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Le Pr Babacar Guèye, un des rédacteurs de la Constitution de 2001, rompt le silence en ce mois béni de ramadan pour édifier les Sénégalais

sur les tenants et les aboutissants de la nouvelle loi fondamentale et sur la candidature de Me Wade. Son intime conviction est que Wade est disqualifié pour la Présidentielle de 2012. M. Guèye, dans quelles circonstances la Constitution de 2001 a été mise en place ? Cette Constitution a été élaborée à la suite de la victoire de Wade le 19 mars 2000. Comme c¶était une promesse électorale que de procéder à la refonte de la Constitution après sa victoire, il a tenu parole en mettant en place une commission, à la tête de laquelle se trouvait à l¶époque Mme le ministre de la Justice Mame Madior Boye, qui est devenue par la suite Premier ministre. Et j¶avais été contacté au même titre que mon collègue Pape Demba Sy, Me Ismaïla Ka, et d¶autres personnalités, pour faire partie de cette commission de rédaction de la nouvelle Constitution. Avec l¶ambiance euphorique d¶après-alternance, nous avions participé de tout c ur à la rédaction de cette Constitution. Comment se passaient les travaux ? Les travaux se déroulaient dans le bureau de Mme le ministre. Il y avait une grande table et nous étions tous assis autour de celle -ci. Nous avions dans un premier temps commencé par discuter du contenu de la Constitution. Evidemment, nous avions reçu des termes de référence du Président Wade. Dans les termes de référence, il disait qu¶il souhaitait continuer à définir les politiques de l a nation et en même temps, il souhaitait que le Premier ministre ait plus de pouvoir que dans la précédente Constitution. Nous avions commencé par définir les grands axes, les points sur lesquels nous devions apporter des changements, les problèmes des ruptures. Et une fois que nous avons fait ce travail préparatoire, moi -même, mon collègue Pape Demba Sy, Ismaïla Ka, nous avions été chargés de rédiger un premier draft de ce qui allait être la nouvelle Constitution. C¶est en particulier Pape Demba Sy et moi-même qui avions rédigé le premier draft. Ensuite, nous l¶avons soumis à Me Ismaïla Ka, pour qu¶il le valide. Ensuite, nous avons présenté ce travail -là en commission, puis nous avons continué à revoir article par article. Tous les membres de la commission ont participé activement à l¶élaboration de la Constitution. De l¶autre côté, le président de la République avait autour de lui son équipe. Il nous arrivait d¶envoyer une partie du document à la Présidence et de le recevoir avec quelques modifications. Comment sont venus les articles 27 et 104 de la Constitution qui soulèvent aujourd¶hui une polémique ? Tout est partie d¶une discussion que nous avons eue sur la durée du bail du président de la République à la tête de l¶Etat. Nous sortions du pouvoir socia liste exercé par le Président Diouf pendant 19 ans. Avant lui, le Président Senghor avait exercé le pouvoir pendant 20 ans. Et la réflexion que nous faisions était de dire que 20 ou 19 ans au pouvoir, c¶est beaucoup trop long. Parce que plus on reste au pouvoir, plus on a tendance à personnaliser le pouvoir, à se concevoir non pas comme le mandataire de ce pouvoir, mais comme le propriétaire de ce pouvoir. A la longue, le pouvoir de commander les autres devient un droit et cesse d¶être une fonction. On a senti le glissement de la perversion du pouvoir. C¶est ça qui nous avait poussé à dire qu¶il ne faudrait pas un président de la République qui reste plus de dix

En 2012. Parce qu¶à l¶époque. si ce n¶est en 2019. et qui va se terminer en 2012. Mais en même temps. On ne traite pas de rétroactivité. Dans quel état d¶esprit était le président de la République Abdoulaye Wade A ce moment ? Le Président Wade avait accepté cette proposition. c¶est la durée qui est mis en exergue.ans à la tête de l¶Etat. Certains diront un conflit entre deux lois. C¶est pour cela que nous avons choisi cinq ans. Il a répondu clairement qu¶il ne pouvait pas briguer un autre mandat en 2012. on s¶est dit en commission que le président a commencé son mandat sous l¶emprise de la Constitution de 1963. Puisque cet article prévoyait que le mandat serait de cinq ans. alinéa premier. avant peut -être 2019. Et si le Conseil constitutionnel valide la candidature de Wade ? . Quel intérê t aurions-nous d¶ajouter cet article 104 dans les dispositions transitoires si ce premier mandat de sept ans était