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B et C 8 Relativité restreinte 91

Chapitre 8 : Relativité restreinte

"Je n'ai aucun talent particulier. Je suis simplement curieux." (Albert Einstein)

1. Les postulats d’Einstein
«En 1905, Albert Einstein (1879 – 1955) publie un article qui allait révolutionner le monde
de la physique, intitulé « Zur Elektrodynamik bewegter Körper » (Einstein A. 1905 Annalen
der Physik 17: 891-921). Il y expose une nouvelle théorie en remplaçant les conceptions de
l’espace et du temps absolu de Newton par des conceptions relativistes sur ces grandeurs.
Pour cela il se fonde sur deux hypothèses dont il étudie de façon théorique les conséquences
logiques. Il pense que les résultats pourraient éventuellement être vérifiés ultérieurement par
l’expérience.
a) Premier postulat : le principe de la relativité
Toutes les lois de la physique sont les mêmes dans tous les référentiels d’inertie.
Autrement dit, des expériences identiques menées à l’intérieur de n’importe quel référentiel
d’inertie (= référentiel galiléen) donneront toutes les mêmes résultats. La vitesse d’un
référentiel d’inertie est sans effet. Il est impossible de trancher la question : sommes-nous au
repos ou en mouvement rectiligne uniforme ?
Exemple 1
Le café que vous versez dans votre tasse
s’écoule exactement de la même manière,
que vous vous trouviez au repos dans votre
salon, ou dans le compartiment d’un train
animé d’une vitesse constante sur un
tronçon rectiligne, ou encore dans un avion
en mouvement rectiligne et uniforme.
Exemple 2
Un vaisseau spatial B se déplace d’un mouvement
rectiligne uniforme par rapport à un autre vaisseau A
au repos par rapport à la Terre. A et B constituent des
référentiels d’inertie. Dans chacun des vaisseaux les
astronautes effectuent la même expérience qui consiste
à allumer une lampe à l’avant du vaisseau et à mesurer
la vitesse de la lumière émise. Résultat : Ils trouvent
tous les deux la même valeur c = 300000 km/s.
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b) Deuxième postulat : Le principe de la constance de la vitesse de la lumière
La vitesse de la lumière dans le vide est la même dans tous les référentiels d’inertie. Elle
est indépendante du mouvement de sa source ou de l’observateur.
Exemple 3
Reprenons les vaisseaux A et B de l’exemple 2 avec en plus une étoile lointaine double
envoyant ses ondes lumineuses vers les deux vaisseaux. Les astronautes de A et de B
mesurent la vitesse de la lumière issue de chacune des deux étoiles, ainsi que celle de la
lumière issue d’une lampe se trouvant à bord de leur vaisseau : ils trouvent pour toutes ces
vitesses le même résultat c = 300000 km/s.

Remarque
Ce postulat est difficile à admettre. Si la lumière est une onde on s’attend à ce que sa vitesse
soit mesurée par rapport à un certain milieu de propagation. Mais on n’a pas pu trouver un tel
milieu. Si la lumière est constituée de particules, sa vitesse devrait être mesurée par rapport à
sa source. L’expérience montre qu’il n’est pas ainsi. Il est important de se rendre compte que
ces deux modèles de la lumière, bien qu’extrêmement utiles, ne peuvent être considérés
comme des descriptions de la « réalité ». Les physiciens n’ont simplement pas encore réussi à
trouver mieux ! C’est pourquoi il ne faut pas essayer de « comprendre » le deuxième postulat
en visualisant un processus physique. Il faut simplement garder à l’esprit que sa validité est
confirmée par toutes les conséquences expérimentales.

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2. Définitions
Un événement est un phénomène qui se produit en un point de l’espace et à un instant unique
dans le temps.
Un observateur est une personne ou un dispositif automatique pourvu d’une horloge et d’une
règle. Chaque observateur ne peut relever que les événements de son entourage immédiat et
doit s’en remettre à des collègues pour relever les instants correspondants à des événements
distants.
Un référentiel est un ensemble d’observateurs répartis dans l’espace. Un seul observateur est
en fait assez proche d’un événement pour l’enregistrer, mais les données pourront être
communiquées plus tard aux autres observateurs.




3. Relativité de la simultanéité de deux événements et désynchronisation
des horloges
a) Relativité de la simultanéité
Faisons « l’expérience par la pensée » (« Gedankenexperiment ») suivante :
Trois astronautes se déplacent à travers l’espace, d’un mouvement rectiligne et uniforme par
rapport à la Terre, au moyen des vaisseaux spatiaux A, C et B. Les vaisseaux se suivent à des
distances rigoureusement égales. C porte le commandement pour l’ensemble de la flotte. Les
ordres sont transmis aux vaisseaux A et B au moyen d’ondes électromagnétiques se
propageant à la vitesse c.

Afin de synchroniser les horloges de A et de B, C émet l’information : « Il est midi pile ! »
Les événements « A capte l’information » et « B capte l’information » sont observés d’une
part par les astronautes et d’autre part par un observateur terrestre (nous-mêmes par
exemple).
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Qu’observent les astronautes ?
Les astronautes se voient mutuellement au repos. Les distances de A et de B par rapport à C
sont identiques. Le signal électromagnétique transmettant l’information à la vitesse c est reçu
simultanément par A et B, qui vont ainsi pouvoir synchroniser leurs horloges.
Qu’observons-nous ?
A va à la rencontre du signal, tandis que B fuit le signal. Comme la vitesse de propagation du
signal vaut également c pour nous, l’information est captée d’abord par A, et puis, un peu
plus tard seulement, par B. Pour nous, les deux événements ne sont donc pas simultanés.
Conclusion
Deux événements séparés dans l’espace qui ont lieu simultanément dans un référentiel
ne se produisent pas simultanément dans un autre référentiel en mouvement rectiligne
uniforme par rapport au premier.




b) Désynchronisation des horloges
Voilà que les horloges des vaisseaux A et B sont
synchronisées dans leur référentiel, C émet une
nouvelle information. Cette fois, les astronautes de
A et B prennent en photo leur horloge à l’instant
de réception du signal électromagnétique.


Qu’observent les astronautes ?
A l’instant où l’information est
reçue, les horloges de A et B
indiquent le même temps. Ceci est
tout à fait évident puisque les
horloges sont synchronisées, et
que les événements sont
simultanés !

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Qu’observons-nous ?
A l’instant où A reçoit le signal, B
ne l’a pas encore reçu. Par
conséquent, l’horloge de A indique
déjà l’heure de la réception du
signal (heure affichée sur la photo),
alors que celle de B n’a pas encore
atteint cette heure. Il nous faudra
attendre encore un peu jusqu’à ce
que l’ordre atteigne le vaisseau B et
que son horloge indique le temps de
réception du signal (heure affichée
sur sa photo).
Conclusion
Si des horloges séparées dans l’espace sont synchronisées dans un référentiel où elles
sont au repos, elles ne le sont pas dans un autre référentiel où elles sont en mouvement.
En effet, l’horloge qui est « devant », indique une date moins grande. Ce décalage
temporel est d’autant plus grand que la distance entre les horloges est grande.

Discussion
* Le décalage temporel entre deux horloges est d’autant plus grand que la distance entre les
horloges est importante et que les horloges se déplacent plus rapidement.
* Pour les vitesses inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière, le phénomène est
négligeable.



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4. Dilatation du temps
Considérons une "horloge à lumière", où une impulsion lumineuse
effectue des va-et-vient dans un tube entre deux miroirs parallèles
distants d'une longueur L. Un mécanisme compte le nombre d'allers et
retours comme dans les horloges mécaniques normales.
Embarquons cette horloge dans un vaisseau en mouvement rectiligne
uniforme de vitesse v par rapport à la Terre. Supposons en plus que la
vitesse soit perpendiculaire au tube de l'horloge.
Mesurons l'intervalle de temps entre les événements "le signal part du
miroir inférieur" et "le signal est reçu par le miroir inférieur"!
Que mesure l'astronaute ?
Pour l'astronaute, l'horloge est au repos. Le signal lumineux parcourt une
distance 2L = cT
0
entre les deux miroirs. L'intervalle de temps T
0
mesuré
entre les deux événements vaut dans le référentiel des astronautes:
0
2L
T
c
=
Que mesurons-nous ?
Pour nous, l'horloge est en mouvement uniforme de vitesse v et le signal parcourt une
distance plus longue. D'après le second postulat, la vitesse du signal lumineux est pour nous
également c. Il met donc un temps T/2 > T
0
/2 pour parcourir la distance AB > L entre les
deux miroirs.

