a déjà été

allusion

I,

p.

3,

à
(3)

signification des désinences flexionnelles exaet des
ici,

minées dans
derniers,

le

deuxième volume
dans
celui-ci.

groupes de mots qui
ce qui concerne
ces

seront étudiés
il

Et

en

n'est pas possible d'établir une distinction rigou:

reuse entre l'examen de leur forme et celui de leur sens

il

est

même nécessaire de les réunir, et cela pour les motifs suivants. Du point de vue formel, on ne voit aucune différence en ital.
entre casa (maison) et cania
(il

chante)

:

ce sont l'un et l'autre

des mots simples, avec lesquels en tous cas l'étude des groupes

de mots n'a rien
ils

à voir.

Mais, sous
:

le

rapport de

la signification,

sont entièrement différents
il

casa est

cours parlé
rare;
c'est

ne se rencontre pas ainsi

un mot; dans le disseul ou du moins c'est
la

plutôt l'indication d'une idée détachée de
la

con-

texture du discours par quelqu'un qui réfléchit sur

langue ou

qui n'en possède pas encore
est

le

maniement.
soi,

Au

contraire canta
celui

une expression complète en
qui parle parfaitement
la

que peut employer

même
la

langue, sans y ajouter quoi que

ce soit; c'est,

pour

le

désigner par une expression empruntée à

logique, une proposition. Or,

comme

bien des groupes de

mots, peut-être

même

la

plupart et en tous cas les plus impor-

tants d'entre eux, sont des propositions,
la

on

a

même nommé
elle

syntaxe tout simplement étude de

la

proposition, désignation
si

contre laquelle on ne pourrait rien objecter

n'excluait

l'examen de toute une série de groupes,
qui ont déjà été cités
à
ses principes,
:

comme

p. ex,

ceux

la

mare au

diable, la fille de Pierre, fidèle
à

etc.

Toutefois on peut en apparence remédier
«

cet inconvénient
«

en distinguant entre
»,

groupes de mots

»

et
les

propositions

c.-à-d.

en comprenant parmi ceux-là
cités,

groupes qui,

comme
et

ceux qui viennent d'être

ne forment

pas proposition,
franc.

parmi

celles-ci des
il

expressions

comme

le

F oiseau chante,

la vie est belle,

aime sa patrie
les

et autres
la

semblables. Mais alors, que deviennent

propositions ayant

forme de
simples
?

l'ital.

canta,

pour n'en pas

citer d'autres tout aussi

C'est ainsi qu'on

tombe dans une nouvelle contradicet

tion; mais aussi n'en peut-il absolument pas être autrement, car le groupe de
la

mots

est

une chose exclusivement formelle,

proposition une chose exclusivement abstraite. Cependant,

4

INTRODUCTION
il

§ 3.

au point de vue pratique,
cette matière
trois parties
:

est très utile

de pouvoir diviser

si

vaste et
le

si

variée en deux ou
la

mieux encore en

groupe de mots, 2°
et
il

proposition, 3° le

groupe de propositions,

serait difficile

de trouver une divi-

sion quelconque plus simple. Aussi peut-on bien risquer ce
(4)

léger accroc à la stricte logique, c.-à-d. après avoir étudié le

groupe de mots, discuter en premier

lieu

dans

la

proposition,

non
que

pas,

comme

la

logique l'exigerait, des formations qui, com-

parées au groupe de mots, seraient à peu près aussi étendues
le

groupe de mots par rapport au mot, mais s'occuper

d'abord de formations beaucoup plus simples que n'importe

quel groupe de mots.
Sur ce oui appartient à
la

syntaxe

et ce qui doit

en être exclu,

il

a pour certains points une grande diversité de vues, et

même

y on

peut concevoir de façon très différente
distribution

le

mode
Cp.

d'exposition et la
cette

intrinsèque

de

la

matière.
I,

sur
et J.

question
:

G. Grôber dans son Grundriss
signification est

212 sqq.,

Ries

Was

îsl

Syntax} Marbourg 1894, où notamment

la distinction

entre forme et

examinée avec beaucoup de pénétration.

CHAPITRE

I

(5)

LES MOTS À FLEXION

§ 4.

Dans

l'exposé de la flexion, les
:

mots ont

été divisés en

cinq classes

substantif,

adjectif,
très

nom

de nombre, pronom,

verbe;

les trois

premières sont

étroitement unies entre elles;

au contraire,
avec
celles-là,

la

quatrième, malgré bien des points de contact

suit pourtant

une voie
eglino
si

particulière,

et

la

cin-

quième, bien que parfois
autres (qu'on se rappelle

elle

entre aussi en contact avec les

l'ital.

amano
on

II, p.

108), occupe

une place tout à fait à point de vue de la

part. Mais,

l'on considère la chose

du

signification,

obtient

une

division
le

quelque peu différente, en ce sens qu'on peut réunir
rubrique générale du

sub-

stantif et l'adjectif, à cause de leurs rapports intimes, sous la

nom

et

leur adjoindre aussi l'infinitif

employé comme substantif verbal et le participe comme adjectif verbal. Car, en réalité, c'est un phénomène tout à fait ordinaire que le passage complet de l'infinitif et du participe du système verbal dans le système nominal (v. II, § 392, 395). Aux noms de nombre se rattachent par leur signification plusieurs des mots que leur forme a tait attribuer au pronom
(II, §
il

567-571).

On

arrive ainsi à distribuer la matière; mais

n'est pas facile d'y déterminer ce qui fera l'objet

du deuxième
certain point

et

du troisième chapitre;
la

c'est

même
la

jusqu'à

un

impossible, car

matière pour

plus grande partie est précisé-

ment
dans

la

même;

la

seule différence, c'est le point de vue
est-ce

l'on

se place
le

pour l'examiner. iMaintenant,

dans

le

premier ou

deuxième de

ces chapitres qu'il faut traiter en détail ce

qui est

commun

à

tous deux? Cela dépend tout d'abord de

,

6
(6)

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 4- 5-

raisons d'opportunité. Plus encore que dans les premières par-

non seulement que la mais surtout que la répartition de l'ensemble des phénomènes linguistiques en différentes catégories, telle que l'admet le grammairien, est une chose essentiellement étrangère à la langue; que celle-ci possède de nombreuses formes (et qu'elle ne cesse d'en créer de nouvelles) qui appartiennent à deux catégories ou qui se tiennent
ties

de

la

grammaire, on constate

ici

langue

esi'

un organisme qui

se modifie,

entre deux, puis qui passent de l'une à l'autre, etc. Mais,
il

comme

ne peut embrasser

le

tout à

la

fois

dans son exposé, force

est

bien au grammairien de recourir à une division plus ou
arbitraire; et d'autre part, précisément parce
il

moins

que

cette

division est arbitraire,

est

impossible de formuler aucune

règle fixe sur la manière de la déterminer.

A.

LE

NOM

l'emploi de leurs formes § 5. Si l'on prend pour base l'ensemble illimité des noms se partage d'abord flexionnelles,

en deux
sous
les

classes, qui sont

ordinairement distinguées entre

elles

rubriques Substantif et Adjectif et qui se différen:

cient principalement l'une de l'autre en trois points
stantifs n'ont

les

sub-

en général qu'un seul genre, sont ou masculins féminins; les adjectifs en ont deux ital. cavallo m., rosa f. ou hiiono biwna. Les substantifs, lorsqu'ils se joignent à d'autres
:

substantifs

pour

les

déterminer, veulent que leur rapport

réci-

proque
natif;
il

soit

exprimé formellement par l'un ou

l'autre détermi-

n'en est pas de

même

des adjectifs

:

a. -franc. // rois (le
// re,

roi), mais
re,

la fiUe Je roi (la fille

du

roi), ital.

la figlia del

mais aucune distinction en
le

ital.

entre bello et bello studio.

Enfin
jectif

substantif implique toujours

un ensemble
et

d'idées; l'ad-

au contraire n'en comprend qu'une seule,

dans ce

cas,

que
çue

cette idée

unique

soit

réellement simple ou seulement conS'il

comme
que

telle, la

chose reste naturellement indifférente.
cas particulier de décider

est vrai

ces trois caractères différentiels sont assez manifestes
si

pour permettre dans chaque
est adjectif

un mot
nature

ou

substantif,

ils

ne sont pourtant pas de

telle

§ 5qu'ils restent

^^ ^^^^

7

immuablement fixes. En ce qui concerne le premier, il a été montré (II, § 58-63) que le roman a hérité du latin toute une série d'adjectifs à genres non distingués; sans
doute, plusieurs langues montrent une propension évidente
à

(7)

introduire aussi parmi eux la distinction entre les genres,
c'est

mais en français
apparaît,

précisément aussi
la

la

tendance inverse qui

à savoir,

quand

différence

phonétique entre

les

deux genres est trop considérable, d'y introduire une assimilation qui supprime toute distinction franc, mod. louche m.,
:

f.

à côté

de

l'a.

-franc.

lois,

kvische.

second point, qu'un substantif puisse
à

En ce qui a rapport au ou non s'unir directement

un autre, c'est uniquement une affaire d'habitude, qui tient aux usages de la langue; en soi il est très possible que, dans des conditions déterminées, un individu néglige la modification
formelle; alors,
s'il

est

en cela imité par d'autres,
la

c.-à-d. si

une

tournure occasionnelle devient habituelle,
veau franchie. Ainsi,
cane (Picc.
p. ex.,
il

limite est de nou-

lorsque Fogazzaro parle d'un Javow

Mondo 49),

n'est pas

douteux que lavoro dicane
;

serait

l'expression strictement grammaticale

mais l'écrivain se conidées, et par là cane
la

tente de juxtaposer
acquiert,

simplement

les

deux
la

dans l'expression et dans

pensée,

valeur d'un

adjectif (cf. là-dessus le §
la différence

120 sqq). Enfin, en ce qui concerne
et substantif,
il

psychologique entre adjectif

fout

dire que, étant

même donnée une

expression qui évoque origid'elles

nairement un ensemble d'idées, l'une

en particulier peut

en être détachée et être prise seule en considération; inverse-

ment, une expression qui ne contient qu'une seule idée, peut
en recevoir d'autres qu'on
lui attribue, qui la

complètent, sans

que

le

terme hnguistique nécessaire
la

à leur expression soit réel-

lement revêtu de
l'exemple
cité plus

forme d'un mot

spécial

:

cf.

d'une part

haut lavoro cane(\in travail de chien), d'autre
2lm

part le franc, la capitale
Il

sens de la ville capitale et autr. sembl.

s'ensuit

donc qu'une grammaire historique surtout, plus
devenus substantifs
de substantifs

encore que celle d'une seule époque, doit aussi relever toutes
sortes d'exemples d'adjectifs
et

devenus

adjectifs,

question qui

a déjà été traitée II, §
facilité

Des mots qui

se prêtent avec

une

391, 394. toute particulière à ce

transfert d'une classe

dans

l'autre,

ce sont ceux qui désignent

8 des personnes,

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§5-6.
ami
et

comme

le

tranç. voisin et la ville voisine,

une maison amie; on peut
(8)

même

se

demander

s'ils

n'ont pas été

primitivement de purs
stantif

adjectifs,

auxquels a été adjoint un sub-

comme homme, femme
étant

et autr. sembl.,

mais avec lesquels

le substantif,

donné
et

qu'il s'entendait de

lui-même, pou-

vait

plus

facilement

d'une

manière plus générale qu'en

d'autres cas être supprimé, ce qui semble rapprocher les

mots
sans

en question des substantifs. Aussi
tifs-Adjectifs (Cf. § 120 sqq.).

les

a-t-on

nommés non

raison Substantifs attributifs ou tout simplement Substan-

Le nombre et
§ 6.

latin distingue
cas.

dans
à part

le

nom
il

trois accidents

:

genre,

Le genre,
:

quelques exceptions, n'a qu'une
a

valeur formelle
entier dans

c'est

pourquoi

pu

être étudié presqu'en

II, § 58 sqq., 362 sqq.; il ne prendra qu'une place restreinte dans l'étude de la construction (§ 132, 224); dans

celle

de

la signification,

il

n'y a pas lieu de s'en occuper davan-

tage, duant aux ici déjà que dans

cas,
la

on peut avec autant de raison les étudier syntaxe proprement dite, et s'il est vrai qu'il

faudrait plutôt chercher dans cette dernière partie leur véritable
place,
ils seront cependant soumis ici à discussion, parce que leur développement historique, c-à-d. la manière dont le système à cinq cas du latin se comporte dans sa signification vis-à-vis du cas unique du roman, ressort de ce chapitre. C'est ici que doit

placer tout entière l'étude du nombre. Mais les langues modernes ont encore introduit une distinction nouvelle dans l'emploi du substantif, à savoir la séparation de la forme absolue père d'avec la forme déterminée le père et l'indéterminée un père, et en fait on ne peut pas nier qu'en roumain particulièrement, parce que l'article y suit le substantif (la remarque est moins absolue pour les autres langues), l'article a beaucoup
se

d'analogie avec les éléments flexionnels;

il

n'est

même

pas loin
le

de pouvoir être considéré
entre les trois formes,

comme

tel.

D'autre part

choix

notamment
le

entre l'absolue et la détermi-

née, dépend très souvent de la position syntaxique

du mot.
et

On

dit

en franc. Dieu, mais

bon Dieu; la paix, mais paix
cas sujet),

miséricorde; en

roum. omnl (l'homme,

mais ^/r om
ce ciinosc

(cas régime)

;

toutefois l'article reparaît dans bre

omnl

§ 6. 7-

LE
je

NOM
etc.,

9
et l'on pourrait déjà
la

(l'homme (régime) que
s'autoriser de cela
l'article.

connais)

pour introduire dans

syntaxe l'étude de
si

L'observation acquiert encore plus de force
si

l'on se

(9)

place au point de vue historique, c'est-à-dire

l'on considère

que

cet omiil,

était à l'origine

judice de ce

où l'on ne sent aujourd'hui qu'un mot unique, un groupe de mots homo iJle. Donc, sans préque peut requérir un exposé basé uniquement et
:

en première ligne sur
l'article défini sera

l'état

actuel d'une langue particulière,

considéré

comme

résultant de la combinaison

d'un substantif
celle

et

d'un pronom, l'indéfini
et

comme

résultant de

d'un substantif

d'un

nom

de nombre. Le seul inconvé-

nient de cette manière de procéder, c'est que les cas où l'article

ne figure pas
étudiée

et

avant tout l'opposition entre

les trois

formes
d'elles

ne ressortent pas avec autant de netteté lorsque chacune
est

à

une

place

différente.

Un

troisième
à

procédé
la

d'exposition

possible aussi serait de montrer,

propos de

signification des

pronoms ou du nom de nombre, quand

et

jusqu'à quel point les particules en question s'affaiblissent en
articles, et

une grammaire qui place en toute première ligne
la

l'étude de

signification,
la

devrait

en

réalité

procéder ainsi.
l'histoire

Mais,
cas,

comme
nous
a

raison

qui,
la

dans l'exposé de
préférence à
la

des

fait

accorder

signification,

ne

subsiste pas pour l'article, le présent livre, qui cherche partout
à prendre la
tera aussi

forme de

la

syntaxe

comme

point de départ, s'écar-

peu que possible de ce dernier principe fondamental.

Ensuite, pour finir, resteront encore les rares débris des degrés

de comparaison des

adjectifs.

I.

Substantif et Adjectif

§ 7.

Le passage du substantif

à l'adjectif

suppose toujours
:

an emploi attributif ou prédicatif du premier

il

ne devra par

§ 122 sqq.; mais la substantification des adjectifs s'accomplit sans avoir égard à leur position

conséquent être étudié qu'au
syntaxique

:

c'est
II,

pourquoi aussi

elle a déjà été

brièvement exa-

§ 391. Aux faits mentionnés là, ce n'est que dans un certain sens qu'on peut encore ajouter ici de nouveaux

minée au

t.

développements. Dans des cas

comme

le

franc, la capitale,

un

10

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 7- §•

substantif a réellement existé autrefois à côté de l'adjectif; dans d'autres

comme
la

le franc,

h

bon

(l'homme bon),
il

il

en existe un
;

au moins dans
cas n'est pas le

pensée, seulement

ne s'exprime pas

mais

le

même quand h
sens de «
la

bon est employé au sens de «

la

bonté
(lo)

»,

k froid au

froidure ».

Ici,

au contraire, ce

qui

proprement ne devrait

être

qu'un caractère observé dans

un

objet, est désigné tout à fait directement

comme une

chose

existante.

Dans ce

cas

on peut encore distinguer
l'adjectif substantifié

diverses nuances.
à quel degré

On
per

peut exprimer par

une
è

propriété s'observe dans
il

un corps

:

ital.

bisogna vedere quant'

largo, misurb quattro passi in largo e cinque in lungo
a. -franc,

(Neera,

Sogno 58); franc, mod.
elles ont

la ou

Faigue avoit plus de

le

(Clig. 1490);

la soirée

m'a paru d'un long (Zola, Assomm. 131),
je ne sais quoi tout particulier

un capiteux, un charme, un

(Maupassant, Mais. Tellier 256); prov. e'I flum creg aquela nuit de III pes d'aut (Appel, C. 121, 50). Mais l'adjectif substantifié
peut également exprimer l'intensité avec laquelle une propriété
se manifeste dans
cielo

un

objet déterminé

:

ital.

l'a:y{urro tenero del

(Neera, Sogno 33); Maria aveva un segno rosso, di un rosso vivo (94); ÎTànç. f avais conscience de V irrémédiable de cet anéantissetnent (Loti,

Fleurs d'ennui 4), l'odieux de
la fatigue et la

ma

présence (Bourget,

Disc. 237),
de ses ennuis

marche avaient comme émoussé l'aigu
etc.

(Huysmans, En ménage 29),
ital. //

Enfin

il

peut

encore, sans cette restriction, s'employer directement dans le

sens d'un substantif verbal abstrait
froidure), era siato iutto
il

:

freddo (le froid, la

giorno un caldo (chaleur) soffocante
utile (à

(Neera, Sogno ^2),per suo
(sécheresse) délia giornata
froid,
le

son avantage),
id.
e

il

gran

secco
/

(De Marchi, Giac.
le

6); franc.

sérieux; prov. creis en aut (hauteur)
etc.

m

amplesa (P.

Joh.

6x7),

Dans l'ensemble

français étend cet emploi

plus loin que l'italien, et dans ces derniers temps surtout ce

mode

de substantification y a pris une très large extension.
Cf.

A. ToBLER, Beitràge

II,

160-178, à qui sont empruntés

la dis-

tinction des trois cas étudiés et les exemples français.

§ 8.
lien
et

Dans
il

ce

mode
est

de substantification,

le

substantif en
l'adjectif,
le

ita-

en français

identique au masculin de

et

même

en

était déjà ainsi

en vieux français,

comme

prouvent

§ 8.
je ne dirai pas
to:^

ADJECTIFS SUBSTANTIFIÉS

II

(Ch. Lyon 6408), voirs est que je ne nie fains mie (3650) etc.; I'espagnol au contraire possède une forme spéciale, car il fait une distinction entre el bueno
hiiens

w^

(l'homme bon)
le

et lo

bueno (la chose bonne).

Il

est vrai
et

que

cette distinction n'est pas

absolument rigoureuse;

même, que
(11)

soit individuel ou régional, il semble souvent se empiétement de el sur lo. Déjà dans l'ancienne produire un
lit

phénomène

langue on

nin saben quai
17),

es el

blando nienos de saber quai

es el

aspero (BuQn. Prov.

lo serait

de règle;

et puis Jovellael;

nos

p. ex.

manifeste une certaine prédilection pour
:

et,

si

Bello (§ 58) écrit

«

dicese substantivadamente

el

sublime,

el

ridîculo, el patético, el necesario, el superfluo, el

sumo

posible » et

y joint
nales,

cette observation

:

«

pero estas locuciones son excepcioellas », cela
lo

y

es preciso irse

con tiento en

prouve bien
qui n'a pas

qu'il s'agit

d'une élimination graduelle de
la

par

el

encore pénétré complètement dans
il

langue

écrite.

En somme,

va sans dire que

le

neutre trouve encore aujourd'hui son
est
:

emploi

quand une
Valera,

qualité

envisagée
cf.

abstractivement,

comme une
en todo (J.

chose indépendante

veia lo ridiculo
lo

y

lo

cômico
lo

Com. Mend.
6), gobernar
lo

4), me^clar

divino con

humano (D. Q.. II, Com. Mend. 122)
II,

temporal y

lo eterno (J.

Valera,

etc., puis lo nltimo de tu pensamiento
lo

(D.

Q..

7), en

lo

mejor de esta Andalusia (I, 24),
lo descnbierto

mas
lo

àspero de la

nwntana, todo
vo^ (J.
lo

de la tierra (J,
etc.,
tio

10),

trémulo de la
lo

Valera,
es

Com. Mend. 138)
mi
inclinacion

ensuite
(J.

diabôlico,

abominable

à tu

Valera,

Com,

Mend. 217). Particulièrement fréquente est la blie entre l'adjectif neutre et une proposition
séquente
es (J.
:

relation étarelative sublo

que

es {era,

estaba);

cf.

del sol
se

y

de

grande que

Valera,
lo

Com. Mend.

151),

hablô del nino Fadrique^
de lo

y de

crecido que

estaba (6),

à pesar

mundano, empio
ensuite

y

antireligioso

que era don Fadrique (146),
lo

awec un

sujet

féminin ou avec un pluriel
lo

orgulhosa que estoy (115),
lo

segundo

preocupada que estaba (222), por

atrasada

que

se

encontraba (CabalL,

Nov. 280),
la boca

todo lo bellas, todolo seductoras que
él

puedan
los ojos

ser (J.

Valera, Pépita 205), llamaban en por
lo

la atencion

por

lo dulces,

triste

362).

Ce qui

se produit dans tous ces

(Coloma, Pequen. I, cas et dans beaucoup

12
d'autres,
abstrait

CHAPITRE
c'est

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 8.

9.

que

l'adjectit

prend

la

place

d'un

substantii
ce qui lui
lo alto

ou
«

qu'il tire
le

du

substantif, en le résumant,
la

ressemble sous
sens de
la isla
la

rapport de

qualité

:

cf.

encore
Jo

au

partie la plus haute de
ej.

»,

p. ex.
si,

mas

alto ae

(Nov.

56)

et

autr.

sembl.

Or

à côté de cela,
la

on

dit el

hlanco de la una, cela
el

ne doit pas être contraire à

règle, car dans ce cas

hlanco aurait le sens concret de «
la

un

point blanc dans l'ongle », et c'est ainsi que, dans
expression
(12)
el

double

blanco et

lo

hlanco de los ojos, peut se trouver la dif-

férence entre

Mais

il

y a

une conception plus abstraite et une plus concrète. lieu de s'étonner quand Cervantes écrit este niûo
(Nov.
ej.

con qiiien haheis mostrado el estremo de vuestra caridad

179), explicable peut-être par le fait qu'on lit quelques lignes plus bas los estremos de la gala y de la hi:(arna estahan en el todos
:

jiintos et con tantos estremos de

hermosura (52), de sorte donc que

estremo n'est absolument plus considéré
estremo est plutôt

comme un

adjectif; el

un pur
le

substantif.

Il

y

a équivalence absolue

du masculin avec

neutre dans des exemples

comme

el interior

del lihro, el vacîo de su cora^on (le vide

de son cœur)
parfois

et autr.

sembl. D'un autre

quand l'adjectit cf. substantivement désigne directement une chose employé dos tragos de lo ahejo (deux coups de vieux vin, D. Q.. II, 3), où en effet aîïejo se trouve évidemment pour vino ahejo. Ce fait
côté
lo

apparaît

:

est

d'autant plus frappant que,
la
:

précisément

l'adjectif
el

adopte

nature
cf.

du

substantif,

c'est

uniquement

qu'on

emploie

el frio (le froid), el lo

pasado (le temps passé) par

opposition à

pasado (ce qui est passé).
ToBLER, Beitràge
II,

Cf. A.

184-191, où l'auteur reconnaît éga-

lement « une certaine hésitation dans les habitudes de la langue ». Le portugais, dans l'emploi de l'article, ne distingue pas entre mas-

cuHnet neutre;

les adjectifs substantifiés
:

y sont exclusivement
e

traités

comme
65).

des masculins

cf.

tiido

que sento

iodo

insensibil (Lus. I,

point de contact entre le sub§ 9. 11 y a encore un autre l'adjectif, c'est-à-dire qu'un substantif uni à la préstantif et

position de peut recevoir tout à

fait la

valeur d'un adjectif.
t.

Un

exemple classique en a déjà
iiaire,

été

mentionné au

IL

p. 6 18

:

déhon-

qui est à présent,

même

dans sa forme, devenu

adjectif.

^ 9. 10.

SUBSTANTIF HT ADJECTIF

13

mais qui représente proprement de bon aire et qui, dans l'ancienne langue, avait pour pendant de put aire;
plus de bell aire
cf.

en prov.

la

férente dans le

(Flamenca 117). La formation est un peu difnorm. dôrible (II, § 408), où l'expression qui

adopte une signification adjective, d'heure, a reçu également un
suffixe adjectif.

En somme,

les

langues romanes affectionnent
et

bien plus vivement que l'allemand
fiiçon

même

que

le latin cette

de remplacer les adjectifs par des périphrases; c'est ainsi
qu'elles ont

notamment

complètement
lat.

délaissé les adjectifs de
(13)

matière, de sorte

qu'à un

corona aurea elles opposent en

roum. cununà din aur, en
d'or,

ital.

corona d'oro, en franc, couronne
oiiro,

en esp. corona de
les

oro,

en port, corôa de

usage dont on

peut déjà montrer
de

commencements dans
Pour
les

la

langue populaire

Rome
:

à l'époque impériale.

indications d'âge et
est

pour désigner des qualités plus abstraites, de
féré

également pré-

en

ital.

un uonio

di

quaranf anni, franc, un homme de quade cuarenia a nos, port, uin

rante ans, esp.

un hombre
ital.

homem

de

quarenta annos; en

uomo

di merito, divaJore, di talenio, franc.

homme
Puis

de mérite, de courage, esp. hombre de pecho, de merito, etc.

c'est aussi
si

de

que vient, dans

les

premiers temps surtout,

l'emploi

fréquent de combinaisons
e

comme

l'ital,

questa

mi

sembra più bella
coiito

di

maggior valuta (Nov. 8), pochi
les

e di picciolo

(Leop. 128),

l'a. -franc,

plus sages de la

cité et

de plus

grant nobileté (Thèb. 8203),
d'aussor paratge

le

prov. rey oduc cuit

marques valer

(Uc Brun.
ici

2, 55), l'esp. ricoy de

gran linage

(Amadis
(Sacch.

12 b), erafalso y de relumbron (J. Valera,
qu'il faut placer l'ital.

Com. Mend.

125). C'est encore

uno

d' assai cittadino

68), una d'assai femmina (Lasca 127, 17), un uomo dabbene, puis non sarà di disturbo (De Marchi, Giac. id. 10), le
franc, cet achat d'hier au soir (Bourget, Id.
todas las §osas depor ahi (]. Valera,
trag.

132), l'esp.

Com. Mend.

31). Cf. encore

d'autres exemples semblables au § 251.

II.

Les Adjectifs Verbaux

§

10.

Les participes appartiennent aussi bien au système
:

verbal qu'au système nominal

considérés dans leurs formes,

on

a l'habitude de les étudier (bien

que peut-être on puisse

14
contester
la

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 10.

II.

légitimité de ce procédé) au chapitre de la conjuils

gaison; mais, envisagés dans leur signification,

ont beauverbe.

coup plus de points de contact avec
les

le

nom

qu'avec

le

Des

quatre formes latines cantatis, cantatiis, cantandus et cantaturus,

deux premières ont seules

persisté, tandis

que

la

troisième

n'a laissé que de rares débris pétrifiés (II, § 512) et que la quatrième a disparu sans laisser de trace. Sans doute le participe

futur passif
seule et

lat.

cantandus et

le

géroryàxi cantandi,

-0 etc.

sont une
est

même

forme,

et

l'ablatif

de

cette dernière

dereste

meuré en roman; mais

cet ablatif est
le

une forme qui
genre et
:

toujours invariable, quels que soient

le

nombre du

mot
(14)
tifs,

qui s'y rapporte, lequel est variable
les

il

est

donc dépourvu
adjectif

précisément des caractères formels

plus essentiels des adjec-

ce qui ne permet pas de le considérer
Il

comme un
-t

verbal.
-nt,

ne reste donc que
les

le

participe en

et le participe

en
car

pour employer

dénominations

les

plus exactes,

celles

de participe passé

et participe présent,

généralement

usi-

tées, éveillent des idées inexactes.

1.

Le Participe en

-t

§11. Les
action
l'objet

participes formés de

thèmes verbaux

à l'aide

de -tus

{-sus^ sont originairement des adjectifs qui représentent

une
à
il

comme une
:

qualité
est

ou une caractéristique inhérente
chez qui, au

homo potus

un

homme

moment où

est désigné

comme

potus, l'action

de boire

est caractéristique,

par conséquent

un buveur ou un

homme
la

qui a bu ou un

homme

qui aime à boire; caro coda est de
le

viande à laquelle

on reconnaît

caractère d'un objet

qui est ou a été soumis

à la cuisson, etc. Si

donc

ces adjectifs

n'expriment d'abord aucun

rapport déterminé ni avec n'importe quel temps, ni«non plus

avec

l'actif

ou

le passif,

ils

pouvaient cependant dégager
et,

facile

lement une signification passée

quand
:

le

sens du verbe

permettait, une signification passive

cf.

cenatus (qui a

mangé),
couché),
faci-

ausus (qui a osé), pracieritus (passé), profectus (parti), consuJtus

(expérimenté), niipta (mariée),
placitiis

sol occasus

(le soleil

(qui

plaît, agréable), scilus
tait,

(qui
alors

sait,

expérimenté),
(ce qui

tus

(qui se

discret);

puis

cantatuui

est

§ II.

12.

LE PARTICIPE EX

-/

I5
cas le verbe

chanté), jactatus (jeté), etc.

Comme en

beaucoup de

auquel

ils

appartiennent est un déponent Çproficiscor à côté de
les

profectus),
le

grammairiens ont

pris l'habitude de

considérer
partant gavisus

sens actif
là, ils

de

ont

comme une particularité des déponents et, même inventé les semi-déponents igaudeo,
nombre
des formes en
-/

suni.

Mais

le
la

qui ne présentent pas

strictement

signification à la fois passée et passive, est assez

considérable pour montrer que pareille théorie ne correspond pas à la réalité des fliits, mais plutôt que le participe en -t a eu

d'abord et de tout temps en latin
l'emploi et
la signification

l'expression passive,

un sens général qui, selon du verbe, répondait tantôt mieux à tantôt mieux à l'active. Si l'on peut parler
c'est uniles

d'un développement plus intense de l'idée passive,

quement en
-/,

tant

que

verbes

qui

possèdent

un

passif,

(15)

peuvent aussi, sans aucune restriction, former un participe en
ce qui n'est pas le cas avec les verbes

purement
ventiis

actifs

:

cf.

cantatiis, jaclns, doctus, profectus,

mais pas de

(venu)

et

autr. sembl.

§ 12.
cela

Or le roman continue cet non seulement en conservant
la

état de choses
la signification

du

latin, et

dépourvue

de valeur temporelle, mais en outre en faisant toujours plus

complètement abstraction de
noncée
il

tendance assez nettement pro:

à l'expression

du
que

passif

toutefois,

en compensation,
l'idée

exprime avec d'autant plus de précision
Il

de l'action
canfatus,

accomplie.
signifie «

est vrai
»

l'ital.

cantato,

comme

le lat.

chanté
«

au sens
»,

passif,
«

mais après

cela l'italien dit
est

aussi

veniito

venu

c.-à-d.

quelqu'un qui

venu

»,
est.

tandis
Si,

que
la

le latin

s'élève tout au plus jusqu'à

un

ventiim

dans

période romane, tout verbe donné, peut, quelle que

soit sa signification,

former un participe en
le

-/,

cette difierence

fondamentale entre
avec
la

latin et le
passif.
est

roman
effet,

doit être en rapport
aussi

disparition

du

En

longtemps que

cantatur subsistait, cantatus

pouvait exprimer une certaine
est

opposition avec lui; on pouvait se figurer que cantatus

se

trouve avec cantatur dans
canlat. Ainsi, p. ex.,
s'il

le

même
« le

rapport que cantavi avec
est

est vrai

que l'expression jacta
dé est
jeté »,
il

aléa

n'avait d'abord d'autre sens

que

s'y

trouve

l6

CHAPITRE
la

I

:

LES

MOTS À FLEXIOX

§ 12. I3.

cependant
présent,

notion

claire

d'une action terminée au
jecit

moment
Or,

précisément

comme

au sens de parfait-présent

exprime aussi une action terminée au

moment

présent.

comme

le

passif
est

ne possédait pas de

forme correspondante
faci-

à jecit, jacla

n'adopta pas seulement cette signification
et d'ailleurs justifiée;
il

lement explicable

fut alors

également
le

employé pour
soi

le

parfait
:

historique et reçut d'après
jeté,

con-

texte les trois sens

le

dé est

fut jeté, a été jeté. Il va de

qu'à

la

longue cette situation devait changer;
les cas
est,

bientôt

même, dans
la

il

s'agissait

d'exprimer

le

passé, fuit prit

place de

et jactus

conserva son ancienne acception, qui

n'était pas

proprement passive.

aussi la possibilité de créer
efl^et

Or ce changement entraînait une forme nouvelle venins, et en
:

cela se
cas
:

fit

aussi d'autant plus facilement que, dans beaula

(16)

coup de
générale
part,

précisément,

signification

était

encore

plus
le

cf.

ausus, profectus, fisus etc.

Les rapports avec

en

-Jit

seront étudiés au § 15.

Cf. K.

Brugmann, Dlc

mit âcm Suffix -to gebitdeten Partiiipien im
I.

Verhalsystem des Laleinischen iind des Umbrisch-OskiscJien,

F.

V

89-

152.

§ 13. La roman dans

signification
les

plus

générale

s'observe

encore en
:

exemples qui vont suivre. Roumain
a

odi bàut
oi

(un

homme

qui

bu), mâiicat et cinat (qui a mangé),

pàscutc
sco-

(agneaux qui ont pâturé), vacà fatatà (vache qui a vêlé),
lar râspuns (écolier qui a
très

répondu)
jeûne,

etc.

dans une proportion
adormit (endormi),
temut (craintif)
cre:{ut

étendue, ensuite aïurat

(qui rôde),

en

a.-roum.

ajunat
18,

(qui
et

jeûneur),

Cod. Schei. 32,

encore aujourd'hui

(crédule),
tait,

întelept (intelligent; le part, actuel est înteles^, tàcut

discret), plâcut (qui

plaît, agréable).

— Italien
la

(qui se

:

accorto (pru-

dent), ardito (hardi), attentato (attentif, sage), av-veduto (avisé),

simuhto (dissimulé),
(feint,

inteso

(attentif), jidato

(intime), finto

rusé),

smemorato (qui a perdu

mémoire, étourdi),
(prudent).

peniito (repenti), ragionato (raisonnable), riposato (reposé, tranquille),

sapulo (qui
:

sait,

expérimenté),

sentito
osé,

Français
renié,

dissimulé, entendu, juré, parjuré,
les

recru, repenti,

raisonné;

exemples sont beaucoup plus nombreux

§ 13-

LE PARTICIPE
:

1-X

-lit

IJ
celé

dans l'ancienne langue
(qui ne

araisiiié

(causeur),

(qui

cèle,

caché), conçu (qui connaît, savant), deccu (qui déçoit, trom-

peur),

dessëii

sait pas,

déraisonnable), forfait (qui a

forfliii), feoiié

(qui a mis bas), menti (très menteur), passé (qui
pense,
réfléchi),
uiescrcu

a

dépassé), pensé (qui

(mécréant),

porvëii

(qui pourvoit, prévoyant), porpensé (qui pense, réflé-

chi), sorfait (impertinent), iaisi (qui se tait, silencieux), tressiié

(en sueur).
de citer

Il

en

est

de

même
e

en provençal, où
sait,

il

pourra

suffire

issernit

(prudent), saput (qui
:

entendu),

disnat (qui a dîné, rassasié

dejus e disnat^ Appel, C. 97, 18).

Espagnol

:

adniirado

(qui

admire,

étonné),

agradecido

(reconnaissant), atentado (avisé), atrevido (hardi), bebido (qui a

bu, ivre), bien bablado (éloquent), callado (discret, silencieux),
cansado

(importun),

creido

(crédule) et descreido (incrédule),

disimidado tlfingido (dissimulé, feint), encarecido (qui enchérit,
pressant),

dormido (endormi,

dormant), entendido (entendu),

fiado (fidèle, confiant), desconfiado (défiant), leido (qui a beau-

coup
cipal,

lu), escribido

(qui a beaucoup écrit

:

es

mi

sehora

muy

honesta,
ej.

muy

recogida,

muy

discretn,

muy

leida

muy priny muy

(17)

escribida

Nov.

(circonspect),

olvidado

377), nicnosconsiderado (inconsidéré), mirado (oublieux), osado (osé), arrepentido

(repenti), pesado (de poids, important), prevenido (qui prévient,

prévoyant), porfiado (entêté), presumido (qui présume, présomptueux), ra~onado (raisonnable), reposado (reposé, calme), sabido
(qui
sait,

expérimenté), sufrido (qui souflre, endurant), valido

(valable), i('»//io (sensible, susceptible), et de plus ena.-esp.acor-

(Wo

(prévoyant), errado(BQYCQo, S. Mill. 100
(réfléchi),

:

qui erre, égaré),
parfait
:

mcmbrado

puis avec

un sens manifeste de
la

cenado, comido et

en a.-esp.yantndo,
encore
la

parida (Eçr^^eo, Mil. 536

:

l'accouchée).

Ch

familia de Soles continuaba inconiu-

nicada cou sus vecinos (J. Valera, Com. Mend. 168). gais callado, esquecido (oublieux), lembrado (réfléchi),
:

— Portusomiio
se

carregado

(Lus.
etc.

6,

40),

errado

(Graal

47

:

qui

erre,

trompe),

Pour Tancitii français, cf. A. Tobler, Beitr. I, 122 à 134, où l'on trouvera d'autres indications bibliographiques. La distinction qui y
est établie entre les participes

de verbes réfléchis et de non-réfléchis

n'a pas été reprise
Meyer-I.ïibke, Graiiintahc

ici,

parce que,

comme on

le voit

par

le latin, le
2

III.

l8

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
fait

§ I3. I4.

sens du participe est tout à
le

indépendant du complément que régit
II esp.
1

verbe. Selon

W.

Fôrstf.r (note au Chev.

1494), le sens actif

se serait d'abord introduit dans des expressions telles
siii
;

que mes/ai^ me
sut,

et puis,

comme, en même temps que

mesfaii

me

on pouvait

dire aussi mes/ai^ sui, le participe d'autres verbes non-réfléchis aurait,
lui aussi, pris le

sens actif; mais cette explication suppose que le phéet

nomène
latin
;

est

seulement d'origine française
elle est

ne remonte pas déjà au au lieu d'être tombé dans

de plus,

contredite par le développement historique du
le

français, qui enseigne
mesfai:^ sui, s'est

que

pronom

réfléchi,

au contraire introduit par analogie dans mes/ai^ me sui.

§

14.

Nous avons
la

déjà

montré

(II,

§

395) par une
ici

série

d'exemples que

les participes

peuvent finalement devenir de
est celle

purs adjectifs; aussi
savoir

seule question à résoudre

de

quand

ce cas se présente, en d'autres ternies

se trouve

I

la ligne

de démarcation entre l'adjectif et
tenté d'abord de
la

le participe.

On

pourrap-

rait être

chercher dans

le fait

que

le

port temporel

marqué par le participe est le caractère essentiel qui en foit un élément du verbe; mais un regard jeté sur les § 11-13 suffit à montrer le peu de fondement de cette exphcation.

(18)

Que

l'on considère son origine première

ou son emploi

à
la

n'importe quelle époque du développement latino-roman,

valeur temporelle n'est pas un élément essentiel de nos participes;

au contraire,

elle
si

y

a

toujours été introduite par

le

contexte uniquement, et

parfois elle a pris

une certaine pré-

pondérance, jamais

elle n'est arrivée à

dominer définitivement.
de temps soit essenla

Et d'autre part, supposé
tielle

même

que

l'idée

aux participes,

ils

pourraient néanmoins, tout en
fait

con-

servant, devenir des adjectifs, parce qu'il est tout à

inexact

de dénier aux adjectifs proprement

dits la propriété

d'exprimer

des rapports temporels. Pareille supposition est déjà contredite par
le fait attesté

au

t.

II,

p.

parfois être

employés

comme

participes;

416, que des adjectifs peuvent mais avant tout il y

a cette considération que les adjectifs aussi possèdent

un sens

temporel bien prononcé, ainsi qu'il ressort clairement en franc,
d'une comparaison entre
la

grande armée et l'armée

victorieuse.
:

En
«

effet, la

première de ces expressions se rapporte au présent
»

la

grande armée

est

celle

qui est grande à l'époque où

se transporte celui qui parle, tandis

que

la

seconde se rapporte
» est

à

un moment

passé

:

«

l'armée victorieuse

celle qui a

§ I^,

PARTICIPE ET ADJECTIF
L'adjectif victorieux a

I9

remporté une victoire.
cas,

donc,
le

dans ce
participe

tout juste

la

même

valeur de prétérit que
Il

vaincu dans l'armée
les

vaincue.

adjectifs

expriment
la

souvent

y a encore d'autres cas où une distinction entre les
immortel indique
Si
le

moments

de

durée

:

ils

contiennent donc quelque chose de
futur
:

ce qui caractérise le verbe; ainsi

quelqu'un qui ne mourra pas,
les participes les

etc.

donc on peut
la

dire

que

indiquent plus souvent et plus clairement que

adjectifs
il

un moment déterminé de
s'agit

durée, cependant,

comme
tative,

ne

précisément que d'une différence quanti-

on ne peut pas invoquer l'absence ou la présence de comme un caractère différentiel du participe et de l'adjectif. C'est aussi un signe diacritique de pure apparence que la possibilité pour le participe de recevoir un régime. On dit en esp. callar alguna cosa et habiendo callado a. c, mais on
l'idée

de temps

ne peut pas dire un hombre callado
risé à

a. c.

Dès

lors,

on

serait auto-

conclure que

le

participe est entièrement passé à l'état

d'adjectif lorsqu'il

ne peut plus recevoir un régime

comme

le

verbe. Incontestablement, cela est exact; seulement, ce critère
fait

défont dans bien des cas, soit que les verbes en question

n'aient par nature

aucun complément,
ex.
relatif à
la

soit qu'ils l'introduisent

avec de,

comme
et

p.

l'esp. olvidarse (oublier). Il

un autre point,
adjectifs,
étroit

forme

:

y a encore nous devons voir des
l'ital.

(19)

non des

participes,

dans

stretio,

fianç.

etc.,

car c'est strinto, étreint

qu'on
les

a fait servir

comme

participes ou,

pour mieux
esse,

dire,

dans
se

cas

le

participe,

venant à s'unir à

habere etc.,

trouve étroitement en
il

rapport avec des formes du verbe à

un mode personnel,
dit

se

modèle
de

alors sur celles-là; ainsi,

comme on

en

ital. stringe,

strinse ed
stretto,

ha

stretto,

on en

arrive facilement à dire strinto au lieu

tandis que, dans la strada stretta, strinto ne peut pas

s'introduire,

du moins sans
très

difficulté.

Mais avec
le

cela l'on n'est

pas encore au bout de toutes les difficultés, car
laire

toscan popula

emploie

couramment

strinto

précisément, à

place

de

stretto.

Une

dernière différence à signaler, c'est que

le parti:

cipe renferme l'idée d'action, l'adjectif celle de propriété

on
est

peut donc dire que

le transfert

du participe aux

adjectits

accompli lorsque

le

dernier

sens l'emporte.

Naturellement,

20

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION
la

§ 14. I5,

nous ne tenons absolument aucun compte de
ces adjectifs sont rendus en d'autres langues.

manière dont

Si les

Allemands
»

traduisent p. ex. le franc, osé tantôt par «
osé),

gewagt
fois

(qui est

tantôt par

«

verwegen
le

»

(téméraire), ce n'est pas une

raison

pour dire que

franc, osé soit

une

participe,

une

autre fois adjectif; tout ce qu'on peut affirmer, c'est que dans
ce cas le français ne connaît pas

une distinction que

l'on fait

en allemand.

2.

Le Participe en

-///

§ 15.

Il

tique est à

y a deux formes de participes dont la valeur phonépeu près identique et qui même, en français, se sont
:

entièrement ou presque entièrement confondues
participe présent

ce sont le

cantante et le gérondif cantando.
:

Dans

leurs

fonctions aussi, elles se touchent de fort près
dire que, dès l'époque

on peut

même

antéromane,

la

dernière avait pris de plus

en plus

la

place de

la

première, celle-ci n'ayant conservé une exiartificielle

stence plus ou

moins

que dans un nombre

restreint

d'exemples où
ticipe

elle a la

valeur d'un adjectif.
la

A

l'origine, le par-

en

-nt

exprimait

durée; sa signification était purement peut signifier
«
il

active.
a

Tandis que
lire,
» et

legit
il

commence
il

à lire,
lit

il

coutume de

lit

pendant quelque temps,

en ce
ité-

moment
de durée
(20)

par conséquent désigne une action inchoative,

rative, durable
«

ou momentanée,
la

il

ne s'attache à legens que
le

l'idée

pendant

lecture »,

comme on

voit

notamment

aussi dans les langues slaves, qui distinguent des autres verbes

ceux qui marquent

la

durée

:

leur participe en -nt. Ainsi se
tacens et le tacitus étudié
la

uniquement de ceux-ci trouve marquée la difterence entre
elles tirent
1 1
:

au §

tous deux peuvent signifier
le

même

chose, en ce sens que tacitus peut aussi,

cas échéant,

désigner

comme une

propriété durable

un

caractère spécifique

exprimé par

l'idée verbale.

Mais, ce qui dans tacitus n'est qu'un

sens possible entre beaucoup d'autres, et par conséquent non-

inhérent au groupe phonétique

-to-,

est

dans

tacens le sens
le

unique ou, tout au moins,
plus fréquent.
Il

le

sens originaire et de beaucoup

existe encore
:

une autre difterence
-/

essentielle
rela-

entre les deux formes

le

participe en

est

en dehors des

§ 15.

LE PARTICIPE EN

-lit

21

tions de

temps
le

et s'unit,

par conséquent, au simple thème verbal;

au contraire,
çoit d'abord

participe en -nt
joint à des

marquant

la

durée, on ne
le

le

con-

que

formes temporelles ayant

même

caractère, c'est-à-dire

aux formes d'imparfaits, tandis que par son

sens
il

il

se trouve exclu
qu'il se

en résulte

du domaine des combine avec le
qu'on

parfiits (§ ici sqq.);

radical

du présent

et,

par conséquent, qu'on ne dit pas seulement cantans
cantatus,
si la

comme

mais aussi

stringens, bien

ait à

côté strictus. Mais,

nature de son emploi assure au participe en -nt une étroite
le

corrélation avec

verbe, en revanche elle

augmente d'autant

pour

lui le

danger d'être complètement supplanté par une forme
fait cette

rivale, et

de

élimination s'est produite, fovorisée par

cette tendance de la langue à remplacer la

tournure adjective
telle

par une tournure adverbiale.

Exemple

:

une phrase

que

Catonem

vidi in bibliotheca sedentem (j'ai
la

vu Caton dans
assis) devient

la biblio-

thèque dans
dans

position d'un

homme

en

italien

vidi Catone sedendo in biblioteca (j'ai
la

vu Caton alors

qu'il était assis

bibliothèque). Cette complète altération de sens devait
la

ou bien causer

perte de l'adjectif verbal,

ou bien

aussi l'en-

traîner hors de sa sphère et le faire passer au rang d'adjectif.

En

réalité, c'est la dernière alternative qui s'est réalisée, et le plus

souvent

comme

suit

:

le

participe,

ayant subi une certaine

modification de sens, a par suite perdu presque toute attache
avec
le

verbe; plus rarement, c'est parce que

la

forme du pardans puissant

ticipe diffère
(II, §

beaucoup de

celle

du verbe,
ce

comme
que

517), que

cette modification s'est produite.

Mais

la diffé-

rence

principale consiste

surtout en

l'idée

de durée

disparaît graduellement, et

que

le

sens de durée limitée est remle

placé par celui de caractère désormais permanent. Ainsi, par
franc,

un

excellent
le

homme, on entend non pas un

homme

qui
(21)

excelle

pendant

moment où

l'on énonce quelque chose sur
à qui cette qualité est toujours
la

son compte, mais un
inhérente.

homme
celle

Au

contraire, dans

phrase latine précitée, legentem
à
la

n'a d'autre durée

que

de vidi;

rigueur

il

se rapporte
il

encore aussi

à l'instant

vidi a été

prononcé, mais

ne

le

dépasse pas. Cette extension de sens des participes en -nt peut

encore se prouver aussi d'une autre façon
l'instardes

:

parfois, en effet, à

p articipes en

-t,

ils

peuvent

se

borner à indiquer

22
d'une

CHAPITRE
f;içon tout à fait

I

:

LES MOTS À FLEXION
la

§ 15-

générale qu'une action est
là ils

marque

dis-

tinctive

d'un individu, de sorte que par

prennent directe-

ment un
saute aux

sens passif. L'équivalence des deux groupes de formes

yeux

rien qu'à voir l'allemand traduire par le participe
l'ital.

passé « ausgezeichnet »

eccellente, franc, excellent.

A

tout

prendre,
treint, et

il
il

est vrai, le

nombre des exemples

paraît assez res-

car

l'ital.
:

que le français qui semble en posséder, un mio conoscenle (une de mes connaissances) signifie
n'y a guère

au fond

quelqu'un qui

me

connaît, et pagare a pronti conianii

(payer comptant) ainsi que denari paganti (argent comptant)
pourraient bien être simplement
çais correspondants.
la

traduction des termes fran-

Mais

le français, lui,

en offre des exemples
il

dans tous
duit

les

temps, autrefois

comme

aujourd'hui. Ainsi
rat.

tra-

le lat.

notum

fecisti p:iv feis

comsant (An.

14, 3) et la

locution correspondante faire entendant (faire savoir) est assez

fréquente; dieus mescreans (Enf. Og. 5888
faut pas cï ou q), prisant (estimé

:

un dieu auquel

il

ou estimable),

voiant (voyant

=

ne

visible), buvant (potable), sans tenir

compte de verbes uniperm'importe), chaland (inté-

sonnels

comme

chaut
(il

me

(il

me chaut,

ressé), poise

me

me

pèse,

peine), pesant (peiné) etc. Le
ville passante,

franc,
carte

mod. connaît encore une
payante,

argent comptant,
et

prix

coûtant,

chemin

bien

roulant

quelques

autres locutions. Si

même, comme on
le

le voit

par le premier

des exemples précités, où

participe en -ni rend directement
le

un

lat.

notum, on peut dans l'un ou l'autre cas remplacer
-/,

participe en -nt par celui en

en général

il

n'en subsiste pas
:

moins entre eux deux une démarcation assez nette c'est ce que prouve à l'évidence notamment une comparaison entre
buvant et
le

bàut

roum.,

bebido csp. etc.

mentionné au

§ 13

:

l'un signifie « potable », l'autre « ivre »

ou

« rassasié

de bois-

son »; de
tandis que
(22)

même
le

l'a. -franc,

doutant veut

dire « redoutable »,

roum. temut

a le sens de « craintif ».

Donc,

les

adjectifs

verbaux en

-nte représentent l'action

en ce qu'elle a
-to la

de caractéristique par rapport à celui qui parle; ceux en

représentent ainsi par rapport à l'être caractérisé par l'adjectif;

chez
n'est
le

les

premiers, ce sens est primitif; chez
:

les

seconds,

il

que secondaire
et

il

provient de l'idée de
les

durée

dans

passé

date d'une époque où

formes, se détachant

§

15-

l6.

LE PARTICIPE EN
et

-lit

2}

du système verbal
qui concerne,
-nte,

devenant d'un

usage moins fréquent,

admettent aussi dans leur sens une certaine imprécision. En ce

indépendamment de

cela,

l'emploi des adjectifs

on s'en rapportera aux prescriptions formulées par les en grammairiens pour déterminer quels sont les verbes ainsi employés, prescriptions que d'ailleurs l'usage courant ne respecte guère; voyez en etfet, en Italie p. ex., outre Leopardi (qui,
lui, a

dû subir

l'influence

du

latin),

Mathilde Serao, qui
:

fait

de

nos jours un emploi assez fréquent de ces adjectifs
filosofia cosi

cf.

quella

ainara,

cosi

dura...

cosi

trapelaute Fegoisnio e la crudeltà

(Serao, Ad.
il

Am.

73), la luce divampante délie fiamel le agas (76),
luce, brulicante di gente, la

gran pianerottolo vivido di

qualeascen-

da'a pian piano, già tra)iquilli~:(ata, già as sorbente... il placere dello
spettacolo,

pregnsfando quello che avrebbe avuto nella sala (76),
qiiadro di stoffe seriche

le

signore,

fonnanti nn

(77), la fittissinia

platea nereggiante (jj), sembrava iina statua, sgorganie délia
netta di qnelF abito (78), esse erano dissimiglianii (78),
/

lima

capelli

formanti un nimbo (78), era apparso Cesare Dias, portante sul viso
bello...la fitîi\ia eccita^ione délie sue

seraie (80), ^rida stra-ianti

di cuori angosciati (81),

etc.
:

On

trouvera, sous ce titre caractéristique

Paiiiiipia prcisctitis mit

Aitsartuiig des Sinites (Participes

du présent à sens dégénéré), de plus
I,

nombreux exemples pour
32-44; ajoutez-y
les

le

vieux français chez A. Tobler, Beitr.

observations de A. Stimmixg, Zs. X, 552 sq.

Malgré

l'étroite

parenté du sens de quelques-uns de ces participes

avec le participe futur passif latin, on ne peut pas songer à chercher
c'est ce qui résulte déjà de ce fait invoqué à A. Tobler, qu'on ne rencontre jamais une finale {ém'xn'me -ande; mais nous ne pourrions pas même admettre que, par une

celui-ci

dans ceux-là

:

bon

droit par

sorte de méprise (-nte et -ndu ayant

se

confondre en français
la

sous la forme
tion de -nt

-iit),

-nt

= -nte

ait

usurpé dans quelques cas

fonc-

= -ndu, car -ndu selon

toute apparence avait péri depuis

longtemps quand

-nt adopta cette signification nouvelle.

III.

L'Infinitif

(23)

§ 16. L'infinitit latin est
le radical

du présent,

et qui

une forme invariable qui a pour base marque l'action sans aucune notion

accessoire de personne et de temps, c.-à-d. d'une manière pure-

ment

abstraite.

Ce qui

le

différencie surtout des

noms

abstraits

24
verbaux

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
c'est

§ l6.
et,

proprement

dits,

l'absence

de flexion

par

conséquent, une

fidélité

plus grande à son sens fondamental,
les

une incorporation plus solide au système verbal;
abstraits
faite

noms

verbaux à flexion, au contraire, suivant l'observation
t.

au

II,

§ 401, manifestent

une tendance
Il

très

prononcée

à prendre des significations concrètes.
latin, l'infinitif

est vrai

que,

même

en

dans son emploi syntaxique présente une intime

aflinité

avec

le

nom, en

ce sens qu'il peut remplir les fonctions
:

de sujet et de régime ou recevoir un possessif

tuum

cantare

(touchant); mais cependant cet emploi reste toujours borné aux

deux
ne

cas non-fléchis
et

nominatif

même au neutre cantare, employé comme comme accusatif, répond à mare, tandis qu'on
:

lui a pas

donné de gén.
seul, qui s'est

cantaris

pour

faire

pendant au gén.

maris. Mais ensuite la réduction progressive des cas à deux

ou

même

à

un

opérée au cours du développement

bas-latin et

roman,

a fait disparaître la séparation

que

la

diffé-

rence des formes avait élevée entre l'infinitif et
lors

le substantif.

Dès

un rapprochement,
t.

voire

même une
en
réalité,

fusion complète pou-

vait s'accomplir sans peine, et

comme nous

l'avons

déjà dit au

II,

§ 392,

elle s'est

produite dans une proportion
l'infinitif

considérable. Or, par
faculté de prendre

le fait

même,

acquérait aussi

la

cas s'être produit très tôt,

un sens concret, ce qui paraît dans certains notamment p. ex. dans bibere (l'action
le franc,

de boire,

la

boisson), car Tital. abbeverare,

abreuver

doivent remonter à un pnm'itii adbiberare, datant du latin déjà
et tiré

de

l'infinitif;

de

même
un

dans vivere
pluriel
:

(le fait

de vivre,

la

sub-

sistance), qui reçoit alors

en

ital. / viveri,

franc, les

vivres, esp. los viveres, port, os viveres. Toutefois, si l'on excepte
le

roumain, aucune des langues romanes n'a été jusqu'à détal'infinitif
la

cher entièrement
ce qui concerne

du système verbal; au contraire, en

syntaxe, une preuve de sa valeur verbale se

(24)

trouve notamment dans son union encore fréquente avec le pronom personnel, et non avec le possessif; ainsi l'on dit en ital. // vedcrti, en esp. cl venir yo etc. En revanche, l'assimilation de l'infinitif au substantif en roman est manifestement
attestée par le
fiiit

qu'on n'y distingue pas

si

l'être

ou

l'objet
la

auquel une action se rapporte, exécute cette action ou bien
subit, c.-à-d. qu'il n'y a pas de différence

en franc, entre

ce

vin

^ lé.
est

17.

l'infinitif en

portugais
l'ital. //

25
udivo lodare,
» et « j'ai

prêt à boire et je suis prêt à boire. Cf. encore
:

ce qui peut vouloir dire

« j'ai

entendu que tu louais

entendu que
le

tu étais loué », franc, je l'ai laissé chercher, esp.

hi^o prender, l'ital. è
l'ital.

da

lodare, franc.

//

est

à louer, esp.

es

de

alabar,

buono da mangiare, franc, bon à manger, esp. bueno

de corner, Ta. -franc, en
ton pooir
sonies

murs ne

cite^
et

ni

est

remes a fraindre (Roi. 5),
traitier

a destruire

a mal

(Chev.

II

esp.

2074),
le

ainçois voil estre rois que la teste couper
islla

prov. non l'aguessas adiig en aquesta
e

(G. Bourg. 232), fera morir a mala
le

mort

douar a

serpent:^

(Appel, C. 8, 102), autant de cas où

latin, s'il avait

se servir de la construction infinitive, aurait

eu recours à
§ 17.

l'infinitit passif.

Une

place spéciale revient au portugais pour la dis-

tinction qu'il établit entre l'infinitif fléchi et le non-fléchi ou,

pour mieux
(II, §

dire,

entre l'infinitif personnel et l'impersonnel
le pre-

128); et l'on peut dire d'une fiiçon générale que
a plutôt

mier

un

caractère verbal, l'autre

un

caractère nominal.

En
tif

ce qui concerne leurs sphères d'emploi respectives, l'infini-

personnel remplit d'abord et surtout

le

rôle de sujet, ce qui
le sujet

arrive particulièrement lorsqu'il importe
tif soit

que

de

l'infini-

exprimé.

Une

phrase

telle

que basta

ser

dominante n'est

pas
«

suffisamment
».

claire

en ce qu'elle

n'indique pas qui est

dominant

Or, l'usage roman permet de rendre cette idée
:

par le pronom-sujet
nante etc. Mais,

basta ser eu dominante

ou

ser

tu

domi-

comme en
il

d'autres cas ser (eu^ a pour correspon-

dant un
la

seres (ju),

arriva,

comme nous
seres et

l'avons déjà dit dans
ser

Morphologie,

qu'ici

aussi,

au lieu ou à côté de

tu à la

deuxième personne, on adopta encore mieux correspondre à
aux phrases où
le

même

seres tu,

qui paraît

ser eu.

Originairement restreint

sujet de l'infinitif différait de celui
et n'était

du verbe

à

un mode personnel,
nitit

exprimé nulle part

ailleurs, l'infi(25)

personnel acquit ensuite une extension graduelle; on l'em:

ploya d'abord lorsque son sujet était régime d'un verbe actif

vimolos morrerem (nous les vîmes mourir), bien qu'ici morrer
seul eût

complètement

suffi;

puis on y
le

eut
:

même

recours

lorsque

les

deux verbes avaient

même

sujet

podeis comerdes

(vous pouvez manger). Toutefois, dans
écrivains plus châtiés,
il

les

derniers cas, chez les
efi^et,

faudrait comer.

En

généralem^enr.

26
avec

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ I7. 18.

l'infinitif prépositionnel

surtout, les sujets étant les

mêmes,
-port.

on
e

jouit d'une certaine liberté; mais, lorsqu'ils sont différents,

c'est

chaque

fois la

forme personnelle qui apparaît;

l'a.

poys que vos deus aguise dlrhi ne pourrait se rendre aujourd'hui
irdes.

que par de
Cf.

H. Wernekke, Zur Syntax
;

des portugiesischen
hei

Verhums,

Weimar

1885

R. Otto, Der portugiesische Infinitiv

Camôes. R. F. VI,

p.

299-394; K. MiCHAEiis, 1-74; H. ScHUCHARDT,

Der

portugiesische

hifinitiv,

R. F. VII,

Littbl. 1892,

197-206.

§ 18.

Le ROU.MAix,

lui aussi,

possède deux formes, l'une en
fait

-are, -ire etc.,

qui s'emploie tout à

comme un

substantif,

par conséquent en qualité de sujet, de régime, etc., et sans

aucune
abstraits

restriction.
c'est

Ce

qui atteste encore son caractère de pur
l'instar des
elle

substantif,

qu'à

autres substantifs

verbaux

du roumain,

prend

le

genre féminin
trace

379), Mais on retrouve encore une

377 et son ancienne de
(II, §
:

valeur d'infinitif dans son union fréquente avec da

da de

stire

(Cânt. Mold. 336, (Gaster
I,

fiiire

savoir), ni stire

99, 14), puis la

(Basme 147, 29), la stire mâncare (Basme 262, 30 à manger),
:

fnimoase

la vedeare, si dulci la gustare

(C- B.

I,

347, 6
si

:

belles à

voir et bonnes à manger),
niine

piatrà, mica era
II,

în vedeare, insâ
to

nu

putea ràdicâ (C. B.
:

43), en macéd. easle

alàudare

est (Weig., Arom. 29, 11 -à, -i etc., est d'un emploi

à louer) etc.

La seconde forme, en
Abstraction
fiiite

fort restreint.

de

quelques expressions presque pétrifiées

et

dont

le

retour fréla

quent a manifestement assuré
qu'unie à
la

le

maintien, on ne

trouve

prép. a.

En

cela, le

roumain

se détache des langues-

sœurs, mais offre une certaine conformité avec l'albanais, de
sorte qu'on peut admettre

une influence
la

ill3Tienne, qui se serait

produite
d'autres
(26)

à

peu prés de
mais

manière

suivante.
paraît

Semblable à

langues anciennes, rillyrien
s'être
tiré

n'avoir point eu
datif des

d'infinitif,

d'affaire
à

au

moyen du
de
la

substantifs verbaux.

Puis,

l'époque

romanisation,
volo cantare, en

quelques types

fixes persistèrent seuls, tels

que

roum.
tare,

voïn càntà; possiim cantare, en
stiu cânt à, et

roum.
n'a

pocîû cânt à; scio can-

en roum.
ce

non habeo quod cantare, en roum.

nu

am

cântà; mais, à part cela,
à

on

que des emplois corressi

pondants

ceux du

latin

avec

la

prép. ad. Or,

cette

tournure

§ r8. 19. a

l'infinitif en

roumain

27

pu

à

son tour introduire aussi l'emploi du type ad cantarc
le

dans tout

domaine du

lat.

cantare,

il

semble cependant qu'à

une époque

ultérieure, mais

également préhistorique, quelque

nouveau refoulé l'infinitif, c'est-à-dire qu'à « je veux, peux chanter » etc. on a substitué la locution plus explicite « je veux, peux que je chante », en roum. vo]û, poclû
autre influence a de
sa cânt.
lien

Par cet usage,
:

le

roumain

se rattache d'une part à l'itakii

méridional

cf.

le

dialecte de Lecce ulia

binkia (il voualler),

lait remplir), le calabr. viioggyii

mu

niesu (je

veux m'en

d'autre part au grec
nais, de sorte

moderne, au serbe, au bulgare
toutefois

et à l'alba-

qu'on peut croire qu'ils se sont rencontrés dans

un emprunt commun, sans que

on puisse dès mainle

tenant déterminer avec certitude de quel peuple est parti

mouvement,

si

c'est

des Bulgares, des Grecs ou des Illyriens.
Abhandl. ToB., 79-112.

Pour plus de

détails, cf.

IV. Le
§ 19.

Nombre
s'opposent l'un à l'autre tout

Le singulier
:

et le pluriel

en se complétant
le

le

premier désigne un individu quelconque,
illi-

second une pluralité quelconque, détachés d'une quantité
:

mitée d'êtres semblables
l'arbre, les arbres.

en

ital.

Falbero, gli aJberi,

en franc.

Mais,

s'il

est vrai

qu'on envisage d'abord dans
il

ces deux sens leur valeur
arriver
c.-à-d.

purement numérale,
s'efflice

peut toutefois

que

l'idée

de pluralité

devant celle de quantité,

que

l'attention s'attache à la valeur idéologique plutôt
le

qu'à

la

valeur numérale, et que

pluriel

exprime

la totalité

des êtres de
le

même

nature considérés
:

comme un
ital.

tout, ce qui

fait

repasser au singulier

le lat. folia,

foglia (feuilles,
esp.

feuillage)

s'emploient

comme

pluriels, le franc, feuille,

boja, port, folha (feuillage, feuille)

comme
:

singuliers.

Le proeffet

cédé inverse pourrait aussi se présenter

on trouve en

des

exemples de singuliers désignant un assemblage d'individus
conçus

comme un
la

tout; mais ensuite

la

notion de nombre se
(27)

détache de
considéré

valeur idéologique, et
pluriel.

le

singulier originaire est

comme un

délimitation

entre les

Donc, au point de vue du sens, la deux nombres n'a rien d'absolu; et,

comme

leurs

formes ne se distinguent pas non plus partout.

28
c'est ainsi

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ I9. 20.

que s'opèrent
la

ces transferts
il

du

pluriel au singulier et
t.

du

singulier au pluriel dont

a été parlé au

II, §

54-55 et

§ 387.

Mais

signification propre au singulier et au pluriel

n'est pas le seul point

dont nous ayons

à

nous occuper

:

il

y

a

encore bien des notions dont l'existence ne se manifeste jamais

ou presque jamais que dans un
propres, les

seul individu; ce sont les

noms de

matière, les

noms

collectifs et les

noms noms
con-

abstraits, et d'autres

encore qui presque toujours se présentent
il

à l'état collectif; et alors

s'agit

de savoir

si

et à quelles

ditions ces substantifs peuvent aussi recevoir les
Cf. L.

deux nombres.

ToBLbR, Uher

tien

Begriff uiui besondere Bedeutungen des Phi-

rais bel Siihs.'autiveny Zs.

Vôlkerpsych. XIV, 410-434.

1.

Le Singulier

§ 20.

Le SINGULIER peut avoir une valeur absolue, désigner

un

seul objet sans prendre égard à d'autres de
la casa è hella, franc, la

même

nature

:

en

ital.

maison

est belle,

esp. la casa es herle

mosa, ou une valeur distributive, en tant que par

seul indi-

vidu
espèce

nommé
:

est

également
/'

désigné
essere

tout
dotato
el

autre

de

même

en
est

ital.

uomo

è

un

di ragione, franc.
es

r homme

un

être

doué de raison, esp.
collective,

hombre
le

un

ser dotado

de raxpn,
sert

ou une valeur
franc,

quand
:

seul être désigné
/'

de représentant à toute

la classe

en

ital.

uonio

domina

la terra,

rhomme domine

la terre,

esp. el hombre seriorea

Dans ces deux derniers emplois, ce qui apparaît le plus fréquemment, ce sont surtout des noms de personnes, et alors le roman exige toujours l'article défini (§ 152);
la tierra.
cf.

p. ex.

le lat.

miles

:

ad conducendum ex Peloponneso militem
i,

Cleandro misso (Curtius 3,
hostis,

i);

il

a

dû en

être de

même
la

pour

dont l'emploi au
«

singulier a facilité

en roman

création

du sens de
fice

armée

» (II, p.
e

468); en

ital. // concetto

che

V

artc-

ha

deir arte sua

lo

scien::jato

délia sua scieuT^a suol esser

grande in propor:(ione contraria al
valore nella

concetto che egli
les

ha dcl proprio
la jeune fille,

medesima;
(en

en

franc,
si

amies

de
ils

rhomme
Parmi

y

Cafrerie) paraît

différent,

sont

d'un beau
1

jaune (Voltaire, L.); en port, nào parecem ao pecador (Graal
les

13).

noms de

choses, on peut citer

ici le

franc,

le

canon au

§20.21.

SIXG. À SENS COLLECTIF

ET NOMS DE MATIERE
les

2<)

sens de « artillerie «.Ensuite, naturellement,

anciens pluriels
l'a. -franc.

en -a
rainie

comme
arme a

le

franc, vaisselle à côté de vaisseau,

(ramure)

à côté

de rai^n (rameau)

etc. (v. II, § 54, 55).

Comme

été d'abord
tiitlo

un

pluriel,

il

faut également citer
il

ici

l'ital. s'era

armato

d'arme hianca (Lasca 26,
--^^

s'était

com-

plètement armé d'armes blanches
En revanche,
il

armure blanche).
l'a.-

me

semble qu'on doit expliquer autrement

dont Ebeling (note à Auberée 344) donne de nombreux exemples et auquel il prête un sens collectif. Ici il s'agit
franç. (/«^/V (escalier),

plutôt d'un de ces cas
tout, et c'est par
stitué par

où Ton a choisi une partie pour désigner le un simple hasard si, en l'occurrence, le tout est conde parties semblables. La preuve en
est

une

série

que ce

mot

reste entièrement isolé et

qu'on ne peut

le rattacher à

aucune

des autres classes de singuliers à sens collectif.

§ 21.

Il

existe des rapports très étroits entre les singuliers à
les

sens collectif et
ter

noms de matière.

On
le

peut souvent consta-

en

latin et

en

roman qu'on emploie
composé
:

nom
la

d'un être indivimatière dont cet

duel au singulier alors qu'il s'agit plutôt de
objet unique est
la

aussi,

vu

la

connexité de sens entre

matière et

la

quantité, peut-on se

demander
i

parfois

si

ce

n'est pas tout simplement ce dernier sens qui prédomine. Ainsi

Pline dit déjà

lactis pisceni

suggerit (Ep. 2, 8,
cela,
il

:

le lac

produit

du poisson)
tant
le
//

et,

en écrivant

pense non à l'ensemble des
la

poissons qui vivent dans

le lac,
l'ital.
li

mais à
dit

chair des poissons en

qu'ahment; de
e

même
le

prov. de pan
a

de peisson

un fiume che ha molto pesce, an dat (Appel 8, 211), le franc.

mangé du
»,

poisson;

lat.

pluma
puis
il

signifie

«

«

duvet

de

même
«

l'ital.

piuina, franc, plume; le ht.
»,

plume » et fmet us a

pour sens premier

produit

désigne en latin et en

roman les divers fruits, et dans cette acception il s'est donné aussi un pluriel collectif frucia (II, p. 77); mais, en même temps, non pas que la signification ancienne ait persisté, mais
:

par suite d'une modification

du sens nouveau,
ital. coi Jiori

il

apparaît aussi

comme nom

de matière

:

en

eterni eterno il frutto

dura (Tasse, Ger. 16, 10), en
(G. Dole 1801), en franc, mod.
Voici encore d'autres exemples
dove la ghianda
è
:

a. -franc,
se lever

bon fruit
le

et

bons vins

(29)

avant
i

fruit (dessert).

en

ital.

peschi vengono mcglio

meglioy franc, la nourriture de V écureuil sont des

30

CHAPITRE
des

I

:

LES MOTS À FLEXION
de la faine
et

§21.
de

fruits, des amandes,
bellola

noisettes,

du gland, esp.

(glandée); en
ital.

ital.

noce, franc. Jioyer, esp. nogal (bois roble (bois

noyer); en
faut-il

qnerce, esp.

de chêne);

peut-être

y ajouter l'ital. faggio, esp. baya, port, faia (bois de hêtre); mais, pour ce dernier, à en juger par la forme, il est plus
vraisemblable que
le

phénomène
»

a suivi la
le

voie opposée, et
»

que
le

c'est « bois

de hêtre
II,
e

qui est
Il

sens premier et « hêtre
le

nouveau

(v.

§ 403).

y a encore

prov. al fenestral

cnbert de
tastre et
l'ital.
il

pahna

de jonc (Flam. 837), a. -franc, de jonc, de

manen

de glai sont totes jonchiees les rues (Erec
flore degli alberi è indice délia

2364
ces

var.);
être

primavera, franc,

fleur;

l'a.

-franc, verge (fagotages) etc.

En apparence,

mots

sont de
lage
hoja,
:

même

nature que

l'ital.

foglia, a. -franc, fueille (feuil//

cf.

encore en franc, mod.
folha,
et

s'en ira avec la feuille^, esp.

port,
ils

pour

le

sentiment

hnguistique

des

modernes

doivent aussi être de

même

conformation. Mais,
il

envisagés dans leur évolution historique,
(feuillage) et fruit

y a entre

feuille

(production) cette
pluriel latin folia,
l'autre

très

grande différence
originairement

que

l'un,

issu

du
que

est

un
par

pluriel,

tandis

a toujours été

un

singulier

:

conséquent,

l'idée

de

matière

s'est

dégagée

seulement
le

de celle de quantité

et ici

de l'idée de pluralité. Toutefois

prov. fuelh pourrait être réuni à fruit, fleur etc. dans de blancas flors
et

de vert fuelh

(Uc Brun,

i,

4).

Des deux sens de
l'adjectif,

ces mots,

l'un a son point

de départ dans

Tautre

dans
sible,

le

pluriel;

mais un troisième phénomène
latin

est aussi pos-

celui

que présente l'ancien
le

dans

le

mot

déjà cité

fruclus et dont

roman possède, entre
le

autres, les exemples
« l'ac-

suivants

:

en esp. -port, pescado,

sens originaire étant
la

tion de pêcher » tant

ou

«

le

produit de

pêche,

le

poisson en

que substance
»,

», puis « toute

espèce de poissons, du pois-

son en général
l'esp. pescado
l'esp.

sens qu'a retenu le portugais, tandis que
cf.

désigne ensuite aussi un seul poisson;
«

aussi

venado
Il

le

produit de

la

chasse »,
ici

«

venaison, gibier,

cerf ».

faut

également ranger
à

le

franc,

pavé (assemblage
fétu

de

pavés, pierre

paver), l'obw.

stroni

(le

de

paille,

19, 3) de stramen (paille); au contraire, le roum. pani (fétu de paille) de palea a, de nouveau, une tout autre

Màhrch.

§21.22.
formation
:

NOMS
c'est

U.U1

NE s'eMPLOIENT
refait

Q.u'.\U

SINGULIER

31

un singulier

surpaie, qui avait pris une

valeur de pluriel collectif (II, § 387).

M. R. Lang, The

Collecliv Siugidar in Spanish,
Beitr. II, 39-48.

Mod.

lang. ass.

I,

f,^y\

135-148; A. ToBLEK,

§ 22.

Suivant l'observation déjà
les

faite

au § 19, ne devraient

s'e.mployer qjj'au singulier

noms

propres, ceux de lieux, de

pays, de personnes, puisqu'ils ne désignent qu'un seul être à
côté duquel
les
il

n'en existe aucun autre entièrement semblable;
objets dont
il

noms

des

n'existe

qu'un seul exemplaire,

comme

50/,

luna, infernum, purgatorium, paradis us; les

noms de
matière

matière,

étant

donné

qu'ils

désignent des choses auxquelles

l'idée d'unité reste
est
les

toujours attachée,

même quand
est

la

décomposée en autant qu'on veut de

parcelles distinctes;

noms

abstraits,

dont

l'idée

de nombre

absente à l'origine

par cela

même
classes

qu'ils

expriment l'existence des choses sans

avoir égard à leur caractère d'unité ou de pluralité. Mais

aucune
dans

de ces
le

de mots n'est rigoureusement confinée

nombre
la

singulier. C'est encore avec les

noms de
les

la

seconde

que

règle s'observe le
la

mieux, car au moins

les trois séjours

entre lesquels

croyance catholique répartit
lune pour

âmes après

la

mort, sont encore actuellement uniques en leur genre, et de

même

le soleil et la

les

profanes semblent être seuls

de leur espèce. Mais l'astronomie a révélé l'existence de plusieurs lunes, et
soleils.

même
du

les

poètes vont jusqu'à parler de plusieurs
aussi sol dans
soleil,

En outre on emploie
soleil,

un sens étendu,
effet à

celui de force

rayon de

d'où vient en

l'esp. soles, port, soes le

sens de « rayons de soleil », de
«

même
soes

au port,
jiilho

tiifôes

celui de

coups de vent
de:{embro

»

:

cf.

os soes ardentes de

ou os

liifôes

regelados de

(Diniz, Pup.

2),

ardenlissimos (67); au surplus, Lucrèce et, parmi les prosateurs,

Pline

le

Jeune emploient déjà

soles

dans

le

sens de « ardeur du

soleil ».

§ 23.

Les NOMS DE PAYS sout parfois transférés

ailleurs,

de

telle sorte

qu'un nouveau pays adopte
et déjà

la

désignation d'un pays
les

immédiatement limitrophe
vinrent aux prises avec
les

connu. Ainsi
la

Romains

Gaulois d'abord sur

rive droite,

32

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§23.

24.

puis sur la rive gauche du Pô, et plus tard aussi au delà des

Alpes

:

ils

appliquèrent à toute

la

région
et

le

nom
les

de Gallia,
entre

distinguant seulement entre cispadana
iogata et bracata;
(31)

transpadana,

mais alors

ils

purent aussi

comprendre

toutes sous la dénomination générale de Galliae, et de

vient

qu'on
franc,

dit
les

également en

ital.

le

Gallie à côté de la Gallia, en

Gaules à côté de
bracata

la

Gaule,

même

pour désigner seu-

lement

la Gallia

et

sans que l'emploi du pluriel ait

encore une raison d'être historique.
l'ital.
le

On

expliquera de

même

hidie, franc,

les

Indes, esp. las Indias, port, as Indias

indiquant l'Inde antérieure (Indoustan), et l'Inde postérieure

(Indo-Chine);

l'esp.

las

Americas,
et

port,

as

Americas

désisi

gnant l'Amérique du Nord

celle

du

Sud. Ensuite,

le

français dit encore aujourd'hui
cet

les

Espagnes à côté de l'Espagne,
souvenir des vastes posses-

emploi doit s'expliquer par

le

sions qu'avait jadis ce pays en dehors de l'Europe; quant à
l'expression
elle
les

Allemagnes, encore très courante au xvi^ siècle,
aussi par les circonstances histoles

se

comprend facilement

riques d'alors.
les

On

s'étonne davantage de rencontrer

Russies,

Flandres à côté de la Russie, la Flandre. Mais
:

les

deux

langues de l'Ouest vont encore plus loin
provinces du

lorsqu'il existe

deux

même nom,
:

elles

mettent aussi ces noms de proas Asturias, déjà
l'ital.
le

vinces au pluriel

en esp.

las Asturias, port,

au xiv^

siècle

(Rom. IX, 438,
les

6), d'où vient aussi

Asturie, franc,

Asturies; elles le font aussi lorsque celui qui

parle a présentes à l'esprit les diverses parties dont se

compose
et le

toute une contrée
l'on peut encore

:

en esp.

las

Espaùas, las Andalucias. Enfin

mentionner

ici l'esp. los

mundos (l'ancien

nouveau monde). D'autre part cependant,

même

pour des

noms comme
telles

India,

on

préfère le singulier dans des expressions
d' India

que
coq

l'ital.

canna

(jonc espagnol ou des Indes),

fico d^ India (aloès), noce d' India

(noix de coco), polio
junquillo de

d' India, le

franc,

d'Inde (mais en

esp.

Indias, pavo de

Indias^ ou dans des comparaisons

comme

Vulivo in Toscana è

una

piccola India.

NOMS DE PERSONNES s'emploient au pluriel pour désigner différentes personnes du même nom en roum. Can§

24. Les

:

§24- 25tacuieni,
trois
ital.

NOMS DE PERSONNES ET DE MATIERE
gli Scipioni,
le

33
Bourbons,
les

tre

Marie, franc,
las très

les

Maries, esp.

los Escipiones,
Il

Marias, port,
ces

os Esci-

piôes,

as 1res Marias.

en est de

même quand
les

noms
/

sont

pris

dans un sens figuré pour indiquer
:

œuvres

d'artistes et

d'écrivains
délia

en

'n:i\.

gli Orner i (les éditions

d'Homère),

Raffaelli

Galkria di

Firen:^e; franc, les Racines, les Titiens; esp. los

Virgilios, los Murillos; port, os

Omeros,
s'attache

os Murillos, puis
si

encore
l'idée

lorsqu'au

nom

de personne

étroitement
le

d'une activité déterminée, de qualités déterminées que
propre s'emploie tout simplement

nom
(32)

comme un
ital. i

appellatif et sert

désigner

les

personnes qui exercent cette activité ou qui pos:

sèdent ces qualités
Catons, esp.
los

en roum. Catoniï,

Catoni, franc,

les

Catones, port, os Catoes dans le sens de « cen-

seurs austères ».
(II, §

Nous avons montré

par quelques exemples

390) de quelle manière les noms propres peuvent ensuite passer ainsi à l'état de simples appellatifs.

Au
(les

point de vue linguistique

il

ne faut accorder aucune valeur aux
les

subtilités des

grammairiens français qui prescrivent d'écrire
semblables à Caton), mais
les

Catons

hommes
;

deux Catoii,

les

deux Cor-

neille

si

elles sont

devenues possibles,
il

c'est peut-être

uniquement parce
écrire épitre

que, dans KatÔ, Kornéi,

n'y a absolument aucune distinction de

nombre.
règle.

Du

reste, le fait

qu'en

même
E.

temps on peut

aux

Pisoiis et les Gracques, suffit déjà à établir le

peu de fondement de cette
Beitràge
f.
:(iir

Pour

plus de détails,

cf.

Grotkaas,
Zs.

Syntax der

frai!:;vsischeit

Eigennamen 1886; Plattner,

Nfr. III, 440.

§ 25. Les
s'agit

NOMS DE MATIÈRE
passagers d'une
est pris

sc

mettent au pluriel quand
gisements,

il

de désigner

les diverses espèces, les divers

les
le

divers aspects

matière,

ou
le

bien lorsque

nom

de matière

dans un sens figuré pour indiquer
latin
dit

les

objets qui en

sont fabriqués. Ainsi déjà

arenae

(masses de sable), /m wm/rt (céréales). Mais

les

langues romanes
(différentes
II,

vont

beaucoup plus loin

:

cf.

en roum.

Idmirî

espèces de laine) et les exemples déjà

cités

au

t.

p.

46,

vinurï (vins) etc.; en {{û. farine (différentes espèces de farine),

marmi (de marbres), vini francesi, rené délia seggiola (De Marchi, Giac. id. 33)
des cuivres de différentes couleurs,
les

bige,

et aussi le paglie

etc.;

en franc,

des ors,
;

vins de l'Espagne etc.

en

esp. buenos vhios,

las platas (les
III.

produits des diverses mines
J

Meyer-LL-bke, Grammaire

34

CHAPITRE

I

:

LES MOTS A FLEXION
;

§ 25.

2é.

d'argent), panos (étoffes) etc.

en port, bonis vinhos,
nives

os oros etc.
le

Ensuite

le

Lit.

pliiviae

(ondées),

(chutes de neige),
e

roum.

ploi,

l'ital.

piogge, stagione dcJle nevi, fulmini
les

grandini

(Leop. 138),

le franc. les glaces,

neiges perpétuelles, l'a. -franc.

iant avons sosfert de pluies
chaitivctés

et d'orés,

de

grans fains
e

et

de sois

et

de

(G. Bourg. 105

1),

par rusées

par pluies (IV Liv.

211, 3) pour rendre le lat. pluviis, alors que pourtant d'autre part le franc, rosée, pruine comme les expressions analogues des

langues-sœurs connaissent à peine, dans leur sens propre, l'em(33)

ploi
cf.

du

pluriel;

l'esp.

nieves,

lluvias,

le

port,

neves, chuvas;

aussi l'esp,

soles,

port, soes

(p.

31). Enfin nous avons le
arginturî (argenterie),
argcnti, ferri, rami;
le

roum. alànmrï
franc,

(ustensiles de laiton),
l'ital.

arânuirl (ustensiles de cuivre);
les bron:{es,

les

inarbres; l'esp.

lanas (les laines), cobres,

platas, hierros, et aussi trigos (les blés), ha~anas dignas de enlallarse en bronces,
cobres.
lat.
les

esculpirse en

mârmoles (D. Q.

I,

2);

le

port,
le

Si

«

air

»

se

trouve assez souvent au pluriel

(cf.

aères locorum salubres aut pesîilentcs, le franc. ave::jV0us

dans

airs entendu quelque bruit

(Rac, Iph.

i,

i

ap. L.), l'esp. los

aires

de la

Cordillera,

le

port.

que enchia os ares de gritos
la

(Diniz, Pup.
les

153), ce doit être parce que

pensée envisage

courants atmosphériques ou bien aussi simplement parce
l'univers
infini,

qu'on se représente
unité, mais
il

non plus comme une

comme composé
un

de différentes couches.
avec
l'esp.

— Enfin
le

se

présente

cas spécial

polvos

(poudre)

à

côté de poh'o (poussière), polvos brillantes (poudre brillante),
a::jiles

(bleu de toilette), de iniprenta (suie pour faire
le port, pos

noir

d'imprimerie),

(poudre), en ce sens que polvos est
l'a fait

originairement un singulier, mais dont Y-s

prendre pour

un

pluriel, d'autant

plus que sa signification permettait aussi
Il,

pareille

interprétation (v.

§ 15 et ci-dessous § 31).

§

26.

Aqua occupe une

place à part.

Chez
la

ce

nom

de matière

plus que chez d'autres se manifeste
pluriel; et la principale raison en est

tendance à passer au
le

que

renouvellement
de l'idée une

continuel de l'eau courante

fait naître,

à la place

de matière, celle d'une quantité illimitée de parcelles distinctes,
qui se remplacent sans cesse, par conséquent de parcelles déta-

§26.

2-].

PLURIEL DE aqilU ET DES NOMS ABSTRAITS

3)

chées; et l'on pourrait encore invoquer que, dans ce cas plus qu'en d'autres, la présence du phénomène en des lieux différents et les diverses espèces d'eau se présentent à l'esprit. C'est
ainsi

que

le

latin
etc.

connaît aqiiae au sens de « sources
(cf.

»,

d'où
(l'eau

Aquae Sextiae
fluviale)
trois
:

Aix
acqiie

II,

p.

13), puis

le

roum. ape
tre

apeh Prutiilui, ensuite spàlà
l'ital.
le
ciel

in

ape

(laver à
très
île,

eaux),

Tevere, di

Corfù, emploi

fréquent, surtout en parlant de l'eau
le

qui entoure

une

acque chete rovinano

il

ponte, navigare in basse acqiie (cf. aussi

spesso è venuto fiwco et acque et

sangue dal

cielo,

Serc. 3,

13), le

franc, les eaux (sources minérales; jets d'eau), l'esp. las aguas
del Tajo, le port, as

auguas do
:

rio

(Rom. XI,

379), escasse~das

aguas (Diniz, Pup. 82
§ 27.

disette d'eau) etc.

Les SUBSTANTIFS ABSTRAITS peuvent passer au pluriel par

(34)

un double procédé. Tous les noms abstraits accusent une tendance plus ou moins marquée à devenir concrets (cf. p. ex. II,
§401). C'est
ainsi

que sous

les

formes

ital. beltà,

franc, beauté,
belle perle

esp. beldad, port, beldade

on entend également une
vivant », et de
les beautés,

sonne; vita en
alors dire en

latin déjcà signifie aussi «

biographie »,

roum.

vità désigne aussi

un

« être

vient qu'on peut
las beldades,

ital. le beltà,

en franc,

en esp.

en port, as beldades aussitôt qu'il
belles personnes, et
«

est

question de plusieurs
signifient
:

que

le lat. vitae, l'ital. le vite etc.

biographies »,

le

roum.

vitele

«

êtres vivants
I,

»
:

cf.

ad use

Dumne:{eu càtrâ

Adam

toate vitele

(C. B.

346, 25

Dieu amena

devant

Adam

tous les êtres vivants).
espèce,
il

autres de

même

du

nom

abstrait,

Dans ces cas et tous les donc plus question du pluriel mais d'un déplacement de la signification du
n'est

mot. Le cas
sentée

est tout différent lorsque l'idée abstraite est repréla

comme

manifestation d'une activité, d'une disposi3.

tion morale, qui peut s'exprimer

plusieurs reprises, ce qui

la

rend également susceptible de recevoir un pluriel, lorsque donc
p. ex. ira signifie

non

«

colère

»,

mais

«

accès de colère ».

On

pourra toujours,
abstrait;

même
il

en ce

cas,

seulement

y a quelque différence dans

continuer à y voir un nom la manière
il

de concevoir l'abstraction.

En

l'occurrence

reste indiff"érent
et successi-

qu'un

état,

une action apparaisse de façon identique

36

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 27.
dif-

vement ou bien de façon
férents individus
:

différente et

simultanément chez

irae

peut donc signifier accès de colère d'un
il

homme
si

à divers

moments, mais
et qu'alors

peut aussi bien être employé

l'on considère p. ex. la colère divine

comme

différente de la

on veut exprimer ensemble les deux acceptions; enfin irae hominum peut être la colère de plusieurs hommes. C'est ainsi p. ex. que le latin dit irae,fitr(M-es,pavores,
colère

humaine

odia, gaudia, pallorcs,

omnes avaritiae,

siccitates, in

cuncta Graecia

Archiae adventus ceJehrabantur (Cicèron, pro Archia 4), mortes imperatoruin etc. Il en est de même en roman cf. le roum. fri:

gurî (accès de fièvre), sa uràcîunï amarà avefi (Gaster
18),
si-î

I,

10,

pierdea

cti

gro^nice morti (C. B.

I,

365, 7

:

genres de

mort),

tw~// ràotâtile lui
:

(366, 16
iiestà

ta

(365, 8), socoteaste-ti atdta si frumsetile beauté est aussi précieuse) etc., l'ital. le tue diso85), avea udito molto délie sue magnanimiià (3),

(Sacch.

(35)

mile sue crudeltà avea gran parte di giusti^ia (4), inimici délie virtù (Lasca 26), le domie, i cavalieri, F arme, gli aftiori, le cortesie, le

audaci imprese

io

canto (Arioste, Orl. i, i), non d' al fronde
degli uomini che dalle
loro

ebbe principio

la malvagità
i

calamità

(Leop. 122),
altre sventure
lazjoni,
le

Diorbi e le calamità

(123), un
calunnie,

infinité génère di
le

(122), polrei
le

distenderiiii
le

hmgamente sopra
le

emule

invidie,

censure acerbe,

par^ialità,

pratiche

e i

maneggi

occulti e palesi contra la tua riputa:(ione

et autres

exemples fréquents chez cet écrivain,

la

(147) luna bagnava
169); puis
351, 11),
le

dei suoi biancori nivei la

campagna (Serao, Ad.
le

Am.

febbri (accès de fièvre), ensuite

nostre morti (Serc.
le

I

menti degli uomini (Leop. 128) etc..
dono
i

albe, i tramonti, si perI'a. -franc,
sei::^

sonni (Barrili,
tei

Kot.

Com. 343);
faims
et

tantes dolurs

a por

anduredes

et

tantes

et

tantes

passedes (Alexis

80

b),

Senians descors, contens

guerres, Mesdis,

rancunes

et

haines.

Par

courrous

et

par atames (Rose 9599), plus
et

de mil anuis

(2435), a deu rendi grâces

glores (Brut

Lyon 4154),
esgarda,
fiers les

mentir

tes

leiaute^
très

(Thèb. 1300),
III,

5347), hontes (Ch. torner enfuies

(G. Bourg. 2009), en

tous vos aés (840), puis iarestut et

Lur dons
autres

beauté^ vit et

mira (Rou
cet

549), ambedui ont

courages (Brut

M. 3568),
et

amitiés (démonstrations d'ami-

tié)

et

termes semblables;

usage est aussi

très

répandu en franc, moderne,

même on

peut

faire cette obser-

§ 27-

PLURIEL DES NOMS ABSTRAITS
:

37

vation

tandis que les

xvi'= et

xvii^ siècles étendent plutôt cet

emploi plus loin que l'époque antérieure, il se restreint considérablement au siècle philosophique (Voltaire p. ex. blâme
beautés chez Corneille);

en revanche, dans

les

temps modernes,
à leur tour

Chateaubriand

et

de nos jours Daudet ont

fait

fréquent usage du pluriel; I'esp. hacia las mayores rainas
dis 9 b), rey que

un (Ama-

fa^

taies

bondades (Berceo,
I,

Sil.