exclu du nombre des mandats ? Justement parce que nous avions bel et bien l¶intention de prendre en compte ce mandat de 7 ans par la nouvelle Constitution que nous avons ajouté l¶article 104. Cela veut dire que l¶article 27. La Constitution de 2001 accorde une dérogation au Président Wade. Le premier mandat. Il assure une sorte de pont entre l¶ancienne et la nouvelle Constitution. C¶est-à-dire en particulier l¶alinéa 2 de l¶article 27 qui dit que le mandat est renouvelable qu¶une seule fois. Est-ce que vous pensez qu¶il a épuisé les mandats ? Absolument ! Il a épuisé les mandats. Je pense qu¶il ne peut plus se représenter à une élection présidentielle. c¶était celui qui a commencé en 2000. nous n¶aurions pas introduit l¶article 104. lorsqu¶on lui a posé la question de savoir s¶il allait briguer un autre mandat. c¶est comme ça qu¶il a compris puisque c¶est ce qu¶il a expliqué en 2007. et après ce mandat. Et que la Constitution de 2001 a pris en charge dans le cadre de l¶article 104. Certains lui disent que le mandat de 7 ans de la Constitution de 1963 ne lui est pas applicable . Et nous nous sommes dit que ce n¶est vraiment pas juste de le priver d¶un mandat de sept ans. Il est plutôt question de succession de deux Constitutions dans le temps. en nous disant que 2 fois 5 ans. Deuxième alinéa. ne lui est pas applicable. Dont le premier alinéa dit que le président en exercice poursuit son mandat jusqu¶à son terme. c¶est celui qu¶il a commencé en 2007. Le deuxième mandat. qui pouvait ainsi exercer un mandat de 7 ans. C¶est pourquoi ceux qui parlent de rétroactivité se trompent. c¶est largement suffisant pour le président de la République. Mais immédiatement après toutes les dispositions lui sont applicables. qu¶en pensez -vous ? S¶il ne lui était pas applicable. la Constitution avait porté la durée à 7 ans. Il n¶est pas question dans cette nouvelle Constitution de rétroactivité. Là. on s¶est dit : il faut qu¶il ait la possibilité de faire ses 7 ans. toutes les autres dispositions de la Constitution lui sont applicables. On l¶a ramenée à 5 ans. en limitant le nombre de mandats à deux successivement. Est-ce que le Président Wade l¶avait compris ainsi ? Absolument. il ne pourra exercer qu¶un mandat de cinq ans. Il a déjà fait ses deux mandats successifs. Alors. puisqu¶il avait verrouillé la Constitution. il aura fait ses deux mandats successifs et ne pourra pas se présenter à une autre élection présidentielle. C¶est ce qui explique la rédaction de l¶article 104.

l¶article 116 du Code électoral dit clairement que pour s¶assurer de la validité des candidatures déposées et du consentement des candidats. et par la suite le mandat a été porté à sept ans. L¶article 27 alinéa premier traite du mandat qui peut varier. L¶alinéa premier de l¶article 27 ne lui a pas été appliqué. Pour invalider sa candidature. s¶il venait à se présenter. le Conseil constitutionnel fait procéder à toute vérification qu¶il juge utile. Que répondez-vous à ceux qui disent que le rôle du Conseil constitutionnel se limite à voir si les dispositions pour déposer une candidature sont respectées et non pour valider ou invalider une candidature ? C¶est vraiment ne pas vouer un grand respect au Conseil constitutionnel que de vouloir réduire sa fonction à celle d¶un greffier. c¶est terminé. Le mandat. le Conseil constitutionnel serait obligé de statuer parce que cet autre candidat. Ça ne change pas le fond de l¶article 27. parce que. Le premier mandat a été celui de 2000. en tant que garant du respect de la Constitution et de l¶Etat de droit.Je ne vois pas sur quelle disposition le Conseil constitutionnel pourrait s¶appuyer pour valider sa candidature. la durée du mandat et le renouvellement du mandat. il y a l¶article 118 du Code électoral qui dispose que le droit de réclamation sur la liste des candidats est ouvert à tout candidat. en 2007 il a été renouvelé. reconnaît certainement l¶article 27 et l¶article 104. Il est obligé de prendre une décision. Ceux qui le disent se trompent. D¶ailleurs. c¶est très facile. Donc il y a une distinction nette qui est faite entre le mandat lui -même et son renouvellement. je ne vois pas comment le Conseil constitutionnel peut se déclarer incompétent. Une lecture combinée des deux articles 27 et 104 permet de voir très clairement qu¶il ne peut pas se représenter pour un troisième mandat. Il n¶est limité par aucun texte. Il semble y avoir un flou entre les mandats de Wade et