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Relation entre T et T
0

Le théorème de Pythagore appliqué au triangle rectangle (ABC) permet d'écrire:
2 2
2
T T
c v L
2 2
| | | |
= +
| |
\ . \ .

Comme
0
T
L c
2
= , il vient:
2 2
2 0
T T T
c v (c ) 4
2 2 2
| | | |
= + ·
| |
\ . \ .

( ) ( )
2 2
2
0
cT (vT) cT ÷ =

( )
2
2
0 2 0
2 2 2
2
0
2
2
cT T
T
v c v
1
c
T
T
v
1
c
= =
÷
÷
=
÷

Comme le dénominateur est inférieur à 1, T > T
0
.
Dans le référentiel terrestre, où on a disposé deux horloges séparées dans l'espace, l'intervalle
de temps est supérieur à celui enregistré dans le référentiel de l'astronaute, à l'aide d'une
seule horloge.
Définitions: intervalles de temps propre et impropre
La durée entre deux événements se produisant au même lieu de l’espace est appelée
intervalle de temps propre. Cet intervalle est mesuré par une seule horloge se trouvant à
l’endroit où les événements se produisent.
La durée entre deux événements se produisant en des lieux différents de l’espace est appelée
intervalle de temps impropre. Cet intervalle ne peut être mesuré que par deux horloges se
trouvant aux deux endroits où les événements se produisent.
Conclusion
Deux horloges A et B séparées dans l'espace, enregistrent entre deux événements un
intervalle de temps (impropre) plus grand que l'intervalle (propre) enregistré par une
seule horloge se déplaçant de A vers B, et qui est présente aux deux événements.
propre
impropre
2
2
t
t
v
1
c

 


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Exemples numériques
v = 0,1c ¬ At
impropre
= 1,005·At
propre

v = 0,5c ¬ At
impropre
= 1,15·At
propre

v = 0,9c ¬ At
impropre
= 2,3·At
propre
v = 0,95c ¬ At
impropre
= 3,2·At
propre

v ÷ c ¬ At
impropre
÷ ·,
quel que soit At
propre

Discussion
* Pour les faibles vitesses
(inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière), il n'y a pratiquement pas de différence
entre les indications des horloges en mouvement et de celles au repos. L'idée du temps
absolu de la mécanique classique reste une approximation valable.
* Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière, le temps doit être considéré comme
une grandeur relative, dépendant de l'observateur qui le mesure.

Remarque: Les horloges en mouvement retardent
1) Si, dans l'expérience par la pensée précédente, nous nous équipons également d'une
"horloge à lumière" (au repos), nous mesurons sur elle, pour un aller et retour du signal,
la durée propre T
0
(la même que l'astronaute mesure sur son horloge au repos, à cause du
premier postulat).
Nous constatons: Pendant que sur l'horloge de l'astronaute, en mouvement, le signal a
parcouru un aller et retour, celui sur notre horloge au repos a parcouru plus d'un aller et
retour.
Nous concluons que l'horloge de l’astronaute (en mouvement) marche plus lentement que
notre horloge (au repos). En termes simples: l'horloge en mouvement retarde.
2) Si dans l’expérience par la pensée précédente, l’astronaute examine notre "horloge à
lumière" (en mouvement pour lui), il doit aboutir à la même conclusion, c.-à-d. que notre
horloge en mouvement marche plus lentement que la sienne au repos. (Voir annexe !)
Conséquence: Pour l'observateur terrestre, tout ce qui se passe dans le vaisseau spatial
(gestes quotidiens, mouvements de machines, battements du cœur et autres phénomènes
physiologiques,…), se déroule au ralenti. De même pour l’astronaute observant l’observateur
terrestre !
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5. Contraction des longueurs
Considérons un vaisseau en train de se déplacer de la Terre vers Jupiter en ligne droite et à
vitesse v

constante, par rapport à la Terre et à Jupiter !
Admettons également que cette distance reste rigoureusement constante de sorte que
l'ensemble Terre +Jupiter constitue un référentiel d'inertie, de même que le vaisseau en
mouvement par rapport au référentiel Terre + Jupiter.
Mesurons la distance Terre-Jupiter dans les deux référentiels.
Connaissant la vitesse v du vaisseau, il suffit de mesurer la durée du voyage, c'est-à-dire la
durée entre les événements "le vaisseau passe à la hauteur de la Terre" et "le vaisseau passe à
la hauteur de Jupiter", et de calculer la distance cherchée.

Que mesure l'astronaute?
Pour l'astronaute, les deux événements se passent tout près de son vaisseau, donc au même
endroit. Une seule horloge lui suffit. Il mesure la durée propre T
0
.
Dans le référentiel de l'astronaute, la distance Terre-Jupiter est une longueur en mouvement.
Elle est notée L et vaut:
L = vT
0

Que mesurons-nous?
Pour nous, les deux événements ne se passent pas au même endroit. Nous devons installer
deux horloges synchronisées, une première horloge sur Terre afin de repérer la date du
premier événement, et une autre sur Jupiter pour celle du deuxième événement. Nous
mesurons manifestement une durée impropre T.
Par contre dans notre référentiel, la distance Terre-Jupiter est une longueur au repos. Elle est
notée L
0
et vaut:
L
0
= vT
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Relation entre L et L
0

Vitesse relative :
0
0
L L
v
T T
= =
D'après l'équation de la dilatation du temps on a:
0
2
2
T
T
v
1
c
=
÷

En simplifiant par T
0
, on obtient :
2
0 2
v
L L 1
c
= ÷
Comme la racine carrée est inférieure à 1, L < L
0
.
Dans le référentiel de l'astronaute, la longueur (L en mouvement) est plus courte que dans le
référentiel terrestre (L
0
au repos).
Conclusion
Une longueur est plus courte dans un référentiel par rapport auquel elle est en
mouvement, que dans un référentiel par rapport auquel elle au repos.
2
mouvement repos 2
v
L L 1
c
  
Exemples numériques
v = 0,1c ¬ L
mouv
= 0,995·L
repos
v = 0,5c ¬ L
mouv
= 0,866·L
repos

v = 0,9c ¬ L
mouv
= 0,44·L
repos
v = 0,95c ¬ L
mouv
= 0,31·L
repos

v ÷ c ¬ L
mouv
÷ 0,
quel que soit L
repos

Discussion
* Il n' y a que les longueurs parallèles au vecteur vitesse qui dépendent du référentiel dans
lequel on les mesure. (La longueur L de l'horloge lumineuse du chapitre précédent était la
même dans les deux référentiels !)
* Pour les faibles vitesses (inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière), il n' y a
pratiquement pas de différence entre les longueurs en mouvement et celles au repos.
L'idée de l'espace absolu de la mécanique classique reste une approximation valable.
* Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière, la longueur doit être considérée
comme une grandeur relative, dépendant de l'observateur qui la mesure.
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* Pour les photons dont la vitesse est c, la dimension spatiale parallèle à leur déplacement a
complètement disparu.
Remarque: Les longueurs en mouvement raccourcissent
Considérons le référentiel terrestre, où se trouve une règle graduée au repos, et un vaisseau
spatial, de vitesse v par rapport à la Terre, muni également d’une même règle graduée.
L’observateur terrestre aussi bien que l’astronaute voient leur règle au repos, de longueur L
0
.
L’observateur terrestre mesure, pour la longueur de la règle du vaisseau en mouvement par
rapport à lui, une longueur raccourcie L < L
0
.
De même, l’astronaute mesure la longueur L < L
0
pour la règle terrestre.
En termes simples : Si un corps initialement au repos est mis en mouvement il raccourcit
suivant la direction parallèle au mouvement.
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6. Preuve expérimentale de la dilatation du temps et de la contraction des
longueurs: Expériences des muons (B. Rossi et D. B. Hall en 1941)
Les muons sont des particules élémentaires produites dans la haute atmosphère par
bombardement avec les protons du rayonnement cosmique, et qui se désintègrent
spontanément pour donner d'autres particules. Si on a N
0
muons à l'instant t = 0, on observe
qu'à un instant ultérieur t il en reste
t
ln 2
T
0
N N e
÷ ·
=
où T = 1,5 us est la demi-vie des muons mesurée dans un référentiel où les muons sont au
repos.
L'expérience consistait à
compter le nombre N
1
de
muons détectés par heure au
sommet du Mount
Washington (New Hampshire,
altitude 1910 m) ainsi que
celui N
2
détecté au niveau de
la mer (altitude 3 m). Le
compteur fut réglé pour
compter les muons ayant une
vitesse égale à 0,995·c. Les
résultats furent les suivants:
N
1
= 563 ± 10 muons et
N
2
= 408 ± 9 muons.
Un calcul simple montre qu'en
absence de considérations relativistes, il n'y a pas moyen d'expliquer que les muons atteignent
en nombre tellement élevé le niveau de la mer. En effet, les muons mettraient 6,4 us pour
parcourir les 1907 m et le nombre de muons qui atteindraient le niveau de la mer serait
seulement de
6,4
ln 2
1,5
2 1
N N e 29
÷ ·
= = muons.