214),

las voces

de tus iniportunidades (D. Q..
cos con tantos trasudores

36),

le

dieron tantas ansias y basoir las kcciones

y desiiiayos (ij), lasgauasde

(Valera,

Com. Mend.

151), era hombre poco dado à rnelancolias

(22), las mocedades del Cid, iiuprudencias (actions imprudentes), honores (objets inspirant l'horreur), niiestras no muy concordes
teologias

(Valera,

Com. Mend.

151),

Dardan

e

su amiga

tan

crueles nniertes hobieron

(Amadis 35a),

niledos de mujeres

(Caballe

lero,

Cuentos 12),
:

iiiueren de nialas

muertes (Hita 222);

por-

tugais

Je:{

grandes ami~ades

(Rom. IX, 439),

nos meus prinieiros
e

amores (Graal 78), inatavani-no saudades da terra, da fainilia
as da sua pequena Guida (Diniz, dias

Pup. 24), as saudades

d'esses

(36;

(34), tudo quanto sentia, fosseni triste:(as, fossein alegrîas (79), envolto nos sabores do niundo (Graal 113), iras (accès de
colère), os sorrisos da sorte (Diniz,

Pup. 40),

thesouros de affectos
e

(75), com forças

e

coragem (39), con grandes gemidos
bocejos (J)\n\i,

choros

(Aleixo 6, 8), recebeu-a com
dresses odiosinhos

Pup. 132), nenhum

(80), com medos (244, dans une crainte contijalousie), das geadas e
sol

nuelle), uns

dûmes (152, mouvements de
e

dosfrios do inverno

das grandes quenturas do (Diniz, Pup. 2
etc.
:

(Rom. XI, 377),
parar,
tenir

em

occasiôes de colheita

à l'occasion de la récolte),

mortes (Lus.
mientes,
le

4,

97)

C'est ainsi

que

I'esp.

port,

meter,

ter

mentes également sont

employés
cf.

d'abord et surtout lorsque
mientes

le sujet est

un

pluriel

:

pararon

(34 a), en port, metede mentes (Graal 58), teve mentes (Rom. XI, 370). Parfois il y a encore des raisons spéciales. Si l'on dit en esp. de luengos tiema),

(Amadis 32

ténia

mientes

pos acà (D. Q..
autrefois),
le

I,

16),

en port, ha tempos

(il

y

a longtemps,

pluriel à la rigueur pourrait s'expliquer

comme
que

polvos (p. 34)
s'agit

ou

pcchos (41), mais

il

est plus vraisemblable qu'il

d'une analogie d'après

le pluriel aTios

ou

dias, c.-à-d.

l'idée abstraite est influencée par des

idées concrètes qui lui

sont étroitement apparentées.

38
Cf.

CHAPITRE
pour
le

I

:

LES MOTS À FLEXION
Ph. Plattner, Zs.
f.

§ 27. 28.
III,

français

Nfr.

430-438,

Th. Haas, Die

Plurale der Ahstrakla im Fran-{ôsischm, Erlangen 1884.

Des exemples tirés de Calderon ont été rassemblés par M. Krenkel dans son commentaire sur La Vida es Sueno I, 179.

2.

Le Pluriel

§ 28.
et
le

A

l'origine

n'y a d'autre différence entre

le pluriel

singulier

pluriel

que leur valeur numérale. Cependant l'ancien neutre en -a du latin a donné naissance, dans une proItalie,

portion restreinte en
à

étendue dans

le

canton des Grisons,

de doubles formes en -a avec sens
:

collectif,

en

-/

avec significorps),

cation distributive
i
t.

en

ital. Je

membra
société).

(les
Il

membres du

nieuihri (les

membres d'une

en a déjà été parlé au

II, p. 5 5-57 ; à ce qui y a été dit il n'y a guère à ajouter, comme nouvel exemple remarquable, que l'ital. mettemmo le len^iwla
3.

Inanche
il

côté de due lenxuoli (Lasca 197, 14 et 184, 15). Mais

peut également arriver qu'un

mot

élargisse sa signification à

(37)

nombres sans que l'autre participe à ce changement il en résulte donc qu'un mot au pluriel a un sens d'acception autre ou, pour mieux dire, plus d'acceptions qu'au singulier. C'est ainsi que le lat. littera signifie « lettre, caractère d'écriture
l'un des
:

ou d'imprimerie
épître »;

»,

Utterac « lettres, caractères

»

et «

lettre,

l'a. -franc,

a aussi unes lettres
lettre

(une

lettre, épître),

mais
l'ital.

en

même

temps déjà une

(v. § 33), et

en roman

letfere, le

franc, lettres, l'esp. letras veulent dire aussi « littérabelles-lettres
».

ture, science,

Même

différence en

ital.

entre

rima (rime)

et rime,

qui ne désigne pas seulement un

nombre

quelconque de rimes différentes formant ou non un ensemble,
mais encore un recueil de vers qui, par leur contenu ou leur
auteur,

apparaissent

comme un

tout

homogène

:

le

rime del

Pé?/r^rm (les poésies de Pétrarque); en 'wû.ferri, franc. /^rj, esp.
hierros,

pon.ferros (chaînes); en

ital.

^/w// (troupes auxiliaires);

en

'ita.\.for^e,

ïranç. forces, esp. fuer:(as,
roviiie

pon. forças (forces
pluriel

mili-

taires);

en

ital.

(ruines), où l'on voit que les diverses
le

manifestations qu'exprime d'abord

du
et

sont considérées
avec
ces

comme
concrets

formant une seule
qui
tous

nom abstrait, même chose
possèdent

objets

ensemble

en

§ 28. 29-

SIGNIFICATIONS SPECIALES
la

DU PLURIEL
mot
abstrait.

39

commun
l'ital.,

propriété indiquée par
port,

le

A

côté de

on trouve au pluriel carni, carnes non seulement au sens de « morceaux de viande », « différentes sortes de viande », mais aussi de « chair du corps
esp.,

carne (viande)

humain
State di

»

:

en

ital.

l'altra era corne se

le
il

carni
fiioco

e

Fossa fossero

smeraldo faite (Purg. 29, 124),

iiF

inaridiva

le

carne (Leop.
lecho,

175), en esp. sufricndo vida dura, yaciendo en mal
el

prendie

omne hueno de sus carnes

derecho (Berceo, Sil. 68),

perder las carnes {àQWQxnr vcïà\gré), en port, arrcpiani-se as carnes
e

cabello

a mi (Lus.

5,

cuoia, esp. cueros signifie « la

40); d'une manière analogue, l'ital. peau du corps humain » en ital.
:

non capriva nelle cuoia (Lasca 56),
ancres (les cendres humaines)
esp. ceni^as, port, cinças;
et «

l'ital.

coups de bâton »;

l'ital.

gotte

= en =
en

en esp. en cueros (tout nu);
ital. ceneri,

franc, cendres,

pâli, esp. palos
«

==
»

«

bcâtons »

gouttes

et « goutte,

arthrite » (L.asca ri), aujourd'hui
le franc,

o-o/^rt

dans

le

second sens;
je:^

a couche et couches, gage et gages, jet et a. -franc,

(lanière),
l'esp.

arme
«

et armes, et aussi

ital.

pasaportes

braga

=

=

armi, esp. -port, armas;
»,

«

papiers de légitimation
«

l'esp.-port.
»

braie », hragas

haut-de-chausses, culottes

et

« braies », à

le

rapport est un peu différent en ce que hragas
et signifie «

l'origine

ne s'emploie qu'au pluriel

culottes »
cas
(38)

(§ 31). Enfin, chaque langue possède
particuliers.

beaucoup d'autres

la

La plupart des grammairiens ont coutume de ranger encore sous rubrique en partie inexacte « Pluriel différent pour le sens du singulier » toute espèce de phénomènes qui ne rentrent pas dans cette

catégorie. Lorsque p. ex.

Vockeradt
annales),

§ 352,
il

5

réunit /a.5/0 (faste,
plutôt de deux
rien

magnificence) et fasti

(fastes,
le

s'agit là

homonymes

qui,

sous

rapport étymologique, n'ont

à faire

ensemble; au

lieu de

misura (mesure, mesurage) et misure (mesure,
il

instrument à mesurer),

était plus exact

de dire misura (mesurage,
etc.

instrument à mesurer), plur. misure (instruments à mesurer),

§ 29.

Ce

n'est pas

une

pluralité d'êtres identiques, mais seule

lement d'êtres analogues qu'indique

pluriel
i

dans des cas

comme

l'ital.

chiamate voi dunque infami
si

Grisosiomi, gli Ata-

nagi, perché ci lassarono esempi

niemorabili di perdono, le franc.
los

nous n aurons plus de Suétons, l'esp. Athenas fué madré de

40
Temistocks,
« des

CHAPITRE
los Pericles,

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 29.-3

1.

los

Deniosîhenes ,
)>

le

pluriel signifie

hommes comme
Dans
la

Chrysostôme

etc.
le

§ 30. d'êtres
êtres

péninsule hispanique,

pluriel des

noms
les

masculins s'emploie exclusivement pour désigner
:

appariés

padres,

papas (père et mère),

tios

(oncle et

tante) etc., auxquels
franc,

on ne peut guère comparer
est

le lat. parentes,
la

parents,

car

ce terme au singulier désigne d'abord
il

mère,

puis aussi,

vrai,

le

père.

A

plus forte

raison

encore en

est-il ainsi

de

l'ital.

genitori. L'ital. fancîulli, bambini,

le franc, enfants diffèrent aussi
ils

de l'usage espagnol
et

:

sans doute,
»,

peuvent

signifier «

jeune

homme
l'idée

jeune

fille

mais

ils

n'éveillent

pas précisément
la

d'une paire;

ils

montrent

plutôt que

différence sexuelle peut être négligée dans des cas

elle n'est pas

d'importance.

§ 31. Bien des idées se présentent en général à celui qui parle comme composées d'une pluraHté d'individus; elles apparaissent

donc exclusivement ou tout au moins

le

plus souvent

au pluriel, de sorte qu'à côté des mots qui ne s'emploient qu'au
singulier, étudiés au § 22, se placent

maintenant les mots qui

n'ont auE LE PLURIEL. Quelques-uns d'entre eux ont été sim-

plement transmis par

le latin le

:

ils

n'ont donc besoin d'aucune
ce ne sont

expHcation spéciale pour

roman;
annaes;

même

en partie
franc.

que des mots savants
annales,
(39)

:

cf.

annales, en

ital.
:

annali,

esp. anales, port,
:

arma

en prov. armas;
exe-

bracae

en
en en

ital.

brache, franc,
esequie,

braies,

esp. -port, bragas; esp. -port,
laptj;

QUIAE
FAUCEs

:

ital.
ital.
:

franc,
:

obsèques,

exequias;
:

:

fauci; lactés

en roum.
ital.

naves

en

ital.

navi; nuptiae

en roum, nuntï,
:

no^^e, franc, noces, esp.

nupcias; primitiae

en

ital.

prinu\ie, franc, prémices, esp. -port.
reni;

primicias;

renés

:

en

ital.

tenebrae

:

en
:

ital.
ital.

ténèbre,

franc, ténèbres, esp. tinieblas, port, trevas;

vanni

en

vanni,

franc, vans.

Beaucoup d'autres au contraire ne sont nés qu'en
se fondant sur leur signification,
les

roman. En

on pourrait
cité,

distin-

guer d'abord

objets aui se composent de deux parties
déjcà

semblables. Indépendamment de bracae,

et

de ses

représentants romans ainsi que des termes à signification plus ou

moins analogue

:

en roum.

il^arï,

i:^niene, ital. cal:{oni,

mutande.

;

§ 31-

-'^lOTS

NE s'eMPLOYAXT (IU'aU PLURIEL

4I

usattini (bottines), franc, caleçons, culottes, esp. calmas, cal^pnes,

port, calçôes, calças et autr. sembl.,

il

y

a surtout lieu d'examiparties
:

ner les
blables,

noms d'instruments composés de deux
donc avant tout
wo//g (pincettes)

sem-

« ciseaux » et « tenailles »

en roum.

forfecï, 'na\. forbici, ïranç. forces;

en roum. tnucârî (mouchettes)
tenailles,

en

ital.

;

en franc, ciseaux, mouchettes,
tena^as,
sedili,

pincettes;

en

esp. despabiladeras,

tijeras;

en outre en

roum.
villes,

ochelari (lunettes);

en

ital.

lucq. savici (chantier,

tin), occhiali, manette

(menottes), alari (chenets), palchi (chebesicles, lunettes, ouïes

andouillers); en franc,

(branchies),

dagues;

en esp,

esposas

(menottes),

grillos

(fers

aux pieds,

entraves), alforjas(hesa.cQ, porte-manteau), nadaderas (nageoires,

ceinture de natation), andas (brancard) de aniites (les deux brancards de
la

mon

= chaque
p. 501),
la

basterne) etc.
aile

De même
poumon),
ici,

le

franc, les poumons (Je pouesp. puhnones,
l'

du

esp. -port.

nari~es (nez,
cf. II,

proprement
catégorie

fosses nasales) à côté de nari:^ (nez,

ont leur place
l'ital.

tandis qu'on hésite à ranger
basettc,

dans

même

baffi,

niostacchi, le franc.
:

favoris, côtelettes, l'esp. barbas, le port, bigodes

en

effet, aussi

longtemps que ces mots ne désignent pas spécialement
favoris, l'idée

les

d'une véritable pluraUté (moustaches, barbiche,

favoris) peut se présenter à l'esprit.
à

Pour
de
«

finir,

il

y

a

encore

mentionner dans
le lat. forae,

ce

groupe

l'idée

porte

».

De même

que
tiré

dans son emploi primitif, devait se rapporter
la

aux deux battants de

porte, ainsi s'explique le

du

lat.

ostia (II, p.

78), et c'est dans

le

le plur.

roum.

usï à

son tour paraît aussi être
au pluriel

roum. usa sens que parfois employé

même

(p. ex. Gaster II,

178, 17). Et c'est par

que porta
casa

se rencontre quelquefois
:

un procédé identique là où il ne s'agit
maison
à

(40)

guère de différentes portes

ainsi Diniz parle de as portas da

(Pup.

64) sans qu'il décrive une

plusieurs

entrées.

Une

place à part revient en espagnol àpechos. Si l'on dit en

esp. criar à las pechos

(donner

le sein, allaiter),

le

pluriel

ici

peut s'expliquer
(cheoir sur
la

comme un
subir
il

duel; mais, dans l'esp. caer de pechos

poitrine), echarse à pechos alguna cosa (prendre à

cœur une

affaire),

à pechos (grimper),

toniar

à pechos
pectus

(prendre à cœur),

sera plus exact de voir le

mot neutre

42

CHAPITRE
latin pris à tort

I

:

LES MOTS À FLEXION
pluriel (v.
II,

§ 3I. 32.

du

pour un

p.

i6).

Comment
temps

faut-il interpréter le port, meielhe a lança pellos peitos

(Graal 69),

por tneo dos peitos (70)?
peito se

Il

y

a lieu d'hésiter, car

en

même

rencontre souvent.

Or un

grand nombre de ces mots
les

se présentent

également

au singulier, surtout dans
sens particulier. Ainsi
le

dictionnaires, en partie avec
le

un
de

vieux français connaît

cisel,

et la

langue actuelle parle de ciseau de la
tenailles,

censure-, ainsi,

à côté

on trouve aussi mors de la tenaille, tenaille incisive pour désigner un instrument de chirurgie, tenaille également pour dénommer un poisson. Ou bien, en espagnol, un « gros mangeur »
sera appelé buena tijera (cf. le franc, bonne fourchette^; echar la
tijera

signifiera

«

découper »; de
» (cf.
l'ital.

la

prima

tijera

voudra dire

«

de première classe
§ 32.

di

primo

cartello) etc.

On
il

peut considérer
il

comme

des duels

les

mots

cités

jusqu'ici;

mais

se

présente aussi

de véritables pluriels.

Parmi eux
lat.

faut

nommer

d'abord ceux qui désignent des
:

chaînes de montagnes et des groupes d'îles (archipels)

cf.

le

Alpes, en roum. Alpi,

ital.

Alpi, franc. -esp, -port. Alpes;
le

l'ital,

gli Apennini à côté de ÏApennino,
les

Cicladi,

le isole

Bor-

romee; le franc,
les

Pyrénées,

les

Antilles, les Philippines (cf. aussi

Landes^;

l'esp. los Pireneos, los

Andes

à côté

de

el

Pireneo, las

Baléares, las Adores; le port, os Pireneos, as Adores etc.

En

fait

d'APPELLATiFS,

il

y aurait à
viscère

citer p.

ex.

en roum, màruntaie,
/'/

ital, intestini, budella,

(bien qu'on dise aussi

viscero^,

frattaglie, franc, entrailles, esp. entrahas;
broussailles, esp.

en

ïtà\.
i

frasconi, franc.
pressi (Barri li,

ramujos; en
franc,
les

ital.

/

dintorni,

Not.
Hist.

Com, 441),
II,

les

environs

(T environ

D'Aubigné,

p.

480),

alentours, esp. los alrededores, las afueras,

port, os arredores; en a. -franc, les estres
rieur), esp. los adentros (l'intérieur);
(41)
les confins,
les

(Thèb. 8219,
ital,
le

l'exté-

en

confini, franc.

bornes, esp. las fronteras, los linderos

(Trueba, H.
ite

Cid 44); en roum. crupe (son),
métier à
celli et

galite (volaille),

(trame du

tisser), schimburî (lessive);

en

ital.

maccheroni, vernii-

autr. sembl., sarte (cordages); en franc, hardes, nippes,
:

vitraux, semençailles ; en prov. escac (Appel, C. 6, 50

jeu des

échecs, échiquier); en esp. albricias, avères (avoir), hilas (char-

§ 32-

MOTS NE s'eMPLOYANT CIU'aU PLURIEL

43

pie), trebcdes (trépied) et quantité d'autres propres à l'une
l'autre langue.

ou

Quelques mots

isolés
les

peuvent encore être
outre

l'objet
les

d'une mention spéciale. Déjà
FESTIVITÉS,
(p.

Romains, pour désigner

aimaient à se

servir

du

pluriel
etc.

:

nuptiae

40) rappelons SaiiirnaJia, Florealia

Aux
il

représentants

romans de

nuptiae s'ajoute aussi l'esp. las hodas, port, as bodas

et a. -port, os casainenlos

(Rom. XI, 389);
les

y

a

encore

l'ital.

sponsali, le franc, accordai lies, épousailles, fiançailles, funérailles,
l'esp.

esponsales.

Parmi

termes

concrets,

les
:

mots qui
en roum.

désignent I'argent apparaissent souvent au pluriel
banï,

obw. daners (Sûrs. Miihrch.
18,

18, 6, Alig 297, 298), rapps

(Sûrs. Mahrch.
danajo
:

10); en

a.-ital.

danari plus fréquent que

par conséquent c'est aussi de

danaro, forme nouvelle tirée

proverbe lavorofatto

là que vient le singulier uniquement du pluriel; cf. aussi le danari aspelta; aujourd'hui on dit habituelle-

ment

quattrini. Ensuite maison,

cour, logement. Déjà

le latin l'in-

présente claustra et semble avoir dit stabula,
duire du franc, étable
(cf. tatâ,
(II, p.

comme on
le

peut

78); en outre on a

roum. palaturî
13, palaturi-le

am

crescut

in palalurl taie

Basme

81,

depoaria palatuluï 294, 13) et aussi l'ital. pala^^i 294, (Sacch. 90), esp. palacios (D. Q. II, 8), port, os paços (Lus. 3, 102, 6, 19, 67), où partout le contexte exclut l'idée de plu14 à côté
sieurs palais.

De même on
habitation
»

trouve très souvent
alors

le

roum.

casele

au sens de
après
il

«

n'est

qu'immédiatement avant ou question que d'une seule maison cf. la casele
:

Smeuluï (Basme 261, 17)
împàratuluï
idée,
l'esp.
(II,

à côté

de fatà din casa a babei (261,
II,

16), enfin curtile pàrintilor (Gaster

69,

i) à côté de curiea
la

69, 2) et, pour exprimer à son tour
:

même
los

corrales

en

a. -esp.

ixiô luego à ellos
los ostales

fnera de

corrales,

Mandoles que entrassen deniro à
le port,

(Berceo,

Sil.

299).

De même
:

solhares (résidence) et telhados (toit)

s'emploient souvent pour ne désigner qu'une seule et unique

maison
seus

enifni chegou Joào

Semana ao

logar, onde se erguiaui os

solares.

A

egoa saudou a

(Diniz, Pup. 89).

— Viennent ensuite
914),

appariçào dos telhados doniesticos
les
les

heures canoniques
vêpres,

:

(42)

en prov. vespras (Flam.
matines, visperas et

franc,

esp.

horas,
ej.

même

à la hora de las Avemarias (Nov.

10), port, as irindades. Ensuite les

mots qui désignent

la

phy-

44

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 32.

siONOMiE se trouvent souvent au pluriel; ce qui peut avoir

déterminé cet emploi,
considération que
la

c'est le jeu

de

la

physionomie ou
constituée
l'ital.

cette

physionomie
vista

est
:

par l'enbelli

semble des diverses parties du visage
sembianii (Nov. ^6), far
le

cf.

mostrava

d'hui far

Je

viste

(Leop.

(Lasca 33) et souvent, aujour132), le port, tomando certas ares de

gravidade (Diniz, Pup. 116) à côté de uni ar de firmexa (250). L'ital. far bocchi aussi (II, § 7) appartient à ce groupe. Enfin il
faut
est

également
plus

citer

nombre de noms
//

abstraits.

En

ital., le risa

fréquent que

riso

:

cf.

cascare nelle iiiaggiori

risa
:

uno scoppio di risa vive (Verga, Nov. 154 un éclat de rire); voces, uni à un verbe signifiant « appeler »,
(Lasca 56) et
est

même

beaucoup plus employé que vox
a hautes
voi^^ coinencent

:

ital.

gridar ad alte

voci,

a. -franc,

a

crier

(R., Alise. 4059), esp.

gritar à voces, port, dar vo^es, et dans les

deux cas

il

a

s'agir

à l'origine d'une manifestation répétée de l'action
l'esp. burlas (blagues), veras

.

Cf. encore
corta de

(ardeur), luces
5),

:

una madré
le

lu^es

(Caballero,
l'ital.

Cuentos
le

auquel

correspond

franc.
star

lumières;

pigliar

masse (se mettre en

mouvement),

aile masse (se contenir),

furar

le

masse (prévenir) à côté de dar
le branle).

la

massa (mettre en chemin, donner
est
le

Une forme
dans
le

étrange

roum.
aussi,

^orile

(aurore);
il

cependant,

les

langues slaves

auxquelles

est

emprunté,

mot
le

se

trouve souvent au pluriel; mais ensuite apparaît avec
sens l'esp. albores, port, alvores.
la

même
par

Ici le

pluriel est justifié

diversité des

phénomènes; dans
biienas naches,

les

formules de salutation
tardes à

esp.

buenas dias,

biienas
il

côté de

buen

dia etc., port, bams dias, boas tardes,
fait

doit s'expliquer par le

qu'on s'adresse tout d'abord
il

à plusieurs personnes, c.-à-d.

qu'à l'origine

est identique à las miedos de las inujeres (p. 37).

Un

grand nombre de mots ne
la

se sont introduits dans cette

catégorie qu'à
fication.

suite d'un

développement

spécial de leur signi-

A côté

du
le

lat. fiirca,

esp. horca, port, força (gibet),
l'ital.

on

rencontre avec

même

sens

leforche, a. -franc, les fourches,

qui ne semblent pas devoir être expliqués

comme

les

noms

d'instruments composés de deux parties semblables et

mais
(43)

comme

cités p. 40, désignant à l'origine l'endroit où se trouvaient

plusieurs gibets, puis

comme

ayant été transférés de

là à l'objet

§ 32. 33-

MOTS NE s'eMPLOYANT

QTJ

AU PLURIEL
le franc.
les

45
gens,
il

lui-môme.

— Enfin, en
donc

ce qui regarde
dit

faut

remarquer qu'en vieux français on
gent, qu'ici
l'idée plurielle a

encore au
la

même

sens la
la

provoqué
de

naissance de
la et

forme
aussi,

plurielle, c.-à-d. la substitution

les à

par suite

dans

l'écriture, celle

de

i à /.

§ 33.
ploi

Mais on aurait absolument

tort d'admettre

que l'em-

de ces formes a toujours été borné au pluriel ou qu'il
tel.

est resté

Au

contraire

on peut observer que nombre de
altération de sens
ital.

ces pluriels

propres au latin ont aujourd'hui passé complète-

ment au
dit

singulier, sans la

moindre

:

ainsi

on

en

lat.

litterae (la lettre),

mais en

la lettcra,

franc, la

lettre,

esp. la letra, port, a letra;
esp.

en outre fauces devient en
ital.

ital. face,

ho^;

minaciae en
ital.

minaccia, franc, menace^
a. -franc,
escoiive,

esp.

amena~a; scopae en

scopa,

esp.

escoha etc.,

ou bien à côté de

l'a. -ital.

gotte se trouve, ainsi qu'il

a déjà été dit p. 39, l'ital.

mod.
cf.

gotta (goutte, arthrite). Mais,
la

autre alternative, ce pluriel peut adopter

forme du singulier
p.

avec une acception spéciale

:

les

exemples donnés
tandis
:

42
elle

et

de

plus le franc, la jeunesse

est

naturellement emportée,

a

besoin de quelque entrave qui la retienne,
dit

que

entraves se

au sens propre; limite en astronomie
la
l.

la limite septentrionale

ou

méridionale (les points de l'orbite lunaire qui sont le
le

plus éloignés de l'elliptique);
vépre etc.

provincialisme souhaiter

le

bon

Le

latin

xuptl\e persiste aussi en roman (v.

p. 40),
tiré

mais cependant certaines langues romanes ont également

du

pluriel

une forme de
la

au front
mariage

français la
»,

singulier, et celle du roum. nuntà porte marque évidente de cette origine (II, p. 73). En grammaire exige noce au sens de « célébration d'un

mais

la
:

langue semble ne pas toujours s'accorder
cf.

avec cette exigence

ma

noce prochaine (Mairet, Silv.
:

1687);

de

même

en espagnol on a boda à côté de bodas

concertar esa

boda (Valera,

Com. Mend.

128), impedir la
:

boda (154), en

vieux portugais voda à côté de vodas
vodas do rrico

foe sem panos de voda aas

homem (Graal 117) à côté de aa voda alo rrico homem sem panos de vodas (118). Ou bien en esp., en même temps que la forme ordinaire tinieblas, Berceo emploie la tiniebra
(Sil.

395).

Ou

bien des mots qui ne s'emploient aujourd'hui

46
(44)

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION
:

§ 33. 34.

qu'au pluriel, avaient autrefois un singulier

ainsi

La Fontaine
sous cette

se sert encore de pleur, tandis qu'aujourd'hui pleurs est seul
usité.

Donc

le

nombre des mots qui
:

se rangent

rubrique ne cesse de varier

aussi est-il

également impossible
au

de

les séparer

par une délimitation nette de ceux qui ont été

discutés au § 28.

A

la

rigueur on peut dire que
»

l'ital.

raini

sens de
foit
il

«

gravures sur cuivre

est

un de
(la

ces pluriels, car

en

n'existe pas de singulier

rame
mie,

gravure sur cuivre)
le

correspondant.

Ou

bien

si

Ferrugia, Fasc. 44, écrit Perché
le

tue creden:(e non potrehbero esser
fois

on peut
de

dire encore

une

que
le §

creden^e

(croyances) n'a

pas

singulier

creden^a

(article de foi), et l'on aura ainsi trouvé le point de contact

avec

28. des liens de tout genre unissent les substantifs

§ 34.

Donc

qui, en vertu de leur forme ou de leur sens, n'ont qu'un seul nombre, à ceux qui en ont deux, et les premiers, aussitôt qu'ils abandonnent leur sens rigoureuj, se rapprochent de plus en plus de ceux-ci, pour finir par s'identifier avec eux. Or on rencontre toute une série de cas où, bien que les deux nombres

soient usités,

la

différence

de

signification
capilli est

s'est

presque entièrement effacée. Si
capillus, et si

plus fréquent

en français cheveu, au lieu de
dans
est

*chevel,

néanmoins que présente une

forme qui prouve à l'évidence que

le pluriel

cheveux reste pro-

fondément
facilement;

fixé
il

la

mémoire

(II,

p. 38), cela se

comprend
trouvent

en

de

même

si

en prov. crin

ti crins se

côte à côte avec

une

signification presque

identique (Flam.

3587 sqq.).

Il

est

déjà plus étonnant qu'en latin, surtout à
ccrvices se dise

l'époque ancienne,

de

la

nuque d'un

seul animal,

usage avec lequel s'accorde
18 b) et
rel
le

l'esp. lascervices de su caballo

(Amadis
sont
le

prov. las esquinas en parlant d'uN seul sanglier (Dauet cœluiii,

374). Cœli

employés concurremment en
et,

latin,

à

peu près synonymes
les
1'/

en roman,
:

il

n'y a pas seulement

langage biblique qui
le

connaisse

qu'on compare notamment
cerl, et l'esp.

roum.
tierra.

cerifi,

dont
le

renvoie au pluriel
la

huia

cielos

y

Dans
le

développement de

forme
le lat.

et

du sens de gra-

tta, le latin

joue un grand rôle, mais
singulier
ital.

grattas agere n'em-

pêche pas

gracia d'être aussi souvent employé

§ 34- 35-

ÉQUIVALENCE DU SINGULIER ET DU PLURIEL

47

que
au

le pluriel, le français de dire grâce à
ciel

Dieu (à côté de grâces

(Racine, Phèdre

i,

3),
il

Desportes d'écrire
est vrai

un

rendre
(45)

grâce (iv, 499), pour lequel

qu'il

a été

blâmé par
:

Malherbe.

De même
:

le

synonyme
Le
conserve

mercé s'emploie au pluriel
latin
les

rendre las inerces (Flam. 462).

possède simultanément
et

mos

et tnores

le français

mœurs,

d'une manière

analogue l'espagnol place costnnihrcs à côté de costumhre. Pour
traduire
«

conclure

la

paix »,

l'ital.

far
(Lus.

le

paci (Barrili, Not.
i,

Com.
ces
«

447), a.-esp. paccs, pon.
le

pa:yes

94)
c'est

est aussi fré-

quent que
cas
»

singulier pace, pa:{.

Un

exemple plus étonnant que
l'esp.
siiehos

qui tous

s'expliquent
Sil.

facilement,

songe

(Berceo,

229, Caza

62) à côté de entre sueho (Alej.

82), port,

em

sonhos (Lus. 2, 56, 61). Les langues de l'Ouest
:

présentent encore d'autres exemples
febrero

fines,

en esp. â

fines de

(Caballero, Nov.
i) et l'idée

i), port,

por fins de agosto (Diniz,

Pup.

contraire â entradas de invierno (Caballero,

Nov. 96); en
à côté de la

a.-esp. â las altas mares sobir (Appoll. 104,

120)

mar (107), auquel
la

s'ajoute encore aujourd'hui las
los bosqiics
il

largas (le larg(u)e,

haute mer),

de

Cardeha (Trueba,

H. Cid. 109), tandis que plus haut
bosque.

n'était question

que de

el

Ph. Plattner, Uber
:(ôsischeit,

Bildiing

and Gehrauch

des Plurals

im

Netifraii-

Zs.

f.

Nfr.III, 424-453,

où sont rassemblées des observations
le

de tout genre, empruntées à l'usage
pluriel des

plus récent, sur l'emploi

du

termes

abstraits, des

noms

propres et des mots qui n'ont

que ce nombre.

V. Les Cas
35.

§

Comme
le

nous l'avons montré
provençal et
le

II,

§ 19

sqq., seuls le
le

vieux français,

roumain possèdent, pour

nom,

des

cas exprimés

par des formes spéciales;

toutes les

autres langues, abstraction faite des quelques débris en train de
disparaître dans le canton des Grisons (II, § 26), n'ont jamais

conservé qu'une seule forme à chaque nombre. Cette grande
simpHfication par rapport au latin s'est accomplie longtemps déjà

avant l'apparition des plus anciens

monuments

linguistiques
la

du

roman

:

aussi son histoire ressort-elle plutôt de

grammaire

48
latine

CHAPITRE

I

:

LÈS

MOTS À FLEXION

§

35.36.

que de
a eu

celle

du roman. Mais,

comme

la

morphologie
par
les

romane

pour objet de rechercher

les traces laissées

formes des divers cas

latins, l'étude des fonctions
la

en roman ne
le
-o.

peut pas non plus négliger
rapport idéologique entre
(46)

question de savoir quel est
anrio et le lat.

l'ital.

annus

-i -o

-um

Donc, dans
d'abord
la

ce

qui va suivre,

nous aurons

à exposer tout

fonction du nominatif et du cas oblique en vieux

français et en provençal,

du

datif en

roumain, puis

à

montrer,

en prenant pour base
latins

les

principaux modes d'emploi des cas
ces types ont été rendus dans les

en usage,

comment

diverses langues romanes.

1.

Le Nominatif en Français

et

en Provençal

§ 36.
le
lat.

Le nominatif est comme en latin le cas du sujet
PUER RiDET, cœlum altum est devient en
en prov.
lo efas ri, lo

:

a. -franc.

H

enfes rit, li cicus est hûii~,
le

cens es au^.

Mais

nominatif se trouve aussi après les prépositions lorsqu'un

substantif

ou

comme

accompagné d'une préposition apparaît comme sujet détermination attributive du sujet; en ce cas le conad mille
irecenti

texte l'emporte sur les lois constitutives des groupes de mots.

C'est ainsi qu'on peut dire en latin déjà

:

Cartha-

ginicnsiuDi caesi {stmt) (Tite-Live, 23, 37, 6), nil praeter salices
cassaqiie

canna fuit (Ovide, Fast.
:

6,

406)

et

tout à

fait

de

même
esp.

en vieux français

ensanibh furent plus de quatre

rnilier

(R. Cambr.

1294), dusca
ce

L
:

chevalier s'aprocent d'ans

(Ch.

II

9401)5 a
etc., et

ne porroit ataindre fors

uns sens nus

(ibid.

7093)
Fors
il

en provençal

Tnit

li

ant oîreiat canque lor quis

li

cous Aiuiars {Gix. Ross. ap. Appel, C. i, 686). Ensuite

faut

mentionner
li

li

fel d'anemis

li

conselle la rage

(Poème mor.
la

58 b),

prouz^ d'on à côté

de

li prou^d'oiiiiiie

plus ancien (§ 237).

Un troisième
c'est le
et

cas

que présentent

les

anciens parlers de
ki sont tenu

France,

type représenté par vo doi frère

a mescreant

le

a felun (Aniel 147). Après soi tenir a, por et estre tenu:^ a, por, terme prédicatif peut se trouver au nominatif, car il exprime
la

dans

pensée une propriété attribuée au sujet; on dira donc

aussi que je m'en dui por fos tenir

(Ch. Lyon 477 var.)
soi

et

de

même

en

sera-t-il

avec avoir a nom et

clamer

:

Erec,

li fil:{

Lac ai a

§ 3 6- 37-

C'^S

SUJET ET CAS OBLiaUE EN FRANC. ET EN PROV.
var.), chascims outrc^ ne se claint
:

49

nom (Érec 3880

(Ch. Lyon
a
II esp.

6313), mort (Ch. Lyon 874), coupables me 5647). De même en provençal
(P. Vidal 31, 14),
al comte qu'a

et avec d'autres verbes réfléchis

//

se

santi navre'^

rent vers vos
:

(Chev.
per

erain

tenh

enganat^

mi

tenh a hen mcnatz^

(G. de Born. 47, 93),
e

nom nUgos (B. de Born
cil

18, 42), ials si fenh pros

(47)

valens (P. Gard. 41, 46),
37, 21) etc.
Cf.

que

se

faut connoisscdor (B. de

Born

A. ToBLER, note au Vrai Aniel 147
i, 6.

et Beitràge I,

221-224,

A. Stimming, note à Bertran de Born

2.

Le Cas Oblique en Français

et

en Provençal

Le cas OBLIQ.UE EST LE CAS DE l'objet DIRECT respond donc en cet emploi à l'accusatif latin, ce qu'il
§ 37.
:

il

Cor-

serait

superflu de confirmer par des exemples.
faite

En

outre, abstraction

des exceptions citées au § 36, c'est
:

le cas

employé après les
et à l'ablatif

PRÉPOSITIONS
latins;

ici

il il

correspond donc à l'accusatif

cependant

a déjà été

montré

du premier siècle de notre ère que la tendance marquée à faire usage de
prépositions. Ici encore
il

un exemple langue populaire avait une
(II, p.

29) par

l'accusatif après toutes les

est inutile
le

de donner des exemples.

Puis

le cas

oblique est usité dans
le

sens

du génitif

latin,

mais

seulement quand

déterminatif est un

nom

de personne, un
:

nom
en

propre ou un
la

nom

de chose appliqué à une personne
el

a. -franc,

chambre son pedre (Alex. 15 d),

nom

la virgine

en la voluntei

(18 d), Vonor mon père (Aiol j6S), frères sa feme (Villeh. 91), le roi (Mén. R. 52), la feau té l'empereur (Villeh.
114,
prov.
5
:

la fidélité

à l'empereur), en l'ostel

le

légat

(167)

etc.

;

en

ses

Deu

licencia

(Boèce 19),

la fis

Mallio Torquator (40),

mos enfans (B. de Born 20, 42) etc.; cf. encore § 42. Dans cet emploi restreint, mais cependant un peu plus souvent
la terra

aussi avec les

noms d'animaux,
en
a. -franc,

le cas

oblique se trouve au sens

d'un DATIF

:

sagrainent que son fradre Karlo jurât

(Serments), fut presentede Maximiien (Eul. 11), Deu porofrit h guant (Roi. 2365), ne porrés men père faire honte (Auc. 10, 67),
//

nunis Joyuse

l'espee

fu
III.

dune:(

(Roi. 2508),

//"

un

les

autres dient
4

Meyer-Lubki;, Grammaire

50

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
le

§37-

38.

(R., Alise. 499), sonceval abati
deve:{ la vraie croii

(Ccy 2574)

etc.;

frain (Perc. 24445), /w que en prov. venc Boeci ta gran^

dolors al cor

(Boèce 41), Boeci anc no venc e pesât (67), demandet Arloy, al cartes dragoman (Appel, C. 6, 3) etc. Enfin il représente r ACCUSATIF DE DIMENSION du latin, très rarement au sens

de lieu

:

la roelle...estoit
:

sens de temps
(48)

//

xupiés lée (FI. Bl. 859), plus souvent au mien barun, nurrit vus ai lung tens (Roi.
sunt reposé (J.

3374), quin^aimie
prov. Bascûl que
'

se

Condé

I,

215,

1496); en

usa loncx temps amada {Appel, C. 5, 243), ou en a. -franc, moult vous ain:{ grant masse bien au sens abstrait
:

(Jourd. 2125)

etc.
et

D'autres exemples du cas oblique, au sens du génitif

du

datif,

de mots qui ne désignent pas proprement des personnes, sont donnés
par A. ToBLER, Beitràge
I,

60

sq., 174

Rem.

§ 38.

Mais outre

cela le cas oblique français

notamment conquale^vos

tinue I'ablatif latin, en partie dans des formules stéréotypées

comme
ceste

le lat.

hac parte et autr. sembl., en
//

a. -franc,

part querant (Erec 165),
tûtes

Lyon 2972)
roi:i

par^ (S.

na point de mal autre part (Ch. Thom. 71, 20), dites quel part vos vorle

or aler (Charr.

Nim. 822);
:

prov. emploie part tout simplesec

ment comme
§ 126);

préposition

part l'arbre

(B. de
che^,

Born
le^

4,

42

:

au delà de, v. § 126); puis en

a. -franc,

(près de,
5o;2

monvuel (suivant ma volonté), en prov.

aussi
:

talen

un coup li (Flam. 39); en a. -franc, mal g re (contre le gré de) a doné, sel porte a terre maugré suen (Ch. Lyon 4493), // l'auera tôt maugre vostre (Ferg. 158, 33), maugré Vain^née seror (Ch.

Lyon

6 181), en prov.

mal grat

dels fais lau:;engiers

(R. d'Au-

renga ap. Appel, C. 19^ 40), mal grat d'amor (R. de Vaqueiras cist camps est vostre ap. Appel, C. 27, 30) etc.; merci (gtcàce à)
:

la mercit
rastes

Dieu (Roi. 2183), mes vos
et

la vostre

grant merci m'i eno-

(Ch, Lyon 10 12), par
ci

cestui qui, soe merci,
:

m'en a seue

anjusque

(5947)

rarement grâce

le

grâce Dieu nous avons

bien fait (R.

Clary xlix), en prov.

nierce

Dieu

e

ma
foi)

noyrissa

(Marcabrun ap. Appel, C. 64, 12), domiia,
car digati (Appel, C. 3, 589); foi (par

dis el, vostra nierce

la fidélité,

dans

les

expressions particulièrement fréquentes foi que doi saint Piere
(Ferg. 158, 32), foi que doi diu (FI. Bl. 1049),
/<?/

que vos deve^

§38le

LE CAS OBLIdUE EN FRANÇAIS ET EN PROVENÇAL

51

roi

(Ch. Lyon 128), en prov. Doinna, vers
escient,

es,

fe que dei vos

(Appel, C. 3, 465);
mien
'

qui n'est pas tout à

fait

populaire

:

escient

dons

cen^^

n

vis bellaxpr

mon

cscien

an^ ad passet (Roi. 524), en prov. anc no (G. de Poitou ap. Appel, C. 59, 17).
l'a. -franc,
il

Enfin doivent encore appartenir à cette classe
ancontre ans
le

vint

le

pas (Ch.

Lyon 4479, au
petit

pas),

tôt le

pas, plus que
le

pas, chah pas

(IV Liv. 25), sun

pas (Roi. 2227),

grant

pas et autr. sembl., puis aussi avec d'autres termes Den:{ de la
sale

uns

veltres avalât,

que vint a Carie
i

les

galops

et les

sal^ (Roi.

731), descent a pied, alc~
Vanibleure vers
le

est

pleins curs (2878),

la pucele

va
les

(49)

chevalier (Érec

159),

//'

cuens Guillaumes
le

enchauce grant erreiConr:. Louis
estey iorn
'

2168 var.);

prov. quanc non

d'Arago que l saut no y volgues ir (Arnaut Daniel ap. Appel, C. 25, 41), s'en anet h gran trot (Appel, C. 9, 57) etc. Ensuite on trouve le cas oblique avec la même valeur exacte-

ment que
en
devient en

I'ablatif

de temps an

latin

:

le

lat.

hoc

anno donne

a. -franc.,
a.

prov.

cest

et autr,

sembl.; una

vice

(une

fois)

-franc, une foi^, prov.

una

vex^,

et

de

là naît alors
le cas
:

mainte autre locution analogue
par exemple Li chevaliers

(v. § 52);

en revanche,

oblique sert plus rarement à rendre I'ablatif de mesure
.

cf.

.

.

fit

...

plus gran^ de moi la

teste tote

(Ch.Lyon ^20), plus haute fu ICI 3 6). En ce qui concerne
ante est
revenist

deus grans pies mesurés (H. Bord.
l'idée

de temps,
tier^

le latin

tertio die

devenu en ancien français

jur devant

ço
le

que David
traducteur
duode-

(IV Liv. 114); quant
//

à celle de

valeur,

des Dialogues du Pape Grégoire rend

le lat.

equnm

suuiii

cim aureis vendidit par

vendit son

cheval doxe besan:( (Dial.

Grég. 37, 18),
acheter et coûter
si li eust costé

et l'on
:

peut s'exprimer de
// vosist

même
qu
il

avec vendre,

cf.

pour ce dernier

fussent tuit ars,
alors

mil mars (Ch.
:

Lyon 1277). Ainsi s'exprime
d'argent (116, 59). Enfin
il

aussi le prov.

Catola, anc de ren non fo près

un pas (Appel, C.
faut
et

85, 45), Vavia vendut
citer les locutions

XXX d.

correspondant à I'ablatif absolu du latin

propres surtout au langage épique; elles se composent d'un
substantif et d'un participe ou adjectif, et s'attachent au sujet

ou
lur

au régime avec une valeur de prédicat
hercs
espées

:

Paien chevalchent Hallacie:{ et

vestu^

et

lur brunies dublées,

Healmes

ceintes
to^

(Roi. 710), Erec chevauche lance droite (Érec 747),

nus

52

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 38. 39.

pies et en lange in en irai outre

en
C.

prov. la reine
I,

au

nioster

mer (Ren. Mont. 337, 8) etc.; en vait pe^^ nu^ (Gir. Ross. ap. Appel,

551)

etc.

Cf.

H. Nehry, Ùber den Gebrauch

des ahsohiten

Casus ohliquus des

alt/raniôsischen Siihstantivs, Diss. Berlin 1882.

3.

Le Datif en Roumain

Le DATIF ROUMAIN répond tout d'abord à celui du s'unit donc aux verbes, adjectifs, substantifs pour dâ apà calului (il donne désigner l'objet auquel on s'intéresse
§

39.

latin;

il

:

(50)

de l'eau au cheval),
soleil),

ma

închin soareluî (je m'incline devant le
(utile

folosiiorui

oamenilor

aux hommes),
Aretusii

trebuitoriû

tuturor

(nécessaire à tous),
II,

dragostia

(amour pour
il

Aréthuse) (Gaster
GÉNITIF POSSESSIF

178,
:

19)

etc.

Ensuite

tient lieu

du

latin

fica

împàratuluî (la

fille

de l'empe-

reur), casa preotulm (la maison

du

prêtre), crâgul lunieî (l'orbite

de

la

lune) (C. B.

I,

348,

22), sfatul necuratilor, calea pâcà-

tosilor, sederile pier'i^âtorilor

(Cod. Schei.

i,

i) etc., et de nos

jours aussi tara Fraiitjet (le pays de France) etc. (v. § 217).

Enfin

il

s'emploie également après

les

prépositions composées

:

hnpotriva leagilor (contre les lois), deasupra muntilor (sur les

montagnes)

et

de

même

après asupra (sur), dedereptul (vis-à-

vis), înaintea (devant), înapoia (derrière), îndàrâtul (derrière),

încontra (contre), înjurul tijurîmprejurul (à l'entour), înlàuntrul

(à l'intérieur de).

Il

est à

remarquer que
-à, -û) et

ces prépositions ont pris
(ainsi elles se ter-

tout à

fait la

forme de substantifs déterminés
au lieu de

minent en

-a, -ul

que toutes sont des préle

positions composées.

La construction avec
la
il

datif s'explique

sans peine pour înjurul et împotriva par

qualité de substantif
est évident

de jur (cercle)

et pot riva

(inimitié), et

que

les

autres ont été construites sur ce modèle, ce qui était particuliè-

rement
vrai

facile

pour

încontra, qui se substitue h împotriva.

Il

est

qu'on

dit aussi înainte de (v. § 247).

On

s'explique

diffici-

lement

stète loculuî

(Basme 255,

9

:

il

resta

en place), lâsA

locu-

luî (22,

10

:

laisser

en place), tandis que acolô loculuî (371, 7)

rappelle le latin

ihi loci.

§40- 4^-

LE GÉNITIF LATIN EN ROMAN

53

4.

Comment on

a remplacé les cas latins disparus

§ 40.

Le GÉNITIF
iiiortis

sert à

marquer qu'un nom dépend d'un
roi), ainor patriac

autre

:

filia régis (la fille

du

(l'amour de

la

patrie), tiiiwr

(la crainte

de

la

mort),

classis Diilk

navinm

(une

flotte

de mille vaisseaux), pondus

aiiri

(une

livre d'or),

inagnus numerns jn mentor uni (un grand

nombre de
fici

bêtes de
(figuier).

somme), nonien pacis Ce qu'on entend par
dans
les différents cas,

(le

nom
la

de paix), arbor
est

cette

dépendance

chose

fort diverse
(51)

mais

langue ne s'en préoccupe gêné-

ralement pas

et se

contente tout simplement d'exprimer uni-

quement l'idée de dépendance. La sémasiologie peut établir une distinction entre un génitif subjectif et un génitif objectif, entre un génitif qualificatif et un génitif de prix etc., mais elle
introduit alors dans
se trouve
le

génitif

une nuance étrangère, qui ne

pas dans sa terminaison, mais bien dans la signifi-

cation que prennent les deux substantifs en s'unissant. Aussi

un exposé purement grammatical
que
si

n'aura-t-il

s'en

occuper

certaines catégories de significations ont, précisément à
leur signification, adopté

cause de

une forme
génitif,
il

nouvelle.

Le

roman ayant en général renoncé au
constructions avec
fiants,
le

n'a subsisté des

génitif

partie dans des

que des débris tout à fait insignimots composés, considérés aujourd'hui
(v.
II,

comme
les

545), partie dans des expressions généralement plus ou moins consacrées qui, dans
§

des

mots simples

langues

non-flexionnelles,
et

sont constituées par

la

juxta-

position

pure

simple

des

deux

substantifs,
la

le

substantif

déterminant occupant ordinairement

seconde place, tandis

que dans
c.-à-d.
la

les

langues

à flexion

il

se présente
il

au cas oblique,
se distingue par

que, dans certaines limites du moins,

forme du substantif déterminé.
la

A

part cela, le génitif a le

plus souvent été remplacé par
étudier d'abord les cas restés
le

préposition de.

Nous pouvons

plus conformes au latin.

§ 41.
stantif
sin),

Le ROUMAIN
inâîncî

a

coutume de mettre généralement
:

le

sub-

déterminant au datif
(la

casa vecinnlul (la
la

maison du voi(la

pahna

paume de

main), frîca câincluï

54
crainte

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXIOX
T:(arigradiiluî

§41- 42.
milieu

du chien),

în

mijlocul

(au

de

Constantinople), mànàstirea

Bistriteî (le

monastère de

Bistritza),

tara Frautjci (la terre de France), rîul Prutiiliiï (le fleuve de

Pruth), luna

lui

Martie

(le

mois de mars),
(la

timpiil îernei

(le

de basilic) etc. temps d'hiver), floarea Toutes ces expressions ne sont pas également anciennes ni
bnsuîociiluî

fleur

également

répandues;

les

dernières

notamment
le

usitées et ne doivent avoir pris naissance
les autres.

sont peu que par analogie avec
génitif latin,

Quant aux
la

rapports de ce datif avec
la

dont

il

remplit

fonction,

question n'est pas absolument

claire.

Certes casa vecinulm (au voisin sa maison) n'est pas
soi

(52)

seulement en

tout

à

fait

compréhensible

et

représente

même

en

réalité

une locution populaire

latine (v. § 45); mais,

dans d'autres cas où ce n'est pas un rapport de possession que

marque
le

l'association des

deux termes, on
la
il

a peine à découvrir

passage du latin au roumain, et l'on devra plutôt admettre
ce

que
une
les

sont

les

locutions exprimant

possession qui ont
s'agissait

déterminé aussi l'emploi du datif quand
liaison particulièrement étroite.

de marquer

Les rapports du datif avec

périphrases par de et a seront étudiés aux § 227 sqq.

§ 42. L'ancien français et I'ancien provençal se servent du cas oblique pour rendre le génitif latin, surtout lorsqu'il s'agit

d'exprimer un rapport de possession
:

et

dans

les limites

indi-

quées au § 37 il en résulte immédiatement que le substantif se trouve généralement au singulier; toutefois, le pluriel
n'est pas

absolument exclu,

ni

même

parfois

un mot auquel
les

s'attache à peine

encore l'idée de possession. Donc, outre

exemples déjà
ments,
le

cités,

nous trouvons pro
(Roi.
i,

deo aiiiur

dans

les Ser-

rei giinfaniiniers

106,
:

le

gonfalonnier du roi),
la

de roi cort
vraie
//

(Rom.

Past.

I,

2

de

la

cour du roi), en nom

croi:{

(F. Candie 138), la maisniée Pilât (S.

Thom.
baleine

5323),
Past.

dni serjant sun pedre (Alex. 24), seur rive mer

(Rom.

I,

20

:

sur les bords de

la

mer),

el

ventre

la

(Siège

Barb. 99) etc., et encore au xvi^ siècle les asnes leur frères (jodelle, Eugène II, 2, 49); en prov. la niolher son senhor

(Appel, C.
entre
le

5, 55), lo filh sancta

Maria

etc. Ici aussi, le

rapport

latin et le

roman

appelle

une observation. L'identité

i

§42-

LE GÉNITIF EX VIEUX FRANÇAIS ET EN PROVENÇAL
le

55
aussi,
est

de sens avec
déjà

roumain saute immédiatement aux yeux;

pour

cela, et pas

seulement en se fondant sur ce qui

exposé au § 45, n'y aura-t-il pas d'erreur à admettre que les expressions françaises correspondantes représentent également

pour
roi,

la

forme

le

datif possessif

du

latin; car,

en

fait,

deu,

pedre etc. peuvent aussi bien représenter deo, régi, pat ri
rege, paire.
Il

que

deu,

est vrai

que
de

le

prov.
le

h
lat.

filh sancta

Maria

ne

représente

pas

phonétiquement
la

sanctae

Mariae;
les seuls

mais,

comme

les substantifs

classe

en -a étaient
il


de

le datif et

l'accusatif

ne fussent pas identiques,

est bien

naturel que, pour eux
datif,

aussi, l'accusatif ait

assumé
ait

les

fonctions

(5 3)

c.-à-d.

p.

ex.

que

sanct

Mari

été remplacé par

sancta Maria.

Au

surplus, cette tournure a de

bonne heure déjà
les

quelque chose de stéréotypé; de plus, dans
textes,

plus anciens

son emploi n'a rien de rigoureux,
siècle.

et elle disparaît
il

presque

entièrement au cours du xv^

Toutefois

est à

remar-

quer que, vers 1520, l'éditeur Nyvert de Paris
distinction entre

fait]^encore
le

une

h

testamoit maître Fr.
:

Villon et
le

recueil des

repues franches de maître Fr. Villon
est l'auteur

dans

premier cas Villon
il

de l'ouvrage; dans

le

second
ait

en est

l'objet,

le

héros. Les derniers vestiges qu'on

de cet emploi, ce sont
la

les

noms

de maladies notés par Paré, mais dont
:

plupart doivent

aujourd'hui avoir disparu

mal

saint

Main

(gale),
le

mal S. Vitus
Dieu

(danse de Saint Guy),// S. Fiacre (sarcome),
(le sphacèle,

feu S. Antoine
si

probablement érysipèle gangreneux), puis
hôtel

plaist

chez Montaigne, peut-être

Dieu, fcte Dieu, qui ont

déjà été

mentionnés

II,

§ 546, ensuite

Dieu nwrci, de par

le

roi

(de

la

part

du

roi), la [fête] S. Jean et autr. sembl.

Ce

doit être

également

ici qu'il

faut signaler cette particularité

du wallon de
les

Mons noms
Kola

qui ignore encore aujourd'hui l'emploi de de avec
propres
:

l

Jiye Pipin (la

fille

de Philippine),

el

gernyé

(le grenier
Cf. A.
l'a. -franc,

de Nicolas).
I,

ToBLER, Beitràge

60

sq.,

qui observe avec raison que
lat.

(en) liiver teins reproduit

une tournure

Jnbernum teinpus

ou, tout au moins, Inberni tempiis (locution qui s'est maintenue aussi

fidèlement que tunae dies etc.) et que c'est seulement sur

elle

qu'a pris

forme

(en) esté tems.

Sur

geiit paieiioiir et les

locutions semblables qui,

contrairement à celles qui viennent d'être signalées, renferment un
véritable génitif, v.
II, ^ 7.

56
§ 43.

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
les

§43- 44exemples cor-

D'une manière encore plus frappante,

respondants de l'iTALiEN font l'impression de locutions pétrifiées.

Dans
Dec.

les

premiers temps surtout, on trouve la dio mercè (Bocc,
qui est l'équivalent exact de
et
l'a. -franc. la

3, 9),

dieu merci

(Ch. Lyon 5063)

qui pour ce motif pourrait bien être

un

emprunt ou moins un

il

au français, ensuite ^fr la

Dio

gra:(ia,

qui doit être plus

latinisme, puis encore aujourd'hui di notte tempo,

plus exactement

même
que
de

di notte tempore

chez Giovanni Villani,

n'y a pas de raison de voir autre chose que noctis tempus,
rien

noctis tempore, sans

non plus
que

autorise l'hypothèse que J/
di notte tempo serait l'équi-

(54)

appartient à

notte,

telle sorte

valent de tempo di
réelle

notte. Ici l'on a

plutôt affaire à une survivance

du génitif
1'-^
1'-^,

latin, et le seul

point douteux est de savoir

si

l'absence de
rition de

s'explique par

le fait

qu'à l'époque de

la dispa-

la
si

jonction des deux mots ne

s'était pas
le

encore

accomplie ou

notte tempo est

avec

noctis

tempus dans
(l\, la

même

rapport que ragnatelo avec araneae telum
aussi se

trouver de vrais génitifs dans
fi

§ 545). Il doit locution, inusitée

aujourd'hui, formée par l'abréviation

{figUo^ avec

un

nom

propre
le

fi Giovanni, fi Ridolfi etc. A ce phénomène se rattache procédé de I'engadin qui consiste à désigner les enfants par le
:

nom
de
J.

de leur père

:

una

filgia

Jan

Tiiinin (R.

Chr. 117, une

fille

T.), Chrastophlet filg Andréa Tass (121), la filgia Jachiam
filg
//

Caspar (lo^). Un
l'ancien milanais

Jachiam Zuit (104)

etc.

Les locutions de

deo servisii (Bonvesin, E. 64), da deo parte

(260), per deo amor (F. 58), doivent s'expliquer
deo gracia.

comme

/)f?r

la

Sur

l'ital.

in casa

il

medico et autr. sembl., v. ^ 125.

§ 44.

Abstraction
le

faite

de ces restes plus ou moins figés de
a

locutions latines,
jours
le

roman

coutume d'indiquer presque
filia régis devient
roi,

tou-

rapport de dépendance entre deux substantifs au
le lat,

moyen
la

de

la

préposition de; ainsi

en eng.

fila del rai,

en franc,

la fille

du

en esp.
r ouva.

la hija del rey,

en

port, la filha do rei;

folium rosae en

foaie de trandafir,

en eng. fôh da rôsa, en ital. foglio di rosa, en franc, feuille de rose, en esp. hoja de rosa, en port, folha de rosa. Comment la
préposition latine est-elle arrivée à cet emploi? C'est ce qu'on

§ 44-

COMMENT ON A REMPLACÉ LE GENITIF LATIN

57

peut conjecturer avec quelque certitude.
essentielle est d'indiquer le lieu d'où
le

En

latin,

sa fonction

quelque chose provient,

point d'où l'on envisage quelque chose, l'objet par rapport
dit

auquel on pense,
sens,
il

ou

foit

quelque chose. Dans ce dernier

donc tout spécialement pour fonction de marquer, sans plus, une relation entre deux substantifs filia de rege par rapport à un roi ». Dans d'autres désigne « une fille
a
:

cas

une
de

des

autres

significations

peut

aussi

se

présenter

(

à

l'esprit.

Celui qui,
pâtre,

au lieu de donum patris, préfère dire
le

donum

désigne manifestement

donateur

comme

étant le point de départ de l'action; dans fimbria de veste, au
lieu de vestis, la finibria est
Il

une

partie détachée
:

du vêtement.
d'où provient
la

est plus difficile

de répondre à cette question

(55)

et

de quand date cette nouvelle

tournure? Pour
la classe

grande

majorité des
il

noms
les

latins,

pour ceux de

en -u

et

en

-a,

n'y avait rien dans leur forme qui

justifiât

l'abandon

du

génitif et, dans
le

quelques cas où se produisit une fusion avec

nominatif,
le

la

langue pouvait facilement créer par analogie,
classes,
si

sur

modèle des autres

un
cela

génitif

muni d'une
il

dési-

nence bien caractérisée. Or,

n'est pas arrivé,

faut

en chercher l'explication dans certaine tendance que manifeste
toujours
et elle
la

langue à exprimer l'idée par une tournure explicite,

y arrive beaucoup plus efficacement par la préposition que par une désinence casuelle. Quant à déterminer la date
il

de cet emploi,

est difficile d'arriver à rien

de précis.

En

tous

temps,

les écrivains latins

soigneux ont naturellement préféré
et d'autres, de paraît se renil

le génitif et

quand, chez Plante
le

contrer avec
s'agit

sens d'un génitif, c'est peut-être qu'en réalité

d'exprimer un rapport différent de celui qui est rendu

par le génitif.
duites

On
:

peut tabler davantage sur

les locutions tra-

du grec
quant de

cf.

dans

la

Vulgate de

miiltitudo
zX-^6o;;;

magna (Act.
lege

17, 4)

=

colentibus gentilibusque

i:wv

ffsPoijivojv 'EaXy^vojv tuoXù

unam

apicem cadere (Luc, 16, 17)

=

"ii

tou

v6[;.ou [j.iav y.spaixv -jrsTeîv,

de sorte qu'on risque vraiment peu de se
de

tromper en supposant que l'emploi de
assez
l'ère
le

pour

le

génitif était

répandu déjà dans
chrétienne.

le

parler populaire des premiers siècles de

Quant

à la question

de savoir à quelle époque
la

génitif a

complètement disparu de

langue vivante,

elle

ne

,

58

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§44. 45.

rentre pas dans le cadre d'une

vu. qu'on ne absolument aucune trace de son existence durant la période romane.

grammaire romane,

trouve

P. Clairin,

Du

génitif latin

et

de la préposition de,

Paris 1880, a

fourni quantité de matériaux précieux, sans toutefois aller au fond de
la question.

Quant à l'opinion de B. Bianchi, Arch. Glott. X, 305, 322, qui croit à la survivance du génitif en Italie jusque dans le

ixe siècle, je la regarde
et d'ailleurs aussi

comme non établie comme invraisemblable.

par les

faits qu'il

invoque

§ 45.
(56)

Le DATIF

est à l'origine
:

un

cas verbal qui indique à

quel individu s'adresse l'action

aussi s'emploie-t-il plus fré-

quemment
choses.
plebis,
il

avec des

noms

de personnes qu'avec des

noms de

Là où, comme dans tribunus phbi à côté de tribunus sert à unir deux substantifs, il repose sur une tournure
le

plus ancienne et plus explicite, ainsi qu'on

voit par des cas

comme

plebi creverant aninii (Tite-Live 2, 27,

7) à côté de

45), conspectum venerat hostibus (Hirtius 8, 27) à côté de in conspectum
hostium veniunf (8, 29), obsaeptuin phbi ad honorem
iter

hostiiim opes

animique crevissent (Cicéron, Imp;

Pomp.

m

(Tite-

Live

4,

25

1

2) à côté de obsaeptuin
la

iter hostis

credens (44, 8, 7).
la

Or,

des deux tournures,

langue populaire a préféré

tournure

avec

le datif et elle

l'emploie

même, comme 'dans la

vieille expres-

sion tribunus plebi,
et c'est la

le

verbe n'est pas formulé; puis aussi,

chose importante, lorsque l'un des deux

noms

se préà

sentait sous la

forme du

datif, elle les a placés

immédiatement

côté l'un de l'autre, de sorte que peu à peu chez les

noms de

perc'est

sonnes
encore

le

datif a pris tout à fait le rôle de

génitif,comme

le cas

dans

le

plus ancien

tion faite de ce cas, le datif est

roman (v. § 41 sq.). Abstracdonc purement verbal et surtout
donner ou prendre, où
l'on doit
écrire

usité après les verbes signifiant

dire etc., et dans toute espèce de locutions

ou marquer ou

un rapport quelconque d'une personne avec une
bien,
il

action;

indique

le

but d'un acte, auquel cas
abstrait
:

le

substantif est

un nom de chose ou un terme
la retraite),

receptni cancre

(sonner

anxilio venirc (venir au secours), dono darc
la

(donner
quartiers

en présent), d'où l'on arrive ensuite aussi à
de deux

juxtaposition
les

noms

:

locus hibernis

(un endroit pour

d'hiver), signum receptui, honor templo et autr. sembl.

La

dis-

§45- 4^-

COMMENT ON A REMPLACÉ LE DATIF LATIN

59

tinction faite plus haut entre les

noms de personnes
les

et

ceux de

choses a surtout sa raison d'être pour nous en ce qu'elle se pro-

longe jusque dans
et

le

roman.

Comme

exemples

cités p.

52

49

le

au datif

montrent à Tévidence, beaucoup de noms de personnes se retrouvent en roumain, en vieux français et en pro-

vençal, tandis que les
ce cas

noms

de choses ne se présentent guère à

qu'en roumain. Le principal
la

moyen

d'y suppléer est
le

l'emploi de

préposition ad, qui

marque originairement

but d'un mouvement et qui, par conséquent, pouvait facilement accompagner surtout des verbes comme mitlcre, scribere etc. lorsqu'il s'agissait

de désigner une personne

comme

le

but de l'action. Mais ensuite, tandis que
rence de
stulani

s'effaçait la légère diffé-

(57)

sens qui existait entre mitto epistidam
aiiiicuiii,
il

amico et mitîoepi-

ad

en résultait

la possibilité

d'employer aussi
quelque

d'abord dare ad et finalement dicere ad aliqucm à côté de dare,
dicere alicui;

et

puis, grâce sans doute en

partie

à

influence analogique, ad finit par assumer en général les fonctions

du

datif de personne, ce qui arriva d'autant plus facilement

qu'il n'y avait pas
le

d'union étroite et immédiate entre
le

le

nom

et

verbe,

comme on

voit clairement dans

l'a. -franc,

la roche
le

Spin al dcable (Thèh. 1873), /:^ estât Ligurge al
prov.
reis

rei

(2160),

Corbarans de Persa deinandet Arloy, al
6, 3); cf.

cortes

dogroiuan

(Appel, C.

encore § 235. Quant au datif des
s'est

noms
opéré

de choses, son remplacement par des prépositions
plus tôt et plus complètement par suite de
déjà le latin de rendre aussi par
la

faculté qu'avait
abstraite, pro

une préposition

(pour), l'idée abstraite que renferme ce datif; par conséquent,
ce qui était nécessaire lorsque

ad devait remplacer un datif de

personne, à savoir
n'était plus
d'affiiire

le

passage du rapport local au rapport figuré,

à

faire.

Pour

le

reste,

chaque langue

se

tire

ici

en partie par des procédés différents.
Cf.

pour

le

latin

G. Laxdgraf, Dcr Dativus
lat.

coimiiodl uiid der

Dativiis

fiiialis,

Arch.

lex. VIII,

39-76.

§ 46. L'ablatif latin a

bien, avec

comme cas une valeur de locatif ou une extension un peu plus considérable, une valeur
il

adverbiale;

résulte ainsi de la fusion de trois cas différents,

l'ablatif primitif, l'ablatif locatif et l'ablatif

instrumental,

le

pre-

éo

CHAPITRE
le

I

:

LES MOTS À FLEXION
le

§ 46.

mier désignant
le

point de départ,

second

le lieu

l'on est,

troisième l'instrument et l'accompagnement.
et

De

très

bonne

heure
tif

d'une façon très complète,

les

fonctions de l'ancien abla-

ont été reprises par des prépositions.
loco moi'^ré?

On

disait bien Athenis

(en sortant d'Athènes),
vita (sortir de la vie);

(emporter d'un

lieu), excedere

mais cependant, en

même
s'il

temps, déjà

le

latin classique possède aussi ex.
liberare,

Ou

bien,

est vrai

qu'avec

vacarc, solvere, privare etc., avec liber, vacuus etc., le
la

nom

de

chose dont on délivre, dont on se détache, dont on

prive etc. est mis à l'ablatif, d'autre part on constate ensuite

dès l'origine, surtout lorsque
l'emploi simultané de ab,
(délivrer de quelqu'un).

le

régime

est

un

nom de

personne,

comme

(58)

Le locatif se maintient un peu mieux. Si l'on fait complètement abstraction des noms de villes, comme Romae (à Rome), Corinthi (à Corinthe), on voit surtout loco, locis s'employer fréquemment pour indiquer un lieu déjà mentionné, mais il sert uniquement à préciser davantage l'idée
exprimée par
le

p. ex.

dans

liberare

ab

aliqiio

verbe, tandis qu'on a recours à
:

/;/

pour désigner
in

un
l.

lieu placé

dans certaines conditions
ils

ainsi locis campestribus
»,

subsistebant signifie «
c.

faisaient halte dans des plaines

=
est

«

ils

faisaient halte lorsqu'ils trouvaient des plaines ».
le locatif

Il

en

de

même quand
tempore,

marque

le

temps

:

à côté

de

atîno,

die,

extrema pueritia, on rencontre in pueritia,

ceux-là désignant des

moments
les

déterminés, celui-ci étant une
et tout ce

expression générale
rattache.

:

années de jeunesse
la

qui s'y

Conséquemment,
il

préposition se présente partout

le

substantif s'éloigne du sens

purement

local

ou purement

temporel, partout où

prend un sens un peu plus étendu,

plus général, figuré, puis elle part de là pour élargir progressi-

vement son emploi, sans arriver pourtant plète. Déjà nous avons indiqué ci-dessus,
forme du
cas oblique de l'ancien français

à
p.

une
50,

victoire

comla

que certains

types d'ablatifs de lieu et de temps avaient survécu sous
;

nous pouvons mainles

tenant dire,

en appliquant l'observation à toutes

langues

romanes, qu'on peut employer adverbialement sans préposition
les

termes désignant des

moments déterminés
le locatif latin

et

que

cet

emploi

adverbial a sa source dans
tion.
Il

exprimé sans préposile

s'agit

donc

ici

de cas

tels

que

roum. noaptea (de

§ 46nuit),
acest
:(ioa

LES DÉBRIS DE l'aBLATIF LATIN

6l

(de jour), sara (au soir), duminica (le dimanche),
etc.; l'ital.
ïa notte,
il

an (cette année-ci)
o dia etc.

giorno, stasera,

sabato, quest'aiino; l'esp. el dia, otro dia, la tarde, lunes, aqueste
aFio; le port,

comme

dans

les autres

langues. Enfin,

pour ce qui concerne I'instrumental,
dans des locutions
abundare aliqua

c'est

lui

qu'on trouve
les

comme

armis cogère (forcer par

armes),
les arts),

equo vehi (^iûler à cheval), artihus institiiere (instruire
re (avoir

dans

du superflu en quelque chose)
pour
:

et

de

plenus a. re (rempli de quelque chose), talento emere (acheter
et

pour un talent)

de

même

« estimer,

mesurer, apprécier,

coûter », puis aussi sans verbe
avis).

mea

sentenîia, opinione (à

mon

A ces emplois
motif
et enfin la

se rattache celui

de l'instrumental pour désinatura tu
illi

gner

le

et l'auteur

de l'action
:

:

pater

es consi-

liis ego,

manière

hune librum

summa
:

diUgentia

legi.

Ici

aussi la multiplicité des sens devait précisément déterminer
aussi constatons-

(59)

de bonne heure l'introduction des prépositions

que seuls certains mots ou des locutions stéréotypées ont pénétré en roman, et encore, si l'on fait abstraction
nous en
réalité

des purs adverbes en -mente

(II,

§ 620),

ne

les

rencontre-t-on
ici

guère qu'en français (v. p. 50).
c'est
les

Un

seul

fait

mérite

mention

:

que

l'italien et le français

ont conservé sans préposition

indications de valeur avec les verbes exprimant
:

un achat

ou une évaluation

en

ital.

mercatai

jo

soldi

questo papero

(Lasca 53), Vho comprato venti lire, coniperare gran prex^xp, franc, je rai acheté vingt francs ; en ital. vendere cento soldi, franc, vendre
cent sous;
les
il

il

en

est

de

même

avec payer. Ces expressions étant

équivalents exacts des expressions latines correspondantes,

faut bien y voir la continuation directe de celles-ci, surtout que l'ancien français et le provençal les connaissent aussi. Fina-

lement

il

faut encore

mentionner

le

soi-disant ablatif absolu,
et

c.-à-d. la locution

composée d'un

nom
:

d'un participe pour
lat.

marquer d'abord un rapport de temps
est,

en
il

quo facto profectus

ital.

cià fatto parti,

franc, cela fait

partit, esp. esto hecho
s'est

partiô, port, isto feito partiu; cette

formule absolue

donc

maintenue;
Si

elle a

même pris

nous jetons encore un

extension (v. § 390). coup d'œil sur ce qui précède, nous
très large
il

une

constatons que, partout où

s'agit d'expressions vivantes,

de

nuances diverses de

l'idée, les

fonctions de l'ablatif sont reprises

62

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§^46.

47.

par des prépositions et qu'en revanche les locutions consacrées,
figées se sont

maintenues

et se présentent

encore aujourd'hui
l'ablatif

sous

la

forme absolue. Ainsi, en tant que cas vivant,

a disparu plus tôt encore

que

le datif.
faire

A
cité

cette

manière de voir on peut
lieu représente
I,

une objection.
lat.

Si le/alto

en dernier

directement un

facto,

ne devrait-on Sans aucun

pas alors, d'après
italiens

^

308, attendre en sarde et dans les dialectes
alors qu'en réalité

du Centre /a//o

on y

dit fatlii 7

doute. Mais on peut admettre sans hésiter que l'identité de l'ablatif

avec la forme normale du
les cas oîi s'oflfrait

nom

dans

notte, sera etc.

a aussi, dans

une
le

différence, entraîné la disparition de celle-ci.

Quant
le

à l'époque
la

phénomène

s'est produit,

on ne saurait pour

moment

déterminer.

(60)

VI. Le Comparatif

§47.

Comme

nous l'avons déjà

dit

au

t.

II, §

65 et 66,

le

latin pulchrior est

rendu en roman par une périphrase avec plus

ou inagis; parmi les anciens comparatifs, il n'y en a qu'un petit nombre, notamment ceux d'un emploi très fréquent melior,
:

pejor, minor,

qui se soient conservés, surtout dans

les

langues

littéraires, à l'exception

du roumain. Les causes de

cette dispari-

tion de l'ancien
pas, ici

mode

de composition des comparatifs ne peuvent

non

plus, tenir à la nature de leur forme, puisque les
-iore offrent

comparatifs en
-u

presque toujours avec
et caractérisée.

les positifs

en

ou

-e

une dissemblance nette
les
la

On

ne peut pas

davantage invoquer
dérables que

modifications certes souvent très consifinale

consonne

du thème

a

dû subir devant Vi

du
les

suffixe

comparatif puisqu'on aurait pu facilement supprimer

divergences qui auraient dû se produire, par exemple, entre

grato tl*gragiore en italien, Qr\ixQ gret et *graisour en ancien français.

La seule

et

unique raison se trouve plutôt dans
en

la

tendance

à rendre l'expression plus circonstanciée et
explicite,

même

temps plus
la

tendance qui a introduit
belliis etc., et

d'abord dans

langue

populaire plus ou magis

ces formations nouvelles

auront

petit à petit fait

tomber

les

anciennes en désuétude. Les
la

débuts de cette tendance remontent jusqu'à
reculée, et

latinité la plus
la

même

la

langue classique emploie constamment

§ 47-

LE COMPARATIF
les adjectifs

63

tournure périphrastique pour
elle

en

-eus, -ius,

-nus
il

:

dit

donc

nuigis idoneiis,

amplius,

exiguus etc.

Or

est
il

remarquable qu'en
s'est

latin déjà et par

continuation en roman

également produit un croisement des deux modes de
:

for-

mation

on

dit

donc magis (plus)

niclior,

sans que

le

sens

du
lit

simple melior en soit aucunement modifié. C'est ainsi qu'on

déjà chez Plante magis stulthis (Stichus 699) etc., et des tour-

nures analogues se rencontrent dans

les

patois

parfois dans les anciennes langues littéraires, tandis

modernes et qu'un lan:

gage plus
prov.

raffiné évite

naturellement cette accumulation

cf.

en

tôt lo

plus rie

e 'l

plus melhor (Appel, C. 9, 8), en a.-esp.
a postres
los

bueno fué en comienxp,

mas mejor (Berceo,

Sil.

31),

alguno mas mayor (20),
los

mas

mejores que y eran (Hita 285),

que son

mas

mejores (1200) etc.

dels autres

pus prims (Bartsch,

De même le prov. yeu soi Denkm. 5, 20), esp. mas primera
(61)

(Alej.

244) peut être mentionné ici, primera étant au point de vue syntaxique l'équivalent d'un comparatif (v. § 245). Il y a
encore
l'a. -franc,

mains meure (Ch.

II esp.

5821), plus meilleur,
propres à
le

que Ramus
vulgaire;
er carnovale

et

H. Estienne signalent
9), abruzz.

comme

la

langue

comme
les

exemples modernes, citons
i,

rom.
etc.

è Il

piu mejjo
est plus

(Belli

kkyu meyye

rare

que

comparatifs tombent jusqu'au rang de simples
l'emploi de pire au sens
si,

positifs.

Ramus blâme

de mauvais,

tandis qu'on se
pis (Clig.

demande

dans

l'a. -franc,

tost

me

torneroit

a

629), on doit prendre pis pour l'équivalent de mal; et
l'expression consacrée grant
si

de

même, dans
//

e

menour, celui-ci

peut avoir son sens propre. Mais,
Bouillon écrit
Varant par tamps
et

l'auteur

du

Bastart de

horrible et greignaur

(189),

on peut
de ce

certes admettre qu'il ne connaît plus l'exacte fonction

mot

qui lui vient uniquement de

la

langue des livres et
le

non de

celle

de

la

conversation.

Un

exemple qui prouve que

sentiment du vrai sens de ces derniers comparatifs peut échapper

même

à

des auteurs modernes qui écrivent avec soin, nous est

fourni par una gruta mayor y de

mas grande entrada

(J. Valera,

Com. Mend. 62); dès lors, si l'on trouve aussi 7nas malo esfarcio dans le poème en ancien espagnol sur Alexandre (1073), il
n'y a
là rien

qui puisse étonner.

^4

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 48.-5O.

§ 48. Sur la question des rapports des formes neutres avec les formes à flexion, l'essentiel a été dit II, § 66; il suffit d'y

ajouter que l'ancien provençal aussi connaît
leur). Si
c'est

li

mielhs (le meil-

nous avons pu

observer un empiétement du neutre,
l'ital.

l'inverse qui se présente dans

per

lo

migliore

:

cf.

pcr

lo

migliore

si stette

in pace (Sacch. 84, de guerre lasse
lo

il

se

tint tranquille),
//

vattem a casa per
i,

tuo migliore (68); a. -franc.

meiidres

(Trouv. Belges

84,

23

:

le
'

meilleur), pren

le

meillor (Mér.

2185); prov. Ver nuillor

se

us pot ve^er (Appel,

C.

3,

375)

etc.
contraire, dans
le

Au
un

l'ital.

venendo al peggiore del giiioco (Sacch. 68),
il

a.-franç. jou en ai

pior de la bataille (Alisch. 433),

doit

y avoir
qu'on
i).

substantif masculin sous-entendu {capo, chiefï), de
le

même

pense à un féminin devant


C62)

prov, chauiet\ la 77ielhor(AppQ\, C. 96,
Zs.
f.

Cf. encore

D. Behrexs,

Nfr. XVII, 2, 69.

B,

LES

NOMS DE NOMBRE
l'étude

§ 49.

La sémasiologie doit pousser
la

du sens des noms

de nombre un peu plus loin que
connaît
les

morphologie. Cette dernière

noms de nombre
faibles traces
(II,

cardinaux, qui n'ont conservé en
(II, §

roman que de
les
les

de leur flexion latine

68-72),

§ 561), auxquels s'ajoutent encore en latin distributifs, les multiplicatifs et les proportionnels, que le
à
«

ordinaux

roman,
de ces
«

de rares vestiges près, a délaissés

(II,

562).

En
«

regard
les

noms de nombre
»,

définis »

se

présentent alors
»,

indéfinis

c.-à-d.
»,
«

les

termes
»

«

beaucoup

peu

»,

«

quelques-uns

tous

etc.

qui,

considérés
la

dans

leur

forme, peuvent se ranger en partie dans
des
«

catégorie élastique

pronoms

indéfinis », mais qui, envisagés dans leur sens

et aussi partiellement

dans leur forme, se rattachent avec plus de
Il

raison aux

noms

de nombre.

en résulte que nous avons

à étu-

dier le sens des

noms de nombre cardinaux
la

et leurs rapports

avec

les

ordinaux,

façon dont on a suppléé les proportionnels

latins, la signification

des

noms de

quantité indéterminée.

§ 50.

Les NOMS DE NOMBRE CARDINAUX s'emploîent fréquemc'est-à-dire

ment DANS UN SENS FIGURÉ,

qu'on se

sert

d'un nombre

i

§ 50.

Un lis AU PLURIEL

65

déterminé pour indiquer une quantité indéterminée, grande ou
petite
ital.
:

ainsi, lorsqu'il s'agit

d'un nombre restreint, on dit en

dir quattro parole, far qiiattro passi, en franc, à quatre pas

d'ici, écrire

quatre lignes etc.

;

quand

il

s'agit

d'un grand nombre,

c'est

cent

qu'on emploie,

comme

en allemand, etc. Mais cet
la

emploi figuré n'est pas du ressort de
plutôt de
(II, p.
le

grammaire;

il

relève

la stylistique et

du dictionnaire. Nous avons montré

653) que la locution duo aut très, en piém. dutrei, a pris il sens indéterminé de « quelques-uns » faut y ajouter
;

^

l'expression

équivalente

en

macéd.
plus

ndao

(de

un-duo').

En

revanche, l'extension considérable de sens prise par unus mérite

de

fixer

l'attention,

d'autant
la

qu'elle

est

accompagnée
sert à distin-

d'une modification dans
guer, dans

forme.

Comme
soit

unus

un nombre quelconque

d'individus,

eux sans que toutefois cet individu
par

un seul d'entre aucunement désigné
et

d'une manière plus précise, on en arrive facilement à indiquer

un individu quelconque, indéterminé,

rien
le

qu'un,
sens de
(63)

n'importe lequel;

en d'autres termes, unus prend

aliquis et peut alors
ici

comme

lui recevoir

deux

cas à distinguer. Si c'est

un pluriel. Mais il y a un mot n'ayant que le pluriel
l'an-

qu'on doit employer avec cette valeur indéterminée, alors
au pluriel

cien français et l'ancien provençal ont l'habitude d'y joindre
:

un

ainsi

en

a. -franc,

unes

lettres,

prov. unas letras (une
les

épître), unas

toalhas

(une

serviette),

un mot dont

Leys

(n, 92) disent expressément que, malgré sa forme plurielle,
c'est

un

singulier par la signification; de

même
lees

en esp. unas

tijeras etc.

Ajoutez-y ensuite

l'a. -franc,

avoit unes grandes joes et
et

un grandisine

nés plat et unes

grans narines

unes grosses
et lais

lèvres plus rouges d'une carbounée et

uns grans dens gaunes

(Auc. 24, 17),
2208),
l'esp.

ums
etc.,

hueses etc., le prov. us bels estivals (¥\^va.
le

unos bragos, unas ^apalos,

port,

unis

braços,

umas
l'on a

chinellas

il

s'agit

d'objets

compris dans

une

unité, surtout d'objets

formant

paire. L'autre cas est celui
// sist

un

véritable pluriel, tel

l'a. -franc.

en V ombre d' uns

pomiers (Partén. 2364), unes roches (Joinv. 314 e) qu'on pourrait
à la rigueur traduire

par « chaîne de rochers »,

il

fièrent

uns

cous

gran^ (Mér. 4508); le prov. Guillems ren als non atendia mais si trobes unas fenest ras (Flam. 1972); l'esp. unos arboles
si

Meyer-Lùbke,

Giaiiiniairc III.

i

GG

CHAPITRE
I,

I

:

LES MOTS À FLEXION

§50.

5I.

D. Q.
voces

20), par unas gracias
le voces
le

(Amadis lé
fingia

b), tandis

que mias
pluriel

(12 b) rappelle

qui ne s'emploie qu'au
port,
unis

(p.

44) de

même

que

dûmes

(Diniz,
sert
:

Pup. 152) se rattache aussi à dûmes (p. 37). Enfin unus dans l'Est et l'Ouest à désigner une quantité indéterminée

en

roum.

sînt miele

le désirent),

doresc (il y a quelques femmes qui en esp. unos mercaderes, unas casas, en port, ums

femei care

poucos de datilles

(Rom. XI, 378),
les

uinas poucas de creanças (Diniz,

Pup. 42). Dans tous

cas le sens de unus est celui

du proil

nom
cette

indéfini,

de

aliqiiis et

de ses représentants, mais
d'unité

ditïérence

que

l'idée

y
:

reste

plus

y a fortement
ré,

attachée,

comme

au début des contes
roi);

en
ital.

ital.

un

franc.

un roy

etc.

(un certain

on

dit

en

un Carlo Spadoni,
certain...).

en esp. un Alejandro, en port, un Vasco (un
encore unus avec des

Cf.
sujet

noms

de nombre au § 187,
article indéfini

comme

indéterminé au § 92,
5 1.

comme

aux

§ 182 sqq.

§
(64)

Si clairs et si simples

que soient

à

première vue
les

les rap-

ports entre les

noms de nombre

cardinaux et

ordinaux, on

s'aperçoit toutefois, en

ont envahi tantôt plus, tantôt moins

Sous ce rapport, c'est du représentant de primus,
ordinaux
et les a
l'article défini (v. II, §

y regardant de plus près, que les premiers le domaine des derniers. le roumain qui va le plus loin à l'exception
:

il

a

complètement abandonné
les
il

les

remplacés par

cardinaux accompagnés de

561). Mais
se présente.

y

a aussi d'autres régions


la

le

même phénomène
»

Les anciens textes imprimés
le,

des Grisons donnent

iigs
:

duas, las diias, ilgs très etc. pour «
cf.

deuxième, troisième
et

Papa Nicoîaus

ils

tsd]un{C.

Mem.

212),

même

de nos jours, dans

la vallée

ment, cette tournure n'a pas disparu.
cela,

du Rhin notamIndépendamment de
latin, le

dans toutes
cardinal
et

les

langues romanes, au contraire du
usité

nombre
mille

est

pour l'indication des heures,
:

du
trois

millésime

du quantième du mois
il

en

ital,

aile ire, neif anno

oltocenio novantotio,

di sette

di seltembre,
le

franc, à

heures, l'an mil huit cent quatre-vingt-on:(e,
très,
//

dix avril, esp. d las
dias de mar:(o (mais
abriï); avec les

aho mil ocho

cientos noventa
le

y

ocho,

à
el

très

primo di

settembre,
:

premier avril,

primer

noms

des princes

en franc. Louis quatorxe,

esp. Lcon Irecc,

mais

§ 51-

52-

NOMBRES CARDINAUX ET PROPORTIONNELS
ter^o, et

67

en

iuil.

Pio Noîw, Leone decinio
doit~iesnie,

en franc, encore chez

Marot Loys

chez Montaigne Charles cinquiesme', pour
:

l'indication des chapitres

en
cinq

ital.

capitolo,

capo, canto qiiinio
chapitre,

ou

cinqiie,

franc,

chapitre

ou cinquième

esp. el

capitula cinco. L'espagnol va plus loin encore, surtout à l'époque

moderne
très

:

cf.

siete ve^es lo
le

pcnsava

si

h

hiricre a

no y al caho de

las ocho cl venablo

arrojô (Silva 254), huérfano de

madré à

las

anos de edad (Valera, Cap.
9, le troisième

Mend.
à

9), à

los très

dias (Trueba,

H. Cid

jour),

los seis

meses de la mnerte de

doha Blanca (Valera, Cap. Mend. 229,

le

sixième mois après
le

la

mort de dame B.);
jorns (M.j R. 31,

et l'on

peut en rapprocher
le

prov.

alsXXX
li

106

:

trentième jour),

sic.

sunu inta
ital.

j misi (Fiabe
volte

115,
la

je suis

au cinquième mois),

aile tre

(Nov. 39, à
Ràtor.

troisième fois).
détails sur les parlers
§
:

Pour plus de

de l'Obwald,

cf.

Th. Gartner,
dia
las

Gramm.

200 à

la fin, et

pour l'espagnol cette remarque de

« el uso de los ordinales va haciendose cada CuERVO, n. 41 menos comun y corne son puramente latinos, de ordinario solo

personas letradas los saben de

vciiite

en adelante

».

§ 52.

Aux

proportionnels latins correspond, dans les premiers
:

(65)

temps surtout, une formation avec duplns piamo
in mille doppi (Lasca 123,

en

ital.

raddopa. -franc.

13; Leop. 126), en

a cent doubles (Gm\\. d'A. 45), ving doubles li rendcroit (J. Journi, 584), en prov. encen dobles doblat:{ (Mahn, Ged. 477, 2), en esp.
très dobles de loriga lenie

Fernando (Cid 3634), aujourd'hui con

el

cuatro doble, al très doble,
est invariable.

l'on doit

donc remarquer que
tant uni
:

doble

On

emploie de

même

en

ital.

le

navi

nemiche eran due tante, gli ho dato due tanti di pin di quel che
costava,

a. -franc.

mi parve tre cotanti che una gatta (Sacch. 83), en Et an la pucele revit De san et de biauté cent tan:(^ Que not conté Calogrenani (Ch. Lyon 782), messire Gauvains en a
ei

cent tan^ plus
pieif^

grant

joie

que nus (2286),

en prov. me fat^

trop

quella non fai cen tans (Mahn, Ged. 70, 5), en esp. seis tanios mais fermosa (Berceo, Sil. 234) et ici également avec tanto
:

invariable

dos tanto de lo que el ha

mandado (Appoll. 500),
(Berceo,
:

qucbrantaba al cuerpo mas que

solie dicT^ tanto

Sil.
el

614),
cuatro

emploi qui se trouve encore en espagnol actuel
tanto (quadruple),

en

en port, dons tanto mais claro (Graal 17).

68

CHAPITRE
les

I

:

LES MOTS À FLEXION
il

§ 52.

53.

Pour

ADVERBES NUMÉRAUX,

existc

un

très

grand nombre
ori-

de périphrases, composées d'un substantif non déterminé,

ginairement à

l'ablatif (§ 38), et

du

nom
le

de nombre cardinal
:

approprié. Le plus répandu est
vece,

le lat. vice

en obw.

vêts, ital.

franc, fois,

esp.-port.

ve:{,

puis

dérivé

a. -franc, foiiee,
ital.

prov.-esp.-port.

veyada.

On

emploie aussi en

volta

:

tre

volte (trois fois), fiata,

dont l'origine

n'est pas tout à fait sûre,
:

en

a. -franc,

voie

(chemin), heure (temps)

/'/

//

rendent en une

heure plus qu'en cinc cens n'a por ans Jet (G. Coinc. 600, 304),
tour, coup, bout (choc), saut etc.

Dans

les patois

il

y
la

a p. ex.

à

mentionner

le

vionn.

yad:{e,

qui correspond pour

forme au

franc, voyage.
Cf.

A. ToBLER,

Beitr.

I,

148-159

et

H. Morf,

Littbl.

1887, 218.

§ 53. faut

Parmi

les «
les

désignations numériques générales
«

»

il

comprendre

expressions qui signifient

beaucoup, peu,

tous, assez, quelques-uns, maints » et autr. sembl., c.-à-d. les

représentants du

lat. niultus,

paucus, omnis, satis etc. Et

ici il

y

a d'abord à rechercher jusqu'à quel point les termes latins ont
persisté
(66)

ou ont

été remplacés par d'autres, et jusqu'à quel point
:

leur signification s'est modifiée

il

fliut

donc
le

tout

comment
sont

ils

se

comportent pour

aussi examiner surnombre, tandis que la

question de savoir quelles sont, parmi ces désignations, celles
qui
celles

employées substantivement
le

ou adverbialement
ressort

et

qui

sont

adjectivement,
niultus est

de

la
:

syntaxe

(§ 139 sqq.).
//;////,

Le

lat.

demeuré partout

en roum.

ital.

inolto,

a. -franc,
l'a

niout, esp.

mucho, port, muito; seul
le xvi'^ siècle et

le français

moderne

abandonné depuis

y a

suppléé par des tournures

comme
c'est

beaucoup, force

ou par
y
a

bien;

dans

le

canton des Grisons,

blear tiré de plerique qui a
il

pris sa place.