leur renouvellement ? Il faut faire la distinction entre trois choses. Par conséquent. il n¶y a pas de base légale pour que le Conseil constitutionnel se saisisse de cette affaire avant la date. Et si par extraordinaire il se déclarait incompétent. dans la première mouture. Donc il n¶y a pas de problème du mandat. Mais l¶article 116 fait obligation au Conseil constitutionnel de vérifier la validité des candidatures. L¶article 27 alinéa deuxi ème traite du renouvellement du mandat. Ceux qui disent le contraire se réfèrent à l¶article 2 du Code (électoral) qui organise le Conseil constitutionnel. qui dit que le mandat du président de la République est renouvelable qu¶une seule fois. Même avec des réformes constitutionnelles ? Il peut y avoir des réformes constitutionnelles. Il ne peut pas être candidat. mais qu¶à cela ne tienne. Je ne vois pas comment le Conseil constitutionnel peut valider la candidature de Wade. mais à condition qu¶elles soient . il est obligé de déclarer la validité des candidatures. Le cas échéant. Et le Conseil constitutionnel sera bien obligé de se présenter. il est obligé d¶examiner la validité de ces candidatures. En tant que premier gardien de la Constitution. Je pense qu¶il n¶est pas possible que le Conseil constitutionnel ne se prononce pas. notamment l¶alinéa deux qui reste inchangé. Donc un autre candidat peut contester la validité de la candidature de Me Wade. en contestant la recevabilité de la candidature du Président. Pourquoi le Conseil constitutionnel ne saisit pas le dossier dès à présent ? Malheureusement. Par conséquent. il disait que le mandat est de cinq ans.

C¶est pourquoi j¶ai considéré que j¶avais un devoir de vérité à l¶égard des Sénégalais. Le président de la République. . à moins de six mois de l¶élection. on ne peut pas modifier les règles du jeu. par le dial ogue. à l¶égard de mes concitoyens parce que j¶ai participé à l¶élaboration de la Constitution et je me devais de faire ces témoignages pour dire ce qui s¶est réellement passé. du Droit Constitutionnel et du Droit Electoral. mais est simplement une invite d¶un patriote apolitique et neutre. il peut retirer sa candidature. qu¶il est des moments cruciaux de la vie d¶une Nation où ne pas parler c¶est parler. A plusieurs reprises. J¶ai choisi ce mois béni du ramadan.consensuelles. tous les autres pays (de la sous région) ont été secoués par des troubles. parce que c¶est le seul pays qui n¶a pas été secoué par des troubles. c¶est se prononcer. Alassane Samba DIOP (Rfm) Le titre peut paraître prétentieux. des actes de candidature à l¶élection présidentielle de 2012 . Le syndrome de la Côte d¶Ivoire plane sur nos têtes et je pense que pour l¶éviter. par le Conseil Constitutionnel. Et je voulais donner la chance à ce dialogue. s¶il veut que le Sénégal continue de faire figure d¶exception en Afrique de l¶Ouest. à une saine réflexion sur l¶appréciation. Il ne faut pas oublier qu¶on est à six mois de l¶élection présidentielle. ne pas se prononcer. Pourquoi avoir gardé le silence jusqu¶ici ? Il y a eu des initiatives pour restaurer le dialogue entre le pouvoir et l¶opposition. Il n¶est pas non plus exhaustif. parce que je voulais donner la chance au dialogue et j¶étais souvent désigné pour participer à la réalisation de ce dialogue. pour mettre en exergue le caractère authentique de ce que je vous ai dit. Il n¶a pas pour ambition de verser dans un µµ scientifisme ¶¶ rigoureux. capable de clore définitivement le débat sur la candidature d¶un des futurs candidats ? à l¶élection présidentielle de 2012. il peut retirer sa candidature qui n¶est pas conforme à la Constitution. est intimement lié au destin du Droit Constitutionnel. s¶il veut vraiment que la paix continue de régner au Sénégal. j¶ai été interpellé par les journalistes et j¶ai refusé de répondre. C¶est la raison pour laquelle je me suis tu. Aujourd¶hui. on arriverait à surmonter toutes les difficultés que nous connaissons actuellement. Mais je pense qu¶il y a plus simple. Donc. le dialogue est dans l¶impasse et je ne pense pas qu¶ il puisse redémarrer. Et le protocole de la Cedeao prescrit qu¶à moins de 6 mois des élections. Tant il vrai. s¶il veut vraiment éviter des troubles au pays. C¶est dire donc que le destin du Droit Electoral en l¶espèce. Il va falloir donc parler de la Constitution et de l¶Election (Présidentielle). je ne pouvais pas être juge et partie en même temps. sauf de manière consensuelle. Et je pensais que.