La dilatation du temps et la contraction des longueurs nous fournissent l'explication correcte.
Explication correcte à l'aide de la dilatation du temps
L'intervalle de temps entre les événements "le muon passe au Mount Washington" et "le
muon passe au niveau de la mer" est un intervalle de temps propre At
0
pour le muon et un
intervalle de temps impropre At, beaucoup plus grand, pour l'observateur terrestre.
Haute atmosphère
Création des
muons
Désintégration
des muons
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Comme At = 6,4 us et v = 0,995·c on obtient pour la durée du parcours vue par le muon:
2 2
propre impropre 0 2 2
v v
t t 1 t t 1 0, 64 s
c c
A = A · ÷ · A = A · ÷ = u

De même, la demi-vie de 1,5 us est un intervalle de temps propre pour le muon et un
intervalle de temps impropre, considérablement allongé, pour l'observateur terrestre.
propre
impropre
2
2
T
T 15 s
v
1
c
= = u
÷


Dans le référentiel du muon, la demi-vie vaut 1,5 us et la durée du parcours 0,64 us. Le
nombre de muons atteignant le niveau de la mer vaut donc:
0,64
ln 2
1,5
2 1
N N e 419
÷ ·
= = (bonne concordance compte tenu des erreurs expérimentales)
Dans le référentiel terrestre, la demi-vie vaut 15 us et la durée du parcours 6,4 us. On trouve
le même nombre N
2
.

Explication correcte à l'aide de la contraction des longueurs
Dans le référentiel du muon, la distance à parcourir du sommet du Mount Washington au
niveau de la mer est une longueur en mouvement, beaucoup plus courte que la longueur
L
repos
= 1907 m mesurée dans le référentiel terrestre:
2
mouvement repos 2
v
L L 1 191m
c
= · ÷ =
Cette faible distance sera parcourue en 0,64 us. On retrouve le résultat précédent!

Remarque: importance de la dilatation du temps (et de la contraction des longueurs)
L'effet mesuré dans cette expérience est loin d'être négligeable. La désintégration des muons
s'est faite à un rythme 10 fois plus lent qu'au repos. Tous les jours, les physiciens qui étudient
les particules de haute énergie, travaillant sur des accélérateurs de grande puissance, ont
affaire à des particules qui se désintègrent spontanément plus de 100 fois plus rapidement que
les muons. Si la dilatation du temps ne jouait pas, elles se désintégreraient et disparaîtraient
avant d'avoir parcouru plusieurs mètres, même en se déplaçant presque à la vitesse de la
lumière. C'est parce que leur désintégration est ralentie qu'on peut les observer à plus de 100
mètres du point où ils sont produits dans l'accélérateur. On peut, en conséquence, les utiliser
dans d'autres expériences. La dilatation du temps devient ainsi une affaire quotidienne pour
ces physiciens.
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7. Quantité de mouvement
Selon le premier postulat, les lois physiques sont les mêmes dans tous les référentiels
d'inertie. Les trois principes de Newton, la conservation de la quantité de mouvement ainsi
que la conservation de l'énergie s'appliquent toujours et dans tous les référentiels d'inertie.
Rappel: relation fondamentale de la dynamique
dp
F
dt
=
¯


( p

= quantité de mouvement)

La quantité de mouvement relativiste d'une particule, de masse au repos m
0
, animée
d'une vitesse v, est définie par :
0
2
2
1
m v
p mv
v
c
 


m est la masse relativiste définie par:
0
2
2
m
m
v
1
c




Représentation graphique
1) (en rouge) de la quantité de
mouvement relativiste par unité de
masse en fonction de la vitesse ;
2) (en bleu) de la quantité de
mouvement classique par unité de
masse en fonction de la vitesse
(p
classique
= m
0
v).

Discussion
* Si v = 0 alors m = m
0
qui est la masse
au repos de la particule. Elle est
égale à la masse en mécanique
classique.
* Pour les faibles vitesses (inférieures à
10 % de la vitesse de la lumière), la quantité de mouvement est pratiquement égale à son
expression en mécanique classique: p ~ m
0
v. L'expression classique reste donc une
approximation valable.
* Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière, la quantité de mouvement doit être
considérée comme grandeur relativiste, dépendant de l'observateur qui la mesure.
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8. Energie
a) Energie totale
L’étude mathématique de la relativité restreinte a permis de montrer que l’énergie
totale d’un corps de masse m et de vitesse v s’écrit :
2
2 0
2
2
1
m c
E mc
v
c
 


Pour un corps de vitesse nulle : E
0
= m
0
c
2

La formule E = mc
2
, la plus célèbre de la physique probablement, traduit l’équivalence entre
l’énergie et la masse.
Albert Einstein a démontré incorrectement la formule dans son article « Ist die Trägheit eines
Körpers von dessen Energieinhalt abhängig?",» (Einstein A. 1905 Annalen der Physik 18:
639–643)
La formule fut établie correctement pour la première fois par Max Planck (Planck M. 1908
Zur Dynamik bewegter Systeme, Annalen der Physik 26 1-34).



b) Energie au repos
La quantité E
0
= m
0
c
2
est l'énergie totale d’un corps au repos. Elle représente la somme de
toutes les énergies "internes", (énergie thermique, énergie nucléaire, énergie chimique), et des
énergies potentielles (électrique, gravitationnelle, élastique).
Pour m
0
= 1 g, on obtient E
0
= 9·10
13
J (énergie énorme !)
Pour un électron : m
0
= 9,1·10
-31
kg, on obtient : E
0
= 8,19·10
-14
J = 511 keV



c) Equivalence énergie-masse
L’équivalence entre l’énergie et la masse constitue l'un des aspects les plus célèbres de la
théorie de la relativité restreinte: si l’énergie d’un corps varie, alors sa masse varie également.
Ainsi, la libération d'énergie AE lors de la fusion ou de la fission nucléaire (noyaux
pratiquement au repos) s'accompagne d'une diminution de masse au repos Am
0
, d'après
AE = Am
0
·c
2
.
1
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De même, dans toute réaction chimique libérant de la chaleur ou de la lumière, la masse au
repos totale des constituants diminue. La loi de la conservation de la masse (loi de Lavoisier)
doit être remplacée par la loi de la conservation de l’énergie.
Par ailleurs, un photon d’énergie E, entrant en interaction avec une autre particule (ou avec
un champ électromagnétique assez fort), peut se matérialiser en une paire électron-positron
(positron = anti-électron) où chacune des 2 particules (de masse au repos m
0
) créées acquiert
l’énergie E/2 = mc
2
(m = masse relativiste). L’énergie du photon doit donc être supérieure à
2m
0
c
2
.
L’équivalence entre l’énergie et la masse amène les physiciens à exprimer la masse au repos
d’une particule en unités d’énergie. Ainsi la masse au repos du proton m
0
= 1,673·10
-27
kg
correspond à l’énergie m
0
c
2
= 1,673·10
-27
·(2,998·10
8
)
2
J = 1,504·10
-10
J.
Il serait possible, mais on ne le fait pratiquement jamais, de dire qu’un proton a une masse au
repos m
0
= 1,504·10
-10
J/c
2
. L’énergie est plutôt exprimée en électronvolts (eV).
Energie en eV du proton au repos :
-10
-19
1,504 10
1,602 10


eV = 9,38·10
8
eV = 938 MeV
(MeV = méga-électron-volts).
Ainsi on dira que la masse au repos du proton est : m
0p
= 938 MeV/c
2
!
Pour la masse au repos du neutron, on trouve : m
0n
= 940 MeV/c
2
.
Pour la masse au repos de l’électron, on trouve : m
0e
= 0,511 MeV/c
2
.