Sous

le

rapport de

la signification,

Heu de
a

noter que, dans

les

langues de l'Ouest surtout, multus s'em-

ploie au singulier

pour désigner des individus lorsqu'on
cette espèce.

en

vue une pluralité d'individus de
dit

Déjà en

latin

on

multus

hostis

(maint ennemi, beaucoup d'ennemis); touteil

fois,
lier,

dans cet exemple,

s'agit peut-être

d'un emploi particu-

non de multus, mais de hostis, comme on l'a montré p. 28 pour les représentants romans de ce mot. De même l'ital. voi

§ 53avetc Jaita

DÉSIGNATIONS NUMERiaUES GENERALES

69

moka strada (De Marchi, Giac. id. 89) signifie non nombreux chemins, beaucoup de chemins », mais « beaucoup de chemin ». Mais on aperçoit clairement un emploi noupas «

veau de niultus dans

le

moût
l'esp.

ergueil e

mouta menassa Vaven
cabeça echada en

prov. monta lagreina begnda (Flam. 141 1), del gilos a suffrir (1352),
el

prado (Alej. ^jj), fablaba 293), mucha duena andaban (Berceo, S. Mill. 374), façon de parler encore en usage aujourd'hui, le port, quem qui^cr viver bem neste mundo, jaT^ a vïsta
avie

mucha

mucha palabra

loca

(Berceo,

Sil.

grossa a mnita cousa (Diniz, Pup. 69). Paucus aussi a générale-

ment

persisté

:

en

ital. poco,

franc, peu, esp. poco, port, pouco;

seul le

roumain

l'a

remplace par putin, qui proprement veut

dire « petit », et le

même

transfert d'un

mot

signifiant exten-

sion dans l'espace à la désignation de la quantité se rencontre

en provençal, où
cuiava saber d'amor
d'ora (3,

petit se
e

présente aussi à côté de pauc

:

tait

tan petit en sai (Appel, C. 17, 9),

em

petit

292)

etc.

Les débuts d'un changement de sens de
se

paucus

analogue à celui qui a été observé dans multus,
peut-être dans des cas

trouvent
d'argerito

comme
dei
ÔlQ

cou due
capelli
se.

tre

spiUoni

appuntati

nella poca
ici

treccia

Giac. id. 14); toutefois

l'emploi

poco

(De Marchi, comprend encore

facilement en tant que

treccia se
la

rapproche beaucoup d'un
tôt,

nom
(67)

de matière. Tantus a pris

place de

de

telle sorte

donc que

nous avons

ici

dans toutes

les

langues romanes un

phénomène
les

qui, pour l'idée de « peu », ne s'est accompli

que sur une partie

de leur domaine; au surplus,
destinées

le

mot

a

dans l'Ouest

mêmes

que multus

preguntiUa (J. manie de questionner). Mais, ce qui est remarquable,
et

en esp. tanta mula (Cid 1966), con tanta Valera, Com. Mend. 106, avec une si grande
:

l'a. -franc,

prov. tant a également ce sens

:

la veïssie:^ tant

chevalier

plurer (Roi.

349), tant hume mort (1623), // voit tant chemin (Mér. 2529), en prov. anc mais tant eneniic ieu a Dieu non au:^ic
(Appel, C. 76, 33).

— Omnis na

laissé

de faibles traces qu'en

Italie (II,

p.

652-3). Bien que

og)ii

repose très vraisemblablele

ment

et

ogna indubitablement sur

pluriel
:

latin,

les

deux

formes ne s'emploient jamais qu'au singulier

ogni uonio (tout
oniia di

homme),

ogni volta (chaque fois), en a. -mil.
ce

(Bonv.,

A

95), omia peccaior (] 141) etc.;

n'est qu'exceptionnelle-

yO

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 53-

ment qu'on trouve en ancien
sembl.
;

italien ogni altri peccati et autr.

quant
de

à Ognissanti (Toussaint), c'est

naturellement un

latinisme.

Le passage du
la

pluriel

au singulier doit être interprété

tout à

fait

même

façon que celui qui vient d'être observé
L'idée de pluralité contenue dans miiJtus,
singulier grammatical

pour multus

et tanîiis.

omnis est d'abord unie à un

avec

les

noms

de matière et

les collectifs; et alors,

avec

les

noms

de

choses aussi,

le singulier

peut persister ou s'introduire lors-

qu'on doit

attirer

spécialement l'attention sur chaque individu,

lorsqu'on veut indiquer qu'on considère en particulier chacun
des objets qui tous ensemble sont
initlti,

omnes. C'est

la

voie

opposée qu'a suivie développant de

iotiis,

qui en bas latin déjà élimine omnis, en
celle d'universalité
:

l'idée

de totalité
Il

ioimn

aurum

(l'or tout entier,

tout l'or).

est vrai

que l'emploi adverbial
faut seuleasse^,

semble avoir exercé quelque influence sur ce développement
(v. § 320).

Quant aux représentants de satis, il ment remarquer que adsatis en ital. assai, franc,
:

esp.

asa'i^,

a

exclusivement en

italien, très
»,

souvent en vieux français

le

sens de « beaucoup

et
les

l'idée

de

« assez ».

— Avec

qu'en ital. ahbastan~a exprime mots qui désignent un nombre
«

indéterminé plus restreint, avec

quelques-uns

»^ «

beaucoup,
L'ita-

maints

»,

la

situation est tout à fait
ici

caractéristique.

lien possède
(68)

qualche,

exclusivement singulier,

et parecchi,

presque uniquement pluriel. Le premier, qu'il soit formé de
eccu aliquid
fini,

ou de quale

qnid, est

proprement un neutre indé-

qui

tire

de l'idée indéfinie sa valeur numérale, puis s'unit

aussi à des substantifs, tout en révélant encore clairement sa

nature originelle par sa répugnance pour

le pluriel

:

on

dit

donc

qualche giorno (quelque jour; quelques jours), da qualche anno

(depuis
«

quelques années)
;

etc.

Parecchio

signifie

à l'origine
parecchio di

une

petite paire »

on attend par conséquent un
il

giorni

(une paire de jours). Mais
parecchio
giorni,

semble qu'on
abbastan~a

a dit

de bonne
etc.

heure tm

comme

cittadini
laissé

(§ 139); alors

on

a foit

Taccord plus complet, on a

de

côté le un devenu superflu, et l'on a dit simplement parecchi
giorni.

C'est par

le

même

procédé qu'ont été créés

le

franc.

quelques jours etc., esp. algunos dias, avec cette seule diff'érence

que

la

concordance entre

la

forme

et le

sens, qui

manque

à

§ 53l'ital.

54-

NOMBRES INDÉTERMINÉS PLUS RESTREINTS
ici

7I
esp. alguno
ei

qualibe gionio, est

complète;

l'ital. alciino,
:

passe aussi parfois par le

même

développement
.
.
.

cf.

non mi

parc fuor di proposito addiirre alcitno esempio

c

quant nuque ne

siano molîi, nond'uneno voglio esser contenta a questi (Mach,, Disc.
I,

13),


«
;

le

contexte montre clairement qu'il
»,

s'agit,

non d'un
« l'un
Je

exemple
l'autre
fattiire

quelconque

mais de

«

quelques-uns

»

ou

ou

»

avevano usato gli Dei visitare alcnna volta
fois), puis tout

proprie

(Leop. 128, l'une ou l'autre
(Lasca 195, 24
:

simplement
en esp.

alcnna volta
Dios
Ji

à

plusieurs reprises);

de paraiso, ca bien

lo niercciô,

algiina inissa disso que tanîo

nol valiô

(Berceo,

Mil.

587),

algun

dia

doy palos (Célest.
II, §

67 b)
ici

etc.

Les autres expressions mentionnées

571 n'ont

besoin d'aucune explication nouvelle.
Four
taiitiis,

cf.

aussi

A. Tobler,

Beitr. II,

41-42.

C.

LES
la

PRONOMS
de leur emploi

§

54.

Etant
et

donnée
leur

grande variété des pronoms dans
l'étude
Il

leurs formes aussi

flexion,

exige

un espace
la

assez étendu.

est vrai qu'il
le

y a

ici

bien des

choses à écarter. Ce qui différencie avant tout
c'est

distinction

roman du latin, profondément marquée, chez le pronom
entre formes atones et toniques,
est si

(69)

personnel et chez

le possessif,

mais précisément cette distinction
la

intimement

liée

avec

formation

et

l'accentuation des groupes de
sera plus

mots

et

de

la

proposition qu'il

régulier de la discuter seulement

dans

les

chapitres ultérieurs.

De même

il

ne faut pas séparer

l'étude des interrogatifs et des relatifs de celle des propositions
qu'ils introduisent.

La

place

l'article sera traité, a déjà été

indiquée à
tif,

la p. 9.

L'emploi du pronom personnel au nomina-

au datif et à l'accusatif ne diffère pas, dans l'ensemble, de

celui

du

nom

(p.

47 sqq.)
à

et,

comme

cette

déclinaison ne

soulève pas de questions aussi importantes que celle du

nom,
celui

son emploi ne prête non plus
se

aucune observation.

On

pourrait

demander
a

si

des déplacements de signification

comme
le

qu'on

dans

le franc,

vous se rapportant à une seule personne,
le

intéressent

le

pronom ou

verbe.

Comme

franc,

vous

72
chante^ a
cantate,

CHAPITRE

I

:

LES MOTS A FLEXION

§ 54. 55.
ital.

ou du moins peut avoir pour correspondant en
le

sans que

pronom

soit

absolument nécessaire, on

incline plutôt à traiter cette question dans l'étude
est vrai

du verbe.

II

qu'on peut dire qu'à un vous cJmute^ correspond aussi

je vous cherche,

fai

été

che:;^

vous etc., et qu'on peut se fonder

là-

dessus pour parler d'un changement spécial de signification du

pronom. Mais, comme il est impossible de traiter à deux places distinctes ces deux phénomènes si étroitement apparentés et déterminés Tun par l'autre, et que d'un autre côté leur point
de départ
l'étude
se trouve

dans

le

verbe,

ils

ont été renvoyés aussi à

du verbe (v. § 82 sqq.). Cela étant, il reste encore la permutation des cas des pronoms personnels, le rapport du pro-

nom
les

de

la

troisième personne avec
le

le

réfléchi d'un côté, avec

démonstratifs d'autre part,
et
les différentes

rapport entre possessif et
le

personnel

acceptions du possessif,
la

rapport

réciproque entre

les

divers démonstratifs,

signification des

indéfinis, l'emploi des

formes du neutre

et la division

en formes

substantives et adjectives.

Le nombre
points
ici

est assez considérable,

pour
dans

le français,
la

des recherches

spéciales sur les

pronoms.

Comme,

plupart d'entre elles, les

distingués sont aussi discutés, celles qui ne se limitent pas

à des

phénomènes isolés, peuvent être ici mentionnées une fois pour toutes. Ce sont E. Gessxer, Zur Lehre ivm fraii:(ôsischen Pronomen,
1885; G. Radisch, Die Pronomina
hci Rabelais,

(70)

1878; H. Schmidt,
bei

Das Pronomen
nomens im

hci Molière,

1885; F. Jung, Syntax des Pronomens

Amyot, 1887; Elsner, Ubcr Forni nud Verivendung
Al'.proi'cnyalischen,
;

des Personalbro-

1886; E. Gessxer, Das spanische Perso-

nalpronomen, Zs. XVII, 1-54

Das

spanische Possessiv- tind Detnonstrativspanische

prouomen, Zs.
Zs.

XVII, 329-354; Das

indemnité

Pronomen,

XIX, 153-169.

I.

Les Cas

toutes les langues § 55. Comme on l'a montré II, § 74 sqq., romanes font une distinction plus ou moins rigoureusement

marquée entre

les

différents cas; plus accentuée avec le prol'est

nom

personnel, elle

moins avec
Pour
la

le

démonstratif,

le relatif,

l'interrogatif et l'indéfini.

forme, abstraction
expliqués et

faite

de

quelques termes insuffisamment

de

l'ital.

loro,

§5

5-

5

6-

LES
cas
la

PRONOMS EN ROUMAIN

73
et datif

franc. leur, ces
latins; et,

répondent aux nominatif, accusatif
fonction aussi,
ils

pour

se

confondent avec leurs
trouve au nominaen ce que

correspondants latins en tant que
tif,

le sujet se

le

régime

à l'accusatif, la

personne intéressée au datif; on
latin

remarque seulement une extension de l'usage
série

l'accusatif figure aussi après toutes les prépositions et dans

une

de formules consacrées qui présentent en

latin l'ablatif, et

en ce que

le datif a usurpé aussi la place du phénomènes qui tous deux, au moins pour
le

génitif possessif,
le

vieux français

et

provençal,
sqq.).

ont

déjà

été

signalés
se

à

propos du

nom

(§36

chapitre.

— Mais, dans

De nombreux exemples

trouvent au troisième
langues accusent

le détail, les diverses

toutes sortes de modifications et de simplifications tantôt plus,
tantôt

moins profondes, qui

finissent par

amener,

ici

comme

ailleurs, la disparition

complète des différences casuelles.
formes du nominatif, du datif
à Hiit leur

§ 56.

En ROUMAIN,
chante),
te

les trois

et

de l'accusatif ont conservé tout

emploi primitif
tirie

:

eu

dut
lui

(je

cre~ (je te crois), au:{ pre
ai

(je t'entends),

donné une lettre) etc.; toutefois, dans les patois, la forme accentuée du datif tend à disparaître c'est ainsi qu'en istrique et en macédonien il est toujours préa»i dat cartà (je lui
:

cédé de

la

préposition a

:

macéd. a mia,
ne

istr.

a mie
à

etc., et

qu'à

(ji\

Meglen
qu'avec
elles

les
la

anciennes

formes
:

continuent

être usitées

valeur possessive

tatà-hû (son père);

autrement

ont été remplacées par
:

la

avec l'accusatif. Les nominatifs
tu

absolus aussi disparaissent

ainsi

a été supplanté par tiuc
la

dans toute

la

Macédoine, eu par mine au moins dans
il

partie

septentrionale de ce pays;

est vrai dit

cependant que Vlacho-

Livadhion conserve

donc en macéd. s no d::jtséui (Arom. 19, 5 que nous nous disons quelques propos plaisants, moi deux, toi deux). On ne
iou.

On

ndao ngfime, dao mine dao

tine

:

sait rien

sur

la

date où l'événement s'est accompli, car on ne

si Bojadschi, qui donne tu en 18 13 dans sa grammaire macédo-valaque, reproduit l'usage de son temps ou s'il voulait le régler; cependant il va de soi en tous cas qu'on

peut pas décider

ne peut pas songer

à

une

relation avec le

phénomène analogue
au §63.

du

trançais et de l'italien septentrional qui sera discuté

74

CHAPITRE
le

I

:

LES MOTS À FLEXION
l'accusatif
tinc

§ 56. 57.
la

Dans tout

domaine roumain
crt

prend

place

du

nominatif après

(comme)

:

mare ca

(grand
la

comme

toi),

de sorte donc qu'ici
rative est traitée

comme ailleurs (p. 75) comme une préposition.

particule

compa-

§

57.
la

En RHÉTiauE on
première
et la

dispose également de

trois

formes
:

pour

deuxième personne du singulier

l'une

est usitée

comme

sujet, l'autre

comme

régime

et après les pré-

positions; la troisième s'emploie exclusivement

en combinaielle est

son avec
celle-ci

la

préposition a;

le

plus souvent

même
le

unie à

dans l'écriture,

et elle a

en général

sens du datif latin.
et

Ainsi l'on trouve a mi en sursilvain, soussilvain
vallée de

jusque dans

la

Domleschg, dans
y
est mei,

la

Judicarie,dans
et

la vallée le

de Passa

et

dans celle de Greden, à Ampezzo, Erto

dans

Frioul, tandis

que

l'accusatif

mai, me

etc.

:

cf.

en obw. la rauba k'aud
i

a mi (la chose qui est À moi), en greden. dyàn dunàs
tiers je te la
5

à

ti

(volon-

donnerais), en frioul. credilu a mi (Testi
etc.

friul.

XVII

k.

28),

maisnm w^(6)
les

dans l'Engadine

et la vallée

changement remarquable a lieu de Munster il consiste en ce que me,
:

Un

mai demeurent après
de

prépositions, tandis

que

aîné,

amài

et

même

adamé, qui représente évidemment ad me, ne s'emla

ploient pas seulement à

place de mihi, mais aussi
offre

comme
la

régime
(72)

direct.

Cependant l'ancienne langue
:

encore

répartition régulière
ti

cf.

en eng. dy a mi (Jos. 28, dis-moi), a
tii

tuot Ig

(485) dad havair

à côté de a
te,

raginam daja udir (409), scha me sumaglia (150),
bap,
et

niin voust crair a

mi

agiiider eir a

me (282),

meis frars ingianno (578), encore aujour-

d'hui en bas-eng. sprendra
toi et
il

mai

e

tai

(Tell 102
iw/ er

:

sauve-nous,
3,

moi), dans

la

vallée de

Munster

mai (Pitsch

26

:

me

veut aussi), mais déjà cependant a mai bandiinada
:

fam

bot beadaÇi'yj

moi, abandonnée, rends-moi bientôt heureuse).

La forme mi
vains de
la

paraît

Basse-Engadine,

même manquer comme
donc identique

déjà aux plus anciens écri-

Chiampell, Le transfert du
à celui

datif à l'accusatif est

que présente

à

une

période antérieure, dans une grande partie du domaine linguistique roman,
la le

remplacement de me par mi
la

(v. II, p. 102).
les

A

troisième personne du masculin singulier

anciens textes

de rObwald, surtout ceux de

région catholique, observent

§ 57- 58-

LES

PRONOMS EN RHÉTIQUE ET EN ITALIEN
ef,

75
sujet

encore une distinction assez marquée entre
neutre et
pluriel ei

ei

comme

comme

sujet et régime masculin au singulier, au
:

au nom.,

els à l'ace.

on

a

donc

ei gliei (il est, il

y

a),

ei era, seigi sco ei vcgli

(quoi qu'il en soit)

et autr.

expressions

sembL,
els

ei

salven (ils sauvent) etc.
la

Plus tard, au pluriel aussi,

prend

place de

ci.

Ainsi se comporte également l'ancien
lui aussi,

engadin, qui conserve encore,
l'usage primitif, mais qui

au moins

les traces

de

ne tarde pas

à généraliser l'accusatif.

Dans
state

le

Tyrol, où

il

n'y a pas de documents anciens, on conle

au singulier l'accusatif, au pluriel

nominatif.

En

Frioul,

un tout autre développement. Alors que, dans les Grisons, ne prolonge que péniblement son existence et qu'on ne peut citer absolument aucun exemple de lei et loru, dans la plus grande partie du Frioul lui, lie, lor ont assumé la fonction de nominatif et d'accusatif; et le fait a dû se produire de bonne heure déjà, car les exemples, au moins pour lui après les préon
a
le datif ////

positions,

remontent jusqu'aux plus anciens textes
a.

:

ci.

per lui

1395), cum liiy (1397) et par analogie a chiilor En revanche on ne peut guère admettre un empiéte(1360). ment semblable de mi, ii jusque sur le nominatif. Il est bien vrai que, dans le document de 1397 qui vient d'être invoqué, on lit ancora debo dar mi Paiili al det Indri, mais on y trouve
(Testi friul.,

en

même
io

temps Jo Pauli
à ce

de çitglan son contento, et l'on a plus

tard

Pauli, de sorte qu'il ne faut sans doute attacher aucune

importance
la

premier exemple.

Au

contraire,

on peut observer
où hii
la

même
la

substitution avec l'interrogatif et le relatif,

a
(73)

assumé

fonction de l'ancien

ki, et cela aussi
le

dans

période

primitive déjà. Cf. sur ce point

quatrième chapitre.

§

58.

L'italien connaît seulement un nominatif et un cas

oblique, ce dernier
les

employé
io,
il

comme
me

cas

régime direct
la

et après et

prépositions

:

nie,

di

etc.

A

première

à la

deuxième personne,
cependant
grande
sition,
le cas
:

se produit

rarement des substitutions;
(Sacch. 86),

oblique au heu du nominatif est de règle dans
te,

l'exclamation
corne

heaia

après corne

:

se io fosse corne te

me, où l'on voit que come a été assimilé à une prépole calabr.

emploi dont on peut rapprocher

niiddii

fama

quantu a

mmia (Cant.

regg. 6, 6

:

personne ne t'aime autant que

76
moi), dans
stessa
le

CHAPITRE
è

I

:

LES MOTS À FLEXION
etc. (v. §
:

§ 58.

me

(c'est

moi)

308), et aussi Valtra me

(Fermggia, Fasc. 177 l'autre moi-même). Inversement nominatif peut prendre la place du cas oblique dans la com.

binaison tra

.

.

.

e: tra eglie

il

Toso ebbono che fare (Sacch. 83) et
ainsi Ferrugia dit
:

parfois sans doute

aussi ailleurs;
io

ci

aveva

molto tiirbate, Flaminia ed

(Fasc.

176);

cf.

le

même

emploi

en espagnol (§ 62).
l'ancien état de choses
a disparu de

A
:

la

troisième personne, au

contraire,

nom.
Il

egli, elJa, dat. lui, lei, ace. ello etc.

bonne heure.
après
les

est vrai

que Dante, Boccace
souvent
ello,

et

même
plur.

Pétrarque emploient encore assez
egli,
elle

ella,

prépositions

:

soprello (Dante, Inf.
ello

29, 23), con

ello

(Par. 4, 2), (Telli (Inf. 3, 42), in
coti

(Bocc,
Tr.

Thés.

Il,
i,

15), ad ello (Filostr. 2, 66),

ella (Pétr.,

Fama

12) etc., et

même, pour

désigner

le

simple régime, ces
italien
:

formes ne sont pas étrangères au plus ancien
veder ello (Barb.,
loro

cf.

non
lei,

Doc. 282, 10). Mais en
formes habituelles dans
crucciasse
lui
les

même

temps
:

lui,

sont déjà
il

les

deux cas

cf.

temendo
monito

no

più

star

che

di

poco star

m'avea

(Dante,

Inf.

17, 77), tal colpa

a tal martiro lui condanna (18,
elles apparaissent aussi
vili

95)

etc. Puis, déjà
:

chez Dante,
siamo

comme
che di e

sujet

se lui

fu

vile, tutti

(Conv.
elles
egli, etc.

4, 15),

lei

notte fila

(Purg. 21, 25); toutefois

n'ont pas réussi, jus-

qu'à ce jour, à éliminer entièrement

Bien des écrivains

emploient
tinction
dilection
:

lui et egli, lei et ella

comme

sujet sans

aucune

dis-

ainsi Cellini, bien qu'il manifeste

une certaine
egli

pré-

pour

lui,

écrit

cependant aussi ancor
////,

(Vita 8);

chez quelques modernes,

lei

paraissent être plus indépen-

dants, plus fortement accentués que egli, ella; c'est pourquoi

M. Serao
(74)

p.

ex.

aime à

les placer
lei,

après

le

verbe

:

diceva

lei,

mornwrava

lui,

concludeva

disse lui à côté
lei

de

ella diceva

(Ad.

Am.

68), provo a scherzare,

(69), rîcomincio lui Qji), con(jd),

cluse lui (74),

mais

ella disse

bien qu'elle écrive aussi
lui etc. acquiert

chiese ella, esclamô ella.

En même temps que
il

cette extension considérable,

perd du terrain d'un autre côté,

en ce sens que
trouve
(Inf.
I,

son emploi
assez

comme
chez

encore

souvent

pur datif, tel qu'on Dante cf. risposi
:

le

lui

81), per dar lui esperien^a picna (28, 48) etc., se perd
le

bientôt et n'est plus toléré que dans

langage poétique.

En

§ 58.

59-

^^^

PRONOMS PERSONNELS EN ITALIEN
costiii, coliii, ils

77
le

ce qui concerne

présentent exactement
qu'ils

même
d'une

mode

de

développement,

sauf

s'introduisent

manière encore plus décidée, chez Dante déjà,
natifs et

altrui

que leur emploi est plus rare au datif. dans les premiers temps reste fidèle à sa fonction
far altnii maie (Dante,
Inf. 2,
:

comme nomiAu contraire,
latine
:

hanno

potenxfi di

89)

et

souvent;

altnii

en outre, avec une valeur de possessif pregoti che alla mente mi rechi (6, 89), mais il apparaît aussi comme régime
:

direct

che

mena

dritto altrui pcr ogni calle (i,

18) et plus rare-

ment

après les prépositions, tandis

que

altri est

exclusivement

emplo3'é

comme

nominatif. Ensuite, au cours des temps, altrui

devient plus rare
il

est

encore usité

comme datif; au contraire, comme possessif, même aujourd'hui; comme cas régime et après
il

les

prépositions,

est

de règle. Enfin cui reste exclusivement
chi

borné au cas oblique;

comme

relatif le reste
le cas

au nominatif;

comme

interrogatif

il

sert aussi

pour

oblique.

Pour plus
la

de renseignements sur cette question, voyez l'étude de
position.
§

pro-

59.

Les patois,

comme nous

l'avons

déjà

indiqué
Il

II,

§ 75 sq., se

comportent en partie

fort

différemment.

n'y a

que

le

sarde qui maintienne encore une distinction syntaxique
le cas

entre mie et me; ailleurs, pour

oblique,

on

n'a adopté
le datif,

partout qu'uNE seule forme, qui repose en partie sur
partie sur l'accusatif;

en

cependant on a également signalé à Matera
se

(Basilicate)

une forme qui
:

rencontre seulement après

les
l'ac-

prépositions
cusatif
et
te.

a

tek,

da

tek à

côté du

nom.

//

(de

///)

et

de

et

Dans l'Italie du Nord le cas oblique de la première de la deuxième personne a usurpé la place du nominatif, cela de bonne heure déjà en génois et en lombard cf. en
:

a.-gén.

e

my si

ve digo (Arch. Glott.

XIV

28, 23),

ti la

diray a

my

(29, 13), en a. -mil. tanto sonto eo plu scgura, mi e la roba mia (Bonv., H 167), semprc staremo mi e le (Besc. 19 12) à côté de m.i eo di quilli tri vitij no posso fi blasmadha (Bonv., G 166),
plus ont ka tu per noinero
tien, eo, tu
le

(G 22) etc. Dans le plus ancien vénisemblent seuls se rencontrer; c'est le Brandan qui
temps mi, qui domine ensuite citoyen vénitien Calvo, chez le padouan Ruzante

(75)

premier montre en
chez

même

seul chez le
et
le

bellunois Cavassico.

De Venise

il

pénètre aussi dans

78
le
à

CHAPITRE
rhétique de
l'Istrie.

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 59. 60.

Ti partage en général les destinées de mi,

II, p. 102-3. Pour phénomène, qui sépare nettement l'italien l'explication du septentrional du rhétique et du toscan, mais le rattache au français, v. § 63. A la troisième personne du singulier, //// etc.

part les

quelques exceptions signalées

se

présente

dès

l'origine
:

en

milanais

comme

nominatif
e

et

comme
(Bonv.,

cas oblique

cf.

per questa via teniva

e lu

la iniijer

P 4), e lor in diverse parle sen van (92), accusaràn lor miseri (D 96), qiielii k'era richissimo (P 75), tugi quellor ke aravano (O 107) etc., tandis que c'est à peine si l'ancien
génois et l'ancien vénitien connaissent encore cet emploi. Les
démonstratifs présentent
les

mêmes

modifications que dans
les

la

langue

littéraire; les

interrogatifs

et

relatifs

au contraire

s'en écartent essentiellement; ainsi ki

sert

de cas oblique au

Nord E 2),
a

:

en

a.

-mil. oi sposa
ki

mia per
l'omo

ki piirissim

amor (Bonv.,
en a.-gén. gay
(Arch.
Glott.

reo

companion da
per
chi

nom
de

posso partire (^ij),

qitello

lo figlo

sera
dito

trayo

XIV
jura

29,
ciii

i), Jhesii na:(arem a chi

fo

Criste(^i, 45).
:

A

l'in-

verse,

s'emploie au Sud
rasiini lu

comme

nominatif
e

en

a. -sic. ciii
si illu

sen:(a

nomu
ciii

di nostru signiiri

per nenti,

jura falsu (L. Viz 6),

mitti la fuann a l'aratii e rigiiarda

in dirctu, non est digiiu di lu riaini di cela (228), en sic.

mod.

ku

si potti

ammiiccari, s'amiiccau (Fiabe 108

:

celui qui put se

cacher, se cacha), en calabr. mi skyatta ku non voli (Gant. regg.

1,4:

qu'il éclate, celui qui

ne veut pas).

§ 60.

En

FRANÇAIS,

le fiit

le

plus caractéristique et
par moi,
toi,

le

plus
eux.

important

est l'élimination

de

jo, tu, il
la

lui,

Ce phénomène embrasse
travers la Suisse française,

toute
le

France du Nord, s'étend à
la

Dauphiné,
il

Savoie

et les

com-

munes vaudoises
l'a

vers le Piémont, et

se retrouve,

comme on

vu au paragraphe précédent, dans
être mei
et

l'italien

ancien exemple doit

ceste

du Nord. Le plus femme feimes cuvenant

(IV Livr. 369); toutefois, pendant toute la période du vieux français, jou etc. est la forme habituelle; c'est seulement au
xiV' siècle qu'il se manifeste
(76)

un mouvement

décisif

au

profit

de

moi; au xvi^

//(

est

presque inconnu

comme pronom

indépen:

dant, tandis qu'on voit pourtant encore apparaître

je, il

cf. je.

§ éO. 6l.

LES

PRONOMS PERSONNELS EN FRANC. ET EN PROV.
prendrai à merci (Rabelais
i,

79

dist Picivchok, le

33), je boy connue

un

leinplier

:

et

je

tamquani

sponsiis, et

moy

sicut terra sine aqiia

(i, 5), cependant je qui vous fais ces tant véritables contes (2, 32),
//

seul à tous sujjiroit (3, 19),

//

qui par tout

le

passé a vescu tant

saintement en son estât, ne peut estre sans quelque désastre (3, 36),
il

son père (3, 41), elle est toute trou,
/'/:(,

et

il

de

mesme

toute cheville

(4, 9),

toute fois, en
il

Jusqu'aujourd'hui

un jour mangent leur evesque (3, 2). en est resté un dernier vestige dans l'ex-

pression juridique je soussigné.
à ce

Au

surplus

il

n'y a rien à ajouter
le

qui a été dit au deuxième volume. Chez
s'est

relatif l'an-

cienne forme cui
qui
:

confondue dans
ici

la

prononciation avec

il

ne peut donc pas

être question de l'élimination d'ime

des formes par l'autre.

Une

autre limitation des

pronoms de

la

troisième personne, mais qui apparaît seulement en français

moderne

et qui d'ailleurs

n'est pas observée

rigoureusement,
ils

consiste en ce que, unis à des prépositions,

ne peuvent

se

rapporter qu'à
tandis que,

fait

des

personnes
il

ou à

des

êtres

personnifiés,
(§ 64)

quand

s'agit

de choses,

c'est en

ou y

65)

qti'on emploie.

L'ancienne langue,

au

contraire, ne

entre en et de lui etc. qu'une différence d'accentuation.

§ 61.

le xiii^ siècle

Le PROVENÇAL a des procédés tout différents. Depuis on y rencontre tu comme cas oblique accentué
:

aunit as tue ton linhatge (Flam.

1172), tandis que

////

disparaît

seulement au
le

xv!*"

siècle

au profit de yen.

En conformité
///,

avec

provençal,

le

catalan et le

vaudois généralisent
la

tandis

qu'ci la

première personne celui-là maintient

distinction des
faite (p. 77),

deux
la

cas et

que

celui-ci, selon

une remarque déjà

emploie aussi mi

comme

nominatif.

Comme
(II,

te

est

de beaucoup

forme

la

plus répandue au cas oblique
te

102-3), on serait

peut-être fondé à supposer que,
cette circonstance aurait
fltcilité
te

étant aussi cas oblique atone,

ou

tion de tu à la place du
lieis,

tonique.

même déterminé l'introducA la troisième personne ////,

lor

sont également employés de bonne heure au lieu de

el etc.

après les prépositions
cf.

ou comme pronoms-régimes accen-

tués

:

per lui aurien trastut redemcio (Boèce 25), lonhet de lui
5,

(Appel, C.

25), en lui refraigni

mas

dolors (22, 29), ieu vuelh

anar a ton osdal per sanhar Ihui (Brev. 20694), ^^ ^^ ^^ voluntat de lieis ve:{er (M. B. 34) etc. Mais à côté se trouve aussi tl e Jaufres
,
:

(77)

y

80
fer
el

CHAPITRE
(Appel, C.
3,

I

:

LES MOTS À ILEXION
el

§ 6r. 62.

262), lornarai ves
la

(459)

etc. Il

ne semble

pas y avoir de règle pour
certains textes,

répartition de ces formes; bien que

Flamenca
el

p. ex., aient

une préférence

particulière
:

pour
cf.

lui,

cependant

aussi n'y fait jamais entièrement défaut

de lui

lui

(1791) à côté de ab el (1865). la raison en disparaît complètement
:

Au
est

cours des temps
peut-être que
el

fut

maintenu grâce

à

son emploi simultané

comme

nominatif.
les

§ 62.

Dans

la

péninsule ibérique, où dès l'origine
il

formes

étaient peu nombreuses,
fiants à

n'y a que des changements insigni-

mentionner. Si tu en ancien espagnol se présente assez
les

souvent après dans
les

prépositions (Zs. XVII,

10),

il

est
le

évident

qu'il faut l'attribuer à
tif,

une influence

catalane.

Que
:

nomina-

les

après

prépositions,

circonstances étudiées au § 36, puisse aussi figurer il n'y a là rien d'étonnant cf. entre yo

cllas en vuestra

merced soinos nos (Cid 2087), entre mi

oficial

y yo

bicinios este retahlo (Caballero,

Cuentos
le

5

1) et surtout le plus
soit d'ailleurs la

souvent entre yo y
règle.

tu,

sans que

nominatif

En

outre,

un

trait

propre à l'espagnol est l'emploi du

nominatif après como

et que,

même quand
:

les

noms

des objets

comparés sont au
yo
gui

cas

régime

caballero tan inconsiderado como
visto

(Timoneda,
yo (D. Q.

Patr.
i,

160 b), bas tu

mas

valeroso caballero

10), no ticnen

mas

heredero que yo (Caball.,

Nov. 7) etc., ou dans des cas comme por lo que toca al tio A. y yo{6i). Sans doute, en quelques-uns de ces exemples on
pourrait voir des propositions incomplètes où
serait à suppléer;
le

verbe

« être »

cependant cette interprétation n'est pas admis-

sible

pour tous

:

on

dira plutôt que, le

régime étant séparé du
la

verbe par un autre substantif, on ne peut pas employer

forme
le

exigée du cas régime, mais bien celle, plus fréquente quand

pronom
sujet et
s'agit

est tonique,

du

cas sujet.

Ce qui confirme
le clair, p.
:

cette expli-

cation, c'est que, dans des cas

rapport entre forme du
ex. lorsqu'il

forme du régime n'est pas aussi
cl et si,

de

la

forme du régime
si.

persiste

quien demanda
port, era

las cosas nias al tas

que

A

l'inverse

on trouve en

melhor que
§ 63.
Si

ti

(Rom. IX, 443).
nous jetons un coup d'œil sur
le

développement

des cas chez les

pronoms

accentués, nous constatons en premier

§ 63.
lieu,
la

LES CAS CHEZ LES

PRONOMS ACCENTUES
le

81

conformément
Les
trois cas

à ce

que nous avons observé chez
la

nom
du

(78)

persistance assez prolongée du datif,

disparition précoce

génitif.

sont ensuite réduits presque partout et de

bonne heure

à deux, le cas sujet et le cas régime, celui-ci étant
datif, tantôt

exprimé tantôt par l'ancien

par l'ancien accusatif.

Ce

procédé inégal des diverses langues est déjà remarquable;
il

mais

est

encore plus étonnant qu'une seule
les différentes
i)ie

et

même
:

langue
cf.

adopte pour

personnes des cas différents

en

franc, mol de l'ace.

à côté de lui

venant du

dat. illul. Peut-

être faut-il

admettre que,
le

le dat. lui avait persisté à

côté

de

l'ace,

c/,

premier

fut préféré à cause

de sa plus grande
n'aient
à leur

sonorité, à

moins que d'autres influences

tour

maintenu
cerne
festa
le

el,

comme

c'est le cas
iiiï

en provençal. En ce qui condire qu'il se

rapport de

et niê,

on pourrait

mani-

dans beaucoup de langues un besoin de distinguer aussi
le

dans
cette

langage

la

catégorie de l'animé de celle de l'inanimé, et

distinction pouvait s'introduire plus
et

facilement et plus

nettement aux première
circonstances

deuxième personnes, qui en toutes
des
êtres

désignent

effectivement

vivants.
la

Or

grammaticalement
suivante
:

cette distinction fut

exprimée de

manière

la

personne fut considérée non

comme

atteinte par

une action, mais seulement
c'est

comme
non
celle

intéressée dans

une action;
l'accusatif

pourquoi l'on
cas

choisit

pas

la

forme de

comme
rêt.

du régime, mais

du

datif

comme

cas de l'intéle

Cependant, tandis que

l'italien

du Nord,

picard etc.

bornaient cette différenciation au pronom, l'espagnol l'étendit
aussi
t-il

au nom (v. § 351). Mais pourquoi le picard se sépareen ceci du français central? C'est ce qu'on ne peut guère dire

avec certitude. Le

développement ultérieur
à
la

est

encore plus
fonctions
et

remarquable, à savoir l'attribution

l'accusatif des
la

du nominatif dans
l'Italie

majeure partie de

France
ni
le

dans

septentrionale. Naturellement

on ne peut

comparer

avec ce

phénomène ceux qui
de ce
fait

se

produisent chez

nom,

ni

se prévaloir

qu'au pluriel également on ne rencontre
les

qu'une seule
en

forme pour
fait

deux

cas.

L'extension géogra-

phique du phénomène
et

penser à une influence gauloise,

réalité les

langues celtiques encore vivantes présentent
franc, c'est
6

notamment une tournure absolument conforme au
Meykr-Lubke, Gramniiihe
III.

82
moi.
(79)

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§63. 64.
italien io

Mais précisément

c'est à

peine

si

c'est

moi se trouve déjà

en vieux
sono
te,

français, et d'autre part

on

dit aussi
te

en

non

sans que cependant pour cela

soit d'ailleurs passé

au

nominatif.
Cf. encore § 325. L'opinion qui attribue
celtique, a été
(v.

me ^oux ego à une

influence

soutenue particulièrement par C. Nigra

et

AscoLi

Arch. Glott. XI, 458).

§ 64.

Par rapport aux cas des pronoms atones,
ici;

il

n'y a rien

de plus à remarquer
certains

mais

c'est

bien
la

le lieu

d'observer que
des

adverbes peuvent prendre
:

place

pronoms.

Quelques-lins d'entre eux

en

ital.

jk et ci (nous), vi (vous)

ont déjà été signalés
§ 83. dire
:

II,

§

82; sur

les

formes

dialectales, v, II,

En

ce qui concerne la signification, voici ce qu'il

y

a à

le lat.

iNDE=en

ital. ne,

prov. -franc, en, a.-esp. jusqu'au
ende remplace d'abord

xV^ siècle ende et dende,

a. -port,

un pro-

nom dans tous les cas qui sont exprimés par la préposition de, comme d'ailleurs en bas latin déjà inde pouvait s'employer pour
ex
che
illo,
te

ex

illis

et

pour

le

génitif partitif

:

on

a

donc eu

ital.

ne pare di qitesio, ne ho abbasian^a, en franc, j'en suis con-

tent, je ni en souviens,

en prov. ja per plag que m'en niueva (Appel,
laiset entre nos

C. 12, 5), tan bo essemple en
fcillaria

(Boèce 32), en esp.

ende asa~ (Patr.

387

b,

47), ca avien ende sabor (Cid

3547), so bien end certero (Berceo, Sil. 753), en port, vos eni fe\ tam sabedor (Denis 308); ou bien, lorsqu'il s'agit de personnes, de nos jours
il

exprime en général un rapport
était plus
a. -franc,

partitif,

mais autrefois son emploi

étendu

:

en

ital.

che noia

mi da
poe:(

costei, liber iamocene,

en

no^ somme^vosttr, faire en
je ne puis faire

a vo

talent

(A. A. 3004), franc, mod.

mieux
tros

que d'en faire
qii
'

ma femme (Mol.,

E.

d.

F.

808), en prov.
i,

en veie l'orguel creste abaissar (Appel, C.
las caso

13), en a.-esp.

Hyo

a vuestras fijas con vueslro amor

:

al Criador plega que

ayades ende sabor (2999). Mais l'italien va plus loin et se sert aussi

de ne pour exprimer n'importe quel autre rapport

relatif à la pre-

mière personne du pluriel
2,

:

lo salire

omai ne parrà gioco (Purg.

« la montée désormais xous paraîtra un jeu », et un emploi analogue le pisan remplace gli, le, loro par ni. La façon dont ce changement de signification s'est accompli, est ditiicile à déterminer. Peut-être le pisan représente-t-il un état

66) signifie

par

§64. 6).

ADVERBES EMPLOYES COMME PRONOMS
et faut-il partir

83
représentant
(80)

de choses plus ancien
de
loro

de ne

comme
comme

dans son emploi originel de génitif ou plutôt de possessif,
datif.

d'où naquit ensuite flicilement son emploi

Mais,

comme un
du
et

adverbe de ce genre n'était pas attaché à une peril

sonne déterminée,
pluriel

a

pu passer d'autant mieux

à la

première

que

l'initiale n-

correspondait à celle de «0/ accentué

de l'ancien no atone.

Un

emploi analogue de

iinde,
:

qui est
cf.

peut-être issu de indCy a laissé des traces

en roumain

el si

as adiise aminte. cà femea sa era însârcinatà si unde àl coprinse

un

dor de dînsa

(Basme 60,

15

:

il

se rappela
pitié).

que

sa

femme

était

enceinte, et c'est pourquoi

il

en eut

§ 65.

Ensuite, d'une manière absolument analogue,
l'ital. vi, ci,

ibi et ses

représentants, c.-à-d.
a. -port. la
/,

le franc, y, le

prov., a.-esp.,

sont employés dans tous
le

les cas


en

figure

autrement
il

préposition ad\ mais, pour
:

datif

pur

et simple,
ital.

est plus

rare

cf.

en

ital. ci

penso, franc,

fy
i

pense,

ci risponderô,

franc,

fy

répondrai, en prov. tant
i

pessa (Boèce 135) et aussi

ni seive^i no

aun

nfert tan (Appel, C. 88, 11), en a.-esp. meted
}ion se si entrare

y
e

las fes

(Cid 120),

y mas

(^220), crece nos

y honra
rappor-

tierra e onor

(3413)

etc.,

en

a.

-port,

e elle se

oiitorgou hi beni
faire
lit

(Graal 106).

Ici aussi la

langue moderne évite de

ter l'adverbe à des

noms de personnes; cependant on

encore

chez Molière ne vous y (à Élise) fie^^ pas beaucoup (Crit. 3). Ensuite I'italien a encore introduit l'adverbe dans des cas

comme verra da noil Si, ci verra. E stato da voil or, comme ici l'on pouvait facilement reconnaître
représentants des

Si, vi è stato;

dans

ci,

vi des

pronoms personnels,
la

ils

s'introduisirent aussi

bientôt dans tous les autres cas à
et

place de a noi, a vol atones

même

de
sa

noi, voi; et alors

donc,

comme

vi s'associait flicile-

ment par

forme

à voi,

on put

aussi maintenir ainsi entre les

deux particules

ci (ici) et vi (là)

une distinction perdue
II,

ailleurs.

Comme
patois

nous l'avons déjà remarqué

§ 83, ci reçut dans les
:

une extension encore plus considérable
n'y a

ainsi l'on dit

p. ex. en sicilien diricci (lui dire), cci dissi (il lui dit); sur \q gc

lomb. correspondant,
Faut-il aussi,

il

non
le

plus rien à ajouter
t.

ici.

comme
i

nous l'avons admis au
prov. loy

II,

§ 84, citer ici

(8:)

Ta. -franc,

et prov.

(dans

lo

li)}

Cola

est

douteux

84
sur
le

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 65.-67.

après les objections formulées là-contre par Ebeling, Auberée, Obs.
vers 655.

L'étymologie de ge reste

indiflFérente

pour

la
ici

question de sens; toutefois, pour être complet, on peut signaler
l'article

de C. Salvioni en faveur de
fil.

la

combinaison ancienne de ge
de P. E. Guarnerio, qui

avec vi (Stud.
fait

rom. VII, 195)
z7'/

et celui

aussi

remonter à

le

sarde bi (Arch. Glott.

XIV,

191,

i).

§ 66.
les
les

Tout
«

autre est

la

façon dont, en sicilien et en roumain,
place du

adverbes prennent
verbes

la

pronom-régime neutre après
:

entendre
ils

» et «

voir »

cf.

en

sic.

vittinu akkussi

(Fiabe io8,

virent cela),

siiitcnnii
il

akkussi (92,

entendant

cela) et aussi dissi akkussi (i lo,

dit cela);

en roum. au^i asa
les

(Basme 133,
cas,
il

il

entendit cela) et autr. seinbl. Dans tous
la

s'agit

d'exprimer

manière dont une action s'accomplit,

sans nouvelle mention de l'objet
cette action se rapporte.

précédemment énoncé auquel

II.

Le Pronom Réfléchi
la

§ 67.

C'est seulement à

troisième personne que
le réfléchi;

le latin

possède une forme spéciale pour

naturellement, elle

n'a pas de nominatif et de plus s'emploie indifféremment pour
le

singulier et le pluriel. Les langues

romanes

l'ont conservée,
:

mais en en restreignant sensiblement l'emploi

en

effet, elles

ne s'en servent plus que pour désigner le sujet de la proposition principale, mais non celui d'une subordonnée. Par conséquent
le latin se occidit
si nccise,

se traduit
il se

en roum. par en esp.

se

ucise,

en

ital.

par

en franc, par

tua,
la

^\\r se iiiaiô,

en port, par

se

matou, tandis que dans

phrase Jugurtha

utilités obtestatur

iiti sese

regnuuique suuiu ob Rouianoruui avaritia défendant, partout
sese serait

aujourd'hui

rendu par
la

le

pronom

personnel,

comme
qui
faut
il

du
(82)

reste

l'aurait fait aussi

langue populaire de

Rome,

avait en pareil cas délaissé le réfléchi. Mais, après cela,

une répulsion bien marquée à l'égard du réfléchi surtout après les prépositions, c.-à-d. donc lorsque le pronom est ainsi au lat. inter se dicebant répond, il est vrai, en tonique
signaler
:

esp. -port, decian entre

si,

mais en roum.
ils

TJceâ intr însii,

en

ital.

dicevano fra loro, en franc,

disaient entre eux.

Cette réserve

^67.
faite, le

LE PRONOM RÉFLÉCHI

85
sine

roumain présente une complète équivalence entre
en général
il

et g/,

lui;

préfère ces derniers et ne conserve

l'autre

que dans des locutions
revient à lui),
se

comme

jiibirea de sine

(amourîsî

propre), stàpînirea de sine (empire sur soi-même) etc. et
în sine (il

vine

rapede fârà sine
a par

(il

sort de ses gonds),

cl delà sine

a fàcut sa

(il

lui-même
qu'on

fait

en sorte que).
le

Mais, ce qui prouve combien peu on a conservé

sentiment
venit

de

la

signification de sine, c'est

dit aussi

:

me-am

în sine (je suis revenu à moi), alors

aurait été

me-am

venit in mine.
seco

— L'italien,

que l'expression correcte
surtout dans les
lui, cou lei, con loro

premiers temps, emploie
bien
le joint à

pour con

ou

eux

:

seco lui, seco Ici,

de sorte donc qu'ici aussi,

mais

d'une manière un peu différente, on a complètement
réel

perdu l'intelligence du sens
29,
ils

de

seco

:

cf. steîtero seco

(Lasca

se
5

tinrent avec
:

lui),

furuno

aile

mani

seco

(Arioste,
lit

Supp.

5,

ils

en vinrent aux mains avec eux); on
seco

même
les
sic.

encore chez Leopardi querelandonii
patois
se

(178) etc. Dans paraît avoir reculé encore davantage cf. p. ex. en
:

parrava tra d'iddu (Fiabe 307,

il

disait

en lui-même)

etc.

Dans les parlers de la France au moyen âge, soi, se est d'abord employé comme en italien, mais de bonne heure et dans une
proportion assez étendue apparaît
le

pronom personnel
lui vengier
es
la

:

cf.

déjà

dans Eulalie a
se^

lui nos laist venir

ou de

jamais ne

li iert

(Roi.

même
et

1966); en prov. ab ell temps le réfléchi persiste, et
les

(Flam.

1885). Mais en
est

conséquence en

que

pendant longtemps

deux pronoms ont presque
les cas

même

valeur

qu'on ne compte pas

ils

s'emploient l'un pour

l'autre. C'est

seulement au cours des
des

xvi"^ et xvii*^ siècles

que

s'établit la règle actuelle

qui restreint l'emploi de

soi à

ne plus

représenter que

noms

de

choses ou

indéterminé,

comme
(//

on, aucun, chacun, qui
soi);

amphibologie
une

rapporte tout à

un sujet personnel ou à éviter une toutefois on rencontre

encore assez fréquemment chez Molière des exemples
fille

comme

que ...

Un

Valère a séduite

et

M. 926).
ments de
I,

— En espagnol
el
:

fait entrer che^ soi (É. d.

aussi l'on observe parfois des empiétele

cf. el

vi^caino que asi

via venir contra el
él

(D.

Q..

8),

el

hermoso panteon, que estaba costruyendo para
le

(Clem.

(83)

124), et

PORTUGAIS emploie

si

et

conisigo

comme forme

86
tonique du

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION
:

§ 67.-69.

pronom de

politesse
:

cf.

neiii

inesmo comsigo, snra.

D.Josepba(Que'iroz,Cr. A. 73 pas même nào qiicr que eu me sente ao pe de si (97, ne puis-je pas m'asseoir
avec vous, Madame].),

auprès de vous)

etc.
se

Sur l'emploi de

atone pour

iiic,

te

dans

les

Grisons, v. ^ 380.

III.

IJk et Ipse
ilJe est

§ 68. Chez les grammairiens latins déjà, pronom de la troisième personne, et il

usité

comme
lui, a

s'est

conservé dans

toutes les langues

romanes
ipse.
si le

à

l'exception

du sarde qui,
il

confié cette fonction à

Sur ce

sujet

n'y aurait pas un

mot de

plus à ajouter

roumain

et l'italien n'offraient aussi,
ipse à
la

dans une large proportion, l'emploi de cet
y regardant de plus près, on constate
ici

côté de

ille.

En

que

concordance des
et le

deux langues romanes de
de
ille

l'Est

dans

la

réunion

croisement

et ipse

comme pronom
que
le

personnel, est purement extéipse et ille

rieure, accidentelle;

roumain combine

pour

des raisons et d'une manière tout autres que l'italien, ce qui
exclut donc toute idée de rapport historique entre ces deux

langues.

Dans le plus ancien document linguistique roumain, Codex Voroneteanus, el est seul usité pour le sujet et le régime; après les prépositions on a tantôt îns ou tnsul, tantôt el
§ 69.
le

dans

;

et ces

formes se répartissent
:

comme

suit

:

en exige toujours la

forme déterminée
lement

cu-r-unsiil; après la et delà apparaît généra-

dîns, après îîitru

généralement

ins {el apparaît

seulement

dans des cas isolés); après spre

et càirà l'usage est indécis; de

n'admet que
duisant

el.

Les textes ultérieurs offrent des déplacements
l'autre.
Il

dans un sens ou dans
le

est tout naturel

que^r^
el
;

intro-

régime direct (§ 352) conserve d'abord
les

mais en
dans des
s'est
:

dehors de cela
aussi
el,

autres traductions de
c//,

hi

Bible présentent

même
le

après

et le

mettent après spre

même

cas

Cod. Vor. nous
tard, bien

offre îns.

La forme cu-n-unsul
la
il

perdue plus
i

que Michael Moxa
:

connaisse encore

si

purta cu-n-unsul in oasteÇ^Si, 17
si

la

porta avec soi dans sa
:

(84)

couche),
allait

mergea

si

Bnitfi cu-n-unsji (356, 37

Brutus aussi

avec eux) etc.,

mais déjà

il

dit aussi si

multi Turci périra

§ 69. 70-

^P^*-^

^''^

^^^^'

COMME PROXOMS PERSOWELS
beaucoup de Turcs périrent avec
s'est

87
lui).

eu dhisul (404, 29

:

et

L'emploi de

âinsitl

au cours des temps
il
il

implanté de plus

en plus au point que de nos jours
les

est

presque seul usité après

prépositions et aussi après prc;

sert

même

de sujet, mais

alors

rarement

et

uniquement
à

lorsqu'il se rapporte à des êtres
insitl

vivants, surtout

des
les

personnes. L'ancien
întrînsitl,

n'est

plus

employé que dans
Irînsiil.

combinaisons
allé

dintnnsul, prinel

On

est

encore

plus loin en Olympo-Valachie, où

ne se rencontre presque plus, tandis qu'au contraire en
et à

Istrie

Meglen

il

paraît être

la

forme habituelle

même
insiil

après les

prépositions.

Quant aux

rapports de îns et

entre eux,

nous avons déjà observé qu'après en, dans les premiers temps, on trouve sans exception la forme la plus longue, et même ailleurs elle prédomine à tel point au début qu'on ne doit pas y
voir

une combinaison de

îiis

avec

l'article,

mais plutôt

el

ou

pour mieux dire

le latin ille

renforcé et d'abord emplo3'é avec

certaines prépositions.

ou

à côté

de

eniii illo,

Donc, déjà de très bonne heure, au lieu on disait aussi enni ipso illo, expression

où, dans une langue qui postposait iUe employé
l'accent devait

comme
le

article,

presque nécessairement reculer sur
peut-être aussi,

second
le

membre, bien que

comme

autoriserait à
il

sup-

poser l'assimilation vocalique dans ennnnsiil,

n'occupât point
la

originairement cette place. Plus tard alors, sous
l'habitude qu'on
avait

pression de

de
-//

placer

après les
(§ 156),

prépositions {eu

on se servit aussi parfois avec le pronom de îns, msà, sans que pourtant cette innovation provenant d'un malentendu l'ait emporté; car la langue littéraire aujourd'hui ne permet absolument que ele dînexcepté)
la

forme sans

des

noms

sul, de dînsa, de dnisii, de dinsele, la dinsul etc.

§ 70.

En ITALIEN

la

sjtuation est essentiellement différente,
esso.

bien qu'ici aussi l'on constate une lutte entre egli et

Une
(85)

première observation à
sonnel tonique paraît
centrale,
et

que ille comme pronom perinconnu aux parlers du Sud de l'Italie
faire, c'est

notamment de Naples (mais non de
et,

Sicile,

de Calabre

de Tarente), des Abruzzes, aux patois des environs de dans
les

Rome

au Nord jusqu'à Ronciglione inclusivement

premiers

temps, aussi de

la ville

de

Rome

:

d'accord avec le sarde, au

88
contraire,

CHAPITRE
ils le

I

:

LKS MOTS À FLEXION
ipsc,

§ 70. 7I.

remplacent par

et c'est Là ce

qui doit expli-

quer que Mathilde Serao
entre cgli et csso
:

p. ex.

fasse à peine

une distinction
. .

cf. p.

ex. egîi la

chiamava
siilla

.

essa accennava

che slava meglio, iina lieve

luu appariva

sua fisonomia, ed ella
essi
e

ricadeva (Ad.
rocchio
siio

Am.

60),

Anna
si

sapeva che

erano là

(62),

(de Cesare Dias)

facea vitreo
lo

in quel silen^io ella

intendeva di cssergli spiaciuta. Essa
essa

sapeva (67), egli vide che
cosi bcllo che la fancinlla,

....

lo

guardava (ji), rattimo era

inconscia, pregava perché esso si arrestasse (95), con cui le donne

crudelmente awelenano
cette

qiielli che esse

restriction

qu'il

non amano (107) etc., avec y a peut-être une préférence un peu
Il

plus

marquée pour
fait et

esso.

pourrait y avoir aussi connexité

entre ce

l'usage opposé des écrivains
éviter
esso,

du Nord
sicilien

et

du
le

Sud,

qui

paraissent

tel

le

ferrarais
le

Arioste,

génois Barrili

ou,

sur un point
ils

opposé,

Verga.

Quant aux
de

Florentins,

ont complètement restreint l'emploi
et,

egli, eglino

aux personnes

même

après les prépositions,
////,

ils

font rapporter esso aux
personnifiés.
aussi

noms de
:

choses,

lei

à ceux d'êtres
esso

Chez Boccace
sujet personnel
il

on rencontre

ensuite

usité

comme
3,

essa spesse volte

andava a Rustico

(Dec.

10). Mais

faudra encore un certain temps avant que

cet usage

ne prévale. Ainsi Cellini également restreint généraesso

lement l'emploi de
c'est

au cas où

il

suit
essa

une préposition,
notam.ment

et

seulement chez

les

modernes que
:

est sou-

vent préféré

comme

sujet

la

raison en est

évidemment

l'équi-

voque résultant de l'emploi de Ella ou Lei
politesse (§ 86).

comme pronom

de

Ainsi peut-on,

comme

dans une phrase de
egli et essa

M. Serao

citée plus haut, rencontrer tout
Il

simplement

l'un à côté de l'autre.

reste surprenant

que

le cas contraire esso
l'est

puisse aussi se constater, p. ex.

dans

le

vieux génois coni
il

(Arch. Glott.

XIV
le

33, i) en regard de coin ella (4);

ne

pas moins que
eso,

Brandan en ancien vénitien emploie souvent
personnel, usage qui est pourtant tout
anciens ou modernes.

esa

comme pronom

à

fait

inconnu

à d'autres textes vénitiens

§71. L'affaiblissement de sens que
dans
ille

l'exposé précédent atteste
à

et ipse,
cil

s'est

également produit
les

une époque

ulté-

rieure pour

ille

dans

Grisons,

le

Nord de

l'Italie et vrai-

§ yo- 72.

lUe ET Ipse
ailleurs
la

comme pronoms personnels
aussi.

89
rédacteur
(86)

sembkiblement
sursilvain

C'est

ainsi

que
très

le

de

Cuorta Memoria emploie

souvent quel
:

notamment comme régime
viig
II

et après les prépositions

cf.

quels

chc visitassien devo^iusamein la basel^ia de Sointg Benedetg a

Som-

quela gidassien cun almosnas (209, 26
l'église

:

ceux qui visitaient
la

dévotement
Grischuns
l'aide des

de Saint Benoît à Somvitg ou qui

secou-

raient de leurs
e

aumônes),

quels de Turitg han garegiau agid dais
:

quel era obteniu (221, 7
ils

ceux de Zurich ont
et ainsi

sollicité

Grisons et

l'ont

obtenue)

encore assez sou-

vent;

cf.

en outre in schnider ha voliu
1 5
,

ira pil

mund

cntiwrn per
aller par
sigli
:

mirar giu quel (Sûrs. Màhrch.
le

i

:

un

tailleur

voulut

monde pour

le

connaître),

els ein

aber stai pli sperts, ein
clla ord
il

a

mumma
ils

els egls et

han cavau quels ad
ils

tgau (6, 19
la
le

mais
et

ont été plus prompts, ont arrachés de

ont sauté aux yeux de

mère

les lui
l'Italie,

la tête).

En

ce qui concerne

Nord de

on peut
kel

se

borner à signaler que Biondelli
la

écrit

même

dans

le

paradigme de

conjugaison

l

:

en

tur.

kyel

a porta,

mond.

u porta, alex, kul

porta,

parm.

kol el porta (il
lor,

porte), alors qu'au pluriel

Turin

et Parme conservent
la

que
kei /

Mondovi

et

Alexandrie adoptent

forme correspondante

porta, kul la porta.

IV. Les

Pronoms

Possessife

§ 72.

L'emploi

et le sens des possessifs appellent

peu d'ob-

servations.

A

la

différence

du

latin, siius n'a plus

une valeur
latin

purement

réfléchie,

mais

il

s'emploie généralement devant une

troisième personne,

de sorte

donc que
franc,

p.

ex.

le

Deuin

agnoscis ex operibus ejus a plutôt
l'ital.

pour correspondant en roman
tu connais

conosci Iddio

dalle sue opère,

Dieu à
le

ses

œuvres,

esp.

conoces à

Dios à sus obras.
le

Toutefois

roman
avec

aussi préfère
de,

souvent au possessif
la

pronom personnel

a ou sous

forme du

datif,

de sorte

donc que nos premières

recherches doivent porter sur
C'est chose remarquable
lien accusent

le le

rapport de ces deux tournures.

français surtout et moins l'itaune certaine répugnance à établir une relation entre suus et des objets inanimés on dit cette affaire est délicate, le succès en est douteux, non son succès; et l'italien aussi prétére-

que

:

90
(87)
rait ne.
le

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
t.

§72. 73-

Nous

avons montré au

II,

§

92 que, pour marquer

rapport avec une pluralité de possesseurs, à côté de suus on

rencontre illorum, en sarde ipsorum, et que ces anciens génitifs,

quant

à

la

forme

aussi, sont

souvent assimilés aux pronoms
il

employés
faire

comme adjectifs.

Mais

reste encore

une remarque
il

à
se

relativement au sens du rapport de possession, car

présente à ce'propos des particularités de toute espèce.
Pour
les rapports entre sinis et illorum,
II,
il

faut actuellement encore

renvoyer à A. Tobler, Beitr.

80-82.

§ 73.

C'est le

ROUMAIN qui

a le

tion de suiis à ejus et, dans les
cesse pas

moins généralisé la substitupremiers temps surtout, il ne

non plus

d'hésiter entre illorum et suus.

Une
I,

phrase
puse
:

comme
nunie
ils

se

înhinarà lui

Adamn

ca niste rohi
ei

domnu sâu
(C. B.

si le

Adamù

tuturora, càriiasi pre podoaha

346, 28

s'inclinèrent

devant
leur

Adam comme
à tous des
la

des valets devant leur

maître et

Adam
il

donna

noms conformes

à leur
le

nature) conserve assez exactement
latin,

distinction faite par

mais

en est d'autres où l'on observe l'équivalence
:

complète des deux tournures
lui

fàci'i

Dumne:{eu omiil eu mâna
:

pre kipul obra:(idui sàu (346, 18

Dieu
:;jse

fit

l'homme avec

sa

main

d'après

la

forme de son visage),
(C. B.
II,

slugelor lui à côté

de

/jse slugilor sale

147

:

il

dit à ses valets).

Un
un
:

phé-

nomène remarquable,
l'exemple suivant
:

c'est

l'alternance entre lui et sâu dans
vis
:

mai

nainte de nasterea lui va^iï tatà sâu

cà ràsâri soarele den trupul muierei-lui (C. B. I, 357,
sa naissance

27

avant
sa

son père rêva que

le soleil s'élevait

du corps de

femme), où l'on voit que sâu et le premier lui se rapportent à un être précité, mais non représenté dans la phrase, et le
second
////'

au sujet de

la

proposition principale. C'est surtout
lui,
ei
:

quand

il

pourrait y avoir équivoque que

est

usité

:

bote:iâ acel

impàrat

si

slugile lui

(C. B.

II,

152

il

baptisa cet

empereur
(C. B.

et les serviteurs

de celui-ci); parfois aussi, on ne voit

pas de raison réelle à son
I,

emploi

:

cine

va vrea de voia

lui
Il

362, 10

:

celui qui veut de sa propre volonté) etc.
:

en
si

est

de

même
si

au pluriel

iii

sfalul lorii

nu

soscascà sufletul

mieu

în adnnarca lorû

nu

fie

slava mea, câ in viâniia sa omorârn

pre

omu

in hràhoriia sa cia orbitoare

omorârâ pre

taore, blàste-

§73- 74mata sa
fie

REPRÉSENTANTS ROMANS DE SUUS LATIN

9I

màmia

lorn (Gaster
et

I,

3 5,

suive pas leurs conseils,

que

ma

que mon âme ne 26 grandeur ne se confonde
:

(88)

leur colère ils ont tué des pas dans leur compagnie, car dans bœufs. Mauhommes, et dans leur légèreté ils ont aveuglé des
dite soit leur colère).

ou ad lorsqu'il importe lorsque donc le contexte à d'éviter l'ambiguïté de sens de 5//?/^, possesseur est masculin ou féminin lui seul n'indique pas si le ou bien aussi lorsque le alors qu'il est nécessaire de le savoir,
emploient
le

§ 74.

Au

lieQ

ou à côté de

siius

etc.

les

autres langues

pronom personnel avec

de

spécialement en relief. L'itarapport de possession doit être mis pronom de politesse la lien se sert de di Lei, surtout comme sua bontà (sa bonté), sans di Lei boni à (votre bonté) à côté de la pour de cet emploi une règle absolue, ou bien
:

faire

pourtant

di lei (en ton appuyer davantage per onor di te e per consola^ione encore pour éviter honneur et pour sa consolation), ou bien
:

(Lasca 192, 21). On dit pari suoi concurremment centomila pari di lui (Serc. 396) et // moderne ajoute (Arioste, Cass. 5,4: ses pairs). Le français personnel avec à pour éviter l'équiau possessif le pronom

l'équivoque

:

passando dairiiscio di

lei

voque

:

quelques

billets

elle, de mille francs, tirés de sa bourse à
:

ou

son père à lui. En pour appuyer davantage pronom personla langue recourait à de avec le anciennement,

pareil cas, plus

nel, sans

exprimer

le

possessif

:

et

si

vous voulez avoir la bonne^

amy et serviteur de lui grâce d'elle, je vous conseille de vous faire qu'il y ait pour motif un (Hept. I, 348). Mais, même sans
besoin de clarté,
font
le

vieux français

et

encore

les

xv^ et xvi^ siècles
:

fréquemment usage de
seit

cette construction

cf.

Vanme

de

tei

et la grant mise (Roi. 2934), se la cortoisie seussent por le douçor de li et por samor proesce de lui (Ch. Lyon 4022), portée, la mère (Auc. 24, 77), mais se la fille sesjouissoit de sa N. 14, 84), ctU^l à d'elle en avoit à cent doubles joyes (C. N.

en pareïs

Tenterrement

d'elle

(Rabelais

II,

3) etc.

On

constate

un

en espagnol emploi tout spécialement fréquent de de elle etc. du qui s'explique aisément par l'ambiguïté
et

en portugais, ce

sens de su.

qui vient d'être étudié § 75. L'emploi

du pronom personnel

92

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§

1%-1^datif de

avec ad ou, ce qui revient au
(89)

même, de

la

forme du

ce

même pronom
le

à la place

du

possessif, a pris

en roman une

plus large extension qu'en allemand. Mais

comme, même dans
nào sentiram a

des cas tels que
versa (Diniz,

port, vocês perdoem se eu Ibes interrompo a condiias innàs, que Ihe

Pup. 248) ou as
le datif

entrada (196),

continue pourtant à dépendre avant tout
dire

du verbe, on ne peut pas encore
le

proprement

qu'il

remplace

pronom

possessif de la
Il

même

manière en quelque sorte que
le

le fait

illonim.

n'y a qu'un seul dialecte isolé,

macédonien,
:

où cependant
ts

le

dernier pas se trouve aussi franchi

cf.

fatsa

din tràndàfilà (Weig.,
ts

Arom.

12, 4

:

ton visage

comme une
dada
Toutefois, à
sa n yinà
tu,

rose), bagà n

fesea (13, place-moi ton fez sur la tête),
:

n

m

îngàcea (13, 8

ma mère me
pronom
:

gronda)
conservé

etc.
:

côté de cela, l'ancien

s'est

cf.

mânle a meale (12, 12
frâmtea
aussi ne
tao (21,
fait

qu'elle vienne dans

mes mains), dâ n
valaque
et

donne-moi ton front)

etc. D'ailleurs le

aucune distinction entre caln-nù

cahd mieu (mon

cheval). Cf. encore § 270.

§ 76.

Souvent l'emploi du possessif
de possession
soit

est

PLÉONASTiauE,

soit

que

l'idée

exprimée par

habere, soit qu'elle le
il

soit par de

ou ad ou

le datif possessif;

mais

faut faire abstrac-

tion complète des cas étudiés au § 74, où il ne peut assurément pas être question de pléonasme. Nous avons donné dans
le

paragraphe précédent un exemple du macédonien

:

pour
:

le

reste, cf. le

roum.

élu ni-i capul nostru

(C. B.
Jor de

II,

122

il

est
I,

notre tête à nous),
:

h

se

va umplea masa

hranà (C. B.

354, 22 lien affectionne surtout des expressions
luoglie

leur table à eux va s'emplir de mets). L'ancien ita-

comme

avea una sua

(Nov. 40), avea un suo casteUano (35), avea una sua donna (Sacch. 84), aveva un suo iinico figliuolo (Cellini 13), aveva un suo primo e valoroso capitano (3, 12) etc.; pourtant on
rencontre aussi parfois l'autre tournure
:

di tutti

i

servi

le

magagne

loro racconterai (Pulci,

Driad. 2, 23).
cf.

En ancien franet Jos.

çais les cas sont

très rares

:

entre autres mais vous
sa vie (Barl.
et

nentendés mie de Yosaphas sœvre
31), ïemperur ne
S.
dutex^

et

288,

mie sa rage

sa grant

folie
le

(Chardry,

Dorm. 959),

sa proece qu'il avoit

(Ccy 346);

provençal

§ 76. 77et
le

POSSESSir

PLÈONASXiaUE ET SENS DES POSSESSIFS
:

93
so
es

CATALAN au contraire en offrent en abondance

(90)

d'amor sa dreitura (Flam. 3203), de metges lor metgia (B., D. 222, 13), de ciii vos vuelh comtar sa via (216, 16), un dart don
ont

non pot son colp veser (B., C. 251, 3), de na Faidid' atretal

vuolh sas bellas den:{ en dos (B. Born 12, 51) etc.
plus loin encore en espagnol et en portugais
:

On

est

allé

cf.

en esp. anîes
Fele:(_

de la noche en Burgos del entra su carta (Cid 23),
so sohrino del

Munox_

Campeador (741)5 ^^'^ ''^JV ^^ -^'^ niandado (Berceo, Sil. 744), del go:(o cuita es su hennana (Appoll. 265), aveniurando su vida por salvar la suya del emperador (Amadis 322 a), sus padres deLeonisa (Nov. ej. 56), habia un su nido (Cal. 24 b),
un hermano suyo que
ténia (Patran.

159 a)
uni

etc.,

en port, como

se

fossetn seus filhos todos de rei

Artur (Graal 85), ante
era
nieu
soo filho
fex_

sens pees do

cavallo

de seu

irmào (128),

que tiinha

(Aleixo 8, 14)
Cf.

et aussi de seus pecados
Beitr, il, 78-80.

que

(Graal

m)

etc.

A. ToBLER,

§ 77.

La SIGNIFICATION des
voit dans le franc,

possessifs jouit

en roman

comme

en latin d'une certaine

élasticité.

A

côté
«
»,

qu'on

le

ma

maison

du sens primitif tel la maison qui m'apa le

partient »

ou

«

dans laquelle j'habite
»,

nwnpeuple

peuple

une série d'acceptions dérivées. Déjà le latin possède et l'on n'a aucune peine à comprendre mon ami (quelqu'un qui se montre mon égard comme
auquel j'appartiens

on remarque

ci

ami);

il

faut

seulement observer que

les

sont loin d'être tous susceptibles d'être
effet, s'il est vrai

noms de personnes unis au possessif. En
igl

qu'on peut dire en obw.

miu
:

tarditur (Alig

52, 76), en a.-franç.

wow

iraïtor
c'est à

(JAonsk. 9423
peine
si

quelqu'un qui

me

trahit),

en revanche
traître, alors

le franc,

mod.

autorise

encore moti

que

son assassin et autre sembl. ne font
ce

aucune

difficulté.

Rien ne s'oppose à
votre adversaire,

qu'on dise en franc.
(Garnier,
conoissanx^

mod.

votre ennemi,

mais on ne pourrait guère
votre
rebelle
ses

risquer aujourd'hui
Juifves 1104).
L'ital.

même
//

en

poésie

niio

conoscente,

a. -franc,

(S.
tion

Thom. 2563)
du sens de

n'est pas

autrement surprenant, vu l'évolu-

ce participe (p. 22).
:

On
//

peut encore y ratta-franc.

cher d'autres participes

en

a. -franc.

rois ert lor bienvoellans
a.

(Mousk. 27122), prov.

voslre bevolcn

(Daurel 43), en

94

CHAPITRE
(S.

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 77. 78.

sis obedien:^ sui

Thom.

5200).
la

On

s'étonne davantage de
agit représentée
I,

(9O

voir avec des participes passés

personne qui
soen norri

par

le

possessif

:

en

a. -franc,

un

(Turpin

38, 24

:

un

homme

élevé par lui), en franc,

mod.

son obligé

(un

homme
:

obhgé par lui), en a.-esp. es miicho tu pagada (Berceo, Sil. 241 elle est grandement ton obligée), et alors aussi l'idée opposée era el rey su despagado (169, le roi était mécontent de lui). On
peut se demander
à
si,

dans

le

dernier exemple, on n'a pas affaire
et

un procédé purement mécanique
de la casa
del

analogique.

En

effet,

à

l'instar

padre

et la su casa, et

pagado del abad aurait
est

aussi entraîné su pagado-,

cette

hypothèse
l'ital.
//

encore plus

vraisemblable dans des cas

tels
lui,

que
p.

suo niigliore, il suo

pare (à côté de
cadet, pareil, etc.

/'/

pare di

91)

et

le franc,

mon

aîné,

§ 78.

C'est d'une manière analogue que
la

le

possessif s'unit à
est l'objet

des substantifs abstraits pour désigner

personne qui

de l'action

:

en obw. enten miu

regiert

(Alig 75, en souvenir de
:

moi), en

ital, le

ingiurie nosîre (Tasse, Jér. 4, 12
ii\\\.Qs),per

les offenses

qui nous ont été
a. -franc,

anior mio (par
:

amour pour moi), en
beaucoup d'autres
respect

viaïe (R., Alise. 2397

l'aide

qu'on m'apporte), por

soe anior

(Alex. 34 c
et

:

par

amour pour

lui) et

exemples,
(Mol.,

même
74), à

encore en franc, mod. sans votre
votre

Crit.

considération (Sic.

17),

obtenir son

pardon, mes injures (Racine, Ath.

552) etc., en prov. per lur amor (Flam. 184, par amour pour eux) et aussi tos dos (B., C. les dons que tu as reçus), en esp. el tu grau deseyo 133, 35 (AppoU. 253,1e grand désir que tu inspires), cou su miedo (49,
:

par crainte de lui), en port. Collingwood é grande enthusiasta
seu

(Amorim, Am.
sus

Patr,

299

:

C.

est

grandement enthousiaste
dar algumas

de vous),
indicaçôes
l'ital.

saudades (le désir qu'il inspire),
respeito

a seu

sue notizje,

(Amorim, Am. Patr. 41) etc. De même franc, mod. ses nouvelles, esp. nuevas suyas

(nouvelles de lui) se rattache à ce groupe et montre une fois

de plus qu'une locution composée de deux substantifs unis par
de peut être remplacée par

une autre avec
le

le

possessif,

même
il

en des cas où de n'a pas précisément

sens possessif. Mais

n'y a pas d'exemple plus caractéristique de cette substitution

mécanique d'une expression

à

une autre que l'emploi simultané

§ 78-~8o.

SIGNIFICATION DES POSSESSIFS

95

en esp. de encontra mia (contre moi)
(contre l'ennemi).

et encontra del eneinigo

En revanche,
l'ital.

le

possessif se trouve pleine-

ment

justifié

dans

invcce

mia (à

ma

place), suo malgrado,

a. -franc,

maugre

siien

(d'après l'interprétation de maugré

donnée

p. 50).

§ 79.
larité

Enfin, pour terminer,

il

reste à signaler

une particu-

(92)

qui jusqu'à maintenant n'a été observée qu'en portugais

et
«
cf.

en français moderne.

On

dit
«

en port, seu ingrato au sens de vous poltron
» et autr.

vous ingrat

», seu

medroso

sembl.

:

vâ-se d'aqiii, seu maîa-gente

(Amorim, Am.

Patr. 19), dé câ

um

ahraço, seu diabo. Fossé, seu magrisella do inferno (20) etc.,

évidemment encore une fois par analogie avec boni do padre (le bon garçon de père); et le franc, mod. dit de même sa
conversation ne sentait point son curé de vilîage, elle faisait sa petite
princesse inaccessible de contes de fées et autr. sembl.
Cfr. pour § 78 et 79

A. Tobler,

Beitr. II,

69-78, où sont indiqués,
et

pour

le

français surtout,

de nombreux exemples

se trouve

signalée pour la première fois la valeur indiquée au § 79.

V. Les Pronoms Démonstratifs
§ 80.

Parmi

les trois
ille

pronoms démonstratifs
Il

latins, hic a

comtroi-

plètement disparu;
sième pronom,
tion de

et iste, bien qu'ils aient persisté,

ont subi

des altérations de sens fondamentales.
ipse,

s'y est joint

un

qui a considérablement restreint sa fonc-

pronom d
a. -franc,

identité
les

renoncé; ajoutez-y
aquello,

y a souvent tout à fint formes renforcées en roum. acel, ital.
et
:

même

cil,

esp.

aquelle etc., qui sont

mentionnées

§ 564. Parmi les changements de signification, le plus important est la réduction complète de ille et partielle de

au

t.

II,

ipse

au rôle de pronom personnel de

la

troisième personne

68 sqq.)

et

d'article (§
iste

142). La place de hic a généraleet ses

ment

été usurpée par
c-ille,

composés,
par

celle

de

ille

par

la

forme renforcée
espagnol,
esse

celle

de

iste

cotesto

en

italien, ese

en
fait

en portugais. Puis, plus tard,
cel et,

le français a

abandon complet de
il

à

partir

du

xiV' siècle à peu près,
et

a

eu recours à une tournure nouvelle

compliquée,

c'est-à-

96
dire qu'il a
celui-là.

CHAPITRE

I

:

LES
ce

MOTS À FLEXION
ci,

§ 8o. 8l.

rendu

hic

par
la

...

celui-ci, ille

par

ce

.

.

.

là,

non seulement dans les patois de la France, mais aussi dans ceux du Nord de l'Italie, dans le romain et d'autres. Dans le détail, voici quel est l'état
Telle est aussi
situation,

des choses.
§ 8i. C'est
(93)
et c'est
ille

qui a perdu

le

plus de sa force démonstrative,

seulement dans un nombre restreint de locutions plus ou moins consacrées et dans le rôle de déterminatif qu'il présente encore un vestige de sa valeur intégrale de jadis.
Ainsi l'on dit en
entre
ital.

la notte

(Lasca 196, 26
id.

:

cette nuit-là),

Fanno (De Marchi, Giac.
en
franc,
de

51

:

cette année-ci,

au bout
coup, à

de

l'an),

la sorte, de la sa:^on

la façon,

pour

le

la fois etc.,
vei_

en esp. à
en

(en ce
:

moment même),
il

à la

(cette fois,

même
c

temps)

un

leniblor que à la vex^ era

cruel

y agradable (Trueba, H. Cid 106);
part

faut

également

citer

ici l'a. -esp. délia

délia pora las vistas se

adohavan (Cid 1965,
disions,
il

même 2079). Puis, ainsi que nous le comme démonstratif, et alors il y a trois
de
effet,

s'emploie

cas à distinguer.

En

ou bien

le

pronom

représente soit

un mot

déjà exprimé,

mais dont par paresse ou pour des considérations d'ordre esthé-

un mot non-exprimé d'aucune façon, mais facile à suppléer, ou bien il sert d'appui à un pronom relatif cf. en roum. istoria Aretusiî si a hnpàratului Iraklie
tique on évite
la

répétition, soit

:

tatàl sdu,

a

lui Jerotokrit si

a lui Pe:^ostrat taialuî sâu

bi:;^iriolui

(Gaster

II,

178,

i

:

l'histoire

d'Aréthuse et
si

celle

de l'empereur

Héraclius, son père, etc.), calul sâû

al

amiculuï sdu (son

cheval et celui de son ami)
seireman:;^ antiers

etc.

;

en

a. -franc.

Li

rois

.

.

.

fist trois
et

Famé Uterpandragon
il

son père

et la

son fil

la sa

mère (Ch.

Lyon 661,
et celle

jura par l'âme de son père et par celle

de son

lïls

de sa mère),

tournure

aujourd'hui
sol escurecia
:

hors

d'usage; en esp. cuyo resplandor al dcl niismo
I,

(D. Q.

16) et sous une forme un peu différente

se

imagina que la
il

hija del

ventero la era del senor del castillo (ibid.,

s'imagina

que

du seigneur du château); en port, saudades da terra, da familia e as da sua pequena Guida (Diniz, Pup. 24) etc. Le deuxième cas est plus rare cf. en
la fille

de l'aubergiste

était celle

:

eng.
//

ails

da Zuot:{(K. Chr. 24
(S. Lég. 20, les

:

à

ceux de Zuotz), en
les

a. -franc.

Evruin

gens d'É.),

Fromont Çjourd. 1059),

§ 8l. 82.

Il le

ET IpSe

COMME DÉMONSTRATIFS

97

en esp.

los del

mio Cid

et aussi el de la triste figura,
seii

en port.

ouve inedo que

nom
en
//

fosse dos do

linhagem (Graal 49). Le troi-

sième cas

à

son tour a son principal domaine à l'Ouest; touital. vivere nel

tefois cf. aussi

modo

che,

en franc, mod. encore

chez Molière
soi

est

bienheureux qui peut avoir dix mille cens che^
cl ticuipo

(Av.

I,

4), en esp. en
ej.

que

estait

nias secas las espe-

raii:(as

(Nov.

46), en port.

reitor foi

um

dos que

mais

se

com a preoccupaçào do nosso homem (Diniz, Pup. 3) et autr. sembl. Comme on le voit, l'italien ne connaît presque
iinporlou

(94)

pas cette fonction de

ille.

§ 82.
ipse a le

C'est en roumain, en sursilvain et en provençal que

mieux conservé son sens
el es

latin

:

cf.

II, p.

648

et le

prov.

eps

li

Satan (Boèce 18),

d'aquel

eis

per

si eys

(Appel, C. 42, 16)

etc., puis l'adv. eissamen

parven (B., C. 82, 13), (de même).
:

L'ancien français n'en offre que de rares vestiges
(aussitôt), en es cel an (cette année-là), en
et
es l'heure

en es

le

pas

(sur l'heure)

quelques autres (v. § 137)- Q.uant aux points de contact de ipse avec le pronom personnel en roumain et en italien, ils
ont été signalés aux § 69 et 70. Il nous faut maintenant observer en outre que, en italien, esso peut recevoir des acceptions assez
variées.
Il

s'écarte très

peu de son sens primitif dans des locutions
dans cet art même), in
esse opère

comme
laie

in essa arte (Cellini 3 i,

(37, précisément dans de telles œuvres), io soglio prendere non piccola ammira:{ione considerando come tu ci abhi infuso tania e si

ferma
vita
. .

e
.

insa^jahile avidità del piacere, disgiunta dal quale la nostra
è

cosa imperfetta

;

e

da
le

altre parte abbi ordinato che
cose

Fuso di

esso piacere sia
e

quasi di tutte

umane
etc.,

la

più nociva
l'on voit

aile for:(e

alla saniià del corpo (Leop.

176)


bene,

que

esso

rappelle toujours quelque chose qui vient d'être énoncé.
est

Le
i

cas

un peu

différent

dans

chi osserverà
cssi,
:

vedrà che

nostri

difetli e

svantaggi non sono ridicoli
occultarli

ma

lo studio che

noi pon-

ghiamo per

(Leop.

76
le

celui

qui

observera bien

verra que ce ne sont pas nos défauts et faiblesses en

eux-mêmes

qui sont ridicules, mais bien
cacher).
Ici,

soin que nous mettons à les

comme on

son sens originaire.
est

— En

le voit, esso n'est

pas bien éloigné de
esc,

espagnol
latin

et

en portugais

esse

en général équivalent au
.Muvir-LI'bki:, Gniiiiiihilic III.

istc;

on

a

donc surtout
7

98

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§82.-84.

recours à lui pour marquer
pellée
:

un rapport avec
de
sorte

csas frutas que

dices,

la personne interque son emploi est

toujours

permis quand

l'écrivain
c'est

s'adresse

pour ainsi dire

directement à son lecteur;

ce qui explique le fréquent

usage qu'en font certains auteurs. Dans l'ancien espagnol pourtant, esse se rencontre aussi parfois avec
tive
:

une valeur détermina-

valie

mas

essi piieblo

que la avievecina (Berceo, Mil. 320).
le

(95)

§ 83.

Iste a

complètement assumé
que dans
en
âst

rôle de hic,

mais

il

n'a

persisté jusqu'à nos jours

l'Est et l'Ouest.
le parler

En roumain'

sa

forme

est ast, affaiblie
ist

dans

populaire en Tran-

sylvanie; c'est

en Moldavie, aista en Macédoine. L'ancien
fait

ITALIEN (p. ex. chez Dante)

encore de

esta

un

assez fréquent

emploi, mais

la

langue

littéraire

que L'ancien provençal
et stasera, tandis

les parlers

y a renoncé sauf dans stamane méridionaux le conservaient.
offre

aussi

nous

souvent
ist

est,

lequel

a

persisté

jusqu'aujourd'hui; en revanche,
les

au

Nord de

la

France demeure confiné dans
surtout dans ceux de l'Ouest.
il

plus anciens
et

monuments,
que
le

En espagnol

en portugais,

permute avec

ese,

et l'un

ou

l'autre s'emploie suivant

récit

prend un tour plus général ou,

comme

cela résulte

du

§ 82, suivant qu'il s'adresse plus spécialement au lecteur. § 84.

Les formes renforcées appellent peu d'observations. Le

roum.

acel, ital. qiiello, a. -franc, cel, esp. et port, aqiielle

ont tout

à fait repris les fonctions

du

latin ille,
la

mais non sans en avoir

souvent
cf.

affaibli

considérablement

valeur
/

comme
3,

démonstratif:

en

ital.

quelli di

Ronia (les Romains),

Fiorentini avevano

un

esercito grosso

in quel di

Pisa (Mach., Disc.

15), non era

quella tutta la verilà (Serao,
la

Ad,

Am.
e

106), conosceva assai benc

natura umana, quella catiiva

quella huona (102) etc.; en

a. -franc, cels

devant (Roi. 2976), franc,
de

mod. ceux

de Paris (les

Parisiens),
celle écrite

celles
le

ma

naissance, et aussi je joins à

ma

lettre

par

prince; et cette tournure, malgré la réprobation
xvii'^ et xviii^
il

unanime des grammairiens aux
assez souvent.
celui,

siée, se rencontre

A

tout prendre,

est vrai,

au xV" siècle déjà
le rôle d'adjectifs;

ceux ne jouent plus qu'assez rarement

celle se

maintient plus longtemps

et se

rencontre encore souvent
il

chez Rabelais; mais, au cours du

xvi*^ siècle,

se

voit réduit

§ 84- 8).

FORMES RENFORCÉES DE

Illc

ET

IpSC

99
de nos jours,

déterminatif et progressivement aux fonctions de avons que devant le relatif Nous_ guère plus il ne s'emploie forme renforcée de tllc finit aussi montré CS 71 et 142) que la Au sujet des formes et article. par devenir pronom personnel quelque observation peine s'il y a renforcées de istc, c'est à hic, et il n y a que Elles remplacent le latin importante à faire. serve de a% cet qui aille plus loin, qui se le français moderne

-

suivant une remarque dqa formupour rendre aussi ///. et qui, non au moyen du les rapports de lieu lée au § 80, exprime

(96)

noter lieu spéciaux. Il est a pronom, mais par des adverbes de trouve a distance, possesseur se que l'iTALiEN, lorsque le au sens posgénitif-datif des deux pronoms emploie l'ancien ^''^^'^' ''"S"^' ^^^'^P" parole (Lasca 131,7)), ''^•^^^'
sessif
:

le colei

125)

etc.

VI. Les

Pronoms

Indéfinis

signalés au t. II, Relativement au sens des pronoms observations. plus à faire que quelques petites ^ S67 il ne reste que nous avons adopté pour Nous'pouvons ici conserver l'ordre Comme nous l'avons dit, alter en étudier les éléments formels. en italien, généde alhis. Puis il a, surtout

€ 85

X

pris la place

en ce qu'il sert a desidavantage encore sa signification, ree Melmdus, se indéterminée gner directement une personne
ralisé
:

nu

fossi sie

franco

cavalière e ssi proe corne ait

n

ti

tiene (Trist. 3,
le

..) molti
volte

lacciiioli,

con

U

qnali

si

crede andare in paradiso,
cbe

put

(Sacch. 109), d abord 18) etc., où altri représente altrui per ogni calle (Inf. n'importe quel autre. Un un autre que celui qui parle, puis dans l'emploi de unus (v. p. 65J. sens analooue s'observe aussi de sens exposés p. 71, Abstraction faite des déplacements conserve ordinaire, en ital. alciino etc., le pronom indéfini toutefois il présente souvent partout sa valeur étymologique; en ait finalement persiste un sens négatif, et c'est le seul qui auen a d dit encore //
tirano
altrui allô infirno
i,

mena dntto

_

français

moderne. Mais Molière
I. II,

y

maris souffrent paisiblement Çb. 6), ce que d'aucuns cunes passage, la seconde édiF 54); il est vrai que, dans le dernier presque autre côté, aucun et son tion porte déjà quelques. D'un

(M

100

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 85. 8é.

équivalent aiiqiiant perdent aisément

quelque chose de leur

sens indéfini et en arrivent, en tant du moins qu'ils peuvent
s'unir à l'article, à servir de
pîiisor

nom
seoent

de nombre indéterminé

:

//

furent en estant

et si

H

alqiiant
«

(Durm. 729), où
. . .

alquant ne signifie évidemment plus

quelques, des

quelainsi

conques
qu'on
autres)
(97)
les

»,

mais

«

les

uns

»,

«

quelques-uns »;
les
//

c'est

trouve surtout aussi dans
aiiquant ou
//

formules antithétiques
autre (les uns
...
les

comme
:

//

aucun
les

...

adonques descendirent
et autr.

aucuns de leur chariot (C. N.

N.

6,

41)

sembl. L'esp. alquanto aussi présente parfois
:

cette signification

unas tierras dan vino, en otras dan dineros,

en algunas cetera, en alguantas caméras (Berceo, S. Mill. 466).


un

Talis sert dans toutes

les

langues à désigner en général
:

des individus laissés dans l'indétermination
certain »,
tel,

«

un
en

tel », «

un

comme

en

ital. // taie

Eugenio Spadoni, franc. Monsieur
el tal sefior

un certain Monsieur R., esp.

0.

;

ital. pigliate

taie erba,

franc. preue~ telle herbe, esp. cojed tal \erba etc.

§ 86.

Dans une proportion

INDÉFINIS QUI,

assez étendue on rencontre des POUR LA FORME, SONT IDENTIQUES AUX INTERRO-

GATIFS ET

AUX

RELATIFS.

On

Sait

qu'on
le

dit

en

latin si quis (si

quelqu'un)

et autr.

sembl.; cependant

roman ne semble

pas

en posséder de trace directe. Mais
le

c'est bien ici qu'il faut

ranger

roum. ««

a*

(Basme 241),

ital.

un

chè

(quelque chose), puis

l'ital.

fermati tante

quanlo (Leop.

134), né tanto né quanto,
l'autre),

taie e

quale (tel et tel), ne taie né quale (ni l'un ni

a.-tranç. ne cou ne quoi (ni ceci ni cela,

proprement
et

:

ni n'im-

porte quoi), ne tant ne quant, toutes fois
25), encore aujourd'hui
esp. ovyeron se entranws
el

quantes (C. N.
et

N.

par archaïsme toutes

quantes fois,

ya quanto de apartar (Fern. Gonz. 647),

gran poder que

el

avia era

muy

luengo

e

muy

ancho, e agora es
la triste^a

cncogido en quanto

(Buen. Prov. 49, 20), fué de
etc.,

ya

quanto amansado (Appoll. 187), cada quai buscaria armas para
se

arniar (Hita

1555)

encore aujourd'hui
ou

unos

cuantos

(quelques-uns), port, uin

quanto (Diniz, Pup. 30), et aussi en a. -port, avia ja quanto de pessar (Graal 8) etc.
tanto

Ensuite

il

faut citer

ici

l'adverbe quando

:

en roum. din când in

când (Basnie 292, 24), en esp. andan aqiustas tachas las virtudes enganando, peganse quando cou ellas (R. Pal. 380), de cnando en

j;-;,-..«.-e..oevV/

LIBRARY

§ 86.

LES
de.