qu¶il faut inscrire. la Constitution peut être définie de deux manières : y « « au sens matériel. cette notion est aujourd¶hui dans le commerce juridique et même en dehors. la Constitution est seulement l¶ensemble des règles. arrête la liste des candidats. LGDJ 21ème Edition. la Constitution est le ciment. aux termes de la Loi Organique n° 92 ± 23 du 30 mai 1992 portant Organisation et Fonctionnement du Conseil Constitutionnel. Il reçoit le serment du Président de la République et constate sa démission. la Constitution est l¶ensemble des règles quelle que soit leur forme. hors de propos et à « tout propos. la charte fondamentale d¶une Nation. qui sont relatives à l¶organisation et au f onctionnement du pouvoir politique . elle ne pourrait occulter les conditions d¶élection et d¶exercice de la prestigieuse fonction de Président de la République. Selon le Professeur Georges BURDEAU. elles ont une valeur supérieure à toutes les autres normes du pays et ne peuvent être modifiées que conformément à une procédure spéciale.Il s¶agira de voir. Et comme telle. se fera des actes de candidature posés pour les joutes électorales de Février 2012. « « le Conseil Constitutionnel reçoit les candidatures à la Présidence de la République. chargé de veiller à la régularité de l¶élection du Président de la République. C¶est dans ce cadre. statue sur les contestations relatives aux élections du Président de la République et des Députés à l¶Assemblée Nationale et proclame les résultats. quelque soit leur objet. mais surtout. qui sont énoncés dans la forme constitutionnelle : elles sont en général contenues dans un document spécial. Ces règles peuvent être contenues dans une constitution formelle ou provenir de la coutume. 1988 p 57). c'est-à-dire quelles que soient leur valeur et leur force juridiques. l¶appréciation que le Conseil du même nom. Mais d¶abord. auteur d¶un manuel qui fait autorité en la matière. Ainsi définie. à la lumière du texte constitutionnel. le Conseil Constitutionnel. être exprimées dans les lois organiques ou des lois ordinaires « Elles sont la constitution matérielle. en son article 2 relatif à ses compétences. plus difficile à mettre en uvre que celle qui permet de modifier une loi ordinaire « » (Voir G. En ce sens. l¶une des notions du droit la plus usitée. définie par son objet « y Au sens formel. BURDEAU µµ Droit Constitutionnel ¶¶. l¶institution d¶un organe juridictionnel (politique ?). son empêchement . qu¶est-ce que la Constitution ? Ce terme.

il s¶agira de convoquer les dispositions du Code électoral (donc législatives) et de la Constitution qui permettront au Conseil Constitutionnel d¶apprécier de la recevabilité « µµ législative ¶¶ (I) et « µµ Constitutionnelle ¶¶ (II) des candidatures à l¶élection présidentielle de Février 2012. ainsi que la démission. un travail de recensement « mécanique des textes et de leur appréciation juridique ensuite. Il transparaît clairement de ce texte. * * * I ± DE LA RECEVABILITE µµ LEGISLATIVE ¶¶ DES ACTES DE CANDITATURE A L¶ELECTION PRESIDENTIELLE Le compartiment législatif de la recevabilité des candidatures à l¶élection présidentielle renvoie aux dispositions du Code électoral qui énumère les actes et pièces à fournir pour faire acte de candidature. Ainsi. aussi bien dans son esprit que dans sa lettre.ou son décès. aux termes de l¶article LO 111 du Chapitre Premier sur le µµ Dépôt des Candidatures ¶¶. Ce travail est d¶abord et avant tout. avant d¶arrêter la liste des candidats qui sera par la suite publiée. En d¶autres termes et de manière plus courtoise parce que moins ésotérique. que le Conseil Constitutionnel est bien compétent pour connaître de la recevabilité des candidatures à l¶élection présidentielle de 2012. l¶empêchement ou le décès des personnes appelées à le suppléer dans ces cas « ». Il s¶agit. le Conseil Constitutionnel est obligé de voir si les actes de candidatures posés répondent aux exigences législatives formelles et constitutionnelles prévues à cet effet. Parce qu¶en réalité. « la candidature à la Présidence de la République doit comporter : . C¶est la loi organique n° 92 ± 16 du 07 février 1992 portant Code Electoral en son titre II qui pose les µµ dispositions relatives à l¶élection du Président de la République ¶¶. d¶une compétence d¶attribution confirmée par les articles LO 116 et LO 117 du Code électoral et par les articles 29 et 30 de la Constitution .