d) Masse et inertie
La théorie de la relativité révèle que l’inertie d’un corps de masse au repos m
0
et de vitesse v
est exprimée par la masse relativiste :
0
2
2
2
m E
m
c
v
1
c
= =
÷

Lorsque la vitesse est faible (inférieure à 10 % de la vitesse de la lumière), on retrouve le
résultat de la physique classique, à savoir que l'inertie est exprimée par la masse au repos :
0
m m =
En physique classique, la masse d’un corps est indépendante de sa température, de son
énergie potentielle etc.
Pourtant, selon la relativité restreinte, la masse au repos dépend de la température : une tarte
chaude a plus d’énergie, plus de masse au repos et donc plus d’inertie qu’une tarte identique
froide. De même lorsqu'on comprime un ressort le supplément d'énergie élastique accroît sa
1
re
B et C 8 Relativité restreinte 107

masse au repos, et donc son inertie. Pour une lampe de poche allumée, la masse au repos et
l’inertie diminuent. (Les très faibles variations de la masse au repos des corps
macroscopiques ne sont pourtant pas mesurables !)



e) Energie cinétique
Si v = 0 alors le corps possède l'énergie E = mc
2
qui est la somme de l'énergie au repos E
0
et
de l'énergie cinétique E
c
.
L'énergie cinétique relativiste d'une particule de masse au repos m
0
et de vitesse v est
définie par:
2
2 2 2 0
c 0 0 0
2
2
m c
E E E mc m c m c
v
1
c
     


Discussion
* Pour les faibles vitesses (inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière), on peut montrer
mathématiquement que l'énergie cinétique E
c
est pratiquement égale à son expression
classique ½ m
0
v
2
.
* Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière, l'énergie cinétique doit être
considérée comme grandeur relativiste, dépendant de l'observateur qui la mesure.
* Lorsque v tend vers c, alors E
c
tend vers l'infini.
* Lorsque v tend vers c, alors E tend vers l'infini. Or une particule d’énergie infinie n’existe
pas. Donc v = c est impossible pour une particule matérielle. Voilà un résultat surprenant
de la relativité restreinte.
Aucune particule de masse au repos non nulle ne peut atteindre et donc dépasser la
vitesse de la lumière.



1
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B et C 8 Relativité restreinte 108

f) Relation entre l'énergie totale E et la quantité de mouvement p d’une particule
Energie totale: = =
÷ ÷
2
0 0
2 2
2 2
m c E
E
v v
1 1
c c

| |
= ÷
|
\ .
= ÷
= ÷
= ÷
2
2 2
0 2
2
2 2 2
0 2
2
2 2 2 4
0 2
2 2 2 2 2
0
v
E E 1
c
v
E E E
c
v
E E m c
c
E E m v c

2 2 2 2
0
E E p c   (1)

Discussion
* Cas des photons : v = c
Comme
2
E mc = et
2 2
pc mvc = , on a : vE = pc
2
(2)
v = c dans (2) ¬ pour les photons : E = pc (3)
(1) et (3) ¬ pour les photons : E
0
= 0
Or E
0
= m
0
c
2
¬ pour les photons : m
0

= 0

Par contre, les photons transportent de la quantité de mouvement dont il faut tenir compte
lors de collisions avec d'autres particules !
* Pour des particules matérielles de très grande vitesse pour lesquelles l’énergie totale E
est largement supérieure à l’énergie au repos E
0
, et on obtient:
E  pc

* L’énergie totale E et la quantité de mouvement p d’une particule dépendent du référentiel
dans lequel on les mesure. Par contre la quantité E
2
÷p
2
c
2
ne dépend pas du référentiel.
C'est une quantité invariante. On l'appelle invariant relativiste.
1
re
B et C 8 Relativité restreinte 109

Pour en savoir plus…

Annexe : deux paradoxes de la théorie de la relativité

a) Paradoxe du retardement des horloges en mouvement
Un observateur terrestre qui regarde une horloge se déplacer rapidement dans l'espace
constate que cette horloge retarde par rapport aux horloges terrestres. D'après le premier
postulat, un observateur voyageant avec l'horloge et voyant l'observateur terrestre se déplacer,
doit constater la même chose, c'est-à-dire que les horloges de la Terre retardent par rapport
aux siennes.
Exposée en ces termes la situation semble être totalement paradoxale. La situation est étrange
pour notre sens classique du temps mais il n'y a pas d'incompatibilité logique, comme on va
le montrer.
Reprenons l’exemple de l’astronaute parcourant le trajet Terre-Jupiter au bord de sa fusée
évoqué dans le paragraphe 5 sur la contraction des longueurs. Les observateurs sur Terre et
Jupiter disposent de deux horloges synchronisées dans leur référentiel (celui de la Terre et de
Jupiter), l’une installée sur Terre, l’autre sur Jupiter. Ils mesurent l’intervalle de temps
impropre entre les événements "la fusée passe à la hauteur de la Terre" et "la fusée passe à la
hauteur de Jupiter". Cet intervalle est donc nécessairement plus long que celui mesuré par
l’astronaute qui lui mesure l’intervalle de temps propre entre ces deux événements. Les
observateurs sur Terre et sur Jupiter concluent donc que l’horloge de l’astronaute retarde par
rapport aux leurs.

1
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B et C 8 Relativité restreinte 110

Quel est le point de vue de l’astronaute ? Il voit d’abord la Terre défiler auprès de lui (instant
où il s’assure que son horloge et celle de la Terre indiquent bien la même date), puis Jupiter.
Pour l’astronaute, les deux horloges installées sur Terre et sur Jupiter ne sont pas
synchronisées : l’horloge de la Terre qui est le plus loin devant indique une date antérieure à
celle indiquée par l’horloge de Jupiter, laquelle a déjà avancé plus loin dans le temps. Donc à
l’instant de passage de la Terre où l'astronaute voit l’indication de l’horloge terrestre,
l’indication de celle de Jupiter est déjà supérieure aussi bien à celle de l’horloge terrestre qu’à
celle de sa propre horloge. Il est donc tout à fait plausible pour l’astronaute de constater au
passage de Jupiter, que l’horloge sur Jupiter indique une date supérieure à la sienne, et qu'elle
retarde par rapport à la sienne! En effet, les horloges de Jupiter et de la Terre ont enregistré
un intervalle plus court entre les deux événements que l'horloge de l'astronaute!