PRONOMS INDEFINIS

ICI

cuando, en port.

qiiando

cm quando

et de vci

em quando (de

temps en temps). Comment faut-il expliquer cette concordance entre les deux catégories de mots ? Par une influence ultérieure
et

une extension de
pour
la

l'usage latin

?

Telle est bien l'interpréta;

tion qui se présente à l'esprit tout d'abord
testable,

mais

elle est

conest

raison que l'emploi syntaxique en
:

roman

tout autre qu'en latin

ici

il

est

restreint
et

aux propositions
etc.

introduites par des conjonctions,
enclitique à
la

alors quîs

s'attache

conjonction; là il se borne ordinaicomme une rement aux constructions dont le premier membre est un démonstratif. Il s'agit donc d'un phénomène de création romane ou plutôt antéromane, et il y a deux façons de l'expliquer.

(98)

Dans
tiirn;

sa

forme complète l'un des exemples précédemment

cités

serait à

peu près ncc tantupt nec aliquantiim, tantnm aut aliquanmais comme, dans les propositions relatives, c'étaient
talis
la

tantum qnantiiDi,
daient,

qiialis,

tôt

qnot

etc.

qui se correspon-

on adopta

forme

la

plus courte pour obtenir
-franc, ne cou ne quoi

une
s'ac.

tournure uniforme. Toutefois

l'a.

ne

commode

guère de cette explication, à moins qu'on ne veuille
le

admettre qu'il a seulement été formé sur

modèle de ne
«

tant

ne quant. Aussi peut-être est-il plus vraisemblable qu'à l'origine

on

est

en présence d'une proposition relative
;

:

ni tant, ni

autant qu'on veut, autant qu'on pense »
position
relative
sa

seulement, cette prole

n'est

marquée que par
générale,
elle

pronom;
pas

étant

donnée

signification

n'est

réellement

exprimée ou bien l'on n'en a pas
C'est par

même

pleinement conscience.

que

le

sens d'un indéfini.
quels

pronom, employé seul, finit par acquérir le Des cas comme le franc, mod. des gens tels
la

montrent clairement
encore

fonction primitive de quel dans ce
. .

genre de constructions. Sur cbi
autr. sembl., cf.
le §
ici

.

chi,

quando

.

.

,

quando et

209.
l'eng. quai

Faut-il aussi ranger

dans des cas

comme

quai voûtas

a savait- fer datg hijun Poarta grand

iUlial

da quai sasclmn (Caton 2,12:

savoir quelquefois faire le fou apporte souvent grand profit), da quai

chiautun (4,
Certes,

5

:

de n'importe quel côté)? La réponse

est

douteuse.

on pourrait expliquer par la nature atone de l'indéfini Va à côté de IV dans ^«('/(lequel); néanmoins il paraît plus vraisemblable de voir dans quai un ital. qualcJie mal compris,

102
§ 87. Sur
citées

CHAPITRE
la
II,

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 87.

signification et l'emploi des

formes du neutre

au

qu'un

§ 98, voici à peu près ce qu'il y a à dire. Lorspronom se rapporte cà une proposition précédente ou
t.

suivante,

ou bien quand

il

joue

le rôle

de sujet ou de régime

d'un verbe prédicatif (§ 300), alors on choisit en général une forme différente de celle du masculin et du féminin, mais on
peut adopter aussi celle du masculin, ce qui arrive ordinaire-

ment quand, en vertu du développement phonétique,
dans
(99)
le franc, êtes-vous

les

deux

genres, distincts en latin, ont confondu leurs formes. Ainsi,

mère} Je

h

suis,

il

n'est pas

douteux que
la

h ne

soit,

pour

le

sens et sans doute aussi pour
lat.

forme,

le

représentant d'un

illud

ou iJlum employé

comme

neutre,

comme

aussi dans cest la mère le c\ issu d'un plus ancien cou,
ecce hoc.

provient du neutre
seront donnés
le

De

plus amples détails sur ce point
:

aux§ 400

sqq. Autre exemple

l'ital.

da

periutto,

franc, partout,

surtout renferment aussi

un neutre,

ce

que

montre
culin,

à l'évidence,

pour

surtout, la

comparaison avec
ne
se distingue pas

le port.

sovra tudo; mais,
il

comme

ce tutto, tout

du mas-

serait oiseux d'introduire des distinctions

empruntées
semble

à d'autres langues.

Toutefois

il

faut bien accorder

une mention
il

spéciale en français à cou,

ce.

Dans

l'ancien

temps

parfois occuper la place d'un article neutre,

notamment quand
ce
ce

des expressions adverbiales désignant
stantifiées
:

un

lieu doivent être sub-

ce derrière

va devant (Mér. 1102), plus souvent

devant derrière, en
(I, p.

outre ce dessus dessous, puis avec cen
:

pour

dessous,

556) depuis le xiv^ siècle aujourd'hui par erreur écrit

cen devant derrière, cen dessus
sens,

comme

s'il

s'agissait

de sens

=

direction. Mais à tout prendre l'emploi de ce se res-

treint de plus

en plus.

S'il est vrai

qu'en vieux français on pousi

vait l'employer n'importe où, et

de

ce,

pour

ce,

à

ce

etc.

sont encore tout à
xvi'^ siècle
il

fait

habituels chez Rabelais, cependant au
il

déjà, après les prépositions,

est

éHminé par

cela;

a aussi

disparu dans des expressions absolues

comme

ce

non-

obstant, ce disant etc., où, l'on pouvait

encore

le

rencontrer au

xvi« siècle;

il

ne continue à se maintenir

dans ce dit-on et autres formules parenthétiques, dans
cest,

comme régime que comme sujet
sa place.

tandis qu'autrement

il,

h en

position atone, cela

et l'abréviation vulgaire ça

en position tonique ont pris

§ 87. 88.

PRONOMS AU NEUTRE ET AU FEMININ
ital.

IO3

La forme

correspondante

ciô

peut s'employer en général

comme

sujet,

comme

régime

et après les prépositions; toute-

fois elle a

dans qucsto un concurrent assez puissant. Les pronoms
la

neutres de

péninsule iBÉRiauE et des patois de I'Italie mériles

dionale ne s'emploient non plus que dans
en allemand

locutions

men-

tionnées au début; mais, contrairement à ce que l'usage suivi
et

en latin pourrait donner à supposer, cet emploi
adjectifs substantifiés
c'est ce que nous un exemple portugais. La seule noms de nombres indéterminés,
:

ne s'étend pas aux
avons déjà montré
chose
à

p, 12 par

noter, c'est que les
l'esp. poco,

comme
me

mucho, sont employés neutralement

:

poco

tengo, pero estoy contento con eso, et

non

con

esc,

ou bien mucho
sembl.
Il

dijcron, pero apenas lo

îciigo

présente et autr.

est
eso

(100)

vrai que,

dans

le

premier exemple, on pourrait considérer

comme
réalité,

représentant,

non pas de
ici

poco,

mais de

toier

poco;
:

cependant cette explication ne convient plus au second

en

mucho semble plutôt être
Cf. pour l'espagnol
cite la

traité
§
:

comme un
et la

neutre.
Il

Cuervo-Bello

292-295

note 57.

y

remarquable phrase que voici
qtieso,

50/0 trnigo en

mis alforjas un
â un giganfc

poco de

tan dura que pueden descaJahrar con

eJIo

(D. Quich.

2, 15).

On

peut

ici

rapporter

eJlo

z poco; mais

on peut éga-

lement y voir,
sexe est

et peut-être

avec plus de fondement, une tendance à
le

distinguer entre êtres personnels et choses, c.-à-d. entre êtres où

ou

n'est pas

exprimé par une forme spéciale,
dans
<f

et cette distincIl

tion se serait produite en premier lieu avec les prépositions.
serait résulté

en

un

con
»

elJo

le

même
».

rapport avec con

elle

qu'en

allemand

«

damit

avec

mit ihm

§ 88.

Souvent aussi un sujet ou un régime, dont

celui qui

parle ne se tait

aucune idée déterminée,
et alors

est représenté par

un

pronom féminin,
certitude
causa, res
si la

on ne peut pas toujours démêler avec forme originaire est un neutre pluriel ou bien si

ou un substantif analogue est sous-entendu. C'est le roumain qui pousse le plus loin cet emploi en effet, il dit non seulement el a ~is (il a dit cela), mal auxit-a) una ca
:

astà (as-tu jamais ouï

une

pareille chose?),

mais aussi

loate sînt

gaià (tout est prêt), vorbî uiulte (dire beaucoup de choses), sà-sï

cmnperc

celé trebuitoare le

(qu'il achète

le

nécessaire),

même

féminin pluriel avec sens indéterminé.

— En

l'on

a

ita-

104
LIEN,
il

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ 88.

89.
cosî,

faut ranger ici des expressions

comme

la

non andrà
te

la ê cosi (Barrili,

Nott.

Comm.

80), rhafatta bclla,

la dico io,

me

la

pagherà caro, vuol faria finit a (Barrili, Nott.

Comm.
e

qiiesti ce

nha benfaUa una
la
dette

(Sacch. 32), chi dicca una
188,
assena
vos iert 2),

chi

354), unaltra

(Nov. 15),
(55)
(Érec
etc.,

a gambe (Lasca
:

/;/

guella che

en vieux français
colee est

tek

II

(Doon 5145), où
meut
chier

peut-être

sous-entendu,
et

ceste

vandue
(Tobl.,

3569), d'unes
et

d'antres orent

leur plait

tenu

Mitth. 84, 6),

Joserans en ra une portée (190, 19) etc., puis
est re

l'expression fréquente
franc,

en grande (être en grand danger), en

mod,

la bailler belle à quelqu'un,

en esp.
c'est

el

mas
etc.,

diestro la

yerra, buena esta (D.
(loi)

Quich.

i,

12

:

bon)

en port,

ainda sera

boni, se

tempo nos nào pregar alguma (G.
"p^-x

Amorim,
se

Am.
un

Patr. 64), qui s'exprime aussi

pregar iima peça (jouer

tour).

Parmi

les

phénomènes
de
verbes

dialectaux,

on peut
la
:

con-

tenter de signaler qu'en vaudois

et

en dauphinois

s'emploie
plou
(il

même comme
pleut) etc.
;

sujet

unipersonnels

la

cf.
le

§ 280.
vieux français,
le
cf.

Pour

A. Tobler, Jahrb. VIII, 338

et

Vrai

Aniel, remarque sur

vers 2.

§ 89.

Une

série

de tormes pronominales ne s'emploient que
et sans

SUBSTANTIVEMENT, c-à-d. d'uuc manière indépendante
être unies à

un substantif
mais
ce
-/

:

en

ital.

questi

mais questo signore,
italien, ce sont les

en franc,

celui-ci

monsieur-ci.
t. II,

En

pronoms en
sert

mentionnés au
:

p. 130, et cette

forme en

-/"

pour
al tri

les

deux genres

io

sono quella che tufiiggi.

La Natura?

Non

(Leop. 164). En outre, en parfaite conformité avec

l'observation faite p. 77, colui, costui, colci servent aussi
sujet,

comme
régime

tandis

que quegli ne s'emploie guère

comme
-0

ou après

les prépositions.

étant insuffisante à

La marquer

finale -/
la

d'une part,

de l'autre

distinction entre le

pronom-

substantif et

le

pronom-adjectif, celui-là peut être caractérisé
:

par l'adjonction de uno ou uomo
à côté

ognuno à côté de ogni, certuno

de

certo^
il

tahino à côté de taie, et aussi en a. -ital. ognuomo;

cependant
cuno

se produit

de bonne heure une confusion
dès l'origine

:

cias-

notamment s'emploie
FRANÇAIS,
il

comme

adjectif.

En VIEUX

faut observer

que

la

forme féminine du

§89.-91pluriel
cesti's
r^;(

PRONOMS EMPLOYÉS SUBSTANTIVEMENT
(II, p.

IO5

exclusivement

133) s'emploie exclusivement comme adjectit, comme substantif; pour les autres formes,
les

c'est

seulement dans

derniers temps que s'établit la distincxvi*^ siècle celle

tion des

deux

classes.

Jusqu'au

conserve incontiré

testablement sa valeur adjective (v. p. 98); chaque,

après

coup de chacun, n'apparaît qu'au
rend alors possible
tif.

xvi^ siècle,

comme

adjectif, et

la

limitation de chacun à l'emploi de substan-

du moins pour quelqu'un, la forme masculine peut une personne féminine. On peut également être appliquée
Ici aussi,
ci

en dire autant de
tinguent ni
le

l'esp.
le

alguien,

port,
et,

algiieni,

qui

ne dis-

genre, ni

nombre

dans l'emploi

d'adjectifs,

ont pour formes respectives alguno, alguni.

D.

LE VERBE
flexionnelles,
le

(^02)

§ 90.

Grâce à

ses

désinences

verbe peut
:

exprimer

trois choses

différentes, à savoir la

personne
(il

canto

(je chante), cantas (tu chantes), le

temps

:

cantat

chante),
:

cantabat

(il

chantait) et

le

degré de

la

détermination subjective

cantat (il chante), cantet (qu'il chante), canta (chante). L'emploi

de

la

personne, abstraction

faite

des différents
la

cas

d'accord
:

ou de non-accord, n'a rien à voir avec
aurons donc, dans ce qui va suivre, à
le

proposition

nous

discuter en première
Il

ligne et dans presque toute son extension.

en est autrement

des deux autres catégories de formes. Très souvent, en effet,
le

choix des temps et plus encore des modes est subordonné

au contexte, notamment quand plusieurs propositions sont placées dans
la

dépendance l'une de
être

l'autre.

Les seules questions
les

qui

doivent

déjà

traitées ici,
et des
le

ce

sont

significations
la

fondamentales des modes
proposition simple et dans
ce

temps, leur emploi dans

groupe de propositions lorsque

groupement n'exerce pas d'influence sur eux.
I.

Les Personnes
langues indo-européennes,
le

§ 91.
le

Comme le

latin et toutes les

roman distingue
le pluriel;

trois

personnes pour
il

singulier et trois

pour

seulement,

est juste d'ajouter

que, dans bien

I06
des cas,
les

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 91. 92.

développements phonétiques ont plus ou moins
exprimées par

la
ici

effacé les distinctions flexionnelles, qui sont alors
les

pronoms-sujets

(cf. II, p.

107 et

III, §

un phénomène qui
négliger.

relève en partie
la

334 sqq.). Mais c'est de la phonétique et de
parmi
les

morphologie, en partie de

syntaxe, et que nous pouvons

En revanche,

il

faut observer que,

langues

modernes, plusieurs
laquelle se distingue

ont

encore

créé

une forme

nouvelle,
la désiil

profondément des autres non par
le

nence, mais bien par

pronom
il

et

par

la signification;
:

s'agit

de

la

3"

personne du singulier indéterminée

en franc,

on
//

chante,

qui est vis-à-vis de

chanic aussi indépendant que

chante par rapport à je chante.

En

outre

il

arrive

que

les

formes

du

pluriel sont usitées

même quand
ou que

elles se

rapportent à

un

SEUL SUJET

et vice versa,

la 3^ pers.

(103)

pour s'adresser à quelqu'un. Enfin il existe gorie de verbes dont on ne forme pas toutes
tels

du sing. s'emploie une nombreuse catéles

personnes,

p.

ex. placer e (plaire), parère (paraître),
fait

ce n'est
la

que
prela

tout à

exceptionnellement qu'on emploiera parfois

mière personne du singulier, ou bien pluere (pleuvoir), où
niers verbes, qu'on
être
ici l'objet

troisième personne du singulier est seule en usage. Ces der-

peut

qualifier

d'uNiPERSOXNELS,

doivent

d'une attention particulière.

ou de nnus ou par
la

La forme indéterminée s'exprime au moyen de homo le réfléchi ou par la deuxième ou la troisième personne du pluriel; homo se trouve surtout au Nord de
§ 92.

France,
la
la

uniis

dans

le

canton des Grisons^
pluriel

le le

réfléchi

en
la

Italie,

deuxième personne du

dans

Midi de

France,

troisième en Espagne, en Portugal et en Roumanie.

En

ce qui concerne le provençal,

une comparaison entre

l'ori:

ginal et la
iévesias
uesès

=

= on y

traduction des poésies de Mistral est instructive
voyait (P. R. 4), entendias

cf.

= on

entendait (4),

on voit (4),

couneirias

plus ^-^ on

ne distingue plus
ici

(20)

etc. Il est

évident que nous sotnmes en présence
le

d'une

façon animée de conter, où
ses auditeurs.

narrateur s'adresse directement à
si

Aussi ne

peut-on pas s'étonner

l'ancienne

langue épique, rarement celle des romans, se
de
la

sert éi^alement
il

deuxième personne du

pluriel (surtout,

est vrai, avec

§92.
les seuls

MANIÈRES d'eXPRIMER LA FORME INDÉTERMINÉE
verbes qui signifient voir et entendre)
:

IO7
l'usage


si

actuel préférerait l'indéfini on
la
veïssie::^

cf. la

formule épique

fréquente

(là

on aurait pu

voir), qui sert à introduire la descripsi

tion d'une bataille

ou d'un cortège, ou

bien s'cntresont fini

que ne

veïstes micii~

PLURIEL est

(Mér. 3012) etc. La troisième personne du parfois employée en espagnol même alors qu'on ne
:

peut avoir en vue qu'une seule personne
(Silva 305).

una vira meJjan tirado
le

Quant
les plus

à homo,

il

se

rencontre dans

Nord de la
encore dans

France dès
le

anciens

monuments

et plus tôt

bas-latin de la Gaule, et

même

on peut constater jusqu'à
des

une

époque

très

reculée

la

coexistence

formes encore

vivantes on et Von.

A

ce sujet les plus anciens textes présentent

une divergence remarquable. En effet, tandis que la traduc/'///;/ fapelc tion des IV Livres des Rois ne connaît que /'//;;/
:

(12,

cuniad (37, 2), //// issi frad l'uni des hoes et que les Dialogues du pape Grégoire aussi préfèrent (37, 6),
2),
:

Vuni

H

de beaucoup Vont
queile
est la

he Vont por soi fesist orisons (23, 3), de

la ont
sei~

chose doit

l'oni

penseir (27,
:

18) etc., dans l'épopée
bien

(104)

forme usuelle
deit

ço set

hum

(Roi. 308), pnr sun
bien
i

gnnr

hum

sufrir

destrei:^

(loio),

poet

hoent veir

(Charlem. 442), enfin dans les romans on a côte à côte l'on et on ou Fen, en la vendeit on le vair, le gris (En. 450), Ven
:

apele cocadrille

(485)

etc.

Le provençal

aussi connaît homo, surle

tout dans les premiers temps, et
Vont no
fai et
'

même

Boèce préfère Toni

:

a salvanunt annar (69), molt val lo bes que ïom jovent (102), mais om per veltat non a lo pel chanut (107),
l laiset


le

l'on doit

donner

à la

négation un tout autre sens que dans
c'est

premier exemple. Ailleurs,
c'om pot nienar (Flam.
etc.,
.

om qu'on trouve
"

:

totas

res

(2389)
e

quan fan
.

so

toc hom trop siiau / 385), ja no don hom los clam croys (Appel, G. 19,
li

24), non
deu

.

sentia ren c\vi

fe~es entorn

(Appel, G. 119, 68),

hom

dire

(Leys

II,

224), cant auria

om

cercat tôt est

mon

(Jaufré ap. Appel, G. 3, 116), so es Ardena, c'om non pot adesmar

(Daurel 368), so-1 pla-^ don hom la castiii (Uc Brun, i, 32), très souvent dans les Sermons Limousins (5, 29; 6, 28; 8, 20 etc.). Mais en somme, à l'époque ancienne et moderne, cet emploi
de om n'est pas bien fréquent; on
la

lui

préfère se (§ 94)
la

ou bien

troisième

ou,

comme nous

l'avons déjà dit,

deuxième

I08
personne du

CHAPITRE
pluriel.

I

:

LES

MOTS À FLEXION
nous observons un
la

S 92.
état

En

Italie,

de

choses très caractéristique. Tandis que

langue écrite actuelle

ne connaît pas
d'assez

uomo comme pronom, on peut en trouver nombreux exemples dans l'ancienne littérature, et nous
la

l'avons aujourd'hui dans

au Nord avec
les

deux grands groupes de dialectes, l'un Lombardie pour centre et l'autre au Sud dans
Sicile, Il est vrai

Abruzzes, à Naples et en
il

que, pour l'an-

cienne langue,
gallicismes;

est difficile

de dire
se

si

l'on n'a pas affaire à des
si,

on pourra surtout

demander

dans des textes

qui sont indubitablement traduits du français, on n'est pas en

présence d'un emprunt servile au modèle.
les Fatti di

On

trouve donc dans
queJlo che hiasimelili

Cesare
altro;

ma uomo

lodarebhc

ad uno

rebhe

ad un

quando uno hasso uomo misprcnde, uomo
legge dice che

torna

ad ira (24), alcuna
nato, an^i lo 'nvii

uomo non uccida
(25)
etc.

cittadino dan-

ruomo

in esilio

Mais chez Dante
13, 105),

aussi

on

lit

non

è

giusto aver cio che

nom

si toglie (Inf.
(>(>),

dal

loco

ingiù dov

uom

s'affibbia

il

manto (31,

quanta uom

più
(105)

va su, e men fa tnak (Purg. 4, 90) etc., et de même Pétrarque et Boccace en présentent des exemples uom dice
:

notamment
y avoir en
être
écrite.

est

fréquent chez ce dernier, de sorte qu'il devait

italien

au moins une tendance qui acquit, grâce peut-

au français,

un
que

certain

développement dans

la

langue
noté

En

ce qui concerne l'italien du
ho)no cantat

Nord,

il

a déjà été

au
i'^

t.

II,

p. 187,

y a

même
sicilien

pris la place de la

personne du
et

pluriel.

Le vieux
ici

emploie simultail

nément homu
l'influence

Vhomu, mais

également

reste

encore à

rechercher de plus près jusqu'à quel point a pu se

faire sentir

du

français

:

cf. ki

lu

homu non juri

ni pcr lu chelu
e

ni per la terra ni per creatiira,

ma

in

bona casuni

rasuni po

homu

iurari seii~a peccatu

in

judicamenln undi homu adimanda
et

sacramentu di veritali (L. Viz. 5),

in ~o divi

homu
dans

intendiri
les

(11,3),
di

in ^0 divi lu

homu

intendiri (11,9). Mais,

Bagni

Pozzuoh, texte en vieux napolitain, on ne peut plus guère
et

songer à pareille action extérieure,

cependant on y

lit

:

se

Vomo
enfin
ndcsc

avesse pustule

(Bagni Pozz. 32), quando
è

frêve
Dans
:

assuctigllale
les
cï. l'a

(Je corpora'), che
il

Vomo
yit

dubitoso de tisico (165).

Abruzzes
l'a

c

y Ta Fonie

a alternance entre

Fuomo

et

un uomo
i,

Fomc

addi a lu rrc (Trad.

68

:

on

compris

§ 92. 93et l'on a été le dire

^^'-'"'^^

"^ ^^
va mnietle huerr a lu
roi), je
huerre
Votii

^^9

au roi),
la

je l'orne


nu
lui
e

(8i,
rend
je

et l'on

va foire
le

guerre au
la

aredà
et

cavalle

cioppe c

Foin

aremann a
le
et

(8i,
la

on

Vome

un cheval boiteux et on dice (82, et on lui dit),
e je

renvoie à
le

guerre),

Fouie porte (82, et

on

lui

porte) etc., à côté de n'orne decé (64, on dit), tutte

nome

va a la huerre ...
va à
je

noinc da nu cavalle (8r, cliaque
lui

homme

la

guerre ... et on
le

pe ccunosce

primere,

S3

n'orne

donne un cheval), coma n'ouw annamuré tutte de la Interne
la

(83,
reste

comment peut-on
tout à
foit

connaître
cf.

première chose
fait

si

l'on

derrière);
fatto).

encore che m'aome

(Pap.

60, che

mi hanno

En espagnol,
mais
il

l'emploi de homhre
est très

est restreint
cf.

aux anciens
onw non

textes,
goste

y

répandu
estar

:

pero aunque

la pera del peral

En

a

la

sombra

es plascr coniuual

(Hita

144), como guarda omnc à su

ninita (Berceo, S.

Mill.

52), nunca connosciô ornne su par en la
Il

sufrencia (Alex. 6) etc.

en est de

même

en portugais

:

que home

força vos

di~ (Graal 30), que te homem homem mate (31), pode homem chegar (Euiv. 356, 3) et encore chez Camoëns por segrcdos que homem nâo conhece (Lus.

m

non pedio (31), qne per

(106)

:

3,

69).

On
la

trouve quelques exemples entièrement isolés de
3^

homo avec

personne du pluriel

:

en

a. -franc,

on vairout

(G. Metz 458), en prov. (S., D. 352, 19, 2).
Sur
l?oino

vernies los quais apellan

hom salamandres

eau tant,
et F.

cf.

H.

Suchier, Rem. au passage
à G.

cité

des

Denkmaler,

Bonxardot, note

Metz 458.

§ 93.

Pour
obw.

uniis,

le

principal

domaine

est

le

Canton des

Grisons; en
typé, en

effet,

tns,

on y rencontre souvent le nominatif stéréoqui se trouve donc avec le nom de nombre in

exactement dans

le
:

même
cf.

rapport qu'en franc, on de homo avec
ch'ins sapi buca segir

homme de homine

en obw. dapia

(C.

Mem.

218,

5

:

parce qu'on ne sait pas sûrement), ins po patert3,
il

gar (Sûrs. Mahrch.
ins stopifar (8, ins
esser leghers

14

:

on peut

se

ûgnrer), pardagava

co

4

:

prêchait

comme on
ci

doit le foire), co savess

cura ch'ins sa ch'igl
:

finiu cun ins sin quest

mund
que

(20,

14

comiTient peut-on être joyeux quand on sait
ins,

c'est fini

de soi en ce monde?). Mais, à côté de

dans

IIO
les

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
:

§

93-94

premiers temps déjà, on trouve aussi in
et

sche in
:

ha gie schi
a

grond adaig

qiiitan sco in vul (Viadi

155, 20

quand on

même
va
.

autant de soin et de prévoyance qu'on veut), cura che in
.

.

vesa ins la fossa (72,
ei

90

:

quand on y va, on
ils

voit la

fosse),

ven a vegnir igls gys, sin

quais in ven a gyr (Alig
sïin tuott

430
Un

:

le

jour viendra en lequel on dira), en eng.
:

que che

dumandaiva (R. Chr. 191 à tout ce qu'on lui demandait), s'iascha Un sia conscyentia mïider (595, par per amur d'roba amour des richesses on fait taire sa conscience) etc. Ici aussi
Ig
.

.

.

l'adjonction de nnns à

la 3^

personne du pluriel n'est pas incon-

nue.

En

se dirigeant

dans

la vallée

on trouve un, n à Greden, aiï d'Ampezzo, formes où il faut voir de rechef unu
vers l'Est,

plutôt que homo.

Au

contraire Erto à la frontière frioulane et

le

Frioul paraissent ignorer complètement ce

phénomène

:

aussi

est-on tenté d'admettre que l'emploi correspondant de « eins »

dans Tallemand du canton des Grisons et du Tyrol n'a pas été
sans influence sur les
l'Italie

Romans. D'autre

part,

il

se pourrait

que

supérieure aussi n'ignorât pas entièrement l'emploi de

unus avec ce sens, car
littéraire
:

De Marchi

écrit

même

dans

la

langue

A

vcderla in certi istanti uno avrebbe detto che (Giac.

(107)

id.

271

:

à la voir

en certains instants on aurait

dit que).

De

même

on trouve en espagnol des phrases
bestias salvajes
i,

comme

por

el

aima

de Cain que es ruin

ventura vivir en Barbadillo, donde vive uno

como las

(Galdôs, Fort. Jac.
non
preift sis

9

(Trueba, H. Cid 84), cuando uno piensa quand on pense), en provençal us
:

trada son parent (Boèce 8) et autr. sembl., qui se

rattachent à

la signification

de unus étudiée à
le pluriel

la p. 65.

Sur l'emploi de unus avec

en

sursilvain,

donne des indications

précises dans sa Ràtor.

Th. Gartner Gramm., § 128.

§

94.

L'emploi du réfléchi pour désigner une personne
est

un phénomène principalement italien, mais en espagnol aussi il est recherché par un grand nombre d'écrivains. En Toscane on a dit de tout temps si dice, si picchia, si
indéterminée
piantano
textes
;

le

vigne etc., pour lesquels

il

est superflu

de citer des

en revanche, en français,

c'est à

peine

si

l'on peut trouver
la

des exemples assurés, et I'espagnol emploie généralement
troisième personne du
pluriel; toutefois
il

se manifeste

chez

les

§ 94-"9<^-

MAXIÈRES d'exprimer la forme indéterminée

m
qui

écrivains

des

cas

une certaine prédilection pour le réfléchi même dans où il ne remplace pas le passif d'autres langues, et
il

à ce propos

faut observer que, contrairement à l'ordre strictele

ment

logique, le verbe reste au singulier et que
le

nom

exprime
passif:

sujet

de l'action

adopte

la

forme

du

régime
i8
:

cf.

se la cercô de sôlidas

mur allas (Trueba, H. Cid
le

on l'entoura (le cloître) de (36, qu'on l'accuse), d que
dit), aîiadase

solides murailles), que se
se vie

acuse

condena (9), dicese (91, on

(42, qu'on ajoute), se oyô un espantoso roido (49), et chez Cervantes se ofende à Bios (Nov, ej. 175), et même déjà
inuy pocos reynos
se

halla (J.

Men. 79); de même en
103)
etc.

port.

:

se

son os grandes feilos (Lus. 2,

En

italien, pareille tour-

nure

est

très rare

:

cL entre autres quivi

ore

m

campane non

s'udiva (Berni, Roi. 67, 54).
§ 95
la
.

La TROISIÈME personne employée par

politesse au lieu de
se rencontre

DEUXIÈME, au SINGULIER
à

comme

au pluriel,

en

Italie,

en Espagne et en Portugal.

En

italien, le

nom

de

la

per-

sonne
ria,

qui l'on s'adresse est remplacé à Torigine par vossigno-

qui

peut naturellement
:

à

son tour être suppléé par
lei,

le

pronom correspondant
xvr'
siècle et

ella

ou

forme qui apparaît au
la

(108)

qui s'étend rapidement, au point qu'elle est

seule usitée aujourd'hui dans les classes élevées de la société.

Par un emploi tout à

fait

identique les Espagnols disent
inerced, et
les

Ustcd, abréviation de vuestra

Portugais
la

Vossé.

Sur

les

rapports de cette manière d'adresser
pluriel,

parole avec la

deuxième personne du

v. §

97. Ensuite,

on

l'a

déjà

mentionné au t. généralement au
s'adresse à

II,

p.

178,

cette façon

de parler s'emploie

pluriel,

dans l'Amérique du Sud, quand on
:

plusieurs

personnes

à

une

forme esp. cantais

répond donc
§ 96.

nhtée kântan.

La substitution de la forme indéterminée à la
le

pre-

mière personne du pluriel s'explique sans doute par

même
Son

désir de s'exprimer avec modestie qui fait aussi remplacer la pre-

mière personne du singulier par
principal

celle

du
et

pluriel (§ 97).

domaine
si

est l'Italie

du Centre

du Nord,

et

même
union

on

l'y

pousse

loin

que

le tosc.

noi si canta (avec cette
le

remarquable, évidemment inspirée par

besoin de clarté, du

II2

CHAPITRE
la
i'^

I

:

LES

MOTS À FLEXION
la

§ 96. 97.

pronom de
de
la

personne du pluriel avec

forme verbale

indéterminée)

et le

lomb. tun hanta ont complètement éliminé
les

langue populaire
les

anciens pluriels cantiamo, kantam.
apparaît déjà chez Bonrareté relative (II,

Dans
p.

textes littéraires, uin kanta

vesin, bien

que cependant encore avec une
si

187);

}ioi

canta, qui doit aussi être ancien dans la langue

du peuple,

a été

longtemps exclu de

la

langue écrite et

même
mais
il

aujourd'hui n'y a pas encore pris pied
apparaît précisément chez

comme
le

il

faut,

des écrivains non-toscans,

comme
:

D'Azeglio, B. Sperani, qui imitent fortement
noi si potrà parlare

parler toscan

(Rom. Mort. 78)

et autr.

Pour expliquer
particulièrement

noi si canta, des

exemples
volg.

comme
i,

noi

le vite si

piaiitano a viajiioH

(Giuliani,
instructifs.

Del

Tosc.

50)

sont

Jusqu'à quel point pareille tournure se rencontre-

t-elle ailleurs?

La recherche

est

encore à

faire.

Un

on chante au
t.

sens de nous chantons a été signalé en territoire français au
p. 195.

II,

La substitution de la première personne du pluriel À celle du singulier est un fait grammatical général dans
§ 97.

tous les temps et

sans doute aussi dans toutes les

langues

quand

celui qui parle veut laisser davantage à l'arrière-plan sa

personnalité. Cette façon de parler, à laquelle recourent volontiers les

écrivains

notamment
la

lorsqu'ils parlent

d'eux-mêmes,

est
(109)

du

ressort,
à

non de

grammaire, mais de

la stylistique.

De

même,

propos du pluriel de majesté,

tel qu'il

est

employé
la

par les princes à l'instar des

Romains
et,
s'il

et des

Byzantins,

gram-

maire n'a rien à remarquer
c'est

mérite un certain intérêt,
le

uniquement parce
la

qu'il

semble avoir été
personnages.

point de

départ de
tout

forme

si

généralement usitée en ancien roman surà

pour s'adresser

de

hauts

En

effet

la le

DEUXiiiME personne DU PLURIEL employée par politesse avec
sens de
la

qu'un,

est

commune
il

deuxième du singulier lorsqu'on s'adresse à quelà toutes les langues romanes, le roumain
est vrai

excepté; toutefois
est

que l'emploi de
ait

vos au lieu de tu
Il

soumis à des fluctuations de toute espèce.

n'y a que

l'es-

pagnol

d'Amérique

où où

il

pénétré jusqu'aux plus basses

classes de la société et
p.

il

ait,

comme on
tu.

l'a

déjà dit au
la

t.

II,

178, entièrement éliminé l'ancien

Sinon,

langue des

§97-

PLURIEL POUR SINGULIER PAR POLITESSE

II

3

populations agricoles et des classes inférieures des
plutôt vos ou

villes évite

haut placés,

du moins ne s'en sert qu'à l'égard de personnages tandis que le contraire a lieu dans les cercles de
:

gens cultivés
dans
les

///

disparaît parfois presque entièrement,

même

rapports intimes entre gens mariés ou entre parents et

enfants.

En

italien, l'emploi de voi est dans les premiers temps
respect. Dante,
diica,
il

une marque de profond
Virgile en s'écriant
:

est vrai, s'adresse à

///

lu s'ignore e ta maestro (Enf. 2,

140), mais

il

se sert de voi

en parlant à Farinata degli Uberti

(Enf. 10, 94), à Brunetto Latini (15, 34), à Cacciaguida (Par. 16, 10), à Guido Guinicelli (Purg. 26, 112), à Adrien

V

(Purg. 19,
xvi^' siècle.

131)

etc.,

et

cet

emploi se maintient encore au
ella (§

Mais ensuite l'extension de
le tu

dans une sphère un peu plus familière,
le

et

95) relègue voi aujourd'hui il tient

milieu entre

amical et

le

eUa conventionnel, mais tou-

jours avec cette restriction que, dans le

Nord

italien, peut-être

sous l'influence française, voi se maintient plus fermement et
est

à

peu près l'équivalent de
la

ella.

En France, dans
.

le

Roland, vos a

prédominance, sauf quand on s'adresse à des perfait

sonnes d'un rang tout à
(c.-à-d.

inférieur
:

:

Li

reis

.

.

tut le plus maistre

cuisinier) en apelet
:

bien

le

vie

guarde (18 19), à des
cuni
hoi

choses personnifiées

Eh! France

diike,

remcndras
:

guaste de bons vassals (1985), et aux personnes qu'on aime
tais Oliviers

(1026); au début d'un combat notamment on

dit

avec vous qu'au

d'abord vos (jusqu'à 1335), puis /// (1565 sqq.). C'est donc moyen âge déjà se parlent le plus souvent des
égaux,

en tant qu'ils appartiennent aux cercles de

la

cour;

l'emploi de tu se restreint aux

moments d'émotion;

c'est ainsi

qu'un messager qui apporte une nouvelle inattendue, peut
servir de tu
cf.

se
:

(no)

même

en s'adressant à des personnes haut placées
.

Une

espie est

au duc venue

.

.

Dus,feit Vespie

.

.

.

Or pue;;^feire

la fille

prandre Faiipereor (Cligès 3621).
:

On

rencontre aussi tu

pour marquer l'intimité
Alixandre,
le

ainsi la reine dit à Cligès je t'abandon,

cors

t'a mie

(Cligès 2342).

Dans

la

société bour-

geoise aussi, telle qu'elle apparaît dans les fabliaux, on emploie
plus

couramment
tu.

vos; seules les classes inférieures se servent

uniquement de
à

Une

particularité

du

style épique et qui est

peu près étrangère

à la lyrique et

au

roman

d'aventures, c'est
3

Meyer-LÙbkk, Grain ma lie Ul.

114
la

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
et

S 97fi^^

brusque alternance de tu

de vos

:

de mes dous
lave:^

seras resvi-

goureiqiiant vos seroi^doii

(A. A. 2949) etc., où l'on doit sans doute voir une contamination de l'ancien tu
sa)ic d'euls

dons

populaire correspondant à
épopées, avec
le

la

période originaire des anciennes

vous

pagnie de l'époque postérieure.

mieux approprié au ton de bonne comOr, tandis qu'au cours du
la

temps vous
la

se

propage de plus en plus dans
le

langue usuelle,

poésie lyrique et

évidente du latin,

drame du xvi'^ siècle, sous l'influence attestent une prédominance de tu. Mais le
lequel paraît

drame
siècle,

classique préfère v&us,
tu

même

avoir pres-

que entièrement éliminé
taine extension.

dans

la

langue usuelle du grand
reprend plutôt une cer-

tandis qu'aux xviii^ et

— Dans

xix'' tu

les

autres langues

romanes également,
tu et de vos
:

on rencontre
a.-ital.

l'alternance

prémentionnée de

cf.

en

couw t'hanno consigliato colora con cui in prima vi consi-

gliaste

(Nov. 17), non mi donate.

.

.

ma
si

pregovi che

mi

doni (10),

en esp. Doncela, conviene que jure is;
dette.

no seréis niuerta. Juraràs

(Amadis 14a);
au

no

me

cates

por amiga vos ni otro (35 a).
discours, sous l'empire d'une

Ici aussi,

commencement du
paso de la muerte

émotion, on trouve d'abord
malo
estas en el

le singulier,

puis

le pluriel

:

viejo

e tienes tal

costumhre? Si agora
lo

pudiesedes tomar armas, probaros-y-a, que érades traidor é asi
sois

à Dios é â vnestra anima (14 b). Inversement,

il

est vrai, le

roi Abies,

pendant un repos dans
:

le

combat, s'adresse d'abord

au Doncel del xMar au pluriel
mos,
e si

qnisierdes que
te

.

.

.

,

Eslad y endnrecemos nueslros hielmais ensuite il continue avec tu
:

como qnier que
le

yo desame mucho,
le tu

te

prccio mas, et dès lors dans

dialogue

il

conserve

(22
de

a).

Quand

il

s'adresse à son

serviteur Gandalin,

Amadis emploie amigo
se sert
vos.

et tu (35 b,

37 b),
anillo,

tandis que Gandalin

Lorsqu'il s'agit d'objets
:

(m)

personnifiés,

lu

est

plus

généralement employé

ai

como anduviste en aquella mano
sant à Dieu, on préfère vos
el
:

Ç^j a); au contraire, en s'adressi

fucse (yyh).

a\ Dios que merced me fariades,

Dans
la

le

Graal en ancien portugais, quand
parole, vos est de

des

égaux s'adressent
la

beaucoup
«

le

plus

souvent employé;
lui

reine dit

même

à

un
le

donzell
:

»

qui

apporte
tandis

la

nouvelle de l'arrivée de Galaa;^

di^ede noiJas

(12),

que

l'ermite,

lui,

tutoie

roi

Arthur

:

rei

§ 97- 9^Arliir, en
le

DIVISION

Di-:s

verbes uxipersonnels

115

Irago ho cavaleyro desejado

(n); en
l'histoire

outre, pour

parler à Dieu, la

forme usuelle
la

est tu.

Les autres particularités
de
la civili-

appartiennent moins à
sation.
Cf.

grammaire qu'à
109-115

A

MussAFiA,

Zs. IV,

et

V, Schliebitz, Die Person

der Aurede in dcr fran\ôsischen Sprache. Diss. Breslau 1886.

§

98.

Les

verbes

unipersonkels

se

partagent

en

deux

classes

distinctes,

qui se

différencient
la

entre elles dans leur
:

développement historique de
jusqu'à

manière suivante
le

l'une n'a

presque pas déplacé son domaine depuis
la

plus ancien latin

période actuelle du développement roman; l'autre, au

contraire, accuse nettement
pas,

une tendance, qui cependant n'est bien entendu, uniforme partout, à passer aux verbes qui

ont toutes leurs personnes.
peut donner en franc.
//

Comme
pour

type pour
la

la

première on
//

pleut,

seconde

me

souvient

nue chose ou je me souviens d'une chose. Les deux façons de dire

ont ceci de

commun que

celui qui parle

ne tient aucun compte
fait,

de l'auteur de l'action, qu'il remarque un simple

sans se
le

préoccuper de celui qui

l'a

accompli ou sans pouvoir se

représenter, et qu'il choisit à cet effet la forme

du verbe perindéterminée.

sonnel qui est en grammaire

la

forme
les

la

plus

Mais

il

y

a

cette différence entre
la

deux

classes

que

les

verbes appartenant à

première expriment en vertu de leur

signification des activités
il

ou plutôt des accidents pour lesquels

ne semble pas y avoir d'auteurs; ceux de la seconde, au contraire, désignent des événements pour lesquels l'auteur, s'il

n'est pas

nommé

d'abord, est exprimé ou du moins peut l'être
la

après
et qui

le

verbe sous

forme usuelle ou sous une forme

spéciale,

Au

en outre ont encore un régime direct personnel (§ 390). point de vue formel, une autre différence encore entre ces
de
la

derniers verbes et ceux

première classe,

c'est
ils

d'abord

(n:;)

qu'à côté de

la

troisième personne du singulier,

peuvent

aussi avoir la troisième

du

pluriel. Vis-à-vis

d'une expression
////

comme mi
cono
et
h'

riesce

Pimpresa en italien se développe bientôt
il

ries-

imprese; mais

arrive aussi

que

le

rapport de personne

de chose soit renversé, et qu'on dise

ci ricsco,

en franc,

j'y

réussis.

On

a

aussi

dénommé

les

deux

espèces

de verbes

Il6
«

CHAPITRE
»

1

:

LKS MOTS À ILEXION
;

§ 98. 99.

impersonnels

ou

«

sans sujet »

cependant cette dernière
à

qualification ne convient
classe,
et la

absolument pas

ceux de

la

deuxième
car la
«

première
«

est

inexacte pour toutes deux,
«

négation de l'idée

personne
pas
le

que contient

le

terme

imper-

sonnel
de
c(

», n'est certes
» a

point essentiel. La dénomination
la

unipersonnels

tériser

grammaire l'avantage de caracun phénomène grammatical dans sa particularité grampour

maticale.
§ 99.

A
le

la

première classe des verbes unipersonnels appar-

tiennent tous ceux qui désignent des phénomènes de la

nature
en
//

au sens

plus étendu de ce terme

:

tels

sont donc en latin
ploae, ningc,
ital.

phiit, ninguit,

fulgurat etc.,

tels

en

roum

piove, nevica, tiiona, lampeggia, Imlena, gela,
neige, tonne, grésille, gèle,

en franc.

pleut,

en esp.

llueve, llùvi^na, nieva, trucna,

grani:(o, relauipaguea, hiela etc. Ensuite ce sont les expressions

qui indiquent
tôt des verbes
iverne,
(il est

le

temps ou
:

la

température, lesquelles sont tana. -franc,

simples

en

ajorne,

anuite,

avespre,
anoitece
li

en esp. aniancce, anochecc, en
vrai qu'en

port, amanhece,

même

temps

le

vieux français dit aussi

jors

ajorne^,

tantôt des

locutions composées

comme
il

en

ital.

fa

giorno, notte, caldo, qiiindici giorni fa, en franc,
a. -franc, fait

fait jour (en

jorn et

non

fait jor^), nuit, clair, chaud,

en esp.
fa^^ frio,

hace frio,

calor,

sombra, algunos dias hace, en port,

quin:^e dias etc.

On

constate

aussi hicieron grandes calores

en espagnol, lorsqu'on y dit à côté de bice grandes calores, un
ici

transfert

aux verbes personnels. Afacere

se rattache venire

dans

l'ancien

roman

:

en

a. -franc,

tant ke vint a la nuit oscure

(Ch.
ha, cas

Lyon 4838), en
il

port, quando veco aa noitc (Graal 52). Ensuite
:

fout citer la

manière d'exprimer l'existence

en

ital. vi, ci

a. -franc, a, franc,

mod.

il

y

a, esp. hay, port, hai, enfin

un

le

sujet à l'origine était formulé,
:

mais où
en franc.

il

a été omis sonne trois
cl

parce qu'il s'entendait de soi-même
heures,

//

esp.

da

las ires,

qui s'exprimait primitivement par

<ii5)

rcloj

da

las très. Il était d'autant plus facile

en ce cas de ne pas

nommer

l'auteur de l'actio
le

1

qu'en indiquant l'heure sonnante

on n'énonce

plus souvent qu'une impression qu'on reçoit;
est la

quant à savoir quelle

cause de cette impression, cela
aller plus loin

n'a pas d'importance. Mais

on peut ensuite

et

§99- 100dire aussi en esp.

VERBES UNIPERSONNELS

II7

dan

las ties, tout à fait

comme

en

ital.

suo-

nano

le

tre,

qui doit
:

également provenir d'une
le tre.

plus ancienne

Q'orologio) snona

— Quand

expression
verbes
ici
ils

les

mentionnés adoptent un sens
changent de
signification,
il

figuré,

quand par conséquent

en résulte naturellement aussi

pour eux
piovan su

la possibilité

de recevoir un sujet déterminé et d'af-

fecter diverses formes. Ainsi l'on dit
lui (Pellico,
les

en

ital. intte Je

consolaxjoni
les

Pris.

12),

en franc, mod.

bombes

pleuvent sur

maisons, en esp. sus palabras

me

hielan et autr.

sembl.

Il y a encore d'autres cas où moins une tendance à employer un

parfois se manifeste
sujet
//

au
la

déterminé.

A

vieille
tuit

tournure française déjà citée

jors ajorue se rattache

H vaut se reposèrent. Quant Deu (Ch. Lyon 453), où il est vrai qu'à
de
oser,

ne plot,
la

vanter n osèrent

rigueur vant est sujet

puis de
la

l'eve

que

les

nues pluevent (G. d'Ang.

56) et
le

aujourd'hui

rivière

a

gelé,

correspondant à
hielan.

l'ital.

acque
aisé-

nelFinverno gelano,

esp,

las

aguas
»

On

conçoit

ment que

le

verbe
S'il

« geler

précisément occupe une place
pareillement aux autres,
il

intermédiaire.

est vrai

que,

désigne aussi tout d'abord un

phénomène atmosphérique,

ce

phénomène

se manifeste pourtant à

un degré bien supérieur

dans des objets déterminés, lesquels peuvent alors tout aussi
bien être considérés

comme

les

auteurs du phénomène.

§

100.

La deuxième
les

classe est

sensiblement plus riche et

plus intéressante pour l'histoire de la langue. Elle renferme

notamment
signifient «

verbes qui marquent l'émotion, puis ceux qui
»,
«

manquer

devoir », « suffire », et en partie
et
« oublier ».
licet,

aussi les verbes qui signifient « se souvenir »

Parmi
interest

les

types latins,

comme

piget,

stiidet,

libet,
il

oportet,

etc.,

on

n'a presque rien conservé;
a. -franc,
loist

y

a peut-être à

citer l'a. -ital.

lece,

de

licet,

l'ital.

pare, a. -franc.

pert de paret

(qui tous deux

peuvent aussi s'employer aux
différent) et estuet

autres personnes, mais avec
issu
les

un sens un peu

de

est

opus

(II,

306-7). D'autant plus abondantes sont
les

formations nouvelles, qui parfois nous mettent sous
le

yeux

passage du verbe personnel à

l'état

d'unipersonnel.
biauté

C'est ainsi

qu'on trouve en

a. -franc,

a

vostre

covan-

Il8
(114)

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ lOO.

droit gra)i:( enors et gran:;^ scignonc

(Erec 3322), où covenir est

aussi bien personnel

que dans

les

mors qui a

ce

apariienent

e

qui a empereri^ covienent (Ben., Chron. 41027); mais alors, à
côté de pareils exemples, on rencontre aussi or
i

covient esgarl

moult grant (Athis 1454), morir

m en

vois, il le convient

(Watr.

213, 442)
le sujet

etc.,

l'on voit

(\Vit

covenir est unipersonnel et
la

que

primitif devient régime. C'est de

même

taçon qu'est

né, à l'époque préhistorique déjà, l'emploi de pesât (cela
pèse,

me

me

tourmente)

:

en roum. pasn,

ital.

pesa, a. -franc, poise,
ital.

esp, et port. pesa.

En outre donc nous avons en
giova,
bisogna,
conviene (les

rincresce,

treme,

duole,

cale,

deux derniers
les

avec
V.
II,

de curieuses
p.

formes

correspondantes dans

patois,

307),

occorre,

importa, basta, sembra, fa mestiere, è
a. -franc,

d'uopo et autr.
chaut,
besogne,

sembl.; en
apenf,

afiert

(il

convient), faut,
(advenir)
la
:

rarement

dieut,
II,

avenir

quel

chose vos est

avenu (Froiss., Poés.

225, 174, où
sujet),

forme du
semble,
l'an prant

participe

atteste

que

chose

n'est

pas

grieve,
il

prendre dans des expressions

comme

de la pitié que
//
/'/

(Ch. Lyon 3942;

cf.

en franc, mod.

en prit

aux uns comme

aux
à

autres); le franc,

peut-être voir
côté de je

s'agit de (où l'on doit mod. dit encore une simple traduction de agitur), puis // me fâche me fâche (où l'on ne peut décider avec certitude
la

quelle expression est
étant

plus ancienne),
siècle
le

/'/

importe (importer

encore

au

xvi^
les

plus

souvent
le

personnel);

viennent donc ensuite
souvenir, memhrcr,
suveneit

verbes exprimant
:

souvenir,

comme
li

ramembrer

cf. des

sunges qu'ont sungié suvent

406), de mon seignor Ivain li manbre (Ch. Lyon 1260), ne nos ramembret mie del grant jor del juise (Juise 8), en

(Rou

2,

prov. membre vos délia mia paraula (B., C. 13, 42), en esp.
pesa, duele,

cumple,
:

membra
fait

et

son contraire olvida, puis caber
en las pla~as), place
c'est
:

(avoir place

cf.

non

les cabie

me

place con

alguna cosa

etc.

Un

important,

que

le

régime indirect
à côté

peut aussi devenir sujet.

Au

franc, je

me fâche
dont

de

//

me

fâche qui vient d'être cité, se rattache
nostre espusement

l'a. -franc,

membres vous de
sovient

(S.Alex. 226),

les pechie:;;^

il se

(Ren.

15 100),

puis (à côté de
l'a. -franc,

l'a. -franc,

moi

estuet) l'eng.

stol',

côté de
le

moi covient)

le frioul. skuefi,
//

tous deux avec

sens de

« je

dois ».

A

l'a.

-franc.

m'en alast moût malemant

§ 100. 10 r.

VERBES UNIPHRSONNELS

II9

(Ch. Lyon 6344), franc, mod. // va autrement et autr. sembl. se joint la formule de politesse coiiuncnl cela va-t-il et ensuite
comment alle^-vous ainsi que
chez Molière on
(Éc.
lit

la

réponse appropriée ;V vais bien;
la

vous ennuyoit-il et

réponse

je

ne ni ennuie

(^^5)

Femm. 464)
Cf. A.
seii

etc. Cf.
Beitr.

encore § 464.
I,
1

ToBLER,

76-1 81

et

Ch. Gebhardt, Zur

subjchtlo-

Konslriiktion un AUfraniosischen, Zs.

XX, 27-50.

II.

Les Temps

§

ICI.

Ce que
ce sont

le latin

exprime par

les

formes temporelles
différentes,
les-

du verbe,

deux choses entièrement

quelles sont rendues en d'autres langues

de façon différente

aussi et qu'il est de la plus grande importance d'examiner sépa-

rément pour qu'on puisse en
torique
:

saisir

notamment

l'évolution his-

le

MO.MENT DE

L.\

DUREE

et

LA MODALITÉ DE l'aCTION.
le

Par

la

première de ces expressions, on entend

moment du
quand
où,

temps auquel on attribue
et
le

l'action, c.-à-d. le présent, le passé

futur.

Il

n'3^

a

pas

d'autre

division

possible,

même on
en

regarderait

comme une
chose,
:

catégorie à part
n'a

le cas

exprimant quelque

on

en

vue

absolument

aucun moment déterminé ainsi p. ex. « le ciel est bleu », ce qui n'implique ou du moins ne doit impliquer aucune idée
de présent, tandis que dans
la

« le ciel est

bleu en ce

moment

»

constatation porte sur
le

le

présent.
latin

On
et

ne distingue donc pas
en roman, entre
l'acil

dans

verbe,

au moins en
et

tion présente
n'existe

l'action à

moment
:

non-défini; en
radicale

outre,

pas

non plus de séparation
à la place

entre les trois
très

moments

précités de la durée

c'est ce qu'atteste l'emploi

répandu du présent
ce

étendu, du présent au lieu

du futur et du prétérit.

celui,

un peu moins
90,

On

peut ensuite, à
§

même

propos, suivant l'indication

déjcà

donnée au
absolu et

établir

encore une distinction entre temps
entre

temps

relatif, c.-à-d.

l'emploi

d'un temps en soi et dans ses

rapports avec les

temps qui précèdent ou qui suivent. Mais
de
la

en tous cas

le

moment

durée exprime quelque chose d'exisla

tant en dehors de l'action; au contraire

modalité de l'action

120
indique
action
(ii6)
:

CHAPITRE
les différences

I

:

LES MOTS À FLEXION
la

§101.

dans

manière dont s'accomplit une

elle apprend donc si une action est durable ou répétée ou momentanée ou inchoative ou accomplie. Le lat. cantal renferme donc au moins quatre sens différents « il chante, sans s'arrêter, pendant un espace de temps déterminé », « il chante h diverses reprises (il a coutume de chanter) », « il chante
:

justement à cette heure
au prétérit cantavit,
chanté
et
il

»,

«

il

commence

à chanter »;
:

quant
«
il

a

encore un cinquième sens
il

a

en ce

moment

ne chante plus

».

Pour rendre
ne
s'est

les

diverses modalités de l'action au présent,

le latin

créé

que dans une mesure restreinte des moyens divers d'expression
:

virere (verdir) à côté

de

virescere

(commencer

à verdir),

cantare (chanter) et cantitare (chanter à plusieurs reprises); de

son côté

le

roman
il

a délaissé cette différence entre les formes,

mais non,
(v.

est vrai,

sans y substituer une autre distinction

latin § 312 sqq.). En revanche, au prétérit, cantabat en l'action durable et répétée, cantavit l'action momenexprime

tanée, l'action inchoative et l'action accomplie.
ressort de la
s'est

Il

n'est pas

du

grammaire romane de rechercher

la

manière dont

constituée cette diversité de sens de cantavit.

À

vrai dire,

l'hypothèse qui s'offre de suite, c'est que, dans
si

le parfait latin

riche en formes diverses, deux catégories autrefois distinctes

de sens et de forme, celle de l'action momentanée-inchoative
et celle

de l'action accomplie, se sont fondues en une seule;

toutefois cette hypothèse n'exclut point la possibilité qu'une

modahté de

l'action
ait

qui n'avait originairement que

le

sens

d'achèvement, y

progressivement ajouté aussi celui d'action

momentanée

et

finalement celui d'action inchoative, ce qu'on

— Nous
la
le

pourrait confirmerpar les exemples à discuter aux § 301 sqq. avons donc en latin littéraire un présent, un prétérit

marquant

la

durée

et,

comme on
le

dira maintenant,
il

un

autre ne

marquant

pas, et

un

futur. Ensuite

taut encore

y ajouter

plus-que-partait et
relatifs

futur antérieur, qui sont tous deux

des temps
tavit.

puisqu'aussi leur forme nous

La langue parmi les temps
présent et
les

ix)pulaire a

perdu
il

le

futur, de sorte
le

non-relatifs,

ne reste pour Mais
à

ramène à candonc que, roman que le
s'en

deux

prétérits.
les

ces

cas

ajoutent

encore quelques-uns où

temps

relatifs se

sont transformés

§ lOr, 102.

MODALITÉ ET MOMENT DE L ACTION
c'est

121

en non-relatifs, et
ici. Il

naturellement déjà

le

lieu d'en parler

subsiste encore quelque doute sur le droit qu'a le futur

roman d'entrer dans la série des temps. Si l'on fait entièrement abstraction de l'a. -franc, icrt (II, p. 398), forme isolée
dont on ne peut naturellement pas tenir compte,
il

est évident

que
bien

le

franc, rnod.

//

vieinir-a et

surtout

//

vieudr-ait est aussi

un temps que
qu'il a

p.

ex.

le

lat.

cania-bit;

mais

il

n'est pas

(117)

moins
la

certain qu'envisagé

forme

du point de vue historique et sous encore aujourd'hui en maint endroit, venire que
le franc,

haheo ne peut pas plus

mod.

je

veux venir, je vais
(v.
II,

chercher etc. être considéré

comme un temps

§

112).

Dans une grammaire historique on pourra donc ne
compte, en étudiant
cette
les

pas tenir

temps, de l'admission parmi eux de
le

locution qui est devenue
littéraire

futur

notamment dans

la

langue

de France et

d'Italie.

A
//

plus

forte

raison
il

encore cette observation s'applique-t-elle à
modifie pas, qu'on y dit la
tant
il

a chanté. Certes

est exact que, dans les patois français surtout, le participe ne se
let

ke

^ ekrî, et

non

ekrit;

mais pour-

serait

prématuré de vouloir

à présent déjà considérer

ilasàté,

nii\avôsàté

comme
e

des formules invariables

analogues
//

au

lat.

amavit, amavimns, car malgré cela on dit encore

a

ri

ç sàté (et

non

//

ari

asâié) et

encore

a-ti-sàté (et

non a

sàté-ti^

ou

//

a byè
il

sàtç etc.

Par conséquent,

même
il

au point de vue

actuel,

a chanté est un groupe de mots, et non une forme
Il

flexionnelle.
c'est là

est vrai

qu'avec

le

temps

peut

le

devenir;

un point qui ne peut
Cf. G.

être contesté.
Zeitstiife, I. F.

Herbig, Aldionsart und

VI, 157-269.

§

102. Le PRÉSENT s'emploie pour exprimer des actions et
le

des états dont

moment
donc

n'est pas

déterminé ou bien qui se
le

produisent ou du moins sont censés
celui qui parle; ainsi
réalité, se
le
il

faire

en présence de

se dit aussi

d'événements qui, en

sont accomplis à une époque antérieure, mais que

narrateur, dans l'émotion

du

récit,

expose

comme

actuels;

il

peut aussi se rapporter à des choses qui se produiront seule-

ment dans un
lois parce

avenir prochain ou éloigné, et cela encore une
les signalant,

que, en

nous considérons

comme

s'ac-

compHssant déjà ce qui, d'après nos prévisions, s'accomplira

122

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À
le

FLEXION'

§ 102.

indubitablement.

Le premier,

présent historique, a été

usité dès l'origine en latin et en roman,
fallait

rendre

le récit

animé, expressif,
et la

notamment lorsqu'il ainsi plus fréquemment

dans l'épopée,

le

roman

nouvelle que dans des ouvrages

purement
(ii8)

historiques. Mais des observations plus détaillées sur

ce point sont

du

ressort de la stylistique, et
le

maire.

A

l'époque latine déjà,
à fait

emploi tout

non de la gramdû faire un fréquent du présent à la place du futur;
parler populaire a

et ce qui aura le plus contribué à

répandre cet usage, c'est

la

disparition de l'ancien futur en

-/'.

Dans

les

langues littéraires

romanes où
toutefois,
forte

se sont introduites ces
le

formes nouvelles dont nous
paraît être plus rare;

venons de dire un mot,
il

phénomène
à la

se peut naturellement qu'ici aussi, dans un cas de

émotion, on renonce
inor~ est Amilcs,

tournure plus logique

:

cf.

en
qui

a. -franc.

U

traîtres sans foi,

A
Il

reste

espée

ci gist delelà

nwi Li coperai

h

chiefÇA. A. 1225).
le

va de soi que,

le

subjonctif est requis,

présent s'emploie aussi pour

désigner des événements à venir; car, en dehors de l'hispanoportugais, le
a. -franc,

nouveau futur
les diels est

n'a pas
noiens

même

de subjonctif

:

cf.

en

de tous

M fuissent

ne ki ja mais soient
les patois.

(Ch.
duire

II esp.

6396). La situation est tout autre dans

Le

phénomène
ici;

qui s'est accompli en latin vulgaire, semble se repro-

ainsi les dialectes

de

l'Italie

méridionale notamment
se

n'offrent

presque
:

aucune
sic.

trace

de futur et
vi

contentent

du présent
di gnoccnli
cchiii notti,

d. en

Duminica

fa^i na
eu
:

.... nui stasera arristamu ccà nni li quadiamu (Bibl. IV, 209

mandata quannè dimanche je vous
bel la

vassia;

un bon plat de nouilles. Ce soir nous resterons ici chez vous; quand il fera plus sombre, nous les chaufferons), dumani a sira vinemu ccà e nalliananiu (211, demain soir
ferai

nous viendrons
vedéme

ici

et

nous nous divertirons)
.
.
.

etc.;
e

en abruzz.

m

bo che ffa stu pésce
i,
:

rêsse che

dduman

ppur

accnsci

voyons un peu ce que fera le poisson. 87 Peut-être que demain ce sera de nouveau ainsi), duniane se venne lu vuvucc (9, demain se vendra le bœuf), mo te venu (9,
(Trad. abr.
ils

te

vendront) etc.; souvent on joint nw au présent.
dit

Ou

bien
et

en vaudois on
si

mingu pôi dejnaù

(je

mangerai demain),
le

dans

les textes littéraires

on rencontre

futur et que

même

§ 102, 103.
il

PRÉSENT ET IMPARFAIT

I23

ne

soit pas

lit

aussi abriel vèe kiim el voie

complètement absent des proverbes, toutefois on mai aribo aub flur e fôl'a, qui est
e

traduit par aprilc venga corne vuole che maggio arrivera con fiori
foglic (Arcli. Glott.

XI, 208)

etc.

§ 103.

L'imparfait a généralement peu varié dans ses fonclatin
le
il

tions.

Déjà en

exprime avant tout
et

la

durée d'une action,
plutôt

(119)

d'un état dans

passé

une durée indéterminée
le

qu'une durée déterminée; aussi

préfère-t-on
les

notamment
la

pour un

récit

étendu, expressif, pour

descriptions, pour

peinture des habitudes, pour les actions répétées, pour l'exposé
des observations, etc. Très
relative et,

fréquemment

il

exprime aussi

la

durée

comme
011
il

tel,

il

figure souvent dans des groupes de
(cf.

propositions

s'oppose surtout au parfait
il

Chap. 4). Ces
facile

diverses nuances d'emploi, dont

serait

naturellement

de grossir

le

nombre, ne demandent aucune autre explication;
(imperfectum conatus), c.-à-d.
n'est

mais on trouve en revanche d'autant plus étonnant l'imparfait

marquant

l'effort

l'imparfait

employé pour indiquer qu'une action
accomplie, qu'elle est seulement sur
fois, et
le

pas

réellement

point de l'être; toutelat.

notamment dans l'exemple
nioriva, franc.
//

si

fréquent en

niorieba-

iiir, ital.
il

mourait, esp. moria
:

(il allait

mourir),

doit s'expliquer par l'idée de durée
», ce qui,

«

il

se

mourait lenteil

ment

par opposition à

l'ital.

mori, franc,
le

mourut,
il

esp. muriô, pouvait facilement

renfermer

sens contraire «

ne mourut pas réellement,
d'exemples pourra
planities erat
locus
faire
et

il

faillit

mourir

»,

Une

courte série
:

connaître ces divers emplois

en

lat.

magna

in ea

lumulus terrenus
castris

satis grandis.
et

Hic

aequo fere

spatio

ab

Ariovisti

Caesaris aberat

(César, Bell, Gall. 1,43), domi militiaeque boni mores colebantur,
concordia maxiina,

mi ni ma avarilia erat (Salluste, Catilina 9), maxime adulescentium familiaritates appetebat (14); en roum, de ce cresiea copilul, d'aceea sefâcea mai istet .... toaie învâCatilina
. . .

[âiurile
si

el le

învâta intr

lunà, astfel in cât impàratul murea
se

invia de bucurie. Toatà împàràtia

fâlea .... nu stiu ce avea,

cà era tôt gales, trist si dus pe gîndurï ....
cincl-spre-:;ece
se

când copilul implinea
si se chefuiafi,
il

anï

si

impàratul

se afin la
:

masâ ...

scnlâ

Fât-frumos (Basme 2

plus Tenfint croissait, plus

124

CHAPITRE

I

:

LES .MOTS À FLEXION

§ lOjil

devenait éveillé. Toutes
à bout en
citait
il

les

matières d'enseignement,

en vint

un mois, de sorte que l'empereur mourait et ressusde bonheur. Tout l'empire se réjouissait. Quoi qu'il eût,
calme,
triste

était

dans ses pensées.
et

Comme
stia ce

l'enfant

accom-

plissait sa

quinzième année,

que l'empereur

était à table, et

que tous mangeaient, F.
(127, 31
(120)
:

se leva),

nu

mai fàcea de hucurie
l

elle

ne savait pas se tenir de bonheur), élu
chez
avec déférence
si

priiini

la diiisul eu cinste si-l
1,

Huca ca pre unu feciorû de domnii (C. B.
lui
si si

352, 21

:

il

le recevait

et le traitait

comme un
veseliia

fils

de seigneur),

mergea

Brutû cu-n-unsii de
si-lû ducea

eu màscàrnicii pre cale,

ducea daruri lu Apolonïi; jarà

Brutû împlu unu toiagû de galbent, cà era gàunosii,
darn;
allait
ils

ràdea de darul lui Bruiïi (356, 37 et Brutus aussi avec eux et les amusait en route de ses plaisanteries, et
ei
:

portaient des

présents pour Apollon, mais
il

Brutus avait
il

rempli un bâton de pièces d'or, car
tait

était creux, et

le

por-

comme

présent;

ils

asteptaràm mult

si iaià

moquaient du présent de B.), nu scorpia venia suparatà (Basme 304, i
se
:

nous n'attendîmes pas longtemps,
adina fctg tresia
quel affon.
e

et voilà

que

le

scorpion
suenter

devenait peu à peu remuant); en obw. la

muma fuva

stueva bargir aschi savens sco ella mirava sin

Cura

cl/il
.
.

buob

ei

staus

adina sia
2, 3
:

muma
mère

.

ma

ella voleva

empau da grands, emparava el mai dir pertgei (Sûrs. Miirch.
triste et

la

était

toujours fort

devait pleurer chaque
fut

fois qu'elle regardait l'enfant.

Mais lorsque l'enfant
han

devenu

un peu
e

plus grand,

il

interrogeait souvent sa mère, mais elle
la glieut
:

ne voulait jamais dire pourquoi),
savevan bucca,
tgei el

ris

sur de quel
ri

maniass (8, 10
ils
il

les

gens ont

de cela

et

ne savaient ce qu'il pensait),
igi

paders vasevan aher bucca

Niessegner e savevan bucca cun
les

buob tschintschava (8, 25
et

:

moines ne pouvaient pas voir Notre Seigneur
ei

ne savaient

pas avec qui l'enfant parlait),
che pertgirava pors.

era ina

gada

in paupcr buob,
ses pors, ei

Duront
el

cl) cl
i

pcrtgirava in di
:

ina

uldeuna vegnida

lier

(18,

il

était

une
en

enfant qui gardait des porcs. Pendant qu'il
ses

un pauvre gardait un jour
fois
la

porcs,
e

une

fée

vint

à

lui)

etc.;

ital.

giorno

se

nandava
fatiche

Faer bruno Toglieva g H animai che son in terra Dalle

loro; ed io sol

uno

M'

apparccchiava a sostencr la guerra

§ 103.

l'imparfait
//

125
e

(Enf. 2, i),

gionio veniva, era una piccola figura d'iwmo,

ad

oiifa che la vita

alVaria aperta gJi avesse abbron^ata la

pelle,

ne-Ile

cavità fra

il

iiaso e le

guancie

.

.

.

gli bianchcggiava la iras-

paren^a degli
assen~ci

asceii

ed
in

il

profila che slaccavasi con
litiea

una assoluta

di pastosità

una
sua

d'acciajo,

la

hocca sottilissima,
coi santi.

iinnialeriale gli

davano una soiniglian~a pcrfetta
. . .

Vestiva

una tonaca

Infor nw

La

età

appariva inccrta. Corne

tutti coloro

che sono assorti in

un mondo superiore, sembrava sfuggire

aile legge

(121)

coniune délia vecchiaja (Neera,

Sogno
lo

7),

Mi
il sol

venue in sogno una
conforta
le

femmina

balba

.

.

.

lo la mirava, e corne

Le fredde

uiembra che la

nolte

aggrava, Cosl

sguardo mio

facea scorta

La

lingua

e

poscia tutta la dri:;j;ava In poco d' ora, e lo sinarrito
cosi le

vollo

Conie anior vuol

colorava (Purg.

19,

7),

si

misero

in via per tornare in

Trapani ed andavano
delli quali,

ratti
è

quanto potevano
Rupp'io

(Dec. 4, 7),

/'

un

ancor non

molfanni,

per un che dentro vi annegava (Enf. 19, 19); en a. -franc.

La

sus

an

celé forteresce

navoit antrée qu'une

sole

(Cligès 1970), quant

deiiani la tor mise Forent
la
desevelissoient
fiist

Es
je

chanbres qui so^ terre esioient,
cuidoie que
il

Adonc

(6220),

neust an amer rien
estes
:

qui biien ne

(669), nos savions bien que vos
li

Aucassins

(Auc. 22, II), après

vient une altre

avisiun

qu'il ert en

France, ad Ais, a un perrun,

En

dons chaeines
urs
. .
.

si teneit

un

bro-

hun. Devers Ardene veeit venir

(Roi. 2555), Por miau:^feire la I raison, Laloit revisiter savant Et si li metoit an
rovant
portoit

XXX

Ouele

la garroit de son

mal Et chascun
le

jor

un

orinal Li

por veoir s'orine (Cligès 5730), anmi
anfoillue.

vergier ot une antc

De

flors chargiée et

Et par
il

desus

iert

cstandue.

Einsi

esioient li raini duit
terre beissoient

Que

vers terre pandoient tuit

Et près jusqu'à
cime aloit contre

Fors la

cinie

don

neissoioit.

Im

danw

mont droite (Cligès 6402), mes par anior an fin morroit. Se sa n'avait merci De lui, qu'il se marait par li (Ch. Lyon

6514)
le

etc.; en esp.

y

el

chiquillo abria tantos ojos,
se

arrugaba

las

c^jas, cerraba las

pu fias y

ponia coma una grana. Despues Anis

loniaba las nianos y las valviay revolvia (Caballero, Gav. 45), dan Ouijote y las que con el venian (D. Q.uich. r, 61). Et aquel
rey vida en suehos
la vision era

una

vision siete vegadas,

una en pas de

otra.

E

que dos truchas bermejas venian contra
le

él enfiestas las

colas e dos ânadcs volanda en pas d'ellas, é que se

paraban delant

126

CHAPITRE
le

I

:

LES iMOTS À FLEXION
et

§103.

à una cidchra que

saltaha à los pies,
agiia
e

veia otrosî que su ciierpo

estaba todo haïiado en

que estaha

en piê encima de un

monte blanco.

E

veia que ténia encima de su cabc:{a

una

cosa que

semejaba fuego e veia

una ave blanca que
(D. Qiiich.
y

le

picaba en la cabe^a

con su pico (Cal. éo), un libro donde asentaba la paja y cebada

que daba à
griteria,
(122)

los arrieros

i,

13), a/ punto se oyô una
todos los diantres
.
.

una confusion

una algarabia de
e,

:

unos gritaban a, a; otros,

e

.

.

.

el cojo

andaba de banco
le

.

d

este le

abria
los

mas

las

mandibulas, à uno

plegaba

los labios,

d otro

se

dcscosia (Fr,

Ger.

i,

6,

7), de cuando en cuando

volvia la cabe:^a A ver se veia los caballeros y gigantes que su amo nombraba (D. Quich. i, 92), reinaba en el pueblo la consternacion,

porque habîan perecido muchos

hijos

y muchos
la casa de

esposos, las

madrés

y

las

esposas

gritaban por

las

calles

con amargos y

dolorosos

lamentos. Delante de la puerta de

Chacan habia un
cadàver del coronel

grupo de mujeres
....

silenciosas

que contemplaban

el

algunos

niùos en

quienes podia
.
. .

mas

la curiosidad que el

miedo, se habian

acercado
lo

nadie hablaba en

aquella escena
ello,

(Galdôs, Font. 52),

que no habia de bueno en

era que

perecian de hambre (D. Q.. i, 76) etc.; en port, neste momento passava no pateo um dos mais velhos criados da quinta; Daniel

chamoit-o

.

.

.

D'abi a instantes entrava-lhe

(Diniz, Pup. 127), jA no largo Oceano navegavam

homem no quarto As inquiétas
.

ondas apartando; Os ventos brandamente respiravam

.

.

Da
aqui

branca
se Ihe

escuma

os

mares

se

mostravam Cobertos (Lus.

i, 19),

apresenîa que subia Tào alto, que tocava à

prima
foi

esphera,

Donde

diante varios
senso

mundos via (4, 69), em Daniel

unia lucta do
e

intima que

nào deixou repousar. Odiava-se
. . .

accusava-se
;

com scveridade por baver
nuis, cedo,

abusado da confiança de seu irmào

deixava de ouvir esta vo~ (Diniz, Pup. 162), senlava-se
doenle, elle proprio Ibe
e

com familiaridade à cabeceira do jornaleiro
arrefecia os caldos,
Ibe

temperava os remedios

llfos
se

ajudava a
nào davam

tomar (56), Clara possuia
as apprehensôes
era
Ihe
.

um
Ihe

genio,

com

quai

Nào

calculava

consequencias.

A

vida para ella

présente.

Raras ve^es

lembrava

passado,

futuro nào

indigestào esta noite

tomava muitos momentos de meditaçâo tambem (80), inorria de (87) etc. Ces exemples doivent suffire à
l'imparfliit

mettre en lumière l'emploi de

dans

la

proposition

^

104

l'imparfait

127
la

simple.

On

voit de suite qu'ils renferment tous
d'état, et l'on pourrait

même

idée

fondamentale de durée,

aisément établir
est

parmi eux
durable
s'agit

différentes

subdivisions

selon

qu'une action
observation,

dans sa marche ou dans son résultat, suivant qu'il

d'une simple description

ou
est

d'une

etc.

Cependant,

comme

partout

il

uniquement question de
faut exaet quel(125)

l'emploi déterminé d'un type fondamental toujours identique,
il

est

permis de s'en abstenir

ici.

Mais en revanche

il

miner certaines dérogations
ques tournures particulières
§ 104.
est rare

à la règle
isolées.

fondamentale

Il

que l'imparfait se substitue aux temps

aui

expriment l'action

momentanée,

de

manière

donc

à

devenir l'équivalent du parfait. Mais

les cântece moldovenesji,

qui

présentent aussi d'ailleurs dans l'emploi des temps bien des particularités curieuses,

renferment pour
màiciihi greii
fiica
ce-i

le

roumain des exemples
Lacràmi
siroae

incontestables

:

iear

ofta,

varsa,

Càirà casa apiica, La
Ileniita

ràmtnea, care de mhidrà ce-iera

chema,

si

din gurâ asa-i gràia (310,

mais

la

mère
et

soupirait profondément, elle versait des larmes à torrents, elle

retournait
lui était

à la

maison près de
après

la

fille

qui lui restait

qui

chère; elle l'appelait petite Hélène et elle lui parlait

ainsi);

ou

bien,

une

série

de vers où
babcrc et

le

narrateur s'est
participe en
-/

servi de la périphrase
et qui

composée de

du

est ici très recherchée, soudain l'on trouve Vdknacum gusla De inimà-l apiica, La pamînl mi sa trlntea, Iii ternà mi sa svîrcolea Si de moarte sa sbàtca (316, lorsque V.

sul

en goûtait,

il

était pris

au cœur;
la

il

se jetait sur le sol, se roulait

par terre et luttait contre
qu'il
s'agit
ici

mort), sans qu'on puisse certes dire

plus que

dans l'autre cas
Il

d'une description,
réalité
il

c.-à-d.
s'est

d'une chose durable.

semble plutôt qu'en
de fonction.

produit une

substitution

Un phénomène

analogue se présente à l'extrême Ouest, en portugais, où précisément
la

poésie des romances emploie de
le

même

l'imparflut

absolument dans
quai de
ci ma.

sens du parfait

:

Cavalleiro de malvado

De

amores a accomeUia; Pegaram de braço a braço, Qiial de baixo,

A

roiueira por

mais fraca Logo dcbaixo cahia.
elle tra:;ja,

No

cahir Ihc via â cinla. Uni piiiibal que

Coin loda a força

128
arranca,
sible

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION'

§ IO4. 19).
Il

I05.

No

coraçào ll/o mellia
les

(Rom.
les

port,

i,

1

est pos-

que dans

deux langues

exigences de

la

rime n'aient

pas été sans influence sur cet emploi.

§

105. Bien plus étendu est l'emploi de I'imparfait avec
le

LA ponction de PRESENT, emploi déterminé par
s'exprimer avec discrétion; aussi est-ce
la

désir

de

langue des classes

inférieures dans leurs relations avec les classes supérieures qui
(124)

en

oftVe le plus d'exemples.

Par ce moyen, en reculant dans

le

passé une action présente, la personne qui parle veut la faire
paraître

moins importune. Ainsi s'exprime Renzo dans son
:

embarras
Sposi

volevo dire, non inîenâo dire, cioè volevo dire
lit

(Prom.

52); ou bien on
lei

chez Goldoni
2,

:

cosa fate voi qui?

Veniva in traccia di
il

(Vent.

9), permetletemi cJfio cercbi

mio

servitore

e

che

h

mandi a
ciii

sospendere

rordina:^ion

délia

posta.

Eram
terres

già ordinati cavalli? (Cur. Ace. 1,3); en
:

a. -franc,

déjà dans l'Alexis
larges

/il:(^,

iereni

mes gran~^

heredile~,

Mes
en

dont jo
:

aveie ase~

(8r), et l'on a

de

même

franc,

mod.

hélas, faut-il

que je perde

mon

père, la seule chose

me restait au monde (Molière, M. I. 3, 20), Quand, voyant Vâne même à son antre accourir Ah! cest trop, lui dit-il : je voulais bien mourir, Mais cest mourir deux fois que souffrir tes
qui
:

atteintes

(La Font., Fables
tan compUda,

3,

14); en esp. ya dona Ximena, la
la
.

mi muger
Ter.
2,

Conimo a

queria (Cid

ijS^

pronto aqui, lerdas

.

.

mi aima yo tanto vos Donde estabais? (Am.
os giolhos e os

II);

en port, pôeni em terra

sentidos

Naquelle Deos, que

mundo governava (Lus.

2,

12),

uma

cousa

assim! fà agora havia mister d'um senhor abbade ou conego na faiirilia! (Diniz, Pup. 5) etc.. Ce sont surtout les romances espagnols et portugais qui aiment cet emploi de l'imparfait
:

Que yo buena lan:(a habia (Rom. Cid 47), en port, levae-me à minha terra. Que isso era que eu queria (Rom. port. I, 33). En outre il faut remarquer que ce sont avant tout les auxiliaires du mode qui connaissent
en esp.
lo

No

haras

asi,

biien

Cid.

l'emploi de Timparfait de discrétion au lieu du présent

:

ainsi
« je

en

ital.

volevo, potevo «
« je

je

voulais », «

je

pouvais

»

pour

veux

»,

peux

»,

chose toute naturelle, puisque chez ces

verbes l'accomplissement de Faction oftVe précisément un carac-

i

§ 10). io6.

l'imparfait
subjectif,

129

tère

beaucoup plus

ce

qui par conséquent permet

aussi d'autant plus d'en atténuer l'expression.
reste,

En

français,

du

et justement dans ce cas, l'imparfait paraît se
xviii'' siècle.

foire plus

rare depuis le

§

106.

Parmi

les

imparfaits TYPiaUES,

les

plus importants
S'il

sont ceux des verbes appellatifs et des déclaratifs.

va
//
il

de soi qu'on dise en roum.
s'appelait,

se cheinâ, ital. si

chiatnava, franc.

esp.

se

llamava,

port,

se cbaiiiava

au sens de

«

portait le

nom
il

de

», parfois alors
« le
I,
il

on rencontre

aussi le prétérit

(125)

de durée au sens de
réfléchie «

reçut

le

nom
:

donna

nom
406,

de
1 1

»
:

chemà Konioh (C. B.

ou sans acception cf. en roum. :(idî cetate de il bâtit une ville et l'appela
de
»

K.). Parmi les verbes déclaratifs, on pourra peut-être citer en

roumain
:(icea

:

scrise
I,

hàriie de

anmcâ
il

naintea lu Kesar, în scripturà

(C. B.

357, 30

:

écrivit

une
la

lettre et la jeta

devant

César; dans
être
la

la lettre se

trouvait écrit), traduction qui est peut-

meilleure
des
:

façon

d'exprimer
plus

notion de durée. Le
les

nombre
langues
dicea, che

exemples
ital.

est

considérable dans
è questo qiiello

autres

en
tu

ingrata damigella,

Guiderdone,

che là quel

mi rendi (Arioste, Roi. 11, 8), muro Fra cotant'arme in pace or si

vergogna, dicea,
riposi

(Tasse, Jér.

18, 73) etc., en a. -franc, antor
trestuit

H fu
rois et

la presse espesse

Et

disoient

a

tire

:

Bien vaingiie

li

H
la
,

sire
lice

Des
lui

rois et des sei-

gnors del monde (Ch.
une quin:iaine
:

Lyon 2368),

demande

encore

Les

petits

ne marchaient

disait-elle,

quà

peine

(La Font., Fables
esta

2, 7), en esp. pero à que circunstancias debo gran favor que usted me ha hecho? decia Là:(aro (Galdos,

Font.

177),

en

port,

ainde

é tào novinho,

di:{ia

uma

mulher

(Diniz, Pup. G<d) etc. Particulièrement remarquables sont des

exemples
quando

comme
ouvio
e

celui de l'ancien français

ou comme
terra

le port.

esto

santo

homem, lançousse em

aos pces

da

santa molher

di^ia

(Rom. XI^ 37 1).

durée est

très facile à
le

du prétérit de comprendre lorsqu'un verbe déclaratif est
Si l'emploi
il

inséré dans

discours direct, dans les autres cas cependant
le fait

s'explique aussi par

que

le

discours est considéré

comme

une chose qui s'étend sur un certain espace de temps
l'action, tout

et qu'ainsi

en étant commencée, n'est pas encore terminée.
Ili,

Meyer-Lubke, Gramnmlie

9

130
§

CHAPITRE
107.
Il

I

:

LES

MOTS À FLEXION
que pour

§107.
l'impartait

est infiniment plus difficile

développement des fonctions du parfait. Outre que plus haut (p. 120) nous n'avons pu donner de son emploi
d'exposer
le

qu'une définition négative,
davantage par
de
la la

ici les

choses se compliquent encore

raison que ce temps a généralement disparu
est

langue vivante, que son existence
a

purement

littéraire,

communiquer aisément à son emploi quelque indécision. Nous l'avons déjà constaté au t. II, il s'est presque entièrement perdu notamment dans p. 335
ce qui

pour

efi^et

naturel de

:

les

patois rhétiques; or la
la

môme

observation s'applique à
à la Savoie,
la

la

(126)

Vénétie, à
phiné, à
la

Lombardie, au Piémont,

au Dau-

Suisse française, au

Sud de

Lorraine et à une

partie de la Belgique, puis à la Picardie et surtout aussi au parler

populaire de Paris,

comme
les

le

remarquent
:

même
le

des critiques

parisiens, p. ex. Jules Lemaître

«

M.
est,

Fabre, étant méridional,
passé défini.

prodigue,

même
fait

dans

dialogues familiers,

L'abus qu'il
centre,

de ce temps, qui
littéraire,

à Paris et

dans tout

le

un temps
pol.
les
litt.

contribue encore à donner aux dis»

cours de ses prêtres quelque chose de solennel et de tendu

(Rev.
aussi

1886,

12).
si

Mais

dans

les

autres

régions

modifications
les

extraordinairement

considérables
qu'il
est assez

subies par

formes de ce temps, établissent
fixé

peu
n'est

solidement
assez

mémoire et notamment qu'il fréquemment employé que chez certains verbes
dans
la

ou

à certaines

personnes. Bien plus,

les

formes
les

si

dissem-

blables

qui

nous

sont

parvenues

et

que

altérations

phonétiques différencient encore davantage, devraient arriver
à s'unifier;

or, ce qui frappe surtout, ce n'est pas le

phéno-

mène de
du
au
reste
t.

l'assimilation mais bien plutôt la création des diffé-

rents types nouveaux, dans une mesure que nous pourrions
à

peine déterminer, et par un procédé déjà indiqué

II,

p. 3 et

dont nous avons une évidente manifestation
à

dans

la

préférence accordée

certains

verbes et à certaines

personnes.
leur

Un

exposé qui montrerait quels verbes ont, grâce à
entraîné
les

signification,

autres, quels autres

ont été

entraînés, hâterait

beaucoup sans nul doute

l'intelligence des
ici

sens de ce temps et de l'évolution de ses formes; mais
force

nous

est d'y renoncer.

A

tout prendre, on peut recon-

§107-

LK PARFAIT
:

13!
le

naître deux fonctions principales

parfoit désigne

résultant d'une action antérieure
suis à présent là) et partant

:

en

lat.

veni (je suis

un venu
le

état
et je

une

activité
je

terminée dans
tais),

pré-

sent

:

dixi (j'ai parlé et maintenant

me

ou bien au conla

traire

une action appartenant au
elle s'est

passé,

mais momentanée par

manière dont
le

accomplie.

Nous

l'avons déjà dit p. 119:

caractère
à

ou bien
c'est ce

momentané peut se rapporter à l'action prise en soi son commencement ou bien à son achèvement, et
la

dernier cas qui fournit

transition au premier des

deux

sens principaux cité tout d'abord. C'est également par cette
idée d'action

momentanée que
cette
la

s'explique l'emploi extraordila

nairement fréquent de
aussi, d'après

forme dans

narration; et

ici

position du narrateur à l'égard des événements
le

(127)

racontés, d'après
tion,
il

contenu du

récit, d'après le

degré de l'émole

peut se produire ou non une relation avec

présent.

Dans

le

premier
la

cas,

nous avons alors un

parfait
lieu
;

présent,

comme

dans

forme caniavi énoncée en premier

dans

le

second, c'est un prétérit historique. Ainsi donc de
liens unissent les

deux fonctions

manque

pas d'intérêt pour la

— science du langage —
principales, et
il

nombreux
ce qui ne

les

rapports

du prétérit momentané (parfait) avec le parfait présent sont beaucoup plus étroits que ceux du prétérit momentané avec le
prétérit de

durée (imparfait)

:

en a résulté d'abord une idenla

tification des

deux premiers; ensuite
avec
le participe

forme du
la

parfait pré-

sent substituée au prétérit

momentané,
en
-t,

périphrase formée

de habere ou

esse

assume progressivement
tandis que le prétéles

aussi les fonctions
rit

du

prétérit

momentané,

de durée a persisté jusqu'à nos jours dans toutes

langues

romanes sans perdre de
signalée p. 127,
il

sa force; et, sous réserve de l'exception

n'a pas subi d'altération de sens ni cédé sa

place à aucune autre forme.
Est-ce par hasard que les régions où
tôt,
le

parlait a disparu le plus

constituent
le

la frontière

en face de l'alkniand?

Ou

bien peut-on

supposer que

nombre
Qu'on

restreint des

formes de

prétérit

chez les

Allemands
tion

aurait entraîné chez leurs voisins

romans

aussi la dispari-

du

parfait?
il

n'objecte pas que l'allemand « er

kam

» (il
ist

venait,

vint) remplit les fonctions de veniehal et vî'uil et « er
» (il est

gekommcn

venu)

celle

de \<emitus

est,

que par conséquent
vênit

cette langue ne pouvait pas occasionner le

remplacement de

132

CHAPITRE
par *vcnutus
est,

I

:

LES MOTS À FLEXION
ici

§ IO7.

I08.

car les patois allemands

en question ne conich

naissent depuis
disent « ich bin

des siècles

aucune forme

«

kam

»,

mais

ils

gekommen
et

».

Un

fait

qui
les

donne plus

à réfléchir, c'est
le par-

qu'en Sardaigne
fait est aussi

en Corse ou dans

contes des Abruzzes

presque inconnu et que, au témoignage de Philippide

(Gramm. elem.
conséquent,
fusion.
il

333), en Moldavie la forme périphrastique est presque seule usitée, que la Transylvanie n'emploie que le parfait et que, par

règne dans

la

langue

littéraire

une assez grande con-

§

108. Le PARFAIT PRÉSENT est courammeiit rendu en latin
le parfait
:

par

fu'unus Trocs, fuit Iliiim
transtulit

et

ingens gloria Teucro2,

rtun, férus
(128)

omnia fuppiier Argos

(En.
le

a vécu), dixi (j'ai dit).

Sa corrélation avec

325), vixit (il présent favorise

singulièrement

développement d'un sens secondaire exprimant une certaine opposition « j'ai parlé et à présent je ne
le
:

parle plus »

;

c'est ainsi

que

le parfait

peut servir
offre
il

insister par-

ticulièrement sur

un
à

fait.

Le roman

des traces encore
est vrai,

nombreuses de
être

cet emploi.

En roumain,

on aurait

peine actuellement

en

démêler quelques-unes, sauf peut-

en Transylvanie (Rem. au § 107), et si on lit dans les si seninâ un numàràtorîû de steak ciasid premiers temps
:

et un astrologue fu asa (C. B. I, 359, 12 indiqua l'heure où il mourrait, et il en fut ainsi), fu peut

când va mûri

si

:

être

ici

un simple

narratif et

appartient

en tout

cas

plu-

tôt à la

catégorie examinée p. 140.

En revanche, en
altro

italien,

des exemples
Béatrice
sacrifi:{io
e

comme
un

uno intendeva

et

mi

rispose, credea veder

vide

sene (Par. 31, 58),

mi

costava assai far tanto
,

d'amor proprio,

ma

li

feci (PelYico

Pris.

78) expriment
si

clairement l'intention d'insister; una montagna che
Ida, ora
è

chiarnb

discrta corne casa

vieta (Inf.

14, 97),

vissi e régnai,

non vivo or più ne regno (Tasse, Jér. 19, 40) marquent l'opposition avec le présent. Mais, à côté de ces phrases, on en trouve
aussi à toutes les

I

époques

comme
è

Chi vha gnidati
Olandesi

Incerna (Purg.

i,

43), VOlanda

chi vi fu una conquista deU'uonio sul

mare,

è

un paese

artificiale,

la fecero gli

(De Amicis,
parfait et

01. 2)

etc.

Les grammairiens

se sont toujours efforcés d'établir

nettement une différence entre ce dernier emploi du
la

forme périphrastique,

telles

que

ces

formes se présentent côte
ils

à côte dans l'exemple tiré de Dante, et
à dire

s'accordent en général
il

que

le parfait doit être préféré

quand

s'agit

d'une action

§ I08.

PARFAIT PRÉSENT
la

I33

complètement achevée, tandis que
de Dante
signitîe

forme périphrastique
le

indique une prolongation de l'action dans

présent; l'exemple

donc

« celui

qui vous a guidés et est encore

votre guide, et celui qui vous a été

un flambeau

aussi

long-

temps que vous avez marché dans l'obscurité ». A cela il faut encore ajouter qu'en somme les exemples de cet emploi se
trouvent surtout dans
la

langue de

la

haute poésie

et

chez

les

écrivains de régions qui ont généralement renoncé à ce temps,
p. ex.

chez

le

piémontais

De Amicis,

de sorte qu'on doit peutlittéraire latin.