1. nom. 2. à une religion. nom. un bulletin n° 3 du casier judiciaire datant de moins de trois mois . la couleur choisie pour l¶impression des bulletins de vote et éventuellement le sigle et le symbole qui doivent y figurer . une déclaration sur l¶honneur par laquelle le candidat atteste que sa candidature est conforme aux dispositions de l¶article 4 de la constitution. 5. à un sexe.   . 3. à une ethnie. Il leur est interdit de s¶identifier à une race. Ils sont tenus de respecter la Constitution ainsi que les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Cette liste doit comprendre des électeurs représentant au moins 10. date. L¶article LO 112 de la loi organique n° 97 ± 16 du 08 septembre 1997 dispose que : « la déclaration de candidature doit être accompagnée des pièces suivantes : y y y y y un certificat de nationalité . (article 4 de la constitution : Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l¶expression du suffrage. une attestation par laquelle un parti politique légalement constitué déclare que ledit parti a investi l¶intéressé en qualité de candidat à l¶élection présidentielle ou une liste d¶électeur s appuyant la candidature et comportant les prénoms. un extrait d¶acte de naissance datant de moins de trois mois . la mention que le candidat est de nationalité sénégalaise et qu¶il jouit de ses droits civils et de ses droits politiques conformément aux dispositions du titre premier du Code Electorale (Partie législative) . ou se présente en candidat indépendant . la mention que le candidat a reçu l¶investiture d¶un parti politique légalement constitué ou d¶une coalition de partis politiques légalement constitués.000 inscrits domiciliés dans six régions à raison de 500 au moins par région . 4. à une secte. indication de la liste électorale d¶inscription et signature des intéressés. la signature du candidat « ». les prénoms. à une langue ou à une région. date et lieu de naissance. lieu de naissance et filiation du candidat .

Les seuls écueils qui peuvent se poser à son appréciation. Enfin. des conditions de constitutionnelle » des actes de candidature. sont des conditions de forme. consacrées par le Code électoral. a adjoint à ces conditions de recevabilité formelle. Le Conseil contrôle aussi le consentement du candidat. par le Conseil Constitutionnel. de ces actes et pièces. relèvent de la nationalité qui doit être exclusivement sénégalaise. qui peut être savamment cachée. aux termes de l¶article LO 114 du Code électoral. L¶article LO 112 de la loi organique n° 98 ± 13 du 05 mars 1998 exige « un récépissé du Trésorier Général attestant du dépôt du cautionnement prévu à l¶article L0 113 de ce présent code (dépôt d¶un cautionnement au Trésor Public et dont le montant est fixé par arrêté du Ministre de l¶Intérieur (aujourd¶hui. « la déclaration de candidature est déposée au Greffe du Conseil Constitutionnel. au plus tard 180 jours avant celui du scrutin) ». Au total. sont déterminées par la loi ») et qu¶il a exclusivement la nationalité sénégalaise ». par le mandataire du parti politique ou de la coalition qui a donné investiture. L¶appréciation. essentiellement dominées par la production d¶actes et de pièces. que le constituant sénégalais. le Ministre chargé des élections) après avis des partis légalement constitués. recevabilité « II ± DE LA RECEVABILITE µµ CONSTITUTIONNELLE ¶¶ DES ACTES DE CANDIDATURE A L¶ELECTION PRESIDENTIELLE . donc de la double nationalité. en l¶espèce. et l¶incapacité civile et politique d¶un candidat découlant de faillite ou/et de condamnation pénale diffic ilement prouvable (s) à cause de la tenue artisanale de nos greffes. Au demeurant. il apparaît clairement que les conditions de recevabilité de la candidature à l¶élection présidentielle consacrées par le Code électoral. exercent et cessent leurs activités. ou celui du candidat indépendant ». l¶élection d¶un Président de la République choisi pour présider aux destinées d¶une nation. est chose tellement sérieuse. des dispositions constitutionnelles dont la substance heuristique est de veiller et de sécuriser davantage la régularité des actes de candidature. Il est donc question.Les conditions dans lesquelles les partis politiques et les coalitions de partis politiques sont formés. dans les délais fixés par l¶article 29 de la Constitution. ne nécessite pas une intense réflexion intellectuelle.