On peut montrer que:
Si deux horloges séparées d'une longueur L
0
sont synchronisées dans leur propre référentiel,
alors elles présentent un décalage temporel par rapport à un référentiel en mouvement avec la
vitesse v, donnée par la relation:
0
2
L v
c
o =
1
re
B et C 8 Relativité restreinte 111

b) Le paradoxe « des jumeaux de Langevin ».
Il apparaît une situation quelque peu différente dans ce qu'on appelle le "paradoxe des
jumeaux". Deux jumeaux sont au repos sur la Terre. L'un d'eux fait un voyage en fusée, à très
grande vitesse, jusqu'à une planète voisine. Pendant son voyage, le jumeau resté sur Terre
voit retarder les horloges du jumeau de la fusée. Parmi toutes les horloges possibles, il y a les
processus biologiques et le jumeau qui est sur Terre pense donc que le jumeau de la fusée
vieillit moins vite que lui. La même chose est vraie au cours du trajet retour, puisque la
dilatation du temps ne dépend que du carré de la vitesse. A la fin du voyage, par conséquent,
les deux jumeaux sont côte à côte, mais celui de la fusée est plus jeune que celui qui est resté
sur Terre.
Cette conclusion est stupéfiante, mais la plupart des physiciens pensent que c'est la
conclusion correcte déduite de la relativité.
Le paradoxe apparaît quand on se demande ce que pense le jumeau de la fusée. Lui, il voit le
jumeau resté sur Terre vieillir moins vite que lui, et, quand il revient sur Terre, il pense que le
jumeau resté au sol doit être le plus jeune. Or cette conclusion vient d'une faute de
raisonnement et est donc incorrecte.
Jumeau
resté sur
Terre
Jumeau de la fusée
Accélération
du jumeau
de la fusée

Pourtant, les deux situations ne sont-elles pas identiques ? Comment le jumeau de la fusée
peut-il savoir si ce n'est pas le jumeau restant sur Terre qui est parti avec la Terre et puis
revenu ? La différence physique est que le jumeau de la fusée a accéléré au début du voyage,
à la fin du voyage aller pour faire demi-tour, et à la fin du voyage retour. Celui resté sur Terre
par contre n'a pas subi d'accélération. Or, l'accélération est un phénomène qu'on peut observer
physiquement. Le voyage n'est donc pas symétrique pour les deux jumeaux, et il est permis à
tous les deux de conclure que c'est le jumeau de la fusée qui est le plus jeune.
On voit que la résolution du paradoxe fait intervenir une discussion sur les accélérations
subies par deux observateurs différents. Or, c'est à la théorie de la relativité générale qu'il faut
faire appel pour interpréter les mouvements accélérés.

1re B et C

8 Relativité restreinte

92

b) Deuxième postulat : Le principe de la constance de la vitesse de la lumière La vitesse de la lumière dans le vide est la même dans tous les référentiels d’inertie. Elle est indépendante du mouvement de sa source ou de l’observateur. Exemple 3 Reprenons les vaisseaux A et B de l’exemple 2 avec en plus une étoile lointaine double envoyant ses ondes lumineuses vers les deux vaisseaux. Les astronautes de A et de B mesurent la vitesse de la lumière issue de chacune des deux étoiles, ainsi que celle de la lumière issue d’une lampe se trouvant à bord de leur vaisseau : ils trouvent pour toutes ces vitesses le même résultat c = 300000 km/s.

Remarque Ce postulat est difficile à admettre. Si la lumière est une onde on s’attend à ce que sa vitesse soit mesurée par rapport à un certain milieu de propagation. Mais on n’a pas pu trouver un tel milieu. Si la lumière est constituée de particules, sa vitesse devrait être mesurée par rapport à sa source. L’expérience montre qu’il n’est pas ainsi. Il est important de se rendre compte que ces deux modèles de la lumière, bien qu’extrêmement utiles, ne peuvent être considérés comme des descriptions de la « réalité ». Les physiciens n’ont simplement pas encore réussi à trouver mieux ! C’est pourquoi il ne faut pas essayer de « comprendre » le deuxième postulat en visualisant un processus physique. Il faut simplement garder à l’esprit que sa validité est confirmée par toutes les conséquences expérimentales.

C émet l’information : « Il est midi pile ! » Les événements « A capte l’information » et « B capte l’information » sont observés d’une part par les astronautes et d’autre part par un observateur terrestre (nous-mêmes par exemple). Relativité de la simultanéité de deux événements et désynchronisation des horloges a) Relativité de la simultanéité Faisons « l’expérience par la pensée » (« Gedankenexperiment ») suivante : Trois astronautes se déplacent à travers l’espace. Définitions Un événement est un phénomène qui se produit en un point de l’espace et à un instant unique dans le temps. C porte le commandement pour l’ensemble de la flotte. Un seul observateur est en fait assez proche d’un événement pour l’enregistrer. C et B. . Un référentiel est un ensemble d’observateurs répartis dans l’espace. Afin de synchroniser les horloges de A et de B. Chaque observateur ne peut relever que les événements de son entourage immédiat et doit s’en remettre à des collègues pour relever les instants correspondants à des événements distants. 3. Un observateur est une personne ou un dispositif automatique pourvu d’une horloge et d’une règle. Les ordres sont transmis aux vaisseaux A et B au moyen d’ondes électromagnétiques se propageant à la vitesse c. d’un mouvement rectiligne et uniforme par rapport à la Terre. mais les données pourront être communiquées plus tard aux autres observateurs. Les vaisseaux se suivent à des distances rigoureusement égales. au moyen des vaisseaux spatiaux A.1re B et C 8 Relativité restreinte 93 2.

et que les événements sont simultanés ! . C émet une nouvelle information.1re B et C Qu’observent les astronautes ? 8 Relativité restreinte 94 Les astronautes se voient mutuellement au repos. tandis que B fuit le signal. Qu’observent les astronautes ? A l’instant où l’information est reçue. Pour nous. Le signal électromagnétique transmettant l’information à la vitesse c est reçu simultanément par A et B. Les distances de A et de B par rapport à C sont identiques. Comme la vitesse de propagation du signal vaut également c pour nous. un peu plus tard seulement. les horloges de A et B indiquent le même temps. et puis. b) Désynchronisation des horloges Voilà que les horloges des vaisseaux A et B sont synchronisées dans leur référentiel. qui vont ainsi pouvoir synchroniser leurs horloges. Cette fois. Qu’observons-nous ? A va à la rencontre du signal. l’information est captée d’abord par A. les astronautes de A et B prennent en photo leur horloge à l’instant de réception du signal électromagnétique. Ceci est tout à fait évident puisque les horloges sont synchronisées. les deux événements ne sont donc pas simultanés. Conclusion Deux événements séparés dans l’espace qui ont lieu simultanément dans un référentiel ne se produisent pas simultanément dans un autre référentiel en mouvement rectiligne uniforme par rapport au premier. par B.

l’horloge qui est « devant ».1re B et C 8 Relativité restreinte 95 Qu’observons-nous ? A l’instant où A reçoit le signal. Pour les vitesses inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière. Conclusion Si des horloges séparées dans l’espace sont synchronisées dans un référentiel où elles sont au repos. En effet. Il nous faudra attendre encore un peu jusqu’à ce que l’ordre atteigne le vaisseau B et que son horloge indique le temps de réception du signal (heure affichée sur sa photo). * . le phénomène est négligeable. indique une date moins grande. elles ne le sont pas dans un autre référentiel où elles sont en mouvement. B ne l’a pas encore reçu. Discussion * Le décalage temporel entre deux horloges est d’autant plus grand que la distance entre les horloges est importante et que les horloges se déplacent plus rapidement. l’horloge de A indique déjà l’heure de la réception du signal (heure affichée sur la photo). alors que celle de B n’a pas encore atteint cette heure. Ce décalage temporel est d’autant plus grand que la distance entre les horloges est grande. Par conséquent.

où une impulsion lumineuse effectue des va-et-vient dans un tube entre deux miroirs parallèles distants d'une longueur L. Mesurons l'intervalle de temps entre les événements "le signal part du miroir inférieur" et "le signal est reçu par le miroir inférieur"! Que mesure l'astronaute ? Pour l'astronaute. l'horloge est au repos. Dilatation du temps Considérons une "horloge à lumière". Un mécanisme compte le nombre d'allers et retours comme dans les horloges mécaniques normales.1re B et C 8 Relativité restreinte 96 4. la vitesse du signal lumineux est pour nous également c. Supposons en plus que la vitesse soit perpendiculaire au tube de l'horloge. l'horloge est en mouvement uniforme de vitesse v et le signal parcourt une distance plus longue. Le signal lumineux parcourt une distance 2L = cT0 entre les deux miroirs. D'après le second postulat. Embarquons cette horloge dans un vaisseau en mouvement rectiligne uniforme de vitesse v par rapport à la Terre. . Il met donc un temps T/2 > T0/2 pour parcourir la distance AB > L entre les deux miroirs. L'intervalle de temps T0 mesuré entre les deux événements vaut dans le référentiel des astronautes: T0  Que mesurons-nous ? 2L c Pour nous.