être songer à

une action ultérieure de l'usage
relever de

En FRANÇAIS on peut
ferait,

même
:

à toutes les
et il

époques des

exemples des deux premières classes
Allemagne pour

dist ke volcntiers le

mais non fis t (H. Val. 370), il fallait de grands efforts en résister à Marlborougb et on les fit (Voltaire,
ses

(129)

Louis XIV, 225), ses amis, et il en eut, n échappaient pas à humeurs (Sainte-Beuve, Lundis 3, 382) et autr. sembl,, ou
est

ço

de la terre qui fut al
i

rei

Flurit (Roi. 321 1), ne ving pas
il

ci

par

jugement ainçois
temps
l'ai

ving por moi combat re (Mér. 1042),
je

fut un
:

(il

y

a

eu un temps),
la

Vaimai (Rac, Andr. 1192

je

aimé).

En revanche

langue moderne ne connaît absolu-

ment
que

pas cet emploi au sens

du

parfait présent pur, et ce n'est
:

très

rarement qu'on

le

rencontre en vieux français

cf.

nos

nel venues puis que nos del tornoi partimes (Cligès

4735), nos ne

venimes mie por vos mal faire, ain^ venimes por vos garder (Villeh.
82). Sous ce rapport, les
directe avec le français

langues de l'ouest sont en opposition
:

elles

conservent absolument
le

les trois

types et particuhèrement souvent
il

troisième, à propos duquel

faut encore observer

que

le

portugais lui accorde

même
le

une

préférence plus marquée que l'espagnol. Ainsi l'on trouve en

espagnol
coma

:

como acabô de

corner, les hi^o de senas
i,

que

siguiesen,

lo hicieron

(D. Quich.

24), tal era

el

adorno de su persona,
efecto
te

que necessariamente debia causar y causa mal

(Caballero,
los de

Gav. 193), ensuite haré que aun
todos aquellos que se

el

muerto

obedc:{can
i,

llamaron sus amigos (D. Quich.

14), hubo

quitan su filial cariho y ella consiente (Am. Ter. 3, 4), d'où l'on en vient à dire oy vos dix la missa de sauta trinidade, Por esso sali de mi tierra y vin vos
buscar (Cid 2370), en nuestros dias vimos

un tiempo en que

la tuve por hija, hoy

me

y comunicàmos y oimos

134
al invencibh

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ I08. IO9.

y

valeroso cahaUero
cieJos,
te

D. Belianis

de Grecia

(D.

Q_.

i,

13), hoy perdi,

La

espera}i~a que ténia
el

(Caldéron, Pr. C.

3,

118), ciian caro
lero,

ciiesta

amor que

tuviste à tus anios

(Cabal-

Gav. 12), ahora me
di esta

aciierdo que con el afan de salir de casa,
est os

no

les

mahana

el

desayuno à

pohres muchachos (Celt.

Il)

etc. Ici aussi les

grammairiens

se sont efforcés d'établir

une

délimitation entre canté et he cantado, mais sans y réussir, car

en

réalité
:

il

n'est

guère possible de mettre en doute leur équides phrases

valence

cf.

notamment
(J.

comme

lo

que ya fué no
il

puededejar de habcr sido
est vrai

Valera, Pep. Jim. 108); toutefois
la

que, dans ces cinquante dernières années,
la

formation

récente paraît obtenir graduellement
(130)

préférence; l'ancienne
et se locas'est

semble revêtir un caractère toujours plus archaïque
liser

par conséquent dans

le style élevé.
:

Le portugais ne
cf.

pas encore développé jusqu'à ce point nào
Ihe

com
nào

taes prcdicados
Ihe escassearain

podiam

escassear aventuras de amores, e
se visses conio
elle ficou,

(Diniz, Pup. 28),

quando eu

Ihe contei

tudo; parque eu contei Ihe tudo (247) et puis que da cidade

Armu-a,

que ali

esteve,

Ella

nome

despois e

a gloria

teve
e

(Lus. 10, 103),
vés aqui se attenio
5,

houve tempo
ouviste,

(il

y eut un temps), enfin donc

Te

contei tudo

quanta me pediste (Lus.

85), Olha là

rapariga.

Tu anda-me com
dissestc,

jui^inho, ouviste? (Diniz,

Pup. 44),
très visitas

Teve hoje muito que fa^er, mestre? Esta feito. Apenas fi:^

(69), que

oh filha dos christàos, que

me

has propos to (A.

Garret, D. Br. 4, 5) etc.

§ 109.

Beaucoup plus fréquente encore

est

en latin

la signi-

fication de PRÉTÉRIT HiSTORiauE, qui s'est conservée
les

dans toutes
:

langues romanes.

De même qu'on

dit
e

en
loco

latin

Caesar
pilis

cohortatus

suos prœlium commisit. Milites

superiore

niissis facile

hostium phalangem perfregerunt ; ea disjecta gladiis
eos le

destrictis in

impetum fecerunt (César,

Bell. Gall.
:

i,

25), on
acest

trouve aussi

même
iarà

usage en
,

roman
ccrcâ
si

cf.

en roum.
în
si

Basil ie, deaca statu împàrat
si

scoase pre

Photie de
vistearele

besearckà

dcade scaunul

lui

Ignatic;

nu

aflâ

ncmica, cà vrca sa dea leafà curtiei
tnease pre

nu avca
feace

de

unde

ce tre-

unde afla
si

avutie împàràteascà

ràsipità de
tre

Mihail de
feciori
.
.

strînserà

curînd

împlu

bisteriile

si

.

§ 109fcace

PRÉTÉRIT HISTORIQUE
intaiu
Basilic
la

I55
biruirà
I,

caste

Caraiinani
si

,

si-l

de périra

Greci midij

si piifin

de nu péri

împàratul (C. B.

389, 23

:

ce B., dès qu'il fut
le

empereur, chassa Ph. de
cour, et

l'église et rendit

siège à I.;

il

fouilla le trésor et
la

ne trouva rien de quoi subil

venir aux dépenses de

n'avait

rien,

mais
Et

il

envoya chercher
et

les richesses
il

impériales dispersées de Michel,
le trésor.
il

on

les

apporta, et

remplit rapidement
la

eut

trois enflints ... B.

fit

guerre pour

la

première

fois

aux
il

C,
s'en

et ils le vainquirent, et

beaucoup de Grecs périrent,

et

fallut

de peu que ne pérît aussi l'empereur), en ital. essendo pcr

tanto tutti gli aninii degli uomini sollevati, occorsc che
toro trovandossi assai
de'

ad un mora

Cerchi e de' Donati, veniiero iiisicme

parole

e

da quelle
: i

ail' arnii ; dalle

quali per allora non nacque altro
i

che tumulti

c

tornafo ciascuno aile sue case, deliberarouo
e

Cerchi

(131)

di assaltare

Donali

con gran numéro di gente gli andarono a

trùvarc ;

ma

per la virtà di messer Corso furono ributtali e gran
.
.

parte di loro fcriti

.

Ouest a raguuata

e delibera:iio}h'

fu

ai priori

notijicata e dalla parte
libero,
de'

awersa, come una congiura

co)ifra al viver

aggravata,
in

e

trovandosi in

arme ambedue
il

le

parti,

i

signori,

quali era

quel tempo
e e

Dante, per
il
i

consiglio e

pruden^a

sua presero animo,
contado aggiunsero,

feciono arniare
di poi fori^arono

popolo, al quale molti del

capi délie parti a posar

le

arme,

e

confinarono messer Corso Donati con molti di parte nera.

E

per ancora mostrare di essere in questo giudicio m'utrali, con;
i

finarono alcuni di parte bianca
di oneste cagioni, tornarono

quali poco di poi,
2, 18),

sotto

colore

(Mach., Hist.
César deviers

en a.-i-ranç.
deviers
et le

Ensi

corn je vous di esploita
lie

le tiere et

nwr,
qua)it

pour cou

Pompeus ne

li

peust escaper sans bataille,
se traveilloit en
tcle

Pompeus
retenir,

se piercut ke
il

César
soi

manière pour lui
il fist

pensa de

ienser

encontre cou.

Car

drechier
il

hautes tors a trois paires d'estages es barges
avoit asses

et es

droimons, dont

au

port,

et les fist

bien bat eil lier et garnir d'archiers
et

et

d'arbalestriers et les fist a forche escoillir fors do u port
nés ke César avoit apparcillies, ensi ke vous aves oit,
toient

hurter as

et se

comba-

mont souvent Q. Tuim, Jul. Ces. 36, 17), en franc, mod. Quand la jeune fille se tut, il se contenta de gromnwler : Oui
.
. .

Pas toujours
t)itic.

drôle, l'existence.

Et
elle

Perrinette soitait
dit

Ici

un peu de

Devant l'Observatoire,

an

cocher d'arrêter; car elle

13e

CHAPITRE

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ IO9.

IIO.

demeurait encore rue d'UIm. Bien qu'il logeât
canal Saint-Martin,
le

très loin de là,

au
de

charpentier sacrifia
et,

Je

reste

du

trajet

Vomnibus, descendit

le

premier,

pour aider Perrinette,

la prit

à

deux mains par
le

la taille, Fenleva, leste et robuste, et la déposa sur
il

sol.

Puis, soudainement intimidé,

ôta

son feutre

(Coppée,
como
y

Coup. 98), en ESP. no ha muchos anos que madura saliô un hidalgo, nacido de padres
un
otro
hijo prôdigo,

de un îugar de Estrenobles,
el

ciial

por diversas partes
los
.

de Espaha,

Italia

Flandres anduvo gastando asi
de inuchas peregrinaciones
.
.

aùos como la hacienda ; y al fin vino à parar à la gran ciudad de

Sevilla, donde hallô ocasion inuy bastante
lo

para acabar de consumir
de dineros

poco que

le

quedaba. Viendose pues tan

falto
ej.

y aun no

con muchos amigos, se acogiô al
(132)

remedio à que otros muchos pér-

didos en aquella ciudad se acogen
todo

(Nov.

185), en port, andei

dia

livremente pelos paços,

mas

notei

que

os

bésteiros

e

homems d'armas de Viégas me vigiavam
trevos

os pa'ssos.

Ao

cahir dos

guiaram me para .... Deixaram-nw sa e

aposento,
senti d'ahi

onde dévia passar

a noite

a pouco correr

os grossos ferdeitei

rolhos

da porta que dava para as quadras do palacio. Re^ei,
.
.

me, mas nào pude dormir

.

Passado un brève instante abriram
e

a porta da minha prisào. Entroii uni pagem,
sair

disse-me que podia

quando bem me aprouvesse (Monast.
IIO.

I,

204).

§

Le
il

parfait

a

très

souvent une valeur de prétérit

inchoatif;

y a surtout à noter une série de verbes où cette
ressort avec

signification inchoative

une énergie
:

particulière.

Tels sont
ital.

le lat. //// et ses

représentants romans
////',

ronm. fui ïi,
« j'appris »,

fui, franc, je fus, esp.
«
je

port. ////; souvent aussi habui

veut dire
clamavit
quels

reçus », tacui «
»

je

me

tus », sapui

«

nomma
ajoutent

(clamabat

« appelait », v.

p.

129), aux-

s'en
:

encore

beaucoup d'autres dans chaque
Vultima
un:(ione

langue
Dec.
aereo,

cf.

en

ital.

ser Ciappelletto ebbe

(Bocc,

I, i),

tacque, cib detto (Tasse, Jér. 6, 22), questo concerto
seppi poi ,
si

conie

ripetc

ad

ogni

ora

del

giorno

(De

Amicis, Ol. 64), vide Margherita e Vamb (Pierantoni-Mancini, Sul Tev. 7 il s'en éprit), sedette (il s'assit), stette a letto (il
:

resta

au

lit),

si

giacque

(il

se coucha), Marchese

e Steccln, li qiiali

avevan

sentito chc il giudice del podestà fieramente contro

a

lui pro-

§ IIO.

PRÉTÉRIT INCHOATIF
te met Uro

I37
i),

cedeva ....
Liicca
ti

forte

(Bocc, Dec.

2,

a Pisa

ti

vidi e

a

conobbe, dit-on proverbialement (je te vis à P. et je te
à L.) etc.
Il

connus
ne
se
lit

y

a

peut-être lieu de s'étonner que tenni

employé dans le sens de « je saisis ». En français présente un état de choses analogue. Déjà dans l'Alexis on //// baii:;je^ si ont nom Alexis (Alex. 7), puis sur l'herbe vert
soit pas

estiit

devant

siui

tref
il

(Roi. 671

:

il
fit

se plaça sur le gazon), si
mor:(^ si coin

J'ama tant, quant

la vit,

Qu'il au

an
:

dit

(Cligès

et aussitôt 2769), et maintenant vanta et plut (Ch. Lyon 805 il se mit à venter et à pleuvoir) et de même en franc, mod.

feus

(je reçus), je sus (j'appris), je
:

connus (j'éprouvai) etc.

En
(13 3)

ESPAGNOL
sancto

era

un

boiiine
el

que

Uamaban fohan, que

despues fiié

(Patr. 2), quando
siipe

Cid Cainpeador ovo Pefia Cadiella
Cardenio, segiin decian,
se

(Cid II 64),
sente

mas que
I,

el

bal lô pré-

(D. Quich.

29),

el

rey callô (Cal.
tiivo
el

las

primeras

biienas

nuevas que

786 le mundo y
:

roi se tut),

tuvieron

los

hombres, fiieron las que (D. Quich. i, 267), luego que reinô, usa de gran magnijicencia cou cientos caballeros (Clar. Var. 139
sitôt
:

aus-

qu'il

commença
otro

régner), ciiando yo pasaba por miierto,

mi mujer amô à
iniicho

hoinbre.

Yo

creo
3,

que

le

amaba

desde hace

tiempo (Galdôs, L.
:

Roch
vio

224),

se

sentô (il s'assit).

Portugais
tura ssoube

quando

esto

santo

homein

Zosimas , marascrip-

vilhouse e ouve grande

pra \er (Rom. XI, 369), ^fv aquella
e ffoy çerto

nome da santa molher
el rei dise,

que .... (380),
respondese, ca
rei

a

esto

que

nom

soiihe

Gualvam que
e

bcm

sabia que
era

di:(ja

verdade (Graal 19),

a Jilha del

Brutos que
e

muy

fremossa cousa, catou
e

muy gram

peça Gallaa:{

semel-

tam bem talhado que amou de coraçom, que nunca amou cousa do mundo tanto que nom partia del os olhos. E quanto mais catava, mais se pagava del e mais amava (74),
houlhe

tam fremoso

na

leal cidade,

donde

teve

Origem

nome
se

eterno

De

Portugal

(Lus.

6, ^2), calou-se,Jingindo
teve

que adormecia(pimz,'Pu^. 163),
estava

Margarida
(192)
etc.

iim

prescniimento do que

preparando

Pour

cette classe

il

est peut-être plus difficile

que pour beaucoup

d'autres de dire jusqu'à quel point c'est justement le

commencement

de l'action qui doit être exprimé. Les exemples ci-dessus mentionnés
pourraient bien être sûrs et incontestables. J. Vising (Frz. Stud. VI,

138
ment des
latin.

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ II 0. III.

22 sqq.) cherche à montrer que ce sont en majorité ou exclusiveparfaits

en

-ui et

met

ce fait en rapport avec l'augmenta-

tion considérable des présents inchoatifs qui s'est produite

en bas
parfait

On

aurait eu p. ex. lacère et iacescere, avec le
tacttit

même

tacnisse,

puis

put recevoir

le

sens de «

il

commença
un

à se taire »,

ce qui aurait permis de donner à tous les parfaits en -ui,
qu'ils eussent

môme

sans

en

même temps un

présent en

-escere,

sens inchoatif.

Partant de

là,

Vising distingue donc aussi parmi ses exemples ceux

qui viennent de parfaits en -ui et ceux qui viennent d'autres parfaits.

Mais

il

y

a lieu toutefois de se
l'esp.

demander

si

cette division est fondée.

Sans doute,

callô

peut à la

fin être

influencé par tacuit, car
collant
;

iacuit doit bien avoir autrefois existé

quelque part à côté de

mais d'un côté

l'ital.

anw, franc.

//

aima, esp. ainô, port, amoii
il

(il

(^4)

s'éprit) n'est pas contestable, et

de l'autre

existe

en

réalité bien des

parf.

en -ui auxquels on ne peut que difificilement trouver un sens
Cette
cités

inchoatif.

observation
potuit,

s'applique

p.

ex.

à

la

plupart
et

des

exemples

pour

qu'on peut considérer toujours

partout

comme
le

des parfaits historiques; de
il

même
il

creduit n'a

que rarement

sens de «
il

ajouta foi

». Si l'ital. giacqiie se
se

rend en français, non

par

coucha, mais

uniquement par

coucha, cela tient à la diffése coucher, c.-à-d.

rence qui existe en général entre coucher et
coucher étant inchoatif, c'est

que,

se

uniquement

se coucha, et

non
la

coucha, qui

peut remplir

la

fonction de prétérit inchoatif. C'est pour ce motif

qu'on n'a pas adopté ci-dessus une division basée sur
conjugaison
négligés.
et

forme de

la

que plusieurs des types donnés par Vising ont été

y a maintenant une série de cas où le parfait semble exprimer la durée ou la répétition et se rattache par
§

III.

Il

conséquent au prétérit de durée. En première ligne
citer les verbes qui

il

faut

marquent

le

séjour

:

vtanere, restare. Étant

donnée leur
contraire,

signification,

on devrait
il

s'attendre à ne les trou-

ver qu'au prétérit de durée, mais
il
:

n'en est pas ainsi;
ils

au

ne manque pas d'exemples où
cf.

se présentent
che

au parfait
A)inalcna

en ital. rimase
donna
se

di costui

nu

solo figliuolo,

sua

pochi
sai

anni

davanti gJi
è

aveva partorito
sai che

(Mach., Hist. 360),
Restai,

che cosa
e

ainor, ben

mesia
9),

di lui pensando

notte

giorno (Arioste,

Roi.

13,

rimase Inngamente assorto in unestasi mistica (Neera,

Sogno

4),

en
la

A. -FRANC,

par force de chevaus
e

s'en vont Cil

qui ne mestrent en

place (Mér.
la

4582),

4250), la fit gentil dame au gent

mist jusqu'à la fin

(Rou

III,

cors avenant
e
ce:;^

De

lui remest ensainte

d'un enfant (R. Cambr. 38),

en alerent en

Damasche

e

la

§ III.

I[2.

PARFAIT DE DUREE ET DE RÉPÉTITION
le

I39
ocis

mestraii

(IV Livr. 278),

jor

i

ot

maint chevalier

Dont

mainte dame remeisent sans maris (Og. Dan. 7020), une grant
piesce remest la chose ainsi

(R. Cambr. 520), en franc, mod.
les

// eii

porta un coup terrible entre
resta six mois

deux poumons de

l'orateur, qui en
le

sur

le

flanc (About,

Rom.

br.

H. 13),
el

sobriquet
e

de mes semblables lui resta (27), en esp. finco
cou sos companeros (Berceo, S. Mill. 238),

con sos pobres
este

ya en

tiempo era

muerto

el

padre de Grisôstomo, y
Q..
i,

el

quedô heredero en niucha canti-

dad de hacienda (D.
melho como

12),

el ciial

quedô admirado de

lo

que

al cabrero habia oido (i, 23) etc.,

en port.

rapa^

fe:(-se ver-

um

lacre e

nào atinou com a

resposta. Ficoii-se a coçar

reiior tendo cm subido conceiio na cabeça (Diniz, Pup. 7), ficou a Margarida (39), assim ficou por muito tempo (143), assim

('35)

como

frade ficou baixo,

outro

fe:(-se alto

(Gomez de Amorim,
diffi-

Am.

Patr. 20). L'explication de cet
Il

emploi présente une
l'idée

culté.

a

déjà été

observé

que

d'action

momentaaction

née peut également exprimer l'achèvement de
(p.

cette

119):

plusieurs des exemples

du vieux

français

notam-

ment peuvent être interprétés comme tels; dans d'autres, le commencement d'un état est non moins clairement exprimé,

comme
dans
la

dans

la

phrase

empruntée

à l'Arioste,
la

et

il

faudra

plupart des cas admettre à l'origine

dernière fonction.
elle

L'action entre donc dans

un nouveau stade où
comprise dans

demeure.

Or,
par

comme
la

l'idée d'arrêt est déjà

la signification

du verbe,

il

n'est pas besoin de l'exprimer

une seconde
le

fois

flexion; au contraire

on peut exprimer simultanément,

avec une finesse inconnue à d'autres verbes,

commencement

de l'action

et l'arrêt

qui y

fliit

suite.

§

1

12.

Le SENS ITÉRATIF apparaît dans des phrases comme en
addivenne Che, per fuggir periglio,

ITAL. Moite fiate già, fraie,

contro a grato Si fe di quel che far non si convenue (Par. 4, 100),
infinité volte

avvenne (Bocc, Dec.

i,

Intr.), invita poi più volte
le

Lucia (Manzoni, Pr. Sp. 265) etc., en franc, sovent
li

virent e
le

pedre e

la

medre (Alexis 48),
et le

trois foi~

nous geterent

feu

gregois celi soir

nous lancierent quatre foi:^ à l'arbalestre à tour
il

(Joinv. i}6), plusieurs fois
67),
elle

dit tout

haut (Mauipassam, Bel-Ami
de suite (23 i) etc., en esp.

murmura deux ou

trois fois

140
miichas vcces

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ 112.

II 3.

h

aconteciô A
i, lo

mi

scnor

tio

estarse

leyendo

en estas

dcsalmados Jihros (D. Q.
caridad (Pep. Jim. 36),
Ihe que
ve:(es

5), varias veccs

me

habJô aparté de su
di:^ei-

pensé mil veces etc., en port.

tambem

dos Portugueies

AJguns

traidores houve algiimas

(Lus. 4, 33), raras ve^es mostrou recordar-se d'aqueJlas suas affeiçôes de creança (Diniz, Pup. 72), a D. Leocadia esta manhà
abriii

pravavelmente

a bocca

très ve^es
la

ou

espirroii diias

Dans tous

ces

exemples
elle-même

répétition

est

(94) etc. rendue par une
et

expression adverbiale plus ou

moins déterminée,
présente
le

par ce

moyen
Il

l'action

se

comme momentanée.
démontrer, qu'à
il

est possible,
le parfait

mais on ne peut pas

l'ori-

gine
(136)

s'employait uniquement quand

y

avait déter-

mination exacte,

comme
il

avec due
est

voile etc.,

mais non avec
italien avec

mohe

volte.

En

tout cas

remarquable qu'en
est

ogui volîa le

prétérit

de

durée

de règle, qu'en

français
//

moderne
et
//

d'après la règle formelle des grammairiens

arriva

arrivait quelquefois, mainte fois, souvent sont
le prétérit

absolument

équivalents, qu'en portugais

de durée ne s'emploie

qu'avec niuitas ve~es, et non avec

très ve^es etc.

§

113.

Lorsqu'un

fait

est

fixé

dans
le

le

passé sans

qu'on

tienne compte de ses rapports avec

présent et sans qu'il soit
s'il

important pour

le

contexte de savoir

s'agit

d'une action

momentanée ou
préfèrent

d'un__état durable, le latin et le

le parfait;

plus tard, au contraire,
Il

le

roman primitif roman préfère le
(il

prétérit de durée.
avait).

s'agit

notamment de
fuit
in
illo

fuit

était,

il

y
on

Chez Apulée on
pollens
et

lit

conventiculo matrona
à cela

quaedam
lit

opnlens (10, 19), et

conformément

en

ital.

già

è

buon tempo passato che di Babil onia fu un Soldano,
si

il

quale ebbe nome Beminedab (Bocc, Dec. 2, 7), Ruggier

messe

in via,

Guidando Bradamantc a Vallombrosa,
e bclla

cosî

fu nominata
a.
il

mm

badia Ricca
la

(Arioste, Roi. 22, 36); en

-franc, Eist de
ia bien fut

nef

et

vait edrant a

Rome, Fait par

les

rues dont

cointes

24), Li chastiaus
fait cil

(Alexis 43), Blancandrins fut des plus saives paiens (Roi. sist an un pui haut (Cligès 1256), je li dirai,
qui plus fu empariés des autres (Auc. 18, 24), en la ville
. .
.

de Valenciennes eut naguêres ung notable bourgeois
les

lequel entre

autres fut

renommé

de large et discrète prudence.

Et

entre ses

§ 113.

Fuit ET erat « il y avait

une

fois »

Î4Î

louables vertii^ celle de libéralité ne fut pas la
I,

maindre (C. N. N.

41)

et cet
biien

emploi se répète

à l'infini
fiie

en vieux français; en

esp.

El

Don

Fernajido par

de emperador (Cron.
. .
.

Rim.
se

7 5 8),

lo esiorbô iina

maravillosa vision

que improvisamente
i, 1j\),

les ofreciô

â

los oj'os

y fué que ... (D.

Q..

hiibo en esta

tierra

Rubéfia mirô cou inférés

un salteador de caniinos (Caballero, Gav. 34), Don Juan el rostro del javen, fué una niirada del
rei,

observador (Cleop. Per. 127); en port, uni
foi

por nome Affonso,

na Hespanha (Lus.

3,

23), encontrara.n-se na ponte e trava-

rani entào uni dialogo eni prosa, que foi a confirmaçào de quanto,
etn verso,

tinham

dito jà

(Diniz, Pup. 32). Mais
l'épisode de

le

même ApuPsyché par
28);
tel est

(137)

lée qui dit fuit,

commence
quadam
le

l'Amour

et

ces

mots

:

erant in

civitate rex et regina (4,
:

aussi

en roman

début habituel des contes

en roum. era un

om

(C

B. I, 358, II), ci-cà era odalà un vàdàoiiï bàtrân (Gas-

ter II, 348),

en obw. ina gada fuva
i,

ei in

pauper uin en

in vitget

(Sûrs. Miirch.
fegls (4,
i),

i)

ou
ci

ina

gada

er ei

in bab che haveva treis

en

ital.

era

un

rè ed

una

regina,

en franc.

//

y

avait
Il

un

roi et

une reine, en esp. havia un rey y una reina etc.

y

a

une différence
le

ancien et
parfait

très nettement marquée entre le français moderne; la langue du moyen âge emploie le dans une proportion qui ne serait plus possible aujourle

d'hui; en effet ce n'est pas généralement

prétérit de

durée

qui figure dans

le récit,

même

lorsqu'il s'agit de descriptions,
et

de tableaux

:

cf.

Cligcs qui ce ot

escote Sist sor

Morel,
tot'e

s'ot

arnicure Fins noire que more meure. Noire

fu

s^arniëure

(Cli-

gès 4662), et des exemples de ce genre se présentent à chaque
pas dans l'ancienne littérature.
stylistique plutôt
Il

faut voir ici

un phénomène
littérature fran-

que grammatical. L'ancienne
de raconter des
faits

çaise, qui s'efforce plus

que de décrire des
fait

objets, offre aussi, sous la

forme grammaticale d'un

passa-

ger,
l'état

des choses qui
durable. Et
il

exigent

proprement

la

forme indiquant

n'en va pas autrement avec les exemples

tirés

des autres langues,
fait

de ce

que, du

préfère le

comme cela résulte aussi notamment moment qu'on adopte la langue populaire, qui procédé commode de la description, p. ex. dans le
le prétérit

conte, c'est toujours et partout
§ 114.

de durée qui apparaît.

C'est à dessein que, dans notre exposé, nous avons

142
jusqu'ici

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION
le

§

1

14.

complètement négligé
t.

rhéto-roman.
le

Comme

nous

l'avons déjà remarqué au

II,

§ 268, dans

canton des Griet

sons

le

parfait est dès le

début d'un emploi assez restreint
la

de nos jours presque entièrement inconnu à

langue parlée,

ou bien, là où il est employé, il a pris à peu près la môme valeur que le prétérit de durée. Dans la période primitive, les deux temps sont distingués de la même manière que dans les
langues-sœurs.
(Alig 404
:

Cf. p.

ex. cnr Pilatits

iidè

qiici

plaid

e

vaseva

quand P. entendit
ils

cette parole

et

remarquait),

scbû tiuncvan a schenan (507,
(138)

craignaient et dirent), lurafo

Judas

.

.

.

iiis

.

.

.

a

schet (8, là fut

Judas et

il

dit), sces juve-

manen a vcgneuaii cnfigl Marcait ad anflanen sco el ha giu gig ad eh ad han parigian la paschgia (26, mais ses disciples allèrent et vinrent dans le bourg et trouvèrent tout
nals abcr

comme

il

le

leur avait dit et
il

ils

ont préparé

la

pàque), où l'on
le

doit noter,

est vrai,

dans

le

dernier exemple

passage au
ex.

parfait périphrastique.
le

Mais dans d'autres
la

textes, p.
la

dans

Viadi de Jérusalem,
et

Cuorta Memoria, dans
le parfait est

Chronique

rimée

même

dans

le

Barlaam,

presque introu-

vable. Aussi la question est-elle douteuse (elle aurait besoin
d'être spécialement étudiée avec attention) de savoir
les
si,

dans

œuvres traduites qui présentent le parfait, il ne provient peut-être pas uniquement d'une imitation servile de l'original
si,

ou

comme
Cf.

c'est

le

cas en réalité chez Alig, les auteurs ne

sont pas originaires de régions qui ont conservé ce temps.
pour
ini

les §§

105-114

J.

Vising, Die realen Tenipora der VerganFr.

genhdt

Franiôsischen iind dcn iibrigen roniaiiischen Sprachen,

Stud. VI

3,

VII

2, travail

dont

les

développements ont servi de base

principale à l'exposé ci-dessus et auquel aussi la plupart des exemples

ont été empruntés.
graphiques, de
quelles
il

On y trouve notées les autres indications bibliomême que toute espèce de particularités dans lesque dans
la

n'était pas possible d'entrer ici, pas plus

discussion
S'il

de bien des distinctions, trop détaillées, établies par Vising.

montre

à différentes reprises

comment, au cours du développement

roman, l'importance respective des deux temps, au point de vue de leur emploi, se déplace au profit du prétérit de durée, on ne peut
cependant pas se baser là-dessus pour conclure à une extension de sa
sphère d'emploi
partiel
:

tout ce qu'on peut admettre, c'est

un changement

dans

les

habitudes stylistiques des écrivains. Mais la cause

principale est l'extension de hahco cantalum, qui

assume de plus en

§114. 115cantavi,

LE PLUS-aUE-PARFAIT

I43

plus les fonctions de cantavi. L'étude des rapports entre cantaham et

notamment
cf.

aussi au point de

vue de
:

la

grammaire

française,

a donné lieu à beaucoup de discussions
nies par Vising,

outre les indications four-

encore Th. K.JiLEPKy, Zs. XVIII, 498-510, qui
partie nouvelle,

donne lui-même une explication en
justifier

mais

difficile

à

historiquement. Se fonder,

comme

il

le fait p.

500, sur tout
cette

h

jour

il

demeura muet ou La France
la

entière haletait

au début de

démence qui dura jusqu'après
sens de la durée, ne
p.

Commune pour

attribuer au parfait le

me

paraît pas possible après ce qui a été dit
lorsqu'il

138;

et

je

ne peux pas approuver davantage Kalepky
cet

(139)

conclut de comment ave^-vous en

argent que avoir a, dans toutes ses
«

formes,

le

double sens de

«

posséder » et de

recevoir ».
il

En

admettant

même

qu'il

en

fût ainsi

en français moderne,

aurait néan-

moins
gine

fallu

démontrer d'abord que ce double sens
pas p. ex. été

a existé dès l'oriêtre transporté

et qu'il n'a

emprunté

à j'eus

pour

aux autres temps.
§ 115.
tif,

Le PLUS-auE-PARFAiT
il

latin est

surtout un temps rela-

qui n'a sa raison d'être que dans un groupe de propositions.
se trouve
la

Mais cependant
agnis

en

latin déjà des
:

exemples où

il

a

presque entièrement
qiiot

valeur du parfait

jamnc exîa coda
le

siuit?

fItérât?

(Plante, Stich. 251), et

même
:

fait se

pro-

duit en roman. Les rares cas du vieux français spécialement

présentent absolument une valeur de parfait
Eulalia, bel
aiiret cors

bucua

piilcellafiit

(Eul. 2), ad une spedc
il

H

roveret tolir

h

chief (22), ne vos sai dire corn

s'en Jiret
Itii

lic:^

(Alexis 25 e);
e siei

même

chose en prov.

:

forait

ab

siei

comte

haro (Gir.
etc.

Ross. 649), aqtti agrait

taitt joi

qtie

aitc

nagiv

tal

(7184),

En espagnol
isolés

et

en

portugais aussi
:

Ton trouve des exemples
qtte
e qtte
le respottdiera.

de cette substitution
qitc

en esp. pregiiularoii al griego,
al romatto

fue

h

dixiera

Por

seititas
el

Dis

yo dixe
itas c

qtte es

un Dios,
fesiera

Rotnano dixo

qtte era

Uno

e très perso-

tal senital

qiiiero

citntar (Alex.

904),

(Hita 49), //;; siieiiiio yo soititara qite vos en port, agasalhados foram jttiita(Lus. 7, 6G^. Le sens est en partie
dit,

mente
celui

O
du

Ganta

e Porlttgtte^es

parfait

proprement
la

en partie celui du parfait his-

torique et celui du prétérit de durée.
et

Or

si,

en vieux français

en provençal,
la

substitution de sens peut facilement s'ex-

pliquer par

disparition presque générale de

quemment

par l'affaiblissement considérable
la

forme et consédu sentiment qui
la
:

gouvernait son emploi,

chose

est

moins simple dans l'Ouest

l44
en
effet,
le

CHAPITRE
portugais

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ II5.
le

I16.
plein

notamment conserve encore

emploi du plus-que-parfait
la

comme temps
à la p.

relatif. Si l'on

part de

définition
le

du

parfait

donnée

131, on peut ne pas
relatif là où Dans une région
«
il

considérer

plus-que-parfait

comme un temps
un
il

celui qui parle veut indiquer

état passé. a

où vin conserve
(140)

le

sens de «

vu

», c.-à-d.

se trouve
«
«
il
il

dans

l'état

qui suit l'action de voir
»

», vira

peut signifier

se se
».

trouvait etc.

et se rapproche ainsi

beaucoup de via

trouvait dans l'état de celui qui voit »
Cf.
naii
esiaiido
rci

ou de vin

« il

aperçut

à janella à hora do meio dia Vira entrar iima
I,

(Rom.

Port.

33). Les deux langues de l'Ouest acquièrent

ainsi la faculté de s'exprimer avec

une

finesse
le

inconnue aux
portugais qui

autres; toutefois

il

n'y a plus aujourd'hui que

fasse encore usage de

ce plus-que-parfait; l'espagnol, lui,
la

ne

connaît plus cet emploi que dans
Cf. encore K.

poésie des romances.
II,

Foth, Rom. Stud.

254-256

;

J.

VisiXG, Frz.

Stud. VI, 388 sq., 457 sq.

§ 116.

Enfin

le

futur antérieur
et

latin se présente

en Rou-

manie, en Espagne
d'aborder

en Portugal

comme

forme temporelle
ici le
il

des propositions conditionnelles, mais ce n'est pas
la

lieu

question; dans
simple
:

le

parler de Veglia,

apparaît

comme futur
puarla (23,
moituro (33,

cf.

en cal basalca zerme (Testi Vegl. 7,
tela

dans quelle église irons-nous), vietanne join carassaun en

nous mettrons un verrou
le

à la porte), el tiamp se

temps changera)

etc. L'explication

de ce phé-

évidemment la même que celle qui vient précisément d'être donnée pour le plus-que-parfait dans le sens d'un prétérit de durée cantabit exprime une action encore à venir, canîaril un état encore à venir tel qu'il résulte de l'accomplissement d'une action. Or, aussitôt que la différence entre l'action

nomène

est

:

et l'état

qui en résulte n'est plus marquée,

il

peut se produire

une confusion des deux temps.
Je dois à

M. Bartoli
t.

l'indication des formes de Veglia et leur

véritable interprétation. Ainsi

tombe naturellement

ce qui a été dit

à ce propos au

Il, p.

153.

§

Iiy.

VALEUR DES DIFFERENTS MODES

143

III.

Les Modes
modes
il
:

§ 117. et

Le

latin distingue trois

indicatif, subjonctit
la

impératif. Celui-ci n'a de forme spéciale partout qu'à

2" p. sing.; à la
catif

deuxième du
italien,

pluriel,

est identique à l'indiet

en roumain, en

en provençal

en vieux français,

tandis

que

le

français

moderne

a recours à l'omission

du pro-

(mO

nom-sujet (Chap. 3) pour différencier chante:^ comme impératif de vous chante:^. Une distinction entre l'impératif et l'indicatif a
aussi
(v.

commencé
p.

à s'introduire à la

première personne du pluriel
le franc,

II,

215, à quoi l'on doit ajouter

chantons à côté de
:

nous chanions^. L'impératif est le
a

mode du commandement
latine et

il

ainsi conservé sa

signification

ne

l'a

modifiée en

aucune foçon. L'impératif

négatif, le prohibitif seront étudiés
la

au chap. 5. L'indicatif présente

simple énonciation. Sur ce

mode
fait

aussi la syntaxe a peu de chose à
c'est

nous apprendre. Le seul

à signaler,

qu'il

peut quelquefois servir à exprimer
cette

aussi

un

ordre, auquel

cas

signification particulière est

indiquée par une intonation particulière. Très souvent,

comme

on

l'a

déjà dit au
il

t.

II, p.

215, o~ se rencontre

en vieux français
:

dans ce sens;
leyro

en

est

de

même
son

en

a. -port.

ouves tu, caval-

andanie (Graal 45). Le subjonctif réclame plus d'atten-

tion.

Abstraction
il

faite

de
la

emploi dans
le désir;

les

groupes de
dans ce derle

propositions,
nier cas
le

exprime

volonté ou

et

subjonctif peut être impératif ou optatif. Sous

rapport des temps, on constate une simplification encore plus
considérable qu'à l'indicatif.
il

n'est resté

qu'un présent

la

différence entre les

En ne tenant pas compte du sarde, un prétérit; en d'autres termes, modalités de l'action, qui jouait un si
et
ici. S'il

grand rôle

à l'indicatif, n'existe pas

est vrai

que

le

pré-

sent coïncide avec celui

du

latin, le prétérit est

en revanche issu
se pré-

du plus-que-parfoit
sente
ici,

latin.

La substitution de temps qui

fait

116;

elle
la

penser à celles qui ont été étudiées aux §§ 115 et semble d'ailleurs s'être accomplie en premier lieu

dans

proposition; c'est pourquoi Ton peut en différer l'exail

men

jusqu'au chapitre 3. Mais

se

présente encore d'autres

simplifications.

En roumain,
III,

le

subjonctif présent n'est distinct
lo

Meyer-Lubke, Giammairc

14e
de
l'indicatif

CHAPITRE
qu'à
la

I

:

LES

MOTS À FLEXION

§ II 7. I18.

troisième personne, ce qui entraîne alors
il

cette

conséquence que, partout où
par

s'agit

de différencier

le

subjonctif de l'indicatif aux première et deuxième personnes,
celui-là est caractérisé
la

particule sa.

On

dit

donc vîndà

(qu'il vende),

mais sa vhiTj (que tu vendes)

etc.

Le point de
veux

départ de ce sa doit naturellement être cherché dans des propositions subordonnées telles p. ex. que voiû sa
vîn:(i (je

que tu vendes). Mais
de l'émotion,
(142)
le

alors

il

put arriver que, sous l'empire
la

terme exprimant
:

volonté fût réprimé et
ainsi la possibilité

suppléé par un simple geste

on acquérait

d'employer aussi

sa

pour introduire des propositions simples
ce qui est
arrivé d'abord là

lorsque ces propositions devaient contenir l'expression d'une

volonté; et c'est en

effet

la

langue manquait d'une forme flexionnelle pour distinguer une
simple énonciation de l'expression d'une volonté ou d'un désir.

Par analogie on

dit

finalement aussi à

la

troisième personne sa
se ren-

vîndà à côté du simple vîndà. Le

même phénomène
l'Italie

contre souvent dans certains patois de

septentrionale,

mais avant tout dans
motif.

le

français

moderne,
la

et

pour

le

même

En
la

effet,

en français aussi,
et

grande majorité des verbes,

ceux de

première classe

comme

offrir etc.,

nombre de la deuxième confondent aux deux modes leurs formes un
certain

du singulier et de la troisième personne du pluriel; de là vient donc qu'ici aussi l'on distingue entre il chante et qtCil chante, et alors on a par analogie il vient et quil vienne. L'origine de ce que est la même que celle du roumain sa; chronologiquement parlant, il appartient à la période moderne du
français;
ex.
il

est plus rare

au xvii^
le

siècle

qu'aujourd'hui

:

cf.

p.

chez Molière me confonde

Ciel (Dép.

Am.

1362)

et la
il

tournure fréquente

la peste ni étouffe;

même

de nos jours

est

encore loin de s'employer

exclusivement; au contraire,
le

et

notamment dans
le sujet
:

les

propositions optatives où

verbe précède

vive

le roi,

l'ancienne tournure a persisté.

§
latin

118.
il

Le SUBJONCTIF de volonté
la

est

relativement rare.

En
:

apparaît surtout à
(allons);

première personne du pluriel
par
le

canins

emploi
:

continué

provençal

et

les

LANGUES DE l'Ouesi

prov. ancm, esp.-port. andemos, tandis

§

ri8.

LE SUBJOXCTI1--IMPÈRATIF

I47
l'ital.

que

le franc, allons est

un

indicatif et

que

andiamo ne peuvent
se

renferme aucune caractéristique modale.
rattacher

A

ces cas

ceux

le

subjonctif
la

remplace directement
3^^

un

IMPÉRATIF. C'est ce qui arrive à

pers.

du

sing. et

du plur.,

notamment quand

la

troisième personne est employée pour

adresser la parole à quelqu'un (p.

m)
nus

:

cf.

en

ital.

venga, ven-

gano, en esp. venga Usted, en port, venha Voce; mais on l'emploie
aussi autrement, ainsi
(qu'ils s'en aillent),
die or androit ce qu'il

pour formuler un ordre
a. -franc, se
i

:

se ne

vadano

en

viaut met re]def anse, Si

et

panse (Érec 179 1) et de même en espagnol quil en portugais; on y prépose que en français moderne
:

dise,

quils s'en

aillent.

En outre

il

faut attirer l'attention sur
(143)

quelques verbes qui, en vertu de leur signification, ne pourraient

vraiment pas exprimer un ordre direct

et à l'aide destel qu'il

quels donc
est

on ne peut formuler que
le

le

vœu
il

énergique
est à

renfermé dans

subjonctif; toutefois

noter que
:

les

langues en ce point se comportent différemment

c'est ainsi

qu'en espagnol
sur

et

en portugais l'analogie formelle

la signification, c.-à-d. qu'il s'est
Il

l'a emporté néanmoins constitué un

impératif.
sii siate,

s'agit des verbes suivants.
soye:(,

D'abord

esse

:

en

ital.

franc, sois

prov. sias siat^,

a. -esp.

tu seas bien

venido (Berceo, Sil. 237), mais en esp.
(y. II, § 219); habere
:

mod.

se sed, port, se sede

en
:

ital.

abbi abbiate,

franc, aie aye:(,

prov. ayas ayat:^; sapere
franc,
sache
sache^,

en roum. sa
sapcha

^tiî, ital.

sappi sappiate,

prov.

sapchat:(,

a. -port,

saybhas

(Graal

14) à côté
saibe

de sabe (22)
:

et

avec mélange

des deux

formes
veuille:^,

(30); volere

en

ital.

vogli vogliate, franc, veuille
:

prov.

vulhas vulhat^; posse prov.
poscas

en

ital.

possi possiate,

franc,

puisse puissie:^,

poscat::^.

ajoutent encore

isolément quelques autres.
français
oiex^

A ces On a

cas

s'en

fréquemauiatz^

ment en vieux
veiat:^,

voie:{,

de

même

en prov.

puis en

a. -franc,

sire,

de la part

Veignie:^ vos a
3,

mon
27,

grant besoing (Ch.

Lyon 4402), en

prov, digas (Flam.
politesse,
Il

4314)

etc.,

où l'on aura préféré par
qui,

en s'adressant
aujour-

à quelqu'un, le subjonctif à l'impératif.
veuillons

faut signaler le franc.

sachons
la

comme

sache:^,

se

distinguent

d'hui de

forme du subjonctif, mais qui cependant, en raison

de leur radical, sont originairement des subjonctifs.

Au

surplus

148

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§

I18. II9.
:

une certaine hésitation
cf.

paraît se manifester aussi en français

ne voles pas ocire
à

les

mesages Guion (G. Bourg. 113 3); inverrattache aussi digasme (Appoll. 71,
il

sement

l'a.-esp. seas se

dis-moi).

Comme
tels

dernier cas

faut encore citer les verbes uniti

personnels,

que

l'ital.

non

riiicresca,

a. -franc,

ne vos

poist etc., qui

doivent à leur tour se mettre au subjonctif parce
pas

qu'il

n'existe
très

de troisième

personne

à

l'impératif.
il

Un

emploi

remarquable, bien qu'en

somme

soit rare, c'est

celui de la 2^ p. sing. chez des verbes qui

forment d'habitude
(Mér. 3502),

un impératif
le

:

cf.

p. ex. Dieus, car

m en

conseilles

où mule plus respectueuse que l'impératif. Dans jonctif le ROUMAIN semble aller plus loin que

subjonctif de volonté doit être encore une fois une forcet
les

emploi du sublangues-sœurs,

notamment
s'est

à la

2'-'

pers.

du

plur. où, contrairement à ce qui

produit dans

les

autres langues, les trois

modes

se

con-

fondent entièrement.
(144)

Une forme comme

facetl peut,

d'après

l'intonation, présenter

une énonciation, un vœu ou un ordre,
en franc, faites n'ont que
la

tandis qu'en
la

ital.

fate,

première

et

troisième de ces significations. Or,
et
la

comme
la

la

manifestation

d'une volonté
formelle avec
(^sà) est

un ordre donné

se

trouvent en opposition

simple énonciation,

forme de
il

la

première

adoptée aussi pour l'ordre
:

s'agit

de l'exprimer

avec énergie

on

dira

donc
je

sa facetl ciim v-oïû învàta eu si hahar

sa navetï (faites
souci).
§ 119.

comme

vous l'ordonne,

et

n'ayez pas de

Le SUBJONCTIF-OPTATIF
Lorsque
en
le

jouit

comme

en

latin

de l'em-

ploi le plus étendu.
réalité,
ital.

désir ne s'applique pas à

une
:

on adopte

comme

latin et

en allemand

le prétérit

piacesse a

Dio, franc, plut à Dieu,

esp. pluguiese â Dios,

port, prouvesse a Dcus.

Quand
et

il

s'agit

d'un désir réalisable, on
si

peut d'après

la signification

distinguer
attribuera

la

chose désirée est

bonne ou mauvaise,

l'on

à

la

première
la

classe

notamment

aussi les formules de salutation, et à

seconde, en

même
forme
Dieus
port.

temps que l'imprécation,
et la plus

aussi le serment.
le lat.

La première
le

simple se présente dans
te

Deus

adjuvet

:

en roum. (sa) Dunine~eu
t'ai ut,

aj'ute,
te soit

ital.

Iddio t'ajuti, a. -franc.
te

franc,

mod. Dieu
l'ital.

en aide, esp. Dios

ayude,

Deus

te

ajndc; dans

sii il

henvenuto,

a. -franc, soies li

^

IT9.

LE SUBJONCTIF- OPTATIF

I49

bien trovés (Percev.

vindo;
se;

il

est

5971), esp. scas bien venido, port, scas beni remarquable que l'esp. dise aussi seas feli^(tl non

qu'il soit
:

heureux). Ensuite donc,
ital.

comme exemple
nuances

d'im-

précation

en

maladetta sia Fora, franc, maudite

soit l'heure,

esp. vialdecida seo la hora etc. D'autres

se })résentent

dans

les

groupements de propositions;

ce

ne sera donc que plus

tard qu'il faudra s'en occuper. Mais dans

un certain sens
ici

il

se

trouve une extension du subjonctif-optatif qui doit

déjà être

examinée,
la

et

dont

les

débuts remontent d'ailleurs jusque dans

période latine. Dans une phrase

comme

le

ht. faeiat qiiid

viilt,

roum.
gîte

sa facà ce vor, ital. faccia cib che viiole, a. -franc, face cou
plest
il

H

que quer,

(G. d'Ang. 91, 6), esp. baga que quiere, port. /ara y a d'abord un désir. Mais, comme celui qui parle
le

renonce, en

formulant,

à exercer

une influence directe sur
le

l'accomplissement de l'action, cette circonstance peut facilement
faire naître l'idée

que l'accomplissement ou

non-accomplis-

sement de
l'origine

cette action lui est indifférent; ce qu'il représente à

comme une
pour
lui

chose non-existante, mais pourtant dési-

rable, devient

quelque chose qui peut arriver sans son
le

(145)

intervention et finalement qui ne
C'est
ici

touche pas autrement.
consens) et
est celui

notamment
(§ 219).

qu'il faut citer aussi le subjonctif d'assensea (j'y
soit
.
.

timent
soit

ital.

sia, franc, soit, esp.

.

etc.

Un

usage plus singulier
historia otro

qui s'obni

serve dans l'esp.
tenido

bas leido en

que

teiiga

baya
dés-

mas

brio en acorneter,

mas

aliento en el persévéra?-,
el

mas

irera en el herir, ni

mas mana en

derribar?

La verdad
place de

sea, res-

pondiô Sancbo, que yo no he leido ninguna historia jamas (D.
I,

10).

Il

est

manifeste que sea

tient

ici

la

es

Q. pour

donner plus de réserve

à l'affirmation;
la

c'est

ainsi qu'au lieu
sert

d'une affirmation précise on choisit

forme qui

commul'intro-

nément

à

exprimer

le désir,

puis

la possibilité.

En

d'autres cas

encore on observe souvent dans

les

langues de l'ouest
les

duction dans
qui,
ailleurs,

le

sens de cette nuance d'incertitude,
apparaît

phénomène
propositions

fréquemment dans
talve::^eso sea

subordonnées

:

cf.

en esp.

verdad (Galdôs, L. Roch
aqtielle

1,56), qui^âs sea cahinmia (2, 27), en port,
super ior ao nosso,
Patr. 173),
e

navio é inuito

talve^ seja ininiigo

(Gomez de Amorim, Am.
ialve:;^os

talve::^ este

bomeui nos faça boni serviço (16^^,

150

CHAPITRE

I

:

LES MOTS À FLEXION

§ II9.

me possam dar escJareciDans une proportion plus considérable encore c'est le cas en roumain, mais ici il s'explique d'autant mieux que, selon une observation déjà faite, le subjonctif roumain a,
habitantes d'esté palacio novo aqui ahaixo

menîos (224).

même

dans

les

propositions indépendantes, adopté
par conséquent,

la

forme des

propositions subordonnées;
alors très souvent sa facà là

on y rencontre

les autres

langues mettraient,

non pas
dans
le

le

simple subjonctif, mais une proposition subordonnée

au subjonctif.

Que

ces façons de dire aient leur source première
c'est ce
et

groupe de propositions,
se passer

qui ressort déjà du

fait

qu'à l'instar du subjonctif de désir

de volonté,
suffiront à

elles

ne

peuvent

de

sa.

Quelques exemples
mare

montrer
ce sa ^ic

la variété

des types. Ce sa vadà (que peut-on voir?),

(que puis-je dire
sa
la
le

nu tragà
porte et

?

— —

?),

cel

se

dâ dupa usa

si

sa tragà

însfirsit trage :(àvorne (le

doit-il,

ne

doit-il pas ?

grand se place derrière
finalement
il

retire

verrou), prin

lociirile istea e

cam greû
mainte

de càlàtorit singur.

Nu

cumva
(146)

sà-ti iasà vrea dihanie ceva
il

si sà-tî scurte^e càrârile

(dans œs, contrées

est

un peu
e

difficile

de voyager seul.

Quelque animal
barrer
sa
le

effrayant
ce fel

pourrait venir à ta rencontre et te
de treahà

chemin),

asta? Noî sa lucrâm
?

si

ea

doarmà (Quelle sorte de
peut dormir)
le français cf.

travail est cela
etc.
F.

Nous devons

tra-

vailler, et elle

Pour

notamment
le

Bischoff, Der KonjunktiJ

hei

Cbrestieu

1881, pour

roumain A.

Philippide, Gram. elem.

272-292.

CHAPITRE

II

(U7)

LE GROUPE DE MOTS

La réunion de deux ou plusieurs mots constitue le groupe de mots. La dépendance réciproque des diverses parties d'un tel groupe ou bien n'est pas exprimée par la forme des
§ 120.

mots, ou bien l'un d'eux adopte dans sa forme une modification
qui

marque

cette

dépendance, ou bien enfin des particules spé-

ciales s'y ajoutent

pour opérer leur réunion. Quant

à la relail

tion de sens qui unit les éléments constitutifs

du groupe,
si

faut

distinguer

si

les

deux mots sont coordonnés ou

l'un sert à
être

déterminer

l'autre.

Le premier de

ces
le

phénomènes peut
on peut
la

appelé simplement coordikation,

second subordin.\tion.
dire

En
que

ce qui concerne les différentes espèces de mots,
la

coordination présuppose des mots homogènes,
particule

suborla

dination sans

copuhuive des m^ots hétérogènes,

subordination avec particule des mots de l'une aussi bien que
de l'autre espèce
:

ainsi en franc.

ïe
il

père

et

la mère, bon et beau,
il

celui-ci et celui-là,
trois fils, cette

avant

et

après,
;

rit et

chante

;

le

bon père,

maison,

très bien

en

lat.

d'une part paterfamiliae,

d'autre part fidelis patriae.

Nous
faut-il

l'avons déjà remarqué précé-

demment

(§ 40),

la

dernière classe n'a
aussi

que de
au

très rares reprélatin

sentants en

roman;

recourir

pour en
premier
celle

donner des exemples.
formé par

On

a la subordination
ti'ès

de mots homogènes
le

sans particule copulative dans
la

bien et d'après,
le

juxtaposition de deux adverbes,
il

second par

de deux prépositions; toutefois
ciales (v. § 131).

A

part ce cas,

y on pourra dire qu'un mot qui,

a

à cela des raisons spé-

comme

le franc,

vainqueur, voisine, est généralement substantif,

152
(148)

CIIAPITRR

II

:

LI-

GROUPE DE MOTS
si

§

120. 12

[.

passe aussitôt au rang d'adjectif
à

on

le'

joint

immédiatement
répartition des
a

un autre substantif pour
:

le

déterminer avec plus de précila

sion

/('

peuple vainqueur, la ville voisine. Si
et

groupes de mots en coordonnés
leur signification, en revanche

subordonnés

pour base

on peut reprendre leur forme
fliire
:

comme
mère,

point de départ pour
et la

une distinction entre
d'une part
le

la

JUXTAPOSITION
le fils; le

COPULATION
la

ainsi

père,

la

le

bon père, trois
et
il

fils, cette
le

maison,

très bien, d'après,
le

de l'autre
fenniie etc.
le

père

mère,

père de famille,

mari avec

la

Enfin

existe

un troisième point de vue, qui
et

tient

milieu entre

les

deux précédents
la

qui se fonde sur
:

la

nature

des mots, à savoir
le

combinaison de mots homogènes
bon père,

en franc.

père

et

la mère, l'amour de la patrie, d'après et la
:

combinaison

de mots hétérogènes

le

cette

maison etc.

Aucun de
permet

ces principes n'est susceptible d'une application

complètement

rigoureuse;
l'exposé
le

toutefois c'est

peut-être
si

le le

second qui

plus clair. xMais alors,
à
la

on

prend pour base, on
si

se heurte

encore

question de savoir
la

la

première place
Envisagés

revient à la juxtaposition ou à

copulation.

au

point

de vue

historique, elles

sont toutes

deux également

anciennes en roman; cependant on ne peut pas contester que
le

dernier de ces

phénomènes

ait

légèrement empiété sur
il

le

domaine du
assigner
la

premier; par conséquent,

vaudra

mieux

lui

seconde place.

A.

JUXTAPOSITION
I.

Mots homogènes

§

121.

réunis,

Lorsque deux mots de même espèce se trouvent on peut généralement supposer entre eux un rapport

de subordination, et par voie de conséquence (après ce qui vient
d'être dit) le plus souvent

on peut en induire en roman, dans

une modification de sens telle qu'il est alors susceptible d'être attribué tout simplement à une autre classe. C'est notamment le cas lorsque deux substantifs sont juxtaposés. Toutefois il existe plusieurs autres cas où le caractère
l'un de ces mots,

§

121. 122.

JUXTAPOSITION-

DP.

MOTS HOMOGENES

I53

propre des deux mots reste bien marqué. C'est d'abord avant tout

dans

le

cas de la juxtaposition appositive, au sujet de laquelle
détaillées

on trouvera des indications

au § 129, puis dans

le

('49)

redoublement (§ 133), enfin dans une énumération de plusieurs membres, où d'ordinaire les deux derniers seulement sont unis
au

moyen de

et

:

en franc.

!e soleil,

la lune et les étoiles (§
ici,

224).

Toutefois nous allons aussi examiner
sqq., les exemples

et

donnés en premier
il

lieu

non aux § 136 du cas où un mot
s'est

altère son caractère, car

s'agit alors

d'une modification de sens
pas produite

occasionnée par
ailleurs.

le

groupement, mais qui ne
la

Concurremment avec

juxtaposition des substantifs,
il

nous avons

à traiter celle des adjectifs. Ici aussi,
petite

y

a différents
les

cas à distinguer.
petite

Dans le franc, une jolie femme peuvent n'exprimer qu'une
le

femme,

mots
se

seule idée, à laquelle
jolie petite

vient s'ajouter /o//V, de sorte donc

que une

femme
il

trouve sur
s'y

même

rang que une

jolie fille;

en

réalité,

ne

trouve pas une juxtaposition de deux adjectifs.
jolie petite

Mais on
petite jolie

peut également dire une

femme ou

u)h'

femme, auquel

cas

on attribue

à

un substantif deux
elles.

particula-

rités différentes,

sans

aucun rapport entre
et

Cependant,

comme

alors ce n'est plus

mais bien d'un substantif

un groupe formé de deux adjectifs de deux adjectifs, il nous faut en

qu'un adjectif
cela

renvoyer l'exam.^n au § 139. Mais en même temps il arrive aussi sert à préciser davantage le sens d'un second, et
d'une manière tout autre encore que dans
les

exemples

cités II, §

548. Ensuite, une juxtaposition qui a
c'est celle

notamment

encore son importance,

de certaines prépositions.

§ 122.

La juxtaposition de deux substantifs
restreinte, à savoir
et

n'est possible

que dans une proportion

quand

l'un est

un
rat-

nom

propre

que

l'autre désigne l'espèce à laquelle

on

tache celui qui porte ce

nom

(en

lat.

urbs Roma,poeta Fergilins,

rex Tarquinius , mons Vesuvius etc.) ou lorsqu'on ajoute à

autre
tion,

un un substantif qu'on n'envisage pas dans toute son accepmais seulement dans une particularité spécialement caracqu'on veut représenter cet autre substantif
:

téristique, parce

comme
etc.

possédant également cette particularité
ce

exercitus victor

Dans

dernier

cas,

la

limite

entre

le

substantif et

154

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 122. I23.

l'adjectif est fort incertaine, et c'est

(150)

uniquement l'emploi plus ou moins fréquent dans l'un ou dans l'autre sens qui permet de décider quand le substantif est devenu adjectif c'est ce que nous avons déjà dit et confirmé par des exemples II, p. 483
:

et in, p. 7.

Puis

il

se présente

encore quelques cas

isolés,

de

différentes

espèces,

notamment de

substantifs qui désignent

originairement un lieu et qui s'unissent alors sans intermédiaire à

un second

substantif qui a pour objet d'indiquer avec
le lieu

plus de précision

désigné d'une façon générale par

le

premier.
§ 123.

En
le
:

ce qui regarde les
est

RiauEs,

roman

noms propres et les noms généun peu moins enclin que le latin à les
le

juxtaposer

comme

nous

montrerons au
ital.

§ 231, le lat. urbs

Roma
les

a

pour correspondant en

la città di

Roina

etc.

Touistoric

tefois l'usage latin s'est
titres
:

encore maintenu intégralement dans
Fasilie,

en roum. împàrahd
II,

prietin

Carol,

Lavrentie

Topeltin (Gaster
ital.
//

3,

20)

etc.,
il

en obw.

ilg
il

raig

Octavian etc., en
Secchi,
il

Umberto,

poeta Ariosto,

medico

frateUo
le

Liiigi,

V amico
le

Carlo,

en franc,
le

l'empereur

Napoléon,
Chopin,

prince Albert,

peintre
Frit:;^,

Meissonnier,

musicien
el

mon

frère

Ives,

l'ami

en esp.

el

rey Alfonso,
el

poeta Cervantes, el pintor Mnrillo, su

hermano Sancho,
poeta

amigo
irniào
:

Fernando, en
Carlos,
ital,

port.

El-Rei Luis,
Il

Camôes

,

teu

amigo Joâo.

y

a aussi juxtaposition avec
le

mons
el

en

monte Vesiivio, en franc,
la

Mont

Cents,

en esp.
en

monte

VesuvioÇk côté de
§

jonction par de qui doit être examinée au
:

231)

et avec fiuvius
le

en roum. rînl en esp.

Priit,
el rio

ital.

il

finme
,

Tevere, en franc,

fieuve Indus,

Guadalquivir en

port.

rio

Douro

etc.

Mais alors
à
:

à ces locutions s'en ajoutent

une

série

de nouvelles,
et autr.

savoir les dénominations de rues,

de maisons
Borgo, via

sembl.

en

ital.

via Venti Settembre, strada

Vittorio

Emmaniiele, palaz^^o Doria, villa Ludovisi,

giardino Bobboli, pia:(^a Barberini, porta Giovanni, or S. Michèle
(I,

p.

557),

il

palco Acquaviva etc., en franc, rue Bonaparte,

rue Auber,

boulevard

Beaumarchais,

quai

Malaqnais, palais

Bourbon,

hôtel

Rambouillet, pont S. Louis, place Maubert, colonne
église

Rambuteau, musée Napoléon,

Noire-Dame

etc.,

mais en
glorieta

esp. calle de Toledo, paseo de Atocha, pla^a de S.

Domingo,

§

123- r24.
s.

JUXTAPOSITION DE SUBSTANTIFS
etc.

I55
les

de

Bernardo

Ces exemples montrent que
point de savoir
les

langues

n'ont pas suivi des voies absolument semblables; aussi restet-il

quelque doute sur
la

le

s'il

faut aussi expli-

quer de

même

manière

phénomènes
roman,

en apparence
la

identiques. Si l'on considère que, dans les cas de
catégorie, qui ne s'est formée qu'en

seconde

(15O

le français établit

une distinction absolument rigoureuse entre
et hôtel d'Alsace,

hôtel

Rambouillet

entre rue

Bonaparte et rue de Seine, c-à-d.
les

qu'il

ne peut se passer de de que devant

noms de
hôtel

per-

Rambouillet un vestige et naturellement une extension moderne du phénomène étudié au § 42. Il est vrai que Alsace aussi est un mot que l'ancien usage de la langue permettait d'employer
sonnes, on pourrait bien être tenté de voir dans
sans de, mais
le

rapport entre hôtel et Alsace n'est pas
hôtel et

le

même

rapport de possession qui existe entre
est l'usage

Rambouillet. Autre

en

l'italien,

même

dans ce dernier cas l'emploi

de di

est aussi
la

de règle à l'époque ancienne, et où ne se pro-

duit pas

dans

le

même limitation qu'en français. Ici il faut voir nom propre une interprétation, une détermination
du
substantif,

plus spéciale

pour l'expression de laquelle une
le

forme expresse semble d'autant plus superflue que
des deux
tions,
et

rapport

mots

n'est

pas susceptible

de plusieurs interpréta-

qu'au surplus, dans des expressions de l'espèce, on
la

vise à s'exprimer avec

plus grande

brièveté

possible.

Des

recherches
ces

historiques

devraient d'abord

montrer combien
et

noms

d'individus ont gardé de traces de l'ancien usage,

en quoi

ils

répondent

à

un besoin de concision
isolée, et sans

dans quelle

mesure

ils

sont une imitation d'un type étranger,

Nous
le

avons une expression totalement

doute un ger2 17, '28
:

manisme, dans l'obw. mois où l'on sarcle).
§

//

meins ~ercladur (C.

Mem.

124,

Comme
lat.

on

l'a

déjà

dit,

la

plupart des
:

adjectifs
ainsi,

suBSTANTiFiÉs sout fotmés de

noms

de personnes
à

nous

avons en

juvenis (jeune

homme)

côté de juvenes annos

(jeunes ans), vindex (vengeur) à côté de vindex nianus (main
vengeresse), servus (esclave) à côté de servum pecus (bétail servile),

femina (femme) à
hospes

côté

de femina

turba

(troupe

de

femmes),

(hôte)

à

côté de hospita unda (onde hospita-

1)6
lière),

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I24.

tandis que peut-être dans aiiiicus (ami) et arnica civilas
et

(cité

amie)

sûrement dans vicinus (voisin)

et vicinae iirbes
adjectif, est

(villes voisines) l'emploi
le

purement

attributif,
le

donc

plus ancien, et l'emploi substantif

plus récent.

A cette

caté-

gorie appartiennent
-trix
:

notamment beaucoup de
nianus
victrix, hellaîor

dérivés en -tor,
equus,

exerciius

victor,

venator

canis, civilas peccatrix et autres.
état

Le roman

n'a guère modifié cet
parital.

de choses; amiciis

et vicinus

notamment ont presque
nature
:

tout ^gardé
(152)

jusqu'aujourd'hui leur double
franc,

en

amico
et viso

et viso amico,

ami

et visage

ami, esp.-port. amigo
et vis prieten;

amigo
vecin

et

de

même

en roum. prieten
ital.

en

roum.

et cetate vecinà,

vicino

et città vicina,

franc.

voisiji et ville voisine, esp. vecino et

ciudad vecina, port, vi'^inho et

cidade vi:^inha. Et pour ce qui concerne les dérivés à

thème verbal

en

-tore

nous avons déjà
adjectifs.

-aire et le port -dor

490) que le prov. sont tout simplement devenus des suffixes
fait

observer

(II, §

purement

Les autres langues aussi en présentent des
:

exemples de toute espèce
cattiva fortuna

cf.

en

ital.

un legame apport atore

di

(De Marchi, Giac.
le

id.

206), en franc, un air
chanteur (Zola, Lourdes
el liquida

rêveur,

des

yeux dominateurs,

réveil

154), en esp. aire anu'na~ador (Trueba, H. Cid 115),

embriagador (62), la frialdad ra^onadora (Galdôs, L.

Roch

i,

63)

etc.;

mais en

même

temps on en rencontre

aussi

beaucoup
:

d'autres, et ce
cf.

ne sont pas seulement des noms de personnes

en

ital.

una halossada compagna (Fogazzaro, Picc.

Mondo
i, i), sa

197), en franc, une femme demoiselle (Molière, G. Dand.

avons un

mère nourrice, un veau trop enfant (About, R. Br. H. 4), nous côté Don Quichotte (Bourget, Id. trag. 107), la vue
:

gardienne (Jodelle, Cléop. 521
monstre et
cf.

le
cl

regard vigilant), un dîner
quelque monstre enfin que
toi

encore chez Mairet

Thétis ait che^ soi. Elle
(Silv. 1996),

nen aura

point de plus monstre que
II,

en esp. tirano poder (Calderon, Vida Sueno

9),
la

la niûa alcu~a (Caballero,

Cuentos
grande
engaîio

6

et

un peu plus haut
(Galdôs, L.

nina
i),

es

una

alcu:;ja\ puéril idades ga:{moùas

una
el

horrica modelo par lo

(J.

Roch i, Valera, Com. Mend.
entusiasta
voceria

117),

pecador

causa

del

(108),

(Trueba, H. Cid 26), csos penos moros (29), et ceci nous ramène aux cas examinés au t. II, § 394. Bien des mots pré-

§

124. 12)

ADJECTIFS SUBSTANTIFlÉS

1)7
l'atteste

sentent

de

surprenantes

hésitations.

Comme

un

exemple

cité plus haut, le lat.

femina peut s'employer dans un

sens attributif,
fcininits

et

dés lors on conçoit facilement
des
substantifs
le

une torme
ce
:

jointe

à

masculins;

c'est

qu'on
cf.

observe en
vibros

effet
et

dans
fenie

port, fcnieo et le prov. fenie

dos
ser-

mascle

(Appel, C.

125, 88

:

deux

petits

pents, un mâle et une femelle). Mais, étant donné que mascle employé substantivement signifie aussi « petit homme », il est permis, au moins lorsqu'il est uni à mascle, de remplacer également fcDinia par feme pour désigner une « petite femme

:

amors de mascle ah feme (Appel, C. 115, 70), a)nors de mascle

e

defeme (115, 286).
12).

§

A

l'époque

moderne,

et surtout

en français, ces

(153)

juxtapositions sont particulièrement employées

lorsque l'idée
ital. capelli color

EXPLICATIVE EST UN COMPOSÉ.
il

Comme

mots d'un usage étendu,
:

n'y a
11)1

que

les

désignations de couleurs

en

d'oro,

vélo color di rosa, seta color viola,
ciel

en franc, des cheveux

couleur de feu, des yeux couleur du

(Zola, Lourdes 99), la

grande
puis

rivière couleur de ploud)

aussi

une
fée

toiletle

feuille

fondu (Maupassant, Yvette 103), morte (Scribe et Legouvé, Les

doigts de

2,

i),

deux yeux tabac d'Espagne (Balzac, Les
leite,

Employés 20), en
le

port, cortinas cor de
fait

et l'usage doit être
l'ital.

même

en espagnol. Cela

immédiatement penser à

castagno, franc,

mauve
la

et autres

noms de

matière passés sans
II, p.

altération à l'état de

noms de

couleurs (v.

484).
est

Il

semble

que, en

désignant

couleur, lorsque celle-ci
et

exprimée

sous

la

torme d'un substantif

non d'un

adjectif,

notre senti-

ment
tifs,

linguistique est tellement frappé par l'idée qualificative
à la

qu'il l'unit ensuite aussi,

manière des

adjectifs qualifica-

au

substantif désigné
tel

plus exactement

par sa couleur,

et

que

substantif

Mais

le

peut même être le cas lorsqu'au lieu du simple on y ajoute pour plus de clarté le terme color, couleur. français moderne, lui, va encore beaucoup plus loin et

dit aussi

un

coffret

genre renaissance (Bentzon,

Am.

perd. 50),

//;/

médecin vieux style (2), un rire bon enfant,
et

le

bonheur populaire
et

pot-au-feu

chien

(Coppée, Coup. 106), //;/ (Daudet, LImm. 116) et même

son rail lard
le

mauvais

bébé trois ans à peine

15^

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§

12$. lié.

(Coppée, Coup. io8), ce qui nous conduit aux phénomènes
qui seront exposés au § 320.
Cf. A.
Zs.

Darmesteter, Mots nouveaux, 59-62

et

Th. Kalepky,

XX,

298.

§ 126.

Une

tout autre classe de locutions composées sans
celles

particule est

formée par

le

substantif déterminé
par prendre
le

contient une indication de lieu et

finit

sens
in

d'une préposition de lieu.

Ici

il

fout d'abord citer
la

l'ital.
il

casa la donna (dans la maison de
di casa
(154)
il

femme), a casa
le

medico, s'en

rnffiano et le

correspondant franc,

che^, lequel

distingue pourtant en ce que de tout temps on
préposition
(I, p.

trouve sans

et,

à

cause

de sa non-accentuation syntaxique

lui

557), dépourvu de sa voyelle finale. Au même rang que figure l'a. -franc, k^ (près, à côté de) de latiis, prov. lat:{,

qui ne continue à s'employer que dans des

noms de
en

lieux
coste,
:

comme

Plessis-les-Tours
:

et

autre sembl.,

l'a. -franc,

(à côté de)

en coste la grant tour passa

(Cléom. 4559), ^ar/
proprement
:

d'autre part

le

flun (de l'autre côté

du

fleuve), le prov. costa,
:

l'a.-esp. cabo, esp.

mod.

cabe (près, à côté de,

au

bout de)J: cabo un ribero (Alex. 512), frente frente la iglesia en face de l'église). L'explication de ce (Trueba, H. Cid 8
:

phénomène soulève de sérieuses difficultés. S'il s'agissait uniquement des langues de la France, on pourrait les résoudre, pour che:{ notamment, en disant que le substantif déterminant
est toujours

un

nom

de personne, qu'en conséquence on a pu

ou a (v. p. 49). Ou bien, pour on pourrait admettre que, déjà avant qu'eût agi la loi sur lei, les finales et que de eût remplacé le génitif, latus mûri était passé à l'état de locution pétrifiée qui, devenue 7^:^ mur, faisait
dès l'abord ne pas exprimer de

en vieux français l'impression d'un substantif au cas régime accompagné d'une préposition. Mais pareille interprétation,
abstraction faite de son invraisemblance intrinsèque, ne s'ap-

plique

pas

aux

locutions

correspondantes en italien et en

espagnol, qu'on aurait pourtant quelque diflRculté à expliquer

d'une manière difterente.
medico, mais

En

efl:'et,

l'italien

ne dit pas la casa de plus,
coste, et

il

uniquement

in, a, di casa il medico;

l'an-

cien français dans cet emploi connaît seulement en

non

§

I2é. 127.

JUXTAPOSITION DE SUBSTANTIFS

I59

cosie, et

l'espagnol aussi, dans les locutions de l'espèce,

donne

tout à

fait

au mot déterminé une signification de
sujet

lieu, sans lui

prêter le rôle d'un

plutôt dire que les substantifs désignant
à

ou d'un régime. Aussi pourra-t-on un lieu, unis ou non
être
joints

une préposition, peuvent
cela qu'ils aient tant

sans

intermédiaire à
il

un second substantif
pour

à la façon

d'une préposition, mais

faut

perdu de leur force que seule
et

l'idée

de lieu en général y soit exprimée,
se trouvait originairement

non

celle
le

de

la

chose qui

contenue dans

substantif. Cette
le

observation s'applique ensuite aussi au napol. ncoppa
(Basile

spalle

1,31:

sur les épaules), à Ta. -franc, aval, contreval (cf.
et

en franc, mod. à vau-l'eau^
on trouver en

amont, contremont.
le

Si l'on rencontre parfois en vieux français en chies, p. ex. or
chies

puet

Gautier (A. A. 3373), en chies un oste vendrons (Watr. 18, 1260), on ne doit pas y voir une forme plus ancienne et
plus complète, mais une juxtaposition de deux
est

(155)

prépositions.

Il

en

de

même

pour de

chics (cf. § 132).

Nous n'avons
proprement

pas mentionné
:

ci-dessus l'esp. hacia, gai. cara (jusqu'à,

en face de)

parce qu'il est à peu près hors de doute que leur terminaison cache
la

prépoition sa.

En

effet, si

l'on

ne peut pas

le

prouver pour cara,

en revanche on a peine à expliquer hacia autrement que par hace

(forme première de ha^ venant de
V-e

facie')

-\-

a,

avec changement de

en hiatus en

/,

comme

dans pesia

(II,

p.

213). Sur a dans une

locution de ce genre, v. § 244.

§ 127.
ues,

Mais
ops,

il

existe encore d'autres cas. Ainsi

l'a.

-franc,

a

prov. a

pour lequel on doit peut-être adopter
le

ici

l'expli-

cation que nous avons rejetèe pour che^ dans

paragraphe pré-

on dit aussi a oex_ Ici perception del saint espir (Job 331, 23) pour traduire ad perceptionem. Même explication pour témoin. Le vieux français disait encore tesmoin mes voisins, où tesmoin reproduit le lat. testimonio, c.-à-d. que c'est un ablatif semblable à ceux de la p. 50, mes voisins étant au cas oblique avec un sens possessif. Mais, comme la signification de tesmoin « témoignage » s'est développée en celle de « témoin », on a méconnu le rapport des diverses parties du groupe entre elles et, de fait, au xvi' siècle on écrit témoins nus voisins, tandis que plus tard, conformément aux prescriptions de Vaugelas (Rem. 2, 348), on adopte
cédent; sur
le

modèle de a

ues

le

roi etc.

la

graphie phonétique témoin mes voisins, qui assimile témoin

l60

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
est différent

§127.
pour
l'ital.

dans l'écriture aux prépositions. Le cas

mené
à

le

vostre Icîlere,
si

mercè la mia malaltia (grâce à vos lettres,

ma

maladie) ou

scusava di non poter intervenire, causa la

nialattia

di suo marito (Ferruggia, Fasc.

227), non

si accorsero,

causa

il

barlunie (Fogazzaro, Picc.
vit a

Mondo 76) ou
C'est

tutte le

armi

si

dovevano consegnare pena la
testeraent

(221). Ces locutions ont manidifférente.

une origine toute
la

dans causa
:

la

malaltia qu'on
n'}'

distingue

le

plus

clairement

au fond on

peut vraiment voir rien autre qu'une sorte de proposition
l'atteste

incomplète, ainsi que

aussi

la

ponctuation
:

:

«

elle

s'excusait de ne pouvoir intervenir, cause

la

maladie de son

mari

».

Donc,

si

on
la

lui

donnait une forme grammaticale com-

plète, la proposition serait à
(156)

peu près

:

« la

cause en était

la

maladie »; mais
à

langue se contente de joindre simplement
le

causa sans intermédiaire

substantif renfermant l'explica-

tion, parce

que

cela suffit entièrement

pour qu'on comprenne.

La
le

même

explication peut s'appliquer à pena.
:

En revanche, on
à l'origine

ne saurait interpréter ainsi mercè
résultat d'un

son emploi doit être plutôt

malentendu, c.-à-d. que peut-être

la

forme plus pleine mercede
la

délie vostre lettere se serait transforI,

mée de
puis
la

manière indiquée

§ 341 en mercedelle vostre lettere,

coexistence de mercè et mercede aurait, à côté de merce-

delle vostre lettere, fait dire aussi mercèlle vostre lettere. C'est

encore

une

fois

par un autre procédé que s'est produit
:

le

vénit. a

mo

un gato mamon (Calmo, Lett. 139 complète équivalence de a mo avec
faire construire

comme un
conie a

singe). Ici la

eu pour résultat de

comme
:

corne cet

a mo où d'ailleurs on ne reconmercè a pour équivalent
de soun astrado (Mistral,

naissait plus bien
le

prov.

un substantif. L'ital. mod. gramaci gramaci Fenjius
:

P. R.

de

grâce à l'influence de son astre), où la présence un emprunt au franc, grand merci et que l'ignorance devenue complète du sens étymologique aura fait considérer comme une préposition et par conséquent assimiler aux

258

1'/

révèle

prépositions.

Par
:

nous n'avons probablement pas encore

épuisé tous les cas
offrir

les patois

de toute espèce. C'est un
sic.

notamment pourraient encore en phénomène remarquable par ex.
75
:

que

le

ntra

ter mini

vintottu jurna (Bibl. IV,

dans

le

terme de 28 jours) où, par un procédé directement opposé à

§

127-- 129-

JUXTAPOSITION DE SUBSTANTIFS

l6l

l'usage habituel des parlers romans, le terme précis qui déter-

mine un terme général
par de.
§ 128.

lui est

juxtaposé au lieu de

lui être

uni

Comme
libri,

dernière classe
est joiut
cl

il

fluit

enfin citer les cas

un TERME DE QUANTITÉ
ogiii sort a

uu

substantif.

On

dit

en

ital.

en franc, force a rodent, en prov. gaiirc vegadas,
Cela tient évidemment
à

au

lieu

de

ogiii sorta di libri etc.
le

ce

que
tant
a

l'idée

contenue dans

substantif s'efface entièrement, en
l'idée

que qualité propre, devant

de quantité,

et la

chose

pu

arriver d'autant plus facilement

que

la

plupart des autres
la

termes de quantité sont également susceptibles de
struction C'est aussi
:

double con-

juxtaposition et copulation (v. § 140 et 236 sq.).
le lieu

de citer

l'a. -franc, iiiainf boim', si

maint est ori-

ginairement un substantif
allemande, va
II
:

(II, p.

653).

Une

place à part est

due
i,

au PARLER DES Grisons qui, incontestablement sous l'influence
ici

très loin

:

cf.

sia part ierta (Sûrs.
:

March.

sa part d'héritage),

in priel panetscha (i,

millet),

ina

roscha signurs (9,
sorts

86

:

un pot de 30 une troupe d'hommes),
:

(157)

magliaven da tuttas

bunas causas (20, 41
eni

ils

mangeaient
:

toutes sortes de bonnes choses),
d'avoir) etc.
§ 129.

pan rauba

(i, 2

un peu

Des juxtapositions
les

attributives

comme
il

il

s'en trouve

mentionnées dans
les

paragraphes précédents,
en
lat.

faut distinguer

APPOSiTivES
terraruni

,

comme

Agesilaus rex Spartae, Rouia caput
regele

orbis

en roum.

Carol

Roniânilor,
niondo,

en

ital.

Umberto,

d'Italia,

Roina,

capitale

del

en

franc.

Charles X, roi de France, Rouie, la capitale du inonde, en esp.
Alfonso, rey de Espafia,

Roma,

la

capital del

mundo, en port.
diffé-

Dont Luis, rey de Portugal, Ronia, a capital do mundo. La
rence entre
la

juxtaposition attributive et l'appositive consiste
la

en ce que, dans

dernière,

on

choisit

toujours

comme

déterminatif un groupe de inots, une expression composée et

que la juxtaposition a beaucoup moins de cohésion, en ce que chacune des deux parties a son accentuation propre; c'est ce qui est marqué dans l'orthographe, comme on l'a vu ci-dessus,
au

moyen d'une

virgule.
il

Étant donnée l'indépendance plus

grande des deux

parties,
IIl.

en résulte que l'emploi des substanil

Meyer-Lûbke, Grammaire

l62
tifs

CHAPITRE
appositifs est

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 12Ç). I30.

moins

restreint

que
la

celui des attributifs;

on

dit

donc en
la città

ital. Vene:^ia,

grande

cilla,

tandis qu'on ne peut pas

dire

Vene^ia,
et

en franc.

Macédoine, vaste région au

nord de la Tbessalie
des rois

de la mer Egée, avait eu de bonne heure

(Lûck.)

etc., puis sans rhutnanité, vertu qui

comprend
(Liick.),

foutes les vertus,

on ne mériterait guère

le

nom d'homme

l'on voit

qu'une idée plus étendue se

joint

en apposition à une

idée plus restreinte, tandis qu'une locution attributive
la vertu humanité, encore

comme

une

fois, serait

une impossibilité.

§

130.

Un

langage châtié n'admettrait pas une juxtaposiet

tion DE DEUX ADJECTIFS dont l'un précise

détermine

l'autre.

Veut-on dire que quelque chose
ouvert ou, pour indiquer
la

récemment arrivé, largement mesure, à demi oublié, que quelest

qu'un

est très

content

etc., le

déterminatif est alors représenté
populaire notamment, qui est
cette

par un adverbe. Mais

le parler

un

peu plus

libre,

n'observe
il

pas

règle;

en

vertu

d'une
dans

attraction grammaticale,
(158)

emploie plutôt
:

l'adjectif et

une proportion considérable
132, 19)
bestie

cf.

en

ital.

molti conîenti (Sacch.

24, très contents), moite belle (Nov. 62), me:(^a sbigottita (Lasca

megge selvaggie (Verga, Vit.

22),

//////

pieni

(Lasca 42, tout pleins), tanta grande alteraiione (CelUni 22, une si grande excitation), tanta bella disposi^ione (22), puis aussi

lunga distesa (Serao, Ad,
tenta

83); en a. -franc, demie morte (Fergus 113, 16), actuellement tou(Berte 2128), demie perdue

(Fogazzaro, Picc.

Am. i Mondo

:

fort

étendue), tutta

bella con-

jours demi, ce qui peut,

il

est vrai, s'expliquer par l'identification

phonétique de demi
tous apresté~exc., et
et tout

et demie; tout s'accorde toujours

en

a. -franc.

:

mod. aussi amère, où une grammaire un peu
en
franc,
tout'

l'on dit encore toute belle

plus sensée n'adopterait

d'autre orthographe que
tout,

amcre

et n'enseignerait pas

que
dolor

dans ce dernier

cas,

est

invariable,

tante grant
II esp.

(Benoît, Chron. 6^^')), tante grant paine (Chev.
//

10890),

biaus armés (Rich. 2544), bêle née (Fier. 3092), chiere achetée
'^^), fins
cf.

(Watr. 16,
(Alise.

4378;

honnis (B. Comm. 3630), grans enbrasés en franc, mod. une fenêtre toute grande ouverte,
estoit

grands malades ap. Zola, Lourdes 138), maus gracieus

(Cléom. 2934),

//

nouviaus adoubés (Enf.

Og. 1909;

cf.

en

§

IjO. 131.

JUXTAPOSITION
les

d' ADJECTIFS

163
le
//

franc,

mod.

nouveaux venus, un enfant nouvcau-né), dans
c'est

parler populaire
rota

mon

plus prochain voisin etc.;

en prov.

monta

spessa

(Flam. 425), ap pane non ca~e morta freja
todos

(Flam. 4187); en esp.
bel la cstoria

desnudos, mcdios

niuertos,

niucha

port, nu'ios

(Alex. 943), de poca mas cdad et autr. sembl.; en niortos (Lus. 3, 50), tanta maa aventura (Graal 58).
A. Tobler,
a. -franc.,

Cf. pour le français

Beitr. i,

62

d 73,

se trouvent

encore plus d'exemples

mais où

les différents cas sont expli-

qués de manière différente.

§ 131.

Parmi

les

autres catégories de mots, nous avons déjà
et §

discuté (II, § 560

72)

la

juxtaposition de deux
le

nombres

déterminés,
sous une

comme

elle

s'observe dans
différente,

franc,
l'ital.

dix-sept et,

forme un peu

dans

ainendue etc.
il

En

ce qui concerne les

noms de nombre généraux,
totus et

suffit

un nombre déterminé, partout sauf en Italie, où l'on a affaire à une copulation cf. en roum. (§ 212), c'est une juxtaposition qui s'emploie tutl patru, franc, tous quatre, esp. -port, todos cuatro. Une menpeut-être de dire que, entre
:

tion

revient

à

la

combinaison

qui s'opère

en français d'un
:

PRONOM PERSONNEL aVCC UN NOM DE NOMBRE ORDINAL //// troisiènw, mot h mot « lui comme troisième »; déjà Ta. -franc, dit
Pinte qui a la cort venait soi quinte (Ren. 279), et
il

en

est

de

(159)

même

en

provençal.

La locution se trouve toujours au cas
latin.

oblique; c'est donc qu'elle dérive d'un ablatif
sition de
etc.,

La juxtapotrès bien

DEUX ADVERBES,
donc au
de

telle qu'elle se

présente dans

a

pour origine première l'union d'un adverbe
§ 201
qu'il

et

d'un

adjectif; c'est
la

en faudra parler. En revanche,
mérite

juxtaposition

deux

prépositions

un examen

spécial.

création propre au latin et au

de cas,

La juxtaposition des prépositions est un procédé de roman et qui, dans beaucoup permet à la langue de s'exprimer avec une rapidité
ici,

remarquable. Ce qui se produit
l'esprit

c'est

qu'il

se

présente

à

de celui qui parle deux idées généralement de temps
lieu, lesquelles se

ou de

rapportent au

même

constate simultanément ou du

moins dans une

objet et qu'on y succession inintelle

terrompue. La chose
sorte

est alors

brièvement exprimée de

que

les

deux termes qui rendent ce double aspect de

l'idée

164

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 13^-

sont juxtaposés sans intermédiaire et qu'on n'exprime qu'une
seule fois
à
le

mot renfermant
et

l'idée qui appartiendrait
à

en propre

chacun d'eux. Les observations formulées
lieu
la

propos des prépo-

sitions de

de temps s'appliquent aussi aux adverbes
chose concerne
à
le latin,

correspondants; au reste, en tant que

on

a

pu avec d'autant plus de raison renoncer
ce sens

une

distinction

dans

que

la

plupart des adverbes de cette catégorie

s'offrent aussi

dans l'emploi de prépositions. Quant au point
j

de savoir
adverbial

si la

uxtaposition s'est produite d'abord dans l'emploi
celui

ou dans

de préposition, on ne peut se pro;

noncer là-dessus avec certitude
positions qui ne

au surplus,

c'est

bien une

question oiseuse puisqu'on trouve aussi juxtaposées telles présont jamais adverbes, et
certains

adverbes

avant qu'ils ne soient devenus prépositions. Les débuts de ces
juxtapositions remontent
ainsi
facieiii

loin
lit

dans

la

période latine

:

c'est

que dans Vliala on
sanctorum,
îoJIere,

p. ex.

loUitc fratres vestros abante

cas

ub

indique l'éloignement

déter-

miné par
les frères)

ante la position qu'occupe l'objet (ici
îollere.

donc

avant que ne s'introduise l'action de
:

Ce qui

est

vrai

pour abaxte
aussi

en

ital.
:

avanii, prov,

avans, franc.

avant,

l'est

pour ixaxte

en roum,

înainte, ital. înna)i^i,

prov. enans, a.-esp. enante, depost (de derrière, d'après), p. ex.
de post hiinc diein

(d'après ce jour, à partir de ce jour)
davos,
ital.

:

en

roum. dupa, obw.
(160)
ital.

dopo (cf. en franc, depuis'), port.

depos (Graal 23) et depois (cf. en esp. despues),
dietro,

deretro

:

en
:

prov. dereire,

franc, derrière,

deforis (de hors)
,

en

ital. difuori,

prov. defors, franc, dehors, esp. defuera
tjitis

deintus

(de
«

dans)
»
:

:

si

deintus

casa

furavit ,

puis simplement
:

dans

en prov. dins, franc, dans, deintro
dentro, esp. -port,

en roum.
:

dîntru,

ital.

dentro,

dejuxta (de près)

en
:

prov. de josta, a. -franc, de jouste,
prov.,
esp.
et

port,

de

tras

,

detrans (d'au delà de) en en roum. desuper (de sur)
:

dcspre, ital. disopra,

prov. desobra,

a. -franc,
:

deseuvre,

deinfra
ital.

(de sous)
di
sotto,

:

en prov. denfra, desubtus
sot:^,

en roum,

desubt,

prov, de

franc, dessous,

ixcontra, d'abord unistare incontra
:

quement avec
roum. adprope

des verbes de séjour

comme

en

incontra, ital. incontra, a. -franc,
:

encontre, esp. encontra,
a. -franc,

a. -ital.

apruovo, prov. aprop,

apruef.

Ces

C

i^i. 132.

PRÉPOSITIONS COMPOSÉES

1^5

comme nous l'avons dit, formes sont déjà attestées en latin et, adverbes, en partie comme sont employées en partie comme que, sauf de très prépositions. C'est un fait digne de remarque
est de rares exceptions, l'une des prép. question « d'où », tandis répond à la
le lieu
c<

>)

l'on est.

Il

est

ou ab, c.-à-d. celle qui que la seconde indique donc manifeste que la langue a pour

différents cas l'idée généobjectif de préciser davantage dans les
rale

exprimée par

«

d'où

partout cette différence
à

Mais, au cours des siècles, presque entre « où » et « d'où » s'est perdue
».

son tour, au point que

les particules

nouvellement formées

sens avec les anciennes par juxtaposition s'identifient pour le Quant à savoir si l'on peut encore tirer du particules simples. peut-être roman d'autres déductions, la question est douteuse;
faudrait-il tenir
cf.

compte de

inversus

prov. et econtra. bien remonter à un excontra au lieu de escontra pourrait

en

ital. inverso,

comme pendant de incontra a. -franc, envers. De plus, l'a.-esp.
:

Cf. K.

Hamp, Die

iiisammengeseliten Prâpositioneu un Lateinischai,

Arch.

lat. lex.

V, 321-568.

langues romanes vont encore beaucoup plus présente din, qui est issu de loin dans cette voie. Le roumain
§

132.

Or

les

de in et

répond par conséquent au
8
et
il

latin de inUis,
:

mais a com-

plètement adopté la signification de de
toare

si-i

goni diin ghidecà-^
si

(Cod. Vor.

i,

:

la

chassa du palais de justice),
:

(i6, 6 câzu diîn comarnicu diîn alu treile podn giosii chambre du troisième étage); delà (de près) d'une

et
:

il

tomba
akr:

rop//

gaû de

la sac la

banl

si

de la hanï la sac

(Basme 268, 19

les

enfants couraient du
:

sac à l'argent et de l'argent au sac); prin

(161)

si priîn case (Cod. (par, parmi) si se nn învàtu voi înntre oameri parmi les hommes Vor. 19, 6 et que je ne vous enseigne pas anciennement priînlrn et dans les maisons) ; /Jmfrn (pour), plus
: :

siipàrarà-nie vedeH acesta, priintnt élu toatà mtiltiniîea Jiideiloni voyez celui-ci; c'est à cause de lui que (Cod. Vor. 71, 12
:

toute

la

multitude des Juifs

me

sollicita),

l'on doit propren'est
les

ment

voir pcr inter avec

un développement de sens qui
toutes ou

pas très clair.