C¶est à ce niveau de la réflexion que le débat devient plus intense parce qu¶ayant charrié beaucoup de « passions. Cette formule est juridiquement inappropriée et constitutionnellement inacceptable. et entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ¶¶. beaucoup de «positions et beaucoup « d¶encre. sur la constitutionnalité des lois. Les termes de l¶article premier du titre premier de la loi 92 . sur la recevabilité des dispositions de loi et amendements d¶origine parlementaire «. en réalité. sur les exceptions d¶inconstitutionnalité soulevées devant le Conseil d¶Etat ou la Cour de Cassation (actuelles Chambre Administrative et Chambre Civile et Commerciale de la Cour Suprême). un abus de langage dangereux. surtout par des juristes de µµ candidature inconstitutionnelle ¶¶. Il faut en convenir. il nous paraît utile d¶évacuer certaines scories et incongruités entendues ici et là. C¶est par exemple lorsqu¶on entend parler. parler de µµ candidature inconstitutionnelle ¶¶ est une aberration. On le voit donc. . l¶acte de candidature n¶est ni une loi. ni un engagement internation al encore moins un règlement intérieur d¶une assemblée au point d¶amener le Conseil Constitutionnel à se prononcer sur sa constitutionalité. la constitutionnalité des lois organiques. émanerait-il du µµ gardien de la constitution ¶¶. source de preuve.23 du 30 mai 1992 sur les µµ compétences du Conseil Constitutionnel ¶¶ posent clairement que µµ « le Conseil Constitutionnel se prononce sur la constitutionnalité des règlements intérieurs des assemblées. sur le caractère réglementaire des dispositions de forme législative. Cependant. ne fait partie du µµ bloc de constitutionnalité ¶¶ stricto sensu. Parce que. Cet acte de candidature fut il posé à l¶occasion de l¶élection présidentielle. le Conseil Constitutionnel ne peut se prononcer sur la µµ constitutionnalité d¶un « acte de candidature ¶¶. l¶enregistrement sonore n¶est pas source de droit. En effet. sur la constitutionnalité des engagements internationaux. et plus généralement sur tous les conflits de compétence entre le Conseil d¶Etat et la Cour de Cassation (actuelles Chambre Administrative et Chambre Civile et Commerciale de la Cour Suprême). Le deuxième écueil à évacuer est relatif à l¶enregistrement sonore et donc à l¶interprétation sonore de la constitution par l¶un des probables candidats à l¶élection présidentielle de 2012.

doit être présentée par un parti politique ou une coalition de partis politiques légalement constitués ou être accompagnée de la signature d¶électeurs représentant au moins dix mille inscrits domiciliés dans six régions à raison de cinq cents au moins par région. 29 (forclusion. source de droit alors surtout qu¶en droit. le Conseil Constitutionnel peut d¶office l¶écarter des débats ou apprécier souverainement de la suite à lui donner. pour apprécier de la recevabilité des candidatures. Sans coup férir. Toutefois en cas de décès d¶un candidat. mais bien les dispositions transitoires inédites de l¶article 104 de la Constitution. « les candidatures sont déposées au Greffe du Conseil Constitutionnel trente jours francs au moins et soixante jours francs au plus avant le premier tour du scrutin. et qu¶il est versé dans la procédure dans les délais. décès d¶un candidat. aucun texte qui consacre l¶enregistrement sonore comme source de preuve. le dépôt de nouvelles candidatures est possible à tout moment et jusqu¶à la veille du scrutin . sont tenus de se conformer à l¶article 4 de la Constitution. etc. les dispositions combinées des articles 27 (sur la durée et le renouvellement du mandat). Les candidats indépendants. âge et degré d¶instruction. Cependant. La Constitution sénégalaise du 22 janvier 2001 consacre. pour être recevable. Par exemple. Si tant est que cet enregistrement sonore existe. les élections sont reportées à une nouvelle date par le Conseil constitutionnel. le Conseil constitutionnel doit convoquer. 28 (nationalité. il n¶existe en l¶état actuel de notre droit positif. Dans ce cas. Au demeurant. .Sauf en matière pénale et commerciale où la preuve est libre. l¶innovation majeure ne concerne pas le souci du constituant sénégalais de limiter la durée et le nombre de mandats à exercer.l¶aveu ne peut porter que sur un fait et non sur un point de droit (le candidat ? en exercice aurait déclaré la fin de ses mandats). de notre commerce juridique. Chaque parti ou coalition de partis politiques ne peut présenter qu¶une seule candidature ». Toute candidature. comme les partis politiques. par un candidat qui conteste la régularité d¶une candidature. comme la constitution précédente (Constitution du 07 mars 1963 plusieurs fois révisée) une part prépondérante à l¶élection présidentielle. aux termes de l¶article 29 de la Constitution.) et 104 (dispositions transitoires) de la Constitution. outre les textes prévus par le Code électoral et l¶article 22 de l¶ancienne Constitution.