T > T0. où on a disposé deux horloges séparées dans l'espace. l'intervalle de temps est supérieur à celui enregistré dans le référentiel de l'astronaute. Conclusion Deux horloges A et B séparées dans l'espace. et qui est présente aux deux événements. Cet intervalle ne peut être mesuré que par deux horloges se trouvant aux deux endroits où les événements se produisent. La durée entre deux événements se produisant en des lieux différents de l’espace est appelée intervalle de temps impropre. Dans le référentiel terrestre. il vient: 2 2 2 T0 2  T  T  c    v   (c ) 2  2  2 2 2 4  cT  T2  2  (vT) 2   cT0  2  cT0  T0 1 2 c2  v2  T02 v2 1 2 c T v2 c2 Comme le dénominateur est inférieur à 1. à l'aide d'une seule horloge. Définitions: intervalles de temps propre et impropre La durée entre deux événements se produisant au même lieu de l’espace est appelée intervalle de temps propre. t impropre  t propre 1 v2 c2 .1re B et C 8 Relativité restreinte 97 Relation entre T et T0 Le théorème de Pythagore appliqué au triangle rectangle (ABC) permet d'écrire:  T  T 2 c    v   L  2  2 T Comme L  c 0 . Cet intervalle est mesuré par une seule horloge se trouvant à l’endroit où les événements se produisent. enregistrent entre deux événements un intervalle de temps (impropre) plus grand que l'intervalle (propre) enregistré par une seule horloge se déplaçant de A vers B.

le signal a parcouru un aller et retour. en mouvement. le temps doit être considéré comme une grandeur relative. nous nous équipons également d'une "horloge à lumière" (au repos). l’astronaute examine notre "horloge à lumière" (en mouvement pour lui). dans l'expérience par la pensée précédente. la durée propre T0 (la même que l'astronaute mesure sur son horloge au repos. * Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière.3tpropre v = 0. il doit aboutir à la même conclusion.2tpropre v  c  timpropre  . Remarque: Les horloges en mouvement retardent 1) Si. c. tout ce qui se passe dans le vaisseau spatial (gestes quotidiens. En termes simples: l'horloge en mouvement retarde. L'idée du temps absolu de la mécanique classique reste une approximation valable. Nous constatons: Pendant que sur l'horloge de l'astronaute. (Voir annexe !) Conséquence: Pour l'observateur terrestre.95c  timpropre = 3.1c  timpropre = 1. celui sur notre horloge au repos a parcouru plus d'un aller et retour. nous mesurons sur elle.…).005tpropre v = 0. pour un aller et retour du signal. De même pour l’astronaute observant l’observateur terrestre ! .1re B et C 8 Relativité restreinte 98 Exemples numériques v = 0. dépendant de l'observateur qui le mesure. mouvements de machines. quel que soit tpropre Discussion * Pour les faibles vitesses (inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière).-à-d. battements du cœur et autres phénomènes physiologiques.15tpropre v = 0. que notre horloge en mouvement marche plus lentement que la sienne au repos. à cause du premier postulat). se déroule au ralenti.5c  timpropre = 1. il n'y a pratiquement pas de différence entre les indications des horloges en mouvement et de celles au repos. 2) Si dans l’expérience par la pensée précédente. Nous concluons que l'horloge de l’astronaute (en mouvement) marche plus lentement que notre horloge (au repos).9c  timpropre = 2.

par rapport à la Terre et à Jupiter ! Admettons également que cette distance reste rigoureusement constante de sorte que l'ensemble Terre +Jupiter constitue un référentiel d'inertie. et une autre sur Jupiter pour celle du deuxième événement. une première horloge sur Terre afin de repérer la date du premier événement. Contraction des longueurs Considérons un vaisseau en train de se déplacer de la Terre vers Jupiter en ligne droite et à  vitesse v constante. la distance Terre-Jupiter est une longueur en mouvement. la distance Terre-Jupiter est une longueur au repos. et de calculer la distance cherchée. Dans le référentiel de l'astronaute. Par contre dans notre référentiel. Elle est notée L0 et vaut: L0 = vT . de même que le vaisseau en mouvement par rapport au référentiel Terre + Jupiter. Mesurons la distance Terre-Jupiter dans les deux référentiels. Nous mesurons manifestement une durée impropre T. donc au même endroit.1re B et C 8 Relativité restreinte 99 5. les deux événements ne se passent pas au même endroit. Nous devons installer deux horloges synchronisées. il suffit de mesurer la durée du voyage. c'est-à-dire la durée entre les événements "le vaisseau passe à la hauteur de la Terre" et "le vaisseau passe à la hauteur de Jupiter". Que mesure l'astronaute? Pour l'astronaute. Connaissant la vitesse v du vaisseau. Il mesure la durée propre T0. les deux événements se passent tout près de son vaisseau. Une seule horloge lui suffit. Elle est notée L et vaut: L = vT0 Que mesurons-nous? Pour nous.

on obtient : L  L0 1  v2 c2 Comme la racine carrée est inférieure à 1.5c  Lmouv = 0. Dans le référentiel de l'astronaute.866Lrepos v = 0. . que dans un référentiel par rapport auquel elle au repos.995Lrepos v = 0. quel que soit Lrepos Discussion * Il n'y a que les longueurs parallèles au vecteur vitesse qui dépendent du référentiel dans lequel on les mesure. Conclusion Une longueur est plus courte dans un référentiel par rapport auquel elle est en mouvement.31Lrepos v  c  Lmouv  0. (La longueur L de l'horloge lumineuse du chapitre précédent était la même dans les deux référentiels !) * Pour les faibles vitesses (inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière). il n'y a pratiquement pas de différence entre les longueurs en mouvement et celles au repos.44Lrepos v = 0.1re B et C 8 Relativité restreinte 100 Relation entre L et L0 Vitesse relative : v  L L0  T0 T D'après l'équation de la dilatation du temps on a: T  T0 1 v2 c2 En simplifiant par T0. L mouvement  Lrepos  1  v2 c2 Exemples numériques v = 0. dépendant de l'observateur qui la mesure. * Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière.95c  Lmouv = 0. la longueur doit être considérée comme une grandeur relative. la longueur (L en mouvement) est plus courte que dans le référentiel terrestre (L0 au repos). L < L0.1c  Lmouv = 0. L'idée de l'espace absolu de la mécanique classique reste une approximation valable.9c  Lmouv = 0.

une longueur raccourcie L < L0. et un vaisseau spatial. l’astronaute mesure la longueur L < L0 pour la règle terrestre. de vitesse v par rapport à la Terre. pour la longueur de la règle du vaisseau en mouvement par rapport à lui. de longueur L0. . L’observateur terrestre aussi bien que l’astronaute voient leur règle au repos. la dimension spatiale parallèle à leur déplacement a complètement disparu. En termes simples : Si un corps initialement au repos est mis en mouvement il raccourcit suivant la direction parallèle au mouvement. De même. L’observateur terrestre mesure.1re B et C * 8 Relativité restreinte 101 Pour les photons dont la vitesse est c. Remarque: Les longueurs en mouvement raccourcissent Considérons le référentiel terrestre. muni également d’une même règle graduée. où se trouve une règle graduée au repos.