Dans presque
la

même
à
il

dans toutes
si

prépositions mentionnées jusqu'ici,

c'est
;

peine

l'on

a

encore conscience de

composition

mais

en

est

autrement

l66
de
celles
e

CHAPITRE
qui

II

:

LE GROUPE DE MOTS
:

§132.
cà miru8,

vont suivre
îâii

doamne domnitl

nosiru,

raiii

nuniele

prespre

lot

pàmàntid (Cod. Schei.
«
:

lo

:

Seigneur, notre Dieu, combien admirable est ton
tout
le

nom
e

par

cersi pe la casele

monde), proprement oanunilor (T.

par sur », sàraciil
le

nevoit

a

pauvre est forcé de mendier
pariimbelitl
i
:

dans

les

maisons des hommes), aruncdndiisc
liiniiî

în

vàsdiih acesla ocoli pc d'asiipra

(Basme 276,
la

la

colombe

s'élança dans l'air et s'enfuit par-dessus
se

foule),
B.

si iatà miilti

scularà de pre hi est rave

si

de pre usent (C.
îles et

1,352, 38

:

et voilà

que beaucoup partirent des

de

la terre

ferme),
:

cea

mai fnnnoasà iinpàràteasà
mie

de siih soare

(Basme
îi liiâ

3,

i

la

plus

belle impératrice qui soit sous le soleil),
degetiil
cet
si

inelnl ce avea în
:

marania de pe fatà (256, 17
petit doigt, et le voile

il

enleva l'anîntoarce
ta

neau qu'elle avait au
face de

du visage),
:

fata ta de càtrà pàcatek meale

(Cod. Schei. 50, 11
italien,
il

détourne

mes péchés)

etc.
il

En
il

faut citer en première
«

ligne da. Issu de de ad,

veut dire à l'origine
vient de à
la

de à

»

:

viene

da casa signifie donc

«

maison

»,

una

raga:i7^a

da mariio (une jeune

fille

de

celles

qui conviennent à

un

homme). Comme,
faire

avec

les

noms
le

de lieux, on se sert de a pour
point de
le

ressortir plus

nettement

départ de quelque
séparation

chose,

da

reçoit ensuite

aussi
di,

sens de

d'une

manière plus déterminée que
mais d'autre part
il

qui est équivoque et décoloré;

se rapproche à
il

son tour souvent de
largement sur
fois,
le
la

de, et

même
sition

en vénitien
§

empiète

très

de celui-ci (v.
est

243). Encore une

dans da,

domaine comporestée
à

complètement oubliée; en revanche
poi,

elle est

sensible

dans di

forme employée
laquelle
de pôst
il

en ancien

italien

côté de dopo et dans
(162)

faut

moins voir une conticiter surtout
:

nuation directe du
l'ital.

lat.

qu'une juxtaposition récente de
doit
in

di et ital. poi.

En outre on
///

su,

qui

fait

penser au

lat.

super

:

in sulla tavola, et di su

di su!

petto et aussi d'iiisul petto, et

en a.-gén. avec interversion dans

l'ordre des termes su in la testa (Arch. Glott.
tra
:

XIV,

28, 9), di

m'esca di tra piedi (P.), di per

:

questo scopo è vile di

per

se

stesso

(V.), di
:

sotto

:

gli lascid andare

un

cal:^i di
:

sotto la tavola

(P.), da oltre

venire
la

da

olfre il

Tevere, su per
:

boschi che si pro-

lungano su per

montagua (V.), per entro

una

voce per entro

§
Je

132.

PRÉPOSITIONS COMPOSÉES
140),

167

fronde gridô (Dante, Purg. 22,

en outre partiva per
vén. daspoi

alla voila di MarsiliaÇLisca.

Dans

les

patois, je

me

42) borne

et
à

beaucoup d'autres exemples.

mentionner
et

le

:

daspoi la morte

(Cron. imp, 55)

aussi le

frioul. despo,

qui

évidemment sont identiques

à l'esp. despucs et
depôst,

l'on doit pro-

bablement voir une transformation de
l'équivalence de de et dis indiquée au

qui s'explique par

t. II,

§ 603

Rem.

relativement peu de

chose à

relever en français
ici

Il y a moderne,

tandis que l'ancienne langue va
deintus avec inins

assez loin.

Au

rapport de

en

latin (p.

avec dans; et de
fin

même

164) correspond celui de dedans de se place, de la manière indiquée à la
dans

du

§ 131, à côté d'autres prépositions dans dessous, dessus,
»

puis avec une accentuation plus prononcée du sens « d'où
d'outre
:

la gent franchaise et chil d'outre le
a. -franc, devers
:

Rin (Eng. Og. 2328),

en outre en

au

drc't n'en iert plus devers mei,

ceu saches bien, que devers

tei

(Benoit, Chron. 25690) et aussi
:

dedevers
ses

:

mil en laissent dedevers destre (19858), d'entoiir
lui,

tous

chevaliers d'entour
:

dejoste

:

dejoste

le

rochier

(G. Viane
et

1905), dele^
le

delei:(

le

roi s'est

Rollan

acoutex^
11^

(1227)
90)

quant

voient gésir dedelei

un

rochier

(Ch. Sax.

et aussi d'en-

coste,

qui doit trouver place
:

ici si

l'on tient

de encosteÇp. 158)

ses

armes

ot d'encoste
dedesu::^

compte de l'emploi lui cochié (Og. Dan.
olive

9224), dedesoudedesus
:

:

lur chevals laissent
sei^^norenient

un
tei

(Roi. 2705),
Cliron.
treis

cist

aient

dedesus

(Benoît,
:

39516); ensuite avec par, et d'abord par de
les assaillirent

par de

par^

entre lur enemis prise

qui

fit

Veiue que cist unt par (27956), (IV Livr. 21^), par devers Jakemes Bilans nés par devers Blavegnies (H. Val. 633), par endroit
et puis

par

entre

:

:

:

chascuns

ot
:

duel

et

honte

par endroit sa

moillier

(Ch. Sax.

I,

131),
:

par
sus

dele:(

près de Fese par delei Oise

les

mori^ passent

(Ccy 18 17), par sus H w/ (Benoît, Chron. 5326). Enfin
ces

par
doit

encore être

cité après,

qui a peut-être été influencé dans sa

0^^)

forme par apruef (p. 164). De
langue

nombreux composés,
été

la

moderne
:

n'a

conservé

que ceux qui ont
elle

cités

en premier lieu

dessous, dessus,

devers, envers, après, ensuite

par dessus, par dessous; en

outre

a

créé

les

nouveaux
le

types d'après, d'entre et d'avec.

On
la

voit

donc que

français

moderne

est plutôt

antipathique à

juxtaposition de préposi-

lé8

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 132.

tions; mais l'espagnol et le portugais l'affectionnent d'autant
plus.

Dans

la

période

préhistorique

déjà, pro

et

ad furent
:

réunis, d'où l'esp. para issu d'un plus ancien pora, port, para
cf.

en a.-esp. tornos pora su casa (Cid 49), vos conseiastes pora mi inuert (2676), de Castiella vos ides pora las yentcs estranas
(176).

Au

lat.

depost

répond en

a.-esp. cmpos, apos et encore
à
la

aujourd'hui

la

forme despues déjà étudiée
:

p.

167; on a

encore d'autres composés dans por entre
hiiena pie^a por entre

hahiendo andado nna
Q..
i,

aqneUos castanos (D,
las ciiales

20), unos de
que salia
el

entre

:

unas casas, de entre
:

advirtieron

ruido (ibid.), de à
I,

dos hombres de à caballo, dos de à pie

(D. Q.

22), dos

7no:{os

de â pié (36), los cuatro de à caballo (ibid.),

una
la

cortina de gasa con sus listas de encajes. de à seis maravedîs
I,

vara (Fray Ger.
r,

i,

4), de por
:

:

esta gente
cl

va de por fuer:^a

(D. Q.
Sil.

22), de hàcia

venian de hàcia
:

lado de la espesura

(Trueba, H. Cid 47), por en
asi

alegre por en cosas atales (Berceo,
:

e eu vos digo que vi 299). De même le port, a por sobre nadar por sobre a agoa coino se fosse madeiro (Graal 7), de
:

entre

mas Marte .... De
I,

entre os

deoses

cm

se

levantava

(Lus.

36), de dentro

:

vironi, que os ladridos de dentro d'ella
:

partiosse de ante a porta do castello saiam (Graal 59), de ante para com cheio de saudade e gratidào para com os (127),
:

anctores de seus dias

(Gomez de Amorim, Am.
elle
:

patr.

236), a

senhora

Theresa cra para com

d'uma aînabilidade monstruosa
este
:

(Diniz, Pup. iio), de plus en a.-\-)on. perante

homem
dentro
ici

foy

chamado pcrante

el

rey

(Rom. XI, 384),
7) et em pos

dentro

em

em
:

pouco (Diniz, Pup. 71). Puis sont également à citer
logo foy alla apos elles (Graal
t)os elle
:

apos

conio se corressem

em

(72).
Concernant an-dessous
présente à
la

de et les autres cas
v. ^

si

nombreux où
le

de se
franc.

seconde place,

dès parce qu'il est

269 sqq On n'a pas cité plus que douteux qu'il provienne de de ex.
da soit

On
d.

peut

contester que

l'ital.

composé de
V, 365
et

de ah, opinion encore défen-

(164)

due^par Hamp, Arch.
Phil.

lat. lex.

G. Kôrting, Handb.

rom.

502.

Comme

il

ressort des exemples cités plus haut, jamais

deux prépositions de sens identique ou presque identique ne sont
unies l'une à l'autre. Mais cependant
la
il

y

a

si

peu de

difiFérence

dans

signification entre de et ab qu'on pourrait voir dans leur

combi;

naison un simple renforCw'ment de l'idée exprimée par l'un des deux
toutefois jusqu'à présent l'existence de ce genre

de renforcements

§

132. 133n'a

PRÉPOSITIONS COMPOSÉES
été

169

pas encore

démontrée dans

le

domaine des prépositions
où da correspond à que ad se trouve
les

latino-romanes. D'ailleurs le sens aussi ne s'accommode pas de cette
explication. Les combinaisons étudiées au § 24s,

un ad des

autres langues, montrent clairement

conservé dans ce da, ce que confirment non moins clairement

exemples espagnols de de à ci-dessus mentionnés. Mais puisque da,

pour une

partie de ses fonctions, dérive certainement de de ad,
lui attribuer

on ne

pourra pas

avec Kôrting une double origine,

si

même en
de
lui),

d'autres cas (§ 245) cette dérivation n'est pas tout à fait aussi évi-

dente.

Dans une proposition comme vengo da
fondé à
tirer a

lui (je viens

on

est aussi bien

de ad que dans
les

le franc. /f viens de

che\ lui,

et c'est ainsi

que toutes

fonctions

de da se laissent

ramener à de

ad.

Au

surplus, puisque le

roman ignore entièrement
et alors
il

ah, de àb devrait avoir existé déjà

en

latin,

aurait sans

doute, aussi bien que ahante etc., laissé des traces dans la littérature.

Or

il

n'y a pas de traces de ce genre
la lex

:

Hamp

ne peut signaler

qu'un dah dans

romana

uticensis (ix^ siècle),

mais ce dah natu-

rellement n'est rien autre qu'une fausse latinisation.
l'Italie,

En

dehors de
fait
l'a.-

da se trouve encore dans

le

Tyrol. Le roum. spre, qu'on

venir de exper, représente plutôt super (Zs. XXII, 492-496). Sur
franç. en\ eu la ville, l'a.-ital. poi dopo la morte et autr.

combinaisons

sembl.,

v.

§ 274. Naturellement

il

faudra bien distinguer, des cas
est

ici traités,

ceux où une préposition dans
le franc,
il

unie à un substantif,

comme

c'est le cas

mod.
ne

outre-vier et autr. sembl. Si l'on dit

aujourd'hui d'outre-vwr,

s'agit

pas d'une juxtaposition de deux

prépositions, mais de l'union d'une préposition avec

un

substantif

qui par hasard est issu de la juxtaposition d'une préposition et d'un
substantif.

§ 133.

même
propre
avec

mot,

Le REDOUBLEMENT, c.-à-d. Li répétition d'un seul et est une manière de renforcer l'idée qui est surtout
Bien qu'elle soit particulièrement fréquente
:

à I'Italie.

(165)

les

adverbes

piano piano (tout doucement),
:

d'autres
//

espèces de mots y participent cependant aussi
diventd amabile amabile,
il

cf.

faccione

vocione dolce dolce (Fogazzaro, Picc.

Mondo
sia

esser esaudito (Barrili,

13), diventd rosso rosso (79), se nulla nulle sperasse di Nott. Comm. 21), unapovera artista, qiiando
i

nulla nulla piaccnte délia persona (233), tratto tratto sotto
dei
le

contorci menti

margini uscivano in una
parole

traccia
del

sanguigna
filosofo

le

righe e perfin

dovera passata ranima
Il

(De
la

Marchi, Giac.
littérature

id.

295), fa caldo caldo etc.
présente encore plus
fait

va de soi que

dialectale

d'exemples de ces en
sic.

façons de parler tout à

populaires

:

cf.

na

picciotta

lyO

CHAPITRE
:

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I33. I34. lu tagghia
riu:^:^u

pùvîra povira (Fiabe 89
pe:{X.a

une pauvre, pauvre femme),
taille
:

pe:^^a

(92

:

il

le

en mille pièces), lu
un figghiu

pirb

ija spii spli (Bibl.

IV, 195

le roi

cependant cherchait attentisettiniu

vement),

/);//«//

prima

è chi cci voli

qnalunqui

(193, en tout premier lieu un septième fils est nécessaire) etc., en abruzz. caccenne caccenne Vacchc (Trad. abr. 2, 5 tout en
:

puisant l'eau), tajjenm tajjenm la
tout en coupant la viande,
il

reccote

^e tajjette

nu
le

dite (4,

se

coupa un doigt), tournure
l'Italie,
:

fréquente avec

le

gérondif.

En dehors de
R.

redoublefasié

ment

se trouve surtout

en provençal moderne
(Mistral, P.

cf. eie

plan-plan

mouri

li

veno

150
ie

:

et

la

faisait

doucement
lèii

défaillir), e tau Ion péis,
tel

que Faigo

treboulon, lèu-

que «rtio(254, et
i

que

le
si

poisson dont on a troublé l'eau

nage vite), mai

a pertout

vicissitudes sont partout), etc. Il est
le

remudo-remudo (198, mais les également en faveur dans
prîn cetaie
la
:

roumain
:

;

cf.

oameniî unblaû

cete cete

(Basme 36,
accoucha

22

la

foule allait lentement, lentement par

cité), fàcu doi
elle

fefilogofeti eu totuhii totulni de

aur (Basme 63, 17

de deux princes entièrement en or), un codru mare mare (259, 10 une grande, grande forêt), însotjre ce nu-t venea la socotealà
:

de

loc

de la (258,

11

:

un mariage qui ne
este

lui

convenait absolu:

ment

pas), smeul

nu

tocma)

tocmaï de te?nut (259, 31

le

géant n'est désormais plus à craindre), când
paci era sa uïte pentru ce venise (78, 7
:

và^ii lupnl, paci
le

quand

loup

la vit, il

oublia presque pourquoi

il

était

venu), împàratul vàiând merele,
:

ma) mai era
en voyant
(166)

sà-sl iasà

din minti de hucurie (j^, 14
faillit

l'empereur,
etc. Il

les

pommes,

perdre l'esprit de joie)

n'y

a pas de différence lorsque le

second

mot

est

muni d'un

suffixe,

en lomb. nôf navent (II, p. 603), en prov. lou hlound calandre emé l'Angloro tout plan planeto s'eron ramha (Mistral, P.
R. 180
:

comme

le

blond galant

et l'Anglore

avec lui tout doucement

s'étaient rétugiés),
I
:

en roum.

petrecea singur singurel
Il

(Basme
cf. p.

146,

il

vivait

absolument

seul).

va sans dire qu'on rencontre

aussi dans les autres langues des
esp.
os

exemples

isolés

:

ex. en

ruego que encamineis luego luego esta caria (D.
ici
il

Q.

r,

27), mais
§ 134.
l'ital.

s'agit

seulement de phénomènes occasionnels.

Un

genre particulier de redoublement se trouve dans
a mottto (Nov. 17
:

tutfo a motto

tout à

fait

mot

à

mot),

§
tin

134- 13

5-

REDOUBLEMENT
ditto Josafac

IJI
a muro a muro (Serc.

nomato Saidas vicîno del

326), a corpo a corpo (Leop. 132) et aussi iremo a verga a verga (Lasca 125. 26), ensuite a poco a poco (peu à peu), a foglio a
foglio (feuille à feuille), a solo a solo (seul à seul),

ad ara ad ora

(de temps en temps), a uno a uno (un à un), a duc a duc (deux
à

deux)

etc.

En

pareil cas, les autres langues

n'emploient qu'un
la

seul a (§ 251);

on pourrait donc peut-être admettre que
est le

tournure italienne
entièrement
les

résultat d'une
c.-à-d.
:

tendance à assimiler
encore une
fois

deux membres,
la

de

la

préférence accordée au redoublement

a corpo a corpo serait

donc une modification de
corpo.

tournure plus ancienne corpo a

§ 135.

C'est encore
est

ment du verbe qui
sons
:

propre au

un autre phénomène que ce redoubleTyrol et au canton des Gri-

cf.

en

lad. tem^i

me

terni

(Stories 17, 103

:

craindre

je

crains) au sens de

« je crains
il

beaucoup

», invie pcr kes iiivieiel

(201, inviter c'est pourquoi
(217,

invite),

mankye ne inankya Fridolin

manquer

il

l'entendait) etc.,

ne manque pas Fridolin), aldl i aldivcn (246, on en bas-eng. nir vàinal (il vient certainement),

savair sal er

çll,

mo
tu

no usé bain (lui aussi
tii

le sait

effectivement,

mais pas aussi bien), Hvrar Im

na Hvras
ce
travail

kiuest

lavnr fris

dumau
alors.
.

,

si
.

(si

ne

livres

pas

pour

demain,

.).

Si

l'on considère
la

que

l'infinitif

dans ces exemples

occupe toujours
prendre

première place, peut-être pourra-t-on explila

quer cette tournure de

manière suivante. Nous
la

devons

comme

point de départ

question et

la

réponse pro(167)

noncées sous l'empire de l'émotion. Ainsi, pour nous en tenir

au premier exemple, on raconte quelque chose qui, de

l'avis

du conteur, pourrait provoquer de la crainte chez un des auditeurs ou chez tous. Un d'entre eux repousse cette pensée en demandant avec indignation « Craindre?! Je ne crains pas. » En conséquence, à l'origine il devait y avoir une pause entre
:

l'infinitif et le

verbe personnel. Plus tard, naturellement,
par devenir,
fixe

la

formule

finit

comme

expression de

l'intensité

d'une action, plus
l'Appendice.

et par

conséquent plus générale. Cf.

Indépendamment de
indiquer,
il

ces

phénomènes que nous nous bornons
mentionner toute espèce d'autres,

à
à

y en

aurait encore à

172

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I35. 1^6.

propos desquels on peut se demander s'ils appartiennent plutôt au domaine de la stylistique ou de la grammaire. Consultez p. ex. ce que A. ToBLER réunit sous le titre de Asyndetische Paarung von
Gcgensàtien, Beitr. 2,
1

14-150

et les

travaux qui y sont

cités.

II.

Mots hétérogènes
la signification

§ 136.
il

Pour étudier

des formes flexionnelles,

n'a pas été besoin de

faire

et substantif (v.

§ 5 sqq.),
la

et

une distinction entre adjectif l'on a montré au § 124 aussi
deux
classes.

combien

est

peu marquée

limite entre les

Au

contraire, dans l'exposé des groupes de mots,
cette division, car la différence syntaxique
la

on peut adopter
plus essentielle

entre les deux espèces de mots consiste précisément en ce que
l'une exige presque toujours
la

copulation tandis que l'autre se
là,

contente en général de

la

simple juxtaposition. Partant de

dans

la

formation des groupes constitués par juxtaposition de
il

mots dissemblables,

y

a lieu de considérer le substantif avec

un

l'adjectif avec

de nombre, avec un pronom, un nom de nombre, avec un pronom, le nom de nombre avec un pronom. Ensuite il faut aussi examiner l'union
adjectif,

avec

un

nom

des adverbes avec des substantifs et des adjectifs.
pourrait
et

Enfin l'on

même

considérer

comme un
le

groupe une préposition
famille etc.,

un

substantif, car

au fond
p.

franc, de famille peut être, aussi

bien

que grandi' famille
de,

ex.

ou

la

considéré

comme une
et

juxtaposition de deux mots différents. Si l'on voulait

opposer à cela que

dans père de famille

p. ex., sert

purement

simplement de copule, ce qui exclut tout rapprochement avec
incontestablement fondée, mais

la famille etc., l'objection est

C168)

elle

ne s'applique pas

à des

combinaisons
la

comme

en ville,

au

soir etc., c.-à-d.

par conséquent à

plupart des prépositions

notamment qui désignent
en
ville

le lieu et le

temps.

On

pourrait alors
traiter ici

renvoyer au prochain chapitre de copulatif etc., mais
réalité

pareille

on peut invoquer en faveur de etc., et en séparation plus d'une considération. Si néanmoins elle
ici

n'a pas
ville,

été adoptée en ce sens et

si

l'on a préféré réserver en
la

au

soir etc.

pour
le

le

troisième chapitre,

raison en est
les

principalement que

développement historique,

empiè-

§

136. 137-

ACCORD DE L*ADJECTIF ET DU SUBSTANTIl'
les

IJ^

tcments graduels des prépositions sur sition ne peuvent être exposés que

tournures sans prépo-

dans

un tableau en

quelque sorte synoptique.
viennent d'être

Les combinaisons possibles qui

énumérées, sont naturellement loin d'être également fréquentes et également importantes pour la grammaire. C'est ainsi que, si nous laissons de côté les questions d'accord et de non-accord, qui concernent uniformément tous
les

mots à flexion, il n'y a presque rien à observer sur la combinaison du substantif et de l'adjectit, encore moins sur celle du nom de nombre et du pronom, mais d'autant plus sur celle du

pronom
ont en
avec

et

somme

du substantif. Plusieurs combinaisons, autant qu'elles besoin d'être mentionnées, comme deux adjectifs

un

substantif

ou un pronom avec un
:

adjectif et

un sub-

stantif,
les

ne l'ont pas été séparément

elles

ont été étudiées avec
correspondent.

combinaisons simples auxquelles

elles

§ 137.

Du moment que

des

mots

à flexion

peuvent être unis
est requis;
Il

entre eux, I'accord en genre et en

nombre

ceci

n'a pas besoin d'une démonstration spéciale.

y

a

cependant

quelques exceptions qui sont à signaler. C'est seulement au
point de vue de
côté de tête-nue
:

la

graphie que

le franc,

nii-îéte est

étonnant à

cette graphie est

phonétique dans nu, historique

dans nue;
de
la

l'a. -franc,

nue

teste s'est

changé en

le franc,

mod.

7in télé

même

manière que

l'a. -franc,

veraiement en le franc,

mod.
demie.

vraiment, et l'explication est

la

même

pour

ni'uiiiit

de mienuit,
et

mi-carême de mie-carême, demi-heure à côté de une heure

Au
un

contraire,
lieu

il

y a

une

véritable violation

de

la

règle en

premier
bel

dans VïxA.checos'' altro

(Barrili, Nott.

Comm.

277),
l'a.-

nulla (39), le prov. re nascut (Gir. Ross. 4087),

port. algun
tif

a la

rem (F. Sant. 545) et autr. sembl., où le substansignification générale qu'adopte d'ordinaire le masculin
latin;
c'est

issu

du neutre
(cf.

pourquoi
le §

l'adjectif revêt la
il

forme

masculine
série

sur ce point

350). Ensuite

existe

une
C'est
i,

(169)

d'adjectifs
:

qui peuvent s'employer sans

flexion.

d'abord solus
121), una
a. -franc,
ie

en

a.-ital.

una

sol casa

(Castiglione, Courtis.

sol voila

(Berni, Roi. 28, 38), una sol voce etc., en
cest

de sol la joie de

non

Que

je sui vostre chevaliers

Ai

mont (Mér. 1158), mais

seul sa

Hlle

H

otroit

(Brut 1860),

174
en esp. con

CHAPITRE
solo la

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I37.

imaginacion, et avec le
II,

même
:

sens purus

:

an pur sa gonelle (Rom. Past.

27, 19) à côté de en pure

ma

chemise (A. A.

614). C'est ensuite totus
:

en sard.

îoltu

custas cosas naraîas (Arch. Glott. XIII, 6, 14

toutes ces choses

narrées), sos bandas

îottu

(7,

36

:

toutes les ordonnances),
tiitt

en obw.

tutt la cnort

(toute la cour),

las caussas (toutes les

on trouve aussi tutta, l'ancien neutre pluriel, cum tuotta sets artikels (avec tous ses en ancien engadin articles) et autr. sembl. Viennent ensuite, mais seulement unis à une préposition, ipse en ital. lunghesso la strada et
choses) etc.;
: :

les

formes correspondantes
en

sovresso

et

con esso,

en

a. -franc.

en es l'heure à côté de par esse la chariere (Ph.

Thaon, Comp.
i, 5),

1433); MEDIUS
per
Vosty
me:{:{0

:

ital. in

me:(io

Facqua (Arioste, Cass.
en

la

campagna,
la

en

a. -franc,

mi

la

pree,

par mi

en prov. en mieg
en
cf.

sala (Appel, C. 3, 293), de
eni meio,

même

en esp. en medio, por medio, en port,

por meio, sum-

Mus

:

a. -franc,

en
ci

som

le

tertre,

par
il

sont l'aube

(G. Bourg.
una plonta

281);
(Sûrs.

en obw.
20,

sgulaus
:

tochen

pli sisum

Mârch.
la

34

il

s'est

envolé au

sommet d'une
//

plante). Enfin reste encore le franc, plein dans
plein
c'est

a de l'argent
ces
adjectifs,

poche.

Le

caractère

commun
le

de tous

que, lorsqu'ils se rencontrent avec un substantif déterils

miné,
l'article

se

placent

soit

derrière

substantif,

soit

devant

et

non,

comme

c'est

ailleurs la règle, entre l'article

et le substantif

(voy. Chap. 6), ce qui donne à penser qu'à
adjectif,

l'origine
bial,

il

y

avait ici

de sorte

un emploi non pas donc que l'a. -franc, seul la
qu'il
lui

mais adver-

fille li otroit signifie
la
fille

littéralement

«

octroie seulement
il

»

et

non

« la fille seule ».

Plus tard, alors,

s'est

produit des modifica-

tions fréquentes et de nature variée. Tantôt, en effet,

comme

pour
sisté

solus

en

italien,
la

la

forme non-fléchie (adverbiale) a per-

même

dans

position d'un pur adjectif; tantôt, au con-

traire,

en vertu d'une attraction grammaticale, sans d'ailleurs
l'adjectif non-fléchi a été

changer de position,

remplacé par
le franc,

la

forme

fléchie

:

c'est ce

qu'on

a

vu ci-dessus par

pure

et

aussi ce
(170)
''ivec

que

fait ressortir le
le

rapport du sarde

tottu sas fe mina s
le

l'ital.

tulle

Jemmine.

En

ce qui

concerne
la

rapport
à

historique

entre

les

deux

tournures,

plus

ancienne

§ 137-

138-

ACCORD DE l'adjectif ET DU SUBSTANTIF
la

I75

tout prendre est

forme non-fléchie
l'a. -franc,

:

il

ne peut subsister
le

quelques doutes
texte
si

que pour

es,

car

Comput,

ce
il

ancien, contient précisément
le

es fléchi.

D'autre part

ne faut pas perdre de vue que en
de
Si

mot

disparaît de

bonne heure
cas.

somme
la

de

la

langue, ce qui rend impossible une extension

forme
franc,

fléchie.

Il

y
le

a,

maintenant, encore d'autres
le

le

mod.
parce

dit Catherine

Grand,

c'est

purement
qui

et
est

simplement
ajoutée au

que
des

grand

est

une

formule

nom

princes

remarquables, sans
le

que

celui
le
:

qui parle se représente avec précision

sens originaire et
le

rapc'est

port grammatical de cette formule avec

nom

propre

pourquoi

elle

reste
:

invariable
le

même quand

celui-ci

est

du

féminin. Autre cas

sic. point

yorna doit avoir été déter-

miné par l'analogie de du, tri, hualtni, cinhii, ottii etc. yorna. En territoire français il faut ensuite citer encore fcii et sauf. Le premier se présente sous une double forme feu ma mère et la feue mère. Mais au xvn^ siècle encore on employait feue à la première place aussi, et comme, à l'époque où feu non:

fléchi apparaît,/^// et feue s'étaient depuis

longtemps confondus
la

dans

la

prononciation,

il

ne faut probablement voir dans

différence

imposée aujourd'hui entre feu fléchi et non flé^ihi qu'un caprice des grammairiens, et feu employé comme
féminin ne doit être qu'une graphie phonétique qui a été
litée faci-

par

la

place qu'il

occupe.

En

ce

qui concerne

sauf,

Rabelais emploie encore sauve avec les substantifs féminins;

d'un autre côté

le

vieux français connaît déjà

j-a///

non-fléchi.

Cet adjectif aussi se trouve toujours devant
sessif
:

l'article

ou
la

le

pos-

il

en résulta que peu à peu

le

sentiment de

la véri-

table nature
fut

du mot

flnit

par se perdre et qu'ainsi
les cas

flexion

abandonnée,
138.
Cf.
p.

comme
MoRF,

dans

qui doivent être examinés

au§

H.

Phil.

.'\bhandl.

Schweiztr-Sidler

gewidmet,

76-78.

§ 138.
le

En En

outre

il

faut étudier le rapport des participes avec

substantif dans les constructions participiales absolues
effet,
la règle

(§ 421).

fondamentale de l'accord, en ita-

lien

notamment,

est

souvent violée.

Lorsque Sacchetti

dit

T76
('70
misuratc
le

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
il

§ I38. I39.
il

canm
la

e

pagato,

Friolano

se

ne fa porare

panno

(92), on pourrait justifier ce non-accord en admettant

que

pagato a dans
le

pensée une valeur tout

à fait

générale et que

rapport avec canne est supprimé à dessein. Mais en
dire qu'il

somme
il

on peut
celui

y
cf.

a accord

quand
et

le

nom
e
il

par rapport au

participe joue le

rôle
:

de sujet,
veniitane

non-accord quand
sera

joue
i

de régime

la

Pilncca trovafo

coinpagni (Lasca

182,

9),

letta e riletta
le

la

lettera e iiiolto

bene

considcraiola (194, 23), rasciutto
la

lagrime (Saccli. 47), datogli

horsa (Serc.

39), lihero

le

ganihe (41), dinienato la coltella
roba (155, 32), faito délia néces-

(Lasca 153, 25),
sita virtii (91,

toltoci tutta la

14), trattone pochissime

(Leop. 178)

etc. à côté

de

colti qiielli
le

fnitti (Sacch. 91),

udite le

strida (Lasca 59), con-

siderate

parole, veduti gli atti (156, 7), cbiainata la serva
les

(194,

21)

etc.

En FRANÇAIS,

principaux cas à examiner sont

excepté,

réservé, vu, entendu, ouï, attendu, compris, passé, supposé, approuvé,

qui sont

invariables devant le

substantif et

variables

après,

ensuite hormis, forme
pris

moderne de

hors mis et qui

maintenant a
ci-joint,

absolument

la

valeur d'une préposition, et également

ci-inclus.

On

peut déjà signaler quelques exemples de l'absence
la

de flexion dans

période

la

plus récente du vieux français;
si,

cependant on peut toujours se demander
de compris, hormis
n'est pas
et ci-joint,

abstraction faite

ci-inclus, l'invariabilité

graphique

une conséquence de
cas,
il

l'invariabilité

phonétique. Mais,

en tout

est certain que,

grâce à leur position devant

l'article, les participes

sont descendus de plus en plus au rang
c'est

de mots apparentés aux prépositions, et

grâce à cela qu'ils

ont pu se passer de flexion.

— Les langues
:

de l'Est semblent

peu riches en phénomènes de ce genre

cxcepto, incluso, salvo

en esp. mod. sont peut-être des gallicismes.

§ 139.

Un

seul substantif peut être accompagné de plu-

sieurs adjectifs puisque naturellement on peut à un
attribuer à
la fois

même mot
il

plusieurs propriétés. Sur ce point

n'y a pas

lieu d'insister ici

davantage parce qu'il

est

permis de remettre
des adjectifs et de
il

à plus tard leur union

la

question de

la place respective

possible au

moyen

de

et.

Mais pourtant
le

faut

encore signaler une particularité.

En

effet,

franc, une jolie

§ 139- 140petite

SUBSTANTIF AVEC PLUSIEURS ADJECTIFS
:

I77
(172)

femine est susceptible d'un double sens
les

celui qui parle

peut appliquer à une femine

deux

épithètes joli et petit,
seule

mais

il

peut aussi considérer
il

petite
le

femme comme une

idée, à laquelle
le

attribue alors

prédicat joli; par conséquent
petite

sens peut être ou bien une jolie,

petite- femme, et

dans ce dernier cas
appartenant

joli est

femme ou bien une jolie donc le seul caracau genre
petite

tère par lequel l'individu désigné se distingue d'autres individus

semblables, c.-à-d.
Il

aussi

femme.

suffit d'avoir signalé cette particularité,
les

qui reparaît naturelc'est par l'exa-

lement dans

autres langues.

Au demeurant,

men du
stantif.

contexte qu'on décidera, dans chaque cas spécial qu'on
le

rencontrera, quel est

rapport des deux adjectifs avec

le

sub-

§

140. Les TERMES DE
les

Q.UANTITÈ INDÉTERMINÉS, daUS Une

proportion moindre
substantif
qu'ils

déterminés, sont encore unis par de au
236).
la

spécifient (§
à

Toutefois,

on peut en
:

même même
comme

temps recourir aussi absolument
et
la

simple juxtaposition
les

c'est

tournure habituelle avec
avec
les

noms

de

nombre

naturellement

mots de valeur
à ce propos
il

adjective,
faut rap-

multiis,

paucus

etc.

Seulement

peler qu^en vieux français mont monte, poi poie dans l'emploi
d'adjectif sont en

somme
:

rares et surtout confinés
ainsi

dans

les

textes de l'Ouest

c'est

qu'on

les

trouve chez Benoît,
etc.
;

dans

le

Roman
dans
le

de Thèbe^, chez Marie de France

moût

est aussi

Roland

:

escu:{

unt geni de multes cunuissances

(3090).

Un

fait

plus important, c'est que des

mots

à valeur

originairement

substantive

ou adverbiale apparaissent
et
les
cf.

aussi

dans
aussi
p.

la la

fonction

d'attributifs
:

adoptent ensuite en partie
exemples,
a. -franc,

forme adjective

déjà

cités

à

la

léi, du franc,
:

mod.
ital.

force argent,

maint,

mainte,

puis ADSATis

en

ossai tempo, assai terre,

en

a. -franc, pèle-

rins asseï (Villeh. 44),

qui se trouve
la

même
est

asseï or et argent (Froiss. i, r, 915), encore chez Marot, mais plus guère dans

suite,

en esp.

asa:;^

tiempo,

asa^ ramones,

qui a disparu de
abbastan^a,
le
Il

l'usage.

Le sens
le

le

même
la

dans

l'ital.

p.

ex.

abbastanxp cittadiui et autr. scmbl., puis dans

qui dès

début n'a que
Giamiiiiiire 111.

valeur adjective.

roum. dcstul, y a en outre
•-

MhKER-LùBKh,

178 PLUS
et

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
(plusieurs

§ I4O. I4I.

MINUS
(la

:

en

ital.

più giorni

jours),

i

più

uoinini

plupart des
tierra,

hommes),
etc.,

meiio valore,

inanco parole,

en esp. mas
))ic)ios

cstaban nias tienipo en la ciudad,
et

mas

dias,

sahor,

menas palabras

de

même

en portugais.

L'ital.

nulla bem,
ici,

le franc, rien

antre chose ont peut-être aussi

leur place
("173)

sans compter

le pluriel

de mille, car une tournure
pas pour correspon-

lat.

comme
:

quattnor milia bominiim n'a
la

dante en roman
taposition

construction avec de, mais une simple juxquattro

en

ital.

mila iiomini, franc, quatre
l'idée

mille
»,
la

hommes, esp. cuatro mil homhres. Avec
juxtaposition s'opère

de

«

fois

avec

une extrême
aux

facilité,

et
:

elle

est

suivie d'une identification complète

adjectifs

en a.-prov.
soventes

ganre vegadas, pro
foii,

vet:{

(B., C. 276,

13), en

a. -franc,

en

a. -mail,

savençe fiadhe etc.

La combinaison du pronom et du substantif qui est de beaucoup la plus importante est celle de ille, en partie aussi ipse ou eccille, avec un nom, pour le faire ressortir dans la
§

141.

masse de tous ceux de

même

nature,

pour

le

représenter

comme un

objet connu, déterminé. Les débuts de ce phénolatin,

mène appartiennent déjà au ment de la grande concordance
dans l'emploi
Mais, d'autre part,
il

ce qui

résulte

de toutes les langues de
la

notamromanes

de nombreux types
est facile

forme déterminée.
siècles.

de voir que l'extension actuelle

de cet emploi ne
ce qui concerne
la

s'est

accomplie qu'au cours des

En
ille

répartition des trois
les

pronoms

usités

comme

ARTICLES dans cette fonction,
et ipse

indications nécessaires sur
t.

ont

déjcà été

données au

Il,

§

106. Cil est assez fréqu'il
;

quent en vieux français, notamment dans l'épopée, bien
ne
soit

pas

non plus étranger au
jo vus ferai celé

phrases

comme

roman d'aventures des teste colper (Voyage Charleque florissent
2), des

magne 42), a
chil

Ventrée de mai,
chil
io^^

chelle douche saison

pré,

chantent
et

oisseillon

(Bast.

Bouill.

mes

chargent
à

cuevrent

ce^

dois

(Mér.

chaque

pas. Particulièrement probants sont des cas tels
cel haiseïs,

1269) se rencontrent que
4983), où
cel

qui lors
et la se

ve'isi

La

joie et

cet acolcïs (Ille

trouvent sur
la

le

même

rang. Parmi les patois modernes,

ceux de

Picardie surtout paraissent être en train de rempla-

§ 141. 142-

TERMES DE QUANTITÉ
:

I79
c ê

cer

le

par

ce

cf. p.

ex. à

Démuin
est

es ta

inuvàs (le temps

devient mauvais),
es

truvé s inûgïi
(le
soleil

(découvrir

le

pot aux roses),

soleil

il

e

ktisé

couché),

tandis

que

la,

du,

des, de

F
la

etc.

persistent.

En roumain
l'article
:

aussi, cel a
ferice de

souvent
ce

presque

même

valeur que

cf.

omul
i
:

na

fàrà de liage (Dosofteiu i, l'homme qui n'a pas été au conseil des impies), cà
mîarge in
sfatiil celorii

heureux

celor direptl
les

Doninitln

le

viade (i, 25

:

les

hommes
cel

droits, le
de apoï

Seigneur
II,

voit), den cel d'înimû

pana

la

mai

(Gaster

70,

4

:

depuis
:

le
le

premier jusqu'au dernier),
septième)
etc., sans tenir

cel d'al saptelea

(Basme
onuil
(174)

258, 9

aucun compte de

cel biin (§

158).

§ 142.

En

tout premier lieu, des

noms

d'objets qui se ren-

contrent en un grand
attaché
ille

nombre

d'exemplaires, se sont ensuite

lorsqu'en exprimant quelque chose à propos de l'un

d'entre eux

on

désirait attirer l'attention sur lui,

qu'on voulait

le faire ressortir

comme connu

parmi

les autres

individus semvis-à-vis

blables

et

qu'il était de cette

manière individualisé

de ceux-ci. Naturellement l'observation peut également s'appliquer à plusieurs individus, de
pluriel

sorte

donc que singulier
la

et

de

la

forme déterminée sont également anciens.
:

Or

de

découlent d'abord deux conséquences
est

première, en

effet,

que

le cas

régime en vieux français
les

et

en provençal,

et le substantif,

dans

autres langues, lorsqu'il est régime ou

précédé d'une
gine;
et la

préposition,
c'est

n'admettent pas

l'article

à

l'ori-

seconde,

que

les

noms

d'objets

qui ne se
les

rencontrent

qu'en un

seul

exemplaire,

par

conséquent

noms

étudiés p. 31-37 et qui ne s'emploient qu'au singuher,
fait la

n'ont pas besoin d'une forme déterminée. Telle est en

situation, surtout dans les plus anciens textes romans. Mais,

au cours des
extension de

siècles,

il

se produit par des procédés divers

une
est

l'article;
il

peu à peu

il

conquiert également ces
qui s'opère,
il

domaines dont
vrai,

était à l'origine exclus, ce

dans chaque langue par un procédé différent.
le

En

effet,

comme on
les

montrera aux

§

157 sqq.,
cas qui
le

il

s'introduisit aussi, dès
cités et

premiers temps, dans

les

viennent d'être

qui
lieu

autrement l'excluent, lorsque
de se trouver seul,
faisait

mot en question, au
groupe de mots.

partie d'un

l80

CHAPITRE
cette façon
il

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I42. I43.

Mais de
il

perdit graduellement en indépendance;

apparut

comme

le

compagnon permanent du
ille

cas

sujet,

de sorte donc qu'à côté de de timor, à
Il

pater, dès

qu'on n'attachait

pas une importance prépondérante au sens purement abstrait
l'idée

qu'il
le

exprime, s'introduisit aussi

ille

tinior.

arriva aussi

que

nominatif
oblique

ille
illii

paîer pâtre

fut

d'autant plus

facilement doté d'un cas

ou prépositionnel

de illu paire qu'au nominatif indéterminé paîer correspondait aussi un cas oblique pâtre et un cas prépositionnel de pâtre ou bien qu'au nominatif ille bonus pater correspondait un cas oblique ///// kviii pâtre et un cas prépositionnel de illu bonu
pâtre.

(175)

§ 143. Voici quels sont à peu près les objets qui ne se RENCONTRENT qu'en UN SEUL EXEMPLAIRE. C'est d'abord, par-

tout et toujours,

le

nom de Dieu
Dios, port.

:

en roum. Dumne:(eu,

ital.

Dio, franc. Dieu, esp.
est

Deus, tandis que Christus
français
p.

hésitant,
il

c.-à-d.
est
il

qu'en

vieux

ex.

jusqu'au

xv^ siècle

entièrement dépourvu

aujourd'hui

n'en est

que même pas encore toujours accompagné. Diad'article et
le

BOLUS

et les divers
aneiiii,

mots qui
que
la

remplacent (en

ital.

nemico, en

a. -franc,

aversier,

maufé etc.) présentent généralement
religion chrétienne
l'a.

l'article,

attendu

admet

d'ailleurs

plusieurs diables; toutefois

-franc.,

prov.

deablc est assez

fréquent, et Molière encore connaît l'imprécation diable emporte.

Ensuite

il

faut citer quelques personnifications, et avant tout

amor;

ce n'est pas

seulement au

moyen
:

âge qu'il est généracf.

lement considéré
chez Cervantes
I,

comme une

personne

notamment encore

la

bandera de anior y de la caballeria (D. Q.
français jusque pendant le xvii^ siècle,
:

25),

NATURA en vieux
sia

mais aujourd'hui
délia

la nature

en

ital.

natura vuole che ranima

mia amante

invisibile

(Annunzio, Tr.

M.

15),
tiene

en
por

esp.

la vibora no merece ser

culpada por la po:^ona que

habersela dado natiirale^a (D. Q.. i, 14), como si en ella quisiera

poncr nalurah^a un sinibolo vivo del eterno y capital dualisnio del
artc (Galdôs,

L.

Roch

i,

107),

fortuna
3,

:

en

ital.

toile

ogni

altro ben fortuna

(Arioste, Roi.
2,

37), en

a. -franc,
le

or lerai

donc fortune corre (Ruteb.
destinée
l'

134) et avec
Guill.
pr.

même
9),

sens

se

ainsi

consenti

(Mon.

24,

mais au

§ 143. xvi^
siècle

SUBSTANTIFS DEPOURVUS d'aRTICLE

181

on
et

a

déjà

le

plus

souvent

la

Fortune. Paradis,

Purgatoire
dans
les

Enfer

se présentent de préférence avec l'article

plus anciens textes romans;
p.

cependant

le

Français

Raoul de Houdenc
tard, et

ex.

l'évite,
les

encore au xv^
la

siècle
lettre

que Joinville plus Cent Nouvelles. Le prov.
ainsi

Paradis tcrroial dans
paraît

devoir
cette

propre;

du prêtre Jean (S., D. 362 sq.) être simplement considéré comme un nom observation s'applique également à Palacio,
nouvelle de Cervantes
«

employé dans
pour indiquer
désigne dans
considérer
a. -franc.

la

La espanola inglesa

»

le palais le

du

roi d'Angleterre, et à PaJatiso, qui

patois de

Rome

le

Vatican.
l'a.-ital.

On

doit aussi
Cbiesa,

comme

spécimen unique

Santa

Sainte Église, prov. santa Gleya (P. Joh. 43, 10).
la

En

ce qui concerne le soleil et

lune, ce n'est qu'avec
l'article
:

le pre-

mier

et

encore rarement que

n'est

pas exprimé en
ains que
soliaz^

ancien français et en provençal
soit

en

a. -franc,

(Durm. 3603), quant soleil^ esclarcist (Voyage Charlemagne 383), solaus leva (Ccy 1523), en prov. quaissi
esconsés
es soleils ses

com

par (Flam. 534),

soleil

vai colgar (Gir. Ross.
(176)

2223); mais, ce qui est étonnant, c'est qu'aujourd'hui encore cette omission est fréquente en Tyrol cf. apena fo kyaniô s'a
:

Brak

soredl levé (Stor.

17,

362

:

à

peine

le soleil se fut-il

levé
soleil

au-dessus de Brak), soredl cutia
paraît) etc. Enfin,
actuelle
soarele

indo fora (i,
à
la

95

:

le

pour

le

roumain,
soleil

place de

la

tournure

apnne (le

se

couche), l'existence antéla

rieure de soare apune est attestée par

forme empruntée au
(le soir vient).

grec
finir,

moderne qui en
citons encore

est issue

:

surupuni

Pour

somnus

:

en prov. son^ Fenvida (Flam.
le

3706), en csp.

niientras

sueno
:

da

diilce

reparo (J.

Valera,

Com. Mend.
occhi

188),

mors

en

ital.

inostrando per lo viso agit

morte

(Guido Cavale, canz.
(P.

2,

4), en a. -franc,
tel
(Jj.

vienget

mort sur

els

O.

54,

16), mort ne loerad

13) etc.,

fus de sa face arst (P. O. 17, 10), sis devurerat fus (20, 9) etc. L'ancien italien parte Guelfa, parte d'iniperio etc. au sens de « le parti des Guelfes, le parti de
:

Focus

en

a. -franc,

l'Empire

»

renferme-t-il

un

latinisme,

ou bien

parte rentre-i-il
reste

dans

la classe

des

noms propres? La question

encore en

suspens.

l82
§ 144.

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I44. I45.
les

En

ce qui regarde les vrais

noms propres,
d'article, ce

noms

DE personnes sont en général dépourvus
pas

qui n'a

besoin

d'être

attesté

par

des exemples.

Les exceptions
rat»

examinées au § 150. Mais aux noms propres se tachent souvent aussi les termes qui signifient « père
seront
«

et

mère

»

:

ainsi
le

notamment en

franc, iimiimn,

papa

et aussi

grand' mère

regarde

(Gyp, Mademoiselle Eve 15), en

esp.
etc.

padre dice (Caballero, Nov. 68), voy à ver à madré (260)
jours l'article au singulier
riel.
Il

Les NOMS DE PEUPLES, au contraire, exigent aujourd'hui tou:

le

Prussien (§ 152)

comme

au pluils

n'en était pas ainsi au
:

moyen
en

âge; au pluriel

en

étaient assez souvent privés

cf.

a. -franc.

Franc

s'en irunt

en France la

liir terre

(Roi. 50), dient Franceis (192), Bretuns

qui premerains

la

tindrent

(Brut

M.

69); mais
la

en

même
on
à

temps,

dans

la
//

prose plus souvent que dans

poésie,

trouve aussi
tel

Franc

etc.,

et

l'emploi de l'article s'étend
il

point qu'aux xiv^ et xv^ siècles
et

est

de beaucoup prédomirègle
:

nant

qu'au xvi^

il
,

est

déjà presque de
e cel

en prov.

Aragones fan gran dol
Ronials Sara^is
metet::^ e

Catalan

d'Urgel (B. Born 28, 33),
e

fait:^

vos pane de

dampnatge mas Grecs
Mores

Latis

carnalatge (G.

Fig.

2,

43), en esp.

h

reçiben

(Cid 712).
(177)

§ 145. Très variée est la

manière dont
Il

les

langues se comle

portent avec

les

noms géographiques.

n'y a que

rouce

main qui fasse un usage absolument rigoureux de
prépositions (§ 179), de sorte que

l'article,

qui tient peut-être à ce qu'il n'en connaît pas l'emploi après les
le cas

prépositionnel se

met

en opposition formelle avec
positionnel,

le

cas sujet.

Or,

comme

les

noms

de pays se présentent avec une fréquence particulière au cas préil

en résulte précisément que, lorsqu'ils sont sujets,
les

l'opposition

également établie dans
le cas

autres

catégories de

mots entre
sement,
de

prépositionnel et

le cas

sujet, a

pu

se pro-

duire aussi chez eux. Le français
lui aussi,

moderne observe rigoureuau point
est

l'emploi de
le

l'article

qu'il

uniquement lorsque
ville
:

nom

de pays

en
,

même
le

y renonce temps nom
mais
Maifie

ainsi

la

France,

F Angleterre

Portngal ,

Napîes,

Venise

etc.

Toutefois
Si

en

vieux français l'usage est
le

encore

très indécis.

l'on

rencontre dans

Roland

le

§145- M^-

l'articli-

avkc les noms propres

183

(2323), c'est un emploi totalement isolé; France, qui se présente dans l'épopée un nombre infini de fois, se trouve toujours sans la, et c'est aussi
le

cas

pour

la

plupart des autres
xiii^'

noms de
l'article

pays. C'est seulement au cours du apparaît

siècle

que

progressivement
il

:

Par

la
et,

Borgoigne

venoie

(Pr.

d'Or. 186), puis
siècle,

gagne du terrain
dans

dans
par

la

seconde

moitié du xvi^

l'emploi en est

prescrit

le

gramle fran-

mairien Ramus; mais
çais

même

sa période

moderne
des

offre

de fréquentes infractions

au précepte

grampays

mairiens; bien plus, Victor

Hugo

n'a pas

craint d'écrire Five
les

Allemagne (Hern. 162). C'est surtout avec

noms de

peu connus ou de peu d'étendue que règne un certain arbitraire; c'est ainsi que, contrairement à la règle, on dit le Hanovre, le

Pour les autres langues cependant il est encore moins possible de trouver une règle; une prédilection marquée pour l'article l'italien montre
Sal:(bourg et inversement Terre-Neuve.
:

ritalia, la Germania,

la

Sviz^era,

la

Francia,

il

Messico,

il

Giapone,
plutôt
:

il

Perii etc., tandis
esp. la

que
et
,

les

langues de l'Ouest l'évitent
la

en
cl

Espaha
cl

Espaha,
Brasil
,

Francia,

el

Pcrû, la

China,
Mejico,

Canada,

Japon

el

mais

VcncTuela, Chile,
etc.,

Murcia

etc.,

en port. Portugal, Castella
381). Sont à noter en

mais
de

Egypte (llom. XI,

a. -esp.

îierras

Valencia rremanidas en pa^ (Cid

1308), à tierras de Carrion
tierra de

(2526), en
Sil.

tierra de

Moros (1346), ^n

C^r^^o (Berceo,

187), en comarca de Silos (336), en bcgas de Carrion (Cid
et aussi en rio de Arlan::^a

3481)

(Berceo,

Sil.

265).

§ 146.

Les NOMS DE LIEUX
article
ital.

et

DE VILLES s'cmploicnt gêné-

(178)

ralement sans
étrangère
:

lorsqu'ils sont d'origine

antéromane ou
Tours,
esp.

en

Ronia,

Napoli

,

franc.
etc.

Paris,
le

Madrid,

Toledo, port. Lisbôa,
il

Lugo

Seul

roumain, tout

en disant,

est vrai,
les

d'une part

Bitcurestï, Jasï,

met
:

d'autre

part l'article avec

noms de

villes
//

étrangères

Londonul,

Rama

et autr.
le

sembl.; en italien

Cairo, dans le français du

XVI' siècle

Liège sont de remarquables exceptions.
cl

En espagnol
Hahana,
d'origine

on rencontre
romane.

Cairo,

el Fcrrol, la

Mcca,

la Coriifia, la
les
fait

la Vcracrux_- Il

en
ce

est

tout autrement avec

noms

Dans

cas,

en

italien

l'article

généralement

184
défaut
:

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§

I46.-I48.

Castiglione, Rocca di

Papa, Borgo San Sepokro, FrassiVenerc etc., tandis qu'en France
:

neto, Forniiovo, Orvieio, Porto

son emploi

est la règle ordinaire

l'Isk de France et Lille,

Le

Blanc-Mesnil, Le Bourg, Le Bourget, Le Coudray, Léglise, Le

Le Palais, Les La Chaux-de-Fonds, La Eaux- Bonnes, Les Granges, La Fcrfé et d'autres à l'infini, à côté desquels il est vrai qu'on voit figurer Neufchdtel et beaucoup d'autres, notamment ceux
Rochelle,

Havre, La Haye, La

Lenoiniiout

,

Chapelle,

qui sont formés avec Château.
a

Comme

exemples analogues, on
27,
54,

en espagnol
en

la Cogolla (Berceo, Mil.

56), puis la

Cehollcra,

portugais
le

Oporto.

Cette

différence

d'emploi

notamment

entre

français et l'italien ne pourra guère être
les

expliquée qu'après de nouvelles recherches sur

noms de

lieux; toutefois, pour ces cas aussi, les faits examinés au § 179

conduiront vraisemblablement à
§

la

solution de l'énigme.

147. Les

noms
ital.

d'iLES,

de montagnes,

de fleuves, de
décidée

MERS

ou
:

LACS
cf.
il

manifestent
la

une

prédilection
la Sicilia,

pour
Ischia,

l'article

en

Sardegna,

mais Capri,
ainsi

Procida;

Vesnvio,

VApennino, l'Etna
Tevere,

et

probablement

pour tout
fère

le reste; il

VArno (mais

l'ancien italien pré-

Arno)

etc., //

Trasimeno; en

a. -franc, le

plus souvent pas

d'article,

mais en franc, mod.

la Sicile, la Sardaigne, la Corse,

Vlrlande etc. à côté de Malte, Corfou, Madère, Bourbon, Chypre

(au xvii^ siècle
les

la

Chypre), Candie, antérieurement la Candie;
Alpes,
le

Ardennes,
etc.
;

les

Vésuve,

le

Mont-Cenis,

le

Jura,
est

le

Parnasse

toutefois Voiture dit encore
(II,

Parnasse
la

plus

grand que Montmartre
de Roland (1583), et toujours ainsi au

176),

le

Rhône déjà dans
la

Chanson
Meuse
était

la

Seine,

la Gironde,

Loire, la
le

xix^

siècle,

tandis

que

xviii^
el

(179)

encore hésitant,
el

le

Léman,

la Méditerranée;

en esp.

Caucaso,

Olimpo,

el

Tamesis; en

port.
etc.

Apennino,

Séquana,

Garumna,

Betis,

a Madeira

§ 148. A cette catégorie on peut encore rattacher quelques NOMS DE LIEUX COMPOSES. On dit en ital. Porta Romana, et non la Porta Romana cf. la diligen^a svoltb a destra verso Porta Romana (Fogazzaro, Picc. Mondo 280), puis Casa Ribera si era oscurata fidtima (159), il tempo e la moda avevano trasformato
:

§ 148. -150.
villa

l'article avec les noms propres
Pitti.

185

Caterma (Serao, A. A. 155), Valaz^o

En

français,

même usage dans Porte S. Martin, Pont S. Louis (mais le pont des Arts) etc. Ici aussi l'italien manifeste une tendance décidée
à laisser appellatif § 149.

tomber l'article en élevant au rang de nom propre un dont le sens est précisé par un nom propre.

Comme

dernier groupe,

il

faut enfin citer les

noms

des DIVISIONS

DU temps,
la

c.-à-d. des mois, semaines, jours, fêtes,

PARTIES

DU JOUR, HEURES CANONiauES.
forme sans

A

toutes les époques,

avec eux aussi

article a été la plus usitée;

cepen:

dant
cf.

l'article
ital.

pénètre également petit h petit dans ce domaine

en

febbrajo era stato mite (S. Farina,
le

Cap. B. 150) à

côté de parte deïïaprik (181), sans que

contexte permette

de

supposer qu'une
l'autre
cf.

fois

le

nom
un

est

pris

dans un sens plus
spécial.

général,

fois

dans

sens

plus
à

En vieux

FRANÇAIS,

au Nocl (Mér.

775)

côté de à Noël (843),

quant midis fu passé^ (3077), aujourd'hui Noël, Pentecôte, Pâques en même temps que la Pâque, deux formes dont la différenciation
le

est

malaisément

justifiable.

A

l'Ouest
el

l'article

est

plus souvent absent; pourtant on trouve
niismo palco vestida
con

martes

se présenta

en ese

de

blanco con

camélias rosas. Ayer
terciopelo

estaba ....

camélias

blancas ....

hoy

negro

y

camélias rojas
Sur

(Coloma, Pequeiî. 275).
le

le franc,

dimanche (chaque dimanche),

l'esp.

el

Urnes (le

lundi), V. §

187. Sur les § 24,
cf.

142-149, outre

le

travail

de Grotkass
iïber

signalé au §

encore H. Hubner, SyntaUische Studien

den Artikel hei Eigennamen im Alt- und Neufraniôsischen, Kiel

1892.

§

150. Lorsqu'ils se trouvent dans les conditions voulues
le

(180)

pour recevoir
prendre

pluriel, les

noms propres peuvent également
donc
lorsqu'ils perdent précisé-

l'article,

ce qui arrive

ment

leur nature de

nom
les

propre, c.-à-d. de

mot ne désignant
ital.
/

qu'une seule personne. Ainsi l'on dit donc en
en franc,
voy.
les
les

due Tassi,
etc.;

Bourbons,

Corneille,

en esp.

los

Mendo^as
il

exemples de

la p.

33. Mais à cette observation
l'on

s'en

ajoute
les

encore

d'autres.


c'est

constate

les

particularités

plus

remarquables,

en roumain.

On

noms de personnes en
Joan,
Vasile,

partie avec l'article,

y emploie les en partie sans
:

Ghcorghe,

mais

Tonia,

Socratele,

Lupul, Jancu,

l8é

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
les

§ 150-

Bràteanu, Jonescu etc.; ainsi d'un côté
les

prénoms, de

l'autre

noms

de famille, sans que
les
liiî
,

la

distinction soit

absolument

stricte.

Mais, au datif,
:

premiers apparaissent aussi précédés
Vasile et les seconds prennent soit Bràtcaniil in
,

de
la

l'article

Im Joan,
,

forme
Joan
:

Liipiihiï

Toiiiei

soit

lui

Lupul

etc.;

anciennement
lu
etc.

et

de nos jours encore on a dans
propres se rattachent
(le

les dialectes

Aux noms
Un
fin

les
fils),

noms de
puis

parenté

boni

meû

bœuf de mon
voda et

en

vieux roumain

Du})nie:{cii, ÎDipàral,

même

des

noms de
avec les

femmes

:

lui

Ana
il

et autr.

sembl. Si l'emploi de

l'article

noms de
la

famille fait penser à l'usage italien dont
est

nous allons
lut a

bientôt parler,

au contraire absolument évident que
casuel ou, pour

mieux dire, d'un terme copulatif, c.-à-d. qu'il ne détache plus un nom propre de la série des noms semblables, mais qu'il indique le rapport gramvaleur d'un signe

matical dans lequel ce

nom

se

trouve avec
la

le

substantif pré///ï

cédent; par conséquent, d'après
est

terminologie courante,

une préposition.
l'article
il

L'italien va plus loin en ce qu'il pré-

pose

au

nom

de famille des personnalités connues
il

:

VAlighieri,

Tassa,

rAriosto,

Gœthe, mais Dante

Alighieri

(ou simplement aussi Dante), Torquato Tassa, Ladavica Ariosto,
Vofgango Gœthe
des prénoms,
etc.

Au

contraire,

comme

ce sont en réalité
etc.

on

dit

naturellement Omero, Cesare

Les
:

autres langues imitent l'usage italien pour les

noms

d'Itahens

on

dit

donc en

franc. VArioste,

en esp.

el Ariasto,-

en port, o
Dante,

Ariasto, sans en faire d'ailleurs

une

règle absolue, car le français

actuel ne dit

que Pétrarque,

et d'autre part

on trouve
fautif.

le

en esp.
italien,

el

Dante, ce qui est tout simplement

Donc, en

le

nom

de famille est dépouillé de son individualité

(i8i)

et

désigne aussi bien toute une série plus

ou moins consi-

dérable d'individus de
sente toute une série

même
plus

que casa reprémoins considérable d'objets de ou
espèce, de

même

même

espèce.

S'agit-il

alors,

parmi ces individus de
est

espèce, d'en détacher

un qui

connu, déterminé,
si

le

même nom
le

propre adopte

la

forme déterminée; mais,
superflu.

l'on

y ajoute
c'est

prénom,

il

reçoit par là cette détermination
l'article

spéciale, et con-

séquemment

est

Ce qui étonne,

que

cet usage soit restreint à l'Italie; toutefois le fait peut

dépendre

§ 150.

NOMS PROPRES AVEC ARTICLE
le

187

de

la

manière différente dont
tous
les

nom

de famille s'y est formé.

En

effet

noms

de famille italiens, ou du moins une
pluriels
:

grande partie, sont originairement des
dei Medici, Francesco de

cf.

Cosimo

Sanctis et

beaucoup d'autres, surtout
la

dans

les

premiers temps; cette particularité entraîna

pos-

sibilité et

presque
isolé
la

la

nécessité de faire connaître par le
la

prénom
emploi

un membre
sément par

de

famille

ou bien de

l'individualiser préci-

forme déterminée du
l'article
cf.

nom

propre.
et

De

cet

se distingue essentiellement l'usage

français

espagnol qui
de femmes

consiste à préposer

au

nom

de famille, notamment
il

des femmes mariées;
célèbres surtout
:

en franc., quand

s'agit

la ChaiHpinélé,

une ancienne actrice de F Opéra
:

comique, la Dariniat, la
celui qui épousa
la

Du

Parc, mais aussi d'ailleurs
dont
il

c'est

Villain-Isenghien,

a eu
6,

le

comte de

Solre qui
fiée

épousa

la

Bournonville (S.
la

Sim.
6,

aux

discours de

Chaillot (Rouss.

499), Tu fes 77), mais cela est
etc.,

vrai, petite, dit la

Montmichel (V. Hugo, N.-D. VII, i)

en esp.

la Gon^àle^, la Osorio etc., ce

qui doit s'expliquer par

l'impossibilité qu'il y avait de désigner

autrement

le

sexe de

la

personne, qu'il

était

important de connaître dans ce
la

cas. Enfin,

quant aux prénoms,
de n'adjoindre
alla

règle

du langage courant en Italie
:

est

femmes vengo, gridà Janu Nedda (Verga, Vita Campi 21), la Nedda si fece rossa
l'article

qu'à ceux de

cf. (33) etc.; le portugais ne connaît pas cette limitation Pedro aproximou-se d'ella. Nunca mais, murmurou-lhe a rapa:

riga
sei

ao ouvido, tomes a fa~er

uma

destas,

Pedro.

como a Guida vos deixou entrar assim.
disse

Eu

Ih'o

Tambem nào direi. Ora

vamos Clara,

Pedro, auxiliando a na

tarefa da réga, iiào

vas agora ralhar com a Margarida
ella

que niais endmraçada ficou

ainda do que

tu.

Sim?

!

.

.

.

A
com

Margarida
a

é outra cousa.
?

O
(182)

sur.

Daniel

nào

fallou

ainda

Margarida

continnou

Clara ....

O

Pedro que diga. Pedro fe^

um

signal de assoit iles

mento (Diniz, Pup. 78). Dans quelle mesure
sont-elles d'accord avec celles-ci
?

autres langues

C'est ce qu'il reste encore à
à fait
la

chercher. Le

prénom

est

donc tout

appellatifs ou,

pour être plus exact,
si

descendu au rang des forme déterminée du

nom

propre devient
se

bien, dans renonciation, la forme nor-

male qu'elle

présente alors aussi dans des mots qui sont

l88

CHAPITRE

II

:

LÉ GROUPE DE MOTS

§150. I5I.

de leur nature déjà déterminés. Or, grâce à cette particularité,
ces

mots

à leur tour

se divisent aussi,

quant

à la

forme, en

deux catégories psychologiques particulièrement importantes,
l'apostrophe et renonciation
:

conformément au

§ 176, Pedro

en tant qu'apostrophe s'oppose nettement à
ploie dans renonciation, tout justement

Pedro qui s'emPoeta et

comme, dans

Poeta etc., l'apostrophe et renonciation se distinguent aussi

dans

la

forme.
fait
ici

On

ne voit pas clairement pour quel motif
entre

l'italien

une distinction

noms

masculins

et

noms

féminins.
Cf. pour le
Jb. IV,

roumain l'étude approfondie de E. BACMEiSTER,Rum.

39-50.

§ 151.

N'ayant à l'origine que

le

singulier, les substantifs

ABSTRAITS ne sont pas munis de
réalité, c'est ainsi

l'article

en ancien roman. Et, en
scà:(ii

qu'on

lit

en roum. nedcrcptate nu
12
:

de

calea lui

(Cod. Schei.

54,

l'injustice

ne

s'est
:

pas retirée
vint de
:

de son chemin), vine

blmiT^ie spre noi

(89, 10

il

la

douceur sur nous), tourna reu vràjmasilor miei (53, 7 l'injustice retourne contre mes ennemis), copere rusire fata me (68, 8 la honte couvre ma face) etc., en ital. giusti^ia masse il mio
:

alto fattore

(Dante, Enf.

3,

4), pietà

mi

vinse (5, 72), consue-

tudine

ê itna

seconda naiura (Giusti, Prov. 17), affe^ione accicca
etc.,

ragione (19)

en

a. -franc,

cricme de mort chàit
vanitct
et

sur

mei

(P.

O.

54, 4), purquei
ire e

ame^ vus

qucre:^

menceunge

(4, 3), cesse de
veient
justice
oelte:^

déguerpis de fiirur

(36,

8),
:

H
cf.

iuen

oil

(16, 3) et ainsi encore au xvi^ siècle
3,
tost

faisant
.
.

à vertus succéder (Rab.

i),

cota nie vertu est de tous
et

.

estimée, aussi meschanceté est

cognue

suspecte (i, 47),

en

esp.

moviolos piadat (Berceo, Sil.
lis

593),

non

le

prendie talento
los

(9), a algunos envidia
envidia a

tomaba (25), mas en

clerigos ovo

nacer (S.

Mill.

100), pusieron en su lengua virtut de
los

prophecia (Sil.
(183)

260), oraha por

enfermas que dièse sanidat,

a

las

encaptivados que dièse enguedat (Berceo, Sil. 76), con aiuda

del

Criador (Cid 2503), assil prende sabor (3228), verdad digo (2954), espantada de mudan^a tan silpita (Amadis 2 a), par

gajtar en los cielos alegria complida (Berceo, Sil. 61) etc.

Même

si

les

noms

abstraits

se

trouvent

au

pluriel

,

ils

§ 151. 152.

ARTICLE AVEC LES NOMS ABSTRAITS
la

189
vus abundent,

peuvent conserver
ne
voile^^ le

forme absolue

:

richeises si

cmr

aposer (P.

O.

6r,

lo).

Mais, contrairement à

usage du roman, on constate au cours des temps une extension toujours plus considérable de la forme déterminée, de sorte qu'en français moderne p. ex. les traductions des psautiers, dans les passages ci-dessus mentionnés, prél'ancien

sentent toujours

les

noms

abstraits avec

Je,

la.

Il

lliut

y voir,

un changement dans la conception des noms abstraits (pour une raison qu'on ne discernerait absolument pas), mais plutôt un phénomène analogue à celui qui a déjà été exposé p. 187, à savoir que la forme déterminée s'est élevée au rang de forme normale du nom propre.

non

pas

§ 152.

Une

place spéciale est

due aux noms indiquant la
dit

MATIÈRE
bien que
la

et l'espèce.

Nous avous

p.

28 que fréquemment

le singulier
le

d'un substantif sert à désigner toute l'espèce, ou

nom

d'un seul individu s'emploie pour représenter
il

matière d'où

est tiré (p.

29).

Dans
le

les

deux

cas,

on ne
quant

devait pas attendre d'article et, en
le

fait,

roman

primitif offre
:

plus

souvent

la

forme non pourvue

d'article

cf.

que

pur hume (Ph. Thaon, Comp. 2002), leiins en mainte guise Mutes testes justisc (Best, i^), fur mi nad d'orge cure
deus fist

(482),

muguet

i

ot et

par desus Jonchent

violete

novele

(Mér.

4718), en prov. pluvier vieu de pur aire (B., C. 335, 42). Cette tournure s'est maintenue jusque dans le xvi^ siècle, où
Rabelais
gers) leur
dit
est

(uniquement,
que

il

est
le

vrai, avec des

noms
(3,

étranle

contraire plus que

rouseau

à la fougère, que

presle aux, faulcbeurs,

orobanche
l'article

aux

pois chiches

51);

mais de bonne heure déjà

aussi s'emploie

concurreml'on

ment. Déjà dans

le

Bestiaire de Philippe

de

Thaon

en

rencontre quelques
escripture,

cas,

comme

//

singe

par

figure, Si cuni dit

Ceo qu'il vait contrefait (928), en
e

prov. la pantera

a tan dons aie

tan be Jîairan que iot'autra bestia (B., C. 336, dans le Bestiaire toscan-vénitien, l'article est de règle et 15);

il

en
è

est ainsi
il

de nos jours dans toutes

les

langues
est

:

en

ital.

toro

métallo più pre^ioso,

en franc, l'homme
aisé
les

un mam(184)

mifère,

le

plomb

est

un métal
cf.

à fondre, en esp.

el aro es el

métal

màs

pre\ioso;

encore

exemples donnés aux

§

20

190
et

CHAPITRE
le

II

:

LE GROUPE DE MOTS
et le

§ 152.-I54.

21 et

franc, entre la poire

fromage (About,

Rom.

Br.

H. 209). Pour
§

l'explication, v. § i86.
les

153. Outre

diverses espèces

de substantifs,

il

y

a

d'autres catégories de

mots qui peuvent

s'unir à l'article et
se présentent
:

prendre ainsi

la

qualité de substantifs.
la

Ceux qui

tout d'abord et dans

plus forte proportion, sont les adjectifs
;

en
(la

ital.

//

buono

(l'homme bon
il

la

bonne chose),

la

buona

bonne).

A

ce propos,

n'y a presque rien à remarquer

sinon qu'en l'occurrence, dans une mesure qu'il reste encore à

déterminer plus exactement,
sera dit au §

le

roumain, en dépit de ce qui

177, conserve

l'article

même

après les préposi-

tions
il

:

mal

se întoarse în

dreapta,

mal

la stânga

(Basme 255,

2

:

se tourna tantôt à droite, tantôt à gauche).
et

De même

tout

NOM DE NOMBRE CARDINAL
peut recevoir
s'agit
l'article
:

tOUt
i

NOM DE NOMBRE ORDINAL
trois) en

en

ital.

tre (les

tant qu'il

de trois êtres déterminés et déjà

nommés. La

seule parti-

cularité remarquable, c'est que l'article est également employé quand un nombre cité ou non est divisé en deux parties ou bien quand d'un nombre plus grand on soustrait un plus petit
:

en

ital.

perdette délie dodici parti

le

diece

(Nov.

18),

elle

non
3,

sanno

délie sette volte le sei qiiello che si vogliono

(Bocc, Dec.

4) et aussi questo era più che i due ter^i del tufto (Alfieri ap. V.), en a. -franc. // doi nain vienent flajolant Et li troi vienent
tôt

chantant
:

(Durm. 10033), usage conservé encore en
sont morts (Corneille,
trois

franc,

mod.

des trois les deux

côté de cinq ponipes, dont
la fabriqua

appartenaient à la

Hor. 995) à ville et deux à

(About,

Rom.

Br.

H.

50),

ensuite un vaste bâti-

ment brûlait sur
cuatro :(agales
,

les trois

quarts de sa longueur (ibid.), en esp.

los

dos criados y los dos amigos mios
iiiâs

(D.

Q..

i,

23), no haber podido ensenar
de la colonia cspahola
l'article

que à las dos terccras partes

avec

les

encore une

fois

(Coloma, Peq. 217). Au reste, pour de nombre, cf. § 173. Enfin l'on peut rappeler ici que la plupart des langues accom-

noms

pagnent, dans une mesure illimitée,
l'assimilent ainsi
§ 154.
(185)
et

l'infinitif

de

l'article et

aux substantifs

(cf. Il,

§392;

III, §

16).
les

Après avoir ci-dessus déterminé quels sont
de mots qui prennent
l'article,

mots

classes

nous rencontrons

§ 154- 15 5-

l'article avec les groupes de mots
:

191
se

maintenant cette autre question
joint-il

à quels

groupes de mots
la

ou, pour être plus exact, dans quelle mesure

réunion
le

de plusieurs mots en un groupe exige-t-elle

l'emploi ou

non-emploi de

l'article ?

On
Il

peut
et,

ici

distinguer entre combicas, entre
la

naison copulative et attributive
juxtaposition et copulation.

dans ce dernier

y

a lieu

d'examiner

réunion

de substantifs entre eux

et

avec des adjectifs, des

noms de

nombre
employés

et

des

pronoms,
prédicats,

les

substantifs dans l'exclamation,

comme

comme

régimes, après des préposi-

tions et après des adverbes de comparaison.

Indépendamment
particularité
il

de ces groupes généraux,
à mentionner. L'ital.
//

il

y aurait encore mainte

dopa pran^o, conferire con voi
il

da farsi
l'a.-

(V.), Arnoldo
franç.
li

H

sœperse

perché ruppe col padre sua (V.),
le franc,

fors

du sens (Mér. 745),

mod.
et

sans souci du

quen

dira-t-on, l'esp. el adonde voy es la guerra, voilà

quelques
la

exemples

qu'il serait facile

de multiplier

qui montrent
t.

voie qui conduit aux combinaisons examinées au
sqq., p. 627 sqq.

II,

p.

617

§ 155. Avec la combinaison copulative de deux substantifs ou avec leur juxtaposition immédiate, s'ils se confondent dans une seule idée générale, on a coutume de ne pas

employer
terra;
et

l'article.

On
ciel

dit
et

donc en roum.
terre,
ital.

cerîu si tara,
tierra,

en

ital.

cielo e terra, franc,

esp. cielo y

port,

ceo

e

en roum. vara

si iernà,

estate e inverno,
esiio e

franc,
Il

été

hiver, esp. estio

y

invierno, port,

inverno etc.

est

à

remarquer
progrès de
sion
tion
se

qu'ici aussi l'on constate
la

au cours des temps un
traduc-

forme pourvue

d'article; c'est ainsi qu'à l'expresle

ciel et terre

fréquente dans
les

Psautier d'Oxford

la

deux et contentait anciennement de

moderne oppose

la terre,

ou que

la

langue

crienie et

tremblur vindrent sur

mei (P. O. 54, 5), aujourd'hui elle dit la crainte et le tremblement etc. Au surplus, le français moderne, plus que les autres
langues, paraît avoir
ici

renoncé

à l'usage ancien.

Une
la

autre

observation

à faire, c'est
s'agit,

que partout on recourt à

forme

déterminée lorsqu'il

énumération;
stelele sînt

ainsi

dans des cas

non d'une accumulation, mais d'une comme le roum. soarele, luna,
i

trupurî cere^tl (le soleil, la lune, les étoiles sont des
l'ital.

corps célestes),

le chiese,

pala^^i,

le

pia^e publiche,

le

192
(186)

CHAPITRE
.
. .

II

:

LE GROUPE DE MOTS
è

§ 155. I56.

pirainidi

tutto

h

dira che ella

in Ro»ia,

où l'accumulation
tutto.
Il

ne se manifeste qu'après coup au
qu'il
ainsi

moyen

de

est vrai

existe

encore

des

exceptions

d'un autre genre.
et

C'est

qu'on trouve assez souvent, en ancien français

en pro-

vençal

notamment, des combinaisons de
l'article

l'espèce qui
lit
:

ne pré-

sentent
les

qu'avec

le

second mot. Ainsi on
de Cambridge (o
i)

déjà dans

Psautiers d'Oxford et
la

caval

e

le

mnntediir degeta en

mer,

tandis que la traduction lorraine,
le

qui est plus récente, rend plus symétriquement
par
// ait et

cheval

et

chevauchour

geteit dedens la meir.

même texte Au besoin
avec
le

l'on pourrait expliquer la première traduction par « cheval et
le cavalier

qui

le

montait
'

», et

il

en
es lo

est

de

même
même
II

prov. eu
15, i),

soi ver a vi\ e

l

meus paer

coutivadre (Ev. S. Jean

sans qu'on puisse toutefois donner la

interpré-

tation
l'a.

au prov.

e veiis ostals

e

las

maisons (Flam.

1908),

à

-franc, bouce et les iex entrebaisoient
et
li

(Chev.

esp.
II,

12047),

Normant

Breton

tint

h

rei

tant
ici

On

ne peut s'empêcher de voir
possibles.

2130) etc. un compromis entre deux
qui
parle

mené (Rou

tournures également

Celui

commence

comme
mais
il

s'il

voulait unir étroitement deux

ou plusieurs termes,
et recourt à la

abandonne ensuite son idée première
D'autres exemples

forme de l'énumération.
de
l'emploi de l'article uniquement avec
le

second substantif sont fournis par Ebeling, Tobl. Abhandl. 342.
contraire,

Au

que

l'article

puisse figurer devant le premier et

manquer
en tout
él

au second,

c'est ce qui

ne

me

paraît pas vraisemblable

et

cas n'est pas prouvé par les exemples
rey y reina et autr. sembl., v. § 226.

que

cite

Ebeling. Sur l'esp.

§ 15e.

Un

cas spécial d'union copulative
Il

nous

est offert par

unus
vent

et alter

(l'un et l'autre).
est

est à

remarquer que
l'article
:

très sou-

le

second terme seul

pourvu de
19, 2

:

en obw. ne in ne

ne Vanter vuleven (Sûrs. Mârch.
voulait),

ni

l'un ni l'autre

en

ital.

annun^iava

il

viaggio di

uno,

il

matrîmonio
leu ...

delValtro (Serao,
l'autre

Ad.
iina

Am.

6(>),

en

a. -franc, en
et

un

en

(Enéas 1425), vos

l'amei^

a une part

je

a Vautre (Mér.

628), en esp. en

man y

en la otra

(Trueba,H. Cid 26), una

lloraba, la otra parccia consolarla

port,

hum

e

outro corno (Lus. 2,

(Coloma, Pequen. 234), en 72), chamam hums Mafamede

§ 156. 157-

ARTICLE AVEC SUBSTANTIFS EN COPULATION
(3,

I93
il

e OS outras Sanct-Jai^o

113). Mais, en

même

temps

et,

est

vrai,

uniquement en français moderne, l'article se rencontre cf. déjà en a. -franc. // uns h aussi devant les deux termes mostre a Vautre (Enéas 716), ou bien c'est le contraire, notamen esp. aî:^ados uno contro otro (Amadis ment dans l'Ouest
:

(187)

:

35 b), dos senoras sentadas â uno y otro lado de la chiininea (Coloma, Pequeiî. 234), en port, pequenos episodios corroboraraui, em ima e outra, estes senti iiientos (Diniz, Pup. 34). Même

absence

d'article
le

dans

la

copulation

subordonnante,

surtout

donc dans
la

cas

il

y ^ réciprocité. En obw. figure, exac«

tement modelée sur l'allemand
doveits cra

einander

»

(l'un l'autre),

locution in gliauter, donc sans qu'il

y

ait

copulation
:

:

cf.

vus lavar in gliauter eh vos peis (Alig 57
les

vous devez

aussi

vous laver

uns aux autres vos pieds), vus tanejas
in anconter gliauter (453,

char in gliauter Çio^, tenez-vous chers les uns les autres), mais

pourtant on trouve aussi schenan
ils

els els

se disaient les

uns aux autres),
ils

han partgiu
entre

in

cun gliauter

(455, ments), en port, começaromse a catar uns aos outros (Graal 17),
as

mia

vestgiadira

ont partagé

eux mes vêteobservaçào
se

mulheres que

uiiias

as outras fa:(iatn
los

esta

mesma
non

(Diniz, Pup. 66), mais en esp.
asperar (Appoll. 153) et
dit
3
:

unos â

los otros

querien

même

en roumain, malgré ce qui sera
la

au § 177, as luarà^ioa bunà unul de ils prirent congé les uns des autres).

altul

(Basme 275,

§ 157. Les COMBINAISONS ATTRIBUTIVES exigent l'article avec
le

terme déterminé, que

cette détermination soit alors

formée

par une juxtaposition ou par une copulation

avec de ou par

toute une proposition. Donc, pour ne citer que des cas où

autrement
dmnne^eii

l'article tait défaut,

on

dit

en roum. Duniiie^eu mais
l'ile,

cel

bun (§ 158), din

ostrov (de

ostrovul acel, sari în curte (il

se rendit à la

§ 179) mais din cour) mais sârî tn

curtea împàratuluî (il se rendit

à la

cour de l'empereur), în
ce

gràdinà (au jardin) mais în gràdina
avait),

avea (au
il

jardin

qu'il

en

ital. //
le

buono Dio,
le

il

divino amore,

Dio
autr.

dei christiani,

en franc,
a. -franc,

bon Dieu,

grand Molière

et

sembl.,

en

en terre (§ 179) mais en la terre des vivan:( (P.
le

O.
et

26,

19),

quel descendit en barbe, la barbe
III.

Aaron (132, 2)
1}

Meyur-Lubke, Gramiiiaiic

194
autr. sembl.,

CHAPITRE
en esp.

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I57. I58.

el dios

todo-poderoso etc. L'article

annonce
le

donc
Dieu

ici la

présence d'un autre déterminatif,

même

dans

bon

etc.,

tournures qui n'ont dû se former que par analogie

avec des cas

comme

Philippe

le

Bon

etc.

sous l'influence de
il

la

place habituellement occupée par bon.

Ah rigueur,
le

est vrai,

on

pourrait admettre que, dans la combinaison de l'article avec
(188)

bon dieu, l'idée d'unité contenue dans cée par l'adjectif qui
le

nom

propre a été

effa-

quand on dit bon dieu, on a encore devant l'esprit un autre, un mauvais dieu, ce qui provoque ensuite l'adjonction de l'article à dieu employé pour désigner un être dont il existe plusieurs représentants. Mais pareille explication est invraisemblable en soi et, indépendamment
qualifie;

d'autres considérations, elle va à l'encontre des exemples de
substantifs

accompagnés de prépositions que présentent
et le

le

vieux français

roumain. Lorsqu'on entre dans

les détails,

on constate
§ 158.

alors des particularités de toute espèce.

Une

place toute spéciale est

à côté de la

tournure originaire oniul
cel

due au roumain. En effet, biin (l'homme bon), il
d'une manière analogue

emploie tout aussi bien oinul
fata cea

bun

et

mare

(la

grande

fille),

fratiï miel cela jubiti

bien-aimés), ou bien omul àl bun, où al est issu de
talal

ille,

(mes frères ou bien
)>

mieu

cela nevà^utul

(C. B.

II,

32
«

S'il est vrai

qu'on peut traduire par

mon invisible père). mon père, l'invisible
:

cette

dernière expression dans

laquelle

-a

donne

à cela

une

valeur de véritable démonstratif, et l'assimiler aux

phénomènes
les autres

qui seront étudiés au § 252, et
aussi

s'il
il

est vrai

qu'au début

sont de

même

origine,

est

cependant à remarquer

qu'en roumain une combinaison qui servait d'abord à mettre

un terme en évidence
général et
l'air

et

qui remplaçait directement

la

juxtasi

position par une énumération, a fini par prendre

un sens

conséquemment par perdre
une espèce
est celle

tant de sa force qu'elle a

d'être

particulière de juxtaposition.

Une

tour-

nure plus étonnante encore
certains textes anciens et

qu'on rencontre déjà dans
buuul, à propos de

même
:

de nos jours, bien que rare-

ment, dans
laquelle
il

la

langue populaire

omul

cel

£mt observer que, chez
si

Coresi, elle ne se rencontre

guère que

la

forme tonique

cela porte sur l'adjectif, c.-à-d.

§158.

Oniul

ccl

bun
est aussi
«

195

quand l'indépendance des deux mots
sible
le
:

grande que poscelui-là,

ODiiil, acela buiiitl,

en quelque sorte

l'homme,

bon

».

Les

faits

sont encore plus caractéristiques lorsqu'un

substantif est uni à

un possessif, à un nom de nombre ou à un second substantif mis au datif (§ 229 sqq.). En regard de
inieu

fratele

(mon

frère,
tâii

§

166) figure un fraie al

iitieu;

en

regard de fruniosiil

condciïi (ta belle

plume) on trouve
(un ami du père),

aussi

al tau fruinos condein et pareillement au fém. a, au plur. aï aie.

On

a de

même

alors un prieten al tatàluî

cuin-

(189)

natele celé tinere aie acestui donin (les jeunes belles-sœurs

de ce

monsieur); en d'autres termes
le

a/ etc. s'emploie toujours lorsque
l'article

déterminatif n'est

pas

immédiatement précédé de
rîndul al doilea (la
cet al

postposé au déterminé. Mais en toutes circonstances al accom-

pagne
pagina

le

nom
le

de nombre

:

deuxième
il

série),

a doia (la

deuxième page). Dans
lat.
il le,

faut naturelle-

ment

voir

déterminatif

ce qu'attestent
si

notamment
parfum des

des exemples

comme /;//n)j'M/

bra~ilor

al florilor (le

sapins et celui des fleurs), qui sont à rapprocher directement

de ceux qui ont été examinés à
la

la p.

96.

De

plus, les patois de

Moldavie

et

invariable, ce
nyellu a nyen

macédonien ont remplacé al variable par a qu'a même fait le macédonien dans des cas comme
le

(mon

agneau), cânticlu a xenilor (le chant des
le le

étrangers) et autr. sembl., où

valaque n'aurait pas employé
fliit
il

son

al.

Cette particularité et

que ilk n'a
devient
el

pris

que dans
en
croi-

cette fonction la
aï), établissent

forme al (sinon,
ad) avec

ou

s'aflaiblit

que

cet al doit être considéré
el

comme un

sement de a (du
al a

lat.

(du

lat. illu),

mais aussi que

de bonne heure on a méconnu sa véritable origine et qu'alors

également servi dans des combinaisons où a ne se justifie absolument d'aucune façon. Sont intéressants des exemples

comme
loru

voiu sa vâxii sufletele
I,

oamenilor direptiloru

si

a pâcàtosi-

(Gaster

justes et celles
à la p. 96,
siloru

âmes des hommes des méchants). Conformément à ce qui a été dit
2, 24
:

je

veux voir

les

on peut dire
si

sufletele

oamenilor direptiloru

si

pàcàto-

ou

direptjlor

aie

pàcàtosiloru.

La tournure

ci-dessus

coïncide avec la première des deux tournures possibles et ne
s'en distingue

que par Va, qui joue

ici le

même

rôle exactement

que dans

l'a. -franc, la

roche Spin al deable (p. 59). Mais,

comme

196

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 158. I59.

a, surtout lorsqu'il se rapportait à

un mot féminin, était idenil a pu arriver, par suite du croisement entre des tournures différentes, ou bien que a prit aussi la place de al, comme en moldave et en macédonien, ou bien que a combiné avec âl se changeât en al, comme
tique au déterminatif féminin atone,

en valaque.
Le double emploi de
roumain de
ille

l'article

sépare jusqu'à un certain point

le

l'albanais. Cf. B. P.

Hasdeu, Le
420-441
et

type syntactique

homo-

iUe-bouus,
al,

Arch. Glott.
38,

III,

C. B. 11,609 ^ ^^7!

(190)

pour

TiKTiN Wb.
se

E.

Bacmeister.
de Mangiuca,

Rum.

Jb.

54-74; ce
et

dernier,

rangeant à

l'avis

Nadejde

Hasdeu,

admet

l'influence

de

la

prép. a et l'établit par d'anciens exemples.

§

159.

Si

nous passons maintenant aux phénomènes comlangues romanes, nous aurons tout d'abord
la

muns

à toutes les

deux observations à formuler sur

combinaison des noms
à la règle

PROPRES avec un adjectif. Contrairement
l'article fait

générale,

défaut devant samtus, surtout lorsqu'il s'agit des
:

saints

du christianisme
ital.

en obw. Soingt Sigisbert, Sointgia

Gemrueva, en
Sainte

S.

Giovanni, Sa. Maria, franc. Saint Jean,
port.

Marie,

esp.

San Juan, Santa Maria,
cette

Sào Joào,
aussi

Santa Maria.

A

catégorie
la p.

encore
i8i
:

se

rattache

l'exemple déjà mentionné à
prov. santa Gleya,

en

ital.

santa Chiesa,

a. -franc, sainte Église,

mais on ne doit plus
Vergine, franc.

considérer
la sainte et
le

comme nom

propre

l'ital.

la santa

Vierge, esp.

la santa

Virgen,

port,

a santa Virgein,

Vinere.

roumain en toute occurrence dit sfântiil Pavel, Sfànta Un phénomène absolument identique se rencontre
l'a. -franc,
//

ensuite dans

se c estait bêle

Aude, qui tant a

cler le vis

(G. Bourg. 274),
tnorut par bêle Iseut

rois prist

bêle

amer (H. Bord. 6808)

Audain (4012), Tristrans etc., mais on trouve

plus souvent la

se produire, c'est

fréquente

ici

Aude etc. Dans les deux cas, ce qui a dû la forme de l'apostrophe, particulièrement (§ 174), a servi aussi pour renonciation. Une
belle

que

seconde observation à

fiiire, c'est

que, surtout dans
déjà

les

premiers

temps, conformément
à la p.
lui
li

à l'indication

donnée brièvement
le

193, lorsque l'adjectif vient après
l'article
:

nom
bêle

propre, on

prépose
e li

cf.

Anse'is

li

fiers

(Roi.

105), Oliviers
(59), Richars

prui

gentil- (176), clere Espaigne la

§159- l60, ART. AVEC NOMS PROPRES QUALIFIES ET TITRES I97
//

Biaiis,
le

Martin Le Franc;
truant (4, 26),
si
le

Jum
de

la fascheuse

(Rab.

3,

50),

Néron
cf.

pays de Hircanie la sauvage (i, 8);

également
le

fut

uns

sire

Rome

la citet (Alexis

3), en

France

regnet (Roi.
le

dans Charles
les

694), usage qui ne s'est conservé que Chauve, Louis le Débonnaire, Philippe Je Bel et

noms de
:

famille Legrand,

Leroux

etc.
il

Le

même

emploi
nos

s'observe dans les langues-sœurs,
jours
cf.

a persisté jusqu'à

en

ital.

Gcnova

la super ba,

Fene^ia la bel la, en esp.
el

Sevilla la actital (Caballero,

Nov.
en

19), Ferdinando

Catôlico etc.

Cela étant,

si

l'on trouve

même

temps en
la

ital.
il

AJessandro
faut

magno, esp. Alejandro inagno, franc. Charlemagne,

un

latinisme, ce que confirme d'ailleurs

y voir forme magno (I,

p. 23).

§

160.

Les TERMES QUI DESIGNENT DES TITRES, lorsqu'on

leS

(191)

unit à des

noms

propres, se comportent de fiçon diverse.

En

ITALIEN on dit papa Giulio, fra
Rodrigo,
Ltidovico,

Giovanni,

suora

Agaia, don

donna Ottavia, inonna Gigi, madonna Laura, maestro

mais

lo

re Filippo (Serc.