le MSU. Mme Gisèle NERON et CONS Const. 1995. a le redoutable devoir d¶apprécier et de contrôler la régularité des actes de candidature. qu¶il appartient au Conseil Constitutionnel lorsqu¶il arrête « la liste des candidats à l¶élection du Président de la République. M. Au Sénégal. le PPS. il a été jugé par le Conseil Constitutionnel. Il faut ensuite saisir le Conseil dans les délais prévus par l¶article LO 118 c'est-àdire « «avant l¶expiration du jour suivant celui de l¶affichage de la liste des candidats au Greffe« » Le Conseil Constitutionnel statue sans délai. µµ Droit Electoral ¶¶. l¶UDF/MBOLLO ± MI ¶¶ (voir décision n° 1/93). de s¶assurer de la régularité des candidatures et du consentement des candidats. Il faut d¶abord avoir la qualité à agir. 2007 p 675 qui renvoie à : Conseil Const. ne pose aucun problème.Et l¶article 30 de dire que : « « vingt neuf jours francs avant le premier tour du scrutin. de l¶ancienne . la compétence du Conseil Constitutionnel pour connaître de la matière ne fait l¶ombre d¶aucun doute. Régulièrement saisi ou avant d¶arrêter la liste des candidats à l¶Election Présidentielle. Il doit interpréter les dispositions constitutionnelles relatives à la matière et exercer par voie de conséquence. de constater le dépôt du pli scellé exigé pour leur déclaration de situation patrimoniale « » (Voir Bernard MALIGNER. 9 avr. son pouvoir normatif de création de la règle de droit. de contrôler le nombre et la validité des présentations. Et pour cela. le Conseil Constitutionnel arrête et publie la liste des candidats « ». La saisine du Conseil Constitutionnel pour contester ou plaider l¶irrecevabilité d¶une candidature. C¶est ce qui est consacré par l¶article LO 118 du Code Electoral qui dispose que « « le droit de réclamation contre la liste des candidats est ouvert à tout candidat « ». il lui faut une lecture des dispositions combinées d¶une part. CHEMINADE). « il a été jugé en France. Il faut d¶abord en convenir. Editions Ellipses. le Conseil Constitutionnel. c'est-à-dire être candidat concurrent. Parce que justement. sur la liste des candidats à l¶élection présidentielle de 1993 µµ du rejet de la déclaration de candidature additive que Landing SAVANE a fait déposer au Greffe du Conseil Constitutionnel le 20 janvier 1993 aux termes de laquelle sa candidature µµ est devenue la candidature du rassemblement BOOK YAKAAR incluant notamment les partis AND JEF/PADS. 7 avril 2002.

aurait parlé µµ d¶algèbre juridique ¶¶ (voir J. célèbre civiliste bien connu sous nos tropiques. p 13). L¶article 27 de la Constitution dispose que la durée du mandat du Président de la République est renouvelable une seule fois. La résolution de ce conflit de lois dans le temps passe nécessairement par une approche arithmétique (addition.mathématique de la candidature en cause et voir si elle est conforme à la lettre et à l¶esprit du texte constitutionnel et le cas échéant. Jean Pierre TOSI. TOSI. la principale question juridique qui sera soumise à l¶appréciation du Conseil Constitutionnel est relative au champ d¶application des dispositions combinées des articles 22 de la Constitution de 1963. à l¶exclusion de toutes les autres. µµ Le Droit des Obligations au Sénégal ¶¶ . de renchérir que « le Président de la République en fonction poursuit son mandat jusqu¶à son terme . sans doute pour prendre en compte le mandat exercé sous l¶empire de la Constitution de la 2 ème République (1963).constitution de 1963 et de celle de 2001 et d¶autre part. . Parce qu¶en réalité. à cause des dispositions transitoires ambiguës de l¶article 104 de la Constitution. En effet. LGDJ. il est question d¶une opération mathématique de computation de délais. 27 et 104 de la constitution de 2001. le Juge Constitutionnel est invité à une réflexion et à une redoutable appréciation juridico . dont le destin est intimement lié au point de départ et au terme du champ d¶application des dispositions combinées des articles 22 de la Constitution de 1963. science exacte et des sciences juridiques. ne concernent que la candidature du Président de la République dont le mandat est en cours. Et l¶article 104. le rejet ou non de la candidature concernée. 27 et 104 de la Constitution de 2001.P. de celles (dispositions) consacrées par la Constitution de 2001. Toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables ». en tirer toutes les conséquences de droit dont notamment. C¶est donc une approche aux confluents des mathématiques. Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire ou constitutionnelle » (loi constitutionnelle 2008 ± 66 du 21 octobre 2008). Bref. les dispositions combinées des articles précités . science sociale mouvante et « interprétative. Il faut en convenir. soustraction) etjuridiquement interprétative. 1981.