Le compteur fut réglé pour compter les muons ayant une vitesse égale à 0. Hall en 1941) Les muons sont des particules élémentaires produites dans la haute atmosphère par bombardement avec les protons du rayonnement cosmique. altitude 1910 m) ainsi que celui N2 détecté au niveau de la mer (altitude 3 m). il n'y a pas moyen d'expliquer que les muons atteignent en nombre tellement élevé le niveau de la mer. L'expérience consistait à compter le nombre N1 de muons détectés par heure au sommet du Mount Washington (New Hampshire. B. pour l'observateur terrestre. La dilatation du temps et la contraction des longueurs nous fournissent l'explication correcte. . Si on a N0 muons à l'instant t = 0. Les résultats furent les suivants: N1 = 563  10 muons N2 = 408  9 muons.5 s est la demi-vie des muons mesurée dans un référentiel où les muons sont au Haute atmosphère Création des muons Désintégration des muons Un calcul simple montre qu'en absence de considérations relativistes.1re B et C 8 Relativité restreinte 102 6. beaucoup plus grand. on observe qu'à un instant ultérieur t il en reste N  N 0e repos.995c. les muons mettraient 6. Explication correcte à l'aide de la dilatation du temps L'intervalle de temps entre les événements "le muon passe au Mount Washington" et "le muon passe au niveau de la mer" est un intervalle de temps propre t0 pour le muon et un intervalle de temps impropre t.4 1. Rossi et D. et  ln 2 t T où T = 1.4 s pour parcourir les 1907 m et le nombre de muons qui atteindraient le niveau de la mer serait seulement de  ln 2 N 2  N1e 6. Preuve expérimentale de la dilatation du temps et de la contraction des longueurs: Expériences des muons (B.5  29 muons. et qui se désintègrent spontanément pour donner d'autres particules. En effet.

On retrouve le résultat précédent! L mouvement  L repos  1  Remarque: importance de la dilatation du temps (et de la contraction des longueurs) L'effet mesuré dans cette expérience est loin d'être négligeable. travaillant sur des accélérateurs de grande puissance. Si la dilatation du temps ne jouait pas.995c on obtient pour la durée du parcours vue par le muon: t propre  t impropre  1  v2 c2  t 0  t  1  v2  0. en conséquence. Le nombre de muons atteignant le niveau de la mer vaut donc:  ln 2 N 2  N1e 0. 64 s c2 De même.64 s. T Timpropre  propre  15 s v2 1 2 c Dans le référentiel du muon.4 s et v = 0. La désintégration des muons s'est faite à un rythme 10 fois plus lent qu'au repos. la demi-vie vaut 15 s et la durée du parcours 6.4 s. La dilatation du temps devient ainsi une affaire quotidienne pour ces physiciens.64 s. On peut. .5 s est un intervalle de temps propre pour le muon et un intervalle de temps impropre. même en se déplaçant presque à la vitesse de la lumière. considérablement allongé.5  419 (bonne concordance compte tenu des erreurs expérimentales) Dans le référentiel terrestre. la demi-vie de 1. pour l'observateur terrestre. les physiciens qui étudient les particules de haute énergie.64 1. la distance à parcourir du sommet du Mount Washington au niveau de la mer est une longueur en mouvement. ont affaire à des particules qui se désintègrent spontanément plus de 100 fois plus rapidement que les muons.1re B et C 8 Relativité restreinte 103 Comme t = 6. On trouve le même nombre N2. beaucoup plus courte que la longueur Lrepos = 1907 m mesurée dans le référentiel terrestre: v2  191m c2 Cette faible distance sera parcourue en 0. les utiliser dans d'autres expériences. Explication correcte à l'aide de la contraction des longueurs Dans le référentiel du muon. Tous les jours.5 s et la durée du parcours 0. C'est parce que leur désintégration est ralentie qu'on peut les observer à plus de 100 mètres du point où ils sont produits dans l'accélérateur. la demi-vie vaut 1. elles se désintégreraient et disparaîtraient avant d'avoir parcouru plusieurs mètres.

est définie par : p  mv  m0 v 1 v2 c2 m0 v2 c2 m est la masse relativiste définie par: m 1 Représentation graphique 1) (en rouge) de la quantité de mouvement relativiste par unité de masse en fonction de la vitesse . de masse au repos m0. L'expression classique reste donc une approximation valable. Elle est égale à la masse en mécanique classique. la quantité de mouvement doit être considérée comme grandeur relativiste. 2) (en bleu) de la quantité de mouvement classique par unité de masse en fonction de la vitesse (pclassique = m0v). animée d'une vitesse v. Les trois principes de Newton. . * Pour les faibles vitesses (inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière).1re B et C 8 Relativité restreinte 104 7. Discussion * Si v = 0 alors m = m0 qui est la masse au repos de la particule. Quantité de mouvement Selon le premier postulat. les lois physiques sont les mêmes dans tous les référentiels d'inertie.   dp  Rappel: relation fondamentale de la dynamique  F  ( p = quantité de mouvement) dt La quantité de mouvement relativiste d'une particule. dépendant de l'observateur qui la mesure. la conservation de la quantité de mouvement ainsi que la conservation de l'énergie s'appliquent toujours et dans tous les référentiels d'inertie. * Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière. la quantité de mouvement est pratiquement égale à son expression en mécanique classique: p  m0v.

1re B et C 8 Relativité restreinte 105 8. Annalen der Physik 26 1-34). 1905 Annalen der Physik 18: 639–643) La formule fut établie correctement pour la première fois par Max Planck (Planck M. énergie chimique).» (Einstein A.1910-14 J = 511 keV c) Equivalence énergie-masse L’équivalence entre l’énergie et la masse constitue l'un des aspects les plus célèbres de la théorie de la relativité restreinte: si l’énergie d’un corps varie. énergie nucléaire. gravitationnelle. traduit l’équivalence entre l’énergie et la masse. Elle représente la somme de toutes les énergies "internes". on obtient : E0 = 8. b) Energie au repos La quantité E0 = m0c2 est l'énergie totale d’un corps au repos. (énergie thermique. 1908 Zur Dynamik bewegter Systeme. la plus célèbre de la physique probablement.110 -31 kg. et des énergies potentielles (électrique. Albert Einstein a démontré incorrectement la formule dans son article « Ist die Trägheit eines Körpers von dessen Energieinhalt abhängig?". la libération d'énergie E lors de la fusion ou de la fission nucléaire (noyaux pratiquement au repos) s'accompagne d'une diminution de masse au repos m0. Pour m0 = 1 g. élastique). Energie a) Energie totale L’étude mathématique de la relativité restreinte a permis de montrer que l’énergie totale d’un corps de masse m et de vitesse v s’écrit : E  mc2  m 0c2 1 v2 c2 Pour un corps de vitesse nulle : E0 = m0c2 La formule E = mc2. d'après E = m0c2. alors sa masse varie également. on obtient E0 = 910 13 J (énergie énorme !) Pour un électron : m0 = 9. Ainsi. .

504 10-10 eV = 9. Energie en eV du proton au repos : 1.602 10-19 (MeV = méga-électron-volts).998108)2 J = 1. de son énergie potentielle etc. Pourtant. la masse au repos dépend de la température : une tarte chaude a plus d’énergie.38108 eV = 938 MeV 1. La loi de la conservation de la masse (loi de Lavoisier) doit être remplacée par la loi de la conservation de l’énergie.1re B et C 8 Relativité restreinte 106 De même. d) Masse et inertie La théorie de la relativité révèle que l’inertie d’un corps de masse au repos m0 et de vitesse v m0 E est exprimée par la masse relativiste : m   2 2 c v 1 2 c Lorsque la vitesse est faible (inférieure à 10 % de la vitesse de la lumière). Ainsi la masse au repos du proton m0 = 1. peut se matérialiser en une paire électron-positron (positron = anti-électron) où chacune des 2 particules (de masse au repos m0) créées acquiert l’énergie E/2 = mc2 (m = masse relativiste). la masse d’un corps est indépendante de sa température. De même lorsqu'on comprime un ressort le supplément d'énergie élastique accroît sa . mais on ne le fait pratiquement jamais. Ainsi on dira que la masse au repos du proton est : m0p = 938 MeV/c2 ! Pour la masse au repos du neutron. un photon d’énergie E.67310-27(2.50410 -10 J. entrant en interaction avec une autre particule (ou avec un champ électromagnétique assez fort).67310 -27 kg correspond à l’énergie m0c2 = 1. plus de masse au repos et donc plus d’inertie qu’une tarte identique froide. on trouve : m0n = 940 MeV/c2.50410 -10 J/c2. Par ailleurs. Il serait possible. L’équivalence entre l’énergie et la masse amène les physiciens à exprimer la masse au repos d’une particule en unités d’énergie.511 MeV/c2. L’énergie du photon doit donc être supérieure à 2m0c2. m0e = 0. on retrouve le résultat de la physique classique. la masse au repos totale des constituants diminue. selon la relativité restreinte. L’énergie est plutôt exprimée en électronvolts (eV). de dire qu’un proton a une masse au repos m0 = 1. on trouve : Pour la masse au repos de l’électron. à savoir que l'inertie est exprimée par la masse au repos : m  m0 En physique classique. dans toute réaction chimique libérant de la chaleur ou de la lumière.