Filippo, nella mente del re Filippo (357),

357, 361), a governo del re h re don Alfonso (361)
la venuta di re Filippo

à côté de tornamo a re Filippo (362),

(362); on rement rè

dit aussi

de nos jours
l'

il rè

Umberto

et plus ordinaiil

Umberto,

imperatore Francesco
les titres

Giuseppe,

conte

Nigra

etc.

Ce

sont donc surtout

ecclésiastiques qui
il

ne tolèrent

devant eux

aucun

article,

et

faut

peut-être

admettre que cette situation exceptionnelle s'explique moins
par
leur

fréquent emploi

dans l'apostrophe que par
le latin.

la

puis-

sante influence exercée sur eux par
suivi avec don, donna.

Autre

est

l'usage

Le premier
l'ancien
la

a

perdu aujourd'hui son

indépendance,

et

même
dame

italien

ne s'en
donna,
il

sert

que

rarement. Mais, outre
Va.-ïvîinç.dan Alexis,
l'esp.

forme

ital.

don,

y

a aussi

Beatris, le prov. en Alfos, na Biairis,
le

don Alonso, doua Ximena,
titre

port, dont

Alfonso, donna

Maria, lesquels présentent ce
atteste qu'il s'appuie
il

sous une forme abrégée qui
le

entièrement sur

nom

propre

en découle que, déjà en
constitution de

latin vulgaire, peut-être

(I, p. 557); encore avant

la

l'article,

domnu, doinna joint au
particule à peu près

nom
et

propre

était

tombé au rang d'une

dépourvue de
qui dès

signification, n'exprimant plus

qu'une certaine politesse

198
lors

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 160. 161.

ne possédait naturellement plus

la faculté d'attirer l'article à

soi. Si l'on a hésité

pour

rè, la

cause en est peut-être qu'il n'y
rè^

a

qu'uN SEUL

roi

en

Italie, ce

qui a pu aisément faire passer
propre, dans
la classe

surtout lorsqu'il était joint à

un nom

des
le

mots désignant un
FRANÇAIS,
la

être

unique.


les

En

ce

qui concerne

règle est d'omettre

l'article

non seulement dans
unis au possessif;

l'apostrophe, mais encore avec messire,

monsieur, monseigneur,

madame, mademoiselle, donc avec
et

titres

même

ils

sont tellement indépendants qu'ils ne suppriment
l'article

pas l'emploi de

avec

les appellatifs.

Ensuite

il

faut encore

citer maître, puis les titres étrangers

dom, mylord

etc.

De même

dame,
jettent

sire, frère,

sœur, anciennement
l'article,

comme

aujourd'hui, re-

presque toujours

bien que Voltaire n'ait pas
cette réserve près,
//

craint de dire le frère Hardouin (i8, 428). A l'ariicle est de règle dans tous les temps
(192)

:

emperere Caries
etc.
;

(Roi. 16),

le roi

Louis-Philippe,

le

pape Léon X77/

toutefois,

pour

roi,

duc, cuens, pape, prestre etc., la vieille langue

montre

une grande indécision. L'usage est absolument identique dans les langues de l'Ouest; on dit donc en esp. el emperador Aiejandro,
el

sehor Cuervo, la sehora condesa,

mais Don Juan Tenorio,
el

fray Gerundio etc.; cependant l'a. -esp. dit aussi seùor San Vicent (Berceo, Sil. 271).

cuerpo de

un autre cas spécial où le roman, en opposition notamment avec l'allemand, préfère employer l'article devant un groupe composé d'un adjectif et d'un substantif;
§ léi.
Il

est

c'est le cas

où ce groupe désigne des qualités intellectuelles ou la manière d'être des parties du corps, plus rarement ainsi des parties constitutives de choses matérielles il avait avea càpâstrul aurit (Basme 76, 32 p. ex. en roum. un licou d'or), pasàrede aur eu ciocul de diamant (114, i un
: :
:

oiseau d'or avec une crête de diamant), en
biondi, venue con la testa al ta,

ital.

avère

i

capelli

en franc, avoir
e

les
e

cheveux noirs,
las haurelhas

en prov. an
agudas
e

los pes
e

hen format:^

an

lo

cap breu

Vesquina

la coha covinent (S.,
los

D. 357, 14), en

esp.

tener los cabellos negros, recibir con

bra:^os abiertos,

en port.

haver os cabellos negros etc. L'adjectif est originairement prédicatif,

comme

le

prouve

à

toute évidence

le

fait

qu'il

n'est

§ lél. 162.

ARTICLE AVEC ADJECTIF ET SUBSTANTIF
entre
l'article

I99
il

jamais

placé

et
le

le

substantif;
:

mais
ital.

peut
ahcte

bien aussi précéder l'article ou
che ait a

verbe

cf.

en

un
lo

avea la cima (Arioste, Roi. 4, 14), en prov.
el juicio,

cap

ie

tremblant (Boèce 116), en esp. ténia deUcado
sereno

en port.
surtout
beJhxour

tempo tens (Lus.

2, 61),

Mais, en

même

temps, on

trouve aussi une tournure correspondante sans

article,

dans

les

premiers temps

:

en

a. -franc, hele aiiret cors,
e fieres

anima (Eul.
flurii
e

2), cors uni gaillar:;^

cuntenances, Les chiefs
lur brunies dublaines

les barbes unt blanches, osbercs

vestu::^ e

(Roi. 3086), où l'on voit que
côte à côte, en prov. corps ac bo
cuerpo fermoso (Berceo, Sil.

les
e

deux constructions figurent
pro (Boèce 98), en esp. avie
ital.

128), encore aujourd'hui en

L'Anna a
spa-;josa,
e
i

rigore non è bella

ma

aggra:{iata

e

piacente, ha bella

persona, aria genfile,

un incarnato pieno
grandi

di fresche-^^a, la fronte

capclli neri, le ciglia
il

e bene inarcate, occhi vivi
il

parlanti,

naso piuttosto aquilim, solo

labbro infcriore troppo

sporgente (V.), en franc, avoir bonne mémoire.

Comme

cette derla

nière

tournure

appartient

plutôt

à
3'

l'ancien

temps qu'à

(193)

période moderne, on peut fort bien

voir

un dernier

vestige

de l'époque où duction de

il

n'y avait absolument pas d'article; l'intro-

l'article serait
la

due

à

une limitation de
être

l'idée occa-

sionnée

par

détermination

prédicative qui suit.

Lorsque

nous voulons caractériser dans un
propriété qui
la

une de

ses parties par la

distingue, cette partie nous apparaît

non

plus

comme
s'agit

générale, mais
l'être
:

comme

spéciale,

ne se rencontrant en
la

rapport avec

en question que dans

propriété
fin

qu'il

d'énoncer

ha capelli neri
a,

pourrait en

de compte
»,

signifier aussi «

il

tient,

possède quelques cheveux noirs

tandis que ha

i

capelli neri signifie « les
il

cheveux (c.-à-d. ceux

que

je lui vois),

les a noirs ».

§ 162. Enfin
est
celle

une combinaisom particulièrement intéressante
avec
le
cel

de l'article
:

comparatif

ou avec son
le

REPRÉSENTANT
7noasà,
ital.
//

en roum, omul

mai bun, fata cea mai frumejor hoinbre, la

miglior uomo, la piii bella fanciulla, franc,
el

meilleur homme, la plus belle fille , esp.

mâs
ils

hermosa rapa::a, port.

mclhor honicm, a nias frcmosa nienina,
ce

exemples

remarquables en

que par leur signification

équivalent au superlatif allemand et latin.

A

la

même

classe

200

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
le port, i defeito
la

§ l62.

appartient naturellement aussi

da inuita gente

(Diniz, Pup. 134

:

c'est

un défaut de
si

plupart des gens),

A

la

longue,

l'article

devient alors, dans cette combinaison, surtout
essentiel

en français, un élément
jectif

uni à

du groupe formé par l'adl'adverbe de comparaison qu'on l'y adjoint même
le

lorsque l'adjectif vient après
à côté

substantif déjà
dit

muni de

l'article
cf.

:

de r homme plus fort on
li

r homme

Je

plus fort;

en

a.-

franç. déjà
est

mens H plus
il

cortois

encore rare,

est vrai, tandis

(Mér. 3454), où cette tournure que d'ailleurs l'ancienne forme
:

se trouve encore chez Corneille
:

les

forces plus pressantes

(Hor.

mes efforts plus puissants (Et. 1889) etc.; de 173 1), Molière même en ital. Viiomo il più forte et un motivo il più ridiculo, en
esp. un valle
el cl

màs
on

secreto et
el

de

même
futrte,

en portugais, bien qu'on

n'y dise pas

homhre

màs

mais bien

el

hombre mâs

fuerte; ensuite

a naturellement l'article (§ 164) lorsqu'il

ya

apposition

:

en

ital.

Londra, la più grande

città

deW Europa,
s'en rattache
les

franc. Londres, la plus grande ville de V Europe, esp. Londres, la
(194)

alors

màs populosa ciudad de Europa. A ces phénomènes un autre que l'italien seul possède et que
il

exemples
si

suivants feront connaître tout d'abord. Ariostedit non
scegliere

potrebbe

più avaro (Cass.

i,

3

:

on ne pourrait pas choisir

un plus avare), puis vedesti mai il più chiaro vino (3, 4), vedeste voi mai il più audace ladro di costui (4, 5), // più bel caso di questo non accadde mai (Supp. 5, 7), la più ribalda cosa non si vidde mai (Lasca 193, 21) etc. Le degré de comparaison le plus élevé possible est donc exprimé par une affirmation de
non-existence
et

cela,

à

l'opposé

de

l'usage

ordinairement
l'espèce

suivi (§ 198), en faisant porter l'affirmation
entière, mais sur un seul individu qui en
est présenté

non sur

est

détaché et qui
plus élevé la

comme

celui qui possède à
la

un degré

propriété qui distingue
les cas

classe entière.

En

ce qui concerne

qui sont

communs

à toutes les langues

romanes,
les

il

va

de soi qu'on ne peut pas avoir recours, pour

expliquer, à

une

signification spéciale de l'article, ce qui ressort déjà, indé-

pendamment
meilleur

d'autres considérations,

du

fait

que

le franc,

mon
la

ami correspond
à

aussi en latin à optimus amicus meus,

en allemand

mein

besler

Freund. Voici quelle est plutôt

vraie explication.

Lorsqu'on veut indiquer qu'un

être possède

§ l62.

163.
à

ARTICLE AVEC LE COMPARATIF

201

une propriété
d'abord par
le

un degré plus élevé qu'un

autre,

on l'exprime
compa-

plus (magis) placé devant l'adjectif qualificatif

(plus beau); ensuite, première alternative, le terme de

raison qui possède donc seulement dans la proportion habituelle la propriété en question, est introduit sous

une des formes

qui seront étudiées au § 277 (celle jeune fille est plus belle que sa sœur); ou bien, on peut renoncer à cette comparaison directe
et foire ressortir

simplement
l'article,

l'être

qu'on veut mettre en

relief

par l'emploi
(c'est

de

qui a

la

propriété d'individualiser
ici

la

pins

belle fille).

Les langues romanes disposent

de qui

moyens beaucoup
doivent selon
rentes.
la

plus simples que l'allemand

ou

le latin,

tournure recourir à deux formes dérivées
rares cas

diffé-

Dans
et

les

le

comparatif allemand, par un
est

emploi évidemment non-primitif,

dépourvu

de second
le

terme
latif

peut être uni

à

l'article,
:

il

se

confond avec
mieux

super-

apparent du français
«

ainsi à l'allem. « das Bessere ist der
le

Feind des Guten
bien;

correspond en franc,

est

l

ennemi du
la

cependant

il s'agit ici

d'une particularité, non de

tour-

nure romane, mais de

la

tournure allemande.
(i95)

NOMBRE CARDINAUX en combinaisou avec des substantifs dédaignent en général l'article, à moins en franc, trois qu'ils n'indiquent quelque chose de connu
§

163.

Les NOMS DE

:

amis, mais
les
le

les

trois

amis. Fait à noter, l'article apparaît avec
:

nombres
franc.
//

fractionnaires
pleure
a,
les

cf.

les

exemples donnés

p.

190

et

trois

quarts du jour (Rab. 4, 29). Mais
les

ensuite on

surtout dans

indications d'âge, en
ai quattordici
los ca force

ital.

non

passano

i

quaranf aniii di

vita,

anni (à quatorze

ans), en esp. antes de complir yo
cidade

anos, en port, a felie

de

se

achar capitào de fragata

aos trinta

dois

annos
:

(Gomez
rho

de

Amorim, Am.

Patr. 46); l'italien dit aussi d'ailleurs

detto le mille volte et

par analogie

le

tante volte.
l'article

Les noms
la

de nombre cardinaux

accompagnés de

adoptent

signification des ordinaux; c'est ce que nous avons montré à la p. 66 déjà par différents exemples; pour le roumain, voy.

encore

p. 195.

Les ordinaux sont

traités

comme
Il

des adjectifs;

on

doit cependant,
il

pour

les

premiers

temps, constater une
suffira

exception, dont

sera question au § 173.

de men-

202
tionner
Loois
li

CHAPITRE
ici

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 163. 164.

qu'en vieux français l'on

disait Philippes

H

tieix,

huitismes etc. et qu'encore aujourd'hui l'espagnol dit
el

Alfonso

onceno, le

roumain Hernie alpatruka. Or,
l'ital.

si

l'on ren-

contre en

même

temps

Leone decimo

tei\o,

franc,

mod.
si

François premier, Louis dix-huit, esp. Alfonso onceno, et

l'on

y
le

rattache

en outre

l'ital.

capiîolo
l'ital.

ter::^o,

libro

quarto,

franc.

chapitre deuxième etc. à côté de

//

quarto Federigo, franc.

deuxième chapitre, on n'hésitera pas à voir dans l'omission de

l'article

une influence de

la

notation graphique

:

Leone XIII°,

chapitre

IF

etc.

§ 164,
tir

Au

sujet de I'apposition, dont

nous avons
il

fait

ressor-

à la p.

léi l'étroite parenté avec l'attribut,

y

a

peu de

chose à dire.

Comme

l'expression appositive a tout d'abord

un
:

caractère général, elle ne

tolère naturellement pas l'article
«

I

en
de

ital.

Paolo Veronese signifie originairement, non
»,

Paul,
il

le

Véronais

mais

«

Paul, un Véronais

».

Mais, quand

s'agit

faire ressortir aussi le

terme apposé

comme une

chose déterfait

minée, individuelle,
Casimir)

l'article apparaît.

En roumain, on
I,

une
:

distinction rigoureuse entre ca^imir craiu (Gaster
(196)
roi

71, 7
:

le

C, le 34; 70, 2 roi polonais) ou Mâtiïas, cralul unguresc (ji, 8), entre Jrod
et ca^imir, crahil lescsc (I, 69,

impàratu

(Math.

2,

i) et

Sultan Mehmet, impàratul iurcesc

(Gaster

I,

71, 3). Voici des exemples tirés des autres langues,
il

auxquels on pourrait ajouter RaffaeUo

divino etc. (p. 196)

:

en

ital.

Padoi'a, la grande città,

la

povera donna Violante,

la

prima
délia

nioglie del barone

prima moglie
71

del

(Verga, Nov. 174), Gracia, la cameriera barone (164), en a. -franc. Fenice, la feme
Bethléem, la

d'Alis,

ot

onques ausi grant beauté (Mér. 266),

mirable
fils
le

cité

roi

(Cour. Louis 723), cil chevaliers par voir fu Gaus, li de Norval (Chev. II esp. 10842), Damoisele Amice

l'amie Le damoisel de la Gauloie

(Mér. 940), en franc, mod. la mort de Patrocle, l'ami d'Achille, fit oublier au héros son long

ressentiment (Lûck.), Thésée se fit reconnaître de son père, malgré

Médée, la puissante magicienne, à côté de Jason gagna Taffection
de la fille du roi, Médée, puissante magicienne (Lûck.), en esp.

Valcncia,

la

capital del reino asi llamado,
el

surtout dans l'apo-

strophe

:

Martin Antolinei,

mi

fiel

vassalo (Cid 204), pesante

de vos, el condc, Porquc asi os quieren

matar (Rom.

cast. II, 71,

§ 164. 165.

ARTICLE AVEC LE TERME APPOSE

203

225), puis aussi dans des cas où le sujet se trouve uniquement contenu dans le verbe, au lieu d'être exprimé par un mot spécial
:

venidcs, los vasallos de
la

qu'on trouve aussi dans
avide Claros,

mio amigo naiural (Cid 1479), usage Conde Claros, poésie des romances
:

El
II,

senor de Montalvan,

Como
el

habeis hcrmoso cuerpo

(Rom.
I,

cast.

71, 53), ven acà

ti'i,

cnxador (109) etc., en

port. Albaninha, Alhaninha,

A filha

do conde Alvar

(Rom.

port.

204).
§

165.

les

mots étudiés
il

En combinaison, fotus se comporte autrement que jusqu'ici. En effet, comme on l'a déjà indiqué
se tient à l'écart de l'article, c.-à-d.

à la p. 174,

rière le substantif déterminé, ce qui est le cas le plus rare,

ou bien derou
de
l'article.

bien au contraire devant

le
il le

nom muni ou dépourvu
homo ou
illc

On

dit

donc

soit

tôt us

homo

tôt us,

soit

totus

La raison qui lui fait attribuer cette place particulière sera donnée au Chap. 6 ici il y a une autre question à résoudre, celle de savoir quand on dit totus illc homo et quand totus homo. Tout d'abord on peut dire par anticipation que le ROUMAIN et le PORTUGAIS ne connaissent que la première tourtout cf. en roum. totu omulu (Cod. Vor, nure 113, 13
homo ou homo
totus.
;
: :

homme), même

après les prépositions, malgré ce qui sera dit
:

au § 179 :fârà de totu râspunsulu (12, 4 sans aucun contredit) homem (tout homme). et de même aujourd'hui, en port, todo
Il

(197)

une influence illyrico-albanaise, car l'albanais aussi s'exprime d'une manière tout analogue; quant au portugais, on peut se demander si la
est

possible qu'en

roumain on

ait

affaire à

minime
toda casa

différence phonétique qu'il y a entre toda a casa et

ou bien entre

todo

povo et todo povo, différence surtout
les voyelles finales
affaibli
la

peu sensible à l'époque où
cette distinction

avaient encore

une résonnance plus pleine, n'a pas
grammaticale.

conscience de

Du

reste

en vieux portugais on

trouve au moins des vestiges de l'usage

langues romanes

:

cf.

armado de

todas

commun aux autres armas (Graal 58), a
358). Mais, pour
:

todas partes (74), per todas partes (Aleixo 3, 8), insinava a filha

a

leer

e

a toda ssabedoyra

(Rom. XI,
la

les

autres langues,

on peut formuler

règle suivante

l'article

s'emploie et s'omet

comme

ailleurs, sans

qu'on tienne compte
la faire

de

totus,

dont

la

place, telle

que nous venons de

con-

204
naître,

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 165. 166.
le

ne peut exercer absolument aucune influence sur
l'ital.

choix de l'une ou de l'autre tournure. Cela étant,
la
città

tutta
tutti

signifie
« les

donc
que
»

«

la

ville

dans son

intégrité »,
»
,

gli

uomini

hommes
et

dans leur

totalité
«

«

tous les

hommes
au

», tandis
:

tutia città

veut dire
«

tout ce qui répond

concept

ville

de

toute ville ».
abstraits,

Une
les
cf.

autre

conséquence,

c'est

que

les

noms
totus

dans
:

premiers
p.

temps surtout,
l'a.-esp. de

s'adjoignent

sans

article
:

ex,

toda voluntat (Berceo, Sil.

lo

de tout cœur), en

buscarti

muer te mala metien

toda femcncia (Mil. 378), decitnos de

la cosa toda certenedat

(444), de

même

que

les collectifs

:

en

ital.

tutta brigafa (Serc. 296), tiitta cristianità (Fiorav. 370).

Mais

avec d'autres espèces de mots aussi l'on peut observer que, dans
les

premiers

temps, l'emploi
la

de

l'article

était

encore plus

restreint,

que
en

différence de sens qui vient d'être indiquée
città

entre tutta la città et tutta

ne

s'est

développée que par
parti

degrés

:

cï.

ital.

la gicnic vcnia di

tiitte

(Nov. 36),
i,

essendo la città di Firen:(c infclice in tutte cose (Vill. 8, 7), tutte

parte (Ug., Virg. 133), domani per tutto di (Band. Lucch.

34)

etc.,
/()-

en

a. -franc.

to:(

jor^^

(devenu

toujours

=

tous

les

jours),

icns, iotcs voies, de totes

par^, usage fréquent avec les

substantifs qui
plëust

sont au

pluriel, et

même
cf.

sor

to^^

chevaliers
siècle

H
on

Uns suens amis (Mér. 5136); encore au xvi^

trouve de

nombreux exemples
prient Dieu

:

ainsi sont

toutes

femmes

femmes (Rab.

3, 32), tous vrais christians, de tous estât s, en tous

lieux, en tous temps
(198)

(i, 40); toute nuit se trouve

chez Corneille

et

MoUère; signalons

aussi

comme

encore usités
faire

aujourd'hui en tous endroits, en tous lieux, sans

aucuneet autr.

ment

état

de formules consacrées
il

comme
aussi
la

toujours

sembl., auxquelles

faut

ajouter

Toussaint.

observation particulière est due encore à totus avec un

Une nom de

NOMBRE. Tandis que l'itaHen recourt

h la

copulation, on dit en

roum.

iustret,

tuspatru,

en
1res le

a. -franc,

et

encore
ital.

aujourd'hui

tous deux, en esp. todos

et

même

en

parfois tutti tre;

notons seulement que
dant cette tournure
§ 166.

français
les

moderne, évidemment par
les trois,

analogie, a aussi créé tous

deux, tous
prévalu.

sans que cepen-

ait seule

Parmi

les

groupes formés d'un pronom

et

d'un nom,

§ l66.
il

167,

l'article AVliC LES POSSESSIFS
les

205
pos-

n'y a lieu de s'arrêter qu'aux combinaisons avec

sessifs et le
le

pronom

d'identité.

En

ce qui regarde les premiers,
ta

ROUMAIN présente
l'article,
:

prictiiml mien, casa
il

etc., c.-à-d.

qu'il

emploie
parenté

mais

peut l'omettre
iâii

avec

les

noms de

fraie mien, lalà
très
le

etc.

En rhétique on trouve un
et

état de choses

remarquable. Andeer

Oberhalbstein et

puis d'autre part
l'article;

Frioul font encore aujourd'hui usage de
tyroliens,

les dialectes
le

l'Engadine et
les

la

vallée antélittéraires

rieure

du Rhin ne
écrit

connaissent pas;

monuments

sont hésitants; Luci Gabriel (1648)

l'évite,

mais Balzar Alig
à côté de

(1677)

dans son Passional

:

si^l

min temps (23)

cun mees jnvenals (23), dns da

sees

juvenaJs (17),

sees

juvenals

(26), lavar mees peis (45, 47), bncca
els

ma

els

mes

peis, sonder era

matins (49), scha jau hai lavau vos peis, scha doveits era vus lavar in gliauter els vos peisÇ'^j'), det als sees juvenals (69) etc.;
la

l'auteur de

Cuorta Memoria

dit

une

fois tntta la sia vetta

une autre fois faitg ord Inr pfarrer il liir predican (220, 2); néanmoins ce sont là chez lui des exceptions. Mais Bonifaci, qui est du Domleschg, montre une prédilection mar(207),

quée pour
Giuventiitna

l'article

:

cf.

els

Inr infaunts (Catéch. 48), la nossa
nossa
christianevla
religinn (75),

(35, 67),

délia

vid
noss

ils teas

mauns (120)
puis
igl

etc. à côté
tettla

de

tier

sen land

(Si^eintin
ten

liiignagh (67),
terlaschar

igl

castigament da
délia
tia

Bahb

et

bichia

commendamaint

mamnia (115).
l'italien,

L'hésitation reparaît chez Bifrun, de sorte qu'on pourrait songer

avec quelque certitude à une influence exercée par

mais qui ne se
Cf.

serait pas fait sentir jusqu'au bout.
Riitor.

Th. Gaktner,

Gramm.

§ 118.

§ 167.

Pour

l'itaHen, la

grammaire

prescrit avec les
et

noms

de

(199)

parenté l'omission de
riel;

l'article

au singulier
il

son emploi au plu-

avec tous les autres substantifs
niio
il

se

met aux deux nombres:
/

donc

padre, tua madré, sno

;^/o,

mais

niiei fratelli, i tuoi

genitori,

sno cavallo, la nosfra casa etc.

La différence entre

niio

fralello et la

mia casa peut s'expliquer par l'influence de l'apo-

stroplie, qui

permet en
et,

effet

de dire aussi Sna Eccel!en~a, Vostra
/

Maestà

etc.;

pour

justifier

miei fiafelli,

qu'au pluriel l'emploi de l'apostrophe est

on peut alléguer beaucoup plus rare, ce

20é

CHAPITRE
ici

II

:

LE GROUPE DE MOTS
la

§167.

qui rendrait compte

du maintien de

forme énonciative. La

chose est possible; néanmoins cette prescription conserve un
certain caractère d'arbitraire, et en fait l'ancienne langue pré-

sente

notamment
(Serao, Ad.

toute espèce d'exceptions; et

même

aujour-

d'hui l'on dit scrivere qualche Jettera a sue lontane parenti, a sue
aiiiiche

Am.
italien

i66), ho aviite sue

notÏT^ie (j'ai

eu de ses

nouvelles), où l'auteur a voulu faire ressortir l'idée d'indétermination.
l'on

En ancien
lit

il

est difficile
lo

de trouver une règle. Si
tiio

y

lo

tno padre

figliuolo

(16),

ces

(Nov. 17), exemples peuvent

tuo figliuoh (27), alla
être
la

preuve que

la

ciation.

forme de l'apostrophe n'a pas encore éliminé celle de renonMais d'autre part, si l'on y trouve en même temps andb

da mia parte (5; cf. encore aujourd'hui da suo isfor^o (3 1) d'un côté, et de l'autre innella tua parte inia), gioventudine (65), la loro grande poten:^a (46), on pourrait en
in suo viaggio (23),

conclure que

le

possessif n'exerce
l'article,

absolument aucune influence
il

sur l'adoption de
les

qu'au contraire

apparaît

ici

dans

mêmes

conditions qu'ailleurs. Cependant on rencontre de
nie soviene di

plus mia liniosina (28), a

mia

gente, di

mio paese

e sue came(33), non rho di mio patrimonio (19), la contessa A. prender albergo riere (38), che siu)e case non fossero disfatte (39),

a sua niagionc (35), lo imperadore e siioi cavaJieri (37) et beaucoup d'autres exemples, qui semblent prouver qu'à l'origine
le possessif excluait

l'emploi de

l'article,

mais que celui-ci

s'in-

troduisit graduellement, ce qui peut-être arriva surtout lorsque cf. loro camere (39) à le pronom était postposé au substantif
:

côté de

le

camere loro (40), Vamistà nostra (46), suo

tesoro

(31),

loro tesoro

(32) mais

(55) mais alli encore bien du temps avant que l'emploi de
général
(200)
I,
:

(31), a finire miei giorni sudditi miei (éo) etc. Mais ensuite il s'écoule
lo

tesoro vostro

l'article

ne devienne

cf.

uhhidiva loro corne a suoi liberatori (Mach., Disc,

2),

que

l'on pourrait à la rigueur,
«

en recourant au

§ 196,

interpréter par

comme
(ibid.),

à

des gens qui étaient ses libéraè

teurs », quella è più discosto che con suoi ordini
dcl dritto

al tutto fuori

cammino

ordini est alors parfaitement déteret

miné

:

«

les lois qu'elle a »,

Leopardi encore
contraire,
il

dit

/

sussidi

che erano in

mio potere (149).

Au

est vrai, di s tut

mano (Lasca

17, de sa propre main), pcr suo passcilenipo (11),

§ 167. i68.

l'article avec les possessifs

207

per sua sciisa (54) peuvent s'expliquer à leur tour par di inano, per passatcmpo etc. Cette lutte entre deux principes, à savoir

de n'accorder au pronom aucune influence sur
l'unir toujours à celui-ci,

l'article

ou de
le

semble donc continuer durant tout

développement de
elle n'est pas

la littérature italienne, et

même

aujourd'hui

encore entièrement terminée. Toutefois des com-

binaisons telles que
être

m

cor suo, per

amor mio,

in casa sua

peuvent

considérées

comme

des locutions plus ou moins consa-

crées, et cette explication s'applique

également
:

à plusieurs des

autres combinaisons d'où l'article est absent

la

preuve en

est

dans l'opposition entre suo padre
Picc.

et

//

suo papa (Fogazzaro,

Mondo

265,

272)
le

et

dans
seul

ce
:

fait

qu'avec les

noms
et

propres on n'a pas
niia Luisa.
c'est

pronom
:

la

mia Luisa (72)

non


le

l'ancien usage se maintient encore le mieux,
egli ê

avec

prédicat

mio amico et dans l'apposition
les patois,
:

:

Agnese, loro vecchia
est

aiiiica.

Dans

l'emploi de l'article

souvent poussé encore plus loin
à côté

cf.

l'abruzz. vojj a la kasa
les

me
le

du

tosc. vo a casa

mia; seuls

noms de
//

parenté

repoussent,
:

même

dans des cas où

la

langue écrite peut
tuo nonno. Cf.

l'employer

cf.

l'abruzz. sorete à côté

du

tosc.

encore § 177.
§

168. Tandis que le français
le

moderne exclut entièrement
employée substantivement,
le

l'emploi de l'article avec

possessif atone et ne l'adjoint à la
est

forme accentuée que lorsqu'elle
tandis
ni
le

donc

qu'il dit

seulement mon ami, mais pas

mon ami
que
l'ar:

mien ami, l'ancienne langue offre un état de choses essen-

tiellement différent.
ticle
cf.
//

En

accompagne

les

effet, la règle générale y formes accentuées, mais non
//

est
les

atones

miens cors (Alex. 89),
la vostre grant

tuens parente:(^(S^), del tuen con-

seil

(73),

merci (Chev.

Lyon 1980), au mien

cuidier (87),

au mieu
la

durant toute

(1290), la soe merci (6336) et ainsi période du vieux français jusqu'au xvi^ siècle,
escianl

l'on en rencontre encore des

exemples chez Rabelais, Mon-

taigne, les poètes de la Pléiade, etc. Si l'on trouve en

même
(201)

temps

soe

merci (Chev.

évidemment
cbiers,

123), mien escient (4903), ce sont d'anciennes locutions, qui doivent être expliquées
si

Lyon

par ce qui sera dit au § 172. Et

l'on a de vostre enor, biaiis sire

Ne fu

onques nus chevaliers

Ne

de la vostre corloisie, Lar-

208

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ l68. 169.

gesce estait la vostrc aDiic

Et

hardcinan:;^ vostre conpain:^

(1293),
toute
la

cette

singularité

s'explique aisément

par l'absence de
vostre,

différence,

au

singulier

du pronom wstre,

entre

forme accentuée
les

et l'atone.
:

Même

usage en provençal avec

ciel meii amie (Appel, C. 47, 36), // deu (6, 74), la toa arma (B., C. 11, 3), la soa ora (8, 5), del seu bel cors (Appel, C. 23, 27) etc., tandis qu'au pluriel

formes du singulier

teu

l'article est

absent

:

cf.

tiiit

a plorar repairan mei talant (Boèce

80), siei olh (Appel, C. 4, 243), ce qui doit provenir de ce qu'au pluriel on ne distingue pas entre pronom atone et

pronom
§

tonique.

169.

En ESPAGNOL,
:

voici la

règle qui prévaut depuis le
le

XVI'' siècle

quand

le

possessif précède
il

substantif,

il

exclut
:

l'emploi de l'article;
casa,

l'exige
Il

quand
était

il

suit le substantif

/;//

mais

la

casa mia.

en

autrement dans Tancienne
dis-

langue, où l'on

employait côte à côte et sans aucune
:

tinction la mi casa et mi casa

cf.

de los sos ojos tan fucrtemientrc

Uorandû (Cid
ganadcs

i), de las sus hocas (19), en el niiestro

mal

vos non

(47), vcalo el criador con todos los sos santos (94) etc. à côté de esto nie an hnelto niyos enemigos malos (9), mas el criador vos vala con todas sus vertudes santas (48), dejan

nada

so aver en salvo

(133)

et

de

même
que

chez Berceo et encore aux
l'hésitation a cessé

xiv^ et xv'' siècles. S'il est vrai

en espa-

gnol, au moins dans les derniers siècles, en revanche en portugais
il

règne

même

encore aujourd'hui une
et les

grande

liberté.

Avec

les
la

termes de parenté

noms
l'a

propres, comm.e en

italien,

forme de l'apostrophe

généralement emporté;

cependant on rencontre chez des auteurs modernes por a sua
irmà (Diniz, Pup. 243) et autr. sembl. Pour l'ancienne langue, cf. a sua molher (Aleixo i, 9), nos teiis attos (4, 27), os feus
servos (6, 23), eni

a minha consolaçào (8, 5),

na sua mào (6, 26), no meu coraçào (7, 25), door da minha aima (8, 18), a sua
fl!

sposa (8, 18), os meus olbos (8, 21), da sua vida (5, 19) etc. à

côté de minha aima (7, 19), ensignar sua sposa (2, 14),
casa (4, 25), de
(202)

em

tua

casa (8,

13), da minha

minha casa (5, 4), em sua casa (5, 6), en minha morte (Graal 89) à côté de depos sua
etc.

morte

(Rom. XI, 357)

§ lyO. 171.
§ 170.

EMPLOI ET OMISSIÛX DE l'aRTICLE
ipsc

2O9

Les REPRÉSENTANTS de
:

tolèrent ou
il

même
padre

exigent
stesso et

l'adjonction de l'article

en

ital. la stessa cosa,

pareillement en franc, la

nwm
le

chose, le père lui-même,

esp. la

cf.

misma cosa, el mismo pour la place des mots

padre, port, a

mesma

causa, o

mesnw pay;
en

Chap.

6. Il est

d'autant plus remar:

quable qu'en iMoyen français

l'article

puisse être omis

même doute (Rab. 3, 23) et encore avec vous en amour je cours même fortune (Molière, Dép. am. 69), tout autre neût pas jait même chose en ma place (1205) etc., omission qui ne s'est conservée que dans un autre sens, lorsque mêuw ne se rapporte pas à un objet déjà nommé des plantes de même espèce, ils sont de même couleur etc.
même
nef (Garnier, Corn. S}')), par
:

L'omission de

l'article

rappelle

en

quelque façon

les

phéno-

mènes

étudiés au § 195, auxquels celui-ci doit sans doute être

aussi rattaché.

§ 171.

A

l'inverse,

QUELauES adjectifs et noms de nombre
il

REPOUSSENT l'article. Parmi eux

faut d'abord citer dictas.

Tandis que
l'article
:

les

plus anciens textes italiens offrent toujours

//

detti

amhasciadori

(Nov. 14),

la

detta

brigata
siècle

(Sacch.

119)

à

côté de

detto vescovo,

à partir du xv^
:

l'omission de l'article est l'usage ordinaire
Disc.
I,

detta città

(Mach.,
//

13), detta guardia (i, 5), dette controversic (i, 6),

priore di detta chiesa (Lasca 64), in detta casa (183,

5) etc.;

Cellini connaît les

deux emplois
in

:

ditte fabbriche

(3), detta soma
ditto

(30),

in

detta casa (33),
//

detto

scudo (12), a
//

specchio

(10) à côté de
detta

ditto capitano (3),

ditto

Cristofano (5), la

sua donna (7), avevano a fare del ditto capitano (3), del detto vescovo (35), et de nos jours la langue en est revenue à
l'usage le plus ancien.
(Stat.
Sil.
I
:

En

sursilvain,

la

locution dits uvischs

évêques), ditta taxa (44) etc. est-elle une imitation italienne ou allemande, ou bien une création
lesdits
laissé

spontanée? Ce point peut encore être provisoirement
suspens. L'espagnol
cf.
//

en
:

moderne

se rattache

à l'ancien italien

valor de

dichas lecciones (J. Valera,

Com. Mend.

151),

dicha gênerûsidad (220) etc.

On
valoir

pourrait,

en vue d'expliquer cet état de choses, équivaut pour
le

foire

C203)

que

dictas

sens à

un pronom démoni{

MtYER-LuDKU, Orumiiiaii, UI.

2IO
stratit relatit

CHAPITRE
au pa^sé
et

11

:

LE

GROUPE DE MOTS
qu'on

§ I7I.-173.
lui attribue

que

cette signification

semble rendre

l'article

superflu;

néanmoins on

est

frappé

notamment de
penser que
dictiis
le

l'hésitation qui règne en italien et qui
latin

de

la

chancellerie

apparaît en effet très souvent, a
la

donne à et de la procédure, où jusqu'à un certain point

influencé
§

langue vulgaire.

locutions absolues constituées par un un adjectif ou participe et qui designent UNE MANIÈRE d'ÊTRE PROPRE AU SUJET OU AU REGIME, PEUVENT SE PASSER DE l'article. Il s'agit ici de ces locutions extrême172.

Les

substantif et

ment fréquentes surtout dans
on
e

l'ancienne poésie épique et dont
. . .

a des

exemples dans Paien chevaJchent

Halbercs

vestu:(

hir brunies dublées,
testa

Heahnes

laciez^ e ceintes

lur espées (Roi. 710),

en prov.

levada, en a.-esp. hinojos fitos sedie el

Campeador

(Cid 2030), rendien gracias a Christo, todas manos al:(adas (Berceo, Mil. 443). Mais en même temps les tournures avec l'article
n'ont jamais cessé d'être
sorte
les

plus généralement en usage, de
ici

donc que nous avons
la

affaire

à

des simples formules

propres à
dès

langue épique, qui se sont constituées et figées
l'article,

l'époque où

en

dehors du nominatif surtout,

n'avait pas encore élargi son emploi.
§ 173.

Les NOMS DE NOMBRE aussi,

et surtout les

quatre prel'article
:

miers ordinaux, ne s'accommodent pas toujours de
cf.

en

a. -franc.

//

viaiit

estre

jusqu'à

tier^ jor

An

Broceliande

(Ch. Lyon 696),
dedeu:{

tierce fiedc

Dca Samuel

apela

(IV Livr. 11),

quart Jour après (S.

Thom. 2276), en
1

esp. a tercer dia

dados fueron sinfalla (Cid ^2^'),fasta tercero dia (Amadis 13 b),

par primera ve^ (Trueba, H. Cid

1),

por tercera

ve:(

(J. Valera,

Com. Mend.
n'est

7), en a. -port, a quarto dia (Graal 32). Si tel est
il

l'usage avec tertius et quartus dans la plupart des exemples,

cependant pas entièrement étranger aux nombres supé:

rieurs
alressi
vice

cf.

en prov. a
locution

viiiten

jorn s'en départi Le reis

et

l'autre
dies

(Flam. 985). Le
la
la

substantif est

presque toujours
est
tier~ jor,

ou

et

plus fréquente

de sorte

qu'on
(204)

pourrait

admettre
la

que, pour une

raison
s'est

quelconque

encore à déterminer,
fixée avec

tournure latine

plus ou

une valeur adverbiale

et qu'à l'époque

moins où l'emploi

§ 173-

174s'est

OMISSION DE l'aRTICLH

211
cas

de

l'article

graduellement étendu
continué
à se

du nominatif au
maintenir et a

oblique, elle a d'abord

même
fin

entraîné avec elle d'autres

noms de nombre,

jusqu'à ce que
ait

donc

ce

dernier vestige

d'un usage plus ancien

par

suivre aussi l'analogie des expressions non-consacrées.
Cf. A.

ToBLER, Bcitràge

II,

103 et G. Ebelixg, Auberée, note au

vers 55.

§ 174.

Lorsque

le

sens d'un substantif est plus

nettement

DÉTERMINÉ PAR UN SECOND SUBSTANTIF QUI LUI EST UNI AU MOYEN d'une PRÉPOSITION OU aUI SE TROUVE AU DATIF EN
ROUMAIN, AU CAS OBLiaUE EN VIEUX FRANÇAIS ET EN PROVENÇAL,
il

est traité d'ordinaire

exactement
pas
il

comme

dans
de

les déter-

minations

adjectives.
le

Il

n'est

nécessaire

citer

des

exemples pour
a

prouver, mais

y a une série d'exceptions
/;;

importantes à discuter.
giiisa

On

dit

en

ital.

onore délia Sa. Chiesa,

di barone, per ainore délia virtà;

Pétrarque a composé
Villani écrit
il

des sonnets in onore et in morte di
si

Madonna Lanra;
/;/

accordarono per nieglio del Coiuiuune (5, 32); a casa

uiedico

sera discuté p.

158, mais on dit aussi

casa del inedico etc.
les

Les

mêmes
a. -franc,

tournures se présentent dans

autres langues

:

en

a

loi

de chevalier, a guise de baron, en franc,

mod.

en face de l'Opéra, en forme de pigeon et

même

en gare de Genève

(Daudet, Tart. Alp. 196), en
ley de

a.-esp. dieronle sus cartiellas a

monaciello (Berceo, Sil. 36), estabanse par poco en ora de
consejo

ermar (S. Mill. 185), a ora de visperas (Mil. 464), por
del rey

(Amadis 21 b) etc. Le caractère commun à tous ces cas et à beaucoup d'autres, c'est que le substantif déterminé est accompagné d'une préposition, c.-à-d. qu'en vertu du précepte énoncé au § 179 il est originairement dépourvu d'article. Or, selon que cette locution prépositionnelle s'est fixée en prenant une valeur adverbiale ou bien, au contraire, qu'elle a repris
son indépendance,
telle

l'adjonction d'un

second substantif

laisse

quelle

cette

tournure
dépit

immobilisée
la

ou bien, au conce

traire,
l'article

entraîne

en

de

préposition l'adjonction de

au premier substantif.
:

Voici

sous

rapport

une

phrase instructive
las labios del

supe de boca del padre facinto y
el

mas

tarde de

misino don Fadrique

rescate

de

Clara

(J. Valera,

212
(205)

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I74.

I75,
le

Com. Mend.
que
oii^o

220), où l'on voit que de hoca a tout autant

caractère d'une formule
en
boca de

que en
les

boca dans esos encomios de Clarita
et l'autre

Ud. (123). Dans l'un
qu'ils se

cas
si

il

est

également possible que
substantif simple
rin,

deux substantifs

se soient

bien

confondus en une seule idée
:

comportent

comme un
de Tarta-

il

en

est ainsi

pour l'exemple

tiré

qu'on doit peut-être décomposer, non en gare] de Genève,

mais en] gare de Genève.
faut encore observer

— Par rapport
si

au vieux français

il

que,

le

complément déterminatif
dieu beneïçon
:

est

énoncé

le

premier,

l'article est

également omis, ce qui n'arrive

pas seulement dans des cas

commet
929),
s'

(Gayd. 107),
tenir (Claris

mais aussi dans deu merci (R. Ccy 1154
pensée fu esprise (Brut

grâce à Dieu), chascun

M.

amie main puet

13433)
la

etc.

Il est

vrai qu'en

même

temps on rencontre
rei

aussi

deu

merci (Ch.

Lyon 5063),

en la

prisun (S.

Thom.

II 12) et autr. sembl. Déjà à la p. 55
cette

nous avons indiqué que
:

tournure a quelque chose de stéréotypé
est-elle

aussi l'hypoici

thèse la plus simple
vestiges

peut-être celle

qui voit

des

de l'époque où

l'on omettait l'article, vestiges qui ne

disparaissent

que

très

lentement devant des tournures
la

qui

correspondent à une transformation de
sion devient plus raffinée.
Cf.

langue où l'expres-

pour

l'a. -franc.

A. Tobler, Beitràge

I,

59 sq.

§

175.

Pour

ce

qui concerne

le

déterminatif,

on devrait
etc.

s'attendre, en vertu de ce qui sera dit au § 179, à le trouver

sans article, et de
(p.

fait

on

dit

en roum. cimunà din aur

13), en

ital.

porta di casa, mulino da vento, en franc, chef

de cuisine,

bateau à vapeur,

en esp. puer ta de casa en

etc.
il

(voy.
existe

d'autres exemples au § 241). Mais
aussi

même
voici

temps

toute espèce de cas avec
les

l'article,

lesquels méritent

un

rapide examen. Avec

noms de pays,
:

quelle est en

général

la

règle

fondamentale

l'article

apparaît

quand on

veut exprimer une possession complète, un caractère inhérent

au pays;
tion du

il

est

omis lorsqu'un objet doit recevoir par l'adjoncl'or

nom
l'or

de pays un qualificatif différentiel; ainsi l'on dit

en franc,

d'Espagne (l'or espagnol) par opposition à

de

France

etc., et

Vor de l'Espagne (l'or qui est extrait ou travaillé

§ 175-

ABSENCE DE

l' ARTICLE

213
sans qu'on se préoc-

en Espagne, que l'Espagne possède)

etc.,

cupe de savoir
p.

s'il

existe

encore une autre espèce d'or, mais
C'est ainsi

ex. par opposition
l'histoire

à l'argent de l'Espagne.

que

dans

littéraire de

France l'attention se porte sur de France
elle se

France,

et

que dans

l'histoire littéraire de la
Il

porte
(206)

sur I'histoire littéraire.

est

facile

de comprendre qu'une

distinction de ce genre ne peut pas être observée d'une façon

absolue;

au contraire, précisément parce que

l'appréciation

on rencontre des hésitations de toute il faut tenir compte du fait que l'emploi de l'article est encore subordonné à la question subsidiaire de savoir si le nom propre l'adopte ou non lorsqu'il est indépendant. En réahté, par un accord parfait avec l'obsersubjective jouit alors d'un
libre,

champ plus espèce. En outre,

vation formulée à cet égard p. 182,
taigne

le

vieux français

et

Mon-

même

omettent

l'article

beaucoup plus souvent encore
ensuite
l'article

que

la

langue actuelle. Mais

se

rencontre

ailleurs aussi,

notamment dans
:

des locutions plus récentes ou
la

peu consistantes

c'est là

une analogie évidente avec

forme

accompagné de l'article devient de plus en plus la forme normale. On dit donc en franc, le dieu de la miséricorde, puis de la guerre et sur ce modèle Montaigne a formé le nom de foudre de la guerre, de l'Etat, et Corcas-sujet,

du

le

substantif

neille parle

de raisons de l'État. Autre cas de farine),
la

:

à côté de la cassa
la cassa

di farina (la caisse

l'italien

présente

délia

farina (la caisse à

farine)

:

dans
le

le

premier

cas,

on

a

une

locution ancienne et fixée; dans
«

second, on considère l'idée
:

farine

»

comme une

idée

connue
la

on

se

la

représente

donc sous

la

forme déterminée de

farina

et c'est ainsi

qu'on

dit aussi la cassa délia farina.
est la plus récente.

Parfois la

locution sans article

Ainsi l'on dit aujourd'hui /oM£?r^ de guerre,
l'a.-ital.

raison
3,

d'État;

ou bien

la

corona

del ferro

(Villani

26), in questo anno valse
a.

lo siajo

del grano soldi sei

(Sim.
à

Tosa,

1277) équivalent
lo

absolument de nos

jours
est

la

corona di ferro,

stajo di grano.

Le procédé inverse
le

plus

fréquent
bouteille

:

ainsi le franc, verre à vin doit être plus ancien
vin.

que

au
la

Dans des
la

cas

comme

premier

cité,

on pourra
que
l'éta-

dire

que

tournure

plus ancienne est plus individuelle,
:

plus expressive et l'autre plus abstraite

il

est vrai

214

CHAPITRE H

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I75.

I76.

blissement de l'usage moderne doit avoir aussi été favorisé par
l'existence d'une série importante de locutions sans article anté-

m

rieures à

la

période historique.

§ 176.

Dans I'exclamation
:

et

dans I'apostrophe,

l'article

ne s'emploie d'abord pas

en

effet, le

nom

propre en question

désigne une ou plusieurs personnes présentes ou considérées

comme
(207)

telles

ou bien en tout cas des

êtres personnifiés, qui

grâce à leur présence

sont suffisamment individualisés pour

n'avoir plus besoin d'une détermination spéciale.
substantifs dans l'exclamation et dans l'apostrophe,

Quant aux
ils

sont en

quelque sorte
en est
si

traités sur le

bien ainsi que

même pied que les noms propres. Il même les substantifs qui constituent une
la

apposition à un sujet à

troisième personne et qui, conformése présentent sans article
le

ment au
faits,

§ 164, exigeraient l'article,

lorsque, interrompant

pour un instant
à

simple exposé des

on veut donner cours
et

sa
la

compassion ou à son indipersonne dont on
ital.

gnation

qu'on s'adresse à
train

était

sim-

plement en
inonaci

de parler

mandato caîiiveUi

on a donc en (Pulci, Morg. i, 41
:

vengo da

:

je

viens envoyé
caro

par

les

moines,

les

malheureux!), viva

la

chiocciola

animale, en

a. -franc,

nienloit felloii losengetonr
ella

(Alexandre 29),

en esp. basta que hablar cou

me

via

(Lope de Vega, Gatom.
!

Envidioso îraidor y femeuiido 6) et d'une manière analogue
îrabajos tuviesen

desgraciado
triste

qiiiéii

hahia de pensar que sus
!

tan
ses

recompensa (le malheureux
si

qui aurait

travaux auraient reçu
l'article est usité
cf.

triste

récompense?).
le
,

pensé

que

A

l'inverse,
:

dans l'exclamation par
le

fkançais populaire
je
te

déjà chez

Baïf
iiioy

beau

fils.

Mal oint

prie

Ne

dy ne

bien ne

mal

de

(4, 237) et de
il

même

aujourd'hui bonjour,
toi;

la belle; l'ami, crois-moi,

faut rentrer che^

allons,

pas de

flemme,

le

traînard (Coppée, Coupable 162),
:

même

usage en

PROVENÇAL MODERNE
252), venès,
la belto

uro iiiangeu, beven,
Ici

li

fraire (Mistral,

N.

(98).

l'emploi de
dit

l'article

ne se comital.

prend pas

très

bien.
ici

Sans doute on personne qui

également en

quella raga:{7^a, et
l'attention

quella a

évidemment pour mission
probablement
se

d'attirer

sur

une

trouve

d'abord éloignée. Mais on hésite à attribuer à

l'article français

§ lyé. 177.
la

EMPLOI ET OMISSIOX DE l'aRIICLE
il
}•

21
la

5

même
le,

signification, car

a

toute apparence que

tour-

nure

est récente;
la,

en tout cas

elle date

seulement d'une époque

abstraction faite de quelques locutions plus

ou moins
valeur
les

consacrées (p.

96), avait perdu depuis longtemps sa
L'explication
siècle,

fortement

démonstrative.

se

trouve

dans

exemples qu'on rencontre au xv^
la belle,

comme
s.,

ne plorés plus,

Car

il

est

îrespassé

(Chans. xv^
la

p.

126,

13), qui

appartiennent évidemment à
été

même catégorie

que ceux qui ont

202; seulement on doit admettre, il est vrai, qu'une forme en usage d'abord uniquement dans l'apposition, a plus tard été introduite aussi dans l'exclamation indépen-

examinés

p.

dante, chose particulièrement
l'article

flicile

avec

les

adjectifs,

puisque

élève l'adjectif au rang de substantif (§ 153).

Mais,
(208)

avec

l'infinitif historique, le sujet réapparaît

souvent dépourvu
le
:

d'article, sans

doute parce que

l'infinitif,

dans ce cas, joue

rôle d'un impératif
cf.
et

bon tnary de soy couroucer (C.
de

ou plus exactement d'une exclamation N. N. II, 7), mais soudain
lardons
et

je

tnadvise

mes
;

les

jettois
et

au milieu d'entreux
de
s' entrebattre

(c.-à-d. les chiens)

lors

chiens d'aller

Vun

Vautre à
taine
:

belles dents

(Rabelais 2,

14) et encore chez La Fonles

grenouilles aussitôt de sauter dans

ondes, Grenouilles de 14, 24),

rentrer en leurs grottes profondes (Fables 2,

où ce

n'est

plus

d'ailleurs

qu'une exception, un

dernier

vestige

d'une

époque antérieure.
Le vocatif roumain
voiuiculc (héros) à

côté de vobiice pourrait
l'article,

bien, malgré le pluriel îw;n'o7o?-, renfermer
suffixe caressant pris au slave (voy. Zs.

non pas XIX, 478).

mais un

§

177.

Le prédicat
ne
:

même quand on
terminée (§ 193) pour femme), en

est généralement dépourvu d'article, donne pas une valeur générale ou indéon dit donc en roum. luà muieri (prendre
lui
lo elessero

ital.

in

papa, Celestina
:

è figlia

d'una

nostra poi'era parente
fille

(De Marchi,

Giac. id. 37
a.

Célestine est
icil ert

d'une pauvre parente à nous), en

-franc,

frère al

rei

Marsiliun (Roi. 880), en franc,

// est Jils

d'un grand seigneur,
ej.

choisir

pour

chef,

en esp.

soy hijo unico

(Nov.
sido

n,
la

je suis fils

unique), todas

estas desvent uras
:

han

pena

del pecado

(D.

Quich.

I,

19

toutes ces mésaventures

ont été

peine du

2l6
péché), asi
es

CHAPITRR

II

:

LE

GROUPK DE MOTS
es la
si

§ I77.

I78.

vcrdad (r8) à côté de asi

verdad (ibid.).
fois le

On

peut se demander avec quelque doute
prédicat est déterminé
:

chaque

nom-

ainsi i'ital.

era donna da tener parola

(Verga, Nov. 163) peut non seulement se traduire par « elle était femme à tenir parole », mais aussi par « elle était une

femme

qui savait tenir parole », de
sere:{^

même

en franc, pour

je

homme à le prendre comme il faudra suis assuré que vous (Molière, Av. 3, 7); moins douteux pourrait bien être en prov. reïna non fes semblansa One mal li fos, pero ben sap Que la manegano i es gap, Car senhals es de drudaria (Flam. 700); en
//'

esp. digote de aquel que hallaste en la mar, que sera flor de los
caballeros de su

tiempo

(Amadis 7

a),

ou bien en roumain
Jean
si
:

le

commencement de
cuvant
si
I,

l'Evangile selon S.

de începutà era

cuvântnl era câtrd dumne^eu
20,
si

dumne^^eu era cuvant
si

(Gaster

9), întrn acesta viatà

era

viata
(I,

era

luminâ
12); en
li

oamenilor,
(209)

luminâ întru untunearec luniina
e

20,

vaud.

c:(o

que fo fait en luy era vita
las tenebras

la

vita era luc:( de

homme
Mais
l'ital.

e la luc:^ luc^ic en

(Arch. Glott. XI,
des
le

103).

avant
sei

tout

l'article

s'emploie dans
de
sci

cas

tels

que
es

la

regina

à

côté

regina,
ères

franc,

tu

la
ères

reine à

côté de

tu es reine,

l'esp.

la reina à côté

de

reina,

l'on voit que la valeur plutôt adjective
article.
Il

du prédicat

détermine son emploi sans

remarquer que
se passe

le

encore à y dans l'emploi de prédicat pronom possessif
a peut-être
l'article
:

également de

en
en

ital.

questo libro è mio, esp.

aqueste libro es mio et de

même

a. -franc, cis

pais

est vostre et

encore en franc, mod. chez Molière Trufaldin maintenant vous
reconnaît pour

sienne

(Et. 2004), Monsieur, je

suis tout vôtre

(132); en revanche, les patois du Sud de l'Italie placent ici comme partout (p. 207) l'article devant le possessif, et le français

moderne, sauf après

les prépositions,

préfère le

pronom

personnel avec à.
§

178.

Le

CAS

article;

c'est ce qu'attestent
le cas

RÉGIME s'employait originairement sans encore les nombreuses locutions
régime sans
article


le

verbe et

se sont fusionnés de
idée,

manière à n'exprimer pour

ainsi dire

qu'une seule

mais

l'absence de l'article ne peut pas s'expliquer par cette étroite
directe avec les

unité d'idée, ce qui serait en contradiction

§ 178.

CAS RÉGIME SANS ARTICLE
:

217

données historiques
l'époque où
le cas

il

serait plus exact

de dire à ce sujet qu'à

commença

à se perdre l'usage primitif

d'employer
locu-

régime sans

article et

l'article

acquérait une extension

graduelle, l'usage
tions

nouveau aura
cas

été repoussé par
le

nombre de

où l'union du

régime avec

verbe

était particulière-

ment étroite. Qu'il en ait été ainsi, la preuve nous en est fournie notamment par l'apparition toujours plus fréquente de l'article
à

mesure qu'on s'approche de l'époque moderne. Ainsi
la vérité, perdre le temps, faire

l'on dit

en franc, dire
temps, mettre
le

la guerre, passer le

feu, ouïr la messe etc., tandis
l'article, et

que Rabelais dans
chez Molière

tous ces cas peut encore omettre
dire vérité et

même

A

l'inverse,

f ai perdu temps (Et. 937) se rencontrent souvent. en regard du moderne premire soin, trouve-t-on chez
le soin (Tartufe 1859), on ne doit pas oublier tournure habituelle prendre le soin de q. chose,

lAoVièxe prene^

que, dans

la

l'article se justifie

absolument d'après
la

le §

174

et

que, dans

le

passage en question,

proposition est incomplète.

Quant à

faire

une énumération
toutes les langues,

détaillée des diverses locutions usitées
il

dans

y renoncer ici; nous ne pouvons citer que quelques exemples pour éclairer ce que nous venons de
faut

dire.

En roumain
la

:

da pintenï (donner de l'éperon), prinde

(210)

vorbà (prendre

parole), da pace (donner le repos), da seamà

(rendre compte), da nume (donner

du

lait),

avea dor (avoir
avea

nom), da lapte (donner du chagrin), avea gdnd (penser), avea
le

grijà

(avoir soin),
:

teamà (avoir crainte)
torto,

etc.,

en

ita-

lien
fuoco

aver

sete,

famé, ragione,

metter cura,

mutar

aria, far

(mais en

roum.

face focul'), far cola^ione, foce, fronte,
trovar modo,

migliorar condizione, mutar aspetto, veste,
opinione,

cambiar

maestro,

dar campa, colpa, parte, salute,

scelta, saper

grado, sentir famé etc.,

en français
signe,
livrer

:

avoir pitié, courir risque,
mettre fin, porter
etc. et plus

demander pardon, faire
souvent encore,
en ESPAGNOL
:

bat aille,

envie, prendre garde, prêter serment,

trouver

moyen

comme on

l'a

déjà dit, dans l'ancienne langue,

poner manos, adobar couina (Cid 2064), ganar

sahid, decir verdad, cambiar lugar, hacer burla, Jiesta, dar fin,
prestar paciencia etc. et

même

besô al rey

manos (Appoll. 163).

A

considérer

les

choses dans leur état actuel, on peut distinguer

entre ces locutions selon que c'est l'article défini ou l'indéfini

2l8
qui est

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
serait-on

§ I78.

I79.

omis, mais peut-être

souvent

embarrassé
se place

pour

se

prononcer sur cette distinction. Si l'on
historique,

au

point de vue

l'on

observe que toutes ou du

moins presque toutes ces expressions datent d'une époque où il n'existait absolument aucun article, c.-à-d. qu'on n'a rien supprimé qui existât antérieurement, on renoncera à pareille
distinction.

Mais

il

reste encore

une

série

de particularités à

signaler.

Quand
le

Cervantes
i,

dit puso piernas al costillo de su

buena

niula (D.

Quich.

8)

et p07- nias

que ponia las piernas al

caballo, menos

podia

tnaver (i,

20), on

ne peut plus guère
les

admettre qu'une

différence
il

historique entre

deux tourla

nures; on peut dire,
sive parce

est vrai,
elle

que

la

seconde

est plus expres-

que précisément
et par
facile

n'est pas

comme

première

une formule
autre
l'ital.

conséquent n'a rien perdu de

sa force.

Un
fait

cas

à

comprendre,

c'est la
il

différence

que

entre aver torto et chi ha

torto di noi

due (Sacch. 9),

(Lasca 194, 9) et l'altra mattina le fece la risposta (194, 24), l'esp. entre hacer burla et haced de 7ni la burla que quisiéredes (D. Quich. i, 20). Apparlettera

entre darei risposta a questa

tiennent en outre à cette catégorie les expressions qui ont déjà
été

examinées en partie à un autre point de vue à la p. 1 16 en roum. se face :(ioâ, noapte, ital. si fa giorno, noîte, franc, il fait
:

(211)

jour, nuit et dès

lors

aussi par analogie
le

en obw.
ciir

ctir

ei

fo

vegneu gys (AligyyS, lorsque fut venu
sera (528, lorsque fut
à leur

jour),

eifovegnieu

venu

le soir),

ces dernières se rattachant

tour aux phénomènes étudiés au § 177. Enfin il faut encore observer qu'en regard des locutions sans article on
pourrait en citer autant avec article; ainsi, pour s'en tenir à
l'italien,

far

le

scuse, le cortesie, le maraviglie, dire le bugie,
il

aver

la febbre, chieder l'elemosina, portare

liiito,

dar

la posta,

far la

guardia etc., qu'on peut d'après ce qui vient d'être dit regarder

comme
§
les

plus récentes.

179.

l'article tarde le

plus à s'employer, c'est après
le

PRÉPOSITIONS.

De

nos jours encore

roumain

se trouve

toujours entièrement au stade primitif, c.-à-d. qu'il emploie
côte à cotefocul (le feu) et înfoc (au feu), orasul (la ville) et din
aras (de la ville),

mîna

(la

main)

et în

mina (en main), plasni

§ 179-

l80.

ARTICLE AVEC LES PREPOSITIONS

219
(en bas du

dîn palme (frapper dans les mains), de pe soabà

poêle), lângà apa (le long de l'eau), la ga^dà (près de l'hôte),
gâsi pe fat à
(il

trouva

la fille) etc.

Seule

la

préposition eu
le

fait

exception en ce que dès l'origine elle s'adjoint

nom

dans sa
^^'^^ ^^

forme de sujet-régime

:

eu astrul

(Cod. Schei. 125,4
I,

vent du Sud), eu euvîntul (Gaster

9,
:

24)
avec

etc., et
la

de

même
etc., ce

aujourd'hui eu mîna (Basme 280, 29
qui doit peut-être s'expliquer par ce
d'abord, dans des cas

main)
le

fait

qu'avec

eu associatif
frère avec la

comme

fraîele eu sorà

(le

sœur)

et

fratele {i

sous l'influence de l'expression équivalente (§ 106) sora (le frère et la sœur), sora a pris la place de sorà.
aussi, bien

Le suRSiLVAiN
forme du sujet

qu'il n'offre

plus

un

état

de choses
la
:

aussi pur, n'est pas encore
se fait

beaucoup plus avancé; pourtant
les

graduellement jour après

prépositions

d. ina fossa sut tiarra (G.
seb'eis el
. . .

Mem.

214, 10

:

une

fosse sous terre),
:

vegnius

.

.

.

mes in tiarra (215, 25

ainsi fut-il

mis
:

en terre), sinquei
sur quoi soit
(Sûrs. Miirch.
le

seigi il pievel

vegnius ord baselgia (219, 29

peuple venu hors de
:

l'église), ei setness fin via
igl

1,2

il

s'est

mis en route),

advocat vegn en

stiva de dertgira (23,

l'avocat vient dans la salle d'audience),
:

lura prenda

el

ord sac ina stupenta ura d'aur (3, 50

alors
ei

il

(212)

prend hors de sa poche une magnifique montre d^or),
turnaus giu davos pegna (4, 27
:

lura
le

alors

il

sortit
:

de derrière

poêle), mont la fumitgasa en nuegl (12, 33
à l'écurie), eis ius ora en jert (14, 19
:

la

servante en allant

il

est sorti

au jardin),

alluseha ha

il

cavré tigliau giu

il

tgau a la femna a mess quel en
tgierp en letg (11,

gagline, las combas sut letg

et il

14

:

alors le

berger a coupé
les

la tête à la le
lit

femme

et l'a

mise dans
le

le poulailler,

jambes sous

et le

corps dans
la

Ht)

etc.

Mais
et

en
de

même
fait

temps on rencontre aussi
citer tout

forme déterminée,

on peut

de suite un exemple où se rencontrent
:

à la fois les
sestorscher

deux tournures possibles
il

nua

ch'il

buob ha voliu
t ruée a,

giu per prender

meil tgietschen ord la
ch'il

ha ella
ei

sehau dar giu igl uvierchel délia trucca
en trueca (6, 9
:

tgau dil buob

dans

lorsque le garçon a voulu se baisser pour

prendre

la

pomme

rouge hors de

la caisse, elle a laissé la tête

couvercle de

la caisse

de sorte que

du garçon
tirer

est

tomber le tombée
la

dans

la caisse),

mais encovrir ord trucca,

hors de

caisse

220

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
anavos en
il

§ 179:

6, 4), ils treis schuldaus ein turnai
les trois soldats

sont retournés au village) etc.
cf.

Il

marfau (3, 15 en est de même
la

dans
I,

le
:

Tyrol

:

L

salvan de Pisadu vêghen sun porta (Stories
porte),
ste dis

452

on

voit l'esprit de la forêt de P. sur
elle

intii-{

sun pic (123,

pics) etc.

se

tient

des jours entiers sur

les

L'italien n'est plus soumis à
il

une

règle

aussi

rigoureuse, mais

conserve pourtant de très nombreux vestiges

de l'ancienne tournure; après in notamment, encore aujourd'hui
il

emploie rarement

l'article

:

cf.

andare in chiesa, entrave
liice,

in harca, essere in cainpagna,

rimanere in sella, venire in

non vedo quel giornale che in
in caméra (Lasca

bibliofeca, lasciatili in sala se

n andb

143, 11), era andata a prcndere una boccata

d'aria in giardino (Verga,
diavolo in corpo etc.

Nov. 160), prendere
il

in bocca, avère

il

En
:

revanche, avec a
plus

s'en sert plus sou-

vent, bien que des expressions
aient encore subsisté

ou moins stéréotypées
bottega,

ainsi a casa, a

a capo al

letto

(Arioste, Cass. 4. 2); mais, à cette réserve près,

on rencontre
al mare,

généralement al
in

:

cf.

notamment accompagnare Fausta
osieria

campagna (Ferruggia, Fascino 76),
teatro, al

in agguato e alla posta

(Lasca 184, 26), alT
al
(213)
ballo
les

(Ferruggia,

a casa d'amici (183, 6), in casa, Fascino 161) etc. Plus rares
:

encore sont

exemples avec di
per

di

casa,
:

usci

di

caméra
bocca

(Lasca 61) ou avec d'autres prépositions

non

solo per

ma

per gli occhi

e

il

naso (Lasca 90,

14) etc.

En vieux

FRANÇAIS,

on peut clairement reconnaître, au
:

moins dans
le

quelques textes, l'ancien usage

cf.

sovre païen, en ciel, a ciel

dans Eulalie. Plus importants que ce court document sont

Psautier d'Oxford et celui de Cambridge. Or, dans ce dernier,
à côté de la terre figure toujours en terre, sur terre; de terre éga-

lement y est plus fréquent que de la terre, tandis que à terre semble à peine s'y rencontrer. Avec d'autres substantifs la règle
n'y est pas appliquée avec autant de rigueur; toutefois on peut

encore en citer bien des exemples
la barbe

:

cf.

le

quel descendit en barbe,

d'Aaron (P. O. 132, 2), en fosse (87, 4), en lac (27, i), de fiens eslevan:^ le povre (112, 6), esprise per fou (P. C. 179, 16 à côté de // fous i-j ro), en poiildre (P. O. 43, 27), en veie
,

(106, 40) etc., substantifs avec lesquels

l'article

apparaît déjà

presque toujours dans

le

Psautier de Cambridge et en tout cas

§ 179- iSo.

ARTICLE AVFX LES PREPOSITIONS

221
terre et

dans

la

traduction

moderne des Psaumes. En
:

sur terre

ont encore persisté jusqu'en plein xvi^ siècle
terre

cf.

pour faire en
sur terre

chascun une fosse (C. N. N.

19), après

m avoir

enlevémes honneurs (Corn., Psyché 1597).

En provençal comme
:

en français, surtout après
terre

en, l'article a

peine à s'introduire

en

30 et souvent), mes en cro^ (16, 2), levar en croz^ (21, 19), mais la cro^ (16, 15), vem a la cro:( (26, 26), puis en carcer (26, 5) à côté de de la carcer (26, 7) etc. Dès la
2,

(Serm. lim.

période primitive de I'espagnol aussi,
est troublé, bien qu'il

l'état

de choses originaire

ne

soit pas possible

de

le

méconnaître entièejt

rement

:

cf.

encore à présent estar en casa, salir de casa, dar
à ticrra (Cid 3025), por
tierra

tierra, firios

andidiste (343),

tornar a poblado (Berceo, Mil.

ii'Ç), prisieron la en oinbros (Sil.

297), exo pora mercado (Sil. 190), en delà (Mil, 85), en infîerno

(100), en cru^ sohido
escuela lo trovô etc.

(Sil. 493), metiose en carrera (29), en Mais, à côté de cela, déjà dans les premiers

temps on trouve estando en
(Cid 339), lidiar en
el

la cru^^

(Cid 357), cayô en
cf.

la niar

campo (Cid 3488);

aussi en esp.

mod. supe de boca dcl padrc y mâs tarde de los labios dcl mismo Don Fadrique (Valera, Com. Mend. 220). Le portugais en esta
peu près au
§ 180.

même
il

point.

Enfin

faut encore

mentionner
et

les substantifs
Il

unis
(214)

aux adverbes de comparaison quam
plus de raison de les introduire
ces
p.
ici

quomodo.

y

a d'autant

que

l'étroite

parenté entre

adverbes et

les

prépositions s'est

également

manifestée

74 dans leur rapport avec les pronoms personnels. Il est vrai qu'ici nous sommes en présence de faits essentiellement
différents de

aussi bien avec les
stantifs,

ceux que nous avons examinés au § 179. En effet, noms de matière qu'avec les autres sub-

quand on établissait une comparaison, il semble qu'à l'origine on envisageait le substantif dans son acception toute générale et qu'on n'avait aucunement dans l'esprit un individu isolé ou même un individu nettement déterminé, ce qui prouve une fois de plus que c'est en toute première ligne avec le sujet
que
l'article a pris

corps.

Il

en résulte que

le
le

stade originaire

nous

est représenté par des phrases
esi

comme

roum.
6
:

si
il

élu ca
sortit

màritu

dîn celariul sàu (Cod.

Schei.

18,

et

222

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§

l8o. l8l.

comme un fiancé de sa chambre), ca lut de cale comme la boue de la rue, il les brossa), ital. 43
:

vete:(i ei (17, niugghia corne

fa

mar

per

teiiipesta

(Enf.

5,

29),

a. -franc, il

ensement cume espus

eisan:( de sa

verai els

chambre (P. O. 18, 5), cume palud des places esla(17, 46), esp. como fa:^ huen pastor (Berceo, Sil. 20) etc.
il

Mais de bonne heure
établir
ses semblables soit

s'est

produit des modifications
a

:

pour

une comparaison,

l'on

extrait de toute

la

série de

un

seul individu, soit

même, évidemment

pour rendre
c.-à-d.
la

la

comparaison plus vivante, un être déterminé,

que

la

forme indéterminée ou déterminée a supplanté
article,

forme sans
les

phénomène qui
ici

s'est

produit aussi bien

avec

noms

de choses qu'avec ceux de matière. Dans l'enavec beaucoup de liberté,

semble, chaque langue se comporte
et l'on

peut seulement parler de tendances qui se manifestent

plus dans l'une et moins dans l'autre; aussi sera-t-il certes préférable de les traiter

chacune
offre

à part.

§ 181.
article

Le ROUMAIN

encore assez souvent

la

forme sans
elle
la

dans ses plus anciens monuments, mais cependant
la

est

loin d'y avoir conservé

prédominance;
la

c'est

plutôt

forme déterminée qui
à

est déjà partout la

forme habituelle; puis,
passage déjà

une époque plus rapprochée,

forme indéterminée aussi
Ainsi, dans
cf.

s'emploie concurremment avec
cité, le

elle.

le

Psautier de Coresi écrit ca uin ginere;
:

ensuite uscase
force est sèche

ca urcoru vàrtutea mea (Cod. Schei. 21, 16

ma
:

comme une
au:(iîu si ca
je

cruche), ca uin urcoru (Coresi), eu ca surdu nu

mut nu

deskis rostul

mieu (37, 14
d'autres

n'entendis pas et

comme un muet je
etc.;
la

n'ouvris pas
cas
:

comme un sourd ma bouche),
encore où ces
ca mâslin (51,

(215)

ca

un surdu (Coresi)

voici

deux textes présentent
10
ce
:

forme sans

article

comme un
la

olivier)

///ï//

ca de nopte corbu în turru, ca pasàre
:

însingurà-se în :(idu (19,8

j'étais

comme un
qui est
:

corbeau

la
la

nuit dans

tour,

comme un

oiseau

seul

dans

maison), ca foale
hiver),

în briimà

(113, 83

comme une
:

outre en

mai bire e miserearea ta de viatà (26, 24 mieux vaut ta commisération que la vie) etc. Dans le Cod. Schei. on ne rencontre que très rarement la forme indéterminée, et même on peut se demander si, dans la phrase râîâciîu ca oae pierdutà

§ l8l.

ARTICLE DANS LES COMPARAISONS
:

223

comme un agneau perdu), simplement un nom de nombre « comme un
(ii8, 176
j'errai
:

o n'est pas tout

agneau
ca

isolé »;

dans

les

contes et

les

chants populaires aussi l'on ne trouve que

sporadiquement des

exemples

comme

statornic
,

o peatrà

Basme ,3,3: ferme comme une (Doine 85, 4 rouge comme une
:

pierre)

rosii

ca

un trandafir

rose), când cresteam ca

fun

hràdut

:

.

.

.

,

ca sa nuia (445,
je croissais

3,

5)

à côté

de ca iarba

camp
fait

(7,

quand

comme un

jeune sapin,

comme une

pousse,

comme

l'herbe au

champ). Mais de tout temps on a
la

un emploi infiniment plus fréquent de
:

forme déterca

minée
2
:

prà màndeaste priîn codri ca pasàrea (Cod. Schei. 10,

vole sur les

montagnes comme

l'oiseau), pàreate-hrii
:

pulberea înaintea featcci vântului (34, 5 comme la poussière devant la face du vent), mai desiderate de anriil si de pietri curaie
viiihc si
l'or et

mai

diilci de

miarea

si stredea

(18, 11
et plus

:

plus désiré que
le

beaucoup de pierres précieuses

doux que

miel
:

et le

rayon de miel),/// înrema mea ca cara topinduse (21, 15

mon âme fondit comme la c\r€),fnlu ca vasiil pierdnt (30, 13 je fus comme le vase perdu), topit aï ca painjina sufletid lui tu as déchiré comme la toile d'araignée sa colère) (38, 12
:
:

etc.;

il

n'en va pas autrement aujourd'hui
II,

:

père ^albene ca
la cire),

ceara (Gaster

351, 33

:

poires jaunes

comme

albâ

ca laptele (blanc
la

comme
i
:

le lait),

limpedà ca viora (claire

comme

violette), rece ca ghiafa (froid
ils

varga (Basme 278,
ei sirâluceaii

comme la glace), tremnrau ca tremblèrent comme la verge), penele
19
:

ca ogJinda la soare (297,
etc.
;

ses

pennes
dans
ca
e

brillaient

comme

le
:

miroir au soleil)

de

même

la

chanson

populaire

Fata

lut ca

trandafir ni

Trnpul

Ini

rosmarinul,

Cum
din

e

bradnl aràtos, A^a-î badea de friimos; Ciim

bradul naît

munie A^a-i badea meu de frunte (Doine,
cette particularité,

Pour expliquer
raison

85, 7 sqq.). on pourrait invoquer une
rendre
la

(216)

déjà signalée, à savoir le désir de

compale

raison plus animée, désir qui se manifeste

évidemment par

choix d'un

objet

sous

sa

forme déterminée
la

comme

second

terme. Peut-être cependant

vraie raison

est-elle

de nature

beaucoup plus externe
effet,

et

d'ordre purement grammatical.
la

En
au

comme on

employait presque toujours
179),
la

forme sans

article

après les prépositions (§

forme déterminée a

pris

224

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
:

§ l8l.
il

182.

nominatif-accusatif une certaine prépondérance

en résulte

que son emploi dans des comparaisons
le

signifie

précisément que

rapport dans lequel se trouve
le

la

particule de

comparaison
n'est pas

avec
le

substantif pris

comme

terme de comparaison,

même

que

celui qui existe entre la plupart des prépositions

et le substantif régi par elles.

En

d'autres termes,
le
il

comme

le

substantif de comparaison se trouve sur

même

pied que celui

qui lui est comparé et n'en dépend pas,
des substantifs indépendants.

revêt aussi la

forme

§ 182.

L'ancien usage paraît s'être fidèlement conservé dans
les

quelques patois rhéto-romans. Dans
ladines,

Stories

e Chianties

on rencontre

à

chaque pas des phmses
seke kyaiinioc Icsir

comme

gonôt

da n krcp a Pater sbaïc petâla
elle

saute d'un rocher à l'autre
la

gran regina de
de
la

grau

natiira

comme (39, comme une
sek

(1,7: souvent un chamois léger), sek
grande reine

grande nature),
brillant

seke krestal lacent e

Fega tlera (151,

comme
d'un

un
Diol

cristal
se

est l'eau claire),

gran sason da krep bén
se détache

staka (169,

comme une

grande pierre
bises

rocher bien mou), sek tlaparec de

siin pastiira

ad aldi n

kyan ladran,

ten

kolp

s'abina (439,

comme un

troupeau de
poisson
le

brebis au pâturage,

lorsqu'il
te

entend un chien aboyer, tout à
na barica (591, comme ke palsa do marena (661,
le le

coup

se rassemble), sek pe's

dans une barrique),
(17, 344, 264
ke
tit:^a

seke setû,

comme

faucheur, qui se repose après
:

repas), cou doi sait seke tigra

avec deux sauts

comme une

tigresse), plu snel

(i, 33
etc.

:

plus rapide qu'une étincelle), tlera plu ke spide

(i,

296)

Plus rares sont des exemples
:

comme

avisa sek n

sam d'esÇi, 379
na
saita (17,

tout juste
:

comme un

essaim

à' ahe'ûles) , seke

337

comme un
:

éclair), incornis resta ilô dut ghei
là effrayés,

seke la iiwrt (12,

339

ils

sont

tout pâles
:

comme

la

mort), sultan da n sas a Vater sek no kyora (i, 284
(217)

sautant d'un

rocher
(i,

à l'autre
:

304 314

elle

comme une chèvre), est souple comme une
la
:

doblio{a ve la sek

na ruta
1

verge), bruin plu ke

cil

(2, 311

:

plus bleu que le ciel), plu ke la nei bel fresa blankyes

(r,

:

plus blanches que

neige bien fraîche) à côté de
les

/

kyaveis sek kyarbon fol (i, 319

cheveux

comme du

charbon

noir) etc.

§ 183. 184.

ARTICLE DANS LES COMPARAISONS

22 5

§ 183. L'italien se à l'ancienne règle

que

montre dès le début très hésitant. C'est se conforment p. ex. corn aqiiila vola

si

(Enf. 4, 96), corne cieco va (Purg. i6, lo), corne abete in alto digrada (22, 133), leggier corne penna (Pulci, Morg. i, 69),

cheto corne olio

bianca corne
(Pulci,

(Lasca 56), a guisa di cavalière errante (Nov. 47), neve (Lasca 127, 25), corne folgore indietro riîornato
corne peregrin rinian in via

Morg. 98, 80),
:

(21, 31), puis

dans

les patois

en abruzz. blange konie en napol. nnan^e che

llatt e rrose

kome ssange

(Finamore

2, 4),

lo sole scesse

comme a pro-

tamiedeco (Basile

1,36: avant que
ville),

le soleil

ne descendît

comme

un médecin de
comm' a Turco,
comni

n quattro juorne

se fece

Antuono grasso

tiinno comni

a

boye, ardito

comni a gallo, russo

a gammaro, verde comm' aglio
etc.

e chiatto

comm' a ballena
aussi bianco corne

(24)

Mais en
a guisa
chi

même
deW
il

temps on trouve

l'avorio, nera

ebano (Lasca 127, 23), blanchi corne la
volea scorticare come
i

neve (126,

21),

ranocchi (Pulci,

Morg. 28, 10), arido corne l'esca (De Marchi, Giac. id. 38) ou bien même come un ghiaccio nel petto gli sia messo (Arioste, Roi.
23, 64),
//

lago era qiiieto come

un

olio

(Fogazzaro, Picc.

Mondo
:

108). C'est surtout dans les comparaisons plus développées,

dans
cf.

les descriptions

que

l'article

a été de

bonne heure employé
quindi

come la navicella

esce del

loco Indietro indietro, si

si toise

(Enf. 17, 100), come quando

daW

acqua

dallo specchio Salta lo

raggio air opposita parte (Purg.

15,
che

16) avec la quai (la vil ta)
d'onrata impresa
lo

moite fiate

l'uomo ingombra Si
bestia

rivolve

quand' ombra (Enf. 2, 46), miigghia come mar per tempesta (Enf. 5, 29) etc. fa

Comefalso veder

§ 184.

Le plus ancien français,
est

et

notamment

le

Psautier

d'Oxford, en

encore au stade primitif;

c'est ce qu'attestent,
:

outre les exemples déjà cités p. 222, ceux qui suivent
alcune fiede ne ravisset sicume leuns la meie
trespasse el

que
(218)

anemeÇP. O.

7, 2),

munt sicume passer (10,
e

i), receurent

mei sicume leons
(lé,

aprestet

a preie

sicum chael de leon

habitan:(^ en repostailes

13), guarde-me sicume purnele de oil (16, 9), sicum gaian:( (18, 6), désirables sor or e pierre mult preciose et plus dul\ sur miel et
ree

(18, li), poseras

icels

cume furn de fu (20, 9), sicum

leons

ravissan:^^ e ruianz^

(21,
111.

13),

sicum evc espandut sui (21, 14),
15

Meyer-Lùbke, Grammaire

226
ensement

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 184. 185.

citnie cire reuietan:^^

(21, 15), ensement came fain igne-

lenient secheriint (36, 2), e fors nier rat siciinie lumière la tue justise

(36, 6), defisan^sicu))!

fums

on rencontre

ici

aussi

defirunt (36, 21) etc. Mais bientôt une des deux autres formes, et seuls les

noms de matière
papieire
et li

restent fidèles à l'ancienne règle; c'est ce qui
le
ti

apparaît nettement surtout dans
prunelle de Voil
et

Psautier lorrain

:

cf. si

com

est

de

wardcie (lé, 8), ainsi com
li

H H

lyon apparillieit a sa proie
lieu

ensi

com

jones lioncel qui habite en

comme un fort arc d'arein (17, 34), si com la poucieire au vent et com la boe et lou lymon des plaices (17, 22), est comme uns espouseix^; comme uns géant (18, 5), que font
reponu (16, 12),
.
.

.

plus a desirrieir

et

a ameir que nul or ne pierre preciouse

et

sont

moult plus

doul:^

que nul miel (18, 10),
.

comme un four
et

de feu

ardent (20, 9),
tout ainsi
vaissel:^

comme yawe
mors

.

.

com

cyre qui est fmidue Ç21, 14), suis ainsis
li

com

li

est laissie:^

dou cuer,

comme un
mules qui

perdus (30, 12); ne

soiei^

com

li

chevaul'^ et

nonî raison (31, 9); il soient fai^ com la poucieire au vent (34, 5), einsi com foin (36, 2) etc. Pour le provençal, voici des exemples era plus savis que abeille (Flam. 222), y eron com
:

peissos el

mieg de mar (Appel, C. 117, 15), semblant a foc (S., D.

347 VIII 23), enaissim com porc senglar (349 XVI 7), con caus (26), mais aissi con la roda del moli (29, 22), aissi con las estelas de cel (Pr. Joh. 60, 18); cf. aussi an g r ans bannas e an
cap ayssins con ha boc
e los

huelhs ayssi con lume (Pr. Joh. 36, 4),
:

semblans a gruha (38, 12), con fa ferre (47, 8
fer).

comme

fait le

§

185.

Ce sont
:

les

langues de l'Ouest qui montrent
tal era
los

le

plus

de ténacité

cf.

chez Berceo

comnio plata, mo^o casto

gradero (Sil. 44), qualquiere de

bravos tal como verga tuerta

(294), sennor sancto Domingo

leal escapulado
el

Andaba
capiello

en la orden

(2iq)

tirado, La commo omne la:(rado (86), alguna degaha Que sea bien tan pobre commo pobre cabanna (96), commo faz^ buen pastor {26), lucie commo estrellas semeiant de lucero (Mil. 321), oras tornaba verde, oras tal commo çcra (Sil. 297) et de même como dueha en parto (Hita 83), mas que buey de cabestro (121), puis miente

comnw

bien

ordenado,

Los ojos aprimidos,

color amariello

conu mity gran bellaco (D. Quich.

i,

24), la boca sin muelas

es

como molino sin piedra (i, 18), como de pastor que guardaba ganado

§ 185. l86.

ARTICLE DANS LES COMPARAISONS
i,

227

(D. Quich.

23), como leon saniido (Amadis 20 b), como A

pariente. (CohdiWtro,

Nov. 32),
costura en

todo esiaba osciiro

como boca de
cf.

loba

(Caballero, Cuentos ^j),conio mal pajaro (7);
son
las

aussi

la

mismo

pte^as de

tus

manos que

cere:(a

en

boca de

tarasca (66), conio lepra asqnerosa (J. Valera, Cap,
ténia encarnadas
fiodo

Mend. 218),

las orejas

como fraih en
(105),
terco

visita

como

buen

Uigareho

era

(132), desconcomo mulo gallego

(Caballero, Nov. 281),
la corte7:jiela

ciial

rayo de lui (205) etc., mais bajo de
i,

como un rayo (D. Quich.

18), temblar como un a^p-

gado (19) et déjà avant cela calumbre (Berceo, S. Mill. 113
suie),

amarguear plus
:

que

la

fuert

être

plus

mas

blanco que la pehavera (Hita 7

amer que la forte b) à côté de mas negra
Il

que Caldera (7 a), blanca cuemo un cristal (Alex. 1191).

en

est

de

même

en portugais
Patr.

:

cf.

vermelho como tomate

maduro(G. de

Amorim, Am.

19), mais aussi en a. -port, branco como a

neve (Graal 60), hmi

homem mais

negro que

pe:(

Ç6j).

§

186.

Après avoir montré, dans

les

paragraphes qui pré-

cèdent, avec quels mots et dans quels groupes l'article se rencontre,
il

nous

reste

encore à examiner de plus près certaines

particularités de la signification

pour lesquelles

les

questions

étudiées jusqu'ici et plutôt relatives à la forme, ne nous ont
pas laissé de place.

Comme

il

tire

son origine d'un pronom

démonstratif,

l'article aussi est

en première ligne démonstratif,

et se réfère soit

au passé, soit à l'avenir. Celui qui parle peut,

d'une masse d'êtres semblables, en détacher un ou plusieurs

comme étant déterminés, connus, soit parce nommés ou que, bien qu'ils ne l'aient pas
sont pourtant pas étrangers,

qu'ils

ont déjà été
ils

encore été,

ne

nouveaux,

mais

connus d'une
en

façon générale, soit d'autre part parce qu'on a déjà présente
à l'esprit
face

une détermination plus
et

précise qui les distingue

des autres

qu'on exprimera seulement dans

la suite

du discours, mais qu'on indique déjà par le fait qu'on exprime le substantif non pas sous la forme indéterminée, mais en y adjoignant précisément un pronom démonstratif. Sous ce
rapport,
puis
la
il

(220)

est

instructif d'examiner

les

cas

étudiés p. 211,
et
le

différence

qui existe

entre l'adjectif attributif

prédicatif dans les combinaisons discutées au § 157. Mais dans

228
quelle

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
peut-il

§ l86. iSy.

mesure un

objet

passer
le

pour
dire;

généralement

connu?
§ 152

On

ne peut naturellement pas

au

reste,

cela

varie avec les

temps

et les lieux. C'est
le

dans

les cas traités

au

qu'on

le

distingue

mieux, parce que

le

roman moderne
d'animal de
la

se présente

en opposition avec l'ancien.

On

pourrait peut-être

penser qu'on revêt un

nom

de matière ou

forme qui
doit

lui

permet de paraître

comme

généralement connu,
de l'espèce. Mais on
cette
la

voulant éveiller ainsi l'idée de

la totalité,

en

même

temps tenir compte de

tendance

déjà

signalée au § 151 et qui consiste à

employer
la

forme du

nom

avec

l'article

comme

étant la forme habituelle, usitée.

Pour voir
anuit

de quelle nature générale est souvent
l'article,
il

force rétrospective de
l'a. -franc,

faut prendre

un exemple comme

sonja un moût
ici

mal

songe, que de la paor m'esveillai

(Aub. 487);

la

pensée que

le

mauvais songe a suscité de

la crainte n'est

pas exprimée, mais cependant

on

dit la

paor et non simplement

paor;

le

cas est à rapprocher de ce qui a été exposé p. 192.

§ 187.

Mais

voici

une

signification distributive et puis surtout
l'article.

un phénomène remarquable, à savoir temporelle que
aujourd'hui en franc. /e
il

possède

On

dit

le

vois

deux fois
uns

l'an, combien coûte la livre;

en
:

est

de

même

dans

les autres

langues et déjà au
seus

moyen

âge

en

a. -franc, de ses cos
:

vaut

li

a mesure deus (Chev. Lyon 145 1 un seul de ses coups en vaut deux des leurs bien mesurés), en prov. voil que

Des

lor

to:(

sia castellana

E

quieu

la veia la

semana,

O

'

l

mes

Van una
distributive

vegada (Flam. 19). Naturellement

la signification

ne réside pas tout d'abord dans
« le

l'article,

mais dans deux fois ou
«

una vegada; une action se répète tout d'abord
Mais ensuite
s'y joint l'idée

dans l'année »,

jour » dont on parle et qui sont actuels pour l'auditeur.
il

que
le

la

répétition n'est pas terse reproduit

minée avec
(221)

le

deux

fois,

mais qu'elle

de

même

façon aussi souvent que revient
ainsi

moment

indiqué; et c'est
le

que l'indication du

moment
celle

ou, dans

second des
le

exemples français donnés,
distributif.

de

la

mesure prend
fois

caractère

Sans doute, on peut dire que
dans
la

la signification

propre

se trouve

combinaison de deux

avec Fan etc.;
le

mais

il

peut ensuite arriver qu'à l'instar de deux fois

jour

§ iSy. l88.
signifiant
«

SIGNIFICATION DE l'aRTICLE

229

deux

fois
le

chaque jour
jour,
le soir.

»,

on emploie simplement

dans

le

même

sens
les

C'est ainsi

que nous trou-

vons dans toutes
le

langues romanes des substantifs désignant

temps avec

l'article

dans un sens temporel tandis que, conles

formément au

§ 179,

mêmes

substantifs après les préposi:

tions temporelles

n'ont pas
i,

l'article

cf.

en roum.
dit sans

T^iuoa

si

noapiea (Cod. Schei.
:(â,

2)

où Dosofteiu

article de

de noapte, les versions

en vieux français par jour, par nuit,
et

en français moderne jour
demain), seara
la noig, la

nuit, ce qui est

conforme au
:

§ 155.
le

Vient ensuite en roum. denianeata (Cod. Vor. 15, 11
(le soir),

len-

sâmhata
(C.

(le

samedi), en obw.

la sera,

damaun,

la sonda

Mem.
cil

216,

5

:

le

samedi),
fautrier,

en

ital.

la natte, la sera,
:

Valtro giorno,

en

a. -franc,

Vendemain

cf.

Vendemain matin

de A^pte truverent

Dagon

(IV Livr. 17) et actuellement encore l'autre jour, en esp. el dia (Cid 2474), las noches e las dias (Berceo, Sil. 217 le jour et la nuit), la tarde (le soir) etc. il en est de même en portugais.
:

;

L'usage est différent avec
dit

les

noms
on

des jours de

la

semaine.

On

en

ital.

partira lunedi, franc, je partirai lundi, tandis qu'en
el

espagnol on préfère

lunes;

a de

même

en

ital.

domenica

passato, franc, dimanche passé, mais en esp. el domingo passado.

De

plus

on omet

l'article

lorsqu'on ajoute encore au substantif
:

une autre détermination temporelle
di (C.

en roum. mie^à varà,

ital.
0;^ il

oggi sera, franc, demain soir, esp. oy dia à côté de

Tobw.

Mem.

211, 29).
§ 179
il

§ 188.