La Constitution de 2001 n¶est pas courte. L¶on ne doit point s¶étonner. par le dialogue. si notre mémoire est fidèle. malgré des limites certaines. C¶est une évidence. Et j¶ai espéré jusqu¶au bout que. qu¶on puisse aplanir les . souvent. un canevas de réflexion pour pouvoir statuer sur la régularité µµ législative ¶¶ (Code Electoral) et µµ constitutionnelle ¶¶ des actes de candidature. il faut qu¶elle soit courte et obscure «¶¶. d¶une part. Décidemment.CONCLUSION Il nous faut maintenant conclure. au cours du thème développé. le Conseil Constitutionnel a bien du pain sur « la Balance de l¶Equilibre de Dame Justice ! Maître Serigne Khassim TOURE Diplômé d¶Etudes Approfonfies en Droit Avocat à la Cour Révélations du Pr Babacar Guèye. Elle est à la limite expansive (108 articles) et « euphorique. avant d¶arrêter la liste des candidatures à l¶élection Présidentielle ou lorsqu¶il sera saisi par un candidat ayant intérêt et qualité à agir. Napoléon BONAPARTE. de proposer au Juge Constitutionnel. l¶intitulé et la formulation même du thème nous l¶interdisent. le disait : µµ « Pour qu¶une Constitution soit bonne. Pour naturellement. en cas de besoin. De cet euphorisme né de l¶alternance politique survenue en 2000 et qui a déteint sur toutes les institutions de la République. impliqué dans cette recherche du dialogue. la démarche empruntée. a le double mérite. d¶être arrimée (la démarche ) à un souci pédagogique manifeste. Elle est cependant d¶une subtile obscurité. de ne voir transparaître. un des rédacteurs de la constitution de 2001 : La candidature de Wade pour 2012 encore malmenée Wal Fadjri : Quel regard jetez-vous sur le dialogue politique au Sénégal Babacar GUEYE : Le pays est confronté à un problème de dialogue politique et je dois dire que j¶ai été. servir le Prince. notre position sur la question. En effet. et d¶autre part. Cependant.

le président Senghor. un président était déjà élu pour sept ans. détourner le pouvoir de sa véritable nature. Et qu¶une durée beaucoup trop longue au pouvoir avait pour conséquence fâcheuse de finir par pervertir le pouvoir de sa véritable nature . là nous avons dit (que) le président Diouf avait exercé le mandat pendant vingt ans. le transformer en une sorte de propriété privée pour celui qui l¶exerce. j¶ai choisi ce mois béni de Ramadan pour faire un témoignage sur ce qui s¶est réellement passé lorsque nous rédigions la Constitution. je suis obligé de constater que ce dialogue n¶existe toujours pas et n¶a pas de chance d¶aboutir. nous nous sommes dit qu¶il faut limiter la durée de présence à la tête de l¶Etat à dix ans. Après quoi. Voilà comment nous avons rédigé la Constitution. je le dis parce que c¶est la vérité. D¶ailleurs. Le premier alinéa renvoie au fond à l¶article 27 qui dispose que µle mandat du président de République est de cinq ans¶. briguer un deuxième mandat. Je le dis non pas pour entrer dans le débat politique. Parce que c¶est ce que nous avons écrit effectivement lorsque nous rédigions la Constitution.difficultés à venir. Mais malheureusement. Ce qui fait qu¶on admettait par dérogation que le président Wade puisse assumer deux mandats qui auront un total de douze ans. Techniquement. c¶est suffisant pour faire ses preuves. C¶est ainsi que nous avons opté pour cinq ans renouvelable une seule fois. toutes les autres dispositions lui seront applicables¶. j¶ai choisi ce mois béni de Ramadan pour m¶exprimer là-dessus. nous avons introduit dans les dispositions transitoires l¶article 104 qui dit : µLe président poursuit son mandat jusqu¶à son terme. c¶était beaucoup trop pour rester au pouvoir. C¶était en 2001 et le président Wade était déjà élu« Mais. Rassemblés par Abdoulaye SIDY (avec Walf Tv) . Qu¶est-ce qui s¶est réellement passé ? Lorsque nous avons abordé la question de la durée du mandat du président de la République. non pas parce que je suis dans tel ou tel camp. nous étions semi passés en µécueil¶. à six mois de l¶élection présidentielle. pendant également vingt ans. nous avons dit que vingt ans.Alors. d¶ailleurs. il pourrait. qu¶il fallait absolument qu¶il puisse aller au terme de ce mandat de sept ans. pour réaliser ce que je viens de vous dire. Alors nous avons dit que ce serait injuste de réduire son mandat à cinq ans . L¶article 2 en revanche dit : µLe mandat est renouvelable une seule fois¶. s¶il le souhaitait. C¶est pour cela. mais celui-là devait être de cinq ans. avant lui. Dix ans.