Pour une lampe de poche allumée. Lorsque v tend vers c. on peut montrer mathématiquement que l'énergie cinétique Ec est pratiquement égale à son expression classique ½ m0v2. Or une particule d’énergie infinie n’existe pas. * Pour les vitesses approchant la vitesse de la lumière. Donc v = c est impossible pour une particule matérielle. alors Ec tend vers l'infini. (Les très faibles variations de la masse au repos des corps macroscopiques ne sont pourtant pas mesurables !) e) Energie cinétique Si v  0 alors le corps possède l'énergie E = mc2 qui est la somme de l'énergie au repos E0 et de l'énergie cinétique Ec. Voilà un résultat surprenant de la relativité restreinte. l'énergie cinétique doit être considérée comme grandeur relativiste. * * Lorsque v tend vers c. la masse au repos et l’inertie diminuent. et donc son inertie. Aucune particule de masse au repos non nulle ne peut atteindre et donc dépasser la vitesse de la lumière.1re B et C 8 Relativité restreinte 107 masse au repos. dépendant de l'observateur qui la mesure. L'énergie cinétique relativiste d'une particule de masse au repos m0 et de vitesse v est définie par: m 0c 2 Ec  E  E0  mc2  m 0c2   m 0c 2 2 v 1 2 c Discussion * Pour les faibles vitesses (inférieures à 10 % de la vitesse de la lumière). alors E tend vers l'infini. .

On l'appelle invariant relativiste. . v = c dans (2)  (1) et (3) Or E0 = m0c2   on a : vE = pc2 (2) (3) pour les photons : E = pc pour les photons : E0 = 0 pour les photons : m0 = 0 Par contre.1re B et C 8 Relativité restreinte 108 f) Relation entre l'énergie totale E et la quantité de mouvement p d’une particule Energie totale: E m0c2 1 v2 c2  E0 1 v2 c2  v2  E2  E2  1  2  0 c   v2 E2  E2  E2 2 0 c v2 E2  E2  m2c4 2 0 c 2 2 2 2 2 E0  E  m v c E 2  E 2  p 2c 2 0 (1) Discussion * Cas des photons : v = c Comme E  mc2 et pc2  mvc 2 . les photons transportent de la quantité de mouvement dont il faut tenir compte lors de collisions avec d'autres particules ! * Pour des particules matérielles de très grande vitesse pour lesquelles l’énergie totale E est largement supérieure à l’énergie au repos E0. Par contre la quantité E2p 2c2 ne dépend pas du référentiel. et on obtient: E  pc * L’énergie totale E et la quantité de mouvement p d’une particule dépendent du référentiel dans lequel on les mesure. C'est une quantité invariante.

. D'après le premier postulat. doit constater la même chose. La situation est étrange pour notre sens classique du temps mais il n'y a pas d'incompatibilité logique. c'est-à-dire que les horloges de la Terre retardent par rapport aux siennes. Exposée en ces termes la situation semble être totalement paradoxale. Les observateurs sur Terre et sur Jupiter concluent donc que l’horloge de l’astronaute retarde par rapport aux leurs. un observateur voyageant avec l'horloge et voyant l'observateur terrestre se déplacer. l’une installée sur Terre. Cet intervalle est donc nécessairement plus long que celui mesuré par l’astronaute qui lui mesure l’intervalle de temps propre entre ces deux événements. Reprenons l’exemple de l’astronaute parcourant le trajet Terre-Jupiter au bord de sa fusée évoqué dans le paragraphe 5 sur la contraction des longueurs. comme on va le montrer. l’autre sur Jupiter. Ils mesurent l’intervalle de temps impropre entre les événements "la fusée passe à la hauteur de la Terre" et "la fusée passe à la hauteur de Jupiter". Les observateurs sur Terre et Jupiter disposent de deux horloges synchronisées dans leur référentiel (celui de la Terre et de Jupiter).1re B et C 8 Relativité restreinte 109 Pour en savoir plus… Annexe : deux paradoxes de la théorie de la relativité a) Paradoxe du retardement des horloges en mouvement Un observateur terrestre qui regarde une horloge se déplacer rapidement dans l'espace constate que cette horloge retarde par rapport aux horloges terrestres.

donnée par la relation:  L0 v c2 .1re B et C 8 Relativité restreinte 110 Quel est le point de vue de l’astronaute ? Il voit d’abord la Terre défiler auprès de lui (instant où il s’assure que son horloge et celle de la Terre indiquent bien la même date). les deux horloges installées sur Terre et sur Jupiter ne sont pas synchronisées : l’horloge de la Terre qui est le plus loin devant indique une date antérieure à celle indiquée par l’horloge de Jupiter. l’indication de celle de Jupiter est déjà supérieure aussi bien à celle de l’horloge terrestre qu’à celle de sa propre horloge. que l’horloge sur Jupiter indique une date supérieure à la sienne. les horloges de Jupiter et de la Terre ont enregistré un intervalle plus court entre les deux événements que l'horloge de l'astronaute! On peut montrer que: Si deux horloges séparées d'une longueur L0 sont synchronisées dans leur propre référentiel. Pour l’astronaute. laquelle a déjà avancé plus loin dans le temps. Donc à l’instant de passage de la Terre où l'astronaute voit l’indication de l’horloge terrestre. et qu'elle retarde par rapport à la sienne! En effet. puis Jupiter. alors elles présentent un décalage temporel par rapport à un référentiel en mouvement avec la vitesse v. Il est donc tout à fait plausible pour l’astronaute de constater au passage de Jupiter.

L'un d'eux fait un voyage en fusée. à très grande vitesse. à la fin du voyage aller pour faire demi-tour. Or. et. le jumeau resté sur Terre voit retarder les horloges du jumeau de la fusée. c'est à la théorie de la relativité générale qu'il faut faire appel pour interpréter les mouvements accélérés. il pense que le jumeau resté au sol doit être le plus jeune. . puisque la dilatation du temps ne dépend que du carré de la vitesse. Or. La même chose est vraie au cours du trajet retour. l'accélération est un phénomène qu'on peut observer physiquement. il y a les processus biologiques et le jumeau qui est sur Terre pense donc que le jumeau de la fusée vieillit moins vite que lui. On voit que la résolution du paradoxe fait intervenir une discussion sur les accélérations subies par deux observateurs différents. Le voyage n'est donc pas symétrique pour les deux jumeaux.1re B et C 8 Relativité restreinte 111 b) Le paradoxe « des jumeaux de Langevin ». quand il revient sur Terre. les deux situations ne sont-elles pas identiques ? Comment le jumeau de la fusée peut-il savoir si ce n'est pas le jumeau restant sur Terre qui est parti avec la Terre et puis revenu ? La différence physique est que le jumeau de la fusée a accéléré au début du voyage. et il est permis à tous les deux de conclure que c'est le jumeau de la fusée qui est le plus jeune. les deux jumeaux sont côte à côte. Or cette conclusion vient d'une faute de raisonnement et est donc incorrecte. mais celui de la fusée est plus jeune que celui qui est resté sur Terre. Celui resté sur Terre par contre n'a pas subi d'accélération. A la fin du voyage. Il apparaît une situation quelque peu différente dans ce qu'on appelle le "paradoxe des jumeaux". Deux jumeaux sont au repos sur la Terre. Jumeau de la fusée Jumeau resté sur Terre Accélération du jumeau de la fusée Pourtant. par conséquent. mais la plupart des physiciens pensent que c'est la conclusion correcte déduite de la relativité. et à la fin du voyage retour. Lui. Parmi toutes les horloges possibles. Cette conclusion est stupéfiante. Le paradoxe apparaît quand on se demande ce que pense le jumeau de la fusée. Pendant son voyage. il voit le jumeau resté sur Terre vieillir moins vite que lui. jusqu'à une planète voisine.