Au

nous avons montré qu'à l'origine après
à

les

prépositions

n'y avait pas d'article, mais qu'au cours des

siècles l'analogie
il

en a peu

peu introduit l'emploi. Toutefois

subsiste des tournures qui se sont immobilisées,

notamment
de date

celles

qui ont une valeur adverbiale, et ainsi
que,

il

peut finalement

arriver

dans des

locutions

prépositionnelles

récente, lorsqu'on doit exprimer plutôt la manière dont

action

s'accomplit,
le cas

l'article

fasse

aussi défaut.

une C'est notam-

ment
de

avec de, bien que cependant dans son sens propre

apparaisse
:

précisément

de

bonne heure accompagné de

l'article

ainsi

en

ital.

venire di nave, andare di compagnia, en

esp. estar de celada, hincar de rodillos etc.

Le

franc, d'où viens-tu

(222)

230

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
316),

§ 188.-I9O.

avant jour (Molière,
(Crit.

Amph.

Madame,

on a servi sur table

Ec.

f.

7) doit sans doute également être rattaché à ce
aussi

groupe,

comme

maint autre

cas encore
la

dont

il

sera parlé
dites

quand nous étudierons les parties de « compléments adverbiaux ».
§ 189.

proposition

On

peut ensuite soulever
l'article se
la

la

question de savoir

si

et

dans quelle mesure
NEL, c.-à-d. sert à

transforme en élément flexion-

langue, en l'absence d'un autre

moyen,

à
il

marquer
est

certains rapports auxquels, de par sa signification,

d'abord étranger.

En première

ligne

il

faut considérer le

GENRE.

Que

le

genre, surtout en français, ne puisse souvent se
l'article, c'est

reconnaître qu'à

un point

sur lequel

il

n'est pas

besoin d'insister particulièrement. Mais ce serait naturellement
faire

tout à

fait

fausse route que de vouloir expliquer la nais-

sance de
car déjà

l'article

par

le

besoin de distinguer partout

le

genre;

un
les

pareil besoin

ne peut en général se
il

faire sentir

que

pour

le sexe.

A ce

propos

faut

du

reste observer que, lorsqu'on

désigne

femmes par
p.

leur

nom
Il

de famille,

l'article

s'emploie

de cette manière (voy.

187).

est possible
l'ital.

également de rendre
le

compte

ainsi

de

la

différence entre
// est

sono

cinque, esp. son
l'article sert

las cinco et le franc.

cinq heures.

en roumain à désigner

les

cas avec

En second lieu les noms propres
ici, c'est

(v. p. i8é).

Une
le
il

troisième remarque qu'on peut faire
1'

que

l'article

différencie le substantif de

adjectif,

un point important pour

roumain surtout (voy.
tels

p. 190). Enfin, dernière observation,
la

faut signaler les débuts de
qu'ils

formation d'un superlatif

organique,

s'offrent

notamment dans

le

franc.

Vhomme

le

plus beau (voy. p. 200).
il

§ 190. Finalement
point.
si
Il

faut encore attirer l'attention sur

un

peut arriver qu'un

mot uni
si

à l'article soit d'un emploi

prépondérant ou

même

exclusif
le

que
p.

la

forme sans

article

disparaisse

entièrement. C'est

cas

ex.

pour

le

roum.

împàratul qui, contrairement à l'observation

fiiite

au § 179, se

rencontre aussi après

les

prépositions

:

el

câuta la împàratul

(Basme 277, 21).

une époque où, dans l'imagination populaire, il n'existe qu'ux seul empereur, des deux formes hnpârat et împàratul l'une devient superflue, et c'est la forme du sujet

A

§ 190. 191-

l'article

comme élément flexionnel

231
a

qui persiste.

On
la

peut dire en quelque sorte que împàralul

(223)

pénétré dans

classe des

noms
les

propres. Le cas est
p.

le

même
La

pour

les

noms de

lieux déjà

mentionnés
etc.

183

:

Lille,
:

Rochelle, Oporîo etc.

ou pour

noms dé

famille

Le Brun,

Le Sage, Le Roux, Lemaître,
il

Leféhiire

faut citer le franc, lendemain (p.
t.

Parmi les appellatifs 229) et au moins quelques-

uns des mots signalés au
Pour Ies§ 120-190,
ticle

I,

p.

380.

cf. Zs.

XIX, 305-325, 477-512; A. Tobler,
l'ar-

Beitràge 2, 44-47, 96-112; Gellrich, Remarques sur l'emploi de
en vieux français,

Diss. Leipzig

1881;

Platen,
1893.

Syntaktische

Untersuchungen lu Rabelais, Diss. Leipzig 1890; E. Zander, Études
sur
l'article

dans

le

français du

XVI^

siècle,

Lund

§

191.

Unus

joue

un

rôle analogue à celui de
uonio et Puonio, franc,
:

il le

:

il

se
et

place

donc
etc.

à côté

de

l'ital.

homme
en
ital.

rhomnie

pour former une troisième expression
Ici aussi,

un

uomo, franc, un homme.

nous avons

affaire à

nomène commun
encore retrouver
nité,

à toutes les langues
les

romanes

et

un phédont on peut
la

débuts chez des écrivains de

basse

lati-

comme

p. ex,

chez Jornandès. Mais cependant

la trans-

formation de unus en article indéfini pourrait bien être plus récente que celle de ille en défini, car dans les plus vieux

documents
textes
le

italiens

il

est

encore assez rare, et

les

plus anciens
siècle,

roumains, qui apparaissent seulement au xvi^

ne

connaissent pas du tout; de nos jours

même,

il

est loin

d'être,

en espagnol notamment

et plus

encore en portugais,

d'un usage aussi étendu que p. ex. la forme allemande correspondante « ein ». Pour en déterminer le sens, il faut d'abord
se

demander

si

l'on

doit partir de unus pris dans sa valeur
cette fonction toute géné-

propre de
rale,

nom

de

nombre ou bien de

indéterminée, qui a été discutée p. 65. La réponse sera

fournie purement et simplement

au profit du sens numéral
un
fil lor donet

par des phrases
et irai

comme

l'a. -franc,

(Alexis 6),

un

rei guerre,

dont ai

oi

parler (Charlem. 72); toutefois

on ne

doit pas nier entièrement l'influence exercée par unus au
:

sens de quidam
fust uns sire de

cf.

pttis

icel

tens que

Deus

nos vint salver. Si

Rome

la citet (Alexis 3).

On

peut donc dire que

unus détache de toute l'espèce un seul être, un seul objet, qui

232
(224)

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I9I.
la suite.

n'est ni

présumé connu
et,

ni

mieux déterminé par
soit,
il

Dès

lors la limite entre l'article défini et l'indéfini est assez nette-

ment marquée
souvent
la

quoi qu'il en

dans

la

plupart des cas

facile à reconnaître.

En revanche,
et la

est vrai

que beaucoup plus
article

forme indéfinie

forme sans

ne sont pas
dire, elles
il

restées distinctes dans leur

emploi ou, pour mieux
la

sont usitées concurremment avec

même

valeur; car

peut

naturellement arriver très facilement que toute l'espèce soit mise

en rapport avec une action aussi bien qu'un seul individu sans
détermination plus précise. Alors, dans ces cas indifférents,
choix de
la

le

forme sans
la

article

ou de l'indéterminée dépend de
article et plus tard, surtout

l'extension que

dernière a déjà en général acquise; ancien-

nement donc,
France
et

c'est la

forme sans

en

en

Italie, c'est

l'indéterminée qui a eu

la préférence.

Pour montrer combien facilement l'article indéfini peut faire défaut en anxiex italien, on a des phrases comme lo presto Giovanni Diando ricca e nohile ambasciaria (Nov. 4), donami cavallo da cavalcarc (10), bien qu'il ne puisse être question que d'uN seul
cheval, faceajio peschiera
sinio
e niolina di

paglia

(i^\

possedea grandis-

reame (8) à côté de piacciavi che uno torniamento sifacciaÇii), puis cercate fonte più tranquilla (Pétr., Sonn. 20), in siio scamhio
troverrebbe casa di che tutto
il

tempo délia

vita
les

sua ne starebbe proverbes
etc.
:

dolente (Lasca 194, I5)''et ainsi

encore dans

gran

nave

viiol

grand^ acqiia, ape niorta non fa mêle

De même

I'an'Cien français, qui a plutôt

précédé les|autres langues dans

l'emploi de un, présente pourtant aussi des exemples

comme
6472), (Auc.

malt bons vassals vus ad lung
encor ai je chi une bone espée

tens

tenue (Roi.

2310), d'hmne

mort me demandes (^ji^), chëu somes an maie trape
et siech

{Œgès

sor bmi destrier sejorné

10, 21), ^ mauvais hoir l'abandonna

Et a mauvais

hoir est venus
i,

(Vr. An. 200), or a d'enfant
coup de glaive
de
le

gé'u

ma femme

(Ruteb.

53), de
ost

porte a terre
et

(Cléom. 755), porchaça grant
et sachiez

Comains
que
:

et

de Griex

de Blas (Villeh. 412),
vile qui ère aprochie de

que on
ère

le tint

a grant miracle, de
il

prandre con

ceste,

la laissaÇ^j^^etc; le cas est très fréquent

en espa-

gnol

ben dicho sea rey que fa^ talcs bondadcs (Berceo, Sil. 214),

non semejaba criatura mortal

Mes

angel

cosa que era spirital,

Ouevivieen

ellos en figura

carnal (120), metieronle en tumba firme

§ 191.

l'article indéfini

233
ir

(294), pusieron dia sabido (Hita 40), cataron dia claro para
caxar (124), dia vendra donde veas (D. Quich. i, 18); de

a
(225)

même

Hempo vernà (Amadis 9 b), otras ramones de padre (D. Quich. I, 24), digno de viiiy gran castigo (i, 25),
rodeado parte de la mojitana (i,
chilindrosa (Caballero,

consej'ero

dieronse

priesa por llegar A pohiado antes que anocheciese (i, 10), habiendo

23),
el

habrase

visto

vieja

màs

Nov. 64),

jardin que habia transfor-

mado en
nube de

huerto
vex_

la

econômica

sehora dona

madrastra en

de niadre (J. Valera,

Com. Mend.

Branlia (294), tuvo 164), negra

tristexa ofuscaba

à nienudo

el

resplandor de su fisionomia

(230), al llegar à
cebo gallardo

que traia
ej. 8).

sitio màs ancho (58) et même vieronl[un niany ricamente adere:(ado de camino, la espada y daga era un asciia de oro, sombrero con rico cintillo (Nov.
:

Finalement en portugais

exhalou profundo

e

longo sus-

piro(G. de
entrou

Amorim, Am.
terceiro

Patr. 21

^^fe^

ail rapida oraçào

(214),

em

quarto (217), tirou do bolso Intente pistola de

dois tiras (219), ouviu levé ruido (^22 j), esta là bandeira france:(a
e

a nossa nào

se
.

vê (80) et
. .

même

exclaniou
.
.

um
.

marinheiro

.

.

.

interrogou oiitro

gritou terceiro

.

apoiou quarto (201),* da
. .

estrada de

Braga vinba quarto

cavalleiro
Il

finalmmte entrava
et d'ailleurs
«

00 tnesmo tempo

um

quinto (252).
les

est

remarquable

parfaitement naturel que
tité se

expressions désignant une
l'article indéfini
:

quan-

»

repoussent d'ordinaire

en roum, atunce
:

sculâ multà multime de Turci (C. B. i, 402, 13
ital.

alors surgit

une grande multitude de Turcs), en
di possessioni (Cellini
giustiTJa (Sacch. 3),
5),

avevano molta quantità
avea gran parte di

nelle sue crudeltà

en

a. -franc,

alumer plenté de torti:{ÇG, Dole
il

1797)
foiso7i

et

de

même

en franc, mod. nombre de gens,
chez Rzhehis

y aura
de

de fruits cette année, quantité de
cités ici;

soldats; force, beaucoup

peuvent également être
de dineros
viveres

f aurai plenté

tous biens avec la corne d'abondance (3, 14),

en esp. sacar cantidad

(Nov.

ej.

258), la hueste llevaba consigo abundancia de

lotear (3), se lan^ô al

(Tmob^i, H. Cid 52), multitud de aves co?nen:(aron â revocampo muchedumbre de infieles (53) etc., et en portugais. Mais unus apparaît naturellement
lors-

de

même

qu'il s'agit d'attirer l'attention sur

un

seul individu quelconque.

Ainsi,

quand

il

énonce une proposition d'une application généde Hita
dit
:

rale, l'archiprêtre

quando quier casar

orne con

duena

234
onrada (87),
(226)

CHAPITRE
orne que
:

II

:

LE GROUPE DE MOTS
vcces

§ I9I. I92.

muchafalla, fasc vienos a
estando en su coyta dixo

(92), mais

lorsqu'il spécialise

un cibdadano Que

toinasen un ribaldo (41) ou bien asîfue que un tiempo una dueha me priso (67). Ainsi Cervantes, bien qu'il se rappelle peut-être
le

proverbe latin varium

et

muiabih semper femina, envisage
il

pourtant un être isolé quand

dit quién

hay en

el

mundo que

se

pueda alabar que ha penetrado y sabido el confuso pensamiento y condicion mudabJe de una mujer ? (D. Quich. i, 27).
§ 192.
Il

va presque sans dire que, placé dans

les

mêmes

conditions qui déterminent l'omission de
fini

l'article défini, l'indé-

ne s'emploie pas davantage, donc avec
à 152,

les substantifs étudiés

aux §§ 143

avec

le cas

positions (§ 179) etc.; c'est

régime (§ 178), après les prépourquoi plus haut déjà il n'a pas

toujours été distingué

si

notre sentiment linguistique actuel
ille

voulait qu'on sous-entende

peut y avoir doute sur
franc, de bon

la

place à

ou parfois unus. En réalité il donner à l'ital. di buono cuore,
cuer (Berceo, Sil.

cœur,

a.-esp.

de buen

210).

Parmi
à

les différentes
les

espèces de substantifs, ce sont particu-

lièrement

noms

abstraits qui se prêtent le

moins facilement
in

une distinction;

aussi Leopardi peut-il encore dire apparisse

molto minore varietà (119), avranno
che egli ottenne
il

commune imperio (128),
etc., tandis

maggior imperio (128)
le

qu'en général,
adjectif,

est vrai,

quand
celui

nom

abstrait est
ici le

accompagné d'un

unus apparaît; nous avons donc

même état

de choses abso193. C'est

lument que
ainsi

que nous avons constaté
dit ebbero

à la p.

una grandissima paura (87, 9), ce qui se présente également dans les autres langues. Chose remarquable, aux xv^ et xvi^ siècles le français déroge à la
règle, par

que Lasca aussi

une extraordinaire prédilection pour un
nefu remis
et restitué

:

cf.

Je

mes-

tayer de la Herissaie

en sa première santé que
i,

par une

cholère de voir son valet et

Jean couper (du Fail, C.

281), estant enveloppé
I,

d' une crainte d'estre descouvert

(C. M. Adv.

22),

il s' engendre

une crainte et une doubte, par laquelle Von donne

aux hommes une
Le roumain
être

deffiance de soy

(Des Pér. 163), avecq un

despit

tant contre la maistresse que contre la Damoiselle (Hept. 2, 27) etc.

aussi est intéressant lorsqu'il dit a fi culcat pe cenusà
si

îmi pare dcsfàtare

rasa Imi pare

podoabà (Gaster 2, 49, 8

:

couché dans

la

cendre

me

paraît

(un)

plaisir et

un mauvais

§ 192. 193-

A.RT. IND.

AVEC NOMS ABSTRAITS ET CAS REGIME 235

vêtement

me

paraît

podoabà requiert

l'article,
le

une parure), où tandis que

le

terme plus concret
aussi

(227)

desfâtare, qui est pure-

ment

abstrait,

repousse. Mais,

tout

bien que

les

noms

abstraits sont susceptibles d'être
à

on peut également, grâce

mis au pluriel (§ 27), nnns, détacher par la pensée un

individu quelconque d'une pluralité.

En

ce qui a rapport au

CAS RÉGIME, on peut dire que

les

restes de l'ancienne

époque
ici

l'article

était

inconnu, sont encore plus considérables

qu'au § 178. Ainsi l'on devrait citer en roum. avea bàrbat (avoir un mari), da dnnii (faire route), punc mime (donner un

nom);

cf.

aussi iocofàalbà în

mânà (Doine 488, 26
ital.

:

prends un

seau blanc en main) etc., en

correr pericolo, dar risposta,

mover gtterra, pigliar nwglie, porre argine, prender
prender esempio, render diletto, trovar modo etc.
conseil,
,

commiato,

en franc, demander
tort,

donner congé, entendre plaisanterie, faire signe, faire

livrer bataille,

mettre fin, prendre exemple, prendre part, trouver

moyen etc., en esp. dar fin, habJar palabra, buscar conveniencia,
poner precio, tener derecho etc. Se rangent également
pieça, a. -port, peço ha
ici l'a. -franc.

(Graal 14), en outre
a) et peut-être

l'esp.
ti'i

pensando fallar

aposeniamiento

(Amadis 31

llevas

daga para
i,

acreditarte, yo llevo espada

para defenderte con

ella
llevo

(D. Quich.
escondida.
la

27), quelques lignes plus haut una daga
hésitations

Des
217,

comme
te

celles

qui ont été observées à
ici
:

p.

peuvent aussi être constatées

à côté de rendre, faire service
te

on trouve y^
Et.

cherchais partout pour

rendre un service (Molière,

1152). Et maintenant, pour établir un dernier rapprochel'attraction
a

ment,
(p.

que renferme
le

l'a. -ital.

la

cuffia

del ferro

213)
etc.

pour pendant

m. -franc, par un beau jour d'une fête
fille

(Brant., Cap. 2, ^62), je cognois une

d'un greffier (Chol.
indéfini

i,

288)

Pour
il

le

non-emploi de

l'article

après

les

prépositions,

faut renvoyer

surtout aux

exemples donnés

au § 251.
§ 193. L'apposition et le prédicat, dans les premiers temps,

ne réclament d'abord pas l'emploi de

l'article

indéfini.

Dans

des énonciations comme//// la pucele de molt hait parentet, Filie

ad un

conte de
il

Rome (Alexis 9) ou buona
filies

pulcella fut Eulalia

(Eul, i),
la

ne

s'agit pas d'attirer l'attention sur

un

seul être de

classe

des

d'un

conte

ou des buones

pulccUes,

mais

236
(228)

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
ici

§ 193la

d'indiquer que

la pitcele,

EulaJie,

est

douée de

pro-

priété qui appartient à toute la classe, qui est le caractère

com-

mun
lors

de tous

les

individus qui
la

la

composent. C'est

ainsi dès

que nous trouvons, dans

période ancienne et moderne,

une foule d'exemples de ce genre; et même encore de nos jours on enseigne à l'école que l'attribut et le prédicat en roman, 'à l'opposé de ce qui arrive en allemand, repoussent
l'article

indéfini.

Mais en

réalité
il

cependant,
existe

pour

celui-ci

comme
est

pour

le défini

(p. 215),

également une

série

d'exceptions;

même on
lit

pourrait dire que le

roman moderne
molt
bêle

en train de

se rapprocher
dreit

de

la

règle établie en allemand.
citet

Déjà dans l'Alexis on
dans
le

à LaJice, une

Roland D'altre part
citet

est

Turgis de Turteluse, Cil

est

(17), uns

cuens, si est la

sue (917), et de plus Nicolete est une caitive
terre

que

f amenai d'estrange

(Auc.

6,

15). Ici subsiste encore

une opposition nettement prononcée avec le premier exemple. Il ne s'agit plus alors de rattacher un individu à une classe, mais bien de faire comprendre à l'auditeur ou au lecteur que l'être ou l'objet qui porte le nom qu'on vient d'énoncer, est un
individu de telle ou telle classe. Or,

comme

la

langue se

sert,

dans ces deux cas différents en

soi, abstraction faite

de l'emploi

ou de l'omission de unuSy d'expressions absolument identiques, il se produit à la longue une extension de iinus. Nous avons un
cas très
greco,

remarquable dans

l'ital.

Livio Andronico

uno schiavo

Nevio un Campano, Ennio un

Magno
i

Greco, Plauto un

Umbro, Teren^io schiavo cartaginese
(V.), où l'absence d'article avec
justifier;
le

fiirono

primi

poeti

latini

dernier

nom

est difficile à

autres exemples

:

col

venerando

Blit:(,

un

vecchio cane

(De Marchi, Giac.
e

id. 6), noi si

passava

sotto il portico,

un

rustico

sgangherato portico

colle grosse travi in vista

(13),

Ici

Lisa, sorella

di Giacomo,

una

raga^:{a lunga, ricca d' ossi (21), suo figlio Gia//

como, un filosofo di primo ordine (59),

buon

cationico Ostinelli di

Como, un amico fidato délia cmitessa (122), cou la sua Jîgliuvla, una nobile figura (Fogazzaro, Picc. Mondo 22), la libertà è un
gran
tesoro etc.

(Goldoni, Loc.
;

i,

15),

mi

si

dira che sono un buono

a nulla

en franc,

le

curé de Saligny, une petite

commune de
les

l'Oise (Zola,

Lourdes 59), r histoire de Pierre de Rudder, un
//

ouvrier belge (73),

publiait simplement sous son

nom

travaux

§ 193- 195-

A.RT. ixD.

AVEC l'apposition et le prédicat

237

de Marcel Verdier, un ancien élève de Vécole normale (Bourget, Id.
trag. 139), ensuite cest une pitié que de voir les ruines (mais chez Rabelais cest pitié de voir 2, ép.), et ainsi toujours après

cest

suivant

le

précepte
a

de

Vaugelas
cf.

et

de P.

Corneille;
qtioti

(229)

toutefois cest

dommage

persisté;

aussi

un hymen

souhaite est chose bientôt faite (Molière,

Dép.

Am.

185); en esp.
b), es

llegâron à Palingres,

una buena

villa

(Amadis 19

un
el

holloco

ga^an
dijo,

(c'est

un

fainéant), aquel Maestro Elisabad, que

fué un hombre muy prudente (D. Quich. i, 25); en port. he premio vil ser conhecido Por um pregào do ninho ineu paterno nào
(Lus.
§
I,

10) etc.

194.

Une combinaison
largo
et

caractéristique est celle des
l'article

noms
l'a

DE NOMBRE ATTRIBUTIFS avec
dans
l'ital.

indéfini, telle

qu'on

un

tre

quattro''nidri, potevano essere

un cinque
etc.,

sei cento

d'une manière un peu différente mostrava alVasla strada correva dritto

petto

un ^J anni,

un 60 passi

dans

l'espagnol, avec l'article au pluriel (§ 199), con unos
firiô

XV a

tierras

(Cid 399), unos sesenta; de même en port, alugou a casa a Pedro Limbado, que nella morava coin sua filha e uns très serviçaes antigos

(G. de Amorim,
il

Am.
n'est

Patr. 241). Si clair

que

soit le sens

de ces locutions,

pourtant pas très
«

facile

de dire

comment uno )) anni peut

équivaloir à

âgé d'environ

35 ans », car ici l'on ne peut pas invoquer l'intention de détacher un individu des autres de la même classe. Il est probable que
le

point de départ est

le

suivant
la

:

celui qui parle
à

se fait d'abord
c'est

aucune idée exacte de
il

quantité

ne énoncer;

pourquoi

recourt à unus, qui adopte facilement avec les
ille,

substantifs, surtout par opposition avec

le

sens secondaire

de nombre
à sa suite
le

indéfini, ce qui toutefois

ne l'empêche pas de prendre

un nombre

défini.
le

On
:

comprend mieux, parce que
ein

nom

de nombre suit

substantif, l'allemand dialectal

Meterfiinf, sechs dans le sens de
§ 195.

environ cinq, six mètres.

Ensuite

il

faut citer plusieurs adjectifs aui

excluent

l'emploi de l'article indéfini. sens de
«

C'est d'abord alter dans le
celui de «

un

autre »,

non dans
Icttera

un deuxième
:

«^

comme
lettre).

en

ital.

un altra

(Lasca 195, 10
italien
et

une deuxième
il

Dans l'ensemble, en

en français

n'y a

238

CHAPITRE
:

II

:

LE GROUPE DE MOTS
per altra via (Lasca

§ 195-

pas d'usage fixe
riportare
il

cf.

en

ital.

193, 25),

discorso su altro argomento (Capranica,

Ol. Panf. 3)
altre

et aussi altro

amor, altre frondi ed altro

liime, altro salir al ciel
a. -franc,

per altri poggi cerco (Pétr., Sest. 5), en
(230)
lor livrei

bataille

(Roi. 592),

sel desist altre

(1760),
etc.,

altre fei^

(IV Livr.

14),

autre ban |(G.
les

Bourg. 296)
sujet

d'où l'usage actuel a

conservé

locutions consacrées autrefois, de temps à autre et

encore chez Molière pour autre
vesÇ')j')); la règle est absolue

(M.

F. 8), en prov. la via

ben sabion car passât neron autra ves (Flani.

1884), per autra

en espagnol

et

en portugais
si otros
ej.

:

d.

en esp.

tiene otra casa, adere:(ar algo de

cenar por

hues-

pedes viniesen,

y no tarda mucho cuando
outro
gli

entra otro

(Nov.
de

255),

con otra manera de contento (259), en port, ein outro dia (Graal

88),

outra
:

ve:^^,

amor

etc.

Il

en

est

même

pour

MEDIUS

en

ital.

lusione che me^:(o

fu dato mondo sia
me^x?

me:^^o
stato

pane (Nov. 7), dornie nelVilcreato da Dio a servi^io e a
Giac.
id.

divertimento

deW altro

(De Marchi,

237), di

me\7^a età (d'âge

moyen), mais
a. -franc, de

aussi verso la mex_:(a notte (Verga,

Nov. 166), en
15)
et

demie lieue ne dist ne
:

ne non (Sax.

encore chez Rabelais
et

avecques

un

tiercelet

d'autour,

demye douzaine de hespagnolx^

deux

lévriers (i, 2),

en esp. média
di:(etido
:

hora (une demi-heure), con
isto
cf.

medio centenar, en port.

arranca meia espada (Lus. 4, 19).

— Vient ensuite certus
même

en

ital.

dal

collo

a ciascun pendea una tasca Che avea certo
17, 55), per certa guerra (Sacch. 13),

colore e certo segno (Enf.

preso certo mio povero resta di panni (Cellini 19),

una battaglia
encore

di cavalli con certa presura di bandiere (23) et de

aujourd'hui
etc.

certo :(ticchero rosso

(Fogazzaro, Picc.

Mondo

259)

à côté de un certo cannone (Cellini 8),

un

certo discepolo

(15), insieme con un certo giovine (33), un certo Meino (Lasca 183, 8) etc., en franc, certain cuvier dont on fait certain conte

En fera foi
get, Id.

(La Fontaine, L.),

la grille de certain jardin

(Bour-

trag.

100), je crois encor la

voir certain jour de prin-

temps (Bentzon,

Am.

perd. 8), je m'amusai à esquisser une étude

historique sur certaine abbaye des environs

tain

messagier (Berte 1595),

les

murs
rat

étaient déjà élevés

(31) à côté de un cerà une
etc.,

certaine hauteur (L.),

un

certain

(La Fontaine, L.)

en

esp. cierto barni:;^ (J. Valera,

Com. Mend.

4), en cierta ocasion

,

§ 195- 196-

ABSENCE DE

l' ARTICLE

INDEFINI

239

(Trueba, H. Cid 39), en port, sentir certa amargura (Diniz, Pup. 79), con certa timide:^ (^4)) certa noite (en une certaine
nuit) etc., mais en
aussi

même

temps

ces

deux dernières langues ont
évident que cette
le

una

cierta casa,

uma

certa casa. Il est

aversion pour l'article indéfini marche de pair avec

changedescend
(251)

ment de

signification de certiis; à

mesure que

celui-ci

au rôle de

pronom

indéfini,

il

est d'autant

moins susceptible

d'accompagner

celui-là.

§

196. Ensuite

il

faut

mentionner

les

adjectifs,

ADVERBES DE MANIERE, notamment

SIMILIS, TALIS, SIC,

Eux

aussi,

ils

excluent généralement l'intention

pronoms et TANTUM. de détacher un

individu de
la classe

la classe
:

dont
ital.
i

il

fait

partie; la

comparaison porte sur

entière

en

simile impresa, perche siete venuti a sitnil
,

contesa

(Goldoni, Loc.

4),
i,

en franc, porte pareille vesture

en hyver qiien esté (2, 46), mais

(Mont,
a

160), en pareil jour que cetiuy cy
etc.

on

beaucoup plus souvent un pareil jour

en esp. Rodrigo creia que semejante salida era harto arriesgada
(Trueba, H. Cid 74), en port, similhante vida (G. de Amorim, Am. Patr. 250); en ital. qutsta potrebbe essere tal femnùna
figliuola

di

tal

iiomo,

cV

egli

non

le

vorrebbe aver fatta quella
i}i

vergogna (Bocc, Dec. 1,4), mi parc
lini,

taie battaglia di

tavo-

di sedie e di percosse

s'

impiccolisca

assai Vaugusto

mistero

délia Vita e délia

juge fait

le

Morte (Ferruggia, Fasc. 68), en franc, tieus larron pendre. Qui mieux deiist estre pendus (Rose
haine dont
rebelle
est

5608),

teil

venue (Dol.

187), ne cache^ pas un

cueur dur

et
tel

Sous
tel

telle

beauté (J. Marot, L.),

proverbia-

lement

de

arbre
il

fruit, usage qui reparaît parfois aussi

en

d'autres cas,

est vrai,

dans

les

premiers temps du français
lettres

moderne
vous
ferex_

:

je vous renvoie vos
tel

deux

avec mes remarques dont
telle

usage

quil vous plaira (Racine, L.), fai
L.), surtout lorsque
si

opinion de sa justice (Balzac,

tel

signifie
tal

non

«

ainsi

fait
ital.

»,

mais

«

grand

»,

en esp.

tal cosa,

hombre,
cosi ricca

en
e

liberar

da

cosi

fatta scccaggine (Lasca

58), a
//

patente signora

(Verga, Nov. 178), en franc.

done

cop si grant
si

(G. Bourg. 3647), pourquoi est ce que frère fean a beau nc^ (Rabelais i, 40) et encore au xvii* siècle, où d'après
si

Vaugelas en

belle

compagnie n'est plus toléré qu'en poésie.

240
en prov. tan

CHAPITRE
bo

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 19e. I97.

essemple en laiset entre nos (Boèce 32),

homs
tan

tan jovenseh (Flam.

granti (Appel, C. 3, En una sangre helada? Vuelva

3762) 31), en

à côté de
esp. asi se

eix ne

una

flairors

mancha

acero tan brioso

â

la

vaina

tan lucida espada

(Calderon, Vida Sueno 2, 710), puis aussi ver doncella de tan buenas partes adornada (D. Quich. i, 24), où tan ne se rattache pas directement à doncella, en port, a tào incommoda caler

(Diniz, Pup. 83). Pour finir on peut encore mentionner dans
cette catégorie
(232)
l'a. -franc, l'ital.

a

gtiisa di cavalliere errante

arpon (Hita 46). Mais

a guise d'escuier (Aiol 7483), en esp. ici aussi unus élargit son emploi.

(Nov. 47), en manera de

On

ne

trouve qu'isolément des cas
(Serao,

comme
una

l'ital.

taie

una domanda

Ad. Am."^62),
évidemment],^à
substantif.

taie

tachent

taluno
"est

comme

Ce qui

(17), qui se ratoriginairement usité (§ 89), plus fréquent, c'est la complète
espressione
:

assimilation des mots en question aux adjectifs

de
cosï

là l'ital.

awedutomi d'una
toso

tal cosa (Cellini i,
l'a. -franc,

6),vedere uno

spaven-

spettacolo

(Lasca 48),
et ainsi

un

tel

conte m'orra retrere
Il

(Auberée 2)

dans

les

langues de l'Ouest également.

y a peut-être lieu de noter encore que talis au sens de « un certain » s'unit en italien à unus andava accompagnato da un tal Cristoforo, erano smontate alla porta d'un tal palai:(o (Manun zoni, Pr. Sp. 32), tandis qu'à l'inverse on dit en français
: :

tel trésor était

en

tel

lieu

(La Fontaine, Fabl.
Vida de

9, 13),
telle

l'idée

géné-

rale d'orange n'est dans son origine que
dillac, L.).

orange (Con-

§

197.

A

ces

observations peuvent encore s'en rattacher
les

quelques autres sur
celles

comparaisons, en vue de compléter
§ 180.

qui leur ont été consacrées au
le

Le

fait

qui est

peut-être

plus frappant, c'est que les

noms de

matière, dans

une comparaison,

se présentent volontiers unis à unus. Indé-

pendamment
cf.

des

exemples
faldestoed
i

en

a. -franc,

un

mentionnés aux pp. 222 sqq., i ont d'un olifant (Roi. 609) à
(2653) et escu d'un os permet alors de dire aussi blanche

côté de un faldestoed
d'olifant (Cligès
corne

ont mis d'olifan

403 1), ce qui

une noif et autr. sembl.
et aussi

(cf. le franc,

moà. froid comme un
lèche

marbre^

de nos jours encore en esp. blanco como una
port.
rapax^fe:^ se vermelho

(Caballero,

Nov. 232), en

como un

§ 197-

198-

ARTICLE INDÉFINI DANS LES COMPARAISONS

24I

lacrc (Diniz,

Pup. 7)

et

en

a. -port, sens cabellos
leite

eram

tant brancos

como

uma
Il

neve (Graal 10 1) à côté de

tani branco

como neve

(^i^i).

faut sans doute admettre

que

celui qui parle,

en

fai-

sant cette comparaison, ne pense pas expressément

la

matière

en général, mais bien

à

une quantité déterminée
il

et délimitée

de cette matière. Mais alors

reste

étonnant que ce phénocomparaisons, on
l'on dit,

mène
tiques

se

présente dans des langues et des périodes linguisles

où d'ordinaire, précisément dans
un cheval plus

préfère exprimer l'idée générique, c.-à-d.

du moins

l'on peut dire

noir que more
l'identité

aussi est-il naturel de supposer

que

(Mér. 5403), de forme du nom

en combinaison avec les adverbes de comparaison, qu'il soit ou non accompagné de nnns, a tait employer nnus aussi dans des cas où, en dehors de cette combinaison avec l'adverbe de
comparaison,
§ 198.
il

(235)

se rencontre à peine.

Enfin l'on peut encore mentionner

ici,

à cause

de sa

connexion avec ceux qui précèdent, un phénomène qui ressort
à

proprement parler du Chapitre

5.

Lorsqu'un

être se trouve
le

en rapport avec un verbe accompagné d'une négation,
en général étend
sans
cf.

roman

le

plus souvent la négation à toute la classe,
isolé qui représenterait cette classe
:

la

borner
ital.

à

un individu

en

corda non spinse

mai da

se saetta che si corresse

(Enf.

8,

112), non avea membro che tenesse fermo (6, 24), iimida pasto-

rella

mai

si

presta non volse piede ÇAriostQ, Roi. i, 11), sen:(a che

vedesse passar

ja bons vassals

anima viva (Verga, Nov. 28) etc., en a. -franc. nen est vifs recrèii^ (Roi. 2088), ja mar crere^ bricon (220), cunseil:{ d'orguill nest drei^ que a plus munt (Roi. 228), femme ne puet tant amer l'oume con H hom fait la femme (Auc. 14, 18), si esbahis ne fu mes hom com je sui (Ruteb. 2, 72), et même encore en franc, mod. avec jamais jamais homme
:

na

eu plus de succès avec aussi peu de mérite, jamais tentation

plus dangereuse

n

assaillit

mon cœur (Lûck.), même

quand

jamais, au point de vue d'une logique rigoureuse, n'est pas
négatif
:

le

plus délicieux veston que jamais tailleur complaisant

ait coupé

(Bourget, Id. trag. 89), en prov. meller cavalliers nom

pot sener Espa:^a

(Flam. 30)
III.

etc.,

en esp. non contradixo omne
trajese

(Berceo,
Meykr-

Sil.
l.UBKE,

209), que
Grammulrf

armadura que

no

le

aprovechô
I<J

242

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ I98.

I99.

(Amadis 25
caballo

b), aitnque no

me

parece que caballero deba dejar su
inédico en

(34

b), no

me ha de quedar

toda la insula

(D.

D. Quijote palabra (61), en port. nom podia de:^ir (Graal 23), nunca achei semelhavel a cUa (Rom. XI, 364), nom ficou pedra sobre pedra (IX, 439), nâo seja creança (Diniz, Pup. 198). Mais on dit
Quich.
2, 47), no respondiâ

que lingna d'homem

naturellement aussi en

ital.

non

si

vedea

un

uccello

(Verga,

Nov\ 28), non
a. -franc, la soe

si

udiva

ron^are ncmincn una mosca (169), en

manantise ne priset mie un gant (Charlem. 363), en port, por quanto Boor^ di:(ia, nom dava Lionel uma palha
etc.,

(Graal 128)

lorsqu'on doit indiquer qu'il n'est pas

même

question d'un seul individu.

§ 199.
(254)

mêmes
noms
lettres
:

règles
il

Le PLURIEL DE l'article INDEFINI est souiiiis aux que celui du nom de nombre unus (p. 65). A
apparaît, en vieux français et en provençal, avec les

l'origine

qui

ne s'emploient qu'au pluriel, c.-à-d.
dit unes lettres vis-à-vis

p.

ex.

avec

on

de

lettres et

les lettres

dans

conditions où l'on dit une maison au lieu de maison ou la maison; de même en esp. unos anteojos, port, uns oculos (une paire de lunettes). Or il serait parfaitement admissible que, tout comme on détache en l'individualisant un être isolé de la classe dont il fliit partie, on puisse aussi porter son attenles

mêmes

tion sur plusieurs d'entre eux, et alors c'est par
pluriel de

conséquent
il

le

unus qui serait l'expression appropriée. Mais

n'y a
:

que
cf.

les

langues de l'Ouest qui confirment cette hypothèse
todos ô los nuis en sus trajes

en esp.

y

compost nra parecen unos

principes
flores (2,

(D. Quich.

2, 11), cuatro doncellas

hermosas como unas
libros etc.

44) etc., en port, ha humas personas, ko uns
article,

Les autres langues se servent du pluriel sans
se
justifie

usage qui

d'autant mieux que

le pluriel,

désignant plusieurs

individus isolés, se trouve déjà par lui-même
jusqu'à

en opposition au sens

un

certain point avec l'idée générique qui les embrasse
il

tous. Mais
partitif
:

arrive aussi

qu'on a recours
il

à la prép. de

en franc,

je lis des livres,
il

y a

des personnes,

de à

son tour possède aussi,
tains
s'est

est vrai, la faculté

de détacher cer-

individus.

C'est seulement
:

par degrés que cet emploi

développé

il

est

encore assez rare en vieux français;

§ 199- 200.

PLURIEL DE l'aRTICLE INDÉFINI

243

d'autre part l'italien aussi le connaît, et cela précisément dans
les

premiers temps. Ce point sera examiné plus au long dans

le

troisième chapitre.
Pour
au
les §5

191-199, outre
iind des

les

travaux de Gellrich

etc.

mentionnés
nnd hn

§ 190, cf.

encore S. Schayer, Zur Lehre vont Gehraitch des unhesTeihtiigsartikels

timmten Aiiikels

im

AUfran:(ôsischeii

Nenfraniôsischen. Berlin 1887.

§ 200.

Parmi
il

les

groupes constitués par
reste encore

la

juxtaposition de
à

mots
ner.

à flexion,

nous

une espèce de mots

exami-

Il y a des pronoms qui, joints à des substantifs, se comportent COMME LES ADJECTIFS en cc qu'ils n'emploient pas de particule copulative pour s'unir à un second pronOxM, En precf. en roum. mière ligne il faut mentionner les possessifs
:

acest

amie al

tnieu,

un imdular

al tâu
:

(un membre à

toi)

,

en

obw.

in siu casii (C.

Mem.

219, 10

un

sien chcâteau),

en

ital.

un mio amico, qmsia sua
parola, en
a. -franc,

casa, tanti siioi malauni, nessuna vostra
escuier apele

un suen

(Ch. Lyon 728),
amigos tuos
etc.

cest

(235)

mien anelet prendrai^ (1022) etc., en esp. un mio amigo, ningun
poeta nuestro, cou

mucho dolor

suo,

tanios
le

;

de

même

en portugais. Caractéristique est
la fin

développement
part,
etc.

ulté-

rieur en français. Vers

du moyen

âge, mien passe de plus

en plus à l'emploi de pur substantif; d'autre

ment

adjectif

:

il

en résulte que un mien ami
effet, est-il rare

mon est puretombe peu à

peu en désuétude; aussi, en

chez Garnier et

Voiture. Mais d'un autre côté l'on trouve un mien ami, deux
vôtres

suppliants,
il

quelque

mien ami
isolés

etc.

chez Rabelais,

Mon-

taigne;

y en a des exemples
;

chez Régnier, La Fontaine,

Corneille, Racine, Voltaire

l'Académie autorise un mien frère,

un mien parent, une mienne
lière l'union
il

cousine; Littré signale
ce,

comme

fami-

de mien attributif avec un,

quelque. Cela étant,
train de dispa-

y

a toute apparence

qu'un emploi déjà en

raître a été raffermi par

une influence

italienne.

— Indépendans son

damment de
sens propre

cela,
:

il

y a peut-être encore

à citer talis

en

ital.

questo taie argomento, en esp. esos talcs

ojos, port, eses tacs olhos,

tandis qu'en français

tel

a

une valeur

suffisamment démonstrative

pour exclure l'emploi simultané
dit.

du démonstratif proprement

244
§ 201.

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
à

§ 201. 202.

Un

dernier

phénomène

examiner

est la

juxtaposi-

tion d'adverbes à des substantifs ET À DES ADJECTIFS. L'adverbe possède une valeur assez générale;
celle-ci s'applique à des

mots

qui,

pour

la

forme

et

pour

la

fonction, n'ont presque au-

cun rapport entre eux, mais que leur absence de flexion surtout dans les langues à flexion, c.-à-d. en

roman

leur défaut

de pluriel

et l'impossibilité

de

les

unir à des prépositions^ per-

met de réunir en un groupe. Toutefois, et cela résulte déjà du § 13 I, ce dernier critérium n'a pas une valeur absolue. Dans l'ensemble on peut distinguer trois grandes classes les adverbes dérivés d'adjectifs (nous avons donné au t. II, § 619 et 620 les
:

indications indispensables sur leur formation), ceux qui sont

dérivés de verbes (à cause de

la

forme

latine d'où
le

ils

sont issus,
le lieu,

on
le

les appelle

gérondifs) et ceux qui

marquent

temps,
très

degré,

la

manière

(ils

sont de

provenance

diverse).
si

Parmi
(236)

ces trois classes,
l'adjectif et la
les

la

première se trouve en rapport
le

intime avec

seconde avec

verbe qu'elles entrent

également dans
la

combinaisons formées avec des adverbes de
qu'admettent
les
:

troisième

classe

deux

classes de

mots

à

flexion qui viennent d'être citées
très modeste

donc, en français, à côté de
et,

on peut placer

très

modestement

de

même

qu'on

y

dit chanter bien,

on

dit aussi chantant bien.
il

Au

contraire, la pre-

mière

classe

peut se joindre,

est vrai, à des adjectifs et à des

substantifs,

mais rarement

à des adverbes dérivés d'adjectifs, à

moins
pour

qu'il n'y ait entre l'adjectif et l'adverbe,

pour

la

forme

et

le

sens,

une

difl'érence aussi considérable
:

que, p. ex., en
Il

français, entre bon et bien

cf. bien

adroitement et autr. sembl.
la

y
de

a

donc

lieu

d'examiner surtout

juxtaposition des adverbes

la

troisième classe aux adjectifs et aux substantifs, et alors on
les

peut distinguer entre

adverbes de quantité, qui s'unissent
(p.

aux adjectifs

et

aux substantifs attributifs

8),

et

les

adverbes de temps et de lieu, rarement

les

adverbes de

QUANTITÉ, qui s'emploient dans une proportion plus restreinte

comme compléments
ainsi dire §

attributifs des substantifs. Quant à

la

juxtaposition des gérondifs

aux substantifs,

elle

n'offre

pour

aucun
Les

foit

intéressant

signaler.

202.

adverbes

de

quantité unis

des

adjectifs

indiquent soit un degré supérieur ou moins élevé, soit un degré

§ 202.

ADVERBES DE QUANTITE AVEC DES ADJECTIFS
:

245

élevé ou inférieur

ils

se

confondent par conséquent en partie
les

avec
latin.

les

formes qui marquent
ligne
il

degrés de comparaison en

En première
au
t.

faut cher: plus et magis,
les

pour l'emploi

respectif desquels nous avons déjà donné
tielles
II, §

indications essen-

65.

Quant
la

à expliquer leur singulière distribudifficile;

tion géographique,

chose est

en tout cas

elle

est

assez ancienne, car déjà les écrivains chrétiens préfèrent magis

en Espagne, plus en Gaule
encore melius
:

et

en

Italie.

A

plus et magis s'ajoute
et

en

a. -franc,

dune prist mulier vaillant

honorede,

Des miel^ gentils de tote la contrede (Alexis 4 ; cf. bien at set an^ e miel^^ Charlem. 310), en prov. que per son dreg si combat

A

mielhs dreg en sa eretat (B. Born, 14, 67;

cf.

aitant

cum aurs

val nuiis d'azur Val melhs

e tant

es

plus complit^ sos pret^ 32,

43), mais tout particulièrement en catalan. Le contraire de plus est minus en ital. meno, franc, nwins, esp.-port. menas;
:

en

même

temps

l'ital.

dit

aussi manco.

degré élevé, on se sert surtout de mùltum

Pour indiquer un en roum. mult
:

frumos,
port,

ital.

inolto bello, a. -franc,

mont

biaus, esp.

muy
l'a

hermoso,

tnui formoso.

Seul

le

français

moderne
dans

a délaissé

moût

(237)

comme
réalisée

adverbe aussi bien que
très.

comme

adjectif et
la

remplacé

par bien ou

Une
les

différenciation

forme n'a été

que dans

langues de l'Ouest, qui à l'adjectif mucho

esp., muito port,

opposent l'adverbe muy, mui.
à la règle

Au
à

point de
I,

vue phonétique, conformément
il

formulée

§ 483,

faut

voir dans l'adverbe
les

une forme employée

l'origine

devant

consonnes, opinion que pourrait
nobres
à côté

aussi confirmer
si

l'a. -port,

mui
en

l'on n'avait

même

de muito alto (Rom. IX, 438) temps mui honrados; mais en tout cas

la

répartition actuelle est différente.
lejos,

muy à

la vista,

muy

enfermo,

En effet, l'espagnol dit muy muy arrepentido et au contraire

esta

enfermo y mucho, d'autre part mucho màs hermoso, c.-à-d. que muy apparaît seulement quand il y a étroite union entre les deux termes. De même en portugais, quand l'union est
étroite, c'est muito qui s'emploie
:

moins
Pup.

muito a
et

ciisto

(Diniz,

103), exemplo muito para tentar (106)

même
très,

muito

bons dias (37).

En

ce qui concerne le

français
mult

on rensalver

contre déjà dans l'Alexis par pénitence s'en pot

très

bien

(lo)

à côté de dreit a Lalice, une

citet

bêle

(17). Ensuite

246
il

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 202.
fort, a. -franc.
:

faut

mentionner

/or/^

:

en roum. Joarte, prov.
le

fort et

encore aujourd'hui /or/ riche;

mold.

tare (dur^ fort)
:

tare

bàtrân (très vieux); en outre

le

roum. prea
le

prea bun

(très bon),
Jik


«

se

confondent
lat. fîcte

le

ht. prae et

slave prea; l'obw.
la la

provenant du

probablement avec

signification

primitive de

épais, ferme, dur. »,
les

donc avec

même
et

valeur
^iiond,

fondamentale que

formes précédemment

citées,

dont

la

provenance n'est pas tout à
sobre,

fait claire.

A
:

l'Ouest on

rencontre

qui est à l'origine une préposition

en esp. de

1300), sobre bonos (1881), sobre gent adobada (Appoll. 485), era de su sentido en sabra grant fallencia (Berceo, Sil. 557), où sobra au
braçeros
lieu de sobre doit peut-être se ranger dans la

todas las hondades era sobre abondada (Alex.

même

catégorie

que mucha
Ensuite
sance
:

bella

estoria

(p.

163);
les

cf.

sur ce point le § 400.
la suffi-

il

faut
ital.

mentionner

termes qui expriment
asse^:^

en

assai grande, franc,

beau, esp.
italien et

asa:;^ viejo,

à

propos desquels on doit observer qu'en
en partie aussi envieux français
sance
» a
la

en espagnol,

signification « jusqu'à suffi».

dégagé

celle

de
:

« très,

extrêmement

Même
i,

phénoexpri-

mène
màs

avec l'esp. harto

harto mejor (D.

Quich.

23), harto

fuerte etc.
ital.

Une

quantité excessive, en

lat. nitnis, est

mée en
la

par troppo,

en prov.

et a. -franc,

par trop,

mot

d'origine inconnue, qui

du

reste a partout,

dans l'ancien temps,

simple signification de

« très ».

Les adverbes de comparaison

(238)

également aiment
sens
:

à s'unir

aux

adjectifs

pour en renforcer
si

le

en

ital.

cosi

buono, tanto bello, franc,
esp.

bon et aussi en
tâo

a. -franc,

tant

riche,
«

tan

grande,

port,

formoso

etc.

L'idée contraire

peu

» est

rendue par poco employé

comme

adverbe
et

:

en

ital.

poco cortese, franc, peu gentil, esp. poco amable

d'une manière analogue en roum. putin.

En même temps
un peu
r,

l'on

emploie un poco

:

en

ital.

//;/

poco acerbo, franc,

anwr, esp. un poco arrogante y un mucho desdenoso (D. Quich.
14), port,
a. -franc,

um

pouco amargo; simultanément
:

on trouve

aussi en

auques

quant
'

il

furent d'eus auqiies près (Ben.,

Chron.

28755), en prov. e l segons es savis e bos terriers c alques lares algo enamoradiio (Nov. ej. (Appel, C. 98, 5), en esp. algo
:

17) et en

a. -port,

quanto

:

era ja quanto allongado (GrisX 120).

Le ROUMAIN exprime

cette

nuance par cam

:

un flàcâû cam

§ 202. 203}h\^risor

ADVERBES DE QUANTITÉ AVEC DES ADJECTIFS
:

247

peut-être

(Doine 66, 8 un jeune garçon un peu noir), où il est permis de voir un indéfini qiiam, qui a le sens
cf.

de aliqiiam;
et p.

à ce

propos

le port, qiianto

ci-dessus

mentionné
:

100. Enfin reste l'esp. demasiado (démesurément)
le

detiia-

siado rico et dans
sobejo

même

sens

l'a. -port,

sobejo

:

cra

manso

(Graal 4).

Or

à cette série

s'ajoutent encore, surtout à

l'époque moderne,

toute espèce
vient
d'être
les

d'adverbes
signalé,

tirés

d'adjectifs.
le

Au

forte

etc.

qui

correspond

franc.
erat
bêle

durement déjà employé dans

IV Livres des Rois, où
durement

autem mulier piikhra valde

est traduit par si fiid

(154); d'Aubigné se moque de grandement petit (Faen. 2, L.). En outre on peut citer ici, pour nous en tenir uniquement au
français,

extrêmement

élevé,

divinement

belle,

infiniment

obligé,

puissamment
fication
celle

riche, la nuit est terriblement noire

(L.), où

la signi-

primitive disparaît tantôt plus, tantôt moins derrière
l'idée. Si

du simple renforcement de
c'est

puissamment, p. ex.,

évidemment qu'on a encore conscience du sens propre de l'adverbe, bien que d'ailleurs Corneille dise je sentirais mon mal puissamment soulagé (Veuve 1525); d'autre part, si terriblement amoureux semble révéler un effacement complet du sens de terrible, ce pourrait néanmoins
s'unit en général à riche,

être avec

une intention raisonnée que Dancourt
terriblement
ici

a choisi pré-

cisément cet adverbe lorsqu'il écrivait un commissaire qui donne
sa bourse
est

anwureux (Bourg, de quai.
à

2, 8

apud
cer(239)

L.).

Nous devons

renoncer
pourra

approfondir davantage l'étude de

cette question;
tains substantifs

il

suffire d'observer
le

encore

que

également s'unissent dans
adjectifs
:

même
:

sens, avec

une valeur adverbiale, aux
merveilles chier (Rich.

cf.

en

a. -franc. //

Tavoit

mais (Appel, C. 65, 72
§ 203.

2187) ou en prov. beaucoup plus).
:

})iassa

cf.

massa

Le GROUPEMENT DE PLUSIEURS ADVERBES

est

uu phéà

nomène qu'on
minus
:

rencontre aussi. D'abord plusieurs des termes
))iagis et

comparatifs cités au § 202 peuvent s'unir à plus ou
il

est

donc permis de dire en

ital.

molto più fiero, assai

più grande, poco meno importante, assai più poderoso etc., usage

un peu plus

restreint en franc,

mod.

:

bien plus cher et alors aussi

beaucoup moins beau, un peu plus grand, mais on a cessé de dire

248
îres

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
a. -franc, la

§ 203.-2O5.

plus etc., tandis qu'en
très

plus très belle née
i,

(Doon

38), la

plus

belle créai lire

(Watr.

59), la très plus mer-

veilleuse estoire

ÇCléom. 89) sont des tournures très fréquentes; en esp. niucho mâs agraâable à côté de cl enfernw esta muy mejor,

poco nienos dijîcil, asa~

mâs grande, en

port,

mui mais for moso,
qui se joint

pouco vienos valente.

A
et

noter spécialement

l'ital. vie,

uniquement

à piii

aux comparatifs

:

vieppiù grande et autr.

locutions sembl.

Indépendamment de
trop

celles-ci,
les

en VIEUX FRANÇAIS moult par furent
116),
le
//

noces

on doit signaler grant (Cléom.
cf.

rois

pour cou

mieux Fama (Emp. Coust. 81;
en prov.
trop

franc,

mod. par

trop mauvais'),

ganre mais

(Appel, C. 9, 13) et autres.
§ 204.

Les adverbes étudiés dans

les

paragraphes précédents

s'unissent
substantifs,

non seulement

à

des adjectifs, mais encore à des
:

cf. en notamment à des noms de personnes a. -franc, ceste rote Oui de si prodomes est plainne (Ch. Lyon 2334), franc, mod. // est si très honwie de bien (Jodelle, Eug. 2, 3), je ne le savais si père de famille, en esp. muy senor mio,

et aussi

en franc,
ils

le

plus âne (La Fontaine, Fabl. 3, i) et autr.

sembl.;

se joignent
le

en outre

à

des expressions composées
:

cf. en franc, si à ou d'adverbe propos, très en vogue, en esp. mater ias mâs llanas y mâs al alcance cavade mi inteligencia (J. Valera, Com. Mend. 142), en port.

qui jouent

rôle d'adjectif

leiro

que eu mais de grado veria (Graal 193) etc.
ici

ce n'est pas
egli è

la

véritable place de tournures
scultore, franc,
celui-ci est

Au contraire, comme l'ital.
homme que
é

più pittore che

plus

son frère, parce

que l'adverbe, au moins à

l'origine, est rapporté

au verbe. Cette observation s'applique également au port,
muito verdade.
(240)

§ 205.

Nous avons un phénomène

différent dans

un emploi

attributif de l'adverbe

dont l'examen nous permettra de passer

ensuite directement à l'étude des adjectifs. Déjà au

t. II, p. 484 nous en avons donné quelques exemples. Ajoutons-y en roumain asa asa gradinà (Basme 81,3 tel jardin), un asa pom (72,
: :

8

:

une

telle

pomme;
le

cf.

II, p.

653), tournure avec laquelle
persouno ansin (Mistral, P.
i,

concorde exactement
R. 90),
l'esp.

prov.
as!

iino

un hombre

(Galdôs, L. Roch

ni),

le port.

§ 205- 206.
projectos

EMPLOI ATTRIBUTIF DE l'aDVERBE

249

asim (Diniz, Pup. 190),

uma

ensuite en

obw. davos

(de

ad post)

=

causa assim (94). Vient

derrière, la davos part (la
scolari,

partie postérieure),

en

ital.

ha assai pin

la

più gente

pensava

cosi,

en esp. la demas hacienda, somos tan caballeros como
seïiora

vos, el sienip^e venccdor, la sienipre

mia,

el

nunca medroso
auteurs

(D. Quich.

I,

18), puis aussi la sin par Dulcinea etc., en port.
les

mais tempo. Le français offre peu d'exemples. Chez

modernes on trouve

parfois j'ai très faim,

fai

très soif, j'ai si
il

peur et autr. locutions sembl.,

où sans doute
si froid.

faut voir

une
l'in:

simple assimilation à j'ai
fluence de
//

très froid, j'ai si froid,
il

nés sous

est très

froid,

est

En
être

d'autres termes

des substantifs au régime direct dépendant
adjectifs servant

du verbe

avoir et des
la

de prédicats au

verbe
état

s'emploient de

même
Si

manière pour exprimer un
la

physique ou psychique.
le

donc

langue possède deux moyens pour rendre
elle

même
à

phénomène psychologique,

s'efforce

pourtant d'arriver

l'uniformité d'expression, c.-à-d. que,

là où elle doit indiquer une manifestation particulièrement intense du phénomène en

question, elle a recours au

même

adverbe de comparaison, bien
la

que, à observer rigoureusement

grammaire,

il

eût fallu des

formes différentes,

et la raison
les

qui aura déterminé cette unifor-

misation, c'est que
substantifiés.

régimes directs sont aussi des adjectifs

Sur

si

et très, cf.

A. Tobler, Zs. 21, 172-175, où notamment

le

phénomène du

français

moderne examiné en dernier
;

lieu, est établi

avec des exemples de toute espèce à l'appui

une interprétation un peu
lui

différente de

celle

il y reçoit d'ailleurs que nous venons de

donner.

§ 206.
stantifs et
latin

Les ADVERBES de temps deviennent alors
il

et

de lieu s'unissent aux sub-

les

équivalents des prépositions.

En

déjà
les

n'existe pas

de délimitation nettement marquée
:

entre

deux espèces de mots

on

dit

quinque diebus post ou
(241)

post quinque dies, quinque diebus ante et ante dies quinque et l'on

a l'habitude de considérer post, ante

dans

le

premier cas
Il

comme

adverbes, dans
fait

le

second

comme

prépositions.

en

est tout à

de

même
les

en roman, où nous rencontrons une série de

mots dont

uns conservent leur position indépendante

et se
et

joignent tantôt à un

membre

de phrase, tantôt

à

un autre

250

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS
des adverbes,

§ 206.

sont alors rangés au

nombre

tantôt se placent

devant des substantifs et deviennent alors des prépositions; ou
bien nous trouvons d'autres mots que
le latin

emploie

comme

adverbes et

le

roman comme
latin, car

prépositions.

En roman
critère

bien plus

encore qu'en
tuaient
ici les

s'est

perdu

différents cas, c'est la
si

que constiplace des mots qui permet
le

de distinguer

l'on se trouve en face d'un adverbe

ou d'une

préposition. Voici à peu près les exemples les plus importants
à citer;

en première ligne on peut énumérer ceux qui sont
le

propres à tout

domaine roman.

Lat. voRis, foras (au dehors)
il

:

en roum. fàrà fricâ (sans crainte); en a. -franc, qu'avec un verbe accompagné d'une négation
gent que Caries ait plus chiere, fors
et
l'a

ne s'emploie
sux_
ciel

:

nad
il

cels

de France (Roi. 3031)

de nos jours encore
aussi dans
trois,

il

a le sens de « excepté »,

mais alors

une phrase
l'ital.

affirmative

:

ils

y

sont tous allés hors
:

deux ou

puis aussi dans le langage plus familier

il est

logé

hors la barrière;

ne

l'a

nom

d'une église près de

Rome;

que dans S. Faolo fuori le mura, en roum. întru lat. intro
:

(dans), usité anciennement sans restriction, aujourd'hui seule-

ment devant une
macéd.
est très
tru,
ital.

initiale vocalique,

sinon on emploie
:

în,

en
int

entro (au dedans); intus
le

en

Italie ent,

répandu, surtout dans
:

Piémont,

la

Lombardie

et la
/

Venétie
à

cf.
:

p. ex. intu

li

tempi à

Burano (Pap.), abrégé en

Vicence

tei

tempi (Pap.). puis au

Sud par
au

delà l'Apennin à

Città di Castello, parfois en vieux siennois, en

Ombrie
il

:

cf.

à
ici

Assise ntoir artornarsene (Pap.
aussi l'on trouve le simple
t,

531 mais seulement quand
:

retour);

ensuite

se joint à

ad

:

Voffesa fatta ta

sta

donna, en pérous.
:

le

mpulite^T^e ta gli

altri faite

SUBTUS

:

(Pap. 536); rétro en prov. reire, a. -franc, riere; en roum. supt, ital. sotto, franc, sous, dont au reste on
:

rencontre déjà des exemples en bas latin; sursum
prov. et
a. -franc,

en

ital.

su,

sus.

Ensuite on

peut

encore

mentionner

LONGU
(le

:

en roum. lângà (à côté de),
à),

ital.

lungo et lunghesso

long de, conformément

en

a. -franc,

uniquement dans

ce dernier sens lonc la costume (Érec 1846), loue son savoir (2 11 7) etc., en prov. lonc. Parmi les formes spéciales à une seule

langue,
(242)
à

il

faut citer en première ligne le

roumain

la,

qui peu
et

peu a complètement éliminé l'ancien a (issu de ad^

qui

§ 206. 207.

PRÉPOSITIONS PROVENANT d'aDVERBES

25

I

doit provenir de illac (y. § 428), puis drept

(conformément

à)

de directum. L'italien nous offre pressa et appresso (auprès de),
intorno qui garde,
il

est vrai, le plus

souvent sa valeur adverfrançais a dans
:

biale (§ 370), dietro sorti
les
i

de de

rétro (§ 13 i); le

premiers temps ensemble (avec), près (presque)
de! Mustier (S.

près une

liive

ad

Thom.
reqnert
e

actuel,
«

endroit
:


te

l'endroit

79 de)

a, et

13),

après (après) au sens
le

pour marquer

temps
e

vers »

de ceo
to:(

semunt Chascuns cuni père

sire

e rei
le

Et

je

premers endret

niei

(Ben., Chron. 13252), endroit
et

cok

canf ant

Çjmse

i\oi), enionr
estiers

environ,
cf. les

usités

jadis

et

aujourd'hui,

a. -franc,

(hors de;
:

en a.-gén.
fuitis alast

aster'),

soventre (après,

de seqnenter)

soentre

(Brut,

9175), enfin avec, qui primitivement n'avait d'autre emploi que
celui d'adverbe,

emploi

qu'il a parfois

même

encore aujourd'hui,
et

mais qui de bonne

heure devient

préposition

supplante
poriiec
:

l'ancien od; ajoutez-y le
(II, §

composé de

même
le rôle

formation

626), qui joue aussi quelquefois

aies proekes le parkeniin
il

(Emp. Coust. 397).

— Pour l'espagnol
la

de préposition

faut p. ex. citer bajo, encima, entorno.
§ 207.

Ces adverbes n'ont pas tous suivi

même

voie pour
le

passer au rang de prépositions.

Ceux qui
//

s'expliquent
et

plus
avec.
exil

aisément sont en

a. -franc,

hors, ensemble
dis

plus tard

Dans des phrases comme
san^ paour, ensemble sa

l'a. -franc.

Girar^ ala en

femme

(Gir. Rouss. 11),
:

encore clairement

l'adverbe

dans ensemble
êtres sans

il

on distingue exprime une

action simultanée de

deux

que

le

verbe soit répété

avec
être
tifs,

le second, mais la forme de sujet y est ou du moins peut y maintenue. Or, dans une classe nombreuse de substan"

l'identité

de forme au cas sujet et au cas prépositionnel

rendait presque inévitable

une

altération
s'est

entre ensemble

qx.

femme. Celle-ci
s'en li reis

point dans vait

W

du rapport qui existe produite jusqu'à un certain
la

illame voc son grant barnage (Jord.

Fant. 630), en ce que son grant barnage a revêtu
cas

forme du
à
fliit

prépositionnel;

mais
le

cette

altération

n'est

tout

accomplie que quand

mot accompagnant

ensemble, avec ne

désigne pas un être animé agissant par lui-même, mais que c'est

un terme
grant

abstrait

ou un

nom

de chose

:

cf. et

s'entorna ensemble

joie de

victoire en 'son

chastel

(Gir.

Rouss. 59), où l'on

252

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 2O7.

voit qu'il ne peut plus être question d'une action
(243)

commune,
La chose

ce qui détruit le rapport de ensemble avec le verbe.
est

un peu plus

difficile

avec longo ou avec intus.
s'entrecroisent.
Il

On

dirait

qu'ici des tournures différentes

arrive

très

couramment qu'un adverbe
position correspondante
ville,
:

soit joint à

un

nom

par une pré-

en

ital.

fuori délie
l'ital.

même
le

temps dans

mura, cette différence

on dit donc en a. -franc, en^ en la mura (v. § 274). Or, si l'on trouve en du Nord ent la villa, puis en ital. /«on s'expliquerait comme une sorte d'abrépour omettre
la

viation, c.-à-d. qu'on serait parti,

préposition,

des cas multiples dont

il

sera question dans les §

269 sqq.

et

où de
est

etc.

peut s'omettre ou s'employer, puis cette omission

aurait également été introduite dans les cas

la

préposition

réellement nécessaire.

Ou
nom

bien on pourrait dire que intus,

foris sont insensiblement

descendus au rang de prépositions, de
au cas prépositionnel.

manière qu'on a mis
nière hypothèse
est

le

Une

der-

qu'on aurait d'abord employé l'adverbe,

puis que, pour l'expliquer,

on y aurait ajouté après coup
fleuve).

le

substantif sous sa forme absolue; ainsi p. ex. audar lungo (aller
le

long)

il

fi

urne (c'est-à-dire le

Quant

à

déterminer
cas spécial,

laquelle de ces trois voies
c'est

on

a

pu suivre dans chaque

une question qui réclamerait des recherches approfondies.
Nous n'avons
ment
avec
pas mentionné ci-dessus
l'ital. fl":^î, a. -franc, aui:^

et

franc, puis parce qu"on n'en a pas encore
l'origine. Diez,

déterminé assez exactefait

Gramm.

II,

483 Rem.,

à l'étymologie qui

tire l'ital. ent

de intus l'objection que ce mot

se présente

uniquement
casa.

l'article défini,

qu'on dit donc ent

la casa,

mais non eut

Mais ce phénomène peut s'expliquer de diverses manières. Lorsque ent précède un mot commençant par une explosive ou par 5, n, m, il
perd son
t

et

par là s'identifie avec en

;

c'est
Z,

seulement devant

les

mots commençant par une voyelle ou par
les

r,

peut-être par/, î'que

deux prépositions conser\'ent des formes distinctes. Ainsi pourfacilement s'expliquer que eut se maintienne précisément devant l'article et disparaisse ailleurs. De plus, nous avons montré au
rait-on
§ 179

que

les

prépositions ne toléraient primitivement aucun article

après

elles. Si l'on

admet

la

troisième des explications proposées
préposition ent, on peut dire que

ci-

dessus pour l'origine de
s'est

la

la casa

ajouté à entrar ent pour l'expliquer, auquel cas la forme avec
justifie alors

article se

absolument. Enfin

la

forme

intul

invoquée

plus haut établit à toute évidence l'inadmissibilité d'une hypothèse

qui

tire cette

préposition de

en-l.

§ 208. 209. § 208.
et

ADVHRBH DE LIEU APRES UN NOM DE LIEU

253
(244)

A cette catégorie se rattache une tournure particulière uniquement espagnole qui s'observe dans des cas tels que
coio

vansse Fenares arriha (Cid 542),
qiie

Salon ayuso (577), creo

fliera

bucno que mandascis doscientos caballeros Henares abajo

(Trueba, H.

Cid 30),

andar dos horas bosque adeniro

(47),

caminaban Diicro abajo (85) et autr. sembl. Il s'agit donc ici du fait qu'un adverbe désignant le lieu se place derrière un

nom
Dans
«

de lieu avec
les

le

sens que possède ailleurs

la

préposition.

autres langues, on ne peut guère mentionner d'usage
et à celui

analogue à celui-là
après
»

du

latin

que pour
:

«

avant

» et

avec des déterminations temporelles
ore dopo,

cf.

en

ital.

due

are

prima, due

en franc, quelques jours avant, cinquante
la

ans après, où l'on pourrait voir

simple continuation de

la

tournure latine.

B.
§ 209.

COPULATION

La copulation de deux mots s'opère principalement
prépositions et de conjonctions; quant à
la diffé-

au

moyen de
les

rence, au point de vue de la forme, entre ces deux espèces de

mots dans
que
les

langues

à

flexion, elle

consiste en

ce que les

prépositions indiquent

le cas

du mot

associé à
le cas

un

autre, tandis
:

conjonctions n'exercent sur

aucune action
le

cf.

en ht. pater cum matre

à côté de pater et mater;

au point de vue premier

du sens,
cas,
le

la

différence

consiste en

ce

que, dans

Dans les langues dépourvues de flexion, la première distinction tombe naturellement, et la seconde semble parfois s'effacer, ainsi notamment dans la copulation avec cum donnée en exemple. En effet, dans toutes les langues romanes on peut dire pater cum matre veniuiit, ce qui ne se différencie donc en rien de pater et mater veniunt, mais plutôt attesté une complète assimilation des deux
second
substantif est subordonné.
substantifs;

en revanche,
venit

la

tournure également possible pater

cum matre
verbe,
tions,
la

exprime

à toute évidence, par le singulier
.

du

subordination de cum matre à pater
la

Dans

ces condisi,

on pourrait bien soulever
il

question de savoir

dans

de semblables combinaisons,

subsiste encore entre

el

et

cum

une

différence,

si

cum

aussi

n'indique pas plutôt

la

simple

254
(245)

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 209.

copulation.

Que cum occupe
roumain
§
Il

en

réalité,

parmi

les prépositions,

une

place à part et se rapproche
le

des conjonctions, c'est ce

qu'atteste


la

d'examiner au

218

179); dès lors il est bien légitime copulation des noms de personnes au

moyen de cum.
et

est vrai

que

la

complète identification avec

et sic n'est pas

encore accomplie, vu qu'au sens d'une con-

jonction

cum ne

se rencontre qu'avec des

noms

d'êtres vivants.

Les observations qui précèdent sur cum s'appliquent encore à
plus forte raison à
inte?-

absolument plus
de
la

l'effet

et (§ 217), locution où inter ne fait d'une préposition. En général l'étude
. . .

copulation fournit,

bien plus encore que

les chapitres

traités jusqu'ici, l'occasion
la

de constater combien peu solide est

des parties du discours. Déjà p. 74 et montré que la particule comparative como est souvent assimilée à une préposition, c.-à-d. qu'elle exige après
division habituelle
a

75 on

elle

un pronom au
segi'in
tiï

cas prépositionnel. Inversement la préposi-

tion espagnole

(selon) est traitée

comme un

advei'be

:

cf.

segûn

yo estoy en pecado mortal porque visto bien (Galdôs, L,
152).

Roch
pour
tion.

I,

Comme

pour

la

juxtaposition,

il

faut aussi

la

copulation distinguer entre coordination et subordinala

A

première classe n'appartiennent généralement que

des mots de
entre eux

même

espèce, c.-à-d.

des substantifs s'unissant

ou avec des pronoms,
la

etc. Il faut peut-être

observer

que, dans

copulation

coordinative d'êtres différents,

mais

appartenant au
alter

même
se

genre, les
et
«

Romans peuvent employer
les

avec

le

second

membre
de

suivants,
»

tandis

que

les

Allemands ne
d'unir
disent
le

servent

ander

que

lorsqu'il s'agit
:

nom

d'une espèce particulière à celui du genre

ils

donc Gold und andere Metalle (de l'or et d'autres métaux), alors qu'en ital. on a Voro e Valtro argento, franc.
Vor
et

r autre argent, esp.

el oro

y
la

la otra plata, port.

ouro

e

a

outra prata. La répartition de

matière est en

somme

déter-

minée par la distinction entre coordination et subordination. Pour cette dernière, il faut en outre considérer si les éléments associés sont de nature identique ou dissemblable.

§210. 211.

COPULATION' COORDIXATIVE

25)

I.

Coordination

§ 210.

La façon

la

plus simple d'associer des mots

homol'ad-

gènes consiste en
de trace;

latin

dans l'intercalation de dans tout

et

ou dans

jonction de que au second terme. En roman, que a disparu sans
laisser
et

(246)

a persisté

le

domaine, sauf en
613; en Roumanie,
la

Roumanie, sous
on
l'a

les

formes

citées

au

t. I,

§

remplacé dès l'origine par
par être de

si

(de sic\ c.-à-d. que

coora

dination y est considérée

commencer
Lat.

comme un acte ou un état qui même nature. Nous avons donc
:

PATER ET MATER
tatà si

CŒLUM TERRA QJJE
cerïii si

BOXUS ET PULCI
bun {ifrnmos

Roum.
Eng.
Ital.

bap

e

mamà mamma
e

tara

ce! c terra

bum
bon

e bel e bello

padre
et

madré
mère

cielo e terra
ciel
et

buono
et

Franc, père
Esp.
Port,

terre

beau

padre y madré

cielo
ceii

y
e

tierra

bueno y hermoso
boni e formoso

pay

e

iiiày

terra

Lat.

RIDET CANTATaUE
ride si cdntà

Roun-1.
Eng.
Ital.

ria e kanta
ride e canta
.

Franc
Esp.
Port.

//

rit

et

il

chante

rie
rie

y canta
e

canta
e
:

C'est un renforcement de ce simple mod. emai, port, c mais (proprement
cela), qui
si

qu'on a dans
et

le

prov.

de plus, et outre
e
:

a

presque
si fiho

la

même

valeur que

Eli fasien ana
aller
le

dono emai

(Mistral, P.

R. 6

:

eux faisaient

leurs

dames
et

et

leurs filles^. Ion gros

Tbni emai d'autre (164
te

gros Toni

d'autres^ etc.,

en port, raios

partent e

mais a

tua mollcT^a

(Gomez de Amorim, Am.
cette

Patr. 250).
la

§211.
ni, ne,

A côté de

forme

et

et

pour

remplacer, on trouve
restreinte,
fait

également au

moyen

âge, mais dans

une proportion

qui est à proprement parler une négation. Si l'on

256
abstraction

CHAPITRE
des phrases

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 211. 212.
5),

et

périodes négatives (Chap.

on

constate que l'emploi de cette particule se borne en général à

unir deux termes

synonymes

:

cf.

en

a. -franc. Joffrois
il

li

coi-

sona mult durement, cornent ne en quel guise

avait prise la terre

(Villeh. 29, 143), en prov. quar F apellat:;^ caniiairit:( ni leugeira

(Appel, C. 91, 42), ben aia
noirit ni
'

/

maire que

"

us portet
el

e

que

'

us

us allaitet (Flam. 1928), en esp. ved

curso d que es

tomado nin
(247)

uma
Il est

los fechos commo van (C. Baena i, 143), en port. a mais fremossa nem a mais saborosa (Graal, 105). fonte

à peu près impossible de tracer
cet

une ligne de démarcation
dont
il

entre
§

emploi de

ni,

ne

et celui

sera question au

213; toutefois ce serait aller trop loin que de vouloir y faire rentrer également les exemples cités et d'autres analogues.
§ 212.

En

ce qui concerne les termes unis par copulation,

il

reste encore
ainsi

quelques observations à formuler.
qu'ils

On

aime
:

à unir
ital.
:

deux démonstratifs,
ciastà
si

soient différents
le

en

questo e quello, a. -franc, cis et cil

ou que

même

soit répété

en rouni.
en

ciastà veaste

(cette nouvelle-ci et celle-là),

a. -franc, cist et cestes,

en

a. -esp. d'ella e d'ella

parte danse golpes
la

sobejos

(Hita 109 1) où, dans l'un
la

comme

dans l'autre cas,

valeur de

formule

est d'indiquer, sans exception, la totalité des
il

êtres particuliers

dont

est question.

En somme, on

peut poser
et

comme

règle fondamentale
la

que

seuls sont unis par

les

mots

qui appartiennent à
rente dans des
(Villeh.
(J.

même classe. L'exception cas comme l'a. -franc. // ert prisiés et
una gruta mayor y
de

n'est qu'appa-

de grant renom

148, i), l'esp.

mâs grande enîrada
ou
l'ital.

Com. Mend. 62), le amigo (Gomez de Amorim, Am.
Valera,
biacevole e

port, era conselho prudente e de Patr. 151)
:

una

cosa

da

ridere

(Lasca 144, 9)

ils

sont plutôt une preuve
l'adjectif et de
(cf.

de l'équivalence déjà souvent signalée entre
ital.

(en

dans certains cas da) avec un substantif
il

p.

13). Mais,

à

côté de ces cas,
et

s'en

présente d'autres où

sont pour-

tant unis par
faire

des mots que leur signification permettrait de
et

entrer dans une juxtaposition attributive. D'abord
le

se

trouve parfois en italien entre

terme général

tutto

et

une
de

détermination spécifique, c.-à-d. aujourd'hui avec un

nom

nombre déterminé

:

tutti e

due, tutti
11
etc.),

e tre,

mais aussi en
e

a. -ital.

tutto e cid (Trist. ricc. 7,

tutti

quanti (108,

14);

§212.
ensuite
il

COPULATION AVEC
faut peut-être ranger
e
ici

Ct

257

allrcllanlo, altreltale et fina-

lement
le

beir

contenta, helV e fatto etc.,

bcllo est à

son tour

terme général,

contento

etc.
et,

la

détermination spécifique.
redoublece qui est en effet de règle
et

Qii'il s'agisse ici partout

de

c'est ce qu'atteste le

ment de
après
et

l'initiale
(I, p.

du second mot,

543)-

De
:

plus,

en espagnol

en portugais,

et

est usité lorsque muUiis et
tif

un

adjectif s'ajoutent à
iiiiichas

un substan(beaucoup
copulation
(248)

pour

le qualifier

cf.

en esp.

y diversas aves (beaula

coup d'oiseaux divers), en port,
de bons
livres).

miiitos e bons livros

Enfin l'espagnol possède en propre
et

d'un substantif

d'un adjectif par
lasiiina

et

:

verguen:(a
es

(Trueba, H. Cid 74),
ternis

y grande

y grande séria (104), ra^on y grande

(123), puis esta enferma y mucho et autr. sembl. Il est vrai que, dans ce dernier cas, l'adjectif (ou l'adverbe) paraît
posséder, grâce
juxtaposition
laquelle
a
à
la

copulation qui remplace

ici

l'habituelle

attributive,
lui

une indépendance

plus

grande,

pour but de
«

donner du
et
si,
ici

relief,

de sorte qu'on
».

peut traduire par
tefois

une honte,
et

une grande encore
la

Touce cas

on doit
le

se

demander

comme

traduction paraît

induire à
et les

croire,

possède

un sens

spécial

ou
».

si

deux autres sont de
tutti e

même
«

nature, car on peut tout aussi

bien rendre
tère
belle,

due par
c'est

tous, à savoir

deux

Le

carac(tutto,

commun

à tous,

qu'un terme plus général

mucho, un substantif) s'y trouve précisé au
et

moyen d'un
la

terme plus spécifique qui, pour bcUo

mucho, appartient à

même

classe

de mots ou du moins à une classe susceptible
tutto,

d'englober aussi

mucho;

c'est

également qu'on choisit à
est

cet effet la tournure

grammaticale qui

en usage, non quand
lorsqu'ils sont

deux mots homogènes sont subordonnés, mais
l'idée adjective

coordonnés. Ainsi, dans mucho, l'Espagnol sent plus nettement

que
que

l'idée
l'idée

numérale;
d'unité.

et,

dans

tutto, l'Italien

sent

plutôt celle-ci

En revanche,
d'être

grande pourrait
différente.

bien

avoir

une raison

y psychologique

vergiien:^a

Sous l'empire de l'émotion,
vergiienifi

celui qui parle veut

encore ajouter à

moins équivalent,
mais
alors,

afin

de

le

un second terme, de sens plus ou renforcer il continue donc avec y,
;

au lieu du second substantif,

il

emploie

l'adjectif

qui exprime

un degré élevé de

ce sentiment.
17

MuYER-I.UBKi-, Giuminaiic III.

258
Sur

CHAPITRE n
tutti
l'

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 212. 213.

due,

H.

Morf

(Phil. Abhandl. dédiés à Schweizer-Sidler,
:

71-79) émet une autre manière de voir
sée en tutta (employé
tient pas

d'après lui, tutte due vien-

drait de tittla due et cette dernière expression devrait être

décompoet

comme plund)

due; mais cette explication ne
d.

compte du redoublement du
Littbl.

Ue

représente aussi

pour

H. ScHDCHARDT,

1891, 414, H. L.

Notes VII, 495, G. E. Parodi, Trist. ricc. nier part du lat. tutti et siuguli, mais l'explication ne
fondée, car
ici
si

Mexger, Mod. Lang. CLXXXII, Rem. Le der-

me

paraît pas

l'on associe les

deux termes opposés,

c'est qu'il faut
le cas

(249)

exprimer tout l'ensemble des individus, ce qui n'est pas
tutti e due.

avec
je

Sur

la

locution simultanément employée tutti a due,
avis.
</o5
Il

n'ose émettre

aucun

est difficile

de voir ad dans Va, à cause

du

sens. L'esp.rtwzZ'Oi à
car,

(déjà dans le

Cid 2777, 2783) ne peut pas
la signification,

en être rapproché

au point de vue de

ambos est
justement

avec dos dans un tout autre rapport que

tutti

avec due,

et

ambi a due ne se présente pas en
chardt
fait

italien.

L'eng. amanduos, que Schue,

venir de ambo ad duo, peut tirer son a de
fait

bien que ce

mot

soit

vraisemblablement un emprunt

à l'italien.

§ 213.

Tandis que
an,
vel,

et

est

synonymes
jours (v.
I,

scu

indiquent

uniquement une

copulatif, aut

et ses

alternative.

De

ces

diverses particules,
p.

aiit a

persisté presque partout jusqu'à

nos

539); en revanche, seu ne s'est maintenu qu'en on a donc lata au fiul roumain, où il a pris la forme de sâu
:

ou

tata sâii fini, eng.
le

//

bap u
el

cl fil",

ital.

il

padre od
o

il figlio,

franc,
filho.

père ou

le fils,

esp.

padre

o el hijo, port,

pay ou

o

Le simple aut peut

être renforcé par toute espèce d'ad-

verbes,

comme

en

lat.

déjà aut vero, qui a pour correspondants
si

en

ital.

ovvero et aussi oweramente, o

veratmnte (Cellini 14),

puis pour

introduire une
ossia,

rectification

en

ital.

oppure,

plus

rarement

avec un pluriel ossiano, ovuoi ou

voglia,

en

franc, ou bien,

en esp.
de

â bien

et

aussi en

a. -esp.

siquier (cf.

pour
au
fiiit

siquier § 219),

en port.

bem.

Ce qui
les

est plus

remarquable,
la

c'est la substitution

nec à aut

dans

idiomes de

France
tout à
tu

moyen

âge, substitution

moins fréquente en
:

Italie et

générale aujourd'hui en sursilvain

cf.

en

a. -franc.

/m le

par mal de moi, Por haine ne por despit? (Ch.
prov.
terra
e cel

Lyon 1763), en
tenir

que

los

a nwrt^ ni bri^at^ ni crmchit:{ Ja no deu
:

(Appel, C. 7, 113

et celui

qui

les a
cf.

tués

ou anéantis ou
410, à propos

écrasés,

ne doit

p;is

avoir de terre;
es

aussi la phrase revelar

sa rique^a ni sos ga:;anhs folia

dans

les

Leys

II,

§ 213. 214(Je

COPULATION AVEC

et,

Ûllt

HT

HCC
e

259

laquelle

on

fait,

il

est

vrai,
io

remarquer que

on

o serait

mieux), en
stilla

a.-ital.

Quanto

di lei parlai ne scrissi

Fu

brève

d'iti/îniti

abissi

(Pétrarque,
:

renforcé
(Barl.

par er (aussi)

for~a cbe jau
je
il

Sonn. 295); en obw. il est mora 0;^ ner damaun

264,

22

:

peut-être que

mourrai aujourd'hui ou
soleigl ne il luft

demain),
5
:

sche viess figl
fils

veng hauer

(Oct. 284,

si

votre

aura

le soleil

ou

l'air).

Pour

le

développement

du

sens, v. § 214.

que

Pour l'obw., la forme ne

cf.

n'a pu naître à son tour
italien

AscOLi, Arch. Glott. VII, 538, qui prétend aussi que de ner. Sur Vui dans la

(250)

formule de confession en ancien
129), je n'ose

du Sud (Arch. Glott. VII,
ce

émettre aucun
vel,

avis.

La phonétique s'oppose à

qu'on
tage
le

le tire

de

qui serait devenu vi; mais on ne peut pas davan-

rattacher sans difficulté à aut, de sorte que Ascoli a peut-être

raison de le corriger en ni.

En

revanche,

il

serait

permis de consijoint à Vi

dérer

l'a.-sicil. oi

(L. Viz. Virtù, etc.)

comme

venant de

de

7nai et piiii.

§214. Lorsqu'on
et

associe
le

deux mots que

l'on nie, au lieu de
les

et

de

la

négation avec
t.

second, on emploie nec sous

formes

signalées au

I,

p.

538-9.

Comme

en général

les

verbes seuls

sont susceptibles de recevoir une négation, nec se borne d'abord
unir deux verbes roum. nu pocïû tiicî
à
ni voglio, franc, je ne
:

le

lat.

non possum nec volo devient en

voiû, eng.

num

pas ni

vol',

ital.

non posso

peux ni ne veux, esp. non puedo ni quiero,

nem quero. Au contraire, lorsqu'il s'agit d'unir une affirmation et une négation, l'italien seul se sert de ne;
port, nâo podo

toutes les autres langues

décomposent

nec

en ses deux éléments
//

:

en
lut

ital.

vemte né voile andarsene, mais en franc.
s'en

vint

et

ne vou-

pas

aller,

esp. vino

quiso andarse

ne

soit
le

pas sans exemple.
détail,

y no quiso andarse, bien qu'ici ni Mais maintenant, si
l'emploi de
)iec

nous entrons dans
toute

prête
sujets

encore à

espèce d'observations.

Lorsque deux
et

ou deux

régimes différents se rapportent à un verbe accompagné d'une
négation,
ils

peuvent en provençal
:

en hispano-portugais être
l

unis par nec
esp. en toda
I,

en prov.

lo

poders ni

semblans no

es

en mi,

18),

mi vida m£ han sacado port. Codro nem Curcio
.
.

diente ni
.

muela (D. Qiiich.
.

Nrni

os Dccios

.

.

Jj;;i'ram

tanto (Lus. 4, 53). Mais,

un phénomène plus important,

c'est

26o

CHAPITRE

II

:

LE GROUPE DE MOTS

§ 214. 21 5.
et,

l'emploi fréquent de nec lorsqu'on attendrait logiquement

au point qu'il a de
et

même
211

fini

par prendre entièrement
le

la

place

ou aut

(v. §

et

213). Tel est surtout

cas avec les

comparatifs, dans les propositions subordonnées qui dépendent

d'un verbe accompagné d'une négation,
interrogatives, qui

et

dans

les

phrases

comme

telles

occupent une place intermé-

diaire entre l'affirmation et la négation, enfin après la préposi-

tion sine qui, elle aussi, renferme le sens d'une négation

:

cf.

en prov. ans me son tug plus que fraire ni oncle (Appel, C. 26,
9),

qui pot dir
lares,
lors
ses

ne

saber, anc

no fo cavaliers qui fos tan pros
clau.
Il

ni tan

porta ni ses
fiers

en

est

de

même

en

a. -franc,

fu pins
20),

(251)

n'i

a un

seul,

tant soit

que liepart ne lion (B. d'A. 349), espoentés Ki tiegne vraiement ne foi ne

loiautês (Fier.

Voir ne seroit pas avenant
seignor

Que au

pié

me

venist

la

suer

Mon

Gauvain

a nul fuer

Ne
:

sa nièce

(Ch. Lyon 3980), sans barat ni sans tricherie et autr. sembl. primero L'espagnol aussi fait un usage analogue de son ni
que
los

los

ofendas

ni

agravies (Calderon, Vida Sueiîo

i,

31-0),
I,

nids famosos hechos que se

han
tilde

visto

ni verân (D. Quich.
autr.

5), seu ahadir ni quitar

un

et

sembl. Cf. encore

Chap.

5.

DiEZ, Grammaire (traduction française)
Chrest. sous le

III,

402

et

K. Appel,
et,

mot

ni, font

encore, à propos de ni substitué à

une autre distinction basée sur la nature de la phrase. Mais déjà Perle (Zs. II, 20 sq.) a remarqué avec raison que pareille distinction
n'était pas admissible parce que,

en

réalité, ni a

précisément pris sans

restriction la place

de

et

ou

atil,

sans toutefois les éliminer entière-

ment. Donc, dans ce qui précède, nous devions nous borner à indiquer
les différents

points de départ de cette extension.

§ 215.

Dans

les

cas

examinés

jusqu'ici,

une conjonction
le

marquait, par

le fait d'être

placée entre deux mots,
la

rapport

qui existe entre ces mots; mais

conjonction peut égale.ment
et

ACCO.MPAGNER LE PREMIER MOT AUSSI BIEN QUE LE SECOND,
rendre ainsi plus fortement marquée
tion. C'est ainsi
la

copulation ou

la disjonc-

que nous avons déjà en

latin et-et (et-et), am/-

aut (ou-ou), nec-nec (ni-ni). L'usage latin dans son ensemble a
persisté jusqu'aujourd'hui
a fait

en roman, sauf naturellement qu'on
et

choix, pour remplacer

et aut, des

mots

cités

aux § 210

§ 215. 21 6.
et §

COPULATION AVEC COXJ. RÉPÉTÉE, COMPARAISON 26
p. ex.

I

211; on dira
fi pe.

en

wum.
:

fârà

niilâ

nias junghia

si

pi

(Doine 124, 3 sans pitié je m'aurais égorgé et moi et elle), au ti-i foame au ti-i setc au fi-i do?' de codrul verde? (Doine 264, 3 ou as-tu faim ou as-tu soif ou as-tu regret
mine
ea
:

de

la forêt

verte?),

tiicl

càlar nid pedestru (Gaster
ital.

II,

136, 12
e

:

ni

à cheval ni à pied),

en

ho già veduto moite sventure

mie

ed altrui,

raniico non

lo

raccontava
il

uscito di

mente, ne
satisfaire

famé ne freddo gli fece perdere

coraggio,
il

en franc,

aux

devoirs

et

de sœur
le

et

de femme,

faut ou vaincre ou mourir,
le

ni la

faim ni

froid ne lui fit perdre
se

courage, en esp.

el

(252)

motivo

no subsiste boy

desestima, brios que
ej.

me prometen
qui

ya remedio
et
il

ya vengan^a (Nov.
de

260), ni de noche ni de dia,
Il

en

est

même

en portugais.

fluit

rappeler, ce
et
le

résulte déjà de

ces exemples,

que l'espagnol

portugais

modernes n'emploient plus y-y, e-e et que seuls les vieux écrivains tels que Fra Luis de Léon, Montemayor etc. restent
fidèles à l'usage

latino-roman.

En revanche,
:

la

langue de l'an-

cienne épopée française y recourt avec une prédilection presque
fiitigante
et percie:^

pour nos habitudes actuelles
(Cour. Louis 369), envers

cf. s'iert ses escu:{^ et troe^
et

la gent

orgoillose et

maie

croi:{

(432), vuelt retorner et ses nés et ses barges (439), puis Feu font sor son helme d'acier, contre le cuer et devant et derrier

(597)

etc.,

et

d'une

manière analogue tant

soit

ne fels

ne

aspres (401),

ni demorra

ne calice ne chape (442) etc.

§ 216.

On

peut également unir deux termes au
:

moyen d'une

COMPARAISON
«

en

ital.

Dante
le

conie Petrarca,

en franc. Louis
et

XIV
»,

comme Napoléon avec
Louis

sens
».

de

«

Dante

Pétrarque

XIV

et

Napoléon
la

loin cet emploi, c'est le

La langue qui pousse le plus il a complètement abanroumain
:

donné
sj

et

au profit de

particule originairement comparative
et

(§ 210).

Les autres langues sont plus réservées

sur ce

point se comportent parfois de

manière assez inégale.

A
si

côté
e
si
:

du simple

coine,

I'italien

emploie

également

si-si,

ou bien, pour
et.

établir

une corrélation plus complète,
ad
udire,
si

cosî-come
diceva,

quanto m'era
i

ciô caro

per colui che

il

per

miei cittadini (Boccace, V